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A la saint Michel, célèbre les Berthe…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis de la quadrature du cercle et du carré Hermès réunis, bonjour ! Nous voici donc le mardi 29 septembre 2015 et, en ce huitième jour de Vendémiaire, nous célébrons l’Amaranthe (non, ce n’est pas N. Morano, la marrante…) belle plante dont le nom vient du Grec « a maranthos », qui ne fane pas. Pendant longtemps cette plante a été cultivée pour st mich braspartl’alimentation, notamment en Amérique Latine. Les graines étaient grillées et les feuilles consommées comme légumes verts ( tout à fait comme des épinards). Après la conquête espagnole la culture fut interdite car la plante était utilisée par les Aztèques lors de cérémonies rituelles. C’est la St-Michel, qui marquait la date à laquelle les fermiers  et les métayers  payaient leurs redevances après la récolte et échéance traditionnelle d’expiration des baux ruraux. Mais, comme disait mon aïeule, à qui on ne la faisait pas: même si  l’amour est dans le pré, n’allez pas croire que tous les baux ruraux soient de jolis campagnards… Amusant, non ! A gauche la chapelle Saint-Michel de Brasparts qui domine les Monts d’Arrée et qui émerge des brumes du Yeun-Ellez.

 
Le 29 septembre 1895, naissance de Berthe FABER-GUILLOT près d’Esbly (Seine et Marne); je ne me souviens pas avoir déjà évoqué cette figure du mouvement libertaire. Militante anarchiste française. Au début des années vingt, elle rencontre l’anarchiste Séverin Férandel qui devient un temps son compagnon. A partir de 1924 elle assurera avec lui la gérance de la « Librairie sociale Internationale » et ce jusqu’en 1928, elle milite également dans le groupe des Jeunesses Syndicalistes. En 1926-27, elle visite à plusieurs reprises (avec son amie Emilienne Fabert_berta_et_antonio_en_1943Morin) les anarchistes espagnols Buenaventura Durruti et Francisco Ascaso emprisonnés pour un complot en vue d’assassiner le roi d’Espagne, après leur périple en Amérique Latine. Une grande amitié s’établit avec eux et, à leur sortie de prison, Berthe se lie avec Ascaso (et Emilienne avec Durruti). Mais Ascaso (comme Durruti) est rapidement expulsé vers la Belgique, il retourne clandestinement en France, Paris, Joigny et Lyon où Berthe ira vivre avec lui. Elle apparaît alors comme responsable de publication d’un journal anarchiste espagnol « Accíon » publié en décembre 1927. Elle rejoindra Ascaso en Belgique où elle résidera jusqu’à leur départ pour l’Espagne, après la proclamation de la République, en avril 1931. (photo de droite – 1943)
Elle partage avec Francisco Ascaso l’intense militantisme et l’agitation sociale qui précèdent le 19 juillet 1936, et subit les absences de Francisco pour cause d’emprisonnements ou de déportation. Le 20 juillet 1936, Francisco meurt lors de l’assaut de la caserne Atarazanas à Barcelone, alors que les anarchistes sont victorieux des fascistes à Barcelone et en Catalogne et commencent à organiser la société de façon libertaire. Après la mort de Francisco Ascaso, Berthe Faber reste Fabert_berta_et_antonio_en_aout_1960à Barcelone et se lie avec un insoumis français, Eugène Guillot, ayant fui les persécutions et qui vivait en Espagne sous le nom d’emprunt de Jacques Sallès (photo de gauche – 1960 ). Elle partage alors avec lui les durs mois de privations précédant la chute du camp républicain. Au début de 1939, elle quitte l’Espagne avec son compagnon lors de la « Retirada ». De retour dans la région parisienne, elle est contrôlée par la police, le 15 mars 1939, lors d’une perquisition au siège de SIA (Solidarité Internationale Antifasciste). Durant la guerre, recherchés par la police, elle vit dans la clandestinité avec son compagnon. Après la Libération, ils poursuivront leur militantisme et animeront en particulier le « Groupe des Amis de Sébastien Faure ». Berthe travaillera comme concierge. Lorsque les autorités cesseront de persécuter Eugène, arrivé à l’âge de la retraite, ils se marieront. Eugène décèdera en 1978. Berthe, quant à elle, finira sa vie dans une maison de retraite, où elle mourra en 1983. Sources et Sources

Allez, merci à vous d’être passé par ici, portez vous bien et à demain peut-être.

