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L’acacia m’est connu…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT, TRADITION

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Amis du matérialisme dialectique et de la crêpe suzette réunis, bonjour !

Pour le 2 juin, 14è jour de prairial, les républicains avaient décidé d’en faire le jour de l’acacia sur leur calendrier. Plante, ô combien symbolique, qui illustre la légende d’Hiram, base de toute initiation aux différentes maçonneries.

Tiens, c’est amusant car c’est un 2 juin en 1743 que vint au monde celui qui allait devenir célèbre sous le pseudonyme de Comte de Cagliostro mais qui s’appelait en vérité Joseph Balasamo. C’était un aventurier qui se prétendait descendant du Comte de St-Germain. Sa carrière fut brisée lors de l’affaire dite du « collier de la reine » où il se trouva engagé par le cardinal de Rohan. Il mourut en 1795, incarcéré depuis de longues années par les bons soins de la Sainte Inquisition. C’est lui qui importa en France la Franc-Maçonnerie dite égyptienne, connue aujourd’hui sous le nom de rite de Memphis-Misraïm.

C’est sous la Grande Maîtrise de Garibaldi, en 1881, après bien des discussions, que les Rites de Memphis et de Misraïm, qui avaient dans la plupart des Pays les mêmes Hauts Dignitaires, fusionnèrent. Cette fusion fut officialisée à Naples en 1899 et prit le nom de « Rite Oriental Ancien et Primitif de Memphis-Misraïm ». Garibaldi fut souvent désigné comme « véritable citoyen du Monde » et défini comme « Chevalier de l’Humanité”. Il était avant tout un « rassembleur » estimé pour sa sincère abnégation, son intégrité et son courage. Il eut un grand rêve : « Les Etats-Unis d’Europe ». Il prônait l’unité entre les hommes et était convaincu de la nécessité de lutter « pour l’Humanité et la Liberté en général ». C’est au cours de la défense de Montévidéo que les troupes italiennes qu’il commande vont endosser les fameuses chemises rouges qui vont tant contribuer à asseoir son mythe.

Adversaire irréductible de l’Eglise romaine, il réclamait la séparation de l’Eglise et de l’Etat. Il voulait introduire l’instruction obligatoire, gratuite et laïque en supprimant les congrégations religieuses ; cependant, il refusait l’athéisme, l’indifférence et le « misérable matérialisme »; Victor Hugo écrivit de lui : « Garibaldi, qu’est-ce que Garibaldi ? C’est un homme, rien de plus. Mais un homme dans toute l’acception sublime du mot. Un homme de la liberté, un homme de l’humanité ».

Son testament est aussi bref qu’éloquent: »Je lègue : mon amour pour la Liberté et la Vérité ; ma haine du mensonge et de la tyrannie « .

Voilà donc pour ce 1000è billet posté sur « les cénobites tranquilles ». Comme disent les « oscarisés », je remercie Dieu, mon père ma mère, mes frères et mes soeurs, toute l’équipe technique de « MagicStudio », mon producteur, les lapins de Keramoal, ma fiancée, et surtout votre fidèle indulgence. Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

 

A tous les enfants…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis de l’antinomie et du chou de Bruxelles réunis, bonjour !

Nous voici le mardi 29 mai, dixième jour de Prairial dédié à la Faux. Nos cousins de la belle province continuent contre vents et marées de défier l’entêtement imbécile d’un pouvoir acculé et condamné à forcir la répression. Cela m’a fait penser à cette admirable artiste qui a beaucoup chanté les poètes québecois: Catherine Sauvage. C’est aujourd’hui l’anniversaire du jour de sa naissance, un 29 mai 1929…

Dès le lycée, elle s’oriente vers le théâtre où elle joue sous son véritable nom, Janine Saunier. Après huit ans d’études du piano, au chant et à l’art dramatique, elle rencontre dans les années 1950 Léo Ferré, qui lui compose entre autres Paris Canaille et Graine d’ananar. En 1954, elle obtient le « Premier prix du disque » pour la chanson L’Homme de Ferré. En tournée au Canada, elle fait la connaissance de Gilles Vigneault qui lui donne Mon Pays, Le Corbeau, la Manikoutai.

