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Les vêpres des grenouilles…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

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Amis de l’antanaclase* et de la confiture de mirabelles réunies, bonjour ! Nous sommes le Lundi 19 juin 2017, premier jour de Messidor dédié au seigle dans notre calendrier républicain. *Pour les amoureux de la langue française je rappelle que l’antanaclase est la répétition d’un mot ou d’une expression avec un sens différent, en exploitant sa polysémie.messidor Elle est proche de la paranomase et de la syllepse de sens. Ex : « Le cœur a ses raisons que la raison ne connaît pas. » (Blaise Pascal, Pensées) C’est pas littéraire ça mes body boys ? Si j’évoque Blaise Pascal c’est qu notre Blaise était né un 19 juin en 1623 du côté de Clermont; aujourd’hui on dit Clermont-Ferrand; mais il est vrai que Ferrand a acquis pas mal de notoriété ces temps ci. Mais bon, je ne vous invite pas à parier sur l’existence ou non de Dieu car, comme disait mon aïeule, qui avait la sentence à la bouche comme d’autres ont le cœur sur la main: dans un pari il y a toujours un con et un perdant… Non car, disait Bakounine par la bouche de Léo Ferré: si vraiment Dieu existait ? Il faudrait s’en débarrasser…

Aujourd’hui donc, en notre basse-Bretagne, ceux qui n’ont rien de plus urgent à faire, vont célébrer santez Riwanon. Elle, elle avait parié depuis fort longtemps sur l’existence du grand architecte; il faut dire qu’elle était la  sœur de saint Urfol et de saint Rivoaré et la Houarvian-213x300bienheureuse maman de Houarneau (Hervé), né aveugle et devenu saint, et dont je vous ai parlé il y a quelques temps. Après la mort de son époux, Houarvian le barde, (ici paparazzité au télé objectif) elle renonça à ses biens, et, accomplissant une résolution prise depuis longtemps, elle alla s’ensevelir dans la solitude, avec de ferventes compagnes, parmi lesquelles était sa nièce sainte Christine (ils étaient tous saints dans la famille). C’est à cela que l’on distingue les cénobites des anachorètes; ils veulent bien s’ensevelir dans la solitude mais, pas tout seul… Faut pas déconner non plus. J’ai d’ailleurs retrouvé trois de ces ferventes compagnes qui interpretent Gousperou ar Raned (les vêpres des grnouilles):

Or donc, elle s’y forma un ermitage avec des rameaux d’arbres, et y persévéra dans l’abstinence et l’oraison. Elle mourut saintement (evel just) le 19 juin de l’an 535 vers 17h selon le médecin légiste. Son fil Hervé qui était revenu pour l’occasion, l’inhuma avec piété et respect dans l’oratoire où elle avait passé tant d’heures dans la prière. C’est maintenant l’église paroissiale de Lanhouarneau. Ceci étant, si vraiment vous êtes à court d’idées, rappelez vous que Le 19 Juin 2017 est en réalité le Jeudi 5 Gidouille 144 St Ugolin, mansuet d’après le calendrier de pataphysique.

