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JOURNEE DE L’ANARCHIE…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis du Paris-Nice et de la cuisine batave réunis, bonjour !

Nous sommes le samedi 10 mars, vingtième jour de ventôse et c’est le jour du Cordeau. Avant-hier on célébrait la journée internationale pour le droit des femmes et bien, le 10 mars 1966, à Amsterdam, à l’occasion du mariage controversé de la princesse Beatrix (future reine de Hollande) avec un ancien diplomate allemand soupçonné d’avoir eu des sympathies nazies, le mouvement « Provo » (né un an plus tôt) appelle à faire de cette journée un jour d’anarchie (dag van de anarchie). Je crois que l’auteur du graphisme n’est autre que Willem. Ce jour là des bombes fumigènes sont jetées sur le trajet de la cérémonie, la police intervient brutalement (pléonasme) et provoque une émeute. Tiens, je n’ai pas entendu Pujadas en parler…

Tout à fait autre chose pour notre galerie.

Le 10 mars 1972, mort de Stephen MAC SAY (de son vrai nom Stanislas Alcide MASSET).
Militant anarchiste, professeur puis apiculteur.
Il est né le 15 octobre 1884 dans le nord de la France. Il s’oppose très vite à l’enseignement « officiel ». En 1906 il rejoint, avec sa compagne Marie-Adèle Anciaux, l’école libertaire de Sébastien Faure dont j’ai parlé ici « La Ruche », où ils enseigneront tous les deux jusqu’en 1910. Mac Say quittera alors définitivement l’enseignement et deviendra forain, puis apiculteur. Pendant la guerre de 14-18, bien que réformé, il se réfugie dans la Creuse avec sa compagne, craignant quelques ennuis à cause de son engagement antimilitariste. Après la guerre, Mac Say reprend ses activités militantes, et particulièrement sa collaboration régulière aux journaux anarchistes « L’en dehors », « Le libertaire » « Les temps nouveaux » etc., ainsi qu’à l’Encyclopédie Anarchiste de Sébastien Faure. Dénoncé comme juif pendant la 2e guerre mondiale (ce qui, soit-dit en passant, était faux) il est à nouveau contraint de quitter sa maison avec Mary.
Humaniste et amoureux de la nature, Mac Say écrira de nombreux livres et brochures contre la vivisection, ainsi que sur l’éducation des enfants et la santé : « L’école laïque contre l’enfant », « De Fourier à Godin », »Les bêtes proches de l’homme », « Propos sans égards », etc.

Voilà pour aujourd’hui, vous êtes nombreux à avoir suivi le cénobite dans son déménagement, soyez en remercié ; n’hésitez pas à faire connaître la nouvelle adresse du blog, portez vous bien et à demain peut-être.

BIENVENUE…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis de l’érotisme biblique et des muffins aux bananes réunis, bonjour!

Nous sommes le 20 février, deuxième jour de ventôse dédié au Cornouiller, jolie plante qui a laissé sa trace dans la culture Occitane. En effet, En Occitanie la floraison et la fructification du Cornouiller Mâle (Cornu Mas) ont constitué une sorte de convention collective avant la lettre. La floraison indiquait la période à partir de laquelle les servantes des fermières n’étaient plus tenues de ravauder, filer ou tricoter après le repas du soir. Inversement la maturité des fruits imposait cette obligation. En langue occitane la prescription se formulait en ces termes: « comma roja, veilla hoja. Quand la comma a florit la veillada a falit« . Dans certaines régions, la plante est désignée par le joyeux vocable de: « couilles de Suisse » allez savoir pourquoi. Amusant, non !

Il s’appelait Jules DURAND.

C‘est comme cela, il y a des gens qui s’appellent Jules Durand comme d’autres Jacques Martin. Des vieux noms bien franchouillards qui sentent le calendos et le beaujolpif. Des noms à vous réconcilier avec l’identité nationale, des noms qui sentent bon le terroir, la baguette et le bérèt, des noms capables de procurer une érection à Claude GUEANT. Mais, ainsi que j’essaie de le montrer dans cette galerie de portraits, derrière ces noms, des hommes et des femmes, méconnus, oubliés… Ils pourraient se nommer Jean ou Peter ou Ivan ou Paolo, ils ont depuis longtemps aboli les frontières, ils appartiennent à la grande communauté des gens de « bien » qui ont lutté contre les gens de « biens ».

