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La reine du scat…

Posté par erwandekeramoal dans JAZZ, PORTRAIT

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Amis du Jazz et de la purée andouille réunis, bonjour !

Nous sommes le vendredi 15 juin, 27è jour de Prairial dédié à la verveine…

Ce n’est pas parce que l’on aime le scat que l’on est scatophile, disait mon aïeule qui savait distinguer le vrai du faux. La preuve.

Décédée un 15 juin en 1996, elle était née au mois d’avril 1917. Elle s’appelait ELLA FITZGERALD. Un timbre de voix remarquable, une grande capacité d’improvisation, particulièrement en scat, voila ce qui a fait son succès. Personne n’a oublié cette interprétation de « Mack the knife » d’après « l’opéra de quat’sous » de Brecht (vidéo). La complainte de Mackie illustrait le thème de la pièce: la lutte entre le roi des mendiants et Mackie-le-surineur à Soho…

Au cours d’un concert à Berlin en 1960, elle est victime d’un trou de mémoire… Elle poursuit en improvisant alternativement, scat et paroles inventées.

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Elle commence à chanter dès l’age de seize ans au théatre Apollo de Harlem à New York. Elle débute véritablement sa carrière solo en 1941. Au début, chanteuse de swing, elle aborde aussi le bebop, elle est la reine du scat, et elle a joué du blues, de la samba, du gospel etc., et même des chants de Noël. Ses concerts sont souvent enrichis par des imitations d’autres chanteurs; elle imite en particulier à la perfection les voix et les gestes aussi bien de Rose Murphy que de Louis Armstrong. On la voit ici à gauche en compagnie de Louis Armstrong.

ELLA FITZGERALD a interprété les plus grands compositeurs comme Cole Porter, Gershwin, Duke Ellington, avec qui elle fera une tournée fantastique en Europe. Elle a accompagné aussi bien Dizzy Gillespie que Count Basie ou Franck Sinatra. S’il fallait citer un ou deux disques de sa production, je garderai, « Porgy and Bess » et « Ella and Louis ». Mais toute son oeuvre est à consommer sans modération.

Voilà pour ce vendredi, jour des crèpes; le temps de faire ma pâte, qui doit reposer trois heures comme disait qui vous savez. Allez portez vous bien et à demain peut-être.

 

 

T’es rock coco ?

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis du Rythm and Blues et du maquereau vin blanc réunis, bonjour !

Nous sommes le mercredi 13 juin, 25è jour de Prairial dédié à la Tanche (c’est le moment de s’en payer une…)

Vous connaissez dorénavant ma tendresse particulière pour le saxo et ceux qui en jouent. Voici un salut tout particulier à l’un d’entre eux qui fût sans doute le premier à enregistrer un disque de Rock et dont le titre est resté dans l’histoire: « We’re gonna rock, We’re gonna roll ».

Il s’agit de WILD BILL MOORE, né à Houston au Texas en 1918, c’était un 13 juin. Il est décédé en 1983 à Los angeles.

Son tout premier disque, il l’a enregistré avec Christine Chapman qui n’était autre que la femme de Memphis Slim. On lui doit aussi d’avoir collaboré au désormais mythique « What’s Going on » de Marvin GAYE.

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Chacun se souvient du fameux « Rock around the clock » et de la reprise tout aussi fameuse que l’on doit à Bill Haley et qui fit sa réputation après la sortie du film « graine de violence » en 1955. Ce morceau, emblématique de la série « Happys days » a été enregistré en 1952 et marque sans doute le début du succès que va connaître le Rock. Et bien, « We’re gonna rock » date lui de 1949… Sur 33t.

En France à la même époque, Boris Vian et son ami Henri Cording (qui deviendra célèbre sous le nom de Henri Salvador) tente d’implanter le rock face à la variété.

Je me souviens que dans les années 60, sur le jukebox de «chez Marie-rose», sur le port, à Douarnenez, il y avait surtout de la chanson française: Brel, Brassens, Aznavour… Mais on y trouvait quelques perles made in USA, Bill Haley, Little Richard, Elvis Presley. C’était avant que la pop music débarque. Ah, le jukebox de Marie rose… Nous on écoutait « dans le port d’Amsterdam » en buvant un rouge lim’ tout en refaisant le monde. Parfois passaient Georges Perros, à peine débarqué de son invraisemblable moto, ou Yan Balinec et on se rapprochait d’eux comme dans le cercle des poètes disparus. En règle générale ça se terminait tard dans la nuit.

