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Aie, aie, aie. Vendredi 13 !

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

Amis de la protosynthèse et des p’tits chanteurs à la croix de bois réunis, bonjour ! Nous sommes le vendredi 13 (aie !) Octobre 2017. c’est le 22è jour de Vendémiaire dénommé: jour de la pêche et malgré vos bonnes résolutions, vous êtes encore devant votre ordinateur…

Ah, le vendredi 13… Tout d’abord, le vendredi 13, en faisant abstraction des superstitions, est-il particulier ? La réponse est oui. Car les mathématiques appliquées au calendrier indiquent que le 13 du mois vendredi-13_0006-223x300tombe un tout petit peu plus fréquemment un vendredi que n’importe quel jour de la semaine. Sur 4 000 ans, il y a 6 880 vendredis 13 contre 6 840 jeudis 13 (ou 6 850 lundis ou mardis 13). Il est vrai que notre calendrier grégorien, lancé en 1582 par le pape Grégoire XIII (tiens donc), réserve bien des surprises. Ainsi, toujours grâce aux mathématiques, il a été possible de démontrer qu’il y avait forcément au moins un vendredi 13 par an, et qu’il ne pouvait pas y en avoir plus de trois. Et il y a en trois si, et seulement si, le premier jour de l’année est un jeudi pour une année non bissextile (comme 2015) et un dimanche pour une année bissextile. Les ceusses qui redoutent les vendredis treize sont nommés paraskevidékatriaphobiques…

Il y a mille explications pour la superstition depuis la Cène jusqu’à l’arrestation des templiers en passant par la destruction du temple… Mais moi j’aime bien celle de Frigga la blonde quand elle devint MarFrig1-200x300got. Dans la mythologie nordique, Frigga (ou Freya) était la reine des dieux, déesse de l’amour et de la fertilité. Elle était célébrée par ses adorateurs le vendredi. Le mot « friday », viendrait d’ailleurs de cette célébration et signifierait « Freya’s day ». Mais aux Xe et XIe siècles, les pays du nord sont progressivement convertis au christianisme. On se met alors à raconter que Frigga est en réalité une sorcière et qu’elle a été bannie au sommet d’une montagne. Pour se venger, elle inviterait, tous les vendredis, le diable et 11 sorcières pour maudire les hommes et leur jeter des mauvais sorts. Bon, je ne sais pas pourquoi je vous raconte tout cela d’autant plus que je suis drôlement en retard pour remplir ma grille de Loto.

Allez, merci de votre visite, portez vous bien et à demain peut-être.

Dans la famille Pétard…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

Amis du rêve éveillé et de la potée bretonne réunis, bonjour ! Nous sommes le Mardi 25 juillet de l’an de grâce 2017. Ce jour correspond au 7è de thermidor dédié à l’armoise, plante de la famille des astéracées dites Artémisia du nom de la déesse (remarquez que je vous épargne le jeu de mots sur l’armoise à pharmacie). Les Aztèques et autres indiens des Amériques utilisaient l’armoise pour des rituels et la médecine. armoise-chineDepuis les époques reculées en Europe, l’herbe était un remède contre la fatigue et pour protéger les voyageurs contre les mauvais esprits et les animaux sauvages. Les indiens utilisent l’armoise toujours comme sauge et l’herbe pour la purification spirituelle, pour chasser des mauvais esprits et des énergies négatives. En Chine, des faisceaux de feuilles de Calamus avec l’armoise sont toujours utilisés comme talisman pendant le festival des bateaux dragon. Mon aïeule, que décidément rien n’arrêtait, s’en faisait une ceinture avant de nous emmener caracoler autour du feu de la St Jean. Avant l’extinction du feu il fallait y jeter la ceinture afin de se protéger de tout un tas de ph-Armoise-biolandes-1229957978-300x199tourments durant l’année à venir. D’où son nom d’herbe de la st Jean.
Si l’on en croit Albert le Grand, dans ses conseils aux pèlerins, il convient de s’en faire une ceinture en marchant et ensuite la faire cuire pour s’en laver les pieds. Ainsi on ne se fatigue jamais; il reprend ainsi les conseils déjà prodigué par Pline l’ancien aux voyageurs… Ici à gauche: cueillette d’armoise au Maroc. On dit que les coureurs de marathons enduisaient les semelles de leurs sandales de suc d’armoise pour se donner « des ailes aux talons ».

