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Barde à papa…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

Amis des décalcomanies et des sardinades réunies, bonjour ! Nous sommes donc le Mardi 05 décembre 2017, il pleut toujours sur Brest houarvianet c’est le 15è jour de frimaire dédié au Chevreuil. En Bretagne c’est aussi la Saint Houarvian. Houarvian était un barde de la Bretagne insulaire qui, à cette époque là (aux environs de 510), s’était rendu à la cour du roi Franc Childebert 1er pour participer au concours de l’Eurovision et suivre un stage de harpe celtique auprès de l’ancêtre d’Alan Stivell. C’est alors qu’il rentrait chez lui en char-stop qu’il eut une vision. C’est bien connu, le char-stop est propice aux visions surtout si vous fumez quelques substances illicites…

Donc, cette vision lui commanda d’attendre sa promise au bord de la fontaine de Landouzan, près du Drennec, en Finistère. Il ylandouzen rencontra Riwanon et demanda sa main à son frère Rivoaré. Ils se  marièrent à la mode de Bretagne et, vers 525, Riwanon donna naissance à saint Hervé. Puis ils se séparèrent pour mener une vie érémitique. Ce qui ne veut pas dire, mécréants que vous êtes, qu’ils étaient au RMI… L’histoire de Riwanon dans cet ancien billet. Aujourd’hui on peut visiter la chapelle de Landuzen, restaurée grâce au travail de l’association « Mignoned landuzen », au Drennec et qui possède une cuve baptismale datant semble t-il de l’époque gallo-Romaine. (photo)

Bon allez, je fais court car aujourd’hui c’est lundi (oui, le jour de l’écriture ne correspond pas forcément au jour de parution), jour de marché à Lesneven et je dois aller faire le plein de légumes si je veux que ma potée soit prête quand rentrera ma fiancée de son dur labeur. Portez vous bien et à demain peut-être.

L’ésotérisme de mon aïeule…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

Amis des gymnopédies et de la trois-fromages réunies, bonjour! Nous sommes le Lundi 04 décembre 2017, 14è jour de frimaire dédié au sapin et, si j’en crois le calendrier des postes, c’est la Ste Barbe qui aurait vécu au milieu du IIIe siècle à Nicomédie en Asie Mineure, aujourd’hui Izmit. Son père, un satrape du nom de Dioscore, voulut protéger sa virginité (ou la protéger du prosélytisme chrétien). Il sainte-barbeGravure-167x300l’enferma dans une tour à deux fenêtres. Mais un prêtre, déguisé en médecin, s’introduisit dans la tour et la baptisa (de quoi j’me mêle ! ndlr). Son père la tortura jusqu’à qu’elle abjure mais elle ne céda pas; il la décapita illico. Allez savoir pourquoi Barbe était un prénom très usité en Bretagne et que portait mon arrière grand-mère. Elle est honorée au Faouët, dans le Morbihan ( pas mon arrière grand-mère mais la sainte).  La Chapelle Sainte-Barbe, lieu célèbre de pèlerinage est accrochée aux flancs de la montagne, à 1.500 mètres du bourg. Elle est enfouie dans la forêt, à pic au dessus de l’ Ellé et c’est un vrai bijou d’architecture élégante et fine comme on n’en voit pas souvent en Bretagne. Oyez son histoire.

