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Le ragtime de Scott Joplin…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de la méthode Coué et du risotto de praires réunis, bonjour ! Nous sommes le Mardi 24 Novembre 2020, quatrième jour de Frimaire, dédié à la nèfle.

Je voulais profiter de ce jour, pour rendre hommage à un scott-Joplingrand, très grand artiste, quasiment oublié malgré tout ce qu’il a apporté à la musique et à l’ancêtre du jazz: Le ragtime. J’ai nommé l’illustrissime Scott Joplin. Et pour commencer, voici un air qui vous est forcément connu, (rappelez vous le film L’arnaque) quand bien même vous ne sauriez identifier son auteur.

Imaginez Harold Llyod où encore Charlot et même Groucho Marx, ils ont tous utilisé le ragtime pour illustrer leurs ScottJoplin1983BlackHeritageStampfilms. Scott Joplin est né (croit-on) vers 1868 au Texas à Texarkana dans une famille pauvre issue de l’esclavage. Pauvre mais musicienne, ce qui permis à Scott de révéler très tôt ses talents. L’histoire raconte que Scott enfant, accompagnait sa mère qui faisait le ménage dans les maisons des Blancs et c’est ainsi qu’il découvrit le piano. Il y fera d’ailleurs allusion dans son opéra Treemonisha en 1911.

Voila, c’était juste un clin d’œil. Portez vous bien et à bientôt peut-être.

Arrête tes salades…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis du végétalisme et de la Basconnaise* réunis, bonjour ! Nous sommes le Mardi 10 novembre 2020, 314e jour de l’année du calendrier grégorien, il vous reste 51 jours avant le réveillon. Par ailleurs, c’était généralement le 20e jour du mois de brumaire dans le calendrier républicain français, officiellement dénommé jour de la herse. Mais, vous dirait le père UBU, le 10 Novembre 2020 est en réalité le Dimanche 8 As 148 St RIMBE, OISIF fête suprême tierce.

Le 10 novembre 1891 à Marseille, Arthur Rimbaud nous quittait définitivement pour l’Orient éternel. J’ai pourtant choisi d’évoquer ici, un autre Rimbault… Le 9 avril 1877, naissance de Louis Rimbault à Tours. Militant libertaire et propagandiste du végétalisme. Il est né dans une famille nombreuse et pauvre, et exerce divers petits métiers avant de seRimbault-2- fixer à Livry-Gargan en Seine et Oise, où il monte une quincaillerie, puis travaille comme serrurier. Vers 1903 il est élu conseiller municipal sur une liste radicale-socialiste mais il évolue ensuite vers l’anarchisme individualiste. Végétarien convaincu, attiré par les « Milieux libres », il participe à la Colonie communiste libertaire de Bascon (Aisne) vers 1910-1912, puis se fixe à Pavillons-Sous-Bois où il y fonde une petite communauté que fréquente Octave Garnier. Rimbault fréquente lui-même le milieu illégaliste de Romainville autour du journal « l’anarchie » et va se retrouver mêlé aux affaires de la bande à Bonnot.

En 1922, il collabore au journal « Le Néo-Naturien » qui prône un retour à la nature par le biais de l’alimentation, et se fait le promoteur du végétalisme. Dans le même esprit, il fonde en 1923 la colonie « Terre libérée » à Luynes (Indre et Loire). Il est par ailleurs le créateur d’une recette de cuisine « La basconnaise », plat unique composée d’une Basconnaise-2-trentaine de légumes (crus), censée régénérer l’homme. Victime d’un accident en 1932, il restera invalide jusqu’à sa mort, le 10 novembre 1949. *La basconnaise se compose de tous les légumes crus, râpés (carottes, navets, betteraves, radis noirs, salsifis, etc…) coupés en tranches (champignons, oignons, courgettes, tomates, radis, etc…) ou en lanières fines (chou rouge ou vert, épinards, etc…). Assaisonner tout ensemble ou les divers éléments séparés, avec de l’huile (olive de préférence), du sel marin, du jus de citron (facultatif), des olives noires, de l’ail pilé, des rondelles d’oignons, du persil ou du cerfeuil haché, quelques feuilles de romarin ou d’estragon, etc… Pour les mélanges, mettre toujours un légume en dominante pour obtenir des saveurs différentes à chaque fois.

