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A tantoou Chino… Au revoir François.

Posté par erwandekeramoal dans Actualités, PORTRAIT

Amis de la petite reine et du clafoutis réunis, bonjour ! Déjà le Samedi 07 juillet 2018, 19è jour de messidor dédié à la cerise. En Bretagne, outre la bicyclette, on célèbre aujourd’hui St Tei qui a laissé son nom à une très jolie chapelle non loin de la pointe du raz. Mais bon, cela ne collait pas pour la rime, donc… A la saint Raoul, le cénobite s’les roule !

Grande tristesse à c’teur, le gars Chino vient de casser sa pipe. En as tu ouï caosé seulement ? Chino c’est François en gallo. Oui, François Budet, le papa de Yelle et l’auteur de Loguivy de la mer a décidé d’aller voir ailleurs si j’y était. Nous avions fait nos études budet_mai_68-3625849d’animateur socio-culturel ensemble. Enfin, nos études c’est beaucoup dire. Mai 68 était encore chaud, IUT carrières sociales, Rennes, 1970. L’air du temps était aux expériences éducatives, la non-directivité, Summer hill, Rogers et Cie… Nous passions plus de temps dans la rue à protester contre la guerre au Viet-Nam, à soutenir les grévistes du joint français ou encore à affronter les fachos de la CFT qui faisaient régner l’ordre à la Janais (Citroën) quand ce n’était pas les flics de Marcellin; que dans les salles de cours.Tiens, Francois Budet c’était pas seulement les bluettes et loguivy de la mer. Ecoutez l’extraordinaire actualité de cette chanson.

François était déjà un peu notre grand frère et, mieux que nous, savait raison garder. En 76, après avoir été plus ou moins viré de photo-test-v3-036-854x1281son boulot d’agent d’aménagement rural dans le Mené (vous savez, Paul Houé, vivre et travailler au pays…), il décide de n’avoir qu’un seul métier, auteur-compositeur-interprète. Il va pas mal bourlinguer avant de revenir aux sources et de poser son sac à Plaine-Haute (22) non loin des chaos du Gouët. C’est là que l’on va se re-retrouver puisque je résidais à quelques encablures. Il poursuivra sa carrière tout en se consacrant à son mandat au conseil municipal. plus d’une dizaine d’albums et toujours le même humanisme.

Cela commence à devenir lassant tous ces potes qui s’en vont. C’est plus un blogue cela devient un bulletin nécrologique. Allez, faites pas attention, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Anarchiste mais pas que…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE, PORTRAIT

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Amis de l’humanisme enjoué et de la crêpe Suzette réunis, bonjour ! Nous sommes le Jeudi 5 juillet 2018, autant dire le 17 de messidor qui était traditionnellement consacré à la groseille.

Tout le monde connait Einstein et pourtant… Le 5 juillet 1940, mort de Carl EINSTEIN, à Betharram (Pyrénées Atlantiques). Poète, Durrutiécrivain, historien d’art et combattant anarchiste. Juif allemand, il naît le 26 avril 1885 à Neuwied (Allemagne). En 1918, il prend part à la révolution spartakiste. Passionné par l’art, il fréquente les milieux artistiques et devient un représentant du mouvement expressionniste en Allemagne, où il fait découvrir Picasso, le cubisme, mais aussi l’art africain. Au début des années 20 il était très proche d’Elsa Triolet. Son œuvre « L’Art du 20e siècle » publiée en 1926, révolutionne la façon d’aborder la peinture et les Arts Plastiques.

En 1928, il s’installe en France et fonde avec Georges Bataille et Michel Leiris la revue « Documents ». Épris de liberté et profondément révolté, en 1936, il part en Espagne, avec d’autres compatriotes comme Helmut Rudiger combattre dans les rangs de la C.N.T. anarchiste. Il s’intègre au sein du groupe international de la carl_einstein-Dcolonne Durruti, mais il est blessé durant les combats. Il est à Barcelone, le 22 novembre 1936, pour prononcer l’oraison funèbre de Durruti. La guerre terminée, il passe les Pyrénées et se retrouve interné dans les camps du sud de la France avec les combattants antifascistes et la population espagnole fuyant les exactions des troupes franquistes. En 1940, sans illusions sur ce qui l’attend s’il tombe aux mains des nazis, il se donne la mort en se jetant dans le Gave d’Oloron. Une stèle dans le cimetière de Boel-Bezing (Pyrénées Atlantiques) rappelle son combat pour la liberté. Sources:Très belle biographie écrite par Liliane MEFFRE en 2002 « Itinéraire d’une pensée moderne ».

