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BIZEAU, anarchiste, athée, pacifiste, jardinier, apiculteur, vigneron et poète.

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis du carré d’agneau et du carré Hermès réunis, bonjour ! Nous sommes le Lundi 17 Avril 2017, 28è jour de germinal qui était généralement dédié à la pensée (la fleur). J’en aurai donc une (de pensée) pour un bonhomme qui nous a quitté un 17 avril justement, après avoir traversé le siècle.

Le 17 avril 1989 Eugène BIZEAU, anarchiste, athée, pacifiste, jardinier, apiculteur, vigneron et poète, nous quittait à près de 106 ans, à VeBizeau Dretz (là bas ils disent Verett), non loin de Vouvray. 15 ans plus tôt, j’avais accompagné un ami, poète et journaliste au « Courrier de l’Ouest », pour une interview du vieil anarchiste. Je me souviens de la petite maison aux volets vert et de la bouteille de Vouvray qu’il avait des difficultés à ouvrir. N’eut été sa fraicheur d’esprit et sa liberté de langage, il avait un côté professeur Tournesol indéniablement. Issue d’une famille de vignerons socialistes et anticléricaux, il découvre très tôt les idées libertaires. Abonné dès 14 ans à la presse anarchiste, c’est tout naturellement qu’il y donnera ses premiers poèmes, qui seront publiés dans le journal « L’anarchie » fondé par Libertad.

Sa poésie sociale et révolutionnaire fera les beaux jours des chansonniers de « La Muse Rouge ». En 1914, Eugène est réformé pour « faiblesse de constitution », il n’en poursuivra pas moins sa dénonciation du militarisme, rusant avec la censure et collaborant à la presse anarchiste dont « La Mêlée ». En 1921 pour sauver Sacco et Vanzetti, il Bizeau Gexhorte dans « Le Libertaire » : « Il faut que notre voix, grondant vers l’Amérique , aille exiger pour eux justice et liberté ». En 1929 puis 1934 ses poèmes sont mis en musique et enregistrés, ils passeront même, durant la révolution espagnole, sur les ondes de Radio Barcelone. En Auvergne, Bizeau assistera au conflit mondial et à ses ultimes violences. En 1980-81 le cinéaste libertaire Bernard Baissat lui à consacré un film émouvant : « Ecoutez Eugène Bizeau ». On peut par ailleurs trouver certains de ses textes sur un disque de 1985 « Les Cent Printemps des Poètes » Gérard Pierron, Alain Meilland et Michel Grange sont les interprètes des textes et chansons des Cent Printemps des Poètes, spectacle créé le 30 mars 1985 au Printemps de Bourges.
Extrait du poème : Lutter (1979)

« Lutter contre le joug des maîtres de la terre
Masquant leur dictature en tapageurs discours;
Contre les trublions, les criminels de guerre,
Aigles noirs de haut vol et répugnants vautours…« 

Et celui-ci que j’aime beaucoup:

« J’ai rêvé de toute mon âme,
Rêvé comme on rêve à vingt ans,
Devant les beaux yeux d’une femme,
À l’éternité du printemps.
J’ai rêvé d’étreintes moins brèves
Et d’amour jamais achevé ;
Je ne sais plus où sont mes rêves…
Mais je sens bien que j’ai rêvé ! »

Allez, restons en là pour aujourd’hui, portez vous bien et à demain peut-être.

Poètes, vos papiers !

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de la Loire inférieure et du Grolleau gris réunis, bonjour ! Nous sommes le Vendredi 14 avril 2017, 25è jour de Germinal dédié au pigeon. Ce qui, bien entendu, n’a rien à voir avec ce qui suit. Simplement, le 14 avril est la date anniversaire de la disparition d’un bonhomme qui mérite bien de faire partie de notre galerie de portraits.

