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Down by the riverside…

Posté par erwandekeramoal dans JAZZ, PORTRAIT

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Amis de la guitare sèche et de la potée Léonarde réunies, bonjour !

Ce lundi 21 janvier 2013 correspond au 2è jour de pluviôse dans notre calendrier républicain. C’était un jour dédié à la mousse, je vais donc, de ce pas tranquille qui caractérise les cénobites, m’en faire couler une petite…

Il y a quelques années de cela, dans un coffret consacré aux « Légendes du Blues », j’ai découvert Snooks EAGLIN. Il était en très bonne compagnie, entouré de John Lee imagesHooker, Bessie Smith, Sonny Terry, Sonny Boy Williamson et autres géants. Depuis, je ne m’en lasse pas. Il fut découvert par un musicologue à la fin des années cinquante, alors qu’il se produisait au coin des rues de la Nouvelle-Orléans dans un pur style de Blues rural.

Devenu aveugle à dix neuf mois, des suites d’une opération, Snooks EAGLIN apprend très jeune à jouer de la guitare, en reproduisant les accords et les tempos qu’il entend dans les rues et à la radio.  A l’âge de seize ans il se produit dans les églises puis dans des groupes locaux, comme  celui du pianiste Rhythm’n Blues, James « Sugar Boy » CRAWFORD, les Hawketts. Mais bien que ses chansons et son style soient reconnus localement, Snooks EAGLIN est obligé de continuer à chanter dans les rues pour gagner sa vie.

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Après avoir enregistré un premier disque en 1953, sous le nom de Blind Guitar Ferd, Snooks EAGLIN est découvert par le musicologue Harry OSTER, qui le fera enregistrer DownloadedFile-2tout un ensemble d’airs traditionnels en vogue à l’époque. De valeur inégale, ses séances d’enregistrements, récèlent pourtant quelques pépites, comme «Alberta» , «Every day i have the blues» ou «Hight society».

Mais malgré ses incursions dans un Rhythm’n Blues plus contemporain, le public continue à apprécier Snooks EAGLIN pour ses interprétations de blues rural   désespéré de la première heure. La pauvreté qu’il a cotoyée durant ses jeunes années, donne une telle intensité à ses premiers titres, que Snooks EAGLIN n’est toujours pas parvenu à se stade de sa carrière à se faire reconnaitre dans un autre style.

Je partage le sentiment de NPO qui écrivait dans ABC Blues & Soul en mars 2009: « les périodes Folways, Bluesville et Heritage, où Snooks EAGLIN chante et joue seul à la guitare sèche, représente la plus belle période artistique de sa carrière discographique. ». A l’âge de 72 ans, Snooks EAGLIN est décédé à la Nouvelle-Orléans le 18 février 2009, il était né un 21 janvier en 1936.

Bon, voilà pour la galerie de nos Bluesmen préférés.Je vous souhaite une bonne journée, portez vous bien et à demain peut-être.

 

Maréchal, nous voilà…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE, PORTRAIT

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Amis de la libre pensée et de la caille aux raisins réunies, bonjour!

Nous sommes le vendredi 18 janvier 2013, 29è jour de nivôse dédié au Mercure.

Pierre Sylvain Maréchal est mort un 18 janvier 1803 ce qui me donne le prétexte pour vous en toucher un mot. C’est un écrivain, poète, pamphlétaire français, précurseur de 48695576_pl’anarchisme. Admirateur de Rousseau, Voltaire, Helvétius, Diderot, il fréquente un cercle d’auteurs incroyants et développe une philosophie basée sur un socialisme agraire où les biens seraient mis en commun. Belle utopie non ?

Très vite, ses critiques du pouvoir absolu et son athéisme lui font perdre son emploi. Sylvain Maréchal est alors obligé de vivre modestement de ses œuvres littéraires. Il est condamné à quatre mois de prison pour son Almanach des Honnêtes Gens (1788) où il substitue aux saints des personnages célèbres, annonçant ainsi le futur calendrier révolutionnaire.

