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Elle s’appelait Rose, elle était belle…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis de la parabole et du veau marengo réunis, bonjour!
Nous sommes le samedi 06 décembre 2014, 16è jour de frimaire dédié à l’Ajonc…

Le 6 décembre 1965, mort de Rose PESOTTA, née Rakhel (Rachelle) PEISOTY, à Miami, USA. Militante anarcho-syndicaliste, anarchiste et féministe américaine.
Elle est née le 20 novembre 1896 à Derazhnia (Ukraine), dans une famille de marchand de grain. Très jeune elle est influencé par les révolutionnaire de « Narodnaïa Volia » (Volonté du Peuple) anti-tsaristes et rejoint les anarchistes. A 17 ans (en 1913), elle émigre à New York pour échapper à un mariage pesotta_rosearrangé, et commence à travailler comme couturière, puis adhère au syndicat ILGWU « International Ladies Garment Workers Union » (Union internationale des travailleuses du vêtement). Amie d’Emma Goldman, elles voyagent ensemble en Europe et notamment en Angleterre. Pour être liée aux anarchistes et avoir milité contre la première guerre mondiale elle sera arrêtée en 1919, lors d’un « Palmer raid ». Menacée d’expulsion comme subversive vers l’Union soviétique, elle évite finalement l’expulsion en réussissant à établir sa nationalité (ce qui ne sera pas le cas d’Emma Goldman, ni de son fiancé qu’elle ne reverra plus).
En 1922, après avoir rencontré Sacco et Vanzetti en prison, elle prend la parole dans les meetings pour leur défense et collabore au journal anarchiste « Road to Freedom » activisme qui lui vaudra d’être à nouveau arrêtée en 1927. Elue vice-présidente de l’ILGWU en 1934, elle engage une lutte d’une dizaine d’années pour l’organisation des travailleurs, se heurtant à l’opposition de la fraction communiste ainsi qu’à la hiérarchie machiste (elle en démissionnera en 1944, pour protester du fait qu’elle soit la seule femme à siéger au conseil exécutif du syndicat alors que les 85 % des membres sont des femmes). La chanson n’a rien à voir (quoique) mais je trouvais cela marrant.

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Durant la grève de 1937, elle est victime d’une agression par des hommes de main, son visage est lacéré avec un rasoir et elle subira une perte permanente d’audition. Durant la seconde guerre mondiale, ébranlée par le massacre des juifs, elle s’engage plus avant dans la lutte contre l’antisémitisme et le racisme et l’aide aux survivants. En 1944, elle publie son autobiographie « Bread upon the waters » et retourne, en 1946, travailler dans le rang des couturières. Encore une sacrée bonne femme que l’histoire se dépêche d’oublier… Sources: Je m’aperçois que l’an passé, Paul, sur son site, la légendaire Feuille charbinoise, lui avait consacré un billet (bien plus étoffé que celui-ci).

Allez, merci de votre visite, portez vous bien et à demain peut-être.

En colonne par mille…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE, PORTRAIT

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Amis de l’existentialisme et du pâté en croute réunis, bonjour ! Nous sommes le jeudi 20 novembre 2014, trentième jour de brumaire dédié au rouleau encore nommé brise-motte, est un instrument agricole composée d’un ou plusieurs rouleaux métalliques eux-mêmes composés de disques denticulés indépendants..

Il y a 78 ans, Barcelone enterrait Buenaventura DURRUTI. Le 22 novembre 1936, ses funérailles à Barcelone furent le théâtre d’une immense émotion populaire. Plus de enterrement durruti500 000 personnes se pressèrent à l’enterrement de celui qui incarnait si bien la révolution libertaire espagnole, l’espérance d’un monde nouveau devenue possible. Ce fut l’une des manifestations ouvrière les plus importantes de l’histoire du prolétariat. Le spectacle de son enterrement fut inoubliable : sa mort « avait frappé Barcelone au cœur »; des milliers d’habitants et toutes les organisations politiques et syndicales, sans distinction, accompagnèrent Durruti jusqu’au cimetière, seul lieu qui sut arrêter la violence de ce pur libertaire.
Lorsque Buenaventura Durruti naît le 14 juillet 1896, la situation en Espagne est très tendue (affrontements entre les forces de l’ordre et les journaliers andalous, les mineurs asturiens ou les ouvriers basques ou catalans). En 1903, le père de Buenaventura est arrêté comme gréviste. À 14 ans, Durruti est apprenti mécanicien et en 1912 adhère à l’Union BuenaventuraDurrutides Métallurgistes. En 1914, alors qu’il transporte une machine dans la région des Asturies et du Leon, il se solidarise avec les mineurs et gagne une certaine popularité. C’est le grand essor de l’industrialisation en Espagne qui n’a alors plus rien d’un Empire Colonial, mais dont la nouvelle bourgeoisie prospère très vite. Les syndicats CNT (anarchiste) et UGT (socialiste) signent un accord annonçant la grève générale. Durruti est licencié. Il se rend en France et découvre l’anarchisme puis retourne en Espagne où il adhère à la CNT. De nouveau arrêté, il revient un temps en France où il travaille chez Renault. En 1920, l’agitation sociale s’accroît en Espagne. C’est la montée en force du syndicalisme et sa répression systématique par les groupes armés du patronat. Se forme le groupe anarchiste « Los Justicieros » avec la participation de Durruti qui projette un attentat contre le roi Alphonse XIII dont les préparatifs seront découverts.

