Vous lisez actuellement la catégorieTRADITION

Page 12 de 13

L’acacia m’est connu…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT, TRADITION

, , , ,

Amis du matérialisme dialectique et de la crêpe suzette réunis, bonjour !

Pour le 2 juin, 14è jour de prairial, les républicains avaient décidé d’en faire le jour de l’acacia sur leur calendrier. Plante, ô combien symbolique, qui illustre la légende d’Hiram, base de toute initiation aux différentes maçonneries.

Tiens, c’est amusant car c’est un 2 juin en 1743 que vint au monde celui qui allait devenir célèbre sous le pseudonyme de Comte de Cagliostro mais qui s’appelait en vérité Joseph Balasamo. C’était un aventurier qui se prétendait descendant du Comte de St-Germain. Sa carrière fut brisée lors de l’affaire dite du « collier de la reine » où il se trouva engagé par le cardinal de Rohan. Il mourut en 1795, incarcéré depuis de longues années par les bons soins de la Sainte Inquisition. C’est lui qui importa en France la Franc-Maçonnerie dite égyptienne, connue aujourd’hui sous le nom de rite de Memphis-Misraïm.

C’est sous la Grande Maîtrise de Garibaldi, en 1881, après bien des discussions, que les Rites de Memphis et de Misraïm, qui avaient dans la plupart des Pays les mêmes Hauts Dignitaires, fusionnèrent. Cette fusion fut officialisée à Naples en 1899 et prit le nom de « Rite Oriental Ancien et Primitif de Memphis-Misraïm ». Garibaldi fut souvent désigné comme « véritable citoyen du Monde » et défini comme « Chevalier de l’Humanité”. Il était avant tout un « rassembleur » estimé pour sa sincère abnégation, son intégrité et son courage. Il eut un grand rêve : « Les Etats-Unis d’Europe ». Il prônait l’unité entre les hommes et était convaincu de la nécessité de lutter « pour l’Humanité et la Liberté en général ». C’est au cours de la défense de Montévidéo que les troupes italiennes qu’il commande vont endosser les fameuses chemises rouges qui vont tant contribuer à asseoir son mythe.

Adversaire irréductible de l’Eglise romaine, il réclamait la séparation de l’Eglise et de l’Etat. Il voulait introduire l’instruction obligatoire, gratuite et laïque en supprimant les congrégations religieuses ; cependant, il refusait l’athéisme, l’indifférence et le « misérable matérialisme »; Victor Hugo écrivit de lui : « Garibaldi, qu’est-ce que Garibaldi ? C’est un homme, rien de plus. Mais un homme dans toute l’acception sublime du mot. Un homme de la liberté, un homme de l’humanité ».

Son testament est aussi bref qu’éloquent: »Je lègue : mon amour pour la Liberté et la Vérité ; ma haine du mensonge et de la tyrannie « .

Voilà donc pour ce 1000è billet posté sur « les cénobites tranquilles ». Comme disent les « oscarisés », je remercie Dieu, mon père ma mère, mes frères et mes soeurs, toute l’équipe technique de « MagicStudio », mon producteur, les lapins de Keramoal, ma fiancée, et surtout votre fidèle indulgence. Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

 

Keben Lokorn…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS, TRADITION

, , , ,

Amis de l’histoire bretonne et de la randonnée pédestre réunies, bonjour !

Nous sommes le vendredi 1er juin, 13è jour de Prairial dédié au Pois. En Bretagne on célèbre (ou pas) les Ronan, ce qui, convenez-en, n’a strictement rien à voir …

