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L’oeuvre au noir…

Posté par erwandekeramoal dans LECTURE, PORTRAIT

Amis du trot attelé et du pendule de Foucault réunis, bonjour ! Nous sommes, qui l’eut cru, le Lundi 24 février 2020, sixième jour de Ventôse asaretdédié à l’Asaret qui est, chacun le sait, une plante herbacée de la famille des Aristolochiacées (rien à voir avec Jésus de l’asaret !). L’Asaret du Canada est une plante désignée vulnérable à la récolte par le gouvernement, il est interdit de la cueillir ou d’en faire le commerce. Sa fleur est petite et de forme particulière. Le rhizome de l’Asaret du Canada a une odeur et une saveur de gingembre c’est pourquoi on l’appelle aussi gingembre sauvage. Voilà, vous savez tout.

Tiens, à propos de gens qui savent tout…

Relisez, si l’occasion vous  est donnée, Jean Pic de la Mirandole. Troisième fils d’une vieille famille comtale, Jean Pic naquit le 24 février 1463 au château de Mirandole. Suite à la mort prématurée de sa mère, il hérita très jeune d’une fortune considérable qui allait lui permettre bienPico1-228x300 des voyages, bien des libertés et bien des extravagances. D’abord inscrit à l’Université de Bologne pour des études en Droit canon (sa mère le destinait à la prêtrise) il renonça bien vite aux diplômes universitaires pour devenir autodidacte. Il séjourna aussi à Ferrare avant de s’établir à Florence. À 23 ans, il publie 900 thèses sous le titre : Conclusions philosophiques, cabalistiques et théologiques, et, grand seigneur, invite tous les érudits à en débattre avec lui à Rome, quitte à ce qu’il leur paie les frais de déplacement ! L’initiative déplaît en haut lieu et le 31 mars 1487, Pic de la Mirandole doit renoncer à plusieurs de ses conclusions, jugées hérétiques par une commission papale.

Il mourut le 17 novembre 1494, alors que le roi de France entrait à Florence. Jean Pic de la Mirandole décéda, assisté en ses derniers instants par Savonarole qui voyait dans la victoire des troupes françaises la réalisation de ses prophéties… Cette mort mystérieuse, emportant en moins de deux semaines un homme dans la force de l’âge, a fait croire à un empoisonnement dont le secrétaire de Pic aurait été l’auteur. Ce personnage, cupide et fort louche au demeurant, aurait savonarole prècheété soudoyé par Pierre de Médicis, qui n’aurait jamais pardonné au protégé de son père d’avoir pris le parti de Savonarole ou, du moins, de s’en être ostensiblement rapproché. Certains voient dans Le discours la quintessence même de la pensée de Pic de la Mirandole et cet extrait a maintes fois été repris; on le retrouve dans L’œuvre au noir de Marguerite Yourcenar. Ce sont les paroles par lesquelles le Créateur, s’adressant au premier homme, lui confère le privilège de la liberté: « Je ne t’ai donné ni visage, ni place qui te soit propre, ni aucun don qui te soit particulier, ô Adam, afin que ton visage, ta place, et tes dons, tu les veuilles, les conquières et les possèdes par toi-même. Nature enferme d’autres espèces en des lois par moi établies. Mais toi, que ne limite aucune borne, par ton propre arbitre, entre les mains duquel je t’ai placé, tu te définisses toi-même. Je t’ai placé au milieu du monde, afin que tu pusses mieux contempler ce que contient le monde. Je ne t’ai fait ni céleste ni terrestre, mortel ou immortel, afin que de toi-même, librement, à la façon d’un bon peintre ou d’un sculpteur habile, tu achèves ta propre forme.» et d’aucun d’y lire l’œuvre du prototype même de l’humaniste du Quattrocento. Savonarole, L’œuvre au noir, Le nom de la rose… Brrrrr !

