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Bretonnitudes du père Erwan…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS, Non classé, TRADITION

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Amis de la révolution permanente et du veau marengo réunis, bonjour ! Nous sommes le amaryllis_4-300x277Mardi 15 Octobre 2019, 24è jour de vendémiaire dédié à l’amaryllis, magnifique fleur qui a donné son nom à un bistro rennais des plus sympas. Enfin, je vous parle de cela il y a très, très longtemps. C’était dans le bas de la place des Lices , pour ceux qui connaissent Rennes, et j’y ai passé quelques soirées mémorables (n’est-ce pas Thierry ?). Pour les initiés de la pataphysique, Le 15 Octobre 2015 est en réalité le Mardi 10 Haha 147 St Panmuphle, huissier.

Et en Bretagne on célèbre les Konogan.

Originaire d’Irlande, il s’en fut à l’abbaye de Landevennec dans le Finistère. Il succéda à saint Corentin sur le siège épiscopal de Quimper. Débarquant du Pays de Galles, et faisant probablement partie du groupe des compagnons de Pol, Konogan établit son monastère non loin de Landerneau, sur les bords de l’Elorn, à Beuzit-Conogan. Inutile Konogan valléede vous dire qu’il est représenté dans la vallée des saints à Carnoet. La tradition nous apprend qu’il se mit à l’école de saint Gwénolé, et c’est par Landévennec que son culte s’est propagé. Il vécut au temps de Childebert (dans la première moitié du VIe siècle). Il a une chapelle à Beuzec-Cap-Sizun (29). Cette chapelle de forme rectangulaire et qui date du 17è siècle est dédiée à  « Santez spe », Sainte Espérance en breton. Le pardon a lieu tous les ans le premier dimanche d’Août. Derrière la chapelle se trouve la fontaine de Saint Konogan. Elle a été déplacée en 1999 car précédemment elle se trouvait 50 m plus loin le long du talus. La légende raconte que Saint Konogan soignait la fièvre, et pour obtenir Barque_de_St_Conoganguérison il fallait vider la fontaine. Avec ce qu’il tombe par ici, c’était pas une mince affaire… Le bateau de pierre de saint Conogan (Bag sant Konogan en breton) est un bloc granitique gisant sur la lande. Cette roche monumentale complètement détachée du sol et ne reposant que par quelques points sur une pierre plate, évoque la proue d’un bateau; aucune signalétique n’est présente aux alentours. On «tombe dessus» au détour d’un chemin creux. C’est ainsi que je l’ai découvert en allant à la pêche du côté de la pointe de Kastel coz. Le vaisseau de pierre, en arrivant sur le rivage, aurait percuté un rocher appelé le Garreg-Toull (rocher troué en breton) que l’on voit devant la plage de Porz-Peron et aurait rebondi jusque-là, en haut de la falaise.

Allez, merci  d’être passé par ici, portez vous bien et à bientôt peut-être.

La lieue de grève (générale)

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

Amis de la cavalerie légère et du coco paimpolais réunis, bonjour ! Nous sommes le Lundi 14 octobre 2019, 23è jour de Vendémiaire dédié au navet. Aléa jacta est ! Comme disait mon aïeule qui lisait Epicure dans le texte et Ouest-Eclair dans les cabinets. Le sort en est jeté, greve-generaleles républicains se choisissent un nouveau chef et donc, à partir de dorénavant, tout sera comme avant… A moins que… Les djeun’s ne prennent un coup de vieux, les cheminots jouent les locomotives, les dockers se fâchent, les enseignants se, heu, comme d’hab’, les boulangers nous mettent dans le pétrin, les jardiniers nous envoient sur les roses, les routiers ne soient plus sympas, les électriciens fassent des étincelles, les magistrats debout abandonnent leurs assises, les urgentistes décident d’attendre, les aide-soignants réclament de l’aide et tout ce petit monde décide de renvoyer les élus à leurs chères études.

