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Portrait de dame…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis de la théosophie et des moules marinières réunies, bonjour !

Nous sommes le jeudi 20 septembre 2012, 4è sans-culottides, dédié à l’opinion. Bonne occasion pour vous donner la mienne à propos d’une femme qui n’en manquait pas.

Annie Besant (née Wood le 1 er octobre 1847 à Londres, décédée le 20 septembre 1933 à Chennai ) est une théosophe, socialiste, féministe et écrivain britannique qui prit part à la lutte ouvrière avant de devenir membre de la Société Théosophique puis de lutter pour l’indépendance de l’ Inde. Elle fit de nombreuses lectures philosophiques qui développèrent ses questionnements métaphysiques et spirituels. Elle prit aussi conscience à la même époque de la condition ouvrière. Jeune femme de la classe moyenne victorienne, elle n’avait alors pas d’autre avenir que le mariage. En décembre 1867, elle épousa Frank Besant, un pasteur anglican. Le mariage fut malheureux et après avoir eu deux enfants, le couple se sépara en 1873.

Elle s’engagea très tôt dans l’écriture. Elle écrivit des nouvelles, des livres pour enfants et des articles. Mais, en tant que femme mariée, elle ne pouvait disposer de ses revenus. Son mari s’en emparait. La politique les divisait encore plus: elle soutenait les ouvriers en lutte, alors que lui était conservateur. La rupture eut lieu lorsqu’elle refusa de recevoir la communion. Elle le quitta et partit à Londres avec sa fille. S’interrogeant sur sa perte de foi, elle consulta de nombreux ecclésiastiques de l’Église Anglicane. La principale réponse qu’on lui fit est qu’elle avait lu trop de livres. Le divorce n’étant pas pensable pour un ministre du culte, une séparation officielle fut décidée.  Ainsi, Annie s’appela Besant sa vie durant.

Elle publie, avec Charles Bradlaugh, un pamphlet sur la limitation des naissances
(The Fruits of Philosophy, or the Private Companion of Young Married People) qui lui vaut d’être condamnée à la prison après un procès en 1877, au terme duquel une peine d’emprisonnement fut bientôt commuée en une simple amende. Annie continua à rédiger des livres sur l’orthogénie et l’athéisme, et devient présidente de la Ligue malthusienne. Elle adhère à la Fabian Society et elle fut membre du comité directeur. Ici à gauche en compagnie d’ouvrières grévistes d’une manufacture d’allumettes.

En 1889, après avoir lu La Doctrine Secrète de Helena Blavatsky elle devient membre de la Société théosophique. En 1893, elle va vivre en Inde pour développer la Société théosophique et établit son centre à Adyar, près de Chennai, y découvre Krishnamurti en 1909 et prépare activement le pays à l’indépendance. Très influencée par la culture indienne, elle devient présidente de la Société théosophique en 1907, succédant au colonel Henry Steel Olcott. A l’heure où le débat sur la présence de « la morale » à l’école refait surface, il faudrait relire son texte dans lequel elle écrivait:   » que la morale devait être séparée de la religion et ne venir que de la réflexion et l’expérience. mais considérait qu’admirer la grandeur, la beauté et l’ordre du monde était une sorte de prière« . Annie Besant considérait l’athéisme non seulement comme une libération du joug de la religion, mais aussi comme une véritable morale.
Sa contribution à la lutte pour l’indépendance de l’Inde est remarquable : elle fonde la Home Rule League avec le soutien et la coopération de Lokmanya Tilak. En 1915, elle est élue président du Parti du Congrès à Kolkata.

Annie Besant fut l’une des premières initiées de l’Ordre Maçonnique Le Droit Humain, créé par Maria Deraisme, dont elle fonda la fédération britannique et qu’elle répandit à travers l’empire britannique. Elle étudia également au cours de sa vie les enseignements de l’islam et notamment le comportement et la vie de Mahomet. Ici à droite, portant les insignes du 33è degré.

Grande dame injustement oubliée et qui vient rejoindre notre galerie de portraits. Allez, je continue mon périple vers la Lombardie, je vous salue et surtout, portez vous bien et à demain peut-être.

