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A en perdre la tête…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

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Amis de la culture pour tous et du poulet aux marrons réunis, bonjour ! Nous sommes le mercredi 27 novembre 2013 et en ce 7è jour de frimaire, nous saluons le chou-fleur qui est un 59345149_ppeu le légume emblématique du Léon (Finistère nord). Restons donc dans le Léon puisque aujourd’hui, nous célébrons les Tangi. La figurine du p’tit moine agité pour annoncer un billet qui s’inscrit dans la catégorie « Ah, les beaux saints ». Encore un moine me direz vous. Celui-ci, de son vrai nom Gurguy, fonda l’abbaye de St-Mathieu au Conquet et la légende dit qu’il était fils du seigneur Galono de Trémazan (rien à voir avec Galouzeau de Villepin) en Léon, près de Portsall (à gauche les ruines du château de Trémazan). Ce seigneur donc, aurait épousé en seconde noce une femme 300px-Trémazanqui n’avait de cesse de maltraiter le jeune Gurguy et sa sœur. Voici la façon dont Albert le Grand nous présente la chose: « Cette nouvelle dame ne fut gueres en son ménage, qu’elle commença à regarder de travers nos jeunes Saints & se montrer vraye marastre en leur endroit ; elle les rudoyoit & maltraitoit de parole & de fait & leur tint ces rigueurs huit ans durant ; lesquels expirez, Gurguy, déja grand, & à qui le sang commençoit à boilillonner dans les veines, ennuyé d’estre si mal-traité par cette femme, dans la maison de son pere, se résolut de quitter le pays pour quelque temps, & en obtint congé de son Pere, lequel luy donna une bonne somme d’argent & train honorable. »

Envoyé à la cour du roi franc Childebert 1er, pour son éducation, il devint chevalier. (déjà à l’époque, il fallait monter à la capitale pour réussir). Il laissa sa sœur Haude (Eodez en breton) au pays; ce qu’il ne faut jamais faire, n’importe quel saint vous le dira. À son retour la marâtre lui parle de sa sœur comme ayant déshonoré la famille par son comportement et Tanguy la tua (la sœur, pas la belle-mère) en la décapitantimages10-120x300 d’un coup d’épée. C’est qu’on ne rigolait pas avec ces choses là. La victime, me croirez vous, prend alors sa tête dans ses mains et ses jambes à son cou et rentre à la maison pour demander les sacrements avant de mourir. Horrifié, et malgré le pardon de sa sœur, Gurguy se repens sincèrement et demande à Paul-Aurélien de le faire moine. Il serait apparu la tête auréolée d’un disque de feu et Saint-Paul aurait alors changé son nom en Tanguy, du breton tan, feu, et lui aurait donné l’habit monastique. Plus tard il fonda sur la pointe St Mathieu (appelée en breton Locmazhé) une nouvelle abbaye où il fut enterré. Pourtant, faire perdre la tête à sa sœur, pour une vie de saint, ça commençait mal ! On peut admirer une magnifique statue en bois polychrome (XVIè) de sainte Haude dans la chapelle Notre-Dame-de-Kersaint à Landunvez.

Bon allez, vous prenez pas la tête (Hi,hi,hi) portez vous bien et à demain peut-être.

On aurait pu le nommer saint clou…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

Amis des fontaines miraculeuses et du pain perdu réunis, bonjour ! Nous sommes le dimanche 10 novembre 2013, vingtième jour de Brumaire dédié à la herse; mais ne me demandez pas pourquoi.

Or donc, mes biens chers frères, si vous le voulez bien, aujourd’hui nous allons évoquer Govrian. D’origine vannetaise, ce saintGobrien-190x300 guérisseur serait né vers 670 dans une famille noble, ce qui somme toute n’est pas si mal pour débuter dans la vie. Après ses études, il se consacre à la vie monastique et se retire à l’abbaye de Rhuys (56). De retour à Vannes, il rejoint le clergé de la cathédrale. Au décès de Mériadeg, il est désigné « à l’insu de son plein gré » pour le remplacer  et sera sacré à Dol (35). Après 17 ans sur le siège épiscopal, il établit son ermitage à Saint-Servant-sur-Oust (56) et y meurt en 725.

