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Sweet melody…

Posté par erwandekeramoal dans JAZZ, PORTRAIT

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Amis du Muscadet sur lie et des moules marinières réunis, bonjour ! tournesol-240x300Nous sommes le Jeudi 10 octobre 2019, 19è jour de vendémiaire consacré au tournesol. En Bretagne armoricaine on célèbre sant Kler, on dit qu’il fut le premier évêque de Nantes; déclinaison du prénom Sklaer, lumineux. Il y a très longtemps de cela, j’avais une amie qui répondait au magnifique prénom de Sklerijenn, qui est pourtant du genre masculin (mais mon amie ne l’était pas du tout…) La correspondance française est sans doute Claire (contemporaine de François d’Assises et native de la même ville) celle-la même qui fonda les clarisses.

Or donc, ce dix du mois d’octobre est une bonne occasion pour vous parler d’un trompettiste de génie ! Harry sweets Edison est en effet né un 10 octobre en 1915 à Colombus. Trompettiste de talent, c’était le roi du swing. Il a joué avec les plus grands depuis Count Basie jusqu’à Oscar Peterson en passant par Lester Young et Nat King Cole.

Son jeu très économe s’appuie sur une précision rythmique exemplaire. Il se soucie avant tout du placement le plus juste de ses notes et de leur coloration avec ce son d’une extrême douceur, qui lui valEdisonut son surnom de « Sweets » donné par Lester Young membre du même orchestre, qui avait été impressionné par le ton chaleureux et doux de sa musique. Compositeur et arrangeur occasionnel, le style sensible d’Edison à la trompette avait été grandement apprécié par des chanteurs tels que Ella Fitzgerald, Sarah Vaughn, Joe Williams et plus particulièrement Frank Sinatra.. Ce goût de la précision est constant dans tous ses solos et fait de son style un certain idéal de swing. Il fait partie de ces rares jazzmen qui sont reconnaissables dès les premières notes. Il nous a quitté en juillet 1999.

Voila pour aujourd’hui, en attendant une suite éventuelle, portez vous bien et à bientôt peut-être.

La vie en Rosetta…

Posté par erwandekeramoal dans JAZZ, PORTRAIT

Amis du Gospel et de la galette de blé noir réunis, bonjour ! Nous sommes le Mercredi 09 octobre 2019, 18è jour de vendémiaire dédié au sarrazin. Chez nous on l’appelle le blé noir ce qui, de toute évidence, est un abus de langage car le sarrasin n’est pas une graminée et se particularise en étant dépourvu de gluten ce qui, j’en suis convaincu, champ-sarrasin-300x170vous fait une belle jambe. J’ai souvenir d’avoir, dans le Cantal dégusté des galettes de sarrasin qui portaient le joli nom de « Bourriols »; rien à voir avec « la complète » du Finistère. Ici, un champ de sarrasin en fleur de chez Hellégouet à Guipavas un des producteurs qui fournit régulièrement le restaurant brestois Le Ruffé dont je vous parle de temps à autre. Ici on pratique l’agriculture de conservation des sols, en valorisant au maximum les processus naturels qui permettent de nourrir la plante. Pour cela, il faut éviter de perturber mécaniquement le sol qui bénéficie en permanence de couverts végétaux (moutarde, phacélie, navette, tournesol, niger, trèfle d’Alexandrie, trèfle incarnat, vesce…). Les rotations de cultures sont plus longues, mais le rendement augmente après plusieurs cycles.

Je souhaitais évoquer la vie de Sister rosetta Tharpe disparue un 9 octobre en 1973. Cette chanteuse de gospel était en fait une représentante du Holy Blues. C’est la fille d’une évangéliste itinérante. Rosetta -D-Elle joue très tôt de la guitare et du piano. En 1934 elle épouse le révérend Thorpe. Chanteuse et guitariste remarquable comme le montre cette vidéo, elle est très tourné vers le swing. Elle va débuter dans les orchestres de Cab Calloway et Lucky Millinder mais délaisse assez vite la musique profane pour se consacrer au gospel. Elle va enregistrer une série de titres en compagnie de Sammy Price et de son trio, si l’inspiration est religieuse, le feeling est très blues.

