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A la saint Goustan, le cénobite s’détend…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

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Amis du positivisme et du lapin de garenne réunis, bonjour ! Nous sommes le Lundi 27 novembre 2017 et en ce 7è jour de frimaire, nous saluons le chou-fleur qui est un peu le légume emblématique du Léon (Finistère nord). Choux Cabu, Chou-fleur, Chou de Milan , Chou à grosses côtes, petit Chou cœur de bœuf, etc. Cette crucifère comporte pas moins de deux cent variétés, certaines locales, toutes cependant étaient travaillées en cuisine, car ceFILLE-D-OUVIER-AGRICOLE-JAMES-GUTRIE-1859-1930-ÉCOSSAIS-253x300 légume a permis depuis la plus haute antiquité aux citoyens de ce monde de manger et quelques fois survivre aux famines, facile à cultiver dans pratiquement tous les types de terres, et dans les climats les plus rudes , se conservant longtemps après la cueillette, il fut presque déifié par les Égyptiens et par les peuples de toutes les religions et origines du bassin méditerranéen. Chanté par Caton, couronné de toutes les vertus, il n’y a qu’ Apicius pour lui trouver des défauts. Oui, osons le dire, le chou-fleur est au Léon ce que la bêtise est à Cambrai, Tristan à Iseult, Castor à Pollux et la Dedion-Bouton à la bande à Bonnot (joli tableau de James Guthrie – peintre écossais)

https://youtu.be/HxrH6iA0MrA

C’est aussi, le jour ou jamais de célébrer les Goustan, tous les Goustan, et pas seulement le gros des Goustan (humour). Le saint homme est né en Cornouailles britannique en 974. Sant Sten, en breton, tient son nom de l’étain et il a laissé son nom à Saint-Goustan, le très joli petit port d’Auray (56).  A 18 ans, Goustan ou Gulstan est enlevé par des pirates et au cours d’un de leurs voyages, se blesse au pied. Abandonné sur l’île d’Ossa ( peut-être ob_6ec2e1_goustan-diminueOuessant, enez Eussa, mais plus probablement l’île d’Hoëdic), il doit son salut, d’abord à la Providence qui lui fournit des poissons, ensuite à Saint Félix qui le soigne puis le convertit au christianisme et le v’la radicalisé. Saint-Goustan est souvent représenté avec un poisson à la main; c’est l’illustration de la légende qui l’entoure. Blessé sur son île, il se serait contenté seulement d’une portion d’un gros poisson, en gardant pour le lendemain. Et chaque jour, le poisson se recomposait totalement. Mon aïeule, qui connaissait autant les cantiques que les chansons à boire, me récitait cette ronde chantée par les femmes des marins du Croisic : « Saint Goustan, notre ami, ramenez nos maris. Saint Goustan, notre amant, ramenez nos parents » étonnant, non ! Bien évidemment il est visible dans la vallée des saints (Carnoët) grâce aux burins de Kito.

Allez, merci d’être passé par ici, portez vous bien et à demain peut-être…

And, the winner is: Gwezennec…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

Amis de l’eudémonisme* et de la salade niçoise réunis, bonjour ! Nous sommes le Mardi 14 novembre 2017, 24è jour de Brumaire dédié à l’orange. Tiens, par chez nous aujourd’hui, on célèbre (ou pas) les Gwézhenec. le nom dérive du vieux breton uuethen, guethen, « combat », et admet pour acception « combattant ». En goas-vilinic-300x204Cornwall, il est honoré sous la forme Gwethenoc. Il a laissé son nom à la charmante commune de Kemper-Guézennec (22) où j’ai résidé durant quelques années et qui offrait aux navigateurs du coin l’abri de Goas Vilinic (ici en photo). La paroisse fut fondée donc par le moine Gwezennec. Elle aurait été cédée par l’abbé de Beauport à l’évêque et au chapitre de Tréguier par les moines en juin 1202. 

