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Angélique et le roc à Bily…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

Amis de la musicothérapie et du biniou bras réunis, bonjour ! C’est à angéliquen’y pas croire, nous sommes le Mardi 23 mai 2017, quatrième jour de prairial dédié à l’angélique (pas la marquise, la fleur). On l’appelle aussi l’herbe aux anges car elle avait la réputation d’être efficace contre les maléfices et autres envoûtements. Elle est encore cultivée dans certains endroits notamment du côté de Niort (région Poitou-Charentes chère à Ségolène) pour en faire des fruits confits, on en retrouve souvent dans les cakes. Attention de ne pas la confondre avec une proche parente, la cigüe…

Après les anges, les saints.

En Bretagne il est un saint que l’on nomme BILY fêté le 23 mai, et qui n’a rien à voir avec the kid… Néanmoins, Bily (840-915) est un personnage qui mériterait d’être mieux connu. Il fait partie de la grande famille des saints céphalophores (représentés tenant leur propre tête dans leurs mains) Il est originaire des environs de Redon. Alors qu’il était diacre à Aleth (St Malo), Bily a entrepris de rédiger une nouvellesaint-bily-plaudren vie de saint Malo. Il s’est inspiré d’une première vie de celui-ci endommagée (du début du IXe siècle) et des récits plus ou moins fantastiques des pèlerins. À la fin de son ouvrage, Bily raconte l’épisode des oies de Saint-Pol-de-Léon. Deux prêtres, l’un de St-Pol, l’autre de St-Malo, partirent chasser les oies dans les champs de Saint-Pol-de-Léon. Ils ne purent en attraper qu’en invoquant saint Malo. A la suite de cet événement, l’évêque Clotuuoion de St-Pol décida que saint Malo devait être fêté dans son évêché. Avec Bily, il est possible qu’on touche du doigt l’origine du Tro Breizh cette procession qui se déroule sur les traces des sept saints fondateurs de la Bretagne. Au Moyen-Age, le tour de Bretagne ou Tro Breizh désignait le pèlerinage en l’honneur des Sept Saints Fondateurs de la Bretagne. Le pèlerin allait s’incliner sur les tombeaux des évêques fondateurs: Brieuc et Malo dans leur ville respective, Samson à Dol-de-Bretagne, Patern à Vannes, Corentin à Quimper, Pol Aurélien à Saint-Pol-de-Léon et Tugdual à Tréguier. C’est une sorte de voyage à la Mecque à la mode bretonne. La légende dit que tout Breton qui fait le Tro Breizh est certain de gagner le Paradis. Elle ne parle pas des 70 vierges ! Et mon aïeule rajoutait: Par contre, ceux qui ne le font pas de leur  vivant devront le faire après leur mort en avançant chaque année de la longueur de leur cercueil ! tro breizhL’éternité c’est long, surtout vers la fin… Depuis quelques années la pérégrination reprend de plus belle animée par des intégristes de tout poil style « la manif pour tous » version BZH. En fait, les véritables fondateurs de la Bretagne sont davantage la coopérative de Landerneau, Ouest-Eclair  et le bas clergé mais cela, c’est une autre histoire que je vous conterai un jour… Plus tard, Bily sera nommé évêque de Vannes. Dom Plaine rapporte dans sa vie de saint Malo (1885) qu’en tant qu’évêque de Vannes, Bily aurait incité un certain Menobred à aller récupérer les reliques de saint Malo restées en Saintonge. On pense que Bily a été tué par les Normands (et non pas par Pat Garrett contrairement à ce que nous fait croire Sam Peckinpah dans son célèbre film) en 915 près du calvaire de la chapelle, ce qui en fait un évêque-martyr. A gauche, la chapelle de St Bily, la légende veut que le saint aurait marcher jusqu’ici la tête entre les mains après sa décapitation.

Allez, voila pour aujourd’hui, portez vous bien, à demain peut-être et vive le p’tit commerce.

Comme on fait son lit…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

Amis de l’humour noir et du blanc-manger réunis, bonjour ! Ce Mercredi O4 mai 2016 correspond au 15è jour de floréal dédié au ver à soie, à ne pas confondre avec cette sale bête qui est le ver à soi, quand bien même par ici il soit surtout question du verre à soi… Tiens, justement, en Bretagne on célèbre les Eneour, Enewyr en gallois, qui était, nous dit la chronique, un supposé saint homme venu d’outre manche sur une barque de granite aux alentours du VIè siècle et de l’Armorique réunis. Oui, à cette époque là, le granite flottait bien mieux qu’aujourd’hui.