Une chapelle a été construite sur les lieux mêmes de son ermitage, à Saint-Gobrien. (photo de gauche) Si les eaux de la source de la chapelle St-Gobrien ont prétendument soigné pendant longtemps, le « mal des ardents » (ergotisme), par la DownloadedFilesuite, elles attirèrent les personnes souffrant de furoncles ou d’abcès. La légende dit qu’il fallait déposer une poignée de clous sur le tombeau, dans la chapelle. Lorsque le clou était rouillé, le malade était guéri… Voilà de quoi combler le trou de la sécu. De nombreuses plaques votives sont fixées sur le mur de la chapelle, à côté de la statue polychrome du Saint. En 1900 l’eau soulageait encore certaines maladies d’enfants. Les mères laissaient alors dans les interstices des pierres de la fontaine les linges ayant servi à humecter les parties traitées. Une légende prétend aussi que les jeunes filles désireuses de prendre époux dans l’année devaient faire 7 fois le tour du tombeau en se gardant d’effleurer le mur et la sépulture pour voir leur vœu exaucé. Mais ça, c’était avant…

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

A la St Gouenou le cénobite est mou du genou…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

Amis de la tradition et du blé noir réunis, bonjour ! Hé oui, nous aurions pu être le 4 brumaire, jour de la betterave dans le calendrier républicain, mais nous sommes le vendredi 25 octobre 2013, jour de la St Crépin (poil aux saints). En Bretagne bretonnante on célèbre Gouesnou. J’en parle car le saint homme a laissé son nom à un village qui se trouve à deux pas de mon ermitage et je sais que cela fera plaisir à Michel qui est friand de mes histoires de saints.

On prétend que cette paroisse fut fondée par Goueznou, neuvième évêque du Léon et qu’elle fut donnée à l’abbaye de Saint Georges de Rennes par la duchesse Berthe de Champagne, bien connue dans son canton, veuve du duc Alain, surnommé Barbe-torte, qui mourut à Nantes en l’an 952. Autrefois on portait ses reliques (celles de Goueznou) en procession le jour de l’Ascension. L’an 1342, Charles de Blois les porta. En 1417, le duc Jean V, son oncle. En 1455 le duc Pierre II en compagnie du connétable Arthur. Né en Bretagneimages9 insulaire, il perd sa mère à l’âge de dix huit ans. Son père Tudon part pour l’Armorique avec ses enfants, Goueznou, sa soeur Tudona et son frère ainé Masien. Ils auraient débarqué près de Brest, peut-être à Landéda. Coup de bol, Valls n’était pas encore à l’Intérieur. Un jour notre bonhomme rencontre le tyran Conomor; celui-ci lui promet  « autant de terre qu’il pourrait clore de fossez en un jour ; le saint accepta le don et ayant mandé à son frère qu’il vînt à son aide, il prit une fourche et, la traînant par terre, il marcha environ deux lieues de Bretagne en quarré et à mesure qu’il traînait ce bâton fourché, la terre, chose étrange, se levait de part et d’autre et formait un gros fossé qui servait pour séparer les terres qui luy avaient esté données de celles du seigneur fondateur, lequel enclos est toujours tenu en telle révérence qu’autrefois il servait d’azile et de lieu de refuge aux malfaiteurs. »

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A la mort de Houarzon, évêque du Léon, Goueznoù lui succède ; il images-14dirigera le diocèse pendant trente-quatre ans, jusqu’à sa mort, survenue accidentellement au cours d’une visite rendue à saint Corbasius à Quimperlé. Accident de char sans doute, la route de Quimperlé est très piègeuse. Disciple de Paol-Aourelian, il l’aurait accompagné en Armorique. Si sa Vie en fait un évêque du Léon, une autre, plus tardive, ne lui donne que le titre d’abbé, et il apparaît dans le Missel de Bréventec sous la simple mention de confesseur. A gauche, comme disait Dufilho: La fontaine de la chapelle.

