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Solstice, de Strasbourg !

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

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Amis de la tradition et du vin chaud réunis, bonjour ! Nous sommes le Mercredi 21 Décembre 2016. C’était généralement le 1er jour du mois de Nivôse dans le calendrier républicain français, officiellement dénommé jour de la neige. Mais c’est surtout le jour du solstice d’hiver: Le phénomène marque le début de l’hiver astronomique. Comme tous les autres solstices d’hiver passés et à venir, le solstice d’hiver 2016 ob_82991f_spirit-of-yulemarquera à la fois, cette semaine et toujours dans l’hémisphère nord, le jour le plus court et la plus longue nuit de l’année. Mais aussi le moment précis où les jours vont recommencer à rallonger jusqu’au printemps. L’évènement aura donc lieu ce Mercredi 21 décembre à 11h44 (heure de Paris) ! A ce moment-là, les jours commenceront d’ores et déjà à rallonger dans toute la France jusqu’au solstice d’été, le 21 juin, quand aura lieu le jour le plus long. En attendant, et pour la petite histoire, le jour du solstice d’hiver a été choisi pour célébrer la journée mondiale de l’orgasme… Depuis 2006, on célèbre la journée mondiale de l’orgasme lancée à l’initiative d’une association anglo-saxonne, la « global orgasm ». Selon ses deux fondateurs, si nous faisions tous l’amour en même temps, une vague d’ondes positives envahirait le monde. Non mais, vous y croyez vous !
 
La fête païenne dont se sont inspirés les chrétiens correspond aux Saturnales, ces célébrations en l’honneur du dieu romain des semailles et de la fertilité : Saturne. Pratiquées dans la Rome Antique, les festivités s’étalent alors sur sept jours, du 17 au 24 décembre. Les romains se rassemblent en famille ou entre amis, parmi la végétation et stonehenge-soleilles guirlandes, et se font mutuellement cadeau de figurines faites de pain ou de terre cuite. Les Chrétiens ont pris beaucoup de temps pour s’accaparer cette fête. La tradition était établie que Marie avait donné naissance le 25 du mois, mais personne ne s’accordait pour savoir de quel mois il s’agissait. Finalement, en 320 de notre ère, les pères catholiques de Rome décidèrent de placer la fête en décembre, dans un effort pour éradiquer la célébration Mithraïque des romains et la célébration de Yule des celtes et saxons. Et voila pourquoi, cette année encore vous allez vous taper de la bûche et sa crème au beurre…

Allez, joyeuses fêtes.

Je préfère le vin d’ici à l’au-delà…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

Amis de la tradition Celtique et du lait ribot réunis, bonjour ! Nous voici le Mercredi O2 novembre 2016, dans le calendrier Républicain c’est le jour de la mâcre, plante aquatique que l’on nomme aussi la châtaigne d’eau, on dit que les chinois en sont très friands. Pour les Bretons, 02 Baiedes-Trepasses.10miz du, c’est an anaon. En Bretagne c’est un grand jour que celui-là. Il est consacré aux trépassés, ici on dit Anaon. Peut-être connaissez vous ce recoin de côte entre pointes du Van et du Raz au bout du bout du bout du monde, c’est la baie des trépassés, bae an anaon. Mon aïeule m’a souvent conté l’histoire du Treizour (le passeur) chargé de mener les âmes vers l’autre monde et qui accostait la nuit venue sur ses rivages.

Dans la tradition celtique c’est le début de l’année, Samain, ce moment pamenhirrticulier où le temps et l’espace, les mondes visible et invisible communiquent. Ce jour est consacré à la rencontre entre les habitants de ce monde et ceux du Sidh, l’autre monde, à ne pas confondre avec l’au delà. Le Sidh est un monde intermédiaire, ses habitants peuvent en sortir et même inviter des humains à y entrer. Pour les Celtes c’est donc, avant le début de l’année, un seuil hors du temps, un point de rupture. Le cérémonial de Samain vise aussi à honorer les Ancêtres et à établir un contact avec les disparus, considérés comme source de conseil, de sagesse et d’inspiration, car pour la traversée de la période obscure qui s’annonce, il nous faudra une lumière qui éclaire nos pas. C’est pourquoi, à cette période où la porte est ouverte, nous pouvons solliciter d’être guidés par des Âmes supérieures. Allez écoutons « Les vêpres des grenouilles » Il s’agit d’un dialogue pédagogique entre un druide et un enfant, en douze questions et douze réponses.

