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Un Navarro peut en cacher un autre…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de la zénitude affichée et du crabe mayo réunis, bonjour ! Cette fois ci on y est, Vendredi 06 septembre 2019, autant dire le 20 de fructidor et c’est le jour de la hotte; ne me demandez pas pourquoi. Aujourd’hui, si le coeur vous en dit, vous pouvez fêter les Onésiphore, qui 53.+_onesiphorus_apostlefut évêque de Colophon et de Cyrène. Je précise que Onésiphore c’est juste son prénom et non une moquerie visant son appendice nasal. C’était un pote à Saint Paul qui lui même était grossiste en artichauts du côté d’Ephèse avant de s’installer définitivement en Bretagne d’où la cité légumière qui lui doit son nom: Saint pol de Léon… A la saint Onésiphore, la sève s’endort répétait mon aïeule qui en connaissait un rayon. L’heure est venue de ranger les tongs et le bob Ricard et de se présenter au rapport.

https://youtu.be/uIrMwCv-xfc

Tiens, connaissez vous Benito Milla Navarro ? Militant anarchiste né un 06 septembre à Villena -Alicante). Dès juillet 1936 il intègre la colonne Durruti et collabore à sobenitomilla01n organe de presse « El Frente » puis il retourne à Barcelone comme responsable du journal des jeunesses libertaires. Réfugié en France il passe par différents camps de concentration (vous savez, France terre d’asile…) En 1949 il émigre en Uruguay à Montévidéo où il fonde plusieurs revues et une importante maison d’éditions. En 68 il se fixe au Vénézuela où là encore il édite de nombreux ouvrages. Il rentrera à Barcelone où il décèdera le 22 décembre 1987. A ne pas confondre avec Fats Navarro, trompettiste de talent, pour ne pas dire de génie, et qui illustre ce billet.

Allez, merci d’être passé, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Quand on voit c’qu’on voit…

Posté par erwandekeramoal dans HUMEUR

Amis de l’égalité des sexes et des sœurs Tatin réunies, bonjour ! Nous sommes le Jeudi 05 Septembre 2019, 19è jour de Fructidor dédié à la Tagette.

Ces jours ci, le gouvernement fait grand bruit autour de la question des féminicides. On parle de Grenelle, de grande cause nationale, bref, on va voir c’qu’on va voir. Féminicide ! Encore un mot valise dont s’emparent les médias. C’est tendance coco; c’est comme homophobie, les ultrasou islamophobie, c’est mode. De mon temps, comme dit l’autre, le mot phobie désignait une peur irrationnelle: agoraphobie, claustrophobie, etc. Aujourd’hui, on suspend un match de fouteballe au motif que des slogans homophobes parcourent les gradins. Mais que je sache, on parle de haine, de rejet, d’exécration; qu’est-ce que la phobie vient faire la dedans ? C’est d’autant plus affligeant que le terme Homo provient du grec « homoios » signifiant « semblable » et non, selon la croyance répandue, du latin « homo » signifiant « homme ». Phobie vient lui aussi du Grec phobos, signifiant crainte. L’homophobie serait donc, textuellement: la peur de son semblable. Et pan, sur les bas du front qui alimentent les cohortes de supporteurs décérébrés.

De la Grèce à l’Olympe, il n’y a qu’un pas…

Le 5 septembre 1791, Olympe de Gouges présentait la déclaration des droits de la femme et de la citoyenne. Ce texte devait être présenté à l’assemblée Nationale le 28 octobre de la même année. Ainsi se voyait dénoncé le fait que la révolution oubliait les femmes dans son projet de Olympe-D-liberté et d’égalité.  La phrase la plus célèbre de sa Déclaration est : « La Femme a le droit de monter sur l’échafaud ; elle doit avoir également celui de monter à la Tribune ». Cette Déclaration restera sans valeur légale car ce projet fut refusé par la Convention à laquelle elle avait été proposée et restera à l’état de projet. D’une part, elle n’a paru qu’en cinq exemplaires et a été politiquement complètement ignorée tandis que, de l’autre, il a été dit que « la Déclaration a fait sensation dans toute la France, et même à l’étranger. » Il faut attendre 1840 pour que quelques extraits de cette Déclaration soient publiés, et l’intégralité du texte ne l’a été qu’en 1986, par Benoîte Groult.

