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TOUT CA C’EST DES GONERY…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

Amis de la méditation transcendentale et du brocoli réunis, bonjour !

Nous sommes le jeudi 4 avril 2013, jour correspondant au 15 de germinal habituellement dédié à l’abeille. En Bretagne on fête les Goneri. Ils existent plusieurs saint Gonery par63385832_p chez nous et notamment un village le long du canal de Nantes à Brest où mon pote Thierry m’initia à la pêche aux carnassiers. Il est aussi, en Côtes d’armor, du côté de Plougrescant, une chapelle St Gonery dont la facheuse habitude du clocher à pencher dangereusement a fait le bonheur de plus d’un photographe.

Goneri était dit-on le fils de Elibouban qui se retira sur l’île de Loaven pour vivre sa vie d’ermite. « Koneri » est un saint breton surtout célèbre en Trégor et dans la région de Pontivy. Ce nom est formé à partir de « kon » (chien de guerre). L’église a popularisé la forme lénifiée « Goneri » au lieu de « Koneri ». Saint Gonéry (ou Gonéryi) était un ermite de Grande-Bretagne qui émigra en Armorique au 6e siècle. Après avoir longtemps vécu à Brenngili près de Rohan, où il convertit le prince Alwand, tiern de Noyal, il se retira à Plougrescant pour mourir près de l’île Loaven où sa mère, sainte Elibouhan, s’était retirée. On raconte d’ailleurs que saint Gonéry, certes mort à Plougrescant, quitte tous les ans sa chapelle pour se rendre à l’île Loaven pour rendre hommage à sa maman. C’est-y pas mignon !

La chapelle est intéressante notamment pour les fresques peintes sur la voûte en bois 63385846_pet représentant des scènes de l’ancien et du Nouveau Testament. La chapelle abrite le sarcophage du saint. Mais un autre tombeau dans cette même chapelle lui est attribué, portant la date de 1614. Autre tombeau: celui de Guillaume de Holgoët, évêque de Tréguier entre 1587 et 1602.

 

Saint Gonéry est invoqué pour soulager les angoisses et les fièvres. Le pardon (c’est une fête paroissiale locale) du 29 juillet (ou dernier dimanche de ce mois) est renommé. Autrefois, ce jour-là, il y avait toujours un audacieux pour escalader le clocher, à l’aide des crampons de fer qui garnissent sa face extérieure. Il montait pour attacher des rubans multicolores à la queue du coq de la flèche, sous les applaudissements de la foule admirative. A son retour au sol, le sportif recevait « pompeusement une tasse pleine de vin ».

Voilà, j’ai fait ma b.a. vis à vis de l’office du tourisme. Si le coeur vous en dit n’hésitez63386097 pas à visiter le coin de Plougrescant, vous ne serez pas déçu, c’est un des plus beaux endroits de la côte bretonne. C’est là où se trouve la fameuse petite maison nichée dans les rochers et qui a fait mille couvertures de magazines avant que le propriétaire ne fasse valoir son droit à l’image. J’espère qu’il ne va pas me faire un procès…

 

Avec votre permission je vais m’arrêter là pour aujourd’hui. En attendant portez vous bien et à demain peut-être.

 

Azénor, zénor et demi…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

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Amis de la tradition et du Kouign-amann réunis, bonjour !

Nous sommes le mardi 12 mars 2013, 22è jour de ventôse dédié au persil. aujourd’hui, en Bretagne armoricaine on célèbre Budoc. Oyez donc son histoire.

A Brest, en ces temps-là, au V° ou VI° siècle de notre ère, se dressait le château d’Even, prince de Léon, seigneur de Brest. Sa fille, la princesse Azénor, était – commesaint_35 (presque) toutes les princesses – blonde aux yeux bleus. Albert Le Grand écrivit
même à son sujet qu’elle était  » de riche taille, droite comme une palme, belle comme un astre, et cette beauté extérieure n’était rien en comparaison de son âme. «  Le comte Chunaire de Goëllo, ayant ouï une telle renommée, demande la main de la belle Azénor, en envoyant au roi Even de riches émissaires tout d’or et d’argent. Les noces sont célébrées durant quinze jours, avant qu’Azénor ne rejoigne le château du comte de Goëllo, le Castel-Audren (aujourd’hui Châtelaudren). Las ! Quelques mois après, la mère d’Azénor meurt, et le roi Even se remarie alors avec une marâtre peu recommandable, une  » dame de grande maison qui avait l’esprit malicieux, noir, sombre et malin « , bref, une  » femme aussi mauvaise que la mer par un jour de tempête … « .

