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Carpe Diem…

Posté par erwandekeramoal dans HUMEUR

Amis de la liberté de conscience et de la clé à molette réunies, bonjour ! Nous sommes le Jeudi 1er avril 2021 et dans le calendrier pataphysique c’est le jour de la rémission des poissons, ça ne s’invente pas… En effet, Le 01 Avril 2021 vulgaire est en réalité le Mardi 10 Clinamen 148 Rémission des Poissons fête suprême quarte. Mais, à poisson-porc-300x190vrai dire, le 12 de Germinal (1er avril) ce n’est pas le jour du poisson mais du charme. Le mot charme est issu du nom latin du charme commun, carpĭnus. Ce mot viendrait des racines celtiques, carpen, car, désignant le bois et pen désignant la tête, car le bois de charme servait à fabriquer les jougs. Lorsque nos jeux remuants insupportaient mon aïeule, celle-ci se laissait aller à utiliser le breton et nous traitait de torr-pen (casse-tête, casse pieds). La denture des feuilles de charme a d’ailleurs donné naissance à la fameuse phrase mnémotechnique : « Le charme d’Adam, c’est d’être à poil », que l’on doit charmillecomprendre comme : les charmes ont des feuilles dentées alors que les hêtres ont des feuilles poilues; ce qui, dans la bouche de mon aïeule nous faisait hurler de rire. Le charme commun qui supporte bien la taille est fréquemment planté comme arbre d’ornement dans les parcs et jardins, et pour constituer des allées (charmilles). Il est recherché pour les usages nécessitant un bois dur, comme les étals de boucher, des maillets ou des manches d’outils. Bon, maintenant je dis cela en sachant que: « Ce n’est pas le moindre charme d’une théorie que d’être réfutable. » ainsi parlait Zarathoustra (Nietzsche)…Bon allez, envoie la musique Serge.

Merci de votre indulgence à l’égard de l’auteur, portez vous bien et à bientôt peut-être.

De la méthode, gast !

Posté par erwandekeramoal dans LECTURE

Amis de la Zététique et du mignon de porc réunis, bonjour ! Nous sommes le Mercredi 31 Mars 2021, onzième jour depervenche Germinal dédié à la pervenche. Le mot « pervenche » vient de la formule latine vinca pervinca, une formule « magique » crée à partir de vincere (vaincre) car la pervenche aurait des vertus médicinales permettant de vaincre de nombreux maux (en tous cas si l’on en croit Pline l’ancien).

Le 8 juin 1637, un opuscule mystérieux paraît en français à La Haye. Il est intitulé Discours de la Méthode pour bien conduire sa raison et chercher la vérité dans les sciences. L’auteur est un homme discret, quoique déjà célèbre dans tous les cercles cultivés d’Europe : René Descartes. Il n’a descartespas signé son ouvrage pour éviter les tracasseries de toutes sortes et surtout les foudres du Saint-Siège (quatre ans plus tôt, celui-ci a jugé Galilée)… Ne s’est-il pas donné pour devise : Larvatus prodeo « Je m’avance masqué » ? Il était né le 31 mars 1596 en Touraine, dans un village qui porte le nom de… La Haye (comme la ville où paraîtra son ouvrage le plus célèbre, ça ne s’invente pas ! Premier livre de philosophie écrit non en latin mais en français, le livre débute par une formule célèbre (et ironique) : « Le bon sens est la chose du monde la mieux partagée : car chacun pense en être si bien pourvu, que ceux même qui sont les plus difficiles à contenter en toute autre chose, n’ont point coutume d’enDescartes-le-scandaleux-173x300 désirer plus qu’ils en ont ». Je vous invite à lire (ou relire) Descartes le scandaleux de Dimitri Davidenko chez Robert Laffont. (1987 ou 88 si ma mémoire est juste) Descartes, tel qu’on ne l’a jamais raconté. Descartes, tel qu’il fut. Une révélation ! Philosophe, oui, mais libre, hors des systèmes – aujourd’hui, on dirait : marginal. Et mathématicien, et physicien, de même. Surtout un homme plein de sève, qui aimait le jeu, la ripaille, le vin et l’amour. Un libertin, un aventurier sans cesse sur les routes d’Europe. Un amant redouté des hommes, aimé des femmes, des plus humbles aux plus célèbres : la princesse Palatine, la reine Christine de Suède l’invita à ses côtés. Ce Descartes-là, le vrai, on nous l’avait caché. Belle et bonne lecture pour l’été qui s’annonce.

