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On est entouré de petits…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de la météo marine et des tonnerre de Brest réunis, bonjour !

Nous sommes dimanche 15 juillet et s’éloignent déjà les flonflons du bal. En ce lendemain du jour où la Nation se souvient qu’il est toujours possible de se débarrasser des gougnafiers qui nous gouvernent je vous avoue que je suis un peu sec. Enfin, c’est une façon de parler compte tenu des conditions atmosphériques…

A propos de rois, je vous invite à accrocher aux cimaises de la galerie le portrait de l’un d’entre eux. Parolier, écrivain, poète né en juillet 1931 du côté de Nogent (ça commençait bien !) Bernard DIMEY fait partie de ces pierrots la lune qui ont hanté les bistros de Montmartre et qui nous ont laissé quelques textes sublimes. Il a été interprété par les plus grands: Montand, Aznavour, Reggiani, Patachou, Gréco et Salvador pour ne citer qu’eux. Souvenez vous de Syracuse, ou encore de Mémère chanté par Michel Simon. Ses poèmes sont ceux du monde de la nuit, de l’ivresse, de la dérive. Bernard Dimey était un « être démesuré » qui se demandait pourquoi il vivait souvent avec les « nains ». J’ai connu quelqu’un qui dans ses moments d’ivresse répétait souvent: « On est entouré de petits… », sans doute un connaisseur… .

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Bernard Dimey restera parmi les poètes du XX° siècle aux côtés de Prévert ou de Vian….Eternel angoissé par la vie qui lui filait entre les doigts au fil de ses excès, il était une des figures de la Place du Tertre dont il avait fait son refuge, et plus largement de tous les quartiers de Paris dans lesquels il déambulait des nuits entières, son carton à dessins sous le bras et dans lequel ses croquis se mélangeaient avec les bribes de poèmes ou les traits de génie qui lui venaient à l’esprit dans le feu de ses ivresses . Mouloudji disait de lui: « c’est un tragique qui ne se prends pas au sérieux » J’ai choisi, pour illustrer ce billet, un texte dit par Dimey lui même et qui devrait interpeller bon nombre de blogueurs…Ca s’appelle: Quand on n’a rien à dire.

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

 

Les raisins de la colère…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis des illusions perdues et de la mémoire retrouvée réunies, bonjour !

Bien sûr, nous sommes le 14 Juillet, fête Nationale et patali et patala comme disait mon aïeule qui, sur la fin se mélangeait un peu les pinceaux… Pour le calendrier républicain, c’est le jour de la Sauge. Dans le Mexique pré-hispanique, il existait une espèce appelée « Chia » et qui a donné son nom à l’Etat du Chiapas (saluons le Sous-commandant Marcos). D’ailleurs, mon aïeule, qui en connaissait un rayon, répétait à loisirs (et à nous aussi): qui a de la sauge en son jardin, n’a point besoin de médecin…

Par nature j’émets des réserves envers tout ce qui se réclame du National: Le drapeau national, l’équipe nationale, la gendarmerie nationale… Si j’avais   « le choix dans la date » pour commémorer quelque chose, ce serait le 14 juillet 1896, naissance de Buenaventura Durruti, anarchiste Espagnol qui donna son nom à une fameuse colonne de combattants anti-franquistes ou bien 14 Juillet 1934 la naissance de Gotlieb pour son « Fluide glacial » mais encore le 14 juillet 1993, la mort de Léo Ferré pour « la mémoire et la mer » et pourquoi pas le 14 juillet 2003, le dernier chant de Compay Segundo et ses Montecristo N°5…

Mais, j’ai une tendresse particulière pour le 14 juillet 1912 parce que c’est la naissance de Woody GUTHRIE. Sa mère le baptisa Woodrow Wilson Guthrie en hommage au président Wilson, elle est morte de la maladie d’Huntington non sans l’avoir transmise à son fils. Son père était un authentique cow boy qui s’installa en Oklahoma (à l’époque territoire indien) à la fin du XIXè siècle.

