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Enora pro nobis…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

Amis de la cavalerie légère et du coco paimpolais réunis, bonjour ! Nous sommes le Samedi 14 octobre 2017, 23è jour de vendémiaire dédié au navet.

En Bretagne armoricaine on célèbre (ou pas) les Enora. On raconte que son père l’ayant forcée à épouser Efflam, elle refuse, d’accorstatued avec lui, de mener vie commune. Néanmoins, ils se marièrent, ils n’eurent pas beaucoup d’enfants car ils vécurent comme frère et sœur tout au long de leur vie. On peut voir sa statue dans l’église de Plestin (Finistère) et dans la chapelle de Trézeny. La légende raconte qu’Enora, la chaste épouse de Saint-Efflam, partie à sa recherche en Armorique, vit son esquif de cuir (les fameux curraghs) échouer dans la baie de la Vierge, retenu par les pierres en fermant l’entrée à marée descendante. Un monastère fut dès lors fondé à cet endroit. Il n’y subsistera que du 5ème au 8ème siècle et fut sans doute à l’origine d’une légende qui voulait que le Yaudet fut le premier évêché, éphémère, du Trégor. Enora est la patronne des nourrices, aujourd’hui on dit assistantes maternelles, ça fait plus chic…

Quand à Efflam, oyez ce qu’en dit Albert le Grand : «  … nôtre Saint, avec sa compagnie, passa la mer & vint heureusement surgir à la coste de la Bretagne Armorique, en la baye de sable, qui est entre Toul Efflam & Loc-Mikel, dite communement la lieue de gréve, en la paroisse de saint-efflam-saintPlestin, & leur vaisseau s’arresta vis-à-vis d’un grand roc, qui est au milieu de la gréve (en terre neanmoins), nommé Hyrglas. Il y avoit pour lors, le long de la gréve, une très-grande forest, de laquelle S. Efflam & sa troupe, descendans de leur vaisseau, virent sortir un horrible dragon, lequel se retiroit à travers la grève dans sa caverne, distante d’environ mil pas de ce roc; laquelle caverne était profonde de neuf coudées, & en avoit douze en la circonférence de son ouverture; mais de peur qu’à la piste et trace de ses griffes, il ne fut découvert & assiégé en cét antre, il avoit cette astuce de marcher à reculons, de sorte qu’à voir les marques de ses griffes dans le sable, on eut pensé qu’il venoit de sortir du lieu où il ne faisoit que d’entrer. » . Efflam trône en bonne place dans la vallée des saints de Carnoët grâce aux ciseaux et burins de Seenu Shanmugam.

Au milieu de cette vaste grève sillonnée de ruisseaux et de filières, s’élève une croix de pierre (la croix de la lieue de grève-photo de droite). Autrefois l’habitant de ce pays, avant d’entreprendre lala croix traversée ne manquait jamais d’interroger la croix. Si les flots la recouvraient, il était trop tard : l’imprudent eut été infailliblement englouti. Si, au contraire, la croix se montrait au-dessus de l’eau, on disait : « la croix nous voit » et l’on s’avançait sans crainte ». On dit qu’elle se déplace de l’épaisseur d’un grain de blé tous les sept ans : « Treuz ur gwinizhenn a bep seizh bloaz ». Hélas, toutes les prières à Enora et à St Efflam n’ont pas empêché les algues vertes de défigurer le site merveilleux de Saint-Michel-en-Grève.

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

Cannabis repetita placent…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

Amis de la démondialisation et de la saucisse de Molène réunies, bonjour ! Nous sommes le Jeudi 12 octobre 2017, 21è jour de chanvrevendémiaire dédié au chanvre, Cannabis Sativa, comme disait mon aïeule qui connaissait toutes les plantes par leur nom savant. Tiens, à propos de mot, saviez vous que le mot Canebière, cher aux marseillais, vient du mot chenevière qui désignait un champ de chanvre. Faut pas s’étonner que l’O.M. ait un peu de mal ces temps ci. Étonnant, non !

