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Auguste le Lann: Un anar brestois…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

Amis de la physique quantique et du Picon-bière réunis, bonjour ! Nous sommes le Jeudi 27 Septembre 2018, sixième jour de Vendémiaire dédié à la Balsamine. Cette espèce (comme d’autres espèces voisines) doit son nom d’impatiente à la forte réactivité de son fruit au toucher : la capsule mûre explose quand on veut la saisir et peut projeter les graines à quelques mètres.

L’homme du jour est brestois:Auguste LE LANN, militant anarchiste et anarcho-syndicaliste breton. Il est né le 16 février 1904 à Lambézellec (dép. du Finistère). Très jeune orphelin, suite à la mort de son père durant la Première guerre mondiale, libertaire-Lochuil est pupille de la Marine nationale. Déjà repéré par les autorités, il effectue son service militaire dans un bataillon disciplinaire à Saint-Brieuc. Embauché comme ouvrier chaudronnier à l’Arsenal de Brest, il y rencontre Jules Le Gall et Victor Pengam, qui travaillaient dans le même atelier. Auguste Le Lann, est nommé secrétaire du Conseil d’administration de La Maison du Peuple. ll figure alors sur les fichiers du « Carnet B » qui recense les antimilitaristes. A partir de 1925, il est secrétaire des « Jeunesses Syndicalistes » et membre de « l’Union Anarchiste » (UA), et responsable de la diffusion du journal « Le Flambeau »(1927-1934), organe mensuel d’éducation, de libre pensée et de combat. En 1936, il est secrétaire du groupe de l’UA de Brest et membre de la « Ligue Internationale des Le_flambeau_FranceCombattants de la Paix » (LICP). En 1937, il est secrétaire de la « Fédération libertaire de l’Ouest » et de « Solidarité Internationale Antifasciste » (SIA), pour la région. Auguste Le Lann sera cette même année, à Paris, délégué du Groupe libertaire de Brest, aux côtés de René Lochu et René Martin lors d’un congrès où ils rencontrèrent Louis Lecoin. Mobilisé en 1939, il est fait prisonnier, puis est libéré en 1941.

Le 22 septembre 1942, il est arrêté et interné durant deux mois au Camp de Voyes. Durant l’occupation, il est étroitement surveillé, son logement sera à plusieurs reprises perquisitionné par la police de Vichy. Après la Libération, il reconstitua le sia_janvier_1938_collecte_tract_dossier_1_i_46_brest-2-300x224Groupe d’Études Sociales de Brest et, membre de la « Fédération anarchiste française », en sera le responsable départemental. Également militant anarcho-syndicaliste, il adhérera à la CNT Française. En août 1947, il sera membre d’un comité de grève à l’Arsenal. Après avoir collaboré au « Libertaire » après la Libération, il participera ensuite au « Monde Libertaire ». Toujours militant de la CNTF sur la fin de sa vie, il participait aux journaux « Le Combat Syndicaliste » et « Espoir » et était secrétaire du comité régional de l’Ouest de SIA. Auguste Le Lann est décédé à Brest le 27 septembre 1974.

Allez, merci d’être passé, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Le malade prend l’avis du médecin. Le médecin prend la vie du malade.

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

Amis de la relance Keynésienne et du céleri rémoulade réunis, Côme et Damienbonjour ! Aujourd’hui, nous sommes le Mercredi 26 septembre 2018, cinquième jour de Vendémiaire dédié au cheval… Comme disait Pierre Dac: « Si vous avez perdu au PMU, vengez vous, mangez du cheval ! » On fête aussi la saint Côme, rien à voir avec le lac que ma belle et moi visitions voici quelques temps à pareille époque. Côme et son frère Damien étaient des chirurgiens qui pratiquaient la médecine gratuitement d’où l’appellation d’anargyres; joli nom qui commence plutôt bien et qui me les rend sympathiques.En Bretagne armoricaine on fête plutôt les Oedmal en mémoire d’un des premiers évêques de Saint-Malo.

