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En sortant de l’école…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de la pédagogie non-directive et des limitations de vitesse réunies, bonjour ! Nous sommes le Mercredi 04 Septembre 2019, dix huitième jour de Fructidor dédié au Nerprun, famille des rhamnacées dans laquelle on trouve aussi la Bourdaine dont le butinage permet la fabrication d’une lichouserie locale particulièrement appréciée des connaisseurs (dont vôtre serviteur): le miel de Bourdaine.

Aujourd’hui, pour marquer cette rentrée, je voudrais vous dire un mot de Victorine Brocher, institutrice, qui vit le jour à Paris un O4 septembre de l’an 1839. Internationaliste, Communarde, anarchiste et pédagogue, voila une carte de visite comme on les aime chez « les cénobites victorine avec louise et Paule Minktranquilles ». Elle naît, Victorine Malenfant, dans une famille de Républicains pur jus (son père, Franc-maçon et Républicain fut contraint à l’exil en 1851), en 61 elle épouse Jean Rouchy et le couple ira s’installer à Paris. Elle travaille comme couturière puis participe à la création d’une boulangerie coopérative. Dès le début, elle va participer à la Commune de Paris et s’engagera comme cantinière de bataillon. Puis on la retrouve qui prend part aux combats (bataillon des Turcos) comme ambulancière. Condamnée à mort par contumace comme « pétroleuse », elle se réfugie en Suisse; son mari sera emprisonné deux ans. Ici en compagnie de Louise Michel et Paule Mink.

De Suisse, elle part enseigner en Hongrie puis reviendra à Genève à la libération de son mari où elle va créer une coopérative de la chaussure et venir en aide aux proscritsLouise de la Commune. De retour à Paris après l’amnistie elle va fréquenter les anarchistes (Malatesta fut arrêté en sa compagnie), à la mort de son mari, elle se lie avec le libre penseur Gustave Brocher, ils adopteront cinq enfants de communards et feront de leur maison un asile pour de nombreux exilés. En 1890, la voici institutrice dans une école libre initiée par Louise Michel. Elle va mourir le 4 novembre 1921 à Lausanne où, avec Gustave, elle avait fondé une école. En 1909, elle publiera souvenirs d’une morte vivante.

C‘est à ces gens que nous devons l’école laïque (donc libre) l’école émancipatrice, l’école de l’égalité des chances, bref, l’école de la République. Et aujourd’hui, on assiste à un retour en arrière au motif qu’une bande de gougnafiers (certes élus !) se  sont mis en tête de dépecer un à un deux siècles d’acquis sociaux: L’école, la sécu, l’âge légal de départ à la retraite, le temps de travail, le droit d’asile, etc. La prochaine fois que tu mettras un bulletin dans l’urne, réfléchis petit scarabée… Allez, merci encore de votre visite, portez vous bien, et à bientôt peut-être.

Every days…

Posté par erwandekeramoal dans JAZZ, PORTRAIT

Amis de la mécanique des fluides et de la Motobécane (la bleue) réunies, bonjour ! Nous sommes le Mardi 03 Septembre 2019, 17è jour de Fructidor dédié à la Cardère. (Si tu ne viens pas à la Cardère…) en cardere-venise-verte-300x225vérité, il s’agit d’une plante bisannuelle, de 70 cm à 1,5 m de haut. Les feuilles opposées par paires le long de la tige sont soudées par leur base deux à deux et forment une cuvette dans laquelle l’eau de pluie peut s’accumuler, d’où le nom vernaculaire de « cabaret des oiseaux ». Cette racine pourrait aider à soigner la maladie de Lyme. Bien que peu connu, ce remède semblerait fonctionner. Pour cela, il est conseillé de mettre la racine dans de la vodka, et de prendre 3 gouttes matin, midi et soir pendant un mois, puis de continuer 3 jours par mois pendant un an.