Il existe à Plougastel-Daoulas (près de Brest – Finistère) une tradition qui à ma connaissance n’existe nulle part ailleurs. Sans doute le caractère d’isolat qui a longtemps marqué cette commune y est-il pour quelque chose. Il s’agit des Breuriez. Le terme de breuriez, du breton breur, frère, pourrait se traduire par clan, et représente l’une des breuriezvingt-et une petites unités territoriales de la commune de Plougastel. La cérémonie du breuriez se déroule l’après-midi du 1er novembre de chaque année. Elle regroupe les habitants faisant partie de la frairie qui se retrouvent autour de l’arbre à pommes. L’arbre, garni de pommes par les soins de l’acquéreur de l’année précédente, est présenté à l’assemblée avant le début des enchères. L’arbre revient à celui qui a misé le dernier. L’ancien acquéreur ôte alors la pomme du sommet et la garde pour lui. Le nouvel acquéreur distribue ensuite les pommes de l’arbre aux enfants présents.

L‘ensemble des sommes recueillies par la vente de petits pains bénits, de nèfles et de pommesarbre à pommes est remis au clergé (y-a pas de petits bénefs), pour les messes à l’intention des défunts de la frairie. Cette cérémonie du breuriez, transmise à Plougastel par tradition, de génération en génération, n’a pas d’équivalent connu, et trouve probablement son origine dans les coutumes celtiques. Il s’agit là d’une très vieille et très ancienne coutume qui montre combien les anciens avaient dans leur culture  ce culte des trépassés. La religion Catholique Apostolique et Romaine a vite fait de récupérer tous ces signes et de de les intégrer
dans ses propres rituels. Je me souviens étant tout minot d’un pilhouer (chiffonnier) qui quêtait et vous tendait sa sébille en murmurant evit an anaon (pour les défunts); cette prière était répétée par le sacristain lors de la quête pendant la messe dominicale.

Voila pour ce clin d’œil à la tradition celtique dont on peut trouver encore quelques traces malgré les récupérations en tous genres, et en particulier la christianisation forcenée sans parler des marchands du temple qui veulent à tous prix nous imposer halloween… Allez, merci de votre visite, portez vous bien et à demain peut-être.

Le prix du passage…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

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Amis de la tiédeur estivale et du crabe mayo réunis, bonjour ! Nous sommes le Vendredi 08 juillet 2016, 20è jour de Messidor, dédié au parc…
En Bretagne, certains célèbrent Saint TEI, bon ben, c’est pas une obligation non plus. On sait peu de choses de son histoire si ce n’est qu’il vécut au VI ème siècle et qu’il fût disciple de St Guénolé fondateur de l’abbaye de Landevennec. Francisé sous la forme de St They, il est connu en Grande-Bretagne, dans le Cornwall, sous le nom de St Day. Il carte_villard_4586_stthey-300x193a donné son nom à Lothey, (formé du breton Lok: « lieu consacré » et de They), près de Chateaulin (29). La forme primitive de son nom est Dei, la prononciation bretonne a fait muter le D en T. Il s’écrit encore: Dey, Tei, Tey, Thei.  Des chapelles portent son nom a Saint-Segal, Riec, Plouhinec, Poullan, ainsi qu’une chapelle qui lui est directement consacrée non loin de la pointe du Raz. Entre la baie des Trépassés et la pointe du Van, la chapelle de Saint-They, la plus vaste des chapelles de Cléden, surplombe le raz de Sein au bord de la falaise. Cette chapelle fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis 1914. Elle fut construite au XVIIe siècle à l’emplacement d’une chapelle plus ancienne qui tombait en ruine.

