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Des contes à prier debout…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

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Amis de la liberté d’expression et de la saucisse de Molène réunies, bonjour ! Nous sommes le Mercredbruyere-zi 12 décembre 2018, 22è jour de frimaire dédié à la Bruyère, plante emblématique de notre Bretagne. Et cela tombe bien car ce jour on célèbre les Kaourintin (Corentin), patron de la ville de Quimper… Il est un des sept saints fondateurs de la Bretagne et sa statue de granit trône déjà en la fameuse vallée de Carnoët.

Voici ce qu’en disait Albert Le Grand en 1636 dans son blog.

« Saint Corentin, premier Evesque de Cornoüaille, en la Bretagne Armorique, nasquit au même Diocese, environ l’an 375, treize ans avant que le tyran Maxime passast és Gaules, & fut, dés son enfance, instruit par ses parents en la Religion Chrestienne; ayant esté preservé pendant les guerres que le Roy Conan Meriadec fit aux garnisons Romaines, qu’il chassa entierément de Bretagne, il s’adonna tout de bon au service de Dieu; St Corentin G&, pour mieux y vacquer, & faire un perpétuel divorce avec le monde, il se retira en une solitude, dans une forest en la Paroisse de Plou-Vodiern, au pied de la montagne de S. Cosme (Plomodiern, au pied du Menez-Hom 29 -NDLR-) où il bastit un petit Hermitage près d’une fontaine, & passant en ce lieu les nuits & les jours en prieres & Oraisons, inconnu & retiré de toute conversation humaine. Pour sa nourriture & sustentation en cette solitude, Dieu faisoit un miracle admirable & continuel; car, encore qu’il se contentast de quelques morceaux de gros pain, qu’il mendioit quelques fois és villages prochains, & quelques herbes & racines sauvages, que la terre produisait d’elle-mesme, sans travail ny industrie humaine, Dieu luy envoya un petit poisson en sa fontaine, lequel, tous les matins, se presentoit au Saint, qui le prenoit & en coupoit une piece pour sa pitance, & le rejetoit dob_6ec2e1_goustan-diminue-200x300ans l’eau, &, tout à l’instant, il se trouvoit tout entier, sans lesion ny blesseure, & ne manquoit, tous les matins, à se présenter à St Corentin, qui faisoit toûjours de mesme.» Curieusement, on retrouve cette même légende à propos de St Goustan: Il est souvent représenté avec un poisson à la main(ici à droite); c’est l’illustration de la légende qui l’entoure. Blessé sur son île, il se serait contenté seulement d’une portion d’un gros poisson, en gardant une part pour le lendemain. Et chaque jour, le poisson se recomposait totalement.

Je me demande à quel point les évangélisateurs, qui concevaient ces contes à prier debout, étaient végétariens ? Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Un café vous aurez ?

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

Amis de la propédeutique et du Glenfarclas (40 ans) réunis, bonjour. Oui, nous sommes le Vendredi 23 novembre 2018, c’est à dire le troisième jour de frimaire (mais non, pas fille-mère, madame Michu) dédié à la chicorée. Vous connaissez tous les bienfaits de cette plante quasi miraculeuse qui produit aussi bien un succédané de café que de la bonne endive (chicon). moulin-a-cafe-peugeotMon aïeule, à qui je dois cette éducation désastreuse, m’a élevé au bol de café plus qu’au verre de lait mais, elle n’imaginait pas un instant que l’on puisse faire un café sans y rajouter deux cuillers à soupe de chicorée Leroux. Hé oui, petit scarabée, parmi les différentes tâches ménagères qui faisaient notre quotidien à cette époque là, l’une d’entre d’elles consistait à moudre le café, assis sur un tabouret, le moulin fermement serré entre les cuisses, il fallait mouliner mais… Pas trop non plus. Puis on récupérait le café moulu dans le petit tiroir du moulin et à ce moment là, on pouvait rajouter la fameuse chicorée qui se trouvait à l’intérieur d’une boite en fer dans son paquet reconnaissable entre tous, juste à côté du poêle qui faisait office de cuisinière et sur lequel attendait la cafetière.

