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On fait le point sur Godwin…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de la réforme fiscale et de la potée bretonne réunies, bonjour ! Ce Mercredi 03 Mars 2021 correspond au 13è jour de ventôse dans notre calendrier républicain. C’est, parait-il la saint Gwenolé: un des sept fumeterre-3saints fondateurs de la Bretagne. Venu de Bretagne insulaire, neveu du légendaire Duc Conan Mériadec, il est venu s’établir dans l’archipel de Bréhat. Il a, plus tard, fondé l’abbaye de Landévennec (29). Il prévient et sauve le roi Gradlon de la perdition et de l’engloutissement de la ville d’Ys. Populaire parmi les Bretons, il était invoqué contre la stérilité des femmes (de quoi je me mêle !). On dit aussi qu’il aurait introduit le pommier en Bretagne et donc, le cidre. Du coup on lui pardonne ses bondieuseries… C’est le jour de la Fumeterre; jolie plante sauvage que les apothicaires utilisaient pour soigner l’eczéma. Dépêchez vous de l’utiliser car avec un nom comme celui-la elle risque bientôt d’être interdite à la cueillette.

Tout à fait autre chose.

Le 3 mars 1756, naissance de William Godwin à Wisbeach, comté de Cambridge. Penseur et théoricien anglais, précurseur de l’anarchisme. Pour éviter de vous planter lors des diners en ville, sachez qu’il n’a rienWilliam-200x300 à voir avec le fameux « point Godwin » qui doit son nom au chercheur Mike Godwin. Cette « loi » s’appuie sur l’hypothèse selon laquelle une discussion qui dure peut amener à remplacer des arguments par des analogies extrêmes. L’exemple le plus courant consiste à comparer le thème de la discussion avec une opinion nazie ou à traiter son interlocuteur de nazi. Si le sujet de la discussion était très éloigné d’un quelconque débat idéologique, une comparaison de ce genre est considérée comme un signe d’échec de la discussion. On estime alors qu’il est temps de clore le débat, dont il ne sortira plus rien de pertinent : on dit que l’on a atteint le « point Godwin » de la discussion.

Mais revenons à notre pasteur dissident, il abandonne la religion et publie, en 1793, « Enquête sur la justice politique », œuvre mary-S-225x300philosophique qui contient les principales bases politiques et économiques de l’idéal libertaire. Considérant que « Tout gouvernement est un mal » car il est une « abdication de notre propre jugement et de notre conscience », un frein dans la recherche de l’harmonie entre les hommes, celle-ci devant se réaliser par l’éducation libre ; seul moyen de se débarrasser des superstitions de la religion et de la tentation totalitaire. Sa première femme, Mary Wollstonecraft, publie quant à elle, en 1792, « Revendication des droits des femmes », mais meurt en donnant naissance à sa fille, Mary, qui deviendra la compagne du poète Percy Bysshe Shelley, à son tour conquis par les idées de Godwin; elle sera par ailleurs la créatrice du célèbre « Frankenstein »). Quelle famille !

Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

In the mood…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de la transversalité et de l’ARN messager réunis, bonjour ! Nous voici donc en mars de l’an 2021, le Lundi 1er, pour ne rien vous cacher et c’est le jour qui correspond au 11 de ventôse dédié au Narcisse,  Ici à droite, il s’agit de la narcisse dites des Glénans. Autant dire que c’est la fête de tous les blogueurs. Un autre calendrier, celui de la narcisse-des-glénans.jpePataphysique nous précise que le 01 Mars 2021vulgaire est en réalité le Samedi 7 Pédale 148 St Gavroche, forain. Celui de la poste nous invite à fêter les Aubin et en Bretagne armoricaine, Albin. Un saint homme qui, nous dit la chronique, participa au Concile d’Angers en 540, où il servit d’interprète à Tugdual auprès du roi Childebert car il était bilingue (Breton, Latin/Roman). Il a laissé son nom à plus de 80 communes en France ainsi qu’à quelques dictons comme celui-ci: « Pique au jour de Saint Aubin, tu auras un bon vaccin. » Épatant, non!

Tout à fait autre chose.

