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Giroflé-Girofla…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

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Amis de la poésie et du fromage de chèvre réunis, bonjour ! Nous sommes le Samedi 04 mars 2017, 14è jour de ventôse dédié au Vélar encore nommée fausse giroflée. Cela me rappelle une chanson que m’apprenait mon aïeule il y a de cela… Ah oui, quand même !

Les paroles sont de Rosa Holt (1935 ), poétesse allemande angirofle-giroflati-nazie. Elle dénonce l’atrocité de la guerre pour le peuple au moment de l’arrivée de Hitler au pouvoir alors que le nationalisme se développe et que la jeunesse est embrigadée dans l’armée. La musique est d’Henri Goublier fils, inspirée de la ronde enfantine traditionnelle du même nom dont j’ai retrouvé trace dans un très ancien numéro de Lecture pour tous. Les paroles en sont beaucoup plus « gnan-gnan » et animaient un jeu d’extérieur pour jeunes filles en fleur. La  version pacifiste et antimilitariste quand à elle, fut notamment interprétée plus tard par Yves Montand; ce qui contribua beaucoup à son succès.

 

Voila, ce sera tout pour aujourd’hui car j’ai fort à faire. Portez vous bien et à bientôt peut-être.

Chaman où es-tu ?

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

Amis de la Normandie et de St Gabin réunis, bonjour ! Nous sommes le Dimanche 19 février 2017 et, si l’on en croit le calendrier républicain, nous sommes le 1er jour de Ventôse dédié au tussilage. Cette plante Tussilago_farfara_jfgqui fait penser un peu au pissenlit est une des plus ancienne utilisée dans la médecine traditionnelle. Elle est particulièrement réputée pour ses propriétés antitussives d’où son nom, tussilage. Les chinois l’utilisaient déjà sous la dynastie des Han pour lutter contre l’asthme. On en parle dans un ouvrage qui s’intitule Classique de la matière médicale du laboureur céleste et qui sert encore de référence aux médecins traditionnels asiatiques. Pline l’ancien lui même en recommandait l’usage sous forme d’inhalation pour chasser la toux.

Et comment ne pas relever cette anecdote amusante qui fait irrésistiblement penser aux facéties de nos korriganed bretons: Les Koropokkuru (homme sous les pétasites en langue aïnoue – à droite sur la photo) sont des « lutins » de la mythologie Aïnoue, population 220px-Koro-pok-guru_photo_01aborigène vivant au nord du Japon et à l’extrême Est de la Russie. Ces êtres mythologiques habitent sous terre et dans les tiges des feuillages du tussilage et des pétasites. De la taille d’un pied d’enfant, ces « lutins » sont à proprement parler des kamuys (« esprits » en langue Aïnoue) végétaux. Établis dans les forêts, ils apparaissent au voyageur perdu pour le guider sur sa route.

Mon aïeule m’a raconté qu’autrefois, lorsqu’on avait perdu quelque chose, il suffisait de se rendre à la résidence d’un korrigan au goblincommencement de la nuit, et de dire: ” Poulpican, j’ai perdu tel ou tel objet.” Le lendemain on le retrouvait à sa porte. Celui-ci sur la photo de gauche est un Teuz, sorte de génie domestique chargé de veiller sur la maisonnée; chez nous son effigie trône fièrement sur la cheminée et, il est hors de question de ne point le saluer en entrant dans la maison… Il provient de L’atelier des Goblins à Quemper-Guézennec (22) sur les bords du Leff. Aujourd’hui les humains ne savent plus où réside le petit peuple. Quoique… Si vous passez du côté de Plaudren (dans le Morbihan), auprès du petit bourg de Locqueltas, il est une lande appelée Motenn-Dervenn. Suivez le chemin de terre au Sud-est jusqu’à… Je ne peux en dire davantage. Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

Le lièvre cornu…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

Amis de l’éthologie et de la terrine de lièvre réunies, bonjour ! Nous sommes le Lundi 13 février 2017, 25è jour de pluviôse dédié au lièvre. Bel animal qui a tendance à se faire rare dans nos contrées. Il est très prDURRER JAésent dans l’imagination populaire de nombreuses civilisations : En Europe de l’Est, c’est le Wolpertinger, aux États-Unis d’Amérique, le Jackalope ou encore, Leuk le lièvre au Sénégal… Animal improbable et souvent cornu, il animait les soirées un peu comme le Dahu. La légende le dit très farouche et difficile à observer, d’ailleurs on n’a jamais pu capturer de spécimen vivant. En revanche on peut l’entendre, puisqu’il imite la voix humaine à la perfection. Les cowboys avaient parfois la surprise, le soir autour du feu, d’entendre leurs chants répétés fidèlement par une voix aux alentours.

