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Les sanglots longs…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de la Grèce antique et du jambon macédoine réunis, bonjour ! Nous sommes le Vendredi 30 mars 2018, dixième jour de Germinal dédié au greffoir, petit canif bien connu des jardiniers.

Pour ma part, j’ai choisi de me souvenir de Paul Verlaine, pour son génie et aussi parce que il est né un 30 mars en 1844 et c’était à Metz. Il est décédé un 8 janvier 1896 à Paris. Précurseur du Verlainesymbolisme, le poète a inventé au fond de sa déchéance les quatrains les plus musicaux de notre langue. Avec Rimbaud, compagnon de misère, il représente une figure caractéristique de son époque, le poète maudit. Ici, on le voit photographié par Dornac dans un café de Mouffetard et buvant une absinthe. Ecoutez Léo Ferré dans une version jazzy de la chanson d’automne…

Tiens, à ce propos, connaissez vous ces gens là ? On les appelle les  artémophiles (du nom de la plante en latin Artemisia absinthum). Ce ne sont pas des buveurs invétérés d’absinthe comme Verlaine, mais des collectionneurs à la recherche de tout objet appartenant à buveur-dabsinthe-204x300l’univers de l’absinthe. Qu’il s’agisse de ces fameuses cuillères perforées pour tenir le sucre, des verres qui marquent la dose, des fontaines à absinthe, des  affiches sur l’absinthe, des cartes postales d’époque, des pyrogènes de marque, de catalogues des fabricants…  En chinant dans les brocantes et les vide-greniers, il est encore possible de dénicher des cuillères, des verres, des fontaines, des topettes ainsi que de nombreux objets au nom de cette boisson bannie. Bref ils donneraient n’importe quoi ou presque pour toutes ces reliques témoins de l’époque de la Fée verte. A gauche ci-dessus: le buveur d’absinthe – Picasso 1903.

Allez, merci de votre visite, portez vous bien et à demain peut-être.

Et Saint-Malo chantait…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

Amis de l’humanisme et de l’andouillette de Senven-Lehart réunies, bonjour ! Nous sommes le Jeudi 29 mars 2018, c’est à dire le 9è jour de germinal, dédié à l’aulne.

On ne sait pas exactement en quelle année mais, c’était un 29 mars, dans le comté de Clamorgan au pays de Galles, naissance de celui qui allait devenir Saint Malo ou Saint Maclou si vous préférez mais son paternel trouvait que cela faisait un peu moquette. C’est Saint_Maloun des sept saints fondateurs de la Bretagne. Ici et dans une partie de la Normandie, on l’appelle Malo ; en Saintonge et dans le Poitou, Macout ; vers le nord et l’est de la France, Maclou ; dans les pays de langue néerlandaise (Flandre française, Flandre belge et Pays-Bas, Machutus ou Machuut (Machuyt) ; en Irlande, Macud ; à Rome, Macuto, Magunto ou Mauto. Vous vous souvenez, c’était le trophée Jules Vernes de l’époque. Ils arrivaient d’Irlande ou du pays de Galles sur leurs multicoques en granite de Landéda pour évangéliser les armoricains. Les brittons avaient inventé la route du cidre bien avant celle du rhum. Les skippers étaient tous des saints (aujourd’hui, on peut pas en dire autant…). Malo lui, il a débarqué à Cézembre. Vous connaissez Cézembre ? En face de Saint Servan, c’est la seule plage de la côte Nord exposée Cézembreplein Sud, avec les Ebihens peut-être… C’est l’endroit d’Europe le plus bombardé de toute la Seconde guerre mondiale. En quatre semaines, pendant l’été 1944, près de 20 000 bombes ont été déversées sur l’île. Beaucoup sont toujours enfouies dans le sol et peuvent à tout moment exploser. C’est pour cela que 90% de l’île est interdite au public. Mais ce site idyllique va (hélas) s’ouvrir davantage aux touristes. La marine nationale y termine une opération de déminage consistant a aménager un sentier avant que les militaires ne transmettent l’île au conservatoire du littoral.

