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Artie Shaw fait son show…

Posté par erwandekeramoal dans JAZZ, PORTRAIT

Amis de la musicothérapie et du biniou bras réunis, bonjour ! C’est à n’y pas croire, nous sommes le Jeudi 23 mai 2019, quatrième jour de Angélique-2prairial dédié à l’angélique (pas la marquise, la fleur). On l’appelle aussi l’herbe aux anges car elle avait la réputation d’être efficace contre les maléfices et autres envoûtements. La légende voudrait en effet que l’ange Raphaël révéla les bienfaits de l’angélique à un moine français au 17ème siècle, anecdote correspondant à sa traduction du grec : « aggelikos » « ange ou messager ». Elle est encore cultivée dans certains endroits notamment du côté de Niort pour en faire des fruits confits, on en retrouve souvent dans les cakes. Attention de ne pas la confondre avec une proche parente, la cigüe…

Comment peut-on se nommer: ARTIE SHAW ?

Je me suis souvent posé cette question. Sauf à avoir des attaches à St-Pol-de-léon, avouez que c’est assez improbable. Sauf encore, à pratiquer l’humour juif de Brooklyn… Point commun avec Woody Allen, Artie_Shaw Gautre clarinettiste de talent. Né à New York, Arthur Arshawsky y apprend la clarinette et le saxophone et en 1926, il adopte le pseudonyme d’Artie Shaw. En 1929, on le retrouve à New York où il mène une intense activité de musicien de studio. On peut l’entendre un temps dans l’orchestre de Paul Whiteman. De 1934 à 1935, il délaisse la musique et se retire à la campagne pour se consacrer à la littérature (pas terrible d’après les experts). En 1938, il enregistre son premier hit: « Begin the beguine » de Cole Porter.

En 1938 il accompagne Billie Holiday , ce qui, à une époque où la tension générée par la ségrégation raciale devient inquiétante, ne va pas sans créer d’incidents. Sa popularité atteint alors son apogée et il  devient le principal rival du roi du swing: Benny Goodman. Pourtant artie-droite-300x212Artie Shaw, se retire du monde musical pour s’installer à Mexico. En 1940, année où il épouse l’actrice Lana Turner, il reconstitue un orchestre qui lui aussi enchaîne les succès. En 1942, il s’engage dans la Marine. Il dirige un orchestre destiné à entretenir le moral des troupes du Pacifique. De retour à la vie civile en 1944, il met sur pied un orchestre, pour une fois exclusivement de jazz. A la fin des années 60, il se retire à Lakeville (Connecticut). Il meurt le 30 décembre de la même année. Artie Shaw apparaissait aussi comme un homme de convictions qui a toujours milité contre la ségrégation raciale aux États-Unis. A écouter sans modération.

Allez, merci de votre fidélité, portez vous bien et à bientôt peut-être.

André Léo…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis du matérialisme historique et du cachou Lajaunie réunis, bonjour ! Nous sommes le Lundi 20 Mai 2019, premier jour de Prairial dédié à la luzerne. Le mois de prairial était le neuvième mois du calendrier Prairialrépublicain français. Il correspondait, à quelques jours près (selon l’année), à la période allant du 20 mai au 18 juin du calendrier grégorien. Il tirait son nom « de la fécondité riante & de la récolte des prairies de mai en juin », selon les termes du rapport présenté à la Convention nationale le 3 brumaire an II (24 octobre 1793) par Fabre d’Églantine, au nom de la « commission chargée de la confection du calendrier ». Quel poète ce Fabre…

