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Mon sombre amour d’orange amère…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

Amis de la polychromie et du miel de Manuka réunis, bonjour ! Nous 220px-Citrus_aurantiumsommes le Mardi 12 Septembre 2017, 26è jour de Fructidor dédié à la bigarade (le premier qui dit bigarade du Tigre est à l’amende) Le bigaradier est un petit arbre de 3 à 10 mètres, épineux, à feuilles persistantes, à fleurs très odorantes, aux fruits comestibles mais amers; la fameuse orange amère chère au poète. Dédions celui-ci de poème à Jean-Yves, fidèle lecteur et néanmoins ami, qui fête aujourd’hui son anniversaire en cette bonne ville de Nantes.

Ah, madame Michu, on me dit que la cote de Macron 1er est en chutechabrol-droite libre… Pour les ceusses qui rêvaient d’un autre monde, ce n’est pas l’orange mais la pilule qui est amère. Pour autant, les français ont-ils enfin compris qu’ils se sont fait rouler dans la farine. Je n’en suis pas convaincu du tout; il faut croire que la bêtise est vraiment ce qu’il y a de mieux partagé en ce bas monde. Il est vrai, comme le disait Jean-Pierre CHABROL (photo) que: »La bêtise a ceci de commun avec les maladies vénériennes, c’est qu’il est très agréable de l’attraper » c’est sans doute ce qui fait son succès.

J‘ai eu le bonheur de rencontrer le bonhomme dans les années 70 et j’en garde un souvenir particulièrement marquant. Cet ancien maquisard était devenu conteur, romancier -lisez « les colères des Cévennes » chez EPSON scanner imageGrasset je crois- il avait même tâté du cinéma (avec Costa GAVRAS si j’ai bonne mémoire) le visage buriné comme les monts de Lozère qu’il aimait tant, il vous entraînait dans ses récits et vous offrait un voyage dont on revient rarement indemne. Ecolo avant l’heure, éveilleur des consciences, gardien des milles et une nuits de la culture universelle, ce paysan Cévenol était à lui seul une leçon de vie. En scrutant les gesticulations des princes qui nous gouvernent, il aurait sorti de sa besace un dicton dont il avait le secret, un adage qu’il aurait attribué à quelque vieux berger de ses montagnes et aurait continuer de bourrer sa pipe comme si de rien n’était.

Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Faut reconnaitre, c’est du brutal…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

Amis de l’esprit critique et des spiritueux réunis, bonjour ! Nous sommes le Dimanche10 septembre 2017 et demain c’est l’annivesorghorsaire de ce triste événement que les complotistes de tous poils n’arrêtent pas de disséquer. Pour l’heure, c’est le 24è jour de fructidor dédié au sorgho. Il y a longtemps de cela, une de mes connaissance d’origine chinoise m’a fait goûter au fameux MOUTAI. C’est un alcool confectionné à partir de sorgho. En Chine il sert lors des toasts portés à un invité de marque. Il peut titré jusqu’à 55 degrés c’est dire s’il « arrache » un tantinet…C’est du fameux comme dans la célébrissime scène culte des tontons flingueurs.

Il y a un siècle, jour pour jour, le Nord de la France connaissait des émeutes sévèrement réprimées. Un syndicaliste anarchiste, Benoist Broutchoux, animait une conférence au cours de laquelle il tenait des propos qui restent d’une étrange actualité.

 » Nous sommes affligés de consortiums de gros laitiers, de gros sucriers, de gros caféiers, du trust mondial de la viande. Des royautés industrielles sont établies sur les céréales, le coton, le pétrole, l’acier, les minerais divers, le caoutchouc, etc., etc. Il y a le Comité des houillères de France, le syndicat grèves dans le Nordfranco-allemand des cokes, le Comité des forges et l’association internationale des maîtres de verrerie. La société textile Motte, de Roubaix, étend son exploitation jusqu’en Russie. Il y a aussi les monopoles privés de la navigation, des chemins de fer, du gaz, de l’électricité, des chûtes d’eau et les monopoles de l’Etat sur le tabac, les allumettes, etc. Au dessus de tout cela, trône le consortium des grandes banques, qui fait et défait les sociétés, lance les emprunts et organise les kraks, qui, en un mot, fait la pluie et le beau temps, suivant les caprices du Veau d’Or.

