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C’était le fils du père Hoël…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS, TRADITION

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Amis de la communale et de la nostalgie réunies, bonjour ! Nous sommes le Jeudi 02 juillet 2020, 14è jour de messidor et c’est la lavande qui est à l’honneur dans le calendrier républicain. Mon calendrier breton nous invite à fêtest-Lunaire-statuer Luner qui aurait laissé son nom à la commune de Saint-Lunaire (35) blottie entre la rivière Crévelin et la pointe du Décollé. On dit qu’il eut pour père Hoël, 1er roi d’Armorique qui succéda à Budic. Quand les Frisons envahirent le territoire (509), Hoël chercha refuge outre-Manche et c’est là que naquit Luner. Le bonhomme  a également été appelé Launeuc ou Lormel d’où les communes éponymes un peu plus à l’Ouest. Luner était donc gallois par le droit du sol. Plus tard,il débarqua à l’embouchure de la Rance et fonda un monastère qui donna son nom à la cité de Saint-Lunaire, où l’on peut voir son gisant dans l’église. Cette ancienne cité fondée au 6ème siècle par le saint homme et sa troupe devint à la fin du 19ème siècle une véritable station balnéaire. On voit ici à gauche sa statue créée par Olivier Levêque (ça ne s’invente pas) qui siège à Carnoët dans la désormais fameuse vallée des saints. On dit encore qu’il rendit l’âme le jour des calendes de Juillet de l’an 580 à l’âge de cent quinze ans. Voici un autre pierrot lunaire qui nous enchanta en 1965 avec la fille du père Hoël…

Il y a des jours c’est un peu n’importe quoi; je vous l’accorde. Allez, merci de votre indulgence, portez vous bien et à bientôt peut-être.

 

A la saint Jean, le cénobite s’détend…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

Amis de la mécanique des fluides et de l’entrecôte marchand de vin réunies, bonjour ! Nous sommes le Mercredi 24 juin 2020, sixième jour de Messidor dédié au romarin.

Or donc, c’est la Saint-Jean qui était une fête chômée en France, avant le Concordat de 1801. Très populaire, cette fête donnait lieu en maints endroits à des feux de joie et il était de tradition que les jeunes gens sautent par-dessus les flammes. Lecroix-de-st-jean-300x225s feux de joie ont à peu près disparu en France mais leur fonction de réjouissance s’est reportée sur les feux d’artifice… On prêtait aussi des vertus magiques aux « herbes de la Saint-Jean » (millepertuis, armoise, fougère,…) cueillies ce jour avant le lever du soleil par des jeunes vierges ou de vieilles femmes ! Dans certaines régions on continue de confectionner des croix de St-Jean censées protéger les étables et les granges tout comme ailleurs on réalise des croix de Brigit pour Imbolc.

Je me souviens qu’enfant, le feu de St Jean mobilisait tout le quartier. Jeunes et moins jeunes se démenaient des jours et des jours avant l’événement pour réaliser le tas de bois le plus grand qui soit. Et puis il fallait assurer sa surveillance car, une tradition tenace voulait que les tantadbandes des autres quartiers tentent de s’emparer du butin ainsi stocké. Il y avait une expression intraduisible, on disait; faire « an hi erez », c’est du parler breton/douarneniste qui vient du verbe « jalouser » je crois. Le quartier du Port-Rhu qui était le théâtre de nos exploits voyait s’affronter les bandes de l’Enfer, du Treiz et de l’usine à gaz (la seule à revendiquer l’appellation d’origine port-Rhu). Jusqu’au jour où la chose s’est institutionnalisée, principe de précaution aidant, plus question d allumer des feux aux quatre coins de la ville… Une fois de plus, les tenants de l’ordre avaient gagné.

De quelqu’un qui se couchait tard, on disait jadis : « Il est allé ramasser un charbon de Saint-Jean ». Le fait est que ces charbons passaient en Bretagne pour avoir toutes sortes de propriétés merveilleuses. Il en danse-10suffit d’un recueilli dans les cendres du tantad (les feux) et dévotement placé, au retour, dans un coin du foyer, pour préserver la maison de l’incendie et de la foudre. On disait encore qu’en balançant les nouveau-nés devant la flamme de trois tantad, on les gardait à tout jamais contre le mal de la peur… En quelques paroisses de la Haute-Cornouaille, la cérémonie avait d’ailleurs une conclusion assez funèbre : quand les danses avaient cessé et que le feu était près de s’éteindre, on l’entourait de grandes pierres plates destinées, à servir de siège aux anaon, aux esprits grelottants des pauvres morts de l’année, avides de se reposer quelques heures en se rapprochant des cendres… Oui, car l’au-delà est froid, très froid.

