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Le blues d’Elmore James…

Posté par erwandekeramoal dans JAZZ, PORTRAIT

Amis de l’Hermétisme et du chocolat Poulain réunis,Colvert bonjour ! Nous sommes le Mercredi 24 mai 2017, cinquième jour de prairialles enfants nantais dédié au canard. Dois-je vous rappeler que le 24 Mai 2017 est en réalité le Samedi 7 Merdre 144 Nativité de M. Plume, propriétaire selon le calendrier de pataphysique. Alors que par ici, certains vont célébrer Donatian & Rogatian, martyrs suppliciés sous l’empereur Maximien à Nantes, vers 288-290, pour n’avoir pas voulu renier leur foi, ils sont appelés les enfants nantais. On attribue au duc de Bretagne, Jean 4, la fondation d’une église de Saint-Donatien et de Saint-Rogatien, au faubourg de Saint-Clément de la ville de Nantes, et l’établissement de 6 chanoines pour y faire le service; mais on se trompe : cette fondation est du duc Jean 3, qui la fit en 1325. Avouez que ça change tout…

L’homme du jour s’appelle Elmore James, il est né à Richland, Mississippi, un 27 janvier en 1918 et a définitivement cessé de jouer de la guitare le 24 mai 1963 à Chicago. Né sur une petite plantation il  partage son temps entre le travail des champs et les juke-joints du James-297x300-gaucheDelta où il joue en compagnie de Robert Johnson et surtout Sonny Boy Williamson. Sa façon de jouer avec une espèce de rage et de chanter d’une voix presque éraillée, en fait une des sonorités les plus excitantes de l’histoire du blues. Il a gravé son premier disque, Dust my broom, sur le petit label Trumpet et rencontré un succès immédiat. A partir de ce moment il va enregistrer massivement, une œuvre un peu chaotique dont beaucoup de morceaux tournés vers le Rythm & Blues des années 50 avec cuivres et la présence de Ike Turner.

A partir de la fin des années cinquante sa popularité est en baisse et c’est le producteur Bobby Robinson qui va le remettre en selle. Il en restera une œuvre magnifique, moderne, sensuelle et agressive avec James-droitedes compositions extraordinaires comme Shy is crying ou Every day i have the blues, (ici en vidéo) cette dernière prend place parmi les plus grands moments du blues d’après-guerre. Il est décédé d’une crise cardiaque alors qu’il préparait une tournée européenne. Je crois savoir que son fils, Elmore James Jr a repris le flambeau. Sources: la grande encyclopédie du blues de Gérard Herzaft chez Fayard.

Allez, c’est vraiment très sympa à vous de passer par ici de temps en temps. Portez vous bien et, à demain peut-être.

All that meat and no potatoes…

Posté par erwandekeramoal dans JAZZ, PORTRAIT

Amis du bas de laine et de l’armoire normande réunis, bonjour ! Nous sommes le Dimanche 21 Mai 2017 et, mon p’tit calendrier républicainHémérocalle m’indique que le 21 mai, deuxième jour de prairial, est généralement dédié à l’hémérocalle… Avouez que c’est une chance, Fabre d’Eglantine, l’un des inspirateurs, aurait pu choisir le pissenlit ou le coquelicot et bien non; le choix s’est porté sur l’hémérocalle mais je serai bien ennuyé s’il fallait vous dire pourquoi. Outre le fait qu’il s’agit d’une très jolie fleur et que certains cuisiniers téméraires la mélangent à leurs salades, je n’ai pas la moindre idée de ce qui a présidé à un tel choix. A la vérité, il me manquait une dizaine de lignes pour compléter ce billet, voilà qui est chose faite.

Les cénobites tranquilles ne pouvaient passer sous silence le jour anniversaire de la naissance de Fats Waller l’un des plus grands pianistes de jazz que la Virginie est connu. Thomas Wright Waller naît le 21 mai 1904 dans le quartier de  Harlem à New York (États-Unis). Son père, le prêcheur baptiste Edward Waller, lui enseigne dans sa Waller Gjeunesse, dès six ans, quelques rudiments d’orgue à l’église et de piano à la maison. Il pense alors faire du garçon son successeur à la chaire dominicale. Mais, Fats préfère le swing des pianos bars à celui du gospel. Tout en jouant avec un sens du swing et une dextérité incroyable, « Fats » Waller régale le public de ses histoires ; ses performances qui le distinguent des autres pianistes attirent les foules qui le considèrent davantage comme un amuseur que le musicien surdoué qu’il est vraiment. Ecoutez « All That Meat And No Potatoes ». Boulimique de la vie (enregistrements, tournées, bouffe, boisson), Thomas « Fats » Waller est au fond de lui désabusé de n’être pas pris au sérieux et de ne pas être considéré comme un vrai jazzman. La tournée californienne de 1943 est la dernière.

