Vous lisez actuellement la catégoriePORTRAIT

Page 1 de 89

Posté par erwandekeramoal dans JAZZ, PORTRAIT

Amis de la cartomancie et du boudin aux pommes réunis, bonjour ! En ce Lundi 25 mai 2020, sixième jour de prairial, nous célébrons la mélisse. Si vous trouvez l’actualité particulièrement indigeste, je vous mélisserecommande expressément la tisane de mélisse. Mon aïeule, pour qui l’herboristerie n’avait aucun secret, faisait bouillir deux branches de mélisse dans un litre d’eau et laissait infuser. Pour ma part, j’avoue que ma préférence va plutôt à un vieux whisky d’Ecosse.  Cela me remet en mémoire le fameux pangramme de Georges Perec : Portez ce vieux whisky au juge blond qui fume. C’est une phrase qui permet d’utiliser toutes les lettres de l’alphabet, l’exercice est amusant, et par ailleurs, c’est un alexandrin.

Bon, restons dans le ton cigarettes, whisky et p’tites pépées… Le 25 mai 1996 voit le décès de Barney WILEN. C’est un des grands saxophonistes Français et c’est assez rare pour le noter. Il a débuté sa carrière en se produisant dans les boites du côté de Nice sous la-note-bleue-300x300l’incitation de Blaise Cendrars ( immense bonhomme à qui j’avais consacré un billet). On lui doit d’avoir travaillé avec Miles Davis sur la bande originale du film « ascenseur pour l’échafaud ». Miles Davis qui lui est né un 25 mai en 1926, étonnant non ! Plus tard il a enregistré avec le fameux quintette de Thélonious Monk et on lui doit aussi la musique du film « Les liaisons dangereuses » de Roger Vadim. La bande dessinée de Loustal, « Barney et la note bleue » est largement inspirée de sa vie. Plus tard il en a d’ailleurs tiré un disque intitulé « La note bleue ». Je vous conseille particulièrement « Cookin’ at st germain » avec Bud Powell.

Bon voilà, on va s’arrêter là, même si le soleil est de retour sur la pointe bretonne; pas question d’aller baguenauder sur la plage; mais vous pouvez vous entasser dans les églises, les mosquées, les synagogues; c’est à nouveau autorisé. On peut en asseoir une centaine dans un avion mais pas cinquante dans un cinéma. On en voit des milliers dans le métro ou chez Carrefour mais faites gaffe au bord de l’eau. Ne désespérez pas, les voies du Covid sont impénétrables. Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Le homard n’aboie pas…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de la poésie et du saint Emilion réunis, bonjour ! Nous sommes le vendredi 22 mai 2020, troisième jour de Prairial dédié au trèfle. Si j’évoque la poésie c’est parce que un 22 mai (1808) vit la naissance de Gérard LabrunDe Nerval-D-ie, plus connu sous son nom de poète, Gérard de Nerval, l’une des figures les plus de émouvantes de la poésie française. Naviguant entre réalité et rêve, il a évoqué en des mots immortels les troubles de l’adolescence… et les charmes du Valois. Mais il souffrait de troubles mentaux et, à l’aube du 26 janvier 1855, on l’a retrouvé pendu dans la rue de la Vieille-Lanterne, dans le quartier du Châtelet, à Paris. Il avait 46 ans. La plus belle part du romantisme s’est éteinte avec lui. Il faut relire Sylvie, une nouvelle parue dans le recueil Les filles de feu et qui dépeint merveilleusement les affres d’un amour chimérique.