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

Gwerz St Jorand…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

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Amis de la botanique pour les nuls et du foie de veau aux cerises réunis, bonjour ! Nous sommes, bon an mal an, arrivés ensemble serpolet-150x150jusqu’à ce Dimanche 28 mai 2017, 9è jour de prairial, que nos amis républicains avaient dédié au serpolet. Vous ne pouvez pas vous tromper, le serpolet c’est bon pour tout. En infusion, en compresse, en bain, dans la cuisine, notamment avec les viandes blanches, ce proche cousin du thym est une vraie panacée. C’est le genre de truc qui devrait être remboursé par la sécurité sociale si cela ne risquait d’aggraver le déficit… Allez, célébrons les Jorant.
L‘histoire de saint Jorand de Plouëc, nous est connu grâce à Anatole LE BRAZ, qui conte dans la « Légende de la mort », un récit fait en 1903 par le sacristain de la Belle-Église sur sa mort. On trouve encore de traces de saint Jorand à Plouëc, puisque la chapelle (à droite) Saint Jorand de la Belle-Église existe toujours. Il s’agit d’un ancien oratoire dédié à la Trinité. En effet, Dans la « Légende de la mort », Anatole le Braz rapporte un récit sur la mort de saint Jorand que lui a fait le sacristain de la fontainechapelle en 1903. « Saint Jorand n’a son nom dans aucun calendrier: c’était un trop pauvre homme. Mais il n’en possède pas moins une chapelle à lui, et qui n’est pas à mépriser, puisqu’elle a mérité d’être appelée la Belle-Église, tout près de la gare de Plouec. Saint Jorand mourut dans le temps où se célébraient à Tréguier les fêtes de la canonisation de saint Yves. Comme les gens de Plouec s’en revenaient à cheval de ces fêtes, ils entendirent sonner à toute volée les cloches de la Belle-Église sans qu’il y eût personne pour les mettre en branle. Et, dès qu’ils furent auprès de la chapelle, leurs chevaux s’agenouillèrent d’eux-mêmes sur le chemin.
Alors, ils se dirent: Quelqu’un de saint à dû mourir en ce lieu.
Ils poussèrent la porte et aperçurent Jorand étendu de son long à la place où est aujourd’hui son tombeau. Ses mains étaient jointes sur la poitrine et, à la hauteur du cœur, une magnifique rose rouge avait StJorandfleuri, qui exhalait un parfum délicieux. Ils ensevelirent le saint pieusement et, dès le lendemain, les miracles commencèrent autour de sa tombe. Saint Jorand est invoqué par les « Kloers » ou séminaristes, et aussi par les bergers, pour la préservation de leurs troupeaux. Il est représenté en la chapelle de la Belle-Eglise, à Plouëc, près Pontrieux (22), couché sur son tombeau, en longue robe, avec capuce abritant sa tête, jambes nues chaussées de brodequins, un bâton à la main droite, à la main gauche, une aumônière renfermant un livre. Un singe est couché à ses pieds. Le tout en granit du pays. Sur un panneau peint sur bois, lequel occupe le tympan de la porte méridionale de la chapelle, le nom est écrit Jorhant.

https://youtu.be/Bf23r9EaWR4

François-Marie Luzel a recueillit une gwerz retraçant sa vie.
Selaouet holl, Ilis-Kaeris,
Buhe sant patron hoc’h ilis,
Buhe Sant Jorant, ho patron ;
Pedet-han gant devosion…
Il y a quarante deux couplets comme celui la. Pour ceux d’entre vous qui ne sont pas coutumier de l’univers des gwerziou, j’en ai glissé une interprétée par Denez Prigent. Si l’on en croit Albert Poulain: «Encore, avant la dernière guerre mondiale, on venait nombreux au pardon de St Jorand et la fontaine était prise d’assaut. On remplissait des bouteilles d’eau que l’on versait dans la nourriture des animaux.»

Allez, voila pour aujourd’hui, en attendant la suite, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Donjons & dragons…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

Amis de l’étymologie et du soufflé au fromage réunis, bonjoucorbeiller ! Nous sommes le Dimanche 07 Mai 2017, 18è jour de Floréal dédié à la Corbeille d’or et jour d’élection. Sans doute eut-il fallu que je consacrasse (imparfait du subjonctif mon n’veu) ce billet aux derniers soubresauts de l’élection présidentielle mais, considérant que vos gazettes habituelles allaient le faire mieux que moi, je vous invite à explorer la tradition bretonne.

Vous ai-je déjà parlé de Neventer que l’on fête aujourd’hui en Bretagne ? En voilà un qui a laissé son nom à la commune de Plounéventer, en Finistère evel just, et qui est l’archétype du bon saint chassant les méchants dragons des terres païennes. Si l’on en croit le noble et La_Vallée_des_Saints_Derriendiscret messire Le Grand, chanoine de Saint-Pol, premier Conseiller du Duc François II et recteur de Plounéventer en 1412, c’est à dire le propre grand oncle d’Albert Le Grand à qui nous devons un collectage fabuleux des contes et légendes de Bretagne, c’est une véritable épopée que vécurent Neventer et son pote Derrien, de retour des croisades, dans les parages. Tout cela sur les rives de l’Elorn, que l’on nommait avant cet épisode Dour du, magnifique rivière à truites et saumons. ici à gauche, c’est une représentation de saint Derrien dans la vallée des saints bien sur. Il existe une Gwerz qui conte leurs exploits; en voici une autre (Gortoz a Ran) chantée par Denez Prigent.

