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Le sax de Willem…

Posté par erwandekeramoal dans JAZZ, PORTRAIT

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Amis du métissage absolu et de l’andouille de Guéméné réunis, bonjour ! Nous sommes le Mercredi 07 Aout 2019, qui correspond au vingtième jour de Thermidor dédié à l’écluse. A l’été 2010, nous apprenions la disparition d’un grand saxophoniste de free jazz, Willem Breuker.

«Il était le Duke Ellington de la free music», si l’on en croit Armand Meignan, directeur de l’Europa Jazz du Mans, dowillem Breuker-D-nt il fut l’un des invités les plus fréquents. Né le 4 novembre (c’est une excellente date) 1944, le saxophoniste hollandais, un des pères de la free music, a bien connu le festival Manceau voué, dans sa genèse, au jazz européen de façon assez radicale. Il y fut l’invité en 1982 de l’indétrônable Régional Tour, qui lui fit sillonner les Pays de la Loire pour douze concerts. Breuker était de ces personnages à part dans l’histoire de la musique. Hors modes, tout sauf show-business.

Son parcours, marqué par son engagement social, avait commencé dans la rue et les usines. Une dimension politique qui a dominé son œuvre, tout à fait originale, qui se situe entre lbreuker3a tradition jazz américaine, le nouvel élan européen survenu au milieu des années 60, et des influences Kurt Weill. Sa musique, ouverte à tous les horizons, à toutes les influences laissait une grande part à l’improvisation et le Willem Breuker Kollektief qu’il avait crée, offrait de véritables spectacles qui relevaient autant du théâtre que de la musique. Pour des raisons qui me restent obscures il fut dédaigné des médias français. Il méritait bien un petit coup de chapeau. Salut l’artiste !

Allez, le bonjour vous va, portez vous bien et à bientôt peut-être.

La plupart espagnols…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de phytothérapie et des pom-pom girls réunies, bonjour ! Nous sommes le Mardi 06 Août 2019 soit le 19è jour de thermidor dédié à la gentiane; magnifique fleur au demeurant que l’on retrouve dans quelques breuvages des plus euphorisants. Je vous conseille, par ces rudes chaleurs, l’Antidote, une bière ambrée à base de châtaignes et de gentiane. Mais le Picon n’est pas mal non plus…

Tout à fait autre chose.

Le 6 août 1936, mort de Ramón Acin Aquilue, assassiné par les franquistes à Huesca. Militant anarcho-syndicaliste, pédagogue, écrivain et artiste d’avant-garde. Né le 30 Août 1888, à Huesca (Aragon), il commence en 1908, à Zaragoza, des études de sciences, mais les Ramon Acinabandonne un an plus tard pour se consacrer à sa vocation artistique. Dès 1913, il s’intéresse aux idées anarchistes et prend part à Barcelone à la création de la revue La Colère. A Madrid entre 1916 et 1917, il devient l’ami de Garcia Lorca, puis il est nommé professeur de dessin à l’école normale de Huesca. En 1918, il participera aux divers congrès en tant que représentant de sa ville (Huesca) où il jouit d’une grande popularité. En 1922, il crée une académie de dessin à son domicile où il s’inspire de la pédagogie rationaliste de Francisco Ferrer, puis plus tard des réalisations de Célestin Freinet, deux pédagogues à qui j’ai consacré un billet. Il milite également pour créer un mouvement de jeunes, et donne des cours du soir aux ouvriers et des conférences en faveur des prisonniers politiques.

Un article de soutien à l’anarchiste Juan ACHER (condamné à mort après un attentat) lui vaudra d’être emprisonné en 1924. Sa participation à des soulèvements l’obligent ensuite à s’exiler un temps à Paris. Il donne de nombreux articles à la presse libertaire où, outre des le garrot critiques d’art ou idéologiques, il manifeste un intérêt pour l’écologie, le végétarisme, le naturisme ou bien encore la défense animale. Son œuvre artistique est très variée : dessins, caricatures, toiles peintes, mais aussi sculptures et collages surréalistes. A droite une magnifique sculpture qui évoque le garrot de sinistre mémoire tant utilisé par la « justice » Franquiste. Ami de Buñuel, il va produire (grâce à un gros lot de loterie) son film « Terre sans pain ». En 1936, à Huesca, l’armée et la garde civile prennent part au coup d’État et organisent la répression. Parmi les nombreux fusillés se trouvent Ramón ACIN et sa compagne Conchita Monras.

