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Beltan, belle mer…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

Amis de la blanche hermine et du kig ha farz réunis, bonjour ! Votre calendrier des postes ne vous trahit pas, nous sommes bien le mercredi 1er mai 2013, douzième jour de Floréal dédié au sainfoin. Le 1er mai c’est, rappelons le, la fête des travailleurs et non pas, la fête du travail. Mais c’est aussi, ancrée dans la mémoire collective, la fête de la nature, du renouveau de la renaissance. Chez les Celtes, c’est Beltan.

Beltaine est la troisième des quatre grandes fêtes religieuses de l’année celtique, célébrée le 1er mai. Elle vient après Samain et Imbolc et marque la fin de la saison sombre et le images-1début de la saison claire. Elle est en rapport avec Belenos, Lug et Belisama. Le principal rituel de Beltaine consiste en des feux allumés par des druides où le bétail passait afin qu’il soit protégé des épidémies pour l’année à venir. Beltaine marque une rupture dans l’année, on passe de la saison sombre à la saison claire, lumineuse, c’est aussi un changement de vie puisque c’est l’ouverture des activités diurnes : reprise de la chasse, de la guerre, des razzias, des conquêtes pour les guerriers, début des travaux agraires et champêtres pour les agriculteurs et les éleveurs. En ce sens, elle est l’antithèse totale de la fête de Samain. Beltaine est la période de prédilection pour les rites de passage entre les périodes froide et chaude, entre l’obscurité et la lumière, entre la mort psychique symbolique et la renaissance spirituelle. De manière générale, Beltaine est la fête du changement du rythme de vie. Du rythme hivernal, on passe au rythme estival. La fête marque ce passage tant physiquement que spirituellement.

Les récits insistent sur les feux allumés par les druides, prononçant des incantations magiques pendant que l’on fait passer le bétail entre les buchers. Le « feu de Bel » (Belemos) est un feu de purification bénéfique que les druides étaient censés créer par leur magie et leurs incantations. Le Feu de Beltaine est puissant, sacré et fort, celui qui images-2l’allume doit être une personne de pouvoir. Beltaine est l’exaltation du feu, élément druidique par excellence. On suppose que l’assemblée des druides dans la forêt des Carnutes, attestée par César dans La guerre des Gaules, se tenait à l’époque de Beltaine. Lors du rituel de printemps chez les druides, le Hérault annonce: « Dame Korridwen désire présenter la plante symbolique » et elle présente une touffe de trèfle. Le grand druide (Pendragon) répond: « Nous remercions pour ce présent qui signifie le vivant pouvoir des trois rais de lumière…Que le feu du printemps encercle toute la terre » ( Michel RAOULT dans sa thèse sur les rites druidiques a parfaitement décrit le rituel). Dans les siècles passés, cette frénésie de la célébration de l’énergie vitale donnait lieu, parmi les jeunes gens, à des rites champêtres et à des jeux propres à leur âge… Sous prétexte de cueillir l’aubépine, on les envoyait dans les bois et les prés où ils passaient la nuit en jeux amoureux. On appelait ça « Faire le Mai », et comme le dit la sagesse populaire: « y-a pas d’mal à faire le mai ! ». Il y avait également des rites de passages à l’âge adulte pour les adolescents. L’église chrétienne, surtout catholique, qui n’aime pas beaucoup que les garçons et les filles s’aperçoivent très tôt qu’ils sont faits les unes pour les autres (et lycée de Versailles) jugeant ces pratiques scandaleuses tenta de les éradiquer en faisant du mois de Mai le mois de Marie, fete-arbre-liberteobligeant ainsi à remplacer un hymne à la Vie par une célébration de la virginité et de la chasteté… C’est-y pas malheureux ! La République elle, en a fait l’arbre de la liberté dont il subsiste encore quelques restes ici ou là. Lors de la nuit du premier mai, le peuple évitait les lieux « fréquentés » par les fées et autres créatures du Petit Peuple parce que le voile entre leur monde et le nôtre est plus fin lors de la nuit de Beltaine, c’est d’ailleurs la même chose pour la Samain à qui l’on doit sans doute halloween.

Allez voila, maintenant, tous à la manif et au grand mitingue comme disait l’autre. C’est sympa d’être passé un jour férié, portez vous bien et à demain peut-être.

