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Ce Russ n’est pas bolchevik…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de la littérature polissonne et du poulet au gingembre réunis, bonjour ! Nous voici le Vendredi 18 septembre 2020 et pour le calendrier républicain, c’était le jour du génie… Alors ! Vous savez que ce calendrier comportait 12 mois de trente jours ce qui, reconnaissez le, est embêtant quand il faut 365 1/4 pour faire une année solaire.

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Nos amis, astucieux comme pas deux, ont donc inventé « les jours supplémentaires », plus un jour pour les années bissextiles. Et voila pourquoi ce jour n’est pas le 31 fructidor mais le deuxième « sansculottides » ainsi que l’on nommait les jours supplémentaires. Les calendriers étaient illustrés par des images comme celle-ci et ornés de maximes à la gloire de la République et de la Laïcité. Avouez qu’elles étaient plutôt girondes à l’époque (normal, les Girondins…), rien à voir avec Kate Moss ou autres mannequins actuels.

Bel enchaînement pour vous rappeler que tous les 18 septembre, les afficionados du nanar célèbrent la disparition de Russ Meyer, le créateur des super vixens. Réalisateur et photographe, il a fait ses classessuper Vixens en accompagnant les troupes américaines lors du débarquement. Il mis les pieds en Europe à Omaha beach le 6 juin 44, il entrera à Paris avec la 2ème DB de Leclerc (le général, pas l’épicier) le 25 août. Il va très vite se spécialiser dans l’exploration d’une sexualité rurale à travers des intrigues rudimentaires mais pimentées de violence et servies par des héroïnes à la poitrine démesurée. A la fin des années 70 il va produire toute une série depuis Super vixens jusqu’à Ultra vixens en passant par Méga vixens. Il est mort à Hollywood en 2004 en laissant le souvenir impérissable d’un roi de la série B.

Voila qui nous change de nos sérieux et graves militants écolo-Amish comme dit l’autre. Mais, comme le disait mon aïeule, il faut de tout pour faire un monde et, ajouterais-je…Pour faire un blogue ! Sur ces considérations qui nous éloignent un peu de cette actualité déprimante, je vous laisse vaquer à vos occupations. Merci mille fois d’avoir pris un peu de temps pour visiter « les cénobites tranquilles », portez vous bien et à bientôt peut-être.

Anarchisme & tradition…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de la liberté d’opinion et du gratin de courgettes réunis, bonjour ! Nous sommes le Mercredi 16 septembre 2020 et c’est la date qui correspond au 30è et dernier jour de fructidor, dédié au panier. Le panier, comme son nom l’indique (du latin panarium) est, à l’origine, une corbeille destinée à recevoir du pain.

Le 16 septembre 1923 fut une date fatale pour Itõ Noe, féministe et anarchiste Japonaise, puisque c’est le jour de son assassinat par un Ito_Noe_2escadron de la police militaire. Le responsable militaire, un certain Amakasu, fut condamné à 10 ans de prison mais très vite remis en liberté. Itô Noé est une pionnière du mouvement féministe au Japon. A 16 ans elle est diplômée de l’école de filles Ueno à Tokyo. Elle était née en Janvier 1895 sur l’île de Kukuoka. Très jeune elle est contrainte à un mariage forcé qu’elle finit par fuir. Elle trouve refuge chez son professeur d’anglais, le poète Dadaïste et libertaire Jun Tsuji qui fut le premier à traduire les travaux de Stirner en japonais. Ils se marièrent et eurent beaucoup d’enfants (2). Elle sera la rédactrice en chef de la revue culturelle Seito-sha qui, comme chacun le sait, signifie « Le bas bleu ».

