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Etrange fruit…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis du développement durable et des sauveteurs en mer réunis, bonjour ! Nous sommes le Mercredi 17 juillet 2019, 29è jour de Messidor dédié au Blé.
 

Le 17 juillet 1959 c’est la disparition de Billie Holiday, la plus grande d’entre les grandes dames du jazz. Elle était née à Baltimore en 1915. Enfance très difficile, viol à l’age de dix ans, couvent du bon pasteur… Jeune fille elle découvre Harlem, sa vie est faite d’hommes et de lester-billieviolences. Elle découvre aussi les boites clandestines où l’alcool coule à flots et où le jazz résonne du soir au matin. La petite Eléanora adopte le pseudo de Billie et connait ses premiers succès dans les clubs de Harlem où elle chante pour quelques sous. Elle se lie d’amitié avec Lester Young qui la surnomme Lady Day. Elle accompagne également Duke Ellington qui la fait tourner dans son court métrage Symphony in black. Elle devient dès lors une des vedettes du jazz new-yorkais et la voici qui chante bientôt dans le grand orchestre de Count Basie. Mais ses tournées sont souvent écourtées notamment dans le sud où elle ne peut chanter ni même réserver une chambre ou entrer dans un restaurant avec les musiciens.

C‘est en 1939 qu’elle va interpréter Strange fruit, métaphore du lynchage des noirs. Mais c’est aussi l’époque de l’alcool et de la drogue et de ses liaisons féminines. Son nouveau compagnon Jimmy Monroe l’entraine vers la cocaïne, l’opium; il faut dire que c’est un escroc qui se retrouve rapidement en prison. Puis, malgré ses succès, c’est la dérive totale, dépression, drogue, alcool et retour vers la case prison. En 1951, c’est Louis MCKAY qui va contribuer à relancer sa carrière. Il faudra attendre 1954 pour qu’elle réalise un vieux rêve, une tournée en Europe. En strange-fruits1955, Billie retrouve Carnegie Hall où elle participe au grand concert en hommage à Charlie Parker. Le 30 mai 1959 elle est admise à l’hôpital où elle décèdera le 17 juillet victime de sa cirrhose et d’une insuffisance rénale. Billie Holiday s’est produite seulement deux fois en France et uniquement à Paris. En 54 et en 58. A l’issue de son passage au Mars Club, voici ce que disait Françoise Sagan: « C’était elle et ce n’était pas elle, elle avait maigri, elle avait vieilli, sur ses bras se rapprochaient les traces de piqures…Elle sautait un couplet, se tenait au piano comme à un bastingage… » et la Sagan elle s’y connaissait en matière de came. Aujourd’hui encore, dès les premières notes d’une de ses chansons, vous êtes saisis par cette voix à nulle autre pareille et qui vous serre la gorge comme un mauvais whisky. Mais bon, c’est pas non plus « la danse du canard » ou « le petit bonhomme en mousse ». Il faudrait des pages et des pages pour narrer la vie de cette artiste et ce blogue n’a pas une telle prétention.

Allez, merci d’être passé, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Godin, à un poêle près…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de la pataphysique et du riz créole réunis, bonjour ! Nous sommes le Lundi 15 juillet 2019 qui correspond au 27è jour de messidor dédié à l’ail. Plante pour le moins miraculeuse qui faisait dire à mon aïeule:qui a de l’ail dans son jardin, n’a point besoin de médecin ! Vous voilà informés…

Le 15 Juillet 1840, Jean-Baptiste André Godin, obtient le brevet de fabrication d’un poêle à charbon en fonte de fer. Chacun connaît les fameux poêles du même nom mais peu l’histoire de cet inventeur social et humaniste. Penseur Godin -G-socialiste utopique, Fourieriste, fondateur du Familistère de Guise. Militant républicain, socialiste et anticlérical, influencé par les idées de phalanstères chères à Charles Fourier , il n’aura de cesse, le succès aidant, d’adapter et de mettre en pratique ses théories. En 1843 il adhère à « L’École Sociétaire » (phalanstérienne) et correspond avec Victor Considérant. Ses idées étant suspectes aux autorités après le coup d’État de Bonaparte, il ouvre en 1854 une succursale à Laeken-les-Bruxelles (Belgique) pour se prémunir d’un possible exil.

