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Kemo et Kirio sont dans un bateau…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

Amis de la chronique locale et du bigorneau réunis, bonjour ! Nous sommes le Lundi 13 mars 2017, 23è jour de ventôse dédié à la Cochléaire. Quoi ! Vous ne connaissez pas la Cochléaire, cette jolie plante des estuaires qui apprécie les prés salés et qui doit son nom au cochleaire-officinale-1latin cochléa: cuiller ? Très riche en vitamine C, les marins avaient l’habitude d’en manger pour prévenir le scorbut d’où son autre nom d’ « herbe au scorbut ». Dodoens, médecin flamand de la Renaissance très connu dans son canton, avait déjà noté les remarquables propriétés antiscorbutiques de la cochléaire dans sa Pratique médicale des simples. Et mon aïeule qui se targuait d’en connaitre un rayon en matière de plante médicinale, nous invitait à l’utiliser en guise de dentifrice. Elle a un goût âcre et piquant (pas mon aïeule, la plante) qui rappelle le raifort et elle est parfois ajoutée en petite quantité aux salades.

Nul doute que le saint du jour, KEMO, en a trouvé sur son chemin en débarquant de son Irlande natale quelque part du côté des lieues de Grèves sur la côte Nord de Bretagne. Il a laissé son nom à la charmante commune de Locquémeau, en breton Loch-Kemo. La tradition locale en fait un compagnon de saint Efflam avec qui il aurait débarqué sur la Lieue de Grève au VIè siècle en compagnie de Tuder, de Haran, de Nérin, de Karé et de Kirio. Une bande de saints quoi ! Loch-Kemo « Lieu consacré à saint Kémo », ce village relevait autrefois algues vertesde l´abbaye cistercienne du Relecq en Plounéour-Ménez (Finistère) dont les lieux-dits Parc-ar-Manac´h, « le champ du moine », et Prat-ar-Manarty, « le pré du monastère », semblent constituer le seul souvenir sur le territoire communal. A cette époque là, les saints voyageaient en bandes organisées, une sorte de Costa croisière qui venait s’échouer sur les côtes bretonnes. Aujourd’hui ils feraient une drôle de tête en voyant les algues vertes s’amasser au fond de la baie (l’illustration de droite est signée Goutal.)

Si vous avez l’occasion de circuler sur cette magnifique corniche qui maison a l'aiglelonge la plage de Saint-Efflam, arrêtez vous un instant devant cette étrange bâtisse. Les gens du coin la nomme la maison à l’aigle; on la doit à l’ingénieur Ventome et elle est entièrement en béton ce qui était très rare pour l’époque (1928). C’est un mélange de styles arts-déco et oriental; on dit que l’aigle vient de l’exposition coloniale de Paris (1931).                                

Bon allez, ça suffit pour aujourd’hui. En attendant la suite, portez vous bien et à demain peut-être.

Le loup, le renard & la belette…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

Amis de la sainte généalogie et du bar en croûte de sel réunis, bonjour ! Nous sommes le Dimanche 05 mars 2017, 15è jour de ventôse dédié à la chèvre. Il fait un temps à pas mettre un Fillonniste dehors: la pluie, le vent et le brouillard (ce qui mit la sage-femme en r’tard comme dans la célèbre chanson A recouvrance). Aujourd’hui c’est le cénobite qui est à la bourre; En conséquence de quoi, bis repetita placent pour ce billet; car, si l’on en croit Horace, les choses répétées plaisent…

Or donc, en Cornouailles et en Léon, on célèbre (ou pas) saint Piran, ou Péran qui serait selon certains historiens le Kiéran de Saighir évêque d’Ossory à qui on attribue l’introduction du christianisme en Irlande en compagnie de son pote  Patrick… Né en Irlande à Corca-Laighde, fils deSaïghir SaïghirLaighne, noble de l’Ossory et de Liadan. Avant sa conception, sa mère aurait eu le rêve qu’une étoile tombait dans sa bouche. Elle consulta ses druides qui lui dirent qu’elle enfanterait d’un fils qui aurait une très haute renommée. Piran rencontra Patrick, le futur Primat d’Irlande , qui lui dit: « précède-moi en Irlande, trouve un puît et bâtis un ermitage. Pour cela prends ma cloche et lorsqu’elle se mettra à parler d’une voix mélodieuse, c’est que ce sera le bon endroit. » Après des années de recherches , il trouva enfin l’endroit près d’Uaran et bâtit le monastère de Saighir (Saïghar).

