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Laisant et les autres…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

Amis des jardins à l’anglaise et des champignons à la grecque réunis, bonjour ! Nous sommes le Vendredi 05 mai 2017, 16è jour de floréal dédié à la consoude, plante que les anciens nommaient la bonne à tout faire. Utilisée depuis l’antiquité comme cicatrisant, la consoude sert aussi à la consolidation des fractures. On consomme ses racines crues consoudeou cuites, les feuilles servent dans les soupes, à la façon du tapioca. On confectionne des beignets avec ses feuilles, qui rappellent le goût du filet de sole. Bon, n’exagérez pas car elle renferme des alcaloïdes dangereux pour le foie ! Autrefois, les nourrices utilisaient les racines des « toutes-bonnes » pour soigner les gerçures de leurs mamelons. Elle est maintenant appréciée comme engrais sous forme de purin. Profitez en avant que cela ne soit interdit par l’Europe. Il parait qu’on peut même teindre la laine grâce à une teinture brune qu’on obtient à partir de ses racines. Alors, qui dit mieux ?

Le 05 mai 1920, décès de Charles-Ange LAISANT, il était né à La Basse-Indre le 1er novembre 1841, département de la Loire-Atlantique. Militaire, mathématicien, député d’extrême-gauche, franc-maçon, il devient ensuite anarchiste, pédagogue rationaliste, libre-penseur, espérantiste. Parcours atypique que celui d’Ange Laisant, après de brillantes études au lycée de Nantes, il intègre l’Ecole Polytechnique. Capitaine du génie lorsque éclate la guerre de 1870, il assurera durant le siège de Paris la défense du Fort d’Issy jusqu’en janvier 1871. Après la laisant-droitechute de l’Empire, il se présente en février 1871 aux élections sur une liste républicaine (il sera battu) mais, en octobre de la même année, il devient Conseiller Général du canton de Nantes. Il se trouve en garnison à Tours lorsque la Commune de Paris est proclamée, mais ses opinions avancées lui vaudront d’être muté en Corse puis en Algérie. Il quitte ensuite la carrière militaire pour se consacrer à la politique et sera élu député de Nantes le 20 février 1876, il siégera alors sur les rangs de l’extrême-gauche (mandat qui sera renouvelé cinq fois).

Le 29 novembre 1877, à Paris, il soutiendra avec succès deux thèses pour un doctorat ès sciences mathématiques. En 1885 il est élu député de la Seine, puis en 1889 à Paris (18ème) sous l’étiquette Boulangiste (il avait fait ses études avec Boulanger). Mais, dégoûté de la carrière politique, il y renonce en 1893 pour se consacrer à l’enseignement. C’est par son fils Albert, devenu anarchiste, qu’il rallie à son tour les libertaires. Il sera un des responsables de la « Ligue internationale pour laisant_c_a-192x300l’éducation rationnelle de l’Enfance » fondée par Francisco Ferrer. Néo-malthusien, libre-penseur et franc-maçon, il écrit des textes éducatifs pour les enfants, en mathématique, physique, etc., et se passionne pour l’espéranto. Il collabore aux journaux « La Bataille syndicaliste », « l’Ecole rénovée », « l’Ecole émancipée »,  » l’Idée Libre », et écrit également des brochures ou des essais théoriques comme « La barbarie moderne » (1912). Durant la première guerre mondiale, dans le sillage de Jean Grave et Pierre Kropotkine, il signera le « Manifeste des seize » favorable à l’intervention contre l’Allemagne. A noter que son fils Albert (qui l’aidera dans ses travaux) aura deux fils qui deviendront à leur tour des militants connus, Maurice et Charles Laisant. Pourtant, ce grand mathématicien et philosophe est pratiquement inconnu en France, offrons lui la place qui lui revient dans notre galerie de portraits. Sources.

Allez, portez vous bien, à demain peut-être et vive le p’tit commerce.

