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L’ajonc sur le bout de la lande…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

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Amis de la parabole et du veau marengo réunis, bonjour! Nous sommes le Vendredi 06 décembre 2019, 16è jour de frimaire dédié à l’Ajonc, plante emblématique de notre chère Bretagne. A tel point que l’ajonc est venu prendre sa place au magasin des clichés d’une certaine poésie bretonne qu’Anatole Le Braz qualifiait de « poésie passe-partout », invariablement calquée sur le même poncif, et qui n’a de breton que le Ajoncnom. Ainsi écrivait-il avec un rien de moquerie: « Vous prenez quelques clochers à jours, quelques calvaires, un air de biniou, trois notes de bombarde; vous ajoutez un brin de genêt, un bouquet d’ajonc-d’or, du vent, de la brume, de la pluie, de la mer; vous mêlez le tout, vous agitez fortement… et vous avez la Bretagne.» Il existe d’ailleurs une espèce nommée l’ajonc Le Gall qui doit son nom d’espèce à Nicolas Joseph Marie Le Gall de Kerlinou qui avait le premier différencié cet ajonc de l’ajonc de Provence, mais qui n’avait pu faire paraître l’ouvrage où il décrivait la nouvelle espèce avant que Planchon ne le fasse lui même en 1849. C’était un juge et néanmoins botaniste breton qui fut député du Morbihan entre 1834 et 1837. Sa maman n’était autre que Magdelaine Vincente Millon de Saint Goustan, très connue dans son canton. (j’emprunte le tire à Daniel Giraudon, professeur de celtique à l’UBO (Université Bretagne Occidentale) qui à produit une recherche exemplaire à ce sujet)…

Le calendrier des postes nous invite à fêter les Nicolas. Avant l’heure, c’est pas l’heure ! Avant Noël, c’est pas Noël ! Quoique, il n’y a encore pas si longtemps, dans le Nord, en Lorraine, en Belgique, la Saint Nicolas c’était Noël. Les rues s’animaient et le bon saint s’y promenait St-Nicolasaccompagné de son terrible acolyte, le père Fouettard, le premier complimentant les uns et l’autre châtiant les pêcheurs. Je vous la fais courte: Un méchant boucher un peu psychopathe trucide trois personnes (quelquefois, trois enfants). Plus tard, passe St Nicolas qui les ressuscite. Et depuis, il distribue des bonbons aux petits enfants sages. Je ne sais pas pour vous mais pour ce qui me concerne, mon aïeule, qui faisait de la prévention comme d’autres font du tricot, m’a appris à me méfier des vieux messieurs qui offrent des bonbons aux petits nenfants. Aujourd’hui, les représentants des ligues bien-pensantes s’offusquent de la violence à la télévision, responsable de tous nos maux. Je me marre doucettement en constatant le cannibalisme, l’infanticide, et autres joyeusetés des contes de l’époque.

Allez, merci d’être passé, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Vingt dieux, la belle église !

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

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Amis du grand architecte et du p’tit cordonnier réunis, bonjour ! Nous sommes le Mardi 03 décembre 2019, 13è jour de Frimaire dédié au Cèdre.

En Bretagne on fête Envel qui a légué son nom à la magnifique petite commune de Loc-Envel en Côtes d’Armor. C’est la plus petite commune de ce département et qui compte aujourd’hui 80 habitants après en avoir eu près de 400 à la fin du 19è siloc-envel_0-300x188ècle; sans doute grâce aux mines de fer et de zinc qui existaient sur son territoire. C’est tout près de Belle-Isle-en-Terre et du fameux château de Coat an noz dans la forêt du même nom. Envel lui, s’installa comme anachorète dans la forêt de Coat-an-noz (le bois de la nuit) et sa sœur Yuna en fit autant dans le bois de Coat-an-Hay (le bois du jour). La légende dit qu’ils ne se revirent jamais. Les deux forêts existent toujours et j’y ai fait de belles cueillettes de champignons.

