Vous lisez actuellement la catégorieLES BEAUX SAINTS

Page 1 de 12

A la saint Claude, le cénobite à la billebaude…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

Amis des sciences occultes et des coups de pied du même nom réunis, bonjour ! Nous sommes le Mercredi 15 février 2017, 27è jour de Pipe st claudePluviôse dédié au noisetier. Le coup de tabac est passé, on peut retourner au jardin. Justement, à propos de tabac, c’est en allumant ma pipe que je m’aperçois qu’aujourd’hui, c’est la saint Claude… Ceci pour expliquer que ce billet est une rediff. Va donc pour Claude, chez nous on dit Glaoda, et comme disait Fernand Raynaud:  « vous allez voir comme les gens sont méchants… »

Voici comment Albert Le Grand présente la chose: «Du Temps du Pape Vigilius & de l’Empereur Justinian I, l’an de salut 540, regnant en la Bretagne Armorique le Roy Hoël, dit le Faineant, II du nom, un certain personnage, nommé Glaudan, passa la Mer, &, quittant la grande Bretagne (qu’à present on appelle Angleterre), vint, avec sa femme Gologuenn, aborder la coste de Leon, en la Bretagne Armorique : étans sortis du vaisseau, ils prirent leur chemin le long du rivage, & arriverentVallée 1 en la Paroisse de Ploüider, distant de deux lieuës de la ville de Lesneven,&, voulant passer outre, la nuit les surprit en la greve qui est entre ledit Ploüider & Plou-neour-trez, de façon qu’ils furent contraints de chercher à loger, cette nuit, en un Village situé és paluds de Brengorut, mais le Païsan à qui ils s’adresserent, voyant que c’estoient des étrangers pauvres & necessiteux, les refusa, de sorte qu’ils furent contraints de loger en un lieu, nommé alors Odena, où Gologuenn accoucha dun Fils.» Vous constatez comme moi que le refus de l’autre, la xénophobie, la peur du migrant, tout cela n’a rien de nouveau et Claude et sa petite famille en firent les frais comme aujourd’hui Mohamed ou Mamadou.

Bon, je vous fait grâce de la suite car, c’est long, très long, très très long… Vies des saints de la Bretagne Armorique par Albert Le Grand (1636) – Vè édition de 1901 . Le bon père Albert le Grand aurait fait fortune dans l’écriture de scénarios pour les séries télévisées. Personnages, Goulven-fontaine_saint_goulven__Lavoir-300x194suspense, rebondissements, tout y est. Dès qu’un paroissien lui parlait de l’existence d’une source sacrée, d’un menhir ou d’un arbre liés à la très vieille et très ancienne tradition celtique et peut-être même plus ancienne encore; il sortait son petit calepin et inventait illico une histoire de saint garanti grand teint, fervent chrétien et si possible catholique. Voilà pourquoi il y a davantage de saints en Bretagne que de jours dans les calendriers. Néanmoins, si vos pas vous conduisent dans le secteur, prenez le temps de visiter l’anse de Goulven, la baie de Kernic, les dunes de Keremma et le restaurant de la Butte à Plouider…

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

Dans la vallée…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

Amis de la petite histoire et du céleri rémoulade réunis, bonjour ! Nous sommes le Mardi 24 janvier 2017, 5è jour de Pluviôse dédié au taureau. Pour les armoricains c’est la saint Kadeg, ou Kadoc, ou Cadou qui a laissé son nom à une magnifique petite île du golfe du Morbihan dans la ria d’Etel, l’île de saint Cado; et non pas sac-à-dos (Enes-Cadvod, en la commune de Belz). Bien évidemment ce saint là à rapidement trouvé sa place dans la vallée des saints à Carnoët (22).

Fils d’un prince de Glamorgan en Pays de Galles, puis fondateur et abbé du grand monastère de Lancarvan (Llancarfan en Grande-vallée des saintsBretagne dans la région de Cambrie), Saint Cado (Saint Cadou) vécu en Armorique vers 560. Albert Le Grand écrivait (1636): Cado estoit natif de la grande Bretagne & fut fils d’un Prince, qui regnoit en un canton de ladite Isle, lequel s’appelloit Guillenus, descendu de la race du Grand Constantin, & sa mere se nommoit Gudalusa, fille de Brahanus, Roy d’une partie d’Irlande. Il nasquit environ l’an 522 sous le Pape saint Hormisda, l’Empereur Justin premier, & le Roy de Bretagne Armorique Hoël II de ce nomIl venait retrouver ses compatriotes chassés par l’invasion saxonne et résida dans l’ile de la rivière d’Etel qui porte aujourd’hui son nom.