Douglas dans le Wyoming est la capitale du jackalope. Chaque année, la première semaine de juin, la ville organise le Jackalope Day. Une statue géante de l’animal fabuleux se dresse dans le centre de Douglas. La chambre de commerce délivre à cette occasion des permis de chasse aux Jackalopes ( valable uniquement le 31 juin !) la réglementationpoule-charrue stipule que la chasse ne peut se faire qu’entre minuit et deux heures du matin par un chasseur ayant un QI inférieur à 72… Une rumeur affirme que sa viande a un goût semblable à celui du homard. Ah, on voit d’ces trucs madame Michu et pas seulement des éléphants roses après maintes libations. Au train où vont les choses on ne devrait pas tarder à voir un oranger sur le sol irlandais. Chez nous on a des poules tout aussi improbables comme le démontre cette photo. Les mauvaises langues y verront surement le résultat d’une alimentation à base de maïs transgénique.

Sans juger nous jugeons, estant notre raison
Là-haut dedans la teste, où, selon la saison
Qui règne en nostre humeur, les brouillars nous embrouillent
Et de lièvres cornus le cerveau nous barbouillent .

Mathurin Régnier 1573 – 1613

Allez, merci d’être passé par ici, portez vous bien et à demain peut-être.

A la Chandeleur, l’hiver cesse ou prend vigueur.

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

Amis de la botanique à deux balles et du pot au feu réunis, bonjour ! Or donc nous voici le Jeudi 02 février 2017, date qui correspond au 14 de pluviôse jour de l’avelinier, ou si vous préférez, le coudrier qui est l’ancien nom du noisetier… C’est la Chandeleur, ar goulou vras , la grande lumière, comme disent les brittophones (les ceusses qui causent breton). A la Chandeleur, Quéré fait des crêpes jusqu’à pas d’heure, se avelinier-bonsaïplaisait à nous dire mon aïeule, sûre qu’elle était de nous épater (de campagne). Savez vous que le noisetier, si il ne se donne pas, se prête (je suis assez content de celle la) tout à fait à la culture du bonsaï comme le montre cette photo. Oui mais, pourquoi Avelinier ? Et bien, petit scarabée, parce que il s’agit en vérité du Corylus avellana. Avellana se rapporterait à la ville italienne d’Avella, dans la province d’Avellino, dont les noisettes étaient réputées. Voilà pourquoi, une « aveline » est une grosse noisette presque ronde et « avelinier » le nom ancien de cette sorte de noisetier. Merci tonton Erwan…

Oui, bon d’accord, mais cela vient d’où, la chandeleur ? La fête de la Chandeleur, ou fête des chandelles, débutait àchandeleur-D Rome, au VIIe siècle, par une procession allant du Forum à la basilique Sainte-Marie-Majeure. Les fidèles se mettaient en route avant l’aurore, en portant des chandelles, d’où le nom de la fête. D’aucuns pensent que cette fête chrétienne  aurait pris la place des Lupercales romaines. Les fêtes en l’honneur de Lupercus, ou Pan, dieu de la fécondité, donnaient lieu à une procession aux flambeaux aux alentours du 15 février. Selon une autre interprétation, la Chandeleur se serait substituée à une fête en l’honneur de Proserpine, alias Perséphone, déesse des moissons et de la fécondité. Cette fête se célébrait à la lumière des torches et autour d’une galette de céréales.

