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Ecce Homo…

Posté par erwandekeramoal dans LECTURE, PORTRAIT

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Amis de l’oxymore et du kig ha farz réunis, bonjour ! Nous sommes le mardi 29 octobre 2013, ce jour, 8è de brumaire, est dédié à la scorsonère, dite salsifis noir dont la racine est censée guérir de la morsure des vipères (scorzone en italien).

Voici un court portrait d’un poète et philosophe libertaire, Jean-Marie GUYAU. Il naît le 29 octobre 1854, à Laval (Mayenne), dans une famille bourgeoise. Elevé par sa mère jusqu’à l’âge de 12 ans, celle-ci est l’auteure d’un fameux livre « Tour de la France par deux enfants » 51412507_ppublié en 1877 sous le pseudonyme de G. Bruno en référence à Giordano Bruno . Il obtient une licence de philosophie à 17 ans. A dix-neuf ans, il est lauréat de l’Académie des Sciences morales et politiques, et à vingt ans, il donne à Paris ses premiers cours de philosophie au lycée Condorcet. A l’âge de trente ans, il a déjà écrit une dizaine d’ouvrages, fruits de son intense activité intellectuelle. Mais réfugié sur la Côte d’Azur, dans l’espoir de combattre par le soleil une maladie qui le minait, il succombe prématurément dans sa 34e année.
Il nous laisse sa poésie et ses ouvrages philosophiques : « Morale d’Epicure », et encore « Problèmes de l’esthétique contemporaine » et « l’Art au point de vue sociologique », mais c’est surtout à ses derniers ouvrages « Esquisse d’une morale sans obligation ni sanction » (1884) et «l’Irreligion de l’avenir » (1887) qu’il doit sa notoriété internationale et rejoint les préoccupations des anarchistes dans son approche d’une société libertaire et d’une morale au service de l’individu. Il sera abondamment cité par Nietzsche dans son « Ecce homo ».

Voilà pour aujourd’hui, en attendant la suite, portez vous bien et à demain peut-être.

 

Lochu, est-ce que l’oie oit ?

Posté par erwandekeramoal dans ANARCHISME, PORTRAIT

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Amis du néo-Malthusianisme et de la pêche Melba réunis, bonjour ! Nous sommes le samedi 26 octobre 2013, c’est le cinquième jour de Brumaire et, c’est le jour de l’oie… Je ne sais pas si l’oie oit,  comme disait Raymond Devos, ni si ce que nous oyons, l’oie l’oit-elle? mais, en attendant, oyez donc ceci.

A plusieurs reprises, j’ai évoqué ici la figure de ce grand anarchiste révolutionnaire, à moins que ce ne soit l’inverse, je veux parler de Nestor Makhno. Et puisque le 26 octobre est le jour anniversaire de sa naissance, petite piqure de rappel. C’est par une nuit qu’il vit le jour  le58336366_p 26 octobre 1889 à Houliaïpole en Ukraine. Issu d’une famille d’anciens serfs, il a connu une enfance très miséreuse.. C’est sans doute cette condition qui va l’amener à se révolter très jeune. C’est en 1906, période de grande répression tsariste, qu’il fait la rencontre de paysans anarchistes de Goulaï Polié. A la suite des attentats contre le gouverneur de la province, il est arrêté mais échappe à la peine de mort grâce à son jeune âge. Il ne sortira de prison que neuf ans plus tard au moment de la révolution et va découvrir les idées de Kropotkine. Je vous renvoie à de précédents billets pour plus de détails sur le contexte de l’époque. Toujours est-il que L‘Ukraine, sous protectorat austro-allemand, est de nouveau confrontée aux exactions commises et au retour des Allemands et des propriétaires terriens. Septembre 1918 voit donc la naissance de la fameuse « Makhnovchtchina » (en vidéo la chanson écrite par Etienne Roda-Gil en 1961 et interprétée par Les Béruriers noirs) et de ses drapeaux noirs.

