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Quimper Corentin: 12 mn d’arrêt…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

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Amis de la liberté d’expression et de la saucisse de Molène réunies, bonjour ! Nous sommes le Mardi 12 décembre 2017, 22è jour de frimaire dédié à la Bruyère. On célèbre la saint Kaourintin (Corentin), patron de la ville de Quimper… Il est un des sept saints fondateurs de la Bretagne et sa statue de granit trône déjà en la fameuse vallée de Carnoët.

Voici ce qu’en disait Albert Le Grand en 1636 dans son blog.

« Saint Corentin, premier Evesque de Cornoüaille, en la Bretagne Armorique, nasquit au même Diocese, environ l’an 375, treize ans avant que le tyran Maxime passast és Gaules, & fut, dés son enfance, instruit par ses parents en la Religion Chrestienne; ayant esté preservé pendant les guerres que le Roy Conan Meriadec fit aux garnisons Romaines, qu’il chassa entierément de Bretagne, il s’adonna tout de bon au service de Dieu; &, pour mieux y vacquer, & faire un perpétuel divorce avec le monde, il se retira en une Corentinsolitude, dans une forest en la Paroisse de Plou-Vodiern, au pied de la montagne de S. Cosme (Plomodiern, au pied du Menez-Hom -NDLR-) où il bastit un petit Hermitage près d’une fontaine, &, tout joignant un petit Oratoire; passant en ce lieu les nuits & les jours en prieres & Oraisons, inconnu & retiré de toute conversation humaine. Pour sa nourriture & sustentation en cette solitude, Dieu faisoit un miracle admirable & continuel; car, encore qu’il se contentast de quelques morceaux de gros pain, qu’il mendioit quelques fois és villages prochains, & quelques herbes & racines sauvages, que la terre produisait d’elle-mesme, sans travail ny industrie humaine, Dieu luy envoya un petit poisson en sa fontaine, lequel, tous les matins, se presentoit au Saint, qui le prenoit & en coupoit une piece pour sa pitance, & le rejetoit dans l’eau, &, tout à l’instant, il se trouvoit tout entier, sans lesion ny blesseure, & ne manquoit, tous les matins, à se présenter à St Corentin, qui faisoit toûjours de mesme.» Pour lire la suite, rendez vous sur: http://fr.wikisource.org/wiki/La_Vie_de_saint_Corentin

Et voilà pourquoi votre sœur est muette… Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Barde à papa…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

Amis des décalcomanies et des sardinades réunies, bonjour ! Nous sommes donc le Mardi 05 décembre 2017, il pleut toujours sur Brest houarvianet c’est le 15è jour de frimaire dédié au Chevreuil. En Bretagne c’est aussi la Saint Houarvian. Houarvian était un barde de la Bretagne insulaire qui, à cette époque là (aux environs de 510), s’était rendu à la cour du roi Franc Childebert 1er pour participer au concours de l’Eurovision et suivre un stage de harpe celtique auprès de l’ancêtre d’Alan Stivell. C’est alors qu’il rentrait chez lui en char-stop qu’il eut une vision. C’est bien connu, le char-stop est propice aux visions surtout si vous fumez quelques substances illicites…

Donc, cette vision lui commanda d’attendre sa promise au bord de la fontaine de Landouzan, près du Drennec, en Finistère. Il ylandouzen rencontra Riwanon et demanda sa main à son frère Rivoaré. Ils se  marièrent à la mode de Bretagne et, vers 525, Riwanon donna naissance à saint Hervé. Puis ils se séparèrent pour mener une vie érémitique. Ce qui ne veut pas dire, mécréants que vous êtes, qu’ils étaient au RMI… L’histoire de Riwanon dans cet ancien billet. Aujourd’hui on peut visiter la chapelle de Landuzen, restaurée grâce au travail de l’association « Mignoned landuzen », au Drennec et qui possède une cuve baptismale datant semble t-il de l’époque gallo-Romaine. (photo)

Bon allez, je fais court car aujourd’hui c’est lundi (oui, le jour de l’écriture ne correspond pas forcément au jour de parution), jour de marché à Lesneven et je dois aller faire le plein de légumes si je veux que ma potée soit prête quand rentrera ma fiancée de son dur labeur. Portez vous bien et à demain peut-être.

