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En avant la musique…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

Amis de la métaphore et du Sèvre et Maine réunis, bonjour !

Nous sommes le jeudi 09 août 2012, autant dire que les jours raccourcissent, celui ci correspond au 22 de thermidor et était dédié au câprier.

C‘est cet arbuste méditerranéen dont les boutons floraux, confits dans le vinaigre, donnent les fameuses câpres. En Crête, les feuilles du câprier commun sont utilisées en salade. Par ailleurs, les racines et l’écorce trouvent leur utilité dans la pharmacopée naturelle. On dit que ses grandes et belles fleurs très odorantes ne vivent qu’une seule journée. Avant de préparer votre tartare soyez vigilant, les vraies câpres sont vendues sous l’appellation « câpres surfines » sinon, il s’agit souvent de boutons de capucine préparés de la même façon mais beaucoup moins chers évidemment.

Tout à fait autre chose.

En Bretagne, le 9 août on fête les Herlé, nom d’un petit saint de seconde catégorie qui a laissé son nom à la commune de Ploaré (plo Erlé) dans le Finistère. C’est d’ailleurs, à ma connaissance, la seule trace que l’on trouve de ce saint. Quimperlé par exemple n’a rien à y voir et vient de Kemper (confluent) et Ellé, une des rivières qui traversent la ville. La commune de Ploaré est considérée comme le berceau rural de Douarnenez. Les deux ne forment plus qu’une seule et même commune depuis l’après guerre. Herlé est représenté en diacre portant la dalmatique dans l’église paroissiale, un livre dans une main et la palme du martyre dans l’autre. Mais, Herlé évoque pour moi l’harmonie municipale qui portait son nom, on disait « la Cipale ». C’est elle qui ouvrait le défilé le jour de la fête des écoles (laïques évidemment). Elle était dirigée par François Cuadrat puis par son fils Fernando, famille de réfugiés républicains espagnols qui trouvèrent asile en terre bretonne. J’en ai retrouvé une photo amusante où l’on voit sous le porche de l’église de Ploaré, les retrouvailles d’un républicain espagnol et d’un représentant de la sainte église. Alleluhia !!! Aujourd’hui, la fanfare de Douarnenez ça ressemble à ça et elle se nomme « à bout de souffle »:

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Bon, je l’ai déjà dit, l’été je paresse un peu alors que durant le reste de l’année, je fainéante beaucoup. Du coup je m’autorise à remettre en ligne des billets déjà parus; c’est le cas de celui-ci. Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

Santez Anna ar Palud…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS, TRADITION

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Amis de la cuisse de grenouille et de celle de Jupiter réunies, bonjour !

Voici venu le 26 juillet, 8ème jour de thermidor consacré au Carthame. Le carthame des teinturiers ou Safran des teinturiers, parfois appelé Safran bâtard, est une plante originaire d’Égypte, dont le nom dériverait d’un mot arabe qurtum. Elle produit un fruit, un akène oléagineux, dont les graines sont utilisées dans l’élaboration des huiles alimentaires ou de massage (la fameuse huile de carthame) qui sont parfois intégrées à des produits cosmétiques pour les cheveux. Cette huile au parfum prononcé est surtout utilisée à froid. Non raffinée, elle a une légère saveur de noisette et sa couleur se rapproche du jaune ambré foncé, tandis que raffinée, elle ne présente aucune saveur et sa couleur est plutôt jaune pâle. Bon, maintenant, je dis ça…

Tiens, c’est la sainte Anne !