Comme on fait son lit…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

Amis de l’humour noir et du blanc-manger réunis, bonjour ! Ce Mercredi O4 mai 2016 correspond au 15è jour de floréal dédié au ver à soie, à ne pas confondre avec cette sale bête qui est le ver à soi, quand bien même par ici il soit surtout question du verre à soi… Tiens, justement, en Bretagne on célèbre les Eneour, Enewyr en gallois, qui était, nous dit la chronique, un supposé saint homme venu d’outre manche sur une barque de granite aux alentours du VIè siècle et de l’Armorique réunis. Oui, à cette époque là, le granite flottait bien mieux qu’aujourd’hui.

Dans les monts d’Arrées (29), à quelques pas de Roc’h Trevezel se trouve une pierre remarquable que les autochtones nomment le lit de Eneour. On y voit, par temps clair et avec beaucoup de bonne volonté, l’empreinte du chapeau, du livre et des sandales du bonhomme ainsi que la marque de son corps (photo de droite). Elle est située à environ un kilomètre au Nord de l’église, et à trois cents mètres à l’Est du 220px-Image_018.lit_de_Saint-Eneourmanoir du Penhoat. Selon la légende, l’ermite, qui aurait laissé son nom à la paroisse, Plonéour-Menez, avait pour habitude de se retirer en ce lieu pour prier et dormir. Il existe aussi en pays bigouden, non loin de Pont-L’abbé (29) la commune de Ploneour-Lanvern: Le nom « Plonéour » signifie en breton la Plou de Eneour, auquel a été rajouté le nom de « Lanvern » (qui vient du breton Lan (ermitage) et du nom Wern ou Guern qui signifie « marais d’aulnes ») lorsque cette ancienne paroisse a été rattachée à la commune nouvellement créée de Plonéour. La légende dit que le menhir qui se dresse sur la place centrale de Plonéour-Lanvern serait le mât du bateau qui aurait amené saint Enéour de Grande-Bretagne en Cornouaille. Le nom breton de la commune est Ploneour-Lanwern.

 

La légende le fait débarquer en pays Bigouden, ce qui, vous en conviendrez, n’est pas le plus court chemin quand on vient du pays de Galles. Mais bon, les paysans du Léon n’avaient pas encore inventé la Brittany Ferries… Il aurait été accompagné de sa sœur Thumette, on 29NevezEglise10-300x275n’est jamais trop prudent. Thumette donc, Tunvezh en breton, qui était il n’y pas si longtemps encore un prénom très porté en pays bigouden, est toujours me dit-on, la patronne des marins au long cours, des Cap-horniers. L’église de Nevez regorgeait d’ex-votos de trois-mâts et autres navires. Ici en photo, c’est un trois-mâts,  à navigation mixte, et portant sur sa proue l’inscription « Souvenir des marins de 1904″. Il a été conçu par Yves Guillou, qui avait fait son service à bord de « l’Hirondelle » et réalisé au couteau à partir d’un tronc d’arbre. Vous remarquerez que si le navire est à sec de toile, certaines vergues sont peintes de façon à imiter les voiles ferlées.

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

De débattre mon coeur s’est arrêté…

Posté par erwandekeramoal dans HUMEUR

Amis de la mère Michel et de la langue de chat réunies, bonjour ! Nous sommes le Mercredi 03 Mai 2017 c’est à dire le 14 de floréal, dédié au chamerops, encore nommé le 300px-StEventpalmier nain. C’est une espèce très représentée autour de la méditerranée mais que l’on retrouve dans nos contrées de plus en plus fréquemment, réchauffement oblige. Certains vont souhaiter une bonne fête aux Evans, prénom rare du latin Eventius «dénouement». Prêtre chrétien, il est arrêté, livré aux flammes, et meurt décapité en 119. Si, à Lannebert (22), il est statufié en prêtre au-dessus de sa fontaine, il est, à La Malhoure (22), représenté en vêtements sacerdotaux, coiffé d’une barrette et tenant une palme à la main. On l’invoquait, à sa fontaine, pour guérir les coliques des jeunes enfants; en reconnaissance d’une guérison, les mères venaient déposer un bonnet au-dessus du bassin..