Beaust-peran-1coup de légendes parlent de Kieran de Saighir comme ayant ressuscité plusieurs personnes. Il avait dit-on apprivoisé un loup, un blaireau et un renard. Le loup et le blaireau étaient devenus très obéissant mais le renard était resté espiègle. Il dérobait les chaussures de saint Kiéran et les cachait dans sa tanière. Pour un peu on l’entendrait chanter « j’entends le loup, le renard et la belette » mais, pour notre bonheur, il a refusé d’intervenir en faveur de Nolwenn Leroy aux victoires de la musique… Ci-dessous une version des plus emballantes par le groupe Blue railroad train. Saint Kieran de Saighir serait décédé en 530 de cause naturelle.

Péran a laissé de nombreuses traces en Bretagne : Saint Peran est le patron de la paroisse de Trézélidé en Léon, non loin de Morlaix. Dans l’Est de la Bretagne il est l’éponyme de Saint-Peran, une trêve de PaulePaimpont, jadis un prieuré , et de Lopéran dans la paroisse de Saint-Malo-des-Trois-Fontaines, au Nord-Ouest de Ploermel, ; et dans le Sud nous trouvons Loperan au Port-Louis près de Lorient ; au Nord il y a un Saint-Peran en Plédran (22) et une forteresse “vitrifiée” toute proche, appelée Camp de Peran (sans doute une forteresse Viking) un Prat-sant-Peran en Paule, et un bois, un château, et une lande, de Saint-Peran en Glomel, avoisinant Paule ainsi que le manoir, ici en photo.

Voilà pour la petite histoire du Dimanche, en attendant les prochaines, portez vous bien et à demain peut-être.

A la St Jaoua, Fillon est dans le caca…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

Amis de l’Espagne éternelle et de la tortilla réunies, bonjour ! Nous sommes le Jeudi 02 mars 2017, douzième jour de ventôse dédié à ormel’orme; Très bel arbre de haute futaie en voie de disparition à cause de la graphiose qui a dévasté cette essence depuis 1925 environ dans tout l’hémisphère Nord. A Paris on comptait 30 000 ormes avant l’épidémie; il en reste à peine quelques centaines. Mais vous pouvez vous exercer à la culture en bonsaï, il s’y prête très bien.

Par ici on fête les Jaoua:  Déclinaisons du prénom breton : Jaoven – Jova – Jaouen – Joeva. Patron de Brasparts, neveu de Paol-Aurelian. La légende dit qu’il aurait libéré les habitants du Faou (29) d’un dragon où d’un buffle sauvage. Il fut abbé de Daoulas puis évêquchapellesaintjaouae du Léon. Son tombeau se trouve à la chapelle de Saint-Jaoua, à Plouvien, non loin de mon ermitage. Dans la Vie de Paol Aurelian, le saint est appelé luuehinus, dont procède le français Joévin, nom que l’on peut lire sur son tombeau. D’origine insulaire, il accompagne son oncle Paol Aurelian en Armorique. Quand Paol Aurélian, probablement vers 520 , se décida à passer en Armorique (ou Petite Bretagne ), Jaoua fut du voyage.

Venant de Grande Bretagne, Pol Aurélien et ses 14 compagnons débarquèrent d’abord à Ouessant puis vinrent sur le continent. Jaoua, surnommé l’ermite, s’installa dans un lieu à l’écart aujourd’hui appelé Kerber en Lampaul-Ploudalmézeau. C’est à ce moment qu’aurait eu lieu l’histoire légendée du buffle sauvage. Comme son maître, il est né dans le Morgannwg, dans la région de Penychen. Sa légende raconte qu’il Jaoua 2aurait abordé à Landévennec (29), où l’accueuillit l’abbé Iudwall. Moine à l’abbaye jusqu’à son ordination à la prêtrise, il est conduit à Brasparts (29) pour lutter contre la paganisme. Budic, roi de Cornouaille, lui accorde des terres à Daoulas (29), à l’endroit où les abbés Tadeg et Iudwall auraient été assassinés. Il devient le premier abbé de Daoulas, puis le coadjuteur de Paol, qui en fera son successeur comme évêque du Léon. Au bout d’un an, il se démet de cette fonction pour revenir à Daoulas bénir les récoltes, qui s’annoncent mauvaises. Pris de fièvre durant son voyage, il meurt à Plouvien (29). À Saint-Jaoua en Plouvien, où se trouve son tombeau, sa statue le représente en évêque, debout sous un dais. Inutile de préciser que sa statue géante en granit bleu de Louvigné du désert et que l’on doit à Goulven Jaouen, trône en bonne place dans la vallée des saints à Carnoët.

