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Une paire de beaux saints…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS, TRADITION

Amis des froidures hivernales et du lait d’poule réunis, bonjour ! Nous sommes le Mercredi 12 février 2020 c’est à dire le 24 de pluviôse, oui bon, ben, faut suivre aussi. Or donc, dans le calendrier républicain, c’est renouée-300x224le jour de la « traînasse » ; et n’allez pas imaginer que Fabre d’Eglantine pensait à quelqu’une en particulier. Il s’agit d’une plante herbacée de la famille des polygonacéés dont les graines sont particulièrement appréciées des petits oiseaux et des merles moqueurs en particulier. On la connait aussi sous le nom de « renouée des oiseaux ». Si vous en avez dans votre jardin, il paraît que c’est très joli mais très envahissant ; d’où le nom peut-être. Mon aïeule, qui se piquait de quelques connaissances médicinales, affirmait qu’en décoction c’est très efficace contre la goutte…

https://youtu.be/IN6iSxm4TO8

Aujourd’hui donc, on fête les Rioc. On trouve son nom dans les communes de Lanriec, Riec et Saint-Rieux. La légende dit que Riog fut sauvé de la mort, alors que son père allait le sacrifier dans la rivière au dragon qui hantait la région. L’Elorn porte aujourd’hui son nom. Fils d’un seigneur païen de la région de Landerneau, il devait être sacrifié à un dragon. Sauvé par Derrien et Néventer, il se convertit et se retira roche-mauriceprès de Camaret où il vécut en ermite pendant 41 ans.  Mais, il semble bien que les personnages de  Néventer et de  Derrien soient nés de l’imagination d’un recteur ennuyé de n’avoir aucune légende à raconter à ses paroissiens ce qui était fort dommageable lorsqu’il s’agissait d’évangéliser tous ces mécréants de basse-Bretagne… Il suivit saint Guénolé à Landévennec et ressuscita sa mère avec de l’eau bénite que ce dernier lui avait confiée. Quand à Rioc, le seigneur du patelin, sauvé des griffes du dragon, il a laissé son nom à la jolie petite commune de Riec-sur-Belon. Ah, une douzaine de Belon et une bonne bouteille de muscadet de chez Cherreau et Carré. Je vous conseille le « vieilles vignes »  le comte de Chasseloir, c’est un vrai délice qui donne au Muscadet ses lettres de noblesse. A droite: le château de La-Roche-Maurice.

Ah, la belle époque où existaient des chevaliers errants pour chasser les malfaisants… Aujourd’hui, ils (les malfaisants) se retrouvent à l’Assemblée pour jouer au bridge. Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

Si tu t’imagines…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de la tautologie et du kouign-amann réunis, bonjour ! Nous sommes le Mardi 11 février 2020, 23è jour de pluviôse dédié au chiendent; plante envahissante s’il en est. Nous souhaitons bonne fête à tous les Ehouarn de la terre. Ils doivent leur nom à un moine de l’abbaye de St Gildas en Rhuys vers le 11è siècle. C’était un disciple de Félix. Dans Ehouarn, on retrouve houarn, le fer. Par Autoportraitexemple, hent-houarn, le chemin de fer… Tout comme dans l’eau ferrugineuse chère à Bourvil. Chiendent, cela me rappelle un livre de Queneau; son premier roman me semble t-il, qu’il construisit selon ses dires comme une illustration littéraire du Discours de la méthode de René Descartes. Ce roman lui vaudra la reconnaissance de quelques amateurs qui lui décerneront le premier prix des Deux Magots de l’histoire.  Comme disait Mac Mahon; queneau, queneau ! Profitez donc des longues soirées d’hiver pour relire Queneau. Quand l’ordinaire devient passionnant, la routine peut conduire à l’aventure et tout devient possible. « Alibiforains et lantiponnages que tout cela, ravauderies et billevesées, battologies et trivelinades, âneries et calembredaines, radotages et fariboles ! » Un peu comme ce blog quoi ! Oyez donc ce magnifique poème qu’il commit et que Sartre fit passer à Juliette Gréco:

Allez, bonne semaine, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Les aristocrates à la Lanterne…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis de la guitare acoustique et de l’anchoiade réunies, bonjour ! Nous sommes le Lundi 10 février 2020, 22è jour de Pluviôse dédié au Thymèle que l’on nomme aussi daphné-garou-300x199Garou. C’est un arbuste des garrigues méditerranéennes et des sables atlantiques. Mon aïeule m’a raconté que le daphné garou était traditionnellement cloué par les bergers sur les portes des enclos pour éloigner à la fois les puces et les sorcières. Il est aussi utilisé à des fins thérapeutiques, en tant que destructeur de leucoblaste. Le daphné garou servait autrefois pour ces vertus diurétiques et purgatives, en traitement de la syphilis.

Tout à fait autre chose.

Le 10 février 1794, suicide de Jacques ROUX dans sa prison de Bicêtre, à Paris. Né le 21 août 1752 en Charente. Ce révolutionnaire français n’est pas seulement un « curé rouge » impitoyable et parfois cruel ; il est aussi un précurseur du socialisme et de l’anarchisme moderne. Ne se contentant pas de dénoncer les accapareurs de la le-curé-rouxrévolution, les spéculateurs et les marchands, ses diatribes viseront le gouvernement et tout l’appareil d’Etat parlementaire, ainsi que divers représentant de l’autorité. Il est frappé d’interdit après avoir participé au pillage de châteaux. Vicaire de saint Thomas de Conac en 1790, il fut l’un des premiers prêtres ( curé rouge  selon Maurice Dommanget) à prêter serment à la Constitution civile du clergé. Personnellement, des curés comme celui-la, je signe tout de suite. Il accompagna Louis XVI à l’échafaud avec Jacques-Claude Bernard.

Sa faction des « Enragés » (dont Jean-François Varlet fait partie), réclamait la taxation et la réglementation en termes de prix. Il dénonçait la bourgeoisie marchande plus terrible selon lui que « l’aristocratie nobiliaire et Le curé rouge couverturesacerdotale ». Il est l’auteur du célèbre « Manifeste des Enragés » que signèrent Varlet et Leclerc d’Oze. Partisan de l’action directe, il fut à l’origine de plusieurs pillages de magasins. Il se fait le porte-parole des plus pauvres des « sans-culottes », incitant les femmes à revendiquer leurs droits. Le manifeste des enragés sera la cause de sa chute. La Convention se sentant attaquée, elle fait arrêter Jacques Roux le 22 août 1793, avec l’intention de l’envoyer à la guillotine, via le tribunal révolutionnaire. La répression s’abattra ensuite sur ses partisans, et le « Club des femmes », soutien des enragés, sera dissous. C’est-y pas malheureux, madame Michu!

Allez, merci de votre visite, portez vous bien et à bientôt peut-être.

A dada sur mon bidet…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis des années bissextiles et des spaghettis alle vongole réunis, bonjour ! Nous sommes le Samedi 08 février 2020, 20è jour de pluviôse dédié à la serpette. Ici,on fête Jagu. Frère de Gwezheneg, de Gwenolé et de Klervi, il est le saint patron de Saint-Jagu, près de Plestin-les-Grèves, et Saint-Jacut-de-la-Mer, dans les Côtes-d’Armor, ainsi que Saint-Jacut, dans le Morbihan.

