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Les pionnières…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de l’encyclopédie et du kebab d’agneau réunis, bonjour ! Nous sommes le Vendredi 23 Mars 2018. Le 23 mars, troisième jour de Germinal dans le calendrier républicain, était dédié à l’asperge ce qui, bien entendu n’a rien à voir avec ce qui va suivre.

Vous ai-je déjà parlé de Julia Bertrand.

Institutrice, militante anarchiste, antimilitariste, féministe et libre penseuse. Elle était née le 14 février 1877 dans les Vosges. Elle fut juliadéléguée au congrès International des libres penseurs, tenu à Paris, du 3 au 7 septembre 1905. Elle collabora au journal féministe « La Femme affranchie », puis au journal « La Vrille » publié à Épinal par l’anarchiste Victor Loquier. Inscrite au « Carnet B », fichier des antimilitaristes, elle est arrêtée le 21 août 1914 et envoyée dans un camp. Suite à une campagne de protestation, elle est libérée le 18 février 1915, mais révoquée de l’enseignement. Elle part alors exercer à « La Ruche » de Sébastien Faure dont je vous ai entretenu à plusieurs reprises, jusqu’à sa fermeture en novembre 1917. La photo ci-dessous présente l’équipe de La ruche.

Julia n’est réintégrée dans l’enseignement qu’en 1925. Elle participe à la presse anarchiste de l’époque « L’en dehors », « l’Idée libre » « Le Libertaire », etc. En 1944, son logement à Noisy-le-sec région parisienne, est détruit par les bola-ruchembardements alliés. « Je ne croirai jamais que c’est un crime d’aimer une doctrine de laquelle s’honorent d’honnêtes savants, de sincères grands hommes comme Elisée Reclus et Pierre Kropotkine. » Extrait d’une lettre de réponse au préfet qui l’a révoquée pour avoir manifesté « ses sympathies pour l’antimilitarisme et son admiration pour la doctrine anarchiste ».

Cette femme là… C’était un sacré bonhomme ! Voila pour aujourd’hui, portez vous bien et à demain peut-être.

Gambon mais pas de Bayonne…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis de la chanson républicaine et du baekeoff réunis, bonjour ! Nous voici le Lundi 19 mars 2018, 29è jour de ventôse dédié au frène.

Le 19 mars 1820, naissance de Charles Ferdinand GAMBON à Bourges. Avocat (à 19 ans) puis magistrat, d’abord républicain Gambonmodéré, il devient socialiste révolutionnaire puis anarchiste et pacifiste. Elu du peuple après la révolution de 1848, il est arrêté dès 1849 pour son hostilité au futur empereur, et emprisonné à Belle-Ile en mer, puis en Corse, jusqu’en 1859; (Jean-Yves Mollier lui a consacré un livre « Dans les bagnes de Napoléon III, mémoires de Ferdinand Gambon» aux Presses Universitaires de France en 1983). Par la suite, ne reconnaissant pas l’Empire, il refuse d’acquitter l’impôt. Il adhère à l’Internationale et participe à la fédération des sociétés ouvrières. Le 26 mars 1871, il est élu membre de la Commune de Paris. Désigné à la fonction de procureur, il refuse le poste, trop conscient des méfaits de la justice et de la prison. Il est partisan d’aider au soulèvement des villes de province, dans le but de former une grande fédération des communes. Présent sur les 1871dernières barricades, le 28 mai, il parvient pourtant à échapper aux massacres et se réfugie en Suisse. Il devient propagandiste anarchiste et milite à la Fédération Jurassienne. A son retour en France,en 1880, il prend part au mouvement anarchiste aux côtés de Louise Michel, sans rompre avec les socialistes révolutionnaires (il sera même élu député en 1882!). Il défendra les anarchistes lyonnais emprisonnés lors du procès de 1883. Il est l’auteur, dans « Le cri du peuple », du célèbre slogan pacifiste « Guerre à la guerre ». Il meurt le 16 septembre 1887.

J‘ai retrouvé un texte de Eugène Pottier, auteur de chants magnifiques sur la Commune et de « l’Internationale », écrit en 1883 et dédié à Ferdinand Gambon, il s’intitule Abondance, en voici quelques lignes:

Toute une mer d’épis ondule et les sillons
Portent à la famine un défi ; l’été brille,
De chauds aromes d’ambre emplissent les rayons ;
Les blés mûrs, pleins et lourds, attendent la faucille…
Du sein de la nourrice, il coule en ce beau jour
Une inondation d’existence et d’amour.
Tout est fécondité, tout pullule et foisonne !
Mais, rentrant au faubourg, mon pied heurte en chemin
Un enfant et sa mère en haillons ! – morts de faim !
Qu’en dites-vous, blés mûrs, et qui donc vous moissonne ?

