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Le roc à Bili…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

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Amis de la musicothérapie et du biniou bras réunis, bonjour ! C’est à n’y pas croire, nous sommes le jeudi 23 mai 2013, troisième jour de Prairial dédié à imagesl’Angélique (pas la marquise, la fleur). On l’appelle aussi l’herbe aux anges car elle avait la réputation d’être efficace contre les maléfices et autres envoûtements. Elle est encore cultivée dans certains endroits notamment du côté de Niort (région Poitou-Charentes chère à Ségolène) pour en faire les fruits confits que l’on retrouve souvent dans les cakes. Attention de ne pas la confondre avec une proche parente, la cigüe…

Après les anges, les saints.

64912435_pEn Bretagne il est un saint que l’on nomme BILI fêté le 23 mai, et qui n’a rien à voir avec the kid… Néanmoins, Saint Bili (840-915) est un personnage qui mériterait d’être mieux connu. Il est originaire des environs de Redon. Alors qu’il était diacre à Aleth (St Malo), Bili a entrepris de rédiger une nouvelle vie de saint Malo. Il s’est inspiré d’une première vie de saint Malo endommagée (du début du IXe siècle) et des récits plus ou moins fantastiques des pèlerins. À la fin de son ouvrage, Bili raconte l’épisode des oies de Saint-Pol-de-Léon. Deux prêtres, l’un de St-Pol, l’autre de St-Malo, partirent chasser les oies dans les champs de Saint-Pol-de-Léon. Ils ne purent en attraper qu’en invoquant saint Malo. A la suite de cet événement, l’évêque Clotuuoion de St-Pol décida que saint Malo devait être fêté dans son évêché.

Avec Bili, il est possible qu’on touche du doigt l’origine du Tro Breiz cette procession qui se déroule sur les traces des sept saints fondateurs de la64912470_p Bretagne. Au Moyen-Age, le tour de Bretagne ou Tro Breiz désignait le pèlerinage en l’honneur des Sept Saints Fondateurs de la Bretagne. Le pèlerin allait s’incliner sur les tombeaux des évêques fondateurs: Brieuc et Malo dans leur ville, Samson à Dol-de-Bretagne, Patern à Vannes, Corentin à Quimper, Pol Aurélien à Saint-Pol-de-Léon et Tugdual à Tréguier. C’est une sorte de voyage à la Mecque à la mode bretonne. La légende dit que tout Breton qui fait le Tro Breiz est certain de gagner le Paradis. Elle ne parle pas des 70 vierges ! Par contre, ceux qui ne le font pas de leur vivant devront le faire après leur mort en avançant chaque année de la longueur de leur cercueil ! Je tiens cela de mon aïeule qui ne manquait jamais de rajouter: L’éternité c’est long, surtout vers la fin…                                                                                     « Et voici que je marche vers les sanctuaires dans le pays du commencement, ce mien pays. Voici que je marche, grand bien me fasse. On est seul avec soi, au long des jours et des nuits sur la route, au long des chemins ruraux et des canaux et des sentiers. Je pélerine. » Xavier GRALL

Depuis quelques années la pérégrination reprend de plus belle, et pourtant, les 64912941_pvéritables créateurs de la Bretagne sont davantage la coopérative de Landerneau et Ouest-Eclair mais cela, c’est une autre histoire que je vous conterai un jour… Plus tard, Bili sera nommé évêque de Vannes. Dom Plaine rapporte dans sa vie de saint Malo (1885) qu’en tant qu’évêque de Vannes, Bili aurait incité un certain Menobred à aller récupérer les reliques de saint Malo restées en Saintonge. On pense que Bili a été tué par les Normands (et non pas par Pat Garrett) en 915 près du calvaire de la chapelle, ce qui en fait un évêque-martyr. A gauche, la chapelle de St Bili, la légende veut que le saint aurait marcher jusqu’ici la tête entre les mains après sa décapitation.

Allez, voila pour aujourd’hui, portez vous bien et à demain peut-être.

 

J’AI RENCONTRE St TUGDUAL…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

Amis de l’école des sages et du camembert au lait cru réunis, bonjour !DownloadedFile Nous voici, déjà, le samedi 11 mai 2013, c’est à dire le 21è jour de floréal, dédié généralement à la fritillaire (ça ne s’invente pas) mais, il faut le reconnaître, c’est une très jolie fleur.

