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Julia Bertrand: Une pionnière.

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de l’encyclopédie et du kebab d’agneau réunis, bonjour ! Nous sommes le Samedi 23 Mars 2019, troisième jour de Germinal dans le calendrier républicain, qui était dédié à l’asperge ce qui, bien entendu n’a rien à voir avec ce qui va suivre.

Vous ai-je déjà parlé de Julia Bertrand?

Institutrice, militante anarchiste, antimilitariste, féministe et libre penseuse. Elle était née le 14 février 1877 dans les Vosges. Elle fut déléguée au congrès International des libres penseurs, tenu à Paris, du 3 au 7 septembre 1905. la-rucheElle collabora au journal féministe « La Femme affranchie », puis au journal « La Vrille » publié à Épinal par l’anarchiste Victor Loquier. Inscrite au « Carnet B », fichier des antimilitaristes, elle est arrêtée le 21 août 1914 et envoyée dans un camp. Suite à une campagne de protestation, elle est libérée le 18 février 1915, mais révoquée de l’enseignement. Elle part alors exercer à « La Ruche » de Sébastien Faure dont je vous ai entretenu à plusieurs reprises, jusqu’à sa fermeture en novembre 1917. La photo ci-contre présente l’équipe de La ruche.

Julia n’est réintégrée dans l’enseignement qu’en 1925. Elle participe à la presse anarchiste de l’époque « L’en dejuliahors », « l’Idée libre » « Le Libertaire », etc. En 1944, son logement à Noisy-le-sec région parisienne, est détruit par les bombardements alliés. « Je ne croirai jamais que c’est un crime d’aimer une doctrine de laquelle s’honorent d’honnêtes savants, de sincères grands hommes comme Elisée Reclus et Pierre Kropotkine. » Extrait d’une lettre de réponse au préfet qui l’a révoquée pour avoir manifesté « ses sympathies pour l’antimilitarisme et son admiration pour la doctrine anarchiste ».

Cette femme là… C’était un sacré bonhomme ! Voila pour aujourd’hui, portez vous bien et à demain peut-être.

Un roi de la soul…

Posté par erwandekeramoal dans JAZZ, PORTRAIT

Amis du col Mao et de la crêpe Suzette réunis, bonjour ! Nous sommes germinal.1237759069le jeudi 21 mars 2019, c’est le premier jour de Germinal, généralement dédié à la primevère. Par chez nous on célèbre les Benead; forme bretonne du français Benoît, Saint Benoît de Nursie est le fondateur de l’ordre monastique des Bénédictins. Les moines de Landévennec (29) se soumirent à cet ordre à la suite de l’entrevue de leur abbé Matmonoc et de l’empereur franc Louis II le Pieux en l’an 818. Son influence est considérable sur le monachisme en Occident et dans le monde, ainsi que sur toute la vie intellectuelle du christianisme, surtout grâce à la Règle de saint Benoît. Il est invoqué contre les piqûres d’orties

Alleluia aurait chanté Solomon Burke dont je voulais parler aujourd’hui. Jusqu’à la fin, le chanteur d’Everybody needs somebody to love, rival éternel de James Brown, donna de la voix, qu’il avait ample et d’une infinie souplesse, livrant ses derniers concerts depuis un fauteuil. Chez lui, tout était démesure: Plus de 150 kilos, 21 enfants, 89 petits Solomon_Burkeenfants au dernier recensement. Solomon Burke s’arrangeait très bien du titre de « Roi du rock et de la soul » que lui avait décerné un DJ au début des années 60. Il montait rarement sur scène sans sa couronne, son sceptre et sa cape doublée d’hermine.

L‘âge venant, son poids augmentant dans d’inquiétantes proportions, il s’était même fait installer un trône et donnait, assis, des prestations aussi renversantes que ses électriques apparitions des années 60. Pour fêter leurs récentes retrouvailles, les membres de Led Zeppelin s’étaient offert le plus beau des cadeaux en l’invitant à donner un concert privé à leur descente de scène. De Jagger à Dylan, le chanteur de Cry to me était une idole pour tous les musiciens qui ont grandi dans l’adoration du rhythm & blues et de la soul des années 50 et 60. L’ Apollo de Harlem, cry to meoù il fit ses premières armes de chanteur de charme, se souvient encore qu’il fut le premier artiste (et sans doute le dernier) à fabriquer lui-même son propre pop corn et à le vendre à l’entrée de la salle avec ses côtelettes grillées et son soda maison, histoire d’arrondir le cachet. Cry to me a mené Solomon Burke vers des sommets dont il n’est pas redescendu pendant quelques années. De 1961 à 1964, rien ne lui résistait, et ses disques d’or permirent à Atlantic de prospérer. C’était l’âge d’or de la soul, et Solomon Burke en fut un roi incontesté, même s’il n’eut jamais le succès de certains de ses rivaux, comme Otis Redding ou James Brown. Bref, un sacré personnage qui méritait bien sa place dans notre galerie de portraits.

Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis de la chanson républicaine et du baekeoff réunis, bonjour ! Nous voici le Dimanche 17 mars 2019 qui correspond au 27è jour de ventôse dédié à la Sylvie. J’ai connu une Sylvie qui… Et bien non, il ne s’agit pas du tout de celle à qui vous pensez mais de cette jolie fleur encore appelée anémone des bois.

Le chanteur Yann-Fañch Kemener s’est éteint samedi à l’âge de 61 ans. Il était à la fois l’une des plus belles voix bretonne, un homme de transmission, un artiste qui n’a jamais oublié sa langue et son pays. Il était né en Haute-Cornouaille, au cœur du pays Fañch/Plinn, ainsi qu’il le disait. Natif de Sainte-Tréphine (Côtes-d’Armor) non loin de Rostrenen, celui dont le breton est la langue maternelle,ANKOU-0010 contait son terroir en parlant de saint Tremeur, fils de sainte Tréphine, saint céphalophore, portant lui-même sa tête et dont je vous est conté la légende ici même.Très jeune il parcourt le monde du centre Bretagne pour collecter des airs. Il monte sur scène à 15 ans, remporte le Kan Ar bobl (concours de chants populaires) en 1976. Ses compagnons des années 1970 s’appellent Marcel Guilloux, Erik Marchand, Ifig Troadec. Ecoutez le interpreter les célèbres gousperou ar raned. Les vêpres des grenouilles. Pour Hersart de la villemarqué l’origine du chant remonte à l’époque des druides et est un témoignage du passé sur la composition du monde, la vie ou des batailles. la signification réelle des paroles reste entourée d’un certain mystère.

Il était à la fois un chanteur de fest-noz, un artiste de scène mais aussi un créateur. Trois spectacles reviennent en mémoire : le premier, seul sur scène, il déclame le poète breton Armand Robin, inclassable libertaire ; le deuxième, quand en 2005, avec Aldo Ripoche, il chante « Les Roses du mois noir », l’œuvre du Pontivyen Émile Masson, pacifiste, un autre libertaire, défenseur de la Y.F. Kemenerlangue bretonne au début du XXe ; enfin, son spectacle de 2014, mettait en scène le soldat Joa, son oncle, « non mort pour la France » durant la Grande Guerre, mort au bagne en Kabylie en juillet 1918. À chaque fois, par sa voix, Yann-Fañch Kemener nous ramenait à l’essentiel : le souffle et la vie qui passe, l’importance du verbe breton et de sa transmission qui n’existe pas que dans les feuilles volantes des arbres, écrite à l’encre de pluie. sources: C. Gouerou -Ouest-France.

Le chant naquit un soir d’hiver, on ne sait où, on ne sait quand,
à la porte d’une maison où criait un enfant malade.
Depuis lors, de siècle en siècle, d’aube en aube, de fatigue en fatigue,
l’ont usé des lèvres d’esclaves.
Armand Robin

Elisée Reclus…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de la chapelle Sixtine et de la cousine Bette réunies, bonjour ! Nous sommes le Vendredi 15 mars 2019, 25è jour de Ventôse dédié au thon et aux Louise sans qu’il y ait le moindre rapport bien évidemment. En Bretagne, on célèbre (ou pas) les Bozian saint éponyme de Lopoyen en Hanvec (29), Lochboczien en 1426. C’est le saint Badian des anciennes litanies bretonnes. Le calendrier des postes, lui, affirme sans vergogne qu’aujourd’hui c’est la st Elisée. Le seul que je connaisse c’est Elisée RECLUS; et, c’est justement un 15 Mars en 1830 à Sainte-Foy-la-Grande en Gironde, qu’il vit le jour.

