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Si tu ne viens pas à la Cardère…

Posté par erwandekeramoal dans JAZZ, PORTRAIT

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Amis de la botanique pour les nuls et du perdreau de l’année réunis, bonjour !

Nous sommes le lundi 3 septembre 2012, 17è jour de fructidor dédié à la Cardère. Bon
d’accord, vous l’aurez voulu: Si tu ne viens pas à la Cardère…

C‘est une plante qui ne manque pas de piquant, on l’appelle aussi le cabaret à oiseaux à cause de sa capacité à conserver l’eau dans ses feuilles, et qui, paraît-il, serait efficace dans le traîtement de la maladie de Lyme (c’est la maladie la plus fréquente transmise à l’homme par les tiques). Pour cela, il est conseillé de mettre la racine dans de la vodka, et de prendre 3 gouttes matin, midi et soir pendant un mois, puis de continuer 3 jours par mois pendant un an. Allez, cor’une p’tit’ goutte…

L‘actualité étant des plus réjouissante, il nous reste la musique. Je vous propose de vous souvenir de Memphis SLIM.
De son vrai nom, John Len Chatman, il est né un 3 septembre en 1915. J’ai eu le bonheur de l’entendre à la fin des années soixante, c’était « aux trois mailletz », club de jazz du quartier St Michel à Paris et qui a vu passer les plus grands, une vraie cave comme on n’en fait plus; où l’on pouvait écouter de la bonne musique tout en buvant un coup et en fumant une pipe…

Il s’est fait d’abord connaître sous le nom de Peter Chatman et ce n’est que bien plus tard qu’il a choisit le pseudonyme de Memphis Slim, nom de la ville d’où il est originaire.
Il commence à jouer du piano dans les années 1920 avant de partir pour Chicago où il rencontre Willie Dixon. C’est après une tournée en Europe qu’il s’installe à Paris.
On lui doit près de 300 albums mais j’avoue que j’ai un faible pour every days i have the blues.

L‘auteur-illustrateur Jean Claverie a dédié à Memphis Slim les deux livres pour enfants qu’il a consacrés au blues, Little Lou (1990) et La route du sud (2003), s’inspirant de lui pour son personnage de petit pianiste. Memphis Slim a préfacé le premier d’entre eux mais est mort avant d’avoir pu voir le livre terminé. On a souvent dit que le jazz de Memphis Slim était un peu trop sage, trop « propre sur soi », c’est peu être pour cela que notre ministre perpétuel de la culture, Jack Lang, l’a décoré de l’ordre des arts et des lettres. Ici à gauche, c’est une photo de Bill Coleman lors d’un passage aux trois Mailletz.

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.


Distro ar Gelted…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis de la diaspora bretonne et du biniou koz réunis, bonjour !

Nous sommes arrivés ensemble jusqu’à ce mercredi 29 août, douzième jour de Fructidor dédié au fenouil, ce qui prouve, si besoin était, qu’il ne faut douter de rien…

Voici un poème que l’on doit à Youenn GWERNIG qui aurait eu 87 ans aujourd’hui. Il était né à Scaër et s’est éteint le 29 août 2006 à Douarnenez.  J’ai eu le bonheur de rencontrer le grand Youenn à plusieurs reprises et c’était toujours un bonheur de l’entendre raconter son aventure américaine, ses rencontres avec les artistes de la beat génération et son amitié avec Jack Kerouac. Dans les années 50, Youenn qui exerce alors la profession de sculpteur sur bois, rencontre un certain Milig Le SCANV, qui sera connu plus tard sous le nom de GLENMOR. Ce dernier l’entraîne alors dans sa petite troupe « Breizh a Gan », et les compères monte une opérette en breton, Genovefa. Mais l’époque est difficile pour l’identité bretonne, le souvenir de la guerre est encore chaud et l’héritage de certains « Breiz Atao » dur à porter. En 1957 Youenn s’embarque pour les Etats-Unis. Il y passera une douzaine d’années, exerçant ses talents de sculpteur dans le Bronx et s’essayant à l’écriture. En 1982 paraîtra La grande tribu, roman autobiographique dans lequel il raconte son expérience américaine.

