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Saint Aubin du cormier:début de la fin…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

Amis de la cuisse de grenouille et de celle de Jupiter réunies, bonjour ! Nous sommes le Vendredi 26 juillet 2019, 8ème jour de thermidor consacré au carthame. Le carthame des teinturiers ou Safran des teinturiers, safranparfois appelé Safran bâtard, est une plante originaire d’Égypte, dont le nom dériverait d’un mot arabe qurtum. Elle produit un fruit, un akène oléagineux, dont les graines sont utilisées pour produire des huiles alimentaires ou de massage (la fameuse huile de carthame) qui sont parfois intégrées à des produits cosmétiques pour les cheveux. Cette huile au parfum prononcé est surtout utilisée à froid. Non raffinée, elle a une légère saveur de noisette et sa couleur se rapproche du jaune ambré foncé, tandis que raffinée, elle ne présente aucune saveur et sa couleur est plutôt jaune pâle.

Un peu d’histoire.

Le 26 juillet 1488 marque le début de la bataille de Saint Aubin du Cormier considérée par les nationalistes bretons comme le début de la fin. Après avoir été défait par les troupes royales, François II, Duc de Bretagne, doit accepter le traité du verger signé le 19 août 1488. Le duc s’engageait à éloigner du duché les princes et tous les étrangers Malivelqui s’étaient mêlés de la guerre contre le roi de France ; il ne marierait pas ses filles sans consulter le roi de France ; St Malo, Fougères, Dinan et Saint-Aubin sont remises en garantie au roi dont les droits sur la succession ducale sont réservés pour le cas où le duc décèderait sans enfant mâle. Les mariages d’Anne de Bretagne avec Charles VIII puis avec Louis XII résultent de ce traité. A droite un dessin de Jeanne Malivel -1922-

Malgré cette victoire, et le traité du Verger, dès la fin 1488, la guerre reprend pour encorbezenn perrote trois ans, jusqu’à ce qu’en décembre 1491, Charles VIII épouse Anne de Bretagne. Cette bataille est considérée par les historiens comme le moment où la Bretagne perd définitivement son indépendance. Comme l’écrit Léon Le Meur, « La bataille de Saint-Aubin sonna le glas des espérances bretonnes ». Des nationalistes bretons, tel Célestin Lainé (triste sire peu fréquentable, créateur du Bezenn Perrot, milice bretonne de collaboration) ont fait disperser leurs cendres sur le lieu de la bataille. La peste soit de tous les nationalismes!

Bon, et bien voilà pour aujourd’hui, un mélange des genres en quelque sorte. Mais vous l’avez sûrement deviné, je suis assez pour le mélange. Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

De tout et de rien, surtout de rien…

Posté par erwandekeramoal dans HUMEUR

Amis de la libre expression et du p’tit maquereau à la bretonne réunis, bonjour ! Nous sommes le Jeudi 25 Juillet 2019, septième jour de thermidor dédié à l’armoise (le premier qui dit l’armoise à pharmacie est à l’amende).

Alors que j’hésite sur le thème de ma chronique quotidienne, me  remonte à la mémoire ce texte de Stendhal:
« Pourvu qu’on ne plaisantât ni de Dieu, ni des prêtres, ni du roi, ni des gens en place, ni des artistes protégés par la cour, ni de tout ce qui est établi, pourvu qu’on ne dît du bien ni de Béranger, ni des journaux de l’opposition, ni de Voltaire, ni de Rousseau, ni de tout ce qui permet un peu de franc-parler ; pourvu qu’on ne parlât jamais de politique, on pouvait raisonner librement de tout ».
En cherchant plus loin, je trouve celui-ci de Beaumarchais:
« Pourvu que je ne parle en mes écrits ni de l’autorité, ni du culte, ni de la politique, ni de la morale, ni des gens en place, ni des corps en crédit, ni de l’opéra, ni des autres spectacles, ni de personne qui tienne à quelque chose, je puis tout imprimer librement sous l’inspection de deux ou trois censeurs »  
Force est de constater que l’on a rien inventé. Nos illustres ainés savaient déjà que pour la tranquillité d’esprit et les gros tirages, il est préférable de parler de tout et de rien, sréfléchir...urtout de rien, de la pluie et du beau temps, des amours tarifées des footballeurs, du dernier lauréat de la « star’ac », et de l’ascension dantesque du col du Tourmalet… Ainsi un blogue qui s’entête chaque jour à vous parler de l’anarchisme, des valeurs Républicaines, des luttes ouvrières, de justice sociale et autres billevesées a peu de chance de créer le buzz sur le Net et à se retrouver dans le top 10. Ainsi va la vie. Il y a des gens qui se plaignent de tout alors qu’ils ne manquent de rien pendant que d’autres qui manquent de tout ne se plaignent jamais de rien…