Si vos pas vous mènent dans ces parages, jetez donc un œil sur cette petite église absolument épatante (gothique flamboyant). Les chimères et les ggargouilleargouilles qui ornent l’église gardent une expression fort curieuse, malgré la patine et l’usure du temps. D’ailleurs, je me suis souvent posé cette question: pourquoi tous ces singes sur les églises en Bretagne? Il semble bien que la plupart des bestiaires du moyen-âge  dérivent du fameux Physiologus, ouvrage Grec du IIè siècle. Traduit en latin dès le IVème siècle, le « Physiologus » a exercé une influence déterminante sur toute la chrétienté. Par le biais des nombreux manuscrits, souvent illustrés, physiologusles monstres de l’Orient et de l’Antiquité gréco-romaine ont ainsi pénétré l’imaginaire des hommes du Moyen-Age. Loc-Envel avait autrefois une léproserie et les seuls vestiges qui en restent sont les trois fenêtres qui donnent sur la chapelle des fonts baptismaux et par lesquelles les lépreux assistaient aux offices. La tradition raconte que les cloches, très recherchées à la révolution pour être refondues furent enlevées et enterrées dans un lieu secret; si secret qu’elles ne furent jamais retrouvées le calme revenu.

Allez, merci de votre visite, portez vous bien et à bientôt peut-être.

A en perdre la tête…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS, TRADITION

Amis de la vérité historique et du chouchen chaud réunis, bonjour! Eodez.jpegNous voici le Jeudi 28 novembre 2019 qui correspond au 8è jour de frimaire habituellement dédié au miel. Aujourd’hui en Bretagne armoricaine nous célébrons Eodez. Celle-là même qui perdit la tête sous l’épée de son propre frère, Tangi, qui n’en finit pas moins saint lui même. Tous deux étaient enfants du seigneur de Trémazan. Comme disait mon aïeule qui maîtrisait le subjonctif comme d’autres la pêche à pied: « Plût au ciel que ces choses là ne fussent point advenues.» Des légendes comme celle là, il y en a plein par chez nous. Elles sont toutes plus gore que n’importe quel film de Brian de Palma et font passer La nuit des morts vivants pour une aimable bluette. Je vous la fait courte.

Or vint à trépasser la mère de nos deux héros. Passé le temps du veuvage, leur père prit en seconde noce une femme qui haïssait plus que tout Eodez (mauvais choix). Voici la façon dont Albert le Grand nous présente la chose:  « Cette nouvelle dame ne fut gueres en son ménage, qu’elle commença à regarder de travers nos jeunes Saints & Haude-Tanguy-248x300se montrer vraye marastre en leur endroit ; elle les rudoyoit & maltraitoit de parole & de fait & leur tint ces rigueurs huit ans durant ; lesquels expirez, Gurguy, déja grand, & à qui le sang commençoit à boilillonner dans les veines, ennuyé d’estre si mal-traité par cette femme, dans la maison de son pere, se résolut de quitter le pays pour quelque temps, & en obtint congé de son Pere, lequel luy donna une bonne somme d’argent & train honorable. » Et notre Tangi fut envoyé à la cour du roi des francs Childebert. Revenant de France et face aux faux-propos qui lui avaient été rapportés, Tangi décapita sa sœur afin de laver l’affront fait à l’honneur de la famille (un coup à faire passer les Talibans pour d’aimables polissons…). Celle-ci prit ses jambes à son cou et sa tête sous le bras et s’en retourna à la maison familiale affronter la méchante belle-mère… Il existe encore dans le Léon une gwerz (complainte) qui raconte la légende.     
A Castel Tremazan, e parrez Landunvez
Galon, eun digentil euz ar c’haëra lignez,
zeuas da eureugi, evit quenta pried,
Merc’h ar Prins euz a Vrest Florence voa hanvet,
Bugale o dévoé, mez oll n’hon hanvon quet :
Unan eo sant Tanguy, eun ail santez Eodet.
On me demande souvent ce qu’est une gwerz, en voici une:

https://youtu.be/w5-g4Bt7z_s

Vous voyez que la violence n’a pas attendu les films hollywoodiens pour déferler sur les écrans de l’histoire (tiens, c’est pas mal ça !). Tout au long de la vie des saints, on s’étripe et on se décapite joyeusement, on se démembre en famille, on s’assassine pieusement et tout cela était raconté aux petits n’enfants le soir à la veillée…Les évangélisateurs avaient compris, bien avant Paris-Match, l’importance du poids des mots et du choc des photos… Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Danse, danse Katel Gollet…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