Autrefois, quatre pardons avaient lieu à Saint-They : le dimanche qui suivait la fête de Saint Roch, le dimanche qui précédait la fête de Saint Mathieu, le second dimanche de mai et le grand pardon, le premier dimanche de juillet. A ce dernier se rendait tout le Cap-Sizun mais également certains du pays bigouden, de Quimper et d’au-delà car la réputation du saint s’étendait à toute la Cornouaille. La procession de l’île de SEIN débarquait au Vorlen, celle de Cleden se rendait à sa fontaine-2-300x225rencontre le long de la falaise et, après accolade  croix, elles revenaient de concert à la chapelle. La nuit de veille de pardon, la foule campait autour de la chapelle, sur la lande nue et l’on découvre encore parfois des liard tournois, à l’effigie de Louis XIII, témoins de ces temps aujourd’hui révolus. Un peu en retrait se trouve la fontaine de dévotion, certainement ancien lieu d’un culte druidique. Ces points d’eau dans la lande sont exceptionnels et on raconte que « les eaux des puits sont purifiées par la lune, lorsqu’elles ont été empoisonnées par le soleil » (Guide de 117 fontaines sacrées de Bretagne, de Daniel Spoerri, aux éditions Jean-Michel Place). Désormais ne subsiste qu’un seul pardon à Saint-They, celui-ci se déroule le 1er dimanche de juillet et l’on entend le coassement des grenouilles de bénitier: Un couplet d’un vieux cantique à St They, exprime à la fois la crainte de voir la chapelle engloutie dans les flots de la baie des Trépassés et le souhait de la voir tenir contre les éléments qui la menacent, telle une figure de proue sur l’étrave de la Pointe du Van.

« Ra jomo pell c’hoaz en e za
Ar chapelig var ribl ar mor
Ma c’hello sant They divar e zor
welet ar bageier o treiza… »

On prétend que la cloche de la chapelle St-They sonnait d’elle-même pour avertir les barques en danger, de se mettre sous la protection du saint. Un jour, la flotte du roi de France était poursuivie par une flotte ennemie, anglaise à tous les coups. La cloche se mit à tinter. L’amiral de France répondit à cet appel et dirigea ses vaisseaux dans la Baie des Trépassés, au pied de la falaise sur laquelle est érigée la chapelle. traverser-le-Styx-300x230L’ennemi voulut les y suivre, mais un courant contraire prit ses navires et les entraîna dans le Raz où plusieurs frappèrent les écueils, les autres furent dispersés au large. Peut-être connaissez vous ce recoin de côte entre la pointe du Van et celle du Raz, c’est la baie des trépassés, bae an anaon. Mon aïeule, admiratrice d’Anatole le Braz, m’a souvent conté l’histoire du Treizour (le passeur) chargé de mener les âmes vers l’autre monde et qui accostait la nuit venue sur ses rivages. Il faudra que je lui consacre un billet; au treizour, pas à mon aïeule… De là vient dit-on, le fait que les marins portaient souvent un anneau d’or à l’oreille. Il s’agissait d’être en mesure de payer le passeur le cas échéant.

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

A st Jean, au musette…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

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Amis de la tradition et de la poule au pot réunies, bonjour ! Nous sommes le Vendredi 24 juin 2016 qui est effectivement le jour de la saint Jean, quand bien même nos amis républicains l’avaient dédié au romarin. Je me souviens qu’enfant, le feu de St Jean Feux mobilisait tantadtout le quartier. Jeunes et moins jeunes se démenaient des jours et des jours avant l’événement pour réaliser le tas de bois le plus grand qui soit. Et puis il fallait assurer sa surveillance car, une tradition tenace voulait que les bandes des autres quartiers tentent de s’emparer du butin ainsi stocké. Il y avait une expression intraduisible, on disait; faire « an hi erez », c’est du parler breton/douarneniste qui vient du verbe « jalouser » je crois. Le quartier du Port Rhu qui était le théâtre de nos exploits voyait s’affronter les bandes de l’Enfer, du Treiz et de l’usine à gaz (la seule à revendiquer l’appellation d’origine port-Rhu).

