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UN TAXI POUR TOBROUK…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis
de la poésie universelle et  de la saucisse de Molène réunies,
bonjour !

Nous sommes le jeudi 24 février et, le jeudi c’est poésie…

ألا
أيها الظالم المستبد

حبيب
الظلام عدو الحياه

سخرت
بأنات شعب ضعيف

و
كفك مخضوبة من دماه

و
سرت تشوه سحر الوجود

C‘est
très joli en arabe mais néanmoins, je vous laisse apprécier ce
texte en français d’un poète tunisien à la vision prémonitoire.
Il a été écrit au début du XXè siècle par un jeune poète Abou
el Kacem Chebbi
.

En 2002, alors que la seconde Intifada touche le
Proche-Orient, la chanteuse Latifa Arfaoui décide de mettre en
musique le poème, en faisant clairement allusion au conflit
israëlo-arabe dans son clip.Ici à droite Abou Chebbi à l’age de dix huit ans.

Ô
tyran oppresseur…

Ami de la nuit, ennemi de la
vie…
Tu t’es moqué d’un peuple impuissant
Alors que ta main
est maculée de son sang
Tu abîmes la magie de l’univers
Et tu
sèmes les épines du malheur dans ses éminences

Doucement !
Que ne te trompent pas le printemps,
La clarté de l’air et la
lumière du jour
Dans l’horizon vaste, il y a l’horreur de la
nuit
Le grondement du tonnerre et les rafales du vent
Attention !
Sous la cendre, il y a des flammes
Celui qui plante les épines
récolte les blessures

Regarde là-bas où tu as moissonné
les têtes humaines
et les fleurs de l’espoir
Et tu as englouti
de sang, le cœur du sol et tu l’as abreuvé de larmes à
l’ivresse
Le flot, torrent du sang va te brûler

Et l’orageux brûlant va te
dévorer.

De santé fragile, le jeune homme
mourra subitement à l’âge de 25 ans. Clin d’oeil de l’histoire, les
deux premiers vers de son poème la volonté de vivre seront
intégrés dans le texte de l’hymne national tunisien à l’occasion
du retour de Bourguiba. Plus haut, la photo de son buste à Tozeur.

Lorsqu’un
jour le peuple veut vivre,
Force est pour le destin de
répondre,
Force est pour les ténèbres de se dissiper,
Force
est pour les chaînes de se briser.

voilà pour
aujourd’hui, le poète a toujours raison comme le disait Jean Ferrat
en évoquant Aragon. En attendant la suite, portez vous bien, à
demain peut-être et, n’oubliez pas: Indignez vous !

LES YEUX D’ELSA…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis du pain perdu et de la liberté retrouvée réunis, bonjour !

Nous sommes le 16 juin soit le 28è jour de prairial et c’est le jour du thymus que des paresseux ont pris l’habitude de nommer le THYM.
Cette plante de la famille des lamiacées est aussi appelée, serpolet et, dans le sud, les occitans  disent farigoule. Le thym est utilisé depuis fort longtemps et pas seulement pour arômatiser les côtes de boeuf je dis cela pour « La Giennoise » à qui je fais de gros bisous).
Les Égyptiens et les Étrusques utilisaient le thym mélangé aux onguents pour embaumer leurs morts. Les Grecs en brûlaient devant l’autel de leurs dieux, les places publiques et les riches demeures, pensant que cette plante était source de courage; ils en mettaient aussi dans leurs plats; le thym était aussi utilisé à profusion comme parfum stimulant qu’ils versaient dans leur bain.
La légende veut que Pâris enleva la belle Hélène et que la princesse était fort triste: à chaque larme qui tombait de ses yeux sur le sol, naissait une touffe de thym. C’est beau, non !

