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C’est la gesse qui compte…

Posté par erwandekeramoal dans ANARCHISME, PORTRAIT

Amis des sciences occultes et du bloody mary réunis, bonjour ! Nous sommes le Samedi 17 novembre 2018, 27è jour de brumaire, dénommé jour du Macjonc. De son vrai nom la gesse tubéreuse, elle est encore appelée châtaigne de terre car ses graines peuvent être comestibles. C’est la gesse tubéreuse ou mézugon, (et Lathyrus_Tuberosus_closeup-300x300comme dirait mon aïeule qui aurait vendu la sienne pour un vilain jeu de mots: c’est la Gesse qui compte !) ou gland de terre, ou encore souris de Hollande, non, sans rire, (les tubercules ont la taille la forme et la couleur d’une souris). Le macjonc pousse à l’état spontané dans toute l’Europe. Sa culture est signalée en 1783 comme « herbe française cultivée en Hollande et vendue en France » aujourd’hui, c’est plutôt l’herbe qui est vendue en Hollande. On consomme les tubercules cuit à l’eau en purée, et les gousses quand elles sont encore tendres préparées comme des petits pois. Oui mais voila, pour les pataphysiciens, le 17 Novembre 2018 est en réalité le Dimanche 15 As 146 déambulation du Dr Poujade fête suprême du gilet jaune (totalement inventé par la rédaction).

Tout à fait autre chose.

Il faut absolument que je vérifie l’efficacité de mon moteur de recherche car, je vous l’avoue, je ne me souviens plus si je vous ai déjà présenté Voltairine… Voltairine 1Si j’avais débuté ce billet en vous parlant d’elle vous n’auriez pas manqué, dans vos commentaires raffinés et perfides, de me demander d’où je la sortais. Or donc, elle se nomme Voltairine de CLEYRE, avouez que cela ne s’invente pas. Mais c’est le papa, qui était un grand admirateur de notre Voltaire à nous, qui en a décidé ainsi. Elle est née un 17 novembre (d’où ce billet) quelque part dans le Michigan, Etats Unis d’Amérique. Figure oubliée de l’anarchisme et de la libre pensée, elle a consacré sa vie, après avoir passé plusieurs années dans un couvent (ceci explique peut-être cela), à dénoncer le poids des religions dans la société civile et à lutter pour les droits de l’homme, et de la femme, ce qui à cette époque n’allait pas de soi. Elle est morte à Chicago en 1912 en laissant derrière elle qla famille anaruelques ouvrages et l’image d’une militante exemplaire. Ses prises de position sur des thèmes aussi divers que le mariage, la guerre, la propriété privée lui ont valu une réputation sulfureuse d’anar et d’anticléricale dans une Amérique bigote et libérale. Elle méritait bien ce petit coup de chapeau dans un siècle où la pensée libre est une denrée en voie de disparition.

Allez, tous ensemble, tous ensemble, ouais ! Portez vous bien et à bientôt peut-être.

En cuisinant la basconnaise…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis du végétalisme et de la Basconnaise* réunis, bonjour ! Nous sommes le Samedi 10 novembre 2018, 314e jour de l’année du calendrier grégorien, il vous reste 51 jours avant le réveillon. C’était généralement le 20e jour du mois de brumaire dans le calendrier républicain français, officiellement dénommé jour de la herse. Mais, vous dirait monsieur UBU, le 10 Novembre 2018 est en réalité le Dimanche 8 As 146 St RIMBE, OISIF fête suprême tierce.