Sylvain Maréchal s’enthousiasme pour la Révolution française et défend les pauvres, images-2tout en se montrant un adversaire de l’autoritarisme. Il ne prend pas parti dans le conflit entre les Girondins et les Jacobins et s’inquiète du tour pris par la Révolution. Sa rencontre avec Babeuf et sa conjuration des Égaux, va en faire l’un des précurseurs du mouvement libertaire et l’un des premiers anarchistes. Publiant de manière anonyme après son emprisonnement de 1788, Sylvain Maréchal échappe ainsi aux poursuites judiciaires et peut écrire jusqu’à sa mort. Sylvain Maréchal, « l’homme sans Dieu », est sans doute l’un des plus fervents partisans de l’athéisme durant la Révolution. Bon, il faut bien le reconnaître, c’étaitimages
aussi un sérieux misogyne et on lui doit un projet de loi pour interdire d’apprendre à lire aux femmes !!! Dans Fragments d’un poème moral sur Dieu (1780), il remplace le culte de Dieu par celui de la vertu et la foi par la raison. Il parodie la Bible dans Livre échappé au déluge (1784) et s’attaque à la religion qu’il considère comme un instrument des gouvernements oppressifs et un moyen d’exploitation sociale et économique. Dans le journal « Révolutions de Paris » dont il est rédacteur en chef, Sylvain Maréchal conduit une virulente campagne anticléricale. Athée tolérant, il consacre la fin de sa vie au développement de l’athéisme en lui donnant ses lettres de noblesse avec le Dictionnaire des Athées anciens et modernes (1800).

Voilà pour ce vendredi, vous pouvez éteindre votre ordinateur et reprendre une activité normale; je ne sais pas moi…Bosser un peu par exemple ! Ah, ils sont vraiment pas drôles ces retraités. Allez, portez vous bien et à demain peut-être pour de nouvelles aventures.

 

On n’est jamais trop Proudhon…

Posté par erwandekeramoal dans ANARCHISME, PORTRAIT

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Amis du mariage pour tous et du célibat pour chacun réunis, bonjour !

En ce mardi 15 janvier 2013, 26è jour de Nivôse dédié à l’Etain; Je ne pouvais pas ne pas saluer l’anniversaire de la naissance de Proudhon.

Le 15 janvier 1809, naissance de Pierre-Joseph PROUDHON, à Besançon. Penseur, économiste, sociologue et révolutionnaire, considéré par certains comme le « Père de l’anarchisme », même si son oeuvre novatrice et variée n’est pas exempte de 48567768_pcontradictions (en particulier sur la place des femmes dans la société, qui sera l’un des principaux griefs retenus contre lui). Après avoir travaillé dans l’imprimerie, un de ses premiers ouvrages voit le jour en 1840 : « Qu’est-ce que la propriété? » (vous connaissez la réponse: La propriété c’est le vol !). Ce livre fait immédiatement scandale. Le dernier « Avertissement aux propriétaires » est saisi. Proudhon, poursuivi, sera finalement acquitté.

Pendant l’hiver 1844, il rencontre, à Paris, Bakounine, Marx, etc. Le 15 octobre 1846, est publié : « Système des contradictions économiques ou philosophie de la misère ». Il y a rupture avec Marx qui fait paraître, le 15 juin 1847 « La misère de la philosophie »; Proudhon y est traité de petit bourgeois. J’aime bien cette photo, je trouve une ressemblance avec Pierre Dubois notre elfologue breton dont j’insère le portrait plus bas.