Allez, merci d’être passé, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Charles Maurin, peintre, graveur, anarchiste…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis du symbolisme et du canard laqué réunis, bonjour ! Nous sommes le Mardi 30 mars 2021, dixième jour de germinal dans notre 220px-Le_Petit_Journal_-_Arrestation_de_Ravacholcalendrier républicain dédié au couvoir. Le 30 mars 1892, à Paris, trois jours après l’attentat de la rue Clichy, Ravachol revient dans le restaurant de Very, 22 boulevard Magenta, où il avait eu une conversation sur l’anarchisme avec le garçon de salle Lhérot, le jour même de l’attentat. Lhérot faisant maintenant le lien entre ce personnage et l’attentat, envoi son patron Véry, prévenir la police. Celle-ci arrive sur les lieux et procède à l’arrestation de Ravachol qui voyant arriver les policiers tente de s’échapper. Une lutte s’engage entre Ravachol et cinq agents de police, lesquels sont secourus par des ravacholpassants venus à la rescousse. Finalement maîtrisé, Ravachol est embarqué dans un fiacre pour le quai des Orfèvres (Préfecture de Police). Durant le trajet il ne cesse ce crier : « A moi, les frères ! Vive l’anarchie ! Vive la dynamite ! ». Chacun a en tête son fameux portrait sur bois-gravé, réalisé par Maurin, torse nu entre les montants de la guillotine et que l’on voit ici à droite…

Tiens justement, parlons en: Le 1er avril 1856, naissance de Charles MAURIN au Puy (Auvergne). Peintre graveur et anarchiste, il excelle justement dans la technique du portrait et de l’auto-portrait comme Maurin-227x300celui que l’on voit ici à gauche. En 1875, il obtient le Prix Crozatier qui lui permet de venir à Paris étudier aux Beaux-Arts puis à l’Académie Julian (où il enseignera ensuite). Il expose au « Salon des Artistes Français » et devient membre de la Société en 1883. Ami de Toulouse-Lautrec, ce dernier fera sa première exposition particulière avec lui en 1893. Il puise son inspiration des artistes japonais, révolutionne la technique de l’eau-forte, et réalise également des bois-gravés. Il collabore à « La Revue Blanche » dirigée par Fénéon et initie Félix Vallotton à la gravure et à l’anarchisme. Maurin met parfois la perfection de son dessin au service de l’idée et cela explique qu’un tel artiste ait pu à la fois fréquenter les milieux anarchistes et exposer au Salon de la Rose+Croix en 1892. Sa virtuosité atteint un sommet dans le fameux triptyque de l’Aurore, exposé au salon de la Rose+Croix et dont on a fillette-poupéesouvent raillé la présence dans cette exposition. Ou encore Maternity (1893). La fascination du peintre pour l’enfance, dont la pureté serait à ses yeux un antidote à la laideur sociale d’un monde qu’il réprouve, se trouve amplement illustrée; on ne peut certes qu’être charmé par ces images gracieuses tant peintes que gravées, mais il faut aller au-delà de l’amabilité du sujet pour reconnaître en Maurin un artiste solide. La fillette à la poupée que l’on voit ici à droite est visible au musée d’Orsay. Enfin, le tableau, pas la fillette, gros dégoutants ! Maurin fait partie de ces anarchistes qui étaient plus habiles au maniement du pinceau que de la bombinette et c’est fort heureux pour nous.

