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Lugnasad…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

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Amis de la Bretagne éternelle et du lait ribot réunis, bonjour !  Nous sommes le Jeudi 1er août 2019, quatorzième jour de Thermidor dédié au basilic dans le calendrier républicain. Belle plante aromatique qui sert de base au fameux Pistou. Dans le langage des fleurs de l’Europe du 19è siècle, il exprime la haine car selon la légende la plante poussait mieux si elle était injuriée en la cultivant. Aussi, l’expression française « semer le basilic » signifie « semer la discorde ». Étonnant, non !

Le 1er août correspond à Lugnasad chez les Celtes. Lugnasad est le temps des rassemblements et des mariages, on fabrique des poupées de paille, cages pour capturer l’esprit du blé. C’était aussi une fête agraire, un divertissement collectif avec des jeux et des compétitions (foire, audition de poètes et de musiciens, jeux, courses de chevaux,…). lammas poupée pailleElle était placée sous le signe des échanges et de l’amitié: on y venait sans arme. On lançait sur les pentes une roue enflammée qui illustrait la descente vers l’hiver; et qui terminait sa course dans une rivière, unissant ainsi le symbolisme du feu à celui de l’eau. C’est la fête de LUG, le plus grand de tous les dieux, c’est l’équivalent celtique du Jupiter. Quand il (LUG) voulut participer à un grand festin donné par Nuada le roi des Tuatha, le portier pour le laisser entrer lui demanda ce qu’il savait faire « car personne ne vient sans art à Tara ». Il se présenta successivement comme charpentier, forgeron, champion de lutte, harpiste, héros, poète et historien, sorcier/magicien, médecin, échanson et fondeur de bronze. Tous ces arts étaient déjà représentés par les différentes divinités convives du festin mais c’est parce que Lug, prototype de l’homme parfait, les possédait tous à lui seul, « Homme StFriarddes Sciences et de tous les Arts », qu’il fut accepté. Mais, tout ceci n’étant pas très catholique, on me dit qu’il convient de fêter les Friard; jeune paysan de la région nantaise qui décida de se consacrer à Dieu si l’on en croit Grégoire de Tours son contemporain.  il se retira dans une île de la Loire, devenu l’actuel bourg de Besné. Besné doit son nom au vieux breton Bez-Enez, l’île du tombeau. Voici comment le présente Albert le Grand: Saint Friard, parfait modelle de simplicité & innocence, Patron des Laboureurs & Vignerons, nasquit en la Paroisse de Besné, au Diocèse & Comté de Nantes, en Bretagne Armorique, environ l’an de grace 511, sous le Pontificat de Symmachus & l’Empereur Anastase I, regnant en Bretagne Armorique le Roy Hoël II du nom. (à droite, la croix celtique de l’église St Friard à Besné)

Voila pour ceux qui doutent encore que la Loire-Atlantique a des racines bretonnes. Allez, merci d’être passé, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Echalote ou oignon ?

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

Amis de la propédeutique et des œufs mollets réunis, bonjour ! Nous sommes le Mercredi 26 juin 2019, huitième jour de Messidor dédié à l’échalote.

Parce que c’est après avoir enlevé Jérusalem aux musulmans; que le chef des croisés Godefroy de Bouillon complète son succès en écrasant l’armée égyptienne à Ashkelon (ou Ascalon). De cette ville, les croisés les-johnniesramèneront en Occident… l’échalote (du latin ascolonia cepa, qui signifie oignon d’Ascalon). Ascalon, au pays des Phillistins, aujourd’hui Israël. Autant vous dire qu’ici, dans le Léon (Nord-Finistère, 60% de la production française) où réside votre serviteur, on en connait un rayon sur l’échalote… Je me souviens des fameux Johnnies qui s’en allaient vendre leur production outre-Manche. J’ai retrouvé, pour illustré ce billet, cette jolie expression: War pont Landerne e vezer ar penn e Leon hag ar revr e Kerne. Sur le pont de Landerneau, on a la tête en Léon et le cul en Cornouaille.