Tout à fait autre chose et qui n’a rien à voir…

Il y a quarante ans, le 16 juin 1970, disparaissait ELSA TRIOLET. De son vrai nom Elsa Kagan, elle était née à Moscou, Triolet était le nom de son premier mari. Elsa à une soeur, Lili Brik, qui participe très tôt au mouvement révolutionnaire russe. C’est à travers elle que, plus tard, Elsa Triolet et Louis Aragon seront en contact avec les communistes.
Elsa apprend le français et se lie avec le poète Maïakowski qui deviendra plus tard le compagnon de Lili Brik. En 1919 elle épouse un officier français, André Triolet, qui l’emmène à Tahiti. Elle s’en sépare deux ans plus tard. Commence pour Elsa une décennie d’errance à travers l’Europe.
Installée à Montparnasse, elle fréquente les surréalistes comme Fernand Léger et Marcel Duchamp. C’est en 1928 qu’elle rencontre Aragon au café « La coupole », elle devient sa muse et ne se quitteront plus. Ils se marient en 1939, et ensemble entrent dans la résistance.

Elsa continue à écrire nouvelles et romans et sera récompensée par le prix Goncourt 1945 au titre de l’année 44. Elsa Triolet attendra 1957 pour rendre publique sa critique du Stalinisme, notamment dans « le monument » et, en 1963, elle va oeuvrer pour faciliter la  traduction et la publication du livre de Soljénytsine « une journée d’Ivan Denissovitch ».
Je vous livre une de ses citations qui, me semble t-il, colle tout à fait à la situation actuelle: « J’ai appris que pour être prophète, il suffisait d’être pessimiste. » (c’est tiré de: Mille regrets)
Bon, c’est pas une raison pour se laisser aller. Allez, haut les coeurs !  Vous allez voir que l’été va finir par arriver, si,si, c’est la semaine prochaine. En attendant, portez vous bien et à demain peut-être.

JE T’AURAIS, FANTÔMAS, JE T’AURAIS…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis de la poésie et du Kig ha farz réunis, bonjour. Nous sommes le mardi 8 juin c’est à dire le 20 de Prairial et, l’auriez vous deviné, c’est le jour de la fourche ! La fourche, comme chacun le sait, est un outil qui a les dents longues et qui est surtout utilisé pour empaler les zombies dans les films de genre.

Ceci étant, quelque part entre Nîmes et le Mont Aigoual, dominant la vallée de la Vidourle, il existe un magnifique village Cévenol qui a fait de la fourche son fond de commerce. En effet, c’est à SAUVE que l’on trouve le conservatoire de la fourche, attention, la vraie fourche à trois becs en bois de micocoulier.

Ici point question de fourche fantaisie made in Taïwan. La recette est tenue secrète depuis près de dix siècles. Mais si vous tenez absolument à faire l’acquisition de la véritable fourche de Sauvé, assurez vous qu’elle porte bien la fameuse « cravate » en écorce; c’est un label aussi solide que l’abeille de Laguiole.

Maintenant, j’entends bien vos réticences:

- Mais, Erwandekeramoal, que faire aujourd’hui d’une fourche à trois becs en bois de micocoulier?

- Et bien, si vous êtes patients, je vous donnerais bientôt une liste de banquiers, spéculateurs, ministres, escrocs, dont la tête pourrait bien fournir à vos fourches à trois becs en bois de micocoulier, l’occasion de reprendre du service…

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Tout à fait autre chose et qui n’a rien à voir…Quoique.


L‘homme du jour pour illustrer notre galerie de portraits est Robert DESNOS décédé un 8 juin  en 1945 dans un camp de concentration en Tchécoslovaquie quelques jours après sa libération par l’armée Rouge.

Il avait adhéré très tôt aux mouvements d’intellectuel santifascistes. Après la défaite de 40, il devient journaliste et rejoint rapidement la résistance.(Ici, une photo de Desnos en 1924.)

Avant la guerre il s’était rendu célèbre grâce à sa « complainte de Fantômas » pour le feuilleton du même nom, diffusé sur Radio Paris. Il est arrêté en 44 et déporté à Buchenwald.