Après la révolution de février 1848, Proudhon est élu, le 4 juin, aux élections complémentaire de l’Assemblée Nationale. Le 31 juillet 1848, il y prononce un violent réquisitoire contre la bourgeoisie. Début 1849, il tente la création d’une « Banque du Peuple », mais à la suite d’articles parus dans « Le Peuple », il est condamné à trois ans de prison. Il y restera jusqu’en juin 1852. « La révolution sociale démontrée par le coup d’Etat du 2 décembre » sort en juillet 1852. « De la justice dans la révolution et dans imagesl’église », paru en 1858, lui vaut à nouveau 3 ans de prison, mais il se réfugie en Belgique, où il continue à écrire.

Il rentre à Paris fin 1862. « Du principe fédératif et de la nécessité de reconstituer le parti de la révolution » paraît le 14 février 1863 alors que Proudhon est malade. « De la capacité politique des classes ouvrières » ne sortira qu’après sa mort, survenue à Passy le 19 janvier 1865. Théoricien du fédéralisme et du mutualisme, sa pensée aura une profonde influence sur toute l’histoire sociale des XIXè et XXè siècles.

Voilà pour le salut à ce grand bonhomme et comme le disait un de mes amis anarchistes et néanmoins amateur de calembours à la p’tite semaine: « On n’est jamais assez proudhon ! »

Portez vous bien et à demain peut-être.

Que se vayan todos !

Posté par erwandekeramoal dans ANARCHISME, PORTRAIT

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Amis de la péninsule ibérique et du bacalao réunis, bonjour !

Nous sommes le lundi 14 janvier 2013, 25è jour de Nivôse dédié au Chat et, malgré vos bonnes résolutions, vous êtes encore devant votre ordinateur…

Profitant du jour anniversaire de sa disparition, voici le portrait rapide d’une militante que nous allons accrocher aux cimaises de notre galerie. Le 14 janvier 1994, mort de Federica MONTSENY, à Toulouse. C’est une des grandes figures de l’anarchisme et de l’anarcho-syndicalisme espagnol (elle fut l’amie de Durruti), et qui fut un temps ministre de la Santé pendant la guerre civile.

Elle est née le 12 février 1905 à Madrid. Fille des anarchistes Catalans Joan Montseny images(Federico Urales)  et Teresa Mané (Soledad Gustavo) , fondateurs de la « Revista Blanca » (en 1898), Federica milite très jeune à la C.N.T. . Avec son père, elle fait reparaître à partir de 1923 « La Revista Blanca », puis une nouvelle publication qui deviendra mensuelle « La Novela Ideal » (Le roman idéal) : romans de propagande libertaire, parlant d’antimilitarisme, d’entraide, d’amour libre, etc.). En 1930, elle se lie au compagnon Germinal Esgleas (ça ne s’invente pas).

En 1936, elle est au comité régional de la C.N.T., et au comité péninsulaire de la F.A.I.. Elle participera au nouveau gouvernement républicain avec trois autres membres de la C.N.T (cette participation d’anarchistes au gouvernement sera largement controversée).

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En tant que Ministre de la santé, elle fera voter une loi légalisant l’avortement.Federica Montseny est donc la première femme ministre d’Europe Occidentale. La militante anarchiste est à l’origine de lieux pour enfants et personnes âgées, de centres de formation pour femmes, notamment pour aider les prostituées à se libérer de leur milieu.

A la fin de la guerre, elle est contrainte à l’exil en France, et connaîtra les prisons françaises avec son compagnon Germinal. En effet, comme des milliers d’autres espagnol(e)s, elle doit fuir en France à la fin de la guerre, où elle est persécutée par la police nazie et franquiste qui réclament son extradition, refusée par les autorités 60820960_pfrançaises. Elle vit en liberté surveillée jusqu’à la libération. Installée à Toulouse, elle continue de travailler pour ses idées, publiant et dirigeant des périodiques anarchistes comme CNT et Espoir, ainsi que des livres (plus de 15 livres politiques et 50 non-politiques) et voyageant en Suisse, au Mexique, au Canada, en Angleterre et en Italie.