Le 20 mai 1900, mort d’André LEO (pseudonyme de Léodile BERA, veuve CHAMPSEIX), à St-Maurice. Ecrivaine, journaliste, militante féministe, membre de l’Internationale et bien sûr, communarde. Elle naît le 18 août 1824, à Lusignan (dép. de la Vienne) dans un milieu andré léobourgeois. Vers 1849, elle se lie avec Grégoire Champseix, un brillant journaliste qui, condamné à plusieurs mois de prison en 1849, vit en exil en Suisse. Le mariage a lieu à Lausanne en 1851 et en 1853 Léodile donne naissance à des jumeaux : André et Léo. C’est vers1860 qu’elle commence sa carrière littéraire avec son roman « La vieille fille » puis « Un mariage scandaleux » qu’elle auto-éditera à Paris. Après la mort de son mari le 4 décembre 1863, elle s’engage plus avant dans la littérature et la lutte sociale, éducative et féministe. En 1868, elle intervient aux côtés de Paule Mink pour défendre la condition féminine dans les assemblées ouvrières, rencontre Benoît Malon avec qui elle va vivre à partir de 1872, en union libre, et adhère à « Ligue de la Paix et de la Liberté ». Allez, tiens, on est jamais si bien moqué que par soi même…

Très liée à Noémie Reclus, c’est chez elle, en 1869, qu’est créée la « Société (mixte) de revendication des droits de la femme ». En compagnie de Maria Deraisme, créatrice de l’ordre maçonnique « Le droit Humain ». En mai 1870, elle soutient Malon emprisonné à Mazas et, le 4 septembre, elle est dans la rue avec Louise Michel lorsque la République est proclamée. Elle s’occupe ensuite de l’aide aux déshérités, notamment les femmes, puis devient début 1871 rédactrice à « La République des travailleurs », organe de l’Internationale. Elle rentreLogo_du_Droit_Humain_International à Paris début avril pour prendre part à la Commune. Elle collabore à divers journaux, en particulier au « Cri du peuple ». Après son appel « Au Travailleur des campagnes » puis « Toutes avec tous », où elle tente de faire accepter les femmes parmi les révolutionnaires, elle s’investit dans divers Comités de vigilance d’arrondissements puis à la Commission organisant l’enseignement dans les écoles de filles aux côtés notamment de Noémie Reclus et d’Anna Jaclard. Après la semaine sanglante, elle parvient à quitter la France et à rejoindre Malon en Suisse. Par testament, elle lèguera une petite rente à la première commune de France qui voudra tenter une expérience collectiviste.

Allez, portez-vous bien et à bientôt peut-être.

TAJ MAHAL BLUES…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de l’hypallage et de la salade de pissenlits réunies, bonjour ! Avez vous noté que nous sommes déjà le Vendredi 17 mai 2019, 28è jour de Floréal et, je ne vous le cacherai pas plus longtemps, c’est le jour de la Buglosse… Plante herbacée de la famille des Boraginaceae ce qui, vous buglosse-300x256l’avouerez n’est pas commun. Cela fait partie des mystères du calendrier républicain qui reste pour moi source d’émerveillement autant que les noms donnés aux figures de rhétorique tel l’hypallage. Mais, revenons à notre Buglosse; les feuilles sont très consommées en Italie et en Irlande et aussi en salade (ça c’est de l’hypallage ou je ne m’y connais pas…). Il ne faut pas hésiter à les cueillir : quand la tige est brisée, la plante trouve les moyens de se reproduire et de subsister et émet de nouvelles tiges. La racine, comme celle de la consoude, se régénère une fois coupée (attention donc si vous en plantez dans le jardin : elle peut devenir envahissante).

https://youtu.be/Va7elbEorxA

Voici Henry Saint Clair Fredericks plus connu sous le nom de TAJ MAHAL. Evidemment il s’agit d’un joueur de blues. Il est né à New-York le 17 mai 1942. Son père était arrangeur de jazz et il fonde dans les années 60 les Rising sons en compagnie de Ry Cooder et Ed CassidTaj Mahaly. Excellent guitariste et harmoniciste il va participer à de nombreux festivals notamment le Fillmore West. Il va par la suite s’employer à enrichir sa musique en assimilant des rythmes des Caraïbes, de Salsa et d’Amérique latine. Il enregistre the Real thing au milieu des Pointer Sisters avec John Lee Kooker et le griot malien Ali Farka Touré. Il a joué le rôle du mythique bluesman dans le superbe film de Martin Ritt, Sounder. Sans doute le meilleur film jamais réalisé sur le blues. Il est amusant de noter qu’il est le propre frère de Carole Fredericks que l’on a beaucoup vu comme choriste aussi bien auprès de Polnareff que de Halliday et même Mireille Mathieu ou Céline Dion.

