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La prêle du 24 Juillet…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

Amis de l’ornithologie et du nid d’hirondelle réunis, bonjour ! Nous sommes le Mardi 24 juillet 2018, sixième jour de Thermidor dédié à la Prêle. C’est donc la prêle du 24 juillet qui, de toute évidence, ne peut être confondue avec la prêle du 18 juin. Je me souviens d’un 150px-Anches_bombardecompère musicien, sonneur de bombarde (talabarder en breton) du côté de Bolazec (29), qui s’en servait pour abraser ses anches. Entendons nous bien, il ne s’agissait pas de raboter sa cellulite, non, mais les anches en roseau de son instrument. Quand à mon aïeule, toujours à faire son intéressante, elle l’utilisait pour récurer ses casseroles et Dieu sait si elle en avait quelques unes des casseroles… D’ailleurs, le verbe prêler à longtemps été utilisé pour désigner l’action de poncer; notamment en ébénisterie. Étonnant, non !

Les bretonnants eux, vont célébrer Milliau qui fut Roi ou  Comte de Bretagne (une partie) aux alentours de l’an 530. Petit fils d’Alain le long et fils de Budic 1er. On retrouve ce nom dans plusieurs communes du Finistère (29) et des Côtes d’Armor (22): Pluméliau, Ploumilliau et son fameux calvaire, Guimiliau et son retable, et bien sûr, la magnifique île Milliau en face de Trébeurden, dans les Côtes d’Armor cette fois, et qui fut habitée plusieurs milliers d’années Trébeurden_allée_couverte_de_lile_milliau-300x200avant l’arrivée des grands bretons comme en témoigne cette allée couverte… (à droite). A cette époque là, les Bretons qui débarquaient de la grande île se regroupaient en petites colonies indépendantes, civiles pour les unes, les « Plou » et monastiques pour les autres, les « Lann ». Ce n’est qu’au fil des ans qu’ils formèrent petit à petit des semblant d’Etats: La Domnonée au Nord de l’Armorique, approximativement les Pays du Léon et de Tréguier, la Cornouaille à l’Ouest et « Bro-weroc », le Vannetais au Sud. Miliau fut donc un des chefs de la Cornouaille. C’est pas fantastique ça mes body boys ?

Ici à gauche, le fameux retable de Guimiliau, (remarquez le style flamboretableyant-Renaissance), à ne pas confondre avec Lampaul-Guimiliau qui, à quelques kilomètres possède aussi un enclos paroissial parmi les plus beaux de Bretagne, par contre, le potier, installé sur la même place, n’est pas des plus commerçants. A noter que parfois l’orthographe utilisée est « Milio ». oui, je sais, c’est compliqué… Voila pour le côté « Guide vert », pour le Gault & Millaut, je ne sais pas si il y a un lien avec notre homme pas plus que pour le viaduc du même nom. Pour les visites, n’hésitez pas à réclamer la clé au bistro-épicerie-quincaillerie-dépôt de pain, en face de l’église…

Allez, comme le disait mon aïeule, longtemps avant J.M. Caradec, qu’elle est belle ma Bretagne quand elle pleut. Merci d’être passé, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Quand le jazz est là…

Posté par erwandekeramoal dans JAZZ

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Amis de l’onomastique et du Télégramme de Brest réunis, bonjour ! Nous sommes le Lundi 23 juillet 2018, 5è jour de Thermidor dédié au bélier (ar maout en breton).

Et, kiséki qui est né un 23 Juillet en 1923 ? Ecoutons Boris Vian répondre à cette question: « Claude, Gérald, Georges, Luter, 26 ans, né à Paris, 1,84 m, châtain, 80 kg, pratique la clarinette depuis Luter D1941 environ. Le plus connu en Europe des rénovateurs du style Nouvelle-Orléans. (…) C’est lui qui le premier lança une cave, Les Lorientais. (…). Il faut dire pour être sincère et objectif que les fillettes y venaient tout autant pour Claude et ses amis que pour la musique et la danse… Car outre ses talents de musiciens, Claude Luter était un fort bel homme avec un physique de sportif, et un amour immodéré du judo et du sport qui fait des anatomies appréciables. »

