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ça vous gratouille ou ça vous chatouille …

Posté par erwandekeramoal dans Non classé, TRADITION

Amis de la pédagogie active et du gros-lait réunis, bonjour ! Nous sommes donc le Mercredi 12 juin 2019, 24è jour de prairial dédié au gaillet, encore surnommé le caille-lait. On dit que cette plante possède une enzyme qui permet au lait de cailler. Mais d’une manière générale, on la considère comme de la mauvaise herbe. Le gaillet gratteron estsphynx-caille-lait assez connu car il a la particularité de s’accrocher à tout ce qui passe à sa portée. Mon aïeule, qui se targuait d’en connaître un rayon en plante médicinale, en faisait une sorte de pommade qui était censée lutter contre les irritations. 100G de cette plante, 50g d’écorce d’orme, 500g de saindoux et vous faites chauffer en tournant sans cesse. Regardez cette jolie photo, il s’agit d’un papillon que l’on nomme le sphynx du caille-lait. Étonnant, non !

https://youtu.be/nq6p_-p2Bs0

Bon, allez, une petite pensée pour ceux à qui des parents inconscients ont donné le prénom de Gourhan que l’on célèbre le 12 juin. Vivant probablement au 9e siècle, éponyme de Plourhan et de Saint-Thurien. Oui je sais, c’est assez compliqué mais, si l’on en croit Albert Dehayes,  Gourhan est l’éponyme présumé de Plourhan (22), Plorhan, mais aussi de Saint-Thurien (29),  et de Saint-Ethurien en Plounévez-Moëdec (22), henri le Sauxdans le voisinage duquel existe un lieu-dit Méné-Sant-Ourhen. Son nom est issu par spirantisation (modification phonétique) de l’anthroponyme ancien Uurgen composé de uur « Homme » et de gen « naissance, famille ». Hourchan a cédé sa place à Thurien au fil des siècles; ainsi on rencontre les appellations suivantes : Sainctourchan (en 1278), Sainct Tourhan (en 1599), Sainct Tourhan (1599), Saint Thurien (en 1669). Bref, une mère n’y retrouverait pas ses petits. En tout état de cause, Gourhan était probablement un de ces sadhus (du sanskrit sādhu, « homme de bien, saint homme ») bretons que le petit peuple et l’église romaine réunis ont fait saint. Il devait ressembler à ce bénédictin breton Henri Le Saux (qui adopta le nom indien de Abhishiktananda) et qui contribua beaucoup au dialogue entre le christianisme et l’hindouisme. Voilà pourquoi, madame Michu, il y a plus de saints en Bretagne que de jours dans l’année et d’îles dans le golfe du Morbihan.

Allez, merci à vous, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Mais d’où vient Thudon ?

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

Amis du structuralisme et des jeans Levi-strauss réunis,  bonjour ! Nous sommes le Mardi 11 juin 2019, c’est le 23è jour de Prairial dédié au chèvrefeuille. Pour les adeptes de la pataphysique, cette date est importante car le 11 Juin 2019 est en réalité le Mercredi 25 Merdre 146 apparition d’Ubu roi.

Par chez nous, certains vont célébrer les Majan (du vieux breton Maiian). A la même époque que Thénénan, aux environs de l’an 600, Thudon émigrait, lui aussi, en Armorique, accompagné de ses fils Majan et Gouesnou et de sa fille Tudona. Il accosta dans la région de Landéda, puis vint créer son ermitage en forêt de Bevoez situé à 2 km du bourg croix-de-st-thudon-200x300de Guipavas sur l’actuelle route de Gouesnou, près de Kervao (tout cela est dans le Finistère evel just). Je vous conterai un de ces jours les aventures de Majan qui a laissé son nom à une très jolie fontaine (aujourd’hui en fort mauvais état) que l’on nomme encore Feuteun ar Boan Benn, fontaine du mal de tête, raison pour laquelle on la fréquentait (si tant est qu’une fontaine soit fréquentable). Les vestiges d’une ancienne chapelle ont aujourd’hui disparu au lieu-dit St-Thudon mais trois croix y subsistent encore, dont l’une du VIIè siècle figure parmi les plus anciennes du Finistère : petite croix de un mètre avec entrelacs et bouton sur la face (ici à gauche).  