Chez les Celtes, je le rappelai hier, on fêtait Imbolc le 1er février. Ce rite en l’honneur de la déesse Brigit célébrait la purification et la fertilité au sortir de l’hiver. Les paysans portaient des flambeaux et parcouraient les champs en procession, priant la déesse de purifier la chandeleur1-254x300terre avant les semailles. Les crêpes avec leur forme ronde et leur couleur dorée rappelleraient le soleil, ce qui expliquerait que l’on confectionne des crêpes à la Chandeleur, moment de l’année où les jours s’allongent de plus en plus vite. C’est également à cette époque de l’année que les semailles d’hiver commençaient. On se servait donc de la farine excédentaire pour confectionner ces crêpes, qui sont un symbole de prospérité pour l’année à venir. Par ailleurs, le nom de février provient du nom latin du mois, februarius, lui-même dérivé du verbe februare signifiant « purifier ». Bon, maintenant c’est vous qui voyez…

Bon, c’est pas tout, si j’en crois mon aïeule, la pâte à crêpes cela repose trois heures; il faut que j’y aille. Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

Ar gwir enep ar bed…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

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Amis de la tradition et du chouchenn chaud réunis, bonjour! Nous sommes le Mercredi 1er février 2017, trDruideeizième jour de pluviôse dans le calendrier républicain dédié au laurier-sauce. Mais pour les Celtes, c’est IMBOLC. c’est une fête celtique irlandaise, qui était célébrée le 1er février de notre calendrier, soit au début du mois d’anagantios selon le calendrier de Coligny dans la mythologie celtique. C’est la fête sur laquelle les sources littéraires médiévales sont les plus faibles. Le sens du nom est « lustration », il s’agit donc d’une purification qui prend place à la fin de l’hiver. Elle pourrait avoir pour fondement un culte lié à la fécondité. Photo de G. Le SCOUEZEC, 5é grand druide du Gorsedd de Bretagne.

« Goûter de chaque nourriture selon l’ordre,
voilà ce que l’on doit faire à Imbolc ;
se laver les mains, les pieds, la tête,
c’est ainsi que je le dis » – Extrait du livre de: Christian-J. Guyonvarc’h et Françoise Le Roux, La Civilisation celtique, Ouest-France Université, coll. « De mémoire d’homme : l’histoire », Rennes, 1990.

Avec Beltaine, Lugnasad et Samain, c’est une des dates marquantes de la tradition celtique et plus particulièrement druidique. Même si cette fête à été remplacée très tôt par la célébr1imbolc-banner-1024x505-300x147ation chrétienne qu’est la Sainte Brigitte; elle même se substituant à la Brigid pré chrétienne, la déesse mère qui régnait sur les arts, le feu et la magie. On peut sans doute considérer que Imbolc est l’ancêtre de la chandeleur. L’église catholique, apostolique et romaine avait grand besoin de récupérer toutes traces des rites anciens.

Mon aïeule m’a conté que l’on profitait de la veillée d’Imbolc pour fabriquer des croix de Brigid censées protéger la maison. On l’accrochait au dessus des berceaux car Brigid est la patronne des sage-femmes (déesse de la fécondité en Irlande, Brigid est la fille du Dagda, elle est aussi la mère, l’épouse et la sœur de Lug, Dagda, Ogme, Nuada, Diancecht et Mac Oc, les dieux des Tuatha Dé Danann). On y confectionnait aussi les fameux gâteaux de la lune d’Imbolc, une faire-une-croix-de-brigid-4654820sorte d’espèce de genre de cookies. D’autres consacraient leur temps à réaliser le non moins fameux encens d’Imbolc dont je vous livre la recette sous la foi du secret: 3 parts d’oliban (résine aromatique), 2 parts de sang de dragon (estragon), 1/2 part de bois de santal rouge, 1 part de cannelle, quelques gouttes de vin rouge. Ajouter au mélange quelques pincées des premières fleurs (séchées). Après cela, vous pouvez affronter la dure réalité jusqu’à l’équinoxe de printemps. J’ai repris en titre la devise du mouvement druidique: Ar gwir enep ar bed – La vérité face au monde ou, « à la face du monde » quelque chose comme cela.

Allez, portez vous bien et, à demain peut-être.

Solstice, de Strasbourg !

