Les 5 derniers portraits ajoutés à la galerie

  • Image de l'artiste Gérard de Nerval

    Gérard de Nerval

  • Image de l'artiste Paule MINK

    Paule MINK

  • Image de l'artiste André CLAUDOT

    André CLAUDOT

  • Image de l'artiste Dakota STATON

    Dakota STATON

  • Image de l'artiste Julia Bertrand

    Julia Bertrand

Le homard n’aboie pas…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de la poésie et du saint Emilion réunis, bonjour ! Nous sommes le vendredi 22 mai 2020, troisième jour de Prairial dédié au trèfle. Si j’évoque la poésie c’est parce que un 22 mai (1808) vit la naissance de Gérard LabrunDe Nerval-D-ie, plus connu sous son nom de poète, Gérard de Nerval, l’une des figures les plus de émouvantes de la poésie française. Naviguant entre réalité et rêve, il a évoqué en des mots immortels les troubles de l’adolescence… et les charmes du Valois. Mais il souffrait de troubles mentaux et, à l’aube du 26 janvier 1855, on l’a retrouvé pendu dans la rue de la Vieille-Lanterne, dans le quartier du Châtelet, à Paris. Il avait 46 ans. La plus belle part du romantisme s’est éteinte avec lui. Il faut relire Sylvie, une nouvelle parue dans le recueil Les filles de feu et qui dépeint merveilleusement les affres d’un amour chimérique.

Il a vécu tantôt gai comme un sansonnet,
Tour à tour amoureux insouciant et tendre,
Tantôt sombre et rêveur comme un triste Clitandre.
Un jour il entendit qu’à sa porte on sonnait.
C’était la Mort ! Alors il la pria d’attendre
Qu’il eût posé le point à son dernier sonnet ;
Et puis sans s’émouvoir, il s’en alla s’étendre
Au fond du coffre froid où son corps frissonnait.
Il était paresseux, à ce que dit l’histoire,
Il laissait trop sécher l’encre dans l’écritoire.
Il voulait tout savoir mais il n’a rien connu.
Et quand vint le moment où, las de cette vie,
Un soir d’hiver, enfin l’âme lui fut ravie,
Il s’en alla disant : «Pourquoi suis-je venu ?
(Gérard de Nerval, Épitaphe)

Un jour, dans le jardin du Palais-Royal, on vit Gérard traîn180px-Père-Lachaise_-_Division_49_-_Nerval_01ant un homard vivant au bout d’un ruban bleu. L’histoire circula dans Paris et comme ses amis s’étonnaient, il répondit : En quoi un homard est-il plus ridicule qu’un chien, qu’un chat, qu’une gazelle, qu’un lion ou toute autre bête dont on se fait suivre ? J’ai le goût des homards, qui sont tranquilles, sérieux, savent les secrets de la mer, n’aboient pas… Il y avait du surréalisme avant l’heure chez ce grand romantique. Il affirmait  avoir été initié aux mystères druzes lors de son passage en Syrie, où il aurait atteint le grade de « refit », l’un des plus élevés de cette confrérie. Toute son œuvre est fortement teintée d’ésotérisme et de symboles alchimiques. Alors qu’on l’accusait d’être impie, il s’exclama : « Moi, pas de religion ? J’en ai dix-sept… au moins. » Ici à gauche, sa tombe au cimetière du Père Lachaise.

Allez, déconfinez dans la joie et la bonne humeur et à bientôt peut-être.

Oui mais, ça branle dans le manche…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

Amis du bas de laine et de l’armoire normande réunis, bonjour ! Nous sommes le Jeudi 21 Mai 2020 et, mon p’tit calendrier républicain Hémérocallem’indique que le 21 mai, deuxième jour de prairial, est généralement dédié à l’hémérocalle… Avouez que c’est une chance, Fabre d’Eglantine, l’un des inspirateurs, aurait pu choisir le pissenlit ou le coquelicot et bien non; le choix s’est porté sur l’hémérocalle mais je serai bien ennuyé s’il fallait vous dire pourquoi. Bon, on ne va pas non plus en faire une salade. Quoique ! Outre le fait qu’il s’agisse d’une très jolie fleur, certains cuisiniers téméraires n’hésitent pas; elle peut être farcie avec de la crème fouettée et servie pour décorer un dessert par exemple.