Allez, c’est la rentrée et, je vous l’avais dit, le soleil est à nouveau au dessus de nos têtes…Vivement l’hiver ! En attendant, soyez remercié de votre visite, portez vous bien et à bientôt peut-être.

En sortant de l’école…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de la pédagogie non-directive et des limitations de vitesse réunies, bonjour ! Nous sommes le Mercredi 04 Septembre 2019, dix huitième jour de Fructidor dédié au Nerprun, famille des rhamnacées dans laquelle on trouve aussi la Bourdaine dont le butinage permet la fabrication d’une lichouserie locale particulièrement appréciée des connaisseurs (dont vôtre serviteur): le miel de Bourdaine.

Aujourd’hui, pour marquer cette rentrée, je voudrais vous dire un mot de Victorine Brocher, institutrice, qui vit le jour à Paris un O4 septembre de l’an 1839. Internationaliste, Communarde, anarchiste et pédagogue, voila une carte de visite comme on les aime chez « les cénobites victorine avec louise et Paule Minktranquilles ». Elle naît, Victorine Malenfant, dans une famille de Républicains pur jus (son père, Franc-maçon et Républicain fut contraint à l’exil en 1851), en 61 elle épouse Jean Rouchy et le couple ira s’installer à Paris. Elle travaille comme couturière puis participe à la création d’une boulangerie coopérative. Dès le début, elle va participer à la Commune de Paris et s’engagera comme cantinière de bataillon. Puis on la retrouve qui prend part aux combats (bataillon des Turcos) comme ambulancière. Condamnée à mort par contumace comme « pétroleuse », elle se réfugie en Suisse; son mari sera emprisonné deux ans. Ici en compagnie de Louise Michel et Paule Mink.

De Suisse, elle part enseigner en Hongrie puis reviendra à Genève à la libération de son mari où elle va créer une coopérative de la chaussure et venir en aide aux proscritsLouise de la Commune. De retour à Paris après l’amnistie elle va fréquenter les anarchistes (Malatesta fut arrêté en sa compagnie), à la mort de son mari, elle se lie avec le libre penseur Gustave Brocher, ils adopteront cinq enfants de communards et feront de leur maison un asile pour de nombreux exilés. En 1890, la voici institutrice dans une école libre initiée par Louise Michel. Elle va mourir le 4 novembre 1921 à Lausanne où, avec Gustave, elle avait fondé une école. En 1909, elle publiera souvenirs d’une morte vivante.

C‘est à ces gens que nous devons l’école laïque (donc libre) l’école émancipatrice, l’école de l’égalité des chances, bref, l’école de la République. Et aujourd’hui, on assiste à un retour en arrière au motif qu’une bande de gougnafiers (certes élus !) se  sont mis en tête de dépecer un à un deux siècles d’acquis sociaux: L’école, la sécu, l’âge légal de départ à la retraite, le temps de travail, le droit d’asile, etc. La prochaine fois que tu mettras un bulletin dans l’urne, réfléchis petit scarabée… Allez, merci encore de votre visite, portez vous bien, et à bientôt peut-être.

Every days…

Posté par erwandekeramoal dans JAZZ, PORTRAIT

Amis de la mécanique des fluides et de la Motobécane (la bleue) réunies, bonjour ! Nous sommes le Mardi 03 Septembre 2019, 17è jour de Fructidor dédié à la Cardère. (Si tu ne viens pas à la Cardère…) en cardere-venise-verte-300x225vérité, il s’agit d’une plante bisannuelle, de 70 cm à 1,5 m de haut. Les feuilles opposées par paires le long de la tige sont soudées par leur base deux à deux et forment une cuvette dans laquelle l’eau de pluie peut s’accumuler, d’où le nom vernaculaire de « cabaret des oiseaux ». Cette racine pourrait aider à soigner la maladie de Lyme. Bien que peu connu, ce remède semblerait fonctionner. Pour cela, il est conseillé de mettre la racine dans de la vodka, et de prendre 3 gouttes matin, midi et soir pendant un mois, puis de continuer 3 jours par mois pendant un an.