Le 14 avril 1930, fin de l’aventure pour Vladimir Maïakovski, il vient de se tirer une balle en plein cœur. Poète, dramaturge, acteur, théoricien, peintre, affichiste et scénariste, Maïakovski est né à Bagdadi (Géorgie) en 1893. Issu d’une famille modeste, il s’installe à Moscou en 1906, après la mort de son père. Il adhère au Parti social démocrate (bolchévique) à 15 ans et participe aux manifestations révolutionnaires de 1905. Arrêté trois fois pour conspiration, il s’initie à la poésie alors qu’il est emprisonné à Boutyrskaïa en 1909. Il devient rapidement un maiakovskydes meneurs du mouvement futuriste après sa rencontre avec le poète et peintre David Bourliouk qu’il a connu en 1911 et qui lui a mis « le pied à l’étrier ». Tout en exploitant cette nouvelle poésie, il atteint des sommets de lyrisme dans La Flûte en colonne vertébrale ou dans son Nuage en pantalon (1914), véritable manifeste du futurisme, qui est le fruit de sa relation troublée avec Lili Brik qu’il a rencontrée en 1910 alors qu’il entretient une relation avec sa jeune sœur qui elle, deviendra célèbre, Elsa Triolet. Comme disait Jabiru dans son blog « c’était en quelque sorte le beauf d’Aragon ». Voici, à gauche, une photo de Maïakovski en compagnie de Lili Brik, revue et corrigée par la censure soviétique… Il lui écrira et lui dédiera sa vie durant ses plus belles poésies. Lili est déjà mariée avec Ossip Brik qui devient l’ami et l’éditeur du poète. Un ménage complice à trois s’instaure. Avec Serge Tretiakov ils fondent le journal LEF qui influencera toute une génération d’écrivains.

De retour à Moscou et après la révolution d’Octobre de 1917, qu’il accueille d’abord favorablement, il utilise, sincèrement, son talent au service du pouvoir politique, notamment dans le poème « Lénine » mais il se heurte rapidement au conformisme des critiques et du Parti. Il sillonne pourtant l’Europe en ambassadeur et visite Londres et Paris. Partout on écoute ce géant à la voix de stentor célébrer la révolution dont il est le chantre. Il se met au service de l’agence télégraphique russe et conçoit les images et les textes des posters satiriques vladimirAgitprop. Après une série de ruptures et de réconciliations, il se sépare définitivement de Lili en 1924. Il part pour une tournée de conférences à New York et il y rencontre Elly Jones, une jeune émigrée russe et de leur passion brève, trois mois, naît une fille Patricia Jones Thompson. Le 14 avril 1930 à 10 h 15, le poète harassé, qui par défi jouait aussi à la roulette russe, se tire une balle dans le cœur. Le dernier acte de la vie de Maïakovski s’est déroulé à Moscou, au numéro 3 du Loubianskyi Prospekt, appartement 12. La thèse du suicide semble évidente. Le poète qui exhortait la jeunesse à vivre, à la mort terrible d’Essenine, est lui aussi « reparti vers les étoiles ». On trouvera ce mot : « Maman, mes sœurs, mes amis pardonnez-moi – ce n’est pas la voie ( je ne la recommande à personne ) mais il n’y a pas d’autre chemin possible pour moi. Lily aime-moi ! ». Staline ordonne des funérailles nationales pour celui qu’il qualifiera plus tard de « poète de la Révolution ». « Ils l’ont tué une seconde fois » dira Pasternak.

Allez, le poète a (presque) toujours raison, portez vous bien et à demain peut-être.

Merde à Vauban…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis du cinémascope et de la cotriade réunis, bonjour !  Nous sommes le Jeudi 13 avril 2017, 24è jour de Germinal, et, c’est pas des salades, c’est le jour de la roquette qui est une plante annuelle de la famille des Brassicacées, à fleurs blanches ou jaunâtres veinées de brun ou de violet; ses feuilles roquetteressemblent à celles des radis et des navets, botaniquement très proches, et ont une saveur piquante et poivrée. Et comme disait mon aïeule: de la roquette au bagne, il n’y a qu’un pas ! Bon, c’est pas pour me vanter mais… Il fait beau ! Et, force m’est de constater que les travaux des champs ne sont pas terminés; de lourds et pénibles efforts m’attendent encore. Oui, bon, ben, ils attendront hein !

L‘homme du jour c’est Clément DUVAL. Oh ce n’est pas un tendre ni un enfant de Marie mais un anarchiste comme il s’en faisait à cette époque là. Clément Duval, blessé à deux reprises pendant la guerre de 1870, avait été Duvalcassé de son grade de caporal pour indiscipline. Devenu anarchiste, il avait été avec A. Ritzerfeld l’un des fondateurs à l’automne 1882 dans le 17è arrondissement du groupe La Panthère des Batignolles, dont l’ordre du jour de la première réunion, paru dans L’Etendard Révolutionnaire du 15 octobre, portait sur « la confection des bombes à main ». Tout un programme ! Suite à l’arrestation en octobre 1886 d’un receleur, Clément Duval était accusé d’avoir été l’un des auteurs du cambriolage effectué le 5 du mois dans un hôtel particulier de la rue de Monceau qui avait été ensuite incendié par les voleurs.