Voici ce qu’en disait le réalisateur brestois Jean-Charles Huitorel qui lui a consacré deux documentaires:

« Je pense que nous ne sommes encore qu’au tout début de la découverte de la formidable empreinte que Youenn Gwernig a laissée dans la culture bretonne, comme Glenmor, Xavier Grall ou Servat. Il a ouvert un nouvel espace d’expression mariant la langue bretonne à une expression contemporaine. Je retiens de lui sa grande jubilation à passer d’une langue à une autre, breton, anglais, français, incarnée dans sa chanson Identity. Et je me souviens à quel point l’homme et l’oeuvre fusionnaient dans les mêmes valeurs humanistes et universelles. »

A son retour en Bretagne, il refuse de s’acquitter de la redevance TV afin de protester contre le traitement que subit la langue bretonne sur la station régionale de FR3. Comble de l’ironie, c’est à lui que la chaîne fera appel de 1983 à 1989 pour diriger les programmes en breton. Je repense souvent à ce colosse à la carrure de bûcheron qui m’évoque immanquablement la stature et le style de Félix Leclerc.

Allez, merci à vous d’avoir fait le détour par ici, portez vous bien et à demain peut-être.

Détaché mais pas indifférent…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis du surréalisme et de la dure réalité réunis, bonjour !

Nous sommes le lundi 27 août 2012, dixième jour de Fructidor dédié à l’échelle.

Si je vous dis Emmanuel Rudzitsky, je vous connais, vous allez rester aussi songeur qu’une poule devant une clé à molette…Et pourtant, si je vous dis Man Ray, subitement tout s’éclaire et vous revoyez la croupe hospitalière de Kiki de Montparnasse se prenant pour le violon d’Ingres.

Man RAY donc, puisque c’est de lui que l’on parle, est né à Philadelphie un 27 août en 1890, il est mort à Paris en 1976. Entre les deux il a fait de la photographie un art véritable. A New York avec son ami Marcel Duchamp, ils ont bien tenté de représenter la forme américaine du mouvement Dada, avant de conclure: « Dada ne peut pas vivre à New York ».

En juillet 1921, Man Ray revient en France et Duchamp le présente aussitôt aux surréalistes, Aragon, André Breton, Paul Eluard, Philippe Soupault… Evidemment, il s’installe à Montparnasse et ne tarde pas à tomber amoureux du fameux modèle Kiki de Montparnasse. Il va aussi rencontrer Paul Poiret qui va lui permettre de réaliser beaucoup de photos de mode.(à gauche,Man Ray et Duchamp sur les hauteurs de Paris)

C‘est en 1925 que ses oeuvres seront présentées lors de la première exposition surréaliste de la galerie Pierre en compagnie de Jean Arp, Max Ernst, Miro et Picasso, excusez du peu !

Ami des mécènes Marie-Laure et Charles de Noailles, il tournera son troisième film, Les mystères du château de Dé dans leur villa de Hyères (1929). Il avait tourné auparavant, A quoi rêvent les jeunes films (1924).

Pendant trente ans, Man Ray va révolutionner l’art photographique, en 1940 il rejoint Lisbonne et s’embarque pour les Etats-Unis en compagnie de Salvador Dali et Gala ainsi que le cinéaste René Clair. A Hollywood il rencontre Juliet qui deviendra sa femme et se remet à la peinture.

Il va rejoindre quelques grands noms du surréalisme en devenant Satrape du collège de Pataphysique en 1963. Inhumé au cimetière de Montparnasse, on peut lire sur sa tombe son épitaphe:Unconcerned, but not indifferent – Détaché mais pas indifférent.

