Vous lisez actuellement la catégoriePORTRAIT

Page 2 de 74

Ar mein glaz – La pierre bleue…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

, ,

Amis de l’existentialisme sartrien et du poulet Stroganoff réunis, bonjour ! Nous sommes le Mercredi 02 janvier 2019, treizième jour de nivôse dédié à l’ardoise. À ciel ouvert ou souterrainement,faoukast l’exploitation de l’ardoise fut une des aventures industrielles les plus passionnantes de Bretagne. Débutée au XIVe siècle dans la région de Châteaulin, elle va s’étendre vers l’Est en suivant le canal de Nantes à Brest. La vitalité des ardoisières a profondément marqué la vie des régions où l’on a extrait ar maen glas, la pierre bleue.  En Bretagne armoricaine justement, ce jour est dédié à Koupaïa dont je vous ai parlé ICI.

Tout à fait autre chose.

Milt Jackson est né un premier Janvier (ceci explique cela)1923 à Detroit. C’était un vibraphoniste de jazz américain, et une des grandes figures du be bop. Milton « Milt » Jackson dit aussi « Bags » a forgé son style à l’écoute des boppers tout en restant proche de l’esprit du blues et des gospels. Il fut le premier vibraphoniste 260px-Milt_Jackson_and_Ray_Brown,_New_York,_between_1946_and_1948_(William_P._Gottlieb_04461)à jouer dans le style be bop. Il est découvert par Dizzy Gillespie en 1946 qui lui offre une place dans son sextet. Milt acquiert rapidement une solide expérience en jouant avec les plus grandes figures du jazz de l’époque : John Coltrane, Woody Herman, Howard McGhee, Thelonious Monk, et Charlie Parker. Dans le Big band de Gillespie, il joue en quartet avec John Lewis, Percy Heath, et Kenny Clarke quand la section cuivre prend des pauses.

https://youtu.be/vyTS7uzVM6A

Ce groupe deviendra le Modern Jazz Quartet (MJQ) qui suivra une belle et longue carrière indépendante de 20 ans jusqu’en 1974. Il est aussi invité par beaucoup d’artistes de jazz, blues et soul, par exemple B. B. King, Ray Charles, Miles Davis, etc. Sa composition Bags’ Groove (« Bags » c’est son surnom, qui vient des poches sous ses yeux quand il arrive en retard) est devenu un standard de jazz. (source wikipédia)

Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Il pleut, il pleut, bergère…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de la mistoufle et des restos du cœur réunis, bonjour ! Nous sommes le Vendredi 28 décembre 2018, 8è jour de nivôse que les républicains avaient dédié au fumier, allez savoir pourquoi, justement le jour où l’on célèbre les saints innocents mis à mort par Hérode d’Ascalon…

Le jour du fumier ! Vous, je ne sais pas mais moi je me suis souvent demandé d’où venait cette imagination débordante du calendrier républicain. L’un des auteurs, si ce n’est le seul, s’appelait Fabre d’Eglantine, écrivain, poète, théâtreux et, moins révolutionnaire qu’opportuniste. Forcément, quand on s’appelle Eglantine, on ne va pas donner aux jours des noms d’oiseaux… Il présenta ce calendrier à la Convention Nationale en octobre 1793… Il perdit la tête un an plus tard, au sens 12Aude-eglantine-300x270propre, en compagnie de Danton. C’est à lui que nous devons la célèbre ritournelle: « Il pleut, il pleut, bergère ». C’est sans doute ce côté poète qui le conduisit à doter les jours de noms champêtres et bucoliques aussi improbables que ceux la. Né à Limoux, dans les Corbières, le 28 août 1755, et baptisé sous le nom de François Fabre, il ajoute «d’Églantine» à son nom en souvenir d’une églantine d’argent qu’il aurait remportée dans sa jeunesse à l’occasion d’un concours de poésie organisé par l’Académie des Jeux Floraux de Toulouse. Joli garçon mais paresseux, instable et vaniteux, il acquiert un petit succès avec l’immortel tube: Il pleut, il pleut, bergère qui est une chanson tirée de l’opéra-comique en un acte Laure et Pétrarque, écrit par lui en 1780. La bergère à laquelle la chanson fait référence est en fait la reine Marie-Antoinette d’Autriche. Elle aimait à jouer les bergères au hameau de la Reine dans le parc du château de Versailles. L’orage pourrait être une allusion très précoce aux troubles qui conduisirent à la Révolution française… Oyez cette version surprenante interprétée par Nino Ferrer.