Lors de son arrestation, il blessait ,« au nom de la liberté »,de plusieurs coups de couteau l’agent Rossignol qui l’appréhendait « au nom de la loi ». Emprisonné à Mazas, Duval se justifiât dans Le Révolté (12 novembre 1886) d’une condamnation à un an de prison pour vol en 1878. Lors du procès aux assises, le 11 janvier 1887 Duval justifiait son action dans une longue Bagnedéclaration :  » …Soyons logique, vous êtes la force, profitez en et s’il vous faut encore une tête d’anarchiste, prenez la, le jour de la liquidation on vous en tiendra compte…Vous m’inculpez de vol, comme si un travailleur qui ne possède rien pouvait être un voleur. Non , le vol n’existe que dans l’exploitation de l’homme par l’homme, en un mot par ceux qui vivent aux dépens de la classe productrice. »Le 12 janvier, Duval, dont la défense avait été éditée à 50.000 exemplaires sous le titre Le Pillage de l’hôtel Monceau – l’anarchiste Duval devant ses juges, était condamné à mort. Puis la peine était commuée en février en travaux forcés à perpétuité. Ici à droite, le bagne de St Laurent du Maroni.

Duval, matricule 21551, arrivait en Guyane le 24 avril 1887 à bord de « L’Orne » en provenance de Toulon. Il fut envoyé aux Iles du Salut où il resta 14 ans, dont de nombreux mois de cachot, et tenta à dix-huit reprises de s’évader. Transféré à Saint-Laurent-du-Maroni, il parvenait à s’évader avec huit autres le 14 avril 1901 et à gagner la Guyane anglaise d’où, le 17 juillet 1901 il écrivait à Jean Grave pour lui demander une aide de 500 fr, n’ayant ni travail, ni argent et disposant d’un mois pour quitter la colonie. En 1903 Clément Duval Moi Clémentparvenait à gagner les Etats-Unis où il était aidé par des anarchistes français et italiens. Il rédigeait ses mémoires publiées en 1907 en feuilleton dans le journal italien Cronaca Sovversiva (New York) et dont quelques pages seront publiées en France par L’En Dehors (octobre 1926 et mai 1931). Il aurait collaboré à plusieurs numéros de La revue anarchiste (Paris, 25 numéros de décembre 1929 à avril 1936). Clément Duval est mort à Brooklyn le 25 mars 1935. Il avait passé ses derniers mois chez Max Sartin et Fiorina Rossi qui se souvenant de lui, témoignait : « C’était un vieux petit homme, déformé par l’arthrite. Mais il faisait sa gymnastique tous les matins. Un camarade français, médecin, venait à la maison pour l’examiner. Nous l’appelions ’Il Nonno’, le grand-père, et les voisins pensaient que c’était le père de Max ». L’essentiel de ses mémoires a été publié et présenté, sous le titre Moi Clément Duval, bagnard et anarchiste (Ed. Ouvrières, 1991). Dans ses mémoires, il dit avoir côtoyé un certain « Papillon » mais qu’il n’appréciait guère son coté égoïste… Sources: Dictionnaire international des militants anarchistes. (R.D.)

Allez, aujourd’hui, on ne risque plus de rencontrer ce type de personnage haut en couleurs. Nous, on a Hanouna pour animer les jeux du cirque, c’est quand même autre chose en matière de conscientisation des masses laborieuses, hein camarade ! Merci beaucoup de votre visite, portez vous bien et à demain peut-être.

A propos de Georges Darien…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de la nostalgie et du Plum pudding réunis, bonjour ! Nous sommes le Jeudi 06 avril 2017, 17è jour de germinal dédié au Mélèze. la CommuneLe 6 avril 1871, lors de la Commune de Paris, un bataillon de la Garde Nationale dépose devant la statue de Voltaire deux guillotines qui sont brulées devant une foule en liesse, aux cris de: « A bas la peine de mort »! Il faudra attendre un siècle, le mois d’octobre 1981 pour que celle-ci soit définitivement abolie en France. Regrettons que la « grande démocratie » Etatsunienne n’est pas encore franchit le pas et que les couloirs de la mort soient encore trop peuplés.