Géographe, théoricien du mouvement libertaire et militant anarchiste. Issue d’une famille protestante, Elisée Reclus fait ses études de géographe à Berlin, avant de parcourir le monde. En 1871, il prend une part active à la Commune de Paris. Arrêté les armes à la main, il est RECLUS Gcondamné à la déportation en Nouvelle Calédonie. Mais, grâce au soutien de la communauté scientifique, sa peine sera commuée, le 3 février 1872, à dix ans de bannissement. Il rejoint alors son frère Elie (également anarchiste et communard) en Suisse, et participe activement à la Fédération Jurassienne, avec Bakounine et James Guillaume. En 1877, il rencontre Pierre Kropotkine, qui deviendra son ami. Après la Suisse, c’est en Belgique, à Ixelles (près de Bruxelles) qu’Elisée Reclus s’installe. Très actif, c’est sous son impulsion qu’une Université Nouvelle est créé, ainsi qu’un Institut des Hautes Etudes (en 1894) dans lequel il enseignera.

Auteur prolifique, Elisée Reclus a participé à de nombreuses revues, brochures et journaux : « Le Révolté », « L’Insurgé », « Le Cri du Peuple », etc. Mais il est surtout l’auteur de l’extraordinaire « Géographie Elisee-Reclus-Geografia-Anarquismo-AcraciaUniverselle » (19 volumes), et de « L’Homme et la Terre » (6 volumes), ouvrages de géopolitique dans lesquels il analyse le rapport de l’homme et de son environnement, et aborde des sujets très variés (éducation, naturisme, etc.). Elisée Reclus meurt le 4 juillet 1905. Le dernier volume de « L’Homme et la Terre » ne sortira qu’après sa mort (édité par son neveu Paul Reclus).
« Celui qui commande se déprave, celui qui obéit se rapetisse. La morale qui naît de la hiérarchie sociale est forcément corrompue. » Elisée Reclus.

Voila pour ce jour, portez vous bien et à bientôt peut-être.

The bird…

Posté par erwandekeramoal dans JAZZ, PORTRAIT

Amis de la tradition et de la bouillie d’avoine réunies, bonjour ! Nous sommes le Mardi 12 mars 2019, 22è jour de ventôse dédié au persil. Par chez nous on fête les Paol-Aurelian  communément appelé saint Pol-de-Léon, il fait partie des sept fondateurs d’évêchés bretons. Il naquit kersaliou-300x199au Pays de Galles vers 480, où il fut condisciple de Gildas et de Samson à l’école monastique d’Ildut. Avec douze compagnons il quitta son île et débarqua à Ouessant. (à droite le manoir de Kersaliou) De là, il vint sur le continent, probablement à Lampaul-Plouarzel, séjourna à Lampaul-Ploudalmézeau, puis se dirigea vers le castel de Léon. Le comte Withur lui donna un évangéliaire et une cloche, la forteresse gallo-romaine en ruines et l’Ile de Batz.

En fait, je voulais marquer cette journée d’une pierre blanche car c’est le jour anniversaire de la mort du « Bird », Charlie Parker him self, le plus grand de tous les saxophonistes que Boris Vian surnommait « zoiseau ». Il nous a quitté alors qu’il n’avait pas 35 ans mais nous a laissé un héritage exceptionnel. Dans les années 40, avec Dizzy et Charlie-GThelonius Monk, ils ont posé les bases du jazz moderne et du Be-bop en particulier. Le saxophoniste a développé dans son adolescence une forte addiction aux opiacés, assez courante chez les artistes. De la morphine il passe rapidement à l’héroïne, ce qui va empoisonner sa vie et finalement causer son décès prématuré. De plus cette dépendance, rapidement devenue de notoriété publique, incite de nombreux jazzmen à se droguer eux-mêmes convaincus d’y trouver l’origine du génie Parkerien. Le jazz resta plusieurs décennies associé aux narcotiques, ce qui a grandement contribué à ternir l’image du mouvement be-bop dans son ensemble et a gâché l’ascension de nombreux musiciens talentueux. Ecoutez voir comme dit l’autre. Miles Davis(trumpet),Charlie Parker(alto sax),Bud Powell(piano),Tommy Potter(bass),MaxRoach(drums:

L‘addiction de Parker aux drogues est importante et il se soucie davantage à l’obtention de ses doses plutôt que d’arriver à l’heure ou même d’assurer concerts et sessions d’enregistrement. 1946 fut pour lui ponctuée par une succession de péripéties qui se terminèrent par un séjour de 6 mois à l’hospital psychiatrique (ici à droite avec Miles Davis). Après des années où sa bird-milesrenommée est au plus haut, pendant lesquelles il ne parvient pas toujours à se tenir éloigné de l’héroïne ou à calmer ses pulsions autodestructrices, Charlie Parker meurt à New York chez la baronne Pannonica de Koenigswarter (on dirait une marque de bière), alors qu’il regardait la télévision, à l’âge de seulement 34 ans. Sa mort sera officiellement attribuée à une pneumonie et un ulcère, elle est surtout le résultat de ses excès avec l’alcool et la drogue. Le médecin chargé d’examiner le corps le trouvera si abîmé et épuisé qu’il estime son âge entre 50 et 60 ans, une erreur de près de 20 ans.

Voila, c’est tout pour aujourd’hui. Merci d’être passé, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Le Jazz d’Ornette Coleman.

Posté par erwandekeramoal dans JAZZ, PORTRAIT

Amis de la santé publique et de la raie au beurre noir réunies, bonjour ! Nous sommes le Samedi 09 mars 2019, 19è jour de ventôse dédié au cerfeuil.

A propos de Ornette Coleman.

C’est à New-York que le musicien né au Texas a fait l’essentiel de sa carrière et qu’il est mort à l’âge de 85 ans. En 1959, son album «The Shape of Jazz to come» (La forme du jazz à venir) est considéré comme l’un des premiers albums avant-gardiste de l’histoire du jazz. Connu surtout comme saxophoniste alto, Coleman rejetait les notions Coleman-200x300traditionnelles d’accords et se lançait à la place dans des solos que ses détracteurs considéraient comme chaotiques, mais qui sont devenus un courant dominant du jazz et du rock. Cet album comprend la chanson pleine de passion «Lonely Woman», écrite par Coleman, à propos d’une cliente de la haute société qu’il avait remarquée quand il travaillait dans un magasin à Los Angeles, et qui est, depuis, devenue un standard du jazz (pas la dame, la chanson).  «L’idée c’est que deux ou trois personnes peuvent avoir une discussion avec les sons sans essayer de les dominer», déclarait Ornette Coleman dans une interview publiée par «les Inrocks» en 1997 avec le philosophe français Jacques Derrida.

Par la suite,  il a souvent enregistré des albums avec son fils denardo Coleman, batteur de jazz, qui fut aussi son manager. Gai, primesautier, Ornette-217x300timide, réservé, provocateur, voire scandaleux, dynamiteur tranquille, habile compositeur, instrumentiste discuté, admirateur de Charlie Parker dont il prolonge mais dynamite le style, même pas artiste maudit pourtant tant il se plaît à vivre dans une relative obscurité, il a longtemps suscité jugements contrastés, polémiques, voire agressions physiques. Après cela, les goûts et les couleurs, surtout en matière d’avant-garde, font rarement bon ménage avec les débats sereins et les échanges d’idées apaisés.

Allez, voilà pour aujourd’hui, portez vous bien et à bientôt peut-être

Blue suede shoes…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis du Rockabilly et de la mousse de cresson réunis, bonjourdoronic ! Nous sommes le Jeudi  07 Mars 2019 correspond au 17è jour de ventôse dédié au doronic, jolie fleur qui n’a d’autre intérêt que d’être jolie, ce qui, pour une fleur n’est déjà pas si mal. Cette plante fait partie de la même famille que l’Arnica ce qui, j’en suis sûr, vous fait autant d’effet que cautère sur jambe de bois…

Tiens, quelque chose qui n’a rien à voir avec ce qui précède. Histoire d’une chanson tant et tant de fois reprises par les plus grands. Blue Suede Shoes. C’est une chanson écrite et enregistrée par Carl Perkins en carl perkins1955. Ce titre, devenu un standard du Rock, est considéré par certains comme l’acte fondateur du Rockabilly . Il est le premier morceau intégrant des éléments de Blues, de Country et de Pop à s’être classé à la fois dans les trois classements des meilleurs ventes de pop, R’n'B et country. Carl Perkins raconte que les paroles de la chanson lui ont été inspirées par une scène qu’il a vue dans un bal où un danseur ne voulait pas que sa cavalière marche sur ses chaussures en daim bleu (don’t step on my blue suede shoes).

