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Et Saint-Malo chantait…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

Amis de l’ésotérisme et de la soupe de cresson réunis, bonjour ! Nous sommes le Lundi 29 Mars 2021, neuvième jour de Germinal dédié à l’aulne. C’est une date qui mériterait un jour férié: Le 29 mars 1880, le crucifixministre de l’Instruction publique Jules Ferry prend deux décrets par lesquels il ordonne aux Jésuites de quitter l’enseignement dans les trois mois. Fervent républicain athée et franc-maçon issu d’une famille de libres penseurs de Saint-Dié (Vosges), Jules Ferry donne aux enseignants des congrégations catholiques le même délai pour se mettre en règle avec la loi ou quitter aussi l’enseignement. Ces mesures viennent en réaction aux excès de la loi Falloux, votée trente ans plus tôt sous la IIe République, qui accordait aux congrégations religieuses une liberté totale d’enseignement.

On ne sait pas exactement en quelle année mais, c’était un 29 mars, dans le comté de Clamorgan au pays de Galles, naissance de celui qui allait devenir Saint Malo ou Saint Maclou si vous préférez mais son paternel trouvait que cela faisait un peu moquette. C’est un des sept saints fondateurs de la Bretagne d’après le syndicat d’initiatives du Cézembre (ELC)diocèse; beaucoup moins d’après la police. Vous vous souvenez, c’était le trophée Jules Verne de l’époque. Ils arrivaient d’Irlande ou du pays de Galles sur leurs multicoques en granite de Landéda pour évangéliser les armoricains. Les brittons avaient inventé la route du cidre bien avant celle du rhum. Les skippers étaient tous des saints (aujourd’hui, on peut pas en dire autant…). Malo lui, il a débarqué à Cézembre. Vous connaissez Cézembre ? En face de Saint Servan, c’est la seule plage de la côte Nord exposée plein Sud, avec les Ebihens peut-être… C’est l’endroit d’Europe le plus bombardé de toute la Seconde guerre mondiale. En quatre semaines, pendant l’été 1944, près de 20 000 bombes ont été déversées sur l’île. Beaucoup sont toujours enfouies dans le sol et peuvent à tout moment exploser. C’est pour cela que 90% de l’île est interdite au public. Mais ce site idyllique va (hélas) s’ouvrir davantage aux touristes. La marine nationale y termine une opération de déminage consistant a aménager un sentier avant que les militaires ne transmettent l’île au conservatoire du littoral.

 

Mais revenons à notre Malo à nous qu’on a… Il grandit puis il devint grand, travailleur et intelligent, il fait le petit séminaire et il devient l’évêque d’Aleth. Plus tard, beaucoup plus tard, pour améliorer les Malo.jperecettes de la paroisse et face à la baisse inquiétante du denier du culte, il donnera son nom à une marque de yaourt. Avec son copain  Aaron, plus cénobites qu’anachorètes, il partage une vie érémitique du coté de la cité d’Aleth. C’est à dire qu’ils vivaient du RMI que leur versait les paroissiens sous forme de dons en nature. Il serait décédé pieusement un 15 novembre vers 620 à moins que ce ne soit 640; on ne sait pas exactement mais, il est mort depuis longtemps. Aujourd’hui sa statue, réalisée par Patrice Le Guen, a rejoint l’armée des saints de Bretagne dans la vallée éponyme de Carnoët.

Bon allez, je vous quitte car les jardins de l’ermitage réclament ma présence. Portez vous bien et à bientôt peut-être.

La quète du saint Goal…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

Amis du charme slave et de la salade niçoise réunis, bonjour! Nous sommes donc le Vendredi 26 mars 2021, sixième jour de Germinal dédié la-betteà la Bette. A ne pas confondre avec le jour de la bête (666). Très utilisées dans la cuisine niçoise, toutes les parties de la plante se consomment : les feuilles hachées entrent dans la composition de la tourte de blettes, des raviolis et du célèbre tian. La partie verte remplace les usages que l’on fait ailleurs des épinards et les côtes s’accommodent de plusieurs manières : à la vapeur avec un filet de citron, frites ou en gratin avec une sauce béchamel.

Tout à fait autre chose.