Allez, c’est tout pour aujourd’hui, portez vous bien et à bientôt peut-être.

A la saint Claude, le cénobite à la billebaude…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

Amis des sciences occultes et des coups de pied du même nom réunis, bonjour ! Nous sommes le Mercredi 15 février 2017, 27è jour de Pipe st claudePluviôse dédié au noisetier. Le coup de tabac est passé, on peut retourner au jardin. Justement, à propos de tabac, c’est en allumant ma pipe que je m’aperçois qu’aujourd’hui, c’est la saint Claude… Ceci pour expliquer que ce billet est une rediff. Va donc pour Claude, chez nous on dit Glaoda, et comme disait Fernand Raynaud:  « vous allez voir comme les gens sont méchants… »

Voici comment Albert Le Grand présente la chose: «Du Temps du Pape Vigilius & de l’Empereur Justinian I, l’an de salut 540, regnant en la Bretagne Armorique le Roy Hoël, dit le Faineant, II du nom, un certain personnage, nommé Glaudan, passa la Mer, &, quittant la grande Bretagne (qu’à present on appelle Angleterre), vint, avec sa femme Gologuenn, aborder la coste de Leon, en la Bretagne Armorique : étans sortis du vaisseau, ils prirent leur chemin le long du rivage, & arriverentVallée 1 en la Paroisse de Ploüider, distant de deux lieuës de la ville de Lesneven,&, voulant passer outre, la nuit les surprit en la greve qui est entre ledit Ploüider & Plou-neour-trez, de façon qu’ils furent contraints de chercher à loger, cette nuit, en un Village situé és paluds de Brengorut, mais le Païsan à qui ils s’adresserent, voyant que c’estoient des étrangers pauvres & necessiteux, les refusa, de sorte qu’ils furent contraints de loger en un lieu, nommé alors Odena, où Gologuenn accoucha dun Fils.» Vous constatez comme moi que le refus de l’autre, la xénophobie, la peur du migrant, tout cela n’a rien de nouveau et Claude et sa petite famille en firent les frais comme aujourd’hui Mohamed ou Mamadou.

Bon, je vous fait grâce de la suite car, c’est long, très long, très très long… Vies des saints de la Bretagne Armorique par Albert Le Grand (1636) – Vè édition de 1901 . Le bon père Albert le Grand aurait fait fortune dans l’écriture de scénarios pour les séries télévisées. Personnages, Goulven-fontaine_saint_goulven__Lavoir-300x194suspense, rebondissements, tout y est. Dès qu’un paroissien lui parlait de l’existence d’une source sacrée, d’un menhir ou d’un arbre liés à la très vieille et très ancienne tradition celtique et peut-être même plus ancienne encore; il sortait son petit calepin et inventait illico une histoire de saint garanti grand teint, fervent chrétien et si possible catholique. Voilà pourquoi il y a davantage de saints en Bretagne que de jours dans les calendriers. Néanmoins, si vos pas vous conduisent dans le secteur, prenez le temps de visiter l’anse de Goulven, la baie de Kernic, les dunes de Keremma et le restaurant de la Butte à Plouider…

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

Dans la vallée…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

Amis de la petite histoire et du céleri rémoulade réunis, bonjour ! Nous sommes le Mardi 24 janvier 2017, 5è jour de Pluviôse dédié au taureau. Pour les armoricains c’est la saint Kadeg, ou Kadoc, ou Cadou qui a laissé son nom à une magnifique petite île du golfe du Morbihan dans la ria d’Etel, l’île de saint Cado; et non pas sac-à-dos (Enes-Cadvod, en la commune de Belz). Bien évidemment ce saint là à rapidement trouvé sa place dans la vallée des saints à Carnoët (22).