Arrivée à Paris, elle adopte le patronyme Sauvage, elle va chanter au « Quod-Libet », à « l’Arlequin », au « Boeuf sur le toit » et puis bien sur à « L’écluse ».

Elle contribue à faire connaître Léo Ferré en interprétant ses chansons : « Ça a été la rencontre de ma vie. Comme un bonheur n’arrive jamais seul, dit-on, Jacques Canetti est venu m’écouter un beau soir. Il était toujours à la recherche d’artistes pour la firme de disques dont il était le directeur artistique ainsi que pour les « Trois Baudets » qu’il avait créé.  » Ci-après elle interprète un texte de Boris Vian.

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Catherine Sauvage a chanté Louis Aragon, Jacques Audiberti, Charles Baudelaire, Bertolt Brecht, Francis Carco, Colette, Robert Desnos, Paul Éluard, Alfred Jarry, Federico Garcia Lorca, Victor Hugo, Pierre MacOrlan, Jacques Prévert, Raymond Queneau, Pierre Seghers, Charles Trenet, Gilles Vigneault. Pas vraiment le genre d’auteurs que l’on retrouve à l’Eurovision…

« Je chante Léo depuis toujours… il représente l’une des grandes rencontres de ma Aux trois baudets avec Brassenscarrière, l’autre étant le pianiste accompagnateur Jacques Loussier, lui aussi je l’ai connu lorsqu’il démarrait dans le métier. En 1949, avec Léo Ferré, nous partagions la même scène au cabaret « Les Trois Maillets » au 56 rue Galande, dans le cinquième arrondissement de Paris. Nous avons eu des succès communs. En 1954, mon interprétation de L’Homme m’a valu le Grand Prix du Disque. » Léo Ferré, dit d’elle : « c’est elle qui chante mes chansons avec la plus grande conviction. Je la préfère à toutes les autres. Elle a enregistré près d’une centaine de mes chansons. » Elle a enregistré «  Avec le temps » avant Léo Ferré, en 1972.

Après les Trois-Baudets en 1953, elle passe en vedette en 1954 à l’Olympia, en 1955, puis en 1960, à Bobino pour un long tour de chant. Toujours dans cette salle, elle fait un retour en 1968 et occupe la tête d’affiche. Elle interprète aussi bien Léo Ferré, Louis Aragon que Gilles Vigneault, poète alors inconnu qu’elle rencontre au Québec et dont elle est la première à chanter les textes en France. En 1991, elle enregistre un album entièrement consacré à Jacques Prévert.

Sa dernière apparition en scène a été pour les Francofolies de La Rochelle en juillet 1994. Elle a également joué au théâtre dans des pièces comme L’échange de Paul Claudel, Le Cercle de Craie caucasien de Bertolt Brecht. Catherine Sauvage est l’une des 250 personnalités qui, constatant la montée en puissance du Front national, ont lancé l’« Appel des 250 » (1990) qui donna naissance au mouvement « Ras l’front ». Elle meurt en mai 1998.

Allez, voilà pour aujourd’hui, en attendant la suite, portez vous bien et à demain peut-être.

 

Chanson réaliste…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis de la nostalgie et du far breton réunis, bonjour !

Aujourdhui, 27 mai, cest le 8è jour de prairial dédié au lis martagon.

Hier il y avait à la télévision, un nouveau jeu retransmis en eurovision s’il vous plaît… C’est assez simple dans sa conception, il s’agit de crier le plus fort possible au milieu d’une débauche d’effets spéciaux. J’imagine qu’il y a tout un tas de capteurs qui enregistrent les décibels. Au surplus, les commentaires sont aussi plats que la plupart des costumes sont grotesques. Vous vous souvenez, madame Michu, de ces chanteurs qui avaient de la voix ?

