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Armand Robin des bois…

Posté par erwandekeramoal dans LECTURE, PORTRAIT

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Amis de la musique trad’ et du bigorneau marinière réunis, bonjour ! Ainsi nous sommes au dernier jour de nivôse, Jeudi 19 Janvier 2017, dédié au crible, cet instrument qui servait à tamiser la farine. Demain débute pluviôse et, Oh miracle!, il ne pleut pas sur Brest…

Allez, saluons un gars d’chez nous: Le 19 janvier 1912, naissance d’Armand ROBIN à Plouguernével ( e kichen Rostren). Traducteur, écrivain et poète libertaire. Je lui emprunte ces quelques mots pour vilipender le petit con qui a agressé Valls à Lamballe, au nom d’une pseudo idéologie identitaire bretonne: « Je ne suis pas breton, français, letton, chinois, anglais; Je suis à la fois tout cela. Je suis homme universel et général du monde entier. . .»
Passionné par l’étude des langues, il en parlera un nombre impressionnant (on dit qu’il était capable de lire 22 langues). Après un séjour en URSS en 1933, il fera une critique acerbe du régime soviétique et de sa dictature. Il traduit de la poésie et fait découvrir des auteurs russes tel que Essenine, Blok, Maïakovski, Pasternak, etc. Il se passionne également pour l’écoute radio en ondes courtes, réalisant Armand_Robindes rapports d’écoute d’émissions étrangères. Dès 1945, il adhère à la Fédération Anarchiste (qui publiera ses « Poèmes indésirables », dédiés aux peuples martyrisés), et il y côtoiera Georges Brassens. A la libération, Elsa Triolet, qui lui vouait une haine farouche, fit pression sur Aragon pour que Armand Robin figure sur la liste noire des intellectuels. Dans « La fausse parole », parue en 1953, il dissèque les mécanismes de propagande dans les pays totalitaires. Il continuera de traduire et d’écrire d’innombrables poèmes, jusqu’à sa mort, inexpliquée, le 29 mars 1961, il avait 49 ans, à l’infirmerie du Dépôt de la police, à Paris. Quant à la malle de papiers retrouvée dans sa chambre le lendemain, on raconte qu’elle fut envoyée à la décharge publique sur ordre du commissaire.

Il revenait volontiers à Rostrenen (29) où il avait ses racines. Insomniaque, on le trouvait dans le fournil de Joseph Berthelot et un peu plus tard, à Campostal où Jean Kergrist et Christian Gautier l’ont croisé. Témoignage : « Tous les vendredis soir, notre cousin Job le combat littéraireBerthelot, boulanger-pâtissier place du centre à Rostrenen, venait en char à banc à la ferme chercher un pot de crème pour garnir ses gâteaux du dimanche. [...] Un vendredi soir, alors que nous rentrions de l’école à bicyclette, Job nous parla longuement d’un poète, Armand Robin, qui, la nuit, le visitait en son fournil. Armand, insomniaque, venait y chercher la chaleur du four, mais aussi celle du cousin Job. De leurs conversations, nous n’eûmes droit qu’à des bribes. Des histoires de blé, de farine, de chevaux qui mâchonnent leur trèfle et de « temps qu’il fait ». Le monde d’Armand Robin parlait, la nuit, à celui de mon cousin Job. Par ricochets, nous en parvenait un reflet, « surgi du fond du peuple armé du fouet des mots ».
Ce témoignage de Jean Kergrist est extrait de la revue Hopala ! N° 40, septembre novembre 2012
Armand Robin aurait rajouter: « En de très vieux temps où je parus exister, on prétendit m’avoir rencontré … Que m’importe qu’on m’abatte au coin de la rue, j’écrirai des poèmes jusqu’à ce qu’on me tue.»
Vous pouvez lire Le Combat libertaire, ouvrage paru sous son nom, et qui s’articule autour de sa poésie engagée, autrement dit ce qu’il nommait lui-même Les Poèmes indésirables. Cette édition établie par Jean Bescond et présentée par Anne-Marie Lilti vaut par sa cohérence, réunissant un ensemble de textes, articles et traductions qui parurent pour l’essentiel dans les revues et éditions anarchistes de 1945 à 1955. Chez Jean-Paul Rocher éditeur. Par ailleurs, un site lui est dédié.