Son chant et son jeu de guitare en diable font de ses gospels certains des meilleurs morceaux de la musique américaine de cette époque. Rosetta s’associe ensuite à la chanteuse Marie Knight. Le duo obtient un grand succès et enregistre abondamment. Elle se remarie en 1951 et Rosetta -G-dès 57 s’envole pour une tournée en Europe qui l’installe définitivement comme une vedette. Pour l’anecdote, elle fait une apparition dans le film la vie rêvée d’Amélie Poulain. Sources:la grande encyclopédie du Blues. Le 9 Octobre 1973, âgée de 57 ans, Sister Rosetta Tharpe nous quitte pour un autre monde. « The Godmother Of Rock and Roll » pour qui le public arpentait les États-Unis afin d’assister à ses représentations ne trouva le jour de ses funérailles qu’un cortège tout juste suffisant pour remplir la moitié d’une église. Et, celle qui fût un jour la reine des scènes, radios et télévisions, se vit offrir comme dernier lieu de représentation une tombe anonyme. Désolant non !

Voilà pour aujourd’hui, portez vous bien et à bientôt peut-être.

René Bianco: Anar mais pas que…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de la philosophie sans boudoir et du p’tit LU réunis, bonjour ! Nous sommes le Vendredi 04 octobre 2019, 13è jour de Vendémiaire dédié au Potiron mais, ne doutez pas de ceux qui affirmeront que le 04 Octobre 2015 est en réalité le Vendredi 27 Absolu 147 Stes Gigolette et Gaufrette, dogaresses, ils sont pataphysiciens. Que cela ne vous empêche pas d’avoir une pensée pour: René Bianco d’Acierno

Militant et historien anarchiste, libre-penseur et franc-maçon (et non pas libre pinson et franc masseur); Fils d’un postier libertaire d’origine italienne, naît à Marseille le 4 octobre 1941. C’est dans « Le Libertaire » et le « Canard enchaîné » journaux auxquels son père était abonné qu’il apprendra à lire. Après un Baccalauréat de philosophie, il exerce divers emplois avant de rentrer en 1961 à l’Éducation Nationale (il y terminera sa carrière en 2002 en tant que professeur d’Histoire et Géographie). BiancoDébut 1960, ayant fait la connaissance d’André Arru, il commence à fréquenter un groupe anarchiste à Marseille. Son action le pousse aussi à militer au sein du courant de « l’École émancipée », à la « Libre Pensée » et dans la franc-maçonnerie. Le 14 avril 1960, il participe à la création du groupe des « Jeunes Libertaires de Marseille » et à ce titre prendra part à l’organisation de « Campings libertaires internationaux » et un temps aux activités de la « Fédération Ibérique des Jeunesses Libertaires ». Durant la guerre d’Algérie il participe à un petit groupe clandestin de lutte contre l’OAS et d’aide aux insoumis. Il soutient également l’action de Louis Lecoin en grève de la faim pour l’obtention d’un statut pour les objecteurs de conscience. En 1965, il est un des membres fondateurs du Centre International de Recherches sur l’Anarchisme (CIRA) de Marseille (le CIRA, basé à Lausanne, fait un travail extraordinaire de mémoire et d’archivage de l’anarchisme). Il participe alors à différentes actions culturelles et co-fonde, en 1967, l’association « Culture et liberté ».

A partir de 1971, il s’occupe des relations internationales anarchistes. Cette activité militante ne l’empêche pas de reprendre en 1969 des études supérieures à la faculté de Lettres d’Aix-en-Provence. En 1971, il obtient un diplôme de l’Institut d’Études Politiques; en 1977, un Bianco-droitedoctorat de 3e cycle d’histoire, et en 1988 une thèse d’État pour son remarquable travail : « Un siècle de presse anarchiste d’expression française dans le monde 1880-1983″. Biographe de nombreux anarchistes dans le « Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français » ainsi que dans la presse libertaire, il est en outre l’auteur de plusieurs études sur des personnes aussi diverses que Paraf-Javal, Han Ryner ou Louise Michel, ainsi que des travaux d’histoire sur la Commune de Marseille, les anarchistes en Provence ou durant la Résistance, etc. qui seront publiés pour la plupart dans les Bulletins du Cira. Terrassé par la maladie, il nous quitte dans sa 64ème année.

Allez, comme disait mon aïeule: « À la Saint-François, la bécasse est au bois. » portez vous bien et à bientôt peut-être.