Aujourd’hui, 6 avril, est le jour anniversaire de la naissance de Georges Hippolyte Adrien qui vit le jour en 1862. Je vois à vos mines dubitatives que sa renommée n’est pas parvenue jusqu’à vous. Il est plus connu (disons, moins inconnu) sous le nom de Georges Darien. Cet écrivGeorges Darien Dain quasiment oublié de tous fut redécouvert dans les années 1950 avec la réédition de son roman le voleur dont Louis Malle fit une magnifique adaptation cinématographique en 1967. Rappelez vous de Belmondo, de Charles Denner, de Lucien Guiomar, de Bernadette Laffont, Marlène Jobert… Que du beau linge. Le 16 mars 1881, devançant l’appel, il s’engage à l’armée, dans le deuxième escadron du Train. Le 23 mai 1883, son insoumission l’envoie pour 33 mois à Biribi, un bataillon disciplinaire en Tunisie. C’est le nom qu’il donnera à son roman, dans lequel il dénonce les difficultés de sa condition et celles de ses compagnons. Mais ce roman là, comme les autres, ne connut guère de succès. Admiré par Alfred Jarry et Alphonse Allais, plus tard par André Breton, Georges Darien devient un auteur prisé des milieux libertaires. En dépit d’une seconde biographie récente, peu de choses de sa vie sont connues, ce qui laisse libre cours aux fantasmes qui associent la vie de l’écrivain à celle du héros de son roman Le Voleur, Randal. En effet de 1891 à 1897, il disparaît, voyage en Belgique, en Allemagne et en Angleterre, Londres en particulier, d’où il revient avec le manuscrit de son roman. Redécouvert en 1955, c’est ce dernier qui lui assure la postérité.

En plus de ses romans, Darien est le pamphlétaire le plus virulent de cette fin de siècle. Il collabore à plusieurs revues anarchistes, parmi lesquelles L’Escarmouche (dont, soi dit en passant, il fut l’unique rédacteur), L’Ennemi du peuple et L’en dehors, où il côtoie Zo D’Axa (voir mon billet du 24 mai 2010). Encore un sacré bonhomme que l’histoire, décidément bien ingrate, a décidé de passer par pertes et affiche Le voleurprofits…On peut lire aussi, L’ennemi du peuple, réédité par les ed. l’âge d’homme en 2009. Voici ce qu’il disait dans La belle France: « Je n’aime pas les pauvres. Leur existence, qu’ils acceptent, qu’ils chérissent, me déplaît ; leur résignation me dégoûte. A tel point que c’est, je crois, l’antipathie, la répugnance qu’ils m’inspirent, qui m’a fait devenir révolutionnaire. Je voudrais voir l’abolition de la souffrance humaine afin de n’être plus obligé de contempler le repoussant spectacle qu’elle présente. Je ferais beaucoup pour cela. Je ne sais pas si j’irais jusqu’à sacrifier ma peau ; mais je sacrifierais sans hésitation celles d’un grand nombre de mes contemporains. Qu’on ne se récrie pas. La férocité est beaucoup plus rare que le dévouement.« 

Allez, gardez le sourire, portez vous bien et à demain peut-être.

Tes laitues naissent-elles ?

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE, PORTRAIT

Amis des rubriques à brac et du poulet fermier réunis, bonjour! Nous sommes le Mercredi 05 avril 2017, seizième jour de germinal dédié à la laitue; rassurez vous, je ne vais pas en profiter pour vous raconter des salades, quoique….

En effet, les initiateurs du calendrier qui nous intéresse, le républicain que l’on nomme encore: calendrier révolutionnaire français, en ont fait le jour de la laitue. Je me suis souvent demandé d’où venait cette imagination débordante. L’un des auteurs, si ce n’est le seul, s’appelait Fabre d’Eglantine, écrivain, poète, théâtreux et, moins révolutionnaire Fabrequ’opportuniste. Forcément, quand on s’appelle Eglantine, on ne va pas donner aux jours des noms d’oiseaux… Les noms des mois et des jours furent conçus en effet par ce doux rêveur avec l’aide d’André Thouin, jardinier du Jardin des plantes du Muséum national d’histoire naturelle. Il présenta ce calendrier à la Convention Nationale en octobre 1793… Il perdit la tête un an plus tard, au sens propre, en compagnie de Danton. C’est à lui que nous devons la célèbre ritournelle: « Il pleut, il pleut, bergère ». C’est sans doute ce côté poète qui le conduisit à doter les jours de noms champêtres et bucoliques aussi improbables que ceux la.