Le 21 mai 1871 à Paris débute ce que l’histoire retiendra sous le nom de semaine sanglante. Les Versaillais, après s’être emparé des forts, entrent dans Paris par la porte de Saint-Cloud. Une répression terrible commence. Les massacres et exécutions sommaires feront entre 20 000 et 35 000 morts. Le 28 mai 1871, au terme d’une semaine luce_commune-300x198sanglante, la Commune de Paris n’existe plus. Dix semaines plus tôt, le 18 mars, des Parisiens humiliés par la défaite de leur pays face aux Prussiens, s’en étaient pris aux troupes gouvernementales. Le chef du pouvoir exécutif, Adolphe Thiers, avait déserté sur le champ Paris pour Versailles. Un mouvement insurrectionnel improvisé avait alors assumé le pouvoir dans la capitale sous le nom de «Commune de Paris». Mais dès la signature du traité de paix avec l’Allemagne, le 10 Mai, Adolphe Thiers obtient de l’occupant prussien la libération anticipée de 60.000 soldats. Il lance aussitôt contre la capitale 130.000 hommes, dont les anciens prisonniers et beaucoup des campagnards recrutés et formés à la hâte.

L’assaut commence le 21 mai, dans le quartier du Point du Jour, à Boulogne. Les Versaillais ont en face d’eux une dizaine de milliers de fédérés déterminés. Ils doivent conquérir les barricades l’une après l’autre.( à gauche émouvante gravure de Félix Valloton évoquant le mur des fédérés au père Lachaise) Les combats de rue feront au total 4.000 tués (877 du côté des troupes versaillaises). S’ajoutent à ce bilan les felix-vallotton-le-mur-300x164victimes de la répression car, à l’arrière, des liquidateurs tuent méthodiquement les suspects. Une vingtaine de «cours prévôtales» jugent hâtivement les hommes et les femmes pris les armes à la main et les font fusiller sur place. Le bilan total de la Semaine sanglante est d’environ 20.000 victimes, sans compter 38.000 arrestations. Combien aujourd’hui ont en tête le fait que les massacreurs d’alors, Thiers, « le sinistre vieillard », Trochu, « ce crétin militaire », Favre «le faussaire», Vinoy «le coupe-jarret bonapartiste», Galliffet, « les loups, les cochons et les chiens de la vieille société » sont toujours là, sous d’autres noms. (les citations entre guillemets sont de Karl Marx). Aujourd’hui, les banksters ont mis les Nations au pain sec et à l’eau ; ils se dissimulent derrière des noms qui sentent bon les dorures de Bilderberg, les salons de Davos, la soupe du diner du siècle, les comptoirs de Goldman-sachs ; mais qu’on ne s’y trompe pas, ce sont les mêmes. Alors,  pouvons nous imaginer un instant que la Commune n’est pas morte ?

En attendant le temps de cerises, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Every day i have the blues…

Posté par erwandekeramoal dans JAZZ, PORTRAIT

,

Amis du matérialisme historique et du cachou Lajaunie réunis, bonjour ! Nous sommes le Mercredi 20 Mai 2020, premier jour de Prairia05_Mai_Prairialrl dédié à la luzerne. Le mois de prairial était le neuvième mois du calendrier républicain français. Il correspondait, à quelques jours près (selon l’année), à la période allant du 20 mai au 18 juin du calendrier grégorien. Il tirait son nom « de la fécondité riante & de la récolte des prairies de mai en juin », selon les termes du rapport présenté à la Convention nationale le 3 brumaire an II (24 octobre 1793) par Fabre d’Églantine, au nom de la « commission chargée de la confection du calendrier ». Quel poète ce Fabre…

Tiens, un tout bon qui vient de casser sa pipe. Non, ce n’est pas Piccoli, quoique… Je veux parler de Lucky Peterson, enfant prodige du blues, décédé à Dallas à 55 ans des suites d’un AVC. Son père possédait un club de blues à Buffalo et on raconte que le petit Lucky appris à lucky jeunejouer du piano en même temps qu’il apprenait à marcher. Il n’a que trois ans quand il est remarqué par Willie Dixon qui le fait passer à la télé. Il va devenir le pianiste de Little Milton et l’accompagner lors d’une tournée en France. Son style en tant que guitariste n’est pas sans rappeler celui de B.B. King. Il brille d’ailleurs plus par son style, son toucher et sa présence sur scène que par ses compositions, dont peu de morceaux sont réellement connus du grand public. Encensé par une partie de la critique, il s’en trouve une autre pour le trouver ennuyeux. En 2015 il avait ouvert la 36è édition du festival Jazz à Vannes (56).