Sous la révolution, il va se lier avec Marat et Danton; certains diront que par ses écrits incendiaires, il porte une responsabilité dans le déclenchement des massacres des 2 et calendrier3 septembre 1792. Député à la Convention, il assure le secrétariat de Danton au ministère de la Justice. Participant à l’entreprise de déchristianisation, c’est dans ce cadre qu’il compose le calendrier des Français. D’une vénalité extrême, il ne tarde pas à être attaqué par Robespierre qui va se servir de lui pour faire tomber Danton. Il sera guillotiné en compagnie de celui-ci et Camille Desmoulins le 5 avril 1794. Que n’est-il resté à Limoux à célébrer les charmes de la blanquette…

Allez, merci à vous de vous arrêter un instant, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Libertaires du monde entier…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de la procrastination et du trot monté réunis, bonjour ! Nous sommes le Jeudi 27 décembre 2018 et c’est le 7è jour de nivôse dédié à l’humus.

Le 27 décembre justement, en 1821, naissance de Joseph Déjacque, à Paris. Socialiste anti-autoritaire et véritable premier militant « libertaire » (mot dont il est l’inventeur semble t-il). Orphelin de son père, il est élevé par sa mère, lingère. Entré en 1834 comme apprenti, il devient, en 1839,Dejacque commis de vente dans un commerce de papiers peints (chui pas sûr pour les accords). En 1841, il s’engage dans la marine, découvre l’Orient mais aussi l’autoritarisme militaire. En 1847, il commence à s’intéresser aux idées socialistes, et collabore au journal « L’Atelier ». L’insurrection parisienne de février 1848 met fin à la monarchie de Louis-Philippe, mais très vite l’alliance des bourgeois républicains et du prolétariat ouvrier vole en éclat. Déjacque publie un poème « Aux ci-devant dynastiques, aux tartuffes du peuple et de la liberté » dans lequel il se fait le porte parole des aspirations ouvrières.

En avril, les premiers affrontements ont lieu entre les forces de la bourgeoisie qui ont proclamé « La République honnête » et les ouvriers socialisants. Le 15 mai, l’Assemblée Constituante est envahie par les ouvriers, mais les principaux responsables socialistes sont arrêtés. Les ouvriers occuperont la moitié de la ville aa-bas-les-chefsux cris de « Vive la révolution sociale ». La répression est terrible, l’armée usant de l’artillerie, massacre trois mille insurgés. Quinze mille sont arrêtés et déportés sur les pontons de Cherbourg et de Brest. Déjacque est parmi eux, bien qu’il n’ait pas participé directement à l’insurrection. Libéré en 1849, il rejoint Paris et, en août 1851, publie « Les Lazaréennes, fables et poésies sociales » qui lui valent aussitôt une condamnation à 2 ans de prison et 200 fr d’amende. En 1855, il signe le manifeste inaugural de l’A.I.T, puis se fixe à la Nouvelle-Orléans où il écrit « l’Humanisphère, utopie anarchique », et prend la défense des femmes dans une lettre à Proudhon où apparaît pour la première fois un vocable de l’invention de Joseph Déjacque, ‘‘libertaire’’. L’objet polémique en est le statut social de la femme, sujet alors largement débattu. Proudhon assignait aux femmes le rôle de mère au foyer se consacrant à sa famille, soumise à l’époux dans un couple monogamique 220px-Le_libertaire_25rigide (le mariage chrétien laïcisé), peu instruite et interdite de participation à la vie publique. En 1861, découragé, il rentre en France à la faveur de l’amnistie. Mais, dans la misère, il sombre dans la folie et meurt à Paris en 1864. « Privilégiés! – pour qui a semé l’esclavage, l’heure est venue de récolter la rébellion. Il n’est pas un travailleur qui, sous les lambris de sa cervelle, ne confectionne clandestinement quelques pensées de destruction. Vous avez, vous, la baîonnette et le Code pénal, le catéchisme et la guillotine; nous avons, nous, la barricade et l’utopie… » In: l’Humanisphère, utopie anarchique. Sources : Ephémérides anarchistes.