Il est probable que la vraie origine du village se rapproche de celle, plus simple, de la création de nombreuses paroisses de basse-Bretagne par des tribus venues d’Outre-Manche. En effet, l’exode se faisait par tribu, et lorsque l’une d’elles trouvait un site pour s’ installer, généralement une hauteur, elle créait une communauté un « PLOU » qui recevait par plouneventerla suite le nom de son chef. Arthur de La Borderie écrit dans son  Histoire de la Bretagne: Le Plou, c’est proprement et primitivement la petite colonie formée par la bande bretonne émigrée, s’établissant, au sortir des barques fugitives, sous la direction d’un brave guerrier, chef temporel, d’un pieux moine, chef spirituel de cette petite communauté formée sur la terre d’ exil par la communauté de malheur. Sur cette terre, le PLOU remplace le CLAN…

Voici donc Néventer et ses compagnons qui, débarqués en Armorique, s’enfoncent à l’intérieur des terres à la recherche d’un asile. Ils vont le trouver non loin de la villa romaine de Kérilien, et là, ils établissent un « PLOU  » qui, pour l’Histoire, deviendra PLOUNEVENTER. A noter que le terme Plou est issu du latin plebs, plebis, « peuple, gens », même étymologie que plèbe en français. Mais bon, pour compliquer les choses, sachez qu’en breton, Plou se dit Gwi mais… C’est une autre histoire.

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

Rue des blancs-manteaux…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS, TRADITION

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Amis de la paracentèse bilatérale et de la foire à Neuneu réunies, bonjour ! Nous sommes bien le Mardi 02 mai 2017, treizième jour de Floréal dédié au bâton d’or (c’est une sorte d’espèce de genre de giroflée), jolie plante qui fleurit au printemps sur les vieux murs où elle épanouit ses fleurs jaune orangé d’une odeur délicieuse, recherchées macaronésiepar les abeilles. Si je vous dis qu’il s’agit d’une plante  de la famille des Brassicacées qui inclut les giroflées, dont beaucoup sont originaires de Macaronésie, ça vous la baille belle non ? Encore que je soupçonne certains d’entre vous de faire semblant de prendre la Macaronésie pour un pays de nouilles comme d’autres prennent l’helvétie pour une lanterne… Bon, allez, je vous dis tout: la Macaronésie est un ensemble formé par plusieurs groupes d’îles disséminées au large du continent africain, dans le nord-est de l’Atlantique. Le nom de Macaronésie signifie « îles fortunées » … ce nom leur a été attribué par les géographes de la Grèce antique, qui désignaient sous ce vocable les îles situées à l’ouest du détroit de Gibraltar.

Par ici on célèbre les Avoye. La légende raconte que Sainte Avoye est venue d’Angleterre, remontant la rivière d’Auray (56) dans un mortier de granit rose. Oui, c’était ainsi à l’époque, les saints dans le granit bleu, les saintes dans le granit rose. Devant le Jubé, les visiteurs peuvent se recueillir devant la fameuse pierre; par ailleurs, l’orthophoniste se faisant rare en Morbihan, ils y déposent leurs enfants ayant des difficultés à parler ou à marcher. Eponyme de Sainte-Avoye en Pluneret ste avoye 001- format web(56), cette sainte aurait été l’une des compagnes de sainte Ursule. Jetée en prison par un chef barbare, elle aurait été décapitée à cause de sa vertu. Voilà comment on peut perdre la tête à ne pas vouloir perdre sa virginité. Un ordre de religieuses placé sous son patronage s’était établi à Paris, dans le quartier du Temple, vers 1288. La chapelle abrite une pièce rare : un jubé polychrome de style Renaissance entièrement sculpté. En bois de chêne, il sépare le chœur de la nef et délimite l’espace réservé aux seigneurs et au clergé (le chœur) de celui réservé aux fidèles (la nef).

