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les voyages de Jonathan Swift…

Posté par erwandekeramoal dans LECTURE

Amis de la poésie et de la bouillie d’avoine réunies, bonjour ! Nous sommes le Mardi 20 octobre 2020, 29è jour de vendémiaire dédié à l’orge. L’orge fait partie de l’alimentation humaine depuis plusieurs milliers d’années, bien qu’elle soit relativement peu consommée dans ORGE-300x199notre quotidien. Céréale aux multiples usages, elle entre dans la fabrication du malt, qui compose la bière et le whisky. On connaît également la confiserie nommée « sucre d’orge » : sa fabrication traditionnelle se faisait en mélangeant du sucre avec de la tisane d’orge. A propos de la théorie des genres, il faut savoir que selon les usages, l’orge est féminine… ou pas. Nature, elle est féminine : de l’orge hâtive; décortiqué, il est masculin : de l’orge mondé ou perlé; étonnant, non !.

Hier j’avais prévu d’évoquer l’auteur célébrissime des Voyages de JonathanSwift-176x300Gulliver (Jonathan Swift) mais j’ai préféré dire toute mon horreur pour tous les intégrismes. Or donc, reprenons une activité normale et, va pour Swift. Très tôt, il met son talent de satiriste au service de ses opinions politiques libérales. En 1704, Le conte du tonneau a l’heur de déplaire à la reine Anne et son auteur doit dès lors se cantonner en Irlande. Là, il ne tarde pas à souffrir des discriminations qui frappent les habitants de l’île, tant catholiques qu’anglicans. Il est l’un des premiers Irlandais à se révolter contre cet état de fait. C’est ainsi qu’il publie en 1720 un Appel pour la consommation exclusive de produits irlandais d’où est tiré l’ironique formule : «Brûlez tout ce qui vient d’Angleterre, hors le charbon».

En 1729, quelques années après la publication de son chef-d’œuvre, Les voyages de Gulliver (à la fois conte pour enfants et satire de la société moderne), il récidive avec une Modeste proposition pour empêcher les enfants des pauvres d’être à la charge de leurs parents ou de leur pays et pour les rendre utiles au public. Dans ce pamphlet inspiré par la profondeManara misère qui sévit en Irlande, il propose rien moins que de rôtir et manger les enfants en surnombre : « Quand à notre ville de Dublin, on pourrait y aménager des abattoirs, dans les quartiers les plus appropriés, et qu’on en soit assuré, les bouchers ne manqueront pas, bien que je recommande d’acheter plutôt les nourrissons vivants et de les préparer « au sang » comme les cochons à rôtir »… En 1721, il commence « Les Voyages de Gulliver ». Cette œuvre, écrite à la première personne et divisée en quatre parties, marque un sommet de la satire sociale et politique au travers d’éléments mêlant, sur le mode du pamphlet ou de la description narrative, de la philosophie, de la logique, du fantastique et de la science-fiction. Ceci étant, et toute chose égale par ailleurs comme disait mon aïeule, j’ai une faiblesse pour la version de Manara (illustration ci-dessus).

Allez, voila pour aujourd’hui, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Le lendit au soleil…

Posté par erwandekeramoal dans Actualités

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Amis de la vérité toute nue et du lapin de garenne réunis, bonjour ! Nous sommes le Lundi 19 octobre 2020, 28è jour de vendémiaire, que les républicains, dans leur grande sagesse et leur petit calendrier, avaient dédié à la tomate.

