Vous lisez actuellement la catégorieTRADITION

Page 3 de 24

A en perdre la tête…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

, , ,

Amis du libertinage et des cucurbitacées réunis, bonjour ! Pour ce troisième jour de thermidor, il faut avouer que Fabre d’Eglantine ne s’est pas beaucoup remué les méninges en consacrant ce jour au melon… En effet, nous conomor-264x300sommes le Mardi 21 juillet 2020 et, si on continue à cette allure là, vous allez voir qu’on va se retrouver en Août sans y prendre garde. En Bretagne, il est dédié à  Triffin :Trifina (ou Trivina) ce nom apparaît comme la forme féminine de Trivin, il pourrait dériver d’un terme apparenté au gallois triw, « vrai, exact,  fidèle ». Fille de Waroc, comte de Vannes au 6e siècle, elle épouse le tyran Conomor, comte du Poher et régent de la Domnonée. Ayant appris qu’elle attendait un enfant, il la décapite. Mais, on ne décapite pas une sainte comme on décapsule une Coreff et, Ressuscitée par Gweltas (St Gildas de Rhuys), elle se réfugie à la cour de son père et  s’en va fonder un monastère à Vannes où elle se retire.

Bon c’est vrai, Conomor c’était pas vraiment un marrant, il assassina toutes les femmes portant un enfant de lui car on lui avait prédit qu’il mourrait assassiné par son fils. Lorsque Trifin donna naissance à Tréveur, Conomor Treveurrechercha l’enfant et lui fit couper la tête. Il était comme cela le Conomor, fallait pas le contrarier; on risquait d’y perdre la tête. Tréveur lui, aurait pris sa tête entre ses mains et ses jambes à son cou et l’aurait portée sur le tombeau de sa mère. Il a depuis, bien entendu, trouvé sa place dans la vallée des saints de Carnoët (22) sous les burins de David Puech. Quand à la maman, elle a laissé son nom à la charmante commune de Sainte-Tréphine, proche de St Nicolas-du-Pelem (22). Étonnant, non !

Allez, merci encore de passer par ici de temps en temps, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Jouez hautbois, résonnez bombardes…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

, , , ,

Amis du petit patrimoine et du riz au lait réunis, bonjour ! Nous sommes le Samedi 18 juillet 2020 c’est à dire le 30 de messidor tri yannet c’est le jour de la chalemie.La chalemie est un instrument à vent et anche double de la famille du hautbois, très répandu au Moyen-Age et à la Renaissance, originaire de l’Espagne musulmane et cousin des Gaïtas. C’est un instrument à tonalité haute, que l’on utilisait le plus souvent en plein-air, parfois accompagné d’une cornemuse, à l’image d’un couple bombarde et biniou. La chalemie a été utilisé par les Tri Yann.

Tiens, en Bretagne c’est la saint Tivizio, qui a laissé son nom à Landivisiau. Si vous passez dans le coin, vous pourrez admirer une très jolie fontaine qui lui est dédié. A 50 m de l’église, la ruelle Saint-Thivisiau, à droite de la place, débouche sur la fontaine de dévotion. A la tête de la fontaine 10 panneaux sculptés en lavoir-fontaine-1024x658kersanton de style gothique sont encastrés dans le mur et on peut les admirer de près. Mais ils gardent le secret de leur origine. L’un représente un ange tenant un écusson pour la moitié Tournemine et l’hypothèse que l’on rencontre le plus couramment est celle de fragments provenant du tombeau de François de Tournemine, seigneur de Coatmeur et de sa femme Renée de Saint-Amadour et datant du XVIème. Sur les autres on y voit des moines et des nonnes en prière. La source alimente aujourd’hui trois grands bassins servant d’ornement à une place coquette, et un lavoir public. Les mères recommandaient leurs bébés au saint patron réputé agir contre le rachitisme: Elles déposaient quelques vêtements de l’enfant ou alors, elles revêtaient la statue d’habits neufs. Les jeunes gens venaient consulter saint Thivisiau pour leur mariage: une épingle en bois retirée discrètement du corsage de la jeune fille et jetée dans la fontaine indiquait si la fiancée était vertueuse. (on jetait l’épingle bien évidemment; pas la fiancée…)

Allez, bel été, portez vous bien et à bientôt peut-être.

