Vous lisez actuellement la catégorieNon classé

Page 1 de 133

C’est le jour de la Vertu…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

Amis du calendrier des postes et de la terrine de maquereau réunitriomphes, bonjour ! Nous sommes le Mardi 17 septembre 2019. Comme vous le savez, vous qui suivez ce blog depuis un moment, le calendrier républicain comportait 12 mois de trente jours, c’est à dire 360 jours. Il a donc fallu trouver cinq jours supplémentaires que nos amis avaient nommé les sans-culottides. Le 17 septembre fait partie de ceux là et porte le joli nom de : jour de la vertu… Force est de constater (en vérité, je déteste cette expression) que deux siècles plus tard, la vertu républicaine s’est un peu égarée en cours de chemin. Voyez cette estampe – Le triomphe de la Vertu Républicaine- que l’on doit à Louis Darcis (1801) et visible au musée Carnavalet.

Tout à fait autre chose.

Or donc, après les sans-culotte place aux bigots… Par chez nous, on fête les Urfold. Vous en connaissez des Urfold, vous ? D’après la tradition, il serait né à Landouzan sur la commune du Drennec (29) et aurait été formé à la vie religieuse au monastère d’Ack. Sa mère Riwanon était la sœur de Rivoaré, qui a donné son nom à la paroisse voisine, 300px-StUrfoldLanrivoaré (29). Urfold était l’oncle de Hervé, honoré à Lanhouarneau (29). Il vécut en solitaire, au VIe siècle, dans cette forêt de Dunan (du breton Doun : profond), qui s’étendait de Saint Renan à Plouvien et qui fut décimée, notamment pour construire à Brest la flotte de Louis XIV. A gauche: la chapelle St-Urfold à Bourg-Blanc (29) non loin de mon ermitage. Quand au pardon (fête locale) de St Urfold, il se déroule depuis bien longtemps le lundi de la Pentecôte : ce jour-là, la chapelle est très fréquentée. On y invoque Saint Urfold pour la guérison des rhumatismes. Dans le Finistère pittoresque M. Toscer écrivait à ce sujet : « Si vous voulez jouir d’un curieux coup d’œil, allez à Bourg-Blanc le jour du pardon de Saint Urfold, qui a lieu le lundi de PentecôtPardon_St_Urfold_01e. Les pèlerins passent et repassent sous cette arcade pour implorer la protection du saint. Ce n’est pas un spectacle ordinaire que le défilé de toutes ces personnes obligées de marcher sur les mains et sur les genoux, en raison du peu de hauteur laissée par l’ouverture du monument ; on ne saurait s’en offusquer quand on voit avec quelle conviction les dévots de St Urfold accomplissent cette partie du pèlerinage. »
 
Allez, merci de votre visite, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Faut reconnaitre, c’est du brutal !

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

Amis de l’esprit critique et des spiritueux réunis, bonjour ! Nous sommes le Mardi 10 septembre 2019, c’est le 24è jour de fructidor dédié au sorgho. Il y a longtemps de cela, une de mes connaissance d’origine chinoise m’a fait goûter au fameux Moutai. Le Moutai (prononcez Maotai) est un baiju, un spiritueux régional chinois. C’est un Moutaialcool confectionné à partir de sorgho. En Chine il sert lors des toasts portés à un invité de marque. Il peut titré jusqu’à 55 degrés c’est dire s’il « arrache » un tantinet… Mis à fermenter après avoir été broyé, humidifié, tassé, puis mis dans un bain d’eau, il produit cette « bière » qui va être ensuite distillée, pas moins de 7 fois en une année. Ce avant d’être enfin mise à vieillir en jarres en terre cuite enterrées pour des durées très variables de une à plusieurs années. Ensuite c’est le travail d’un assembleur (comme un masterblender de whisky) qui fera la différence en sélectionnant différentes « cuvées » pour réaliser son «blend ». C’est du fameux comme dans la célébrissime scène culte des tontons flingueurs.