Dans les monts d’Arrées (29), à quelques pas de Roc’h Trevezel se trouve une pierre remarquable que les autochtones nomment le lit de Eneour. On y voit, par temps clair et avec beaucoup de bonne volonté, l’empreinte du chapeau, du livre et des sandales du bonhomme ainsi que la marque de son corps (photo de droite). Elle est située à environ un kilomètre au Nord de l’église, et à trois cents mètres à l’Est du 220px-Image_018.lit_de_Saint-Eneourmanoir du Penhoat. Selon la légende, l’ermite, qui aurait laissé son nom à la paroisse, Plonéour-Menez, avait pour habitude de se retirer en ce lieu pour prier et dormir. Il existe aussi en pays bigouden, non loin de Pont-L’abbé (29) la commune de Ploneour-Lanvern: Le nom « Plonéour » signifie en breton la Plou de Eneour, auquel a été rajouté le nom de « Lanvern » (qui vient du breton Lan (ermitage) et du nom Wern ou Guern qui signifie « marais d’aulnes ») lorsque cette ancienne paroisse a été rattachée à la commune nouvellement créée de Plonéour. La légende dit que le menhir qui se dresse sur la place centrale de Plonéour-Lanvern serait le mât du bateau qui aurait amené saint Enéour de Grande-Bretagne en Cornouaille. Le nom breton de la commune est Ploneour-Lanwern.

 

La légende le fait débarquer en pays Bigouden, ce qui, vous en conviendrez, n’est pas le plus court chemin quand on vient du pays de Galles. Mais bon, les paysans du Léon n’avaient pas encore inventé la Brittany Ferries… Il aurait été accompagné de sa sœur Thumette, on 29NevezEglise10-300x275n’est jamais trop prudent. Thumette donc, Tunvezh en breton, qui était il n’y pas si longtemps encore un prénom très porté en pays bigouden, est toujours me dit-on, la patronne des marins au long cours, des Cap-horniers. L’église de Nevez regorgeait d’ex-votos de trois-mâts et autres navires. Ici en photo, c’est un trois-mâts,  à navigation mixte, et portant sur sa proue l’inscription « Souvenir des marins de 1904″. Il a été conçu par Yves Guillou, qui avait fait son service à bord de « l’Hirondelle » et réalisé au couteau à partir d’un tronc d’arbre. Vous remarquerez que si le navire est à sec de toile, certaines vergues sont peintes de façon à imiter les voiles ferlées.

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

Rue des blancs-manteaux…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS, TRADITION

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Amis de la paracentèse bilatérale et de la foire à Neuneu réunies, bonjour ! Nous sommes bien le Mardi 02 mai 2017, treizième jour de Floréal dédié au bâton d’or (c’est une sorte d’espèce de genre de giroflée), jolie plante qui fleurit au printemps sur les vieux murs où elle épanouit ses fleurs jaune orangé d’une odeur délicieuse, recherchées macaronésiepar les abeilles. Si je vous dis qu’il s’agit d’une plante  de la famille des Brassicacées qui inclut les giroflées, dont beaucoup sont originaires de Macaronésie, ça vous la baille belle non ? Encore que je soupçonne certains d’entre vous de faire semblant de prendre la Macaronésie pour un pays de nouilles comme d’autres prennent l’helvétie pour une lanterne… Bon, allez, je vous dis tout: la Macaronésie est un ensemble formé par plusieurs groupes d’îles disséminées au large du continent africain, dans le nord-est de l’Atlantique. Le nom de Macaronésie signifie « îles fortunées » … ce nom leur a été attribué par les géographes de la Grèce antique, qui désignaient sous ce vocable les îles situées à l’ouest du détroit de Gibraltar.