C’est aussi le jour anniversaire de la proclamation du mouvement Dada de Tristan Tzara. Nous sommes le 8 février 1916, dans un cabaret de Zurich, le poète et ses amis proclament l’avènement de Dada en réaction à l’absurdité de la Grande Guerre. Il était né à Moinesti (Roumanie) en 1896. Pendant la première guerre mondiale, il séjourne à Bâle où il contribue à la fondation TZARAdu mouvement Dada avec Ball, Arp et Huelsenbeck. En 1916, il publie le premier texte dadaïste: Les Aventures Célestes de Monsieur Antipyrine. Il fonde également la revue Le Cabaret Voltaire à laquelle collaborent Apollinaire, Picasso, Cendrars, Kandinsky et Modigliani. En 1918, il publie le Manifeste Dada et, l’année suivante, se rend à Paris où les surréalistes l’accueillent avec enthousiasme. A partir de 1920, Tzara organise avec les surréalistes une série de manifestations qui feront scandale. En 1922, il se sépare de Breton qui refuse à garder une attitude purement nihiliste. Tzara reste quelques temps en dehors du groupe surréaliste, mais il y revient en 1929. Tzara participe aux activités du mouvement jusqu’en 1935 et collabore notamment au Surréalisme ASDLR. Passé cette date, l’activité de Tzara qui fini par adhérer au Parti Communiste (personne n’est parfait) cesse peu à peu de concerner le surréalisme.(à gauche, un portrait signé Delaunay) En 1938, il voyage en Espagne où de 1934 à 1936 il avait été secrétaire du Comité pour la Défense de la Culture Espagnole. Pendant la guerre, il participe à la résistance intellectuelle et vit clandestinement dans le Midi de la France. A la libération, il participe à Toulouse à la fondation de l’Institut d’Etudes Occitanes.

flacon aux ailes de cire rouge en fleur
mon calendrier bondit médicament astral d’inutile amélioration
se dissout à la bougie allumée de mon nerf capital
j’aime les accessoires de bureau par exemple
à la pêche des petits dieux
don de la couleur et de la farce
pour le chapitre odorant où c’est tout à fait égal
sur la piste réconfort de l’âme et du muscle
oiseau cralle

Tristan Tzara

Oui da, en ces jours où l’affligeante actualité inonde nos téléviseurs, la seule question qui vaille d’être posée est bien: être ou ne pas être Dada, avec ou sans bidet … Allez, merci à vous d’être passé, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Maximilien Luce, un pointilliste pointilleux…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis de la généalogie et des enfants de Marie réunis, bonjour ! Nous sommes le Vendredi 07 février 2020, date qui nous renvoie au 19è jour de pluviôse que nos amis républicains ont eu la bonne idée de dlécho-de-la-modeédier à la pulmonaire, alors… Attention les bronches ! Ceux qui le souhaitent peuvent célébrer les Aodren (Audren). La légende en fait le fils du roi breton d’Armorique Salaun (Salomon) ce qui est peu probable car ce dernier régna quelques siècles plus tard. Aodren a malgré tout laissé son nom à la charmante petite cité de caractère Chatelaudren en Côtes-d’Armor (castel Aodren) bien connu pour avoir abrité pendant des décennies l’imprimerie du non moins fameux Petit Echo de la Mode très prisé dans les milieux populaires car à chaque numéro, ont pouvait y découper un patron. C’est pas de nos jours qu’une idée pareille jaillirait dans l’esprit ramolli des classes laborieuses.

Le 7 février 1941, décès de Maximilien Jules Luce à Paris, (né le 18 Mars 1858). Peintre, graveur et militant anarchiste. En 1887, Pissaro, Seurat et Signac l’accueillent dans le groupe des néo-impressionnistes. Luce Luce-G-signe alors de nombreux dessins pour les journaux tels que « Le père Peinard », « La Révolte », « L’endehors », « La Feuille » etc. Il est à noter qu’en 1879, le 07 novembre pour être exact, il est incorporé au 48e régiment d’infanterie de ligne à Guingamp (22), au titre du service militaire, mais il peut regagner Paris en mai 1881. A gauche, son portrait par Signac. En 1894, faisant suite aux attentats de Ravachol, Vaillant, etc., il est arrêté et jeté en prison. Désigné comme « Anarchiste dangereux » ses dessins sont jugés « inciter le peuple à la révolte » (Procès des 30). Sur la vie carcérale, Luce réalise une série des lithographies, accompagnées d’un texte de Jules Vallès. Libéré, il collabore à la revue « Les temps nouveaux ».