En moins de 3 mois, les makhnovistes libèrent une importante partie de l’Ukraine orientale. La réaction ne tarde pas à se réorganiser et le Général Dénékine compose une nouvelle armée que l’on appellera « les blancs » en opposition à l’armée rouge de Trotsky. Makhno est pris 58336404_pentre le marteau et l’enclume, il se soulève contre les blancs mais les rouges se méfient des anarchistes et ne tardent pas à les laisser tomber. Makhno mène la lutte jusqu’en 1919, contre les forces blanches et les troupes d’occupation allemandes et autrichiennes. Puis, les makhnovistes, déclarés hors-la-loi par les bolcheviques, prennent les armes contre les rouges . En août 1920, Makhno est blessé lors d’un combat contre l’armée bolchevique. Craignant pour sa vie, le Conseil décide de lui faire quitter l’Ukraine. On le retrouve à Paris où il reprend ses activités sous une forme plus théorique. Dans ses mémoires, « mes compagnons de Brest et d’ailleurs », préfacées par Léo Ferré, René Lochu dit avoir rencontré Makhno à Brest (Finistère) en 1927. Contre laimages-15 tyrannie des possédants, contre la dictature – fusse t-elle du prolétariat – contre le fascisme, contre le stalinisme, le Franquisme… Les anarchistes n’ont jamais hésité à se mobiliser. Peut-être un jour comprendra t-on que, quelle que soit la langue employée, Anarchisme, ça veut pas forcément dire «chaos,désordre, bordel ». En attendant, des petits blogueurs sur leur petit clavier continuent d’entretenir la mémoire.

Allez, je vous remercie d’être passé par ici, vous savez que vous pouvez revenir quand ça vous chante, c’est ouvert tous les jours. Portez vous bien et à demain peut-être.

 

Comme à Ostende…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de la poésie et de la gent féline réunies, bonjour ! Nous sommes donc le dimanche 20 octobre 2013, 29è jour de Vendémiaire dédié à l’orge. Il s’en trouvera certainement pour penser que je commence à radoter mais, quand on aime on ne compte pas, disait mon aïeule qui était experte en comptabilité. Le 20 octobre 1985, mort de Jean-Roger CAUSSIMON à Paris.
Comédien, acteur, poète, et chanteur compositeur libertaire.
Il naît le 24 juillet 1918 à Paris. Après des études secondaires à Bordeaux et une formation de comédien (premier prix de comédie à 17caussimon_jr ans ), il « monte à Paris » où il est admis au conservatoire. Mais la guerre éclate et, mobilisé, il se retrouve en captivité. Libéré fin 1944, il peut enfin faire du théâtre, et tourner dans des films (une centaine). Il donne également des récitals de poésie et de chansons (de sa composition) dans divers cabarets de la capitale. Au « Lapin Agile », sa rencontre avec Léo FERRE (qui débute aussi), marquera sa carrière de chanteur engagé. En 1970, il enregistre son premier disque qui sera suivi par plusieurs autres, couronnés par de nombreux prix. Très loin de la variété commerciale, il saura enthousiasmer les gens, lors des 250 récitals donnés en France et à l’étranger. Voici Ostende version ARNO.


Impossible de citer les titres de toutes ses chansons pleines de poésie et de révolte : « La Commune est en lutte », « Les Coeurs purs »,  » Si vis pacem », « Comme à Ostende » etc.

Parcours ton pays et la terre
A pied, à la nage, en ballon…
C’n'est pas partout paradisiaque
Mon fils, mais retiens la leçon :
Méfie-toi des paranoïaque…
Surtout s’ils portent des galons! (bis)

Allez, on en reste là pour cette matinée dominicale. Portez vous bien et à demain peut-être.

