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Conogan or Konogan.

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

Amis de la prétérition et du veau marengo réunis, amaryllis_4bonjour ! Nous sommes le Lundi 15 Octobre 2018, 24è jour de vendémiaire dédié à l’amaryllis, magnifique fleur qui a donné son nom à un bistro rennais des plus sympas. Enfin, je vous parle de cela il y a très, très longtemps. C’était dans le bas de la place des Lices, pour ceux qui connaissent Rennes, et j’y ai passé quelques soirées mémorables; et en Bretagne armoricaine on célèbre les Konogan.

Originaire d’Irlande, il s’en fut à l’abbaye de Landevennec dans le Finistère. Il succéda à saint Corentin sur le siège épiscopal de Quimper. « Débarquant du Pays de Galles, et faisant probablement partie du groupe des compagnons de Pol, Konogan établit son monastère non loin de Landerneau, sur les bords de l’Elorn, à Beuzit-Conogan. La tradition nous apprend qu’il se mit à l’école de saint Gwénolé, et c’est par Landévennec que son culte s’est propagé. Il vécut StKonoganau temps de Childebert (dans la première moitié du VIe siècle). »  Il a une chapelle à Beuzec-Cap-Sizun (29) ici en photo. Cette chapelle de forme rectangulaire et qui date du 17è siècle est dédiée à  » Santez spe « , Sainte Espérance en breton. Le pardon a lieu tous les ans le premier dimanche d’Août. Récemment restaurée, elle est entretenue par l’association  » Mignoned de Sanspez « . Derrière la chapelle se trouve la fontaine de Saint Konogan. Elle a été déplacée en 1999 car précédemment elle se trouvait 50 m plus loin le long du talus. La légende raconte que Saint Konogan soignait la fièvre, et pour obtenir guérison il fallait vider la fontaine. Malgré mes recherches, je n’ai pas encore trouver un saint qui se soit investit dans la lutte contre les conséquences de l’AVC; j’avoue que cela m’aurait bien arrangé…

Allez, je fais court car je suis attendu par le kiné. Portez vous bien et à bientôt peut-être.

De St Quay à Marseille…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

Amis de la démondialisation et de la saucisse de Molène réunies, bonjour ! Nous sommes le Vendredi 12 octobre 2018, 21è jour chanvrede vendémiaire dédié au chanvre, Cannabis Sativa, comme disait mon aïeule qui connaissait toutes les plantes par leur petit nom. Tiens, à propos de mot, saviez vous que le mot Canebière, cher aux marseillais, vient du mot chenevière qui désignait un champ de chanvre. La Canebière vient du provençal canebe, qui provient lui-même du latin cannabis, signifiant le chanvre. En effet Marseille était l’un des plus grands comptoirs de chanvre au monde pour la fabrication des cordages. En provençal une canebiera est une plantation de chanvre, ou « chenevière », en français. Faut pas s’étonner que l’O.M. ait un peu de mal ces temps ci. Étonnant, non !

Par ici on célèbre les Ké. Sant Ke, saint Quay, Saint Kea, est un ermite breton, originaire de Bretagne insulaire ou d’Irlande, autrefois très populaire et auquel on dédiait sous des noms variés, nombre d’églises et de chapelles, de villages et de places. D’après de nombreux hagiographes, « Ké » et « Colledoc » sont un seul et même personnage du fait de l’alliance des deux prénoms dans les noms de paroisses médiévaux, tel « Kécoledoci » formé à partir de Ké et de Colledoc.(à  droite la 300px-Fontaine-saint-ke-clederfontaine St Ké à Cléder.) Selon Albert Le Grand, qui rapporte sa Vita dans les Vies des Saints de Bretagne, Collodoc naquit au début du VIe siècle au nord du Pays de Galles. Son père s’appelait Ludun, et sa mère Tagu. Certains le relient à la ville de Landkey dans le Devon qui lui devrait son nom.  Ke traversa la manche dans une auge de pierre (c’était avant la Brittany ferries et le tunnel) sans vivres, en provenance de Cambrie (sud du Pays de Galles) A cette époque là, les migrants tentaient leur chance dans l’autre sens…. Il atteignit l’anse de Kertugal (que l’on pourrait traduire par: village des Gaulois – Ker tud Gal – photo ci-dessous.

