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Quimper Corentin: 12 mn d’arrêt…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

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Amis de la liberté d’expression et de la saucisse de Molène réunies, bonjour ! Nous sommes le Mardi 12 décembre 2017, 22è jour de frimaire dédié à la Bruyère. On célèbre la saint Kaourintin (Corentin), patron de la ville de Quimper… Il est un des sept saints fondateurs de la Bretagne et sa statue de granit trône déjà en la fameuse vallée de Carnoët.

Voici ce qu’en disait Albert Le Grand en 1636 dans son blog.

« Saint Corentin, premier Evesque de Cornoüaille, en la Bretagne Armorique, nasquit au même Diocese, environ l’an 375, treize ans avant que le tyran Maxime passast és Gaules, & fut, dés son enfance, instruit par ses parents en la Religion Chrestienne; ayant esté preservé pendant les guerres que le Roy Conan Meriadec fit aux garnisons Romaines, qu’il chassa entierément de Bretagne, il s’adonna tout de bon au service de Dieu; &, pour mieux y vacquer, & faire un perpétuel divorce avec le monde, il se retira en une Corentinsolitude, dans une forest en la Paroisse de Plou-Vodiern, au pied de la montagne de S. Cosme (Plomodiern, au pied du Menez-Hom -NDLR-) où il bastit un petit Hermitage près d’une fontaine, &, tout joignant un petit Oratoire; passant en ce lieu les nuits & les jours en prieres & Oraisons, inconnu & retiré de toute conversation humaine. Pour sa nourriture & sustentation en cette solitude, Dieu faisoit un miracle admirable & continuel; car, encore qu’il se contentast de quelques morceaux de gros pain, qu’il mendioit quelques fois és villages prochains, & quelques herbes & racines sauvages, que la terre produisait d’elle-mesme, sans travail ny industrie humaine, Dieu luy envoya un petit poisson en sa fontaine, lequel, tous les matins, se presentoit au Saint, qui le prenoit & en coupoit une piece pour sa pitance, & le rejetoit dans l’eau, &, tout à l’instant, il se trouvoit tout entier, sans lesion ny blesseure, & ne manquoit, tous les matins, à se présenter à St Corentin, qui faisoit toûjours de mesme.» Pour lire la suite, rendez vous sur: http://fr.wikisource.org/wiki/La_Vie_de_saint_Corentin

Et voilà pourquoi votre sœur est muette… Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

De Kernis à Keremma…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

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Amis des sciences occultes et des coups de pied du même nom réunis, bonjour ! Nous sommes le dimanche 15 février 2015, 27è jour de Pluviôse dédié au noisetier. C’est en allumant ma pipe que je je m’aperçois qu’aujourd’hui, c’est la saint Claude… Chez nous on dit Glaode. C’est Albert le Grand (1636) qui nous en parle dans sa Vie des saints d’Armorique:   Du Temps du Pape Vigilius & de l’Empereur Justinian I, l’an de salut 540, regnant en la Bretagne Armorique le Roy Hoël, dit le Faineant, II du 200px-063_Plougastel_Chapelle_Saint-Guénolé_Tryptique_Panneau_de_saint_Goulvennom, un certain personnage, nommé Glaudan, passa la Mer, &, quittant la grande Bretagne (qu’à present on appelle Angleterre), vint, avec sa femme Gologuenn, aborder la coste de Leon, en la Bretagne Armorique : étans sortis du vaisseau, ils prirent leur chemin le long du rivage, & arriverent en la Paroisse de Ploüider, distant de deux lieuës de la ville de Lesneven,&, voulant passer outre, la nuit les surprit en la greve qui est entre ledit Ploüider & Plou-neour-trez, de façon qu’ils furent contraints de chercher à loger, cette nuit, en un Village situé és paluds de Brengorut, mais le Païsan à qui ils s’adresserent, voyant que c’estoient des étrangers pauvres & necessiteux, les refusa, de sorte qu’ils furent contraints de loger en un lieu, nommé alors Odena, où Gologuenn accoucha dun Fils.
Le matin venu, Glaudan alla à la prochaine maison demander un peu d’eau, pour laver l’enfant & rafraischir la mere extrémement alterée ; mais, d’autant que la fontaine étoit éloignée de là, il en fut éconduit ; toutefois, un Païsan lui presta un vaisseau & luy monstra le sentier qui, à travers la forest, menoit à la fontaine. Estant entré un peu avant dans la forest, il s’égara, le chemin estant tout couvert de feüilles & rameaux ermitaged’arbres, & ayant perdu la pluspart de la journée pensant trouver cette fontaine ; enfin, sur le soir, il se trouva prés du lieu où estoit sa femme & son enfant. Voyant donc qu’en vain il avoit courru, d’ailleurs la necessité de sa femme, l’enfant foible & debile, il eut recours à Dieu, se jetta à genoux & luy présenta son humble priere, le supliant, la larme à l’œil, de les assister en cette extréme necessité. Sa priere finie, tout incontinent, une belle fontaine sourdit, distante seulement d’un jet de pierre du lieu où estoit gisante Gologuenn, de laquelle elle but, puis y lava son enfant ; prognostique que cét enfant, en faveur duquel cette fontaine fut miraculeusement produite, seroit une vive source de doctrine & sainteté, de laquelle les hommes puiseroient les eaux salutaires, pour rassasier la soif de leurs Ames altérées. Cette fontaine miraculeuse se voit prés l’Eglise de saint Goulven & s’apelle communément Feunteun Sant Goulven