Et plus loin: Tout en étant adversaire de la forme actuelle du commerce et broutchouxpartisan de la coopération, il faut reconnaître que les petits commerçants ne sont pas responsables de la crise, certains en sont victimes comme nous. Il faut voir plus loin que la place du marché et la devanture du boutiquier. [...] Les petits commerçants sont comme des tampons placés périlleusement entre les affamés et les affameurs. Regardons au-dessus d’eux, portons nos coups à la spéculation. »

‘tin, on dirait du Mélenchon ! Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

Victorine où l’école libre…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

Amis de la pédagogie non-directive et des limitations de vitesse réunies, bonjour ! Nous sommes le Lundi 04 Septembre 2017, dix huitième jour de Fructidor dédié au Nerprun, famille des rhamnacées dans laquelle on trouve aussi la Bourdaine.

Aujourd’hui je voudrais profiter de la rentrée scolaire pour vous dire un mot de Victorine BROCHER qui vit le jour à Paris un 4 septembre de l’an 1839. Internationaliste, Communarde, anarchiste et pédagogue, voiVictorinelà une carte de visite comme on les aime chez « les cénobites tranquilles ». Elle naît, Victorine Malenfant, dans une famille de Républicains pur jus (son père, Franc-maçon et Républicain fut contraint à l’exil en 1851), en 61 elle épouse Jean Rouchy et le couple ira s’installer à Paris. Elle travaille comme couturière puis participe à la création d’une boulangerie coopérative. Dès le début, elle va participer à la Commune de Paris et s’engagera comme cantinière de bataillon. Puis on la retrouve qui prend part aux combats (bataillon des Turcos) comme ambulancière Condamnée à mort par contumace comme « pétroleuse », elle se réfugie en Suisse; son mari sera emprisonné deux ans.

De Suisse, elle part enseigner en Hongrie puis reviendra à Genève à la libération de son mari où elle va créer une coopérative de la chaussure et venir en aide aux proscrits de la Commune. De retour à Paris après l’amnistie elle va fréquenter les anarchistes (Malatesta fut arrêté en sa compagnie), à la mort de son mari, elle se lie avec le libre penseur Gustave Brocher, ils adopteront cinq enfants de communards et feront LOUISEde leur maison un asile pour de nombreux exilés. En 1890, la voici institutrice dans une école libre initiée par Louise Michel. Elle va mourir le 4 novembre 1921 à Lausanne où, avec Gustave, elle avait fondé une école. En 1909, elle publiera souvenirs d’une morte vivante. C’est à ces gens que nous devons l’école laïque (donc libre) l’école émancipatrice, l’école de l’égalité des chances, bref, l’école de la République. Et aujourd’hui, on assiste à un retour en arrière au motif qu’une bande de gougnafiers (certes élus !) se  sont mis en tête de dépecer un à un deux siècles d’acquis sociaux: L’école, la sécu, l’âge légal de départ à la retraite, le temps de travail, le droit d’asile, le code du travail etc. La prochaine fois que tu mettras un bulletin dans l’urne, réfléchis petit scarabée…

Allez, merci encore de votre visite, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Au 31 du mois d’Août…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

Amis de la perfide Albion (y-en a) et de la panse de brebis farcie réunies, bonjour ! Nous sommes le Jeudi 31 Août 2017, quatorzième jour de Fructidor dédié à la noix.