 

 

Aujourd’hui, les britophones vont célébrer Tugdual, un des sept saints fondateurs de la Bretagne selon la police, beaucoup plus selon les pèlerins. Les historiens n’arrivent toujours pas à se mettre d’accord sur le nom lui même, était-ce Tugdual, Tudy, Tutuarn… Allez savoir, en Bretagne c’est bien connu, un saint peut en cacher un autre. La légende veut qu’il soit venu s’échouer quelque part au fond de l’aber Wrac’h aux 59436293_palentours du VIè siècle, accompagné de soixante dix de ses potes pour évangéliser l’Armorique. Personnellement j’ai opté pour l’orthographe Tutuarn et je l’installe dans un ermitage sur l’île Tristan qui va donner naissance à Douarnenez. (Tutuarn enez, l’île de Tutuarn). Bon d’accord, ça m’arrange, mais ce n’est pas plus incongru que d’en faire un Bigouden du côté de Loctudy. Par ailleurs, familièrement en breton Tugdual est généralement désigné sous le nom de Pabu et le Trégor est parsemé de chapelles qui lui sont dédiées. Cette tradition vient sans doute du fait qu’il est censé avoir été pape (Pabu: le père); alors pourquoi pas Tutuarn. En tout état de cause, il est revenu mourir à Tréguier un 30 novembre 563, j’ai pas retrouvé à quelle heure…

Et puis tiens, maintenant qu’on se connaît un peu, je vais vous raconter une anecdote personnelle. Dans les années soixante, un cousin (à la mode de Bretagne) s’était mis en tête de se convertir à la religion orthodoxe Celte (si, si, ça existe). Apprenant que je devais effectuer un59436458_p voyage dans ce qu’on appelait encore la Tchécoslovaquie, il me demanda de lui rapporter un ouvrage d’art ayant trait aux icônes. Quelques mois plus tard, m’étant acquitté de cette tâche, je retrouvais mon cousin pope en compagnie d’un anachorète qu’il me présentât comme son « évêque ». Celui-ci s’était semble t-il installé dans les années 50, dans le bois Juhel sur la commune de Saint Dolay (dans le Morbihan – près de La Roche-Bernard). De son vrai nom Jean-Pierre Danyel,il voulait restaurer la spiritualité du monachisme celtique et la tradition des évêques-abbés. C’est dans ce but qu’il fut sacré évêque de l’église orthodoxe celtique et prit le nom de Tugdual. (A droite, une icone réalisée à partir de la photo de Tugdual que l’on voit à gauche ci-dessous.)

Cette consécration fut célébrée par Mgr Irénée d’Eschevannes, évêque 59436509_pet futur patriarche de l’Eglise Gallicane. Le brave homme devait décéder quelques semaines après notre rencontre en août 1968, à l’âge de 51 ans. Avant de mourir il prophétisa que dix ans après sa mort des moines viendraient relever son ermitage. Et en effet, une communauté de moines d’esprit celtique a reconstruit la chapelle qui est maintenant une superbe église en bois. Les adeptes de cette église, devant les bienfaits réalisés par le bonhomme, en on fait un saint. Je peux donc dire que j’ai rencontré Saint Tugdual… Etonnant non !

 

Allez le bonjour vous va, portez vous bien, ne vous prenez pas au sérieux et à demain peut-être.

 

Ur c’hozh kazh a gar logod yaouank.*

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

Amis de l’humour noir et du blanc-manger réunis, bonjour !