Voila pour ce début de semaine ensoleillé, en attendant un prochain billet, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Et Saint-Malo chantait…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

Amis de l’ésotérisme et de la soupe de cresson réunis, bonjour ! Nous sommes le Lundi 29 Mars 2021, neuvième jour de Germinal dédié à l’aulne. C’est une date qui mériterait un jour férié: Le 29 mars 1880, le crucifixministre de l’Instruction publique Jules Ferry prend deux décrets par lesquels il ordonne aux Jésuites de quitter l’enseignement dans les trois mois. Fervent républicain athée et franc-maçon issu d’une famille de libres penseurs de Saint-Dié (Vosges), Jules Ferry donne aux enseignants des congrégations catholiques le même délai pour se mettre en règle avec la loi ou quitter aussi l’enseignement. Ces mesures viennent en réaction aux excès de la loi Falloux, votée trente ans plus tôt sous la IIe République, qui accordait aux congrégations religieuses une liberté totale d’enseignement.

On ne sait pas exactement en quelle année mais, c’était un 29 mars, dans le comté de Clamorgan au pays de Galles, naissance de celui qui allait devenir Saint Malo ou Saint Maclou si vous préférez mais son paternel trouvait que cela faisait un peu moquette. C’est un des sept saints fondateurs de la Bretagne d’après le syndicat d’initiatives du Cézembre (ELC)diocèse; beaucoup moins d’après la police. Vous vous souvenez, c’était le trophée Jules Verne de l’époque. Ils arrivaient d’Irlande ou du pays de Galles sur leurs multicoques en granite de Landéda pour évangéliser les armoricains. Les brittons avaient inventé la route du cidre bien avant celle du rhum. Les skippers étaient tous des saints (aujourd’hui, on peut pas en dire autant…). Malo lui, il a débarqué à Cézembre. Vous connaissez Cézembre ? En face de Saint Servan, c’est la seule plage de la côte Nord exposée plein Sud, avec les Ebihens peut-être… C’est l’endroit d’Europe le plus bombardé de toute la Seconde guerre mondiale. En quatre semaines, pendant l’été 1944, près de 20 000 bombes ont été déversées sur l’île. Beaucoup sont toujours enfouies dans le sol et peuvent à tout moment exploser. C’est pour cela que 90% de l’île est interdite au public. Mais ce site idyllique va (hélas) s’ouvrir davantage aux touristes. La marine nationale y termine une opération de déminage consistant a aménager un sentier avant que les militaires ne transmettent l’île au conservatoire du littoral.

 

Mais revenons à notre Malo à nous qu’on a… Il grandit puis il devint grand, travailleur et intelligent, il fait le petit séminaire et il devient l’évêque d’Aleth. Plus tard, beaucoup plus tard, pour améliorer les Malo.jperecettes de la paroisse et face à la baisse inquiétante du denier du culte, il donnera son nom à une marque de yaourt. Avec son copain  Aaron, plus cénobites qu’anachorètes, il partage une vie érémitique du coté de la cité d’Aleth. C’est à dire qu’ils vivaient du RMI que leur versait les paroissiens sous forme de dons en nature. Il serait décédé pieusement un 15 novembre vers 620 à moins que ce ne soit 640; on ne sait pas exactement mais, il est mort depuis longtemps. Aujourd’hui sa statue, réalisée par Patrice Le Guen, a rejoint l’armée des saints de Bretagne dans la vallée éponyme de Carnoët.

Bon allez, je vous quitte car les jardins de l’ermitage réclament ma présence. Portez vous bien et à bientôt peut-être.