A Paris, le quartier Sainte-Avoye est derrière celui de la Grève, dont il est séparé, au midi, par une partie de la rue de la Verrerie. Il est borné, à l’orient, par le quartier Saint-Antoine ; au nord, par celui du Temple ; et à l’occident, par celui de Saint-Martin. [...] Si l’on entre dans la petite rue de l’Homme-armé, on arrivera bientôt à la rue des Blancs-blanc manteauxmanteaux, qui traverse celle de Sainte-Avoye dans la vieille rue du Temple. C’est là qu’on trouve le couvent des Blancs-manteaux, où un étranger, qui y est attiré par la curiosité, est bien étonné de voir des moines noirs, tels que les bénédictins de la congrégation de Saint-Maur. C’est que cette maison était autrefois habitée par d’autres religieux qui portaient des manteaux blancs. Quant à la rue des Blancs-Manteaux elle-même, elle fut pendant la Révolution le théâtre de massacres, immortalisés dans une chanson écrite par Jean-Paul Sartre et chantée par Juliette Gréco sur une musique de Joseph Kosma.

Voici comment des îles fortunées nous arrivons à la rue des blanc-manteaux. Etonnant, non ! Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

En Mai fais ce qu’il te plaît…

Posté par erwandekeramoal dans HUMEUR, TRADITION

Amis de la blanche hermine et du kig ha farz réunis, bonjour ! Votre calendrier des postes ne vous trahit pas, nous sommes bien le Lundi 1er mai 2017, douzième jour de Floréal dédié au sainfoin. Le 1er mai c’est, rappelons le, la fête des travailleurs et non pas, la fête du travail. Mais c’est aussi, ancrée dans la mémoire collective, la fête de la nature, du renouveau de la renaissance. Chez les Celtes, c’est Beltan.

Or donc, ce 1er mai  les prolétaires du monde entier, répondant aux vœux du grand père Karl et du grand oncle Vladimir, ignorant souvent les martyrs de Haymarket, s’unissent religieusement devant leurs petits écrans pour suivre les avatars d’un prince de la perfide Albion ou se 1er-Mai-228x300pâmer devant vingt et deux bonhommes en short à moins qu’ils n’aient les yeux de Chimène pour la gagnante endimanchée d’un télé-crochet à deux balles… Alors que les anciens Celtes fêtaient Beltan (le feu de Bel), saluant la lumière et la connaissance, leurs descendants décérébrés du XXIè siècle se complaisent devant les atermoiement des millionnaires en culottes courtes du PSG ou l’insoutenable spectacle du dernier voyage de mystiques népalais quand ce n’est pas celui de ces étranges étrangers, migrants vers nos eldorados comme on s’embarque pour l’Olympe éthéré, là où festoient les saints, les anges et tous les élus.

Dans les siècles passés, cette frénésie de la célébration de l’énergie vitale donnait lieu, parmi les jeunes gens, à des rites champêtres et à des jeux propres à leur âge… Sous prétexte de cueillir l’aubépine, on les feux-de-beltan-300x202envoyait dans les bois et les prés où ils passaient la nuit en jeux amoureux. On appelait ça « Faire le Mai », et comme le disait fort à propos mon aïeule: « y-a pas d’mal à faire le mai !» .  L’église chrétienne, surtout catholique, qui n’aime pas beaucoup que les garçons et les filles s’aperçoivent très tôt qu’ils sont faits les unes pour les autres, jugeant ces pratiques scandaleuses tenta de les éradiquer en faisant du mois de Mai le mois de Marie, obligeant ainsi à remplacer un hymne à la vie par une célébration de la virginité et de la chasteté… C’est-y pas malheureux !  