Voici ce qu’il disait dans la séance du 03 du second mois de la seconde année de la République Française, au nom de la Commission chargée de la confection du Calendrier: « Les prêtres avaient assigné à chaque jour de l’année, la commémoration d’un prétendu saint : ce catalogue ne présentait Germinal_commence_le_21_ou_22_marsni utilité, ni méthode ; il était le répertoire du mensonge, de la duperie ou du charlatanisme. Nous avons pensé que la nation, après avoir chassé cette foule de canonisés de son calendrier, devait y retrouver en place tous les objets qui composent la véritable richesse nationale, les dignes objets, sinon de son culte, au moins de sa culture…» Ce jour du 05 Avril 1794 fut tout à fait funeste à celui la même qui nomma chaque jour du calendrier républicain, puisque, avec ses amis Danton et quelques autres, il y fut guillotiné. La légende veut qu’il ait pleuré sur la charrette le menant à l’échafaud, se lamentant de n’avoir pas pu terminer un poème. Danton, connu pour son esprit caustique, lui aurait alors déclaré : « Ne t’inquiète donc pas, dans une semaine, des vers, tu en auras fait des milliers… ». Une autre histoire veut que Fabre ait fredonné son Il pleut, il pleut, bergère, en montant à l’échafaud.

Allez, ce matin il fait très beau sur la pointe du Finistère et j’ai de l’ouvrage au jardin. Portez vous bien et à bientôt peut-être.

La Marseillaise de la paix…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de la philosophie et des paupiettes de veau réunies, bonjour ! Nous sommes le Lundi 03 Avril 2017, quatorzième jour de Germinal dédié au Hêtre; et, comme disait le poète: un seul hêtre vous manque et…

Le 3 avril 1837, naissance de Paul ROBIN à Toulon (Var). Pédagogue anarchiste injustement oublié. Il participe à la première internationale en Belgique, avant d’être expulsé de ce pays en 1869. Il se réfugie alors en Suisse où il se lie avec Michel Bakounine. Après 10 années passées à Londres, il prend, en 1880, la direction de l’Orphelinat Prévost à Cempuis (Oise). Il y insuffle toute son énergie et met en pratique une pédagogie libertaire tout à fait originale. A Cempuis, Paul Robin va mettre en œuvre un certain nombre de principes qui sont pour paul Robin Glui fondamentaux, notamment celui de l’éducation intégrale ; « Tout enfant a droit de devenir en même temps un travailleur des bras et un travailleur de la tête ». L’école communale a pour objectif de donner une formation générale ; la formation à un métier particulier ne doit intervenir qu’après cette initiation globale. L’apprentissage doit reposer en priorité sur l’observation :« Laissez l’enfant faire lui-même ses découvertes, attendez ses questions, répondez-y sobrement, avec réserve, pour que son esprit continue ses propres efforts, gardez-vous par-dessus tout de lui imposer des idées toutes faites, banales, transmises par la routine irréfléchie et abrutissante ». Les enfants de Cempuis composèrent une « Marseillaise » qui débute ainsi:

De l’universelle patrie
Puisse venir le jour rêvé !
De la paix, de la paix chérie
Le rameau sauveur est levé ! (bis)
On entendra vers les frontières
Les peuples se tendant les bras
Crier : il n’est plus de soldats !
Soyons unis, nous sommes frères!