On n’étonnera personne en déclarant que fêter la Saint Jean n’a pas grand chose de catholique (!) ni même de très chrétien. Une fois de plus, un vernis chrétien est venu s’ajouter à une tradition particulièrement ancienne et qui fleure bon le paganisme. Mais si puissant était le culte du feu que l’église se garda bien d’y toucher. Au pire elle tenta de l’apprivoiser et les fêtes du solstice furent dédié à danses nocturnesJean-Baptiste (y-a pas de petit profit). Mais la Saint-Jean n’avait pas que ses feux : elle avait aussi ses herbes, ses fameuses herbes de la Saint-Jean qui, cueillies le matin, pieds nus, en état de grâce et avec un couteau d’or, donnaient pouvoir de chasser les démons et de guérir la fièvre. On sait que, parmi ces fleurs mystérieuses, se trouvait la verveine, la plante sacrée des celtes. On la cueille encore sur les dunes de Saintonge en murmurant une formule ésotérique, nommée la verven-Dieu mais que je ne peux dévoiler…

De quelqu’un qui se couchait tard, on disait jadis : « Il est allé ramasser un charbon de Saint-Jean ». Le fait est que ces charbons passaient en Bretagne pour avoir toutes sortes de propriétés merveilleuses. Il en suffit d’un recueilli dans les cendres du tantad (les feux) et dévotement placé, au retour, dans un coin du foyer, pour petit journalpréserver la maison de l’incendie et de la foudre. On disait encore qu’en balançant les nouveau-nés devant la flamme de trois tantads, on les gardait à tout jamais contre le mal de la peur… En quelques paroisses de la Haute-Cornouaille, la cérémonie avait d’ailleurs une conclusion assez funèbre : quand les danses avaient cessé et que le feu était près de s’éteindre, on l’entourait de grandes pierres plates destinées, à servir de siège aux anaon, aux esprits grelottants des pauvres morts de l’année, avides de se reposer quelques heures en se rapprochant des cendres… Oui, car l’au-delà est froid, très froid.

Aujourd’hui, le Port-Rhu s’est transformé en marina et les cendres de nos feux sont à jamais dispersées. Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

Le bazh-yod…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

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Amis de la casuistique et de la bouillie d’avoine réunie, bonjour ! Nous sommes le Lundi 20 juin 2016, deuxième jour de Messidor dédié à l’avoine et premier de l’Eté. La bouillie d’avoine, ou yod kerc’h en breton est une bouillie principalement composée d’avoine comme son nom l’indique, consommé en basse-Bretagne autrefois par les plus pauvres. C’est une bouillie brune, normalement salée, qui se mange bazh-yod-300x226trempée dans du lait ribot. En Bretagne, au moins dans le Finistère, on en trouve dans toutes les grandes surfaces, au rayon frais. Mon aïeule, dont les préceptes culinaires m’ont toujours fait rêver, la préparait à partir d’avoine grillée et moulue. On mettait ce mélange de farine et de son à tremper une nuit. Le lendemain, le gros du son flottait à la surface et était retiré (ce surplus s’appelle gwaskin). Le reste du récipient était délayé avec du lait et/ou de l’eau, mis à cuire dans un chaudron et touillé avec un bâton nommé bazh-yod (le bâton à bouillie). Celui-ci a laissé son nom à un jeu de force très populaire et encore pratiqué de nos jours comme le montre cette photo.

Si j’avais débuté ce billet en vous parlant d’elle vous n’auriez pas manqué, dans vos commentaires raffinés et néanmoins perfides, de me demander d’où je la sortais. Elle se nomme Voltairine de CLEYRE, avouez que cela ne s’invente pas. Mais c’est le papa, qui était un grand admirateur de notre Voltaire à nous, qui en a décidé ainsi. Elle est née un 17 novembre, 1866, quelque part dans le Michigan, Etats Unis de_cleyre_voltaird’Amérique. Figure oubliée de l’anarchisme et de la libre pensée, elle a consacré sa vie, après avoir passé plusieurs années dans un couvent (ceci explique peut-être cela), à dénoncer le poids des religions dans la société civile et à lutter pour les droits de l’homme, et de la femme, ce qui à cette époque n’allait pas de soi. Elle est morte à Chicago des suites d’une méningite, en 1912 en laissant derrière elle quelques ouvrages et l’image d’une militante exemplaire. Ses prises de position sur des thèmes aussi divers que le mariage, la guerre, la propriété privée lui ont valu une réputation sulfureuse d’anar et d’anticléricale dans une Amérique bigote et libérale. Elle méritait bien ce petit coup de chapeau dans un siècle où la pensée libre est une denrée en voie de disparition. A lire, en français, « D’espoir et de raison, écrits d’une insoumise » (2008). Textes réunis et présentés par Normand Baillargeon et Chantal Santerre chez LUX éditeur.
« A la fin de votre vie, vous pourrez fermer les yeux en disant : je n’ai point été gouverné par l’idée dominante de mon siècle. J’ai choisi ma propre cause et je l’ai servie. J’ai prouvé par toute une vie qu’il est quelque chose en l’homme qui le sauve de l’absolue tyrannie des circonstances, qui triomphe et les refonde, et cela c’est le feu immortel de la volonté individuelle, laquelle est le salut de l’avenir.»