Fils d’un prince de Glamorgan en Pays de Galles, puis fondateur et abbé du grand monastère de Lancarvan (Llancarfan en Grande-vallée des saintsBretagne dans la région de Cambrie), Saint Cado (Saint Cadou) vécu en Armorique vers 560. Albert Le Grand écrivait (1636): Cado estoit natif de la grande Bretagne & fut fils d’un Prince, qui regnoit en un canton de ladite Isle, lequel s’appelloit Guillenus, descendu de la race du Grand Constantin, & sa mere se nommoit Gudalusa, fille de Brahanus, Roy d’une partie d’Irlande. Il nasquit environ l’an 522 sous le Pape saint Hormisda, l’Empereur Justin premier, & le Roy de Bretagne Armorique Hoël II de ce nomIl venait retrouver ses compatriotes chassés par l’invasion saxonne et résida dans l’ile de la rivière d’Etel qui porte aujourd’hui son nom.

Il y construit un oratoire, fonda un monastère et se consacra à l’évangélisation du pays. Il fût aussi à l’origine de la construction de la chaussée de 100 mètres qui relie l’île à la terre, ce qui lui valu une légende populaire. Cado, désirant un pont, mais manquant de ile_stcado13-300x197moyens pour le réaliser, reçu un jour la visite de Satan. Celui ci lui proposa d’en faire lui même la construction, et en guise de récompense, recevoir l’âme du premier être vivant qui traverserait ce pont. Cado accepta, et le Démon créa l’œuvre en une nuit. Au matin suivant, Cado lâcha un chat, qui passa sur le pont. Étonnant, non ! En cette période troublée où un socialiste ne reconnaitrait pas ses petits… Y’a de quoi fouetter un chat.

Allez, merci de votre visite, portez vous bien et à bientôt peut-être.

A la saint Gwendal le cénobite s’en va t-au bal…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

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Amis de la libre pensée et de la caille aux raisins réunies, bonjour! Nous sommes le Mercredi 18 janvier 2017, 29è jour de nivôse dédié au Mercure.

Et les bas-bretons armoricains vont fêter les Gwendal. Gwenaël (puisque c’est là l’origine de ce prénom), né au commencement du VIème siècle, succéda en 532 à Gwennolé comme abbé de l’abbaye de Landévennec. En 539, il résigna son abbaye pour se rendre en Irlande où il séjourna trente quatre ans. Revenu en Armorique, il fonda sur les bords du Blavet un monastère où il mourut vers 585-590. Ce nom, dont la forme originelle Uuinhael revient à plusieurs reprises dans legouache anonyme cartulaire de Redon est un composé en vieux breton des qualificatifs uuin, « sacré, béni » et hael « noble, généreux ». Par fausse régression, ce nom a évolué en vendal dans plusieurs lieux-dits : Kervendal, noté anciennement Kervennal, et dans Saint-Guendal, nom d’une chapelle en Douarnenez noté Saint Guenel en 1691 (ci-contre une gouache de belle facture dont l’auteur restera à jamais inconnu). Pour la trouver (la chapelle, pas la gouache), il faut aller en direction de Confort-Meilars par la D 785. Elle se niche sur la gauche à environ 1 km après la sortie de Pouldavid (29). Dans le placître de la chapelle du même nom, en bas tout près de la route.

C’est un grand monument qui possède un toit incliné et un petit bassin. Elle est surmontée d’une croix. On y jetait des pièces, vite récupérées par les garnements. Aussi les pèlerins les cachaient dans les interstices, entre les pierres de construction. Le tout était dissimulé par des morceaux de faïence. Elle aurait le pouvoir Douarn-st-Vendal-300x214de guérir de la goutte et des rhumatismes ( en breton gwendré) et, plus largement, tous les maux qui entravent la marche. Encore aujourd’hui, et particulièrement le jour du pardon, des personnes s’aspergent les membres en souffrance de l’eau de la fontaine. Son pardon était très prisé surtout des bigoudens qui venaient nombreux même si les conditions étaient difficiles : le pardon était appelé « pardon va e kostez » en raison de la configuration du terrain. Certains l’appelaient aussi « pardon an dud affliged ». Quant au prénom Gwendal, qui jouit d’une vogue certaine, il apparaît donc comme une forme évoluée et populaire de Gwenhael. L’acception « au front béni » est donc erronée.  Largement répandu de nos jours, le succès de ce prénom est sans doute à mettre au crédit du célèbre groupe du même nom.