Le combat des trente…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

Amis de l’analyse concrète et du sirop d’érable réunis, bonjour ! Nous cheminons lentement vers avril et nous voici déjà le Samedi 27 mars 2021, date qui correspond au 7è jour de germinal et qui est dédié au bouleau. Le bouleau est le premier arbre du calendrier celtique; il bouleau tableausymbolise la sagesse, en breton Bezo. Le nom local du bouleau est également à l’origine du nom du mois de mars dans plusieurs langues slaves, comme en tchèque (březen); il s’agirait d’une évocation de la sève qui commence à circuler à cette époque. Au Canada et en Alaska on en tire un sirop et une eau de vie. On apprend chaque jour quelque chose sur « les cénobites tranquilles ». Voyez ici à droite ce magnifique tableau de Slavicek. Et voila, j’ai jamais tant parlé du bouleau que depuis que je suis retraité…

Un peu d’histoire…bretonne.

Le 27 mars 1351, sur la lande de Ploërmel (56), deux camps bretons règlent leur différend par un tournoi meurtrier. Il figure encore aujourd’hui parmi les grands mythes de l’histoire de la Bretagne… C’est l’épisode le plus mémorable de la guerre de Succession de Bretagne combat 30ouverte dix ans plus tôt par la mort du duc Jean III le Bon, le 30 avril 1341, sans enfant et sans héritier désigné… En 1317, le duc Jean III réunit au profit de son frère aîné, Guy, les comtés de Tréguier et Penthièvre. Son demi-frère, Jean de Montfort marié à Jeanne de Flandre, et sa nièce Jeanne de Penthièvre, épouse du neveu de Philippe VI de France, Charles de Blois, revendiquent chacun pour son compte le trône ducal. Le parti de Blois est soutenu par la France, les grands seigneurs bretons, le haut-clergé, le pays Gallo et les principales villes du Trégor. Le parti de Montfort est soutenu par l’Angleterre, la petite noblesse, les recteurs et leurs paroissiens du pays bretonnant. Une trêve avait été signée. Mais au mépris de cette convention les anglais, sous prétexte de soutenir la cause des Montfort rançonnaient et pillaient la Bretagne. Les paroisses qui ne pouvaient payer étaient détruites, incendiées et saccagées.

En 1351, un baron de la Bretagne, nommé Jean de Beaumanoir, capitaine du château de Josselin, eut l’occasion de reprocher aux Anglais leur conduite odieuse et de s’écrier en s’adressant à Bemborough, gouverneur de Ploërmel, place forte anglaise « Dieu soit Juge entre nous ! Que chacun de nous choisisse trente à quarante champions pour soutenir sa cause. ploermel-mi-voieOn verra de quel côté est le droit ». Les conditions de la lutte furent celles du « combat à volonté », c’est-à-dire que chacun des soixante champions eut toute liberté dese battre comme il lui plairait, soit à pied, soit à cheval, avec les armes qu’il voudrait, sans autre obligation que d’observer dans ce combat les règles de la loyauté chevaleresque. Il est vrai qu’à cette époque là, on s’étripait élégamment entre gentlemen. Il existe encore un monument visible sur la commune de Guillac (56) et que l’on doit à l’ingénieur du corps royal des ponts et chaussées Jacques PIOU, inauguré le 11 juillet en 1819 par le Comte de Coutard, Lieutenant-Général des armées du roi, sur lequel le nom des trente combattants bretons y est gravé.  Cette bataille ne résout rien, mais la chronique de Froissart en a fait le modèle des exploits de chevalerie, et la célèbre Ballade des Trente, (stourm an tregont) que La Villemarqué publiera en 1838 dans son Barzaz Breiz, non sans avoir plagié un poème basque, s’achève ainsi : « Il n’eut pas été l’ami des Bretons, celui qui n’eut pas applaudi dans la ville de Josselin en voyant revenir les nôtres, des fleurs de genêt à leurs casques ». C’est ainsi que se bâtissent les mythes et légendes.

Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

La quète du saint Goal…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

Amis du charme slave et de la salade niçoise réunis, bonjour! Nous sommes donc le Vendredi 26 mars 2021, sixième jour de Germinal dédié la-betteà la Bette. A ne pas confondre avec le jour de la bête (666). Très utilisées dans la cuisine niçoise, toutes les parties de la plante se consomment : les feuilles hachées entrent dans la composition de la tourte de blettes, des raviolis et du célèbre tian. La partie verte remplace les usages que l’on fait ailleurs des épinards et les côtes s’accommodent de plusieurs manières : à la vapeur avec un filet de citron, frites ou en gratin avec une sauce béchamel.

Tout à fait autre chose.

Aujourd’hui on célèbre (ou pas) saint Goal, rien à voir avec le foot, il s’agit de l’un de ces nombreux saints hommes, en Inde on dirait des Sadhus, qui s’établirent en Armorique et dont je vous narre régulièrement l’histoire. Celui-ci a laissé son nom à une commune du Morbihan chère à Gilles Servat ou Louison Bobet et même Jean 220px-W1067-LocoalMendon_Plec_QuenouilleSteBrigitte_74419-200x300Cocteau: Locoal-Mendon. Locoal est une île située dans le bras de mer d’Etel, entre Sainte-Hélène et Mendon ; elle communique avec cette seconde paroisse par un pont qui rappelle celui de Saint-Cado, et elle a sous sa dépendance la presqu’île du Plec, qui l’avoisine au nord. Il paraît que les Romains donnaient à l’île le nom de Plecit, dont on a fait plus tard celui de Plec, resté depuis à la presqu’île voisine. C’est dans cette île, vers 631, que vint s’établir, avec quelques compagnons, Gudual, dit aussi Gurval, Goal ou Gau, évêque démissionnaire d’Aleth. ici à droite, Kegil-Brehet, la quenouille de sainte Brigitte sur l’ile de Plec. Le saint s’y creusa une grotte sur la côte, et ses compagnons firent comme lui.

 

 

Sa réputation s’étendit bientôt au loin, et de nombreux disciples, dont le chiffre s’éleva jusqu’à 188 (c’est précis), vinrent se fixer sur ce sol et s’y faire des cellules. Pour garantir leurs demeures contre l’envahissement des grandes marées, ils durent édifier des digues d’une lieue environ de longueur, et dont il reste encore des tronçons parfaitement reconnaissables. Mais le saint dut bientôt reconnaître que la foule stele-de-prostlon-locoal-mendon-154x300l’empêchait de jouir de la solitude qu’il cherchait. Il déserta son île, comme il avait déserté Guer, et, suivi de sept de ses moines, il s’enfonça dans la forêt de Camors. Là, il construisit un monastère, dont la chapelle de Locoal garde le souvenir, vers l’an 640, âgé d’environ 50 ans. Plus tard, son corps, disputé entre sa famille d’une part, et ses disciples de l’autre, fut transporté dans l’île du Plec, et inhumé dans l’église qu’il y avait fait bâtir. Bientôt l’île prit son nom et s’appela Loc-Gudual, et plus tard Locoal. A gauche ce magnifique menhir phallique qui a été transformé en stèle gravée d’une croix pattée, avec de part et d’autre de la hampe l’inscription verticale : « Crouxx Prostlon » en caractères onciaux (Écriture romaine composée de capitales arrondies ). Elle semble honorer une femme du nom de Prostlon, fille du roi Salomon de Bretagne et épouse du comte de Vannes, Pascuethen..

Voila, c’était l’histoire du jour, en attendant la prochaine, portez vous bien et à bientôt peut-être.

L’oncle (Jacques) Bens…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de la Pataphysique et de la raie au beurre noir réunies, bonjour ! Nous sommes le Jeudi 25 mars 2021, cinquième jour de Germinal que nos amis républicains avaient décidé de dédier à la poule… Allez savoir ce qui se passait dans la tête de Fabre d’Églantine ! En vérité Nous sommes aujourd’hui le Mardi 3 Clinamen 148 La Mandragore, solanée androïde fête suprême quarte. Voici un grand poète qui mériterait mieux que les obscurs rayonnages des bibliothèques municipales. Il est né un 25 mars 1931 dans le Vaucluse.

