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Doucement les basses…

Posté par erwandekeramoal dans JAZZ, PORTRAIT

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Amis du club Dorothée et de l’écrevisse sauce Nantua réunis, bonjour ! Colchique dans les prés, c’est la fin de l’été, chantait mon aïeule qui, vous le constatez, avait tous les talents. J’anticipe quelque peu car l’Automne n’interviendra que le 23 à 1h 54 05 pour être précis. C’était généralement le cinquième jour complémentaire dans le calendrier républicain français, officiellement dénommé jour des récompenses.

Profitons de ce 21 septembre pour rendre hommage à celui que nous sommes quelques uns à considérer comme le plus grand bassiste de jazz de tous les temps. j’ai nommé Jaco PASTORIUS. Il nous a quitté dans des conditions tragiques le 21 septembre 1987, assassiné par un gérant de boite de nuit. Son père, pastorius Gd’origine allemande, était lui même musicien. Il débute dans des orchestres locaux qui jouent des reprises de Otis Redding, Aretha Franklin et James Brown. Il avoue son admiration pour Herbie Hancock qui l’a fortement influencé. Mais on pourrait citer tout autant, Charlie Mingus, Ray Charles, Charlie Parker ou Tony Bennet. En 1975 il enregistre son premier album intitulé Jaco Pastorius qui va lui apporter la célébrité. Album sur lequel on retrouve la fameuse reprise de Dona Lee (en vidéo) de Charlie Parker. Puis il va rejoindre le groupe Weather Report  dans lequel il jouera jusqu’en 82. Entre temps il accompagne de nombreux artistes, on le trouve même sur un morceau de Michel Polnareff « une simple mélodie ».

Dès cette époque il consomme beaucoup de drogue et souffre de comportements bipolaires. Son comportement de plus en plus chaotique alimente la presse à scandale plus souvent qu’à l’ordinaire. Il est en plein divorce et en procès avec sa maison de disque qui le contraint à dissoudre son big band. Sans orchestre et sans maison de disque, ses problèmes psychiatriques s’aggravent; il multiplie les excentricités et les accidents. A partir de 84, son comportement lui JACO Dferme la porte de la plupart des scènes musicales. On considère que Jaco Pastorius a apporté au jazz un vent de folie (une de ces compositions est intitulée « Punk jazz »), il a hissé au top niveau l’utilisation de la fameuse Fender Jazz Bass. Il devient carrément sans domicile fixe et erre avec des clochards. En juillet 86 il est interné à New York et interdit de séjour dans de nombreux clubs de jazz. Un soir de septembre 87 il est violemment tabassé par Luc Havan, responsable du Midnight Bottom Club. Il meurt quelques jours plus tard.

Un sacré musicien, un peu agité du bocal certes, mais virtuose de la basse comme il n’y en a plus. Allez écoutez un de ses morceaux, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Bienvenue en absurdie…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis des contrées exotiques et du lama Delon réunis, bonjour ! Nous sommes le Samedi 08 septembre 2018, 22è jour de Fructidor dédié à la noisette. Bien évidemment, à tout seigneur tout honneur car, le Vendredi 08 Septembre 2017 est en réalité le Dimanche 1er Absolu 146 NATIVITÉ d’ALFRED JARRY fête suprême première dans le calendrier pataphysique.

Et puis tiens, puisqu’on en parle, une pensée pour ce maître en absurdie: Alfred JARRY. Il est né à Laval (Mayenne) le 08 septembre1873 et mort à Paris le 1er Ubu-Jarry-187x300novembre 1907. Il a fréquenté le lycée de Saint-Brieuc jusqu’en 1888 avant d’émigrer pour Rennes. Il va s’inspirer de son professeur de physique, M. Hébert, pour créer le personnage de UBU, interprété récemment par Eric Cantona (UBU enchaîné mis en scène par l’anglais Dan Jemmet). La vie pourtant ne lui aura guère laissé le temps de produire davantage, il est mort à 37 ans non sans nous avoir légué la pataphysique; « science » qui cherche à théoriser la déconstruction du réel et sa reconstruction dans l’absurde.