Un révolté de toutes les heures…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de la contre-culture et du navarin aux pois chiches réunis, bonjour ! Nous sommes le Mardi 1er octobre 2019, dixième jour de Vendémiaire dédié à la cuve. Par ici Hoel_de_Nantes2-300x254(Bretagne) on fête les Uriell. C’était une des filles de Hoël III, roi de l’Armorique, qui, marié vers 590, à Pritelle, en eut seize garçons et six filles (et, un autre enfant. Ajoutais mon aïeule, toujours à faire son intéressante.). Continuons d’accrocher aux cimaises de notre galerie de portraits le souvenir de ces militants que l’ingratitude populaire a reléguer aux oubliettes de l’histoire. (C’est beau comme du Zola.)

Aujourd’hui 1er octobre saluons Fernand Pelloutier puisque c’est le jour anniversaire de sa naissance en 1867. Socialiste Républicain puis anarchiste, il sera un syndicaliste révolutionnaire jusqu’à la fin de ses jours. Il débute (mal) sa scolarité en fréquentant le petit séminaire de Guérande (ça manque pas de sel !). Séminaire d’où il sera d’ailleurs renvoyé. Dès lors il s’oriente vers le journalisme et collabore à « la démocratie de l’Ouest » dont il prendra bientôt la direction. Il fonde ensuite à Saint- Nazaire une section du parti ouvrier français « l’émancipation ». Au congrès ouvrier de 1892 il se distingue par son appel à la grève générale universelle, ce qpelloutier caricatureui l’oppose à Jules Guesde et entraine sa démission. En 1895, il devient secrétaire général de la fédération des bourses du travail. Ce sera son œuvre maîtresse à laquelle il va consacrer jusqu’à ses dernières forces. Atteint de tuberculose, il succombera le 13 mars 1901, il n’a que 33 ans. « …Nous sommes ce que ne sont pas les politiciens, des révoltés de toutes les heures, hommes vraiment sans dieu, sans maîtres et sans patrie, les ennemis de tout despotisme…C’est à dire de toutes les dictatures, y compris celle du prolétariat. » (Sources: L’éphéméride anarchiste – fiche complète dans le Maitron en ligne )L’illustration est de Fred Sochard.

Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

La Dame blanche de Saint-Germain…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de la rive gauche et du baiser de l’hôtel de ville réunis, bonjour ! Tiens, nous sommes le Vendredi 20 septembre 2019, encore un de ces jours complémentaires sur le calendrier républicain, judicieusement nommé, le jour de l’opinion… J’en profite donc pour vous donner la mienne à propos de cette dame blanche qui nous a laissé orphelins depuis ce mois de septembre 2011.

Elle nous a quitté discrètement comme elle a vécu. Une voix à nulle autre pareille, une interprète remarquable de nos plus grands poètes. Elle a tout chanté : les mélodies d’Erik Satie, les rengaines populaires (L’hirondelle du faubourg), le folklore français (Le roy a fait battre Cora-Gtambour), les poètes (Aragon, Prévert). Son plus beau titre de gloire : avoir créé, avant Montand et Gréco , Les feuilles mortes, devenue l’une des chansons françaises les plus connues dans le monde. Pourtant Cora Vaucaire n’a pas fait une carrière de star. Surnommée « la dame blanche de Saint-Germain-des-Prés », parce qu’elle s’habillait invariablement de blanc à une époque où le noir était de rigueur, elle débute en 1938 à La Chauve-souris, boîte un peu louche de Pigalle, puis fait la connaissance de Michel Vaucaire, parolier de Damia et de Piaf, qu’elle épouse. En 1941, on la retrouve au cabaret d’Agnès Capri, où elle côtoie Serge Reggiani et Mouloudji.

En 1950, elle lance son propre cabaret, le Caveau Thermidor, qui deviendra le Milord l’Arsouille, situé rue de Beaujolais à la porte des lilas, là où Gainsbourg à débuté, puis six ans plus tard, prend la direction de La Tomate où elle présente Pierre Louki et le québécois RaymondMilord-239x300 Lévesque. En 1955, elle fait une apparition mémorable dans le film de Jean Renoir French Cancan, dans lequel elle chante la célèbre Complainte de la butte. Après de longues années où la dépression l’empêche de donner sa pleine mesure, elle fait son retour au théâtre de la Ville en 1973. Chanteuse d’une grande subtilité, elle est de la race des diseuses. D’un grand éclectisme dans le choix de son répertoire (elle a chanté aussi bien Bruant que Brassens), elle savait, par un art consommé de la théâtralité, imprimer sa marque à toute chanson dont elle s’emparait. Curieusement, elle était très apprécié au Japon. Cette grande dame de la chanson française était aussi une « indignée » et n’hésitait pas à entonner le temps des cerises devant une usine en grève.

