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Mujeres libres…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE, PORTRAIT

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Amis de la pensée Pascalienne et du Vermouth-cassis réunis, bonjour ! Nous sommes le Mercredi 13 décembre 2017, 23è jour de Frimaire dédié au roseau.

« L’homme n’est qu’un roseau, le plus faible de la nature; mais c’est un roseau pensant. PascalIl ne faut pas que l’univers entier s’arme pour l’écraser: une vapeur, une goutte d’eau, suffit pour le tuer. Mais, quand l’univers l’écraserait, l’homme serait encore plus noble que ce qui le tue, parce qu’il sait qu’il meurt, et l’avantage que l’univers a sur lui, l’univers n’en sait rien. Toute notre dignité consiste donc en la pensée. C’est de là qu’il nous faut relever et non de l’espace et de la durée, que nous ne saurions remplir. Travaillons donc à bien penser: voilà le principe de la morale. »  Pascal, Pensées, (1660)

Plus près de nous.

Peut-être que, comme moi, vous vous êtes arrêté sur cette photo au cours d’une de vos lectures. Le 13 décembre 1895, naissance de Lucia Sanchez Saornil, à Madrid. Poétesse, artiste peintre et militante anarchiste féminine espagnole. Militante féminine convaincue, elle reste persuadée que les revendications des femmes requièrent une organisation spécifique. En 1936, avec les compagnes Mercedes Comaposada, Amparo Poch y Gascon, elle fonde le mouvement d’émancipation « Mujeres Libres » (Femmes Libres) qui édite, à partir de mai 1936, la revue du même nom. lucia-300x208Lorsque éclate la révolution, elle se démène sans compter, présente sur le front comme à « Radio Madrid ». De retour à Valence, en 1937, elle devient la principale rédactrice de l’hebdomadaire anarchiste « Umbral »; elle y rencontrera sa compagne saphique América Barroso. En mai 1938, Lucia est nommée secrétaire générale de S.I.A « Solidarité Internationale Antifasciste », chargée d’organiser l’aide internationale. La révolution écrasée, elle se réfugie en France début 1939, et tente de secourir les réfugiés. En 1942, pour éviter être déportée dans les camps nazis, elle retourne à Madrid, puis à Valence, vivant jusqu’en 1954 dans une totale clandestinité. Elle est morte à Valence, le 2 juin 1970. « Soñar, soñar siempre (…) Porque un nuevo entusiasmo nos transporta a otro ensueño entrevisto en lontananza y en la vida, el soñar, es lo que importa. » Sources.

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

A la cloche de bois…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis de la solidarité internationale et du Picon bière réunis, bonjour ! Et nous voici en décembre, kerzu e brezhoneg, tout doucettementle cenobite face à son clavier on se rapproche de l’hiver. Plus précisément, nous sommes le Vendredi 01 décembre 2017, onzième jour de frimaire dédié à la cire.  Pour ma part, c’est jour anniversaire, neuf ans déjà que j’ai quitté le navire de la vie « active » et que j’ai mis sac à terre en cet ermitage de Keramoal, accueilli en grande pompe par tous les lapins du canton. Après m’en être longuement entretenu avec moi même, la conclusion est tombée: Aucun regret. Selon certains calendriers, c’est la St Eloi et, comme le disait qui vous savez: A la saint Eloi, le cénobite reste coi. Enfin, pas longtemps non plus; faut pas exagérer… Comme vous le voyez sur cette  illustration, il faut fournir un papier chaque jour que fait le bon diable.

Qui se souvient de Joseph Jean-Marie TORTELIER ?

Cet ouvrier menuisier né en Ille et Vilaine (Bain-de-Bretagne – 1853 Joseph_Jean-Marie_Tortelier- il a longtemps travaillé à Rennes) est mort le 1er décembre 1925. Anarchiste, révolutionnaire, il était surtout un militant farouche de la grève générale. Arrêté comme Emile POUGET et Louise MICHEL, il fait trois mois de prison. Il anime la ligue des anti-propriétaires dont l’action consistait surtout à venir en aide aux ouvriers qui ne pouvaient plus payer leur loyer en les aidant à déménager « à la cloche de bois ». Cela ne vous rappelle pas la crise des « subprimes » ça ? Voici un petit texte anonyme de l’époque; je sais pas pour vous, mais moi, ça me mets en joie.