Il a vécu tantôt gai comme un sansonnet,
Tour à tour amoureux insouciant et tendre,
Tantôt sombre et rêveur comme un triste Clitandre.
Un jour il entendit qu’à sa porte on sonnait.
C’était la Mort ! Alors il la pria d’attendre
Qu’il eût posé le point à son dernier sonnet ;
Et puis sans s’émouvoir, il s’en alla s’étendre
Au fond du coffre froid où son corps frissonnait.
Il était paresseux, à ce que dit l’histoire,
Il laissait trop sécher l’encre dans l’écritoire.
Il voulait tout savoir mais il n’a rien connu.
Et quand vint le moment où, las de cette vie,
Un soir d’hiver, enfin l’âme lui fut ravie,
Il s’en alla disant : «Pourquoi suis-je venu ?
(Gérard de Nerval, Épitaphe)

Un jour, dans le jardin du Palais-Royal, on vit Gérard traîn180px-Père-Lachaise_-_Division_49_-_Nerval_01ant un homard vivant au bout d’un ruban bleu. L’histoire circula dans Paris et comme ses amis s’étonnaient, il répondit : En quoi un homard est-il plus ridicule qu’un chien, qu’un chat, qu’une gazelle, qu’un lion ou toute autre bête dont on se fait suivre ? J’ai le goût des homards, qui sont tranquilles, sérieux, savent les secrets de la mer, n’aboient pas… Il y avait du surréalisme avant l’heure chez ce grand romantique. Il affirmait  avoir été initié aux mystères druzes lors de son passage en Syrie, où il aurait atteint le grade de « refit », l’un des plus élevés de cette confrérie. Toute son œuvre est fortement teintée d’ésotérisme et de symboles alchimiques. Alors qu’on l’accusait d’être impie, il s’exclama : « Moi, pas de religion ? J’en ai dix-sept… au moins. » Ici à gauche, sa tombe au cimetière du Père Lachaise.

Allez, déconfinez dans la joie et la bonne humeur et à bientôt peut-être.

Every day i have the blues…

Posté par erwandekeramoal dans JAZZ, PORTRAIT

,

Amis du matérialisme historique et du cachou Lajaunie réunis, bonjour ! Nous sommes le Mercredi 20 Mai 2020, premier jour de Prairia05_Mai_Prairialrl dédié à la luzerne. Le mois de prairial était le neuvième mois du calendrier républicain français. Il correspondait, à quelques jours près (selon l’année), à la période allant du 20 mai au 18 juin du calendrier grégorien. Il tirait son nom « de la fécondité riante & de la récolte des prairies de mai en juin », selon les termes du rapport présenté à la Convention nationale le 3 brumaire an II (24 octobre 1793) par Fabre d’Églantine, au nom de la « commission chargée de la confection du calendrier ». Quel poète ce Fabre…

Tiens, un tout bon qui vient de casser sa pipe. Non, ce n’est pas Piccoli, quoique… Je veux parler de Lucky Peterson, enfant prodige du blues, décédé à Dallas à 55 ans des suites d’un AVC. Son père possédait un club de blues à Buffalo et on raconte que le petit Lucky appris à lucky jeunejouer du piano en même temps qu’il apprenait à marcher. Il n’a que trois ans quand il est remarqué par Willie Dixon qui le fait passer à la télé. Il va devenir le pianiste de Little Milton et l’accompagner lors d’une tournée en France. Son style en tant que guitariste n’est pas sans rappeler celui de B.B. King. Il brille d’ailleurs plus par son style, son toucher et sa présence sur scène que par ses compositions, dont peu de morceaux sont réellement connus du grand public. Encensé par une partie de la critique, il s’en trouve une autre pour le trouver ennuyeux. En 2015 il avait ouvert la 36è édition du festival Jazz à Vannes (56).

A vous de juger ! Pour ma part je vais vérifier si mes laitues naissent. Allez, portez vous bien et à bientôt, peut-être.

C’est pas la croix pas la bannière…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

, ,

Amis de l’ichtyologie et du sandre au beurre blanc réunis, bonjour ! Puisque nous sommes le Jeudi 14 mai 2020, 25è jour de floréal, célébrons la carpe puisque les républicains lui ont dédié cette date dans leur calendrier; alors que les postiers mettent en avant les Matthias.