A en perdre la tête…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

Amis de la vérité historique et du chouchen chaud réunis, bonjour! Nous voici le Mardi 28 novembre 2017 qui correspond au 8è jour de frimaire habituellement dédié au miel. Je dis cela en sachant pertinemment que le 28 Novembre 2017 est en réalité le Jeudi 26 As 145 St Mensonger, évêque, dans le calendrier de pataphysique. Au jour d’aujourd’hui en Bretagne armoricaine nous célébrons Eodez. tremazanCelle-là même qui perdit la tête sous l’épée de son propre frère, Tangi, qui n’en finit pas moins saint lui même. Tous deux étaient enfants du seigneur de Trémazan. Comme disait mon aïeule qui maîtrisait le subjonctif: « Plût au ciel que ces choses là ne fussent point advenues.» Des légendes comme celle là, il y en a plein par chez nous. Elles sont toutes plus gore que n’importe quel film de Brian de Palma et font passer Carrie pour une aimable bluette. Je vous la fait courte :A droite, les ruines du château de Trémazan.

Donc, envoyé à la cour du roi des francs Childebert, Tangi laissait à sa solitude Eodez lorsque leur mère mourut. Drame de la décohabitation déjà! Passé le teEodez.jpegmps du veuvage, leur père prit en seconde noce une femme qui haïssait plus que tout Eodez (mauvais choix). Elle accusa de tous les maux la pauvre fille et fit parvenir de fausses informations à Tangi quant à la pureté et aux vertus de sa sœur. Revenant de France et face aux faux-propos qui lui avaient été rapportés, Tangi décapita sa sœur afin de laver l’affront fait à l’honneur de la famille (non mais, ça rigolait pas de c’temps là). Celle-ci prit ses jambes à son cou et sa tête sous le bras et s’en retourna à la maison familiale affronter la méchante belle-mère… Il existe encore dans le Léon une gwerz (complainte) qui raconte la légende. On me demande souvent ce qu’est une gwerz, en voici une Gwerz Ar Vezhinerien, autrement dit, la complainte des goëmoniers, interprétée par Denez Prigent.

 

Et vous trouverez toujours quelqu’un dans le bourg de Landunvez pour vous assurer que les lieux ont gardé la mémoire de l’évènement par les fleurs rouges qui y poussent. L’œillet de Sainte Haude (Jenofl Santez Eodez) rappelle son sang versé et le géranium sanguin chapelle landunvez(bouzellou an itron) rappelle la mort affreuse de la marâtre. A droite, la chapelle St-Samson à landunvez. Vous voyez que la violence n’a pas attendu les films hollywoodiens pour déferler sur les écrans de l’histoire (tiens, c’est pas mal ça !). Tout au long de la vie des saints, on s’étripe et on se décapite joyeusement, on se démembre en famille, on s’assassine pieusement et tout cela était raconté aux petits n’enfants le soir à la veillée…Les évangélisateurs avaient compris, bien avant Paris-Match, l’importance du poids des mots et du choc des photos…

Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

A la saint Goustan, le cénobite s’détend…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

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Amis du positivisme et du lapin de garenne réunis, bonjour ! Nous sommes le Lundi 27 novembre 2017 et en ce 7è jour de frimaire, nous saluons le chou-fleur qui est un peu le légume emblématique du Léon (Finistère nord). Choux Cabu, Chou-fleur, Chou de Milan , Chou à grosses côtes, petit Chou cœur de bœuf, etc. Cette crucifère comporte pas moins de deux cent variétés, certaines locales, toutes cependant étaient travaillées en cuisine, car ceFILLE-D-OUVIER-AGRICOLE-JAMES-GUTRIE-1859-1930-ÉCOSSAIS-253x300 légume a permis depuis la plus haute antiquité aux citoyens de ce monde de manger et quelques fois survivre aux famines, facile à cultiver dans pratiquement tous les types de terres, et dans les climats les plus rudes , se conservant longtemps après la cueillette, il fut presque déifié par les Égyptiens et par les peuples de toutes les religions et origines du bassin méditerranéen. Chanté par Caton, couronné de toutes les vertus, il n’y a qu’ Apicius pour lui trouver des défauts. Oui, osons le dire, le chou-fleur est au Léon ce que la bêtise est à Cambrai, Tristan à Iseult, Castor à Pollux et la Dedion-Bouton à la bande à Bonnot (joli tableau de James Guthrie – peintre écossais)

