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If you want…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

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Amis des Pâques irlandaises et du irish stew réunis, bonjour! Nous sommes le Mercredi 06 février 2019, 18è jour de pluviôse dédié à l’IF. Arbre remarquable surtout dans la St Maudeztradition celtique. Le mot if remonte à un mot gaulois ivos ou, émane d’un étymon celtique qui donne aussi ivin en breton, ywen en gallois, éo en irlandais. Une racine semblable existe en  germanique, iwaz, qui a donné iw en vieil anglais (yew en anglais moderne) et Iwa en vieil haut allemand (Eibe en allemand moderne), dont semble dériver le prénom Yves et donc, Ivan, Ewan, Erwan, (tout ce détour pour parler de lui… Non mais, quel égo !)

Hors des bosquets sacrés et des sentiers battus, cet arbre tient une grande place auprès des Celtes en général et des druides en particulier. Ce conifère odorant est un symbole funéraire dans l’univers celtique. Selon César, deux chef gaulois des Eburons, vaincus au combat, s’empoisonnèrent avec ses fruits. La toxicité de la plante et son lien avec la mort sont patents. L’if se rencontre encore dans les anciens chaudron-gundestrup2cimetières, où il paraît tenir compagnie aux défunts, dans la solitude silencieuse, à la frontière du monde des vivants. Vert en toute saison, cet arbre symbolise aussi la résistance, la vigueur et l’immortalité. En dehors donc des cycles végétatif, l’if est le matériau dans lequel est taillé la roue du druide Mogh Ruth, symbole de l’apocalypse, de la révélation puisque selon les textes, une roue en if, Roth Ramhach, doit tomber du ciel lorsque la fin du monde sera arrivée (y’a pas que les gaulois qui craignaient que le ciel ne leur tombe sur la tête…). La roue du druide mythique Irlandais Mogh Ruith (serviteur de la Roue) est particulière. Elle a un moyeu et des rayons mais pas de jante. Elle est en if. C’est la roue de l’Apocalypse: quiconque la voit devient aveugle, quiconque l’entend devient sourd et quiconque la touche meurt sur le champ. Il reste quelques roues à carillons en Bretagne qui sont des dérivés directs de ce symbole.»

En attendant la fin du monde, je m’ennuie quelques fois, alors, je vais au bourg pour y faire mon Loto… Heu non, ça c’est autre chose. En photo (en haut à droite), l’if de Saintif-de-Pommerit Maudez en Côtes-d’Armor et que l’on dit millénaire. Il en est un autre dans la commune de Pommerit-le-vicomte, près de Guingamp en Côtes-d’Armor aussi, que l’on dit plusieurs fois centenaire, certains affirment qu’il aurait 1700 ans. Malgré les turbulences de la vie, il a même connu un incendie, il est toujours là. Le tronc est creux mais à l’intérieur la vie est présente et le spectacle est digne d’une cathédrale.

Allez, voila pour aujourd’hui, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Ar goulou vras…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

Amis de la botanique à deux balles et du pot au feu réunis, bonjour ! Or donc nous voici le Samedi 2 février 2019, 14è jour de pluviôse dédié à l’avelinier, ou si vous préférez, le coudrier qui est l’ancien nom du noisetier… C’est la Chandeleur, ar goulou vras , la grande lumière, comme disent les ceusses qui causent breton dans le poste. A la Chandeleur, bonsaïQuéré fait des crêpes jusqu’à pas d’heure, se plaisait à nous dire mon aïeule, sûre qu’elle était de nous épater. Savez vous que le noisetier, si il ne se donne pas, se prête tout à fait à la culture du bonsaï comme le montre cette photo. Oui mais, pourquoi Avelinier ? Et bien, petit scarabée, parce que il s’agit en vérité du Corylus avellana. Avellana se rapporterait à la ville italienne d’Avella, dans la province d’Avellino, dont les noisettes étaient réputées. Voilà pourquoi, une « aveline » est une grosse noisette presque ronde et « avelinier » le nom ancien de cette sorte de noisetier. Merci papy Erwan…

