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A l’aise Blaise…

Posté par erwandekeramoal dans HUMEUR

Amis de l’antanaclase* et de la confiture de mirabelles réunies, bonjour ! A force de l’attendre, c’est enfin arrivé, nous sommes le Vendredi 19 Juin 2020, premier jour de messidor dédié au seigle. *Pour les amoureux de la langue française je rappelle que l’antanaclase est la répétition d’un mot ou d’une expression avec un sens différent, en exploitant sa polysémie.Elle est proche de la paranomase et de la messidor1syllepse de sens. Ex : « Le cœur a ses raisons que la raison ne connaît pas. » (Blaise Pascal, Pensées) C’est pas littéraire ça mes body boys ?
Vous remarquerez au passage que nos amis républicains avaient l’âme autrement plus poétique que les technocrates Onusiens d’aujourd’hui qui nous concoctent la journée de la femme, du braille, des zones humides, de la trisomie, du sommeil, de l’eau, de la tuberculose, j’en passe et des moins drôles. Messidor, tirait son nom « de l’aspect des épis ondoyants & des moissons dorées qui couvrent les champs de juin en juillet », selon les termes du rapport présenté à la Convention nationale le 3 brumaire an II par Fabre d’Eglantine, au nom de la « commission chargée de la confection du calendrier ». Son poème en l’honneur de messidor par contre est d’une nullité rarement égalée :

Quel repos plein d’attraits goûte la Moissonneuse
Quand aux travaux du Jour succède un doux Sommeil
Cérès par tes présens tu rends la vie heureuse
Jamais on ne les voit s’évanouir au réveil…

Voila, je vous avais prévenu. Si j’évoque Blaise Pascal c’est que notre Blaise était né un 19 juin en 1623 du côté de Clermont; aujourd’hui on dit Clermont-Ferrand; mais il est vrai que Ferrand a acquis pas mal de notoriété ces temps ci. Blaise Pascal, fut, comme vous le savez, pascalinel’inventeur de la calculette, la fameuse Pascaline (à gauche en photo) et ses travaux sur le calcul des probabilités ont passionné de nombreux joueurs. Il développera en 1654 une méthode de résolution du « problème des partis » qui, donnant naissance au cours du XVIIIe siècle au calcul des probabilités, influencera fortement les théories économiques modernes et les sciences sociales. C’est encore lui qui, dans Pensées, introduit la notion d’ordre comme « un ensemble homogène et autonome, régi par des lois, se rangeant à un certain modèle, d’où dérive son indépendance par rapport à un ou plusieurs autres ordres ». Aujourd’hui, on s’interroge beaucoup sur l’indépendance des forces de l’ordre… Mais bon, je ne vous invite pas à parier sur l’existence ou non de Dieu car, disait Bakounine: si vraiment Dieu existait; il faudrait s’en débarrasser…

Pour ma part, il y a longtemps que c’est fait. Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Du reuz sur l’île de Sein…

Posté par erwandekeramoal dans Actualités

Amis de l’apiculture et du chouchenn chaud réunis, bonjour ! Nous voici le Jeudi 18 juin 2020, dernier jour de prairial dans le calendrier républicain et il était dédié au chariot et non à la pelle comme certains nostalgiques voudraient nous le faire crofemme de l'île de Seinire (la pelle du 18 juin. Mouarf !!!). Tiens à ce propos, cette année va y’avoir du reuz sur l’île de Sein au motif que la cheffe du parti de la droite extrême (R.N.) envisage de participer aux cérémonies de commémoration du fameux appel du général de Gaulle. Pas de ça chez nous on dit les bien-pensants en avançant l’heure de la cérémonie avant l’arrivée du bateau qui assure la navette avec le continent privant la Marine de son numéro de néo-gaulliste. A gauche: magnifique peinture de Xavier de Langlais femme de l’île de Sein… Oui mais voila, la Marine elle a plus d’un tour dans son sac à dos et elle à débarqué dès hier sur l’île, dans l’indifférence des six habitants qui se trouvaient là. Le clan des six iliens !