Notre malheureux saint homme fut brutalement accueilli par des lavandières effrayées, qui le prirent pour un démon. Elles le battirent avec des branches de genêt et le laissèrent pour mort. Il pria et supplia la Vierge de lui venir en aide. Elle répondit à son kertugal1vœu, lui apparut et fit jaillir une source sous ses pas qui soigna ses blessures. Elle le guida ensuite jusqu’à un buisson afin qu’il reprenne des forces; c’est pas magnifique ça mes body boys ? Le lendemain, les femmes, regrettant leur méprise, implorèrent son pardon. La Fontaine Saint-Quay se situe depuis à l’emplacement d’où jaillit la source. Et le nom de la ville « Saint-Quay-Portrieux » doit son origine à cette légende. On dit que depuis lors, le genêt ne pousse plus sur la commune. Longtemps, St Quay fut le seul port en eau profonde entre Cherbourg et Brest et c’est dans son casino que Joséphine Baker engloutit sa fortune…

Bon allez, je dis ça, je dis rien et j’ajoute: portez vous bien et à bientôt peut-être.

De Nantes à Montaigu…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

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Amis de la côte des légendes et de la côte de bœuf réunies, bonjour ! Nous voici donc le Mercredi 10 tournesol_004octobre 2018, 19è jour de vendémiaire dédié au tournesol. J’évoque aujourd’hui la vie de saint Kler célébré le 10 octobre en Bretagne armoricaine. On ne sait pas grand chose de ce brave saint, sauf qu’il fut sans doute le premier évêque de Nantes. La possession de ses reliques a donné lieu à de rudes batailles entre Nantes et Réguiny petit village du Morbihan. Evidemment, les nantais disent saint Clair, histoire de se démarquer des bas-bretons…

Ah oui, Réguiny (commune du canton de Rohan, entre Pontivy et Josselin) on y trouve le tombeau et la fontaine de saint Kler ; le village de Kerbellec (mot à mot : la maison du prêtre) est encore indiqué comme le lieu où il résida. C’est donc le moment de laisser la place à la légende: il y aurait eu, à une époque non désignée, un combat acharné entre les Nantais et les habitants de Réguiny, pour la possession du corps de l’abbé. De telsfontaine Kler faits se sont souvent produit , aux siècles de foi, ainsi que les vols de reliques ; et Convoyon a bien soustrait, au neuvième siècle, pour l’emporter à son abbaye de Redon, le corps de saint Apothème, évêque d’Angers, comme les moines de Vertou enlevèrent à leurs frères de Durivum celui de leur père commun, saint Martin. (Ici, la fontaine st Kler à Réguiny) c’est ainsi qu’après un combat homérique et sans issue,  de guerre lasse, les Nantais coupèrent l’index de la main droite du saint et regagnèrent leur pays. l’anneau se retrouva à Nantes et le chef à Réguiny; étonnant, non !

Si l’on en croit Albert Le Grand, dominicain de Morlaix, albert-le-grandsaint Kler disparu aux environs de l’an 96. C’est ce que l’on peut lire dans sa « vie des saints » dont la première édition date de 1636. Mais notre Albert, dans sa volonté d’éclairer les pauvres âmes bretonnes, a écrit tellement de contes et sornettes qu’il est difficile de lui accorder crédit…

Allez, voila pour aujourd’hui, portez vous bien et à bientôt peut-être.

La prêle du 24 Juillet…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

Amis de l’ornithologie et du nid d’hirondelle réunis, bonjour ! Nous sommes le Mardi 24 juillet 2018, sixième jour de Thermidor dédié à la Prêle. C’est donc la prêle du 24 juillet qui, de toute évidence, ne peut être confondue avec la prêle du 18 juin. Je me souviens d’un 150px-Anches_bombardecompère musicien, sonneur de bombarde (talabarder en breton) du côté de Bolazec (29), qui s’en servait pour abraser ses anches. Entendons nous bien, il ne s’agissait pas de raboter sa cellulite, non, mais les anches en roseau de son instrument. Quand à mon aïeule, toujours à faire son intéressante, elle l’utilisait pour récurer ses casseroles et Dieu sait si elle en avait quelques unes des casseroles… D’ailleurs, le verbe prêler à longtemps été utilisé pour désigner l’action de poncer; notamment en ébénisterie. Étonnant, non !