C’est sans doute au cours de son service militaire au début des années 20 qu’il rencontre le monde surréaliste. Probablement est-ce au cours d’une permission que le troufion Desnos établit enfin le contact avec « ces compteurs d’étoiles », selon le mot de Victor Hugo. Tout se passe alors au Certa, un bar du passage de l’Opéra aujourd’hui disparu. S’y retrouvent Aragon, Breton, Radiguet (qui mourra en 1923), Tzara, Soupault, Cendrars, et quelques autres. Desnos monte dans la nacelle sans se faire prier, car il a déjà expérimenté à sa façon l’écriture automatique, forme d’expression aussi peu contrôlée que possible. En 1922, c’est certain, il a rejoint l’aventure Surréaliste.

Desnos s’installe alors dans l’atelier du peintre André Masson au 45 de la rue Blomet, à Montparnasse, près du Bal Nègre qu’il fréquente assidûment. Il s’initie à l’opium. C’est alors le temps des trois forteresses surréalistes : Breton, rue Fontaine, Aragon, Prévert, Queneau et André Thirion, rue du Château et cette rue Blomet où Desnos compte Joan Miró et le dramaturge Georges Neveux pour voisins.

Desnos s’éprend à la folie d’une chanteuse de music-hall qui le hantera toute sa vie, Yvonne George, elle est « la mystérieuse » qui règne sur ses poèmes. Elle va mourir de tuberculose en 1929, elle n’a que trente-trois ans.

Au début des années trente, Aragon et Breton vont se charger « d’exécuter » Desnos qui va rompre avec le mouvement surréaliste. Pour Desnos, il est temps de constater que Breton est dépassé, vieux, abêti et sent, effectivement, le cadavre. Avec Corps et Biens, qui parait en 1930, Desnos dresse le bilan d’une belle aventure qui s’achève. La rupture est douloureuse, Desnos se retrouve solitaire mais son chemin continue.

Il va entamer dès lors une carrière qui le conduira à faire beaucoup de radio mais aussi de la publicité. Mais surtout, il est un résistant actif qui a abandonné ses principes pacifistes.

Il est arrêté le 22 février 1944 et, bien qu’averti, il n’a pas fui pour protéger sa compagne Youri Foujita, malade et droguée.

Laissons à Paul Eluard le soin de l’oraison:

« Jusqu’à la mort, Desnos a lutté. Tout au long de ses poèmes l’idée de liberté court comme un feu terrible, le mot de liberté claque comme un drapeau parmi les images les plus neuves, les plus violentes aussi. La poésie de Desnos, c’est la poésie du courage. Il a toutes les audaces possibles de pensée et d’expression. Il va vers l’amour, vers la vie, vers la mort sans jamais douter. Il parle, il chante très haut, sans embarras. Il est le fils prodigue d’un peuple soumis à la prudence, à l’économie, à la patience, mais qui a quand même toujours étonné le monde par ses colères brusques, sa volonté d’affranchissement et ses envolées imprévues. »

Bon, c’est pas gai mais,j’aime à me souvenir que ces gens là ont existé avant nous et nous ont légué un héritage dont nous sommes responsable au yeux de nos enfants et des enfants de nos enfants…Allez, portez vous bien et à demain peut-être.


KACZINSKI, MAÏAKOVSKI, JARUZELSKI…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Nous sommes le 14 avril et, c’est un prétexte pour se souvenir de cette belle chanson de Renaud « les aventures de Gérard Lambert », aventures qui débutent un 14 avril…

Le 14 avril 1930, fin de l’aventure pour Vladimir Maïakovski, il vient de se tirer une balle en plein coeur.

Poète, dramaturge, acteur, théoricien, peintre, affichiste et scénariste, Maïakovski est né à Bagdadi (Géorgie) en 1893. Issu d’une famille modeste, il s’installe à Moscou en 1906, après la mort de son père.

Maïakovski adhère au Parti social démocrate (bolchévique) à 15 ans et participe aux manifestations révolutionnaires de 1905. Arrêté trois fois pour conspiration, il s’initie à la poésie alors qu’il est emprisonné à Boutyrskaïa en 1909.