Un seigneur du nom de Guehenoc de Kemper est mentionné en 1235 dans une enquête concernant les droits de Henri d’Avaugour. Il existe une châtellenie de Quemper Gueheneuc et Pontreu dès 1405 (lettres de Jean V, n° 33). Quemper Gueheneuc est cité comme paroisse en 1426. Devenue Quemper-Guézennec , elle a, sous l’Ancien Régime, pour succursales : Saint-Clet et Notre-Dame des Fontaines. Or donc, notre saint homme était fils du fameux Fragan,LOCO-300x200 déjà évoqué ici et de Gwen sa maman; ce qui en fait ipso-facto le frère de St Gwénolé et de saint Jacut qui, comme vous le savez vous qui suivez régulièrement les chroniques du cénobite, devinrent tous deux disciples de Saint Budoc qui les emmena en Bretagne armoricaine lors de l’exode des chrétiens (Vè s.). Kemper-Guézennec est donc longé par le Trieux, magnifique rivière à truites, mais aussi par la ligne de chemin de fer qui relie Pontrieux à Paimpol et qui voit tous les étés rugir et fumer une vieille loco vapeur.
Elève de Beuzeg sur l’île Lavreg, près de Bréhat, il fonde avec Yagu une petite communauté à Landoac, aujourd’hui Landouar en Saint-Jacut-de-la-Mer (22). Ce saint serait mort vers 530.

Allez, voila pour aujourd’hui, portez vous bien et à demain peut-être. Ah oui, j’oubliais: *L’eudémonisme (du grec eudemonia, heureux) est un courant de la philosophie morale qui prône le bonheur comme fin suprême de l’existence humaine, joli programme, non !

Tremeur, l’homme sans tête…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS, TRADITION

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Amis des contes et légendes et du lait ribot réunis, bonjour! Nous sommes le Mercredi 08 novembre 2017, 18è jour de brumaire dédié à dentelairela dentelaire… J’en ferai bien une décoction car elle est censée soigner les rhumatismes. J’imagine que peu vous chaut l’état de santé de l’auteur, il n’empêche qu’il souffre le martyre à cause d’une vieille douleur rhumatismale entre les doigts de pieds. Pour un retraité qui rêvait de les avoir en éventail, avouez que c’est un comble!

C‘est aujourd’hui la Saint Tremeur; encore un drôle de paroissien que la ferveur populaire a fait saint… Ernest du Laurens de la Barre lui a consacré un conte, Tremeur l’homme sans tête, que l’on retrouve dans un de ses écrits publié en 1879 Les fantômes Bretons et qui débute comme ceci :

« C’est le conteur lui-même qui va parler devant vous. Je l’ai connu jadis à Poullaouen, où il cumulait les emplois fort disparates de tailleur et de bedeau ; de plus on le disait lettré pour un sonneur de cloches, vu que, dans ses récits, il aimait à citer des noms mythologiques. Il racontait, tout en réparant des soutanes, et, comme bedeau, se donnait des airs de sermonneur. Puis, mettant la bride sur le cou à sa verve comique, le tailleur risquait des détails saint tremeurque le pieux bedeau eût pu désavouer. C’était un conteur en partie double. Son excuse est dans la naïve morale qu’il essayait de répandre au milieu de ses tableaux fantastiques. … Il y avait autrefois, du côté de Plouguer, là-bas, sur le bord de l’Aulne, au-dessous de Carhaix, un village habité par des païens qui adoraient des dieux, des demi-dieux, des déesses, des diablesses, et un tas de vilaines choses. J’ai entendu dire par des savants que leurs chefs s’appelaient Druides. C’étaient des magiciens ou sorciers qui, pour savoir l’avenir, coupaient du gui sur les chênes avec des faucilles d’or. » vous trouverez la suite sur Laurens de la Barre.  

Avec Souvestre, Sébillot et Luzel, laurens de la Barre fut l’un des précurseurs de la collecte de la matière bretonne. Les contes et légendes qu’il rassembla, notamment dans les monts d’Arrée, eurent menhirautant de succès que ceux d’Anatole le Braz quelques décennies plus tard. La plupart de ces auteurs, à l’instar de De la Villemarqué, et son Barzaz-Breiz, vont contribuer à ancrer dans l’esprit du petit peuple, l’image d’une Bretagne soumise, chrétienne et réactionnaire. Déguignet, auteur des mémoires d’un paysan bas-breton, dont je vous ai parlé ici, les traitera de « monarchisto-nationalisto-cléricafards bretons » et ajoutera: « Les conteurs se sont moqué des savants… pour un verre d’eau-de-vie, conteurs et conteuses inventaient des légendes issues de leur seule imagination ».