Mais revenons à notre Malo à nous qu’on a… Il grandit puis il devint grand, travailleur et intelligent, il fait le petit séminaire et il devient l’évêque d’Aleth. Plus tard, beaucoup plus tard, pour améliorer les Malorecettes de la paroisse et face à la baisse inquiétante du denier du culte, il donnera son nom à une marque de yaourt. Avec son copain  Aaron, plus cénobites qu’anachorètes, il partage une vie érémitique du coté de la cité d’Alet. C’est à dire qu’il vivait du RMI que lui versait les paroissiens sous forme de dons en nature. Il serait décédé pieusement un 15 novembre vers 620 à moins que ce ne soit 640; on ne sait pas exactement mais, il est mort depuis longtemps. Aujourd’hui sa statue, réalisée par Patrice Le Guen, a rejoint l’armée des saints de Bretagne dans la vallée éponyme de Carnoët.

Bon allez, je vous quitte car les jardins de  l’ermitage réclament ma présence. Portez vous bien et à bientôt peut-être.

Le Sâr dine à l’huile…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de la marine à voile et des pommes vapeur réunies, bonjour ! Nous sommes le Mercredi 28 mars 2018, huitième jour de Germinal, dédié à la jonquille dans le calendrier républicain, mais en réalité pour les pataphysiciens, le Vendredi 6 Clinamen 145 – St Ganymède, professionnel. Bien entendu, ce qui suit n’a rien à voir avec ce qui précède, quoique…

A propos de Joséphin Péladan.

Il est né un 28 mars en 1859, aujourd’hui totalement oublié, ce dandy lettré ferait un malheur sur nos plateaux de télé. (tiens, ça me fait penser à quelqu’un…) Issu d’une famille de cultivateurs et de commerçants, Joseph-Aimé Péladan, qui se donnera plus tard le Péladanprénom de Joséphin, est le fils de Louis-Adrien Péladan, et de Joséphine Vaquier. Il manifeste un esprit indépendant qui lui vaut d’être renvoyé du lycée pour avoir traité un professeur d’athée, puis du petit séminaire de Nîmes. Il voyage beaucoup et  rencontre Léon Bloy et Paul Bourget et enthousiasme Jules Barbey d’Aurevilly qui préface son roman Le Vice suprême (1884), livre pétri de romantisme et d’occultisme, qui met en scène la lutte de forces secrètes qui s’acharnent à détruire l’humanité et prend résolument le contre-pied du naturalisme de Zola. Son originalité plaît mais son exaltation fait sourire. Jean Lorrain le surnomme « le pélican blanc ». Plus tard on l’appellera « le Mage d’Épinal », « Platon du Terrail » ou « le Sâr pédalant ». Rodolphe Salis alla jusqu’à oser un très cruel « Artaxerfesse » qui lui valut des poursuites de l’intéressé.

En 1888, Péladan est le co-fondateur avec Stanislas de Guaita de l’ Ordre Kabbalistique de la Rose-Croix. Parmi les membres de l’Ordre, on peut relever quelques noms passés à la posterité : Papus, F.-Ch. Barlet. Prétextant un refus de la magie opérative, il se sépare du groupe en 1891 pour fonder l’ Ordre de la Rose-Croix Catholiquesar-peladan_4vJY6W et esthétique du Temple et du Graal. L’année suivante, il organise le premier Salon de la Rose-Croix du 10 mars au 10 avril 1892 à la célèbre galerie parisienne Durand-Ruel. C’est un très grand succès. Soixante artistes y participent parmi lesquels nombre de peintres et sculpteurs de talent (Hodler, Khnopff, Delville, Schwabe, Bourdelle etc.) et vingt mille Parisiens dont le Tout-Paris mondain et artistique (Mallarmé, Zola, Verlaine, Gustave Moreau etc.), viennent le visiter, au son du prélude de Parsifal et des Sonneries composées par Erik Satie (en vidéo ci-dessus). Voici, à gauche, copie d’une page de « Rose+Croix » organe trimestriel publié par J. Peladan en 1893. Si Péladan utilise un ton souvent polémique ou rose croixlyrique, c’est au service de convictions sincères et d’une défense de la grandeur de l’art qu’il estime prostitué sous une IIIeme république souvent mercantile. Il produit d’innombrables plaquettes de critique d’art, contribuant à faire connaître en France l’œuvre de Léonard de Vinci. En définitive, le contexte de la fin de siècle s’éloignant, Joséphin Péladan renonce à ses outrances et vit dans la vénération de sa seconde femme; Christiane Taylor, En 1908, il reçoit le prix Charles Blanc de l’Académie française. Il meurt en 1918 presque oublié. Curieux personnage, non? Mais j’ai pensé qu’il avait sa place dans notre galerie de portraits.