Le 10 novembre 1891 à Marseille, Arthur Rimbaud nous quittait définitivement pour l’Orient éternel. J’ai pourtant choisi d’évoquer ici, un autre Rimbault… Le 9 avril 1877, naissance de Louis RIMBAULT à Tours. Militant libertaire et propagandisterimbault_ du végétalisme. Il est né dans une famille nombreuse et pauvre, et exerce divers petits métiers avant de se fixer à Livry-Gargan en Seine et Oise, où il monte une quincaillerie, puis travaille comme serrurier. Vers 1903 il est élu conseiller municipal sur une liste radicale-socialiste mais il évolue ensuite vers l’anarchisme individualiste. Végétarien convaincu, attiré par les « Milieux libres », il participe à la Colonie communiste libertaire de Bascon (Aisne) vers 1910-1912, puis se fixe à Pavillons-Sous-Bois où il y fonde une petite communauté que fréquente Octave Garnier. Rimbault fréquente lui-même le milieu illégaliste de Romainville autour du journal « l’anarchie » et va se retrouver mêlé aux affaires de la bande à Bonnot.

En 1922, il collabore au journal « Le Néo-Naturien » qui prône un retour à la nature par le biais de l’alimentation, et se fait le promoteur du végétalisme. Dans le même esprit, il fonde en 1923 la colonie « Terre libérée » à Luynes (Indre et Loire). Il est par ailleurs le créateur d’une recette de cuisine « La basconnaise », plat unique composée d’une trentaine de légumes (crus), basconnaise-676x320censée régénérer l’homme. Victime d’un accident en 1932, il restera invalide jusqu’à sa mort, le 10 novembre 1949. *La basconnaise se compose de tous les légumes crus, râpés (carottes, navets, betteraves, radis noirs, salsifis, etc…) coupés en tranches (champignons, oignons, courgettes, tomates, radis, etc…) ou en lanières fines (chou rouge ou vert, épinards, etc…). Assaisonner tout ensemble ou les divers éléments séparés, avec de l’huile (olive de préférence), du sel marin, du jus de citron (facultatif), des olives noires, de l’ail pilé, des rondelles d’oignons, du persil ou du cerfeuil haché, quelques feuilles de romarin ou d’estragon, etc… Pour les mélanges, mettre toujours un légume en dominante pour obtenir des saveurs différentes à chaque fois.

C’est pas biotifoul ça mes body boys ? Je vous raconte cela alors que pas plus tard que y’a pas longtemps, je me suis régalé d’un morceau rarissime d’araignée cuit au bleu, un vrai délice. Allez, merci de votre visite, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Grenade & gavotte…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de la liberté de conscience et du gin-tonic réunis, bonjour ! Nous sommes le Vendredi 09 novembre 2018 qui correspond au 19è jour de brumaire et que nos amis républicains, toujours à l’affut d’une plaisanterie, grenadeavaient dédié à la grenade (le fruit bien entendu). Le 9 novembre 1880, Louise MICHEL rentre du bagne grâce à la loi d’amnistie, après 9 ans de prison et de déportation. Elle est attendue Gare Saint-Lazare par une foule énorme qui l’acclame aux cris de « Vive Louise Michel, vive la Commune, A bas les assassins! ». En Bretagne on s’apprête à célébrer les Mathurin ( Matilin en breton) tel Matilin an dall,  « Prince des joueurs de hautbois de la Bretagne » selon Hersart de La Villemarqué, le célèbre auteur du Barzaz-Breiz.

Or donc, Matilin an Dall (Mathurin l’aveugle en français), Mathurin François Furic à l’état-civil est un sonneur de bombarde, né place Saint-Michel, à Quimperlé le 29 janvier 1789 et mort en cette même ville le 14 septembre 1859. Sonneur d’exception, il a matilin-198x300connu un destin hors du commun, jusqu’à entrer dans la légende. Matilin était célèbre pour ses fameuses gavottes de l’Aven qui se caractérise par un pas « glissé » au contraire de nos gavottes du Centre Bretagne au pas « sauté ». Voyez cette vidéo: On dit qu’en 1847, le roi Louis-Philippe le fait venir aux Tuileries pour l’entendre jouer. En 1858, Napoléon III vient en Bretagne, et un grand bal est donné en son honneur à Quimper, animé, entre autres, par quatre couples de sonneurs, dont le vieux Matilin. Hélas Matilin décèdera quelques mois plus tard, en janvier 1859 dans l’incendie de sa maison.

Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Sans queue ni tête…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT, TRADITION

Amis des contes et légendes et du lait ribot réunis, bonjour! Nous sommes le Jeudi 08 novembre 2018, 18è jour de brumaire dédié à la dentelaire… J’en ferai bien une décoction car elle est censée soigner les douleurs articulaires.

C‘est aujourd’hui la Saint Tremeur; encore un drôle de paroissien que la ferveur populaire a fait saint… Ernest du Laurens de la Barre lui a consacré un conte, Tremeur l’homme sans tête, que l’on retrouve dans un de ses écrits publié en 1879 Les fantômes Bretons et qui débute comme ceci:  … Il y avait autrefois, du côté de Plouguer, là-bas, sur le bord de l’Aulne, au-dessous de Carhaix, un tremeur 2village habité par des païens qui adoraient des dieux, des demi-dieux, des déesses, des diablesses, et un tas de vilaines choses. J’ai entendu dire par des savants que leurs chefs s’appelaient Druides. C’étaient des magiciens ou sorciers qui, pour savoir l’avenir, coupaient du gui sur les chênes avec des faucilles d’or.» Mais bon, si l’on en croit Deguignet: « Les conteurs se sont moqué des savants… pour un verre d’eau-de-vie, conteurs et conteuses inventaient des légendes issues de leur seule imagination ». C‘est ainsi que tous ces personnages de contes, hâbleur, buveur, batailleur, coureur de jupon se sont retrouvé saints par la vertu de nos folkloristes des 18è et 19è siècle tout comme nos menhirs se sont retrouvé coiffés d’une croix et nos sources sacrées ceintes d’une fontaine dédiée…

L’une des manifestations les plus spectaculaires de ces traces d’évangélisation est le menhir de Saint-Uzec, en Pleumeur-bodou (22). Ce mégalithe d’environ soixante tonnes dont l’origine remonterait à 2500 ans avantmenhir Jésus Christ, fut christianisé au XVIIè siècle lors d’une Mission du Père Maunoir, jésuite qui mena près de quatre cent missions d’évangélisation en Bretagne et à qui l’on doit cette fameuse citation: Eur vaghérès sent que l’on pourrait traduire par: une pépinière de saints… Comme le disait mon aïeule, plus pétroleuse que bigote: A bas la calotte ! Encore que, aujourd’hui, il serait plus juste d’user du pluriel tant ils nous arrivent de tous côtés. Ah oui, Tremeur. Il serait le fils de Trifin et de Conomor, le Barbe bleue breton, qui assassina toutes les femmes portant un enfant de lui car on lui avait prédit qu’il mourrait assassiné par son fils. En effet, Conomor rechercha l’enfant et lui fit couper la tête. On dit qu’il aurait pris sa tête entre ses mains et l’aurait porté sur le tombeau de sa mère à Sainte-Tréphine (22). Il est le patron de Carhaix et de Kergloff (29). De « Trech Meur » qui signifie grande victoire, allez,  portez vous bien et à demain peut-être.

Atmosphère, atmosphère…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis des droits de l’homme et de la marine à voile réunis, bonjour ! Nous sommes donc le Mardi 06 novembre 2018, c’est vous dire comme les choses vont bon train. C’est le 16è jour de chervi cageotbrumaire dédié au Chervis, plante dont les racines sont comestibles, ça fait penser un peu au panais, mais tant qu’à manger des plantes par la racine, je préfère le chervis au pissenlit… En consultant le calendrier pataphysique, je m’aperçois que le 06 Novembre 2018 est en réalité le Mercredi 4 As 146 St Cravan, boxeur. Je vous dis cela en pensant au bonhomme dont j’évoque le parcours aujourd’hui et qui était satrape du collège de pataphysique.
 