 

Mais aujourd’hui la concurrence est rude. Présente depuis une vingtaine d’années, l’échalote de semis est accusée de tirer les prix vers le bas et de grignoter les marges des producteurs, notamment à l’export. La filière s’est echalote-princessemobilisée et créé un logo pour identifier ce qu’elle appelle « la vraie échalote ». Aujourd’hui, elle veut aller plus loin et réclame à l’Europe de cesser d’appeler échalote ce qui à ses yeux n’est qu’un vulgaire oignon car, le paysan breton, lui, ne s’en laisse pas conter. Même avec des mensurations allongées, un oignon reste un oignon; et l’oignon déguisé en échalote est, pour lui, une histoire triste à pleurer.

Voila de quoi méditer en cette période caniculaire. Allez, portez vous bien, n’oubliez pas d’hydrater mémé et, à bientôt peut-être.

La saint-Jean d’été…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

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Amis de la mécanique des fluides et de l’entrecôte marchand de vin réunies, bonjour ! Nous sommes le lundi 24 juin 2019, sixième jour de Messidor dédié au romarin.

Or donc, c’est la Saint-Jean qui était une fête chômée en France, avant le Concordat de 1801. Très populaire, cette fête donnait lieu en maints endroits à des feux de joie et il était de tradition que les jeunes gens sautent par-dessus les flammes. Les feux de joie ont à peu près croix de st jeandisparu en France mais leur fonction de réjouissance s’est reportée sur les feux d’artifice… On prêtait aussi des vertus magiques aux « herbes de la Saint-Jean » (millepertuis, armoise, fougère,…) cueillies ce jour avant le lever du soleil par des jeunes vierges ou de vieilles femmes ! Dans certaines régions on continue de confectionner des croix de St-Jean censées protéger les étables et les granges tout comme ailleurs on réalise des croix de Brigit pour Imbolc.

Au Québec, la Saint-Jean est toujours une fête chômée. Elle est devenue, dès 1834, une occasion de célébration patriotique, à l’initiative de Ludger Duvernay, fondateur de la Société Saint-Jean-Baptiste. Depuis 1977, c’est même officiellement la fête nationale du Québec par une décision du gouvernement de René Levesque. Comme le veut la tradition, de grands spectacles de musique et de chansons en français sont présentés en plein air dans plusieurs villes, SAINT-JEAN bièreparticulièrement à Québec et à Montréal, devant des dizaines et des dizaines de milliers de personnes dans la nuit du 23 au 24 juin au soir. À Québec, un immense feu de la Saint-Jean est allumé à minuit. La fête donne aussi lieu à des agapes communautaires et à un défilé où les Québécois s’en donnent à cœur joie. On danse autour des feux de la Saint-Jean (et l’on boit beaucoup aussi). La Saint-Jean demeure aussi très populaire en Europe centrale, par exemple à Riga, en Lettonie, où les fêtes, danses et feux de joie s’étirent sur deux jours et deux nuits…

Bon, ben, j’vais m’en servir un p’tit, Yec’hed mad ! Portez vous bien et à bientôt peut-être.

A St-Jean au musette…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

Amis de la tradition respectée et de la galette saucisse réunies, bonjour ! Nous voici le Vendredi 21 Juin 2019, 3è jour de messidor et nous célébrons l’oignon. Avouez que c’est quand même autre chose que de vénérer saint Frusquin ou saint truc, sauf peut-être St Pourçain, St Amour et St Joseph. Par ailleurs, tous les gastronomes vous le diront, l’oignon rosé de Roscoff (29) mériterait à lui tout seul un jour férié. C’est donc le solstice d’été. Le oignonspremier jour de l’été 2019, c’est très précisément à 17h 54 (heure universelle). A Brest, le soleil se couchera carrément à 22h18 (pour une durée d’ensoleillement total de 15h58 dans la journée). 15h 58 de soleil à Brest, dans la même journée… On croit rêver! Le solstice est fêté en allumant de grands feux. Le feu est de tous temps le symbole purificateur du soleil. Le rite du feu de joie a été christianisé au Ve siècle. Mais, on n’étonnera personne en déclarant que fêter la Saint Jean n’a pas grand chose de catholique (!) ni même de très chrétien. Une fois de plus, un vernis chrétien est venu s’ajouter à une tradition particulièrement ancienne et qui fleure bon le paganisme. Ah, mon amant de Saint-Jean !