Bon et bien maintenant, vous savez tout… Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

Le saint et l’azote…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

Amis de la cavalerie légère et du coco paimpolais réunis, bonjour ! Nous sommes le lundi 14 octobre 2013, 23è jour de vendémiaire dédié au navet. Notre stagiaire calendrier me prie de rappeler qu’aujourd’hui on fête les Juste alors qu’en Bretagne armoricaine on célèbre ou pas les ENORA. On raconte que son père l’ayant forcée à épouser saint Efflam, elle refusa, d’accord avec Efflam, de mener vie commune et pourtant ilscurragh se marièrent et vécurent comme frère et sœur tout au long de leur vie. On peut voir sa statue dans l’église de Plestin (Finistère) et dans la chapelle de Trézeny. La légende raconte qu’Enora, la chaste épouse de Saint-Efflam, partie à sa recherche en Armorique, vit son esquif de cuir (les fameux curraghs que l’on voit sur cette photo) échouer dans la baie de la Vierge, retenu par les pierres en fermant l’entrée à marée descendante. Un monastère fut dès lors fondé à cet endroit. Il n’y subsistera que du 5ème au 8ème siècle et fut sans doute à l’origine d’une légende qui voulait que le Yaudet fut le premier évêché, éphémère, du Trégor. C’est à la requête des Kerninon que la chapelle actuelle fut érigée et achevée en 1861, sur les fondations de l’ancien lieu de culte. Enora est la patronne des nourrices, aujourd’hui on dit assistantes maternelles…

Quand à Efflam, oyez ce qu’en dit Albert le Grand : « … nôtre Saint, avec sa compagnie, passa la mer & vint heureusement surgir à la coste de la Bretagne Armorique, en la baye de sable, qui est entre Toul Efflam & Loc-Mikel, dite communement la lieue de gréve, en la paroisse lieue de grèvede Plestin, Diocese de Treguer, & leur vaisseau s’arresta vis-à-vis d’un grand roc, qui est au milieu de la gréve en terre neanmoins, nommé Hyrglas. Il y avoit pour lors, le long de la gréve, une très-grande forest, de laquelle S. Efflam & sa troupe, descendans de leur vaisseau, virent sortir un horrible dragon, lequel se retiroit à travers la grève dans sa caverne, distante d’environ mil pas de ce roc; laquelle caverne était profonde de neuf coudées, & en avoit douze en la circonférence de son ouverture; mais de peur qu’à la piste et trace de ses griffes, il ne fut découvert & assiégé en cét antre, il avoit cette astuce de marcher à reculons, de sorte qu’à voir les marques de ses griffes dans le sable, on eut pensé qu’il venoit de sortir du lieu où il ne faisoit que d’entrer. » .Au milieu de cette vaste grève sillonnée de ruisseaux et de filières, s’élève une croix de pierre (photo de gauche). Autrefois l’habitant de ce pays, avant d’entreprendre la traversée ne marée vertemanquait jamais d’interroger la croix. Si les flots la recouvraient, il était trop tard : l’imprudent eut été infailliblement englouti. Si, au contraire, la croix se montrait au-dessus de l’eau, on disait : « la croix nous voit » et l’on s’avançait sans crainte ». On dit qu’elle se déplace de l’épaisseur d’un grain de blé tous les sept ans : « Treuz ur gwinizhenn a bep seizh bloaz ».Hélas, toutes les prières à Enora et à St Efflam n’ont pas empêché les algues vertes de défigurer le site merveilleux de Saint-Michel-en-Grève

Allez, merci encore d’être passé par ici, je le dis souvent mais c’est sincère. Portez vous bien et à demain peut-être.