Le 3 mai 1936 voit la victoire du front populaire et l’immense espoir qu’elle fait naître dans la classe ouvrière. Souvenons nous de Léon Blum, de Jean Zay, de Salengro, de Léo Lagrange ou encore de Thorez à qui l’on doit cette fameuse phrase: il faut savoir arrêter une grève !
Souvenons nous des congés payés, des conventions collectives, des billets de train avec 40% de réduction pour partir en vacances, la congés-payéssemaine de 40 heures, la retraite des mineurs, les allocations chômage, les nationalisations, les augmentations de salaire, la scolarité à 14 ans, le musée de l’homme, le CNRS, le palais de la découverte… C’est pas interdit de rêver ! Aujourd’hui, le petit peuple va se retrouver par millions devant la sainte télé pour assister au match entre les deux finalistes de l’élection présidentielle. A gauche de l’écran, le représentant de la Macronésie, dents blanches haleine fraîche et qui bénéficie du soutien du beau monde et de la Hollandie réunie. Avec lui, on change tout mais on touche à rien. A l’extrême droite la fille de son père, string bleu-marine, casaque bleu blanc rouge. Avec elle, je sors de l’Europe, je sors de l’euro, je sors mes griffes, je sors le dimanche soir ça fait plus chic. La rencontre sera arbitrée par madame St Cricq de la Deux, alias: ce qu’il faut en penser. Croyez vous que je sois jaloux, pas du tout, pas du tout…

Allez, portez vous bien, à demain peut-être et vive le p’tit commerce.

Rue des blancs-manteaux…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS, TRADITION

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Amis de la paracentèse bilatérale et de la foire à Neuneu réunies, bonjour ! Nous sommes bien le Mardi 02 mai 2017, treizième jour de Floréal dédié au bâton d’or (c’est une sorte d’espèce de genre de giroflée), jolie plante qui fleurit au printemps sur les vieux murs où elle épanouit ses fleurs jaune orangé d’une odeur délicieuse, recherchées macaronésiepar les abeilles. Si je vous dis qu’il s’agit d’une plante  de la famille des Brassicacées qui inclut les giroflées, dont beaucoup sont originaires de Macaronésie, ça vous la baille belle non ? Encore que je soupçonne certains d’entre vous de faire semblant de prendre la Macaronésie pour un pays de nouilles comme d’autres prennent l’helvétie pour une lanterne… Bon, allez, je vous dis tout: la Macaronésie est un ensemble formé par plusieurs groupes d’îles disséminées au large du continent africain, dans le nord-est de l’Atlantique. Le nom de Macaronésie signifie « îles fortunées » … ce nom leur a été attribué par les géographes de la Grèce antique, qui désignaient sous ce vocable les îles situées à l’ouest du détroit de Gibraltar.

Par ici on célèbre les Avoye. La légende raconte que Sainte Avoye est venue d’Angleterre, remontant la rivière d’Auray (56) dans un mortier de granit rose. Oui, c’était ainsi à l’époque, les saints dans le granit bleu, les saintes dans le granit rose. Devant le Jubé, les visiteurs peuvent se recueillir devant la fameuse pierre; par ailleurs, l’orthophoniste se faisant rare en Morbihan, ils y déposent leurs enfants ayant des difficultés à parler ou à marcher. Eponyme de Sainte-Avoye en Pluneret ste avoye 001- format web(56), cette sainte aurait été l’une des compagnes de sainte Ursule. Jetée en prison par un chef barbare, elle aurait été décapitée à cause de sa vertu. Voilà comment on peut perdre la tête à ne pas vouloir perdre sa virginité. Un ordre de religieuses placé sous son patronage s’était établi à Paris, dans le quartier du Temple, vers 1288. La chapelle abrite une pièce rare : un jubé polychrome de style Renaissance entièrement sculpté. En bois de chêne, il sépare le chœur de la nef et délimite l’espace réservé aux seigneurs et au clergé (le chœur) de celui réservé aux fidèles (la nef).

