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Le solstice de Strasbourg…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

Amis de la nature naturante et du riz pilaf réunis, bonjour ! Nous sommes le Mardi 22 décembre 2020, deuxième jour de Nivôse dédié à la druidehouille. Lors du solstice d’hiver (c’était hier à 5h 02), les druides contemporains ne fêtent pas Yule comme dans les pays nordiques, mais Alban Arthan (la lumière de l’ours). L’année celto-druidique commence en effet au solstice d’hiver avec la cérémonie de la Modra Necht, fête qui est marquée par la « cueillette du gui ». A chaque fois que le druide officiant coupe une touffe de gui, il s’écrie : « O Gehl an Heu ! » qui signifie « Le blé lève ! ». Cet usage maintenu tout le Moyen-âge fut mal compris de la foule qui traduisit par « Au Gui l’An neuf ! », amusant, non ?

J’évoque le solstice d’hiver et la tradition druidique mais, les Francs-Maçons aussi fêtent les Solstices notamment celui d’hiver ou Saint-Jeanjanus1-248x300 d’hiver (l’évangéliste). Dans La franc-maçonnerie rendue intelligible à ses adeptes, Oswald Wirth note : « Jean l’Évangéliste personnifie la lumière crépusculaire du soir, celle qui embrase le ciel lorsque le soleil vient de disparaître sous l’horizon (…)  On lui attribue l’Apocalypse, qui, sous prétexte de dévoiler les mystères chrétiens, les masque sous des énigmes calculées pour entraîner les esprits perspicaces au delà des étroitesses du dogme. Aussi est-ce de la tradition johannite que se sont prévalues toutes les écoles mystiques, qui, sous le voile de l’ésotérisme, ont visé à l’émancipation de la pensée.

N’oublions pas, enfin, que le quatrième évangile débute par un texte d’une haute portée initiatique, sur lequel s’est longtemps prêté le Yuleserment maçonnique. Au début était le verbe… » Dans sa grande volonté de récupération, l’église chrétienne apostolique et romaine a remplacé le culte romain de Janus par celui des deux Jean en choisissant ces personnages parce qu’ils ont le même nom, et en plaçant leurs fêtes aux dates des solstices. Jean le Baptiste ouvre la porte estivale et annonce le cycle d’obscuration. Jean l’Évangéliste ouvre la porte hivernale et annonce le cycle d’illumination. Et les feux d’Alban Arthan ont été remplacés par les guirlandes de l’union des commerçants et la bûche de Noël… Quelle misère madame Michu.

Bon, c’est l’occasion ou jamais de vous dire joyeuses fêtes, portez vous bien et à bientôt… Peut-être.

Les portes de l’Enfer…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

Amis de la polémique et du waterzoï réunis, bonjour ! Nous sommes le NivôseLundi 21 décembre 2020, si l’on en croit le calendrier républicain, ce jour, premier de Nivôse, est dédié à la tourbe. Nivôse qui nous vient tout droit du latin Nivosus, riche en neige… C’est bien tout ce qu’il reste de riche par les temps qui courent ; mis à part quelques spéculateurs véreux qui se repaissent sur le dos des petites gens et qui regardent en se bidonnant nos acquis sociaux se réduire à peau de chagrin. Ma doué benniget !

La tourbe donc, puisque c’est d’elle qu’il s’agit, a été pendant longtemps la principale production du Yeun Elez, cette zone marécageuse située au cœur des Monts d’Arrée (Finistère) sous le regard vigilant de nos géants de granite: Roc’h Trevezel, Roc’h Trédudon, Menez Kador. La légende situe ici même, au cœur de ces tourbières, les portes de l’Enfer: Le Youdig. Voici ce qu’en dit Anatole Le Braz dans « La légende de la Mort »:  « On dirait, en été, une steppela-tourbe sans limites, aux nuances aussi changeantes que celles de la mer. On y marche sur un terrain élastique, tressé d’herbes, de bruyères, de jonc. A mesure qu’on avance, le terrain se fait de moins en moins solide sous les pieds : bientôt on enfonce dans l’eau jusqu’à mi-jambes et, lorsqu’on arrive au cœur du Yeun, on se trouve devant une plaque verdâtre, d’un abord dangereux et de mine traîtresse, dont les gens du pays prétendent qu’on n’a jamais pu sonder la profondeur. C’est la porte des ténèbres, le vestibule sinistre de l’inconnu, le trou béant par lequel on précipite les « conjurés ».