 

Allons les gars gai, gai…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

, , ,

Amis de la conscience éclairée et du maraîchage réunis, bonjour ! Nous sommes le Jeudi 16 Juillet 2020. Tiens, histoire de déroger un peu à la haute tenue traditionnelle qui caractérise ce blogue, commençons par une histoire de vesces. Et oui, nous sommes le 28 de messidor et Fabre la fèved’Eglantine avait imaginé de consacrer ce jour à la vesce, plante herbacée appartenant à la famille des Fabacées  dont certaines sont cultivées comme plantes fourragères ou comme légumineuses. Par exemple, la fève que nos cousins Québecois appellent « Gourgane » et que les anciens glissaient à l’intérieur des galettes des rois. La fève des marais a droit à son festival chaque année du côté de Lac-saint-Jean. Le terme « gourgane », provient vraisemblablement du dialecte normand où il était utilisé par des marins pour désigner la fève séchée faisant partie de leurs provisions. Dans une célèbre chanson de marins, Le corsaire « le grand coureur », il est un couplet qui y fait référence.

Pour nous refaire des combats
Nous avions à nos repas
Des gourganes, du lard rance
Du vinaigre au lieu du vin
Du biscuit pourri d’avance
Et du camphre le matin.
Allons les gars gai, gai
Allons les gars gaiement

La chanson évoque les péripéties en mer d’un navire corsaire français de Lorient appelé Le Grand Coureur, au temps des guerres de l’Empire. Elle raconte les dures conditions en mer, le combat contre un vaisseau anglais qui leur échappe, puis les maigres prises de trois navirescd-dvd-djiboudjep-37eme-escale marchands, le maigre butin conduisant l’équipage à sa fin. Ce chant fait partie de la catégorie des chants à virer, composé pour donner de la cadence aux travaux des marins. C’était un morceau emblématique du répertoire des Djiboudjep, magnifiquement interprété par Mikael Yaouank qui vient de nous quitter. Dans ses mémoires, Vidocq nous dit: Au bagne de Brest, il ne faut que deux heures pour trouver une gourgane dans la soupe, tandis qu’il faut huit jours à Toulon. Qu’importe, je préfère cela aux chants martiaux de la légion étrangère un quatorze juillet.

Allez, merci d’être passé, portez vous bien et à bientôt peut-être.

 

C’était le fils du père Hoël…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS, TRADITION

,

Amis de la communale et de la nostalgie réunies, bonjour ! Nous sommes le Jeudi 02 juillet 2020, 14è jour de messidor et c’est la lavande qui est à l’honneur dans le calendrier républicain. Mon calendrier breton nous invite à fêtest-Lunaire-statuer Luner qui aurait laissé son nom à la commune de Saint-Lunaire (35) blottie entre la rivière Crévelin et la pointe du Décollé. On dit qu’il eut pour père Hoël, 1er roi d’Armorique qui succéda à Budic. Quand les Frisons envahirent le territoire (509), Hoël chercha refuge outre-Manche et c’est là que naquit Luner. Le bonhomme  a également été appelé Launeuc ou Lormel d’où les communes éponymes un peu plus à l’Ouest. Luner était donc gallois par le droit du sol. Plus tard,il débarqua à l’embouchure de la Rance et fonda un monastère qui donna son nom à la cité de Saint-Lunaire, où l’on peut voir son gisant dans l’église. Cette ancienne cité fondée au 6ème siècle par le saint homme et sa troupe devint à la fin du 19ème siècle une véritable station balnéaire. On voit ici à gauche sa statue créée par Olivier Levêque (ça ne s’invente pas) qui siège à Carnoët dans la désormais fameuse vallée des saints. On dit encore qu’il rendit l’âme le jour des calendes de Juillet de l’an 580 à l’âge de cent quinze ans. Voici un autre pierrot lunaire qui nous enchanta en 1965 avec la fille du père Hoël…

Il y a des jours c’est un peu n’importe quoi; je vous l’accorde. Allez, merci de votre indulgence, portez vous bien et à bientôt peut-être.