 

Après avoir acheté un terrain à Guise (dép. de l’Aisne) en 1846, il va, à partir de 1859, concrétiser son rêve de construction du « Palais social ». Vaste ensemble architectural qui prendra le nom de « Familistère » (Palais des Familles). Il comptera jusqu’à 500 logements, et regroupera progressivement autour de l’usine: « nourricerie et pouponnat », économat, théâtre et écoles, buanderie. L’entreprise compte 900 employés en 1867. En 1871, familistèredevenu Maire de la ville de Guise, il est élu député à l’Assemblée Nationale et expose ses idées dans l’ouvrage « Solutions Sociales » qui sera publié pendant la Commune de Paris. Après avoir créée la revue « Le Devoir » (en 1878), la Société du Familistère de Guise « Association coopérative du Capital et du Travail » voit le jour le 13 août 1880, elle durera jusqu’en 1968. En 1882, le Familistère ne suffisant plus pour loger les ouvriers de l’usine, des bâtiments annexes sont construits. Jean-Baptiste Godin s’éteint le 15 janvier 1888. L’entreprise poursuivra l’aventure symbolisée par le succès des poêles Godin (avec 2500 employés en 1926) et maintiendra son statut coopératif jusqu’en 1968. Aujourd’hui le Familistère (qui est classé monument historique) se visite, et un « Banquet de l’Utopie » y est organisé chaque 1er mai.

Voila pour ce lundi de la mi-juillet; en attendant une suite, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Clifford Harper…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de la métalinguistique et du catalogue de la Redoute réunis, bonjour ! Nous sommes le Samedi 13 juillet 2019, 25è jour de Messidor dédié à la pintade, décrite par Jules Renard comme la « bossue de la cour au crâne chauve et à la queue basse » qui « ne rêve que plaies à cause de sa bosse ». Cela vous évoque quelqu’un ? On dit que la pintade cacabe ou qu’elle criaille. Par contre, mon encyclopédie ne précise pas si elle fut secrétaire d’État …

Tout à fait autre chose.

Le 13 juillet 1949, naissance de Clifford HARPER à Chiswick (Ouest de Londres). Artiste illustrateur et militant anarchiste. Expulsé de l’école à 13 ans, il est placé à 14 ans et effectue divers travaux qu’il qualifie lui-même de serviles. Activiste dans les squatts de Londres durant les années soixante, il devient progressivement un artiste illustrateur salonlivreanarchiste2019-640x395autodidacte engagé qui va s’imposer par la qualité et la quantité de ses réalisations, qui vont illustrer la presse radicale alternative et en particulier la presse anarchiste anglaise et internationale. Il est alors fortement influencé par les dessinateurs et illustrateurs comme Eric Gill et Frans Masereel. En 1974, il publie l’anthologie d’affiches et dessins « Radical Technologie » puis en 1978, le livre « Class War Comix ». En 1984 est publié « The Education Of Desire » puis en 1987 « Anarchy, A Grafic Guide », ce qui ne l’empêche par de poursuivre son militantisme en travaillant à l’organisation du « Anarchist Bookfair » salon annuel du livre anarchiste.

Remarqué pour la qualité de son œuvre, il va alors travailler pour la presse nationale et en particulier « ThIllustration-by-Clifford--007e Guardian » et éditera en 2003 une anthologie des dessins parus « Country Diary ». A citer également « Visions of Poesy – an Anthology of Anarchist Poetry » édité par Dennis Gould et Freedom Press en 1990. Une exposition de ses dessins « Graphic Anarchy » a eu lieu au Newsroom Gallery de Londres en avril mai 2003. En avril 2006, il est victime d’une attaque cardiaque et depuis, il se ménage et apparaît moins souvent en public.

