Vous lisez actuellement la catégoriePORTRAIT

Page 2 de 86

Insoumis & réfractaire…

Posté par erwandekeramoal dans ANARCHISME, PORTRAIT

Amis de la presse satirique et (forcément) du canard laqué réunis, bonjour ! Ce Mercredi 29 janvier 2020 ressemble comme deux gouttes d’eau à un 10 de Pluviôse, jour dédié à la cognée. Rassurez vous, je Cognee 05n’évoque pas ici les violences conjugales mais ce bel outil qui, nous dit-on, ne doit pas être jeté ni avant ni après le manche. Allusion à l’apologue du bûcheron qui, ayant laissé tomber dans un gouffre le fer de sa cognée, et désespérant de l’en retirer, y jeta le manche dont il pouvait encore faire usage. Comme disait mon aïeule en plagiant le grand Sénèque: Et post malam segetem serendum est, ce qui signifie : Après mauvaise récolte, il faut semer encore. En clair, mieux vaut lever la jambe que baisser les bras.

Comment ne pas évoquer ce 29 janvier 1910 qui vit la naissance de Maurice Joyeux, à Paris.  Figure marquante de l’anarchisme français, on le voyait rarement sans qu’il ait à la bouche, une remarque cinglante Joyeuxet/ou une de ses célèbres pipes. Il milite très jeune et s’engage au Comité des Chômeurs dont il deviendra le secrétaire. Il raconte leurs premières actions dans le livre « Consulat Polonais ». L’attaque de ce Consulat lui vaut un an de prison. En 1936, il participe aux occupations d’usines et anime le Front Révolutionnaire. 1938 : encore six mois de prison pour violences. Réfractaire à la guerre, il est arrêté en 1940 et condamné à 5 ans de prison. Incarcéré à Montluc, il s’évade après avoir fomenté une mutinerie (sujet du livre « Mutinerie à Montluc, édité en 1971), mais il sera repris et finalement libéré en 1944.

Dès la libération, il s’emploie à la reconstruction de la Fédération Anarchiste et à l’édition du « Libertaire ». Il milite aussi activement dans le syndicat (CGT-FO) et ouvre une librairie à Paris « Le Château des brouillards » (dans une petite rue du vieux Montmartre). Enradio-lib-300x205 décembre1953, c’est la scission. Mais Maurice joyeux reconstruit la F.A autour du nouveau journal « Le Monde Libertaire » et de sa librairie qui verront le regain des idées libertaires, suscité par mai 68. Le nom du journal avait changé pour des nécessités administratives mais chacun avait reconnu le vieux journal de Sébastien Faure et Louise Michel. Avec sa compagne, Suzy Chevet, et le « Groupe Louise Michel », il crée « La Rue », revue d’expression culturelle libertaire. En 1981, il est le premier invité de Radio Libertaire (radio libre de la F.A, à Paris). Il meurt le 9 décembre 1991. Il nous laisse, outre divers ouvrages théoriques, deux livres de souvenirs « Sous les plis du drapeau noir », et « Souvenirs d’un anarchiste ». on peut imaginer (avec beaucoup d’imagination…) que dans le dernier refrain de sa chanson Les Anarchistes, Léo Ferré rend un discret hommage à Maurice Joyeux :

« Qu’y’en a pas un sur cent et pourtant ils existent
Et qu’ils se tiennent bien bras dessus bras dessous
Joyeux, et c’est pour ça qu’ils sont toujours debout
Les anarchistes…  »

Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Trouble of the world…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis du Tiers-État et de la potée auvergnate réunies, bonjour ! Nous sommes le Lundi 27 janvier 2020, oui je sais, ça passe vite; encore que: il est dit quelque part que ce n’est pas le temps qui passe, mais c’est nous qui passons dans le temps ! Ce 8è jour de pluviôse est dédié daphné-laureolaau bois-joli, une sorte d’espèce de genre de laurier qui porte bien son nom. De son vrai nom: Daphné loréola et voici pourquoi. Vous avez lu le récit d’Ovide qui conte comment, alors qu’elle était poursuivie par Apollon et qu’elle souhaitait lui échapper, la déesse Daphné se changea en laurier. Apollon vaincu par la nymphe ne put saisir qu’une seule petite branche, un rameau; il fit du laurier son arbre. Plus étonnant encore, le mot “baccalauréat” est un dérivé du mot “laurier” puisque ce terme vient d’un mot latin signifiant “baie de laurier” : une couronne ou un rameau de lauriers ceignait, à l’origine, les génies et les sages. Étonnant, non!

