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Augustin mais pas saint…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de l’internationalisme et de la soupe aux choux réunis, bonjour! Je profite de ce Vendredi 28 août 2020, jour de la saint Augustin et souchy-G-aussi 11è jour de fructidor dédié à la pastèque, pour évoquer une grande figure de l’anarchisme international. N’y voyez aucune allusion; évoquer Augustin Souchy, c’est s’atteler à couvrir 75 ans de révolutions dans le monde. Doyen des anarchistes allemands, il s’est éteint le 1er janvier 1984 à Munich où il avait décidé de s’établir en 1966 après des périples nombreux et périlleux à travers le monde. Il nait en 1892, le 28 août, non loin de la frontière Russo-Polonaise, et quelques années plus tard, c’est tout naturellement que sa famille accueille les ennemis du tsarisme lors de la première révolution russe de 1905.

Augustin Souchy écoute les récits des fuyards et rêve de révolution. Il poursuit des études de laborantin à Berlin où il rencontre E. Bernstein, Karl Liebknecht, Clara Zetkin. Il lit Gustav Landauer, Pierre Ramus. Le soir, il fréquente les bibliothèques. Militant socialiste et pacifiste, il est  Espagne-FAIemprisonné une première fois le 18 mai 1911, journée du souvenir des morts de 1848. Quand éclate le premier conflit mondial, il est à Vienne. Il est antimilitariste et participe au groupe Befreiung. Il est arrêté, on l’attache à un autre prisonnier et on lui accroche une pancarte sur laquelle on lit: « Attention: Anarchiste ! ». Insoumis, il refuse de participer au carnage et s’exile en Suède où il entreprend d’approfondir les idées libertaires. La prise du Palais d’Hiver en 1917 redonne espoir à toute une génération de révolutionnaires. Il rejoint les rangs des anarcho-syndicalistes et collabore au journal « Der Syndikalist ». Il est en Russie en 1920 pour participer, sur invitation de Lénine, au second congrès de la IIIe Internationale. SOUCHY flaire la magouille marxiste et déconseille à ses camarades la collaboration avec le Komintern.

On le retrouve à Paris, le 20 mai 1921, devant le Mur des Fédérés, pour la commémoration du 50e anniversaire de l’écrasement de la Commune. Il entreprend ensuite une série de voyages en Amérique du Sud pour souchy-2nouer des contacts avec les organisations proches et amies sur ce continent. Séjour de plusieurs mois en Argentine. Participe au congrès des anarcho-syndicalistes latino-américains à Buenos-Aires ; conférences en Argentine et en Uruguay. Il est à Berlin quand Hitler prend le pouvoir. Il se réfugie à Paris où les exilés politiques allemands sont nombreux et se rapproche de Louis Lecoin. 1936, l’Espagne offre un terrain de mise en pratique d’idéal longtemps rêvé. Souchy arrive quelques jours avant la tentative du putsch de Franco à Barcelone. Il a la quarantaine, n’a jamais été soldat, se bat aux côtés des anarchistes. A la veille de l’écrasement du mouvement par la coalition fasciste internationale, il regagne la France. Là, sous le coup des lois xénophobes, il est interné dans les camps de Marolles, puis Audierne (Bretagne), d’où il s’évade à l’approche des troupes allemandes.

Il s’embarque pour le Mexique via Casablanca qui accueille alors les réfugiés de la guerre d’Espagne. Septuagénaire, Augustin vivra encore 20 ans. Il suit de près les mouvements sociaux, en particulier la révolution au Portugal. Il se sert des médias comme tribune pour souchy_fabbri_santillandéfendre l’humanisme libertaire et les idées forces de l’anarchisme. En 1977 paraissent ses mémoires: « Vorsicht: Anarchist ! -Ein Leben für die Freiheit » (Attention: anarchiste ! – Une vie pour la liberté – Presque aveugle, il meurt de vieillesse le jour de l’an. « Direkte Aktion » lui consacre un long article pour « rendre hommage à un compagnon et un grand humaniste qui ne s’est agenouillé ni devant les dieux, ni devant les pouvoirs ». Ici en photo avec Luce Fabbri et Diego Abad de Santillan Sources :Martine Remon. Sur le site Anarchie 23.