Bon allez, l’anarchie, tout ça, c’est bien beau mais j’ai ma pelouse qui m’attend. Merci de votre visite, portez vous bien et à demain peut-être.

Lady be good…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis de la petite reine et du roidec réunis, bonjour ! Nous sommes le Mardi 03 Juillet 2018 qui correspond au quinzième jour de Messidor diboan-276x300dans le calendrier républicain, jour dédié au chamois (comme c’est izard). Et nous fêtons les Diboan célèbre également sous le nom de Tu pe Du (littéralement : d’un côté ou de l’autre), Saint Diboan ( sans douleur ) est souvent invoqué pour les maux et les cas désespérés. Pourquoi d’un côté ou de l’autre ? Peut-être parce que ceux qui l’invoquaient lui demandaient la fin de leurs maux par guérison ou par décès, ce qui est la manière la plus définitive de faire cesser la douleur… Ce saint des dernières extrémités peut être consulté dans l’église de Gouézec (29) ou se tient une de ses statues. Mais aussi, visible dans la vallée des saints à Carnoët.

Tiens, c’est le jour anniversaire de la naissance de Pierre Dewey LaFontaine, Jr., dit Pete Fountain, clarinettiste de jazz. Pete Fountain commence à jouer en 1942 et obtient son premier Pete_Fountain_1962-226x300engagement important en 1948. Il travaille ensuite au sein deplusieurs formations, et avec Al Hirt entre autres. Il connaît une popularité nationale lorsqu’il participe à une émission de télévision entre 1957 et 1959. Il ouvre alors un club dans le quartier français de La Nouvelle-Orléans et se produit à Hollywood, Las Vegas, Los Angeles, Nashville et dans sa ville natale. Auprès du grand public américain, il semble, à l’instar de Papa Celestin, être devenu une institution locale. Il est décédé au mois d’août 2016 à la Nouvelle-Orléans.

Et voilà, jouez hautbois, résonnez musettes. Et surtout, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Mon nom est Brown… Ray Brown.

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis du bouddhisme zen et de la soupe à l’oignon réunis, bonjour ! Nous sommes en juillet 2018, le Lundi 02 précisément, et cette date  correspond au 14è jour de Messidor dédié à la lavande… Aujourd’hui, quelques notes de musique en compagnie d’un contre bassiste génialissime.

Ray Brown étudie d’abord le piano, mais déteste s’exercer et décide, à l’école, de passer à la contrebasse, persuadé qu’il eRay Brownst que cet instrument, avec ses quatre cordes sera plus facile à manier que les 88 touches. À vrai dire, il avait envie de jouer du trombone, mais il fallait acheter un instrument, que son père ne pouvait pas lui payer ; il a donc choisi la contrebasse que le conservatoire pouvait lui prêter… ici en vidéo avec Larry FULLER (piano) et Karriem RIGGINS (drums). Il apprend d’oreille et se met même à travailler son instrument. Il est très doué et se produira rapidement à Pittsburgh. Une fois son diplôme d’université en poche, il part en tournée avec divers orchestres.