Allez, merci de votre visite, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Gustave en goguette…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis de l’érotisme biblique et des muffins aux bananes réunis, bonjour! Nous sommes le Jeudi 20 février 2020, deuxième jour de ventôse dédié au Cornouiller, jolie plante qui a laissé sa trace dans la cornouillerculture Occitane. En effet, En Occitanie la floraison et la fructification du Cornouiller Mâle (Cornu Mas) ont constitué une sorte de convention collective avant la lettre. La floraison indiquait la période à partir de laquelle les servantes des fermières n’étaient plus tenues de ravauder, filer ou tricoter après le repas du soir. Inversement la maturité des fruits imposait cette obligation. En langue occitane la prescription se formulait en ces termes: « comma roja, veilla hoja. Quand la comma a florit la veillada a falit ». Dans certaines régions, la plante est désignée par le joyeux vocable de: « couilles de Suisse » allez savoir pourquoi. Amusant, non !

Galerie de portraits.

En voici un qui mérite bien qu’on lui fasse une petite place. Gustave Nadaud, né à Roubaix le 20 févrierNadaud_BNF_Gallica 1820 et mort à Paris 16e le 28 avril 1893, est un goguettier, poète et chansonnier français. Il est à Paris un membre assidu du Caveau et de la célèbre goguette de la Lice chansonnière. C’est dans cette goguette qu’à l’occasion d’un concours se déroulent en 1883 ses retrouvailles avec Eugène Pottier. Gustave Nadaud l’avait croisé en 1848 et Pottier lui avait alors fait une forte impression. Il admire beaucoup le talent poétique de l’auteur de l’Internationale tout en étant très loin de partager ses opinions politiques. Grâce à ces retrouvailles, l’œuvre de Pottier échappera à l’oubli.

Une cinquantaine de ses chansons sont publiées pour la première fois en 1884 par Nadaud qui paye les frais d’édition. Malgré le succès de ses quelque trois cents morceaux, il finit sa vie dans la pauvreté, ayant goguettetoujours refusé les cachets; le 28 avril 1893, peu de jours avant de recevoir la distinction de la rose d’or décernée par les Rosati; une sorte d’Amy Awards de l’époque. Plusieurs des chansons de Gustave Nadaud ont été mises en musique et chantées par Georges Brassens : Carcassonne, où Brassens a réutilisé la musique du Nombril des femmes d’agent. Un de ses textes Si la Garonne elle avait voulu est chanté par Julos Beaucarne.

Allez, merci pour la visite, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Et pourtant, elle tourne !

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis du pendule de Foucault et de « Qui veut gagner des millions » réunis, bonjour ! Nous sommes le Lundi 17 février 2020, 29è jour de Pluviose dédié à la Chélidoine. La Grande Chélidoine (prononcer kelidwan) ou Grande Éclaire (Chelidonium majus, « grande hirondelle » en latin) est une plante de la famille des Papavéracées et la seule espèce du genre 290px-Chelidonium_majus20100511_10Chelidonium. On l’appelle aussi herbe aux verrues (ou herbe à verrues), car son latex jaune-orangé toxique passe pour éliminer les verrues. Mon aïeule la nommait herbe de sainte-Claire; je n’ai jamais su pourquoi. Selon Maurice Mésségué, le nom serait dû au fait que les hirondelles frottent les yeux de leurs petits avec des fragments de cette plante pour les ouvrir. Le latex caustique permettrait l’ouverture de l’ourlet de peau chez les petites hirondelles. La grande chélidoine était considérée depuis des temps reculés comme une plante magique associée à la magie noire. Les alchimistes du Moyen-Âge ont vu dans la sève de la grande éclaire de couleur jaune, le moyen de transformer les vils métaux en or. Il semble que jusqu’à présent cette herbe, à l’instar de nos politiques, n’ait pas tenu toutes ses promesses.

