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Voici le mois de Mai…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé, TRADITION

Amis de la mère Michel et de la langue de chat réunies, bonjour ! Nous sommes le Vendredi 03 Mai 2019 c’est à dire le 14 de floréal, jour du chamerops, encochamaerops-excelsare nommé le palmier nain. C’est une espèce très représentée autour de la méditerranée mais que l’on retrouve dans nos contrées de plus en plus fréquemment, réchauffement oblige. D’ailleurs, les jardins de Keramoal s’enorgueillissent d’en posséder un qui semble apprécier sa villégiature. En Bretagne, on célèbre St Event; à La Malhoure (22), où il a sa fontaine on l’invoquait pour guérir les coliques des jeunes enfants.

Le mois de mai doit son nom au latin maius en l’honneur de la déesse de la fécondité, Maia (rien à voir avec l’abeille). la tradition du mât de mai remonte à la nuit des temps. Il s’agirait d’un vestige des Celtes qui ont peuplé le Sud de l’Allemagne : venant des steppes orientales, ils vénéraient la nature et célébraient le début de l’été, le 1er Mai, en érigeant un arbre autour duquel ils dansaient pour chasser les mauvais esprits. Cette coutume n’a cessé de se perpétuer au fil du temps, malgré l’opposition farouche de l’Église qui y voyait un rite païen arbre-de-Maicélébrant la fécondité. Finalement, comme bon nombre des rites de nos ancêtres, il fut intégré au culte chrétien. Depuis le XVIIIè siècle, et encore plus depuis la Seconde Guerre mondiale, le mât de Mai est devenu le symbole des villes et villages de la Bavière du Sud. Il représente l’honneur de la commune et de sa communauté. Il est source de compétition entre les villages bavarois, qui rivalisent d’ingéniosité et d’efforts pour se doter du plus grand et du plus bel arbre. Aussi, des hauteurs de 30 mètres ne sont-elles pas rares… Et jusqu’à ce qu’il soit érigé, le jour de la cérémonie, il fait l’objet de toutes les convoitises et à ce titre, il est jalousement surveillé, jour et nuit, par les hommes de la commune, pour décourager les éventuels ravisseurs… L’enjeu est de taille, car en cas de vol, les victimes se verraient dans l’obligation de verser une rançon en nature (bière et victuailles) et surtout de porter le poids de la honte ! le tronc d’arbre dont on se sert pour ce mât de mai est ensuite peint en bandes blanches et bleues (les couleurs de la Bavière) et le sommet du mât est décoré d’une couronne en branches de sapin. Bien souvent, on retrouve tout le long du mât, des figurines représentant les différents corps de métiers, comme le cordonnier, le ramoneur, le menuisier, le charpentier, etc. Allez, en chaîne pour un laridé…

Le 3 mai 1936 voit la victoire du front populaire et l’immense espoir qu’elle fait naître dans la classe ouvrière. Souvenons nous de Léon congés-payésBlum, de Jean Zay, de Salengro, de Léo Lagrange ou encore de Thorez à qui l’on doit cette fameuse phrase: il faut savoir arrêter une grève !
Souvenons nous des congés payés, des conventions collectives, des billets de train avec 40% de réduction pour partir en vacances, la semaine de 40 heures, la retraite des mineurs, les allocations chômage, les nationalisations, les augmentations de salaire, la scolarité à 14 ans, le musée de l’homme, le CNRS, le palais de la découverte… C’est pas interdit de rêver !

Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

En Mai, fais ce qu’il te plait…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

Amis de la libre pensée et du Fernet branca réunis, bonjour ! Nous sommes le Samedi 27 avril 2019, huitième jour de Floréal dédié au champignon. C’est la Ste Zita pour les uns, Konwenn pour les autres.