On ne dira jamais assez le rôle joué par les anarchistes dans la lutte contre la dictature Franquiste et, il ne faut pas compter sur Pernaud ou Pujadas pour nous rappeler ce genre d’anniversaire.

 

Allez, merci à vous d’être passé par ici, portez vous bien et à demain peut-être.

 

A Montmartre, le soir…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de la chanson libertaire et du kougloff réunis, bonjour !

Nous sommes le lundi 07 janvier 2013, 18è jour de Nivôse dédié à la pierre à chaux.

Oyez chers lecteurs la belle histoire d’un gars pas ordinaire. Le 7 janvier 1887, naissance d’Henri CHASSIN à Belleville (Paris). Poète, chansonnier anarchiste et antimilitariste.

Cet antimilitariste qui se présentait comme le petit-fils d’un Communard, savait de quoi il parlait. Après sept années passées sous l’uniforme militaire chez les « Zouaves », il est envoyé au front en 1914. Refusant de tuer, il déserte, mais est repris et envoyé pour cinq ans dans les bataillons disciplinaires d’Afrique à Sidi-Bel-Abbès. Il s’en évade à trois reprises, sans succès, il sera même un temps interné en hôpital psychiatrique. Il est finalement libéré après la fin de la guerre et rentre comme cheminot à la Compagnie des Chemins du fer du Nord. En 1920, il prend une part active à la grande grève du Chemin de fer, mais cela lui vaudra d’être condamné puis révoqué.

Il reprend alors des études et obtient une licence de droit, qui lui permettra de retrouver en 1923 un emploi au service du contentieux chez Dunlop. Emploi qu’il conservera jusqu’à sa retraite en 1952. Mais Henri Chassin menait en parallèle une carrière de chansonnier, il était auteur de poésies et de chansons engagées qu’il chantait dans les cabarets montmartrois, il interprétait aussi les textes de Gaston Couté et d’Aristide Bruant. Il rejoindra le groupe de « La Vache Enragée » et prendra part aux activités de « La Muse Rouge ». On voit ici une reproduction d’un numéro de 1921 de « La vache enragée ». Il habitait Montmartre et était l’auteur de nombreux poèmes sur le Paris populaire et plus particulièrement les quartiers de Belleville et de Montmartre qu’il interprétait dans les cabarets de la butte et en particulier au Grenier de Grégoire. Conseiller municipal de la Commune libre de Montmartre il était le créateur avec Bernard Salmon, avec qui il avait reformé le groupe des Hydropathes, des matinées du « Tire Bouchon ». Il était également le président des Sauvagistes et des amis de Gaston Couté.

On retrouve son nom dans l’annuaire de la confrérie des chevaliers du taste-fesses: Membre fondateur, doyen d’âge,conseiller municipal de la Commune libre de Montmartre, triumvir du club des hydropathes et de l’aquadémie de Montmartre. Il est vrai qu’il est en bonne compagnie puisque on y trouve aussi, Boris Vian, Léo Campion, Jean Rigaux, et tant d’autres joyeux drilles.En 1927, il publiera un recueil de ses poésies « Machin de Belleville » et en 1933 il sera initié à la franc-maçonnerie. Il est mort en 1964.

 

Sacré bonhomme, on va lui faire une place dans notre galerie de portraits. Allez, merci de votre visite, portez vous bien et à demain peut-être.

 

Montéhus…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé, PORTRAIT

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Amis du calembour d’origine et du camembert de Normandie réunis, bonjour !

Nous sommes le lundi 31 décembre 2012, onzième jour de Nivôse dédié au Granit. Je voulais terminer cette année en citant un chansonnier disparu de nombreuses mémoires. Connaissez vous Gaston Mardochée Brunswick? Non ! Si je vous dis Montéhus, ça vous aide? Non plus ! Et si je vous dis « la butte rouge »…Ah, vous voyez.

