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A l’arrière des taxis…

Posté par erwandekeramoal dans LECTURE

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Amis de la mobylette Peugeot (la bleue) et de la truite (au bleu) réunies, bonjour ! Nous sommes le Samedi 14 avril 2018, 25è jour de germinal, dédié au pigeon.

Le 14 avril 1930, fin de l’aventure pour Vladimir Maïakovski, il vient de se tirer une balle en plein cœur. Poète, dramaturge, acteur, théoricien, peintre, affichiste et scénariste, Maïakovski est né à Bagdadi (Géorgie) en 1893. Issu d’une famille modeste, il s’installe à Moscou en 1906, après la mort de son père. Maïakovski adhèmaiiakowskire au Parti social démocrate (bolchévique) à 15 ans et participe aux manifestations révolutionnaires de 1905. Arrêté trois fois pour conspiration, il s’initie à la poésie alors qu’il est emprisonné à Boutyrskaïa en 1909. Il devient rapidement un des meneurs du mouvement futuriste après sa rencontre avec le poète et peintre David Bourliouk qu’il a connu en 1911 et qui lui a mis « le pied à l’étrier ». Tout en exploitant cette nouvelle poésie, il atteint des sommets de lyrisme dans La Flûte en colonne vertébrale ou dans son Nuage en pantalon (1914), véritable manifeste du futurisme, qui est le fruit de sa relation troublée avec Lili Brik qu’il a rencontrée en 1910 alors qu’il entretient une relation avec sa jeune sœur qui elle, deviendra célèbre, Elsa Triolet. Comme disait Jabiru dans son blog « c’était en quelque sorte le beauf d’Aragon ». Voici, à droite une photo de Maïakovski en compagnie de Lili Brik, revue et corrigée par la censure soviétique…Il lui écrira et lui dédiera sa vie durant ses plus belles poésies. Lili est déjà mariée avec Ossip Brik qui devient l’ami et l’éditeur du poète. Un ménage complice à trois s’instaure. Avec Serge Tretiakov ils fondent le journal LEF qui influencera toute une génération d’écrivains. Tiens, on me glisse à l’oreille d’utiliser Noir Désir pour l’illustration musicale…

De retour à Moscou et après la révolution d’Octobre de 1917, qu’il accueille d’abord favorablement, il utilise, sincèrement, son talent au service du pouvoir politique, notamment dans le poème « Lénine » mais il se heurte rapidement au conformisme des critiques et du Parti. Il sillonne pourtant l’Europe en ambassadeur et visite Londres et Paris. Partout on écoute ce géant à la voix de stentor célébrer la МАЯКОВСКИЙ БРИКrévolution dont il est le chantre. Il se met au service de l’agence télégraphique russe et conçoit les images et les textes des posters satiriques Agitprop. Après une série de ruptures et de réconciliations, il se sépare définitivement de Lili en 1924. Il part pour une tournée de conférences à New York et il y rencontre Elly Jones, une jeune émigrée russe et de leur passion brève, trois mois, naît une fille Patricia Jones Thompson. Le 14 avril 1930 à 10 h 15, le poète harassé, qui par défi jouait aussi à la roulette russe, se tire une balle dans le cœur. Le dernier acte de la vie de Maïakovski s’est déroulé à Moscou, au numéro 3 du Loubianskyi Prospekt, appartement 12. La thèse du suicide semble évidente. Le poète qui exhortait la jeunesse à vivre à la mort terrible d’Essenine est lui aussi « reparti vers les étoiles ». On trouvera ce mot : « Maman, mes sœurs, mes amis pardonnez-moi – ce n’est pas la voie ( je ne la recommande à personne ) mais il n’y a pas d’autre chemin possible pour moi. Lily aime-moi ! ». Staline ordonne des funérailles nationales pour celui qu’il qualifiera plus tard de « poète de la Révolution ». « Ils l’ont tué une seconde fois » dira Pasternak.