Voila pour notre galerie de portraits. Portez vous bien et à bientôt peut-être.

En souvenir de Souvenance (Jean)…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis des « cénobites tranquilles » et des sœurs Tatin réunis, bonjour! Bon ben, voila, c’est Noël… Donc nous sommes le Mardi 25 décembre 2018, cinquième jour de Nivôse dédié au gilet lagerfeldchien? Tous les ans à pareille époque je me demande si je dois ouvrir la boutique. Cela fait partie des questions existentielles que se pose le blogueur qui se veut quotidien: être ou ne pas être, beurre ou confiture, fromage ou dessert, socialiste ou de gauche… En vérité, je fais un petit tour histoire de vérifier que la boutique est bien fermée et que les choses sont bien à leur place; car avec tout c’qu’on voit et tout c’qu’on entend; faut pas s’étonner que des gens s’habillent en jaune et campent sur des ronds-points…

A cette époque de l’année, j’ai toujours une (libre) pensée pour Jean Souvenance, de son vrai nom Serge Grégoire. Il était né à Antrain (Ille-et-Vilaine). Employé, puis chef de bureau à la préfecture, il collabora sous son pseudo à de nombreuses publications anarchistes : Le Semeur, La Voix souvenancelibertaire, L’idée libre, L’unique, Ce qu’il faut dire… Militant pacifiste, il fut membre du Comité directeur de la Ligue internationale des combattants de la paix puis fonda, après la Seconde Guerre mondiale, le Parti pacifiste internationaliste. Auteur de nombreux livres ou brochures, il a coordonné la publication d’une Anthologie des écrivains pacifistes en deux volumes. Au moment de son décès, c’était un 25 décembre en 1962, à Saint-Brieuc, il était président de la Fédération de la Libre Pensée des Côtes-du-Nord. Qu’il repose dans la paix qu’il souhaitait si ardemment.

nedeleg-laouenn

Et voila pour les vœux, que je vous adresse avec grand plaisir. Je n’ai rien trouvé d’autre qu’une photo de ma fiancée sur les remparts enneigés; c’est un peu kitch je le reconnais. Allez, je m’arrête là pour aujourd’hui. N’hésitez pas à passer faire un tour, c’est ouvert même pendant les vacances. A vrai dire, j’ai deux douzaines de Belon qui attendent sagement dans leur goëmon que je veuille bien m’en occuper. Portez vous bien et à bientôt peut-être.

Mon âme, mon âme, où m’entraines-tu ?

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

, ,

Amis de la beauté poétique et du canard à l’orange réunis, bonjour! Nous sommes le Lundi 24 décembre 2018, 4è jour de nivôse dédié au soufre, et on me dit que ce soir c’est la nuit de Noël. Bon, j’ai posé mes boutou-coat (sabots de bois) devant la cheminée, on ne sait jamais… Écrire c’est une façon de sabots-dans-la-cheminee-1196715089-1149832-300x251parler sans être interrompu disait Jules Renard, du coup le blogueur s’en donne à cœur joie. Je poursuis donc ma galerie de portraits à l’occasion de l’anniversaire de la mort de Louis Aragon qui, au delà de ses engagements politiques et de sa trop longue cécité vis à vis du stalinisme, nous lègue des textes d’une telle beauté, surtout quand ils sont portés par des interprètes comme Ferré ou Ogeret qu’il mérite bien ce petit hommage. P’tin, on se croirait sur France-culture…