Allez, merci de votre visite, n’hésitez pas à repasser, portez vous bien et à bientôt peut-être.

 

Clin d’oeil à betty Carter…

Posté par erwandekeramoal dans JAZZ, PORTRAIT

Amis de la trompinette et du ris de veau réunis, bonjour ! Faut-il vous le rappeler, nous sommes le Jeudi 16 Mai 2019, 27è jour de Floréal et c’est le jour de la civette; petit mammifère plus proche du blaireau que du chat d’après Buffon et qui sent comme un putois.

Carmen McRae déclara un jour qu’il n’y avait qu’une et une seule chanteuse de jazz : Betty Carter. Cette chanteuse américaine reconnue pour ses capacités d’improvisations et son style très personnel est née Lillie Mae Jones le 16 mai 1929 à Flint (Michigan).  Elle grandit à Détroit betty-carteroù son père dirige un chœur d’église. Elle étudie le piano au conservatoire de Detroit. Elle gagne un concours et devient une habituée des clubs locaux où elle chante et joue du piano. À 16 ans, elle chante avec Charlie Parker, puis plus tard avec Dizzy Gillespie et Miles Davis; excusez du peu. Betty aiguise ses capacités en scat en tournée avec Lionel Hampton à la fin des années 1940. La femme de Lionel Hampton, Gladys, la surnomme Betty Bebop, surnom qu’elle déteste. En 1963, elle part en tournée au Japon avec Sonny Rollins.

Dans sa dernière décennie, Betty perçoit enfin la reconnaissance qu’elle attendait. Elle signe en 1987 chez Verve qui ressort en CD la majorité de ses albums enregistré chez Bet-Car les rendant ainsi disponibles au plus grand nombre. En 1988 elle gagne un Grammy Award pour son album Look What I Got! et chante au Cosby Show (épisode « How Do You Get to Carnegie Hall? »). En 1994 elle se produit à la maison blanche et est la figure de proue du 50e anniversaire de Verve au Carnegie Hall. En 1997 elle reçoit la médaille des arts par le président Bill Clinton. Betty reste une chanteuse active jusqu’à son décès, d’un cancer du pancréas. Elle était connue pour travailler avec de jeunes artistes. Elle commence dès 1970 à recruter ses accompagnateurs parmi la jeune génération. Betty était aussi arrangeuse (ce féminin n’est vraiment pas beau.) et compositrice. Sa composition Open The Door devient sa signature; elle l’enregistra plusieurs fois, dans de nombreuses versions. Son enregistrement de 1964 fait partie de la bande originale du film American Beauty.

Et voila pour aujourd’hui. Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

François Malicet, le figaro de Nouzon..;

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de l’anarchisme éclairé et du foie de veau aux cerises réunis, bonjour ! Nous sommes le Mercredi 15 mai 2019, 26è jour de Floréal 300px-Fusain-150x150dédié au Fusain. Certains vont célébrer la naissance de François Malicet (15 mai 1843) à Nouzon dans les Ardennes. Membre du groupe  Les déshérités,  on lui doit la fameuse devise: « … et du boyau du dernier prêtre serrons la gorge du dernier flic ». Il fut tué le 7 septembre 1927 par un cambrioleur. Y’a pas de justice madame Michu…

François Malicet avait été arrêté et condamné à 25f d’amende pour avoir participé le 14 octobre 1877, lors des élections suivant le coup de force de Mac-Mahon, à une réunion dans un cabaret de Nouzon où avait été crié « Vive les rouges, à bas les blancs, Vive la Commune ». Pour un barberpeu, il aurait porté un gilet jaune… Dès sa formation en septembre 1892, il adhérait au groupe anarchiste Les Deshérités dont l’un des  animateurs était Emile Roger et rencontrait cette même année Fortuné Henry venu faire une conférence et dont il deviendra l’ami. Dans une lettre datée du 21 novembre 1893, Fortuné Henry, emprisonné à Clairvaux, écrivait à Nicolas Thomassin : « Une poignée de main à Malicet le figaro de Nouzon ». Le 1er janvier 1894 il s’était opposé aux policiers voulant perquisitionner chez lui, les traitant d’assassins et de voleurs, leur criant « Foutez-moi le camp ou je vous brûle la gueule », les menaçant de leur jeter un baquet d’eau et concluant par un magistral « Je vous emmerde », ce qui lui valut d’être condamné le 13 janvier à 8 jours de prison. Lors de cette perquisition la police avait saisi diverses correspondances (avec Fortuné Henry, Bouillard), quelques journaux et une vingtaine de brochures anarchistes. Lorsque Fortuné Henry avait fondé en 1903 la colonie L’Essai dans la forêt d’Aiglemont, il avait mis en commun une grosse partie de son avoir au bénéfice de la Colonie qu’il fréquenta régulièrement jusqu’en 1909.