Aujourd’hui on célèbre (ou pas) saint Goal, rien à voir avec le foot, il s’agit de l’un de ces nombreux saints hommes, en Inde on dirait des Sadhus, qui s’établirent en Armorique et dont je vous narre régulièrement l’histoire. Celui-ci a laissé son nom à une commune du Morbihan chère à Gilles Servat ou Louison Bobet et même Jean 220px-W1067-LocoalMendon_Plec_QuenouilleSteBrigitte_74419-200x300Cocteau: Locoal-Mendon. Locoal est une île située dans le bras de mer d’Etel, entre Sainte-Hélène et Mendon ; elle communique avec cette seconde paroisse par un pont qui rappelle celui de Saint-Cado, et elle a sous sa dépendance la presqu’île du Plec, qui l’avoisine au nord. Il paraît que les Romains donnaient à l’île le nom de Plecit, dont on a fait plus tard celui de Plec, resté depuis à la presqu’île voisine. C’est dans cette île, vers 631, que vint s’établir, avec quelques compagnons, Gudual, dit aussi Gurval, Goal ou Gau, évêque démissionnaire d’Aleth. ici à droite, Kegil-Brehet, la quenouille de sainte Brigitte sur l’ile de Plec. Le saint s’y creusa une grotte sur la côte, et ses compagnons firent comme lui.

 

 

Sa réputation s’étendit bientôt au loin, et de nombreux disciples, dont le chiffre s’éleva jusqu’à 188 (c’est précis), vinrent se fixer sur ce sol et s’y faire des cellules. Pour garantir leurs demeures contre l’envahissement des grandes marées, ils durent édifier des digues d’une lieue environ de longueur, et dont il reste encore des tronçons parfaitement reconnaissables. Mais le saint dut bientôt reconnaître que la foule stele-de-prostlon-locoal-mendon-154x300l’empêchait de jouir de la solitude qu’il cherchait. Il déserta son île, comme il avait déserté Guer, et, suivi de sept de ses moines, il s’enfonça dans la forêt de Camors. Là, il construisit un monastère, dont la chapelle de Locoal garde le souvenir, vers l’an 640, âgé d’environ 50 ans. Plus tard, son corps, disputé entre sa famille d’une part, et ses disciples de l’autre, fut transporté dans l’île du Plec, et inhumé dans l’église qu’il y avait fait bâtir. Bientôt l’île prit son nom et s’appela Loc-Gudual, et plus tard Locoal. A gauche ce magnifique menhir phallique qui a été transformé en stèle gravée d’une croix pattée, avec de part et d’autre de la hampe l’inscription verticale : « Crouxx Prostlon » en caractères onciaux (Écriture romaine composée de capitales arrondies ). Elle semble honorer une femme du nom de Prostlon, fille du roi Salomon de Bretagne et épouse du comte de Vannes, Pascuethen..

Voila, c’était l’histoire du jour, en attendant la prochaine, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Le loup, le renard et la belette…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

Amis de la divine comédie et de la poule-au-pot réunies, bonjour ! Nous sommes le Vendredi 05 mars 2021, 15è jour de ventôse dédié à la chèvre. Je dois absolument profiter de ce miracle de la météorologie moderne qui offre bis-repetita-300x77au pays d’Iroise un jour sans pluie pour terminer les travaux agricoles que requièrent les jardins de mon ermitage. En conséquence de quoi, bis repetita placent pour ce billet; car, si l’on en croit Horace, les choses répétées plaisent…

Or donc, en Cornouailles et en Léon, on célèbre (ou pas) Piran, ou Péran qui serait selon certains historiens le Kiéran de Saighir évêque Oratoire-de-saint-peran-trezilide-188x300d’Ossory à qui on attribue l’introduction du christianisme en Irlande en compagnie de son pote Patrick… Beaucoup de légendes parlent de Kieran de Saighir comme ayant ressuscité plusieurs personnes. Il avait dit-on apprivoisé un loup, un blaireau et un renard. Le loup et le blaireau étaient devenus très obéissant mais le renard était resté espiègle. Il dérobait les chaussures de saint Kiéran et les cachait dans sa tanière. Pour un peu on l’entendrait chanter « j’entends le loup, le renard et la belette » Ci-dessous une version des plus emballantes par le groupe Blue railroad train. Saint Kieran de Saighir serait décédé en 530 de cause naturelle et non pas du Coronavirus comme l’affirment certaines gazettes.