M…., v’la le cénobite nostalgique. Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

 

 

 

Le poète a toujours raison…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis de la poésie et du Télégramme de Brest réunis, bonjour !

Nous sommes le mardi 05 juin et, ce 17è jour de Prairial, dédié au sureau est aussi celui de l’anniversaire de ma neveuse préférée. Souffrez que je lui fasse un petit coucou…

J‘avoue avoir depuis fort longtemps, une tendresse particulière pour Garcia Lorca et je saisis l’occasion de l’anniversaire de sa naissance pour en redire un mot car, en vérité, ce billet a déjà deux ans…

Célèbre poète et écrivain de théâtre, Federico Garcia Lorca est né le 5 juin 1898 à Fuente Vaqueros, près de Grenade.  Jeune homme, il fit ses études en philosophie,  en littérature et en droit à l’Université de Grenade.   Surtout reconnu pour son talent d’écrivain, Lorca était aussi un peintre et musicien accompli.  Ses oeuvres musicales puisent dans la musique et le folklore gitans, plus particulièrement le flamenco, musique populaire de son Andalousie natale.

Il y a un petit texte intitulé « Memento » et que j’ai retrouvé dans « Poème du chant profond » (paru en 1946) qui attendait sur une étagère de ma bibliothèque que l’on veuille bien le dépoussièrer; je soupçonne Xavier Grall de s’en être inspiré…

D’abord Garcia Lorca:

Quand je mourrai,

enterrez moi avec ma guitare

sous le sable

Quand je mourrai parmi les orangers

et la menthe…

Et maintenant Xavier Grall:

Quand je mourrai enterrez moi à Ouessant

avec mes épagneuls et mes goélands

Quand je mourrai

mettez moi en ce jardin de gravier…

De toutes les façons…Deux grands poètes.

La relation tumultueuse et passionnée qu’il avait avec le peintre DALI s’acheva quand ce dernier rencontra sa future femme. Garcia Lorca en ressenti une immense douleur et plongea dans la dépression. Il s’était persuadé que le film « Le chien Andalou » réalisé par Bunuel et Dali était une flèche qui lui était destinée. Il s’éloigna un temps de sa chère Espagne et ne revint qu’à la chute du dictateur Primo de Rivera pour l’avènement de la République.

Les madrilènes lui ont réservé un bel endroit sous les frondaisons de la place Santa ana.

L’influence du folklore Gitan transparaît dans ses pièces de théâtre Bodas de Sangre (les noces de sang), Yerma, Las Casa de Bernarda Alba où Lorca réussit subtilement à capter l’essence de l’âme divisée du peuple espagnol de l’époque.  Ses livres sont lus dans tous les pays de langue espagnole et ont connu un immense succès en Argentine, Uruguay et à Cuba.  Les principaux thèmes traités dans ses oeuvres sont l’amour, la fierté, la passion ainsi que la mort violente, qui ont beaucoup marqué la vie de Lorca.

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À la veille de la guerre civile espagnole en 1936, Lorca fut arrêté par des sbires de la Falange du parti fasciste, partisans du général Franco. Deux jours plus tard, le 19 août, il fut fusillé par un peloton d’exécution.   Par une nuit sans lune, son corps fut jeté dans une tombe sans nom. Le poète est pareil au prince des nuées, ses ailes de géants l’empêchent de marcher Baudelaire avait compris que le souffle de la poésie était incompatible avec l’odeur de sang de tous les totalitarismes.

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

 

Le grand manitou…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis du chiasme* et de la compotée de tomates réunis, bonjour !

*Exemple: « Quand la vérité n’est pas libre, la liberté n’est pas vraie. »
(Jacques Prévert / 1900-1977 / Spectacle)

Déjà le 15è jour de prairial, dédié à la caille, qui n’est jamais en si bonne compagnie qu’avec des raisins de Corinthe…

L‘homme du jour fait partie de ces artistes inclassables dont on continue à fredonner les rengaines en ayant oublié leurs auteurs. Je me souviens du personnage et de son côté Pierrot lunaire. Un peu de Boby Lapointe, un peu de Boris Vian et voici, René-Louis Lafforgue, chanteur, compositeur, interprète et libertaire.