Vous vous souvenez de Gribouille chantant Matthias…
 
Marie-France GAITE (tel est son nom)   apprend  le piano très tôt.  Placée dans un foyer, les éducateurs découvrent son talent, sa voix, sa façon de chanter. Gribouille, qui tient ce pseudonyme d’une éducatrice, gribouille-G-sera placée dans d’autres centres où elle ne se plaira guère; mais qui pouvait se plaire dans ce type d’institution ? Aussi elle fugue et se réfugie dans une grande villa de la banlieue lyonnaise où elle rejoint une bande de copains. Pourtant elle s’ennuie et pour fuir sa solitude va hanter les salles de cinéma. Prise de passion pour le 7° art, elle peut voir cinq ou six films dans une journée. Mais elle n’abandonne pas pour autant son amour de la chanson. Un jour, alors qu’elle n’a que seize ans Gribouille chante  à Lyon dans une petite boîte où une  salle est réservée pour ces jeunes sans le sous. Sa renommée locale  arrive aux oreilles des journalistes qui commencent à parler de la jeune femme.

Mais seul Paris peut la consacrer croit-elle et elle décide de rejoindre la capitale en auto-stop. La légende veut que ce soit dans un corbillard qu’elle arrive Place du Châtelet, en pleine nuit avec en poche juste quinze Francs. Elle fréquente Saint-Germain-des-Prés où elle dessine à la craie sur les trottoirs. L’argent recueilli lui permet de manger, et la Gribouille-D-nuit elle dort le long des quais de la Seine ou dans les cages d’escalier. On raconte qu’elle rencontrera Jean Cocteau qui, la croisant dans la rue où elle dessine sur un trottoir, se méprend sur cette jolie fille pleine de musique qui ressemblait parfois à un joli garçon et l’aborde. Il la présentera au Bœuf sur le toit, premier maillon pour se lancer dans la chanson. Il dessinera aussi son portrait que, en souvenir de sa méprise, il dédicacera « À mon ami Gribouille ». Elle gardera précieusement ce dessin en ajoutant pudiquement un « e » au mot ami. Bien plus tard, mon pote Glenmor lui consacrera une chanson. Son apparence androgyne et sa voix grave ainsi que ses chansons personnelles et ambiguës lui gagnent le public lesbien. Le 18 janvier 1968, celle qui chantait Mourir demain meurt d’un excès de barbituriques et d’alcool à son domicile de la rue Crozatier, à Paris.

Voila pour aujourd’hui, déconfinez gaiement et à bientôt peut-être.

Mon Anarchie…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

, ,

Amis de la cartomancie et du canard à l’orange réunis, bonjour ! Nous sommes le mercredi 13 Mai 2020. Ce jour est le 24è de floréal dédié à la Valériane bien connue pour Exif_JPEG_PICTUREses propriétés antispasmodiques et encore nommée, l’herbe aux chats. Et bien, aujourd’hui nous fêtons les Mael. Prénom couramment attribué de nos jours seul ou sous une forme composée, et qui nous vient du 5ème siècle. D’origine irlandaise ou galloise (un certain flou demeure sur sa provenance initiale) c’était peut-être, le fils de Conan Mériadec, premier roi de Bretagne, mais également le neveu de Padrig, patron des irlandais et le frère de Rieg. Mort prématurément des suites d’une chute de cheval, la tradition veut que saint Gwénolé, futur évêque de Kemper le ressuscite.

Rien à voir avec Clovys.

Le 13 mai 1885, naissance de Clovis POIRIER (CLOVYS de son nom d’artiste), à Paris.Chanteur (auteur, compositeur, interprète) anarchiste et pacifiste. Fils d’un cuisinier devenu marchand de vin, il devient ouvrier peintre et clovys01s’intéresse très jeune à la chanson sociale. Devenu anarchiste vers ses 25 ans, il ne cessera plus, durant près d’un demi-siècle, de consacrer son talent à la propagande par la chanson. Après avoir interprété les morceaux de ses aînés : Pottier, Rictus, Couté, il chantera son propre répertoire qui deviendra très populaire. Exempté en 1914, il ne sera pas mobilisé, mais tentera malgré la censure de faire vivre à travers ses chansons l’idéal pacifiste. De 1917 à 1926, il dirigera et animera « La Muse Rouge » société chantante composée de poètes et de chansonniers révolutionnaires.