Ce samedi 4 mai 2013 correspond au 15è jour de floréal dédié au ver à soie, à ne pas confondre avec cette sale bête qui est le ver à soi… En Bretagne on célèbre les 64315559_pEneour, Enewyr en gallois, qui était, nous dit la chronique, un supposé saint homme venu d’outre manche sur une barque de granite aux alentours du VIè siècle et de l’Armorique réunis. Il fait partie de cette cohorte de saints que les évangélisateurs de la Bretagne ont imposé pour christianiser à marche forcée cette terre de païens. Un certain nombre de communes lui doivent leur nom à l’instar de Ploneour-Menez, Ploneour-Trez ou Ploneour-Lanvern, toutes dans le Finistère. La légende le fait débarquer en pays Bigouden, ce qui n’est pas le plus court chemin quand on vient du pays de galles vous en conviendrez. Mais bon, les paysans du Léon n’avaient pas encore inventé la Brittany Ferries… Il aurait été accompagné de sa soeur Thumette, on n’est jamais trop prudent. Thumette donc, Tunvezh en breton, qui était il n’y pas si longtemps un prénom très porté en pays thumetteegliseplomeurbigouden, est aujourd’hui encore la patronne des marins au long cours, des Cap-horniers. L’église de Nevez regorgeait d’ex-votos de trois-mats et autres navires. Mais, revenons à son frangin Eneour. La légende toujours, le veut enterré dans l’église de Ploneour-Menez. Là, on prend de la hauteur. Dans les monts d’Arrées, à quelques pas de Roc’h Trevezel se trouve une pierre remarquable que les autochtones nomment le lit de Eneour. On y voit, par temps clair et avec beaucoup de bonne volonté, l’empreinte du chapeau, du livre et des sandales de St Enéour ainsi que la marque de son corps )photo de droite en haut). A propos de saints, si l’on en croit l’almanach des PTT (oui, je sais, je date un peu) c’est aujourd’hui la St Sylvain qui faisait dire à mon aïeule: c’est à la St Sylvain que vend son vin le malin… Bonne fête donc à Sylvain qui se reconnaîtra.

Et voilà, c’est fini pour aujourd’hui, court billet du samedi car demain… C’est dimanche ! Allez, portez vous bien et à demain peut-être. * le titre n’a rien à voir avec le billet mais, j’avais en tête ce vieux proverbe, sans doute une réminiscence des leçons de mon aïeule. On pourrait traduire par: le vieux chat aime la jeune souris

 

TOUT CA C’EST DES GONERY…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

Amis de la méditation transcendentale et du brocoli réunis, bonjour !

Nous sommes le jeudi 4 avril 2013, jour correspondant au 15 de germinal habituellement dédié à l’abeille. En Bretagne on fête les Goneri. Ils existent plusieurs saint Gonery par63385832_p chez nous et notamment un village le long du canal de Nantes à Brest où mon pote Thierry m’initia à la pêche aux carnassiers. Il est aussi, en Côtes d’armor, du côté de Plougrescant, une chapelle St Gonery dont la facheuse habitude du clocher à pencher dangereusement a fait le bonheur de plus d’un photographe.

Goneri était dit-on le fils de Elibouban qui se retira sur l’île de Loaven pour vivre sa vie d’ermite. « Koneri » est un saint breton surtout célèbre en Trégor et dans la région de Pontivy. Ce nom est formé à partir de « kon » (chien de guerre). L’église a popularisé la forme lénifiée « Goneri » au lieu de « Koneri ». Saint Gonéry (ou Gonéryi) était un ermite de Grande-Bretagne qui émigra en Armorique au 6e siècle. Après avoir longtemps vécu à Brenngili près de Rohan, où il convertit le prince Alwand, tiern de Noyal, il se retira à Plougrescant pour mourir près de l’île Loaven où sa mère, sainte Elibouhan, s’était retirée. On raconte d’ailleurs que saint Gonéry, certes mort à Plougrescant, quitte tous les ans sa chapelle pour se rendre à l’île Loaven pour rendre hommage à sa maman. C’est-y pas mignon !

La chapelle est intéressante notamment pour les fresques peintes sur la voûte en bois 63385846_pet représentant des scènes de l’ancien et du Nouveau Testament. La chapelle abrite le sarcophage du saint. Mais un autre tombeau dans cette même chapelle lui est attribué, portant la date de 1614. Autre tombeau: celui de Guillaume de Holgoët, évêque de Tréguier entre 1587 et 1602.

 

Saint Gonéry est invoqué pour soulager les angoisses et les fièvres. Le pardon (c’est une fête paroissiale locale) du 29 juillet (ou dernier dimanche de ce mois) est renommé. Autrefois, ce jour-là, il y avait toujours un audacieux pour escalader le clocher, à l’aide des crampons de fer qui garnissent sa face extérieure. Il montait pour attacher des rubans multicolores à la queue du coq de la flèche, sous les applaudissements de la foule admirative. A son retour au sol, le sportif recevait « pompeusement une tasse pleine de vin ».