C’est aussi le jour pour se souvenir  que le 17 février 1600, le philosophe Giordano Bruno est brûlé vif à Rome, sur le Campo des statue G. BrunoFiori, après avoir passé huit ans dans les geôles de l’Inquisition… torturé et brûlé vif par celle-ci pour avoir refusé d’abjurer ses idées antidogmatiques et rationalistes. Né à Nola (Italie) en 1548, d’abord moine dominicain, il écrit de nombreux ouvrages philosophique qui lui valent un procès en hérésie. Il s’exile à Genève, puis parcourt l’Europe, enseignant ses idées. Mais l’Église le poursuivra sans relâche. Il sera extradé de Venise et livré au Saint Office, qui en le condamnant à être brûlé vif en fera un martyr de la libre pensée. Parmi les livres de Giordano Bruno, on peut citer « De la cause, du principe et de l’unité » (1584), « Sonnets, dialogues », etc. Si vous passez à Rome, vous pouvez voir sa statue dressée sur le campo dei fiori.

Allez, merci d’être passé, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Une bretonne dans la guerre d’Espagne…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis du doux euphémisme et du cidre brut réunis, bonjour ! Nous sommes le Vendredi 14 février 2020la-guede, jour de la St Valentin. C’est aussi le 26è jour de pluviôse dédié à la guède, cultivée autrefois dans la région du Sud-Ouest pour ses propriétés tinctoriales d’où son nom de Pastel des teinturiers. On y extrayait une teinture bleue à partir de ses feuilles. Sa culture a déclinée avec l’arrivée de l’indigo au XVIIè siècle. La médecine traditionnelle chinoise continue de l’utiliser dans le traitement de l’hépatite infectieuse. Pour le Corona virus, je ne sais pas. Bon, ben, on aura appris un truc aujourd’hui…

L’homme du jour est une femme…

C‘est à Quimper, le 14 février 1991, que s’est éteinte Emilienne MORINémilienne-et-durruti. Dès 1916 elle travailla comme secrétaire pour le journal pacifiste Ce Qu’il Faut Dire (CQFD). En 1924 elle se maria à Yerres (Essonne) avec le militant anarchiste italien Mario Cascari dont elle divorça au bout de deux ou trois ans. C’est le 14 Juillet 1927 qu’elle fit la connaissance de Buenaventura Durruti Domange à la librairie internationale anarchiste de la rue des Prairies, Paris (XXe arrondissement) et devint sa compagne.  En juillet 1927, Durruti ayant été expulsé en Belgique, Emilienne abandonna son emploi de sténodactylo et partit le rejoindre à Bruxelles où résidaient alors de nombreux anarchistes espagnols qui y vivaient dans une semi-clandestinité.

Le jeune couple mena une vie difficile de proscrit jusqu’en 1931, date à laquelle ils se rendirent en Espagne où la République venait d’être proclamée et où ils poursuivirent leur activité militante. Le 04 Décembre 1931, elle mit au monde à Barcelone une fille, Colette, qu’elle allait devoir élever seule, son compagnon étant pratiquement toujours émilienne-et-colettepourchassé ou emprisonné. Les compagnons parvinrent à lui trouver un travail d’ouvreuse au théâtre Goya et c’est Teresa Margaleff qui s’occupa souvent de la petite Colette, y compris en l’allaitant, lorsque sa mère était au travail. Lors de la guerre civile et de la révolution espagnole, Émilienne Morin rejoignit la colonne Durruti sur le front d’Aragon et travailla comme secrétaire au quartier général où elle fut responsable du département de presse. Mais les soins que nécessitait sa petite fille l’obligèrent bientôt à quitter le front tandis que son compagnon partait à Madrid, avec une partie de sa colonne, pour participer à la défense de la capitale où il devait trouver la mort le 20 novembre 1936. Après avoir travaillé un moment au conseil de défense, Émilienne rentra en France en 1938 et mena campagne, par la plume et par la parole, en faveur des révolutionnaires espagnols.(ici à gauche, Emilienne Morin et Colette Durruti.) Sources: Dictionnaire international des militants anarchistes.