Avec ses parents anarchistes du Pays Basque Sud, il subit la guerre d’Espagne, puis l’exil en France, où son frère trouve la mort en participant à la résistance. Après avoir exercé plusieurs métiers, il devient comédien puis chanteur compositeur. Les années cinquante voient son talent reconnu, après les premières parties des spectacles de Georges Brassens, il passe à l’Olympia. Au théatre, il a joué notamment « l’équarissage pour tous » de Boris Vian. Au cinéma, il a collaboré avec Jean-pierre Mocky sur le film « La cité de l’indicible peur ». Avouez qu’il y a pire comme fréquentations. Il est le 467ème « je me souviens » de Georges Perec.

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Ses chansons comme: « Julie la Rousse » lui assurent la popularité. Avec sa compagne Claudie, il ouvre un cabaret rue Mouffetard « L’Ecole Buissonnière », lieu de rendez-vous des libertaires et pacifistes pour qui il anima de nombreuses fêtes. Ah, la rue Mouffetard, ses cabarets, la Contre-escarpe, le Discophage, le bateau ivre et tous les autres… Ou sont ils aujourd’hui ces lieux qui ont vu s’épanouir tant de talents ? Il est mort le 3 juin 1967 dans le sud de la France (Albi) lors d’un accident de voiture. René-Louis LAFFORGUE qui, selon les souvenirs de témoins oculaires, chantait « Le Grand Manitou » (plus haut en vidéo) en se tenant ostensiblement à l’ordre d’Apprenti, était membre de la Loge parisienne L’Etoile Polaire. L’une de ses chansons rappelle son appartenance maçonnique:

Quand je passerai l’arme à gauche

S’il faut me faire pendre ailleurs,

Pour le pire et pour le meilleur,

Je ne raterai pas le coche.

Par la route la plus directe,

Si Dieu n’est pas un chicanier,

J’irai jusqu’au Grand Architecte,

Le jour du jugement dernier.

Bon et bien voilà, pour un dimanche. Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

L’acacia m’est connu…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT, TRADITION

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Amis du matérialisme dialectique et de la crêpe suzette réunis, bonjour !

Pour le 2 juin, 14è jour de prairial, les républicains avaient décidé d’en faire le jour de l’acacia sur leur calendrier. Plante, ô combien symbolique, qui illustre la légende d’Hiram, base de toute initiation aux différentes maçonneries.

Tiens, c’est amusant car c’est un 2 juin en 1743 que vint au monde celui qui allait devenir célèbre sous le pseudonyme de Comte de Cagliostro mais qui s’appelait en vérité Joseph Balasamo. C’était un aventurier qui se prétendait descendant du Comte de St-Germain. Sa carrière fut brisée lors de l’affaire dite du « collier de la reine » où il se trouva engagé par le cardinal de Rohan. Il mourut en 1795, incarcéré depuis de longues années par les bons soins de la Sainte Inquisition. C’est lui qui importa en France la Franc-Maçonnerie dite égyptienne, connue aujourd’hui sous le nom de rite de Memphis-Misraïm.

C’est sous la Grande Maîtrise de Garibaldi, en 1881, après bien des discussions, que les Rites de Memphis et de Misraïm, qui avaient dans la plupart des Pays les mêmes Hauts Dignitaires, fusionnèrent. Cette fusion fut officialisée à Naples en 1899 et prit le nom de « Rite Oriental Ancien et Primitif de Memphis-Misraïm ». Garibaldi fut souvent désigné comme « véritable citoyen du Monde » et défini comme « Chevalier de l’Humanité”. Il était avant tout un « rassembleur » estimé pour sa sincère abnégation, son intégrité et son courage. Il eut un grand rêve : « Les Etats-Unis d’Europe ». Il prônait l’unité entre les hommes et était convaincu de la nécessité de lutter « pour l’Humanité et la Liberté en général ». C’est au cours de la défense de Montévidéo que les troupes italiennes qu’il commande vont endosser les fameuses chemises rouges qui vont tant contribuer à asseoir son mythe.