https://youtu.be/qWrtUKOQPeo

Cette flaque est appelée le Youdig (la petite bouillie) : parfois son eau se met à bouillir. Malheur à qui s’y pencherait à cet instant : il serait saisi, entraîné, englouti par les puissances invisibles ». Depuis le temps Lankou-210x300que l’on s’échine à démanteler la centrale nucléaire  de Brennilis (à l’arrêt depuis 1985)… Elles sont peut-être là, les invisibles puissances ! « Sant Mikêl vraz a oar an tu d’ampich ioual ar bleizi-du » ( Le grand saint Michel sait la manière d’empêcher de hurler les loups noirs ) allusion à la chapelle Saint-Michel de Braspart qui domine le Yeun Elez. Voila ce que l’on répond à ceux qui ont eu le malheur de s’égarer dans le marais et qui disent avoir entendu hurler les chiens de la mort. Mon aïeule nous contait l’histoire des crieurs de nuits (hoper noz) que sont les enfants morts sans baptême et qui doivent rester errer ainsi jusqu’au jugement dernier. Bref, que des trucs vachement rigolo…

Allez, portez vous bien en attendant le re-reconfinement et à bientôt peut-être.

Le bal des trépassés…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

Amis de la prétérition et du filet de cabillaud réunis, bonjour ! Nous sommes le Lundi 02 novembre 2020, 12è jour de brumaire, habituellement dédié à la Mâcre, plante aquatique autrement appelée la-baie-des-trepasseschâtaigne d’eau, on dit que les chinois en sont friands (Ah, le pangolin à la châtaigne d’eau…) En Bretagne c’était un grand jour que celui-là. Il était consacré aux trépassés, ici on dit Anaon. Peut-être connaissez vous ce recoin de côte entre la pointe du Van et celle du Raz, au bout du bout du Finistère, c’est la baie des trépassés, bae an anaon. Mon aïeule, admiratrice d’Anatole le Braz, m’a souvent conté l’histoire du Treizour (le passeur) chargé de mener les âmes vers l’autre monde et qui accostait la nuit venue sur ses rivages. Il faudra que je lui consacre un billet. Au treizour, pas à mon aïeule…

Cette antique curiosité des Celtes pour les problèmes de la mort s’est conservée jusqu’au siècle dernier, et avant dernier, en Bretagne où l’on a vu apparaître de somptueux monuments funéraires avec des ossuaires souvent plus beaux que les églises, agrémentés de motifs sculpturaux parmi lesquels figure en bonne place le valet de la mort,kathryn-jacobi-14-224x300 l’Ankou. Alors qu’on s’efforçait ailleurs, par mesure d’hygiène, d’éloigner des villages les cimetières, en Bretagne, cela était regardé comme des profanations et ceux-ci occupaient en général le centre de la bourgade, au milieu des vivants. Ce qui brouille la perception de cette filiation, c’est la grande prédication, intensifiée à la suite de la révolte « du Papier timbré » en 1675 (les fameux bonnets rouges), en vue d’arrêter la révolte et de prêcher la soumission à Dieu et au roi, à un pays peu ou mal christianisé. Elle fut menée à bien par des Jésuites, principalement le Père Maunoir et Michel le Nobletz, et vit l’introduction de nouvelles pratiques: grandes processions, cantiques, culte de nouveaux saints et de la Sainte Famille avec Sainte Anne, qui ont continué de marquer la Bretagne.

Venez chanter pour moi la complainte des trépassés,
ma parentèle, mes preux, mes freux, mes chevaliers,
mes aveugles, mes mal-chaussés, mes forestiers !
(Hubert Juin) illustration de Kathryn Jacobi