Si vous avez un pote qui se prénomme Bieuzy, c’est le jour ou jamais pour lui souhaiter une bonne fête: sans doute origine Celtique, de « buheseg » qui signifie plein de vie. Disciple de saint Gildas de Rhuys, il se construisit un ermitage sur les bords du Blavet. D’après la légende, il eût un jour à choisir entre guérir la meute des chiens de son seigneur atteinte de rage et ne pas chapelle-saint-gildas-bieuzy-lady-breizh (14)célébrer la liturgie pour son peuple, ou bien célébrer ce service religieux et ne pas répondre aux injonctions du seigneur brutal qui le demandait. Il préféra ses fidèles aux chiens, ce pourquoi il fut tué d’un coup d’épée par le seigneur breton. C’est que ça ne rigolait pas à l’époque. De nombreuses fontaines lui sont dédiées en Bretagne. Il est le patron de la localité de Bieuzy-les-Eaux (56) et de Saint-Bihy (22) près de Quintin. La photo de l’ermitage vient du site les tribulations d’une bigoudène (sans autorisation bien sur.)

Allez, merci d’être passé, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Gwin ar c’hallaoued zo mad…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

Amis de la liberté de conscience et de l’entrecôte marchand de vin réunies, bonjour ! Nous sommes le Vendredi 16 novembre 2018, 26è jour de brumaire dédié à la pistache. Notons au passage que ce fruit, riche en nutriments mais pauvre en calories n’offre que des avantages. Il contient des bons acides qui permettent de réduire le mauvais cholestérol; ses produit-pistache-californie-300x222antioxydants font merveille contre le stress, et j’en connais qui vont en avoir besoin… On me susurre à l’oreille que ce jour est aussi celui de la saint Emilion. J’ouvre une parenthèse pour noter que c’est toujours à l’oreille que l’on entend me susurrer. Je pose la question: Pourquoi ne me susurrerait-on pas ailleurs qu’à l’oreille ? Oui je sais, on se rapproche de la date fatidique où il va falloir faire semblant d’aimer le Beaujolais nouveau. Qu’à cela ne tienne, je préfère le Saint Emilion entre autre parce que le bougre était breton. Oyez son histoire, non sans avoir auparavant dégusté ce Tri Yann du meilleur cru: une version de « Gwin ar Challaoued ». On dit que cette chanson était entonnée par les Bretons qui s’en allaient piller les caves françaises pour leurs vins réputés.

Emilianus naquit à Vannes au début du VIII ème siècle. Laïc, il se signala dès sa jeunesse par sa charité et son attention envers les pauvres. Le Comte de Vannes l’engagea comme intendant de sa maison. Il fut très vite en butte aux lazzis comme dit Brassens et se décida à l’exil. Sur son chemin vers St Jacques de Compostelle il est accueilli par Martin, un abbé bénédictin du Saintonge qui l’engagea à devenir moine. A nouveau il fut la cible des envieux, c’est Don Mabillon, lui même Bénédictin et historien au 17è siècle qui le raconte. Emilianus décida dès lors de se retirer saint-emilion-11638-18_w1000pour vivre une vie d’anachorète. Que n’a t-il choisit les cénobites ! Il s’arrêta dans la forêt de Combes et cet ermitage est aujourd’hui devenu la ville de Saint Emilion. L’ermite s’installa dans une des grottes et y fixa son oratoire. Mais, la sainteté attire et une fois de plus le saint se vit recherché. On venait le voir, lui poser des questions, l’entendre et se convertir. Enfin, il se résolut à fonder un monastère et il y mourut en 767. L’église de Saint Emilion, monolithe, creusée dans la pierre est peut-être ce qu’il en reste. Vous connaissez la suite, quand il y a des moines, il y a des vignes, fussent celles du seigneur, elles donnent aujourd’hui quelques grands crus à faire pâlir un saint homme.