La triste actualité qui a vu un bas du front de la mouvance islamiste se livrer à un sordide assassinat sur la personne d’un enseignant me remet en mémoire quelques souvenirs de cette école qui nous est chère, publique et laïque. Je me souviens que dans les années cinquante, les maîtres d’école nous apprenaient à marcher au pas en défilé-des-écoleschantant « La République nous appelle… Un français doit viiiiiivre pour elle, pour elle, un français doit mourir » le tout en roulant les «r»façon Jacques Duclos. C’était pour préparer le défilé de la fête des écoles, démonstration de la vitalité des écoles publiques face à la concurrence. Je revois encore monsieur Le L… et son béret basque, c’était un rescapé de ceux que l’on nommait les hussards de la République (la troisième) cela se passait dans la cour de la communale sous les marronniers, non loin du préau où avait lieu la distribution de lait à la récré… Cette journée d’exaltation des valeurs républicaines, de socialisation des enfants et de mise en valeur de l’enseignement public avait lieu, à l’initiative des communes et des directions d’établissement d’enseignement public, vers la fin de l’année scolaire (parfois le jeudi de l’Ascension dans un Lendit_Brestcontexte de défi de l’enseignement confessionnel catholique car ces manifestations étaient d’inspiration nettement anticléricale). Il y avait des défilés dans les rues de la ville des enfants en uniforme blanc, avec fanfare, rassemblements gymniques et sportifs dans les stades; cela se nommait le lendit. Reconnaissons le, il y avait un petit coté défilé stalinien sur la place rouge ou maoiste place Tien an men. Mai  68 est passé par là et nous avons jeté aux orties les blouses grises et les chants martiaux. Aurions nous jeté le bébé avec l’eau du bain ? On s’interroge, à ce point qu’aujourd’hui, l’instit, le prof se demandent s’ils peuvent évoquer ceci, montrer cela, sans s’attirer les foudres de telle ou telle engeance d’intégristes religieux catho, musulman, juif ou boudhistes canal historique. Il est à craindre que demain, l’autocensure remplace les directives du ministère de l’éducation nationale. Je ne le répéterai jamais assez; à bas les calottes

Allez, merci pour la visite, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Rappelle toi du couvre-feu…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

Amis de l’universalisme et du foie de veau aux cerises réunis, bonjour ! Nous sommes le Samedi 17 octobre 2020, 26è jour de Vendémiaire dédié à l’aubergine. L’aubergine cela me fait toujours penser aux uniformes des contractuelles et les uniformes aux flics et les flics à Papon rafle-62et Papon aux pires saloperies qu’un représentant de l’État puisse commettre. A l’heure où Emmanuel premier remet le couvre-feu au dégout du jour; c’est un triste anniversaire en effet que celui de ce 17 octobre 1961 (à l’Appel de la Fédération FLN de France des milliers d’algériens ont convergé vers le centre de Paris pour protester contre le couvre-feu imposer aux seuls ressortissants d’Afrique du Nord.); mais la remontée nauséabonde du sentiment xénophobe, entretenu par les gars de la Marine et autres droitiers de plus en plus extrêmes, ainsi que l’incompréhensible tribune médiatique offerte à Zemmour, Soral, Rioufol, Ménard et consorts  nous interdisent d’oublier.  

La soirée sera tragique: peut-être des centaines d’algériens sont tués, jetés dans la Seine, où l’on repêche leurs corps. Le bilan officiel fait état de 11538 arrestations, mais reste discret sur les atrocités de cette soirée. le sinistre Maurice Papon, alors préfet de police de paris a déclaré à la télévision française en 1993, selon libération, n’avoir « aucun remords, aucun signe d’angoisse. il a ici on noie...regretté son incapacité à n’avoir pu, en quelque sorte, maintenir l’ordre ». son directeur de cabinet avait pourtant confirmé à l’historien Michel Winock que « la seine charriait de plus en plus de cadavres … noyés par balle ». le responsable de cette bévue monumentale, qui relève du terrorisme d’état, sera récompensé par un portefeuille ministériel sous la présidence  de Giscard d’Estaing.
«Le passé n’est pas mort et enterré, il n’est même pas passé», déclarait Barak Obama dans son discours de Philadelphie (2008), citant William Faulkner.

Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Et Buzzati fit le buzz…

Posté par erwandekeramoal dans LECTURE, PORTRAIT

Amis du dandysme éclairé et de la crevette rose réunis, bonjour ! Nous sommes le Vendredi 16 octobre 2020, 25è jour de vendémiaire, aimablement dédié au bœuf. C’est aussi l’anniversaire de la naissance de Oscar Fingal O’Flaherty Wills Wilde, plus connu sous le nom de Oscar Wilde.