Un saint peut en cacher un autre…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

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Amis de la côte des légendes et de la côte de bœuf réunies, bonjour ! Nous voici donc le jeudii 10 octobre 2013, 19è jour de vendémiaire dédié au tournesol. J’évoque aujourd’hui la vie de saint Kler disparu un 10 octobre. On ne sait pas grand chose de ce brave saint, sauf qu’il fut sans doute le premier évêque de Nantes. La possession de ses reliques a Kler valléedonné lieu à de rudes batailles entre Nantes et Reguiny, petit village du Morbihan. Voici ce que l’on trouve à l’Ordinaire de 1263, éphéméride tenu par le grand chantre de la cathédrale, sous la date du 10 octobre : « Fête du bienheureux Kler, évêque et confesseur. Ce saint fut le premier évêque de l’église de Nantes, qui, envoyé par le Pontife romain à cette même église, apporta avec lui le clou que saint Pierre avait à la main droite durant son martyre, et que nous avons en grande vénération ». Evidemment, les nantais disent saint Clair, histoire de se démarquer des bas-bretons… Inutile de vous préciser que sa statue trône déjà à Carnoêt (22) dans la vallée des saints comme le montre la photo de droite.

Réguiny (commune du canton de Rohan, entre Pontivy et Josselin) montre le tombeau et la fontaine de saint Kler ; le village de Kerbellec (mot à mot : la maison du prêtre) est encore indiqué comme le lieu où il résida. C’est Fontaine Klerdonc le moment de laisser la place à la légende: il y aurait eu, à une époque non désignée, un combat acharné entre les Nantais et les habitants de Réguiny, pour la possession du corps de l’abbé.  De tels faits se sont souvent produit, aux siècles de foi, ainsi que les vols de reliques ; et saint Convoyon lui même a bien soustrait, au neuvième siècle, pour l’emporter à son abbaye de Redon, le corps de saint Apothème, évêque d’Angers, comme les moines de Vertou enlevèrent à leurs frères de Durivum celui de leur père commun, saint Martin. Les corps saints disputés les armes à la main, on ne les compte plus.(à gauche: fontaine st Kler à Reguiny)

Or donc, les Nantais, demeurés vainqueurs, auraient chargé les reliques sur un chariot et réussi à sortir du cimetière qui entoure la chapelle. Arrivés à un chemin creux qui borde ce cimetière au midi, voilà les boeufs qui traînaient le chariot, arrêtés net au beau milieu d’un bourbier ! Le combat recommence, sans que, malgré cris et coups, les boeufs puissent faire avancer le véhicule ; ils font, tant qu’on le veut, des pas en arrière ; en avant, pas un seul. Ce que voyant, et de guerre lasse, les Nantais coupent l’index de la main droite du saint et regagnent leur pays. C’est ainsi quemenhir l’anneau se retrouva à Nantes et le chef à Réguiny. (à droite,toujours à Réguiny, un menhir christianisé). L’église catholique, apostolique et romaine a toujours été championne de la récupération et, les sources sacrées de la vieille tradition celtique, tout comme les pierres levées, se sont vite retrouvées ornées de croix. Si l’on en croit Albert Le Grand, dominicain de Morlaix, saint Kler disparu aux environs de l’an 96. C’est ce que l’on peut lire dans sa « vie des saints » dont la première édition date de 1636. Mais notre Albert, dans sa volonté d’éclairer les pauvres âmes bretonnes, a écrit tellement de contes et sornettes qu’il est difficile de lui accorder crédit..

Allez, merci de votre visite, portez vous bien et à demain peut-être.

 

Au bon temps des rois fainéants…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

Amis de l’analyse concrète d’une situation concrète et du Fernet-Branca réunis, bonjour ! Cela devait finir par arriver, nous sommes le 16 août, 29è jour du mois de thermidor habituellement consacré au coton. Tiens,85708053_o par ici on fête les Armel dont les traces sont nombreuses par chez nous (Bretagne). Par exemple Ploermel, ou encore Plouarzel mais aussi, Ergué-Armel. En voila un qui va rapidement trouver sa place dans la vallée des saints à Carnoët (avouez qu’il y a longtemps que je n’en avais pas parlé.) L’affaire commence à avoir fière allure; déjà plus d’une trentaine de ces géants de pierre orne (je ne sais jamais si on accorde avec la trentaine ou avec les géants…) la vallée bien nommée.