Puisque nous approchons du 1er mai, rafraichissons un peu nos mémoires. Le 1er mai c’est, rappelons le, la fête des travailleurs et non pas, la fête du travail. Mais c’est aussi, ancrée dans la mémoire collective, la fête de la nature, du renouveau de la renaissance. Chez les Celtes, c’est Beltan. Or donc, ce 1er mai  les prolétaires du monde entier, répondant aux vœux du grand père Karl et du grand oncle les trois 8Vladimir, ignorant souvent les martyrs de Haymarket (Chicago, 1er Mai 1886, c’est de là qu’est partie la tradition du 1er Mai), s’unissent religieusement devant leurs petits écrans pour suivre les avatars d’un dirigeant de l’industrie automobile ou se pâmer devant vingt et deux bonhommes en short à moins qu’ils n’aient les yeux de Chimène pour la gagnante endimanchée d’un télé-crochet à deux balles… Alors que les anciens Celtes fêtaient Beltan (le feu de Bel), saluant la lumière et la connaissance, leurs descendants décérébrés du XXIè siècle se complaisent devant les atermoiement des millionnaires en culottes courtes du PSG ou l’insoutenable spectacle de la chute d’une flèche de cathédrale, quand ce n’est pas celui de ces étranges étrangers, migrants vers nos eldorados comme on s’embarque pour l’Olympe éthéré, là où festoient les saints, les anges et tous les élus. Alors que, pendant ce mois de mai, le peuple souverain va devoir choisir ses représentants au parlement européen; je continue à m’interroger sur ses capacités à exercer ce droit, alors que son niveau de réflexion est à peu près égal à celui d’un buffet de cuisine.

https://youtu.be/JfPC7m1vkH8

Dans les siècles passés, cette frénésie de la célébration de l’énergie vitale donnait lieu, parmi les jeunes gens, à des rites champêtres et à des jeux propres à leur âge… Sous prétexte de cueillir l’aubépine, on les envoyait dans les bois et les prés où ils passaient la nuit en jeux fete-arbre-liberte-300x236amoureux. On appelait ça « Faire le Mai », et comme le disait fort à propos mon aïeule: « y-a pas d’mal à faire le mai !» .  L’église chrétienne, surtout catholique, qui n’aime pas beaucoup que les garçons et les filles s’aperçoivent très tôt qu’ils sont faits les unes pour les autres, jugeant ces pratiques scandaleuses tenta de les éradiquer en faisant du mois de Mai le mois de Marie, obligeant ainsi à remplacer un hymne à la vie par une célébration de la virginité et de la chasteté…  C’est-y pas malheureux !  La République elle, en a fait l’arbre de la liberté dont il subsiste encore quelques restes ici ou là.

Ah, tradition, quand tu nous tiens ! Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Les fées des houles…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

Amis du cinémascope et de la cotriade réunis, bonjour !

Nous sommes donc le Samedi 13 avril 2019, 24è jour de Germinal et, Goblinsc’est pas des salades, c’est le jour de la roquette. Bon, c’est pas pour me vanter mais… Il fait beau et l’ermitage résonne des cris des petits nenfants qui batifolent sur les pelouses au risque de déranger les fées qui y ont élu domicile. Méééé naaaan, j’déconne ! Quoique; en Bretagne, les fées occupent une place particulière avec leurs amis korrigans comme celui-ci issu de l’atelier des Goblins sur les bords du Trieux. Mais attention, en Bretagne, particulièrement sur le littoral, il convient de ne pas confondre les fées des houles et l’effet des houles…

Ecoutez ceci:

Les fées des houles sont des fées bretonnes, propres à la côte de la Manche qui s’étend de Cancale à Tréveneuc en Haute-Bretagne, et à l’île de Guernesey. Elles vivraient dans les grottes et cavernes côtières. Contrairement à ce que leur nom laisse à penser, les livre-F.-Morvan-194x300fées des houles ne doivent pas celui-ci à un lien avec les vagues de la mer, mais plutôt au nom donné aux cavernes et grottes maritimes sur les falaises de la côte nord de Haute-Bretagne, « houles » ou plus rarement « goules ». Réputées magnifiques, immortelles et très puissantes, elles sont sensibles au sel. Plutôt bienveillantes, les fées des houles décrites par les récits locaux vivent en communauté, s’occupent à leur lessive, à cuire leur pain ou à garder leur troupeau, se marient avec des féetauds et sont servies par des lutins guerriers nommés les Fions. Elles viennent en aide de multiples façons aux humains qui le leur demandent, fournissant de la nourriture et des objets enchantés, mais se fâchent si l’un d’eux leur manque de respect ou acquiert le pouvoir de voir leurs déguisements sans leur accord.

Elles sont le plus souvent décrites comme de grandes et belles dames blondes. La plupart des fées des houles sont vêtues de toile grise. Quelques-unes s’apparentent à de vieilles fées de type groac’h, adeptes des métamorphoses et dont le rôle est plus obscur. Devenues vieilles, elles sont plus rabougries et se couvrent de goémon. Les fées des dées-des-houles-droite-200x300houles sont facilement visibles de tous pendant la nuit, mais pendant la journée, seul un humain doué de clairvoyance serait capable de les voir sous tous leurs déguisements. La grotte de Saint-Énogat, bien connue des baigneurs de Dinard, s’appelle aussi la « Goule-ès-Fées ». Une légende populaire de Plévenon raconte que les fées des houles du cap Fréhel lavent leur linge à la mare de Gaulehen, au milieu de la lande aride. Elles étendent leurs linges qui sont les plus blancs qu’on puisse voir, sur les gazons qui l’entourent. Celui qui pourrait arriver jusque-là sans remuer ses paupières aurait la permission de s’en emparer ; mais aucun de ceux qui ont tenté l’aventure n’a pu réussir. Dès qu’ils remuent les paupières, le linge devient invisible.

Aujourd’hui, on lave de moins en moins son linge sale en famille; on préfère l’étaler dans Closer, Gala ou BFM télé. Allez, merci de votre visite, portez vous bien et à bientôt peut-être.

La coupe & la mémoire…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

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Amis de la tradition et du merlan en colère réunis, bonjour ! Nous sommes le jeudi 11 avril 2019, date qui correspond au 22è jour de germinal et que nos amis républicains avaient dédié à la Romaine (salade). Je vais donc en profiter pour vous parler d’une galloise… En effet,  les celtophiles eux, célèbrent ce jour là Kerridwen. Une drôle de sainte puisque il s’agissait en fait d’une déesse de la très vieille et très ancienne tradition celtique; mais nos évangélistes faisaient feu de tout bois…

Ceridwen, ou Kerridwen (de nombreuses graphies sont possibles), principalement connue en tant que magicienne, était en fait une déesse galloise de la mort et de la fertilité. Elle est généralement représentée avec un chaudron. Dans la mythologie celte, le chaudron n’est pas un ustensile utilitaire mais un objet symbolique, chargé de sacralité, et Cerridwenattribut divin (le chaudron du Dagda, le Dieu-Druide). Le chaudron est magique, selon les mythes, il peut être chaudron d’abondance, de résurrection, de science ou de divination. Il est associé à la terre, le chaudron de résurrection est associé au ventre de la mère, où l’homme retourne pour renaître. Quand il est rempli d’eau, c’est l’élément primordial, source de toute vie. La quête du chaudron a inspiré la quête du Graal aux trouvères chrétiens, celui-ci étant un vase d’immortalité. C’est ce même chaudron que l’on retrouve dans les tarots sous forme de coupe…