Aujourd’hui, le Port-Rhu s’est transformé en marina et les cendres de nos feux sont à jamais dispersées. Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

La légende de la Keben Lokorn…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

Amis de l’histoire bretonne et de la randonnée pédestre réunies, bonjour ! Nous sommes le Lundi premier jour de juin 2020 mais 13è Locronan Maurice Neveujour de Prairial dédié au Pois. En Bretagne on célèbre (ou pas) les Ronan, ce qui, convenez-en, n’a strictement rien à voir … Mon aïeule, qui avait une vision toute particulière de la pédagogie, attendait toujours les soirs d’hiver noirs et orageux pour nous conter l’histoire de « la Kében de Lokorn » et de Ronan. Cette légende retranscrit typiquement la lutte d’influence que se livrèrent la religion chrétienne, catholique et romaine et la vieille et très ancienne tradition druidique sur la terre armoricaine.  Je ne résiste pas au plaisir de vous la narrer à mon tour.( à gauche:Locronan vu par Maurice Neveu)

Or donc, Ronan, copain comme cochon avec Patrick quitta sa terre d’outre-Manche pour s’installer en Armorique et plus précisément dans le bois de Névet, non loin de Quimper. L’endroit choisi était un nemeton, un vaste sanctuaire naturel délimité par 12 points remarquables (menhirs) en référence aux 12 mois de l’année, utilisé pour des rites celtiques. Il vivait là en anachorète seulement assisté de temps à autre par un brave fermier. La femme de celui-ci Kében (qui dit-on fricotait locronan-tromenie_11avec le Diable, qui lui, avait sa résidence à deux pas en la commune du Juch), dénonça le saint homme l’accusant de sorcellerie et d’avoir fait mourir sa fille. Voici ce qu’en dit Albert le Grand (1636) « Les yeux chassieux de quelques Chrêtiens débauchez, ne pouvans supporter l’éclat des vertus dont l’Ame de saint Ronan estoit ornée, l’accuserent malicieusement & à tort devant le Roy Grallon (lequel estoit lors à Kemper), le calomniant d’estre Sorcier & Negromantien, faisant comme les anciens Lycantrophes qui, par magie & art diabloique, se transformoient en bestes brutes, courroient le garou & causoient mille maux par le Païs. L’Enfant d’une femme du voisné estant mort, ils persuaderent à la mere du defunt que le Saint, par ses sorcelleries, avoit tué son fils & l’amenerent à Kemper, où, en presence du Roy & de toute la Cour, elle demanda justice de saint Ronan. ».

Vous imaginez la suite, le saint, en deux temps, trois mouvements et un signe de croix ressuscita la fille, pardonna à la mère et se retira dans sa forêt avec la bénédiction du roi Gradlon. A sa mort, pour savoir où l’enterrer, on mit son cercueil sur une charrette tirée par deux bœufs, et on les laissa aller. Sur le chemin la charrette rencontra Kében, qui lavait keben lokorndes vêtements, elle en profita pour se moquer du saint. Alors la terre s’ouvrit et aspira Kében dans les flammes et la fumée dans un lieu désormais dénommé « la tombe de Kében ». Il est quand même ajouté que Kében brisa la corne d’un buffle du convoi funéraire et la corne tomba en haut de la montagne en un lieu qui existe encore et désigné comme : Plas-ar-Horn, la place de la Corne. Depuis, on fête saint Ronan en la commune à qui il a donné son nom Locronan: Sa fête fait l’objet d’un pèlerinage  en juillet de chaque année. Ce jour-là, en mémoire du saint, les fidèles en procession font le tour des limites de l’ancien prieuré bénédictin fondé au XIe siècle et qui était lieu d’asile (minic’hi en breton). Cette procession est appelée la « troménie », (du breton tro-minic’hi, le tour de l’enceinte sacrée).