Or donc, Armel ou Arzel, comme vous voulez, fait partie de ces moines qui débarquèrent en Armorique en provenance du pays de Galles en OLYMPUS DIGITAL CAMERAvoyage organisé entre le 4è et le 6è siècle à bord de la Brittany ferries, bien décidés à conquérir l’âme de ces pauvres indigènes que les occupations romaines avaient laissé dans un état de dénuement spirituel catastrophique.

Il serait né vers 482 dans le Glamorgan au Sud du pays de Galles. En vérité, cette région doit son nom au roi Morgan ap Owain et non à son ancêtre le souverain Morgan Mwynfawr ap Arthrwys qui lui, a du vider quelques hanaps avec Armel.

Pour sa part, notre ami Armel, ayant oui dire que du bien du bar-restaurant-boutique de souvenirs Les Cintrés à Landunvez , décida de débarquer au fond de l’aber Ildut, pas très loin de l’ermitage de Keramoal. A peine arrivé il créa sa petite entreprise qu’il dénomma imagesmodestement « abbaye de Plouarzel ». Le roi des Francs, Childebert 1er, ayant remarqué son zèle le fit appeler à ses côtés. Il s’empressa de guérir aveugles et boiteux et sa majesté le renvoya en Bretagne où il fonda la marque « produit en Bretagne ». Sur le chemin du retour, qui, faut-il le rappeler, était très long, au temps, au bon temps, des rois fainéants, il s’arrêta près de Corps-nuds en Ille et Vilaine, débarrassa le coin d’un vilain dragon qui faisait peur aux petites filles et en profita pour créer une succursale qu’il baptisa « monastère de Saint-Armel ». Bref, une réussite de tous les diables !

Et puisque l’on parle de l’aber Ildut, savez vous que son granite  bénéficiait d’une grande renommée en raison de sa résistance à l’érosion, de ses propriétés à refléter les rayons du soleil, mais DownloadedFileégalement de sa facilité de transport par la voie maritime. Durant des millénaires, ce matériau servit à l’édification de multiples constructions humaines, comme les phares par exemple (celui de la pointe Saint-Matthieu, en particulier), mais aussi des ouvrages d’art (le viaduc de Daoulas dont je reproduit la photographie). C’est toutefois la fourniture du matériau du socle de l’obélisque de Louxor, un énorme bloc de 100 tonnes, qui donna, en 1835, une reconnaissance nationale au granite de l’Aber-Ildut. Aujourd’hui on en fait des statues de saints pour la vallée du même nom; mais bon, je commence à radoter…

Bon, il faut reconnaître qu’ils ont aussi de très bonnes huîtres. Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

 

Il voit des saints partout…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

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Amis de l’onomastique et du Télégramme de Brest réunis, bonjour ! Nous sommes le mardi 23 juillet 2013, 5è jour de Thermidor dédié au bélier (ar maout en breton). C’est aussi, la sainte Sève au nom aussi énigmatique que sa vie. imagesLes experts de l’expertise ne sont même pas d’accord pour affirmer qu’il s’agit d’un saint ou d’une sainte… En effet, on trouve aussi bien: Sev (breton), Sewo (gallois), Sewa, Loève, Loaven (breton), mais aussi Sant Segne (XIè siècle), Sent Seguot(1128), sainte Scevat (1598). On sait très peu de chose sur cette sainte, semi-légendaire du VIè siècle, non reconnue par l’Église de Rome. Et pourtant…

Fille de Hoël Ier, roi de Domnonée  et de sainte Koupaia (Pompée), sœur de saint Tugdual, évêque, l’un des sept fondateurs de la Bretagne christianisée, DownloadedFilesœur de saint Lunaire (Léonor) et de Hoël II. Albert le Grand, de Morlaix (1637), raconte que son saint frère Tugdual parcourant l’Armorique avec ses disciples, reçut au cours de ses prêches, en dons, plusieurs terres (appelées paroisses dans les textes), où il installa des monastères. Sur le domaine de l’actuelle village de Sainte-Sève, où se trouve le joli manoir du Grand-Plessis, près de Morlaix, il fonda une abbaye pour sa sœur, vers 530.

