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De poudlard à Loperec…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

Amis du calembour et de la potée auvergnate réunis, bonjour ! Ce Mercredi 05 juin 2019, dix- septième jour de Prairial est dédié au sureau dans le calendrier républicain. Le sureau est fort utile comme chacun le sait puisque même Harry Potter s’en sert pour fabriquer sa baguette BD-Musique-verte-300x224magique…  Le nom original de la baguette, « The elder wand » joue sur le double sens du mot « Elder » en anglais qui signifie à la fois « sureau » et « ancien », « aîné », mais ce sens s’est perdu à la traduction. Enfant, un de nos jeux favoris consistait à élaborer toutes sortes d’appeaux à l’aide de branches de sureau. En effet, le cœur tendre des branches de sureau peut facilement être évidé, ce qui rend cette plante idéale pour la confection d’instruments à vent simples tels que le mirliton.

Aujourd’hui, en Bretagne armoricaine, on fête les Pereg:  Saint originaire du pays de Galles, il a laissé son nom à Lopérec (29). moine gallois qui vécut en cornwall, il serait venu en Bretagne et eut des rapports avec St Samson et St Guezennec mais, cela ne nous regarde pas… L’église paroissiale de Lopérec possède ses reliques, et il est le patron de la région. Jadis on l’appelait même la paroisse Saint-Pérec. ». C’est à Lopérec que vécut Jean de Penguern, fidèle compagnon de la Duchesse Anne. Jean de Penguern, surnommé Divarsoëz en langue bretonne (“gaillard”, littéralement “sans rhumatismes”), fils aîné de chemin creuxChristophe de Penguern et de Marie de Kermodiern, naquit dans les dernières années du XVe siècle au manoir de Loperzec (Lopérec). Il entra fort jeune au service de la reine Anne, par ordre de laquelle il composa la « Généalogie de très haute, très puissante, très excellente et très chrestienne princesse et nostre sovvereine dame Anne, très illustre Royne de France et duchesse de Bretaigne, et les noms des Roys et Princes ses prédécesseurs, en droite ligne depuis la création jusqu’à présent, composée et extraite de plusieurs livres et chroniques par Divarsoëz Penguern, natif de Cornouailles, en l’honneur et louange de ladite dame ». Cette chronique contient 1 920 vers, divisés en strophes de huit vers de dix syllabes. Elle s’arrête à l’an 1510. Le 21 mars 1551, il épousa Annie de Kersauzon dont il eut trois enfants et mourut à un âge très avancé en 1579 et fut inhumé dans l’église paroissiale de Lopérec. (à droite: chemin creux à Loperec sur le site Lumières d’Iroise)

Et voila, vous savez tout. En mai fais ce qu’il te plait, mais en juin, t’as l’air malin aurait dit mon aïeule avec son sens de l’à propos que vous lui connaissez maintenant. Portez-vous bien et à bientôt peut-être.

Grandola vila Morena

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

Amis de la physique nucléaire et du kig ha farz réunis, bonjour ! Nous sommes le Mardi 04 Juin 2019 qui correspond au 16è jour de prairial, dédié à l’œillet. L’œillet rouge est un des symboles du mouvement ouvrier. La tradition viendrait du 1er mai 1890, où pour répondre à femme oeilletl’appel de la deuxième Internationale, malgré l’interdiction de manifester, les militants décident de se retrouver dans des parcs en portant un œillet rouge en signe de reconnaissance. Plutôt délaissé en République fédérale d’Allemagne, ce symbole était très utilisé en RDA, entre autres par les organisations de jeunesse. Regardez ce tableau de Mary Cassat « femme à l’œillet rouge », elle est considérée comme la première peintre impressionniste de l’histoire. Au Portugal, l’œillet fut également le signe de ralliement des militaires opposés à la dictature de Salazar et a laissé son nom à la révolution de1974.

Voilà pour aujourd’hui; en attendant la suite, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Chicago blues…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis du Delta blues et du Kan-ha-Diskan réunis, bonjour ! Nous sommes le Lundi 03 juin 2019, c’est à dire le 15è jour de Prairial, habituellement consacré à la Caille, allez savoir pourquoi; alors que par ici on célèbre les Kevin.