Il y construit un oratoire, fonda un monastère et se consacra à l’évangélisation du pays. Il fût aussi à l’origine de la construction de la chaussée de 100 mètres qui relie l’île à la terre, ce qui lui valu une légende populaire. Cado, désirant un pont, mais manquant de ile_stcado13-300x197moyens pour le réaliser, reçu un jour la visite de Satan. Celui ci lui proposa d’en faire lui même la construction, et en guise de récompense, recevoir l’âme du premier être vivant qui traverserait ce pont. Cado accepta, et le Démon créa l’œuvre en une nuit. Au matin suivant, Cado lâcha un chat, qui passa sur le pont. Étonnant, non ! En cette période troublée où un socialiste ne reconnaitrait pas ses petits… Y’a de quoi fouetter un chat.

Allez, merci de votre visite, portez vous bien et à bientôt peut-être.

A la saint Gwendal le cénobite s’en va t-au bal…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

, , ,

Amis de la libre pensée et de la caille aux raisins réunies, bonjour! Nous sommes le Mercredi 18 janvier 2017, 29è jour de nivôse dédié au Mercure.

Et les bas-bretons armoricains vont fêter les Gwendal. Gwenaël (puisque c’est là l’origine de ce prénom), né au commencement du VIème siècle, succéda en 532 à Gwennolé comme abbé de l’abbaye de Landévennec. En 539, il résigna son abbaye pour se rendre en Irlande où il séjourna trente quatre ans. Revenu en Armorique, il fonda sur les bords du Blavet un monastère où il mourut vers 585-590. Ce nom, dont la forme originelle Uuinhael revient à plusieurs reprises dans legouache anonyme cartulaire de Redon est un composé en vieux breton des qualificatifs uuin, « sacré, béni » et hael « noble, généreux ». Par fausse régression, ce nom a évolué en vendal dans plusieurs lieux-dits : Kervendal, noté anciennement Kervennal, et dans Saint-Guendal, nom d’une chapelle en Douarnenez noté Saint Guenel en 1691 (ci-contre une gouache de belle facture dont l’auteur restera à jamais inconnu). Pour la trouver (la chapelle, pas la gouache), il faut aller en direction de Confort-Meilars par la D 785. Elle se niche sur la gauche à environ 1 km après la sortie de Pouldavid (29). Dans le placître de la chapelle du même nom, en bas tout près de la route.

C’est un grand monument qui possède un toit incliné et un petit bassin. Elle est surmontée d’une croix. On y jetait des pièces, vite récupérées par les garnements. Aussi les pèlerins les cachaient dans les interstices, entre les pierres de construction. Le tout était dissimulé par des morceaux de faïence. Elle aurait le pouvoir Douarn-st-Vendal-300x214de guérir de la goutte et des rhumatismes ( en breton gwendré) et, plus largement, tous les maux qui entravent la marche. Encore aujourd’hui, et particulièrement le jour du pardon, des personnes s’aspergent les membres en souffrance de l’eau de la fontaine. Son pardon était très prisé surtout des bigoudens qui venaient nombreux même si les conditions étaient difficiles : le pardon était appelé « pardon va e kostez » en raison de la configuration du terrain. Certains l’appelaient aussi « pardon an dud affliged ». Quant au prénom Gwendal, qui jouit d’une vogue certaine, il apparaît donc comme une forme évoluée et populaire de Gwenhael. L’acception « au front béni » est donc erronée.  Largement répandu de nos jours, le succès de ce prénom est sans doute à mettre au crédit du célèbre groupe du même nom.

Bon, ben, je crois que j’ai tout dit, allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Ici Londres…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

Amis de l’existentialisme sartrien et du poulet Stroganoff réunis, bonjour ! Nous sommes le Lundi 02 janvier 2017, treizième jour de nivôse dédié à l’ardoise, maen-glas en breton.