 

Les belles dames du temps jadis…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis de la littérature polissonne et du poulet au gingembre réunis, bonjour !

Nous voici le 18 septembre et pour le calendrier républicain, c’était le deuxième jour supplémentaire, encore nommé: jour du génie… Les calendriers de cette époque, il faut le dire, étaient illustrés par des images des dames du temps jadis comme celles-ci et ornés de maximes à la gloire de la République et de la Laïcité. Avouez qu’elles étaient plutôt girondes à l’époque (normal, les Girondins…), rien à voir avec Kate Moss ou autres anorexiques du calendrier Pirelli. Hélas, le calendrier républicain, censé inaugurer une nouvelle ère de l’humanité ne dura guère. Le « Grégorien » avec ses fêtes chrétiennes fut rétablit le 1er janvier 1806.

 

Bel enchaînement pour vous rappeler que tous les 18 septembre, les afficionados du nanar célèbrent la disparition de Russ Meyer, le créateur des super vixens qui n’avait rien de révolutionnaire mais les aimait girondes….

Réalisateur et photographe, il a fait ses classes en accompagnant les troupes américaines lors du débarquement. Il mis les pieds en Europe à Omaha beach le 6 juin 44 et il entrera à Paris avec la 2ème DB de Leclerc le 25 août. Certaines de ses prises de vue seront utilisées 25 ans plus tard dans le film Patton de Franklin J. Schaffner. Après la libération de la capitale française, il fonce vers l’Est avec l’armée de Patton, participe à la bataille des Ardennes, pénètre en Allemagne en février 1945 où il photographie les camps de concentration avant d’atteindre la Tchécoslovaquie.

Une fois démobilisé, il va très vite se spécialiser dans l’exploration d’une sexualité rurale à travers des intrigues rudimentaires mais pimentées de violence et servies par des héroïnes à la poitrine démesurée. A la fin des années 70 il va produire toute une série depuis Super Vixens jusqu’à Ultra Vixens en passant par Méga Vixens. Il est mort à Hollywood en 2004 en laissant le souvenir impérissable d’un roi de la série B.

Les films de Russ Meyer se distinguent des films pornographiques traditionnels par une volonté subversive. Dans une Amérique puritaine, il se plaît à provoquer la censure et à pourfendre les valeurs morales chrétiennes, au premier rang desquelles la famille et le mariage, en faisant l’apologie des perversions sexuelles et de l’homosexualité ainsi qu’en montrant crûment des scènes de violence. Il concourt à « l’insurrection artistique » qui aboutira à l’abrogation du code Hays en 1966 qui soumettait l’industrie du cinéma aux exigences de la morale judéo-chrétienne

Voilà qui nous change de nos sérieux et graves militants anarcho-syndicalistes mais, comme le disait mon aïeule, il faut de tout pour faire un monde et, ajouterais-je…Pour faire un blogue !

Sur ces considérations qui nous éloignent un peu de cette actualité déprimante, je vous laisse vaquer à vos occupations. Merci mille fois d’avoir pris un peu de temps pour visiter « les cénobites tranquilles », portez vous bien et à demain peut-être.

 

Dans le ventre des espagnols…

Posté par erwandekeramoal dans JAZZ, PORTRAIT

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Amis de la criticature et de la vanille-fraise réunies, bonjour !

Nous sommes le samedi 15 septembre 2012, 29è jour de Fructidor dédié au marron. Le marron c’est un peu comme la madeleine de Proust; il suffit de l’évoquer pour percevoir cette odeur particulière qui nous titillait les narines.