Et voila pourquoi votre sœur est muette et notre saint a perdu la tête ! Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Alar, Eloi, Aloue, c’est kif-kif…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

Amis de la propédeutique et de la crêpe Suzette réunies, bonjour ! Nous sommes le Jeudi  26 octobre 2017, 5è jour de brumaire dédié à l’oie…Tandis qu’en Bretagne on célèbre saint Alar. Enfin, c’est pas une obligation non plus, hein !

Nous ne savons pas grand chose de la vie du bonhomme dont le culte était pourtant si répandu en Finistère. (pourquoi en faire un billet alors ? Oui, bon, soyez pas désagréable non plus…) Je poursuis, or donc, il aurait été le troisième évêque de Quimper St Alar bois vernisuccédant à Corentin et Connogan. Il a laissé son nom à la très jolie vallée du Stangala près de Quimper ainsi qu’à un petit val qui accueille le magnifique jardin botanique de Brest: le Stang-Alar. Il fut très populaire comme protecteur des chevaux quand bien même le nom laisse supposer qu’il s’agissait à l’origine d’un saint protecteur des alevins et des alevineurs (an alaer signifie « l’alevineur » en breton) en raison de la proximité de son nom avec celui-ci. Ce n’est que par la suite qu’il est devenu le saint patron des poulains, et par extension, des chevaux. Mais il fut invoqué aussi pour obtenir de la pluie… Non mais vous imaginez cela… Prier pour qu’il pleuve en Finistère !

Voici ce que l’on pouvait lire dans «Bulletin de la Commission diocésaine d’architecture et d’archéologie, 1901-1910»:  Notre-Dame du Drénec est invoquée pour l’obtention d’un beau temps favorable à la moisson; Alar, patron d’Ergué-Armel (29), au contraire a pour mission d’obtenir de Dieu la pluie bienfaisante qui met fin aux sécheresses excessives…  En 1884, ce fut au tour des paroissiens AloueAloue-1de Clohars-Fouesnant de se rendre à Ergué-Armel aux pieds de saint Alar. Leurs prières furent écoutées et promptement exaucées : le soir même de ce pèlerinage à saint Alar, la pluie, depuis si longtemps désirée, ne cessa de tomber pendant toute la nuit suivante. On rapporte que le saint homme, poursuivit par des brigands arriva à la pointe du Griffonez qui surplombe l’Odet d’une grande hauteur. Sur le point d’être rejoint, il fit un signe de croix et s’élança dans le vide et, d’un bond prodigieux il atterrit sur l’autre rive en kerfeunteun. Étonnant, non ! Peu à peu Saint Alar s’éclipsa au profit de Saint Éloi pour se confondre avec ce dernier dans la croyance populaire. Rappelons néanmoins que le bon Saint Éloi, en mission de paix pour le roi Dagobert rencontra le roi breton Judicaël, deux siècles après la mort de Saint Alar; mais bon, on va pas chipoter. Alar, Eloi, Aloue, c’est sous ce dernier nom qu’il est représenté dans la fameuse vallée des saints grace au burin de Olivier lévêque (ça ne s’invente pas !)

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

Enora pro nobis…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

Amis de la cavalerie légère et du coco paimpolais réunis, bonjour ! Nous sommes le Samedi 14 octobre 2017, 23è jour de vendémiaire dédié au navet.

En Bretagne armoricaine on célèbre (ou pas) les Enora. On raconte que son père l’ayant forcée à épouser Efflam, elle refuse, d’accorstatued avec lui, de mener vie commune. Néanmoins, ils se marièrent, ils n’eurent pas beaucoup d’enfants car ils vécurent comme frère et sœur tout au long de leur vie. On peut voir sa statue dans l’église de Plestin (Finistère) et dans la chapelle de Trézeny. La légende raconte qu’Enora, la chaste épouse de Saint-Efflam, partie à sa recherche en Armorique, vit son esquif de cuir (les fameux curraghs) échouer dans la baie de la Vierge, retenu par les pierres en fermant l’entrée à marée descendante. Un monastère fut dès lors fondé à cet endroit. Il n’y subsistera que du 5ème au 8ème siècle et fut sans doute à l’origine d’une légende qui voulait que le Yaudet fut le premier évêché, éphémère, du Trégor. Enora est la patronne des nourrices, aujourd’hui on dit assistantes maternelles, ça fait plus chic…