Voici donc bientôt dix ans que je me suis lancé dans l’aventure et que j’essaye vaille que vaille, jour après jour, avec humeur souvent, avec pensee-uniquehumour quelquefois, de parfaire une galerie de portraits de ceux qui ont lutté avant nous pour qu’aujourd’hui nous puissions continuer à espérer en des jours meilleurs. Ces rêveurs magnifiques qui ont inventé le concept de la chose publique et des droits de l’homme. Voilà pourquoi, chers lecteurs, votre fidélité m’est chère et vos commentaires toujours appréciés. Or donc, comme disait le grand Georges: Refusant d’acquitter la rançon de la gloir’, Sur mon brin de laurier je m’endors comme un loir.

Allez, merci d’être passé par ici, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Si vis pacem…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de la poésie engagée et du boeuf miroton réunis, bonjour ! Nous sommes le Mercredi 24 Juillet 2019, sixième jour de Thermidor dédié à la prêle. Par chez nous, certains vont célébrer Milliau qui fut Roi de Bretagne (Duc) aux alentours de l’an 530. Petit fils d’Alain le long et fils de Budic 1er. On retrouve ce nom dans plusieurs communes du allée couverteFinistère (29) et des Côtes d’Armor (22): Pluméliau, Ploumilliau et son fameux calvaire, Guimiliau et son retable, et bien sûr, la magnifique île Milliau en face de Trébeurden, dans les Côtes d’Armor cette fois, et qui fut habitée plusieurs milliers d’années avant l’arrivée des grands bretons comme en témoigne cette allée couverte… (à droite). Mais pourtant, j’ai choisi d’adresser un coup de chapeau en passant à Jean Roger Caussimon né un 24 juillet en 1918.

Comédien, acteur, poète, et chanteur compositeur libertaire. Après des études secondaires à Bordeaux et une formation de comédien (premier prix de comédie à 17 ans ), il « monte à Paris » où il est admis au conservatoire. Mais la guerre éclate et, mobilisé, il se retrouve en AVT_Jean-Roger-Caussimon_9334captivité. Libéré fin 1944, il peut enfin faire du théâtre, et tourner dans des films (une centaine). Il donne également des récitals de poésie et de chansons (de sa composition) dans divers cabarets de la capitale. Au « Lapin Agile », sa rencontre avec Léo Ferré (qui débute aussi), marquera sa carrière de chanteur engagé. En 1970, il enregistre son premier disque qui sera suivi par plusieurs autres, couronnés par de nombreux prix. Très loin de la variété commerciale, il saura enthousiasmer les gens, lors des 250 récitals donnés en France et à l’étranger. Impossible de citer les titres de toutes ses chansons pleines de poésie et de révolte : « La Commune est en lutte », « Les Coeurs purs »,  » Si vis pacem », etc.

Si vis pacem… pars à vélo!(…)

« Parcours ton pays et la terre
A pied, à la nage, en ballon…
C’n'est pas partout paradisiaque
Mon fils, mais retiens la leçon :
Méfie-toi des paranoïaques
Surtout s’ils portent des galons! (bis)
La grand’rue de la Liberté
Pour qu’elle reste magnifique
Faut pas la mettre à sens unique
Ou qu’on en fasse un’ rue barrée…
Et tout ce que l’on peut souhaiter
Etant donné qu’la Terre est ronde
C’est qu’elle fass’ le tour du monde…
La grand’rue de la Liberté! « 

Voila pour cette journée estivale quasi caniculaire, ça sera suffisant pour aujourd’hui, après tout, c’est les vacances ! J’espère que les vôtres se passent bien; c’est tout le mal que je vous souhaite…Portez vous bien et à bientôt peut-être.

Fada de Fado…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

Amis de la tristesse infinie et du bacalao réunis, bonjour ! Nous sommes le Mardi 23 juillet 2019, 5è jour de thermidor dédié au bélier. En breton on dit ar maout. Dans le Gouren (la lutte bretonne) le vainqueur reçoit comme récompense un bélier, symbole de force et de vaillance.