En breton, sainte Anne est surnommée « Mamm gozh ar Vretoned », c’est-à-dire la grand-mère des Bretons. Des légendes la décrivent comme originaire de Plonévez-Porzay. Anatole Le Braz publie un récit dans laquelle Anne est mariée à un seigneur cruel et jaloux, qui lui interdit d’avoir des enfants. Lorsqu’elle tombe enceinte, il la chasse du château de Moëllien. Son errance avec la petite Marie la conduit à la plage de Tréfuntec où l’attend un ange, près d’une barque. Selon la volonté de Dieu, l’ange l’amène jusqu’en Galilée. Bien des années plus tard, la petite Marie qui s’est bien dégourdie épouse Joseph un gaillard du coin, charpentier de son état. Tout allait bien dans le ménage jusqu’à l’apparition d’un certain Gabriel et, vous connaissez la suite.  Anne revient en Bretagne pour y finir sa vie dans la prière et distribuer ses biens aux pauvres.  Son corps aurait disparu après sa mort, mais des pêcheurs auraient retrouvé une statue à son effigie en baie de Douarnenez. Celle-ci, installée près de l’endroit où Jésus avait fait jaillir une source, est devenue le but du plus ancien pèlerinage consacré à Sainte Anne et a pris le nom de Sainte-Anne-la-Palud. Le Grand Pardon qui, depuis l’antiquité, rassemble des milliers de pèlerins, le dernier week-end d’août de chaque année, est certainement le plus authentique et le plus ancien d’Armorique comme disent les dépliants touristiques. J’ai dans l’idée qu’il s’agit là d’une résurgence de l’ancien culte Celte dédié à Dana la déesse-mère des Tuatha de Danann. Les publicistes évangélistes de l’époque ne reculaient devant rien pour convaincre le petit peuple. Alors, expliquer aux Bas-bretons que la grand-mère du Christ est née dans le pays Glazik… Même Séguéla il oserait pas un truc pareil.

Lpardon de Sainte Anne, pour nous autres jeunes douarnenistes, faisait partie de ces rites initiatiques qui ouvraient les portes entre l’enfance et la jeunesse. On s’y rendait en bande en suivant le littoral entre la plage du Ris et celle de Ste Anne. C’était en quelque sorte le festival des vieilles charrues de l’époque. On couchait à même les dunes et on buvait en trois jours plus de bière et de cidre qu’un moine en six mois… C’était aussi bien souvent l’occasion de connaître ses premiers émois sous le regard complice de Mamm Goz ar vretoned. Car bien évidemment c’est l’aspect profane qui déplaçait les foules, quand bien même chacun faisait mine de croire que c’était la dévotion ; y compris les parents qui nous donnaient la permission de découcher puisque c’était pour la « bonne cause ». Aujourd’hui tout cela est loin et l’évènement se limite à une sortie pour les pensionnaires des maisons de retraite…

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

Et voici thermidor…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE, TRADITION

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Amis de l’ornithologie et de l’ortolan braisé réunis, bonjour !

Nous sommes bien le jeudi 19 juillet 2012 qui correspond au 1er jour de Thermidor dédié à l’épeautre. Comme disait mon aïeule, qui connaissait l’évangile de Matthieu sur le bout des doigts de pieds: regarde l’épeautre dans ton oeil avant la paille dans le mojito de ton voisin…

Dans la première mouture du calendrier républicain ce mois là avait été nommé fervidor, du latin fervidus, brûlant. Mais, allez savoir pourquoi, Fabre d’Eglantine décida de le débaptiser sans autre forme de procès et sans même en informer la Convention. Thermidor a l’inconvénient d’introduire une expression d’origine grecque dans une nomenclature dont tous les autres termes sont latins. Ça c’est pour les puristes. Néanmoins, je retiens que c’est thermidor qui a vu la fin de Robespierre et du même coup de la terreur. Encore deux verres d’absinthe et il l’aurait baptisé Therminador…

La fièvre révolutionnaire eut-elle été moins sanguinaire si Fabre avait conservé le nom de fervidor ? Et si le nez de Cléopâtre…Et si ma tante, oui bon. En tous cas, vous, je ne sais pas mais, personnellement, ce que j’apprécie dans thermidor, c’est le homard…

Justement tiens, aujourd’hui c’est le départ de la flottille de vieux gréements de Brest, cap sur Douarnenez pour « Temps fêtes ». Je me suis déguisé en Kersauzon histoire de me glisser incognito à bord d’une chaloupe sardinière. Je vous tiendrais au courant de ce retour de noces finistérien en diable. Je triche un petit peu, la photo date déjà de quatre ans lors du passage des « Tas de pois ». Cette année il y aura encore plus de soleil. Si si !