Par ici on célèbre les Avoye. La légende raconte que Sainte Avoye est venue d’Angleterre, remontant la rivière d’Auray (56) dans un mortier de granit rose. Oui, c’était ainsi à l’époque, les saints dans le granit bleu, les saintes dans le granit rose. Devant le Jubé, les visiteurs peuvent se recueillir devant la fameuse pierre; par ailleurs, l’orthophoniste se faisant rare en Morbihan, ils y déposent leurs enfants ayant des difficultés à parler ou à marcher. Eponyme de Sainte-Avoye en Pluneret ste avoye 001- format web(56), cette sainte aurait été l’une des compagnes de sainte Ursule. Jetée en prison par un chef barbare, elle aurait été décapitée à cause de sa vertu. Voilà comment on peut perdre la tête à ne pas vouloir perdre sa virginité. Un ordre de religieuses placé sous son patronage s’était établi à Paris, dans le quartier du Temple, vers 1288. La chapelle abrite une pièce rare : un jubé polychrome de style Renaissance entièrement sculpté. En bois de chêne, il sépare le chœur de la nef et délimite l’espace réservé aux seigneurs et au clergé (le chœur) de celui réservé aux fidèles (la nef).

A Paris, le quartier Sainte-Avoye est derrière celui de la Grève, dont il est séparé, au midi, par une partie de la rue de la Verrerie. Il est borné, à l’orient, par le quartier Saint-Antoine ; au nord, par celui du Temple ; et à l’occident, par celui de Saint-Martin. [...] Si l’on entre dans la petite rue de l’Homme-armé, on arrivera bientôt à la rue des Blancs-blanc manteauxmanteaux, qui traverse celle de Sainte-Avoye dans la vieille rue du Temple. C’est là qu’on trouve le couvent des Blancs-manteaux, où un étranger, qui y est attiré par la curiosité, est bien étonné de voir des moines noirs, tels que les bénédictins de la congrégation de Saint-Maur. C’est que cette maison était autrefois habitée par d’autres religieux qui portaient des manteaux blancs. Quant à la rue des Blancs-Manteaux elle-même, elle fut pendant la Révolution le théâtre de massacres, immortalisés dans une chanson écrite par Jean-Paul Sartre et chantée par Juliette Gréco sur une musique de Joseph Kosma.

Voici comment des îles fortunées nous arrivons à la rue des blanc-manteaux. Etonnant, non ! Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Le catholicon, poil au…menton.

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE, LES BEAUX SAINTS

Amis de la libre pensée et du Fernet branca réunis, bonjour ! Nous sommes le Jeudi 27 avril 2017, huitième jour de Floréal dédié au champignon.

N’oubliez pas de fêter les Conven, du breton Konwenn, qui a laissé son nom à la commune de Plougonven (29). Titulaire d’une chapelle à Plouézoc’h, dite de Saint-Gonven, il y est représenté en abbé, 1024px-Plougonven_2_Gare_de_Coatelan_-Plougonven-Plourin-,_désormais_Café_de_la_garetête nue tenant une crosse et un livre fermé. On venait l’invoquer pour la guérison des maux de tête et celle des cochons malades. C’est vous dire si il avait du boulot notre saint homme (ici à droite, l’ancienne gare transformée en bistro; c’est bien les bretons ça !). C’est de Plougonven qu’est issu Jehan Lagadeuc auteur du Catholicon premier dictionnaire trilingue Breton-Français-Latin. Il a vu le jour au manoir de Mezedern que l’on voit ci-dessous. Voici ce qu’il écrit dans son prologue (1464) « L’on rencontre, à la vérité, des écoliers, en grand nombre, qui, à peine entrés au collège, et dénués de toute compétence en latin, s’avisent d’entraîner de force les mots latins en des 1054031_8198948-mezerdern2-k125a-300x130significations qui leur sont étrangères : ainsi mettent-ils des écailles aux oiseaux et des plumes aux poissons, inventant, les uns, de nouveaux termes latins, faisant, les autres, des barbarismes. De surcroît, les Bretons, en leur très grand nombre, sont largement déficients en français. Pour ces raisons, Moi, Jehan lagadeuc, de lacolophon paroisse de Ploégonven, au diocèse de Tréguier, bachelier ès arts et décrets, tout indigne que j’en sois, j’ai composé ce petit ouvrage pour l’utilité des petits clercs pauvres de Bretagne ou encore des illettrés en latin.» Ce dictionnaire fut imprimé en 1499 par Calvez de Tréguier soit, à quelques années près (1694) deux siècles avant le premier dictionnaire de l’académie française. A droite, le colophon ( mention finale du lieu d’impression, de la date et de l’éditeur) du Catholicon, avec la marque de l’imprimeur.). Etonnant, non !