Posté par erwandekeramoal dans ANARCHISME, PORTRAIT

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Amis de la libre pensée et du pili-pili réunis, bonjour ! Nous sommes le vendredi 18 octobre 2013, 27è jour de Vendémiaire dédié au piment. Vous êtes encore devant votre ordinateur, Valls est toujours socialiste et sa petite entreprise ne connait pas la crise…

Le 18 octobre 1844, naissance d’Amilcare CIPRIANI à Rimini, Italie. Révolutionnaire Garibaldien, internationaliste, communard, puis anarchiste et socialiste. A 15 ans il s’engage dans l’armée, puis déserte pour rejoindre les troupes de Garibaldi. Fait prisonnier, il s’évade et rejoint la Grèce où il prend part aux insurrections contre la monarchie. Expulsé, il part en Egypte puis à Londres où il participe à la fondation de « l’Internationale ».
En 1865, il va défendre l’Italie en guerre contre l’Autriche, puis il combat en Crête où il devient l’ami de Gustave Flourens. De retour à cipriani_aAlexandrie, il est blessé dans un attentat. il rejoint alors Londres.
En 1870, il est à Paris et il participe à la guerre contre les allemands. Apprenant que Flourens est à la prison de Mazas, il prend la tête d’un commando et le fait libérer.
Le 18 mars 1871, aux premiers rangs parmi les communards, on le nomme chef d’État major. Le 3 avril, effectuant une marche sur Versailles, il est blessé et arrêté. Condamné à mort, il sera finalement déporté en Nouvelle Calédonie et ne rentrera en France qu’à l’amnistie de 1880. Expulsé, il passe en Suisse, puis en Italie, où il est arrêté le 31 janvier 1881 pour « conspirations », et condamné à 20 ans de bagne. Une campagne pour le faire libérer (en l’élisant député) n’aboutira qu’en 1888.
Retour en France où il collabore à la presse anarchiste : Le plébéien, etc. En 1897, il part en Grèce se battre contre les Turcs (il y sera blessé). Le 30 juillet 1898, en Italie, on le condamnera à nouveau, avec cinq anarchistes, à 3 ans de prison. En France, il militera ensuite au sein du mouvement socialiste révolutionnaire. Il meurt à Paris le 2 mai 1918. Sources

Allez, merci à vous d’être passé par ici, portez vous bien et à demain peut-être.

ART TATUM EN STOCK OPTIONS…

Posté par erwandekeramoal dans JAZZ, PORTRAIT

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Amis de l’économie de marché et du saucisson à l’ail réunis, bonjour ! Nous sommes le dimanche 13 octobre 2013, 22 de vendémiaire et c’est le jour de la pêche et, un qui l’avait, la pêche, c’est bien ce pianiste là. Il s’appelait en vérité Arthur Jr Tatum et il avait vu le jour le 13 octobre 1909 à Toledo dans l’Ohio. Art Tatum est quasiment aveugle et Art Tatumautodidacte. Il utilise le braille et reproduit la musique qu’il entend sur les disques. Il débute véritablement en 1926 et est déja très influencé par Fats Waller qui le lui rendra bien. La légende veut qu’un jour quand il entre dans un club où Fats Waller donne un concert, ce dernier déclara: « C’est moi qui joue ce soir, mais Dieu est avec nous dans la salle. »Ses premiers enregistrements datent de 1933 et il affirme déja un style très personnel. Il devient très rapidement une figure majeure du jazz et forme avec le guitariste Tiny Grimes et le bassistz Slam Stewart un trio extrêmement populaire. Il va jouer avec Lionel Hampton, Buddy Rich, Benny Carter notamment. Art Tatum est décédé le 5 novembre 1956. Dans son fameux livre Je me souviens, Georges Perec écrit ceci: « Je me souviens qu’Art Tatum avait appelé un morceau Sweet Lorraine parce qu’il avait été en Lorraine pendant la guerre de 14/18″.

Tout à fait autre chose. Pour ne rien vous cacher, je rentre de Rennes avec un tout nouvel ordinateur et je n’ai donc plus aucune raison de me la couler douce. Bon, le temps de maitriser la bête et on lance la nouvelle saison des cénobites tranquilles.Voilà pour aujourd’hui, repassez demain si le coeur vous en dit. En attendant portez vous bien.