Al’heure du tout numérique, il est intéressant de se souvenir de ces bricoleurs de génie qui ont fait de la photographie, un art à part entière. Quel regard porteraient-ils aujourd’hui sur ce monde en gésine ? Relisons Aragon.

Les gens les gens Dieu les emmerde

Naître qui me le demanda

C’était l’époque de Dada

Qu’importe que l’on gagne ou perde

Renverse ta vie et ton vin

Tout nous paraissait ridicule

A nous sans soleil ni calcul

Enfants damnés des années vingt.


Allez, attention, le petit oiseau va sortir; portez vous bien et à demain peut-être.

 

Un faux air de faussaire…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis de la culture partagée et du chinchard grillé réunis, bonjour !

Nous sommes le vendredi 24 août, 7è jour de fructidor dédié au sucrion dans le calendrier républicain. Je soupçonne Fabre d’Eglantine d’avoir un peu abusé de boissons fortement fermentées car le 4 de fructidor était lui dédié à l’escourgeon qui est à peu près la même espèce d’orge.

La semaine dernière, Gueveur m’invitait à me rendre à Douarnenez pour suivre l’intervention de Lucio Urtubia dans le cadre du festival de cinéma qui s’y tient. Hélas je n’ai pu faire le déplacement. Fort heureusement, le site Dilhad sul ( dont je vous ai déjà dit tout le bien que j’en pensais) y a dépêché un envoyé spécial, Gérard Alle à qui l’on doit le compte-rendu ci après. Je vous le propose in extenso sans l’aimable autorisation de l’auteur. La prochaine fois que je passe à Douarn, je lui paye une bière…

« S’il fallait recommencer, je recommencerais ». Sans regret, ni hésitation, Lucio raconte ses luttes, ses engagements. Né en 1931 dans le village de Cascante, en Navarre, Lucio se réfugie en France en 1954. Maçon, anarchiste, déserteur, faux-monnayeur, ce personnage rocambolesque est d’abord militant. Un militant de l’honnêteté, du devoir de créativité, de la responsabilité. Rencontre.

« Véritable légende vivante, Lucio Urtubia Jiménez était à Douarnenez pour le Festival de cinéma. Il est considéré comme le dernier specimen des « bandidos buenos » (les bons bandits). Né dans une famille pauvre, il déserte l’armée sous Franco, après avoir créé un réseau de vol de denrées et de vêtements militaires, et s’exile en France. Traqué par Interpol et la PJ, il braque des banques, puis fabrique de la fausse monnaie et des faux papiers, le tout au bénéfice de quantité d’organisations révolutionnaires à travers le monde. Il rencontre Che Guevarra et lui propose de fabriquer à Cuba des millions de faux dollars pour faire plonger l’économie américaine. Mais l’entrevue se passe mal et le projet est rejeté.

Le jour, Lucio travaille sur les chantiers comme maçon et carreleur ; la nuit, il travaille clandestinement, chez un imprimeur anarchiste. Et il fera ça pendant la majeure partie de sa vie.

Son plus haut fait d’armes date des années 80, avec la fabrication massive de travellers chèques de la Citibank, la plus grande banque du monde, pour une valeur de 20 millions de dollars. Arrêté et défendu par Roland Dumas, il refuse la proposition de la Citibank (5 ans de prison, restitution des plaques d’impression et d’une partie de l’argent). Au directeur de la banque, écœuré de devoir négocier avec un simple maçon, il dit : « C’est vous, qui êtes les bandits, pas moi. Alors, je n’irai pas en prison. Et c’est vous qui me donnerez l’argent, en échange des plaques ». Pendant ce temps, les faux travellers sont toujours fabriqués par des complices et envahissent un nombre croissant de pays. Acculé, le banquier doit se soumettre au maçon. Et l’argent ira aux mouvements politiques. De la Bande à Baader aux Tupamaros, on ne compte plus les bénéficiaires. Convaincu que jamais la jeunesse n’a été aussi libertaire dans le monde, Lucio, 81 ans, est résolument optimiste : la révolution mondiale est en marche. Et il encourage les jeunes à désobéir. Il vit au dessus le l’Espace Louise Michel qu’il a créé, à Paris, et sa porte est ouverte pour quiconque veut discuter avec lui.