Mais revenons à notre chariot. S’il se trouve parmi vous un prof de français, qu’il m’explique pourquoi on met un seul « R » à chariot et chariotdeux à carriole, charrette, charrue et carrosse. C’est le septième arcane majeur du tarot. Il symbolise la réussite, la victoire, le but atteint. C’est le signe de la main mise de l’homme sur son destin. Le char du Triomphe qui caractérise le hiéroglyphe de cette lame dans le livre de Thoth, indique qu’il échappera aux lois de causalité du destin si le conducteur parvient constamment à dominer les deux sphinx de polarités magnétiques différentes que sont Jakin et Boas. En termes profanes : choisis ton camp camarade… Mon calendrier des postes veux que ce soit le jour ou jamais pour fêter les Léonce. Ah, Léonce, un texte de Norge, poète belge, interprété par Jeanne Moreau ! A déguster sans modération.

En Bretagne armoricaine, le chariot est obligatoirement associé à celui karrig-an-ankoudu serviteur de la mort: L’Ankou. Mon aïeule, dont je vous parle si souvent avec de l’émotion dans le clavier et qui avait le don inné de la pédagogie active avait toujours sous la main une histoire de l’Ankou (oberour ar marv – l’ouvrier de la mort) et de son chariot. C’est toujours tard le soir, lorsqu’il faisait bien noir, que l’orage grondait et que la  lueur vacillante de la lampe Pigeon annonçait sa fin prochaine (de la lampe, pas de l’aïeule), qu’elle décidait de nous parler du chariot de la mort… Karrig an Ankou, c’est le nom que lui ont donné les bretons. Un squelette des plus affriolants conduit une carriole dont l’essieu grince gravement. Lorsque vous l’entendez c’est qu’un proche va mourir.

Bon, ça c’est de l’éclectisme ou je ne m’y connais pas. Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

La procidence de l’anus…

Posté par erwandekeramoal dans HUMEUR

Amis de la félicité et des nuits de Chine réunies, bonjour ! Nous sommes le Mercredi 17 juin 2020 et malgré mes recommandations, vous êtes encore devant votre ordinateur. C’est le 29è jour de prairial dédié à la pivoine, plante magique s’il en est (comme celle-ci à droite, réalisée par Yun Xhouping – XVIIè). Son nom vient du grec Paiôn qui était un dieu guérisseur et que l’on retrouve sous le patronyme de pivoine-Chine1-300x151Péan. On lui doit le prompt rétablissement de Hadès et Arès de leurs blessures de guerre. Hippocrate la prescrivait comme remède pour bon nombre de maux de femmes « Remède qui attire les règles et qui les fixe. Ayez trois ou quatre graines de pivoine, noires ou rouges : pilez-les dans du vin et faites boire. »  Et Théophraste d’ajouter:  « Cette plante, doit être arrachée la nuit car si on l’arrache de jour, et que l’on est vu par un pivert en train de cueillir le fruit, on risque de perdre les yeux, et si on coupe la racine, on risque la procidence de l’anus ». Une procidence de l’anus ! Non mais, vous imaginez cela, madame Michu ? C’est le genre de truc qu’il ne faut souhaiter à personne même à son pire ennemi. Quoique…

Si la Grèce avait ses dieux guérisseurs, la Bretagne avait ses Saints à l’instar de Hervé, Houarneau en breton, que l’on fête aujourd’hui. Il est le patron des bardes bretons (espèce en voie de disparition) et à laissé Houarneauson nom à la commune de Lanhouarneau dans le Finistère. Il est invoqué pour les maladies des yeux, la guérison des peurs, des angoisses et de la dépression nerveuse, pour repousser les démons et protéger les chevaux (avouez qu’il a du boulot !). Ici à gauche sa statue par Jacques Dumas dans la vallée des saints à Carnoët (22) Photo de Bruno Le Lay. En Bretagne, saint Hervé a aussi la réputation de faire cesser les coassements des grenouilles. Sauf celles dites de bénitier qui vont le pas pressé porter l’andouille à leur curé comme chantait Glenmor, barde s’il en fut.  En revanche, je n’ai rien trouvé concernant la procidence de l’anus…

https://youtu.be/oNz1-gsS66w

Allez, je vais m’arrêter là, vous pouvez éteindre votre ordinateur et vous consacrer à une activité normale. Portez vous bien et à bientôt peut-être.