Par ici on célèbre les Ké. Sant Ke, saint Quay, Saint Kea, est un saint ermite breton, originaire de Bretagne insulaire ou d’Irlande, autrefois très populaire et auquel on dédiait sous des noms variés, nombre d’églises et de chapelles, de villages et de places. D’après de nombreux 300px-Fontaine-saint-ke-clederhagiographes, « Ké » et « Colledoc » sont un seul et même personnage du fait de l’alliance des deux prénoms dans les nom de paroisses médiévaux, tel « Kécoledoci » formé à partir de Ké et de Colledoc.(à droite: la fontaine St Ké à Cléder.) Selon Albert Le Grand, qui rapporte sa Vita dans les Vies des Saints de Bretagne, Collodoc naquit au début du VIe siècle au nord du Pays de Galles.

Son père s’appelait Ludun, et sa mère Tagu. Certains le relient à la ville de Landkey dans le Devon qui lui devrait son nom.  Ke traversa la manche dans une auge de pierre (c’était avant la Brittany ferries et le tunnel) sans vivres, en provenance de Cambrie (sud du Pays de Galles) Les temps ont bien changé; à cette époque là, les migrants tentaient leur chance dans l’autre sens….

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Il atteignit l’anse de Kertugal (que l’on pourrait traduire par: village des Gaulois – Ker tud Gal – photo ci-dessus), du côté de St-Quay-Portrieux (22) et fut brutalement accueilli par des lavandières effrayées, qui le prirent pour un démon. Elles le battirent avec des branches de genêt et le laissèrent pour mort. Il pria et supplia la Vierge de lui venir en aide. Elle répondit à son vœu (evel just), lui apparut et fit jaillir une source sous ses pas qui soigna ses blessures. La Fontaine Saint-Quay se situe depuis à l’emplacement d’où jaillit la source. Et le nom de la ville « Saint-Quay-Portrieux » doit son origine à cette légende. On dit que depuis lors, le genêt ne pousse plus sur la commune. Longtemps, St Quay fut le seul port en eau profonde entre Cherbourg et Brest et c’est dans son casino que Joséphine Baker engloutit sa fortune… Ça vous la baille belle, non !

Bon allez, je dis ça, je dis rien et j’ajoute: portez vous bien et à demain peut-être.

Le saint et l’empereur…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

Amis de l’épigramme* et du veau marengo réunis, bonjour ! Nous sommes le Vendredi 06 octobre 2017 qui correspond au 15è jour de Vendémiaire dédié à l’âne… Voici un exemple d’épigramme que l’on doit à Prévert:

« Ils sont à table
 Ils ne mangent pas
 Ils ne sont pas dans leur assiette
 Et leur assiette se tient toute droite
 Verticalement derrière leur tête. »
(Jacques Prévert / 1900-1977 / Paroles – La Cène)

En Bretagne Armoricaine on célèbre les Ivi ce qui, bien évidemment, n’a rien à voir, quoique. En effet, la tradition désigne le moine Ivi comme le fondateur de Pontivy (56). Il ne pouvait pas se douter qu’un millénaire plus tard, par arrêté du préfet Jullien du 18 brumaire an XII (9 novembre 1804), Pontivy, l’ancienne place forte, prendra pour nom « Napoléonville » jusqu’en 1870. Venu du monastère écossais de Lindisfarne au 7e siècle, il aurait édifié un oratoire sur les bords du Blavet. C’était, nous dit-on, un grand voyageur ce qui explique (même si c’est tiré par les cheveux) qu’on en fit le patron des touristes… De son petit 300px-StIvi-185x300monastère et du pont construits par ses soins naquit une modeste bourgade qui devint une ville lorsque les Vicomtes de Rohan la choisirent pour être la capitale de leur fief : « Pont-Ivi ». Fils de Branon et d’Egida, de lignée noble, il refuse le métier des armes. Fait diacre par l’évêque Cuthbert de Lindisfarme (Holy Island, sur la côte de Nothumberland), il se retire au monastère de Lindisfarme. La vie érémitique le tente et il s’embarque pour la Bretagne. Il serait mort vers l’an 700 à Saint-Yvi (29). Ses reliques seront ramenées en Angleterre et placées dans l’église du monastère de Wilton (comté de Wilts). Ce serait l’un des derniers saints d’origine insulaire à avoir émigré en Bretagne. Son culte était bien répandu si l’on en juge par le nombre de lieux dont il est l’éponyme, comme Pontivy (56), Loquivy en Lannion (22), Loguivy-Plougras (22), Saint-Divy (29).