Je ne pouvais pas laisser passer le 31 août sans entonner avec vous cette chanson qui a accompagné tant de nos soirées quelque peu agitées. Celle-ci est d’autant plus intéressante qu’elle relate un fait historique. Il s’agit de la prise du « HMS KENT », bâtiment appartenant àCombat_naval_-_l'abordage_du_Kent_de_Garneray_(1836)_musée_de_La_Roche-sur-Yon sa très gracieuse majesté dont on voit ici une représentation, par un petit navire « la confiance » commandée par Surcouf, corsaire Malouin. Le 7 octobre 18OO (?), dans la baie du Bengal, le Kent, navire anglais de guerre face à La Confiance. A trois hommes contre un, deux canons pour deux, le Kent était sûr de vaincre. Surcouf, fin tacticien, réussit toutefois à donner à ses hommes le courage nécessaire à la prise du Kent. Soixante-dix anglais furent tués, dont le capitaine, et seuls (!) vingt hommes de Surcouf succombèrent.

La légende nous a légué ce fameux dialogue: « Officier anglais : Nous, surcoufAnglais, nous nous battons pour l’honneur, et vous les Français, vous vous battez pour l’argent !
Robert Surcouf : Chacun se bat pour ce qui lui manque ! »

Cela ne l’a pas empêché de finir baron et armateur et porteur de la légion d’honneur. Il faut reconnaître qu’il n’a pas le profil de Long John Silver ou de Barberousse et qu’il fait davantage penser à un gras bourgeois de l’époque… En tous cas, un malouin malin doublé d’un prospère propriétaire terrien de 800 hectares.

Bon, allez, c’est la fin des vacances, je vous parie deux paquets de lessive contre un paquet de mer à la pointe du raz que le soleil va revenir ! En attendant, portez vous bien et à demain peut-être.

Un paysan pas comme les autres.

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

Amis de la bretonitude et du kig-sal aux lentilles réunis, bonjour ! Nous sommes le Mardi 29 Août 2017, douzième jour de Fructidor dédié au fenouil, ce qui prouve, si besoin était, qu’il ne faut douter de rien… Voici l’histoire d’un drôle de  paroissien qui nous a laissé des textes époustouflants sur la condition paysanne de ce 19ème siècle. Lorsque j’ai lu « mémoires d’un paysan bas-breton » publié aux éditions an here il y a une dizaine d’années, j’ai d’abord cru à une imposture tant la force du texte était présente.

Jean-Marie Déguignet, né le 19 juillet 1834 à Guengat (29), est issu d’une famille de condition très modeste. Son père était fermier à sa naissance, mais au bord de la ruine, il perdit son bail deux mois plus tard. Il dut louer un vieux taudis rue Vily à Quimper. Deux ans après, il emménagea avec sa famille dans un penn-ty au village de Guelenec à Memoires_paysan_bas_breton-Deguignet-203x300Ergué-Gabéric où il vendit ses services chez des fermiers pour huit à douze sous par jour. Sa famille subit de plein fouet la misère engendrée par l’épidémie de mildiou des années 1845 et 46 – celle qui provoqua l’émigration des Irlandais. Il devint donc mendiant. Après cette crise, il parvint à se faire engager dans plusieurs fermes comme vacher, notamment à la ferme-école d’agriculture de Kermahonnet en Kerfeunteun. Récupérant des feuilles oubliées par des élèves, il apprend à écrire et lire le français par lui-même. En 1854, il s’engagea dans l’armée de Napoléon III. Il y restera 14 ans. Il participa à la guerre de Crimée, à la campagne d’Italie, à la soumission de la Kabylie en Algérie, ainsi qu’à l’expédition du Mexique. Lors de ces campagnes il apprit l’italien et l’espagnol, aidé en cela par ses connaissances en latin acquises au catéchisme.