Montéhus est un chansonnier de la belle époque (il n’aurait pas tenu longtemps à France-Val-Inter), on lui doit notamment gloire au 17èmela butte rouge – Montéhus est né peu après la Commune un 9 juillet 1872 (aîné d’une fratrie de 22 enfants), il est mort en décembre 1952. Il publie sa première chanson en 1897 et choisit son pseudonyme plus facile à porter que son nom dans un contexte de fort antisémitisme.

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A cette époque, la chanson a une place importante dans la culture populaire. Le temps des cerises, l’internationale, les anarchistes de Chicago, le chant du vote… On les doit à des auteurs comme Pottier, Gaston Couté ou Jean-Baptiste Clément dont je vous parle de temps à autre.

Dans ses chansons, Montéhus s’oppose à la guerre, à l’exploitation capitaliste, à l’hypocrisie religieuse: « au lieu d’imposer l’travailleur qui enrichit l’gouvernement imposez plutôt les noceurs qui gaspillent tant d’argent. ». C’est d’une actualité déconcertante. Il a aussi défendu la cause des femmes de façon remarquable. La grève des mères fut interdite par décision de justice en octobre 1905.

Ce n’est qu’en 1923 qu’il composera la butte rouge qui fait référence à la butte de Bapaume  en Champagne (et non la Butte Montmartre comme peut le laisser croire le premier couplet) , théatre de violents combats sur le front de la Somme. Il est mort en 1952, oublié de tous.

Allez, portez vous bien, Je vous adresse tous mes voeux et à demain l’année prochaine peut-être.

 

Artie fait son Shaw…

Posté par erwandekeramoal dans JAZZ, PORTRAIT

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Amis des années swing et du bourbon* sec réunis, bonjour !

* sauf le Jacks Daniel’s qui, comme chacun le sait n’est pas un bourbon mais un Tennessee whiskey filtré à travers du charbon de bois…

Nous sommes le dimanche 30 décembre 2012, dixième jour de Nivôse dédié au Fléau. Je faisais un peu de ménage parmi des vieux vinyls lorsque je suis tombé sur ce « concertos pour clarinette » de Artie SHAW…

COMMENT PEUT-ON S’APPELER: ARTIE SHAW ?

Je me suis souvent posé cette question. Sauf à avoir des attaches à St-Pol-de-Léon, avouez que c’est assez improbable. Sauf encore, à pratiquer l’humour juif de Brooklyn… Point commun avec Woody Allen, autre clarinettiste de talent.

Né à New York, Arthur Arshawsky y apprend la clarinette et le saxophone et en 1926, il adopte le pseudonyme d’Artie Shaw. En 1929, on le retrouve à New York où il mène une intense activité de musicien de studio. On peut l’entendre un temps dans l’orchestre de Paul Whiteman. De 1934 à 1935, il délaisse la musique et se retire à la campagne pour se consacrer à la littérature (pas terrible d’après les experts). En 1938, il enregistre son premier hit: « Begin the beguine » de Cole Porter. En 1938 il accompagne Billie Holiday , ce qui, à une époque où la tension générée par la ségrégation raciale devient inquiétante, ne va pas sans créer d’incidents. Sa popularité atteint alors son apogée et il est devient le principal rival du roi du swing: Benny Goodman. Pourtant Artie Shaw, se retire du monde musical pour s’installer à Mexico.

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En 1940, année où il épouse l’actrice Lana Turner, il reconstitue un orchestre qui lui aussi enchaîne les succès. En 1942, il s’engage dans la Marine. Il dirige un orchestre destiné à entretenir le moral des troupes du Pacifique. De retour à la vie civile en 1944, il met sur pied un orchestre, pour une fois exclusivement de jazz.

A la fin des années 60, il se retire à Lakeville (Connecticut). Il meurt le 30 décembre de la même année. Artie Shaw apparaissait aussi comme un homme de convictions qui a toujours milité contre la ségrégation raciale aux États-Unis. A écouter sans modération.