 

L’aubépine

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

Amis des lendemains qui chantent et du vin chaud réunis, bonjour! Vous voudrez bien noter, chers lecteurs, que nous sommes le mardi 23 avril 2013, autrement dit le 4è jour de floréal dédié à l’aubépine. Comme celle-ci à Bouquetot dans l’Eure, et que l’on dit la plus vieille de France, puisque plantée en 1355 au début du règne de Charles V pour aubc3a9pine-de-bouquetot-carte-postale-ancienne-1907célébrer le rattachement de la Normandie à la France…. Ah l’aubépine, outre le fait qu’elle vient souvent au secours du contrepèteur de base, c’est une fleur qui illumine nos talus de la plus belle façon. Que n’a t-on raconté sur cet arbuste si décoratif… Son bois était parait-il le mieux adapté pour fabriquer les pieux qui convenaient pour se débarrasser des vampires. Sa facilité d’hybridation fait qu’on en recense plus de 1200 espèces. D’ailleurs, un jardinier espagnol, Miguel Sulcudor, de la ville de Vigo, s’était passionné pour les greffes sur les aubépines. il greffait de l’aubépine rose, du DownloadedFilepoirier, du néflier, en mélangeant sur un même arbre ces variétés. Il produisait ainsi des arbres qui donnaient des fruits d’un côté et des fleurs de l’autre. Il réalisait aussi des greffes en écusson sur un même tronc en panachant aubépine rose, poirier, néflier, ce qui donnait des arbres où chaque branche était différente. Bref, le mariage pour tous…

 

 Il donna à ces créations le nom de Sulcudus et plusieurs dizaines de ce type d’arbres furent plantées dans les différents parcs et jardins de la ville. Faute d’entretien, beaucoup de ces arbres ont dégénéré et seul subsiste le greffon d’aubépine rose qui a supplanté le reste ; néanmoins, on peut encore admirer quelques magnifiques spécimens de Sulcudus dans le parc de Pontevedra où chaque année au mois de mai, ces arbres se  couvrent de fleurs roses et blanches aubépine et poirier et qui dès août 63968810produisent profusions de belles poires pour le bonheur des promeneurs. En France, des greffeurs amateurs se sont inspirés des créations de Miguel Sulcudor et l’on peut trouver, notamment en Bretagne, sous le nom de « Soulcoudus » des aubépines donnant plusieurs sortes de fleurs et de fruits sur un même arbre.Voilà pour la petite histoire de l’aubépine qui a séduit Marcel Proust lui même dans A la recherche du temps perdu: « je revenais devant les aubépines comme devant ces chefs-d’oeuvre dont on croit qu’on saura mieux les voir quand on a cessé un moment de les regarder … ». Et puis, si le coeur vous en dit, vous pouvez vous lancez dans la culture de l’aubépine bonsaï, c’est très zen !

Allez, je m’en retourne aux champs, comme le sous-Préfet de la fable. Je vous salue, portez vous bien et à demain peut-être.

 

DE LA COUPE AUX LEVRES…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

Amis de la tradition et du merlan en colère réunis, bonjour ! Nous sommes le jeudi 11 avril 2013, date qui correspond au 22è jour de germinal que nos amis républicains avaient dédié à la Romaine (salade). Je vais donc en profiter pour vous parler d’une galloise… En effet,  les celtophiles eux, célèbrent ce jour là Kerridwen. Une drôle de sainte puisque il s’agissait en fait d’une déesse de la très vieille et très ancienne tradition celtique; mais nos évangélistes faisaient feu de tout bois…

Ceridwen, ou Kerridwen (de nombreuses graphies sont possibles), principalement connue en tant que magicienne, était en fait une déesse galloise de la mort et de laCerridwenStatueBronze fertilité. Elle est généralement représentée avec un chaudron. Dans la mythologie celte, le chaudron n’est pas un ustensile utilitaire mais un objet symbolique, chargé de sacralité, et attribut divin (le chaudron du Dagda, le Dieu-Druide). Le chaudron est magique, selon les mythes, il peut être chaudron d’abondance, de résurrection, de science ou de divination. Il est associé à la terre, le chaudron de résurrection est associé au ventre de la mère, où l’homme retourne pour renaître. Quand il est rempli d’eau, c’est l’élément primordial, source de toute vie. La quête du chaudron a inspiré la quête du Graal aux trouvères chrétiens, celui-ci étant un vase d’immortalité. C’est ce même chaudron que l’on retrouve dans les tarots sous forme de coupe…

Rassemblez vous autour de la cheminée et oyez l’histoire de Keridwen.