Allez, merci d’être passé; portez vous bien et à bientôt peut-être.

Du père Lapurge au père Fouettard…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de la pédagogie active et du coco Boer réunis, bonjour ! Nous voici donc le Lundi 05 août 2019 et vous êtes encore devant votre ordinateur. C’est aujourd’hui le 18è jour de thermidor dédié à l’amande. Si je vous dis que l’amande est incontournable dans la fabrication des coucougnettescoucougnettes, je vois déjà votre sourire en demi teinte, et pourtant. Une coucougnette est une confiserie faite avec des amandes, de la pâte d’amande et du chocolat. La coucougnette est fabriquée à base d’amandes fraîches broyées au sucre de canne, mélangée à des amandes grillées caramélisées avec quelques gouttes d’eau-de-vie de gingembre et une rasade d’armagnac. Le cœur de la coucougnette est une amande douce entière grillée et enrobée de chocolat noir grand cru. Elle est roulée à la main et trempée dans du jus de framboise pour lui donner cette couleur rosée. Les plus célèbres sont sans doute « les coucougnettes du vert galant » que les mauvais esprits se sont empressé de traduire par « les roubignoles d’Henri IV ».

Connaissez vous le père Lapurge ?

Le 5 août 1910,   mort de Constant MARIE dit « Le Père Lapurge ». Communard, militant et chansonnier anarchiste. Il est né le Constant_Marie27 août 1838, à Ste-Houvrince   (Calvados). Ouvrier maçon, il participe à la Commune de Paris et sera   blessé durant les combats au fort de Vanves. Blessure qui   l’aurait contraint par la suite à se faire cordonnier   (profession semble-t-il propice au développement des   idées libertaires, allez savoir pourquoi). Auteur-compositeur de chansons   révolutionnaires dont les plus connues sont « Dame Dynamite »,   « le Père Lapurge »(à laquelle il devra son surnom) et   « La Muse Rouge »; chant de révolte qui donnera son nom à   partir de 1901 à un célèbre groupe de   poètes et chansonniers révolutionnaires à qui   l’on doit nombre de chansons faisant partie de notre patrimoine. 

https://youtu.be/ElOgx1N_Sqo

Propagandiste actif, Constant Marie participe à de multiples fêtes de groupes anarchistes où il réjouit   l’auditoire, mais la virulence de ces propos attire l’attention de la police père lapurgequi ne cessera de le surveiller. Le 1er juillet 1894, son   domicile est perquisitionné; des livres et les textes de ses   chansons sont saisis; arrêté, il est inculpé   « d’affiliation à une association de malfaiteur », il passera plusieurs semaines à la prison de Mazas. On ne s’ennuyait pas à cette époque là. On brocardait allègrement les puissants, les curés, les gendarmes sans risquer d’être déchu de sa nationalité. Bon d’accord, c’était souvent la prison ou la relégation mais les idées des lumières faisaient leur chemin et on pouvait rêver à des lendemains qui chantent. En 2010, notre ami Paul -La feuille charbinoise- lui avait consacré un billet, autrement plus complet que celui-ci.

Aujourd’hui, l’heure est à la reculade, le père fouettard a remplacé le père Lapurge et ce qui nous attend ne me dit rien de bon. Allez, profitez de l’été, portez vous bien et à bientôt peut-être.

