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Copain comme Cochon…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

Amis des Penn-Sardinn et du thé au jasmin réunis, bonjour ! Nous sommes le Mercredi 12 avril 2017, 23è jour de Germinal dédié au pen sardinmarronnier. Le Penn-sardinn désigne l’habitant de Douarnenez (29) tandis que la penn-sardinn désigne la coiffe que portaient les belles douarnenistes dont mon aïeule souvent citée ici. Hier soir ARTE consacrait sa soirée à l’anarchisme; chose suffisamment rare pour être soulignée. Merci à l’ami Rem* pour m’avoir signalé ce programme.

Le 12 avril 1913, à Paris. L’anarchiste Georges COCHON (fondateur de la Fédération nationale des locataires) à la tête d’une manifestation de plusieurs milliers de sans-logis, investit l’Hôtel de Ville pour réclamer « Le droit au logement pour tous ». Le 25 avril 1959, mort de Georges Alexandre COCHON (né le 26 mars 1879 à Chartres). Militant libertaire et secrétaire de la « Fédération des Locataires ». Le 15 février 1911, il est nommé à la tête de l’Union syndicale des locataire et part en guerre contre « Monsieur Vautour » (le propriétaire). La principale activité de ce syndicat est d’aider les locataires en difficulté à déménager « à la cloche de bois » (clandestinement), puis à investir des logements 250px-Georges-cochoninoccupés, en faisant un raffut du tonnerre « le raffut de la Saint Polycarpe » afin d’effrayer les bourgeois. Cochon devient alors très populaire et profite de toutes les occasions pour faire connaître sa lutte en faveur des plus démunis. Des artistes comme Steinlein ou le chansonnier Charles D’Avray lui prêtent leur concours. Le 31 janvier 1912, il est lui-même expulsé de son logement, après l’avoir transformé en « Fort Cochon » ce qui provoquera une bataille rangée avec la police. Le 23 mars 1912, il investit l’Hôtel de ville de Paris, avec plusieurs familles sans-logis. Les actions directes se multiplient; les 8 et 9 avril, il tente de « réquisitionner » la caserne du Château d’eau, à Paris, pour y reloger une cinquantaine de familles. Amendes et peines de prison pleuvent sur la tête de Cochon, mais qu’importe, il ne se laisse pas intimider. A l’occasion des élections municipales de mai 1912, il cède à l’électoralisme, ce qui provoquera son exclusion du syndicat, et le coupera de ses amitiés libertaires. Il ne désarme pas pour autant et crée « la Fédération Nationale et International des Locataires » et poursuit son combat et occupe le ministère de l’Intérieur, l’église de la Madeleine, la bourse, etc.

Le 21 juillet 1913, il prend possession, avec plusieurs familles nombreuses, de l’hôtel particulier loué par le Comte de La Rochefoucauld. Hôtel, dont ils seront finalement expulsés le 28 juillet. Mobilisé en 1914, il déserte en 1917. Arrêté, il est condamné à 3 ans cochon 2de travaux publics. Après guerre, il reprendra ses activités militantes, avant de se retirer. »Tous les locataires doivent s’unir pour lutter contre les privilèges des propriétaires ». Lire le livre très documenté de Patrick Kamoun : « V’là Cochon qui déménage ». A noter que Georges Cochon a publié à Paris en 1917 un journal hebdomadaire « Le Raffut » Journal d’action, Organe du syndicat des locataires, publication qu’il reprendra après-guerre entre 1921 et 1922 avec divers sous-titre dont : « Organe de combat et de défense sociale, politique, économique et financière, paraissant le samedi. »

Sacré bonhomme comme on n’en fait plus; allez, portez vous bien et à demain peut-être.

Le grand Jacques …Prévert !

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

Amis de la haute antiquité et de la basse Bretagne réunies, bonjour ! Nous voici le Mardi 11 avril 2017 date qui correspond au 22è jour de germinal que nos amis républicains avaient dédié à la Romaine (salade). Certains  bretons célèbrent ce jour là Keridwen. Une drôle de sainte puisque il s’agissait en fait d’une déesse de la très vieille et très ancienne tradition celtique; mais les évangélistes faisaient feu de tout prévertbois… C’est aussi le jour anniversaire de la disparition du grand Jacques Prévert qui n’aurait pas manqué de dire tout le bien qu’il pensait de la façon dont les Le Pen-Macron-Fillon sont en train de distiller insidieusement dans l’esprit du populo, l’idée qu’après tout, le code du travail pourrait bien terminer aux oubliettes… Ce principe intangible de l’universalité de la loi ne serait plus qu’un souvenir remplacé par des accords d’entreprises, petits arrangements entre amis.