On me dit qu’il existait dans la forêt de Bevoez, en haut d’une colline, une fontaine constituant un lieu de culte de la très vieille et très ancienne civilisation celtique. A cet endroit, Thudon fit construire un oratoire dédié à la Vierge. Le culte pour la fontaine n’en continua pas plouguin-font-de-Loc-Majan-224x300moins, et l’édifice finit par s’écrouler. La punition divine ne tarda pas : l’eau de la fontaine dévala soudainement la pente en un torrent dévastateur. On promit alors de reconstruire la chapelle de Notre-Dame du Reun (en breton : « reun » = colline), et l’inondation cessa. C’est pas miraculeux ça, madame Michu ? Lors d’une reconstruction ultérieure de la chapelle, achevée en 1505, la fontaine fut incluse dans l’enceinte de la chapelle, et existerait encore, dit-on, sous le maître-autel. A noter que Coataudon (toponyme qui désigne le « bois de Thudon ») est aujourd’hui le nom d’un quartier de Guipavas (29) dont la renommée de sa crêperie a largement dépassé ses frontières.

C‘est tout pour aujourd’hui, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Menhirmontant…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

Amis de la littérature érotique et du poulet basquaise réunis, bonjour ! Nous sommes le Mercredi 29 mai 2019, dixième jour de Prairial, dédié, il est vrai, à la faux. Alors qu’en vérité, les pataphysiciens vous diront que nous sommes le Jeudi 12 Merdre 146 Stes Miches, catéchumènes fête suprême quarte; tandis que par chez nous, quelques nostalgiques s’entêtent à fêter les Riagad.

Or donc, notamment dans le pays bigouden, aujourd’hui c’est la saint Riagad. Évidemment c’est un ermite irlandais qui est venu s’installer sur les côtes bretonnes aux alentours du Vè siècle et qui a laissé son noMenhir-de-Lehanm à la commune de Treffiagat. Étrange commune en vérité que celle là qui est séparée en deux : Lechiagat côté mer et Treffiagat côté rural. Mais enfin, les bigoudens ne font jamais rien comme les autres. On y trouve le fameux menhir de Lehan, que l’on voit ici en photo, et qui est planté au milieu d’un marais. Tout laisse à croire qu’il n’y avait point de marais à l’époque de son érection. D’ailleurs, à propos d’érection, il faut remarquer que les symboles phalliques ont toujours été largement représentés dans la région ; il suffit de regarder la fameuse coiffe bigoudène. Je connais un menhir du côté de Plonéour-Lanvern où, il n’y a pas si longtemps encore, les femmes en mal d’enfant venaient se frotter le ventre.

Le mot menhir (pierre longue) s’est aujourd’hui généralisé même si en bretomegalithe-du-peulven-plestin-les-greves-169x300n le mot juste est peulven (le pieu de pierre) plusieurs toponymies l’attestent comme par exemple: Menez-peulven entre Douarnenez et Quimper (29).  Je me suis laissé dire que le terme de menhir fut officialisé pour la première fois par Théophile Malo Corret de la Tour d’Auvergne (très connu dans son immeuble) dans son ouvrage: origines gauloises qu’il a écrit en 1796 à Locmaria-Berrien, chez sa sœur au manoir de La Haie. J’ai résidé il y a quelques années de cela sur la commune de Plouigneau (près de Morlaix) où l’on trouve la stèle de Croas ar Peulven qui, du fait de sa proximité avec deux ou trois routes antiques,  a sans doute pu être réutilisée les-dames-de-kerampeulven-195x300à l’époque romaine comme borne militaire. Vous pouvez visiter aussi la stèle de peulven en Plestin-les-grèves (22) que l’on aperçoit ici à gauche avec ses drôles de rainures. L’un des sites les plus impressionnants étant celui de Kerampeulven, près de Huelgoat (29) où les belles dames du temps jadis venaient s’amuser. Bon, au départ, je voulais parler de Riagad mais le pauvre est passé à la trappe. Enfin, quand je dis la trappe; n’allez pas croire qu’il ait adopté la tonsure des trappistes ni leur goût pour cette merveilleuse boisson maltée… Non, simplement, je me laisse aller à quelques digressions et lorsque je m’en aperçois, il est trop tard, j’ai dépassé mon quota autorisé de signes.