Allez, bel été à tous, rendez-vous au bal des pompiers, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Cow cow boogie…

Posté par erwandekeramoal dans JAZZ, PORTRAIT

Amis de la philologie et de la sardine grillée réunies, bonjour ! Nous sommes le Vendredi 12 Juillet 2019, c’est le 24è jour de messidor qui était dédié à l’orcanette; jolie plante des rivages méditerranéens dont la racine rouge était autrefois utilisée pour fabriquer de la teinture. ParToreille (66) - 16/04/2008 ici, on fête saint Menou qui fut évêque de Quimper au septième siècle (et peut-être au septième ciel…) et qui a laissé son nom à la commune de Saint-Menoux, non loin de Moulin. Son tombeau est appelé le débredinoire (de « bredin » simple d’esprit en patois bourbonnais), car ce saint est réputé soigner les maux de tête et guérir les bredins. »

Allez, retour au Jazz et au saxo. 12 juillet: Anniversaire de la mort de Benny Carter. Dans les vieux 33t, on trouve encore l’orthographe BeBennie Carternnie Carter. Ce natif de New-York était un génial touche à tout: trompettiste, saxophoniste, chanteur, arrangeur, compositeur et chef d’orchestre. Il a été un des grands du Jazz des années trente jusqu’à 1990. Il est mort en 2003 à Los Angelès. Benny  Carter a passé son enfance à Harlem en compagnie de Duke Ellington et de Bubber Miley auprès de qui il a appris la trompette. Quand il comprit qu’il ne jouerait jamais aussi bien que lui, il troqua sa trompette pour un saxophone.

A 15 ans, il enregistre son premier disque (1927), un an plus tard il crée son propre big band. En 1935 il part pour l’Europe et devient l’arrangeur de l’orchestre de danse de benny carter cosmopolitela BBC. Entre Europe et États Unis, il va jouer, chanter et composer jusqu’à ses 90 ans. Il travaille pour les plus grands, Ray Charles, Ella Fitzgerald, Sarah Vaughan, Louis Armstrong. Son plus grand succès a sans doute été: Cow Cow Boogie. Il reste un des premiers noirs à avoir écrit de la musique de film. Il a beaucoup inspiré Quincy Jones quand celui-ci a commencé à écrire pour le cinéma et la télévision.

Allez, bel été à tous, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Dansons la Ravachole…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de la libre circulation et du ragoût de mouton réunis, bonjour ! Nous sommes le Jeudi 11 juillet 2019 et le maillot jaune du tour de France est porté par un français, cocorico ! C’est le 23è jour de messidor dédié au haricot ce qui bien entendu n’a aucun rapport avec ce qui précède pas plus qu’avec ce qui suit.

En règle générale, en particulier non plus d’ailleurs, je ne suis guère zélateur de ces agités du bocal qui sont porté sur la dynamite comme d’autres sur le Picon-bière. Je dis cela à l’attention de l’agent des renseignements généraux (aujourd’hui on dit SCRT) chargé de réaliser RavacholEtGendarmes-221x300les fiches «S»; Mais celui-ci est emblématique de ce que fut l’anarchisme à une certaine époque. Le 11 juillet 1892, mort de François Koenigstein, dit Ravachol (du nom de sa mère), guillotiné à Montbrison. Anarchiste expropriateur et vengeur dynamiteur. Il est né le 11 (14?) octobre 1859 à Saint-Chamond (Loire). Son enfance est misérable et il est contraint de travailler dès l’âge de 8 ans. Il devient antireligieux à la lecture du « Juif errant », puis anarchiste par révolte contre l’injustice de la société. Refusant son sort, il décide de voler ce qui lui est nécessaire. Le 15 mai 1891, il pille une tombe, mais ne trouve pas les bijoux escomptées. Le 18 juin 1891, à Chambles, il vole un vieil ermite très riche ; ce dernier se rebiffe et Ravachol le tue. Il sera par la suite soupçonné d’autres meurtres dans la région.

