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Destins croisés…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de la chirurgie ambulatoire et du pouce-pied mayonnaise réunis, bonjour ! Ce Lundi 21 janvier 2019 correspond au 2è sant-erwann-680x680-300x300jour de pluviôse dans notre calendrier républicain. C’était le jour dédié à la mousse, ce qui, en temps ordinaire, m’aurait conduit à m’en faire couler une petite. Pourquoi pas une Sant Erwann tiens; c’est une bière de haute fermentation produite par la Brasserie de Bretagne. C’est une bière de caractère, assez alcoolisée, composée de sept céréales : orge, blé, avoine, blé noir, épeautre, millet et seigle (cela est souligné par le slogan sur l’étiquette : 7 siècles, 7 céréales, 7 degrés). Las, sur les conseils de l’académie, je suis contraint à l’abstinence durant ces quelques jours.

La vie s’emploie chaque jour à nous proposer des coïncidences parfois drôles, quelquefois dramatiques et toujours surprenantes. Tenez, à priori, quoi de commun entre ces deux hommes: Vladimir Ilitch Oulianov qui fut relégué par la policLenine-haranguant-189x300e du tsar en Sibérie, au bord de la Léna (d’où le surnom Lénine par lequel il se fera dès lors appeler). Et, Eric Arthur Blair qui se fera appeler George Orwell, né d’un père fonctionnaire en charge du commerce de l’opium aux Indes. Et bien, tous deux sont décédés un 21 Janvier et, plus le premier raffermissait le communisme à la mode soviétique, plus le second s’en éloignait. La « Révolution d’Octobre » débouche sur le pouvoir sans partage des bolcheviques (le nom venant de большинство, bolchinstvo, qui signifie « majorité », par opposition aux mencheviks du russe : меньшинство, menchinstvo, « minorité »). Le Bolchevisme deviendra le Communisme et celui-ci cédera la place au Stalinisme, vous connaissez la suite.

De son côté, le jeune Blair découvre très tôt la nécessité de s’engager. Après des études au collège d’Eton, où il découvre le militantisme, il s’engage comme sergent en Birmanie puis vit de petits boulots à Paris et Londres. Il va se battre en Espagne dès 1936 aux côtés des communistes dissidents du POUM, il prend conscience de la nature totalitaire du communisme à une époque où les intellectuels de son espèce CVT_Orwell-anarchiste-Tory_4612-187x300préféraient en chanter les louanges. À la veille de la seconde guerre mondiale, il est réformé suite à une blessure à la gorge et devient reporter. C’est ainsi qu’il publie en 1945 un petit roman parodique: la Ferme des Animaux. Il s’agit d’une allégorie satirique du communisme qui raconte la prise de pouvoir des animaux dans une ferme, à l’instigation des cochons, et la manière dont ces derniers s’arrogent un pouvoir dictatorial au nom des grands principes : « Tous les animaux sont égaux mais certains sont plus égaux que d’autres…» En 1949, son dernier roman, 1984, décrit une société totalitaire sous le regard d’un chef omniprésent, « Big Brother » et chacun de reconnaître le petit père du peuple dans le grand frère du roman – Staline. L’autorité s’exerce par le contrôle de la langue officielle, la novlangue.

Etonnant, non ! Allez, merci de votre visite, portez vous bien et à bientôt peut-être

Un pognon de dingues…

Posté par erwandekeramoal dans Actualités

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Amis de la procrastination et du chinchard fumé réunis, bonjour! Nous sommes le Samedi 19 janvier 2019, 30è et ancien-crible-a-cerealesdernier jour de nivôse dans le calendrier républicain, officiellement dédié au crible (en photo, un ancien crible à céréales). Par chez nous on fête les Brevalaer (origine celtique de: bran = corbeau et de: uualatr = prince ) qui a laissé son nom à la commune de Loc-Brévalaire non loin de mon ermitage. Demain débute pluviôse mais, sans attendre, il pleut sur Brest…

