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Les yeux d’Elsa et de Ristat…

Posté par erwandekeramoal dans LECTURE, PORTRAIT

Amis de la beauté poétique et du canard à l’orange réunis, bonjour! Nous sommes le Jeudi 24 décembre 2020, quatrième jour de Nivôse dédié au soufre, et on me dit que ce soir c’est la nuit de Noël. Bon, j’ai sabots-dans-la-chemineeposé mes boutou-coat (sabots de bois) devant la cheminée, on ne sait jamais… Écrire c’est une façon de parler sans être interrompu disait Jules Renard, du coup le blogueur s’en donne à cœur joie. Je poursuis donc ma galerie de portraits à l’occasion de l’anniversaire de la mort de Louis Aragon qui, au delà de ses engagements politiques et de sa trop longue cécité vis à vis du stalinisme, nous lègue des textes d’une telle beauté, surtout quand ils sont portés par des interprètes comme Ferré ou Ogeret qu’il mérite bien ce petit hommage. P’tin, on se croirait sur France-culture…

Fils illégitime d’une liaison entre Marguerite Toucas et un homme politique célèbre (Louis Andrieux, procureur de la République, Préfet de police, député puis ambassadeur), Louis Aragon naît le 3 octobre 1897, à Paris. Son enfance toute entière se trouve du coup marquée par le mensonge et la dissimulation: pour sauver les apparences, sa mère se Aragon-G-fait en effet passer pour sa sœur et sa grand-mère, pour sa mère adoptive, tandis que ses tantes deviennent ses sœurs et que son père devient un vague parrain, qui ne lui apprendra la vérité de sa naissance qu’avant son départ pour la guerre. Il est incorporé en 1917 et part pour le front où il rencontrera par hasard André Breton. Trois fois enseveli sous les bombes, Aragon survit cependant au conflit et se consacre avec une énergie décuplée à l’écriture, sous toutes ses formes. Et, quand cette écriture est mise en musique par Hélène Martin, ça donne ce joyau…

https://youtu.be/7t4zeBU_f18

Il rencontre en 1928 une jeune écrivain(e) russe, Elsa Triolet (belle-sœur de Maïakovski), dont il ne se séparera plus. C’est à elle que l’on doit cette superbe citation: « J’ai appris que pour être prophète, il aragon-et-ristat-300x225suffisait d’être pessimiste. » (c’est tiré de: Mille regrets). Aragon devient simple journaliste à L’Humanité et entame une nouvelle carrière de romancier avec Les Cloches de Bâle (1934). Après la mort d’Elsa Triolet (1970), il poursuit comme il le peut ses activités politiques auprès de l’union de la gauche (il sera décoré par F. Mitterrand) et survit en changeant radicalement de style de vie et en affichant dans les médias ses relations homosexuelles, notamment avec Jean Ristat, lui-même écrivain et poète qui lui fermera les yeux le 24 décembre 1982. Sa mort sera suivie d’un concert étonnant de louanges et de cris de haine qui ne s’est guère estompé depuis.

Allez, bonnes fêtes à tous, portez vous bien et à bientôt peut-être.

My funny Valentine…

Posté par erwandekeramoal dans JAZZ, PORTRAIT

Amis du grand soir et des petits matins réunis, bonjour ! Nous sommes le Mercredi 23 décembre 2020, troisième jour de Nivôse consacré au bitume… Sans commentaires.

Tiens, c’est l’anniversaire de Chet Baker.

Chesney Henry, « Chet » Baker Jr, le jazzman blanc le plus dépressif de l’histoire est né le 23 décembre 1929 à Yale, Oklahoma. A 10 ans, Chet et sa famille déménagèrent vers la Californie du Sud, pendant l’âge d’or du bebop. Pour les 12 ans de Chet, son père lui offrit un trombone . Le Chet-D-garçon trouvant l’instrument trop difficile l’échange pour une trompette. Il en jouera tout le long de sa scolarité. En 1946, il part à l’Armée, mais n’abandonne pas son instrument pour autant, il jouera d’ailleurs avec l’Army Band dans le Berlin conquis. Il passe avec succès une audition pour Charlie Parker et trouve le succès en 1952 au sein du Gerry Mulligan’s pianoless quartet, qui joue régulièrement à Hollywood. Chet s’illustre par la force de son solo sur le morceau « My Funny Valentine » , un morceau qu’il gardera comme fétiche tout au long de sa vie. A gauche superbe photo extraite du film Let’s get lost de Bruce Weber.