Oui, bon d’accord, mais cela vient d’où, la chandeleur ? La fête de la Chandeleur, ou fête des chandelles, apparait à Rome dès le VIIe siècle, par une procession au flambeau. Les fidèles se mettaient en route avant l’aurore, en portant des chandelles, d’où le nom de la fête. D’aucuns pensent que cette fête chrétienne  aurait pris la place des Lupercales romaines. En effet, les fêtes en l’honneur de Lupercus, ou Pan, dieu de la fécondité, donnaient lieu à une procession aux flambeaux aux alentours du 15 février. Selon une autre interprétation, la chandeleur-DChandeleur se serait substituée à une fête en l’honneur de Proserpine, alias Perséphone, déesse des moissons et de la fécondité. Cette fête se célébrait à la lumière des torches et autour d’une galette de céréales. Chez les Celtes, je le rappelai hier, on fêtait Imbolc le 1er février. Ce rite en l’honneur de la déesse Brigit célébrait la purification et la fertilité au sortir de l’hiver. Les paysans portaient des flambeaux et parcouraient les champs en procession, priant la déesse de purifier la terre avant les semailles. Les crêpes avec leur forme ronde et leur couleur dorée rappelleraient le soleil, ce qui expliquerait que l’on confectionne des crêpes à la Chandeleur, moment de l’année où les jours s’allongent de plus en plus vite. Bon, maintenant, c’est vous qui voyez…

Allez, je passe en cuisine, la pâte à crêpe cela repose trois heures.merci d’être passé, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Ar gwir enep ar bed…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

Amis de la tradition et du chouchenn chaud réunis, bonjour! Nous sommes le Vendredi 1er février 2019, treizième jour de pluviôse dans le calendrier républicain dédié au laurier-sauce mais pour les Celtes, c’est Imbolc.

Imbolc est une fête religieuse celtique irlandaise, qui était célébrée le 1er février de notre calendrier, soit au début du mois d’Anagantios selon le calendrier de Coligny dans la mythologie celtique. C’est la fête sur druidelaquelle les sources littéraires médiévales sont les plus faibles. Le sens du nom est « lustration », il s’agit donc d’une purification qui prend place à la fin de l’hiver. Elle pourrait avoir pour fondement un culte lié à la fécondité.
« Goûter de chaque nourriture selon l’ordre,
voilà ce que l’on doit faire à Imbolc ;
se laver les mains, les pieds, la tête,
c’est ainsi que je le dis »
Extrait du livre de: Christian-J. Guyonvarc’h et Françoise Le Roux, La Civilisation celtique, Ouest-France Université, coll. « De mémoire d’homme : l’histoire », Rennes, 1990. Photo de G. Le Scouezec, 5é grand druide du Gorsedd de Bretagne.

Avec Beltaine, Lugnasad et Samain, c’est une des dates marquantes de la tradition Celtique et plus particulièrement druidique. Même si cette fête à été remplacée très tôt par la célébration chrétienne qu’est croixbrigla Sainte Brigitte (elle même se substituant à la Brigit pré chrétienne) suivie de la chandeleur. C’est le jour ou jamais pour vous essayer à tresser la fameuse croix de Brigit. En effet, La tradition voulait que, la veille d’Imbolc, on tresse des croix spéciales de Brigit que l’on accrochait ensuite dans les habitations pour appeler la protection de cette déesse. L’église Catholique, apostolique et Romaine avait grand besoin de récupérer toutes traces des rites anciens. J’ai repris en titre la devise du mouvement druidique: Ar gwir enep ar bed – La vérité face au monde ou, « à la face du monde » quelque chose comme cela.

Allez, portez vous bien, n’oubliez pas la petite laine et, à bientôt peut-être.

La griffe du Diable…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

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Amis de la libre pensée et de la caille aux raisins réunies, bonjour! Nous sommes le Vendredi 18 janvier 2019, 29è jour de nivôse dédié au Mercure. Et les bas-bretons armoricains vont fêter les Gwendal.