« Un pognon de dingue » : l’expression dans la bouche du Président avait fait florès et prend ici tout son sens. Les quarante plus grandes entreprises françaises cotées en Bourse, qui constituent le CAC 40, ont versé en 2018 à leurs actionnaires 57,4 milliards d’euros de dividendes, après avoir réalisé 92 milliards de bénéfices en 2017. C’est un record depuis dix ans : 12,8 % de plus qu’en 2017, et 62 % de plus qu’en 2009, en pleine crise. Et, comme les bénéfices ont euros-chocolats-billets-bonbons-enrobes-monnaie-banque-optimisation-fiscale-evasion-fraude-cupidite-goinfrerieprobablement augmenté en 2018, même si les bilans ne sont pas encore bouclés, certains prévoient que le record sera encore battu en 2019. Total a versé les dividendes les plus importants, 10,1 milliards, suivi de Sanofi (qui refuse d’indemniser les victimes de la la Depakine), BNP Paribas, Axa, LVMH, L’Oréal et Schneider. Et ces sept entreprises à elles seules versent 29 milliards, la moitié du total des dividendes. Sur les 57,4 milliards de dividendes, 10,9 milliards ont été consacrés à des rachats d’actions. Cette opération à la mode consiste pour une entreprise à racheter ses propres actions, de façon à ce que les actionnaires restants soient moins nombreux et qu’ils aient droit à une part plus importante des CAC40-qui-se-goinfredividendes. D’autres entreprises choisissent de verser une partie des dividendes sous forme de nouvelles actions offertes aux actionnaires. Des profits comme s’il en pleuvait. Ensemble, les quarante groupes ont engrangé, en un an, 93,4 milliards d’euros de bénéfice net. Bref, le chiffre des 100 milliards n’est plus très loin… Puisque on vous dit qu’il n’y a pas d’argent, qu’il faut résorber la dette, diminuer la dépenses publiques, sanctionner ceux qui profitent des allocations, retarder l’âge de départ à la retraite, augmenter le temps de cotisation… Et surtout, ne pas revenir sur la suppression de l’ISF sans oublier d’aller communier à la grand messe du grand débat national et se faire grandement empapaouter dans les grandes largeurs et les grandes largesses de nos bons maîtres.

Et voilà, ça me reprend, fallait pas me lancer là-dessus non plus. Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

La griffe du Diable…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

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Amis de la libre pensée et de la caille aux raisins réunies, bonjour! Nous sommes le Vendredi 18 janvier 2019, 29è jour de nivôse dédié au Mercure. Et les bas-bretons armoricains vont fêter les Gwendal.

Gwennhaël (puisque c’est là l’origine de ce prénom), né au commencement du VIème siècle, succéda en 532 à Gwennolé comme abbé de l’abbaye de Landévennec. En 539, il quitta son abbaye pour se rendre en Irlande où il séjourna trente quatre ans. Revenu en Armorique, il fonda sur les bords du gouache-anonyme-300x230Blavet un monastère où il mourut vers 585-590. Ce nom, dont la forme originelle Uuinhael revient à plusieurs reprises dans le cartulaire de Redon est composé en vieux breton des qualificatifs uuin, « sacré, béni » et hael « noble, généreux ». Par fausse régression, ce nom a évolué en vendal dans plusieurs lieux-dits : Kervendal, noté anciennement Kervennal, et dans Saint-Guendal, nom d’une chapelle en Douarnenez noté Saint Guenel en 1691 (ci-contre une gouache de belle facture dont l’auteur restera à jamais inconnu). Pour la trouver (la chapelle, pas la gouache), il faut aller en direction de Confort-Meilars par la D 785. Elle se niche sur la gauche à environ 1 km après la sortie de Pouldavid (29). Dans le placître de la chapelle du même nom, en bas tout près de la route.