Mon aïeule, qui avait une vision toute particulière de la pédagogie, attendait toujours les soirs d’hiver noirs et orageux pour nous conter l’histoire de « la Kében de Lokorn » et de Ronan. Ce dernier, copain comme cochon avec Patrick quitta sa terre d’outre-Manche
pour s’installer en Armorique et plus précisément dans le bois de Névet, non loin de
Quimper. Il vivait là en anachorète seulement assisté de temps à autre par un brave fermier. la femme de celui-ci « Kében« , qui dit-on fricotait avec le Diable, qui lui, avait sa résidence au Juch, dénonça le saint homme l’accusant de sorcellerie et d’avoir fait mourir sa fille. Voici ce qu’en dit Albert le Grand (1636) « Les yeux chassieux de quelques Chrêtiens débauchez, ne pouvans supporter l’éclat des vertus dont l’Ame de saint Ronan estoit ornée, l’accuserent malicieusement & à tort devant le Roy Grallon (lequel estoit lors à Kemper), le calomniant d’estre Sorcier & Negromantien, faisant comme les anciens Lycantrophes qui, par magie & art diabloique, se transformoient en bestes brutes, courroient le garou & causoient mille maux par le Païs. L’Enfant d’une femme du voisné estant mort, ils persuaderent à la mere du defunt que le Saint, par ses sorcelleries, avoit tué son fils & l’amenerent à Kemper, où, en presence du Roy & de toute la Cour, elle demanda justice de saint Ronan. »

Vous imaginez la suite, le saint, en deux temps, trois mouvements et un signe de croix ressuscita la fille, pardonna à la mère et se retira dans sa forêt avec la bénédiction du roi Gradlon. A sa mort, pour savoir où l’enterrer, on mit son cercueil sur une charrette tirée par deux bœufs, et on les laissa aller. Sur le chemin la charrette rencontra Kében, qui lavait des vêtements, elle en profita pour se moquer du saint. Alors la terre s’ouvrit et aspira Kében dans les flammes et la fumée dans un lieu désormais dénommé « la tombe de Kében ». Il est quand même ajouté que Kében brisa la corne d’un buffle du convoi funéraire et la corne tomba en haut de la montagne en un lieu qui existe encore et désigné comme : Plas-ar-Horn, la place de la Corne. Depuis, on fête saint Ronan en la commune à qui il a donné son nom Locronan: Sa fête fait l’objet d’un pèlerinage  en juillet de chaque année. Ce jour-là, en mémoire du saint, les fidèles en procession font le tour des limites de l’ancien prieuré bénédictin fondé au XIe siècle et qui était lieu d’asile (minic’hi en breton). Cette procession est appelée la « troménie », (du breton tro-minic’hi, le tour de l’enceinte sacrée). Tous les six ans a lieu la grande troménie (12Km)…

J‘ai souvenance d’un estaminet qui s’appelait « Tal ar variken » et dont le patron, après quelques verres de chouchenn, se plaisait à raconter l’histoire de la Kében.

Allez, voilà pour aujourd’hui, portez vous bien et à demain peut-être.

Merveilleuse Angélique…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

, , ,

Amis de l’anarchisme serein et du Saint-Pourçain réunis, bonjour !

Nous sommes le mercredi 23 mai de l’an 2012, c’est le quatrième jour de Prairial dédié à l‘Angélique. Rien à voir avec Michelle Mercier qui était encore toute petite à l’époque des faits…

L’angélique, dite encore “herbe aux anges”, doit son nom à ses prétendues vertus magiques. Cette ombellifère géante passait en effet pour conjurer les envoûtements et les sorciers ne résistaient pas à sa bonne odeur. Accrochée au cou des enfants, elle les protégerait en particulier des maléfices de toute nature. Mais elle pouvait également servir d’amulette aux adultes.

Les médecins de la Renaissance la surnommaient “racine du Saint-Esprit”, à cause de ses “grandes et diverses propriétés contre de très-graves maladies”. Ainsi Paracelse (1490-1541) rapporte-t-il que, lors des grandes épidémies de peste de 1510, de nombreux Milanais furent sauvés grâce à ses prescriptions : de l’angélique en poudre dissoute dans du vin. Selon Olivier de Serres (1539-1619), la précieuse plante “sert à tenir la personne joyeusement”. Je connais d’autres plantes qui remplissent aussi cet office mais on me dit qu’elles ne sont pas en vente libre…