Il devient rapidement un des meneurs du mouvement futuriste après sa rencontre avec le poète et peintre David Bourliouk qu’il a connu en 1911 et qui lui a mis « le pied à l’étrier ». Tout en exploitant cette nouvelle poésie, il atteint des sommets de lyrisme dans La Flûte en colonne vertébrale ou dans son Nuage en pantalon (1914), véritable manifeste du futurisme, qui est le fruit de sa relation troublée avec Lili Brik qu’il a rencontrée en 1910 alors qu’il entretient une relation avec sa jeune sœur qui elle, deviendra célèbre, Elsa Triolet. Comme disait Jabiru dans son blog « c’était en quelque sorte le beauf d’Aragon ». Voici, à droite une photo de Maïakovski en compagnie de Lili Brik, revue et corrigée par la censure soviètique…Il lui écrira et lui dédiera sa vie durant ses plus belles poésies. Lili est déjà mariée avec Ossip Brik qui devient l’ami et l’éditeur du poète. Un ménage complice à trois s’instaure. Avec Serge Tretiakov ils fondent le journal LEF qui influencera toute une génération d’écrivains.

De retour à Moscou et après la révolution d’Octobre de 1917, qu’il accueille d’abord favorablement, il utilise, sincèrement, son talent au service du pouvoir politique, notamment dans le poème « Lénine » mais il se heurte rapidement au conformisme des critiques et du Parti.

Il sillonne pourtant l’Europe en ambassadeur et visite Londres et Paris. Partout on écoute ce géant à la voix de stentor célébrer la révolution dont il est le chantre. Il se met au service de l’agence télégraphique russe et conçoit les images et les textes des posters satiriques Agitprop. Après une série de ruptures et de réconciliations, il se sépare définitivement de Lili en 1924. Il part pour une tournée de conférences à New York et il y rencontre Elly Jones, une jeune émigrée russe et de leur passion brève, trois mois, naît une fille Patricia Jones Thompson.

Le 14 avril 1930 à 10 h 15, le poète harassé, qui par défi jouait aussi à la roulette russe, se tire une balle dans le cœur. Le dernier acte de la vie de Maïakovski s’est déroulé à Moscou, au numéro 3 du Loubianskyi Prospekt, appartement 12. La thèse du suicide semble évidente. Le poète qui exhortait la jeunesse à vivre à la mort terrible d’Essenine est lui aussi « reparti vers les étoiles ».

On trouvera ce mot : « Maman, mes sœurs, mes amis pardonnez-moi – ce n’est pas la voie ( je ne la recommande à personne ) mais il n’y a pas d’autre chemin possible pour moi. Lily aime-moi ! ».

Staline ordonne des funérailles nationales pour celui qu’il qualifiera plus tard de « poète de la Révolution ». « Ils l’ont tué une seconde fois » dira Pasternak.


KACZINSKI

Je suis dans le fond assez d’accord avec la belle chanson de Dominique A, « il ne faut pas souhaiter la mort des gens »…Quoique !

Si on m’avait demandé il y a un mois ce que je souhaitais au président polonais Kaczinski, je ne dis pas que… Mais bon, n’épiloguons pas.

Ce monsieur était quand même un conservateur comme on en fait qu’en Pologne. Contre l’avortement, résistant à l’Europe, considérant l’homosexualité comme une maladie; bref, en France sur l’échiquier politique, il serait un peu à droite de Le Pen. Et voilà t-y pas qu’on va l’enterrer auprès des rois de Pologne. Ce petit président riquiqui, qui ne laissera dans les mémoires que sa façon originale d’atterrir, a néanmoins eut un geste historique avant de décéder. En effet, un autre grand guignol polonais, Jaruzelski, l’homme aux lunettes noires,  ancien président qui mena la vie dure à Solidarnosc, sorte de parrain néo-stalinien, lui avait demandé de faire partie de la délégation qui a embarqué dans l’avion présidentiel en route pour Katyn …Requête refusée ! L’histoire nous réserve parfois de ces facéties; celle-ci a permis à un affreux réac de sauver la vie à un affreux tout court.