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À Saragosse, Durruti rencontre Francisco Ascaso, fraîchement sorti de prison. Ils décident de constituer « Los Solidarios » dans le but de faire face à la violence patronale. Durruti est en prison à Madrid lorsque se produisent les attentats de mai et juin 1923 contre le gouverneur Regueral à Saint Sébastien et le cardinal Soldevila à Saragosse, attentats en réponse aux assassinats de Salvador Ségui et Francisco Comas. À partir de là, Durruti et Ascaso vont former une paire à l’action durruti_timbreincessante. Ils s’enfuient en France, puis partent pour Cuba, le Mexique, le Chili, l’Argentine sous le nom de « Los Errantes ». Ils se réfugient en Uruguay après un hold-up dans une banque et regagnent la France où ils sont arrêtés avec Jover alors qu’Alphonse XIII visite la France. Ils sont extradés en Belgique après que Durruti a rencontré Nestor Makhno. La police belge les refoule en France. En Allemagne, ils rencontrent Rudolf Rocker puis reviennent en Belgique où ils retrouvent leurs compagnes Berthe et Emilienne. En 1931, c’est la chute de la dictature et la République est proclamée. Durruti rentre à Barcelone. Mais la situation des travailleurs ne s’améliore pas et les grèves éclatent. La CNT passe de 800 000 à 1 200 000 adhérents. Le groupe « Nosotros » avec Ascaso, Durruti, Garcia Oliver, incarne le côté le plus dynamique de la CNT et de la FAI. La droite remporte les élections en novembre 1933. Le gouvernement durcit sa ligne antisyndicale. En 1935, il y a plus de 30 000 prisonniers halito_durrutipolitiques dans tout le pays. Le Front Populaire arrive au pouvoir en 1936 et les militaires du général Franco se soulèvent. Le 18 juillet, le peuple s’arme et défait les putschistes à Barcelone et en plusieurs endroits d’Espagne. Ascaso est tué le 20 juillet. La Colonne Durruti est créée et part le 24 juillet avec ses 3000 hommes pour Saragosse luttant contre les fascistes et aidant les collectivités anarchistes à s’installer. Buenaventura Durruti est tué le 20 novembre à Madrid. Ici à droite, monument intitulé Halito Durruti à Léon en Espagne. Sources.

A cette époque, les anars du monde entiers, ouvriers et intellectuels, rejoignaient ces colonnes pour combattre pour la liberté. Aujourd’hui des analphabètes décérébrés de France et de Navarre rejoignent les colonnes barbares de l’obscurantisme. Drôle d’époque madame Michu ! Allez, merci de vous être arrêté un instant, portez vous bien et à demain peut-être.

Libertaires à Brest…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

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Amis de la liberté de conscience et du gin tonic réunis, bonjour ! Nous sommes le dimanche 09 novembre 2014 qui correspond au 19è jour de brumaire que nos amis républicains, toujours à l’affut d’une plaisanterie, avaient dédié à la grenade (le fruit bien entendu). Pour ma part, je dédie ce billet à un militant brestois décédé un 09 novembre en 1928 après une vie bien chargée.