https://youtu.be/27398omqBGM

Après un séjour en Europe, il retourne aux Etats-Unis en 1956 et devient accro à l’héroïne et à la cocaïne. Après un concert à San Francisco en 1966, il se fait agresser par des dealers. Sa mâchoire est fracturée et beaucoup de ses dents (très fragilisées par des années de drogue) sont cassées. En 1973 Il recommence aussi à enregistrer,Chet-D--300x168 redevient toxicomane et repart en Europe, où il tourne et enregistre de plus en plus régulièrement, principalement à cause de ses besoins d’argent pour acheter sa drogue. Le vendredi 13 mai (pas d’bol) 1988 à Amsterdam, Chet Baker tombe de la fenêtre ouverte de sa chambre d’hôtel. Sa carrière prend fin brutalement, alors que ses qualités musicales sont au plus haut. Une autopsie révèle qu’il n’était ni saoul ni drogué au moment des faits. Son corps sera enterré au Cimetière du Parc d’Inglewood, en Californie.

Allez, je ne suis pas sûr que cela vous redonne le moral mais bon… Portez vous bien et à bientôt peut-être.

Chicago blues…

Posté par erwandekeramoal dans JAZZ, PORTRAIT

Amis du crétacé supérieur et de la lutte des glaces réunis, bonjour ! Nous sommes le Samedi 19 décembre 2020, 29è jour de frimaire dédié à l’olive. Le 19 décembre 1915 à vu mourir Aloïs Alzheimer; il est très Rogers-2-300x300connu mais je ne me souviens plus pourquoi, j’ai la mémoire qui flanche… Je cherchais depuis un moment déjà l’occasion d’évoquer la carrière de Jimmy Rogers et je m’aperçois qu’il est décédé un 19 décembre à Chicago dans l’Illinois en 1997. C’est sans doute un des principaux concepteurs du Chicago blues de l’après-guerre. Encore enfant, il aide un ses oncles épiciers qui vend des disques au milieu des victuailles. En attendant le chaland,le jeune Jimmy apprend la guitare et l’harmonica à partir des disques de Memphis Minnie et John Lee «Sonny Boy»Williamson. Attention de ne pas le confondre avec Jimmie Rodgers, chanteur de country, célèbre pour son yodel…

https://youtu.be/Td7236JoTAk

Il rejoint Chicago en 1939 via Saint-Louis et se produit sur le marché aux puces de Maxwell Street. C’est là qu’il va rencontrer Leroy Foster et surtout Muddy Waters. Ensemble il vont former un groupe qui deviendra le premier «Muddy Waters blues band». Dans les années cinquante, Jimmy Rogers enregistre une trentaine de titres dont pas Rogers-300x300mal de chefs-d’oeuvre en compagnie du pianiste Eddie Ware. Lorsqu’il sera remplacé par Pat Hare chez Muddy en 1960, Rogers abandonne la musique et redevient épicier et chauffeur de taxi pour subvenir aux besoins de sa grande famille. Ce n’est qu’en 1970, pressé par le pianiste blanc Bob Riedy qu’il reprend sa guitare et son blues. Il va se produire dans les clubs de Chicago, sur les campus et participe à quelques tournées en Europe. Voici ce qu’en dit Gérard Herzaft dans sa grande encyclopédie du blues (Fayard): «…Discret, modeste, Jimmy Rogers n’a jamais connu l’engouement du public international du blues mais, peu à peu, son authenticité et le rôle historique qu’il a joué à Chicago, l’ont fait reconnaître et apprécier.»