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Bon, ben, vous savez à peu près tout. Ah si, J‘ai souvenance d’un estaminet (photos ci-dessus) sis à l’entrée de Locronan et qui s’appelait « Tal ar varrikenn » et dont le patron, après quelques verres de chouchenn, faisait semblant de se faire prier pour raconter (en breton) l’histoire de la Kében. Je crains fort qu’ils n’existent plus, ni le bistrot ni son patron.

Allez, voilà pour aujourd’hui, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Les dames du temps jadis…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

Amis de l’esprit critique et du baekehoffe réunis, bonjour ! Nous sommes le Vendredi 29 mai 2020, dixième jour de Prairial, dédié, il est vrai, à la faux. Alors qu’en vérité, les pataphysiciens vous diront que nous sommes le Jeudi 12 Merdre 147 Stes Miches, catéchumènes, fête suprême quarte. Par chez nous, quelques nostalgiques s’entêtent à fêter les Riagad.

Or donc, notamment dans le pays bigouden, aujourd’hui c’est la saint Riagad. Évidemment c’est un ermite irlandais qui est venu s’installer sur les côtes bretonnes aux alentours du Vè siècle et qui a laissé son nom à 300px-Lehan-225x300la commune de Treffiagat. Étrange commune en vérité que celle là qui est séparée en deux : Lechiagat côté mer et Treffiagat côté rural. Mais enfin, les bigoudens ne font jamais rien comme les autres. On y trouve le fameux menhir de Lehan, que l’on voit ici en photo, et qui est planté au milieu d’un marais. Tout laisse à croire qu’il n’y avait point de marais à l’époque de son érection. D’ailleurs, à propos d’érection, il faut remarquer que les symboles phalliques ont toujours été largement représentés dans la région ; il suffit de regarder la fameuse coiffe bigoudène. Je connais un menhir du côté de Plonéour-Lanvern (29) où, il n’y a pas si longtemps encore, les femmes en mal d’enfant venaient se frotter le ventre.

Le mot menhir (pierre longue) s’est aujourd’hui généralisé même si en breton le mot juste est peulven (le pieu de pierre) plusieurs toponymie l’attestent comme par exemple: Menez-peulven entre Douarnenez et Quimper (29).  Je me suis laissé dire que le terme de menhir fut officialisé pour la première fois par Théophile Malo Corret de la Tour d’Auvergne (très connu dans son immeuble) dans son ouvrage: origines gauloises qu’il a écrit en 1796 à Locmaria-Berrien, chez sa sœur au les-dames-de-kerampeulven-195x300manoir de La Haie. J’ai résidé il y a quelques années de cela sur la commune de Plouigneau (près de Morlaix) où l’on trouve la stèle de Croas ar Peulven qui, du fait de sa proximité avec deux ou trois routes antiques, a sans doute pu être réutilisée à l’époque romaine comme borne militaire. Vous pouvez visiter aussi la stèle de peulven en Plestin-les-grèves (22)  avec ses drôles de rainures. L’un des sites les plus impressionnants étant celui de Kerampeulven, près de Huelgoat (29) où les belles dames du temps jadis venaient s’amuser. Bon, au départ, je voulais parler de Riagad mais le pauvre est passé à la trappe. Enfin, quand je dis la trappe; n’allez pas croire qu’il ait adopté la tonsure des trappistes ni leur goût pour cette merveilleuse boisson maltée… Non, simplement, je me laisse aller à quelques digressions et lorsque je m’en aperçois, il est trop tard, j’ai dépassé mon quota autorisé de signes.

Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Allez, envoyez le muguet…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

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Amis de la libre pensée et du Fernet branca réunis, bonjour ! Nous les trois huitsommes le Lundi 27 avril 2020, huitième jour de Floréal dédié au champignon. C’est la Ste Zita pour les uns, Konwenn pour les autres. Le 27 avril 1906, l’assiette au beurre, journal satirique, soutenait à sa manière la revendication de la journée de huit heures. Les « trois huit » comme le montre cette reproduction que l’on doit à l’affichiste Grandjouan. Puisque donc,  nous approchons du 1er Mai, rafraichissons un peu nos mémoires. Le 1er mai c’est, rappelons le, la fête des travailleurs et non pas, la fête du travail. Mais c’est aussi, ancrée dans la mémoire collective, la fête de la nature, du renouveau de la renaissance.