 

A cette époque là, il se trouvait des intellectuels pour appeler un chat un chat. Il est vrai que Jacques Prévert, puisque c’est de lui qu’il s’agit, n’avait pas sa langue dans sa poche révolver. Je trouve très touchant d’entendre sa voix et sa vision du capitalisme il y a 80 ans déjà…
Si vous pensez que les choses ont changées radicalement, vous êtes condamnés à regarder TF1 pendant une semaine. En attendant, mes chers frères, méditez ces paroles…

« Ils sont à table
 Ils ne mangent pas
 Ils ne sont pas dans leur assiette
 Et leur assiette se tient toute droite
 Verticalement derrière leur tête. »
(Jacques Prévert / 1900-1977 / Paroles – La Cène)

Allez, merci d’être passé par ici, portez vous bien et à bientôt peut-être.

A la saint Fulbert le cénobite se met au verre…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

Amis de la guitare sèche et de la potée léonarde réunies, bonjour ! Nous sommes le Lundi 10 Avril 2017, 21è jour de Germinal dédié au gainier, encore nommé arbre de Judée. On dit que c’est sur cette variété d’arbustes que Judas se serait pendu pour mettre fin à sa vie, après sa trahison envers le Christ.

Est-ce ainsi que les hommes vivent ?

J‘ai beau chercher, je ne trouve pas mieux…Pour moi, elle reste la plus belle quel que soit l’interprète. J’avoue tout de même avoir une petite préférence pour Marc Ogeret. Oui, en effet, on est en droit de se poser la question. Est-ce ainsi que les hommes vivent ? Exploités, courbés, les chaînes...saignés aux quatre veines, ils en redemandent. Il y a pourtant longtemps que le philosophe nous mettait en garde contre la « servitude volontaire » mais rien n’y fait, il faut qu’ils y retournent. Cela fait plus de 450 ans que Etienne de la Boëtie, qui n’avait que 18 ans à l’époque, écrivit son discours dans lequel il posait la question: Comment se peut-il que « tant d’hommes, tant de bourgs, tant de villes, tant de nations endurent quelquefois un tyran seul, qui n’a de puissance que celle qu’ils lui donnent ? ».

Aujourd’hui on nous explique, paroles d’experts à l’appui, qu’il va falloir travailler davantage et plus longtemps et plus longtemps encore pour une retraite pas garantie du tout. Et pour faire passer la pilule amère, on va vous donner de la télé et des jeux sur internet. La Boétie l_ignorance_mene_ineluctablement_a_la_servitude-1728x800_ccondamne ainsi ces « drogueries »: Les théâtres, les jeux, les farces, les spectacles, les gladiateurs, les bêtes curieuses, les médailles, les tableaux et autres drogues de cette espèce étaient pour les peuples anciens les appâts de la servitude, la compensation de leur liberté ravie, les instruments de la tyrannie. » On dirait vraiment qu’il parle de TF1 !

Mais fort heureusement, La Boëtie ouvre une porte à l’espoir, celle de la résistance: »Toujours en est-il certains qui, plus fiers et mieux Melonsinspirés  que les autres, sentent le poids du joug et ne peuvent s’empêcher de le secouer; qui ne se soumettent jamais à la sujétion (…) Ceux-là ayant l’entendement net et l’esprit clairvoyant, ne se contentent pas, comme les ignorants encroûtés, de voir ce qui est à leurs pieds, sans regarder ni derrière, ni devant; ils rappellent au contraire les choses passées pour juger plus sainement le présent et prévoir l’avenir. » Je subodore, amis visiteurs que vous faites partie de ceux là et que ce modeste blog que vous me faites la joie de consulter saura vous encourager à poursuivre dans la voie de la résistance. Amen !

Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Fais ce que tu voudras…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

Amis de la rôtisserie française et du Saint-Pourçain réunis, bonjour! Nous sommes le Dimanche 09 avril 2017, 20è jour de germinal dédié à la ruche.

Le 9 avril 1553, mort de François RABELAIS, à Paris. Né vers 1494 à Chinon, à la métairie de la Devinière. Moine, médecin, écrivain, il fut tout cela à la fois. Revendiqué comme un précurseur de l’anarchisme après sa description d’une abbaye imaginaire (Thélème), fonctionnant sur des principes. En 1520, moine à Fontenay-le-Comte, il se passionne Rabelaispour l’étude du grec, puis voyage et se fixe à l’Université de Montpellier où il fait des études de médecine. En 1532, il publie « Les horribles et épouvantables faits et prouesses du très renommé Pantagruel ». En 1534, il accompagne l’évêque Jean du Bellay (son protecteur qui deviendra cardinal) à Rome. A son retour, est édité « La vie inestimable du grand Gargantua, père de Pantagruel ». Nommé docteur à Montpellier en 1537, « Le tiers livre » paraît, mais la Sorbonne condamne l’ensemble de son œuvre. Il voyage alors à nouveau en Italie, et c’est à Lyon qu’il publie le « Quart livre » (1548). Son « Cinquième Livre » ne sortira qu’après sa mort, en 1564.

 

Rabelais réalise la transition entre deux époques : s’il est encore un homme du Moyen-Âge qui aime la liesse et la farce, il est aussi un contemporain de la Renaissance, humaniste savant, médecin féru de grec et partisan du retour à la nature . À travers lui, le Moyen-Âge et la Renaissance, loin de s’opposer, découlent harmonieusement l’un de l’autre. On lui doit entre autres la fameuse citation: « science sans conscience n’est que ruine de l’âme… » mais, celle que je préfère c’est gargantuacelle-ci, tirée de Gargantua: « Vous convient être sages, pour fleurer sentir et estimer ces beaux livres de haute graisse, légers au pourchas et hardis à la rencontre. Puis, par curieuse leçon et méditation fréquente, rompre l’os et sucer la substantifique moelle. » Ca vous met en appétit non? Une autre description des plus réjouissantes me plait tout autant: « Toute leur vie était régie non par des lois, des statuts ou des règles, mais selon leur volonté et leur libre arbitre. Sortaient du lit quand bon leur semblaient, buvaient, mangeaient, travaillaient, dormaient quand le désir leur en venait. Nul ne les éveillait, nul ne les obligeait à boire ni à manger, ni à faire quoi que ce soit. Ainsi en avait décidé Gargantua. Et leur règlement se limitait à cette clause : FAIS CE QUE TU VOUDRAS. »

Ah, les moines de l’abbaye de Thélème, ils me font penser à ceux de Saint Bernardin « qui se levaient tard et se couchaient matin pour aller à Matines vider les p’tits flacons… » Vieille chanson de carabins que l’on trouve encore sur quelques 78 tours dans la collection « aux plaisirs des Dieux ». Allez, merci de cette visite et surtout, portez vous bien et à demain peut-être.

C’est r’parti comme en 14…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis du confucianisme et de l’onglet aux échalotes réunis, bonjour ! Nous sommes le Vendredi 07 avril 2017, 18è jour de Germinal dédié à 220px-Cicuta_virosala cigüe et ce qui suit n’a rien à voir, quoique… Socrate, grand parmi les grands philosophes mourut lui même par la cigüe et les sorcières de MacBeth en font bel usage:  « … oreille d’un singe noir et de la ciguë arrachée un soir. Remplissez la chaudière et bouillez l’ensemble afin qu’opère ce mélange infernal, ce charme sans égal. » Vous remarquerez qu’avant la réforme de l’orthographe, on mettait le tréma sur le ë et les points sur les i; mais ceci est un autre histoire.