C’est pas biotifoul ça mes body boys ? Je vous raconte cela alors que pas plus tard que y’a pas longtemps, je me suis régalé d’un morceau rarissime d’araignée cuit au bleu, un vrai délice. Allez, merci de votre visite, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Matilin an dall…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de la liberté de conscience et du chouchenn chaud réunis, bonjour ! Nous sommes le Lundi 09 novembre 2020 qui correspond au 19è jour de brumaire et que nos grenadeamis républicains, toujours à l’affut d’une plaisanterie, avaient dédié à la grenade (le fruit bien entendu). Le 9 novembre 1880, Louise MICHEL rentre du bagne grâce à la loi d’amnistie, après 9 ans de prison et de déportation. Elle est attendue Gare Saint-Lazare par une foule énorme qui l’acclame aux cris de « Vive Louise Michel, vive la Commune, A bas les assassins! ».

En Bretagne on s’apprête à célébrer les Mathurin ( Matilin en breton) tel Matilin an dall,  « Prince des joueurs de hautbois de la Bretagne » selon Hersart de La Villemarqué,matilin-198x300 le célèbre auteur du Barzaz-Breiz. Or donc, Matilin an Dall (Mathurin l’aveugle en français), Mathurin François Furic à l’état-civil est un sonneur de bombarde, né place Saint-Michel, à Quimperlé le 29 janvier 1789 et mort en cette même ville le 14 septembre 1859. Sonneur d’exception, il a connu un destin hors du commun, jusqu’à entrer dans la légende. Matilin était célèbre pour ses fameuses gavottes de l’Aven qui se caractérise par un pas « glissé » au contraire de nos gavottes du Centre Bretagne au pas « sauté ». Voyez cette vidéo:

On dit qu’en 1847, le roi Louis-Philippe le fait venir aux Tuileries pour l’entendre jouer. En 1858, Napoléon III vient en Bretagne, et un grand bal est donné en son honneur à Quimper, animé, entre autres, par quatre couples de sonneurs, dont le vieux Matilin. Hélas Matilin décèdera quelques mois plus tard, en janvier 1859 dans l’incendie de sa maison.

Allez, portez vous bien, confinez en paix et à bientôt peut-être.

Go, go, Johnny, go !

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de la chanson populaire et du calvados hors d’âge réunis, bonjour ! Nous sommes le Samedi 07 novembre 2020, 17è jour de brumaire dédié au cresson…

C’est en faisant le ménage parmi mes disques vinyle que JohnnyRivers1-297x300je suis tombé en arrêt devant celui-ci tant il était chargé de souvenirs. Johnny Rivers, de son vrai nom John Henry Ramistella, est un chanteur, guitariste, compositeur et producteur américain de rock and roll, né le 07 novembre 1942 à New York (États-Unis). Il est principalement connu pour avoir repris Memphis Tennessee de Chuck Berry et pour son John Lee Hooker, vibrant hommage au bluesman, enregistré live en 1967 au Whisky A Go-Go de Los-Angeles 15 mn d’un rock endiablé.

 

Ayant grandi à Bâton-Rouge, Louisiane, il monte à New York en 1957 où il rencontre Alan Freed, qui lui trouve une maison de production de disques. Mais, à cette époque, il est surtout compositeur, écrivant notamment pour RickyOLYMPUS DIGITAL CAMERA Nelson. Puis il s’installe à Los Angeles. Après avoir tenté sa chance auprès de treize maisons de disques différentes, ce n’est qu’en 1964 qu’il rencontre le succès, grâce à ses prestations au Whisky A Go-Go et à plusieurs albums live qui s’ensuivent. Il y interprète nombre de reprises de Chuck Berry, Lloyd Price, Rufus Thomas, etc. Que celui qui n’a jamais fleureter en dansant sur When a man loves a woman de Percy Sledge me lance la première bière…