Voilà, j’ai fait ma b.a. vis à vis de l’office du tourisme. Si le coeur vous en dit n’hésitez63386097 pas à visiter le coin de Plougrescant, vous ne serez pas déçu, c’est un des plus beaux endroits de la côte bretonne. C’est là où se trouve la fameuse petite maison nichée dans les rochers et qui a fait mille couvertures de magazines avant que le propriétaire ne fasse valoir son droit à l’image. J’espère qu’il ne va pas me faire un procès…

 

Avec votre permission je vais m’arrêter là pour aujourd’hui. En attendant portez vous bien et à demain peut-être.

 

Azénor, zénor et demi…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

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Amis de la tradition et du Kouign-amann réunis, bonjour !

Nous sommes le mardi 12 mars 2013, 22è jour de ventôse dédié au persil. aujourd’hui, en Bretagne armoricaine on célèbre Budoc. Oyez donc son histoire.

A Brest, en ces temps-là, au V° ou VI° siècle de notre ère, se dressait le château d’Even, prince de Léon, seigneur de Brest. Sa fille, la princesse Azénor, était – commesaint_35 (presque) toutes les princesses – blonde aux yeux bleus. Albert Le Grand écrivit
même à son sujet qu’elle était  » de riche taille, droite comme une palme, belle comme un astre, et cette beauté extérieure n’était rien en comparaison de son âme. «  Le comte Chunaire de Goëllo, ayant ouï une telle renommée, demande la main de la belle Azénor, en envoyant au roi Even de riches émissaires tout d’or et d’argent. Les noces sont célébrées durant quinze jours, avant qu’Azénor ne rejoigne le château du comte de Goëllo, le Castel-Audren (aujourd’hui Châtelaudren). Las ! Quelques mois après, la mère d’Azénor meurt, et le roi Even se remarie alors avec une marâtre peu recommandable, une  » dame de grande maison qui avait l’esprit malicieux, noir, sombre et malin « , bref, une  » femme aussi mauvaise que la mer par un jour de tempête … « .

Cette femme, convoitant le futur héritage d’Azénor, décide alors de se débarrasser de
DownloadedFilesa belle-fille. A force d’insinuations et de mensonges, s’aidant de faux témoins, elle persuade le roi Even, son mari, et le comte Chunaire, son gendre, qu’Azénor n’avait pas réservé sa couche à son mari, et l’accuse d’adultère, d’impudicité et d’abandonnement.  Even et Chunaire, hommes de peu de foi, croient tout cela. Déshonoré, Chunaire fait reconduire séance tenante Azénor à Brest, où son père l’enferme dans la tour la plus sombre du château (qui porte encore aujourd’hui son nom, photo de gauche)

Apprenant qu’elle est enceinte, les juges décident alors de lui faire grâce de la vie, mais  tout de même de l’enfermer dans un tonneau, et de les jeter à la mer, elle et son enfant. Mais la cruelle belle-mère meurt à son tour (je raccourci), et, dans ses derniers moments,  avoue ses mensonges. Le prince de Léon et le comte de Goëllo se mettent alors à rechercher Azénor, sans repos.  Un jour enfin, en Irlande, il se retrouve face à un garçonnet blond comme les blés, aux yeux bleus, identiques à ceux qui illuminaient le doux visage d’Azénor. Budoc, son fils, était en face de lui. D’aucuns disent que le comte de Goëllo ramène sa femme et son fils en Armorique.

Plus tard, Budoc décide de partir au-delà des mers, mais, n’ayant point de navire, s’allonge dans une grande auge de pierre, comme saint Conogan avant lui. Il retournesaint-10 ainsi en Armorique.  Il fut confié à saint Samson, évêque de Dol.  Toujours est-il que notre petit Budoc, en grandissant ainsi pieusement, devient abbé de Dol, puis évêque de Dol lorsque saint Magloire abandonne cette charge. la chronique veut qu’il ait établi une école monastique sur l’Île Lavrec (Lavret), dans l’archipel de Bréhat dans la deuxième moitié du Ve siècle où il eut comme disciple un certain Saint Gwenolé. Il est aujourd’hui le saint patron (pour une fois qu’un patron est saint) de Ploudalmézeau, Beuzec et Porspoder. En vérité, Judual, prince de Bretagne, qui dut à saint Samson de recouvrer l’héritage de ses pères, et qui régna ensuite dans ce pays sous le nom d’Alain Ier, eut de son mariage avec Azénor, fille du comte de Léon, six fils, dont le quatrième se nommait Budoc (ou Deroch, ou encore Beuzec). Tout le reste n’est que billevesées et fantaisies, mais bon… A droite, la statue au cimetière de Trévagan.