A bas les calottes…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de l’herboristerie et du bar de ligne réunis, bonjour ! Nous sommes le Samedi 03 Août 2019 et, si j’en crois mon calendrier républicain, c’est le seizième jour de thermidor dédié à la guimauve. baton de guimauveAutrefois on utilisait la racine de cette plante pour produire la fameuse pâte à guimauve. Aujourd’hui tout cela est remplacé par du collagène à base de peau et d’os d’animaux…Beurk ! Mon aïeule, qui ne reculait devant aucune expérience, surtout quand nous en étions les cobayes, nous faisait mâchouiller de la racine de guimauve épluchée (photo de droite); c’est bon pour les dents, disait elle… Nous on préférait le bâton de réglisse.

Tout à fait autre chose.

Vous ai-je déjà entretenu de Étienne Dolet ? On le disait fils illégitime de François 1er. Il consacra sa courte vie à faire valoir la raison. Or donc, le 03 août 1546, mort d’Étienne Dolet, brûlé vif sur la place Maubert àEtienne Dolet Paris. C’était là le bûcher réservé aux imprimeurs. A noter qu’il était aussi né un 03 août en 1509. Libre penseur, et humaniste français, il naît à Orléans en 1509, après des études à Paris puis une tournée dans les universités de Padou (Italie) et de Toulouse, il se fixe à Lyon où il travaille comme linguiste et philologue érudit pour le célèbre imprimeur Sébastien Gryphe. En 1536, il tue accidentellement un agresseur. D’abord jeté en prison, il est ensuite gracié. Il s’installe alors à son compte comme imprimeur, et publie des almanachs populaires, des satyres sociales et religieuses mais aussi Rabelais, Érasme, etc.

En 1538, les ouvriers d’imprimerie se mettent en grève pour réclamer un meilleur salaire et unstatue Dolete meilleure nourriture, Étienne Dolet se rallie à leurs justes revendications et lutte à leurs côtés. Ce qui suscite la haine de ses confrères qui le dénoncent à l’Inquisition. Arrêté, autant pour son soutien aux compagnons imprimeurs que pour ses écrits et publications contre les dogmes de l’Église, il est emprisonné de 1542 à 1546. Repris après une évasion, il est enfermé à la Conciergerie avant d’être brûlé vif avec ses livres, place Maubert.
 » Non dolet ipse Dolet, sed pro ratione dolet » (Dolet ne s’afflige pas sur lui-même, mais s’afflige pour la raison).Sources :Éphéméride anarchiste. A gauche sa statue (place Maubert) avant qu’elle ne soit fondue pour en faire des canons…

Cela se déroulait il y a cinq cents ans et  pourtant… Aujourd’hui les fondamentalistes relèvent la tête, les Salafistes, les créationnistes, les barbus de là bas, les grands blonds aux yeux bleus d’ici, édictent des à bas les calottesfatwas, décrètent des interdits, bâtissent des mûrs de séparation, de haine et de mépris. Les sikhs incendient les mosquées, les musulmans font sauter leurs bombes, les juifs bombardent Gaza, les bouddhistes boudent dans un Tibet sinisé, les scientologues nous les brise menu, et les rahéliens attendent des nouvelles des élohims lointains. Madame Michu, répétez après moi : vive la République et à bas les calottes !

Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Vous chantiez ? Eh bien, lisez maintenant…

Posté par erwandekeramoal dans LECTURE, PORTRAIT

Amis de la littérature noire et du lapin blanc réunis, bonjour ! Nous sommes le Vendredi 02 Août 2019, quinzième jour de Thermidor dédié à la brebis mais bon, on va pas en faire un fromage. Vous lisez le 4473è ob_0c4b0f_vilaine-blesurebillet des « cénobites tranquilles » ce qui prouve que vous êtes encore devant votre ordinateur au lieu de vous adonner à la marche à pied, au jardinage ou à la lecture. Bon, perso, je vous conseille plutôt la lecture. Pour ma part, je viens de terminer Vilaine blessure de Frank Darcel aux éditions Le temps. Bon d’accord, c’est un pavé pas facile à glisser dans le sac de plage. Tiens, à ce propos, si je vous dis: Kerouac, Ginsberg, beat génération, vous pensez bien sur à William Seward Burroughs.