 

Notre bonhomme a laissé de nombreuses traces en Bretagne : Il est le patron de la paroisse de Trézélidé en Léon, non loin de Morlaix. Dans Paulel’Est de la Bretagne il est l’éponyme de Saint-Peran, une trêve de Paimpont, jadis un prieuré , et de Lopéran dans la paroisse de Saint-Malo-des-Trois-Fontaines; et dans le Sud nous trouvons Loperan au Port-Louis près de Lorient; au Nord il y a un Saint-Peran en Plédran (22) et une forteresse “vitrifiée” toute proche, appelée Camp de Peran (sans doute une forteresse Viking) un Prat-sant-Peran en Paule, et un bois, un château, et une lande, de Saint-Peran en Glomel, avoisinant Paule ainsi que le manoir (en photo ici).

Voilà pour la petite histoire, en attendant les prochaines, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Et Riec fut sauvé du dragon…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

Amis des froidures hivernales et du lait d’poule réunis, bonjour ! Nous sommes le Vendredi 12 février 2021 c’est à dire le 24 de pluviôse. Oui bon, ben, faut suivre aussi. Or donc, dans le calendrier républicain, c’est trainasse-300x224le jour de la « traînasse » ; et n’allez pas imaginer que Fabre d’Eglantine pensait à quelqu’une en particulier. IL s’agit d’une plante herbacée de la famille des polygonacéés dont les graines sont particulièrement appréciées des petits oiseaux et des merles moqueurs en particulier. On la connait aussi sous le nom de « renouée des oiseaux ». Si vous en avez dans votre jardin, il paraît que c’est très joli mais très envahissant ; d’où le nom peut-être. Mon aïeule, qui se piquait de quelques connaissances médicinales, affirmait qu’en décoction c’est très efficace contre la goutte…

Aujourd’hui donc, par ici, on fête les Rioc. On trouve son nom dans les communes de Lanriec, Riec et Saint-Rieux. La légende dit que Riog Elorn fut sauvé de la mort, alors que son père allait le sacrifier dans la rivière au dragon qui hantait la région. L’Elorn porte aujourd’hui son nom. Fils d’un seigneur païen de la région de Landerneau, il devait être roche-mauricesacrifié à un dragon. Sauvé par Derrien et Néventer, il se convertit et se retira près de Camaret où il vécut en ermite pendant 41 ans. Mais, il semble bien que les personnages de  Néventer et de  Derrien soient nés de l’imagination d’un recteur ennuyé de n’avoir aucune légende à raconter à ses paroissiens ce qui était fort dommageable lorsqu’il s’agissait d’évangéliser tous ces mécréants de basse-Bretagne… Quand à Rioc, le seigneur du patelin, sauvé des griffes du dragon, il a laissé son nom à la jolie petite commune de Riec-sur-Belon. Ah, une douzaine de Belon et une bonne bouteille de muscadet de chez Cherreau et Carré. Je vous conseille le « vieilles vignes »  le comte de Chasseloir, c’est un vrai délice qui donne au Muscadet ses lettres de noblesse. A droite: le château de La-Roche-Maurice.

Ah, la belle époque où existaient des chevaliers errants pour chasser les malfaisants… Aujourd’hui, ils (les malfaisants) se retrouvent à l’Assemblée pour jouer au bridge et se goinfrer de homards. Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE, LES BEAUX SAINTS

Amis de l’anarchisme éclairé et de la patate douce réunis, bonjour ! Ça file à une allure, j’vous dis pas. Nous voici déjà le Mardi 05 du mois de janvier 2021, qui est le 16è jour de Nivôse dédié au silex; de quoi allumer le feu car il ne fait pas chaud. Mais, comme disait mon aïeule, c’est normal, à la saint Simon, la neige et le tison…