A voir absolument : Lucio, le superbe documentaire de Aitor Arregi et Jose Mari Goenaga, à nouveau projeté le samedi 25, à la MJC de Douarnenez. »

Gérard Alle.  voir son site

Voilà pour aujourd’hui, en attendant la suite, portez vous bien et à demain peut-être.

Henri Cartier-Bresson

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis de l’argentique et du mouton de prés salés réunis, bonjour !

Nous sommes le mercredi 22 août 2012, 5è jour de Fructidor dédié au saumon. On sait trop peu que le grand photographe Henri Cartier-Bresson ne cachait pas ses sympathies pour les idées libertaires. Rendons lui un petit hommage en ce jour anniversaire.

Le 22 août 1908, naissance de Henri CARTIER-BRESSON, à Chanteloup (Seine-et-Marne) France. L’un des plus grands photographes du siècle et aussi un anarchiste de coeur qui ne cesse d’invoquer le plus célèbre révolté: Bakounine.

Sa famille, propriétaire d’une manufacture de coton à Pantin, essaye sans succès de lui transmettre une éducation bourgeoise et chrétienne. « Jamais! jamais! je n’ai eu la foi. C’était impossible (…) » Très jeune révolté, il refuse l’esprit de compétion du sport et se passionne pour la peinture, ce qui l’amène à fréquenter les surréalistes. Mais il abandonne la peinture et part à la découverte du monde avec un « Leïca ». En 1932, ses premières photographies sont nées à New York. En 1934, il part un an au Mexique où il témoigne de la vie dans les quartiers pauvres de Mexico.( La photo de droite est prise dans la prison de Leesbury aux Etats-Unis en 1975 ). En 1935, il est aux Etats-Unis où il s’initie au cinéma. En 1936-39, il est de retour en France et travaille comme assistant de Jean Renoir. En 1937, il réalise durant la révolution espagnole un documentaire sur les hôpitaux républicains « Victoire de la vie ». En 1940, il est emprisonné par les Allemands mais il parvient à s’évader en 1943 (après deux tentatives infructueuses), il prend alors part à une organisation clandestine d’aide aux prisonniers. Il photographie ensuite la libération de Paris puis retourne aux USA. En 1947, il fonde avec Robert Capa, David Seymour et Georges Rodger l’agence coopérative « Magnum Photos » qui deviendra la prestigieuse agence que l’on sait. De 1948 à 50, il séjourne en Inde, en Birmanie, en Chine (durant les 6 premiers mois de la Chine populaire), puis en Indonésie (lors de l’indépendance). En 1954, il est le premier photographe occidental à se rendre en Russie. En 1960, il est à Cuba puis au Mexique, etc. En 1966, il quitte l’agence Magnum mais poursuit la photographie et les editions. En 1974, il abandonne les reportages photos pour se consacrer au dessin. Le 1er mai 2000, il participe avec un recueil de photos « Vers un autre futur, un regard libertaire » aux manifestations de la CNT française. En mai 2003, est créée à Paris la Fondation HCB.

Le 3 août 2004, cet anarchiste empreint de philosophie bouddhiste et d’humanisme s’éteint chez lui à Céreste.

« L’anarchie c’est une éthique avant tout. Une éthique d’homme libre. Relisez Bakounine »

« Dans un monde qui s’écroule sous le poids de la rentabilité, envahi par les sirènes ravageuses de la Techno-science, la voracité du pouvoir, par la mondialisation -nouvel esclavage- au delà de tout celà, l’Amitié, l’Amour existent« . Sources:Ephéméride Anarchiste

Allez, en attendant la rentrée, portez vous bien et à demain peut-être.

Graine d’ananar…

Posté par erwandekeramoal dans ANARCHISME, PORTRAIT

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Amis de la peinture à l’eau et de la sardine à l’huile réunies, bonjour !