Il y a un siècle, le Nord de la France connaissait des émeutes sévèrement réprimées (c’est Clemenceau, alors ministre de l’intérieur, qui fit donner la troupe). Un syndicaliste anarchiste, Benoist Broutchoux, animait une conférence au cours de laquelle il tenait des propos qui restent d’une étrange actualité. « Nous sommes affligés de consortiums de gros laitiers, de gros sucriers, de gros caféiers, du trust broutchoux comité de grèvemondial de la viande. (Ci-contre, au centre de la photo du comité de grève,) Des royautés industrielles sont établies sur les céréales, le coton, le pétrole, l’acier, les minerais divers, le caoutchouc, etc., etc. Il y a le Comité des houillères de France, le syndicat franco-allemand des cokes, le Comité des forges et aciéries, l’association internationale des maîtres de verrerie. La société textile Motte, de Roubaix, étend son exploitation jusqu’en Russie. Il y a aussi les monopoles privés de la navigation, des chemins de fer, du gaz, de l’électricité, des chûtes d’eau et les monopoles de l’Etat sur le tabac, les allumettes, etc. Au dessus de tout cela, trône le consortium des grandes banques, qui fait et défait les sociétés, lance les emprunts et organise les kraks, qui, en un mot, fait la pluie et le beau temps, suivant les caprices du Veau d’Or. » « …Il faut reconnaître que les petits commerçants ne sont pas responsables de la crise, broutchoux-droitecertains en sont victimes comme nous. Il faut voir plus loin que la place du marché et la devanture du boutiquier. [...] Les petits commerçants sont comme des tampons placés périlleusement entre les affamés et les affameurs. Regardons au-dessus d’eux, portons nos coups à la spéculation.» Benoît Broutchoux, anarcho-syndicaliste fondateur de la CGT dans le bassin minier du Nord Pas-de- Calais, défenseur avant l’heure de la libre maternité, s’illustra notamment pendant la grève qui suivit le « crime de Courrières » (un coup de grisou qui fit 1 101 morts à Courrières le 10 mars 1906). C’est lui qui va servir de modèle au personnage de Lantier dans Germinal. La vie de Broutchoux est relatée dans une excellente bande dessinée intitulée « Les aventures épatantes et véridiques de Benoît Broutchoux » (textes et dessins de Phil Casoar – textes et recherche historique de Stéphane Callens).

Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Cicéron m’était conté…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

Amis de l’humour noir et du lieu jaune réunis, bonjour ! Et bien voilà, ça n’a pas manqué, nous sommes le Lundi 19 MilletStock-1024x683août 2019. Dois-je préciser que c’est le deuxième jour de fructidor et que c’est le jour du millet… Pas une raison pour donner l’angélus (humour). Bien évidemment il se trouvera toujours un adepte de la pataphysique pour vous affirmer qu’en réalité le 19 Août 2019 correspond au Lundi 9 Phalle 146 – St Godemiché, économe – fête suprême quarte – dans leur propre calendrier.

Pour ceux qui s’imagine que l’austérigueur (oui, c’est un mot nouveau). Mon aïeule me disait qu’autrefois, c’est à dire avant y’a longtemps, si tu inventais un mot, tu le ciceróndéclarais à la mairie et tu recevais cinq sous… Donc, pour ceux qui pensent qu’il s’agit là d’une invention de nos dirigeants actuels, voici une petite citation digne d’intérêt.
Les finances publiques doivent être saines, le budget doit être équilibré, la dette publique doit être réduite, l’arrogance de l’administration doit être combattue et contrôlée, et l’aide aux pays étrangers doit être diminuée de peur que Rome ne tombe en faillite. La population doit encore apprendre à travailler au lieu de vivre de l’aide publique. (Cicéron – 55 avant Jésus Christ) Amusant, non !

Seulement voilà, après moult recherches, je n’ai trouvé aucune trace de cette citation chez notre ami Marcus Tullius Cicero à qui l’on doit le fameux: O tempora, o mores, et pour cause: En fait, la version originale, n’est pas en a-pillar-of-iron-195x300latin, mais en anglais et le bon Cicéron n’y est pour rien. C’ est extrait d’un ouvrage paru en 1965 (je précise, après Jésus-Christ): A pillar of iron (une colonne de fer)  l’auteure est une Américaine: Taylor Caldwell. Ce livre est un roman dont l’action se déroule dans la Rome antique, et Cicéron, revu et corrigé, à la sauce « made in USA », a les mêmes idées que les libéraux pur jus. Cette citation est très répandue aux États-Unis, et sur la toile, mais peut-être que les américains pensent que Cicéron est un homme politique américain ? Hé oui, O tempora, o mores ! Quelle époque, quelles mœurs !

Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être car je m’absente pour quelques jours.

Blue for you Johnny…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

Amis de la littérature romanesque et de la bouilliecarline d’avoine  réunies, bonjour ! Nous sommes le Jeudi 08 août 2019, 21è jour de thermidor dédié à la Carline. Ce matin du 08 semble à peu près aussi grisailleux que l’était le soir du 7 sur cette pointe du Finistère offerte aux vents de la mer d’Iroise. Or donc, c’est le jour de la Carline, ne cherchez pas, c’est une espèce de sorte de genre de chardon qui n’a guère d’autre utilité que d’occuper le temps du préposé aux écritures du jardin des plantes. A gauche la carline utilisée comme symbole solaire dans le Sud de l’Europe.

https://youtu.be/ktxGSpBDQ4Y

Il y a 70 ans disparaissait Johnny Dodds, immense saxophoniste de blues. Il était né dans le Mississippi, terre de blues, et il est mort à Chicago en 1940. Il a fait ses débuts dans l’orchestre de Papa Celestin en 1918 après Dodds -G-avoir joué avec King Oliver. En 1920 il arrive à Chicago et y restera jusqu’à la fin de ses jours. Le Créole Jazz Band de King Oliver utilisait Baby Dodds à la batterie et Bill Johnson à la basse pour ne citer qu’eux. Suite à une tournée en Californie en 1922, Louis Armstrong se joignit au groupe. Entre 25 & 27, johnny Dodds participera aux célèbres enregistrements Hot five de Louis Armstrong et Red Hot Peppers de Jelly Roll Morton qui compte sans doute parmi les plus importants de l’histoire du jazz. Dodds est décédé d’une embolie cérébrale et Sydney Bechet lui dédia un morceau Blue for you, Johnny.

Allez, la suite au prochain billet; en attendant, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Fada de Fado…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

Amis de la tristesse infinie et du bacalao réunis, bonjour ! Nous sommes le Mardi 23 juillet 2019, 5è jour de thermidor dédié au bélier. En breton on dit ar maout. Dans le Gouren (la lutte bretonne) le vainqueur reçoit comme récompense un bélier, symbole de force et de vaillance.

Tout à fait autre chose.

Le 23 juillet est le jour anniversaire de la naissance d’Amalia Rodrigues, chanteuse de fado qui évoque pour moi une tonne de souvenirs. Je me souviens d’une promenade à la fraîche dans les ruelles de l’Alfama, quartier de Lisbonne, et des échos d’une musique envoûtante émanant Amalia -D-d’un cabaret ténébreux et enfumé. Je venais de devenir fada du Fado. Les capitaines faisaient la révolution, un oeillet dans le canon du fusil et le peuple portugais découvrait avec ivresse les joies de la démocratie. Dès le lendemain je me mis en quête d’un disque d’Amalia Rodrigues.  Surnommée la reine du fado, c’est certainement la chanteuse qui a le plus popularisé le fado dans le monde. Elle a enregistré plus de 150 disques au cours de sa carrière. Elle était née dans le quartier de l’Alcântara et sera élevée par sa grand-mère maternelle à Lisbonne.

Lors de ses funérailles, des centaines de milliers de Lisboètes descendent dans les rues pour lui offrir un ultime hommage. Elle avait voulu que sa musique Grito soit chantée ce jour là. Elle est enterrée au 285dd30d54eefdb64c91bfa542367f5c--visit-portugal-wall-paintingscimetière des Prazeres, à Lisbonne. Quelques heures après le décès de la chanteuse, un journaliste portugais décrit ainsi l’ambiance générale : « C’est trop de douleur pour un si petit pays ». Suite à son décès, les partis politiques décident de suspendre le dernier jour de campagne électorale pour les législatives qui se déroulent cette année là. Tristesse partagée donc car, on l’apprendra plus tard, en dépit de ses liens avec le régime fasciste de Salazar, la chanteuse avait à cette époque donné beaucoup d’argent au parti communiste clandestin. Il n’y a plus qu’à attendre la mort de Mireille Mathieu pour que nos politiques se retirent…

Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

C’est l’heure de la tisane…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

Amis de l’aposiopèse et de l’huile de foie de morue réunies, bonjour ! Nous sommes le Samedi 20 juillet 2019, deuxième jour de thermidor dédié au bouillon-blanc. Une des plus anciennes plantes médicinales connues des apothicaires, herboristes et autres phytothérapeutes. Lbouillon blances fleurs séchées de molène, c’est le nom de l’espèce, entrent dans la composition de la célèbre tisane des « quatre fleurs » utilisée de longue date et de nos jours encore en cas de refroidissement et de toux. Cette tisane n’a en fait des « quatre fleurs » que le nom car en réalité, elle en comprend sept, mélangées à parts égales : mauve, guimauve, gnaphale, tussilage, coquelicot, violette et bouillon-blanc. Le bouillon-blanc seul en infusion est également réputé pour résorber les petites irritations anales. Alors, ça vous chatouille ou ça vous grattouille ?

Le 20 juillet c’est aussi l’anniversaire de mon grand qui le fêtera là bas de l’autre côté de la Manche et à qui j’adresse tous mes vœux evel just… Il est né le même jour que Bony B. célèbre joueur d’harmonica et chanteur de blues qui a vu le jour en 1974 sous un arbre sacrée le Bagnan. Il passe ses premières années sous le régime de Pol Pot. C’est pas de bol ! Les initiés reconnaitront un morceau de Muddy Waters.

Allez, le bonjour vous va, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Une p’tit’ pipe et au lit !

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

Amis de la pensée libre et des tagliatelles carbonara réunies, bonjour ! Nous sommes le Jeudi 04 Juillet 2019, seizième jour de messidor lanvallay_6consacré au tabac. Par ici on fête les Balae: disciple de Gwenolé au VIe siècle, à l’abbaye de Landévennec. Il a laissé son nom aux communes de Ploubalay & Lanvallay.  « Lann Balae » deviendra « Lann Valay » par évolution du langage courant avec notamment la prononciation des « B » en « V » derrière une consonne, transformation caractéristique de la langue bretonne.

Or donc, le tabac: Cette plante, que l’on prend dans ses doigts et qu’on roule fut introduite en France par André Thevet et non par Nicot comme on le pense souvent. Voici ce qu’il en dit dans son compte-rendu d’un voyage aux Amériques (1558): « Autre singularité d’une herbe qu’ils nomment en leur langue pétun, laquelle il porte ordinairement avec eux, pource qu’ils l’estiment merveilleusement femme à pipeprofitable à plusieurs choses. Elle ressemble à notre buglosse. Or ils cueillent soigneusement ceste herbe et la font sécher à l’ombre dans leur petites cabanes. La manière d’en user est telle : ils l’enveloppent, estant seiche, quelque quantité de ceste herbe en une feuille de palmier qui est fort grande, et la roulent comme de la longueur d’une chandelle, puis mettent le feu par un bout, et en reçoivent la fumée par le nez et par la bouche. Elle est fort salubre, disent-ils, pour faire distiller et consummer les humeurs superflues du cerveau. Davantage, prise en cette façon, fait passer la faim et la soif pour quelque temps. Parquoi ils en usent ordinairement, même quand ils tiennent quelque propos entre eux, ils tirent cette fumée, et puis ils parlent…Vrai que si on en prend trop cette fumée ou parfum, elle entête et enivre, comme le fumet d’un fort vin. » Thevet en ramènera des graines en France qu’il sèmera dans sa région natale d’Angoulême et baptisera la plante « herbe angoulmoisine ». Mais le terme aura moins de succès que « pétun », mot venant du tupi « petyma, petyn » qui sera largement employé en France et aux Antilles jusqu’au début du XVIIe siècle, époque où il sera évincé par « tabac », terme qui lui, vient à travers l’espagnol, d’un mot haïtien, tabaco. Il est amusant de noter qu’en breton, tabac se dit butun et la pipe ar korn-butun.

Je m’en vais donc pétuner ma vieille pipe d’écume sans craindre qu’un voisin ne s’exclame comme dans Cyrano:  » Ça Monsieur, lorsque vous pétuner, la vapeur du tabac vous sort-elle du nez sans qu’un voisin ne crie au feu de cheminée ? ». Allez, merci d’être passé, portez vous bien et à bientôt peut-être.