Voilà pour aujourd’hui, je vous remercie d’avoir fait le détour par « les cénobites tranquilles » dont vous venez de parcourir le 3086è billet. En attendant le prochain, portez vous bien et à demain peut-être.

Elisée Reclus…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de la chapelle sixtine et de la cousine Bette réunies, bonjour ! Nous sommes le Jeudi 15 mars 2018, 25è jour de Ventose dédié au thon, et,  En Bretagne on célèbre les Dogmael évêque gallois de Pembroke du 5e siècle, émigré en petite Bretagne, honoré à Rospez. Le calendrier des postes, lui, affirme sans vergogne qu’aujourd’hui c’est la st Elisée. Le seul que je connaisse c’est Elisée RECLUS; et, c’est justement un 15 Mars en 1830 à Sainte-Foy-la-Grande en Gironde, qu’il vit le jour.

Géographe, théoricien du mouvement liberta220px-EliseeReclusNadar-208x300ire et militant anarchiste. Issue dune famille protestante, Elisée Reclus fait ses études de géographe à Berlin, avant de parcourir le monde. En 1871, il prend une part active à la Commune de Paris. Arrêté les armes à la main, il est condamné à la déportation en Nouvelle Calédonie. Mais, grâce au soutien de la communauté scientifique, sa peine sera commuée, le 3 février 1872, à dix ans de bannissement. Il rejoint alors son frère, Elie également anarchiste et communard, en Suisse, et participe activement à la Fédération Jurassienne, avec Bakounine et James Guillaume. En 1877, il rencontre Pierre Kropotkine, qui deviendra son ami. Ici, son portrait par Nadar.

Après la Suisse, c’est en Belgique, à Ixelles près de Bruxelles qu’ Elisée Reclus s’installe. Très actif, c’est sous son impulsion qu’une Université Nouvelle est créé, ainsi qu’un Institut des Hautes Études en 1894 dans lequel il enseignera. Auteur prolifique, Elisée Reclus a les-freres-reclus-300x232participé à de nombreuses revues, brochures et journaux : Le Révolté, L’Insurgé, Le Cri du Peuple, etc. Mais il est surtout l’auteur de l’extraordinaire Géographie Universelle 19 volumes, et de L’Homme et la Terre 6 volumes, ouvrages de géopolitique dans lesquels il analyse le rapport de l’homme avec son environnement, et aborde des sujets très variés éducation, naturisme, etc. Elisée Reclus meurt le 4 juillet 1905. Le dernier volume de L’Homme et la Terre ne sortira qu’après sa mort édité par son neveu Paul Reclus. « Celui qui commande se déprave, celui qui obéit se rapetisse. La morale qui naît de la hiérarchie sociale est forcément corrompue. » Elisée Reclus.

Voilà pour aujourd’hui, en attendant la prochaine édition, portez vous bien et à demain peut-être.

Charlie Parker – the bird…

Posté par erwandekeramoal dans JAZZ, PORTRAIT

Amis de la procrastination et de la tête de veau réunies, bonjour ! Pas le temps de se retourner et on se retrouve déjà le Lundi 12 mars 2018, qui correspond au 22è jour de ventôse dédié au persil… D’où la référence à la tête de veau.

En fait, je voulais marquer cette journée d’une pierre blanche car c’est le jour anniversaire de la mort du « Bird », Charlie Parker him self, le plus grand de tous les saxophonistes que Boris Vian surnommait « zoiseau ». Il nous a quitté alors qu’il n’avait pas 35 ans mais nous a laissé un héritage exceptionnel. Dans les années 40, avec Dizzy et charlie parkerThelonius Monk, ils ont posé les bases du jazz moderne et du Be-bop en particulier. Le saxophoniste a développé dans son adolescence une forte addiction aux opiacés, assez courante chez les artistes. De la morphine il passe rapidement à l’héroïne, ce qui va empoisonner sa vie et finalement causer son décès prématuré. De plus cette dépendance, rapidement devenue de notoriété publique, incite de nombreux jazzmen à se droguer eux-mêmes convaincus d’y trouver l’origine du génie Parkerien. Le jazz resta plusieurs décennies associé aux narcotiques, ce qui a grandement contribué à ternir l’image du mouvement be-bop dans son ensemble et a gâché l’ascension de nombreux musiciens talentueux. Ci dessous avec Gillespie en 1952.