Tombé malade durant un concert au club Zanzibar Room à Hollywood, le pianiste meurt d’une pneumonie dans le train qui le ramène de Santa Fé à New York, en gare de Kansas City, le15 décembre 1943. On fats-waller-al-capone-fb-shareraconte qu’un jour, Fats Waller fut kidnappé par quatre  gangsters sous la menace de leurs armes et jeté dans une limousine. Étant noir et ses ravisseurs blancs, Fats était terrorisé. On l’emmena à une réception où on le fit s’asseoir au piano. Fats Waller était le cadeau d’anniversaire fait à Al Capone par ses hommes. Capone lui servit du champagne et remplissait ses poches de billets à chaque fois qu’il lui jouait un air à sa demande. Fats rentra chez lui au bout de 3 jours avec une gueule de bois et les poches remplies de billets… Quelle époque madame Michu!

Allez, merci de votre visite, portez vous bien et à demain peut-être.

Louise, André, Maria et les autres…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis du matérialisme historique et du cachou Lajaunie réunis, bonjour ! Nous sommes le Samedi 20 Mai 2017, premier jour de Prairial dédié à la luzerne. Le mois de prairial était le neuvième mois du calendrier républicain français. Il correspondait, à quelques jours près (selon l’année), à la période allant du 20 mai au 18 juin du calendrier Prairial-190x300grégorien. Il tirait son nom « de la fécondité riante & de la récolte des prairies de mai en juin », selon les termes du rapport présenté à la Convention nationale le 3 brumaire an II (24 octobre 1793) par Fabre d’Églantine, au nom de la « commission chargée de la confection du calendrier ». Quel poète ce Fabre… Et c’est donc le jour de la luzerne, nommée aussi le sainfoin (celui là n’aura pas sa statue à Carnoët) très appréciée par nos amis les bêtes, il parait que c’est plein de protéine et de carotène. Par ailleurs, un ami écolo me demande de préciser que la luzerne déshydratée remplace avantageusement les tourteaux de soja importés et aux origines douteuses (OGM), voila, j’ai fait ma b.a.

Le 20 mai 1900, mort d’André LEO (pseudonyme de Léodile BERA, veuve CHAMPSEIX), à St-Maurice. Ecrivaine, journaliste, militante féministe, membre de l’Internationale et bien sûr, communarde. Elle naît le 18 août 1824, à Lusignan (dép. de la Vienne) dans un milieu bourgeois. Vers 1849, elle se lie avec Grégoire Champseix, un brillant journaliste qui, condamné à plusieurs mois de prison en 1849, vit enAndré Léo exil en Suisse. Le mariage a lieu à Lausanne en 1851 et en 1853 Léodile donne naissance à des jumeaux : André et Léo. C’est vers1860 qu’elle commence sa carrière littéraire avec son roman « La vieille fille » puis « Un mariage scandaleux » qu’elle auto-éditera à Paris. Après la mort de son mari le 4 décembre 1863, elle s’engage plus avant dans la littérature et la lutte sociale, éducative et féministe. En 1868, elle intervient aux côtés de Paule Mink pour défendre la condition féminine dans les assemblées ouvrières, rencontre Benoît Malon avec qui elle va vivre à partir de 1872, en union libre, et adhère à « Ligue de la Paix et de la Liberté ».

Très liée à Noémie Reclus, c’est chez elle, en 1869, qu’est créée la « Société (mixte) de revendication des droits de la femme ». En compagnie de Maria Deraisme, créatrice de l’ordre maçonnique « Le droit Humain ». En mai 1870, elle soutient Malon emprisonné à Mazas et, le 4 septembre, elle est dans la rue avec Louise Michel lorsque la République est proclamée. Elle s’occupe ensuite de l’aide aux déshérités, notamment les femmes, puis devient début 1871 rédactrice le droit humainà « La République des travailleurs », organe de l’Internationale. Elle rentre à Paris début avril pour prendre part à la Commune. Elle collabore à divers journaux, en particulier au « Cri du peuple ». Après son appel « Au Travailleur des campagnes » puis « Toutes avec tous », où elle tente de faire accepter les femmes parmi les révolutionnaires, elle s’investit dans divers Comités de vigilance d’arrondissements puis à la Commission organisant l’enseignement dans les écoles de filles aux côtés notamment de Noémie Reclus et d’Anna Jaclard. Après la semaine sanglante, elle parvient à quitter la France et à rejoindre Malon en Suisse. Par testament, elle lèguera une petite rente à la première commune de France qui voudra tenter une expérience collectiviste.