Je voulais évoquer une figure de la chanson réaliste que sans doute les moins de vingt ans ne doivent pas connaître. Et pourtant, qui n’a pas un jour entendu la tante Ginette ou le cousin Jules entonner lors des noces et banquets familiaux une de ses rengaines.

je veux parler de Berthe Francine Ernestine FAQUET plus connue sous le nom de Berthe SYLVA. Allez, souvenez vous, les roses blanches, du gris, on a pas tous les jours vingt ans, Frou-frou… Elle aurait passé son enfance à Brest avant de se faire employer comme femme de chambre. On dit qu’elle serait née un 7 février 1885 à Kerloïs en Lambézéllec tout près de l’ermitage de Keramoal, village qui aujourd’hui est devenu un quartier de Brest.

Elle se serait mise à la chanson vers 1910, après avoir abandonné un premier enfant. De ses débuts, on ne possède pas beaucoup de témoignages, excepté une interview durant laquelle elle parle de voyages en Amérique du Sud, en Russie, en Roumanie et en Égypte, ainsi qu’une photo prise pendant la Première Guerre mondiale, sur laquelle on la voit aux côtés d’Eugénie Buffet et du chansonnier aveugle René de Buxeuil.

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En 1928, Berthe Sylva est employée au Caveau de la République. Léon Raiter la remarque et lui propose de passer à l’antenne de Radio Tour Eiffel. Cest grâce à Léon Raiter, l’auteur des Roses Blanches, qu’elle se met à enregistrer.Le succès est foudroyant. Le Raccommodeur de Faïence, enregistré en 1929, se serait vendu à 200 000 exemplaires en deux ans. Les tournées en province se multiplient. Elle partage un moment l’affiche avec Fred Gouin, aujourd’hui tombé dans loubli, avec qui elle grave des duos tels Ferme tes jolis yeux (1932). Leur relation est passionnelle. Fred Gouin fut très affecté par la perte de son amante et amie. Il prit le maquis durant les années de guerre, puis quitta le monde de la chanson pour se reconvertir dans le commerce des frites.

Berthe Sylva se fixe à Marseille au moment de l’Armistice de 1940. Le chanteur Darcelys y fut l’un de ses amis les plus fidèles. Elle meurt minée par la boisson et la pauvreté. Sa maison de disques finance les obsèques auxquelles seuls quelques amis assistent. Sa dépouille fut transférée à la fosse commune. Quelques années après, il ne se trouva personne pour renouveler la concession qui fut levée. Après sa disparition, on retiendra d’elle, non pas les chansons qui racontent les bluettes et les joies du bal, mais celles qui dénoncent la misère, l’injustice, l’enfance blessée, la perte d’un être cher, la désillusion et l’échec sentimental. Berthe Sylva est décédée le 26 mai 1941 à Marseille.

Et bien voila qui nous change des bluesmen du Mississippi et de Chicago. Mais enfin, la chanson réaliste française cest un peu notre blues à nous qu’on a… Allez, vive l’éclectisme, portez vous bien et à demain peut-être.

Ascenseur pour les fachos…

Posté par erwandekeramoal dans JAZZ, PORTRAIT

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Amis du Jazz-dans-tous-ses-états et du double scotch réunis, bonjour !

Nous sommes le vendredi 25 mai, c’est le sixième jour de Prairial dédié à la Mélisse. L’an passé les jardins de Keramoal avaient vu fleurir un plant de Mélisse-citronnelle mais hélas, le gel de l’hiver ne lui a laissé aucune chance. Or donc, replantation ce printemps. Le titre de ce billet m’a été inspiré par la montée du vote d’extrême droite en Europe. Quelquefois je rêve que je suis éditorialiste à Libé… Mais ça ne dure pas longtemps, rassurez vous.