Allez, c’est sympa à vous d’être passé par ici, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Le songe de Poliphile…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de l’Hypnérotomachie* et de la galette au lait ribot réunies, bonjour !  Nous sommes le Vendredi 18 Décembre 2020, 28è jour de Frimaire dédié à la truffe. Après tout, puisque Noël n’est plus très loin, voici en cadeau de fin d’année ce magnifique croquis de Kupka, peintre Kupka-G--300x231Tchèque né en Bohème, intitulé « La vérité ». Il est dédié à Malato, écrivain anarchiste qui accompagna Louise Michel en Nouvelle Calédonie. Kupka est considéré comme un des pères de l’abstraction avec Kandinsky et Mondrian. Le fait qu’il ait longtemps fréquenté les anarchistes explique peut-être que sa notoriété soit moindre que celle des deux autres. Il est mort en France, à Puteaux, en 1957 et c’est en France qu’il a vécu une grande partie de sa vie. Bien qu’antimilitariste, il a participé à la grande boucherie de 14/18, a fini capitaine et a même reçu la légion d’honneur. Ce qui n’enlève rien à son talent. *Dès que vous aurez quelques années devant vous, lancez vous dans la lecture de: « Hypnérotomachie ou le songe de Poliphile ».

Allez tiens, histoire de respecter la parité, en mémoire d’une militante pour l’égalité des sexes avant l’heure. Le 18 décembre 1922, mort de Nelly ROUSSEL, née le 5 janvier 1878. Qui se souvient de cette femme, Libre penseuse, anarchiste, féministe? Elle fut la compagne du sculpteur Henri Godet libre penseur et Franc-Maçon. Elle même suivra les traces nellyroussel05-179x300de Maria Deraismes (qui créa « Le droit humain ») et Madeleine Pelletier ou Louise Michel en fréquentant « La Grande Loge Symbolique Ecossaise ». Elle milita avec Paul Robin à la diffusion des idées néo-malthusiennes, contre l’idéologie nataliste du pouvoir et la loi de 1920 qui réprimait la contraception et sa propagande. Oratrice de talent, elle donnait des conférences, à travers la France, exaltant la maternité consciente, pourfendant le machisme des hommes (militants compris). Elle réclamait l’indépendance complète pour les femmes, fondée sur de nouveaux rapports entre les sexes. l’une des premières femmes en Europe à revendiquer publiquement le droit des femmes à disposer de leurs corps et à prôner une politique de contrôle des naissances en autorisant le recours aux contraceptifs et à l’avortement.

Voilà pour ce jour. Allez, merci d’être passé, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Alphonse Barbe, militant pacifiste…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de la planète enchantée et du bacalao réunis, bonjour! Nous sommes le Jeudi 17 décembre 2020, c’est le récolte chêne-liège27è jour de frimaire dédié au Liège. Notez dans un coin qu’à la vérité, Nous sommes aujourd’hui le Mardi 17 Sable 148 St Moyen, français fête suprême quarte si l’on en croit les pataphysiciens. Je me souviens avoir marché dans les grandes forêts de chêne-liège au Portugal du côté de Setubal… En ces temps là, les œillets fleurissaient les canons, les jeunes capitaines faisaient danser les filles, le fado résonnait dans l’Alfama, tous les espoirs étaient permis. C’était avant, bien avant…

Tiens, encore un anniversaire.

Né à Vannes, en Bretagne, (17 décembre 1885) titulaire du seul certificat d’études primaires, ouvrier meunier, puis représentant pour la vente à crédit, Alphonse Barbé part en 1912 à Paris travailler comme triporteur. C’est là qu’il les-anars-cas-de-conscienceembrasse l’idée anarchiste, après avoir entendu Sébastien Faure parler à la tribune d’un meeting. Entre-temps devenu marchand ambulant en Bretagne, il est de retour à Paris en 1914, à l’approche de la guerre, convaincu que la classe ouvrière organisée déclenchera une grève générale insurrectionnelle contre l’imminent fratricide. Ses espoirs, comme ceux de tant de ses camarades, sont déçus par la trahison des leaders socialistes et syndicalistes, et il n’échappe pas à la mobilisation. Blessé au front en septembre 1915, il déserte un an plus tard et se cache à Paris où, sous une fausse identité, il milite contre la guerre et pour l’anarchisme.