« Aux ventrus déclarant la guerre,
nous avons pour enn’mis: patrons, curés, soldats;
mais c’est contr’ le propriétaire
que nous livrons gaiement nos plus joyeux combats.
C’est nous qu’on voit, à l’approche du terme,
à l’appel des copains, accourir d’un pied ferme… ».

En 1901, il figurait sur une liste de « disparus-recherchés pour être mis sous surveillance spéciale » le décrivant : « 1m66, cheveux et sourcils châtains foncés, moustache assez forte, teint brun, maigre…souvent coiffé d’un béret bleu ou d’un chapeau de paille  ». Le Libertaire du 11 décembre 1925 annonçait sa mort ; il fut enterré le 4 décembre à Eaubonne en Seine-et-Oise où il s’était retiré ; au nom des vieux militants, L. Guérineau prononça quelques mots d’adieu.

Allez, portez vous aussi bien que possible et, à bientôt peut-être.

Zah Zuh Zah…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de la bio-diversité et de la perdrix aux lentilles réunies, bonjour ! Nous voici le Samedi 18 novembre 2017, c’est à dire le 28 de brumaire et c’est le jour du coing. J’ai découvert cet été qu’au milieu du jardin de Keramoal, dans un embrouillamini buissonneux, se marmeladacachait un cognassier qui ne demandait qu’à s’épanouir. Après une bonne taille, il conviendra d’en surveiller la croissance… du « coing » de l’œil. Le coing est très parfumé d’où sa présence dans toutes sortes de préparations depuis les tartes jusqu’aux confitures et gelées. Je me souviens en avoir dégusté au Portugal, en accompagnement du fameux Leitao, le cochon de lait et où il porte le joli nom de Marmelo qui a donné en français marmelade qui signifiait à l’origine confiture de coings. C’est pas beautiful ça, mes body boys ? On apprend tous les jours quelque chose sur « les cénobites tranquilles ».

Fichtre, il y a vingt trois ans, vingt trois ans déjà, le 18 novembre 1994, disparaissait celui qui à mes yeux, et surtout à mes oreilles, reste le roi du swing: CAB CALLOWAY. Il était sans doute le génial inventeur du scat. Chacun se souvient du fameux Zah Zuh Zah, thème du non moins fameux « Cotton Club ». C’est dans ce music-hall de Broadway qu’il se fit connaître dès 1933, et pourtant ce n’était cab callowaypas gagné d’avance quand on sait qu’il succédait à Duke ELLINGTON. Le cabaret devait fermer en 1940 et Cab CALLOWAY se réfugia au « Zanzibar ». Une différence majeure avec ce qui se faisait jusqu’à lors, c’est qu’ici, on acceptait les noirs, pas seulement comme musiciens, mais aussi dans le public. Cab CALLOWAY a apporté sa musique à de nombreux films, il a même participé à plusieurs d’entre eux et, comment ne pas se souvenir de sa prestation dans le cultissime « The Blues Brothers ». J’ai découvert récemment qu »un site en français lui était enfin consacré: thehidehoblog.com et ce n’est que justice.

Il faut vraiment que j’arrive à vous parler d’autre chose que de nos chers disparus. Si je n’y prends garde, ce blog risque fort de virer à la chronique nécrologique. Je crois que c’est ce temps de Toussaint qui influe sur nos inspirations. Fort heureusement, ne disparait pas cette musique extraordinaire que nous ont légué Calloway, Ellington, Fats Domino (récemment disparu lui aussi), Lionel Hampton, Count Basie et tant d’autres. Pas un jour sans que l’un d’entre eux ne fasse résonner son talent dans mon ermitage.

Allez, que la force soit avec vous, portez vous bien et à bientôt peut-être.