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

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Amis de la tradition et du vin chaud réunis, bonjour ! Nous sommes le Mercredi 21 Décembre 2016. C’était généralement le 1er jour du mois de Nivôse dans le calendrier républicain français, officiellement dénommé jour de la neige. Mais c’est surtout le jour du solstice d’hiver: Le phénomène marque le début de l’hiver astronomique. Comme tous les autres solstices d’hiver passés et à venir, le solstice d’hiver 2016 ob_82991f_spirit-of-yulemarquera à la fois, cette semaine et toujours dans l’hémisphère nord, le jour le plus court et la plus longue nuit de l’année. Mais aussi le moment précis où les jours vont recommencer à rallonger jusqu’au printemps. L’évènement aura donc lieu ce Mercredi 21 décembre à 11h44 (heure de Paris) ! A ce moment-là, les jours commenceront d’ores et déjà à rallonger dans toute la France jusqu’au solstice d’été, le 21 juin, quand aura lieu le jour le plus long. En attendant, et pour la petite histoire, le jour du solstice d’hiver a été choisi pour célébrer la journée mondiale de l’orgasme… Depuis 2006, on célèbre la journée mondiale de l’orgasme lancée à l’initiative d’une association anglo-saxonne, la « global orgasm ». Selon ses deux fondateurs, si nous faisions tous l’amour en même temps, une vague d’ondes positives envahirait le monde. Non mais, vous y croyez vous !
 
La fête païenne dont se sont inspirés les chrétiens correspond aux Saturnales, ces célébrations en l’honneur du dieu romain des semailles et de la fertilité : Saturne. Pratiquées dans la Rome Antique, les festivités s’étalent alors sur sept jours, du 17 au 24 décembre. Les romains se rassemblent en famille ou entre amis, parmi la végétation et stonehenge-soleilles guirlandes, et se font mutuellement cadeau de figurines faites de pain ou de terre cuite. Les Chrétiens ont pris beaucoup de temps pour s’accaparer cette fête. La tradition était établie que Marie avait donné naissance le 25 du mois, mais personne ne s’accordait pour savoir de quel mois il s’agissait. Finalement, en 320 de notre ère, les pères catholiques de Rome décidèrent de placer la fête en décembre, dans un effort pour éradiquer la célébration Mithraïque des romains et la célébration de Yule des celtes et saxons. Et voila pourquoi, cette année encore vous allez vous taper de la bûche et sa crème au beurre…

Allez, joyeuses fêtes.

Je préfère le vin d’ici à l’au-delà…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

Amis de la tradition Celtique et du lait ribot réunis, bonjour ! Nous voici le Mercredi O2 novembre 2016, dans le calendrier Républicain c’est le jour de la mâcre, plante aquatique que l’on nomme aussi la châtaigne d’eau, on dit que les chinois en sont très friands. Pour les Bretons, 02 Baiedes-Trepasses.10miz du, c’est an anaon. En Bretagne c’est un grand jour que celui-là. Il est consacré aux trépassés, ici on dit Anaon. Peut-être connaissez vous ce recoin de côte entre pointes du Van et du Raz au bout du bout du bout du monde, c’est la baie des trépassés, bae an anaon. Mon aïeule m’a souvent conté l’histoire du Treizour (le passeur) chargé de mener les âmes vers l’autre monde et qui accostait la nuit venue sur ses rivages.

Dans la tradition celtique c’est le début de l’année, Samain, ce moment pamenhirrticulier où le temps et l’espace, les mondes visible et invisible communiquent. Ce jour est consacré à la rencontre entre les habitants de ce monde et ceux du Sidh, l’autre monde, à ne pas confondre avec l’au delà. Le Sidh est un monde intermédiaire, ses habitants peuvent en sortir et même inviter des humains à y entrer. Pour les Celtes c’est donc, avant le début de l’année, un seuil hors du temps, un point de rupture. Le cérémonial de Samain vise aussi à honorer les Ancêtres et à établir un contact avec les disparus, considérés comme source de conseil, de sagesse et d’inspiration, car pour la traversée de la période obscure qui s’annonce, il nous faudra une lumière qui éclaire nos pas. C’est pourquoi, à cette période où la porte est ouverte, nous pouvons solliciter d’être guidés par des Âmes supérieures. Allez écoutons « Les vêpres des grenouilles » Il s’agit d’un dialogue pédagogique entre un druide et un enfant, en douze questions et douze réponses.

