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Science sans conscience…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE, PORTRAIT


Amis de la rôtisserie française et du Saint-Pourçain réunis, bonjour!

Nous sommes le lundi 09 avril, 20è jour de germinal dédié à la ruche. J’aurai pu vous parler de Dédé l’abeillaud qui n’a pas réussi à faire son miel dans cette campagne électorale et qui s’en est allé butiner vers d’autres horizons; mais non…

Cela faisait déjà un moment que le clavier me démangeait et que je souhaitais vous en parler. Je profite que le 9 avril soit le jour anniversaire de sa disparition pour le faire. Auteur savoureux, il évoque la bonne chère, la bombance, la démesure mais aussi, un attachement absolu à la liberté individuelle. Sans ses puissants mécènes et protecteurs il aurait sans doute fini sur les bûchers de l’inquisition, pour preuve ses ouvrages interdit et brulés par La Sorbonne. Je veux parler de RABELAIS. Il y a des mots qui ont ce pouvoir d’évoquer chez le lecteur la joie et le bonheur. C’est le cas des Grandgousier, Pantagruel et autre Gargantua; de la guerre quand elle est Picrocholine, des moines quand ils sont de Thélème… Au prochain coup de blues, à la prochaine petite déprime qui pointe le bout de son nez, laissez tomber les antidépresseurs et (re) lisez quelques pages au hasard dans l’œuvre de Rabelais lui qui croyait fermement que la liberté totale ne conduit pas au chaos mais à l’harmonie.

Le 9 avril 1553, mort de François RABELAIS, à Paris. Né vers 1494 à Chinon, à la métairie de la Devinière. Moine, médecin, écrivain, il fut tout cela à la fois.
Revendiqué comme un précurseur de l’anarchisme après sa description d’une abbaye imaginaire (Thélème), fonctionnant sur des principes libertaires. En 1532, il publie « Les horribles et épouvantables faits et prouesses du très renommé Pantagruel ». En 1534, il accompagne l’évêque Jean du Bellay (son protecteur qui deviendra cardinal) à Rome. A son retour, est édité « La vie inestimable du grand Gargantua, père de Pantagruel ». Nommé docteur à Montpellier en 1537, « Le tiers livre » paraît, mais la Sorbonne condamne l’ensemble de son l’oeuvre. Il voyage alors à nouveau en Italie, et c’est à Lyon qu’il publie le « Quart livre » (1548). Son « Cinquième Livre » ne sortira qu’après sa mort, en 1564.

Rabelais réalise la transition entre deux époques : s’il est encore un homme du Moyen Âge qui aime la liesse et la farce, il est aussi un contemporain de la Renaissance, humaniste savant, médecin féru de grec et partisan du retour à la nature . On lui doit entre autres la fameuse citation: « science sans conscience n’est que ruine de l’âme… »

Une autre description des plus réjouissantes me plait tout autant: « Toute leur vie était régie non par des lois, des statuts ou des règles, mais selon leur volonté et leur libre arbitre. Sortaient du lit quand bon leur semblaient, buvaient, mangeaient, travaillaient, dormaient quand le désir leur en venait. Nul ne les éveillait, nul ne les obligeait à boire ni à manger, ni à faire quoi que ce soit. Ainsi en avait décidé Gargantua. Et leur règlement se limitait à cette clause : FAIS CE QUE TU VOUDRAS. »

Ah, les moines de l’abbaye de Thélème; ils me font penser à ceux de saint Bernardin « qui se levaient tard et se couchaient matin, pour aller à mâtines vider les p’tits flacons »; vieille chanson de carabins que l’on peut encore trouver sur quelques 78t dans la collection « le plaisir des dieux ».

Allez, merci de votre visite, portez vous bien et à demain peut-être.

Le poète a toujours raison…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE, PORTRAIT

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Amis de la magistrale poésie et de la potée bretonne réunies, bonjour !

Nous sommes le dimanche 08 avril et l’on me dit que c’est Pâques… Les seules qui m’aient un jour inspiré ce sont les Pâques irlandaises, en 1916, lorsqu’une poignée d’utopistes déclarèrent imprudemment l’indépendance de leur pays…

C‘est aussi le jour anniversaire de la naissance de François de Montcorbier dit Villon en 1431 à Paris. Sans doute le poète français le plus connu de la fin du Moyen Age.

