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Le champ de lin n’est pas celui de l’autre…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

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Amis du développement durable et du linoléum réunis, bonjour ! Nous sommes le Samedi 04 août 2018 et pour le linnos amis du calendrier républicain, ce 17ème jour de thermidor était celui du lin. A propos de révolutionnaires et de calendrier républicain, rappelons que dans la nuit du 4 août 1789, les députés de l’Assemblée nationale constituante, dans un bel élan d’unanimité, proclament l’abolition des droits féodaux et de divers privilèges.

La Bretagne a été une grande productrice de lin à tel point qu’à la Renaissance, les toiles servant à la broderie portaient le nom de « Bretagne superfine ». Mais le lin est présent depuis beaucoup plus longtemps. On en trouveroutoir dans les bandelettes qui emmaillotent les momies égyptiennes. C’est une plante qui connait aujourd’hui une seconde jeunesse tant on s’accorde à lui trouver de vertus. Riche en fibre, on en fait ce merveilleux tissus mais aussi des isolants et sa richesse en oméga 3 en fait un excellent additif alimentaire. Sa culture est il est vrai assez difficile et demande une technicité particulière. Le Trégor était avec le Nord de la France terre de production. J’ai eu le bonheur de résider longtemps dans une ancienne fermette du Trégor qui possédait encore son routoir, cette cuve maçonnée qui servait à faciliter le rouissage du lin. Dans le Nord, ces cuves étaient appelées « Poc à lin » c’est l’origine le-lin-se-delie-avec-les-bistrots-de-lhistoire-vendredi-300x168du nom de famille Poclain… De plus, sa culture offre à la vue dès le mois de juin de magnifiques champs tout bleu du plus bel effet. En terme d’environnement le lin offre de multiples avantages et particulièrement celui de réclamer peu d’engrais et peu de produits phytosanitaires (cinq fois moins que le coton par exemple). Par ailleurs, sa culture étant rotative, elle  n’épuise pas les sols et ne nécessite aucune irrigation. Mais le lin est une plante exigeante car au moment de la récolte elle est arrachée et non coupée, exportant ainsi beaucoup de matière organique du sol ce qui nécessite un délai entre deux cultures sur une même parcelle de cinq ou six ans.

Allez, merci de votre amicale visite; il est vrai que « les cénobites tranquilles » font désormais partie des sites incontournables quand bien même l’Unesco ne l’a pas encore intégré dans le patrimoine universel. Portez vous bien et à demain peut-être.

Et le Couesnon en sa folie…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

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Amis de le Bretagne éternelle et du lait ribot réunis, bonjour !  Nous sommes le Mercredi 1er août 2018, quatorzième jour de Thermidor dédié au basilic dans le calendrier républicain.

Le 1er août, les nostalgiques peuvent commémorer la bataille de Trans-la-forêt qui mit fin à l’occupation Normande. En effet, la Bretagne était occupée par les Normands depuis la mort d’Alain le Grand en 908. Venant d’Angleterre, Alain Barbetorte, comte du Poher et petit fils d’Alain le Grand débarque près de Dol en 936. Il remporte plaque plourivoplusieurs victoires dont celle de Kastell Auffret à Plourivo (près de Paimpol) une plaque commémorative y est visible. Photo de droite. Continuant sur sa lancée, il prend Nantes en 937 et chasse les Normands de l’estuaire de la Loire tandis que le comte Even débarrasse le Léon de ses pirates (Vikings). Des groupes de Normands retranchés dans la forêt de Villecartier dévastent encore le pays de Dol et le pays Rennais. Le comte de Rennes, Juhel Béranger réclame l’aide de Barbetorte, pourtant son rival, nous sommes en 939. La cavalerie de Barbetorte, environ 1000 hommes écrase les Normands qui doivent repasser le Couesnon.

