Les 5 derniers portraits ajoutés à la galerie

  • Image de l'artiste Lissagaray

    Lissagaray

  • Image de l'artiste Jacques DOUAI

    Jacques DOUAI

  • Image de l'artiste Benny Goodman

    Benny Goodman

  • Image de l'artiste Sunnyland Slim

    Sunnyland Slim

  • Image de l'artiste Léda Rafanelli

    Léda Rafanelli

Nantes. En Bretagne ?

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

Amis de la quadrature du cercle et des mightys réunis, bonjour ! En ce Vendredi 25 mai 2018, sixième jour de prairial, nous célébrons la mélisse. Si vous trouvez l’actualité particulièrement indigeste, je mélissevous recommande expressément la tisane de mélisse. Mon aïeule, pour qui l’herboristerie n’avait aucun secret, faisait bouillir deux branches de mélisse dans un litre d’eau et laissait infuser. Pour ma part, j’avoue que ma préférence va plutôt à un vieux whisky d’Ecosse. Cela me remet en mémoire le fameux pangramme de Georges Perec : Portez ce vieux whisky au juge blond qui fume. C’est une phrase qui permet d’utiliser toutes les lettres de l’alphabet, l’exercice est amusant, et par ailleurs, c’est un alexandrin.

Puisque on vous dit que Nantes n’est pas en Bretagne…

Oyez ceci: Nous sommes au mois de mai 843.  Le Duc de Bretagne Nominoé désirant agrandir le territoire breton, passa la Vilaine à la tête d’une forte armée qu’il commandait avec son fils Erispoë. Les forces franques nantaises s’avancèrent vers la Vilaine sous la conduite du Renaud d’Herbauges. Ils se rencontrèrent à Messac et c’est le comte Renaud qui remporta la victoire. Plusieurs sources Nominoe mentionnent également la possibilité que Nominoé était alors atteint par une maladie assez grave et que le commandement des troupes dirigées contre la région nantaise, fut confié à son fils uniquement. Cela expliquerait d’autant mieux le caractère hasardeux de la rencontre dite de Blain. Renaud croyant l’ennemi complètement hors de combat, réunit une troupe assez nombreuse et reprit la direction de Nantes. Arrivé à Blain, il s’arrêta pour faire reposer ses soldats. Chef et soldats étaient là, nous dit la Chronique de Nantes, étendus sur l’herbe près des bords de l’Isac, dans le plus complet abandon, lorsque soudain une troupe nombreuse se jeta sur eux : c’était le fameux Lambert II de Nantes que Charles-le-Chauve avait chassé de Nantes. Il avait fait alliance avec les Bretons, et à la tête de soldats rassemblés sur les frontières de l’Anjou, il s’était avancé sur la Vilaine, afin de réunir ses forces à celles de Nominoé. Ennemi juré de Renaud qui avait pris sa place comme chef du comté nantais, il se mit à sa poursuite, voulant satisfaire sa vengeance et réparer le désastre. Il surprit les Nantais désarmés, et en fit un grand carnage ; lui-même, de sa propre main tua le comte Renaud : c’était le 25 mai 843. Cette victoire bretonne, suivie d’autres, conduisit en 851, au Traité d’Angers, par lequel les pays Nantais et Rennais devenaient possession de la Bretagne.

Allez, merci pour la visite, portez vous bien et à bientôt peut-être.

I have the blues…

Posté par erwandekeramoal dans JAZZ, PORTRAIT

Amis de l’Hermétisme et du chocolat Poulain réunis,Colvert bonjour ! Nous sommes le Jeudi 24 mai 2018, cinquième jour de prairial dédié au canard. Dois-je vous rappeler que le 24 Mai 2017 est en réalité le Samedi 7 Merdre 145 Nativité de M. Plume, propriétaire selon le calendrier de pataphysique.