Glenn Miller (Alton Glenn Miller) est un tromboniste de jazz né le 1er mars 1904 à Clarinda dans l’Iowa et disparu, probablement au-dessus de la Manche en 44. Il a ses premiers contrats professionnels dans un orchestre de Dixieland, les Senter’s Sentapeeds. Il abandonne ses études en 1924, pour rejoindre la formation de Ben Pollack. À l’époque, on trouve aussi dans cet orchestre un certain Benny Goodman. Glenn Miller-G-Pendant la guerre, Promu au grade de capitaine, il dirige alors le Glenn Miller Army Air Force Band, un orchestre de jazz et de danse militaire qui donne des concerts (plus de 800) « pour le moral des troupes », participe à des centaines d’émissions radiophoniques et enregistre de nombreux disques. En 1944, l’orchestre est basé à Londres. Le 15 décembre 1944, Glenn Miller embarque dans un petit avion pour la France pour y préparer l’arrivée de son orchestre. Il y a ce jour-là un épais brouillard et l’avion n’arrivera jamais à destination. Selon certains historiens, l’appareil aurait traversé par mégarde au-dessus de la Manche une zone réservée au délestage des bombardiers alliés qui, de retour d’Allemagne, se débarrassaient, avant l’atterrissage, des bombes qu’ils n’avaient pu larguer sur l’ennemi. Le petit avion qui transportait le musicien aurait été touché par un des projectiles, ou déséquilibré par le souffle des explosions.

 

La musique de l’orchestre de Glenn Miller, à la frontière entre le jazz et la musique de danse, appartient à la mémoire collective en évoquant immédiatement la Seconde Guerre mondiale, la libération, et plus Glenn Miller-D-largement les années 40. Les titres les plus connus de ce big band : In the mood (ici en vidéo et reconnaissable à la première note de trombone), Anvil chorus, Chattanooga Choo Choo, American patrol (1942)… Ils ont souvent été repris au cinéma, notamment par Woody Allen. In the Mood, que l’on pourrait traduire par: de bonne humeur, dans l’ambiance, en anglais, est un standard de jazz-swing-rockabilly américain. Repris du single Tar Paper Stomp de Wingy Manone en 1930.

 

Allez, voila pour aujourd’hui, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Fanny de laninon…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de la ville rose et du cassoulet réunis, bonjour ! Pourquoi Toulouse, parce que nous sommes le Vendredi 26 février 2021, autrement dit le huitième jour de Ventôse dédié à la violette. Or Toulouse est la ville de la violette et de ses fameux bonbons. On dit que penséecette fleur symbolise la timidité, la modestie et la pudeur (c’est tout le portrait de votre serviteur !). Mais une autre interprétation veut que la Pensée, famille dont fait partie la violette, représente le souvenir. Dans la mythologie, la nymphe Io, bien connue des cruciverbistes, fut aimée de Jupiter. Mais les amours de celui-ci furent une fois de plus contrariées par son épouse Junon, qui se vengea en changeant sa rivale en blanche génisse. Ainsi métamorphosée, Io errait tristement dans les allées du salon de l’agriculture lorsqu’elle vit sortir de terre de petites fleurs qui tournèrent leurs corolles vers elle. Elle reconnut en elles les pensées de ses amis venus la consoler. C’est pas touchant ça, madame Michu…

Tiens, juste un mot à propos de ce grand bonhomme qu’était Pierre Mac-Orlan.De son vrai nom Pierre Dumarchey, il est né à Péronne dans Mac Orlan-D-la Somme un 26 février en 1882.  Après une enfance assez délicate, il fait l’école normale d’instituteurs à Rouen puis il s’installe à Paris où il vit chichement au « bateau lavoir » haut lieu de résidence des artistes en tous genres. Il fréquentait assidument le cabaret « le lapin agile » dont il épousa la fille du patron.  Proche de Max Jacob, de Picasso et d’Apollinaire, il voit son roman « quai des brumes » adapté au cinéma par Marcel Carné qui le fait entrer dans la légende. Le fameux « Quai des brumes » doit d’ailleurs son nom à cet établissement qui était surnommé « le quai ».