Ai-je déjà évoqué Jimmy Rogers dans ces colonnes ? C’est un des principaux créateurs du Chicago blues. Si l’on en croit Gérard Herzhaft dans son encyclopédie du blues « Jimmy_Rogers-Chicago_Blues_Vol._4-InsideJimmy encore enfant, aide un de ses oncles épicier dans le Mississippi. En attendant le client, il apprend la guitare et l’harmonica à partir des disques de Memphis Minnie et Sonny boy Williamson. En 1939 il part pour Chicago. C’est là qu’il va rencontrer Muddy Waters et le batteur Elgin Evans. Avec Leroy Foster et Little Walter ils vont fonder un ensemble qui deviendra le premier Muddy Waters blues band.

 https://youtu.be/QmmLNpx_hXo

Jimmy Rogers enregistre une trentaine de titres dont pas mal de  chefs-d’œuvre en compagnie du pianiste Eddie Ware. Lorsqu’il sera remplacé par Pat Hare chez Muddy ejimmy Dn 1960, Rogers abandonne la musique et redevient épicier et chauffeur de taxi pour subvenir aux besoins de sa grande famille. Ce n’est qu’en 1970, pressé par le pianiste blanc Bob Riedy qu’il reprend sa guitare et son blues. Il va se produire dans les clubs de Chicago, sur les campus et participe à quelques tournées en Europe. Discret, modeste, Jimmy Rogers n’a jamais connu l’engouement du public international de blues mais, peu à peu, son authenticité et le rôle historique qu’il a joué à Chicago l’ont fait reconnaître et apprécier.» Il est décédé à Chicago en 1997.

Et voila pour débuter ce mois de Juin en musique. Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

La solitude du blogueur de fond…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

Amis de l’Hermétisme et du chocolat Poulain réunis, bonjour ! Or donc, nous sommes le Samedi 1er Juin 2019, treizième jour de prairial dédié au pois. A l’heure où je m’apprête à rédiger le 4421è billet de ce blog, je ne cesse Zo d'axade me laisser surprendre, fort agréablement, par votre fidélité. J’avoue que parfois le doute m’habite (oui, bon…) mais une petite voix me suggère de poursuivre sur mon chemin vicinal à côté des autoroutes de l’actualité fréquentées par les grands médias. Je repense alors à cette citation de Zo D’Axa à qui j’avais consacré un billet: « Celui que rien n’enrôle et qu’une impulsive nature guide seule, ce hors la loi, ce hors d’école, cet isolé chercheur d’au-delà ne se dessine-t-il pas dans ce mot : L’En-dehors ? » . En vérité, il s’appelait Alphonse tête bretonneGallaud de la Pérouse. On le connaît comme anarchiste, pamplétaire, anti-militariste et journaliste. Il était descendant du fameux navigateur La Pérouse, sa sœur Marie, sculptrice et grande voyageuse, visita le Tibet, déguisée en homme, avant Alexandra David-Néel. On lui doit outre des ouvrages renommés sur le bouddhisme, de magnifiques bronzes représentants des têtes de bretonnes comme celle-ci. Mais c’est là une autre histoire… De bronzes et de bonzes !

Mais où en étais-je ! Ah oui, la solitude du blogueur de fond, en dehors des courants, détaché des contingences, rivé à son clavier comme le birinig à la roche, il ne sait pas vraiment pourquoi ni pour qui il écrit.le cenobite face à son clavier Ses billets sont autant de lettres mortes qui, à l’instar des feuilles du même nom, se laissent disperser au gré des vents portants et il bénit l’écho qui lui revient par le biais d’un commentaire, amusant, sympathique, critique, doux-amer, cruel ou dithyrambique. A part ça, comment sont les choses avec vous ? disait mon aïeule dans son inénarrable parler douarneniste, quand elle voulait s’enquérir de la santé de son prochain. C’est qu’il y a de quoi s’inquiéter entre la montée des populismes et le prix des langoustines, entre le score de la France insoumise et celui de l’En Avant de Guingamp, entre nous et la place de la Concorde; ça fait flipper comme disait le dauphin (de plus en plus mauvais). Soyez indulgent, ce n’est que le début du mois et j’ai un quota de signes à respecter.

