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Hommage au coucou de Claviers

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

Amis de la Breizattitude et du bigorneau poivré réunis, bonjour! Nous voici rendu au Jeudi 02 août 2018, quinzième jour de Thermidor dédié à la brebis… Il y a quelques années à cette époque ci,  (ses obsèques eurent lieu le 1er Août 2011) le monde des blogueurs humanistes était à la peine, en effet, le coucou de Claviers nous quittait. Chacun appréciait ses billets, ses rébus, ses analyses et ses appréciations toujours pleines de sagesse et de subtilité. La blogosphère est trop souvent emplie de néant et de médiocrité pour ne pas regretter ce billettiste de talent. Salut à toi l’artiste. En guise de te Deum, « joli coucou » interprété par les frères Morvan accompagnés par Red Cardell.

Allez bonnes vacances si c’est le cas; portez vous bien et à bientôt peut-être.

Tu parles d’un savon…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

Amis de l’utilitarisme et du savon de Marseille réunis, bonjour ! Nous sommes le Lundi 30 Juillet 2018, douzième jour de Thermidor 290px-Salicornia_europaea-150x150que nos amis républicains avaient dédié à la salicorne dans leur calendrier. Abondantes sur nos côtes, ses pousses tendres sont comestibles. Confites dans du vinaigre, elles sont consommées comme hors d’œuvre, mon aïeule, qui avait une vision très personnelle de la gastronomie, en mettait dans l’omelette ou dans ses salades. On peut aussi les préparer comme des haricots verts, c’est vous qui voyez.

Cela m’évoque la mer et pour moi, la mer, c’est quelque part entre Le Flimiou et la baie des trépassés en passant par Beuzec-conq, Brézellec et la roche jaune… Pour les non-initiés, cela se situe dans le Finistère Sud entre Douarnenez et la pointe du Raz. En pouce-piedtous cas, c’est là que nous allions « cueillir » plutôt que pêcher, les fameux pouces-pieds qui aujourd’hui ont quasiment disparus de nos assiettes sauf pour quelques espagnols chanceux et/ou roublards… Quand à la salicorne, on s’en sert encore pour produire de la soude végétale, qui était autrefois utilisée pour la fabrication du savon et qui entre encore aujourd’hui dans la composition du fameux savon d’Alep.

Aujourd’hui à Alep, se sont les habitants qui sont en train de se faire passer un sévère savon par ce bon Bachar al Assad et ses sbires; et les membres du Conseil de sécurité de l’ONU s’en lavent les mains au savon noir. Admirez l’enchaînement. En effet, la savon-noirsoude végétale est aussi présente dans le non moins fameux savon noir Le Briochin, inventé au début du siècle dernier par un certain Raoul Renaud, marchand cirier en Côtes-du-Nord. Aujourd’hui on dit Côtes-d’Armor, ça fait plus chic… On dit encore que la soude servant à la production de verre, provenait de la combustion de la salicorne. Aussi, au 14e siècle, on raconte que les verriers déplaçaient leurs ateliers en fonction des zones de pousse de cette plante herbacée si étroitement liée à leur métier.

Et voilà pour aujourd’hui; en attendant la suite, portez vous bien et à demain peut-être.

L’herbe de la St-Jean…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

Amis du rêve éveillé et de la potée bretonne réunis, bonjour ! Nous sommes le Mercredi 25 juillet de l’an de grâce 2018. Ce jour correspond au 7è de thermidor dédié à l’armoise, plante de la famille des astéracées dites armoiseArtémisia du nom de la déesse (remarquez que je vous épargne le jeu de mots sur l’armoise normande). Les Aztèques et autres indiens des Amériques utilisaient l’armoise pour des rituels et la médecine. Depuis les époques reculées en Europe l’herbe était un remède contre la fatigue et pour protéger les voyageurs contre les mauvais esprits et les animaux sauvages. Les indiens utilisent l’armoise toujours comme ‘sauge’. Ils utilisent l’herbe pour la purification spirituelle, pour chasser des mauvais esprits et des énergies négatives.