Le combat se serait déroulé un 1er août, jour qui correspond à peu près à la grande fête de Lug (Dans   l’Irlande d’autrefois, Lugnasad était le temps des rassemblements   et des mariages. C’était aussi une fête agraire, un divertissement   collectif avec des jeux et des compétitions (foire, audition de poètes   et de musiciens, jeux, courses de chevaux,…). Elle était placée   sous le signe des échanges et de l’amitié: on y venait   sans arme. On lançait sur les pentes une roue enflammée qui   illustrait la descente vers l’hiver; et qui terminait sa course lammas-sheena-morgandans   une rivière, unissant ainsi le symbolisme du Feu à celui de   l’Eau.). « Au jour des calendes du mois d’août, jour que les bretons décrétèrent être solennisé par la gent de Bretagne, par toutes les générations, parce que de là et après, commença derechef la Bretagne à être habitée par ses natifs et Bretons user des lois de leurs ayeux. » (Pierre Le Baud cité par La Borderie) Il faut ajouter, pour être honnête, que d’autres historiens comme André Chedeville, conteste cette version guerrière et pense que ce retour de souveraineté est davantage le fruit d’une action diplomatique d’Athelstan, roi d’Angleterre auprès de Guillaume Longue-épée. En tout état de cause, la Bretagne allait naviguer ainsi, bon an mal an jusqu’à son « annexion » en 1532. Allez savoir, c’est peut-être pour cela que l’on est plus galettes saucisses que camembert… Et qu’en revanche, par pure vilénie, le Couesnon en sa folie a mis le mont en Normandie !

Allez, après ce petit rappel historique, portez vous bien et à demain peut-être.

A Saint Jean aux musettes…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

Amis de la tradition respectée et de la galette saucisse réunies, bonjour ! Nous voici le Jeudi 21 Juin 2018, 3è jour de messidor et nous célébrons l’oignon. Avouez que c’est quand même autre chose que de vénérer saint Frusquin ou saint truc, sauf peut-être St Pourçain, St Amour et St Joseph. Par ailleurs, tous les gastronomes vous le diront, l’oignon rosé de Roscoff (29) mériterait à lui tout seul un jour férié. C’est donc le solstice d’été. Le premier jour de l’été oignons2018, c’est très précisément à 10h27 du matin.  Ce solstice est fêté en allumant de grands feux. Le feu est de tous temps le symbole purificateur du soleil. Le rite du feu de joie a été christianisé au Ve siècle. Mais, on n’étonnera personne en déclarant que fêter la Saint Jean n’a pas grand chose de catholique (!) ni même de très chrétien. Une fois de plus, un vernis chrétien est venu s’ajouter à une tradition particulièrement ancienne et qui fleure bon le paganisme. L’église Catholique, apostolique et romaine y a associé le cousin de Jésus, celui qui a reconnu en lui le Messie:Jean-Baptiste.

Je me souviens qu’enfant, le feu de St Jean mobilisait tout le quartier. Jeunes et moins jeunes se démenaient des jours et des jours avant l’évènement pour réaliser le tas de bois le plus grand qui soit. Et puis il fallait assurer sa surveillance car, une tradition tenace voulait  que les bandes des autres quartiers tentent de s’emparer du butin ainsi stocké. Il y avait une expression intraduisible, on disait; « petit journalfaire an hierez », c’est du Douarneniste dans le texte mais je ne garanti pas l’orthographe. Jusqu’au jour où la chose s’est institutionnalisée, principe de précaution aidant, plus question d’allumer des feux aux quatre coins de la ville…Une fois de plus, les tenants de l’ordre avaient gagné. En quelques paroisses de la Haute-Cornouaille, la cérémonie avait d’ailleurs une conclusion assez funèbre : quand les danses avaient cessé et que le feu était près de s’éteindre, on l’entourait de grandes pierres plates destinées, à servir de siège aux anaon, aux esprits grelottants des pauvres morts de l’année, avides de se reposer quelques heures en se rapprochant des cendres… Oui, car l’au-delà est froid, très froid.

