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UN HOMME EST MORT…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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UN HOMME EST MORT…

Nous sommes le 17 avril 1950, les ouvriers dockers et ceux de la reconstruction de Brest ont décidé de manifester pour une augmentation de salaire.

Soudain, des coups de feu éclatent, les forces de l’ordre viennent de faire usage de leurs armes. Il y aura une quarantaine de blessés et un homme ne se relèvera pas, il est mort d’une balle en pleine tête. Il s’appelait Édouard MAZE.

A la demande de la CGT, le cinéaste René Vautier qui venait de terminer « Afrique 5O » un brûlot dénonçant la politique coloniale, est appelé pour réaliser un documentaire sur l’évènement. Le film sera projeté 88 fois dans les rues de Brest, la 89è lui est fatale. Il ne reste pas trace du film.

Des auteurs de BD aux éditions Futuropolis (Kris et Davodeau. « Lulu femme nue ») ont repris l’histoire sous le titre « Un homme est mort » qui est tiré d’un poème de Eluard en hommage à Gabriel Péri:

Un homme est mort qui n’avait pour défense
Que ses bras ouverts à la vie
Un homme est mort qui n’avait d’autre route
Que celle où l’on hait les fusils
Un homme est mort qui continue la lutte
Contre la mort contre l’oubli.

Les Goristes, groupe de chanteurs brestois en on fait une chanson. Aujourd’hui, 60 ans après les faits qui avaient entrainé la démission de l’abbé Pierre de son mandat de député du MRP, les archives s’ouvrent enfin et la responsabilité des forces de l’ordre ne fait plus aucun doute. Pierre Cauzien, figure du militantisme ouvrier local, s’est éteint dernièrement à l’age de 86 ans, blessé lors de la manifestation, il avait perdu une jambe.Son souhait le plus cher était de « tenir » jusqu’à l’ouverture au public des archives nationales…Aujourd’hui, bourgeoisie et patronat n’ont plus besoin de faire tirer sur la foule pour expédier le prolo ad patrès, on va le faire bosser jusqu’à ses 62, 65, 70 balais.


SONNEZ LA RETRAITE !

Et voilà, c’est reparti comme en 14 ou plutôt, devrais-je dire, comme en 2005. A l’époque, les experts, les docteurs de la loi et de la foi, les spécialistes de la généralité, les hérauts du catastrophisme, inoculaient via les médias interposés la grande peur style « fin du monde » si par malheur le NON l’emportait lors du référendum sur le traité portant sur la constitution européenne.

Aujourd’hui, ils ont repris leur bâton de pèlerin à propos de la réforme du système des retraites. La meute s’est reformée et la voici en route pour distribuer la pensée unique. Il n’y a pas d’alternative, entend t-on par ici…C’est la seule solution, nous bassine t-on par là…Comment faire autrement, gémis un troisième…Et comme de bien entendu, il s’agit de faire entrer dans la caboche décervelée du cotisant moyen qu’il ne sera pas possible d’échapper à:

  • Retour aux 39h

  • Allongement de la durée de cotisation

  • Augmentation du taux de cotisation

  • Diminution du montant des pensions

  • Retardement de l’age légal de départ à la retraite

  • Glissement de la répartition vers la capitalisation

Jamais, à moins d’être insomniaque et de regarder Arte à 3h du matin vous ne voyez posée la question fondamentale de la répartition des richesses produites. D’ici à quelques décennies, il s’agit de trouver, d’après les données du rapport du COR (conseil d’orientation des retraites), 3% de cette richesse produite ce qui, reconnaissez le, n’est pas grand chose au regard des 10% qui ont été transféré des mains du travail aux poches du capital au cours des trente dernières années. Et je ne parle pas des 75 milliards de niches fiscales (bouclier fiscal…) et les 40 milliards de niches sociales et exonérations en tous genres qui couvriraient sans aucun doute les déficit cumulés de la retraite et de la sécu.

Mon gars va encore me dire que je fais une fixette sur cette histoire de retraite mais, sans jouer les Nostradamus, je vous prédis un vrai bras de fer social dans les mois qui viennent car, même chez les moins conscientisés de ceux que l’on appelait autrefois « la classe ouvrière »…Trop, c’est trop ! Travaillez, prenez de la peine, disait le laboureur à ses enfants, c’est le fond de pension qui manque le moins ajouterait-il aujourd’hui.