Reprenons notre tour d’horizon des grands musiciens de jazz et aujourd’hui, coup de chapeau à Memphis SLIM. De son vrai nom, John Len Chatman, il est né un 3 septembre en 1915. J’ai eu le bonheur de l’entendre à la fin des années soixante, c’était « aux trois mailletz », club de jazz du quartier St Michel à Paris et qui a vu passer les plus grands,Memphis une vraie cave comme on n’en fait plus. Il s’est fait d’abord connaître sous le nom de Peter Chatman et ce n’est que bien plus tard qu’il a choisit le pseudonyme de Memphis Slim, nom de la ville d’où il est originaire. Il commence à jouer du piano dans les années 1920 avant de partir pour Chicago où il rencontre Willie Dixon. C’est après une tournée en Europe qu’il s’installe à Paris. On lui doit près de 300 albums mais j’avoue que j’ai un faible pour every days i have the blues

https://youtu.be/LQFisTkXC48

L‘auteur-illustrateur Jean Claverie a dédié à Memphis Slim les deux livres pour enfants qu’il a cLittle-lou-route-du-sudonsacré au blues, Little Lou (1990) et La route du sud (2003), s’inspirant de lui pour son personnage de petit pianiste. Memphis Slim a préfacé le premier d’entre eux mais est mort avant d’avoir pu voir le livre terminé. On a souvent dit que le jazz de Memphis Slim était un peu trop sage, trop « propre sur soi », c’est peu être pour cela que notre ministre perpétuel de la culture, Jack Lang, l’a décoré de l’ordre des arts et des lettres. Le caveau de la Huchette, les trois mailletz, belle époque où l’on pouvait écouter de la bonne musique en buvant un coup et en fumant un clope…

Allez, merci d’être passé, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Poètes, vos papiers !

Posté par erwandekeramoal dans LECTURE

Amis de la poésie et du chinchard fumé réunis, bonjour! Nous sommes le Lundi 02 Septembre 2019, seizième jour de Fructidor dans le calendrier républicain, officiellement dédié au citron .

Si j’évoque la poésie, c’est en pensant à l’auteur du Spleen de Paris, mort il y a 150 ans (et des poussières). Maudit de son vivant, « le prince des charognes » est aujourd’hui béni par la postérité. Un siècle et demi après sa mort, le poète dissident s’est fait classique, porté par des vers toujours sublimes. Hier, alors que tous, symbolistes, baudelaire-D-parnassiens, décadentistes et jeunes lettrés se réclamaient de ses racines malades, hier, Baudelaire était honni pour la beauté méphistophélique de ses vers. Les fleurs du mal. Ce livre a accompagné mes errances adolescentes; c’est vous dire que cela ne date pas d’hier. Je trouve qu’il n’a pas perdu une miette de sa modernité. Sa préface déjà était prémonitoire : « Malgré les secours que quelques cuistres célèbres ont apportés à la sottise naturelle de l’homme… Ce monde a acquis une épaisseur de vulgarité qui donne au mépris de l’homme spirituel la violence d’une passion. » En 1857, Les Fleurs du Mal attire l’anathème sur son auteur. Un original de 36 ans, encore inconnu du grand public mais réputé baudelaire-G-dans le sérail poétique pour son physique «bizarre» ou ce que nommeront les frères Goncourt, dans un portrait savamment passé au vitriol, «une toilette de guillotine». Lui, le prince des nuées exilé sur le sol au milieu des huées est accusé «d’ériger, selon le critique Ferdinand Brunetière, en exemple la débauche et l’immoralité». Il est condamné, ainsi que ses éditeurs, pour outrage à la morale publique et aux bonnes mœurs.  Il faudra attendre 1949 pour que ses poèmes lascifs soient enfin réhabilités. Et autant d’années pour que l’un des plus grands poètes du XIXe siècle soit enfin lavé de sa disgrâce. Trop tard !

Sacré Charles, il donne pas vraiment envie de danser la gigue. Tiens, je vais me repasser Patrick Topaloff… Portez vous bien et à bientôt peut-être.

Au 31 du mois d’août…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

Amis de la perfide Albion (y-en a) et de la panse de brebis farcie réunies, bonjour ! Nous sommes le Samedi 31 Août 2019, quatorzième jour de Fructidor dédié à la noix.