Dès 1946 Claude Luter joue à Paris au Caveau des Lorientais puis rapidement s’impose parmi les meilleurs jazzmen européens. Le Lorientais draine alors le tout Paris intellectuel. Il n’est pas rare d’y croiser Sartre, Boris Vian (lui même trompettiste) Queneau, Prévert… Plus tard viendront, la rose rouge, le Tabou, le club Saint-Germain et le vieux colombier. Toujours selon Boris Vian, la première consécration de Claude Luter est arrivée au début 1947 lorsqu’il bechet+Luterapparaît dans un numéro de la revue America Jazz 47 aux côtés de Tyree Glenn, le trombone noir de l’orchestre de Don Redman. On le retrouve ensuite dans un grand nombre de festivals de jazz, notamment à la première édition du Nice Jazz Festival (1948), à Nice, où « la phalange des Lorientais brilla d’un vif éclat. »  En 1949, il fait l’ouverture du club Le Vieux Colombier. Son orchestre se compose alors de Pierre Dervaux (trompette), Bernard Zacharias dit Zaza (trombone), Christian Azzi (piano), Roland Bianchini (contrebasse) et François Galepides (batterie), mieux connu sous son surnom « Moustache ». Cette même année, il tourne dans Rendez-vous de juillet de Jacques Becker et il accompagne Sidney Bechet au cours du Festival de jazz de Paris de 1949, où Miles Davis et Charlie Parker se produisaient également à la salle Pleyel.

Allez, merci d’être passé, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Cool Sonny, cool…

Posté par erwandekeramoal dans JAZZ

Amis de l’homélie et de l’omelette réunies, bonjour ! Nous sommes le Samedi 21 juillet 2018 et, si on continue à cette allure là, vous allez voir qu’on va se retrouver en août sans y prendre garde. C’est le 3è jour de thermidor dédié au melon.

C‘est aussi l’anniversaire de la naissance d’un de mes pianistes (de jazz) préférés, je veux parler de Sonny Clark;  pianiste de jazz américain né à Herminie, en Pennsylvanie le 21 juillet 1931 et mort à New York le 13 janvier 1963. Il débute sa carrière professionnelle au sonnydébut des années 1950 en Californie, collaborant avec de nombreux musiciens et notamment comme sideman du saxophoniste ténor Wardell Gray et du clarinettiste Buddy De Franco. Avec ce dernier il effectue une tournée européenne en 1954, enregistrant de nombreuses sessions, notamment à Paris avec Jimmy Raney en février. L’année 1957 représente un tournant dans sa carrière musicale; il s’installe à New York et sa renommé naissante l’amène à effectuer de nombreuses collaboration avec des musiciens confirmés (Charles Mingus, Sonny Rollins…).

Le 23 juin 1957 il rejoint le label Blue Note. A partir de ce moment, il ne quittera plus le prestigieux label d’Alfred Lion. Un mois plus tard, le 21 juillet 1957, il enregistre son premier album en tant que leader, Dial « S » For Sonny. Disciple de Bud Powell, Sonny Clark après sa mort prématurée (à l’age de 31 ans, d’une crise cardiaque, la rumeur veut que ce soit à la suite d’une overdose d’héroïne) a été cool struttinlonguement et injustement oublié du public. Il faut attendre le milieu des années 1990 et les nombreuses rééditions de Blue Note pour redécouvrir ce talentueux pianiste, qui était respecté par ses contemporains (dont Bud Powell) et qui à directement influencé nombreux pianistes par la suite (en particulier Bill Evans). Son style vif et très technique a longtemps été très prisé des amateurs de jazz. Pianiste hard bop par excellence, Sonny Clark enregistre le 5 janvier 1958, en tant que leader, Cool Struttin’ qui obtiendra un grand succès commercial et qui restera jusqu’à aujourd’hui, l’une des références majeures du hard bop. L’extrait vidéo c’est Black Velvet, un vrai petit bijou (bravig en breton).

Allez, merci à vous d’être venu jusqu’ici. Portez vous bien et à bientôt peut-être.