L‘addiction de Parker aux drogues est importante et il se soucie davantage à l’obtention de ses doses plutôt que d’arriver à l’heure ou même d’assurer concerts et sessions d’enregistrement. 1parker G946 fut pour lui ponctuée par une succession de péripéties qui se terminèrent par un séjour de 6 mois à l’hôpital psychiatrique. Après des années où sa renommée est au plus haut, pendant lesquelles il ne parvient pas toujours à se tenir éloigné de l’héroïne ou à calmer ses pulsions autodestructrices, Charlie Parker meurt à New York chez la baronne Pannonica de Koenigswarter (on dirait une marque de bière), alors qu’il regardait la télévision, à l’âge de seulement 34 ans. Sa mort sera officiellement attribuée à une pneumonie et un ulcère, elle est surtout le résultat de ses excès avec l’alcool et la drogue. Le médecin chargé d’examiner le corps le trouvera si abîmé et épuisé qu’il estime son âge entre 50 et 60 ans, une erreur de près de 20 ans.

Voila, c’est tout pour aujourd’hui. Merci d’être passé, portez vous bien et à demain peut-être.

Stanislas Alcide Masset…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis du Paris-Nice et de la cuisine batave réunis, bonjour ! Nous sommes le Samedi 10 mars 2018, vingtième jour de ventôse et c’est le jour du Cordeau.

Le 10 mars 1972, mort de Stephen MAC SAY (de son vrai nom Stanislas Alcide MASSET) .Militant anarchiste, professeur puis apiculteur. Il est né le 15 octobre 1884 dans le nord de la France. Il s’oppose très vite à l’enseignement « officiel ». En 1906 il rejoint, avec sa compagne Marie-Adèle Anciaux, l’école libertaire de Sébastien Faure dont j’ai parlé ici « La Ruche », où ils enseigneront Stephen Mac Saytous les deux jusqu’en 1910. Mac Say quittera alors définitivement l’enseignement et deviendra forain, puis apiculteur. Pendant la guerre de 14-18, bien que réformé, il se réfugie dans la Creuse avec sa compagne, craignant quelques ennuis à cause de son engagement antimilitariste. Après la guerre, Mac Say reprend ses activités militantes, et particulièrement sa collaboration régulière aux journaux anarchistes « L’en dehors », « Le libertaire » « Les temps nouveaux » etc., ainsi qu’à l’Encyclopédie Anarchiste de Sébastien Faure. Dénoncé comme juif pendant la 2e guerre mondiale (ce qui, soit-dit en passant, était faux) il est à nouveau contraint de quitter sa maison avec Mary. Humaniste et amoureux de la nature, Mac Say écrira de nombreux livres et brochures contre la vivisection, ainsi que sur l’éducation des enfants et la santé : « L’école laïque contre l’enfant », « De Fourier à Godin », « Les bêtes proches de l’homme », « Propos sans égards », etc.

Voilà, c’est tout pour aujourd’hui, en attendant la suite, portez vous bien et à demain peut-être.

Ornette Coleman…

Posté par erwandekeramoal dans JAZZ, PORTRAIT

Amis de la santé publique et de la raie au beurre noir réunies, bonjour ! Nous sommes le Vendredi 09 mars 2018, 19è jour de ventôse dédié au cerfeuil.

Les fans de jazz à papa ne le pleurent pas.  C’est à New-York que le musicien né au Texas a fait l’essentiel de sa carrière et qu’il est mort à l’âge de 85 ans. En 1959, son album «The Shape of Jazz to cColeman-200x300ome» (La forme du jazz à venir) est considéré comme l’un des premiers albums avant-gardiste de l’histoire du jazz. Connu surtout comme saxophoniste alto, Coleman rejetait les notions traditionnelles d’accords et se lançait à la place dans des solos que ses détracteurs considéraient comme chaotiques, mais qui sont devenus un courant dominant du jazz et du rock. Cet album comprend la chanson pleine de passion «Lonely Woman», écrite par Coleman, à propos d’une cliente de la haute société qu’il avait remarquée quand il travaillait dans un magasin à Los Angeles, et qui est, depuis, devenue un standard du jazz.  «L’idée c’est que deux ou trois personnes peuvent avoir une discussion avec les sons sans essayer de les dominer», déclarait Ornette Coleman dans une interview publiée par «les Inrocks» en 1997 avec le philosophe français Jacques Derrida.