Or donc fêtons les Koupaia prénom dans lequel on retrouve sans doute Copia, représentation symbolique de la déesse mère de Rome Cybèle (la coupe) le chaudron pour les celtes. Inutile de vous dire que Koupaia trône en bonne place dans la vallée des saints à Carnoët. Sainte Aspasie, plus connue sous le nom de Pompée si l’on en croit M. de Garaby dans: la vie des bienheureux et des saints de Bretagne: … dut le jour Koupaia-vallée-300x226à Eusèbe, qui devint roi d’Armorique, et à sainte Landouenne, son épouse. Eusèbe sévit une fois avec excès ou injustice contre des sujets qui l’avaient irrité : il fut attaqué d’une maladie, et sa fille unique fut obsédée du démon. Saint Melaine qui passait par là les délivra. La vierge généreuse porta son père à donner au prélat Comblessac, pour l’entretien de ses religieux. Plus tard, notre héroïne perdit un bon père, une mère excellente et, avec eux, un royaume. Les droits de l’orpheline furent sacrifiés à Budic; c’est-y pas malheureux madame Michu, mais elle se montra si digne du trône, que Hoël Ier, successeur de Budic, associa sa cousine Aspasie à la couronne, en l’épousant. En 509, les Frisons firent une irruption dans l’Armorique et, malgré les efforts de Hoël-le-Grand, ils s’en emparèrent (oui, le frison est taquin !). Le souverain et sa famille se retirèrent dans les îles britanniques. Certains historiens affirment qu’il y forma un gouvernement provisoire. Hoël et Aspasie s’attachèrent à donner une bonne éducation à leurs enfants, et en mirent deux en pension au petit séminaire, Tugdual et Léonor, sous la direction du savant et pieux Iltut.

En 513, le prudent et brave monarque chassa les barbares de ses états, y reprit les rênes du gouverneme300px-Koupaia2nt, et, aidé des conseils de son épouse, répara les maux qu’y avaient multipliés de féroces étrangers qui étaient venus jusque dans nos bras pour égorger nos fils et nos compagnes. Il paraît que la reine était restée en Angleterre. Hoël y rentra pour voler au secours de son parent, le roi Artur. Pompée eut à pleurer son illustre époux vers 545. Grande dans sa viduité, elle embrassa la vie religieuse, suivit, avec sainte Sève, sa fille, S. Tugdual et S. Léonor, lorsqu’ils vinrent en Bretagne, et qu’un autre de ses enfants, Hoël II, monta sur un trône que son père venait de couvrir de gloire. La bonne princesse passa le reste de ses jours dans un monastère à Langoat (à droite, le tombeau), à une lieue de celui de Tréguier, que dirigeait saint Tugdual.

Allez, je réitère tous mes vœux et je m’en vais faire mon bois, on annonce une semaine des plus frisquet. Portez vous bien et à bientôt peut-être.

Oyez l’histoire du petit Jean…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

Amis de l’internationale ouvrière et du pâté de lièvre réunis, bonjour ! Nous voici donc le Jeudi 15 décembre 2016, 25è jour de Frimaire dédié au grillon et, aujourd’hui, en Bretagne, on va célébrer Santig Du. Celui-ci n’est pas un saint comme les autres. En effet, ce n’est pas le Vatican mais le peuple qui en a fait un saint. Vox populi, vox dei !

De son vrai nom Jean Divoutou, il est né à St Vougay dans le Léon (finistère) vers 1279 et mort de la peste à Quimper en 1349. Le brave homme avait l’habitude d’aller pieds nus et les bretons  le surnommaient Yann Diarc’hen, c’est à dire Jean sans sabots. Sur ses origines, voici ce qu’en disait Albert le Grand: « Le Bien-Heureux Jean, surnommé Discalcéat, ou Deschaux, à cause qu’il alloit toûjours nuds pieds, nasquit de parens de mediocre fortune, gens de bien & craignans Dieu, qui DUfaisoient leur residence  dans l’Evesché de Leon, en Basse Bretagne.On dit que sa mere estant enceinte de luy, desira manger d’une certaine espece d’oyseau qui ne se trouve pas en ces quartiers, & alloit ce desir tellement augmentant, qu’elle couroit risque de perdre son fruit ; mais Dieu la preserva extraordinairement ; car un jour, comme elle estoit en sa chambre, avec quelques siennes voisines, un oyseau tel qu’elle desiroit entra dans la chambre & se laissa prendre aisément, dont elle satisfit son appetit. Elle accoucha de ce benit enfant, environ l’an de grace 1280 sous le Pontidicat de Nicolas III, l’Empire de Rodolphe I & le regne de Jean I du nom, Duc de Bretagne, fils de la Duchesse Alix & de Pierre de Brenne, ou de Dreux, dit Mauclerc, son mary. Il fut nommé sur les sacrez Fonds, Jean, &, par humilité, voulut toute sa vie, estre nommé Iannic, qui est un diminutif breton de Jean, comme qui diroit Petit-Jean »