A vous de juger ! Pour ma part je vais vérifier si mes laitues naissent. Allez, portez vous bien et à bientôt, peut-être.

Par tous les Dieux…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

Amis de l’apocope* et des sardines grillées réunies, bonjour ! Nous sommes donc le Mardi 19 mai 2020, sant Erwan (St Yves) evel just, mais c’est aussi, je sais que vous l’attendez, le 30 de Floréal, jour habituellement consacré à la houlette (Le premier qui dit houlette russe est à l’amende). * L’apocope est une figure de style qui consiste à supprimer des phonèmes ou des syllabes en fin d’un mot. C’est très utile si vous Twittez…

La houlette donc est ce fameux bâton de berger (pas le saucisson) appelé aussi crosse. D’ailleurs il est symbolisé par la crosse que porte les évêques pour rappeler qu’ils sont pâtres au milieu de leur troupeau. Ce qui a donné naissance au fameux cri de rassemblement des anti houlettemariage pour tous: « des pâtres, des pâtres, oui mais des… ». Dans les films Etatsuniens, lors des obsèques du héros, on entend souvent: « Quand je marche dans la vallée de l’ombre de la mort, Je ne crains aucun mal, car tu es avec moi, ta houlette et ton bâton me rassurent. » (Livre 19. Psaume 23:4). Etonnant non ! C’est encore, et depuis plus longtemps, le Heq que porte Osiris accompagné du fouet. Expliquez moi pourquoi les républicains ont jugé bon de le mettre dans leur calendrier… Toujours est-il que l’expression est restée dans le langage populaire: Telle activité se déroule sous la houlette de… Mais, n’en profitez pas pour confondre l’égide et la houlette. Par exemple: La lutte contre le virus Machin se déroule sous l’égide de l’ARS mais sous la houlette de Castaner.

Ainsi vont les choses de la vie: on entretient le flou, l’ambiguïté, on confond aisément le vrai et le faux. Tenez, longtemps le petit peuple a cru que les socialistes étaient de gauche et que la transition énergétique consistait à remplacer la vieille gazinière par un four à micro ondes. Mais Sous_légide_de_Mars-300x117revenons à notre égide. Ceux qui ont fait un peu de Grec ancien dans leurs tendres années se rappellent peut-être que le mot est tiré de aigís qui signifie peau de chèvre. Nous voilà bien avancé… En quoi être placé sous une peau de chèvre pourrait-il bien nous être d’un quelconque secours? C’est la mythologie qui nous donne l’explication tant attendue. Quand il était petit, Zeus se nourrissait du lait d’une chèvre portant le doux nom d’Amalthée. Quand l’animal mourut, Zeus récupéra sa peau et l’ajouta au puissant bouclier qu’Héphaïstos lui avait forgé. Notez bien que son égide, Zeus ne s’en sert pas uniquement pour se protéger… Il lui suffit de le secouer un peu pour déchaîner les éléments et semer la terreur chez les pauvres Humains.
« Un jour viendra où périront et la sainte Ilion
 Et Priam et le peuple de Priam, le bon lancier,
 Et où Zeus, le Cronide, ce grand prince de l’éther,
 Outré de cette félonie, agitera sur tous
 Sa sombre égide. »

Hopala Chapalain! comme disait mon aïeule, c’est pas parce que c’est la saint Erwan qu’il faut se croire autoriser à pérorer comme Pécuchet dans un diner en ville. Allez, merci de votre indulgence, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Comme à la parade…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