 

Doucement les basses…

Posté par erwandekeramoal dans JAZZ, PORTRAIT

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Amis du club Dorothée et de l’écrevisse sauce Nantua réunis, bonjour ! Nous sommes le samedi 21 septembre 2013, dernier jour complémentaire du calendrier républicain, dédié aux récompenses, et donc, à la veille du nouvel an républicain. Colchique dans les prés, c’est la fin de l’été, chantait mon aïeule qui, vous le constatez, avait tous les talents. Un autre qui possédait un talent inoui et qui nous a quitté prématurément c’est Jaco Pastorius. On dirait un nom de Général 57221722_promain mais en fait c’était un musicien de jazz et, nous sommes quelques uns à le considérer comme le plus grand bassiste de jazz de tous les temps. Il nous a quitté dans des conditions tragiques le 21 septembre 1987, assassiné par un gérant de boite de nuit. Son père, d’origine allemande, était lui même musicien. Il débute dans des orchestres locaux qui jouent des reprises de Otis Redding, Aretha Franklin et James Brown. Il avoue son admiration pour Herbie Hancock qui l’a fortement influencé. Mais on pourrait citer tout autant, Charlie Mingus, Ray Charles, Charlie Parker ou Tony Bennet. En 1975 il enregistre son premier album intitulé Jaco Pastorius qui va lui apporter la célébrité. Album sur lequel on retrouve la fameuse reprise de Dona Lee (en vidéo) de Charlie Parker. Puis il va rejoindre le groupe Weather Report  dans lequel il jouera jusqu’en 82. Entre temps il accompagne de nombreux artistes, on le trouve même sur un morceau de Michel Polnareff « une simple mélodie ».

Dès cette époque il consomme beaucoup de drogue et souffre de comportements bipolaires. Son mode de vie de plus en plus chaotique alimente la presse à scandale plus souvent qu’à l’ordinaire. Il est enimages-1 plein divorce et en procès avec sa maison de disque qui le contraint à dissoudre son big band. Sans orchestre et sans maison de disque, ses problèmes psychiatriques s’aggravent; il multiplie les excentricités et les accidents. A partir de 84, son comportement lui ferme la porte de la plupart des scènes musicales. On considère que Jaco Pastorius a apporté au jazz un vent de folie (une de ces compositions est intitulée « Punk jazz »), il a hissé au top niveau l’utilisation de la fameuse Fender Jazz Bass.

Il devient carrément sans domicile fixe et erre avec des clochards. En juillet 86 il est interné à New York et interdit de séjour dans de nombreux clubs de jazz. Un soir de septembre 87 il est violemment tabassé par Luc Havan, responsable du Midnight Bottom Club. Il meurt quelques jours plus tard. Un sacré musicien, un peu agité du bocal certes, mais virtuose de la basse comme il n’y en a plus. Allez écoutez un de ses morceaux, portez vous bien et à demain peut-être

 

Les Girondines…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de la littérature polissonne et du poulet au gingembre réunis, bonjour ! Nous voici le mercredi 18 septembre 2013 et pour le calendrier républicain, c’était le deuxième jour supplémentaire, encore nommé: jour du génie… Les calendriers de cette époque, il faut le dire, étaient images-23illustrés par des images des dames du temps jadis comme celles-ci et ornés de maximes à la gloire de la République et de la Laïcité. Avouez qu’elles étaient plutôt girondes à l’époque (normal, les Girondins…), rien à voir avec Kate Moss ou autres anorexiques du calendrier Pirelli. Hélas, le calendrier républicain, censé inaugurer une nouvelle ère de l’humanité ne dura guère. Le « Grégorien » avec ses fêtes chrétiennes fut rétablit le 1er janvier 1806.