Femme de Tegid Foel (tedig ar moal en breton), elle donne naissance à deux enfants complètement opposés : Afagddu (castor noir) qui passait pour l’homme le plus laid de imagesla terre, et une superbe fille, Creirwy. Ne parvenant pas à tolérer le handicap de son fils Afagddu, Ceridwen fit bouillir dans un chaudron une potion de connaissance pendant un an et un jour afin de lui permettre de devenir sage et respecté. Elle confia la tâche de veiller sur le chaudron à Morda et Gwion Bac’h, mais une goutte tomba sur le doigt de ce dernier, il le lécha et il reçut ainsi le don à la place de Afagddu. Furieuse, Ceridwen poursuivit Gwion Bac’h qui se transforma maintes fois pour lui échapper. Il finit par se changer en grain de blé et Ceridwen en profita pour le manger. Quelque temps plus tard, elle donna le jour au célèbre poète et druide Taliesin (qui est en fait la réincarnation de Gwion Bac’h). Ceridwen eut un autre fils, du nom de Morfran, qui était si laid que personne ne voulut le combattre lors de la bataille de Camlann car ils le prirent tous pour un démon tant sa laideur était grande.

Voila pour la petite histoire du jeudi. On le voit, la potion magique de Panoramix,images-1 méticuleusement concotée dans son chaudron, a elle aussi ses sources dans notre vieille histoire bien avant que les menhirs ne se transforment en croix, les fontaines sacrées en bondieuseries apostoliques et romaines (re-salade) et les déesses des Tuatha De danann en saintes nitouches…

Et si on s’arrêtait là pour ce jour. La route est longue et le chemin pentu comme disait un ancien premier ministre qui se piquait de philosophie. Merci de votre visite, portez vous bien et à demain peut-être.

 

Les racines du mal…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

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Amis de la pharmacopée et du ris de veau réunis, bonjour !

Nous voici le lundi 11 mars de l’an 2013 c’est à dire le 21 de ventôse qui était généralement dédié à la Mandragore.

Les effets hallucinogènes remarquables de la plante, ainsi que la capacité qu’ont sesimages-1 principes actifs de pouvoir aisément traverser la peau et de passer dans la circulation sanguine, explique certainement pourquoi les sorcières du Moyen Age, qui s’enduisaient les muqueuses et les aisselles à l’aide d’un onguent à base de mandragore, entraient en transe.          Les anglais disent Mandrake, d’où le nom du fameux magicien de Phil Davis. A noter qu’en France, la société Mandriva Linux avait initialement choisi le nom Mandrake Linux pour son produit phare, avant de devoir y renoncer suite à un procès.

 

La plante était également utilisée par les guérisseuses, notamment pour faciliter les accouchements, mais aussi contre les morsures de vipère. En raison de la forme vaguement humaine de sa racine et de ses composés alcaloïdes psychotropes, la imagesmandragore a été associée depuis l’antiquité à des croyances et des rituels magiques. La Mandragore Officinale est devenue, au fil des années, tellement mystérieuse dans le folklore, qu’elle a été par la suite considérée non seulement comme la plus puissante mais également comme la plus dangereuse de toutes les herbes magiques. Elle représente tout ce qui est mystérieux et attirant dans le monde étrange des plantes. A noter qu’elle contient un alcaloïde, la scopolamine, dont on a tiré les premiers sérums de vérité…

Vers 1520, Machiavel, grande figure de la Renaissance, secrétaire de la République libre de Florence, humaniste, historien, diplomate et républicain convaincu, en a fait une pièce de théâtre. « L’histoire s’appelle “la Mandragore”, et vous saurez pourquoi en nous voyant jouer, du moins je le suppose. L’auteur n’a pas grand renom et pourtant, s’il ne vous fait pas rire, il veut bien payer à boire. Un amant pitoyable, un juriste sans astuce, un moine dissolu, un parasite qui est l’enfant chéri de la Malice, voilà pour vous distraire en ce jour. » extrait du prologue.