Aujourd’hui donc, une pensée pour Henri JEANSON, journaliste, pamphlétaire, dialoguiste de cinéma et pacifiste libertaire. C’est à lui que l’on doit le fameux dialogue entre Louis Jouvet et Arletty : « Atmosphère… atmosphère ! Est-ce que j’ai une Jeansongueule d’atmosphère ? Puisque c’est ça vas-y tout seul à La Varenne… » Il est mort le 6 novembre 1970, à Équemauville, près de Honfleur (Calvados), France. Fils d’un professeur, il naît le 6 mars 1900, à Paris. En 1917, après divers petits métiers, il devient journaliste au journal « La Bataille » organe de la CGT. Remarqué pour sa plume redoutable, il travaille ensuite dans divers journaux le »Journal du peuple », les « Hommes du Jour », le « Canard enchaîné » etc. Passionné par le théâtre, il écrit de nombreuses pièces, mais c’est comme dialoguiste pour le cinéma qu’il atteint la notoriété avec des films comme « Pépé le Moko » et « Carnet de bal » en 1937, « L’Entrée des artistes » et « Hôtel du Nord » en 1938, etc.

Antimilitariste, ses articles publiés dans le journal « Solidarité Internationale Antifasciste » et sa signature du tract de Louis Lecoin, « Paix immédiate », lui vaudront d’être arrêté le 6 novembre 1939, à Meaux (où il avait pourtant répondu à l’ordre de mobilisation). Le 20 décembre 1939, il est condamné par un hotel-du-nortribunal militaire à 5 ans de prison pour « provocation de militaires à la désobéissance ». Mais soutenu par diverses personnalités du cinéma et de la littérature, il est libéré au bout de 5 mois. Durant l’occupation, il tente de faire sortir un journal indépendant « Aujourd’hui », mais début 1941, il est à nouveau arrêté et emprisonné par les Allemands. Libéré, il restera dans la clandestinité jusqu’à la Libération. Il reprend alors son métier de journaliste au « Crapouillot », au « Canard enchainé », à « Combat », à « l’Aurore » et de dialoguiste pour le cinéma « Boule de suif »(1945), etc. « En ces temps où tout augmente, seule la liberté diminue »

Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Les hommes (et les femmes) naissent libres…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de la liberté d’expression et du clafoutis aux cerises réunis, bonjour ! Nous sommes le Samedi 03 novembre 2018, treizième jour de brumaire dédié au topinambour… Curieuse plante à la vérité qui doit son topinambour-226x300nom à celui d’une tribu brésilienne dont certains membres furent amenés en France au début du XVIIè, les Topinamboux (tupinambas) ce qui amena Carl Von Linné à croire en l’origine brésilienne de la plante. On la nomme aussi artichaut de Jérusalem; cela viendrait là encore d’une déformation linguistique de l’Italien Girasol, le topinambour appartenant à la même famille que le tournesol. Admirez ces fleurs de topinambour magnifiées par le pinceau de Monet.

En cette période agitée où les gazettes dévoilent chaque jour une nouvelle histoire de harcèlement, petite pensée pour Olympe de Gouges. En 1791 en effet, Olympe de Gouges présentait la déclaration des droits de la femme et de la citoyenne à l’assemblée Nationale. Ainsi se voyait dénoncé le fait que la de-Gougesrévolution oubliait les femmes dans son projet de liberté et d’égalité.  La phrase la plus célèbre de sa déclaration est : « La Femme a le droit de monter sur l’échafaud ; elle doit avoir également celui de monter à la Tribune ». Elle ne croyait pas si bien dire et est morte guillotinée le 03 novembre 1793. Il faudra attendre 1840 pour que quelques extraits de cette Déclaration soit publiée, et l’intégralité du texte ne l’a été qu’en 1986, par Benoîte Groult. On peut-être révolutionnaire et néanmoins macho… Et Olympe est resté sur son petit nuage (!) en attendant que ces messieurs daignent se rendre compte que les femmes sont des hommes comme les autres.

Les hommes (et les femmes) naissent et demeurent libres et égaux en droits… Quelle belle et magnifique libres et légophrase. Je propose qu’elle soit affichée dans tous les commissariats de France et de Navarre et qu’elle soit éditée sous forme de carte postale afin que chaque femme harcelée, violée, agressée, chaque migrant, chaque expulsé, chaque matraqué, puisse nous donner de ses nouvelles. Allez, merci d’être passé par ici, portez vous bien et à bientôt peut-être

François-Henri Jolivet, chansonnier.