Malicet portait une cravate noire striée de vert, les deux couleurs de ses idées politiques. Chaque année il confectionnait un calendrier bordé également de vert et noir et annoté de la devise de son cru « Et du boyau du dernier prêtre, serrons le cou du dernier flic ». Farceur il anarchy_harpers’amusa pendant des années à jouer les revenants pour épouvanter sa vieille bigote de sœur. Il hébergeait et nourrissait gratuitement un locataire que le dimanche 7 septembre 1927, il surprit s’introduisant dans la maison par derrière; le locataire armé d’une hachette se jeta sur Malicet et le frappa. Malicet lui demanda « Pourquoi que t’as fait ça ? – Pour vos sous ! – Fallait m’en demander, je t’en ai déjà donné, tu le sais bien ». Quand les gendarmes apparurent, Malicet leur ordonna de sortir de chez lui et mourut dans la nuit sans avoir dénoncé son assassin. Sources: dictionnaire des militants anarchistes.

Merci à vous d’être passé par ici, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Viva Donovan…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis des sixties et du poulet fermier réunis, bonjour ! Nous voici le Vendredi 10 mai 2019, 21è jour de floréal dédié à la statice, rien à voir avec l’Insee, c’est une petite plante que l’on peut apercevoir sur nos côtes.

C‘est aussi l’anniversaire de Donovan Leitch né en 1946 à Maryhill près de Glasgow, en Ecosse. Enfant, il contracte la poliomyélite qui le laissera boiteux toute sa vie. Sa famille s’installe à Londres quand il a dix ans où Donovanil apprend la guitare en s’inspirant des musiques folkloriques anglaise et écossaise. En enregistrant la maquette de « Catch The Wind », il fait la rencontre de Brian Jones et de celle qui va devenir sa muse, Linda Anne Lawrence. Remarqué par le producteur de l’émission Ready Steady Go!, son passage en 1965 lance sa carrière. Le 45 tours est aussitôt suivi par « Colours ». Alors considéré comme un clone de Dylan aux Etats-Unis, Donovan jouit d’une renommée en Europe, notamment en France où paraît le sautillant « Hey Gyp ». Bon, on écoutait aussi Malicorne et Led Zep, Brigitte Fontaine et Areski, The Doors et Ferré.

La première grande apparition publique de Donovan a lieu le 11/4/1965 à Wembley. Pour la première fois, un journaliste utilise le terme « folk rock ». Quelques semaines plus tard, Donovan fait la connaissance de Joan Baez et de Dylan alors en tournée anglaise. Son premier album Catch the Wind est un gros succès en Angleterre et fait de lui la vedette Donovan 33tdu festival américain de Newport en juillet. Il reprend la chanson « Universal Soldier » de Buffy Sainte-Marie en réaction à la guerre au Vietnam. Donovan s’éloigne alors du folk rock et s’oriente avant la lettre vers le psychédélisme. « Sunshine Superman » (voir la pochette à gauche) sort aux Etats-Unis en juillet 1966 où il atteint la première place au Billboard ; cette chanson est considérée à juste titre comme le premier hit du genre psychédélique. Début 1966, un documentaire intitulé A Boy Called Donovan le montre fumant un joint. Adepte du LSD et de la marijuana, Donovan est la première pop star à être arrêtée pour possession de drogue. Le gouvernement américain lui interdit alors l’entrée sur le territoire.

