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Gwin ar c’hallaoued zo mad…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

Amis de la liberté de conscience et de l’entrecôte marchand de vin réunies, bonjour ! Nous sommes le Vendredi 16 novembre 2018, 26è jour de brumaire dédié à la pistache. Notons au passage que ce fruit, riche en nutriments mais pauvre en calories n’offre que des avantages. Il contient des bons acides qui permettent de réduire le mauvais cholestérol; ses produit-pistache-californie-300x222antioxydants font merveille contre le stress, et j’en connais qui vont en avoir besoin… On me susurre à l’oreille que ce jour est aussi celui de la saint Emilion. J’ouvre une parenthèse pour noter que c’est toujours à l’oreille que l’on entend me susurrer. Je pose la question: Pourquoi ne me susurrerait-on pas ailleurs qu’à l’oreille ? Oui je sais, on se rapproche de la date fatidique où il va falloir faire semblant d’aimer le Beaujolais nouveau. Qu’à cela ne tienne, je préfère le Saint Emilion entre autre parce que le bougre était breton. Oyez son histoire, non sans avoir auparavant dégusté ce Tri Yann du meilleur cru: une version de « Gwin ar Challaoued ». On dit que cette chanson était entonnée par les Bretons qui s’en allaient piller les caves françaises pour leurs vins réputés.

Emilianus naquit à Vannes au début du VIII ème siècle. Laïc, il se signala dès sa jeunesse par sa charité et son attention envers les pauvres. Le Comte de Vannes l’engagea comme intendant de sa maison. Il fut très vite en butte aux lazzis comme dit Brassens et se décida à l’exil. Sur son chemin vers St Jacques de Compostelle il est accueilli par Martin, un abbé bénédictin du Saintonge qui l’engagea à devenir moine. A nouveau il fut la cible des envieux, c’est Don Mabillon, lui même Bénédictin et historien au 17è siècle qui le raconte. Emilianus décida dès lors de se retirer saint-emilion-11638-18_w1000pour vivre une vie d’anachorète. Que n’a t-il choisit les cénobites ! Il s’arrêta dans la forêt de Combes et cet ermitage est aujourd’hui devenu la ville de Saint Emilion. L’ermite s’installa dans une des grottes et y fixa son oratoire. Mais, la sainteté attire et une fois de plus le saint se vit recherché. On venait le voir, lui poser des questions, l’entendre et se convertir. Enfin, il se résolut à fonder un monastère et il y mourut en 767. L’église de Saint Emilion, monolithe, creusée dans la pierre est peut-être ce qu’il en reste. Vous connaissez la suite, quand il y a des moines, il y a des vignes, fussent celles du seigneur, elles donnent aujourd’hui quelques grands crus à faire pâlir un saint homme.

Allez, yec’hed mat, portez vous bien et à  bientôt peut-être.

Et Saint-Malo chantait…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

Amis de la propédeutique et du calamar à l’armoricaine réunis, bonjour ! Nous sommes le Jeudi 15 novembre, 2018, 25è jour de brumaire dédié au faisan. c’est le jour où on célèbre les Malo.

Dans les années 480, un 29 mars, aux environs de trois heure vingt, naissance de celui qui allait devenir Saint Malo ou Saint Maclou si vous préférez mais ça fait un peu moquette. C’est l’un des sept saints fondateurs de la Bretagne. Vous vous souvenez, c’était le trophée CézembreJules Verne de l’époque. Les skippers étaient tous des saints, Ils arrivaient d’Irlande ou du pays de Galles sur leurs multicoques en granite de Landéda pour évangéliser les armoricains, ces maudits Celtes qui continuaient à vénérer le grand Cornu au fond de forêts mystérieuses et à confectionner des drôles de mixtures à peine légales dans des chaudrons d’occasion… Malo lui, il a débarqué à Cézembre. Vous connaissez Cézembre ? Une petite ile en face de Saint-Servan, c’est la seule plage de la côte nord exposée au sud. Ah, les pique-niques à Cézembre avec… Oui bon, c’est une autre histoire!