Allez, merci pour la visite, je m’en vais de ce pas à la rencontre d’autres auteurs: festival Des-Lire(s) à l’Ouest. C’est Place Guérin à Brest même. Portez vous bien et à bientôt peut-être.

Quand Friga devint Margot…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

Amis de la protosynthèse et des p’tits chanteurs à la croix de bois réunis, bonjour ! Nous sommes le vendredi 13 (aie !) Avril 2018. c’est le 24è jour de Germinal dénommé: jour de la roquette et malgré vos bonnes résolutions, vous êtes encore devant votre ordinateur…

Ah, le vendredi 13… Tout d’abord, le vendredi 13, en faisant abstraction des superstitions, est-il particulier ? La réponse est oui. Car les mathématiques appliquées au calendrier indiquent que le 13 du mois tombe un tout petit peu plus fréquemment un vendredi que vendredi-13_0006-223x300n’importe quel jour de la semaine. Sur 4 000 ans, il y a 6 880 vendredis 13 contre 6 840 jeudis 13 (ou 6 850 lundis ou mardis 13). Il est vrai que notre calendrier grégorien, lancé en 1582 par le pape Grégoire XIII (tiens donc), réserve bien des surprises. Ainsi, toujours grâce aux mathématiques, il a été possible de démontrer qu’il y avait forcément au moins un vendredi 13 par an, et qu’il ne pouvait pas y en avoir plus de trois. Et il y a en trois si, et seulement si, le premier jour de l’année est un jeudi pour une année non bissextile (comme 2015) et un dimanche pour une année bissextile. Les ceusses qui redoutent les vendredis treize sont nommés paraskevidékatriaphobiques…

Il y a mille explications pour la superstition depuis la Cène jusqu’à l’arrestation des templiers en passant par la destruction du temple… Mais moi j’aime bien celle de Frigga la blonde quand elle devint Margot. Dans la mythologie nordique, Frigga (ou Freya) était la rFrig1-200x300eine des dieux, déesse de l’amour et de la fertilité. Elle était célébrée par ses adorateurs le vendredi. Le mot « friday », viendrait d’ailleurs de cette célébration et signifierait « Freya’s day ». Mais aux Xe et XIe siècles, les pays du nord sont progressivement convertis au christianisme. On se met alors à raconter que Frigga est en réalité une sorcière et qu’elle a été bannie au sommet d’une montagne. Pour se venger, elle inviterait, tous les vendredis, le diable et 11 sorcières pour maudire les hommes et leur jeter des mauvais sorts. Bon, je ne sais pas pourquoi je vous raconte tout cela d’autant plus que je suis drôlement en retard pour remplir ma grille de Loto.

Allez, merci de votre visite, portez vous bien et à demain peut-être.

Un anarchiste brestois…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis des Penn-Sardinn et du thé au jasmin réunis, bonjour ! Nous sommes le Jeudi 12 avril 2018, 23è jour de Germinal dédié au marronnier. Le Penn-sardinn désigne l’habitant de Douarnenez (29) tandis que la penn-sardinn désigne la coiffe que portaient les belles douarnenistes.

Le 12 avril 1924, à Brest, sortie du numéro 04 de l’hebdomadaire Le Tam Baz (le morceau de bâton). Ce journal satirique, humoristique et naturien est réalisé par l’anarchiste brestois Hervé COATMEUR. On ne sait pas grand-chose sur la durée de ce journal paraissant le samedi, mais il fait partie des nombreux titres publiés par Coatmeur sphinx_a2_n1-300x101et le Foyer Naturien de Brest. On retrouve des traces notamment du « Sphinx » puis du « Sphinx d’après guerre », de « l’écho naturien » etc. Fils de pêcheur, né à Douarnenez en 1879, (il a du user ses fonds de culottes sur les mêmes bancs d’école que mon grand père) resté jeune à la charge de sa mère, Hervé Coatmeur, travailla comme ouvrier à l’Arsenal de Brest, fut plusieurs fois condamné et, finalement renvoyé en 1910 et inscrit au Carnet B. Il exerça alors bien des métiers : docker, portefaix à la gare de Brest, livreur de sciure de bois…