L’homme du jour s’appelle Elmore James, il est né à Richland, Mississippi, un 27 janvier en 1918 et a définitivement cessé de jouer de la guitare le 24 mai 1963 à Chicago. Né sur une petite plantation James-297x300-gaucheil  partage son temps entre le travail des champs et les juke-joints du Delta où il joue en compagnie de Robert Johnson et surtout Sonny Boy Williamson. Sa façon de jouer avec une espèce de rage et de chanter d’une voix presque éraillée, en fait une des sonorités les plus excitantes de l’histoire du blues. Il a gravé son premier disque, Dust my broom, sur le petit label Trumpet et rencontré un succès immédiat. A partir de ce moment il va enregistrer massivement, une œuvre un peu chaotique dont beaucoup de morceaux tournés vers le Rythm & Blues des années 50 avec cuivres et la présence de Ike Turner.

A partir de la fin des années cinquante sa popularité est en baisse JAMES E.et c’est le producteur Bobby Robinson qui va le remettre en selle. Il en restera une œuvre magnifique, moderne, sensuelle et agressive avec des compositions extraordinaires comme Shy is crying ou Every day i have the blues, (ici en vidéo) cette dernière prend place parmi les plus grands moments du blues d’après-guerre. Il est décédé d’une crise cardiaque alors qu’il préparait une tournée européenne. Je crois savoir que son fils, Elmore James Jr a repris le flambeau. Sources: la grande encyclopédie du blues de Gérard Herzaft chez Fayard.

Allez, c’est vraiment très sympa à vous de passer par ici de temps en temps. Portez vous bien et, à demain peut-être.

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de la musicothérapie et du biniou bras réunis, bonjour ! C’est à n’y pas croire, nous sommes le Mercredi 23 mai 3018, quatrième jour angéliquede prairial dédié à l’angélique (pas la marquise, la fleur). On l’appelle aussi l’herbe aux anges car elle avait la réputation d’être efficace contre les maléfices et autres envoûtements. Elle est encore cultivée dans certains endroits notamment du côté de Niort pour en faire des fruits confits, on en retrouve souvent dans les cakes. Attention de ne pas la confondre avec une proche parente, la cigüe…

Vous le savez (peut-être) j’aime la Scandinavie en général et la Norvège en particulier. J’ai du être viking dans une vie antérieure…Cette introduction pour vous parler de Henrik IBSEN. Décédé un 23 mai en 1906. Apothicaire, Henrik Ibsen ne tarde pas à quitter le laboratoire où il s’ennuie et à écrire deux drames historiques, ‘Catilina’ et ‘Le Tertre du guerrier’. Ses pièces seront longtemps refusées à Christiana (Oslo). En 1864, il quitte la Norvège et voyage en Europe. Après avoir été instructeur au théâtre de Bergen, il part à Copenhague où des rencontres philosophiques etibsen artistiques alimentent son œuvre : ‘Dame Inger d’Ostraat’, ‘La Fête à Solhaug’… Le théâtre d’Oslo dont il devient directeur à son retour en Norvège fait faillite, il part alors en Europe et développe de nouveaux grands thèmes comme celui de la défense de l’individualisme. Après ses pièces traditionnelles, il n’écrira plus que des drames contemporains où il décrit les tares de la société bourgeoise et l’affrontement entre l’individu et la ‘majorité compacte’ : ‘L’ Union des jeunes’, ‘Une maison de poupée’, le rôle de Nora, la joyeuse épouse, a été récemment confié à Audrey TAUTOU (malheureusement on dit certains critiques) ‘Le Canard sauvage’, ‘Hedda Gabler’… Ces pièces, aux personnages denses, expriment, grâce à une profondeur psychologique et symbolique, la position ambiguë de l’auteur : s’il critique la morale traditionnelle et défend l’idée que tout homme détient une passion, la clef du tragique ‘ibsénien’ réside dans le doute, lié à la condition humaine, qui reste infranchissable. Individualiste forcené, il se plaisait à répéter: L’Etat est la malédiction de l’individu… A droite, une lithographie de Frank Weddekind.