Il grandit puis il devint grand, travailleur et intelligent, il fait le petit séminaire et il devient l’évêque d’Aleth. Plus tard, beaucoup plus tard, pour améliorer les reccapture_decran_2015-02-13_a_16.03.39ettes de la paroisse et face à la baisse inquiétante du denier du culte, il donnera son nom à une marque de yaourt ; il venait d’inventer le sponsoring. Avec son copain Aaron , plus cénobites qu’anachorètes, ils partagent une vie érémitique du coté de la cité d’Aleth. C’est à dire qu’ils vivaient du RMI que leur versaient les paroissiens sous forme de dons en nature. Mais le gouvernement libéral de l’époque décida St-Malode mettre un terme au scandale de l’assistanat et nos saints s’inscrirent au resto du cœur pour essayer de multiplier les pains… Il serait décédé pieusement un 15 novembre vers 620 à moins que ce ne soit 640; on ne sait pas exactement mais, il est mort depuis longtemps. Aujourd’hui sa statue (que l’on doit à patrice Le Guen) a rejoint  l’armée des saints de Bretagne dans la vallée éponyme de Carnoët (photo de N. Lepage). Avouez qu’il y a fort longtemps que je n’en avais pas parlé…

Voila pour aujourd’hui (je fais court), portez vous bien et à bientôt peut-être.

 

 

Kemper-Guézennec, deux minutes d’arrêt…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

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Amis de l’eudémonisme* et de la salade niçoise réunis, bonjour ! Nous sommes le Mercredi 14 novembre 2018, 24è jour de Brumaire dédié à l’orange. Tiens, par chez nous aujourd’hui, on célèbre (ou pas) les Gwézhenec. le goas-vilinic-300x204nom dérive du vieux breton uuethen, guethen, « combat », et admet pour acception « combattant ». En Cornwall, il est honoré sous la forme Gwethenoc. Il a laissé son nom à la charmante commune de Kemper-Guézennec (22) où j’ai résidé durant quelques années et qui offrait aux navigateurs du coin l’abri de Goas Vilinic (ici en photo). La paroisse fut fondée par le moine Gwezennec nous dit la légende. Elle aurait été cédée par l’abbé de Beauport à l’évêque et au chapitre de Tréguier en juin 1202. Kemper-Gwezhenneg en breton. Kemper signifie confluent; ici c’est la rencontre du Leff et du trieux.

Un seigneur du nom de Guehenoc de Kemper est mentionné en 1235 dans une enquête concernant les droits de Henri d’Avaugour. Il existe une châtellerie de Quemper Gueheneuc et Pontreu dès 1405 (lettres de Jean V, n° 33). Quemper Gueheneuc est cité comme paroisse en 1426. Devenue Quemper-Guézennec , elle a, sous l’Ancien Régime, pour succursales : Saint-Clet et Notre-Dame des Fontaines. Or donc, notre saint la-vapeur-du-trieuxhomme était fils du fameux Fragan, déjà évoqué ici et de Gwen sa maman; ce qui en fait ipso-facto le frère de Gwénolé et de saint Jacut qui, comme vous le savez vous qui suivez régulièrement les chroniques du cénobite, devinrent tous deux disciples de Saint Budoc qui les emmena en Bretagne armoricaine lors de l’exode des chrétiens (Vè s.). Kemper-Guézennec est donc longé par le Trieux, magnifique rivière à truites, mais aussi par la ligne de chemin de fer qui relie Pontrieux à Paimpol et qui voit tous les étés rugir et fumer une vieille loco vapeur.

Allez, voila pour aujourd’hui, portez vous bien et à bientôt peut-être. Ah oui, j’oubliais: *L’eudémonisme (du grec eudemonia, heureux) est un courant de la philosophie morale qui prône le bonheur comme fin suprême de l’existence humaine, joli programme, non !

Philomène & philocrate sont dans un bateau…

Posté par erwandekeramoal dans HUMEUR

Amis de la vérité historique et de la moussaka réunies, bonjour ! Nous sommes le Mardi 13 novembre 2018, 23è jour de brumaire dédié à la garance; plante aujourd’hui tombée en désuétude qui servait essentiellement à produire de la teinture pourpre. A tel point qu’on la nommait « rouge des teinturiers ».  les Garanceracines et les tiges souterraines contiennent de l’alizarine, qui a la propriété de donner aux tissus une belle couleur rouge. Les uniformes de l’armée française l’employaient abondamment avant la première guerre mondiale. « Le tristement célèbre pantalon rouge garance faisait des soldats des cibles parfaites pour l’ennemi». Cette teinture naturelle a été remplacée par des colorants synthétiques. La culture de la garance, très ancienne (elle est attestée depuis plus de 3000 ans en Inde) n’est plus qu’un souvenir. Il paraît qu’au milieu du XIXè on comptait cinquante moulins à garance dans le Vaucluse.