Reprenons notre tour d’horizon des grands musiciens de jazz et aujourd’hui, coup de chapeau à Memphis SLIM. De son vrai nom, John Len Chatman, il est né un 3 septembre en 1915. J’ai eu le bonheur de l’entendre à la fin des années soixante, c’était « aux trois mailletz », club de jazz du quartier St Michel à Paris et qui a vu passer les plus grands,Memphis une vraie cave comme on n’en fait plus. Il s’est fait d’abord connaître sous le nom de Peter Chatman et ce n’est que bien plus tard qu’il a choisit le pseudonyme de Memphis Slim, nom de la ville d’où il est originaire. Il commence à jouer du piano dans les années 1920 avant de partir pour Chicago où il rencontre Willie Dixon. C’est après une tournée en Europe qu’il s’installe à Paris. On lui doit près de 300 albums mais j’avoue que j’ai un faible pour every days i have the blues

https://youtu.be/LQFisTkXC48

L‘auteur-illustrateur Jean Claverie a dédié à Memphis Slim les deux livres pour enfants qu’il a cLittle-lou-route-du-sudonsacré au blues, Little Lou (1990) et La route du sud (2003), s’inspirant de lui pour son personnage de petit pianiste. Memphis Slim a préfacé le premier d’entre eux mais est mort avant d’avoir pu voir le livre terminé. On a souvent dit que le jazz de Memphis Slim était un peu trop sage, trop « propre sur soi », c’est peu être pour cela que notre ministre perpétuel de la culture, Jack Lang, l’a décoré de l’ordre des arts et des lettres. Le caveau de la Huchette, les trois mailletz, belle époque où l’on pouvait écouter de la bonne musique en buvant un coup et en fumant un clope…

Allez, merci d’être passé, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Identity…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de la musique dodécaphonique et du biniou-koz réunis, bonjour ! Nous sommes arrivés ensemble jusqu’à ce Jeudi 29 août 2019, douzième jour de Fructidor dédié au fenouil, ce qui prouve, si besoin était, qu’il ne faut douter de rien… Voici un poème que l’on doit à Youenn GWERNIG, décédé le 29 Août 2006 à Douarnenez (29).

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Il était né à Scaër (29) où il s’était initié à la sculpture sur bois auprès du père Le Coz, ébéniste. J’ai eu le bonheur de rencontrer le grand Youenn à plusieurs reprises et c’était toujours un ravissement de l’entendre raconter son aventure américaine, ses rencontres avec les artistes de la beat génération et son amitié avec Jack Kerouac. Dans les Youenn-Gwernig-debout-219x300années 50, Youenn qui exerce alors la profession de sculpteur sur bois, rencontre un certain Emile Le Scanff, qui sera connu plus tard sous le nom de Glenmor. Ce dernier l’entraîne alors dans sa petite troupe « Breizh a Gan », et les compères monte une opérette en breton, Genovefa. Mais l’époque est difficile pour l’identité bretonne, le souvenir de la guerre est encore chaud et l’héritage de certains « Breiz Atao » dur à porter. En 1957 Youenn s’embarque pour les États-Unis. Il y passera une douzaine d’années, exerçant ses talents de sculpteur dans le Bronx et s’essayant à l’écriture. En 1982 paraîtra La grande tribu, roman autobiographique dans lequel il raconte son expérience américaine.

Voici ce qu’en disait le réalisateur brestois Jean-Charles Huitorel qui lui a consacré deux documentaires:
« Je pense que nous ne somyouenn Le Télégrammemes encore qu’au tout début de la découverte de la formidable empreinte que Youenn Gwernig a laissée dans la culture bretonne, comme Glenmor, Xavier Grall ou Servat. Il a ouvert un nouvel espace d’expression mariant la langue bretonne à une expression contemporaine. Je retiens de lui sa grande jubilation à passer d’une langue à une autre, breton, anglais, français, incarnée dans sa chanson Identity. Et je me souviens à quel point l’homme et l’œuvre fusionnaient dans les mêmes valeurs humanistes et universelles. » Le voici ci-dessous chantant une gavotte dédiée à la lutte des travailleurs du « Joint français » (rien à voir avec le pétard franchouillard) dont les moins jeunes se souviennent.(photo: Le Télégramme)

A son retour en Bretagne, il refuse de s’acquitter de la redevance TV afin de protester contre le traitement que subit la langue bretonne sur la station régionale de FR3. Comble de l’ironie, c’est à lui que la chaîne fera appel de 1983 à 1989 pour diriger les programmes en breton. Je repense souvent à ce colosse à la carrure de bûcheron qui m’évoque immanquablement la stature et le style de Félix Leclerc.