Actualités…
Et voila, c’est reparti !  Et l’ambassadrice US auprès de l’ONU de brandir des photos d’enfants agonisant suite à un abominable bombardement au gaz toxique perpétré par le sanguinaire dictateur Bachar al Assad. Quelques heures plus tard, la base de al-Chaayrate, dans la province centrale de Homs, était frappée vers 00h40 GMT par 59 missiles Tomahawk tirés par les navires américains USS Porter et2048x1536-fit_nikki-haley-ambassadrice-americaine-onu-montre-photographies-enfants-syriens-touches-attaque-chimique-lors-conseil-securite-onu-5-avril-2017 USS Ross, qui se trouvaient en Méditerranée orientale. Selon le Pentagone, les services de renseignement américains ont établi que les avions qui « auraient »  mené l’attaque chimique contre la localité de Khan Cheikhoun « seraient » partis de cette base.

Je me souviens, comme si c’était hier, de Colin Powell dans cette même enceinte de l’ONU brandissant un petit flacon et des photos de citernes, preuves que Saddam Hussein s’apprétait à utiliser des armes de destruction massive. Colin Powell, lançait au monde : « Il ne peut faire aucun doute que Saddam Hussein a des armes biologiques » et « qu’il a 0-a-a-collin-powella capacité d’en produire rapidement d’autres » en nombre suffisant pour « tuer des centaines de milliers de personnes ». Comment ? Grâce à des « laboratoires mobiles » clandestins qui fabriquent des agents atroces tels la « peste, la gangrène gazeuse, le bacille du charbon ou le virus de la variole ». Sûr de son fait, le puissant Américain ajoute : «Nous avons une description de première main de ces installations de la mort.» Vous connaissez la suite; tout cela était du pipeau monté de toutes pièces par la CIA pour permettre au camp Bush de mener à bien ses lugubres desseins. Obama est parti, les néo-con sont de retour au pouvoir, l’histoire va t-elle se répéter ?

Décidément, les Etatsuniens et leurs gros sabots de fermiers texans ont une fâcheuse tendance à nous prendre pour des demeurés. Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

De Cézembre à St Malo…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

Amis de l’humanisme et de l’andouillette de Senven-Lehart réunies, bonjour ! Nous sommes le Mercredi 29 mars 2017, c’est à dire le 9è jour de germinal, dédié à l’aulne. Tiens, dans les années 480, un 29 mars, naissance de celui qui allait devenir Saint Malo ou Saint Maclou si vous préférez mais ça fait un peu moquette. C’est un des sept saints fondateurs de la Bretagne. Vous vous souvenez, c’était le trophée Jules Vernes de l’époque. Ils arrivaient d’Irlande ou du pays de Galles sur danger de mortleurs multicoques en granite de Landéda pour évangéliser les armoricains. Les brittons avaient inventé la route du cidre bien avant celle du rhum. Les skippers étaient tous des saints (aujourd’hui, on peut pas en dire autant…). Malo lui, il a débarqué à Cézembre. Vous connaissez Cézembre ? En face de Saint Servan, c’est la seule plage de la côte Nord exposée plein Sud, avec les Ebihens peut-être… C’est l’endroit d’Europe le plus bombardé de toute la Seconde guerre mondiale. En quatre semaines, pendant l’été 1944, près de 20 000 bombes ont été déversées sur l’île. Beaucoup sont toujours enfouies dans le sol et peuvent à tout moment exploser. C’est pour cela que 90% de l’île est interdite au public. Mais ce site idyllique va (hélas) s’ouvrir davantage aux touristes. La marine nationale y termine ces jours ci une opération de déminage consistant a aménager un sentier avant que les militaires ne transmettent l’île au conservatoire du littoral.

Mais revenons à notre Malo à nous qu’on a… Il grandit puis il devint grand, travailleur et intelligent, il fait le petit séminaire et il devient l’évêque d’Aleth. Plus tard, beaucoup plus tard, pour améliorer les Malorecettes de la paroisse et face à la baisse inquiétante du denier du culte, il donnera son nom à une marque de yaourt. Avec son copain  Aaron, plus cénobites qu’anachorètes, il partage une vie érémitique du coté de la cité d’Alet. C’est à dire qu’il vivait du RMI que lui versait les paroissiens sous forme de dons en nature. Il serait décédé pieusement un 15 novembre vers 620 à moins que ce ne soit 640; on ne sait pas exactement mais, il est mort depuis longtemps. Aujourd’hui sa statue a rejoint l’armée des saints de Bretagne dans la vallée éponyme de Carnoët.