Allez, le bonjour vous va, merci d’être passé, portez vous bien et à demain peut-être.

Sarah, Ella, Billie et les autres…

Posté par erwandekeramoal dans JAZZ

Amis de l’analyse concrète et du sirop d’érable réunis, bonjour ! Nous cheminons lentement vers avril et nous voici déjà le Mardi 27 mars 2018, date qui correspond au 7è jour de germinal et qui est dédié au bouleau. Le bouleau est le premier arbre du calendrier celtique; il symbolise la sagesse, en breton Bezo. Le nom local du bouleau est également à l’origine du nom du mois de mars dans forêt bouleauplusieurs langues slaves, comme en tchèque (březen); il s’agirait d’une évocation de la sève qui commence à circuler à cette époque. Au Canada et en Alaska on en tire un sirop et une eau de vie. Le bois du bouleau jaune est utilisé en menuiserie sous le nom de merisier, celui du bouleau flexible sous le nom de merisier rouge. On apprend chaque jour quelque chose sur « les cénobites tranquilles ». Voyez ici à droite ce magnifique tableau de Slavicek. Et voila, j’ai jamais tant parlé du bouleau que depuis que je suis retraité…

Sarah Vaughan.

Comme beaucoup de chanteurs et musiciens de jazz, elle est née dans une famille aussi religieuse que musicienne et elle apprend le chant et l’harmonium au sein de l’Église baptiste. Comme quoi, la religion mène à tout…A condition d’en sortir. Elle garde la double spécialité (chant et piano), jouant du piano dans l’orchestre de son Sarahécole et chantant dans les chœurs à l’église ; elle se consacre au chant lorsqu’elle gagne le concours d’amateurs du Théâtre Apollo à Harlem, dix ans après Ella Fitzgerald qui vient la féliciter. Elle rejoint l’orchestre d’Earl Hines puis l’orchestre moderniste, qui introduit le Be Bop dans la musique de Big Band, de Billy Eckstine. Elle est notamment influencée par Charlie Parker et Dizzy Gillespie, alors membres de l’orchestre. En décembre 1944, elle enregistre sous son nom une splendide version de « A Night in Tunisia » sous le nom « d’Interlude » avec Charlie Parker et Dizzy Gillespie en sidemen de luxe.

En 1949, elle signe chez le label Columbia et y enregistre abondamment. Dans les années cinquante, elle alterne des faces plutôt commerciales avec grand orchestre pour Mercury et des faces accompagnée par de petites formations souvent de grande qualité comme celle de l’album historique With Clifford Brown (1954). sarah-vaughanEn 1958, elle enregistre un album avec l’orchestre de Count Basie, No Count Sarah. Magnifique interprète de ballades, elle est aussi une chanteuse de scat accomplie. Je ne lui connaît guère de rivale dans ce domaine, hormis Ella Fitzgerald. Toutes ces qualités se retrouvent dans ses performances scéniques d’autant qu’elle sait les mettre en scène avec humour, comme dans sa version de « Tenderly », enregistrée au Tivoli en 1963. Personnellement je la considère, avec Ella Fitzgerald et Billie Holiday, comme l’une des trois plus grandes chanteuses de jazz.

Encore merci de passer par ici de temps à autre. Portez vous bien et à bientôt peut-être.