Gwennhaël (puisque c’est là l’origine de ce prénom), né au commencement du VIème siècle, succéda en 532 à Gwennolé comme abbé de l’abbaye de Landévennec. En 539, il quitta son abbaye pour se rendre en Irlande où il séjourna trente quatre ans. Revenu en Armorique, il fonda sur les bords du gouache-anonyme-300x230Blavet un monastère où il mourut vers 585-590. Ce nom, dont la forme originelle Uuinhael revient à plusieurs reprises dans le cartulaire de Redon est composé en vieux breton des qualificatifs uuin, « sacré, béni » et hael « noble, généreux ». Par fausse régression, ce nom a évolué en vendal dans plusieurs lieux-dits : Kervendal, noté anciennement Kervennal, et dans Saint-Guendal, nom d’une chapelle en Douarnenez noté Saint Guenel en 1691 (ci-contre une gouache de belle facture dont l’auteur restera à jamais inconnu). Pour la trouver (la chapelle, pas la gouache), il faut aller en direction de Confort-Meilars par la D 785. Elle se niche sur la gauche à environ 1 km après la sortie de Pouldavid (29). Dans le placître de la chapelle du même nom, en bas tout près de la route.

C’est un grand monument qui possède un toit incliné et un petit bassin. On y jetait des pièces, vite récupérées par les garnements. Aussi les pèlerins les cachaient dans les interstices, entre les pierres de construction. Le tout était Douarn-st-Vendal-300x214dissimulé par des morceaux de faïence. Elle aurait le pouvoir de guérir de la goutte et des rhumatismes ( en breton gwendré) et, plus largement, tous les maux qui entravent la marche. Encore aujourd’hui, et particulièrement le jour du pardon, des personnes s’aspergent les membres en souffrance de l’eau de la fontaine. Pour ce qui me concerne, j’ai résolu de confier mon avenir au chirurgien du CHRU de Brest qui va prothèser ma hanche la semaine prochaine. Le  pardon de St Vendal était très prisé surtout des bigoudens qui venaient nombreux même si les conditions étaient difficiles : le pardon était appelé « pardon va e kostez » en raison de la configuration du terrain. Certains l’appelaient aussi « pardon an dud affliged ». Le pardon de Saint-Vendal est le tout dernier de l’année, il 8debbc607191a9cda3d05de32320653e-saint-tudgal-fera-le-pardon-de-saint-vendal_0marque traditionnellement la fin des travaux agricoles. « On l’appelait aussi le pardon des châtaignes », et en bande, on s’y rendait à vélo. Mais, attention, on dit que le diable n’est jamais loin; d’ailleurs, on y trouve cette étrange fleur (en vérité un champignon) que les autochtones nomment la griffe du diable et les scientifiques:  « Anthurus d’Archer ». De quoi créer une foule de légendes et de superstitions.Quant au prénom Gwendal, qui jouit d’une vogue certaine, il apparaît donc comme une forme évoluée et populaire de Gwenhael. L’acception « au front béni » est donc erronée.  Largement répandu de nos jours, le succès de ce prénom est sans doute à mettre au crédit du célèbre groupe musical du même nom.

Bon, ben, je crois que j’ai tout dit, allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Les vêpres des grenouilles…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

 

Amis de l’écologie et du ragoût d’hérisson réunis, bonjour !  Je m’apprêtais à vous parler de la pluie et de l’air du temps, de la reine d’Angleterre, des gilets jaunes, des jolies jeunes, du roi des cons, du petit prince, de tout et de rien, de la vanité d’écrire quoi… Quand, je pris conscience que nous étions le Mardi 05 décembre 2018, que la France riait jaune et qu’il pleuvait toujours sur Brest. C’est le 15è jour de frimaire dédié au Chevreuil. En Bretagne c’est aussi la Saint Houarvian.