Voilà pour aujourd’hui, en attendant la suite, portez vous bien, vive la République et à demain peut-être.

Oberour ar marv. L’ouvrier de la mort…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

Amis de la chimie supramoléculaire et du bœuf miroton réunis, bonjour ! Nous sommes le Samedi 18 juin 2016, trentième et dernier jour de Prairial qui correspond dans le calendrier rkarrig-an-ankouépublicain au jour du chariot et non à celui de la pelle comme certains nostalgiques voudraient nous le faire croire (la pelle du 18 juin. Mouarf !!!) Mon aïeule, dont je vous parle si souvent avec de l’émotion dans le clavier et qui avait le don inné de la pédagogie active avait toujours sous la main une histoire de l’Ankou (oberour ar marv – l’ouvrier de la mort) et de son chariot.. C’est toujours tard le soir, lorsqu’il faisait bien noir, que l’orage grondait et que la  lueur vacillante de la lampe Pigeon annonçait sa fin prochaine (de la lampe, pas de l’aïeule), qu’elle décidait de nous parler du chariot de la mort… Karrig an Ankou, c’est le nom que lui ont donné les bretons. Un squelette des plus affriolants conduit une carriole dont l’essieu grince gravement. Lorsque vous l’entendez c’est qu’un proche va mourir.

S’il se trouve parmi vous un prof de français, qu’il m’explique pourquoi on chariotmet un seul « R » à chariot et deux à carriole, charrette, charrue et carrosse. Le chariot est le septième arcane majeur du tarot. Il symbolise la réussite, la victoire, le but atteint. Dans la kabbale il est le zain, chiffre sept et exprime hiéroglyphiquement la flèche. C’est le signe de la main mise de l’homme sur son destin. Le char du Triomphe qui caractérise le hiéroglyphe de cette lame dans le livre de Thoth, indique qu’il échappera aux lois de causalité du Destin si le conducteur parvient constamment à dominer les deux sphinx de polarités magnétiques différentes que sont Jakin et Boas. Qui désigne par ailleurs les colonnes du temple. En termes profanes : choisis ton camp camarade…

Aujourd’hui, c’est le jour anniversaire de la disparition de René Dumont (18 juin 2001), lui qui fut parmi les premiers à prêcher dans le désert et qui fut aussi le premier candidat écologiste à une élection présidentielle (1974) dénonçait déjà à cette époque là, les dangers de l’urbanisation à outrance et de l’agriculture productiviste. Cet altermondialiste avant l’heure publiait dès 1973 « L’utopie ou la mort »   au Seuil, livre dans Dumontlequel il nous mettait en garde… Selon Dumont, les hommes ont trop voulu dominer la nature au lieu de chercher à s’associer à elle! Son livre, énonçait les principaux travers du capitalisme « triomphant »:
Les firmes multinationales ( en diversifiant leurs activités ) et les conglomérats qui détiennent une part croissante des pouvoirs économiques…Tous ceux qui « font la pluie et le beau temps » (au propre comme au figuré) sur la planète, sans se soucier des personnes et de l’éthique! Dumont dénonce ces minorités de privilégiés qui détiennent le pouvoir tant dans les pays riches que dans les pays pauvres; ceux là dont le premier souci n’est pas le sous-emploi et la pauvreté mais leur maintien au pouvoir par tous les moyens!

Et bien voilà pour cette petite réflexion sur l’état du monde. Allez, le bonjour vous va, portez vous bien et à demain peut-être.