Revenu en Bretagne, il se maria et devint fermier à Ergué-Armel pendant 15 ans. Il sera ensuite tenancier d’un débit de boisson, puis agent d’assurances. Sa femme mourut alors dans un delirium tremens, et il abandonna ce commerce. Il obtint ensuite une licence pour être débitant de tabac à Pluguffan. Mais en butte à l’opposition du curé qui incitait depuis sa chaire au boycott de son commerce, car Déguignet anticléricalétait ouvertement anticlérical, il dut quitter la commune au bout de quelques années. Retombé dans la misère, il passera ses dernières années à Quimper où il fréquentait la bibliothèque municipale pour y lire les journaux républicains. Il rédigea même sa vie par deux fois, car il en avait vendu le premier manuscrit à Anatole Le Braz et cru que ce dernier avait voulu faire disparaître son témoignage. Il fut retrouvé mort à la porte de l’hospice de Quimper, le matin du 29 août 1905. Si l’occasion vous en est donnée, jetez vous sur un de ses textes, vous ne regretterez pas le voyage.Vous pouvez aussi voir le site grandterrier.net

Allez, bonne lecture, portez vous bien et à demain peut-être.

Comme un ouragan…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

Amis du surréalisme et de la dure réalité réunis, bonjour ! Nous harveysommes le Dimanche 27 août 2017, dixième jour de Fructidor dédié à l’échelle. A propos d’échelle, aux dernières nouvelles, l’ouragan Harvey est entrain de battre des records en balayant le Texas et à mon avis, il va exploser l’échelle de Beaufort; force 12 sans doute. Il pourrait bien dépasser en force son prédécesseur Katrina qui dévasta la nouvelle Orléans en 2005.

 

Tout à fait autre chose…

Si je vous dis Emmanuel Rudzitsky, je vous connais, vous allez rester aussi songeur qu’une poule devant une clé à molette. Et pourtant, si je vous dis Man Ray, subitement tout s’éclaire et vous revoyez la croupe hospitalière de Kiki de Montparnasse se prenant pour le violon d’Ingres. Man RAY donc, puisque c’est de lui que l’on parle, est né à Philadelphie un 27 août en 1890, il est mort à Paris en 1976. Entre les deux il a faitKIKI de la photographie un art véritable. A New York avec son ami Marcel Duchamp, ils ont bien tenté de représenter la forme américaine du mouvement Dada, avant de conclure: « Dada ne peut pas vivre à New York ». En juillet 1921, Man Ray revient en France et Duchamp le présente aussitôt aux surréalistes, Aragon, André Breton, Paul Eluard, Philippe Soupault… Evidemment, il s’installe à Montparnasse et ne tarde pas à tomber amoureux du fameux modèle Kiki de Montparnasse. Il va aussi rencontrer Paul Poiret qui va lui permettre de réaliser beaucoup de photos de mode.(à gauche,Man Ray et Duchamp sur les hauteurs de Paris)

C‘est en 1925 que ses œuvres seront présentées lors de la première exposition surréaliste de la galerie Pierre en compagnie de Jean Arp, Max Ernst, Miro et Picasso, excusez du peu ! Ami des mécènes Marie-Laure et Charles de Noailles, il tournera son troisième film, Les mystères du château de Dé dans leur villa de Hyères (1929). Il avait tourner man ray et marcel Dauparavant, A quoi rêvent les jeunes films (1924). Pendant trente ans, Man Ray va révolutionner l’art photographique, en 1940 il rejoint Lisbonne et s’embarque pour les Etats-Unis en compagnie de Salvador Dali et Gala ainsi que le cinéaste René Clair (ici à gauche, avec son ami Marcel Duchamp sur les hauteurs de Montparnasse). A Hollywood il rencontre Juliet qui deviendra sa femme et se remet à la peinture. Il va rejoindre quelques grands noms du surréalisme en devenant Satrape du collège de Pataphysique en 1963. Inhumé au cimetière de Montparnasse, on peut lire sur sa tombe son épitaphe:Unconcerned, but not indifferent – Détaché mais pas indifférend.