Les bretonnants eux, vont célébrer Milliau qui fut Roi ou  Comte de Bretagne (une partie) aux alentours de l’an 530. Petit fils d’Alain le long et fils de Budic 1er. On retrouve ce nom dans plusieurs communes du Finistère (29) et des Côtes d’Armor (22): Pluméliau, Ploumilliau et son fameux calvaire, Guimiliau et son retable, et bien sûr, la magnifique île Milliau en face de Trébeurden, dans les Côtes d’Armor cette fois, et qui fut habitée plusieurs milliers d’années Trébeurden_allée_couverte_de_lile_milliau-300x200avant l’arrivée des grands bretons comme en témoigne cette allée couverte… (à droite). A cette époque là, les Bretons qui débarquaient de la grande île se regroupaient en petites colonies indépendantes, civiles pour les unes, les « Plou » et monastiques pour les autres, les « Lann ». Ce n’est qu’au fil des ans qu’ils formèrent petit à petit des semblant d’Etats: La Domnonée au Nord de l’Armorique, approximativement les Pays du Léon et de Tréguier, la Cornouaille à l’Ouest et « Bro-weroc », le Vannetais au Sud. Miliau fut donc un des chefs de la Cornouaille. C’est pas fantastique ça mes body boys ?

Ici à gauche, le fameux retable de Guimiliau, (remarquez le style flamboretableyant-Renaissance), à ne pas confondre avec Lampaul-Guimiliau qui, à quelques kilomètres possède aussi un enclos paroissial parmi les plus beaux de Bretagne, par contre, le potier, installé sur la même place, n’est pas des plus commerçants. A noter que parfois l’orthographe utilisée est « Milio ». oui, je sais, c’est compliqué… Voila pour le côté « Guide vert », pour le Gault & Millaut, je ne sais pas si il y a un lien avec notre homme pas plus que pour le viaduc du même nom. Pour les visites, n’hésitez pas à réclamer la clé au bistro-épicerie-quincaillerie-dépôt de pain, en face de l’église…

Allez, comme le disait mon aïeule, longtemps avant J.M. Caradec, qu’elle est belle ma Bretagne quand elle pleut. Merci d’être passé, portez vous bien et à bientôt peut-être.

A la St Tudon, le cénobite tient bon…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

Amis de l’hypallage et de la salade de pissenlits réunies, bonjour ! Avez vous noté que nous sommes déjà le Jeudi 17 mai 2018, 28è jour de Floréal et, je ne vous le cacherai pas plus longtemps, c’est le jour de la Buglosse… Plante herbacée de la famille des buglosse-300x256Boraginaceae ce qui, vous l’avouerez n’est pas commun. Cela fait partie des mystères du calendrier républicain qui reste pour moi source d’émerveillement autant que les noms donnés aux figures de rhétorique tel l’hypallage. Mais, revenons à notre Buglosse; les feuilles sont très consommées en Italie et en Irlande et aussi en salade (ça c’est de l’hypallage). Il ne faut pas hésiter à les cueillir : quand la tige est brisée, la plante trouve les moyens de se reproduire et de subsister et émet de nouvelles tiges. La racine, comme celle de la consoude, se régénère une fois coupée (attention donc si vous en plantez dans le jardin : elle peut devenir envahissante).

Bon, il parait que c’est la saint Thudon. Thudon était le père de  Gouesnou qui a laissé son nom à une commune non loin de mon ermitage. Or donc, à la même époque que saint Thénénan, aux alentours de l’an 600, Thudon émigrait, lui aussi, en Armorique, accompagné de ses fils Majan et Gouesnou et de sa fille Tudocroix-de-st-thudon-200x300na. Il accosta dans la région de Landéda, puis vint créer son ermitage en forêt de Bevoez  à deux km du bourg de Guipavas sur l’actuelle route de Gouesnou, près de Kervao; et on désigna le lieu-dit sous le nom de St-Thudon tout cela est en Finistère evel just… Les vestiges d’une ancienne chapelle ont aujourd’hui disparu à St-Thudon mais trois croix y subsistent encore, dont l’une du VIIè siècle figure parmi les plus anciennes du Finistère : petite croix de un mètre avec entrelacs et bouton sur la face. Selon l’abbé Castel, cette croix est située sur un itinéraire ancien qui remontait depuis le Passage, au Relecq-Kerhuon. Selon la chronique, Thudon mourut en 665, à l’âge de 85 ans.