Adversaire irréductible de l’Eglise romaine, il réclamait la séparation de l’Eglise et de l’Etat. Il voulait introduire l’instruction obligatoire, gratuite et laïque en supprimant les congrégations religieuses ; cependant, il refusait l’athéisme, l’indifférence et le « misérable matérialisme »; Victor Hugo écrivit de lui : « Garibaldi, qu’est-ce que Garibaldi ? C’est un homme, rien de plus. Mais un homme dans toute l’acception sublime du mot. Un homme de la liberté, un homme de l’humanité ».

Son testament est aussi bref qu’éloquent: »Je lègue : mon amour pour la Liberté et la Vérité ; ma haine du mensonge et de la tyrannie « .

Voilà donc pour ce 1000è billet posté sur « les cénobites tranquilles ». Comme disent les « oscarisés », je remercie Dieu, mon père ma mère, mes frères et mes soeurs, toute l’équipe technique de « MagicStudio », mon producteur, les lapins de Keramoal, ma fiancée, et surtout votre fidèle indulgence. Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

 

A tous les enfants…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis de l’antinomie et du chou de Bruxelles réunis, bonjour !

Nous voici le mardi 29 mai, dixième jour de Prairial dédié à la Faux. Nos cousins de la belle province continuent contre vents et marées de défier l’entêtement imbécile d’un pouvoir acculé et condamné à forcir la répression. Cela m’a fait penser à cette admirable artiste qui a beaucoup chanté les poètes québecois: Catherine Sauvage. C’est aujourd’hui l’anniversaire du jour de sa naissance, un 29 mai 1929…

Dès le lycée, elle s’oriente vers le théâtre où elle joue sous son véritable nom, Janine Saunier. Après huit ans d’études du piano, au chant et à l’art dramatique, elle rencontre dans les années 1950 Léo Ferré, qui lui compose entre autres Paris Canaille et Graine d’ananar. En 1954, elle obtient le « Premier prix du disque » pour la chanson L’Homme de Ferré. En tournée au Canada, elle fait la connaissance de Gilles Vigneault qui lui donne Mon Pays, Le Corbeau, la Manikoutai.

Arrivée à Paris, elle adopte le patronyme Sauvage, elle va chanter au « Quod-Libet », à « l’Arlequin », au « Boeuf sur le toit » et puis bien sur à « L’écluse ».

Elle contribue à faire connaître Léo Ferré en interprétant ses chansons : « Ça a été la rencontre de ma vie. Comme un bonheur n’arrive jamais seul, dit-on, Jacques Canetti est venu m’écouter un beau soir. Il était toujours à la recherche d’artistes pour la firme de disques dont il était le directeur artistique ainsi que pour les « Trois Baudets » qu’il avait créé.  » Ci-après elle interprète un texte de Boris Vian.

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Catherine Sauvage a chanté Louis Aragon, Jacques Audiberti, Charles Baudelaire, Bertolt Brecht, Francis Carco, Colette, Robert Desnos, Paul Éluard, Alfred Jarry, Federico Garcia Lorca, Victor Hugo, Pierre MacOrlan, Jacques Prévert, Raymond Queneau, Pierre Seghers, Charles Trenet, Gilles Vigneault. Pas vraiment le genre d’auteurs que l’on retrouve à l’Eurovision…

« Je chante Léo depuis toujours… il représente l’une des grandes rencontres de ma Aux trois baudets avec Brassenscarrière, l’autre étant le pianiste accompagnateur Jacques Loussier, lui aussi je l’ai connu lorsqu’il démarrait dans le métier. En 1949, avec Léo Ferré, nous partagions la même scène au cabaret « Les Trois Maillets » au 56 rue Galande, dans le cinquième arrondissement de Paris. Nous avons eu des succès communs. En 1954, mon interprétation de L’Homme m’a valu le Grand Prix du Disque. » Léo Ferré, dit d’elle : « c’est elle qui chante mes chansons avec la plus grande conviction. Je la préfère à toutes les autres. Elle a enregistré près d’une centaine de mes chansons. » Elle a enregistré «  Avec le temps » avant Léo Ferré, en 1972.

Après les Trois-Baudets en 1953, elle passe en vedette en 1954 à l’Olympia, en 1955, puis en 1960, à Bobino pour un long tour de chant. Toujours dans cette salle, elle fait un retour en 1968 et occupe la tête d’affiche. Elle interprète aussi bien Léo Ferré, Louis Aragon que Gilles Vigneault, poète alors inconnu qu’elle rencontre au Québec et dont elle est la première à chanter les textes en France. En 1991, elle enregistre un album entièrement consacré à Jacques Prévert.