Oyez l’histoire de Cerridwen: Femme de Tegid Foel, elle donna naissance à deux enfants complètement opposés : Afagddu (castor noir) qui passait pour l’homme le plus laid de la terre, et une superbe fille, Creirwy. Ne parvenant pas à tolérer le handicap de son fils Afagddu, Ceridwen fit bouillir dans un chaudron une potion de connaissance cerridwen-by-pickwickpendant un an et un jour afin de lui permettre de devenir sage et respecté. Elle confia la tâche de veiller sur le chaudron à Gwion Bach, mais une goutte tomba sur le doigt de ce dernier, il le lécha et il reçut ainsi le don à la place de Afagddu. Furieuse, Ceridwen poursuivit Gwion Bach qui se transforma maintes fois pour lui échapper. Il finit par se changer en grain de blé et Ceridwen en profita pour le manger. Quelque temps plus tard, elle donna le jour au célèbre poète et druide Taliesin (qui est en fait la réincarnation de Gwion Bach). Notre bonne sorcière a généreusement laissé son nom à un élixir très tourbé, un blend qui fait référence au fameux pub Pickwick’s de Beaune. 

Ah, les belles histoires de papy Erwan ! Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Les grandes marées…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

Amis de la tradition celtique et du homard à l’armoricaine réunis, bonjour ! Nous sommes le Mercredi 20 Mars 2019, trentième et dernier jour de Ventôse dédié au plantoir. Et voici l’équinoxe de printemps, à 21h 58′ 25 » très précisément ! les-dames-et-les-haveneauxLa durée du jour sera égale à celle de la nuit. C’est un jour important pour ceux qui ont tendance à perdre le Nord car il permet de situer avec précision les points cardinaux, ce jour-là le soleil se lève plein Est et se couche tout à fait à l’Ouest. (j’en connais d’autres complètement à l’Ouest mais c’est une autre histoire). Mais, équinoxe rime aussi avec grandes marées et donc, pêche à pied. Hélas il y a maintenant plus de monde sur l’estran que de gilets jaunes sur les Champs-Elysées le samedi. Et puisque c’est le jour anniversaire de la disparition de René-Guy Cadou (20 Mars 1951), écoutez Manu Lann Huel chanter les femmes d’Ouessant particulièrement dédié à ma fiancée.

Chez les celtes, jour d’importance: Ostara appelé aussi Oestara, Jour d’Éostre, Rite d’Éostre, Alban Eilir (nom druidique), festival des arbres… L’équinoxe de printemps est un moment fugace, instant qui marque l’équilibre entre le jour et la nuit, un passage où les forces de la lumière augmentent. On perçoit l’influence nordique de cette fête, avec le nom qu’on lui donne généralement : Ostara. En eostre+-213x300effet, il provient d’Eostre : une Déesse germanique de la fertilité à qui on faisait des offrandes d’œufs peints pour assurer la venue du printemps. Cette porte de l’année était aussi associée à la déesse romaine Aurora, à la déesse Grecque Èos, à la déesse hindou Ushas (toutes dérivées du prototype indo-européen du nom de Hausos). Chargé de symboles païens, l’équinoxe de printemps est toujours fêté aujourd’hui. Nous mangeons des lapins en chocolat (le lièvre est l’animal sacré d’Éostre en tant que symbole de fertilité), des poules et des œufs. Le mot Easter qui signifie pâques en anglais vient d’ailleurs du nom de cette Déesse.

Les comités des fêtes qui organisent aujourd’hui des « chasses aux œufs », ne se doutent pas qu’ils perpétuent ainsi une très vieille et très ancienne tradition païenne. Allez, voila pour aujourd’hui, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Un peu de cochléaire entre les repas…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