Allez, merci d’être passé, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Si tu t’imagines…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de la tautologie et du kouign-amann réunis, bonjour ! Nous sommes le Mardi 11 février 2020, 23è jour de pluviôse dédié au chiendent; plante envahissante s’il en est. Nous souhaitons bonne fête à tous les Ehouarn de la terre. Ils doivent leur nom à un moine de l’abbaye de St Gildas en Rhuys vers le 11è siècle. C’était un disciple de Félix. Dans Ehouarn, on retrouve houarn, le fer. Par Autoportraitexemple, hent-houarn, le chemin de fer… Tout comme dans l’eau ferrugineuse chère à Bourvil. Chiendent, cela me rappelle un livre de Queneau; son premier roman me semble t-il, qu’il construisit selon ses dires comme une illustration littéraire du Discours de la méthode de René Descartes. Ce roman lui vaudra la reconnaissance de quelques amateurs qui lui décerneront le premier prix des Deux Magots de l’histoire.  Comme disait Mac Mahon; queneau, queneau ! Profitez donc des longues soirées d’hiver pour relire Queneau. Quand l’ordinaire devient passionnant, la routine peut conduire à l’aventure et tout devient possible. « Alibiforains et lantiponnages que tout cela, ravauderies et billevesées, battologies et trivelinades, âneries et calembredaines, radotages et fariboles ! » Un peu comme ce blog quoi ! Oyez donc ce magnifique poème qu’il commit et que Sartre fit passer à Juliette Gréco:

Allez, bonne semaine, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Les aristocrates à la Lanterne…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis de la guitare acoustique et de l’anchoiade réunies, bonjour ! Nous sommes le Lundi 10 février 2020, 22è jour de Pluviôse dédié au Thymèle que l’on nomme aussi daphné-garou-300x199Garou. C’est un arbuste des garrigues méditerranéennes et des sables atlantiques. Mon aïeule m’a raconté que le daphné garou était traditionnellement cloué par les bergers sur les portes des enclos pour éloigner à la fois les puces et les sorcières. Il est aussi utilisé à des fins thérapeutiques, en tant que destructeur de leucoblaste. Le daphné garou servait autrefois pour ces vertus diurétiques et purgatives, en traitement de la syphilis.

Tout à fait autre chose.

Le 10 février 1794, suicide de Jacques ROUX dans sa prison de Bicêtre, à Paris. Né le 21 août 1752 en Charente. Ce révolutionnaire français n’est pas seulement un « curé rouge » impitoyable et parfois cruel ; il est aussi un précurseur du socialisme et de l’anarchisme moderne. Ne se contentant pas de dénoncer les accapareurs de la le-curé-rouxrévolution, les spéculateurs et les marchands, ses diatribes viseront le gouvernement et tout l’appareil d’Etat parlementaire, ainsi que divers représentant de l’autorité. Il est frappé d’interdit après avoir participé au pillage de châteaux. Vicaire de saint Thomas de Conac en 1790, il fut l’un des premiers prêtres ( curé rouge  selon Maurice Dommanget) à prêter serment à la Constitution civile du clergé. Personnellement, des curés comme celui-la, je signe tout de suite. Il accompagna Louis XVI à l’échafaud avec Jacques-Claude Bernard.

Sa faction des « Enragés » (dont Jean-François Varlet fait partie), réclamait la taxation et la réglementation en termes de prix. Il dénonçait la bourgeoisie marchande plus terrible selon lui que « l’aristocratie nobiliaire et Le curé rouge couverturesacerdotale ». Il est l’auteur du célèbre « Manifeste des Enragés » que signèrent Varlet et Leclerc d’Oze. Partisan de l’action directe, il fut à l’origine de plusieurs pillages de magasins. Il se fait le porte-parole des plus pauvres des « sans-culottes », incitant les femmes à revendiquer leurs droits. Le manifeste des enragés sera la cause de sa chute. La Convention se sentant attaquée, elle fait arrêter Jacques Roux le 22 août 1793, avec l’intention de l’envoyer à la guillotine, via le tribunal révolutionnaire. La répression s’abattra ensuite sur ses partisans, et le « Club des femmes », soutien des enragés, sera dissous. C’est-y pas malheureux, madame Michu!

Allez, merci de votre visite, portez vous bien et à bientôt peut-être.