Je vous salue, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Rue de la visitation…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

Amis du libre examen et de la friture d’ablettes réunis, bonjour ! Voici Mai qui s’achève alors que prairial n’en est qu’à son douzième jour dédié à la bétoine (et non pas à l’abbé Toine comme le suggère madame Michu). La bétoine jouissait dans l’antiquité d’une réputation prestigieuse qui la-bétoine-300x225lui conférait des pouvoirs magiques (Elle fut dit-on découverte par Esculape et on la disait capable de chasser les mauvais esprits. C’est dire si elle aurait du boulot aujourd’hui) et faisait d’elle un remède quasi universel. Le nom bétoine est dérivé de celui d’un peuple ibérique, les Vettones, qui utilisa cette plante dont la réputation s’est maintenue jusqu’au Moyen-Âge et au delà. On utilisait autrefois les feuilles séchées de cette plante comme du tabac à priser ou comme substitut du thé; les jeunes pousses sont consommables en salade avec modération. Personnellement, je ne m’y risquerais pas ; déjà que le concombre espagnol aurait tendance à me torturer les entrailles, alors la bétoine ibérique…

https://youtu.be/kPGR0qjWEKI

Tiens, mon secrétariat me prie de vous rappeler que c’est aujourd’hui La visitation; célébrée par les catholiques et les orthodoxes et qui  commémore un épisode de l’Évangile selon Luc : la visite que rend Marie, enceinte du Christ, à sa cousine Élisabeth, enceinte de Jean Baptiste. La lhistoire-de-la-mini-jupe-plisséechronique nous rapporte que, à peine s’étaient-elles fait la bise que la cousine Elisabeth en tressaillit de plaisir et s’exclama: tu es bénie entre toutes… Et ce fut le début du fameux «Ave» je vous salue Marie. Je ne sais vraiment pas pourquoi je vous raconte cela. Ah oui, ça me revient comme un pâté chaud. Il y a longtemps de cela, j’ai résidé à Rennes, rue de la visitation. Sous ma fenêtre, de l’autre côté de la rue il y avait une institution pour jeunes filles de la bourgeoisie locale, style couvent des oiseaux, jupe plissée et socquettes blanches. A l’instar de Maxime Le Forestier je crois que certains jours j’étais amoureux de tout un pensionnat.

Allez, merci aussi à vous pour la visite, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Le cénobite ramène sa fraise…

Posté par erwandekeramoal dans HUMEUR

Amis de la bigoudénie et des demoiselles du Guilvinec réunies, bonjour ! Nous sommes le Jeudi 30 mai 2019, ce qui tend à prouver que tout historique-plougastelarrive, et ce 11è jour de prairial est dédié à la fraise, ce qui, résidant à quelques kilomètres de Plougastel, m’autorise à la ramener quelque peu… En Bretagne armoricaine, on s’apprête à célébrer les Buan. Autrement dit Buen, ermite, fondateur de la paroisse de Loc’hbuen, aujourd’hui connue sous le nom de Locarn (22). Le nom semble identique au qualificatif buan « rapide » c’est ainsi que mon aïeule nous apostrophait lorsque nous trainassions: « hasta buan ! ».