Vincent, seigneur de Toulboudou, en Locmalo, chassant un jour de l’année 1489 dans la vallée de l’ Ellé, fut surpris par un orage formidable. Un bloc de rocher, détaché par la foudre, roulait sur la pente de la montagne et allait l’écraser. Il n’eut que le temps d’invoquer sainte Barbe et le roc s’arrêta, comme cloué sur le sol. A chapelle-300x200la place même où il avait été si miraculeusement épargné, le seigneur fit élever une chapelle par son architecte du génie. Sainte Barbe est, bien évidemment la patronne des pompiers mais aussi des alchimistes.Nombre d’occultistes se sont penché sur les similitudes entre l’iconographie qui la concerne et la seizième lame du tarot de Marseille, la maison Dieu à cause de la tour. D’aucun y voit la colonne, le pilier, l’axe, l’Unité de l’être qui se manifeste par les trois plans symbolisés par les trois fenêtres de la tour : à l’instar d’Hermès le Trismégiste. Ici, la pierre dressée est la matière à transmuter en corps de Gloire, alors seulement, dit le sage, la mort sera abolie, et l’on possédera les « clés du royaume des ciels. ». Car curieusement, ces clés de saint Pierre, qui se trouvent sur le lambris Porte-de-la-chapelle-sainte-Barbe-Sainte-Barbe-Morbihan--225x300situé à côté de la statue de sainte Barbe sur la grande place alchimique de Bruxelles, se retrouvent également sur la porte de la chapelle de sainte Barbe au Faouët.  De part et d’autre du portail du beffroi se dressent les statues des quatre Vertus cardinales : Prudentia (la Prudence) et Justitia (la Justice) à gauche, Fortitudo (la Force) et Temperantia (la Tempérance) à droite, autres arcanes du Tarot et vertus cardinales dont Fulcanelli nous donne une description alchimique dans ses « Demeures Philosophales », au chapitre « Les gardes du corps de François II duc de Bretagne ». On pourrait en parler des heures mais…

Allez, c’est pas tout, j’ai du pain sur la planche et du lait sur le feu. Portez vous bien et à demain peut-être.

Jaoua, qu’est-ce que tu fais là.

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

Amis de l’histoire ancienne et de la galette de Pleyben réunies, bonjour ! Nous somme le Samedi 02 décembre 2017, 12è jour de Frimaire dédié au Raifort. Mon aïeule, pour qui la pharmacopée n’avait aucun secret, en faisait une mixture qu’elle nous imposait en inhalation en cas de gros rhume. Le nez au dessus d’un bol de cette préparation improbable, un linge par dessus la tête… Je vous assure que ça vous dégageait les canalisations en deux temps trois mouvements.

Chez nous, on célèbre (ou pas) les Tadeg. On peut lire aussi, Tudeg, en tout cas, cela vient du vieux breton « tad » le père… Mon arrière grand-père se faisait appeler Tadig, petit-père. Tudeg a laissé son nom à la commune de Landudec en pays bigouden où il est invoqué contre la surdité (hein?). Mais l’histoire de ce saint, plus ou moins légendaire, se déroule plus haut en Cornouaille du côté du statue-TudegFaou. En effet, le seigneur du coin le fit assassiner en compagnie de son compagnon Jud alors qu’ils célébraient la messe.(à droite une des rares statues de St Tudeg, ici à Poullaouen) Le seigneur du Faou donc, voyant sa cote diminuer dans les sondages, imaginât de mener campagne en stigmatisant ces étranges étrangers qui débarquaient avec leur religion sans oublier le bruit et l’odeur… Il se répandait dans tout le canton en haranguant la foule : avec tous ces immigrés, la délinquance augmente ! A cette allure là, bientôt l’Armorique sera chrétienne. L’Armorique aux gaulois. Halte aux flux migratoires… Bref, autant de slogans qui flattaient les bas instincts de la populace. (C’est pas aujourd’hui qu’on verrait des choses pareilles, madame Michu). Puis, in fine, de la parole aux actes, il décida d’en finir définitivement avec deux de ceux là…

C’est Jaoua, un autre saint homme, qui fit rendre grâce au puissant seigneur du Faou qui avait massacré Tadec et Jud en le condamnant à ériger une abbaye qu’il devrait financer pour expier son double  c3a9pc3a9e-jaouacrime. D’où l’expression daou laz (double meurtre en breton). Aujourd’hui, l’abbaye de Daoulas est devenue un haut lieu de l’expression culturelle en Bretagne. Mais si l’on en croit les experts de l’expertise, L’abbaye de Daoulas ne fut créée qu’au XIIè siècle soit cinq ou six cent ans après l’existence présumée de Tadeg. Personnellement je pense que Daoulas vient plutôt de Daou glaz que l’on pourrait traduire par deux ruisseaux, comme la « Mignonne » et le « Lézuzan » qui confluent sur cette commune. Jaoua, qu’est-ce que tu fais là ? est-on tenté de murmurer en le rencontrant dans la vallée des saints réalisée par Goulven Jaouen, dans un granit de Louvigné-du-Désert.