Sainte Sève est la patronne des paroisses de Sainte-Sève et de Langoat. Elle a donné son nom à l’île de Loaven située à deux encablures dans l’Ouest-Nord-Ouest de Roc’h Skeiviec face à Plougrescant ( je peux assurer par expérience, qu’elle offre un très bon mouillage par gros temps) où est inhumée, dans sa chapelle, sainte Elibouban aussi mystérieuse qu’elle, dont j’ai déjà parlé ici. Voici ce qu’écrivait Louis Thiercelin (1894): Le pardon de sainte Elibouban se déroulait autrefois le lundi des Rogations, le 25 juillet…

 …A la fin du 19ème siècle, les jeunes filles, vêtues de blanc, avec un ruban bleu sur la poitrine, portant la grande coiffe à deux larges cornets de dentelles, forment la procession, accompagnées des petits choristes, du prêtre, des moines, du maire et de son conseil et de la foule des fidèles. Les barques des marins pêcheurs transportent les pavillons, portés par les hommes. la statue de getatt-2sainte Elibouban est portée par des femmes vêtues de noir. Elles sont une trentaine à se relayer pour ce pieux devoir, faisant une garde d’honneur à la sainte, qui va rendre visite à son fils saint Gonéri en la chapelle de Plougrescant. Le lundi 25 juillet, la statue s’en retourne dans son île, accompagnée par la statue de saint Gonéri et des paroissiens. La statue de la sainte est conduite vers son oratoire, bâti de l’autre côté de l’île, au Nord, à cinquante pas de l’ancienne chapelle (en ruines vers 1890 et reconstruite plus tard). A droite, s’élève le rocher qui sert d’autel aux rogations. Les porteurs de bannières grimpent au sommet du rocher, d’autres l’entourent ; un des moines adresse quelques paroles aux fidèles, et la sainte qui attendait à la porte de son oratoire, la franchit. On la replace sur son autel. Si la tempête ou quelque fête plus grande empêchent cette visite annuelle du saint à sa mère, sainte Elibouban, suivant les uns, saint Gonéri, suivant les autres, à la nuit, feront seuls le voyage ; mais malheur aux bateaux rencontrés par la barque mystérieuse ; ils sont impitoyablement chavirés.

Et voilà pour la petite histoire bretonne. Portez vous bien et à demain peut-être.

 

A la saint Kirio, le cénobite fait son boulot…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

Amis de la musique baroque et de la flûte boulangère réunies, bonjour ! Nous sommes le mardi 09 juillet de l’an de grâce 2013 et vous êtes encore devant votre ordinateur. Ce jour est le 21è de Messidor dédié à la menthe. En Bretagne c’est la saint Kirio. Petit saint local compagnon de Efflam (la grève de St-Efflam est aujourd’hui malheureusement célèbre pour ses algues vertes) qui 300px-StKirioévangélisa la Cornouaille. Il existe à Trédrez-Locquémeau une fontaine dédiée à Kirio et qui est d’ordinaire pleine de clous. Le bon saint est en effet censé favoriser la guérison des furoncles. la chapelle elle, n’existe plus. Il en est encore une sur la commune de Plounérin dans un cadre magnifique.. Les origines de la paroisse de Trédrez demeurent obscures. Formé à partir du vieux breton treb, « village », auquel est associé le breton traez, « grève », le nom du bourg atteste une création du haut Moyen-Âge. Paroisse du diocèse de Tréguier mentionnée comme telle dès 1284, date à laquelle saint Yves en fut nommé recteur jusqu´en declic-armor1292, elle fut créée avec sa trève Locquémeau, dont le nom est formé avec le breton lok, « lieu consacré », au détriment de la paroisse bretonne primitive de Ploumilliau. Le bourg faisait probablement partie à l´origine du domaine épiscopal de Tréguier, comme en témoigne un document de 1484 mentionnant autour de l´église l´existence d´un minihy (lieu d’asile) placé sous le seul ressort de l´archidiacre de Pougastel, et dont le souvenir est perpétué par la présence d´un lieu-dit Pors-an-Escop, « la cour de l´évêque ». voilà, vous savez tout…