Cette femme, convoitant le futur héritage d’Azénor, décide alors de se débarrasser de
DownloadedFilesa belle-fille. A force d’insinuations et de mensonges, s’aidant de faux témoins, elle persuade le roi Even, son mari, et le comte Chunaire, son gendre, qu’Azénor n’avait pas réservé sa couche à son mari, et l’accuse d’adultère, d’impudicité et d’abandonnement.  Even et Chunaire, hommes de peu de foi, croient tout cela. Déshonoré, Chunaire fait reconduire séance tenante Azénor à Brest, où son père l’enferme dans la tour la plus sombre du château (qui porte encore aujourd’hui son nom, photo de gauche)

Apprenant qu’elle est enceinte, les juges décident alors de lui faire grâce de la vie, mais  tout de même de l’enfermer dans un tonneau, et de les jeter à la mer, elle et son enfant. Mais la cruelle belle-mère meurt à son tour (je raccourci), et, dans ses derniers moments,  avoue ses mensonges. Le prince de Léon et le comte de Goëllo se mettent alors à rechercher Azénor, sans repos.  Un jour enfin, en Irlande, il se retrouve face à un garçonnet blond comme les blés, aux yeux bleus, identiques à ceux qui illuminaient le doux visage d’Azénor. Budoc, son fils, était en face de lui. D’aucuns disent que le comte de Goëllo ramène sa femme et son fils en Armorique.

Plus tard, Budoc décide de partir au-delà des mers, mais, n’ayant point de navire, s’allonge dans une grande auge de pierre, comme saint Conogan avant lui. Il retournesaint-10 ainsi en Armorique.  Il fut confié à saint Samson, évêque de Dol.  Toujours est-il que notre petit Budoc, en grandissant ainsi pieusement, devient abbé de Dol, puis évêque de Dol lorsque saint Magloire abandonne cette charge. la chronique veut qu’il ait établi une école monastique sur l’Île Lavrec (Lavret), dans l’archipel de Bréhat dans la deuxième moitié du Ve siècle où il eut comme disciple un certain Saint Gwenolé. Il est aujourd’hui le saint patron (pour une fois qu’un patron est saint) de Ploudalmézeau, Beuzec et Porspoder. En vérité, Judual, prince de Bretagne, qui dut à saint Samson de recouvrer l’héritage de ses pères, et qui régna ensuite dans ce pays sous le nom d’Alain Ier, eut de son mariage avec Azénor, fille du comte de Léon, six fils, dont le quatrième se nommait Budoc (ou Deroch, ou encore Beuzec). Tout le reste n’est que billevesées et fantaisies, mais bon… A droite, la statue au cimetière de Trévagan.

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

J’ENTENDS LE LOUP, LE RENARD ET LA BELETTE.

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

Amis de la sainte généalogie et du bar en croûte de sel réunis, bonjour !

Nous sommes le mardi 05 mars 2013, 15è jour de ventôse dédié à la chèvre. Je dois absolument terminer les travaux agricoles que requièrent les jardins de Keramoal avant le retour de la pluie; en conséquence de quoi, bis repetita placent pour ce billet; car, si l’on en croit Horace, les choses répétées plaisent…