Il a consacré une grande partie de sa vie aux pauvres de Quimper et son culte est resté vivace jusantig-dusqu’à il n’y a pas longtemps. Il a laissé des traces dans l’histoire par ses actions durant le siège de Quimper par les troupes de Charles de Blois et surtout au cours de l’épidémie de peste qui frappa la Cornouaille à cette époque. Mon aïeule, qui savait aussi se montrer pieuse sans être bigote, nous a mené à plusieurs reprises jusqu’à la cathédrale de Quimper où, près de ses reliques, existait une petite tablette où des anonymes venaient y déposer du pain pour les nécessiteux; pratique qui remonterait au XVè siècle. Aujourd’hui on donne aux restos du cœur car, force est de constater que la modernité n’a pas supprimé la pauvreté. Ci-dessus, sa statue dans la vallée des saints bien sur.

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

Vous en connaissez vous, des Tadeg ?

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

Amis de l’histoire ancienne et de la galette de Pleyben réunies, bonjour ! Nous somme le Vendredi 02 décembre 2016, 12è jour de frimaire inhalationdédié au Raifort. Mon aïeule, pour qui la pharmacopée n’avait aucun secret, en faisait une mixture qu’elle nous imposait en inhalation en cas de gros rhume. Le nez au dessus d’un bol de cette préparation improbable, un linge par dessus la tête…Je vous assure que ça vous dégageait les canalisations en deux temps trois mouvements.

Chez nous, on célèbre (ou pas) les Tadeg. On peut lire aussi, Tudeg, en tout cas, cela vient du vieux breton « tad » le père… Mon arrière grand-père se faisait appeler Tadig, petit-père. Tudeg a laissé son nom à la commune de Landudec en pays bigouden où il est invoqué contrestatue Tudeg la surdité (hein?). Mais l’histoire de ce saint, plus ou moins légendaire, se déroule plus haut en Cornouaille du côté du Faou. En effet, le seigneur du coin le fit assassiner en compagnie de son compagnon Jud alors qu’ils célébraient la messe.(à gauche une des rares statues de St Tudeg, ici à Poullaouen) Le seigneur du Faou donc, voyant sa cote diminuer dans les sondages, imaginât de mener campagne en stigmatisant ces étranges étrangers qui débarquaient avec leur religion sans oublier le bruit et l’odeur… Il se répandait dans tout le canton en haranguant la foule : avec tous ces immigrés, la délinquance augmente ! A cette allure là, bientôt l’Armorique sera chrétienne. L’Armorique aux gaulois. Halte aux flux migratoires… Bref, autant de slogans qui flattaient les bas instincts de la populace. (C’est pas aujourd’hui qu’on verrait des choses pareilles, madame Michu). Puis, in fine, de la parole aux actes, il décida d’en finir définitivement avec deux de ceux là…

Il faut reconnaître que le coin était propice aux immigrations grâce ou à cause de cette embouchure sur les voies maritimes. Aussi loin que abbayeremonte leur histoire, Daoulas et L’Hôpital-Camfrout ont été des lieux de passage : Légions romaines, pillards, colons, pèlerins, commerçants ont emprunté, au fil des siècles, les voies maritimes et terrestres qui se sont nouées ici. D’ailleurs, voici près de 2.000 ans, une voie romaine passait par le ruisseau du Camfrout qui se jette dans la rivière de L’Hôpital. Quelques siècles plus tard, les Bretons chassés de leur île par les Saxons sont venus en remontant les rivières comme les saumons. Parmi eux, Saint-Jaoua, fondateur légendaire de l’abbaye de Daoulas en 510 (photo de gauche).
- Euh, monsieur le cénobite, quel rapport avec Tadeg?
- Pas d’impatience, madame Michu, voici la suite.
C’est lui (Jaoua) qui fit rendre grâce au puissant seigneur du Faou qui avait massacré Tadec et Jud en le condamnant à ériger une abbaye qu’il devrait financer pour expier son double crime. D’où l’expression daou lazabbaye 2 (double meurtre en breton). Aujourd’hui, l’abbaye de Daoulas est devenue un haut lieu de l’expression culturelle en Bretagne. Mais si l’on en croit les experts de l’expertise, L’abbaye de Daoulas ne fut créée qu’au XIIè siècle soit cinq ou six cent ans après l’existence présumée de Tadeg. Personnellement je pense que Daoulas vient plutôt de Daou glaz que l’on pourrait traduire par deux ruisseaux, comme la « Mignonne » et le « Lézuzan » qui confluent sur cette commune.