Le sort des âmes trépassées est marqué désormais par la terreur de l’enfer, les descriptions sadiques des supplices qu’on y enduraient et dont le « cantique » du P. Maunoir, l’Enfer,  est un saisissant condensé. En 1641, il publie un premier recueil de cantiques bretons, qu’il utilise Taolennou1lors d’une mission à Douarnenez. Maunoir utilisa au départ les « Taolennou » que le père Le Nobletz avait développés : ce sont des cartes ou tableaux représentant des thèmes illustrant son enseignement (ici à gauche). Il pouvait ainsi marquer visuellement ses fidèles qui ne savaient pas lire. C’est ainsi qu’il utilisa le cantique en raison de l’illettrisme d’une grande partie des fidèles. On choisissait un air à la mode qui était donc connu des fidèles et l’on y adaptait des paroles religieuses qui reprenaient l’abrégé du catéchisme. Cette fête qui est célébrée chez les Catholiques, le lendemain de la Toussaint, le 02 novembre donc, est fondée sur l’idée que les âmes mortes en état de péché véniel voient leurs souffrances allégées par la prière des vivants et le sacrifice de la messe. Elle remonte à St Odilon, abbé de Cluny mort traverser-le-Styx-300x230en 1048. L’ « argument » rédigé par La Villemarqué en introduction de ce chant(dans le Barzaz Breiz) peut se résumer ainsi: « C’est le mois noir (miz du= novembre) que l’Eglise a choisi pour songer aux morts et prier pour eux. Le soir de la Toussaint, on venait s’agenouiller sur la tombe de ses parents défunts, remplir d’eau bénite le creux de leur pierre funèbre et dans quelques localités, y faire des libations de lait. Puis avait lieu un office religieux. Les cloches ne cessaient de tinter durant toute la nuit et parfois, à l’issue des vêpres, avait lieu une procession aux flambeaux autour du cimetière au cours de laquelle le recteur bénissait chaque tombe. Dans chaque maison le repas restait servi pour les défunts et le feu du foyer restait allumé pour qu’ils puissent s’y réchauffer. » On le préservait jusqu’au lendemain en couvrant les braises; d’où l’expression: couvre-feu…

Allez, confinez en paix et à bientôt peut-être.

Oiche Shahmna…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

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Amis de l’étrange et des beignets aux pommes réunis, bonjour ! Nous sommes le Samedi 31 octobre 2020, dixième jour de Brumaire dédié à la charrue, deuxième jour du deuxième confinement. Ha setu breman: Miz du (e Brezhoneg evel just). Voici venir novembre qui ouvre le chemin de l’hiver par la grande fête de la Samain. On rit, on chante, on Oiche shamhnaboit beaucoup,on célèbre la mort du roi soleil. Bien sur, c’était avant ! Avant que que les « pisse- vinaigre » de la papauté ( Grégoire IV, 8ème siècle environ) n’en décident autrement. Il faut dire qu’ils furent bien aidé par Louis le Pieux qui instaura sur toute la Carolingie chrétienne cette obligation de fêter tous les saints. Voila pourquoi au lieu de faire la fiesta, on se traine dans les cimetières les bras chargés de chrysantèmes ridicules. Or donc revoilà, Halloween, All Hallows Eve qui signifie the eve of All Saints’ Day (Oíche Shamhna en Gaélique) c’est à dire, la veillée de la toussaint et c’est reparti pour un tour. Les marchands du temple ne désespèrent pas de nous refiler leur camelote. Messieurs les vendeurs de citrouilles, nous n’avons que faire de vos zombis de pacotille, vos Freddys ensanglantés et autres fantômes hollywoodiens… Nous, nous arrivons en ligne droite des Thuatha De Danann, nos épopées sont celles de Cûchulain et nous avançons vers Avalon. Chez nous, la Samain est celle des druides, bardes et ovates.

La Celtie n’a pas attendu l’évangélisation, fusse celle de St Patrick, pour ouvrir, une fois l’an, la porte entre la saison claire et la saison noire, entre le jour et la nuit, entre le monde des vivants et celui des morts. Si vous passez du coté de l’ile de Sein, le mercredi après midi, vous y ile de Seinverrez peut-être de vieilles Sénanes, tout de noir vêtues, penchées sur la tombe de leurs disparus et, si vous approchez avec discrétion, vous les entendrez parler. Elles racontent aux défunts les évènements de la semaine. Pourquoi ne pas profiter de cette période de l’année et de cette tradition que les immigrants Irlandais et Ecossais ont emporté dans leurs bagages vers le nouveau monde avec la légende de Jack o lantern pour raconter aux enfants la très vieille et très ancienne tradition celtique. Son panthéon n’a pas à rougir de celui des Grecs ou des Egyptiens. Ses sagas n’ont rien à envier à l’Iliade, à l’Odyssée, aux milles et une nuits ni même à la bible. Oui mais voila, ça ne se vend pas ça, coco ! Alors, de grâce, épargnez nous vos orgies de cucurbitacées.