Nous sommes donc le dimanche 19 août 2012 et c’est, nous dit-on, la canicule partout sauf au dessus de l’ermitage de Keramoal où la brise de Sud-Ouest agite les roseaux. Nos amis républicains avaient dédié ce deuxième jour de Fructidor au Millet. Comme dirait madame Michu, toujours à la recherche d’un calembour: pas une raison pour donner l’angélus… Allez, tiens, un petit portrait pour notre galerie.

Le 19 août 1877, naissance de Pierre Jules RUFF, à Alger.

Militant anarchiste et antimilitariste. Issu d’une famille bourgeoise juive, il obtient une licence de mathématique, mais il rompt avec son milieu pour militer au sein du mouvement anarchiste. Antimilitariste convaincu, il subit de nombreuses condamnations. Le 14 septembre 1907, il est jugé par la cour d’Assises de la Seine et écope de 3 ans de prison pour « provocation à la désobéissance et au meurtre adressée à des militaires ».  En 1911, il est signalé comme membre de la « Fédération Communiste Anarchiste « et gérant de la revue « le mouvement anarchiste ». Arrêté avec Louis Lecoin, il est condamné en novembre 1912 à cinq ans de réclusion pour « provocation au meurtre, à l’incendie et au pillage ». Il est libéré en novembre 1916, mais c’est pour être arrêté un mois plus tard avec Lecoin pour la distribution d’un tract pacifiste « Imposons la paix! ». En octobre 1917, il est encore condamné à 15 mois de prison pour sa participation à la sortie, le 15 juin 1917, d’un numéro clandestin du « Libertaire ». Après guerre, il devient correcteur d’imprimerie, mais en 1930 effectue encore 6 mois de prison pour un délit de presse. En avril 1936, il prend part au congrès de « l’Union Anarchiste » où il est élu membre de la commission administrative. En 1942 (durant l’occupation Nazi), le fait d’avoir exprimé ouvertement ses opinions et son passé de militant lui valent d’être arrêté puis déporté en Allemagne, au Camp de Neuengamme d’où il ne reviendra pas (il aurait été envoyé au four crématoire la veille de l’entrée des Américains). Sources: Ephéméride anarchiste

Voilà pour aujourd’hui, en attendant la suite portez vous bien et à demain peut-être.

Suivez ce lupin blanc…

Posté par erwandekeramoal dans JAZZ, PORTRAIT

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Amis de la jocrissade et du poulet basquaise réunis, bonjour!

Et bien voila, nous y sommes au 15 août…Si vous êtes impatient de finir le mois, dites vous que nous sommes le 28 de thermidor et que c’est le jour du lupin. Je connaissais la valeur décorative du lupin et ses fleurs de toutes les couleurs mais, un jour dans le Sud de la France j’ai découvert que ses graines saumurées étaient comestibles et que les autochtones les consommaient à l’apéro sous le nom de Tramousse, étonnant non !

En Amérique latine le lupin blanc est cultivé pour en faire de la farine et au Brésil ils en tirent une bière. Egyptiens, Incas et Mayas connaissaient déja cette plante protéagineuse fort nourrissante. Comme disait Lewis Carroll:Suivez ce lupin blanc… Et puisque nous sommes le jour de Marie, je vais en profiter pour vous parler de… Oscar.

Entre les expulsions des Rroms, les bateaux poubelles à trois encablures de la pointe saint Mathieu, la valse hésitation de la communauté internationale vis à vis du proche Orient, la solution c’est de fermer son poste, de choisir un vieux 33 t, de se servir une boisson hors d’âge, de s’allumer une pipe et de se laisser bercer… Or donc, voici Oscar Peterson.