En Bretagne c’est la saint Konvoïon, premier higoumène (abbé) de l’abbaye de saint sauveur de Redon. Il fut le conseiller de Nominoë quand celui-ci décida de ne plus faire allégeance à Charles le chauve vers 840. Quelques années plus tard, Nominoë remporta la célèbre bataille deNominoe Ballon face aux troupes Franques du même chauve qui y trouva pourtant de quoi se faire des cheveux… Oyez ce qu’en disait Albert Le Grand dans sa Vie des saints d’Armorique (1636). Son Pere s’apelloit Conon, Senateur, homme de grande autorité et credit dans le païs, descendu de la race des parens de St. Melaine, Evesque de Rennes. Il nasquit en la paroisse de Comblessac (35) prés la Ville-de-Guer, Diocese d’Aleth, à present S. Malo, où ayant passé les années de son enfance, il fut envoyé à Vennes, lors une des plus renommées & florissantes Villes de Bretagne, à cause que les Lieutenants de l’Empereur Louys le Debonnaire (qui dés l’an 817 avoit mis les Bretons en son obeïssance, ayant assisté en propre personne aux Estats) y demeuroient avec leur Cour ; là il étudia aux Humanitez, Philosophie & Theologie, menant une vie modeste & exemplaire, s’éloignant des occasions d’offenser Dieu, fuyant les compagnies vicieuses, s’adonnant à l’Oraison, lecture des saints Livres & à aprendre le Chant pour servir à l’Eglise.

https://youtu.be/Vakk4Rey7m0

Bref, vous l’aviez compris, déjà à l’époque, le sabre et le goupillon s’entendaient comme larrons en foire pour berner le manant. Allez, portez vous bien, je m’en va faire mon bois et à bientôt peut-être.

Dans les jardins de l’abbaye…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

Amis des sports de glisse et de la cuisine au thé réunis, bonjour ! Le 02 Décembre correspond au 12è jour de frimaire que nos amis Républicains avaient dédié au Raifort. Ce cousin du radis noir, très apprécié en Alsace, est aussi appelé Cran de Bretagne ou Moutarde des inhalationAllemands. Utilisée crue râpée comme condiment (substitut à la moutarde), elle a une saveur très forte piquante et poivrée. Bon pour les pot-au-feu et tous les aliments bouillis. C’est le horseradish des anglais qui tire des larmes tant elle  est forte. Elle est également l’ingrédient principal du wasabi japonais. Mon aïeule, pour qui la pharmacopée n’avait aucun secret, en faisait même une mixture qu’elle nous imposait en inhalation en cas de gros rhume. Le nez au dessus d’un bol de cette préparation improbable, un linge par dessus la tête… Je vous assure que ça vous dégageait les canalisations en deux temps trois mouvements.

Pour les brittophones, le 02 Décembre c’est la saint Tadeg dont je vous ai déjà conté l’histoire. Retenez simplement qu’il fut tué en compagnie de Judulus, père abbé de Landévennec par le seigneur du Faou qui, plus tard, pour pénitence, créa l’abbaye de Daoulas (en breton, Daou Laz, deux meurtres). Les légendes ont de ces arrangements avec l’histoire abbaye_daoulas__3_-300x224qui parfois prêtent à sourire. L’abbaye de Daoulas ne fut créée qu’au XIIè siècle soit cinq ou six cent ans après l’existence présumée de Tadeg. Personnellement je pense que Daoulas vient plutôt de « Daou glaz », deux ruisseaux, comme la « Mignonne » et le « Lézuzan » qui confluent sur cette commune. Retenez que l’abbaye et son magnifique cloitre Roman, accueille à longueur d’année nombre d’expositions sur des sujets très variés. Le parc de l’abbaye  offre de nombreuses découvertes, les vestiges restaurés de l’abbaye romane, l’oratoire et sa fontaine et pour les passionnés, le jardin de simples : Inspiré des jardins monastiques du Moyen Âge, ce jardin des plantes médicinales regroupe sur deux terrasses surplombant l’abbatiale et le cloître près de 250 espèces représentatives des pharmacopées traditionnelles des cinq continents. L’ensemble invite au voyage et à la découverte des qualités médicinales, aromatiques, condimentaires ou encore tinctoriales de ces plantes.

Voila donc une idée de sortie; puisque il semblerait que avant longtemps, nous pourrons re-sortir. allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Savez-vous planter les choux ?