A dada sur mon bidet…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis des années bissextiles et des spaghettis alle vongole réunis, bonjour ! Nous sommes le Samedi 08 février 2020, 20è jour de pluviôse dédié à la serpette. Ici,on fête Jagu. Frère de Gwezheneg, de Gwenolé et de Klervi, il est le saint patron de Saint-Jagu, près de Plestin-les-Grèves, et Saint-Jacut-de-la-Mer, dans les Côtes-d’Armor, ainsi que Saint-Jacut, dans le Morbihan.

C’est aussi le jour anniversaire de la proclamation du mouvement Dada de Tristan Tzara. Nous sommes le 8 février 1916, dans un cabaret de Zurich, le poète et ses amis proclament l’avènement de Dada en réaction à l’absurdité de la Grande Guerre. Il était né à Moinesti (Roumanie) en 1896. Pendant la première guerre mondiale, il séjourne à Bâle où il contribue à la fondation TZARAdu mouvement Dada avec Ball, Arp et Huelsenbeck. En 1916, il publie le premier texte dadaïste: Les Aventures Célestes de Monsieur Antipyrine. Il fonde également la revue Le Cabaret Voltaire à laquelle collaborent Apollinaire, Picasso, Cendrars, Kandinsky et Modigliani. En 1918, il publie le Manifeste Dada et, l’année suivante, se rend à Paris où les surréalistes l’accueillent avec enthousiasme. A partir de 1920, Tzara organise avec les surréalistes une série de manifestations qui feront scandale. En 1922, il se sépare de Breton qui refuse à garder une attitude purement nihiliste. Tzara reste quelques temps en dehors du groupe surréaliste, mais il y revient en 1929. Tzara participe aux activités du mouvement jusqu’en 1935 et collabore notamment au Surréalisme ASDLR. Passé cette date, l’activité de Tzara qui fini par adhérer au Parti Communiste (personne n’est parfait) cesse peu à peu de concerner le surréalisme.(à gauche, un portrait signé Delaunay) En 1938, il voyage en Espagne où de 1934 à 1936 il avait été secrétaire du Comité pour la Défense de la Culture Espagnole. Pendant la guerre, il participe à la résistance intellectuelle et vit clandestinement dans le Midi de la France. A la libération, il participe à Toulouse à la fondation de l’Institut d’Etudes Occitanes.

flacon aux ailes de cire rouge en fleur
mon calendrier bondit médicament astral d’inutile amélioration
se dissout à la bougie allumée de mon nerf capital
j’aime les accessoires de bureau par exemple
à la pêche des petits dieux
don de la couleur et de la farce
pour le chapitre odorant où c’est tout à fait égal
sur la piste réconfort de l’âme et du muscle
oiseau cralle

Tristan Tzara

Oui da, en ces jours où l’affligeante actualité inonde nos téléviseurs, la seule question qui vaille d’être posée est bien: être ou ne pas être Dada, avec ou sans bidet … Allez, merci à vous d’être passé, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Maximilien Luce, un pointilliste pointilleux…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis de la généalogie et des enfants de Marie réunis, bonjour ! Nous sommes le Vendredi 07 février 2020, date qui nous renvoie au 19è jour de pluviôse que nos amis républicains ont eu la bonne idée de dlécho-de-la-modeédier à la pulmonaire, alors… Attention les bronches ! Ceux qui le souhaitent peuvent célébrer les Aodren (Audren). La légende en fait le fils du roi breton d’Armorique Salaun (Salomon) ce qui est peu probable car ce dernier régna quelques siècles plus tard. Aodren a malgré tout laissé son nom à la charmante petite cité de caractère Chatelaudren en Côtes-d’Armor (castel Aodren) bien connu pour avoir abrité pendant des décennies l’imprimerie du non moins fameux Petit Echo de la Mode très prisé dans les milieux populaires car à chaque numéro, ont pouvait y découper un patron. C’est pas de nos jours qu’une idée pareille jaillirait dans l’esprit ramolli des classes laborieuses.