Houarvian était un barde de la Bretagne insulaire qui, à cette époque là (aux environs de 510), s’était rendu à la cour du roi Franc Childebert 1er pour participer au concours de l’Eurovision et suivre un Houarvianstage de harpe celtique auprès de l’ancêtre d’Alan Stivell. C’est alors qu’il rentrait chez lui en char-stop qu’il eut une vision. C’est bien connu, le char-stop est propice aux visions surtout si vous fumez quelques substances illicites… Donc, cette vision lui commanda d’attendre sa promise au bord de la fontaine de Landouzan, près du Drennec, en Finistère. Il y rencontra Riwanon et demanda sa main à son frère Rivoaré. Ils se marièrent à la mode de Bretagne et, vers 525, Riwanon donna naissance à Hervé. Puis ils se séparèrent pour mener une vie érémitique. Ce qui ne veut pas dire, mécréants que vous êtes, qu’ils étaient au RMI…

Aujourd’hui on peut visiter la chapelle de Landuzen, restaurée grâce au travail de l’association « Mignoned landuzen », au Drennec (29) et qui possède une cuve baptismale datant semble t-il de l’époque gallo-Romaine; ce qui, j’en suis convaincu, vous la baille belle. A sa mort, son épouse  renonça à ses biens, et, accomplissant une résolution prise depuis longtemps, alla s’ensevelir dans la solitude, avec de ferventes compagnes, parmi lesquelles était sa nièce sainte Christine (ils étaient tous saints dans la famille). C’est à cela que l’on distingue les cénobites des anachorètes; ils veulent bien s’ensevelir dans la solitude maichapelle Landuzenns, pas tout seul… Faut pas déconner non plus. J’ai d’ailleurs retrouvé trois de ces ferventes compagnes qui interprètent Gousperou ar Raned (les vêpres des grenouilles – en vidéo ci-dessus ): Le chant est un dialogue entre un enfant et un maître (druide ?). Le maître demande à l’enfant ce qu’il souhaite savoir, ce à quoi l’enfant lui demande la première strophe d’une « série »  . Le maître chante la première strophe, puis repose la question. L’enfant demande alors la deuxième strophe. Le maître chante la deuxième strophe puis répète la première strophe. Puis l’enfant demande la troisième strophe et ainsi de suite. Le chant se déroule avec ces répétitions des précédentes strophes déjà chantées, jusqu’à ce que la douzième strophe soit chantée.

Et voila pourquoi votre sœur est muette. Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

A en perdre la tête…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé, TRADITION

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Amis de la vérité historique et du chouchen chaud réunis, bonjour! Nous voici le Mercredi 28 novembre 2018 qui correspond au 8è jour de frimaire habituellement dédié au miel. Au jour d’aujourd’hui en Bretagne armoricaine nous célébrons Eodez. Celle-là Haude-Tanguy-248x300même qui perdit la tête sous l’épée de son propre frère, Tangi, qui n’en finit pas moins saint lui même. Tous deux étaient enfants du seigneur de Trémazan. Comme disait mon aïeule qui maîtrisait le subjonctif: « Plût au ciel que ces choses là ne fussent point advenues.» Des légendes comme celle là, il y en a plein par chez nous. Elles sont toutes plus gore que n’importe quel film de Brian de Palma et font passer La nuit des morts vivants pour une aimable bluette. Je vous la fait courte.

Or vint à trépasser la mère de nos deux héros. Passé le temps du veuvage, leur père prit en tremazanseconde noce une femme qui haïssait plus que tout Eodez (mauvais choix). Voici la façon dont Albert le Grand nous présente la chose:  « Cette nouvelle dame ne fut gueres en son ménage, qu’elle commença à regarder de travers nos jeunes Saints & se montrer vraye marastre en leur endroit ; elle les rudoyoit & maltraitoit de parole & de fait & leur tint ces rigueurs huit ans durant ; lesquels expirez, Gurguy, déja grand, & à qui le sang commençoit à boilillonner dans les veines, ennuyé d’estre si mal-traité par cette femme, dans la maison de son pere, se résolut de quitter le pays pour quelque temps, & en obtint congé de son Eodez.jpegPere, lequel luy donna une bonne somme d’argent & train honorable. » Et notre Tangi fut envoyé à la cour du roi des francs Childebert. Revenant de France et face aux faux-propos qui lui avaient été rapportés, Tangi décapita sa sœur afin de laver l’affront fait à l’honneur de la famille (un coup à faire passer les Talibans pour d’agréables jouvenceaux…). Celle-ci prit ses jambes à son cou et sa tête sous le bras et s’en retourna à la maison familiale affronter la méchante belle-mère… Il existe encore dans le Léon une gwerz (complainte) qui raconte la légende. On me demande souvent ce qu’est une gwerz, en voici une: Gwerz Ar Vezhinerien, autrement dit, la complainte des goëmoniers, interprétée par Denez Prigent.

