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La vérité si j’mens…

Posté par erwandekeramoal dans Actualités

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Amis de l’anacoluthe et de l’endive braisée réunies, bonjour! Nous sommes déjà le Vendredi 11 janvier 2019, 22è jour de nivôse dédié au sel… Aujourd’hui donc, le calendrier des postes voudrait nous faire croire que c’est la St Paulin… En vérité, en Bretagne armoricaine, c’est la St Hernin.

Le 7 janvier sur le plateau de L’Info du vrai d’Yves Calvi sur Canal +, Michel Wieviorka commentait la mobilisation des Gilets jaunes et les violences survenues entre certains manifestants et les forces de l’ordre. Le sociologue a pointé du doigt, parmi ce mouvement, une présence de «l’extrême droite». Puis, reprenant la parole, il a eu cette phrase étrange : «J’ai vu dans plusieurs endroits de Paris des tags avec « A » entouré d’un cercle, qui est un symbole d’extrême droite.» Ma Doue beniged, l’inculture de ces experts de l’expertise est michel-wieviorkaabyssale et, pour tout dire navrante. Or donc, piqure de rappel sur l’origine d’un logo pas tout à fait comme les autres. Grâce à un petit livre très illustré paru il y a quelques temps, on connaît enfin l’origine de ce symbole, sceau de l’insoumission, de la rébellion, de l’anarchisme : le A cerclé, ou A dans l’O. A force de le voir graffité sur des murs à la craie, à la bombe (de peinture), sur des T-shirts et des drapeaux, on pensait qu’il était là depuis toujours. Certains pensaient que ce A dans l’O était des lettres d’évangile ou encore le A et l’O extraits du nom de Ravachol, le militant anarchiste. D’autres ont cru qu’il synthétisait, au XIXe siècle, l’idée de l’anarchie dans l’ordre prônée par Pierre-Joseph Proudhon. La plupart (espagnols…) ont semblé le voir, pendant la guerre d’Espagne, arboré quelque part dans la colonne Durruti.

En fait, ce signe est une création iconographique plus récente. Etudes et preuves à l’appui, certifiées par le Centre d’études libertaires Pinelli de Milan et le Centre international de recherches sur l’anarchisme de Lausanne, on sait désormais que le premier A cerclé remonterait à 1964. En avril précisément, il apparaît dans le Bulletin des Jeunes Libertaires comme projet de signe de ralliement proposé « à l’ensemble histoire véridiquedu mouvement anarchiste ». On connaît les noms des  concepteurs : Tomas Ibanez et René Darras. En 1968, il reste encore discret. Redessiné élégamment (A avec empattement, en négatif sur fond circulaire noir) en 1971 par le frère d’Amedeo Bertolo, Gianni, pour être le titre d’un officiel mensuel anarchiste, il retrouve sa place dans son camp, après avoir été utilisé par l’extrême droite, notamment en Italie. Pour Amedeo Bertolo, le « père adoptif » du A cerclé, à qui on demande si après 40 ans, le A dans l’O a bien vieilli, sa réponse est claire : « Il me semble encore très efficace, tant comme symbole de révolte anti-autoritaire que comme “ signature ” des multiples anarchismes contemporains.  (Sources:Article de Mesplé paru sur Rue 89. « A cerclé, histoire véridique d’un symbole » ed. Alternatives)

Voili, voila, confondre la croix celtique et le «A» cerclé est révélateur du niveau d’inculture de ceux qui causent dans le poste, inondent les plateaux de leur ignorance crasse et nous assomment à coup de clichés et d’idées préconçues. Allez, merci de votre visite, portez vous bien et à bientôt peut-être.