En colonne par mille…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE, PORTRAIT

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Amis de l’existentialisme et du pâté en croute réunis, bonjour ! Nous sommes le jeudi 20 novembre 2014, trentième jour de brumaire dédié au rouleau encore nommé brise-motte, est un instrument agricole composée d’un ou plusieurs rouleaux métalliques eux-mêmes composés de disques denticulés indépendants..

Il y a 78 ans, Barcelone enterrait Buenaventura DURRUTI. Le 22 novembre 1936, ses funérailles à Barcelone furent le théâtre d’une immense émotion populaire. Plus de enterrement durruti500 000 personnes se pressèrent à l’enterrement de celui qui incarnait si bien la révolution libertaire espagnole, l’espérance d’un monde nouveau devenue possible. Ce fut l’une des manifestations ouvrière les plus importantes de l’histoire du prolétariat. Le spectacle de son enterrement fut inoubliable : sa mort « avait frappé Barcelone au cœur »; des milliers d’habitants et toutes les organisations politiques et syndicales, sans distinction, accompagnèrent Durruti jusqu’au cimetière, seul lieu qui sut arrêter la violence de ce pur libertaire.
Lorsque Buenaventura Durruti naît le 14 juillet 1896, la situation en Espagne est très tendue (affrontements entre les forces de l’ordre et les journaliers andalous, les mineurs asturiens ou les ouvriers basques ou catalans). En 1903, le père de Buenaventura est arrêté comme gréviste. À 14 ans, Durruti est apprenti mécanicien et en 1912 adhère à l’Union BuenaventuraDurrutides Métallurgistes. En 1914, alors qu’il transporte une machine dans la région des Asturies et du Leon, il se solidarise avec les mineurs et gagne une certaine popularité. C’est le grand essor de l’industrialisation en Espagne qui n’a alors plus rien d’un Empire Colonial, mais dont la nouvelle bourgeoisie prospère très vite. Les syndicats CNT (anarchiste) et UGT (socialiste) signent un accord annonçant la grève générale. Durruti est licencié. Il se rend en France et découvre l’anarchisme puis retourne en Espagne où il adhère à la CNT. De nouveau arrêté, il revient un temps en France où il travaille chez Renault. En 1920, l’agitation sociale s’accroît en Espagne. C’est la montée en force du syndicalisme et sa répression systématique par les groupes armés du patronat. Se forme le groupe anarchiste « Los Justicieros » avec la participation de Durruti qui projette un attentat contre le roi Alphonse XIII dont les préparatifs seront découverts.

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À Saragosse, Durruti rencontre Francisco Ascaso, fraîchement sorti de prison. Ils décident de constituer « Los Solidarios » dans le but de faire face à la violence patronale. Durruti est en prison à Madrid lorsque se produisent les attentats de mai et juin 1923 contre le gouverneur Regueral à Saint Sébastien et le cardinal Soldevila à Saragosse, attentats en réponse aux assassinats de Salvador Ségui et Francisco Comas. À partir de là, Durruti et Ascaso vont former une paire à l’action durruti_timbreincessante. Ils s’enfuient en France, puis partent pour Cuba, le Mexique, le Chili, l’Argentine sous le nom de « Los Errantes ». Ils se réfugient en Uruguay après un hold-up dans une banque et regagnent la France où ils sont arrêtés avec Jover alors qu’Alphonse XIII visite la France. Ils sont extradés en Belgique après que Durruti a rencontré Nestor Makhno. La police belge les refoule en France. En Allemagne, ils rencontrent Rudolf Rocker puis reviennent en Belgique où ils retrouvent leurs compagnes Berthe et Emilienne. En 1931, c’est la chute de la dictature et la République est proclamée. Durruti rentre à Barcelone. Mais la situation des travailleurs ne s’améliore pas et les grèves éclatent. La CNT passe de 800 000 à 1 200 000 adhérents. Le groupe « Nosotros » avec Ascaso, Durruti, Garcia Oliver, incarne le côté le plus dynamique de la CNT et de la FAI. La droite remporte les élections en novembre 1933. Le gouvernement durcit sa ligne antisyndicale. En 1935, il y a plus de 30 000 prisonniers halito_durrutipolitiques dans tout le pays. Le Front Populaire arrive au pouvoir en 1936 et les militaires du général Franco se soulèvent. Le 18 juillet, le peuple s’arme et défait les putschistes à Barcelone et en plusieurs endroits d’Espagne. Ascaso est tué le 20 juillet. La Colonne Durruti est créée et part le 24 juillet avec ses 3000 hommes pour Saragosse luttant contre les fascistes et aidant les collectivités anarchistes à s’installer. Buenaventura Durruti est tué le 20 novembre à Madrid. Ici à droite, monument intitulé Halito Durruti à Léon en Espagne. Sources.