En Bretagne armoricaine on célèbre (ou pas) les Enora. On raconte que son père l’ayant forcée à épouser Efflam, elle refusa en accord avec ce dernier, de mener vie commune. Ils se marièrent et vécurent comme frère et sœur tout au long de leur vie. On peut voir sa statue dans l’église de Plestin (Finistère) et dans la chapelle de Trézeny. Efflam trône en bonne place dans la vallée des saints de Carnoët grâce aux ciseaux et burins de Seenu Shanmugam. Enora quand à elle, est devenue 260px-La_Vallée_des_Saints_-_statues_Carnoët_12la patronne des nourrices, aujourd’hui on dit assistantes maternelles… Quand à Efflam, oyez ce qu’en dit Albert le Grand : «  … nôtre Saint, avec sa compagnie, passa la mer & vint heureusement surgir à la coste de la Bretagne Armorique, en la baye de sable, qui est entre Toul Efflam & Loc-Mikel, dite communement la lieue de gréve, en la paroisse de Plestin, Diocese de Treguer, & leur vaisseau s’arresta vis-à-vis d’un grand roc, qui est au milieu de la gréve (en terre neanmoins), nommé Hyrglas. Il y avoit pour lors, le long de la gréve, une très-grande forest, de laquelle S. Efflam & sa troupe, descendans de leur vaisseau, virent sortir un horrible dragon, lequel se retiroit à travers la grève dans sa caverne, distante d’environ mil pas de ce roc; laquelle caverne était profonde de neuf coudées, & en avoit douze en la circonférence de son ouverture; mais de peur qu’à la piste et trace de ses griffes, il ne fut découvert & assiégé en cét antre, il avoit cette astuce de marcher à reculons, de sorte qu’à voir les marques de ses griffes dans le sable, on eut pensé qu’il venoit de sortir du lieu où il ne faisoit que d’entrer. » .

Au milieu de cette vaste grève sillonnée de ruisseaux et de filières, s’élève une croix de pierre (la croix de la lieue de grève -photo de gauche). Autrefois l’habitant de ce pays, avant d’entreprendre la traversée ne manquait jamais d’interrogela croixr la croix. Si les flots la recouvraient, il était trop tard : l’imprudent eut été infailliblement englouti. Si, au contraire, la croix se montrait au-dessus de l’eau, on disait : « la croix nous voit » et l’on s’avançait sans crainte ». On dit qu’elle se déplace de l’épaisseur d’un grain de blé tous les sept ans : « Treuz ur gwinizhenn a bep seizh bloaz ». Hélas, toutes les prières à Enora et à Efflam n’ont pas empêché les algues vertes de défigurer le site merveilleux de Saint-Michel-en-Grève

Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

De Saint Ke à Joséphine Baker…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

Amis de la démondialisation et de la saucisse de Molène réunies, bonjour ! Nous sommes le Samedi 12 octobre 2019, 21è jour de vendémiaire dédié au chanvre, Cannabis Sativa, comme disait mon chanvreaïeule qui connaissait toutes les plantes par leur petit nom. Tiens, à propos de mot, saviez vous que le mot Canebière, cher aux marseillais, vient du mot chenevière qui désignait un champ de chanvre. Canebière vient du provençal canebe, qui provient lui-même du latin cannabis, signifiant le chanvre. En effet Marseille était l’un des plus grands comptoirs de chanvre au monde pour la fabrication des cordages. En provençal une canebiera est une plantation de chanvre, ou « chenevière », en français. Faut pas s’étonner que l’O.M. ait un peu de mal ces temps ci. Étonnant, non !