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de la tautologie et du bœuf miro(n)ton réunis, bonjour ! Nous sommes le Mercredi 31 octobre 2018, 10è jour de brumaire dédié à la charrue… C’est aussi le jour anniversaire de la disparition d’un chansonnier libertaire qui fit les belles heures de La Muse rouge. En voici un court portrait qui va venir s’accrocher aux cimaises de notre galerie.

 
Fils d’un ferblantier et d’une giletière, François-Henri Jolivet travailla dans une imprimerie, dans un atelier puis comme livreur. Mais sa passion pour la chanson l’emportait : dès l’âge de dix-sept ans, il chanta ses compositions dans les cafés concerts du boulevard Sébastopol. Il participa à une association de chansonniers de Montmartrechansonniers amateurs, La Bellevilloise et fut dès 1901 membre du Groupe des poètes et chansonniers révolutionnaires avec notamment Sébastien Faure, F. Mouret, Le Père Lapurge, Paul Paillette, etc.. Jolivet qui fut longtemps livreur, tirant une voiture à bras, composait ses chansons en arpentant les rues de Paris et les écrivait pendant ses haltes. Pendant la Première Guerre mondiale, il entra dans le groupe La Muse rouge, dont j’ai souvent parlé ici, où, par dérision, il chantait habillé en poilu. Jolivet était un habitué des fêtes, des organisations et des journaux ouvriers, particulièrement de ceux qui maintenaient l’esprit pacifiste comme la Patrie humaine.

En mai 1930 il fut nommé membre du Comité directeur de La Muse Rouge aux cotés notamment de J.P. Monteil, Robert Bernard Fredy, Guérard, Toziny , Thulerelle, Coladant et Jane Monteil. En 1931, comme la majorité des chansonniers libertaires de la Muse rouge, il s’opposera à l’adhésion du la muse rougegroupe à la Fédération du théâtre ouvrier de France (FTOF) qui venait d’être fondée et était contrôlée par les communistes. Ce refus entraînera une censure et un boycott de la Muse par les organisations proches du PC. Son œuvre comporte près de sept cents chansons ou monologues, parfois popularisés par les voix de Marguerite Greyval, Musidora et Édith Piaf. Cette dernière le soutint pendant ses dernières années alors qu’il était devenu presque invalide et aida à la publication de son œuvre sous le titre : Chansons sociales et satiriques, Paris, 1956, avec une préface d’Henri Poulaille.

« PAPIERS A CUL

Un jour souffrant et tout pâle
D’une colique autoritaire,
Je me suis servi de mon livret militaire.la vache enragée
N’allez pas m’accuser ici
De façon trop peu délicate,
Ils usent à peu près ainsi
De leurs traités, les diplomates. » (…)

Au début des années 1950, à près de 80 ans, il monta encore à Montmartre pour y chanter dans une soirée organisée au « Tire-bouchon » par les amis du chansonnier libertaire Henri Chassin. A sa mort le 31 octobre 1955 à Paris, F.H. Jolivet était le doyen de La Muse rouge. Il a été incinéré au Père Lachaise le 4 novembre accompagné de nombreux amis libertaires. Sources : Dictionnaire international des militants anarchistes. Ephémérides anarchistes.

Bon, et bien voila pour ce début de semaine, en attendant la suite, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Esquisse d’une morale…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de l’oxymore et du kig ha farz réunis, bonjour ! Nous sommes le Lundi 29 octobre 2018 et en ce huitième jour de brumscorsonere-geante-noire-de-russieaire nous célébrons, non pas la narcisse mais la scorsonère. Je vois à votre air ébahi que vous n’avez pas reconnu ce que nous, petites gens, appelons (à tort) le salsifis noir. Elle est pourtant connue depuis fort longtemps : La Quintinie (jardinier du Roi Soleil) disait d’elle «  [...] c’est une de nos principales racines, admirable cuite, soit pour le plaisir du goût, soit pour la santé du corps ». « Scorsonère » est apparu sous cette forme en 1671.