Allez, passons à autre chose, merci de votre visite, portez vous bien et à demain peut-être.

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

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Amis de la musique baroque et du coco paimpolais réunis, bonjour ! En ce troisième jour de floréal, dédié à la fougère, j’en connais qui ne manqueront pas de souhaiter une bonne fête aux Gonvarc’h. Cynfarch Oer (ou Cunomarcus ou Cynfarch ap Meirchion ) était un roi de Rheged, au VIe siècle. On sait peu de choses sur lui. Il serait le fils de Meirchion Gul et père du roi Urien de Rheged. Sa lignée est connue sous le nom de ‘Cynferchyn’ . Selon le professeur H.M. Chadwick, Senyllt ap Dingat roi de Galloway était exilé dans l’île de Man vers 550, et David Nash 300px-RhegedFord suggère que Cynfarch était son ennemi. D’où le nom ‘Rheged’ à Dunragit près de Stranraer et les contes de Mark ap Meirchion (ou Cun-mark ap Meirchion) dans la même région. Il aurait participé à la bataille d’Arfderydd en 573. Le Rheged était l’un des royaumes bretons qui s’étaient constitués, vers le Ve siècle, après le départ des troupes romaines, au nord de l’île de Bretagne, dans une zone qui est aujourd’hui le nord-ouest de l’Angleterre et le sud-ouest de l’Écosse. La généalogie des rois de Rheged remonte jusqu’à Coel Hen (dont les anglais feront Old King Cole) qui régna au tout début du Ve siècle. On connaît aussi les victoires remportées par ses rois, Urien de Rheged, et son fils Owain mab Urien, sur les rois de Bernicie dans la seconde moitié du VIe siècle, car elles ont été chantées par le barde Taliesin.

Ecoutons ce qu’en dit Albert Deshayes:

Konvarc’h ['kõnvarx] : prénom masculin ; fêté le 22 avril ; gallois Cynfarch ['kenvarx] ; fêté le 8 septembre. Ce saint est l’éponyme de Saint-Gonvarc’h en Landunvez (29) non loin de mon ermitage et dont on voit ici le fameux menhir de St Gonvarc’h, et du village disparu de stgonvarch2Langonmarc’h en Berrien (29), mentionné en 1638. Au pays de Galles, deux saints ont porté le nom de Cynfarch. Le premier est le mari de Nyfain, fille de Bruchan, et le père d’Urien Rheged, chef d’un petit royaume au nord de la Bretagne insulaire. Il serait l’éponyme de Llangynfarch dans le Clwyd. Le second était un disciple de Dyfrig et l’éponyme de St. Kinmark, près de Chepstow, anciennement Llangynfarch. Attesté sous la forme Conmarch, comme témoins de plusieurs chartes de l’abbaye Saint-Sauveur de Redon, le nom se compose des termes vieux bretons con « guerrier » et march « cheval ».

Allez, passez une bonne fin de semaine électorale et à bientôt peut-être.

C’est le jour du Lilas…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

Amis de la relativité et du p’tit gris de Bourgogne réunis, bonjour ! Nous sommes le Samedi 15 avril 2017, 26è jour de Germinal dédié au lilas et jour de la Saint Patern. Patern austère en ce qui me concerne car, on sait peu de choses du personnage si ce n’est qu’il fut (sans doute) le premier évêque de Vannes (56) et qu’il fait partie des sept saints fondateurs de Bretagne. C’est grâce à l’auteur de la Vita Paterni, que de nombreux points d’ombres s’éclaircissent. Patern ou Padern, fils de SANT-PATERN-3-NB-200x300Petran et Guean, est un gallo-romain qui aurait immigré de Grande-Bretagne, plus exactement du Pays de Galles, au cours de la seconde vague de l’émigration bretonne en Armorique. Avant cela il fonde plusieurs monastères au Pays de Galles dont celui de Llanbadarn Fawr dans l’actuel comté de Ceredigion (Llan-Padern-Vaur – « Grande église de Patern »). Une autre légende veut que certains Rois d’Irlande furent convertis par Patern. C’est à Jérusalem qu’il aurait, au cours d’un pèlerinage, reçu la consécration épiscopale. Son arrivée sur le siège de l’évêché de Vannes serait due au chevalier légendaire de la Table Ronde et premier souverain du Broërec, Caradoc. C’est au cours du concile de Vannes vers 465, que l’avènement de l’évêque est historiquement attesté. Inutile de préciser qu’il trône en bonne place dans la vallée des saints à Carnoët; réalisée par Olivier Lévèque sculpteur de Pléneuf-Val-André.