Or donc, en Cornouailles et en Léon, on célèbre (ou pas) saint Piran, ou Péran qui serait selon certains historiens le Kiéran de Saighir évèque d’Ossory à qui on attribue l’introduction du christianisme en Irlande en compagnie de son pote  Patrick… D’autres vont à l’encontre de cette théorie bien entendu. Ainsi un certain chanoine Dobble écrivait en 1920: « Saint Peran est le patron de l’église de Trézélidé, où il a sa statue, etimages-4
une autre statue sur la croix du cimetière. Il possède aussi un oratoire sur le bord de la route au nord du bourg. Dans une petite construction élevée de six marches, dans une
niche, se trouve la statue grossière du saint, tête nue, les mains levées en signe de bénédiction. Sur le côté est une pierre qui peut avoir été un lec’h et plus tard un socle pour une boite d’offrandes. De l’autre côté, à l’ouest de l’oratoire, est une grande pierre plate, sur laquelle il y a des marques de nature ambiguë. Certains l’appellent le “Lit de saint Peran” ; d’autres disent que c’était son prie-Dieu et qu’il s’agenouilla là si longtemps que ses genoux ont imprimé ces creux dans la pierre. On fait coucher les enfants sur cette pierre, pour leur donner de la force, et leur apprendre à marcher tôt. »

Né en Irlande à Corca-Laighde, fils de Laighne, noble de l’Ossory et de Liadan. Avant images-3sa conception, sa mère aurait eu le rêve qu’une étoile tombait dans sa bouche. Elle consulta ses druides qui lui dirent qu’elle enfanterait d’un fils qui aurait une très haute renommée. Il rencontra Patrick, le futur Primat d’Irlande , qui lui dit: « précède-moi en Irlande, trouve un puits et bâtis un ermitage. Pour cela prends ma cloche et lorsqu’elle se mettra à parler d’une voix mélodieuse, c’est que ce sera le bon endroit. » Après des années de recherches , il trouva enfin l’endroit près d’Uaran et bâtit le monastère de Saighir (Saïghar).

Beaucoup de légendes parlent de Kieran de Saighir comme ayant ressuscité plusieurs personnes. Il avait dit-on apprivoisé un loup, un blaireau et un renard. Le loup et le DownloadedFile-1blaireau étaient devenus très obéissant mais le renard était resté espiègle. Il dérobait les chaussures de saint Kiéran et les cachait dans sa tanière. Pour un peu on l’entendrait chanter « j’entends le loup, le renard et la belette » mais, pour notre bonheur, il a refusé d’intervenir en faveur de Nolwenn Leroy aux victoires de la musique… Ci-dessous une version des plus emballantes par le groupe Blue railroad train. Le drapeau de Cornouailles est également appelé drapeau de saint Piran : il s’agit d’une croix blanche sur fond noir; les mêmes couleurs mais inversées que celles de l’ancien drapeau breton qui était une croix noire sur fond blanc. Saint Kieran de Saighir serait décédé en 530 de cause naturelle.

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Péran a laissé de nombreuses traces en Bretagne : Saint Peran est le patron de la
DownloadedFileparoisse de Trézélidé en Léon, non loin de Morlaix. Dans l’est de la Bretagne il est l’éponyme de Saint-Peran, une trève de Paimpont, jadis un prieuré , et de Lopéran dans la paroisse de Saint-Malo-des-Trois-Fontaines, au nord-ouest de Ploermel, ; et dans le sud nous trouvons Loperan au Port-Louis près de Lorient ; au nord il y a un Saint-Peran en Plédran et une forteresse “vitrifiée” toute proche, appelée Camp de Peran (sans doute une forteresse Viking) un Prat-sant-Peran en Paule, et un bois, un château, et une lande, de Saint-Peran en Glomel, avoisinant Paule ainsi que le manoir, ici en photo.

Il est intéressant de noter que la tradition locale dans la paroisse de Cléder représente images-1saint Peran comme un compagnon de saint Ké, le patron de Cléder en Bretagne et de Kea en Cornouaille, et Landkey en Devon. Un mendiant aveugle, appelé Dall an Bluz, raconta à Anatole Le Braz à Cléder que “l’un des disciples de saint Ké était saint Péran, un bon et aimable personnage.  En tout cas, continua l’aveugle, saint Péran n’était qu’un personnage subalterne. Il se tient dans son oratoire de Trézélidé comme un mendiant de grand chemin, dans sa maison ouverte couverte de blanc de chaux, et je ne pense pas que beaucoup de dons tombent dans son plateau d’argent. »

Voilà pour la petite histoire du mardi, en attendant les prochaines, portez vous bien et à demain peut-être.