Voila pour aujourd’hui, portez vous bien et à demain peut-être.

On n’est jamais trop Proudhon…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis du célibat pour tous et du mariage pour chacun réunis, bonjour ! En ce dimanche 15 janvier 2017, 26è jour de Nivôse dédié à l’étain; je sacrifie à la tradition en saluant le jour anniversaire de la naissance de Proudhon. En effet, le 15 janvier 1809, naissance de Pierre-Joseph PROUDHON, à Besançon. Penseur, économiste, sociologue et Pierre-Joseph_Proudhonrévolutionnaire, considéré par certains comme le « Père de l’anarchisme », même si son œuvre novatrice et variée n’est pas exempte de contradictions (en particulier sur la place des femmes dans la société, qui sera l’un des principaux griefs retenus contre lui). Après avoir travaillé dans l’imprimerie, un de ses premiers ouvrages voit le jour en 1840 : « Qu’est-ce que la propriété? » (vous connaissez la réponse: La propriété c’est le vol !). Ce livre fait immédiatement scandale. Le dernier « Avertissement aux propriétaires » est saisi. Proudhon, poursuivi, sera finalement acquitté.

Après la révolution de février 1848, Proudhon est élu, le 4 juin, aux élections complémentaire de l’Assemblée Nationale. Le 31 juillet 1848, il y prononce un violent réquisitoire contre la bourgeoisie. Début 1849, il tente la création d’une « Banque du Peuple », mais à la suite d’articles parus dans « Le Peuple », il est condamné à trois ans de Proudhon-childrenprison. Il y restera jusqu’en juin 1852. « La révolution sociale démontrée par le coup d’État du 2 décembre » sort en juillet 1852. « De la justice dans la révolution et dans l’église », paru en 1858, lui vaut à nouveau 3 ans de prison, mais il se réfugie en Belgique, où il continue à écrire. Il rentre à Paris fin 1862. « Du principe fédératif et de la nécessité de reconstituer le parti de la révolution » paraît le 14 février 1863 alors que Proudhon est malade. « De la capacité politique des classes ouvrières » ne sortira qu’après sa mort, survenue à Passy le 19 janvier 1865. Théoricien du fédéralisme et du mutualisme, sa pensée aura une profonde influence sur toute l’histoire sociale des XIXè et XXè siècles.

Voilà pour le salut à ce grand bonhomme et comme le disait un de mes amis anarchistes et néanmoins amateur de calembours à la p’tit’ semaine: « On n’est jamais assez Proudhon ! » Portez vous bien et à bientôt peut-être.

La chasse à l’enfant…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de la chanson réaliste et du far aux pruneaux réunis, bonjour ! Nous sommes le Lundi 09 janvier 2017, 20è jour de nivôse, consacré 220px-Jean-François_Millet_II_008au van, mais si, vous savez, ce panier d’osier qui permettait de séparer le bon grain de sa balle et j’ai justement choisi de vous parler d’une enfant de la balle qui deviendra une grande dame aujourd’hui disparue et qui méritait mieux que l’oubli dans lequel l’ont relégué les médias. Marianne OSWALD. C’est aussi la date anniversaire (1514) de notre bonne Duchesse: Anne de Bretagne.

Elle était née en 1901 en Moselle de parents juifs émigrés de Pologne. Marianne Oswald entame sa carrière de chanteuse dans les années 20, dans les cabarets de Berlin. En 1931, du fait de la montée du parti Nazi et de la menace qu’il faisait peser, elle s’exile à Paris, où elle introduit Oswalddans la chanson française des techniques propres à l’expressionnisme allemand. Elle va interpréter tout à tour Brecht, Kurt Weill mais aussi Cocteau et Prévert. Celui-ci lui écrira une chanson que je vous donne à écouter ici. En effet, pendant l’été 1934, un fait-divers scandalise Jacques Prévert : une trentaine d’enfants s’étant évadés du bagne de Belle-Île-en-Mer en réponse aux violences des surveillants du réfectoire, l’administration propose une prime de vingt francs pour chaque enfant capturé.