Voilà un portrait de plus (un peu long peut-être) pour notre galerie. Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Lester Young: The Prez…

Posté par erwandekeramoal dans JAZZ, PORTRAIT

Amis de la chapelle Sixtine et de la cousine Bette réunies, bonjour ! Nous sommes le Jeudi 27 Août 2020, c’était généralement le 10e jour du mois de fructidor dans le calendrier républicain français, officiellement dénommé jour de l’échelle.

Je profite de ce jour anniversaire, pour dire quelques mots d’un musicien que j’apprécie particulièrement; il s’agit de Lester Young. C’est à Woodville (Mississippi), petite ville au fin fond du Sud des États-Unis, que Lester Willis Young est né le 27 août 1909. Le jeune garçon grandit à la Nouvelle-Orléans, puis à Minneapolis où sa famille a déménagé. Il Lester-Young-45-degrees-300x224réalise plusieurs tournées avec l’orchestre familial, auquel participe également son jeune frère Lee (batteur). Les premières années du parcours en solitaire de Lester Young sont marqués par des participations à un grand nombre d’ensembles musicaux et il se fait rapidement remarquer par son style d’interprétation atypique, jouant du saxophone de manière détendue, en adoptant souvent des attitudes nonchalantes, et en tenant son instrument de travers, presque à l’horizontale. Suivant la tradition de la « royauté du jazz », qui veut que les musiciens vedettes se voient attribuer des sobriquets prestigieux (« King », « Duke », « Queen », etc.), il reçoit le surnom de « Prez », diminutif de « Président », qui semble lui avoir été attribué, par Billie Holiday.

Lester Young réalise avec Count Basie une série d’enregistrements de grand renom, notamment les légendaires Kansas City SessionsKONICA MINOLTA DIGITAL CAMERA, jouant tant du saxophone que de la clarinette. A la fin des années 1930, il se partage entre l’orchestre de Count Basie, l’accompagnement de Billie Holiday et d’autres ensembles. Mais, à partir du début des années 1950, Lester Young entre dans une spirale mortifère, tenaillé par des problèmes aussi bien physiques que psychologiques. Si ses interprétations s’en ressentent parfois, il n’en demeure pas moins un pilier de Jazz at the Philarmonic, dont il suit les tournées américaines et européennes, et son style de swing traditionnel continue d’influencer grandement les nouvelles générations de jazzmen. En 1955, il est hospitalisé pour dépression nerveuse durant un an. Mais ses habitudes mortifères reprennent bientôt le dessus, une consommation abusive d’alcool s’ajoutant à une alimentation de plus en plus insuffisante.

Au début de 1959, il réalise une tournée européenne, qui s’achève à Paris par une prestation au Blue Note, avec Kenny Clarke: durant son Billie & Lesterséjour sur le vieux continent, il boit sans discontinuer et ne mange  quasiment rien. Après un ultime enregistrement dans la capitale française, Lester Young reprend l’avion pour les États-Unis et atterrit à New York le 15 mars 1959. Quelques heures après son retour, il succombe à un arrêt cardiaque. Sa mort et celle, quelques mois plus tard, de sa complice Billie Holiday, viennent alimenter la légende tragique du Jazz et de ses musiciens consumés par les feux de la rampe. Sources: les travaux de Nikita Malliarakis et les textes d’Alain Gerber.

Voila pour cette rentrée, à écouter sans modération aucune. Éteignez la télé et laissez vous emporter par le saxo de Lester Young et la voix inoubliable de Lady Day… Portez vous bien et à bientôt peut-être.