 

Prise de tête dans le Léon…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

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Amis de la culture pour tous et du poulet aux marrons réunis, bonjour !

Nous sommes le mardi 27 novembre 2012 et en ce 7è jour de frimaire, nous saluons le chou-fleur qui est un peu le légume emblématique du Léon (finistère nord). Restons donc dans le Léon puisque aujourd’hui, nous célébrons les Tangi. Encore un moine me direz vous. Celui-ci, de son vrai nom Gurguy, fonda l’abbaye de St-Mathieu au Conquet et la légende dit qu’il était fils du seigneur Galono de Trémazan en Léon, près de portsall (à gauche les ruines du chateau de Trémazan). Ce seigneur donc, aurait épousé en seconde noce une femme qui n’avait de cesse de maltraiter le jeune Gurguy et sa sœur. Voici la façon dont Albert le Grand nous présente la chose: « Cette nouvelle dame ne fut gueres en son ménage, qu’elle commença à regarder de travers nos jeunes Saints & se montrer vraye marastre en leur endroit ; elle les rudoyoit & maltraitoit de parole & de fait & leur tint ces rigueurs huit ans durant ; lesquels expirez, Gurguy, déja grand, & à qui le sang commençoit à boilillonner dans les veines, ennuyé d’estre si mal-traité par cette femme, dans la maison de son pere, se résolut de quitter le pays pour quelque temps, & en obtint congé de son Pere, lequel luy donna une bonne somme d’argent & train honorable. » Envoyé à la cour du roi franc Childebert 1er, pour son éducation, il devint chevalier. (déjà à l’époque, il fallait monter à la capitale pour réussir). Il laissa sa sœur Haude (Eodez en breton) au pays; ce qu’il ne faut jamais faire, n’importe quel saint vous le dira. À son retour la marâtre lui parle de sa soeur comme ayant déshonoré la famille par son comportement et Tanguy la tue (la soeur, pas la belle-mère) en la décapitant d’un coup d’épée. C’est qu’on ne rigolait pas avec ces choses là. La victime, me croirez vous, prend alors sa tête dans ses mains et ses jambes à son cou et rentre à la maison pour demander les sacrements avant de mourir.

Horrifié, et malgré le pardon de sa sœur, Gurguy se repent sévèrement demandant à Paul-Aurélien de le faire moine. Il serait apparu la tête auréolée d’un disque de feu et
Saint-Paul aurait alors changé son nom en Tanguy, du breton tan, feu, et lui aurait donné l’habit monastique. Plus tard il fonda sur la pointe St Mathieu (appelée en breton Locmazhé) une nouvelle abbaye où il fut enterré. Pourtant, faire perdre la tête à sa soeur, pour une vie de saint, ça commençait mal ! On peut admirer une magnifique statue en bois polychrome (XVIè) de sainte Haude dans la chapelle Notre-Dame-de-Kersaint à Landunvez.

Bon allez, vous prenez pas la tête (Hi,hi,hi) portez vous bien et à demain peut-être.

 

Le cénobite enfonce le clou…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

Amis des fontaines miraculeuses et du pain perdu réunis, bonjour !

Nous sommes le samedi 10 novembre 2012, vingtième jour de Brumaire dédié à la herse.

Mes biens chers frères, si vous le voulez bien, aujourd’hui nous allons évoquer Govrian. D’origine vannetaise, ce saint guérisseur serait né vers 670 dans une famille noble. Après ses études, il se consacre à la vie monastique et se retire à l’abbaye de Rhuys (56). De retour à Vannes, il rejoint le clergé de la cathédrale. Au décès de Mériadeg, il est désigné « à l’insu de son plein gré » pour le remplacer  et sera sacré à Dol (35).