Je me souviens très bien du père Hernandez qui vendait ses marrons grillés dès les premiers frimas. Il installait son brasero au coin de la place du marché en criant: Chauds, chauds les marrons…

En été il faisait de la glace et se déplaçait dans une magnifique carriole tirée par un vieux cheval. Il faisait partie de ces réfugiés espagnols qui avaient fini par s’implanter pour de vrai quand bien même, au fond du regard du vieil homme on y voyait encore l’ombre de la nostalgie et:

                                                                                                                          « Des pavés de flamenco aux gestes anarchiques                                                               Les rythmes du jazz-band pour les paralytiques                                                           Les tam-tams de l’Afrique à portée de guitare                                                                    De l’eau fraîche et de l’ombre à jurer pour y croire                                                              Une rue de Madrid avec des fleurs fanées                                                                        Un fusil de trente-six qui revient s’y mêler… »                                                                     Léo Ferré – L’espoir.                                                                  

Tiens, à propos de jazz-band, je vous ai souvent parlé du saxophoniste Bill Evans. Savez vous qu’il a un homonyme qui s’est fait un nom en jouant du piano. Il était né dans le New Jersey et est décédé un 15 septembre en 1980 à New york. Né d’un père Gallois et d’une mère Russe, tous les deux mélomanes, il était formaté pour devenir musicien. Il fait partie des « sideman » ceux là que l’on nomme quelquefois péjorativement les musiciens de studio. Cela lui aura permis d’accompagner les plus grands, Chet Baker, Miles Davis… Mais il se fera connaître plus tard par ses fameux trios avec contrebassiste et batteur, notamment Scott Lafaro et Paul Mottian. Il est mort alors qu’il n’avait que 51 ans usé par une forte addiction à la drogue.

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Vous entendez comme ça swingue ? Imaginez un fauteuil qui vous tend les bras, un Highland de 18 ans, une bruyère profonde emplie d’un tabac brun et âcre… Ni les retraites, ni les expulsions, ni les taupes de Keramoal, ni Martine qui prend ses Désirs pour des réalités, ni les réalités qui dépassent souvent la fiction; rien ne saurait troubler un tel instant; tout disparaît. D’ailleurs, tout doit disparaître, je suis pour l’organisation d’une grande braderie, on solde l’humanité à petits prix, la bassesse, la vilénie, l’inéquité, l’injustice, le fait du prince à 1 euro. Sur tous les trottoirs, de Manille à Kergrist-Moelou, le grand déballage. Et un mensonge d’Etat pour trois sous, et une manipulation en cadeau, et une légion d’honneur déshonorée, allez deux euros et vous l’emportez. On fait table rase, on repart à zéro, vive l’an 01 de Gébé, Vive la sociale, à bas la calotte…

Hopala Chapalain, t’as oublié tes pilules ou quoi ?

Allez, ça va se passer, portez vous bien et à demain peut-être.

 

Et au milieu coule une rivière…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis de la Beat génération et du chouchenn chaud réunis, bonjour !

Nous sommes le vendredi 14 septembre 2012 et certains persistent à penser que nous sommes le 28 de fructidor qui, comme chacun le sait, était le jour du maïs. C’est la Ste Croix et, comme disait mon aïeule: A la Sainte Croix, cueille tes pommes et gaule tes noix !

Il y a longtemps de cela, une amie m’a fait découvrir un auteur Etats-Unien et m’a dit avec un accent alsacien très prononcé: Tu fas foir, tu fas atorer ! J’avoue que je n’ai pas été déçu du voyage littéraire auquel elle m’invitait. Il s’agissait de Richard Brautigan.

J‘en parle aujourd’hui car il est décédé un 14 septembre en 1984. Enfin, on le suppose car son corps a été découvert plusieurs semaines après son décès à la suite de son
suicide présumé. Il était né à Tacoma (ça commence comme un blues) dans une famille ouvrière. Sa biographie relate qu’il vivait avec sa mère, les enfants de celle-ci et…Plusieurs beaux-pères. En 1956, il s’installe à San Francisco où il passera les reste de sa vie. Il a été, un moment, considéré comme le pape de la Beat génération alors qu’il en resta toujours un peu en marge.

Je l’ai découvert à travers La pêche à la truite en Amérique, paru en France en 1967 chez Christian Bourgois. Puis, j’ai poursuivi en dévorant Un privé à Babylone (1977).

