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Tampa RED: The guitar wizard…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

Amis de la guitare sèche et de la potée léonarde réunies, bonjour ! Nous sommes le Samedi 10 Avril 2021, 21è jour de Germinal dédié au gainier, encore nommé arbre de Judée.

Hudson Woodbridge est né au début du siècle dernier (probablement en 1904) à Smithsville, Géorgie. Mais orphelin très tôt il sera élevé partampa-red.jpe tampa redla famille de sa grand-mère, Mme Whittaker, dont il adoptera le patronyme, et qui vit dans les faubourgs de Tampa, en Floride. Très tôt il apprend la guitare et accompagne sur scène un ami de la famille. À l’adolescence, il devient musicien itinérant et parcourt le Sud des États-Unis à vélo. En 1922, déjà affublé du surnom de « Tampa Red », il arrive à Chicago. Sa carrière débute véritablement lorsqu’il s’associe avec le pianiste Georgia Tom Dorsey. Ils enregistrent ensemble, pour la première fois, en mai 1928, des pièces essentiellement tirées du music-hall.

 

Le blues devenant à la mode à Chicago, « Tampa Red » décide de s’y mettre lui aussi. Au début des années 30, il se marie et sa femme décide de prendre en mains sa carrière. En 1934 elle négocie pour lui un contrat avec le célèbre producteur Lester Melrose qui lui permettra d’enregistrer ses disques sous le grand label blues Bluebird. C’est pour RED-disque-300x300cette maison de disques qu’il enregistrera ses plus grands titres, toujours accompagné d’un pianiste. Dans les années 40 il ouvre sa formation à des saxophones ainsi qu’à un bassiste, une batterie ou encore un joueur d’harmonica, comme Sonny Boy Williamson ou Big Walter Horton. C’est à cette époque qu’il deviendra une des références du Chicago blues électrique et qu’il enregistrera avec Elmore James lorsque celui-ci se trouve à Chicago. Malheureusement sa femme décède en 1956 et « Tampa Red » ne s’en remet pas. Il sombre dans la démence et doit être interné. Il parviendra cependant à encore enregistrer deux albums au début des années 60 pour le label Bluesville : Don’t Tampa with the Blues et Don’t Jive Me. Il disparaît ensuite de la circulation et meurt dans un relatif oubli en 1981. Surnommé the « guitar wizard » (le sorcier de la guitare), Tampa Red a certainement été un des plus grands guitaristes slide du blues des années 30 et 40.

Allez, passez un bon dimanche, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Tous les Reclus ne sont pas confinés…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

Amis de la chapelle sixtine et de la cousine Bette réunies, bonjour ! Nous sommes le Lundi 15 mars 2021, 25è jour de Ventôse dédié au thon, et, en Bretagne on célèbre les Dogmael évêque gallois de Pembroke du 5e siècle, émigré en petite Bretagne, honoré à Rospez. Le calendrier des postes, lui, affirme sans vergogne qu’aujourd’hui c’est la st Elisée. Le seul que je connaisse c’est Elisée RECLUS; et, c’est justement un 15 Mars en 1830 à Sainte-Foy-la-Grande en Gironde, qu’il vit le jour.

Géographe, théoricien du mouvement libertaire et militant anarchiste. Issue d’une famille protestante, Elisée Reclus fait ses études de 220px-EliseeReclusNadar-208x300géographe à Berlin, avant de parcourir le monde. En 1871, il prend une part active à la Commune de Paris. Arrêté les armes à la main, il est condamné à la déportation en Nouvelle Calédonie. Mais, grâce au soutien de la communauté scientifique, sa peine sera commuée, le 3 février 1872, à dix ans de bannissement. Il rejoint alors son frère Elie (également anarchiste et communard) en Suisse, et participe activement à la Fédération Jurassienne, avec Bakounine et James Guillaume. En 1877, il rencontre Pierre Kropotkine, qui deviendra son ami. Après la Suisse, c’est en Belgique, à Ixelles (près de Bruxelles) qu’ Elisée Reclus s’installe. Très actif, c’est sous son impulsion qu’une Université Nouvelle est créé, ainsi qu’un Institut des Hautes Etudes (en 1894) dans lequel il enseignera.