Locarn est ce petit village breton qui héberge un discret institut: Ce think tank à la bretonne œuvre au développement de la Bretagne dans toutes ses dimensions notamment au plan économique. « Une des vocations de Locarn est de servir de lieu de négociation neutre et discret, où peuvent se rencontrer des personnalités économiques et institut-de-locarn-intro-couv-230x300politiques », confiait Jo Le Bihan (co-fondateur) lors de la création de l’institut. En 1994, l’Institut de Locarn, sous statut d’association, est inauguré en présence de 850 personnes, dont l’archiduc Otto de Habsbourg fils du dernier empereur d’Autriche, mais surtout sympathisant notoire de l’Opus Dei. L’institut de Locarn est à l’origine du projet « Diaspora économique bretonne » (DEB). Ce projet vise à fédérer les Bretons du monde entier pour qu’ils participent activement à l’essor économique de la région. La DEB a mis en place le parcours Guillaume Lejean, une formation à la culture économique et internationale pour une quinzaine d’étudiants et jeunes diplômés organisée chaque année. Les exercices d’intégration comportent des marches de nuit encadrées par d’anciens légionnaires (!). L’idée fondatrice de ce think tank est qu’en Bretagne « le développement locarn-panneau-indicatiféconomique revêt intrinsèquement la forme de la guerre, et que dans cet agôn, il est bon et efficace de s’armer de symboles culturels », tel que la Vallée des Saints. À ses débuts, l’initiative est critiquée, et l’institut « accusé » d’ultralibéralisme. Son emplacement (village isolé du centre-Bretagne de 500 habitants) fait croître la rumeur que l’institut est une loge de l’Opus Dei, à tel point qu’en 1999 l’institut renouvelle sa direction pour rafraîchir son image. La rumeur est également alimentée par la création en juin 1993 de l’Association Coudenhove-Kalergi-Aristide-Briand domiciliée à l’institut. Richard Coudenhove-Kalergi, père fondateur des préceptes paneuropéens, défend l’idée d’une Europe gouvernée par la conception chrétienne des droits de l’homme.

L’Institut mène ainsi un important travail de lobbying, par le biais de conférences, semble-t-il très prisées dans le gotha breton. Pour se donner une idée du contenu de ces conférences où le « politiquement correct » n’a pas sa place, il suffit de jeter un œil à celle qui précédait l’invitation d’Aymeric Chauprade. Intitulée « Changeons de Climat » le résumé annonce la couleur : la théorie du changement climatique et les idées écologistes qui en découlent sont un frein à l’investissement, et donc au profit. locarnComme à l’époque de la centrale nucléaire de Plogoff, les craintes des populations et les critiques sont « irrationnelles » et défendent des « intérêts particuliers » seule la croissance est synonyme d’intérêt général. D’ailleurs, dès 1993: Le projet de l’Institut de Locarn était exposé par son fondateur, Joseph Le Bihan, sous le titre « Genèse de l’Europe unifiée dans le nouveau monde du XXIe siècle » : la France n’a plus d’avenir ; l’État-nation doit disparaître ; il faut liquider l’Éducation nationale, les services publics et surtout les services culturels, en finir avec l’héritage de la Révolution française, syndicalisme, laïcité, et autre boulets :  « Nous allons réintégrer cette Europe de la civilisation et de la propreté qui existe déjà en Allemagne, en Suisse et dans certains pays nordiques ».Oups ! Identitaires de tous les pays unissez-vous dirait l’autre…

Oui, je sais, c’est trop long. Bon, ben, je m’arrête là, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Menhirmontant…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

Amis de la littérature érotique et du poulet basquaise réunis, bonjour ! Nous sommes le Mercredi 29 mai 2019, dixième jour de Prairial, dédié, il est vrai, à la faux. Alors qu’en vérité, les pataphysiciens vous diront que nous sommes le Jeudi 12 Merdre 146 Stes Miches, catéchumènes fête suprême quarte; tandis que par chez nous, quelques nostalgiques s’entêtent à fêter les Riagad.

Or donc, notamment dans le pays bigouden, aujourd’hui c’est la saint Riagad. Évidemment c’est un ermite irlandais qui est venu s’installer sur les côtes bretonnes aux alentours du Vè siècle et qui a laissé son noMenhir-de-Lehanm à la commune de Treffiagat. Étrange commune en vérité que celle là qui est séparée en deux : Lechiagat côté mer et Treffiagat côté rural. Mais enfin, les bigoudens ne font jamais rien comme les autres. On y trouve le fameux menhir de Lehan, que l’on voit ici en photo, et qui est planté au milieu d’un marais. Tout laisse à croire qu’il n’y avait point de marais à l’époque de son érection. D’ailleurs, à propos d’érection, il faut remarquer que les symboles phalliques ont toujours été largement représentés dans la région ; il suffit de regarder la fameuse coiffe bigoudène. Je connais un menhir du côté de Plonéour-Lanvern où, il n’y a pas si longtemps encore, les femmes en mal d’enfant venaient se frotter le ventre.