Bon, ben, je crois que j’ai tout dit, allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Ici Londres…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

Amis de l’existentialisme sartrien et du poulet Stroganoff réunis, bonjour ! Nous sommes le Lundi 02 janvier 2017, treizième jour de nivôse dédié à l’ardoise, maen-glas en breton.

Or donc fêtons les Koupaia prénom dans lequel on retrouve sans doute Copia, représentation symbolique de la déesse mère de Rome Cybèle (la coupe) le chaudron pour les celtes. Inutile de vous dire que Koupaia trône en bonne place dans la vallée des saints à Carnoët. Sainte Aspasie, plus connue sous le nom de Pompée si l’on en croit M. de Garaby dans: la vie des bienheureux et des saints de Bretagne: … dut le jour Koupaia-vallée-300x226à Eusèbe, qui devint roi d’Armorique, et à sainte Landouenne, son épouse. Eusèbe sévit une fois avec excès ou injustice contre des sujets qui l’avaient irrité : il fut attaqué d’une maladie, et sa fille unique fut obsédée du démon. Saint Melaine qui passait par là les délivra. La vierge généreuse porta son père à donner au prélat Comblessac, pour l’entretien de ses religieux. Plus tard, notre héroïne perdit un bon père, une mère excellente et, avec eux, un royaume. Les droits de l’orpheline furent sacrifiés à Budic; c’est-y pas malheureux madame Michu, mais elle se montra si digne du trône, que Hoël Ier, successeur de Budic, associa sa cousine Aspasie à la couronne, en l’épousant. En 509, les Frisons firent une irruption dans l’Armorique et, malgré les efforts de Hoël-le-Grand, ils s’en emparèrent (oui, le frison est taquin !). Le souverain et sa famille se retirèrent dans les îles britanniques. Certains historiens affirment qu’il y forma un gouvernement provisoire. Hoël et Aspasie s’attachèrent à donner une bonne éducation à leurs enfants, et en mirent deux en pension au petit séminaire, Tugdual et Léonor, sous la direction du savant et pieux Iltut.

En 513, le prudent et brave monarque chassa les barbares de ses états, y reprit les rênes du gouverneme300px-Koupaia2nt, et, aidé des conseils de son épouse, répara les maux qu’y avaient multipliés de féroces étrangers qui étaient venus jusque dans nos bras pour égorger nos fils et nos compagnes. Il paraît que la reine était restée en Angleterre. Hoël y rentra pour voler au secours de son parent, le roi Artur. Pompée eut à pleurer son illustre époux vers 545. Grande dans sa viduité, elle embrassa la vie religieuse, suivit, avec sainte Sève, sa fille, S. Tugdual et S. Léonor, lorsqu’ils vinrent en Bretagne, et qu’un autre de ses enfants, Hoël II, monta sur un trône que son père venait de couvrir de gloire. La bonne princesse passa le reste de ses jours dans un monastère à Langoat (à droite, le tombeau), à une lieue de celui de Tréguier, que dirigeait saint Tugdual.

Allez, je réitère tous mes vœux et je m’en vais faire mon bois, on annonce une semaine des plus frisquet. Portez vous bien et à bientôt peut-être.

Oyez l’histoire du petit Jean…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

Amis de l’internationale ouvrière et du pâté de lièvre réunis, bonjour ! Nous voici donc le Jeudi 15 décembre 2016, 25è jour de Frimaire dédié au grillon et, aujourd’hui, en Bretagne, on va célébrer Santig Du. Celui-ci n’est pas un saint comme les autres. En effet, ce n’est pas le Vatican mais le peuple qui en a fait un saint. Vox populi, vox dei !