Et puis tiens, puisqu’on en est aux confidences, savez vous que le nom de la ville de Tchernobyl (de sinistre mémoire) ou plutôt чорнобиль (tchornobylj) en ukrainien, désigne l’armoise, en particulier l’armoise ordinaire (Artemisia vulgaris). Il vient de tchorno = noir et bylj = herbe. Ces « herbes noires » sont très communes dans les steppes, où ellespétard finissent pas se casser et par rouler sur de longues distances. Étonnant, non ! On dit que l’armoise est utile pour l’induction de rêves lucides et du voyage astral. Fumer ou consommer de l’armoise sous forme de plante ou en solution avant de dormir pourrait intensifier les rêves ou leur contrôle et aider à s’en souvenir. Au Mexique, l’herbe est souvent fumée comme substitut de la marijuana. Bon, et bien tout cela m’a l’air très sympathique… A vous d’expliquer aux pandores que vous avez une ordonnance.

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

De Sainte-Sève à lîle Loaven…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS, TRADITION

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Amis de l’onomastique et du Télégramme de Brest réunis, bonjour ! Nous sommes le Dimanche 23 juillet 2017, 5è jour de Thermidor dédié au bélier (ar maout en breton). C’est aussi, la sainte Sève au nom aussi énigmatique que sa vie. Les experts de l’expertise ne sont même pas d’accord pour affirmer qu’il s’agit d’un saint ou d’une sainte… En effet, on trouve aussi bien: Sev (breton), Sewo (gallois), Sewa, Loève, Loaven (breton), mais aussi Sant Segne (XIè siècle), Sent Seguot manoir(1128), sainte Scevat (1598). On sait très peu de chose sur cette sainte, semi-légendaire du VIè siècle, non reconnue par l’Église de Rome. Et pourtant… Fille de Hoël Ier, roi de Domnonée  et de Koupaia (Pompée), sœur de Tugdual, évêque, l’un des sept fondateurs de la Bretagne christianisé sœur de saint Lunaire (Léonor) et de Hoël II. Albert le Grand, de Morlaix (1637), raconte que son saint frère Tugdual parcourant l’Armorique avec ses disciples, reçut au cours de ses prêches, en dons, plusieurs terres (appelées paroisses dans les textes), où il installa des monastères. Sur le domaine de l’actuelle village de Sainte-Sève, où se trouve le joli manoir du Grand-Plessis, près de Morlaix, il fonda une abbaye pour sa sœur, vers 530; et hop, en v’la une de casée.

Sainte Sève est donc la patronne des paroisses de Sainte-Sève et de Langoat. Elle a donné son nom à l’île de Loaven située à deux encablures dans l’Ouest-Nord-Ouest de Roc’h Skeiviec face à Plougrescant ( je peux assurer par expérience, qu’elle offre un très bon mouillage par gros temps) où est inhumée, dans sa chapelle, sainte Elibouban aussi mystérieuse qu’elle et dont j’ai déjà parlé ici. Voici ce qu’écrivait Louis Thiercelin (1894): Le pardon de sainte Elibouban se déroulait autrefois le lundi des Rogations, le 25 juillet:

 …A la fin du 19ème siècle, les jeunes filles, vêtues de blanc, avec un ruban bleu sur la poitrine, portant la grande coiffe à deux larges cornets de dentelles, forment la procession, accpardonompagnées des petits choristes, du prêtre, des moines, du maire et de son conseil et de la foule des fidèles. Les barques des marins pêcheurs transportent les pavillons, portés par les hommes. la statue de sainte Elibouban est portée par des femmes vêtues de noir. Elles sont une trentaine à se relayer pour ce pieux devoir, faisant une garde d’honneur à la sainte, qui va rendre visite à son fils saint Gonéri en la chapelle de Plougrescant. Le lundi 25 juillet, la statue s’en retourne dans son île, accompagnée par la statue de saint Gonéri et des paroissiens. La statue de la sainte est conduite vers son oratoire, bâti de l’autre côté de l’île, au Nord, à cinquante pas de l’ancienne chapelle (en ruines vers 1890 et reconstruite plus tard). A droite, s’élève le pardon extérieurrocher qui sert d’autel aux rogations. Les porteurs de bannières grimpent au sommet du rocher, d’autres l’entourent ; un des moines adresse quelques paroles aux fidèles, et la sainte qui attendait à la porte de son oratoire, la franchit. On la replace sur son autel. Si la tempête ou quelque fête plus grande empêchent cette visite annuelle du saint à sa mère, sainte Elibouban, suivant les uns, saint Gonéri, suivant les autres, à la nuit, feront seuls le voyage ; mais malheur aux bateaux rencontrés par la barque mystérieuse ; ils sont impitoyablement chavirés.
Koneri ha Liboubana
Ni ho salud bepred gant joa
Abeurz Doue reit d’imp bennoz
Ha gras da vond d’ar baradoz.

Et voilà pour la petite histoire bretonne. Portez vous bien et à demain peut-être.

Au Feu !

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

Amis de la tradition et de la poule au pot réunies, bonjour ! Nous sommes le Samedi 24 juin 2017, sixième jour de Messidor, qui est effectivement le jour de la saint Jean, quand bien même nos amis républicains l’avaient dédié au romarin. Je me souviens qu’enfant, le feu de St Jean mobilisait tout le quartier. Jeunes et moins jeunes se démenaient des jours et des jours tantadavant l’événement pour réaliser le tas de bois le plus grand qui soit. Et puis il fallait assurer sa surveillance car, une tradition tenace voulait que les bandes des autres quartiers tentent de s’emparer du butin ainsi stocké. Il y avait une expression intraduisible, on disait; faire « an hi erez », c’est du parler breton/douarneniste qui vient du verbe « jalouser » je crois. Le quartier du Port Rhu qui était le théâtre de nos exploits voyait s’affronter les bandes de l’Enfer, du Treiz et de l’usine à gaz (la seule à revendiquer l’appellation d’origine port-Rhu). Jusqu’au jour où la chose s’est institutionnalisée, principe de précaution aidant, plus question d allumer des feux aux quatre coins de la ville… Une fois de plus, les tenants de l’ordre avaient gagné.

On n’étonnera personne en déclarant que fêter la Saint Jean n’a pas grand chose de catholique (!) ni même de très chrétien. Une fois de plus, un vernis chrétien est venu s’ajouter à une tradition particulièrement ancienne et qui fleure bon le paganisme. Mais si danses-nocturnespuissant était le culte du feu que l’église se garda bien d’y toucher. Au pire elle tenta de l’apprivoiser et les fêtes du solstice furent dédié à Jean-Baptiste (y-a pas de petit profit). Mais la Saint-Jean n’avait pas que ses feux : elle avait aussi ses herbes, ses fameuses herbes de la Saint-Jean qui, cueillies le matin, pieds nus, en état de grâce et avec un couteau d’or, donnaient pouvoir de chasser les démons et de guérir la fièvre. On sait que, parmi ces fleurs mystérieuses, se trouvait la verveine, la plante sacrée des celtes. On la cueille encore sur les dunes de Saintonge en murmurant une formule ésotérique, nommée la verven-Dieu mais que je ne peux dévoiler…

De quelqu’un qui se couchait tard, on disait jadis : « Il est allé ramasser un charbon de Saint-Jean ». Le fait est que ces charbons passaient en Bretagne pour avoir toutes sortes de propriétés merveilleuses. Il en suffit d’un recueilli dans les cendres du tantad (les feux) et dévotement placé, au retour, dans un coin du foyer, pour danse-10préserver la maison de l’incendie et de la foudre. On disait encore qu’en balançant les nouveau-nés devant la flamme de trois tantad, on les gardait à tout jamais contre le mal de la peur… En quelques paroisses de la Haute-Cornouaille, la cérémonie avait d’ailleurs une conclusion assez funèbre : quand les danses avaient cessé et que le feu était près de s’éteindre, on l’entourait de grandes pierres plates destinées, à servir de siège aux anaon, aux esprits grelottants des pauvres morts de l’année, avides de se reposer quelques heures en se rapprochant des cendres… Oui, car l’au-delà est froid, très froid.