Édité en 1716, un Dictionnaire botanique et pharmaceutique à durable succès qualifie l’angélique de “stomacale, cordiale, céphalique, apéritive, sudorifique, vulnéraire. Elle résiste au venin. On l’emploie pour la peste, pour les fièvres malignes, pour la morsure du chien enragé, à laquelle on l’applique en cataplasme. On en avale un dragme** contre la peste, qui chasse le venin par la sueur.” Un Niçois qui mourut en 1759 à l’âge de 123 ans et trois mois (cela reste à vérifier !) attribuait sa longévité à son habitude de chiquer de la racine d’angélique en guise de tabac…L’angélique (Angelica archangelica) pousse à l’état sauvage dans les régions septentrionales et en Europe centrale. Elle n’est plus guère cultivée pour la confiserie et la liquoristerie qu’à Niort et dans la plaine de la Limagne.

**Le dragme était la huitième partie de l’once. Cela vient du Grec Drakma (quatre grammes et 30 centigrammes) qui a donné le nom de la monnaie Drachme dont les Grecs vont peut-être redécouvrir tout le charme…

Bon, maintenant, moi je vous raconte cela, je dis rien… Allez portez vous bien et à demain peut-être.

 

CARPE DIEM…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

, , ,

Amis de l’ichtyologie et du sandre au beurre blanc réunis, bonjour !

Puisque nous sommes le 14 mai, 25 de floréal, célébrons la carpe puisque les républicains lui ont dédié ce jour.

 

Selon une légende chinoise, les carpes du fleuve jaune, après avoir remonté le fleuve, s’envoleraient vers le ciel en se transformant en dragons. Cette légende serait à l’origine des koi nobori, qui représentent plus généralement la force et la persévérance des carpes qui remontent à contre-courant les rivières et cascades. Les Koinobori signifiant comme chacun le sait, « banderole de carpe » en japonais, sont des manches à air en forme de carpe Koï hissées au Japon pour célébrer Tango no sekku , évènement traditionnel qui est désormais une fête nationale, le Kodomo no hi (jour des enfants).

Ces bannières sont accrochées le long de perches en bambou, La première et la plus large, magoi, est noire et représente le père ; la deuxième, higoi , est rouge et représente la mère, puis l’on ajoute une carpe pour chaque enfant de la famille. Parfois, on suspend aussi des rubans rouges et blancs ou une manche à air multicolore symbolisant les flots des rivières.

Après Fukushima et avant la prochaine catastrophe, les japonais doivent surtout se dire aujourd’hui, CARPE DIEM en relisant le célèbre poème d’Horace:

Tremble, Leuconoé, de chercher à connaître
L’heure de notre mort; fuis les calculs pervers
De Babylone. À tout il vaut mieux se soumettre
Que Jovis te concède encor d’autres hivers,
Qu’il les borne au présent, dont mugit l’onde étrusque,
Sois sage, emplis ta cave, et d’un si court chemin
Ôte le long espoir. Je parle, et le temps brusque
S’enfuit. Cueille le jour, sans croire au lendemain.

Cultureux, le cénobite aujourd’hui… Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

 

L’essaim de glace…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

Amis de la tradition et de la saucisse de Molène réunies, bonjour !

Nous sommes le vendredi 11 mai, le furieux s’apprête à rendre les clés après état des lieux et c’est le 22è jour de Floréal dédié à la Fritillaire. Oui bon, y’en a pas beaucoup par ici, je crois que du côté de Nantes on appelle cela la Cogane (Jancyves pour vérification). Et puis tiens, voici la période des saints de glace. Ici cette année ils ont les pieds dans l’eau et pas qu’un peu. Comme disent, une fois encore les nantais: ça jette l’eau !