Faut-il que les capacités intellectuelles et spirituelles de notre pauvre humanité en soient réduites à leurs plus simples expressions pour que nous soyons condamnés à de telles extrémités. Ce spectacle des foules apoplexiques devant les contes de fées aurait tendance à me renforcer dans mes certitudes, au risque d’y perdre mes illusions: ces gens là ont vérité-mensonges-300x220ce qu’ils méritent !!! Faut-il que les médias, publics et privés, soient définitivement aux ordres de l’oligarchie régnante pour que par milliards, oui, par milliards, la gent humaine s’ébaubisse de la sorte devant les fastes de la royauté, l’apparat de la papauté, les prétentieux falbalas des puissants de ce monde. Faut-il que notre éducation, en laquelle Jules Ferry voyait le creuset de l’émancipation, ait échoué dans ses missions, pour que l’aveuglement des masses atteigne un tel niveau himalayesque. Alors que dans une semaine le peuple souverain va devoir choisir son prochain président; je continue à m’interroger sur ses capacités à exercer ce droit, alors que son niveau de réflexion est à peu près égal à celui d’un buffet de cuisine.

J‘en étais là de mes réflexions lorsque j’ai aperçu le petit marchand de muguet sur son coin de trottoir… Ah, tradition, quand tu nous tiens ! Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

A la pêche aux moules, moules, moules…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

Amis de la tradition celtique et du homard à l’armoricaine réunis, bonjour ! Nous sommes le Lundi 20 Mars 2017, trentième et dernier jour de Ventôse dédié au plantoir. Et voici l’équinoxe de printemps, à 10h28 et 38 secondes très précisément ! . La durée du jour sera égale les dames et les haveneauxà celle de la nuit. Jour important pour ceux qui ont tendance à perdre le Nord car il permet de situer avec précision les points cardinaux, ce jour-là le soleil se lève plein Est et se couche tout à fait à l’Ouest. (j’en connais d’autres complètement à l’Ouest mais c’est une autre histoire). Mais, équinoxe rime aussi avec grandes marées et donc, pêche à pied. Hélas il y a maintenant plus de monde sur l’estran que sur les grands boulevards.

Chez les celtes, jour d’importance attaché à Onn (l’ajonc). Ostara appelé aussi Oestara, Jour d’Éostre, Rite d’Éeostre+-213x300ostre, Alban Eilir , festival des arbres… L’équinoxe de printemps est un moment fugace, instant qui marque l’équilibre entre le jour et la nuit, un passage où les forces de la lumière augmentent. On perçoit l’influence nordique de cette fête, avec le nom qu’on lui donne généralement : Ostara. En effet, il provient d’Eostre : une Déesse germanique de la fertilité à qui on faisait des offrandes d’œufs peints pour assurer la venue du printemps. Cette porte de l’année était aussi associée à la déesse romaine Aurora, à la déesse Grecque Èos, à la déesse hindou Ushas (toutes dérivées du prototype indo-européen du nom de Hausos).

Chargé de symboles païens, l’équinoxe de printemps est toujours fêté aujourd’hui. Nous mangeons des lapins en chocolat (le lièvre est l’animal sacré d’Éostre en tant que symbole de fertilité), des poules et des œufs. Le mot Easter qui signifie Pâques en anglais vient d’ailleurs du nom de cette Déesse. La symbolique de l’œuf est très chargée. En effet, il détient en lui la genèse du monde, il est une réalité primordiale ostara_goddess-300x225qui contient en germe la différenciation des êtres. En Égyptien le mot œuf est féminin et « de lui le Dieu jaillira, il organisera le chaos en donnant naissances aux êtres différenciés (Il est à la fois Fils et Père)». On retrouve ce symbole dans de nombreuses religions et son sens est toujours le même. L’œuf est souvent une représentation de la puissance de la lumière. Ainsi il apparaît comme un des symboles de la rénovation périodique de la nature. Mais attention il n’est pas autant naissance que re-naissance, c’est le retour, la résurrection (d’où la récupération de la fête pour la Pâques chrétienne : mort et résurrection de Jésus.). Les comités des fêtes qui organisent aujourd’hui des « chasses aux œufs », ne se doutent pas qu’ils perpétuent ainsi une très vieille et très ancienne tradition païenne.

Allez, voila pour aujourd’hui, portez vous bien et à demain peut-être.