Elle devient romancière et publie des textes de critique sociale et traduira les écrits d’Emma Goldman; c’est en 1914 qu’elle va rencontrer Sakae Osugi. Lorsque le journal de ce dernier est interdit par la police, elle prend sa défense dans Seito-sha. Sa véritable histoire d’amour avec Osugi commence en 1916, mais celui-ci sera victime de la jalousie d’uneosugi-291x300 ancienne maitresse qui le poignardera. L’épisode va provoquer un vrai scandale dans ce Japon traditionaliste qui va dénoncer leur immoralité. Elle va vivre avec Osugi avec qui elle aura quatre filles et travaillera à développer le mouvement anarchiste tout en continuant à traduire Emma Goldman et Kropotkine. Dans la confusion qui suivit le tremblement de terre du 1er septembre 1923, elle est arrêtée avec Osugi et un neveu âgé de six ans. Tous trois seront massacrés par la police. Itô Noé avait 28 ans. Pour en savoir plus et si joliment raconté, je vous invite à découvrir « la légende d’Itõ Noé» sur le site Antiwar song’s si celui-ci existe toujours.

Allez, merci de votre visite, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Stéphane Mallarmé…

Posté par erwandekeramoal dans LECTURE, PORTRAIT

Amis de l’antanaclase* et de la Bière de Groix réunies, bonjour ! Nous sommes le mercredi 09 septembre 2020, 23è jour de Fructidor, jour béni entre tous puisqu’il est dédié au houblonhoublon dans notre calendrier républicain. *Pour les amoureux de la langue française je rappelle que l’antanaclase est la répétition d’un mot ou d’une expression avec un sens différent, en exploitant sa polysémie. Elle est proche de la paranomase et de la syllepse de sens. Ex : « Le cœur a ses raisons que la raison ne connaît pas. » (Blaise Pascal, Pensées) C’est pas littéraire ça mes body boys ?

L’homme du jour est Étienne Mallarmé dit Stéphane Mallarmé. Il est à mes yeux l’un de nos plus grands mallarmé1poètes. Il est décédé à Valvin le 09 septembre 1898 et, avec Apollinaire, Baudelaire, Verlaine, Rimbaud ou Desnos, il a marqué mes jeunes années. Auteur d’une œuvre poétique ambitieuse et difficile, Stéphane Mallarmé a été l’initiateur, dans la seconde moitié du 19è siècle, d’un renouveau de la poésie dont l’influence se mesure encore aujourd’hui. Mallarmé est alors considéré comme le Maître du symbolisme, puisque son entreprise poétique joue de la suggestion, et autorise par la superposition de différents sens, la recherche d’un langage poétique. En médaillon ici à gauche, son portrait signé Nadar.

 DON DU POÈME.

Je t’apporte l’enfant d’une nuit d’Idumée!
Noire, à l’aile saignante et pâle, déplumée,
Par le verre brûlé d’aromates et d’or,
Par les carreaux glacés, hélas! mornes encor,
L’aurore se jeta sur la lampe angélique.
Palmes! et quand elle a montré cette relique
À ce père essayant un sourire ennemi,
La solitude bleue et stérile a frémi.
O la berceuse, avec ta fille et l’innocence
De vos pieds froids, accueille une horrible naissance:
Et ta voix rappelant viole et clavecin,
Avec le doigt fané presseras-tu le sein
Par qui coule en blancheur sibylline la femme
Pour les lèvres que l’air du vierge azur affame?

Voilà pour aujourd’hui, passez une bonne journée, portez vous bien et à demain peut-être.

Le père UBU…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé, PORTRAIT

Amis des contrées exotiques et du lama Delon réunis, bonjour ! Nous sommes le Mardi 08 septembre 2020, 22è jour de Fructidor dédié à la noisette. Bien évidemment, à tout seigneur tout honneur car, le Vendredi 08 Septembre 2017 est en réalité le Dimanche 1er Absolu 148 NATIVITÉ d’Alfred Jarry fête suprême première première dans le calendrier pataphysique.

Et puis tiens, puisqu’on en parle, une pensée pour ce maître en absurdie: Alfred Jarry. Il est né à Laval (Mayenne) le 08 septembre1873 et mort à Paris le 1er Ubu-Jarry-187x300novembre 1907. Il a fréquenté le lycée de Saint-Brieuc jusqu’en 1888 avant d’émigrer pour Rennes. Il va s’inspirer de son professeur de physique, M. Hébert, pour créer le personnage de UBU, interprété récemment par Eric Cantona (UBU enchaîné mis en scène par l’anglais Dan Jemmet). La vie pourtant ne lui aura guère laissé le temps de produire davantage, il est mort à 37 ans non sans nous avoir légué la pataphysique; « science » qui cherche à théoriser la déconstruction du réel et sa reconstruction dans l’absurde.