Les badauds et les touristes se joignent donc au personnel du bagne pour leur donner la chasse. Prévert réagit en écrivant d’une traite le poème Chasse à l’enfant, mis en musique par Joseph Kosma et enregistré par Marianne Oswald le 20 octobre 1936. Prévert avait aussi l’intention de tirer de l’anecdote un film, mais celui-ci ne verra jamais le jour. Marianne Oswald s’est ensuite beaucoup investie à la radio et prévertmême à la télé. Les moins jeunes se souviendront de l’émission « Ah, les beaux jeudis ! ». Enfants, Lorsque la météo était maussade (ce qui est rare en Bretagne) avec les copains du quartier, nous nous retrouvions agglutinés autour du poste de TSF pour écouter Jean Nohain et Marianne Oswald… Elle nous a quitté en 1985, voici ce qu’en disait Jean Cocteau:« Je suppose que c’est cette puissance rouge d’incendie, de mégot, de torche, de phare, de fanal, qui l’habite, cet acharnement de braise, cette haleur de gaz d’acétylène, de magnésium et de lampe à souder, qui forment l’efficacité de cette chanteuse, de cette mime que bien des esprits repoussent, mais qui s’impose malgré tout. »

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

Louise, ma Louise…

Posté par erwandekeramoal dans ANARCHISME, PORTRAIT

Amis de la chanson réaliste et du far aux pruneaux réunis, bonjour ! Nous sommes le dimanche 08 janvier 2017, 19è jour de nivôse, dédié au marbre, et en Bretagne on fête les Gurvan  (ou Gurwant) celui-ci était l’un des prétendants qui se disputèrent le trône de Bretagne après la mort de Salomon. Comte de Rennes, il aurait épousé la fille du roi Erispoë, et prétendait à ce titre succéder à Salomon. J’en profite pour glisser un message perso à l’attention de tous les caillouteux. Notre ami Rodo se débat avec quelques problème techniques sur les site « cailloux dans le brouill’art » résultat des courses: changement d’adresse. Mettez vos blogrolls à jour: http://rodlediazec.blogspot.fr/

Il y a 112 ans, le 09 Janvier 1905, décès de Louise Michel. Louise, ma Louise, mon institutrice préférée, Louise, ma communarde, ma combattante, ma graine d’ananar… J’aime cette image taguée qui la remet au goût du jour. Fille illégitime d’un notable et d’une servante, Louise-tagLouise Michel reçoit dans la famille de ses grands-parents paternels une éducation affectueuse et soignée. Après avoir obtenu un brevet d’institutrice, elle s’installe à Paris en 1856 pour y exercer ce métier. Mais elle se consacre également à la poésie, et, bientôt, à la politique, au sein du mouvement Blanquiste. Savez vous, qu’à ma connaissance, La station Louise Michel (métro de Paris) est la seule à honorer une femme et la seule à honorer une anarchiste… Musique maestro: c’est Louise Michel qui a écrit cette chanson en avril 1871, en pleine Commune de Paris . dans la version originale de Louise Michel, il est fait référence à la journée du 18 mars 1871 qui vit le déclenchement de l’insurrection.

C‘est durant la Commune de Paris que se révèle son dévouement à la cause révolutionnaire. La «Vierge rouge» déploie alors une activité inlassable : propagandiste, animatrice d’un club politique, ambulancière, elle participe également à la plupart des combats contre LouiseMichelles troupes de Versailles. Arrêtée au terme de la Semaine Sanglante, elle est, en 1873, condamnée à la déportation en Nouvelle-Calédonie. En exil, Louise Michel côtoie brièvement le libelliste Henri Rochefort. Plus sérieusement, elle se convertit à l’anarchisme et se lie à la population Kanaque. En 1880, l’amnistie générale des crimes commis sous la Commune l’autorise à regagner la métropole. Figure dès lors incontournable du mouvement anarchiste français, Louise Michel est étroitement surveillée par la police, qui l’arrête à plusieurs reprises pour ses participations à des manifestations ou des meetings insurrectionnels.