Auteur prolifique, Elisée Reclus a participé à de nombreuses revues, brochures et journaux : « Le Révolté », « L’Insurgé », « Le Cri du les-freres-reclus-300x232Peuple », etc. Mais il est surtout l’auteur de l’extraordinaire « Géographie Universelle » (19 volumes), et de « L’Homme et la Terre » (6 volumes), ouvrages de géopolitique dans lesquels il analyse le rapport de l’homme et de son environnement, et aborde des sujets très variés (éducation, naturisme, etc.). Elisée Reclus meurt le 4 juillet 1905. Le dernier volume de « L’Homme et la Terre » ne sortira qu’après sa mort (édité par son neveu Paul Reclus). « Celui qui commande se déprave, celui qui obéit se rapetisse. La morale qui naît de la hiérarchie sociale est forcément corrompue. » Elisée Reclus.

Voila pour ce jour, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Martine fait des couilles de Suisse…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

Amis des belles lettres et de la crêpe Suzette réunies, bonjour ! Nous sommes le Samedi 20 février 2021 c’est à dire le deuxième jour de ventôse dédié au Cornouiller. Cette plante a laissé sa trace dans la culture Occitane. En martineeffet, en Occitanie la floraison et la fructification du Cornouiller Mâle (Cornu Mas) ont constitué une sorte de convention collective avant la lettre. La floraison indiquait la période à partir de laquelle les servantes des fermières n’étaient plus tenues de ravauder, filer ou tricoter après le repas du soir. Inversement la maturité des fruits imposait cette obligation. En langue occitane la prescription se formulait en ces termes: comma roja, veilla hoja. Quand la comma a florit la veillada a falit. Dans certaines régions, la plante est désignée par le joyeux vocable de: « couilles de Suisse ». Il existe d’ailleurs, dans le Brabant Wallon une confrérie des compagnons de la Couille de Suisse qui ambitionne de « donner au passé les dimensions d’un présent qui aurait de l’avenir ». On dirait du Pierre DAC;  amusant, non!

 

Bon, c’est pas tout, j’ai mon lait qu’est sul’feu et faut que je va faire les commissions. Allez, merci d’être passé, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

Amis des sciences occultes et des coups de pied du même nom réunis, bonjour ! Nous sommes le Lundi 15 février 2021, 27è jour de Pluviôse dédié au noisetier et je m’aperçois qu’aujourd’hui, c’est la saint Claude… Chez nous on dit Glaode ou encore Goulven et comme disait Fernand Raynaud: vous allez voir comme les gens sont méchants… Voici comment Albert Le Grand présente la chose:

« Du Temps du Pape Vigilius & de l’Empereur Justinian I, l’an de salut 540, regnant en la Bretagne Armorique le Roy Hoël, dit le Faineant, II du nom, un certain personnage, nommé Glaudan, St Goulvenpassa la Mer, &, quittant la grande Bretagne (qu’à present on appelle Angleterre), vint, avec sa femme Gologuenn, aborder la coste de Leon, en la Bretagne Armorique : étans sortis du vaisseau, ils prirent leur chemin le long du rivage, & arriverent en la Paroisse de Ploüider, distant de deux lieuës de la ville de Lesneven,&, voulant passer outre, la nuit les surprit en la greve qui est entre ledit Ploüider & Plou-neour-trez, de façon qu’ils furent contraints de chercher à loger, cette nuit, en un Village situé és paluds de Brengorut, mais le Païsan à qui ils s’adresserent, voyant que c’estoient des étrangers pauvres & necessiteux, les refusa, de sorte qu’ils furent contraints de loger en un lieu, nommé alors Odena, où Gologuenn accoucha dun Fils.»