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

 

L’acacia m’est connu…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT, TRADITION

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Amis du matérialisme dialectique et de la crêpe suzette réunis, bonjour !

Pour le 2 juin, 14è jour de prairial, les républicains avaient décidé d’en faire le jour de l’acacia sur leur calendrier. Plante, ô combien symbolique, qui illustre la légende d’Hiram, base de toute initiation aux différentes maçonneries.

Tiens, c’est amusant car c’est un 2 juin en 1743 que vint au monde celui qui allait devenir célèbre sous le pseudonyme de Comte de Cagliostro mais qui s’appelait en vérité Joseph Balasamo. C’était un aventurier qui se prétendait descendant du Comte de St-Germain. Sa carrière fut brisée lors de l’affaire dite du « collier de la reine » où il se trouva engagé par le cardinal de Rohan. Il mourut en 1795, incarcéré depuis de longues années par les bons soins de la Sainte Inquisition. C’est lui qui importa en France la Franc-Maçonnerie dite égyptienne, connue aujourd’hui sous le nom de rite de Memphis-Misraïm.

C’est sous la Grande Maîtrise de Garibaldi, en 1881, après bien des discussions, que les Rites de Memphis et de Misraïm, qui avaient dans la plupart des Pays les mêmes Hauts Dignitaires, fusionnèrent. Cette fusion fut officialisée à Naples en 1899 et prit le nom de « Rite Oriental Ancien et Primitif de Memphis-Misraïm ». Garibaldi fut souvent désigné comme « véritable citoyen du Monde » et défini comme « Chevalier de l’Humanité”. Il était avant tout un « rassembleur » estimé pour sa sincère abnégation, son intégrité et son courage. Il eut un grand rêve : « Les Etats-Unis d’Europe ». Il prônait l’unité entre les hommes et était convaincu de la nécessité de lutter « pour l’Humanité et la Liberté en général ». C’est au cours de la défense de Montévidéo que les troupes italiennes qu’il commande vont endosser les fameuses chemises rouges qui vont tant contribuer à asseoir son mythe.

Adversaire irréductible de l’Eglise romaine, il réclamait la séparation de l’Eglise et de l’Etat. Il voulait introduire l’instruction obligatoire, gratuite et laïque en supprimant les congrégations religieuses ; cependant, il refusait l’athéisme, l’indifférence et le « misérable matérialisme »; Victor Hugo écrivit de lui : « Garibaldi, qu’est-ce que Garibaldi ? C’est un homme, rien de plus. Mais un homme dans toute l’acception sublime du mot. Un homme de la liberté, un homme de l’humanité ».

Son testament est aussi bref qu’éloquent: »Je lègue : mon amour pour la Liberté et la Vérité ; ma haine du mensonge et de la tyrannie « .

Voilà donc pour ce 1000è billet posté sur « les cénobites tranquilles ». Comme disent les « oscarisés », je remercie Dieu, mon père ma mère, mes frères et mes soeurs, toute l’équipe technique de « MagicStudio », mon producteur, les lapins de Keramoal, ma fiancée, et surtout votre fidèle indulgence. Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

 

Keben Lokorn…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS, TRADITION

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Amis de l’histoire bretonne et de la randonnée pédestre réunies, bonjour !