Allez, le bonjour vous va; portez vous bien, à bientôt peut-être et, vive le p’tit commerce…

La carpe et le lapin…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de la marine à voile et des pommes vapeur réunies, bonjour ! Nous sommeles-carpess le Dimanche 14 mai 2017, 25è jour de floréal, et nous célébrons la carpe puisque les républicains lui ont dédié ce jour dans leur calendrier. Selon une légende, les carpes du fleuve jaune, après avoir remonté le fleuve, s’envoleraient vers le ciel en se transformant en dragons. Cette légende serait à l’origine des koinobori, qui représentent plus généralement la force et la persévérance des carpes qui remontent à contre-courant les rivières et cascades. Les Koinobori, qui signifie, comme chacun le sait, « banderole de carpe » en japonais sont des manches à air hissées au Japon pour célébrer le Kodomo no hi (jour des enfants)..

Le 14 mai 2001, mort d’un Gascon, Roger BOUSSINOT, à Bassanne (Gironde). Humaniste libertaire, écrivain, scénariste, et historien du cinéma. Fils de l’instituteur anarchiste Charles Boussinot, il était né le 2 mai 1921, à Tunis (où son père s’était réfugié durant la guerre de 1914-18). Après des études à Bordeaux et Paris, le passionné du grand écran devient journaliste, spécialiste du cinéma et le fondateur en 1946 de la revue « L’Ecran français ». Ecrivain de talent, il est l’auteur d’une vingtaine de romans dont certains seront adaptés au cinéma où à laviolons du bal télévision, pour n’en citer que quelques-uns: « Les Guichets du Louvre » (qui relate la rafle des juifs au « Vel d’hiv ») sera en son temps censuré, « Le Treizième Caprice » (1962), « Les Violons du bal » (1973), « Vie et mort de Jean Chalosse, moutonnier des Landes »(1976), « Marie-Jeanne des Bernis »(1978), « Les enfants dans les arbres »(porté à l’écran en 1994) etc. Admirateur de Diderot et historien érudit, il publie en 1967 une « Encyclopédie du cinéma » suivie par un « Dictionnaire des synonymes, analogies et antonymes » et d’un petit abécédaire : « Les Mots de l’Anarchie »(1982). Libertaire de cœur, mais aussi proche de certains communistes, il exerce la fonction de Maire de la commune de Pondaurat (en Gironde), de 1977 à 1995, où il tentera de faire partager sa passion du culturel au monde rural. En 1992, il sera également candidat aux élections régionales, sur une liste écologiste.

Bon, ben voilà, l’eurovision entre aujourd’hui à l’Elysée mais pas par le pont de l’Alma… Et comme le disait Lao Tseu: oui, c’est vrai, Omar m’a tué mais Emmanuel Macron ! Ah ce cénobite, il vendrait sa mère pour un mauvais calembour. Merci de votre visite, portez vous bien et vive le p’tit commerce.

♪ Le Blues du bégayeur ♪

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de la peinture à l’huile et du pastis à l’eau réunis, bonjour ! Nous sommes le Mardi 09 Mai 2017, vingtième jour de Floréal dédié au sarcloir.