https://youtu.be/HxrH6iA0MrA

Allez, soyez remercié pour votre visite, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Tout ça c’est des Gonery…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

Amis de la méditation transcendentale et du brocoli réunis, bonjour ! Nous sommes le Mardi 04 avril 2017, jour correspondant au 15 de germinal habituellement dédié à l’abeille.

 
En Bretagne on fête les Goneri. Ils existent plusieurs saint-Gonery par chez nous et notamment un village le long du canal de Nantes à Brest où mon pote Thierry m’initia à la pêche au brochet, moi qui jusque là n’avait fréquenté que la vieille et le maquereau. Il y a très, très, longtemps. Il est aussi, en Côtes-d’Armor, du côté de Plougrescant, une chapelle St Gonery dont la fâcheuse habitude du clocher à pencher dangereusement a fait le bonheur de plus d’un photographe. Goneri ile loaven était dit-on le fils Elibouban qui se retira sur l’île de Loaven (située à deux encablures dans l’Ouest-Nord-Ouest de Roc’h Skeiviec face à Plougrescant; je peux assurer par expérience, qu’elle offre un très bon mouillage par gros temps) pour vivre sa vie d’ermite. Ce nom est formé à partir de « kon » (chien de guerre). L’église a popularisé la forme lénifiée « Goneri » au lieu de « Koneri ». Gonéry était un ermite de Grande-Bretagne qui émigra en Armorique au 6e siècle. Après avoir longtemps vécu à Brenngili près de Rohan, où il convertit le prince Alwand, tiern de Noyal, il se retira à Plougrescant pour mourir près de l’île Loaven ( où sa mère, sainte Elibouhan, s’était retirée. On raconte d’ailleurs que saint Gonéry, certes mort à Plougrescant, quitte tous les ans sa chapelle pour se rendre à l’île Loaven pour rendre hommage à sa maman. C’est-y pas mignon !

Saint Gonéry est invoqué pour soulager les angoisses et les ficlocherèvres. Le pardon (c’est une fête paroissiale locale) du 29 juillet (ou dernier dimanche de ce mois) est renommé. Autrefois, ce jour-là, il y avait toujours un audacieux pour escalader le clocher, à l’aide des crampons de fer qui garnissent sa face extérieure. Il montait pour attacher des rubans multicolores à la queue du coq de la flèche, sous les applaudissements de la foule admirative. A son retour au sol, le sportif recevait pompeusement une tasse pleine de vin. Voila, j’ai fait ma b.a. vis à vis de l’office du tourisme. Si le cœur vous en dit n’hésitezmaison rocher pas à visiter le coin de Plougrescant, vous ne serez pas déçu, c’est un des plus beaux endroits de la côte bretonne. C’est là où se trouve la fameuse petite maison nichée dans les rochers et qui a fait mille couvertures de magazines avant que le propriétaire ne fasse valoir son droit à l’image. J’espère qu’il ne va pas me faire un procès…

Allez, c’est pas tout, le Mardi j’ai piscine. Portez vous bien et à bientôt peut-être.

Kemo et Kirio sont dans un bateau…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

Amis de la chronique locale et du bigorneau réunis, bonjour ! Nous sommes le Lundi 13 mars 2017, 23è jour de ventôse dédié à la Cochléaire. Quoi ! Vous ne connaissez pas la Cochléaire, cette jolie plante des estuaires qui apprécie les prés salés et qui doit son nom au cochleaire-officinale-1latin cochléa: cuiller ? Très riche en vitamine C, les marins avaient l’habitude d’en manger pour prévenir le scorbut d’où son autre nom d’ « herbe au scorbut ». Dodoens, médecin flamand de la Renaissance très connu dans son canton, avait déjà noté les remarquables propriétés antiscorbutiques de la cochléaire dans sa Pratique médicale des simples. Et mon aïeule qui se targuait d’en connaitre un rayon en matière de plante médicinale, nous invitait à l’utiliser en guise de dentifrice. Elle a un goût âcre et piquant (pas mon aïeule, la plante) qui rappelle le raifort et elle est parfois ajoutée en petite quantité aux salades.