En 1934, il assure la présidence de la Société des artistes indépendants. La même année, il signait une pétition appelant à la lutte antifasciste. Il a laissé de nombreuses toiles ayant pour thème la Commune de Paris comme « la mort de Varlin », (à droite) Luce donnera plusieurs versions (sept versions répertoriées) de la mort d’Eugène Varlin sur laquelle il s’est longuement documenté par le biais de la mort de Varlintémoignages d’anciens communards et de lectures historiques. Le choix de cette figure de la Commune n’est pas gratuit. Membre du conseil de la Commune, de la commision des substances et directeur général des approvisionnements militaires, Eugène Varlin (1839-1871) tenta de s’opposer au massacre des otages de la rue Haxo, pendant la semaine sanglante. Le dimanche 28 Mai (1871), le matin, Eugène est sur un des derniers lieux de résistance. L’après-midi, épuisé, assis sur un banc près de la rue Cadet, il est reconnu par un prêtre en civil décoré de la légion d’Honneur, qui court le dénoncer au lieutenant Sicre. Celui-ci rameute des Lignards pendant que la populace crache, insulte et tente de le frapper. Sicre et ses soldats le conduisent rue des Rosiers, à Montmartre, pour le présenter au général Laveaucoupet. Il confirme son identité, puis se tait. En une poignée de secondes, il est condamné à mort.

Allez, portez vous bien, ken ar c’hoaz comme ils disent par ici.

If you want !

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

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Amis des Pâques irlandaises et du irish stew réunis, bonjour! Nous sommes le Jeudi 06 février 2020, 18è jour de pluviôse dédié à l’IF. Arbre remarquable surtout dans la tradition celtique. Le mot if remonte à un St-Maudez-300x224mot gaulois ivos ou, émane d’un étymon celtique qui donne aussi ivin en breton, ywen en gallois, éo en irlandais. Une racine semblable existe en  germanique, iwaz, qui a donné iw en vieil anglais (yew en anglais moderne) et Iwa en vieil haut allemand (Eibe en allemand moderne), dont semble dériver le prénom Yves et donc, Ivan, Ewan, Erwan, (tout ce détour pour parler de lui… Non mais, quel égo !)

Hors des bosquets sacrés et des sentiers battus, cet arbre tient une grande place auprès des Celtes en général et des druides en particulier. Ce conifère odorant est un symbole funéraire dans l’univers celtique. Selon César, deux chef gaulois des Eburons, vaincus au combat, s’empoisonnèrent avec ses fruits. La toxicité de la plante et son lien avec la mort sont patents. L’if se rencontre encore dans les anciens chaudron-gundestrup2cimetières, où il paraît tenir compagnie aux défunts, dans la solitude silencieuse, à la frontière du monde des vivants. Vert en toute saison, cet arbre symbolise aussi la résistance, la vigueur et l’immortalité. En dehors donc des cycles végétatif, l’if est le matériau dans lequel est taillé la roue du druide Mogh Ruth, symbole de l’apocalypse, de la révélation puisque selon les textes, une roue en if, Roth Ramhach, doit tomber du ciel lorsque la fin du monde sera arrivée (y’a pas que les gaulois qui craignaient que le ciel ne leur tombe sur la tête…). La roue du druide mythique Irlandais Mogh Ruith (serviteur de la Roue) est particulière. Elle a un moyeu et des rayons mais pas de jante. Elle est en if. C’est la roue de l’Apocalypse: quiconque la voit devient aveugle, quiconque l’entend devient sourd et quiconque la touche meurt sur le champ. Il reste quelques roues à carillons en Bretagne qui sont des dérivés directs de ce symbole.»

En attendant la fin du monde, je m’ennuie quelques fois, alors, je vais au bourg pour y faire mon Loto… Heu non, ça c’est autre chose. En if-de-Pommeritphoto (en haut à droite), l’if de Saint-Maudez en Côtes-d’Armor et que l’on dit millénaire. Il en est un autre dans la commune de Pommerit-le-vicomte, près de Guingamp en Côtes-d’Armor aussi, que l’on dit plusieurs fois centenaire, certains affirment qu’il aurait 1700 ans. Malgré les turbulences de la vie, il a même connu un incendie, il est toujours là. Le tronc est creux mais à l’intérieur la vie est présente et le spectacle est digne d’une cathédrale.