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

J’ENTENDS LE LOUP, LE RENARD ET LA BELETTE.

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

Amis de la sainte généalogie et du bar en croûte de sel réunis, bonjour !

Nous sommes le mardi 05 mars 2013, 15è jour de ventôse dédié à la chèvre. Je dois absolument terminer les travaux agricoles que requièrent les jardins de Keramoal avant le retour de la pluie; en conséquence de quoi, bis repetita placent pour ce billet; car, si l’on en croit Horace, les choses répétées plaisent…

Or donc, en Cornouailles et en Léon, on célèbre (ou pas) saint Piran, ou Péran qui serait selon certains historiens le Kiéran de Saighir évèque d’Ossory à qui on attribue l’introduction du christianisme en Irlande en compagnie de son pote  Patrick… D’autres vont à l’encontre de cette théorie bien entendu. Ainsi un certain chanoine Dobble écrivait en 1920: « Saint Peran est le patron de l’église de Trézélidé, où il a sa statue, etimages-4
une autre statue sur la croix du cimetière. Il possède aussi un oratoire sur le bord de la route au nord du bourg. Dans une petite construction élevée de six marches, dans une
niche, se trouve la statue grossière du saint, tête nue, les mains levées en signe de bénédiction. Sur le côté est une pierre qui peut avoir été un lec’h et plus tard un socle pour une boite d’offrandes. De l’autre côté, à l’ouest de l’oratoire, est une grande pierre plate, sur laquelle il y a des marques de nature ambiguë. Certains l’appellent le “Lit de saint Peran” ; d’autres disent que c’était son prie-Dieu et qu’il s’agenouilla là si longtemps que ses genoux ont imprimé ces creux dans la pierre. On fait coucher les enfants sur cette pierre, pour leur donner de la force, et leur apprendre à marcher tôt. »

Né en Irlande à Corca-Laighde, fils de Laighne, noble de l’Ossory et de Liadan. Avant images-3sa conception, sa mère aurait eu le rêve qu’une étoile tombait dans sa bouche. Elle consulta ses druides qui lui dirent qu’elle enfanterait d’un fils qui aurait une très haute renommée. Il rencontra Patrick, le futur Primat d’Irlande , qui lui dit: « précède-moi en Irlande, trouve un puits et bâtis un ermitage. Pour cela prends ma cloche et lorsqu’elle se mettra à parler d’une voix mélodieuse, c’est que ce sera le bon endroit. » Après des années de recherches , il trouva enfin l’endroit près d’Uaran et bâtit le monastère de Saighir (Saïghar).

Beaucoup de légendes parlent de Kieran de Saighir comme ayant ressuscité plusieurs personnes. Il avait dit-on apprivoisé un loup, un blaireau et un renard. Le loup et le DownloadedFile-1blaireau étaient devenus très obéissant mais le renard était resté espiègle. Il dérobait les chaussures de saint Kiéran et les cachait dans sa tanière. Pour un peu on l’entendrait chanter « j’entends le loup, le renard et la belette » mais, pour notre bonheur, il a refusé d’intervenir en faveur de Nolwenn Leroy aux victoires de la musique… Ci-dessous une version des plus emballantes par le groupe Blue railroad train. Le drapeau de Cornouailles est également appelé drapeau de saint Piran : il s’agit d’une croix blanche sur fond noir; les mêmes couleurs mais inversées que celles de l’ancien drapeau breton qui était une croix noire sur fond blanc. Saint Kieran de Saighir serait décédé en 530 de cause naturelle.