En Chine, des faisceaux de feuilles de Calamus avec l’armoise sont toujours utilisées comme talisman pendant le festival des bateaux dragon. On dit que l’armoise est utile pour l’induction de rêves lucides et du voyage astral. Fumer ou consommer de l’armoise sous forme de plante ou en ph-Armoise-biolandes-1229957978-300x199solution avant de dormir pourrait intensifier les rêves ou leur contrôle et aider à s’en souvenir. Au Mexique, l’herbe est souvent fumée comme substitut de la marijuana. Mon aïeule, que décidément rien n’arrêtait, s’en faisait une ceinture avant de nous emmener caracoler autour du feu de la St Jean.Avant l’extinction du feu il fallait y jeter la ceinture afin de se protéger de tout un tas de tourments durant l’année à venir. D’où son nom d’herbe de la st Jean.

Si l’on en croit Albert le Grand, dans ses conseils aux pèlerins, il convenait de s’en faire une ceinture en marchant et ensuite la faire cuire pour s’en laver les pieds. Ainsi on ne se fatigue jamais; il reprendpétard ainsi les conseils déjà prodigué par Pline l’ancien aux voyageurs… Ci-dessus à gauche: cueillette d’armoise au Maroc. On dit que les coureurs de marathons enduisaient les semelles de leurs sandales de suc d’armoise pour se donner « des ailes aux talons ». Et puis tiens, puisqu’on en est aux confidences, savez vous que le nom de la ville de Tchernobyl (de sinistre mémoire) ou plutôt чорнобиль (tchornobylj) en ukrainien, désigne l’armoise, en particulier l’armoise ordinaire (Artemisia vulgaris). Il vient de tchorno = noir et bylj = herbe. Ces « herbes noires » sont très communes dans les steppes, où elles finissent pas se casser et par rouler sur de longues distances. Étonnant, non !

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

Happy birthday…

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Amis de la pensée libertaire et de la tisane réunies, bonjour ! Nous voici le Vendredi 20 juillet 2018 c’est à dire le 02 de thermidor qui est comme chacun le sait le jour du bouillon-blanc. C’est une plante appelée Molène (rien à voir avec notre ile du ponant). La molène est sans doute l’une des plus anciennes plantes médicinales au monde. Le bouillon-blanc porte d’autres noms populaires : herbe de saint Fiacre, cierge de Notre-Dame, fleur de grand chandelier, bonhomme, oreille de saint Cloud, queue de Molèneloup ou encore herba luminaria… La métaphore avec la queue du loup se retrouve dans l’espagnol gordolobo, mot à mot gros loup, en fait déformation du latin populaire coda lupi « queue de loup ». Au Québec, elle est aussi appelée tabac du diable et bonhomme. Ses fleurs entrent dans la composition de la célèbre tisane des 4 fleurs utilisée de longue date et de nos jours encore. En fait on devrait dire des sept fleurs: mauve, guimauve, gnaphale, tussilage, coquelicot,violette et bouillon-blanc. Le bouillon-blanc seul en infusion est également réputé pour résorber les petites irritations anales. Bon, maintenant, je dis cela mais il n’est, en aucune manière, dans mes intentions d’entrer dans votre intimité. Alors, ça vous chatouille ou ça vous gratouille ? Le 20 juillet c’est aussi l’anniversaire de mon grand qui le fêtera là bas de l’autre côté de la Manche et à qui j’adresse tous mes voeux evel just. Il est né le même jour que Bony B. célèbre joueur d’harmonica et chanteur de blues.

Voilà pour aujourd’hui, en attendant une suite, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Une histoire de fou(t)…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

Amis du petit patrimoine et du riz au lait réunis, bonjour ! Nous sommes le Mercredi 18 juillet 2018 c’est à dire le 30 de messidor etchalemie 2 c’est le jour de la chalemie. Il s’agit d’un ancêtre de la bombarde et du hautbois que l’on jouait généralement accompagné d’une cornemuse. La folie foutebalistique s’est un peu calmée, les hordes de Schtroumpfs avinés ont regagné leur canapé, Macron 1er a gagné en finale et le tour de France aborde la montagne.