Bon allez, je vous quitte car les jardins de  l’ermitage réclament ma présence. Portez vous bien et à bientôt peut-être.

Oncle Bens…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

Amis de la Pataphysique et de la raie au beurre noir réunies, bonjour ! Nous sommes le Samedi 25 mars 2017, 5è jour de germinal que nos amis républicains avaient décidé de dédier à la poule… Allez savoir ce qui se passait dans la tête de Fabre d’Églantine ! En vérité Nous sommes aujourd’hui le Mardi 3 Clinamen 144 La Mandragore, solanée androïde fête suprême quarte. Voici un grand poète qui mériterait mieux que les obscurs rayonnages des bibliothèques municipales. Il est né un 25 mars 1931 dans le Vaucluse.

Jacques Bens fut l’un des fondateurs de l’OuLiPo. Dataire au Collège de Pataphysique, gendre de Célestin Freinet (dont j’ai longuement parlé dans ces colonnes), il a travaillé avec Raymond Queneau chez Gallimard à l’Encyclopédie de la Pléïade, de 1960 à 1963. Il a été réunion oulipodurant les trois premiers siècles de l’OuliPo son « secrétaire provisoire » chargé des comptes-rendus de séances, rassemblés aujourd’hui chez Bourgois. Poète, romancier, et nouvelliste (il a reçu en 1990 le Goncourt de la Nouvelle pour ses Nouvelles désenchantées.) Je vous recommande Cinq châteaux de cartes chez Nathan en 1983, il fut également un éminent cruciverbiste, et collabora avec Perec pour les jeux du journal Télérama. A droite, réunion de l’OuLiPo en 1975 dans les jardins de François Le Lionnais.

Or donc, notre ami Bens a été membre fondateur de l’Oulipopo, Ouvroir de littérature policière potentielle mais aussi, de l’OuCuiPo (ouvroir de cuisine potentielleoulipo). On lui doit notamment, la cuisine en jeux paru chez Zulma en 1999, ouvrage dans lequel il organise une visite ludique et gourmande à travers les provinces françaises. Comment concilier des activités d’écrivain, d’oulipien chevronné et de cruciverbiste avec une passion pour l’art culinaire ? En imaginant un petit livre où alternent recettes, grilles de mots croisés, acrostiches et autres anagrammes. De quoi faire patienter vos invités si votre gigot nécessite un temps de cuisson supplémentaire !

 

Poème irrationnel

Le presbytère n’a rien perdu de son charme,
Ni le jardin de cet éclat qui vous désarme
Rendant la main aux chiens, la bride à l’étalon.
Mais cette explication ne vaut pas ce mystère.
Foin des lumières qui vous brisent le talon,AVT_Jacques-Bens_2210
Des raisonnements qui, dissipant votre alarme,
Se coiffent bêtement d’un chapeau de gendarme,
Désignant là, le juste, et ici, le félon.
Aucune explication ne rachète un mystère.
J’aime mieux les charmes passés du presbytère
Et l’éclat emprunté d’un célèbre jardin;
J’aime mieux les frissons (c’est dans mon caractère)
De tel petit larron que la crainte oblitère,
Qu’évidentes et sues les lampes d’Aladin.

Vous, je ne sais pas, moi j’adore… Allez, encore merci de votre visite, portez vous bien et à demain peut-être.

Mauvais trip pour Chuck berry…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

Amis de la libre pensée et du coq au vin réunis, bonjour! Nous sommes le Dimanche 19 mars 2017, 29è jour de ventôse dédié au Frêne.

Mauvais trip pour Chuck Berry…
Il faut dire que le créateur de Johnny B Goode, morceau d’anthologie qui raconte l’histoire largement autobiographique d’un garçon de la campagne qui « jouait de la guitare comme on sonne une cloche » et qui a été choisie comme l’une des plus grandes réalisations de l’humanité pour être emportée par la sonde Voyager, était âgé de 90 ans. Il était né en 1926 dans le Missouri et depuis les années cinquanteChuck-berry1 il peut se vanter de nous avoir fait danser. Désigné comme “le père du rock’n'roll” par de nombreux admirateurs, il a influencé beaucoup d’ artistes et a vu son répertoire souvent repris. C’est grâce à ses parents, choristes pendant l’office dans une petite église du Missouri, que le jeune homme découvre la musique. Avec comme idole Nat King Cole, il commence à apprendre la guitare pour jouer les titres qui passent à la radio, tout en accumulant les petits boulots et en flirtant avec la délinquance. Devenu coiffeur, marié et père de famille, il arrondit ses fins de mois en jouant de la guitare dans des clubs, lorsqu’il est remarqué par le bluesman Muddy Waters.