Jacques Bens fut l’un des fondateurs de l’OuLiPo. Dataire au Collège de Pataphysique, gendre de Célestin Freinet (dont j’ai longuement parlé dans ces colonnes), il a travaillé avec Raymond Queneau chez Gallimard à l’Encyclopédie de la Pléïade, de 1960 à 1963. Il a été durant les troisréunion-oulipo premiers siècles de l’OuliPo son « secrétaire provisoire » chargé des comptes-rendus de séances, rassemblés aujourd’hui chez Bourgois. Poète, romancier, et nouvelliste (il a reçu en 1990 le Goncourt de la Nouvelle pour ses Nouvelles désenchantées.) Je vous recommande Cinq châteaux de cartes chez Nathan en 1983, il fut également un éminent cruciverbiste, et collabora avec Perec pour les jeux du journal Télérama. A droite, réunion de l’OuLiPo en 1975 dans les jardins de François Le Lionnais.

 

Or donc, notre ami Bens a été membre fondateur de l’Oulipopo, Ouvroir de littérature policière potentielle mais aussi, de l’OuCuiPo (ouvroir de Jacques Bens-G-cuisine potentielleoulipo). On lui doit notamment, la cuisine en jeux paru chez Zulma en 1999, ouvrage dans lequel il organise une visite ludique et gourmande à travers les provinces françaises. Comment concilier des activités d’écrivain, d’oulipien chevronné et de cruciverbiste avec une passion pour l’art culinaire ? En imaginant un petit livre où alternent recettes, grilles de mots croisés, acrostiches et autres anagrammes. De quoi faire patienter vos invités si votre gigot nécessite un temps de cuisson supplémentaire !

Poème irrationnel

Le presbytère n’a rien perdu de son charme,
Ni le jardin de cet éclat qui vous désarme
Rendant la main aux chiens, la bride à l’étalon.
Mais cette explication ne vaut pas ce mystère.
Foin des lumières qui vous brisent le talon,
Des raisonnements qui, dissipant votre alarme,
Se coiffent bêtement d’un chapeau de gendarme,
Désignant là, le juste, et ici, le félon.
Aucune explication ne rachète un mystère.
J’aime mieux les charmes passés du presbytère
Et l’éclat emprunté d’un célèbre jardin;
J’aime mieux les frissons (c’est dans mon caractère)
De tel petit larron que la crainte oblitère,
Qu’évidentes et sues les lampes d’Aladin.

Vous, je ne sais pas, moi j’adore… Allez, encore merci de votre visite, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Les Pâques irlandaises…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

Amis de la commedia dell’arte et des farfalle al dente réunis, bonjour ! Nous sommes le Mercredi 24 mars 2021, quatrième jour de Germinal tulipes-à-la-torche-300x199dédié à la tulipe mais, malgré cela, je vous surprends devant votre écran alors que la nature s’éveille. Narcisses, primevères et jonquilles décorent les talus, le merle moqueur s’égosille et la bière de mars est en bouteille… Le nom tulipe provient du turc tülbend, c’est-à-dire « plante-turban » ce qui, j’en suis convaincu vous fait une belle jambe…Ici à gauche, ce sont des tulipes en Bretagne et plus précisément à la pointe de la Torche.