Bon, je vous fait grâce de la suite car, c’est long, très long, très très long… Le bon père Albert le Grand aurait fait fortune dans l’écriture de scénarios pour les séries télévisées. Personnages, suspense, rebondissements, tout y est. Dès qu’un paroissien lui parlait de l’existence d’une source sacrée, d’un menhir ou d’un arbre liés à la très vieille et très ancienne tradition celtique et peut-être même plus ancienne encore; il sortait son petit calepin et inventait illico une histoire de saint garanti grand teint, fervent chrétien et si possible catholique. Voilà pourquoi il y a plus de saints en Bretagne que de jours dans les calendriers. Néanmoins, si vos pas vous conduisent dans le secteur, prenez le temps de visiter l’anse de Goulven, la baie de Kernic, les dunes de Keremma et le restaurant de la Butte à Plouider…

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

Les saints à l’air…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

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Amis de l’anarchisme éclairé et du foie de veau aux cerises réunis, bonjour ! Nous sommes le jeudi 15 mai 2014, 26è jour de Floréal dédié au Fusain. Certains vont célébrer la naissance de François Malicet (15 mai 1843) à Nouzon dans les Ardennes. Membre du groupe « Les déshérités » on lui doit la fameuse devise: » et du boyau du dernier prêtre serrons la gorge du dernier flic ». Il fut tué le 7 septembre 1927 par un cambrioleur. Y’a pas de justice madame Michu…

 

Par chez nous on fête les Primel qui bien sur, était originaire du pays de Galles et qui s’installa comme ermite en Cornouaille à l’époque de saint Corentin au VIe siècle. Les deux saints étaient copains comme cochons et se fréquentaient assidument, ainsi que le rapporte dans « Vie des saints de la Bretagne Armorique » le Frère Albert Le Grand, religieux de l’Ordre des Frères Prêcheurs de Morlaix, en 1636 :

« En mesme temps, vivoit un saint Prestre solitaire, nommé Primael, ou Primel, lequel menoit une vie fort sainte dans une forest en Cornoüaille. S. Corentin l’alla visiter, pour recevoir de luy quelques salutaires instructions; S. Primel le recueillit gracieusement, & passerent les deux Saints le reste de la journée en saints propos & colloques spirituels, & la nuit suivante en prieres et Oraisons. Le matin, saint Corentin 05stprimeldesira dire la Messe en l’Oratoire de saint Primael, qui, luy ayant disposé tout ce qui estoit requis & nécessaire, s’en alla querir de l’eau à une fontaine assez éloignée de son Hermitage; Saint Corentin l’ayant longtemps attendu, sortit de la Chapelle & vid venir le Saint vieillard tout doucement & à petits pas tant pour sa lassitude & que la fontaine estoit loin de là, que parce qu’il estoit boiteux. Saint Corentin, le voyant tout hors d’haleine, en prit pitié & supplia Nostre Seigneur de luy octroyer de l’eau plus près de son Hermitage; puis, dit la Messe, pendant laquelle il reïtera son Oraison; Dieu exauça sa priere, car au lieu mesme où il mit son baston en terre, après la Messe, il rejaillit une source d’eau, dont les deux Saints rendirent grâces à Dieu; &, ayant séjourné quelques jours avec S. Primael, il s’en retourna en son Hermitage à Plovodiern. »