Préférant les aléas de l’errance à la vie bourgeoise qui lui est destinée, il choisit de partager la vie des drogués et des marginaux (un homme de goût quoi !). Des années 1940 aux années 1960, il vit le plus souvent dans les bas-fonds de New York, de Mexico, de Tanger, de Londres et de Paris, exerçant pour survivre tous les métiers possibles: employé Burroughsd’une agence de publicité, détective privé spécialisé dans les affaires de divorce, destructeur de parasites à Chicago. Refusé par tous les éditeurs américains, son second roman, Le Festin Nu, sera publié à Paris en 1959 (grâce à l’entregent de J. Kerouac), traduit par Éric Kahane à qui l’on doit la traduction du « Lolita » de Nabokov.. Le procès pour « obscénité » qui accompagne sa publication quatre ans plus tard aux États-Unis contribuera paradoxalement à parfaire sa notoriété d’écrivain et à l’imposer comme l’une des figures majeures de la littérature contemporaine. La cour suprême finira par reconnaître sa valeur littéraire et le caractère non obscène du texte. (Cette décision va ouvrir la voie à de nombreuses autres publications, notamment celles de Henry Miller). On lui doit notamment la technique du cut-up qui consiste à créer un texte à partir de fragments déjà existants.

En 1944 le poète Allen Ginsberg lui présente l’écrivain Jack Kerouac Ils resteront intimement liés, créant ensemble un mouvement artistique basé sur le refus de l’American Way of Life des sixties, la fameuse Beat-Generation, contre-culture qui influencera le mouvement hippies desburroughs & Kerouac sixties et jusqu’aux punks des années 70. Il épouse Joan Vollmer Adams en 1946. En 1953, un soir de beuverie à Mexico, [où il a émigré pour fuir ses ennuis avec la police New-yorkaise] imitant Guillaume Tell, il vise le verre que sa femme tient sur la tête, le rate mais pas elle et la tue accidentellement. (sur la photo ici, avec Kerouac). « Le Festin nu » a été adapté au cinéma par David Cronenberg en 1992. Bon d’accord, c’est pas la bibliothèque rose, tout ce petit monde sent un peu le soufre, mais Burroughs reste à mes yeux un auteur « majuscule » du XXe siècle. Il apparaît également dans le film « Drugstore cowboys » de Gus Van Sant .

Allez, merci encore pour cette visite, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Coup de chapeau à Buddy Guy…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis des brèves de comptoirs et du calendrier des postes réunis, bonjour ! Nous sommes le Mardi 30 juillet 2019 et c’est toujours asparago-di-mare-salicorniathermidor. Aujourd’hui est dédié à la salicorne.  Abondantes sur nos côtes, ses pousses tendres sont comestibles. Confites dans du vinaigre, elles sont consommées comme hors d’œuvre. Mon aïeule, qui avait une vision très personnelle de la gastronomie, en mettait dans l’omelette ou dans ses salades. On peut aussi les préparer comme des haricots verts, c’est vous qui voyez.

Coup de chapeau à BUDDY GUY.

Bluesman né un 30 juillet en Louisianne. Pour les plus jeunes, il est le père de la rappeuse Shawnna, très connue dans son immeuble. Dès son plus jeune âge il est influencé par John Lee Hooker et donne son premier concert à Bâton-Rouge avec des bluesmen locaux comme Lightin’Slim dont je vous ai déjà parlé. En 1957 il débarque à Chicago la Buddy-G-ville de ses idoles. La légende veut qu’il rencontre un inconnu qui lui demande s’il veut jouer de la guitare en échange d’un whisky. Il est aussitôt engager et joue avec Otis Rush. Et puis, c’est la rencontre avec sa première source d’inspiration, B.B. KING. Plus tard, il va enregistrer avec Ike Turner, Muddy Waters et Willie Dixon.

Le véritable succès arrive au milieu des années 60 où il va enregistrer A man and the blues, this is Buddy Guy (avec Clapton) et surtout, Stone grazy. En 65 il entame une grande tournée européenne et fera en 70 la buddy-Guypremière partie de la tournée des Stones. C’est en 1989 qu’il ouvre son propre club à Chicago, Legend. En 90, grâce à un renouveau du Blues aux États-Unis et en Europe, il sort un nouveau disque qui relance sa carrière. Je vous conseille Sweet Tea, du blues lancinant dans la plus pure tradition. Il est aujourd’hui considéré comme une légende au même titre que BB King, John Lee Kooker, Muddy Waters ou Albert King.