Dans les années 60 il s’était engagé dans des activités de la contre-culture à San
Francisco, participant fréquemment à des « performances » en tant que poète. C’est la pêche à la truite en Amérique qui l’a catapulté vers une notoriété internationale. Ensuite, dans les années 70, il va s’essayer à divers genres littéraires, romans, poèmes, mais son succès ne dure pas. Ici à droite on le reconnaît (chapeau blanc) en compagnie de la plupart des acteurs de la Beat génération.

On dit que, à Burlington (ça me fait penser aux chaussettes) dans le Vermont, a été créée une Brautigan Library, dont la principale activité est d’accueillir uniquement des manuscrits refusés par les éditeurs. On y utilise des pots de mayonnaise en guise de presse-livres en hommage à La pêche à la truite en Amérique, qui se termine par le mot « mayonnaise ».

Son corps a été découvert le 25 octobre 1984 à Bolinas (Californie). Près du corps de l’auteur alors âgé de 49 ans, se trouvaient un 44 magnum et une bouteille d’alcool. N’hésitez pas, on les trouve en « poche » et si vous ne pouvez pas vous les acheter…Volez les ! C’est une excellente lecture pour l’automne qui s’annonce.

Voilà, c’est tout pour aujourd’hui. Tiens, ça a réveillé en moi le pêcheur qui sommeillait, je ne dis pas que je ne vais pas aller taquiner le goujon si le temps se maintient…Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

 

La victoire de Victorine…

Posté par erwandekeramoal dans ANARCHISME, PORTRAIT

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Amis des sciences naturelles et du chinchard poëlé réunis, bonjour !

Aujourd’hui c’est mardi, 04 septembre 2012, qui correspond au 18 de Fructidor dans notre calendrier républicain. A l’allure où les ultralibéraux ont décidé de dépecer nos acquis et l’énergie poussive que mettent les sociaux-démocrates à les défendre, c’est bientôt tout ce qu’il nous restera de notre République…  Le 18 de fructidor était généralement dédié au Nerprun qui comme chacun le sait est un arbuste qui accueille volontiers les chenilles de papillons et notamment celle du phalène du marronnier et du Jason à deux queues.

Je profite de cette rentrée des classes pour esquisser le portrait d’une institutrice. En effet, je voudrais vous dire un mot de Victorine BROCHER qui vit le jour à Paris un 4 septembre de l’an 1839. Internationaliste, Communarde, anarchiste et pédagogue, voila une carte de visite comme on les aime chez « les cénobites tranquilles« .
Elle naît, Victorine Malenfant, dans une famille de Républicains pur jus (son père, Franc-maçon et Républicain fut contraint à l’exil en 1851), en 61 elle épouse Jean Rouchy et le couple ira s’installer à Paris. Elle travaille comme couturière puis participe à la création d’une boulangerie coopérative. Dès le début, elle va participer à la Commune de Paris et s’engagera comme cantinière de bataillon. Puis on la retrouve qui prend part aux combats (bataillon des Turcos) comme ambulancière.
Condamnée à mort par contumace comme « pétroleuse », elle se réfugie en Suisse; son mari sera emprisonné deux ans.
De Suisse, elle part enseigner en Hongrie puis reviendra à Genêve à la libération de son mari où elle va créer une coopérative de la chaussure et venir en aide aux proscrits de la Commune. De retour à Paris après l’amnistie elle va fréquenter les anarchistes (Malatesta fut arrêté en sa compagnie), à la mort de son mari, elle se lie avec le libre penseur Gustave Brocher, ils adopteront cinq enfants de
communards et feront de leur maison un asile pour de nombreux exilés.
En 1890, la voici institutrice dans une école libre initiée par Louise Michel. Elle va
mourir le 4 novembre 1921 à Lausanne où, avec Gustave, elle avait fondé une école. En 1909, elle publiera souvenirs d’une morte vivante. (ed. La Découverte.) Les Versaillais avaient fait d’elle une pétroleuse type à tel point que durant la semaine sanglante on fusilla sans vérification plusieurs « fausses » Victorine B. Elle a donc choisi ce titre pour rappeler qu’elle avait été officiellement fusillée en 1871.