https://youtu.be/gRcjy2W3w_w

Arrêté en juin 1917 avec d’autres camarades pour avoir publié un numéro clandestin du Libertaire, il est condamné à trois ans de prison ; libérable avec l’amnistie d’octobre 1919, il est arrêté à sa sortie de prison et replonge un an Anarchites-emblématiquespour désertion. À sa libération, il rejoint sa compagne à Caen, et retourne faire les marchés. La Révolution russe le décide un temps à participer aux activités du parti communiste, mais il revient très vite sur cette erreur. En 1923, Barbé fonde Le Semeur de Normandie, organe de libre discussion, qui est alors l’un des rares journaux à prendre parti pour les objecteurs de conscience, qui commencent à s’organiser en France à cette époque. Rebaptisé en 1925 Le Semeur contre tous les tyrans, organe bi-mensuel de culture individuelle, il paraîtra jusqu’en novembre 1936. plus de détail sur: Dictionnaire des militants anarchistes

Voila pour aujourd’hui, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Le grillon du foyer…

Posté par erwandekeramoal dans LECTURE, PORTRAIT

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Amis de la litote et du baeckeoffe réunis, bonjour ! Nous sommes le Mardi 15 décembre 2020, il vous reste 15 jours pour préparer le réveillon des confinés, et c’est le 25è jour de frimaire dédié au grillon…

Vous vous souvenez de ce conte de Dickens le grillon du foyer; moi, oui ! J’ai en mémoire un maître d’école, oui, le grillonc’est comme cela que l’on disait à l’époque, qui ne jurait que par cet auteur. Je crois bien avoir fait des dictées de tous les contes de Noël que Dickens écrivait chaque année pour ses enfants.Charles Dickens naquit le 7 février 1812, à Portsmouth en Angleterre. Jusqu’à 12 ans, il eut une enfance heureuse nous dit son biographe. Quand il eut 12 ans, il subit un traumatisme qui devait le hanter pour le reste de sa vie. Son père fut jeté en prison pour dettes, Charles connut l’horreur de la pauvreté, découvrit le sort terrible des enfants qui travaillaient dans les fabriques en devenant lui même ouvrier dans une usine de cirage.

Cette expérience personnelle lui permit d’écrire sur les pauvres et les malheureux avec tant de vérité que ses récits dramatiques touchèrent le cœur de millions de lecteurs. Grâce à cela, Dickens, le romancier le plus populaire de son temps, eu une influence déterminante sur les réformes sociales qui furent accomplies dans Dickens_Gurney_headl’Angleterre victorienne. On l’oublie souvent mais, Charles Dickens a été un infatigable défenseur du droit des enfants, de l’éducation pour tous, de la condition féminine et de nombreuses autres causes, dont celle des prostituées. De 1846 à 1858, en collaboration avec Angela Burdett-Coutts, il crée Urania Cottage, établissement destiné à recueillir les femmes dites « perdues », réalisation qui, au cours des douze années de sa gestion, permet à une centaine de pensionnaires de se réinsérer dans la société. Contrairement aux autres institutions de ce type fondées sur la répression, il choisit d’éduquer par la lecture, l’écriture, la gestion du foyer et surtout un métier.

C’est pas magnifique ça, mes body boys ? Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Au large d’Ouessant…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE, PORTRAIT

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Amis de la vérité éclairant le monde et du pâté hénaff réunis, bonjour ! Nous sommes le Jeudi 10 décembre 2020, autant dire que l’année à pratiquement fini sa carrière (Ô lac) et c’est le 20è jour de frimaire dédié à l’Hoyau… « il n’y a d’autre Pomone ni d’autre Vertumne que la bêche et le hoyau du jardinier. » disait Voltaire dans son dictionnaire philosophique…

Connaissez vous André Jeanbon dit Jean-Bon Saint-André ? Le 10 décembre 1813 voit la disparition de Jean-bon Saint-André révolutionnaire et marin émérite. Il participa notamment à cette fameuse jean-bonbataille au large d’Ouessant du 1er juin 1794 face aux anglais. C’était le 13 prairial de l’an II. Il est à bord du vaisseau La Montagne en compagnie de Villaret de Joyeuse. C’est cette bataille de Prairial qui donna naissance à la fameuse légende du Vengeur-du-Peuple, un magnifique 74 canons à double pont qui sombra corps et biens alors que six autres bâtiments étaient capturés. 5 000 morts et blessés côté Français ! Cuisante défaite mais, la propagande républicaine va chercher à la transformer en victoire morale.