Vous constatez comme moi que le refus de l’autre, la xénophobie, la peur du migrant, tout cela n’a rien de nouveau et Claude et sa petite famille en firent les frais comme aujourd’hui Mohamed ou Mamadou. Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Extrêmophile toi même…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

Amis du Rockabilly et du prix d’Amérique réunis, bonjour ! Nous sommes le Mardi 09 février 2021, 21è jour de pluviôse dédié au Tabouret des champs dans notre calendrier républicain; je vous assure que j’invente pas.

Vous connaissez le « tabouret bleu » ? Et bien c’est la Thlaspi. Vous connaissez pas la thlaspi ? C’est une belle plante de la famille des Brasicacées (autrefois on disait crucifère). Les Brasicacées, madame Michu, pas les bras cassés. Le tabouret des champs est une mauvaise herbe tabouret-bleuannuelle qui pousse sur les terres labourées. Sa silique (cosse) aplatie, ovale et à larges ailes la rend particulièrement reconnaissable. Les parties vertes de la plante dégagent une légère odeur d’oignon (aujourd’hui, on peut dire ognon.) lorsqu’elles sont pressées. Mon aïeule lui donnait le nom d’herbe aux écus. C’est une plante dite « spécialiste » et extrêmophile, l’une des rares à pourvoir survivre sur des sols « extrêmes » naturellement riches en certains métaux. Cette tolérance au zinc, au plomb et au cadmium, lui permet de se développer sur des sols où la concentration en métaux est toxique pour les autres plantes, ce qui en fait un moyen de gestion de sites pollués; les spécialistes de la chose appellent cela la phytoremédiation. En d’autres termes, vous plantez de jolis parterres autour de Tchernobyl et Fukushima et vous attendez… 10 000 ans. Et alors, merci qui ? Merci tonton Erwan.  Et puis tiens, une pensée pour William John Clifton Haley disparu le 09 février en 1981. Ah oui, il est plus connu sous le nom de Bill Haley:

 

Oui ho, hein, bon! On peut pas être au top tous les jours. Repassez demain, je verrai ce que je peux faire; en attendant portez vous bien.

Alexandra David-Néel…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé, PORTRAIT

Amis du surréalisme et de l’escalope saltimbocca réunis bonjour ! Ce Jeudi 28 janvier 2015 nous prouve qu’irrémédiablement, on se rapproche de la fin du mois… En effet, nous sommes le 9è jour de pluviosepluviôse, généralement dédié au peuplier. Comment ne pas avoir une pensée pour (et de) Pierre Dac. Un seul hêtre vous manque et tout est peuplier… Je l’attribue à Pierre Dac mais très franchement je ne saurai l’attester. C’est peut-être bien le facteur Cheval ou le douanier Rousseau ou le sapeur Camember ou encore, la femme du boulanger, la cane de Jeanne, la famille Duraton ou le soldat inconnu. Il en va des citations comme des objets trouvés, au bout de un an et un jour vous pouvez vous les approprier. En tous cas, elle n’est pas de moi et, à la vérité je m’en réjouis, car elle n’est pas franchement terrible. Vous avez évidemment remarqué, perspicaces lecteurs, qu’à chaque fois que j’utilise ce style amphigourique c’est que précisément, je n’ai rien à dire de particulier.