Fils illégitime d’une liaison entre Marguerite Toucas et un homme politique célèbre (Louis Andrieux, procureur de la République, Préfet de police, député puis ambassadeur), Louis Aragon naît le 3 octobre 1897, à Paris. Son enfance toute entière se trouve du coup marquée par le mensonge et laAragon dissimulation: pour sauver les apparences, sa mère se fait en effet passer pour sa sœur et sa grand-mère, pour sa mère adoptive, tandis que ses tantes deviennent ses sœurs et que son père devient un vague parrain, qui ne lui apprendra la vérité de sa naissance qu’avant son départ pour la guerre. Il est incorporé en 1917 et part pour le front où il rencontrera par hasard André Breton. Trois fois enseveli sous les bombes, Aragon survit cependant au conflit et se consacre avec une énergie décuplée à l’écriture, sous toutes ses formes. Et, quand cette écriture est mise en musique par Hélène Martin, ça donne ce joyau…

Il rencontre en 1928 une jeune écrivain(e) russe, Elsa Triolet (belle-sœur de Maïakovski), dont il ne se séparera plus. C’est à elle que l’on doit cette superbe citation: « J’ai appris que pour être prophète, il suffisait d’être pessimiste. » (c’est tiré de: Mille regrets). Aragon devient simple journaliste à aragon-et-ristat-300x225L’Humanité et entame une nouvelle carrière de romancier avec Les Cloches de Bâle (1934). Après la mort d’Elsa Triolet (1970), il poursuit comme il le peut ses activités politiques auprès de l’union de la gauche (il sera décoré par F. Mitterrand) et survit en changeant radicalement de style de vie et en affichant dans les médias ses relations homosexuelles, notamment avec Jean Ristat, lui-même écrivain et poète qui lui fermera les yeux le 24 décembre 1982. Sa mort sera suivie d’un concert étonnant de louanges et de cris de haine qui ne s’est guère estompé depuis.

Allez, bonnes fêtes à tous, portez vous bien et à bientôt peut-être.

L’absurde c’est Dubillard…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

, , ,

Amis des colonies de vacances et du surimi réunis, bonjour ! Nous sommes le Jeudi 20 décembre 2018, dernier jour de frimaire dédié à la Pelle. Ce qui réfute une fois pour toutes l’idée qui voudrait que ce soit le 18 juin qui mérite cette appellation. La pelle du dix huit Juin, c’est absurde…

A propos d’absurde, justement, évoquons un maître en la matière: Dubillard était un génie dans son genre, un de ces artistes qui manient la langue avec brio et confrontent le spectateur à l’absurde de sa propre vie. On sort de ses textes le sourire aux lèvres mais dubillard 2vaguement inquiet : et si Dubillard, mine de rien, avait tout compris de tout ? Voici comment le présentait Télérama : « Imaginez un homme au visage impassible avec des faux airs de Richard Burton jouant les clowns tristes, au phrasé lent et hésitant, presque timide, emportant son interlocuteur dans une spirale de mots où l’on peut se perdre puis, sans prévenir, avec un petit plissement des yeux, portant l’estocade en disant : « Mais je suis un auteur comique ». Alors, vous aurez une vague idée de ce Roland Dubillard, auteur parmi les auteurs mais se situant dans les hauteurs de cette confrérie pléthorique. »

 

Il était le maître d’un théâtre placé sous le signe du loufoque, drôle, léger en apparence. (Il faut l’avoir vu dans les films de Mocky…) Bien plus profond, voire effrayant pour peu qu’on se perde dans les méandres de son langage jouant de tous les dérèglements. Connu pour ses Diablogues, suite de saynètes incongrues dubillardreprises régulièrement, Roland Dubillard demeure l’auteur d’une œuvre traversée par le sentiment de la fuite des mots et de l’existence, de la solitude et de la mort. Une mort qui l’a emporté au mois de décembre en 2011, à l’âge de 88 ans. L’ »effaré prodigieux », comme l’appelait Poirot-Delpech, s’était tellement mis en marge du monde et des mots qu’il avait fini par l’être aussi de lui-même : en 1987, un accident vasculaire cérébral l’avait privé de l’usage de ses bras et de ses jambes.