Ah, nostalgie, quand tu nous tiens ! Allez, merci d’être passé, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Faut plus d’gouvernement…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis de l’Internationale ouvrière et du velouté de potimarron réunis, bonjour ! Oui, nous sommes le Vendredi 06 novembre 2020 mais, je n’y suis pour rien. Le seizième jour de brumaire était généralement celui du chervis. Lorsque j’étais enfant, à Douarnenez (29), le fond de la ria dubateaux-port-rhu-300x209 Port-Rhu était notre terrain de jeu. Il y avait là près du cimetière des bateaux, un vieux thonier qui attendait sa fin en s’envasant paisiblement et qui portait le nom de « Eugène POTTIER ». A cette époque là, on laissait les bateaux mourir de leur belle mort; le moment venu on les remorquait vers un coin de rivière ou de plage et on laissait le temps faire son œuvre. Je ne savais pas encore ce que nous lui devions à ce grand monsieur, poète , Franc-maçon et révolutionnaire; dans l’ordre que vous voudrez…

Il est mort un 06 novembre en 1887 et était né le 4 octobre Pottier1816. Eugène Pottier était ce que l’on appelle un goguettier,Pottier-D terme aujourd’hui oublié qui désignait les membres des goguettes ces sociétés chantantes d’où sont issues de nombreuses chansons très populaires. La plus célèbre de toutes les goguettes est sans nul doute La lice chansonnière goguette parisienne qui a vu naître j’irai revoir ma Normandie, Le temps des cerises ou l’Internationale. En voici une qui colle à l’actualité de façon criante. Elle a été écrite par François Brunel dans les années 1880 et est ici interprétée par Marc Ogeret. Membre de la garde nationale, il prend part aux combats durant le siège de Paris de 1870 puis s’engage activement auprès de la commune dont il sera élu pour le 2ème arrondissement. Il parviendra à s’enfuir en Angleterre puis ira s’installer aux Etats-Unis d’où il organisera la solidarité pour les communards.

 

Après l’amnistie de 1880, il rentre en France et continue de publier ses poèmes mais c’est bien sûr l’Internationale mis en musique par Pierre de Geyter en 88 qui lui vaudra une renommée mondiale. Comme quoi, on Daumierpeut être en goguette et soucieux du bien être de ses semblables. Ces goguettes qui ont prospéré en France jusqu’au début des années 1900 et qui portaient le nom de Gais pipeaux, Lice chansonnière, Les bergers de Syracuse, ou la Muse rouge ont généré de nombreux « chefs-d’œuvres » c’est ainsi que l’on doit au goguettier lillois Alexandre Desrousseaux le fameux « p’tit Quinquin ». Ici une représentation d’une soirée à la Lice chansonnière par Daumier. Ah, la belle époque, où les estaminets vous accueillaient jusqu’à pas d’heure et où il vous était loisible de chanter, fumer et boire tout votre saoul en bonne compagnie.

Voilà pour aujourd’hui, je vous remercie d’avoir fait le détour par « les cénobites tranquilles » dont vous venez de parcourir le 4855è billet. En attendant le prochain, confinez en paix et à bientôt peut-être.

La Commune n’est pas morte…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis des commémorations et du goulash de bœuf réunis, bonjour ! Nous sommes le Mercredi 04 novembre 2020, 14è jour de brumaire dédié à l’endive; aucun rapport avec ce qui suit bien entendu…

Aujourd’hui, en écho avec l’actualité, je voudrais vous dire un mot de Victorine Brocher, institutrice, disparu le 04 novembre 1921 à Lausanne où elle avait fondé une école. Née à Paris un O4 Septembre de l’an 1839. Internationaliste, Communarde, anarchiste et pédagogue, voila une carte de visite comme on les aime chez « les cénobites tranquilles LouisePaule». Elle naît, Victorine Malenfant, dans une famille de Républicains pur jus (son père, Franc-maçon et Républicain fut contraint à l’exil en 1851), en 61 elle épouse Jean Rouchy et le couple ira s’installer à Paris. Elle travaille comme couturière puis participe à la création d’une boulangerie coopérative. Dès le début, elle va participer à la Commune de Paris et s’engagera comme cantinière de bataillon. Puis on la retrouve qui prend part aux combats (bataillon des Turcos) comme ambulancière. Condamnée à mort par contumace comme « pétroleuse », elle se réfugie en Suisse; son mari sera emprisonné deux ans. Ici en compagnie de Louise Michel et Paule Mink.