Dick Annegarn est né à La Haye le 9 mai 1952, J’avais envie de lui souhaiter un joyeux anniversaire en compagnie de « Mireille ». c’est un auteur-compositeur-interprète néerlandais, auteur de chansons en français, mais aussi en anglais, et parfois en néerlandais. Dick Annegarn est né aux Pays-Bas, mais sa jeunesse s’est déroulée pour l’essentiel à Bruxelles, ville dont il est citoyen d’honneur. Après avoir appris la guitare en autodidacte, en écoutant des disques folks et blues américains, il s’installa à Paris en 1972, où il enregistra en décembre 1973 son premier disque, lequel rencontra un succès public immédiat avec des chansons comme Ubu, Bruxelles, Sacré géranium… Deux autres Dicksuivront, avec un autre grand succès, Mireille, et de nombreuses tournées. Mais le chanteur se lasse vite de ce rôle et choisit assez rapidement la voie « underground », vivant sur une péniche, participant à la vie associative de la banlieue parisienne, mais n’en continuant pas moins à enregistrer, par exemple cet album en public Ferraillages en 1979 (dont il partage l’affiche avec le bluesman légendaire Robert Pete Williams), ou Frères en 1985, l’un des quatre joyaux de sa collaboration avec le saxophoniste Jean Avocat et l’accordéoniste Richard Galliano. En 2006, le disque Le Grand Dîner, sous-titré Tribute à Dick Annegarn, réunit des artistes comme Alain Souchon, Alain Bashung, Arno Hintjens, Louis Chedid, -M-, Mathieu Boogaerts, Bertrand Belin ou encore Bénabar, chacun reprenant des chansons de Dick en hommage à sa carrière de plus de 30 ans. En 2010, il apparaît dans Mammuth, film de Benoît Delépine et Gustave de Kervern, aux côtés de Gérard Depardieu et d’Isabelle Adjani.

Et voilà qui nous change des turpitudes Elyséennes et des devinettes sur le profil du prochain premier ministre. Tant qu’à consulter les oracles, j’ai demandé son avis à madame Michu. Pour elle ce sera DSK ! Etonnant, non. Allez, portez vous bien, à bientôt peut-être et, vive le p’tit commerce.

Un pacte avec le diable…

Posté par erwandekeramoal dans JAZZ, PORTRAIT

Amis du Delta blues et de l’endive braisée réunis, bonjour ! En ce Lundi 08 mai 2017, dix neuvième jour de Floréal surnommé jour de l’arroche (encore nommée le faux épinard), plutôt que de fêter l’armistice de 1945 qui n’en fut pas un, mais une reddition des armées allemandes. Plutôt que de fêter l’accession au arrochepouvoir de Macron 1er (le pacte avec le diable). Plutôt que de caresser dans le sens du poil les nationalistes et patriotes de tout poil en saluant Jeanne d’Arc: C’est en effet le 8 mai 1429 qu’une armée, menée par Jeanne d’Arc, est parvenue à délivrer la ville d’Orléans, assiégée par les Anglais. Pourquoi ne pas commémorer les massacres de Sétif, Guelma et Kherrata, dans une Algérie alors colonisée par la France.

Pour ma part, j’ai choisi de marquer au feutre vert la naissance d’un des plus grands bluesmen que le Mississippi ait connu: Robert JOHNSON. Son œuvre quoique mince a laissé un nombre considérable de classiques du blues. Né dans Robertle Delta il s’est très tôt intéressé à la musique, notamment l’harmonica avant d’opter pour la guitare. Sa rencontre avec Willie Brown le décide à faire de la musique son gagne-pain. Il parcourt le Delta, joue ici et là pour quelques dollars. Sa vie chaotique est celle d’un grand buveur, coureur de femmes qui s’attire sans cesse un tas de problèmes. Cette personnalité se reflète dans des compositions sombres, dramatiques, pleines d’images hallucinantes.

La légende veut que sa virtuosité vienne d’un pacte avec le diable. un soir très sombre alors qu’il se promenait dans les alentours de Clarksdale dans le Mississippi, il se perdit à un carrefour (crossroads). Alors qu’il commençait à s’endormir une brise fraîche le réveilla. Il vit Robert-Jonhson-Crumbau-dessus de lui une ombre immense avec un long chapeau. Effrayé, ne pouvant dévisager cette apparition Johnson resta comme paralysé. Sans un mot l’apparition se pencha, prit sa guitare, l’accorda, joua quelques notes divines, ou diaboliques, avant de lui rendre l’instrument et de disparaître dans le vent noir du Sud. Il est mort, empoisonné dit-on, dans un bouge du Mississippi du côté de Greenwood. Son blues, torturé, rempli de référence au démon, sera repris par d’innombrables musiciens comme Muddy Waters mais aussi, plus tard, les Rolling stones, Jimi Hendrix, Bob Dylan et Eric Clapton entre autres. Un grand à n’en point douter.