https://youtu.be/HxrH6iA0MrA

C’est aussi, le jour ou jamais de célébrer les Goustan, tous les Goustan, et pas seulement le gros des Goustan (humour). Le saint homme est né en Cornouailles britannique en 974. Sant Sten, en breton, tient son nom de l’étain et il a laissé son nom à Saint-Goustan, le très joli petit port d’Auray (56).  A 18 ans, Goustan ou Gulstan est enlevé par des pirates et au cours d’un de leurs voyages, se blesse au pied. Abandonné sur l’île d’Ossa ( peut-être ob_6ec2e1_goustan-diminueOuessant, enez Eussa, mais plus probablement l’île d’Hoëdic), il doit son salut, d’abord à la Providence qui lui fournit des poissons, ensuite à Saint Félix qui le soigne puis le convertit au christianisme et le v’la radicalisé. Saint-Goustan est souvent représenté avec un poisson à la main; c’est l’illustration de la légende qui l’entoure. Blessé sur son île, il se serait contenté seulement d’une portion d’un gros poisson, en gardant pour le lendemain. Et chaque jour, le poisson se recomposait totalement. Mon aïeule, qui connaissait autant les cantiques que les chansons à boire, me récitait cette ronde chantée par les femmes des marins du Croisic : « Saint Goustan, notre ami, ramenez nos maris. Saint Goustan, notre amant, ramenez nos parents » étonnant, non ! Bien évidemment il est visible dans la vallée des saints (Carnoët) grâce aux burins de Kito.

Allez, merci d’être passé par ici, portez vous bien et à demain peut-être…

And, the winner is: Gwezennec…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

Amis de l’eudémonisme* et de la salade niçoise réunis, bonjour ! Nous sommes le Mardi 14 novembre 2017, 24è jour de Brumaire dédié à l’orange. Tiens, par chez nous aujourd’hui, on célèbre (ou pas) les Gwézhenec. le nom dérive du vieux breton uuethen, guethen, « combat », et admet pour acception « combattant ». En goas-vilinic-300x204Cornwall, il est honoré sous la forme Gwethenoc. Il a laissé son nom à la charmante commune de Kemper-Guézennec (22) où j’ai résidé durant quelques années et qui offrait aux navigateurs du coin l’abri de Goas Vilinic (ici en photo). La paroisse fut fondée donc par le moine Gwezennec. Elle aurait été cédée par l’abbé de Beauport à l’évêque et au chapitre de Tréguier par les moines en juin 1202. 

Un seigneur du nom de Guehenoc de Kemper est mentionné en 1235 dans une enquête concernant les droits de Henri d’Avaugour. Il existe une châtellenie de Quemper Gueheneuc et Pontreu dès 1405 (lettres de Jean V, n° 33). Quemper Gueheneuc est cité comme paroisse en 1426. Devenue Quemper-Guézennec , elle a, sous l’Ancien Régime, pour succursales : Saint-Clet et Notre-Dame des Fontaines. Or donc, notre saint homme était fils du fameux Fragan,LOCO-300x200 déjà évoqué ici et de Gwen sa maman; ce qui en fait ipso-facto le frère de St Gwénolé et de saint Jacut qui, comme vous le savez vous qui suivez régulièrement les chroniques du cénobite, devinrent tous deux disciples de Saint Budoc qui les emmena en Bretagne armoricaine lors de l’exode des chrétiens (Vè s.). Kemper-Guézennec est donc longé par le Trieux, magnifique rivière à truites, mais aussi par la ligne de chemin de fer qui relie Pontrieux à Paimpol et qui voit tous les étés rugir et fumer une vieille loco vapeur.
Elève de Beuzeg sur l’île Lavreg, près de Bréhat, il fonde avec Yagu une petite communauté à Landoac, aujourd’hui Landouar en Saint-Jacut-de-la-Mer (22). Ce saint serait mort vers 530.