D’un côté ou de l’autre…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

Amis de la petite reine et du roidec réunis, bonjour ! Nous sommes le Mercredi 03 Juillet 2019 qui correspond au quinzième jour de Messidor dans le calendrier républicain, jour dédié au chamois (comme c’est izard). Et nous fêtons les Diboan, célèbre également sous le nom de Tu pe Dudiboan-276x300 (littéralement : d’un côté ou de l’autre), Diboan ( sans douleur ) est souvent invoqué pour les maux et les cas désespérés; c’est vous dire si il a de l’ouvrage. Pourquoi d’un côté ou de l’autre ? Peut-être parce que ceux qui l’invoquaient lui demandaient la fin de leurs maux par guérison ou par décès, ce qui est la manière la plus définitive de faire cesser la douleur… Ce saint des dernières extrémités peut être consulté dans l’église de Gouézec (29) ou se tient une de ses statues; certes moins imposante que celle-ci érigée dans la vallée des saints à Carnoët par Olivier Lévêque que l’on voit ici à l’œuvre.

Allez, bonnes vacances à tous, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

Amis de l’oxymore et du pâté en croûte réunis, bonjour ! Nous sommes le Dimanche 16 juin 2019, 28è jour de prairial dédié au thym. Et le dimanche, le cénobite se la coule douce…

relache-628x250

ça vous gratouille ou ça vous chatouille …

Posté par erwandekeramoal dans Non classé, TRADITION

Amis de la pédagogie active et du gros-lait réunis, bonjour ! Nous sommes donc le Mercredi 12 juin 2019, 24è jour de prairial dédié au gaillet, encore surnommé le caille-lait. On dit que cette plante possède une enzyme qui permet au lait de cailler. Mais d’une manière générale, on la considère comme de la mauvaise herbe. Le gaillet gratteron estsphynx-caille-lait assez connu car il a la particularité de s’accrocher à tout ce qui passe à sa portée. Mon aïeule, qui se targuait d’en connaître un rayon en plante médicinale, en faisait une sorte de pommade qui était censée lutter contre les irritations. 100G de cette plante, 50g d’écorce d’orme, 500g de saindoux et vous faites chauffer en tournant sans cesse. Regardez cette jolie photo, il s’agit d’un papillon que l’on nomme le sphynx du caille-lait. Étonnant, non !

https://youtu.be/nq6p_-p2Bs0

Bon, allez, une petite pensée pour ceux à qui des parents inconscients ont donné le prénom de Gourhan que l’on célèbre le 12 juin. Vivant probablement au 9e siècle, éponyme de Plourhan et de Saint-Thurien. Oui je sais, c’est assez compliqué mais, si l’on en croit Albert Dehayes,  Gourhan est l’éponyme présumé de Plourhan (22), Plorhan, mais aussi de Saint-Thurien (29),  et de Saint-Ethurien en Plounévez-Moëdec (22), henri le Sauxdans le voisinage duquel existe un lieu-dit Méné-Sant-Ourhen. Son nom est issu par spirantisation (modification phonétique) de l’anthroponyme ancien Uurgen composé de uur « Homme » et de gen « naissance, famille ». Hourchan a cédé sa place à Thurien au fil des siècles; ainsi on rencontre les appellations suivantes : Sainctourchan (en 1278), Sainct Tourhan (en 1599), Sainct Tourhan (1599), Saint Thurien (en 1669). Bref, une mère n’y retrouverait pas ses petits. En tout état de cause, Gourhan était probablement un de ces sadhus (du sanskrit sādhu, « homme de bien, saint homme ») bretons que le petit peuple et l’église romaine réunis ont fait saint. Il devait ressembler à ce bénédictin breton Henri Le Saux (qui adopta le nom indien de Abhishiktananda) et qui contribua beaucoup au dialogue entre le christianisme et l’hindouisme. Voilà pourquoi, madame Michu, il y a plus de saints en Bretagne que de jours dans l’année et d’îles dans le golfe du Morbihan.

Allez, merci à vous, portez vous bien et à bientôt peut-être.