Quand à Efflam, oyez ce qu’en dit Albert le Grand : «  … nôtre Saint, avec sa compagnie, passa la mer & vint heureusement surgir à la coste de la Bretagne Armorique, en la baye de sable, qui est entre Toul Efflam & Loc-Mikel, dite communement la lieue de gréve, en la paroisse de saint-efflam-saintPlestin, & leur vaisseau s’arresta vis-à-vis d’un grand roc, qui est au milieu de la gréve (en terre neanmoins), nommé Hyrglas. Il y avoit pour lors, le long de la gréve, une très-grande forest, de laquelle S. Efflam & sa troupe, descendans de leur vaisseau, virent sortir un horrible dragon, lequel se retiroit à travers la grève dans sa caverne, distante d’environ mil pas de ce roc; laquelle caverne était profonde de neuf coudées, & en avoit douze en la circonférence de son ouverture; mais de peur qu’à la piste et trace de ses griffes, il ne fut découvert & assiégé en cét antre, il avoit cette astuce de marcher à reculons, de sorte qu’à voir les marques de ses griffes dans le sable, on eut pensé qu’il venoit de sortir du lieu où il ne faisoit que d’entrer. » . Efflam trône en bonne place dans la vallée des saints de Carnoët grâce aux ciseaux et burins de Seenu Shanmugam.

Au milieu de cette vaste grève sillonnée de ruisseaux et de filières, s’élève une croix de pierre (la croix de la lieue de grève-photo de droite). Autrefois l’habitant de ce pays, avant d’entreprendre lala croix traversée ne manquait jamais d’interroger la croix. Si les flots la recouvraient, il était trop tard : l’imprudent eut été infailliblement englouti. Si, au contraire, la croix se montrait au-dessus de l’eau, on disait : « la croix nous voit » et l’on s’avançait sans crainte ». On dit qu’elle se déplace de l’épaisseur d’un grain de blé tous les sept ans : « Treuz ur gwinizhenn a bep seizh bloaz ». Hélas, toutes les prières à Enora et à St Efflam n’ont pas empêché les algues vertes de défigurer le site merveilleux de Saint-Michel-en-Grève.

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

Cannabis repetita placent…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

Amis de la démondialisation et de la saucisse de Molène réunies, bonjour ! Nous sommes le Jeudi 12 octobre 2017, 21è jour de chanvrevendémiaire dédié au chanvre, Cannabis Sativa, comme disait mon aïeule qui connaissait toutes les plantes par leur nom savant. Tiens, à propos de mot, saviez vous que le mot Canebière, cher aux marseillais, vient du mot chenevière qui désignait un champ de chanvre. Faut pas s’étonner que l’O.M. ait un peu de mal ces temps ci. Étonnant, non !

Par ici on célèbre les Ké. Sant Ke, saint Quay, Saint Kea, est un saint ermite breton, originaire de Bretagne insulaire ou d’Irlande, autrefois très populaire et auquel on dédiait sous des noms variés, nombre d’églises et de chapelles, de villages et de places. D’après de nombreux 300px-Fontaine-saint-ke-clederhagiographes, « Ké » et « Colledoc » sont un seul et même personnage du fait de l’alliance des deux prénoms dans les nom de paroisses médiévaux, tel « Kécoledoci » formé à partir de Ké et de Colledoc.(à droite: la fontaine St Ké à Cléder.) Selon Albert Le Grand, qui rapporte sa Vita dans les Vies des Saints de Bretagne, Collodoc naquit au début du VIe siècle au nord du Pays de Galles.

Son père s’appelait Ludun, et sa mère Tagu. Certains le relient à la ville de Landkey dans le Devon qui lui devrait son nom.  Ke traversa la manche dans une auge de pierre (c’était avant la Brittany ferries et le tunnel) sans vivres, en provenance de Cambrie (sud du Pays de Galles) Les temps ont bien changé; à cette époque là, les migrants tentaient leur chance dans l’autre sens….