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

Amis du positivisme et du lapin de garenne réunis, bonjour ! Nous sommes le Vendredi 27 novembre 2020 et en ce 7è jour de frimaire, nous saluons le chou-fleur quiFILLE-D-OUVIER-AGRICOLE-JAMES-GUTRIE-1859-1930-ÉCOSSAIS-253x300 est un peu le légume emblématique du Léon (Finistère nord) où réside votre serviteur. Oui, osons le dire, le chou-fleur est au Léon ce que la bêtise est à Cambrai, Tristan à Iseult, Castor à Pollux et la Dedion-Bouton à la bande à Bonnot. Mon aïeule, qui ne manquait jamais une occasion d’étaler sa culture, s’empressait de traiter de Pav kaol skornet ! (traduire par: pied de chou gelé) le gougnafier qui s’autorisait à manquer de savoir vivre devant elle. (joli tableau de James Guthrie – peintre écossais)

C’est aussi, le jour ou jamais de célébrer les Goustan, tous les Goustan, et pas seulement les gros des Goustan (humour). Le saint homme est né en Cornouailles britannique en 974. Sant Sten, en breton, tient son nom de l’étain et il a laissé son nom à Saint-Goustan, le très joli petit port d’Auray (56).  A 18 ans, Goustan est enlevé par saint-goustan-225x300des pirates et au cours d’un de leurs voyages, se blesse au pied. Abandonné sur l’île d’Ossa ( peut-être Ouessant, enez Eussa), il doit son salut, d’abord à la Providence qui lui fournit des poissons, ensuite à Saint Félix qui le soigne puis le convertit au christianisme et le v’la radicalisé. Saint-Goustan est souvent représenté avec un poisson à la main; c’est l’illustration de la légende qui l’entoure. Blessé sur son île, il se serait contenté seulement d’une portion d’un gros poisson, en gardant pour le lendemain. Et chaque jour, le poisson se recomposait totalement. Mon aïeule, qui connaissait autant les cantiques que les chansons à boire, me récitait cette ronde chantée par les femmes des marins du Croisic : « Saint Goustan, notre ami, ramenez nos maris. Saint Goustan, notre amant, ramenez nos parents » étonnant, non ! Bien évidemment il est visible dans la vallée des saints (Carnoët) grâce aux burins de Kito.

Allez, merci d’être passé par ici, portez vous bien et à bientôt peut-être…

De Monet à Gwendal…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS, Non classé

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Amis de l’égalité des sexes et des sœurs Tatin réunies, bonjour ! Et bien voilà, à force d’en parler ça devait finir par arriver, nous sommes le  Mardi 3 novembre 2020, treizième jour du mois de brumaire consacré fleurs_de_topinambour_affiche_de_claude_monet-r6a42298d32e54dbd918a6ad942a8e250_2w58c_8byvr_512-300x300au Topinambour. Curieuse plante à la vérité qui doit son nom à celui d’une tribu brésilienne dont certains membres furent amenés en France au début du XVIIè, les Topinamboux (tupinambas) ce qui amena Carl Von Linné à croire en l’origine brésilienne de la plante. On la nomme aussi artichaut de Jérusalem; cela viendrait là encore d’une déformation linguistique de l’Italien Girasol, le topinambour appartenant à la même famille que le tournesol. Admirez ces fleurs de topinambour magnifiées par le pinceau de Monet.

Et en Bretagne armoricaine on célèbre Gwenael (ou Gwenhael, Guenaël, Guénault, Guinal, Guénal, Gwendal, Guennal, Guénaud ou Guenhaël) C’est un saint homme breton du VIe siècle né à Ergué-Gabéric (29), deuxième abbé de Landévennec et successeur en 532 de Guénolé qui l’aurait rencontré quand il avait onze ans dans une rue de Quimper. Ah, jeune garçon, ne vous laissez pas approcher par des étrangers, même dans les rues de Quimper… Il obtint de ses parents qu’il vienne étudier 300px-VitrailStGuenole01sous sa direction. On l’a parfois, à tort, assimilé à saint Guénolé. Les chroniques nous disent qu’il aurait restauré plusieurs monastères en Irlande, mais son culte s’est surtout répandu dans l’Ouest de la Bretagne, ce que l’on peut constater après déchiffrement des différentes formes dialectales ou graphiques. L’église paroissiale d’Ergué-Gabéric (Finistère) lui est dédiée sous le nom de saint Guinal (gui = goui = gw), ce qui, du fait de la proximité de Quimper, a fait penser que c’est dans cette commune qu’il a pu naître. A gauche: vitrail en l’église de Ergué-Gabéric. Une statue de Guinal se trouve aussi dans l’église de Poullaouen. Une chapelle de Pouldergat près de Douarnenez lui était aussi consacrée. Il aurait fondé un monastère à Caudan (sur le territoire actuel de Lanester-56-) où on voit une chapelle Saint Guénaël et y serait mort vers 590. Les églises paroissiales de Bolazec, Lescouët-Gouarec et Tréguidel sont aussi sous son invocation, ainsi qu’une chapelle à Guiscriff et la chapelle Saint-Guénal à Kerlouan.