Nous sommes le vendredi 1er juin, 13è jour de Prairial dédié au Pois. En Bretagne on célèbre (ou pas) les Ronan, ce qui, convenez-en, n’a strictement rien à voir …

Mon aïeule, qui avait une vision toute particulière de la pédagogie, attendait toujours les soirs d’hiver noirs et orageux pour nous conter l’histoire de « la Kében de Lokorn » et de Ronan. Ce dernier, copain comme cochon avec Patrick quitta sa terre d’outre-Manche
pour s’installer en Armorique et plus précisément dans le bois de Névet, non loin de
Quimper. Il vivait là en anachorète seulement assisté de temps à autre par un brave fermier. la femme de celui-ci « Kében« , qui dit-on fricotait avec le Diable, qui lui, avait sa résidence au Juch, dénonça le saint homme l’accusant de sorcellerie et d’avoir fait mourir sa fille. Voici ce qu’en dit Albert le Grand (1636) « Les yeux chassieux de quelques Chrêtiens débauchez, ne pouvans supporter l’éclat des vertus dont l’Ame de saint Ronan estoit ornée, l’accuserent malicieusement & à tort devant le Roy Grallon (lequel estoit lors à Kemper), le calomniant d’estre Sorcier & Negromantien, faisant comme les anciens Lycantrophes qui, par magie & art diabloique, se transformoient en bestes brutes, courroient le garou & causoient mille maux par le Païs. L’Enfant d’une femme du voisné estant mort, ils persuaderent à la mere du defunt que le Saint, par ses sorcelleries, avoit tué son fils & l’amenerent à Kemper, où, en presence du Roy & de toute la Cour, elle demanda justice de saint Ronan. »

Vous imaginez la suite, le saint, en deux temps, trois mouvements et un signe de croix ressuscita la fille, pardonna à la mère et se retira dans sa forêt avec la bénédiction du roi Gradlon. A sa mort, pour savoir où l’enterrer, on mit son cercueil sur une charrette tirée par deux bœufs, et on les laissa aller. Sur le chemin la charrette rencontra Kében, qui lavait des vêtements, elle en profita pour se moquer du saint. Alors la terre s’ouvrit et aspira Kében dans les flammes et la fumée dans un lieu désormais dénommé « la tombe de Kében ». Il est quand même ajouté que Kében brisa la corne d’un buffle du convoi funéraire et la corne tomba en haut de la montagne en un lieu qui existe encore et désigné comme : Plas-ar-Horn, la place de la Corne. Depuis, on fête saint Ronan en la commune à qui il a donné son nom Locronan: Sa fête fait l’objet d’un pèlerinage  en juillet de chaque année. Ce jour-là, en mémoire du saint, les fidèles en procession font le tour des limites de l’ancien prieuré bénédictin fondé au XIe siècle et qui était lieu d’asile (minic’hi en breton). Cette procession est appelée la « troménie », (du breton tro-minic’hi, le tour de l’enceinte sacrée). Tous les six ans a lieu la grande troménie (12Km)…

J‘ai souvenance d’un estaminet qui s’appelait « Tal ar variken » et dont le patron, après quelques verres de chouchenn, se plaisait à raconter l’histoire de la Kében.

Allez, voilà pour aujourd’hui, portez vous bien et à demain peut-être.

Merveilleuse Angélique…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

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Amis de l’anarchisme serein et du Saint-Pourçain réunis, bonjour !

Nous sommes le mercredi 23 mai de l’an 2012, c’est le quatrième jour de Prairial dédié à l‘Angélique. Rien à voir avec Michelle Mercier qui était encore toute petite à l’époque des faits…

L’angélique, dite encore “herbe aux anges”, doit son nom à ses prétendues vertus magiques. Cette ombellifère géante passait en effet pour conjurer les envoûtements et les sorciers ne résistaient pas à sa bonne odeur. Accrochée au cou des enfants, elle les protégerait en particulier des maléfices de toute nature. Mais elle pouvait également servir d’amulette aux adultes.