Allez, je vais essayer de me rattraper, portez vous bien et à bientôt peut-être.

La danse de St Guy…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

Amis du Dadaïsme et des polyphonies corses réunis, bonjour ! nous sommes le lundi 13 mai 2019 et vous êtes encore devant votre ordinateur. Dans notre désormais célèbre calendrier Républicain, nous sommes le 24 de Floréal et c’est le jour de la Valériane. Plante médicinale utilisée depuis la haute antiquité, elle était censée atténuervalériane les effets de la danse de saint-guy (Chorée aigüe). Au Moyen-Age, cette maladie vous conduisait irrémédiablement vers le bûcher, au motif que vous étiez possédé. Aujourd’hui en France, cinq à six mille personnes sont encore atteintes de ce mal héréditaire. Dans les officines, on l’appelle aussi « l’herbe aux chats ». Son effet sur ces félins est dit-on inverse à ce qu’il produit chez l’homme. Chez nous, associée à l’aubépine, la valériane est utilisée dans les cas d’insomnie et de nervosité. Chez nos amis les bêtes, il semblerait que cela déclenche une intense nervosité proche de l’agressivité. Regardez l’extraordinaire modernité de ce ballet intitulé « Danse de saint-Guy » et qui date de 1943, extrait du Film Paracelsus de Georg Wilhelm Pabst (1943 Allemagne).

Allez, merci de votre visite, portez vous bien, à bientôt peut-être et, vive le p’tit commerce.

L’air derrien…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

Amis de l’étymologie et du soufflé au fromage réunis, bonjour ! Nous sommes le Mardi 07 Mai 2019, 18è jour de Floréal dédié à la Corbeille d’or. Sans doute eut-il fallu que je consacrasse (imparfait du subjonctif mon n’veu) ce billet aux derniers soubresauts de l’actualité mais, considérant que vos gazettes habituelles allaient le faire mieux que moi, je vous invite à explorer la tradition bretonne.

Vous ai-je déjà parlé de Neventer que l’on fête aujourd’hui en Bretagne ? En voilà un qui a laissé son nom à la commune de Plounéventer, en Finistère evel just, et qui est l’archétype du bon saint chassant les La_Vallée_des_Saints_Derrien-200x300méchants dragons des terres païennes. Si l’on en croit le noble et discret messire Le Grand, chanoine de Saint-Pol, premier Conseiller du Duc François II et recteur de Plounéventer en 1412, c’est à dire le propre grand oncle d’Albert Le Grand à qui nous devons un collectage fabuleux des contes et légendes de Bretagne, c’est une véritable épopée que vécurent Neventer et son pote Derrien, de retour des croisades, dans les parages. Tout cela sur les rives de l’Elorn, que l’on nommait avant cet épisode Dour du, magnifique rivière à truites et saumons. Ici à gauche, c’est une représentation de saint Derrien dans la vallée des saints bien sur. Il existe une Gwerz qui conte leurs exploits;
0 velet e ranken rei
Va mab d’ezan da zevori,
Ker bras e bet va zizesper,
M’oun en em strinket er rivier.
En voici une autre (Gortoz a Ran) chantée par Denez Prigent.