Anarchiste individualiste, il eut un kiosque à journaux, un magasin de bouquiniste, un étalage volant parmi les forains, ne voulant être ni commerçant, ni fonctionnaire, ni exploiteur, ni exploité. Il tam-bazpropagea un individualisme dérivé de celui de Han Ryner. Responsable du Foyer Naturien de Brest (85 rue E. Zola), il avait été le fondateur, animateur et principal rédacteur du journal Le Sphinx individualiste (Brest) qui connaitra de nombreuses séries difficiles à reconstituer. Propagandiste, il distribuait tracts et prospectus, fonda un cercle d’études, s’attacha dans les années 1920 à la diffusion de l’En Dehors d’ Emile Armand auquel il collaborait, devint végétarien, s’alimentant de légumes et de fruits crus et de pain de seigle. Il collaborait également à la revue Le Néo Naturien .

Il se maria le 6 août 1931 « avec une jeune paysanne qui, après avoir été violée par son père, se réfugia à Brest où elle devint la proie des marins », on se croirait dans Les misérables. Il voulut faire d’elle un être nouveau. Mais elle le quitta et revint avec un jeune bébé « à l’état de santé pitoyable ». Elle le quitta à nouveau en Brestemportant « une pile de pièces de cent sous patiemment économisées en vue d’éditer un numéro du Sphinx » (E. Armand, L’Unique, op. cit.) Le divorce fut prononcé le 15 juin 1935. Sur la photo à droite, une vue de Brest après les bombardements. Malgré mes recherches, je n’ai pas trouver de photo représentant Hervé Coatmeur. Hervé Coatmeur vécut ses dernières années dans les conditions les plus misérables : il habitait une cabane où tombait la pluie et couchait sur un lit de sangles : il était vêtu de guenilles et chaussé de spartiates. Le 8 septembre 1944, il périt avec plusieurs centaines de personnes au cours de l’explosion d’un abri civil à Brest, place Sadi-Carnot lors d’un bombardement de la ville.

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

La coupe & la mémoire…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

Amis de la tradition et du merlan en colère réunis, bonjour ! Nous voici le Mercredi 11 avril 2018, date qui correspond au 22è jour de germinal que nos amis républicains avaient dédié à la Romaine (salade). Les cathos bretons eux, célèbrent ce jour là Keridwen. Une drôle de sainte puisque il s’agissait en fait d’une déesse de la très vieille et très ancienne tradition celtique; mais nos évangélistes faisaient feu de tout bois…

Ceridwen, ou Kerridwen (de nombreuses graphies sont possibles), principalement connue en tant que magicienne, était en fait une déesse galloise de la mort et de la fertilité. Elle est généralement représentée avec un chaudron. Dans la mythologie celte, le chaudron n’est pas un ustensile utilitaire mais un objet symbolique, chargé de sacralité, et attribut divin (le chaudron du Dagda, le keridwenDieu-Druide). Le chaudron est magique, selon les mythes, il peut être chaudron d’abondance, de résurrection, de science ou de divination. Il est associé à la Terre, le chaudron de résurrection est associé au ventre de la mère, où l’homme retourne pour renaître. Quand il est remplie d’eau, c’est l’élément primordial, source de toute vie. La quête du chaudron a inspiré la quête du Graal aux trouvères chrétiens, celui-ci étant un vase d’immortalité. C’est ce même chaudron que l’on retrouve dans les tarots sous forme de coupe…