Passent les jours et…

Posté par erwandekeramoal dans LECTURE, PORTRAIT

Amis de la liberté (sans adjectif) et de la réglisse (sans adjuvant) réglisse-150x150réunies, bonjour ! Oui, je vous rappelle que nous sommes le mercredi 26 août 2020, neuvième jour de fructidor, journée consacrée à la réglisse qui est comme chacun le sait tout à fait indiquée dans la lutte contre le mauvais cholestérol; ça c’est pour ceux qui aurait fait quelques excès durant l’été. Je connais des pataphysiciens pour qui en réalité nous sommes le Lundi 16 Phalle 147 Nativité de St Vibescu, pohète et Commémoration de Ste Cuculine d’Ancône…

C’est aussi l’anniversaire de la naissance d’un immense poète qui accompagna mes errances adolescentes et au delà. Je veux parler de Guillaume Apollinaire (à droite, son portrait par Vlaminck). De son vrai nom: Guglielmo Alberto Wladimiro Alessandro Apollinare de Kostrowitzky.  En 1901, il est engagé comme précepteur en Allemagne et tombe amoureux de la gouvernante, qui refuse ses avances. Ses apollinaire_by_vlaminck_1903-236x300premiers poèmes portent la trace de sa douleur d’homme éconduit. Il rentre à Paris en 1902 et publie dans « La Revue blanche » son premier conte, « L’Hérésiarque », en signant « Guillaume Apollinaire ». Il publie alors de nombreux contes et poèmes dans des revues et commence à se faire connaître. Le poète pénètre dans les milieux artistiques, se lie d’amitié avec Pablo Picasso et devient un hôte assidu du Bateau-Lavoir où il fait la connaissance de Max Jacob. Il suit de très près l’évolution du mouvement cubiste et publie en 1913 « Peintres cubistes ». Cette même année est publié son premier recueil, « Alcools », sélection de poèmes rédigés depuis ses débuts.

Il veut s’engager dans l’armée française dès 1914, mais ne possède pas Onze1-189x300la nationalité et doit être naturalisé. Il est tout de même affecté en décembre 1914 dans l’artillerie et continue d’écrire. Transféré dans l’infanterie en 1915, il est naturalisé en début d’année 1916. Il est blessé quelques jours plus tard par un éclat d’obus et est trépané à Paris. Après des mois de convalescence, il se remet à écrire et crée le terme de « surréalisme » dans une lettre à un poète. Il publie en 1918 son second grand recueil poétique, « Calligrammes », quelques mois avant de mourir de la grippe espagnole. Il est enterré au cimetière du Père-Lachaise à Paris. Outre ses poèmes, on lui doit des romans érotiques pour ne pas dire pornographiques comme le fameux « Les onze mille verges » ou encore « les exploits d’un jeune Don Juan ».

Et voilà, passent les jours et passent les semaines; le cénobite continue son bonhomme de chemin. Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Henri Cartier-Bresson…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de l’argentique et du mouton de prés salés réunis, bonjour ! Nous sommes le Samedi 22 août 2020, 5è jour de Fructidor dédié au saumon dans notre fameux calendrier républicain. Pourquoi le saumon ? Je n’en sais fichtrement rien. Ils auraient pu choisir la truite vagabonde ou encore le gardon frétillant, l’ablette rigolote, ou la muette carpe; et bien non, ce fut le saumon…