Aujourd’hui, le Port-Rhu s’est transformé en marina et les cendres de nos feux sont à jamais dispersées. Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

Le bâton à bouillie…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

Amis de la casuistique et de la bouillie d’avoine réunie, bonjour ! Nous sommes le Mercredi 20 juin 2018, deuxième jour de Messidor dédié à l’avoine et c’est la saint Marc’han (Marcan). Une légende raconte que Saint Broladre et Saint Martin, patron de Roz sur Couesnon délimitèrent leur paroisse à cheval, alors que Saint Marcan cheminait à pied. c’est la raison pour laquelle Marcan ne posséderait que 212 hectares du riche marais de Dol.

La bouillie d’avoine, ou yod kerc’h en breton est une bouillie principalement composée d’avoine comme son nom l’indique, consommée en basse-bouillie-avoine-beurre-800x532Bretagne autrefois par les plus pauvres. C’est une bouillie brune, normalement salée, qui se mange trempée dans du lait ribot. En Bretagne, au moins dans le Finistère, on en trouve dans toutes les grandes surfaces, au rayon frais. Mon aïeule, dont les préceptes culinaires m’ont toujours fait rêver, la préparait à partir d’avoine grillée et moulue. On mettait ce mélange de farine et de son à tremper une nuit. Le lendemain, le gros du son flottait à la surface et était retiré (ce surplus s’appelle gwaskin). Le reste du récipient était délayé avec du lait et/ou de l’eau, mis à cuire dans un chaudron et touillé avec un bâton nommé bazh-yod (le bâton à bouillie). Celui-ci a laissé son nom à un jeu de force très populaire et encore pratiqué de nos jours comme le montre cette photo.

Tous les chroniqueurs et historiens s’accordent pour dire que les bretons avaient une prédilection pour les jeux de bâton. Mais l’ « arracher du bâton » est aussi un jeu symbolique, car le bâton représente le pouvoir : ainsi connaît-on des scènes très anciennes dépeintes dans les églises, et pas seulement en Bretagne, où l’on bazh-yod-300x226voit un moine et un évêque lutter au bâton, mais aussi une femme et son mari, un bourgeois et un noble, etc. Le jeu, bien attesté comme jeu de veillées et d’assemblées de voisins, et qui se retrouve sous diverses formes partout dans le monde, tire probablement son origine de la nécessaire préparation journalière de la bouillie destinée à nourrir le cochon de la maison : celle-ci nécessitait l’utilisation de ces « baz-yod » ou « bâton à bouillie ».

Allez voila pour aujourd’hui, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Les vêpres des grenouilles…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

Amis de l’antanaclase* et de la confiture de mirabelles réunies, bonjour ! Nous sommes le Mardi 19 juin 2018, premier jour de Messidor dédié au seigle dans notre calendrier républicain. *Pour les amoureux de la langue française je rappelle que l’antanaclase est la répétition d’un mot ou d’une expression avec un sens différent, en exploitant sa messidorpolysémie.Elle est proche de la paranomase et de la syllepse de sens. Ex : « Le cœur a ses raisons que la raison ne connaît pas. » (Blaise Pascal, Pensées) C’est pas littéraire ça mes body boys ? Si j’évoque Blaise Pascal c’est qu notre Blaise était né un 19 juin en 1623 du côté de Clermont; aujourd’hui on dit Clermont-Ferrand; mais il est vrai que Ferrand a acquis pas mal de notoriété ces temps ci. Mais bon, je ne vous invite pas à parier sur l’existence ou non de Dieu car, comme disait mon aïeule, qui avait la sentence à la bouche comme d’autres ont le cœur sur la main: dans un pari il y a toujours un con et un perdant… Non car, disait Bakounine: si vraiment Dieu existait ? Il faudrait s’en débarrasser…

