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La légende de Bran…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé, TRADITION

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Amis de la peinture à l’eau et de la sardine à l’huile réunies, bonjour !

Nous sommes le lundi 19 novembre 2012, 29è jour de brumaire dédié au cormier. Il s’agit d’un bel arbre reconnu pour la dureté de son bois. Il a longtemps été le plus prisé pour la confection des fûts d’outils de corroyage (rabots, rifflards, varlopes, guillaumes…), le pommier massif ou en semelle rapportée étant moins apprécié. Il fut aussi utilisé pour réaliser des outils de traçage, règles, trusquins, et de toise. Dans les moulins , les dents rapportées sur la couronne en fonte de l’engrenage multiplicateur étaient faites en cormier. Les fruits, cormes ou sorbes, comestibles après blettissement (comme la nèfle), servaient aussi à préparer une boisson faiblement alcoolisée (piquette de cormes). Ils existent quelques spécimens remarquables de cormier qui peuvent être plusieurs fois centenaire comme celui-ci dans le parc du château du Martreil non loin de Chemillé dans le Maine et Loire. Par chez moi, le 19 novembre, on célèbre les Bran. Oyez cette histoire.

Pas très loin de l’ermitage de Keramoal où réside votre serviteur, face à la mer, du côté de Kerlouan, quelques vieux connaissent encore la légende de Bran. Elle raconte le souvenir d’un combat livré par Even le Grand aux hommes du Nord. L’illustre chef breton les força à la retraite, mais ils ne s’embarquèrent pas sans emmener des prisonniers, parmi lesquels le petit-fils du Comte Even, celui qu’on appelle Bran le corbeau, l’oiseau divin des celtes. Il ne reverra jamais les côtes de Bretagne. 

Le temps a passé ; à Kerlouan, sur le champ de bataille de Neiz-Vran, un grand chêne domine le rivage. Chaque année, en novembre, des oiseaux de mer se posent sur ses branches, des oiseaux au plumage noir et blanc, avec une tâche de sang au front. Au cœur de la nuit apparaît un jeune corbeau, bien fatigué, qui se repose en haut du chêne et dit «chantez pour moi, oiseaux de mon pays, vous qui n’êtes pas mort loin de la Bretagne ». Alors les oiseaux entonnent un chant si beau que la grande mer salée s’arrête de bouger et fait silence pour les écouter ! 

C‘est la même légende qui est attachée à la présence des fameux corbeaux de la tour de Londres. Six corbeaux entretenus par le gouvernement. La légende des corbeaux de la Tour fut mise en place, principalement, par le chroniqueur médiéval Geoffrey de Monmouth, qui relata de nombreux mythes et légendes gallois. En 1136 Geoffrey de Monmouth écrivit Historia Regum Britanniae (Histoire des Rois de Bretagne). Dans ce livre, il mentionne un ancien roi britannique, Bran Hen de Bryneich (né vers 485), tué à la bataille, et qui avait demandé à ce que sa tête soit enterrée, comme talisman contre les invasions, à Gwynfryn (la Butte Blanche), lieu où la Tour de Londres se tient aujourd’hui. Un Yeoman Warder (nom des gardes de la Tour) tient le rôle particulier de ‘Maître-corbeau’ et s’occupe de les nourrir et de les soigner. Lorsque John Flamsteed, l’astronome, se plaignit au roi du fait que les corbeaux gênaient ses observations, Charles II fit déplacer l’observatoire jusqu’à Grennwich plutôt que de toucher aux corbeaux… Etonnant, non !

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.


 

Evit an anaon…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

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Amis de la tradition Celtique et du lait ribot réunis, bonjour !

Nous voici le 2 novembre, dans le calendrier Républicain c’est le jour de la Mâcre, plante aquatique que l’on nomme aussi la châtaigne d’eau, on dit que les Chinois en sont très friands. Pour les Bretons, 2 miz du, c’est an anaon. Pour ceux qui consultent ce blog depuis peu, je remets en ligne ce billet déjà paru il y a deux ans (paresseux).