On sait trop peu que le grand photographe Henri Cartier-Bresson ne cachait pas ses sympathies pour les idées libertaires. Rendons lui un petit hommage en ce jour anniversaire. Le 22 août 1908, naissance de Henri Cartier-Bresson, à Chanteloup (Seine-et-Marne) France. L’un des plus grands photographes du siècle et aussi un anarchiste de cœur qui ne cesse d’invoquer le plus célèbre révolté: Bakounine. Sa famille, propriétaire d’une manufacture de coton à Pantin, essaye sans succès de lui transmettre une éducation bourgeoise et chrétienne. « Jamais! jamais! je n’ai eu la foi. C’était impossible (…) » Très jeune révolté, il prisonnier_revolte-195x300refuse l’esprit de compétition du sport et se passionne pour la peinture, ce qui l’amène à fréquenter les surréalistes. Mais il abandonne la peinture et part à la découverte du monde avec un « Leïca ». En 1932, ses premières photographies sont nées à New York. En 1934, il part un an au Mexique où il témoigne de la vie dans les quartiers pauvres de Mexico.( La photo de droite est prise dans la prison de Leesbury aux Etats-Unis en 1975 ). En 1935, il est aux Etats-Unis où il s’initie au cinéma. En 1936-39, il est de retour en France et travaille comme assistant de Jean Renoir. En 1937, il réalise durant la révolution espagnole un documentaire sur les hôpitaux républicains « Victoire de la vie ». En 1940, il est emprisonné par les Allemands mais il parvient à s’évader en 1943 (après deux tentatives infructueuses), il prend alors part à une organisation clandestine d’aide aux prisonniers. Il photographie ensuite la libération de Paris puis retourne aux USA. En 1947, il fonde avec Robert Capa, David Seymour et Georges Rodger l’agence coopérative « Magnum Photos » qui deviendra la prestigieuse agence que l’on sait. De 1948 à 50, il séjourne en Inde, en Birmanie, en Chine (durant les 6 premiers mois de la Chine populaire), puis en Indonésie (lors de l’indépendance). 20130620-lens-bresson-slide-IVP4-superJumboEn 1954, il est parmi les premiers photographes occidentaux à se rendre en Russie. En 1960, il est à Cuba puis au Mexique, etc. En 1966, il quitte l’agence Magnum mais poursuit la photographie et les éditions. En 1974, il abandonne les reportages photos pour se consacrer au dessin. Le 1er mai 2000, il participe avec un recueil de photos « Vers un autre futur, un regard libertaire » aux manifestations de la CNT française. En mai 2003, est créée à Paris la Fondation HCB. Le 3 août 2004, cet anarchiste empreint de philosophie bouddhiste et d’humanisme s’éteint chez lui à Céreste. « L’anarchie c’est une éthique avant tout. Une éthique d’homme libre. Relisez Bakounine ». «  Dans un monde qui s’écroule sous le poids de la rentabilité, envahi par les sirènes ravageuses de la Techno-science, la voracité du pouvoir, par la mondialisation -nouvel esclavage- au delà de tout cela, l’Amitié, l’Amour existent. » Sources:Ephéméride Anarchiste

Allez, en attendant la rentrée masquée, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Pierr-Jules Ruff…

Posté par erwandekeramoal dans ANARCHISME, PORTRAIT

Amis de l’humour noir et du lieu jaune réunis, bonjour ! Et bien voilà, ça n’a pas manqué, nous sommes le Mercredi MilletStock-1024x683-150x15019 Août 2020. Dois-je préciser que c’est le deuxième jour de fructidor et que c’est le jour du millet… Pas une raison pour donner l’angélus (humour). Bien évidemment il se trouvera toujours un adepte de la pataphysique pour vous affirmer qu’en réalité le 19 Août 2020 correspond au Lundi 9 Phalle 147 – St Godemiché, économe – fête suprême quarte – dans leur propre calendrier.

Le 19 août 1877, naissance de Pierre Jules Ruff, à Alger.

Militant anarchiste et antimilitariste. Issu d’une famille bourgeoise juive, il obtient une licence de mathématique, mais il rompt avec son milieu pour militer au sein du mouvement anarchiste. Antimilitariste convaincu, il subit de nombreuses condamnations. Le 14 septembre 1907, il est jugé par la cour d’Assises de la Seine et écope de trois ans de prison pour « provocation à la désobéissance et au meurtre adressée à des militaires ».  En 1911, il est signalé comme membre de la Fédération Communiste ruff02Anarchiste et gérant de la revue « le mouvement anarchiste ». Arrêté avec Louis Lecoin, il est condamné en novembre 1912 à cinq ans de réclusion pour « provocation au meurtre, à l’incendie et au pillage ». Il est libéré en novembre 1916, mais c’est pour être arrêté un mois plus tard avec Lecoin pour la distribution d’un tract pacifiste « Imposons la paix! ». En octobre 1917, il est encore condamné à 15 mois de prison pour sa participation à la parution, le 15 juin 1917, d’un numéro clandestin du « Libertaire ». Après guerre, il devient correcteur d’imprimerie, mais en 1930 effectue encore six mois de prison pour un délit de presse. En avril 1936, il prend part au congrès de « l’Union Anarchiste » où il est élu membre de la commission administrative. En 1942 (durant l’occupation Nazi), le fait d’avoir exprimé ouvertement ses opinions et son passé de militant lui valent d’être arrêté puis déporté en Allemagne, au Camp de Neuengamme d’où il ne reviendra pas (il aurait été envoyé au four crématoire la veille de l’entrée des Américains). Sources: Ephéméride anarchiste. On peut lire aussi une fiche biographique complète dans Le Maitron.