Le 13 septembre 1903, Louise Michel fut initiée au sein de la loge « la philosophie sociale » de la Grande Loge Symbolique Ecossaise maintenue et mixte.  L’âge venu, elle repart inlassablement, à chacune de ses sorties de prison, pour de longues tournées de conférences à travers la France et le monde. C’est au cours de l’une d’entre elles michel_funerailles-300x202qu’elle s’éteint à Marseille en 1905, victime d’une pneumonie. Le 22 janvier 1905, enterrement de Louise MICHEL. Un cortège de plus de 100 000 personnes accompagne son cercueil. Parti à 8 heures de la gare de Lyon à Paris, il n’arrive qu’à 17 heures au cimetière de Levallois où elle sera enterrée. Le préfet Lepine, qui tente de suivre le cortège, en est chassé par les anarchistes. La cérémonie s’achève par un grand meeting, où Benoît Broutchoux, Charles Malato et Séverine prennent la parole. Eau-forte d’Albert Peters-Desteray.

Allez, portez vous bien, ken ar c’hoaz comme ils disent par ici.

Les sanglots longs…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de la Grèce antique et du jambon macédoine réunis, bonjour ! Nous sommes le Samedi 07 janvier 2017, 18è jour de Nivôse dédié à la pierre à chaux.

Pour ma part, j’ai choisi de me souvenir de Paul Verlaine, pour son génie et aussi parce que il est décédé un 8 janvier 1896 à Paris. VerlainePrécurseur du symbolisme, le poète a inventé au fond de sa déchéance les quatrains les plus musicaux de notre langue. Avec Rimbaud, compagnon de misère, il représente une figure caractéristique de son époque, le poète maudit. Ici, on le voit photographié par Dornac dans un café de Mouffetard et buvant une absinthe. Ecoutez Léo Ferré dans une version jazzy de la chanson d’automne…

 

Tiens, à ce propos, connaissez vous ces gens là ? On les appelle les  artémophiles (du nom de la plante en latin Artemisia absinthum). Ce ne sont pas des buveurs invétérés d’absinthe comme Verlaine, mais des collectionneurs à la recherche de tout objet appartenant à l’univers de buveur-dabsinthe-204x300l’absinthe. Qu’il s’agisse de ces fameuses cuillères perforées pour tenir le sucre, des verres qui marquent la dose, des fontaines à absinthe, des  affiches sur l’absinthe, des cartes postales d’époque, des pyrogènes de marque, de catalogues des fabricants…  En chinant dans les brocantes et les vide-greniers, il est encore possible de dénicher des cuillères, des verres, des fontaines, des topettes ainsi que de nombreux objets au nom de cette boisson bannie. Bref ils donneraient n’importe quoi ou presque pour toutes ces reliques témoins de l’époque de la Fée verte. A gauche ci-dessus: le buveur d’absinthe – Picasso 1903.

Allez, merci de votre visite, portez vous bien et à demain peut-être.

Drôle d’époque madame Michu…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de la neige en hiver et du Picon bière réunis, bonjour ! Nous sommes le Mardi 04 Janvier qui correspond au quinzième jour de Nivose dédié au lapin.J’en connais qui vont fêter les Madeg.
Madeg était un compagnon de saint Gwenneg. On suppose qu’il était 800px-René_Madecl’un des nombreux frères du roi Judikael (roi des bretons qui fut soumis à l’allégeance par le bon roi Dagobert), et qu’il fit partie de ceux qui suivirent leur aîné Josse dans son voyage dans le Nord, qui se termina par la fondation d’une abbaye à Wormhoudt (59), non loin de Dunkerque. Ce prénom est encore porté; mais est aussi devenu un patronyme, illustré par le nabab René Madec, de Quimper, qui créa une armée privée qu’il mit au service du grand Moghol, Shah Alam II, qui le fit Nabab de première classe. Plus tard il deviendra roi des Indes; il faudra que je vous conte ses aventures un de ces jours.