Par ici on célèbre les Ké. Sant Ke, saint Quay, Saint Kea, est un ermite breton, originaire de Bretagne insulaire ou d’Irlande, autrefois très populaire et auquel on dédiait sous des noms variés, nombre d’églises et de chapelles, de villages et de places. D’après de nombreux hagiographes, « Ké » et « Colledoc » sont un seul et même personnage du fait de l’alliance des deux prénoms dans les noms de paroisses 300px-Fontaine-saint-ke-cledermédiévaux, tel « Kécoledoci » formé à partir de Ké et de Colledoc.(à  droite la fontaine St Ké à Cléder.) Selon Albert Le Grand, qui rapporte sa Vita dans les Vies des Saints de Bretagne, Collodoc naquit au début du VIe siècle au nord du Pays de Galles. Son père s’appelait Ludun, et sa mère Tagu. Certains le relient à la ville de Landkey dans le Devon qui lui devrait son nom.  Ke traversa la manche dans une auge de pierre (c’était avant la Brittany ferries et le tunnel) sans vivres, en provenance de Cambrie (sud du Pays de Galles) A cette époque là, les migrants tentaient leur chance dans l’autre sens…. Il atteignit l’anse de Kertugal (que l’on pourrait traduire par: village des Gaulois – Ker tud Gal – photo ci-dessous.

Notre malheureux saint homme fut brutalement accueilli par des lavandières effrayées, qui le prirent pour un démon. Elles le battirent avec des branches de genêt et le laissèrent pour mort. Il pria et supplia la Vierge de lui venir en aide. Elle répondit à son vœu, lui apparut et fit kertugal1-300x193jaillir une source sous ses pas qui soigna ses blessures. Elle le guida ensuite jusqu’à un buisson afin qu’il reprenne des forces; c’est pas magnifique ça mes body boys ? Le lendemain, les femmes, regrettant leur méprise, implorèrent son pardon. La Fontaine Saint-Quay se situe depuis à l’emplacement d’où jaillit la source. Et le nom de la ville « Saint-Quay-Portrieux » doit son origine à cette légende. On dit que depuis lors, le genêt ne pousse plus sur la commune. Longtemps, St Quay fut le seul port en eau profonde entre Cherbourg et Brest et c’est dans son casino que Joséphine Baker engloutit sa fortune…

Bon allez, je dis ça, je dis rien et j’ajoute: portez vous bien et à bientôt peut-être.

Toubib or not toubib…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé, TRADITION

Amis des années bissextiles et de la pizza trois fromages réunies, bonjour ! Nous sommes le Jeudi 26 septembre 2019, c’est pour vous dire si ça passe vite, et cela correspond au 5è jour de vendémiaire, dédié au cheval. Comme disait Pierre Dac: « Si vous avez perdu au PMU, vengez vous, mangez du cheval ! » On fête aussi la saint Côme, rien à voir avec le lac que ma belle et moi visitions voici quelques temps alors que nous passions huit jours en Italie comme le chante Jacques Higelin.

Côme et son frère Damien étaient des chirurgiens qui pratiquaient la médecine gratuitement d’où l’appellation d’anargyres (du grec an argyrios, qui refusent l’argent). Joli nom qui commence plutôt bien et qui me les rend sympathiques. Cela se passait en Cilicie (aujourd’hui en Turquie) vers l’an 300 et ces braves garçons n’ont guère 220px-Fra_Angelico_064eu de chance, en effet, ils furent arrêtés sur l’ordre du Préfet de Cilicie, un certain Lysias dont c’est le seul titre de gloire. Il leur ordonna d’abjurer sous la torture. Selon la légende ils restèrent fidèles à leur foi en dépit de toute une série de tortures affreuses; finalement ils furent décapités (ce qui prouve une fois de plus que la foi peut faire perdre la tête). La plus célèbre de leurs cures miraculeuses, la greffe d’une jambe de Maure pour remplacer la jambe nécrosée d’un patient, fit l’objet de nombreuses peintures école de médecineet miniatures; on peut en observer une que l’on doit au talent de Fra Angelico au musée national San Marco à Florence. Et voilà pourquoi, madame Michu, on a fait de Côme le patron des chirurgiens et des pharmaciens et cela depuis fort longtemps puisque c’est à St Louis que l’on doit la création de la confrérie de Saint-Cosme, première « association professionnelle » des chirurgiens. Jusque là en effet, la profession de chirurgien n’était pas clairement différenciée de celle de barbier. Bon, je ne regrette pas d’avoir confié le remplacement de ma hanche à un professionnel de la profession plutôt qu’au figaro du centre commercial…

Allez, merci encore de passer par ici de temps à autre; portez vous bien et à bientôt peut-être.