Jarry est l’un des inspirateurs des surréalistes et du théâtre contemporain. Si j’en crois Jean-Pierre Bouyxou dans Sine-Mensuel:  » On a l’esprit pataphysique ou on ne l’a pas ; c’est inné. Dans Gestes et opinions du docteur Faustroll, pataphysicien, l’ouvrage qui est à la ‘pataphysique ce que le nouveau testament est au catholicisme et le Jarry-vélocatalogue Leroy Merlin au bricolage, Alfred Jarry la définit comme la science des solutions imaginaires…». Le collège de pataphysique a accueillit aussi bien Boris Vian que Marcel Duchamp, Max Ernst, Juan Miro, Dario Fo, ou encore Siné lui même, qui fut intronisé gonfanonier de l’ordre de la Grande Gidouille le 26 merdre 86 (11 juin 1959). C’est dans ce cadre que Boris Vian publia cette fameuse lettre sur la coquille: « retirez le Q de la coquille, vous avez la couille, et ceci constitue précisément une coquille» hilarant, non !

Allez, merci d’être passé, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Le barbier de Nouzon…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de la quadrature du cercle et du carré de porc réunis, bonjour ! Mine de rien nous voici le Lundi 07 septembre 2020 c’est à dire le 21 de fructidor qui est, comme chacun le sait, le jour de l’églantier appelé aussi églantier-150x150rosier des chiens; sans doute parce que ses racines étaient censé guérir de la rage. Si j’en crois le calendrier des postes, c’est la sainte Reine,  ce qui faisait dire à mon aïeule, jamais en retard d’un proverbe, : « à la sainte Reine, plante tes graines ! » Et comme disait l’ami Philippe (il se reconnaîtra) : « Bourg-la-reine mais Choisy-le-Roi, à moins que ce soit l’inverse. ».

A propos de calendrier, vous pouvez aussi tenter d’utiliser celui de Malicet. Comment ! Jamais entendu parler. Oyez braves gens l’histoire de François Malicet, barbier-perruquier en la bonne ville de Nouzon dans les Ardennes. En vérité, un drôle de figaro assassiné le 07 septembre 1927… François Malicet avait été arrêté et condamné à 25 francs d’amende pour avoir participé le 14 octobre 1877, barbier-176x300lors des élections suivant le coup de force de Mac-Mahon, à une réunion dans un cabaret de Nouzon où il avait crié « Vive les rouges, à bas les blancs, Vive la Commune ». Pour un peu, il aurait porté un gilet jaune…. Chaque année il confectionnait un calendrier bordé également de vert et noir et annoté de la devise de son cru « Et du boyau du dernier prêtre, serrons le cou du dernier flic ». Farceur il s’amusa pendant des années à jouer les revenants pour épouvanter sa vieille bigote de sœur. Il hébergeait et nourrissait gratuitement un locataire que, le dimanche 7 septembre, 1927, il surprit s’introduisant dans la maison par derrière ; le locataire armé d’une hachette se jeta sur Malicet et le frappa. Quand les gendarmes apparurent, Malicet leur ordonna de sortir de chez lui et mourut dans la nuit sans avoir dénoncé son assassin. Lorsque Fortuné Henry avait fondé en 1903 la colonie L’Essai dans la forêt d’Aiglemont, il avait mis en commun une grosse partie de son avoir au bénéfice de la Colonie qu’il fréquenta régulièrement jusqu’en 1909.  Sources : le dictionnaire des militants anarchistes.