Tiens, à propos de montagne, en Bretagne c’est la saint Tivizio, qui a laissé son nom à Landivisiau (oui je sais, cela n’a rien à voir…). Si vous passez dans le coin en vous rendant aux «vieilles charrues», vous pourrez admirer une très jolie fontaine qui lui est dédié. A 50 m de l’église, la ruelle Saint-Thivisiau, à droite de la place, débouche sur la fontaine de dévotion. A la tête de la fontaine 10 panneaux sculptés en kersanton de style gothique sont encastrés dans le mur lavoir & fontaineet on peut les admirer de près. Mais ils gardent le secret de leur origine. L’un représente un ange tenant un écusson pour la moitié Tournemine et l’hypothèse que l’on rencontre le plus couramment est celle de fragments provenant du tombeau de François de Tournemine, seigneur de Coatmeur et de sa femme Renée de Saint-Amadour et datant du XVIème. Sur les autres on y voit des moines et des nonnes en prière. La source alimente aujourd’hui trois grands bassins servant d’ornement à une place coquette, et un lavoir public. Les mères recommandaient leurs bébés au saint patron réputé agir contre le rachitisme: ou elles déposaient quelques vêtements de l’enfant ou elles habillaient la statue d’habits neufs. Les jeunes gens venaient consulter saint Thivisiau pour leur mariage: une épingle en bois retirée discrètement du corsage de la jeune fille et jetée dans la fontaine indiquait si la fiancée était vertueuse.

C’est quand même autrement plus passionnant que de savoir si la main de Maradona était guidée par Dieu ou pas. Allez, bel été, portez vous bien et à bientôt peut-être.

La radio de l’été.

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

Amis de l’émancipation féminine et de la potée bretonne réunies, bonjour ! Nous sommes le Vendredi 06 Juillet 2018, 18è jour de Messidor dédié à la Gesse… Et, chacun le sait, c’est la gesse qui compte !

Comme chaque année, je répond à l’appel des ondes et de Lolobobo réunis en participant à :La radio de l’été des blogueurs  radio de l'étéhttps://www.fenetres.gen2box.com/2018/06/21/la-radio-des-blogueurs-saison-9/.Voici une chanson qui pour moi représente le mieux, l’été, le soleil, la plage. C’est une version de « The girl from Ipanema » que l’on doit au célèbrissime Vinicius da Moraès et que vous allez reconnaître dès les premières notes. La chanteuse c’est Astrud Joao, la propre femme de Gilberto Joao le roi de la Bossa.

https://youtu.be/UJkxFhFRFDA

Le sax c’est celui de Stan GETZ. En 1962,il découvre le Brésil et la stan-getz Gbossa nova. Il enregistre à New York en 1963 le fameux album Getz/Gilberto avec le « père » de la bossa nova, João Gilberto et aussi la participation de son épouse Astrud notamment dans une version du standard de Tom Jobim et Vinícius de Moraes : A Garota de Ipanema qui deviendra en anglais The Girl from Ipanema et sera la version de ce morceau la plus connue et la plus jouée sur les radios.

Allez, fin de l’envoi, je m’arrête là pour aujourd’hui car, comme le disait qui vous savez: La pâte à crêpe ça repose trois heures et le cénobite, bien plus…