Tout à fait autre chose.

Le 23 juillet est le jour anniversaire de la naissance d’Amalia Rodrigues, chanteuse de fado qui évoque pour moi une tonne de souvenirs. Je me souviens d’une promenade à la fraîche dans les ruelles de l’Alfama, quartier de Lisbonne, et des échos d’une musique envoûtante émanant Amalia -D-d’un cabaret ténébreux et enfumé. Je venais de devenir fada du Fado. Les capitaines faisaient la révolution, un oeillet dans le canon du fusil et le peuple portugais découvrait avec ivresse les joies de la démocratie. Dès le lendemain je me mis en quête d’un disque d’Amalia Rodrigues.  Surnommée la reine du fado, c’est certainement la chanteuse qui a le plus popularisé le fado dans le monde. Elle a enregistré plus de 150 disques au cours de sa carrière. Elle était née dans le quartier de l’Alcântara et sera élevée par sa grand-mère maternelle à Lisbonne.

Lors de ses funérailles, des centaines de milliers de Lisboètes descendent dans les rues pour lui offrir un ultime hommage. Elle avait voulu que sa musique Grito soit chantée ce jour là. Elle est enterrée au 285dd30d54eefdb64c91bfa542367f5c--visit-portugal-wall-paintingscimetière des Prazeres, à Lisbonne. Quelques heures après le décès de la chanteuse, un journaliste portugais décrit ainsi l’ambiance générale : « C’est trop de douleur pour un si petit pays ». Suite à son décès, les partis politiques décident de suspendre le dernier jour de campagne électorale pour les législatives qui se déroulent cette année là. Tristesse partagée donc car, on l’apprendra plus tard, en dépit de ses liens avec le régime fasciste de Salazar, la chanteuse avait à cette époque donné beaucoup d’argent au parti communiste clandestin. Il n’y a plus qu’à attendre la mort de Mireille Mathieu pour que nos politiques se retirent…

Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

L’ivraie de famille…

Posté par erwandekeramoal dans HUMEUR

Amis de mes amis et du petit salé aux lentilles réunis, bonjour ! Nous sommes le Lundi 22 juillet qui correspond au quatrième jour de thermidor c’est à dire au jour consacré par le calendrier Républicain à l’ivraie. Séparer le bon grain de l’ivraie…C’est quelque part dans les évangiles mais j’avoue que je ne m’en souviens pas, Matthieu peut-être. L’ivraie est une plante très commune de la famille des files-fichier_3055-satan-semant-l-ivraie-c-felicien-rops-c-musee-royal-de-mariemont-204x300graminées, utilisée comme fourrage et autrement nommée « Ray-grass ». L’ivraie enivrante, Lolium temulentum, est la seule graminée dont les graines sont toxiques pour l’homme. Consommées en petite quantité, elles induisent des effets comparables à l’ivresse, d’où son nom populaire. Perso, j’ai jamais compris en quoi l’ivresse était toxique ! C’est sans doute ce qui faisait dire à mon aïeule, toujours à l’affût d’un jeu de mots pourri: qu’importe le flacon pourvu qu’on ait l’ivraie… L’ivraie de famille évidemment ! répondait aussitôt quelqu’un d’encore plus influencé par l’almanach Vermot. (L’illustration représente un tableau de Félicien Rops: Satan semant l’ivraie) Et puis tiens, histoire de vous permettre de vous présenter à « questions pour un champion ». Saviez vous que les terrains de tennis « gazonnés » sont semés d’ivraie; notamment celui de Wimbledon. Ils sont aussi semés d’embûches ce qui explique peut-être les défaites répétées des français. Amusant non ? Je crois que c’est Isaac Asimov (Fondation) qui disait:  « le calembour est la forme la plus noble de l’esprit ». J’ai la faiblesse de croire qu’il ne disait pas que des bêtises… Il en écrivait aussi ! Bon d’accord, je m’arrête là (et las); je dois aller faire les commissions.

Allez merci pour votre infinie indulgence à l’égard de l’auteur. Portez vous bien et à bientôt peut-être.