, , , ,

Amis de l’Eutonologie* et du boudin aux pommes réunis, bonjour ! Nous sommes le Lundi 18 Mai 2020 et, ce 29è jour de floréal, dans le I-Grande-16731-engrais-vert-moutarde-blanche.net_-150x150calendrier républicain, était généralement dédié à la Sénevé. Cette plante que l’on voit de plus en plus souvent en bordure de champ et que l’on nomme aussi la moutarde blanche sert aussi de fourrage. Ce sont ses graines qui sont utilisées pour confectionner le condiment qui est à la saucisse de Molène ce que le ketchup est au hamburger…*(science de l’agression, du stress, de l’inhibition. Voir les expériences de Milgram sur l’autorité et de Laborit sur l’inhibition de l’action)

Le 18 mai 1917, au plus fort de la Grande Guerre, le théâtre du Châtelet, à Paris, crée le ballet Parade. Cette création singulière, qui raconte les tourments d’une troupe de comédiens, a été suggérée à Diaghilev, fondateur des Ballets russes, par Jean Cocteau qui va en cirque43_picasso_paradeécrire le scénario. Le rideau de scène et les costumes vont porter la signature déjà prestigieuse de Picasso ! La musique est l’œuvre d’Éric Satie. Parade va révolutionner les arts, pas seulement la chorégraphie mais aussi la peinture, la musique, la poésie et la littérature. Il va engendrer aussi le surréalisme. Le mot lui-même apparaît pour la première fois dans le texte que le poète Guillaume Apollinaire consacre à Parade. Il voit dans les décors et les costumes conçus par Picasso comme dans la chorégraphie de Messine une « sorte de surréalisme ».

Le mot reviendra quelques semaines plus tard, le 24 juin 1917, à l’occasion de la première représentation des Mamelles de Tirésias, une pièce écrite par le même Apollinaire et sous-titrée « drame surréaliste en deux actes et un prologue ». Le poète, de nationalité russe, s’était Guillaumeengagé dans la Légion étrangère dès le 5 décembre 1914. Il avait été gravement blessé à la tête par un éclat de shrapnel dans une tranchée, le 17 mars 1916, alors qu’il lisait le Mercure de France ! Réformé, il avait eu le loisir de reprendre ses travaux d’écriture et c’est ainsi qu’il avait inventé le surréalisme… Ce 18 Mai 1917, sur scène, le danseur Massine mime des gestes de la vie quotidienne suivi par un cow-boy, une fillette américaine à bicyclette sur fond de crépitement d’une machine à écrire et de crécelles, seuls bruits que Cocteau ait réussi à préserver. On voit un chinois, des acrobates. Cette parade hétéroclite surprend et surtout agace le public qui manifeste bruyamment. Le spectacle s’achève dans la confusion. Le surréalisme venait de voir le jour.

Petite piqure de rappel puisque ils nous ont confiné la culture et tous les cultureux. Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Coffee shop…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

, ,

Amis de la trompinette et du ris de veau réunis, bonjour ! Faut-il vous le rappeler, nous sommes le Samedi 16 Mai 2020, 27è jour de Floréal et bureau-de-tabac-plus-vieux-de-Paris-201x300c’est le jour de la civette; petit mammifère plus proche du blaireau que du chat d’après Buffon mais qui sent comme un putois. Les secrétions des glandes anales de la civette étaient utilisées en pharmacie et dans la fabrication des cigares ou de parfums d’où le nom de nombreux débit de tabac en manque d’imagination (celui-ci en photo est le plus ancien de Paris, il se trouve rue St-Honoré et existe toujours depuis 1716). Leur usage remonte à plus de 2 000 ans ; elles avaient la réputation d’être très appréciées de Cléopâtre; il est vrai qu’elle avait du nez… Il existe par ailleurs un café, que les connaisseurs jugent « le meilleur du monde » et qui est récolté dans les excréments d’une civette; le kopi luwak..

La civette consomme en effet les cerises du caféier, digérant leur pulpe mais pas leur noyau, qui se retrouve dans ses excréments. Dans le tube digestif du Luwak, les sucs gastriques font subir une Gourmet-Kopi-Luwak-or-Civet-Coffee-300x239transformation bénéfique aux arômes des grains de café. Il est produit essentiellement dans l’archipel indonésien, à Sumatra, Java, Bali, Sulawesi, aux Philippines et dans le Timor oriental. Au début du XVIIIe siècle, les Néerlandais créèrent dans leurs colonies des Indes orientales de Java et Sumatra des plantations de café, notamment d’arabica du Yémen et ils interdirent aux fermiers indigènes et à leurs employés de cueillir le café pour leur usage personnel.