Allez, merci d’être passé par ici; portez vous bien et à bientôt peut-être.

All that meat and no potatoes…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis du bas de laine et de l’armoire normande réunis, bonjour ! Nous sommes le Lundi 21 Mai 2018 et, mon p’tit calendrier républicain m’indique que le 21 mai, deuxième jour de prairial, est généralement dédié à l’hémérocalle… Avouez que c’est une chance, Fabre Hémérocalled’Eglantine, l’un des inspirateurs, aurait pu choisir le pissenlit ou le coquelicot et bien non; le choix s’est porté sur l’hémérocalle mais je serai bien ennuyé s’il fallait vous dire pourquoi. Outre le fait qu’il s’agit d’une très jolie fleur et que certains cuisiniers téméraires la mélangent à leurs salades, je n’ai pas la moindre idée de ce qui a présidé à un tel choix. A la vérité, il me manquait une dizaine de lignes pour compléter ce billet, voilà qui est chose faite.

Les cénobites tranquilles ne pouvaient passer sous silence le jour anniversaire de la naissance de Fats Waller l’un des plus grands pianistes de jazz que la Virginie est connu. Thomas Wright Waller naît le 21 mai 1904 dans le quartier de  Harlem à New York (États-Unis). Son père, le prêcheur baptiste Edward Waller, lui enseigne Waller-Gdans sa jeunesse, dès six ans, quelques rudiments d’orgue à l’église et de piano à la maison. Il pense alors faire du garçon son successeur à la chaire dominicale. Mais, Fats préfère le swing des pianos bars à celui du gospel. Tout en jouant avec une dextérité incroyable, « Fats » Waller régale le public de ses histoires ; ses performances qui le distinguent des autres pianistes attirent les foules qui le considèrent davantage comme un amuseur que le musicien surdoué qu’il est vraiment. Ecoutez « All That Meat And No Potatoes ». Boulimique de la vie (enregistrements, tournées, bouffe, boisson), Thomas « Fats » Waller est au fond de lui désabusé de n’être pas pris au sérieux et de ne pas être considéré comme un vrai jazzman. La tournée californienne de 1943 est la dernière.

Tombé malade durant un concert au club Zanzibar Room à Hollywood, le pianiste meurt d’une pneumonie dans le train qui le ramène de Santa Fé à New York, en gare de Kansas City, le15 décembre 1943. On raconte qu’un jour, Fats Waller fut kidnappé par quatre  gangsters sous la menace de leurs armes et jeté dans unefats-waller-al-capone-fb-share-300x157 limousine. Étant noir et ses ravisseurs blancs, Fats était terrorisé. On l’emmena à une réception où on le fit s’asseoir au piano. Fats Waller était le cadeau d’anniversaire fait à Al Capone par ses hommes. Capone lui servit du champagne et remplissait ses poches de billets à chaque fois qu’il lui jouait un air à sa demande. Fats rentra chez lui au bout de 3 jours avec une gueule de bois et les poches remplies de billets… Quelle époque madame Michu!

Allez, merci de votre visite, portez vous bien et à demain peut-être.

St Yves et la houlette russe…

Posté par erwandekeramoal dans HUMEUR

Amis de l’apocope* et des sardines grillées réunies, bonjour ! Nous sommes donc le Samedi 19 mai 2018, sant Erwan (St Yves) evel just, mais c’est aussi, je sais que vous l’attendez, le 30 de Floréal, jour habituellement consacré à la houlette (Le premier qui dit houlette russe est à l’amende). * L’apocope est une figure de style qui consiste à supprimer des phonèmes ou des syllabes en fin d’un mot. C’est très utile si vous Twittez…