C’est la gesse qui compte…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis des sciences occultes et du bloody mary réunis, bonjour ! Nous sommes le Vendredi 17 novembre 2017, 27è jour de brumaire, dénommé jour du Macjonc…De son vrai nom la gesse tubéreuse, elle est encore appelée châtaigne de terre car ses graines peuvent être Lathyrus_Tuberosus_closeupcomestibles. C’est la gesse tubéreuse ou mézugon, (et comme dirait mon aïeule qui aurait vendu la sienne pour un vilain jeu de mots: c’est la Gesse qui compte !) ou gland de terre, ou encore souris de Hollande, non, sans rire, (les tubercules ont la taille la forme et la couleur d’une souris). Le macjonc pousse à l’état spontané dans toute l’Europe. Sa culture est signalée en 1783 comme « herbe française cultivée en Hollande et vendue en France » On consomme les tubercules cuit à l’eau en purée, et les gousses quand elles sont encore tendres préparées comme des petits pois.

 Tout à fait autre chose.

Il faut absolument que je vérifie l’efficacité de mon moteur de recherche car, je vous l’avoue, je ne me souviens plus si je vous ai déjà présenté Voltairine… Si j’avais débuté ce billet en vous parlant d’elle vous n’auriez pas manqué, dans vos commentaires raffinés et perfides, de me demander d’où je la sortais. Or donc, elle se nomme Voltairine de CLEYRE, avouez que cela ne s’invente pas. Mais c’est le papa, qui était un grand admirateur de notre Voltaire à nous, qui en a décidé ainsi. Elle est née un 17 novembre (d’où ce billet) voltairinequelque part dans le Michigan, Etats Unis d’Amérique. Figure oubliée de l’anarchisme et de la libre pensée, elle a consacré sa vie, après avoir passé plusieurs années dans un couvent (ceci explique cela), à dénoncer le poids des religions dans la société civile et à lutter pour les droits de l’homme, et de la femme, ce qui à cette époque n’allait pas de soi. Elle est morte à Chicago en 1912 en laissant derrière elle quelques ouvrages et l’image d’une militante exemplaire. Ses prises de position sur des thèmes aussi divers que le mariage, la guerre, la propriété privée lui ont valu une réputation sulfureuse d’anar et d’anticléricale dans une Amérique bigote et libérale. Elle méritait bien ce petit coup de chapeau dans un siècle où la pensée libre est une denrée en voie de disparition.

La basconaise de Rimbault…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis du végétalisme et de la Basconaise* réunis, bonjour ! Nous sommes le Vendredi10 novembre 2014, 314e jour de l’année du calendrier grégorien, il vous reste 51 jours avant le réveillon. C’était généralement le 20e jour du mois de brumaire dans le calendrier républicain français, officiellement dénommé jour de la herse. Mais, vous dirait monsieur UBU, le 10 Novembre 2017 est en réalité le Dimanche 8 As 145 St RIMBE, OISIF fête suprême tierce. Le 10 novembre 1891 à Marseille, Arthur Rimbaud nous quittait définitivement pour l’Orient éternel. J’ai pourtant choisi d’évoquer ici, un autre Rimbault…

Le 10 novembre 1891 à Marseille, Arthur Rimbaud nous quittait définitivement pour l’Orient éternel. J’ai pourtant choisi d’évoquer ici, un autre Rimbault…Le 9 avril 1877, naissance de Louis RIMBAULT à Tours. Militant libertaire et propagandiste du végétalisme. Il est né dans une famille nombreuse et pauvre, et exerce divers petits métiers avant de se fixer à Livry-Gargan en Seine et Oise, où il rimbault_monte une quincaillerie, puis travaille comme serrurier. Vers 1903 il est élu conseiller municipal sur une liste radicale-socialiste mais il évolue ensuite vers l’anarchisme individualiste. Végétarien convaincu, attiré par les « Milieux libres », il participe à la Colonie communiste libertaire de Bascon (Aisne) vers 1910-1912, puis se fixe à Pavillons-Sous-Bois où il y fonde une petite communauté que fréquente Octave Garnier. Rimbault fréquente lui-même le milieu illégaliste de Romainville autour du journal « l’anarchie » et va se retrouver mêlé aux affaires de la bande à Bonnot.