Oyez l’histoire de Keridwen.
Femme de Tegid Foel, elle donne naissance à deux enfants complètement opposés : Afagddu (castor noir) qui passait pour l’homme le plus laid de la terre, et une superbe fille, Creirwy. Ne tarotparvenant pas à tolérer le handicap de son fils Afagddu, Ceridwen fit bouillir dans un chaudron une potion de connaissance pendant un an et un jour afin de lui permettre de devenir sage et respecté. Elle confia la tâche de veiller sur le chaudron à Morda et Gwion Bach, mais une goutte tomba sur le doigt de ce dernier, il le lécha et il reçut ainsi le don à la place de Afagddu. Furieuse, Ceridwen poursuivit Gwion Bach qui se transforma maintes fois pour lui échapper. Il finit par se changer en grain de blé et Ceridwen en profita pour le manger. Quelque temps plus tard, elle donna le jour au célèbre poète et druide Taliesin (qui est en fait la réincarnation de Gwion Bach). Ceridwen eut un autre fils, du nom de Morfran, qui était si laid que personne ne voulut le combattre lors de la bataille de Camlann car ils le prirent tous pour un démon tant sa laideur était grande.

Voila pour la petite histoire du mercredi. Et la potion magique de Panoramix, méticuleusement concotée dans son chaudron, a elle aussi ses sources dans notre vieille histoire bien avant que les menhirs ne se transforment en croix, les fontaines sacrées en bondieuseries apostoliques et romaines (re-salade) et les déesses des Tuatha De danann en saintes nitouches… Et si on s’arrêtait là pour ce début de semaine. la route est longue et le chemin pentu comme disait un ancien premier ministre qui se piquait de philosophie. Merci de votre visite, portez vous bien et à demain peut-être.

La serfitude volontaire…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

Amis des saintes écritures et des romans de gare réunis, bonjour ! Nous sommes le Mardi 10 avril 2018, 21è jour de Germinal dédié au Gainier. Rien à voir avec le « bon culottier » de la chanson mais un arbuste encore nommé « arbre de Judée », au motif, me dit-on, que Judas s’y serait pendu. Si tous ceux qui trahissent l’imitaient, les promenades au bois de Keroual ressembleraient vite à la ballade des pendus chers à ce vieux Villon.

J‘ai beau chercher, je ne trouve pas mieux… Pour moi, elle reste la plus belle quel que soit l’interprète. J’avoue tout de même avoir une petite préférence pour Marc Ogeret. Oui, en effet, on est en droit l_ignorance_mene_ineluctablement_a_la_servitude-1728x800_c-300x138de se poser la question. Est-ce ainsi que les hommes vivent ? Exploités, courbés, saignés aux quatre veines, ils en redemandent. Il y a pourtant longtemps que le philosophe nous mettait en garde contre la « servitude volontaire » mais rien n’y fait, il faut qu’ils y retournent. Cela fait plus de 450 ans qu’ Etienne de la Boëtie, qui n’avait que 18 ans à l’époque, écrivit son discours dans lequel il posait la question: Comment se peut-il que « tant d’hommes, tant de bourgs, tant de villes, tant de nations endurent quelquefois un tyran seul, qui n’a de puissance que celle qu’ils lui donnent ? ».

Aujourd’hui on nous explique, paroles d’experts à l’appui, qu’il va grève généralefalloir travailler davantage et plus longtemps et plus longtemps encore pour une retraite pas garantie du tout. Et pour faire passer la pilule amère, on va vous donner de la télé et des jeux sur internet .La Boétie condamne ainsi ces « drogueries »: Les théâtres, les jeux, les farces, les spectacles, les gladiateurs, les bêtes curieuses, les médailles, les tableaux et autres drogues de cette espèce étaient pour les peuples anciens les appâts de la servitude, la compensation de leur liberté ravie, les instruments de la tyrannie. On dirait vraiment qu’il parle de TF1 !

 

Mais fort heureusement, La Boëtie ouvre une porte à l’espoir, celle les-chaînes...-300x213de la résistance:Toujours en est-il certains qui, plus fiers et mieux inspirés que les autres, sentent le poids du joug et ne peuvent s’empêcher de le secouer; qui ne se soumettent jamais à la sujétion (…) Ceux-là ayant l’entendement net et l’esprit clairvoyant, ne se contentent pas, comme les ignorants encroûtés, de voir ce qui est à leurs pieds, sans regarder ni derrière, ni devant; ils rappellent au contraire les choses passées pour juger plus sainement le présent et prévoir l’avenir.