Dans le Trégor on l’invoquait contre les coliques des jeunes enfants : « leur chemise était jetée dans l’eau de sa fontaine, au bord du Léguer ; si les manches flottaient, la guérison était assurée. ». Ah, d’accord, j’comprends fontaine-saint-ivy-lannion-300x253mieux, patron des touristes, turista, coliques… Tout s’explique ! Dans le Finistère, une chapelle et une fontaine sont dédiées à  Saint Evy (avatar probable de Saint Ivy) dans le village de Saint Evy en Saint-Jean-Trolimon (canton de Pont-Labbé – 29 -). On peut raisonnablement penser que la chapelle a été construite sur une source reconnue « guérisseuse » antérieurement à l’ère chrétienne. Son eau est en effet censée détenir des vertus dont celle d’améliorer le sort des rhumatisants. Mais il faut respecter la coutume. Le pèlerin doit d’abord effectuer trois fois le tour du sanctuaire. Ensuite, il consomme de l’eau et s’en jette sur les membres atteints.

Alors, si vos raideurs se déplacent, essayez de l’invoquer. Allez, le bonjour vous va, à bientôt peut-être.

Ce saint là, c’est pas un Kado…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

Amis de la tectoniques des plaques et du riz Basmati réunis, bonjour ! Nous sommes le Jeudi 21 Septembre 2017. C’était généralement le cinquième jour complémentaire dans le calendrier républicain français, officiellement dénommé jour des récompenses.

Pour les armoricains c’est la saint Kadeg, ou Kadoc, qui a laissé son nom à une magnifique petite île du golfe du Morbihan dans la ria d’Etel, l’île de saint Cado; et non pas sac-à-dos (Enes-Cadvod, en la commune Kadode Belz). Bien évidemment ce saint là à rapidement trouvé sa place dans la vallée des saints à Carnoët (22). Fils d’un prince de Glamorgan en Pays de Galles, puis fondateur et abbé du grand monastère de Lancarvan (Llancarfan en Grande-Bretagne dans la région de Cambrie), Saint Cado vécu en Armorique vers 560. Albert Le Grand écrivait (1636): Cado estoit natif de la grande Bretagne & fut fils d’un Prince, qui regnoit en un canton de ladite Isle, lequel s’appelloit Guillenus, descendu de la race du Grand Constantin, & sa mere se nommoit Gudalusa, fille de Brahanus, Roy d’une partie d’Irlande. Il nasquit environ l’an 522 sous le Pape saint Hormisda, l’Empereur Justin premier, & le Roy de Bretagne Armorique Hoël II de ce nom

Il venait retrouver ses compatriotes chassés par l’invasion saxonne et résida dans l’ile de la rivière d’Etel qui porte aujourd’hui son nom. Il y construit un oratoire, fonda un monastère et se consacra à l’évangélisation du pays. Il fût aussi à l’origine de la construction de la ile_stcado13-300x197chaussée de 100 mètres qui relie l’île à la terre, ce qui lui valu une légende populaire. Cado, désirant un pont, mais manquant de moyens pour le réaliser, reçu un jour la visite de Satan. Celui ci lui proposa d’en faire lui même la construction, et en guise de récompense, recevoir l’âme du premier être vivant qui traverserait ce pont. Cado accepta, et le Démon créa l’œuvre en une nuit. Au matin suivant, Cado lâcha un chat, qui passa sur le pont. Étonnant, non ! En cette période troublée où un socialiste ne reconnaitrait pas ses petits… Y’a de quoi fouetter un chat.