A la mort de Sébastien Faure (14 juillet 1942), il lui dédie quelques sonnets d’adieu. Extrait:
« Par delà tonla-muse-rouge sépulcre, une vie enrichie
D’amour universel et d’infini savoir
Unit l’homme à l’humain, dans l’ordre et l’anarchie. »
Après une active collaboration à la presse libertaire, il participe encore, le 14 mars 1953, à un gala de soutien au bénéfice du journal de Louis Louvet « Contre-courant ». Mais il est alors dans le dénuement, un comité d’entraide publiera une plaquette de ses meilleurs poèmes et chansons et organisera un gala en sa faveur en février 1955, mais il ne se rétablit pas et meurt à l’hôpital le 25 avril 1955.
 

Bon, ben dites moi, madame Michu, c’est ravigotant ça pour un mercredi, cela nous change des rodomontades des experts de l’expertise qui polluent nos écrans. Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Mireille est une mouche…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de la peinture à l’huile et du pastis à l’eau réunis, bonjour ! Nous sommes le Samedi 09 Mai 2020, vingtième jour de Floréal dédié au sarcloir.

Dick Annegarn est né à La Haye le 9 mai 1952, J’avais envie de lui souhaiter un joyeux anniversaire en compagnie de « Mireille ». c’est un auteur-compositeur-Dick-G-interprète néerlandais, auteur de chansons en français, mais aussi en anglais, et parfois en néerlandais. Dick Annegarn est né aux Pays-Bas, mais sa jeunesse s’est déroulée pour l’essentiel à Bruxelles, ville dont il est citoyen d’honneur. Après avoir appris la guitare en autodidacte, en écoutant des disques folks et blues américains, il s’installa à Paris en 1972, où il enregistra en décembre 1973 son premier disque, lequel rencontra un succès public immédiat avec des chansons comme Ubu, Bruxelles, Sacré géranium… Deux autres suivront, avec un autre grand succès, Mireille, et de nombreuses tournées.

Mais le chanteur se lasse vite de ce rôle et choisit assez rapidement la voie « underground », vivant sur une péniche, participant à la vie associative de la banlieue parisienne, mais n’en continuant pas moins à enregistrer, par exemple cet album en public Ferraillages en 1979 (dont il partage l’affiche avec le bluesman légendaire Robert Pete Williams), ou Frères en 1985, l’un des quatre joyaux de sa Dick-D-collaboration avec le saxophoniste Jean Avocat et l’accordéoniste Richard Galliano. En 2006, le disque Le Grand Dîner, sous-titré Tribute à Dick Annegarn, réunit des artistes comme Alain Souchon, Alain Bashung, Arno Hintjens, Louis Chedid, -M-, Mathieu Boogaerts, Bertrand Belin ou encore Bénabar, chacun reprenant des chansons de Dick en hommage à sa carrière de plus de 30 ans. En 2010, il apparaît dans Mammuth, film de Benoît Delépine et Gustave de Kervern, aux côtés de Gérard Depardieu et d’Isabelle Adjani.

Et voilà qui nous change des turpitudes Elyséennes et des devinettes sur la date du re-confinement. Tant qu’à consulter les oracles, autant demander son avis à madame Michu. Allez, portez vous bien, à bientôt peut-être et, vive le p’tit commerce.