Aujourd’hui, le Port-Rhu s’est transformé en marina et les cendres de nos feux sont à jamais dispersées. Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

Les vêpres des grenouilles…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

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Amis de l’antanaclase* et de la confiture de mirabelles réunies, bonjour ! Nous sommes le Lundi 19 juin 2017, premier jour de Messidor dédié au seigle dans notre calendrier républicain. *Pour les amoureux de la langue française je rappelle que l’antanaclase est la répétition d’un mot ou d’une expression avec un sens différent, en exploitant sa polysémie.messidor Elle est proche de la paranomase et de la syllepse de sens. Ex : « Le cœur a ses raisons que la raison ne connaît pas. » (Blaise Pascal, Pensées) C’est pas littéraire ça mes body boys ? Si j’évoque Blaise Pascal c’est qu notre Blaise était né un 19 juin en 1623 du côté de Clermont; aujourd’hui on dit Clermont-Ferrand; mais il est vrai que Ferrand a acquis pas mal de notoriété ces temps ci. Mais bon, je ne vous invite pas à parier sur l’existence ou non de Dieu car, comme disait mon aïeule, qui avait la sentence à la bouche comme d’autres ont le cœur sur la main: dans un pari il y a toujours un con et un perdant… Non car, disait Bakounine par la bouche de Léo Ferré: si vraiment Dieu existait ? Il faudrait s’en débarrasser…

Aujourd’hui donc, en notre basse-Bretagne, ceux qui n’ont rien de plus urgent à faire, vont célébrer santez Riwanon. Elle, elle avait parié depuis fort longtemps sur l’existence du grand architecte; il faut dire qu’elle était la  sœur de saint Urfol et de saint Rivoaré et la Houarvian-213x300bienheureuse maman de Houarneau (Hervé), né aveugle et devenu saint, et dont je vous ai parlé il y a quelques temps. Après la mort de son époux, Houarvian le barde, (ici paparazzité au télé objectif) elle renonça à ses biens, et, accomplissant une résolution prise depuis longtemps, elle alla s’ensevelir dans la solitude, avec de ferventes compagnes, parmi lesquelles était sa nièce sainte Christine (ils étaient tous saints dans la famille). C’est à cela que l’on distingue les cénobites des anachorètes; ils veulent bien s’ensevelir dans la solitude mais, pas tout seul… Faut pas déconner non plus. J’ai d’ailleurs retrouvé trois de ces ferventes compagnes qui interpretent Gousperou ar Raned (les vêpres des grnouilles):

Or donc, elle s’y forma un ermitage avec des rameaux d’arbres, et y persévéra dans l’abstinence et l’oraison. Elle mourut saintement (evel just) le 19 juin de l’an 535 vers 17h selon le médecin légiste. Son fil Hervé qui était revenu pour l’occasion, l’inhuma avec piété et respect dans l’oratoire où elle avait passé tant d’heures dans la prière. C’est maintenant l’église paroissiale de Lanhouarneau. Ceci étant, si vraiment vous êtes à court d’idées, rappelez vous que Le 19 Juin 2017 est en réalité le Jeudi 5 Gidouille 144 St Ugolin, mansuet d’après le calendrier de pataphysique.