Or donc, qu’est-ce que la philocratie ? C’est un mot forgé par Voltaire et que l’on retrouve dans Histoire du docteur Akakia: « Le natif de Saint-Malo ayant été attaqué longtemps d’une maladie chronique appelée en grec philotimie et par d’aucun philocratie, elle lui porta si violemment au cerveau, et il eut de tels accès qu’il écrivit contre les médecins et contre les preuves de l’existence de Dieu. » En effet, la philocratie n’est rien de moins que l’amour immodéré pour le pouvoir. Nos peuple-pouvoir-300x259dirigeants et les prétendants à leur remplacement qui se bousculent sur les plateaux télé feraient bien de s’inspirer de Voltaire et se souvenir que c’est le peuple qui les a placé là où ils sont et qu’à trop aimer le pouvoir on mal étreint ceux qui vous l’ont (rétro)cédé. Mais, de toute évidence, même le grand Voltaire n’imaginait pas à quel point les peuples sont versatiles. Hier, les angliches votaient pour le Brexit, aujourd’hui ils manifestent pour qu’on ne l’applique pas. Les ricains eux, ont porté au pouvoir un gugusse mais aujourd’hui, ils affirment que c’était pour rire; c’est vrai ça, qu’est-ce qu’on se marre !

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

Maudite soit la guerre…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

Amis de la concorde universelle et du Saint Pourçain réunis, bonjour ! Nous sommes le Lundi 12 novembre 2018, 22è jour du mois de Brumaire, dédié à l’Azérole… Ah, vous ne connaissez pas l’azérolier ? C’est un joli petit arbre fruitier du même genre Crataegus-azarolus-fr-04que l’aubépine que l’on trouve dans le bassin méditerranéen. Dans le sud de la France, ils appellent cela la pomette. Ses fruits sont généralement utilisés en gelée ou en confiture. On dit qu’en décoction c’est excellent pour lutter contre l’hypertension artérielle, personnellement je préfère le Lagavulin (dire cela après un AVC c’est complètement irresponsable). Tiens, hier c’était dimanche et férié… Because 11 novembre !

A chaque 11 novembre mes pensées se dispersent du côté de la Somme, de Verdun, du chemin des dames; dans le feu, le fer, la boue et le sang et surtout, l’immense saloperie qui poussait les hommes à s’entretuer au profit d’une classe de possédant. J’y ai laissé mes deux grands-pères qui y ont définitivement élu résidence sous une petite croix blanche. Les pacifistes, les maudite-soit-la-guerreantimilitaristes et les insoumis de tout poil se retrouveront une nouvelle fois  à Gentioux (Creuse), village célèbre pour son monument aux Morts qui proclame: Maudite soit la guerre ! Il y en a quelques uns en France, dont un à Primelin (29) mais, ils se comptent sur les doigts. La ressemblance avec les monuments classiques s’arrête là. Le monument de Gentioux n’a rien à voir avec tous les monuments patriotiques guerriers qui hantent nos communes. À la place des sculptures vantant l’héroïsme, la bravoure, le sens du devoir et du sacrifice, à la place des soldats virils brandissant drapeaux et fusils afin « qu’un sang impur abreuve nos sillons », nous trouvons à Gentioux un petit écolier en sarrau et en sabots, un orphelin en bronze, casquette à la main et poing serré, devant l’inscription : « Maudite soit la guerre ! ». À lui seul, le gosse au visage sombre représente les paysans et les ouvriers qui ont été sacrifiés dans une guerre infâme. C’est primelinJules Coutaud, maréchal-ferrant, maire SFIO de Gentioux de 1920 à 1965, qui avait eu la bonne idée de faire ériger un tel monument.  En 2008, pour les 90 ans de l’Armistice de la guerre de 14-18, un collectif s’était déplacé à Gentioux pour demander la réhabilitation de tous les fusillés « pour l’exemple ». Durant la Première Guerre mondiale, 2500 soldats français sont passés devant des cours martiales.