Les racines du mâle…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

Amis de La sorcellerie pour les nuls et des autos tamponneuses réunies, bonjour ! Nous voici le Samedi 11 mars 2017 c’est à dire le 21 de Ventôse qui était généralement dédié à la Mandragore. Les anglais disent Mandrake, d’où le nom du fameux magicien de Phil Davis. A noter qu’en France, la société Mandriva Linux avait initialement choisi lecueillette_mandragore-217x300 nom Mandrake Linux pour son produit phare, avant de devoir y renoncer suite à un procès. Si l’on en croit les Kabbalistes, l’origine de cette plante mystérieuse remonte bien avant le Déluge. Les Mandragores, selon eux, sont les fruits de la solitude d’Adam. A l’époque où Dieu se creusait la cervelle à créer un monde qui ressemble à quelque chose, le premier homme, avant la création de sa compagne, étendu sous l’Arbre de la Science du Bien et du Mal, mollement caressé par les vents chargés des effluves d’une nature en plein essor génésique, sentait sourdre dans son sommeil un trouble causé par l’attente et le désir. Et au cours de ses songes, il perdait sa semence qui fertilisait le sol. Et voila pourquoi, les gentils abbés, expliquent aux petits nenfants, en évitant de les tripoter, que l’oisiveté est mère de tous les vices…

Vers 1520, Machiavel, grande figure de la Renaissance, secrétaire de la machiavelRépublique libre de Florence, humaniste, historien, diplomate et républicain convaincu, en a fait une pièce de théâtre. Extrait du prologue: « L’histoire s’appelle “la Mandragore”, et vous saurez pourquoi en nous voyant jouer, du moins je le suppose. L’auteur n’a pas grand renom et pourtant, s’il ne vous fait pas rire, il veut bien payer à boire. Un amant pitoyable, un juriste sans astuce, un moine dissolu, un parasite qui est l’enfant chéri de la Malice, voilà pour vous distraire en ce jour. ». Les effets hallucinogènes remarquables de la plante, ainsi que la capacité qu’ont ses principes actifs de pouvoir aisément traverser la peau et de passer dans la circulation sanguine, explique certainement pourquoi les sorcières du Moyen-Age, qui s’enduisaient les muqueuses et les aisselles à l’aide d’un onguent à base de mandragore, entraient en transe.

Bon allez, je profite de l’éclaircie pour continuer à rafistoler ma grange, par la tempête emportée. Portez vous bien et à bientôt peut-être.

Giroflé-Girofla…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

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Amis de la poésie et du fromage de chèvre réunis, bonjour ! Nous sommes le Samedi 04 mars 2017, 14è jour de ventôse dédié au Vélar encore nommée fausse giroflée. Cela me rappelle une chanson que m’apprenait mon aïeule il y a de cela… Ah oui, quand même !

Les paroles sont de Rosa Holt (1935 ), poétesse allemande angirofle-giroflati-nazie. Elle dénonce l’atrocité de la guerre pour le peuple au moment de l’arrivée de Hitler au pouvoir alors que le nationalisme se développe et que la jeunesse est embrigadée dans l’armée. La musique est d’Henri Goublier fils, inspirée de la ronde enfantine traditionnelle du même nom dont j’ai retrouvé trace dans un très ancien numéro de Lecture pour tous. Les paroles en sont beaucoup plus « gnan-gnan » et animaient un jeu d’extérieur pour jeunes filles en fleur. La  version pacifiste et antimilitariste quand à elle, fut notamment interprétée plus tard par Yves Montand; ce qui contribua beaucoup à son succès.

 

Voila, ce sera tout pour aujourd’hui car j’ai fort à faire. Portez vous bien et à bientôt peut-être.

Chaman où es-tu ?

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

Amis de la Normandie et de St Gabin réunis, bonjour ! Nous sommes le Dimanche 19 février 2017 et, si l’on en croit le calendrier républicain, nous sommes le 1er jour de Ventôse dédié au tussilage. Cette plante Tussilago_farfara_jfgqui fait penser un peu au pissenlit est une des plus ancienne utilisée dans la médecine traditionnelle. Elle est particulièrement réputée pour ses propriétés antitussives d’où son nom, tussilage. Les chinois l’utilisaient déjà sous la dynastie des Han pour lutter contre l’asthme. On en parle dans un ouvrage qui s’intitule Classique de la matière médicale du laboureur céleste et qui sert encore de référence aux médecins traditionnels asiatiques. Pline l’ancien lui même en recommandait l’usage sous forme d’inhalation pour chasser la toux.

