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Quand il mort le poète…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de la poésie et de la bouillie d’avoine réunies, bonjour ! Nous sommes le Vendredi 20 Octobre 2017, 29è jour de vendémiaire dédié à l’orge. Ce qui fait donc trente ans exactement que cet immense poète qu’était Jean-Roger Caussimon nous a quitté pour d’autres horizons.

Il est né en 1918 en région parisienne et s’est éteint un 20 octobre en 1987. Entre temps il nous a légué quelques unes des plus belles chansons de son temps reprisCaussimontes par les plus grands depuis Léo Ferre jusqu’à Arno, en passant par Catherine Sauvage, les frères jacques, Gainsbourg et tant d’autres. Il fut l’une des têtes d’affiche du cabaret le lapin agile pendant de nombreuses années et c’est là qu’il rencontra Ferré et que naquit une amitié qui jamais ne se délia. Acteur de théâtre, de cinéma et de télévision, il fut un des pionniers des dramatiques à la radio, notamment sur France culture. Durant la seconde guerre mondiale il est fait prisonnier en Silésie. Il « profitera » de sa captivité pour écrire de nombreux poèmes et une pièce de théâtre qui connu un vrai succès, la parodie de Faust.

Les musiques de léo Ferré vont contribuer beaucoup à sa notoriété, on se souvient de Monsieur William et A la Seine. Marcel Carné lui offrira un rôle dans Juliette ou la clé des songes aux côtés de Gérard 1976-Jean-Louis-Foulquier-Bernard-Dimey-Jean-Roger-Caussimon-500x367Philippe. C’est sur les conseils de José Artur que Pierre Barouh lui fera enregistrer ses premiers disques. On se souvient encore de sa participation dans le fameux film de Tavernier Le juge et l’assassin pour lequel il écrira plusieurs chansons dont La commune est en lutte et La complainte de bouvier l’étrangleur. Après sa mort, ses cendres furent répandues à la pointe des poulains à Belle-île-en-mer. (regardez cette photo, on y reconnait J.L. Foulquier, Brassens et Bernard Dimey derrière Caussimont) J’avoue que j’ai une faiblesse pour Comme à Ostende quelque soit l’interprète. Pour terminer ce billet, quelques vers extraits de si vis pacem:

La grand’rue de la Liberté
Pour qu’elle reste magnifique
Faut pas la mettre à sens unique
Ou qu’on en fasse un’ rue barrée…
Et tout ce que l’on peut souhaiter
Etant donné qu’la Terre est ronde
C’est qu’elle fass’ le tour du monde…
La grand’rue de la Liberté!

Allez, merci de votre visite, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Ca vient de là, ça vient du Blues…

Posté par erwandekeramoal dans JAZZ, PORTRAIT

Amis de l’histoire bégayante et du Gevrey-Chambertin réunis, bonjour ! Nous sommes le Jeudi 19 octobre 2017, vingt-huitième jour du mois de vendémiaire, dédié à la tomate, il vous reste donc 73 jours pour préparer votre réveillon.

Oyez l’histoire de Eddie James House Jr qui se fit connaître sous le nom de Son House. On n’est pas très sûr de sa date de naissance mais il est décédé un 19 octobre en 1988. Quand bien même il fait Son-House-by-Dick-Waterman-236x300partie des fondateurs du Delta blues il commença par être pasteur et n’apprit la guitare que dans les années vingt.  Après une peine de bagne pour meurtre, il rencontre Charlie Patton qui l’entraine à sa suite avec Willie Brown et la pianiste Louise Johnson dans les studios du Nord. C’est là qu’il va enregistrer son fameux Preachin’ the blues. Il va ainsi sillonner le Delta et donner ses premières leçons de blues et de guitare à Muddy Waters et Robert Johnson; excusez du peu. On murmure qu’il serait le compositeur du fameux Walkin blues (ci-dessous en vidéo). Il faudra attendre 1941 pour de nouveaux enregistrements lorsque les Lomax passeront le Sud au peigne fin pour la bibliothèque du Congrès.