Tout à fait autre chose.

Petite page en souvenir d’une des plus grandes sinon la plus grande de toutes les chanteuses de Gospel disparue un 27 janvier de l’année 1972. Cela fera plaisir à Anne-Marie qui pratique l’exercice en chorale. J’ai choisi de vous faire écouter « Trouble of the world », c’est d’actualité. La vidéo est tirée d’un film où Mahalia Jackson apparaît à la fin; il s’agit de « Mirage de la vie » de Dougla Sirk en 1959. Entre 1949 king2-300x221et 1952, elle interprète des grands succès comme Silent Night, Walking to Jerusalem et le plus populaire d’entre eux, In the Upper Room. Mahalia Jackson se produira par la suite au Carnegie Hall, célèbre salle de concert de New York. Grande vedette, Mahalia Jackson participe, malgré des problèmes cardiaques, aux rendez-vous européens tels que le festival d’Antibes-Juan-les-Pins en 1968 où elle se produit pendant plus de trois heures, habitée par une sensibilité et une ferveur inoubliables. Amie fidèle du pasteur Martin Luther King, elle se trouve à ses côtés pour la défense des droits civiques des Noirs et chante devant des milliers de personnes lors du service funèbre du leader assassiné.

Allez, merci pour la visite, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Elle lisait le P’tit parisien…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis des sciences occultes et de la marine à voile réunies, bonjour ! Viburnum_February_2008-1Nous sommes le Samedi 25 janvier 2020, sixième jour de Pluviôse dédié au Laurier-tin et non au laurier-thym.  On le nomme aussi, Viorne-tin voire lauretin. On rencontre en effet parfois l’orthographe « laurier-thym », qui est illogique, cette plante n’ayant aucun rapport avec le thym. Vous dirai-je qu’en Bretagne armoricaine, en ce vingt cinquième jour de miz genver, on célèbre les Konhouarn. Du vieux breton kon, « guerrier; chef », et houarn, « fer », symbolisant l’épée.

Allez tiens, portrait d’un communard.

Hippolyte Prosper Olivier Lissagaray, né le 24 novembre 1838 à Toulouse et mort le 25 janvier 1901 à Paris, est un animateur littéraire, journaliste, républicain, socialiste, indépendant et conférencier. Il est surtout réputé pour l’enquête qu’il a menée sur l’histoire de la Commune de 1871, édité en 1876, et immédiatement interdit en FranceLissagaray, événement auquel il a participé. On dira de lui qu’il fut le dernier combattant de la Commune. Il recueille ainsi des témoignages auprès de tous les survivants en exil, à Londres, en Suisse. C’est Éléanor Marx, la fille cadette de Karl, éprise de lui lors de son exil à Londres, de 1871 à 1880, qui va ainsi traduire l’histoire de la Commune en anglais. Socialiste, républicain; un « en-dehors » qui ne s’engagera ni pour l’Internationale, ni pour aucun autre parti, bien que ses sympathies aillent des Blanquistes anticléricaux, aux anarchistes. Il est né dans une famille basque. Après un voyage en Amérique, il s’installe à Paris en 1860, fondant une sorte d’Université Populaire. Il s’engage contre l’Empire et publie, en 1868, à Auch, le journal « l’Avenir ». Engagement qui lui vaudra de nombreuses condamnations.

A la chute de l’Empire, il est nommé par Gambetta, commissaire de la guerre, à Toulouse. Le 18 mars 1871, il participe à la Commune de petit-parisienParis, et combat sur les barricades lors de la « semaine sanglante ». Il écrira « Huit journées de mai derrière les barricades », publié fin 1871 à Bruxelles où il trouve refuge, avant de s’exiler en Angleterre. Ce livre au titre prémonitoire a été réédité en 1968. A l’amnistie de 1880, il rentre à Paris où il continue son combat en créant le journal « La bataille ». Un combat ponctué de condamnations et de duels. Il  sera également « Candidat aux élections législatives de 1885 et 1893 et à plusieurs élections partielles, non pour obtenir un siège, mais pour exprimer ses idées » ; ça vous rappelle quelqu’un ? 1901, suite à une laryngite, le « mousquetaire de la Sociale » meurt à l’âge de 63 ans et sera incinéré au Père-Lachaise  en présence de deux mille personnes.

Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Au menu du jour: Jeanne Humbert…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de la petite histoire et du céleri rémoulade réunis, bonjour ! Nous sommes le Vendredi 24 janvier 2020, 5è ile_stcado13-300x197jour de Pluviôse dédié au taureau. Pour les pataphysiciens, ce jour est en réalité le Vendredi 27 Décervelage 147 Sts Chemins de fer, assassins, fête suprême quarte alors que pour les armoricains c’est la saint Kadeg, ou Kadoc, ou Cadou qui a laissé son nom à une magnifique petite île du golfe du Morbihan dans la ria d’Etel, l’île de saint Cado; et non pas sac-à-dos.

Le 24 janvier est aussi la date anniversaire de la naissance de Jeanne Humbert (1890-1986), née Jeanne Rigaudin, c’est une écrivaine, journaliste, militante anarchiste et pacifiste française. Puisque c’est le 43è anniversaire de la loi Veil et que les « anti IVG », anti mariage pour tous, les bigots, les culs serrés et autres peine-à-jouir continuent à pointer leur museau et occuper le haut du pavé, rappelons l’action de cette militante infatigable. Elle a milité pour la liberté sexuelle, ainsi que pour la liberté de la contraception et de l’interruption de grossesse.Menu-joyeux-condoms Elle appartient au mouvement néo-Malthusien. En 1924, elle devient la femme de l’intellectuel militant Eugène Humbert, avec lequel elle a eu une fille en 1913. Jeanne Humbert est une pionnière de la lutte pour la contraception. Le 29 octobre 1910 ils invitèrent leurs amis au « diner des joyeux condoms » dont on voit ici reproduit le menu. Elle collabore entre autres aux journaux créés par son mari (Génération consciente puis La Grande Réforme). Comme son mari, elle est condamnée à plusieurs reprises à des peines de prison, en particulier pour ses propos et ses actions en faveur de l’avortement, interdit en France depuis 1920. Dans les années 1930, elle parcourt la France pour y donner plus d’une centaine de conférences en faveur du contrôle des naissances et du pacifisme. En 1981, Bernard Baissat a réalisé un film documentaire sur sa vie, intitulé « Ecoutez Jeanne Humbert ».

Voilà pour aujourd’hui, en attendant un autre billet, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Sans tentation, point de vertu !

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de la gastronomie et de la brasse coulée réunies, bonjour ! Nous sommes le Vendredi 17 janvier 2020, 28è jour de nivôse dédié au Zinc (mais pas au bar).

Aujourd’hui, nous célébrons (ou pas) Antoine. Attention, Antoine le grand, pas celui de Padoue… C’est un peu le patron de tous les anachorètes et cénobites réunis. On sst-Antoine-Dait tout de lui grâce à Athanase d’Alexandrie qui a bien voulu nous raconter sa vie. Il vécut jusqu’à l’âge canonique de 105 ans et passa une grande partie de sa vie en Thébaïde sur le mont Qolzum. Il est resté célèbre pour avoir résister toute au long de sa vie aux tentations du Malin; les fameuses tentations de Saint Antoine. A l’inverse de votre serviteur qui a su résister à tout sauf aux tentations… La vie de saint Antoine et ses tentations ont inspiré de nombreux artistes, notamment Jérôme Bosch, Pieter Bruegel,  Max Ernst, Matthias Grünewald, Diego Vélasquez et Dali dont on voit un extrait ci-dessous: La toile fut réalisée en 1946 à New York. Dali s’était alors rapproché du cinéma et réalisa cette œuvre lors d’un concours organisé pour une adaptation cinématographique du roman de Guy de Maupassant, Bel-Ami. Le concours fut remporté par Max Ernst et la toile de Dali ne fut pas acceptée. Gustave Flaubert lui a également consacré un récit (La Tentation de saint Antoine). Les artistes ont aussi souvent représenté sa rencontre avec Paul de Thèbes, peu de temps avant la mort des deux ermites (cathédrale de ChartDALI-300x199res). De nombreuses représentations du saint nous le montrent accompagné d’un cochon portant une clochette. Selon Émile Mâle qui signale que cette tradition date de la fin du XIVe siècle, le cochon n’a rien à voir avec la vie du saint mais avec un ordre religieux fondé en Dauphiné en 1095 (les Antonins) : les porcs n’avaient pas le droit d’errer librement dans les rues, à l’exception de ceux des Antonins, reconnaissables à leur clochette. Étonnant, non !