Ce morceau a été repris par de nombreux artistes. Une des interprétations les plus célèbres est celle d’Elvis Presley parue sur son premier album en mars 1956. Elle remporte un tel succès que beaucoup cover-Blue-Suede-Shoes-Elvis-Presleyde gens croient aujourd’hui qu’elle est de lui. La liste de ceux qui l’ont reprise est assez stupéfiante depuis Eddie Cochran jusqu’à Johnny Hallyday en passant par Vince Taylor, Johnny Cash, Jimi Hendrix et Bill Halley. Elle fut interprétée par le groupe Mountain au fameux festival de Woodstock. Carl Perkins représente la fusion exceptionnelle du blues noir du Tennessee et de la music country des blancs. Il est décédé en 1998.

Ça balance autrement que les biniouseries de Nowenn Leroy non ? Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Wes Montgomery…

Posté par erwandekeramoal dans JAZZ, PORTRAIT

Amis de l’universalité partagée et du cochon de lait réunis, bonjour ! Nous sommes le Mercredi 06 Mars 2019, correspondant au 16è jour de ventôse, dédié à l’épinard. Et, comme disait Coluche: L’épinard…Ça devrait être obligatoire ! Trêve de calembour à la petite semaine et, place à l’homme du jour.

John Leslie « Wes » Montgomery est né le 06 mars 1925 à Indianapolis (Indiana), il est venu sur le tard à la guitare, vers l’âge de 19 ans, en écoutant, comme beaucoup de guitaristes de sa génération, le révolutionnaire Charlie Christian. Bien que n’ayant jamais appris à lire la musique, Wes avait une grandeWES D facilité pour déchiffrer les mélodies à l’oreille, de plus, il évoluait dans un environnement musical grâce à ses deux frères. Les débuts professionnels de Wes Montgomery furent pourtant rapides et prometteurs. Dès juillet 1948 il rejoint l’orchestre du vibraphoniste Lionel Hampton, avec lequel il tourne et enregistre jusqu’en Janvier 1950. Après avoir été dans l’ombre pendant presque toutes les années 50, il connaît le succès en tant que leader sans avoir pratiquement fait le sideman au préalable, ce qui est très rare dans le jazz.

C’est pendant cette période que les amateurs de jazz ont vraiment découvert Wes Montgomery et sa technique unique, terriblement efficace : à tel point que le « Wes Montgomery Tone » est devenu l’idéal d’une grande majorité des guitaristes de jazz. Ce son si particulier, il l’obtenait en jouant avec la chair de son pouce plutôt qu’avec un onglet, la légende veut qu’il ait commencé à utiliser cette technique pour ne pas déranger sa femme en travaillant son instrument (alors que Wes Gmoi, ça serait plutôt le contraire…). Il enregistre alors entre autres des versions « jazzy » de classiques de la pop comme « Eleanor Rigby » des Beatles ( en vidéo plus haut) ou « Scarborough Fair » (Simon & Garfunkel), ce qui lui ouvre les ondes radio au point qu’une de ses compositions, « Windy », atteindra la quarante quatrième place des charts américains et la dixième du classement easy listening. Plutôt bon père de famille, il n’a, contrairement à un grand nombre de musiciens de jazz, jamais touché à la drogue ou à l’alcool.  Malgré cela, et alors qu’il est en train d’enregistrer son 33ème album, Wes Montgomery décède brutalement, le 15 juin 1968, d’une crise cardiaque à l’age de 43 ans seulement; c’est sans doute pour cela que j’ai opté pour l’autre solution…

Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

A Montmartre le soir…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de la peinture à l’eau et des sardines à l’huile réunies, bonjour! Nous sommes le Jeudi 28 février 2019, autant dire que c’est la fin du mois. Ce jour correspond au 10 de ventôse dédié à la Bêche, ce qui n’est pas une raison pour se prendre la tête (tête-bêche).

Tiens, petite pensée pour un des derniers grands chansonniers montmartrois, Paul Ambroise Paillette. Il nait à Paris le 16 pailletteavril 1844. Ouvrier ciseleur, il fréquente les réunions anarchistes dès 1887 et fait partie de divers groupes parisiens. En 1888, il prend part au mouvement entrepris contre les bureaux de placement et, selon la police, se déclare partisan d’actions violentes contre ces établissements. Paul Paillette devient par la suite chansonnier à Montmartre, auteur de poésies où il exprime ses idées libertaires, appelant de ses vœux une société plus juste comme dans Temps d’anarchie ou Heureux Temps, chanté sur l’air du Temps des cerises.