Serpolet & farigoule…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

Amis du pain perdu et de la liberté retrouvée, bonjour ! Nous sommes le Mardi 16 juin 2020 soit le 28è jour de prairial dédié au thymus que des paresseux ont pris l’habitude de nommer le thym. Cette plante de la famille des lamiacées esle-thymt aussi appelée, serpolet et, dans le sud, les occitans  disent farigoule. Le thym est utilisé depuis fort longtemps et pas seulement pour aromatiser les côtes de bœuf. La preuve, je m’en suis servi l’autre soir pour aromatiser des langoustines rôties flambées au whisky. Attention, des vraies langoustines du Guivilnec, élevées sous la mer. Avec cela un Saint-Mont sec – vendange matinale – un vin du Sud-Ouest, le Piémont Pyrénéen, issu de très vieux cépages comme l’Arrufiac, le Petit Courbu et le gros Manseng. (On dirait des personnages de BD !) il fait partie de ces vins qui bénéficient de langoustinesl’appellation VDQS et qui offrent un rapport qualité/prix exceptionnel si on compare avec ceux des gougnafiers du Bordelais… Mais, revenons à notre thym: Les Égyptiens et les Étrusques l’utilisaient  mélangé aux onguents pour embaumer leurs morts. Les Grecs en brûlaient devant l’autel de leurs dieux, les places publiques et les riches demeures, pensant que cette plante était source de courage; ils en mettaient aussi dans leurs plats; le thym était encore utilisé à profusion comme parfum stimulant qu’ils versaient dans leur bain. La légende veut que Pâris enleva la belle Hélène et que la princesse était fort triste: à chaque larme qui tombait de ses yeux sur le sol, naissait une touffe de thym. C’est beau, non !

Tout à fait autre chose.

Dans la nuit du 16 juin 1816, les poètes Lord Byron et Percy Shelley devisent avec leurs compagnes respectives, Claire et Mary, sur les bords du lac Léman, en Suisse. En raison d’un été exceptionnellement pourri, consécutif à l’éruption d’un volcan en Indonésie, cela fait plusieurs jours qu’ils ne peuvent sortir… Pour passer le temps, ils entament un frankeinsteinconcours d’histoires macabres sur une suggestion de Lord Byron. C’est ainsi que la maîtresse de Shelley, Mary Godwin (19 ans), raconte l’histoire du docteur Victor Frankenstein, qui tenta de créer la vie à l’égal de Dieu. L’histoire lui est inspirée par la vie d’un alchimiste allemand du siècle précédent, Konrad Dippel. Elle prend forme dans les jours qui suivent, après que la jeune fille a passé quelques nuits cauchemardesques. Elle débouche sur la publication deux ans plus tard du roman Frankenstein ou le Prométhée moderne, l’un des grands mythes de l’Occident contemporain et une mine intarissable pour les scénaristes du septième Art. Pour ma part, j’ai un faible pour le papa de Mary, William Godwin, penseur et théoricien anglais, considéré comme l’un des précurseurs de l’anarchisme. D’abord pasteur dissident, il abandonne la religion et publie, en 1793, « Enquête sur la justice politique », œuvre philosophique qui contient les principales bases politiques et économiques de l’idéal libertaire.

Allez, merci d’être passé, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Bourrage de crânes…

Posté par erwandekeramoal dans HUMEUR

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Amis de la vérité toute nue et du poulet basquaise réunis, bonjour ! Nous sommes le Lundi 15 Juin 2020, jour de la verveine dans le calendrier républicain.

Le billet du jour m’est inspiré par une réflexion du style « quand on voit c’qu’on voit et qu’on entend c’qu’on entend, faut pas s’étonner que les gens y pensent c’qui pensent ». Le bourrage de crâne est d’autant plus fréquent de nos jours que entre les réseaux sociaux, la télé, la presse écrite, il devient de plus en plus difficile de séparer le vrai du faux, le bon grain de l’ivraie, l’info de l’intox. Tout cela se mélange dans unevictor -D- sorte de brouet lacédémonien que l’on pourrait nommer l’infox. Déjà en 1937, Victor Serge, nous alertait sur ce phénomène. Né à Bruxelles dans une famille d’exilés anti-tsaristes, rédacteur à l’anarchie, Victor Serge (1890–1947) rejoint la Russie à l’annonce de la révolution. Membre de l’opposition de gauche du parti bolchevique, il connaît la prison puis la relégation en Oural. Expulsé d’URSS après des années d’interventions de militants et d’écrivains, il arrive à Bruxelles en avril 1936. Boycotté en France par la presse du Front populaire, il est invité par La Wallonie, un journal socialiste de Liège, à publier une chronique hebdomadaire. Écrivain sensible et témoin lucide, Victor Serge se fait, sans renoncer à ses idéaux d’émancipation, le chroniqueur des contre-révolutions à l’œuvre dans une Europe qui se dirige vers un second conflit mondial.