C’est un grand monument qui possède un toit incliné et un petit bassin. On y jetait des pièces, vite récupérées par les garnements. Aussi les pèlerins les cachaient dans les interstices, entre les pierres de construction. Le tout était Douarn-st-Vendal-300x214dissimulé par des morceaux de faïence. Elle aurait le pouvoir de guérir de la goutte et des rhumatismes ( en breton gwendré) et, plus largement, tous les maux qui entravent la marche. Encore aujourd’hui, et particulièrement le jour du pardon, des personnes s’aspergent les membres en souffrance de l’eau de la fontaine. Pour ce qui me concerne, j’ai résolu de confier mon avenir au chirurgien du CHRU de Brest qui va prothèser ma hanche la semaine prochaine. Le  pardon de St Vendal était très prisé surtout des bigoudens qui venaient nombreux même si les conditions étaient difficiles : le pardon était appelé « pardon va e kostez » en raison de la configuration du terrain. Certains l’appelaient aussi « pardon an dud affliged ». Le pardon de Saint-Vendal est le tout dernier de l’année, il 8debbc607191a9cda3d05de32320653e-saint-tudgal-fera-le-pardon-de-saint-vendal_0marque traditionnellement la fin des travaux agricoles. « On l’appelait aussi le pardon des châtaignes », et en bande, on s’y rendait à vélo. Mais, attention, on dit que le diable n’est jamais loin; d’ailleurs, on y trouve cette étrange fleur (en vérité un champignon) que les autochtones nomment la griffe du diable et les scientifiques:  « Anthurus d’Archer ». De quoi créer une foule de légendes et de superstitions.Quant au prénom Gwendal, qui jouit d’une vogue certaine, il apparaît donc comme une forme évoluée et populaire de Gwenhael. L’acception « au front béni » est donc erronée.  Largement répandu de nos jours, le succès de ce prénom est sans doute à mettre au crédit du célèbre groupe musical du même nom.

Bon, ben, je crois que j’ai tout dit, allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Antoine au jardin des délices…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

Amis de la gastronomie et de la brasse coulée réunies, bonjour ! Nous sommes le Jeudi 17 janvier 2019, 28è jour de nivôse dédié au Zinc (mais pas au bar). Aujourd’hui, nous célébrons (ou pas) Antoine. Attention, St Antoine le grand, pas celui de Padoue… C’est un peu le patron de tous les anachorètes et cénobites réunis. On sait tout de lui grâce à Athanase d’Alexandrie qui a bien voulu nous raconter sa vie. Il st Antoine Dvécut jusqu’à l’âge canonique de 105 ans et passa une grande partie de sa vie en Thébaïde sur le mont Qolzum. Il est resté célèbre pour avoir résister toute au long de sa vie aux tentations du Malin; les fameuses tentations de Saint Antoine. A l’inverse de votre serviteur qui a su résister à tout sauf aux tentations… La vie de saint Antoine et ses tentations ont inspiré de nombreux artistes, notamment Jérôme Bosch, Pieter Bruegel,  Max Ernst, Matthias Grünewald, Diego Vélasquez et Dali dont on voit un extrait ci-dessous: La toile fut réalisée en 1946 à New York. Dali s’était alors rapproché du cinéma et réalisa cette œuvre lors d’un concours organisé pour une adaptation cinématographique du roman de Guy de Maupassant, Bel-Ami. Le concours fut remporté par Max Ernst et la toile de Dali ne fut pas acceptée. Gustave Flaubert lui a DALIégalement consacré un récit (La Tentation de saint Antoine). Les artistes ont aussi souvent représenté sa rencontre avec Paul de Thèbes, peu de temps avant la mort des deux ermites (cathédrale de Chartres). De nombreuses représentations du saint nous le montrent accompagné d’un cochon portant une clochette. Selon Émile Mâle qui signale que cette tradition date de la fin du XIVe siècle, le cochon n’a rien à voir avec la vie du saint mais avec un ordre religieux fondé en Dauphiné en 1095 (les Antonins) : les porcs n’avaient pas le droit d’errer librement dans les rues, à l’exception de ceux des Antonins, reconnaissables à leur clochette. Etonnant, non !