Allez, merci de votre visite, confinez en paix et à bientôt peut-être.

Le saint & l’azote…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

Amis de la variétoche et de la soupe de congre réunies, bonjour ! Nous sommes le mercredi 14 octobre 2020, 23è jour de vendémiaire dédié au navet. Aléa jacta est ! Comme disait mon aïeule qui lisait Epicure dans le texte et Ouest-Eclair dans les cabinets.

En Bretagne armoricaine on célèbre (ou pas) les Enora. On raconte que son père l’ayant forcée à épouser Efflam, elle refusa en accord avec ce dernier, de mener vie commune. Ils se marièrent et vécurent comme frère et sœur tout au long de leur vie. On peut voir sa statue dans l’église de Plestin (Finistère) et dans la chapelle de Trézeny. Efflam lui, trône en bonne place dans la vallée des saints de Carnoët grâce aux ciseaux et burins de Seenu Shanmugam. Enora quand à elle, est Efflamdevenue la patronne des nourrices, aujourd’hui on dit assistantes maternelles; ça fait plus mieux… Quand à Efflam, oyez ce qu’en dit Albert le Grand : «  … nôtre Saint, avec sa compagnie, passa la mer & vint heureusement surgir à la coste de la Bretagne Armorique, en la baye de sable, qui est entre Toul Efflam & Loc-Mikel, dite communement la lieue de gréve, en la paroisse de Plestin, Diocese de Treguer, & leur vaisseau s’arresta vis-à-vis d’un grand roc, qui est au milieu de la gréve (en terre neanmoins), nommé Hyrglas. Il y avoit pour lors, le long de la gréve, une très-grande forest, de laquelle S. Efflam & sa troupe, descendans de leur vaisseau, virent sortir un horrible dragon, lequel se retiroit à travers la grève dans sa caverne, distante d’environ mil pas de ce roc; laquelle caverne était profonde de neuf coudées, & en avoit douze en la circonférence de son ouverture; mais de peur qu’à la piste et trace de ses griffes, il ne fut découvert & assiégé en cét antre, il avoit cette astuce de marcher à reculons, de sorte qu’à voir les marques de ses griffes dans le sable, on eut pensé qu’il venoit de sortir du lieu où il ne faisoit que d’entrer. » .

Au milieu de cette vaste grève sillonnée de ruisseaux et de filières, s’élève une croix de pierre (la croix de la lieue de grève -photo de la-croixgauche). Autrefois l’habitant de ce pays, avant d’entreprendre la traversée ne manquait jamais d’interroger la croix. Si les flots la recouvraient, il était trop tard: l’imprudent eut été infailliblement englouti. Si, au contraire, la croix se montrait au-dessus de l’eau, on disait : « la croix nous voit » et l’on s’avançait sans crainte ». On dit qu’elle se déplace de l’épaisseur d’un grain de blé tous les sept ans : « Treuz ur gwinizhenn a bep seizh bloaz ». Hélas, toutes les prières à Enora et à Efflam n’ont pas empêché les algues vertes de défigurer le site merveilleux de Saint-Michel-en-Grève

Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Le voyage de Màel Dùin…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

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Amis du Gospel et de la galette de blé noir réunis, bonjour ! Nous sommes le Vendredi 09 octobre 2020, 18è jour de vendémiaire dédié au sarrasin.

Par chez nous on célèbre les Denez, forme bretonne du prénom Denis qui trouve sans doute son origine dans la Grèce antique auprès du dieu de la vigne, Dyonisos. Dans la mythologie celte, il est le dieu des morts, auquel on offre du blé noir; c’est comme cela que par ici on nomme le sarrasin, ce qui, de toute évidence, est un abus de 300px-Blenoirlangage car le sarrasin n’est pas une graminée et se particularise en étant dépourvu de gluten ce qui, j’en suis convaincu, vous fait une belle jambe. Dans les calendriers celtiques on trouvera aussi les Mael duyn. Le père de Maeldun était un des chefs des îles d’Aran (célèbre pour son pure malt Lochranza castel de 21 ans d’âge) qui attaqua l’Irlande, pilla une église et viola une nonne, ma doue beniged.