Arrêté par la police, il parvient néanmoins à lui échapper et se rend à Paris après avoir fait croire à son suicide. Révolté par le jugement qui frappe les anarchistes, Decamps et Dardare, il décide de les venger. Aidé par des compagnons, il vole de la dynamite sur un chantier et le 11 mars 1892, il fait sauter le domicile du juge Benoît. Le 27 mars, l’immeuble où habite le substitut Bulot est gravement endommagé par une explosion qui fait quelques blessés mais aucun mort. Dînant au Ravachol_Charles_Maurin.jpg-207x300restaurant Very, Ravachol se trahi par ses propos tenus au garçon Lhérot, qui le fera arrêter 3 jours plus tard. Jugé dès le 26 avril 1892, à Paris pour ses attentats, il est condamné au bagne à perpétuité. Il passe ensuite devant la Cour d’Assises de la Loire le 21 juin pour ses meurtres où il accueille sa condamnation à mort au cri de « Vive l’anarchie ». Ici à droite, une bois gravé de Maurin. Guillotiné, Ravachol devient un mythe de la révolte. « Messieurs, j’ai l’habitude, partout où je me trouve de faire de la propagande. Savez-vous ce que c’est que l’anarchie? »: Ravachol s’adressant à ses gardiens. Des chansons lui sont consacrées (La Ravachole, sur l’air de la Carmagnole). En vérité, un drôle de zig… Consacrons lui une petite place dans notre galerie de portraits.  

Et bien voilà, après cela vous pouvez participer à « questions pour un champion ». En attendant, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Pissarro-ci, Pissarro-là…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis de l’Alsace-lorraine et du munster au cumin réunis, bonjour ! Nous sommes le Mercredi 10 juillet 2019, 22è jour de messidor dédié au cumin; alors, sortez le munster et le Gewurtz la matinée va être longue! 10 juillet, 10 juillet, ça me dit quelque chose, ah oui, c’est l’anniversaire de mon cadet. Y’en a un du 10 et l’autre du 20 et tous les ans c’est la même histoire pour se souvenir de l’ordre. Vous vous souvenez du prénom d’Alzheimer vous ?

C’est aussi l’anniversaire du jour de la naissance de Camille Pissarro. Peintre de talent de l’école impressionniste et anarchiste de convictions. Son enfance se passe dans les Antilles. En 1855, il est à Paris pour suivre les cours des Beaux-Arts. Passionné par le dessin et la peinture, il devient l’ami de Monet, Renoir et Cézanne. En 1863, il 1900c+Camille+Pissarro+by+Frederick+Hollyer+2expose au « Salon des Refusés ». Durant la guerre de 1870, il se réfugie en Angleterre, mais il est contraint d’abandonner de nombreuses toiles qui seront détruites par la soldatesque. De retour en France, il participe dès 1874 aux premières expositions des impressionnistes (qui ne rencontrent qu’incompréhensions). En 1884, une exposition de ses toiles aux U.S.A, est couronnée de succès. Il se lie avec Signac et Seurat, découvre les idées anarchistes (comme bon nombre de néo-impressionnistes) et fait la connaissance de Pouget et de Grave, à qui il apporte un soutien financier, aidant également les familles d’anarchistes emprisonnés ou des compagnons italiens en exil. Mais après l’assassinat de Sadi Carnot par Caserio, il est recherché par la police. Il se réfugie en Belgique, et y rencontre Elisée Reclus.

Pissarro partage avec l’avant-garde littéraire et artistique de la fin du XIXe siècle l’esprit de pitié, de générosité et de révolte sociales, la mal-pensance, pour l’époque… Il n’en laisse passer que des traces discrètes pissaro- turpitudesdans ses paysages, ruraux et urbains. Mais en novembre – décembre 1889, dans le secret, il compose vingt-huit dessins à la plume sur le thème du malheur des pauvres et de la cupidité indifférente des nantis : Turpitudes sociales. Restés inconnus jusqu’en 1972 et conservés à Genève dans la collection Jean Bonna. Lecteur de Kropotkine et de Jean Grave, ami de Mirbeau et de Fénéon, Pissarro se fait ici le continuateur de Daumier, et se rapproche de Steinlen, Vallotton, Luce, comme du Zola de L’Assommoir. De retour en France, il participe à la parution des « temps nouveaux », et s’engage contre l’antisémitisme lors de « l’affaire Dreyfus ».

Bref, encore un sacré bonhomme; allez, merci d’être passé, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Libertad, j’écris ton nom…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de l’émancipation féminine et de la potée bretonne réunies, bonjour ! Nous sommes le Samedi 06 Juillet 2019, 18è jour de Messidor dédié à la Gesse… Et, chacun le sait, c’est la gesse qui compte !