Il est né un 15 août en 1925 dans ce quartier de Montréal que l’on appelle la Petite Bourgogne. Il va y grandir baigné par la culture jazz et, très vite son père lui enseigne la trompette. Mais pour Oscar, le must c’est le piano. C’est sa soeur Daisy qui va se charger de l’apprentissage. A l’âge de 14 ans il gagne un prix national et quitte l’école pour devenir musicien professionnel. Il va se joindre à la formation du Johnny Holmes Orchestra et sera soliste jusqu’en 1947. Le voici en compagnie d’un autre géant: Count Basie.

 

Oscar Peterson va rapidement se construire une réputation et il apparaîtra au Carnegie Hall pour la première fois en 1949. Influencé par Nat King Cole et surtout Art Tatum, il va accompagner Lester Young, Louis Armstrong et Ella Fitzgerald. Le tournant de sa carrière est son engagement par l’impressario Norman Granz qui va lui permettre de jouer avec les plus grands de son époque. De 1991 à 94, il est chancelier de l’université de York à Toronto, il faut noter par ailleurs qu’il est Franc-maçon.

Après avoir parcouru le monde, enregistré des centaines de titres, joué avec les meilleurs, reçu tous les prix possibles, il va s’éteindre dans sa maison de la banlieue de Toronto le 23 décembre 2007. Je fais partie de ceux qui le considère comme le plus grand pianiste de jazz de tous les temps.

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

Quand tu seras vieux papa…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis de la libération sexuelle et du clafoutis aux cerises réunis, bonjour !

Nous sommes le dimanche 12 août 2012, 25è jour de thermidor et je souhaitais marquer le jour anniversaire de la naissance d’un chanteur oublié.

Que celui qui a connu Jehan Jonas lève le doigt. Mon premier souvenir « live » remonte à 1970, c’était au bateau-lavoir à Nantes.

Cet auteur-compositeur-interprète était né le 12 août 1944 et est décédé, beaucoup trop tôt, en 1980. Après son certif’, il entre à la SNCF et chante en terrasse puis fait les cabarets où il côtoie Brassens, Chelon, Jean-Marie Vivier qui reprendra ses textes, Gribouille et tant d’autres.

Un regard sans concession, une plûme acérée, des chansons qui veulent dire quelque chose bref, un chanteur qui n’aurait aucune chance à la « star’ac ». Je me souviens aussi d’un petit cabaret à Rennes, cela s’appelait « Chez Françoise » et Jean-Marie Vivier chantait alors des textes de Jonas. Voici ce qu’il disait à l’époque:

« Je suis un déclassé de la cinglomanie

Dernier pont sur la mer jeté vers les nuages

ça devient si courant que les radio se taisent

Et divergent en rêvant à des frics mélomanes

Je m’en irai bientôt sapé de moissons fortes

Un sillage indécent, ça m’ira comme un gant ».

Des comme ça, on n’en fait plus et c’est fort dommage… Je ne suis pas certain que l’on trouve encore ses disques, il faut essayer internet ou les bouquinistes.

Allez, tenez moi au courant de vos recherches, je garde sous le coude quelques perles encore pour avoir le plaisir de vous les présenter. En attendant, portez vous bien et à demain peut-être.

 

Maestro, please…

Posté par erwandekeramoal dans JAZZ, PORTRAIT

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Amis du blues et du piment d’Espelette réunis, bonjour !

Nous sommes le mercredi 08 août, 21è jour de thermidor dédié à la Carline (sorte de chardon)

Il y a 70 ans disparaissait Johnny DODDS, immense saxophoniste de blues. Il était né dans le Mississippi, terre de blues, et il est mort un 08 août à Chicago en 1940.

Il a fait ses débuts dans l’orchestre de Papa Celestin en 1918 après avoir joué avec King Oliver. En 1920 il arrive à Chicago et y restera jusqu’à la fin de ses jours. Le Créole Jazz Band de King Oliver utilisait Baby Dodds à la batterie et Bill Johnson à la basse pour ne citer qu’eux. Suite à une tournée en Californie en 1922, Louis Armstrong se joignit au groupe. Ecoutez « come on and stomp, stomp, stomp ».