Mais, à vrai dire, aujourd’hui je voulais évoquer un écrivain qui a eu la bonne idée de naître un 16 octobre en 1906 en Italie, à San Pellegrino (ça ne s’invente pas) et, ipso facto, de se retrouver dans les colonnes des « cénobites tranquilles » – j’ai nommé Dino Buzzati. Que vous lisiez le désert des Tartares ou une nouvelle fantastique comme le K ou les sebuzzati-dessin-300x196pt messagers, vous êtes frappés par l’influence de Kafka mais aussi celle des surréalistes et des existentialistes comme Sartre ou Camus. Par ailleurs, le désert des tartares, œuvre majeure de Buzzati n’est pas sans rapport avec Les choses de Georges Perec. Buzzati y traite de la fuite du temps, de l’attente et de l’échec, dans le cadre d’un vieux fort isolé à la frontière où le lieutenant Drogo attend la gloire. Et les jours s’écoulent au rythme lent de la routine. Lorsque l’ennemi est il-deserto-dei-tartarienfin là, il est trop tard, le lieutenant ne peut participer au combat et se trouve rendu, au seuil de sa mort, à la vacuité pathétique de sa vie. Buzzati entre en 1928 à Il Corriere della sera, il a 22 ans. Pendant plus de dix ans, il s’y ennuie à mourir, d’abord à collecter de maigres faits divers, puis à classer le courrier des lecteurs en fonction de leur intérêt, supposé proportionnel à leur éloge du fascisme. De cet ennui mortel il tirera son chef-d’œuvre, Le désert des tartares, qui paraît le 9 juin 1940, roman de la lenteur du temps, de l’apathie de la routine, de l’entêtement à espérer, à espérer la guerre, et de la faillite de cette espérance. Trois jours avant la parution du roman, l’Italie est entrée en guerre aux côtés de l’Allemagne. Et l’immense Jacques Brel en a fait cette merveilleuse chanson, ici dans une version surréaliste de Dick Annegarn.

Sommes nous tous des lieutenants Drogo dans cette vie qui ressemble de plus en plus au désert des Tartares ? En attendant de devenir héros en bravant le couvre-feu, continuez de fréquenter ce blogue, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Amparo Poch Y Gascon – militante espagnole.

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis de la prétérition et du veau marengo réunis, bonjour ! Nous sommes le Jeudi 15 Octobre 2020, 24è jour de vendémiaire dédié à l’amaryllis, magnifique fleur qui a donné son nom à un bistro rennais des plus sympas. Enfin, je vous parle de cela il y a très, très longtemps. bar AmaryllisC’était dans le bas de la place des Lices, pour ceux qui connaissent Rennes, et j’y ai passé quelques soirées mémorables. Pour les initiés de la pataphysique, Le 15 Octobre 2015 est en réalité le Mardi 10 Haha 148 St Panmuphle, huissier. Et en Bretagne on célèbre les Konogan; un saint homme qui vivait à l’époque ou régnait Childebert et à qui est dédiée une très jolie petite chapelle au lieu dit Lescogan sur la commune de Beuzec-Cap-Sizun (29). Derrière la chapelle se trouve la fontaine de Saint Konogan. La légende raconte que Saint Konogan soignait la fièvre, et pour obtenir guérison il fallait vider la fontaine; avec ce qu’il tombe par ici, c’était pas le tonneau des Danaïdes mais…

Le 15 octobre 1902, naissance d’Amparo Poch y Gascon, à Saragosse (Aragon, Espagne). Militante anarchiste féminine espagnole et propagandiste de la liberté sexuelle. Après des études de médecine et de sociologie, elle met son savoir de doctoresse au service des femmes. Spécialisée en puériculture, elle donne également des cours poch_amparod’éducation sexuelle et se fait la propagandiste de la maternité consciente. Idées totalement révolutionnaires dans l’Espagne des années 30, elle incite les femmes à s’épanouir par l’amour libre et la pratique de la bisexualité : « La Vie sexuelle de la femme » (1932). Outre ses cours dans les athénées ou les universités, elle donne de nombreux articles à la presse libertaire : »Revista Blanca », « Tiempos Nuevos », »Tierra y Libertad », « Géneracion Consciente », « Estudios », et bien sûr « Mujeres Libres » revue et groupement de femmes dont elle est, avec Mercedes Comaposada et Lucia Sanchez Saornil une des trois fondatrices (en avril 1936).

Durant la révolution, elle est nommée directrice de l’Assistance Sociale à vida_sexual_poch-200x300Valence, s’occupe des enfants réfugiés de Madrid, accueillis dans des fermes-écoles. En décembre 1937, à Barcelone, elle devient responsable du « Casal de la Dona Treballadora » lieu d’échange et d’éducation ouvert aux femmes. En 1939, pendant son exil en France, elle tente de secourir les milliers de réfugiés parqués dans des camps de concentration. Elle dirigera ensuite l’hôpital de Varsovie, à Toulouse (où de nombreux combattants espagnols séjourneront). Toujours prête à secourir et à pratiquer l’entraide, elle meurt à Toulouse, le 15 avril 1968.
A noter qu’un Centre de Santé à Saragosse, portant son nom, à été inauguré par le président de l’Aragon, le 14 février 2008.Sources

Allez, merci mille fois pour vos visites fréquentes, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Le saint & l’azote…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

Amis de la variétoche et de la soupe de congre réunies, bonjour ! Nous sommes le mercredi 14 octobre 2020, 23è jour de vendémiaire dédié au navet. Aléa jacta est ! Comme disait mon aïeule qui lisait Epicure dans le texte et Ouest-Eclair dans les cabinets.