Parce qu’ils refusaient la barbarie et la guerre impérialiste, tous ont été condamnés. Parce qu’ils refusaient de crever pour les profiteurs de guerre, parce qu’ils voulaient mettre fin à la boucherie, parce qu’ils refusaient de tirer sur leurs camarades ouvriers allemands et fraternisaient avec « l’ennemi », parce qu’ils voulaient la paix, craonnele pain et la liberté, 650 troufions, parfois tirés au sort, ont été sauvagement assassinés.(Ici à gauche, le monument de Haïm Kern dédié aux « fusillés pour l’exemple », sur la commune de Craonne dans l’Aisne.) Chaque 11 novembre depuis les années 80, des militants pacifistes de diverses sensibilités viennent entonner La Chanson de Craonne ou encore Non, non, plus de combats ( chanson anonyme écrite dans les tranchées, datant de 1917, au moment des mutineries. Elle se chantait sur l’air de « Gloire au 17ème », chanson antimilitariste de Montéhus sur le régiment d’infanterie qui refusa de tirer sur les vignerons révoltés en 1907) devant le monument en levant le poing contre la connerie militaire. Et certains voudraient trouver des raisons de réhabiliter Pétain !

Allez, en route pour la commémo. Portez vous bien et à bientôt peut-être.

En cuisinant la basconnaise…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis du végétalisme et de la Basconnaise* réunis, bonjour ! Nous sommes le Samedi 10 novembre 2018, 314e jour de l’année du calendrier grégorien, il vous reste 51 jours avant le réveillon. C’était généralement le 20e jour du mois de brumaire dans le calendrier républicain français, officiellement dénommé jour de la herse. Mais, vous dirait monsieur UBU, le 10 Novembre 2018 est en réalité le Dimanche 8 As 146 St RIMBE, OISIF fête suprême tierce.

Le 10 novembre 1891 à Marseille, Arthur Rimbaud nous quittait définitivement pour l’Orient éternel. J’ai pourtant choisi d’évoquer ici, un autre Rimbault… Le 9 avril 1877, naissance de Louis RIMBAULT à Tours. Militant libertaire et propagandisterimbault_ du végétalisme. Il est né dans une famille nombreuse et pauvre, et exerce divers petits métiers avant de se fixer à Livry-Gargan en Seine et Oise, où il monte une quincaillerie, puis travaille comme serrurier. Vers 1903 il est élu conseiller municipal sur une liste radicale-socialiste mais il évolue ensuite vers l’anarchisme individualiste. Végétarien convaincu, attiré par les « Milieux libres », il participe à la Colonie communiste libertaire de Bascon (Aisne) vers 1910-1912, puis se fixe à Pavillons-Sous-Bois où il y fonde une petite communauté que fréquente Octave Garnier. Rimbault fréquente lui-même le milieu illégaliste de Romainville autour du journal « l’anarchie » et va se retrouver mêlé aux affaires de la bande à Bonnot.

En 1922, il collabore au journal « Le Néo-Naturien » qui prône un retour à la nature par le biais de l’alimentation, et se fait le promoteur du végétalisme. Dans le même esprit, il fonde en 1923 la colonie « Terre libérée » à Luynes (Indre et Loire). Il est par ailleurs le créateur d’une recette de cuisine « La basconnaise », plat unique composée d’une trentaine de légumes (crus), basconnaise-676x320censée régénérer l’homme. Victime d’un accident en 1932, il restera invalide jusqu’à sa mort, le 10 novembre 1949. *La basconnaise se compose de tous les légumes crus, râpés (carottes, navets, betteraves, radis noirs, salsifis, etc…) coupés en tranches (champignons, oignons, courgettes, tomates, radis, etc…) ou en lanières fines (chou rouge ou vert, épinards, etc…). Assaisonner tout ensemble ou les divers éléments séparés, avec de l’huile (olive de préférence), du sel marin, du jus de citron (facultatif), des olives noires, de l’ail pilé, des rondelles d’oignons, du persil ou du cerfeuil haché, quelques feuilles de romarin ou d’estragon, etc… Pour les mélanges, mettre toujours un légume en dominante pour obtenir des saveurs différentes à chaque fois.

C’est pas biotifoul ça mes body boys ? Je vous raconte cela alors que pas plus tard que y’a pas longtemps, je me suis régalé d’un morceau rarissime d’araignée cuit au bleu, un vrai délice. Allez, merci de votre visite, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Grenade & gavotte…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de la liberté de conscience et du gin-tonic réunis, bonjour ! Nous sommes le Vendredi 09 novembre 2018 qui correspond au 19è jour de brumaire et que nos amis républicains, toujours à l’affut d’une plaisanterie, grenadeavaient dédié à la grenade (le fruit bien entendu). Le 9 novembre 1880, Louise MICHEL rentre du bagne grâce à la loi d’amnistie, après 9 ans de prison et de déportation. Elle est attendue Gare Saint-Lazare par une foule énorme qui l’acclame aux cris de « Vive Louise Michel, vive la Commune, A bas les assassins! ». En Bretagne on s’apprête à célébrer les Mathurin ( Matilin en breton) tel Matilin an dall,  « Prince des joueurs de hautbois de la Bretagne » selon Hersart de La Villemarqué, le célèbre auteur du Barzaz-Breiz.