Allez, merci de votre visite, portez vous bien et à bientôt peut-être.

De Sainte-Sève à lîle Loaven…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS, TRADITION

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Amis de l’onomastique et du Télégramme de Brest réunis, bonjour ! Nous sommes le Dimanche 23 juillet 2017, 5è jour de Thermidor dédié au bélier (ar maout en breton). C’est aussi, la sainte Sève au nom aussi énigmatique que sa vie. Les experts de l’expertise ne sont même pas d’accord pour affirmer qu’il s’agit d’un saint ou d’une sainte… En effet, on trouve aussi bien: Sev (breton), Sewo (gallois), Sewa, Loève, Loaven (breton), mais aussi Sant Segne (XIè siècle), Sent Seguot manoir(1128), sainte Scevat (1598). On sait très peu de chose sur cette sainte, semi-légendaire du VIè siècle, non reconnue par l’Église de Rome. Et pourtant… Fille de Hoël Ier, roi de Domnonée  et de Koupaia (Pompée), sœur de Tugdual, évêque, l’un des sept fondateurs de la Bretagne christianisé sœur de saint Lunaire (Léonor) et de Hoël II. Albert le Grand, de Morlaix (1637), raconte que son saint frère Tugdual parcourant l’Armorique avec ses disciples, reçut au cours de ses prêches, en dons, plusieurs terres (appelées paroisses dans les textes), où il installa des monastères. Sur le domaine de l’actuelle village de Sainte-Sève, où se trouve le joli manoir du Grand-Plessis, près de Morlaix, il fonda une abbaye pour sa sœur, vers 530; et hop, en v’la une de casée.

Sainte Sève est donc la patronne des paroisses de Sainte-Sève et de Langoat. Elle a donné son nom à l’île de Loaven située à deux encablures dans l’Ouest-Nord-Ouest de Roc’h Skeiviec face à Plougrescant ( je peux assurer par expérience, qu’elle offre un très bon mouillage par gros temps) où est inhumée, dans sa chapelle, sainte Elibouban aussi mystérieuse qu’elle et dont j’ai déjà parlé ici. Voici ce qu’écrivait Louis Thiercelin (1894): Le pardon de sainte Elibouban se déroulait autrefois le lundi des Rogations, le 25 juillet:

 …A la fin du 19ème siècle, les jeunes filles, vêtues de blanc, avec un ruban bleu sur la poitrine, portant la grande coiffe à deux larges cornets de dentelles, forment la procession, accpardonompagnées des petits choristes, du prêtre, des moines, du maire et de son conseil et de la foule des fidèles. Les barques des marins pêcheurs transportent les pavillons, portés par les hommes. la statue de sainte Elibouban est portée par des femmes vêtues de noir. Elles sont une trentaine à se relayer pour ce pieux devoir, faisant une garde d’honneur à la sainte, qui va rendre visite à son fils saint Gonéri en la chapelle de Plougrescant. Le lundi 25 juillet, la statue s’en retourne dans son île, accompagnée par la statue de saint Gonéri et des paroissiens. La statue de la sainte est conduite vers son oratoire, bâti de l’autre côté de l’île, au Nord, à cinquante pas de l’ancienne chapelle (en ruines vers 1890 et reconstruite plus tard). A droite, s’élève le pardon extérieurrocher qui sert d’autel aux rogations. Les porteurs de bannières grimpent au sommet du rocher, d’autres l’entourent ; un des moines adresse quelques paroles aux fidèles, et la sainte qui attendait à la porte de son oratoire, la franchit. On la replace sur son autel. Si la tempête ou quelque fête plus grande empêchent cette visite annuelle du saint à sa mère, sainte Elibouban, suivant les uns, saint Gonéri, suivant les autres, à la nuit, feront seuls le voyage ; mais malheur aux bateaux rencontrés par la barque mystérieuse ; ils sont impitoyablement chavirés.
Koneri ha Liboubana
Ni ho salud bepred gant joa
Abeurz Doue reit d’imp bennoz
Ha gras da vond d’ar baradoz.