Le mot menhir (pierre longue) s’est aujourd’hui généralisé même si en bretomegalithe-du-peulven-plestin-les-greves-169x300n le mot juste est peulven (le pieu de pierre) plusieurs toponymies l’attestent comme par exemple: Menez-peulven entre Douarnenez et Quimper (29).  Je me suis laissé dire que le terme de menhir fut officialisé pour la première fois par Théophile Malo Corret de la Tour d’Auvergne (très connu dans son immeuble) dans son ouvrage: origines gauloises qu’il a écrit en 1796 à Locmaria-Berrien, chez sa sœur au manoir de La Haie. J’ai résidé il y a quelques années de cela sur la commune de Plouigneau (près de Morlaix) où l’on trouve la stèle de Croas ar Peulven qui, du fait de sa proximité avec deux ou trois routes antiques,  a sans doute pu être réutilisée les-dames-de-kerampeulven-195x300à l’époque romaine comme borne militaire. Vous pouvez visiter aussi la stèle de peulven en Plestin-les-grèves (22) que l’on aperçoit ici à gauche avec ses drôles de rainures. L’un des sites les plus impressionnants étant celui de Kerampeulven, près de Huelgoat (29) où les belles dames du temps jadis venaient s’amuser. Bon, au départ, je voulais parler de Riagad mais le pauvre est passé à la trappe. Enfin, quand je dis la trappe; n’allez pas croire qu’il ait adopté la tonsure des trappistes ni leur goût pour cette merveilleuse boisson maltée… Non, simplement, je me laisse aller à quelques digressions et lorsque je m’en aperçois, il est trop tard, j’ai dépassé mon quota autorisé de signes.

Allez, je vais essayer de me rattraper, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Utopia…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de la botanique pour les nuls et du foie de veau aux cerises serpoletréunis, bonjour ! Nous sommes, bon an mal an, arrivés ensemble jusqu’à ce Mardi 28 mai 2019, 9è jour de prairial, que nos amis républicains avaient dédié au serpolet. Vous ne pouvez pas vous tromper, le serpolet c’est bon pour tout. En infusion, en compresse, en bain, dans la cuisine, notamment avec les viandes blanches, ce proche cousin du thym est une vraie panacée. C’est le genre de truc qui devrait être remboursé par la sécurité sociale si cela ne risquait d’aggraver le déficit…

Vous, je ne sais pas mais moi, le monde comme il va m’est de plus en plus insupportable; la pensée unique qui s’est imposée ces dernières décennies à refoulé loin, très loin, nos rêves humanistes; la gauche progressiste s’est autodissoute, éparpillée façon puzzle pendant qu’au grand bazar du village global, tout se vend, tout s’achète. Depuis des siècles , des humanistes, des rêveurs, des utopistes, prêchent dans le désert, pissent dans des violons et se mouchent dans les étoiles aurait thomas-more -D-ajouté Jacques Brel. Thomas MORE étaient de ceux là à tel point qu’il en perdit la tête… En effet, Le 6 juillet 1535, Thomas More où Morus, va perdre la tête. Non pas qu’il soit devenu fada mais sous l’effet d’une décapitation voulu par Henry VIII. Homme politique anglais, philosophe et écrivain, précurseur du communisme libertaire et père des utopistes, il est né à Londres (février 1478). Fils d’un magistrat, il entame une carrière politique qui le mènera au poste d’ambassadeur extraordinaire, puis à celle de chancelier du royaume en 1529. Mais Thomas Morus est surtout connu pour son livre « L’Ile d’Utopie ou la Meilleure des Républiques » publié en 1516, il décrit une société idéale ayant aboli la propriété et où la tolérance est une règle. « Fay ce que vouldras » (Fait ce que tu veux) est d’ailleurs emprunté à Morus, par Rabelais, pour son Abbaye de Thélème.