Les saints de glace sont traditionnellement fêtés les 11, 12 et 13 mai de chaque année. D’après les croyances populaires d’Europe du nord et de la mer Méditerranée, saint Mamert, saint Pancrace et saint Servais sont ainsi implorés par les agriculteurs et mis à contribution pour éviter l’effet sur les cultures d’une baisse de la température qui s’observe à cette période et qui peut amener une période de gel phénomène de la lune rousse. On observe également des zones de gelées région Alsace jusqu’au 25 mai. Une fois cette période passée, le gel ne serait plus à craindre.La plupart des calendriers mentionnent actuellement d’autres saints à souhaiter ces jours-là : Estelle, Achille et Rolande. Le changement date de 1960. L’Église catholique romaine a décidé alors, de « remplacer » les saints associés aux inquiétudes agricoles, réminiscence de paganisme au regard du Vatican, par d’autres saints et saintes qui n’auraient aucun lien avec ces croyances populaires. Mais à quels saints se vouer…J’vous jure !

Cela n’a rien à voir mais, ça me rappelle une dictée qu’adorait nous infliger un instituteur quelque peu sadique: « Cinq pères, sains de corps et d’esprit, et ceints de leur écharpe blanche; portaient sur leur sein le seing du saint père. » J’ai jamais compris pourquoi cela l’amusait… Et comme disait Maïa l’abeille à son cousin qui avait le bourdon: « tout cela laisse l’essaim de glace« . Allez, portez vous bien, soyez indulgent envers les humoristes à quatre sous, et à demain peut-être.


 

Quand le Dourdu devint l’Elorn…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

, , ,

Amis de la dragonnade et du suffrage universel réunis, bonjour !

Nous sommes le lundi 07 mai 2012, 18è jour de Floréal dédié à la Corbeille d’or dans le calendrier républicain.

Sans doute eut-il fallu que je consacrasse (imparfait du subjonctif mon n’veu) ce billet aux résultats de l’élection présidentielle mais, considérant que vos gazettes habituelles allaient le faire mieux que moi, je vous invite à explorer la tradition bretonne. Il plaît aux cénobites de ne point suivre les sentiers battus…

 

Vous ai-je déjà parlé de Neventer que l’on fête aujourd’hui en Bretagne (FH 56,35% – NS 43,65%)  En voilà un qui a laissé son nom à la commune de Plouneventer (FH 52,66% – NS 47,34%), en Finistère ( FH 58,87% – NS 41,13%) evel just, et qui est l’archétype du bon saint chassant les vieux dragons des terres païennes. Si l’on en croit le noble et discret messire Le Grand, chanoine de Saint-Pol (FH 54,74% – NS 45,26%), premier conseiller du Duc François II et recteur de Plounéventer en 1412, c’est à dire le propre grand oncle d’Albert Le Grand à qui nous devons un collectage fabuleux des contes et légendes de Bretagne, c’est une véritable épopée que vécurent Neventer et son pote Derrien, de retour des croisades, dans les parages.Tout cela sur les rives de l’Elorn, magnifique rivière à truites et saumons qui prend sa source dans les monts d’Arrée à un kilomètre à peine du Tuchenn-Kador. Ici à droite, c’est une représentation de saint Derrien.

Ces deux saints débarrassèrent la région d’un dragon qui revendiquait chaque jour sa ration de chair humaine. Ce jour là, ils virent le comte Élorn, désespéré par les actes de cruauté du dragon qui dévorait hommes et bêtes dans le pays, se jeter dans le fleuve, car le sort avait désigné son fils Riok, alors âgé de deux ans, pour en être la prochaine victime. La rivière qui portait alors le nom de Dour du (l’eau profonde) devint l’Elorn…   Mais, il semble bien que les personnages de  Néventer et de  Derrien soient nés de l’imagination d’un recteur ennuyé de n’avoir aucune légende à raconter à ses paroissiens ce qui était fort dommageable lorsqu’il s’agissait d’évangéliser tous ces mécréants de basse-Bretagne…Il existe encore une « gwerz » chantée par les bardes locaux et qui conte cette histoire:

 

0 velet e ranken rei 
Voyant qu’il me fallait donner      
Va mab d’ezan da zevori, 
Mon fils à dévorer 
Ker bras e bet va zizesper, 
Si grand a été mon désespoir 
M’oun en em strinket er rivier. 
Que je me suis jeté dans la rivière.