Aujourd’hui donc, en notre basse-Bretagne, ceux qui n’ont rien de plus urgent à faire, vont célébrer santez Riwanon. Elle, elle avait parié depuis fort longtemps sur l’existence du grand architecte; il faut dire qu’elle était la  sœur de saint Urfol et de saint Rivoaré et la Houarvian-213x300bienheureuse maman de Houarneau (Hervé), né aveugle et devenu saint, et dont je vous ai parlé il y a quelques temps. Après la mort de son époux, Houarvian le barde, (ici paparazzité au télé objectif) elle renonça à ses biens, et, accomplissant une résolution prise depuis longtemps, elle alla s’ensevelir dans la solitude, avec de ferventes compagnes, parmi lesquelles était sa nièce sainte Christine (ils étaient tous saints dans la famille). C’est à cela que l’on distingue les cénobites des anachorètes; ils veulent bien s’ensevelir dans la solitude mais, pas tout seul… Faut pas déconner non plus. J’ai d’ailleurs retrouvé trois de ces ferventes compagnes qui interprètent Gousperou ar Raned (les vêpres des grenouilles):

Le chant est un dialogue entre un enfant et un maître (un druide pour de La Villemarqué). Le maître demande à l’enfant ce qu’il souhaite savoir, ce à quoi l’enfant lui demande la première strophe (une « série » pour de La Villemarqué). Le maître chante la première strophe, puis repose la question. L’enfant demande alors la deuxième strophe. Le maître chante la deuxième strophe puis répète la première strophe. Puis l’enfant demande la troisième strophe et ainsi de suite. Le chant se déroule avec ces répétitions des statue des soeursprécédentes strophes déjà chantées, jusqu’à ce que la douzième strophe soit chantée. Simple comptine pour les enfants, exercice pour entraîner la mémoire, ou véritable leçon druidique ? A moins qu’il ne s’agisse d’un reste de calendrier préchrétien ?  Mais revenons à Riwanon; or donc, elle s’y forma un ermitage avec des rameaux d’arbres, et y persévéra dans l’abstinence et l’oraison. Elle mourut saintement (evel just) le 19 juin de l’an 535 vers 17h selon le médecin légiste. Son fil Hervé qui était revenu pour l’occasion, l’inhuma avec piété et respect dans l’oratoire où elle avait passé tant d’heures dans la prière. C’est maintenant l’église paroissiale de Lanhouarneau. Ceci étant, si vraiment vous êtes à court d’idées, rappelez vous que Le 19 Juin 2018 est en réalité le Jeudi 5 Gidouille 145 St Ugolin, mansuet d’après le calendrier de pataphysique.

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

Les beaux jeudis…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

Amis de la liberté d’opinion et du caille-lait réunis, bonjour ! Hé oui, car nous sommes le Mardi 12 juin 2018 et donc, le 24 de prairial, journée du caille-lait, drôle de plante de la famille des rubiacéescaille-lait (appelée aussi gaillet) qui doit son nom au fait qu’elle possède une enzyme qui fait cailler le lait. Mon aïeule, qui se targuait d’en connaître un rayon en plante médicinale, en faisait une sorte de pommade qui était censée lutter contre les irritations. 100G de cette plante, 50g d’écorce d’orme, 500g de saindoux et vous faites chauffer en tournant sans cesse.  Voici une très belle photographie d’un papillon encore appelé Sphynx du caille-lait.

On dirait une leçon de choses.
Enfant, je fréquentais l’école communale de garçons, rue Victor Hugo à Douarnenez. C’est d’ailleurs la seule école que j’ai réussi à fréquenter vraiment. Le maître d’école faisait tous les mercredis après-midi « leçon de choses ». Car à cette époque là, le mercredi b9ab7b4587c4cb78509c8bf764428501--old-time-radio-baby-brothersc’était le jeudi, vous suivez… Le jeudi, lorsque le temps était mauvais (ce qui est évidemment extrêmement rare en Bretagne) on se retrouvait autour de la TSF pour écouter « Les beaux jeudis » émission animée par Alain Saint Ogan (l’inventeur de Zig et Puce) et Arlette Peters; il devait y avoir aussi Jean Nohain. Donc, lorsque le temps le permettait, la leçon de choses se déroulait en extérieur et, avec trois bouts de ficelle le maître nous faisait découvrir les lois de la nature. c’était une double leçon tendant à faire apprendre à la fois une chose et un mot, un fait et son expression, un phénomène et le terme qui le désigne, et par extension toute une classe de phénomènes et toute une classe de mots qui les expriment.