Crossroad…

Posté par erwandekeramoal dans JAZZ, PORTRAIT

,

Amis du Delta blues et de l’endive braisée réunis, bonjour  ! En ce Vendredi  08 mai 2020, dix neuvième jour de OLYMPUS DIGITAL CAMERAFloréal dédié à l’arroche, plutôt que de fêter l’armistice qui n’en fut pas un, célébrons la naissance d’un des plus grands bluesmen que le Mississippi ait connu. Robert Johnson. Son œuvre quoique mince a laissé un nombre considérable de classiques du blues. Par ici, certains vont célébrer les Comgall, moine écossais, qui fonda sur la côte de l’Ulster le célèbre monastère de Bangor.

Né dans le Delta il s’est très tôt intéressé à la musique, notamment l’harmonica avant d’opter pour la guitare. Sa rencontre avec Willie Brown le décide à faire de la musique son gagne-pain. Il parcourt le Delta, joue ici et là pour quelques dollars. Sa vie chaotique est celle d’un grand Robert Johnsonbuveur, coureur de femmes qui s’attire sans cesse un tas de problèmes. Cette personnalité se reflète dans des compositions sombres, dramatiques, pleines d’images hallucinantes. La légende veut que sa virtuosité vienne d’un pacte avec le diable. un soir très sombre alors qu’il se promenait dans les alentours de Clarksdale dans le Mississippi, il se perdit à un carrefour (crossroads). Alors qu’il commençait à s’endormir une brise fraîche le réveilla. Il vit au-dessus de lui une ombre immense avec un long chapeau.

Effrayé, ne pouvant dévisager cette apparition Johnson Robertresta comme paralysé. Sans un mot l’apparition se pencha, prit sa guitare, l’accorda, joua quelques notes divines avant de lui rendre l’instrument et de disparaître dans le vent noir du Sud. Il est mort, empoisonné dit-on, dans un bouge du Mississippi du côté de Greenwood. Son blues, torturé, rempli de référence au démon, sera repris par d’innombrables musiciens comme Muddy Waters mais aussi, plus tard, les Rolling stones, Jimi Hendrix, Bob Dylan et Eric Clapton entre autres. Un grand à n’en point douter.

Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Y’en a pas un sur cent…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis des jardins à l’anglaise et des champignons à la grecque réunis, bonjour !  Nous sommes le Mardi 05 mai 2020, 16è jour de Floréal dédié à la consoude, cette plante que les anciens appelaient la bonne à tout faire. Utilisée depuis l’antiquité comme cicatrisant, le nom français « consoudeconsoude » provient des capacités de cette plante à accélérer la consolidation des fractures grâce à sa teneur en allantoïne. On consomme ses racines crues ou cuites, les feuilles servent dans les soupes, à la façon du tapioca. On confectionne des beignets avec ses feuilles, qui rappellent le goût du filet de sole. Bon, n’exagérez pas car elle renferme des alcaloïdes dangereux pour le foie ! Autrefois, les nourrices utilisaient les racines des « toutes-bonnes » pour soigner les gerçures de leurs mamelons. Elle est maintenant appréciée comme engrais sous forme de purin. Profitez en avant que cela ne soit interdit par l’Europe. Il parait qu’on peut même teindre la laine grâce à une teinture brune qu’on obtient à partir de ses racines. 

Tout à fait autre chose.

En vérité je vous le dis, tous les anarchistes ne sont pas espagnols. Voici quelques mots à propos de l’un d’entre eux qui naquit un 05 mai, en 1903, à Pontivy (Morbihan – Bretagne). Pierre-Marie Perrin dit Pierre Odéon. Son nom apparaît pour la première fois dans Le Libertaire à Odéonla rubrique « tribune des jeunes ». Il fut arrêté pour une affiche appelant à la désobéissance aux ordres de mobilisation et condamné à six mois de prison. Il fut administrateur du Libertaire au début de 1927 et fut élu secrétaire de l’union anarchiste communiste révolutionnaire (UACR). Outre sa collaboration au « Libertaire », il est le créateur, en 1934, d’un journal anarchiste « Le tocsin ». En décembre 29, appelé au titre de réserviste, il refusa de se présenter et fut arrêté. Le conseil de guerre de Paris le condamne à un an de prison. Enfermé à la prison militaire du Cherche-midi à Paris, il entame une grève de la faim, il sera libéré le 15 décembre 1930.