Les médecins de la Renaissance la surnommaient “racine du Saint-Esprit”, à cause de ses “grandes et diverses propriétés contre de très-graves maladies”. Ainsi Paracelse (1490-1541) rapporte-t-il que, lors des grandes épidémies de peste de 1510, de nombreux Milanais furent sauvés grâce à ses prescriptions : de l’angélique en poudre dissoute dans du vin. Selon Olivier de Serres (1539-1619), la précieuse plante “sert à tenir la personne joyeusement”. Je connais d’autres plantes qui remplissent aussi cet office mais on me dit qu’elles ne sont pas en vente libre…

Édité en 1716, un Dictionnaire botanique et pharmaceutique à durable succès qualifie l’angélique de “stomacale, cordiale, céphalique, apéritive, sudorifique, vulnéraire. Elle résiste au venin. On l’emploie pour la peste, pour les fièvres malignes, pour la morsure du chien enragé, à laquelle on l’applique en cataplasme. On en avale un dragme** contre la peste, qui chasse le venin par la sueur.” Un Niçois qui mourut en 1759 à l’âge de 123 ans et trois mois (cela reste à vérifier !) attribuait sa longévité à son habitude de chiquer de la racine d’angélique en guise de tabac…L’angélique (Angelica archangelica) pousse à l’état sauvage dans les régions septentrionales et en Europe centrale. Elle n’est plus guère cultivée pour la confiserie et la liquoristerie qu’à Niort et dans la plaine de la Limagne.

**Le dragme était la huitième partie de l’once. Cela vient du Grec Drakma (quatre grammes et 30 centigrammes) qui a donné le nom de la monnaie Drachme dont les Grecs vont peut-être redécouvrir tout le charme…

Bon, maintenant, moi je vous raconte cela, je dis rien… Allez portez vous bien et à demain peut-être.

 

CARPE DIEM…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

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Amis de l’ichtyologie et du sandre au beurre blanc réunis, bonjour !

Puisque nous sommes le 14 mai, 25 de floréal, célébrons la carpe puisque les républicains lui ont dédié ce jour.

 

Selon une légende chinoise, les carpes du fleuve jaune, après avoir remonté le fleuve, s’envoleraient vers le ciel en se transformant en dragons. Cette légende serait à l’origine des koi nobori, qui représentent plus généralement la force et la persévérance des carpes qui remontent à contre-courant les rivières et cascades. Les Koinobori signifiant comme chacun le sait, « banderole de carpe » en japonais, sont des manches à air en forme de carpe Koï hissées au Japon pour célébrer Tango no sekku , évènement traditionnel qui est désormais une fête nationale, le Kodomo no hi (jour des enfants).

Ces bannières sont accrochées le long de perches en bambou, La première et la plus large, magoi, est noire et représente le père ; la deuxième, higoi , est rouge et représente la mère, puis l’on ajoute une carpe pour chaque enfant de la famille. Parfois, on suspend aussi des rubans rouges et blancs ou une manche à air multicolore symbolisant les flots des rivières.

Après Fukushima et avant la prochaine catastrophe, les japonais doivent surtout se dire aujourd’hui, CARPE DIEM en relisant le célèbre poème d’Horace:

Tremble, Leuconoé, de chercher à connaître
L’heure de notre mort; fuis les calculs pervers
De Babylone. À tout il vaut mieux se soumettre
Que Jovis te concède encor d’autres hivers,
Qu’il les borne au présent, dont mugit l’onde étrusque,
Sois sage, emplis ta cave, et d’un si court chemin
Ôte le long espoir. Je parle, et le temps brusque
S’enfuit. Cueille le jour, sans croire au lendemain.

Cultureux, le cénobite aujourd’hui… Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

 

L’essaim de glace…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

Amis de la tradition et de la saucisse de Molène réunies, bonjour !

Nous sommes le vendredi 11 mai, le furieux s’apprête à rendre les clés après état des lieux et c’est le 22è jour de Floréal dédié à la Fritillaire. Oui bon, y’en a pas beaucoup par ici, je crois que du côté de Nantes on appelle cela la Cogane (Jancyves pour vérification). Et puis tiens, voici la période des saints de glace. Ici cette année ils ont les pieds dans l’eau et pas qu’un peu. Comme disent, une fois encore les nantais: ça jette l’eau !