C’est l’heure de la tisane…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

Amis de l’aposiopèse et de l’huile de foie de morue réunies, bonjour ! Nous sommes le Samedi 20 juillet 2019, deuxième jour de thermidor dédié au bouillon-blanc. Une des plus anciennes plantes médicinales connues des apothicaires, herboristes et autres phytothérapeutes. Lbouillon blances fleurs séchées de molène, c’est le nom de l’espèce, entrent dans la composition de la célèbre tisane des « quatre fleurs » utilisée de longue date et de nos jours encore en cas de refroidissement et de toux. Cette tisane n’a en fait des « quatre fleurs » que le nom car en réalité, elle en comprend sept, mélangées à parts égales : mauve, guimauve, gnaphale, tussilage, coquelicot, violette et bouillon-blanc. Le bouillon-blanc seul en infusion est également réputé pour résorber les petites irritations anales. Alors, ça vous chatouille ou ça vous grattouille ?

Le 20 juillet c’est aussi l’anniversaire de mon grand qui le fêtera là bas de l’autre côté de la Manche et à qui j’adresse tous mes vœux evel just… Il est né le même jour que Bony B. célèbre joueur d’harmonica et chanteur de blues qui a vu le jour en 1974 sous un arbre sacrée le Bagnan. Il passe ses premières années sous le régime de Pol Pot. C’est pas de bol ! Les initiés reconnaitront un morceau de Muddy Waters.

Allez, le bonjour vous va, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Un paysan bas-breton…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de l’ornithologie et de l’ortolan braisé réunis, bonjour ! Nous sommes bien le Vendredi 19 juillet 2019 qui correspond au 1er jour de Thermidor dédié à l’épeautre. Dans la première mouture du calendrier républicain ce mois là avait été nommé fervidor, du latin fervidus, homard Goutalbrûlant. Mais, allez savoir pourquoi, Fabre d’Églantine décida de le débaptiser sans autre forme de procès et sans même en informer la Convention. Thermidor a l’inconvénient d’introduire une expression d’origine grecque dans une nomenclature dont tous les autres termes sont latins. Ça c’est pour les puristes. Néanmoins, je retiens que c’est thermidor qui a vu la fin de Robespierre et du même coup de la terreur. La fièvre révolutionnaire eut-elle été moins sanguinaire si Fabre avait conservé le nom de fervidor ? Et si le nez de Cléopâtre, et si ma tante… Oui bon, on finirait par chercher l’épeautre dans l’œil du voisin. Vous, je ne sais pas mais, personnellement, ce que j’apprécie dans thermidor, c’est le homard, un peu comme de Rugy…

Un peu de lecture pour l’été…

Voici l’histoire d’un drôle de  paroissien qui nous a laissé des textes époustouflants sur la condition paysanne de ce 19ème siècle. Jean-Marie Déguignet, né le 19 juillet 1834 à Guengat (29), est issu d’une famille de condition très modeste. Celle-ci subit de plein fouet la misère Memoires_paysan_bas_breton-Deguignet-203x300engendrée par l’épidémie de mildiou des années 1845 et 46 – celle qui provoqua l’émigration des Irlandais. Il devint donc mendiant. Après cette crise, il parvint à se faire engager dans plusieurs fermes comme vacher, notamment à la ferme-école d’agriculture de Kermahonnet en Kerfeunteun. Récupérant des feuilles oubliées par des élèves, il apprend à écrire et lire le français par lui-même. En 1854, il s’engagea dans l’armée de Napoléon III. Il y restera 14 ans. Il participa à la guerre de Crimée, à la campagne d’Italie, à la soumission de la Kabylie en Algérie, ainsi qu’à l’expédition du Mexique. Lors de ces campagnes il apprit l’italien et l’espagnol, aidé en cela par ses connaissances en latin acquises au catéchisme.

Revenu en Bretagne, il sera tenancier d’un débit de boisson. Sa femme mourut alors dans un delirium tremens, et il abandonna ce commerce. Il obtint ensuite une licence pour être débitant de tabac à Pluguffan. Mais en butte à l’opposition du curé qui incitait depuis sa chaire au boycott 220px-Deguignetde son commerce, car Déguignet était ouvertement anticlérical, il dut quitter la commune au bout de quelques années. Retombé dans la misère, il passera ses dernières années à Quimper où il fréquentait la bibliothèque municipale pour y lire les journaux républicains. Il rédigea même sa vie par deux fois, car il en avait vendu le premier manuscrit à Anatole Le Braz et cru que ce dernier avait voulu faire disparaître son témoignage. Il fut retrouvé mort à la porte de l’hospice de Quimper, le matin du 29 août 1905. Si l’occasion vous en est donnée, jetez vous sur un de ses textes, vous ne regretterez pas le voyage.