« Il y a encore une forme du mensonge particulièrement riche parce qu’elle combine toutes les autres en y ajoutant l’information (ne souriez pas…), l’imagination et le grand tirage. Elle s’appelle lemanif bourrage de crâne et dépasse de loin en capacité de nuire tous les autres procédés de truquages et d’escroqueries psychologiques. La chose est vieille comme la presse, le mot, un mot magnifique par sa précision, est né pendant la guerre, à une époque où la presse s’attachait, avec un zèle sans bornes, à « bourrer » de sornettes les crânes des hommes qu’il fallait amener à tuer et se faire tuer pour que les oligarchies capitalistes rivales pussent refaire la carte du monde (de manière à recommencer plus tard…). »

Le bourrage de crâne donc, expression inventée par les soldats en 1914 a été popularisée par le journaliste Albert Londres qui dénonça dans ses reportages la propagande pendant la Première Guerre mondiale. Aujourd’hui, les manifs de policiers dont la médiatisation esl'enragét inversement proportionnelle à leur caractère de masse (70 sur la photo ci -dessus et rassemblement massif selon BFM) en est un bel exemple. Par ailleurs, il permet à la droite extrême et à l’extrême droite de déplacer, avec l’aide de certains médias, la discussion ouverte d’une dénonciation du racisme à de la lamentation policière. Nos pandores et autres « bacqueux » s’offusquent d’une présomption de culpabilité (soupçon avéré dixit Castaner) qui ne les dérange guère lorsqu’ils diligentent leurs contrôles au faciès systématiques et quotidiens dans les quartiers populaires. « ON »  utilise donc cette bonne vieille méthode du bourrage de crânes. Déjà en 68, SINE s’en amusait dans le N° 10 de L’enragé que j’ai retrouvé au fond d’un carton. (pas Siné, le magazine.)

Allez, merci pour la visite, portez vous bien, restez vigilants et, à bientôt peut-être.

En attendant Claudot…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de l’utilitarisme et de la crêpe Suzette réunis, bonjour ! Nous sommes le Samedi 13 juin 2020, 25è jour de Prairial dédié à la tanche. En Bretagne armoricaine on célèbre Saint-HeHerbotrbot, patron et protecteur des bêtes à cornes, dont il comprenait le langage. Statue (par Bruno Panas & Norbert Le Gall) qui trône dans la vallée des saints à Carnoët evel just. Comme le disait mon aïeule, qui avait son avis sur tout et surtout qui tenait à ce que cela se sache, ce n’est pas parce que l’on s’appelle Claudot qu’on est forcément à la rue… La preuve en est: Le 13 juin 1982, mort d’André Claudot (né le 14 février 1892 à Dijon).

Dessinateur et militant anarchiste. Élève de l’école des Beaux-Arts de Dijon, il fréquente le monde libertaire et donne ses dessins dans les journaux anticléricaux et anarchistes. En 1909 il entre aux Arts Décoratifs à Paris. C’est là qu’il Claudot-300x213rencontre des militants anarchistes comme Pierre Martin, ancien compagnon de cellule de Kropotkine à Clairvaux. Une illustration parue dans « Le libertaire » en 1911 lui vaut d’être poursuivit par la justice. Fiché au Carnet B (des antimilitaristes), il est mobilisé en 1914, mais il continuera à collaborer durant et après le conflit à la presse libertaire. En1926, sa passion de l’Orient le pousse en Chine, où il devient professeur à l’institut national des Arts de Pékin, puis à Hang-Tchéou, en 1928. En 1930 il revient à Paris puis ensuite à Dijon comme professeur, où il avait débuté comme élève, mais il s’éloigne de l’anarchisme et adhère à la SFIO (nobody perfect) et à la franc-maçonnerie à la loge Travail et vrais adessin-Claudotmis fidèles. Révoqué en 1941, il s’engage dans la résistance puis milite au parti communiste (nouvelle cécité) à la Libération. La fin de sa vie est essentiellement consacrée à la peinture. À 85 ans, toujours révolté et véhément, il raconte son itinéraire à l’historien du mouvement ouvrier Jean Maitron, dans un documentaire, « Écoutez Claudot », réalisé en 1978, par Bernard Baissat, film récompensé par le prix de la qualité du Centre National de la Cinématographie. Un tas de liens intéressants sur le site: bonnesbobines