Allez, encore merci d’être passé, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Mujeres libres…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE, PORTRAIT

, ,

Amis de l’apophtegme et du Coco boer réunis, bonjour ! Nous sommesChat-pitre le Mardi 14 janvier 2020, 25è jour de Nivôse dédié au Chat comme ceux de Siné que je collectionne avidement. Profitant du jour anniversaire de sa disparition, voici le portrait rapide d’une militante que nous allons accrocher aux cimaises de notre galerie. Le 14 janvier 1994, mort de Federica Montseny, à Toulouse. C’est une des grandes figures de l’anarchisme et de l’anarcho-syndicalisme espagnol (elle fut l’amie de Durruti), et qui fut un temps ministre de la Santé pendant la guerre civile.

Elle est née le 12 février 1905 à Madrid. Fille des anarchistes Catalans Joan Montseny (Federico Urales)  et Teresa Mané (Soledad Gustavo) , fondateurs de la « Revista Blanca » (en 1898), Federica milite très jeune montseny-227x300à la C.N.T. . Avec son père, elle fait reparaître à partir de 1923 « La Revista Blanca », puis une nouvelle publication qui deviendra mensuelle « La Novela Ideal » (Le roman idéal) : romans de propagande libertaire, parlant d’antimilitarisme, d’entraide, d’amour libre, etc.). En 1930, elle se lie au compagnon Germinal Esgleas (ça ne s’invente pas). En 1936, elle est au comité régional de la C.N.T., et au comité péninsulaire de la F.A.I.. Elle participera au nouveau gouvernement républicain avec trois autres membres de la C.N.T (cette participation d’anarchistes au gouvernement sera largement controversée). En tant que Ministre de la santé, elle fera voter une loi légalisant l’avortement.

Federica Montseny est donc la première femme ministre d’Europe Occidentale. La militante anarchiste est à l’origine de lieux pour enfants et personnes âgées, de centres de formation pour femmes, notamment pour aider les prostituées à se libérer de leur milieu. A la fin de la guerre, elle est contrainte à l’exil en France, et connaîtra les prisons novela_libre-221x300françaises avec son compagnon Germinal. En effet, comme des milliers d’autres espagnol(e)s, elle doit fuir en France à la fin de la guerre, où elle est persécutée par la police nazie et franquiste qui réclament son extradition, refusée par les autorités françaises. Elle vit en liberté surveillée jusqu’à la libération. Installée à Toulouse, elle continue de travailler pour ses idées, publiant et dirigeant des périodiques anarchistes comme CNT et Espoir, ainsi que des livres (plus de 15 livres politiques et 50 non-politiques) et voyageant en Suisse, au Mexique, au Canada, en Angleterre et en Italie. On ne dira jamais assez le rôle joué par les anarchistes dans la lutte contre la dictature Franquiste et, il ne faut pas compter sur Pernaud ou Pujadas pour nous rappeler ce genre d’anniversaire.

Allez, merci à vous d’être passé par ici, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Un gars d’la butte…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de la chanson libertaire et du kougloff réunis, bonjour ! Nous sommes le Mardi 07 janvier 2020, 18è jour de Nivôse dédié à la pierre à chaux. N’oubliez pas que c’est Chassinun 07 Janvier (2015) que des malades enturbannés massacrèrent l’équipe de Charlie-Hebdo. Oyez chers lecteurs la belle histoire d’un gars pas ordinaire. A la demande générale, j’m’en va vous kaoser d’un p’tit gars de la Butte. Le 7 janvier 1887, naissance d’Henri Chassin à Belleville (Paris). Poète, chansonnier anarchiste et antimilitariste. Décédé le 20 Juillet 1964, il repose au colombarium du Père-Lachaise, case 728.