 

Journaliste, poète, bourlingueur, il siégea vingt ans à l’académie Goncourt au coté de Dorgelès et Carco. De Montmartre aux ports du Jean-Quemeneur-et-Fanny-de-Laninon-Brest-2018Nord peuplés de filles à matelots, il était passé maitre dans l’art du roman d’aventures à l’image d’un Stevenson ou d’un Kipling. Mobilisé pendant la grande guerre, il est blessé en 1916 devant Péronne sa ville natale. On lui doit entre autres, l’ancre de miséricorde, les clients du bon chien jaune, la bandera…Et de nombreuses chansons dont ma préférée « Fanny de Laninon », souvenez vous: « Allons sur le quai Gueydon, devant l’pitit pont, chanter la chanson, le branle bas de la croisière et dans la blanche baleinière…« Nombre d’entre elles furent interprétées par de grands noms comme Catherine Sauvage, Juliette Gréco, et plus récemment Renaud. Il est décédé à Saint-Cyr-sur -Morin en juin1970. (à gauche; Jean Quéméneur et Fanny de laninon par le sculpteur Jérôme Durand près du pont de Recouvrance à Brest) – photo de Erwan Corre.

Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

De l’Asaret à Savonarole…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE, PORTRAIT

Amis du trot attelé et du pendule de Foucault réunis, bonjour ! Nous sommes, qui l’eut cru, le Mercredi 24 février 2021, sixième jour de Trille-rouge-fleur-01-300x199Ventôse dédié à l’Asaret qui est, chacun le sait, une plante herbacée de la famille des Aristolochiacées. L’Asaret du Canada est une plante désignée vulnérable à la récolte par le gouvernement, il est interdit de la cueillir ou d’en faire le commerce. Sa fleur est petite et de forme particulière. Le rhizome de l’Asaret du Canada a une odeur et une saveur de gingembre c’est pourquoi on l’appelle aussi gingembre sauvage. Voilà, vous savez tout. Tiens, à propos de gens qui savent tout…

Je veux parler de Jean Pic de la Mirandole. Troisième fils d’une vieille famille comtale, Jean Pic naquit le 24 février 1463 au château de Mirandole. Suite à la mort prématurée de sa mère, il hérita très jeune d’une fortune considérable qui allait lui permettre bien des voyages, bien des libertés et bien des extravagances. D’abord inscrit à Pico1-228x300l’Université de Bologne pour des études en Droit canon (sa mère le destinait à la prêtrise) il renonça bien vite aux diplômes universitaires pour devenir autodidacte. Il séjourna aussi à Ferrare avant de s’établir à Florence. À 23 ans, il publie 900 thèses sous le titre : Conclusions philosophiques, cabalistiques et théologiques, et, grand seigneur, invite tous les érudits à en débattre avec lui à Rome, quitte à ce qu’il leur paie les frais de déplacement ! L’initiative déplaît en haut lieu et le 31 mars 1487, Pic de la Mirandole doit renoncer à plusieurs de ses conclusions, jugées hérétiques par une commission papale.

Il mourut le 17 novembre 1494, alors que le roi de France entrait à Florence. Jean Pic de la Mirandole décéda, assisté en ses derniers instants par Savonarole qui voyait dans la victoire des troupes françaises la réalisation de ses prophéties… Certains voient dans Le discours la quintessence même de la pensée de Pic de la Mirandole et Savonarole-G-cet extrait a maintes fois été repris; on le retrouve dans L’œuvre au noir de Marguerite Yourcenar. Ce sont les paroles par lesquelles le Créateur, s’adressant au premier homme, lui confère le privilège de la liberté: « Je ne t’ai donné ni visage, ni place qui te soit propre, ni aucun don qui te soit particulier, ô Adam, afin que ton visage, ta place, et tes dons, tu les veuilles, les conquières et les possèdes par toi-même. Nature enferme d’autres espèces en des lois par moi établies. Mais toi, que ne limite aucune borne, par ton propre arbitre, entre les mains duquel je t’ai placé, tu te définisses toi-même. Je t’ai placé au milieu du monde, afin que tu pusses mieux contempler ce que contient le monde. Je ne t’ai fait ni céleste ni terrestre, mortel ou immortel, afin que de toi-même, librement, à la façon d’un bon peintre ou d’un sculpteur habile, tu achèves ta propre forme.» et d’aucun d’y lire l’œuvre du prototype même de l’humaniste du Quattrocento. Savonarole, L’œuvre au noir, Le nom de la rose… Brrrrr !