Vous voyez que la violence n’a pas attendu les films hollywoodiens pour déferler sur les écrans de l’histoire (tiens, c’est pas mal ça !). Tout au long de la vie des saints, on s’étripe et on se décapite joyeusement, on se démembre en famille, on s’assassine pieusement et tout cela était raconté aux petits n’enfants le soir à la veillée…Les évangélisateurs avaient compris, bien avant Paris-Match, l’importance du poids des mots et du choc des photos…

Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Sans queue ni tête…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT, TRADITION

Amis des contes et légendes et du lait ribot réunis, bonjour! Nous sommes le Jeudi 08 novembre 2018, 18è jour de brumaire dédié à la dentelaire… J’en ferai bien une décoction car elle est censée soigner les douleurs articulaires.

C‘est aujourd’hui la Saint Tremeur; encore un drôle de paroissien que la ferveur populaire a fait saint… Ernest du Laurens de la Barre lui a consacré un conte, Tremeur l’homme sans tête, que l’on retrouve dans un de ses écrits publié en 1879 Les fantômes Bretons et qui débute comme ceci:  … Il y avait autrefois, du côté de Plouguer, là-bas, sur le bord de l’Aulne, au-dessous de Carhaix, un tremeur 2village habité par des païens qui adoraient des dieux, des demi-dieux, des déesses, des diablesses, et un tas de vilaines choses. J’ai entendu dire par des savants que leurs chefs s’appelaient Druides. C’étaient des magiciens ou sorciers qui, pour savoir l’avenir, coupaient du gui sur les chênes avec des faucilles d’or.» Mais bon, si l’on en croit Deguignet: « Les conteurs se sont moqué des savants… pour un verre d’eau-de-vie, conteurs et conteuses inventaient des légendes issues de leur seule imagination ». C‘est ainsi que tous ces personnages de contes, hâbleur, buveur, batailleur, coureur de jupon se sont retrouvé saints par la vertu de nos folkloristes des 18è et 19è siècle tout comme nos menhirs se sont retrouvé coiffés d’une croix et nos sources sacrées ceintes d’une fontaine dédiée…

L’une des manifestations les plus spectaculaires de ces traces d’évangélisation est le menhir de Saint-Uzec, en Pleumeur-bodou (22). Ce mégalithe d’environ soixante tonnes dont l’origine remonterait à 2500 ans avantmenhir Jésus Christ, fut christianisé au XVIIè siècle lors d’une Mission du Père Maunoir, jésuite qui mena près de quatre cent missions d’évangélisation en Bretagne et à qui l’on doit cette fameuse citation: Eur vaghérès sent que l’on pourrait traduire par: une pépinière de saints… Comme le disait mon aïeule, plus pétroleuse que bigote: A bas la calotte ! Encore que, aujourd’hui, il serait plus juste d’user du pluriel tant ils nous arrivent de tous côtés. Ah oui, Tremeur. Il serait le fils de Trifin et de Conomor, le Barbe bleue breton, qui assassina toutes les femmes portant un enfant de lui car on lui avait prédit qu’il mourrait assassiné par son fils. En effet, Conomor rechercha l’enfant et lui fit couper la tête. On dit qu’il aurait pris sa tête entre ses mains et l’aurait porté sur le tombeau de sa mère à Sainte-Tréphine (22). Il est le patron de Carhaix et de Kergloff (29). De « Trech Meur » qui signifie grande victoire, allez,  portez vous bien et à demain peut-être.

Samain, dans la culotte d’un zouave…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

Amis des mathématiques modernes et du pigeonneau laqué réunis, bonjour ! Nous sommes le Jeudi 1er novembre 2018, onzième jour de Brumaire dédié au salsifis.