Cela se passait en Cilicie (aujourd’hui en Turquie) vers l’an 300 et ces braves garçons n’ont guère eu de chance, en effet, ils furent arrêtés sur l’ordre du Préfet de Cilicie, un certain Lysias dont c’est le seul titre de gloire. Il leur ordonna d’abjurer sous la torture. Selon la légende ils restèrent fidèles à leur foi en dépit220px-Fra_Angelico_064 de toute une série de tortures affreuses auxquelles ils restèrent insensibles ; finalement ils furent décapités (ce qui prouve une fois de plus que la foi peut faire perdre la tête et que les égorgements et autres joyeusetés de l’Etat Islamique en Irak et au Levant ne datent pas d’hier). Leurs frères cadets Antime, Léonce et Euprepius, qui les suivaient partout, partagèrent leur martyre. La plus célèbre de leurs cures miraculeuses, la greffe d’une jambe de Maure pour remplacer la jambe nécrosée d’un patient, fit l’objet de nombreuses peintures et miniatures; on peut en observer une que l’on doit au talent de Fra Angelico au musée national San Marco à Florence.

Et voilà pourquoi, madame Michu, on a fait de Côme le patron des chirurgiens et des pharmaciens et cela depuis fort longtemps puisque c’est à Saint-Louis que l’on doit la création de la confrérie de Saint-Cosme, première « association professionnelle » des chirurgiens. Jusque là en effet, la profession de chirurgien n’était pas clairement différenciée de Côme-03celle de barbier. Ces deux professions étaient considérées comme des métiers manuels nécessitant peu d’instruction, et appris le plus souvent en assistant un proche. Les médecins, au contraire, étaient considérés comme instruits, après des études en école de médecine. Jean Pitard, premier chirurgien de saint-Louis en créant la confrérie de Saint-Côme et de Saint-Damien distingue les chirurgiens dits de robe longue qui doivent désormais passer un examen devant leurs pairs avant d’exercer, des chirurgiens dits de robe courte ou barbiers qui ne sont plus chargés que des interventions minimes. A Paris, rue de l’école de médecine on trouve encore trace de ce remarquable hôtel de la confrérie des chirurgiens. Étonnant, non !

ps: le titre de ce billet est de Molière (Le malade imaginaire) allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Sabottache…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de la conscience universelle et des nouilles au beurre réunies, bonjour ! Et bien voilà, ça y est, nous sommes le Mardi 25 septembre 2018 ! Et alors ? Heu, rien. Ah si, c’est le 4è jour de vendémiaire dédié à la colchiques-dans-les-pres-pixabay-910x600colchique. Jolie plante, quoique aussi toxique qu’un prêt bancaire. Elle doit son nom à Colchide où habitait la magicienne Médée. Vous vous souvenez de la fameuse chanson Colchique dans les prés… Elle a été créée par une cheftaine scoute francine Cockenpot et reprise par Francis Cabrel, étonnant non ? Mais c’est aussi un merveilleux poème d’Apollinaire qui commence comme ceci:
Le pré est vénéneux mais joli en automne
Les vaches y paissant
Lentement s’empoisonnent…

En ces temps d’interrogations face aux projets de réforme des retraites et de l’assurance chômage, les éditions Agone ont eu la bonne idée de publier un livre qui devrait vous aider à supporter les longues soirées emilepouget[1]automnales.Voici un extrait d’un article de Emile POUGET paru dans « l’almanach du père peinard » en 1898. Ce petit texte qui veut nous expliquer ce qu’est le sabotage nous dévoile aussi avec verve et talent la façon dont on s’exprimait dans le monde ouvrier industriel de la fin du 19ème siècle. Le mot sabotage vient donc de sabot: Celui là même que l’on jetait dans une machine pour la mettre en panne. « Le SABOTTAGE est une riche binaise qui, d’ici peu, fera rire jaune les capitalos. L’idée du SABOTTAGE ne restera pas à l’état de almanachrêve bleu : on usera du truc ! Et les exploiteurs comprendront enfin que le métier de patron commence à ne plus être tout rose. Ceci dit, pour les bons bougres qui ne sauraient pas encore de quoi il retourne, que j’explique ce qu’est le sabottage. Le sabottage, c’est le tirage à cul p-re-peinard-2-4099669-300x200conscient, c’est le ratage d’un boulot, c’est le grain de sable roublardement fourré dans l’engrenage minutieux pour que la machine toussote, c’est le coulage systématique du patron…