 

Entre 1925 et 1927, johnny Dodds participera aux célèbres enregistrements Hot five de Louis Armstrong et Red Hot Peppers de Jelly Roll Morton qui compte sans doute parmi les plus importants de l’histoire du jazz. Dodds est décédé d’une embolie cérébrale et Sydney Bechet lui dédia un morceau Blue for you, Johnny.

Philippe Sollers lui a consacré un portrait avec beaucoup plus de talent que votre serviteur. Il est vrai que l’écrivain notait déjà dans un de ses premiers romans: Jamais je ne me pardonnerai de ne pas être musicien. Une curieuse solitude – 1958.

Allez, voilà pour aujourd’hui, je vais maintenant me consacrer à la lecture de mon « Canard » hebdomadaire. Portez vous bien et à demain peut-être.

 

Y’en a pas un sur cent…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis de la phytothérapie et des pom-pom girls réunies, bonjour !

Nous sommes le lundi 6 août 2012, soit le 19è jour de thermidor dédié à la gentiane. Magnifique fleur au demeurant que l’on retrouve dans quelques breuvages des plus euphorisants. Je vous conseille, par ces rudes chaleurs (je me dis qu’il doit se trouver un endroit où il fait vraiment chaud…) l’Antidote, une bière ambrée à base de châtaignes et de gentiane. Mais le Picon n’est pas mal non plus…Savez vous, bande de veinards, que vous êtes en train de lire le 1066è billet des « cénobites tranquilles » sans vous souvenir de celui qui disait que la retraite était un long fleuve tranquille…Eu égard à votre fidélité, je vous pardonne et je m ’en vais vous conter une autre histoire.

Le 6 août 1936, mort de Ramón ACIN AQUILUE, assassiné par les franquistes à Huesca.
Militant anarcho-syndicaliste, pédagogue, écrivain et artiste d’avant-garde.
Né le 30 août 1888, à Huesca (Aragon), il commence en 1908, à Zaragoza, des acin_ramonétudes de sciences, mais les abandonne un an plus tard pour se consacrer à sa vocation artistique. Dès 1913, il s’intéresse aux idées anarchistes et prend part à Barcelone à la création de la revue 
La Colère.

A Madrid entre 1916 et 1917, il devient l’ami de Garcia Lorca, puis il est nommé professeur de dessin à l’école normale de Huesca. En 1918, il participera aux divers congrès en tant que représentant de sa ville (Huesca) où il jouit d’une grande popularité. En 1922, il crée une académie de dessin à son domicile où il s’inspire de la pédagogie rationaliste de Francisco Ferrer, puis plus tard des réalisations de Célestin Freinet, deux pédagogues à qui j’ai consacré un billet. Il milite également pour créer un mouvement de jeunes, et donne des cours du soir aux ouvriers et des conférences en faveur des prisonniers politiques.

Un article de soutien à l’anarchiste Juan ACHER (condamné à mort après un attentat) lui vaudra d’être emprisonné en acin_agarrotado1924. Sa participation à des soulèvements l’obligent ensuite à s’exiler un temps à Paris. Il donne de nombreux articles à la presse libertaire où, outre des critiques d’art ou idéologiques, il manifeste un intérêt pour l’écologie, le végétarisme, le naturisme ou bien encore la défense animale. Son œuvre artistique est très variée : dessins, caricatures, toiles peintes, mais aussi sculptures et collages surréalistes. A droite une magnifique sculpture qui évoque le garrot de sinistre mémoire tant utilisé par la « justice » Franquiste. Ami de Buñuel, il va produire (grâce à un gros lot de loterie) son film « Terre sans pain ».
En 1936, à Huesca, l’armée et la garde civile prennent part au coup d’
État et organisent la répression. Parmi les nombreux fusillés se trouvent Ramón ACIN et sa compagne Conchita MONRAS. Sources: dictionnaire international des militants anarchistesEphémérides anarchistes

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.