Un millénaire s’est écoulé et, mêmes causes, mêmes effets… Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

A la cloche de bois…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis de la solidarité internationale et du Picon bière réunis, bonjour ! Et nous voici en décembre, kerzu e brezhoneg, tout doucettementle cenobite face à son clavier on se rapproche de l’hiver. Plus précisément, nous sommes le Vendredi 01 décembre 2017, onzième jour de frimaire dédié à la cire.  Pour ma part, c’est jour anniversaire, neuf ans déjà que j’ai quitté le navire de la vie « active » et que j’ai mis sac à terre en cet ermitage de Keramoal, accueilli en grande pompe par tous les lapins du canton. Après m’en être longuement entretenu avec moi même, la conclusion est tombée: Aucun regret. Selon certains calendriers, c’est la St Eloi et, comme le disait qui vous savez: A la saint Eloi, le cénobite reste coi. Enfin, pas longtemps non plus; faut pas exagérer… Comme vous le voyez sur cette  illustration, il faut fournir un papier chaque jour que fait le bon diable.

Qui se souvient de Joseph Jean-Marie TORTELIER ?

Cet ouvrier menuisier né en Ille et Vilaine (Bain-de-Bretagne – 1853 Joseph_Jean-Marie_Tortelier- il a longtemps travaillé à Rennes) est mort le 1er décembre 1925. Anarchiste, révolutionnaire, il était surtout un militant farouche de la grève générale. Arrêté comme Emile POUGET et Louise MICHEL, il fait trois mois de prison. Il anime la ligue des anti-propriétaires dont l’action consistait surtout à venir en aide aux ouvriers qui ne pouvaient plus payer leur loyer en les aidant à déménager « à la cloche de bois ». Cela ne vous rappelle pas la crise des « subprimes » ça ? Voici un petit texte anonyme de l’époque; je sais pas pour vous, mais moi, ça me mets en joie.

« Aux ventrus déclarant la guerre,
nous avons pour enn’mis: patrons, curés, soldats;
mais c’est contr’ le propriétaire
que nous livrons gaiement nos plus joyeux combats.
C’est nous qu’on voit, à l’approche du terme,
à l’appel des copains, accourir d’un pied ferme… ».

En 1901, il figurait sur une liste de « disparus-recherchés pour être mis sous surveillance spéciale » le décrivant : « 1m66, cheveux et sourcils châtains foncés, moustache assez forte, teint brun, maigre…souvent coiffé d’un béret bleu ou d’un chapeau de paille  ». Le Libertaire du 11 décembre 1925 annonçait sa mort ; il fut enterré le 4 décembre à Eaubonne en Seine-et-Oise où il s’était retiré ; au nom des vieux militants, L. Guérineau prononça quelques mots d’adieu.

Allez, portez vous aussi bien que possible et, à bientôt peut-être.

Une île…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis de la tradition celtique et de la vieille (le poisson) au four réunies, bonjour ! Nous sommes le Jeudi 30 novembre 2017 et on annonce les premiers flocons. Comme le disait mon aïeule, toujours généreuse en termes de dictons: « Neiges de Saint André voient le cénobite se les geler ! ».