De son vrai nom Jean Divoutou, il est né à St Vougay dans le Léon (finistère) vers 1279 et mort de la peste à Quimper en 1349. Le brave homme avait l’habitude d’aller pieds nus et les bretons  le surnommaient Yann Diarc’hen, c’est à dire Jean sans sabots. Sur ses origines, voici ce qu’en disait Albert le Grand: « Le Bien-Heureux Jean, surnommé Discalcéat, ou Deschaux, à cause qu’il alloit toûjours nuds pieds, nasquit de parens de mediocre fortune, gens de bien & craignans Dieu, qui DUfaisoient leur residence  dans l’Evesché de Leon, en Basse Bretagne.On dit que sa mere estant enceinte de luy, desira manger d’une certaine espece d’oyseau qui ne se trouve pas en ces quartiers, & alloit ce desir tellement augmentant, qu’elle couroit risque de perdre son fruit ; mais Dieu la preserva extraordinairement ; car un jour, comme elle estoit en sa chambre, avec quelques siennes voisines, un oyseau tel qu’elle desiroit entra dans la chambre & se laissa prendre aisément, dont elle satisfit son appetit. Elle accoucha de ce benit enfant, environ l’an de grace 1280 sous le Pontidicat de Nicolas III, l’Empire de Rodolphe I & le regne de Jean I du nom, Duc de Bretagne, fils de la Duchesse Alix & de Pierre de Brenne, ou de Dreux, dit Mauclerc, son mary. Il fut nommé sur les sacrez Fonds, Jean, &, par humilité, voulut toute sa vie, estre nommé Iannic, qui est un diminutif breton de Jean, comme qui diroit Petit-Jean »

Il a consacré une grande partie de sa vie aux pauvres de Quimper et son culte est resté vivace jusantig-dusqu’à il n’y a pas longtemps. Il a laissé des traces dans l’histoire par ses actions durant le siège de Quimper par les troupes de Charles de Blois et surtout au cours de l’épidémie de peste qui frappa la Cornouaille à cette époque. Mon aïeule, qui savait aussi se montrer pieuse sans être bigote, nous a mené à plusieurs reprises jusqu’à la cathédrale de Quimper où, près de ses reliques, existait une petite tablette où des anonymes venaient y déposer du pain pour les nécessiteux; pratique qui remonterait au XVè siècle. Aujourd’hui on donne aux restos du cœur car, force est de constater que la modernité n’a pas supprimé la pauvreté. Ci-dessus, sa statue dans la vallée des saints bien sur.

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

Vous en connaissez vous, des Tadeg ?

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

Amis de l’histoire ancienne et de la galette de Pleyben réunies, bonjour ! Nous somme le Vendredi 02 décembre 2016, 12è jour de frimaire inhalationdédié au Raifort. Mon aïeule, pour qui la pharmacopée n’avait aucun secret, en faisait une mixture qu’elle nous imposait en inhalation en cas de gros rhume. Le nez au dessus d’un bol de cette préparation improbable, un linge par dessus la tête…Je vous assure que ça vous dégageait les canalisations en deux temps trois mouvements.

Chez nous, on célèbre (ou pas) les Tadeg. On peut lire aussi, Tudeg, en tout cas, cela vient du vieux breton « tad » le père… Mon arrière grand-père se faisait appeler Tadig, petit-père. Tudeg a laissé son nom à la commune de Landudec en pays bigouden où il est invoqué contrestatue Tudeg la surdité (hein?). Mais l’histoire de ce saint, plus ou moins légendaire, se déroule plus haut en Cornouaille du côté du Faou. En effet, le seigneur du coin le fit assassiner en compagnie de son compagnon Jud alors qu’ils célébraient la messe.(à gauche une des rares statues de St Tudeg, ici à Poullaouen) Le seigneur du Faou donc, voyant sa cote diminuer dans les sondages, imaginât de mener campagne en stigmatisant ces étranges étrangers qui débarquaient avec leur religion sans oublier le bruit et l’odeur… Il se répandait dans tout le canton en haranguant la foule : avec tous ces immigrés, la délinquance augmente ! A cette allure là, bientôt l’Armorique sera chrétienne. L’Armorique aux gaulois. Halte aux flux migratoires… Bref, autant de slogans qui flattaient les bas instincts de la populace. (C’est pas aujourd’hui qu’on verrait des choses pareilles, madame Michu). Puis, in fine, de la parole aux actes, il décida d’en finir définitivement avec deux de ceux là…