Le son des choses, leçon de chose…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

Amis de la pédagogie active et du gros-lait réunis, bonjour ! Nous sommes donc Dimanche 12 juin 2016, 24è jour de prairial dédié au gaillet, encore surnommé le caille-lait. On dit que cette plante possède une enzyme qui permet au lait de cailler. Mais d’une manière générale, on la considère comme de la mauvaise herbe. Le gaillet gratteron est sphynx-caille-laitassez connu car il a la particularité de s’accrocher à tout ce qui passe à sa portée. Mon aïeule, qui se targuait d’en connaître un rayon en plante médicinale, en faisait une sorte de pommade qui était censée lutter contre les irritations. 100G de cette plante, 50g d’écorce d’orme, 500g de saindoux et vous faites chauffer en tournant sans cesse. Regardez cette jolie photo, il s’agit d’un papillon que l’on nomme le sphynx du caille-lait. Étonnant, non ! Voici une vidéo qui vous dit tout sur le gaillet-gratteron.

Enfant, je fréquentais l’école communale de garçons, rue Victor Hugo à Douarnenez (29). C’est d’ailleurs la seule école que j’ai réussi à fréquenter vraiment; après les choses se sont franchement dégradées. TSFLe maître d’école (oui, on disait maître d’école) faisait tous les mercredis après-midi « leçon de choses ». Car, je dois préciser qu’ à cette époque là, le mercredi c’était le jeudi, vous suivez… Le jeudi, lorsque le temps était mauvais (ce qui est évidemment extrêmement rare en Bretagne) on se retrouvait autour de la TSF pour écouter « Ah, les beaux jeudis » émission animée par Alain Saint Ogan (l’inventeur de Zig et Puce) et Arlette Peters; il devait y avoir aussi Jean Nohain.

Or donc, lorsque le temps le permettait, la leçon de choses se déroulait en extérieur et, avec trois bouts de ficelle le maître nous faisait découvrir les lois de la nature. c’était une double leçon tendant à faire apprendre à la fois une chose et un mot, un fait et son expression, un phénomène et le terme qui le désigne, et par extension toute une classe de phénomènes et toute une classe de mots qui les expriment.  Petits veinards que vous êtes, je vous glisse un dessin de Flavien leçon de choseintitulé « leçon de choses » et paru dans le regretté Siné-Hebdo du 19 août 2009. La légende dit: Etienne, encore en train de rêver ? Revenons à nos leçons, tout cela c’était longtemps, longtemps, avant la télé, l’internet, l’Ipod, l’Ipad, l’aïoli… Mais, tous ceux qui ont connu dans leur vie d’écolier l’expérimentation des vases communicants, l’examen attentif des nervures d’une feuille de chêne ou l’observation de la flamme qui s’éteint lorsqu’elle est privée d’oxygène s’en souviennent sans doute avec une certaine nostalgie. Ce sont peut-être ces « leçons de choses », emblématiques de l’école primaire républicaine, qui manquent aujourd’hui aux programmes de  l’Éducation Nationale.

Bon, c’est pas tout ça, je dois aller faire un sort aux Caille-lait qui envahissent mes hortensias. Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

100/% des perdants ont tenté leur chance…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

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Amis de l’épanaphore* et de la rotisserie française réunies, bonjour ! *exemple: le fameux « Ni dieu, ni maître » cher à ce vieux Blanqui est une épanaphore; à ne pas confondre avec l’anaphore remis au goût du jour par François Hollande lors de son débat face à Sarkozy (moi Président…). Nous sommes le Dimanche 22 mai 2016, c’est dire si Juin trèflearrive à grand pas, troisième jour de Prairial dédié au trèfle. On dit que celui qui possède quatre feuilles est censé porté bonheur… Pour les puristes, il convient de préciser qu’en fait il s’agit de la même feuille qui présente quatre folioles; ceci étant dû à une mutation relativement rare du trèfle blanc. C’est aussi un symbole courant pour représenter l’Irlande : la tradition veut que saint Patrick, le patron de l’île, se soit servi de la feuille de trèfle pour illustrer le mystère de la Trinité. On peut aussi remarquer que les folioles de la plante évoquent le symbole celte à trois branches spiralées appelé triskell.