Militant du cercle néo-malthusien de Brest, Paul Gourmelon, qui était qualifié par la police « d’anarchiste dangereux », avait été élu en décembre 1910 trésorier de la Bourse du travail. Il était également l’un des responsables (trésorier) de l’union départementale de la CGT aux cotés de Victor Pengam et J. gourmelonRouillier et collaborait au début des années 1910 à la rubrique Journal d’un bon bougre de l’organe local Le Finistère syndicaliste. Dans la nuit du 20 au 21 septembre 1911, il était arrêté alors qu’il sabotait les lignes télégraphiques sur la voie ferrée de Brest. Lors de la perquisition menée dans son placard de l’arsenal, la police découvrait la matrice d’un tract néo-malthusien en faveur de la contraception et de l’avortement. Traduit devant le conseil de guerre, il était condamné à deux ans de prison et révoqué. En prison, où il servait comme infirmier, il distribua aux autres détenus de la propagande néo malthusienne et révolutionnaire ce qui lui couta une condamnation à 60 jours de cachot dont il sortit dans un très mauvais état physique.

A sa libération à l’été 1913, il quitta Brest et se fixa en région parisienne à Gennevilliers. Il fut mobilisé à Brest pendant la première guerre mondiale. Dès 1919 il participait avec Pengam à la réorganisation du mouvement libertaire et ouvrier. Le 15 Lochudécembre 1920 il était l’un des sept anarchistes – J. Le Gall, R. Martin, Le Bre, R. Y. Guena, H. Cadec et J. Treguer – élus au conseil d’administration de la Maison du Peuple où il allait s’occuper plus particulièrement de la bibliothèque. Lors de la scission et de la fondation de la CGTU, il choisit avec notamment Guena et Tréguer de rester à la CGT. En 1921 il était membre du comité en faveur de Sacco et Vanzetti et appartenait avec Martin, Le Gall et Tréguer au groupe libertaire qui se réunissait à l’ancienne Bourse du travail, 14 rue Guyot. Il était également le secrétaire général de la Bourse du travail et trésorier de l’union départementale et en 1922 collaborait au périodique Le Finistère syndicaliste.

Membre du Comité de Défense sociale, , il représenta en 1923 la Bourse du travail au Comité de vigilance et d’action contre les menaces fascistes d’Action Française et autres groupes réactionnaires. Il travaillait à cette époque à la coopérative de production L’Egalitaire dont il sera un temps le directeur, mais que, tuberculeux, il quittera vers 1925 pour raisons de santé. le-gall-julesIl collabora au Libertaire et sous les pseudonymes de Paulus et de Mahurec à l’organe mensuel Le Flambeau (Brest, 80 numéros du 1er juin 1927 au 5 juin 1934) dont les responsables étaient R. Martin et J. Treguer. Le 15 juillet 1927, suite à l’émission d’un chèque frauduleux dont des experts graphologues estimèrent qu’il en était l’auteur, Gourmelon était arrêté et emprisonné. Alors que Louis Lecoin s’apprêtait à lancer une campagne pour sa libération, Paul Gourmelon décédait de tuberculose en prison le 9 novembre 1928 avant même d’avoir été jugé. Une foule très importante assista à ses obsèques. Dans son numéro de décembre 1928, Le Flambeau lui consacre toute sa « Une » en titrant sur cinq colonnes: Pourquoi est mort Gourmelon ? Ci-dessus: Jules Le Gall.

Allez, merci d’être passé, portez vous bien et à demain peut-être.

Portrait: May Picqueray

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis de la tiédeur estivale et du crabe mayo réunis, bonjour ! Nous sommes le mardi 08 juillet 2014, 20è jour de Messidor, dédié au parc…