Voilà pour aujourd’hui, en attendant la suite portez vous bien et à bientôt peut-être.

Ces êtres-là sont adorables…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis du genre humain et de la gavotte des montagnes réunis, bonjour ! Nous sommes donc le mardi 18 août 2020, c’est le premier jour de fructidor dédié à la prune. Et puisque le temps n’est pas vraiment de la Laforguepartie, quoi de mieux qu’un recueil de poésies.  J’ai opté pour Jules Laforgue dont la misogynie au 18è degré me comble d’aise à chaque fois. Je me souviens d’un soir d’hiver dans un manoir proche de Dinard, alors que la soirée traînait en longueur et que le feu crépitait faiblement dans la grande cheminée de granit. On refaisait le monde à notre manière quand l’un de nous récita ce poème et pour beaucoup ce fut une découverte. Le récitant, un jeune homme qui s’appelait Bernard Lavilliers et qui fit plus tard la carrière que vous savez.

Un couchant des Cosmogonies !
Ah ! que la Vie est quotidienne…
Et, du plus vrai qu’on se souvienne,
Comme on fut piètre et sans génie…
On voudrait s’avouer des choses,
Dont on s’étonnerait en route,Lavilliers
Qui feraient une fois pour toutes !
Qu’on s’entendrait à travers poses.
On voudrait saigner le Silence,
Secouer l’exil des causeries ;
Et non ! ces dames sont aigries
Par des questions de préséance.
Elles boudent là, l’air capable.
Et, sous le ciel, plus d’un s’explique,
Par quel gâchis suresthétique
Ces êtres-là sont adorables.
Justement, une nous appelle,
Pour l’aider à chercher sa bague,
Perdue (où dans ce terrain vague ?)
Un souvenir d’amour, dit-elle !
Ces êtres-là sont adorables !

Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Ay Carmela !

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de la lutte finale et de la tortilla réunies, bonjour ! Nous sommes le lundi 17 août 2020, 30è et dernier jour de thermidor dédié au moulin.

Alimentons notre galerie de portrait en souvenir de ce grand résistant anti-franquiste qu’était Francisco Ponzan-Vidal. Il est mort le 17 août 1944, (fusillé par les nazis) à Buzet-sur-Tarn près de Toulouse. Militant anarcho-syndicaliste espagnol, guérillero anti-franquiste et résistant. Né le 30 mars 1911, à Oviedo (salut Bennie), il passe son enfance à Huesca Ponzan-Vidalpuis fait des études à l’école normale. Il s’affilie à la C.N.T. et collabore à la presse libertaire. Son militantisme lui vaut alors d’être à plusieurs reprises arrêté et détenu pendant plusieurs mois durant les années 1932 et 1933. En avril 1936, il entame une tournée de conférences, il est à Huesca lorsque survient le soulèvement fasciste. Il se démène alors pour organiser une contre offensive. Le 6 octobre 1936, à Bujaraloz, il prend une part très active à la création du « Conseil d’Aragon » où il s’occupe du ravitaillement puis de l’information. Puis il rejoint durant l’été 1937 la « Colonne Rouge et Noire » où il organise un groupe de contre-espionnage « Los Libertadores ».