Le triskell est le symbole celte par définition. Son nom vient du grec « triskelés » qui veut dire à trois jambes. Le symbolisme du triskell a été interprété de plusieurs manières. C’est avant tout un porte bonheur mais à l’origine ce devait être un symbole solaire. Ses trois branches réunies représente la triplicité dans l’unité. Chez les celtes cette triplicité peut être matérialisée de diverses façons. Le panthéon des dieux celtiques au nombre de trois: Lug, Daghda, Ogme. La déesse unique sous ses trois aspects: fille, mère, épouse. On dit souvent que le triskell représente les trois éléments dynamique: eau, air, feu. La terre ori-autocollant-triskell-multicolore-673en serait le centre . La courbure des branches serait symbole de la vie. Le sens bénéfique, c’est à dire dextrogyre qui tourne vers la droite. Le sens maléfique en serait donc son contraire on le dit sénestrogyre à l’exemple de la swastika. Quand les cercles du triskel tournent vers la gauche, sens dépressionnaire, c’est un symbole belliqueux et maléfique, annonçant troubles et chaos. Quand les cercles tournent vers la droite,  sens anticyclonique, c’est un symbole de paix. On trouve ici la symbolique des danses de guerre celtes qui commencent toujours par tourner vers la gauche, manifestation de défi et d’hostilité mais qui se terminent toujours vers la droite, signe de victoire. De la même façon, les danses bretonnes tournent toujours vers la droite pour symboliser la joie, l’allégresse. On retrouve le triskell sur le drapeau de l’Ile de Man.

Le triskel laténien est caractérisé par sa partie centrale en forme de triangle aux côtés concaves. On en retrouve des traces sur de nombreux monnaies et bijoux datant parfois de 450 à 200 ans avant JC. En réalité, il est apparu bien avant cette date. Les hommes du mégalithique l’utilisaient déjà (la plus ancienne empreinte est gravée newgrangedans la pierre sur le site de New-Grange, en Irlande; photo de gauche). Après avoir été oublié, le triskell réapparaît à la fin du VIème siècle dans l’art mérovingien, puis replonge de nouveau dans l’oubli au Moyen-Âge, sauf en Irlande où il décore de nombreuses enluminures. Vers les années 1920, on le redécouvre en Bretagne. Depuis, il n’est pas rare de le trouver un peu partout, sur des bijoux, des vêtements ou encore…des plaquettes de beurre ! Et oui, malheureusement, le triskell est accommodé à toutes les sauces pour faire vendre. Lorsqu’il possède quatre jambes, quadriskèle, en Bretagne, il est dit Hevoud et il est proche d’autres symboles de ce type, comme le lauburu basque ou le swastika indien. Hevoud est, grosso modo, la traduction du mot sanscrit Swastika qui signifie Bien-être (sauf pour quelques nazillons décérébrés).

Allez, merci d’être passé, portez vous bien et à demain peut-être.

C’est le jour de la carpe…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

Amis de la marine à voile et des pommes vapeur réunies, bonjour ! Nous sommes le Samedi 14 mai 2016, 25è jour de floréal, et nous célébrons la carpe puisque les républicains lui ont dédié ce jour dans leur calendrier.

Selon une légende chinoise, les carpes du fleuve jaune, après avoir remonté le fleuve, s’envoleraient vers le ciel en se transformant en dragons. Cette légende serait à l’origine des koinobori, qui représentent plus généralement la force et la persévérance des carpes qui remontent les-carpesà contre-courant les rivières et cascades. Les Koinobori, qui signifie, comme chacun le sait, « banderole de carpe » en japonais, sont des manches à air en forme de carpe Koï hissées au Japon pour célébrer Tango no sekku , évènement traditionnel qui est désormais une fête nationale, le Kodomo no hi (jour des enfants). Ces bannières sont accrochées le long de perches en bambou, La première et la plus large, magoi, est noire et représente le père ; la deuxième, higoi , est rouge et représente la mère, puis l’on ajoute une carpe pour chaque enfant de la famille. Parfois, on suspend aussi des rubans rouges et blancs ou une manche à air multicolore symbolisant les flots des rivières.

Après Fukushima et avant la prochaine catastrophe, les japonais doivent surtout se dire aujourd’hui, CARPE DIEM en relisant le célèbre poème d’Horace.