Selon Gwennole Le Menn, on retrouve très probablement son nom à Locunel en Caudan, à Saint-Guinel en Mauron, à Saint-Guénal et Saint-Vinnel en Poullaouen, à Lanvenaël en Plomeur, à Saint-Vénal et Saint-Guénal en Landivisiau et à Saint-Vénal en Saint-Pol-de-Léon. On trouve aussi trois Kervénal en Côtes-d’Armor, Finistère et Morbihan. A droite la superbe petite chapelle en Kerlouan (29); Vouée à Saint-Guénal, patronst-guenal-300x225 des bouchers, elle a été construite vers 1520. Le pardon avait lieu pendant le Mardi-Gras (c’est assez rare, un pardon d’hiver !) et on y vendait aux enchères des morceaux de lard offerts par les habitants. La photo est « empruntée » au site voisin Maiwennthai Par ailleurs, les noms de famille Guénal, Guénel, Trévinal et Kervennal ont sans doute un rapport étroit avec lui. Son nom qui signifierait « bienheureux » est issu du breton gwenn (blanc, pur, immaculé) et haël (généreux, magnanime, noble). « Hael », avec le « H » aspiré, à ne pas confondre avec « Ael » qui signifie « ange » en breton et est souvent la traduction erronée privilégiée par beaucoup.

Allez, merci d’être passé par ici, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Belle de nuit et saint du jour…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

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Amis de la botanique-pour-les-nuls et du pâté Hénaff réunis, bonjour ! Nous sommes le Mercredi 07 octobre 2020, 16è jour de vendémiaire dédié à la belle de nuit, aussi connue sous le nom de Merveille du Pérou, de la famille des Nyctaginacées (rien à voir avec les Nyctamaire qui se développent sur le vieux port…), poussant aussi bien dans les jardins labelle-de-nuitque dans les milieux incultes. Originaire d’Amérique subtropicale, elle fut introduite en Europe à la fin du XVIe siècle. Elle tient son nom de sa principale caractéristique, ses fleurs s’ouvrent pleinement la nuit et se referment au petit matin. La partie la plus utilisée est sa grosse racine pivotante, en forme de navet. En Guadeloupe, on en constitue des emplâtres pour soigner les entorses. Au Brésil, les indiens Kayapos sniffent la poudre des fleurs séchées pour soigner les maux de tête et utilisent des décoctions de la racine pour laver les plaies et traiter les affections dermatologiques comme la lèpre. Au Pérou, le jus extrait des fleurs est utilisé pour les lésions herpétiques et le mal aux oreilles. Au Mexique, des décoctions de la plante entière servent pour la dysenterie, les blessures infectées et les piqures d’abeilles et de scorpions. Cette fleur fluorescente déploie ses pétales afin d’exposer des corolles luminescentes qui attirent les papillons de nuit afin d’assurer sa reproduction.

Par ici on célèbre les Ké. Sant Ke, saint Quay, Saint Kea, est un ermite breton, originaire de Bretagne insulaire ou d’Irlande, autrefois très populaire et auquel on dédiait sous des noms variés, nombre d’églises et de chapelles, de villages et de places. D’après de nombreux Fontaine_st_ke_2hagiographes, « Ké » et « Colledoc » sont un seul et même personnage du fait de l’alliance des deux prénoms dans les noms de paroisses médiévaux, tel « Kécoledoci » formé à partir de Ké et de Colledoc.(à  droite la fontaine St Ké à Cléder.) Selon Albert Le Grand, qui rapporte sa Vita dans les Vies des Saints de Bretagne, Collodoc naquit au début du VIe siècle au nord du Pays de Galles. Son père s’appelait Ludun, et sa mère Tagu. Certains le relient à la ville de Landkey dans le Devon qui lui devrait son nom.  Ke traversa la manche dans une auge de pierre (c’était avant la Brittany ferries et le tunnel) sans vivres, en provenance de Cambrie (sud du Pays de Galles) A cette époque là, les migrants tentaient leur chance dans l’autre sens…. Il atteignit l’anse de Kertugal (que l’on pourrait traduire par: village des Gaulois – Ker tud Gal – photo ci-dessous.)