Il faut bien reconnaître que sa cueillette n’est pas une mince affaire. Paracelse  conseillait d’opérer la nuit du vendredi, lorsque les mandragores sont lumineuses après l’orage, il convient de les rechercher au pied d’un gibet, où le sperme du pendu leur cueillette_mandragoreapporte vitalité, ou sur les places de supplice ou de crémation. Un chien noir affamé, animal condamné, est attaché au pied de la plante, et ,excité par le son du cor, est appelé au loin, devant franchir trois cercles concentriques inscrits à terre autour de la mandragore à l’aide d’un poignard magique. La plante émet lors de l’arrachage un cri d’agonie insoutenable, tuant l’animal, et l’homme non éloigné aux oreilles non bouchées de cire. La racine devient magique après lavage, macération et maturation en linceul ; elle représente l’ébauche de l’homme, « petit homme planté » ou « homonculus ». Ainsi choyée, elle reste éternellement fidèle à son maître et procure à son possesseur, prospérité prodigieuse, abondance de biens, et fécondité.

Bon ben dites donc, ça nous fait un début de semaine pas très catholique tout cela. Profitons en car pendant ce temps là, la sainte inquisition est en conclave pour désigner le futur boss. Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

 

LE PETIT PEUPLE…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

Amis de la phytothérapie et du haddock à la crème réunis, bonjour !

Nous sommes le mardi 19 février 2013 et, si l’on en croit le calendrier républicain, nous sommes le 1er jour de ventôse dédié au tussilage. Cette plante qui fait penser un peu 61967397_pau pissenlit est une des plus ancienne utilisée dans la médecine traditionnelle. Elle est particulièrement réputée pour ses propriétés antitussives d’où son nom, tussilage. Les chinois l’utilisaient déjà sous la dynastie des Han pour lutter contre l’asthme. On en parle dans un ouvrage qui s’intitule Classique de la matière médicale du laboureur céleste et qui sert encore de référence aux médecins traditionnels asiatiques.

Pline l’ancien lui même en recommandait l’usage sous forme d’inhalation pour chasser 61967420_pla toux. Et comment ne pas relever cette anecdote amusante qui fait irrésistiblement penser aux facéties de nos korriganed bretons: Les Koropokkuru (homme sous les pétasites en langue aïnoue – à gauche sur la photo) sont des « lutins » de la mythologie Aïnoue, population aborigène vivant au nord du Japon et à l’extrême est de la Russie. Ces êtres mythologiques habitent sous terre et dans les tiges des feuillages du tussilage et des pétasites. De la taille d’un pied d’enfant, ces « lutins » sont à proprement parler des kamuys (« esprits » en langue Aïnoue) végétaux. Établis dans les forêts, ils apparaissent au voyageur perdu pour le guider sur sa route.

On se croirait dans les monts d’Arrée où se sont retiré nos korrigans à nous.(quand on vous dit que toutes les civilisations se valent). Petits, noirs et velus, coiffés de 72966047_pchapeaux plats avec des rubans de velours, les filles étant coiffées de bonnets violets. Pierre Dubois (grand elfologue devant l’éternel) les décrit comme des nains cornus hauts d’une à deux coudées, aux pieds de boucs, aux sabots de fer et aux griffes de chat. Mon aïeule m’a raconté qu’autrefois, lorsqu’on avait perdu quelque chose, il suffisait de se rendre à leur résidence au commencement de la nuit, et de dire: ” Poulpican, j’ai perdu tel ou tel objet.” Le lendemain on le retrouvait à sa porte.

Aujourd’hui les humains ne savent plus où réside le petit peuple. Quoique…Si vous passez du côté de Plaudren (dans le Morbihan), auprès du petit bourg de Locqueltas, il est une lande appelée Motenn-Dervenn. Suivez le chemin de terre au Sud-est jusqu’à… Je ne peux en dire davantage.

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

 

LE MARAIS DU MOINE…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

Amis de la lutte finale et du corned-beef réunis, bonjour !

Nous sommes le lundi 18 février 2013 qui est le trentième et dernier jour de pluviôse, dédié au traîneau.

Chez nous aujourd’hui dans certains calendriers, on fête les Gireg qui laissa son nom à la station de Perros-Guirec. Sur la côte de granit rose, à Ploumanac’h,( ce nom de commune vient du breton Poul-Manach, le marais du moine; peut-être un cénobite) on trouve l’oratoire de Saint Kireg. Kireg est un moine gallois débarqué sur cette plage dans une auge de granit comme d’ innombrables saints en provenance de Bretagne la grande; c’était très tendance à l’époque.