Le 20 février 1926, mort de Jules Gustave DURAND, né le 6 septembre 1880 au Havre.
Anarchiste, syndicaliste révolutionnaire, secrétaire du syndicat des charbonniers du Havre.
Initiateur de la grève illimitée d’août 1910, il sera victime d’une machination politico-judiciaire suite à la mort d’un « jaune » lors d’une rixe. On essayera de prouver que Durand avait fait voter la mort de ce dernier dans son syndicat. La corruption de plusieurs témoins et une campagne ignominieuse de la presse locale entraînèrent, le 25 novembre 1910, sa condamnation à mort. Mais le 28 novembre, par solidarité et pour lutter contre cette injustice, la grève est générale au Havre, et s’étend au secteur international des docks anglais et américain
. Puis une protestation générale, initiée par la Ligue des Droits de l’homme, aboutit à sa libération, le 15 février 1911. Malheureusement, Jules Durand, maintenu 40 jours en camisole de force, était devenu fou, et finit sa vie à l’asile.
La révision de son procès, le 15 juin 1918, l’innocenta totalement.


CHANGEMENT D’ADRESSE.

Bon allez, c’est parti pour la bascule. Le camion de déménagement est là; à partir de maintenant et jusqu’à dorénavant, on se retrouve sur:                               lescenobitestranquilles.fr

Le nouveau site va fonctionner un moment en doublure avec celui-ci, le temps pour vous, amis lecteurs, de mettre à jour vos carnets d’adresses. En attendant, portez vous bien et à demain peut-être.

DANSONS LA RAVACHOLE…

Posté par erwandekeramoal dans ANARCHISME

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Amis du tarot de Marseille et de la galinette cendrée réunis, bonjour !

Nous sommes le dimanche 05 février 2012, 17è jour de pluviôse dédié au Lichen et il fait un temps à ne pas mettre un cénobite dehors.

Le 5 février 1894, à Paris, exécution d’Auguste VAILLANT, au cri de « Mort à la société bourgeoise et vive l’anarchie« .


La bombe que Vaillant avait jetée le 9 décembre 1893 à la Chambre des Députés, si elle ne tua personne, terrorisa la société bourgeoise, qui ne lui pardonnera pas cette frayeur.
Vaillant, né en 1861, connait très jeune la misère. A 13 ans, il prend le train sans billet : première condamnation. A 17 ans, affamé, il mange dans un restaurant et ne peut payer : six jours de prison. Il se rend à Paris, à pied. Il fréquente les groupes anarchistes, se passionne pour l’astronomie, la philosophie, etc. Il se marie, et a une fille, Sidonie (qui sera plus tard recueillie par Sébastien Faure).  Toujours dans la misère, il décide de tenter sa chance en Argentine, dans le Chaco, mais là-bas aussi, la misère règne en maître. Après 3 ans d’exil, il rentre en France où il ne trouve que des petits boulots qui n’arrivent pas à nourrir sa famille. Il renoue alors avec le milieu des « compagnons » anarchistes. Les vagues d’actes anarchistes se multiplient alors en France dans les années 1892-1894 à l’initiative de plusieurs activistes, parmi lesquels Ravachol, Sante Géronimo Caserio, ou encore Emile Henry.

Leurs actions visent la bourgeoisie, qu’ils jugent responsable de la misère en cette période de crise économique, et surtout les premiers responsables à leurs yeux des inégalités sociales, c’est-à-dire les parlementaires, au lendemain du scandale de Panama de 1892 qui révèle la corruption du personnel politique.  C’est alors qu’il décide d’en finir en jetant sa bombe.