Il fut tué à son tour peu après par des agresseurs venus de la mer, vraisemblablement des Viking. La nonne donna naissance à Maeldun et l’enfant fut adopté par la femme du chef local, la sœur de l’infortunée nonne. Ce n’est que le voyagelorsque des enfants se moquèrent de Maeldun au sujet de sa naissance que sa mère adoptive l’emmena voir sa vraie mère et lui révéla ses origines. Avec trois demi-frères, il se mit alors à la recherche de son père et apprit qu’il avait été assassiné. Ainsi débute le voyage de Máel Dúin, sorte d’Odyssée à la sauce celte composée en vieil irlandais vers la fin du Xe siècle. Mael Duin est le premier récit de voyage à mêler indifféremment éléments chrétiens et profanes. Vous aurez noté que nos émérites maîtres d’école se répandaient largement sur les exploits de Jason, Ulysse et consorts mais jamais sur les aventures de Mael duyn. Étonnant, non !

Allez, rendez à César ce qui est à Homère, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Mabon et l’équinoxe d’automne…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

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Amis de l’amphigouri et du clafoutis aux mirabelles réunis, bonjour ! Nous sommes donc le Mardi 22 septembre 2020, premier jour de Vendémiaire dédié au raisin. Je dois préciser que l’équinoxe aura lieu à 13h30 et 38 secondes heure française pour être tout à fait précis. J’ajouterai qu’il vous reste 100 jours pour préparer le réveillon. C’est un peu le Père cent des appelés du contingent, rite qui était pratiqué à mon époque et qui était marqué par une parodie de pendaison cent jours avant la quille. Je dis cela mobron-saumoncar, dans le calendrier républicain, commençant le 22 septembre 1792, mis en place le 6 octobre 1793 et utilisé entre 1793 et 1805, l’année débute lors de l’équinoxe de septembre. (Le hasard avait fait que l’institution de la République, le lendemain de l’abolition de la royauté le 21 septembre 1792, ait lieu le jour de l’équinoxe d’automne). Dans la très vieille et très ancienne civilisation celtique, c’est Mabon; dont le nom complet est Mabon ap Modron qui signifie le « fils divin d’une divine mère », l’enfant de la déesse, Terre-mère des gallois, Modron, fille d’Afallach et de Mellt. Selon la légende, Mabon, a été enlevé à l’âge de trois jours (ou trois ans selon d’autres versions) et emprisonné à Gloucester ou dans l’Annwvyn, l’Autre-Monde des Gallois. Seul le Saumon de Llyn Llin connaissait l’endroit exact de sa séquestration. Cependant, comme il était le meilleur veneur du monde, il Frodonétait le seul à pouvoir maîtriser le chien dont Culhwch avait besoin pour conquérir la main d’Olwen. C’est pourquoi une expédition fut montée pour délivrer Mabon. Toujours selon la légende, il était retenu sur une île au milieu d’une rivière et Cei et Bedwyr s’y rendirent sur le dos d’un saumon pour le délivrer. (source: Le grenier de Clio ). Et pour en terminer avec l’éphéméride, saviez vous que Frodon Sacquet Hobbit, personnage important de l’œuvre de Tolkien, était né un 22 septembre 2968 du 3è âge. Étonnant, non ! Toute chose égale par ailleurs, je dois vous avouer qu’à l’instar de Brassens, le 22 septembre aujourd’hui, je m’en fout. (pour Jean, fidèle lecteur, bis repetita)

Allez, merci pour la visite, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Les vêpres des grenouilles…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

Amis de l’histoire bretonne et des cailles au raisin réunies, bonjour ! Nous sommes le samedi 19 septembre 2020 qui fait partie des jours « complémentaires » rajoutés au calendrier  républicain ; celui-ci était dédié au travail. Quelle drôle d’idée…

En Bretagne on honore les Riware (le premier qui dit Riware et Carret est à l’amende) qui a laissé son nom à la commune de Lanrivoare, non loin d’ici. Lanrivoaré (29) est un démembrement de l’ancienne paroisse cimetièreprimitive de Milizac. Cette commune doit son origine à la création d’un ermitage par Rivoaré. Lanrivoaré était autrefois une trêve de Plourin et dépendait de l’ancien évêché du Léon. Paroisse de l’ancien archidiaconé d’Ach, sous le patronage de saint Rivoaré qui est honoré en Cornouaille dans la trêve de Saint-Rivoal, en Braspart, et c’est peut-être à cause de sa parenté avec saint Hervé, qu’il est considéré comme ayant une grande puissance sur le démon, dont auraient hérité les Curés ou Recteurs de Saint-Rivoal, qui, selon la tradition populaire, ont la charge de conduire dans les marais du mont Saint-Nicolas les démons ou sorciers qu’ils ont conjurés non sans les avoir transformés en chiens noirs (ki du).