Je subodore, amis visiteurs que vous faites partie de ceux là et que ce modeste blog que vous me faites la joie de consulter saura vous encourager à poursuivre dans la voie de la résistance. Amen !

Allez, merci d’être passé, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Avec le temps…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

Amis de la rôtisserie française et du Saint-Pourçain réunis, bonjour! Nous sommes le Lundi 09 avril 2018, 20è jour de germinal dédié à la ruche. Mais en réalité le Mercredi 18 Clinamen 145 Les 27 Êtres Issus des Livres Pairs si l’on en croit les pataphysiciens. Les brittophones du pays vannetais vont célébrer les Meldreg: ce nom moderne procède vraisemblablement de Meldeoc, figurant dans la liste des évêques de l’ancien évêché de Vannes. Il a été rapproché de celui d’un saint irlandais, Melteoc (VIIème siècle) . Bon, maintenant moi je vous raconte cela mais, c’est vous qui voyez…

- Papy Erwan, encore une histoire s’teuplait…
- Bon, d’accord, tu l’auras voulu. Celle-ci me revient en mémoire en apprenant la disparition de Jacques Higelin. Ecoute petit scarabée…

C’était au début des années soixante dix, les seventies comme on dit de nos jours, et déjà la grande peur du noir était utilisée. Les méchants qui nous gouvernaient eurent l’éblouissante idée de vouloir implanter une centrale nucléaire à Plogoff, autant dire à la pointe du Raz. J’ai souvenir d’avoir trainé du côté du Loc’h, d’Esquibien, de Goulien et même d’avoir assisté à un immense concert (Mai 1980), donné en plein air dans le Plogoff-02-cor-de6bf-300x196cadre de la baie des trépassés (baez an anaon) avec notamment un jeune chanteur plein d’énergie qui s’appelait Jacques Higelin. Un Higelin période hard-rock, un peu perdu dans ses brumes et improvisant sur scène un salut à la lutte de Plogoff. Plus tard, dans la tente qui sert de loge aux musiciens, on le verra échanger sa chemise d’un rouge écarlate contre la casquette d’un marin pêcheur quelque peu perplexe.(source: http://plogoff-chronique-de-la-lutte.over-blog.com/)

La nuit était tombée, les deux versants de la baie étaient occupés par des milliers de personnes et chacune d’allumer un briquet; c’était magique. Comme si tous les korriganed de Bretagne et d’ailleurs s’étaient donné rendez vous dans ce lieu mythique où le Treizour (le passeur) vient chercher l’âme des défunts, pour crier ensemble: Nann, trugarez ! (non merci). La baie des trépassés ! Pourtant, au départ, elle _thb_affichese nommait tout simplement Baez An Aon, la « baie du ruisseau ». Elle servait d’estuaire à un large fleuve côtier, venant de la région de Bannalec, devenu au fil du temps et des bouleversements géologiques ce petit cours d’eau qui serpente dans la vallée séparant Cléden et Plogoff, et qui entretient l’étang de Laoual avant de terminer sa course vers la mer en s’infiltrant sous les dunes de la plage. Depuis toujours, les corps des marins dont les bateaux s’étaient fracassés sur les récifs de la pointe du Raz, pris par les forts courants de marée et les vents dominants, venaient s’échouer sur cette plage, ce qui alimenta les histoires et les contes bretons (raz en breton signifie « courant rapide »).  Baez an Aon se transforma en Baez an Anaon, la « baie des âmes en peine », celles des trépassés.

Avions nous l’âme en peine en écoutant Higelin et Manu Lan Huel, Glenmor et Gilles Servat ? Que nenni ! Il n’y aurait pas de centrale à la pointe du raz, pas de camp militaire au Larzac; on fumait, on buvait, on baisait, le monde nous appartenait, c’était l’an 01.

-Mais papy, pourquoi t’es triste ?