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Il atteignit l’anse de Kertugal (que l’on pourrait traduire par: village des Gaulois – Ker tud Gal – photo ci-dessus), du côté de St-Quay-Portrieux (22) et fut brutalement accueilli par des lavandières effrayées, qui le prirent pour un démon. Elles le battirent avec des branches de genêt et le laissèrent pour mort. Il pria et supplia la Vierge de lui venir en aide. Elle répondit à son vœu (evel just), lui apparut et fit jaillir une source sous ses pas qui soigna ses blessures. La Fontaine Saint-Quay se situe depuis à l’emplacement d’où jaillit la source. Et le nom de la ville « Saint-Quay-Portrieux » doit son origine à cette légende. On dit que depuis lors, le genêt ne pousse plus sur la commune. Longtemps, St Quay fut le seul port en eau profonde entre Cherbourg et Brest et c’est dans son casino que Joséphine Baker engloutit sa fortune… Ça vous la baille belle, non !

Bon allez, je dis ça, je dis rien et j’ajoute: portez vous bien et à demain peut-être.

Le saint et l’empereur…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

Amis de l’épigramme* et du veau marengo réunis, bonjour ! Nous sommes le Vendredi 06 octobre 2017 qui correspond au 15è jour de Vendémiaire dédié à l’âne… Voici un exemple d’épigramme que l’on doit à Prévert:

« Ils sont à table
 Ils ne mangent pas
 Ils ne sont pas dans leur assiette
 Et leur assiette se tient toute droite
 Verticalement derrière leur tête. »
(Jacques Prévert / 1900-1977 / Paroles – La Cène)

En Bretagne Armoricaine on célèbre les Ivi ce qui, bien évidemment, n’a rien à voir, quoique. En effet, la tradition désigne le moine Ivi comme le fondateur de Pontivy (56). Il ne pouvait pas se douter qu’un millénaire plus tard, par arrêté du préfet Jullien du 18 brumaire an XII (9 novembre 1804), Pontivy, l’ancienne place forte, prendra pour nom « Napoléonville » jusqu’en 1870. Venu du monastère écossais de Lindisfarne au 7e siècle, il aurait édifié un oratoire sur les bords du Blavet. C’était, nous dit-on, un grand voyageur ce qui explique (même si c’est tiré par les cheveux) qu’on en fit le patron des touristes… De son petit 300px-StIvi-185x300monastère et du pont construits par ses soins naquit une modeste bourgade qui devint une ville lorsque les Vicomtes de Rohan la choisirent pour être la capitale de leur fief : « Pont-Ivi ». Fils de Branon et d’Egida, de lignée noble, il refuse le métier des armes. Fait diacre par l’évêque Cuthbert de Lindisfarme (Holy Island, sur la côte de Nothumberland), il se retire au monastère de Lindisfarme. La vie érémitique le tente et il s’embarque pour la Bretagne. Il serait mort vers l’an 700 à Saint-Yvi (29). Ses reliques seront ramenées en Angleterre et placées dans l’église du monastère de Wilton (comté de Wilts). Ce serait l’un des derniers saints d’origine insulaire à avoir émigré en Bretagne. Son culte était bien répandu si l’on en juge par le nombre de lieux dont il est l’éponyme, comme Pontivy (56), Loquivy en Lannion (22), Loguivy-Plougras (22), Saint-Divy (29).

Dans le Trégor on l’invoquait contre les coliques des jeunes enfants : « leur chemise était jetée dans l’eau de sa fontaine, au bord du Léguer ; si les manches flottaient, la guérison était assurée. ». Ah, d’accord, j’comprends fontaine-saint-ivy-lannion-300x253mieux, patron des touristes, turista, coliques… Tout s’explique ! Dans le Finistère, une chapelle et une fontaine sont dédiées à  Saint Evy (avatar probable de Saint Ivy) dans le village de Saint Evy en Saint-Jean-Trolimon (canton de Pont-Labbé – 29 -). On peut raisonnablement penser que la chapelle a été construite sur une source reconnue « guérisseuse » antérieurement à l’ère chrétienne. Son eau est en effet censée détenir des vertus dont celle d’améliorer le sort des rhumatisants. Mais il faut respecter la coutume. Le pèlerin doit d’abord effectuer trois fois le tour du sanctuaire. Ensuite, il consomme de l’eau et s’en jette sur les membres atteints.

Alors, si vos raideurs se déplacent, essayez de l’invoquer. Allez, le bonjour vous va, à bientôt peut-être.