En 1922, il collabore au journal « Le Néo-Naturien » qui prône un retour à la nature par le biais de l’alimentation, et se fait le promoteur du végétalisme. Dans le même esprit, il fonde en 1923 la colonie « Terre libérée » à Luynes (Indre et Loire). Il est par ailleurs le créateur d’une recette de cuisine « La basconaise », plat unique neo_naturien-183x300composée d’une trentaine de légumes (crus), censée régénérer l’homme. Victime d’un accident en 1932, il restera invalide jusqu’à sa mort, le 10 novembre 1949. *La basconaise se compose de tous les légumes crus, râpés (carottes, navets, betteraves, radis noirs, salsifis, etc…) coupés en tranches (champignons, oignons, courgettes, tomates, radis, etc…) ou en lanières fines (chou rouge ou vert, épinards, etc…). Assaisonner tout ensemble ou les divers éléments séparés, avec de l’huile (olive de préférence), du sel marin, du jus de citron (facultatif), des olives noires, de l’ail pilé, des rondelles d’oignons, du persil ou du cerfeuil haché, quelques feuilles de romarin ou d’estragon, etc… Pour les mélanges, mettre toujours un légume en dominante pour obtenir des saveurs différentes à chaque fois.

C’est pas beautiful ça mes body boys ? Allez, merci de votre visite, portez vous bien et à demain peut-être.

Matilin an dall.

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de la liberté de conscience et du gin-tonic réunis, bonjour ! Nous sommes le Jeudi 09 novembre 2017 qui correspond au 19è jour de brumaire et que nos amis républicains, toujours à l’affut d’une grenadeplaisanterie, avaient dédié à la grenade (le fruit bien entendu). Le 9 novembre 1880, Louise MICHEL rentre du bagne grâce à la loi d’amnistie, après 9 ans de prison et de déportation. Elle est attendue Gare Saint-Lazare par une foule énorme qui l’acclame aux cris de « Vive Louise Michel, vive la Commune, A bas les assassins! ». En Bretagne on s’apprête à célébrer les Mathurin ( Matilin en breton) tel Matilin an dall,  « Prince des joueurs de hautbois de la Bretagne » selon Hersart de La Villemarqué, le célèbre auteur du Barzaz-Breiz.

Or donc, Matilin an Dall (Mathurin l’aveugle en français), Mathurin François Furic à l’état-civil est un sonneur de bombarde, né place Saint-Michel, à Quimperlé le 29 janvier 1789 et mort en cette même matilin-198x300ville le 14 septembre 1859. Sonneur1 d’exception, il a connu un destin hors du commun, jusqu’à entrer dans la légende. Matilin était célèbre pour ses fameuses gavottes de l’Aven qui se caractérise par un pas « glissé » au contraire de nos gavottes du Centre Bretagne au pas « sauté ». Voyez cette vidéo: On dit qu’en 1847, le roi Louis-Philippe le fait venir aux Tuileries pour l’entendre jouer. En 1858, Napoléon III vient en Bretagne, et un grand bal est donné en son honneur à Quimper, animé, entre autres, par quatre couples de sonneurs, dont le vieux Matilin. Hélas Matilin décèdera quelques mois plus tard, en janvier 1859 dans l’incendie de sa maison.

Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

When a man loves a woman…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de la pointe du Raz et de la pointe Bic réunies, bonjour ! Nous sommes le Mardi 07 Novembre 2017, six septième jour de Brumaire, dédié au cresson.

C’est en faisant le ménage parmi mes disques vinyle que je suis tombé en arrêt devant celui-ci tant il était chargé de souvenirs. Johnny Rivers, de son vrai nom John Henry Ramistella, est un chanteur, guitariste, compositeur et producteur américain de rock and roll, né le 7 novembre 1942 à New York (États-Unis). Il est JohnnyRivers1-297x300principalement connu pour avoir repris Memphis Tennessee de Chuck Berry et pour son long blues, John Lee Hooker, vibrant hommage au bluesman, enregistré live en 1967 au Whisky A Go-Go de Los-Angeles. Ayant grandi à Bâton-Rouge, Louisiane, il monte à New York en 1957 où il rencontre Alan Freed, qui lui trouve une maison de production de disques. Mais, à cette époque, il est surtout compositeur, écrivant notamment pour Ricky Nelson. Puis il s’installe à Los Angeles. Après avoir tenté sa chance auprès de treize maisons de disques différentes, ce n’est qu’en 1964 qu’il rencontre le succès, grâce à ses prestations au Whisky A Go-Go et à plusieurs albums live qui s’ensuivent. Il y interprète nombre de reprises de Chuck Berry, Lloyd Price, Rufus Thomas, etc. Que celui qui n’a jamais fleureter en dansant sur When a man love a woman me lance la première bière…

Ah, nostalgie, quand tu nous tiens ! Allez, merci d’être passé, portez vous bien et à demain peut-être.