C’est aussi la date anniversaire (2007) du décès de Henri PORTIER, il était né à Lorient le 15 février 1941. Anarcho-syndicaliste, pacifiste, antimilitariste et libertaire, historien du mouvement Freinet. J‘avais fait sa connaissance dans les années 70 lors d’un séminaire sur l’école émancipée. Un type passionnant que m’avait présenté Paul Le Bohec, autre grand pédagogue, pratiquant et vulgarisateur des méthodes de Célestin Freinet. Etudiant à l’Ecole Normale de Vannes, il prend part à un mouvement de grève générale contre la guerre d’Algérie. Il soutiendra ensuite l’initiative de Louis Lecoin pour l’obtention du statut d’objecteur de conscience. Militant syndicaliste, il représente dès 1962portier la tendance de « l’Ecole émancipée » au sein de la « Fédération de l’Education Nationale », puis milite à partir de 1966 à « l’Union des Anarcho-Syndicalistes » (U.A.S). Professeur d’histoire, il s’installe à Apt en 1980 et va dès lors participer pleinement aux activités du CIRA de Marseille en particulier à la constitution de la vidéothèque anarchiste.
Membre de l’Institut Coopératif de l’Ecole Moderne (ICEM) du mouvement Freinet, il devient l’historien du mouvement, faisant notamment redécouvrir plusieurs films et réalisant en 1996 un documentaire « Le mouvement Freinet ». Il est également l’auteur d’une brochure « Cinématographe et mouvement Freinet » (1989), et de nombreux articles parus dans les journaux « L’Ecole émancipée » ou « Le Monde Libertaire ». Victime d’un arrêt cardiaque, il meurt à Apt le 4 janvier 2007 alors qu’il allait avoir 66 ans. Sources : Ephémérides anarchistes.

Ces types là doivent se retourner dans leur tombe en voyant le gros buziness médiatico-pédagogique très en vogue chez les bobos qui est réservé aujourd’hui à la méthode Montessori tandis que d’autres réclament le retour des uniformes dans les écoles… Ma Doué beniged ! Drôle d’époque madame Michu. Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Faites la guerre à la guerre…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de l’antistrophe et des huitres de Prat-ar-Coum réunies, bonjour! Nous sommes le Mardi 03 janvier 2017, et oui, va falloir s’habituer. C’est le 14è jour de nivôse dédié au grès; et du coup, bon grès mal grès (calembour) les cénobites tranquilles, billet quotidien d’humeur et d’humour poursuit son petit bonhomme de chemin…

En ce début d’année 2017, petit salut fraternel à ce grand artiste flamingand qui a toujours su mettre son art au service de ses convictions pacifistes. Frans Masereel. Voici masereelce qu’on pouvait lire dans l’organe de l’Union Pacifiste. « Dans une société amnésique, qui ne raconte que l’histoire des guerriers, le pacifiste intégral flamand Frans Masereel mériterait de ressusciter… Même si certains prétendus anarchistes, faux frères qui font le lit de la violence militaire, assimilent les insoumis à des utopistes dangereux, les faits sont têtus : préparer la guerre n’apporte que la guerre ; désarmer unilatéralement ouvre un chemin à la paix. Les gravures de Masereel témoignent constamment de ce refus de tuer, de sa résistance aux profiteurs de guerre, et gênent, à ce titre, tous ceux qui inondent les médias de leurs violences suicidaires. » (à droite: autoportrait)

Allez, merci à vous, portez vous bien et à demain peut-être.

Le chant des oiseaux…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de la pyrotechnie à l’italienne et des ortolans à la provençale réunis, bonjour ! En ce Jeudi 29 décembre 2016, outre le fait que nous approchons du moment fatidique où nous allons basculer vers 2017, nous honorons le 9è jour de nivôse du calendrier Républicain, jour consacré au Salpêtre (du latin Sal Petrae -le sel de la pierre). Le salpêtre, vous le mélangez à un peu de souffre et du charbon de bois et vous obtenez la poudre à canon. Ensuite, chacun fait ce qu’il veut…

Pour ma part, je vous invite à célébrer le jour anniversaire de la naispablo casalssance de Pablo Casals. D’abord parce que j’adore le violoncelle et puis parce que j’aime beaucoup le personnage pour son engagement en faveur de la République et de la liberté, contre les dictatures, en particulier celle de Franco en Espagne. lors de la guerre civile, il va soutenir les républicains espagnols et va s’exiler en 1939. Apôtre de la paix, il était également un défenseur acharné de la Catalogne; dès 1933, il refuse de jouer en Allemagne; après guerre, il ne donne plus de concerts pour marquer sa désapprobation du laxisme de la communauté internationale envers le régime politique de Franco.