« Messieurs, dans quelques minutes, vous allez me frapper, mais en recevant votre verdict, j’aurai au moins la satisfaction d’avoir blessé la société actuelle, cette société maudite où l’on peut voir un homme dépenser inutilement de quoi nourrir des milliers Auguste_Vaillant_executionde familles, société infâme qui permet à quelques individus d’accaparer les richesses sociales (…) Las de mener cette vie de souffrance et de lâcheté, j’ai porté cette bombe chez ceux qui sont les premiers responsables des souffrances sociales. »
Auguste Vaillant (que l’on voit ici, à gauche, présenté à la guillotine)

En représailles de cette exécution, Caserio va assassiner Sadi Carnot à Lyon le 24 juin 1894. La conséquence directe de ces actes fut l’adoption des lois dites « scélérates » La première prévoit la création de nouveaux délits, dont l’apologie de faits ou apologie de crime. Cette loi permet aux autorités d’ordonner des arrestations et des saisies préventives. La seconde concerne les associations de malfaiteurs et la troisième, la liberté de la presse en interdisant toute propagande aux anarchistes et en interdisant leurs journaux. Ces lois ne furent abrogées qu’en 1992. Dès lors, chez les anarchistes, la chanson « la complainte de Vaillant » va remplacer la fameuse « Ravachole ».

La guillotine a disparu plus vite que les inégalités sociales, les prébendes, les conflits d’intérêts, les ministres bidons et les énormes profits des financiers en tous genres…Sources:Ephéméride anarchiste – Dictionnaire international des militants anarchistes.

Allez, c’est pas une raison pour perdre la tête. Je dis cela à l’intention de l’inspecteur des renseignements généraux qui est chargé de dépouiller les blogs; ceci n’est pas l’apologie d’un acte criminel, simplement un rappel historique.

Portez vous bien et à demain peut-être.

Amis du réchauffé et du c’est-bon-quand-même réunis, bonjour!

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis du réchauffé et du c’est-bon-quand-même réunis, bonjour!

Nous sommes le 13 décembre 2011, 23è jour de frimaire dédié au roseau-qui-plie-mais-ne-rompt-pas… Depuis hier soir il souffle sur le Nord-Finistère un Noroit à décorner les boeufs. je ne sais pas si il y a un rapport, en tous cas, mon ordi s’est inscrit aux abonnés absents. Du coup, je vous propose un billet que j’ai écrit il y a deux ans déjà, en hommage à un anar brestois.

JULES LE GALL, NE UN 13 DECEMBRE.

Je reprends quelques notes des archives de Ouest-France de l’époque où le conseil municipal de Brest votait pour dédier un lieu public à ce militant. Certains d’entre vous, brestois ou anciens de l’arsenal en ont peut-être entendu parler.

Ouvrier chaudronnier à l’Arsenal de Brest dans le même atelier que le militant libertaire Victor Pengam, Jules Le Gall fondait avec ce dernier en 1903 le groupe local de la Jeunesse Syndicaliste, l’un des premiers à être formé en France, un groupe qui allait compter rapidement une soixantaine de jeunes ouvriers de l’Arsenal. L’année suivante, suite aux importantes grèves de mai-juin, était créée le 4 juillet 1904 la Bourse du Travail de Brest dont Le Gall était nommé secrétaire . Début janvier 1921, Jules Legall était initié à la loge maçonnique des Amis de Sully du Grand Orient de France.

Les 30-31 mai 1936 il présidait en tant que vénérable de la loge « Les Amis de Sully » le congrès des loges de l’ouest. A droite, une cérémonie en faveur de la laïcité par des Maçons brestois au jardin Jules le Gall.

Jules Le Gall occupe une place conséquente dans l’histoire du mouvement anarcho-syndicaliste brestois, de la fin du XIXe au début du XXe siècle. Il fit venir à Brest le chef du mouvement anarchiste ukrainien, Makhno, dont je vous ai déjà parlé, persécuté par le pouvoir soviétique. La création de la Maison du peuple, c’est encore lui. Anarcho-syndicaliste, franc-maçon, il fut bien évidemment la cible du régime de Vichy. La police française l’arrête en 1941. Il est interné à Compiègne, puis déporté en Allemagne, au camp de concentration de Buchenwald. Il y est mort le 14 juin 1944.