Les saints de glace sont traditionnellement fêtés les 11, 12 et 13 mai de chaque année. D’après les croyances populaires d’Europe du nord et de la mer Méditerranée, saint Mamert, saint Pancrace et saint Servais sont ainsi implorés par les agriculteurs et mis à contribution pour éviter l’effet sur les cultures d’une baisse de la température qui s’observe à cette période et qui peut amener une période de gel phénomène de la lune rousse. On observe également des zones de gelées région Alsace jusqu’au 25 mai. Une fois cette période passée, le gel ne serait plus à craindre.La plupart des calendriers mentionnent actuellement d’autres saints à souhaiter ces jours-là : Estelle, Achille et Rolande. Le changement date de 1960. L’Église catholique romaine a décidé alors, de « remplacer » les saints associés aux inquiétudes agricoles, réminiscence de paganisme au regard du Vatican, par d’autres saints et saintes qui n’auraient aucun lien avec ces croyances populaires. Mais à quels saints se vouer…J’vous jure !

Cela n’a rien à voir mais, ça me rappelle une dictée qu’adorait nous infliger un instituteur quelque peu sadique: « Cinq pères, sains de corps et d’esprit, et ceints de leur écharpe blanche; portaient sur leur sein le seing du saint père. » J’ai jamais compris pourquoi cela l’amusait… Et comme disait Maïa l’abeille à son cousin qui avait le bourdon: « tout cela laisse l’essaim de glace« . Allez, portez vous bien, soyez indulgent envers les humoristes à quatre sous, et à demain peut-être.


 

Quand le Dourdu devint l’Elorn…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

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Amis de la dragonnade et du suffrage universel réunis, bonjour !

Nous sommes le lundi 07 mai 2012, 18è jour de Floréal dédié à la Corbeille d’or dans le calendrier républicain.

Sans doute eut-il fallu que je consacrasse (imparfait du subjonctif mon n’veu) ce billet aux résultats de l’élection présidentielle mais, considérant que vos gazettes habituelles allaient le faire mieux que moi, je vous invite à explorer la tradition bretonne. Il plaît aux cénobites de ne point suivre les sentiers battus…

 

Vous ai-je déjà parlé de Neventer que l’on fête aujourd’hui en Bretagne (FH 56,35% – NS 43,65%)  En voilà un qui a laissé son nom à la commune de Plouneventer (FH 52,66% – NS 47,34%), en Finistère ( FH 58,87% – NS 41,13%) evel just, et qui est l’archétype du bon saint chassant les vieux dragons des terres païennes. Si l’on en croit le noble et discret messire Le Grand, chanoine de Saint-Pol (FH 54,74% – NS 45,26%), premier conseiller du Duc François II et recteur de Plounéventer en 1412, c’est à dire le propre grand oncle d’Albert Le Grand à qui nous devons un collectage fabuleux des contes et légendes de Bretagne, c’est une véritable épopée que vécurent Neventer et son pote Derrien, de retour des croisades, dans les parages.Tout cela sur les rives de l’Elorn, magnifique rivière à truites et saumons qui prend sa source dans les monts d’Arrée à un kilomètre à peine du Tuchenn-Kador. Ici à droite, c’est une représentation de saint Derrien.

Ces deux saints débarrassèrent la région d’un dragon qui revendiquait chaque jour sa ration de chair humaine. Ce jour là, ils virent le comte Élorn, désespéré par les actes de cruauté du dragon qui dévorait hommes et bêtes dans le pays, se jeter dans le fleuve, car le sort avait désigné son fils Riok, alors âgé de deux ans, pour en être la prochaine victime. La rivière qui portait alors le nom de Dour du (l’eau profonde) devint l’Elorn…   Mais, il semble bien que les personnages de  Néventer et de  Derrien soient nés de l’imagination d’un recteur ennuyé de n’avoir aucune légende à raconter à ses paroissiens ce qui était fort dommageable lorsqu’il s’agissait d’évangéliser tous ces mécréants de basse-Bretagne…Il existe encore une « gwerz » chantée par les bardes locaux et qui conte cette histoire:

 

0 velet e ranken rei 
Voyant qu’il me fallait donner      
Va mab d’ezan da zevori, 
Mon fils à dévorer 
Ker bras e bet va zizesper, 
Si grand a été mon désespoir 
M’oun en em strinket er rivier. 
Que je me suis jeté dans la rivière.