Allez, voila pour aujourd’hui, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Johann Most, anarchiste, propagandiste…

Posté par erwandekeramoal dans ANARCHISME, PORTRAIT

Amis de la philosophie des lumières et du lapin Duracell réunis, bonjour ! Nous sommes le Mercredi 05 février 2020, 17è jour de pluviôse dédié au lichen. En Bretagne on célèbre les Merin, un saint gallois qui a laissé son nom à la commune de Plomelin en Finistère.

C’est aussi le jour anniversaire de la naissance de Johann Most en1846 en Bavière. Ouvrier relieur, c’est à la faveur de son compagnonnage, en 1867, qu’il prend contact avec la section suisse de l’A.I.T. D’abord social most_johanndémocrate (en 1870), il séjourne en Autriche où il prononce ses premiers discours. Arrêté, il est condamné à 5 ans de prison, mais finalement amnistié le 9 février 1871, puis expulsé. Il rentre en Allemagne où il poursuit ses activités d’agitateur, devenant journaliste. Elu au Reichstag en 1874, il est néanmoins condamné à la prison de nombreuses fois pour ses discours enflammés, ce qui l’amène, en 1878, à s’exiler en Angleterre. Il y publie le journal « Freiheit » (Liberté). Suite à un article qui glorifie l’attentat contre le Tsar Alexandre II, il est condamné à 16 mois de travaux forcés. A la fin de sa peine, il s’exile aux Etats-Unis en 1882.

Influencé par les idées de Kropotkine, il devient véritablement anarchiste. Partisan de la propagande par le fait, il édite même un petit guide du poseur de bombe, après avoir travaillé dans une fabrique de dynamite (tsss, tsss). Le 11 mai 1886, il est arrêté à New York après un meeting, et condamné le 2 juin à un an de prison pour incitation à peste_religieuse1l’émeute. Le journal « Freiheit », publié ensuite au États-Unis, reste l’œuvre de sa vie. Il est également l’auteur de « La peste religieuse », œuvre dans laquelle on peut lire ceci d’une édifiante actualité: « Espérons que les masses ne se laisseront plus longtemps tromper et berner, mais qu’un jour viendra où les crucifix et les saints seront jetés au feu, les calices et ostensoirs convertis en ustensiles utiles, les églises transformées en salle de concerts, de théâtre ou d’assemblées, ou, dans le cas où elle ne pourraient servir à ce but, en greniers à blé et en écuries à chevaux. »

Allez, c’est pas tout ça, crénom de nom, c’est qu’y a d’ l’ouvrage. Portez vous bien et à bientôt peut-être.

Palestine: au pied du mur…

Posté par erwandekeramoal dans Actualités

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Amis du confucianisme et de l’onglet aux échalotes réunis, bonjour ! Nous sommes le Mardi 04 février 2020, 16è jour de pluviôse, dénommé « jour du buis » dans le calendrier républicain.

Or donc, c’est fait ! Le grand chef blanc a sifflé la fin de la partie. Game over qu’il a dit. Jerusalem sera définitivement la capitale d’Israel. Les territoires occupés seront définitivement annexés. Les palestiniens doivent s’estimer heureux qu’on leur laisse leurs yeux pour pleurer. Et tout cela se déroule dans un silence assourdissant et la torpeur d’unguerrilla-art-palestine-wall-banksy mois de janvier. Oui, je sais, jusqu’à présent, la torpeur était réservée aux mois d’août caniculaires; mais que voulez vous, réchauffement oblige; désormais, on trouve aussi de la torpeur dans les replis de nos hivers. Ainsi va la diplomatie internationale: Sanctions contre la Russie qui annexe la Crimée avec l’approbation de la population. Silence sur l’annexion de Jérusalem et une partie de la Palestine contre la volonté de la population. Deux poids deux mesures. Peut-être parce que il s’agit d’Israel ? Simple questionnement qui, me dit-on, s’apparenterait à de l’anti sémitisme. Lorsque nous étions jeunes (il y a très longtemps) nous nous levions pour la cause palestinienne, contre l’apartheid en Afrique du Sud, pour mettre un terme à la guerre au Vietnam, pour la libération de la femme, le droit à l’IVG, la fin des ségrégations, la diminution du temps de travail et le p’tit rouge à trente centimes… Que s’est-il passé ?