Happy birthday…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

Amis de la pensée libertaire et de la tisane réunies, bonjour ! Nous voici le Vendredi 20 juillet 2018 c’est à dire le 02 de thermidor qui est comme chacun le sait le jour du bouillon-blanc. C’est une plante appelée Molène (rien à voir avec notre ile du ponant). La molène est sans doute l’une des plus anciennes plantes médicinales au monde. Le bouillon-blanc porte d’autres noms populaires : herbe de saint Fiacre, cierge de Notre-Dame, fleur de grand chandelier, bonhomme, oreille de saint Cloud, queue de Molèneloup ou encore herba luminaria… La métaphore avec la queue du loup se retrouve dans l’espagnol gordolobo, mot à mot gros loup, en fait déformation du latin populaire coda lupi « queue de loup ». Au Québec, elle est aussi appelée tabac du diable et bonhomme. Ses fleurs entrent dans la composition de la célèbre tisane des 4 fleurs utilisée de longue date et de nos jours encore. En fait on devrait dire des sept fleurs: mauve, guimauve, gnaphale, tussilage, coquelicot,violette et bouillon-blanc. Le bouillon-blanc seul en infusion est également réputé pour résorber les petites irritations anales. Bon, maintenant, je dis cela mais il n’est, en aucune manière, dans mes intentions d’entrer dans votre intimité. Alors, ça vous chatouille ou ça vous gratouille ? Le 20 juillet c’est aussi l’anniversaire de mon grand qui le fêtera là bas de l’autre côté de la Manche et à qui j’adresse tous mes voeux evel just. Il est né le même jour que Bony B. célèbre joueur d’harmonica et chanteur de blues.

Voilà pour aujourd’hui, en attendant une suite, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Et voici Thermidor…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis de l’ornithologie et de l’ortolan braisé réunis, bonjour ! Nous sommes bien le Jeudi 19 thermidorjuillet 2018 qui correspond au 1er jour de Thermidor dédié à l’épeautre (vous savez, le truc dans l’œil du voisin…). Dans la première mouture du calendrier  républicain ce mois là avait été nommé fervidor, du latin fervidus, brûlant. Mais, allez savoir pourquoi, Fabre d’Eglantine décida de le débaptiser sans autre forme de procès et sans même en informer la Convention. Thermidor a l’inconvénient d’introduire une expression d’origine grecque dans une nomenclature dont tous les autres termes sont latins. Ça c’est pour les puristes. Néanmoins, je retiens que c’est thermidor qui a vu la fin de Robespierre et du même coup de la terreur. La fièvre révolutionnaire eut-elle été moins sanguinaire si Fabre avait conservé le nom de fervidor ? Et si le nez de Cléopâtre…Et si ma tante, oui bon.

Rendons hommage à une grande figure de la résistance à la dictature de Salazar : Virginia Dantas. En juillet 1904, naissance de Virginia DANTAS, (Virginia TEIXEIRA de son nom de jeune fille) à salazar & francoPorto, nord du Portugal. Militante anarcho-syndicaliste, anarchiste et féministe. Ouvrière couturière dans un atelier de confection de chemises dès l’âge de 12 ans, elle entre en contact avec des militantes syndicalistes libertaires, qui l’invitent à participer à des conférences, des représentations de pièces anarchistes dans le cadre du théâtre social ainsi qu’à des sorties fraternelles.

 

Elle adhère aux « Juventudes Sindicalitas » et prend part aux grèves de 1923. En 1924, elle fonde avec quelques compagnes de travail le « Grupo Anarchista Luisa Michel » pour lutter contre la répression politique et les déportations sans jugement de militants. Pour faire entendre la voix des femmes TAG portugalelle adhère également à l’União Anarquista Portuguesa. En 1925, elle s’unit avec l’anarchiste Anibal DANTAS. Au dessus à droite (extrême) les deux funestes compères Salazar et Franco. En mai 1926, la dictature militaire s’installe (elle durera 48 ans), les anarchistes subissent la répression ; ceux qui en réchappent sont réduits à créer des Comités de Secours aux prisonniers ou déportés. La dictature prend fin le 25 avril 1974 (révolution des œillets). Avec des compagnes et compagnons survivants, Virginia participe à la reconstruction du mouvement anarchiste et diffuse les journaux : A Batalha, Voz Anarquista, A Ideia, etc. Elle restera anarchiste jusqu’à sa mort survenue à Porto, en 1990.