Amis des confessions de St Augustin et des praires farcies réunies, bonjour ! Nous sommes le Lundi 25 novembre 2019, 5è jour de brumaire, et dans le calendrier républicain, c’est le jour du cochon… Dans celui des postes, c’est la Sainte Catherine là où tout bois prend racine. Et comme le disait mon aïeule qui n’en ratait pas une: pour la Ste Catherine, le porc couine! J’en profite donc pour souhaiter une bonne fête à ma filleule Katel. Oui, à l’Ouest du Couesnon, on dit Katell (aujourd’hui on met deux L, ça fait plus riche) plutôt que Catherine. Il sont comme cela les bretons, il faut toujours qu’ils se singularisent; non contents de porter des chapeaux ronds, ils ne peuvent pas appeler un chat un chat et une Catherine une Catherine… Ma doue benniget!

 
Oyez la légende de Katel Gollet, elle m’a été contée par un soir d’hiver et par un vieux colporteur dans une auberge des monts d’Arrée aujourd’hui disparue. Il affirmait la détenir de son grand-père qui lui même l’avait recueilli de la bouche d’un mourant alors qu’il croupissait dans la boue du camp de Conlie; là où l’armée bretonne du général de katel_goll_guim-272x300Keratry était censée se préparer à bouter le prussien hors des frontières:  Katel était une belle jeune fille de 16 ans qui vivait dans le château de son oncle, à la Roche- Maurice, près de Landerneau. Sa beauté dit-on, n’avait d’égale que son goût pour le plaisir et la danse. Le tonton, voulant se décharger de cette lourde tutelle, voudrait bien lui trouver un mari qui prendrait soin de la raisonner. Mais la belle entêtée préférait se livrer aux plaisirs de la danse et de la fête plutôt que de songer au mariage. Pour faire patienter son oncle, elle déclara qu’elle épouserait tout homme capable de la faire danser douze heures d’affilée. Nombreux furent les jeunes gens du canton à tenter leur chance. Mais elle les épuisait tant que certains, morts de fatigue, ne voyaient pas le jour suivant.

L‘hécatombe était telle que son oncle l’enferma dans une des tours du château. Mais Katel s’en échappa et se rendit au pardon de la Martyre plougastel_d_katell-168x300accompagné d’un nouveau cavalier. Gavottes, plinns, jabadaos s’enchaînèrent, les deux danseurs s’en donnant à cœur joie. Mais le jeune homme non plus ne résista pas à l’infatigable Katel qui, prise dans le feu de la danse et de l’alcool, invoqua les puissances de l’enfer demandant de nouveaux musiciens. C’est ainsi que le diable l’entraîna dans une gigue infernale et lui fit franchir les portes du royaume des damnés (le Yeun ellez). La scène est représentée sur le calvaire de Guimiliau (29) ainsi que sur celui de Plougastel-Daoulas (29). Vous pouvez par ailleurs voir le film « Non ma fille tu n’iras pas danser » de Christophe Honoré (2009) et qui reprend le thème de la légende de Katel Gollet, Catherine, fille damnée.

Allez, à raconter aux petits nenfants le soir à la veillée. En attendant portez vous bien et à bientôt peut-être.

A en perdre la tête…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

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Amis des contes et légendes et du lait ribot réunis, bonjour! Nous sommes le Vendredi 08 novembre 2019, 18è jour de brumaire dédié à la dentelaire… J’en ferai bien une décoction car elle est censée soigner les douleurs articulaires.

C‘est aujourd’hui la Saint Tremeur; encore un drôle de paroissien que la ferveur populaire a fait saint… Ernest du Laurens de la Barre lui a consacré un conte, Tremeur l’homme sans tête, que l’on retrouve dans un de ses écrits publié en 1879 Les fantômes Bretons et qui débute comme ceci : » Il y avait autrefois, du côté de Plouguer, là-bas, sur le bord de l’Aulne, au-dessous de Carhaix, un village habité par des païens qui adoraient des dieux, Tremeur-300x200des demi-dieux, des déesses, des diablesses, et un tas de vilaines choses. J’ai entendu dire par des savants que leurs chefs s’appelaient Druides. C’étaient des magiciens ou sorciers qui, pour savoir l’avenir, coupaient du gui sur les chênes avec des faucilles d’or. » Avec Souvestre, Sébillot et Luzel, laurens de la Barre fut l’un des précurseurs de la collecte de la matière bretonne. Les contes et légendes qu’il rassembla, notamment dans les monts d’Arrée, eurent autant de succès que ceux d’Anatole le Braz quelques décennies plus tard. La plupart de ces auteurs, à l’instar de De la Villemarqué,et son Barzaz-Breiz, vont contribuer à ancrer dans l’esprit du petit peuple, l’image d’une Bretagne soumise, chrétienne et réactionnaire. Déguignet, auteur des mémoires d’un paysan bas-breton, dont je vous ai parlé ici, les traitera de « monarchisto-nationalisto-cléricafards bretons » et ajoutera: « Les conteurs se sont moqué des savants… pour un verre d’eau-de-vie, conteurs et conteuses inventaient des légendes issues de leur seule imagination ».