Chez les Celtes, c’est Beltan. Beltaine est la troisième des quatre grandes fêtes de l’année celtique. Elle vient après Samain et Imbolc et marque la fin de la saison sombre et le début de la saison feux-de-beltan-300x202claire. Elle est en rapport avec Belenos, Lug et Belisama. Le principal rituel de Beltaine consiste en des feux allumés par des druides où le bétail passait afin qu’il soit protégé des épidémies pour l’année à venir. Alors que les anciens Celtes fêtaient Beltan (le feu de Bel), saluant la lumière et la connaissance, leurs descendants décérébrés du XXIè siècle se complaisent devant l’affligeant spectacle d’une course à l’échalote pour se procurer un masque en se demandant à quelle sauce il vont être mangés; c’est à dire, qui va payer la facture quand l’heure sera venue car, elle viendra assurément. En attendant dansons le Laridé.

Dans les siècles passés, cette frénésie de la célébration de l’énergie vitale donnait lieu, parmi les jeunes gens, à des rites champêtres et à des jeux propres à leur âge… Sous prétexte de cueillir l’aubépine, on les envoyait dans les bois et les prés où ils passaient la nuit en jeux 1024px-Arbre_de_la_liberté_Paimpolamoureux. On appelait ça « Faire le Mai », et comme le disait fort à propos mon aïeule: « y-a pas d’mal à faire le mai !» .  L’église chrétienne, surtout catholique, qui n’aime pas beaucoup que les garçons et les filles s’aperçoivent trop tôt qu’ils sont faits les unes pour les autres (et lycée d’versailles), jugeant ces pratiques scandaleuses tenta de les éradiquer en faisant du mois de Mai le mois de Marie, obligeant ainsi à remplacer un hymne à la vie par une célébration de la virginité et à la chasteté…  C’est-y pas malheureux !  La République elle, en a fait l’arbre de la liberté dont il subsiste encore quelques restes ici ou là comme  à Paimpol (22), place du Martray.

Allez, envoyez le muguet ! Confinez gaiement et à bientôt peut-être.

La légende du roi Marc’h…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

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Amis de l’ésotérisme et de la lessive St Marc réunis, bonjour ! Nous sommes le Samedi 25 avril 2020, sixième jour de Floréal dédié à l’ancolie dans le calendrier républicain. Aquilegia pour les savants et qui provient du ancolie-des-jardins-300x225latin aquila qui signifie « aigle ». Les anciens botanistes appliquaient ce nom à l’ancolie commune des jardins dont ils comparaient les éperons aux serres et au bec de ce rapace. Nos joviaux jardiniers la nomment aussi les gants de Notre-Dame c’est d’actualité, mais attention si vous comptez l’utiliser dans vos salades, elle contient de l’acide cyanhydrique. Néanmoins soyez indulgent envers ceux qui vous diront qu’en réalité nous sommes le vendredi 6 Palotin 147 – Ste Oneille, gourgandine; ce sont des pataphysiciens. Quand aux bretons bretonnants de Cornouaille et de Léon, ils sont persuadés qu’aujourd’hui marque la St Gourloez…

Mais, le calendrier du facteur lui, indique bien St Marc. Il faisait partie de la bande des quatre évangélistes et on le trouve représenté par le lion sur l’arcane 21 du tarot: Le Monde. En breton c’est Marc’h. Oyez son histoire: Il était une fois un roi qui appartenait à la tribu royale du Cheval et portait le nom tout à fait approprié de Marc’h. 300px-StMarc'hMarc’h signifie, comme vous le savez, cheval en langue bretonne. Ce roi Marc’h avait son palais à Poulmarc’h, près de Douarnenez. On dit aujourd’hui  » Plomarc’h « . Ce roi là possédait un cheval comme jamais on n’en a vu et jamais on en verra de semblable en ce bas monde. Crinière au vent, il faisait des bonds si légers à travers les landes , par dessus les montagnes, et d’un bord à l’autre des vallées, que ses sabots ferrés d’argent ne laissaient même pas de trace dans le sol. Il galopait aussi bien sur l’eau que sur la terre ferme et les vagues de la mer en furie ne l’arrêtaient pas. C’est pourquoi le cheval de Marc’h, roi de Poulmarc’h, était appelé Morvarc’h ce qui, vous ne l’ignorez pas si vous avez un peu d’instruction, signifie Cheval Marin.