Allez, passez une bonne fin de semaine, pour ma part, je vais taquiner le goujon en surveillant du coin de l’oeil l’évolution du nuage Islandais qui, au contraire de celui de Tchernobyl, n’a pas l’air décidé à s’arrêter aux frontrières. Portez vous bien et à demain peut-être.

L’EMBROUILLEUR…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Si votre téléphone semble perdre le nord d’un seul coup, si vous n’avez plus de réseau, si il n’y a plus d’abonné au numéro que vous demandez, si tout s’arrête brutalement…Regardez bien autour de vous et essayez de repérer le papy brouilleur d’ondes.

Je suis persuadé que l’histoire l’aurait beaucoup fait rire; l’homme du jour c’est Boby LAPOINTE.

« Élevé par mes parents. Études au collège. Fort en maths. », comme il le raconte lui-même dans ses mémoires, son côté fantasque et farceur se révèle très tôt. Dès son adolescence, avec quelques camarades de jeu, il prend plaisir à narguer le bourgeois et à ridiculiser la société bien-pensante et le clergé.

Cependant, son rêve est de voler : il ambitionne de devenir pilote d’essai, et se montre bon en sciences (notamment en mathématiques) à l’école tout en se révélant casse-cou avec des engins (plus ou moins) volants qu’il conçoit, réalise et essaie, sans se soucier des fractures qu’il accumule ni des hospitalisations subséquentes.

Après avoir obtenu son baccalauréat, il commence à préparer le concours d’entrée à deux grandes écoles françaises : l’École centrale et Supaéro pour assouvir sa passion de l’aviation et des maths. Son génie technique le conduit aussi à inventer dans cette même décennie un système d’embrayage automatique pour automobile qu’il présente aux principaux constructeurs, mais ceux-ci estiment cette invention sans avenir. Louis Leprince-Ringuet, à qui Boby Lapointe présenta un traité de mathématiques, fut impressionné par sa rigueur de raisonnement et lui confia qu’il aurait pu se lancer dans la recherche. Il créa par la suite un mode de calcul basé sur le binaire, appelé la numération Bibi.

Puis c’est la guerre, il a 20 ans, il est envoyé en Autriche au titre du STO, il s’évade et rejoint sa région natale. Une anecdote veut qu’il ait utilisé le pseudonyme de Robert Foulcan pendant son périple qui le voit revenir à La Ciotat comme scaphandrier.

Il fait ses grands débuts au « Cheval d’or » célèbre cabaret parisien dans lequel il croisera Brassens, Anne Sylvestre ou Raymond Devos.

A partir de 1960, il se produit « aux trois baudets » et c’est le début du succès. Souvenez vous de: Ta Katie t’as quitté – La maman des poissons – Marcelle – Framboise… Plus tard on le retrouvera au cinéma dans « Max et les ferrailleurs » ou « Les choses de la vie ». Enfin, il repart en tournée pour promouvoir son dernier album, le fameux « comprend qui peut ». Vous voyez la pochette, pull marin et le nez dans les pâquerettes…Un portrait naïf que l’on doit au peintre Maurice Green. Sa dernière apparition en public se fera en première partie d’un concert de Pierre Perret à Bobino.

Boby Lapointe est décédé au mois de juin 1972 à Pézenas. (c’est moins loin que Caracas…)

Allez, ça sent la fin de semaine, dimanche c’est la « Tro bro Léon » le Paris-Roubaix Breton, il va y avoir du monde dans les ribinous (petits chemins) du coin, l’aber Benoist est en émoi ! En attendant le podium, portez vous bien et à demain peut-être. 

TOUTE LA MUSIQUE QUE J’AIME…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Si vous aimez le blues, vous aimez forcément Bessie SMITH.

Bessie Smith est née le 15 avril 1894 à Chattanooga dans le Tennessee, elle est morte en 1937, elle fut surnommée « l’impératrice du blues ».

Élevée par une famille d’une pauvreté extrême, elle commença très tôt à gagner sa vie en chantant dans les rues de Chattanooga avec son frère Andrew. Devenue une jeune femme, elle rejoint le spectacle ambulant de William et Gertrude Rainey, connus sous le nom de « Ma and Pa ».

En 1923,Bessie Smith fait ses débuts d’enregistrement chez Columbia Records avec sa première chanson, « Downhearted Blues » (le Blues abattu). Elle enregistrera finalement 123 chansons pour Columbia au cours de sa carrière musicale. Smith était aussi une des artistes afro-américaines parmi les mieux payées des années 1920, en gagnant quelque $2000 par semaine. Pourtant, sa carrière subit un ralentissement avec le commencement de la Grande Dépression des années 1930.