Comme celle de la république de Platon, l’économie utopienne de More repose sur la propriété collective des moyens de production et l’absence d’échanges marchands. Critique de la société de son temps dont il brosse un sombre tableau, il dissèque et condamne les abus et les  utopia-logo-copy__140108032346privilèges de la noblesse et du clergé. « Dans tous les Etats où la possession est individuelle, où tout se mesure par l’argent, on ne pourra jamais faire régner la justice ni assurer la prospérité publique. Pour rétablir un juste équilibre dans les affaires humaines, il faudrait nécessairement abolir le droit de propriété. » . A boire comme du petit lait… En 1535, désapprouvant la politique religieuse du roi, il refuse de prêter serment à Henry VIII. Arrêté et condamné pour trahison, il monte sereinement sur l’échafaud où il est décapité. On dit qu’il aurait parlé en ces termes avant d’y monter  : Je vous en prie, je vous en prie, Monsieur le lieutenant, aidez-moi à monter, pour la descente, je me débrouillerai. Ce grand ami d’Erasme participa pleinement au développement de la pensée humaniste.

Voila pour ce jour, merci encore de votre visite, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Voici des roses blanches…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de la chanson réaliste et de la galette-saucisse réunies, bonjour ! Nous sommes le Lundi 27 mai 2019 c’est à dire le 8ème jour de Prairial habituelleLys Martagonment consacré au Martagon. Plus communément appelée Lys Martagon, cette plante de la famille des Liliacées, qui produit de magnifiques fleurs, est aujourd’hui espèce protégée dans beaucoup de régions. On n’en trouve que rarement en Bretagne sauf peut-être à Bréhat ou sûr l’ile de Batz… A vérifier.

Je voulais évoquer une figure de la chanson réaliste que sans doute les moins de vingt ans ne doivent pas connaître. Et pourtant, qui n’a pas un jour entendu la tante Ginette ou le cousin Jules entonner lors des noces et banquets familiaux une de ses rengaines. je veux parler de Berthe Francine Ernestine FAQUET plus connue sous le nom de Bertheberthe D SYLVA. Allez, souvenez vous, les roses blanches, du gris, on a pas tous les jours vingt ans, Frou-frou… Elle aurait passé son enfance à Brest avant de se faire employer comme femme de chambre. On dit qu’elle serait née (7 février 1885) à Kerloïs en Lambézéllec, tout près de l’ermitage de Keramoal d’où je vous écris et qui aujourd’hui, est devenu un quartier de Brest. Elle se serait mise à la chanson vers 1910, après avoir abandonné un premier enfant; c’est’y pas malheureux ! De ses débuts, on ne possède pas beaucoup de témoignages, excepté une interview durant laquelle elle parle de voyages en Amérique du Sud, en Russie, en Roumanie et en Égypte, ainsi qu’une photo prise pendant la Première Guerre mondiale, sur laquelle on la voit aux côtés d’Eugénie Buffet et du chansonnier aveugle René de Buxeuil.

En 1928, Berthe Sylva est employée au Caveau de la République. Léon Raiter la remarque et lui propose de passer à l’antenne de Radio Tour Eiffel. C’est grâce à Léberthe sylva Gon Raiter, l’auteur des Roses Blanches, qu’elle se met à enregistrer. Le succès est foudroyant. Le Raccommodeur de Faïence, enregistré en 1929, se serait vendu à 200 000 exemplaires en deux ans. Les tournées en province se multiplient. Elle partage un moment l’affiche avec Fred Gouin, aujourd’hui tombé dans l’oubli, avec qui elle grave des duos tels Ferme tes jolis yeux (1932). Leur relation est passionnelle. Fred Gouin fut très affecté par la perte de son amante et amie. Il prit le maquis durant les années de guerre, puis quitta le monde de la chanson pour se reconvertir dans le commerce des frites.

Berthe Sylva se fixe à Marseille au moment de l’Armistice de 1940. Le chanteur Darcelys y fut l’un de ses amis les plus fidèles. Elle meurt minée par la boisson et la pauvreté. Sa maison de disques finance les obsèques auxquelles seuls quelques amis assistent. Sa dépouille fut les roses blanchestransférée à la fosse commune. Quelques années après, il ne se trouva personne pour renouveler la concession qui fut levée. Après sa disparition, on retiendra d’elle, non pas les chansons qui racontent les bluettes et les joies du bal, mais celles qui dénoncent la misère, l’injustice, l’enfance blessée, la perte d’un être cher, la désillusion et l’échec sentimental. Berthe Sylva est décédée le 26 mai 1941 à Marseille. Et bien voila qui nous change des bluesmen du Mississippi et de Chicago. Mais enfin, la chanson réaliste française c’est un peu notre blues à nous qu’on a…