Afrin, un silence assourdissant…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis du charme slave et de la salade niçoise réunis, bonjour! Nous sommes donc le Lundi 26 mars 2018, sixième jour de germinal dédié à la bette. A ne pas confondre avec le jour de la bête (666). Très utilisées dans la cuisine niçoise, toutes les parties de la plante se consomment : les feuilles hachées entrent dans la composition de la tourte de blettes, des raviolis et du célèbre tian. La partie verte remplace les usages que l’on fait ailleurs des épinards et les côtes s’accommodent de plusieurs manières : à la vapeur avec un filet de citron, frites ou en gratin avec une sauce béchamel.

Dimanche 18 mars 2018, après presque soixante jours de résistance pied à pied, les Forces démocratiques syriennes ont préféré abandonner la ville d’Afrîn devant la puissance de feu de l’armée turque et de ses supplétifs islamistes.  Cette tragédie n’aurait pas été possible sans la complicité ou la neutralité des États impérialistes qui interviennent en Syrie : Moscou a donné son feu encore mercivert à l’opération d’Ankara ; Paris et Washington ont déclaré « comprendre » leur allié dans l’Otan, lui demandant simplement d’agir « avec retenue ». La France et l’Union européenne ont conclu un pacte ignoble avec Erdogan, le finançant pour qu’il interdise aux migrants l’entrée en Europe. Les FDS ont choisi d’abandonner la ville d’Afrîn, parce qu’elle était sur le point d’être encerclée et privée d’approvisionnement en eau. Sans doute aussi pour lui éviter la destruction qu’ont connue Kobanê ou certaines villes du Kurdistan turc comme Cizre, dévastées par l’armée d’ Erdogan. Ils ont promis de livrer aux troupes d’occupation turques et islamistes une guerre de guérilla dans les montagnes environnant Afrîn.

Ainsi va le Monde des marchands de canons ! Chacun (ou presque) s’encourage à voter des sanctions contre Bachar, contre le gominé de Corée du Nord, contre le grand méchant loup des steppes Russes mais…Un silence assourdissant règne sur les atrocités diligentées par le dictateur fasciste islamisant Erdogan; pas un mot qui pourrait heurter la sensibilité de Bibi Netanyahou et sa politique mortifère à tireuse kurdel’égard des palestiniens; pas plus qu’on ne condamne l’Arabie Saoudite quand elle s’applique à bombarder les populations civiles du Yémen… Les kurdes nous ont donné une leçon de courage dans leur engagement dans la lutte contre le soi-disant Etat islamique. En guise de remerciement ils se font canarder dans l’indifférence de la communauté internationale. Ite missa est. Ces jeunes femmes kurdes, fusil en main, me rappelle les combattantes espagnoles ou des brigades internationales qui se levèrent contre la dictature franquiste; Simone Weill, Lucia Saornil et tant d’autres.

Demain, nous n’auront pas l’excuse de dire à nos enfants; on ne savait pas. Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Les Pâques irlandaises…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

Amis de la comedia dell’arte et des farfalle al dente réunis, bonjour ! Nous sommes le Samedi 24 mars 2017, quatrième jour de germinal tulipes à la torchedédié à la tulipe mais, malgré cela, je vous surprends devant votre écran alors que la nature s’éveille. Narcisses, primevères et jonquilles décorent les talus, le merle moqueur s’égosille et la bière de mars est en bouteille… Le nom tulipe provient du turc tülbend (lâle), c’est-à-dire « plante-turban » ce qui, j’en suis convaincu vous fait une belle jambe…Ici à gauche, ce sont des tulipes en Bretagne et plus précisément à la pointe de la Torche.