Allez, voila pour aujourd’hui, portez vous bien et à demain peut-être. Ah oui, j’oubliais: *L’eudémonisme (du grec eudemonia, heureux) est un courant de la philosophie morale qui prône le bonheur comme fin suprême de l’existence humaine, joli programme, non !

Tremeur, l’homme sans tête…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS, TRADITION

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Amis des contes et légendes et du lait ribot réunis, bonjour! Nous sommes le Mercredi 08 novembre 2017, 18è jour de brumaire dédié à dentelairela dentelaire… J’en ferai bien une décoction car elle est censée soigner les rhumatismes. J’imagine que peu vous chaut l’état de santé de l’auteur, il n’empêche qu’il souffre le martyre à cause d’une vieille douleur rhumatismale entre les doigts de pieds. Pour un retraité qui rêvait de les avoir en éventail, avouez que c’est un comble!

C‘est aujourd’hui la Saint Tremeur; encore un drôle de paroissien que la ferveur populaire a fait saint… Ernest du Laurens de la Barre lui a consacré un conte, Tremeur l’homme sans tête, que l’on retrouve dans un de ses écrits publié en 1879 Les fantômes Bretons et qui débute comme ceci :

« C’est le conteur lui-même qui va parler devant vous. Je l’ai connu jadis à Poullaouen, où il cumulait les emplois fort disparates de tailleur et de bedeau ; de plus on le disait lettré pour un sonneur de cloches, vu que, dans ses récits, il aimait à citer des noms mythologiques. Il racontait, tout en réparant des soutanes, et, comme bedeau, se donnait des airs de sermonneur. Puis, mettant la bride sur le cou à sa verve comique, le tailleur risquait des détails saint tremeurque le pieux bedeau eût pu désavouer. C’était un conteur en partie double. Son excuse est dans la naïve morale qu’il essayait de répandre au milieu de ses tableaux fantastiques. … Il y avait autrefois, du côté de Plouguer, là-bas, sur le bord de l’Aulne, au-dessous de Carhaix, un village habité par des païens qui adoraient des dieux, des demi-dieux, des déesses, des diablesses, et un tas de vilaines choses. J’ai entendu dire par des savants que leurs chefs s’appelaient Druides. C’étaient des magiciens ou sorciers qui, pour savoir l’avenir, coupaient du gui sur les chênes avec des faucilles d’or. » vous trouverez la suite sur Laurens de la Barre.  

Avec Souvestre, Sébillot et Luzel, laurens de la Barre fut l’un des précurseurs de la collecte de la matière bretonne. Les contes et légendes qu’il rassembla, notamment dans les monts d’Arrée, eurent menhirautant de succès que ceux d’Anatole le Braz quelques décennies plus tard. La plupart de ces auteurs, à l’instar de De la Villemarqué, et son Barzaz-Breiz, vont contribuer à ancrer dans l’esprit du petit peuple, l’image d’une Bretagne soumise, chrétienne et réactionnaire. Déguignet, auteur des mémoires d’un paysan bas-breton, dont je vous ai parlé ici, les traitera de « monarchisto-nationalisto-cléricafards bretons » et ajoutera: « Les conteurs se sont moqué des savants… pour un verre d’eau-de-vie, conteurs et conteuses inventaient des légendes issues de leur seule imagination ».

Et voila pourquoi votre sœur est muette et notre saint a perdu la tête ! Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Alar, Eloi, Aloue, c’est kif-kif…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

Amis de la propédeutique et de la crêpe Suzette réunies, bonjour ! Nous sommes le Jeudi  26 octobre 2017, 5è jour de brumaire dédié à l’oie…Tandis qu’en Bretagne on célèbre saint Alar. Enfin, c’est pas une obligation non plus, hein !