Allez, merci d’être passé, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Ni Dieu ni maitres…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de la littérature polissonne et du poulet au gingembre réunis, bonjour ! Nous voici le Mercredi 18 septembre 2019 et, pour le calendriercalendrier républicain, c’était le deuxième jour supplémentaire, encore nommé: jour du génie… Les calendriers de cette époque, il faut le dire, étaient illustrés par des images des dames du temps jadis comme celles-ci et ornés de maximes à la gloire de la République et de la Laïcité. Avouez qu’elles étaient plutôt girondes à l’époque (normal, les Girondins…), rien à voir avec Kate Moss ou autres anorexiques du calendrier Pirelli. Hélas, le calendrier républicain, censé inaugurer une nouvelle ère de l’humanité ne dura guère. Le « Grégorien » avec ses fêtes chrétiennes fut rétabli le 1er janvier 1806.

 

Puisque l’on parle de républicains et de révolutionnaires, à tout seigneur, tout honneur, ayons une pensée pour Louis Auguste Blanqui dit « l’enfermé » à cause des nombreuses années de sa vie passées en prison (près de 37 ans). Il était né en février 1805 dans les Alpes-Maritimes et mourut à Paris en 1881, un 1er janvier. L’auteur du fameux « Ni Dieu, Ni maître » n’était pas anarchiste (bien qu’il fut pour la funéraillesrévolution sociale), et encore moins marxiste (bien qu’il ne dédaigna pas un certain autoritarisme). Toute sa vie fut consacrée à l’émancipation de l’homme, et de la femme, contre toutes les discriminations, pour le suffrage universel (un homme-une voix) contre le travail des enfants… On dit que ses obsèques furent suivies par cent mille personnes qui écoutèrent Louise Michel lui rendre un dernier hommage. Il est enterré au Père-Lachaise.

Début mars 1871, il est arrêté une fois encore et emmené à Morlaix. Là il sera enfermé au château du taureau. C’est le début de la Commune de Paris et plus tard, Karl Marx dira de lui que ce fut le chef qui manquât à cette insurrection. Thiers refusa toujours de céder à la demande des communards d’échanger tous les otages détenus par la Commune contre le seul Blanqui. Il déclara que rendre Blanqui à Paris équivalait à le renforcer d’un corps d’armée.  Pour les blanqui-G-Blanquistes, le renversement de l’ordre bourgeois et la révolution sont des fins qui se suffisent à elles-mêmes, du moins dans un premier temps. A la fin de sa vie il développa des thèses plus métaphysiques, notamment dans son ouvrage l’éternité par les astres en 1872. Carbonaro (société secrète proche du compagnonnage et de la franc-maçonnerie) depuis 1824, au sein de cette organisation secrète en lutte contre la restauration monarchique, Auguste Blanqui est mêlé à toutes les conspirations républicaines de son époque. Dès lors se succédèrent pour lui complots, coups de force manqués et emprisonnements. Il fut aussi membre de la société des amis du peuple. En 1879, il est élu député de Bordeaux mais son élection est invalidée. Un an après, il fonde le journal « ni Dieu ni maître ». Ah quelle belle idée que celle de l’anarchisme ! A-t-elle disparue ? Peut-être pas…

Bon, c’est pas tout, j’ai des travaux agricoles qui m’attendent. Allez, merci de votre visite, portez vous bien et à bientôt peut-être.

La légende d’Ito Noé.

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de la liberté d’opinion et du gratin de courgettes réunis, bonjour ! Nous sommes le Lundi 16 septembre 2019 et c’est la date qui correspond au 30è et dernier jour de fructidor, dédié au panier. Le panier, comme son nom l’indique (du latin panarium) est, à l’origine, une corbeille destinée à recevoir du pain.