Il existe à Plougastel-Daoulas (près de Brest – Finistère) une tradition qui à ma connaissance n’existe nulle part ailleurs. Sans doute le caractère d’isolat qui a longtemps marqué cette commune y est-il pour quelque chose. Il s’agit des Breuriez. Le terme de breuriez, du breton breur, frère, pourrait se traduire par clan, et représente l’une des breuriezvingt-et une petites unités territoriales de la commune de Plougastel. La cérémonie du breuriez se déroule l’après-midi du 1er novembre de chaque année. Elle regroupe les habitants faisant partie de la frairie qui se retrouvent autour de l’arbre à pommes. L’arbre, garni de pommes par les soins de l’acquéreur de l’année précédente, est présenté à l’assemblée avant le début des enchères. L’arbre revient à celui qui a misé le dernier. L’ancien acquéreur ôte alors la pomme du sommet et la garde pour lui. Le nouvel acquéreur distribue ensuite les pommes de l’arbre aux enfants présents.

L‘ensemble des sommes recueillies par la vente de petits pains bénits, de nèfles et de pommesarbre à pommes est remis au clergé (y-a pas de petits bénefs), pour les messes à l’intention des défunts de la frairie. Cette cérémonie du breuriez, transmise à Plougastel par tradition, de génération en génération, n’a pas d’équivalent connu, et trouve probablement son origine dans les coutumes celtiques. Il s’agit là d’une très vieille et très ancienne coutume qui montre combien les anciens avaient dans leur culture  ce culte des trépassés. La religion Catholique Apostolique et Romaine a vite fait de récupérer tous ces signes et de de les intégrer
dans ses propres rituels. Je me souviens étant tout minot d’un pilhouer (chiffonnier) qui quêtait et vous tendait sa sébille en murmurant evit an anaon (pour les défunts); cette prière était répétée par le sacristain lors de la quête pendant la messe dominicale.

Voila pour ce clin d’œil à la tradition celtique dont on peut trouver encore quelques traces malgré les récupérations en tous genres, et en particulier la christianisation forcenée sans parler des marchands du temple qui veulent à tous prix nous imposer halloween… Allez, merci de votre visite, portez vous bien et à demain peut-être.

Le prix du passage…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

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Amis de la tiédeur estivale et du crabe mayo réunis, bonjour ! Nous sommes le Vendredi 08 juillet 2016, 20è jour de Messidor, dédié au parc…
En Bretagne, certains célèbrent Saint TEI, bon ben, c’est pas une obligation non plus. On sait peu de choses de son histoire si ce n’est qu’il vécut au VI ème siècle et qu’il fût disciple de St Guénolé fondateur de l’abbaye de Landevennec. Francisé sous la forme de St They, il est connu en Grande-Bretagne, dans le Cornwall, sous le nom de St Day. Il carte_villard_4586_stthey-300x193a donné son nom à Lothey, (formé du breton Lok: « lieu consacré » et de They), près de Chateaulin (29). La forme primitive de son nom est Dei, la prononciation bretonne a fait muter le D en T. Il s’écrit encore: Dey, Tei, Tey, Thei.  Des chapelles portent son nom a Saint-Segal, Riec, Plouhinec, Poullan, ainsi qu’une chapelle qui lui est directement consacrée non loin de la pointe du Raz. Entre la baie des Trépassés et la pointe du Van, la chapelle de Saint-They, la plus vaste des chapelles de Cléden, surplombe le raz de Sein au bord de la falaise. Cette chapelle fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis 1914. Elle fut construite au XVIIe siècle à l’emplacement d’une chapelle plus ancienne qui tombait en ruine.

Autrefois, quatre pardons avaient lieu à Saint-They : le dimanche qui suivait la fête de Saint Roch, le dimanche qui précédait la fête de Saint Mathieu, le second dimanche de mai et le grand pardon, le premier dimanche de juillet. A ce dernier se rendait tout le Cap-Sizun mais également certains du pays bigouden, de Quimper et d’au-delà car la réputation du saint s’étendait à toute la Cornouaille. La procession de l’île de SEIN débarquait au Vorlen, celle de Cleden se rendait à sa fontaine-2-300x225rencontre le long de la falaise et, après accolade  croix, elles revenaient de concert à la chapelle. La nuit de veille de pardon, la foule campait autour de la chapelle, sur la lande nue et l’on découvre encore parfois des liard tournois, à l’effigie de Louis XIII, témoins de ces temps aujourd’hui révolus. Un peu en retrait se trouve la fontaine de dévotion, certainement ancien lieu d’un culte druidique. Ces points d’eau dans la lande sont exceptionnels et on raconte que « les eaux des puits sont purifiées par la lune, lorsqu’elles ont été empoisonnées par le soleil » (Guide de 117 fontaines sacrées de Bretagne, de Daniel Spoerri, aux éditions Jean-Michel Place). Désormais ne subsiste qu’un seul pardon à Saint-They, celui-ci se déroule le 1er dimanche de juillet et l’on entend le coassement des grenouilles de bénitier: Un couplet d’un vieux cantique à St They, exprime à la fois la crainte de voir la chapelle engloutie dans les flots de la baie des Trépassés et le souhait de la voir tenir contre les éléments qui la menacent, telle une figure de proue sur l’étrave de la Pointe du Van.