Tremble, Leuconoé, de chercher à connaître
L’heure de notre mort; fuis les calculs pervers
De Babylone. A tout il vaut mieux se soumettre
Que Jovis te concède encor d’autres hivers,
Qu’il les borne au présent, dont mugit l’onde étrusque.
Soit sage, emplis ta cave, et d’un si court chemin
Ôte le long espoir. Je parle, et le temps brusque
S’enfuit. Cueille le jour, sans croire au lendemain.

Il y a des jours où tu m’épates Erwan de Keramoal; passer de Fukushima à Horace à travers une histoire de carpes qui volent au vent… C’est du grand art blogosphérique ! Je ne sais si dans le bassin, chez Gencyves, se sont des carpes Koï mais, comme disait le poète: « deux carpes dans un bassin ne font pas forcément une paire de koï… »! Allez portez vous bien et à demain peut-être.

Voici le mois de Mai…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

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Amis de la mère Michel et de la langue de chat réunies, bonjour ! Nous sommes le Mardi 03 Mai 2016 c’est à dire le 14 de floréal, jour du chameropscalendrier républicain dédié au chamerops, encore nommé le palmier nain. C’est une espèce très représentée autour de la méditerranée mais que l’on retrouve dans nos contrées de plus en plus fréquemment, réchauffement oblige. D’ailleurs, les jardins de Keramoal s’enorgueillissent d’en posséder un qui semble apprécier sa villégiature.

Le mois de mai doit son nom au latin maius en l’honneur de la déesse de la fécondité, Maia. la tradition du mât de mai remonte à la nuit des temps. Il s’agirait d’un vestige des Celtes qui ont peuplé le Sud de l’Allemagne : venant des steppes orientales, ils vénéraient la nature et célébraient le début de l’été, le 1er Mai, en érigeant un arbre autour duquel ils dansaient pour chasser les mauvais esprits. Cette coutume n’a cessé de se perpétuer au fil du temps, malgré l’opposition farouche de l’Église qui y voyait un rite païen célébrant la fécondité. Finalement, comme bon nombre des rites de nos ancêtres, il fut intégré au culte arbre de Maichrétien. Depuis le XVIIIè siècle, et encore plus depuis la Seconde Guerre mondiale, le mât de Mai est devenu le symbole des villes et villages de la Bavière du Sud. Il représente l’honneur de la commune et de sa communauté. Il est source de compétition entre les villages bavarois, qui rivalisent d’ingéniosité et d’efforts pour se doter du plus grand et du plus bel arbre. Aussi, des hauteurs de 30 mètres ne sont-elles pas rares… Et jusqu’à ce qu’il soit érigé, le jour de la cérémonie, il fait l’objet de toutes les convoitises et à ce titre, il est jalousement surveillé, jour et nuit, par les hommes de la commune, pour décourager les éventuels ravisseurs… L’enjeu est de taille, car en cas de vol, les victimes se verraient dans l’obligation de verser une rançon en nature (bière et victuailles) et surtout de porter le poids de la honte ! le tronc d’arbre dont on se sert pour ce mât de mai est ensuite peint en bandes blanches et bleues (les couleurs de la Bavière) et le sommet du mât est décoré d’une couronne en branches de sapin. Bien souvent, on retrouve tout le long du mât, des figurines représentant les différents corps de métiers, comme le cordonnier, le ramoneur, le menuisier, le charpentier, etc. Mon aïeule avait coutume de dire: mariages de Mai ne fleurissent jamais…

Le 3 mai 1936 voit la victoire du front populaire et l’immense espoir qu’elle fait naître dans la classe ouvrière. Souvenons nous de Léon congés payésBlum, de Jean Zay, de Salengro, de Léo Lagrange ou encore de Thorez à qui l’on doit cette fameuse phrase: il faut savoir arrêter une grève !
Souvenons nous des congés payés, des conventions collectives, des billets de train avec 40% de réduction pour partir en vacances, la semaine de 40 heures, la retraite des mineurs, les allocations chômage, les nationalisations, les augmentations de salaire, la scolarité à 14 ans, le musée de l’homme, le CNRS, le palais de la découverte… C’est pas interdit de rêver !

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.