Allez, encore une fois, c’est fort aimable à vous de passer par ici, revenez quand vous voulez, c’est ouvert toute l’année. Portez vous bien et pour ceux qui l’ignore, pour voter c’est en haut de la colonne de droite, à demain peut-être.

LUIS BUNUEL…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Luis Buñuel est né dans une petite ville en Aragon, réputée pour son « obscurantisme » religieux. Il grandit au sein d’une famille nombreuse et riche. À 19 ans, il part à Madrid pour commencer des études supérieures, il rencontre Salvador Dali et Federico Garcia Lorca, apporte son soutien au mouvement dadaïste. En 1923, il fonde avec Federico Garcia Lorca entre autres, l’Ordre de Tolède. En 1925, il vient à Paris. Il arrive à se faire embaucher comme assistant réalisateur de Jean Epstein, sur le tournage, en 1926, de « Mauprat », puis, en 1928, de « La Chute de la maison Usher».En 1928, avec l’aide matérielle de sa mère, Luis Buñuel tourne son premier film Un chien Andalou dont le scénario est écrit en collaboration avec Salvador Dalí. Dans un premier temps, ce film est projeté en privé pour Man Ray et Louis Aragon…Le 30 novembre 1930, après la première projection du film L’Âge d’or, co-réalisé avec Salvador Dalí, la censure exige des coupes. Quelques jours après, la Ligue des patriotes et la Ligue anti-juive saccagent le Studio 28 à Montmartre, qui projette le film et propose dans son hall une exposition d’œuvres surréalistes. Ce saccage est le déclenchement d’une virulente campagne de presse contre les surréalistes, et le préfet de police Chiappe fait saisir le film. En fait, seule la copie de projection sera confisquée et détruite, le négatif étant resté en la possession de Charles Vicomte de Noailles et son épouse Marie-Laure Vicomtesse de Noailles , les mécènes du film. L’interdiction de projection ne sera levée qu’en 1980.

Du Chien andalou jusqu’à Cet obscur objet du désir, Luis Buñuel a construit une œuvre profondément marquée par le surréalisme.Ses films portent pratiquement tous, à des degrés divers, la marque du surréalisme, que ce soit dans la forme ou le discours. Le cinéaste surréaliste est celui qui « aura détruit la représentation conventionnelle de la nature [...], ébranlé l’optimisme bourgeois et obligé le spectateur à douter de la pérennité de l’ordre existant » (Luis Buñuel).Entre 1933 et 1935, Buñuel travaille pour des compagnies américaines. La guerre civile qui éclate en Espagne le bouleverse. Il participe à un documentaire pro-républicain « Madrid 36 », puis il se rend aux États-Unis. Il travaille à démontrer l’efficacité et le danger des films de propagande nazis (il utilise en particulier un film de Leni Riefenstahl).Mais il ne cache pas son anticatholicisme et son marxisme et subit des pressions, notamment après la parution en 1942 du livre de Salvador Dali La Vie secrête de Salvador Dali, qui signe son portrait ici à gauche, où il est décrit comme seul responsable des aspects les plus controversés de L’Âge d’or. Il doit abandonner son poste au Museum of Modern Art de New York et s’exiler au Mexique. Dancigers lui suggère de s’intéresser à la vie des enfants de Mexico : Los Olvidados, présenté au Festival de Cannes 1951, y remporte le prix de la mise en scène et remet Buñuel au premier plan. El et La Vie criminelle d’Archibald de la Cruz, ses meilleurs films mexicains sont plein de référence au Marquis de Sade, à la religion, à la bourgeoisie. Buñuel se voit proposer un tournage en Europe : il s’agit de Viridiana, qui obtient la Palme d’or au Festival de Cannes 1961 mais surtout provoque de gros remous politiques, diplomatiques et religieux. Le régime de Franco, après avoir permis le tournage et accepté que le film représente l’Espagne au Festival finit par l’interdire complètement.  Le film est distribué en Espagne en 1977, deux ans après la mort du Caudillo. Suivent L’Ange exterminateur, Le Journal d’une femme de chambre,(voir mon billet du 16 février) adaptation du célèbre roman d’Octave Mirbeau. En choisissant de repousser de trente ans l’action du roman d’Octave Mirbeau, Luis Buñuel s’offre une belle vengeance sur ceux qui bâillonnèrent ses débuts dans les années 1930: dans la dernière séquence du film, des manifestants « antimétèques » scandent effectivement « Vive Chiappe! ». Après cette adaptation, Buñuel signe son dernier film mexicain, le surprenant Simon du désert. Il vient alors régulièrement tourner en France, en particulier pour des projets impliquant Jean-Claude Carrière. Ses films sont toujours aussi puissants et en lutte contre la bourgeoisie dominatrice : La Voie lactée, Belle de jour,(voir la photo avec Catherine Deneuve plus haut à droite). Il tourne Tristana en Espagne, à Tolède, malgré l’incident provoqué par Viridiana. Il reçoit l’Oscar du meilleur film étranger pour Le Charme discret de la bourgeoisie et choisit d’arrêter sa carrière de réalisateur en 1976 avec Cet obscur objet du désir. Il était Satrape du Collège de Pataphysique.