A l’heure du tout numérique, il est intéressant de se souvenir de ces bricoleurs de génie qui ont fait de la photographie, un art à part entière. Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

Demain c’est la rentrée…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

Amis de la libre pensée et de l’hortensia fleuri réunis, bonjour ! Dès samedi (26) votre blog favori repart pour une dixième saison. Ne ratez pas le départ.

lescenobitestranquilles carte postale

Pendant les vacances, le massacre continue…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

Amis de l’agriculture biologique et du canard laqué réunis, bonjour ! Nous sommes le Samedi 29 juillet 2017, autant dire, le 11ème jour de thermidor et, surprise, c’est le jour de la panic… Pas de quoi s’inquièter outre mesure, il s’agit d’une plante herbacée cultivée dans certaines contrées comme céréales alors qu’ailleurs on la considère comme une vulgaire mauvaise herbe. C’est-y pas triste… Et pourtant, cette plante Amazopourrait constituer selon une étude publiée en 2008 une source intéressante d’agrocarburant; grâce à un bilan écologique et énergétique bien meilleur que celui du maïs selon Hen Vogel et ses associés (il produit 540% d’énergie par rapport à l’énergie fournie pour le produire). C’est pas beautiful ça mes body boys ? On apprend tous les jours quelque chose sur « les cénobites tranquilles » votre blog préféré et qui reste ouvert tout l’été; enfin presque, la semaine prochaine: relâche. L’environnement est chose sérieuse pourtant je ne résiste pas au plaisir de vous faire partager cette pensée que l’on doit à Geluck, le dessinateur du chat: « en Amazonie on détruit chaque jour l’équivalent de 60 terrains de foot de forêt…C’est pas sérieux, y-aura jamais assez de joueurs! »
Habituellement, après cette courte introduction, je rédige un petit billet. Et bien aujourd’hui… Non. Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

C’est au pied du mur qu’on voit le Masson…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

Amis de la raison pure et des causes perdues réunies, bonjour ! En ce Vendredi 28 juillet 2017, dixième jour de Thermidor dédié à l’arrosoir, je voulais vous entretenir d’un brestois, disparu lui aussi dans les oubliettes de l’histoire: Emile MASSON, né à Brest un 28 juillet en 1869, il n’est pas élevé en breton et n’apprendra la langue que plus tard non sans avoir obtenu deux licences, en philosophie et en anglais. A Paris il fréquente les mouvements Emile Massondreyfusard, anarchistes, antimilitaristes et se lie d’amitié avec Elisée Reclus, Kropotkine et Romain Rolland. Il deviendra professeur d’anglais au lycée de Pontivy (56) entre 1904 et 1921. On lui doit la création de la revue « Brug » (bruyère), revue anarchiste en langue bretonne. Il a traduit une brochure d’Elisée Reclus « à mon frère paysan » en dialectes Léonard et Vannetais. Son oeuvre est toute axée sur la libération de l’homme, il accorde une place essentielle à l’éducation et se réfère sans cesse aux concepts de pédagogie, humanisme, tolérance, non violence…Il y a du Gandhi chez Emile Masson. On peut se demander pourquoi cet écologiste avant l’heure, antimilitariste en pleine boucherie de 14/18, féministe déclaré, socialiste ET breton, intellectuel original et prolixe (il faut lire « l’utopie des iles bienheureuses dans le Pacifique ») a disparu des mémoires.

Plus qu’oublié, il semble avoir été refoulé de la mémoire collective des uns et des autres tant ses idées refusaient la simplicité et le manichéisme, le bien et le mal. Parce que il était athée ET tolérant, parce que son nationalisme breton était la voie vers l’internationalisme, parcelivre Masson que ses idées anarchistes étaient faites d’amour et de fraternité. Bref, Emile Masson emmerdait tout le monde et particulièrement le petit monde de gauche franchouillard et Jacobin. Dans « Brug » en 1914, il écrit ceci: « …Les ouvriers manifestent pour leur langue un mépris de civilisés et les intellectuels bretons, nourris aux lettres françaises et latines, considèrent qu’un honnête homme (un bon français) commence par cesser d’être breton. » Il va mourir à Paris le 9 février 1923. Son fils Michel Masson a été maire de Pontivy. Il est intéressant de relire « Les bretons et le socialisme » paru aux éditions Maspero accompagné d’une présentation de Jean-Yves Guiomar. Un recueil de textes et de lettres où la question nationale bretonne se mêle au socialisme libertaire.