Sous son aspect angélique et inoffensif, sa voix mélodieuse et sensuelle, Donovan est non seulement un novateur mais aussi un provocateur : en 1966 sort le sulfureux Mellow Yellow (dont j’ai glissé la vidéo ci-dessus) d’aspect anodin et où il est question de vibromasseur et de détournement de mineure… Le single est un succès international, les stations de radio ne remarquant rien de « répréhensible » au texte caché. En 68 il se rend en Inde en compagnie des Beatles, nous sommes en plein Flower power, peace and love, combi VW et déjà, le shilom s’apprêtait à supplanter la bouffarde…

Allez, merci d’être passé par ici, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Ay Carmela…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de la peinture à l’huile et du pastis à l’eau réunis, bonjour ! Nous sommes le Jeudi 09 Mai 2019, vingtième jour de Floréal dédié au sarcloir. Mais, en y regardant de plus près, notamment chez les pataphysiciens, on voit que ce jour est en réalité le Vendredi 20 Palotin 146 St Ti Belot, séide.

 
Voici le portrait d’une militante anarchiste Madeleine Lamberet qui nous a quitté un 9 mai en 1999 après une vie fort bien remplie. Elle était née à Paris en 1907 dans une famille de libres penseurs. Sœur cadette de madeleineRenée Lamberet, Madeleine avait commencé à dessiner dès l’âge de neuf ans et à peindre dès ses quatorze ans. Elle étudia à l’Ecole des arts décoratifs de Paris, notamment la gravure, puis dans les ateliers de divers grands peintres dont Signac, Vuillard et Maurice Denis. Elle fit sa première exposition en 1929 au Salon d’automne. Elle obtint plusieurs prix dont en 1934 le prix Blumenthal, dont elle ne reçut que la moitié, parce qu’étant une femme ! Au début des années 1930 elle découvrait l’Andorre, les Pyrénées et l’Espagne dont elle aimait à peindre les paysages et ses habitants et y entra en contact avec le mouvement libertaire.

Au moment du coup d’état franquiste de juillet 1936, elle se trouvait en Andorre avec sa sœur Renée et les deux jeunes filles parvenaient à entrer en Espagne, épisode que Madeleine racontait ainsi : « En 1936 nous étions en Andorre en famille, nous avons appris les évènements de la révolution, mais il était très difficile de passer en Espagne. Quand mes parents sont partis, nous avons essayé de passer la frontière vers la Seo d’Urgell, nous avons essayé deux fois et avons été repoussées. madeleine coupleLa troisième fois, nous sommes allées sans rien, avec une petite robe légère, rien dans les mains, rien dans les poches et nous sommes arrivées à entrer en Espagne… Nous sommes rentrées par la Seo d’Urgell, Renée et moi, et nous avons été accueillies surtout par les deux miliciens dont j’ai fait les portraits, Carricondo et Peiret… ». (en photo: Madeleine Lamberet et Georges Grigoroff photo de Georges Makari). Toutes deux allaient être les témoins de la Révolution qui s’y déroulait. Tandis que Renée enquêtait sur les collectivités et accumulait informations et témoignages qui feront d’elle un historienne incontournable de la révolution espagnole, Madeleine l’accompagnait avec son carnet de dessin où elle croquait « sur le vif les militants anarchistes rencontrés » (dont Virgilio Garrido, Francisco Giner, Bernardo Pou, Baltasar Lobo et beaucoup de miliciens anonymes) et « des scènes de la vie quotidienne ».

Lors de la Retirada de février 1939 (un demi million d’hommes de femmes et d’enfants sur les routes de l’exil) elle participa avec Renée à l’aide apportée aux réfugiés internés dans les camps du sud de la retiradaFrance et, là encore, dessina plusieurs scènes poignantes au passage de la frontière au Perthus et au camp de Bram. Pendant la période de l’occupation nazie, elle utilisa « ses talents de graveur pour permettre aux camarades de survivre dans la clandestinité » et participa à l’atelier de faux papiers monté par le compagnon espagnol Laureano Cerrada. En juin 1998, avec le soutien du syndicat CNTF de la communication et de la culture, une exposition de ses dessins réalisés en Espagne fut organisée à l’espace Louise Michel dans le 20ème arrondissement à Paris.