Née le 8 juillet 1898 à Savenay (Loire-Inférieure), morte le 3 novembre 1983 à Paris. Marie-Jeanne Picqueray passa son enfance avec ses frères et sa sœur en Bretagne et fréquenta une école privée que dirigeaient des sœurs. Son père était convoyeur postal ; sa mère, couturière en picqueray_maychambre, qui avait failli mourir en la mettant au monde, la détestait et l’éleva très durement. L’enfant travaillait assidûment à l’école et fut reçue à dix ans et demi au Certificat d’études avec mention Très bien. Placée chez un négociant à Penhoët, elle y resta peu et fut engagée par une institutrice pour s’occuper d’un de ses deux fils épileptique. Considérée comme l’enfant de la maison, Marie-Jeanne partit avec ses employeurs et leurs deux fils pour le Canada. Deux ans plus tard, le petit épileptique mourut et Marie-Jeanne fréquenta alors le lycée de Montréal. Mais ce fut la guerre. Son  » maître  » regagna la France et fut tué, sa femme mourut et un oncle recueillit le fils restant. Quant à May Picqueray, elle fut rapatriée.
Elle travailla alors comme interprète puis dactylo bilingue. Mariée une première fois, elle quitta son mari qui se droguait.
Venue à Paris en 1918, elle se lia à Dragui, étudiant en médecine qui Mayl’initia aux doctrines anarchistes auxquelles elle adhéra. Elle participa aux sorties champêtres collectives que pratiquaient volontiers les compagnons, elle connut Sébastien Faure, Lecoin… Mais Dragui partit pour l’Allemagne, son frère aîné s’opposant à ses fréquentations.
May Picqueray devint en 1922 secrétaire administrative de la Fédération des Métaux. Elle assista au premier congrès de la CGTU, tenu à Saint-Étienne en juin-juillet 1922, et fut déléguée pour accompagner Louis Chevalier, secrétaire fédéral, au IIe congrès de l’Internationale syndicale rouge à Moscou en novembre 1922.
Elle profita de son séjour pour demander une entrevue à Trotsky au cours de laquelle elle obtint la libération de deux jeunes anarchistes russo-américains, Mollie Steiner et Sonya Flechine, condamnés à la déportation aux îles Solovietsky.
Bloquée à Moscou par défaut de passeport, elle put revenir grâce à de faux papiers remis par les autorités russes ; arrêtée à la frontière franco-belge, elle fut écrouée à Avesnes-sur-Helpe et condamnée pour usage de faux. Elle fut également, pendant trois ans (jusqu’en juillet 1926), la secrétaire particulière d’Emma Goldman qui résidait alors à Saint-Tropez. Elle revint à Paris pendant la guerre d’Espagne et travailla pour diverses œuvres de bienfaisance. C’est ainsi qu’elle collabora, pour le compte de Quakers américains, à l’évacuation des enfants espagnols.
A partir de juin 1940, à Toulouse, toujours pour le compte de Quakers, elle s’occupa des camps de concentration français de la zone libre, en picqueraiparticulier des camps de Noé et du Vernet. Elle favorisa alors plusieurs évasions, puis se sentant suspectée, elle dut quitter la région. Elle n’en continua pas moins, de manière indépendante, à fabriquer de faux papiers pour des évadés ou des résistants de divers groupements.
A la disparition de Libre Soir Express, journal qui l’employait, May Picqueray et l’une de ses camarades décidèrent de citer la direction du journal devant les autorités prud’homales, ce qui ne s’était jamais fait, afin d’obtenir un mois d’indemnité de licenciement. A l’étonnement général, satisfaction leur fut donnée et le jugement fit jurisprudence.
May Picqueray fonda les Amis de Louis Lecoin pour continuer sa propagande et apporter une aide pratique aux insoumis, réfractaires et autres objecteurs de conscience. Elle fit paraître le mensuel des Amis, Le Réfractaire (premier numéro le 1er avril 1974) jusqu’à son décès en 1983. Voila ce qu’en dit le Maitron.

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

Anna Mahé

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis de l’émancipation féminine et de la potée bretonne réunies, bonjour ! Nous sommes le dimanche 06 juillet 2014, 18è jour de Messidor dédié à la Gesse… Et, chacun le sait, c’est la gesse qui compte !

J‘essaye souvent d’alimenter ma galerie de portraits par des personnages ayant eu un rapport avec la Bretagne. Voici une militante que tout un chacun s’est empressé d’oublier et qui fut pourtant pionnière en son domaine. Anna MAHÉ est née à Bourgneuf en Retz (limite Bretagne et Vendée, le pays de Retz est célèbre pour son LibertadGrolleau gris et pour les attaches familiales de ma fiancée mais ça…) on appelait cela à l’époque, la Loire inférieure. Naissance un 31 juillet 1881. Longtemps institutrice, elle sera la compagne de Libertad, de son vrai nom Albert Joseph dont voici la photo (à droite), tout comme sa sœur Armandine. Elle assure avec lui la direction de l’anarchie tandis que sa sœur, institutrice comme elle, se charge de la trésorerie. Elles partagent toutes les deux la vie de Libertad, dont elles ont chacune un enfant. Mais elles s’engagent bientôt dans des relations affectives avec d’autres compagnons qui, comme elles, vivent au 22, rue du Chevalier-de-la-Barre, communauté d’habitat qui est aussi le siège du journal, et qui est surnommé le « Nid rouge » par la police et les journalistes.