Allez, merci de votre visite, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Le temps des cerises…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de la butte Montmartre et de la grève générale, illimitée et insurrectionnelle réunies, bonjour ! Nous sommes le Mardi 23 février 2021, correspondant au cinquièmejour de ventôse qui était généralement dédié au bouc, ce qui bien évidemment n’a rien à voir avec ce qui suit.

Le 23 février 1903, à Paris. Mort de Jean-Baptiste Clément(né le 31 mai 1836, à Boulogne). En vidéo, « la semaine sanglante » chantée par Marc Ogeret et que l’on doit aussi à J.B. Clément. Semaine durant laquelle la répression s’abattit sur les « insurgés » de la Commune (1871) et se termina au mur des fédérés… Communard, il le fut, et auteur de la célèbre chanson  » Le Temps des Cerises. » Avant 1870, il est plusieurs fois condamné à la prison pour ses écrits et pamphlets « Les Carmagnoles »,  » 89″, etc. Il siège ensuite à la Commune de Paris. Le 28 mai, il est avec Varlin et Ferré, sur la dernière des barricades. Il se JB Clement-G-cache un temps, avant de pouvoir trouver refuge en Angleterre, via la Belgique. Condamné à mort par contumace en 1874, il ne rentre en France qu’après l’amnistie de 1879. Il devient socialiste, et s’engage dans le syndicalisme, particulièrement dans les Ardennes, où il donne de nombreuses conférences, organise des syndicats, etc. Le « Temps des Cerises » fut écrit en 1866. Mais c’est en 1885 qu’il dédiera cette chanson à Louise, ambulancière sur la dernière barricade du 28 mai. Cette chanson deviendra le symbole de la Commune de Paris. Ici, une magnifique photographie que l’on doit à NADAR. En 1885, il fonde le cercle d’études socialiste, l’Étincelle de Charleville et la Fédération socialiste des Ardennes. Il est initié franc-maçon en 1898 à la Loge « Les Rénovateurs » à Clichy, près de Paris. Lorsqu’il fut inhumé au cimetière du Père-Lachaise le 26 février 1903, entre quatre et cinq mille personnes assistèrent à la cérémonie. Ce fut certes un grand parolier mais pas un grand visionnaire…

 

 

Mon pauvre Jean-Baptiste, un siècle après ta mort, regarde ce qu’ils font de tes rêves, de tes espoirs, de tes acquis, toi qui, avec Louise Michel, Jules Vallès, Eugène Varlin, Gustave Courbet, Blanqui, Delescluze, Maxime Vuillaume créateur du « Père Duchène », avez rêvé d’un nouveau monde. Qui se souvient que pendant ces quelques vive la Communesemaines, vous avez imaginé la séparation des églises et de l’État, la diminution du temps de travail, l’égalité homme-femme, la liberté de la presse, l’interdiction du travail de nuit, la journée de dix heures, le mariage libre par consentement mutuel, la fin de l’enseignement confessionnel… Aujourd’hui, le patronat et ses marcheurs, hommes liges de la haute finance, ont sifflé la fin de la récré et les soi-disant socialistes, le doigt sur la couture du bragou-braz, ne se souviennent plus où ils habitent.

J’ai pas franchement l’impression que le grand soir est pour demain. Allez, il n’est pas nécessaire d’espérer pour entreprendre ni de réussir pour persévérer (un kilo de cerises à qui me retrouve la citation exacte) on finira bien par les avoir. En attendant ce jour, portez vous bien et à bientôt peut-être.

A vos cassettes…

Posté par erwandekeramoal dans JAZZ, PORTRAIT

Amis de la médecine vétérinaire et du crabe mayo réunis, bonjour ! Au train où vont les choses, ça devait bien finir par arriver… Nous sommes le Lundi 22 février 2021 c’est à dire le quatrième jour de ventôse, dédié au troène. Jolie plante qui égaye nos haies mais qui s’avère mortelle pour les chevaux. Il n’y a, parait-il aucun antidote. Même pas un remède de cheval.