Le soir du 26 septembre 1937, Bessie Smith est tuée dans un accident d’automobile en traversant Clarksdale dans le Mississippi avec son ami Richard Morgan (oncle du musicien de jazz Lionel Hampton).

Bessie Smith a eu une influence musicale importante sur des chanteuses comme Billie Holiday, Sarah Vaughan, Dinah Washington, Nina Simone, Janis Joplin et Norah Jones. Sa voix puissante et son style de chant sont une contribution importante à l’histoire de la musique populaire.

Et oui, toute la musique que j’aime, elle vient de là, elle vient du Blues…

L‘actualité étant ce qu’elle est et toutes choses égales par ailleurs (j’adore cette expression !) je voulais vous diffuser une petite vidéo qui met en scène un papy qui dégage de drôles d’ondes mais, la technique en a décidé autrement, ce sera donc pour une autre fois.

Vous avez choisi de visiter « les cénobites tranquilles » à moins que votre présence soit le fruit du hasard et d’une navigation hasardeuse sur le NET; en tous cas soyez en remercié et, repassez donc demain si le coeur vous en dit. C’est ouvert aussi le vendredi. Allez, à demain peut-être.

KACZINSKI, MAÏAKOVSKI, JARUZELSKI…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Nous sommes le 14 avril et, c’est un prétexte pour se souvenir de cette belle chanson de Renaud « les aventures de Gérard Lambert », aventures qui débutent un 14 avril…

Le 14 avril 1930, fin de l’aventure pour Vladimir Maïakovski, il vient de se tirer une balle en plein coeur.

Poète, dramaturge, acteur, théoricien, peintre, affichiste et scénariste, Maïakovski est né à Bagdadi (Géorgie) en 1893. Issu d’une famille modeste, il s’installe à Moscou en 1906, après la mort de son père.

Maïakovski adhère au Parti social démocrate (bolchévique) à 15 ans et participe aux manifestations révolutionnaires de 1905. Arrêté trois fois pour conspiration, il s’initie à la poésie alors qu’il est emprisonné à Boutyrskaïa en 1909.

Il devient rapidement un des meneurs du mouvement futuriste après sa rencontre avec le poète et peintre David Bourliouk qu’il a connu en 1911 et qui lui a mis « le pied à l’étrier ». Tout en exploitant cette nouvelle poésie, il atteint des sommets de lyrisme dans La Flûte en colonne vertébrale ou dans son Nuage en pantalon (1914), véritable manifeste du futurisme, qui est le fruit de sa relation troublée avec Lili Brik qu’il a rencontrée en 1910 alors qu’il entretient une relation avec sa jeune sœur qui elle, deviendra célèbre, Elsa Triolet. Comme disait Jabiru dans son blog « c’était en quelque sorte le beauf d’Aragon ». Voici, à droite une photo de Maïakovski en compagnie de Lili Brik, revue et corrigée par la censure soviètique…Il lui écrira et lui dédiera sa vie durant ses plus belles poésies. Lili est déjà mariée avec Ossip Brik qui devient l’ami et l’éditeur du poète. Un ménage complice à trois s’instaure. Avec Serge Tretiakov ils fondent le journal LEF qui influencera toute une génération d’écrivains.

De retour à Moscou et après la révolution d’Octobre de 1917, qu’il accueille d’abord favorablement, il utilise, sincèrement, son talent au service du pouvoir politique, notamment dans le poème « Lénine » mais il se heurte rapidement au conformisme des critiques et du Parti.

Il sillonne pourtant l’Europe en ambassadeur et visite Londres et Paris. Partout on écoute ce géant à la voix de stentor célébrer la révolution dont il est le chantre. Il se met au service de l’agence télégraphique russe et conçoit les images et les textes des posters satiriques Agitprop. Après une série de ruptures et de réconciliations, il se sépare définitivement de Lili en 1924. Il part pour une tournée de conférences à New York et il y rencontre Elly Jones, une jeune émigrée russe et de leur passion brève, trois mois, naît une fille Patricia Jones Thompson.