En 43, il rejoint Rochester dans l’Etat de New-York mais son style rural ne fait guère recette. Nous sommes en 1948 et Son a abandonné la musique pour vivre de petits boulots. Sans qu’il le son-house-pochette-212x300sache, ses disques sont adulés par les jeunes Yankees du folk boom. Il est redécouvert en 64 par Bob Hite et Alan Wilson alors qu’il vit semi reclus, alcoolique et n’a plus de guitare. Il va faire un triomphe au festival de Newport et, comme le dit Gérard Herzhaft: «ceux qui ont eu la chance d’assister au concert parisien de l’Américan Folk Blues Festival 1967 se souviennent de sa formidable performance…» En 71, ses capacités physiques déclinant, Son décide de se retirer, non sans avoir enregistré plusieurs albums dont le mémorable Father of the Delta blues. Sources:La grande encyclopédie du blues aux éditions Fayard.

Allez, merci d’être passé, portez vous bien et à demain peut-être.

Sweets Edison…

Posté par erwandekeramoal dans JAZZ, PORTRAIT

Amis du Muscadet sur lie et des moules marinières réunis, bonjour ! Nous sommes le Mardi 10 octobre 2017, 19è jour de vendémiaire tournesolconsacré au tournesol. En Bretagne armoricaine on célèbre sant Kler, on dit qu’il fut le premier évêque de Nantes; déclinaison du prénom Sklaer, lumineux. Il y a très longtemps, j’avais une amie qui répondait au magnifique prénom de Sklerijenn, qui est pourtant du genre masculin (mais mon amie pas du tout…) La correspondance française est sans doute Claire (contemporaine de François d’Assises et native de la même ville) celle-la même qui fonda les clarisses.

Or donc, ce dix octobre est une bonne occasion pour vous parler d’un trompettiste ! Harry sweets Edison est en effet né un 10 octobre en 1915 à Colombus. Trompettiste de talent, certains disent de génie, c’était le roi du swing. Il a joué avec les plus grands depuis Count Basie jusqu’à Oscar Peterson en passant par Lester Young et Nat King Cole. Dans la vidéo, on le voit en compagnie du fameux batteur Buddy Rich dont je vous ai déjà parlé ici.

https://youtu.be/14C7A7V6q8k

Son jeu très économe s’appuie sur une précision rythmique exemplaire. Il se soucie avant tout du placement le plus juste de ses notes et de leur coloration avec ce son d’une extrême douceur, qui lui valut son Edisonsurnom de « Sweets » donné par Lester Young membre du même orchestre, qui avait été impressionné par le ton chaleureux et doux de sa musique. Compositeur et arrangeur occasionnel, le style sensible d’Edison à la trompette avait été grandement apprécié par des chanteurs tels que Ella Fitzgerald, Sarah Vaughn, Joe Williams et plus particulièrement Frank Sinatra.. Ce goût de la précision est constant dans tous ses solos et fait de son style un certain idéal de swing. Il fait partie de ces rares jazzmen qui sont reconnaissables dès les premières notes. Il nous a quitté en juillet 1999.

Voila pour ce 3946è billet; en attendant le prochain et la fin des allocs réunis, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Où résida le réséda ?

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de l’arlésienne et du canotier réunis, bonjour ! Nous sommes le Jeudi 05 du mois d’octobre 2017, date qui correspond au quatorzième jour de vendémiaire dédié au réséda. C’est d’ailleurs le 14 de vendémiaire de l’an II que fut crée par décret le calendrier républicain. Le nom de réséda vient du latin resedare qui signifie calmer en raison de ses propriétés médicinales. Certains feraient bien d’en consommer quelque peu… Desnos en a fait ce joli poème :

réséda« Où résida le réséda ?
Résida-t-il au Canada ?
Dans les campagnes de Juda ?
Ou sur les flancs du Mont Ida ?
Pour l’instant sur la véranda
Se trouve bien le réséda.
Oui-da ! »

 

Allez savoir pourquoi j’ai choisi d’évoquer cet immense libre-penseur que fut Denis DIDEROT. Ah oui, peut-être parce que ce précurseur de la pensée libertaire, est né un cinq octobre 1713 à Langres, Haute-Marne. Fils d’un riche artisan coutelier, il est élève chez les jésuites, destiné à la prêtrise et tonsuré à 13 ans. Au collège d’Harcourt à Paris, il devient Denis-Diderot-croire-300x300maître ès arts à 19 ans. Il poursuit ensuite des études tout en menant une vie de bohème, et se libère progressivement de la pensée religieuse de son temps. En 1746, il écrit ses « Pensées philosophiques » suivie de « Pensées » 1747, violentes attaques contre le christianisme. En 1749, il affine sa pensée matérialiste, avec « Lettres sur les aveugles et à l’usage de ceux qui voient », mais cela entraîne son arrestation. Après trois mois de prison, il est libéré sur les instances de son éditeur, qui vient de lui confier avec d’Alembert, la direction de « l’Encyclopédie », travail gigantesque auquel il va consacrer plus de vingt ans de sa vie.