Sa dernière apparition en scène a été pour les Francofolies de La Rochelle en juillet 1994. Elle a également joué au théâtre dans des pièces comme L’échange de Paul Claudel, Le Cercle de Craie caucasien de Bertolt Brecht. Catherine Sauvage est l’une des 250 personnalités qui, constatant la montée en puissance du Front national, ont lancé l’« Appel des 250 » (1990) qui donna naissance au mouvement « Ras l’front ». Elle meurt en mai 1998.

Allez, voilà pour aujourd’hui, en attendant la suite, portez vous bien et à demain peut-être.

 

Chanson réaliste…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis de la nostalgie et du far breton réunis, bonjour !

Aujourdhui, 27 mai, cest le 8è jour de prairial dédié au lis martagon.

Hier il y avait à la télévision, un nouveau jeu retransmis en eurovision s’il vous plaît… C’est assez simple dans sa conception, il s’agit de crier le plus fort possible au milieu d’une débauche d’effets spéciaux. J’imagine qu’il y a tout un tas de capteurs qui enregistrent les décibels. Au surplus, les commentaires sont aussi plats que la plupart des costumes sont grotesques. Vous vous souvenez, madame Michu, de ces chanteurs qui avaient de la voix ?

Je voulais évoquer une figure de la chanson réaliste que sans doute les moins de vingt ans ne doivent pas connaître. Et pourtant, qui n’a pas un jour entendu la tante Ginette ou le cousin Jules entonner lors des noces et banquets familiaux une de ses rengaines.

je veux parler de Berthe Francine Ernestine FAQUET plus connue sous le nom de Berthe SYLVA. Allez, souvenez vous, les roses blanches, du gris, on a pas tous les jours vingt ans, Frou-frou… Elle aurait passé son enfance à Brest avant de se faire employer comme femme de chambre. On dit qu’elle serait née un 7 février 1885 à Kerloïs en Lambézéllec tout près de l’ermitage de Keramoal, village qui aujourd’hui est devenu un quartier de Brest.

Elle se serait mise à la chanson vers 1910, après avoir abandonné un premier enfant. De ses débuts, on ne possède pas beaucoup de témoignages, excepté une interview durant laquelle elle parle de voyages en Amérique du Sud, en Russie, en Roumanie et en Égypte, ainsi qu’une photo prise pendant la Première Guerre mondiale, sur laquelle on la voit aux côtés d’Eugénie Buffet et du chansonnier aveugle René de Buxeuil.

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En 1928, Berthe Sylva est employée au Caveau de la République. Léon Raiter la remarque et lui propose de passer à l’antenne de Radio Tour Eiffel. Cest grâce à Léon Raiter, l’auteur des Roses Blanches, qu’elle se met à enregistrer.Le succès est foudroyant. Le Raccommodeur de Faïence, enregistré en 1929, se serait vendu à 200 000 exemplaires en deux ans. Les tournées en province se multiplient. Elle partage un moment l’affiche avec Fred Gouin, aujourd’hui tombé dans loubli, avec qui elle grave des duos tels Ferme tes jolis yeux (1932). Leur relation est passionnelle. Fred Gouin fut très affecté par la perte de son amante et amie. Il prit le maquis durant les années de guerre, puis quitta le monde de la chanson pour se reconvertir dans le commerce des frites.

Berthe Sylva se fixe à Marseille au moment de l’Armistice de 1940. Le chanteur Darcelys y fut l’un de ses amis les plus fidèles. Elle meurt minée par la boisson et la pauvreté. Sa maison de disques finance les obsèques auxquelles seuls quelques amis assistent. Sa dépouille fut transférée à la fosse commune. Quelques années après, il ne se trouva personne pour renouveler la concession qui fut levée. Après sa disparition, on retiendra d’elle, non pas les chansons qui racontent les bluettes et les joies du bal, mais celles qui dénoncent la misère, l’injustice, l’enfance blessée, la perte d’un être cher, la désillusion et l’échec sentimental. Berthe Sylva est décédée le 26 mai 1941 à Marseille.