Allez, merci à vous d’avoir fait le détour par ici, portez vous bien et à bientôt peut-être. 

Le son du Prez…

Posté par erwandekeramoal dans JAZZ, PORTRAIT

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Amis de la chapelle Sixtine et de la cousine Bette réunies, bonjour ! Nous sommes le Mardi 27 Août 2019, c’était généralement le 10e jour du mois de fructidor dans le calendrier républicain français, officiellement dénommé jour de l’échelle.

Je profite de ce jour anniversaire, pour dire quelques mots d’un musicien que j’apprécie particulièrement; il s’agit de Lester Young. C’est à Woodville (Mississipi), petite ville au fin fond du Sud des Etats-Unis, que Lester Willis Young est né le 27 août 1909. Le jeune garçon grandit à la Nouvelle-Orléans, puis à Minneapolis où sa famille a déménagé. Il réalise plusieurs tournées avec l’orchestre familial, auquel participe billie-lester -D-également son jeune frère Lee (batteur). Les premières années du parcours en solitaire de Lester Young sont marqués par des participations à un grand nombre d’ensembles musicaux et il se fait rapidement remarquer par son style d’interprétation atypique, jouant du saxophone de manière détendue, en adoptant souvent des attitudes nonchalantes, et en tenant son instrument de travers, presque à l’horizontale. Suivant la tradition de la « royauté du jazz », qui veut que les musiciens vedettes se voient attribuer des sobriquets prestigieux (« King », « Duke », « Queen », etc.), il reçoit le surnom de « Prez », diminutif de « Président », qui semble lui avoir été attribué, par Billie Holiday.

Lester Young réalise avec Count Basie une série d’enregistrements de grand renom, notamment les légendaires Kansas City Sessions, jouant tant du saxophone que de la clarinette. A la fin des années 1930, il se partage entre l’orchestre de Count Basie, l’accompagnement de Billie Holiday et d’autres ensembles. Mais, à paLester-Young-45-degreesrtir du début des années 1950, Lester Young entre dans une spirale mortifère, tenaillé par des problèmes aussi bien physiques que psychologiques. Si ses interprétations s’en ressentent parfois, il n’en demeure pas moins un pilier de Jazz at the Philarmonic, dont il suit les tournées américaines et européennes, et son style de swing traditionnel continue d’influencer grandement les nouvelles générations de jazzmen. En 1955, il est hospitalisé pour dépression nerveuse durant un an. Mais ses habitudes mortifères reprennent bientôt le dessus, une consommation abusive d’alcool s’ajoutant à une alimentation de plus en plus insuffisante.

Au début de 1959, il réalise une tournée européenne, qui s’achève à KONICA MINOLTA DIGITAL CAMERAParis par une prestation au Blue Note, avec Kenny Clarke: durant son séjour sur le vieux continent, il boit sans discontinuer et ne mange  quasiment rien. Après un ultime enregistrement dans la capitale française, Lester Young reprend l’avion pour les Etats-Unis et atterrit à New York le 15 mars 1959. Quelques heures après son retour, il succombe à un arrêt cardiaque. Sa mort et celle, quelques mois plus tard, de sa complice Billie Holiday, viennent alimenter la légende tragique du Jazz et de ses musiciens consumés par les feux de la rampe.
Sources: les travaux de Nikita Malliarakis et les textes d’Alain Gerber.

Voila pour cette rentrée, à écouter sans modération aucune. Eteignez la télé et laissez vous emporter par le saxo de Lester Young et la voix inoubliable de Lady Day… Portez vous bien et à bientôt peut-être.

Calligrammes…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de la liberté (sans adjectif) et de la réglisse (sans adjuvant) réunies, bonjour ! Oui, je vous rappelle que nous sommes le Lundi 26 Août 2019 qui correspond au neuvième jour de fructidor, consacré (ou plutôt dédié) à la réglisse qui est comme chacun le sait tout à fait apollinaire_by_vlaminck_1903indiquée dans la lutte contre le mauvais cholestérol. Ça c’est pour ceux qui auraient fait quelques excès durant l’été. Ce qui, j’en suis convaincu, ne peut en aucun cas être le vôtre, de cas… Or donc, après ces quelques jours de trêve estivale, le cénobite reprend le collier. Connaissant la réputation de vôtre perspicacité, je sais que vous n’avez pas été sans remarquer qu’en ce mois d’août nous célébrons le dixième anniversaire de ce blog modeste et génial comme disait l’autre. C’est aussi l’anniversaire de la naissance d’un immense poète qui accompagna mes errances adolescentes et au delà. Je veux parler de Guillaume Apollinaire (à droite, son portrait par Vlaminck).