Bon allez, c’est pas tout, j’ai mon lait qu’est sul’feu… Portez vous bien et à bientôt peut-être.

Une histoire de fou(t)…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

Amis du petit patrimoine et du riz au lait réunis, bonjour ! Nous sommes le Mercredi 18 juillet 2018 c’est à dire le 30 de messidor etchalemie 2 c’est le jour de la chalemie. Il s’agit d’un ancêtre de la bombarde et du hautbois que l’on jouait généralement accompagné d’une cornemuse. La folie foutebalistique s’est un peu calmée, les hordes de Schtroumpfs avinés ont regagné leur canapé, Macron 1er a gagné en finale et le tour de France aborde la montagne.

Tiens, à propos de montagne, en Bretagne c’est la saint Tivizio, qui a laissé son nom à Landivisiau (oui je sais, cela n’a rien à voir…). Si vous passez dans le coin en vous rendant aux «vieilles charrues», vous pourrez admirer une très jolie fontaine qui lui est dédié. A 50 m de l’église, la ruelle Saint-Thivisiau, à droite de la place, débouche sur la fontaine de dévotion. A la tête de la fontaine 10 panneaux sculptés en kersanton de style gothique sont encastrés dans le mur lavoir & fontaineet on peut les admirer de près. Mais ils gardent le secret de leur origine. L’un représente un ange tenant un écusson pour la moitié Tournemine et l’hypothèse que l’on rencontre le plus couramment est celle de fragments provenant du tombeau de François de Tournemine, seigneur de Coatmeur et de sa femme Renée de Saint-Amadour et datant du XVIème. Sur les autres on y voit des moines et des nonnes en prière. La source alimente aujourd’hui trois grands bassins servant d’ornement à une place coquette, et un lavoir public. Les mères recommandaient leurs bébés au saint patron réputé agir contre le rachitisme: ou elles déposaient quelques vêtements de l’enfant ou elles habillaient la statue d’habits neufs. Les jeunes gens venaient consulter saint Thivisiau pour leur mariage: une épingle en bois retirée discrètement du corsage de la jeune fille et jetée dans la fontaine indiquait si la fiancée était vertueuse.

C’est quand même autrement plus passionnant que de savoir si la main de Maradona était guidée par Dieu ou pas. Allez, bel été, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Stange fruits…

Posté par erwandekeramoal dans JAZZ, PORTRAIT

Amis du développement durable et des sauveteurs en mer réunis, plaisir-des-dieux bonjour ! Nous sommes le Mardi 17 juillet 2018, 29è jour de Messidor dédié au Blé. C’est aussi la Ste Charlotte ce qui m’aurait autorisé à poster une vidéo de la célèbre chanson qui fit les beaux jours de la série de chansons paillardes le plaisir des dieux en 33t.

 

Le 17 juillet 1959 c’est la disparition de Billie HOLIDAY, la plus grande d’entre les grandes dames du jazz. Alors, à tout seigneur, tout honneur ! Ce billet lui sera exclusivement consacré. Elle était née à Baltimore en 1915. Enfance très difficile, viol à l’age de dix ans, couvent du bon pasteur… Jeune fille elle découvre Harlem, sa vie est faite d’hommes et de violences. Elle découvre aussi les lester-billieboites clandestines où l’alcool coule à flots et où le jazz résonne du soir au matin. La petite Eléanora adopte le pseudo de Billie et connait ses premiers succès dans les clubs de harlem où elle chante pour quelques sous. Elle se lie d’amitié avec Lester Young qui la surnomme Lady Day. Elle accompagne également Duke Ellington qui la fait tourner dans son court métrage Symphony in black. Elle devient dès lors une des vedettes du jazz new-yorkais et la voici qui chante bientôt dans le grand orchestre de Count Basie. Mais ses tournées sont souvent écourtées notamment dans le sud où elle ne peut chanter ni même réserver une chambre ou entrer dans un restaurant avec les musiciens.