La légende disait que si une jeune fille arrivait à planter une aiguille dans le nez du 72915062_psaint et que cette épingle restait fichée,elle serait mariée dans l’année, sinon elle devrait patienter. Mais un jour la paroisse remplaça la statue de bois par une statue de pierre. Il fut sans doute plus dur de trouver mari… Personnellement je trouve dommage de défigurer la côte de granit rose avec ce genre d’édifice mais, bon…Celui-ci, construit sur un amas de rochers submergé par les flots à marée haute, trouve son origine au 12ème siècle. Il était très fréquenté par les femmes des marins qui venaient y prier pour le retour de leurs époux. Il faut dire que la bretonne a toujours été très préoccupée pas son devenir matrimonial, les mauvaises langues disent patrimonial. Quand ce n’était pas une aiguille dans le nez d’une statue, c’était une épingle que l’on jetait dans une fontaine. Si l’objet flottait, le mariage était assuré dans l’année. Il en allait de même si vous aviez deux sous dans la poche au moment où chantait le coucou.

Il est vrai qu’on n’allait pas en boite toutes les semaines et que les occasions de AGE_1302131379.jpgrencontres se faisaient rares. Mon aïeule me racontait qu’une des plus prisées étaient la fête de l’aire nouvelle, labour al leur nevez. Il s’agissait de remettre en état l’aire de battage de la ferme et toute la jeunesse des environs était avertie, souvent par les colporteurs voire le garde champêtre, de la date de l’événement. Un couple de sonneurs juché sur une barrique faisait danser la compagnie durant des heures. Il s’agissait de tasser la glaise nouvellement répandue sur l’aire. C’est une des origines de la fameuse dans Plinn qui intrigue tant nos visiteurs. Photo de gauche, préparation de l’aire nouvelle à Penmarc’h (29).

Voilà pour la tradition, allez, portez vous bien et à demain peut-être.

 

Un Noël Dada…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

Amis de la tradition et de la marennes-Oléron réunies, bonjour !

Nous sommes donc le mardi 25 décembre 2012, cinquième jour de Nivôse, dédié au Chien dans notre calendrier républicain. Par ailleurs il reste quelques personnes à considérer ce jour comme celui de la naissance du Christ, un certain Jésus de Nazareth, leur Messie, mais si ! Quoique, historiquement, ni l’année ni le jour de la naissance de Jésus de Nazareth ne sont connues. Les Évangiles ne donnent aucune précision quant à la date de sa naissance. paradoxalement, Jésus de Nazareth pourrait bien être né « avant Jésus Christ » : l’origine de l’ère commune est en effet censée être la naissance du Christ. Les dates retenues concernant l’année de naissance de Jésus prêtent à discussion. Les Évangiles selon Matthieu et selon Luc la situent sous le règne d’Hérode le Grand dont le long règne s’achève quatre ans avant notre ère, c’est à dire avant la naissance du nazaréen…  C’est le Pape Libère qui aurait institué cette date en 354. Il faut bien reconnaître que c’était un fameux coup de marketing car de nombreuses traditions ancestrales liées au solstice d’hiver avaient lieu à cette époque de l’année. Aujourd’hui, le charpentier et sa jeune épouse auraient quelques difficultés à s’approcher de Bethléem mais, ceci est une autre histoire.

C‘est aussi le jour anniversaire de la disparition de Tristan Tzara (25 décembre 1963) il était né à Moinesti (Roumanie) en 1896. Pendant la première guerre mondiale, il séjourne à Bâle où il contribue à la fondation du mouvement Dada avec Ball, Arp et Huelsenbeck.

En 1916, il publie le premier texte dadaïste: Les Aventures Célestes de Monsieur Antipyrine. Il fonde également la revue Le Cabaret Voltaire à laquelle collaborent Apollinaire, Picasso, Cendrars, Kandinsky et Modigliani. En 1918, il publie le Manifeste Dada et, l’année suivante, se rend à Paris où les surréalistes l’accueillent avec enthousiasme.

A partir de 1920, Tzara organise avec les surréalistes une série de manifestations qui feront scandale. En 1922, il se sépare de Breton qui refuse à garder une atti­tude purement nihiliste. Tzara reste quelques temps en dehors du groupe surréa­liste, mais il y revient en 1929.