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

Gwerz St Jorand…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

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Amis de la botanique pour les nuls et du foie de veau aux cerises réunis, bonjour ! Nous sommes, bon an mal an, arrivés ensemble serpolet-150x150jusqu’à ce Dimanche 28 mai 2017, 9è jour de prairial, que nos amis républicains avaient dédié au serpolet. Vous ne pouvez pas vous tromper, le serpolet c’est bon pour tout. En infusion, en compresse, en bain, dans la cuisine, notamment avec les viandes blanches, ce proche cousin du thym est une vraie panacée. C’est le genre de truc qui devrait être remboursé par la sécurité sociale si cela ne risquait d’aggraver le déficit… Allez, célébrons les Jorant.
L‘histoire de saint Jorand de Plouëc, nous est connu grâce à Anatole LE BRAZ, qui conte dans la « Légende de la mort », un récit fait en 1903 par le sacristain de la Belle-Église sur sa mort. On trouve encore de traces de saint Jorand à Plouëc, puisque la chapelle (à droite) Saint Jorand de la Belle-Église existe toujours. Il s’agit d’un ancien oratoire dédié à la Trinité. En effet, Dans la « Légende de la mort », Anatole le Braz rapporte un récit sur la mort de saint Jorand que lui a fait le sacristain de la fontainechapelle en 1903. « Saint Jorand n’a son nom dans aucun calendrier: c’était un trop pauvre homme. Mais il n’en possède pas moins une chapelle à lui, et qui n’est pas à mépriser, puisqu’elle a mérité d’être appelée la Belle-Église, tout près de la gare de Plouec. Saint Jorand mourut dans le temps où se célébraient à Tréguier les fêtes de la canonisation de saint Yves. Comme les gens de Plouec s’en revenaient à cheval de ces fêtes, ils entendirent sonner à toute volée les cloches de la Belle-Église sans qu’il y eût personne pour les mettre en branle. Et, dès qu’ils furent auprès de la chapelle, leurs chevaux s’agenouillèrent d’eux-mêmes sur le chemin.
Alors, ils se dirent: Quelqu’un de saint à dû mourir en ce lieu.
Ils poussèrent la porte et aperçurent Jorand étendu de son long à la place où est aujourd’hui son tombeau. Ses mains étaient jointes sur la poitrine et, à la hauteur du cœur, une magnifique rose rouge avait StJorandfleuri, qui exhalait un parfum délicieux. Ils ensevelirent le saint pieusement et, dès le lendemain, les miracles commencèrent autour de sa tombe. Saint Jorand est invoqué par les « Kloers » ou séminaristes, et aussi par les bergers, pour la préservation de leurs troupeaux. Il est représenté en la chapelle de la Belle-Eglise, à Plouëc, près Pontrieux (22), couché sur son tombeau, en longue robe, avec capuce abritant sa tête, jambes nues chaussées de brodequins, un bâton à la main droite, à la main gauche, une aumônière renfermant un livre. Un singe est couché à ses pieds. Le tout en granit du pays. Sur un panneau peint sur bois, lequel occupe le tympan de la porte méridionale de la chapelle, le nom est écrit Jorhant.

https://youtu.be/Bf23r9EaWR4

François-Marie Luzel a recueillit une gwerz retraçant sa vie.
Selaouet holl, Ilis-Kaeris,
Buhe sant patron hoc’h ilis,
Buhe Sant Jorant, ho patron ;
Pedet-han gant devosion…
Il y a quarante deux couplets comme celui la. Pour ceux d’entre vous qui ne sont pas coutumier de l’univers des gwerziou, j’en ai glissé une interprétée par Denez Prigent. Si l’on en croit Albert Poulain: «Encore, avant la dernière guerre mondiale, on venait nombreux au pardon de St Jorand et la fontaine était prise d’assaut. On remplissait des bouteilles d’eau que l’on versait dans la nourriture des animaux.»

Allez, voila pour aujourd’hui, en attendant la suite, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Donjons & dragons…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

Amis de l’étymologie et du soufflé au fromage réunis, bonjoucorbeiller ! Nous sommes le Dimanche 07 Mai 2017, 18è jour de Floréal dédié à la Corbeille d’or et jour d’élection. Sans doute eut-il fallu que je consacrasse (imparfait du subjonctif mon n’veu) ce billet aux derniers soubresauts de l’élection présidentielle mais, considérant que vos gazettes habituelles allaient le faire mieux que moi, je vous invite à explorer la tradition bretonne.