Figure de proue du mouvement folk des années 1960, Woody Guthrie est avant tout un musicien de country. Il s’engage très tôt dans l’action publique et part pour la Californie comme de nombreux Okies chassés par la misère (c’est le thème du livre, et du film « les raisins de la colère »). Il s’installe au coeur des luttes sociales, s’opposant aux milices des entreprises fruitières et à la complaisance de la police et de la justice.

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L‘une de ses plus célèbres chansons de l’époque est « Deportee » inspirée par le crash d’un avion transportant des émigrés mexicains. On lui doit aussi une magnifique ballade sur Tom Joad, le héros de Steinbeck. Puis ce sont les années New-Yorkaise et Greenwich Village, la protest song en compagnie de Pete Seeger avec qui il fonde le groupe Almanac Singers. Woody Guthrie est mort en 1967, sa musique a eu une influence considérable sur la culture contemporaine des Etats Unis. Fier des ses convictions politiques, il inscrivait sur toutes ses guitares: This Machine Kills Fascists.

On peut lire « en route pour la gloire » chez Albin Michel qui donna lieu à un film en 1976, présenté à Cannes et réalisé par Hal Ashby.

Sa petite fille (ici à gauche) Sarah Lee Guthrie a repris le flambeau et chante en compagnie de Jhonny Irion dont l’oncle n’est autre que Thomas Steinbeck le propre fils de John Steinbeck.

Seulement voilà, ce n’est pas à moi que l’on demande de choisir une date pour la fête nationale et c’est très bien comme cela. Le petit peuple peut donc continuer à chanter « la marseillaise » cet affreux chant de guerre sous le gonfanon aux trois couleurs alors que moi, le noir me va très bien…

Allez, rendez vous au bal des vampires pompiers, portez vous bien et à demain peut-être.

 

Le temps des cerises…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis du temps des cerises et du clafoutis réunis, bonjour !

Nous sommes le samedi 7 juillet 2012 et certains vous ferons croire que nous sommes le 19 de messidor, journée consacrée à la cerise. Ah, le temps des cerises ! Et justement, voici l’histoire d’un gars qui nous a quitté un 7 juillet, c’était en 2006. Après avoir connu le succès, il s’est retiré et n’a jamais réussi à se refaire la cerise. Il s’appelait Syd Barrett.

Roger Keith Barrett est un des membres fondateurs du groupe « Pink Floyd » dont il sera exclu en 1968 à cause de son comportement dû à la drogue et sans doute aussi à sa schizophrénie.

Dans les années 60 il joue dans divers groupes et notamment les « T-SET » mais, en 65, ils sont contraints de changer de nom et c’est Barrett qui trouve le nouveau nom en juxtaposant les noms de deux joueurs de Blues: Pink Anderson et Floyd Council. Ils deviennent donc The Pink Floyd Sound puis simplement Pink Floyd.

En 1967, il est le principal auteur et compositeur du premier album, The piper at the gates of dawn. On le considère généralement comme l’un des guitaristes initiateurs de la musique psychédélique. Il faut dire que c’était l’époque où le LSD se répandait plus vite que la Gitane Maïs. Avec l’arrivée de David Gilmour dans le groupe, les choses tournent mal et Barrett en est exclu en avril 68. (…C’est pas comme en avril, en avril 68, Lochu tu t’en souviens.) Je me souviens avoir assisté à un concert des Pink Floyd, c’était en juin 1974 à Poitiers, c’était à proprement parler…Hallucinant ! Tiens, vous vous souvenez de ça…

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Syd Barrett va enregistrer deux albums solo dans les années qui suivent. Alors que Pink Floyd enregistre Wish you where here, Syd rend visite à son ancien groupe. Il est décrit par ceux qui ont vécu la scène comme ayant grossi, rasé, y compris les sourcils, et ayant un comportement étrange (sautant partout et se brossant les dents). Les membres de Pink Floyd, dans un premier temps, ne le reconnaissent même pas. Roger Waters confie s’être effondré en larmes quand on lui dit qu’il s’agit de Syd.