Petits veinards que vous êtes, je vous glisse un dessin de Flavien, intitulé « leçon de choses », paru dans Siné Hebdo du 19 Août 2009 (Etienne, encore en train de rêver ?). Revenons à nos leçons, tout leçon de chosescela c’était longtemps, longtemps, avant la télé, l’internet, l‘Ipod, l’Ipad, l’aïoli…Mais, tous ceux qui ont connu dans leur vie d’écolier l’expérimentation des vases communicants, l’examen attentif des nervures d’une feuille de chêne ou l’observation de la flamme qui s’éteint lorsqu’elle est privée d’oxygène s’en souviennent sans doute avec une certaine nostalgie. Ce sont ces « leçons de choses », emblématiques de l’école primaire républicaine, qui manquent peut-être aujourd’hui aux programmes de  l’éducation nationale.

C‘était, mes très chers frères, la leçon de choses de ce Mardi. Bon, c’est pas tout ça, je dois aller faire un sort aux Caille-lait qui envahissent mes hortensias. Allez, portez vous bien et n’oubliez pas: vive le p’tit commerce.

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

Amis de l’ichtyologie et du sandre au beurre blanc réunis, bonjour ! Puisque nous sommes le Lundi 14 mai 2018, 25è jour de floréal, célébrons la carpe puisque les républicains lui ont dédié cette date dans leur calendrier.

 

Selon une légende chinoise, les carpes du fleuve jaune, après avoir remonté le fleuve, s’envoleraient vers le ciel en se transformant en dragons. Cette légende serait à l’origine des koi nobori, qui représentent plus généralement la force et la persévérance des carpes qui remontent à contre-courant les rivières et cascades. Koinobori signifiant comme chacun le sait, « banderole de carpe » en koi noborijaponais, sont des manches à air en forme de carpe Koï hissées au Japon pour célébrer Tango no sekku, évènement traditionnel qui est désormais une fête nationale, le Kodomo no hi (jour des enfants). Ces bannières sont accrochées le long de perches en bambou, La première et la plus large, magoi, est noire et représente le père ; la deuxième, higoi , est rouge et représente la mère, puis l’on ajoute une carpe pour chaque enfant de la famille. Parfois, on suspend aussi des rubans rouges et blancs ou une manche à air multicolore symbolisant les flots des rivières. Après Fukushima et avant la prochaine catastrophe, les japonais doivent surtout se dire aujourd’hui, CARPE DIEM en relisant le célèbre poème d’Horace:

Tremble, Leuconoé, de chercher à connaître
L’heure de notre mort; fuis les calculs pervers
De Babylone. À tout il vaut mieux se soumettre
Que Jovis te concède encor d’autres hivers,
Qu’il les borne au présent, dont mugit l’onde étrusque,
Sois sage, emplis ta cave, et d’un si court chemin
Ôte le long espoir. Je parle, et le temps brusque
S’enfuit. Cueille le jour, sans croire au lendemain.

Bon, je vois que je digresse un maximum, signe qu’il est temps de mettre un terme à ce billet. Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

La bourrache et paturache…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

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Amis de la météorologie et du far aux pruneaux réunis, bonjour ! Nous sommes en cette période que de joviaux jardiniers avaient baptisé Les saintes glaces, et qui, allez savoir pourquoi, est, subito, devenue; les saints de glace. Mamert, 290px-Borage-overv-hrPancrace et Servais qui sont censés annoncer l’ultime retour du froid avant les beaux jours. Ils donnent lieu à tous les dictons que vous connaissez, mais, en Bretagne, c’est saint Yves qui est considéré comme le dernier saint de glace. Cela donnait l’occasion à mon aïeule, qui ne pouvait jamais faire comme tout une chacune, de nous en servir un, de dicton, des plus croquignolets: craignez le petit Yvonnet, c’est le pire de tous quand il s’y met ! Vous voilà prévenus…