Et voilà pour la petite histoire bretonne. Portez vous bien et à demain peut-être.

Giroflée, Girofla…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

Amis de la libre pensée et du clafoutis aux cerises réunis, bonjour ! Nous sommes le Samedi 1er juillet 2017 c’est à dire le 13 de Messidor, jour habituellement consacré à la giroflée et non pas au clou de girofle comme voudraient nous le faire croire quelques arracheurs de dent. En ce jour nous fêtons Goulven qui a laissé son nom à une charmante petite commune non loin d’ici. Sa légende commence ainsi selon Albert Le Grand: «Du Temps du Pape Vigilius & de l’Empereur Justinian I, l’an de salut 540, regnant en la Bretagne Armorique le Roy Hoël, dit le Faineant, II du nom, un certain personnage, nommé Glaudan, passa la Mer, &, quittant la grande Bretagne (qu’à present on appelle le dolmen des korrigansAngleterre), vint, avec sa femme Gologuenn, aborder la coste de Leon, en la Bretagne Armorique : étans sortis du vaisseau, ils prirent leur chemin le long du rivage, & arriverent en la Paroisse de Ploüider, distant de deux lieuës de la ville de Lesneven,&, voulant passer outre, la nuit les surprit en la greve qui est entre ledit Ploüider & Plou-neour-trez, de façon qu’ils furent contraints de chercher à loger, cette nuit, en un Village situé és paluds de Brengorut, mais le Païsan à qui ils s’adresserent, voyant que c’estoient des étrangers pauvres & necessiteux, les refusa, de sorte qu’ils furent contraints de loger en un lieu, nommé alors Odena, où Gologuenn accoucha dun Fils.» C’est vous dire que le rejet de l’immigré n’est pas chose récente… La suite de l’histoire ICI.Ci-contre, le fameux dolmen des korrigans Il est composé de 6 piliers et d’une table. Seule la chambre funéraire est encore en état d’origine et devait être certainement recouvert d’un tumulus de terre qui a complètement disparu aujourd’hui.

J’aurai du commencer par: amis de la flemmingite pour justifier la brièveté du billet du jour. Allez merci à vous d’être passé; j’espère que vous n’avez pas connu les mêmes déboires que notre ami Sceptique qui n’a pu accéder au «cénobitestranquilles» durant plusieurs jours. Portez vous bien et à bientôt peut-être.

Trans bigouden blues again…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

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Amis de la transmutation et de la trans Léonarde réunies, bonjour ! Nous sommes le Jeudi 15 juin 2017, 27è jour de Prairial dédié à la verveine… Vous pouvez souhaiter une bonne fête aux Germaine tandis qu’en Bretagne armoricaine on fêtera les Vougay.

D’après Albert Le Grand, Vio, Nonna, Vougua ou Vouguay seraient les différents noms d’un même personnage. Il était originaire d’Irlande, fut élu évêque d’Armagh, actuellement en Ulster. Il traversa la mer d’Irlande, la Manche et atteint le Cap Caval. La tradition locale le fait atterrir sur l’île Nonna, au large de la pointe de Penmarc’h. Vio fit sonSt Vio job en accomplissant de nombreux miracles et, la notoriété lui pesant, il se retira dans un ermitage qu’il fit bâtir à Tréguennec. Las, la célébrité le poursuivait alors, il se dirigea vers le Nord et près de Lesneven (29), s’établit dans une épaisse forêt où il édifia un oratoire et une petite cellule, ce serait là l’origine de la commune de Saint-Vougay (29); décidément pépinière de saints car c’est d’ici qu’est originaire Jean Discalceat, en breton Yann Diarc’hen, également connu sous le nom de Santig Du ou Santik Du (petit saint noir). Quand à Vougay, toujours selon Albert Le Grand, il mourut environ l’an 585.