Syd Barrett va ensuite se retirer dans la banlieue de Cambridge où il va finir sa vie en ermite. Sa soeur raconte qu’il avait perdu tout intérêt pour la musique Pop et qu’il n’écoutait plus que du Jazz.. Le mystère reste donc entier sur les causes de cette réclusion volontaire. Dans une interview accordée au Sunday Times , sa soeur le décrit comme « un homme ordinaire et aimable » qui « ne souffrait pas de maladie mentale  pendant les 25 dernières années de sa vie ». Un drôle de cénobite ce Syd Barrett…

Allez, voila pour ce jour, il faut en garder pour ceux qui viennent. Je vous remercie de votre visite et vous souhaite de vous porter le mieux du monde. Et, selon la formule consacrée, à demain peut-être.

 

Un exemple pour Peillon ?

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis de l’émancipation féminine et de la potée bretonne réunies, bonjour !

Nous sommes le vendredi 06 juillet, 18è jour de Messidor dédié à la Gesse…

J‘essaye souvent d’alimenter ma galerie de portraits par des personnages ayant eu un rapport avec la Bretagne. Voici une militante que tout un chacun s’est empressé d’oublier et qui fut pourtant pionnière en son domaine.

Anna MAHÉ est née à Bourgneuf en Retz (limite Bretagne et Vendée, le pays de Retz est célèbre pour son Grolleau gris et pour les attaches familiales de ma fiancée mais ça…) on appelait cela à l’époque, la Loire inférieure. Naissance un 31 juillet 1881. Longtemps institutrice, elle sera la compagne de Libertad, de son vrai nom Albert Joseph dont voici la photo (à droite), tout comme sa soeur Armandine. Elle assure avec lui la direction de l’anarchie tandis que sa sœur, institutrice comme elle, se charge de la trésorerie. Elles partagent toutes les deux la vie de Libertad, dont elles ont chacune un enfant. Mais elles s’engagent bientôt dans des relations affectives avec d’autres compagnons qui, comme elles, vivent au 22, rue du Chevalier-de-la-Barre, communauté d’habitat qui est aussi le siège du journal, et qui est surnommé le « Nid rouge » par la police et les journalistes. Le groupe invente les sorties en musique à la campagne où au bord de la mer (voir photo en dessous à gauche). Anna est l’auteur de nombreux articles parus dans l’anarchie ainsi que dans la presse libertaire régionale et de quelques brochures. Elle écrit en « ortografe simplifiée », estimant que les « préjugés grammaticaux et orthographiques » constituent une source de ralentissement pour l’apprentissage de la langue écrite et sont au service d’une entreprise de « distinction » des classes dominantes. Elle accuse « ces absurdités de la langue » sanctionnées par l’Académie de casser l’élan spontané de l’enfant vers le savoir et d’encombrer inutilement son esprit. Elle estime d’ailleurs trop précoce l’apprentissage de la lecture et de l’écriture ; l’initiation scientifique qui fait davantage appel à l’observation et à l’expérimentation devrait selon elle le précéder car il pourrait être un puissant stimulant pour le développement intellectuel de l’enfant.

Anna se réfère aux pédagogues libertaires Madeleine Vernet et Sébastien Faure, qui appliquent des méthodes de pédagogie active dans le cadre des internats qu’ils ont créés et animés. Elle a le projet de fonder à Montmartre un externat fonctionnant selon les mêmes principes pour les enfants du quartier, mais la réalisation de ce projet, longtemps différée pour des raisons financières, ne verra jamais le jour. Les rapports de police la décrivent comme une femme de caractère qui possède un fort ascendant sur Libertad, même après la fin de leur liaison. Pourtant, elle ne jouera plus qu’un rôle effacé après la mort de ce dernier et laissera la direction du journal à d’autres militants.

Comme quoi, la Vendée n’a pas produit que des Chouans, des contre révolutionnaires, des Puy du Fou et des brioches.

Allez, si vous êtes dans le coin demain, passez donc jeter un oeil. En attendant portez vous bien !

 

People are strange…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis de la beat génération et de la fumette réunies, bonjour !