Le plan Trump pour une «paix» israélo-palestinienne, présenté mardi 28 janvier, donne en fait carte blanche à Netanyahou pour imposer sa solution au Proche-Orient; autant allumer directement la mèche qui mettra le feu aux poudres de la prochaine intifada. Car non seulement il y a un plan, mais il est extrêmement détaillé. Cent quatre-vingts pages, en comptant cartes et annexes, qui, sous prétexte de réinventer la paix, pulvérisent des décennies  de consensus internationaux, pour 1291013-mahmoud-abbas-a-la-ligue-arabe-le-1er-fevrier-2020entériner le fait établi de la colonisation des Territoires palestiniens et la putréfaction des accords d’Oslo. En un mot, la victoire idéologique et territoriale de la droite israélienne la plus dure. C’est ainsi que les Palestiniens devront se contenter d’une capitale «à l’Est de Jérusalem», et non à Jérusalem-Est. C’est-à-dire de l’autre côté du mur de séparation. C’est ainsi qu’est entérinée l’annexion des localités «accueillant» des colonies juives ainsi que la vallée du Jourdain, le grenier de la Palestine. C’est encore ainsi que la Palestine  serait constituée de trois gros cantons sur 70 % de la Cisjordanie, reliés par des déviations et des tunnels slalomant entre une quinzaine de colonies « enclavées », ainsi que de la bande de Gaza. Soit la Palestine réduite à un «archipel», comme mettent en garde depuis des années les militantsexternal-content.duckduckgo.com anti-occupation. En compensation, en plus des 50 milliards de dollars (45 milliards d’euros) d’aides à un évasif « développement régional », les Palestiniens se voient promettre quelques bouts du désert du Néguev, au sud de Hébron et le long du Sinaï. Ainsi qu’un paquet de vieilles chimères : autoroute souterraine Gaza-Cisjordanie, île artificielle avec aéroport au large de Gaza. Ce plan condamne les palestiniens à rejoindre les kurdes, les Ouighours, les Sahraouis, Tamouls, Tibétains, Baloutches, Tsiganes, Aborigènes, et autres dans la famille des peuples orphelins sans État, sans terre, sans espoir…

Bon ben, c’est pas gai tout ça madame Michu. Allez, néanmoins, portez vous bien et à bientôt peut-être.

 

La philo sans le boudoir…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE, PORTRAIT

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Amis de la philosophie sans boudoir et du p’tit LU réunis, bonjour ! Nous sommes le Lundi 03 février 2020, 15è jour de pluviôse officiellement dédié à la vache; ce qui bien entendu n’a rien à voir avec ce qui va suivre. J’évoque les Petits LU en référence aux folles journées qui se déroulent à Nantes en ce moment; dédiées à Ludwig van Beethoven crois-je.

Voici une philosophe dont on parle peu, peut-être à cause de son homonymie avec Simone Veil, la femme politique. La notre de Simone Weil nait en 1909, un 3 février, à Paris au sein d’une famille de la bourgeoisie juive mais agnostique. Elle aura la chance de pouvoir bénéficier d’une éducation classique. Au LSimone -G-ycée Henri IV à Paris, elle est une des premières filles à avoir accès au cours de philosophie d’un professeur célèbre : le philosophe Alain, qui écrira plus tard: « La religion conduit à l’irréductible irréligion ». Simone Weil sera influencée par la stature de ce professeur, par ses idées non-conformistes et ses rébellions contre l’autorité universitaire. Elle devient elle-même professeur de philosophie et s’engage sur le plan politique. On la surnomme « la vierge rouge » et l’administration universitaire la nomme assez loin de Paris, craignant sans doute les remous.