C’est Barère, rapporteur du Comité de Salut Public, qui se chargera de présenter l’épisode à la tribune de la Convention. Il va prétendre que les marins du Vengeur ont refusé de se rendre à l’ennemi et sont morts en criant « Vive la République… » La vérité éclatera au retour des survivants de l’Angleterre. Entre temps, un mythe était né. Bonaparte le 440px-Jeanbon1nomme commissaire général des trois départements de la rive gauche du Rhin, en décembre 1801, puis préfet du département du Mont-Tonnerre à Mayence en septembre 1802, où il confirme sa réputation d’administrateur exceptionnel. En remerciement de ses services, Napoléon le fait chevalier de la Légion d’honneur en 1804, puis baron d’Empire, baron de Saint-André, en 1809. Le typhus l’emporte en 1813. Il est enterré au cimetière principal du Mayence (photo de droite). Franc-maçon actif, Jean-Bon Saint-André fut le premier Vénérable Maître de la Loge « Les Amis de l’Union » de Mayence, fondée en 1803, et qui existe toujours aujourd’hui dans cette ville sous l’appellation « Die Freunde zur Eintracht ».

Allez, voila pour aujourd’hui, en attendant une suite, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Posté par erwandekeramoal dans JAZZ, PORTRAIT

Amis de la liberté de s’exprimer et des tortellini alla pana réunis, bonjour ! Nous sommes le Samedi 05 Décembre 2020, 15è jour de frimaire dédié au Chevreuil.Tiens, puisque j’évoque les tortellini en voici tortellinol’origine légendée qui m’a été contée par un restaurateur briochin (de Saint Brieuc) spécialiste des pâtes et Italien pur souche: Un fabricant de pâtes, secrètement amoureux d’une de ses employées, ne put résister à la tentation d’observer la jeune fille par le trou de la serrure tandis qu’elle se changeait dans l’arrière boutique avant de se mettre au boulot. Las, il ne put voir que son nombril, mais il le trouva si beau qu’il saisit un petit disque de pâte et en reproduisit la forme. Ainsi naquit le premier tortellino. Etonnant, non !

Tout à fait autre chose.

David Warren Brubeck est un pianiste de jazz né à Concord en Californie le 6 décembre 1920 et mort le 5 décembre 2012 à Norwalk, dans le Connecticut. Jeune, il a reçu une éducation musicale donnée par sa mère, puis par le compositeur français Darius Milhaud. Étudiant, il fonda avec ses amis le « Jazz Workshop ensemble » qui enregistra dès 1949 sous le nom de Dave Brubeck Octet et qui deviendra populaire Jazz-Legend-Dave-Brubeck-Dies-at-91sous la forme de quartet (The Dave Brubeck Quartet) en 1951, rejoint notamment par le saxophoniste Paul Desmond. Claude Nougaro a rendu célèbres en France deux de ces morceaux en y ajoutant des paroles :Take Five, son premier succès a, quant à lui, été mis en paroles par de nombreux artistes dont Al Jarreau et surtout Carmen McRae qui l’a chanté avec Dave Brubeck lui-même au piano. Le succès de Take Five est l’un des rares exemples de musique innovatrice qui devient un hit planétaire, au point de paraître aujourd’hui banalisée. Take Five premier succès du quartet, a été composé par Paul Desmond en 1959 et non par Dave Brubeck.

Le quartet (Dave Brubeck, Paul Desmond, Joe Morello et Eugene Wright à la contrebasse) s’est dissout en 1967 mais Dave Brubeck a continué à jouer en trio (piano/basse/batterie) en invitant d’autres musiciens, dont Gerry Mulligan, avec qui il a fait plusieurs tournées et s’est produit, Dave+Brubeck+Quartetnotamment, à Paris. Il a fondé plusieurs quatuors et s’est produit aux festivals de Newport, Monterey, Concord et Kool Jazz. Il a joué à la Maison Blanche en 1964 et 1981 ainsi qu’au sommet de Moscou de 1988 en l’honneur des Gorbatchev. En 2004, il est également fait docteur honoris causa en théologie par l’Université de Fribourg. En 2010, à l’âge de 90 ans, il a continué à jouer, malgré une hospitalisation, dans le Connecticut, début octobre, pour pose d’un pacemaker. Dave Brubeck meurt la veille de son quatre-vingt-douzième anniversaire d’un arrêt cardiaque au Norwalk Hospital (Connecticut).