À 20 ans, il part pour New York et se confronte aux musiciens locaux. Il est rapidement engagé par Dizzy Gillespie qui lui réserve une place dans son groupe qui comporte également Charlie Parker au saxophone, Bud Powell au piano, Max Roach à la batterie. Rien que du beau linge comme disait mon aïeule en repassant son ella ellatrousseau… En 1948, il fonde son propre trio et épouse Ella Fitzgerald. Il rencontre Norman Granz et fait partie des tournées Jazz at the Philharmonic. Il divorce d’Ella Fitzgerald en 1952. Vous me direz, DSK s’est bien séparé de Anne Sainclair, Vanessa de Johnny Deep, Tom Cruise de sa Katie et Castor de Pollux…  Entre 1951 et 1966, il est membre du trio d’Oscar Peterson. Ici à gauche en compagnie de Ella Fitzgerald et Dizzy Gillespie. Lorsqu’il quitte Oscar Peterson, il s’installe à Los Angeles, pour jouer, composer pour le cinéma et profiter du climat agréable de la Californie. Il y mène également une carrière de manager pour des gens comme Quincy Jones ou le Modern Jazz Quartet. Pendant un certain temps, il est même le directeur du Monterey Jazz Festival. Oscar Peterson et lui ont enregistré ensemble 240 albums.

Et bien voilà pour ce début de semaine, en attendant la suite portez vous bien et à demain peut-être.

Embraceable you…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de la propédeutique et des œufs mollets réunis, bonjour ! Nous sommes le Mardi 26 juin 2018, huitième jour de Messidor dédié à l’échalote. Parce que c’est après avoir enlevé Jérusalem aux musulmans; que le chef des croisés Godefroy de Bouillon complète son succès en écrasant l’armée égyptienne à Ashkelon (ou Ascalon). De cette ville, les croisés ramèneront en Occident… l’échalote (du latin ascolonia cepa, qui signifie oignon d’Ascalon). Ascalon, au pays des Phillistins, aujourd’hui Israël. Autant vous dire les-johnniesqu’ici, dans le Léon (Nord-Finistère, 60% de la production française) où réside votre serviteur, on en connait un rayon sur l’échalote… Je me souviens des fameux Johnnies qui s’en allaient vendre leur production outre-Manche. J’ai retrouvé, pour illustré ce billet, cette jolie expression: War pont Landerne e vezer ar penn e Leon hag ar revr e Kerne. Sur le pont de Landerneau, on a la tête en Léon et le cul en Cornouaille. Mais aujourd’hui la concurrence est rude. Présente depuis une vingtaine d’années, l’échalote de semis est accusée de tirer les prix vers le bas et de grignoter les marges des producteurs, notamment à l’export. La filière s’est mobilisée et créé un logo pour identifier ce qu’elle appelle « la vraie échalote ». Aujourd’hui, elle veut aller plus loin et réclame à l’Europe de cesser d’appeler échalote ce qui à ses yeux n’est qu’un vulgaire oignon car, le paysan breton, lui, ne s’en laisse pas conter. Même avec des mensurations allongées, un oignon reste un oignon. Et l’oignon déguisé en échalote est, pour lui, une histoire triste à pleurer.

Tiens, c’est l’anniversaire de la disparition de Brownie: Clifford Benjamin Brown est un trompettiste de jazz et compositeur américain né à Wilmington dans l’ Etat de Delaware le 30 octobre 1930 et mort lors d’un accident de la route le 26 juin 1956. Clifford Brown était apprécié pour son jeu lyrique, fait de longues phrases mélodieuses et d’une virtuosité extrême. On peut rapprocher son jeu clifford-brown-300x300de celui de Fats Navarro. Il jouait à l’oreille, comme le lui avait appris son mentor Robert Lowery. Il a inspiré de nombreux disciples, lets Freddie Hubbard, Lee Morgan ou Wynton Marsalis. Il ne reste malheureusement que peu de traces de ses nombreuses représentations (concerts, jams, studios…), Clifford Brown étant tellement modeste qu’il a cherché tout au long de sa courte carrière à se faire oublier. Dans la vidéo, il interprète embraceable you mis à l’honneur aussi bien par Sinatra que par Ella Fitzgerald. Il est évoqué dans le 187e des 480 souvenirs cités par Georges Perec, dans son texte Je me souviens.

Bon, c’est pas tout, je dois encore faire les courses et trouver un bel onglet de bœuf pour accompagner mes échalotes. Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

Adieu l’Emile…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de ma vieille Bretagne et du lait ribot réunis, bonjour ! En ce lundi 25 juin 2018 je voulais vous inviter à vous souvenir de cet éveilleur de conscience que fut Emile le Skanv dit Milig et plus connu sous son nom de scène : GLENMOR.