En 1751, le premier volume voit le jour. Huit ans plus tard, les sept premiers tomes sont condamnés par le pouvoir royal mais encyclo_diderot-180x300l’Encyclopédie se poursuivra jusqu’à son terme, dans une semi-clandestinité. Il trouve encore le temps d’écrire des essais sur le théâtre dont « Paradoxe du comédien » où encore des romans comme « La Religieuse » 1760, « Le Neveu de Rameau » 1761, « Jacques le Fataliste et son maître », etc. Il entretient également une importante correspondance littéraire, et se fait même critique d’art. Après une vie bien remplie, il meurt à Paris, mais malgré son radicalisme politique et son athéisme déclaré, il est enterré religieusement. « Méfiez-vous de celui qui veut mettre de l’ordre » tel est son avertissement dans « Supplément au Voyage de Bougainville » 1772. Comment ne pas être d’accord ?

Allez, merci de votre visite, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Là ou y’a d’l'Eugène, y’a du plaisir…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de l’Internationale ouvrière et  du velouté de potimarron réunis, bonjour ! Oui, nous sommes le Mercredi 04 octobre 2017 mais, je n’y suis pour rien. Le treizième jour de vendémiaire était généralement le jour du potiron pour nos amis républicains. A propos de républicains, le 04 octobre 1816 est le jour qui va voir la naissance de Eugène POTTIER, poète, Franc-maçon et révolutionnaire; dans l’ordre que vous voudrez.

Eugène Pottier était ce que l’on appelle un goguettier, terme aujourd’hui oublié qui désignait les membres des goguettes ces sociétés chantantes d’où sont  issues de nombreuses chansons très populaires. La plus célèbre de toutes les goguettes est sans nul douEugènete La lice chansonnière goguette parisienne qui a vu naître j’irai revoir ma Normandie, Le temps des cerises ou l’Internationale. Membre de la garde nationale, il prend part aux combats durant le siège de Paris de 1870 puis s’engage activement auprès de la commune dont il sera élu pour le 2ème arrondissement. Il parviendra à s’enfuir en Angleterre puis ira s’installer aux Etats-Unis d’où il organisera la solidarité pour les communards. Après l’amnistie de 1880, il rentre en France et continue de publier ses poèmes mais c’est bien sûr l’Internationale mis en musique par Pierre de Geyter en 88 qui lui vaudra une renommée mondiale. Même si cette chanson fut récupérée par l’URSS, elle garde sa coloration libertaire.

« Il n’est pas de sauveurs suprêmes,
Ni Dieu, ni César, ni Tribun,
Producteurs sauvons-nous nous-mêmes,
Décrétons le salut commun. »

Comme quoi, on peut être en goguette et soucieux du bien être de ses semblables. Ces goguettes qui ont prospéré en France jusqu’au début goguettedes années 1900 et qui portaient le nom de Gais pipeaux, Lice chansonnière, Les bergers de Syracuse, ou la Muse rouge ont généré de nombreux « chefs-d’œuvres » c’est ainsi que l’on doit au goguettier Lillois  Alexandre Desrousseaux le fameux « p’tit Quinquin ». Ici une représentation d’une soirée à la Lice chansonnière par Daumier. Ah, la belle époque, où les estaminets vous accueillaient jusqu’à pas d’heure et ou il vous était loisible de chanter, fumer et boire tout votre saoul en bonne compagnie. Tiens, j’aperçois un Clynelish qui me tend les bras, la distillerie capte son eau dans le torrent Clynemilton Burn et la maturation en fûts de chêne ne dure pas moins de quatorze ans. Le temps de m’en bourrer une petite et je vous poste ça.