Et bien voila qui nous change des bluesmen du Mississippi et de Chicago. Mais enfin, la chanson réaliste française cest un peu notre blues à nous qu’on a… Allez, vive l’éclectisme, portez vous bien et à demain peut-être.

Ascenseur pour les fachos…

Posté par erwandekeramoal dans JAZZ, PORTRAIT

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Amis du Jazz-dans-tous-ses-états et du double scotch réunis, bonjour !

Nous sommes le vendredi 25 mai, c’est le sixième jour de Prairial dédié à la Mélisse. L’an passé les jardins de Keramoal avaient vu fleurir un plant de Mélisse-citronnelle mais hélas, le gel de l’hiver ne lui a laissé aucune chance. Or donc, replantation ce printemps. Le titre de ce billet m’a été inspiré par la montée du vote d’extrême droite en Europe. Quelquefois je rêve que je suis éditorialiste à Libé… Mais ça ne dure pas longtemps, rassurez vous.

Le 25 mai 1996 voit le décès de Barney WILEN. C’est un des grands saxophonistes Français et, c’est assez rare pour le noter.

Il a débuté sa carrière en se produisant dans les boites du coté de Nice sous l’incitation de Blaise Cendrars (il faudra que je consacre un billet à cet immense poète; à moins que je ne l’ai déjà fait…). On lui doit d’avoir travaillé avec Miles Davis sur la bande originale du film « ascenseur pour l’échafaud ». Miles Davis qui lui est né un 25 mai en 1926, étonnant non !

 

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Plus tard il a enregistré avec le fameux quintette de Thélonious Monk et on lui doit aussi la musique du film « Les liaisons dangereuses » de Roger Vadim.

La bande dessinée de Loustal, « Barney et la note bleue » est largement inspirée de sa vie. Plus tard il en a d’ailleurs tiré un disque intitulé « La note bleue ».

Je vous conseille particulièrement « Cookin’ at st germain » avec Bud Powell.

Bon, et bien voilà, le soleil est de retour sur la pointe bretonne; encore un peu et l’on se plaindra de la chaleur… En attendant la canicule, portez vous bien et à demain peut-être.

L’ENDEHORS…

Posté par erwandekeramoal dans ANARCHISME, PORTRAIT

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Amis de la liberté de conscience et du canard laqué réunis, bonjour !

Nous sommes le jeudi 24 mai, cinquième jour de Prairial dédié au canard. Ceci explique cela… A propos de canard, en voici un qui n’était pas boiteux et qui a laissé son nom dans l’histoire de la presse libertaire.

Le 24 mai 1864, naissance de ZO D’AXA (de son vrai nom Alphonse GALLAUD) à Paris. Pamphlétaire et propagandiste de l’anarchisme individualiste, fondateur de journaux, et écrivain. Pour échapper au joug d’une famille bourgeoise, il s’engage à 18 ans dans l’armée mais, se rendant compte de son erreur, il déserte… en compagnie de la jeune femme de son capitaine! Ce qui, de mon point de vue, méritait déjà une médaille. Il se réfugie à Bruxelles, où il débute dans le journalisme. Après un séjour en Suisse, puis en Italie, il rentre en France à l’amnistie de 1889. En mai 1891, il publie le premier numéro de l’hebdomadaire « L’Endehors » (titre qui à lui seul définit sa pensée philosophique). De nombreux anarchistes y collaborent, mais le journal est bientôt condamné par la justice. Après l’arrestation de Ravachol et de ses compagnons, Zo d’Axa lance une souscription pour aider les familles des détenus. Pour ce motif, il est arrêté et subit un mois de prison à Mazas. Libéré, il est de nouveau inquiété et préfère s’exiler à Londres. Il voyage ensuite en Europe. Expulsé d’Italie, il rejoint la Grèce, puis Constantinople. Le 1er janvier 1893, il est arrêté en débarquant à Jaffa, et mis au fer sur un navire français qui le ramène à Paris, où il purgera 18 mois de prison. A sa sortie, il publie le livre « De Mazas à Jérusalem », qui obtient un vif succès. Il existe un blog, savoureusement libertaire, qui porte le nom d’en dehors.

En 1898, c’est l’affaire Dreyfus. Zo d’Axa publie  » la feuille » pamphlet illustré par Steinlen (dont je reproduis ci contre, un bois gravé), Luce, Willette, Hermann Paul, etc.