Le groupe invente les sorties en musique à la campagne où au bord de la mer (voir photo en dessous à gauche). Anna est l’auteur de nombreux articles parus dans l’anarchie ainsi que dans la presse libertaire régionale et de quelques brochures. Elle écrit en « ortografe la tribu libertadsimplifiée », estimant que les « préjugés grammaticaux et orthographiques » constituent une source de ralentissement pour l’apprentissage de la langue écrite et sont au service d’une entreprise de « distinction » des classes dominantes. Elle accuse « ces absurdités de la langue » sanctionnées par l’Académie de casser l’élan spontané de l’enfant vers le savoir et d’encombrer inutilement son esprit. Elle estime d’ailleurs trop précoce l’apprentissage de la lecture et de l’écriture ; l’initiation scientifique qui fait davantage appel à l’observation et à l’expérimentation devrait selon elle le précéder car il pourrait être un puissant stimulant pour le développement intellectuel de l’enfant.

Anna se réfère aux pédagogues libertaires Madeleine Vernet et Sébastien Faure, qui appliquent des méthodes de pédagogie active dans le cadre des internats qu’ils ont créés et animés. Elle a le projet de fonder à Montmartre un externat fonctionnant selon les mêmes principes pour les enfants du quartier, mais la réalisation de ce projet, anarchie_n1longtemps différée pour des raisons financières, ne verra jamais le jour. Les rapports de police la décrivent comme une femme de caractère qui possède un fort ascendant sur Libertad, même après la fin de leur liaison. Pourtant, elle ne jouera plus qu’un rôle effacé après la mort de ce dernier et laissera la direction du journal à d’autres militants. Comme quoi, la Vendée n’a pas produit que des Chouans, des contre révolutionnaires, des Puy du Fou et des brioches.

Allez, si vous êtes dans le coin demain, passez donc jeter un oeil. En attendant portez vous bien !

 

Un douarneniste…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis de la peinture à l’eau et de la sardine à l’huile réunies, bonjour ! Nous sommes le samedi 12 avril 2014, 23è jour de Germinal dédié au marronnier.

Cela devait bien finir par arriver, j’ai dégotté un douarneniste pour ma galerie de portraits. Je rappelle à ceux qui l’ignore qu’un douarneniste est un habitant de la ville de Douarnenez dans le finistère sud; ville qui a connu son heure de gloire, à l’instar de Marseille, grâce à la sardine et qui aujourd’hui décline doucettement au fond d’une baie qui reste la plus belle du monde. Voici l’histoire d’un personnage étonnant et pour le moins pittoresque: Hervé COATMEUR.
Le 12 avril 1924, à Brest, sortie du numéro 4 de l’hebdomadaire Le Tam Baz (le morceau de bâton). Ce journal satirique, humoristique et naturien est réalisé par l’anarchiste brestois Hervé COATMEUR. On ne sait pas grand-chose sur la durée de ce journal paraissant le samedi, mais il fait partie des nombreux titres publiés par Coatmeur et le Foyer Naturien de Brest. On retrouve des traces notamment du « Sphinx » puis du « Sphinx d’après guerre », de « l’écho naturien » etc. Fils de pêcheur, né à Douarnenez en 1879, (il a du user ses fonds 51844889_pde culottes sur les mêmes bancs d’école que mon grand père) resté jeune à la charge de sa mère, Hervé Coatmeur, travailla comme ouvrier à l’Arsenal de Brest, fut plusieurs fois condamné et, finalement renvoyé en 1910 et inscrit au Carnet B. Il exerça alors bien des métiers : docker, portefaix à la gare de Brest, livreur de sciure de bois… Anarchiste individualiste, il eut un kiosque à journaux, un magasin de bouquiniste, un étalage volant parmi les forains, ne voulant être ni commerçant, ni fonctionnaire, ni exploiteur, ni exploité. Il propagea un individualisme dérivé de celui de Han Ryner.Responsable du Foyer Naturien de Brest (85 rue E. Zola), il avait été le fondateur, animateur et principal rédacteur du journal Le Sphinx individualiste (Brest) qui connaitra de 51844918_pnombreuses séries difficiles à reconstituer. Propagandiste, il distribuait tracts et prospectus, fonda un cercle d’études, s’attacha dans les années 1920 à la diffusion de l’En Dehors d’Emile Armand auquel il collaborait, devint végétarien, s’alimentant de légumes et de fruits crus et de pain de seigle. Il collaborait également à la revue Le Néo Naturien .Il se maria le 6 août 1931 « avec une jeune paysanne qui, après avoir été violée par son père, se réfugia à Brest où elle devint la proie des marins », on se croirait dans Les misérables. Il voulut faire d’elle un être nouveau. Mais elle le quitta et revint avec un jeune bébé « à l’état de santé pitoyable ». Elle le quitta à nouveau en emportant « une pile de pièces de cent sous patiemment 51849795_péconomisées en vue d’éditer un numéro du Sphinx » (E. Armand, L’Unique, op. cit.) Le divorce fut prononcé le 15 juin 1935. Sur la photo à droite, une vue de Brest après les bombardements. Malgré mes recherches, je n’ai pas trouver de photo représentant Hervé Coatmeur. Hervé Coatmeur vécut ses dernières années dans les conditions les plus misérables : il habitait une cabane où tombait la pluie et couchait sur un lit de sangles : il était vêtu de guenilles et chaussé de spartiates. Le 8 septembre 1944, il périt avec plusieurs centaines de personnes au cours de l’explosion d’un abri civil à Brest, place Sadi-Carnot lors d’un bombardement de la ville. Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