De Suisse, elle part enseigner en Hongrie puis reviendra à Genève à la libération de son mari où elle va créer une coopérative de la chaussure et venir en aide aux proscrits de la Commune. De retour à Paris après l’amnistie elle va fréquenter les anarchistes (Malatesta fut arrêté en sa compagnie), à la mort de son mari, elle se lie avec le libre penseur souvenirs d'uneGustave Brocher, ils adopteront cinq enfants de communards et feront de leur maison un asile pour de nombreux exilés. En 1890, la voici institutrice dans une école libre initiée par Louise Michel. En 1909, elle publiera Souvenirs d’une morte vivante. C’est à ces gens là que nous devons l’école laïque (donc libre) l’école émancipatrice, l’école de l’égalité, bref, l’école de la République. C’est cette même école que les enturbannés illettrés, obscurantistes et décervelés ont décidé d’attaquer car elle les renvoie à leur étroitesse d’esprit, leurs superstitions archaïques, leurs dogmes castrateurs; en d’autres termes, leur peur viscérale de la liberté de conscience.

Allez, faut que je prenne mes gouttes, confinez en paix et, à bientôt peut-être.

Mi figue, mi raison…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de la Zététique et du mignon de porc réunis, bonjour ! Nous sommes le mercredi 28 octobre 2020, 7è jour de brumaire dédié à la la figuefigue… Savez vous que Platon était un grand amateur de figue à tel point qu’il fut surnommé philosicos, celui qui aime les figues. On dit que la figue est sans doute le plus vieux fruit cultivé par l’homme, après la découverte en 2006, dans la vallée du Jourdain de neuf figues parthénocarpiques, c’est-à-dire ne produisant pas de graines et dont la culture nécessitait l’intervention de l’homme, en recourant à des boutures. Ces figues seraient vieilles de plus de 11 000 ans. Étonnant, non !

le 28 octobre 1791 Olympe de Gouges présentait la déclaration des droits de la femme et de la citoyenne à l’assemblée Nationale. Ainsi se voyait dénoncé le fait que la révolution oubliait les femmes dans son de-Gougesprojet de liberté et d’égalité.  La phrase la plus célèbre de sa déclaration est : « La Femme a le droit de monter sur l’échafaud ; elle doit avoir également celui de monter à la Tribune ». Elle ne croyait pas si bien dire et est morte guillotinée le 03 novembre 1793, ce qui justifie après coup qu’on en parle ici… Marie-Olympe de Gouges est une des très rares femmes de l’histoire ancienne a avoir été exécutée pour la publication d’écrits politiques. Pourtant cette femme engagée, belle figure humaniste de la fin du XVIIIe siècle, n’a été redécouverte que récemment au titre de précurseur dans l’histoire des idées. Elle demeure en effet une figure d’exception, non seulement pour son engagement politique dans la durée, mais surtout pour ses positions d’avant-garde, courageusement déclarationexprimées, sur la condition des Noirs et celle des femmes. Il a fallu attendre que les grandes questions de société sur les femmes, le racisme et les minorités se posent avec une nouvelle acuité au lendemain de la seconde guerre mondiale pour mettre enfin en lumière le souvenir tragique de de Gouges. Cette déclaration restera hélas sans valeur légale car ce projet fut refusé par la Convention à laquelle elle avait été proposée et resta à l’état de projet. D’une part, elle n’a paru qu’en cinq exemplaires et a été politiquement complètement ignorée tandis que, de l’autre, il a été dit que « la Déclaration a fait sensation dans toute la France, et même à l’étranger. »
Il faudra attendre 1840 pour que quelques extraits de cette Déclaration soit publiée, et l’intégralité du texte ne l’a été qu’en 1986, par Benoîte Groult.