Le 25 mai 1996 voit le décès de Barney WILEN. C’est un des grands saxophonistes Français et, c’est assez rare pour le noter.

Il a débuté sa carrière en se produisant dans les boites du coté de Nice sous l’incitation de Blaise Cendrars (il faudra que je consacre un billet à cet immense poète; à moins que je ne l’ai déjà fait…). On lui doit d’avoir travaillé avec Miles Davis sur la bande originale du film « ascenseur pour l’échafaud ». Miles Davis qui lui est né un 25 mai en 1926, étonnant non !

 

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Plus tard il a enregistré avec le fameux quintette de Thélonious Monk et on lui doit aussi la musique du film « Les liaisons dangereuses » de Roger Vadim.

La bande dessinée de Loustal, « Barney et la note bleue » est largement inspirée de sa vie. Plus tard il en a d’ailleurs tiré un disque intitulé « La note bleue ».

Je vous conseille particulièrement « Cookin’ at st germain » avec Bud Powell.

Bon, et bien voilà, le soleil est de retour sur la pointe bretonne; encore un peu et l’on se plaindra de la chaleur… En attendant la canicule, portez vous bien et à demain peut-être.

L’ENDEHORS…

Posté par erwandekeramoal dans ANARCHISME, PORTRAIT

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Amis de la liberté de conscience et du canard laqué réunis, bonjour !

Nous sommes le jeudi 24 mai, cinquième jour de Prairial dédié au canard. Ceci explique cela… A propos de canard, en voici un qui n’était pas boiteux et qui a laissé son nom dans l’histoire de la presse libertaire.

Le 24 mai 1864, naissance de ZO D’AXA (de son vrai nom Alphonse GALLAUD) à Paris. Pamphlétaire et propagandiste de l’anarchisme individualiste, fondateur de journaux, et écrivain. Pour échapper au joug d’une famille bourgeoise, il s’engage à 18 ans dans l’armée mais, se rendant compte de son erreur, il déserte… en compagnie de la jeune femme de son capitaine! Ce qui, de mon point de vue, méritait déjà une médaille. Il se réfugie à Bruxelles, où il débute dans le journalisme. Après un séjour en Suisse, puis en Italie, il rentre en France à l’amnistie de 1889. En mai 1891, il publie le premier numéro de l’hebdomadaire « L’Endehors » (titre qui à lui seul définit sa pensée philosophique). De nombreux anarchistes y collaborent, mais le journal est bientôt condamné par la justice. Après l’arrestation de Ravachol et de ses compagnons, Zo d’Axa lance une souscription pour aider les familles des détenus. Pour ce motif, il est arrêté et subit un mois de prison à Mazas. Libéré, il est de nouveau inquiété et préfère s’exiler à Londres. Il voyage ensuite en Europe. Expulsé d’Italie, il rejoint la Grèce, puis Constantinople. Le 1er janvier 1893, il est arrêté en débarquant à Jaffa, et mis au fer sur un navire français qui le ramène à Paris, où il purgera 18 mois de prison. A sa sortie, il publie le livre « De Mazas à Jérusalem », qui obtient un vif succès. Il existe un blog, savoureusement libertaire, qui porte le nom d’en dehors.

En 1898, c’est l’affaire Dreyfus. Zo d’Axa publie  » la feuille » pamphlet illustré par Steinlen (dont je reproduis ci contre, un bois gravé), Luce, Willette, Hermann Paul, etc.

Il y pourfend les institutions mais aussi les foules moutonnières. « L’honnête ouvrier n’a que ce qu’il mérite ». Son grand succès sera la présentation de l’âne nommé « Nul » aux élections et qui, recueillant les bulletins blancs ou nuls, sera déclaré élu par « La Feuille », après une bagarre mémorable dans les rues de Paris, entre « partisans de l’âne et partisans de l’ordre » ; dernier baroud d’honneur pour Zo d’Axa. Il quitte ensuite la France, et voyage dans le monde entier, de la Chine aux Amériques, en passant par l’Afrique, avant de venir se fixer à Marseille. Il choisira une mort volontaire, le 30 août 1930. Lire sa biographie réalisée par Alexandre Najjar: « Le mousquetaire Zo d’Axa 1864-1930″.