Aujourd’hui, les britophones vont célébrer Tugdual, un des sept saints fondateurs de la Bretagne selon la police, beaucoup plus selon les pèlerins. Les historiens n’arrivent toujours pas à se mettre d’accord sur le nom lui même, était-ce Tugdual, Tudy, Tutuarn… Allez savoir, en Bretagne c’est bien connu, un saint peut en cacher ile_tristan_en_vue_aerienneun autre. La légende veut qu’il soit venu s’échouer quelque part au fond de l’aber Wrac’h aux alentours du VIè siècle, accompagné de soixante dix de ses potes pour évangéliser l’Armorique. Personnellement j’ai opté pour l’orthographe Tutuarn et je l’installe dans un ermitage sur l’île Tristan qui va donner naissance à Douarnenez, Tutuarn enez, l’île de Tutuarn. Bon d’accord, ça m’arrange, mais ce n’est pas plus incongru que d’en faire un Bigouden du côté de Loctudy. D’ailleurs, familièrement en breton Tugdual est généralement désigné sous le nom de Pabu et le Trégor est parsemé de chapelles qui lui sont dédiées. Cette tradition vient sans doute du fait qu’il est censé avoir été pape (Pabu: le père); alors pourquoi pas Tutuarn. En tout état de cause, il est revenu mourir à Tréguier un 30 novembre 563, j’ai pas retrouvé à quelle heure…

L’île Tristan est connue par ailleurs pour avoir hébergé le tristement célèbre bandit de grands chemins Guy Eder de la Fontenelle. En 1595, il s’installe sur l’île où il loge sa garnison (entre 700 exJean_Richepin_-_La_Chanson_des_gueux.jpg.pagespeed.ic.-IomDdyINOt 800 hommes). Continuant ses pillages, La Fontenelle entasse son trésor sur l’île Tristan des années durant. Capturé puis exécuté au début des années 1600, le pirate laisse derrière lui son trésor et son île. Personne, à l’heure actuelle, n’a pu faire main basse sur ces richesses. Enfin, une autre version de la légende raconte que La Fontenelle aurait, pour tromper ses adversaires, enfouit son trésor dans le vallon du Ris, et que l’on retrouverait encore des petites parcelles d’or dans le ruisseau qui coule jusqu’à la plage. C’est aussi sur cette île que résida le poète Jean Richepin auteur de La chanson des gueux qui lui valut moult déboires et qui débute ainsi:

Venez à moi, claquepatins,
Loqueteux, joueurs de musettes,
Clampins, loupeurs, voyous, catins…
…Je suis du pays dont vous êtes:
Le poète est le Roi des Gueux.

Allez, merci d’être passé par ici, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Cor une p’tit’ goutte…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

Amis de l’oxymoron* et du pudding aux carottes réunis, bonjour! Nous sommes le Mercredi 29 novembre 2017, 9è jour de frimaire dédié au genièvre. Cette boisson à base d’alcool de grain était très genièvreconsommée au siècle dernier notamment dans le Nord de la France. Voici ce qu’en disait François-Joseph Grille en 1825 après avoir visité cette région : « Ajoutons que dans les arrondissements formés de l’ancienne Flandre, on fait abus de liqueurs fortes ; de là, disent les docteurs, viennent des maux sans nombre que la sobriété seule peut réparer. Ainsi, dans ces contrées, le genièvre et l’humidité se disputent le triste honneur de moissonner plus cruellement une population imprévoyante.» Au Québec cette boisson est appelée gros gin…d’où l’expression gros gin comme devin; mais naaaan, j’rigole!

* mais si, vous savez: Cette obscure clarté qui tombe des étoiles (Corneille – Le Cid)

A ne pas confondre avec le Lambig breton qui lui est une eau de vie de cidre pesant facilement 70° à la sortie de la bouillote (l’alambic). Les indications thérapeutiques du genévrier sont nombreuses, ce qui n’est pas étonnant, car son emploi remonte à l’Égypte antique, voire alambicavant, et il a persisté à travers les siècles sans jamais défaillir. Les baies sont particulièrement utiles pour soigner l’arthrite, la goutte et toutes les maladies rhumatismales. D’ailleurs, à cet égard, la cure de genièvre est à l’automne ce que la cure de pissenlit est au printemps. Il s’agit d’un traitement fort connu en Europe. Il semblerait qu’à la longue, cette double cure ait pour effet d’augmenter la mobilité des membres et d’atténuer leur raideur; alors que le Viagra lui, c’est le contraire… Tiens, j’en profite pour corriger une erreur fréquente: dans les textes, le bouilleur de cru est le récoltant, le bouilleur ambulant est le distillateur qui se met au service du premier.