On peut-être révolutionnaire et néanmoins macho… Et Olympe groultest resté sur son petit nuage (!) en attendant que ces messieurs daignent se rendre compte que les femmes sont des hommes comme les autres. Le terme anglo-saxon de Human Rights semble plus approprié en parlant de droits humains. Les hommes (et les femmes) naissent et demeurent libres et égaux en droits… Quelle belle et magnifique phrase. Je propose qu’elle soit affichée dans tous les commissariats de France et de Navarre et qu’elle soit éditée sous forme de carte postale afin que chaque migrant, chaque expulsé, chaque matraqué, puisse nous donner de ses nouvelles.

Allez, merci d’être passé par ici, portez vous bien et à bientôt peut-être.

La poésie de Norge…

Posté par erwandekeramoal dans LECTURE, PORTRAIT

Amis du club des poètes disparus et du Waterzoï de poulet réunis, bonjour ! Nous sommes le Lundi 26 Octobre 2020, 5è jour de brumaire stang-Alardédié à l’oie…Tandis qu’en Bretagne on célèbre saint Alar qui a laissé son nom au magnifique vallon de Stang-Alar. C’est un vallon à cheval sur les communes de Brest et de Guipavas. En fait, un parc public de 22 hectares qui abrite en son sein le conservatoire botanique de Brest. Son action consiste à cultiver en priorité, en serre ou dans le jardin, les espèces menacées originaires du massif armoricain, de France, d’Europe, et des îles du monde entier; lieu de promenade, non loin des pages du Moulin blanc et bien connu des brestois.

Pour agrémenter notre galerie de portraits, aujourd’hui quelques mots à propos de Norge, décédé un 26 octobre, pseudo de Georges Mogin, grand poète belge dont de très beaux textes furent interprétés par Jeanne Moreau. C’est à lui que l’on doit cette merveilleuse pensée:

«Je mets beaucoup d’ordre dans mes idées.
Ça ne va pas tout seul:
Il y a des idées qui ne supportent pas l’ordre
Et qui préfèrent crever.
À la fin j’arrive à avoir beaucoup d’ordre,
Et presque plus d’idées.»
Géo Norge

En compagnie de Raymond Rouleau, il fonde, en 1925, le théâtre du Groupe libre, un groupe avant-gardiste et éphémère qui mettra en scène Cocteau, entre autres. Norge meurt à Mougins, en 1990, précédé de quelques années par sa femme. Il est enterré dans le cimetière du Grand Jas à Cannes. Écoutons ce qu’en disait Piers Tenniel: «Avec Henri Michaux, Geo Norge est le poète contemporain belge qui a le plus  norge2-b05d2contribué à la vitalité de la poésie francophone. Comme il ne se prenait pas beaucoup au sérieux, on a souvent tendance à ne pas le prendre au sérieux. C’est un tort : sa poésie, pour légère qu’elle puisse paraître (dans le sens où la poésie de Charles Cros, de Germain Nouveau ou de Jules Laforgue est légère) n’en rend pas moins compte d’une palette étendue de bouleversements intérieurs, où, entre autres, la foi et le désespoir ont chacun leur tour. Comme René Depestre, Max Jacob, Desnos, il ne joue pas au poète, il Norgeest « le plus naturellement du monde poète » et plutôt que d’essayer de nous impressionner par des acrobaties verbales, il voudrait bien nous parler et nous rejoindre. Sa langue colorée, charnelle, vivante, joueuse, sa « langue verte » pour emprunter le titre d’un de ses livres publiés à la NRF, y parvient le plus souvent.» La vie et l’œuvre de Norge ont été évoquées par son ami Marc Alyn dans la collection « Poète d’Aujourd’hui » de Pierre Seghers. C’est donc une poésie très neuve qui caractérise Norge, elle a pour modèles la chanson populaire et les fables, s’attache à décrire, à force d’argot, des anecdotes de la vie des gens simples, ceux d’en-bas, et se moque continuellement de la poésie « noble », c’est-à-dire de presque toute la poésie.

Et bien voila pour aujourd’hui, en attendant le re-confinement, portez vous bien et à bientôt peut-être.