La houlette donc est ce fameux bâton de berger (pas le saucisson) appelé aussi crosse. D’ailleurs il est symbolisé par la crosse que porte les évêques pour rappeler qu’ils sont pâtres au milieu de leur troupeau. « Quand je marche dans la vallée de l’ombre de la mort, houletteJe ne crains aucun mal, car tu es avec moi, ta houlette et ton bâton me rassurent. » (Livre 19. Psaume 23:4). Je vous laisse juger de l’éclectisme de ce blog ! C‘est encore, et depuis plus longtemps, le Heq que porte Osiris accompagné du fouet. Expliquez moi pourquoi les républicains ont jugé bon de le mettre dans leur calendrier… J’ai dans l’idée que Fabre d’Eglantine devait avoir des états d’âme ce jour là. Toujours est-il que l’expression est restée dans le langage populaire: Telle activité se déroule sous la houlette de…
Par exemple, les interventions des occidentaux pour chasser terroristes et méchants dictateurs et les remplacer par leur démocrassie se déroulent la plupart du temps sous l’égide de l’ONU mais régulièrement sous la houlette de l’OTAN.

Ainsi vont les choses de la vie: on entretient le flou, l’ambiguïté, on confond aisément le vrai et le faux. Tenez, longtemps le petit peuple a cru que les socialistes étaient de gauche et que la transition énergétique consistait à remplacer la vieille gazinière par un four à micro ondes. Mais revenons à notre égide. Ceux qui ont fait un peu Sous_légide_de_Marsde Grec ancien dans leurs tendres années se rappellent peut-être que le mot est tiré de aigís qui signifie peau de chèvre. Nous voilà bien avancé… En quoi être placé sous une peau de chèvre pourrait-il bien nous être d’un quelconque secours? C’est la mythologie qui nous donne l’explication tant attendue. Quand il était petit, Zeus se nourrissait du lait d’une chèvre portant le doux nom d’Amalthée. Quand l’animal mourut, Zeus récupéra sa peau et l’ajouta au puissant bouclier qu’Héphaïstos lui avait forgé. Notez bien que son égide, Zeus ne s’en sert pas uniquement pour se protéger… Il lui suffit de le secouer un peu pour déchaîner les éléments et semer la terreur chez les pauvres Humains. L’Illiade nous présente d’ailleurs un petit aperçu de la puissance du maître des Dieux:

« Un jour viendra où périront et la sainte Ilion
 Et Priam et le peuple de Priam, le bon lancier,
 Et où Zeus, le Cronide, ce grand prince de l’éther,
 Outré de cette félonie, agitera sur tous
 Sa sombre égide. »

Hopala Chapalain, comme disait mon aïeule, c’est pas parce que c’est la saint Erwan qu’il faut se croire autoriser à pérorer comme Pécuchet dans un diner en ville. Allez, merci de votre indulgence, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Le plein de « FIOUL »…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

Amis de l’Eutonologie et du boudin aux pommes réunis, bonjour !  Nous sommes le Vendredi (diryaou e brezonheg) 18 mai 2018, 29è jour 300px-Yellow_mustard_flowerde Floréal et c’est le jour du sénevé. On devrait cultiver bien davantage cette plante en Bretagne car on dit que c’est un excellent piège à nitrates. On voit de plus en plus souvent ses fleurs jaunes en bordure de champ et, sachez qu’on la nomme aussi la moutarde blanche bien qu’ici elle serve surtout de fourrage. Ce sont ses graines qui sont utilisées pour confectionner le condiment qui est à la galette-saucisse ce que le ketchup est au hamburger…

Je m’apprêtais à dire tout le bien que je pense du deuxième roman de Stéphane Grangier lorsque je suis tombé sur cette criticature de Nyctalopes. J’aurais pas dit mieux.