Écolier de l’Université, maître de la Faculté des Arts dès 21 ans, il a d’abord mené au Quartier Latin une vie joyeuse d’étudiant indiscipliné. À 24 ans, il tue un prêtre dans une rixe et s’enfuit de Paris. Amnistié, il doit de nouveau s’exiler un an plus tard après le cambriolage du Collège de Navarre. Accueilli à la cour de Charles d’Orléans, le prince-poète, à Blois, il échoue à y faire carrière. Il mène alors une vie errante et misérable sur les routes. Emprisonné à Meung-sur-Loire, libéré à l’avènement de Louis XI, il revient à Paris après six ans d’absence. De nouveau arrêté dans une rixe, il est condamné à être pendu. Après appel, le Parlement casse le jugement et le bannit pour dix ans de la ville. Il a 31 ans. On perd alors complètement sa trace. Il nous a laissé, entre autres, la fameuse Ballade des pendus interprétée ici par un Léo Ferré génial.

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Mais déjà l’imagerie populaire a transformé Villon. Elle a fait du poète le type de l’escroc par excellence, grand farceur et grand buveur, toujours habile à tromper le bourgeois pour vivre d’expédients. Il est le héros du Sermon des repues franches de maistre Françoys Villon, un petit recueil sur l’art de vivre aux dépens d’autrui, dont le succès est considérable autour des années 1500. Le poète apparaît comme un bouffon, vivant d’escroqueries journalières avec ses compagnons. Son nom devient si populaire qu’il entre dans la langue : on dit villonner pour duper, tromper, payer en fausse monnaie. Villon, villonner, villonnerie avec le sens de fripon, friponner. Qui a dit : Le poète a toujours raison…

Allez, à chaque jour suffit sa peine, portez vous bien et à demain peut-être.

Les desseins du dessin…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis de la caricature et du pigeon rôti réunis, bonjour !

Nous sommes le samedi 07 avril -dans un mois on saura- c’est le 18è jour de germinal dédié à la Cigüe. Ce qui suit n’a rien à voir…Quoique.

Voici le petit portrait d’un grand caricaturiste, ancêtre de nos dessinateurs humoristes et satiriques. Le 16 avril 1866, naissance de Gustave Henri JOSSOT, à Dijon. Individualiste libertaire, dessinateur et caricaturiste de talent et aquarelliste. Né dans une famille bourgeoise, il s’éloigne de son milieu pour se consacrer à la peinture et au dessin. Toute sa révolte passe par le trait de ses caricatures qui prennent pour cibles les institutions de la société : famille, armée, justice, églises, écoles, etc. Jossot, profondément libertaire, refuse pourtant l’étiquette d’anarchiste.Ses premiers dessins sont publiés vers 1891 dans « Le Rire », puis dans « L’Assiette au beurre », « Le Diable » anticlérical, « Les temps nouveaux », etc.

On voit ici une reproduction d’une publicité pour les sardines à l’huile Amieux, dont une fameuse usine était implantée à Douarnenez (Finistère). Tout près de la plage des dames il y avait le non moins fameux « poulic Amieux » dans lequel nous faisions nos premiers essais de « plonjadenn » en chantant: » à la première plonjadenn du haut du mel rocher, un plonge à pic moi j’ai fait, un castrec moi j’ai lonqué.« . Que les non douarnenistes me pardonnent cette petite digression folklorique.

Mais revenons à notre caricaturiste. Morceaux choisis: »La besogne du caricaturiste ne consiste pas à faire tressauter sous le rire les bedaines des brutes, mais à semer dans les cerveaux qui pensent les idées libératrices » in « Le foetus récalcitrant ». « mon sacré tempérament de caricaturiste me pousse à me moquer des choses les plus respectables : les anarchistes eux-mêmes trinquent un peu ô si peu! » in une lettre à Jean Grave en 1906. A partir de 1907, il abandonne ce mode d’expression et, après une longue dépression, il se retire en Tunisie, en 1911, se convertissant même à l’islam en 1913 (nobody’s perfect), après une crise mystique qui ne durera pas. Toujours aussi individualiste et révolté, il défend, dans les journaux, les mariages inter-communautés, une plus grande liberté pour les musulmanes, etc. Il ne peint plus que des paysages et tableaux sur la vie quotidienne tunisienne.Il meurt le 7 avril 1951, à Sidi Bou Saïd. Ayant renoncé à toute religion, il sera enterré civilement.Voila un bonhomme qui mérite bien de rejoindre notre collection de portraits dans notre galerie.