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Péran a laissé de nombreuses traces en Bretagne : Saint Peran est le patron de la
DownloadedFileparoisse de Trézélidé en Léon, non loin de Morlaix. Dans l’est de la Bretagne il est l’éponyme de Saint-Peran, une trève de Paimpont, jadis un prieuré , et de Lopéran dans la paroisse de Saint-Malo-des-Trois-Fontaines, au nord-ouest de Ploermel, ; et dans le sud nous trouvons Loperan au Port-Louis près de Lorient ; au nord il y a un Saint-Peran en Plédran et une forteresse “vitrifiée” toute proche, appelée Camp de Peran (sans doute une forteresse Viking) un Prat-sant-Peran en Paule, et un bois, un château, et une lande, de Saint-Peran en Glomel, avoisinant Paule ainsi que le manoir, ici en photo.

Il est intéressant de noter que la tradition locale dans la paroisse de Cléder représente images-1saint Peran comme un compagnon de saint Ké, le patron de Cléder en Bretagne et de Kea en Cornouaille, et Landkey en Devon. Un mendiant aveugle, appelé Dall an Bluz, raconta à Anatole Le Braz à Cléder que “l’un des disciples de saint Ké était saint Péran, un bon et aimable personnage.  En tout cas, continua l’aveugle, saint Péran n’était qu’un personnage subalterne. Il se tient dans son oratoire de Trézélidé comme un mendiant de grand chemin, dans sa maison ouverte couverte de blanc de chaux, et je ne pense pas que beaucoup de dons tombent dans son plateau d’argent. »

Voilà pour la petite histoire du mardi, en attendant les prochaines, portez vous bien et à demain peut-être.

 

Prise de tête dans le Léon…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

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Amis de la culture pour tous et du poulet aux marrons réunis, bonjour !

Nous sommes le mardi 27 novembre 2012 et en ce 7è jour de frimaire, nous saluons le chou-fleur qui est un peu le légume emblématique du Léon (finistère nord). Restons donc dans le Léon puisque aujourd’hui, nous célébrons les Tangi. Encore un moine me direz vous. Celui-ci, de son vrai nom Gurguy, fonda l’abbaye de St-Mathieu au Conquet et la légende dit qu’il était fils du seigneur Galono de Trémazan en Léon, près de portsall (à gauche les ruines du chateau de Trémazan). Ce seigneur donc, aurait épousé en seconde noce une femme qui n’avait de cesse de maltraiter le jeune Gurguy et sa sœur. Voici la façon dont Albert le Grand nous présente la chose: « Cette nouvelle dame ne fut gueres en son ménage, qu’elle commença à regarder de travers nos jeunes Saints & se montrer vraye marastre en leur endroit ; elle les rudoyoit & maltraitoit de parole & de fait & leur tint ces rigueurs huit ans durant ; lesquels expirez, Gurguy, déja grand, & à qui le sang commençoit à boilillonner dans les veines, ennuyé d’estre si mal-traité par cette femme, dans la maison de son pere, se résolut de quitter le pays pour quelque temps, & en obtint congé de son Pere, lequel luy donna une bonne somme d’argent & train honorable. » Envoyé à la cour du roi franc Childebert 1er, pour son éducation, il devint chevalier. (déjà à l’époque, il fallait monter à la capitale pour réussir). Il laissa sa sœur Haude (Eodez en breton) au pays; ce qu’il ne faut jamais faire, n’importe quel saint vous le dira. À son retour la marâtre lui parle de sa soeur comme ayant déshonoré la famille par son comportement et Tanguy la tue (la soeur, pas la belle-mère) en la décapitant d’un coup d’épée. C’est qu’on ne rigolait pas avec ces choses là. La victime, me croirez vous, prend alors sa tête dans ses mains et ses jambes à son cou et rentre à la maison pour demander les sacrements avant de mourir.

Horrifié, et malgré le pardon de sa sœur, Gurguy se repent sévèrement demandant à Paul-Aurélien de le faire moine. Il serait apparu la tête auréolée d’un disque de feu et
Saint-Paul aurait alors changé son nom en Tanguy, du breton tan, feu, et lui aurait donné l’habit monastique. Plus tard il fonda sur la pointe St Mathieu (appelée en breton Locmazhé) une nouvelle abbaye où il fut enterré. Pourtant, faire perdre la tête à sa soeur, pour une vie de saint, ça commençait mal ! On peut admirer une magnifique statue en bois polychrome (XVIè) de sainte Haude dans la chapelle Notre-Dame-de-Kersaint à Landunvez.