A Paris, le quartier Sainte-Avoye est derrière celui de la Grève, dont il est séparé, au midi, par une partie de la rue de la Verrerie. Il est borné, à l’orient, par le quartier Saint-Antoine ; au nord, par celui du Temple ; et à l’occident, par celui de Saint-Martin. [...] Si l’on entre dans la petite rue de l’Homme-armé, on arrivera bientôt à la rue des Blancs-blanc manteauxmanteaux, qui traverse celle de Sainte-Avoye dans la vieille rue du Temple. C’est là qu’on trouve le couvent des Blancs-manteaux, où un étranger, qui y est attiré par la curiosité, est bien étonné de voir des moines noirs, tels que les bénédictins de la congrégation de Saint-Maur. C’est que cette maison était autrefois habitée par d’autres religieux qui portaient des manteaux blancs. Quant à la rue des Blancs-Manteaux elle-même, elle fut pendant la Révolution le théâtre de massacres, immortalisés dans une chanson écrite par Jean-Paul Sartre et chantée par Juliette Gréco sur une musique de Joseph Kosma.

Voici comment des îles fortunées nous arrivons à la rue des blanc-manteaux. Etonnant, non ! Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

En Mai fais ce qu’il te plaît…

Posté par erwandekeramoal dans HUMEUR, TRADITION

Amis de la blanche hermine et du kig ha farz réunis, bonjour ! Votre calendrier des postes ne vous trahit pas, nous sommes bien le Lundi 1er mai 2017, douzième jour de Floréal dédié au sainfoin. Le 1er mai c’est, rappelons le, la fête des travailleurs et non pas, la fête du travail. Mais c’est aussi, ancrée dans la mémoire collective, la fête de la nature, du renouveau de la renaissance. Chez les Celtes, c’est Beltan.

Or donc, ce 1er mai  les prolétaires du monde entier, répondant aux vœux du grand père Karl et du grand oncle Vladimir, ignorant souvent les martyrs de Haymarket, s’unissent religieusement devant leurs petits écrans pour suivre les avatars d’un prince de la perfide Albion ou se 1er-Mai-228x300pâmer devant vingt et deux bonhommes en short à moins qu’ils n’aient les yeux de Chimène pour la gagnante endimanchée d’un télé-crochet à deux balles… Alors que les anciens Celtes fêtaient Beltan (le feu de Bel), saluant la lumière et la connaissance, leurs descendants décérébrés du XXIè siècle se complaisent devant les atermoiement des millionnaires en culottes courtes du PSG ou l’insoutenable spectacle du dernier voyage de mystiques népalais quand ce n’est pas celui de ces étranges étrangers, migrants vers nos eldorados comme on s’embarque pour l’Olympe éthéré, là où festoient les saints, les anges et tous les élus.

Dans les siècles passés, cette frénésie de la célébration de l’énergie vitale donnait lieu, parmi les jeunes gens, à des rites champêtres et à des jeux propres à leur âge… Sous prétexte de cueillir l’aubépine, on les feux-de-beltan-300x202envoyait dans les bois et les prés où ils passaient la nuit en jeux amoureux. On appelait ça « Faire le Mai », et comme le disait fort à propos mon aïeule: « y-a pas d’mal à faire le mai !» .  L’église chrétienne, surtout catholique, qui n’aime pas beaucoup que les garçons et les filles s’aperçoivent très tôt qu’ils sont faits les unes pour les autres, jugeant ces pratiques scandaleuses tenta de les éradiquer en faisant du mois de Mai le mois de Marie, obligeant ainsi à remplacer un hymne à la vie par une célébration de la virginité et de la chasteté… C’est-y pas malheureux !  

Faut-il que les capacités intellectuelles et spirituelles de notre pauvre humanité en soient réduites à leurs plus simples expressions pour que nous soyons condamnés à de telles extrémités. Ce spectacle des foules apoplexiques devant les contes de fées aurait tendance à me renforcer dans mes certitudes, au risque d’y perdre mes illusions: ces gens là ont vérité-mensonges-300x220ce qu’ils méritent !!! Faut-il que les médias, publics et privés, soient définitivement aux ordres de l’oligarchie régnante pour que par milliards, oui, par milliards, la gent humaine s’ébaubisse de la sorte devant les fastes de la royauté, l’apparat de la papauté, les prétentieux falbalas des puissants de ce monde. Faut-il que notre éducation, en laquelle Jules Ferry voyait le creuset de l’émancipation, ait échoué dans ses missions, pour que l’aveuglement des masses atteigne un tel niveau himalayesque. Alors que dans une semaine le peuple souverain va devoir choisir son prochain président; je continue à m’interroger sur ses capacités à exercer ce droit, alors que son niveau de réflexion est à peu près égal à celui d’un buffet de cuisine.