 

Quand à Rioc, le seigneur du patelin, sauvé des griffes du dragon, il a laissé son nom à la jolie petite commune de Riec-sur-Belon (FH 58,92% – NS 41,08%). Ah, une douzaine de Belon et une bonne bouteille de muscadet de chez Cherreau et Carré. Je vous conseille le « vieilles vignes »  le comte de Chasseloir, c’est un vrai délice qui donne au Muscadet ses lettres de noblesse. A droite, le château de La Roche-Maurice (FH 65,91% – NS 34,09%) d’où se serait jeté le Comte Elorn…

Ah, la belle époque où existaient des chevaliers errants pour chasser les malfaisants… Aujourd’hui, on utilise le suffrage universel. Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

 

Le 1er mai appartient à l’Anarchisme…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE, TRADITION

, , , ,

Amis de la vérité historique et de la quiche lorraine réunie, bonjour!

Nous sommes le mercredi 25 avril, 6è jour de Floréal dédié à l’Ancolie.

 

Puisque nous approchons du 1er mai, et que la grande récupération pour cette date hautement symbolique a commencé; rafraichissons un peu nos mémoires. Il serait fâcheux de se tromper de défilé et de se retrouver, bêlant, dans celui de Sarko ou de Le Pen…

Le samedi 1er mai 1886, à Chicago : cette date, fixée par les syndicats américains et le journal anarchiste « The Alarm » afin d’organiser un mouvement revendicatif pour la journée de 8 heures, aura des conséquences inattendue pour la classe ouvrière internationale. La grève, suivie par 340 000 salariés, paralyse près de 12 000 usines à travers les USA.
Le mouvement se poursuit les jours suivants. Le 3 mai, le meeting qui se tient près des usines McCormick donne ensuite lieu à des affrontements avec les vigiles privés qui protègent les « briseurs de grève ». La police appelée en renfort tire sur la foule, provoquant la mort de deux ouvriers. A gauche, une reproduction de la couverture de « L’assiette au beurre » du 28 avril 1906. Huit heure pour le travail,huit pour les loisirs,huit pour le repos. Slogan inventé par OWEN dès 1810.
Le 4 mai, tout Chicago est en grève et un grand rassemblement est prévu à Haymarket dans la soirée. Alors que celui-ci se termine, la police charge les derniers manifestants. C’est à ce moment-là qu’une bombe est jetée sur les policiers, qui ripostent en tirant. Le bilan se solde par une douzaine de morts, dont sept policiers. Cela déclenche l’hystérie de la presse bourgeoise et la proclamation de la loi martiale. La police arrête huit anarchistes, dont deux seulement étaient présents au moment de l’explosion. Mais qu’importe leur innocence ; un procès, commencé le 21 juin 1886, se clôt le 20 août par sept condamnations à mort. Malgré la mobilisation internationale, quatre seront pendus le 11 novembre 1887 (Louis Lingg s’étant suicidé la veille, dans sa cellule).
Trois ans plus tard, en juillet 1889, le congrès de l’Internationale Socialiste réuni à Paris, décidera de consacrer chaque année la date du 1er mai : journée de lutte à travers le monde.
Le « 1er mai » sera d’abord récupéré par les bolcheviques(1920), puis par les nazis, et enfin par le régime de Vichy (en France), qui le transformera en « Fête du travail », sans jamais réussir totalement à lui enlever son origine libertaire.

Aujourd’hui, Nicolas 1er, par l’odeur alléché et sentant la fin de règne s’approcher, veut faire du 1er mai, la fête du « vrai » travail. Droite et extrême-droite s’entendent comme larrons en foire pour récupérer tous les symboles de ce qui fit et qui fut la classe ouvrière. Ne laissons pas ces rapaces s’emparer de notre héritage.

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

La belle et la bette…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE, TRADITION

, ,

Amis du charme slave et de la salade niçoise réunis, bonjour!

Nous sommes donc le lundi 26 mars, sixième jour de germinal dédié à la Bette. A ne pas confondre avec le jour de la bête (666). Très utilisées dans la cuisine niçoise, toutes les parties de la plante se consomment : les feuilles hachées entrent dans la composition de la tourte de blettes, des raviolis et du célèbre tian. La partie verte remplace les usages que l’on fait ailleurs des épinards et les côtes s’accommodent de plusieurs manières : à la vapeur avec un filet de citron, frites ou en gratin avec une sauce béchamel.