Or donc, Matilin an Dall (Mathurin l’aveugle en français), Mathurin François Furic à l’état-civil est un sonneur de bombarde, né place Saint-Michel, à Quimperlé le 29 janvier 1789 et mort en cette même ville le 14 septembre 1859. Sonneur d’exception, il a matilin-198x300connu un destin hors du commun, jusqu’à entrer dans la légende. Matilin était célèbre pour ses fameuses gavottes de l’Aven qui se caractérise par un pas « glissé » au contraire de nos gavottes du Centre Bretagne au pas « sauté ». Voyez cette vidéo: On dit qu’en 1847, le roi Louis-Philippe le fait venir aux Tuileries pour l’entendre jouer. En 1858, Napoléon III vient en Bretagne, et un grand bal est donné en son honneur à Quimper, animé, entre autres, par quatre couples de sonneurs, dont le vieux Matilin. Hélas Matilin décèdera quelques mois plus tard, en janvier 1859 dans l’incendie de sa maison.

Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Sans queue ni tête…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT, TRADITION

Amis des contes et légendes et du lait ribot réunis, bonjour! Nous sommes le Jeudi 08 novembre 2018, 18è jour de brumaire dédié à la dentelaire… J’en ferai bien une décoction car elle est censée soigner les douleurs articulaires.

C‘est aujourd’hui la Saint Tremeur; encore un drôle de paroissien que la ferveur populaire a fait saint… Ernest du Laurens de la Barre lui a consacré un conte, Tremeur l’homme sans tête, que l’on retrouve dans un de ses écrits publié en 1879 Les fantômes Bretons et qui débute comme ceci:  … Il y avait autrefois, du côté de Plouguer, là-bas, sur le bord de l’Aulne, au-dessous de Carhaix, un tremeur 2village habité par des païens qui adoraient des dieux, des demi-dieux, des déesses, des diablesses, et un tas de vilaines choses. J’ai entendu dire par des savants que leurs chefs s’appelaient Druides. C’étaient des magiciens ou sorciers qui, pour savoir l’avenir, coupaient du gui sur les chênes avec des faucilles d’or.» Mais bon, si l’on en croit Deguignet: « Les conteurs se sont moqué des savants… pour un verre d’eau-de-vie, conteurs et conteuses inventaient des légendes issues de leur seule imagination ». C‘est ainsi que tous ces personnages de contes, hâbleur, buveur, batailleur, coureur de jupon se sont retrouvé saints par la vertu de nos folkloristes des 18è et 19è siècle tout comme nos menhirs se sont retrouvé coiffés d’une croix et nos sources sacrées ceintes d’une fontaine dédiée…

L’une des manifestations les plus spectaculaires de ces traces d’évangélisation est le menhir de Saint-Uzec, en Pleumeur-bodou (22). Ce mégalithe d’environ soixante tonnes dont l’origine remonterait à 2500 ans avantmenhir Jésus Christ, fut christianisé au XVIIè siècle lors d’une Mission du Père Maunoir, jésuite qui mena près de quatre cent missions d’évangélisation en Bretagne et à qui l’on doit cette fameuse citation: Eur vaghérès sent que l’on pourrait traduire par: une pépinière de saints… Comme le disait mon aïeule, plus pétroleuse que bigote: A bas la calotte ! Encore que, aujourd’hui, il serait plus juste d’user du pluriel tant ils nous arrivent de tous côtés. Ah oui, Tremeur. Il serait le fils de Trifin et de Conomor, le Barbe bleue breton, qui assassina toutes les femmes portant un enfant de lui car on lui avait prédit qu’il mourrait assassiné par son fils. En effet, Conomor rechercha l’enfant et lui fit couper la tête. On dit qu’il aurait pris sa tête entre ses mains et l’aurait porté sur le tombeau de sa mère à Sainte-Tréphine (22). Il est le patron de Carhaix et de Kergloff (29). De « Trech Meur » qui signifie grande victoire, allez,  portez vous bien et à demain peut-être.