Merci à vous d’être passé par ici, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Et Olympe en perdit la tête…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE, PORTRAIT

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Amis de l’égalité des sexes et des sœurs Tatin réunies, bonjour ! Nous sommes le Samedi 05 Septembre 2020, 19è jour de Fructidor dédié à la Tagette. En cette période agitée où nous constatons que ce sont les Olympe -G-travailleuses qui paient le plus lourd tribut à la crise sanitaire; petite pensée pour Olympe de Gouges. Marie-Olympe de Gouges est une des très rares femmes de l’histoire ancienne a avoir été exécutée pour la publication d’écrits politiques. Pourtant cette femme engagée, belle figure humaniste de la fin du XVIIIe siècle, n’a été redécouverte que récemment au titre de précurseur dans l’histoire des idées. Elle demeure en effet une figure d’exception, non seulement pour son engagement politique dans la durée, mais surtout pour ses positions d’avant-garde, courageusement exprimées, sur la condition des Noirs et celle des femmes.

Le 5 septembre 1791, Olympe de Gouges présentait la déclaration des droits de la femme et de la citoyenne. Ce texte devait être présenté à l’assemblée Nationale le 28 octobre de la même année. Ainsi se voyait dénoncé le fait que la révolution oubliait les femmes dans son projet de liberté et d’égalité.  La phrase la plus célèbre de sa déclaration est : « La Femme a le droit de monter sur l’échafaud ; elle doit avoir également 1024px-Plaque_Olympe_de_Gouges,_18_rue_Sevardoni,_Paris_6celui de monter à la Tribune ». Elle ne croyait pas si bien dire et mourra guillotinée le 03 novembre 1793. Cette déclaration restera sans valeur légale car ce projet fut refusé par la Convention à laquelle elle avait été proposée et restera à l’état de projet. D’une part, elle n’a paru qu’en cinq exemplaires et a été politiquement complètement ignorée tandis que, de l’autre, il a été dit que « la Déclaration a fait sensation dans toute la France, et même à l’étranger. » Il faut attendre 1840 pour que quelques extraits de cette Déclaration groultsoient publiés, et l’intégralité du texte ne l’a été qu’en 1986, par Benoîte Groult. On peut-être révolutionnaire et néanmoins macho… Et Olympe est resté sur son petit nuage (!) en attendant que ces messieurs daignent se rendre compte que les femmes sont des Hommes comme les autres. Les hommes (et les femmes) naissent et demeurent libres et égaux en droits… Quelle belle et magnifique phrase. Je propose qu’elle soit affichée dans tous les commissariats de France et de Navarre et qu’elle soit éditée sous forme de carte postale afin que chaque femme harcelée, violée, agressée, chaque migrant, chaque expulsé, chaque matraqué, puisse nous donner de ses nouvelles.

Allez, c’est la rentrée et, je vous l’avais dit, le soleil est à nouveau au dessus de nos têtes…Vivement l’hiver ! En attendant, soyez remercié de votre visite, portez vous bien et à bientôt peut-être.

A l’aise Blaise !

Posté par erwandekeramoal dans LECTURE, PORTRAIT

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Amis de l’éternelle poésie et de la saucisse de Molène réunies, bonjour ! cendrars par ModiEn ce Mardi, premier jour de Septembre 2020 (Miz Gwengolo en breton), saluons le quinzième jour de Fructidor dédié à la truite. Ceci aurait du m’emmener à vous parler de Schubert… Et bien non, j’évoque aujourd’hui un poète, romancier, soldat, aventurier et grand bourlingueur: Blaise Cendrars. Adolescents, on se refilait ses bouquins avec ceux d’Apollinaire et les disques de Boris Vian. Ah, c’était pas du Lamartine. A gauche, son portrait par Modigliani.

Blaise Cendrars, de son vrai nom Frédéric-Louis Sauser naît à La Chaux-de-Fonds, dans le canton de Neuchâtel, en Suisse, dans une famille bourgeoise francophone. Pendant l’enfance, il suit ses parents en Égypte, à Naples, à Bâle, puis est envoyé en pensionnat en Allemagne, d’où il s’enfuit. À seize ans, poussé par la soif de l’aventure, il s’enfuitCendrars-D- de nouveau. Cette fois en compagnie d’un trafiquant, Rogovine. Il traverse l’Allemagne et découvre Moscou, en pleine effervescence révolutionnaire, puis il part sur le transsibérien faire du commerce avec l’Asie. Ensuite il s’installe à Saint-Pétersbourg et y travaille jusqu’en 1907, chez un joailler suisse. A cette époque il commence à noter ses lectures et ses pensées, une habitude qu’il gardera sa vie durant. La lecture de Schopenhauer exerce une influence déterminante sur son rapport à la réalité : « le monde est ma représentation », retient Cendrars. Il fait alors de sa vie un poème, et dans les poèmes, il met sa vie.