Début 1939, après la déroute du camp républicain, il se réfugie en France où il est interné dans le camp de concentration du Vernet. A camp du Vernetcette époque là, la France ouvrait des camps pour se débarrasser des républicains espagnols, aujourd’hui elle les ferme pour se débarrasser des Roms! Il s’en échappe et commence à organiser des groupes anti-franquistes qui participent à des actions de guérilla en Espagne dont la libération de Manuel Lozano Guillén et Bernabé Argüelles emprisonnés à Huesca. Blessé en mai 1940, à Boltaña, il retourne en France quelques mois plus tard, où en pleine occupation allemande, il organise le célèbre réseau de résistance groupe Ponzancomposé exclusivement de libertaires espagnols qui en liaison avec le groupe « Pat O’Leary » se chargeront d’organiser l’évasion et la fuite de nombreux antifascistes. Arrêté en 1943 après de nombreuses péripéties, il est emprisonné à Toulouse jusqu’à la libération, où les nazis contraints à la fuite l’emmèneront avec un groupe d’une vingtaine de prisonniers avant de les fusiller et de brûler leurs corps à Buzet-sur-Tarn. A lire le merveilleux bouquin de Antonio Tellez Sola: Un anar dans la guerre secrète – aux éditions Coquelicot. Autres sources: Ephéméride anarchiste.

Allez, no pasaran, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Suivez ce lupin blanc…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis de la jocrissade et du poulet basquaise réunis, bonjour! Et bien voilà, nous y sommes au 15 août… Si vous êtes impatient de finir le mois, dites vous que nous sommes le 28 de thermidor et que c’est le jour du lupin. Je connaissais la valeur décorative du lupin et ses fleutramoussers de toutes les couleurs mais, un jour dans le Sud de la France j’ai découvert que ses graines saumurées étaient comestibles et que les autochtones les consommaient à l’apéro sous le nom de Tramousse. Au Portugal, le lupin (Tremoços) est très apprécié aux apéritifs accompagné de chorizo, jambon fumé, fromage et bien entendu d’une bière bien fraîche. En Amérique latine le lupin blanc est cultivé pour en faire de la farine et au Brésil ils en tirent une bière. Égyptiens, Incas et Mayas connaissaient déjà cette plante protéagineuse fort nourrissante. Comme disait Lewis Carroll: Suivez ce lupin blanc… Et puisque nous sommes le jour de Marie, je vais en profiter pour vous parler de… Paul.

 

Le 15 août 1935, mort de Paul Signac, à Paris. Artiste peintre néo-impressionniste et anarchiste. A gauche, son portrait par Seurat. Il naît le 11 novembre 1863, à Paris. Fils unique de riches commerçants, il peut donner libre court à sa passion pour la peinture. Sa carrière artistique débute en 1880, mais sa rencontre en 1884 avec Seurat est déterminante pour son orientation artistique. L’école néo-Signac-G-impressionniste vient de naître et il devient rapidement un de ses brillants représentants. A l’avant-garde des recherches picturales il en vient naturellement à s’intéresser aux idées révolutionnaires de son temps. La lecture de Kropotkine, d’Élisée Reclus lui font découvrir les idées anarchistes. Ami de Jean Grave, il va alors collaborer à partir de 1896 aux « Temps Nouveaux », revue qu’il aide également financièrement. Mais l’art purement militant ne l’intéresse guère, il lui préférera une libre expression de l’artiste plus à même de lutter contre les conventions bourgeoises. Nombre de ses tableaux représentent des paysages bucoliques de bord de Seine où de bord de mer, mais son chef-d’œuvre, tant par sa taille (3 mètres sur 4) que par l’idée qu’il exprime, reste le célèbre Au temps d’harmonie qui décrit une société libertaire réalisée. D’abord désigné sous le titre de « Temps d’anarchie » et destiné à décorer la Maison du Peuple de Bruxelles, ce tableau nécessitera deux ans de travail (1893-1895)(ci-dessous à droite).