Allez, on n’a jamais été aussi près de la fin de l’année; portez vous bien et à demain peut-être.

 

Remember Scott Joplin.

Posté par erwandekeramoal dans JAZZ, PORTRAIT

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Amis de la liberté de conscience et de la clé à molette réunies, bonjour !

Nous sommes le 24 décembre 2012, ce jour où tout un chacun s’apprête à réveillonner en famille, correspond au quatrième jour de nivôse dédié au soufre. Si je vous dis que, précisément, la famille, est le lieu qui, à mes yeux, sent le plus le soufre, vous allez croire que je badine… Que nenni !

Je voulais profiter de ce 24 décembre donc, pour rendre hommage à un grand, très grand artiste, quasiment oublié malgré tout ce qu’il a apporté à la musique et à l’ancêtre du jazz: LE RAGTIME. J’ai nommé l’illustrissime SCOTT JOPLIN. Et pour commencer, voici un air qui vous est forcément connu, (rappelez vous le film L’arnaque) quand bien même vous ne sauriez identifier son auteur.

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Imaginez Harold LLYOD où encore Charlot et même Groucho Marx, ils ont tous utilisé le ragtime pour illustrer leurs films. Scott Joplin est né (croit-on) vers 1867 au Texas dans une famille pauvre issue de l’esclavage. Pauvre mais musicienne, ce qui permis à Scott de révéler très tôt ses talents. L’histoire raconte que Scott enfant, accompagnait sa mère qui faisait le ménage dans les maisons des Blancs et c’est ainsi qu’il découvrit le piano. Il y fera d’ailleurs allusion dans son opéra Treemonisha en 1911.

Vers la fin des années 1880, Joplin débute sa carrière musicale avec le Queen City Concert Band, il fera aussi partie d’une troupe de musiciens folk à Texarkana. En 1894, Il déménage dans le Missouri, où il travaille comme pianiste dans des clubs comme le Maple Leaf et le Black 400. En même temps, il enseigne à plusieurs jeunes musiciens locaux.C’est en 1895, qu’il publie sa première œuvre, Please Say You Will, bientôt suivie d’une autre, A Picture of Her Face.

L’année 1899 est celle de sa composition la plus célèbre : le Maple Leaf Rag. Cette
pièce devient un véritable phénomène dans l’environnement musical américain, et la partition se vendra à au moins un million d’exemplaires dans les années qui suivent. C’est d’ailleurs la première composition dont la partition atteint ces ventes. Cependant, le compositeur touche une part infime sur chaque vente de ses morceaux (un cent par vente). La publication du Maple Leaf Rag fait de Joplin l’une des grandes figures de ce nouveau courant musical, et son nom devient bientôt synonyme de ragtime.

 

 

Après avoir connu le succès et l’oubli, Scott Joplin va mourir en 1917 des suites de la syphilis, il avait 49 ans. Il aura marqué l’histoire de la musique Afro-américaine par son
apport considérable. D’ailleurs, en 1976, Joplin reçoit à titre posthume le prix Pulitzer pour sa contribution importante à la musique américaine. Pour terminer ce billet, une anecdote amusante: Le troisième album de Lucky Luke s’appelle « L’homme de Washington »; et bien dans cet album, Lucky Luke rencontre Scott Joplin…Amusant, non !

 

 

Allez, joyeux Noël à tous, ne vous freinez pas sur les chocolats, goinfrez vous de foie gras, ne modérez pas votre consommation de bulles, mais, attention au verglas, sortez couverts, portez vous bien et à demain peut-être.

 

Elle était une fois…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis de la macrobiotique et du filet de merlan réunis, bonjour !

Nous sommes le mardi 18 décembre 2012, 28è jour de Frimaire dédié à la Truffe.

Il y a 90 ans, le 18 décembre 1922, nous quittait Nelly ROUSSEL, née le 5 janvier 1878.