Nul doute que le saint du jour, KEMO, en a trouvé sur son chemin en débarquant de son Irlande natale quelque part du côté des lieues de Grèves sur la côte Nord de Bretagne. Il a laissé son nom à la charmante commune de Locquémeau, en breton Loch-Kemo. La tradition locale en fait un compagnon de saint Efflam avec qui il aurait débarqué sur la Lieue de Grève au VIè siècle en compagnie de Tuder, de Haran, de Nérin, de Karé et de Kirio. Une bande de saints quoi ! Loch-Kemo « Lieu consacré à saint Kémo », ce village relevait autrefois algues vertesde l´abbaye cistercienne du Relecq en Plounéour-Ménez (Finistère) dont les lieux-dits Parc-ar-Manac´h, « le champ du moine », et Prat-ar-Manarty, « le pré du monastère », semblent constituer le seul souvenir sur le territoire communal. A cette époque là, les saints voyageaient en bandes organisées, une sorte de Costa croisière qui venait s’échouer sur les côtes bretonnes. Aujourd’hui ils feraient une drôle de tête en voyant les algues vertes s’amasser au fond de la baie (l’illustration de droite est signée Goutal.)

Si vous avez l’occasion de circuler sur cette magnifique corniche qui maison a l'aiglelonge la plage de Saint-Efflam, arrêtez vous un instant devant cette étrange bâtisse. Les gens du coin la nomme la maison à l’aigle; on la doit à l’ingénieur Ventome et elle est entièrement en béton ce qui était très rare pour l’époque (1928). C’est un mélange de styles arts-déco et oriental; on dit que l’aigle vient de l’exposition coloniale de Paris (1931).                                

Bon allez, ça suffit pour aujourd’hui. En attendant la suite, portez vous bien et à demain peut-être.

Le loup, le renard & la belette…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

Amis de la sainte généalogie et du bar en croûte de sel réunis, bonjour ! Nous sommes le Dimanche 05 mars 2017, 15è jour de ventôse dédié à la chèvre. Il fait un temps à pas mettre un Fillonniste dehors: la pluie, le vent et le brouillard (ce qui mit la sage-femme en r’tard comme dans la célèbre chanson A recouvrance). Aujourd’hui c’est le cénobite qui est à la bourre; En conséquence de quoi, bis repetita placent pour ce billet; car, si l’on en croit Horace, les choses répétées plaisent…

Or donc, en Cornouailles et en Léon, on célèbre (ou pas) saint Piran, ou Péran qui serait selon certains historiens le Kiéran de Saighir évêque d’Ossory à qui on attribue l’introduction du christianisme en Irlande en compagnie de son pote  Patrick… Né en Irlande à Corca-Laighde, fils deSaïghir SaïghirLaighne, noble de l’Ossory et de Liadan. Avant sa conception, sa mère aurait eu le rêve qu’une étoile tombait dans sa bouche. Elle consulta ses druides qui lui dirent qu’elle enfanterait d’un fils qui aurait une très haute renommée. Piran rencontra Patrick, le futur Primat d’Irlande , qui lui dit: « précède-moi en Irlande, trouve un puît et bâtis un ermitage. Pour cela prends ma cloche et lorsqu’elle se mettra à parler d’une voix mélodieuse, c’est que ce sera le bon endroit. » Après des années de recherches , il trouva enfin l’endroit près d’Uaran et bâtit le monastère de Saighir (Saïghar).

Beaust-peran-1coup de légendes parlent de Kieran de Saighir comme ayant ressuscité plusieurs personnes. Il avait dit-on apprivoisé un loup, un blaireau et un renard. Le loup et le blaireau étaient devenus très obéissant mais le renard était resté espiègle. Il dérobait les chaussures de saint Kiéran et les cachait dans sa tanière. Pour un peu on l’entendrait chanter « j’entends le loup, le renard et la belette » mais, pour notre bonheur, il a refusé d’intervenir en faveur de Nolwenn Leroy aux victoires de la musique… Ci-dessous une version des plus emballantes par le groupe Blue railroad train. Saint Kieran de Saighir serait décédé en 530 de cause naturelle.