 

Un brave homme, dont je tairais le nom, mais qui fut maire de Douarnenez et féru d’archéologie sous-marine, m’a affirmé qu’il avait vu de ses yeux au fond de la baie, les fondations dont il disait qu’elles étaient celles du palais du roi Marc’h. La légende affirme que ce roi était affublé bois gravé de René Quillivicd’oreilles de cheval, dissimulées sous un bonnet et que la divulgation du secret entraînait inévitablement la mort. Un de ces barbiers, pour qui le secret étant trop lourd à porter, se confia à la terre, un roseau poussa à cet endroit qui fut coupé par un sonneur pour en faire un biniou. Quand il se mit à jouer, l’instrument chanta « Le roi Marc’h a des oreilles de cheval ». Il convient de noter que dans La Légende de la ville d’Ys, Morvac’h est le nom du cheval de la reine du Nord, Malgven, épouse du roi Gradlon et mère de Dahud (l’illustration est un bois gravé de René Quillivic). Vous dirai-je enfin que Marc’h n’était autre que l’oncle de Tristan qui s’éprit de la blanche Iseut alors même que celle-ci était destinée au roi. Ma Doue beniged !

Tout cela pour débuté un samedi d’avril confiné; je m’en vais donc éteindre mon ordi et essayer de reprendre une activité normale. Allez, merci d’être passé, confinez gaiement et à bientôt peut-être.

La coupe et la mémoire…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

Amis de la tradition et du merlan en colère réunis, bonjour ! Nous sommes le Samedi 11 avril 2020, date qui correspond au 22è jour de germinal et que nos amis républicains avaient dédié à la Romaine (salade). Je vais donc en profiter pour vous parler d’une galloise… En effet,  les celtophiles eux, célèbrent ce jour là Kerridwen. Une drôle de sainte puisque il s’agissait en fait d’une déesse de la très vieille et très ancienne tradition celtique; mais nos évangélistes faisaient feu de tout bois…

Ceridwen, ou Kerridwen (de nombreuses graphies sont possibles), principalement connue en tant que magicienne, était en fait une déesse galloise de la mort et de la fertilité. Elle est généralement représentée avec un chaudron. Dans la mythologie celte, le chaudron n’est pas un ustensile utilitaire mais un objet symbolique, chargé de sacralité, et Cerridwenattribut divin (le chaudron du Dagda, le Dieu-Druide). Le chaudron est magique, selon les mythes, il peut être chaudron d’abondance, de résurrection, de science ou de divination. Il est associé à la terre, le chaudron de résurrection est associé au ventre de la mère, où l’homme retourne pour renaître. Quand il est rempli d’eau, c’est l’élément primordial, source de toute vie. La quête du chaudron a inspiré la quête du Graal aux trouvères chrétiens, celui-ci étant un vase d’immortalité. C’est ce même chaudron que l’on retrouve dans les tarots sous forme de coupe…

Oyez l’histoire de Cerridwen: Femme de Tegid Foel, elle donna naissance à deux enfants complètement opposés : Afagddu (castor noir) qui passait pour l’homme le plus laid de la terre, et une superbe fille, Creirwy. Ne parvenant pas à tolérer le handicap de son fils Afagddu, Ceridwen fit bouillir dans un chaudron une potion de connaissance cerridwen-by-pickwick-300x300pendant un an et un jour afin de lui permettre de devenir sage et respecté. Elle confia la tâche de veiller sur le chaudron à Gwion Bach, mais une goutte tomba sur le doigt de ce dernier, il le lécha et il reçut ainsi le don à la place de Afagddu. Furieuse, Ceridwen poursuivit Gwion Bach qui se transforma maintes fois pour lui échapper. Il finit par se changer en grain de blé et Ceridwen en profita pour le manger. Quelque temps plus tard, elle donna le jour au célèbre poète et druide Taliesin (qui est en fait la réincarnation de Gwion Bach). Notre bonne sorcière a généreusement laissé son nom à un élixir très tourbé, un blend qui fait référence au fameux pub Pickwick’s de Beaune. 

Ah, les belles histoires de papy Erwan ! Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Complètement à l’Ouest…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

Amis de la tradition celtique et du homard à l’armoricaine réunis, bonjour ! Nous sommes le Vendredi 20 Mars 2020, trentième et dernier jour de Ventôse dédié au plantoir. Et voici l’équinoxe de printemps (à 4h 49 précisément). La durée du jour sera égale à celle de la nuit. Jour important pour ceux qui ont tendance à perdre le Nord car il permet de situer avec précision les points cardinaux, ce jour-là le soleil se lève plein Est et se couche tout à fait à l’Ouest. (j’en connais d’autres complètement à l’Ouest mais c’est une autre histoire).