Vous ai-je déjà parlé de Neventer que l’on fête aujourd’hui en Bretagne ? En voilà un qui a laissé son nom à la commune de Plounéventer, en Finistère evel just, et qui est l’archétype du bon saint chassant les méchants dragons des terres païennes. Si l’on en croit le noble et La_Vallée_des_Saints_Derriendiscret messire Le Grand, chanoine de Saint-Pol, premier Conseiller du Duc François II et recteur de Plounéventer en 1412, c’est à dire le propre grand oncle d’Albert Le Grand à qui nous devons un collectage fabuleux des contes et légendes de Bretagne, c’est une véritable épopée que vécurent Neventer et son pote Derrien, de retour des croisades, dans les parages. Tout cela sur les rives de l’Elorn, que l’on nommait avant cet épisode Dour du, magnifique rivière à truites et saumons. ici à gauche, c’est une représentation de saint Derrien dans la vallée des saints bien sur. Il existe une Gwerz qui conte leurs exploits; en voici une autre (Gortoz a Ran) chantée par Denez Prigent.

Il est probable que la vraie origine du village se rapproche de celle, plus simple, de la création de nombreuses paroisses de basse-Bretagne par des tribus venues d’Outre-Manche. En effet, l’exode se faisait par tribu, et lorsque l’une d’elles trouvait un site pour s’ installer, généralement une hauteur, elle créait une communauté un « PLOU » qui recevait par plouneventerla suite le nom de son chef. Arthur de La Borderie écrit dans son  Histoire de la Bretagne: Le Plou, c’est proprement et primitivement la petite colonie formée par la bande bretonne émigrée, s’établissant, au sortir des barques fugitives, sous la direction d’un brave guerrier, chef temporel, d’un pieux moine, chef spirituel de cette petite communauté formée sur la terre d’ exil par la communauté de malheur. Sur cette terre, le PLOU remplace le CLAN…

Voici donc Néventer et ses compagnons qui, débarqués en Armorique, s’enfoncent à l’intérieur des terres à la recherche d’un asile. Ils vont le trouver non loin de la villa romaine de Kérilien, et là, ils établissent un « PLOU  » qui, pour l’Histoire, deviendra PLOUNEVENTER. A noter que le terme Plou est issu du latin plebs, plebis, « peuple, gens », même étymologie que plèbe en français. Mais bon, pour compliquer les choses, sachez qu’en breton, Plou se dit Gwi mais… C’est une autre histoire.

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

Rue des blancs-manteaux…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS, TRADITION

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Amis de la paracentèse bilatérale et de la foire à Neuneu réunies, bonjour ! Nous sommes bien le Mardi 02 mai 2017, treizième jour de Floréal dédié au bâton d’or (c’est une sorte d’espèce de genre de giroflée), jolie plante qui fleurit au printemps sur les vieux murs où elle épanouit ses fleurs jaune orangé d’une odeur délicieuse, recherchées macaronésiepar les abeilles. Si je vous dis qu’il s’agit d’une plante  de la famille des Brassicacées qui inclut les giroflées, dont beaucoup sont originaires de Macaronésie, ça vous la baille belle non ? Encore que je soupçonne certains d’entre vous de faire semblant de prendre la Macaronésie pour un pays de nouilles comme d’autres prennent l’helvétie pour une lanterne… Bon, allez, je vous dis tout: la Macaronésie est un ensemble formé par plusieurs groupes d’îles disséminées au large du continent africain, dans le nord-est de l’Atlantique. Le nom de Macaronésie signifie « îles fortunées » … ce nom leur a été attribué par les géographes de la Grèce antique, qui désignaient sous ce vocable les îles situées à l’ouest du détroit de Gibraltar.

Par ici on célèbre les Avoye. La légende raconte que Sainte Avoye est venue d’Angleterre, remontant la rivière d’Auray (56) dans un mortier de granit rose. Oui, c’était ainsi à l’époque, les saints dans le granit bleu, les saintes dans le granit rose. Devant le Jubé, les visiteurs peuvent se recueillir devant la fameuse pierre; par ailleurs, l’orthophoniste se faisant rare en Morbihan, ils y déposent leurs enfants ayant des difficultés à parler ou à marcher. Eponyme de Sainte-Avoye en Pluneret ste avoye 001- format web(56), cette sainte aurait été l’une des compagnes de sainte Ursule. Jetée en prison par un chef barbare, elle aurait été décapitée à cause de sa vertu. Voilà comment on peut perdre la tête à ne pas vouloir perdre sa virginité. Un ordre de religieuses placé sous son patronage s’était établi à Paris, dans le quartier du Temple, vers 1288. La chapelle abrite une pièce rare : un jubé polychrome de style Renaissance entièrement sculpté. En bois de chêne, il sépare le chœur de la nef et délimite l’espace réservé aux seigneurs et au clergé (le chœur) de celui réservé aux fidèles (la nef).