 

C‘est à ces gens que nous devons l’école laïque (donc libre) l’école émancipatrice, l’école de l’égalité des chances, bref, l’école de la République. Et aujourd’hui, on assiste à un retour en arrière au motif qu’une bande de gougnafiers (certes élus !) se  sont mis en tête de laisser dépecer un à un deux siècles d’acquis sociaux: L’école, la sécu, l’âge légal de départ à la retraite, le temps de travail, le droit d’asile, etc. La prochaine fois que tu mettras un bulletin dans l’urne, réfléchis petit scarabée…

 

Bon allez, c’est reparti pour une nouvelle saison des Cénobites tranquilles, votre blog préféré qui a déjà vu passer plus de 65 000 visiteurs et qui reste fidèle à ses engagements: un billet quotidien plein d’humeur et d’humour… En attendant le prochain, portez vous bien et à demain peut-être.

 

Si tu ne viens pas à la Cardère…

Posté par erwandekeramoal dans JAZZ, PORTRAIT

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Amis de la botanique pour les nuls et du perdreau de l’année réunis, bonjour !

Nous sommes le lundi 3 septembre 2012, 17è jour de fructidor dédié à la Cardère. Bon
d’accord, vous l’aurez voulu: Si tu ne viens pas à la Cardère…

C‘est une plante qui ne manque pas de piquant, on l’appelle aussi le cabaret à oiseaux à cause de sa capacité à conserver l’eau dans ses feuilles, et qui, paraît-il, serait efficace dans le traîtement de la maladie de Lyme (c’est la maladie la plus fréquente transmise à l’homme par les tiques). Pour cela, il est conseillé de mettre la racine dans de la vodka, et de prendre 3 gouttes matin, midi et soir pendant un mois, puis de continuer 3 jours par mois pendant un an. Allez, cor’une p’tit’ goutte…

L‘actualité étant des plus réjouissante, il nous reste la musique. Je vous propose de vous souvenir de Memphis SLIM.
De son vrai nom, John Len Chatman, il est né un 3 septembre en 1915. J’ai eu le bonheur de l’entendre à la fin des années soixante, c’était « aux trois mailletz », club de jazz du quartier St Michel à Paris et qui a vu passer les plus grands, une vraie cave comme on n’en fait plus; où l’on pouvait écouter de la bonne musique tout en buvant un coup et en fumant une pipe…

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Il s’est fait d’abord connaître sous le nom de Peter Chatman et ce n’est que bien plus tard qu’il a choisit le pseudonyme de Memphis Slim, nom de la ville d’où il est originaire.
Il commence à jouer du piano dans les années 1920 avant de partir pour Chicago où il rencontre Willie Dixon. C’est après une tournée en Europe qu’il s’installe à Paris.
On lui doit près de 300 albums mais j’avoue que j’ai un faible pour every days i have the blues.

L‘auteur-illustrateur Jean Claverie a dédié à Memphis Slim les deux livres pour enfants qu’il a consacrés au blues, Little Lou (1990) et La route du sud (2003), s’inspirant de lui pour son personnage de petit pianiste. Memphis Slim a préfacé le premier d’entre eux mais est mort avant d’avoir pu voir le livre terminé. On a souvent dit que le jazz de Memphis Slim était un peu trop sage, trop « propre sur soi », c’est peu être pour cela que notre ministre perpétuel de la culture, Jack Lang, l’a décoré de l’ordre des arts et des lettres. Ici à gauche, c’est une photo de Bill Coleman lors d’un passage aux trois Mailletz.

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.


Distro ar Gelted…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis de la diaspora bretonne et du biniou koz réunis, bonjour !

Nous sommes arrivés ensemble jusqu’à ce mercredi 29 août, douzième jour de Fructidor dédié au fenouil, ce qui prouve, si besoin était, qu’il ne faut douter de rien…