Désireux de goûter néanmoins le fameux breuvage, ceux-ci découvrirent que certaines espèces de musang ou luwak (civette palmiste commune) consommaient les fruits des caféiers et rejetaient les graines dans leurs excréments. Ils consommèrent celles-ci nettoyées, grillées et moulues. La réputation de ce café de civette atteignit bientôt les propriétaires des plantations, qui en firent leur Kopi-luwak-cluwak5-300x218favori. Le kopi luwak est le café le plus cher du monde, vendu entre 100 et 600 dollars américains la livre. En avril 2008, la brasserie du grand magasin Peter Jones de Sloane Square (à Londres) a commencé à vendre un mélange de kopi luwak et de Jamaica Blue Mountain sous le nom de Caffe Raro pour 50 livres la tasse. Vive le Brexit ! Le kopi luwak est le café adulé par Edward Cole, interprété par Jack Nicholson, dans le film Sans plus attendre (2007), avant que Carter Chambers, joué par Morgan Freeman, lui révèle sa nature spécifique.

Allez, à déguster sans modération si votre budget vous le permet. Merci d’être passé, portez vous bien, à bientôt peut-être et vive le p’tit commerce.

François Malicet, le barbier des Ardennes…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

Amis de l’anarchisme éclairé et du foie de veau aux cerises réunis, bonjour ! Nous sommes le Vendredi 15 mai 2020, 26è jour de Floréal dédié au Fusain d300px-Fusain-150x150ans le calendrier républicain. A propos de calendrier, vous pouvez aussi tenter d’utiliser celui de Malicet. Comment ! Jamais entendu parler. Oyez braves gens l’histoire de François Malicet, barbier-perruquier en la bonne ville de Nouzon dans les Ardennes. Membre du groupe  Les déshérités,  on lui doit la fameuse devise: « … et du boyau du dernier prêtre serrons la gorge du dernier flic ». Il fut tué le 7 septembre 1927 par un cambrioleur. Y’a pas de justice madame Michu…

François Malicet avait été arrêté et condamné à 25f d’amende pour avoir participé le 14 octobre 1877, lors des élections suivant le coup de force de Mac-Mahon, à une réunion dans un cabaret de Nouzon où avait été crié « Vive les rouges, à bas les blancs, Vive la Commune ». Pour un peu, il aurait porté un gilet jaune… Dès sa formation en septembre 1892, il adhérait au groupe anarchiste Les Deshérités dont l’un des anarchy_harper-223x300 animateurs était Emile Roger et rencontrait cette même année Fortuné Henry venu faire une conférence et dont il deviendra l’ami. Dans une lettre datée du 21 novembre 1893, Fortuné Henry, emprisonné à Clairvaux, écrivait à Nicolas Thomassin : « Une poignée de main à Malicet le figaro de Nouzon ». Le 1er janvier 1894 il s’était opposé aux policiers voulant perquisitionner chez lui, les traitant d’assassins et de voleurs, leur criant « Foutez-moi le camp ou je vous brûle la gueule », les menaçant de leur jeter un baquet d’eau et concluant par un magistral « Je vous emmerde », ce qui lui valut d’être condamné le 13 janvier à 8 jours de prison. Lors de cette perquisition la police avait saisi diverses correspondances (avec Fortuné Henry, Bouillard), quelques journaux et une vingtaine de brochures anarchistes. Lorsque Fortuné Henry avait fondé en 1903 la colonie L’Essai dans la forêt d’Aiglemont, il avait mis en commun une grosse partie de son avoir au bénéfice de la Colonie qu’il fréquenta régulièrement jusqu’en 1909.

Malicet portait une cravate noire striée de vert, les deux couleurs de ses idées politiques. Chaque année il confectionnait un calendrier bordé barber-175x300également de vert et noir et annoté de sa  fameuse devise . Farceur il s’amusa pendant des années à jouer les revenants pour épouvanter sa vieille bigote de sœur. Il hébergeait et nourrissait gratuitement un locataire que, le dimanche 7 septembre 1927, il surprit s’introduisant dans la maison; le locataire armé d’une hachette se jeta sur Malicet et le frappa. Malicet lui demanda « Pourquoi que t’as fait ça ? – Pour vos sous ! – Fallait m’en demander, je t’en ai déjà donné, tu le sais bien ». Quand les gendarmes apparurent, Malicet leur ordonna de sortir de chez lui et mourut dans la nuit sans avoir dénoncé son assassin. Sources: dictionnaire des militants anarchistes.