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

Frères Jacques, dormez vous…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de la variétoche et de la soupe de choux-rave réunies, bonjour ! Nous sommes le Mardi  03 octobre de l’an 2017, 12è jour de vendémiaire dédié à l’immortelle.

Petit coup de chapeau à André BELLEC, un gars de saint-Nazaire (dédédé un 03 octobre en 2008) qui, avec son frangin Georges a fondé le fameux groupe des « frères jacques ». C’est lui qui en a l’idée aux chantiers de jeunesse puis à la libération et engage d’abord son frère. jacquesYves Robert décline l’offre de se joindre à eux mais rapidement François Soubeyran puis paul Tourenne complètent l’équipe. Le groupe se forme au sein de l’association « Travail et Culture » au printemps 1945, leur premier répertoire étant choisi parmi des chansons du folklore, des negro-spiritual, et des chants religieux. Leur carrière débute en août 1945 lorsqu’ils remplacent « les compagnons de route » (futurs Quatre barbus) dans l’opérette Les Gueux au Paradis, à la Comédie des Champs Elysées.

Ils aiment à faire le Jacques d’où leur nom, qui évoque aussi la chanson enfantine. Il leur manque un style, une musicalité propre et une rigueur dans le travail. C’est un cinquième membre qui va les leur fournir : le pianiste Pierre Philippe, qui les accompagne de 1945 à 1965.  Visuellement, c’est le décorateur jean-Denis Malclès qui les moule dans jacques 2des collants, des justaucorps et des gants, et complète leur silhouette de chapeaux divers. C’est lui aussi qui conçoit le décor. Ces éléments varieront peu par la suite. Ils débutent en 1946 dans une parodie intitulée L’Entrecôte ( en vidéo) c’est un succès. Leur premier 78 tours sort en 1948. Les engagements abondent, mais c’est quand ils rencontrent l’agent artistique Jacques Canetti qu’ils entrent véritablement dans la lumière. C’est lui qui leur obtient les textes de Jacques Prévert – sceptique au départ – et les musiques de Joseph Kosma, qu’ils enregistrent et que la radio fait connaître au-delà de la sphère parisienne. Avec L’Inventaire, ils obtiennent même le Grand prix du disque à deux reprises. Ils ont également chanté avec Edith Piaf et Brigitte Bardot. Ils donnent finalement leur dernier récital début 1983 au Théâtre de Boulogne-Billancourt.

Ah, quelle époque madame Michu… que devrons nous faire demain pour pouvoir acheter l’entrecôte si on laisse les gougnafiers de la finance nous tondre la laine sur le dos? Allez, portez vous bien, et à demain peut-être.

A la st Melar, le cénobite reste peinard…

Posté par erwandekeramoal dans JAZZ, PORTRAIT

Amis de la dérision et du civet de lapin réunis, bonjour ! Nous sommes le Dimanche 1er octobre 2017, 10è jour de vendémiaire dédié à last melar cuve… Allez savoir ce qui s’est passé dans la tête de Fabre d’Eglantine, il avait peut-être mal aux cheveux ce jour là. En Bretagne, demain c’est la St Melar dont il faudra que je vous conte la triste histoire. Mélar n’avait que 7 ans quand son père, Miliau, fut traîtreusement tué par Rivode son frère. Celui-ci s’en prit ensuite au fils de sa victime, lui faisant couper la main droite et le pied gauche pour l’empêcher de manier l’épée et de monter à cheval. Il finit par le faire assassiner près de Lanmeur, où une partie de ses reliques fut gardée dans la crypte jusqu’aux invasions normandes. De Lannéanou à Plouigneau (dans le Finistère), le chemin porte le nom de « Hent sant Melar », chemin du martyre d’un jeune innocent.