Adieu l’Emile…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis de la vérité historique et de la soupe au lait réunies, bonjour! Nous sommes le mardi 28 janvier 2014, 9è jour de pluviôse dédié au Peuplier. Chacun se souvient de cette maxime forestière: un seul hêtre vous manque et tout est peuplier… Je sais, c’est archi-nul (même Corsico n’oserai pas) mais bon, j’ai des circonstances atténuantes, j’ai regardé la télé hier soir. C’est aujourd’hui l’anniversaire du jour de la disparition de Emile BIDAULT. Comment ? Vous ne connaissez pas !
Militant du groupe anarchiste de Ménilmontant, Emile Bidault participa, en août-septembre 1886, à la constitution de la 72267839_pLigue des  Antipatriotes. Cette ligue organisa quelques conférences, édita quelques placards, puis disparut au cours des années suivantes. Au début des années 1890, il s’était réfugié à Londres. Son nom figurait sur une liste d’anarchistes établie par la police des chemins de fer pour « surveillance spéciale aux frontières ».
Au début de la guerre, Bidault se trouvait à Yvetot gérant des Galeries cauchoises et il sympathisa avec l’attitude pacifiste de Sébastien Faure. En 1916, en sursis d’appel, il travailla à la fabrication de moteurs d’aéroplanes chez Salmson à Billancourt. Il tenta en 1919 de mettre sur pied une « Bibliothèque circulante gratuite » un siècle avant les bibliobus. Il était alors chargé, ainsi que Louis Rimbault, des correspondances et communications au Libertaire (créé en 1858 à New-York par Déjacques et repris en 1895 par Sébastien Faure. Il faudra que je vous conte un jour bi1332-9ff0fl’histoire de ce qui est devenu Le monde libertaire). En mars 1919, il fut avec entre autres Le Meillour, Sirolle, Boudoux, Renneringer, Doudon et E. Massot signataire d’une protestation parue dans le Libertaire (2 mars) dénonçant les perquisitions effectuées au journal suite à l’attentat de Cottin contre Clémenceau. En 1920 il était le trésorier du groupe de soutien à Kropotkine qui recueillait des fonds afin d’envoyer vivres et vêtements au vieux militant à Moscou.

En 1922, il était trésorier du comité de défense sociale (CDS). Durant l’entre-deux-guerres, son œuvre principale consista dans la publication de La Brochure mensuelle, entreprise de vulgarisation des idées anarchistes et dont il a été gérant, rédacteur et administrateur de 1923 à bi0290-d0b451937. Afin d’écouler les stocks il créera la série La Bonne collection. Bidault fut gérant du journal La Conquête du pain, ouvert à tous les courants de l’anarchisme et dont le n°1 paru le 13 octobre 1934. et le n°45 et dernier le 13 décembre 1935. Fondateur du journal La Raison, il avait également mis son imprimerie à la disposition du journal Terre Libre  publié par L. Laurent et A. Prudhommeaux d’abord à Aulnay-sous-Bois puis à Nîmes.
Émile Bidault mourut le 28 janvier 1938 et fut incinéré au Père-Lachaise. Sources:dictionnaire international des militants anarchistes – Éphéméride anarchiste.