Quand je vous aurai dit que ce Samedi 12 Mai 2018 est le 23è jour de Floréal dédié à la bourrache, vous saurez presque tout. Sauf à rajouter qu’au Moyen-âge, la bourrache, était considérée comme une plante magique et aphrodisiaque et qu’elle donnait de l’assurance et de la hardiesse dans les entreprises amoureuses. Un rameau de bourrache fleurie, permet au séducteur de remporter le succès auprès d’une femme. Ceci permettait à mon aïeule, jamais en manque d’un mauvais calembour, de rajouter: la bourrache et paturache sont les deux mamelles de la Franche. Étonnant, non ? Elle n’avait 31-05-FestDeiz-web-Nono-300x200pourtant rien d’auvergnat étant bretonne élevée au leurre salé (non, non, y’a pas de coquille) et maîtrisait l’art de la bourrée autant que celui du jabadao. La bourrée et le jabadao étant, comme vous le savez, deux danses populaires et néanmoins régionales qui se pratiquent encore dans les veillées des uns et les festou-noz des autres. A tel point que devant une telle richesse, l’UNESCO, canal historique de la culture Onusienne, a décidé d’inscrire le fest-noz au patrimoine immatériel de l’humanité. Je n’ai rien contre l’accordéon mais, c’est pas demain qu’on verra la bourrée auvergnate faire l’objet de tant d’attentions de la part de l’UNESCO. J’ai bien connu une auvergnate chez qui la bourrée était devenue une seconde nature; surtout en fin de semaine, mais ça, c’était avant.

Allez, cela suffira pour un samedi matin, il faut que je prépare ma pâte à crêpes. En attendant la suite, portez vous bien et à demain peut-être

L’essaim de glace…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

Amis de l’école des sages et du camembert au lait cru réunis, bonjour ! Nous voici, déjà, le Vendredi 11 Mai 2018 c’est à dire le 21è jour de floréal, dédié généralement à la fritillaire (ça ne s’invente pas) mais, il faut le reconnaître, c’est une très jolie fleur.

J’en profite pour évoquer la chanteuse de jazz et actrice Lena Horne décédée à l’âge de 92 ans. Dans les années 1940-1950, elle faisait salle comble à New York et Hollywood, mais n’avait pas le léna hornedroit de s’asseoir à la même table qu’un client blanc. Elle avait commencé comme danseuse au Cotton Club en 1934, avant de devenir la première actice noire à signer avec la Metro-Goldwyn-Mayer. Elle est devenue célèbre en 1943 dans le rôle de Selina Rogers dans Stormy Weather et l’interprétation de la chanson-titre. Elle s’était rapprochée du mouvement des droits civiques à la fin de la seconde guerre mondiale, ce qui lui avait valu d’être prise pour cible par le maccarthysme. En 1963, elle s’était jointe à la marche de Martin Luther King à Washington. Elle était mariée avec Lennie Hayton, un arrangeur de la MGM. Cette union inter-raciale mettra un frein à sa carrière.

Et après ceux de Léna Horne, voici les saints de glace…

Les saints de glace sont traditionnellement fêtés les 11, 12 et 13 mai de chaque année. D’après les croyances populaires d’Europe du nord et de la mer Méditerranée, Mamert, Pancrace et Servais sont ainsi implorés par les agriculteurs et mis à contribution pour éviter l’effet sur les cultures d’une baisse de la température qui s’observe saints-de-glace-263x300à cette période et qui peut amener une période de gel (phénomène de la lune rousse). Une fois cette période passée, le gel ne serait plus à craindre. La plupart des calendriers mentionnent actuellement d’autres saints à souhaiter ces jours-là : Estelle, Achille et Rolande. Le changement date de 1960. L’Église catholique romaine a décidé alors, de « remplacer » les saints associés aux inquiétudes agricoles (réminiscence de paganisme au regard du Vatican) par d’autres saints et saintes qui n’auraient aucun lien avec ces croyances populaires. Mais à quels saints se vouer…J’vous jure !