C‘est ainsi que tous ces personnages de contes, hableur, buveur, batailleur, coureur de jupon se sont retrouvé saints par la vertu de nos folkloristes des 18è et 19è siècle tout comme nos menhirs se sont menhirretrouvé coiffés d’une croix et nos sources sacrées ceintes d’une fontaine dédiée…L’une des manifestations les plus spectaculaires de ces traces d’évangélisation est le menhir de Saint-Uzec, en Pleumeur-bodou (22). Ici à gauche. Ce mégalithe d’environ soixante tonnes dont l’origine remonterait à 2500 ans avant Jésus Christ, fut christianisé au XVIIè siècle lors d’une Mission du Père Maunoir, jésuite qui mena près de quatre cent missions d’évangélisation en Bretagne. Ah oui, Tremeur. Il serait le fils de Trifin et de Conomor, le Barbe bleue breton. Bon c’est vrai, Conomor c’était pas vraiment un marrant, il assassina toutes les femmes portant un enfant de lui car on lui avait prédit qu’il mourrait assassiné par son fils.Lorsque Trifin donna naissance à Tréveur, Conomor rechercha l’enfant et lui fit couper la tête. Tréveur aurait pris sa tête entre ses mains et ses jambes à son cou et l’aurait porté sur le tombeau de sa mère. Il a, depuis, bien entendu trouver sa place dans la vallée des saints de Carnoët (la photo est de Bruno le Lay que vous pouvez retrouver sur son blog). Quand à la maman, elle a laissé son nom à la charmante commune de Sainte-Tréphine, commune proche de St Nicolas-du-Pelem (22). Etonnant, non !

Allez savoir pourquoi, ce matin je me suis éveillé avec une envie irrépressible d’écouter Jacques Bertin. Je vous fais partager cet indicible plaisir de la poésie portée par cette magnifique voix.

Merci de votre visite, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Bretonnitudes du père Erwan…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS, Non classé, TRADITION

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Amis de la révolution permanente et du veau marengo réunis, bonjour ! Nous sommes le amaryllis_4-300x277Mardi 15 Octobre 2019, 24è jour de vendémiaire dédié à l’amaryllis, magnifique fleur qui a donné son nom à un bistro rennais des plus sympas. Enfin, je vous parle de cela il y a très, très longtemps. C’était dans le bas de la place des Lices , pour ceux qui connaissent Rennes, et j’y ai passé quelques soirées mémorables (n’est-ce pas Thierry ?). Pour les initiés de la pataphysique, Le 15 Octobre 2015 est en réalité le Mardi 10 Haha 147 St Panmuphle, huissier.

Et en Bretagne on célèbre les Konogan.

Originaire d’Irlande, il s’en fut à l’abbaye de Landevennec dans le Finistère. Il succéda à saint Corentin sur le siège épiscopal de Quimper. Débarquant du Pays de Galles, et faisant probablement partie du groupe des compagnons de Pol, Konogan établit son monastère non loin de Landerneau, sur les bords de l’Elorn, à Beuzit-Conogan. Inutile Konogan valléede vous dire qu’il est représenté dans la vallée des saints à Carnoet. La tradition nous apprend qu’il se mit à l’école de saint Gwénolé, et c’est par Landévennec que son culte s’est propagé. Il vécut au temps de Childebert (dans la première moitié du VIe siècle). Il a une chapelle à Beuzec-Cap-Sizun (29). Cette chapelle de forme rectangulaire et qui date du 17è siècle est dédiée à  « Santez spe », Sainte Espérance en breton. Le pardon a lieu tous les ans le premier dimanche d’Août. Derrière la chapelle se trouve la fontaine de Saint Konogan. Elle a été déplacée en 1999 car précédemment elle se trouvait 50 m plus loin le long du talus. La légende raconte que Saint Konogan soignait la fièvre, et pour obtenir Barque_de_St_Conoganguérison il fallait vider la fontaine. Avec ce qu’il tombe par ici, c’était pas une mince affaire… Le bateau de pierre de saint Conogan (Bag sant Konogan en breton) est un bloc granitique gisant sur la lande. Cette roche monumentale complètement détachée du sol et ne reposant que par quelques points sur une pierre plate, évoque la proue d’un bateau; aucune signalétique n’est présente aux alentours. On «tombe dessus» au détour d’un chemin creux. C’est ainsi que je l’ai découvert en allant à la pêche du côté de la pointe de Kastel coz. Le vaisseau de pierre, en arrivant sur le rivage, aurait percuté un rocher appelé le Garreg-Toull (rocher troué en breton) que l’on voit devant la plage de Porz-Peron et aurait rebondi jusque-là, en haut de la falaise.