 

A la saint Jean, le cénobite s’détend…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

Amis de la mécanique des fluides et de l’entrecôte marchand de vin réunies, bonjour ! Nous sommes le Mercredi 24 juin 2020, sixième jour de Messidor dédié au romarin.

Or donc, c’est la Saint-Jean qui était une fête chômée en France, avant le Concordat de 1801. Très populaire, cette fête donnait lieu en maints endroits à des feux de joie et il était de tradition que les jeunes gens sautent par-dessus les flammes. Lecroix-de-st-jean-300x225s feux de joie ont à peu près disparu en France mais leur fonction de réjouissance s’est reportée sur les feux d’artifice… On prêtait aussi des vertus magiques aux « herbes de la Saint-Jean » (millepertuis, armoise, fougère,…) cueillies ce jour avant le lever du soleil par des jeunes vierges ou de vieilles femmes ! Dans certaines régions on continue de confectionner des croix de St-Jean censées protéger les étables et les granges tout comme ailleurs on réalise des croix de Brigit pour Imbolc.

Je me souviens qu’enfant, le feu de St Jean mobilisait tout le quartier. Jeunes et moins jeunes se démenaient des jours et des jours avant l’événement pour réaliser le tas de bois le plus grand qui soit. Et puis il fallait assurer sa surveillance car, une tradition tenace voulait que les tantadbandes des autres quartiers tentent de s’emparer du butin ainsi stocké. Il y avait une expression intraduisible, on disait; faire « an hi erez », c’est du parler breton/douarneniste qui vient du verbe « jalouser » je crois. Le quartier du Port-Rhu qui était le théâtre de nos exploits voyait s’affronter les bandes de l’Enfer, du Treiz et de l’usine à gaz (la seule à revendiquer l’appellation d’origine port-Rhu). Jusqu’au jour où la chose s’est institutionnalisée, principe de précaution aidant, plus question d allumer des feux aux quatre coins de la ville… Une fois de plus, les tenants de l’ordre avaient gagné.

De quelqu’un qui se couchait tard, on disait jadis : « Il est allé ramasser un charbon de Saint-Jean ». Le fait est que ces charbons passaient en Bretagne pour avoir toutes sortes de propriétés merveilleuses. Il en danse-10suffit d’un recueilli dans les cendres du tantad (les feux) et dévotement placé, au retour, dans un coin du foyer, pour préserver la maison de l’incendie et de la foudre. On disait encore qu’en balançant les nouveau-nés devant la flamme de trois tantad, on les gardait à tout jamais contre le mal de la peur… En quelques paroisses de la Haute-Cornouaille, la cérémonie avait d’ailleurs une conclusion assez funèbre : quand les danses avaient cessé et que le feu était près de s’éteindre, on l’entourait de grandes pierres plates destinées, à servir de siège aux anaon, aux esprits grelottants des pauvres morts de l’année, avides de se reposer quelques heures en se rapprochant des cendres… Oui, car l’au-delà est froid, très froid.

Aujourd’hui, le Port-Rhu s’est transformé en marina et les cendres de nos feux sont à jamais dispersées. Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

La légende de la Keben Lokorn…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

Amis de l’histoire bretonne et de la randonnée pédestre réunies, bonjour ! Nous sommes le Lundi premier jour de juin 2020 mais 13è Locronan Maurice Neveujour de Prairial dédié au Pois. En Bretagne on célèbre (ou pas) les Ronan, ce qui, convenez-en, n’a strictement rien à voir … Mon aïeule, qui avait une vision toute particulière de la pédagogie, attendait toujours les soirs d’hiver noirs et orageux pour nous conter l’histoire de « la Kében de Lokorn » et de Ronan. Cette légende retranscrit typiquement la lutte d’influence que se livrèrent la religion chrétienne, catholique et romaine et la vieille et très ancienne tradition druidique sur la terre armoricaine.  Je ne résiste pas au plaisir de vous la narrer à mon tour.( à gauche:Locronan vu par Maurice Neveu)