Merci à vous d’être passé par ici, déconfinez gaiement et, à bientôt peut-être.

C’est pas la croix pas la bannière…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

, ,

Amis de l’ichtyologie et du sandre au beurre blanc réunis, bonjour ! Puisque nous sommes le Jeudi 14 mai 2020, 25è jour de floréal, célébrons la carpe puisque les républicains lui ont dédié cette date dans leur calendrier; alors que les postiers mettent en avant les Matthias.

Vous vous souvenez de Gribouille chantant Matthias…
 
Marie-France GAITE (tel est son nom)   apprend  le piano très tôt.  Placée dans un foyer, les éducateurs découvrent son talent, sa voix, sa façon de chanter. Gribouille, qui tient ce pseudonyme d’une éducatrice, gribouille-G-sera placée dans d’autres centres où elle ne se plaira guère; mais qui pouvait se plaire dans ce type d’institution ? Aussi elle fugue et se réfugie dans une grande villa de la banlieue lyonnaise où elle rejoint une bande de copains. Pourtant elle s’ennuie et pour fuir sa solitude va hanter les salles de cinéma. Prise de passion pour le 7° art, elle peut voir cinq ou six films dans une journée. Mais elle n’abandonne pas pour autant son amour de la chanson. Un jour, alors qu’elle n’a que seize ans Gribouille chante  à Lyon dans une petite boîte où une  salle est réservée pour ces jeunes sans le sous. Sa renommée locale  arrive aux oreilles des journalistes qui commencent à parler de la jeune femme.

Mais seul Paris peut la consacrer croit-elle et elle décide de rejoindre la capitale en auto-stop. La légende veut que ce soit dans un corbillard qu’elle arrive Place du Châtelet, en pleine nuit avec en poche juste quinze Francs. Elle fréquente Saint-Germain-des-Prés où elle dessine à la craie sur les trottoirs. L’argent recueilli lui permet de manger, et la Gribouille-D-nuit elle dort le long des quais de la Seine ou dans les cages d’escalier. On raconte qu’elle rencontrera Jean Cocteau qui, la croisant dans la rue où elle dessine sur un trottoir, se méprend sur cette jolie fille pleine de musique qui ressemblait parfois à un joli garçon et l’aborde. Il la présentera au Bœuf sur le toit, premier maillon pour se lancer dans la chanson. Il dessinera aussi son portrait que, en souvenir de sa méprise, il dédicacera « À mon ami Gribouille ». Elle gardera précieusement ce dessin en ajoutant pudiquement un « e » au mot ami. Bien plus tard, mon pote Glenmor lui consacrera une chanson. Son apparence androgyne et sa voix grave ainsi que ses chansons personnelles et ambiguës lui gagnent le public lesbien. Le 18 janvier 1968, celle qui chantait Mourir demain meurt d’un excès de barbituriques et d’alcool à son domicile de la rue Crozatier, à Paris.

Voila pour aujourd’hui, déconfinez gaiement et à bientôt peut-être.

Mon Anarchie…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

, ,

Amis de la cartomancie et du canard à l’orange réunis, bonjour ! Nous sommes le mercredi 13 Mai 2020. Ce jour est le 24è de floréal dédié à la Valériane bien connue pour Exif_JPEG_PICTUREses propriétés antispasmodiques et encore nommée, l’herbe aux chats. Et bien, aujourd’hui nous fêtons les Mael. Prénom couramment attribué de nos jours seul ou sous une forme composée, et qui nous vient du 5ème siècle. D’origine irlandaise ou galloise (un certain flou demeure sur sa provenance initiale) c’était peut-être, le fils de Conan Mériadec, premier roi de Bretagne, mais également le neveu de Padrig, patron des irlandais et le frère de Rieg. Mort prématurément des suites d’une chute de cheval, la tradition veut que saint Gwénolé, futur évêque de Kemper le ressuscite.

Rien à voir avec Clovys.