Et comment ne pas relever cette anecdote amusante qui fait irrésistiblement penser aux facéties de nos korriganed bretons: Les Koropokkuru (homme sous les pétasites en langue aïnoue – à droite sur la photo) sont des « lutins » de la mythologie Aïnoue, population 220px-Koro-pok-guru_photo_01aborigène vivant au nord du Japon et à l’extrême Est de la Russie. Ces êtres mythologiques habitent sous terre et dans les tiges des feuillages du tussilage et des pétasites. De la taille d’un pied d’enfant, ces « lutins » sont à proprement parler des kamuys (« esprits » en langue Aïnoue) végétaux. Établis dans les forêts, ils apparaissent au voyageur perdu pour le guider sur sa route.

Mon aïeule m’a raconté qu’autrefois, lorsqu’on avait perdu quelque chose, il suffisait de se rendre à la résidence d’un korrigan au goblincommencement de la nuit, et de dire: ” Poulpican, j’ai perdu tel ou tel objet.” Le lendemain on le retrouvait à sa porte. Celui-ci sur la photo de gauche est un Teuz, sorte de génie domestique chargé de veiller sur la maisonnée; chez nous son effigie trône fièrement sur la cheminée et, il est hors de question de ne point le saluer en entrant dans la maison… Il provient de L’atelier des Goblins à Quemper-Guézennec (22) sur les bords du Leff. Aujourd’hui les humains ne savent plus où réside le petit peuple. Quoique… Si vous passez du côté de Plaudren (dans le Morbihan), auprès du petit bourg de Locqueltas, il est une lande appelée Motenn-Dervenn. Suivez le chemin de terre au Sud-est jusqu’à… Je ne peux en dire davantage. Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

Le lièvre cornu…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

Amis de l’éthologie et de la terrine de lièvre réunies, bonjour ! Nous sommes le Lundi 13 février 2017, 25è jour de pluviôse dédié au lièvre. Bel animal qui a tendance à se faire rare dans nos contrées. Il est très prDURRER JAésent dans l’imagination populaire de nombreuses civilisations : En Europe de l’Est, c’est le Wolpertinger, aux États-Unis d’Amérique, le Jackalope ou encore, Leuk le lièvre au Sénégal… Animal improbable et souvent cornu, il animait les soirées un peu comme le Dahu. La légende le dit très farouche et difficile à observer, d’ailleurs on n’a jamais pu capturer de spécimen vivant. En revanche on peut l’entendre, puisqu’il imite la voix humaine à la perfection. Les cowboys avaient parfois la surprise, le soir autour du feu, d’entendre leurs chants répétés fidèlement par une voix aux alentours.

Douglas dans le Wyoming est la capitale du jackalope. Chaque année, la première semaine de juin, la ville organise le Jackalope Day. Une statue géante de l’animal fabuleux se dresse dans le centre de Douglas. La chambre de commerce délivre à cette occasion des permis de chasse aux Jackalopes ( valable uniquement le 31 juin !) la réglementationpoule-charrue stipule que la chasse ne peut se faire qu’entre minuit et deux heures du matin par un chasseur ayant un QI inférieur à 72… Une rumeur affirme que sa viande a un goût semblable à celui du homard. Ah, on voit d’ces trucs madame Michu et pas seulement des éléphants roses après maintes libations. Au train où vont les choses on ne devrait pas tarder à voir un oranger sur le sol irlandais. Chez nous on a des poules tout aussi improbables comme le démontre cette photo. Les mauvaises langues y verront surement le résultat d’une alimentation à base de maïs transgénique.

Sans juger nous jugeons, estant notre raison
Là-haut dedans la teste, où, selon la saison
Qui règne en nostre humeur, les brouillars nous embrouillent
Et de lièvres cornus le cerveau nous barbouillent .

Mathurin Régnier 1573 – 1613

Allez, merci d’être passé par ici, portez vous bien et à demain peut-être.