Allez, merci d’être passé, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Henri Jossot, portrait…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis du confucianisme et de l’onglet aux échalotes réunis, bonjour ! Nous sommes le Samedi 07 avril 2018, c’est le 18è jour de Germinal 220px-Cicuta_virosadédié à la cigüe  et ce qui suit n’a rien à voir… Quoique. Socrate, grand parmi les grands philosophes mourut lui même par la cigüe et les sorcières de MacBeth en font bel usage:  « … oreille d’un singe noir et de la ciguë arrachée un soir. Remplissez la chaudière et bouillez l’ensemble afin qu’opère ce mélange infernal, ce charme sans égal. » Vous remarquerez qu’avant la réforme de l’orthographe, on mettait le tréma sur le ë et les points sur les i; mais ceci est un autre histoire.

Pour l’heure, voici le petit portrait d’un grand caricaturiste, ancêtre de nos dessinateurs humoristes et satiriques. Le 16 avril 1866, naissance de Gustave Henri JOSSOT, à Dijon. Individualiste amieuxlibertaire, dessinateur et caricaturiste de talent et aquarelliste. Né dans une famille bourgeoise, il s’éloigne de son milieu pour se consacrer à la peinture et au dessin. Toute sa révolte passe par le trait de ses caricatures qui prennent pour cibles les institutions de la société : famille, armée, justice, églises, écoles, etc. Jossot, profondément libertaire, refuse pourtant l’étiquette d’anarchiste. Ses premiers dessins sont publiés vers 1891 dans « Le Rire », puis dans « L’Assiette au beurre », « Le Diable » (anticlérical), « Les temps nouveaux », etc. On voit ici une reproduction d’une publicité pour les sardines à l’huile Amieux, dont une fameuse usine était implantée à Douarnenez (Finistère).

Morceaux choisis: « La besogne du caricaturiste ne consiste pas à Jossotfaire tressauter sous le rire les bedaines des brutes, mais à semer dans les cerveaux qui pensent les idées libératrices » (in « Le foetus récalcitrant »).

« mon sacré tempérament de caricaturiste me pousse à me moquer des choses les plus respectables : les anarchistes eux-mêmes trinquent un peu (ô si peu!) » (in une lettre à Jean Grave en 1906).

Comme disait mon aïeule: des comme ça, y-en a plus beaucoup par ici…
 

 

A partir de 1907, il abandonne ce mode d’expression et, après une longue dépression, il se retire en Tunisie, en 1911, se convertissantjossot 2  même à l’islam en 1913, après une crise mystique qui ne durera pas. Toujours aussi individualiste et révolté, il défend, dans les journaux, les mariages inter-communautés, une plus grande liberté pour les musulmanes, etc. Il ne peint plus que des paysages et tableaux sur la vie quotidienne tunisienne. Il meurt le 7 avril 1951, à Sidi Bou Saïd. Ayant renoncé à toute religion, il sera enterré civilement. Voila un bonhomme qui mérite bien de rejoindre notre collection de portraits dans notre galerie.

Allez, merci d’être passé, portez vous bien et à demain peut-être.

La loi du silence…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

Amis de la quadrature du cercle et du bicarbonate de soude réunis, bonjour ! Nous sommes le Vendredi 06 avril 2018, 17è jour de Germinal dédié au Mélèze et c’est la St Marcellin qui fut, comme chacun s’en souvient, un ministre de l’intérieur fort apprécié des soixante-huitards… Le mélèze c’est balèze disait mon aïeule qui en faisait des bonsaïs.

Vas-y Coco, envoie l’actu…

Les députés ont approuvé, mercredi 28 mars en première lecture, par 46 voix contre 20, une proposition de loi LRM pour protéger le « secret des affaires » des entreprises qui suscite des inquiétudes parmi les médias et associations, relayées dans une partie de l’hémicycle. Selon le texte est protégée toute information qui n’est pas « généralement connue ou aisément accessible à une personne agissant dans un secteur […] traitant habituellement de cette alerte_90catégorie d’information », dont la valeur commerciale est due à son caractère secret, et qui a « fait l’objet de la part de son détenteur légitime de mesures de protection raisonnables ». Un collectif de société de journalistes a dénoncé une définition « si vaste que n’importe quelle information interne à une entreprise peut désormais être classée dans cette catégorie » et estimé que des « scandales comme celui du Mediator ou du bisphénol A, ou des affaires comme les “Panama Papers” ou “LuxLeaks” pourraient ne plus être portés à la connaissance des citoyens ». Selon ce collectif, les dérogations prévues à la protection du secret pour empêcher les poursuites de syndicalistes, lanceurs d’alerte ou journalistes sont « trop faibles ».