Je ne pouvais pas laisser passer le 31 août sans entonner avec vous cette chanson qui a accompagné tant de nos soirées quelque peu agitées. Celle-ci est d’autant plus intéressante qu’elle relate un fait historique. Il s’agit de la prise du « HMS KENT », bâtiment appartenant à sa très Combat_navalgracieuse majesté et dont on voit ici une représentation, par un petit navire « la confiance » commandée par Surcouf, corsaire Malouin. Le 7 octobre 18OO (?), dans la baie du Bengal, le Kent, navire anglais de guerre face à La Confiance. A trois hommes contre un, deux canons pour deux, le Kent était sûr de vaincre. Surcouf, fin tacticien, réussit toutefois à donner à ses hommes le courage nécessaire à la prise du Kent. Soixante-dix anglais furent tués, dont le capitaine, et seuls (!) vingt hommes de Surcouf succombèrent.

La légende nous a légué ce fameux dialogue: « Officier anglais : Nous, Anglsurcoufais, nous nous battons pour l’honneur, et vous les Français, vous vous battez pour l’argent !
Robert Surcouf : Chacun se bat pour ce qui lui manque ! » Cela ne l’a pas empêché de finir baron et armateur et porteur de la légion d’honneur. Il faut reconnaître qu’il n’a pas le profil de Long John Silver ou de Barberousse et qu’il fait davantage penser à un gras bourgeois de l’époque… En tous cas, un malouin malin doublé d’un prospère propriétaire terrien de 800 hectares.

Bon, allez, c’est la fin des vacances, je vous parie deux paquets de lessive contre un paquet de mer à la pointe du raz que le soleil va revenir ! En attendant, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Une gwerz pour l’été…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

Amis de l’underground et du cri de l’ormeau réunis, bonjour ! Nous sommes le Vendredi 30 août 2019, treizième jour de Fructidor dédié à l’épine-vinette. C’est un arbuste épineux qui donne de petits fruits rouges brillants. Pouvant atteindre trois mètres de hauteur, il pousse epine-vinette-300x225sur des terrains ensoleillés (autant vous dire que par ici… y’en a pas beaucoup.), dans les haies ou les talus pierreux. En France et en Europe, vous pouvez le croiser lors de randonnées en montagne, et observer de mai à juillet ses fleurs jaunes en grappe. Attention, les baies qui apparaîtront à la fin de l’été, remplies de pépins, ne sont pas comestibles tout de suite ! Elles contiennent de la berbérine, qui les rend toxiques jusqu’à leur maturité… L’Iran est le principal producteur et consommateur des baies d’épine-vinette. Tout comme en Afghanistan, ces baies séchées y sont utilisées comme condiment, notamment pour le riz traditionnel (riz aux « zereshks », son nom persan).

Aujourd’hui par chez nous on célèbre Edern qui n’était autre que le frère de Jenovefa que j’évoquais hier à propos de Youenn Gwernig et Glenmor qui en firent une opérette. Edern, Saint Gallois (ou d’origine StEdernIrlandaise selon les sources) franchit la Manche pour venir évangéliser l’Armorique, en l’an 894, et aborda la côte de Cornouaille (près de Douarnenez). Il fut à l’origine du « Plou » (paroisse) de Plouédern, puis, après s’être fixé un temps à Édern, bâtit son dernier ermitage à Lannédern. C’est à cet endroit que débuta la légende du Saint au Cerf: elle a inspiré une Gwerz (chanson bretonne) qui explique pourquoi Édern est devenu Saint et pourquoi il est si souvent représenté avec un cerf. Ah, la gwerz, chant profond de la Bretagne/ Oyez celle-ci:

https://youtu.be/w5-g4Bt7z_s

Dans la légende galloise, Edern, qui chevauchait aussi un cerf, est le fils du dieu Nuz et l’un des premiers amants de la reine Guenièvre, l’infidèle épouse du roi Arthur. Ce prénom est resté usité en Bretagne ; il est très peu fréquent ailleurs. CertainsCernunnos_Danemark_1-300x225 voient dans l’association de ces saints avec un cerf l’héritage de la religion celte qui tenait la bête en grande vénération (le grand cornu). La chute annuelle des bois suivie de repousse passait aux yeux des anciens pour être symbole de la mort et de résurrection. Le cerf, on le sait était associé au culte rendu au dieu Cernunnos comme sur la figuration ci-contre présente sur le fameux chaudron de Gundestrap.