Il est probable que la vraie origine du village se rapproche de celle, plus simple, de la création de nombreuses paroisses de basse-Bretagne par des tribus venues d’Outre-Manche. En effet, l’exode se faisait par tribu, et lorsque l’une d’elles trouvait un site pour s’ installer, elle créait une plouneventercommunauté un « PLOU » qui recevait par la suite le nom de son chef ou de son guide spirituel. Arthur de La Borderie écrit dans son  Histoire de la Bretagne: Le Plou, c’est proprement et primitivement la petite colonie formée par la bande bretonne émigrée, s’établissant, au sortir des barques fugitives, sous la direction d’un brave guerrier, chef temporel, d’un pieux moine, chef spirituel de cette petite communauté formée sur la terre d’ exil par la communauté de malheur.

Voici donc Néventer et ses compagnons qui, débarqués en Armorique, s’enfoncent à l’intérieur des terres à la recherche d’un asile. Ils vont le trouver non loin de la villa romaine de Kérilien, et là, ils établissent un « PLOU  » qui, pour l’Histoire, deviendra Plouneventer. A noter que le terme Plou est issu du latin plebs, plebis, « peuple, gens », même étymologie que plèbe en français. Mais bon, pour compliquer les choses, sachez qu’en breton, Plou se dit Gwi mais… C’est une autre histoire.

Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Voici le mois de Mai…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé, TRADITION

Amis de la mère Michel et de la langue de chat réunies, bonjour ! Nous sommes le Vendredi 03 Mai 2019 c’est à dire le 14 de floréal, jour du chamerops, encochamaerops-excelsare nommé le palmier nain. C’est une espèce très représentée autour de la méditerranée mais que l’on retrouve dans nos contrées de plus en plus fréquemment, réchauffement oblige. D’ailleurs, les jardins de Keramoal s’enorgueillissent d’en posséder un qui semble apprécier sa villégiature. En Bretagne, on célèbre St Event; à La Malhoure (22), où il a sa fontaine on l’invoquait pour guérir les coliques des jeunes enfants.

Le mois de mai doit son nom au latin maius en l’honneur de la déesse de la fécondité, Maia (rien à voir avec l’abeille). la tradition du mât de mai remonte à la nuit des temps. Il s’agirait d’un vestige des Celtes qui ont peuplé le Sud de l’Allemagne : venant des steppes orientales, ils vénéraient la nature et célébraient le début de l’été, le 1er Mai, en érigeant un arbre autour duquel ils dansaient pour chasser les mauvais esprits. Cette coutume n’a cessé de se perpétuer au fil du temps, malgré l’opposition farouche de l’Église qui y voyait un rite païen arbre-de-Maicélébrant la fécondité. Finalement, comme bon nombre des rites de nos ancêtres, il fut intégré au culte chrétien. Depuis le XVIIIè siècle, et encore plus depuis la Seconde Guerre mondiale, le mât de Mai est devenu le symbole des villes et villages de la Bavière du Sud. Il représente l’honneur de la commune et de sa communauté. Il est source de compétition entre les villages bavarois, qui rivalisent d’ingéniosité et d’efforts pour se doter du plus grand et du plus bel arbre. Aussi, des hauteurs de 30 mètres ne sont-elles pas rares… Et jusqu’à ce qu’il soit érigé, le jour de la cérémonie, il fait l’objet de toutes les convoitises et à ce titre, il est jalousement surveillé, jour et nuit, par les hommes de la commune, pour décourager les éventuels ravisseurs… L’enjeu est de taille, car en cas de vol, les victimes se verraient dans l’obligation de verser une rançon en nature (bière et victuailles) et surtout de porter le poids de la honte ! le tronc d’arbre dont on se sert pour ce mât de mai est ensuite peint en bandes blanches et bleues (les couleurs de la Bavière) et le sommet du mât est décoré d’une couronne en branches de sapin. Bien souvent, on retrouve tout le long du mât, des figurines représentant les différents corps de métiers, comme le cordonnier, le ramoneur, le menuisier, le charpentier, etc. Allez, en chaîne pour un laridé…

Le 3 mai 1936 voit la victoire du front populaire et l’immense espoir qu’elle fait naître dans la classe ouvrière. Souvenons nous de Léon congés-payésBlum, de Jean Zay, de Salengro, de Léo Lagrange ou encore de Thorez à qui l’on doit cette fameuse phrase: il faut savoir arrêter une grève !
Souvenons nous des congés payés, des conventions collectives, des billets de train avec 40% de réduction pour partir en vacances, la semaine de 40 heures, la retraite des mineurs, les allocations chômage, les nationalisations, les augmentations de salaire, la scolarité à 14 ans, le musée de l’homme, le CNRS, le palais de la découverte… C’est pas interdit de rêver !

Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

En Mai, fais ce qu’il te plait…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

Amis de la libre pensée et du Fernet branca réunis, bonjour ! Nous sommes le Samedi 27 avril 2019, huitième jour de Floréal dédié au champignon. C’est la Ste Zita pour les uns, Konwenn pour les autres.

Puisque nous approchons du 1er mai, rafraichissons un peu nos mémoires. Le 1er mai c’est, rappelons le, la fête des travailleurs et non pas, la fête du travail. Mais c’est aussi, ancrée dans la mémoire collective, la fête de la nature, du renouveau de la renaissance. Chez les Celtes, c’est Beltan. Or donc, ce 1er mai  les prolétaires du monde entier, répondant aux vœux du grand père Karl et du grand oncle les trois 8Vladimir, ignorant souvent les martyrs de Haymarket (Chicago, 1er Mai 1886, c’est de là qu’est partie la tradition du 1er Mai), s’unissent religieusement devant leurs petits écrans pour suivre les avatars d’un dirigeant de l’industrie automobile ou se pâmer devant vingt et deux bonhommes en short à moins qu’ils n’aient les yeux de Chimène pour la gagnante endimanchée d’un télé-crochet à deux balles… Alors que les anciens Celtes fêtaient Beltan (le feu de Bel), saluant la lumière et la connaissance, leurs descendants décérébrés du XXIè siècle se complaisent devant les atermoiement des millionnaires en culottes courtes du PSG ou l’insoutenable spectacle de la chute d’une flèche de cathédrale, quand ce n’est pas celui de ces étranges étrangers, migrants vers nos eldorados comme on s’embarque pour l’Olympe éthéré, là où festoient les saints, les anges et tous les élus. Alors que, pendant ce mois de mai, le peuple souverain va devoir choisir ses représentants au parlement européen; je continue à m’interroger sur ses capacités à exercer ce droit, alors que son niveau de réflexion est à peu près égal à celui d’un buffet de cuisine.

https://youtu.be/JfPC7m1vkH8

Dans les siècles passés, cette frénésie de la célébration de l’énergie vitale donnait lieu, parmi les jeunes gens, à des rites champêtres et à des jeux propres à leur âge… Sous prétexte de cueillir l’aubépine, on les envoyait dans les bois et les prés où ils passaient la nuit en jeux fete-arbre-liberte-300x236amoureux. On appelait ça « Faire le Mai », et comme le disait fort à propos mon aïeule: « y-a pas d’mal à faire le mai !» .  L’église chrétienne, surtout catholique, qui n’aime pas beaucoup que les garçons et les filles s’aperçoivent très tôt qu’ils sont faits les unes pour les autres, jugeant ces pratiques scandaleuses tenta de les éradiquer en faisant du mois de Mai le mois de Marie, obligeant ainsi à remplacer un hymne à la vie par une célébration de la virginité et de la chasteté…  C’est-y pas malheureux !  La République elle, en a fait l’arbre de la liberté dont il subsiste encore quelques restes ici ou là.

Ah, tradition, quand tu nous tiens ! Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Les fées des houles…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

Amis du cinémascope et de la cotriade réunis, bonjour !