En Bretagne c’est un grand jour que celui-là. Il est consacré aux trépassés, ici on dit Anaon. Peut-être connaissez vous ce recoin de côte entre pointe du Van et du Raz, c’est la baie des trépassés, bae an anaon. Mon aïeule m’a souvent conté l’histoire du Treizour (le passeur) chargé de mener les âmes vers l’autre monde et qui accostait la nuit venue sur ses rivages. Voici le début de Kanaouenn an Anaon (le chant des trépassés) publié en 1839 dans le Barzaz Breiz par Hersart de la Villemarqué.

An’ Tad ar Mab ar Spered-Glan,
Yec’hed mat deoc’h, tud an ti-mañ,
Yec’hed mat deoc’h war bouez hor penn
Deut omp d’ho lakaat er bedenn. (Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, bonne santé à vous, gens de cette maison; bonne santé nous vous souhaitons : nous venons vous mettre en prière.)

Dans la tradition celtique c’est le début de l’année, Samain, ce moment particulier où le temps et l’espace, le monde visible et invisible communiquent. Ce jour est consacré à la rencontre entre les habitants de ce monde et ceux du Sidh, l’autre monde, à ne pas confondre avec l’au-delà. Le Sidh est un monde intermédiaire, ses habitants peuvent en sortir et même inviter des humains à y entrer. Pour les Celtes c’est donc, avant le début de l’année, un seuil hors du temps, un point de rupture.

Il existe à Plougastel-Daoulas (près de Brest – Finistère) une tradition qui à ma connaissance n’existe nulle part ailleurs et que je m’en vais vous décrire. Sans doute le caractère d’isolat qui a longtemps marqué cette commune y est-il pour quelque chose. Il s’agit des Breuriez.

Le terme de breuriez, du breton breur, frère, pourrait se traduire par clan, et représente l’une des vingt-et-une petites unités territoriales de la commune de Plougastel. La cérémonie du breuriez se déroule l’après-midi du 1er novembre de chaque année. Elle regroupe les habitants faisant partie de la frairie qui se retrouvent autour de l’arbre à pommes. L’arbre, garni de pommes par les soins de l’acquéreur de l’année précédente, est présenté à l’assemblée avant le début des enchères. L’arbre revient à celui qui a misé le dernier. L’ancien acquéreur ôte alors la pomme du sommet et la garde pour lui. Le nouvel acquéreur distribue ensuite les pommes de l’arbre aux enfants présents.

L‘ensemble des sommes recueillies par la vente de petits pains bénits, de nèfles et de pommes est remis au clergé (y-a pas de petits bénefs), pour les messes à l’intention des défunts de la frairie. Cette cérémonie du breuriez, transmise à Plougastel par tradition, de génération en génération, n’a pas d’équivalent connu, et trouve probablement son origine dans les coutumes celtiques.

Il s’agit là d’une très vieille et très ancienne coutume qui montre combien les anciens avaient dans leur culture  ce culte des trépassés. La religion Catholique Apostolique et Romaine a vite fait de récupérer tous ces signes et de les intégrer dans ses propres rituels. Je me souviens étant tout minot d’un pilhouer (chiffonnier) qui quêtait en murmurant evit an anaon.

Voilà pour ce clin d’oeil à la tradition celtique dont on peut trouver encore quelques traces malgré les récupérations en tous genres, et en particulier la christianisation forcenée sans parler des marchands du temple qui veulent à tous prix nous imposer halloween…

 

Allez, merci de votre visite, portez vous bien et à demain peut-être.

 

Cornegidouille…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

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Amis de la pataphysique et du boudin blanc réunis, bonjour !

Nous sommes le 1er novembre 2012, encore nommé jour de la Toussaint alors que nos amis républicains avaient dédié ce 11è jour de Brumaire au salsifis…

Ha setu breman: Miz du (e Brezhoneg evel just). Voici venir novembre qui ouvre le chemin de l’hiver par la grande fête de la Samain. On rit, on chante, on boit beaucoup,
on célèbre la mort du roi soleil. Bien sur, c’était avant ! Avant que que les « pisse-vinaigre » de la papauté ( Grégoire IV, 8ème siècle environ) n’en décident autrement. Il faut dire qu’ils furent bien aidé par Louis le Pieux qui instaura sur toute la Carolingie chrétienne cette obligation de fêter tous les saints. Voila pourquoi au lieu de faire la fiesta, on se traine dans les cimetières les bras chargés de chrysantèmes ridicules. Notons au passage, qu’en ce sens nous commettons une grossière erreur car la fête des morts elle, ce n’est que le lendemain. A Carnoët, quand tous les saints seront bien installés dans leur vallée, c’est par camion qu’on va voir débarquer les chrysantèmes, à tous les coups, ils vont remporter la palme des villages fleuris.