C’est en 1887, âgé de onze ans, que le petit Pablo, après avoir étudié la musique auprès de son père dès l’âge de 5 ans au piano et avoir joué du violon, de l’orgue et de la flûte, tombe littéralement amoureux du violoncelle. Si son père a une chaire d’organiste à El Vendrell ville du Casalsberceau familial, celui-ci a toujours été farouchement opposé à ce que son fils puisse avoir une vie de miséreux comme pouvait l’être à l’époque celle de la plupart des musiciens. Mais, dès l’âge de douze ans, le petit Casals touche ses premiers cachets en jouant régulièrement au Café Tost de Barcelone, l’endroit le plus à la mode du moment. Alors qu’il avait fait un premier voyage en 1912 à Saint-Petersbourg, à l’annonce de la Révolution Bolchevique en octobre 1917, il décide de ne jamais remettre les pieds dans ce pays tant que les principes fondamentaux de la démocratie ne seront pas établis.

Allez, encore un effort, portez vous bien et à bientôt peut-être.

A bas les chefs: Joseph Dejacque…

Posté par erwandekeramoal dans ANARCHISME, LECTURE, PORTRAIT

Amis de la procrastination et du trot monté réunis, bonjour ! Nous sommes le Mardi 27 décembre 2016. L’année à peine a fini sa carrière (ô lac !) et c’est le 7è jour de nivôse dédié à l’humus.

Le 27 décembre1821, naissance de Joseph DEJACQUE, à Paris.
Socialiste anti-autoritaire et véritable premier militant « libertaire » (mot dont il est l’inventeur). Orphelin de son père, il est élevé par sa mère, lingère. Entré en 1834 comme apprenti, il devient, en 1839, Dejacquecommis de vente dans un commerce de papiers peints (chui pas sûr pour les accords). En 1841, il s’engage dans la Marine, découvre l’Orient mais aussi l’autoritarisme militaire. En 1847, il commence à s’intéresser aux idées socialistes, et collabore au journal « L’Atelier ». L’insurrection parisienne de février 1848 met fin à la monarchie de Louis-Philippe, mais très vite l’alliance des bourgeois républicains et du prolétariat ouvrier vole en éclat. Dejacque publie un poème « Aux ci-devant dynastiques, aux tartuffes du peuple et de la liberté » dans laquelle il se fait le porte parole des aspirations ouvrières. Et puisque vous avez été particulièrement fidèles pendant ces fêtes, un petit bonus…

En avril, les premiers affrontements ont lieu entre les forces de la bourgeoisie qui ont proclamé « La République honnête » et les ouvriers socialisants. Le 15 mai, l’Assemblée Constituante est envahie par les ouvriers, mais les principaux responsables socialistes sont arrêtés. Les ouvriers occuperont la moitié de la ville aux cris de « Vive la révolution sociale ». La répression est terrible, l’armée usant de l’artillerie, massacre trois mille insurgés. Quinze mille sont arrêtés et déportés sur a bas les chefsles pontons de Cherbourg et de Brest. Dejacque est parmi eux, bien qu’il n’ait pas participé directement à l’insurrection. Libéré en 1849, il rejoint Paris et, en août 1851, publie « Les Lazaréennes, fables et poésies sociales » qui lui valent aussitôt une condamnation à 2 ans de prison et 200 fr d’amende. En 1855, il signe le manifeste inaugural de l’A.I.T, puis se fixe à la Nouvelle-Orléans où il écrit « l’Humanisphère, utopie anarchique », et prend la défense des femmes dans une lettre à Proudhon où apparaît pour la première fois un vocable de l’invention de Joseph Déjacque, ‘‘libertaire’’. L’objet polémique en est le statut social de la femme, sujet alors largement débattu. Proudhon assignait aux femmes le rôle de mère au foyer se consacrant à sa famille, soumise à l’époux dans un couple monogamique rigide (le mariage chrétien laïcisé), peu instruite et interdite de participation à la vie publique.