J‘en étais là de mes réflexions lorsque j’ai aperçu le petit marchand de muguet sur son coin de trottoir… Ah, tradition, quand tu nous tiens ! Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

On the road…

Posté par erwandekeramoal dans LECTURE

Amis des « Cénobites tranquilles » et du livre de poche réunis, bonjour ! C’est donc en ce Dimanche 30 avril de l’an de grâce 2017 qu’apparaît aux yeux du monde, béat d’admiration, cela va sans dire même si ça va mieux en l’écrivant, ce 3809è billet des « cénobites tranquilles » que l’univers blogosphérique dans son entier nous envie…

 
Il y a 58 ans, le 30 avril 1959 paraissait ce merveilleux livre de Jack Kerouac, Docteur sax. Et c’est bien parce que mon aïeule, dans sa stricte éducation, a su m’inculquer l’ immense modestie qui me caractérise que je ne tracerai aucun parallèle entre ces deux chefs-d’œuvre.
Docteur Sax, c’est l’histoire d’un jeune garçon qui s’éveille à la vie dans une ville ouvrière grise et morne de la Nouvelle-Angleterre. C’est l’histoire de Jack Duluoz, canadien français comme Jack Kerouac SAXlui-même, qui grandit sous les porches obscurs et parmi les immeubles bruns de Lowell, Massachusetts. C’est l’aventure empreinte de terreur vécue avec intensité par un adolescent. Toujours tapie dans un repli de l’âme de Jack, se trouve l’ombre du Docteur Sax, avec sa cape qui flotte au vent et son chapeau mou dissimulant à demi un regard chargé de haine. Il fait partie d’une horde de fantômes, de monstres et de démons qui peuplent ce monde fantastique. Souvenir et rêve se mêlent dans un univers démentiel qui occupe une place grandissante dans l’esprit de Jack jusqu’au point de s’imposer avec une violence effroyable dans une véritable vision d’apocalypse. Mais la réincarnation du mal sera finalement anéantie et, avec elle, les fantômes et les démons qui hantaient l’âme du héros.

Un critique américain, J. Donald Adams, a dit de Kerouac qu’« il était capable de décrire le monde de l’expérience physique beaucoup mieux que quiconque depuis Hemingway », relisez le soleil se lève aussi. La description des odeurs, des bruits dans la petite ville de Lowell est parfois empreinte d’une telle fantaisie bouffonne qu’elle témoigne d’une invention verbale inépuisable. L’auteur a transcrit des passages entiers en canadien français, ce patois savoureux que parlent Jack et ses parents ainsi que la joyeuse bande qui gravite autour d’eux et dont la Kerouacverve truculente anime des scènes d’une vigueur rabelaisienne. Le 24 octobre 1969, on enterrait au cimetière catholique de Lowell, morne petite ville industrielle du Massachussetts, le corps de Jack Kerouac, mort d’une hémorragie abdominale à l’âge de 47 ans. Il avait 91 dollars sur son compte en banque… Quelques années plus tôt, il avait fait le voyage jusqu’à Brest (Finistère – France) et s’était présenté sous le nom de Jean-Louis Le Bris de Kerouac, à la recherche de ses ancêtres bretons. Depuis quelque temps, il n’était plus que l’ombre de lui-même, revenu auprès de sa mère. Il resta sourd à la musique de Woodstock dont il aurait pu y reconnaître, comme Ginsberg, la moisson de ce que lui et ses amis avaient semé. Un chapitre était clos. Kerouac le clochard céleste, lampant sa gnôle à même le goulot et scandant ses blues à l’escale de la grande-route avait été la star numéro un du mouvement beat qu’une Amérique un peu effarouchée avait vu exploser en 1955-57.