Putain d’AVC, je m’en sors plutôt bien ! Allez, merci d’être passé, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Chicago blues…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

,

Amis de la planète enchantée et du bacalao réunis, bonjour! Nous sommes le Lundi 17 décembre 2018, c’est le 27è jour de frimaire dédié au Liège. Je me chene liègesouviens avoir marché dans les grandes forêts de chêne-liège au Portugal du côté de Setubal… En ces temps là, la tempête Salazar s’était calmée elle aussi; les œillets fleurissaient les canons, les jeunes capitaines faisaient danser les filles, le fado résonnait dans l’Alfama, tous les espoirs étaient permis… C’était avant, bien avant…

Aujourd’hui, madame Michu,nous célébrons les Briac, enfin, c’est pas une obligation non plus… Bien entendu ce nom doit son origine à un de ces fameux saints dont on ne sait pas s’ils ont réellement existé. Celui-ci faisait partie de la bande à Tugdual, dont je vous ai récemment parlé. Il a laissé son nom à la charmante commune de Bourbriac (Côtes d’Armor) mais aussi sans doute à St Briac en Ille-et-Vilaine.

 

Et puis tiens, c’est le jour anniversaire de la naissance d’un sacré bluesman. je crois bien qu’on lui doit d’avoir inventé le style « Chicago-Blues ». Ici on le voit au festival de Monterey en 1967. Il est né en 1942 à Chicago et est décédé en 1987 à Woodstock (il avait participé au fameux festival en 69), ça ne s’invente paul butterfieldpas… Le Paul Butterfield Blues Band voit donc le jour en 1963, on dit que c’est véritablement le premier groupe multiracial, quelques temps plus tard, le groupe devient aussi le « backing band » de Bob Dylan. Malade (alcool et héroïne), il n’enregistrera finalement que 3 albums solo en studio jusqu’à sa mort en 1987. Paul Butterfield fut le premier joueur blanc d’harmonica à développer un style original qui lui permit de rejoindre le panthéon des grands bluesmen. Il fut aussi celui qui initia les blancs américains au blues et plus particulièrement au Chicago Blues. Peut-être que si l’administration Etatsunienne écoutait un peu plus de Blues, elle penserait moins à faire la chasse aux réfugiés qui se pressent à ses frontières misant encore sur le rêve américain.

Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Et Jean-Marie chantait…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

,

Amis de la propédeutique et du lait d’ânesse réunis, bonjour ! Nous sommes le Jeudi 13 Décembre 2018, 23è jour de frimaire dédié au roseau. C’est la fête aux Lucie, sklerijenn en breton.

L’autre jour, un lecteur m’invitait à évoquer Jean-Marie Vivier. Kissa ? Tous ceux qui, comme moi, croyaient aux vertus de l’éducation populaire et fréquentaient les MJC dans famille bateau lavoirles années 60/70; ont forcément croisé un jour ou l’autre cet éternel troubadour digne héritier de Félix Leclerc qui d’ailleurs lui mit le pied à l’étrier. Il était de la veine des Kerval, Bertin, Magny, Tachan, Ferland, Budet et autres. Je l’ai rencontré la première fois à Nantes au bateau-lavoir, une guinguette nichée sur les bords de l’Erdre. Il ne donne plus que deux à trois concerts par an désormais. Bien loin de ses standards dans les années 1970, où il montait tous  le-bateau-lavoir-quitte-nantes-ce-matin-pour-nort-sur-erdre_4les jours d’été, sur la scène du Bateau-Lavoir « J’ai dû y faire quelques centaines de concerts, c’est ici que j’ai appris mon métier » explique t-il. Sur cette photo, on reconnait Gilles Servat, Tri Yann, Jacques Bertin, Patrick Couton, Georges Fisher, Patrick Ewen, Gerard Delahaye et Melaine Favennec, Yvon Menant, Michel Boutet, Bernard Meulien, Paul Meslet, Jean Vidaillac, Erwann Le Brenn qui s’étaient réunis à l’invitation de la « patronne » de ce haut lieu de la vie nantaise, Soisig Le Masson. Aujourd’hui, l’ancien cabaret ne sert plus que de maison d’habitation.