Un peu d’histoire…

Au printemps 1916, le lundi de Pâques précisément, en pleine guerre mondiale, un groupe d’Irlandais se soulèvent contre le colonisateur britannique. Les Britanniques et les Irlandais loyaux à la Couronne voient cette tentative comme un mauvais coup porté aux soldats qui se battent dans les tranchées. Rappelons que dès le début du dublin_paques2conflit européen, les Irlandais se portent massivement volontaires dans l’armée britannique pour combattre les Allemands. Au total 200 000 environ. Mais quelques militants du Sinn Fein nationaliste et de l’IRB (Irish Republican Brotherhood) préfèrent appliquer l’adage : « England’s difficulty is Ireland’s opportunity » (Les difficultés de l’Angleterre sont des occasions à saisir pour l’Irlande). Ces hommes forment ce que l’on appellera un peu plus tard l’Irish Republican Army (IRA)… Faut-il rappeler qu’en Bretagne, en 1940, certains firent la même tragique erreur avant d’opter pour la collaboration avec les nazis.

Ils occupent plusieurs bâtiments stratégiques au centre de Dublin, dont la Poste, l’Hôtel de ville, le Palais de Justice et des gares, et déploient le drapeau tricolore au-dessus de la Poste.L’armée britannique amène de l’artillerie lourde et bombarde consciencieusement le centre de Dublin. Après cinq jours de résistance, les insurgés capitulent sans conditions. Bilan humain : irishune soixantaine de morts parmi les insurgés, une centaine parmi les assaillants et plus de deux cents parmi les civils, environ 3 000 arrestations. Un Conseil de guerre condamne à mort tous les meneurs (James Connolly, blessé, doit être calé contre une chaise pour être fusillé comme il convient). Parmi les condamnés à mort figure John MacBride dont le fils, Seán MacBride, deviendra Premier ministre de la République d’Irlande avant de fonder Amnesty International et d’obtenir pour cela le Prix Nobel de la Paix en 1974. Un certain Eamon de Valera échappe à l’exécution du fait de sa citoyenneté américaine (il est né d’un père espagnol et d’une mère irlandaise). Il deviendra le premier Président de la République d’Irlande…

La Bretagne quant à elle oubliera peu à peu les noms de Fouéré, Mordrel, Debauvais, Célestin Lainé, le bezen Perrot, et autre Bagadou stourm de triste mémoire. Allez, merci d’être passé, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Les pionnières…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de l’encyclopédie et du kebab d’agneau réunis, bonjour ! Nous sommes le Vendredi 23 Mars 2018. Le 23 mars, troisième jour de Germinal dans le calendrier républicain, était dédié à l’asperge ce qui, bien entendu n’a rien à voir avec ce qui va suivre.

Vous ai-je déjà parlé de Julia Bertrand.

Institutrice, militante anarchiste, antimilitariste, féministe et libre penseuse. Elle était née le 14 février 1877 dans les Vosges. Elle fut juliadéléguée au congrès International des libres penseurs, tenu à Paris, du 3 au 7 septembre 1905. Elle collabora au journal féministe « La Femme affranchie », puis au journal « La Vrille » publié à Épinal par l’anarchiste Victor Loquier. Inscrite au « Carnet B », fichier des antimilitaristes, elle est arrêtée le 21 août 1914 et envoyée dans un camp. Suite à une campagne de protestation, elle est libérée le 18 février 1915, mais révoquée de l’enseignement. Elle part alors exercer à « La Ruche » de Sébastien Faure dont je vous ai entretenu à plusieurs reprises, jusqu’à sa fermeture en novembre 1917. La photo ci-dessous présente l’équipe de La ruche.

Julia n’est réintégrée dans l’enseignement qu’en 1925. Elle participe à la presse anarchiste de l’époque « L’en dehors », « l’Idée libre » « Le Libertaire », etc. En 1944, son logement à Noisy-le-sec région parisienne, est détruit par les bola-ruchembardements alliés. « Je ne croirai jamais que c’est un crime d’aimer une doctrine de laquelle s’honorent d’honnêtes savants, de sincères grands hommes comme Elisée Reclus et Pierre Kropotkine. » Extrait d’une lettre de réponse au préfet qui l’a révoquée pour avoir manifesté « ses sympathies pour l’antimilitarisme et son admiration pour la doctrine anarchiste ».

Cette femme là… C’était un sacré bonhomme ! Voila pour aujourd’hui, portez vous bien et à demain peut-être.