Le 16 septembre 1923 fut une date fatale pour Itõ Noe, féministe et anarchiste Japonaise, puisque c’est le jour de son assassinat par un escadron de la police militaire. Le responsable militaire, un certain Ito_Noe_2Amakasu, fut condamné à 10 ans de prison mais très vite remis en liberté. Itô Noé est une pionnière du mouvement féministe au Japon. A 16 ans elle est diplômée de l’école de filles Ueno à Tokyo. Elle était née en Janvier 1895 sur l’île de Kukuoka. Très jeune elle est contrainte à un mariage forcé qu’elle finit par fuir. Elle trouve refuge chez son professeur d’anglais, le poète Dadaïste et libertaire Jun Tsuji qui fut le premier à traduire les travaux de Stirner en japonais. Ils se marièrent et eurent beaucoup d’enfants (2). Elle sera la rédactrice en chef de la revue culturelle Seito-sha qui, comme chacun le sait, signifie « Le bas bleu ».

Elle devient romancière et publie des textes de critique sociale et traduira les écrits d’Emma Goldman; c’est en 1914 qu’elle va rencontrer Sakae Osugi. Lorsque le journal de ce dernier est interdit par la police, elle prend sa défense dans Seito-sha. Sa véritable histoire d’amour avec Osugi commence en 1916, mais celui-ci sera victime de la jalousie d’une osugi-291x300ancienne maitresse qui le poignardera. L’épisode va provoquer un vrai scandale dans ce Japon traditionaliste qui va dénoncer leur immoralité. Elle va vivre avec Osugi avec qui elle aura quatre filles et travaillera à développer le mouvement anarchiste tout en continuant à traduire Emma Goldman et Kropotkine. Dans la confusion qui suivit le tremblement de terre du 1er septembre 1923, elle est arrêtée avec Osugi et un neveu âgé de six ans. Tous trois seront massacrés par la police. Itô Noé avait 28 ans. Pour en savoir plus et si joliment raconté, je vous invite à découvrir « la légende d’Itõ Noé» sur le site Antiwar song’s si celui-ci existe toujours.

Allez, merci de votre visite, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Le triomphe de l’anarchie…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis de la chanson populaire et du calvados hors d’âge réunis, bonjour ! Nous sommes le Lundi 09 septembre 2019, 23è de Fructidor, jour béni entre tous puisqu’il est dédié au houblon dans notre calendrier républicain. C’est aussi le jour anniversaire de la naissance d’un chansonnier, poète, anarchiste qui, à l’instar d’un Gaston Couté disparaît des mémoires.

Charles d’Avray arrive à Paris, ayant terminé ses études secondaires, en 1898. Il a 18 ans, l’âge de toutes les ambitions, de tous les espoirs. Il n’est pas très chaud pour suivre les traces de son père. Ses préférences vont à la musique, à la chanson. Il compose ses premières œuvres, qu’il interprète dans des cafés-chantants. Ainsi naquirent les « Avray-Gchansons du trottoir », les « chansons des veillées ». Un jour, il rencontra le compagnon de la mère de Jeanne Humbert, libertaire militant, qui l’introduisit dans les milieux néo-malthusiens, et lui fit connaître et partager l’idéal anarchiste qui l’animait. Charles fréquenta ce milieu, riche en militants, et parmi eux Sébastien Faure, grand orateur libertaire, qui eut sur lui une grande influence et dont je parle souvent ici. A cette époque naquirent les « chansons sociales », les « chansons rouges », « les penseurs », « les fous », « les géants », « loin du rêve », etc… qu’il interprétait dans les cabarets de la Butte et du quartier Latin, où elles firent scandale. Ecoutez « les 4 barbus » chanter le triomphe de l’anarchie.

Mais surtout, et durant toute son existence, il parcourut la France dans tous les sens, organisant des tournées de conférences par la chanson où les foules se pressaient. Il n’arrêta plus jamais d’écrire, de chanter, de lutter. Charles-Henri Jean (dit d’Avray) se rallia à l’anarchisme au moment de l’affaire Dreyfus et décida d’utiliser la chanson pour diffuser tombe-Dses idées. Il en composera quatre-vingt pour dénoncer l’Etat, la religion, le militarisme, les prisons… et exalter la société libertaire. Ses conférences chantées étaient annoncées par des affiches où on lisait : « Avec le passé détruisons le présent pour devancer l’avenir. » Charles d’Avray s’est éteint le 7 novembre 1960 à Paris. Il est enterré au cimetière du Père-Lachaise dans la 88e division (photo de droite). Charles d’Avray était franc-Maçon, membre du grand Orient et fréquentait la loge « Equité » à Pantin. Il figura en 1905 parmi les fondateurs de La Muse rouge, Groupe de propagande révolutionnaire par les arts, où en 1919 débutèrent Lucien Noël, qui devait devenir Noël Noël et André Isaac, le futur Pierre Dac.