C‘est mieux qu’à l’office de tourisme non ? Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

Le roc à Bili…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

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Amis de la musicothérapie et du biniou bras réunis, bonjour ! C’est à n’y pas croire, nous sommes le jeudi 23 mai 2013, troisième jour de Prairial dédié à imagesl’Angélique (pas la marquise, la fleur). On l’appelle aussi l’herbe aux anges car elle avait la réputation d’être efficace contre les maléfices et autres envoûtements. Elle est encore cultivée dans certains endroits notamment du côté de Niort (région Poitou-Charentes chère à Ségolène) pour en faire les fruits confits que l’on retrouve souvent dans les cakes. Attention de ne pas la confondre avec une proche parente, la cigüe…

Après les anges, les saints.

64912435_pEn Bretagne il est un saint que l’on nomme BILI fêté le 23 mai, et qui n’a rien à voir avec the kid… Néanmoins, Saint Bili (840-915) est un personnage qui mériterait d’être mieux connu. Il est originaire des environs de Redon. Alors qu’il était diacre à Aleth (St Malo), Bili a entrepris de rédiger une nouvelle vie de saint Malo. Il s’est inspiré d’une première vie de saint Malo endommagée (du début du IXe siècle) et des récits plus ou moins fantastiques des pèlerins. À la fin de son ouvrage, Bili raconte l’épisode des oies de Saint-Pol-de-Léon. Deux prêtres, l’un de St-Pol, l’autre de St-Malo, partirent chasser les oies dans les champs de Saint-Pol-de-Léon. Ils ne purent en attraper qu’en invoquant saint Malo. A la suite de cet événement, l’évêque Clotuuoion de St-Pol décida que saint Malo devait être fêté dans son évêché.

Avec Bili, il est possible qu’on touche du doigt l’origine du Tro Breiz cette procession qui se déroule sur les traces des sept saints fondateurs de la64912470_p Bretagne. Au Moyen-Age, le tour de Bretagne ou Tro Breiz désignait le pèlerinage en l’honneur des Sept Saints Fondateurs de la Bretagne. Le pèlerin allait s’incliner sur les tombeaux des évêques fondateurs: Brieuc et Malo dans leur ville, Samson à Dol-de-Bretagne, Patern à Vannes, Corentin à Quimper, Pol Aurélien à Saint-Pol-de-Léon et Tugdual à Tréguier. C’est une sorte de voyage à la Mecque à la mode bretonne. La légende dit que tout Breton qui fait le Tro Breiz est certain de gagner le Paradis. Elle ne parle pas des 70 vierges ! Par contre, ceux qui ne le font pas de leur vivant devront le faire après leur mort en avançant chaque année de la longueur de leur cercueil ! Je tiens cela de mon aïeule qui ne manquait jamais de rajouter: L’éternité c’est long, surtout vers la fin…                                                                                     « Et voici que je marche vers les sanctuaires dans le pays du commencement, ce mien pays. Voici que je marche, grand bien me fasse. On est seul avec soi, au long des jours et des nuits sur la route, au long des chemins ruraux et des canaux et des sentiers. Je pélerine. » Xavier GRALL

Depuis quelques années la pérégrination reprend de plus belle, et pourtant, les 64912941_pvéritables créateurs de la Bretagne sont davantage la coopérative de Landerneau et Ouest-Eclair mais cela, c’est une autre histoire que je vous conterai un jour… Plus tard, Bili sera nommé évêque de Vannes. Dom Plaine rapporte dans sa vie de saint Malo (1885) qu’en tant qu’évêque de Vannes, Bili aurait incité un certain Menobred à aller récupérer les reliques de saint Malo restées en Saintonge. On pense que Bili a été tué par les Normands (et non pas par Pat Garrett) en 915 près du calvaire de la chapelle, ce qui en fait un évêque-martyr. A gauche, la chapelle de St Bili, la légende veut que le saint aurait marcher jusqu’ici la tête entre les mains après sa décapitation.