« Plaise à tous les saints de noble compagnie, noter que l’ivresse, chez lui, engendrait la bonté et qu’en somme tous les ferments conjugués le délivraient de ses tendresses. »

C‘est extrait d’une plaquette tirée à quelques exemplaires par Martial Pézennec – Retraites paysannes- et que Milig avait eu la gentillesse de me dédicacer à la fin des années 70 au cours d’une soirée en son manoir du Poul en Mellionnec. La demeure aujourd’hui est devenue chambre d’hôtes tenue par des sujets de sa très Glenmor portrait Ggracieuse majesté. Magnifique plaquette dotée d’une typographie et bois gravés de Claude Huart. La dédicace est à l’adresse de mes garçons dont l’un se prénomme Glenn en hommage à ce rebelle né un 25 juin 1931 à Mael-Carhaix. Et c’est encore au mois de juin, il y a 22 ans, qu’il nous a quitté. Je l’ai connu et fréquenté à une époque où la « bretonnitude » n’était pas encore au goût du jour et il n’était guère de bon ton d’afficher son penchant pour la désuète culture bretonne. A gauche on nous traitait de « Breiz atao » en nous assimilant tout en vrac à l’Abbé Perrot et les milices du même nom, à Debeauvais et son parti nationaliste, tandis que les Gaullistes nous présentaient comme les indignes héritiers de l’infime minorité qui avait choisi la voie de la collaboration durant l’occupation.

Glenmor c’est levé, solide comme un menhir sous les rafales, voix de stentor, et son chant a fait trembler la République une et indivisible et ses petits hussards centralisateurs. Derrière lui sont venus Styvell, Servat, Kirjuel, Ducos, Dan ar Bras…On a redécouvert les sœurs Goadec et les frères Morvan, le Plinn et le khost ar c’hoat et les festou-noz qui avaient cédé la place aux bals popu ont repris le-manoirforce et vigueur. Il était très croyant (il a fait le petit séminaire et poursuivit ses études chez les pères blancs) mais bouffait du curé à tous les repas, une soirée en sa compagnie était souvent aussi arrosée que la pointe St Mathieu par gros temps de Sud-Ouest et il fallait quelquefois le coucher à l’arrière de son « tube » Citroën qui lui tenait lieu de carrosse. En 1965, il donne son premier grand concert public, c’était à Paris, salle de la Mutualité et, lorsqu’il entonne « Kan Bale Nevenoe », nous étions nombreux à frissonner…

Glenmor, « glen » comme la douce terre du Kreiz-Breizh , « mor » comme l’indomptable mer d’Iroise . « Suis né barde de petite Bretagne / de petite-imagemoindre pays / Personne ne me tint conseil / Seuls les chemins / et les vents me furent maîtres. » Ainsi allait Milig, croyant et libertaire, attaché à une Nation disparue, conservateur mais visionnaire, pétri de contradiction comme cette terre bretonne qu’il n’a jamais renié lui, le fils de paysan. Adieu l’émile, je t’aimais bien comme disait Jacques Brel qui composa pour lui cette chanson « Le moribond ». A droite, le manoir du Poul en Mellionnec où il vécut avec Katell.

Allez, merci encore pour votre fidélité à ce petit blog sans prétention, portez vous bien et à demain peut-être.

Karrig an Ankou…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de l’écologie et du point de croix réunis, bonjour ! Nous voici le Lundi18 juin 2018, mais rassurez vous, je ne vais pas en remettre une couche sur l’appel du grand Charles. En vérité, c’est le trentième et dernier jour de Prairial consacré au chariot (avec un seul « r ») cela fait partie des mystères de la langue française… D’ailleurs, le Conseil Supérieur de la langue française, recommande l'ankoul’orthographe charriot avec deux « r ». En effet, pourquoi en mettre deux à carrosse, charrue, charrette, carriole et un seul à chariot ?  D’ailleurs en Breton, on en met deux à Karrig. Mon aïeule, dont je vous ai si souvent parlé, avait le don inné de la pédagogie active. C’est toujours tard le soir, lorsqu’il faisait bien noir, que l’orage grondait et que la faible lueur de la lampe Pigeon annonçait sa fin prochaine (de la lampe, pas de l’aïeule), qu’elle décidait de nous parler du chariot de la mort… Karrig an Ankou, c’est le nom que lui ont donné les Bretons. Un squelette des plus affriolants conduit une carriole dont l’essieu grince gravement. Lorsque vous l’entendez c’est qu’un proche va mourir.