L‘église paroissiale de Primelin (29) lui est dédiée. Son pardon est célébré le premier dimanche du mois d’août. Une statue fontaine-saint-primel-saint-evarzecdans le chœur le représente avec une canne, car il était boiteux; le saint boiteux en quelque sorte, comme Talleyrand était dit le diable boiteux… Ici à gauche, la fontaine qui porte son nom à St Evarzec (29). La tradition rapporte que la commune de Plougasnou aurait été fondée par Saint Primel. Un village de cette commune au bord de la mer porte le nom de Primel. Avouez que c’était tout de même pratique d’avoir des saints dans ses fréquentations. Aujourd’hui pour le moindre branchement il faut faire appel à Bouygues ou à Vinci, qui sont à la sainteté ce que la musique militaire est à la musique.

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

A en perdre la tête…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

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Amis de la culture pour tous et du poulet aux marrons réunis, bonjour ! Nous sommes le mercredi 27 novembre 2013 et en ce 7è jour de frimaire, nous saluons le chou-fleur qui est un 59345149_ppeu le légume emblématique du Léon (Finistère nord). Restons donc dans le Léon puisque aujourd’hui, nous célébrons les Tangi. La figurine du p’tit moine agité pour annoncer un billet qui s’inscrit dans la catégorie « Ah, les beaux saints ». Encore un moine me direz vous. Celui-ci, de son vrai nom Gurguy, fonda l’abbaye de St-Mathieu au Conquet et la légende dit qu’il était fils du seigneur Galono de Trémazan (rien à voir avec Galouzeau de Villepin) en Léon, près de Portsall (à gauche les ruines du château de Trémazan). Ce seigneur donc, aurait épousé en seconde noce une femme 300px-Trémazanqui n’avait de cesse de maltraiter le jeune Gurguy et sa sœur. Voici la façon dont Albert le Grand nous présente la chose: « Cette nouvelle dame ne fut gueres en son ménage, qu’elle commença à regarder de travers nos jeunes Saints & se montrer vraye marastre en leur endroit ; elle les rudoyoit & maltraitoit de parole & de fait & leur tint ces rigueurs huit ans durant ; lesquels expirez, Gurguy, déja grand, & à qui le sang commençoit à boilillonner dans les veines, ennuyé d’estre si mal-traité par cette femme, dans la maison de son pere, se résolut de quitter le pays pour quelque temps, & en obtint congé de son Pere, lequel luy donna une bonne somme d’argent & train honorable. »

Envoyé à la cour du roi franc Childebert 1er, pour son éducation, il devint chevalier. (déjà à l’époque, il fallait monter à la capitale pour réussir). Il laissa sa sœur Haude (Eodez en breton) au pays; ce qu’il ne faut jamais faire, n’importe quel saint vous le dira. À son retour la marâtre lui parle de sa sœur comme ayant déshonoré la famille par son comportement et Tanguy la tua (la sœur, pas la belle-mère) en la décapitantimages10-120x300 d’un coup d’épée. C’est qu’on ne rigolait pas avec ces choses là. La victime, me croirez vous, prend alors sa tête dans ses mains et ses jambes à son cou et rentre à la maison pour demander les sacrements avant de mourir. Horrifié, et malgré le pardon de sa sœur, Gurguy se repens sincèrement et demande à Paul-Aurélien de le faire moine. Il serait apparu la tête auréolée d’un disque de feu et Saint-Paul aurait alors changé son nom en Tanguy, du breton tan, feu, et lui aurait donné l’habit monastique. Plus tard il fonda sur la pointe St Mathieu (appelée en breton Locmazhé) une nouvelle abbaye où il fut enterré. Pourtant, faire perdre la tête à sa sœur, pour une vie de saint, ça commençait mal ! On peut admirer une magnifique statue en bois polychrome (XVIè) de sainte Haude dans la chapelle Notre-Dame-de-Kersaint à Landunvez.

Bon allez, vous prenez pas la tête (Hi,hi,hi) portez vous bien et à demain peut-être.

Prise de tête dans le Léon…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

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Amis de la culture pour tous et du poulet aux marrons réunis, bonjour !