Voila pour aujourd’hui, allez, portez vous bien et à demain peut-être si l’ermitage résiste à la tempète.

Y’EN A PAS UN SUR CENT…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis des chinoiseries et du thé noir réunis, bonjour !

Nous sommes le 17 octobre, 26è jour de vendémiaire dédié à l’aubergine. Tiens, commençons cette semaine par un peu d’humour: celui-ci est glané dans les colonnes du Canard enchainé: « Ten years ago we have Steve Jobs, Bob Hope and Johnny Cash, now we have no jobs, no hope and no cash. » Amusant non!

Tout à fait autre chose.

Il est assez rare que l’on parle des anarchistes chinois, pourtant, il en est qui ont marqué l’histoire de leur empreinte.

Après plusieurs années d’une interminable agonie – l’euthanasie lui fut toujours refusée – l’écrivain chinois Pa Kin est mort le 17 octobre 2005, à l’âge de cent ans. Depuis 1949, il était une des figures littéraires officielles du régime de Pékin. Ce qu’on sait moins, c’est que Pa Kin fut un des principaux introducteurs de l’anarchisme en Chine, notamment en traduisant les œuvres complètes de Kropotkine. Le « Kin » de son pseudo était d’ailleurs un hommage à Kropotkine.

Né en 1904 à Chengdu, la capitale du Sichuan, dans une grande famille bourgeoise, la jeunesse de celui qui s’appelle encore Li Feigan est marquée par les convulsions révolutionnaires qui agitent l’empire du Milieu. En 1912, l’empereur est déchu et la république proclamée. En 1919, en pleine vague de grèves et d’agitation sociale, l’adolescent s’engage au sein du groupe anarchiste de Chengdu. Il est alors ébloui par la pensée de Pierre Kropotkine et les articles de l’Américaine Emma Goldmann, avec qui il entretiendra une correspondance. Il part étudier à Nankin puis à Shanghai, et apprend le français, le russe, l’anglais et l’esperanto. Shanghai est alors l’épicentre des luttes révolutionnaires en Chine, qui vont culminer avec la tentative ratée d’insurrection communiste en 1927. Le mouvement anarchiste chinois, pris en étau entre les nationalistes et les communistes, décline. Li Feigan part en 1927 faire des études à Paris « pour aller vers l’Occident à la recherche de la vérité », comme de nombreux jeunes Chinois progressistes.

En France, il milite au sein du mouvement anarchiste et s’engage dans la campagne internationale pour la libération de Sacco et Vanzetti. Ce séjour à Paris est également l’occasion de publier son premier roman : Destruction, pour la première fois sous le nom de Pa Kin. L’œuvre littéraire de Pa Kin aura donc deux versants : la traduction d’une part, le roman d’autre pa

Revenu en Chine en 1929, il devient un des intellectuels en vue du mouvement anarchiste, en publiant divers romans où s’affrontent la Chine féodale et révolutionnaire, dont son chef-d’œuvre quasi autobiographique, Famille (1931), portrait au vitriol du système familial, féodal et patriarcal.

Les années 1930 sont, en Chine, celles de l’invasion japonaise, qui va sceller l’alliance entre communistes et nationalistes pour la libération nationale. Lui s’enthousiasme pour la Révolution espagnole qui, à l’autre bout du monde, porte les espoirs d’une société libre, socialiste et libertaire. Mais il est en Chine, et la nécessité politique prime.

La guerre terminée, en 1945, il s’attaque à la traduction des œuvres complètes de Kropotkine, et publie l’un de ses derniers romans, très pessimiste, Nuit glacée (1946). Le mouvement anarchiste est alors disloqué dans son pays, mais Pa Kin reste le principal correspondant en Chine de la Commission des relations internationales anarchistes (CRIA), bureau de liaison du mouvement anarchiste.

Les communistes s’emparent définitivement du pouvoir en octobre 1949 et il va devenir impossible, pour un écrivain de la stature de Pa Kin, de ne pas adhérer à une des organisations satellites du Parti. Il rejoint donc l’Association des écrivains chinois, et devient député à l’Assemblée nationale populaire. Glorifiés, ses romans sont portés à la scène et à l’écran.