Et voila, portez vous bien et à bientôt peut-être.

The devil blues…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé, PORTRAIT

Amis du Delta blues et de l’endive braisée réunis, bonjour 220px-Arroche_rouge! En ce Mercredi  08 mai 2019, dix neuvième jour de Floréal dédié à l’arroche, plutôt que de fêter l’armistice qui n’en fut pas un, célébrons la naissance d’un des plus grands bluesmen que le Mississippi ait connu. Robert Johnson. Son œuvre quoique mince a laissé un nombre considérable de classiques du blues.

Né dans le Delta il s’est très tôt intéressé à la musique, notamment l’harmonica avant d’opter pour la guitare. Sa rencontre avec Willie Brown le décide à faire de la musique son gagne-pain. Il parcourt le Delta, joue ici et là pour quelques dollars. Sa vie chaotique est celle d’un grand buveur, coureur de femmes qui s’attire sans cesse un tas de problèmes. Cette personnalité se reflète dans des compositions sombres, dramatiques, pleines d’images hallucinantes. Johnson

La légende veut que sa virtuosité vienne d’un pacte avec le diable. un soir très sombre alors qu’il se promenait dans les alentours de Clarksdale dans le Mississippi, il se perdit à un carrefour (crossroads). Alors qu’il commençait à s’endormir une brise fraîche le réveilla. Il vit au-dessus de lui une ombre immense avec un long chapeau. Effrayé, ne pouvant dévisager cette apparition Johnson resta comme paralysé. Sans un mot l’apparition se pencha, prit sa guitare, l’accorda, joua quelques notes divines avant de lui rendre l’instrument et de disparaître dans le vent noir du Sud. Il est mort, empoisonné dit-on, dans un bouge du Mississippi du côté de Greenwood. Son blues, torturé, rempli de référence au démon, sera repris par d’innombrables musiciens comme Muddy Waters mais aussi, plus tard, les Rolling stones, Jimi Hendrix, Bob Dylan et Eric Clapton entre autres. Un grand à n’en point douter.

Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Pimprenelle sans Nicolas…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis des séries télé et des salades bio réunies, bonjour ! Nous sommes le Lundi 6 mai 2019, désigné comme le 17 de floréal dans le calendrier républicain et c’est le jour de la pimprenelle. Très jolie fleur qui pimprenellene se dissimule pas dans une peau de vache. Outre son aspect décoratif, elle se déguste en salade. Essayez celle-ci:
- ébouillanter quelques instants la pimprenelle, la retirer et la plonger dans l’eau froide
- cuire les navets dans l’eau de cuisson de la pimprenelle bien salée
- découper des chapeaux sur les navets, les évider délicatement, écraser la pulpe
- mélanger la pulpe avec le fromage de brousse de brebis bien égoutté, ajouter la pimprenelle, assaisonner
- garnir les navets.
Servir avec le sourire et un petit rosé bien frais.

Tout à fait autre chose.

Voici un guitariste de jazz qui a accompagné les plus grands et grandes et qui vous permettra de manger votre salade en musique. Né dans une famille modeste, Barney Kessel s’achète sa première guitare à 12 ans et apprend l’instrument en autodidacte. Dès l’âge de 14 ans, il se produit dans des formations locales. Le voici dans un morceau intitulé « Gypsy in my soul »

https://youtu.be/uAgwe8lSTgw

En 1947, Kessell rejoint la troupe de Norman Granz et accompagne Charlie Parker lors de l’enregistrement du fameux « Relaxin’ at Camarillo ». En 1952-1953, il accomplit une longue tournée comme guitariste du trio du pianiste Oscar peterson. Sous le nom des « Poll Winners » (trio 220px-Barney_Kessel_2-206x300réunissant Kessel, le contrebassiste Ray Brown et le batteur Shelly Manne), il enregistre quatre albums entre 1957 et 1960 qui connaissent un franc succès. Barney Kessel est capable de s’adapter à tous les styles. On peut l’entendre avec des musiciens aussi différents que Louis Armstrong, Nat King Cole, Lionel Hampton, George Benson… Il est aussi un exceptionnel accompagnateur de chanteuses et on a pu l’entendre aux côtés de Billie Holiday, Ella Fitzgerald, Sarah Vaughan et Julie London (c’est lui qui tient la guitare sur le tube de cette dernière « Cry me a river »). En 1992, il est victime d’une grave attaque cérébrale et doit restreindre son activité ce qui l’amène à connaître de sérieux problèmes financiers. Barney Kessel s’éteint en mai 2004.