Nous ne savons pas grand chose de la vie du bonhomme dont le culte était pourtant si répandu en Finistère. (pourquoi en faire un billet alors ? Oui, bon, soyez pas désagréable non plus…) Je poursuis, or donc, il aurait été le troisième évêque de Quimper St Alar bois vernisuccédant à Corentin et Connogan. Il a laissé son nom à la très jolie vallée du Stangala près de Quimper ainsi qu’à un petit val qui accueille le magnifique jardin botanique de Brest: le Stang-Alar. Il fut très populaire comme protecteur des chevaux quand bien même le nom laisse supposer qu’il s’agissait à l’origine d’un saint protecteur des alevins et des alevineurs (an alaer signifie « l’alevineur » en breton) en raison de la proximité de son nom avec celui-ci. Ce n’est que par la suite qu’il est devenu le saint patron des poulains, et par extension, des chevaux. Mais il fut invoqué aussi pour obtenir de la pluie… Non mais vous imaginez cela… Prier pour qu’il pleuve en Finistère !

Voici ce que l’on pouvait lire dans «Bulletin de la Commission diocésaine d’architecture et d’archéologie, 1901-1910»:  Notre-Dame du Drénec est invoquée pour l’obtention d’un beau temps favorable à la moisson; Alar, patron d’Ergué-Armel (29), au contraire a pour mission d’obtenir de Dieu la pluie bienfaisante qui met fin aux sécheresses excessives…  En 1884, ce fut au tour des paroissiens AloueAloue-1de Clohars-Fouesnant de se rendre à Ergué-Armel aux pieds de saint Alar. Leurs prières furent écoutées et promptement exaucées : le soir même de ce pèlerinage à saint Alar, la pluie, depuis si longtemps désirée, ne cessa de tomber pendant toute la nuit suivante. On rapporte que le saint homme, poursuivit par des brigands arriva à la pointe du Griffonez qui surplombe l’Odet d’une grande hauteur. Sur le point d’être rejoint, il fit un signe de croix et s’élança dans le vide et, d’un bond prodigieux il atterrit sur l’autre rive en kerfeunteun. Étonnant, non ! Peu à peu Saint Alar s’éclipsa au profit de Saint Éloi pour se confondre avec ce dernier dans la croyance populaire. Rappelons néanmoins que le bon Saint Éloi, en mission de paix pour le roi Dagobert rencontra le roi breton Judicaël, deux siècles après la mort de Saint Alar; mais bon, on va pas chipoter. Alar, Eloi, Aloue, c’est sous ce dernier nom qu’il est représenté dans la fameuse vallée des saints grace au burin de Olivier lévêque (ça ne s’invente pas !)

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

Enora pro nobis…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

Amis de la cavalerie légère et du coco paimpolais réunis, bonjour ! Nous sommes le Samedi 14 octobre 2017, 23è jour de vendémiaire dédié au navet.

En Bretagne armoricaine on célèbre (ou pas) les Enora. On raconte que son père l’ayant forcée à épouser Efflam, elle refuse, d’accorstatued avec lui, de mener vie commune. Néanmoins, ils se marièrent, ils n’eurent pas beaucoup d’enfants car ils vécurent comme frère et sœur tout au long de leur vie. On peut voir sa statue dans l’église de Plestin (Finistère) et dans la chapelle de Trézeny. La légende raconte qu’Enora, la chaste épouse de Saint-Efflam, partie à sa recherche en Armorique, vit son esquif de cuir (les fameux curraghs) échouer dans la baie de la Vierge, retenu par les pierres en fermant l’entrée à marée descendante. Un monastère fut dès lors fondé à cet endroit. Il n’y subsistera que du 5ème au 8ème siècle et fut sans doute à l’origine d’une légende qui voulait que le Yaudet fut le premier évêché, éphémère, du Trégor. Enora est la patronne des nourrices, aujourd’hui on dit assistantes maternelles, ça fait plus chic…