Le 13 mai 1885, naissance de Clovis POIRIER (CLOVYS de son nom d’artiste), à Paris.Chanteur (auteur, compositeur, interprète) anarchiste et pacifiste. Fils d’un cuisinier devenu marchand de vin, il devient ouvrier peintre et clovys01s’intéresse très jeune à la chanson sociale. Devenu anarchiste vers ses 25 ans, il ne cessera plus, durant près d’un demi-siècle, de consacrer son talent à la propagande par la chanson. Après avoir interprété les morceaux de ses aînés : Pottier, Rictus, Couté, il chantera son propre répertoire qui deviendra très populaire. Exempté en 1914, il ne sera pas mobilisé, mais tentera malgré la censure de faire vivre à travers ses chansons l’idéal pacifiste. De 1917 à 1926, il dirigera et animera « La Muse Rouge » société chantante composée de poètes et de chansonniers révolutionnaires.

A la mort de Sébastien Faure (14 juillet 1942), il lui dédie quelques sonnets d’adieu. Extrait:
« Par delà tonla-muse-rouge sépulcre, une vie enrichie
D’amour universel et d’infini savoir
Unit l’homme à l’humain, dans l’ordre et l’anarchie. »
Après une active collaboration à la presse libertaire, il participe encore, le 14 mars 1953, à un gala de soutien au bénéfice du journal de Louis Louvet « Contre-courant ». Mais il est alors dans le dénuement, un comité d’entraide publiera une plaquette de ses meilleurs poèmes et chansons et organisera un gala en sa faveur en février 1955, mais il ne se rétablit pas et meurt à l’hôpital le 25 avril 1955.
 

Bon, ben dites moi, madame Michu, c’est ravigotant ça pour un mercredi, cela nous change des rodomontades des experts de l’expertise qui polluent nos écrans. Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Bourrache & paturache…

Posté par erwandekeramoal dans HUMEUR

Amis de la météorologie et du far aux pruneaux réunis, bonjour ! Nous sommes le Mardi 12 Mai 2020, et, allez savoir pourquoi, cette période que de joviaux jardiniers achilleavaient baptisé Les saintes glaces, est, subito, devenue; les saints de glace… Mamert, Pancrace et Gervais qui sont censés annoncer l’ultime retour du froid avant les beaux jours. Ils donnent lieu à tous les dictons que vous connaissez, mais, en Bretagne, c’est saint Yves qui est considéré comme le dernier saint de glace. Cela donnait l’occasion à mon aïeule, qui ne pouvait jamais faire comme tout un chacun, de nous en servir un, de dicton, des plus croquignolets: craignez le petit Yvonnet, c’est le pire de tous quand il s’y met ! Vous voilà prévenus…

Quand je vous aurai dit que ce Mardi est le 23è jour de Floréal dédié à la bourrache, vous saurez presque tout. Sauf à rajouter qu’au Moyen-âge, la bourrache, était considérée comme une plante magique et aphrodisiaque etbourrache qu’elle donnait de l’assurance et de la hardiesse dans les entreprises amoureuses. Un rameau de bourrache fleurie, permet au séducteur de remporter le succès auprès d’une femme. Ceci permettait à mon aïeule, jamais en manque d’un mauvais calembour, de rajouter: Bourrache et paturache sont les deux mamelles de la Franche. Étonnant, non ? Elle n’avait pourtant rien d’auvergnat étant bretonne élevée au leurre salé (non, y’a pas de coquille) et maîtrisait l’art de la bourrée autant que celui du jabadao. La bourrée et le fest-nozjabadao étant, comme vous le savez, deux danses populaires et néanmoins régionales qui se pratiquent encore dans les veillées des uns et les festou-noz des autres. A tel point que devant une telle richesse, l’UNESCO, canal historique de la culture Onusienne, a décidé d’inscrire le fest-noz au patrimoine immatériel de l’humanité. Je n’ai rien contre l’accordéon mais, c’est pas demain qu’on verra la bourrée auvergnate faire l’objet de tant d’attentions de la part de l’UNESCO. J’ai bien connu une auvergnate chez qui la bourrée était devenue une seconde nature; surtout en fin de semaine, mais ça, c’était avant.

Allez, cela suffira pour un mardi matin. En attendant la suite, portez vous bien et à bientôt peut-être.