Et puis tiens, une pensée pour un maître en absurdie: Alfred JARRY. Il est décédé un 1er novembre en 1907. Il a fréquenté le lycée de Saint-Brieuc jusqu’en 1888 avant d’émigrer pour Rennes. Il va s’inspirer de son professeur de physique, M. Hébert, pour créer le personnage de UBU, interprété récemment par Eric Cantona (?). La vie ne lui a guère laissé le temps de produire davantage, il est mort à 37 ans non sans nous avoir légué la pataphysique…

 

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Chez vous, je ne sais pas, mais ici, il fait un temps à ne pas mettre un saint dehors. Un temps de chien quoi. Pluie, vent… Pour un peu on se croirait à la Toussaint. Un temps à faire du feu dans la cheminée (je reviens demain) un temps qui sent le Kig-ha-farz, la veillée, un temps à relire l’oeuvre complète de Pêr Jakez Hélias; un temps qui fait l’humilité comme disait Jacques Brel. En attendant, ici, il fait plutot l’humidité comme en témoigne cette vue sur les jardins de l’ermitage.

Allez, couvrez vous, portez vous bien et, à demain peut-être.

 

Ras la citrouille…

Posté par erwandekeramoal dans HUMEUR, TRADITION

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Amis de la tradition et du 2.0 réunis, bonjour !

Nous sommes le mercredi 31 octobre 2012, dixième jour de Brumaire dédié à la charrue.

HALLOWEEN: Et voila, c’est reparti pour un tour. Les marchands du temple ne désespèrent pas de nous refiler leur camelote. Messieurs les vendeurs de citrouilles, nous n’avons que faire de vos zombis de pacotille, vos Freddys ensanglantés et autres fantômes hollywoodiens…,Nous, nous arrivons en ligne droite des Thuatha De Danann, nos épopées sont celles de Cûchulain et nous avançons vers Avalon. Chez nous, la Samain est celle des druides, bardes et ovates. La Celtie n’a pas attendu l’évangélisation, fusse celle de St Patrick, pour ouvrir, une fois l’an, la porte entre la saison claire et la saison noire, entre le jour et la nuit, entre le monde des vivants et celui des morts. Si vous passez du coté de l’ile de Sein, le mercredi après midi, vous y verrez peut-être de vieilles Sénanes, tout de noir vétues, penchées sur la tombe de leurs disparus et, si vous approchez avec discrétion, vous les entendrez parler. Elles racontent aux défunts les évènements de la semaine. Pourquoi ne pas profiter de cette
période de l’année et de cette tradition que les immigrants Irlandais et Ecossais ont emporté dans leurs bagages vers le nouveau monde (all hallow even: le soir de tous les saints et la légende de Jack o lantern) pour raconter aux enfants la très vieille et très ancienne tradition Celtique. Son panthéon n’a pas à rougir de celui des Grecs ou des Egyptiens. Ses sagas n’ont rien à envier à l’Illiade, à l’Odyssée, aux milles et une nuits ni même à la bible. Oui mais voila, ça ne se vend pas ça, coco ! Alors, de grâce, épargnez nous vos orgies de cucurbitacées.

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

 

En avant la musique…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

Amis de la métaphore et du Sèvre et Maine réunis, bonjour !

Nous sommes le jeudi 09 août 2012, autant dire que les jours raccourcissent, celui ci correspond au 22 de thermidor et était dédié au câprier.

C‘est cet arbuste méditerranéen dont les boutons floraux, confits dans le vinaigre, donnent les fameuses câpres. En Crête, les feuilles du câprier commun sont utilisées en salade. Par ailleurs, les racines et l’écorce trouvent leur utilité dans la pharmacopée naturelle. On dit que ses grandes et belles fleurs très odorantes ne vivent qu’une seule journée. Avant de préparer votre tartare soyez vigilant, les vraies câpres sont vendues sous l’appellation « câpres surfines » sinon, il s’agit souvent de boutons de capucine préparés de la même façon mais beaucoup moins chers évidemment.