Allez, cor’ une p’tit’ goutte, merci de cette visite, portez vous bien et à demain peut-être.

A en perdre la tête…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

Amis de la vérité historique et du chouchen chaud réunis, bonjour! Nous voici le Mardi 28 novembre 2017 qui correspond au 8è jour de frimaire habituellement dédié au miel. Je dis cela en sachant pertinemment que le 28 Novembre 2017 est en réalité le Jeudi 26 As 145 St Mensonger, évêque, dans le calendrier de pataphysique. Au jour d’aujourd’hui en Bretagne armoricaine nous célébrons Eodez. tremazanCelle-là même qui perdit la tête sous l’épée de son propre frère, Tangi, qui n’en finit pas moins saint lui même. Tous deux étaient enfants du seigneur de Trémazan. Comme disait mon aïeule qui maîtrisait le subjonctif: « Plût au ciel que ces choses là ne fussent point advenues.» Des légendes comme celle là, il y en a plein par chez nous. Elles sont toutes plus gore que n’importe quel film de Brian de Palma et font passer Carrie pour une aimable bluette. Je vous la fait courte :A droite, les ruines du château de Trémazan.

Donc, envoyé à la cour du roi des francs Childebert, Tangi laissait à sa solitude Eodez lorsque leur mère mourut. Drame de la décohabitation déjà! Passé le teEodez.jpegmps du veuvage, leur père prit en seconde noce une femme qui haïssait plus que tout Eodez (mauvais choix). Elle accusa de tous les maux la pauvre fille et fit parvenir de fausses informations à Tangi quant à la pureté et aux vertus de sa sœur. Revenant de France et face aux faux-propos qui lui avaient été rapportés, Tangi décapita sa sœur afin de laver l’affront fait à l’honneur de la famille (non mais, ça rigolait pas de c’temps là). Celle-ci prit ses jambes à son cou et sa tête sous le bras et s’en retourna à la maison familiale affronter la méchante belle-mère… Il existe encore dans le Léon une gwerz (complainte) qui raconte la légende. On me demande souvent ce qu’est une gwerz, en voici une Gwerz Ar Vezhinerien, autrement dit, la complainte des goëmoniers, interprétée par Denez Prigent.

 

Et vous trouverez toujours quelqu’un dans le bourg de Landunvez pour vous assurer que les lieux ont gardé la mémoire de l’évènement par les fleurs rouges qui y poussent. L’œillet de Sainte Haude (Jenofl Santez Eodez) rappelle son sang versé et le géranium sanguin chapelle landunvez(bouzellou an itron) rappelle la mort affreuse de la marâtre. A droite, la chapelle St-Samson à landunvez. Vous voyez que la violence n’a pas attendu les films hollywoodiens pour déferler sur les écrans de l’histoire (tiens, c’est pas mal ça !). Tout au long de la vie des saints, on s’étripe et on se décapite joyeusement, on se démembre en famille, on s’assassine pieusement et tout cela était raconté aux petits n’enfants le soir à la veillée…Les évangélisateurs avaient compris, bien avant Paris-Match, l’importance du poids des mots et du choc des photos…

Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

A la saint Goustan, le cénobite s’détend…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