 
Mais pour ce jour, souvenons nous de CeDell Davis: Un lecteur bien intentionné, et bien informé, me fait savoir que Cedell Davis, légende vivante du blues du delta, vient de casser sa pipe. J’avoue que l’info m’avait échappée moi qui suis pourtant un inconditionnel. Né en 1927, il a grandi dans les plantations. jusqu’à encore il y a peu, il continuait de chanter le blues comme il l’a fait toute sa vie… Gamin déjà il jouait, mais cedell-davis-featimagemalheureusement une mauvaise polio aura eu raison de ses articulations, de sa dextérité… En voilà une bonne raison d’avoir le Blues ! Qu’a cela ne tienne, le jeune Cedell, agé alors de 10 ans, prend sa guitare en gaucher, se coince un couteau à beurre dans ses doigts recroquevillés, et c’est reparti ! Devenu un joueur de club,il fera danser les plus belles mamas pendant que les hommes noieront leurs défaites aux dés dans du moonshine frelaté…

https://youtu.be/RvevhguQ7oA

Et dans ces bouges où l’atmosphère est toujours électrique, une énième bagarre éclatera : c’est l’émeute ; la foule se rue dans toutes les directions et le pauvre Cedell se fera piétiner… De cette soirée il en sortira les deux jambes affreusement cassées et sera contraint à passer le reste de sa vie en fauteuil roulant. Que croyez-vous qu’il fit ensuite ? Il continua à jouer le Blues, avec son style et un son de guitare inimitable et une voix puissante et chargée d’émotion… Feel Like Doin ‘Something Wrong, son album de 1994 produit par Robert Palmer est reconnu par les amateurs comme un summum du blues. On dit qu’il jouait de manière tellement crue que seul Ornette Coleman, prince du free jazz, savait s’accorder avec lui.

Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

My Buddy is Rich.

Posté par erwandekeramoal dans JAZZ, PORTRAIT

Amis de la concorde universelle et du pâté en croûte réunis, bonjour ! Nous sommes le Samedi 30 septembre 2017, autant dire la fin du mois, qui correspond au 9è jour de vendémiaire dédié au panais.

Le cœur a ses raisons que la raison ignore dit-on. Et bien, le jazz a ses batteurs que le public méconnaît. Bon d’accord, je vous l’avoue, c’est un peu tiré par les cheveux mais, ce matin, le démarrage est un peu difficile, les bougies de préchauffage rechignent à la tâche et dans ces cas là, les vieux diesels toussent un peu. Buddy RICH lui, est né un 30 BRseptembre 1917 à Brooklyn, New-York. Il est resté célèbre grâce à sa formidable puissance de frappe et sa rapidité d’exécution ainsi que sa capacité à improviser. Bref, il était né pour être batteur de jazz. Dès 1937 il joue avec Joe Marsala, Artie Shaw, Benny Carter, ainsi que dans son propre groupe. Il assiste aux débuts de Franck Sinatra avec qui il va faire partie du Tommy Dorsey Orchestra. Au début des années 50 on le retrouve aux côtés de Art Tatum. Jusqu’à sa mort il a mené son propre big band et sans doute son plus grand succès fut son interprétation de West side story. Buddy était réputé pour son caractère disons…Tempétueux. La légende rapporte qu’alors qu’il était hospitalisé, l’infirmière lui demanda si il n’était pas allergique à quoi que ce soit; il répondit: « si, à la musique country ! ». Sacré bonhomme que celui là. Il est décédé en 1987 et son corps est inhumé au Westwood village memorial à Los Angelès. La cité des anges, cela ne doit pas être très loin du paradis des jazzmen !

Bon allez, le temps de m’équiper et je pars en forêt. Merci d’être passé, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Un anar brestois…

Posté par erwandekeramoal dans ANARCHISME, PORTRAIT

Amis de la physique quantique et du Picon-bière réunis, bonjour ! Nous sommes le Mercredi 27 Septembre 2017, sixième jour de Vendémiaire dédié à la Balsamine. Cette espèce (comme d’autres espèces voisines) doit son nom d’impatiente à la forte réactivité de son fruit au toucher : la capsule mûre explose quand on veut la saisir et peut projeter les graines à quelques mètres.