Allez, merci d’être passé, portez vous bien et à demain peut-être


Georges DARIEN…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis de l’anarchisme tonitruant et du café-cognac-sans-café réunis, bonjour !

Nous sommes le vendredi 06 avril 2012 et c’est la St Marcellin qui fut, comme chacun s’en souvient, un ministre de l’intérieur fort apprécié des soixantehuitards… Une fois encore la météo a donné raison aux dictons de nos aïeux car ce matin il ne faisait pas bon se découvrir d’un fil…

Aujourd’hui, 6 avril, est aussi le jour anniversaire de la naissance de Georges Hippolyte Adrien qui vit le jour en 1862. Je vois à vos mines dubitatives que sa renommée n’est pas parvenue jusqu’à vous. Il est plus connu (disons, moins inconnu) sous le nom de Georges Darien. Cet écrivain quasiment oublié de tous fut redécouvert dans les années 1950 avec la réédition de son roman le voleur dont Louis Malle fit une magnifique adaptation cinématographique en 1967. Rappelez vous de Belmondo, de Charles Denner, de Lucien Guiomar, de Bernadette Laffont, Marlène Jobert… Que du beau linge.

Le 16 mars 1881, devançant l’appel, il s’engage à l’armée, dans le deuxième escadron du Train. Le 23 mai 1883, son insoumission l’envoie pour 33 mois à Biribi, un bataillon disciplinaire en Tunisie. C’est le nom qu’il donnera à son roman, dans lequel il dénonce les difficultés de sa condition et celles de ses compagnons. Mais ce roman là, comme les autres, ne connut guère de succès. Ecoutez cette magnifique chanson interprétée par Mouloudji « Biribi », extraite du film de Moosmann.

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Admiré par Alfred Jarry et Alphonse Allais, plus tard par André Breton, Georges Darien devient un auteur prisé des milieux libertaires. En dépit d’une seconde biographie récente, peu de choses de sa vie sont connues, ce qui laisse libre cours aux fantasmes qui associent la vie de l’écrivain à celle du héros de son roman Le Voleur, Randal. En effet de 1891 à 1897, il disparaît, voyage en Belgique, en Allemagne et en Angleterre, Londres en particulier, d’où il revient avec le manuscrit de son roman, Le Voleur. Redécouvert en 1955, c’est ce dernier qui lui assure la postérité.

En plus de ses romans, Darien est le pamphlétaire le plus virulent de cette fin de siècle. Il collabore à plusieurs revues anarchistes, parmi lesquelles L’Escarmouche (dont, soi dit en passant, il fut l’unique rédacteur), L’Ennemi du peuple et L’en dehors, où il côtoie Zo D’Axa (voir mon billet du 24 mai 2010).

Encore un sacré bonhomme que l’histoire, décidément bien ingrate, a décidé de passer par pertes et profits…

Allez vive le printemps, portez vous bien et à demain peut-être.

Peut-être bientôt, l’an 01…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis des rubriques à brac et du poulet fermier réunis, bonjour!

Nous sommes le jeudi 05 avril, 16è jour de germinal dédié à la laitue… Ce jour fut tout à fait funeste à celui la même qui nomma chaque jour du calendrier républicain, Fabre d’Eglantine, puisque, avec ses amis Danton et quelques autres, il perdit la tête en 1794. La légende veut qu’il ait pleuré sur la charrette le menant à l’échafaud, se lamentant de n’avoir pas pu terminer un poème. Danton, connu pour son esprit caustique, lui aurait alors déclaré : « Ne t’inquiète donc pas, dans une semaine, des vers, tu en auras fait des milliers… ». Une autre histoire veut que Fabre ait fredonné son Il pleut, il pleut, bergère, en montant à l’échafaud. Un autre utopiste s’est lui aussi absenté un 05 avril et mérite bien sa place au panthéon des cénobites tranquilles…

Le 5 avril 2004, disparaissait Georges BLONDEAU dit Gébé, né à Villeneuve-Saint-Georges en 1929. En 1960, il arrive à Hara-Kiripour y dessiner, écrire, et pratiquer le roman-photo. Durant les années de censure, il fait de la radio et se réfugie à Pilote (mai 68 avec Gosciny). Retour à Hara-kiri pour le lancement de Charlie Hebdo avec Cavanna et toute la bande. Treize années de bonheur, puis arrêt deCharlie. Cinéma, chansons, bandes dessinées, dont le cultissime L’An 01.Quelques romans et toujours des journaux : ZéroL’Autre JournalL’Idiot International En 1992, Charlie Hebdo repart. Gébé est dedans. Jusqu’à ce lundi 5 avril 2004 où il nous a quitté.