Tout ça pratiqué en douce, sans faire de magnes, ni d’épates. A supposer, par exemple, un grand bagne dont le patron, tout par un coup, a une lubie accapareuse,  soit qu’il ait une nouvelle maîtresse à entretenir, soit qu’il guigne l’achat d’un château… ou autre fantaisie qui nécessite de sa part une augmentation de bénéfices. Donc, voilà le sabottage chouettement défini : à mauvaise paye, mauvais travail! » Avis à Arcelor, PSA, Good year, Petroplus Virgin et consorts. C’est pas ragaillardisant ça ?

Voilà pour aujourd’hui, en attendant la suite, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Trompettes de la renommée…

Posté par erwandekeramoal dans JAZZ, PORTRAIT

Amis des « cénobites tranquilles » et des PTT réunis, bonjour ! Nous sommes le Lundi 24 septembre 2018 et pour nos amis républicains c’était le troisième jour de vendémiaire, jour de la châtaigne, ce qui n’est pas une raison suffisante pour s’échanger des marrons. Et tiens, à propos d’échange… Voici en guise de piqure de rappel, la carte postale des « cénobites », disponible sur simple demande. Laissez votre adresse, on vous écrira !

lescenobitestranquilles carte postale

Nul doute que cette carte là est appelée à devenir collector. Je rigole déjà en pensant à la tronche du préposé surtout si elle tombe par hasard entre les mains de Besancenot. Il faut que je pense à me procurer une adresse qui se situe sur sa tournée. Un petit salut en passant à Fats Navarro, grand trompettiste de jazz, né un 24 septembre à Key West en Floride. Certainement un des rois du Be-Bop qui a joué avec les seigneurs du genre de Charlie Parker à Kenny Clarke’s ou Lionel Hampton.

Fats Navarro est un des trompettistes les plus représentatifs du style bebop. Il apprend le piano et le saxophone ténor avant d’opter pour la trompette. Il fait ses débuts professionnels à l’âge de 17 ans. De 1943 à 1944, il fait partie de l’orchestre d’Andy Kirk. De 1945 à 1946, il est membre du big band de Billy Eckstine. De 1946 à 1950, il devient un musicien très demandé. On peut l’entendre avec les «  Kenny Clarke’s Be Bop Boys  », «  Eddie Davis And His Reboppers  », dans les fats navarroformations de musiciens comme Coleman Hawkins, Dexter Gordon ou Illinois Jacquet et, brièvement, dans le big band de Lionel Hampton (printemps 1948) et le sextet de Benny Goodman (septembre 1948). Par trois fois, il est plébiscité par les lecteurs de la revue «  Metronome  » et amené à enregistrer avec le «  Metronome All Stars » (aux côtés de Charlie Parker et des autres « stars » du bebop). Il se produit aussi avec Parker à d’autres occasions (lors de concerts du JATP en 1949, au « Birdland » en 1950,…). On peut aussi l’entendre, en 1949, dans la formation du pianiste Bud Powell (avec Sonny Rollins au ténor). Les plages les plus significatives de Fats Navarro sont probablement celles enregistrées avec Tadd Dameron, parfois sous le nom du trompettiste, mais le plus souvent sous celui du pianiste. Souffrant depuis des années de tuberculose, il meurt, en 1950, à l’âge de 26 ans. Quelques mois de plus et il rejoignait le fameux club des 27: Jimi Hendrix, Jim Morrison, Kurt Cobain ou encore Amy Winehouse. Mais aussi Brian Jones, Janis Joplin, Robert Johnson…

https://youtu.be/7z1ma6adzxw

Allez, merci d’être passé, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Le 22 Septembre, aujourd’hui je m’en fous…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