Chez les celtes, jour d’importance attaché à Onn (l’ajonc). Ostara appelé aussi Oestara, Jour d’Éostre, Rite d’Éostre, Alban Eilir (nom eostre+-213x300druidique), festival des arbres… L’équinoxe de printemps est un moment fugace, instant qui marque l’équilibre entre le jour et la nuit, un passage où les forces de la lumière augmentent. On perçoit l’influence nordique de cette fête, avec le nom qu’on lui donne généralement : Ostara. En effet, il provient d’Eostre : une Déesse germanique de la fertilité à qui on faisait des offrandes d’œufs peints pour assurer la venue du printemps. Cette porte de l’année était aussi associée à la déesse romaine Aurora, à la déesse Grecque Èos, à la déesse hindou Ushas (toutes dérivées du prototype indo-européen du nom de Hausos).

Chargé de symboles païens, l’équinoxe de printemps est toujours fêté aujourd’hui. Nous mangeons des lapins en chocolat (le lièvre est l’animal sacré d’Éostre en tant que symbole de fertilité), des poules et des œufs. Le mot Easter qui signifie Pâques en anglais vient d’ailleurs du nom de cette Déesse. La symbolique de l’œuf est très chargée. En  ostara_goddess-300x225effet, il détient en lui la genèse du monde, il est une réalité primordiale qui contient en germe la différenciation des êtres. En Égyptien le mot œuf est féminin et « de lui le Dieu jaillira, il organisera le Chaos en donnant naissances aux êtres différenciés (Il est à la fois Fils et Père)». On retrouve ce symbole dans de nombreuses religions et son sens est toujours le même. L’œuf est souvent une représentation de la puissance de la lumière. Ainsi il apparaît comme un des symboles de la rénovation périodique de la nature. Mais attention il n’est pas autant naissance que re-naissance, c’est le retour, la résurrection (d’où la récupération de la fête pour la Pâque chrétienne : mort et résurrection de Jésus.). Les comités des fêtes qui organisent aujourd’hui des « chasses aux œufs », ne se doutent pas qu’ils perpétuent ainsi une très vieille et très ancienne tradition païenne.

Allez, voila pour aujourd’hui, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Les racines du mâle…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

Amis de La sorcellerie pour les nuls et des autos tamponneuses réunies, bonjour ! Nous voici le Mercredi 11 mars 2020 c’est à dire le vingt et unième jour de Ventôse qui était généralement dédié à la Mandragore. Les anglais disent Mandrake, d’où le nom du fameux magicien de Phil Davis. A noter qu’en France, la société Mandriva Linux cueillette_mandragore-217x300avait initialement choisi le nom Mandrake Linux pour son produit phare, avant de devoir y renoncer suite à un procès. Si l’on en croit les Kabbalistes, l’origine de cette plante mystérieuse remonte bien avant le Déluge. Les Mandragores, selon eux, sont les fruits de la solitude d’Adam. A l’époque où Dieu se creusait la cervelle à créer un monde qui ressemble à quelque chose, le premier homme, avant la création de sa compagne, étendu sous l’Arbre de la Science du Bien et du Mal, mollement caressé par les vents chargés des effluves d’une nature en plein essor génésique, sentait sourdre dans son sommeil un trouble causé par l’attente et le désir. Et au cours de ses songes, il perdait sa semence qui fertilisait le sol. Et voila pourquoi, les gentils abbés, expliquent aux petits nenfants, en évitant de les tripoter, que l’oisiveté est mère de tous les vices…