Après des débuts d’illustrateur industriel à la SNCF, Gébé se lance dans le dessin humoristique. Ses premiers dessins paraissent dans La Vie du rail et dans divers journaux. En 1960, il entre à Hara-Kiri où il cultive une veine oscillant entre le non-sens et l’utopie libertaire. Il y crée de fausses publicités, des romans-photos et un personnage étonnant, Berk, créature vaguement humanoïde à l’humour ravageur.

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Il anime en 1970 dans Politique Hebdo, puis dans Charlie Mensuel, une série écologique et utopique, l’An 01, réflexion satirique sur la place de l’homme dans une société où le progrès laisse de moins en moins de place au rêve. Cette série, très populaire, fera l’objet sous le même titre d’une adaptation cinématographique en 1973, réalisée par Jacques Doillon. La vidéo ci-dessus en montre une scène avec un autre grand disparu cher à mon coeur, François Béranger.

Après un court passage au sein du journal Pilote, Gébé sera rédacteur en chef d’Hara-Kiri de 1969 à 1985, tout en travaillant aussi pour Charlie Mensuel et Charlie Hebdo. Puis, en 1986, il devient rédacteur en chef d’un magazine à l’existence éphémère, Zéro, avant de prendre en 1992 la direction de la publication de Charlie Hebdo. C’était avant l’arrivée du copain de Carla…

En 1965, Gébé écrit trois pièces de théâtre radiophoniques (dans la série « Le théâtre de l’étrange », sur France Inter) et des chansons pour divers interprètes (dont Yves Montand). Auteur d’un roman policier, Sept Cartouches (1983), il a aussi écrit pour la télévision, notamment pour les séries humoristiques « Merci Bernard » ou « Palace ». Au XVIè siècle lorsque Thomas MORE inventa le terme UTOPIE, il ne se doutait pas que quatre cents ans plus tard, un dessinateur de la SNCF allait s’en donner à coeur joie et faire notre bonheur, fut-il éphémère.

Allez, merci d’avoir visité les cénobites, portez vous bien et à demain peut-être.


Vous reprendrez bien un peu de blues…

Posté par erwandekeramoal dans JAZZ, PORTRAIT

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Amis du blues profond et du spleen de banlieue réunis, bonjour!

Nous sommes le mercredi 04 avril, 15è jour de germinal dédié à l’abeille. Voici le petit portrait d’un bluesman qui aurait du figurer depuis longtemps dans notre galerie.

 

Né McKinley Morganfield le 14 Avril 1915 à Rolling Fork, Mississippi.Comme beaucoup de musiciens du Delta du Mississipi, Muddy Waters naquit dans une famille de métayer. Sa mère mourut lorsqu’il avait 3 ans et il fut élevé à la plantation Stovall près de Clarksdale. Vers 7 ou 8 ans il apprit à jouer de l’harmonica et attendit ses 17 ans pour commencer à jouer de la guitare. Il joua dans les parties et les picnics. A cet âge il était déjà impressionné par Son House. plus tard il emprunta des trucs à Robert Johnson. C’est surtout Son House qui influença son jeu, y mêlant accord ouvert de Sol et le bottleneck .Avant 1941 il était encore fermier, bien qu’il dirigeait un petit tripot lui rapportant quelques dollars issus des jeux et de la vente de whisky de contrebande. Tiens écoutez ça, ça gratte mais c’est du tout bon…