« Du raffinage des matières noires à la base des littératures de même couleur, on extrait des produits de viscosités diverses. Le contenu du gros baril (et la couleur d’icelui) de Stéphane Grangier, intitulé Fioul, ne prendra donc personne par surprise. Il s’agit là du deuxième roman de l’auteur, après Hollywood-Plomodiern paru chez Goater NoirStephane-Grangier en 2014, un road movie foutraque et West Coast, c’est-à-dire terminant en butée dans le Cap-Sizun finistérien (dont l’auteur est bien plus proche sentimentalement) au lieu que dans les canyons qui entourent la Cité des Anges. Quelques-uns des lecteurs de ce blog auront peut-être entendu parler de cette maison d’édition rennaise dont les Nyctalopes ont déjà chroniqué des romans (Thierry Paulin, Marek Corbel) ou un recueil collectif (Sandinista ! Hommage à The Clash), dans lequel Paulin, Corbel et Grangier se côtoient car, à Rennes, on écrit et on publie aussi en camaraderie.

Déjà manifesté dans Hollywood-Plomodiern, le plaisir de Stéphane Grangier à faire clapoter dans la même nappe bitumineuse les méandres de mecs cabossés par la vie, pas glorieux et même fumiers sur les bords, se réitère dans Fioul. S’additionnent, s’embrouillent et s’enfoncent, dans le roman, un auteur en panne fioul_def-270x388d’inspiration et de force pour parcourir le prochain mètre (à moins qu’il ne s’arrose le moral de gnôle et de poudre), pas très heureux dans ses choix féminins, des bandits manchots (du bulbe) lancés à sa poursuite, réveillés d’une congélation barbouze par un coup de fil, des flics à problèmes qui remontent la piste sanglante et, loin au dessus, des pontes noirs salauds de la finance grise. D’une préfecture sur les bords de la Vilaine, nous carburerons jusqu’à un département du Var en prise avec des vilains, proches du FN.  Pour finir, il y aura une mare où les cloques de goudron éclateront et feront sombrer les losers de droit, sinon de destin. Il est d’ailleurs difficile d’étiqueter un roman qui mélange des éléments de polar, de thriller économique et de fibroscopie biographique.

Ecrit avec une langue crue, verte, Fioul est pourtant bien d’un noir hydrocarbure. Epais également car l’auteur est généreux, ce qui parfois fait naître l’idée d’un découennage de bon aloi. Au risque de nous faire perdre les saillies de l’auteur ou les épices de poésie sale dont il a le secret, capable par exemple de ressortir un doigt d’un rectum enrobé d’effluves « sylvestres ».

Un texte noir et visqueux qui se répand inexorablement. On fait confiance à l’étanchéité de sa combinaison ou on fait demi-tour. »

Allez, bonne lecture, portez vous bien et à bientôt peut-être.

 

A la St Tudon, le cénobite tient bon…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

Amis de l’hypallage et de la salade de pissenlits réunies, bonjour ! Avez vous noté que nous sommes déjà le Jeudi 17 mai 2018, 28è jour de Floréal et, je ne vous le cacherai pas plus longtemps, c’est le jour de la Buglosse… Plante herbacée de la famille des buglosse-300x256Boraginaceae ce qui, vous l’avouerez n’est pas commun. Cela fait partie des mystères du calendrier républicain qui reste pour moi source d’émerveillement autant que les noms donnés aux figures de rhétorique tel l’hypallage. Mais, revenons à notre Buglosse; les feuilles sont très consommées en Italie et en Irlande et aussi en salade (ça c’est de l’hypallage). Il ne faut pas hésiter à les cueillir : quand la tige est brisée, la plante trouve les moyens de se reproduire et de subsister et émet de nouvelles tiges. La racine, comme celle de la consoude, se régénère une fois coupée (attention donc si vous en plantez dans le jardin : elle peut devenir envahissante).