A cette époque, les anars du monde entiers, ouvriers et intellectuels, rejoignaient ces colonnes pour combattre pour la liberté. Aujourd’hui des analphabètes décérébrés de France et de Navarre rejoignent les colonnes barbares de l’obscurantisme. Drôle d’époque madame Michu ! Allez, merci de vous être arrêté un instant, portez vous bien et à demain peut-être.

Ida Mett, militante oubliée…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

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Amis de l’utopie libertaire et du caramel au beurre salé réunis, bonjour ! Nous avatar-footersommes le jeudi 27 juin 2013, 9è jour de Messidor et c’est le jour de Stéphanie, alias madame dansmacuizine. Non contente d’être quasiment le N°1 des blogs culinaires, elle s’offre le luxe d’avoir son anniversaire le jour que les républicains dans leur calendrier ont dédié à l’absinthe… C’est très fort !  Donc, je vous invite à vous joindre à moi pour lui souhaiter un bon anniversaire.

Un autre anniversaire, c’est celui de la disparition d’une militante anarchiste, fort injustement oubliée: Ida Lazarévitch-Gilman, dite Ida Mett.

Née dans une petite ville industrielle de Russie et issue de parents (dont Meyer Gilman) marchands d’étoffe, Ida Mett se consacre à la médecine. Elle est arrêtée pour menées subversives, quelques semaines avant d’obtenir son images2diplôme. À vingt-trois ans, elle s’enfuit seule de Russie avec des contrebandiers juifs. Elle vit deux ans chez des parents en Pologne, puis arrive à Paris en 1926. Avec Voline et Pierre Archinoff, elle co-rédige la revue Dielo-Trouda (L’œuvre du travail). En 1928, elle se voit exclue du groupe pour rites religieux. Elle avait allumé une bougie à la mort de son père. (cela me rappelle l’histoire du groupuscule « Molotov » qui sévissait  après 68 à Rennes. Proche du PCMLF, c’étaient des purs et durs. En fait, ils étaient trois; deux furent exclus par le troisième pour déviance petite bourgeoise, ils étaient sortis ensemble.) Ida Mett et son mari Nicolas Lazarévitch seront expulsés la même année.

En 1932, elle donne naissance à un fils qu’ils appellent Marc. Ils s’installent en Belgique jusqu’en 1936. Ils font des incursions illégales en France, pendant deux ans, puis en Espagne. Là, ils rencontrent  Ascaso et Buenaventura Durruti. images-4Grâce à leur aide, ils y organisent plusieurs réunions publiques. À cette même période, Ida Mett fréquente les milieux anarchistes et pacifistes belges. Elle reprend ses études de médecine et obtient son diplôme en 1930, mais n’a le droit d’exercer ni en Belgique ni en France. Avec son mari, elle revient clandestinement en France en 1936. En 1938 éclate la polémique entre Ida Mett et la Révolution prolétarienne qui a pour contexte l’antisémitisme.

 

 

Le 8 juin 1940, ils sont de nouveau arrêtés puis emprisonnés. Lui est envoyé au camp du Vernet et en ressort au bout de trois mois ; quant à Ida Mett et son fils, ils sont enfermés au camp de Rieucros jusqu’en avril 1941. Ils sont transférés à Marseille, prévoyant un exil aux États-Unis. Mais cela leur est refusé. Elle DownloadedFile-12devient secrétaire du syndicat du gaz de banlieue à la bourse du travail. De 1948 à 1951, Ida Mett travaille comme médecin dans un préventorium d’enfants juifs à Brunoy (Var). En février 1948, elle termine d’écrire son seul livre rédigé en français Souvenirs sur Nestor Makhno et dans La Commune de Cronstadt, crépuscule sanglant des soviets, elle est une des premières à dénoncer la répression de Kronstadt. À partir de 1950, elle est traductrice technique dans l’industrie chimique et ce jusqu’à la fin de ses jours.

Allez, voilà pour aujourd’hui, portez vous bien et à demain peut-être.