Ce saint là, c’est pas un Kado…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

Amis de la tectoniques des plaques et du riz Basmati réunis, bonjour ! Nous sommes le Jeudi 21 Septembre 2017. C’était généralement le cinquième jour complémentaire dans le calendrier républicain français, officiellement dénommé jour des récompenses.

Pour les armoricains c’est la saint Kadeg, ou Kadoc, qui a laissé son nom à une magnifique petite île du golfe du Morbihan dans la ria d’Etel, l’île de saint Cado; et non pas sac-à-dos (Enes-Cadvod, en la commune Kadode Belz). Bien évidemment ce saint là à rapidement trouvé sa place dans la vallée des saints à Carnoët (22). Fils d’un prince de Glamorgan en Pays de Galles, puis fondateur et abbé du grand monastère de Lancarvan (Llancarfan en Grande-Bretagne dans la région de Cambrie), Saint Cado vécu en Armorique vers 560. Albert Le Grand écrivait (1636): Cado estoit natif de la grande Bretagne & fut fils d’un Prince, qui regnoit en un canton de ladite Isle, lequel s’appelloit Guillenus, descendu de la race du Grand Constantin, & sa mere se nommoit Gudalusa, fille de Brahanus, Roy d’une partie d’Irlande. Il nasquit environ l’an 522 sous le Pape saint Hormisda, l’Empereur Justin premier, & le Roy de Bretagne Armorique Hoël II de ce nom

Il venait retrouver ses compatriotes chassés par l’invasion saxonne et résida dans l’ile de la rivière d’Etel qui porte aujourd’hui son nom. Il y construit un oratoire, fonda un monastère et se consacra à l’évangélisation du pays. Il fût aussi à l’origine de la construction de la ile_stcado13-300x197chaussée de 100 mètres qui relie l’île à la terre, ce qui lui valu une légende populaire. Cado, désirant un pont, mais manquant de moyens pour le réaliser, reçu un jour la visite de Satan. Celui ci lui proposa d’en faire lui même la construction, et en guise de récompense, recevoir l’âme du premier être vivant qui traverserait ce pont. Cado accepta, et le Démon créa l’œuvre en une nuit. Au matin suivant, Cado lâcha un chat, qui passa sur le pont. Étonnant, non ! En cette période troublée où un socialiste ne reconnaitrait pas ses petits… Y’a de quoi fouetter un chat.

Allez, merci de votre visite, portez vous bien et à bientôt peut-être.

De Sainte-Sève à lîle Loaven…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS, TRADITION

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Amis de l’onomastique et du Télégramme de Brest réunis, bonjour ! Nous sommes le Dimanche 23 juillet 2017, 5è jour de Thermidor dédié au bélier (ar maout en breton). C’est aussi, la sainte Sève au nom aussi énigmatique que sa vie. Les experts de l’expertise ne sont même pas d’accord pour affirmer qu’il s’agit d’un saint ou d’une sainte… En effet, on trouve aussi bien: Sev (breton), Sewo (gallois), Sewa, Loève, Loaven (breton), mais aussi Sant Segne (XIè siècle), Sent Seguot manoir(1128), sainte Scevat (1598). On sait très peu de chose sur cette sainte, semi-légendaire du VIè siècle, non reconnue par l’Église de Rome. Et pourtant… Fille de Hoël Ier, roi de Domnonée  et de Koupaia (Pompée), sœur de Tugdual, évêque, l’un des sept fondateurs de la Bretagne christianisé sœur de saint Lunaire (Léonor) et de Hoël II. Albert le Grand, de Morlaix (1637), raconte que son saint frère Tugdual parcourant l’Armorique avec ses disciples, reçut au cours de ses prêches, en dons, plusieurs terres (appelées paroisses dans les textes), où il installa des monastères. Sur le domaine de l’actuelle village de Sainte-Sève, où se trouve le joli manoir du Grand-Plessis, près de Morlaix, il fonda une abbaye pour sa sœur, vers 530; et hop, en v’la une de casée.