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

I feel so good…

Posté par erwandekeramoal dans JAZZ, PORTRAIT

Amis de la basse-Bretagne et de l’artichaut vinaigrette réunis, bonjour ! Nous sommes le Samedi 29 Avril 2017 qui correspond au 10è jour de Besné-44-Chapelle-St-Second1floréal dans le calendrier républicain, jour dédié au râteau. Mon secrétariat me prie de vous rappeler que c’est la fête aux Sekondell, originaire de Nantes au 6e siècle, disciple de Friard, ermites tous deux près de Besné (44). Saviez vous que Besné vient du breton « bez-enez » (l’île du tombeau). Ici, la chapelle St-Sekondell à Besné. Loire-Atlantique en Bretagne comme dit l’autre…

Oyez l’histoire de J.B. Lenoir, né à Tilton (Mississippi) le 5 mars 1929 et mort à Champaign (Illinois) le 29 avril 1967, c’est un bluesman américain comme je les aime et comme j’aime à vous les faire découvrir, guitariste, chanteur et compositeur. Nommé J.B. par ses parents (ces initiales ne signifient rien en particulier. Pour les non-initiés encore moins, pour les autres elles ont une signification particulière et JB Lenoirdésignent des colonnes du temple mais je doute que ce soit cela qui ait guidé les parents), Lenoir commence à jouer très tôt. Il laboure dans la journée puis joue de la guitare le soir, en apprenant un peu de tout. Dans les années 1940, il travaille avec Sonny Boy Williamson et Elmore James à la Nouvelle Orléans. En 1949, il déménage à Chicago et commence à jouer dans des clubs avec Memphis Minnie, Big Maceo et Muddy Waters. Dans les années 1950, Lenoir enregistre plusieurs chansons sur différents labels. À cette époque, on le connaît surtout pour ses costumes rayés, sa voix féminisée et pour son jeu à la guitare électrique.

Lenoir avait la réputation d’être exceptionnellement amical et doux. Il se prit d’amitié et encouragea de nombreux jeunes artistes de blues, noirs et blancs. Certains disaient même qu’il ressemblait à Martin rayureLuther King car ils avaient beaucoup de points communs, dont le fait d’être père et d’avoir eu une fin tragique. Il n’aura pas vécu assez longtemps pour nous dévoiler toute l’étendue de son talent. En effet, Lenoir, à 38 ans, s’éteint le 29 avril 1967 chez lui à Champaign, à la suite d’une hémorragie interne. Cette dernière fait suite à un accident de voiture dans lequel il était impliqué trois semaines plus tôt, l’hôpital n’ayant pas pris au sérieux ses blessures. On lui doit entre-autres: I feel so good que j’ai posté en vidéo, et qui fut repris par James Brown, Alabama, My name is JB LENOIR…

Le documentaire The Soul of a Man (2003) de Wim Wenders, qui fait partie de la série , a Musical Journey de Martin Scorsese, est consacré en partie à ce bluesman. En fait, la chanson de John Mayall marqua tellement Wim Wenders, étudiant en cinéma à l’époque, qu’il se demanda qui était J.B. Lenoir. Puis Wim Wenders devient réalissoul of a manateur et rencontre plusieurs fans de Lenoir. Cependant, ils ne trouvent aucun document filmé sur lui. Mais un jour, on découvre des images inédites de Lenoir tournées au début des années 1960 par deux étudiants (allemand et suédois) en art à Chicago. En 2002, Wim Wenders rend visite à ces deux anciens étudiants, le couple Seaberg, désormais marié. Ces derniers croient rêver : leurs images étaient restées sur une étagère sans que personne ne les ait jamais vues pendant 35 ans. Ils avaient perdu espoir que le monde (et particulièrement la Suède où ils avaient proposé leur film) s’intéresse à leur musicien préféré, qui était aussi leur ami proche.

Allez, merci d’être passé, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Le roi du swing…

Posté par erwandekeramoal dans JAZZ, PORTRAIT

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Amis du calembour et de l’œuf mimosa réunis, bonjour ! Nous sommes le Mercredi 26 Avril 2017, septième jour de Floréal dédié au muguet.

Le 26 Avril 1984 décédait à Hollywood,William James Basie à l’âge de 84 ans. Connu sous le nom dCount Basie 1e « Count Basie » il naît le 21 août 1904 à Red Bank, New Jersey. Enfant, il découvre le piano par sa mère qui lui  donne ses premières leçons. Il développe son sens de l’improvisation au Palace Théâtre ou il accompagne des films muets. En 1924, il déménage à Harlem et intègre l’un des premiers orchestres de Duke Ellington. Entre 1925 et 1927, il accompagne les chanteuses de blues Katie Krippen et Gonzelle White avec le Théâtre Owners Booking Association. Il profite de cette expérience pour montrer ses talents de pianiste dans des villes comme La Nouvelle Orléans, Chicago et Saint Louis.