Ar korn-butun…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

Amis de l’addictologie et du pétard mouillé réunis, bonjour ! Nous sommes le Mercredi 04 juillet 2018, 16è jour de Messidor dédié au tabac. Cette plante, que l’on prend dans ses doigts et qu’on roule fut introduite en France par André THEVET et non par Nicot comme on le pense souvent. Voici ce qu’il en dit dans son compte-rendu d’un voyage aux Amériques (1558): « Autre singularité d’une herbe qu’ils nomment en leur langue pétun, laquelle il porte ordinairement avec eux, pource THEVETqu’ils l’estiment merveilleusement profitable à plusieurs choses. Elle ressemble à notre buglosse. Or ils cueillent soigneusement ceste herbe et la font sécher à l’ombre dans leur petites cabanes. La manière d’en user est telle : ils l’enveloppent, estant seiche, quelque quantité de ceste herbe en une feuille de palmier qui est fort grande, et la roulent comme de la longueur d’une chandelle, puis mettent le feu par un bout, et en reçoivent la fumée par le nez et par la bouche. Elle est fort salubre, disent-ils, pour faire distiller et consummer les humeurs superflues du cerveau. Davantage, prise en cette façon, fait passer la faim et la soif pour quelque temps. Parquoi ils en usent ordinairement, même quand ils tiennent quelque propos entre eux, ils tirent cette fumée, et puis ils parlent…Vrai que si on en prend trop cette fumée ou parfum, elle entête et enivre, comme le fumet d’un fort vin. » Je m’en vais donc pétuner ma vieille pipe d’écume sans craindre qu’un voisin ne s’exclame comme dans Cyrano:  » Ca Monsieur, lorsque vous pétuner, la vapeur du tabac vous sort-elle du nez sans qu’un voisin ne crie au feu de cheminée ? ».

Thevet en ramènera des graines en France qu’il sèmera dans sa région natale d’Angoulême et baptisera la plante « herbe angoulmoisine ». Mais le terme aura moins de succès que « pétun », mot venant du tupi « petyma, petyn » qui sera largement indiensemployé en France et aux Antilles jusqu’au début du XVIIe siècle, époque où il sera évincé par « tabac », terme qui lui vient à travers l’espagnol, d’un mot haïtien, tabaco. Il est amusant de noter qu’en breton, tabac se dit butun et la pipe ar korn-butun. Quelques années plus tard, en 1560, Jean Nicot, ambassadeur de France au Portugal, envoie de la poudre de tabac à la reine Catherine de Médicis pour soigner les migraines de son fils. Le traitement a du succès et pour honorer Jean Nicot, le botaniste Delachamps donne officiellement à la plante le nom de « Nicotiana tabacum ». Cette usurpation rendra furieux Thevet « Depuis un qidam, qui ne fit jamais le voyage, quelque dix ans après que je fus de retour de ce pays, lui donna son nom ». Si Thevet fut indéniablement le premier à introduire le tabac en France, il ne fut pas le premier en Europe, puisque Hernandez l’avait introduit en Espagne dès 1520.

Je m’en vais donc pétuner bien qu’il soit un peu tôt et malgré les tarifs prohibitifs pratiquer par l’ État français. Allez, portez vous bien (si j’ose) et à bientôt peut-être.

Pour un bouquet de coriandre…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

Amis des droits de l’homme et de Gibraltar réunis, bonjour ! (des droits de Gibraltar ! Oui c’est très mauvais, je vous l’accorde…) Nous voici le Vendredi 29 juin 2018 c’est à dire le 11è jour du mois de Messidor, généralement consacré à la coriandre.

Je déteste la coriandre, je hais la coriandre, je milite pour l’éradication de la coriandre… Bon d’accord, les goûts et les couleurs cela ne prête pas à débat. Et pourtant, regardez, même les étymologistes se disputent à propos de l’origine du mot: Grecs pour les uns, de source Mycéenne pour les autres – Koriadnon, pour Ariane la fille de Minos – En Arabe le mot se dit Kuzbur, même si coriandredans l’Algérois on dit hachiche qui veut dire littéralement: Herbe. Mais, même bien  séchée, je vous déconseille de la fumer. La coriandre se marie très bien avec les carottes sous toutes les formes. Mais ça le fait aussi avec les patates.  Avec l’été venu, imaginez une petite salade de pommes de terre au cumin, légèrement citronnée et parsemée de coriandre; un vrai régal me dit-on. J’ai même ouï-dire que, la coriandre c’est comme le cochon, tout est bon de la feuille à la racine en passant par la fleur et la graine. On lui prête même des vertus antiseptiques dans les bains de bouche destinés à calmer les douleurs dentaires et ça…ça m’intéresse. Pour ceux qui s’intéressent à la littérature gastronomique, je leur conseille: Bouquet de coriandre, publié en 2007 et écrit par Rachel SAMOUL, un recueil de treize  nouvelles, où la coriandre joue un rôle essentiel. (complexe Eds)