Allez, vive l’éclectisme, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Kan bale Nevenoe…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

Amis de la cartomancie et du boudin aux pommes réunis, bonjour ! En ce samedi 25 mai 2019, sixième jour de prairial, nous célébrons la mélisse. Si vous trouvez l’actualité particulièrement indigeste, je vous recommande expressément la tisane de mélisse. Mon aïeule, pour qui mélissel’herboristerie n’avait aucun secret, faisait bouillir deux branches de mélisse dans un litre d’eau et laissait infuser. Pour ma part, j’avoue que ma préférence va plutôt à un vieux whisky d’Ecosse. Je dois à mon aimable fiancée d’avoir découvert et dégusté un non moins aimable single malt de la distillerie Tullibardine, millésimé 1993 et mis en bouteille en 2008. Le Tullibardine est situé dans le comté de Perth c’est à dire les Central-Highlands tout comme Dalwhinnie ou encore Aberfeldy.  Cela me remet en mémoire le fameux pangramme de Georges Perec : Portez ce vieux whisky au juge blond qui fume. C’est une phrase qui permet d’utiliser toutes les lettres de l’alphabet, l’exercice est amusant, et par ailleurs, c’est un alexandrin.

Puisque on vous dit que Nantes n’est pas en Bretagne…

Oyez ceci: Nous sommes au mois de mai 843.  Le Duc de Bretagne Nominoé désirant agrandir le territoire breton, passa la Vilaine à la tête d’une forte armée qu’il commandait avec son fils Erispoë. Les forces Nominoé-gauche-254x300franques nantaises s’avancèrent vers la Vilaine sous la conduite de Renaud d’Herbauges. Ils se rencontrèrent à Messac et c’est le comte Renaud qui remporta la victoire. Plusieurs sources mentionnent également la possibilité que Nominoé était alors atteint par une maladie assez grave et que le commandement des troupes dirigées contre la région nantaise, fut confié à son fils uniquement. Cela expliquerait d’autant mieux le caractère hasardeux de la rencontre dite de Blain. Renaud croyant l’ennemi complètement hors de combat, réunit une troupe assez nombreuse et reprit la direction de Nantes. Arrivé à Blain, il s’arrêta pour faire reposer ses soldats.

https://youtu.be/Vakk4Rey7m0

Chef et soldats étaient là, nous dit la Chronique de Nantes, étendus sur l’herbe près des bords de l’Isac, dans le plus complet abandon, lorsque soudain une troupe nombreuse se jeta sur eux : c’était le fameux Lambert II de Nantes que Charles-le-Chauve avait chassé de Nantes. Il avait fait alliance avec les Bretons, et à la tête de soldats rassemblés sur les frontières de l’Anjou, il s’était avancé sur la Vilaine, 800px-Battle_of_Ballonafin de réunir ses forces à celles de Nominoé. Ennemi juré de Renaud qui avait pris sa place comme chef du comté nantais, il se mit à sa poursuite, voulant satisfaire sa vengeance et réparer le désastre. Il surprit les Nantais désarmés, et en fit un grand carnage ; lui-même, de sa propre main tua le comte Renaud : c’était le 25 mai 843. Cette victoire bretonne, suivie d’autres, conduisit en 851, au Traité d’Angers, par lequel les pays Nantais et Rennais devenaient possession de la Bretagne. Deux ans plus tard ce sera  la victoire des troupes bretonnes de Nominoë sur celles (Franques) de Charles le chauve. Nous sommes un 22 novembre de l’an de grâce 845, dans la campagne de Ballon près de Redon. Celui que les historiens allaient nommer « Tad ar vro », le père de la patrie, venait de donner naissance à une Bretagne unifiée et indépendante et qui allait le rester cahin-caha jusqu’en 1532. (à droite, gravure de Jeanne Malivel)

Allez, merci pour la visite, portez vous bien et à bientôt peut-être.