Bel enchaînement pour vous rappeler que tous les 18 septembre, les afficionados du nanar célèbrent la disparition de Russ Meyer, le 57125117_pcréateur des super vixens qui n’avait rien de révolutionnaire mais les aimait girondes lui aussi…. Réalisateur et photographe, il a fait ses classes en accompagnant les troupes américaines lors du débarquement. Il mis les pieds en Europe à Omaha beach le 6 juin 44 et il entrera à Paris avec la 2ème DB de Leclerc le 25 août. Certaines de ses prises de vue seront utilisées 25 ans plus tard dans le film Patton de Franklin J. Schaffner. Après la libération de la capitale française, il fonce vers l’Est avec l’armée de Patton, participe à la bataille des Ardennes, pénètre en Allemagne en février 1945 où il photographie les camps de concentration avant d’atteindre la Tchécoslovaquie.

Une fois démobilisé, il va très vite se spécialiser dans l’exploration d’une sexualité rurale à travers des intrigues rudimentaires mais pimentées de violence et servies par des héroïnes à la poitrine 250px-MotorpsychoPoster-193x300démesurée. A la fin des années 70 il va produire toute une série depuis Super Vixens jusqu’à Ultra Vixens en passant par Méga Vixens. Il est mort à Hollywood en 2004 en laissant le souvenir impérissable d’un roi de la série B. Les films de Russ Meyer se distinguent des films pornographiques traditionnels par une volonté subversive. Dans une Amérique puritaine, il se plaît à provoquer la censure et à pourfendre les valeurs morales chrétiennes, au premier rang desquelles la famille et le mariage, en faisant l’apologie des perversions sexuelles et de l’homosexualité ainsi qu’en montrant crûment des scènes de violence. Il concourt à « l’insurrection artistique » qui aboutira à l’abrogation du code Hays en 1966 qui soumettait l’industrie du cinéma aux exigences de la morale judéo-chrétienne.

Voilà qui nous change de nos sérieux et graves militants anarcho-syndicalistes mais, comme le disait mon aïeule, il faut de tout pour faire un monde et, ajouterais-je…Pour faire un blogue ! Sur ces considérations qui nous éloignent un peu de cette actualité déprimante, je vous laisse vaquer à vos occupations. Merci mille fois d’avoir pris un peu de temps pour visiter « les cénobites tranquilles », portez vous bien et à demain peut-être.

 

 

Bill Evans au piano… Mais oui !

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis du jazz « comme on l’aime » et de la soupe de pois, bonjour ! Nous sommes le dimanche 15 septembre 2013, 29 è jour de Fructidor dédié au marron.

Je vous ai souvent parlé du saxophoniste Bill Evans mais saviez vous 57011799_pqu’il avait un homonyme qui s’était fait un nom en jouant du piano. Il était né dans le New Jersey et est décédé un 15 septembre en 1980 à New york. Né d’un père Gallois et d’une mère Russe, tous les deux
mélomanes, il était formaté pour devenir musicien. Il fait partie des « sideman » ceux là que l’on nomme quelquefois péjorativement les musiciens de studio. Cela lui aura permis d’accompagner les plus grands, Michel legrand, Chet Baker, Miles Davis… Mais il se fera connaître plus tard par ses fameux trios avec contrebassiste et batteur, notamment Scott Lafaro et Paul Mottian. Il est mort alors qu’il n’avait que 51 ans usé par une forte addiction à la drogue.

Vous entendez comme ça swingue ? Imaginez un fauteuil qui vous tend les bras, un Highland de 18 ans, une bruyère profonde emplie d’un imagestabac brun et âcre… Même Manuel Valls n’existe plus, ni François le va-t-en-guerre, ni les retraites, ni les expulsions, ni les taupes de Keramoal; tout disparaît. D’ailleurs, tout doit disparaître, je suis pour l’organisation d’une grande braderie, on solde l’humanité à petits prix, la bassesse, la vilénie, l’inéquité, l’injustice, le fait du prince à un euro. Sur tous les trottoirs, de Manille à Kergrist-Moelou, le grand déballage. Et un mensonge d’Etat pour trois sous, et une manipulation en cadeau, et une légion d’honneur déshonorée, allez deux euros et vous l’emportez. On fait table rase, on repart à zéro, vive l’an 01 de Gébé !