Allez, merci encore d’être passé par ici, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Leçon de choses…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

Amis de la pédagogie active et du gros-lait réunis, bonjour ! Nous sommes donc le Vendredi 12 juin 2020, 24è jour de prairial dédié au gaillet, encore surnommé le caille-lait. On dit que cette plante possède une enzyme qui permet au lait de cailler. Mais d’une manière générale, sphynx-caille-laiton la considère comme de la mauvaise herbe. Le gaillet gratteron est assez connu car il a la particularité de s’accrocher à tout ce qui passe à sa portée. Mon aïeule, qui se targuait d’en connaître un rayon en plante médicinale, en faisait une sorte de pommade qui était censée lutter contre les irritations. 100G de cette plante, 50g d’écorce d’orme, 500g de saindoux et vous faites chauffer en tournant sans cesse. Regardez cette jolie photo, il s’agit d’un papillon que l’on nomme le sphynx du caille-lait. Étonnant, non ! On dirait une leçon de choses.

Enfant, je fréquentais l’école communale de garçons, rue Victor Hugo à Douarnenez. C’est d’ailleurs la seule école que j’ai réussi à fréquenter vraiment. Le maître d’école faisait tous les mercredis après-midi « leçon de choses ». Car à cette époque là, le mercredi c’était le jeudi, vous suivez… Le jeudi, lorsque le temps était mauvais (ce qui est évidemmentdevant la TSF extrêmement rare en Bretagne) on se retrouvait autour de la TSF pour écouter « Les beaux jeudis » émission animée par Alain Saint Ogan (l’inventeur de Zig et Puce) et Arlette Peters; il devait y avoir aussi Jean Nohain. Donc, lorsque le temps le permettait, la leçon de choses se déroulait en extérieur et, avec trois bouts de ficelle le maître nous faisait découvrir les lois de la nature. c’était une double leçon tendant à faire apprendre à la fois une chose et un mot, un fait et son expression, un phénomène et le terme qui le désigne, et par extension toute une classe de phénomènes et toute une classe de mots qui les expriment.

Petits veinards que vous êtes, je vous glisse un dessin de Flavien, intitulé « leçon de choses », paleçon-de-chosesru dans le regretté Siné-Hebdo du 19 Août 2009 (Etienne, encore en train de rêver ?). Revenons à nos leçons, tout cela c’était longtemps, longtemps, avant la télé, l’internet, l‘Ipod, l’Ipad, la tablette, la console… Mais, tous ceux qui ont connu dans leur vie d’écolier l’expérimentation des vases communicants, l’examen attentif des nervures d’une feuille de chêne ou l’observation de la flamme qui s’éteint lorsqu’elle est privée d’oxygène s’en souviennent sans doute avec une certaine nostalgie. Ce sont ces « leçons de choses », emblématiques de l’école primaire républicaine, qui manquent peut-être aujourd’hui aux programmes de  l’éducation nationale.

C‘était, mes très chers frères, la leçon de choses de ce vendredi. Bon, c’est pas tout ça, je dois aller faire un sort aux Caille-lait qui envahissent mes hortensias et aux mulots qui font rien qu’à m’embêter. Allez, portez vous bien et n’oubliez pas: vive le p’tit commerce.

Poètes, vos papiers !

Posté par erwandekeramoal dans LECTURE, PORTRAIT

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Amis de la poésie érotique et du riz pilaf réunis, bonjour ! Nous sommes le Jeudi 11 juin 2020, 23è jour de Prairial dédié au chèvrefeuille… Pendant que les gougnafiers qui nous gouvernent s’emploient à nous faire avaler leurs couleuvres en clamant haut et fort: on va voir c’qu’on va voir, à partir de maintenant et jusqu’à dorénavant, la police sera policée, le gendarme débonnaire, le CRS affable et la B.A.C. attentionnée; le cénobite se retourne plein de zénitude vers les chemins de la poésie…