Bon, il parait que c’est la saint Thudon. Thudon était le père de  Gouesnou qui a laissé son nom à une commune non loin de mon ermitage. Or donc, à la même époque que saint Thénénan, aux alentours de l’an 600, Thudon émigrait, lui aussi, en Armorique, accompagné de ses fils Majan et Gouesnou et de sa fille Tudocroix-de-st-thudon-200x300na. Il accosta dans la région de Landéda, puis vint créer son ermitage en forêt de Bevoez  à deux km du bourg de Guipavas sur l’actuelle route de Gouesnou, près de Kervao; et on désigna le lieu-dit sous le nom de St-Thudon tout cela est en Finistère evel just… Les vestiges d’une ancienne chapelle ont aujourd’hui disparu à St-Thudon mais trois croix y subsistent encore, dont l’une du VIIè siècle figure parmi les plus anciennes du Finistère : petite croix de un mètre avec entrelacs et bouton sur la face. Selon l’abbé Castel, cette croix est située sur un itinéraire ancien qui remontait depuis le Passage, au Relecq-Kerhuon. Selon la chronique, Thudon mourut en 665, à l’âge de 85 ans.

On me dit qu’il existait dans la forêt de Bevoez, en haut d’une colline, une fontaine constituant un lieu de culte de la très vielle et très ancienne civilisation celtique. A cet endroit, saint Thudon fit construire un oratoire dédié à la Vierge. Le culte pour la fontaine lavoir-guipavas-300x220n’en continua pas moins, et l’édifice finit par s’écrouler. La punition divine ne tarda pas : l’eau de la fontaine dévala soudainement la pente en un torrent dévastateur. On promit alors de reconstruire la chapelle de Notre-Dame du Reun (en breton : « reun » = colline), et l’inondation cessa. C’est pas miraculeux ça, madame Michu ? Lors d’une reconstruction ultérieure de la chapelle, achevée en 1505, la fontaine fut incluse dans l’enceinte de la chapelle, et existerait encore, dit-on, sous le maître-autel. A noter que Coataudon est aujourd’hui le nom d’un quartier de Guipavas (29) dont la renommée de sa crêperie a largement dépassé ses frontières; c’est un toponyme qui désigne le « bois de Thudon ».

C‘est tout pour aujourd’hui, portez vous bien et à demain peut-être.

Maria Lacerda de Moura…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

, ,

Amis républicains, bonjour ! Faut-il vous le rappeler, nous sommes aujourd’hui le Mercredi 27 Mai 2018, vingt septième jour de Floréal dédié à la civette; petit mammifère plus proche du blaireau que du chat d’après Buffon.

Dans notre galerie de portraits, l’homme du jour est une femme.

J‘ai toujours eu un petit faible pour les brésiliennes, mais celle là, me plait particulièrement. Maria Lacerda de Moura poursuit des études à l’École Normale de Barbacena et devient enseignante en 1904. Politiquement, elle adhère aux idées développées par les anarchistes et en particulier, celles défendues par Francisco Ferrer Guardia, maria lacerda Glibre-penseur et pédagogue libertaire. Comme lui, elle est convaincue de l’importance du rôle de l’éducation dans le développement des individus et souligne qu’en ce qui concerne les femmes, elle est un moyen de les affranchir du poids des traditions sociales et religieuses qu’elles subissent. Elle s’engage alors dans la lutte contre l’illétrisme et œuvre pour faciliter l’accès des femmes au savoir. La création de La Ligue contre l’illettrisme constitue ainsi une concrétisation de son engagement dans ce domaine. En 1920, elle fonde à Rio de Janeiro une ligue pour l’émancipation intellectuelle des femmes qui revendique l’attribution du droit de vote aux femmes et elle est considérée comme l’une des pionnières du féminisme brésilien:

« Les prémices d’un mouvement d’émancipation se manifestent au Brésil en même temps qu’en Europe occidentale et en Amérique du Nord: le premier journal féminin, Le journal des Dames, date de 1852. quelques féministes modérées réclament le droit à l’éducation pour que les femmes puissent remplir leur rôle de mère ou pour uneMARIALACERDAWEB «question de raffinement spirituel»; d’autres, plus incisives, pour parvenir à l’indépendance économique. La bataille pour les droits civils et politiques, parfois même pour le divorce, commence, avec Bertha Lutz à la tête d’un mouvement suffragiste et Maria Lacerda de Moura qui conteste la double morale sexuelle. » Parallèlement à son engagement féministe, elle se consacre également à l’amélioration des conditions de vie des gens dans le besoin et combat en compagnie d’autres femmes pour permettre aux sans-abris d’avoir un accès au logement.