Voici un poème que l’on doit à Youenn GWERNIG qui aurait eu 87 ans aujourd’hui. Il était né à Scaër et s’est éteint le 29 août 2006 à Douarnenez.  J’ai eu le bonheur de rencontrer le grand Youenn à plusieurs reprises et c’était toujours un bonheur de l’entendre raconter son aventure américaine, ses rencontres avec les artistes de la beat génération et son amitié avec Jack Kerouac. Dans les années 50, Youenn qui exerce alors la profession de sculpteur sur bois, rencontre un certain Milig Le SCANV, qui sera connu plus tard sous le nom de GLENMOR. Ce dernier l’entraîne alors dans sa petite troupe « Breizh a Gan », et les compères monte une opérette en breton, Genovefa. Mais l’époque est difficile pour l’identité bretonne, le souvenir de la guerre est encore chaud et l’héritage de certains « Breiz Atao » dur à porter. En 1957 Youenn s’embarque pour les Etats-Unis. Il y passera une douzaine d’années, exerçant ses talents de sculpteur dans le Bronx et s’essayant à l’écriture. En 1982 paraîtra La grande tribu, roman autobiographique dans lequel il raconte son expérience américaine.

Voici ce qu’en disait le réalisateur brestois Jean-Charles Huitorel qui lui a consacré deux documentaires:

« Je pense que nous ne sommes encore qu’au tout début de la découverte de la formidable empreinte que Youenn Gwernig a laissée dans la culture bretonne, comme Glenmor, Xavier Grall ou Servat. Il a ouvert un nouvel espace d’expression mariant la langue bretonne à une expression contemporaine. Je retiens de lui sa grande jubilation à passer d’une langue à une autre, breton, anglais, français, incarnée dans sa chanson Identity. Et je me souviens à quel point l’homme et l’oeuvre fusionnaient dans les mêmes valeurs humanistes et universelles. »

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A son retour en Bretagne, il refuse de s’acquitter de la redevance TV afin de protester contre le traitement que subit la langue bretonne sur la station régionale de FR3. Comble de l’ironie, c’est à lui que la chaîne fera appel de 1983 à 1989 pour diriger les programmes en breton. Je repense souvent à ce colosse à la carrure de bûcheron qui m’évoque immanquablement la stature et le style de Félix Leclerc.

Allez, merci à vous d’avoir fait le détour par ici, portez vous bien et à demain peut-être.

Détaché mais pas indifférent…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis du surréalisme et de la dure réalité réunis, bonjour !

Nous sommes le lundi 27 août 2012, dixième jour de Fructidor dédié à l’échelle.

Si je vous dis Emmanuel Rudzitsky, je vous connais, vous allez rester aussi songeur qu’une poule devant une clé à molette…Et pourtant, si je vous dis Man Ray, subitement tout s’éclaire et vous revoyez la croupe hospitalière de Kiki de Montparnasse se prenant pour le violon d’Ingres.

Man RAY donc, puisque c’est de lui que l’on parle, est né à Philadelphie un 27 août en 1890, il est mort à Paris en 1976. Entre les deux il a fait de la photographie un art véritable. A New York avec son ami Marcel Duchamp, ils ont bien tenté de représenter la forme américaine du mouvement Dada, avant de conclure: « Dada ne peut pas vivre à New York ».

En juillet 1921, Man Ray revient en France et Duchamp le présente aussitôt aux surréalistes, Aragon, André Breton, Paul Eluard, Philippe Soupault… Evidemment, il s’installe à Montparnasse et ne tarde pas à tomber amoureux du fameux modèle Kiki de Montparnasse. Il va aussi rencontrer Paul Poiret qui va lui permettre de réaliser beaucoup de photos de mode.(à gauche,Man Ray et Duchamp sur les hauteurs de Paris)

C‘est en 1925 que ses oeuvres seront présentées lors de la première exposition surréaliste de la galerie Pierre en compagnie de Jean Arp, Max Ernst, Miro et Picasso, excusez du peu !

Ami des mécènes Marie-Laure et Charles de Noailles, il tournera son troisième film, Les mystères du château de Dé dans leur villa de Hyères (1929). Il avait tourné auparavant, A quoi rêvent les jeunes films (1924).

Pendant trente ans, Man Ray va révolutionner l’art photographique, en 1940 il rejoint Lisbonne et s’embarque pour les Etats-Unis en compagnie de Salvador Dali et Gala ainsi que le cinéaste René Clair. A Hollywood il rencontre Juliet qui deviendra sa femme et se remet à la peinture.