En Bretagne armoricaine on célèbre (ou pas) les Enora. On raconte que son père l’ayant forcée à épouser Efflam, elle refusa en accord avec ce dernier, de mener vie commune. Ils se marièrent et vécurent comme frère et sœur tout au long de leur vie. On peut voir sa statue dans l’église de Plestin (Finistère) et dans la chapelle de Trézeny. Efflam lui, trône en bonne place dans la vallée des saints de Carnoët grâce aux ciseaux et burins de Seenu Shanmugam. Enora quand à elle, est Efflamdevenue la patronne des nourrices, aujourd’hui on dit assistantes maternelles; ça fait plus mieux… Quand à Efflam, oyez ce qu’en dit Albert le Grand : «  … nôtre Saint, avec sa compagnie, passa la mer & vint heureusement surgir à la coste de la Bretagne Armorique, en la baye de sable, qui est entre Toul Efflam & Loc-Mikel, dite communement la lieue de gréve, en la paroisse de Plestin, Diocese de Treguer, & leur vaisseau s’arresta vis-à-vis d’un grand roc, qui est au milieu de la gréve (en terre neanmoins), nommé Hyrglas. Il y avoit pour lors, le long de la gréve, une très-grande forest, de laquelle S. Efflam & sa troupe, descendans de leur vaisseau, virent sortir un horrible dragon, lequel se retiroit à travers la grève dans sa caverne, distante d’environ mil pas de ce roc; laquelle caverne était profonde de neuf coudées, & en avoit douze en la circonférence de son ouverture; mais de peur qu’à la piste et trace de ses griffes, il ne fut découvert & assiégé en cét antre, il avoit cette astuce de marcher à reculons, de sorte qu’à voir les marques de ses griffes dans le sable, on eut pensé qu’il venoit de sortir du lieu où il ne faisoit que d’entrer. » .

Au milieu de cette vaste grève sillonnée de ruisseaux et de filières, s’élève une croix de pierre (la croix de la lieue de grève -photo de la-croixgauche). Autrefois l’habitant de ce pays, avant d’entreprendre la traversée ne manquait jamais d’interroger la croix. Si les flots la recouvraient, il était trop tard: l’imprudent eut été infailliblement englouti. Si, au contraire, la croix se montrait au-dessus de l’eau, on disait : « la croix nous voit » et l’on s’avançait sans crainte ». On dit qu’elle se déplace de l’épaisseur d’un grain de blé tous les sept ans : « Treuz ur gwinizhenn a bep seizh bloaz ». Hélas, toutes les prières à Enora et à Efflam n’ont pas empêché les algues vertes de défigurer le site merveilleux de Saint-Michel-en-Grève

Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

La tête près du bonnet…rouge.

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

Amis de la zénitude et des vins de Rioja réunis, bonjour ! Nous sommes le Mardi 13 octobre 2020, 22è jour de vendémiaire dédié à la pêche, alors, haut les cœurs !

Par chez nous, c’est la saint Hernin ou Harn, en breton dans le texte; moine du VIè siècle qui a laissé son nom aux communes de Locarn (22) et Saint-Hernin (29). Cette dernière commune est connue pour des bonnets-rouges-300x192faits liés à la révolte des bonnets rouges (l’originale hein, pas les gesticulations de Troadec, Le Fur et de la FDSEA contre l’écotaxe). Le 11 juillet 1675 et les jours qui suivent, les insurgés de vingt paroisses de Scaër au Huelgoat, assiègent et pillent le château du Kergoët en Saint-Hernin, une somptueuse demeure pourvue de murailles et de défenses, propriété du marquis Le Moyne de Trévigny, puis le brûlent. L’intendant et plusieurs serviteurs sont assassinés. Plus tard, Il se racontera alentour que le château aurait été entièrement reconstruit par corvées. Une transaction est passée entre les paroisses et Le Moyne de Trévigny pour réparation des dommages sur son château. Celle-ci est approuvée par les États de Bretagne en octobre 1679. Ah, on savait s’amuser à l’époque…