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En 1941 il enregistra quelques morceaux pour Allan Lomax qui enregistrait des bandes pour la Library of Congress. Le succès tarde à venir et Muddy Waters décide de partir pour Chicago en 1943.Il commença à y enregistrer quelques morceaux et électrifia son style. En 1948 il enregistra I Can’t Be Satisfied et Feel Like Going Home pour le label Aristocrat des frères Chess. En moins d’un jour le stock de ce disque fut entièrement vendu. Muddy Waters connut donc un grand succès et se produisit dans les clubs de Chicago, avec Jimmy Rogers derrière lui à la seconde guitare. Dans les années 1950 il enregistra ses meilleurs morceaux, Mannish Boy, Got My Mojo Working, et Hoochie Coochie Man écrite par Willie Dixon.En 1958 Muddy Waters part faire une tournée en Angleterre. L’accueil qu’il y reçu fut très enthousiaste de la part du public anglais. C’était le début du Blues Revival où tous les musiciens de rock se plongeaient dans les racines du blues.Se souvenant du soutien que lui avait procuré Big Bill Broonzy, il enregistra un album complet de reprises de son collègue.En 1977 il cessa sa longue collaboration avec Chess et signa chez CBS. Il fut produit par le guitariste Johnny Winter. C’est celui ci qui produisit ses deux derniers albums, Muddy « Mississippi » Waters Live et King Bee.Il finit sa vie en jouant dans de grands concerts avec des artistes célèbres lui rendant hommage.Mort le 30 Avril 1983 d’une attaque cardiaque pendant son sommeil.

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.


Skol al louarn…

Posté par erwandekeramoal dans ANARCHISME, PORTRAIT

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Amis de l’école buissonnière* et du thé au jasmin réunis, bonjour !

Nous sommes le mardi 03 avril, 14è jour de germinal dédié au Hêtre et ce matin c’est un peu frisquet.

J’évoque souvent ici les pédagogues qui ont marqué l’histoire de l’éducation de leur empreinte. Ferrer, Freinet, Sébastien Faure mais aussi, Paul Robin, injustement oublié.

*Skol al louarn en breton

Le 3 avril 1837, naissance de Paul ROBIN à Toulon (Var).

Pédagogue anarchiste, il participe à la première internationale en Belgique, avant d’être expulsé de ce pays en 1869. Il se réfugie alors en Suisse où il se lie avec Michel Bakounine. Après 10 années passées à Londres, il prend, en 1880, la direction de l’Orphelinat Prévost à Cempuis (Oise). Il y insuffle toute son énergie et met en pratique une pédagogie libertaire tout à fait originale. Fonctionnant comme un internat, plus de 600 enfants y séjournèrent entre 1880 et 1894. L’enseignement y était basé sur l’observation, le développement du sens artistique de l’enfant et la prise en compte de ses désirs. Education physique, manuelle et intellectuelle ; il existait 19 ateliers différents qui donnaient à chacun une formation complète d’un métier (de la boulangerie à l’imprimerie, en passant par la photographie ou la maçonnerie). Ces ateliers procuraient également à l’école une certaine autonomie financière. La mixité était de règle, les enfants étaient emmenés pour deux mois au bord de la mer, chaque été, etc. Mais les attaques répétées contre cette école libertaire finiront par avoir raison d’elle. Paul Robin est révoqué le 31 août 1894.

Cette éducation, qui veut donner aux enfants des classes défavorisées le moyen d’accéder à l’éducation, se caractérise, outre son athéisme et son internationalisme, par le souci de développer harmonieusement l’individu dans sa globalité, tant sur le plan physique qu’intellectuel ou moral. Un autre aspect très novateur de l’œuvre que Robin accomplit à Cempuis, est la « co-éducation des sexes » qui éduque filles et garçons côte à côte, comme dans les familles naturelles.
Fatigué et usé par la vie, il se suicidera le 1er septembre 1912.
Cempuis aura une grande influence sur deux autres pédagogues libertaires : Francisco Ferrer et Sébastien Faure. Il disait : « La science officielle de l’éducation ne trouve rien de mieux à faire des jeunes adolescents que de les enfermer : les privilégiés au collège, les vulgaires à l’atelier, les parias en prison ». ici à droite, une vue de la fanfare de l’école de Cempuis.
« Laissez l’enfant faire lui-même ses découvertes, attendez ses questions, répondez-y sobrement, avec réserve, pour que son esprit continue ses propres efforts, gardez-vous par-dessus tout de lui imposer des idées toutes faites, banales, transmises par la routine irréfléchie et abrutissante. »

Sources: L’excellent bouquin de Nathalie Bremant ‘Cempuis une expérience d’éducation libertaire à l’époque de Jules Ferry » – C’est aux editions du Monde Libertaire – Le non moins excellent blog « La feuille Charbinoise » mais aussi l’incontournable Ephéméride anarchiste. On croit rêver! Allez, portez vous bien et à demain peut-être.