Allez, voila pour aujourd’hui, portez vous bien et à demain peut-être.

 

J’AI RENCONTRE St TUGDUAL…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

Amis de l’école des sages et du camembert au lait cru réunis, bonjour !DownloadedFile Nous voici, déjà, le samedi 11 mai 2013, c’est à dire le 21è jour de floréal, dédié généralement à la fritillaire (ça ne s’invente pas) mais, il faut le reconnaître, c’est une très jolie fleur.

 

 

Aujourd’hui, les britophones vont célébrer Tugdual, un des sept saints fondateurs de la Bretagne selon la police, beaucoup plus selon les pèlerins. Les historiens n’arrivent toujours pas à se mettre d’accord sur le nom lui même, était-ce Tugdual, Tudy, Tutuarn… Allez savoir, en Bretagne c’est bien connu, un saint peut en cacher un autre. La légende veut qu’il soit venu s’échouer quelque part au fond de l’aber Wrac’h aux 59436293_palentours du VIè siècle, accompagné de soixante dix de ses potes pour évangéliser l’Armorique. Personnellement j’ai opté pour l’orthographe Tutuarn et je l’installe dans un ermitage sur l’île Tristan qui va donner naissance à Douarnenez. (Tutuarn enez, l’île de Tutuarn). Bon d’accord, ça m’arrange, mais ce n’est pas plus incongru que d’en faire un Bigouden du côté de Loctudy. Par ailleurs, familièrement en breton Tugdual est généralement désigné sous le nom de Pabu et le Trégor est parsemé de chapelles qui lui sont dédiées. Cette tradition vient sans doute du fait qu’il est censé avoir été pape (Pabu: le père); alors pourquoi pas Tutuarn. En tout état de cause, il est revenu mourir à Tréguier un 30 novembre 563, j’ai pas retrouvé à quelle heure…

Et puis tiens, maintenant qu’on se connaît un peu, je vais vous raconter une anecdote personnelle. Dans les années soixante, un cousin (à la mode de Bretagne) s’était mis en tête de se convertir à la religion orthodoxe Celte (si, si, ça existe). Apprenant que je devais effectuer un59436458_p voyage dans ce qu’on appelait encore la Tchécoslovaquie, il me demanda de lui rapporter un ouvrage d’art ayant trait aux icônes. Quelques mois plus tard, m’étant acquitté de cette tâche, je retrouvais mon cousin pope en compagnie d’un anachorète qu’il me présentât comme son « évêque ». Celui-ci s’était semble t-il installé dans les années 50, dans le bois Juhel sur la commune de Saint Dolay (dans le Morbihan – près de La Roche-Bernard). De son vrai nom Jean-Pierre Danyel,il voulait restaurer la spiritualité du monachisme celtique et la tradition des évêques-abbés. C’est dans ce but qu’il fut sacré évêque de l’église orthodoxe celtique et prit le nom de Tugdual. (A droite, une icone réalisée à partir de la photo de Tugdual que l’on voit à gauche ci-dessous.)

Cette consécration fut célébrée par Mgr Irénée d’Eschevannes, évêque 59436509_pet futur patriarche de l’Eglise Gallicane. Le brave homme devait décéder quelques semaines après notre rencontre en août 1968, à l’âge de 51 ans. Avant de mourir il prophétisa que dix ans après sa mort des moines viendraient relever son ermitage. Et en effet, une communauté de moines d’esprit celtique a reconstruit la chapelle qui est maintenant une superbe église en bois. Les adeptes de cette église, devant les bienfaits réalisés par le bonhomme, en on fait un saint. Je peux donc dire que j’ai rencontré Saint Tugdual… Etonnant non !

 

Allez le bonjour vous va, portez vous bien, ne vous prenez pas au sérieux et à demain peut-être.