A la St Séverin, chauffe tes reins…

Posté par erwandekeramoal dans LECTURE, PORTRAIT

Comme le disait mon aïeule, adepte de la ceinture Gibaud: A la saint Séverin, chauffe tes reins. Nous sommes le Vendredi 23 octobre 2020, deuxième jour de brumaire qui Restif-gaucheest, qui l’eut cru, dédié au céleri. Aujourd’hui nous célébrons (ou pas) le jour anniversaire de la naissance de Nicolas Edme Restif plus connu sous le nom de Restif de la Bretonne, encore un mal-élevé. Il a eu la bonne idée de naître un 23 octobre en 1734 à Sacy, près d’Auxerre. Fils de paysan aisé il va se consacrer à la typographie. Il s’installe à Paris et va faire paraître de nombreux ouvrages dans les domaines de l’érotisme mais aussi des guides de la vie parisienne et des biographies. Cependant l’œuvre majeure de Restif de la Bretonne est sa vaste autobiographie « Monsieur Nicolas » en huit volumes échelonnés entre 1794 et 1797.

Admirateur des idées de Rousseau, dont il estimait du reste assez peu le talent, Restif voulut, à son exemple, émettre des projets de réforme sociale, et montra dans ce qu’il écrivit sur le gouvernement, sur l’éducation, sur les femmes, le théâtre, etc., de la singularité et de la anti-justinebizarrerie, mais également de la hardiesse, de l’originalité, quelquefois de la justesse. Le Marquis de Sade et Restif, dont les points de vue sont quasi opposés, se détestaient ; le premier a dit du second qu’il dormait avec une presse au pied de son lit tandis que Restif a traité Sade de « monstre », terme qu’il affectionne particulièrement et qu’on retrouve fréquemment sous sa plume. En revanche, il était apprécié notamment de Benjamin Constant, et de Schiller. Très critiqué par les puristes (on lui donna comme sobriquet « le Voltaire des femmes de chambre » ou « le Rousseau du ruisseau » mais Lavater l’appela « le Richardson français »), et Gérard de Nerval lui consacre une biographie dans Les Illuminés, et il fera l’objet tardif de l’admiration des surréalistes. Dans « l’anti-Justine« , il débute ses propos comme ceci: « Personne n’est plus outré que moi des sales ouvrages de l’infâme de Sade… ».  

Allez, vive le libertinage et à bas la calotte (si j’ose dire) portez vous bien et à bientôt peut-être.

Mourir pour des idées…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de la sérénitude et de l’omelette aux champignons réunies, bonjour ! Nous sommes le Jeudi 22 octobre 2020, 1er jour de brumaire, dédié à la pomme dans le calendrier républicain.

Ce 22 octobre marque aussi le jour anniversaire de la naissance du grand, très grand Georges Brassens. Les cénobites tranquilles marque chaque année cet évènement majeur. Originaire de Cette (aujourd’hui, on écrit  Sète), petit port du Languedoc, le futur poète « monte » à Paris brassens-G-en février 1940. Il trouve asile chez sa tante Antoinette et apprend la musique sur son piano. Anarchiste et pacifiste de cœur, il est indifférent au contexte dramatique de l’époque. En 1943, il est envoyé dans un camp de travailleurs à Basdorf, près de Berlin, au titre du STO. Il s’enfuit un an plus tard, à la faveur d’une permission, et se réfugie chez Jeanne et Marcel Planche, au 9, impasse Florimont (14e arrondissement). Il y restera 22 ans. Pour Jeanne, il écrit La cane de Jeanne et pour Marcel, qui tient un bistrot dans la rue d’Alésia voisine, sa plus célèbre chanson : L’Auvergnat. Pour sa compagne Pupchen, rencontrée en 1947 et à laquelle il restera toujours fidèle, il écrit aussi La non demande en mariage. Ici, l’équipe de Charlie illustrant de façon prémonitoire Mourir pour des idées

Je crois bien que Brassens est le premier chanteur dont je me souvienne avoir entendu la voix à la TSF, mon père me faisait écouter Gare au gorille et ma mère ne trouvait pas ça drôle du tout, il ne m’a jamais quitté depuis. Allez merci de votre visite, portez vous bien et à bientôt peut-être.