 

Batterie…De cuisine.

Posté par erwandekeramoal dans JAZZ, PORTRAIT

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Amis du ragtime et du p’tit salé aux lentilles réunis, bonjour!

Nous somme le lundi 02 avril,13è jour de germinal dédié à la morille. Ah, le filet de bœuf et sa sauce aux morilles…Un vrai péché surtout si vous avez les moyens de l’accompagner d’un Margaux. Sinon, un Corbières fera parfaitement l’affaire. La cuisine et le jazz ont ceci de commun, la batterie…

Contrairement au Rock peut-être, on délaisse souvent les batteurs et les percussionnistes du Jazz au profit des joueurs de saxo et autres clarinettes. Chacun connait ou a entendu parler de Charlie Parker ou de Stan Getz mais peu peuvent citer le nom d’un batteur. Écoutez et observez « Buddy » dans ses œuvres…

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Bernard « Buddy » Rich est né à Brooklin, USA, et est décédé un 2 avril en 1987. C’était un batteur de jazz et, je prends le risque de dire que c’était le plus grand batteur qu’on ait jamais connu. Cet autodidacte était connu pour sa technique, sa puissance, sa vitesse et son habileté à improviser.

Il est né dans une famille juive de New York. Son père découvrit que Buddy était familier avec le rythme, car il était capable de battre de façon rythmée à l’âge d’un an. Sa plus grande qualité était son habileté et sa rapidité sur des doigtés frisés comme disent ceux qui connaissent la musique. (alternance : un coup main gauche, un coup main droite)

En 1937, il commence à jouer du jazz avec Joe Marsala, puis avec Bunny Berigan (1938), Artie Shaw, Tommy Dorsey, Benny Carter (1942), Harry James (1953-1956), Les Brown, Charlie Ventura, Jazz at the Philharmonic, tout comme dans son propre groupe, tout en accompagnant de célèbres groupes de musique.

Il assiste aux débuts de Frank Sinatra, avec qui il fait un temps partie du Tommy Dorsey Orchestra.

Il va aussi jouer avec Art Tatum, au début des années 1950.

À partir de 1966 jusqu’à sa mort, il menait un big band, alors que leur popularité était déclinante depuis les années 1930. Sa pièce la plus connue est l’arrangement de West Side Story.

Sur son lit de mort, une infirmière lui aurait demandé s’il était allergique à quoi que ce soit. Il aurait répondu : « Oui, à la musique country ! » Il est enterré au Westwood Village Memorial Park Cemetery à Los Angeles, Californie.

Avant sa mort Buddy Rich légua sa batterie à Armand Zildjian le directeur de la célébre marque de cymbales Zildjian. M.Zildjian vient rendre visite a Buddy sur son lit de mort et il lui dit : « j’ai ta batterie Buddy. » Buddy lui répondit : « Tu en prendras soins Zildj’. » Il mourut le lendemain. Amen!

Tout à fait autre chose. Le billet que j’ai consacré à Lise LONDON au mois de février ne lui a pas porté chance; elle vient de mourir samedi.

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

Encore un drôle de paroissien…

Posté par erwandekeramoal dans ANARCHISME, PORTRAIT

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Amis de la peinture à l’huile et du maquereau vin blanc réunis, bonjour!

Nous sommes le dimanche 1er avril et, c’est pas une blague, ce jour dans le calendrier républicain était dédié au Charme (l’arbre). Trouver sa place dans une galerie de portraits, c’est bien le moindre pour un peintre…

Le 1er avril 1856, naissance de Charles MAURIN au Puy Auvergne. Peintre graveur et anarchiste.En 1875, il obtient le Prix Crozatier qui lui permet de venir à Paris étudier aux Beaux-Arts puis à l’Académie Julian où il enseignera ensuite. Il expose au « Salon des Artistes Français » et devient membre de la Société en 1883.

Considéré par Edgar Degas (1834-1917) comme l’un des plus talentueux dessinateurs de son temps, Charles Maurin (1856-1914) a depuis sombré dans l’oubli. À partir des années 1890, Maurin glisse vers l’étrange, donnant à ses œuvres une profondeur nouvelle. Certaines peintures de cette période comme L’Aurore du rêve, Les Fleurs du mal (vers 1891) comptent parmi les peintures les plus abouties de l’artiste.