J‘essaie souvent d’alimenter ma galerie de portraits par des personnages ayant eu un rapport avec la Bretagne. Voici une militante que tout un chacun s’est empressé d’oublier et qui fut pourtant pionnière en son domaine. Anna MAHÉ est née à Bourgneuf-en-Retz, limite Bretagne et Vendée, (le pays de Retz est célèbre pour son Grolleau gris; n’est-ce pas Jean-Yves ?) on appelait cela à l’époque, la Loire inférieure. Naissance un 31 juillet 1881. LibertadLongtemps institutrice, elle sera la compagne de Libertad, de son vrai nom Albert Joseph dont voici la photo (à droite), tout comme sa sœur Armandine. Elle assure avec lui la direction du journal L’anarchie tandis que sa sœur, institutrice comme elle, se charge de la trésorerie. Elles partagent toutes les deux la vie de Libertad, dont elles ont chacune un enfant. Mais elles s’engagent bientôt dans des relations affectives avec d’autres compagnons qui, comme elles, vivent au 22, rue du Chevalier-de-la-Barre, communauté d’habitat qui est aussi le siège du journal, et qui est surnommé le « Nid rouge » par la police et les journalistes. Naan, mais quel exemple pour notre jeunesse, madame Michu !

Le groupe invente les sorties en musique à la campagne ou au bord de la mer (voir photo en dessous à gauche). Anna est l’auteur de nombreux articles parus dans l’anarchie ainsi que dans la presse libertaire régionale et de quelques brochures. Elle écrit en « ortografe simplifiée », estimant que les « préjugés grammaticaux et la-tribu-libertadorthographiques » constituent une source de ralentissement pour l’apprentissage de la langue écrite et sont au service d’une entreprise de « distinction » des classes dominantes. Elle accuse « ces absurdités de la langue » sanctionnées par l’Académie de casser l’élan spontané de l’enfant vers le savoir et d’encombrer inutilement son esprit. Elle estime d’ailleurs trop précoce l’apprentissage de la lecture et de l’écriture ; l’initiation scientifique qui fait davantage appel à l’observation et à l’expérimentation devrait selon elle le précéder car il pourrait être un puissant stimulant pour le développement intellectuel de l’enfant.

Anna se réfère aux pédagogues libertaires Madeleine Vernet et Sébastien Faure, qui appliquent des méthodes de pédagogie active dans le cadre des internats qu’ils ont créés et animés. Elle a le projet de fonder à Montmartre un externat fonctionnant selon les mêmes principes pour les enfants du quartier, mais la réalisation de ce projet,anarchie_n1-300x70 longtemps différée pour des raisons financières, ne verra jamais le jour. Les rapports de police la décrivent comme une femme de caractère qui possède un fort ascendant sur Libertad, même après la fin de leur liaison. Pourtant, elle ne jouera plus qu’un rôle effacé après la mort de ce dernier et laissera la direction du journal à d’autres militants. Comme quoi, la Vendée n’a pas produit que des Chouans, des contre révolutionnaires, des Puy du Fou et des brioches.

Allez, merci d’être passé, portez vous bien et à bientôt peut-être.

 

 

 

 

Einstein vs Carl…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de Jean Jaurès et de l’andouillette AAA réunis, bonjour ! Nous sommes le Vendredi 05 juillet 2019, autant dire le 17 de messidor qui était traditionnellement consacré à la groseille. C’est aussi, comment ne hortensiapas le citer, le jour anniversaire de la naissance du « Canard enchainé » en 1916, ce qui en fait le doyen de nos périodiques. Ce titre est une référence à « l’homme libre » créé par Clémenceau et qui dut subir la censure, à la suite de quoi, ce canard là devint « l’homme enchainé ». Par parodie, Maurice et Jeanne Maréchal décidèrent  d’appeler  leur journal « le canard enchainé ». Et puis, chose promise, chose due…Voici la floraison estivale des hortensias (une partie) dans les jardins de mon modeste ermitage finistérien.

Tout à fait autre chose pour alimenter la galerie de portraits.