Allez, yec’hed mat, portez vous bien et à  bientôt peut-être.

Et Saint-Malo chantait…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

Amis de la propédeutique et du calamar à l’armoricaine réunis, bonjour ! Nous sommes le Jeudi 15 novembre, 2018, 25è jour de brumaire dédié au faisan. c’est le jour où on célèbre les Malo.

Dans les années 480, un 29 mars, aux environs de trois heure vingt, naissance de celui qui allait devenir Saint Malo ou Saint Maclou si vous préférez mais ça fait un peu moquette. C’est l’un des sept saints fondateurs de la Bretagne. Vous vous souvenez, c’était le trophée CézembreJules Verne de l’époque. Les skippers étaient tous des saints, Ils arrivaient d’Irlande ou du pays de Galles sur leurs multicoques en granite de Landéda pour évangéliser les armoricains, ces maudits Celtes qui continuaient à vénérer le grand Cornu au fond de forêts mystérieuses et à confectionner des drôles de mixtures à peine légales dans des chaudrons d’occasion… Malo lui, il a débarqué à Cézembre. Vous connaissez Cézembre ? Une petite ile en face de Saint-Servan, c’est la seule plage de la côte nord exposée au sud. Ah, les pique-niques à Cézembre avec… Oui bon, c’est une autre histoire!

Il grandit puis il devint grand, travailleur et intelligent, il fait le petit séminaire et il devient l’évêque d’Aleth. Plus tard, beaucoup plus tard, pour améliorer les reccapture_decran_2015-02-13_a_16.03.39ettes de la paroisse et face à la baisse inquiétante du denier du culte, il donnera son nom à une marque de yaourt ; il venait d’inventer le sponsoring. Avec son copain Aaron , plus cénobites qu’anachorètes, ils partagent une vie érémitique du coté de la cité d’Aleth. C’est à dire qu’ils vivaient du RMI que leur versaient les paroissiens sous forme de dons en nature. Mais le gouvernement libéral de l’époque décida St-Malode mettre un terme au scandale de l’assistanat et nos saints s’inscrirent au resto du cœur pour essayer de multiplier les pains… Il serait décédé pieusement un 15 novembre vers 620 à moins que ce ne soit 640; on ne sait pas exactement mais, il est mort depuis longtemps. Aujourd’hui sa statue (que l’on doit à patrice Le Guen) a rejoint  l’armée des saints de Bretagne dans la vallée éponyme de Carnoët (photo de N. Lepage). Avouez qu’il y a fort longtemps que je n’en avais pas parlé…

Voila pour aujourd’hui (je fais court), portez vous bien et à bientôt peut-être.

 

 

Kemper-Guézennec, deux minutes d’arrêt…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

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Amis de l’eudémonisme* et de la salade niçoise réunis, bonjour ! Nous sommes le Mercredi 14 novembre 2018, 24è jour de Brumaire dédié à l’orange. Tiens, par chez nous aujourd’hui, on célèbre (ou pas) les Gwézhenec. le goas-vilinic-300x204nom dérive du vieux breton uuethen, guethen, « combat », et admet pour acception « combattant ». En Cornwall, il est honoré sous la forme Gwethenoc. Il a laissé son nom à la charmante commune de Kemper-Guézennec (22) où j’ai résidé durant quelques années et qui offrait aux navigateurs du coin l’abri de Goas Vilinic (ici en photo). La paroisse fut fondée par le moine Gwezennec nous dit la légende. Elle aurait été cédée par l’abbé de Beauport à l’évêque et au chapitre de Tréguier en juin 1202. Kemper-Gwezhenneg en breton. Kemper signifie confluent; ici c’est la rencontre du Leff et du trieux.