Sa vie sera désormais ballotée au gré des fluctuations et retournements brutaux propres aux organisations léninistes et staliniennes. Il sera du côté des bourreaux en 1957, à l’époque du « tournant antidroitier », et s’associera à la dénonciation des écrivains accusés de déviance. Ses romans sont censurés puis réédités, tronqués de tout élément proanarchiste. Il n’entreprendra désormais que des traductions, des essais et ses mémoires.

En 1966, à l’occasion de la Révolution culturelle, c’est à son tour de faire partie des victimes. Publiquement humilié, dénoncé comme « traître à la nation », placé sous surveillance, il passe dix ans à faire et refaire son autocritique. Il ne sera réhabilité qu’en 1977, après la mort de Mao et l’éviction de la « Bande des quatre ». Ici à gauche, à Shangaï, lors de ses obsèques.

Sources:Alternative Libertaire-Novembre 2005.

Voila pour ce début de semaine qui aurait du être consacré à la désignation de Machin à l’issue de la primaire citoyenne mais, vos gazettes vont déborder de commentaires…Le cénobite n’aime guère les chemins battus. Allez, portez vous bien et à demain peut-être.


C’EST LA SAINT AUGUSTIN…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis de l’internationalisme et de la soupe aux choux réunis, bonjour!

Je profite de ce 28 août, jour de la saint Augustin et aussi 11è jour de fructidor dédié à la pastèque, pour évoquer une grande figure de l’anarchisme international, n’y voyez aucune allusion.

Evoquer Augustin SOUCHY, c’est s’atteler à couvrir 75 ans de révolutions dans le monde. Doyen des anarchistes allemands, il s’est éteint le 1er janvier 1984 à Munich où il avait décidé de s’établir en 1966 après des périples nombreux et périlleux à travers le monde.

Il nait en 1892, le 28 août, non loin de la frontière russo-polonaise, et quelques années plus tard, c’est tout naturellement que sa famille accueille les ennemis du tsarisme lors de la première révolution russe de 1905.
Augustin SOUCHY écoute les récits des fuyards et rêve de révolution. Il poursuit des études de laborantin à Berlin où il rencontre E. Bernstein, Karl Liebknecht, Clara Zetkin. Il lit Gustav LANDAUER, Pierre RAMUS. Le soir, il fréquente les bibliothèques. Militant socialiste et pacifiste, il est emprisonné une première fois le 18 mai 1911, journée du souvenir des morts de 1848.

Quand éclate le premier conflit mondial, il est à Vienne. Il est antimilitariste et participe au groupe Befreiung. Il est arrêté, on l’attache à un autre prisonnier et on lui accroche une pancarte sur laquelle on lit: « Attention: Anarchiste ! ». Insoumis, il refuse de participer au carnage et s’exile en Suède où il entreprend d’approfondir les idées libertaires.
La prise du Palais d’Hiver en 1917 redonne espoir à toute une génération de révolutionnaires. Il rejoint les rangs des anarchosyndicalistes et collabore au journal « Der Syndikalist ».

Il est en Russie en 1920 pour participer, sur invitation de Lénine, au second congrès de la IIIe Internationale. Augustin SOUCHY flaire la magouille marxiste et déconseille à ses camarades la collaboration avec le Komintern. Il connaît le sort réservé aux opposants au régime bolchévique. Lors de ce séjour russe, il rencontre Pierre KROPOTKINE, Alexandre BERKMAN et Emma GOLDMAN.

On le retrouve à Paris, le 20 mai 1921, devant le Mur des Fédérés, pour la commémoration du 50e anniversaire de l’écrasement de la Commune.
Il entreprend ensuite une série de voyages en Amérique du Sud pour nouer des contacts avec les organisations proches et amies sur ce continent. Séjour de plusieurs mois en Argentine. Participe au congrès des anarchosyndicalistes latino-américains à Buenos-Aires ; conférences en Argentine et en Uruguay.