Le 7 février 1941, décès de Maximilien Jules Luce à Paris, (né le 18 Mars 1858). Peintre, graveur et militant anarchiste. En 1887, Pissaro, Seurat et Signac l’accueillent dans le groupe des néo-impressionnistes. Luce Luce-G-signe alors de nombreux dessins pour les journaux tels que « Le père Peinard », « La Révolte », « L’endehors », « La Feuille » etc. Il est à noter qu’en 1879, le 07 novembre pour être exact, il est incorporé au 48e régiment d’infanterie de ligne à Guingamp (22), au titre du service militaire, mais il peut regagner Paris en mai 1881. A gauche, son portrait par Signac. En 1894, faisant suite aux attentats de Ravachol, Vaillant, etc., il est arrêté et jeté en prison. Désigné comme « Anarchiste dangereux » ses dessins sont jugés « inciter le peuple à la révolte » (Procès des 30). Sur la vie carcérale, Luce réalise une série des lithographies, accompagnées d’un texte de Jules Vallès. Libéré, il collabore à la revue « Les temps nouveaux ».

En 1934, il assure la présidence de la Société des artistes indépendants. La même année, il signait une pétition appelant à la lutte antifasciste. Il a laissé de nombreuses toiles ayant pour thème la Commune de Paris comme « la mort de Varlin », (à droite) Luce donnera plusieurs versions (sept versions répertoriées) de la mort d’Eugène Varlin sur laquelle il s’est longuement documenté par le biais de la mort de Varlintémoignages d’anciens communards et de lectures historiques. Le choix de cette figure de la Commune n’est pas gratuit. Membre du conseil de la Commune, de la commision des substances et directeur général des approvisionnements militaires, Eugène Varlin (1839-1871) tenta de s’opposer au massacre des otages de la rue Haxo, pendant la semaine sanglante. Le dimanche 28 Mai (1871), le matin, Eugène est sur un des derniers lieux de résistance. L’après-midi, épuisé, assis sur un banc près de la rue Cadet, il est reconnu par un prêtre en civil décoré de la légion d’Honneur, qui court le dénoncer au lieutenant Sicre. Celui-ci rameute des Lignards pendant que la populace crache, insulte et tente de le frapper. Sicre et ses soldats le conduisent rue des Rosiers, à Montmartre, pour le présenter au général Laveaucoupet. Il confirme son identité, puis se tait. En une poignée de secondes, il est condamné à mort.

Allez, portez vous bien, ken ar c’hoaz comme ils disent par ici.

Johann Most, anarchiste, propagandiste…

Posté par erwandekeramoal dans ANARCHISME, PORTRAIT

Amis de la philosophie des lumières et du lapin Duracell réunis, bonjour ! Nous sommes le Mercredi 05 février 2020, 17è jour de pluviôse dédié au lichen. En Bretagne on célèbre les Merin, un saint gallois qui a laissé son nom à la commune de Plomelin en Finistère.

C’est aussi le jour anniversaire de la naissance de Johann Most en1846 en Bavière. Ouvrier relieur, c’est à la faveur de son compagnonnage, en 1867, qu’il prend contact avec la section suisse de l’A.I.T. D’abord social most_johanndémocrate (en 1870), il séjourne en Autriche où il prononce ses premiers discours. Arrêté, il est condamné à 5 ans de prison, mais finalement amnistié le 9 février 1871, puis expulsé. Il rentre en Allemagne où il poursuit ses activités d’agitateur, devenant journaliste. Elu au Reichstag en 1874, il est néanmoins condamné à la prison de nombreuses fois pour ses discours enflammés, ce qui l’amène, en 1878, à s’exiler en Angleterre. Il y publie le journal « Freiheit » (Liberté). Suite à un article qui glorifie l’attentat contre le Tsar Alexandre II, il est condamné à 16 mois de travaux forcés. A la fin de sa peine, il s’exile aux Etats-Unis en 1882.