Connaissez vous Louise Eugénie Alexandrine Marie David ? Bon c’est vrai, elle est plus connue sous son nom de plume: Alexandra David-Néel. De nationalités Française et Belge, c’est une orientaliste, tibétologue, chanteuse d’opéra, journaliste, écrivaine, exploratrice et j’en passe sûrement. Elle fut en 1924, la première européenne à séjourner à Lhassa au Tibet. C’est un 28 Janvier qu’elle pénétra cette mystérieuse cité. (Ici, à droite en 1886 lors de sa présentation au roialexandra des Belges.) L’orthodoxie voudrait que l’on prononçât Né-el et non Nil mais la mode anglo-saxonne à produit son effet. Son père était instituteur, militant républicain lors de la révolution de 1848 et grand ami du géographe anarchiste Élisée Reclus. C’est celui-ci qui l’amène à s’intéresser aux idées anarchistes de l’époque (Stirner, Bakounine) et aux féministes qui lui inspirèrent la publication de « Pour la vie ». Adolescente, elle s’enfuit de Ostende pour gagner l’Angleterre. Elle devint première chanteuse à l’opéra de Hanoï. Elle abandonne sa carrière de chanteuse en 1902. C’est en 1904, à Tunis, qu’elle épouse Philippe Néel. Vie de couple qui se termina définitivement en 1911 lors de son départ pour son troisième voyage en Inde. En 1914 elle rencontre Aphur Yongden, agé de 15 ans et en fera plus tard son fils adoptif. A Lachen, elle va vivre auprès d’un des plus grands Gomchens (ermite) de l’époque et recevoir son enseignement.

 

C‘est un long périple à travers la Corée, Pékin, le Gobi, la Mongolie qui va l’emmener elle et Aphur déguisés en mendiante et moine jusqu’à Lhassa, nous sommes en 1924 (Photo de gauche.) Puis, Alexandra va rentrer en France où elle s’installe sur les hauteurs de Toulon. Elle va y alex-2écrire plusieurs livres relatant ses voyages. En 1937, âgée de 69 ans elle décide de repartir pour la Chine avec Aphur Yongden via Bruxelles, Moscou et le transsibérien. Elle se retrouve en pleine guerre sino-japonaise et assiste aux horreurs de ce conflit. Fuyant les combats elle erre en Chine et finit par se retrouver en 1946 en Inde. Elle perdra son compagnon de voyage en 1955 et, à cent ans et demi, elle demande le renouvellement de son passeport au Préfet des Basses-Alpes. Elle s’éteindra quelques mois plus tard. Ses cendres ont été transportées à Vârânasî en 1973 pour être dispersées avec celles de son fils adoptif dans le Gange. A lire: Pour la vie. 1898 aux éd. Les nuits rouges – Le féminisme rationnel. 1909 même éditeur – Les enseignements secrets des bouddhistes tibétains. 1951 ed. Pygmalion. Et bien d’autres choses encore. Une sacrée grande bonne femme qui méritait bien de rejoindre nos héros dans cette galerie de portraits.

Merci mille fois d’être passé par ici, confinez vous, amusez vous, la vie passera comme un rêve. Et à bientôt peut-être.

La possibilité d’une île…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

Amis des stances à Marquise et du maquereau à l’oseille réunis, bonjour ! Nous sommes donc le Mercredi 20 janvier 290px-Daphne_laureola1-150x1502021 et, dans le calendrier républicain, c’est le premier jour de Pluviôse, dédié au Lauréole encore nommé le Daphné lauréole ou Laurier des bois. Daphné du laurier ne doit pas non plus (même dans les diners en ville) être confondu avec Daphné du Maurier, la célèbre romancière à qui nous devons Les oiseaux, mais aussi et peut-être surtout Rebecca magistralement adaptés au cinéma par Hitchcock himself…  Rien à voir avec l’auréole de sainteté que chantait Glenmor.

 

Tiens, à ce propos, je constate qu’aujourd’hui c’est la saint Tarieg (oui je sais, y’en a pas beaucoup par ici). Il naquit en Bretagne (Vè siècle) il en devint évêque après avoir suivi l’enseignement de Gweltaz. Il est le patron de la commune de Lannilis (29) et a laissé son nom à l’île Tariec. Enfin, c’est une île à la mode de Bretagne, on s’y rend à pied à marée basse. Tronçonnée dans la seconde moitié du 19ème siècle à la suite de causes naturelles (aidées par l’extraction du sable par l’homme ?) on distingue ile-tariegaujourd’hui la grande et la petite Tariec. A l’Ouest de l’île, on remarque un petit menhir, sans doute vestige d’un culte solaire. Lorsqu’on pose le menton sur le menhir, on peut voir le soleil se lever le matin du solstice d’été  exactement entre les pieds du dolmen de Guernevez, situé sur le continent. Pour ceux qui ne connaisse pas bien le coin; nous sommes en plein pays des abers entre l’aber Wrac’h et l’aber Benoist. Il s’agit d’une partie de la commune de Landéda, au large de la presqu’île de Sainte-Marguerite. Elle est composée de plusieurs parcelles appartenant à des particuliers. La plus grande partie appartenant à la famille Bihannic de Kerennoc. Les goémoniers possédaient des fours à goémon et y brûlaient le tali (algue brune) pour en faire de la soude. Il y a sur l’île les ruines d’une chapelle qui était entourée d’un cimetière abritant de nombreuses  sépultures de naufragés.