Tout à fait autre chose.

Aujourd’hui on célèbre (ou pas) saint Goal, rien à voir avec le foot, il s’agit de l’un de ces nombreux saints hommes, en Inde on dirait des Sadhus, qui s’établirent en Armorique et dont je vous narre régulièrement l’histoire. Celui-ci a laissé son nom à une commune du Morbihan chère à Gilles Servat ou Louison Bobet: Locoal-Mendon.

The video cannot be shown at the moment. Please try again later.

Locoal est une île située dans le bras de mer d’Etel, entre Sainte-Hélène et Mendon ; elle communique avec cette seconde paroisse par un pont qui rappelle celui de Saint-Cado, et elle a sous sa dépendance la presqu’île du Plec, qui l’avoisine au nord. Il paraît que les Romains donnaient à l’île le nom de Plecit, dont on a fait plus tard celui de Plec, resté depuis à la presqu’île voisine. C’est dans cette île, vers 631, que vint s’établir, avec quelques prêtres, saint Gudual, dit aussi Gurval, Goal et Gau, évêque démissionnaire d’Aleth. ici à droite, Kegil-Brehet, la quenouille de ste Brigitte sur l’ile de Plec. Le saint s’y creusa une grotte sur la côte, et ses compagnons firent comme lui. Sa réputation s’étendit bientôt au loin, et de nombreux disciples, dont le chiffre s’éleva jusqu’à 188, vinrent se fixer sur ce sol et s’y faire des cellules. Pour garantir leurs demeures contre l’envahissement des grandes marées, ils durent édifier des digues d’une lieue environ de longueur, et dont il reste encore des tronçons parfaitement reconnaissables. Mais le saint dut bientôt reconnaître que la foule l’empêchait de jouir de la solitude qu’il cherchait. Il déserta son île, comme il avait déserté Guer, et, suivi de sept de ses moines, il s’enfonça dans la forêt de Camors. Là, il construisit un monastère, dont la chapelle de Locoal garde le souvenir, et y mourut le 6 juin, vers l’an 640, âgé d’environ 50 ans. A gauche ce magnifique menhir phallique entre Locoal et mendon. Son corps, disputé entre sa mère et sa soeur d’une part, et ses disciples de l’autre, fut transporté dans l’île du Plec, et inhumé dans l’église qu’il y avait fait bâtir. Bientôt l’île prit son nom et s’appela Loc-Gudual, et plus tard Locoal. Les miracles opérés au tombeau du saint y firent affluer les pèlerins et les offrandes. Par suite, les possessions du monastère embrassèrent peu à peu le territoire de la paroisse actuelle de Sainte-Hélène, la presqu’île du Plec, et les côtes de Mendon. Cette pros­périté dura deux ou trois siècles, jusqu’aux ravages des Normands.

Voila, c’était l’histoire du jour, en attendant la prochaine, portez vous bien et à demain peut-être.

LA VERITE SI J’MENS…

Posté par erwandekeramoal dans HUMEUR, TRADITION

, ,

Amis de la chronique locale et du bigorneau réunis, bonjour !

Nous sommes le mardi 13 mars, 23è jour de ventôse dédié à la Cochléaire. Quoi ! Vous ne connaissez pas la cochléaire, cette jolie plante des estuaires qui apprécie les prés salés et qui doit son nom au latin cochléa, cuiller ?

Nul doute que le saint du jour, KEMO, en a trouvé sur son chemin en débarquant de son Irlande natale quelque part du côté des lieues de Grèves sur la côte Nord de Bretagne. Il a laissé son nom à la charmante commune de Locquémeau, en breton Loch Kemo. La tradition locale en fait un compagnon de saint Efflam avec qui il aurait débarqué sur la Lieue de Grève au VIème siècle en compagnie de saint Tuder, de saint Haran, de saint Nérin, de saint Karé et de saint Kirio.