Qui se souvient de cette femme, Libre penseuse, anarchiste, féministe. Elle fut la compagne du sculpteur Henri Godet, libre penseur et Franc-Maçon. Elle même suivra les traces de Maria Deraismes (qui créa « Le droit humain ») et Madeleine Pelletier ou Louise Michel en fréquentant « La Grande Loge Symbolique Ecossaise ». Elle milita avec Paul Robin à la diffusion des idées néo-malthusiennes, contre l’idéologie nataliste du pouvoir et la loi de 1920 qui réprimait la contraception et sa propagande. Oratrice de talent, elle donnait des conférences, à travers la France, exaltant la maternité consciente, pourfendant le machisme des hommes (militants compris). Elle réclamait l’indépendance complète pour les femmes, fondée sur de nouveaux rapports entre les sexes.

Elle est militante antinataliste. Comme Madeleine Pelletier, elle est l’une des premières femmes en Europe à revendiquer publiquement le droit des femmes à disposer de leurs corps et à prôner une politique de contrôle des naissances en autorisant le recours aux contraceptifs et à l’avortement. Elle adhère au mouvement néo-malthusianiste de Paul Robin qui soutient que le contrôle des naissances, la « prudence parentale », est un moyen d’émancipation des classes sociales les plus pauvres.

Elle lutte pour modifier l’image traditionnelle de la femme. C’est ainsi que l’« action, la vie et la pensée de Nelly Roussel s’insurgent bien sûr contre ce modèle, développant au contraire celui de la « nouvelle femme », bien représenté aux États-Unis : une femme sportive, active, investie dans une profession valorisante. Roussel oppose à « l’éternel féminin » ce qu’elle nomme « l’éternelle sacrifiée » – c’est le titre de l’un de ses livres. La femme, écrit-elle, est en effet sacrifiée non seulement par Dieu et par la Nature mais aussi par la société républicaine elle-même. »

Parmi ses écrits: « Paroles de combat et d’espoir » (1919) – « Quelques lances rompues pour vos libertés » – « Trois conférences », etc.

Allez, une militante de plus pour notre galerie de portraits. Portez vous bien et à demain peut-être.

 

 

Elle vient du blues…

Posté par erwandekeramoal dans JAZZ, PORTRAIT

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Amis du grand Nord et des lichouseries réunis, bonjour !

Nous sommes le mardi 11 décembre 2012, 21è jour de frimaire dédié à l’érable à sucre. C’est aussi le jour anniversaire de la naissance de Big Mama Thornton.

C‘est une des plus grandes chanteuses de blues et de gospel que le monde ait connu. De son vrai nom Willie Mae Thornton, elle était née en Alabama un 11 décembre 1926. Malheureusement, elle eut une triste fin, seule, sans le sou et, il faut bien le reconnaître, quelque peu alcoolisée; elle mourut en 1984. Fille d’un pasteur et d’une mère chanteuse d’église, elle semblait prédestinée à une telle carrière. Je pense que c’était une des rares femmes du blues des années 50 & 60. On se souvient de « Ball n’chain» et de l’extraordinaire reprise qu’en fit Janis Joplin.

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Elle connut les premières places du hit parade avec Hound Dog  et le célébrissime orchestre de Johnny Otis, pendant plusieurs semaines. « Après 1957, Big Mama connaît une période difficile. Sans orchestre, sans enregistrement, elle vivote dans de petits clubs de la côte Ouest où elle s’est installée. Comme pour beaucoup d’artistes noirs, c’est le blues revival qui va la remettre en selle ». ( in: La grande encyclopédie du blues) Si l’actualité  vous met vraiment le cafard, glisser un 33 tours de Big Mama sur votre platine, servez vous un verre de bourbon du Kentucky et… Laissez vous porter par cette voix puissante, rocailleuse comme l’Alabama.

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.