L’homme du jour est brestois:Auguste LE LANN, militant anarchiste et anarcho-syndicaliste breton. Il est né le 16 février 1904 à Lambézellec (dép. du Finistère). Très jeulibertaire-Lochune orphelin, suite à la mort de son père durant la Première guerre mondiale, il est pupille de la Marine nationale. Déjà repéré par les autorités, il effectue son service militaire dans un bataillon disciplinaire à Saint-Brieuc. Embauché comme ouvrier chaudronnier à l’Arsenal de Brest, il y rencontre Jules Le Gall et Victor Pengam, qui travaillaient dans le même atelier. Auguste Le Lann, est nommé secrétaire du Conseil d’administration de La Maison du Peuple. ll figure alors sur les fichiers du « Carnet B » qui recense les antimilitaristes. A partir de 1925, il est secrétaire des » Jeunesses Syndicalistes » et membre de « l’Union Anarchiste » (UA), et responsable de la diffusion du journal « Le Flambeau »(1927-1934),Le_flambeau_France organe mensuel d’éducation, de libre pensée et de combat. En 1936, il est secrétaire du groupe de l’UA de Brest et membre de la « Ligue Internationale des Combattants de la Paix » (LICP). En 1937, il est secrétaire de la « Fédération libertaire de l’Ouest » et de « Solidarité Internationale Antifasciste » (SIA), pour la région. Auguste Le Lann sera cette même année, à Paris, délégué du Groupe libertaire de Brest, aux côtés de René Lochu et René Martin lors d’un congrès où ils rencontrèrent Louis Lecoin. Mobilisé en 1939, il est fait prisonnier, puis est libéré en 1941.

Le 22 septembre 1942, il est arrêté et interné durant deux mois au Camp de Voyes. Durant l’occupation, il est étroitement surveillé, son logement sera à plusieurs reprises perquisitionné par la police de Vichy. sia_janvier_1938_collecte_tract_dossier_1_i_46_brest-2Après la Libération, il reconstitua le Groupe d’Études Sociales de Brest et, membre de la « Fédération anarchiste française », en sera le responsable départemental. Également militant anarcho-syndicaliste, il adhérera à la CNT Française. En août 1947, il sera membre d’un comité de grève à l’Arsenal. Après avoir collaboré au « Libertaire » après la Libération, il participera ensuite au « Monde Libertaire ». Toujours militant de la CNTF sur la fin de sa vie, il participait aux journaux « Le Combat Syndicaliste » et « Espoir » et était secrétaire du comité régional de l’Ouest de SIA. Auguste Le Lann est décédé à Brest le 27 septembre 1974. 

Voila pour aujourd’hui, portez vous bien et à demain peut-être.

Colchique dans les prés…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis des béatitudes et du maquereau à la bretonne réunis, bonjour ! Et bien voilà, ça y est, nous sommes le Lundi 25 septembre 2017 ! Et alors ? Heu, rien. Ah si, c’est le 4è jour de vendémiaire dédié à la colchique-2colchique. Jolie plante, quoique aussi toxique qu’un prêt bancaire. Elle doit son nom à Colchide où habitait la magicienne Médée. Vous vous souvenez de la fameuse chanson Colchique dans les prés… Elle a été créée par une cheftaine scoute francine Cockenpot et reprise par Francis Cabrel, étonnant non ? Regardez cet extrait de l’émission télé « Rendez vous avec » animée par Jacqueline Joubert en 1956…

Pour les plus jeunes je rappelle que Jacques Douai sera l’un des tout premiers à chanter Prévert et notamment les chansons du film « Les Visiteurs du soir ». Jacques DOUAI était un prince de la chanson intemporelle. Les témoignages ne manquent pas sur l’impression qu’il dégageait, ainsi celui de Francis Claude, directeur du Cabaret Quod Libet douai1dans les années 1948-49 : « Un soir d’hiver, une sorte d’apparition de Noël s’encadra sous la voûte de l’escalier menant au caveau. Il était vêtu d’un duffle-coat couvert de neige et semblait être l’incarnation d’un Chopin expirant. Il vint à moi et me demanda simplement : « On peut chanter ?  J’acquiesçai, déjà séduit (…) Il chanta, et le sortilège produit son effet. L’assistance subjuguée, osant à peine applaudir… » (cité par Gilles Schlesser dans « Le Cabaret rive gauche, de la Rose rouge au Bateau ivre« , éd. de l’Archipel, 2006, ) Citons également le témoignage de Pierre Seghers écoutant Jacques DOUAI à l’Echelle de Jacob : « Tout à coup, à travers la fumée, le bar entier se mettait à louvoyer sur les marches du palais ou bien cinglait vers La Rochelle. Nous étions tous transportés dans un autre monde. » (cité par Gilles Schlesser, même ouvrage) voir aussi ce billet sur « Esprits nomades » .

Allez, merci d’être fidèle, portez vous bien et à bientôt peut-être.