Allez, bonne lecture, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Jouez hautbois, résonnez musettes…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis du petit patrimoine et du riz au lait réunis, bonjour ! Chalemies+09Nous sommes le Jeudi 18 Juillet 2019 c’est à dire le 30 de messidor et c’est le jour de la chalemie. Il s’agit d’un ancêtre de la bombarde et du hautbois que l’on jouait généralement accompagné d’une cornemuse. Allez, résonnez musettes!

Tout à fait autre chose.

Le 18 juillet 1881, naissance de Jules Sellenet dit Francis Boudoux, à Saint-Étienne. Militant anarchiste, antimilitariste et anarcho-syndicaliste français. En août 1904, il déserte de son régiment et, munis des papiers d’un compagnon, change d’identité. Ouvrier du fer et secrétaire du syndicat de Longwy, il prend part à la grève d’août 1905. Membre de « l’Association Internationale Antimilitariste », il est arrêté en novembre 1905 comme déserteur. Libéré, il boudoux_jsregagne l’Est de la France où il sera condamné à plusieurs reprises pour des « délits » liés aux conflits du travail. En 1910, le syndicat des ouvriers métallurgistes d’Auboué, dont il était le secrétaire, le dénonce comme agent provocateur au service d’un maître des forges. Cette accusation ( sans doute calomnieuse) pour le moins étonnante, sera reprise après-guerre par les communistes. Mobilisé durant le conflit de 14-18, il reprend ensuite son militantisme syndical et anarchiste. Le 11 janvier 1924, salle de la Grange-aux-Belles, à Paris, il est blessé lors d’un meeting qui se termine en bagarre entre anarcho-syndicalistes et communistes (deux anarchistes y trouveront la mort, tués par balles). En 1926, il est aux côtés de Pierre Besnard, le fondateur de la C.G.T- S.R (syndicaliste révolutionnaire) dont il devient secrétaire de la Fédération du bâtiment. En 1936, il se rend en Espagne combattre dans les rangs de la Colonne Durruti. Il meurt à Argenteuil (Ile de France), le 17 mars 1941. Sources: Ephéméride Anarchiste.

Voilà pour aujourd’hui, en attendant la suite, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Etrange fruit…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis du développement durable et des sauveteurs en mer réunis, bonjour ! Nous sommes le Mercredi 17 juillet 2019, 29è jour de Messidor dédié au Blé.
 

Le 17 juillet 1959 c’est la disparition de Billie Holiday, la plus grande d’entre les grandes dames du jazz. Elle était née à Baltimore en 1915. Enfance très difficile, viol à l’age de dix ans, couvent du bon pasteur… Jeune fille elle découvre Harlem, sa vie est faite d’hommes et de lester-billieviolences. Elle découvre aussi les boites clandestines où l’alcool coule à flots et où le jazz résonne du soir au matin. La petite Eléanora adopte le pseudo de Billie et connait ses premiers succès dans les clubs de Harlem où elle chante pour quelques sous. Elle se lie d’amitié avec Lester Young qui la surnomme Lady Day. Elle accompagne également Duke Ellington qui la fait tourner dans son court métrage Symphony in black. Elle devient dès lors une des vedettes du jazz new-yorkais et la voici qui chante bientôt dans le grand orchestre de Count Basie. Mais ses tournées sont souvent écourtées notamment dans le sud où elle ne peut chanter ni même réserver une chambre ou entrer dans un restaurant avec les musiciens.

C‘est en 1939 qu’elle va interpréter Strange fruit, métaphore du lynchage des noirs. Mais c’est aussi l’époque de l’alcool et de la drogue et de ses liaisons féminines. Son nouveau compagnon Jimmy Monroe l’entraine vers la cocaïne, l’opium; il faut dire que c’est un escroc qui se retrouve rapidement en prison. Puis, malgré ses succès, c’est la dérive totale, dépression, drogue, alcool et retour vers la case prison. En 1951, c’est Louis MCKAY qui va contribuer à relancer sa carrière. Il faudra attendre 1954 pour qu’elle réalise un vieux rêve, une tournée en Europe. En strange-fruits1955, Billie retrouve Carnegie Hall où elle participe au grand concert en hommage à Charlie Parker. Le 30 mai 1959 elle est admise à l’hôpital où elle décèdera le 17 juillet victime de sa cirrhose et d’une insuffisance rénale. Billie Holiday s’est produite seulement deux fois en France et uniquement à Paris. En 54 et en 58. A l’issue de son passage au Mars Club, voici ce que disait Françoise Sagan: « C’était elle et ce n’était pas elle, elle avait maigri, elle avait vieilli, sur ses bras se rapprochaient les traces de piqures…Elle sautait un couplet, se tenait au piano comme à un bastingage… » et la Sagan elle s’y connaissait en matière de came. Aujourd’hui encore, dès les premières notes d’une de ses chansons, vous êtes saisis par cette voix à nulle autre pareille et qui vous serre la gorge comme un mauvais whisky. Mais bon, c’est pas non plus « la danse du canard » ou « le petit bonhomme en mousse ». Il faudrait des pages et des pages pour narrer la vie de cette artiste et ce blogue n’a pas une telle prétention.