Quand à Efflam, oyez ce qu’en dit Albert le Grand : «  … nôtre Saint, avec sa compagnie, passa la mer & vint heureusement surgir à la coste de la Bretagne Armorique, en la baye de sable, qui est entre Toul Efflam & Loc-Mikel, dite communement la lieue de gréve, en la paroisse de saint-efflam-saintPlestin, & leur vaisseau s’arresta vis-à-vis d’un grand roc, qui est au milieu de la gréve (en terre neanmoins), nommé Hyrglas. Il y avoit pour lors, le long de la gréve, une très-grande forest, de laquelle S. Efflam & sa troupe, descendans de leur vaisseau, virent sortir un horrible dragon, lequel se retiroit à travers la grève dans sa caverne, distante d’environ mil pas de ce roc; laquelle caverne était profonde de neuf coudées, & en avoit douze en la circonférence de son ouverture; mais de peur qu’à la piste et trace de ses griffes, il ne fut découvert & assiégé en cét antre, il avoit cette astuce de marcher à reculons, de sorte qu’à voir les marques de ses griffes dans le sable, on eut pensé qu’il venoit de sortir du lieu où il ne faisoit que d’entrer. » . Efflam trône en bonne place dans la vallée des saints de Carnoët grâce aux ciseaux et burins de Seenu Shanmugam.

Au milieu de cette vaste grève sillonnée de ruisseaux et de filières, s’élève une croix de pierre (la croix de la lieue de grève-photo de droite). Autrefois l’habitant de ce pays, avant d’entreprendre lala croix traversée ne manquait jamais d’interroger la croix. Si les flots la recouvraient, il était trop tard : l’imprudent eut été infailliblement englouti. Si, au contraire, la croix se montrait au-dessus de l’eau, on disait : « la croix nous voit » et l’on s’avançait sans crainte ». On dit qu’elle se déplace de l’épaisseur d’un grain de blé tous les sept ans : « Treuz ur gwinizhenn a bep seizh bloaz ». Hélas, toutes les prières à Enora et à St Efflam n’ont pas empêché les algues vertes de défigurer le site merveilleux de Saint-Michel-en-Grève.

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

Cannabis repetita placent…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

Amis de la démondialisation et de la saucisse de Molène réunies, bonjour ! Nous sommes le Jeudi 12 octobre 2017, 21è jour de chanvrevendémiaire dédié au chanvre, Cannabis Sativa, comme disait mon aïeule qui connaissait toutes les plantes par leur nom savant. Tiens, à propos de mot, saviez vous que le mot Canebière, cher aux marseillais, vient du mot chenevière qui désignait un champ de chanvre. Faut pas s’étonner que l’O.M. ait un peu de mal ces temps ci. Étonnant, non !

Par ici on célèbre les Ké. Sant Ke, saint Quay, Saint Kea, est un saint ermite breton, originaire de Bretagne insulaire ou d’Irlande, autrefois très populaire et auquel on dédiait sous des noms variés, nombre d’églises et de chapelles, de villages et de places. D’après de nombreux 300px-Fontaine-saint-ke-clederhagiographes, « Ké » et « Colledoc » sont un seul et même personnage du fait de l’alliance des deux prénoms dans les nom de paroisses médiévaux, tel « Kécoledoci » formé à partir de Ké et de Colledoc.(à droite: la fontaine St Ké à Cléder.) Selon Albert Le Grand, qui rapporte sa Vita dans les Vies des Saints de Bretagne, Collodoc naquit au début du VIe siècle au nord du Pays de Galles.

Son père s’appelait Ludun, et sa mère Tagu. Certains le relient à la ville de Landkey dans le Devon qui lui devrait son nom.  Ke traversa la manche dans une auge de pierre (c’était avant la Brittany ferries et le tunnel) sans vivres, en provenance de Cambrie (sud du Pays de Galles) Les temps ont bien changé; à cette époque là, les migrants tentaient leur chance dans l’autre sens….