Le vent a dispersé les cendres de Bendit …

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

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Amis du pendule de Foucault et de « qui veut gagner des millions » réunis, bonjour ! Nous sommes le Jeudi 22 mars 2018, deuxième jour de Germinal et c’est le jour du platane alors, soyez prudent si vous prenez la route.

Il y a cinquante ans (Eh oui) le 22 mars 1968, à la cité Universitaire de Nanterre, le mouvement contestataire étudiant qui va prendre le nom de « mouvement du 22 mars », occupe les locaux de l’Université (photo de droite). Il est l’aboutissement d’une la-salle-du-22-marscontestation grandissante emmenée par des groupes d’extrême-gauche, des anarchistes et des situationnistes. Né d’abord de revendications solidaires, comme la libération des manifestants arrêtés lors des actions contre la guerre du Viet-Nam, il déborde rapidement sur des questions de société comme la remise en cause du puritanisme social (avec la revendication du droit d’accéder à la résidence universitaire des filles). Rapidement ce mouvement conduit, entre autres, par Daniel Cohn-Bendit (qui se réclame alors de l’anarchie) va passer de la critique de l’Université à la critique de la société et de l’autoritarisme. Il sera le ferment de ce qu’on allait appeler par la suite: les évènements de mai 68.

Oui, petit scarabée,en Mai 68 nous étions dans la rue pour en finir avec ce vieux monde de l’autorité, de la finance, de l’hypocrisie, du machisme, du patronat, du curé, du militaire, du mandarinat (je vous laisse compléter la liste). En creusant sous les pavés pour y trouver badge-la-beaute-est-dans-la-rue-affiche-de-mai-68-300x300la plage nous voulions jouir sans entrave et être suffisamment réaliste pour demander l’impossible… Et voila t-il pas que ce sont ces endimanchés de la république en marche arrière qui veulent s’approprier l’héritage des accords de Grenelle. Augmentation du smig de 35%, quatrième semaine de congés payés, création des sections syndicales. Mais, pendant qu’on y est pas, qu’ils rajoutent dans leur escarcelle, la révolution et le front populaire. Non, ces acquis sont né des luttes, des manifs, des grèves, des conflits. Les peuples doivent reconquérir le pouvoir dont ils ont été spolié et si cela ne se fait pas dans les urnes, alors, princes qui gouvernez le monde, craigniez la colère de la rue. Je me souviens de cette chanson de Dominique Grange en 68. (en vidéo plus haut)

J’imagine que pour les plus jeunes d’entre vous tout cela a un parfum un peu suranné mais, nous avions 20 ans et étions convaincus que le vieux monde était derrière nous… Allez, merci d’être passé, portez vous bien et à bientôt peut-être

Yellow submarine…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

Amis du sous-marin jaune et du tea for two réunis, bonjour! Nous sommes le Mercredi 21 mars 2018, premier jour de germinal dédié évidemment à la primevère…

Le 21 mars 1961, un groupe de jeunes donne son premier spectacle au « Cavern Club » de Liverpool. Le Cavern Club est une salle de spectacle localisée dans une petite rubeatlese du centre de Liverpool, au Royaume-Uni. Il doit son nom au local présent au sous sol de l’établissement, dans lequel de nombreux groupes y ont joué comme The Rolling Stones, Arctic Monkeys, The Who, Pink Floyd, Oasis, Aretha Franklin, John Lee Hooker, The Ting Tings… Que du beau linge, dont certains sont devenus célèbres. Le 21 mars 1961 donc, se produit pour la première fois, un jeune groupe dont on va beaucoup reparler… Les Beatles. Ils s’y produiront plus de 300 fois par la suite jusqu’en 1963.