Le Dr Irène Frachon, pneumologue au CHU de Brest, qui avait révélé le scandale du Mediator, a découvert « avec effarement » l’amendement de la loi Macron instaurant un « secret des affaires » lanceursPAGE2susceptible d’écarter journalistes et lanceurs d’alerte. Je cite: «Avez-vous lu l’amendement initial ? C’était… terrifiant !» Et de poursuivre: « Cela voulait dire, pas question de mettre le nez dans nos affaires ! Pas d’investigation possible ! C’est tout simplement incroyable. C’est une chape de plomb qui s’abat avec le verrouillage de toute info qui pourrait gêner les intérêts d’un industriel. Qu’elle provienne de la presse ou d’un lanceur d’alerte.» Bref, circulez y-a rien à voir, laissez nous magouiller dans notre (bit)coin, ne vous mêlez pas de ce qui vous regarde car vous risquez la relégation en Calédonie avec Elise Ducet et Edwy Plenel…

Voici le résultat du scrutin compte tenu de l’absence de 88% des députés…
Nombre de votants     66 sur 577
Nombre de suffrages exprimés 66
Majorité absolue     34
Pour l’adoption     46
contre     20

Décidément, on vit une époque formidable. Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

L’an 01 c’est pas pour demain…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

Amis de la nostalgie et du carpaccio parmesan réunis, bonjour ! Nous sommes le Jeudi 05 avril 2018, 16è jour de germinal dédié à la laitue alors que pour la pataphysique, ce jour est celui de la sortie d’A. Dürer, hermétiste. Il va sans dire que ce qui suit n’a rien à voir avec ce qui précède et que, bien évidemment, ceci n’explique pas cela ni ne le justifie, toutes choses égales par ailleurs, quoique… L’actualité et ses perturbations ferroviaires, qui font la joie des soit-disant journalistes et surtout porte-parole de l’idéologie libérale, me remettent en mémoire un curieux personnage.

Le 5 avril 2004, disparaissait Georges BLONDEAU dit Gébé, né à Villeneuve-Saint-Georges en 1929. En 1960, il arrive à Hara-GébéKiri pour y dessiner, écrire, et pratiquer le roman-photo. Durant les années de censure, il fait de la radio et se réfugie à Pilote (mai 68 avec Gosciny). Retour à Hara-kiri pour le lancement de Charlie Hebdo avec Cavanna et toute la bande. Treize années de bonheur, puis arrêt de Charlie. Cinéma, chansons, bandes dessinées, dont le cultissime L’An 01. Quelques romans et toujours des journaux : Zéro, L’Autre Journal, L’Idiot International En 1992, Charlie Hebdo repart. Gébé est dedans. Jusqu’à ce lundi 5 avril 2004 où il nous a quittés.

Après des débuts d’illustrateur industriel à la SNCF, Gébé se lance dans le dessin humoristique. Ses premiers dessins paraissent dans La Vie du rail et dans divers journaux. En 1960, il entre à Hara-Kiri où il cultive une veine oscillant entre le non-sens et l’utopie An01 3libertaire. Il y crée de fausses publicités, des romans-photos et un personnage étonnant, Berk, créature vaguement humanoïde à l’humour ravageur.
Il anime en 1970 dans Politique Hebdo, puis dans Charlie Mensuel, une série écologique et utopique, l’An 01, réflexion satirique sur la place de l’homme dans une société où le progrès laisse de moins en moins de place au rêve. Cette série, très populaire, fera l’objet sous le même titre d’une adaptation cinématographique en 1973, réalisée par Jacques Doillon. La vidéo ci-dessus en montre une scène avec un autre grand disparu cher à mon cœur, François Béranger.