A Paris, le quartier Sainte-Avoye est derrière celui de la Grève, dont il est séparé, au midi, par une partie de la rue de la Verrerie. Il est borné, à l’orient, par le quartier Saint-Antoine ; au nord, par celui du Temple ; et à l’occident, par celui de Saint-Martin. [...] Si l’on entre dans la petite rue de l’Homme-armé, on arrivera bientôt à la rue des Blancs-blanc manteauxmanteaux, qui traverse celle de Sainte-Avoye dans la vieille rue du Temple. C’est là qu’on trouve le couvent des Blancs-manteaux, où un étranger, qui y est attiré par la curiosité, est bien étonné de voir des moines noirs, tels que les bénédictins de la congrégation de Saint-Maur. C’est que cette maison était autrefois habitée par d’autres religieux qui portaient des manteaux blancs. Quant à la rue des Blancs-Manteaux elle-même, elle fut pendant la Révolution le théâtre de massacres, immortalisés dans une chanson écrite par Jean-Paul Sartre et chantée par Juliette Gréco sur une musique de Joseph Kosma.

Voici comment des îles fortunées nous arrivons à la rue des blanc-manteaux. Etonnant, non ! Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

En Mai fais ce qu’il te plaît…

Posté par erwandekeramoal dans HUMEUR, TRADITION

Amis de la blanche hermine et du kig ha farz réunis, bonjour ! Votre calendrier des postes ne vous trahit pas, nous sommes bien le Lundi 1er mai 2017, douzième jour de Floréal dédié au sainfoin. Le 1er mai c’est, rappelons le, la fête des travailleurs et non pas, la fête du travail. Mais c’est aussi, ancrée dans la mémoire collective, la fête de la nature, du renouveau de la renaissance. Chez les Celtes, c’est Beltan.

Or donc, ce 1er mai  les prolétaires du monde entier, répondant aux vœux du grand père Karl et du grand oncle Vladimir, ignorant souvent les martyrs de Haymarket, s’unissent religieusement devant leurs petits écrans pour suivre les avatars d’un prince de la perfide Albion ou se 1er-Mai-228x300pâmer devant vingt et deux bonhommes en short à moins qu’ils n’aient les yeux de Chimène pour la gagnante endimanchée d’un télé-crochet à deux balles… Alors que les anciens Celtes fêtaient Beltan (le feu de Bel), saluant la lumière et la connaissance, leurs descendants décérébrés du XXIè siècle se complaisent devant les atermoiement des millionnaires en culottes courtes du PSG ou l’insoutenable spectacle du dernier voyage de mystiques népalais quand ce n’est pas celui de ces étranges étrangers, migrants vers nos eldorados comme on s’embarque pour l’Olympe éthéré, là où festoient les saints, les anges et tous les élus.

Dans les siècles passés, cette frénésie de la célébration de l’énergie vitale donnait lieu, parmi les jeunes gens, à des rites champêtres et à des jeux propres à leur âge… Sous prétexte de cueillir l’aubépine, on les feux-de-beltan-300x202envoyait dans les bois et les prés où ils passaient la nuit en jeux amoureux. On appelait ça « Faire le Mai », et comme le disait fort à propos mon aïeule: « y-a pas d’mal à faire le mai !» .  L’église chrétienne, surtout catholique, qui n’aime pas beaucoup que les garçons et les filles s’aperçoivent très tôt qu’ils sont faits les unes pour les autres, jugeant ces pratiques scandaleuses tenta de les éradiquer en faisant du mois de Mai le mois de Marie, obligeant ainsi à remplacer un hymne à la vie par une célébration de la virginité et de la chasteté… C’est-y pas malheureux !  