Amis des latitudes extrêmes et du cochon grillé réunis, bonjour ! Nous somm220px-Vendemiairees donc le Samedi 22 septembre 2018, premier jour de Vendémiaire dédié au raisin et, on se rapproche de l’équinoxe. Je dis cela car, dans le calendrier républicain, commençant le 22 septembre 1792, mis en place le 6 octobre 1793 et utilisé entre 1793 et 1805, l’année débute lors de l’équinoxe qui aura lieu le dimanche 23 septembre 2018 à 03h54. Donc, en toute logique, demain c’est le premier de l’an et de ce fait, ce soir c’est  le réveillon…  Surprenant, non ! Tout à fait autre chose.

 

A l’invitation des l’Association des Maires de France (AMF), ceux-ci  se mobilisent pour alerter les citoyens sur les conséquences de la baisse des dotations de l’État aux collectivités locales. Il semble loin le temps où le Président de la République invitait les maires à festoyer. Souvenons nous: Le 22 septembre 1900 a banquet-300x214lieu le Banquet des maires de France. À l’invitation du président Émile Loubet, la France célèbre d’une agréable façon le culte de la République (108 ans jour pour jour après sa première fondation), en marge de l’Exposition universelle et des festivités du nouveau siècle. Elle tente d’oublier aussi les dissensions nées de l’affaire Dreyfus. 22 965 maires répondent à l’invitation présidentielle. Ils se réunissent dans le jardin des Tuileries, sous deux tentes immenses, autour de 700 tables. 400 cuisiniers et 2000 maîtres d’hôtel sont mobilisés à leur service par le traiteur Potel & Chabot, maison fondée en 1820 par le pâtissier Jean-François Potel et le cuisinier Étienne Chabot.

En moins de 90 minutes défilent cinq services : Hors-d’œuvre -  Darnes de saumon glacées parisienne – Filet de bœuf  en Bellevue – Pains de canetons de Rouen – Poulardes de Bresse rôties – Ballotines de faisans Saint-Hubert – Salade Potel – Glaces Succès – Condés – Dessert. Et, pour les vins, 39 000 bouteilles furent utilisées dont:  Preignac servi en carafe – Saint-julien servi en carafe – Haut Sauternes – Beaune Margaux Jean Calvet 1887 – 1500 bouteilles de fine Champagne Montebello. Le personnel ne fut pas en reste puisqu’il eut droit à 3 000 litres de « gros rouge ». Il faut savoir que 3 000 personnes furent banquet-les-invités-196x300employées pour la cuisine et le service. Quand aux mets dégustés ce jour, certains ont disparu des cartes des restaurants ou ont été revisités par les chefs actuels mais, on devine qu’il s’agissait d’un déjeuner froid. La darne de saumon glacée à la parisienne est un saumon poché, servi froid avec des légumes croquants et une mayonnaise parfumée aux condiments et fines herbes. Le filet de bœuf Bellevue avait été crée pour madame de Pompadour en son château de Bellevue. Il s’agit d’un rôti de bœuf habillé d’une fine gelée. Le pain de caneton de Rouen était probablement une espèce de terrine froide de canard. La poularde de Bresse était juste rôtie. La ballottine de faisan Saint Hubert, les escalopes de blancs de faisan sont farcies avec une farce fine, roulée en ballottine, pochée dans un bouillon, puis servis froid.
Étonnant, non ! Ceci étant écrit, je dois vous avouer que le 22 septembre, aujourd’hui, je m’en fous…

Et voilà une pirouette qui me permet de poster le 4212è billet de ce modeste blog. En attendant le prochain et la troisième guerre mondiale, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Doucement les basses…

Posté par erwandekeramoal dans JAZZ, PORTRAIT

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Amis du club Dorothée et de l’écrevisse sauce Nantua réunis, bonjour ! Colchique dans les prés, c’est la fin de l’été, chantait mon aïeule qui, vous le constatez, avait tous les talents. J’anticipe quelque peu car l’Automne n’interviendra que le 23 à 1h 54 05 pour être précis. C’était généralement le cinquième jour complémentaire dans le calendrier républicain français, officiellement dénommé jour des récompenses.