On me dit qu’il existait dans la forêt de Bevoez, en haut d’une colline, une fontaine constituant un lieu de culte de la très vielle et très ancienne civilisation celtique. A cet endroit, saint Thudon fit construire un oratoire dédié à la Vierge. Le culte pour la fontaine lavoir-guipavas-300x220n’en continua pas moins, et l’édifice finit par s’écrouler. La punition divine ne tarda pas : l’eau de la fontaine dévala soudainement la pente en un torrent dévastateur. On promit alors de reconstruire la chapelle de Notre-Dame du Reun (en breton : « reun » = colline), et l’inondation cessa. C’est pas miraculeux ça, madame Michu ? Lors d’une reconstruction ultérieure de la chapelle, achevée en 1505, la fontaine fut incluse dans l’enceinte de la chapelle, et existerait encore, dit-on, sous le maître-autel. A noter que Coataudon est aujourd’hui le nom d’un quartier de Guipavas (29) dont la renommée de sa crêperie a largement dépassé ses frontières; c’est un toponyme qui désigne le « bois de Thudon ».

C‘est tout pour aujourd’hui, portez vous bien et à demain peut-être.

Et si on arrêtait les Gonery ?

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

Amis de la méditation transcendentale et du brocoli réunis, bonjour ! Nous sommes le Mercredi 04 avril 2018, jour correspondant au 15 de germinal habituellement dédié à l’abeille.

 
En Bretagne on fête les Goneri. Ils existent plusieurs saint-Gonery par chez nous et notamment un village le long du canal de Nantes à Brest où mon pote Thierry m’initia à la pêche au brochet, moi qui jusque là n’avait fréquenté que la vieille et le maquereau. Il y a très, très, longtemps. Il est aussi, en Côtes-d’Armor, du côté de clocherPlougrescant, une chapelle St Gonery dont la fâcheuse habitude du clocher à pencher dangereusement a fait le bonheur de plus d’un photographe. Goneri  était dit-on le fils de Elibouban qui se retira sur l’île de Loaven (située à deux encablures dans l’Ouest-Nord-Ouest de Roc’h Skeiviec face à Plougrescant je peux assurer par expérience, qu’elle offre un très bon mouillage par gros temps) pour vivre sa vie d’ermite. Ce nom est formé à partir de « kon » (chien de guerre). L’église a popularisé la forme lénifiée « Goneri » au lieu de « Koneri ». Gonéry était un ermite de Grande-Bretagne qui émigra en Armorique au 6e siècle. Après avoir longtemps vécu à Brenngili près de Rohan, où il convertit le prince Alwand, tiern de Noyal, il se retira à Plougrescant pour mourir près de l’île Loaven.

Saint Gonéry est invoqué pour soulager les angoisses et les fièvres. Le pardon (c’est une fête paroissiale locale) du 29 juillet (ou dernier dimanche de ce mois) est renommé. Autrefois, ce jour-là, il y avait toujours un audacieux pour escalader le clocher, à l’aide des crampons de fer qui garnissent sa face extérieure. Il montait pour  MaisonRochersattacher des rubans multicolores à la queue du coq de la flèche, sous les applaudissements de la foule admirative. A son retour au sol, le sportif recevait pompeusement une tasse pleine de vin. Voila, j’ai fait ma b.a. vis à vis de l’office du tourisme. Si le cœur vous en dit n’hésitez pas à visiter le coin de Plougrescant, vous ne serez pas déçu, c’est un des plus beaux endroits de la côte bretonne. C’est là où se trouve la fameuse petite maison nichée dans les rochers et qui a fait mille couvertures de magazines avant que le propriétaire ne fasse valoir son droit à l’image. J’espère qu’il ne va pas me faire un procès…

Allez, c’est pas tout, le Mercredi j’ai piscine. Portez vous bien et à bientôt peut-être.

Et Saint-Malo chantait…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

Amis de l’humanisme et de l’andouillette de Senven-Lehart réunies, bonjour ! Nous sommes le Jeudi 29 mars 2018, c’est à dire le 9è jour de germinal, dédié à l’aulne.