100% des gagnants ont tenté leur chance…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

Amis des paradis artificiels et de la sardine à l’huile réunis, bonjour ! Nous sommes le Vendredi 13 (aie!) septembre 2019 qui correspond au verge-dor27 de fructidor et, c’est pas pour me vanter, mais c’est le jour de la verge d’or ! On dit que Linné, père de la terminologie binomiale latine, donna à la verge d’or le nom scientifique de Solidago (littéralement, « je rends entier », « je consolide ») en raison de sa réputation à favoriser la guérison des plaies. Considérée dans la tradition européenne comme stimulante, sudorifique, tonique, carminative, apéritive et pectorale, on a utilisé la verge d’or pour les rhumes, les affections pulmonaires, les nausées et les douleurs causées par les « vents ».

Il semblerait bien que ce soit à ce bon roi Philippe le Bel que l’on doive la légende qui entoure les vendredis 13. C’est en effet un vendredi 13jacques-de-molay-230x300 octobre de l’an de grâce 1307 que ce charmant roi, avec la silencieuse complicité de son copain Clément V, Pape, fit arrêter, emprisonner, torturer et souvent exécuter, la quasi totalité des chevaliers du temple sur l’ensemble du territoire. Le grand maître, Jacques de Molay, lors de son procès, maudit les descendants de ses bourreaux jusqu’à la treizième génération. Et depuis ce jour là, à chaque vendredi 13, selon ses propres inclinations, on se terre au fond de sa cave ou on se précipite dans une agence de la française des jeux. Les ceusses qui redoutent les vendredis treize sont les paraskevidékatriaphobiques.

En vérité, il y a mille explications pour cette superstition depuis la Cène jusqu’à l’arrestation des templiers en passant par la destruction du temple… Mais moi j’aime bieFrig1-200x300n celle de Frigga la blonde quand elle devint Margot. Dans la mythologie nordique, Frigga (ou Freya) était la reine des dieux, déesse de l’amour et de la fertilité. Elle était célébrée par ses adorateurs le vendredi. Le mot « friday », viendrait d’ailleurs de cette célébration et signifierait « Freya’s day ». Mais aux Xe et XIe siècles, les pays du nord sont progressivement convertis au christianisme. On se met alors à raconter que Frigga est en réalité une sorcière et qu’elle a été bannie au sommet d’une montagne. Pour se venger, elle inviterait, tous les vendredis, le diable et 11 sorcières pour maudire les hommes et leur jeter des mauvais sorts. Bon, je ne sais pas pourquoi je vous raconte tout cela d’autant plus que je suis drôlement en retard pour remplir ma grille de Loto.

Allez, merci de votre visite, portez vous bien et à demain peut-être.

Une gwerz pour l’été…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

Amis de l’underground et du cri de l’ormeau réunis, bonjour ! Nous sommes le Vendredi 30 août 2019, treizième jour de Fructidor dédié à l’épine-vinette. C’est un arbuste épineux qui donne de petits fruits rouges brillants. Pouvant atteindre trois mètres de hauteur, il pousse epine-vinette-300x225sur des terrains ensoleillés (autant vous dire que par ici… y’en a pas beaucoup.), dans les haies ou les talus pierreux. En France et en Europe, vous pouvez le croiser lors de randonnées en montagne, et observer de mai à juillet ses fleurs jaunes en grappe. Attention, les baies qui apparaîtront à la fin de l’été, remplies de pépins, ne sont pas comestibles tout de suite ! Elles contiennent de la berbérine, qui les rend toxiques jusqu’à leur maturité… L’Iran est le principal producteur et consommateur des baies d’épine-vinette. Tout comme en Afghanistan, ces baies séchées y sont utilisées comme condiment, notamment pour le riz traditionnel (riz aux « zereshks », son nom persan).