Allez, merci d’être passé, je m’aperçois que je n’ai pas entré assez de bois; j’y retourne. Portez vous bien et à bientôt peut-être.

Le style & la marnière…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

Amis de L’Espagne éternelle et de la Fabada Asturiana réunies, bonjour ! Nous sommes le Mercredi 06 janvier 2021 et, si j’en juge par mon calendrier républicain, cela correspond au 17è jour de Nivôse dédié à la marne. Rien à voir avec la Marne et ses taxis. On dit que la marne fut extraite comme marnièrematériau de construction dès que les outils en métal furent connus. On trouve (semble t-il) son origine dans le vieux gaulois Marga écrivait Alain Rey, mais aussi dans le breton merl, qui a donné par emprunt maërl. En néerlandais mergel, en allemand aussi Mergel (peut-être également Merkel). C’est amusant ça; depuis le temps qu’elle nous fait marner. Peut-être comme moi vous êtes vous interrogé un jour sur la raison qui poussait les paysans à conserver un arbre tout seul isolément au beau milieu d’un immense champ. Et bien, les anciennes marnières étaient souvent souterraines et disséminées. Après usage elles ont été rebouchées, leurs emplacements étant seulement repérés par des arbres; étonnant, non!

Et voila, je fais court car je tente, désespérément, de réparer un bug qui m’empêche d’intégrer les vidéos sur mes billets. Allez, merci d’être passé, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Je hais le Nouvel An…

Posté par erwandekeramoal dans HUMEUR, Non classé

Amis de la charité bien ordonnée et du café-cognac réunis, bonjour ! Nous sommes le Samedi 02 janvier 2020, treizième jour de nivôse dédié à l’ardoise, maen-glas en breton. On me dit que notre Préfet à la large caricaturecasquette (Lallement) n’a pas hésité à inscrire une citation de Léon Trotsky, fondateur de l’Armée rouge, sur la carte envoyée à ses relations pour leur souhaiter la bonne année: «Je suis profondément convaincu, et les corbeaux auront beau croasser, que nous créerons par nos efforts communs l’ordre nécessaire. Sachez seulement et souvenez-vous bien que, sans cela, la faillite et le naufrage sont inévitables ». Pour ma part, n’ayant pas trop le cœur à l’ouvrage, j’ai convoqué le camarade Gramsci pour vous parler du nouvel an…