On ne sait pas exactement en quelle année mais, c’était un 29 mars, dans le comté de Clamorgan au pays de Galles, naissance de celui qui allait devenir Saint Malo ou Saint Maclou si vous préférez mais son paternel trouvait que cela faisait un peu moquette. C’est Saint_Maloun des sept saints fondateurs de la Bretagne. Ici et dans une partie de la Normandie, on l’appelle Malo ; en Saintonge et dans le Poitou, Macout ; vers le nord et l’est de la France, Maclou ; dans les pays de langue néerlandaise (Flandre française, Flandre belge et Pays-Bas, Machutus ou Machuut (Machuyt) ; en Irlande, Macud ; à Rome, Macuto, Magunto ou Mauto. Vous vous souvenez, c’était le trophée Jules Vernes de l’époque. Ils arrivaient d’Irlande ou du pays de Galles sur leurs multicoques en granite de Landéda pour évangéliser les armoricains. Les brittons avaient inventé la route du cidre bien avant celle du rhum. Les skippers étaient tous des saints (aujourd’hui, on peut pas en dire autant…). Malo lui, il a débarqué à Cézembre. Vous connaissez Cézembre ? En face de Saint Servan, c’est la seule plage de la côte Nord exposée Cézembreplein Sud, avec les Ebihens peut-être… C’est l’endroit d’Europe le plus bombardé de toute la Seconde guerre mondiale. En quatre semaines, pendant l’été 1944, près de 20 000 bombes ont été déversées sur l’île. Beaucoup sont toujours enfouies dans le sol et peuvent à tout moment exploser. C’est pour cela que 90% de l’île est interdite au public. Mais ce site idyllique va (hélas) s’ouvrir davantage aux touristes. La marine nationale y termine une opération de déminage consistant a aménager un sentier avant que les militaires ne transmettent l’île au conservatoire du littoral.

Mais revenons à notre Malo à nous qu’on a… Il grandit puis il devint grand, travailleur et intelligent, il fait le petit séminaire et il devient l’évêque d’Aleth. Plus tard, beaucoup plus tard, pour améliorer les Malorecettes de la paroisse et face à la baisse inquiétante du denier du culte, il donnera son nom à une marque de yaourt. Avec son copain  Aaron, plus cénobites qu’anachorètes, il partage une vie érémitique du coté de la cité d’Alet. C’est à dire qu’il vivait du RMI que lui versait les paroissiens sous forme de dons en nature. Il serait décédé pieusement un 15 novembre vers 620 à moins que ce ne soit 640; on ne sait pas exactement mais, il est mort depuis longtemps. Aujourd’hui sa statue, réalisée par Patrice Le Guen, a rejoint l’armée des saints de Bretagne dans la vallée éponyme de Carnoët.

Bon allez, je vous quitte car les jardins de  l’ermitage réclament ma présence. Portez vous bien et à bientôt peut-être.

Un petit homme n’est pas forcément un mi-grand…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

Amis des sciences occultes et des coups de pied du même nom réunis, bonjour ! Nous sommes le Jeudi 15 février 2018, 27è jour dePipe Pluviôse dédié au noisetier. Je profite d’une accalmie entre deux coups de tabac pour avancer dans mes travaux agricole. Justement, à propos de tabac, c’est en allumant ma pipe que je m’aperçois qu’aujourd’hui, c’est la saint Claude… Or donc, Claude, chez nous on dit Glaode et comme disait Fernand Raynaud: « vous allez voir comme les gens sont méchants… » Voici comment Albert Le Grand présente la chose:

«Du Temps du Pape Vigilius & de l’Empereur Justinian I, l’an de salut 540, regnant en la Bretagne Armorique le Roy Hoël, dit le Faineant, IIè du nom, un certain personnage, nommé Glaudan, passa la Mer, &, quittant la grande Bretagne (qu’à present on appelle Angleterre), vint, avec sa femme Gologuenn, aborder la coste de Leon, en la 08-28-2015Greece_TurkeyBretagne Armorique : étans sortis du vaisseau, ils prirent leur chemin le long du rivage, & arriverent en la Paroisse de Ploüider, distant de deux lieuës de la ville de Lesneven, &, voulant passer outre, la nuit les surprit en la greve qui est entre ledit Ploüider & Plou-neour-trez, de façon qu’ils furent contraints de chercher à loger, cette nuit, en un Village situé és paluds de Brengorut, mais le Païsan à qui ils s’adresserent, voyant que c’estoient des étrangers pauvres & necessiteux, les refusa, de sorte qu’ils furent contraints de loger en un lieu, nommé alors Odena, où Gologuenn accoucha d’un Fils.» Vous constatez comme moi que le refus de l’autre, la xénophobie, la peur du migrant, tout cela n’a rien de nouveau et Claude et sa petite famille en firent les frais comme aujourd’hui Mohamed ou Mamadou.

Bon, je vous fait grâce de la suite car, c’est long, très long, très très long et Thierry, fidèle lecteur de ce blog, me fais savoir qu’il en a marre de mes histoires de saints. Nul doute qu’il préférerait des histoires de fesses… Le bon père Albert le Grand aurait fait fortune dans l’écriture de scénarios pour les séries télévisées. Personnages, suspense, rebondissements, tout y est. Dès qu’un paroissien lui camping-La-Baie-du-Kernic-25388-463be4parlait de l’existence d’une source sacrée, d’un menhir ou d’un arbre liés à la très vieille et très ancienne tradition celtique et peut-être même plus ancienne encore; il sortait son petit calepin et inventait illico une histoire de saint garanti grand teint, Voilà pourquoi il y a davantage de saints en Bretagne que de jours dans les calendriers. Néanmoins, si vos pas vous conduisent dans le secteur (nous sommes dans le Nord Finistère), prenez le temps de visiter l’anse de Goulven, la baie de Kernic, les dunes de Keremma et le restaurant de la Butte à Plouider…

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

Higoumène mais pas que…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

Amis de l’histoire bretonne et des moules marinières réunies, bonjour ! Nous sommes le Vendredi 05 du mois de janvier 2018, 16è jour de nivôse du calendrier républicain, dédié au silex. De ce côté ci du Couesnon, en Bretagne armoricaine donc, on célèbre (ou pas) KONWOÏON qui fut, chacun le sait, le premier higoumène (abbé) du monastère de St Sauveur près de Redon. Il est resté célèbre dans notre petite histoire pour avoir fricoté autant avec Nominoé (Duc de Bretagne) qu’avec le roi de France (Louis le débonnaire) pour obtenir sa charge. Il serait né vers 800 à Comblessac (en Ille-et-Vilaine) d’une famille gallo-romaine ayant eu des sénateurs romains dans son ascendance.

Il décide avec 5 compagnons, d’aller fonder un monastère, à l’extrémité de l’évêché de Vannes, à la frontière avec le royaume franc. Ayant eut successivement les autorisations du machtiern du statue-de-saint-conwoion-de-l-eglise-saint-sauveur-redon-116x300lieu, Ratuili, de Nominoë et de l’empereur Louis le Pieux, et ayant décidé de suivre la règle monastique de Saint Benoît d’Aniane, Conwoion commence à accueillir de plus en plus de monde dans son monastère, et reçoit de plus en plus de donations. L’abbaye de Redon commence à devenir, alors, un pôle important qui accompagne l’ascension politique de Nominoë. Après la bataille de Ballon en 845, qui a lieu à proximité de Redon, Nominoë prend du recul par rapport au pouvoir Franc, et aidé de Konwoion, à l’occasion d’un synode vers 849, il chasse les évêques francs des diocèses Bretons, et nomme des évêques bretons. Konwoion ira jusqu’à Rome justifier ce qui sera qualifié de schisme breton.

Voici ce qu’en dit Albert le Grand « L’an de grace 826, l’Empereur Louys le Debonnaire ayant esté degradé & enfermé dans un Monastere, les Brele petit sainttons qui, dés l’an 826, avoient offert la Couronne Royale de Bretagne à Neomene (laquelle il refusa) l’importunerent de rechef d’accepter le Royaume, & les affranchir de la servitude de l’Empire, ce qu’il accepta ; &, ayant esté proclamé Roy, pour premier exploict, bannit & chassa de la Bretagne tous les Agents & Officiers des Empereurs, cassa et annula toutes leurs Loix et Ordonnances, remettant le pays en son entiere et prestine liberté. » On dit qu’il s’est éteint un cinq janvier de l’an 868 à l’âge canonique de 80 ans, ceci explique cela…