Vers 1520, Machiavel, grande figure de la Renaissance, secrétaire de la République libre de Florence, humaniste, historien, diplomate et républicain convaincu, en a fait une pièce de théâtre. Extrait du prologue: « L’histoire s’appelle “la Mandragore”, et vous saurez pourquoi en nous voyant jouer, du moins je le suppose. L’auteur n’a machiavelpas grand renom et pourtant, s’il ne vous fait pas rire, il veut bien payer à boire. Un amant pitoyable, un juriste sans astuce, un moine dissolu, un parasite qui est l’enfant chéri de la Malice, voilà pour vous distraire en ce jour. ». Il faut bien reconnaître que sa cueillette n’est pas une mince affaire. Paracelse  conseillait d’opérer la nuit du vendredi, lorsque les mandragores sont lumineuses après l’orage, il convient de les rechercher au pied d’un gibet, où le sperme du pendu leur apporte vitalité, ou sur les places de supplice ou de crémation. Un chien noir affamé, animal condamné, est attaché au pied de la plante, et, excité par le son du cor, est appelé au loin, devant franchir trois cercles concentriques inscrits à terre autour de la mandragore à l’aide d’un poignard magique. La plante émet lors de l’arrachage un cri d’agonie insoutenable, tuant l’animal, et l’homme non éloigné aux oreilles non bouchées de cire. La racine devient magique après lavage, macération et maturation en linceul; elle représente l’ébauche de l’homme, « petit homme planté » ou « homonculus ». Ainsi choyée, elle reste éternellement fidèle à son maître et procure à son possesseur, prospérité prodigieuse, abondance de biens, et fécondité.    

Bon allez, il est temps de s’y mettre; va savoir, c’est peut-être efficace contre le virus machin. Portez vous bien et à bientôt peut-être.

Giroflé, girofla…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

Amis de la littérature libertaire et du canard à l’orange réunis, bonjour ! Nous sommes le Vendredi 21 février 2020, troisième jour de Ventôse, dédié au violier, c’est une espèce de giroflée. Cela me rappelle une comptine que nous imposait mon aïeule lors des sorties nature le jeudi après-midi: Giroflé, girofla, on dit qu’elle egiroflést malade. Giroflé, girofla, on dit qu’elle en mourra. Giroflé, girofla… Je crois que c’est sur un air de polka et c’est inspirée de la ronde enfantine traditionnelle du même nom dont j’ai retrouvé trace dans un très ancien numéro de Lecture pour tous. Les paroles en sont beaucoup plus « gnan-gnan » et animaient un jeu d’extérieur pour jeunes filles en fleur. Les paroles modernes sont de Rosa Holt, poétesse allemande anti-nazie, réfugiée en France, et ont été publiées en 1935. La musique est d’un certain Henri Goublier fils, inspirée de la  ronde enfantine du même nom, et créée en 1937 au Caveau de la République. La chanson est bien connue par l’interprétation qu’en a faite Yves Montand, dans les années 50.

https://youtu.be/lWT2iXyABm0

Le Père Peinard…

C’est un 21  Février en 1894 que parait le dernier numéro de la première série du Père Peinard, journal crée par Emile Pouget. Voici un extrait d’un article paru quelques années plus tard dans une seconde série. Ce petit texte qui veut nous expliquer ce qu’est le sabotage nous dévoile aussi avec verve et talent la façon dont on s’exprimait dans le monde ouvrier industriel de la fin du 19ème siècle. Le mot sabotage vient donc de sabot: Celui là même que l’on jetait dans une machine pour la mettre en panne.

« Le sabottage est une riche binaise qui, d’ici peu, fera rire jaune les capitalos. L’idée du sabottage ne restera pas à l’état de rêve bleu : on usera du truc ! Et les exploiteurs comprendront enfin que le métier de patron commence à ne plus être peinardtout rose. Ceci dit, pour les bons bougres qui ne sauraient pas encore de quoi il retourne, que j’explique ce qu’est le sabottage. Le sabottage, c’est le tirage à cul conscient, c’est le ratage d’un boulot, c’est le grain de sable roublardement fourré dans l’engrenage minutieux pour que la machine toussote, c’est le coulage systématique du patron… Tout ça pratiqué en douce, sans faire de magnes, ni d’épates. A supposer, par exemple, un grand bagne dont le patron, tout par un coup, a une lubie accapareuse, soit qu’il ait une nouvelle maîtresse à entretenir, soit qu’il guigne l’achat d’un château… ou autre fantaisie qui nécessite de sa part une augmentation de bénéfices. Donc, voilà le sabottage chouettement défini : à mauvaise paye, mauvais travail! » Avis à Arcelor, PSA, Good year, Petroplus Virgin et consorts. C’est pas ragaillardisant ça ?

 

Bon, c’est pas pour me vanter mais, mercredi soir, on a eu notre tremblement de terre. L’épicentre était dans la rade de Brest à dix kilomètres de profondeur, juste en dessous de la base des sous-marins nucléaires; je dis ça, je dis rien! Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.