Le 14 avril 1930 à 10 h 15, le poète harassé, qui par défi jouait aussi à la roulette russe, se tire une balle dans le cœur. Le dernier acte de la vie de Maïakovski s’est déroulé à Moscou, au numéro 3 du Loubianskyi Prospekt, appartement 12. La thèse du suicide semble évidente. Le poète qui exhortait la jeunesse à vivre à la mort terrible d’Essenine est lui aussi « reparti vers les étoiles ».

On trouvera ce mot : « Maman, mes sœurs, mes amis pardonnez-moi – ce n’est pas la voie ( je ne la recommande à personne ) mais il n’y a pas d’autre chemin possible pour moi. Lily aime-moi ! ».

Staline ordonne des funérailles nationales pour celui qu’il qualifiera plus tard de « poète de la Révolution ». « Ils l’ont tué une seconde fois » dira Pasternak.


KACZINSKI

Je suis dans le fond assez d’accord avec la belle chanson de Dominique A, « il ne faut pas souhaiter la mort des gens »…Quoique !

Si on m’avait demandé il y a un mois ce que je souhaitais au président polonais Kaczinski, je ne dis pas que… Mais bon, n’épiloguons pas.

Ce monsieur était quand même un conservateur comme on en fait qu’en Pologne. Contre l’avortement, résistant à l’Europe, considérant l’homosexualité comme une maladie; bref, en France sur l’échiquier politique, il serait un peu à droite de Le Pen. Et voilà t-y pas qu’on va l’enterrer auprès des rois de Pologne. Ce petit président riquiqui, qui ne laissera dans les mémoires que sa façon originale d’atterrir, a néanmoins eut un geste historique avant de décéder. En effet, un autre grand guignol polonais, Jaruzelski, l’homme aux lunettes noires,  ancien président qui mena la vie dure à Solidarnosc, sorte de parrain néo-stalinien, lui avait demandé de faire partie de la délégation qui a embarqué dans l’avion présidentiel en route pour Katyn …Requête refusée ! L’histoire nous réserve parfois de ces facéties; celle-ci a permis à un affreux réac de sauver la vie à un affreux tout court.

Allez, encore une fois, c’est fort aimable à vous de passer par ici, revenez quand vous voulez, c’est ouvert toute l’année. Portez vous bien et pour ceux qui l’ignore, pour voter c’est en haut de la colonne de droite, à demain peut-être.

UN DUVAL, SINON RIEN…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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L‘homme du jour c’est Clément DUVAL. Oh ce n’est pas un tendre ni un enfant de marie mais un anarchiste comme il s’en faisait à cette époque là.

Clément Duval, blessé à deux reprises pendant la guerre de 1870, avait été cassé de son grade de caporal pour indiscipline. Devenu anarchiste, il avait été avec A. Ritzerfeld l’un des fondateurs à l’automne 1882 dans le 17è arrondissement du groupe La Panthère des Batignolles, dont l’ordre du jour de la première réunion, paru dans L’Etendard Révolutionnaire du 15 octobre, portait sur « la confection des bombes à main ». Tout un programme !

Suite à l’arrestation en octobre 1886 d’un receleur, Clément Duval était accusé d’avoir été l’un des auteurs du cambriolage effectué le 5 du mois dans un hôtel particulier de la rue de Monceau qui avait été ensuite incendié par les voleurs. Lors de son arrestation, il blessait ,« au nom de la liberté »,de plusieurs coups de couteau l’agent Rossignol qui l’appréhendait « au nom de la loi ». Emprisonné à Mazas, Duval se justifiât dans Le Révolté (12 novembre 1886) d’une condamnation à un an de prison pour vol en 1878. Lors du procès aux assises, le 11 janvier 1887 Duval justifiait son action dans une longue déclaration : « …Soyons logique, vous êtes la force, profitez en et s’il vous faut encore une tête d’anarchiste, prenez la, le jour de la liquidation on vous en tiendra compte…Vous m’inculpez de vol, comme si un travailleur qui ne possède rien pouvait être un voleur. Non , le vol n’existe que dans l’exploitation de l’homme par l’homme, en un mot par ceux qui vivent aux dépens de la classe productrice. . Le 12 janvier, Duval, dont la défense avait été éditée à 50.000 exemplaires sous le titre Le Pillage de l’hôtel Monceau – l’anarchiste Duval devant ses juges, était condamné à mort. Puis la peine était commuée en février en travaux forcés à perpétuité. Ici à droite, le bagne de St Laurent du Maroni.