Pendant la guerre civile espagnole il milite activement en faveur des républicains. Il participe à la création de la centurie Sébastien Faure qui partit combattre en Espagne. Une centaine de français la composent et parmi eux, Simone Weil (la Encounter-with-Simone_Weil-Filmstill-06.-240x300philosophe) que l’on voit ici revêtue du célèbre uniforme de la CNT et qui intégrèrent la colonne Durruti. Il accompagna des dizaines de fois des camions de vivres, de médicaments et d’armes. Il fut aussi l’un des responsables de la colonie « Ascaso-Durruti » installée par la Solidarité Internationale Antifasciste près de Llansa. Pendant l’occupation, il fut arrêté une nouvelle fois et déporté à Buchenwald et aux mines de sel de Wansleben. Il est décédé en 1977 et incinéré au Père-Lachaise. Encore un sacré bonhomme ! Sources: Ephéméride anarchiste

Voilà pour aujourd’hui, déconfinez lentement et à bientôt peut-être.

On the road…

Posté par erwandekeramoal dans LECTURE, PORTRAIT

, ,

Amis de l’Amérique profonde et du Breizh Cola light réunis, bonjour ! Nous sommes le jeudi 3Docteur-Sax0 avril 2020, onzième jour de Floréal dédié à la rhubarbe. Autant dire que c’est la fin du mois. C’est donc en ce mercredi 11 Palotin – 147 – Explosion du Palotin qu’apparaît aux yeux du monde, béat d’admiration, cela va sans dire même si ça va mieux en l’écrivant, ce 4694è billet des « cénobites tranquilles » que l’univers blogosphérique dans son entier nous envie… Or, il y a un demi-siècle de cela, le 30 avril 1959, paraissait ce merveilleux livre de Jack Kerouac, Docteur sax. Et c’est bien parce que mon aïeule, dans sa stricte éducation, a su m’inculquer l’ immense modestie qui me caractérise, que je ne tracerai aucun parallèle entre ces deux chefs-d’œuvre; mais il me fallait trouver une intro.

Docteur Sax, c’est l’histoire d’un jeune garçon qui s’éveille à la vie dans une ville ouvrière grise et morne de la Nouvelle-Angleterre. C’est l’histoire de Jack Duluoz, canadien français comme Jack Kerouac lui-même, qui grandit sous les porches obscurs et parmi les immeubles Kerouac-G-bruns de Lowell, Massachusetts. C’est l’aventure empreinte de terreur vécue avec intensité par un adolescent. Toujours tapie dans un repli de l’âme de Jack, se trouve l’ombre du Docteur Sax, avec sa cape qui flotte au vent et son chapeau mou dissimulant à demi un regard chargé de haine. Il fait partie d’une horde de fantômes, de monstres et de démons qui peuplent ce monde fantastique. Souvenir et rêve se mêlent dans un univers démentiel qui occupe une place grandissante dans l’esprit de Jack jusqu’au point de s’imposer avec une violence effroyable dans une véritable vision d’apocalypse. Mais la réincarnation du mal sera finalement anéantie et, avec elle, les fantômes et les démons qui hantaient l’âme du héros.