Après 17 ans sur le siège épiscopal, il établit son ermitage à Saint-Servant-sur-Oust (56) et y meurt en 725 ; une chapelle a été construite sur les lieux mêmes de son ermitage, à Saint-Gobrien. (photo de gauche)

Si les eaux de la source de la chapelle St-Gobrien ont soigné, pendant longtemps, le « mal des ardents », par la suite, elles attirèrent les personnes souffrant de furoncles ou d’abcès. La légende dit qu’il fallait déposer une poignée de clous sur le tombeau, dans la chapelle. Lorsque le clou était rouillé, le malade était guéri… Voilà de quoi combler le trou de la sécu. De nombreuses plaques votives sont fixées sur le mur de la chapelle, à côté de la statue polychrome du Saint. En 1900 l’eau soulageait encore certaines maladies d’enfants. Les mères laissaient alors dans les Interstices des pierres de la fontaine les linges ayant servi à humecter les parties traitées. Une légende prétend aussi que les jeunes filles désireuses de prendre époux dans l’année devaient faire 7 fois le tour du tombeau en se gardant d’effleurer le mur et la sépulture pour voir leur vœu exaucé. Mais ça, c’était avant…

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

 

Un p’tit tour par Gouesnou…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

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Amis de la tradition et du blé noir réunis, bonjour !

Hé oui, nous aurions pu être le 4 brumaire, jour de la betterave dans le calendrier républicain, mais nous sommes le jeudi 25 octobre 2012, jour de la St Crépin (poil aux saints). En Bretagne bretonnante on célèbre Gouesnou. J’en parle car le saint homme a laissé son nom à un village qui se trouve à deux pas de mon ermitage et je sais que cela fera plaisir à Michel qui est friand de mes histoires de saints.

On prétend que cette paroisse fut fondée par Saint Gouesnou, neuvième évèque du Léon et qu’elle fut donnée à l’abbaye de Saint Georges de Rennes par la duchesse Berthe de Champagne, bien connue dans son canton, veuve du duc Alain, surnommé Barbe-torte, qui mourut à Nantes en l’an 952. Autrefois on portait ses reliques en processions le jour de l’Ascension. L’an 1342, Charles de Blois les porta. En 1417, le duc Jean V, son oncle. En 1455 le duc Pierre II en compagnie du connétable Arthur. Né en Bretagne insulaire, il perd sa mère à l’âge de dix huit ans. Son père Tudon part pour l’Armorique avec ses enfants, Gouesnou, sa soeur Tudona et son frère ainé Masien. Ils auraient débarqué près de Brest, peut-être à Landéda. Un jour le saint rencontre le tyran Conomor; celui-ci lui promet  »autant de terre qu’il pourrait clore de fossez en un jour ; le saint accepta le don et ayant mandé à son frère qu’il vînt à son aide, il prit une fourche et, la traînant par terre, il marcha environ deux lieues de Bretagne en quarré et à mesure qu’il traînait ce bâton fourché, la terre, chose étrange, se levait de part et d’autre et formait un gros fossé qui servait pour séparer les terres qui luy avaient esté données de celles du seigneur fondateur, lequel enclos est toujours tenu en telle révérence qu’autrefois il servait d’azile et de lieu de refuge aux malfaiteurs. » 

A la mort de Houarzon, évêque du Léon, Gouenoù lui succède ; il dirigera le diocèse pendant trente-quatre ans, jusqu’à sa mort, survenue accidentellement au cours d’une visite rendue à saint Corbasius à Quimperlé. Accident de char sans doute, la route de Quimperlé est très piègeuse. Disciple de Paol-Aourelian, il l’aurait accompagné en Armorique. Si sa Vie en fait un évêque du Léon, une autre, plus tardive, ne lui donne que le titre d’abbé, et il apparaît dans le Missel de Bréventec sous la simple mention de confesseur. A gauche, comme disait Dufilho: La fontaine de la chapelle. Bon et bien maintenant, vous savez tout…

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

7777, par Toutatis…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

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Amis de l’histoire bretonne et des cailles au raisin réunies, bonjour !

Nous sommes le mercredi 19 septembre qui fait partie des jours « complémentaires » rajoutés au calendrier républicain ; celui-ci était dédié au travail. Quelle drôle d’idée… En Bretagne on honore les Riware qui a laissé son nom à la commune de Lanrivoare.

Lanrivoaré est un démembrement de l’ancienne paroisse primitive de Milizac. Cette commune doit son origine à la création d’un ermitage par Rivoaré (frère de Riwanone et oncle de Hervé). Lanrivoaré était autrefois une trève de Plourin et dépendait de l’ancien évêché du Léon.