Allez, encore merci d’être passé, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Les damnés de la terre…

Posté par erwandekeramoal dans HUMEUR

Amis de la vérité historique et du vin de paille réunis, bonjour ! Nous sommes le Mercredi 16 janvier 2019, 27è jour de Nivôse, dédié au Plomb et vous me faites l’amitié de jetele cenobite face à son clavierr un œil sur le billet quotidien des « cénobites tranquilles ». C’est le 4311è de la série et, comme vous, 480 000 autres visiteurs ont bien voulu s’y attarder un moment. Je ne dirais jamais assez l’indicible bonheur que cela me procure fusse au péril de ma modestie légendaire. Infime goutte d’eau dans l’océan chimérique d’internet, minuscule bloguinet tentant d’apporter sa pierre à l’édification d’une conscience universelle qui donnerait aux peuples la force de se débarrasser de tous ces malfaisants qui se sont accaparé  notre droit imprescriptible à disposer de nous mêmes…

Combien de temps encore les damnés de la terre supporteront-ils ce système qui, non content d’engraisser quelques uns avec la sueur des autres, s’ingénie à détruire notre planète ? Ce sont les mêmes qui font monter la menace du terrorisme pour justifier la guerre. Ce sont les mêmes qui exagèrent les risques de pandémie pour vendre leurs vaccins. Ce sont les mêmes qui louent les mérites des OGM pour forcer le commerce de leurs semences. Ce sont les mêmes qui polluent, qui déforestent, qui délocalisent, qui font travailler jemmerde...-279x300les mômes en Inde et au Pakistan pour un salaire de misère. Ce sont les mêmes qui laissent crever les habitants de Gaza et qui s’apprêtent à foutre sur la gueule de l’Iran parce que là bas il y a du pétrole qu’on ne peut tout de même pas laisser entre les mains des mollahs. Ils tiennent popote à Bilderberg ou aux diners du Siècle, ils pantouflent dans les agences de notation, ils sinécurent dans les conseils d’administration, ils font du gras dans les salons dorés de l’Europe ou de la République, notre République. La leur, celle des copains et des coquins s’est couchée depuis longtemps, comme une vielle catin à la resquille devant sa majesté Le Marché. Marché de dupes bien entendu. Fort heureusement, le grand débat national va nous permettre d’exorciser tous ces vieux démons, enfin, peut-être car, comme disait Talleyrand « En politique, ce qui est cru est plus important que ce qui est vrai « .

Allez, merci d’être passé, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Ca vient du blues…

Posté par erwandekeramoal dans JAZZ, PORTRAIT

Amis de la métaphore et de la crêpe Suzette réunies, bonjour ! Nous sommes donc le Mardi 15 janvier 2019, 26è jour de nivôse dédié à l’Etain. Si le prix du kilo de langoustines à provoqué chez vous un spleen insurmontable, je vous propose d’enfoncer le clou en écoutant un maître du blues : Junior Wells.

Amos Blackmore Wells – alias Junior Wells – est élevé à West-Memphis, Arkansas, où il apprend par lui-même l’harmonica. Il rencontre tout d’abord le maître de cet instrument, Sonny Boy Williamson puis, inspiré par les bluesmen locaux, Junior Wells se met à jouer dans les rues. Installé à Chicago en 1946,Junior-Wells devenu un Junior Wells virtuose et un très bon chanteur, il accompagne Tampa Red, Big Maceo et Little Johnny Jones. Il fonde ensuite les Little Chicago Devils, qui deviendront les Three Deuces puis les Aces, avec le guitariste Louis Myers, son frère David Myers à la basse et le batteur Fred Below. Aussi inventif que Little Walter, Junior Wells amplifie également son harmonica ce qui lui permet un jeu distordu et soutenu, en restant très respectueux des traditions du Blues. C’est ainsi que Muddy Waters fera appel à lui et que Memphis Slim en fera de même.