Tout à fait autre chose.

En Bretagne, le 9 août on fête les Herlé, nom d’un petit saint de seconde catégorie qui a laissé son nom à la commune de Ploaré (plo Erlé) dans le Finistère. C’est d’ailleurs, à ma connaissance, la seule trace que l’on trouve de ce saint. Quimperlé par exemple n’a rien à y voir et vient de Kemper (confluent) et Ellé, une des rivières qui traversent la ville. La commune de Ploaré est considérée comme le berceau rural de Douarnenez. Les deux ne forment plus qu’une seule et même commune depuis l’après guerre. Herlé est représenté en diacre portant la dalmatique dans l’église paroissiale, un livre dans une main et la palme du martyre dans l’autre. Mais, Herlé évoque pour moi l’harmonie municipale qui portait son nom, on disait « la Cipale ». C’est elle qui ouvrait le défilé le jour de la fête des écoles (laïques évidemment). Elle était dirigée par François Cuadrat puis par son fils Fernando, famille de réfugiés républicains espagnols qui trouvèrent asile en terre bretonne. J’en ai retrouvé une photo amusante où l’on voit sous le porche de l’église de Ploaré, les retrouvailles d’un républicain espagnol et d’un représentant de la sainte église. Alleluhia !!! Aujourd’hui, la fanfare de Douarnenez ça ressemble à ça et elle se nomme « à bout de souffle »:

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Bon, je l’ai déjà dit, l’été je paresse un peu alors que durant le reste de l’année, je fainéante beaucoup. Du coup je m’autorise à remettre en ligne des billets déjà parus; c’est le cas de celui-ci. Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

Santez Anna ar Palud…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS, TRADITION

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Amis de la cuisse de grenouille et de celle de Jupiter réunies, bonjour !

Voici venu le 26 juillet, 8ème jour de thermidor consacré au Carthame. Le carthame des teinturiers ou Safran des teinturiers, parfois appelé Safran bâtard, est une plante originaire d’Égypte, dont le nom dériverait d’un mot arabe qurtum. Elle produit un fruit, un akène oléagineux, dont les graines sont utilisées dans l’élaboration des huiles alimentaires ou de massage (la fameuse huile de carthame) qui sont parfois intégrées à des produits cosmétiques pour les cheveux. Cette huile au parfum prononcé est surtout utilisée à froid. Non raffinée, elle a une légère saveur de noisette et sa couleur se rapproche du jaune ambré foncé, tandis que raffinée, elle ne présente aucune saveur et sa couleur est plutôt jaune pâle. Bon, maintenant, je dis ça…

Tiens, c’est la sainte Anne !

En breton, sainte Anne est surnommée « Mamm gozh ar Vretoned », c’est-à-dire la grand-mère des Bretons. Des légendes la décrivent comme originaire de Plonévez-Porzay. Anatole Le Braz publie un récit dans laquelle Anne est mariée à un seigneur cruel et jaloux, qui lui interdit d’avoir des enfants. Lorsqu’elle tombe enceinte, il la chasse du château de Moëllien. Son errance avec la petite Marie la conduit à la plage de Tréfuntec où l’attend un ange, près d’une barque. Selon la volonté de Dieu, l’ange l’amène jusqu’en Galilée. Bien des années plus tard, la petite Marie qui s’est bien dégourdie épouse Joseph un gaillard du coin, charpentier de son état. Tout allait bien dans le ménage jusqu’à l’apparition d’un certain Gabriel et, vous connaissez la suite.  Anne revient en Bretagne pour y finir sa vie dans la prière et distribuer ses biens aux pauvres.  Son corps aurait disparu après sa mort, mais des pêcheurs auraient retrouvé une statue à son effigie en baie de Douarnenez. Celle-ci, installée près de l’endroit où Jésus avait fait jaillir une source, est devenue le but du plus ancien pèlerinage consacré à Sainte Anne et a pris le nom de Sainte-Anne-la-Palud. Le Grand Pardon qui, depuis l’antiquité, rassemble des milliers de pèlerins, le dernier week-end d’août de chaque année, est certainement le plus authentique et le plus ancien d’Armorique comme disent les dépliants touristiques. J’ai dans l’idée qu’il s’agit là d’une résurgence de l’ancien culte Celte dédié à Dana la déesse-mère des Tuatha de Danann. Les publicistes évangélistes de l’époque ne reculaient devant rien pour convaincre le petit peuple. Alors, expliquer aux Bas-bretons que la grand-mère du Christ est née dans le pays Glazik… Même Séguéla il oserait pas un truc pareil.