 

Par la suite,  il a souvent enregistré des albums avec son fils DeOrnette-217x300nardo Coleman, batteur de jazz, qui fut aussi son manager. Gai, primesautier, timide, réservé, provocateur, voire scandaleux, dynamiteur tranquille, habile compositeur, instrumentiste discuté, admirateur de Charlie Parker dont il prolonge mais dynamite le style, même pas artiste maudit pourtant tant il se plaît à vivre dans une relative obscurité, il a longtemps suscité jugements contrastés, polémiques, voire agressions physiques. Après cela, les goûts et les couleurs, surtout en matière d’avant-garde, font rarement bon ménage avec les débats sereins et les échanges d’idées apaisés.

Allez, voilà pour aujourd’hui, portez vous bien et à demain peut-être

Les mystères de Wes…

Posté par erwandekeramoal dans JAZZ, PORTRAIT

Amis des cénobites tranquilles  et des sœurs Tatin réunis, bonjour ! Pourquoi donc est-ce que parle de Tatin ? Ah oui, à la radio ce matin un journaliste affirmait qu’à propos des élections en Italie, je cite: « le pic du populisme est Tatin… » franchement, je vois pas le rapport. Nous sommes le Mardi 06 mars 2018, seizième jour de ventôse dédié à l’épinard. Répétez après moi: l’épinard, ça devrait être obligatoire… Trêve de calembour à la petite semaine et, place à l’homme du jour.

John Leslie « Wes » Montgomery est né le 06 mars 1925 à Indianapolis (Indiana), il est venu sur le tard à la guitare, vers l’âge de 19 ans, en écoutant, comme beaucoup de guitaristes de sa génération, le révolutionnaire Charlie Christian. Bien que n’ayant jamais appris à lire la musique, Wes avait une grande facilité pourWES déchiffrer les mélodies à l’oreille, de plus, il évoluait dans un environnement musical grâce à ses deux frères. Les débuts professionnels de Wes Montgomery furent pourtant rapides et prometteurs. Dès juillet 1948 il rejoint l’orchestre du vibraphoniste Lionel Hampton, avec lequel il tourne et enregistre jusqu’en Janvier 1950. Après avoir été dans l’ombre pendant presque toutes les années 50, il connaît le succès en tant que leader sans avoir pratiquement fait le sideman au préalable, ce qui est très rare dans le jazz.

C’est pendant cette période que les amateurs de jazz ont vraiment découvert Wes Montgomery et sa technique unique, terriblement efficace : à tel point que le « Wes Montgomery Tone » est devenu l’idéal d’une grande majorité des guitaristes de jazz. Ce son si particulier, il l’obtenait en jouant avec la chair de son pouce plutôt Wew-02qu’avec un onglet, la légende veut qu’il ait commencé à utiliser cette technique pour ne pas déranger sa femme en travaillant son instrument (alors que moi, ça serait plutôt le contraire…). Il enregistre alors entre autres des versions « jazzy » de classiques de la pop comme « Eleanor Rigby » des Beatles ( en vidéo plus haut) ou « Scarborough Fair » (Simon & Garfunkel), ce qui lui ouvre les ondes radio au point qu’une de ses compositions, « Windy », atteindra la quarante quatrième place des charts américains et la dixième du classement easy listening.

Plutôt bon père de famille, il n’a, contrairement à un grand nombre de musiciens de jazz, jamais touché à la drogue ou à l’alcool.  Malgré cela, et alors qu’il est en train d’enregistrer son 33ème album, Wes Mongomery décède brutalement, le 15 juin 1968, d’une crise cardiaque à l’age de 43 ans seulement; c’est sans doute pour cela que j’ai opté pour l’autre solution… Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

A Montmartre le soir…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de la peinture à l’eau et des sardines à l’huile réunies, bonjour! Nous sommes le Mercredi 28 février 8, autant dire que c’est la fin du mois. Ce jour correspond au 10 de ventôse dédié à la Bêche, ce qui n’est pas une raison pour se prendre la tête (tête-bêche).