Paroisse de l’ancien archidiaconé d’Ach, sous le patronage de saint Rivoaré, ou saint Riwal, oncle de saint Hervé, qui est honoré en Cornouaille dans la trève de Saint-Rivoal, en Brasparts, et c’est peut-être à cause de sa parenté avec saint Hervé, qu’il est considéré comme ayant une grande puissance sur le démon, dont auraient hérité les Curés ou Recteurs de Saint-Rivoal, qui, selon la tradition populaire, ont la charge de conduire dans les marais du mont Saint-Nicolas les démons ou sorciers transformés en chiens noirs (ki du), qu’ils ont conjurés.

Rivoaré aurait été le chef d’une tribu d’émigrés bretons qui aurait été immolée par des païens en haine de leur foi, et c’est en souvenir de ce massacre qu’on aurait conservé leurs restes dans un cimetière tout particulier, entièrement dallé, dans lequel on ne pénètre qu’en se déchaussant (photo de gauche). On y voit une croix au pied de laquelle se trouvent sept pierres rondes ayant quelque analogie avec la forme des pains de ménage. On dit que ces pains furent changés en pierre par saint Rivoaré à l’étalage d’un boulanger qui lui aurait refusé l’aumône. Ce cimetière est dit communément, des 7777 Saints martyrs. Mais en breton, l’on dit 7 mille, 7 cents 7 vingts et 7 — c’est-à-dire 7847 — auxquels, si on ajoute les 7 pierres de la croix, on trouve le chiffre 7854. Tout le monde suit ? Je continue.

Ce nombre de 7 répété à dessein a intrigué les savants qui ont voulu y voir un nombre mystérieux, et M. de Kerviler, sans vouloir nier la tradition d’un massacre de chrétiens en ce lieu, y voit une formule des anciens druides rendant facile à retenir, la théorie du cercle et en même temps mettant en relief l’importance des nombre 7 et 3. « Etant arrivés, dit-il, à trouver que la circonférence de 10 unités de diamètre avait une longueur de 314 unités, ils en avaient conclu que la surface d’un cercle était de 7854 unités carrées, et remarquant ensuite que ce nombre contenait l’expression de propriétés merveilleuses sur le nombre 7 et sur le nombre 3 ils en firent l’objet d’une légende mnémonique pour leurs adeptes ». Cette légende nous aurait été conservée grâce à ce nombre des « 7 mille 7 cents 7 vingts et 7 Saints martyrisés, et des 7 pains de saint Hervé », que les nouveaux convertis ont adopté sans y voir trace d’une opinion scientifique quelconque. Sources:

Bon et bien voilà, encore une histoire de saints mais, il y avait longtemps. Allez, portez vous bien et à demain peut-être. Enfin si mes pérégrinations m’en laissent le loisirs car je prends la route avec ma fiancée; direction le Sud.

 

Au bon temps des rois fainéants…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

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Amis de l’analyse concrète d’une situation concrète et du Fernet-Branca réunis, bonjour !

Cela devait finir par arriver, nous sommes le 16 août, 29è jour du mois de thermidor habituellement consacré au coton. Tiens, par ici on fête les Armel dont les traces sont nombreuses par chez nous (Bretagne). Par exemple Ploermel, ou encore Plouarzel mais aussi, Ergué-Armel. En voila un qui va rapidement trouver sa place dans la vallée des saints à Carnoët (avouez qu’il y a longtemps que je n’en avais pas parlé.)

Or donc, Armel ou Arzel, comme vous voulez, fait partie de ces moines qui débarquèrent en Armorique en provenance du pays de Galles en voyage organisé entre le 4è et le 6è siècle à bord de la Brittany ferries, bien décidés à conquérir l’âme de ces pauvres indigènes que les Romains et les Vikings avaient laissé dans un état de dénuement spirituel catastrophique. Il serait né vers 482 dans le Glamorgan au Sud du pays de Galles. En vérité, cette région doit son nom au roi Morgan ap Owain et non à son ancêtre le souverain Morgan Mwynfawr ap Arthrwys qui lui a du vider quelques hanaps avec Armel.