Voila pour aujourd’hui, en attendant le prochain billet, portez vous bien et à bientôt peut-être

Le poète a souvent raison…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de la marine à voiles et de la fondue de poireaux réunies, bonjour ! Le Vendredi 04 décembre 2020 correspond au 14è jour de frimaire que nos amis républicains avaient dédié au sapin. Bon d’accord, sur ce coup là, ils ne se sont pas donné beaucoup de mal.

Savez vous que c’est un 04 décembre que vint au monde ce géantissime poète qu’était Rainer-Maria Rilke. En 1896, il part pour Munich et rencontre un an plus tard, Lou-Andréa Salomé, qui a alors trente-six ans. Leur amour enflammé se transforme progressivement en amitié réciproque et en admiration mutuelle se poursuivant jusqu’à la fin de leur vie. En 1897, il change de prénom : de René Maria, il devient Rainer Maria. Il voyage en Italie puis en Russie avec Lou et son mRilke-D-ari. Il rencontre à cette occasion Léon Tolstoï. Je suis un admirateur inconditionnel de l’œuvre de Rilke, que j’ai eu la chance de découvrir très tôt à travers les élégies de Duino. Deux personnages que l’on dirait tout droit sortis de l’imagination d’un Flaubert ou d’un Dostoïesvky tant leurs vies sont romanesques. Rilke fut sans doute le poète allemand le plus important de la première moitié du XXème siècle. Son œuvre, introvertie, est une longue méditation sur les événement essentiels de l’existence humaine, et en particulier, la mort, qui lui semblait le point culminant auquel toute vie doit préparer. «Donne à chacun sa propre mort/La mort née de sa propre vie, où il connut l’amour et la misère…» « car nous ne sommes que l’écorce, que la feuille,le fruit qui est au centre de tout, c’est la grande mort, que chacun porte en soi» écrit-il dans Le Livre de la Pauvreté et La mort. En voici un extrait :

Là, des hommes insatisfaits peinent à vivre
et meurent sans savoir pourquoi ils ont souffert;
et aucun d’eux n’a vu la pauvre grimace
qui s’est substituée au fond des nuits sans nom
au sourire heureux d’un peuple plein de foi.
Ils vont au hasard, avilis par l’effort
de servir sans ardeur des choses dénuées de sens,
et leurs vêtements s’usent peu à peu,
et leurs belles mains vieillissent trop tôt.

Assez tôt considéré comme un maître par les autres poètes, il n’en demeura pas moins pendant très longtemps peu lu, et doit, en particulier en France, sa notoriété à un recueil de lettres Les lettres à un jeune poète , publié après sa mort par Franz Xaver Kappus, avec qui il rilke-peintureavait correspondu. Rilke y ouvre son cœur à quelqu’un qu’il ne connaissait pratiquement pas, avec une confiance et une justesse de ton, qui ne peuvent pas laisser indifférent. Il nourrit des amitiés vivantes avec quelques-uns des créateurs les plus novateurs de son époque, en particulier, Auguste Rodin, dont il fut le secrétaire, et dont il admirait la force de travail et la volonté, et Marina Tsvetaeva, dont il décela le génie avant tout le monde. A gauche, son portrait par Paula Modersohn-Becker. Il mourut (lui qui avait écrit un recueil en Français sur les jardins, Verger) du fait des suites d’une mauvaise piqûre de rose qui dégénéra en leucémie, et au seuil de la mort, refusa les soins thérapeutiques qui auraient pu lui éviter la souffrance, de peur de voir lui échapper «sa propre mort».(Piers Tenniel)

Allez, merci pour la visite. Je vous abandonne là car on frise les moins zéro comme dit l’autre et je dois rentrer du bois, l’hiver sera rude. Portez vous bien et à bientôt peut-être.