Fonctionnant comme un internat, plus de 600 enfants y séjournèrent entre 1880 et 1894. L’enseignement y était basé sur l’observation, le développement du sens artistique de l’enfant et la prise en compte de ses désirs. Education physique, manuelle et intellectuelle ; il existait 19 ateliers différents qui donnaient à chacun une formation complète d’un métier (de la boulangerie à l’imprimerie, en passant par la photographie ou la maçonnerie). Ces ateliers procuraient également à l’école une certaine autonomie financière. La mixité était de règle, les enfants étaient emmenés pour deux mois au bord de la mer, chaque été, etc. Mais les attaques répétées contre cette école libertaire finiront par avoir raison d’elle. Paul Robin est révoqué le 31 août 1894. Il prend alors une part très active au combat néo-malthusien, que rejoindra un temps Eugène Humbert.
Fatigué et usé par la vie, il se suicidera le 1er septembre 1912.
Cempuis aura une grande influence sur deux autres pédagogues libertaires : Francisco Ferrer et Sébastien Faure, on peut supposer que Célestin Freinet y a été sensible.

Sources:L’excellent bouquin de Nathalie BREMANT « Cempuis, une expérience d’éducation libertaire à l’époque de Jules Ferry » c’est aux éditions du Monde libertaire. L’excellent blog de Paul « La feuille Charbinoise » et, l’éphéméride anarchiste.

Allez, merci d’être passé, portez vous bien et à bientôt peut-être.

le ragtime de Scott Joplin…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Nous sommes le Dimanche 02 avril 2017, treizième jour de germinal dédié à la morille. Je voulais profiter de ce jour donc, pour rendre hommage à un grand, très grand artiste, quasiment oublié malgré tout ce qu’il a apporté à la musique et à l’ancêtre du jazz: le Ragtime. J’ai nommé l’illustrissime Scott Joplin. Il est décédé il y a un siècle le 1er avril en 1917. Et pour commencer, voici un air qui vous est forcément connu, rappelez vous le film L’arnaque quand bien même vous ne sauriez identifier son auteur.

Imaginez Harold Llyod où encore Charlot et même Groucho Marx, ils ont tous utilisé le ragtime pour illustrer leurs films. Scott Joplin est né (croit-on) vers 1867 au Texas dans une famille pauvre issue de l’esclavage. Pauvre mais musicienne, ce qui permis à Scott de révéler scott Joplintrès tôt ses talents. L’histoire raconte que Scott enfant, accompagnait sa mère qui faisait le ménage dans les maisons des Blancs et c’est ainsi qu’il découvrit le piano. Il y fera d’ailleurs allusion dans son opéra Treemonisha en 1911. Vers la fin des années 1880, Joplin débute sa carrière musicale avec le Queen City Concert Band, il fera aussi partie d’une troupe de musiciens folk à Texarkana. En 1894, Il déménage dans le Missouri, où il travaille comme pianiste dans des clubs comme le Maple Leaf et le Black 400. En même temps, il enseigne à plusieurs jeunes musiciens locaux.C’est en 1895, qu’il publie sa première œuvre, Please Say You Will, bientôt suivie d’une autre, A Picture of Her Face.

L’année 1899 est celle de sa composition la plus célèbre : le Maple Leaf Rag. Cette pièce devient un véritable phénomène dans l’environnement musical américain, et la partition se vendra à au moins un million d’exemplaires dans les années qui suivent. C’est d’ailleurs la première composition dont la partition atteint ces ventes. Cependant, le maple-leaf-ragcompositeur touche une part infime sur chaque vente de ses morceaux (un cent par vente). La publication du Maple Leaf Rag fait de Joplin l’une des grandes figures de ce nouveau courant musical, et son nom devient bientôt synonyme de ragtime. Après avoir connu le succès et l’oubli, Scott Joplin va mourir en 1917 des suites de la syphilis, il avait 49 ans. Il aura marqué l’histoire de la musique Afro-américaine par son apport considérable. D’ailleurs, en 1976, Joplin reçoit à titre posthume le prix Pulitzer pour sa contribution importante à la musique américaine. Pour terminer ce billet, une anecdote amusante: Le troisième album de Lucky Luke s’appelle « L’homme de Washington »; et bien dans cet album, Lucky Luke rencontre Scott Joplin…Amusant, non !

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

1er avril: Melenchon en tête avec 40%…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de la liberté de conscience et de la clé à molette réunies, bonjour ! Nous sommes le Samedi 1er Avril 2017. Le 1er avril le chatest le douzième jour de germinal dans notre calendrier républicain et, ce n’est pas le jour du poisson mais du Charme. Le mot charme est issu du nom latin du charme commun, carpĭnus. Ce mot viendrait des racines celtiques, car, désignant le bois et pen désignant la tête, car le bois de charme servait à fabriquer les jougs. Lorsque nos jeux remuants insupportaient mon aïeule, celle-ci se laissait aller à utiliser le breton et nous traitait de torr-pen (casse-tête).