Voila pour aujourd’hui, en attendant une suite, portez vous bien et à bientôt peut-être?

le muddy blues…

Posté par erwandekeramoal dans JAZZ, PORTRAIT

Amis de l’Amérique profonde et du Breizh Cola light réunis, bonjour ! Nous sommes le Mardi Docteur-Sax30 avril 2019, onzième jour de Floréal dédié à la rhubarbe. Autant dire que c’est la fin du mois. C’est donc en ce mercredi 11 Palotin – 146 – Explosion du Palotin qu’apparaît aux yeux du monde, béat d’admiration, cela va sans dire même si ça va mieux en l’écrivant, ce 4394è billet des « cénobites tranquilles » que l’univers blogosphérique dans son entier nous envie… Or, il y a un demi-siècle de cela, le 30 avril 1959, paraissait ce merveilleux livre de Jack Kerouac, Docteur sax. Et c’est bien parce que mon aïeule, dans sa stricte éducation, a su m’inculquer l’ immense modestie qui me caractérise, que je ne tracerai aucun parallèle entre ces deux chefs-d’œuvre; mais il me fallait trouver une intro.

Comme beaucoup de musiciens du Delta du Mississipi, Muddy Waters naquit dans une famille de métayer. Sa mère mourut lorsqu’il avait 3Muddy_Waters -D- ans et il fut élevé à la plantation Stovall près de Clarksdale. Vers 7 ou 8 ans il apprit à jouer de l’harmonica et attendit ses 17 ans pour commencer à jouer de la guitare. Il joua dans les parties et les picnics. A cet âge il était déjà impressionné par Son House. plus tard il emprunta des trucs à Robert Johnson. C’est surtout Son House qui influença son jeu, y mêlant accord ouvert de Sol et le bottleneck. Avant 1941 il était encore fermier, bien qu’il dirigeait un petit tripot lui rapportant quelques dollars issus des jeux et de la vente de whisky de contrebande. Tiens écoutez ça, ça gratte mais c’est du tout bon…

En 1941 il enregistra quelques morceaux pour Allan Lomax qui collectionnait des bandes pour la Library of Congress. Le succès tarde à venir et Muddy Waters décide de partir pour Chicago en 1943. Il commença à y enregistrer quelques morceaux et électrifia son style. En 1948 il enregistra I Can’t Be Satisfied et Feel Like Going Home pour le label Aristocrat des frères Chess. En moins d’un jour le stock de ce disque fut entièrement vendu. Muddy Waters connut donc un grand waters_muddysuccès et se produisit dans les clubs de Chicago, avec Jimmy Rogers derrière lui à la seconde guitare. Dans les années 1950 il enregistra ses meilleurs morceaux, Mannish Boy, Got My Mojo Working, et Hoochie Coochie Man écrite par Willie Dixon. En 1958 Muddy Waters part faire une tournée en Angleterre. L’accueil qu’il y reçu fut très enthousiaste de la part du public anglais. C’était le début du Blues Revival où tous les musiciens de rock se plongeaient dans les racines du blues. Se souvenant du soutien que lui avait procuré Big Bill Broonzy, il enregistra un album complet de reprises de son collègue. En 1977 il cessa sa longue collaboration avec Chess et signa chez CBS. Il fut produit par le guitariste Johnny Winter. C’est celui ci qui produisit ses deux derniers albums, Muddy « Mississippi » Waters Live et King Bee. Il finit sa vie en jouant dans de grands concerts avec des artistes célèbres lui rendant hommage. Il est mort le 30 Avril 1983 d’une attaque cardiaque pendant son sommeil.

Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.