Un millénaire s’est écoulé et, mêmes causes, mêmes effets… Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

Tugdual nec mergitur…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

Amis de la solidarité internationale et du Picon bière réunis, bonjour ! Et nous voici en décembre, kerzu en breton dans le texte, tout doucettement on se rapproche de l’hiver. Plus précisément, nous sommes le Jeudi 01 Décembre 2016, onzième jour de frimaire dédié à la cire.  Pour ma part, c’est jour anniversaire, huit ans déjà que j’ai quitté le navire de la vie « active » et que j’ai mis sac à terre en cet ermitage de Keramoal, accueilli en grande pompe par tous les lapins du canton. Après m’en être longuement entretenu avec moi même, la conclusion est tombée: Aucun regret. Selon certains calendriers, c’est la St Tugdual nom issu du breton « tud » (peuple) et « gwal » (valeur).

Il s’agirait de l’un des sept saints fondateurs de la Bretagne selon la police, beaucoup plus selon les pèlerins. Et puis tiens, maintenant qu’on se connaît un peu, je vais vous (re)raconter une anecdote personnelle. Dans les années soixante, un cousin (à la mode de Bretagne) s’était mis en tête de se convertir à la religion orthodoxe celte (si, si, ça existe). Apprenant que je devais effectuer un voyage dans ce qu’on st tugdualappelait encore la Tchécoslovaquie, il me demanda de lui rapporter un ouvrage d’art ayant trait aux icônes. Quelques mois plus tard, m’étant acquitté de cette tâche, je retrouvais mon cousin pope en compagnie d’un anachorète qu’il me présentât comme son « évêque ». Celui-ci s’était semble t-il installé dans les années 50, dans le bois Juhel sur la commune de Saint Dolay (dans le Morbihan – près de La Roche-Bernard). De son vrai nom Jean-Pierre Danyel,il voulait restaurer la spiritualité du monachisme celtique et la tradition des évêques-abbés. C’est dans ce but qu’il fut sacré évêque de l’église orthodoxe celtique et prit le nom de Tugdual. (A droite, une icone réalisée à partir de la photo de Tugdual que l’on voit à gauche ci-dessous.)

Cette consécration fut célébrée par Mgr Irénée d’Eschevannes, évêque et fuJP Danyeltur patriarche de l’Église Gallicane. Le brave homme devait décéder quelques semaines après notre rencontre en août 1968, à l’âge de 51 ans. Avant de mourir il prophétisa que dix ans après sa mort des moines viendraient relever son ermitage. Et en effet, une communauté de moines d’esprit celtique a reconstruit la chapelle qui est maintenant une superbe église en bois. Les adeptes de cette église, devant les bienfaits réalisés par le bonhomme, en on fait un saint. Je peux donc dire que j’ai rencontré Saint Tugdual… Étonnant non !

 

Allez le bonjour vous va, portez vous bien, ne vous prenez pas au sérieux et à demain peut-être.

A la St Tanguy, le cénobite reste au lit…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

Amis de la pensée libertaire et de la tisane de Mélisse réunies, bonjour ! Nous sommes le Samedi 19 novembre 2016, 29è jour de brumaire dédié au cormier. Il s’agit d’un bel arbre reconnu pour la dureté de son bois. Il a longtemps été le plus prisé pour la confection des fûts d’outils de corroyage (rabots, rifflards, varlopes, guillaumes…), le pommier massif ou en semelle rapportée étant moins apprécié.