Pour ma part, je voulais évoquer Jean-Marie GUYAU. Poète et philosophe libertaire. Il naît le 29 octobre 1854, à Laval (Mayenne), dans une famille bourgeoise.Élevé par sa mère, Augustine Tuillerie, jusqu’à l’âge de 12 ans, celle-ci est tour-de-France1-241x300l’auteure d’un fameux livre « Tour de la France par deux enfants » publié en 1877 sous le pseudonyme de G. Bruno en référence à Giordano Bruno. Il obtient une licence de philosophie à 17 ans. A dix-neuf ans, il est lauréat de l’Académie des Sciences morales et politiques, et à vingt ans, il donne à Paris ses premiers cours de philosophie au lycée Condorcet. A l’âge de trente ans, il a déjà écrit une dizaine d’ouvrages, fruits de son intense activité intellectuelle. Mais réfugié sur la Côte d’Azur, dans l’espoir de combattre par le soleil une maladie qui le minait, il succombe prématurément dans sa 34e année.

Il nous laisse sa poésie et ses ouvrages philosophiques : « Morale d’Epicure »,  et encore « Problèmes de l’esthétique contemporaine » et « l’Art au point de vue sociologique », mais guyauc’est surtout à ses derniers ouvrages Esquisse d’une morale sans obligation ni sanction  (1884) et l’Irreligion de l’avenir (1887) qu’il doit sa notoriété internationale et rejoint les préoccupations des anarchistes dans son approche d’une société libertaire et d’une morale au service de l’individu. Il sera abondamment cité par Nietzsche dans son « Ecce homo ». Pierre Kropotkine  s’y réfère également dans La Morale anarchiste, allant même jusqu’à faire de Guyau le « jeune fondateur de l’éthique anarchiste », éthique qu’il définit comme « la science de la morale des sociétés ».

Voici une citation qui mérite qu’on s’y arrête un instant et qu’on y réfléchisse à deux fois avant de trimballer sa poussette à la manif pour tous: « Le jour où les religions positives auron220px-Jean-Marie_Guyau_-_Moralet disparu, l’esprit de curiosité cosmologique et métaphysique qui s’y était fixé et engourdi pour un temps en formules immuables sera plus vivace que jamais. Il y aura moins de foi, mais plus de libre spéculation; moins de contemplation, mais plus de raisonnements, d’inductions hardies, d’élans actifs de la pensée; le dogme religieux sera éteint mais le meilleur de la vie religieuse se sera propagé, aura augmenté en intensité et en extension. Car celui-là seul est religieux, au sens philosophique du mot, qui cherche, qui pense, qui aime la vérité » Jean-Marie Guyau, L’Irréligion de l’avenir, 1886

Allez c’est sympa à vous d’être passé par ici, portez vous bien et à demain peut-être.

Le grand Georges…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de la sérénitude et de l’omelette aux champignons réunies, bonjour ! Nous sommes le Lundi 22 octobre 2018, 1er brumairejour de brumaire, dédié à la pomme dans le calendrier républicain mais où l’on fête les Salomé. Elle se reconnaîtra ! Ce 22 octobre marque aussi le jour anniversaire de la naissance du grand, très grand Georges Brassens. Les cénobites tranquilles marque chaque année cet évènement majeur. Originaire de Cette (aujourd’hui, on écrit  Sète), petit port du Languedoc, le futur poète « monte » à Paris en février 1940. Il trouve asile chez sa tante Antoinette et apprend la musique sur son piano.