Son séjour aux États-Unis lui montre la voie, nouvelle et moderne, pleine de vitesse, dans laquelle le monde s’engage. À la poursuite d’une L-orforme d’expression adéquate, il rédige son premier long poème, Les Pâques à New York qui reste « sa plus belle nuit d’écriture ». En 1912, il est de retour à Paris et fonde une revue, Les Hommes Nouveaux, avec Emil Szyttya, un anarchiste. Il se lie d’amitié avec des personnalités artistiques et littéraires: Apollinaire, Chagall, Fernand Léger, Survage, Modigliani, Csasky, Archipenko, Robert et Sonia Delaunay, avec qui il édite en 1913 sa Prose du Transsibérien et de la petite Jehanne de France. En 1914, la guerre éclate, et il s’engage dans la Légion Étrangère. Il perd son bras droit en Champagne et est naturalisé français en 1916. Les années qui suivent, il va à Rome, puis au Brésil, et s’intéresse à l’Afrique. En 1925, il décide d’arrêter la poésie et d’écrire des romans. Il écrit L’OR qui bouleverse les règles du genre romanesque. Ce texte, grand succès public, est semmène moiuivi par Moravagine, Le plan de l’aiguille et Les Confessions de Dan Yack . En 1939, la seconde guerre mondiale éclate ; Cendrars s’engage comme correspondant de guerre pour l’armée britannique. En 1956, il écrit sa dernière œuvre, un roman, Emmène-moi au bout du monde ! La truculence de cette chronique théâtrale qui doit beaucoup à la vie de la comédienne marguerite Moreno fait scandale. Je dois dire que c’est à travers ce livre que j’ai découvert Cendrars mais, je conseille aux plus jeunes de commencer par Bourlinguer ou L’Or… Malade, il est fait Commandeur de la Légion d’honneur en 1960 par Malraux. Il meurt le 21 janvier 1961, juste après avoir reçu in-extremis la seule récompense littéraire officielle qu’il obtiendra jamais de son vivant : le Grand Prix littéraire de la Ville de Paris.

Puisque, décidément, la rentrée littéraire n’a pas l’air décidé à nous révéler une pépite, relisez un de ses bouquins. Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Le grand Youenn …

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de la musique dodécaphonique et du biniou-koz réunis, bonjour ! Nous sommes arrivés ensemble jusqu’à ce Samedi 29 août 2020, douzième jour de Fructidor dédié au fenouil, ce qui prouve, si besoin était, qu’il ne faut douter de rien…

Il était né à Scaër (29) où il s’était initié à la sculpture sur bois auprès du père Le Coz, ébéniste. J’ai eu le bonheur de rencontrer le grand Youenn à plusieurs reprises et c’était toujours un ravissement de l’entendre raconter son aventure américaine, ses rencontres avec les artistes de la beat génération et son amitié avec Jack Kerouac. Dans lYouenn-Gwernig-debout-219x300es années 50, Youenn qui exerce alors la professionde sculpteur sur bois, rencontre un certain Emile Le Scanff, qui sera connu plus tard sous le nom de Glenmor. Ce dernier l’entraîne alors dans sa petite troupe « Breizh a Gan », et les compères monte une opérette en breton, Genovefa. Mais l’époque est difficile pour l’identité bretonne, le souvenir de la guerre est encore chaud et l’héritage de certains « Breiz Atao » dur à porter. En 1957 Youenn s’embarque pour les États-Unis. Il y passera une douzaine d’années, exerçant ses talents de sculpteur dans le Bronx et s’essayant à l’écriture. En 1982 paraîtra La grande tribu, roman autobiographique dans lequel il raconte son expérience américaine. A son retour en Bretagne, il refuse de s’acquitter de la redevance TV afin de protester contre le traitement que subit la langue bretonne sur la station régionale de FR3. Comble de l’ironie, c’est à lui que la chaîne fera appel de 1983 à 1989 pour diriger les programmes en breton. Je repense souvent à ce colosse à la carrure de bûcheron qui m’évoque immanquablement la stature et le style de Félix Leclerc.