Sous l’égide d’Ira Harris, son ami et professeur, Chuck Berry s’invente alors un style musical qui lui est propre. Il se nourrit de différentes influences allant du blues à la country. On se souvient de son duckwalk, qui consiste à jouer de la guitare en imitant une danseuse de french cancan souffrant d’arthrose. “Si vous voulez donner un autre nom au berry Grock’n'roll, appelez-le Chuck Berry”, disait John Lennon. Les teenagers noirs comme blancs dansent sur cette country accélérée, chantée par un showman excentrique qui plaque un solo fondateur : la guitare rock part de là. Alors que le débutant Elvis Presley interprète à son tour « Maybellene » sur scène, Chuck Berry a 29 ans. Jusqu’en 1959, il va signer une douzaine de hits (School Days, Rock and Roll Music, Rock and Roll Music, Sweet Little Sixteen, Johnny B. Goode…), tourner deux films, se produire partout dans le pays, ouvrir son propre club à Saint-Louis (Berry’s Club Bandstand) et amasser des fortunes.

C‘est alors que survient Janice Escalante, une serveuse de 14 ans que Chuck Berry est accusé d’avoir débauchée. Après plusieurs procès en appel entachés de racisme, mais qui érodent sa popularité, il va croupir en taule de février 1962 à octobre 1963. Chuck Berry n’a pas seulement débauché Janice Escalante, mais aussi toute la jeunesse américaine blanche, puis l’Europe où il fut la principale influence des La-legende-du-rock-Chuck-Berry-est-mort_image_article_largeRolling Stones. Comme il l’écrivait dans son autobiographie de 1987 : « Le genre de musique que j’aimais à mes débuts, plus tard, aujourd’hui-même et pour toujours, est le même genre que j’écoutais quand j’étais adolescent. Donc, les styles de guitare de Carl Hogen, T-Bone Walker, Charlie Christian et Elmore James, sans oublier beaucoup de mes pairs entendus sur la route, le tout constituant ce que l’on appelle le style Chuck Berry. Comme vous le savez, et je pense que c’est vrai, “il n’y a rien de nouveau sous le soleil”. Donc, ne me considérez pas comme ayant été le premier, et faites en sorte que ça dure. »

Et voilà, merci d’être passé, portez vous bien et à bientôt peut-être.

La chair est triste, hélas…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

Nous voici déjà (pourquoi déjà ?) le Samedi 18 mars 2017, c’est à dire le 28ème jour de Ventôse qui est comme vous le savez, est consacré au capillaire dans le fameux et désormais célèbre calendrier républicain. capillaireMoi qui fut, comme Fabrice Lucchini, apprenti  coiffeur pour dames (la comparaison s’arrête là) je ne pouvais pas ne pas en parler. Mon aïeule, à qui je fais souvent référence ici, avait l’habitude de nous répéter: « On ne dit pas: Je vais au coiffeur mais… Je vais au capilliculteur. » Oui, mon aïeule était une dame très distinguée. En fait, il s’agit d’une fougère (pas mon aïeule, la plante) que l’on nomme aussi: Cheveux de Vénus et que vous avez souventes fois rencontrée.

L’homme du jour est Stéphane Mallarmé.

Etienne Mallarme dit Stéphane Mallarmé est à mon sens l’un de nos plus grands poètes. Il est né un 18 mars à Valvins en 1842. Avec Apollinaire, Baudelaire, Verlaine, Rimbaud ou Desnos, il a marqué mes jeunes années. Auteur d’une œuvre poétique ambitieuse et difficile, Stéphane Mallarmé a été l’initiateur, dans la seconde moitié du 19è siècle, d’un renouveau de la poésie dont l’influence se mesure encore aujourd’hui.

En médaillon, un portrait de Mallarmé signé Nadar. Parmi ses œuvres, J’ai choisi celle là qui est un peu ma Proustienne madeleine.