Voilà pour aujourd’hui, portez vous bien et à demain peut-être.

 

Viva Donovan…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis des sixties et du poulet fermier réunis, bonjour !

Nous voici le 10 mai, 21è jour de floréal dédié à la statice, rien à voir avec l’Insee, c’est une petite plante que l’on peut apercevoir sur nos côtes. Je ne sais pas si c’est l’arrivée de Hollande ou le départ de Sarko, en tous cas, je suis atteint d’un flemme irrémédiable. Résultat, voici un billet déjà paru l’année dernière.

Ce jour est aussi l’anniversaire de Donovan Leitch né en 1946 à Maryhill près de Glasgow, en Ecosse. Enfant, il contracte la poliomyélite qui le laissera boiteux toute sa vie. Sa famille s’installe à Londres quand il a dix ans où il apprend la guitare en s’inspirant des musiques folkloriques anglaise et écossaise. Après de brèves études aux Beaux-Arts, il voyage en « beatnik » depuis sa découverte de Bob Dylan, et écrit des chansons.

En enregistrant la maquette de « Catch The Wind », il fait la rencontre de Brian Jones et de celle qui va devenir sa muse, Linda Anne Lawrence. Remarqué par le producteur de l’émission Ready Steady Go!, son passage en 1965 lance sa carrière. Le 45 tours est aussitôt suivi par « Colours ». Alors considéré comme un clone de Dylan aux Etats-Unis, Donovan jouit d’une renommée en Europe, notamment en France où paraît le sautillant « Hey Gyp ». Bon, on écoutait aussi Malicorne et Led Zep…Brigitte Fontaine et Higelin, The Doors et Ferré.

La première grande apparition publique de Donovan a lieu le 11/4/1965 à Wembley. Pour la première fois, un journaliste utilise le terme « folk rock ». Quelques semaines plus tard, Donovan fait la connaissance de Joan Baez et de Dylan alors en tournée anglaise. Son premier album Catch the Wind est un gros succès en Angleterre et fait de lui la vedette du festival américain de Newport en juillet. Il reprend la chanson « Universal Soldier » de Buffy Sainte-Marie en réaction à la guerre au Vietnam.

Donovan s’éloigne alors du folk rock et s’oriente avant la lettre vers le psychédélisme. « Sunshine Superman » (voir la pochette à gauche) sort aux Etats-Unis en juillet 1966 où il atteint la première place au Billboard ; cette chanson est considérée à juste titre comme le premier hit du genre psychédélique. Début 1966, un documentaire intitulé A Boy Called Donovan le montre fumant un joint. Adepte du LSD et de la marijuana, Donovan est la première pop star à être arrêtée pour possession de drogue. Le gouvernement américain lui interdit alors l’entrée sur le territoire.

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Sous son aspect angélique et inoffensif, sa voix mélodieuse et sensuelle, Donovan est non seulement un novateur mais aussi un provocateur : en 1966 sort le sulfureux Mellow Yellow (dont j’ai glissé la vidéo ci-dessus) d’aspect anodin et où il est question de vibromasseur et de détournement de mineure… Le single est un succès international (n°2 aux Etats-Unis et n°11 dans son pays), les stations de radio ne remarquant rien de « répréhensible » au texte caché. En 68 il se rend en Inde en compagnie des Beattles, nous sommes en plein Flower power, peace and love, combi VW et déjà, le shilom s’apprétait à supplanter la bouffarde…

Allez, merci d’être passé par ici, portez vous bien et à demain peut-être.

 

Le Blues et le diable…

Posté par erwandekeramoal dans JAZZ, PORTRAIT

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Amis du Delta blues et de l’endive braisée réunis, bonjour !