Nous sommes le mardi 27 novembre 2012 et en ce 7è jour de frimaire, nous saluons le chou-fleur qui est un peu le légume emblématique du Léon (finistère nord). Restons donc dans le Léon puisque aujourd’hui, nous célébrons les Tangi. Encore un moine me direz vous. Celui-ci, de son vrai nom Gurguy, fonda l’abbaye de St-Mathieu au Conquet et la légende dit qu’il était fils du seigneur Galono de Trémazan en Léon, près de portsall (à gauche les ruines du chateau de Trémazan). Ce seigneur donc, aurait épousé en seconde noce une femme qui n’avait de cesse de maltraiter le jeune Gurguy et sa sœur. Voici la façon dont Albert le Grand nous présente la chose: « Cette nouvelle dame ne fut gueres en son ménage, qu’elle commença à regarder de travers nos jeunes Saints & se montrer vraye marastre en leur endroit ; elle les rudoyoit & maltraitoit de parole & de fait & leur tint ces rigueurs huit ans durant ; lesquels expirez, Gurguy, déja grand, & à qui le sang commençoit à boilillonner dans les veines, ennuyé d’estre si mal-traité par cette femme, dans la maison de son pere, se résolut de quitter le pays pour quelque temps, & en obtint congé de son Pere, lequel luy donna une bonne somme d’argent & train honorable. » Envoyé à la cour du roi franc Childebert 1er, pour son éducation, il devint chevalier. (déjà à l’époque, il fallait monter à la capitale pour réussir). Il laissa sa sœur Haude (Eodez en breton) au pays; ce qu’il ne faut jamais faire, n’importe quel saint vous le dira. À son retour la marâtre lui parle de sa soeur comme ayant déshonoré la famille par son comportement et Tanguy la tue (la soeur, pas la belle-mère) en la décapitant d’un coup d’épée. C’est qu’on ne rigolait pas avec ces choses là. La victime, me croirez vous, prend alors sa tête dans ses mains et ses jambes à son cou et rentre à la maison pour demander les sacrements avant de mourir.

Horrifié, et malgré le pardon de sa sœur, Gurguy se repent sévèrement demandant à Paul-Aurélien de le faire moine. Il serait apparu la tête auréolée d’un disque de feu et
Saint-Paul aurait alors changé son nom en Tanguy, du breton tan, feu, et lui aurait donné l’habit monastique. Plus tard il fonda sur la pointe St Mathieu (appelée en breton Locmazhé) une nouvelle abbaye où il fut enterré. Pourtant, faire perdre la tête à sa soeur, pour une vie de saint, ça commençait mal ! On peut admirer une magnifique statue en bois polychrome (XVIè) de sainte Haude dans la chapelle Notre-Dame-de-Kersaint à Landunvez.

Bon allez, vous prenez pas la tête (Hi,hi,hi) portez vous bien et à demain peut-être.

 

Quand le Dourdu devint l’Elorn…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

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Amis de la dragonnade et du suffrage universel réunis, bonjour !

Nous sommes le lundi 07 mai 2012, 18è jour de Floréal dédié à la Corbeille d’or dans le calendrier républicain.

Sans doute eut-il fallu que je consacrasse (imparfait du subjonctif mon n’veu) ce billet aux résultats de l’élection présidentielle mais, considérant que vos gazettes habituelles allaient le faire mieux que moi, je vous invite à explorer la tradition bretonne. Il plaît aux cénobites de ne point suivre les sentiers battus…

 

Vous ai-je déjà parlé de Neventer que l’on fête aujourd’hui en Bretagne (FH 56,35% – NS 43,65%)  En voilà un qui a laissé son nom à la commune de Plouneventer (FH 52,66% – NS 47,34%), en Finistère ( FH 58,87% – NS 41,13%) evel just, et qui est l’archétype du bon saint chassant les vieux dragons des terres païennes. Si l’on en croit le noble et discret messire Le Grand, chanoine de Saint-Pol (FH 54,74% – NS 45,26%), premier conseiller du Duc François II et recteur de Plounéventer en 1412, c’est à dire le propre grand oncle d’Albert Le Grand à qui nous devons un collectage fabuleux des contes et légendes de Bretagne, c’est une véritable épopée que vécurent Neventer et son pote Derrien, de retour des croisades, dans les parages.Tout cela sur les rives de l’Elorn, magnifique rivière à truites et saumons qui prend sa source dans les monts d’Arrée à un kilomètre à peine du Tuchenn-Kador. Ici à droite, c’est une représentation de saint Derrien.