L’insurgé…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de l’Internationale ouvrière et du velouté de potimarron réunis, bonjour ! Oui, nous sommes le Lundi 06 novembre 2017 mais, je n’y suis pour rien. Le seizième jour de brumaire était généralement celui bateaux-port-rhu-300x209du chervis. Lorsque j’étais enfant, à Douarnenez (29), le fond de la ria du Port-Rhu était notre terrain de jeu. Il y avait là près du cimetière des bateaux, un vieux thonier qui attendait sa fin en s’envasant paisiblement et qui portait le nom de « Eugène POTTIER ». A cette époque là, on laissait les bateaux mourir de leur belle mort; le moment venu on les remorquait vers un coin de rivière ou de plage et on laissait le temps faire son œuvre. Je ne savais pas encore ce que nous lui devions à ce grand monsieur, poète , Franc-maçon et révolutionnaire; dans l’ordre que vous voudrez..

J‘ai retrouvé un texte de Eugène Pottier, auteur de chants magnifiques sur la Commune et de « l’Internationale », écrit en 1883 et dédié à Ferdinand Gambon, il s’intitule Abondance, en voici quelques lignes:

Toute une mer d’épis ondule et les sillons
Portent à la famine un défi ; l’été brille,Pottier D
De chauds aromes d’ambre emplissent les rayons ;
Les blés mûrs, pleins et lourds, attendent la faucille…
Du sein de la nourrice, il coule en ce beau jour
Une inondation d’existence et d’amour.
Tout est fécondité, tout pullule et foisonne !
Mais, rentrant au faubourg, mon pied heurte en chemin
Un enfant et sa mère en haillons ! morts de faim !
Qu’en dites-vous, blés mûrs, et qui donc vous moissonne ?

Voilà pour aujourd’hui, je vous remercie d’avoir fait le détour par « les cénobites tranquilles » dont vous venez de parcourir le 3971è billet. En attendant le prochain, portez vous bien et à demain peut-être.

Louise, Olympe,Victorine et les autres…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis des commémorations et du goulash de bœuf réunis, bonjour ! Nous sommes le Samedi 04 novembre 2017, 14è jour de brumaire dédié à l’endive… Il y a maintenant fort longtemps de cela, un petit bonhomme vit le jour dans la maison familiale sur les bords du Port-Rhu à Douarnenez (29). Très tôt il montra tous les signes du révolté port-rhu avantchronique, vilipendant la famille, l’école, l’armée, les patrons, les curés, les flics et tutti quanti. Comme Jean kemener, de Recouvrance, il grandit puis il devint grand… Il fêta son vingtième anniversaire en 1968 ; autant dire que l’air du temps lui convenait parfaitement. Le stalinisme et les atermoiements de la sociale-démocratie achevèrent sa conversion et il se rangea définitivement dans le camp des non-alignés. Aujourd’hui, après une carrière, somme toute bien remplie, il coule des jours heureux dans son ermitage de Keramoal et vous abreuve quasi quotidiennement de ses modestes billets sous le pseudonyme du cénobite.

C‘est aussi (mais cela n’a rien à voir) un 04 novembre que disparut cette ardente militante que fut Victorine BROCHER qui vit le jVictorineour à Paris un 4 septembre de l’an 1839. Internationaliste, Communarde, anarchiste et pédagogue, voila une carte de visite comme on les aime chez. Elle naît, Victorine Malenfant, dans une famille de Républicains pur jus (son père, Franc-maçon et Républicain fut contraint à l’exil en 1851), en 61 elle épouse Jean Rouchy et le couple ira s’installer à Paris. Elle travaille comme couturière puis participe à la création d’une boulangerie coopérative. Dès le début, elle va participer à la Commune de Paris et s’engagera comme cantinière de bataillon. Puis on la retrouve qui prend part aux combats (bataillon des Turcos) comme ambulancière. ici en compagnie de Paule Mink et Louise Michel.