Notre malheureux saint homme fut brutalement accueilli par des lavandières effrayées, qui le prirent pour un démon. Elles le battirent avec des branches de genêt et le laissèrent pour mort. Il pria et supplia la Vierge de lui venir en aide. Elle répondit à son vœu, lui apparut et fit jaillir une source sous ses pas qui soigna ses blessures. Elle le guida Saint_Kea_assumed_travels.svgensuite jusqu’à un buisson afin qu’il reprenne des forces; c’est pas magnifique ça mes body boys ? Le lendemain, les femmes, regrettant leur méprise, implorèrent son pardon. La Fontaine Saint-Quay se situe depuis à l’emplacement d’où jaillit la source. Et le nom de la ville « Saint-Quay-Portrieux » doit son origine à cette légende. On dit que depuis lors, le genêt ne pousse plus sur la commune. il se pourrait que le nom de « Quay » signifie « le battu » : du cri que les lavandières Kertugalaises auraient poussé en le voyant arriver : « Quay! quay ! », avant de le fustiger avec des genêts, cela signifierait « tapons! tapons ! » (du verbe latin « caiare » qui signifie « frapper avec un bâton ». Longtemps, St Quay fut le seul port en eau profonde entre Cherbourg et Brest et c’est dans son casino que Joséphine Baker engloutit sa fortune…

Bon allez, je dis ça, je dis rien et j’ajoute: portez vous bien et à bientôt peut-être.

Les malheurs de la vertu ( à moins que ce soit le contraire)…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

Amis du calendrier des postes et de la terrine de maquereau réunis, bonjour ! Nous sommes le Jeudi 17 septembre 2020. Comme vous le savez, vous qui suivez ce blog depuis un moment, le calendrier Justinerépublicain comportait 12 mois de trente jours, c’est à dire 360 jours. Il a donc fallu trouver cinq jours supplémentaires que nos amis avaient nommé les sans-culottides. Le 17 septembre fait partie de ceux là et porte le joli nom de : jour de la vertu… Relisez Justine ou les malheurs de la vertu qui fut le premier roman commis par le divin marquis. Force est de constater (en vérité, je déteste cette expression) que deux siècles plus tard, la vertu républicaine s’est un peu égarée en cours de chemin.

Par chez nous, le calendrier fait place à un certain Urfold. D’après la tradition, il serait né à Landouzan sur la commune du Drennec et aurait été formé à la vie religieuse au monastère d’Ack. Sa mère Riwanon était la sœur de Rivoaré, qui a donné son nom à la paroisse voisine, Lanrivoaré. Urfold était l’oncle de Saint Hervé, honoré à Lanhouarneau. Tout cela dans le Finistère, evel just. Urfold vécut en solitaire, au VIe siècle, dans cette forêt de Dunan (du breton Doun : profond), quiStatue_st_urfold-162x300 s’étendait de  Saint Renan à Plouvien et qui fut décimé, entre autres, pour construire à Brest la flotte de Louis XIV. C’était un ermite qui vivait à l’écart de la société et de sa famille dans une intention de pénitence et de contemplation. L’historien Albert Le Grand nous dit qu’après sa mort, son oratoire et son sépulcre furent au point qu’on ne pouvait plus discerner l’endroit exact où avait été inhumé le saint ermite. Son neveu, Hervé, eut par révélation connaissance de la mort de Saint Urfold et se mit en route vers l’oratoire de son oncle. Il s’y prosterna pour prier et au cours de son oraison, le sol trembla si fort que tous ceux qui étaient avec lui furent jetés à terre ; la terre s’ouvrit et de cette ouverture sortit une odeur suave et odoriférante. Saint Hervé, ayant, par ce miracle, connu et trouvé le tombeau de son oncle l’accommoda de pierres et le lieu devint bientôt le cadre de miracles. C’est sûrement là l’origine du culte qui est encore rendu à notre saint.

Il en faudrait quelques uns de miracles pour que nos dirigeants se souviennent que la vertu était aussi une valeur républicaine. Allez, merci d’être passé, portez vous bien et à bientôt peut-être.