Tiens, petite pensée pour un des derniers grands chansonniers paillettemontmartrois, Paul Ambroise PAILLETTE. Il nait à Paris le 16 avril 1844. Ouvrier ciseleur, il fréquente les réunions anarchistes s 1887 et fait partie de divers groupes parisiens. En 1888, il prend part au mouvement entrepris contre les bureaux de placement et, selon la police, se déclare partisan d’actions violentes contre ces établissements. Paul Paillette devient par la suite chansonnier à Montmartre, auteur de poésies où il exprime ses idées libertaires, appelant de ses vœux une société plus juste comme dans Temps d’anarchie ou Heureux Temps, chanté sur l’air du Temps des cerises.

Il publie et vend lui-même ses vers sous forme de brochures qu’il réunira ensuite dans l’ouvrage Les Tablettes d’un lézard et anime par ses chansons révolutionnaires de nombreuses fêtes libertaires. Végétarien et partisan de l’amour libre, l’idée lui vient d’organiser en 1891 des déjeuners végétariens dans la salle d’un restaurant almanachparisien qui devient alors un lieu de rencontres pour les amour-libristes, sous la devise : « Tout le bonheur a son nid dans le bonheur commun. Femme libre, amour libre. » Il collabore durant la Première Guerre mondiale aux journaux d’ E. Armand, Pendant la mêlée puis Par-delà la mêlée (son poème Civilisation est censuré par les autorités). Sans ressources, vivant dans un foyer depuis 1910, plusieurs fêtes sont organisées à son profit, notamment le 9 novembre 1913 par l’Université populaire, ou encore en novembre 1916 avec le concours de Xavier Privas et la participation de Sébastien Faure. Il est alors considéré comme le doyen des chansonniers montmartrois. Sa mort est annoncée dans Le Libertaire du 29 février 1920. Paul Paillette fait partie de ces illustres inconnus qui ont contribué à semer la graine d’ananar chez de nombreux libres penseurs. On lui réserve une place dans notre galerie de portraits.

Allez, merci d’être passé, portez vous bien et à demain peut-être.

Parchman’s farm…

Posté par erwandekeramoal dans JAZZ, PORTRAIT

Amis de la ville rose et du cassoulet réunis, bonjour ! Pourquoi Toulouse, parce que nous sommes le Lundi 26 février 2018, autrement dit le 8è jour de ventôse dédié à la violette. Or Toulouse est la ville de la violette et de ses fameux bonbons. On dit que violettecette fleur symbolise la timidité, la modestie et la pudeur. Mais une autre interprétation veut que la Pensée, famille dont fait partie la violette, représente le souvenir. Dans la mythologie, la nymphe Io, fut aimée de Jupiter. Mais les amours de celui-ci furent une fois de plus contrariées par son épouse Junon, qui se vengea en changeant sa rivale en blanche génisse. Ainsi métamorphosée, Io errait tristement lorsqu’elle vit sortir de terre de petites fleurs qui tournèrent leurs corolles vers elle. Elle reconnut en elles les pensées de ses amis venus la consoler. C’est pas mignon ça, madame Michu ?

Parlons peu, parlons Blues.

Si vous aimez le Blues, vous aimez forcément BUKKA WHITE. C’est aujourd’hui le jour anniversaire de sa disparition le 26 février 1977 à Memphis, Tennessee. Il est métayer et musicien à ses heures. Son bukkastyle de guitare est particulièrement original, le situant entre Charlie Patton, la Country Music des années 1900-1920 et la façon hawaiienne de jouer de la guitare, souvent à plat sur les genoux en faisant glisser un tube de métal sur les cordes en accord ouvert. Ses classiques se distinguent non seulement par sa voix puissante, son jeu de guitare si particulier, mais aussi par les paroles autobiographiques pleines d’un humour dévastateur ou de sensibilité contenue. La légende veut qu’il ait donné sa première guitare à son petit cousin B.B. King.

https://youtu.be/jM23S12LXaE

Alors qu’il est emprisonné à « Parchman’s Farm« , en 1939, Bukka White enregistre quelques morceaux pour Alan Lomax qui travaillait alors sur le recueil de la tradition orale pour la bibliothèque du parchmanCongrès. Après sa libération, en 1940, Bukka White se rend à Chicago et enregistre douze morceaux d’une grande violence expressive, sur les thèmes de la prison, de l’isolation et de la solitude. Installé à Memphis, c’est à cette époque qu’il jouera occasionnellement avec son jeune cousin, B.B. King. Le morceau qu’on entend (normalement) dans la vidéo s’intitule justement  « Parchman’s Farm Blues ».