Et bien, l’Ankou est venu chercher un immense guitariste de Blues et de Rock: Matt Murphy. Il est connu pour être le guitariste des Blues Brothers. The Blues Brothers est le nom d’un groupe de blues composé des comédiens Dan Aykroyd et John Belushi et de quelques-uns des plus grands musiciens de la musique soul. C’est matt & Johnégalement le titre d’un film sorti en 1980, racontant l’histoire fictive de ce groupe. En 1980, le film devenu culte  réalisé par John Landis, sort sur les écrans de cinéma, avec les apparitions d’Aretha Franklin, James Brown, Cab Calloway, Ray Charles, John Lee Hooker, Carrie Fisher, Frank Oz, Steven Spielberg, John Candy, Joe Walsh, Pinetop Perkins, Chaka Khan et Paul Reubens. Il se déroule à Chicago et dans sa région. Matt Murphy lui, est né en 1929 à Sunflower, Mississippi. Mais c’est à Chicago, où il alla s’installer en 1952 et qu’il entama sa longue association avec Memphis Slim, que sa carrière débuta. Son sens du rift blue aux accents rock and roll lui valut de jouer avec les plus grands noms du blues comme Chuck Berry, Ike Turner, Etta James, Memphis Slim, Muddy Waters, Howlin’ Wolf, Willie Dixon. Quand à John  Belushi, devenu cocaïnomane, il meurt à Hollywood d’une surdose de speedball en mars 1982.

Voila pour débuter cette semaine. Portez vous bien et à bientôt peut-être.

 

La reine du scat.

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de la vérité toute nue et du poulet basquaise réunis, bonjour ! Nous sommes le mercredi 15 juin, 27è jour de Prairial dédié à la verveine. Pour notre part, nous dédions ce billet à la reine du scat. Bon, ce n’est pas parce que on aime le scat que l’on est obligatoirement scatophile.

Décédée un 15 juin en 1996 à Beverly-hills, elle était née au mois d’avril 1917 à Newport. Elle s’appelait ELLA FITZGERALD. Un timbre de voix remarquable, une grande capacité d’improvisation, particulièrement en scat, voila ce qui a fait son succès. Personne n’a oublié cette interprétation de « Mack the knife » d’après « l’opéra ELLAde quat’sous » (vidéo). Au cours d’un concert à Berlin en 1960, elle est victime d’un trou de mémoire. Elle poursuit en improvisant alternativement, scat et paroles inventées. Elle commence à chanter dès l’âge de seize ans au théatre Apollo de Harlem à New York. Elle commence véritablement sa carrière solo en 194. Au début, chanteuse de swing, elle aborde aussi le bebop, elle est la reine du scat, et elle a joué du blues, de la samba, du gospel, et même des chants de Noël. Ses concerts sont souvent enrichis par des imitations d’autres chanteurs; elle imite en particulier à la perfection les voix et les gestes aussi bien de Rose Murphy que de Louis Armstrong.

ELLA FITZGERALD a interprété les plus grands compositeurs comme Ella FitzCole Porter, Gershwin, Duke Ellington, avec qui elle fera une tournée fantastique en Europe. Elle a accompagné aussi bien Dizzy Gillespie que Count Basie ou Franck Sinatra. S’il fallait citer un ou deux disques de sa production, je garderai, « Porgy and Bess » et « Ella and Louis ». Mais toute son œuvre est à consommer sans modération. A la fin de sa vie, victime d’un terrible diabète, elle était devenue pratiquement aveugle et du être amputée des jambes.

Voila pour aujourd’hui, en attendant un prochain billet, portez vous bien.

Quand Zénon, Zénon !