Allez, merci  d’être passé par ici, portez vous bien et à bientôt peut-être.

La lieue de grève (générale)

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

Amis de la cavalerie légère et du coco paimpolais réunis, bonjour ! Nous sommes le Lundi 14 octobre 2019, 23è jour de Vendémiaire dédié au navet. Aléa jacta est ! Comme disait mon aïeule qui lisait Epicure dans le texte et Ouest-Eclair dans les cabinets. Le sort en est jeté, greve-generaleles républicains se choisissent un nouveau chef et donc, à partir de dorénavant, tout sera comme avant… A moins que… Les djeun’s ne prennent un coup de vieux, les cheminots jouent les locomotives, les dockers se fâchent, les enseignants se, heu, comme d’hab’, les boulangers nous mettent dans le pétrin, les jardiniers nous envoient sur les roses, les routiers ne soient plus sympas, les électriciens fassent des étincelles, les magistrats debout abandonnent leurs assises, les urgentistes décident d’attendre, les aide-soignants réclament de l’aide et tout ce petit monde décide de renvoyer les élus à leurs chères études.

En Bretagne armoricaine on célèbre (ou pas) les Enora. On raconte que son père l’ayant forcée à épouser Efflam, elle refusa en accord avec ce dernier, de mener vie commune. Ils se marièrent et vécurent comme frère et sœur tout au long de leur vie. On peut voir sa statue dans l’église de Plestin (Finistère) et dans la chapelle de Trézeny. Efflam trône en bonne place dans la vallée des saints de Carnoët grâce aux ciseaux et burins de Seenu Shanmugam. Enora quand à elle, est devenue 260px-La_Vallée_des_Saints_-_statues_Carnoët_12la patronne des nourrices, aujourd’hui on dit assistantes maternelles… Quand à Efflam, oyez ce qu’en dit Albert le Grand : «  … nôtre Saint, avec sa compagnie, passa la mer & vint heureusement surgir à la coste de la Bretagne Armorique, en la baye de sable, qui est entre Toul Efflam & Loc-Mikel, dite communement la lieue de gréve, en la paroisse de Plestin, Diocese de Treguer, & leur vaisseau s’arresta vis-à-vis d’un grand roc, qui est au milieu de la gréve (en terre neanmoins), nommé Hyrglas. Il y avoit pour lors, le long de la gréve, une très-grande forest, de laquelle S. Efflam & sa troupe, descendans de leur vaisseau, virent sortir un horrible dragon, lequel se retiroit à travers la grève dans sa caverne, distante d’environ mil pas de ce roc; laquelle caverne était profonde de neuf coudées, & en avoit douze en la circonférence de son ouverture; mais de peur qu’à la piste et trace de ses griffes, il ne fut découvert & assiégé en cét antre, il avoit cette astuce de marcher à reculons, de sorte qu’à voir les marques de ses griffes dans le sable, on eut pensé qu’il venoit de sortir du lieu où il ne faisoit que d’entrer. » .