Je t’apporte l’enfant d’une nuit d’Idumée!
Noire, à l’aile saignante et pâle, déplumée,mallarmé
Par le verre brûlé d’aromates et d’or,
Par les carreaux glacés, hélas! mornes encor,
L’aurore se jeta sur la lampe angélique.
Palmes! et quand elle a montré cette relique
À ce père essayant un sourire ennemi,
La solitude bleue et stérile a frémi.
O la berceuse, avec ta fille et l’innocence
De vos pieds froids, accueille une horrible naissance:
Et ta voix rappelant viole et clavecin,
Avec le doigt fané presseras-tu le sein
Par qui coule en blancheur sibylline la femme
Pour les lèvres que l’air du vierge azur affame?

Voila pour aujourd’hui, passez une bonne journée, portez vous bien et à demain peut-être.

Lester & Billie…

Posté par erwandekeramoal dans JAZZ, Non classé, PORTRAIT

Amis de la chapelle sixtine et de la cousine Bette réunies, bonjour ! Nous sommes le Mercredi 15 mars 2017, 25è jour de Ventôse dédié au thon.

Je profite de ce 15 mars, jour anniversaire de sa mort, pour dire quelques mots d’un musicien que j’apprécie particulièrement; il s’agit de Lester Young. C’est à Woodville (Mississipi), petite ville au fin fond du Sud des Etats-Unis, que Lester Willis Young est né le 27 août 1909. Le jeune garçon grandit à la Nouvelle-Orléans, puis à Minneapolis où sa famille a déménagé. Il réalise plusieurs tournées avec l’orchestre lesterfamilial, auquel participe également son jeune frère Lee (batteur). Les premières années du parcours en solitaire de Lester Young sont marqués par des participations à un grand nombre d’ensembles musicaux et il se fait rapidement remarquer par son style d’interprétation atypique, jouant du saxophone de manière détendue, en adoptant souvent des attitudes nonchalantes, et en tenant son instrument de travers, presque à l’horizontale. Suivant la tradition de la « royauté du jazz », qui veut que les musiciens vedettes se voient attribuer des sobriquets prestigieux (« King », « Duke », « Queen », etc.), il reçoit le surnom de « Prez », diminutif de « Président », qui semble lui avoir été attribué, par Billie Holiday.

Lester Young réalise avec Count Basie une série d’enregistrements de grand renom, notamment les légendaires Kansas City Sessions, jouant tant du saxophone que de la clarinette. A la fin des années 1930, il se partage entre l’orchestre de Count Basie, l’accompagnement de Billie  lester & billieHoliday et d’autres ensembles. Mais, à partir du début des années 1950, Lester Young entre dans une spirale mortifère, tenaillé par des problèmes aussi bien physiques que psychologiques. Si ses interprétations s’en ressentent parfois, il n’en demeure pas moins un pilier de Jazz at the Philarmonic, dont il suit les tournées américaines et européennes, et son style de swing traditionnel continue d’influencer grandement les nouvelles générations de jazzmen. En 1955, il est hospitalisé pour dépression nerveuse durant un an. Mais ses habitudes mortifères reprennent bientôt le dessus, une consommation abusive d’alcool s’ajoutant à une alimentation de plus en plus insuffisante.

Au début de 1959, il réalise une tournée européenne, qui s’achève à Paris par une prestation au Blue Note, avec Kenny Clarke: durant son séjour sur le vieux continent, il boit sans discontinuer et ne mange billie & lesterquasiment rien. Après un ultime enregistrement dans la capitale française, Lester Young reprend l’avion pour les Etats-Unis et atterrit à New York le 15 mars 1959. Quelques heures après son retour, il succombe à un arrêt cardiaque. Sa mort et celle, quelques mois plus tard, de sa complice Billie Holiday, viennent alimenter la légende tragique du Jazz et de ses musiciens consumés par les feux de la rampe.
Sources: les travaux de Nikita Malliarakis et les textes d’Alain Gerber.

Voila, à écouter sans modération aucune. Eteignez la télé et laissez vous emporter par le saxo de Lester Young et la voix inoubliable de Lady Day…Portez vous bien et à demain peut-être.