 

L‘église catholique a repris cette pratique en la christianisant. Et en copiant son déroulement sur celui opéré par les celtes et les germaniques pour la bénédiction de leurs moissons. Les premiers peuples slaves avaient ainsi pour coutume de fêter Ivan Kupalo, dieu du soleil et de la réincarnation, mais aussi de la « purification par l’eau de la fertilité et de l’amour ». Peuples de l’est et de Russie le célébraient avec des couronnes de fleurs sur la tête, en chantant et dansant autour de grands feux sur lequel ils jetaient des herbes. Des baignades nocturnes « purifiantes » dans les rivières couplées à petit-journal-203x300des actes d’amours et au plaisir charnel la même nuit complétaient les réjouissances. La rupture avec la tradition se situe au moment de la christianisation de la Russie : des Saints se substituent alors aux dieux païens et les baignades nocturnes sont bannies. Quant à la France catholique du Ve siècle, elle fait succéder à la célébration de « Koupalo » celle de la Saint-Jean-Baptiste. Je me souviens qu’enfant, le feu de St-Jean mobilisait tout le quartier. Jeunes et moins jeunes se démenaient des jours et des jours avant l’évènement pour réaliser le tas de bois le plus grand qui soit. Et puis il fallait assurer sa surveillance car, une tradition tenace voulait  que les bandes des autres quartiers tentent de s’emparer du butin ainsi stocké. Il y avait une expression intraduisible, on disait; « faire an hierez », c’est du Douarneniste dans le texte mais je ne garanti pas l’orthographe. Jusqu’au jour où la chose s’est institutionnalisée, principe de précaution aidant, plus question d’allumer des feux aux quatre coins de la ville…Une fois de plus, les tenants de l’ordre avaient gagné.

Aujourd’hui, le Port-Rhu , quartier de Douarnenez qui m’a vu naître, s’est transformé en marina et les cendres de nos feux sont à jamais dispersées. Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Qui marche sans bâton, marche sans raison…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

Amis de l’hyperbole et de la fraise Tagada réunies, bonjour ! Nous sommes le Jeudi 20 juin 2019, 2è jour de messidor dédié à l’avoine, et comme disait mon aïeule : la pluie de juin fait belle avoine et mauvais foin…

La bouillie d’avoine, ou yod kerc’h en breton est une bouillie principalement composée d’avoine comme son nom l’indique, consommée en basse-Bretagne autrefois par les plus pauvres. C’est une bouillie brune, normalement salée, qui se mange trempée dans du bouillie-avoine-beurre-800x5321-300x199lait ribot. En Bretagne, au moins dans le Finistère, on en trouve dans toutes les grandes surfaces, au rayon frais. Mon aïeule, dont les préceptes culinaires m’ont toujours fait rêver, la préparait à partir d’avoine grillée et moulue. On mettait ce mélange de farine et de son à tremper une nuit. Le lendemain, le gros du son flottait à la surface et était retiré (ce surplus s’appelle gwaskin). Le reste du récipient était délayé avec du lait et/ou de l’eau, mis à cuire dans un chaudron et touillé avec un bâton nommé bazh-yod (le bâton à bouillie). Celui-ci a laissé son nom à un jeu de force très populaire et encore pratiqué de nos jours comme le montre la photo ci-dessous.

Tous les chroniqueurs et historiens s’accordent pour dire que les bretons avaient une prédilection pour les jeux de bâton. Mais l’ « arracher du bâton » est aussi un jeu symbolique, car le bâton représente le pouvoir : ainsi connaît-on des scènes très anciennes bazh-yod-300x226dépeintes dans les églises, et pas seulement en Bretagne, où l’on voit un moine et un évêque lutter au bâton, mais aussi une femme et son mari, un bourgeois et un noble, etc. Le jeu, bien attesté comme jeu de veillées et d’assemblées de voisins, et qui se retrouve sous diverses formes partout dans le monde, tire probablement son origine de la nécessaire préparation journalière de la bouillie destinée à nourrir le cochon de la maison : celle-ci nécessitait l’utilisation de ces « baz-yod » ou « bâton à bouillie ».