Au milieu de cette vaste grève sillonnée de ruisseaux et de filières, s’élève une croix de pierre (la croix de la lieue de grève -photo de gauche). Autrefois l’habitant de ce pays, avant d’entreprendre la traversée ne manquait jamais d’interrogela croixr la croix. Si les flots la recouvraient, il était trop tard : l’imprudent eut été infailliblement englouti. Si, au contraire, la croix se montrait au-dessus de l’eau, on disait : « la croix nous voit » et l’on s’avançait sans crainte ». On dit qu’elle se déplace de l’épaisseur d’un grain de blé tous les sept ans : « Treuz ur gwinizhenn a bep seizh bloaz ». Hélas, toutes les prières à Enora et à Efflam n’ont pas empêché les algues vertes de défigurer le site merveilleux de Saint-Michel-en-Grève

Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

De Saint Ke à Joséphine Baker…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

Amis de la démondialisation et de la saucisse de Molène réunies, bonjour ! Nous sommes le Samedi 12 octobre 2019, 21è jour de vendémiaire dédié au chanvre, Cannabis Sativa, comme disait mon chanvreaïeule qui connaissait toutes les plantes par leur petit nom. Tiens, à propos de mot, saviez vous que le mot Canebière, cher aux marseillais, vient du mot chenevière qui désignait un champ de chanvre. Canebière vient du provençal canebe, qui provient lui-même du latin cannabis, signifiant le chanvre. En effet Marseille était l’un des plus grands comptoirs de chanvre au monde pour la fabrication des cordages. En provençal une canebiera est une plantation de chanvre, ou « chenevière », en français. Faut pas s’étonner que l’O.M. ait un peu de mal ces temps ci. Étonnant, non !

Par ici on célèbre les Ké. Sant Ke, saint Quay, Saint Kea, est un ermite breton, originaire de Bretagne insulaire ou d’Irlande, autrefois très populaire et auquel on dédiait sous des noms variés, nombre d’églises et de chapelles, de villages et de places. D’après de nombreux hagiographes, « Ké » et « Colledoc » sont un seul et même personnage du fait de l’alliance des deux prénoms dans les noms de paroisses 300px-Fontaine-saint-ke-cledermédiévaux, tel « Kécoledoci » formé à partir de Ké et de Colledoc.(à  droite la fontaine St Ké à Cléder.) Selon Albert Le Grand, qui rapporte sa Vita dans les Vies des Saints de Bretagne, Collodoc naquit au début du VIe siècle au nord du Pays de Galles. Son père s’appelait Ludun, et sa mère Tagu. Certains le relient à la ville de Landkey dans le Devon qui lui devrait son nom.  Ke traversa la manche dans une auge de pierre (c’était avant la Brittany ferries et le tunnel) sans vivres, en provenance de Cambrie (sud du Pays de Galles) A cette époque là, les migrants tentaient leur chance dans l’autre sens…. Il atteignit l’anse de Kertugal (que l’on pourrait traduire par: village des Gaulois – Ker tud Gal – photo ci-dessous.

Notre malheureux saint homme fut brutalement accueilli par des lavandières effrayées, qui le prirent pour un démon. Elles le battirent avec des branches de genêt et le laissèrent pour mort. Il pria et supplia la Vierge de lui venir en aide. Elle répondit à son vœu, lui apparut et fit kertugal1-300x193jaillir une source sous ses pas qui soigna ses blessures. Elle le guida ensuite jusqu’à un buisson afin qu’il reprenne des forces; c’est pas magnifique ça mes body boys ? Le lendemain, les femmes, regrettant leur méprise, implorèrent son pardon. La Fontaine Saint-Quay se situe depuis à l’emplacement d’où jaillit la source. Et le nom de la ville « Saint-Quay-Portrieux » doit son origine à cette légende. On dit que depuis lors, le genêt ne pousse plus sur la commune. Longtemps, St Quay fut le seul port en eau profonde entre Cherbourg et Brest et c’est dans son casino que Joséphine Baker engloutit sa fortune…

Bon allez, je dis ça, je dis rien et j’ajoute: portez vous bien et à bientôt peut-être.

Toubib or not toubib…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé, TRADITION

Amis des années bissextiles et de la pizza trois fromages réunies, bonjour ! Nous sommes le Jeudi 26 septembre 2019, c’est pour vous dire si ça passe vite, et cela correspond au 5è jour de vendémiaire, dédié au cheval. Comme disait Pierre Dac: « Si vous avez perdu au PMU, vengez vous, mangez du cheval ! » On fête aussi la saint Côme, rien à voir avec le lac que ma belle et moi visitions voici quelques temps alors que nous passions huit jours en Italie comme le chante Jacques Higelin.