Or donc, Ronan, copain comme cochon avec Patrick quitta sa terre d’outre-Manche pour s’installer en Armorique et plus précisément dans le bois de Névet, non loin de Quimper. L’endroit choisi était un nemeton, un vaste sanctuaire naturel délimité par 12 points remarquables (menhirs) en référence aux 12 mois de l’année, utilisé pour des rites celtiques. Il vivait là en anachorète seulement assisté de temps à autre par un brave fermier. La femme de celui-ci Kében (qui dit-on fricotait locronan-tromenie_11avec le Diable, qui lui, avait sa résidence à deux pas en la commune du Juch), dénonça le saint homme l’accusant de sorcellerie et d’avoir fait mourir sa fille. Voici ce qu’en dit Albert le Grand (1636) « Les yeux chassieux de quelques Chrêtiens débauchez, ne pouvans supporter l’éclat des vertus dont l’Ame de saint Ronan estoit ornée, l’accuserent malicieusement & à tort devant le Roy Grallon (lequel estoit lors à Kemper), le calomniant d’estre Sorcier & Negromantien, faisant comme les anciens Lycantrophes qui, par magie & art diabloique, se transformoient en bestes brutes, courroient le garou & causoient mille maux par le Païs. L’Enfant d’une femme du voisné estant mort, ils persuaderent à la mere du defunt que le Saint, par ses sorcelleries, avoit tué son fils & l’amenerent à Kemper, où, en presence du Roy & de toute la Cour, elle demanda justice de saint Ronan. ».

Vous imaginez la suite, le saint, en deux temps, trois mouvements et un signe de croix ressuscita la fille, pardonna à la mère et se retira dans sa forêt avec la bénédiction du roi Gradlon. A sa mort, pour savoir où l’enterrer, on mit son cercueil sur une charrette tirée par deux bœufs, et on les laissa aller. Sur le chemin la charrette rencontra Kében, qui lavait keben lokorndes vêtements, elle en profita pour se moquer du saint. Alors la terre s’ouvrit et aspira Kében dans les flammes et la fumée dans un lieu désormais dénommé « la tombe de Kében ». Il est quand même ajouté que Kében brisa la corne d’un buffle du convoi funéraire et la corne tomba en haut de la montagne en un lieu qui existe encore et désigné comme : Plas-ar-Horn, la place de la Corne. Depuis, on fête saint Ronan en la commune à qui il a donné son nom Locronan: Sa fête fait l’objet d’un pèlerinage  en juillet de chaque année. Ce jour-là, en mémoire du saint, les fidèles en procession font le tour des limites de l’ancien prieuré bénédictin fondé au XIe siècle et qui était lieu d’asile (minic’hi en breton). Cette procession est appelée la « troménie », (du breton tro-minic’hi, le tour de l’enceinte sacrée).

tal-ar-variken-5WEB

Bon, ben, vous savez à peu près tout. Ah si, J‘ai souvenance d’un estaminet (photos ci-dessus) sis à l’entrée de Locronan et qui s’appelait « Tal ar varrikenn » et dont le patron, après quelques verres de chouchenn, faisait semblant de se faire prier pour raconter (en breton) l’histoire de la Kében. Je crains fort qu’ils n’existent plus, ni le bistrot ni son patron.

Allez, voilà pour aujourd’hui, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Les dames du temps jadis…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

Amis de l’esprit critique et du baekehoffe réunis, bonjour ! Nous sommes le Vendredi 29 mai 2020, dixième jour de Prairial, dédié, il est vrai, à la faux. Alors qu’en vérité, les pataphysiciens vous diront que nous sommes le Jeudi 12 Merdre 147 Stes Miches, catéchumènes, fête suprême quarte. Par chez nous, quelques nostalgiques s’entêtent à fêter les Riagad.