Allez, merci d’être passé, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Vingt dieux, la belle église…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE, HUMEUR

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Amis de la conscience éclairée et du maréchage réunis, bonjour ! Tiens, histoire de déroger un peu à la haute tenue traditionnelle qui sied à ce blogue, commençons par une histoire de gourgane-4-300x198vesces. Eh oui, nous sommes le Mardi 16 juillet 2019, 28è jour de Messidor que Fabre d’Églantine avait imaginé consacrer à la vesce, plante herbacée appartenant à la famille des Fabacées  dont certaines sont cultivées comme plantes fourragères ou comme légumineuses. Par exemple, la fève que nos cousins Québecois appellent « Gourgane » et que les anciens glissaient à l’intérieur des galettes des rois. Étonnant, non !

Un peu d’histoire.

Le concordat de 1801 est signé le 26 messidor an IX à minuit entre Joseph Bonaparte, frère du Premier consul Napoléon Bonaparte et le cardinal Consalvi, secrétaire d’État et représentant du pape Pie VII. Ce Concordat, en créant des relations officielles entre l’État français et la papauté, nécessite une réorganisation de la hiérarchie catholique en France. En Alsace et en Moselle le régime concordataire est toujours en vigueur : un avis du Conseil d’État du 24 janvier 1925 déclare que la loi du 18 germinal an X est toujours en vigueur. En effet, la loi de  66796_concordat-alsace-eglise-napoleonséparation des Églises et de l’État de 1905, mettant fin au concordat de 1801, a été votée alors que ces régions étaient rattachées à l’Allemagne (à la suite du Traité de Francfort de mai 1871). Concrètement, la loi de séparation de 1905 n’est pas appliquée en Alsace-Moselle et les quatre cultes catholique, luthérien, réformé et juif y bénéficient d’un statut officiel. Prêtres et laïcs en mission, pasteurs et rabbins y sont rémunérés par l’État. Les évêques de Strasbourg et Metz sont nommés par le chef de l’État. De fait, l’Élysée suit désormais le souhait du Saint-Siège. Le président de l’Église protestante de la Confession d’Augsbourg d’Alsace et de Lorraine (EPCAAL), dont le nom est proposé par un vote du consistoire supérieur de cette Église, est lui aussi nommé par l’État. Les membres laïcs élus des consistoires israélites des trois départements doivent avoir l’agrément du Premier ministre.

Le régime concordataire français a été contesté à plusieurs reprises. Cela a été le cas notamment en 1924 par le Cartel des gauches, mais les Alsaciens et Mosellans se sont alors mobilisés pour le conserver. Les partis de gauche avaient inscrit l’abolition du régime particulier de l’Alsace-Lorraine dans leur programme jusque dans les années 1970, mais y ont renoncé ensuite. En 2006, le député de Moselle François concordat -2-Grosdidier soumet une proposition de loi qui vise à le maintenir tout en y intégrant le culte musulman (ben alors !). La demande de son abolition refait surface en 2011, quand une sénatrice du Parti de gauche, revient sur le sujet en marge du débat sur la laïcité mis en place par l’UMP. En attendant: En Alsace-Moselle, le régime concordataire reconnaît et organise les cultes catholique, luthérien, réformé et israélite. Seules ces religions, reconnues par l’État, peuvent bénéficier du régime concordataire. Les dispositions prévues concernent notamment : L’enseignement religieux du primaire au lycée. La rémunération des ministres des quatre cultes reconnus est prise en charge par l’État.

A part cela, nous vivons dans une république laïque sous le régime de la séparation des églises et de l’État. Allez, oubliez cela, portez vous bien et à bientôt peut-être.