En 1861, découragé, il rentre en France à la faveur de l’amnistie de 1860. Mais, dans la misère, il sombre dans la folie et meurt à Paris en 1864.
« Privilégiés! – pour qui a semé l’esclavage, l’heure est venue de récolter la rébellion. Il n’est pas un travailleur qui, sous les lambris de sa cervelle, ne confectionne clandestinement quelques pensées de destruction. Vous avez, vous, la baîonnette et le Code pénal, le catéchisme et la guillotine; nous avons, nous, la barricade et l’utopie… »
In: l’Humanisphère, utopie anarchique. Sources : Ephémérides anarchistes.

Voila pour notre galerie de portraits. Portez vous bien et à demain peut-être.

Le poète a « souvent » raison…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de la beauté poétique et du canard à l’orange réunis, bonjour! Nous sommes le Samedi 24 décembre 2016, 4è jour de nivôse dédié au soufre, et on me dit que ce soir c’est la nuit de Noël. Bon, j’ai posé mes boutou-coat (sabots de bois) devant la cheminée, on ne sait jamais… sabots-dans-la-cheminee-1196715089-1149832Écrire c’est une façon de parler sans être interrompu disait Jules Renard, du coup le blogueur s’en donne à cœur joie. Je poursuis donc ma galerie de portraits à l’occasion de l’anniversaire de la mort de Louis Aragon qui, au delà de ses engagements politiques et de sa trop longue cécité vis à vis du stalinisme, nous lègue des textes d’une telle beauté, surtout quand ils sont portés par des interprètes comme Ferré ou Ogeret qu’il mérite bien ce petit hommage. P’tin, on se croirait sur France-culture…

Fils illégitime d’une liaison entre Marguerite Toucas et un homme politique célèbre (Louis Andrieux, procureur de la République, Préfet de police, député puis ambassadeur), Louis Aragon naît le 3 octobre 1897, à Paris. Son enfance toute entière se trouve du coup marquée par le Aragonmensonge et la dissimulation: pour sauver les apparences, sa mère se fait en effet passer pour sa sœur et sa grand-mère, pour sa mère adoptive, tandis que ses tantes deviennent ses sœurs et que son père devient un vague parrain, qui ne lui apprendra la vérité de sa naissance qu’avant son départ pour le front. Il est incorporé en 1917 et part pour le front où il rencontrera par hasard André Breton. Trois fois enseveli sous les bombes, Aragon survit cependant au conflit et se consacre avec une énergie décuplée à l’écriture, sous toutes ses formes.Et, quand cette écriture est mise en musique par Hélène Martin, ça donne ce joyau…

Il rencontre en 1928 une jeune écrivain(e) russe, Elsa Triolet (belle-sœur de Maïakovski), dont il ne se séparera plus. C’est à elle que l’on doit cette superbe citation: « J’ai appris que pour être prophète, il suffisait d’être pessimiste. » (c’est tiré de: Mille regrets). Aragon devient simple journaliste à L’Humanité et entame une nouvelle carrière aragon-et-ristat-300x225de romancier avec Les Cloches de Bâle (1934). Après la mort d’Elsa Triolet (1970), il poursuit comme il le peut ses activités politiques auprès de l’union de la gauche (il sera décoré par F. Mitterrand) et survit en changeant radicalement de style de vie et en affichant dans les médias ses relations homosexuelles, notamment avec Jean Ristat, lui-même écrivain et poète qui lui fermera les yeux le 24 décembre 1982. Sa mort sera suivie d’un concert étonnant de louanges et de cris de haine qui ne s’est guère estompé depuis.

Allez, bonnes fêtes à tous, portez vous bien et à demain peut-être.