Amis de la chronique locale et du Baekoffe réunis, bonjour ! Nous sommes le Mercredi 13 mars 2019, 23è jour de ventôse dédié à la Cochléaire. Quoi ! Vous ne connaissez pas la cochléaire, cette jolie plante des estuaires qui apprécie les prés salés et qui doit son nom au latin cochléa: cuiller ? Très riche en vitamine C, les marins cochléaire-300x225avaient l’habitude d’en manger pour prévenir le scorbut d’où son autre nom d’ « herbe au scorbut ». Dodoens, médecin flamand de la Renaissance très connu dans son canton, avait déjà noté les remarquables propriétés antiscorbutiques de la cochléaire dans sa Pratique médicale des simples. Et mon aïeule qui se targuait d’en connaitre un rayon en matière de plante médicinale, nous invitait à l’utiliser en guise de dentifrice. Elle a un goût âcre et piquant (pas mon aïeule, la plante) qui rappelle le raifort et elle est parfois ajoutée en petite quantité aux salades. Les feuilles fraîches écrasées sont utilisées en cataplasme pour guérir les ulcères. J’ai « emprunté » l’illustration sur le site Les taxinomes géré par Les petits débrouillards (pas certain qu’il existe encore) photo prise sur les dunes de Plouarzel. Nul doute que le saint du jour, Kemo, en a maison-a-laigletrouvé sur son chemin en débarquant de son Irlande natale quelque part du côté des lieues de Grèves sur la côte Nord de Bretagne.  Il a laissé son nom à la charmante commune de Locquémeau, en breton Loch-Kemo. Si vous avez l’occasion de circuler sur cette magnifique corniche qui longe la plage de Saint-Efflam, arrêtez vous un instant devant cette étrange bâtisse. Les gens du coin la nomme la maison à l’aigle; on la doit à l’ingénieur Ventome et elle est entièrement en béton ce qui était très rare pour l’époque (1928). C’est un mélange de styles arts-déco et oriental; on dit que l’aigle vient de l’exposition coloniale de Paris (1931).

Bon allez, ça suffit pour aujourd’hui. En attendant la suite, portez vous bien et à bientôt peut-être. 

C’est pourtant pas sorcier…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

Amis de La sorcellerie pour les nuls et des autos tamponneuses réunies, bonjour ! Nous voici le Lundi 11 mars 2019 c’est à dire le vingt et unième jour de Ventôse qui était généralement dédié à la Mandragore. Les anglais disent Mandrake, d’où le nom du fameux magicien de Phil Davis. A noter qu’en France, la société Mandriva Linux avait initialement choisi le nom Mandrake Linux pour son produit phare, cueillette_mandragore-217x300avant de devoir y renoncer suite à un procès. Si l’on en croit les Kabbalistes, l’origine de cette plante mystérieuse remonte bien avant le Déluge. Les Mandragores, selon eux, sont les fruits de la solitude d’Adam. A l’époque où Dieu se creusait la cervelle à créer un monde qui ressemble à quelque chose, le premier homme, avant la création de sa compagne, étendu sous l’Arbre de la Science du Bien et du Mal, mollement caressé par les vents chargés des effluves d’une nature en plein essor génésique, sentait sourdre dans son sommeil un trouble causé par l’attente et le désir. Et au cours de ses songes, il perdait sa semence qui fertilisait le sol. Et voila pourquoi, les gentils abbés, expliquent aux petits nenfants, en évitant de les tripoter, que l’oisiveté est mère de tous les vices…

Vers 1520, Machiavel, grande figure de la Renaissance, secrétaire de la République libre de Florence, humaniste, historien, diplomate et républicain convaincu, en a fait une pièce de théâtre. Extrait du prologue: « L’histoire s’appelle “la Mandragore”, et vous saurez pourquoi en nous voyant jouer, du moins je le suppose. L’auteur n’a pas grand renom et pourtant, s’il ne vous fait pas rire, il veut bien payer à boire. Un amant pitoyable, un juriste sans astuce, un moine dissolu, un parasite qui est l’enfant chéri de la Malice, voilà pour vous machiaveldistraire en ce jour. ». Il faut bien reconnaître que sa cueillette n’est pas une mince affaire. Paracelse  conseillait d’opérer la nuit du vendredi, lorsque les mandragores sont lumineuses après l’orage, il convient de les rechercher au pied d’un gibet, où le sperme du pendu leur apporte vitalité, ou sur les places de supplice ou de crémation. Un chien noir affamé, animal condamné, est attaché au pied de la plante, et, excité par le son du cor, est appelé au loin, devant franchir trois cercles concentriques inscrits à terre autour de la mandragore à l’aide d’un poignard magique. La plante émet lors de l’arrachage un cri d’agonie insoutenable, tuant l’animal, et l’homme non éloigné aux oreilles non bouchées de cire. La racine devient magique après lavage, macération et maturation en linceul; elle représente l’ébauche de l’homme, « petit homme planté » ou « homonculus ». Ainsi choyée, elle reste éternellement fidèle à son maître et procure à son possesseur, prospérité prodigieuse, abondance de biens, et fécondité.    