Duval, matricule 21551, arrivait en Guyane le 24 avril 1887 à bord de « L’Orne » en provenance de Toulon. Il fut envoyé aux Iles du Salut où il resta 14 ans, dont de nombreux mois de cachot, et tenta à dix-huit reprises de s’évader. Transféré à Saint-Laurent-du-Maroni, il parvenait à s’évader avec huit autres le 14 avril 1901 et à gagner la Guyane anglaise d’où, le 17 juillet 1901 il écrivait à Jean Grave pour lui demander une aide de 500f, n’ayant ni travail, ni argent et disposant d’un mois pour quitter la colonie.

En 1903 Clément Duval parvenait à gagner les Etats-Unis où il était aidé par des anarchistes français et italiens. Il rédigeait ses mémoires publiées en 1907 en feuilleton dans le journal italien Cronaca Sovversiva (New York) et dont quelques pages seront publiées en France par L’En Dehors (octobre 1926 et mai 1931). Il aurait collaboré à plusieurs numéros de La revue anarchiste (Paris, 25 numéros de décembre 1929 à avril 1936). Clément Duval est mort à Brooklyn le 25 mars 1935. Il avait passé ses derniers mois chez Max Sartin et Fiorina Rossi qui se souvenant de lui, témoignait : « C’était un vieux petit homme, déformé par l’arthrite. Mais il faisait sa gymnastique tous les matins. Un camarade français, médecin, venait à la maison pour l’examiner. Nous l’appelions ’Il Nonno’, le grand-père, et les voisins pensaient que c’était le père de Max ».

L’essentiel de ses mémoires a été publié et présenté, sous le titre Moi Clément Duval, bagnard et anarchiste (Ed. Ouvrières, 1991). Dans ses mémoires, il dit avoir cotoyé un certain « Papillon » mais qu’il n’appréciait guère son coté égoïste… Sources: Dictionnaire international des militants anarchistes. (R.D.)

Allez, aujourd’hui, on ne risque plus de rencontrer ce type de personnage haut en couleurs. Nous, on a le retour de Dorothée sur le devant de la scène, c’est quand même autre chose en matière de conscientisation des masses laborieuses, hein camarade ! Merci beaucoup de votre visite, portez vous bien et à demain peut-être.

UN DOUARNENISTE…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Cela devait bien finir par arriver, j’ai dégotté un douarneniste pour ma galerie de portraits. Je rappelle à ceux qui l’ignore qu’un douarneniste est un habitant de la ville de Douarnenez dans le finistère sud; ville qui a connu son heure de gloire, à l’instar de Marseille, grâce à la sardine et qui aujourd’hui décline doucettement au fond d’une baie qui reste la plus belle du monde. Voici l’histoire d’un personnage étonnant et pour le moins pittoresque: Hervé COATMEUR.

Le 12 avril 1924, à Brest, sortie du numéro 4 de l’hebdomadaire « Le Tam Baz » (le morceau de bâton). Ce journal satirique, humoristique et naturien est réalisé par l’anarchiste Brestois Hervé COATMEUR. On ne sait pas grand-chose sur la durée de ce journal paraissant le samedi, mais il fait partie des nombreux titres publiés par Coatmeur et le Foyer Naturien de Brest. On retrouve des traces notamment du « Sphinx » puis du « Sphinx d’après guerre », de « l’écho naturien » etc.

Fils de pêcheur, né à Douarnenez en 1879, (il a du user ses fonds de culottes sur les mêmes bancs d’école que mon grand père) resté jeune à la charge de sa mère, Hervé Coatmeur, travailla comme ouvrier à l’Arsenal de Brest, fut plusieurs fois condamné et, finalement renvoyé en 1910 et inscrit au Carnet B. Il exerça alors bien des métiers : docker, portefaix à la gare de Brest, livreur de sciure de bois… Anarchiste individualiste, il eut un kiosque à journaux, un magasin de bouquiniste, un étalage volant parmi les forains, ne voulant être ni commerçant, ni fonctionnaire, ni exploiteur, ni exploité. Il propagea un individualisme dérivé de celui de Han Ryner.

Responsable du Foyer Naturien de Brest (85 rue E. Zola), il avait été le fondateur, animateur et principal rédacteur du journal Le Sphinx individualiste (Brest) qui connaitra de nombreuses séries difficiles à reconstituer.