Le 1er avril 1856, naissance de Charles MAURIN au Puy (Auvergne). Peintre graveur et anarchiste, il mérite une petite place dans notre galerie de portraits et d’auto-portraits comme celui que l’on voit ici à gauche. En 1875, il obtient le Prix Crozatier qui lui permet de venir à MaurinParis étudier aux Beaux-Arts puis à l’Académie Julian (où il enseignera ensuite). Il expose au « Salon des Artistes Français » et devient membre de la Société en 1883. Ami de Toulouse-Lautrec, ce dernier fera sa première exposition particulière avec lui en 1893. Il puise son inspiration des artistes japonais, révolutionne la technique de l’eau-forte, et réalise également des bois-gravés. Il collabore à « La Revue Blanche » dirigée par Fénéon et initie Félix Vallotton à la gravure et à l’anarchisme.Il meurt à Grasse, le 22 juillet 1914.
 
C‘est lui qui a réalisé le bois gravé de Ravachol que l’on voit ici à droite, le torse nu, entre les montants de la guillotine. Maurin met parfois ravacholla perfection de son dessin au service de l’idée et cela explique qu’un tel artiste ait pu à la fois fréquenter les milieux anarchistes et exposer au Salon de la Rose+Croix en 1892. Sa virtuosité atteint un sommet dans le fameux triptyque de l’Aurore, exposé au salon de la Rose+Croix et dont on a souvent raillé la présence dans cette exposition. La fascination du peintre pour l’enfance, dont la pureté serait à ses yeux un antidote à la laifillette Maurindeur sociale d’un monde qu’il réprouve, se trouve amplement illustrée ; on ne peut certes qu’être charmé par ces images gracieuses tant peintes que gravées, mais il faut aller au-delà de l’amabilité du sujet pour reconnaître en Maurin un artiste solide. La fillette à la poupée que l’on voit ici à gauche est visible au musée d’Orsay. Enfin, le tableau, pas la fillette, gros dégoutants ! Maurin fait partie de ces anarchistes qui étaient plus habiles au maniement du pinceau que de la bombinette et c’est fort heureux pour nous.

Voila pour cet april fool’s day, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Saint Louis blues…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de l’Amérique profonde et du beurre de cacahuète réunis, bonjour ! Nous sommes le Mardi 28 mars 2017, huitième jour de Germinal, dédié à la jonquille dans le calendrier républicain, mais en réalité pour les pataphysiciens, le Vendredi 6 Clinamen 144 – St Ganymède, professionnel. Puisque ce 28 mars correspond au 8è jour de germinal et qu’il est dédié aux jonquilles, célébrons le printemps en rendant un petit hommage à celui qui s’est autoproclamé « le père du blues ».

William Christopher HANDY.

Il est le créateur des célèbres Memphis blues et Saint Louis blues que l’on entend ici sur cette vidéo qui gratte comme un vieux bourbon. Il est décédé un 28 mars ce qui me donne l’occasion d’en dire quelques scaleImagemots. Il était né dans l’Alabama, d’esclaves affranchis dit-on, et son père était pasteur. Comme beaucoup de bluesmen c’est dans l’église qu’il fit ses premiers pas de chanteur et de musicien. Copropriétaire d’une maison d’édition musicale à Memphis au début du XXè siècle, il a surtout eu l’idée de transcrire en partitions les blues qu’il entendait dans les quartiers noirs populaires et de les publier sous son nom. Ce rôle de diffuseur n’est pas à négliger même si sa légende dépasse la réalité. En 1958, un film s’empare de sa vie et son rôle est tenu par Nat King Cole lui même.

La publication en 1912 de la partition de Memphis Blues introduit son style de blues en douze mesures dans de nombreux foyers. En mêWilliam Christopherme temps, on le cite comme ayant inspiré l’invention du pas de danse Fox Trot par Vernon et Irene Castle, un groupe de danse de New-York. Cette chanson est également considérée par beaucoup comme la toute première chanson de blues. La ville de Memphis , berceau du blues, a immortalisé Handy en donnant son nom à un parc et en lui érigeant une statue (que l’on voit ici à droite) en 1980 ainsi qu’en décernant chaque année les W.C. Handy awards du blues. Bien que lui même ait très peu enregistré, ses blues sont devenus des standards. Allez, on l’ajoute sans remords à notre galerie de portraits.(Il semblerait qu’au singulier comme au pluriel, on mette toujours un « S » à remords… Je n’en suis pas sûr.) Sources: La grande encyclopédie du blues de Gérard Herzhaft.