Holà, holà, erwandekeramoal, t’as oublié tes pilules ou quoi ? Allez, ça va se passer, portez vous bien et à demain peut-être.

 

UNE PARISIENNE A LHASSA…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis des contrées exotiques et du lama Delon réunis, bonjour ! Nous sommes le dimanche 08 septembre 2013, 22è jour de Fructidor dédié à la noisette. La petite virée au Portugal est maintenant derrière nous c’est donc la rentrée pour votre blog préféré.

Pour fêter dignement le quatrième anniversaire des « cénobites tranquilles », je vous propose d’accrocher à notre galerie de portraits 56775419_pune grande dame disparue un 8 septembre en 1969 à l’âge canonique de 101 ans. Louise Eugénie Alexandrine Marie David, plus connue sous son nom de plume: Alexandra David-Néel. De nationalités Française et Belge, c’est une orientaliste, tibétologue, chanteuse d’opéra, journaliste, écrivaine, exploratrice et j’en passe sûrement. Elle fut en 1924, la première européenne à séjourner à Lhassa au Tibet.

(Ici, en 1886 lors de sa présentation au roi des Belges.)

L‘orthodoxie voudrait que l’on prononçât Né-el et non Nil mais la mode anglo-saxonne à produit son effet. Son père était instituteur, militant républicain lors de la révolution de 1848 et grand ami du géographe anarchiste Elisée Reclus. C’est celui-ci qui l’amène à s’intéresser aux idées anarchistes de l’époque (Stirner, Bakounine) et aux féministes qui lui inspirèrent la publication de « Pour la vie ». Adolescente, elle s’enfuit de Ostende pour gagner l’Angleterre. 56775456_pElle devint première chanteuse à l’opéra de Hanoï. Elle abandonne sa carrière de chanteuse en 1902. C’est en 1904, à Tunis, qu’elle épouse Philippe Néel. Vie de couple qui se termina définitivement en 1911 lors de son départ pour son troisième voyage en Inde. C’est en 1914 qu’elle rencontre Aphur Yongden, agé de 15 ans et dont elle fera plus tard son fils adoptif. A Lachen, elle va vivre auprès d’un des plus grands Gomchens (ermite) de l’époque et recevoir son enseignement.

C‘est un long périple à travers la Corée, Pékin, le Gobi, la Mongolie qui va l’emmener elle et Aphur déguisés en mendiante et moine jusqu’à Lhassa, nous sommes en 1924.(Photo de gauche.) Puis, Alexandra va rentrer en France où elle s’installe sur les hauteurs de Toulon. Elle va y écrire plusieurs livres relatant ses voyages. En 1937, âgée de 69 ans elle décide de repartir pour la Chine avec Aphur Yongden via Bruxelles, Moscou et le transsibérien. Elle se retrouve en pleine guerre sino-japonaise et assiste aux horreurs de ce conflit. Fuyant les combats elle erre en Chine et finit par se retrouver en 1946 en Inde. Elle perdra son compagnon de voyage en 1955 et, à cent ans et demi, elle demande le renouvellement de son passeport au Préfet des Basses-Alpes. Elle s’éteindra quelques mois plus tard. Ses cendres ont été transportées à Vârânasî en 1973 pour être dispersées avec celles de son fils adoptif dans le Gange.

A lire: Pour la vie. 1898 aux éd. Les nuits rouges - Le féminisme rationnel. 1909 même éditeur - Les enseignements secrets des bouddhistes tibétains. 1951 ed. Pygmalion. Et bien d’autres choses encore. Une sacrée grande bonne femme qui méritait bien de rejoindre nos héros dans cette galerie de portraits. Voilà pour ce billet N° 1572, je vais chercher ma baguette de pain, mon tabac et je repars pour 365 nouveaux billets. En attendant, portez vous bien et à demain peut-être.