Il est à Berlin quand Hitler prend le pouvoir. Augustin SOUCHY se réfugie à Paris où les exilés politiques allemands sont nombreux. Il se rapproche de Louis LECOIN, et gagne sa pitance en tant que journaliste indépendant.
1936, la révolution espagnole offre un terrain de mise en pratique d’idéal longtemps rêvé. Augustin SOUCHY arrive quelques jours avant la tentative du putsch de Franco à Barcelone. Il a la quarantaine, n’a jamais été soldat, se bat aux côtés des anarchistes.
A la veille de l’écrasement du mouvement par la coalition fasciste internationale, il regagne la France. Là, sous le coup des lois xénophobes, il est interné dans les camps de Marolles, puis Audierne (Bretagne), d’où il s’évade à l’approche des troupes allemandes.
Augustin SOUCHY réussit à gagner Marseille et croise sur sa route
VOLINE, misérable et tout à l’écriture de « La Révolution inconnue » (qui raconte l’histoire de la révolution makhnoviste en Ukraine qui a duré de 1918 à 1921).
Il s’embarque pour le Mexique via Casablanca qui accueille alors les réfugiés de la guerre d’Espagne.
Septuagénaire, Augustin SOUCHY vivra encore 20 ans. Il suit de près les mouvements sociaux, en particulier la révolution de 1975 au Portugal. Il écrit, participe à des débats. Son livre « Nacht über Spanien » (Nuit sur l’Espagne), paru en 1955, est réédité dans les années 70. Un lectorat jeune et ouvert aux idées libertaires se l’arrache. Il se sert des médias comme tribune pour défendre l’humanisme libertaire et les idées forces de l’anarchisme.
En 1977 paraissent ses mémoires: « Vorsicht: Anarchist ! -Ein Leben für die Freiheit » (Attention: anarchiste ! -Une vie pour la liberté -

Presque aveugle, il meurt de vieillesse le jour de l’an. « Direkte Aktion » lui consacre un long article pour « rendre hommage à un compagnon et un grand humaniste qui ne s’est agenouillé ni devant les dieux, ni devant les pouvoirs ».

Sources :Martine REMON. Sur le site Anarchie 23

Voila un portrait de plus pour notre galerie. Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

JOLI COUCOU…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis de la Breizattitude et du bigorneau poivré réunis, bonjour!

Nous voici rendu au 2 août et c’est le jour de la brebis… Le monde des blogueurs humanistes est à la peine, en effet, le coucou de Claviers nous a quitté. Chacun appréciait ses billets, ses rébus, ses analyses et ses appréciations toujours pleines de sagesse et de subtilité. La blogosphère est trop souvent emplie de néant et de médiocrité pour ne pas regretter ce billetiste de talent. Salut à toi l’artiste. En guise de te Deum, « joli coucou » interprété par les frères Morvan accompagnés par Red Cardell.

Tout à fait autre chose. Quoique…

Les anarchistes ont toujours fait flipper le bourgeois. La police de sa très gracieuse majesté n’y va pas avec le dos de la cuiller. Voici un article paru dans « Le guardian » et repris par « Les inrocks »:

« Que faire si vous découvrez que votre voisin est anarchiste? Selon une note de la police antiterroriste anglaise, le dénoncer immédiatement aux autorités. « L’anarchisme est une philosophie politique qui voit l’Etat comme indésirable et nuisible, et promeut une société sans Etat. Toute information sur les anarchistes doit être fournie à la police« , d’après ce document. Les militants concernés ont protesté, se disant criminalisés sur la seule base de leurs idées politiques. »

 

 

 

Nouveauté.

Dans la colonne de droite pour pouvez dorénavant trouver un bouton qui vous permettra de vous abonner directement au compte Twitter des cénobites. Merci à l’agence Magik studio qui m’a permis de réaliser ce montage qui reste pour moi de l’ordre de l’hébreu technique.

Tiens, c’est les grandes marées, et j’ai en commande un plateau de fruits de mer pour marquer l’anniversaire de ma fiancée, faut que j’me dépêche (à pied).

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

Amis du symbolisme et du canard laqué réunis, bonjour !