Tzara participe aux activités du mouvement jusqu’en 1935 et collabore notamment au Surréalisme ASDLR. Passé cette date, l’activité de Tzara qui fini par adhérer au Parti Communiste (personne n’est parfait) cesse peu à peu de concerner le surréalisme.(à gauche, un portrait signé Delaunay)

En 1938, il voyage en Espagne où de 1934 à 1936 il avait été secrétaire du Comité pour la Défense de la Culture Espagnole. Pendant la guerre, il participe à la résistance intellectuelle et vit clandes­tinement dans le Midi de la France. A la libération, il participe à Toulouse à la fondation de l’Institut d’Etudes Occitanes.

Pour faire un poème dadaïstes

Prenez un journal

Prenez des ciseaux

Choisissez dans ce journal un article ayant la longueur que vous comptez donner à votre poème.

Découpez l’article.

Découpez ensuite avec soin chacun des mots qui forment cet article et mettez-les dans un sac.

Agitez doucement.

Sortez ensuite chaque coupure l’une après l’autre dans l’ordre où elles ont quitté le sac.

Copiez consciencieusement.

Le poème vous ressemblera.

Et vous voici un écrivain infiniment original et d’une sensibilité charmante, encore qu’incomprise du vulgaire.

Manifeste sur l’amour faible et l’amour amer. – 1921.

Allez, joyeux Noël à tous, portez vous bien et à demain peut-être.

 

O Gehl an Heu !

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

Amis de la polémique et du waterzoï réunis, bonjour !

Nous sommes le 21 décembre 2012 et si l’on en croit les survivalistes, il vous reste peu de temps pour préparer la fin du Monde. Quand au calendrier républicain, il est dédié ce jour, premier de Nivôse, à la tourbe (voir mon billet du 21/12/2009).

Nivôse qui nous vient tout droit du latin Nivosus, riche en neige… C’est bien tout ce qu’il reste de riche par les temps qui courent ; mis à part quelques spéculateurs véreux qui se repaissent sur le dos des peuples qui n’en peuvent mais. Quelques évadés fiscaux qui trouvent que l’herbe est plus verte chez le voisin. Quelques patrons du CAC 40 qui continuent de se verser des salaires indécents. Quelques prévaricateurs de basse extraction. Quelques golden boys endimanchés. Quelques concussionnaires avides. Quelques traders perfides et quelques gougnafiers sans étiquettes… Merde, ça commence à faire du monde !

C‘est aussi le Solstice d’hiver. L’année celto-druidique commence au solstice d’hiver avec la cérémonie de la Modra Necht, fête qui est marquée par la « cueillette du gui ». A chaque fois que le druide officiant coupe une touffe de gui, il s’écrie : « O Gehl an Heu ! » qui signifie « Le Blé lève ! ». Cet usage maintenu tout le Moyen-âge fut mal compris de la foule qui traduisit par « Au Gui l’An neuf ! », amusant, non ?

Lors du solstice d’hiver, les druides contemporains ne fêtent pas Yule comme dans les pays nordiques, mais Alban Arthan (la lumière de l’ours). Ce nom est tiré des écrits de Iolo Morganwg qui produisit plusieurs textes néo-druidiques au 18ème siècle et les fit passer pour des textes ayant une origine authentique.

Bon, c’est l’occasion ou jamais de vous dire, portez vous bien et à demain… Peut-être.

 

Le bon, la brute et les enfants…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

Amis des contes pour enfants et de la quiche lorraine réunis, bonjour !

Nous sommes le jeudi 06 décembre 2012, 16è jour de Frimaire dédié à l’Ajonc (al Lann en breton). Le calendrier des postes nous invite à fêter les Nicolas.

Avant l’heure, c’est pas l’heure ! Avant Noël, c’est pas Noël ! Quoique, il n’y a encore pas si longtemps, dans le Nord, en Lorraine, en Belgique, la Saint Nicolas c’était Noël. Les rues s’animaient et le bon saint s’y promenait accompagné de son terrible accolyte, le père Fouettard, le premier complimentant les uns et l’autre châtiant les pêcheurs.

Connaissant votre érudition sans limite, je vous livre le texte en vieux françois.

 


Treis clercs alouent escole , n’en frei une longe parole                

Li ostes par nuit les occist , les cors musçat, le aver prist.

Seint Nicholas par Deu le solt , s’emprès fu la si cum Deu plout.

Les clercs à l’oste demandat , nel pout celé qu’il les mustrat;

Seint Nicholas par sa preere , mist les almes enz el cors arere

Por ceo que al clercs fit cel honur , funt li clercs la feste à son jur,

de ben lire et ben chanter et des miracles réciter.