Influencé par les idées de Kropotkine, il devient véritablement anarchiste. Partisan de la propagande par le fait, il édite même un petit guide du poseur de bombe, après avoir travaillé dans une fabrique de dynamite (tsss, tsss). Le 11 mai 1886, il est arrêté à New York après un meeting, et condamné le 2 juin à un an de prison pour incitation à peste_religieuse1l’émeute. Le journal « Freiheit », publié ensuite au États-Unis, reste l’œuvre de sa vie. Il est également l’auteur de « La peste religieuse », œuvre dans laquelle on peut lire ceci d’une édifiante actualité: « Espérons que les masses ne se laisseront plus longtemps tromper et berner, mais qu’un jour viendra où les crucifix et les saints seront jetés au feu, les calices et ostensoirs convertis en ustensiles utiles, les églises transformées en salle de concerts, de théâtre ou d’assemblées, ou, dans le cas où elle ne pourraient servir à ce but, en greniers à blé et en écuries à chevaux. »

Allez, c’est pas tout ça, crénom de nom, c’est qu’y a d’ l’ouvrage. Portez vous bien et à bientôt peut-être.

La philo sans le boudoir…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE, PORTRAIT

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Amis de la philosophie sans boudoir et du p’tit LU réunis, bonjour ! Nous sommes le Lundi 03 février 2020, 15è jour de pluviôse officiellement dédié à la vache; ce qui bien entendu n’a rien à voir avec ce qui va suivre. J’évoque les Petits LU en référence aux folles journées qui se déroulent à Nantes en ce moment; dédiées à Ludwig van Beethoven crois-je.

Voici une philosophe dont on parle peu, peut-être à cause de son homonymie avec Simone Veil, la femme politique. La notre de Simone Weil nait en 1909, un 3 février, à Paris au sein d’une famille de la bourgeoisie juive mais agnostique. Elle aura la chance de pouvoir bénéficier d’une éducation classique. Au LSimone -G-ycée Henri IV à Paris, elle est une des premières filles à avoir accès au cours de philosophie d’un professeur célèbre : le philosophe Alain, qui écrira plus tard: « La religion conduit à l’irréductible irréligion ». Simone Weil sera influencée par la stature de ce professeur, par ses idées non-conformistes et ses rébellions contre l’autorité universitaire. Elle devient elle-même professeur de philosophie et s’engage sur le plan politique. On la surnomme « la vierge rouge » et l’administration universitaire la nomme assez loin de Paris, craignant sans doute les remous.

Dans les villes de province où elle enseigne (au Puy, à Bourges…) elle fréquente les ouvriers, les chômeurs, discutant avec eux dans les cafés, leur donnant des cours de culture générale pour les instruire afin de les éclairer sur le rôle important de la classe ouvrière. Pour mieux comprendre les rouages de l’oppression sociale, elle se fait embaucher comme ouvrière en usine, malgré sa santé précaire. En 1936, elle rejoint les brigades internationales, en Espagne, où elle combat comme un simone en armesoldat dans cette atroce guerre civile (La photo à droite la montre armée et dans la célèbre combinaison de la CNT) Elle fera partie de la fameuse colonne Durruti formée d’anarchistes principalement. En voyage en Italie, sa vie personnelle bascule soudain lorsque, dans une église à Assise, elle vit un moment spirituel intense. « Quelque chose de plus fort que moi m’a obligée, pour la première fois de ma vie, à me mettre à genoux », écrira-t-elle. Elle en est marquée jusqu’à la fin de sa courte vie et va développer cette approche spirituelle qu’elle nomme « connaissance surnaturelle ». Fatiguée, malade, diminuée, elle trouvera la mort dans un sanatorium de Ashford le 24 août 1943, elle n’a que 34 ans. Au regard de notre actualité, je vous laisse juger de la pertinence de cette citation extraite de son livre: La pesanteur et la grâce. « L’obéissance à un homme dont l’autorité n’est pas illuminée de légitimité, c’est un cauchemar.» Nous devons à laure Adler une magnifique biographie parue chez Actes Sud en 2008. C’était véritablement une femme admirable, entre Calamity Jane et Sainte Thérèse de Lisieux, elle me fait penser à Hannah Arendt, autre philosophe de premier ordre.

Bon allez, Beethoven, Weil, Arendt, on se croirait sur France Culture;  portez vous bien et à bientôt peut-être.