Bon allez, il est temps de s’y mettre. Portez vous bien et à demain peut-être.

Giroflé girofla…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

Amis de la poésie et du fromage de chèvre réunis, bonjour ! Nous sommes le Lundi 04 mars 2019, 14è jour de ventôse dédié au Vélar encore nommée fausse giroflée. Cela me rappelle une chanson que m’apprenait vélarmon aïeule il y a de cela… Ah oui, quand même !  Giroflé, girofla, on dit qu’elle est malade. Giroflé, girofla, on dit qu’elle en mourra Giroflé, girofla… Si vous connaissez la suite. Je crois que c’est sur un air de polka. Les paroles modernes sont de Rosa Holt, poétesse allemande anti-nazie, réfugiée en France, et ont été publiées en 1935 dans un recueil posthume de l’auteur. Elle dénonce l’atrocité de la guerre pour le peuple au moment de l’arrivée de Hitler au pouvoir alors que le nationalisme se développe et que la jeunesse est girofle-girofla-194x300embrigadée dans l’armée. La musique est d’un certain Henri Goublier fils, inspirée de la  ronde enfantine du même nom, et créée en 1937 au Caveau de la République. J’en ai retrouvé trace dans un très ancien numéro de Lecture pour tous. Les paroles en sont beaucoup plus « gnan-gnan » et animaient un jeu d’extérieur pour jeunes filles en fleur. La  version pacifiste et antimilitariste quand à elle, fut notamment interprétée plus tard par Yves Montand; ce qui contribua beaucoup à son succès.

Allez, voila pour aujourd’hui, merci encore une fois d’avoir fait le détour par ici portez vous bien et à bientôt peut-être.

Narcisse toi même…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

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Amis de la transversalité et de la saucisse de Strasbourg réunies, bonjour ! Nous voici donc en Mars de l’an 2019, le Jeudi 1er, pour ne rien vous cacher et c’est le jour qui correspond au 11 de Ventose (pour la petite histoire, Le décret du 4 frimaire an II orthographiait le nom du mois ventose, sans accent circonflexe.) dédié au Narcisse. Autant dire que c’est la fête de tous les blogueurs…

L’histoire la plus détaillée (de Narcisse) est rapportée dans le Livre III des Métamorphoses d’Ovide. C’est cette version qui est la référence de la majorité des écrivains et des artistes par la suite. Dans la mythologie ob_69bb9b_caravage-narcisse-1597-1599-ht-11grecque, Narcisse est un chasseur originaire de Thespies en Béotie. Il est le fils de la nymphe Liriope violée par le dieu fleuve Céphise. Le devin Tirésias dit à Liriopé : « Narcisse vivra très vieux à condition qu’il ne voit jamais son image. » Et, ce qui devait arriver arriva: un jour, à seize ans, après avoir repoussé tous ses prétendants dont Echo qui en devient simple voix, le beau Narcisse se voit dans une source et tombe amoureux de lui-même. Face à cette passion sans espoir, il préféra se suicider. Comme il se plongeait un poignard dans la poitrine, son sang s’écoula dans la terre et ainsi naquit un narcisse blanc à corolle rouge. Et, Salvador Dali peignit la métamorphose de Narcisse en 1937 (à droite)… Narcisse reste jusqu’au XXème siècle un individu à ne pas imiter dont l’amour propre est détestable, mais voilà, qu’en 1911, (en la personne de Sigmund Freud, avec son ob_5c045b_dali-metamorphose-de-narcisse-1936livre « pour introduire le narcissisme ») on  affirme pour la première fois que… s’aimer soi même est nécessaire pour l’équilibre psychologique ! C’est l’étincelle qui met le feu aux poudres. Bien vite, Lou Andreas-Salomé, femme de lettres allemande, relève elle aussi les bons côté de Narcisse et de son narcissisme, suivit plus tard par d’autres penseurs. Et, fin XXème et début XXIème, l’amour propre « à la Narcisse » est couronné notamment par l’apparition (un peu plus tardive) des blogs et de facebook, véritables odes à ce « love myself ».

