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Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE, LES BEAUX SAINTS

Amis de l’anarchisme éclairé et de la patate douce réunis, bonjour ! Ça file à une allure, j’vous dis pas. Nous voici déjà le Mardi 05 du mois de janvier 2021, qui est le 16è jour de Nivôse dédié au silex; de quoi allumer le feu car il ne fait pas chaud. Mais, comme disait mon aïeule, c’est normal, à la saint Simon, la neige et le tison…

En Bretagne c’est la saint Konvoïon, premier higoumène (abbé) de l’abbaye de saint sauveur de Redon. Il fut le conseiller de Nominoë quand celui-ci décida de ne plus faire allégeance à Charles le chauve vers 840. Quelques années plus tard, Nominoë remporta la célèbre bataille deNominoe Ballon face aux troupes Franques du même chauve qui y trouva pourtant de quoi se faire des cheveux… Oyez ce qu’en disait Albert Le Grand dans sa Vie des saints d’Armorique (1636). Son Pere s’apelloit Conon, Senateur, homme de grande autorité et credit dans le païs, descendu de la race des parens de St. Melaine, Evesque de Rennes. Il nasquit en la paroisse de Comblessac (35) prés la Ville-de-Guer, Diocese d’Aleth, à present S. Malo, où ayant passé les années de son enfance, il fut envoyé à Vennes, lors une des plus renommées & florissantes Villes de Bretagne, à cause que les Lieutenants de l’Empereur Louys le Debonnaire (qui dés l’an 817 avoit mis les Bretons en son obeïssance, ayant assisté en propre personne aux Estats) y demeuroient avec leur Cour ; là il étudia aux Humanitez, Philosophie & Theologie, menant une vie modeste & exemplaire, s’éloignant des occasions d’offenser Dieu, fuyant les compagnies vicieuses, s’adonnant à l’Oraison, lecture des saints Livres & à aprendre le Chant pour servir à l’Eglise.

https://youtu.be/Vakk4Rey7m0

Bref, vous l’aviez compris, déjà à l’époque, le sabre et le goupillon s’entendaient comme larrons en foire pour berner le manant. Allez, portez vous bien, je m’en va faire mon bois et à bientôt peut-être.

Dans les jardins de l’abbaye…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

Amis des sports de glisse et de la cuisine au thé réunis, bonjour ! Le 02 Décembre correspond au 12è jour de frimaire que nos amis Républicains avaient dédié au Raifort. Ce cousin du radis noir, très apprécié en Alsace, est aussi appelé Cran de Bretagne ou Moutarde des inhalationAllemands. Utilisée crue râpée comme condiment (substitut à la moutarde), elle a une saveur très forte piquante et poivrée. Bon pour les pot-au-feu et tous les aliments bouillis. C’est le horseradish des anglais qui tire des larmes tant elle  est forte. Elle est également l’ingrédient principal du wasabi japonais. Mon aïeule, pour qui la pharmacopée n’avait aucun secret, en faisait même une mixture qu’elle nous imposait en inhalation en cas de gros rhume. Le nez au dessus d’un bol de cette préparation improbable, un linge par dessus la tête… Je vous assure que ça vous dégageait les canalisations en deux temps trois mouvements.

Pour les brittophones, le 02 Décembre c’est la saint Tadeg dont je vous ai déjà conté l’histoire. Retenez simplement qu’il fut tué en compagnie de Judulus, père abbé de Landévennec par le seigneur du Faou qui, plus tard, pour pénitence, créa l’abbaye de Daoulas (en breton, Daou Laz, deux meurtres). Les légendes ont de ces arrangements avec l’histoire abbaye_daoulas__3_-300x224qui parfois prêtent à sourire. L’abbaye de Daoulas ne fut créée qu’au XIIè siècle soit cinq ou six cent ans après l’existence présumée de Tadeg. Personnellement je pense que Daoulas vient plutôt de « Daou glaz », deux ruisseaux, comme la « Mignonne » et le « Lézuzan » qui confluent sur cette commune. Retenez que l’abbaye et son magnifique cloitre Roman, accueille à longueur d’année nombre d’expositions sur des sujets très variés. Le parc de l’abbaye  offre de nombreuses découvertes, les vestiges restaurés de l’abbaye romane, l’oratoire et sa fontaine et pour les passionnés, le jardin de simples : Inspiré des jardins monastiques du Moyen Âge, ce jardin des plantes médicinales regroupe sur deux terrasses surplombant l’abbatiale et le cloître près de 250 espèces représentatives des pharmacopées traditionnelles des cinq continents. L’ensemble invite au voyage et à la découverte des qualités médicinales, aromatiques, condimentaires ou encore tinctoriales de ces plantes.