Au nord de la chapelle Saint Vio (pays Bigouden), se voit une stèle protohistorique dont le sommet est orné de cupules, qui selon la tradition locale serait le fragment du bateau de granit dans lequel Vio fit sa traversée. Cette stèle était l’objet de pratiques ancestrales ou de jeux en rapport avec le temps souhaité jusqu’au moment où elle se brisa… La chapelle est de plan rectangulaire. Au début du XXe siècle, quand le régiment en caserne à Quimper manœuvrait dans les paluds les septs bigoudde Tréguennec, elle était utilisée comme dépôt d’armes et de munitions. En 1986 est créée une association de sauvegarde qui, en deux ans, redonne un toit à l’édifice. Afin de signer l’époque de la restauration de la charpente, le compagnon a sculpté, à l’extrémité des poinçons, divers symboles de cette décennie. En 1988 est placée un vitrail représentant des épisodes de la vie de saint Vio, dû au talent du maître-verrier Pierre Toulhoat. Aujourd’hui à Tréguennec les artistes du street art se sont emparé des murs de l’ancienne usine à galets construite par les nazis pour permettre l’édification du mur de l’Atlantique. On y voit notamment ces sept bigoudènes du jeune artiste rennais Heol et qui semble scruter la mer comme les sept prêtresses légendaire de l’île de Sein.

Allez, à classer dans les histoires d’oncle Erwan. Portez vous bien, à bientôt peut-être et, vive le p’tit commerce.

Un menhir sinon rien…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

Amis de l’esprit critique et du baekehoffe réunis, bonjour ! Nous sommes le Lundi 29 mai 2017, dixième jour de Prairial, dédié à la faux. Alors qu’en vérité, les pataphysiciens vous diront que nous sommes le Jeudi 12 Merdre 144 Stes Miches, catéchumènes, fête suprême quarte. Par chez nous, quelques nostalgiques s’entêtent à fêter les Riagad.

Or donc, notamment dans le pays bigouden, aujourd’hui c’est la saint Riagad. Évidemment c’est un ermite irlandais qui est venu s’installer sur les côtes bretonnes aux alentours du Vè siècle et qui a laissé son nom à la commune de Treffiagat. Étrange commune en vérité que celle 300px-Lehanlà qui est séparée en deux : Lechiagat côté mer et Treffiagat côté rural. Mais enfin, les bigoudens ne font jamais rien comme les autres. On y trouve le fameux menhir de Lehan, que l’on voit ici en photo, et qui est planté au milieu d’un marais. Tout laisse à croire qu’il n’y avait point de marais à l’époque de son érection. D’ailleurs, à propos d’érection, il faut remarquer que les symboles phalliques ont toujours été largement représentés dans la région ; il suffit de regarder la fameuse coiffe bigoudène. Je connais un menhir du côté de Plonéour-Lanvern où, il n’y a pas si longtemps encore, les femmes en mal d’enfant venaient se frotter le ventre.