Nous sommes donc le Samedi 13 avril 2019, 24è jour de Germinal et, Goblinsc’est pas des salades, c’est le jour de la roquette. Bon, c’est pas pour me vanter mais… Il fait beau et l’ermitage résonne des cris des petits nenfants qui batifolent sur les pelouses au risque de déranger les fées qui y ont élu domicile. Méééé naaaan, j’déconne ! Quoique; en Bretagne, les fées occupent une place particulière avec leurs amis korrigans comme celui-ci issu de l’atelier des Goblins sur les bords du Trieux. Mais attention, en Bretagne, particulièrement sur le littoral, il convient de ne pas confondre les fées des houles et l’effet des houles…

Ecoutez ceci:

Les fées des houles sont des fées bretonnes, propres à la côte de la Manche qui s’étend de Cancale à Tréveneuc en Haute-Bretagne, et à l’île de Guernesey. Elles vivraient dans les grottes et cavernes côtières. Contrairement à ce que leur nom laisse à penser, les livre-F.-Morvan-194x300fées des houles ne doivent pas celui-ci à un lien avec les vagues de la mer, mais plutôt au nom donné aux cavernes et grottes maritimes sur les falaises de la côte nord de Haute-Bretagne, « houles » ou plus rarement « goules ». Réputées magnifiques, immortelles et très puissantes, elles sont sensibles au sel. Plutôt bienveillantes, les fées des houles décrites par les récits locaux vivent en communauté, s’occupent à leur lessive, à cuire leur pain ou à garder leur troupeau, se marient avec des féetauds et sont servies par des lutins guerriers nommés les Fions. Elles viennent en aide de multiples façons aux humains qui le leur demandent, fournissant de la nourriture et des objets enchantés, mais se fâchent si l’un d’eux leur manque de respect ou acquiert le pouvoir de voir leurs déguisements sans leur accord.

Elles sont le plus souvent décrites comme de grandes et belles dames blondes. La plupart des fées des houles sont vêtues de toile grise. Quelques-unes s’apparentent à de vieilles fées de type groac’h, adeptes des métamorphoses et dont le rôle est plus obscur. Devenues vieilles, elles sont plus rabougries et se couvrent de goémon. Les fées des dées-des-houles-droite-200x300houles sont facilement visibles de tous pendant la nuit, mais pendant la journée, seul un humain doué de clairvoyance serait capable de les voir sous tous leurs déguisements. La grotte de Saint-Énogat, bien connue des baigneurs de Dinard, s’appelle aussi la « Goule-ès-Fées ». Une légende populaire de Plévenon raconte que les fées des houles du cap Fréhel lavent leur linge à la mare de Gaulehen, au milieu de la lande aride. Elles étendent leurs linges qui sont les plus blancs qu’on puisse voir, sur les gazons qui l’entourent. Celui qui pourrait arriver jusque-là sans remuer ses paupières aurait la permission de s’en emparer ; mais aucun de ceux qui ont tenté l’aventure n’a pu réussir. Dès qu’ils remuent les paupières, le linge devient invisible.

Aujourd’hui, on lave de moins en moins son linge sale en famille; on préfère l’étaler dans Closer, Gala ou BFM télé. Allez, merci de votre visite, portez vous bien et à bientôt peut-être.

La coupe & la mémoire…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

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Amis de la tradition et du merlan en colère réunis, bonjour ! Nous sommes le jeudi 11 avril 2019, date qui correspond au 22è jour de germinal et que nos amis républicains avaient dédié à la Romaine (salade). Je vais donc en profiter pour vous parler d’une galloise… En effet,  les celtophiles eux, célèbrent ce jour là Kerridwen. Une drôle de sainte puisque il s’agissait en fait d’une déesse de la très vieille et très ancienne tradition celtique; mais nos évangélistes faisaient feu de tout bois…

Ceridwen, ou Kerridwen (de nombreuses graphies sont possibles), principalement connue en tant que magicienne, était en fait une déesse galloise de la mort et de la fertilité. Elle est généralement représentée avec un chaudron. Dans la mythologie celte, le chaudron n’est pas un ustensile utilitaire mais un objet symbolique, chargé de sacralité, et Cerridwenattribut divin (le chaudron du Dagda, le Dieu-Druide). Le chaudron est magique, selon les mythes, il peut être chaudron d’abondance, de résurrection, de science ou de divination. Il est associé à la terre, le chaudron de résurrection est associé au ventre de la mère, où l’homme retourne pour renaître. Quand il est rempli d’eau, c’est l’élément primordial, source de toute vie. La quête du chaudron a inspiré la quête du Graal aux trouvères chrétiens, celui-ci étant un vase d’immortalité. C’est ce même chaudron que l’on retrouve dans les tarots sous forme de coupe…