Voila pour aujourd’hui, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Honni soit qui Malicet…

Posté par erwandekeramoal dans ANARCHISME, PORTRAIT

Amis de la quadrature du cercle et du carré de porc réunis, bonjour églantier-150x150! Mine de rien nous voici le Samedi 07 septembre 2019 c’est à dire le 21 de fructidor qui est, comme chacun le sait, le jour de l’églantier appelé aussi rosier des chiens; sans doute parce que ses racines étaient censé guérir de la rage. Si j’en crois le calendrier des postes, c’est la sainte Reine,  ce qui faisait dire à mon aïeule, jamais en retard d’un proverbe, : « à la sainte Reine, plante tes graines ! » Et comme disait l’ami Philippe (il se reconnaîtra) : « Bourg la reine mais Choisy-le-Roi ».

A propos de calendrier, vous pouvez aussi tenter d’utiliser celui de Malicet. Comment ! Jamais entendu parler. Oyez braves gens l’histoire de François Malicet, barbier-perruquier en la bonne ville de Nouzon dans les Ardennes. En vérité, un drôle de figaro assassiné le 07 septembre 1927… François Malicet avait été arrêté et condamné à 25 francs d’amende pour avoir participé le 14 octobre 1877, lors des élections suivant le coup de force de Mac-Mahon, à une réunion dans un cabaret barbier-176x300de Nouzon où il avait crié « Vive les rouges, à bas les blancs, Vive la Commune ». Pour un peu, il aurait porté un gilet jaune…. Chaque année il confectionnait un calendrier bordé également de vert et noir et annoté de la devise de son cru « Et du boyau du dernier prêtre, serrons le cou du dernier flic ». Farceur il s’amusa pendant des années à jouer les revenants pour épouvanter sa vieille bigote de sœur. Il hébergeait et nourrissait gratuitement un locataire que le dimanche 7 septembre 1927, il surprit s’introduisant dans la maison par derrière ; le locataire armé d’une hachette se jeta sur Malicet et le frappa. Quand les gendarmes apparurent, Malicet leur ordonna de sortir de chez lui et mourut dans la nuit sans avoir dénoncé son assassin.  Lorsque Fortuné Henry avait fondé en 1903 la colonie L’Essai dans la forêt d’Aiglemont, il avait mis en commun une grosse partie de son avoir au bénéfice de la Colonie qu’il fréquenta régulièrement jusqu’en 1909.  Sources : le dictionnaire des militants anarchistes.

Merci à vous d’être passé par ici, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Un Navarro peut en cacher un autre…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de la zénitude affichée et du crabe mayo réunis, bonjour ! Cette fois ci on y est, Vendredi 06 septembre 2019, autant dire le 20 de fructidor et c’est le jour de la hotte; ne me demandez pas pourquoi. Aujourd’hui, si le coeur vous en dit, vous pouvez fêter les Onésiphore, qui 53.+_onesiphorus_apostlefut évêque de Colophon et de Cyrène. Je précise que Onésiphore c’est juste son prénom et non une moquerie visant son appendice nasal. C’était un pote à Saint Paul qui lui même était grossiste en artichauts du côté d’Ephèse avant de s’installer définitivement en Bretagne d’où la cité légumière qui lui doit son nom: Saint pol de Léon… A la saint Onésiphore, la sève s’endort répétait mon aïeule qui en connaissait un rayon. L’heure est venue de ranger les tongs et le bob Ricard et de se présenter au rapport.

https://youtu.be/uIrMwCv-xfc

Tiens, connaissez vous Benito Milla Navarro ? Militant anarchiste né un 06 septembre à Villena -Alicante). Dès juillet 1936 il intègre la colonne Durruti et collabore à sobenitomilla01n organe de presse « El Frente » puis il retourne à Barcelone comme responsable du journal des jeunesses libertaires. Réfugié en France il passe par différents camps de concentration (vous savez, France terre d’asile…) En 1949 il émigre en Uruguay à Montévidéo où il fonde plusieurs revues et une importante maison d’éditions. En 68 il se fixe au Vénézuela où là encore il édite de nombreux ouvrages. Il rentrera à Barcelone où il décèdera le 22 décembre 1987. A ne pas confondre avec Fats Navarro, trompettiste de talent, pour ne pas dire de génie, et qui illustre ce billet.

Allez, merci d’être passé, portez vous bien et à bientôt peut-être.