Ami de Toulouse-Lautrec, ce dernier fera sa première exposition particulière avec lui en 1893. Il puise son inspiration des artistes japonais, révolutionne la technique de l’eau-forte, et réalise également des bois-gravés. Il collabore à « La Revue Blanche » dirigée par Fénéon et initie Félix Vallotton à la gravure et à l’anarchisme.Il meurt à Grasse, le 22 juillet 1914.C’est à lui que l’on doit le fameux bois gravé de Ravachol, le torse nu, entre les montants de la guillotine.

Voila pour ce dimanche printanier. En attendant la suite, portez vous bien et à demain peut-être.


Esprit es-tu là?

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis des esprits frappeurs et du chocolat Poulain réunis, bonjour !

Nous sommes le samedi 31 mars, 11è jour de germinal dédié à la pervenche.

Voici déjà un moment que je voulais trouver une petite place dans notre galerie de portraits pour cet étrange personnage qu’était Allan Kardec ou Alan Kardec, de son vrai nom Hippolyte Léon Denizard Rivail, né à Lyon le 03 octobre 1804 et décédé le 31 mars 1869. C’est un pédagogue français, fondateur de la philosophie spirite ou spiritisme. Il est généralement surnommé le « codificateur du spiritisme ». Son œuvre influence aujourd’hui fortement la culture et la vie publique brésilienne.

Il va à l’école primaire locale jusqu’à ses dix ans, Il devient interne au château d’Yverdon, sur le lac de Neuchâtel, chez le célèbre pédagogue Pestalozzi qui met alors en pratique les principes de l’« Émile » de Rousseau. Dans cette « école mutuelle », il apprend avec d’autres jeunes gens de la bonne société européenne. Les influences de Pestalozzi furent très fortes sur le futur Kardec, et des principes de la pédagogie se retrouveront dans sa doctrine spirite: la fraternité universelle ou l’ouverture aux femmes.

En 1832, il épouse Amélie Boudet (ici le couple en portrait), une institutrice qui travaille avec lui dans son école et dans la poursuite de son œuvre pédagogique. Lorsque l’école doit fermer pour des raisons financières, Léon Rivail traduit des textes allemands et publie des manuels pour gagner sa vie. Il continue à donner des cours, gratuitement, de chimie, physique, anatomie et astronomie. Il est un grand positiviste, pas du tout tourné vers le surnaturel. C’est en cette capacité de pédagogue positiviste qu’il est sollicité pour superviser des séances de tables tournantes. On lui demande aussi de mettre de l’ordre dans les communications des esprits reçues lors de séances. Cela donnera Le livre des Esprits.

Il découvre les tables tournantes en 1855, pratique venue des Etats-Unis. C’est à cette époque qu’il prend son surnom d’Allan Kardec, nom qu’il pense correspondre à celui qu’il portait lors d’une vie antérieure, alors qu’il était druide. Il converse plusieurs années avec toutes sortes d’esprits et en tire un enseignement. L’essentiel est écrit dans Le livre des Esprits (1857) et Le livre des médiums (1861). Il fonde également La Revue spirite, magazine encore publié aujourd’hui, dans plusieurs langues. Il meurt d’un anévrisme en 1869 en laissant nombre de textes en cours d’écriture. Un sixième livre dont le titre provisoire était : Les prévisions concernant le spiritisme, fut également retrouvé. Tous ces travaux inachevés furent regroupés par l’éditeur Pierre-Gaëtan Leymarie quelques années plus tard et édités sous le titre : Les oeuvres posthumes d’Allan Kardec.

Il est inhumé au Père-Lachaise, à Paris. Au-dessus de sa tombe en forme de dolmen et de son buste en bronze poli , sa devise : « Naître, mourir, renaître encore et progresser sans cesse, telle est la Loi ». De nombreuses personnalités furent séduites par le spiritisme tels, Victor Hugo, Théophile Gautier, Camille Flammarion ou Conan Doyle… De nos jours, Allan Kardec est l’un des auteurs sociologiques français les plus lus au Brésil . Plus de six millions de Brésiliens se déclarent spirites et mettent en application sa doctrine dans des milliers de centres spirites. Les principales villes brésiliennes ont toutes une rue Allan Kardec. Ici un collège portant son nom à Minas-Geraï. Allez, que la force soit avec vous, portez vous bien et à demain peut-être.