Un seigneur du nom de Guehenoc de Kemper est mentionné en 1235 dans une enquête concernant les droits de Henri d’Avaugour. Il existe une châtellerie de Quemper Gueheneuc et Pontreu dès 1405 (lettres de Jean V, n° 33). Quemper Gueheneuc est cité comme paroisse en 1426. Devenue Quemper-Guézennec , elle a, sous l’Ancien Régime, pour succursales : Saint-Clet et Notre-Dame des Fontaines. Or donc, notre saint la-vapeur-du-trieuxhomme était fils du fameux Fragan, déjà évoqué ici et de Gwen sa maman; ce qui en fait ipso-facto le frère de Gwénolé et de saint Jacut qui, comme vous le savez vous qui suivez régulièrement les chroniques du cénobite, devinrent tous deux disciples de Saint Budoc qui les emmena en Bretagne armoricaine lors de l’exode des chrétiens (Vè s.). Kemper-Guézennec est donc longé par le Trieux, magnifique rivière à truites, mais aussi par la ligne de chemin de fer qui relie Pontrieux à Paimpol et qui voit tous les étés rugir et fumer une vieille loco vapeur.

Allez, voila pour aujourd’hui, portez vous bien et à bientôt peut-être. Ah oui, j’oubliais: *L’eudémonisme (du grec eudemonia, heureux) est un courant de la philosophie morale qui prône le bonheur comme fin suprême de l’existence humaine, joli programme, non !

Conogan or Konogan.

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

Amis de la prétérition et du veau marengo réunis, amaryllis_4bonjour ! Nous sommes le Lundi 15 Octobre 2018, 24è jour de vendémiaire dédié à l’amaryllis, magnifique fleur qui a donné son nom à un bistro rennais des plus sympas. Enfin, je vous parle de cela il y a très, très longtemps. C’était dans le bas de la place des Lices, pour ceux qui connaissent Rennes, et j’y ai passé quelques soirées mémorables; et en Bretagne armoricaine on célèbre les Konogan.

Originaire d’Irlande, il s’en fut à l’abbaye de Landevennec dans le Finistère. Il succéda à saint Corentin sur le siège épiscopal de Quimper. « Débarquant du Pays de Galles, et faisant probablement partie du groupe des compagnons de Pol, Konogan établit son monastère non loin de Landerneau, sur les bords de l’Elorn, à Beuzit-Conogan. La tradition nous apprend qu’il se mit à l’école de saint Gwénolé, et c’est par Landévennec que son culte s’est propagé. Il vécut StKonoganau temps de Childebert (dans la première moitié du VIe siècle). »  Il a une chapelle à Beuzec-Cap-Sizun (29) ici en photo. Cette chapelle de forme rectangulaire et qui date du 17è siècle est dédiée à  » Santez spe « , Sainte Espérance en breton. Le pardon a lieu tous les ans le premier dimanche d’Août. Récemment restaurée, elle est entretenue par l’association  » Mignoned de Sanspez « . Derrière la chapelle se trouve la fontaine de Saint Konogan. Elle a été déplacée en 1999 car précédemment elle se trouvait 50 m plus loin le long du talus. La légende raconte que Saint Konogan soignait la fièvre, et pour obtenir guérison il fallait vider la fontaine. Malgré mes recherches, je n’ai pas encore trouver un saint qui se soit investit dans la lutte contre les conséquences de l’AVC; j’avoue que cela m’aurait bien arrangé…

Allez, je fais court car je suis attendu par le kiné. Portez vous bien et à bientôt peut-être.