La marquise parvient à s’échapper et se réfugie au couvent des Carmes de Carhaix. Le propriétaire du château est réputé être lié à ceux qui avaient amené en Bretagne les impôts du timbre et du tabac. Selon la police, l’intervention de Sébastien Le Balp se manifeste d’ailleurs en code-paysan-300x240toute cette affaire et il exerce dit-on la plus grande influence sur toute la région. C’est sur ses ordres que le matin du jeudi 11 juillet, le tocsin sonne à Saint-Hernin, à Kergloff et dans toutes les paroisses voisines. Michel Le Guichoux, notaire royal de Châteauneuf, déclare que le matin du 12 des bandes armées venant de Plouyé, Loqueffret et Landeleau, le forcèrent « de marcher avec eux vers le château du Kergoët, suivant l’ordre qu’ils disoient avoir eu du Balq de s’y trouver ou en deffaulx qu’il viendroit avecq ses troupes fondre sur les paroisses ».

Sébastien Le Balp sut organiser une armée bretonne de 6000 hommes  mais 30 000 autres volontaires bretons le suivent sans avoir d’armes. Le nom de Bonnets rouges est lié au bonnet que les insurgés du Poher (Finistère centre) choisissent comme signe de ralliement, ceux du pays bigouden (sud ouest du Finistère) avaient un bonnet bleu. On pourrait parler de révolte des Bonnets rouges et bleus SEL-ArBalp-197x300mais le rouge sied mieux à l’image de révolte sans doute… Dans la nuit du 2 au 3 septembre 1675,  Claude de Montgaillard, fidèle au roi Louis XIV qui l’a fait marquis quatre ans plus tôt, tue par surprise Sébastien Le Balp d’un coup d’épée à travers la gorge. Celui-ci était venu au château des Montgaillard dans l’espoir d’un ralliement des nobliaux à sa cause. Plus tard, Sébastien Le Balp est exhumé. On fait un procès à son cadavre qui est ensuite traîné sur une claie, rompu et exposé sur une roue. Il est décapité puis son corps est (re)enterré à l’église de Kergloff tandis que son crane est recueilli à la chapelle de Saint-Drézouarn (Kergloff). Les meneurs sont torturés, exécutés ou condamnés aux galères. Mon aïeule, qui se targuait de bien connaitre l’histoire bretonne, m’a raconté que c’est à la suite de cette répression que les femmes du pays bigouden ont décidé d’augmenter la taille de leurs célèbres coiffes pour protester contre le raccourcissement des clochers.

Allez, merci d’être passé, portez vous bien avant le reconfinement et à bientôt peut-être.

Le père peinard, ça devrait être obligatoire…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de la démondialisation et de la saucisse de Molène réunies, bonjour ! Nous sommes le Lundi 12 octobre 2020, chanvre21è jour de Vendémiaire dédié au chanvre, Cannabis Sativa, comme disait mon aïeule qui connaissait toutes les plantes par leur nom savant. Tiens, à propos de mot, saviez vous que le mot Canebière, cher aux marseillais, vient du mot chenevière qui désignait un champ de chanvre. Faut pas s’étonner que le professeur Raoult confonde coloquinte et chloroquine. Étonnant, non !

Quelques mots à propos d’Emile Pouget.

Il était né en 1860 et s’investit très tôt dans le mouvement ouvrier. Marqué à jamais par le procès des Communards, il crée dès ses jeunes années son premier journal, Le lycéen
républicain. En 1883, alors qu’il mène un cortège vers le boulevard St Germain, il est arrêté alors qu’il tente de soustraire Louise Michel aux policiers.  Il sera condamné à huit ans de prison pour « pillage à main armée » et  père peinardincarcéré à Melun. En 1889 il édite le fameux périodique « Le père peinard » ancêtre de nos journaux satiriques. Emile Pouget prône l’action directe et surtout la grève générale. Après l’assassinat de Sadi Carnot et la répression qui s’abat sur les anarchistes, il émigre en Angleterre jusqu’en 1895 date de l’amnistie. On lui doit un célèbre slogan « à mauvaise paye, mauvais travail » il paraphrase ainsi les ouvriers terrassiers américains de Bedford qui, apprenant la prochaine réduction de leur salaire, rognèrent leurs pelles de deux pouces et demi au cri de « à petite paie, petite pelle ».