Vous ai-je déjà parlé de cette merveilleuse poétesse, enlevée à l’affection de ses admirateurs bien trop tôt, Renée Vivien ? Née Pauline Mary Tarn le 11 juin 1877 à Londres et morte le 18 novembre 1909 à Paris, surnommée « Sapho 1900 », c’est une poétesse britannique de langue française du courant parnassien de la Belle Époque. Elle était la Vivienfille d’une mère américaine et d’un père britannique fortuné qui mourut en 1886, lui laissant un héritage qui la mettait à l’abri du besoin. Après sa scolarité (au cours de laquelle elle se fait remarquer par son attachement pour son amie Violet Shillito) effectuée d’abord à Paris, ensuite à Londres, elle retourne, à sa majorité s’établir à Paris dans un luxueux appartement avenue du Bois de Boulogne donnant sur un jardin japonais. Elle eut, plus tard, une liaison avec la richissime baronne Hélène de Zuylen. Celle-ci lui apporta un équilibre émotif et une stabilité bénéfiques à sa création littéraire, rédigeant même quatre ouvrages en collaboration avec elle sous le pseudonyme collectif de Paule Riversdale. Alors qu’elle était toujours avec Zuylen, Vivien reçut une lettre d’une mystérieuse admiratrice stambouliote, Kérimé Turkhan Pacha, l’épouse d’un diplomate turc d’où s’ensuivit, quatre ans durant, une correspondance intense, passionnée, suivie de brèves rencontres clandestines.

En 1907, la baronne la quitta brusquement pour une autre femme, donnant lieu à toutes sortes de commérages dans la coterie lesbienne de Paris. Profondément choquée et humiliée, Vivien s’enfuit avec sa Saphomère au Japon et à Hawaï, tombant sérieusement malade au cours du  voyage. Le départ en 1908 de Kérimé pour Saint-Pétersbourg, pour suivre son mari en poste, mettant un terme à leur liaison, fut un nouveau coup dur pour Renée. Elle se tourna de plus en plus vers l’alcool, la drogue et les fantasmes sadomasochistes. De mystérieuses frasques sexuelles la laissant des jours entiers sans repos, elle recevait à des dîners au champagne des invités qu’elle abandonnait aussitôt qu’une amante exigeante la faisait demander. « À l’instar de Natalie Barney, plus connue parce que plus mondaine, Renée Vivien a radicalement rejeté les valeurs machistes de son temps pour créer un univers exclusivement féminin, organiser des soirées littéraires et tenter de recréer un cénacle de poétesses à l’image de celui qu’à animé Sappho au VIe siècle avant J.C.

Lors de son séjour à Londres en 1908, elle tente de se suicider au laudanum après s’être allongée sur son canapé en tenant un bouquet de violettes sur son cœur. Souffrant de gastrite chronique, due à des Renéeannées d’abus d’alcool et d’hydrate de chloral, elle avait également commencé à refuser de s’alimenter. Au moment de sa mort, elle pesait à peine plus de 30 kilos. Morte au matin du 18 novembre, âgée de 32 ans, le décès fut attribuée, à l’époque, à une « congestion pulmonaire », mais sans doute attribuable à une pneumonie compliquée par l’alcoolisme, la toxicomanie et l’anorexie mentale.
« Dans mon âme a fleuri le miracle des roses.
Pour le mettre à l’abri, tenons les portes closes.
Je défends mon bonheur, comme on fait des trésors,
Contre les regards durs et les bruits du dehors. »

Voilà pour aujourd’hui, désolé c’est un peu long, en attendant la suite, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Une tisane et au lit !

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis de la pharmacopée et du baeckeoffe réunis, bonjour. camomilleNous sommes le Mercredi 10 juin 2020, c’est à dire le 22 de prairial de notre calendrier républicain qui est considéré comme le jour de la Camomille. Ce jour là, Fabre d’Eglantine devait être souffrant car, on ne dira jamais assez tous les bienfaits que nous sommes en droit d’attendre de cette plante de la famille des Astéracées.