Bon allez, vous prenez pas la tête (Hi,hi,hi) portez vous bien et à demain peut-être.

 

Le cénobite enfonce le clou…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

Amis des fontaines miraculeuses et du pain perdu réunis, bonjour !

Nous sommes le samedi 10 novembre 2012, vingtième jour de Brumaire dédié à la herse.

Mes biens chers frères, si vous le voulez bien, aujourd’hui nous allons évoquer Govrian. D’origine vannetaise, ce saint guérisseur serait né vers 670 dans une famille noble. Après ses études, il se consacre à la vie monastique et se retire à l’abbaye de Rhuys (56). De retour à Vannes, il rejoint le clergé de la cathédrale. Au décès de Mériadeg, il est désigné « à l’insu de son plein gré » pour le remplacer  et sera sacré à Dol (35).

Après 17 ans sur le siège épiscopal, il établit son ermitage à Saint-Servant-sur-Oust (56) et y meurt en 725 ; une chapelle a été construite sur les lieux mêmes de son ermitage, à Saint-Gobrien. (photo de gauche)

Si les eaux de la source de la chapelle St-Gobrien ont soigné, pendant longtemps, le « mal des ardents », par la suite, elles attirèrent les personnes souffrant de furoncles ou d’abcès. La légende dit qu’il fallait déposer une poignée de clous sur le tombeau, dans la chapelle. Lorsque le clou était rouillé, le malade était guéri… Voilà de quoi combler le trou de la sécu. De nombreuses plaques votives sont fixées sur le mur de la chapelle, à côté de la statue polychrome du Saint. En 1900 l’eau soulageait encore certaines maladies d’enfants. Les mères laissaient alors dans les Interstices des pierres de la fontaine les linges ayant servi à humecter les parties traitées. Une légende prétend aussi que les jeunes filles désireuses de prendre époux dans l’année devaient faire 7 fois le tour du tombeau en se gardant d’effleurer le mur et la sépulture pour voir leur vœu exaucé. Mais ça, c’était avant…

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

 

Un p’tit tour par Gouesnou…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

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Amis de la tradition et du blé noir réunis, bonjour !

Hé oui, nous aurions pu être le 4 brumaire, jour de la betterave dans le calendrier républicain, mais nous sommes le jeudi 25 octobre 2012, jour de la St Crépin (poil aux saints). En Bretagne bretonnante on célèbre Gouesnou. J’en parle car le saint homme a laissé son nom à un village qui se trouve à deux pas de mon ermitage et je sais que cela fera plaisir à Michel qui est friand de mes histoires de saints.

On prétend que cette paroisse fut fondée par Saint Gouesnou, neuvième évèque du Léon et qu’elle fut donnée à l’abbaye de Saint Georges de Rennes par la duchesse Berthe de Champagne, bien connue dans son canton, veuve du duc Alain, surnommé Barbe-torte, qui mourut à Nantes en l’an 952. Autrefois on portait ses reliques en processions le jour de l’Ascension. L’an 1342, Charles de Blois les porta. En 1417, le duc Jean V, son oncle. En 1455 le duc Pierre II en compagnie du connétable Arthur. Né en Bretagne insulaire, il perd sa mère à l’âge de dix huit ans. Son père Tudon part pour l’Armorique avec ses enfants, Gouesnou, sa soeur Tudona et son frère ainé Masien. Ils auraient débarqué près de Brest, peut-être à Landéda. Un jour le saint rencontre le tyran Conomor; celui-ci lui promet  »autant de terre qu’il pourrait clore de fossez en un jour ; le saint accepta le don et ayant mandé à son frère qu’il vînt à son aide, il prit une fourche et, la traînant par terre, il marcha environ deux lieues de Bretagne en quarré et à mesure qu’il traînait ce bâton fourché, la terre, chose étrange, se levait de part et d’autre et formait un gros fossé qui servait pour séparer les terres qui luy avaient esté données de celles du seigneur fondateur, lequel enclos est toujours tenu en telle révérence qu’autrefois il servait d’azile et de lieu de refuge aux malfaiteurs. » 