Ainsi va la vie; allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

I feel so good…

Posté par erwandekeramoal dans JAZZ, PORTRAIT

Amis de la basse-Bretagne et de l’artichaut vinaigrette réunis, bonjour ! Nous sommes le Samedi 29 Avril 2017 qui correspond au 10è jour de Besné-44-Chapelle-St-Second1floréal dans le calendrier républicain, jour dédié au râteau. Mon secrétariat me prie de vous rappeler que c’est la fête aux Sekondell, originaire de Nantes au 6e siècle, disciple de Friard, ermites tous deux près de Besné (44). Saviez vous que Besné vient du breton « bez-enez » (l’île du tombeau). Ici, la chapelle St-Sekondell à Besné. Loire-Atlantique en Bretagne comme dit l’autre…

Oyez l’histoire de J.B. Lenoir, né à Tilton (Mississippi) le 5 mars 1929 et mort à Champaign (Illinois) le 29 avril 1967, c’est un bluesman américain comme je les aime et comme j’aime à vous les faire découvrir, guitariste, chanteur et compositeur. Nommé J.B. par ses parents (ces initiales ne signifient rien en particulier. Pour les non-initiés encore moins, pour les autres elles ont une signification particulière et JB Lenoirdésignent des colonnes du temple mais je doute que ce soit cela qui ait guidé les parents), Lenoir commence à jouer très tôt. Il laboure dans la journée puis joue de la guitare le soir, en apprenant un peu de tout. Dans les années 1940, il travaille avec Sonny Boy Williamson et Elmore James à la Nouvelle Orléans. En 1949, il déménage à Chicago et commence à jouer dans des clubs avec Memphis Minnie, Big Maceo et Muddy Waters. Dans les années 1950, Lenoir enregistre plusieurs chansons sur différents labels. À cette époque, on le connaît surtout pour ses costumes rayés, sa voix féminisée et pour son jeu à la guitare électrique.

Lenoir avait la réputation d’être exceptionnellement amical et doux. Il se prit d’amitié et encouragea de nombreux jeunes artistes de blues, noirs et blancs. Certains disaient même qu’il ressemblait à Martin rayureLuther King car ils avaient beaucoup de points communs, dont le fait d’être père et d’avoir eu une fin tragique. Il n’aura pas vécu assez longtemps pour nous dévoiler toute l’étendue de son talent. En effet, Lenoir, à 38 ans, s’éteint le 29 avril 1967 chez lui à Champaign, à la suite d’une hémorragie interne. Cette dernière fait suite à un accident de voiture dans lequel il était impliqué trois semaines plus tôt, l’hôpital n’ayant pas pris au sérieux ses blessures. On lui doit entre-autres: I feel so good que j’ai posté en vidéo, et qui fut repris par James Brown, Alabama, My name is JB LENOIR…

Le documentaire The Soul of a Man (2003) de Wim Wenders, qui fait partie de la série , a Musical Journey de Martin Scorsese, est consacré en partie à ce bluesman. En fait, la chanson de John Mayall marqua tellement Wim Wenders, étudiant en cinéma à l’époque, qu’il se demanda qui était J.B. Lenoir. Puis Wim Wenders devient réalissoul of a manateur et rencontre plusieurs fans de Lenoir. Cependant, ils ne trouvent aucun document filmé sur lui. Mais un jour, on découvre des images inédites de Lenoir tournées au début des années 1960 par deux étudiants (allemand et suédois) en art à Chicago. En 2002, Wim Wenders rend visite à ces deux anciens étudiants, le couple Seaberg, désormais marié. Ces derniers croient rêver : leurs images étaient restées sur une étagère sans que personne ne les ait jamais vues pendant 35 ans. Ils avaient perdu espoir que le monde (et particulièrement la Suède où ils avaient proposé leur film) s’intéresse à leur musicien préféré, qui était aussi leur ami proche.