Voici donc venir novembre (Miz du en breton) qui ouvre le chemin de l’hiver par la grande fête de la Samain. On rit, on chante, on boit beaucoup, on célèbre la mort du roi soleil. Bien sur, c’était avant ! Avant que que les « pisse-vinaigre » de la papauté (  Grégoire IV, 8ème siècle environ) n’en décident vallée-300x226autrement. Il faut dire qu’ils furent bien aidé par Louis le Pieux qui instaura sur toute la Carolingie Chrétienne cette obligation de fêter tous les saints. Voila pourquoi au lieu de faire la fiesta, on se traine dans les cimetières les bras chargés de chrysanthèmes ridicules. Notons au passage, qu’en ce sens nous commettons une grossière erreur car la fête des morts, elle, ce n’est que le lendemain. A Carnoët, quand tous les saints seront bien installés dans leur vallée, c’est par camion qu’on va voir débarquer les chrysanthèmes, à tous les coups, ils vont remporter la palme des villages fleuris.

Et voila, c’est reparti pour un tour. Les marchands du temple ne désespèrent pas de nous refiler leur camelote. Messieurs les vendeurs de citrouilles, nous n’avons que faire de vos zombis de pacotille, vos Freddys ensanglantés et autres fantômes hollywoodiens… Nous, nous arrivons en ligne droite des Thuatha De Danann, nos épopées sont celles de Cûchulain et nous avançons vers Avalon. Chez nous, la Samain est celle des druides, bardes et ovates. La Celtie n’a pas attendu l’évangélisation, fusse celle de St Patrick, pour ouvrir, une fois l’an, la porte entre la Tombesaison claire et la saison noire, entre le jour et la nuit, entre le monde des vivants et celui des morts. Si vous passez du coté de l’ile de Sein, le mercredi après midi, vous y verrez peut-être de vieilles sénanes, tout de noir vêtues, penchées sur la tombe de leurs disparus et, si vous approchez avec discrétion, vous les entendrez parler. Elles racontent aux défunts les évènements de la semaine. Pourquoi ne pas profiter de cette période de l’année et de cette tradition que les immigrants Irlandais et Ecossais ont emporté dans leurs bagages vers le nouveau monde (all hallow even: le soir de tous les saints et la légende de Jack o lantern) pour raconter aux enfants la très vieille et très ancienne tradition Celtique. Son panthéon n’a pas à rougir de celui des Grecs ou des Egyptiens. Ses sagas n’ont rien à envier à l’Illiade, à l’Odyssée, aux milles et une nuits ni même à la bible. Alors, de grâce, épargnez nous vos orgies de cucurbitacées.

En attendant, merci de vos visites répétées, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Le champ de lin n’est pas celui de l’autre…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

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Amis du développement durable et du linoléum réunis, bonjour ! Nous sommes le Samedi 04 août 2018 et pour le linnos amis du calendrier républicain, ce 17ème jour de thermidor était celui du lin. A propos de révolutionnaires et de calendrier républicain, rappelons que dans la nuit du 4 août 1789, les députés de l’Assemblée nationale constituante, dans un bel élan d’unanimité, proclament l’abolition des droits féodaux et de divers privilèges.