Vous ai-je déjà parlé de Buddy Tate, né George Holmes Tate un 22 février en 1913 à Shermann, Texas ? Un saxophoniste bien sur. Il commence par jouer au saxophone alto mais passe rapidement au buddy-1ténor, se faisant un nom dans des groupes comme celui de Andy Kirk. Il rejoint en 1939 l’orchestre de Count Basie en raison du décès soudain de Herschel Evans et y reste jusqu’en 1948. Suite à sa collaboration avec Basie, il travaille alors avec d’autres big bands tels que Hot Lips Page ou Jimmy Rushing de 1950 à 1952, avant de jouer avec son propre orchestre à partir de 1953 à Harlem. Il va par la suite participer à plusieurs tournées en Europe avec son propre Big Band. Il aura enfin l’occasion de co-diriger un big band en 1975 avec le saxophoniste Paul Quinichette au West End Café à New York puis participe en sideman à l’orchestre de Benny Goodman à la fin des années 1970, et joue avec le pianiste Jay McShann et le saxophoniste Jim Galloway.

 

Ci dessus en vidéo, un grand classique, le fameux standard Mack the Buddy-Tate-2Knife, vous savez, Kurt Weill, Brecht. Il reviendra en Europe en 83 avec les membres de l’orchestre de Count Basie. Bien que les années 1990 soient pour lui moins actives, il enregistre notamment avec Lionel Hampton ou le groupe des vétérans du jazz, Statesmen of Jazz parmi d’autres. Ici à gauche en compagnie de Milt Bruckner. Il vivra à Massapequa dans l’état de New York jusqu’en 2001, puis s’installe à Phoenix en Arizona afin de rester près de sa fille. Il meurt peu après à 87 ans.

Allez, à vos cassettes, portez vous bien et à bientôt peut-être.

La grève des électeurs…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis des pensées de saint Augustin et du far aux pruneaux réunis, Cyclamenbonjour ! Nous sommes le Mardi 16 février 2021, 28è jour de pluviôse dédié au cyclamen que les italiens nomment Pan porcino (pain de cochon) à cause de l’intérêt des cochons pour ses tubercules. Cela n’a rien à voir mais, Ô miracle, Ô apothéose divine, on croit rêver… Il ne pleut pas aujourd’hui sur Brest; enfin, pas encore.

Si l’on en croit Wikipédia, Octave Mirbeau, né le 16 février 1848 à Trévières (Calvados) et mort le 16 février 1917 à Paris, est un écrivain et un journaliste français, et à priori, il n’y a pas de raison de ne pas les croire. Avouez qu’il faut déjà faire preuve d’esprit pour naître et mourir un 16 février ! Octave Mirbeau a connu une célébrité européenne et de grands succès populaires, tout en étant également apprécié et reconnu Mirbeau.jpe par les avant-gardes littéraires et artistiques, ce qui n’est pas commun. Souvenez vous de l’interprétation somptueuse de Jeanne Moreau en Célestine dans  Le journal d’une femme de chambre  mis en scène par Bunuel.Un roman qui n’a pas pris une ride et qui pourtant date, pour sa première parution en feuilleton, de 1892… Journaliste influent et fort bien rémunéré, critique d’art défenseur des avant-gardes, pamphlétaire redouté, il a été aussi un auteur novateur, qui a contribué à l’évolution du genre romanesque, et un dramaturge, à la fois classique et moderne, qui a triomphé sur toutes les grandes scènes du monde. Mais, après sa mort, il a traversé pendant un demi-siècle une période de purgatoire.

 

Il était visiblement trop dérangeant pour l’establishment, tant sur le plan littéraire et esthétique que sur le plan politique et social. Littérairement incorrect, il était inclassable, il faisait fi des étiquettes, des théories et des écoles, et il étendait à tous les genres littéraires sa femme-de-chambrecontestation radicale des institutions culturelles ; également politiquement incorrect, farouchement individualiste et libertaire, il incarnait une figure d’intellectuel critique, potentiellement subversif et « irrécupérable », selon l’expression de Jean-Paul Sartre dans Les Mains sales. «Une chose m’étonne prodigieusement, j’oserai dire qu’elle me stupéfie, c’est qu’à l’heure scientifique où j’écris, après les innombrables expériences, après les scandales journaliers, il puisse exister encore dans notre chère France (comme ils disent à la Commission du budget) un électeur, un seul électeur, cet animal irrationnel, inorganique, hallucinant, qui consente à se déranger de ses affaires, de ses rêves ou de ses plaisirs, pour voter en faveur de quelqu’un ou de quelque chose.» C’est par cette phrase coup de poing que s’ouvre La grève des électeurs d’Octave Mirbeau.