Rivoaré aurait été le chef d’une tribu d’émigrés bretons qui aurait été immolée par des païens en haine de leur foi et c’est en souvenir de ce massacre qu’on aurait conservé leurs restes dans un cimetière tout particulier, entièrement dallé, dans lequel on ne pénètre qu’en seles-7-pains déchaussant (photo de gauche ci-dessus). On y voit une croix au pied de laquelle se trouvent sept pierres rondes ayant quelque analogie avec la forme des pains de ménage. On dit que ces pains furent changés en pierre par Rivoaré à l’étalage d’un boulanger qui lui aurait refusé l’aumône. Ce cimetière est dit communément, des 7777 martyrs. Mais en breton, l’on dit 7 mille, 7 cents, 7 vingts et 7 — c’est-à-dire 7847 — auxquels, si on ajoute les 7 pierres de la croix, on trouve le chiffre 7854. Tout le monde suit ? Je continue. Cette pédagogie druidique qui consistait à répéter inlassablement des suites, a laissé quelques traces dans les chants traditionnels scandés tels le fameux « vêpres des grenouilles » . Comme ici, par les non moins fameuses sœurs Goadec.

Ce nombre de 7 répété à dessein a intrigué les savants qui ont voulu y voir un nombre mystérieux, et M. de Kerviler, sans vouloir nier la tradition d’un massacre de chrétiens en ce lieu, y voit une formule des druideanciens druides rendant facile à retenir, la théorie du cercle et en même temps mettant en relief l’importance des nombre 7 et 3. « Etant arrivés, dit-il, à trouver que la circonférence de 10 unités de diamètre avait une longueur de 314 unités, ils en avaient conclu que la surface d’un cercle était de 7854 unités carrées, et remarquant ensuite que ce nombre contenait l’expression de propriétés merveilleuses sur le nombre 7 et sur le nombre 3 ils en firent l’objet d’une légende mnémonique pour leurs adeptes ». Cette légende nous aurait été conservée grâce à ce nombre des « 7 mille 7 cents 7 vingts et 7 Saints martyrisés, et des 7 pains de saint Hervé », que les nouveaux convertis ont adopté sans y voir trace d’une opinion scientifique quelconque.

Bon et bien voilà, encore une histoire à coucher dehors avec un billet de logement, comme disait mon aïeule. Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Au 31 du mois d’août…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE, TRADITION

Amis de la perfide Albion (y-en a) et de la panse de brebis farcie réunies, bonjour ! Nous sommes le Lundi 31 Août 2020, quatorzième jour de Fructidor dédié à la noix.

Je ne pouvais pas laisser passer le 31 août sans entonner avec vous cette chanson qui a accompagné tant de nos soirées quelque peu agitées. Celle-ci est d’autant plus intéressante qu’elle relate un fait historique. Il s’agit de la prise du « HMS KENT », bâtiment appartenant à sa très Combat_navalgracieuse majesté et dont on voit ici une représentation, par un petit navire « la confiance » commandée par Surcouf, corsaire Malouin. Le 7 octobre 18OO (?), dans la baie du Bengal, le Kent, navire anglais de guerre face à La Confiance. A trois hommes contre un, deux canons pour deux, le Kent était sûr de vaincre. Surcouf, fin tacticien, réussit toutefois à donner à ses hommes le courage nécessaire à la prise du Kent. Soixante-dix anglais furent tués, dont le capitaine, et seuls (!) vingt hommes de Surcouf succombèrent.

La légende nous a légué ce fameux dialogue: « Officier surcoufanglais : Nous, Anglais, nous nous battons pour l’honneur, et vous les Français, vous vous battez pour l’argent !
Robert Surcouf : Chacun se bat pour ce qui lui manque ! » Cela ne l’a pas empêché de finir baron et armateur et porteur de la légion d’honneur. Il faut reconnaître qu’il n’a pas le profil de Long John Silver ou de Barberousse et qu’il fait davantage penser à un gras bourgeois de l’époque… En tous cas, un malouin malin doublé d’un prospère propriétaire terrien de 800 hectares.