Aujourd’hui par chez nous on célèbre Edern qui n’était autre que le frère de Jenovefa que j’évoquais hier à propos de Youenn Gwernig et Glenmor qui en firent une opérette. Edern, Saint Gallois (ou d’origine StEdernIrlandaise selon les sources) franchit la Manche pour venir évangéliser l’Armorique, en l’an 894, et aborda la côte de Cornouaille (près de Douarnenez). Il fut à l’origine du « Plou » (paroisse) de Plouédern, puis, après s’être fixé un temps à Édern, bâtit son dernier ermitage à Lannédern. C’est à cet endroit que débuta la légende du Saint au Cerf: elle a inspiré une Gwerz (chanson bretonne) qui explique pourquoi Édern est devenu Saint et pourquoi il est si souvent représenté avec un cerf. Ah, la gwerz, chant profond de la Bretagne/ Oyez celle-ci:

https://youtu.be/w5-g4Bt7z_s

Dans la légende galloise, Edern, qui chevauchait aussi un cerf, est le fils du dieu Nuz et l’un des premiers amants de la reine Guenièvre, l’infidèle épouse du roi Arthur. Ce prénom est resté usité en Bretagne ; il est très peu fréquent ailleurs. CertainsCernunnos_Danemark_1-300x225 voient dans l’association de ces saints avec un cerf l’héritage de la religion celte qui tenait la bête en grande vénération (le grand cornu). La chute annuelle des bois suivie de repousse passait aux yeux des anciens pour être symbole de la mort et de résurrection. Le cerf, on le sait était associé au culte rendu au dieu Cernunnos comme sur la figuration ci-contre présente sur le fameux chaudron de Gundestrap.

Allez, le bonjour vous va, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Lugnasad…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

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Amis de la Bretagne éternelle et du lait ribot réunis, bonjour !  Nous sommes le Jeudi 1er août 2019, quatorzième jour de Thermidor dédié au basilic dans le calendrier républicain. Belle plante aromatique qui sert de base au fameux Pistou. Dans le langage des fleurs de l’Europe du 19è siècle, il exprime la haine car selon la légende la plante poussait mieux si elle était injuriée en la cultivant. Aussi, l’expression française « semer le basilic » signifie « semer la discorde ». Étonnant, non !

Le 1er août correspond à Lugnasad chez les Celtes. Lugnasad est le temps des rassemblements et des mariages, on fabrique des poupées de paille, cages pour capturer l’esprit du blé. C’était aussi une fête agraire, un divertissement collectif avec des jeux et des compétitions (foire, audition de poètes et de musiciens, jeux, courses de chevaux,…). lammas poupée pailleElle était placée sous le signe des échanges et de l’amitié: on y venait sans arme. On lançait sur les pentes une roue enflammée qui illustrait la descente vers l’hiver; et qui terminait sa course dans une rivière, unissant ainsi le symbolisme du feu à celui de l’eau. C’est la fête de LUG, le plus grand de tous les dieux, c’est l’équivalent celtique du Jupiter. Quand il (LUG) voulut participer à un grand festin donné par Nuada le roi des Tuatha, le portier pour le laisser entrer lui demanda ce qu’il savait faire « car personne ne vient sans art à Tara ». Il se présenta successivement comme charpentier, forgeron, champion de lutte, harpiste, héros, poète et historien, sorcier/magicien, médecin, échanson et fondeur de bronze. Tous ces arts étaient déjà représentés par les différentes divinités convives du festin mais c’est parce que Lug, prototype de l’homme parfait, les possédait tous à lui seul, « Homme StFriarddes Sciences et de tous les Arts », qu’il fut accepté. Mais, tout ceci n’étant pas très catholique, on me dit qu’il convient de fêter les Friard; jeune paysan de la région nantaise qui décida de se consacrer à Dieu si l’on en croit Grégoire de Tours son contemporain.  il se retira dans une île de la Loire, devenu l’actuel bourg de Besné. Besné doit son nom au vieux breton Bez-Enez, l’île du tombeau. Voici comment le présente Albert le Grand: Saint Friard, parfait modelle de simplicité & innocence, Patron des Laboureurs & Vignerons, nasquit en la Paroisse de Besné, au Diocèse & Comté de Nantes, en Bretagne Armorique, environ l’an de grace 511, sous le Pontificat de Symmachus & l’Empereur Anastase I, regnant en Bretagne Armorique le Roy Hoël II du nom. (à droite, la croix celtique de l’église St Friard à Besné)