« Chaque matin, à me réveiller encore sous la voûte céleste, je sens que c’est pour moi la nouvelle année. C’est pourquoi je hais ces nouvel an à échéance fixe qui font de la vie et de l’esprit humain une entreprise commerciale avec ses entrées et sorties en bonne et due forme, son bilan et son budget pour l’exercice à venir. Ils font perdre le sens de la continuité de la vie et de l’esprit. On finit par croire sérieusement que d’une année à l’autre existe une solution de continuité et que commence une nouvelle histoire, on fait des résolutions et l’on regrette Gramsci-2-ses erreurs etc. etc. C’est un travers des dates en général. On dit que la chronologie est l’ossature de l’Histoire; on peut l’admettre. Mais il faut admettre aussi qu’il y a quatre ou cinq dates fondamentales que toute personne bien élevée conserve fichée dans un coin de son cerveau et qui ont joué de vilains tours à l’Histoire. Elles aussi sont des nouvel an. Le nouvel an de l’Histoire romaine, ou du Moyen Âge, ou de l’Époque moderne. Et elles sont devenues tellement envahissantes et fossilisantes que nous nous surprenons nous-mêmes à penser gramsci-533x421quelquefois que la vie en Italie a commencé en 752, et que 1490 ou 1492 sont comme des montagnes que l’humanité a franchies d’un seul coup en se retrouvant dans un nouveau monde, en entrant dans une nouvelle vie. Ainsi la  date devient un obstacle, un parapet qui empêche de voir que l’histoire continue de se dérouler avec la même ligne fondamentale et inchangée, sans arrêts brusques, comme lorsque au cinéma la pellicule se déchire et laisse place à un intervalle de lumière éblouissante. Voilà pourquoi je déteste le Gramsci-3-nouvel an. Je veux que chaque matin soit pour moi une année nouvelle. Chaque jour je veux faire les comptes avec moi-même, et me renouveler chaque jour. Aucun jour prévu pour le repos. Les pauses je les choisis moi-même, quand je me sens ivre de vie intense et que je veux faire un plongeon dans l’animalité pour en retirer une vigueur nouvelle. Pas de ronds-de-cuir spirituels. Chaque heure de ma vie je la voudrais neuve, fût-ce en la rattachant à celles déjà parcourues. Pas de jour de jubilation aux rimes obligées collectives, à partager avec des étrangers qui ne m’intéressent pas. Parce qu’ont jubilé les grands-parents de nos grands parents etc., nous devrions nous aussi ressentir le besoin de la jubilation. Tout cela est écœurant. » (Antonio Gramsci, 1er janvier 1916 sur l’Avanti!, édition de Turin, rubrique « Sotto la Mole ») Traduit par Olivier Favier.

Voilà pour débuter l’année. Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

A la tienne Etienne…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

Amis de l’anarcho-syndicalisme et des roupettes à queue réunis, bonjour ! Nous sommes le Samedi 26 Décembre 2020, sixième jour de Nivôse dédié à la lave. Pourquoi est-ce que j’évoque les roupettes à queue? Ah oui, ça me roupette-à-queuerevient. Soyez indulgents, un lendemain de Noël. Donc, le 26 décembre, c’est la saint Etienne; et dans certaines régions, notamment en Bretagne, on dit Saint Etiole… J’y viens, j’y viens ! Mon aïeule qui, vous le savez maintenant, était une encyclopédie vivante en matière de dictons, avait l’habitude de répéter: S’il pleut à saint Etiole, il n’est pas de badioles. Or, les badioles se sont ces petites cerises que l’on trouve dans l’Ouest et qui, mélangées à l’eau de vie, donnent les fameuses roupettes à queue. Voila pourquoi vous me surprenez, en ce lendemain de fête, à vous parler de badioles. D’ailleurs, pour les sceptiques, en Gallo, le mot Badiolet désigne une confiture de cerises. Étonnant, non !

https://youtu.be/N2sNcfD4nYI

Bien sur je vous souhaite à tous, amis lecteurs, d’excellentes fêtes de fin d’année et je vous adresse tous mes vœux en breton. Les ayatollahs de la bretonnitude me pardonneront d’utiliser une orthographe qui, me dit-on, n’anedeleg-laouenn-300x225 plus court. Je n’ai rien trouvé d’autre qu’une photo de ma fiancée sur les remparts enneigés de Saint-Malo; c’est un peu kitch je le reconnais. Au moment où s’achève cette année je constate que vous êtes chaque jour plus nombreux à suivre quotidiennement les vêpres libertaires du cénobite et j’avoue que c’est réconfortant. N’hésitez pas à inviter vos amis à passer faire un tour, c’est ouvert même pendant les vacances. A vrai dire, j’ai deux douzaines de Belon qui attendent sagement dans leur goémon que je veuille bien m’en occuper.

Allez, supportez vous bien avant le reconfinement et à bientôt peut-être.