Au printemps 1916, le lundi de Pâques précisément, en pleine guerre mondiale, un groupe d’Irlandais se soulèvent contre le colonisateur britannique. Les Britanniques et les Irlandais loyaux à la couronne voient cette tentative comme un mauvais coup porté aux soldats qui se battent dans les tranchées. Rappelons que dès le début du conflit dublin_paques2-300x190européen, les Irlandais se portent massivement volontaires dans l’armée britannique pour combattre les Allemands. Au total 200 000 environ. Mais quelques militants du Sinn Fein nationaliste et de l’IRB (Irish Republican Brotherhood) préfèrent appliquer l’adage : « England’s difficulty is Ireland’s opportunity » (Les difficultés de l’Angleterre sont des occasions à saisir pour l’Irlande). Ces hommes forment ce que l’on appellera un peu plus tard l’Irish Republican Army (IRA)… Faut-il rappeler qu’en Bretagne, en 1940, certains firent la même tragique erreur avant d’opter pour la collaboration avec les nazis.


 

Ils occupent plusieurs bâtiments stratégiques au centre de Dublin, dont la Poste, l’Hôtel de ville, le Palais de Justice et des gares, et déploient le drapeau tricolore au-dessus de la Poste.L’armée britannique amène de l’artillerie lourde et bombarde consciencieusement le centre de Dublin. irishAprès cinq jours de résistance, les insurgés capitulent sans conditions. Bilan humain : une soixantaine de morts parmi les insurgés, une centaine parmi les assaillants et plus de deux cents parmi les civils, environ 3 000 arrestations. Un conseil de guerre condamne à mort tous les meneurs (James Connolly, blessé, doit être calé contre une chaise pour être fusillé comme il convient). Parmi les condamnés à mort figure John MacBride dont le fils, Seán MacBride, deviendra Premier ministre de la République d’Irlande avant de fonder Amnesty International et d’obtenir pour cela le Prix Nobel de la Paix en 1974. Un certain Eamon de Valera échappe à l’exécution du fait de sa citoyenneté américaine (il est né d’un père espagnol et d’une mère irlandaise). Il deviendra le premier Président de la République d’Irlande…

La Bretagne quant à elle oubliera peu à peu les noms de Fouéré, Mordrel, Debauvais, Célestin Lainé, le bezen Perrot, et autre Bagadou stourm de triste mémoire. Allez, merci d’être passé, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Julia Bertrand…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de l’encyclopédie et du kebab d’agneau réunis, bonjour ! Nous sommes le Mardi 23 Mars 2021, troisième jour de Germinal dans le calendrier républicain, qui était dédié à l’asperge ce qui, bien entendu n’a rien à voir avec ce qui va suivre.

Vous ai-je déjà parlé de Julia Bertrand?

Institutrice, militante anarchiste, antimilitariste, féministe et libre penseuse. Elle était née le 14 février 1877 dans les Vosges. Elle fut déléguée au congrès International des libres penseurs, tenu à Paris, du la-ruche03 au 07 septembre 1905. Elle collabora au journal féministe « La Femme affranchie », puis au journal « La Vrille » publié à Épinal par l’anarchiste Victor Loquier. Inscrite au « Carnet B », fichier des antimilitaristes, elle est arrêtée le 21 août 1914 et envoyée dans un camp. Suite à une campagne de protestation, elle est libérée le 18 février 1915, mais révoquée de l’enseignement. Elle part alors exercer à « La Ruche » de Sébastien Faure dont je vous ai entretenu à plusieurs reprises, jusqu’à sa fermeture en novembre 1917. La photo présente l’équipe de La ruche.

Julia n’est réintégrée dans l’enseignement qu’en 1925. Elle participe à la presse anarchiste de l’époque « L’en dehors », « l’Idée libre » « Le Libertaire », etc. En 1944, son logement à Noisy-le-sec région parisienne, est détruit par les bombardements alliés. « Je ne croirai jamais que c’est un crime d’aimer une doctrine de laquelle julia.jpes’honorent d’honnêtes savants, de sincères grands hommes comme Elisée Reclus et Pierre Kropotkine. » Extrait d’une lettre de réponse au préfet qui l’a révoquée pour avoir manifesté « ses sympathies pour l’antimilitarisme et son admiration pour la doctrine anarchiste ».  Le 25 mars 1960, Julia Bertrand décède à Fontenay-aux-Roses dans le département de la Seine. Elle était alors domiciliée au 57 bis rue Jean Lemoine à Romainville, ceci non loin de la rue de la Libre-pensée, qui rappelait qu’en 1911 et 1912 les premiers numéros L’Idée libre avait été imprimés 16 rue de Bagnolet à Romainville. André Lorulot conclut le texte où il annonce son décès par : « La perte de cet esprit libertaire et de cœur généreux sera cruellement ressentie par tous ceux qui espèrent la venue d’un monde meilleur. » pour en savoir plus: le site Noisy-le-sec histoire(s).