En 1929, Basie est invité à rejoindre les Blue Devils fondé par Bennie Moten à Kansas City. Fâché avec ses comparses, Bennie Moten se voit contraint de quitter l’orchestre. Basie qui était pianiste et arrangeur le remplace en tant que chef d’orchestre. C’est à cette période qu’il count-basie-04prendra le surnom de « Count ». L’aventure ne dure pas très longtemps et Basie décide de rejoindre Bennie Moten avec qui il jouera jusqu’en 1935, date de décès de Bennie Moten. Basie rebondit en montant son propre groupe qu’il baptise Count Basie and his barons of rhythm. L’orchestre remporte un succès phénoménal. Il doit cette notoriété montante à la présence de grands talents comme Lester Young (saxophone), Harry Edison (trompette) ou Freddie Green (guitare) que Basie a su repérer.

L’ensemble ne cesse de prendre de l’ampleur et devient l’un des big band les plus reconnus dans le monde du jazz avec celui de Duke Ellington. Dans les années 50, le jazz a le vent en poupe en Europe. Count Basie et son groupe se produisent dans le monde entier. Ils multiplient les collaborations avec de grands chanteurs comme Frank 6003913_Count_Basie_-_watercolours_60x40_cmSinatra, Ella Fitzgerald et Tony Bennett. Coiffé d’une casquette de la marine, Count Basie dirige son orchestre tel un capitaine de navire. Il attache une grande importante au swing en privilégiant des grandes sections de cuivre et en mettant l’accent sur des arrangements rythmiques riches. Avec de nombreux Grammy Awards en poche dans la catégorie « Meilleure performance jazz », Count Basie est reconnu comme étant l’un des meilleurs musiciens de jazz du début du 20ème siècle. Il meurt en 1984 des suites d’un cancer à Hollywood en Floride. (dessin de Stéfano Davidson)

Bon, c’est pas tout, le mercredi j’ai piscine; allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Entends tu les clochettes tintinnabuler…

Posté par erwandekeramoal dans JAZZ, PORTRAIT

Amis du swing éternel et de la soupe à l’oseille réunis, bonjour ! Nous sommes le Jeudi 20 Avril 2017, premier jour de Floréal dédié à la rose. Hier au soir, à la fraîche, j’écoutais sur Radio Neptune, un enregistrement de Lionel Hampton datant du début des années cinquante. Du coup, ce matin, je ne peux faire autrement qu’évoquer ce musicien flamboyant au swing incomparable et qui a su donner au vibraphone ses lettres de noblesse et qui a eu la bonne idée de venir au monde un 20 avril. Cher lecteur, entends-tu les clochettes tintinnabuler ? Cela s’appelle Flying Home et c’est daté de 1957.

Lionel HAMPTON, surnommé  «Hamp» , joue un rôle éminent dans l’histoire du jazz. Il est né à Louisville, Kentucky, le 20 avril 1908. Lionel est entré dans la légende grâce à ses interprétations d’une Lionel-Hampton-face-227x300virtuosité époustouflante. En 1936 il se fait engager dans le quartette du célèbre clarinettiste Benny Goodman, entouré des meilleurs jazzmen de l’époque tels Duke Ellington ou Count Basie. Sa carrière explose en 1940 il fonde sa propre formation qui connaît un succès immédiat et devient un des plus célèbres big band de l’époque, où se produisent des héros du jazz tels Quincy Jones, Art Farmer, Dexter Gordon et Charles Mingus.