Son combat féministe se révèle ainsi également humanitaire. Elle s’installe à Sao Paulo en 1921. Elle écrit de nombreux articles dans la presse anarchiste brésilienne, argentine, uruguayenne et espagnole où elle dénonce l’oppression sexiste subie par les femmes quelle que soit leur condition sociale. La sexualité de la femme est lacerda 2l’un de ses thèmes de prédilection dont elle aborde de front tous les aspects (virginité, plaisir, maternité…), ce que peu de femmes osaient alors faire au Brésil. Enfin, elle créé la revue Renaissance en 1923. Entre 1928 et 1937, elle rejoint une communauté agricole autogérée anarchiste à Guararema, composée d’anarchistes individualistes et d’exilés ou de déserteurs espagnols, français et italiens et elle considère que cette expérience correspond à la période la plus féconde de son activité intellectuelle. Cependant, sous la pression du gouvernement de Getúlio Vargas, la communauté doit être abandonnée. Maria Lacerda se réfugie alors à Rio de Janeiro, où elle termine sa vie en poursuivant son combat et ses travaux.

Allez, voila pour ce Mercredi. En attendant un prochain billet, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Un cheval, une alouette…

Posté par erwandekeramoal dans Actualités

, , , ,

Amis de l’anarchisme éclairé et du foie de veau aux cerises réunis, bonjour ! Nous sommes le Mardi 15 mai 2018, 26è jour de Floréal dédié au Fusain. Certains vont célébrer la naissance de François Malicet (15 mai 1843) à Nouzon dans les Ardennes. Membre du groupe  Les déshérités,  on lui doit la fameuse devise: « … et du boyau du dernier prêtre serrons la gorge du dernier flic ». Il fut tué le 7 septembre 1927 par un cambrioleur. Y’a pas de justice madame Michu…

Tout à fait autre chose.

Selon l’ONG Oxfam, depuis 2009, les entreprises du CAC 40 ont reversé plus de deux tiers de leurs bénéfices (67,4% pour être précis) à leurs actionnaires sous forme de dividendes. «La France est ainsi le pays au monde où les entreprises cotées en bourse reversent la plus grande part de leurs bénéfices en dividendes aux actionnaires. C’est aussi deux fois plus que dans les années 2000 où les entreprises ne versaient pas plus de 30 % de leurs bénéfices à leurs actionnaires», fustige le rapport intitulé CAC40 : des profits Oxfamsans partage.  Désormais, seuls 27,3 % des bénéfices des sociétés du CAC 40 vont au réinvestissement et 5,3 % aux salariés, d’après l’enquête d’Oxfam et de Basic  (Bureau d’analyse sociétale pour une information citoyenne). Selon ses auteurs, «en 2016, les entreprises du CAC 40 ont ainsi reversé près de 15 fois plus de bénéfices à leurs actionnaires (sous forme de dividendes) qu’à leurs salariés (sous forme d’intéressement et participation). Si elles avaient choisi de maintenir en 2016 le même niveau de dividendes qu’en 2009 et d’augmenter la rémunération des employés plutôt que celle des actionnaires, l’ensemble des travailleurs du CAC 40 dans le monde auraient pu voir leurs revenus augmenter en moyenne d’au moins 14.000 euros sur la période, soit plus de 2.000 euros par an et par employé.» Or, dans le même temps, l’étude constate «la spirale des inégalités» qui s’accroit entre  les hauts dirigeants et la plupart des employés. Résultat, en 2016, «les PDG du CAC 40 gagnaient en moyenne 257 fois le SMIC et 119 fois plus que la moyenne de leurs salariés au sein de leurs entreprises alors que ce dernier écart n’était que de 97 en 2009».