Parmi les quelques portraits, notons celui de son ami Félix Fénéon où celui des « Démolisseurs » symbolisant admirablement l’assaut contre la société bourgeoise. Profondément anarchiste, letemps d'anarchie ralliement en 1914 de Jean Grave et Kropotkine en faveur de l’intervention guerrière lui causera un véritable traumatisme qui l’empêchera de peindre pendant trois ans. Il rejoint alors les pacifistes internationalistes autour de Romain Rolland, puis s’enthousiasme pour la révolution russe. Un an avant sa mort, il se mobilisera encore au sein d’un comité de vigilance des intellectuels antifascistes et de l’Association des écrivains et artistes révolutionnaires.

Voilà pour aujourd’hui, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Blues for you, Johnny…

Posté par erwandekeramoal dans JAZZ, PORTRAIT

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Amis de la littérature romanesque et de la bouillie carlined’avoine  réunies, bonjour ! Nous sommes le Samedi 08 août 2020, 21è jour de thermidor dédié à la Carline. Or donc, c’est le jour de la Carline, ne cherchez pas, c’est une espèce de sorte de genre de chardon qui n’a guère d’autre utilité que d’occuper le temps du préposé aux écritures du jardin des plantes. A gauche, la carline utilisée comme symbole solaire dans le Sud de l’Europe. Une légende veut qu’un ange ait montré à Charles Quint la Carline acaule en la lui présentant comme un remède contre la peste bubonique qui décimait son armée. Pour la Covid, il n’a rien dit…

Il y a 80 ans disparaissait Johnny Dodds, immense saxophoniste de blues. Il était né dans le Mississippi, terre de blues, et il est mort à Chicago en 1940. Il a fait ses débuts dans l’orchestre de Papa Celestin en 1918 après Dodds-G-avoir joué avec King Oliver. En 1920 il arrive à Chicago et y restera jusqu’à la fin de ses jours. Le Créole Jazz Band de King Oliver utilisait Baby Dodds à la batterie et Bill Johnson à la basse pour ne citer qu’eux. Suite à une tournée en Californie en 1922, Louis Armstrong se joignit au groupe. Entre 25 & 27, Johnny Dodds participera aux célèbres enregistrements Hot five de Louis Armstrong et Red Hot Peppers de Jelly Roll Morton qui compte sans doute parmi les plus importants de l’histoire du jazz. Dodds est décédé d’une embolie cérébrale et Sydney Bechet lui dédia un morceau Blue for you, Johnny.

Allez, la suite au prochain billet; en attendant, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Le sax de Willem…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé, PORTRAIT

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Amis du métissage absolu et de l’andouille de Guéméné réunis, bonjour ! Nous sommes le Vendredi 07 Aout 2020, qui correspond au vingtième jour de Thermidor dédié à l’écluse. Avec votre permission, j’ose une contrepèterie belge: Il fait beau & chaud…

In memoriam Willem Breuker.

«Il était le Duke Ellington de la free music», si l’on en croit Armand Meignan, directeur de l’Europa Jazz du Mans, dontbreuker-D- il fut l’un des invités les plus fréquents. Né le 04 novembre (c’est une excellente date) 1944, le saxophoniste hollandais, un des pères de la free music, a bien connu le festival Manceau voué, dans sa genèse, au jazz européen de façon assez radicale. Il y fut l’invité en 1982 de l’indétrônable Régional Tour, qui lui fit sillonner les Pays de la Loire pour douze concerts. Breuker était de ces personnages à part dans l’histoire de la musique. Hors modes, tout sauf show-business.

Son parcours, marqué par son engagement social, avait commencé dans la rue et les usines. Une dimension willem-Breuker-D-politique qui a dominé son œuvre, tout à fait originale, qui se situe entre la tradition jazz américaine, le nouvel élan européen survenu au milieu des années 60, et des influences Kurt Weill. Sa musique, ouverte à tous les horizons, à toutes les influences laissait une grande part à l’improvisation et le Willem Breuker Kollektief qu’il avait crée, offrait de véritables spectacles qui relevaient autant du théâtre que de la musique. Pour des raisons qui me restent obscures il fut dédaigné des médias français. Il méritait bien un petit coup de chapeau. Salut l’artiste !

Allez, le bonjour vous va, portez vous bien et à bientôt peut-être.