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis du symbolisme et du canard laqué réunis, bonjour !

Le 1er avril est le douzième jour de germinal dans notre calendrier républicain et, ce n’est pas le jour du poisson mais du charme. Le mot charme est issu du nom latin du charme commun, carpĭnus. Ce mot viendrait des racines celtiques, car, désignant le bois et pen désignant la tête, car le bois de charme servait à fabriquer les jougs. Lorsque nos jeux remuants insupportaient mon aïeule, celle-ci se laissait aller à utiliser le breton et nous traitait de torr-pen (casse-tête, casse pieds).

Le 1er avril 1856, naissance de Charles MAURIN au Puy (Auvergne).
Peintre graveur et anarchiste, il mérite une petite place dans notre galerie de portraits.Et d’auto-portraits comme celui que l’on voit ici à droite.
En 1875, il obtient le Prix Crozatier qui lui permet de venir à Paris étudier aux Beaux-Arts puis à l’Académie Julian (où il enseignera ensuite). Il expose au « Salon des Artistes Français » et devient membre de la Société en 1883. Ami de Toulouse-Lautrec, ce dernier fera sa première exposition particulière avec lui en 1893. Il puise son inspiration des artistes japonais, révolutionne la technique de l’eau-forte, et réalise également des bois-gravés. Il collabore à « La Revue Blanche » dirigée par Fénéon et initie Félix Vallotton à la gravure et à l’anarchisme.
Il meurt à Grasse, le 22 juillet 1914.


C‘est lui qui a réalisé le bois gravé de Ravachol que l’on voit ici à gauche, le torse nu, entre les montants de la guillotine.

Maurin met parfois la perfection de son dessin au service de l’idée et celà explique qu’un tel artiste ait pu à la fois fréquenter les milieux anarchistes et exposer au Salon de la Rose+Croix en 1892. Sa virtuosité atteint un sommet dans le fameux triptyque de l’Aurore, exposé au salon de la Rose+Croix et dont on a souvent raillé la présence dans cette exposition. 

 


La fascination du peintre pour l’enfance, dont la pureté serait à ses yeux un antidote à la laideur sociale d’un monde qu’il réprouve, se trouve amplement illustrée ; on ne peut certes qu’être charmé par ces images gracieuses tant peintes que gravées, mais il faut aller au-delà de l’amabilité du sujet pour reconnaître en Maurin un artiste solide. La fillette à la poupée que l’on voit ici à droite est visible au musée d’Orsay. Enfin, le tableau, pas la fillette, gros dégoutants !

Maurin fait partie de ces anarchistes qui étaient plus habiles au maniement du pinceau que de la bombinette et c’est fort heureux pour nous.

 

Bon, et bien voila un billet plus léger que les précédents. Je fais remarquer au passage que c’est le 571è billet des « cénobites tranquilles » blog d’humeur et d’humour qui poursuit son bonhomme de chemin cahin-caha et qui vient de franchir la barre des 17 000 visiteurs; merci à vous pour votre fidélité et votre indulgence à l’égard de l’auteur. Aussi sur Twitter: #erwandekeramoal.

En attendant le prochain, portez vous bien et à demain peut-être.

Elle est née un 4 juillet en 1880 à Pistoia en Italie. Militante et propagandiste anarchiste individualiste, féministe, antimilitariste, et aussi écrivaine.Elle s’intéresse très jeune à la question sociale. En 1903, elle est à Alexandrie, en Egypte. Se passionnant pour l’islam, elle se convertie et apprend l’arabe. Elle y fait la connaissance d’un jeune anarchiste toscan Luigi Polli qu’elle épousera. De retour en Italie, elle créée à Florence, avec Luigi, une maison d’édition et collabore à : « La Blouse » (1906-1910); « La Donna Libertaria » (Parme, 1912-1913). En 1907, elle rencontre le typographe anarchiste individualiste Giuseppe Monanni avec qui elle va désormais vivre à Milan. En 1908, elle fait partie avec Ettore Molinari et Nella Giacomelli du comité de rédaction de « La Protesta umana » (1906-1909), et poursuit sa collaboration aux publications libertaires : « Il Pensiero » de Pietro Gori et Luigi Fabbri; « Il Libertario »; « Grido della folla »; « Volontà »; etc. Elle crée ensuite, avec son compagnon, une revue de littérature anarchiste individualiste « Vir » puis « La Sciarpa nera », et s’investit dans la création d’une nouvelle maison d’édition. En 1910, elle donne naissance à un fils, Marsilio.