Oyez l’histoire de Cerridwen: Femme de Tegid Foel, elle donna naissance à deux enfants complètement opposés : Afagddu (castor noir) qui passait pour l’homme le plus laid de la terre, et une superbe fille, Creirwy. Ne parvenant pas à tolérer le handicap de son fils Afagddu, Ceridwen fit bouillir dans un chaudron une potion de connaissance cerridwen-by-pickwickpendant un an et un jour afin de lui permettre de devenir sage et respecté. Elle confia la tâche de veiller sur le chaudron à Gwion Bach, mais une goutte tomba sur le doigt de ce dernier, il le lécha et il reçut ainsi le don à la place de Afagddu. Furieuse, Ceridwen poursuivit Gwion Bach qui se transforma maintes fois pour lui échapper. Il finit par se changer en grain de blé et Ceridwen en profita pour le manger. Quelque temps plus tard, elle donna le jour au célèbre poète et druide Taliesin (qui est en fait la réincarnation de Gwion Bach). Notre bonne sorcière a généreusement laissé son nom à un élixir très tourbé, un blend qui fait référence au fameux pub Pickwick’s de Beaune. 

Ah, les belles histoires de papy Erwan ! Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Les grandes marées…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

Amis de la tradition celtique et du homard à l’armoricaine réunis, bonjour ! Nous sommes le Mercredi 20 Mars 2019, trentième et dernier jour de Ventôse dédié au plantoir. Et voici l’équinoxe de printemps, à 21h 58′ 25 » très précisément ! les-dames-et-les-haveneauxLa durée du jour sera égale à celle de la nuit. C’est un jour important pour ceux qui ont tendance à perdre le Nord car il permet de situer avec précision les points cardinaux, ce jour-là le soleil se lève plein Est et se couche tout à fait à l’Ouest. (j’en connais d’autres complètement à l’Ouest mais c’est une autre histoire). Mais, équinoxe rime aussi avec grandes marées et donc, pêche à pied. Hélas il y a maintenant plus de monde sur l’estran que de gilets jaunes sur les Champs-Elysées le samedi. Et puisque c’est le jour anniversaire de la disparition de René-Guy Cadou (20 Mars 1951), écoutez Manu Lann Huel chanter les femmes d’Ouessant particulièrement dédié à ma fiancée.

Chez les celtes, jour d’importance: Ostara appelé aussi Oestara, Jour d’Éostre, Rite d’Éostre, Alban Eilir (nom druidique), festival des arbres… L’équinoxe de printemps est un moment fugace, instant qui marque l’équilibre entre le jour et la nuit, un passage où les forces de la lumière augmentent. On perçoit l’influence nordique de cette fête, avec le nom qu’on lui donne généralement : Ostara. En eostre+-213x300effet, il provient d’Eostre : une Déesse germanique de la fertilité à qui on faisait des offrandes d’œufs peints pour assurer la venue du printemps. Cette porte de l’année était aussi associée à la déesse romaine Aurora, à la déesse Grecque Èos, à la déesse hindou Ushas (toutes dérivées du prototype indo-européen du nom de Hausos). Chargé de symboles païens, l’équinoxe de printemps est toujours fêté aujourd’hui. Nous mangeons des lapins en chocolat (le lièvre est l’animal sacré d’Éostre en tant que symbole de fertilité), des poules et des œufs. Le mot Easter qui signifie pâques en anglais vient d’ailleurs du nom de cette Déesse.

Les comités des fêtes qui organisent aujourd’hui des « chasses aux œufs », ne se doutent pas qu’ils perpétuent ainsi une très vieille et très ancienne tradition païenne. Allez, voila pour aujourd’hui, portez vous bien et à bientôt peut-être.