Allez, voila pour aujourd’hui, en attendant la suite, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Les ciseaux d’Anastasie…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

Amis de la libre expression et du p’tit maquereau à la bretonne réunis, bonjour ! Nous sommes le Mercredi 26 juillet 2017 huitième jour de Thermidor dédié à la Carthame. Le carthame des teinturiers ou Safran des teinturiers, parfois appelé Safran bâtard, est une plante originaire d’Égypte, dont le nom dériverait d’un mot arabe qurtum. Elle produit un fruit, un akène oléagineux dont les graines sont utilisées pour produirecarthame des huiles alimentaires ou de massage (la fameuse huile de carthame) qui sont parfois intégrées à des produits cosmétiques pour les cheveux. Cette huile au parfum prononcé est surtout utilisée à froid. Non raffinée, elle a une légère saveur de noisette et sa couleur se rapproche du jaune ambré foncé, tandis que raffinée, elle ne présente aucune saveur et sa couleur est plutôt jaune pâle. Les jeunes feuilles de carthame peuvent se manger crues, en salade. Ce sont les pistils qui sont utilisés en teinturerie ou comme mauvais substitut au safran.

Alors que j’hésite sur le thème de ma chronique quotidienne, me  remonte à la mémoire ce texte de Stendhal: « Pourvu qu’on ne plaisantât ni de Dieu, ni des prêtrliste_La-censure_2081es, ni du roi, ni des gens en place, ni des artistes protégés par la cour, ni de tout ce qui est établi, pourvu qu’on ne dît du bien ni de Béranger, ni des journaux de l’opposition, ni de Voltaire, ni de Rousseau, ni de tout ce qui permet un peu de franc-parler ; pourvu qu’on ne parlât jamais de politique, on pouvait raisonner librement de tout » (Stendhal). En cherchant plus loin, je trouve celui-ci de Beaumarchais: « Pourvu que je ne parle en mes écrits ni de l’autorité, ni du culte, ni de la politique, ni de la morale, ni des gens en place, ni des corps en crédit, ni de l’opéra, ni des autres spectacles, ni de personne qui tienne à quelque chose, je puis tout imprimer librement sous l’inspection de deux ou trois censeurs »

Et madame Michu de s’offusquer: Ben, c’est pas aujourd’hui qu’on verrait des choses comme ça… Depuis le coup d’État manqué du 15 juillet 2016 en Turquie, le président turc Recep Tayyip Erdogan a intensifié la répression dans le pays. Ainsi, des intellectuels et des journalistes qui ont osé critiquer le régime ont été arrêtés et emprisonnés. 166 journalistes sont actuellement en prison. La Turquie est 155e sur 180 au classement mondial de la liberté de la presse établi par Reporters sans frontières pour 2017. Les avocats et réseaux de 640_turcssoutien ont beau dénoncer des instructions bâclées, les syndicats ont beau manifester en hurlant que « la presse libre ne peut être réduite au silence », rien n’y fait : plus de 150 journalistes sont embastillés dans les geôles du régime, et environ 180 médias ont été fermés en un an. Une situation dramatique qui ne saurait faire oublier l’ampleur des purges qui ont suivi le putsch avorté. Selon les estimations, près de 140 000 fonctionnaires ont été limogés ou suspendus, 50 000 personnes ont été arrêtées, et 950 entreprises ont été saisies. Tout cela se déroule aux portes de l’Union Européenne, à trois heures de vol de Paris. Mais, la communauté internationale, mais l’ONU, mais, y’a pas de mais. Encore un mot et j’ouvre en grand les vannes de l’immigration. Ainsi s’exprime Erdogan face à Angela et Emmanuel qui n’en peuvent mais. Voici comment une si jolie dictature est en train de s’installer dans un silence assourdissant.

Allez, merci d’être passé, portez vous bien et à bientôt peut-être.