Lpardon de Sainte Anne, pour nous autres jeunes douarnenistes, faisait partie de ces rites initiatiques qui ouvraient les portes entre l’enfance et la jeunesse. On s’y rendait en bande en suivant le littoral entre la plage du Ris et celle de Ste Anne. C’était en quelque sorte le festival des vieilles charrues de l’époque. On couchait à même les dunes et on buvait en trois jours plus de bière et de cidre qu’un moine en six mois… C’était aussi bien souvent l’occasion de connaître ses premiers émois sous le regard complice de Mamm Goz ar vretoned. Car bien évidemment c’est l’aspect profane qui déplaçait les foules, quand bien même chacun faisait mine de croire que c’était la dévotion ; y compris les parents qui nous donnaient la permission de découcher puisque c’était pour la « bonne cause ». Aujourd’hui tout cela est loin et l’évènement se limite à une sortie pour les pensionnaires des maisons de retraite…

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

Et voici thermidor…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE, TRADITION

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Amis de l’ornithologie et de l’ortolan braisé réunis, bonjour !

Nous sommes bien le jeudi 19 juillet 2012 qui correspond au 1er jour de Thermidor dédié à l’épeautre. Comme disait mon aïeule, qui connaissait l’évangile de Matthieu sur le bout des doigts de pieds: regarde l’épeautre dans ton oeil avant la paille dans le mojito de ton voisin…

Dans la première mouture du calendrier républicain ce mois là avait été nommé fervidor, du latin fervidus, brûlant. Mais, allez savoir pourquoi, Fabre d’Eglantine décida de le débaptiser sans autre forme de procès et sans même en informer la Convention. Thermidor a l’inconvénient d’introduire une expression d’origine grecque dans une nomenclature dont tous les autres termes sont latins. Ça c’est pour les puristes. Néanmoins, je retiens que c’est thermidor qui a vu la fin de Robespierre et du même coup de la terreur. Encore deux verres d’absinthe et il l’aurait baptisé Therminador…

La fièvre révolutionnaire eut-elle été moins sanguinaire si Fabre avait conservé le nom de fervidor ? Et si le nez de Cléopâtre…Et si ma tante, oui bon. En tous cas, vous, je ne sais pas mais, personnellement, ce que j’apprécie dans thermidor, c’est le homard…

Justement tiens, aujourd’hui c’est le départ de la flottille de vieux gréements de Brest, cap sur Douarnenez pour « Temps fêtes ». Je me suis déguisé en Kersauzon histoire de me glisser incognito à bord d’une chaloupe sardinière. Je vous tiendrais au courant de ce retour de noces finistérien en diable. Je triche un petit peu, la photo date déjà de quatre ans lors du passage des « Tas de pois ». Cette année il y aura encore plus de soleil. Si si !

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

 

L’acacia m’est connu…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT, TRADITION

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Amis du matérialisme dialectique et de la crêpe suzette réunis, bonjour !

Pour le 2 juin, 14è jour de prairial, les républicains avaient décidé d’en faire le jour de l’acacia sur leur calendrier. Plante, ô combien symbolique, qui illustre la légende d’Hiram, base de toute initiation aux différentes maçonneries.