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Il existe bien sûr plusieurs versions de la légende mais le fond reste le même. Celle-ci  fut recueillie par Gérard de Nerval en 1842 dans le Valois (nord est de l’ile de France) et devint vite populaire dans les milieux intellectuels du 19e siècle .

Ils étaient trois petits enfants
Qui s’en allaient glaner aux champs
Tant sont allés, tant sont venus
Que vers le soir se sont perdus.
S’en sont allés chez le boucher :
Boucher, voudrais-tu nous loger ?
Entrez, entrez, petits enfants,
Y’a de la place assurément.
Ils n’étaient pas sitot entrés
Que le boucher les a tués,
Les a coupés en p’tits morceaux
Mis au saloir comme pourceaux…


Je vous la fais courte: Un méchant boucher un peu psychopathe trucide trois personnes (quelquefois, trois enfants). Plus tard, passe St Nicolas qui les ressuscite. Et depuis, il distribue des bonbons aux petits enfants sages. Je ne sais pas pour vous mais pour ce qui me concerne, mon aïeule, qui faisait de la prévention comme d’autres font du tricot, m’a appris à me méfier des vieux messieurs qui offrent des bonbons aux petits nenfants. Aujourd’hui, les représentants des ligues bien-pensantes s’offusquent de la violence à la télévision, responsable de tous nos maux. Je me marre doucettement en constatant le cannibalisme, l’infanticide, et autres joyeusetés des contes de l’époque.

 

Allez, merci d’être passé, portez vous bien et à demain peut-être.


 

Gargouilles et chimères…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

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Amis du grand architecte et du petit charpentier réunis, bonjour !

Nous sommes le lundi 03 décembre 2012, 13è jour de Frimaire dédié au Cèdre.

En Bretagne on célèbre Envel qui a légué son nom à la magnifique petite commune de Loc-Envel en Côtes d’Armor. L’étymologie de ce prénom vient des mots de vieux breton uuin (blanc) et mael (prince). Autrefois, on l’invoquait contre les loups. C’est la plus petite commune de ce département et qui compte aujourd’hui 80 habitants après en avoir eu près de 400 à la fin du 19è siècle. Sans doute grâce aux mines de fer et de zinc qui existaient sur son territoire. C’est tout près de Belle-Isle-en-terre et du fameux château de Coat-an-noz dans la forêt du même nom. C’est ce château que Lady Mond fit reconstruire à Belle-Isle-en-terre (voir mon billet de novembre 2009). C’est encore la même histoire qui date du début du VIè siècle lorsque le Pays de Galles décida d’aller se refaire les saints en petite Bretagne et les expédia par charters entiers sur les côtes armoricaines. Envel lui s’installa comme anachorète dans la forêt de Coat-an-noz (le bois de la nuit) et sa soeur Yuna en fit autant dans le bois de Coat-an-Hay (le bois du jour). La légende dit qu’ils ne se revirent jamais. Les deux forêts existent toujours et j’y ai fait de belles cueillettes de champignons. Si vos pas vous mènent dans ces parages, jetez donc un oeil sur cette petite église absolument épatante (gothique flambloyant). Les chimères et les gargouilles qui ornent l’église gardent une expression fort curieuse, malgré la patine et l’usure du temps. Mais, je me suis souvent posé cette question: pourquoi tous ces singes sur les églises en Bretagne? Il semble bien que la plupart des bestiaires du moyen-âge dérivent du fameux Physiologus, ouvrage Grec du IIè siècle. Traduit en latin dès le IVème siècle, le « Physiologus » a exercé une influence déterminante sur toute la chrétienté. Par le biais des nombreux manuscrits, souvent illustrés, les monstres de l’Orient et de l’Antiquité gréco-romaine ont ainsi pénétré l’imaginaire des hommes du Moyen Age.

LOC-ENVEL avait autrefois une léproserie et les seuls vestiges qui en restent sont les trois fenêtres qui donnent sur la chapelle des fonts baptismaux et par lesquelles les lépreux assistaient aux offices. La tradition raconte que les cloches, très recherchées à la révolution pour être refondues furent enlevées et enterrées dans un lieu secret. Si secret qu’elles ne furent jamais retrouvées le calme revenu.

Bon, et bien voilà une jolie promenade. Allez, portez vous bien et à demain peut-être.