Mais le tournant de sa carrière a lieu en 1965, lorsqu’il s’associe au guitariste Buddy Guy dont je vous ai parlé ici (voir mon billet du 30 juillet 2010), pour donner naissance ensemble à une série de titres devenus aujourd’hui incontournables dans l’histoire du Chicago Blues. Ici à gauche Junior-Wells-et-Buddy-Guyavec Buddy Guy. A la fin des années 60, Buddy Guy et Junior Wells se partagent l’affiche à égalité et se produisent un peu partout dans le monde, faisant même la première partie d’un concert des Rolling Stones en 1970. Trop de titres pour tous les citer içi, tant l’empreinte de Junior Wells sur le Chicago Blues est immense. Un coup de coeur particulier pour ses enregistrements des années 50. Il est décédé le 15 janvier 1998 à Chicago.Sources:La grande encyclopédie du Blues. Petit rappel pour les puristes, l’harmoniciste est le joueur d’harmonica et non pas d’harmonium comme la fameuse Mlle Lelongbec de Fernand Raynaud qui en jouait à l’église Ste Marie des petits pieds de Jésus; dans ces cas là, on dit organiste, crois-je…

Pour sûr, un très grand à écouter en boucle ou en stéréo, c’est vous qui voyez. Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Black velvet…

Posté par erwandekeramoal dans JAZZ, PORTRAIT

Amis de la prosopopée et du marron d’Inde réunis, bonjour Nous sommes le Lundi 14 janvier 2019 et malgré vos bonnes résolutions, vous êtes encore devant votre ordinateur… c’est le 25è jour de nivôse dédié au chat. Pour ma part je voulais le dédier à un pianiste de jazz que je considère comme l’un des meilleurs pour son swing renversant et qui nous a quitté un 13 janvier en 1963 à New York. Je veux parler de SONNY CLARK.

Il débute sa carrière professionnelle au début des années 1950 en Californie, collaborant avec de nombreux musiciens et sonny clarknotamment comme sideman du saxophoniste ténor Wardell Gray et du clarinettiste Buddy De Franco. Avec ce dernier il effectue une tournée européenne en 1954, enregistrant de nombreuses sessions, notamment à Paris avec Jimmy Raney en février. L’année 1957 représente un tournant dans sa carrière musicale; il s’installe à New York et sa renommée naissante l’amène à effectuer de nombreuses collaborations avec des musiciens confirmés (Charles Mingus, Sonny Rollins…).

Le 23 juin 1957 il rejoint le label Blue Note. A partir de ce moment, il ne quittera plus le prestigieux label d’Alfred Lion. Un mois plus tard, le 21 juillet 1957, il enregistre son premier album en tant que leader, Dial « S » For Sonny. Disciple de Bud Powell, Sonny Clark après sa mort prématurée ,à l’age de 31 ans, d’une crise cardiaque ( la rumeur veut que ce soit à la cool-struttinsuite d’une overdose d’héroïne) a été longuement et injustement oublié du public. Il faut attendre le milieu des années 1990 et les nombreuses rééditions de Blue Note pour redécouvrir ce talentueux pianiste, qui était respecté par ses contemporains (dont Bud Powell) et qui à directement influencé nombreux pianistes par la suite (en particulier Bill Evans). Son style vif et très technique a longtemps été très prisé des amateurs de jazz. Pianiste hard bop par excellence, Sonny Clark enregistre le 5 janvier 1958, en tant que leader, Cool Struttin’ qui obtiendra un grand succès commercial et qui restera jusqu’à aujourd’hui, l’une des références majeures du hard bop. L’extrait vidéo c’est Black Velvet, un vrai petit bijou (bravig en breton).