En Bretagne nous célébrons les Tangi. Encore un moine me direz vous. Celui-ci, de son vrai nom Gurguy, fonda l’abbaye de St-Mathieu au Conquet et la légende dit qu’il était fils du seigneur Galono de Trémazan 300px-Trémazanen Léon, près de portsall (ci-dessous à gauche: les ruines du château de Trémazan). Ce seigneur donc, aurait épousé en seconde noce une femme qui n’avait de cesse de maltraiter le jeune Gurguy et sa sœur. Voici la façon dont Albert le Grand nous présente la chose: « Cette nouvelle dame ne fut gueres en son ménage, qu’elle commença à regarder de travers nos jeunes Saints & se montrer vraye marastre en leur endroit ; elle les rudoyoit & maltraitoit de parole & de fait & leur tint ces rigueurs huit ans durant ; lesquels expirez, Gurguy, déja grand, & à qui le sang commençoit à boilillonner dans les veines, ennuyé d’estre si mal-traité par cette femme, dans la maison de son pere, se résolut de quitter le pays pour quelque temps, & en obtint congé de son Pere, lequel luy donna une bonne somme d’argent & train honorable. »

Envoyé à la cour du roi franc Childebert 1er, pour son éducation, il devint chevalier. (déjà à l’époque, il fHaude & Tanguyallait monter à la capitale pour réussir). Il laissa sa sœur Haude (Eodez en breton) au pays; ce qu’il ne faut jamais faire, n’importe quel saint vous le dira. À son retour la marâtre lui parle de sa sœur comme ayant déshonoré la famille par son comportement et Tanguy la tue (la sœur, pas la belle-mère) en la décapitant d’un coup d’épée (les talibans à côté c’est des enfants de chœur). C’est qu’on ne rigolait pas avec ces choses là. La victime, me croirez vous, prend alors sa tête dans ses mains et ses jambes à son cou et rentre à la maison pour demander les sacrements avant de mourir.

Horrifié, et malgré le pardon de sa sœur, Gurguy se repent sévèrement demandant à Paul-Aurélien de le faire moine. Il serait apparu la tête auréolée d’un disque de feu et Saint-Paul aurait alors changé son nom en Tanguy, du breton «tan» feu et «Ki» guerrier et lui aurait donné Eodez.jpegl’habit monastique. Plus tard il fonda sur la pointe St Mathieu (appelée en breton Locmazhé) une nouvelle abbaye où il fut enterré. Pourtant, faire perdre la tête à sa sœur, pour une vie de saint, ça commençait mal ! Vous voyez que la violence n’a pas attendu les films hollywoodiens pour déferler sur les écrans de l’histoire (tiens, c’est pas mal ça !). Tout au long de la vie des saints, on s’étripe et on se décapite joyeusement, on se démembre en famille, on s’assassine pieusement et tout cela était raconté aux petits n’enfants le soir à la veillée… Les évangélisateurs avaient compris, bien avant Paris-Match, l’importance du poid des mots et du choc des photos… Ci-contre la statue de Eodez dans la vallée des saints.

Bon allez, vous prenez pas la tête (Hi,hi,hi) portez vous bien et à demain peut-être.

Un saint peut-en cacher un autre…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

Amis de de l’hypotypose et du caramel au beurre salé réunis, bonjour ! Petits veinards que vous êtes, vous lisez le 3645è billet des « cénobites tranquilles » . Nous sommes le Mercredi 16 novembre 2016, 26è jour pistachesde brumaire dédié à la pistache. Notons au passage que ce fruit, riche en nutriments mais pauvre en calories n’offre que des avantages car il contient des bons acides qui permettent de réduire le mauvais cholestérol et ses antioxydants font merveille contre le stress. Et j’en connais qui vont en avoir besoin… Désormais, j’en suis convaincu (le premier qui dit: « poil au c.. »  est privé de blog pendant une semaine) il existe juste au dessus de mon ermitage un micro-climat qui nous permet, aux lapins et à moi même, d’échapper au réchauffement généralisé de la planète. Enfin, quand je dis aux lapins, je devrai dire aux taupes car, les premiers ont quasiment disparu au bénéfice des secondes. Il pleut, il vente, il fait froid, bref, un temps à ne pas mettre un chien dehors. Drôle d’expression que celle-ci ! Pourquoi le chien n’aimerait-il pas chanter sous la pluie ?

Mais c’est aussi le jour de la saint Emilion et là, je voudrais en profiter pour rétablir une vérité trop longtemps ignorée… Saint Emilion était Breton ! 16 novembre 767, l’ermite Émilion s’éteint dans son refuge des environs de Bordeaux. Autour de son tombeau se développe au Moyen-Âge une cité qui porte son nom, avec en son centre une eglise-Emilioncurieuse église monolithique dont la nef est creusée dans le sous-sol calcaire. La cité est célèbre aujourd’hui dans le monde entier en raison de la qualité exceptionnelle de son vignoble et de la beauté de ses paysages. La cité de Saint-Émilion est inscrite au patrimoine mondial de l’humanité. Or donc, Emilianus naquit à Vannes au début du VIII ème siècle. Laïc, il se signala dès sa jeunesse par sa charité et son attention envers les pauvres. Le Comte de Vannes l’engagea comme intendant de sa maison. Il fut très vite en butte aux lazzis comme dit Brassens et se décida à l’exil.