De St Quay à Marseille…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

Amis de la démondialisation et de la saucisse de Molène réunies, bonjour ! Nous sommes le Vendredi 12 octobre 2018, 21è jour chanvrede vendémiaire dédié au chanvre, Cannabis Sativa, comme disait mon aïeule qui connaissait toutes les plantes par leur petit nom. Tiens, à propos de mot, saviez vous que le mot Canebière, cher aux marseillais, vient du mot chenevière qui désignait un champ de chanvre. La Canebière vient du provençal canebe, qui provient lui-même du latin cannabis, signifiant le chanvre. En effet Marseille était l’un des plus grands comptoirs de chanvre au monde pour la fabrication des cordages. En provençal une canebiera est une plantation de chanvre, ou « chenevière », en français. Faut pas s’étonner que l’O.M. ait un peu de mal ces temps ci. Étonnant, non !

Par ici on célèbre les Ké. Sant Ke, saint Quay, Saint Kea, est un ermite breton, originaire de Bretagne insulaire ou d’Irlande, autrefois très populaire et auquel on dédiait sous des noms variés, nombre d’églises et de chapelles, de villages et de places. D’après de nombreux hagiographes, « Ké » et « Colledoc » sont un seul et même personnage du fait de l’alliance des deux prénoms dans les noms de paroisses médiévaux, tel « Kécoledoci » formé à partir de Ké et de Colledoc.(à  droite la 300px-Fontaine-saint-ke-clederfontaine St Ké à Cléder.) Selon Albert Le Grand, qui rapporte sa Vita dans les Vies des Saints de Bretagne, Collodoc naquit au début du VIe siècle au nord du Pays de Galles. Son père s’appelait Ludun, et sa mère Tagu. Certains le relient à la ville de Landkey dans le Devon qui lui devrait son nom.  Ke traversa la manche dans une auge de pierre (c’était avant la Brittany ferries et le tunnel) sans vivres, en provenance de Cambrie (sud du Pays de Galles) A cette époque là, les migrants tentaient leur chance dans l’autre sens…. Il atteignit l’anse de Kertugal (que l’on pourrait traduire par: village des Gaulois – Ker tud Gal – photo ci-dessous.

Notre malheureux saint homme fut brutalement accueilli par des lavandières effrayées, qui le prirent pour un démon. Elles le battirent avec des branches de genêt et le laissèrent pour mort. Il pria et supplia la Vierge de lui venir en aide. Elle répondit à son kertugal1vœu, lui apparut et fit jaillir une source sous ses pas qui soigna ses blessures. Elle le guida ensuite jusqu’à un buisson afin qu’il reprenne des forces; c’est pas magnifique ça mes body boys ? Le lendemain, les femmes, regrettant leur méprise, implorèrent son pardon. La Fontaine Saint-Quay se situe depuis à l’emplacement d’où jaillit la source. Et le nom de la ville « Saint-Quay-Portrieux » doit son origine à cette légende. On dit que depuis lors, le genêt ne pousse plus sur la commune. Longtemps, St Quay fut le seul port en eau profonde entre Cherbourg et Brest et c’est dans son casino que Joséphine Baker engloutit sa fortune…

Bon allez, je dis ça, je dis rien et j’ajoute: portez vous bien et à bientôt peut-être.

De Nantes à Montaigu…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

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Amis de la côte des légendes et de la côte de bœuf réunies, bonjour ! Nous voici donc le Mercredi 10 tournesol_004octobre 2018, 19è jour de vendémiaire dédié au tournesol. J’évoque aujourd’hui la vie de saint Kler célébré le 10 octobre en Bretagne armoricaine. On ne sait pas grand chose de ce brave saint, sauf qu’il fut sans doute le premier évêque de Nantes. La possession de ses reliques a donné lieu à de rudes batailles entre Nantes et Réguiny petit village du Morbihan. Evidemment, les nantais disent saint Clair, histoire de se démarquer des bas-bretons…