Profitons de ce 3 juillet pour avoir une pensée pour Jim Morrison, disparu un trois juillet en 1971.

Poète inspiré ou maudit c’est selon. Il fut autant sur les traces de Kerouac que de Rimbaud et surtout Michael Macclure. poète et chanteur de rock américain, leader du groupe The Doors de 1965 à 1971. Sex-symbol provocant au comportement volontairement excessif, véritable idole de la musique rock, mais aussi intellectuel engagé dans le mouvement de la protest song, en particulier contre la guerre du Viêtnam, attiré par le chamanisme, on lui attribue une réputation de « poète maudit » que sa mort prématurée, à Paris, dans des circonstances mal élucidées, transforme en légende. A droite, le mythe…

Sitôt sorti du lycée, Morrison s’installe chez ses grands-parents à Clearwater pour suivre des cours au Saint Petersburg Junior College. En particulier, il s’inscrit dans deux cursus qui le marqueront profondément : d’une part, un cours sur la « philosophie de la contestation », qui lui permet d’étudier Montaigne, Jean-Jacques Rousseau, David Hume, Jean-Paul Sartre et Friedrich Nietzsche ; d’autre part, un cours sur la « psychologie des foules » inspiré de l’ouvrage de Gustave Le Bon La Psychologie des foules.

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En janvier 1964, alors que son père est promu capitaine de vaisseau, Jim entre à l’UCLA. Dès le début de l’année, tout en continuant à « tester » les gens (en particulier ses colocataires auprès de qui il se rend rapidement insupportable), il s’encanaille, s’enivre de manière de plus en plus régulière, fréquente les quartiers « chauds » et les bas-fonds de Los Angeles, et touche sans doute dès cette époque aux drogues hallucinogènes, en particulier le LSD.

Il faut préciser que, en 1964, et en particulier à UCLA, il est extrêmement facile de se procurer du LSD. D’une part, cette drogue n’est réglementée que depuis 1962 aux États-Unis, et d’autre part, de nombreux programmes de recherche universitaires portent sur les propriétés du LSD ou d’autres substances psychoactives : il suffit donc aux étudiants aventureux de s’inscrire comme « volontaires » et ils peuvent obtenir des doses non seulement quotidiennes, mais gratuites. De plus, Morrison se trouvait doublement incité à « expérimenter » les drogues. Du point de vue poétique, cela le rattachait à des poètes comme Henri Michaux, Edgar Poe, Aldous Huxley, Thomas de Quincey ainsi que par les poètes de la beat generation, très admirés de Morrison. Du point de vue mystique, la consommation de psychotropes le rapprochait du chamanisme, lequel pratique la transe souvent provoquée par des hallucinogènes naturels comme la mescaline ou encore l’ayahuasca. A gauche, la réalité.

Puis c’est la création du groupe «Les DOORS» et l’épopée qui s’en suivra jusqu’à ce jour de juillet 71 à Paris. Jim Morrison repose au Père Lachaise où l’on dit que sa tombe est fleurie en permanence. Sa mort mystérieuse n’en finit pas d’alimenter la chronique et sans doute n’en saura t-on jamais davantage puisque le seul témoin direct, Pamela Courson est mort d’une overdose en 1974.

Allez, sortez la platine et écoutez Riders on the storm ou revoyez Val Kilmer dans le film d’Oliver Stone… parmi les nombreux ouvrages qui lui sont consacré, je vous conseille: The end, Jim Morrison de Romain Renard en bande dessinée. Portez vous bien et à demain peut-être.

 

Mon nom est Brown, Ray Brown…

Posté par erwandekeramoal dans JAZZ, PORTRAIT

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Amis du boudhisme zen et de la soupe à l’oignon réunis, bonjour !

Nous sommes en juillet, le 02 précisément, et ce premier lundi correspond au 14è jour de Messidor dédié à la lavande… Aujourd’hui, quelques notes de musique en compagnie d’un contre bassiste génialissime.

Ray Brown étudie d’abord le piano, mais déteste s’exercer et décide, à l’école, de passer à la contrebasse, persuadé qu’il est que cet instrument, avec ses 4 cordes sera plus facile à manier que les 88 touches.