Sur son chemin vers St Jacques de Compostelle il est accueilli par Martin, un abbé bénédictin du Saintonge qui l’engagea à devenir moine. A nouveau il fut la cible des envieux, c’est Don Mabillon, lui même Bénédictin et historien au 17è siècle qui le raconte. Emilianus décida dès lors de se retirer pour vivre une vie d’anachorète. Que n’a t-il Statue-Emilionchoisit les cénobites ! Il s’arrêta dans la forêt de Combes, s’installa dans une des grottes et y fixa son oratoire. Mais, la sainteté attire et une fois de plus le saint se vit recherché. On venait le voir, lui poser des questions, l’entendre et se convertir. Enfin, il se résolut à fonder un monastère et il y mourut en 767. L’église de Saint Emilion, creusée dans la pierre est peut-être ce qu’il en reste. Vous connaissez la suite, quand il y a des moines, il y a des vignes, fussent celles du seigneur, elles donnent aujourd’hui quelques grands crus à faire pâlir un saint homme: Ecoutez chanter ces appellations: Angélus, Ausone, Cheval blanc, Pavie…

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

Je dors en Bretagne ce soir…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

Amis des jolies colonies de vacances et du surimi réunis, bonjour ! Nous sommes le Mercredi  26 octobre 2016, 5è jour de brumaire dédié à l’oie…Tandis qu’en Bretagne on célèbre saint Alar. Enfin, c’est pas une obligation non plus, hein !

Nous ne savons pas grand chose de la vie du bonhomme dont le culte était pourtant si répandu en Finistère. (pourquoi en faire un billet alors ? Oui, bon, soyez 220px-StAlar-134x300pas désagréable non plus…) Je poursuis, or donc, il aurait été le troisième évêque de Quimper succédant à Corentin et Connogan. Il a laissé son nom à la très jolie vallée du Stangala près de Quimper ainsi qu’à un petit val qui accueille le magnifique jardin botanique de Brest: le Stang-Alar. Il fut très populaire comme protecteur des chevaux quand bien même le nom laisse supposer qu’il s’agissait à l’origine d’un saint protecteur des alevins et des alevineurs (an alaer signifie « l’alevineur » en breton) en raison de la proximité de son nom avec celui-ci. Ce n’est que par la suite qu’il est devenu le saint patron des poulains, et par extension, des chevaux. Mais il fut invoqué aussi pour obtenir de la pluie… Non mais vous imaginez cela… Prier pour qu’il pleuve en Finistère !

 

Voici ce que l’on pouvait lire dans «Bulletin de la Commission diocésaine d’architecture et d’archéologie, 1901-1910»  Notre-Dame du Drénec est invoquée pour l’obtention d’un beau temps favorable à la moisson; Alar, patron d’Ergué-Armel (29), au contraire a pour mission d’obtenir de Dieu la pluie bienfaisante qui met fin aux sécheresses excessives…  En 1884, ce fut au tour des paroissiens de Clohars-Locronan_Saint-Alar-146x300Fouesnant de se rendre à Ergué-Armel aux pieds de saint Alar. Leurs prières furent écoutées et promptement exaucées : le soir même de ce pèlerinage à saint Alar, la pluie, depuis si longtemps désirée, ne cessa de tomber pendant toute la nuit suivante. On rapporte que le saint homme, poursuivit par des brigands arriva à la pointe du Griffonez qui surplombe l’Odet d’une grande hauteur. Sur le point d’être rejoint, il fit un signe de croix et s’élança dans le vide et, d’un bond prodigieux il atterrit sur l’autre rive en kerfeunteun. Étonnant, non ! Peu à peu Saint Alar s’éclipsa au profit de Saint Éloi pour se confondre avec ce dernier dans la croyance populaire. Rappelons néanmoins que le bon Saint Éloi, en mission de paix pour le roi Dagobert rencontra le roi breton Judicaël, deux siècles après la mort de Saint Alar; mais bon, on va pas chipoter.

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.