Et voilà, je ne sais plus du tout de quoi je voulais vous entretenir; du coup je glisse une vidéo. Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Gaston, y’a le téléfon qui son…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

Amis de la démocratie référendaire et du poulet basquaise réunis, bonjour ! Nous sommes le Jeudi 28 juin 2018, dixième jour de Messidor dédié à la faucille et, normalement c’est l’été depuis la pluie est moins froidequelques jours… Oui, l’ ÉTÉ, en vieux françois: ESTÉ, du grec  aithein, qui signifiait « faire brûler » et qui a donné aithêr (éther) « ciel lumineux », « région supérieure de l’air ». Le fait que le mot été soit aujourd’hui un masculin est certainement dû aux autres noms de saison, tous masculins. La forme aestivus signifiant « de l’été », a donné en bas latin aestivalis, qui a donné estival qui à son tour à propos des fêtes de l’été a donné festival qui en bas-breton se dit vieilles charrues. Étonnant, non ! Mais que serait une faucille sans son marteau, hein !

Une fois que l’on a dit tout le bien que l’on pensait de ceux qui nous gouvernent; pesté contre les augmentations; vitupéré contre les brigands qui sont causes des guerres; accablé les mollahs, les rabbins, les curés, les pasteurs; asticoté les banquiers; étrillé les philosophes Germanopratins; asticoté les pseudo-socialistes; vilipendé les pollueurs; asticoté les patrons du CAC 40; blasphémé envers Allah, Jésus,Vishnu, leurs prophètes et tous les saints; dénoncé les républiques bananières; pleuré sur la retraite des vieux; récriminé la-justice-de-mon-pays; tergiversé sur la Bretagne terre d’accueil de la mafia française; regretté le bon vieux temps d’avant que c’était mieux… Que reste t-il pour alimenter un blogue qui se veut quotidien sinon la poésie. Celle-ci est de Gaston Couté, un gars du Loiret qui fit sourire Montmartre.

Bon guieu ! la sal’commune ! … A c’souèr,
Parsounne a voulu m’ar’cevouér
Pou’ que j’me gîte et que j’me cache
Dans la paille, à couté d’ses vaches,
Et, c’est poure ren qu’ j’ai tiré
L’cordon d’sounnette à ton curé
S’ment pas un quignon d’pain rassisGaston
A m’fourrer en travars d’la goule…
I’s l’gard’nt pour jiter à leu’s poules ;
Et, c’est pour çà qu’j'attends v’ni d’main
Au bas d’toué, su’ l’rabôrd du ch’min,
En haut du talus, sous l’vent d’bise, .
Qu’ébranl’ les grands bras d’ta crouéx grise…
Mais, tu t’en fous, toué, qu’i’ fass’ frouéd :
T’as l’cul, t’as l’coeur, t’as tout en boués !
Hé l’ Christ ! T’entends-t-y que j’te cause…
L’aut’e, el’vrai Christ ! el’bon j’teux d’sôrts
Qu’était si bon qu’il en est mort,
M’trouvant guerdillant à c’tte place,
M’aurait dit :  » Couch’ su’ma paillasse ! … « 
l’m'aurait dit :  » Coup’-toué du pain !Gn’en a du tout frés dans ma huche,
Pendant que j’vas t’tirer eun’cruche
De vin nouvieau à mon poinson ;
Mais, toué qu’les curés ont planté
Et qui trôn’ cheu les gens d’justice,
T’es ren ! …, qu’un mann’ quin au sarvice
Des rich’s qui t’mett’nt au coin d’leu’s biens
Pour fair’ peur aux moignieaux du ch’min
Christ ed’l'Eglis ! Christ ed’ la Loué,
Qu’as tout, d’partout, qu’as tout en boués ! …

Voila pour aujourd’hui, méditez, portez vous bien et à demain peut-être.