 

Quand à Rioc, le seigneur du patelin, sauvé des griffes du dragon, il a laissé son nom à la jolie petite commune de Riec-sur-Belon (FH 58,92% – NS 41,08%). Ah, une douzaine de Belon et une bonne bouteille de muscadet de chez Cherreau et Carré. Je vous conseille le « vieilles vignes »  le comte de Chasseloir, c’est un vrai délice qui donne au Muscadet ses lettres de noblesse. A droite, le château de La Roche-Maurice (FH 65,91% – NS 34,09%) d’où se serait jeté le Comte Elorn…

Ah, la belle époque où existaient des chevaliers errants pour chasser les malfaisants… Aujourd’hui, on utilise le suffrage universel. Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

 

Le 1er mai appartient à l’Anarchisme…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE, TRADITION

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Amis de la vérité historique et de la quiche lorraine réunie, bonjour!

Nous sommes le mercredi 25 avril, 6è jour de Floréal dédié à l’Ancolie.

 

Puisque nous approchons du 1er mai, et que la grande récupération pour cette date hautement symbolique a commencé; rafraichissons un peu nos mémoires. Il serait fâcheux de se tromper de défilé et de se retrouver, bêlant, dans celui de Sarko ou de Le Pen…

Le samedi 1er mai 1886, à Chicago : cette date, fixée par les syndicats américains et le journal anarchiste « The Alarm » afin d’organiser un mouvement revendicatif pour la journée de 8 heures, aura des conséquences inattendue pour la classe ouvrière internationale. La grève, suivie par 340 000 salariés, paralyse près de 12 000 usines à travers les USA.
Le mouvement se poursuit les jours suivants. Le 3 mai, le meeting qui se tient près des usines McCormick donne ensuite lieu à des affrontements avec les vigiles privés qui protègent les « briseurs de grève ». La police appelée en renfort tire sur la foule, provoquant la mort de deux ouvriers. A gauche, une reproduction de la couverture de « L’assiette au beurre » du 28 avril 1906. Huit heure pour le travail,huit pour les loisirs,huit pour le repos. Slogan inventé par OWEN dès 1810.
Le 4 mai, tout Chicago est en grève et un grand rassemblement est prévu à Haymarket dans la soirée. Alors que celui-ci se termine, la police charge les derniers manifestants. C’est à ce moment-là qu’une bombe est jetée sur les policiers, qui ripostent en tirant. Le bilan se solde par une douzaine de morts, dont sept policiers. Cela déclenche l’hystérie de la presse bourgeoise et la proclamation de la loi martiale. La police arrête huit anarchistes, dont deux seulement étaient présents au moment de l’explosion. Mais qu’importe leur innocence ; un procès, commencé le 21 juin 1886, se clôt le 20 août par sept condamnations à mort. Malgré la mobilisation internationale, quatre seront pendus le 11 novembre 1887 (Louis Lingg s’étant suicidé la veille, dans sa cellule).
Trois ans plus tard, en juillet 1889, le congrès de l’Internationale Socialiste réuni à Paris, décidera de consacrer chaque année la date du 1er mai : journée de lutte à travers le monde.
Le « 1er mai » sera d’abord récupéré par les bolcheviques(1920), puis par les nazis, et enfin par le régime de Vichy (en France), qui le transformera en « Fête du travail », sans jamais réussir totalement à lui enlever son origine libertaire.

Aujourd’hui, Nicolas 1er, par l’odeur alléché et sentant la fin de règne s’approcher, veut faire du 1er mai, la fête du « vrai » travail. Droite et extrême-droite s’entendent comme larrons en foire pour récupérer tous les symboles de ce qui fit et qui fut la classe ouvrière. Ne laissons pas ces rapaces s’emparer de notre héritage.

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.