Allez, le bonjour vous va, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Identity…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de la musique dodécaphonique et du biniou-koz réunis, bonjour ! Nous sommes arrivés ensemble jusqu’à ce Jeudi 29 août 2019, douzième jour de Fructidor dédié au fenouil, ce qui prouve, si besoin était, qu’il ne faut douter de rien… Voici un poème que l’on doit à Youenn GWERNIG, décédé le 29 Août 2006 à Douarnenez (29).

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Il était né à Scaër (29) où il s’était initié à la sculpture sur bois auprès du père Le Coz, ébéniste. J’ai eu le bonheur de rencontrer le grand Youenn à plusieurs reprises et c’était toujours un ravissement de l’entendre raconter son aventure américaine, ses rencontres avec les artistes de la beat génération et son amitié avec Jack Kerouac. Dans les Youenn-Gwernig-debout-219x300années 50, Youenn qui exerce alors la profession de sculpteur sur bois, rencontre un certain Emile Le Scanff, qui sera connu plus tard sous le nom de Glenmor. Ce dernier l’entraîne alors dans sa petite troupe « Breizh a Gan », et les compères monte une opérette en breton, Genovefa. Mais l’époque est difficile pour l’identité bretonne, le souvenir de la guerre est encore chaud et l’héritage de certains « Breiz Atao » dur à porter. En 1957 Youenn s’embarque pour les États-Unis. Il y passera une douzaine d’années, exerçant ses talents de sculpteur dans le Bronx et s’essayant à l’écriture. En 1982 paraîtra La grande tribu, roman autobiographique dans lequel il raconte son expérience américaine.

Voici ce qu’en disait le réalisateur brestois Jean-Charles Huitorel qui lui a consacré deux documentaires:
« Je pense que nous ne somyouenn Le Télégrammemes encore qu’au tout début de la découverte de la formidable empreinte que Youenn Gwernig a laissée dans la culture bretonne, comme Glenmor, Xavier Grall ou Servat. Il a ouvert un nouvel espace d’expression mariant la langue bretonne à une expression contemporaine. Je retiens de lui sa grande jubilation à passer d’une langue à une autre, breton, anglais, français, incarnée dans sa chanson Identity. Et je me souviens à quel point l’homme et l’œuvre fusionnaient dans les mêmes valeurs humanistes et universelles. » Le voici ci-dessous chantant une gavotte dédiée à la lutte des travailleurs du « Joint français » (rien à voir avec le pétard franchouillard) dont les moins jeunes se souviennent.(photo: Le Télégramme)

A son retour en Bretagne, il refuse de s’acquitter de la redevance TV afin de protester contre le traitement que subit la langue bretonne sur la station régionale de FR3. Comble de l’ironie, c’est à lui que la chaîne fera appel de 1983 à 1989 pour diriger les programmes en breton. Je repense souvent à ce colosse à la carrure de bûcheron qui m’évoque immanquablement la stature et le style de Félix Leclerc.

Allez, merci à vous d’avoir fait le détour par ici, portez vous bien et à bientôt peut-être. 

I have a dream…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

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Amis de l’internationalisme et de la soupe aux choux réunis, bonjour! Je profite de ce Mercredi 28 août 2019, onzième jour de fructidor dédié à la pastèque, pour me nicola-bart-300x219souvenir de cet autre 28 Août, en 1927, jour où eurent lieu les funérailles et l’incinération de Nicola Sacco et Bartoloméo Vanzetti au cimetière Forest-Hill de Charleston USA. Écoutons Joan Baez pendant quelques secondes et souvenons nous que les pouvoirs, tous les pouvoirs, n’ont jamais mis plus de force et de rage qu’à vouloir éradiquer l’anarchisme. Il doit y avoir une bonne raison ! Réfléchit petit scarabée…

https://youtu.be/gL5jgZLTBj0

C’est encore un 28 août, en 1963, devant le Memorial Lincoln, à Washington, que le pasteur Martin Luther King s’adresse aux 250.000 personnes, dont 80% de Noirs, mobilisées à travers tout le pays pour une Marche versdream Washington organisée par le Mouvement des droits civiques. De son mémorable discours, on a surtout retenu les mots improvisés à la fin : « I have a dream that one day little black boys and black girls will be able to join hands with little white boys and white girls as sisters and brothers… » (Je fais un rêve qu’un jour, les petits enfants noirs et les petits enfants blancs joindront leurs mains comme frères et soeurs…)