 

EMMENE-MOI AU BOUT DU MONDE…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de l’éternelle poésie et de la saucisse de Molène réunies, bonjour ! En ce 1er septembre, 15è jour de fructidor dédié à la truite, j’aurai pu vous parler de Schubert… Et bien non, j’évoque aujourd’hui un poète, romancier, soldat, aventurier et grand bourlingueur. Adolescents, on se refilait ses bouquins avec ceux d’Apollinaire et les disques de Boris Vian. Ah, c’était pas du Lamartine.

Blaise Cendrars, de son vrai nom Frédéric-Louis Sauser naît à La Chaux-de-Fonds, dans le canton de Neuchâtel, en Suisse, dans une 67824900_pfamille bourgeoise francophone. Pendant l’enfance, il suit ses parents en Égypte, à Naples, à Bâle, puis est envoyé en pensionnat en Allemagne, d’où il s’enfuit. À seize ans, poussé par la soif de l’aventure, il s’enfuit de nouveau. Cette fois en compagnie d’un trafiquant, Rogovine. Il traverse l’Allemagne et découvre Moscou, en pleine effervescence révolutionnaire, puis il part sur le transsibérien faire du commerce avec l’Asie. Ensuite il s’installe à Saint-Pétersbourg et y travaille jusqu’en 1907, chez un joailler suisse. A cette époque il commence à noter ses lectures et ses pensées, une habitude qu’il gardera sa vie durant. La lecture de Schopenhauer exerce une influence déterminante sur son rapport à la réalité : « le monde est ma représentation », retient Cendrars. Il fait alors de sa vie un poème, et dans les poèmes, il met sa vie.

Son séjour aux États-Unis lui montre la voie, nouvelle et moderne, pleine de vitesse, dans laquelle le monde s’engage. À la poursuite 67824711_pd’une forme d’expression adéquate, il rédige son premier long poème, Les Pâques à New York qui reste « sa plus belle nuit d’écriture ». En 1912, il est de retour à Paris et fonde une revue, Les Hommes Nouveaux, avec Emil Szyttya, un anarchiste. Il se lie d’amitié avec des personnalités artistiques et littéraires: Apollinaire, Chagall, Fernand Léger, Survage, Modigliani, Csasky, Archipenko, Robert et Sonia Delaunay, avec qui il édite en 1913 sa Prose du Transsibérien et de la petite Jehanne de France.

En 1914, la guerre éclate, et il s’engage dans la Légion Étrangère. Il perd son bras droit en Champagne et est naturalisé français en 1916. Les années qui suivent, il va à Rome, puis au Brésil, et s’intéresse à l’Afrique. En 1925, il décide d’arrêter la poésie et d’écrire des romans. Il écrit L’OR qui bouleverse les règles du genre romanesque. Ce texte, 67824732_pgrand succès public, est suivi par Moravagine, Le plan de l’aiguille et Les Confessions de Dan Yack . En 1939, la seconde guerre mondiale éclate ; Cendrars s’engage comme correspondant de guerre pour l’armée britannique. En 1956, il écrit sa dernière œuvre, un roman, Emmène-moi au bout du monde ! La truculence de cette chronique théâtrale qui doit beaucoup à la vie de la comédienne marguerite Moreno fait scandale. Je dois dire que c’est à travers ce livre que j’ai découvert Cendrars mais, je conseille aux plus jeunes de commencer par Bourlinguer ou L’or… Malade, il est fait Commandeur de la Légion d’honneur en 1960 par Malraux. Il meurt le 21 janvier 1961, juste après avoir reçu in-extremis la seule récompense littéraire officielle qu’il obtiendra jamais de son vivant : le Grand Prix littéraire de la Ville de Paris.

Puisque, décidément, la rentrée littéraire n’a pas l’air décidé à nous révéler une pépite, relisez un de ses bouquins;

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.