Allez, voila pour le portrait du jour. C’était le 4470ème billet de votre blogue favori et, ça parle pas de s’arrêter ! Portez vous bien et à bientôt peut-être.

Jean Roumilhac: Franc mac & libertaire…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de la Maçonnerie spéculative et du Homard Thermidor réunis, bonjour ! Nous sommes le Samedi 27 juillet 2019 qui correspond au 9ème jour de thermidor, consacré à la mûre et non pas au homard… A vos confitures ! Rappelons nous que ce 9 thermidor a vu la chute de Robespierre…

Le 27 juillet 1949, mort de Jean Roumilhac dans un accident de voiture   à Aix-en-Provence. Militant libertaire français, Il naît le 2 novembre 1892, à Compreignac (Haute-Vienne), dans une famille de paysans limousins. J’ai beaucoup de sympathie et même d’admiration pour ce libertaire éloigné des clichés de l’anarchiste poseur de bombes. Très jeune, il fréquente les libertaires de Limoges puis part à Paris faire des études commerciales. Il séjourne ensuite en Angleterre où il s’initie à la technique des filatures. De retour en France au moment de la Jean_Roumilhacguerre, il est alors réformé et profite de ses activités commerciales pour voyager en Espagne où il entre en contact avec les groupes anarchistes de Bilbao et de Barcelone. Après la première guerre mondiale, il crée à Marseille sa propre filature « La Compagnie du Fil de Lin », les 250 employés qui la composent bénéficient alors de nombreuses mesures sociales. Il reste fidèle malgré ses responsabilités patronales à ses amitiés libertaires, et c’est tout naturellement qu’il apporte son aide aux anarchistes espagnols après le déclenchement de la révolution en Espagne le 19 juillet 1936, effectuant de nombreux voyages à Barcelone. Il est le premier président de S.I.A. (Solidarité Internationale Antifasciste) fondée par Louis Lecoin. En 1939, après la défaite du camp républicain, il se dépense sans compter pour faire libérer le plus grand nombre possible de réfugiés espagnols des camps de concentrations français et embauche plusieurs libertaires espagnols dans sa filature.

En 1940, il crée « la Fraternelle agricole provençale », et poursuit sa solidarité en hébergeant de nombreux républicains espagnols et en créant des colonies d’accueil pour les enfants. Parallèlement à ses sia_leloup1937activités, il prend part au mouvement de résistance « Combat ». Arrêté en novembre 1941, et emprisonné durant l’hiver 41-42, il parvient à s’enfuir et à poursuivre des actions de résistance dans les Alpes. A la Libération, il reprend la direction de sa filature tout en continuant à apporter son aide aux réfugiés. Il était également un membre actif de la Franc-maçonnerie depuis 1920. Jean Roumilhac, fut initié à l’âge de 28 ans après une entrée atypique, ayant connu la Maçonnerie par la Grande-Bretagne. Il travailla dans la Loge La Parfaite Union du Grand Orient de France à Marseille, dont il fut vénérable en 1935. Il fut élu au conseil de l’ordre en 1937 puis en 1946, élu enfin grand maître adjoint de l’ordre en novembre 1948.

Voila un personnage qui a toute sa place dans notre galerie. Allez, n’hésitez pas à repasser, c’est ouvert tout l’été. Portez vous bien et à bientôt peut-être.