Or donc, notamment dans le pays bigouden, aujourd’hui c’est la saint Riagad. Évidemment c’est un ermite irlandais qui est venu s’installer sur les côtes bretonnes aux alentours du Vè siècle et qui a laissé son nom à 300px-Lehan-225x300la commune de Treffiagat. Étrange commune en vérité que celle là qui est séparée en deux : Lechiagat côté mer et Treffiagat côté rural. Mais enfin, les bigoudens ne font jamais rien comme les autres. On y trouve le fameux menhir de Lehan, que l’on voit ici en photo, et qui est planté au milieu d’un marais. Tout laisse à croire qu’il n’y avait point de marais à l’époque de son érection. D’ailleurs, à propos d’érection, il faut remarquer que les symboles phalliques ont toujours été largement représentés dans la région ; il suffit de regarder la fameuse coiffe bigoudène. Je connais un menhir du côté de Plonéour-Lanvern (29) où, il n’y a pas si longtemps encore, les femmes en mal d’enfant venaient se frotter le ventre.

Le mot menhir (pierre longue) s’est aujourd’hui généralisé même si en breton le mot juste est peulven (le pieu de pierre) plusieurs toponymie l’attestent comme par exemple: Menez-peulven entre Douarnenez et Quimper (29).  Je me suis laissé dire que le terme de menhir fut officialisé pour la première fois par Théophile Malo Corret de la Tour d’Auvergne (très connu dans son immeuble) dans son ouvrage: origines gauloises qu’il a écrit en 1796 à Locmaria-Berrien, chez sa sœur au les-dames-de-kerampeulven-195x300manoir de La Haie. J’ai résidé il y a quelques années de cela sur la commune de Plouigneau (près de Morlaix) où l’on trouve la stèle de Croas ar Peulven qui, du fait de sa proximité avec deux ou trois routes antiques, a sans doute pu être réutilisée à l’époque romaine comme borne militaire. Vous pouvez visiter aussi la stèle de peulven en Plestin-les-grèves (22)  avec ses drôles de rainures. L’un des sites les plus impressionnants étant celui de Kerampeulven, près de Huelgoat (29) où les belles dames du temps jadis venaient s’amuser. Bon, au départ, je voulais parler de Riagad mais le pauvre est passé à la trappe. Enfin, quand je dis la trappe; n’allez pas croire qu’il ait adopté la tonsure des trappistes ni leur goût pour cette merveilleuse boisson maltée… Non, simplement, je me laisse aller à quelques digressions et lorsque je m’en aperçois, il est trop tard, j’ai dépassé mon quota autorisé de signes.

Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Allez, envoyez le muguet…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

, ,

Amis de la libre pensée et du Fernet branca réunis, bonjour ! Nous les trois huitsommes le Lundi 27 avril 2020, huitième jour de Floréal dédié au champignon. C’est la Ste Zita pour les uns, Konwenn pour les autres. Le 27 avril 1906, l’assiette au beurre, journal satirique, soutenait à sa manière la revendication de la journée de huit heures. Les « trois huit » comme le montre cette reproduction que l’on doit à l’affichiste Grandjouan. Puisque donc,  nous approchons du 1er Mai, rafraichissons un peu nos mémoires. Le 1er mai c’est, rappelons le, la fête des travailleurs et non pas, la fête du travail. Mais c’est aussi, ancrée dans la mémoire collective, la fête de la nature, du renouveau de la renaissance.

Chez les Celtes, c’est Beltan. Beltaine est la troisième des quatre grandes fêtes de l’année celtique. Elle vient après Samain et Imbolc et marque la fin de la saison sombre et le début de la saison feux-de-beltan-300x202claire. Elle est en rapport avec Belenos, Lug et Belisama. Le principal rituel de Beltaine consiste en des feux allumés par des druides où le bétail passait afin qu’il soit protégé des épidémies pour l’année à venir. Alors que les anciens Celtes fêtaient Beltan (le feu de Bel), saluant la lumière et la connaissance, leurs descendants décérébrés du XXIè siècle se complaisent devant l’affligeant spectacle d’une course à l’échalote pour se procurer un masque en se demandant à quelle sauce il vont être mangés; c’est à dire, qui va payer la facture quand l’heure sera venue car, elle viendra assurément. En attendant dansons le Laridé.