La grève des électeurs, tiens, quelle drôle d’idée… Quoique ! Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Mujeres libres…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE, PORTRAIT

Amis de la tautologie et du kouign-amann réunis, bonjour ! Nous sommes le Jeudi 11 février 2021, 23è jour de pluviôse dédié au Queneauchiendent; plante envahissante s’il en est. Nous souhaitons bonne fête à tous les Ehouarn de la terre. Ils doivent leur nom à un moine de l’abbaye de St Gildas en Rhuys vers le 11è siècle. C’était un disciple de Félix. Dans Ehouarn, on retrouve houarn, le fer. Par exemple, hent-houarn, le chemin de fer… Tout comme dans l’eau ferrugineuse chère à Bourvil. Profitez des longues soirées d’hiver pour relire le premier roman de Queneau: « Alibiforains et lantiponnages que tout cela, ravauderies et billevesées, battologies et trivelinades, âneries et calembredaines, radotages et fariboles !  »

Aujourd’hui, parlons d’une militante anarchiste espagnole, Mercedes Comaposada. Fille de l’écrivain et militant socialiste José Comaposada et compagne depuis 1933 du sculpteur libertaire Baltasar Lobo. Mercédès Camaposada avait commencé à travailler très jeune comme monteuse lucia_sanches_de_saornildans l’industrie du cinéma et avait adhéré au syndicat CNT des spectacles publics. Puis elle avait poursuivi des études à Madrid où elle allait rencontrer V. Orobon et surtout Lucia Sanchez Saornil (ici en photo) avec laquelle elle se lançait très vite dans une campagne pour la libération de la femme. Et puis tiens, avant de poursuivre, pour le plaisir, quelques notes entonnées par Paco Ibanez. « A galopar », merveilleux poème de Rafael Alberti qui devint l’hymne des républicains espagnols. Las tierras, las tierras, las tierras de Espana…

 

Pendant les années de la République elle collaborait à de nombreux titres de la presse libertaire (dont Ruta, Tiempos Nuvos, Umbral, Tierra y Libertad) et en avril 1936, de sa rencontre avec Lucia Sanchez Saornil naît l’idée de créer un groupe de femmes spécifique, au sein du Mercédèsmouvement libertaire. Le groupe « Mujeres Libres » (MM.LL) est créé en avril 1936; mouvement qui a compté plus de 20 000 membres, ainsi que la revue du même nom dont elle allait être rédactrice en chef pendant la guerre. Elle est illustrée par le sculpteur Baltasar LOBO (compagnon de Mercedes). Lorsque éclate la révolution, en juillet 1936, elle se rend à Barcelone et y rejoint un autre groupe de femmes, avec lequel elle travaille à la création d’une fédération nationale. Exilée en France après la guerre civile, elle parvenait avec son compagnon à s’installer à Paris avec l’aide de Pablo Picasso dont elle allait devenir la secrétaire. Dans les années 1960-1970 elle participait aux activités du groupe Mujeres Libres en exil. Mercedes Comaposada est morte à Paris le 11 février 1994.

Et voila pour ce frisquet jeudi, allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

De la pensée libre à la libre pensée…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de l’hypothypose et des spaghetti alle vongole réunis, bonjour! Nous sommes le Lundi 08 février 2021, 20è jour de pluviôse dédié à la serpette. Ici, en Finistère, ce serait plutôt le jour de la serpillère, histoire d’éponger le surplus de précipitations comme ils disent dans le poste.