Le mot menhir (pierre longue) s’est aujourd’hui généralisé même si en breton le mot juste est peulven (le pieu de pierre) plusieurs toponymie l’attestent comme par exemple: Menez-peulven entre Douarnenez et megalithe-du-peulven-plestin-les-greves-169x300Quimper (29).  Je me suis laissé dire que le terme de menhir fut officialisé pour la première fois par Théophile Malo Corret de la Tour d’Auvergne (très connu dans son immeuble) dans son ouvrage: origines gauloises qu’il a écrit en 1796 à Locmaria-Berrien, chez sa sœur au manoir de La Haie. J’ai résidé il y a quelques années de cela sur la commune de Plouigneau (près de Morlaix) où l’on trouve la stèle de Croas ar Peulven qui, du fait de sa proximité avec deux ou trois routes les-dames-de-kerampeulven-195x300antiques,  a sans doute pu être réutilisée à l’époque romaine comme borne militaire. Vous pouvez visiter aussi la stèle de peulven en Plestin-les-grèves (22) que l’on aperçoit ici à gauche avec ses drôles de rainures. L’un des sites les plus impressionnants étant celui de Kerampeulven, près de Huelgoat (29) où les belles dames du temps jadis venaient s’amuser. Bon, au départ, je voulais parler de Riagad mais le pauvre est passé à la trappe. Enfin, quand je dis la trappe; n’allez pas croire qu’il ait adopté la tonsure des trappistes ni leur goût pour cette merveilleuse boisson maltée… Non, simplement, je me laisse aller à quelques digressions et lorsque je m’en aperçois, il est trop tard, j’ai dépassé mon quota autorisé de signes.

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

Angélique et le roc à Bily…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

Amis de la musicothérapie et du biniou bras réunis, bonjour ! C’est à angéliquen’y pas croire, nous sommes le Mardi 23 mai 2017, quatrième jour de prairial dédié à l’angélique (pas la marquise, la fleur). On l’appelle aussi l’herbe aux anges car elle avait la réputation d’être efficace contre les maléfices et autres envoûtements. Elle est encore cultivée dans certains endroits notamment du côté de Niort (région Poitou-Charentes chère à Ségolène) pour en faire des fruits confits, on en retrouve souvent dans les cakes. Attention de ne pas la confondre avec une proche parente, la cigüe…

Après les anges, les saints.

En Bretagne il est un saint que l’on nomme BILY fêté le 23 mai, et qui n’a rien à voir avec the kid… Néanmoins, Bily (840-915) est un personnage qui mériterait d’être mieux connu. Il fait partie de la grande famille des saints céphalophores (représentés tenant leur propre tête dans leurs mains) Il est originaire des environs de Redon. Alors qu’il était diacre à Aleth (St Malo), Bily a entrepris de rédiger une nouvellesaint-bily-plaudren vie de saint Malo. Il s’est inspiré d’une première vie de celui-ci endommagée (du début du IXe siècle) et des récits plus ou moins fantastiques des pèlerins. À la fin de son ouvrage, Bily raconte l’épisode des oies de Saint-Pol-de-Léon. Deux prêtres, l’un de St-Pol, l’autre de St-Malo, partirent chasser les oies dans les champs de Saint-Pol-de-Léon. Ils ne purent en attraper qu’en invoquant saint Malo. A la suite de cet événement, l’évêque Clotuuoion de St-Pol décida que saint Malo devait être fêté dans son évêché. Avec Bily, il est possible qu’on touche du doigt l’origine du Tro Breizh cette procession qui se déroule sur les traces des sept saints fondateurs de la Bretagne. Au Moyen-Age, le tour de Bretagne ou Tro Breizh désignait le pèlerinage en l’honneur des Sept Saints Fondateurs de la Bretagne. Le pèlerin allait s’incliner sur les tombeaux des évêques fondateurs: Brieuc et Malo dans leur ville respective, Samson à Dol-de-Bretagne, Patern à Vannes, Corentin à Quimper, Pol Aurélien à Saint-Pol-de-Léon et Tugdual à Tréguier. C’est une sorte de voyage à la Mecque à la mode bretonne. La légende dit que tout Breton qui fait le Tro Breizh est certain de gagner le Paradis. Elle ne parle pas des 70 vierges ! Et mon aïeule rajoutait: Par contre, ceux qui ne le font pas de leur  vivant devront le faire après leur mort en avançant chaque année de la longueur de leur cercueil ! tro breizhL’éternité c’est long, surtout vers la fin… Depuis quelques années la pérégrination reprend de plus belle animée par des intégristes de tout poil style « la manif pour tous » version BZH. En fait, les véritables fondateurs de la Bretagne sont davantage la coopérative de Landerneau, Ouest-Eclair  et le bas clergé mais cela, c’est une autre histoire que je vous conterai un jour… Plus tard, Bily sera nommé évêque de Vannes. Dom Plaine rapporte dans sa vie de saint Malo (1885) qu’en tant qu’évêque de Vannes, Bily aurait incité un certain Menobred à aller récupérer les reliques de saint Malo restées en Saintonge. On pense que Bily a été tué par les Normands (et non pas par Pat Garrett contrairement à ce que nous fait croire Sam Peckinpah dans son célèbre film) en 915 près du calvaire de la chapelle, ce qui en fait un évêque-martyr. A gauche, la chapelle de St Bily, la légende veut que le saint aurait marcher jusqu’ici la tête entre les mains après sa décapitation.