https://youtu.be/QsUa2pDKXNg

Un critique américain, J. Donald Adams, a dit de Kerouac qu’« il était capable de décrire le monde de l’expérience physique beaucoup mieux que quiconque depuis Hemingway », relisez le soleil se lève aussi. La description des odeurs, des bruits dans la petite ville de Lowell est parfois empreinte d’une telle fantaisie bouffonne qu’elle témoigne d’une invention verbale inépuisable. L’auteur a transcrit des passages entiers en canadien français, ce patois savoureux que parlent Jack et ses Jack K.-G-parents ainsi que la joyeuse bande qui gravite autour d’eux et dont la verve truculente anime des scènes d’une vigueur rabelaisienne. Le 24 octobre 1969, on enterrait au cimetière catholique de Lowell, morne petite ville industrielle du Massachusetts, le corps de Jack Kerouac, mort d’une hémorragie abdominale à l’âge de 47 ans. Il avait 91 dollars sur son compte en banque… Quelques années plus tôt, il avait fait le voyage jusqu’à Brest (Finistère – France) et s’était présenté sous le nom de Jean-Louis Le Bris de Kerouac, à la recherche de ses ancêtres bretons. Depuis quelque temps, il n’était plus que l’ombre de lui-même, revenu auprès de sa mère. Il resta sourd à la musique de Woodstock dont il aurait pu y reconnaître, comme Ginsberg, la moisson de ce que lui et ses amis avaient semé. Un chapitre était clos. Kerouac le clochard céleste, lampant sa gnôle à même le goulot et scandant ses blues à l’escale de la grande-route avait été la star numéro un du mouvement Beat qu’une Amérique un peu effarouchée avait vu exploser en 1955-57.

Ainsi va la vie; allez, confinez vous gaiement et à bientôt peut-être.

Jazz in Belgie…

Posté par erwandekeramoal dans JAZZ, PORTRAIT

, ,

Amis de la basse-Bretagne et de l’artichaut vinaigrette réunis, bonjour ! Nous sommes le Mercredi 29 Avril 20Besné-44-Chapelle-St-Second120 qui correspond au 10è jour de floréal dans le calendrier républicain, jour dédié au râteau. Mon secrétariat me prie de vous rappeler que c’est la fête aux Sekondell, originaire de Nantes au 6e siècle, disciple de Friard, ermites tous deux près de Besné (44). Saviez vous que Besné vient du breton « bez-enez » (l’île du tombeau). Ici, la chapelle St-Sekondell à Besné. Loire-Atlantique en Bretagne comme dit l’autre…

C‘est bien connu, nos amis belges sont capables du meilleur comme du meilleur (j’veux me fâcher avec personne) les meilleurs chanteurs: Brel, Arno, Mauranne…Les meilleurs dessinateurs de BD. Le meilleur waterzoï, les meilleures bières: Gueuze, tootsTrappiste… Le meilleur système politique, euh non, la ils ne sont pas au top. Mais savez vous, une fois, qu’ils ont aussi produit  quelques uns des meilleurs jazzmen de la planète. Voici quelques mots sur l’un d’entre eux: Toots Thielemans est un nom que l’histoire de la musique, et du jazz en particulier, a accroché depuis longtemps au rayon des légendes. Né à Bruxelles en 1922, Toots thielemans découvre le jazz durant l’occupation allemande et Django Reinhardt devient alors son idole.

Guitariste, siffleur, harmoniciste, il rejoint la tournée européenne de Benny Goodman en 1950. Par la suite, c’est aux Etats-Unis qu’il commence à se faire un nom dans le Charlie Parker’s All Stars ou le Toots-2quintet de George Shearing. Voici une vidéo qui le montre en compagnie de David Sandborn. Il parvient à créer un style, son style, et à donner à l’harmonica une place majeure sur la scène jazz. Sa carrière décolle et Toots Thielemans est demandé par un grand nombre de musiciens. Sur scène ou en studio, il accompagnera Ella Fitzgerald, Quincy Jones, Jaco Pastorius en encore Bill Evans. Quincy Jones dit de lui « Je peux dire sans hésitation que Toots est un des plus grands musiciens de notre temps. Nous avons travaillé ensemble un nombre de fois incalculable. C’est quelqu’un qui sait vous toucher au cœur et vous faire pleurer. » Bel hommage, non !

Bon, c’est pas tout, le jardin m’attend et je n’aime pas faire attendre. N’hésitez pas à repasser, pendant le confinement c’est ouvert tous les jours. A bientôt peut-être.