Jarry est l’un des inspirateurs des surréalistes et du théâtre contemporain. Si j’en crois Jean-Pierre Bouyxou dans Sine-Mensuel:  » On a l’esprit pataphysique ou on ne l’a pas ; c’est inné. Dans Gestes et opinions du docteur Faustroll, pataphysicien, l’ouvrage qui est à la ‘pataphysique ce que le nouveau testament est au Jarry-vélocatholicisme et le catalogue Leroy Merlin au bricolage, Alfred Jarry la définit comme la science des solutions imaginaires…». Le collège de pataphysique a accueillit aussi bien Boris Vian que Marcel Duchamp, Max Ernst, Juan Miro, Dario Fo, ou encore Siné lui même, qui fut intronisé gonfanonier de l’ordre de la Grande Gidouille le 26 merdre 86 (11 juin 1959). C’est dans ce cadre que Boris Vian publia cette fameuse lettre sur la coquille: « retirez le Q de la coquille, vous avez la couille, et ceci constitue précisément une coquille» hilarant, non !

Allez, merci d’être passé, portez vous bien et à bientôt peut-être.

A bas les calottes…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis de l’herboristerie et du bar de ligne réunis, bonjour ! Si j’en crois mon calendrier républicain, nous sommes le Vendredi 03 août 2018, seizième jour de thermidor, dédié à la guimauve. Autrefois on guimauve-150x150utilisait la racine de cette plante pour produire la fameuse pâte à guimauve. Aujourd’hui tout cela est remplacé par du collagène à base de peau et d’os d’animaux… Beurk ! Mon aïeule, qui ne reculait devant aucune expérience, surtout quand nous en étions les cobayes, nous faisait mâchouiller de la racine de guimauve épluchée (photo de droite); c’est bon pour les dents, disait elle… Nous on préférait le bâton de réglisse.

Tout à fait autre chose.

Vous ai-je déjà entretenu de Étienne Dolet ? On le disait fils illégitime de François 1er. Il consacra sa courte vie à faire valoir la raison. Le 3 août 1546 donc, mort d’Étienne DOLET, brûlé vif sur la etienne-doletplace Maubert à Paris. C’était là le bûcher réservé aux imprimeurs. Libre penseur, et humaniste français, il naît à Orléans en 1509, c’était déjà un 03 août, après des études à Paris puis une tournée dans les universités de Padou (Italie) et de Toulouse, il se fixe à Lyon où il travaille comme linguiste et philologue érudit pour le célèbre imprimeur Sébastien Gryphe. En 1536, il tue accidentellement un agresseur. D’abord jeté en prison, il est ensuite gracié. Il s’installe alors à son compte comme imprimeur, et publie des almanachs populaires, des satyres sociales et religieuses mais aussi Rabelais, Érasme, etc.

En 1538, les ouvriers d’imprimerie se mettent en grève pour réclamer un meilleur salaire et une meilleure nourriture, Étienne Dolet se rallie statue-doletà leurs justes revendications et lutte à leurs côtés. Ce qui suscite la haine de ses confrères qui le dénoncent à l’Inquisition. Arrêté, autant pour son soutien aux compagnons imprimeurs que pour ses écrits et publications contre les dogmes de l’Église, il est emprisonné de 1542 à 1546. Repris après une évasion, il est enfermé à la Conciergerie avant d’être brûlé vif avec ses livres, place Maubert. Non dolet ipse Dolet, sed pro ratione dolet » (Dolet ne s’afflige pas sur lui-même, mais s’afflige pour la raison).Sources :Éphéméride anarchiste.A droite sa statue (place Maubert) avant qu’elle ne soit fondue pour en faire des canons…

Cela se déroulait il y a cinq cents ans et  pourtant… Aujourd’hui les fondamentalistes relèvent la tête, les Salafistes, les créationnistes, les barbus de là bas, les grands blonds aux yeux bleus d’ici, édictent a-bas-les-300x187des fatwas, décrètent des interdits, bâtissent des mûrs de séparation, de haine et de mépris. Les sikhs incendient les mosquées, les musulmans font sauter leurs bombes, les juifs bombardent Gaza, les chrétiens assassinent des jeunes norvégiens, les bouddhistes boudent dans un Tibet sinisé, les scientologues nous les brise menu, et les rahéliens attendent des nouvelles des élohims lointains. Madame Michu, répétez après moi : vive la République et à bas les calottes !