Propagandiste, il distribuait tracts et prospectus, fonda un cercle d’études, s’attacha dans les années 1920 à la diffusion de l’En Dehors d’Emile Armand auquel il collaborait, devint végétarien, s’alimentant de légumes et de fruits crus et de pain de seigle. Il collaborait également à la revue Le Néo Naturien .

Il se maria le 6 août 1931 « avec une jeune paysanne qui, après avoir été violée par son père, se réfugia à Brest où elle devint la proie des marins », on se croirait dans Les misérables. Il voulut faire d’elle un être nouveau. Mais elle le quitta et revint avec un jeune bébé « à l’état de santé pitoyable ». Elle le quitta à nouveau en emportant « une pile de pièces de cent sous patiemment économisées en vue d’éditer un numéro du Sphinx » (E. Armand, L’Unique, op. cit.) Le divorce fut prononcé le 15 juin 1935. Sur la photo à droite, une vue de Brest après les bombardements. Malgré mes recherches, je n’ai pas trouver de photo représentant Hervé Coatmeur.

Hervé Coatmeur vécut ses dernières années dans les conditions les plus misérables : il habitait une cabane où tombait la pluie et couchait sur un lit de sangles : il était vêtu de guenilles et chaussé de spartiates. Le 8 septembre 1944, il périt avec plusieurs centaines de personnes au cours de l’explosion d’un abri civil à Brest, place Sadi-Carnot lors d’un bombardement de la ville.

Et bien voila, nous sommes le lundi 12 avril, vous êtes encore devant votre écran d’ordinateur, et notre président n’a pas péri dans un accident d’avion. Merci de votre visite, portez vous bien et à demain peut-être.

ERRARE HUMANUM EST…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

Cela dit-on, arrive aux meilleurs…Alors !
Une suite malencontreuse de difficultés techniques a réduit mon billet d’aujourd’hui dimanche à sa portion congrue dans une version quelque peu « brute de décoffrage ».
J’avais prévu, après l’histoire du robot, de saluer la mémoire de Jacques Prévert disparu un 11 avril en 1977 et qui ne cessait de répéter: Quelle connerie la guerre ».
J’avais à cet effet, retrouvé un collage qu’il avait réalisé voici fort longtemps et intitulé « soir d’automne » tout simplement. J’avoue que cette vision bucolique me réjouis le coeur mille fois plus que la vue de ce « bad robot » que j’imagine déja dans les ruines de Kaboul ou de Téhéran.
Mais, c’est aujourd’hui dimanche, voici des roses blanches…Qu’est-ce que je raconte moi. Non, aujourd’hui, c’est « Paris-Roubaix » ce qui, vous en conviendrez aisément n’a strictement aucun rapport avec mes histoires de robot et de Prévert.

Allez, merci d’avoir fait le détour par ici, je vous salue aimablement, portez vous bien et, à demain peut-être. 

ROBOTS…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Regardez bien cette drole de bête, elle n’a pas été conçue pour le prochain opus de la guerre des étoiles mais pour l’armée américaine qui l’expérimenterait actuellement en afghanistan.Il a été conçu par la société Boston Dynamics « dédiée à la façon dont les choses se meuvent ». C’est une machine qui fonctionne à l’essence. Mais si elle fait un bruit de tondeuse à gazon, la comparaison s’arrête là : c’est un robot bourré d’informatique et de capteurs, qui encaisse sans trébucher les bosses et les creux.

Selon Boston Dynamics, cité par le site de FoxNews, il peut marcher à plus de 6 km/h, ou alors tout doucement, grimper des pentes à 35 degrés, coucher, inspecter les environs. Il peut transporter « 140 kilos d’équipements ». Y compris, j’imagine, des armes. Un soldat idéal : pas besoin de le nourrir ou de prévoir des temps de repos. Et s’il tue un jour, ce sera froidement.

EST-CE AINSI QUE LES HOMMES VIVENT ?

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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J‘ai beau chercher, je ne trouve pas mieux…Pour moi, elle reste la plus belle quel que soit l’interprète. J’avoue tout de même avoir une petite préférence pour Marc Ogeret. Oui, en effet, on est en droit de se poser la question. Est-ce ainsi que les hommes vivent ?

Exploités, courbés, saignés aux quatre veines, ils en redemandent. Il y a pourtant longtemps que le philosophe nous mettait en garde contre la « servitude volontaire » mais rien n’y fait, il faut qu’ils y retournent. Cela fait plus de 450 ans qu’Etienne de la Boëtie, qui n’avait que 18 ans à l’époque, écrivit son discours dans lequel il posait la question: Comment se peut-il que « tant d’hommes, tant de bourgs, tant de villes, tant de nations endurent quelquefois un tyran seul, qui n’a de puissance que celle qu’ils lui donnent ? ».