Bon, allez, c’est la fin des vacances, je vous parie deux paquets de lessive contre un paquet de mer à la pointe du raz que le soleil va revenir ! En attendant, portez vous bien et à bientôt peut-être.

De la ville d’Ys à Lexobie…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

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Amis de l’herboristerie et du bar de ligne réunis, bonjour ! Nous sommes le Lundi 03 Août 2020 et, si j’en crois mon calendrier républicain, nous sommes le seizième jour de thermidor, dédié à la guimauve. Autrefois on utilisait la racine de cette plante pour produire la guimauvefameuse pâte à guimauve. Aujourd’hui tout cela est remplacé par du collagène à base de peau et d’os d’animaux…Beurk ! Mon aïeule, qui ne reculait devant aucune expérience, surtout quand nous en étions les cobayes, nous faisait mâchouiller de la racine de guimauve épluchée (photo de gauche); c’est bon pour les dents, disait elle… Nous on préférait le bâton de réglisse et le coco Boer. Par ici, ce jour, nous célébrons les Pergad qui fut durant un jour évêque de Tréguier mais qui fut surtout élève de Tugdual, chanoine et archidiacre de Lexobie. 

A une époque fort reculée de notre histoire, s’élevait dit-on à Saint-Michel-en-Grève ( Lokmikael-an-Traezh en Breton) une cité maritime puissante et belle, défendue par de bons remparts des attaques de ses ennemis et protégée des envahissements des flots par des digues, dont on ouvrait à certains moments les portes pour laisser entrer ou retenir la mer dans le port. Si l’on croit la tradition, « c’était une ville splendide, babylonienne. – Elle était bâtie de marbre, peuplée de palais, toute étincelante d’or : des remparts d’une hauteur colossale la ville d'Ysdéfendaient des attaques de ses ennemis d’un côté, et des digues, d’une solidité à toute épreuve, la protégeaient de l’autre contre les irruptions de l’Océan. » C’est exactement la même légende que celle de la ville d’Ys pour la baie de Douarnenez (à droite- magnifique gravure de René Quilivic). Voici ce qu’en disait vers 1850 M. Zaccone, dans un feuilleton intitulé La Ville aux Diamants: «A Lexobie, il n’y avait rien à craindre, et sûre de l’impunité, la cour du bon roi se livrait avec emportement à ces ténébreux excès qui avaient autrefois attiré la colère du ciel sur Sodome et Gomorre ! – Un jour cependant, Dieu ne pût voir sans être courroucé, le spectacle que la ville de Lexobie donnait à la Bretagne et au monde entier et il résolut de la détruire. La ville de Lexobie s’endormit la nuit suivante du lourd sommeil de l’orgie et ne se réveilla plus. L’Océan avait brisé ses digues puissantes, et l’on ne voyait plus à sa place qu’une immense nappe d’eau, silencieuse et morne…. ».

Saint-Michel-en-Grève revendique l’honneur d’être bâtie sur ses ruines. Quelques-uns prétendent qu’elle embrassait tout le pays où sont aujourd’hui les communes de Trédrez et de Ploulec’h et qu’elle était assez vaste pour qu’une extrémité occupât l’endroit où s’élève le hameau actuel du Yaudet et que l’autre extrémité dépassait la lieue de lieue-de-grève-235x300Grève. Mais Lexobie n’a pas été entièrement détruite, elle existe là, enfouie sous le sable de la lieue de Grève, cachée aux regards des mortels : la nuit de la saint Jean chacun peut y descendre par un escalier magnifique pratiqué au fond d’une grotte qui se trouve à l’entrée de la baie, derrière un rocher, lequel cette nuit là s’ébranle pour en livrer l’accès au premier coup de minuit et se referme au dernier son de la cloche. J’ai rencontré un vieux pêcheur du coin qui m’a affirmé avoir vu, par un soir de grande marée, émerger du sable les vestiges de l’ancienne cité. Et à Douarnenez, Michel Mazéas, ancien maire de la ville et amateur de plongée sous-marine, m’a raconté avoir vu dans la baie les restes d’une allée pavée, conduisant sans nul doute à l’entrée de la ville d’Ys… Le vieux marin de St-Michel a peut-être confondu grande marée et grande cuvée mais Michel, lui, était sobre comme un chameau; alors, allez savoir.

Merci de passer par ici, portez vous bien et à bientôt peut-être.