Ah oui, Réguiny (commune du canton de Rohan, entre Pontivy et Josselin) on y trouve le tombeau et la fontaine de saint Kler ; le village de Kerbellec (mot à mot : la maison du prêtre) est encore indiqué comme le lieu où il résida. C’est donc le moment de laisser la place à la légende: il y aurait eu, à une époque non désignée, un combat acharné entre les Nantais et les habitants de Réguiny, pour la possession du corps de l’abbé. De telsfontaine Kler faits se sont souvent produit , aux siècles de foi, ainsi que les vols de reliques ; et Convoyon a bien soustrait, au neuvième siècle, pour l’emporter à son abbaye de Redon, le corps de saint Apothème, évêque d’Angers, comme les moines de Vertou enlevèrent à leurs frères de Durivum celui de leur père commun, saint Martin. (Ici, la fontaine st Kler à Réguiny) c’est ainsi qu’après un combat homérique et sans issue,  de guerre lasse, les Nantais coupèrent l’index de la main droite du saint et regagnèrent leur pays. l’anneau se retrouva à Nantes et le chef à Réguiny; étonnant, non !

Si l’on en croit Albert Le Grand, dominicain de Morlaix, albert-le-grandsaint Kler disparu aux environs de l’an 96. C’est ce que l’on peut lire dans sa « vie des saints » dont la première édition date de 1636. Mais notre Albert, dans sa volonté d’éclairer les pauvres âmes bretonnes, a écrit tellement de contes et sornettes qu’il est difficile de lui accorder crédit…

Allez, voila pour aujourd’hui, portez vous bien et à bientôt peut-être.

La prêle du 24 Juillet…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

Amis de l’ornithologie et du nid d’hirondelle réunis, bonjour ! Nous sommes le Mardi 24 juillet 2018, sixième jour de Thermidor dédié à la Prêle. C’est donc la prêle du 24 juillet qui, de toute évidence, ne peut être confondue avec la prêle du 18 juin. Je me souviens d’un 150px-Anches_bombardecompère musicien, sonneur de bombarde (talabarder en breton) du côté de Bolazec (29), qui s’en servait pour abraser ses anches. Entendons nous bien, il ne s’agissait pas de raboter sa cellulite, non, mais les anches en roseau de son instrument. Quand à mon aïeule, toujours à faire son intéressante, elle l’utilisait pour récurer ses casseroles et Dieu sait si elle en avait quelques unes des casseroles… D’ailleurs, le verbe prêler à longtemps été utilisé pour désigner l’action de poncer; notamment en ébénisterie. Étonnant, non !

Les bretonnants eux, vont célébrer Milliau qui fut Roi ou  Comte de Bretagne (une partie) aux alentours de l’an 530. Petit fils d’Alain le long et fils de Budic 1er. On retrouve ce nom dans plusieurs communes du Finistère (29) et des Côtes d’Armor (22): Pluméliau, Ploumilliau et son fameux calvaire, Guimiliau et son retable, et bien sûr, la magnifique île Milliau en face de Trébeurden, dans les Côtes d’Armor cette fois, et qui fut habitée plusieurs milliers d’années Trébeurden_allée_couverte_de_lile_milliau-300x200avant l’arrivée des grands bretons comme en témoigne cette allée couverte… (à droite). A cette époque là, les Bretons qui débarquaient de la grande île se regroupaient en petites colonies indépendantes, civiles pour les unes, les « Plou » et monastiques pour les autres, les « Lann ». Ce n’est qu’au fil des ans qu’ils formèrent petit à petit des semblant d’Etats: La Domnonée au Nord de l’Armorique, approximativement les Pays du Léon et de Tréguier, la Cornouaille à l’Ouest et « Bro-weroc », le Vannetais au Sud. Miliau fut donc un des chefs de la Cornouaille. C’est pas fantastique ça mes body boys ?