Sainte Sève est donc la patronne des paroisses de Sainte-Sève et de Langoat. Elle a donné son nom à l’île de Loaven située à deux encablures dans l’Ouest-Nord-Ouest de Roc’h Skeiviec face à Plougrescant ( je peux assurer par expérience, qu’elle offre un très bon mouillage par gros temps) où est inhumée, dans sa chapelle, sainte Elibouban aussi mystérieuse qu’elle et dont j’ai déjà parlé ici. Voici ce qu’écrivait Louis Thiercelin (1894): Le pardon de sainte Elibouban se déroulait autrefois le lundi des Rogations, le 25 juillet:

 …A la fin du 19ème siècle, les jeunes filles, vêtues de blanc, avec un ruban bleu sur la poitrine, portant la grande coiffe à deux larges cornets de dentelles, forment la procession, accpardonompagnées des petits choristes, du prêtre, des moines, du maire et de son conseil et de la foule des fidèles. Les barques des marins pêcheurs transportent les pavillons, portés par les hommes. la statue de sainte Elibouban est portée par des femmes vêtues de noir. Elles sont une trentaine à se relayer pour ce pieux devoir, faisant une garde d’honneur à la sainte, qui va rendre visite à son fils saint Gonéri en la chapelle de Plougrescant. Le lundi 25 juillet, la statue s’en retourne dans son île, accompagnée par la statue de saint Gonéri et des paroissiens. La statue de la sainte est conduite vers son oratoire, bâti de l’autre côté de l’île, au Nord, à cinquante pas de l’ancienne chapelle (en ruines vers 1890 et reconstruite plus tard). A droite, s’élève le pardon extérieurrocher qui sert d’autel aux rogations. Les porteurs de bannières grimpent au sommet du rocher, d’autres l’entourent ; un des moines adresse quelques paroles aux fidèles, et la sainte qui attendait à la porte de son oratoire, la franchit. On la replace sur son autel. Si la tempête ou quelque fête plus grande empêchent cette visite annuelle du saint à sa mère, sainte Elibouban, suivant les uns, saint Gonéri, suivant les autres, à la nuit, feront seuls le voyage ; mais malheur aux bateaux rencontrés par la barque mystérieuse ; ils sont impitoyablement chavirés.
Koneri ha Liboubana
Ni ho salud bepred gant joa
Abeurz Doue reit d’imp bennoz
Ha gras da vond d’ar baradoz.

Et voilà pour la petite histoire bretonne. Portez vous bien et à demain peut-être.

Giroflée, Girofla…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

Amis de la libre pensée et du clafoutis aux cerises réunis, bonjour ! Nous sommes le Samedi 1er juillet 2017 c’est à dire le 13 de Messidor, jour habituellement consacré à la giroflée et non pas au clou de girofle comme voudraient nous le faire croire quelques arracheurs de dent. En ce jour nous fêtons Goulven qui a laissé son nom à une charmante petite commune non loin d’ici. Sa légende commence ainsi selon Albert Le Grand: «Du Temps du Pape Vigilius & de l’Empereur Justinian I, l’an de salut 540, regnant en la Bretagne Armorique le Roy Hoël, dit le Faineant, II du nom, un certain personnage, nommé Glaudan, passa la Mer, &, quittant la grande Bretagne (qu’à present on appelle le dolmen des korrigansAngleterre), vint, avec sa femme Gologuenn, aborder la coste de Leon, en la Bretagne Armorique : étans sortis du vaisseau, ils prirent leur chemin le long du rivage, & arriverent en la Paroisse de Ploüider, distant de deux lieuës de la ville de Lesneven,&, voulant passer outre, la nuit les surprit en la greve qui est entre ledit Ploüider & Plou-neour-trez, de façon qu’ils furent contraints de chercher à loger, cette nuit, en un Village situé és paluds de Brengorut, mais le Païsan à qui ils s’adresserent, voyant que c’estoient des étrangers pauvres & necessiteux, les refusa, de sorte qu’ils furent contraints de loger en un lieu, nommé alors Odena, où Gologuenn accoucha dun Fils.» C’est vous dire que le rejet de l’immigré n’est pas chose récente… La suite de l’histoire ICI.Ci-contre, le fameux dolmen des korrigans Il est composé de 6 piliers et d’une table. Seule la chambre funéraire est encore en état d’origine et devait être certainement recouvert d’un tumulus de terre qui a complètement disparu aujourd’hui.

J’aurai du commencer par: amis de la flemmingite pour justifier la brièveté du billet du jour. Allez merci à vous d’être passé; j’espère que vous n’avez pas connu les mêmes déboires que notre ami Sceptique qui n’a pu accéder au «cénobitestranquilles» durant plusieurs jours. Portez vous bien et à bientôt peut-être.