Pour sa part, notre ami Armel, ayant oui dire que du bien des fêtes maritimes de Brest, décida de débarquer au fond de l’aber Ildut, pas très loin de l’ermitage de Keramoal. A peine arrivé il créa sa petite entreprise qu’il dénomma modestement « abbaye de Plouarzel ». Le roi des Francs, Childebert 1er, ayant remarqué son zèle le fit appeler à ses côtés. Il s’empressa de guérir aveugles et boiteux et sa majesté le renvoya en Bretagne où il fonda la marque « produit en Bretagne ». Sur le chemin du retour, qui, faut-il le rappeler, était très long, au temps, au bon temps, des rois fainéants, il s’arrêta près de Corps-nuds en Ille et Vilaine, débarrassa le coin d’un vilain dragon qui faisait peur aux petites filles et en profita pour créer une succursale qu’il baptisa « monastère de Saint-Armel ». Bref, une réussite de tous les diables !

Et puisque l’on parle de l’aber Ildut, savez vous que son granite  bénéficiait d’une grande renommée en raison de sa résistance à l’érosion, de ses propriétés à refléter les rayons du soleil, mais également de sa facilité de transport par la voie maritime. Durant des millénaires, ce matériau servit à l’édification de multiples constructions humaines, comme les phares par exemple (celui de la pointe Saint-Matthieu, en particulier), mais aussi des ouvrages d’art (le viaduc de Daoulas dont je reproduit la photographie). C’est toutefois la fourniture du matériau du socle de l’obélisque de Louxor, un énorme bloc de 100 tonnes, qui donna, en 1835, une reconnaissance nationale au granite de l’Aber-Ildut. Aujourd’hui on en fait des statues de saints pour la vallée du même nom; mais bon, je commence à radoter…

Bon, il faut reconnaître qu’ils ont aussi de très bonnes huîtres. Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

Santez Anna ar Palud…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS, TRADITION

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Amis de la cuisse de grenouille et de celle de Jupiter réunies, bonjour !

Voici venu le 26 juillet, 8ème jour de thermidor consacré au Carthame. Le carthame des teinturiers ou Safran des teinturiers, parfois appelé Safran bâtard, est une plante originaire d’Égypte, dont le nom dériverait d’un mot arabe qurtum. Elle produit un fruit, un akène oléagineux, dont les graines sont utilisées dans l’élaboration des huiles alimentaires ou de massage (la fameuse huile de carthame) qui sont parfois intégrées à des produits cosmétiques pour les cheveux. Cette huile au parfum prononcé est surtout utilisée à froid. Non raffinée, elle a une légère saveur de noisette et sa couleur se rapproche du jaune ambré foncé, tandis que raffinée, elle ne présente aucune saveur et sa couleur est plutôt jaune pâle. Bon, maintenant, je dis ça…

Tiens, c’est la sainte Anne !

En breton, sainte Anne est surnommée « Mamm gozh ar Vretoned », c’est-à-dire la grand-mère des Bretons. Des légendes la décrivent comme originaire de Plonévez-Porzay. Anatole Le Braz publie un récit dans laquelle Anne est mariée à un seigneur cruel et jaloux, qui lui interdit d’avoir des enfants. Lorsqu’elle tombe enceinte, il la chasse du château de Moëllien. Son errance avec la petite Marie la conduit à la plage de Tréfuntec où l’attend un ange, près d’une barque. Selon la volonté de Dieu, l’ange l’amène jusqu’en Galilée. Bien des années plus tard, la petite Marie qui s’est bien dégourdie épouse Joseph un gaillard du coin, charpentier de son état. Tout allait bien dans le ménage jusqu’à l’apparition d’un certain Gabriel et, vous connaissez la suite.  Anne revient en Bretagne pour y finir sa vie dans la prière et distribuer ses biens aux pauvres.  Son corps aurait disparu après sa mort, mais des pêcheurs auraient retrouvé une statue à son effigie en baie de Douarnenez. Celle-ci, installée près de l’endroit où Jésus avait fait jaillir une source, est devenue le but du plus ancien pèlerinage consacré à Sainte Anne et a pris le nom de Sainte-Anne-la-Palud. Le Grand Pardon qui, depuis l’antiquité, rassemble des milliers de pèlerins, le dernier week-end d’août de chaque année, est certainement le plus authentique et le plus ancien d’Armorique comme disent les dépliants touristiques. J’ai dans l’idée qu’il s’agit là d’une résurgence de l’ancien culte Celte dédié à Dana la déesse-mère des Tuatha de Danann. Les publicistes évangélistes de l’époque ne reculaient devant rien pour convaincre le petit peuple. Alors, expliquer aux Bas-bretons que la grand-mère du Christ est née dans le pays Glazik… Même Séguéla il oserait pas un truc pareil.