En ce 8 mai, 19è jour de Floréal dédié à l’Arroche (c’est une sorte d’espèce de genre d’épinard) plutôt que de fêter l’armistice qui n’en fut pas un, célébrons la naissance d’un des plus grands bluesmen que le Mississippi ait connu. Robert JOHNSON. Son oeuvre quoique mince a laissé un nombre considérable de classiques du blues.

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Né dans le Delta il s’est très tôt interessé à la musique, notamment l’harmonica avant d’opter pour la guitare. Sa rencontre avec Willie Brown le décide à faire de la musique son gagne-pain. Il parcourt le Delta, joue ici et là pour quelques dollars. Sa vie chaotique est celle d’un grand buveur, coureur de femmes qui s’attire sans cesse un tas de problèmes. Cette personnalité se reflète dans des compositions sombres, dramatiques, pleines d’images hallucinantes. La légende veut que sa virtuosité vienne d’un pacte avec le diable. un soir très sombre alors qu’il se promenait dans les alentours de Clarksdale dans le Mississippi, il se perdit à un carrefour (crossroads) c’est le titre du morceau sur la vidéo. Alors qu’il commençait à s’endormir une brise fraîche le réveilla. Il vit au-dessus de lui une ombre immense avec un long chapeau. Effrayé, ne pouvant dévisager cette apparition Johnson resta comme paralysé. Sans un mot l’apparition se pencha, prit sa guitare, l’accorda, joua quelques notes divines avant de lui rendre l’instrument et de disparaître dans le vent noir du Sud. En réalité, cette légende provient d’un autre bluesman, Tommy Johnson, qui prétendait avoir vendu son âme au diable, un soir, à un carrefour, pour obtenir sa virtuosité à la guitare. Robert Johnson aurait donc repris cette histoire à son compte, à moins que – Tommy et lui portant le même nom (Johnson) – elle ne lui ait été attribuée à tort. Cette légende et le personnage de Tommy Johnson apparaissent dans le film des frères Coen, O’Brother.

Il est mort, empoisonné dit-on, dans un bouge du Mississippi du côté de Greenwood. Durant sa courte carrière, il aura laissé 29 titres enregistrés, 3 photos et 3 tombes. Faut-il préciser qu’il appartient au « club 27″ en brillante compagnie: Jim Morrison, Janis Joplin, Jimi Hendrix, Kurt Cobain ou, plus récemment Amy Winehouse.  Sa vie, sa musique et sa mort en ont fait une légende pour plusieurs générations de bluesmen et de rockers. Son blues, torturé, rempli de référence au démon, sera repris par d’innombrables musiciens comme Muddy Waters mais aussi, plus tard, les Rolling stones, Jimi Hendrix, Bob Dylan et Eric Clapton entre autres.

Un très grand à n’en point douter.

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

 

Asteur, c’est l’heure du 4 heures…

Posté par erwandekeramoal dans JAZZ, PORTRAIT

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Amis de la vérité révélée et du livre de poche réunis, bonjour!

Nous sommes le mardi 1er mai, douzième jour de Floréal dédié au Sainfoin. Cette plante est autant appréciée des ânes que le sarkozisme des électeurs du FN. Plante mellifère par excellence on en fait un des meilleurs miels du marché. Pratiquement disparu par suite de la suppression de la culture du sainfoin comme plante fourragère, en particulier dans le Gâtinais, ce miel clair qui se teinte de jaune en se solidifiant a pourtant des atouts que lui reconnaissent les amateurs : léger, parfumé, fin et aromatique, il offre une cristallisation lente et fine. Je vous le conseille sur une crêpe de froment pour le quatre-heures; car, comme on dit à Dunkerque: Asteur, c’est l’heure du 4 heures…

Aujourd’hui, une chanteuse de jazz à la voix de miel:

Shirley Horn, née le 1er mai 1934 à Washington, D.C. (États-Unis) et décédée le 20 octobre 2005 à Washington DC, était une chanteuse et pianiste de jazz américaine.