Encore une histoire de saint me direz vous ! Oui mais, je suis bien obligé de reconnaître que l’histoire Bretonne contient moins d’anarcho-libertaires que de Poujado-populistes et qu’il y a plus de saints en Bretagne que de fromages en France. Allez, les vacances sont terminées, il faut songer à reprendre le collier… Vous avez entendu Emmanuel 1er, présenter ses vœux comme on dit. L’avenir est devant nous qu’il a dit. J’ajoute, comme disait Pierre DAC que si on se retourne, on l’aura dans le dos ! Je crains fort qu’effectivement on l’ait dans le dos mais, bien plus profondément qu’espéré… Bon, allez, portez vous bien et à demain peut-être.

La coupe et la mémoire…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS, TRADITION

Amis de l’existentialisme sartrien et du poulet Stroganoff réunis, bonjour ! Nous sommes le Mardi 02 janvier 2018, treizième jour de nivôse dédié à l’ardoise. En Bretagne armoricaine, ce jour est dédié à Koupaïa. Or donc parlons de Koupaïa, prénom dans lequel on retrouve sans doute Copia, représentation symbolique de la déesse mère de Rome Cybèle (la coupe) le chaudron pour les celtes. Inutile de vous dire que Koupaïa trône en bonne place dans la vallée des saints à Carnoët.

Koupaïa donc, dut le jour à Eusèbe, qui devint roi d’Armorique, et à Landouenne, son épouse. Eusèbe sévit une fois avec excès et injustice contre des sujets qui l’avaient irrité : il fut attaqué d’une maladie, et sa fille unique fut obsédée du démon. C’était sans Koupaia-vallée-300x226compter sur Saint Melaine qui passait par là et s’empressa de les délivrer. Plus tard, notre Koupaïa épousa Hoël futur roi lui aussi. Oui mais voila: En 509, les Frisons firent une irruption dans l’Armorique et, malgré les efforts de Hoël-le-Grand, ils s’en emparèrent (oui, le frison est taquin !). Le souverain et sa famille se retirèrent dans les îles britanniques. Certains historiens affirment qu’il y forma un gouvernement provisoire (ici, Londres…). Hoël et Aspasie s’attachèrent à donner une bonne éducation à leurs enfants, et en mirent deux en pension au petit séminaire, Tugdual et Léonor, sous la direction du savant et pieux Iltut.

En 513, le prudent et brave monarque chassa les barbares de ses états, y reprit les rênes du gouvernement, et, aidé des conseils de son épouse, répara les maux qu’y avaient multipliés ces féroces étrangers qui étaient venus jusque dans nos bras pour égorger nos fils et nos compagnes. Il paraît que la reine était restée en Angleterre. Puis, ayant reconquit son royaume il vola au secours de son cousin Arthur, outre-Manche  (oui bon, alors là, l’histoire et la légende se mêlent allègrement les pinceaux pour alimenter les 180px-Vie_des_saincts_-_1637_-_Couverture1longues veillées au coin du feu). En 545 le bon roi mourut, son fils Hoël II lui succéda pour se couvrir de gloire à son tour. Alors la sainte reine se retira dans le monastère de Langoat dirigé par son fils Tugdual, non loin de Tréguier. Une église a été érigée autour de son gisant au XIV° siècle. Elle reste la fondatrice de la Bretagne armoricaine par sa descendance: Hoël II roi d’Armorique – Saint Tugdual, évêque, l’un des sept saints fondateurs de la Bretagne – Sainte Sève – Saint Lunaire… Source: M de Garaby, St Brieuc (1839) – Mais, ainsi que je l’ai souvent écrit, en guise d’avertissement au lecteur, ces histoires ont la plupart du temps été écrites par les hagiographes des XVIè, XVIIè, XVIIIè, chargés d’instruire le petit peuple breton dans le respect du bon maître et du bon Dieu, d’où une certaine distance voire ignorance de l’histoire quand il ne s’agissait pas purement et simplement d’affabulations. Albert le grand – Maunoir – Noblezt – de garaby – de kerdanet, Dom Lobineau… C’était à qui en rajouterait une couche.

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.