Si vis pacem…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de la poésie engagée et du boeuf miroton réunis, bonjour ! Nous sommes le Mercredi 24 Juillet 2019, sixième jour de Thermidor dédié à la prêle. Par chez nous, certains vont célébrer Milliau qui fut Roi de Bretagne (Duc) aux alentours de l’an 530. Petit fils d’Alain le long et fils de Budic 1er. On retrouve ce nom dans plusieurs communes du allée couverteFinistère (29) et des Côtes d’Armor (22): Pluméliau, Ploumilliau et son fameux calvaire, Guimiliau et son retable, et bien sûr, la magnifique île Milliau en face de Trébeurden, dans les Côtes d’Armor cette fois, et qui fut habitée plusieurs milliers d’années avant l’arrivée des grands bretons comme en témoigne cette allée couverte… (à droite). Mais pourtant, j’ai choisi d’adresser un coup de chapeau en passant à Jean Roger Caussimon né un 24 juillet en 1918.

Comédien, acteur, poète, et chanteur compositeur libertaire. Après des études secondaires à Bordeaux et une formation de comédien (premier prix de comédie à 17 ans ), il « monte à Paris » où il est admis au conservatoire. Mais la guerre éclate et, mobilisé, il se retrouve en AVT_Jean-Roger-Caussimon_9334captivité. Libéré fin 1944, il peut enfin faire du théâtre, et tourner dans des films (une centaine). Il donne également des récitals de poésie et de chansons (de sa composition) dans divers cabarets de la capitale. Au « Lapin Agile », sa rencontre avec Léo Ferré (qui débute aussi), marquera sa carrière de chanteur engagé. En 1970, il enregistre son premier disque qui sera suivi par plusieurs autres, couronnés par de nombreux prix. Très loin de la variété commerciale, il saura enthousiasmer les gens, lors des 250 récitals donnés en France et à l’étranger. Impossible de citer les titres de toutes ses chansons pleines de poésie et de révolte : « La Commune est en lutte », « Les Coeurs purs »,  » Si vis pacem », etc.

Si vis pacem… pars à vélo!(…)

« Parcours ton pays et la terre
A pied, à la nage, en ballon…
C’n'est pas partout paradisiaque
Mon fils, mais retiens la leçon :
Méfie-toi des paranoïaques
Surtout s’ils portent des galons! (bis)
La grand’rue de la Liberté
Pour qu’elle reste magnifique
Faut pas la mettre à sens unique
Ou qu’on en fasse un’ rue barrée…
Et tout ce que l’on peut souhaiter
Etant donné qu’la Terre est ronde
C’est qu’elle fass’ le tour du monde…
La grand’rue de la Liberté! « 

Voila pour cette journée estivale quasi caniculaire, ça sera suffisant pour aujourd’hui, après tout, c’est les vacances ! J’espère que les vôtres se passent bien; c’est tout le mal que je vous souhaite…Portez vous bien et à bientôt peut-être.

Un paysan bas-breton…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de l’ornithologie et de l’ortolan braisé réunis, bonjour ! Nous sommes bien le Vendredi 19 juillet 2019 qui correspond au 1er jour de Thermidor dédié à l’épeautre. Dans la première mouture du calendrier républicain ce mois là avait été nommé fervidor, du latin fervidus, homard Goutalbrûlant. Mais, allez savoir pourquoi, Fabre d’Églantine décida de le débaptiser sans autre forme de procès et sans même en informer la Convention. Thermidor a l’inconvénient d’introduire une expression d’origine grecque dans une nomenclature dont tous les autres termes sont latins. Ça c’est pour les puristes. Néanmoins, je retiens que c’est thermidor qui a vu la fin de Robespierre et du même coup de la terreur. La fièvre révolutionnaire eut-elle été moins sanguinaire si Fabre avait conservé le nom de fervidor ? Et si le nez de Cléopâtre, et si ma tante… Oui bon, on finirait par chercher l’épeautre dans l’œil du voisin. Vous, je ne sais pas mais, personnellement, ce que j’apprécie dans thermidor, c’est le homard, un peu comme de Rugy…