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

Adieu l’émile…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de la raison pure et des causes perdues réunies, bonjour ! En ce Samedi 28 juillet 2018, dixième jour de Thermidor dédié à l’arrosoir. je voulais vous entretenir d’un brestois, disparu lui aussi dans les oubliettes de l’histoire: Emile MASSON, né un 28 juillet en 1869.

Né à Brest, il n’est pas élevé en breton et n’apprendra la langue que plus tard non sans avoir obtenu deux licences, en philosophie et en anglais. A Paris il fréquente les mouvements dreyfusard, anarchistes, antimilitaristes et se massonlie d’amitié avec Elisée Reclus, Kropotkine et Romain Rolland. Il deviendra professeur d’anglais au lycée de Pontivy entre 1904 et 1921. On lui doit la création de la revue « Brug » (bruyère), revue anarchiste en langue bretonne.Il a traduit une brochure d’Elisée Reclus « à mon frère paysan » en dialectes Léonard et Vannetais.
Son œuvre est toute axée sur la libération de l’homme, il accorde une place essentielle à l’éducation et se réfère sans cesse aux concepts de pédagogie, humanisme, tolérance, non violence…Il y a du Gandhi chez Emile Masson. On peut se demander pourquoi cet écologiste avant l’heure, antimilitariste en pleine boucherie de 14/18, féministe déclaré, socialiste ET breton, intellectuel original et prolixe (il faut lire « l’utopie des iles bienheureuses dans le Pacifique ») a disparu des mémoires.

Plus qu’oublié, il semble avoir été refoulé de la mémoire collective des uns et des autres tant ses idées refusaient la simplicité et le manichéisme, le bien et le mal. Parce que il était athée ET tolérant, parce que son nationalisme breton était la voie vers l’internationalisme, parce que ses idées anarchistes étaient faites d’amour et de fraternité. Bref,bretons & socialisme Emile Masson emmerdait tout le monde et particulièrement le petit monde de gauche franchouillard et Jacobin. Dans « Brug » en 1914, il écrit ceci: « …Les ouvriers manifestent pour leur langue un mépris de civilisés et les intellectuels bretons, nourris aux lettres françaises et latines, considèrent qu’un honnête homme (un bon français) commence par cesser d’être breton. » Il va mourir à Paris le 9 février 1923. Son fils Michel Masson a été maire de Pontivy. Il est intéressant de relire « Les bretons et le socialisme » paru aux éditions Maspero accompagné d’une présentation de Jean-Yves Guiomar. Un recueil de textes et de lettres où la question nationale bretonne se mêle au socialisme libertaire.

Bon et bien, je vous abandonne à vos méditations, mes tomates réclament leurs soins quotidiens et Dieu sait qu’il n’y a pas plus susceptible que la tomate…Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

Et voici Thermidor…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis de l’ornithologie et de l’ortolan braisé réunis, bonjour ! Nous sommes bien le Jeudi 19 thermidorjuillet 2018 qui correspond au 1er jour de Thermidor dédié à l’épeautre (vous savez, le truc dans l’œil du voisin…). Dans la première mouture du calendrier  républicain ce mois là avait été nommé fervidor, du latin fervidus, brûlant. Mais, allez savoir pourquoi, Fabre d’Eglantine décida de le débaptiser sans autre forme de procès et sans même en informer la Convention. Thermidor a l’inconvénient d’introduire une expression d’origine grecque dans une nomenclature dont tous les autres termes sont latins. Ça c’est pour les puristes. Néanmoins, je retiens que c’est thermidor qui a vu la fin de Robespierre et du même coup de la terreur. La fièvre révolutionnaire eut-elle été moins sanguinaire si Fabre avait conservé le nom de fervidor ? Et si le nez de Cléopâtre…Et si ma tante, oui bon.