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Amis du positivisme et du lapin de garenne réunis, bonjour ! Nous sommes le Lundi 27 novembre 2017 et en ce 7è jour de frimaire, nous saluons le chou-fleur qui est un peu le légume emblématique du Léon (Finistère nord). Choux Cabu, Chou-fleur, Chou de Milan , Chou à grosses côtes, petit Chou cœur de bœuf, etc. Cette crucifère comporte pas moins de deux cent variétés, certaines locales, toutes cependant étaient travaillées en cuisine, car ceFILLE-D-OUVIER-AGRICOLE-JAMES-GUTRIE-1859-1930-ÉCOSSAIS-253x300 légume a permis depuis la plus haute antiquité aux citoyens de ce monde de manger et quelques fois survivre aux famines, facile à cultiver dans pratiquement tous les types de terres, et dans les climats les plus rudes , se conservant longtemps après la cueillette, il fut presque déifié par les Égyptiens et par les peuples de toutes les religions et origines du bassin méditerranéen. Chanté par Caton, couronné de toutes les vertus, il n’y a qu’ Apicius pour lui trouver des défauts. Oui, osons le dire, le chou-fleur est au Léon ce que la bêtise est à Cambrai, Tristan à Iseult, Castor à Pollux et la Dedion-Bouton à la bande à Bonnot (joli tableau de James Guthrie – peintre écossais)

https://youtu.be/HxrH6iA0MrA

C’est aussi, le jour ou jamais de célébrer les Goustan, tous les Goustan, et pas seulement le gros des Goustan (humour). Le saint homme est né en Cornouailles britannique en 974. Sant Sten, en breton, tient son nom de l’étain et il a laissé son nom à Saint-Goustan, le très joli petit port d’Auray (56).  A 18 ans, Goustan ou Gulstan est enlevé par des pirates et au cours d’un de leurs voyages, se blesse au pied. Abandonné sur l’île d’Ossa ( peut-être ob_6ec2e1_goustan-diminueOuessant, enez Eussa, mais plus probablement l’île d’Hoëdic), il doit son salut, d’abord à la Providence qui lui fournit des poissons, ensuite à Saint Félix qui le soigne puis le convertit au christianisme et le v’la radicalisé. Saint-Goustan est souvent représenté avec un poisson à la main; c’est l’illustration de la légende qui l’entoure. Blessé sur son île, il se serait contenté seulement d’une portion d’un gros poisson, en gardant pour le lendemain. Et chaque jour, le poisson se recomposait totalement. Mon aïeule, qui connaissait autant les cantiques que les chansons à boire, me récitait cette ronde chantée par les femmes des marins du Croisic : « Saint Goustan, notre ami, ramenez nos maris. Saint Goustan, notre amant, ramenez nos parents » étonnant, non ! Bien évidemment il est visible dans la vallée des saints (Carnoët) grâce aux burins de Kito.

Allez, merci d’être passé par ici, portez vous bien et à demain peut-être…

Danse, danse, Katel Gollet…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

Amis des confessions de St Augustin et des praires farcies réunies, bonjour ! Nous sommes le Samedi 25 novembre 2017, 5è jour de brumaire, et dans le calendrier républicain, c’est le jour du cochon… Dans celui des postes, c’est la Sainte Catherine là où tout bois prend racine. Et comme le disait mon aïeule qui n’en ratait pas une: pour la Ste Catherine, le porc couine! J’en profite donc pour souhaiter une bonne fête à ma filleule Katel. Oui, à l’Ouest du Couesnon, on dit Katell (aujourd’hui on met deux L, ça fait plus riche) plutôt que Catherine. Il sont comme cela les bretons, il faut toujours qu’ils se singularisent; non contents de porter des chapeaux ronds, ils ne peuvent pas appeler un chat un chat et une Catherine une Catherine… Ma doue benniget!

 

Oyez la légende de Katel Gollet, elle m’a été contée par un soir d’hiver et par un vieux colporteur dans une auberge des monts d’Arrée aujourd’hui disparue. Il affirmait la détenir de son grand-père qui lui même l’avait recueilli de la bouche d’un mourant alors qu’il croupissait dans la boue du camp de Conlie; là où l’armée bretonne du général de Keratry était censée se préparer à bouter le prussien katel_goll_guim-272x300hors des frontières:  Katel était une belle jeune fille de 16 ans qui vivait dans le château de son oncle, à la Roche- Maurice, près de Landerneau. Sa beauté dit-on, n’avait d’égale que son goût pour le plaisir et la danse. Le tonton, voulant se décharger de cette lourde tutelle, voudrait bien lui trouver un mari qui prendrait soin de la raisonner. Mais la belle entêtée préférait se livrer aux plaisirs de la danse et de la fête plutôt que de songer au mariage. Pour faire patienter son oncle, elle déclara qu’elle épouserait tout homme capable de la faire danser douze heures d’affilée. Nombreux furent les jeunes gens du canton à tenter leur chance. Mais elle les épuisait tant que certains, morts de fatigue, ne voyaient pas le jour suivant.