Voila pour ceux qui doutent encore que la Loire-Atlantique a des racines bretonnes. Allez, merci d’être passé, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Echalote ou oignon ?

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

Amis de la propédeutique et des œufs mollets réunis, bonjour ! Nous sommes le Mercredi 26 juin 2019, huitième jour de Messidor dédié à l’échalote.

Parce que c’est après avoir enlevé Jérusalem aux musulmans; que le chef des croisés Godefroy de Bouillon complète son succès en écrasant l’armée égyptienne à Ashkelon (ou Ascalon). De cette ville, les croisés les-johnniesramèneront en Occident… l’échalote (du latin ascolonia cepa, qui signifie oignon d’Ascalon). Ascalon, au pays des Phillistins, aujourd’hui Israël. Autant vous dire qu’ici, dans le Léon (Nord-Finistère, 60% de la production française) où réside votre serviteur, on en connait un rayon sur l’échalote… Je me souviens des fameux Johnnies qui s’en allaient vendre leur production outre-Manche. J’ai retrouvé, pour illustré ce billet, cette jolie expression: War pont Landerne e vezer ar penn e Leon hag ar revr e Kerne. Sur le pont de Landerneau, on a la tête en Léon et le cul en Cornouaille.

 

Mais aujourd’hui la concurrence est rude. Présente depuis une vingtaine d’années, l’échalote de semis est accusée de tirer les prix vers le bas et de grignoter les marges des producteurs, notamment à l’export. La filière s’est echalote-princessemobilisée et créé un logo pour identifier ce qu’elle appelle « la vraie échalote ». Aujourd’hui, elle veut aller plus loin et réclame à l’Europe de cesser d’appeler échalote ce qui à ses yeux n’est qu’un vulgaire oignon car, le paysan breton, lui, ne s’en laisse pas conter. Même avec des mensurations allongées, un oignon reste un oignon; et l’oignon déguisé en échalote est, pour lui, une histoire triste à pleurer.

Voila de quoi méditer en cette période caniculaire. Allez, portez vous bien, n’oubliez pas d’hydrater mémé et, à bientôt peut-être.

La saint-Jean d’été…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

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Amis de la mécanique des fluides et de l’entrecôte marchand de vin réunies, bonjour ! Nous sommes le lundi 24 juin 2019, sixième jour de Messidor dédié au romarin.

Or donc, c’est la Saint-Jean qui était une fête chômée en France, avant le Concordat de 1801. Très populaire, cette fête donnait lieu en maints endroits à des feux de joie et il était de tradition que les jeunes gens sautent par-dessus les flammes. Les feux de joie ont à peu près croix de st jeandisparu en France mais leur fonction de réjouissance s’est reportée sur les feux d’artifice… On prêtait aussi des vertus magiques aux « herbes de la Saint-Jean » (millepertuis, armoise, fougère,…) cueillies ce jour avant le lever du soleil par des jeunes vierges ou de vieilles femmes ! Dans certaines régions on continue de confectionner des croix de St-Jean censées protéger les étables et les granges tout comme ailleurs on réalise des croix de Brigit pour Imbolc.