Profitons de ce 21 septembre pour rendre hommage à celui que nous sommes quelques uns à considérer comme le plus grand bassiste de jazz de tous les temps. j’ai nommé Jaco PASTORIUS. Il nous a quitté dans des conditions tragiques le 21 septembre 1987, assassiné par un gérant de boite de nuit. Son père, pastorius Gd’origine allemande, était lui même musicien. Il débute dans des orchestres locaux qui jouent des reprises de Otis Redding, Aretha Franklin et James Brown. Il avoue son admiration pour Herbie Hancock qui l’a fortement influencé. Mais on pourrait citer tout autant, Charlie Mingus, Ray Charles, Charlie Parker ou Tony Bennet. En 1975 il enregistre son premier album intitulé Jaco Pastorius qui va lui apporter la célébrité. Album sur lequel on retrouve la fameuse reprise de Dona Lee (en vidéo) de Charlie Parker. Puis il va rejoindre le groupe Weather Report  dans lequel il jouera jusqu’en 82. Entre temps il accompagne de nombreux artistes, on le trouve même sur un morceau de Michel Polnareff « une simple mélodie ».

Dès cette époque il consomme beaucoup de drogue et souffre de comportements bipolaires. Son comportement de plus en plus chaotique alimente la presse à scandale plus souvent qu’à l’ordinaire. Il est en plein divorce et en procès avec sa maison de disque qui le contraint à dissoudre son big band. Sans orchestre et sans maison de disque, ses problèmes psychiatriques s’aggravent; il multiplie les excentricités et les accidents. A partir de 84, son comportement lui JACO Dferme la porte de la plupart des scènes musicales. On considère que Jaco Pastorius a apporté au jazz un vent de folie (une de ces compositions est intitulée « Punk jazz »), il a hissé au top niveau l’utilisation de la fameuse Fender Jazz Bass. Il devient carrément sans domicile fixe et erre avec des clochards. En juillet 86 il est interné à New York et interdit de séjour dans de nombreux clubs de jazz. Un soir de septembre 87 il est violemment tabassé par Luc Havan, responsable du Midnight Bottom Club. Il meurt quelques jours plus tard.

Un sacré musicien, un peu agité du bocal certes, mais virtuose de la basse comme il n’y en a plus. Allez écoutez un de ses morceaux, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Les escaliers de la butte…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

Amis de la rive gauche et du baiser de l’hôtel de ville réunis, bonjour ! Tiens, nous sommes le Jeudi 20 septembre 2018, encore un de ces jours complémentaires sur le calendrier républicain, judicieusement nommé, le jour de l’opinion… J’en profite donc pour vous donner la mienne à propos de cette dame blanche qui nous a laissé orphelins depuis ce mois de septembre 2011.

Elle nous a quitté discrètement comme elle a vécu. Une voix à nulle autre pareille, une interprète remarquable de nos plus grands poètes. Elle a tout chanté : les mélodies d’Erik Satie, les rengaines populaires (L’hirondelle du faubourg), le folklore français (Le roy a fait battre tambour), les poètes (Aragon, Cora-GPrévert). Son plus beau titre de gloire : avoir créé, avant Montand et Gréco , Les feuilles mortes, devenue l’une des chansons françaises les plus connues dans le monde. Pourtant Cora Vaucaire n’a pas fait une carrière de star. Surnommée « la dame blanche de Saint-Germain-des-Prés », parce qu’elle s’habillait invariablement de blanc à une époque où le noir était de rigueur, elle débute en 1938 à La Chauve-souris, boîte un peu louche de Pigalle, puis fait la connaissance de Michel Vaucaire, parolier de Damia et de Piaf, qu’elle épouse. En 1941, on la retrouve au cabaret d’Agnès Capri, où elle côtoie Serge Reggiani et Mouloudji.