Or donc, Jean-Marie Vivier a d’abord été enseignant. A vingt ans, il est professeur et forme, avec des collègues, Les Troubadours. En 1966, il enregistre, à compte d’auteur, un super 45 tours tiré à… douze exemplaires ! Deux ans plus tard, à la suite d’un concours de la chanson à Évian, il enregistre son premier 45 tours « officiel » pour les disques D.M.F. (Disques Microsillons Français), petit label installé à Jean-Marie+VivierElbeuf. Jusqu’en 1971, date à laquelle il quitte l’Éducation nationale, Vivier concilie les deux activités : il enseigne la semaine et chante le week-end. Félix Leclerc, rencontré lors d’une tournée, l’encourage à se lancer dans la chanson. À 29 ans, Vivier démissionne de son poste d’enseignant et se consacre entièrement à la chanson. D’album en album, il prend plaisir à chanter les québécois : Gilles Vigneault (qu’il est le premier à interpréter en France), Claude Léveillée, Jean-Pierre Ferland, Félix Leclerc, Claude Gauthier…

À Caen, il fait la connaissance de Jehan Jonas, mort en 1980 dans l’indifférence générale  et dont je vous ai parlé ici même.  Pendant douze ans, il s’attachera à faire connaître ses chansons et va en enregistrer près d’une quarantaine (Flic de Paris, Une histoire d’amour, un piano mécanique, un fleuve…). Sur son premier 30 cm, enregistré en novembre 1969, Jean-vivier chante jonasMarie Vivier propose un florilège des auteurs qu’il aime : Ferré, Golmann, Jean Yanne, Pierre Selos, Mouloudji, Aragon, Seghers, le québécois Georges Dor et, déjà, cinq chansons de Jehan Jonas. En 1988 et 1989, après une traversée du désert, sans maison de disques, Vivier enregistre quatre cassettes — une réédition et trois enregistrements publics dans des cabarets de la Drôme — pour les Ateliers du Spectacle, à Valence. En 1990, Luc Vidal, qui dirige les éditions du Petit Véhicule à Nantes, publie deux compacts. Jean-Marie Vivier continue de chanter et « sort » un disque tous les deux-trois ans.

Et voilà, mission accomplie. Portez vous bien et à bientôt peut-être.

Pauvre Rutebeuf…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

, ,

Amis des béatitudes et du maquereau à la bretonne réunis, bonjour ! Et bien voilà, ça y est, nous sommes le Mardi 11 Décembre 2018, 21è jour de Frimaire dédié à l’érable à sucre. C’est aussi le jour anniversaire de laérable naissance de Jacques Douai. De son vrai nom Gaston Tanchon, né le 11 décembre 1920 à Douai comme son pseudo l’indique. Pour les plus jeunes je rappelle que Jacques Douai sera l’un des tout premiers à chanter Prévert et notamment les chansons du film « Les Visiteurs du soir » . En 1947, il est le premier interprète masculin de la chanson Les Feuilles mortes.

 

Jacques DOUAI était un prince de la chanson intemporelle. Les témoignages ne manquent pas sur l’impression qu’il dégageait, ainsi celui de Francis Claude, directeur du Cabaret Quod Libet dans les années 1948-49 : « Un soir d’hiver, une sorte d’apparition s’encadra sous la voûte de l’escalier douai1menant au caveau. Il était vêtu d’un duffle-coat couvert de neige et semblait être l’incarnation d’un Chopin expirant. Il vint à moi et me demanda simplement : « On peut chanter ? » J’acquiesçai, déjà séduit (…) Il chanta, et le sortilège produit son effet. L’assistance subjuguée, osant à peine applaudir… » (cité par Gilles Schlesser dans « Le Cabaret rive gauche, de la Rose rouge au Bateau ivre » , éd. de l’Archipel, 2006, ) Citons également le témoignage de Pierre Seghers écoutant Jacques DOUAI à l’Echelle de Jacob : « Tout à coup, à travers la fumée, le bar entier se mettait à louvoyer sur les marches du palais ou bien cinglait vers La Rochelle. Nous étions tous transportés dans un autre monde. » (cité par Gilles Schlesser, même ouvrage)  .