Le 5 juillet 1940, mort de Carl EINSTEIN, à Betharram (Pyrénées Atlantiques). Poète, écrivain, historien d’art et combattant anarchiste. Juif allemand, il naît leCarl Einstein in Spain 26 avril 1885 à Neuwied (Allemagne). En 1918, il prend part à la révolution spartakiste. Passionné par l’art, il fréquente les milieux artistiques et devient un représentant du mouvement expressionniste en Allemagne, où il fait découvrir Picasso, le cubisme, mais aussi l’art africain. Au début des années 20 il était très proche d’Elsa Triolet. Son œuvre « L’Art du 20e siècle » publiée en 1926, révolutionne la façon d’aborder la peinture et les Arts Plastiques. En 1928, il s’installe en France et fonde avec Georges Bataille et Michel Leiris la revue « Documents ». Épris de liberté et profondément révolté, en 1936, il part en Espagne, avec d’autres compatriotes comme Helmut Rudiger combattre dans les rangs de la C.N.T. anarchiste. Il s’intègre au sein du Groupe international de la AVT_Carl-Einstein_4483Colonne Durruti, mais il est blessé durant les combats. Il est à Barcelone, le 22 novembre 1936, pour prononcer l’oraison funèbre de Durruti. La guerre terminée, il passe les Pyrénées et se retrouve interné dans les camps du Sud de la France avec les combattants antifascistes et la population espagnole fuyant les exactions des troupes franquistes. En 1940, sans illusions sur ce qui l’attend s’il tombe aux mains des nazis, il se donne la mort en se jetant dans le Gave de Pau. Une stèle dans le cimetière de Boel-Bezing (Pyrénées Atlantiques) rappelle son combat pour la liberté. Sources:Très belle biographie écrite par Liliane MEFFRE en 2002 « Itinéraire d’une pensée moderne ».

Bon allez, l’anarchie, tout ça, c’est bien beau mais j’ai la pelouse qui m’attend. Merci de votre visite, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Un gâs qu’a mal tourné…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de la lutte finale et de la salade niçoise réunies, bonjour ! C’est aujourd’hui le Vendredi 28 juin 2019 qui correspond au 10è jour de messidor dédié à la faucille; et, normalement c’est l’été depuis quelques jours… Oui, l’ ÉTÉ, en vieux françois: ESTÉ, du grec  aithein, qui signifiaitl'été en bzh « faire brûler » et qui a donné aithêr (éther) « ciel lumineux », « région supérieure de l’air ». Le fait que le mot Été soit aujourd’hui un masculin est certainement dû aux autres noms de saison, tous masculins. La forme aestivus signifiant « de l’été », a donné en bas latin aestivalis, qui a donné estival qui à son tour, à propos des fêtes de l’été, a donné festival qui en bas-breton se dit vieilles charrues. Étonnant, non !

Tout à fait autre chose.

C‘était en 1970, peut-être 71, j’encadrais à l’époque un stage à Dinard au cours des vacances de Noël et la partie récréative était assurée par un jeune chanteur qui, plus tard allait faire parler de lui, il s’appelait Bernard Lavilliers. Au cours d’une soirée, il interprétât plusieurs poème lavilliers_bernard_derniere_bouteille_lad’un auteur libertaire et paysan qui s’appelait Gaston Couté, mort en 1911 (28 Juin). Il semble que Gaston Couté se voua de tout son cœur à la cause du Peuple, en donnant sa collaboration à quelques journaux anarchistes de ce temps. Ses chansons, écrites sur des sujets d’actualité, pouvaient se chanter sur des airs connus. Bâclées à la dernière heure, elles étaient souvent trop violentes et dépassaient ainsi le but qu’elles voulaient atteindre. Le 13 juin 1911,  » La Guerre Sociale  » annonçait que Gaston Couté était poursuivi pour « outrages à la Magistrature ». Un ouvrier, arrêté au cours d’une manifestation, avait été trouvé porteur d’un tire-bouchon. Il avait été traduit en Correctionnelle pour port d’arme prohibée. Couté en avait fait une chanson sous le titre «Il avait an tire-bouchon». Elle pouvait se chanter sur l’air de: «Elle avait une jambe en bois».