Allez, bonne journée à tous, n’oubliez pas de fêter les « Koulfinid » (si, si, ça existe. Il fut le troisième évêque d’Aleth après Malo.) portez vous bien et à demain peut-être

L’homme qui en savait trop…

Posté par erwandekeramoal dans LECTURE, PORTRAIT

Amis du trot attelé et du pendule de Foucault réunis, bonjour ! Nous sommes, qui l’eut cru, le Samedi 24 février 2018, sixième jour de Ventôse dédié à l’Asaret qui est, chacun le sait, une plante asaretherbacée de la famille des Aristolochiacées. L’Asaret du Canada est une plante désignée vulnérable à la récolte par le gouvernement, il est interdit de la cueillir ou d’en faire le commerce. Sa fleur est petite et de forme particulière. Le rhizome de l’Asaret du Canada a une odeur et une saveur de gingembre c’est pourquoi on l’appelle aussi gingembre sauvage. Voilà, vous savez tout.

Tiens, à propos de gens qui savent tout…

Relisez, si l’occasion vous  est donnée, Jean Pic de la Mirandole. Troisième fils d’une vieille famille comtale, Jean Pic naquit le 24 février 1463 au château de Mirandole. Suite à la mort prématurée de sa mère, il hérita très jeune d’une fortune considérable qui allait lui permettre bien des voyages, bien des libertés et bien des Pico1-228x300extravagances. D’abord inscrit à l’Université de Bologne pour des études en Droit canon (sa mère le destinait à la prêtrise) il renonça bien vite aux diplômes universitaires pour devenir autodidacte. Il séjourna aussi à Ferrare avant de s’établir à Florence. À 23 ans, il publie 900 thèses sous le titre : Conclusions philosophiques, cabalistiques et théologiques, et, grand seigneur, invite tous les érudits à en débattre avec lui à Rome, quitte à ce qu’il leur paie les frais de déplacement ! L’initiative déplaît en haut lieu et le 31 mars 1487, Pic de la Mirandole doit renoncer à plusieurs de ses conclusions, jugées hérétiques par une commission papale.

Il mourut le 17 novembre 1494, alors que le roi de France entrait à Florence. Jean Pic de la Mirandole décéda, assisté en ses derniers instants par Savonarole qui voyait dans la victoire des troupes françaises la réalisation de ses prophéties… Cette mort mystérieuse, emportant en moins de deux semaines un homme dans la force de l’âge, a fait croire à un empoisonnement dont le secrétaire de Pic aurait été l’auteur. Ce personnage, cupide et fort louche au demeurant, aurait été soudoyé par Pierre de Médicis, qui n’aurait jamais pardonné au protégé de son père d’avoir pris le parti de Savonarole ou, du moins, de s’en être ostensiblement rapproché. Ludwig-von-Langenmantel-Savonarola-preaching-against-luxury-and-preparing-the-bonfire-of-the-vanities-1881-détail-300x168Certains voient dans Le discours la quintessence même de la pensée de Pic de la Mirandole et cet extrait a maintes fois été repris; on le retrouve dans L’œuvre au noir de Marguerite Yourcenar. Ce sont les paroles par lesquelles le Créateur, s’adressant au premier homme, lui confère le privilège de la liberté: « Je ne t’ai donné ni visage, ni place qui te soit propre, ni aucun don qui te soit particulier, ô Adam, afin que ton visage, ta place, et tes dons, tu les veuilles, les conquières et les possèdes par toi-même. Nature enferme d’autres espèces en des lois par moi établies. Mais toi, que ne limite aucune borne, par ton propre arbitre, entre les mains duquel je t’ai placé, tu te définisses toi-même. Je t’ai placé au milieu du monde, afin que tu pusses mieux contempler ce que contient le monde. Je ne t’ai fait ni céleste ni terrestre, mortel ou immortel, afin que de toi-même, librement, à la façon d’un bon peintre ou d’un sculpteur habile, tu achèves ta propre forme.» et d’aucun d’y lire l’œuvre du prototype même de l’humaniste du Quattrocento. Savonarole, L’œuvre au noir, Le nom de la rose… Brrrrr !

Allez, merci de votre visite, portez vous bien et à demain peut-être.