Péran a laissé de nombreuses traces en Bretagne : Saint Peran est le patron de la paroisse de Trézélidé en Léon, non loin de Morlaix. Dans l’Est de la Bretagne il est l’éponyme de Saint-Peran, une trêve de PaulePaimpont, jadis un prieuré , et de Lopéran dans la paroisse de Saint-Malo-des-Trois-Fontaines, au Nord-Ouest de Ploermel, ; et dans le Sud nous trouvons Loperan au Port-Louis près de Lorient ; au Nord il y a un Saint-Peran en Plédran (22) et une forteresse “vitrifiée” toute proche, appelée Camp de Peran (sans doute une forteresse Viking) un Prat-sant-Peran en Paule, et un bois, un château, et une lande, de Saint-Peran en Glomel, avoisinant Paule ainsi que le manoir, ici en photo.

Voilà pour la petite histoire du Dimanche, en attendant les prochaines, portez vous bien et à demain peut-être.

A la St Jaoua, Fillon est dans le caca…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

Amis de l’Espagne éternelle et de la tortilla réunies, bonjour ! Nous sommes le Jeudi 02 mars 2017, douzième jour de ventôse dédié à ormel’orme; Très bel arbre de haute futaie en voie de disparition à cause de la graphiose qui a dévasté cette essence depuis 1925 environ dans tout l’hémisphère Nord. A Paris on comptait 30 000 ormes avant l’épidémie; il en reste à peine quelques centaines. Mais vous pouvez vous exercer à la culture en bonsaï, il s’y prête très bien.

Par ici on fête les Jaoua:  Déclinaisons du prénom breton : Jaoven – Jova – Jaouen – Joeva. Patron de Brasparts, neveu de Paol-Aurelian. La légende dit qu’il aurait libéré les habitants du Faou (29) d’un dragon où d’un buffle sauvage. Il fut abbé de Daoulas puis évêquchapellesaintjaouae du Léon. Son tombeau se trouve à la chapelle de Saint-Jaoua, à Plouvien, non loin de mon ermitage. Dans la Vie de Paol Aurelian, le saint est appelé luuehinus, dont procède le français Joévin, nom que l’on peut lire sur son tombeau. D’origine insulaire, il accompagne son oncle Paol Aurelian en Armorique. Quand Paol Aurélian, probablement vers 520 , se décida à passer en Armorique (ou Petite Bretagne ), Jaoua fut du voyage.

Venant de Grande Bretagne, Pol Aurélien et ses 14 compagnons débarquèrent d’abord à Ouessant puis vinrent sur le continent. Jaoua, surnommé l’ermite, s’installa dans un lieu à l’écart aujourd’hui appelé Kerber en Lampaul-Ploudalmézeau. C’est à ce moment qu’aurait eu lieu l’histoire légendée du buffle sauvage. Comme son maître, il est né dans le Morgannwg, dans la région de Penychen. Sa légende raconte qu’il Jaoua 2aurait abordé à Landévennec (29), où l’accueuillit l’abbé Iudwall. Moine à l’abbaye jusqu’à son ordination à la prêtrise, il est conduit à Brasparts (29) pour lutter contre la paganisme. Budic, roi de Cornouaille, lui accorde des terres à Daoulas (29), à l’endroit où les abbés Tadeg et Iudwall auraient été assassinés. Il devient le premier abbé de Daoulas, puis le coadjuteur de Paol, qui en fera son successeur comme évêque du Léon. Au bout d’un an, il se démet de cette fonction pour revenir à Daoulas bénir les récoltes, qui s’annoncent mauvaises. Pris de fièvre durant son voyage, il meurt à Plouvien (29). À Saint-Jaoua en Plouvien, où se trouve son tombeau, sa statue le représente en évêque, debout sous un dais. Inutile de préciser que sa statue géante en granit bleu de Louvigné du désert et que l’on doit à Goulven Jaouen, trône en bonne place dans la vallée des saints à Carnoët.

Allez, c’est tout pour aujourd’hui, portez vous bien et à bientôt peut-être.