Côme et son frère Damien étaient des chirurgiens qui pratiquaient la médecine gratuitement d’où l’appellation d’anargyres (du grec an argyrios, qui refusent l’argent). Joli nom qui commence plutôt bien et qui me les rend sympathiques. Cela se passait en Cilicie (aujourd’hui en Turquie) vers l’an 300 et ces braves garçons n’ont guère 220px-Fra_Angelico_064eu de chance, en effet, ils furent arrêtés sur l’ordre du Préfet de Cilicie, un certain Lysias dont c’est le seul titre de gloire. Il leur ordonna d’abjurer sous la torture. Selon la légende ils restèrent fidèles à leur foi en dépit de toute une série de tortures affreuses; finalement ils furent décapités (ce qui prouve une fois de plus que la foi peut faire perdre la tête). La plus célèbre de leurs cures miraculeuses, la greffe d’une jambe de Maure pour remplacer la jambe nécrosée d’un patient, fit l’objet de nombreuses peintures école de médecineet miniatures; on peut en observer une que l’on doit au talent de Fra Angelico au musée national San Marco à Florence. Et voilà pourquoi, madame Michu, on a fait de Côme le patron des chirurgiens et des pharmaciens et cela depuis fort longtemps puisque c’est à St Louis que l’on doit la création de la confrérie de Saint-Cosme, première « association professionnelle » des chirurgiens. Jusque là en effet, la profession de chirurgien n’était pas clairement différenciée de celle de barbier. Bon, je ne regrette pas d’avoir confié le remplacement de ma hanche à un professionnel de la profession plutôt qu’au figaro du centre commercial…

Allez, merci encore de passer par ici de temps à autre; portez vous bien et à bientôt peut-être.

100% des gagnants ont tenté leur chance…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

Amis des paradis artificiels et de la sardine à l’huile réunis, bonjour ! Nous sommes le Vendredi 13 (aie!) septembre 2019 qui correspond au verge-dor27 de fructidor et, c’est pas pour me vanter, mais c’est le jour de la verge d’or ! On dit que Linné, père de la terminologie binomiale latine, donna à la verge d’or le nom scientifique de Solidago (littéralement, « je rends entier », « je consolide ») en raison de sa réputation à favoriser la guérison des plaies. Considérée dans la tradition européenne comme stimulante, sudorifique, tonique, carminative, apéritive et pectorale, on a utilisé la verge d’or pour les rhumes, les affections pulmonaires, les nausées et les douleurs causées par les « vents ».

Il semblerait bien que ce soit à ce bon roi Philippe le Bel que l’on doive la légende qui entoure les vendredis 13. C’est en effet un vendredi 13jacques-de-molay-230x300 octobre de l’an de grâce 1307 que ce charmant roi, avec la silencieuse complicité de son copain Clément V, Pape, fit arrêter, emprisonner, torturer et souvent exécuter, la quasi totalité des chevaliers du temple sur l’ensemble du territoire. Le grand maître, Jacques de Molay, lors de son procès, maudit les descendants de ses bourreaux jusqu’à la treizième génération. Et depuis ce jour là, à chaque vendredi 13, selon ses propres inclinations, on se terre au fond de sa cave ou on se précipite dans une agence de la française des jeux. Les ceusses qui redoutent les vendredis treize sont les paraskevidékatriaphobiques.

En vérité, il y a mille explications pour cette superstition depuis la Cène jusqu’à l’arrestation des templiers en passant par la destruction du temple… Mais moi j’aime bieFrig1-200x300n celle de Frigga la blonde quand elle devint Margot. Dans la mythologie nordique, Frigga (ou Freya) était la reine des dieux, déesse de l’amour et de la fertilité. Elle était célébrée par ses adorateurs le vendredi. Le mot « friday », viendrait d’ailleurs de cette célébration et signifierait « Freya’s day ». Mais aux Xe et XIe siècles, les pays du nord sont progressivement convertis au christianisme. On se met alors à raconter que Frigga est en réalité une sorcière et qu’elle a été bannie au sommet d’une montagne. Pour se venger, elle inviterait, tous les vendredis, le diable et 11 sorcières pour maudire les hommes et leur jeter des mauvais sorts. Bon, je ne sais pas pourquoi je vous raconte tout cela d’autant plus que je suis drôlement en retard pour remplir ma grille de Loto.

Allez, merci de votre visite, portez vous bien et à demain peut-être.