À vrai dire, il avait envie de jouer du trombone, mais il fallait acheter un instrument, que son père ne pouvait pas lui payer ; il a donc choisi la contrebasse que le conservatoire pouvait lui prêter… ici en vidéo avec Larry FULLER (piano) et Karriem RIGGINS (drums)

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Il apprend d’oreille et se met même à travailler son instrument. Il est très doué et se produira rapidement à Pittsburgh. Une fois son diplôme d’université en poche, il part en tournée avec divers orchestres.

À 20 ans, il part pour New York et se confronte aux musiciens locaux. Il est rapidement engagé par Dizzy Gillespie qui lui réserve une place dans son groupe qui comporte également Charlie Parker au saxophone, Bud Powell au piano, Max Roach à la batterie. Rien que du beau linge comme disait mon aïeule en repassant son trousseau…

En 1948, il fonde son propre trio et épouse Ella Fitzgerald. Il rencontre Norman Granz et fait partie des tournées Jazz at the Philharmonic. Il divorce d’Ella Fitzgerald en 1952. Vous me direz, DSK s’est bien séparé de Anne Sainclair, Vanessa de Johnny Deep, Tom Cruise de sa Katie et Castor de Pollux…  Entre 1951 et 1966, il est membre du trio d’Oscar Peterson. Ici à gauche en compagnie de Ella Fitzgerald et Dizzy Gillespie.

Lorsqu’il quitte Oscar Peterson, il s’installe à Los Angeles, pour jouer, composer pour le cinéma et profiter du climat agréable de la Californie. Il y mène également une carrière de manager pour des gens comme Quincy Jones ou le Modern Jazz Quartet. Pendant un certain temps, il est même le directeur du Monterey Jazz Festival. Oscar Peterson et lui ont enregistré ensemble 240 albums. A propos de musique je voulais inclure le player de la radio des blogueurs sur le site mais la manip m’a échappée. J’ai demandé à mon coach de m’arranger le coup; ça devrait suivre avant la fin de l’été…

Et bien voilà pour ce début de semaine, en attendant la suite portez vous bien et à demain peut-être.

 

Liberté, j’écris ton nom…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis de la libre pensée et de la pensée libre réunies, bonjour !

Nous sommes le dimanche 1er juillet, 13è jour de Messidor dédié au Girofle. On me glisse à l’oreille que c’est la fête des Thierry. Celui-ci se reconnaîtra…

Le 1er juillet 1766,   à Abbeville (dép.de la Somme). Jean-François LEFEBVRE, Chevalier DE LA BARRE, est supplicié   (langue coupée, puis décapité) à   l’âge de 19 ans, pour avoir refusé de saluer une   procession religieuse. C’est le bourreau Sanson qui lui coupera la tête. Il deviendra un symbole de la « Libre  Pensée ». Enfin, il est condamné à être brulé avec « le dictionnaire philosophique » de Voltaire accroché à sa poitrine. Voltaire qui écrira à ce sujet « le cri d’un sang innocent ». Cela m’a fait penser à cette magnifique chanson de Christina Branco: J’écris ton nom Liberté.

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C‘est en 1897 qu’un collectif de libres penseurs obtiendra l’érection d’une statue à Montmartre.

 

Un monument à Montmartre et à Abbeville rappelle son   martyre.

A noter que la première statue parisienne ayant   été fondue par les nazis durant la guerre 39-45, une   nouvelle statue, différente de la première, a  été inaugurée récemment. Si vous vous promenez à Paris vous découvrirez une petite rue Chevalier De La Barre qui jouxte le Sacré-Coeur à Montmartre. Amusant non !

Le chevalier De La Barre reste un symbole pour tous les libres penseurs, athées, anticléricaux et autres mécréants amoureux de la liberté de penser dont votre serviteur se réclame.

Allez, les barbus enturbannés ne sont pas encore aux portes de Brest…Raison de plus pour rester vigilants et, raison garder… En attendant portez vous bien et à demain peut-être.