Allez, merci à vous d’être venu jusqu’ici. Portez vous bien et à bientôt peut-être.

La ballade défendue…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

Amis des bars-à-vins et du coquelet en sauce réunis, bonjour! Nous sommes le Samedi 12 janvier 2019, 23è Villonjour de nivôse dédié au fer. Comme n’aurait pas manqué de le faire remarquer Bourvil: il faut le faire ! Quand bien même, pour la pataphysique, ce 12 Janvier 2019 est en réalité le Dimanche 15 Décervelage 146 Conscience d’UBU. Alors que je poursuis ma paisible retraite dans mon modeste ermitage et que les bruits du monde me parviennent assourdis par l’étrange lucarne, me laissant quelques temps libres, il m’est venu à l’esprit de relire Villon. Façon personnelle d’échapper au bruit et à la fureur des temps modernes;  Je vous ai mis de côté cette strophe qui ne saurait vous déplaire:

Sur mol duvet assis, ung gras chanoine,
Lez ung erasier, en chambre bien nattée,
A son costé gysant dame Sidoine,
Blanche, tendre, polie et attintée,
Boire ypocras, à jour et à nuytée,
Rire, jouer, mignonner et baiser,
Et nu à nu, pour mieux des corps s’aiser

François VILLON …

Voila bien la philosophie qui sied à un cénobite. D’ailleurs, je vais de ce pas m’en resservir un petit en guise de solution hydro-alcoolique ce qui devrait gibetavoir un effet immédiat sur les hordes de microbes qui se sont mis en tête de nous pourrir la vie. Juste pour vous faire baver, il s’agit d’un Single Malt en provenance de Isle of Jura, un Signatory vintage millésimé 1997, bouteille N° 311… Quand je pense qu’à une lettre près notre poète porte le même nom qu’un ancien premier sinistre. C’est un coup à vous éloigner de la poésie où de la politique!

Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

La vérité si j’mens…

Posté par erwandekeramoal dans Actualités

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Amis de l’anacoluthe et de l’endive braisée réunies, bonjour! Nous sommes déjà le Vendredi 11 janvier 2019, 22è jour de nivôse dédié au sel… Aujourd’hui donc, le calendrier des postes voudrait nous faire croire que c’est la St Paulin… En vérité, en Bretagne armoricaine, c’est la St Hernin.

Le 7 janvier sur le plateau de L’Info du vrai d’Yves Calvi sur Canal +, Michel Wieviorka commentait la mobilisation des Gilets jaunes et les violences survenues entre certains manifestants et les forces de l’ordre. Le sociologue a pointé du doigt, parmi ce mouvement, une présence de «l’extrême droite». Puis, reprenant la parole, il a eu cette phrase étrange : «J’ai vu dans plusieurs endroits de Paris des tags avec « A » entouré d’un cercle, qui est un symbole d’extrême droite.» Ma Doue beniged, l’inculture de ces experts de l’expertise est michel-wieviorkaabyssale et, pour tout dire navrante. Or donc, piqure de rappel sur l’origine d’un logo pas tout à fait comme les autres. Grâce à un petit livre très illustré paru il y a quelques temps, on connaît enfin l’origine de ce symbole, sceau de l’insoumission, de la rébellion, de l’anarchisme : le A cerclé, ou A dans l’O. A force de le voir graffité sur des murs à la craie, à la bombe (de peinture), sur des T-shirts et des drapeaux, on pensait qu’il était là depuis toujours. Certains pensaient que ce A dans l’O était des lettres d’évangile ou encore le A et l’O extraits du nom de Ravachol, le militant anarchiste. D’autres ont cru qu’il synthétisait, au XIXe siècle, l’idée de l’anarchie dans l’ordre prônée par Pierre-Joseph Proudhon. La plupart (espagnols…) ont semblé le voir, pendant la guerre d’Espagne, arboré quelque part dans la colonne Durruti.