Sur les dunes de Keremma…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

Amis du marais poitevin et du p’tit salé aux lentilles réunis, bonjour ! Nous sommes le Samedi 23 juin 2018, cinquième jour de Messidor, habituellement dédié au mulet. Attention, pas le poisson hein. Non non, cette bonne vieille mule issue d’une jument trait mulassier poitevin et d’un baudet du Poitou, c’est la plus grande et la plus forte des mules. la mule du Poitou. Autrefois fleuron de la production mulassière française et reconnue dans le monde entier, elle a failli disparaître. Il y avait la mule du pape, voici celle du Poitou.

Chez nous en Bretagne armoricaine on fête les Gwentroc, sainte patronne de Tréflez (29), l’eau de sa chapelle guérit les rhumatismes me dit-on. La commune de Tréflez est située sur le littoral de la Manche, dans le Léon, dans la partie nord du département du Finistère. Son littoral plat borde la partie sud-est de la Baie de Goulven  anciennement dénommée aod sant C’houevrog en breton,  et est partiellement recouvert par les dunes de Keremma dont j’ai 220px-Goémonier_Keremmadéjà parlé ici. Le ramassage du goémon était très répandu par ici et donnait lieu à moult querelles de clochers. En effet, la collecte du goémon a suscité pendant des siècles de nombreuses querelles entre les habitants des paroisses littorales, comme l’écrit Antoine Favé : « Du Corréjou à l’anse de Kernic, nous sommes sur les lignes d’un littoral aussi fertile en discussions héroïques, en batteries classiques, en procès interminables, qu’en gros temps et mauvais temps. Les administrateurs, les juges, les agents vigilants de la douane et de la maréchaussée, furent bien souvent mis sur les dents par les disputes, maintes fois meurtrières, de Plounéour-Trez, Goulven, Tréflez, Plounévez-Lochrist, Cléder, au sujet des délimitations de territoires et de questions de propriété touchant cette question vitale de la récolte du goémon.

C’est bien connu, le léonard est querelleur et, le développement de l’idée républicaine va lui en fournir l’occasion. En 1850, le maire de Tréflez, Corre, un républicain, donna un grand coup de pied au recteur. L’Évêque jeta l’interdit sur l’église paroissiale et les fidèles 300px-SteGwentrogdurent se rendre dans les paroisses voisines pour assister aux offices religieux. En 1892 à Tréflez des hommes furent privés d’absolution, ayant commis un péché mortel selon le recteur, car ils avaient voté pour les républicains. Et la guéguerre va se prolonger: Le 9 janvier 1903, Segalen, vicaire à Tréflez, fait partie des 31 prêtres du diocèse de Quimper dont les traitements sont retenus par décision du gouvernement Combes « tant qu’ils ne feront pas emploi de la langue française dans leurs instructions et l’enseignement du catéchisme » car ils utilisaient le breton. Ma doue benniget ! Mais aussi, et cela est moins connuemma2, il y eut ici une tentative de Phalanstère sur les dunes de Treflez  en bordure de l’anse du Goulven. Un certain Louis Rousseau dans les années 1820 y créa une communauté, « la société rurale de Lannevez », sur un terrain sablonneux. Il y fit construire un manoir qu’il baptisa du nom de son épouse « Emma » que l’on voit ici à droite. Ainsi sont nées les dunes de Keremma. 300 hectares qui, exceptionnellement, sont restés en indivision depuis lors et qui voient chaque été, les descendants de la famille Rousseau se retrouver dans ces magnifiques maisons bourgeoises qu’ils ont fait fait ériger tout au long de la route entre Plouescat et Treflez et qui n’existent nulle part ailleurs.

Allez, on va en rester là pour aujourd’hui. En attendant un prochain billet, portez vous bien et à bientôt peut-être.