 

La mémoire des vaincus…

Posté par erwandekeramoal dans ANARCHISME, PORTRAIT

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Amis du rite Ecossais et des petits pois extra-fin réunis, bonjour !

Nous sommes le dimanche 24 juin 2012, sixième jour de Messidor dédié au romarin.

Le 24 juin 1924, naissance de Michel RAGON et je voulais profiter de cette date anniversaire pour vous en dire quelques mots.

Michel Ragon est né par hasard à Marseille le 24 juin 1924, mais il passe toute son enfance à Fontenay-le-Comte dans une famille paysanne vendéenne misérable. Orphelin de père à 8 ans, il arrive à 14 ans avec sa mère à Nantes où il exerce plusieurs petits métiers (garçon de courses, aide-comptable, mécanicien, emballeur…). Déjà passionné de lecture depuis son enfance, il découvre de nouveaux auteurs (Rousseau, Hugo, Verne, Gide…) grâce entre autres aux bibliothèques des appartements que sa mère est chargée de garder. Dans cette grande ville de Nantes, il découvre également la peinture au Musée des Beaux-Arts de Nantes, où il se rend souvent, ainsi que la musique classique au théâtre Graslin. En 1943, à 19 ans, il rencontre les poètes de « l’école de Rochefort », Jean Bouhier et René-Guy Cadou et le peintre James Guitet qui restera son ami. Fin 1943, auteur de tracts contre l’occupant allemand, il est recherché par la Gestapo. Prévenu à temps, il s’échappe de justesse et retourne se cacher dans sa famille, dans le bocage vendéen. Il rentre à Nantes en 1944. Mais il n’y reste pas longtemps. Avide de connaissances, de rencontres et de nouveaux horizons, il monte à Paris en 1945.

De sa rencontre avec Henry Poulaille et peut être surtout avec Armand Robin et le mouvement libertaire naîtra sa vocation d’écrivain et son engagement anarchiste. Véritable autodidacte (il présentera néanmoins un doctorat d’Etat à plus de cinquante ans), il collabore à divers journaux comme « Les cahiers du peuple » dont il est rédacteur en chef. Sa soif de connaissance l’amène à découvrir et fréquenter le milieu des peintres. Il devient critique d’art, membre du groupe Cobra en 1949. Il publie ses premiers romans autobiographiques : « Drôles de métiers » « Drôles de voyages ». En 1954 son recueil de poésie « Cosmopolites » reçoit le « Prix des Poètes ». Il se passionne ensuite pour l’architecture et écrit plusieurs ouvrages qui font toujours référence en la matière. Il réalise également une nouvelle « Histoire de la littérature prolétarienne en France » (1974), puis des romans tel que « Les mouchoirs rouges de Cholet » (1983) qui rencontrent un vif succès.

Personnellement j’ai particulièrement apprécié « la mémoire des vaincus » paru chez Albin Michel en 199O. Une fresque passionnante de l’histoire prolétarienne, véritable traversée du XXè siècle où le héros croise tour à tour, Lénine, Durruti, Nestor Makhno, la bande à Bonnot… Un voyage parmi les oubliés de l’histoire, anarchistes, libertaires et utopistes.Mais il faut lire aussi « le roman de Rabelais » et son exceptionnel « dictionnaire de l’anarchie ».

Et puisque vous êtes dégouté de la télé, de son foot, de ses jeux débiles, de ses infos décérébrées, (re)mettez vous à la lecture et offrez vous quelques pages de Michel Ragon. Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

 

I’m in the mood…

Posté par erwandekeramoal dans JAZZ, PORTRAIT

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Amis de la boule bretonne et du café serré réunis, bonjour !