Ces deux saints débarrassèrent la région d’un dragon qui revendiquait chaque jour sa ration de chair humaine. Ce jour là, ils virent le comte Élorn, désespéré par les actes de cruauté du dragon qui dévorait hommes et bêtes dans le pays, se jeter dans le fleuve, car le sort avait désigné son fils Riok, alors âgé de deux ans, pour en être la prochaine victime. La rivière qui portait alors le nom de Dour du (l’eau profonde) devint l’Elorn…   Mais, il semble bien que les personnages de  Néventer et de  Derrien soient nés de l’imagination d’un recteur ennuyé de n’avoir aucune légende à raconter à ses paroissiens ce qui était fort dommageable lorsqu’il s’agissait d’évangéliser tous ces mécréants de basse-Bretagne…Il existe encore une « gwerz » chantée par les bardes locaux et qui conte cette histoire:

 

0 velet e ranken rei 
Voyant qu’il me fallait donner      
Va mab d’ezan da zevori, 
Mon fils à dévorer 
Ker bras e bet va zizesper, 
Si grand a été mon désespoir 
M’oun en em strinket er rivier. 
Que je me suis jeté dans la rivière.

 

Quand à Rioc, le seigneur du patelin, sauvé des griffes du dragon, il a laissé son nom à la jolie petite commune de Riec-sur-Belon (FH 58,92% – NS 41,08%). Ah, une douzaine de Belon et une bonne bouteille de muscadet de chez Cherreau et Carré. Je vous conseille le « vieilles vignes »  le comte de Chasseloir, c’est un vrai délice qui donne au Muscadet ses lettres de noblesse. A droite, le château de La Roche-Maurice (FH 65,91% – NS 34,09%) d’où se serait jeté le Comte Elorn…

Ah, la belle époque où existaient des chevaliers errants pour chasser les malfaisants… Aujourd’hui, on utilise le suffrage universel. Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

 

CACHEZ CE SAINT…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis de l’histoire bretonne et des moules marinières réunies, bonjour !

Nous sommes le 05 du mois de janvier 2012, 16è jour de nivôse du calendrier républicain, dédié au silex.

 

J‘aurais pu vous parler itou de Saint CONWOÏON qui fut, chacun le sait, le premier higoumène (abbé) du monastère de St Sauveur près de Redon et que l’on célèbre ce jour, même si il a fricoté autant avec Nominoé qu’avec le roi de France pour obtenir sa charge. Il serait né vers 800 à Comblessac (en Ille-et-Vilaine) d’une famille gallo-romaine ayant eu des sénateurs romains dans son ascendance.

Conwoïon favorise la création d’une nouvelle abbaye dédiée à saint Maixent dans le village de Saint-Maxent, actuellement inclus dans la commune de Plélan-le-Grand. Il décide avec 5 compagnons, d’aller fonder un monastère, à l’extrémité de l’évêché de Vannes, à la frontière avec le royaume franc. Ayant eut successivement les autorisations du machtiern du lieu, Ratuili, de Nominoë et de l’empereur Louis le Pieux, et ayant décidé de suivre la règle monastique de Saint Benoît d’Aniane, Conwoion commence à accueillir de plus en plus de monde dans son monastère, et reçoit de plus en plus de donations.

L‘abbaye de Redon commence à devenir, alors, un pôle important qui accompagne l’ascension politique de Nominoë. Après la bataille de Ballon en 845, qui a lieu à proximité de Redon, Nominoë prend du recul par rapport au pouvoir Franc, et aidé de Conwoion, à l’occasion s’un synode vers 849, il chasse les évêques francs des diocèses Bretons, et nomme des évêques bretons. Conwoion ira jusqu’à Rome justifier ce qui sera qualifié de schisme breton. Voici ce qu’en dit Albert le Grand « L’an de grace 826, l’Empereur Louys le Debonnaire ayant esté degradé & enfermé dans un Monastere, les Bretons qui, dés l’an 826, avoient offert la Couronne Royale de Bretagne à Neomene (laquelle il refusa) l’importunerent de rechef d’accepter le Royaume, & les affranchir de la servitude de l’Empire, ce qu’il accepta ; &, ayant esté proclamé Roy, pour premier exploict, bannit & chassa de la Bretagne tous les Agents & Officiers des Empereurs, cassa et annula toutes leurs Loix et Ordonnances, remettant le pays en son entiere et prestine liberté. » Après les invasions normandes qui attaqueront Redon dès 854, Conwoion, fondera, grâce à Salomon, un second monastère à Plélan. C’est là qu’il mourra à l’age de 80 ans en 868, un 05 janvier, ceci explique cela…

Encore une histoire de saint me direz vous ! Oui mais, je suis bien obligé de reconnaître que l’histoire Bretonne contient moins d’anarcho-libertaires que de Poujado-populistes et qu’il y a plus de saints en Bretagne que de fromages en France.