When Man loves a Woman…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

Amis de la chanson populaire et du calvados hors d’âge réunis, bonjour ! Nous sommes le Mercredi 07 novembre 2018, 17è jour de brumaire dédié au cresson…

C’est en faisant le ménage parmi mes disques vinyle que je suis tombé en arrêt devant celui-ci tant il était chargé de souvenirs. Johnny Rivers, de son vrai nom John Henry Ramistella, est un chanteur, guitariste, compositeur et producteur américain de rock and roll, né le 7 novembre 1942 à JohnnyRivers1-297x300New York (États-Unis). Il est principalement connu pour avoir repris Memphis Tennessee de Chuck Berry et pour son John Lee Hooker, vibrant hommage au bluesman, enregistré live en 1967 au Whisky A Go-Go de Los-Angeles 15 mn d’un rock endiablé. Ayant grandi à Bâton-Rouge, Louisiane, il monte à New York en 1957 où il rencontre Alan Freed, qui lui trouve une maison de production de disques. Mais, à cette époque, il est surtout compositeur, écrivant notamment pour Ricky Nelson. Puis il s’installe à Los Angeles. Après avoir tenté sa chance auprès de treize maisons de disques différentes, ce n’est qu’en 1964 qu’il rencontre le succès, grâce à ses prestations au Whisky A Go-Go et à plusieurs albums live qui s’ensuivent. Il y interprète nombre de reprises de Chuck Berry, Lloyd Price, Rufus Thomas, etc. Que celui qui n’a jamais fleureter en dansant sur When a man loves a woman de Percy Sledge me lance la première bière…

Ah, nostalgie, quand tu nous tiens ! Allez, merci d’être passé, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Atmosphère, atmosphère…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis des droits de l’homme et de la marine à voile réunis, bonjour ! Nous sommes donc le Mardi 06 novembre 2018, c’est vous dire comme les choses vont bon train. C’est le 16è jour de chervi cageotbrumaire dédié au Chervis, plante dont les racines sont comestibles, ça fait penser un peu au panais, mais tant qu’à manger des plantes par la racine, je préfère le chervis au pissenlit… En consultant le calendrier pataphysique, je m’aperçois que le 06 Novembre 2018 est en réalité le Mercredi 4 As 146 St Cravan, boxeur. Je vous dis cela en pensant au bonhomme dont j’évoque le parcours aujourd’hui et qui était satrape du collège de pataphysique.
 

Aujourd’hui donc, une pensée pour Henri JEANSON, journaliste, pamphlétaire, dialoguiste de cinéma et pacifiste libertaire. C’est à lui que l’on doit le fameux dialogue entre Louis Jouvet et Arletty : « Atmosphère… atmosphère ! Est-ce que j’ai une Jeansongueule d’atmosphère ? Puisque c’est ça vas-y tout seul à La Varenne… » Il est mort le 6 novembre 1970, à Équemauville, près de Honfleur (Calvados), France. Fils d’un professeur, il naît le 6 mars 1900, à Paris. En 1917, après divers petits métiers, il devient journaliste au journal « La Bataille » organe de la CGT. Remarqué pour sa plume redoutable, il travaille ensuite dans divers journaux le »Journal du peuple », les « Hommes du Jour », le « Canard enchaîné » etc. Passionné par le théâtre, il écrit de nombreuses pièces, mais c’est comme dialoguiste pour le cinéma qu’il atteint la notoriété avec des films comme « Pépé le Moko » et « Carnet de bal » en 1937, « L’Entrée des artistes » et « Hôtel du Nord » en 1938, etc.

Antimilitariste, ses articles publiés dans le journal « Solidarité Internationale Antifasciste » et sa signature du tract de Louis Lecoin, « Paix immédiate », lui vaudront d’être arrêté le 6 novembre 1939, à Meaux (où il avait pourtant répondu à l’ordre de mobilisation). Le 20 décembre 1939, il est condamné par un hotel-du-nortribunal militaire à 5 ans de prison pour « provocation de militaires à la désobéissance ». Mais soutenu par diverses personnalités du cinéma et de la littérature, il est libéré au bout de 5 mois. Durant l’occupation, il tente de faire sortir un journal indépendant « Aujourd’hui », mais début 1941, il est à nouveau arrêté et emprisonné par les Allemands. Libéré, il restera dans la clandestinité jusqu’à la Libération. Il reprend alors son métier de journaliste au « Crapouillot », au « Canard enchainé », à « Combat », à « l’Aurore » et de dialoguiste pour le cinéma « Boule de suif »(1945), etc. « En ces temps où tout augmente, seule la liberté diminue »

Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.