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

Jamais trop Proudhon…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis du mariage pour tous et du célibat pour chacun réunis, bonjour ! En ce mercredi 15 janvier 2014, 26è jour de Nivôse dédié à l’étain; je sacrifie à la tradition en saluant le jour anniversaire de la naissance de Proudhon. En effet, le 15 janvier 1809, naissance de Pierre-Joseph PROUDHON, à 48567768_pBesançon. Penseur, économiste, sociologue et révolutionnaire, considéré par certains comme le « Père de l’anarchisme », même si son œuvre novatrice et variée n’est pas exempte de contradictions (en particulier sur la place des femmes dans la société, qui sera l’un des principaux griefs retenus contre lui). Après avoir travaillé dans l’imprimerie, un de ses premiers ouvrages voit le jour en 1840 : « Qu’est-ce que la propriété? » (vous connaissez la réponse: La propriété c’est le vol !). Ce livre fait immédiatement scandale. Le dernier « Avertissement aux propriétaires » est saisi. Proudhon, poursuivi, sera finalement acquitté.

Pendant l’hiver 1844, il rencontre, à Paris, Bakounine, Marx, etc. Le 15 octobre 1846, est publié : « Système des contradictions économiques ou philosophie de la misère ». Il y a rupture avec Marx qui fait paraître, le 15 juin 1847 « La misère de la philosophie »; Proudhon y est traité de petit bourgeois. J’aime bien la photo du dessus, je trouve une ressemblance avec Pierre Dubois notre elfologue breton dont images7j’insère le portrait ici à gauche. Après la révolution de février 1848, Proudhon est élu, le 4 juin, aux élections complémentaire de l’Assemblée Nationale. Le 31 juillet 1848, il y prononce un violent réquisitoire contre la bourgeoisie. Début 1849, il tente la création d’une « Banque du Peuple », mais à la suite d’articles parus dans « Le Peuple », il est condamné à trois ans de prison. Il y restera jusqu’en juin 1852. « La révolution sociale démontrée par le coup d’État du 2 décembre » sort en juillet 1852. « De la justice dans la révolution et dans l’église », paru en 1858, lui vaut à nouveau 3 ans de prison, mais il se réfugie en Belgique, où il continue à écrire.

Il rentre à Paris fin 1862. « Du principe fédératif et de la nécessité de reconstituer le parti de la révolution » paraît le 14 février 1863 alors que Proudhon est malade. « De la capacité politique des classes ouvrières » ne sortira qu’après sa mort, survenue à Passy le 19 janvier 1865. Théoricien du fédéralisme et du mutualisme, sa pensée aura une profonde influence sur toute l’histoire sociale des XIXè et XXè siècles.

Voilà pour le salut à ce grand bonhomme et comme le disait un de mes amis anarchistes et néanmoins amateur de calembours à la p’tit’ semaine: « On n’est jamais assez Proudhon ! » Portez vous bien et à demain peut-être.

Errico MALATESTA…

Posté par erwandekeramoal dans ANARCHISME, PORTRAIT

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Amis de la comedia del arte et des farfalle alla burina réunis, bonjour ! Aujourd’hui, samedi 14 décembre 2013 c’est le 24ème jour de frimaire dans le calendrier républicain et, figurez vous que c’est le jour de l’oseille… Alors, c’est DownloadedFile-2l’occasion ou jamais de jouer au loto puisque le vendredi treize n’a pas voulu vous sourire, ou alors de vous préparer une bonne soupe (à l’oseille). Pourquoi ont-ils dédié cette journée à l’oseille et pas au blé ou à l’artiche, au flouze, à la fraîche, au pognon, au fric, au grisbi, à la thune, la braise, le pèze, la galette… Les motivations des Républicains (qui avaient pourtant le choix dans la date) pour leur calendrier restent pour moi un grand mystère.

Tout à fait autre chose.                                                         Le 14 décembre 1853, naissance d’Errico MALATESTA, près de Naples. Figure importante de l’anarchisme Italien et international. Il participe, en 1872, au congrès de Saint-Imier, constitutif de l’A.I.T Anti-autoritaire. Ecrivain, orateur et révolutionnaire, il crée de nombreux journaux (« La question Sociale » en 1883, à malatesta_errico2Florence, « L’association » en 1889, « Volonté » en 1913, « Umanita Nova » en 1920, à Milan ; « Pensée et Volonté », 1924).
Il prend part, avec d’autres internationalistes à plusieurs tentatives insurrectionnelles, en 1874 puis 1877 (bande du Matese): ils proclament le communisme libertaire dans divers villages. Arrêtés, ils seront finalement acquittés. En exil à Londres en 1881, il prend part au congrès de l’A.I.T. En 1882, il est en Egypte, où il lutte contre le colonialisme anglais. En 1885-89, il séjourne en Amérique Latine puis retourne en Europe. En 1892, il assiste au congrès de Capolago, en Suisse (création du Parti Anarchiste Socialiste Révolutionnaire). En 1898, il est arrêté suite aux émeutes contre l’augmentation du pain et est mis en résidence surveillée sur l’île Lampedusa. Il s’évade, part aux Etats-Unis, puis s’exile à nouveau à Londres. En 1914, il participe à la « semaine rouge » à Ancône et s’exile encore. La même année, il s’opposera au « manifeste des 16″ de Kropotkine.