Faut-il que les capacités intellectuelles et spirituelles de notre pauvre humanité en soient réduites à leurs plus simples expressions pour que nous soyons condamnés à de telles extrémités. Ce spectacle des foules apoplexiques devant les contes de fées aurait tendance à me renforcer dans mes certitudes, au risque d’y perdre mes illusions: ces gens là ont vérité-mensonges-300x220ce qu’ils méritent !!! Faut-il que les médias, publics et privés, soient définitivement aux ordres de l’oligarchie régnante pour que par milliards, oui, par milliards, la gent humaine s’ébaubisse de la sorte devant les fastes de la royauté, l’apparat de la papauté, les prétentieux falbalas des puissants de ce monde. Faut-il que notre éducation, en laquelle Jules Ferry voyait le creuset de l’émancipation, ait échoué dans ses missions, pour que l’aveuglement des masses atteigne un tel niveau himalayesque. Alors que dans une semaine le peuple souverain va devoir choisir son prochain président; je continue à m’interroger sur ses capacités à exercer ce droit, alors que son niveau de réflexion est à peu près égal à celui d’un buffet de cuisine.

J‘en étais là de mes réflexions lorsque j’ai aperçu le petit marchand de muguet sur son coin de trottoir… Ah, tradition, quand tu nous tiens ! Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

A la pêche aux moules, moules, moules…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

Amis de la tradition celtique et du homard à l’armoricaine réunis, bonjour ! Nous sommes le Lundi 20 Mars 2017, trentième et dernier jour de Ventôse dédié au plantoir. Et voici l’équinoxe de printemps, à 10h28 et 38 secondes très précisément ! . La durée du jour sera égale les dames et les haveneauxà celle de la nuit. Jour important pour ceux qui ont tendance à perdre le Nord car il permet de situer avec précision les points cardinaux, ce jour-là le soleil se lève plein Est et se couche tout à fait à l’Ouest. (j’en connais d’autres complètement à l’Ouest mais c’est une autre histoire). Mais, équinoxe rime aussi avec grandes marées et donc, pêche à pied. Hélas il y a maintenant plus de monde sur l’estran que sur les grands boulevards.

Chez les celtes, jour d’importance attaché à Onn (l’ajonc). Ostara appelé aussi Oestara, Jour d’Éostre, Rite d’Éeostre+-213x300ostre, Alban Eilir , festival des arbres… L’équinoxe de printemps est un moment fugace, instant qui marque l’équilibre entre le jour et la nuit, un passage où les forces de la lumière augmentent. On perçoit l’influence nordique de cette fête, avec le nom qu’on lui donne généralement : Ostara. En effet, il provient d’Eostre : une Déesse germanique de la fertilité à qui on faisait des offrandes d’œufs peints pour assurer la venue du printemps. Cette porte de l’année était aussi associée à la déesse romaine Aurora, à la déesse Grecque Èos, à la déesse hindou Ushas (toutes dérivées du prototype indo-européen du nom de Hausos).

Chargé de symboles païens, l’équinoxe de printemps est toujours fêté aujourd’hui. Nous mangeons des lapins en chocolat (le lièvre est l’animal sacré d’Éostre en tant que symbole de fertilité), des poules et des œufs. Le mot Easter qui signifie Pâques en anglais vient d’ailleurs du nom de cette Déesse. La symbolique de l’œuf est très chargée. En effet, il détient en lui la genèse du monde, il est une réalité primordiale ostara_goddess-300x225qui contient en germe la différenciation des êtres. En Égyptien le mot œuf est féminin et « de lui le Dieu jaillira, il organisera le chaos en donnant naissances aux êtres différenciés (Il est à la fois Fils et Père)». On retrouve ce symbole dans de nombreuses religions et son sens est toujours le même. L’œuf est souvent une représentation de la puissance de la lumière. Ainsi il apparaît comme un des symboles de la rénovation périodique de la nature. Mais attention il n’est pas autant naissance que re-naissance, c’est le retour, la résurrection (d’où la récupération de la fête pour la Pâques chrétienne : mort et résurrection de Jésus.). Les comités des fêtes qui organisent aujourd’hui des « chasses aux œufs », ne se doutent pas qu’ils perpétuent ainsi une très vieille et très ancienne tradition païenne.

Allez, voila pour aujourd’hui, portez vous bien et à demain peut-être.