Dans les siècles passés, cette frénésie de la célébration de l’énergie vitale donnait lieu, parmi les jeunes gens, à des rites champêtres et à des jeux propres à leur âge… Sous prétexte de cueillir l’aubépine, on les envoyait dans les bois et les prés où ils passaient la nuit en jeux 1024px-Arbre_de_la_liberté_Paimpolamoureux. On appelait ça « Faire le Mai », et comme le disait fort à propos mon aïeule: « y-a pas d’mal à faire le mai !» .  L’église chrétienne, surtout catholique, qui n’aime pas beaucoup que les garçons et les filles s’aperçoivent trop tôt qu’ils sont faits les unes pour les autres (et lycée d’versailles), jugeant ces pratiques scandaleuses tenta de les éradiquer en faisant du mois de Mai le mois de Marie, obligeant ainsi à remplacer un hymne à la vie par une célébration de la virginité et à la chasteté…  C’est-y pas malheureux !  La République elle, en a fait l’arbre de la liberté dont il subsiste encore quelques restes ici ou là comme  à Paimpol (22), place du Martray.

Allez, envoyez le muguet ! Confinez gaiement et à bientôt peut-être.

La légende du roi Marc’h…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

, , , , ,

Amis de l’ésotérisme et de la lessive St Marc réunis, bonjour ! Nous sommes le Samedi 25 avril 2020, sixième jour de Floréal dédié à l’ancolie dans le calendrier républicain. Aquilegia pour les savants et qui provient du ancolie-des-jardins-300x225latin aquila qui signifie « aigle ». Les anciens botanistes appliquaient ce nom à l’ancolie commune des jardins dont ils comparaient les éperons aux serres et au bec de ce rapace. Nos joviaux jardiniers la nomment aussi les gants de Notre-Dame c’est d’actualité, mais attention si vous comptez l’utiliser dans vos salades, elle contient de l’acide cyanhydrique. Néanmoins soyez indulgent envers ceux qui vous diront qu’en réalité nous sommes le vendredi 6 Palotin 147 – Ste Oneille, gourgandine; ce sont des pataphysiciens. Quand aux bretons bretonnants de Cornouaille et de Léon, ils sont persuadés qu’aujourd’hui marque la St Gourloez…

Mais, le calendrier du facteur lui, indique bien St Marc. Il faisait partie de la bande des quatre évangélistes et on le trouve représenté par le lion sur l’arcane 21 du tarot: Le Monde. En breton c’est Marc’h. Oyez son histoire: Il était une fois un roi qui appartenait à la tribu royale du Cheval et portait le nom tout à fait approprié de Marc’h. 300px-StMarc'hMarc’h signifie, comme vous le savez, cheval en langue bretonne. Ce roi Marc’h avait son palais à Poulmarc’h, près de Douarnenez. On dit aujourd’hui  » Plomarc’h « . Ce roi là possédait un cheval comme jamais on n’en a vu et jamais on en verra de semblable en ce bas monde. Crinière au vent, il faisait des bonds si légers à travers les landes , par dessus les montagnes, et d’un bord à l’autre des vallées, que ses sabots ferrés d’argent ne laissaient même pas de trace dans le sol. Il galopait aussi bien sur l’eau que sur la terre ferme et les vagues de la mer en furie ne l’arrêtaient pas. C’est pourquoi le cheval de Marc’h, roi de Poulmarc’h, était appelé Morvarc’h ce qui, vous ne l’ignorez pas si vous avez un peu d’instruction, signifie Cheval Marin.

