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Cent ans déjà…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

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Amis de la blanche hermine et du Breizh-Cola réunis, bonjour ! Nous sommes le jeudi 31 juillet 2014, autant dire que c’est la fin du mois…  A ne pas confondre avec la fin du moi, comme disait ce vieux Lacan. C’est aussi le treizième jour de Thermidor dédié à l’abricot et c’est encore le triste anniversaire de l’assassinat de Jaurès. Mais, que les dieux me tripotent, pourquoi ont-ils tué Jaurès ?

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L’assassinat de Jean Jaurès a lieu le vendredi 31 juillet 1914 à 21 h 40, alors qu’il dîne au café du Croissant, rue Montmartre, dans le 2e arrondissement de Paris, au cœur de la République du Croissant, à deux pas du siège de son journal, L’Humanité. Il est atteint par deux coups de feu. L’auteur est un certain Raoul Villain jeune admirateur de Maurras et fan de l’Action Française. Raoul Villain est incarcéré en attente de son procès café-du-croissantdurant toute la Première Guerre mondiale. Après cinquante-six mois de détention préventive, la guerre achevée, son procès est organisé devant la Cour d’assises de la Seine. Villain a la chance de n’être jugé qu’en 1919, à sa demande, dans un climat d’ardent patriotisme. Lors des audiences qui se déroulent du 24 au 29 mars, ses avocats, dont le grand pénaliste Henri Géraud, mettent en avant sa démence. Ils argumentent aussi sur l’acte d’un homme isolé, ce qui résultait de son interrogatoire par Célestin Hennion, le préfet de police de Paris, dans la nuit du 31 juillet 1914. Plus étonnant, parmi les témoins en sa faveur figure Marc Sangnier, venu défendre la « valeur morale » d’un ancien disciple.

Raoul Villain est acquitté le 29 mars 1919 par onze voix sur douze, un juré ayant même estimé qu’il avait rendu service à sa patrie : « Si l’adversaire de la guerre, Jaurès, s’était imposé, la France n’aurait pas pu gagner la guerre. » La veuve de Jaurès est condamnée aux dépens (paiement des frais du procès). Le 14 mars 1919, soit quinze jours plus mobilisationtôt, le 3e conseil de guerre de Paris, juridiction militaire, condamnait à la peine de mort Émile Cottin, l’anarchiste qui avait blessé de plusieurs balles Clemenceau le 19 février précédent32. Raoul Villain s’exile alors sur l’île d’Ibiza. Peu après le début de la guerre d’Espagne en juillet 1936, l’ile tombe aux mains des franquistes, puis est reconquise par les républicains, qui la quittent rapidement. Celle-ci est alors reprise par des groupes anarchistes, mais l’île est bombardée par l’aviation franquiste et dans le chaos, le 13 septembre 1936, les anarchistes l’exécutent pour espionnage au profit de l’armée franquiste, sans que l’on sache s’ils savaient qui il était. Etonnant non !
Allez, merci d’être passé par ici en plein été. Portez vous bien et à demain peut-être.

Montéhus…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé, PORTRAIT

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Amis du calembour d’origine et du camembert de Normandie réunis, bonjour !

Nous sommes le lundi 31 décembre 2012, onzième jour de Nivôse dédié au Granit. Je voulais terminer cette année en citant un chansonnier disparu de nombreuses mémoires. Connaissez vous Gaston Mardochée Brunswick? Non ! Si je vous dis Montéhus, ça vous aide? Non plus ! Et si je vous dis « la butte rouge »…Ah, vous voyez.

Montéhus est un chansonnier de la belle époque (il n’aurait pas tenu longtemps à France-Val-Inter), on lui doit notamment gloire au 17èmela butte rouge – Montéhus est né peu après la Commune un 9 juillet 1872 (aîné d’une fratrie de 22 enfants), il est mort en décembre 1952. Il publie sa première chanson en 1897 et choisit son pseudonyme plus facile à porter que son nom dans un contexte de fort antisémitisme.

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A cette époque, la chanson a une place importante dans la culture populaire. Le temps des cerises, l’internationale, les anarchistes de Chicago, le chant du vote… On les doit à des auteurs comme Pottier, Gaston Couté ou Jean-Baptiste Clément dont je vous parle de temps à autre.

Dans ses chansons, Montéhus s’oppose à la guerre, à l’exploitation capitaliste, à l’hypocrisie religieuse: « au lieu d’imposer l’travailleur qui enrichit l’gouvernement imposez plutôt les noceurs qui gaspillent tant d’argent. ». C’est d’une actualité déconcertante. Il a aussi défendu la cause des femmes de façon remarquable. La grève des mères fut interdite par décision de justice en octobre 1905.