Allez, merci d’être passé, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Troubles de l’élection…

Posté par erwandekeramoal dans HUMEUR

Amis de la métempsychose et des œufs en meurette réunis, bonjour ! Nous voici le Vendredi 28 avril 2017, neuvième jour de Floréal dédié à la Hyacinthe; excepté en Bretagne où l’on fête les Loudiern Déclinaisons du prénom breton : Louziern – Louthiern. Anachorète et néanmoins irlandais, il aurait évangélisé la région d’Alet (St Malo). « Lou », en celte, signifie lumière, et « thiern » signifie chef.

Or donc, nous y voilà ! Le petit peuple est appelé à donner de la voix; il lui faut choisir entre Marraine la pine et Tintin au Congo. Diantre, quel dilemme cornélien. J’ai failli utiliser le terme choix cornélien, mais il eut été inexact puisqu’un choix doit impliquer plusieurs possibilités, tandis qu’un dilemme ne propose que deux possibilités qui s’excluent l’une de l’autre. Je rappelle au passage qu’avant que le sieur Voltaire ne s’en rêves urnesmêlat on écrivait choix corneillien avec deux L (lettre à Chauvelin, 1764 (Littré). Hier, des manifestants rennais défilaient au cri de : ni Marine, ni Macron – Ni patrie, ni patron ! à croire qu’il y a des anars chez les communicants. Certains d’entre vous se souvienne peut-être de la formule prêtée au candidat communiste à l’élection présidentielle de 1969, Jacques Duclos, qui avait estimé avec son accent inimitable que choisir entre Poher et Pompidou (blanc bonnet et bonnet blanc) c’était choisir entre « la peste et le choléra ». On nous invite donc à rejouer la même comédie qu’il y a 15 ans. Dans le rôle de l’épouvantail, la fille du père. Et dans le rôle du républicain de service : Macron. Un autre Emmanuel, Todd nous avait prévenus en 2008 dans son ouvrage « après la démocratie ». Le maintien du système économique au sein d’une Europe ultralibérale nécessite la disparition de tout risque démocratique et l’installation d’une oligarchie inamovible. Quand au front républicain, si l’objectif est vraiment de faire barrage au FN c’est idiot et c’est trop tard. C’est durant ces trente dernières colucheannées qu’il aurait fallu appliquer des politiques économiques, institutionnelles et sociales qui ne laisse pas une part de la population toujours croissante au bord de la route et finalement ne la pousse dans les bras du FN. L’argument du Front républicain est littéralement débile et ne tient pas la route une demi-seconde. Le Front national pourrait décrocher tous les leviers de pouvoir que l’élite et notamment le monde de la finance, de la haute bourgeoisie ne s’en porterait pas plus mal pour autant. C’est évidemment le peuple qui aurait à en pâtir et notamment les plus pauvres d’entre nous. Aucun régime d’extrême droite n’a jamais été favorable au peuple, de Franco à Pinochet en passant par Mussolini ou les colonels grecs. Le 07 Mai m’entendra donc répéter; élections piège abscon…

Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Le catholicon, poil au…menton.

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE, LES BEAUX SAINTS

Amis de la libre pensée et du Fernet branca réunis, bonjour ! Nous sommes le Jeudi 27 avril 2017, huitième jour de Floréal dédié au champignon.