Tiens, c’est amusant car c’est un 2 juin en 1743 que vint au monde celui qui allait devenir célèbre sous le pseudonyme de Comte de Cagliostro mais qui s’appelait en vérité Joseph Balasamo. C’était un aventurier qui se prétendait descendant du Comte de St-Germain. Sa carrière fut brisée lors de l’affaire dite du « collier de la reine » où il se trouva engagé par le cardinal de Rohan. Il mourut en 1795, incarcéré depuis de longues années par les bons soins de la Sainte Inquisition. C’est lui qui importa en France la Franc-Maçonnerie dite égyptienne, connue aujourd’hui sous le nom de rite de Memphis-Misraïm.

C’est sous la Grande Maîtrise de Garibaldi, en 1881, après bien des discussions, que les Rites de Memphis et de Misraïm, qui avaient dans la plupart des Pays les mêmes Hauts Dignitaires, fusionnèrent. Cette fusion fut officialisée à Naples en 1899 et prit le nom de « Rite Oriental Ancien et Primitif de Memphis-Misraïm ». Garibaldi fut souvent désigné comme « véritable citoyen du Monde » et défini comme « Chevalier de l’Humanité”. Il était avant tout un « rassembleur » estimé pour sa sincère abnégation, son intégrité et son courage. Il eut un grand rêve : « Les Etats-Unis d’Europe ». Il prônait l’unité entre les hommes et était convaincu de la nécessité de lutter « pour l’Humanité et la Liberté en général ». C’est au cours de la défense de Montévidéo que les troupes italiennes qu’il commande vont endosser les fameuses chemises rouges qui vont tant contribuer à asseoir son mythe.

Adversaire irréductible de l’Eglise romaine, il réclamait la séparation de l’Eglise et de l’Etat. Il voulait introduire l’instruction obligatoire, gratuite et laïque en supprimant les congrégations religieuses ; cependant, il refusait l’athéisme, l’indifférence et le « misérable matérialisme »; Victor Hugo écrivit de lui : « Garibaldi, qu’est-ce que Garibaldi ? C’est un homme, rien de plus. Mais un homme dans toute l’acception sublime du mot. Un homme de la liberté, un homme de l’humanité ».

Son testament est aussi bref qu’éloquent: »Je lègue : mon amour pour la Liberté et la Vérité ; ma haine du mensonge et de la tyrannie « .

Voilà donc pour ce 1000è billet posté sur « les cénobites tranquilles ». Comme disent les « oscarisés », je remercie Dieu, mon père ma mère, mes frères et mes soeurs, toute l’équipe technique de « MagicStudio », mon producteur, les lapins de Keramoal, ma fiancée, et surtout votre fidèle indulgence. Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

 

Keben Lokorn…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS, TRADITION

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Amis de l’histoire bretonne et de la randonnée pédestre réunies, bonjour !

Nous sommes le vendredi 1er juin, 13è jour de Prairial dédié au Pois. En Bretagne on célèbre (ou pas) les Ronan, ce qui, convenez-en, n’a strictement rien à voir …

Mon aïeule, qui avait une vision toute particulière de la pédagogie, attendait toujours les soirs d’hiver noirs et orageux pour nous conter l’histoire de « la Kében de Lokorn » et de Ronan. Ce dernier, copain comme cochon avec Patrick quitta sa terre d’outre-Manche
pour s’installer en Armorique et plus précisément dans le bois de Névet, non loin de
Quimper. Il vivait là en anachorète seulement assisté de temps à autre par un brave fermier. la femme de celui-ci « Kében« , qui dit-on fricotait avec le Diable, qui lui, avait sa résidence au Juch, dénonça le saint homme l’accusant de sorcellerie et d’avoir fait mourir sa fille. Voici ce qu’en dit Albert le Grand (1636) « Les yeux chassieux de quelques Chrêtiens débauchez, ne pouvans supporter l’éclat des vertus dont l’Ame de saint Ronan estoit ornée, l’accuserent malicieusement & à tort devant le Roy Grallon (lequel estoit lors à Kemper), le calomniant d’estre Sorcier & Negromantien, faisant comme les anciens Lycantrophes qui, par magie & art diabloique, se transformoient en bestes brutes, courroient le garou & causoient mille maux par le Païs. L’Enfant d’une femme du voisné estant mort, ils persuaderent à la mere du defunt que le Saint, par ses sorcelleries, avoit tué son fils & l’amenerent à Kemper, où, en presence du Roy & de toute la Cour, elle demanda justice de saint Ronan. »