Les richesses n’ont jamais été aussi mal partagées depuis la crise au sein des grands groupes. L’étude cite par exemple le cas d’ Arcelor Mittal qui a versé des dividendes de plusieurs centaines de millions d’euros entre 2012 et 2015 malgré les pertes de l’entreprise. Rappelons que le CAC 40, c’est 1 300 milliards d’euros de chiffre d’affaires, soit la moitié du PIB de la France, et un bénéfice record de 93 milliards d’euros en 2017. L’Oxfam souligne que ces entreprises ont totalement effacé les effets de la crise de leurs bilans, avec des bénéfices en hausse de plus de 60 % depuis 2009, mais… partageredistribués à 67,4 % aux actionnaires, contre 5,3 % aux salariés seulement. Dans cette classe de cancres de la morale, Oxfam prend tout de même le soin de désigner des bonnets d’âne : ainsi, les entreprises qui redistribuent la proportion la plus grande de bénéfices aux actionnaires sont Arcelor, Engie et Veolia. Ces deux dernières entreprises ont, entre 2012 et 2015, reversé plus de dividendes qu’elles n’ont fait de bénéfices ! Rappelons que l’Etat est d’ailleurs actionnaire de ces compagnies. En ce qui concerne l’écart salarial, Carrefour, LVMH et Danone dominent le classement. En une journée de travail, Bernard Arnault, PDG de LVMH, gagne plus que ce que touche un salarié moyen de son entreprise en un an. Les PDG des autres entreprises du CAC40 ne sont pas trop mal lotis, puisque le salaire annuel minimal y est de 1,5 million d’euros.Sources: Le site de Marianne-

Allez, faut pas que ça vous démoralise; rappelez vous l’histoire du pâté garanti 50% alouette: un cheval, une alouette,un cheval, une alouette… Portez vous bien et à bientôt peut-être.

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

Amis de l’ichtyologie et du sandre au beurre blanc réunis, bonjour ! Puisque nous sommes le Lundi 14 mai 2018, 25è jour de floréal, célébrons la carpe puisque les républicains lui ont dédié cette date dans leur calendrier.

 

Selon une légende chinoise, les carpes du fleuve jaune, après avoir remonté le fleuve, s’envoleraient vers le ciel en se transformant en dragons. Cette légende serait à l’origine des koi nobori, qui représentent plus généralement la force et la persévérance des carpes qui remontent à contre-courant les rivières et cascades. Koinobori signifiant comme chacun le sait, « banderole de carpe » en koi noborijaponais, sont des manches à air en forme de carpe Koï hissées au Japon pour célébrer Tango no sekku, évènement traditionnel qui est désormais une fête nationale, le Kodomo no hi (jour des enfants). Ces bannières sont accrochées le long de perches en bambou, La première et la plus large, magoi, est noire et représente le père ; la deuxième, higoi , est rouge et représente la mère, puis l’on ajoute une carpe pour chaque enfant de la famille. Parfois, on suspend aussi des rubans rouges et blancs ou une manche à air multicolore symbolisant les flots des rivières. Après Fukushima et avant la prochaine catastrophe, les japonais doivent surtout se dire aujourd’hui, CARPE DIEM en relisant le célèbre poème d’Horace:

Tremble, Leuconoé, de chercher à connaître
L’heure de notre mort; fuis les calculs pervers
De Babylone. À tout il vaut mieux se soumettre
Que Jovis te concède encor d’autres hivers,
Qu’il les borne au présent, dont mugit l’onde étrusque,
Sois sage, emplis ta cave, et d’un si court chemin
Ôte le long espoir. Je parle, et le temps brusque
S’enfuit. Cueille le jour, sans croire au lendemain.

Bon, je vois que je digresse un maximum, signe qu’il est temps de mettre un terme à ce billet. Allez, portez vous bien et à demain peut-être.