https://youtu.be/7S6OGmd-mAg

Par cette poursuite judiciaire Couté payait les outrances des chansons parues dans les journaux et revues anarchistes. Il était très connu dans les milieux syndicaux. On fredonnait ses chansons dans les rues et les Gaston-Couté-265x300ateliers. Il paraît qu’il y eut, quelques mois plus tard, un second procès. Après la mort de Couté, les foudres de la justice se déchaînèrent encore une fois sur lui. Il fut poursuivi au sujet de la chanson «Pour faire plaisir au Colon». Le prévenu ne put venir au tribunal et pour cause. Après un bref jugement, il fut condamné par contumace. Le Président demanda à l’avocat s’il n’avait rien à objecter. Il répondit : « Si, Messieurs, j’ai simplement à vous dire que vous venez de condamner un mort !  » Ces infos sont extraites d’un site qui lui est consacré: gastoncoupé.free.fr

C‘est tout pour aujourd’hui, allez, portez vous bien et, à bientôt peut-être.

Adieu l’Emile…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de ma vieille Bretagne et du lait ribot réunis, bonjour ! En ce Mardi 25 juin 2019, septième jour de Messidor dédié au concombre, je voulais vous inviter à vous souvenir de cet éveilleur de conscience que fut Emile le Skanv dit Milig et plus connu sous son nom de scène : GLENMOR.
« Plaise à tous ledessin Glenmors saints de noble compagnie, noter que l’ivresse, chez lui, engendrait la bonté et qu’en somme tous les ferments conjugués le délivraient de ses tendresses. » C’est extrait d’une plaquette tirée à quelques exemplaires par Martial Pézennec et que Milig avait eu la gentillesse de me dédicacer à la fin des années 70 au cours d’une soirée en sa demeure de Mellionnec (22). Magnifique plaquette dotée d’une typographie et bois gravés de Claude Huart. La dédicace est à l’adresse de mes garçons dont l’un se prénomme Glenn en hommage à ce rebelle né un 25 juin 1931 à Mael-Carhaix. Et c’est encore au mois de juin (1996), qu’il nous a quitté.

Je l’ai connu et fréquenté à une époque où la « bretonnitude » n’était pas encore au goût du jour et il n’était guère de bon ton d’afficher son penchant pour la désuète culture bretonne. Les gens de gauche nous traitaient de « Breiz atao » en nous assimilant tout en vrac à l’Abbé Perrot et ses milices, à Debeauvais et son parti nationaliste, tandis que les Gaullistes nous présentaient comme les indignes héritiers de l’infime minorité qui avait choisi la voie de la collaboration durant l’occupation.
Glenmor c’est levé, solide comme un menhir sous les rafales, voix de Glenmor -D-stentor, et son chant a fait trembler la République une et indivisible et ses petits hussards centralisateurs. Derrière lui sont venus Styvell, Servat, Kirjuel, Ducos, Dan ar Bras…On a redécouvert les sœurs Goadec et les frères Morvan, le Plinn et le khost ar c’hoat et les festou-noz qui avaient cédé la place aux bals popu ont repris force et vigueur. Il était très croyant (il a fait le petit séminaire et poursuivit ses études chez les pères blancs) mais bouffait du curé à tous les repas, une soirée en sa compagnie était souvent aussi arrosée que la pointe St Mathieu par gros temps de Sud-Ouest et il fallait quelquefois le coucher à l’arrière de son « tube » Citroën qui lui tenait lieu de carrosse.

En 1965, il donne son premier grand concert public, c’était à Paris, salle de la Mutualité et, lorsqu’il entonne « Kan Bale Nevenoe », nous étions nombreux à frissonner… Glenmor, « glen » comme la douce terre du Kreiz-Breizh , « mor » comme l’indomptable mer d’Iroise . « Suis né barde manoirde petite Bretagne / de moindre pays / Personne ne me tint conseil / Seuls les chemins / et les vents me furent maîtres. » Ainsi allait Milig, croyant et libertaire, attaché à une Nation disparue, conservateur mais visionnaire, pétri de contradiction comme cette terre bretonne qu’il n’a jamais renié lui, le fils de paysan. Adieu l’Emile, je t’aimais bien comme disait Jacques Brel qui composa pour lui cette chanson « Le moribond ». A gauche, le manoir du Poul en Mellionnec, la demeure aujourd’hui est devenue chambre d’hôtes tenue par des sujets de sa très gracieuse majesté.

Allez, merci encore pour votre fidélité à ce petit blog sans prétention, portez vous bien et à demain peut-être.