Dans les villes de province où elle enseigne (au Puy, à Bourges…) elle fréquente les ouvriers, les chômeurs, discutant avec eux dans les cafés, leur donnant des cours de culture générale pour les instruire afin de les éclairer sur le rôle important de la classe ouvrière. Pour mieux comprendre les rouages de l’oppression sociale, elle se fait embaucher comme ouvrière en usine, malgré sa santé précaire. En 1936, elle rejoint les brigades internationales, en Espagne, où elle combat comme un simone en armesoldat dans cette atroce guerre civile (La photo à droite la montre armée et dans la célèbre combinaison de la CNT) Elle fera partie de la fameuse colonne Durruti formée d’anarchistes principalement. En voyage en Italie, sa vie personnelle bascule soudain lorsque, dans une église à Assise, elle vit un moment spirituel intense. « Quelque chose de plus fort que moi m’a obligée, pour la première fois de ma vie, à me mettre à genoux », écrira-t-elle. Elle en est marquée jusqu’à la fin de sa courte vie et va développer cette approche spirituelle qu’elle nomme « connaissance surnaturelle ». Fatiguée, malade, diminuée, elle trouvera la mort dans un sanatorium de Ashford le 24 août 1943, elle n’a que 34 ans. Au regard de notre actualité, je vous laisse juger de la pertinence de cette citation extraite de son livre: La pesanteur et la grâce. « L’obéissance à un homme dont l’autorité n’est pas illuminée de légitimité, c’est un cauchemar.» Nous devons à laure Adler une magnifique biographie parue chez Actes Sud en 2008. C’était véritablement une femme admirable, entre Calamity Jane et Sainte Thérèse de Lisieux, elle me fait penser à Hannah Arendt, autre philosophe de premier ordre.

Bon allez, Beethoven, Weil, Arendt, on se croirait sur France Culture;  portez vous bien et à bientôt peut-être.

Ar gwir enep ar bed…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

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Amis de la tradition et du chouchenn chaud réunis, bonjour! Nous sommes le Samedi 1er février 2020, treizième jour de pluviôse dans le calendrier républicain dédié au laurier-sauce mais pour les Celtes, c’est Imbolc.

Imbolc donc, fête de la régénération, de la lustration comme disent les druides, correspond aux Lupercales de l’antiquité Romaine. On y célèbre Brigit la déesse mère pré-chrétienne et il s’agit d’une purification qui Imbolcprend place à la fin de l’hiver et a certainement pour origine un culte de la fécondité.  En Irlande, Brigit est la fille du Dagda, elle est aussi la mère, l’épouse et la sœur de Lug, Dagda, Ogme, Nuada, Diancecht et Mac Oc, les dieux des Tuatha Dé Danann. Elle est associée à la fête d’Imbolc, la purification du 1er février, censée protégée les troupeaux et favoriser la fécondité. Voici d’ailleurs la recette pour fabriquer vous même votre encens d’Imbolc: 3 parts d’oliban (résine aromatique), 2 parts de sang de dragon (estragon), 1/2 part de bois de santal rouge, 1 part de cannelle. Quelques gouttes de vin rouge. Ajouter au mélange quelques pincées des premières fleurs (séchées). (Scott Cunningham The Complete Book of Incense, Oils andBrews). Après cela, vous pouvez affronter la dure réalité jusqu’à l’équinoxe de printemps.

C’est le jour ou jamais pour vous essayer à tresser la fameuse croix de Brigit. En effet, La tradition voulait que, la veille d’Imbolc, on tresse des croix spéciales de Brigit que l’on accrochait ensuite dans les habitations pour appeler la protection de cette déesse. L’église Catholique, apostolique et Romaine avait grand besoin de récupérer toutes traces des rites anciens druidiques ou romains. Voila pourquoi le Vatican croixbrigs’empressa  de faire de Brigit une sainte et de  transformer cela en fête de la chandeleur (les lupercales, en l’honneur de Lupercus, ou Pan, dieu de la fécondité  ancienne fête Romaine avec procession aux flambeaux = candela = chandelles = chandeleur), et son folklore de crêpes et de bougies. Par ailleurs, le nom de février provient du nom latin du mois, februarius, lui-même dérivé du verbe februare signifiant « purifier ». Bon, maintenant c’est vous qui voyez…  J’ai repris en titre la devise du mouvement druidique: Ar gwir enep ar bed – La vérité face au monde ou, « à la face du monde » quelque chose comme cela.

Bon, c’est pas tout, si j’en crois mon aïeule, la pâte à crêpes cela repose trois heures; il faut que j’y aille. Allez, portez vous bien et à demain peut-être.