En 1950, elle lance son propre cabaret, le Caveau Thermidor, qui deviendra le Milord l’Arsouille, situé rue de Beaujolais à la porte des lilas, là où Gainsbourg à débuté, puis six ans plus tard, prend la direction de La Tomate où elle présente Pierre Louki et le québécois Raymond Lévesque. En 1955, elle fait une apparition mémorable dans le film de Jean Renoir French Cancan, dans lequel elle chante la célèbre Complainte de la Milord-239x300butte. Après de longues années où la dépression l’empêche de donner sa pleine mesure, elle fait son retour au théâtre de la Ville en 1973. Chanteuse d’une grande subtilité, elle est de la race des diseuses. D’un grand éclectisme dans le choix de son répertoire (elle a chanté aussi bien Bruant que Brassens), elle savait, par un art consommé de la théâtralité, imprimer sa marque à toute chanson dont elle s’emparait. Curieusement, elle était très apprécié au Japon. Cette grande dame de la chanson française était aussi une « indignée » et n’hésitait pas à entonner le temps des cerises devant une usine en grève.

Allez, merci d’être passé, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Fascisme larvé…

Posté par erwandekeramoal dans HUMEUR

Amis de la psychiatrie institutionnelle et du canard à l’orange réunis, bonjour ! Ce Mercredi19 septembre 2018 fait partie des jours « complémentaires » rajoutés au calendrier républicain ; celui-ci était dédié au travail. Quelle drôle d’idée… Tout ce qui est excessif est dérisoire ! Je crois que l’on doit cette sage parole à Pierre-Augustin Caron, plus connu sous le nom de Beaumarchais.

Ceci pour évoquer avec vous une idée qui m’est venu alors que j’attendais d’être servi au café-bar-tabac-presse-épicerie de mon village. Au coin du bar un convive se plaignait que la France était désormais en karikaturen-anti-pegida-nach-attentat-von-parisrégime fasciste. Ce à quoi son acolyte (j’ai failli écrire alcoolyte) lui répondait que ça avait le goût du fascisme, la couleur du fascisme mais que non, quand même pas… A peine avais-je rejoins mes pénates que je me suis rué sur les dictionnaires pour y trouver ceci: « Fascisme: mouvement politique ou régime hiérarchisé s’appuyant sur un pouvoir fort, prônant un État sécuritaire, le corporatisme, l’exaltation du sentiment nationaliste et une politique réactionnaire ». Cela m’a rappelé quelque chose.

Poursuivant mes recherches je suis tombé sur cette photo prise pendant les dernières manifestations et je me suis dit in petto, tiens, on dirait que l’idée fait son chemin ! Et comme le dit Carlita, serait-ce possible affiche fascismealors. Le point de vue de notre pilier de bar (faut suivre) est-il aussi excessif que son copain le laisse entendre. Et si dans le tréfonds des consciences populaires une petite voix était en train de s’éveiller ? Ami entends tu le cri sourd du pays qu’on enchaîne ? Et si les hommes et les femmes de cette vieille nation républicaine décidaient que basta, ça suffit. Et si le moment était venu d’organiser la résistance, et si on allait à l’île de Sein prendre un bateau pour l’Angleterre, et si… Et si ma tante, oui, bon ça va ! On a bien le droit de rêver, non ?

Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Barbès et Blanqui…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

Amis de la littérature polissonne et du poulet au gingembre réunis, bonjour ! Nous voici le Mardi 18 septembre 2018 et, pour le calendrier républicain, c’était le deuxième jour supplémentaire, encore nommé: jour du génie… Les calendriers calendrierde cette époque, il faut le dire, étaient illustrés par des images des dames du temps jadis comme celles-ci et ornés de maximes à la gloire de la République et de la Laïcité. Avouez qu’elles étaient plutôt girondes à l’époque (normal, les Girondins…), rien à voir avec Kate Moss ou autres anorexiques du calendrier Pirelli. Hélas, le calendrier républicain, censé inaugurer une nouvelle ère de l’humanité ne dura guère. Le « Grégorien » avec ses fêtes chrétiennes fut rétabli le 1er janvier 1806.

Tiens, à propos de République, je me souviens (comme disait Pérec) de promenades sur le marché de Barbès marquées par les parfums exotiques. A l’époque je m’étais promis de me renseigner sur l’origine de ce nom. L’occasion m’en ait donnée aujourd’hui, je vous en fais profiter. Armand Barbès, Sigismond Auguste , républicain farouche, éternel opposant à la Monarchie de Juillet, restera dans l’Histoire, comme l’homme de deux Barbès-droitejournées : Surnommé par ses admirateurs, « le conspirateur hors-pair » et « le Bayard de la démocratie », Barbès est aujourd’hui, le paradigme du révolutionnaire romantique type du dix-neuvième siècle, courageux, généreux et démocrate véritable, mais aussi comme une source récente le discerne : « un homme d’action sans programme ». Ce futur « fléau de l’establishement » (Marx) naît dans une famille bourgeoise de Pointe-à-Pitre, Guadeloupe, le 18 septembre 1809. Son père, chirurgien militaire de Carcassonne (Aude), né à Capendu (Aude), vétéran de la campagne d’Égypte, muté en Guadeloupe en 1801, y restera jusqu’à la chute de l’Empire. La famille revenue à Carcassonne, le fils aîné du docteur y reçoit en 1830, son baptême révolutionnaire. À 20 ans, Armand, à la fibre républicaine, aussi forte que précoce et d’un physique imposant, a été choisi pour mener le bataillon local de la garde nationale pendant la révolution de 1830. En 1834, son adhésion à la Société Droits de l’Homme vaut à Barbès sa première arrestation. Libéré, début 1835, il sert d’avocat aux 164 prévenus républicains mis en accusation pour l’insurrection de 1834 ; en juillet 1835, il aidera vingt huit d’entre eux à s’évader de Sainte-Pélagie, la prison parisienne « réservée aux politiques ».

En 1834, la SDH est à peine démantelée par la police que Barbès fonde l’éphémère Société des vengeurs suivie, l’année suivante, par la Société des Familles. C’était le commencement de sa longue et tumultueuse « collaboration » avec Blanqui. Le 10 mars 1836, Barbès et Blanqui sont arrêtés par la police, en train de charger des cartouches dans l’appartement qu’ils partageaient à Paris. Retourné à Paris en 1838, Barbès se joint à Blanqui pour former encore une autre société secrète républicaine, la très prolétaire Société des Saisons. Membres Fondateurs de la Société des Saisons, Barbès prépare l’insurrection du 12 mai 1839 avec Blanqui et Martin Bernard. Martin Bernard, Blanqui et Barbès, sont de la génération des Blanquisociétés secrètes. Ils ont connu les procès et la prisons. Photo de gauch: Blanqui. Ainsi, pour des raisons qui parfois se rejoignent (le sacrifice de leur liberté consenti par les deux hommes) ou diffèrent au niveau des doctrines et des caractères, ces deux grandes figures appartiennent en effet au Panthéon républicain où ils bénéficient tous deux d’une réputation de révolutionnaires intransigeants, jamais entamée par les inévitables compromis nécessités par l’exercice du pouvoir. Revenu à Paris en 1838, il se joint à Blanqui pour former une autre société secrète, la Société des Saisons. En 1839, cette Société, beaucoup plus prolétarienne compte environ neuf cents membres et le 12 mai, elle se sent assez forte pour tenter un coup d’état à Paris. Quatre cents insurgés parviennent à occuper brièvement l’Assemblée, l’Hôtel de ville et le Palais de Justice, mais le nombre et les armes leur font défaut.