C‘est en 1939 qu’elle va interpréter Strange fruit, métaphore du lyncstrange fruitshage des noirs. Mais c’est aussi l’époque de l’alcool et de la drogue et de ses liaisons féminines. Son nouveau compagnon Jimmy Monroe l’entraine vers la cocaïne, l’opium; il faut dire que c’est un escroc qui se retrouve rapidement en prison. Puis, malgré ses succès, c’est la dérive totale, dépression, drogue, alcool et retour vers la case prison. En 1951, c’est Louis MCKAY qui va contribuer à relancer sa carrière. Il faudra attendre 1954 pour qu’elle réalise un vieux rêve, une tournée en Europe. En 1955, Billie retrouve Carnegie Hall où elle participe au grand concert en hommage à Charlie Parker. Le 30 mai 1959 elle est admise à l’hôpital où elle décèdera le 17 juillet victime de sa cirrhose et d’une insuffisance rénale.

Billie Holiday s’est produite seulement deux fois en France et uniquement à Paris. En 54 et en 58. A l’issue de son passage au Mars Club, voici ce que disait Françoise Sagan: « C’était elle et ce billie-holiday-e1528307146895-700x365n’était pas elle, elle avait maigri, elle avait vieilli, sur ses bras se rapprochaient les traces de piqures…Elle sautait un couplet, se tenait au piano comme à un bastingage… » et la Sagan elle s’y connaissait en matière de came. Aujourd’hui encore, dès les premières notes d’une de ses chansons, vous êtes saisis par cette voix à nulle autre pareille et qui vous serre la gorge comme un mauvais whisky. Mais bon, c’est pas non plus « la danse du canard » ou « le petit bonhomme en mousse ». Il faudrait des pages et des pages pour narrer la vie de cette artiste et ce blogue n’a pas une telle prétention.

Allez, merci d’être passé et merci pour vos commentaires toujours appréciés. Si vous partez, bonnes vacances, si vous revenez, bon retour, si vous ne bougez pas… Portez vous bien et à demain peut-être.

Quand on n’a rien à dire…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de la conscience éclairée et du maraîchage réunis, bonjour ! Nous sommes Lundi 16 Juillet 2018. Tiens, histoire de déroger un 17922406-fèves-fèves-isolé-sur-fond-blanc-peu à la haute tenue traditionnelle qui caractérise ce blogue, commençons par une histoire de vesces. Et oui, nous sommes le 28 de messidor et Fabre d’Eglantine avait imaginé de consacrer ce jour à la vesce, plante herbacée appartenant à la famille des Fabacées  dont certaines sont cultivées comme plantes fourragères ou comme légumineuses. Par exemple, la fève que nos cousins Québecois appellent « Gourgane » et que les anciens glissaient à l’intérieur des galettes des rois.

Alors que s’éloignent déjà les flonflons du bal. En ce lendemain du jour où la Nation se souvient qu’il est toujours possible de se débarrasser des gougnafiers qui les gouvernent, je vous avoue que je suis un peu sec; or donc, je vous renvoie vers ce billet consacré à Bernard DIMEY, intitulé: quand on n’a rien à dire. Parolier, écrivain,Dimey poète né un 16 juillet en 1931 du côté de Nogent (ça commençait bien !)  Mouloudji disait de lui: « c’est un tragique qui ne se prends pas au sérieux » Bernard Dimey restera parmi les poètes du XX° siècle aux côtés de Prévert ou de Vian… Eternel angoissé par la vie qui lui filait entre les doigts au fil de ses excès, il était une des figures de la place du Tertre dont il avait fait son refuge, et plus largement de tous les quartiers de Paris dans lesquels il déambulait des nuits entières, son carton à dessins sous le bras et dans lequel ses croquis se mélangeaient avec les bribes de poèmes ou les traits de génie qui lui venaient à l’esprit dans le feu de ses ivresses .

C’était un « être démesuré » qui se demandait pourquoi il vivait souvent avec les « nains ». J’ai connu quelqu’un qui dans ses moments d’ivresse répétait souvent: « On est entouré de petits… », sans doute un connaisseur…0yez ceci:
Ivrogne, c’est un mot que ni les dictionnaires
Ni les intellectuels, ni les gens du gratin
Ne comprendront jamais… C’est un mot de misère
Qui ressemble à de l’or à cinq heure du matin.
Ivrogne… et pourquoi pas ? Je connais cent fois pire,
Ceux qui ne boivent pas, qui baisent par hasard,
Qui sont moches en troupeau et qui n’ont rien à dire.
Venez boire avec moi… On s’ennuiera plus tard.