 

Un brave homme, dont je tairais le nom, mais qui fut maire de Douarnenez et féru d’archéologie sous-marine, m’a affirmé qu’il avait vu de ses yeux au fond de la baie, les fondations dont il disait qu’elles étaient celles du palais du roi Marc’h. La légende affirme que ce roi était affublé bois gravé de René Quillivicd’oreilles de cheval, dissimulées sous un bonnet et que la divulgation du secret entraînait inévitablement la mort. Un de ces barbiers, pour qui le secret étant trop lourd à porter, se confia à la terre, un roseau poussa à cet endroit qui fut coupé par un sonneur pour en faire un biniou. Quand il se mit à jouer, l’instrument chanta « Le roi Marc’h a des oreilles de cheval ». Il convient de noter que dans La Légende de la ville d’Ys, Morvac’h est le nom du cheval de la reine du Nord, Malgven, épouse du roi Gradlon et mère de Dahud (l’illustration est un bois gravé de René Quillivic). Vous dirai-je enfin que Marc’h n’était autre que l’oncle de Tristan qui s’éprit de la blanche Iseut alors même que celle-ci était destinée au roi. Ma Doue beniged !

Tout cela pour débuté un samedi d’avril confiné; je m’en vais donc éteindre mon ordi et essayer de reprendre une activité normale. Allez, merci d’être passé, confinez gaiement et à bientôt peut-être.

La coupe et la mémoire…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

Amis de la tradition et du merlan en colère réunis, bonjour ! Nous sommes le Samedi 11 avril 2020, date qui correspond au 22è jour de germinal et que nos amis républicains avaient dédié à la Romaine (salade). Je vais donc en profiter pour vous parler d’une galloise… En effet,  les celtophiles eux, célèbrent ce jour là Kerridwen. Une drôle de sainte puisque il s’agissait en fait d’une déesse de la très vieille et très ancienne tradition celtique; mais nos évangélistes faisaient feu de tout bois…

Ceridwen, ou Kerridwen (de nombreuses graphies sont possibles), principalement connue en tant que magicienne, était en fait une déesse galloise de la mort et de la fertilité. Elle est généralement représentée avec un chaudron. Dans la mythologie celte, le chaudron n’est pas un ustensile utilitaire mais un objet symbolique, chargé de sacralité, et Cerridwenattribut divin (le chaudron du Dagda, le Dieu-Druide). Le chaudron est magique, selon les mythes, il peut être chaudron d’abondance, de résurrection, de science ou de divination. Il est associé à la terre, le chaudron de résurrection est associé au ventre de la mère, où l’homme retourne pour renaître. Quand il est rempli d’eau, c’est l’élément primordial, source de toute vie. La quête du chaudron a inspiré la quête du Graal aux trouvères chrétiens, celui-ci étant un vase d’immortalité. C’est ce même chaudron que l’on retrouve dans les tarots sous forme de coupe…

Oyez l’histoire de Cerridwen: Femme de Tegid Foel, elle donna naissance à deux enfants complètement opposés : Afagddu (castor noir) qui passait pour l’homme le plus laid de la terre, et une superbe fille, Creirwy. Ne parvenant pas à tolérer le handicap de son fils Afagddu, Ceridwen fit bouillir dans un chaudron une potion de connaissance cerridwen-by-pickwick-300x300pendant un an et un jour afin de lui permettre de devenir sage et respecté. Elle confia la tâche de veiller sur le chaudron à Gwion Bach, mais une goutte tomba sur le doigt de ce dernier, il le lécha et il reçut ainsi le don à la place de Afagddu. Furieuse, Ceridwen poursuivit Gwion Bach qui se transforma maintes fois pour lui échapper. Il finit par se changer en grain de blé et Ceridwen en profita pour le manger. Quelque temps plus tard, elle donna le jour au célèbre poète et druide Taliesin (qui est en fait la réincarnation de Gwion Bach). Notre bonne sorcière a généreusement laissé son nom à un élixir très tourbé, un blend qui fait référence au fameux pub Pickwick’s de Beaune. 

Ah, les belles histoires de papy Erwan ! Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.