L’échec du coup d’Etat de 1839 amène le divorce Barbès – Blanqui, ce qui nuira profondément à l’extrême gauche lors de la révolution de 1848, mais également plus tard.
En mars 1848 leur hostilité éclate au grand jour avec la publication par le journaliste Taschereau d’un prétendu document (tiré des dossiers de police…) et qui prouverait que Blanqui avait trahi ses camarades conspirateurs en 1839. Un bon nombre d’historiens, jugent maintenant hautement probable que ce document soit « un faux diffusé (sous forme de fuites) par le gouvernement » pour déstabiliser Blanqui. Barbès, lui, semble croire à l’authenticité de ce document, ce qui provoquera de « terribles divisions » parmi l’extrême gauche, divisions toujours présentes en fin de siècle. Libéré de prison en 1848, Barbès semble s’être mis à la disposition des 1024px-PARIS_XVIII_-_Le_Métro_au_Boulevard_Barbesrévolutionnaires modérés; cherchant constamment à contrecarrer Blanqui. Conseillé par Lamartine, il forme le club de la Révolution pour s’opposer à la Centrale républicaine insurrectionnelle de Blanqui, prudemment renommée: Société républicaine Centrale. Il connaîtra donc toutes les geôles. Celles de Louis-Philippe (de 1836 à 1837, de 1839 à 1848), de la Seconde République et du Second Empire (de 1848 à 1854). 1848, sera le ‘dernier baroud’ pour « le conspirateur hors pair. » Condamné à la prison à vie en 1849, Barbès fut libéré par Napoléon III en 1854. Mais, il ne revint jamais en France, se retirant dans un exil volontaire à la Haye, où il mourut le 26 juin 1870, quelques semaines avant que la République ne succède au second empire, événement qui l’aurait, sans aucun doute, réjouit au delà de tout.

Sacré bonhomme qui méritait largement qu’on lui fasse une petite place dans notre galerie de portraits (oui, je sais, c’est trop long…). Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Sans culotte mais pas sans vertu…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

Amis du calendrier des postes et de la terrine de maquereau réunis, bonjour ! Nous sommes le Lundi 17 septembre 2018. Comme vous le savez, vous qui suivez ce blog depuis un moment, le calendrier républicain comportait 12 mois de trente jours, c’est à dire 360 bistrot-les-sans-culottes-paris-146471219231jours. Il a donc fallu trouver cinq jours supplémentaires que nos amis avaient nommé les sans-culottides. Le 17 septembre fait partie de ceux là et porte le joli nom de : jour de la vertu… Force est de constater (en vérité, je déteste cette expression) que deux siècles plus tard, la vertu républicaine s’est un peu égarée en cours de chemin. Il est vrai, comme le disait Napoléon Bonaparte que le mot de « vertu politique » est un non-sens… Il en connaissait un rayon.

Bon, après tout, c’est lundi; or donc, après les sans-culotte place aux bigots… Par chez nous, on fête les Urfold: D’après la tradition, il serait né à Landouzan sur la commune du Drennec (29) et aurait été formé à la 300px-StUrfoldvie religieuse au monastère d’Ack. Sa mère Riwanon était la sœur de Rivoaré, qui a donné son nom à la paroisse voisine, Lanrivoaré (29). Urfold était l’oncle de Hervé, honoré à Lanhouarneau (29). Il vécut en solitaire, au VIe siècle, dans cette forêt de Dunan (du breton Doun : profond), qui s’étendait de Saint Renan à Plouvien et qui fut décimée, notamment pour construire à Brest la flotte de Louis XIV. A gauche: la chapelle St-Urfold à Bourg-Blanc (29) non loin de mon ermitage.

Et maintenant place au sport, direction le PMU. Naaan, j’rigole. Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.