Condamnée à mort par contumace comme « pétroleuse », elle se réfugie en Suisse; son mari sera emprisonné deux ans. De Suisse, elle part enseigner en Hongrie puis reviendra à Genêve à la libération de son mari où elle va créer une coopérative de la chaussure et venir en aide aux proscrits de la Commune. De retour à Paris après l’amnistie elle va fréquenter les anarchistes (Malatesta fut arrêté en sa compagnie), à la mort de son mari, elle se lie avec le libre Louisepenseur Gustave Brocher, ils adopteront cinq enfants de communards et feront de leur maison un asile pour de nombreux exilés. En 1890, la voici institutrice dans une école libre initiée par Louise Michel. Elle va mourir le 4 novembre 1921 à Lausanne où, avec Gustave, elle avait fondé une école. En 1909, elle publiera souvenirs d’une morte vivante. C’est à ces gens que nous devons l’école laïque (donc libre) l’école émancipatrice, l’école de l’égalité des chances, bref, l’école de la République. Et aujourd’hui, on assiste à un retour en arrière au motif qu’une bande de gougnafiers (certes élus !) se  sont mis en tête de dépecer un à un deux siècles d’acquis sociaux: L’école, la sécu, l’âge légal de départ à la retraite, le temps de travail, le droit d’asile, etc. La prochaine fois que tu mettras un bulletin dans l’urne, réfléchis petit scarabée…

Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Mississippi Blues…

Posté par erwandekeramoal dans JAZZ, PORTRAIT

Amis de la flûte enchantée et de la révolution en chantier réunies, bonjour ! Nous sommes le 02 novembre, 12è jour de brumaire, habituellement dédié à la Mâcre, plante aquatique autrement appelée châtaigne d’eau, on dit que les chinois en sont friands… En trépassés-02-300x198Bretagne c’était un grand jour que celui-là. Il était consacré aux trépassés, ici on dit Anaon. Peut-être connaissez vous ce recoin de côte entre la pointe du Van et celle du Raz (29), c’est la baie des trépassés, bae an anaon. Mon aïeule m’a souvent conté l’histoire du Treizour (le passeur) chargé de mener les âmes vers l’autre monde et qui accostait la nuit venue sur ses rivages. Il faudra que je lui consacre un billet. Au treizour, pas à mon aïeule…

Tiens, à propos d’Avalon, connaissez vous Mississippi John Hurt, né John Smith Hurt le 08 mars 1892 à Teoc, Mississippi et mort le 02 novembre 1966 à Avalon, Mississippi ? C’est un chanteur et guitariste de blues et de folk. Sa musique est un mélange subtil de blues, de country, du bluegrass, de folk et de rock and roll. Son Mississippi-John-Hurt-web-250x300style se caractérise par son jeu de guitare raffiné et sa voix douce. À l’âge de deux ans il part, avec sa famille, pour Avalon, une petite ville du Mississippi. Comme il passe la majeure partie de sa vie dans cet État du Sud, il est surnommé « Mississippi » John Hurt. Il étudie seul la guitare à l’âge de 9 ans et quitte l’école en 1902 pour travailler dans les champs de coton. Occasionnellement il joue dans des bals et à des soirées. Son idole est Jimmie Rodgers, une star de country. Très vite il développe son propre style avec une technique de pincement de cordes avec trois doigts, une technique reprise plus tard par Bob Dylan.

Sa carrière débute en 1928 quand il est découvert par Okeh Records à Avalon. Cette année-là, il enregistre ses premiers titres de blues à Memphis (Tennessee), dont Frankie et Nobody’s Dirty John-Hurt-300x223Business, qui sortent en 78 tours chez Okeh Records. Tommy Rockwell le fait ensuite venir à New York pour graver de nouveaux morceaux (« Candy Man », « Stack O Lee Blues »). Il y rencontre Lonnie Johnson. Le nom de Mississippi John Hurt plonge alors dans l’oubli pour n’en ressortir qu’en 1963 où, redécouvert par un musicologue, il enregistre de nouveaux titres à Washington. Il se produit ensuite au Newport Folk Festival, puis au Philadelphia Folk Festival. Il meurt d’une crise cardiaque le 2 novembre 1966.

Voila pour aujourd’hui, en attendant la suite, portez vous bien et à demain peut-être.