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

Un Gai-Luron…

Posté par erwandekeramoal dans LECTURE, PORTRAIT

Amis du contrepet et du homard grillé réunis, bonjour ! Et bien voilà, nous sommes le Samedi 14 juillet 2018 et, inutile de vous préciser qu’à l’instar de Jacques Brel, j’ai horreur de tous les flonflons, de la Salutvalse musette et de l’accordéon. Je rêve d’une grande parade d’où l’on aurait remisé tous les blindés, les fusils et autres avions semeurs de mort. Ce serait un immense défilé peuplé de jeunes filles en fleur, de jardiniers joviaux, de poètes échevelés, de moissonneurs en bras de chemise, de papy gâteau et de lady gaga. Et tout ce beau monde entonnerait La Ravachole dans les dédales de Montmartre.

Tiens, c’est l’anniversaire de la naissance de GOTLIB. Il est né le 14 juillet 1934. Il est dans sa jeunesse grand amateur des œuvres de Walt Disney entre autres, œuvres qui vont l’inspirer par la suite. Il commence tôt à faire ses propres illustrations, ce qui lui vaut de se faire remarquer à l’école, ses dessins dans les marges de ses rédactions lui valant des points en plus de la part de ses bonne soeur Dprofesseurs. Ses parents étant juifs, la police vient chercher son père en 1942. Quelques mois plus tard, sa mère, prévenue de la rafle par un gendarme, réussit à le cacher lui et sa sœur. Il ne reverra jamais son père. Après la Seconde Guerre mondiale, à partir de 1947, il passe trois ans au château des Groux , sorte d’orphelinat, où il découvre ce qu’il appellera plus tard les « filles du sexe opposé », et notamment Klara, une jeune fille d’origine hongroise. Cette partie de la vie de Gotlib a fait l’objet d’une autobiographie de jeunesse intitulée J’existe, je me suis rencontré. dans les années 1960, il dessine dans Record les conférences du « Professeur Frédéric Rosbif », dont certaines idées seront reprises ensuite pour son personnage du Professeur Burp dans la Rubrique à brac. Il illustre également des livres de contes pour enfants, comme Titou fait le ménage.

Entré au journal Pilote, il y crée en 1965 la série les Dingodossiers. Goscinny, alors rédacteur en chef du journal, apprécie l’humour de Gotlib, proche du magazine de BD satirique américain Mad où Goscinny avait lui-même travaillé un temps. Puis ce sera la création des fameuse rubrique à brac. Plus tard, en 1972, un autre Bang Gcollaborateur de Pilote, ami de Gotlib, Nikita Mandryka, se voit refuser une histoire du Concombre masqué par Goscinny. Déçu, Mandryka propose alors à Gotlib de créer leur propre journal. Avec l’aide de Claire Bretécher, ils lancent ainsi en 1972 L’Echo des savanes, où le style et les histoires de Gotlib vont énormément changer par rapport aux années de Pilote. Le 1er avril 1975, il lance son propre journal, Fluide glacial, « magazine d’Umour et de Bandessinées » avec son ami d’enfance Jacques Diament. Dans son nouveau magazine, Gotlib lance des bandes dessinées diverses, qui ont chacune marqué le neuvième art. On peut citer parmi les plus célèbres Rhââ lovely, Pervers Pépère, Superdupont, Gai-Luron…

 

Allez voila pour ce 14 juillet. Ressortez vos vieux albums, moi ça me fait toujours autant rire. Portez vous bien et à demain peut-être.

Bertrand du déclin…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

Amis de la métalinguistique et du catalogue de la Redoute réunis, 290px-Pintade_domestique1-150x150bonjour ! Nous sommes le Vendredi 13 juillet 2018 (aie), 25è jour de Messidor dédié à la pintade, décrite par Jules Renard comme la « bossue de la cour au crâne chauve et à la queue basse » qui « ne rêve que plaies à cause de sa bosse ». Cela vous évoque quelqu’un ? On dit que la pintade cacabe ou qu’elle criaille.