« Ra jomo pell c’hoaz en e za
Ar chapelig var ribl ar mor
Ma c’hello sant They divar e zor
welet ar bageier o treiza… »

On prétend que la cloche de la chapelle St-They sonnait d’elle-même pour avertir les barques en danger, de se mettre sous la protection du saint. Un jour, la flotte du roi de France était poursuivie par une flotte ennemie, anglaise à tous les coups. La cloche se mit à tinter. L’amiral de France répondit à cet appel et dirigea ses vaisseaux dans la Baie des Trépassés, au pied de la falaise sur laquelle est érigée la chapelle. traverser-le-Styx-300x230L’ennemi voulut les y suivre, mais un courant contraire prit ses navires et les entraîna dans le Raz où plusieurs frappèrent les écueils, les autres furent dispersés au large. Peut-être connaissez vous ce recoin de côte entre la pointe du Van et celle du Raz, c’est la baie des trépassés, bae an anaon. Mon aïeule, admiratrice d’Anatole le Braz, m’a souvent conté l’histoire du Treizour (le passeur) chargé de mener les âmes vers l’autre monde et qui accostait la nuit venue sur ses rivages. Il faudra que je lui consacre un billet; au treizour, pas à mon aïeule… De là vient dit-on, le fait que les marins portaient souvent un anneau d’or à l’oreille. Il s’agissait d’être en mesure de payer le passeur le cas échéant.

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

A st Jean, au musette…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

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Amis de la tradition et de la poule au pot réunies, bonjour ! Nous sommes le Vendredi 24 juin 2016 qui est effectivement le jour de la saint Jean, quand bien même nos amis républicains l’avaient dédié au romarin. Je me souviens qu’enfant, le feu de St Jean Feux mobilisait tantadtout le quartier. Jeunes et moins jeunes se démenaient des jours et des jours avant l’événement pour réaliser le tas de bois le plus grand qui soit. Et puis il fallait assurer sa surveillance car, une tradition tenace voulait que les bandes des autres quartiers tentent de s’emparer du butin ainsi stocké. Il y avait une expression intraduisible, on disait; faire « an hi erez », c’est du parler breton/douarneniste qui vient du verbe « jalouser » je crois. Le quartier du Port Rhu qui était le théâtre de nos exploits voyait s’affronter les bandes de l’Enfer, du Treiz et de l’usine à gaz (la seule à revendiquer l’appellation d’origine port-Rhu).

On n’étonnera personne en déclarant que fêter la Saint Jean n’a pas grand chose de catholique (!) ni même de très chrétien. Une fois de plus, un vernis chrétien est venu s’ajouter à une tradition particulièrement ancienne et qui fleure bon le paganisme. Mais si puissant était le culte du feu que l’église se garda bien d’y toucher. Au pire elle tenta de l’apprivoiser et les fêtes du solstice furent dédié à danses nocturnesJean-Baptiste (y-a pas de petit profit). Mais la Saint-Jean n’avait pas que ses feux : elle avait aussi ses herbes, ses fameuses herbes de la Saint-Jean qui, cueillies le matin, pieds nus, en état de grâce et avec un couteau d’or, donnaient pouvoir de chasser les démons et de guérir la fièvre. On sait que, parmi ces fleurs mystérieuses, se trouvait la verveine, la plante sacrée des celtes. On la cueille encore sur les dunes de Saintonge en murmurant une formule ésotérique, nommée la verven-Dieu mais que je ne peux dévoiler…