Allez voila pour aujourd’hui, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Karrig an Ankou…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

Amis de l’apiculture et du chouchenn chaud réunis, bonjour ! Nous voici le Mardi 18 juin 2019, dernier jour de prairial dans le calendrier républicain et il était dédié au chariot et non à la pelle comme certains nostalgiques voudraiechariotnt nous le faire croire (la pelle du 18 juin. Mouarf !!!). S’il se trouve parmi vous un prof de français, qu’il m’explique pourquoi on met un seul « R » à chariot et deux à carriole, charrette, charrue et carrosse. Le chariot est le septième arcane majeur du tarot. Il symbolise la réussite, la victoire, le but atteint. Dans la kabbale il est le zain, chiffre sept,et exprime hiéroglyphiquement la flèche. C’est le signe de la main mise de l’homme sur son destin. Le char du Triomphe qui caractérise le hiéroglyphe de cette lame dans le livre de Thoth, indique qu’il échappera aux lois de causalité du Destin si le conducteur parvient constamment à dominer les deux sphinx de polarités magnétiques différentes que sont Jakin et Boas. En termes profanes : choisis ton camp camarade… Mon calendrier des postes veux que ce soit la saint Léonce. Ah, Léonce vu par Jeanne Moreau !

https://youtu.be/K7JsjnBXrMg

En Bretagne armoricaine, le chariot est obligatoirement associé à celui du serviteur de la mort: L’Ankou. Mon aïeule, dont je vokarrig-an-ankouus parle si souvent avec de l’émotion dans le clavier et qui avait le don inné de la pédagogie active avait toujours sous la main une histoire de l’Ankou (oberour ar marv – l’ouvrier de la mort) et de son chariot.. C’est toujours tard le soir, lorsqu’il faisait bien noir, que l’orage grondait et que la  lueur vacillante de la lampe Pigeon annonçait sa fin prochaine (de la lampe, pas de l’aïeule), qu’elle décidait de nous parler du chariot de la mort… Karrig an Ankou, c’est le nom que lui ont donné les bretons. Un squelette des plus affriolants conduit une carriole dont l’essieu grince gravement. Lorsque vous l’entendez c’est qu’un proche va mourir.

Bon, ça c’est de l’éclectisme ou je ne m’y connais pas. Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

ça vous gratouille ou ça vous chatouille …

Posté par erwandekeramoal dans Non classé, TRADITION

Amis de la pédagogie active et du gros-lait réunis, bonjour ! Nous sommes donc le Mercredi 12 juin 2019, 24è jour de prairial dédié au gaillet, encore surnommé le caille-lait. On dit que cette plante possède une enzyme qui permet au lait de cailler. Mais d’une manière générale, on la considère comme de la mauvaise herbe. Le gaillet gratteron estsphynx-caille-lait assez connu car il a la particularité de s’accrocher à tout ce qui passe à sa portée. Mon aïeule, qui se targuait d’en connaître un rayon en plante médicinale, en faisait une sorte de pommade qui était censée lutter contre les irritations. 100G de cette plante, 50g d’écorce d’orme, 500g de saindoux et vous faites chauffer en tournant sans cesse. Regardez cette jolie photo, il s’agit d’un papillon que l’on nomme le sphynx du caille-lait. Étonnant, non !