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En 1919, Malatesta, de retour en Italie, est acclamé par la population et participe à la création de l’Union Anarchiste malatesta_ciraItalienne. Il soutient les occupations d’usine lors d’un meeting qui se terminera en affrontements avec la police. Il sera condamné, avec les autres rédacteurs d’ »Umanita Nova« . En prison, il fait une grève de la faim avec Armando Borghi. Ils seront libérés le 30 juillet 1921.
Son dernier journal « Pensée et Volonté« , crée en 1924, sera interdit par les fascistes, comme tous les autres journaux anarchistes.
Errico Malatesta est mort à Rome, le 22 juillet 1932. Voici ce que l’on pouvait lire dans « La question sociale » en 1899:« Selon nous, tout ce qui tend à détruire l’oppression économique et politique, tout ce qui sert à élever le niveau moral et intellectuel des hommes, à leur donner conscience de leurs droits et de leurs forces et à les persuader d’en faire usage eux-mêmes, tout ce qui provoque la haine contre l’oppression et suscite l’amour entre les hommes, nous approche de notre but (…) » Sources:                                                  Voilà pour aujourd’hui, portez vous bien et à demain peut-être.

 

 

 

Le révolté (poil au nez)…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis de la bande dessinée et de la bande à Siné réunies, bonjour ! Nous sommes le lundi 09 décembre, 19è jour de Frimaire dédié à la Sabine (la sabine de bain comme disait l’autre). On en profite pour se souvenir de la naissance, le 9 décembre 1842, de Pierre Alexeiévitch KROPOTKINE à Moscou.

Descendant du grand-prince de Kiev Vladimir II Monomaque, donc issu de la haute noblesse moscovite, il intègre l’armée impériale russe à partir de 1857. Il est alors affecté comme 49644920_pofficier de Cosaques en Sibérie. À partir de 1867, il quitte l’armée pour faire des études de mathématiques et de géographie à l’université de Saint-Pétersbourg. Il publie plusieurs travaux sur l’Asie septentrionale et explore la péninsule scandinave. Il repart à Saint-Pétersbourg où il mène une activité de militant clandestin. Il est emprisonné en 1874 et s’évade deux ans plus tard. Réfugié en Grande-Bretagne, il revient en Suisse, reprend son activité militante et publie plusieurs ouvrages politiques. Il fonde en 1879 le journal Le Révolté. Il est détenu à Lyon et amnistié en 1886, grâce à l’intervention, en particulier, de Victor Hugo. Il s’installe alors en Angleterre et publie différents ouvrages de géographie et de politique. Il collabore notamment à la Géographie Universelle d’Élisée Reclus. Il retourne en Russie en 1917 et refuse un poste de ministre, proposé par Aleksandr Kerenski. Il prend une attitude critique vis-à-vis du pouvoir bolchévique, notamment de la personnalité de Lénine, et des méthodes autoritaires de la nouvelle URSS.(ici, une photo de Kropotkine que l’on doit à Nadar. Jaime bien le côté père Noël.)

En 1919, l’insurrection anarchiste menée par Nestor Makhno (qui se réfugia en France et fit escale à Brest) à travers l’Ukraine revendiquera l’application effective des principes exposés dans l’Entraide. Le 13 février 1921, à Moscou. Les kropot_cortege-300x215funérailles de Pierre KROPOTKINE sont le théâtre de la dernière manifestation libre et de masse  en Russie bolchévique. On sait ce qu’il en est advenu par la suite. Sous la pression des libertaires, des prisonniers anarchistes sont relâchés pour leur permettre d’assister aux obsèques. Une foule de cent mille personnes suit le cercueil jusqu’au cimetière. Des drapeaux noirs sont déployés, mais aussi des banderoles proclamant : Où il y a de l’autorité, il n’y a pas de liberté. Sources:

Allez, merci à vous de suivre les tribulations du cénobite; portez vous bien et à demain peut-être.