Le père peinard,  à la fois mélange d’argot, de néologismes et d’expressions savoureuses de son cru, va faire des bourgeois, patrons, curés, militaires et autres profiteurs, ses cibles favorites. Aujourd’hui, c’est sûr, Emile Pouget aurait un blog et l’on dirait: le père peinard ça devrait être obligatoire…. Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Sweet melody…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis du Muscadet sur lie et des moules marinières réunis, bonjour ! tournesol-240x300Nous sommes le Samedi 10 octobre 2020, 19è jour de vendémiaire consacré au tournesol. En Bretagne armoricaine on célèbre sant Kler, on dit qu’il fut le premier évêque de Nantes; déclinaison du prénom Sklaer, lumineux. Il y a très longtemps de cela, j’avais une amie qui répondait au magnifique prénom de Sklerijenn, qui est pourtant du genre masculin alors que mon amie ne l’était pas du tout… La correspondance française est sans doute Claire (contemporaine de François d’Assises et native de la même ville) celle-la même qui fonda les clarisses.

Or donc, ce dix du mois d’octobre est une bonne occasion pour vous parler d’un trompettiste de génie ! Harry sweets Edison est en effet né un 10 octobre en 1915 à Colombus. Trompettiste de talent, c’était le roi du swing. Il a joué avec les plus grands depuis Count Basie jusqu’à Oscar Peterson en passant par Lester Young et Nat King Cole.

Son jeu très économe s’appuie sur une précision rythmique exemplaire. Il se soucie avant tout du placement le plus juste de ses notes et de leur coloration avec ce son d’une extrême douceur, qui lui valut son Edisonsurnom de « Sweets » donné par Lester Young membre du même orchestre, qui avait été impressionné par le ton chaleureux et doux de sa musique. Compositeur et arrangeur occasionnel, le style sensible d’Edison à la trompette avait été grandement apprécié par des chanteurs tels que Ella Fitzgerald, Sarah Vaughn, Joe Williams et plus particulièrement Frank Sinatra.. Ce goût de la précision est constant dans tous ses solos et fait de son style un certain idéal de swing. Il fait partie de ces rares jazzmen qui sont reconnaissables dès les premières notes. Il nous a quitté en juillet 1999.

Voila pour aujourd’hui, en attendant une suite éventuelle, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Le voyage de Màel Dùin…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

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Amis du Gospel et de la galette de blé noir réunis, bonjour ! Nous sommes le Vendredi 09 octobre 2020, 18è jour de vendémiaire dédié au sarrasin.

Par chez nous on célèbre les Denez, forme bretonne du prénom Denis qui trouve sans doute son origine dans la Grèce antique auprès du dieu de la vigne, Dyonisos. Dans la mythologie celte, il est le dieu des morts, auquel on offre du blé noir; c’est comme cela que par ici on nomme le sarrasin, ce qui, de toute évidence, est un abus de 300px-Blenoirlangage car le sarrasin n’est pas une graminée et se particularise en étant dépourvu de gluten ce qui, j’en suis convaincu, vous fait une belle jambe. Dans les calendriers celtiques on trouvera aussi les Mael duyn. Le père de Maeldun était un des chefs des îles d’Aran (célèbre pour son pure malt Lochranza castel de 21 ans d’âge) qui attaqua l’Irlande, pilla une église et viola une nonne, ma doue beniged.

Il fut tué à son tour peu après par des agresseurs venus de la mer, vraisemblablement des Viking. La nonne donna naissance à Maeldun et l’enfant fut adopté par la femme du chef local, la sœur de l’infortunée nonne. Ce n’est que le voyagelorsque des enfants se moquèrent de Maeldun au sujet de sa naissance que sa mère adoptive l’emmena voir sa vraie mère et lui révéla ses origines. Avec trois demi-frères, il se mit alors à la recherche de son père et apprit qu’il avait été assassiné. Ainsi débute le voyage de Máel Dúin, sorte d’Odyssée à la sauce celte composée en vieil irlandais vers la fin du Xe siècle. Mael Duin est le premier récit de voyage à mêler indifféremment éléments chrétiens et profanes. Vous aurez noté que nos émérites maîtres d’école se répandaient largement sur les exploits de Jason, Ulysse et consorts mais jamais sur les aventures de Mael duyn. Étonnant, non !

Allez, rendez à César ce qui est à Homère, portez vous bien et à bientôt peut-être.