https://youtu.be/nq6p_-p2Bs0

Bon, allez, une petite pensée pour ceux à qui des parents inconscients ont donné le prénom de Gourhan que l’on célèbre le 12 juin. Vivant probablement au 9e siècle, éponyme de Plourhan et de Saint-Thurien. Oui je sais, c’est assez compliqué mais, si l’on en croit Albert Dehayes,  Gourhan est l’éponyme présumé de Plourhan (22), Plorhan, mais aussi de Saint-Thurien (29),  et de Saint-Ethurien en Plounévez-Moëdec (22), henri le Sauxdans le voisinage duquel existe un lieu-dit Méné-Sant-Ourhen. Son nom est issu par spirantisation (modification phonétique) de l’anthroponyme ancien Uurgen composé de uur « Homme » et de gen « naissance, famille ». Hourchan a cédé sa place à Thurien au fil des siècles; ainsi on rencontre les appellations suivantes : Sainctourchan (en 1278), Sainct Tourhan (en 1599), Sainct Tourhan (1599), Saint Thurien (en 1669). Bref, une mère n’y retrouverait pas ses petits. En tout état de cause, Gourhan était probablement un de ces sadhus (du sanskrit sādhu, « homme de bien, saint homme ») bretons que le petit peuple et l’église romaine réunis ont fait saint. Il devait ressembler à ce bénédictin breton Henri Le Saux (qui adopta le nom indien de Abhishiktananda) et qui contribua beaucoup au dialogue entre le christianisme et l’hindouisme. Voilà pourquoi, madame Michu, il y a plus de saints en Bretagne que de jours dans l’année et d’îles dans le golfe du Morbihan.

Allez, merci à vous, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Mais d’où vient Thudon ?

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

Amis du structuralisme et des jeans Levi-strauss réunis,  bonjour ! Nous sommes le Mardi 11 juin 2019, c’est le 23è jour de Prairial dédié au chèvrefeuille. Pour les adeptes de la pataphysique, cette date est importante car le 11 Juin 2019 est en réalité le Mercredi 25 Merdre 146 apparition d’Ubu roi.

Par chez nous, certains vont célébrer les Majan (du vieux breton Maiian). A la même époque que Thénénan, aux environs de l’an 600, Thudon émigrait, lui aussi, en Armorique, accompagné de ses fils Majan et Gouesnou et de sa fille Tudona. Il accosta dans la région de Landéda, puis vint créer son ermitage en forêt de Bevoez situé à 2 km du bourg croix-de-st-thudon-200x300de Guipavas sur l’actuelle route de Gouesnou, près de Kervao (tout cela est dans le Finistère evel just). Je vous conterai un de ces jours les aventures de Majan qui a laissé son nom à une très jolie fontaine (aujourd’hui en fort mauvais état) que l’on nomme encore Feuteun ar Boan Benn, fontaine du mal de tête, raison pour laquelle on la fréquentait (si tant est qu’une fontaine soit fréquentable). Les vestiges d’une ancienne chapelle ont aujourd’hui disparu au lieu-dit St-Thudon mais trois croix y subsistent encore, dont l’une du VIIè siècle figure parmi les plus anciennes du Finistère : petite croix de un mètre avec entrelacs et bouton sur la face (ici à gauche).  

On me dit qu’il existait dans la forêt de Bevoez, en haut d’une colline, une fontaine constituant un lieu de culte de la très vieille et très ancienne civilisation celtique. A cet endroit, Thudon fit construire un oratoire dédié à la Vierge. Le culte pour la fontaine n’en continua pas plouguin-font-de-Loc-Majan-224x300moins, et l’édifice finit par s’écrouler. La punition divine ne tarda pas : l’eau de la fontaine dévala soudainement la pente en un torrent dévastateur. On promit alors de reconstruire la chapelle de Notre-Dame du Reun (en breton : « reun » = colline), et l’inondation cessa. C’est pas miraculeux ça, madame Michu ? Lors d’une reconstruction ultérieure de la chapelle, achevée en 1505, la fontaine fut incluse dans l’enceinte de la chapelle, et existerait encore, dit-on, sous le maître-autel. A noter que Coataudon (toponyme qui désigne le « bois de Thudon ») est aujourd’hui le nom d’un quartier de Guipavas (29) dont la renommée de sa crêperie a largement dépassé ses frontières.

C‘est tout pour aujourd’hui, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Menhirmontant…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

Amis de la littérature érotique et du poulet basquaise réunis, bonjour ! Nous sommes le Mercredi 29 mai 2019, dixième jour de Prairial, dédié, il est vrai, à la faux. Alors qu’en vérité, les pataphysiciens vous diront que nous sommes le Jeudi 12 Merdre 146 Stes Miches, catéchumènes fête suprême quarte; tandis que par chez nous, quelques nostalgiques s’entêtent à fêter les Riagad.