Lpardon de Sainte Anne, pour nous autres jeunes douarnenistes, faisait partie de ces rites initiatiques qui ouvraient les portes entre l’enfance et la jeunesse. On s’y rendait en bande en suivant le littoral entre la plage du Ris et celle de Ste Anne. C’était en quelque sorte le festival des vieilles charrues de l’époque. On couchait à même les dunes et on buvait en trois jours plus de bière et de cidre qu’un moine en six mois… C’était aussi bien souvent l’occasion de connaître ses premiers émois sous le regard complice de Mamm Goz ar vretoned. Car bien évidemment c’est l’aspect profane qui déplaçait les foules, quand bien même chacun faisait mine de croire que c’était la dévotion ; y compris les parents qui nous donnaient la permission de découcher puisque c’était pour la « bonne cause ». Aujourd’hui tout cela est loin et l’évènement se limite à une sortie pour les pensionnaires des maisons de retraite…

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

La sainte et le baron…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

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Amis de l’onomastique et du Télégramme de Brest réunis, bonjour !

Nous sommes le lundi 23 juillet, 5è jour de Thermidor dédié au bélier (ar maout en breton). C’est aussi, la sainte Sève au nom aussi énigmatique que la vie. Les experts de l’expertise ne sont même pas d’accord pour affirmer qu’il s’agit d’un saint ou d’une sainte…

En effet, on trouve aussi bien: Sev (breton), Sewo (gallois), Sewa, Loève, Loaven (breton), mais aussi Santsegne (XIè siècle), Sentseguot(1128), sainte Scevat (1598). On sait très peu de chose sur cette sainte, semi-légendaire du VIè siècle, non reconnue par l’Église de Rome. Et pourtant…

Fille de Hoël Ier, roi de Domnonée  et de sainte Koupaia (Pompée), sœur de saint Tugdual, évêque, l’un des sept fondateurs de la Bretagne christianisée, sœur de saint Lunaire (Léonor) et de Hoël II.

Albert le Grand de Morlaix (1637) raconte que son saint frère Tugdual

parcourant l’Armorique avec ses disciples, reçut au cours de ses prêches, en dons, plusieurs terres (appelées paroisses dans les textes), où il installa des monastères. Sur le domaine de l’actuelle village de Sainte-Sève, où se trouve le joli manoir du Grand-Plessis, près de Morlaix, il fonda une abbaye pour sa sœur, vers 530.

Sainte Sève est la patronne des paroisses de Sainte-Sève et de Langoat. Elle a donné son nom à l’île de Loaven (située à deux encablures dans l’Ouest-Nord-Ouest de Roc’h Skeiviec face à Plougrescant, je peux assurer par expérience, qu’elle offre un très bon mouillage par gros temps.) où est inhumée, dans sa chapelle, sainte Elibouban aussi mystérieuse qu’elle, dont j’ai déjà parlé ici.

Tout à fait autre chose.

Amis sportifs, vous en aviez ras le bob Ricard de tour de France de la seringue; voici les JO de Pierre de Fredy de Coubertin, baron de son état. C’est à lui que l’on doit cette magnifique affirmation:   »le seul véritable héros olympique est le mâle individuel, une olympiade femelle est impensable, elle serait impraticable, inesthétique et incorrecte. » in: pédagogie sportive 1922.

Bref, un grand progressiste qui applaudirait certainement devant les sprinteuses voilées et les marathoniens qui refusent de s’alimenter durant l’épreuve because ramadan.

Allez, c’est assez pour aujourd’hui, portez vous bien et à demain peut-être.