N’oubliez pas de fêter les Conven, du breton Konwenn, qui a laissé son nom à la commune de Plougonven (29). Titulaire d’une chapelle à Plouézoc’h, dite de Saint-Gonven, il y est représenté en abbé, 1024px-Plougonven_2_Gare_de_Coatelan_-Plougonven-Plourin-,_désormais_Café_de_la_garetête nue tenant une crosse et un livre fermé. On venait l’invoquer pour la guérison des maux de tête et celle des cochons malades. C’est vous dire si il avait du boulot notre saint homme (ici à droite, l’ancienne gare transformée en bistro; c’est bien les bretons ça !). C’est de Plougonven qu’est issu Jehan Lagadeuc auteur du Catholicon premier dictionnaire trilingue Breton-Français-Latin. Il a vu le jour au manoir de Mezedern que l’on voit ci-dessous. Voici ce qu’il écrit dans son prologue (1464) « L’on rencontre, à la vérité, des écoliers, en grand nombre, qui, à peine entrés au collège, et dénués de toute compétence en latin, s’avisent d’entraîner de force les mots latins en des 1054031_8198948-mezerdern2-k125a-300x130significations qui leur sont étrangères : ainsi mettent-ils des écailles aux oiseaux et des plumes aux poissons, inventant, les uns, de nouveaux termes latins, faisant, les autres, des barbarismes. De surcroît, les Bretons, en leur très grand nombre, sont largement déficients en français. Pour ces raisons, Moi, Jehan lagadeuc, de lacolophon paroisse de Ploégonven, au diocèse de Tréguier, bachelier ès arts et décrets, tout indigne que j’en sois, j’ai composé ce petit ouvrage pour l’utilité des petits clercs pauvres de Bretagne ou encore des illettrés en latin.» Ce dictionnaire fut imprimé en 1499 par Calvez de Tréguier soit, à quelques années près (1694) deux siècles avant le premier dictionnaire de l’académie française. A droite, le colophon ( mention finale du lieu d’impression, de la date et de l’éditeur) du Catholicon, avec la marque de l’imprimeur.). Etonnant, non !

Allez, passons à autre chose, merci de votre visite, portez vous bien et à demain peut-être.

Le roi du swing…

Posté par erwandekeramoal dans JAZZ, PORTRAIT

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Amis du calembour et de l’œuf mimosa réunis, bonjour ! Nous sommes le Mercredi 26 Avril 2017, septième jour de Floréal dédié au muguet.

Le 26 Avril 1984 décédait à Hollywood,William James Basie à l’âge de 84 ans. Connu sous le nom dCount Basie 1e « Count Basie » il naît le 21 août 1904 à Red Bank, New Jersey. Enfant, il découvre le piano par sa mère qui lui  donne ses premières leçons. Il développe son sens de l’improvisation au Palace Théâtre ou il accompagne des films muets. En 1924, il déménage à Harlem et intègre l’un des premiers orchestres de Duke Ellington. Entre 1925 et 1927, il accompagne les chanteuses de blues Katie Krippen et Gonzelle White avec le Théâtre Owners Booking Association. Il profite de cette expérience pour montrer ses talents de pianiste dans des villes comme La Nouvelle Orléans, Chicago et Saint Louis.

En 1929, Basie est invité à rejoindre les Blue Devils fondé par Bennie Moten à Kansas City. Fâché avec ses comparses, Bennie Moten se voit contraint de quitter l’orchestre. Basie qui était pianiste et arrangeur le remplace en tant que chef d’orchestre. C’est à cette période qu’il count-basie-04prendra le surnom de « Count ». L’aventure ne dure pas très longtemps et Basie décide de rejoindre Bennie Moten avec qui il jouera jusqu’en 1935, date de décès de Bennie Moten. Basie rebondit en montant son propre groupe qu’il baptise Count Basie and his barons of rhythm. L’orchestre remporte un succès phénoménal. Il doit cette notoriété montante à la présence de grands talents comme Lester Young (saxophone), Harry Edison (trompette) ou Freddie Green (guitare) que Basie a su repérer.

L’ensemble ne cesse de prendre de l’ampleur et devient l’un des big band les plus reconnus dans le monde du jazz avec celui de Duke Ellington. Dans les années 50, le jazz a le vent en poupe en Europe. Count Basie et son groupe se produisent dans le monde entier. Ils multiplient les collaborations avec de grands chanteurs comme Frank 6003913_Count_Basie_-_watercolours_60x40_cmSinatra, Ella Fitzgerald et Tony Bennett. Coiffé d’une casquette de la marine, Count Basie dirige son orchestre tel un capitaine de navire. Il attache une grande importante au swing en privilégiant des grandes sections de cuivre et en mettant l’accent sur des arrangements rythmiques riches. Avec de nombreux Grammy Awards en poche dans la catégorie « Meilleure performance jazz », Count Basie est reconnu comme étant l’un des meilleurs musiciens de jazz du début du 20ème siècle. Il meurt en 1984 des suites d’un cancer à Hollywood en Floride. (dessin de Stéfano Davidson)

Bon, c’est pas tout, le mercredi j’ai piscine; allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.