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis de la philosophie et de la soupe à l’oignon réunies, bonjour ! Nous voici le Jeudi 14 juin 2018, 26è jour de prairial dédié au jasmin. jasmin-300x218Avant de donner son nom à une révolution méditerranéenne (le jasmin est la fleur emblématique de Tunisie) cette plante avait conquis les parfumeurs. L’un d’entre-eux, Jean Patou, disait à propos du jasmin, qu’il fallait 10 600 fleurs pour produire une once de parfum. On dit que Cléopâtre serait allé à la rencontre de Marc-Antoine sur un bateau dont les voiles étaient enduites d’essence de jasmin… Il est vrai qu’elle avait du nez !

Voici pour notre galerie de portraits, un rajout qui peut surprendre tant on a pris l’habitude de situer la naissance de l’anarchisme au XIXè siècle du côté de Proudhon et de Bakounine. Mais, puisque nous sommes à la veille de l’épreuve de philo du bac, petit exerZenoncice d’école. Je fais partie de ceux qui pensent que les véritables racines sont peut-être à chercher du côté du stoïcisme c’est à dire chez ZENON DE CITIUM. Fils d’un riche marchand phénicien installé à Chypre, Zénon montre dès sa jeunesse un goût pour la philosophie. Son père lui achète, au cours de ses voyages, des traités socratiques. Il vient à Athènes en -312, et devient l’élève de Cratès de Thèbes qui comme chacun le sait, animait l’école dite des cyniques, de Stilpon, de Xénocrate et de Diodore Cronos. (après ça, Michel Onfray peut aller se rhabiller).

Après avoir étudié différents systèmes philosophiques, il décide de fonder sa propre école et il choisit le portique appelé Pœcile (le portique peint), qu’on nommait aussi Pisianactée ; le premier de ces noms fut donné au portique, à cause des diverses peintures dont Polygnote l’avait enrichi. Sous les trente tyrans, mille quatre cents 332px-Zeno_of_Citium_in_Thomas_Stanley_History_of_Philosophycitoyens y avaient été mis à mort. Zénon, voulant effacer l’odieux de cet endroit, le choisit pour y tenir ses discours. Ses disciples y vinrent l’écouter, et furent pour cette raison appelés stoïciens (de stoa : portique), aussi bien que ceux qui suivirent leurs opinions. Après ça, vous pouvez vous présenter à « questions pour un champion ». Il devient rapidement très populaire au point que les Athéniens lui élèvent une statue de bronze, lui remettent les clefs de la citadelle et lui offrent une couronne d’or. Zénon est à mes yeux le premier anarchiste utopique de l’ancienne Grèce et aussi un précurseur important de l’anarchisme que nous connaissons aujourd’hui. Dans « Le bois tordu de l’humanité », Isaiah Berlin -ed Albin Michel- décrit les propos de Zénon comme suit : « Les hommes sont raisonnables, ils n’ont pas besoin d’être commandés; les êtres raisonnables n’ont aucun besoin d’un État, ou d’argent, ou de lois, ou de n’importe quelle vie organisée et institutionnelle. Dans la société parfaite, les hommes et les femmes porteront des vêtements et l’alimentation par un pâturage commun sera identique.« 

À 71 ans (dans certains écrits, il est question de 98), victime d’un accident, il décide de mettre fin à ses jours. Aucun de ses ouvrages ne nous est parvenu, nous n’avons que leurs titres, rapportés par Diogène Laërce, et quelques fragments dans des compilations. Le Stoïcisme doit beaucoup aussi à Sénèque (le style est le vêtement de la pensée. Dans lettre à Lucilius) ou encore à Epitecte et même à l’empereur Marc-Aurèle qui fut l’un de ses ardents propagandistes.

Bon, je ne suis pas sûr d’avoir mon bac avec ça mais, après tout, pour un jeudi matin, c’est pas mal. Dois-je vous rappeler chers visiteurs, que vos commentaires sont les bienvenus; ils m’aident à faire un peu le tri dans ce bric à brac qu’est ce blogue. Allez, portez vous bien, restez stoïque et à demain peut-être.