Après un court passage au sein du journal Pilote, Gébé sera rédacteur en chef d’Hara-Kiri de 1969 à 1985, tout en travaillant aussi pour Charlie Mensuel et Charlie Hebdo. Puis, en 1986, il devient rédacteur en chef d’un magazine à l’existence éphémère, Zéro, avant de prendre en 1992 la direction de la publication de Charlie Hebdo, où il dessine chaque semaine.En 1965, Gébé écrit trois pièces de théâtre radiophoniques (dans la série « Le théâtre de l’étrange », sur France Inter) et des chansons pour divers interprètes (dont Yves Montand). Auteur d’un  roman policier, Sept Cartouches (1983), il a aussi écrit pour la télévision, notamment pour les séries humoristiques « Merci Bernard » ou « Palace ». Au XVIè siècle lorsque Thomas MORE inventa le terme UTOPIE, il ne se doutait pas que quatre cents ans plus tard, un dessinateur de la SNCF allait s’en donner à cœur joie et faire notre bonheur, fut-il éphémère.

Allez, sur ces belles paroles, je vous laisse à vos oeufs de Pâques et à vos chocolats. Portez vous bien et, à demain peut-être.

Et si on arrêtait les Gonery ?

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

Amis de la méditation transcendentale et du brocoli réunis, bonjour ! Nous sommes le Mercredi 04 avril 2018, jour correspondant au 15 de germinal habituellement dédié à l’abeille.

 
En Bretagne on fête les Goneri. Ils existent plusieurs saint-Gonery par chez nous et notamment un village le long du canal de Nantes à Brest où mon pote Thierry m’initia à la pêche au brochet, moi qui jusque là n’avait fréquenté que la vieille et le maquereau. Il y a très, très, longtemps. Il est aussi, en Côtes-d’Armor, du côté de clocherPlougrescant, une chapelle St Gonery dont la fâcheuse habitude du clocher à pencher dangereusement a fait le bonheur de plus d’un photographe. Goneri  était dit-on le fils de Elibouban qui se retira sur l’île de Loaven (située à deux encablures dans l’Ouest-Nord-Ouest de Roc’h Skeiviec face à Plougrescant je peux assurer par expérience, qu’elle offre un très bon mouillage par gros temps) pour vivre sa vie d’ermite. Ce nom est formé à partir de « kon » (chien de guerre). L’église a popularisé la forme lénifiée « Goneri » au lieu de « Koneri ». Gonéry était un ermite de Grande-Bretagne qui émigra en Armorique au 6e siècle. Après avoir longtemps vécu à Brenngili près de Rohan, où il convertit le prince Alwand, tiern de Noyal, il se retira à Plougrescant pour mourir près de l’île Loaven.

Saint Gonéry est invoqué pour soulager les angoisses et les fièvres. Le pardon (c’est une fête paroissiale locale) du 29 juillet (ou dernier dimanche de ce mois) est renommé. Autrefois, ce jour-là, il y avait toujours un audacieux pour escalader le clocher, à l’aide des crampons de fer qui garnissent sa face extérieure. Il montait pour  MaisonRochersattacher des rubans multicolores à la queue du coq de la flèche, sous les applaudissements de la foule admirative. A son retour au sol, le sportif recevait pompeusement une tasse pleine de vin. Voila, j’ai fait ma b.a. vis à vis de l’office du tourisme. Si le cœur vous en dit n’hésitez pas à visiter le coin de Plougrescant, vous ne serez pas déçu, c’est un des plus beaux endroits de la côte bretonne. C’est là où se trouve la fameuse petite maison nichée dans les rochers et qui a fait mille couvertures de magazines avant que le propriétaire ne fasse valoir son droit à l’image. J’espère qu’il ne va pas me faire un procès…

Allez, c’est pas tout, le Mercredi j’ai piscine. Portez vous bien et à bientôt peut-être.