A la mort de Houarzon, évêque du Léon, Gouenoù lui succède ; il dirigera le diocèse pendant trente-quatre ans, jusqu’à sa mort, survenue accidentellement au cours d’une visite rendue à saint Corbasius à Quimperlé. Accident de char sans doute, la route de Quimperlé est très piègeuse. Disciple de Paol-Aourelian, il l’aurait accompagné en Armorique. Si sa Vie en fait un évêque du Léon, une autre, plus tardive, ne lui donne que le titre d’abbé, et il apparaît dans le Missel de Bréventec sous la simple mention de confesseur. A gauche, comme disait Dufilho: La fontaine de la chapelle. Bon et bien maintenant, vous savez tout…

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

7777, par Toutatis…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

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Amis de l’histoire bretonne et des cailles au raisin réunies, bonjour !

Nous sommes le mercredi 19 septembre qui fait partie des jours « complémentaires » rajoutés au calendrier républicain ; celui-ci était dédié au travail. Quelle drôle d’idée… En Bretagne on honore les Riware qui a laissé son nom à la commune de Lanrivoare.

Lanrivoaré est un démembrement de l’ancienne paroisse primitive de Milizac. Cette commune doit son origine à la création d’un ermitage par Rivoaré (frère de Riwanone et oncle de Hervé). Lanrivoaré était autrefois une trève de Plourin et dépendait de l’ancien évêché du Léon.

Paroisse de l’ancien archidiaconé d’Ach, sous le patronage de saint Rivoaré, ou saint Riwal, oncle de saint Hervé, qui est honoré en Cornouaille dans la trève de Saint-Rivoal, en Brasparts, et c’est peut-être à cause de sa parenté avec saint Hervé, qu’il est considéré comme ayant une grande puissance sur le démon, dont auraient hérité les Curés ou Recteurs de Saint-Rivoal, qui, selon la tradition populaire, ont la charge de conduire dans les marais du mont Saint-Nicolas les démons ou sorciers transformés en chiens noirs (ki du), qu’ils ont conjurés.

Rivoaré aurait été le chef d’une tribu d’émigrés bretons qui aurait été immolée par des païens en haine de leur foi, et c’est en souvenir de ce massacre qu’on aurait conservé leurs restes dans un cimetière tout particulier, entièrement dallé, dans lequel on ne pénètre qu’en se déchaussant (photo de gauche). On y voit une croix au pied de laquelle se trouvent sept pierres rondes ayant quelque analogie avec la forme des pains de ménage. On dit que ces pains furent changés en pierre par saint Rivoaré à l’étalage d’un boulanger qui lui aurait refusé l’aumône. Ce cimetière est dit communément, des 7777 Saints martyrs. Mais en breton, l’on dit 7 mille, 7 cents 7 vingts et 7 — c’est-à-dire 7847 — auxquels, si on ajoute les 7 pierres de la croix, on trouve le chiffre 7854. Tout le monde suit ? Je continue.

Ce nombre de 7 répété à dessein a intrigué les savants qui ont voulu y voir un nombre mystérieux, et M. de Kerviler, sans vouloir nier la tradition d’un massacre de chrétiens en ce lieu, y voit une formule des anciens druides rendant facile à retenir, la théorie du cercle et en même temps mettant en relief l’importance des nombre 7 et 3. « Etant arrivés, dit-il, à trouver que la circonférence de 10 unités de diamètre avait une longueur de 314 unités, ils en avaient conclu que la surface d’un cercle était de 7854 unités carrées, et remarquant ensuite que ce nombre contenait l’expression de propriétés merveilleuses sur le nombre 7 et sur le nombre 3 ils en firent l’objet d’une légende mnémonique pour leurs adeptes ». Cette légende nous aurait été conservée grâce à ce nombre des « 7 mille 7 cents 7 vingts et 7 Saints martyrisés, et des 7 pains de saint Hervé », que les nouveaux convertis ont adopté sans y voir trace d’une opinion scientifique quelconque. Sources:

Bon et bien voilà, encore une histoire de saints mais, il y avait longtemps. Allez, portez vous bien et à demain peut-être. Enfin si mes pérégrinations m’en laissent le loisirs car je prends la route avec ma fiancée; direction le Sud.