En février 1600, mort de Giordano Bruno, à Rome, torturé et brûlé vif par l’inquisition pour avoir refusé d’abjurer ses idées antidogmatiques Bruno-G-150x150et rationalistes. Né à Nola (Italie) en 1548, d’abord moine dominicain, il écrit de nombreux ouvrages philosophiques qui lui valent un procès en hérésie. Il s’exile à Genève, puis parcourt l’Europe, enseignant ses idées. Mais l’Église le poursuivra sans relâche. Il sera extradé de Venise et livré au Saint Office, qui en le condamnant à être brûlé vif en fera un martyr de la libre pensée. Pourtant, sur cette gravure, on lui donnerait le bon dieu sans confession… Parmi les livres de Giordano Bruno, on peut citer « De la cause, du principe et de l’unité » (1584), « Sonnets, dialogues », etc. Si vous passez à Rome, vous The statue of Giordana Brunopouvez voir une statue dressée sur le campo dei fiori. Ça me rappelle une citation de Victor Hugo que je trouve très appropriée: « Enfer chrétien, du feu. Enfer païen, du feu. Enfer mahométan, du feu. Enfer hindou, des flammes. À en croire les religions, Dieu est né rôtisseur. » Oui-da, en ces jours où l’affligeante actualité inonde nos téléviseurs, et que nos députés planchent sur le séparatisme islamique histoire de n’avoir point à interroger le radicalisme mormon, catholique ou évangélique; la seule idée qui mérite promotion est celle de la libre pensée.

Allez, merci à vous d’être passé, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Le festin nu…

Posté par erwandekeramoal dans LECTURE, PORTRAIT

Amis de la philosophie des lumières et de la pile Mazda réunies, bonjour ! Nous sommes le Vendredi 05 février 2021, 17è jour de pluviôse dédié au lichen. En Bretagne on célèbre les Merin, un saint gallois qui a laissé son nom à la commune de Plomelin en Finistère.

Si je vous dis; Kerouac, Ginsberg, beat génération, je vous connais, vous pensez bien sur à William Seward Burroughs. Préférant les aléas de l’errance à la vie bourgeoise qui lui est destinée, il choisit de partager la destinée des drogués et des marginaux. Des années 1940 aux années 1960, il vit le plus souvent dans les bas-fonds de New York, de Mexico, de Tanger, de Londres et de Paris, exerçant pour survivre tous les métiers possibles: employé d’une agence de publicité, détective privé Williamspécialisé dans les affaires de divorce, destructeur de parasites à Chicago. Refusé par tous les éditeurs américains, son second roman, Le Festin Nu, sera publié à Paris en 1959 (grâce à l’entregent de J. Kerouac), traduit par Éric Kahane à qui l’on doit la traduction du « Lolita » de Nabokov.. Le procès pour « obscénité » qui accompagne sa publication quatre ans plus tard aux États-Unis contribuera paradoxalement à parfaire sa notoriété d’écrivain et à l’imposer comme l’une des figures majeures de la littérature contemporaine. La cour suprême finira par reconnaître sa valeur littéraire et le caractère non obscène du texte. (Cette décision va ouvrir la voie à de nombreuses autres publications, notamment celles de Henry Miller). On lui doit notamment la technique du cut-up qui consiste à créer un texte à partir de fragments déjà existants.

En 1944 le poète Allen Ginsberg lui présente l’écrivain Jack Kerouac. Ils resteront intimement liés, créant ensemble un mouvement artistique basé sur le refus de l’American Way of Life des sixties, la fameuse Beat Generation, contre-culture qui influencera le mouvement hippies des kerouac-Burroughsixties et jusqu’aux punks des années 70. Il épouse Joan Vollmer Adams en 1946. En 1953, un soir de beuverie à Mexico, [où il a émigré pour fuir ses ennuis avec la police New-new-yorkaise] tel Guillaume Tell, il vise le verre que sa femme tient sur la tête, le rate mais pas elle et la tue accidentellement. (sur la photo ici, avec Kerouac). « Le Festin nu » a été adapté au cinéma par David Cronenberg en 1992. Bon d’accord, c’est pas la bibliothèque rose, tout ce petit monde sent un peu le soufre, mais Burroughs reste à mes yeux un auteur « majuscule » du XXe siècle. Il apparaît également dans le film « Drugstore cowboys » de Gus Van Sant.

 

Bon, voila, ça c’est fait et à classer dans la catégorie littérature. Allez, encore merci de consacrer un peu de votre temps à visiter « les Cénobites tranquilles », portez vous bien et à bientôt peut-être.