Cet antimilitariste qui se présentait comme le petit-fils d’un Communard, savait de quoi il parlait. Après sept années passées sous l’uniforme militaire chez les « la-vache-enragéeZouaves », il est envoyé au front en 1914. Refusant de tuer, il déserte, mais est repris et envoyé pour cinq ans dans les bataillons disciplinaires d’Afrique à Sidi-Bel-Abbès. Il s’en évade à trois reprises, sans succès, il sera même un temps interné en hôpital psychiatrique. Il était auteur de  poésies et de chansons engagées qu’il chantait dans les cabarets Montmartrois, il interprétait aussi les textes de Gaston Couté et d’Aristide Bruant. Il rejoindra le groupe de « La Vache Enragée » et prendra part aux activités de « La Muse Rouge ». Conseiller municipal de la Commune libre de Montmartre il était le crtaste-fesseséateur avec Bernard Salmon, avec qui il avait reformé le groupe des Hydropathes, des matinées du « Tire Bouchon ». Il était également le président des Sauvagistes et des amis de Gaston Couté. On retrouve son nom dans l’annuaire de la confrérie des chevaliers du taste-fesses: Membre fondateur, doyen d’âge, triumvir du club des hydropathes et de l’aquadémie de Montmartre. Il est vrai qu’il est en bonne compagnie puisque on y trouve aussi, Boris Vian, Léo Campion, Jean Rigaux, et tant d’autres joyeux drilles. En 1927, il publiera un recueil de ses poésies « Machin de Belleville » et en 1933 il sera initié à la franc-maçonnerie à la loge Agni du Grand Orient de France à Paris.

Sacré bonhomme, on va lui faire une place dans notre galerie de portraits. Allez, merci de la visite, portez vous bien et à bientôt peut-être.

j’t'dis qu’c'est le grand Dizzy…

Posté par erwandekeramoal dans JAZZ, PORTRAIT

Amis de la mécanique des fluides et du Picon-bière réunis, bonjour ! Nous sommes le Lundi 06 janvier 2020, 17è jour de nivôse dédié à la marne. Rien à voir avec les taxis…

C‘est aussi le jour anniversaire de la disparition du grand Dizzy, qui est au Bebop ce que Beethoven est à la sdizzy-Gymphonie… John Birks « Dizzy » Gillespie, né à Cherawen Caroline du Sud le 21 octobre 1917, mort le 6 janvier 1993, était un trompettiste, compositeur et chef d’orchestre de Jazz. Avec Miles Davis et Louis Armstrong, il est l’un des trois plus importants trompettistes de l’histoire du jazz, ayant participé à la création du style Bebop et contribué à introduire les rythmes latino-américains dans le jazz. Ecoutez ces deux géants.

Dizzy Gillespie se distinguait en particulier par sa trompette au pavillon incliné vers le haut, il bouchait sa trompette d’un bouchon. Ses joues gonflées à bloc comme celles d’un crapaud, ainsi que sa joie de vivre et son humour ravageur sont pour beaucoup dans sa popularité auprès gillespie-D-du public. En tant que musicien, il avait une technique époustouflante et une vitesse de jeu impressionnante. Après avoir joué avec Cab Calloway, il fonde son propre groupe dans lequel on retrouve, excusez du peu, John Coltrane et Thelonious Monk. Personnellement je suis un fan de ses duos avec Charlie Parker. N’oublions pas que ce monsieur a donné des cours de trompette à…Miles Davis! Gillespie se déclare candidat à l’élection présidentielle aux États-Unis de 1964. Il promet que, s’il était élu, la Maison Blanche serait renommée « The Blues House », que Ray Charles serait nommé président de la Bibliothèque du Congrès, Miles Davis directeur de la CIA, et Malcolm X Attorney General… Etonnant, non ?

Allez, rien de tel qu’un peu de jazz pour oublier la nôtre d’élection présidentielle; celle d’hier et celle à venir. Portez vous bien et à bientôt peut-être.

C’est le jour du fléau…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé, PORTRAIT

Amis de la figure de style et du chou braisé réunis, bonjour ! Nous somme le Lundi 30 Décembre 2019. L’année déjà a fini sa carrière…Vous connaissez la suite. Le 3O décembre est le dixième jour O.L.-Barentonde Nivôse dans notre désormais célèbre calendrier républicain, et, Fabre d’Eglantine avait choisi de dédier ce jour au fléau. Le notre ne devrait pas tarder à nous présenter ses vœux alors, faites comme moi, boycottez, éteignez la télé, allez boire un coup en méditant cette maxime extraite du livre de Auguste Detoeuf: « le capital c’est du travail accumulé. Seulement, comme on ne peut pas tout faire, ce sont les uns qui travaillent et les autres qui accumulent » (Auguste Detœuf – qui se fit connaître par son recueil d’aphorismes :P ropos de O.L. Barenton, confiseur. Éd. du Tambourinaire, 1962. .

Comment peut-on s’appeler Artie Shaw ?