Allez, voila pour aujourd’hui, portez vous bien, à demain peut-être et vive le p’tit commerce.

Comme on fait son lit…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

Amis de l’humour noir et du blanc-manger réunis, bonjour ! Ce Mercredi O4 mai 2016 correspond au 15è jour de floréal dédié au ver à soie, à ne pas confondre avec cette sale bête qui est le ver à soi, quand bien même par ici il soit surtout question du verre à soi… Tiens, justement, en Bretagne on célèbre les Eneour, Enewyr en gallois, qui était, nous dit la chronique, un supposé saint homme venu d’outre manche sur une barque de granite aux alentours du VIè siècle et de l’Armorique réunis. Oui, à cette époque là, le granite flottait bien mieux qu’aujourd’hui.

Dans les monts d’Arrées (29), à quelques pas de Roc’h Trevezel se trouve une pierre remarquable que les autochtones nomment le lit de Eneour. On y voit, par temps clair et avec beaucoup de bonne volonté, l’empreinte du chapeau, du livre et des sandales du bonhomme ainsi que la marque de son corps (photo de droite). Elle est située à environ un kilomètre au Nord de l’église, et à trois cents mètres à l’Est du 220px-Image_018.lit_de_Saint-Eneourmanoir du Penhoat. Selon la légende, l’ermite, qui aurait laissé son nom à la paroisse, Plonéour-Menez, avait pour habitude de se retirer en ce lieu pour prier et dormir. Il existe aussi en pays bigouden, non loin de Pont-L’abbé (29) la commune de Ploneour-Lanvern: Le nom « Plonéour » signifie en breton la Plou de Eneour, auquel a été rajouté le nom de « Lanvern » (qui vient du breton Lan (ermitage) et du nom Wern ou Guern qui signifie « marais d’aulnes ») lorsque cette ancienne paroisse a été rattachée à la commune nouvellement créée de Plonéour. La légende dit que le menhir qui se dresse sur la place centrale de Plonéour-Lanvern serait le mât du bateau qui aurait amené saint Enéour de Grande-Bretagne en Cornouaille. Le nom breton de la commune est Ploneour-Lanwern.

 

La légende le fait débarquer en pays Bigouden, ce qui, vous en conviendrez, n’est pas le plus court chemin quand on vient du pays de Galles. Mais bon, les paysans du Léon n’avaient pas encore inventé la Brittany Ferries… Il aurait été accompagné de sa sœur Thumette, on 29NevezEglise10-300x275n’est jamais trop prudent. Thumette donc, Tunvezh en breton, qui était il n’y pas si longtemps encore un prénom très porté en pays bigouden, est toujours me dit-on, la patronne des marins au long cours, des Cap-horniers. L’église de Nevez regorgeait d’ex-votos de trois-mâts et autres navires. Ici en photo, c’est un trois-mâts,  à navigation mixte, et portant sur sa proue l’inscription « Souvenir des marins de 1904″. Il a été conçu par Yves Guillou, qui avait fait son service à bord de « l’Hirondelle » et réalisé au couteau à partir d’un tronc d’arbre. Vous remarquerez que si le navire est à sec de toile, certaines vergues sont peintes de façon à imiter les voiles ferlées.

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.