Rendons hommage à une grande figure de la résistance à la dictature de Salazar : Virginia Dantas. En juillet 1904, naissance de Virginia DANTAS, (Virginia TEIXEIRA de son nom de jeune fille) à salazar & francoPorto, nord du Portugal. Militante anarcho-syndicaliste, anarchiste et féministe. Ouvrière couturière dans un atelier de confection de chemises dès l’âge de 12 ans, elle entre en contact avec des militantes syndicalistes libertaires, qui l’invitent à participer à des conférences, des représentations de pièces anarchistes dans le cadre du théâtre social ainsi qu’à des sorties fraternelles.

 

Elle adhère aux « Juventudes Sindicalitas » et prend part aux grèves de 1923. En 1924, elle fonde avec quelques compagnes de travail le « Grupo Anarchista Luisa Michel » pour lutter contre la répression politique et les déportations sans jugement de militants. Pour faire entendre la voix des femmes TAG portugalelle adhère également à l’União Anarquista Portuguesa. En 1925, elle s’unit avec l’anarchiste Anibal DANTAS. Au dessus à droite (extrême) les deux funestes compères Salazar et Franco. En mai 1926, la dictature militaire s’installe (elle durera 48 ans), les anarchistes subissent la répression ; ceux qui en réchappent sont réduits à créer des Comités de Secours aux prisonniers ou déportés. La dictature prend fin le 25 avril 1974 (révolution des œillets). Avec des compagnes et compagnons survivants, Virginia participe à la reconstruction du mouvement anarchiste et diffuse les journaux : A Batalha, Voz Anarquista, A Ideia, etc. Elle restera anarchiste jusqu’à sa mort survenue à Porto, en 1990.

Bon allez, c’est pas tout, j’ai mon lait qu’est sul’feu… Portez vous bien et à bientôt peut-être.

Stange fruits…

Posté par erwandekeramoal dans JAZZ, PORTRAIT

Amis du développement durable et des sauveteurs en mer réunis, plaisir-des-dieux bonjour ! Nous sommes le Mardi 17 juillet 2018, 29è jour de Messidor dédié au Blé. C’est aussi la Ste Charlotte ce qui m’aurait autorisé à poster une vidéo de la célèbre chanson qui fit les beaux jours de la série de chansons paillardes le plaisir des dieux en 33t.

 

Le 17 juillet 1959 c’est la disparition de Billie HOLIDAY, la plus grande d’entre les grandes dames du jazz. Alors, à tout seigneur, tout honneur ! Ce billet lui sera exclusivement consacré. Elle était née à Baltimore en 1915. Enfance très difficile, viol à l’age de dix ans, couvent du bon pasteur… Jeune fille elle découvre Harlem, sa vie est faite d’hommes et de violences. Elle découvre aussi les lester-billieboites clandestines où l’alcool coule à flots et où le jazz résonne du soir au matin. La petite Eléanora adopte le pseudo de Billie et connait ses premiers succès dans les clubs de harlem où elle chante pour quelques sous. Elle se lie d’amitié avec Lester Young qui la surnomme Lady Day. Elle accompagne également Duke Ellington qui la fait tourner dans son court métrage Symphony in black. Elle devient dès lors une des vedettes du jazz new-yorkais et la voici qui chante bientôt dans le grand orchestre de Count Basie. Mais ses tournées sont souvent écourtées notamment dans le sud où elle ne peut chanter ni même réserver une chambre ou entrer dans un restaurant avec les musiciens.

C‘est en 1939 qu’elle va interpréter Strange fruit, métaphore du lyncstrange fruitshage des noirs. Mais c’est aussi l’époque de l’alcool et de la drogue et de ses liaisons féminines. Son nouveau compagnon Jimmy Monroe l’entraine vers la cocaïne, l’opium; il faut dire que c’est un escroc qui se retrouve rapidement en prison. Puis, malgré ses succès, c’est la dérive totale, dépression, drogue, alcool et retour vers la case prison. En 1951, c’est Louis MCKAY qui va contribuer à relancer sa carrière. Il faudra attendre 1954 pour qu’elle réalise un vieux rêve, une tournée en Europe. En 1955, Billie retrouve Carnegie Hall où elle participe au grand concert en hommage à Charlie Parker. Le 30 mai 1959 elle est admise à l’hôpital où elle décèdera le 17 juillet victime de sa cirrhose et d’une insuffisance rénale.