Au Québec, la Saint-Jean est toujours une fête chômée. Elle est devenue, dès 1834, une occasion de célébration patriotique, à l’initiative de Ludger Duvernay, fondateur de la Société Saint-Jean-Baptiste. Depuis 1977, c’est même officiellement la fête nationale du Québec par une décision du gouvernement de René Levesque. Comme le veut la tradition, de grands spectacles de musique et de chansons en français sont présentés en plein air dans plusieurs villes, SAINT-JEAN bièreparticulièrement à Québec et à Montréal, devant des dizaines et des dizaines de milliers de personnes dans la nuit du 23 au 24 juin au soir. À Québec, un immense feu de la Saint-Jean est allumé à minuit. La fête donne aussi lieu à des agapes communautaires et à un défilé où les Québécois s’en donnent à cœur joie. On danse autour des feux de la Saint-Jean (et l’on boit beaucoup aussi). La Saint-Jean demeure aussi très populaire en Europe centrale, par exemple à Riga, en Lettonie, où les fêtes, danses et feux de joie s’étirent sur deux jours et deux nuits…

Bon, ben, j’vais m’en servir un p’tit, Yec’hed mad ! Portez vous bien et à bientôt peut-être.

A St-Jean au musette…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

Amis de la tradition respectée et de la galette saucisse réunies, bonjour ! Nous voici le Vendredi 21 Juin 2019, 3è jour de messidor et nous célébrons l’oignon. Avouez que c’est quand même autre chose que de vénérer saint Frusquin ou saint truc, sauf peut-être St Pourçain, St Amour et St Joseph. Par ailleurs, tous les gastronomes vous le diront, l’oignon rosé de Roscoff (29) mériterait à lui tout seul un jour férié. C’est donc le solstice d’été. Le oignonspremier jour de l’été 2019, c’est très précisément à 17h 54 (heure universelle). A Brest, le soleil se couchera carrément à 22h18 (pour une durée d’ensoleillement total de 15h58 dans la journée). 15h 58 de soleil à Brest, dans la même journée… On croit rêver! Le solstice est fêté en allumant de grands feux. Le feu est de tous temps le symbole purificateur du soleil. Le rite du feu de joie a été christianisé au Ve siècle. Mais, on n’étonnera personne en déclarant que fêter la Saint Jean n’a pas grand chose de catholique (!) ni même de très chrétien. Une fois de plus, un vernis chrétien est venu s’ajouter à une tradition particulièrement ancienne et qui fleure bon le paganisme. Ah, mon amant de Saint-Jean !

 

L‘église catholique a repris cette pratique en la christianisant. Et en copiant son déroulement sur celui opéré par les celtes et les germaniques pour la bénédiction de leurs moissons. Les premiers peuples slaves avaient ainsi pour coutume de fêter Ivan Kupalo, dieu du soleil et de la réincarnation, mais aussi de la « purification par l’eau de la fertilité et de l’amour ». Peuples de l’est et de Russie le célébraient avec des couronnes de fleurs sur la tête, en chantant et dansant autour de grands feux sur lequel ils jetaient des herbes. Des baignades nocturnes « purifiantes » dans les rivières couplées à petit-journal-203x300des actes d’amours et au plaisir charnel la même nuit complétaient les réjouissances. La rupture avec la tradition se situe au moment de la christianisation de la Russie : des Saints se substituent alors aux dieux païens et les baignades nocturnes sont bannies. Quant à la France catholique du Ve siècle, elle fait succéder à la célébration de « Koupalo » celle de la Saint-Jean-Baptiste. Je me souviens qu’enfant, le feu de St-Jean mobilisait tout le quartier. Jeunes et moins jeunes se démenaient des jours et des jours avant l’évènement pour réaliser le tas de bois le plus grand qui soit. Et puis il fallait assurer sa surveillance car, une tradition tenace voulait  que les bandes des autres quartiers tentent de s’emparer du butin ainsi stocké. Il y avait une expression intraduisible, on disait; « faire an hierez », c’est du Douarneniste dans le texte mais je ne garanti pas l’orthographe. Jusqu’au jour où la chose s’est institutionnalisée, principe de précaution aidant, plus question d’allumer des feux aux quatre coins de la ville…Une fois de plus, les tenants de l’ordre avaient gagné.

Aujourd’hui, le Port-Rhu , quartier de Douarnenez qui m’a vu naître, s’est transformé en marina et les cendres de nos feux sont à jamais dispersées. Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.