L‘hécatombe était telle que son oncle l’enferma dans une des tours du château. Mais Katel s’en échappa et se rendit au pardon de la plougastel_d_katell-168x300Martyre accompagné d’un nouveau cavalier. Gavottes, plinns, jabadaos s’enchaînèrent, les deux danseurs s’en donnant à cœur joie. Mais le jeune homme non plus ne résista pas à l’infatigable Katel qui, prise dans le feu de la danse et de l’alcool, invoqua les puissances de l’enfer demandant de nouveaux musiciens. C’est ainsi que le diable l’entraîna dans une gigue infernale et lui fit franchir les portes du royaume des damnés (le Yeun ellez). La scène est représentée sur le calvaire de Guimiliau (29) ainsi que sur celui de Plougastel-Daoulas (29). Vous pouvez par ailleurs voir le film « Non ma fille tu n’iras pas danser » de Christophe Honoré (2009) et qui reprend le thème de la légende de Katel Gollet, Catherine, fille damnée.

Allez, à raconter aux petits nenfants le soir à la veillée. En attendant portez vous bien et à demain peut-être.

Du vin et de la musique. What else ?

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

Amis de la méthode Coué et du risotto de praires réunis, bonjour ! Nous sommes le Vendredi 24 Novembre 2017, quatrième jour de Frimaire, dédié à la nèfle. Vous n’allez pas me croire mais, dans certains calendriers, ce 4 du mois de frimaire est consacré à Saint Pourçain; moine qui aurait laissé son nom à la commune de St- Les-Deux-Clochers-Saint-Pourçain-2013Pourçain-sur-Sioule dans le département de l’Allier. J’ai une tendresse particulière pour ce vin de pays qui mériterait une meilleure réputation, notamment le rouge. On le trouve à des prix très raisonnables et son assemblage de Gamay et de Pinot noir, alors que le blanc est vinifié à partir du Tressalier, lui donne cette légèreté agréable. Une vingtaine de communes de part et d’autre de St-Pourçain-sur-Sioule sur les bords de l’Allier, ont le droit à cette appellation. Saint Pourçain fut ermite bien entendu. C’est à partir du VIe siècle que l’on trouve des traces de la ville dans l’histoire lorsque Porcianus ou Purcianus ou encore Portien, un ancien porcher dit-on, devint abbé d’un monastère établi à une date inconnue sur cette petite hauteur dominant la rivière.

Tout à fait autre chose.

Je voulais profiter de ce jour, pour rendre hommage à un grand, très grand artiste, quasiment oublié malgré tout ce qu’il a apporté à la musique et à l’ancêtre du jazz: LE RAGTIME. J’ai nommé l’illustrissime Scott Joplin. Et pour commencer, voici un air qui vous est forcément connu, (rappelez vous le film L’arnaque) quand bien même vous ne sauriez identifier son auteur.

Imaginez Harold LLYOD où encore Charlot et même Groucho Marx, ils ont tous utilisé le ragtime pour illustrer leurs films. Scott Joplin estscott Joplin né (croit-on) vers 1868 au Texas à Texarkana dans une famille pauvre issue de l’esclavage. Pauvre mais musicienne, ce qui permis à Scott de révéler très tôt ses talents. L’histoire raconte que Scott enfant, accompagnait sa mère qui faisait le ménage dans les maisons des Blancs et c’est ainsi qu’il découvrit le piano. Il y fera d’ailleurs allusion dans son opéra Treemonisha en 1911.

Voila, c’était juste un clin d’œil. Portez vous bien et à bientôt peut-être.