Il publie et vend lui-même ses vers sous forme de brochures qu’il réunira ensuite dans l’ouvrage Les Tablettes d’un lézard et anime par ses chansons révolutionnaires de nombreuses fêtes libertaires. Végétarien et partisan de l’amour libre, l’idée lui vient d’organiser en 1891 des déjeuners végétariens dans la salle d’un restaurant parisien qui devient alors un lieu de rencontres pour les amour-libristes, sous la devise : « Tout le almanachbonheur a son nid dans le bonheur commun. Femme libre, amour libre. » Il collabore durant la Première Guerre mondiale aux journaux d’ E. Armand, Pendant la mêlée puis Par-delà la mêlée (son poème Civilisation est censuré par les autorités). Sans ressources, vivant dans un foyer depuis 1910, plusieurs fêtes sont organisées à son profit, notamment le 9 novembre 1913 par l’Université populaire, ou encore en novembre 1916 avec le concours de Xavier Privas et la participation de Sébastien Faure. Il est alors considéré comme le doyen des chansonniers montmartrois. Sa mort est annoncée dans Le Libertaire du 29 février 1920. Paul Paillette fait partie de ces illustres inconnus qui ont contribué à semer la graine d’ananar chez de nombreux libres penseurs. On lui réserve une place dans notre galerie de portraits.

Allez, merci d’être passé, portez vous bien et à demain peut-être.

Ah, Fanny de recouvrance…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de l’analyse concrète et de la bisque de homard réunies, bonjour ! Nous sommes le Mercredi 27 février 2019 qui correspond au 9ème jour de ventôse et c’est le jour de Sophie, heu non, de Marsault (jeu de mot Capelo). Le saule marsault (Salix caprea) est une espèce de saule commune en Europe et saule-marsault-chatons-zoom-300x225en Afrique du Nord. Le nom scientifique Salix caprea (saule des chèvres) vient sans doute de la première illustration connue de l’espèce dans le livre de Hiéronymus Bock (bien connu dans son immeuble) où on voit la plante broutée par une chèvre. En effet l’espèce a été largement utilisée comme fourrage pour les chèvres. On dit aussi qu’elle est excellente pour le miel car elle fleurit très tôt. En vérité, c’est la Ste Honorine et, comme disait mon aïeule: «À la sainte Honorine, bourgeonne l’aubépine. »

Tiens, juste un mot à propos de ce grand bonhomme qu’était Pierre Mac-Orlan. De son vrai nom Pierre Dumarchey, il est né pierre-mac-orlanà Péronne dans la Somme un 26 février en 1882. Après une enfance assez délicate, il fait l’école normale d’instituteurs à Rouen puis il s’installe à Paris où il vit chichement au « bateau lavoir » haut lieu de résidence des artistes en tous genres. Il fréquentait assidument le cabaret « le lapin agile » dont il épousa la fille du patron.  Proche de Max Jacob, de Picasso et d’Apollinaire, il voit son roman « quai des brumes » adapté au cinéma par Marcel Carné qui le fait entrer dans la légende. Le fameux « Quai des brumes » doit d’ailleurs son nom à cet établissement qui était surnommé « le quai ».

Journaliste, poète, bourlingueur, il siégea vingt ans à l’académie Goncourt au coté de Dorgelès et Carco. De Montmartre aux ports du nord peuplés de filles à matelots, il était passé maitre dans l’art du roman d’aventures à l’image d’un Stevenson ou d’un Kipling. Mobilisé pendant la grande mac Orlan Dguerre, il est blessé en 1916 devant Péronne sa ville natale. On lui doit entre autres, l’ancre de miséricorde, les clients du bon chien jaune, la bandera…Et de nombreuses chansons dont ma préférée « Fanny de Laninon », souvenez vous: « Allons sur le quai Gueydon, devant l’pitit pont, chanter la chanson, le branle bas de la croisière et dans la blanche baleinière…« . Nombre d’entre elles furent interprétées par de grands noms comme Catherine Sauvage, Juliette Gréco, et plus récemment Renaud. Il est décédé à St Cyr sur morin en juin1970.

Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.