Aujourd’hui, jeudi 21 juin, troisième jour de Messidor dédié à l’oignon, c’est le solstice d’été et j’avais donc le choix (pas dans la date) entre l’histoire de cette plante à bulbe de la famille des liliacées, les feux de la St Jean, la fête de la musique, l’anniversaire de la naissance de Guy Lux ou celui de la mort de Bolko II, Duc d’Opole, en 1356… J’aurai pu parler de fouteballe et de cette affligeante démonstration de néantitude que nous devons à l’équipe de France face à de fiers suédois. De ces grands garçons qui s’efforcent de jouer à la baballe pendant que Loulia Timochentko se fait des tresses dans sa cellule; à tel point que je m’interroge depuis fort longtemps sur l’état du lobe frontal gauche de ces sportifs. D’ailleurs, la photo ci-contre en dit plus que le ferait un long discours sur les us douteux de ces gus fouteux…

Finalement j’ai opté pour un petit hommage à John Lee HOOKER, décédé il y a onze ans le 21 juin 2001.

John Lee Hooker est un des onze enfants d’un métayer du Delta, prédicateur de son état et qui décédera peu après sa naissance. Il sera initié au blues par son beau-père Willie Moore. A treize ans John Lee quitte le domicile familial et atterrit à Memphis où il va pouvoir jouer avec B.B. King. En 1937, il gagne Cincinnati dans le Nord et exerce plusieurs petits boulots. Quelques années plus tard il rejoint Detroit, cité de l’industrie automobile, comme des milliers de Noirs sudistes. Très vite il devient le principal bluesman de la ville. Ce n’est qu’en 48 qu’il va enregistrer et devenir professionnel. C’est de cette époque que date le célèbre I’m in the mood.

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Au début des années soixante il va écumer les festivals avec un répertoire de blues et de folk-songs accompagné par sa guitare acoustique. En 62 il fait partie de la toute première tournée européenne de l’American Folk Blues Festival. 1970 le voit s’adapter avec facilité et succès à l’émergence du Rock-blues. Succès colossal qui va faire de lui une figure emblématique, quasi patriarcale du Rock. Dans les années qui suivirent John lee Hooker va devenir une star internationale incontestée. Parmi ses derniers albums, retenez Urban blues qui contient l’original de Motor city is burning appelé à devenir le premier tube de MC5. Hooker a influencé et collaboré avec les plus grands tel Van Morrisson, les Beattles, Santana ou Keith Richards. Une pensée émouvante pour sa participation dans le film The Blues Brothers dans lequel il interprète son tube Boom Boom.

Son style, unique et authentique à la fois, en a fait l’un des artistes les plus importants de cette musique, et son influence sur le blues  et le Rock durant tout le XXe siècle est considérable.

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

 

CROSSE EN L’AIR…

Posté par erwandekeramoal dans ANARCHISME, PORTRAIT

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Amis de l’apologue et du pâté Hénaff réunis, bonjour !

Nous voici le mercredi 20 juin 2012, deuxième jour de Messidor dédié à l’avoine.

L‘homme du jour est un militant anarchiste breton, François Le Levé, né dans le Morbihan, décédé un 20 juin au retour de déportation.

En 1900, il entre comme apprenti à l’arsenal de Lorient. Il devient très vite un militant actif du syndicat des travailleurs du port, animateur du groupe libertaire des « temps nouveaux » et surtout, administrateur de la bourse du travail. En contact avec Emile Masson, il collabore à la revue « Brug » (à ne pas confondre avec Bleun-Brug d’obédience catho. créée par l’abbé Perrot) qui tente d’implanter les idées libertaires dans le milieu paysan breton.

Fiché au fameux « carnet B » des antimilitaristes, il va pourtant rejoindre Jean Grave et Kropotkine et signer le « manifeste des seize » en mars 1916 favorable à l’intervention armée. En 36, il participe aux comités du Front populaire et poursuit son action syndicaliste.

En 43, sous le feu des bombardements qui frappent la ville de Lorient, il s’enfuit pour Vannes où il retrouve René Lochu (tu t’souviens Lochu ?) et prend part au comité départemental de la résistance. Il sera arrêté par la police allemande en mars 44 et déporté au camp de Neuengamme près de Hambourg. Libéré, il meurt d’épuisement le 20 juin 1945 durant le voyage de retour en France. Sources

Voilà pour aujourd’hui, vous pouvez éteindre votre ordinateur et reprendre une activité normale. Allez, portez vous bien et à demain peut-être.