Billie Holiday s’est produite seulement deux fois en France et uniquement à Paris. En 54 et en 58. A l’issue de son passage au Mars Club, voici ce que disait Françoise Sagan: « C’était elle et ce billie-holiday-e1528307146895-700x365n’était pas elle, elle avait maigri, elle avait vieilli, sur ses bras se rapprochaient les traces de piqures…Elle sautait un couplet, se tenait au piano comme à un bastingage… » et la Sagan elle s’y connaissait en matière de came. Aujourd’hui encore, dès les premières notes d’une de ses chansons, vous êtes saisis par cette voix à nulle autre pareille et qui vous serre la gorge comme un mauvais whisky. Mais bon, c’est pas non plus « la danse du canard » ou « le petit bonhomme en mousse ». Il faudrait des pages et des pages pour narrer la vie de cette artiste et ce blogue n’a pas une telle prétention.

Allez, merci d’être passé et merci pour vos commentaires toujours appréciés. Si vous partez, bonnes vacances, si vous revenez, bon retour, si vous ne bougez pas… Portez vous bien et à demain peut-être.

Quand on n’a rien à dire…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de la conscience éclairée et du maraîchage réunis, bonjour ! Nous sommes Lundi 16 Juillet 2018. Tiens, histoire de déroger un 17922406-fèves-fèves-isolé-sur-fond-blanc-peu à la haute tenue traditionnelle qui caractérise ce blogue, commençons par une histoire de vesces. Et oui, nous sommes le 28 de messidor et Fabre d’Eglantine avait imaginé de consacrer ce jour à la vesce, plante herbacée appartenant à la famille des Fabacées  dont certaines sont cultivées comme plantes fourragères ou comme légumineuses. Par exemple, la fève que nos cousins Québecois appellent « Gourgane » et que les anciens glissaient à l’intérieur des galettes des rois.

Alors que s’éloignent déjà les flonflons du bal. En ce lendemain du jour où la Nation se souvient qu’il est toujours possible de se débarrasser des gougnafiers qui les gouvernent, je vous avoue que je suis un peu sec; or donc, je vous renvoie vers ce billet consacré à Bernard DIMEY, intitulé: quand on n’a rien à dire. Parolier, écrivain,Dimey poète né un 16 juillet en 1931 du côté de Nogent (ça commençait bien !)  Mouloudji disait de lui: « c’est un tragique qui ne se prends pas au sérieux » Bernard Dimey restera parmi les poètes du XX° siècle aux côtés de Prévert ou de Vian… Eternel angoissé par la vie qui lui filait entre les doigts au fil de ses excès, il était une des figures de la place du Tertre dont il avait fait son refuge, et plus largement de tous les quartiers de Paris dans lesquels il déambulait des nuits entières, son carton à dessins sous le bras et dans lequel ses croquis se mélangeaient avec les bribes de poèmes ou les traits de génie qui lui venaient à l’esprit dans le feu de ses ivresses .

C’était un « être démesuré » qui se demandait pourquoi il vivait souvent avec les « nains ». J’ai connu quelqu’un qui dans ses moments d’ivresse répétait souvent: « On est entouré de petits… », sans doute un connaisseur…0yez ceci:
Ivrogne, c’est un mot que ni les dictionnaires
Ni les intellectuels, ni les gens du gratin
Ne comprendront jamais… C’est un mot de misère
Qui ressemble à de l’or à cinq heure du matin.
Ivrogne… et pourquoi pas ? Je connais cent fois pire,
Ceux qui ne boivent pas, qui baisent par hasard,
Qui sont moches en troupeau et qui n’ont rien à dire.
Venez boire avec moi… On s’ennuiera plus tard.

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

Un Gai-Luron…

Posté par erwandekeramoal dans LECTURE, PORTRAIT

Amis du contrepet et du homard grillé réunis, bonjour ! Et bien voilà, nous sommes le Samedi 14 juillet 2018 et, inutile de vous préciser qu’à l’instar de Jacques Brel, j’ai horreur de tous les flonflons, de la Salutvalse musette et de l’accordéon. Je rêve d’une grande parade d’où l’on aurait remisé tous les blindés, les fusils et autres avions semeurs de mort. Ce serait un immense défilé peuplé de jeunes filles en fleur, de jardiniers joviaux, de poètes échevelés, de moissonneurs en bras de chemise, de papy gâteau et de lady gaga. Et tout ce beau monde entonnerait La Ravachole dans les dédales de Montmartre.