Aujourd’hui, 28 Août, on regarde brûler l’Amazonie, fondre le Groenland et vitupérer les Trump et autres Bolsonaro en continuant de rigoler avant que le ciel nous tombe sur la tête. Allez, merci d’être passé, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Le son du Prez…

Posté par erwandekeramoal dans JAZZ, PORTRAIT

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Amis de la chapelle Sixtine et de la cousine Bette réunies, bonjour ! Nous sommes le Mardi 27 Août 2019, c’était généralement le 10e jour du mois de fructidor dans le calendrier républicain français, officiellement dénommé jour de l’échelle.

Je profite de ce jour anniversaire, pour dire quelques mots d’un musicien que j’apprécie particulièrement; il s’agit de Lester Young. C’est à Woodville (Mississipi), petite ville au fin fond du Sud des Etats-Unis, que Lester Willis Young est né le 27 août 1909. Le jeune garçon grandit à la Nouvelle-Orléans, puis à Minneapolis où sa famille a déménagé. Il réalise plusieurs tournées avec l’orchestre familial, auquel participe billie-lester -D-également son jeune frère Lee (batteur). Les premières années du parcours en solitaire de Lester Young sont marqués par des participations à un grand nombre d’ensembles musicaux et il se fait rapidement remarquer par son style d’interprétation atypique, jouant du saxophone de manière détendue, en adoptant souvent des attitudes nonchalantes, et en tenant son instrument de travers, presque à l’horizontale. Suivant la tradition de la « royauté du jazz », qui veut que les musiciens vedettes se voient attribuer des sobriquets prestigieux (« King », « Duke », « Queen », etc.), il reçoit le surnom de « Prez », diminutif de « Président », qui semble lui avoir été attribué, par Billie Holiday.

Lester Young réalise avec Count Basie une série d’enregistrements de grand renom, notamment les légendaires Kansas City Sessions, jouant tant du saxophone que de la clarinette. A la fin des années 1930, il se partage entre l’orchestre de Count Basie, l’accompagnement de Billie Holiday et d’autres ensembles. Mais, à paLester-Young-45-degreesrtir du début des années 1950, Lester Young entre dans une spirale mortifère, tenaillé par des problèmes aussi bien physiques que psychologiques. Si ses interprétations s’en ressentent parfois, il n’en demeure pas moins un pilier de Jazz at the Philarmonic, dont il suit les tournées américaines et européennes, et son style de swing traditionnel continue d’influencer grandement les nouvelles générations de jazzmen. En 1955, il est hospitalisé pour dépression nerveuse durant un an. Mais ses habitudes mortifères reprennent bientôt le dessus, une consommation abusive d’alcool s’ajoutant à une alimentation de plus en plus insuffisante.

Au début de 1959, il réalise une tournée européenne, qui s’achève à KONICA MINOLTA DIGITAL CAMERAParis par une prestation au Blue Note, avec Kenny Clarke: durant son séjour sur le vieux continent, il boit sans discontinuer et ne mange  quasiment rien. Après un ultime enregistrement dans la capitale française, Lester Young reprend l’avion pour les Etats-Unis et atterrit à New York le 15 mars 1959. Quelques heures après son retour, il succombe à un arrêt cardiaque. Sa mort et celle, quelques mois plus tard, de sa complice Billie Holiday, viennent alimenter la légende tragique du Jazz et de ses musiciens consumés par les feux de la rampe.
Sources: les travaux de Nikita Malliarakis et les textes d’Alain Gerber.

Voila pour cette rentrée, à écouter sans modération aucune. Eteignez la télé et laissez vous emporter par le saxo de Lester Young et la voix inoubliable de Lady Day… Portez vous bien et à bientôt peut-être.