Aujourd’hui on nous explique, paroles d’experts à l’appui, qu’il va falloir travailler davantage et plus longtemps et plus longtemps encore pour une retraite pas garantie du tout. Et pour faire passer la pilule amère, on va vous donner de la télé et des jeux sur internet .La Boétie condamne ainsi ces « drogueries »: Les théâtres, les jeux, les farces, les spectacles, les gladiateurs, les bêtes curieuses, les médailles, les tableaux et autres drogues de cette espèce étaient pour les peuples anciens les appâts de la servitude, la compensation de leur liberté ravie, les instruments de la tyrannie. On dirait vraiment qu’il parle de TF1 !

Mais fort heureusement, La Boëtie ouvre une porte à l’espoir, celle de la résistance:Toujours en est-il certains qui, plus fiers et mieux inspirés que les autres, sentent le poids du joug et ne peuvent s’empêcher de le secouer; qui ne se soumettent jamais à la sujétion (…) Ceux-là ayant l’entendement net et l’esprit clairvoyant, ne se contentent pas, comme les ignorants encroûtés, de voir ce qui est à leurs pieds, sans regarder ni derrière, ni devant; ils rappellent au contraire les choses passées pour juger plus sainement le présent et prévoir l’avenir.

Je subodore, amis visiteurs que vous faites partie de ceux là et que ce modeste blog que vous me faites la joie de consulter saura vous encourager à pousuivre dans la voie de la résistance. Amen !

Allez  tiens, je vais m’arrêter là pour aujourd’hui, le samedi matin c’est le jour du marché. Portez vous bien et a demain peut-être. Ah oui, mon secrétariat me demande de vous rappeler que vous pouvez toujours voter pour ce blog, colonne de droite en haut, mais vous le saviez…

RABELAIS.Cela faisait déjà un moment que le clavier me démangeait et que je souhaitais vous en parler. Je profite que le 9 avril soit le jour anniversaire de sa disparition pour le faire. Auteur savoureux, il évoque la bonne chère, la bombance, la démesure mais aussi, un attachement absolu à la liberté individuelle. Sans ses puissants mécènes et protecteurs il aurait sans doute fini sur les bûchers de l’inquisition, pour preuve ses ouvrages interdit et brulés par La Sorbonne. Je veux parler de RABELAIS. Il y a des mots qui ont ce pouvoir d’évoquer chez le lecteur la joie et le bonheur. C’est le cas des Grandgousier, Pantagruel et autre Gargantua; de la guerre quand elle est Picrocholine, des moines quand ils sont de Thélème…Au prochain coup de blues, à la prochaine petite déprime qui pointe le bout de son nez, laissez tomber les antidépresseurs et (re) lisez quelques pages au hasard dans l’œuvre de Rabelais lui qui croyait fermement que la liberté totale ne conduit pas au chaos mais à l’harmonie. En ce tout début de XVI° siècle, nous avons encore un pied dans le moyen age et pourtant, Rabelais nous invite déjà à la Renaissance et à l’instar de Thomas More et de son Utopia, essaie de nous décrire la société idéale.Le 9 avril 1553, mort de François RABELAIS, à Paris. Né vers 1494 à Chinon, à la métairie de la Devinière. Moine, médecin, écrivain, il fut tout cela à la fois. Revendiqué comme un précurseur de l’anarchisme après sa description d’une abbaye imaginaire (Thélème), fonctionnant sur des principes libertaires. En 1520, moine à Fontenay le Comte, il se passionne pour l’étude du grec, puis voyage et se fixe à l’Université de Montpellier où il fait des études de médecine. En 1532, il publie « Les horribles et épouvantables faits et prouesses du très renommé Pantagruel ». En 1534, il accompagne l’évêque Jean du Bellay (son protecteur qui deviendra cardinal) à Rome. A son retour, est édité « La vie inestimable du grand Gargantua, père de Pantagruel ». Nommé docteur à Montpellier en 1537, « Le tiers livre » paraît, mais la Sorbonne condamne l’ensemble de son l’oeuvre. Il voyage alors à nouveau en Italie, et c’est à Lyon qu’il publie le « Quart livre » (1548). Son « Cinquième Livre » ne sortira qu’après sa mort, en 1564.