Ce n’est qu’en 1923 qu’il composera la butte rouge qui fait référence à la butte de Bapaume  en Champagne (et non la Butte Montmartre comme peut le laisser croire le premier couplet) , théatre de violents combats sur le front de la Somme. Il est mort en 1952, oublié de tous.

Allez, portez vous bien, Je vous adresse tous mes voeux et à demain l’année prochaine peut-être.

 

La chanson de Craonne…

Posté par erwandekeramoal dans HUMEUR

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Amis du calendrier des postes et du boudin aux pommes réunis, bonjour !

Nous sommes le mardi 13 novembre 2012, 23è jour de Brumaire. C’est le jour de la Garance, plante aujourd’hui tombée en désuétude qui servait essentiellement à produire de la teinture pourpre. A tel point qu’on la nommait « rouge des teinturiers ».  les racines et les tiges souterraines contiennent de l’alizarine, qui a la propriété de donner aux tissu une belle couleur rouge. Les uniformes de l’armée française l’employaient abondamment avant la première guerre mondiale. « Le tristement célèbre pantalon rouge « garance » faisait des soldats des cibles parfaites pour l’ennemi, Le képi est aussi rouge et bleu, mais depuis 1913, il est prévu en campagne de le couvrir de bleu. La lourde capote est, elle aussi, de couleur bleue. Les pans sont remontés lorsque le fantassin est en campagne. »  Cette teinture naturelle a été remplacée par des colorants synthétiques. La culture de la garance, très ancienne (elle est attestée depuis plus de 3000 ans en Inde) n’est plus qu’un souvenir. Au milieu du XIXè siècle, on comptait encore une cinquantaine de moulins à Garance dans le Vaucluse.

Tiens, pour ne pas oublier, je vous propose d’écouter « la chanson de Craonne » recueillie par Paul Vaillant-Couturier en 1917 et interdite en france jusqu’en 1974. Ce dernier la publiera en 1919 sous le titre « La chanson de Lorette ».

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Cette chanson restera à jamais le symbole de ceux qui disent non à la guerre. Il y a quelques années, Daniel Mermet lui a consacré une émission ( là bas si j’y suis) sur France-inter. A l’époque où les mutineries se multipliaient dans les unités sur le front, les autorités promettaient une somme astronomique à qui en dénoncerait les auteurs. Peine perdue, elle est restée anonyme, et sans doute pour toujours.

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

QUELLE CONNERIE LA GUERRE…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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A l’heure ou nous nous apprètons à commémorer la fin de la grande boucherie de 14/18, je pense à ces deux grand-pères que je n’ai pas eu l’heur de connaître pour la mauvaise raison qu’ils sont resté couchés là bas quelquepart au chemin des dames. Sans doute, comme le dormeur du val avec un grand trou dans la poitrine… On dit que près de 200 000 bretons y sont restés ! Tous les ans, à Primelin, c’est dans le cap sizun, les libres penseurs se réunissent devant le monument aux morts, seul monument pacifiste que l’on recense dans le département. Ils réclament entre autre, que soient réhabilité les « fusillés pour l’exemple » de la première guerre mondiale. Qu’aurais-je appris de ces deux grand-pères qui n’ont pas vu grandir ni leurs enfants ni leurs petits enfants. Ces hommes, nés dans le 19ème siècle, possédaient à coup sur, tant et tant de choses à raconter; tant de richesses à partager. Et pourtant, ils sont partis, fleur au canon, en clamant haut et fort que c’était la der des der. Après celle de 70 et avant celle de 40. Avant l’Indochine, l’Algérie, le Viet-nam et puis maintenant, l’Irak, l’Afghanistan, et demain peut-être l’Iran. Oui vraiment, quelle connerie la guerre !

Ma fiancée et moi, profitant d’une accalmie entre deux averses, nous revenons des champignons. Un gros paniers de cèpes, chanterelles et pieds de mouton… Voila de quoi nous cuisiner une petite tourte avec une farce au cognac, à base de saucisse (de chez Hénaff), oignons de Roscoff, ail, persil, poivre et sel et un jaune d’oeuf. Vous étalez la farce sur une pate feuilletée, vous déposez par dessus vos champignons préalablement saisis, vous refermez, vous mettez au four 30mn et vous dégustez ça avec un chateauneuf du pape blanc. Allez, bon appétit et à demain, peut-être.