Anarchiste et pacifiste de cœur, il est indifférent au contexte dramatique de l’époque. En 1943, il est envoyé dans un camp de travailleurs à Basdorf, près de Berlin, au titre du STO. Il s’enfuit un an plus tard, à la faveur d’une permission, et se réfugie chez Jeanne et Marcel Planche, au 9, impasse Florimont (14e arrondissement). Il y restera 22 ans. Pour Jeanne, il écrit La cane de Jeanne et pour Marcel, qui tient un bistrot dans la rue d’Alésia voisine, sa plus célèbre brassenschanson : L’Auvergnat. Pour sa compagne Pupchen, rencontrée en 1947 et à laquelle il restera toujours fidèle, il écrit aussi La non demande en mariage. Ayant abandonné le piano pour la guitare en 1951, il multiplie les auditions sans succès. Au bord du découragement, le 24 janvier 1952, il obtient enfin sa chance grâce à la chanteuse Patachou qui l’a pris en affection et, malgré son trac, accepte de le produire dans son cabaret de Montmartre. La consécration vient deux ans plus tard, le 23 septembre 1954, à l’Olympia. Il va mourir en octobre 1981. Il est inhumé, presque comme dans sa chanson Supplique pour être enterré sur la plage de Sète, non pas au cimetière marin de Sète où est enterré Paul Valéry, mais au cimetière du Py, juste au-dessus de l’étang de Thau. Ce cimetière est aussi appelé « le ramassis » car c’est le cimetière dit « des pauvres » en opposition au cimetière marin qui domine la mer.

Allez merci de votre visite, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Oh, la belle vie…

Posté par erwandekeramoal dans JAZZ, PORTRAIT

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Amis du piano-bar et du Mojito réunis, bonjour ! Nous sommes le Samedi 20 octobre 2018, vendémiaire touche à sa fin, et c’est le jour dédié à l’orge. Je saisis l’occasion de l’anniversaire de la disparition de cette grande pianiste et chanteuse de jazz, pour vous en parler un peu et surtout, vous inciter à vous procurer un de ses disques.

Avant d’être découverte par Miles Davis, Shirley Horn apprend le piano dès l’âge de quatre ans. Elle doit renoncer à étudier à la Julliard School de New-York, la très réputée école de musique, faute de moyens. Elle suit donc les cours de la Howard University de Washington. Elle chante dans des clubs et signe en 1961 l’album Embers and Ashes. Miles Davis la repère et lui Horn pochettepermet de signer un contrat avec Mercury. Elle enregistre alors le disque Horn with horn. Dans les années 1960, elle décide de faire une pause dans sa carrière pour s’occuper de sa fille. Elle revient en 1978 avec l’album A lazy afternoon avec comme musiciens le contrebassiste Buster Williams et le batteur Billy Hart. Elle eut son propre groupe dans le milieu des années 50 et enregistra de nombreuses sessions pour Mercury Records, souvent avec des musiciens de bop. Pendant des années elle passa beaucoup de son temps en Europe où ses performances dans le monde du cabaret connurent un succès énorme. En 1981, elle participe au Jazz festival de La Haye où elle triomphe et sort les disques I thought about you, puis Close enought for love. Dans deux albums, elle rend hommage à Ray Charles et à Miles Davis. Avec sa voix rauque et son timbre subtil, Shirley Horn, la Diva Jazzy, marque résolument l’histoire du jazz américain. Son album du shirley Horn Gmilieu des années 90 The Main Ingredient fut une inspiration lumineuse, créant une atmosphère détendue de jam-session avec des musiciens d’exception. Cet album a été enregistré en 5 jours, alors qu’elle préparait la cuisine pour ses invités-musiciens. Elle nous a quitté un 20 octobre en 2005. Je vous propose de l’apprécier dans sa fameuse interprétation de the good life puis prenez quelques secondes pour écouter Sacha Distel en 1968 dans, la belle vie. C’est d’ailleurs Sacha Distel qui l’a composée en 62 puis refilée à Tony Bennet qui en à fait un tube repris par Sinatra, Sarah vaughan, Sammy Davis, Petula Clark, Ray Charles et tant d’autres, mais j’avoue que j’ai une tendresse particulière pour la version de Julie London. Affaire de goût…

Voila, j’ai aussi sous le coude la version Gérard Darmon…Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.