De quelqu’un qui se couchait tard, on disait jadis : « Il est allé ramasser un charbon de Saint-Jean ». Le fait est que ces charbons passaient en Bretagne pour avoir toutes sortes de propriétés merveilleuses. Il en suffit d’un recueilli dans les cendres du tantad (les feux) et dévotement placé, au retour, dans un coin du foyer, pour petit journalpréserver la maison de l’incendie et de la foudre. On disait encore qu’en balançant les nouveau-nés devant la flamme de trois tantads, on les gardait à tout jamais contre le mal de la peur… En quelques paroisses de la Haute-Cornouaille, la cérémonie avait d’ailleurs une conclusion assez funèbre : quand les danses avaient cessé et que le feu était près de s’éteindre, on l’entourait de grandes pierres plates destinées, à servir de siège aux anaon, aux esprits grelottants des pauvres morts de l’année, avides de se reposer quelques heures en se rapprochant des cendres… Oui, car l’au-delà est froid, très froid.

Aujourd’hui, le Port-Rhu s’est transformé en marina et les cendres de nos feux sont à jamais dispersées. Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

Le bazh-yod…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

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Amis de la casuistique et de la bouillie d’avoine réunie, bonjour ! Nous sommes le Lundi 20 juin 2016, deuxième jour de Messidor dédié à l’avoine et premier de l’Eté. La bouillie d’avoine, ou yod kerc’h en breton est une bouillie principalement composée d’avoine comme son nom l’indique, consommé en basse-Bretagne autrefois par les plus pauvres. C’est une bouillie brune, normalement salée, qui se mange bazh-yod-300x226trempée dans du lait ribot. En Bretagne, au moins dans le Finistère, on en trouve dans toutes les grandes surfaces, au rayon frais. Mon aïeule, dont les préceptes culinaires m’ont toujours fait rêver, la préparait à partir d’avoine grillée et moulue. On mettait ce mélange de farine et de son à tremper une nuit. Le lendemain, le gros du son flottait à la surface et était retiré (ce surplus s’appelle gwaskin). Le reste du récipient était délayé avec du lait et/ou de l’eau, mis à cuire dans un chaudron et touillé avec un bâton nommé bazh-yod (le bâton à bouillie). Celui-ci a laissé son nom à un jeu de force très populaire et encore pratiqué de nos jours comme le montre cette photo.

Si j’avais débuté ce billet en vous parlant d’elle vous n’auriez pas manqué, dans vos commentaires raffinés et néanmoins perfides, de me demander d’où je la sortais. Elle se nomme Voltairine de CLEYRE, avouez que cela ne s’invente pas. Mais c’est le papa, qui était un grand admirateur de notre Voltaire à nous, qui en a décidé ainsi. Elle est née un 17 novembre, 1866, quelque part dans le Michigan, Etats Unis de_cleyre_voltaird’Amérique. Figure oubliée de l’anarchisme et de la libre pensée, elle a consacré sa vie, après avoir passé plusieurs années dans un couvent (ceci explique peut-être cela), à dénoncer le poids des religions dans la société civile et à lutter pour les droits de l’homme, et de la femme, ce qui à cette époque n’allait pas de soi. Elle est morte à Chicago des suites d’une méningite, en 1912 en laissant derrière elle quelques ouvrages et l’image d’une militante exemplaire. Ses prises de position sur des thèmes aussi divers que le mariage, la guerre, la propriété privée lui ont valu une réputation sulfureuse d’anar et d’anticléricale dans une Amérique bigote et libérale. Elle méritait bien ce petit coup de chapeau dans un siècle où la pensée libre est une denrée en voie de disparition. A lire, en français, « D’espoir et de raison, écrits d’une insoumise » (2008). Textes réunis et présentés par Normand Baillargeon et Chantal Santerre chez LUX éditeur.
« A la fin de votre vie, vous pourrez fermer les yeux en disant : je n’ai point été gouverné par l’idée dominante de mon siècle. J’ai choisi ma propre cause et je l’ai servie. J’ai prouvé par toute une vie qu’il est quelque chose en l’homme qui le sauve de l’absolue tyrannie des circonstances, qui triomphe et les refonde, et cela c’est le feu immortel de la volonté individuelle, laquelle est le salut de l’avenir.»

Voilà pour aujourd’hui, en attendant la suite, portez vous bien, vive la République et à demain peut-être.