Allez, merci de vos fréquentes visites, portez vous bien et à demain peut-être.

Pinetop Boogie Woogie…

Posté par erwandekeramoal dans JAZZ, PORTRAIT

 

 

Amis du sous-marin jaune et du tea for two réunis, bonjour! Nous sommes le Mardi 21 mars 2017, premier jour de germinal dédié évidemment à la primevère… Il est possible que vous rencontriez un pataphysicien qui vous affirme que le 21 Mars 2017 est en réalité le Vendredi 27 Pédale 144 St VALENS, FRÈRE ONIRIQUE; ne le contrariez pas.

C‘est bien connu, Il ne faut rien refuser au lecteur. «Bientôt le 21 mars. Tu nous fais un hommage à Pinetop Perkins?» Zap pow.

OK, allons y. Né le 7 juillet 1913 dans une famille de métayers des environs de Belzoni, dans le Mississippi, Joe Willie Perkins, dit Pinetop Perkins, commence très jeune à s’occuper des travaux de la ferme. Mais c’est aussi très tôt qu’il nourrit un vif intérêt pour la musique. Guitariste de formation, il va cependant devoir abandonner son Pinetop Dinstrument de prédilection pour s’orienter vers le piano en raison d’une blessure au bras gauche occasionnée lors d’une rixe. Son surnom est un emprunt à Clarence « Pinetop » Smith artiste du Boogie-Woogie (Smith est mort jeune. Tué par une balle perdue au cours d’une bagarre). Le surnom de Pinetop devait le suivre parce que les gens l’identifiaient à cette chanson, qu’il jouait souvent à la demande générale.

C’est en 1970 que Perkins a remplacé Otis Spann dans l’orchestre de Muddy Waters. Anonyme jusqu’alors, Joe Willie Pinetop Perkins n’était pas resté inactif si l’on en croit les propos de Gérard Herzhaft dans son encyclopédie du Blues: Il a appris le piano avec des musiciens locaux et en écoutant les disques de Leroy Carr, Roosevelt Sykes et les pianistes perkinsdu boogie-woogie. Dans les années 30 il va hanté les juke-joints du Mississippi et de l’Arkansas en compagnie de Sonny Boy Williamson, robert Jr Lockwood ou Nighthawk. Avec eux, il va devenir pianiste du king Biscuit Time (célèbre programme de radio Helena) entre 43 et 48. Après un rapide passage à Chicago, il s’en retourne dans le Sud et va jouer à Memphis avec Ike Turner et Boyd Gilmore entre autres. Ce n’est qu’à la fin des années 60 qu’il répondra à l’appel de Earl Hooker et reviendra à Chicago; quelques mois plus tard il sera au sein de l’orchestre de Muddy Waters où il restera jusqu’en 1981. Très vite il acquiert une dimension légendaire, celle d’un des derniers pianistes à véhiculer la tradition des tripots sudistes.

On disait de lui qu’il n’était ni un très bon chanteur ni un grand pianiste et pourtant il va devenir la coqueluche des festivals en Amérique mais aussi en Europe et même au Japon. Avec d’autres musiciens, ils vont pinetop 1quitter Muddy Waters pour former le Legendary Blues Band qui  continue à tourner aujourd’hui. Pinetop est décédé un 21 Mars en 2011, il avait 97 ans. On se souviendra de sa courte apparition dans le film de John landis, The blues brothers. Un mois après être devenu, à 97 ans, le doyen des récipiendaires d’un Grammy Award, récompense attribuée pour son dernier album Joined at the Hip (Meilleur album de blues traditionnel) enregistré avec un de ses vieux complices de blues, Willie ‘Big Eyes’ Smith,  « Il est allé faire une sieste et ne s’est pas réveillé », a déclaré Patricia Morgan, son manager.

Mission accomplie, maintenant, portez vous bien et à bientôt peut-être.