Tiens, c’est l’anniversaire de la naissance de GOTLIB. Il est né le 14 juillet 1934. Il est dans sa jeunesse grand amateur des œuvres de Walt Disney entre autres, œuvres qui vont l’inspirer par la suite. Il commence tôt à faire ses propres illustrations, ce qui lui vaut de se faire remarquer à l’école, ses dessins dans les marges de ses rédactions lui valant des points en plus de la part de ses bonne soeur Dprofesseurs. Ses parents étant juifs, la police vient chercher son père en 1942. Quelques mois plus tard, sa mère, prévenue de la rafle par un gendarme, réussit à le cacher lui et sa sœur. Il ne reverra jamais son père. Après la Seconde Guerre mondiale, à partir de 1947, il passe trois ans au château des Groux , sorte d’orphelinat, où il découvre ce qu’il appellera plus tard les « filles du sexe opposé », et notamment Klara, une jeune fille d’origine hongroise. Cette partie de la vie de Gotlib a fait l’objet d’une autobiographie de jeunesse intitulée J’existe, je me suis rencontré. dans les années 1960, il dessine dans Record les conférences du « Professeur Frédéric Rosbif », dont certaines idées seront reprises ensuite pour son personnage du Professeur Burp dans la Rubrique à brac. Il illustre également des livres de contes pour enfants, comme Titou fait le ménage.

Entré au journal Pilote, il y crée en 1965 la série les Dingodossiers. Goscinny, alors rédacteur en chef du journal, apprécie l’humour de Gotlib, proche du magazine de BD satirique américain Mad où Goscinny avait lui-même travaillé un temps. Puis ce sera la création des fameuse rubrique à brac. Plus tard, en 1972, un autre Bang Gcollaborateur de Pilote, ami de Gotlib, Nikita Mandryka, se voit refuser une histoire du Concombre masqué par Goscinny. Déçu, Mandryka propose alors à Gotlib de créer leur propre journal. Avec l’aide de Claire Bretécher, ils lancent ainsi en 1972 L’Echo des savanes, où le style et les histoires de Gotlib vont énormément changer par rapport aux années de Pilote. Le 1er avril 1975, il lance son propre journal, Fluide glacial, « magazine d’Umour et de Bandessinées » avec son ami d’enfance Jacques Diament. Dans son nouveau magazine, Gotlib lance des bandes dessinées diverses, qui ont chacune marqué le neuvième art. On peut citer parmi les plus célèbres Rhââ lovely, Pervers Pépère, Superdupont, Gai-Luron…

 

Allez voila pour ce 14 juillet. Ressortez vos vieux albums, moi ça me fait toujours autant rire. Portez vous bien et à demain peut-être.

Benny Carter au saxo…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de la botanique (nique-nique) et de la salade de cresson réunis, bonjour ! Nous sommes le Jeudi 12 juillet 2018, 24è jour de orcanetteMessidor, dédié à l’Orcanette. Oui je sais, y’en a pas beaucoup par ici… L‘orcanette des teinturiers est une plante méditerranéenne de la famille des Boraginacées, l’une des rares représentantes du genre Alkanna en France. Sa racine rouge servait autrefois à faire de la teinture, d’où son qualificatif. Elle est très basse et très velue, et pousse le plus souvent sur les sables du littoral, en touffes plus ou moins circulaires.

Allez, retour au Jazz et au saxo. 12 juillet: Anniversaire de la mort de Benny Carter. Dans les vieux 33t, on trouve encore l’orthographe Bennie Carter. Ce natif de New-York était un génial touche à tout: trompettiste, saxophoniste, chanteur, arrangeur, compositeur et chef d’orchestre. Il a été un des grands du Jazz des années trente jusqu’à 1990. Il est mort en 2003 à Los Angelès.