Il va rejoindre quelques grands noms du surréalisme en devenant Satrape du collège de Pataphysique en 1963. Inhumé au cimetière de Montparnasse, on peut lire sur sa tombe son épitaphe:Unconcerned, but not indifferent – Détaché mais pas indifférent.

Al’heure du tout numérique, il est intéressant de se souvenir de ces bricoleurs de génie qui ont fait de la photographie, un art à part entière. Quel regard porteraient-ils aujourd’hui sur ce monde en gésine ? Relisons Aragon.

Les gens les gens Dieu les emmerde

Naître qui me le demanda

C’était l’époque de Dada

Qu’importe que l’on gagne ou perde

Renverse ta vie et ton vin

Tout nous paraissait ridicule

A nous sans soleil ni calcul

Enfants damnés des années vingt.


Allez, attention, le petit oiseau va sortir; portez vous bien et à demain peut-être.

 

Un faux air de faussaire…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis de la culture partagée et du chinchard grillé réunis, bonjour !

Nous sommes le vendredi 24 août, 7è jour de fructidor dédié au sucrion dans le calendrier républicain. Je soupçonne Fabre d’Eglantine d’avoir un peu abusé de boissons fortement fermentées car le 4 de fructidor était lui dédié à l’escourgeon qui est à peu près la même espèce d’orge.

La semaine dernière, Gueveur m’invitait à me rendre à Douarnenez pour suivre l’intervention de Lucio Urtubia dans le cadre du festival de cinéma qui s’y tient. Hélas je n’ai pu faire le déplacement. Fort heureusement, le site Dilhad sul ( dont je vous ai déjà dit tout le bien que j’en pensais) y a dépêché un envoyé spécial, Gérard Alle à qui l’on doit le compte-rendu ci après. Je vous le propose in extenso sans l’aimable autorisation de l’auteur. La prochaine fois que je passe à Douarn, je lui paye une bière…

« S’il fallait recommencer, je recommencerais ». Sans regret, ni hésitation, Lucio raconte ses luttes, ses engagements. Né en 1931 dans le village de Cascante, en Navarre, Lucio se réfugie en France en 1954. Maçon, anarchiste, déserteur, faux-monnayeur, ce personnage rocambolesque est d’abord militant. Un militant de l’honnêteté, du devoir de créativité, de la responsabilité. Rencontre.

« Véritable légende vivante, Lucio Urtubia Jiménez était à Douarnenez pour le Festival de cinéma. Il est considéré comme le dernier specimen des « bandidos buenos » (les bons bandits). Né dans une famille pauvre, il déserte l’armée sous Franco, après avoir créé un réseau de vol de denrées et de vêtements militaires, et s’exile en France. Traqué par Interpol et la PJ, il braque des banques, puis fabrique de la fausse monnaie et des faux papiers, le tout au bénéfice de quantité d’organisations révolutionnaires à travers le monde. Il rencontre Che Guevarra et lui propose de fabriquer à Cuba des millions de faux dollars pour faire plonger l’économie américaine. Mais l’entrevue se passe mal et le projet est rejeté.

Le jour, Lucio travaille sur les chantiers comme maçon et carreleur ; la nuit, il travaille clandestinement, chez un imprimeur anarchiste. Et il fera ça pendant la majeure partie de sa vie.

Son plus haut fait d’armes date des années 80, avec la fabrication massive de travellers chèques de la Citibank, la plus grande banque du monde, pour une valeur de 20 millions de dollars. Arrêté et défendu par Roland Dumas, il refuse la proposition de la Citibank (5 ans de prison, restitution des plaques d’impression et d’une partie de l’argent). Au directeur de la banque, écœuré de devoir négocier avec un simple maçon, il dit : « C’est vous, qui êtes les bandits, pas moi. Alors, je n’irai pas en prison. Et c’est vous qui me donnerez l’argent, en échange des plaques ». Pendant ce temps, les faux travellers sont toujours fabriqués par des complices et envahissent un nombre croissant de pays. Acculé, le banquier doit se soumettre au maçon. Et l’argent ira aux mouvements politiques. De la Bande à Baader aux Tupamaros, on ne compte plus les bénéficiaires. Convaincu que jamais la jeunesse n’a été aussi libertaire dans le monde, Lucio, 81 ans, est résolument optimiste : la révolution mondiale est en marche. Et il encourage les jeunes à désobéir. Il vit au dessus le l’Espace Louise Michel qu’il a créé, à Paris, et sa porte est ouverte pour quiconque veut discuter avec lui.