« Lieu consacré à saint Kémo », ce village relevait autrefois de l´abbaye cistercienne du Relecq en Plounéour-Ménez (Finistère) dont les lieux-dits Parc-ar-Manac´h, « le champ du moine », et Prat-ar-Manarty, « le pré du monastère », semblent constituer le seul souvenir sur le territoire communal. A cette époque là, les saints voyageaient en bandes organisées, une sorte de Costa croisière qui venait s’échouer sur les côtes bretonnes. Aujourd’hui ils feraient une drôle de tête en voyant les algues vertes s’amasser au fond de la baie.(ici à gauche, une photo de Joël Le jeune que j’ai souvent rencontré à l’époque où il était maire de Trédrez-Locquémeau. Il contemple le désastre sur la plage de loc-Milin).

Tout à fait autre chose.

Dimanche, dans son grand métingue du métropolitain, le candidat-président, une fois de plus sans vergogne, a promis qu’il allait faire dans les cinq ans à venir, tout ce qu’il n’a pas fait dans les cinq ans passés. Pour un peu il promettait la disparition des algues vertes pour les remplacer par des cochléaires (oui bon, faut suivre!). Il faut reconnaître que dans sa reconquète de la confiance des français, il bénéficie du soutien indéfectible d’un trio de choc : Bernadette qu’est la plus chouette, Enrico qu’est le plus beau et Depardieu qu’est le plus mieux… Je ne sais pas pour vous mais, m’est avis que cela va être un peu juste. Comme disent Omar & Fred dans leur service après vente : je crois que je vais avoir des ennuis…

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

ABRAKADABRA…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

,

Amis de la pharmacopée et du ris de veau réunis, bonjour !

Nous voici le dimanche 11 mars de l’an 2012 c’est à dire le 21 de ventôse qui était généralement dédié à la Mandragore.

Les effets hallucinogènes remarquables de la plante, ainsi que la capacité qu’ont ses principes actifs de pouvoir aisément traverser la peau et de passer dans la circulation sanguine, explique certainement pourquoi les sorcières du Moyen Age, qui s’enduisaient les muqueuses et les aisselles à l’aide d’un onguent à base de mandragore, entraient en transe.

La plante était également utilisée par les guérisseuses, notamment pour faciliter les accouchements, mais aussi contre les morsures de vipère. En raison de la forme vaguement humaine de sa racine et de ses composés alcaloïdes psychotropes, la mandragore a été associée depuis l’antiquité à des croyances et des rituels magiques. La Mandragore Officinale est devenue, au fil des années, tellement mystérieuse dans le folklore, qu’elle a été par la suite considérée non seulement comme la plus puissante mais également comme la plus dangereuse de toutes les herbes magiques. Elle représente tout ce qui est mystérieux et attirant dans le monde étrange des plantes. A noter qu’elle contient un alcaloïde, la scopolamine, dont on a tiré les premiers sérums de vérité…

Il faut bien reconnaître que sa cueillette n’est pas une mince affaire.Paracelse  conseillait d’opérer la nuit du vendredi, lorsque les mandragores sont lumineuses après l’orage, il convient de les rechercher au pied d’un gibet, où le sperme du pendu leur apporte vitalité, ou sur les places de supplice ou de crémation. Un chien noir affamé, animal condamné, est attaché au pied de la plante, et ,excité par le son du cor, est appelé au loin, devant franchir trois cercles concentriques inscrits à terre autour de la mandragore à l’aide d’un poignard magique. La plante émet lors de l’arrachage un cri d’agonie insoutenable, tuant l’animal, et l’homme non éloigné aux oreilles non bouchées de cire. La racine devient magique après lavage, macération et maturation en linceul ; elle représente l’ébauche de l’homme, « petit homme planté » ou « homonculus ». Ainsi choyée, elle reste éternellement fidèle à son maître et procure à son possesseur, prospérité prodigieuse, abondance de biens, et fécondité.

Bon ben dites donc, ça nous fait un dimanche pas très catholique tout cela. Allez, portez vous bien et à demain peut-être.