Vous imaginez la suite, le saint, en deux temps, trois mouvements et un signe de croix ressuscita la fille, pardonna à la mère et se retira dans sa forêt avec la bénédiction du roi Gradlon. A sa mort, pour savoir où l’enterrer, on mit son cercueil sur une charrette tirée par deux bœufs, et on les laissa aller. Sur le chemin la charrette rencontra Kében, qui lavait des vêtements, elle en profita pour se moquer du saint. Alors la terre s’ouvrit et aspira Kében dans les flammes et la fumée dans un lieu désormais dénommé « la tombe de Kében ». Il est quand même ajouté que Kében brisa la corne d’un buffle du convoi funéraire et la corne tomba en haut de la montagne en un lieu qui existe encore et désigné comme : Plas-ar-Horn, la place de la Corne. Depuis, on fête saint Ronan en la commune à qui il a donné son nom Locronan: Sa fête fait l’objet d’un pèlerinage  en juillet de chaque année. Ce jour-là, en mémoire du saint, les fidèles en procession font le tour des limites de l’ancien prieuré bénédictin fondé au XIe siècle et qui était lieu d’asile (minic’hi en breton). Cette procession est appelée la « troménie », (du breton tro-minic’hi, le tour de l’enceinte sacrée). Tous les six ans a lieu la grande troménie (12Km)…

J‘ai souvenance d’un estaminet qui s’appelait « Tal ar variken » et dont le patron, après quelques verres de chouchenn, se plaisait à raconter l’histoire de la Kében.

Allez, voilà pour aujourd’hui, portez vous bien et à demain peut-être.

Merveilleuse Angélique…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

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Amis de l’anarchisme serein et du Saint-Pourçain réunis, bonjour !

Nous sommes le mercredi 23 mai de l’an 2012, c’est le quatrième jour de Prairial dédié à l‘Angélique. Rien à voir avec Michelle Mercier qui était encore toute petite à l’époque des faits…

L’angélique, dite encore “herbe aux anges”, doit son nom à ses prétendues vertus magiques. Cette ombellifère géante passait en effet pour conjurer les envoûtements et les sorciers ne résistaient pas à sa bonne odeur. Accrochée au cou des enfants, elle les protégerait en particulier des maléfices de toute nature. Mais elle pouvait également servir d’amulette aux adultes.

Les médecins de la Renaissance la surnommaient “racine du Saint-Esprit”, à cause de ses “grandes et diverses propriétés contre de très-graves maladies”. Ainsi Paracelse (1490-1541) rapporte-t-il que, lors des grandes épidémies de peste de 1510, de nombreux Milanais furent sauvés grâce à ses prescriptions : de l’angélique en poudre dissoute dans du vin. Selon Olivier de Serres (1539-1619), la précieuse plante “sert à tenir la personne joyeusement”. Je connais d’autres plantes qui remplissent aussi cet office mais on me dit qu’elles ne sont pas en vente libre…

Édité en 1716, un Dictionnaire botanique et pharmaceutique à durable succès qualifie l’angélique de “stomacale, cordiale, céphalique, apéritive, sudorifique, vulnéraire. Elle résiste au venin. On l’emploie pour la peste, pour les fièvres malignes, pour la morsure du chien enragé, à laquelle on l’applique en cataplasme. On en avale un dragme** contre la peste, qui chasse le venin par la sueur.” Un Niçois qui mourut en 1759 à l’âge de 123 ans et trois mois (cela reste à vérifier !) attribuait sa longévité à son habitude de chiquer de la racine d’angélique en guise de tabac…L’angélique (Angelica archangelica) pousse à l’état sauvage dans les régions septentrionales et en Europe centrale. Elle n’est plus guère cultivée pour la confiserie et la liquoristerie qu’à Niort et dans la plaine de la Limagne.

**Le dragme était la huitième partie de l’once. Cela vient du Grec Drakma (quatre grammes et 30 centigrammes) qui a donné le nom de la monnaie Drachme dont les Grecs vont peut-être redécouvrir tout le charme…

Bon, maintenant, moi je vous raconte cela, je dis rien… Allez portez vous bien et à demain peut-être.