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Il atteignit l’anse de Kertugal (que l’on pourrait traduire par: village des Gaulois – Ker tud Gal – photo ci-dessus), du côté de St-Quay-Portrieux (22) et fut brutalement accueilli par des lavandières effrayées, qui le prirent pour un démon. Elles le battirent avec des branches de genêt et le laissèrent pour mort. Il pria et supplia la Vierge de lui venir en aide. Elle répondit à son vœu (evel just), lui apparut et fit jaillir une source sous ses pas qui soigna ses blessures. La Fontaine Saint-Quay se situe depuis à l’emplacement d’où jaillit la source. Et le nom de la ville « Saint-Quay-Portrieux » doit son origine à cette légende. On dit que depuis lors, le genêt ne pousse plus sur la commune. Longtemps, St Quay fut le seul port en eau profonde entre Cherbourg et Brest et c’est dans son casino que Joséphine Baker engloutit sa fortune… Ça vous la baille belle, non !

Bon allez, je dis ça, je dis rien et j’ajoute: portez vous bien et à demain peut-être.

Le saint et l’empereur…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

Amis de l’épigramme* et du veau marengo réunis, bonjour ! Nous sommes le Vendredi 06 octobre 2017 qui correspond au 15è jour de Vendémiaire dédié à l’âne… Voici un exemple d’épigramme que l’on doit à Prévert:

« Ils sont à table
 Ils ne mangent pas
 Ils ne sont pas dans leur assiette
 Et leur assiette se tient toute droite
 Verticalement derrière leur tête. »
(Jacques Prévert / 1900-1977 / Paroles – La Cène)

En Bretagne Armoricaine on célèbre les Ivi ce qui, bien évidemment, n’a rien à voir, quoique. En effet, la tradition désigne le moine Ivi comme le fondateur de Pontivy (56). Il ne pouvait pas se douter qu’un millénaire plus tard, par arrêté du préfet Jullien du 18 brumaire an XII (9 novembre 1804), Pontivy, l’ancienne place forte, prendra pour nom « Napoléonville » jusqu’en 1870. Venu du monastère écossais de Lindisfarne au 7e siècle, il aurait édifié un oratoire sur les bords du Blavet. C’était, nous dit-on, un grand voyageur ce qui explique (même si c’est tiré par les cheveux) qu’on en fit le patron des touristes… De son petit 300px-StIvi-185x300monastère et du pont construits par ses soins naquit une modeste bourgade qui devint une ville lorsque les Vicomtes de Rohan la choisirent pour être la capitale de leur fief : « Pont-Ivi ». Fils de Branon et d’Egida, de lignée noble, il refuse le métier des armes. Fait diacre par l’évêque Cuthbert de Lindisfarme (Holy Island, sur la côte de Nothumberland), il se retire au monastère de Lindisfarme. La vie érémitique le tente et il s’embarque pour la Bretagne. Il serait mort vers l’an 700 à Saint-Yvi (29). Ses reliques seront ramenées en Angleterre et placées dans l’église du monastère de Wilton (comté de Wilts). Ce serait l’un des derniers saints d’origine insulaire à avoir émigré en Bretagne. Son culte était bien répandu si l’on en juge par le nombre de lieux dont il est l’éponyme, comme Pontivy (56), Loquivy en Lannion (22), Loguivy-Plougras (22), Saint-Divy (29).

Dans le Trégor on l’invoquait contre les coliques des jeunes enfants : « leur chemise était jetée dans l’eau de sa fontaine, au bord du Léguer ; si les manches flottaient, la guérison était assurée. ». Ah, d’accord, j’comprends fontaine-saint-ivy-lannion-300x253mieux, patron des touristes, turista, coliques… Tout s’explique ! Dans le Finistère, une chapelle et une fontaine sont dédiées à  Saint Evy (avatar probable de Saint Ivy) dans le village de Saint Evy en Saint-Jean-Trolimon (canton de Pont-Labbé – 29 -). On peut raisonnablement penser que la chapelle a été construite sur une source reconnue « guérisseuse » antérieurement à l’ère chrétienne. Son eau est en effet censée détenir des vertus dont celle d’améliorer le sort des rhumatisants. Mais il faut respecter la coutume. Le pèlerin doit d’abord effectuer trois fois le tour du sanctuaire. Ensuite, il consomme de l’eau et s’en jette sur les membres atteints.

Alors, si vos raideurs se déplacent, essayez de l’invoquer. Allez, le bonjour vous va, à bientôt peut-être.