Allez, merci à vous d’avoir fait le détour par ici, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Augustin mais pas saint…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de l’internationalisme et de la soupe aux choux réunis, bonjour! Je profite de ce Vendredi 28 août 2020, jour de la saint Augustin et souchy-G-aussi 11è jour de fructidor dédié à la pastèque, pour évoquer une grande figure de l’anarchisme international. N’y voyez aucune allusion; évoquer Augustin Souchy, c’est s’atteler à couvrir 75 ans de révolutions dans le monde. Doyen des anarchistes allemands, il s’est éteint le 1er janvier 1984 à Munich où il avait décidé de s’établir en 1966 après des périples nombreux et périlleux à travers le monde. Il nait en 1892, le 28 août, non loin de la frontière Russo-Polonaise, et quelques années plus tard, c’est tout naturellement que sa famille accueille les ennemis du tsarisme lors de la première révolution russe de 1905.

Augustin Souchy écoute les récits des fuyards et rêve de révolution. Il poursuit des études de laborantin à Berlin où il rencontre E. Bernstein, Karl Liebknecht, Clara Zetkin. Il lit Gustav Landauer, Pierre Ramus. Le soir, il fréquente les bibliothèques. Militant socialiste et pacifiste, il est  Espagne-FAIemprisonné une première fois le 18 mai 1911, journée du souvenir des morts de 1848. Quand éclate le premier conflit mondial, il est à Vienne. Il est antimilitariste et participe au groupe Befreiung. Il est arrêté, on l’attache à un autre prisonnier et on lui accroche une pancarte sur laquelle on lit: « Attention: Anarchiste ! ». Insoumis, il refuse de participer au carnage et s’exile en Suède où il entreprend d’approfondir les idées libertaires. La prise du Palais d’Hiver en 1917 redonne espoir à toute une génération de révolutionnaires. Il rejoint les rangs des anarcho-syndicalistes et collabore au journal « Der Syndikalist ». Il est en Russie en 1920 pour participer, sur invitation de Lénine, au second congrès de la IIIe Internationale. SOUCHY flaire la magouille marxiste et déconseille à ses camarades la collaboration avec le Komintern.

On le retrouve à Paris, le 20 mai 1921, devant le Mur des Fédérés, pour la commémoration du 50e anniversaire de l’écrasement de la Commune. Il entreprend ensuite une série de voyages en Amérique du Sud pour souchy-2nouer des contacts avec les organisations proches et amies sur ce continent. Séjour de plusieurs mois en Argentine. Participe au congrès des anarcho-syndicalistes latino-américains à Buenos-Aires ; conférences en Argentine et en Uruguay. Il est à Berlin quand Hitler prend le pouvoir. Il se réfugie à Paris où les exilés politiques allemands sont nombreux et se rapproche de Louis Lecoin. 1936, l’Espagne offre un terrain de mise en pratique d’idéal longtemps rêvé. Souchy arrive quelques jours avant la tentative du putsch de Franco à Barcelone. Il a la quarantaine, n’a jamais été soldat, se bat aux côtés des anarchistes. A la veille de l’écrasement du mouvement par la coalition fasciste internationale, il regagne la France. Là, sous le coup des lois xénophobes, il est interné dans les camps de Marolles, puis Audierne (Bretagne), d’où il s’évade à l’approche des troupes allemandes.