Il faut reconnaître que le coin était propice aux immigrations grâce ou à cause de cette embouchure sur les voies maritimes. Aussi loin que abbayeremonte leur histoire, Daoulas et L’Hôpital-Camfrout ont été des lieux de passage : Légions romaines, pillards, colons, pèlerins, commerçants ont emprunté, au fil des siècles, les voies maritimes et terrestres qui se sont nouées ici. D’ailleurs, voici près de 2.000 ans, une voie romaine passait par le ruisseau du Camfrout qui se jette dans la rivière de L’Hôpital. Quelques siècles plus tard, les Bretons chassés de leur île par les Saxons sont venus en remontant les rivières comme les saumons. Parmi eux, Saint-Jaoua, fondateur légendaire de l’abbaye de Daoulas en 510 (photo de gauche).
- Euh, monsieur le cénobite, quel rapport avec Tadeg?
- Pas d’impatience, madame Michu, voici la suite.
C’est lui (Jaoua) qui fit rendre grâce au puissant seigneur du Faou qui avait massacré Tadec et Jud en le condamnant à ériger une abbaye qu’il devrait financer pour expier son double crime. D’où l’expression daou lazabbaye 2 (double meurtre en breton). Aujourd’hui, l’abbaye de Daoulas est devenue un haut lieu de l’expression culturelle en Bretagne. Mais si l’on en croit les experts de l’expertise, L’abbaye de Daoulas ne fut créée qu’au XIIè siècle soit cinq ou six cent ans après l’existence présumée de Tadeg. Personnellement je pense que Daoulas vient plutôt de Daou glaz que l’on pourrait traduire par deux ruisseaux, comme la « Mignonne » et le « Lézuzan » qui confluent sur cette commune.

Un millénaire s’est écoulé et, mêmes causes, mêmes effets… Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

Tugdual nec mergitur…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

Amis de la solidarité internationale et du Picon bière réunis, bonjour ! Et nous voici en décembre, kerzu en breton dans le texte, tout doucettement on se rapproche de l’hiver. Plus précisément, nous sommes le Jeudi 01 Décembre 2016, onzième jour de frimaire dédié à la cire.  Pour ma part, c’est jour anniversaire, huit ans déjà que j’ai quitté le navire de la vie « active » et que j’ai mis sac à terre en cet ermitage de Keramoal, accueilli en grande pompe par tous les lapins du canton. Après m’en être longuement entretenu avec moi même, la conclusion est tombée: Aucun regret. Selon certains calendriers, c’est la St Tugdual nom issu du breton « tud » (peuple) et « gwal » (valeur).

Il s’agirait de l’un des sept saints fondateurs de la Bretagne selon la police, beaucoup plus selon les pèlerins. Et puis tiens, maintenant qu’on se connaît un peu, je vais vous (re)raconter une anecdote personnelle. Dans les années soixante, un cousin (à la mode de Bretagne) s’était mis en tête de se convertir à la religion orthodoxe celte (si, si, ça existe). Apprenant que je devais effectuer un voyage dans ce qu’on st tugdualappelait encore la Tchécoslovaquie, il me demanda de lui rapporter un ouvrage d’art ayant trait aux icônes. Quelques mois plus tard, m’étant acquitté de cette tâche, je retrouvais mon cousin pope en compagnie d’un anachorète qu’il me présentât comme son « évêque ». Celui-ci s’était semble t-il installé dans les années 50, dans le bois Juhel sur la commune de Saint Dolay (dans le Morbihan – près de La Roche-Bernard). De son vrai nom Jean-Pierre Danyel,il voulait restaurer la spiritualité du monachisme celtique et la tradition des évêques-abbés. C’est dans ce but qu’il fut sacré évêque de l’église orthodoxe celtique et prit le nom de Tugdual. (A droite, une icone réalisée à partir de la photo de Tugdual que l’on voit à gauche ci-dessous.)

Cette consécration fut célébrée par Mgr Irénée d’Eschevannes, évêque et fuJP Danyeltur patriarche de l’Église Gallicane. Le brave homme devait décéder quelques semaines après notre rencontre en août 1968, à l’âge de 51 ans. Avant de mourir il prophétisa que dix ans après sa mort des moines viendraient relever son ermitage. Et en effet, une communauté de moines d’esprit celtique a reconstruit la chapelle qui est maintenant une superbe église en bois. Les adeptes de cette église, devant les bienfaits réalisés par le bonhomme, en on fait un saint. Je peux donc dire que j’ai rencontré Saint Tugdual… Étonnant non !

 

Allez le bonjour vous va, portez vous bien, ne vous prenez pas au sérieux et à demain peut-être.