De son vrai nom: Guglielmo Alberto Wladimiro Alessandro Apollinare de Kostrowitzky.  En 1901, il est engagé comme précepteur en Allemagne et tombe amoureux de la gouvernante, qui refuse ses avances. Ses premiers poèmes portent la trace de sa douleur d’homme éconduit. Il apollinaire- cocteaurentre à Paris en 1902 et publie dans « La Revue blanche » son premier conte, « L’Hérésiarque », en signant « Guillaume Apollinaire ». Il publie alors de nombreux contes et poèmes dans des revues et commence à se faire connaître. Le poète pénètre dans les milieux artistiques, se lie d’amitié avec Pablo Picasso et devient un hôte assidu du Bateau-Lavoir où il fait la connaissance de Max Jacob. Il suit de très près l’évolution du mouvement cubiste et publie en 1913 « Peintres cubistes ». Cette même année est publié son premier recueil, « Alcools », sélection de poèmes rédigés depuis ses débuts.

Il veut s’engager dans l’armée française dès 1914, mais ne possède pas la nationalité et doit être naturalisé. Il est tout de même affectéOnze1-189x300 en décembre 1914 dans l’artillerie et continue d’écrire. Transféré dans l’infanterie en 1915, il est naturalisé en début d’année 1916. Il est blessé quelques jours plus tard par un éclat d’obus et est trépané à Paris. Après des mois de convalescence, il se remet à écrire et crée le terme de « surréalisme » dans une lettre à un poète. Il publie en 1918 son second grand recueil poétique, « Calligrammes », quelques mois avant de mourir de la grippe espagnole. Il est enterré au cimetière du Père-Lachaise à Paris. Outre ses poèmes, on lui doit des romans érotiques pour ne pas dire pornographiques comme le fameux «Les onze mille verges» ou encore «les exploits d’un jeune Don Juan».

Et voilà, passent les jours et passent les semaines; le cénobite continue son bonhomme de chemin. Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Il jouait du piano debout…

Posté par erwandekeramoal dans JAZZ, PORTRAIT

Amis de la jocrissade et du poulet basquaise réunis, bonjour! Et bien voila, nous y sommeapéro-lupins au 15 août… Si vous êtes impatient de finir le mois, dites vous que nous sommes le 28 de thermidor et que c’est le jour du lupin. Au Portugal, le lupin (Tremoços) est très apprécié aux apéritifs accompagné de chorizo, jambon fumé, fromage et bien entendu d’une bière bien fraîche. En Amérique latine le lupin blanc est cultivé pour en faire de la farine et au Brésil ils en tirent une bière. Égyptiens, Incas et Mayas connaissaient déjà cette plante protéagineuse fort nourrissante. Comme disait Lewis Carroll: Suivez ce lupin blanc…

Or donc, aujourd’hui en Bretagne on célèbre Intron-Varia evel just;peterson-D- c’est sans doute pour cela que je m’en vais vous causer d’Oscar. Tiens, en voici un qui est né un 15 août en 1925 dans ce quartier de Montréal que l’on appelle la Petite Bourgogne et mort le 23 décembre 2007 à Mississauga (Ontario). Il va grandir baigné par la culture jazz et, très vite son père lui enseigne la trompette. Mais pour Oscar, le must c’est le piano. C’est sa sœur Daisy qui va se charger de l’apprentissage. A l’âge de 14 ans il gagne un prix national et quitte l’école pour devenir musicien professionnel.