C’est un 13 Juillet, en 1380 que disparut l’affreux Bertrand du Guesclin. Oyez son histoire. Le 2 octobre 1369, dans sa résidence de l’hôtel Saint-Pol, dans le quartier parisien du Marais, le roi Charles V le Sage octroie à Bertrand Du Guesclin le titre de connétable en reconnaissance des services rendus. Le titre de connétable correspond au Moyen Âge aux fonctions modernes de chef d’état-major. Le mot vient du latin comes stabuli, qui désigne le comte de l’étable (aussi appelé grand écuyer). Né un demi-siècle plus tôt au château de La Motte-Broons, près de Dinan, dans le duché de duguesclin_gisant_maxiBretagne alors indépendant, Bertrand Du Guesclin se signale très tôt par son caractère combatif (et sa laideur). Il fait ses premières armes dans la guerre de la Succession de Bretagne, aux côtés de Charles de Blois, le candidat du roi de France. Il se fera battre et même capturer à Auray par les Anglais du Prince Noir, alliés du camp rival. Charles V le fait libérer contre 100.000 livres, et lui demande en retour de libérer le royaume des Grandes Compagnies. Il s’agit de bandes de mercenaires qui, depuis la paix de Brétigny (mai 1360) et la fin des hostilités avec les Anglais, mettent les campagnes au pillage. Du Guesclin leur trouve une occupation en les emmenant de l’autre côté des Pyrénées où, là comme en Bretagne, se déroule une guerre entre prétendants à la couronne de Castille. Le premier choc est fatal à Du Guesclin. À Navarette, en 1367, il est capturé par le Prince Noir. Le Breton, par orgueil, fixe lui-même le montant de sa rançon au niveau qui sied à sa valeur… C’est ainsi que le roi Charles V le fait libérer en échange de 60.000 florins. Peu après, Du Guesclin prend sa revanche sur Pierre le Cruel et l’oblige à se réfugier dans la forteresse de Montiel. Capturé, Pierre 1er est tué par Henri de Trastamare. Fin de l’épisode castillan.

De retour à Paris, le mercenaire reçoit donc du roi le titre de connétable malgré les réticences des courtisans et des princes qui supportent mal le rude caractère du Breton. En l’honorant ainsi, le roi veut s’attacher son concours pour chasser les Anglais des dernières provinces qui leur restent sur le Continent et en finir avec une guerre qui n’a que trop duré (on ne l’appelle pas encore guerre de Cent Ans). Le chevalier breton, célèbre pour sa laideur tout autant que sa vigueur et son talent de stratège, accepte l’honneur qui lui est fait par le Conseil du roi et va s’en acquitter avec succès Bertrand-Du-Guesclin-213x300 Gpendant les dix années qui lui restent à vivre.À la fin, Du Guesclin chasse les Anglais de Normandie, de Guyenne, de Saintonge et du Poitou. Il fait également la chasse aux routiers qui sèment la désolation. Il meurt de maladie à 60 ans, le 13 juillet 1380, en assiégeant un de leurs repaires, à Châteauneuf-de-Randon, en Gévaudan. Le gouverneur de la place se rend et vient solennellement déposer les clés de la forteresse sur le cercueil du héros ! Si le personnage était sans peur, il n’était pas sans reproche. C’était un soudard et les massacres qu’il a perpétrés sur les Juifs d’Espagne n’ont rien à envier aux horreurs commises par les sbires des temps modernes. Sources:Vous pouvez lire :Chronique de Bertrand du Guesclin par Cuvelier, trouvère du XIV siècle; Chronique en forme de chanson de geste, versifiée en français ancien, sur la vie de Bertrand du Guesclin. Ou bien consulter l’article de André Larané sur Herodote. Dans le mouvement breton (emsav) il était surnommé Bertrand du déclin tant son attachement à la couronne française hérissait le poil du militant. Résultat, en février 1977, la statue du connétable qui trônait au bord de la quatre voies St-Brieuc Rennes, à proximité de Broons (22), fut pétardée par le FLB.

Bon allez, j’entends les pimpons de la caravane du tour. Portez vous bien et à bientôt peut-être.