Shirley Horn était une virtuose du piano dès son enfance. Elle devient la première pianiste et chanteuse de Jazz à 17 ans après Nat King Cole. Elle enregistre son premier album de jazz en 1960 sur le petit label Stere-o-craft. Ensuite, elle met sa carrière en suspens pendant les années 1970 et 1980 afin d’élever sa fille. Elle signe son retour en 1987.

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Elle remporte le Grammy Award de la meilleure performance vocale sur un album en 1999 pour I Remember Miles (1998). Cet album est un hommage à Miles Davis, qui l’avait découverte en 1960. Cette même année sort un album intitulé « (The ultimate collection) Best Of » dont les morceaux ont été sélectionnés par Diana Krall.

Sa voix chaude et douce souffle les ballades avec une rare profondeur et une intense émotion, sublimées par une retenue délicate. Ses arrangements confèrent une intimité unique à ses enregistrements et ses concerts, servis par une rythmique complice : Charles Ables, à la basse et Steve Williams, à la batterie, qui l’ont accompagnée pendant près de trente ans.

Même limitée par le vieillissement de sa voix, elle garda jusqu’au bout son art intact, capable de donner à une seule note une charge émotionnelle intense, par une véritable construction dramatique de l’interprétation. L’album « You Won’t Forget Me » et notamment le titre co-interprété avec Miles Davis en constitue un exemple magistral.

Voila pour ce mardi, à lire et à écouter calmement au retour de la manif. Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

Zéro de conduite…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis de la méditation transcendentale et du coq au vin réunis, bonjour!

Nous sommes le mardi 24 avril, cinquième jour de Floréal dédié au Rossignol.

Aujourd’hui, une pensée émue, et néanmoins cinéphile, pour Jean VIGO disparu trop jeune pour avoir pu donner toute la mesure de son talent..

L24 avril 1905, naissance de Jean VIGO à Paris. Cinéaste libertaire, (fils de l’anarchiste Eugène VIGO dit Miguel ALMEREYDA). Son enfance, misérable, est durement marquée par les activités de son père et ses fréquents séjours en prison. A la mort « mystérieuse » de celui-ci dans sa cellule, en 1917, (et le scandale politique qui s’en suit), Jean n’a que 12 ans, et est déjà atteint de tuberculose. C’est grâce à sa rencontre avec Lydou, fille d’un industriel polonais, qu’il peut entamer sa courte vie de cinéaste engagé.
En 1930 son premier film voit le jour : « A propos de Nice ». Il s’agit d’une virulente satyre sociale. En 1933, il tourne « Zéro de conduite ». Ce film est immédiatement interdit par la censure pour « Eloge de l’indiscipline et atteinte au prestige du corps enseignant ».

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Un autre film « Evadé du bagne », censé retracé la vie d’Eugène Dieudonné, restera en projet, et ne pourra être tourné, et c’est « L’Atalante », tournée début 1934, qui voit le jour. Jean VIGO est déjà très malade. Mais, sous des prétextes commerciaux et par peur de la censure, le film ne sortira pas dans sa version intégrale. Ah, le géantissime Michel SIMON ! La Gaumont ira même jusqu’à remplacer la musique du film que l’on devait à Maurice Jaubert par une chanson à succès de Lys Gauty « le chaland qui passe ». C’est Henri Langlois de la Cinémathèque Française qui, dans les années 50 tentera de restaurer ce qu’il restait du film.

Jean VIGO est membre de l’association des écrivains et artistes révolutionnaires à partir de 1932, il continua à fréquenter les libertaires (et notamment Jeanne Humbert qui était sa « marraine laïque »).
Sa carrière de cinéaste sera stoppée par la maladie, il meurt le 5 octobre 1934, âgé seulement de 29 ans. sources:Ephéméride Anarchiste.