 

Début juillet, ils deviennent les « Silver Beatles ». En août 1960, ils adoptent définitivement le mot-valise « Beatles », formé à partir de beat (« rythme ») et beetle (« scarabée »), avant d’honorer leur premier contrat dans un club de Hambourg. Le site  existe toujours, et une reconstitution du lieu tel qu’il était à l’époque des Beatles est présente dans le musée du groupe, situé sur l’Albert Dock de The Beatles Are Honoured With A New Statue In LiverpoolLiverpool. On peut y voir les signatures des membres du groupe ainsi que des dessins sur le mur du fond, derrière la scène. A leur début, John Lennon, alors adolescent, avait trouvé le nom The Quarrymen qui perdura pendant plusieurs années ou le groupe se produit dans divers salle de concerts de Liverpool… Les futurs « Fab four » vont commencer à utiliser différentes variantes – Beetles, Silver Beetles, Long John & The Silver Beetles ou encore Siver Beats – avant de définitivement tomber d’accord en aout 1960 sur le nom The Beatles! Ce dernier fait référence au groupe The Crickets ainsi qu’au film L’équipée sauvage qui parle d’un gang de scarabée (beetles en anglais). Il fait également référence au rythme beat du Rock’n'roll et aux écrivains et poètes Beat de l’époque, Jack Kerouac, William Burrough ou encore Allan Ginsberg, auxquels le groupe s’identifie.

Et voila pour la petite histoire. Portez vous bien et à bientôt peut-être.

C’est l’équinoxe…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

Amis de la tradition celtique et du homard à l’armoricaine réunis, bonjour ! Nous sommes le Mardi 20 Mars 2018, trentième et dernier les-dames-et-les-haveneauxjour de Ventôse dédié au plantoir. Et voici l’équinoxe de printemps, à 16h 15 et 27 secondes très précisément ! La durée du jour sera égale à celle de la nuit. Jour important pour ceux qui ont tendance à perdre le Nord car il permet de situer avec précision les points cardinaux, ce jour-là le soleil se lève plein Est et se couche tout à fait à l’Ouest. (j’en connais d’autres complètement à l’Ouest mais c’est une autre histoire). Mais, équinoxe rime aussi avec grandes marées et donc, pêche à pied. Hélas il y a maintenant plus de monde sur l’estran que sur les grands boulevards.

Chez les celtes, jour d’importance attaché à Onn (l’ajonc). Ostara appelé aussi Oestara, Jour d’Éostre. L’équinoxe de printemps est eostre+-213x300un moment fugace, instant qui marque l’équilibre entre le jour et la nuit, un passage où les forces de la lumière augmentent. On perçoit l’influence nordique de cette fête, avec le nom qu’on lui donne généralement : Ostara. En effet, il provient d’Eostre : une Déesse germanique de la fertilité à qui on faisait des offrandes d’œufs peints pour assurer la venue du printemps. Cette porte de l’année était aussi associée à la déesse romaine Aurora, à la déesse Grecque Èos, à la déesse hindou Ushas (toutes dérivées du prototype indo-européen du nom de Hausos).

Chargé de symboles païens, l’équinoxe de printemps est toujours fêté aujourd’hui. Nous mangeons des lapins en chocolat (le lièvre est l’animal sacré d’Éostre en tant que symbole de fertilité), des poules et des œufs. Le mot Easter qui signifie Pâques en anglais vient d’ailleurs du nom de cette Déesse. La symbolique de l’œuf est très chargée. En effet, il détient en lui la genèse du monde, il est ostara_goddess-300x225une réalité primordiale qui contient en germe la différenciation des êtres. En Égyptien le mot œuf est féminin et « de lui le Dieu jaillira, il organisera le chaos en donnant naissances aux êtres différenciés (Il est à la fois Fils et Père)». On retrouve ce symbole dans de nombreuses religions et son sens est toujours le même. L’œuf est souvent une représentation de la puissance de la lumière. Ainsi il apparaît comme un des symboles de la rénovation périodique de la nature. Mais attention il n’est pas autant naissance que re-naissance, c’est le retour, la résurrection (d’où la récupération de la fête pour la Pâques chrétienne : mort et résurrection de Jésus.). Les comités des fêtes qui organisent aujourd’hui des « chasses aux œufs », ne se doutent pas qu’ils perpétuent ainsi une très vieille et très ancienne tradition païenne.

Allez, voila pour aujourd’hui, portez vous bien et à demain peut-être.