Un peu de lecture pour l’été…

Voici l’histoire d’un drôle de  paroissien qui nous a laissé des textes époustouflants sur la condition paysanne de ce 19ème siècle. Jean-Marie Déguignet, né le 19 juillet 1834 à Guengat (29), est issu d’une famille de condition très modeste. Celle-ci subit de plein fouet la misère Memoires_paysan_bas_breton-Deguignet-203x300engendrée par l’épidémie de mildiou des années 1845 et 46 – celle qui provoqua l’émigration des Irlandais. Il devint donc mendiant. Après cette crise, il parvint à se faire engager dans plusieurs fermes comme vacher, notamment à la ferme-école d’agriculture de Kermahonnet en Kerfeunteun. Récupérant des feuilles oubliées par des élèves, il apprend à écrire et lire le français par lui-même. En 1854, il s’engagea dans l’armée de Napoléon III. Il y restera 14 ans. Il participa à la guerre de Crimée, à la campagne d’Italie, à la soumission de la Kabylie en Algérie, ainsi qu’à l’expédition du Mexique. Lors de ces campagnes il apprit l’italien et l’espagnol, aidé en cela par ses connaissances en latin acquises au catéchisme.

Revenu en Bretagne, il sera tenancier d’un débit de boisson. Sa femme mourut alors dans un delirium tremens, et il abandonna ce commerce. Il obtint ensuite une licence pour être débitant de tabac à Pluguffan. Mais en butte à l’opposition du curé qui incitait depuis sa chaire au boycott 220px-Deguignetde son commerce, car Déguignet était ouvertement anticlérical, il dut quitter la commune au bout de quelques années. Retombé dans la misère, il passera ses dernières années à Quimper où il fréquentait la bibliothèque municipale pour y lire les journaux républicains. Il rédigea même sa vie par deux fois, car il en avait vendu le premier manuscrit à Anatole Le Braz et cru que ce dernier avait voulu faire disparaître son témoignage. Il fut retrouvé mort à la porte de l’hospice de Quimper, le matin du 29 août 1905. Si l’occasion vous en est donnée, jetez vous sur un de ses textes, vous ne regretterez pas le voyage.

Allez, bonne lecture, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Jouez hautbois, résonnez musettes…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis du petit patrimoine et du riz au lait réunis, bonjour ! Chalemies+09Nous sommes le Jeudi 18 Juillet 2019 c’est à dire le 30 de messidor et c’est le jour de la chalemie. Il s’agit d’un ancêtre de la bombarde et du hautbois que l’on jouait généralement accompagné d’une cornemuse. Allez, résonnez musettes!

Tout à fait autre chose.

Le 18 juillet 1881, naissance de Jules Sellenet dit Francis Boudoux, à Saint-Étienne. Militant anarchiste, antimilitariste et anarcho-syndicaliste français. En août 1904, il déserte de son régiment et, munis des papiers d’un compagnon, change d’identité. Ouvrier du fer et secrétaire du syndicat de Longwy, il prend part à la grève d’août 1905. Membre de « l’Association Internationale Antimilitariste », il est arrêté en novembre 1905 comme déserteur. Libéré, il boudoux_jsregagne l’Est de la France où il sera condamné à plusieurs reprises pour des « délits » liés aux conflits du travail. En 1910, le syndicat des ouvriers métallurgistes d’Auboué, dont il était le secrétaire, le dénonce comme agent provocateur au service d’un maître des forges. Cette accusation ( sans doute calomnieuse) pour le moins étonnante, sera reprise après-guerre par les communistes. Mobilisé durant le conflit de 14-18, il reprend ensuite son militantisme syndical et anarchiste. Le 11 janvier 1924, salle de la Grange-aux-Belles, à Paris, il est blessé lors d’un meeting qui se termine en bagarre entre anarcho-syndicalistes et communistes (deux anarchistes y trouveront la mort, tués par balles). En 1926, il est aux côtés de Pierre Besnard, le fondateur de la C.G.T- S.R (syndicaliste révolutionnaire) dont il devient secrétaire de la Fédération du bâtiment. En 1936, il se rend en Espagne combattre dans les rangs de la Colonne Durruti. Il meurt à Argenteuil (Ile de France), le 17 mars 1941. Sources: Ephéméride Anarchiste.

Voilà pour aujourd’hui, en attendant la suite, portez vous bien et à bientôt peut-être.