Voila pour ce mardi de l’entre-deux tours où chacun va chercher sa chacune. Hollande à 30%, il en manque encore 20,01 pour être élu… Mon « zéro de conduite » à moi, s’adresse aux millions de franchouillards qui ont voté Le Pen, nous rappelant une fois encore que 20% de l’électorat ne rechigne pas à se vautrer dans les vomissures extrême-droitistes que la médiacratie à largement contribué à dédiaboliser…Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

Here’s to you Nicola & Bart…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE, PORTRAIT

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Amis de mes amis, de leurs chiens et de leurs femmes, bonjour!

Nous sommes le dimanche 22 avril, troisième jour de Floréal dédié à la Fougère et premier tour de l’élection présidentielle. Si vous me suivez depuis un moment, vous connaissez mon positionnement; si je pense que le résultat d’élections peut permettre quelques avancées sociétales (par exemple abolition de la peine de mort) je crois que les grandes avancées sociales naissent dans la lutte et le rapport de force. Voila pourquoi en ce jour de vote mes pensées vont vers N.S. Oyez pourquoi…

C‘est amusant car c’est un 22 avril en 1891 qu’est né un petit bonhomme qui allait laisser sa trace dans l’histoire du monde ouvrier et de ses luttes. Ferdinando SACCO, plus connu sous le nom de Nicola SACCO. Pour un autre Nicolas Sa…. ça pourrait bien être le début de la fin…

Militant anarchiste italo-américain victime du terrorisme étatique né un 22 avril 1891.En 1908, âgé de 17 ans, il émigre à Boston, aux USA, où il trouve un emploi d’ouvrier dans la métallurgie, puis dans l’industrie de la chaussure. D’abord socialiste, il rejoint ensuite, en 1913, le cercle anarchiste d’ Etudes Sociales où il participe avec sa compagne aux activités politiques ou culturelles du groupe jouant des pièces de théâtre. En 1916, lors d’une manifestation de soutien à la grève de Mesabi Range, dans le Minnesota, il est arrêté avec les compagnons du Cercle social. Condamné pour trouble à l’ordre public, il sera finalement gracié en appel.

En 1917, les Etats-Unis entrent dans le conflit mondial. Pour échapper à la mobilisation, Sacco se réfugie au Mexique avec une trentaine d’insoumis, dont Bartolomeo Vanzetti c’est celui qui a une grosse moustache, dont il fait la connaissance. Sacco rentre trois mois plus tard aux Etats-Unis sous un faux nom. En 1918-1919, les nouvelles lois sur l’immigration suscitent la colère des anarchistes et des attentats visent les responsables du mouvement anti-étrangers.

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En 1920, la répression policière s’abat sur le mouvement anarchiste, provoquant la mort d’Andréa Salsedo.Par ailleurs, deux braquages ont lieu, le 24 décembre 1919 à Bridgewater, et le 15 avril 1920 à South Braintree, où deux convoyeurs sont tués. Le 5 mai 1920 Sacco et Vanzetti sont arrêtés par la police.Le 16 août, Vanzetti est condamné pour le premier braquage à 15 ans de prison. Le 11 septembre 1920, Sacco et Vanzetti sont accusés du meurtre des convoyeurs. C’est le début de l’affaire « Sacco et Vanzetti« . Le procès du 31 mai au 14 juillet 1921 les déclare coupables. Des comités de soutien se créent dans le monde entier pour clamer l’innocence des deux inculpés. Mais ni les immenses manifestations internationales, ni le manque de preuves formelles ne feront reculer la « logique » juridico-politique.Le 12 mai 1926, leur condamnation à mort est confirmée. Dans la nuit du 22 au 23 août 1927, Sacco et Vanzetti sont exécutés sur la chaise électrique, suscitant une réprobation mondiale. En 1977, 50 ans après leur exécution, leurs noms sont réhabilités par le gouverneur du Massachusetts…La belle affaire !

Allez, à 20h Champomy pour tous, portez vous bien et à demain peut-être…