Allez, les vacances sont terminées, il faut songer à reprendre le collier… Vous avez entendu Nicolas 1er, il était en Bretagne avant-hier pour présenter ses voeux aux forces armées comme on dit. L’avenir est devant nous qu’il a dit. J’ajoute, comme disait Pierre DAC que si on se retourne, on l’aura dans le dos ! Je crains fort qu’effectivement on l’ait dans le dos mais, bien plus profondément qu’espéré… Bon, allez, portez vous bien et à demain peut-être.

 

UN SAINT PEUT EN CACHER UN AUTRE…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis de la côte des légendes et de la côte de bœuf réunies, bonjour !

Nous voici donc le lundi 10 octobre, 19è jour de vendémiaire dédié au tournesol.

Prenant le contrepied des primaires citoyennes j’évoque aujourd’hui la vie de saint Kler disparu un 10 octobre. On ne sait pas grand chose de ce brave saint, sauf qu’il fut sans doute le premier évèque de Nantes. La possession de ses reliques a donné lieu à de rudes batailles entre Nantes et Reguiny petit village du Morbihan. Voici ce que l’on trouve à l’Ordinaire de 1263, éphéméride tenu par le grand chantre de la cathédrale, sous la date du 10 octobre : « Fête du bienheureux Kler, évêque et confesseur. Ce saint fut le premier évêque de l’Eglise de Nantes, qui, envoyé par le Pontife romain à cette même Eglise, apporta avec lui le clou que saint Pierre avait à la main droite durant son martyre, et que nous avons en grande vénération ». Evidemment, les nantais disent saint Clair, histoire de se démarquer des bas-bretons…

Réguiny (commune du canton de Rohan, entre Pontivy et Josselin) montre le tombeau et la fontaine de saint Kler ; le village de Kerbellec (mot à mot : la maison du prêtre) est encore indiqué comme le lieu où il résida. C’est donc le moment de laisser la place à la légende: il y aurait eu, à une époque non désignée, un combat acharné entre les Nantais et les habitants de Réguiny, pour la possession du corps de l’abbé. De tels faits se sont souvent produit, aux siècles de foi, ainsi que les vols de reliques ; et saint Convoyon a bien soustrait, au neuvième siècle, pour l’emporter à son abbaye de Redon, le corps de saint Apothème, évêque d’Angers, comme les moines de Vertou enlevèrent à leurs frères de Durivum celui de leur père commun, saint Martin. Pour les corps saints disputés les armes à la main, on ne les compte plus.

les Nantais, demeurés vainqueurs, auraient chargé les reliques sur un chariot et réussi à sortir du cimetière qui entoure la chapelle.(à gauche, la fontaine st Kler à Réguiny) Arrivés à un chemin creux qui borde ce cimetière au midi, voilà les boeufs qui traînaient le chariot arrêtés net au beau milieu d’un bourbier ! Le combat recommence, sans que, malgré cris et coups, les boeufs puissent faire avancer le véhicule ; ils font, tant qu’on le veut, des pas en arrière ; en avant, pas un seul. Ce que voyant, et de guerre lasse, les Nantais coupent l’index de la main droite du saint et regagnent leur pays. C’est ainsi que l’anneau se retrouva à Nantes et le chef à Réguiny. (à droite,toujours à Réguiny, un menhir christianisé. L’église catholique, apostolique et romaine a toujours été championne de la récupération et, les sources sacrées de la vieille tradition celtique, tout comme les pierres levées, se sont vite retrouvées ornées de croix.

 

Si l’on en croit Albert Le Grand, dominicain de Morlaix, saint Kler disparu aux environs de l’an 96. C’est ce que l’on peut lire dans sa « vie des saints » dont la première édition date de 1636. Mais notre Albert, dans sa volonté d’éclairer les pauvres âmes bretonnes, a écrit tellement de contes et sornettes qu’il est difficile de lui accorder crédit…

 

Allez, voila pour ce lendemain de votation, portez vous bien et à demain peut-être.