Oscar Peterson va rapidement se construire une réputation et il apparaîtra au Carnegie Hall pour la première fois en 1949. Influencé par Nat King Cole et surtout Art Tatum, il va accompagner Lester Young, Louis Armstrong et Ella Fitzgeraldcshf_08_oscar_peterson_library_and_archives_canada_466. Le tournant de sa carrière est son engagement par l’impressario Norman Granz qui va lui permettre de jouer avec les plus grands de son époque. De 1991 à 94, il est chancelier de l’université de York à Toronto, il faut noter par ailleurs qu’il est Franc-maçon. Après avoir parcouru le monde, enregistré des centaines de titres, joué avec les meilleurs, reçu tous les prix possibles, il va s’éteindre dans sa maison de la banlieue de Toronto le 23 décembre 2007. Je fais partie de ceux qui le considère comme le plus grand pianiste de jazz de tous les temps.

Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Jehan Jonas…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de la libération sexuelle et du clafoutis aux cerises réunis, bonjour ! Nous sommes le Lundi 12 Août 2019, 25è jour de Thermidor dédié à la loutre.

Que celui (ou celle) qui a connu Jehan Jonas lève le doigt. Cet auteur-compositeur-interprète était né le 12 août 1944 et est décédé, beaucoup trop tôt, en 1980. Après son Jonas-D-certif’, il entre à la SNCF et chante en terrasse puis fait les cabarets où il côtoie Brassens, Chelon, Jean-Marie Vivier qui reprendra ses textes, Gribouille et tant d’autres. Pour ma part, mon premier souvenir « live » remonte à 1970, c’était au bateau-lavoir à Nantes. Un regard sans concession, une plume acérée, des chansons qui veulent dire quelque chose bref, un chanteur qui n’aurait aucune chance à la « star’ac ». Je me souviens aussi d’un petit cabaret à Rennes, cela s’appelait « Chez Françoise » et Jean-Marie Vivier chantait alors des textes de Jonas.

Ah quelle époque madame Michu ! Allez, en attendant la fin du Monde, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Le cercle des poètes…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de la musique baroque et des saucisses lentilles réunies, bonjour! Oui, c’est le jour de la lentille dans le calendrier républicain, le 23 de thermidor, et pour nous le Samedi 10 août 2019. En Bretagne certains vont en profiter pour célébrer la sainte Klervi. Malheureuse qui a vécu dans l’ombre de la célébrité de son frangin qui s’appelait Gwénolé, fondateur de l’abbaye de Landévennec (29).

Il y a dix ans disparaissait Yan Balinec à l’âge de 81 ans. Mais, disparaître n’est pas le terme approprié. Il faisait partie de ces gens qui restent présents longtemps, longtemps après que leurs chansons aient disparueYan Balinecs. Je me souviens de sa longue silhouette d’adolescent dégingandé traversant les rues de Douarnenez juchée sur son vieux vélo ? L’œil clair, la tignasse ébouriffée, d’une élégance un peu vieille France, il était né dans la Sarthe et exerçait le métier de prothésiste dentaire. Sa première œuvre, le faux pli du drapeau. Journal d’un objecteur, en dit long sur le personnage. Je me souviens de ces longues discussions sur une table du Rosmeur! Était-ce chez Marie-Rose ou chez Micheline ? Georges Perros n’était pas loin et René Quéré tout à côté. On refaisait le monde en s’interrogeant sur les choses de la vie. Yan Balinec n’était pas homme de concession. « Les mots peuvent changer l’avenir de l’humanité » se plaisait-il à dire. Il pensait que bois étainl’on pouvait relier l’esprit et la matière et son recueil « Chair, âme » résume bien cette posture. Solitaire et néanmoins fraternel il était un être complexe, à la fois véliplanchiste, cycliste et poète. « Mes certitudes d’aujourd’hui me donnent le vertige en débouchant partiellement sur le néant » disait-il. En dehors des dogmes, en dehors des modes, Yan était un homme comme je les aime: Libre ! Son œuvre est restée confidentielle à tel point qu’il créa sa propre maison d’édition « Remuage ». Humaniste, libertaire, écologiste, non-violent, il était tout cela et plus encore.

Bon et bien voila, la mi-août s’approche et, on entame notre marche vers l’hiver au rythme des jours qui raccourcissent. Mais je vois que votre fidélité ne faiblit pas alors, un grand merci à vous, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Le sax de Willem…

Posté par erwandekeramoal dans JAZZ, PORTRAIT

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Amis du métissage absolu et de l’andouille de Guéméné réunis, bonjour ! Nous sommes le Mercredi 07 Aout 2019, qui correspond au vingtième jour de Thermidor dédié à l’écluse. A l’été 2010, nous apprenions la disparition d’un grand saxophoniste de free jazz, Willem Breuker.