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Et bien voila pour débuter la semaine avec un grand, très grand monsieur du cinéma. Je me souviens être retourné trois fois de suite à la projection du film « Un chien Andalou », abscon, hermétique, surréaliste et subjugant tout à la fois. Allez, à vos cassettes…Portez vous bien et à demain peut-être.

Allez, saluons un gars d’chez nous:Le 19 janvier 1912, naissance d’Armand ROBIN à Plouguernével ( e kichen Rostren).Traducteur, écrivain et poète libertaire.Passionné par l’étude des langues, il en parlera un nombre impressionnant. Après un séjour en URSS en 1933, il fera une critique acerbe du régime soviétique et de sa dictature. Il traduit de la poésie et fait découvrir des auteurs russes tel que Essenine, Blok, Maïakovski, Pasternak, etc. Il se passionne également pour l’écoute radio en ondes courtes, réalisant des rapports d’écoute d’émissions étrangères. Dès 1945, il adhère à la Fédération Anarchiste (qui publiera ses « Poèmes indésirables », dédiés aux peuples martyrisés), et il y côtoiera Georges Brassens. A la libération, Elsa Triolet, qui lui vouait une haine farouche, fit pression sur Aragon pour que Armand Robin figure sur la liste noire des intellectuels.Dans « La fausse parole », parue en 1953, il dissèque les mécanismes de propagande dans les pays totalitaires. Il continuera de traduire et d’écrire d’innombrables poèmes, jusqu’à sa mort, inexpliquée, le 29 mars 1961, à l’infirmerie du Dépôt de la police, à Paris.

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Allez, saluons un gars d’chez nous:Le 19 janvier 1912, naissance d’Armand ROBIN à Plouguernével ( e kichen Rostren).
Traducteur, écrivain et poète libertaire.
Passionné par l’étude des langues, il en parlera un nombre impressionnant. Après un séjour en URSS en 1933, il fera une critique acerbe du régime soviétique et de sa dictature. Il traduit de la poésie et fait découvrir des auteurs russes tel que Essenine, Blok, Maïakovski, Pasternak, etc. Il se passionne également pour l’écoute radio en ondes courtes, réalisant des rapports d’écoute d’émissions étrangères. Dès 1945, il adhère à la Fédération Anarchiste (qui publiera ses « Poèmes indésirables », dédiés aux peuples martyrisés), et il y côtoiera Georges Brassens. A la libération, Elsa Triolet, qui lui vouait une haine farouche, fit pression sur Aragon pour que Armand Robin figure sur la liste noire des intellectuels.
Dans « La fausse parole », parue en 1953, il dissèque les mécanismes de propagande dans les pays totalitaires. Il continuera de traduire et d’écrire d’innombrables poèmes, jusqu’à sa mort, inexpliquée, le 29 mars 1961, à l’infirmerie du Dépôt de la police, à Paris.