Tiens, à propos de républicains, on me prie de vous signaler qu’un certain 10 Juin 1819, naissait à Ornans près de Besançon un certain Gustave Courbet. Tout le monde bien sur connait Gustave Courbet. Peintre de génie auteur de l’origine du monde, tableau source de polémiques, de scandales et Gustave_Courbetde censures. Mais qui connaît le socialiste révolutionnaire, proudhonien, communard et libertaire. Après l’école chez les curés qui le rendra anticlérical, il poursuit ses études à Paris. Passionné de peinture, il est admis au salon de 1844 et devient le chef de file du « réalisme ». Devenu socialiste en 1848, il ouvre un club social qui s’opposera aux clubs jacobins et montagnards « Républicains sans nature propre ». Le 4 septembre 1870, c’est le retour de la république. La Commune de Paris proclamée, il en est élu membre et s’occupe de la commission de l’enseignement, puis devient un des responsables de la Fédération des artistes. La destruction de la colonne Vendôme ayant été décrétée, il en réclame l’exécution, ce Proudhonqui le désignera ensuite comme responsable de sa destruction. Arrêté le 7 juin 1871, il est condamné à six mois de prison, mais la réaction conçoit ensuite le projet de lui faire payer la reconstruction de la colonne. Courbet se réfugie en Suisse, mais ses biens et tableaux sont saisis. On peut citer parmi ses œuvres, un magnifique portrait de Proudhon entouré de ses filles, ainsi que le tableau « L’origine du monde », qui fait toujours scandale chez les tenants de l’ordre moral. Il est décédé un 31 Décembre (1877). J‘admire ces gens qui ont l’élégance d’attendre le dernier jour de l’année pour tirer leur révérence, quelle classe !

Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Le Monde d’avant…

Posté par erwandekeramoal dans HUMEUR

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Amis de la criticature et du foie de veau aux cerises réunis, bonjour ! Nous sommes le mardi 09 juin 2020, vingt et unième jour de Prairial Minolta DSCdédié au Barbeau qui n’est rien d’autre que le bleuet des champs qui,  porté à la boutonnière est le symbole de la mémoire et de la solidarité envers les anciens combattants, les victimes de guerre, les veuves et les orphelins. J’avoue avoir toujours eu un faible pour la veuve mais encore plus pour l’orpheline; en tous cas, bien davantage que pour l’ancien combattant… Ca va vous surprendre mais, par ici, on célèbre (ou pas) les Koulmkellconnu en Bretagne en tant que saint Colomba, dit Colomban d’Iona.

Vous connaissez dorénavant ma tendresse particulière pour le saxo et ceux qui en jouent. Voici un salut tout particulier à l’un d’entre eux qui fût sans doute le premier à enregistrer un disque de Rock et dont le titre est resté dans l’histoire: « We’re gonna rock, We’re gonna roll ». Il s’agit de Wild Bill Moore, né à Houston au Texas en 1918, en plein mois wild-bill-300x225de juin . Il est décédé en 1983 à Los angeles. Son tout premier disque, il l’a enregistré avec Christine Chapman qui n’était autre que la femme de Memphis Slim. On lui doit aussi d’avoir collaboré au désormais mythique « What’s Going on » de Marvin Gaye. Chacun se souvient du fameux « Rock around the clock » et de la reprise tout aussi fameuse que l’on doit à Bill Haley et qui fit sa réputation après la sortie du film « graine de violence » en 1955. Ce morceau, emblématique de la série « Happys days » a été enregistré en 1952 et marque sans doute le début du succès que va connaître le Rock. Et bien, « We’re gonna rock » date lui de 1949… Sur 33t.

En France à la même époque, Boris Vian et son ami Henri Cording (qui deviendra célèbre sous le nom de Henri Salvador) tentent d’implanter le rock face à la variété. Je me souviens que dans les années 60, sur le douarenez-029-300x189jukebox de «chez Marie-rose», sur le port, à Douarn’, il y avait surtout de la chanson française: Brel, Brassens, Aznavour… Mais on y trouvait quelques perles made in USA, Bill Haley, Little Richard, Elvis Presley. C’était avant que la pop music débarque. Ah, le jukebox de Marie rose… Nous écoutions « dans le port d’Amsterdam » en buvant un rouge lim’ tout en refaisant le monde. Parfois passait Georges Perros à peine débarqué de son invraisemblable moto et on se rapprochait de lui comme dans le cercle des poètes disparus. En règle générale ça se terminait à cinq mètres de là, chez « Micheline ».

Avant c’était mieux ! Pas vrai madame Michu ? Oui mais ça… c’était avant. Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.