Merci encore de vos fréquentes visites, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Martine fait des couilles de suisse…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

Amis de l’érotisme biblique et des muffins aux bananes réunis, bonjour! Nous sommes le Mercredi 20 février 2019, deuxième jour de ventôse dédié au Cornouiller, jolie plante qui a laissé sa trace dans la culture Occitane. En effet, En Occitanie la cornouiller-male-cornus-mas-oiseaux-arbuste-floraison-jaune-fruits-rouges-soleil-vegetaux-haie-massif-300x300floraison et la fructification du Cornouiller Mâle (Cornu Mas) ont constitué une sorte de convention collective avant la lettre. La floraison indiquait la période à partir de laquelle les servantes des fermières n’étaient plus tenues de ravauder, filer ou tricoter après le repas du soir. Inversement la maturité des fruits imposait cette obligation. En langue occitane la prescription se formulait en ces termes: « comma roja, veilla hoja. Quand la comma a florit la veillada a falit ».  Par chez nous, on cite le cornouiller comme un bois pour tailler un biniou :

De ma bourse un peu pauvrette
Où l’ennui m’a fait fouiller
Je me suis permis l’emplette
D’un biniou de cornouiller

On dit même que le fameux Cheval de Troie fut réalisé en bois de cornouiller. Dans certaines régions, la plante est désignée par le joyeux vocable de: « couilles de Suisse » allez savoir pourquoi.  Il existe d’ailleurs, dans le Brabant Wallon une confrérie des compagnons de la Couille de Suisse qui ambitionne de « donner au passé les dimensions d’un présent qui aurait de l’avenir ». On dirait du Pierre DAC, amusant, non !

On trouve trace de la Couille-de-Suisse déjà en 1834,dans un dictionnaire de traduction du Rouchi (Parler du Nord de la France). Il s’agirait donc d’une traduction culinaire dont étaient friands les soldats d’infanterie suisse casernés à Bavay couille-de-suisse2-300x224(Hainaut français) pendant le Premier Empire. Colportée généralement pour expliquer l’origine de l’appellation, l’histoire se réfère au garde suisse qui officiait dans les églises au début du 20eme siècle. Il y faisait office de bedeau et son accoutrement n’évoquait que de façon lointaine le garde suisse pontifical. Un honnête travailleur, découvrant la recette improvisée par son épouse avec des restes de pâte à pain, fit référence aux attributs du personnage au pantalon bouffant pour qualifier le mets. Pour faire des couilles-de-suisses il vous faut:
1 kilo de farine – 4 oeufs frais – 100 grammes de beurre – 70 grammes de levure de boulanger – quelques grammes de sucre cassonade – du beurre mou.
martineBien travailler la levure dans un peu du lait et une pincée de sucre.
Mettre la farine dans un grand plat et faire une fontaine. Mettre une pincée de sel.
Faire fondre la matière grasse et mélanger toute la préparation de manière homogène.
Former des petites boules de pâte de 40 grammes environ et laisser reposer pendant une heure.
Cuire les boules de pâte dans de l’eau salée.
Arroser de beurre fondu et de cassonade avant de servir.

Bon, ça devient vraiment n’importe quoi ce blog. Allez, merci de lui rester fidèle, portez vous bien et à demain peut-être.