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

RABELAIS.

Cela faisait déjà un moment que le clavier me démangeait et que je souhaitais vous en parler. Je profite que le 9 avril soit le jour anniversaire de sa disparition pour le faire. Auteur savoureux, il évoque la bonne chère, la bombance, la démesure mais aussi, un attachement absolu à la liberté individuelle. Sans ses puissants mécènes et protecteurs il aurait sans doute fini sur les bûchers de l’inquisition, pour preuve ses ouvrages interdit et brulés par La Sorbonne. Je veux parler de RABELAIS. Il y a des mots qui ont ce pouvoir d’évoquer chez le lecteur la joie et le bonheur. C’est le cas des Grandgousier, Pantagruel et autre Gargantua; de la guerre quand elle est Picrocholine, des moines quand ils sont de Thélème…Au prochain coup de blues, à la prochaine petite déprime qui pointe le bout de son nez, laissez tomber les antidépresseurs et (re) lisez quelques pages au hasard dans l’œuvre de Rabelais lui qui croyait fermement que la liberté totale ne conduit pas au chaos mais à l’harmonie. En ce tout début de XVI° siècle, nous avons encore un pied dans le moyen age et pourtant, Rabelais nous invite déjà à la Renaissance et à l’instar de Thomas More et de son Utopia, essaie de nous décrire la société idéale.

Le 9 avril 1553, mort de François RABELAIS, à Paris. Né vers 1494 à Chinon, à la métairie de la Devinière.
Moine, médecin, écrivain, il fut tout cela à la fois.
Revendiqué comme un précurseur de l’anarchisme après sa description d’une abbaye imaginaire (Thélème), fonctionnant sur des principes libertaires. En 1520, moine à Fontenay le Comte, il se passionne pour l’étude du grec, puis voyage et se fixe à l’Université de Montpellier où il fait des études de médecine. En 1532, il publie « Les horribles et épouvantables faits et prouesses du très renommé Pantagruel ». En 1534, il accompagne l’évêque Jean du Bellay (son protecteur qui deviendra cardinal) à Rome. A son retour, est édité « La vie inestimable du grand Gargantua, père de Pantagruel ». Nommé docteur à Montpellier en 1537, « Le tiers livre » paraît, mais la Sorbonne condamne l’ensemble de son l’oeuvre. Il voyage alors à nouveau en Italie, et c’est à Lyon qu’il publie le « Quart livre » (1548). Son « Cinquième Livre » ne sortira qu’après sa mort, en 1564.

Rabelais réalise la transition entre deux époques : s’il est encore un homme du Moyen Âge qui aime la liesse et la farce, il est aussi un contemporain de la Renaissance, humaniste savant, médecin féru de grec et partisan du retour à la nature . À travers lui, le Moyen Âge et la Renaissance, loin de s’opposer, découlent harmonieusement l’un de l’autre. On lui doit entre autres la fameuse citation: « science sans conscience n’est que ruine de l’âme… » mais, celle que je préfère c’est celle-ci, tirée de Gargantua: « Vous convient être sages, pour fleurer sentir et estimer ces beaux livres de haute graisse, légers au pourchas et hardis à la rencontre. Puis, par curieuse leçon et méditation fréquente,
rompre l’os et sucer la substantifique moelle. »
Ca vous met en appétit non?

Une autre description des plus réjouissantes me plait tout autant: « Toute leur vie était régie non par des lois, des statuts ou des règles, mais selon leur volonté et leur libre arbitre. Sortaient du lit quand bon leur semblaient, buvaient, mangeaient, travaillaient, dormaient quand le désir leur en venait. Nul ne les éveillait, nul ne les obligeait à boire ni à manger, ni à faire quoi que ce soit. Ainsi en avait décidé Gargantua. Et leur règlement se limitait à cette clause : FAIS CE QUE TU VOUDRAS. »

Ah, les moines de l’abbaye de Thélème, ils me font penser à ceux de Saint Bernardin « qui se levaient tard et se couchaient matin pour aller à Matines vider les p’tits flacons… » Vieille chanson de carabins que l’on trouve encore sur quelques 78 tours dans la collection « aux plaisirs des Dieux ». Allez, merci de cette visite et surtout, portez vous bien, repassez quand vous voulez et à demain peut-être. Je vous laisse à présent car j’ai un rendez vous avec une truite de 35cm, il ne s’agit pas de le rater.