En fait, ce signe est une création iconographique plus récente. Etudes et preuves à l’appui, certifiées par le Centre d’études libertaires Pinelli de Milan et le Centre international de recherches sur l’anarchisme de Lausanne, on sait désormais que le premier A cerclé remonterait à 1964. En avril précisément, il apparaît dans le Bulletin des Jeunes Libertaires comme projet de signe de ralliement proposé « à l’ensemble histoire véridiquedu mouvement anarchiste ». On connaît les noms des  concepteurs : Tomas Ibanez et René Darras. En 1968, il reste encore discret. Redessiné élégamment (A avec empattement, en négatif sur fond circulaire noir) en 1971 par le frère d’Amedeo Bertolo, Gianni, pour être le titre d’un officiel mensuel anarchiste, il retrouve sa place dans son camp, après avoir été utilisé par l’extrême droite, notamment en Italie. Pour Amedeo Bertolo, le « père adoptif » du A cerclé, à qui on demande si après 40 ans, le A dans l’O a bien vieilli, sa réponse est claire : « Il me semble encore très efficace, tant comme symbole de révolte anti-autoritaire que comme “ signature ” des multiples anarchismes contemporains.  (Sources:Article de Mesplé paru sur Rue 89. « A cerclé, histoire véridique d’un symbole » ed. Alternatives)

Voili, voila, confondre la croix celtique et le «A» cerclé est révélateur du niveau d’inculture de ceux qui causent dans le poste, inondent les plateaux de leur ignorance crasse et nous assomment à coup de clichés et d’idées préconçues. Allez, merci de votre visite, portez vous bien et à bientôt peut-être.

La complainte de la butte…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

Amis de la géologie et du rougail saucisse réunis, bonjour! Nous sommes le Jeudi 10 janvier 2019, 21è jour de nivôse dédié à la pierre à plâtre, autrement dit le Gypse. On l’a extrait pendant fort longtemps des fameuses carrières de Montmartre, dont le gypse fut exploité depuis l’époque gallo-romaine et transformé par les nombreux fours à chaux de la butte carrièreMontmartre. Ils ont longtemps servi à confectionner le plâtre le plus fin et le plus réputé, tant pour la construction que pour les moulages : le « plâtre de Paris » ou « blanc parisien ». En Bretagne, histoire de ne point faire comme tout un chacun, on fête les Ratian. Disciple de saint Guénolé, saint Ratian aurait protégé Elliant, Tourc’h, Langolen et les localités avoisinantes lors d’une épidémie de peste. Un chant du Barzaz Breiz transcrit par Théodore Hersart de La Villemarqué, mais qui daterait du VIe siècle l’évoque:

Tre Langolen hag ar Faouet
Eur Barz santel a zo kavet ;
Hag hen Tad Rasian hanvet.

Quand aux carrières de Montmertre (comme disait Bruant), on dit qu’à la fin du XIXe siècle, elles s’étendaient sur plus de 300 km de galeries. Le plâtre fut utilisé à grande échelle dans la capitale, d’où le dicton Montmartrois : « Il y a bien plus square Louise M.de Montmartre dans Paris que de Paris dans Montmartre ! » Hélas, lors de la Commune de Paris, les carrières furent transformées en lieu d’exécution et en fosses communes. D’ailleurs, lors de votre prochaine visite, cheminez donc jusqu’au bout de la rue Ronsard, vous y trouverez le square Louise Michel ; c’était l’entrée des carrières. C’est au gypse que l’on doit ces merveilleuses concrétions sédimentaires que sont les roses des sables. Et puisque l’on parle de Montmartre, prenez deux minutes pour écouter « la complainte… »

Et voila, maintenant vous l’avez dans la tête pour toute la journée. En attendant le prochain billet, portez vous bien et à bientôt peut-être.