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis de la pensée libre et des tagliatelles carbonara réunies, bonjour !

Nous sommes au 16ème jour de messidor et c’est le jour consacré au tabac alors, avec votre permission, je vais m’en bourrer une petite.

Vous ai-je déjà parlé de Leda Rafanelli, je ne crois pas. Cette Toscane, on l’appelait « la gitane anarchiste », a marqué de son empreinte le mouvement libertaire. Elle fut même l’amie de Mussolini à l’époque où celui-ci se réclamait encore du socialisme révolutionnaire. Les gens l’ont oublié, mais notre cher Bénito n’a pas toujours été un dictateur fasciste mais bon, parlons de la belle Léda.

Elle est née un 4 juillet en 1880 à Pistoia en Italie. Militante et propagandiste anarchiste individualiste, féministe, antimilitariste, et aussi écrivaine.
Elle s’intéresse très jeune à la question sociale. En 1903, elle est à Alexandrie, en Egypte. Se passionnant pour l’islam, elle se convertie et apprend l’arabe. Elle y fait la connaissance d’un jeune anarchiste toscan Luigi Polli qu’elle épousera. De retour en Italie, elle créée à Florence, avec Luigi, une maison d’édition et collabore à : « La Blouse » (1906-1910); « La Donna Libertaria » (Parme, 1912-1913). En 1907, elle rencontre le typographe anarchiste individualiste Giuseppe Monanni avec qui elle va désormais vivre à Milan. En 1908, elle fait partie avec Ettore Molinari et Nella Giacomelli du comité de rédaction de « La Protesta umana » (1906-1909), et poursuit sa collaboration aux publications libertaires : « Il Pensiero » de Pietro Gori et Luigi Fabbri; « Il Libertario »; « Grido della folla »; « Volontà »; etc. Elle crée ensuite, avec son compagnon, une revue de littérature anarchiste individualiste « Vir » puis « La Sciarpa nera », et s’investit dans la création d’une nouvelle maison d’édition. En 1910, elle donne naissance à un fils, Marsilio.

Durant la guerre, fidèle à l’antimilitarisme, elle s’oppose aux interventionnistes. Parallèlement à son action de propagandiste, elle construit une oeuvre d’écrivaine et de poète. Mais avec l’arrivée de Mussolini, toute propagande anarchiste et travail éditorial devient très difficile. Le 7 février 1923, sa maison d’édition est perquisitionnée et la revue « Pagine Libertarie » est supprimée. Leda est arrêtée avec Monanni et d’autres compagnons comme Carlo Molaschi, Fioravante Meniconi, etc. La maison d’édition « Casa Editrice Monanni » s’arrêtera en 1933. Vers la fin de sa vie, Leda donne des cours d’arabe et collabore à « Umanità Nova ».


Elle est l’auteure, sous divers pseudonymes, de nombreux romans : « L’eroe della folla »(1910); « Seme nuvo » (fresque historique relatant les luttes sociales); « Donne e femmine » (24 nouvelles relatant des vies de femmes); « Verso la Siberia »; « L’Oasi » (qui cririque l’exploitation coloniale); etc.

Intéressante contradiction que cet amour de l’Islam et de l’Anarchie, on dit qu’à la fin de sa vie elle pratiquait beaucoup la cartomancie… Sources: Les travaux de Christiane Guidoni.
Elle est morte à Gênes, le 13 septembre 1971. Etrange parcours n’est-ce pas !

Voici donc une « lutteuse » de plus qui va rejoindre notre galerie de portraits que vous pouvez consulter en cliquant sur l’icône correspondante, colonne de droite. En attendant les prochain, portez vous bien et à demain peut-être.