Il s’embarque pour le Mexique via Casablanca qui accueille alors les réfugiés de la guerre d’Espagne. Septuagénaire, Augustin vivra encore 20 ans. Il suit de près les mouvements sociaux, en particulier la révolution au Portugal. Il se sert des médias comme tribune pour souchy_fabbri_santillandéfendre l’humanisme libertaire et les idées forces de l’anarchisme. En 1977 paraissent ses mémoires: « Vorsicht: Anarchist ! -Ein Leben für die Freiheit » (Attention: anarchiste ! – Une vie pour la liberté – Presque aveugle, il meurt de vieillesse le jour de l’an. « Direkte Aktion » lui consacre un long article pour « rendre hommage à un compagnon et un grand humaniste qui ne s’est agenouillé ni devant les dieux, ni devant les pouvoirs ». Ici en photo avec Luce Fabbri et Diego Abad de Santillan Sources :Martine Remon. Sur le site Anarchie 23.

Voilà un portrait de plus (un peu long peut-être) pour notre galerie. Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Lester Young: The Prez…

Posté par erwandekeramoal dans JAZZ, PORTRAIT

Amis de la chapelle Sixtine et de la cousine Bette réunies, bonjour ! Nous sommes le Jeudi 27 Août 2020, c’était généralement le 10e jour du mois de fructidor dans le calendrier républicain français, officiellement dénommé jour de l’échelle.

Je profite de ce jour anniversaire, pour dire quelques mots d’un musicien que j’apprécie particulièrement; il s’agit de Lester Young. C’est à Woodville (Mississippi), petite ville au fin fond du Sud des États-Unis, que Lester Willis Young est né le 27 août 1909. Le jeune garçon grandit à la Nouvelle-Orléans, puis à Minneapolis où sa famille a déménagé. Il Lester-Young-45-degrees-300x224réalise plusieurs tournées avec l’orchestre familial, auquel participe également son jeune frère Lee (batteur). Les premières années du parcours en solitaire de Lester Young sont marqués par des participations à un grand nombre d’ensembles musicaux et il se fait rapidement remarquer par son style d’interprétation atypique, jouant du saxophone de manière détendue, en adoptant souvent des attitudes nonchalantes, et en tenant son instrument de travers, presque à l’horizontale. Suivant la tradition de la « royauté du jazz », qui veut que les musiciens vedettes se voient attribuer des sobriquets prestigieux (« King », « Duke », « Queen », etc.), il reçoit le surnom de « Prez », diminutif de « Président », qui semble lui avoir été attribué, par Billie Holiday.

Lester Young réalise avec Count Basie une série d’enregistrements de grand renom, notamment les légendaires Kansas City SessionsKONICA MINOLTA DIGITAL CAMERA, jouant tant du saxophone que de la clarinette. A la fin des années 1930, il se partage entre l’orchestre de Count Basie, l’accompagnement de Billie Holiday et d’autres ensembles. Mais, à partir du début des années 1950, Lester Young entre dans une spirale mortifère, tenaillé par des problèmes aussi bien physiques que psychologiques. Si ses interprétations s’en ressentent parfois, il n’en demeure pas moins un pilier de Jazz at the Philarmonic, dont il suit les tournées américaines et européennes, et son style de swing traditionnel continue d’influencer grandement les nouvelles générations de jazzmen. En 1955, il est hospitalisé pour dépression nerveuse durant un an. Mais ses habitudes mortifères reprennent bientôt le dessus, une consommation abusive d’alcool s’ajoutant à une alimentation de plus en plus insuffisante.

Au début de 1959, il réalise une tournée européenne, qui s’achève à Paris par une prestation au Blue Note, avec Kenny Clarke: durant son Billie & Lesterséjour sur le vieux continent, il boit sans discontinuer et ne mange  quasiment rien. Après un ultime enregistrement dans la capitale française, Lester Young reprend l’avion pour les États-Unis et atterrit à New York le 15 mars 1959. Quelques heures après son retour, il succombe à un arrêt cardiaque. Sa mort et celle, quelques mois plus tard, de sa complice Billie Holiday, viennent alimenter la légende tragique du Jazz et de ses musiciens consumés par les feux de la rampe. Sources: les travaux de Nikita Malliarakis et les textes d’Alain Gerber.

Voila pour cette rentrée, à écouter sans modération aucune. Éteignez la télé et laissez vous emporter par le saxo de Lester Young et la voix inoubliable de Lady Day… Portez vous bien et à bientôt peut-être.