Or donc, notamment dans le pays bigouden, aujourd’hui c’est la saint Riagad. Évidemment c’est un ermite irlandais qui est venu s’installer sur les côtes bretonnes aux alentours du Vè siècle et qui a laissé son noMenhir-de-Lehanm à la commune de Treffiagat. Étrange commune en vérité que celle là qui est séparée en deux : Lechiagat côté mer et Treffiagat côté rural. Mais enfin, les bigoudens ne font jamais rien comme les autres. On y trouve le fameux menhir de Lehan, que l’on voit ici en photo, et qui est planté au milieu d’un marais. Tout laisse à croire qu’il n’y avait point de marais à l’époque de son érection. D’ailleurs, à propos d’érection, il faut remarquer que les symboles phalliques ont toujours été largement représentés dans la région ; il suffit de regarder la fameuse coiffe bigoudène. Je connais un menhir du côté de Plonéour-Lanvern où, il n’y a pas si longtemps encore, les femmes en mal d’enfant venaient se frotter le ventre.

Le mot menhir (pierre longue) s’est aujourd’hui généralisé même si en bretomegalithe-du-peulven-plestin-les-greves-169x300n le mot juste est peulven (le pieu de pierre) plusieurs toponymies l’attestent comme par exemple: Menez-peulven entre Douarnenez et Quimper (29).  Je me suis laissé dire que le terme de menhir fut officialisé pour la première fois par Théophile Malo Corret de la Tour d’Auvergne (très connu dans son immeuble) dans son ouvrage: origines gauloises qu’il a écrit en 1796 à Locmaria-Berrien, chez sa sœur au manoir de La Haie. J’ai résidé il y a quelques années de cela sur la commune de Plouigneau (près de Morlaix) où l’on trouve la stèle de Croas ar Peulven qui, du fait de sa proximité avec deux ou trois routes antiques,  a sans doute pu être réutilisée les-dames-de-kerampeulven-195x300à l’époque romaine comme borne militaire. Vous pouvez visiter aussi la stèle de peulven en Plestin-les-grèves (22) que l’on aperçoit ici à gauche avec ses drôles de rainures. L’un des sites les plus impressionnants étant celui de Kerampeulven, près de Huelgoat (29) où les belles dames du temps jadis venaient s’amuser. Bon, au départ, je voulais parler de Riagad mais le pauvre est passé à la trappe. Enfin, quand je dis la trappe; n’allez pas croire qu’il ait adopté la tonsure des trappistes ni leur goût pour cette merveilleuse boisson maltée… Non, simplement, je me laisse aller à quelques digressions et lorsque je m’en aperçois, il est trop tard, j’ai dépassé mon quota autorisé de signes.

Allez, je vais essayer de me rattraper, portez vous bien et à bientôt peut-être.

La danse de St Guy…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

Amis du Dadaïsme et des polyphonies corses réunis, bonjour ! nous sommes le lundi 13 mai 2019 et vous êtes encore devant votre ordinateur. Dans notre désormais célèbre calendrier Républicain, nous sommes le 24 de Floréal et c’est le jour de la Valériane. Plante médicinale utilisée depuis la haute antiquité, elle était censée atténuervalériane les effets de la danse de saint-guy (Chorée aigüe). Au Moyen-Age, cette maladie vous conduisait irrémédiablement vers le bûcher, au motif que vous étiez possédé. Aujourd’hui en France, cinq à six mille personnes sont encore atteintes de ce mal héréditaire. Dans les officines, on l’appelle aussi « l’herbe aux chats ». Son effet sur ces félins est dit-on inverse à ce qu’il produit chez l’homme. Chez nous, associée à l’aubépine, la valériane est utilisée dans les cas d’insomnie et de nervosité. Chez nos amis les bêtes, il semblerait que cela déclenche une intense nervosité proche de l’agressivité. Regardez l’extraordinaire modernité de ce ballet intitulé « Danse de saint-Guy » et qui date de 1943, extrait du Film Paracelsus de Georg Wilhelm Pabst (1943 Allemagne).

Allez, merci de votre visite, portez vous bien, à bientôt peut-être et, vive le p’tit commerce.