A voir absolument : Lucio, le superbe documentaire de Aitor Arregi et Jose Mari Goenaga, à nouveau projeté le samedi 25, à la MJC de Douarnenez. »

Gérard Alle.  voir son site

Voilà pour aujourd’hui, en attendant la suite, portez vous bien et à demain peut-être.

Henri Cartier-Bresson

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis de l’argentique et du mouton de prés salés réunis, bonjour !

Nous sommes le mercredi 22 août 2012, 5è jour de Fructidor dédié au saumon. On sait trop peu que le grand photographe Henri Cartier-Bresson ne cachait pas ses sympathies pour les idées libertaires. Rendons lui un petit hommage en ce jour anniversaire.

Le 22 août 1908, naissance de Henri CARTIER-BRESSON, à Chanteloup (Seine-et-Marne) France. L’un des plus grands photographes du siècle et aussi un anarchiste de coeur qui ne cesse d’invoquer le plus célèbre révolté: Bakounine.

Sa famille, propriétaire d’une manufacture de coton à Pantin, essaye sans succès de lui transmettre une éducation bourgeoise et chrétienne. « Jamais! jamais! je n’ai eu la foi. C’était impossible (…) » Très jeune révolté, il refuse l’esprit de compétion du sport et se passionne pour la peinture, ce qui l’amène à fréquenter les surréalistes. Mais il abandonne la peinture et part à la découverte du monde avec un « Leïca ». En 1932, ses premières photographies sont nées à New York. En 1934, il part un an au Mexique où il témoigne de la vie dans les quartiers pauvres de Mexico.( La photo de droite est prise dans la prison de Leesbury aux Etats-Unis en 1975 ). En 1935, il est aux Etats-Unis où il s’initie au cinéma. En 1936-39, il est de retour en France et travaille comme assistant de Jean Renoir. En 1937, il réalise durant la révolution espagnole un documentaire sur les hôpitaux républicains « Victoire de la vie ». En 1940, il est emprisonné par les Allemands mais il parvient à s’évader en 1943 (après deux tentatives infructueuses), il prend alors part à une organisation clandestine d’aide aux prisonniers. Il photographie ensuite la libération de Paris puis retourne aux USA. En 1947, il fonde avec Robert Capa, David Seymour et Georges Rodger l’agence coopérative « Magnum Photos » qui deviendra la prestigieuse agence que l’on sait. De 1948 à 50, il séjourne en Inde, en Birmanie, en Chine (durant les 6 premiers mois de la Chine populaire), puis en Indonésie (lors de l’indépendance). En 1954, il est le premier photographe occidental à se rendre en Russie. En 1960, il est à Cuba puis au Mexique, etc. En 1966, il quitte l’agence Magnum mais poursuit la photographie et les editions. En 1974, il abandonne les reportages photos pour se consacrer au dessin. Le 1er mai 2000, il participe avec un recueil de photos « Vers un autre futur, un regard libertaire » aux manifestations de la CNT française. En mai 2003, est créée à Paris la Fondation HCB.

Le 3 août 2004, cet anarchiste empreint de philosophie bouddhiste et d’humanisme s’éteint chez lui à Céreste.

« L’anarchie c’est une éthique avant tout. Une éthique d’homme libre. Relisez Bakounine »

« Dans un monde qui s’écroule sous le poids de la rentabilité, envahi par les sirènes ravageuses de la Techno-science, la voracité du pouvoir, par la mondialisation -nouvel esclavage- au delà de tout celà, l’Amitié, l’Amour existent« . Sources:Ephéméride Anarchiste

Allez, en attendant la rentrée, portez vous bien et à demain peut-être.