Voila pour aujourd’hui, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Les cendres de Bendit…

Posté par erwandekeramoal dans HUMEUR

Amis soixante-huitards et néanmoins optimistes, bonjour! Le 22 mars est le deuxième jour de Germinal et c’est le jour du platane alors, soyez prudent si vous prenez la route. Tiens, à propos d’élections, le 22 mars 1871, la Commune de Paris énonce que les membres de l’assemblée municipale sont contrôlés, révocables, comptables et responsables et que leur mandat est impératif. C’est pas interdit de rêver.

On l’oublie souvent mais, mai 68 a en fait débuté au mois de mars. Certains disent même que cela a commencé en Bretagne un an plus tôt. Laissons aux historiens le soin de trancher.Le 22 mars 1968, à la cité Universitaire de Nanterre région parisienne, le mouvement contestataire étudiant qui va prendre le nom de « mouvement du 22 mars », occupe les locaux de l’Université. Il est l’aboutissement d’une contestation grandissante emmenée par des groupes d’extrême-gauche, des anarchistes et des situationnistes. Né d’abord de revendications solidaires, comme la libération des manifestants arrêtés lors des actions contre la guerre du Vietnam, il déborde rapidement sur des questions de société comme la remise en cause du puritanisme social avec la revendication du droit d’accéder à la résidence universitaire des filles. J’ai retrouvé une vidéo que m’avait conseillé Serge.

Rapidement ce mouvement conduit, entre autres, par Daniel Cohn-Bendit qui se réclame alors de l’anarchie va passer de la critique de l’Université à la critique de la société et de l’autoritarisme. Il sera le ferment révolutionnaire du mai 68 français. Le 2 mai 1968, à la Faculté de Nanterre; la contestation étudiante entamée depuis le mois de mars, s’amplBenditifie, malgré les menaces que font courir les groupes d’extrême droite qui le matin même se sont attaqués à la Sorbonne. Une journée anti-impérialiste est organisée par le « mouvement du 22 mars », mais l’Université est fermée sur l’ordre du doyen. La contestation se transportera alors à la Sorbonne le lendemain. La photo, a fait le tour du monde et traversé l’histoire. D’ailleurs, il est amusant de comparer la photo, à gauche, et l’expression graphique, à droite, qui en a été faite avec les moyens de l’époque. Le 3 mai 1968, à Paris, l’Université de la Sorbonne est occupée par les étudiants de Nanterre qui y tiennent meeting. Mais deux cents militants d’extrême-droite du « groupe Occident » (certains sont devenus ministres) aux cris de: « tuons tous les communistes » menacent de les attaquer. La policeaffiche procède dans l’après-midi à l’évacuation de la Sorbonne qu’ils encerclent. Ils arrêtent alors près de 400 étudiants, mais ceux qui ont réussi à fuir se rassemblent à l’extérieur et harcèlent les forces de l’ordre aux cris de « Libérez nos camarades » ou de « CRS=SS » devant la brutalité de la police. Cela va provoquer de nombreux affrontements dans les rues avoisinantes et l’apparition dans la soirée des premières barricades dans le quartier latin, qui est placé en état de siège. Vous connaissez la suite. Et voila, aujourd’hui, Dany le rouge a viré au vert et même au rabougri comme Goupil et consorts.

Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.