« Que m’importe qu’on m’abatte au coin de la rue, j’écrirai des poèmes jusqu’à ce qu’on me tue ». Armand Robin.

Bon, et à part cela, quoi de neuf docteur ?

Au secours, la droite revient ! Oui mais c’est au Chili. Sebastian Pinera reprend La Monéda à Michelle Bachelet. Pourtant, depuis l’élection de Lula au Brésil, les « bonnes » nouvelles s’étaient succédées: Vasquez en Uruguay, Morales en Bolivie, Corréa en Equateur, Lugo au Paraguay, Chavez au Vénézuela…Aye, aye, arriba, arriba ! Faut pas relacher vos efforts.

Au secours, Jospin revient ! Oui bon, c’est juste pour son bouquin « Lionel raconte Jospin ». Du coup, on le voit et on l’entend sur toutes les chaînes radios et télés. Il doit quand même se marrer en regardant son successeur (F.Hollande) à la tête du PS déclarer: »je ne suis plus dans les petits rôles… » et se préparer pour les présidentielles. Euuuhhh, comme disent les guignols.

Bon et bien voila pour ce jour d’hui. Vous pouvez à présent vaquer à vos occupations habituelles (encore que reste persuadé que cette expression est un contre sens – vaquer signifiant à l’origine: Cesser ses occupations. Il faudra que j’interroge Capelo. ) Portez vous bien et à demain peut-être.

POUR LES YEUX D’ELSA…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Écrire c’est une façon de parler sans être interrompu disait Jules Renard. Je poursuis donc ma galerie de portraits à l’occasion de l’anniversaire de la mort de Louis Aragon. Au delà de ses engagements politiques, de sa trop longue cécité vis à vis du stalinisme, il nous lègue des textes d’une telle beauté, surtout quand ils sont porté par des interprètes comme Ferré ou Ogeret qu’il mérite bien ce petit hommage.

Fils illégitime d’une liaison entre Marguerite Toucas et un homme politique célèbre, Louis Aragon naît le 3 octobre 1897, à Paris. Son enfance toute entière se trouve du coup marquée par le mensonge et la dissimulation: pour sauver les apparences, sa mère se fait en effet passer pour sa sœur et sa grand-mère, pour sa mère adoptive, tandis que ses tantes deviennent ses sœurs et que son père devient un vague parrain, qui ne lui apprendra la vérité de sa naissance qu’avant son départ pour le front. Il est incorporé en 1917 et part pour le front où il rencontrera par hasard André Breton. Trois fois enseveli sous les bombes, Aragon survit cependant au conflit et se consacre avec une énergie décuplée à l’écriture, sous toutes ses formes.
Il rencontre en 1928 un jeune écrivain russe, Elsa Triolet, dont il ne se séparera plus. Il devient simple journaliste à
L’Humanité et entame une nouvelle carrière de romancier avec Les Cloches de Bâle (1934). Après la mort d’Elsa Triolet (1970), il poursuit comme il le peut ses activités politiques auprès de l’union de la gauche (il sera décoré par F. Mitterrand) et survit en changeant radicalement de style de vie et en affichant dans les médias ses relations homosexuelles, notamment avec Jean Ristat, lui-même écrivain et poète qui lui fermera les yeux le 24 décembre 1982. Sa mort sera suivie d’un concert étonnant de louanges et de cris de haine qui ne s’est guère estompé depuis.

Voila, je vous souhaite de passer d’excellentes fêtes de fin d’année, n’hésitez pas à abuser des bonnes choses, on ne sais jamais de quoi demain est fait. Portez vous bien et, à demain peut-être.