Comme disait Maïa l’abeille à son cousin qui avait le bourdon: « tout cela laisse l’essaim de glace » , allez, portez vous bien, soyez indulgent envers les humoristes à quatre sous, et à demain peut-être.

En Mai, fais ce qu’il te plaît…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

Amis de la mère Michel et de la langue de chat réunies, bonjour ! Nous sommes le Jeudi 03 mai 2018 c’est à dire le 14 de floréal, jour du calendrier républicain dédié au chamerops, encore nommé le palmier nain. C’est une espèce très représentée autour de la méditerranée mais que l’on retrouve dans nos contrées de plus en plus fréquemment, réchauffement oblige.

Le mois de mai doit son nom au latin maius en l’honneur de la déesse de la fécondité, Maia. la tradition du mât de mai remonte à la nuit des temps. Il s’agirait d’un vestige des Celtes qui ont peuplé le Sud de l’Allemagne : venant des steppes orientales, ils vénéraient la nature et célébraient le début de l’été, le 1er mai, en érigeant un arbre autour duquel ils dansaient pour chasser les mauvais esprits. Cette coutume n’a cessé de se perpétuer au fil du temps, malgré l’opposition farouche de l’Église qui y voyait un rite païen célébrant la fécondité. Finalement, comme bon nombre des rites de nosmat de Mai D ancêtres, il fut intégré au culte chrétien. Depuis le dix-huitième siècle, et encore plus depuis la Seconde Guerre mondiale, le mât de Mai est devenu le symbole des villes et villages de la Bavière du Sud. Il représente l’honneur de la commune et de sa communauté. Il est source de compétition entre les villages bavarois, qui rivalisent d’ingéniosité et d’efforts pour se doter du plus grand et du plus bel arbre. Aussi, des hauteurs de 30 mètres ne sont-elles pas rares… Et jusqu’à ce qu’il soit érigé, le jour de la cérémonie, il fait l’objet de toutes les convoitises et à ce titre, il est jalousement surveillé, jour et nuit, par les hommes de la commune, pour décourager les éventuels ravisseurs… L’enjeu est de taille, car en cas de vol, les victimes se verraient dans l’obligation de verser une rançon en nature (bière et victuailles) et surtout de porter le poids de la honte ! le tronc d’arbre dont on se sert pour ce mât de mai est ensuite peint en bandes blanches et bleues (les couleurs de la Bavière) et le sommet du mât est décoré d’une couronne en branches de sapin. Bien souvent, on retrouve tout le long du mât, des figurines représentant les différents corps de métiers, comme le cordonnier, le ramoneur, le menuisier, le charpentier, etc. Mon aïeule avait coutume de dire: mariages de mai ne fleurissent jamais…Tiens, vous vous souvenez de Malicorne?

Le 3 mai 1936 voit la victoire du front populaire et l’immense espoir qu’il fait naître dans la classe ouvrière. Souvenons nous de Léon Blum, de Jean Zay, de Salengro, de Léo Lagrange ou encore de Thorez à qui l’on doit cette fameuse phrase: il faut savoir arrêter une grève ! Souvenons nous des congcongés payés Gés payés, des conventions collectives, des billets de train avec 40% de réduction pour partir en vacances, la semaine de 40 heures, la retraite des mineurs, les allocations chômage, les nationalisations, les augmentations de salaire, la scolarité à 14 ans, le musée de l’homme, le CNRS, le palais de la découverte… Le 3 mai 1968, la police évacue par la force 500 étudiants qui occupaient la Sorbonne; vous connaissez la suite. C’est pas interdit de rêver !

Allez, merci pour la visite, portez vous bien et à bientôt peut-être.