Il y pourfend les institutions mais aussi les foules moutonnières. « L’honnête ouvrier n’a que ce qu’il mérite ». Son grand succès sera la présentation de l’âne nommé « Nul » aux élections et qui, recueillant les bulletins blancs ou nuls, sera déclaré élu par « La Feuille », après une bagarre mémorable dans les rues de Paris, entre « partisans de l’âne et partisans de l’ordre » ; dernier baroud d’honneur pour Zo d’Axa. Il quitte ensuite la France, et voyage dans le monde entier, de la Chine aux Amériques, en passant par l’Afrique, avant de venir se fixer à Marseille. Il choisira une mort volontaire, le 30 août 1930. Lire sa biographie réalisée par Alexandre Najjar: « Le mousquetaire Zo d’Axa 1864-1930″.

Voilà pour aujourd’hui, portez vous bien et à demain peut-être.

 

Viva Donovan…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis des sixties et du poulet fermier réunis, bonjour !

Nous voici le 10 mai, 21è jour de floréal dédié à la statice, rien à voir avec l’Insee, c’est une petite plante que l’on peut apercevoir sur nos côtes. Je ne sais pas si c’est l’arrivée de Hollande ou le départ de Sarko, en tous cas, je suis atteint d’un flemme irrémédiable. Résultat, voici un billet déjà paru l’année dernière.

Ce jour est aussi l’anniversaire de Donovan Leitch né en 1946 à Maryhill près de Glasgow, en Ecosse. Enfant, il contracte la poliomyélite qui le laissera boiteux toute sa vie. Sa famille s’installe à Londres quand il a dix ans où il apprend la guitare en s’inspirant des musiques folkloriques anglaise et écossaise. Après de brèves études aux Beaux-Arts, il voyage en « beatnik » depuis sa découverte de Bob Dylan, et écrit des chansons.

En enregistrant la maquette de « Catch The Wind », il fait la rencontre de Brian Jones et de celle qui va devenir sa muse, Linda Anne Lawrence. Remarqué par le producteur de l’émission Ready Steady Go!, son passage en 1965 lance sa carrière. Le 45 tours est aussitôt suivi par « Colours ». Alors considéré comme un clone de Dylan aux Etats-Unis, Donovan jouit d’une renommée en Europe, notamment en France où paraît le sautillant « Hey Gyp ». Bon, on écoutait aussi Malicorne et Led Zep…Brigitte Fontaine et Higelin, The Doors et Ferré.

La première grande apparition publique de Donovan a lieu le 11/4/1965 à Wembley. Pour la première fois, un journaliste utilise le terme « folk rock ». Quelques semaines plus tard, Donovan fait la connaissance de Joan Baez et de Dylan alors en tournée anglaise. Son premier album Catch the Wind est un gros succès en Angleterre et fait de lui la vedette du festival américain de Newport en juillet. Il reprend la chanson « Universal Soldier » de Buffy Sainte-Marie en réaction à la guerre au Vietnam.

Donovan s’éloigne alors du folk rock et s’oriente avant la lettre vers le psychédélisme. « Sunshine Superman » (voir la pochette à gauche) sort aux Etats-Unis en juillet 1966 où il atteint la première place au Billboard ; cette chanson est considérée à juste titre comme le premier hit du genre psychédélique. Début 1966, un documentaire intitulé A Boy Called Donovan le montre fumant un joint. Adepte du LSD et de la marijuana, Donovan est la première pop star à être arrêtée pour possession de drogue. Le gouvernement américain lui interdit alors l’entrée sur le territoire.

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Sous son aspect angélique et inoffensif, sa voix mélodieuse et sensuelle, Donovan est non seulement un novateur mais aussi un provocateur : en 1966 sort le sulfureux Mellow Yellow (dont j’ai glissé la vidéo ci-dessus) d’aspect anodin et où il est question de vibromasseur et de détournement de mineure… Le single est un succès international (n°2 aux Etats-Unis et n°11 dans son pays), les stations de radio ne remarquant rien de « répréhensible » au texte caché. En 68 il se rend en Inde en compagnie des Beattles, nous sommes en plein Flower power, peace and love, combi VW et déjà, le shilom s’apprétait à supplanter la bouffarde…

Allez, merci d’être passé par ici, portez vous bien et à demain peut-être.