Je me suis souvent posé cette question. Sauf à avoir des attaches à Saint-Pol-de-Léon, avouez que c’est assez improbable. Sauf encore, à pratiquer l’humour juif de Brooklyn; point commun avec Woody Allen, autre clarinettiste de talent. Né à New York, Arthur Arshawsky y apprend la clarinette et le saxophone et en 1926, il adopte le Artie-D-pseudonyme d’Artie Shaw.En 1929, on le retrouve à New York où il mène une intense activité de musicien de studio. On peut l’entendre un temps dans l’orchestre de Paul Whiteman. De 1934 à 1935, il délaisse la musique et se retire à la campagne pour se consacrer à la littérature (pas terrible d’après les experts). En 1938, il enregistre son premier hit: « Begin the beguine » de Cole Porter. En 1938 il accompagne Billie Holiday, ce qui, à une époque où la tension générée par la ségrégation raciale devient inquiétante, ne va pas sans créer d’incidents. Sa popularité atteint alors son apogée et il devient le principal rival du roi du swing: Benny Goodman. Pourtant Artie Shaw, se retire du monde musical pour s’installer à Mexico.

En 1940, année où il épouse l’actrice Lana Turner, il reconstitue un shaw_AJS2007orchestre qui lui aussi enchaîne les succès. En 1942, il s’engage dans la Marine. Il dirige un orchestre destiné à entretenir le moral des troupes du Pacifique. De retour à la vie civile en 1944, il met sur pied un orchestre, pour une fois exclusivement de jazz. A la fin des années 60, il se retire à Lakeville (Connecticut). Il meurt le 30 décembre de la même année. Artie Shaw apparaissait aussi comme un homme de convictions qui a toujours milité contre la ségrégation raciale aux États-Unis.

Voilà pour ce début de semaine qui ressemble à une fin d’année. En attendant une suite, portez vous bien et à bientôt peut-être.

L’humanisphère – L’utopie anarchique…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

,

Amis de la procrastination et du trot monté réunis, bonjour ! Nous sommes le Vendredi 27 décembre 2019 et c’est le 7è jour de nivôse dédié à l’humus.

Le 27 décembre justement, en 1821, naissance de Joseph Déjacque, à Paris. Socialiste anti-autoritaire et véritable premier militant « libertaire » (mot dont il est l’inventeur semble t-il). Orphelin de son père, il est Dejacqueélevé par sa mère, lingère. Entré en 1834 comme apprenti, il devient, en 1839, commis de vente dans un commerce de papiers peints (chui pas sûr pour les accords). En 1841, il s’engage dans la marine, découvre l’Orient mais aussi l’autoritarisme militaire. En 1847, il commence à s’intéresser aux idées socialistes, et collabore au journal « L’Atelier ». L’insurrection parisienne de février 1848 met fin à la monarchie de Louis-Philippe, mais très vite l’alliance des bourgeois républicains et du prolétariat ouvrier vole en éclat. Déjacque publie un poème « Aux ci-devant dynastiques, aux tartuffes du peuple et de la liberté » dans lequel il se fait le porte parole des aspirations ouvrières.

En avril, les premiers affrontements ont lieu entre les forces de la bourgeoisie qui ont proclamé « La République honnête » et les ouvriers socialisants. Le 15 mai, l’Assemblée Constituante est envahie par les ouvriers, mais les principaux responsables socialistes sont arrêtés. Les ouvriers occuperont la moitié de la ville aux cris de « Vive la révolution sociale ». La répression est terrible, l’armée usant de l’artillerie, a-bas-les-chefsmassacre trois mille insurgés. Quinze mille sont arrêtés et déportés sur les pontons de Cherbourg et de Brest. Déjacque est parmi eux, bien qu’il n’ait pas participé directement à l’insurrection. Libéré en 1849, il rejoint Paris et, en août 1851, publie « Les Lazaréennes, fables et poésies sociales » qui lui valent aussitôt une condamnation à 2 ans de prison et 200 fr d’amende. En 1855, il signe le manifeste inaugural de l’A.I.T, puis se fixe à la Nouvelle-Orléans où il écrit « l’Humanisphère, utopie anarchique », et prend la défense des femmes dans une lettre à Proudhon où apparaît pour la première fois un vocable de l’invention de Joseph Déjacque, ‘‘libertaire’’. En 1861, découragé, il rentre en France à la faveur de l’amnistie. Mais, dans la misère, il sombre dans la folie et meurt à Paris en 1864.

Voila pour notre galerie de portraits. Portez vous bien et à bientôt peut-être.