Monsieur Pointu, s’il vous plait…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis du subtil distinguo et de la cuisse de grenouille réunis, bonjour ! Nous sommes le Jeudi 7 juin 2018 dix neuvième jour de Prairial dédié au tilleul dans le calendrier républicain et jour anniversaire de la mort de Paul CORMIER alias monsieur Pointu…

Le nom et la silhouette du célèbre violoneux ont fait le tour de la planète depuis 1970. Mais si on remonte un peu plus loin, on constate que le musicien qui a donné naissance à ce personnage était déjà actif sur la scène musicale depuis au moins trois décennies. Adolescent, il faisait déjà danser la famille et la parenté lors de noces et autres soirées familiales au milieu des années trente, avec un premier violon fabriqué par son père. Par la suite, pointu Dtout en occupant différents métiers, Paul Cormier apprend la guitare et chante les chansons à la mode qu’il entend à la radio, sur les ondes de stations lointaines. C’est ainsi que le bluegrass et la musique hillbilly viennent s’ajouter aux airs folkloriques qu’il a appris au contact de musiciens de son entourage. À 17 ans, on le retrouve parmi les invités de l’émission musicale numéro un à Québec: Les Montagnards Laurentiens. Il y participe fréquemment jusqu’à ce qu’on le convoque pour servir dans l’armée canadienne, en 1942.  Démobilisé à la fin de la guerre, il s’installe dans la région de Chicoutimi où sont déménagé ses parents et travaille à la fonderie d’Arvida. Toujours aussi passionné de musique, il perfectionne son jeu, participe comme principal invité à une émission intitulée L’Écho des chantiers à la station CBJ de Radio-Canada à Chicoutimi et forme bientôt un duo avec son frère Aurèle.

Paul ne délaisse pas le violon pour autant et se mérite le titre de Champion violoneux des quatre comtés (Lac Saint-Jean, Chicoutimi, Charlevoix et Saguenay) en 1950. De retour à Québec, il emporte le premier prix d’un concours d’amateurs tenu au Colisée de Québec ainsi que la grande finale qui se tient un peu plus tard à Montréal. Désormais il s’oriente définitivement vers une carrière instrumentale. Ajoutant de nouvelles cordes à son bagage musical, il apprend la contrebasse. Cet instrument est très en demande dans la seconde les raquettes Gmoitié des années cinquante et lui permet d’accompagner plusieurs artistes comme Roger Miron, Léo Benoit. Il séjourne un certain temps aux Etats-Unis de 1965 à 1967, période au cours de laquelle il se joint au groupe Joe Mayo and His Ramblers. Un tournant majeur attend le musicien au mois de mai 1970. Gilbert Bécaud, qui prépare une tournée au Québec, est à la recherche d’un violoneux pour accompagner une nouvelle chanson qu’il veut intituler « La vente aux enchères ». Le chanteur auditionne alors plusieurs instrumentistes mais il recherche précisément quelqu’un qui ait de la facilité pour l’improvisation tout en lui donnant la réplique sur le plan vocal. Son choix se porte sur Paul Cormier et les deux hommes entreprennent aussitôt de créer un personnage facilement reconnaissable que l’on identifie dès son entrée en scène. C’est ainsi que naît Monsieur Pointu: chapeau melon, chandail à col roulé et une immense fleur à la boutonnière de son veston. Il accompagnera le Monsieur 100 000 volts du music-hall français pendant plusieurs tournées, dont deux tournées mondiales qui les mèneront sur les cinq continents, entre 1970 et 1978. Il faut avoir écouté au moins une fois « viens dans les bois » ou encore « L’un dans l’autre on est heureux ». Mais aussi ce titre inclassable et unique en son genre « Ote tes raquettes & embarque dans mon char ». Tout en se produisant avec ses musiciens réguliers, le violoneux continue de répondre aux nombreuses invitations des artistes qui ont recours à ses services. En 1997, il se rend participer à un nouvel enregistrement de Gilbert Bécaud, à Enghien-les-Bains, en France, et tous les deux se retrouvent sur la scène du nouvel Olympia, à Paris, pour la réouverture officielle de la salle du Boulevard des Capucines, en novembre 1997.

Voila pour aujourd’hui, un peu de poésie dans ce monde de brute…Allez, portez vous bien et à demain peut-être.