La Bretagne a été une grande productrice de lin à tel point qu’à la Renaissance, les toiles servant à la broderie portaient le nom de « Bretagne superfine ». Mais le lin est présent depuis beaucoup plus longtemps. On en trouveroutoir dans les bandelettes qui emmaillotent les momies égyptiennes. C’est une plante qui connait aujourd’hui une seconde jeunesse tant on s’accorde à lui trouver de vertus. Riche en fibre, on en fait ce merveilleux tissus mais aussi des isolants et sa richesse en oméga 3 en fait un excellent additif alimentaire. Sa culture est il est vrai assez difficile et demande une technicité particulière. Le Trégor était avec le Nord de la France terre de production. J’ai eu le bonheur de résider longtemps dans une ancienne fermette du Trégor qui possédait encore son routoir, cette cuve maçonnée qui servait à faciliter le rouissage du lin. Dans le Nord, ces cuves étaient appelées « Poc à lin » c’est l’origine le-lin-se-delie-avec-les-bistrots-de-lhistoire-vendredi-300x168du nom de famille Poclain… De plus, sa culture offre à la vue dès le mois de juin de magnifiques champs tout bleu du plus bel effet. En terme d’environnement le lin offre de multiples avantages et particulièrement celui de réclamer peu d’engrais et peu de produits phytosanitaires (cinq fois moins que le coton par exemple). Par ailleurs, sa culture étant rotative, elle  n’épuise pas les sols et ne nécessite aucune irrigation. Mais le lin est une plante exigeante car au moment de la récolte elle est arrachée et non coupée, exportant ainsi beaucoup de matière organique du sol ce qui nécessite un délai entre deux cultures sur une même parcelle de cinq ou six ans.

Allez, merci de votre amicale visite; il est vrai que « les cénobites tranquilles » font désormais partie des sites incontournables quand bien même l’Unesco ne l’a pas encore intégré dans le patrimoine universel. Portez vous bien et à demain peut-être.

Et le Couesnon en sa folie…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

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Amis de le Bretagne éternelle et du lait ribot réunis, bonjour !  Nous sommes le Mercredi 1er août 2018, quatorzième jour de Thermidor dédié au basilic dans le calendrier républicain.

Le 1er août, les nostalgiques peuvent commémorer la bataille de Trans-la-forêt qui mit fin à l’occupation Normande. En effet, la Bretagne était occupée par les Normands depuis la mort d’Alain le Grand en 908. Venant d’Angleterre, Alain Barbetorte, comte du Poher et petit fils d’Alain le Grand débarque près de Dol en 936. Il remporte plaque plourivoplusieurs victoires dont celle de Kastell Auffret à Plourivo (près de Paimpol) une plaque commémorative y est visible. Photo de droite. Continuant sur sa lancée, il prend Nantes en 937 et chasse les Normands de l’estuaire de la Loire tandis que le comte Even débarrasse le Léon de ses pirates (Vikings). Des groupes de Normands retranchés dans la forêt de Villecartier dévastent encore le pays de Dol et le pays Rennais. Le comte de Rennes, Juhel Béranger réclame l’aide de Barbetorte, pourtant son rival, nous sommes en 939. La cavalerie de Barbetorte, environ 1000 hommes écrase les Normands qui doivent repasser le Couesnon.

Le combat se serait déroulé un 1er août, jour qui correspond à peu près à la grande fête de Lug (Dans   l’Irlande d’autrefois, Lugnasad était le temps des rassemblements   et des mariages. C’était aussi une fête agraire, un divertissement   collectif avec des jeux et des compétitions (foire, audition de poètes   et de musiciens, jeux, courses de chevaux,…). Elle était placée   sous le signe des échanges et de l’amitié: on y venait   sans arme. On lançait sur les pentes une roue enflammée qui   illustrait la descente vers l’hiver; et qui terminait sa course lammas-sheena-morgandans   une rivière, unissant ainsi le symbolisme du Feu à celui de   l’Eau.). « Au jour des calendes du mois d’août, jour que les bretons décrétèrent être solennisé par la gent de Bretagne, par toutes les générations, parce que de là et après, commença derechef la Bretagne à être habitée par ses natifs et Bretons user des lois de leurs ayeux. » (Pierre Le Baud cité par La Borderie) Il faut ajouter, pour être honnête, que d’autres historiens comme André Chedeville, conteste cette version guerrière et pense que ce retour de souveraineté est davantage le fruit d’une action diplomatique d’Athelstan, roi d’Angleterre auprès de Guillaume Longue-épée. En tout état de cause, la Bretagne allait naviguer ainsi, bon an mal an jusqu’à son « annexion » en 1532. Allez savoir, c’est peut-être pour cela que l’on est plus galettes saucisses que camembert… Et qu’en revanche, par pure vilénie, le Couesnon en sa folie a mis le mont en Normandie !

Allez, après ce petit rappel historique, portez vous bien et à demain peut-être.