Allez, merci d’être fidèle, portez vous bien et à bientôt peut-être.

L’année à peine à fini sa carrière…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de la sécularisation et de la fraise Tagada réunies, bonjour ! Nous sommes le Lundi 10 décembre 2018, autant dire que l’année à pratiquement fini sa carrière (Ô lac ! l’année à peine a fini sa carrière, Et près des flots chéris qu’elle devait revoir, Regarde ! je viens seul m’asseoir sur cette pierre Où tu la vis s’asseoir !) et c’est le 20è jour de frimaire dédié à hoyaul’Hoyau, autrement dit, la houe… « il n’y a d’autre Pomone ni d’autre Vertumne que la bêche et le hoyau du jardinier.» disait Voltaire dans son dictionnaire philosophique… Pendant que les princes qui nous gouvernent en sont à décider de l’importante, éminente, cruciale, et prioritaire question d’une loi sur l’épilation du lapin Angora… Continuons à rendre hommage à nos grands anciens, qui hantent, oubliés de tous, le panthéon révolutionnaire et sans qui les enfants seraient encore dans les mines et nous, nous n’aurions pas les congés payés, la sécu, les 35 heures et une paisible et maigre retraite pendant quelques temps encore avant la mise en œuvre de la Macron-économie…

Aujourd’hui, Vernon Richards: Le 10 décembre 2001, mort de Vero Benvenuto Costantino RECCHIONI plus connu sous lVernon Richards De pseudonyme de Vernon RICHARDS. Militant et actif propagandiste anarchiste anglais. Il naît le 19 juillet 1915 à Soho (Londres), où son père Emidio Recchioni (un anarchiste italien) s’y était réfugié et y avait ouvert une épicerie fine. En 1931, il suit son père à Paris où celui-ci milite contre le fascisme de Mussolini. Il est en relation avec la famille de Camillo Berneri, Giovanna sa compagne (qui lui apprend l’italien), et leurs 2 filles Marie-Louise, ici à gauche, (qui deviendra sa femme) et Giliana. Mais lorsque Emidio meurt à Paris en 1934, il rentre à Berneri GLondres pour s’occuper du magasin. Il n’en poursuit pas moins la lutte antifasciste et, en collaboration avec Camillo Berneri à Paris, il édite le journal bilingue « Free Italy/Italia Libre ». En janvier 1935, lors d’un séjour en France, il est arrêté et expulsé. En 1936, lorsqu’éclate la révolution espagnole, il se joint au groupe de militants qui éditaient Freedom pour publier à Londres le journal Spain and the World, principal soutien aux anarchistes espagnols.
En avril 1945, Vernon avec Philip Sansom et John Hewetson sont condamnés à 9 mois de prison pour incitation à la désertion. Marie-Louise Berneri est quant à elle acquittée (elle décèderaOrwell d’une affection virale en 1949). Membre du groupe « Freedom Press » basé à Whitechapel, Vernon publie « Freedom » jusqu’en 1965, et poursuit ensuite une collaboration au journal, en donnant de nombreux articles et traductions. Il exerce divers métiers, notamment comme photographe et on lui doit de fameux portraits comme celui de Georges Orwell, l’auteur de « 1984″ ici à droite. En 1968, avec Dorothy (Peta) Hewetson, ils se fixent dans le Comté de Suffolk et y produisent durant plus de 30 ans des légumes biologiques. Ah, les salades anarchistes…

Allez, merci d’être passé, portez vous bien et à bientôt peut-être.