Ici à gauche, le fameux retable de Guimiliau, (remarquez le style flamboretableyant-Renaissance), à ne pas confondre avec Lampaul-Guimiliau qui, à quelques kilomètres possède aussi un enclos paroissial parmi les plus beaux de Bretagne, par contre, le potier, installé sur la même place, n’est pas des plus commerçants. A noter que parfois l’orthographe utilisée est « Milio ». oui, je sais, c’est compliqué… Voila pour le côté « Guide vert », pour le Gault & Millaut, je ne sais pas si il y a un lien avec notre homme pas plus que pour le viaduc du même nom. Pour les visites, n’hésitez pas à réclamer la clé au bistro-épicerie-quincaillerie-dépôt de pain, en face de l’église…

Allez, comme le disait mon aïeule, longtemps avant J.M. Caradec, qu’elle est belle ma Bretagne quand elle pleut. Merci d’être passé, portez vous bien et à bientôt peut-être.

A la St Tudon, le cénobite tient bon…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

Amis de l’hypallage et de la salade de pissenlits réunies, bonjour ! Avez vous noté que nous sommes déjà le Jeudi 17 mai 2018, 28è jour de Floréal et, je ne vous le cacherai pas plus longtemps, c’est le jour de la Buglosse… Plante herbacée de la famille des buglosse-300x256Boraginaceae ce qui, vous l’avouerez n’est pas commun. Cela fait partie des mystères du calendrier républicain qui reste pour moi source d’émerveillement autant que les noms donnés aux figures de rhétorique tel l’hypallage. Mais, revenons à notre Buglosse; les feuilles sont très consommées en Italie et en Irlande et aussi en salade (ça c’est de l’hypallage). Il ne faut pas hésiter à les cueillir : quand la tige est brisée, la plante trouve les moyens de se reproduire et de subsister et émet de nouvelles tiges. La racine, comme celle de la consoude, se régénère une fois coupée (attention donc si vous en plantez dans le jardin : elle peut devenir envahissante).

Bon, il parait que c’est la saint Thudon. Thudon était le père de  Gouesnou qui a laissé son nom à une commune non loin de mon ermitage. Or donc, à la même époque que saint Thénénan, aux alentours de l’an 600, Thudon émigrait, lui aussi, en Armorique, accompagné de ses fils Majan et Gouesnou et de sa fille Tudocroix-de-st-thudon-200x300na. Il accosta dans la région de Landéda, puis vint créer son ermitage en forêt de Bevoez  à deux km du bourg de Guipavas sur l’actuelle route de Gouesnou, près de Kervao; et on désigna le lieu-dit sous le nom de St-Thudon tout cela est en Finistère evel just… Les vestiges d’une ancienne chapelle ont aujourd’hui disparu à St-Thudon mais trois croix y subsistent encore, dont l’une du VIIè siècle figure parmi les plus anciennes du Finistère : petite croix de un mètre avec entrelacs et bouton sur la face. Selon l’abbé Castel, cette croix est située sur un itinéraire ancien qui remontait depuis le Passage, au Relecq-Kerhuon. Selon la chronique, Thudon mourut en 665, à l’âge de 85 ans.

On me dit qu’il existait dans la forêt de Bevoez, en haut d’une colline, une fontaine constituant un lieu de culte de la très vielle et très ancienne civilisation celtique. A cet endroit, saint Thudon fit construire un oratoire dédié à la Vierge. Le culte pour la fontaine lavoir-guipavas-300x220n’en continua pas moins, et l’édifice finit par s’écrouler. La punition divine ne tarda pas : l’eau de la fontaine dévala soudainement la pente en un torrent dévastateur. On promit alors de reconstruire la chapelle de Notre-Dame du Reun (en breton : « reun » = colline), et l’inondation cessa. C’est pas miraculeux ça, madame Michu ? Lors d’une reconstruction ultérieure de la chapelle, achevée en 1505, la fontaine fut incluse dans l’enceinte de la chapelle, et existerait encore, dit-on, sous le maître-autel. A noter que Coataudon est aujourd’hui le nom d’un quartier de Guipavas (29) dont la renommée de sa crêperie a largement dépassé ses frontières; c’est un toponyme qui désigne le « bois de Thudon ».

C‘est tout pour aujourd’hui, portez vous bien et à demain peut-être.