En 1992, alors âgé de 83 ans, il donne un show à Bobino au cours duquel il est atteint d’une attaque cardiaque. Emmené sur une civière, il hurle à ses musiciens de continuer à jouer… « Je ne peux pas décrocher…  » dit Hamp qui continue à swinguer à travers la planète jazz. Retour en France du jeune homme de 90 ans en avril 1999, avec une série de concerts à l’hôtel Méridien. Car Hamp aime profondément la France où il a d’ailleurs créé le Jazz Club Lionel Hampton à Paris. Lionel-1«Dans votre pays, j’ai été intronisé par la Confrérie du cassoulet… Ça ne s’oublie pas.» D’ailleurs n’a-t-il pas composé un succulent  Cassoulet Blues ? Car   Hamp est aussi glouton de bonne chère que de rythmes endiablés… Virtuose inégalable du swing à outrance qu’il manie avec des techniques insensées, il est aussi l’un des pionniers du rock and roll avec certains de ses tubes comme  Hey-ba-be-re-bop. Mais HAMPTON n’est pas seulement un jazzman génialement exubérant. C’est avant tout un artiste conscient de ses responsabilités, créateur d’une fondation destinée à la construction d’immeubles dans Harlem. C’est aussi le premier jazzman noir à avoir intégré le quartette non racial de Benny Goodman. Car Hamp s’est engagé courageusement contre la ségrégation et a défendu Nelson MANDELA et Malcolm X :  «J’ai toujours eu de l’amour pour ces hommes qui ont combattu pour la liberté. Nous nous devions de les soutenir.»

Allez, merci à vous pour la visite, portez vous bien et à demain peut-être.

Denmark: twelve points…

Posté par erwandekeramoal dans JAZZ, PORTRAIT

Amis de la peinture à l’eau et de la sardine à l’huile réunies, bonjour ! Nous sommes le Mercredi 19 avril 2017, trentième et dernier jour de Germinal dédié au greffoir.tapisserie En effet nous allons entrer dans Floréal qui devrait permettre aux jardins de Keramoal de se parer de toutes ses couleurs. Déjà, le cerisier du Japon en rosit de bonheur, les camellias avaient pris de l’avance et les « roz-kaouled » (hortensias en bas breton) s’apprêtent à ceinturer le parc de leur bleu Iroise. Le forsythia apporte son flamboyant jaune d’or au milieu d’une pelouse fraichement tondue et toutes les petites primevères, pensées, jonquilles et autres dont j’ignore le nom offrent au regard du visiteur une vision enchanteresse comme ces tapisseries « millefleurs » qui firent le renom des ateliers d’Aubusson. Ici, la licorne captive symbole de la pureté prisonnière du temps… Les initiés sauront y reconnaitre nombre de symboles très prisés en cette période médiévale.

J‘ai souvent évoqué ici les bluesmen que j’aime, ils sont souvent noirs, issus du Mississippi ou du Kentucky et ont fait leurs classes dans les clubs de jazz de Chicago. Celui-ci a un nom imprononçable et un talent immense mais il est né de ce côté ci de l’Atlantique, tout là haut dans ce beau pays du Danemark. Niels-Henning Ørsted Pedersen, jazzm220px-NHØPan et contrebassiste danois est né le 27 mai 1946 à Osted, sur l’île de Zélande au Danemark. Il est décédé le 19 avril 2005 à Copenhague d’une crise cardiaque. Réputé pour sa technique impressionnante, son approche instrumentale peut être considérée comme une prolongation du travail innovateur de Scott LaFaro. Pedersen, le « grand Danois avec un nom interminable », était plus simplement connu sous l’acronyme de NHØP parmi les fans de jazz. Enfant, Pedersen commence par apprendre le piano. À l’adolescence, il se tourne vers la contrebasse. Dès l’âge de 14 ans, tout en poursuivant ses études, il entame une carrière professionnelle de musicien de jazz et fonde son premier groupe, Jazzkvintet 60. À 17 ans, il se produit au sein l’orchestre de Count Basie, excusez du peu.

https://youtu.be/raqM3A4YCVw

Pendant les années soixante, Pedersen se produit aux côtés de jazzmen américains importants en tournées au Danemark: Chet Baker, Bill Evans, Brew Moore, Bud Powell, Count Basie, Dexter Gordon, Dizzy Niels & OscarGillespie, Oscar Peterson, Sonny Rollins, Miles Davis et la chanteuse Ella Fitzgerald, que du beau monde. La vidéo le montre en compagnie de Dizzie et Oscar Peterson… Dans les années 1970, il joue en duo avec le pianiste Kenny Drew, puis fait une tournée avec le trio de Oscar Peterson (photo de gauche) dans toute l’Europe ainsi qu’en Amérique du Nord. Ensemble, ils ont enregistré plus de 50 albums. Il a également travaillé avec le violoniste français Stéphane Grappelli et le pianiste catalan Tete Montoliu. Pedersen est resté un musicien très actif jusqu’à sa mort soudaine à Copenhague en 2005 à l’âge de 58 ans.

Allez, merci encore d’être passé par ici; portez vous bien et à bientôt peut-être.