 

Benny  Carter a passé son enfance à Harlem en compagnie de Duke Ellington et de benny carterBubber Miley auprès de qui il a appris la trompette. Quand il comprit qu’il ne jouerait jamais aussi bien que lui, il troqua sa trompette pour un saxophone. A 15 ans, il enregistre son premier disque (1927), un an plus tard il crée son propre big band. En 1935 il part pour l’Europe et devient l’arrangeur de l’orchestre de danse de la BBC. Entre Europe et Etats Unis, il va jouer, chanter et composer jusqu’à ses 90 ans. Il travaille pour les plus grands, Ray Charles, Ella Fitzgerald, Sarah Vaughan, Louis Armstrong. Son plus grand succès a sans doute été: Cow Cow Boogie. Il reste un des premiers noirs à avoir écrit de la musique de film. Il a beaucoup inspiré Quincy Jones quand celui-ci a commencé à écrire pour le cinéma et la télévision.

Voila, vous vous mettez à l’ombre, vous vous servez un Planteur, vous déposez délicatement une vieille galette vinyle sur la platine (c’est pas très MP3 tout ça…) et vous regardez le tour de France attaquer les premières pentes des collines costarmoricaines (Mur-de-Bretagne). En attendant les résultats, portez vous bien et à demain peut-être.

La Ravachole…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de l’art lyrique et du gigot d’agneau réunis, bonjour ! Nous sommes (déjà) le Mercredi 11 juillet de l’an 2018, Vingt troisième jour de Messidor. Les républicains chargés du calendrier, dans leur immense sagesse et leur infinie ruralité, avait dédié ce jour au Haricot…

En règle générale, en particulier non plus d’ailleurs, je ne suis guère zélateur de ces agités du bocal qui sont porté sur la dynamite comme d’autres sur le Picon-bière. Mais celui-ci est emblématique de ce que fut l’anarchisme à une certaine époque. Le 11 juillet 1892, mort de François KOENIGSTEIN, dit RAVACHOL (du nom de sa mère), guillotiné à Montbrison. Anarchiste expropriateur et vengeur RavacholEtGendarmesdynamiteur. Il est né le 11 (14?) octobre 1859 à Saint Chamond (Loire). Son enfance est misérable et il est contraint de travailler dès l’âge de 8 ans. Il devient antireligieux à la lecture du « Juif errant », puis anarchiste par révolte contre l’injustice de la société. Refusant son sort, il décide de voler ce qui lui est nécessaire. Le 15 mai 1891, il pille une tombe, mais ne trouve pas les bijoux escomptées. Le 18 juin 1891, à Chambles, il vole un vieil ermite très riche ; ce dernier se rebiffe et Ravachol le tue. Il sera par la suite soupçonné d’autres meurtres dans la région.

https://youtu.be/Q_T9F7nSXgQ

Arrêté par la police, il parvient néanmoins à lui échapper et se rend à Paris après avoir fait croire à son suicide. Révolté par le jugement qui frappe les anarchistes, Decamps et Dardare, il décide de les venger. Aidé par des compagnons, il vole de la dynamite sur un chantier et le 11 mars 1892, il fait sauter le domicile du juge Benoît. Le 27 mars, l’immeuble où habite le substitut Bulot est gravement endommagé par une explosion qui fait quelques blessés mais aucun mort. Dînant au restaurant Very, Ravachol se trahi par ses propos tenus au garçon Lhérot, qui le fera arrêter 3 jours plus tard. Jugé dès le 26 avril ravachol1892, à Paris pour ses attentats, il est condamné au bagne à perpétuité. Il passe ensuite devant la Cour d’Assises de la Loire le 21 juin pour ses meurtres où il accueille sa condamnation à mort au cri de « Vive l’anarchie ». Ici à droite, une bois gravé de Maurin. Guillotiné, Ravachol devient un mythe de la révolte. « Messieurs, j’ai l’habitude, partout où je me trouve de faire de la propagande. Savez-vous ce que c’est que l’anarchie? »: Ravachol s’adressant à ses gardiens. Des chansons lui sont consacrées (La Ravachole, sur l’air de la Carmagnole). En vérité, un drôle de zig… Consacrons lui une petite place dans notre galerie de portraits.  

Et bien voilà, après cela vous pouvez participer à « questions pour un champion ». En attendant, portez vous bien et à demain peut-être.