C’est à qui les acquis ?

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE, PORTRAIT

Amis de l’ésotérisme et du café-cognac réunis, bonjour ! Nous sommes le Samedi 28 Novembre 2020, huitième jour de Frimaire dédié au Miel.

Dans la série des grands bonshommes, un petit mot sur ce monsieur né un 28 novembre en 1900. Je gage qu’il existe près de chez vous une école, un stade, une maison des jeunes, qui porte son nom. Léo LAGRANGE. Adolescent, il est inscrit aux Éclaireurs de France, Léo Lagrange-G-mouvement de scoutisme alors neutre au point de vue confessionnel.  En août 1917, il s’engage dans l’armée, alors qu’il n’a pas encore 18 ans. À son retour, il s’inscrit en faculté de droit et à l’Institut d’études politiques. Au lendemain du congrès de Tours (décembre 1920), il adhère à la SFIO et rejoint le groupe des étudiants socialistes. Devenu avocat, il s’inscrit en 1922 au barreau de Paris. Touché par les horreurs de la guerre, il réserve, en particulier, ses services aux tuberculeux, aux malades des poumons et aux gazés. Léo Lagrange se mêle ensuite au bouillonnement intellectuel des années 1930, s’unissant à nombre d’écrivains, historiens, artistes et savants. Devenu rédacteur au journal Le Populaire, organe de la SFIO, il y relate, dans sa chronique, l’actualité judiciaire.

Lors des élections de mai 1932, il est désigné comme candidat socialiste pour reconquérir la première circonscription d’Avesnes-sur-Helpe, dans le Nord. Lors des réunions publiques, il met l’accent sur la nécessité, pour la classe ouvrière, d’être instruite et organisée si elle veut diriger un jour. Une fois élu, il est ensuite nommé sous-secrétaire d’État aux Sports et à l’organisation des Loisirs auprès du ministre de front popula Santé publique Henri Sellier sous le gouvernement du Front populaire, en 1936. C’est la première fois qu’un maroquin de cet ordre est créé en accompagnement des congés payés et de l’apparition pour les masses laborieuses d’un temps libre, dans lequel Léo Lagrange à la suite d’Albert Thomas voit la condition de la dignité de l’homme. Sa mission s’adresse donc à toute la société et non pas exclusivement à la jeunesse. Il se fonde néanmoins sur celle-ci parce qu’elle constitue le futur d’une société plus juste sans chercher à l’embrigader: « … Il ne peut s’agir dans un pays démocratique de caporaliser les distractions et les plaisirs des masses populaires et de transformer la joie habilement distribuée en moyen de ne pas penser. »

Il s’emploie à développer les loisirs sportifs, touristiques et culturels. Il est à l’origine de la création du billet populaire de congés annuels qui accorde 40 % de réduction sur les transports ferroviaires, tandis qu’il encourage et impulse le mouvement des auberges de jeunesse. Léo Lagrange s’occupe aussi des Olympiades populaires, Jeux olympiques conges-payes-300x217alternatifs qui devaient se substituer aux Jeux olympiques de Berlin. Prévues à Barcelone, les épreuves officielles qualificatives pour ces Olympiades populaires se déroulent le 4 juillet 1936 au stade Pershing à Paris. À travers leur club, la FSGT, ou individuellement, 1 200 athlètes français s’inscrivent à ces olympiades anti-fascistes. Pourtant, le 9 juillet, toute la droite vote « pour » la participation de la France aux Jeux olympiques de Berlin, tandis que l’ensemble de la gauche (PCF compris) s’abstient — à l’exception notable de Pierre Mendès France. Néanmoins, des sportifs français se rendent tout de même à Barcelone, où les Olympiades sont interrompues le 18 juillet 1936 par le pronunciamento militaire du général Franco. Après avoir quitté le sous-secrétariat, il devient alors président du Comité laïc des auberges de jeunesse. À la déclaration de guerre, en 1939, alors parlementaire, il rejoint volontairement le commandement militaire, avant d’être tué le 9 juin 1940 à Évergnicourt d’un éclat d’obus. (Wikipédia)

Voilà pour aujourd’hui, portez vous bien et à bientôt peut-être.