«Il était le Duke Ellington de la free music», si l’on en croit Armand Meignan, directeur de l’Europa Jazz du Mans, dowillem Breuker-D-nt il fut l’un des invités les plus fréquents. Né le 4 novembre (c’est une excellente date) 1944, le saxophoniste hollandais, un des pères de la free music, a bien connu le festival Manceau voué, dans sa genèse, au jazz européen de façon assez radicale. Il y fut l’invité en 1982 de l’indétrônable Régional Tour, qui lui fit sillonner les Pays de la Loire pour douze concerts. Breuker était de ces personnages à part dans l’histoire de la musique. Hors modes, tout sauf show-business.

Son parcours, marqué par son engagement social, avait commencé dans la rue et les usines. Une dimension politique qui a dominé son œuvre, tout à fait originale, qui se situe entre lbreuker3a tradition jazz américaine, le nouvel élan européen survenu au milieu des années 60, et des influences Kurt Weill. Sa musique, ouverte à tous les horizons, à toutes les influences laissait une grande part à l’improvisation et le Willem Breuker Kollektief qu’il avait crée, offrait de véritables spectacles qui relevaient autant du théâtre que de la musique. Pour des raisons qui me restent obscures il fut dédaigné des médias français. Il méritait bien un petit coup de chapeau. Salut l’artiste !

Allez, le bonjour vous va, portez vous bien et à bientôt peut-être.

La plupart espagnols…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de phytothérapie et des pom-pom girls réunies, bonjour ! Nous sommes le Mardi 06 Août 2019 soit le 19è jour de thermidor dédié à la gentiane; magnifique fleur au demeurant que l’on retrouve dans quelques breuvages des plus euphorisants. Je vous conseille, par ces rudes chaleurs, l’Antidote, une bière ambrée à base de châtaignes et de gentiane. Mais le Picon n’est pas mal non plus…

Tout à fait autre chose.

Le 6 août 1936, mort de Ramón Acin Aquilue, assassiné par les franquistes à Huesca. Militant anarcho-syndicaliste, pédagogue, écrivain et artiste d’avant-garde. Né le 30 Août 1888, à Huesca (Aragon), il commence en 1908, à Zaragoza, des études de sciences, mais les Ramon Acinabandonne un an plus tard pour se consacrer à sa vocation artistique. Dès 1913, il s’intéresse aux idées anarchistes et prend part à Barcelone à la création de la revue La Colère. A Madrid entre 1916 et 1917, il devient l’ami de Garcia Lorca, puis il est nommé professeur de dessin à l’école normale de Huesca. En 1918, il participera aux divers congrès en tant que représentant de sa ville (Huesca) où il jouit d’une grande popularité. En 1922, il crée une académie de dessin à son domicile où il s’inspire de la pédagogie rationaliste de Francisco Ferrer, puis plus tard des réalisations de Célestin Freinet, deux pédagogues à qui j’ai consacré un billet. Il milite également pour créer un mouvement de jeunes, et donne des cours du soir aux ouvriers et des conférences en faveur des prisonniers politiques.

Un article de soutien à l’anarchiste Juan ACHER (condamné à mort après un attentat) lui vaudra d’être emprisonné en 1924. Sa participation à des soulèvements l’obligent ensuite à s’exiler un temps à Paris. Il donne de nombreux articles à la presse libertaire où, outre des le garrot critiques d’art ou idéologiques, il manifeste un intérêt pour l’écologie, le végétarisme, le naturisme ou bien encore la défense animale. Son œuvre artistique est très variée : dessins, caricatures, toiles peintes, mais aussi sculptures et collages surréalistes. A droite une magnifique sculpture qui évoque le garrot de sinistre mémoire tant utilisé par la « justice » Franquiste. Ami de Buñuel, il va produire (grâce à un gros lot de loterie) son film « Terre sans pain ». En 1936, à Huesca, l’armée et la garde civile prennent part au coup d’État et organisent la répression. Parmi les nombreux fusillés se trouvent Ramón ACIN et sa compagne Conchita Monras.

Allez, merci d’être passé; portez vous bien et à bientôt peut-être.