Voila donc une idée de sortie; puisque il semblerait que avant longtemps, nous pourrons re-sortir. allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Savez-vous planter les choux ?

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

Amis du positivisme et du lapin de garenne réunis, bonjour ! Nous sommes le Vendredi 27 novembre 2020 et en ce 7è jour de frimaire, nous saluons le chou-fleur quiFILLE-D-OUVIER-AGRICOLE-JAMES-GUTRIE-1859-1930-ÉCOSSAIS-253x300 est un peu le légume emblématique du Léon (Finistère nord) où réside votre serviteur. Oui, osons le dire, le chou-fleur est au Léon ce que la bêtise est à Cambrai, Tristan à Iseult, Castor à Pollux et la Dedion-Bouton à la bande à Bonnot. Mon aïeule, qui ne manquait jamais une occasion d’étaler sa culture, s’empressait de traiter de Pav kaol skornet ! (traduire par: pied de chou gelé) le gougnafier qui s’autorisait à manquer de savoir vivre devant elle. (joli tableau de James Guthrie – peintre écossais)

C’est aussi, le jour ou jamais de célébrer les Goustan, tous les Goustan, et pas seulement les gros des Goustan (humour). Le saint homme est né en Cornouailles britannique en 974. Sant Sten, en breton, tient son nom de l’étain et il a laissé son nom à Saint-Goustan, le très joli petit port d’Auray (56).  A 18 ans, Goustan est enlevé par saint-goustan-225x300des pirates et au cours d’un de leurs voyages, se blesse au pied. Abandonné sur l’île d’Ossa ( peut-être Ouessant, enez Eussa), il doit son salut, d’abord à la Providence qui lui fournit des poissons, ensuite à Saint Félix qui le soigne puis le convertit au christianisme et le v’la radicalisé. Saint-Goustan est souvent représenté avec un poisson à la main; c’est l’illustration de la légende qui l’entoure. Blessé sur son île, il se serait contenté seulement d’une portion d’un gros poisson, en gardant pour le lendemain. Et chaque jour, le poisson se recomposait totalement. Mon aïeule, qui connaissait autant les cantiques que les chansons à boire, me récitait cette ronde chantée par les femmes des marins du Croisic : « Saint Goustan, notre ami, ramenez nos maris. Saint Goustan, notre amant, ramenez nos parents » étonnant, non ! Bien évidemment il est visible dans la vallée des saints (Carnoët) grâce aux burins de Kito.

Allez, merci d’être passé par ici, portez vous bien et à bientôt peut-être…

De Monet à Gwendal…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS, Non classé

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Amis de l’égalité des sexes et des sœurs Tatin réunies, bonjour ! Et bien voilà, à force d’en parler ça devait finir par arriver, nous sommes le  Mardi 3 novembre 2020, treizième jour du mois de brumaire consacré fleurs_de_topinambour_affiche_de_claude_monet-r6a42298d32e54dbd918a6ad942a8e250_2w58c_8byvr_512-300x300au Topinambour. Curieuse plante à la vérité qui doit son nom à celui d’une tribu brésilienne dont certains membres furent amenés en France au début du XVIIè, les Topinamboux (tupinambas) ce qui amena Carl Von Linné à croire en l’origine brésilienne de la plante. On la nomme aussi artichaut de Jérusalem; cela viendrait là encore d’une déformation linguistique de l’Italien Girasol, le topinambour appartenant à la même famille que le tournesol. Admirez ces fleurs de topinambour magnifiées par le pinceau de Monet.

Et en Bretagne armoricaine on célèbre Gwenael (ou Gwenhael, Guenaël, Guénault, Guinal, Guénal, Gwendal, Guennal, Guénaud ou Guenhaël) C’est un saint homme breton du VIe siècle né à Ergué-Gabéric (29), deuxième abbé de Landévennec et successeur en 532 de Guénolé qui l’aurait rencontré quand il avait onze ans dans une rue de Quimper. Ah, jeune garçon, ne vous laissez pas approcher par des étrangers, même dans les rues de Quimper… Il obtint de ses parents qu’il vienne étudier 300px-VitrailStGuenole01sous sa direction. On l’a parfois, à tort, assimilé à saint Guénolé. Les chroniques nous disent qu’il aurait restauré plusieurs monastères en Irlande, mais son culte s’est surtout répandu dans l’Ouest de la Bretagne, ce que l’on peut constater après déchiffrement des différentes formes dialectales ou graphiques. L’église paroissiale d’Ergué-Gabéric (Finistère) lui est dédiée sous le nom de saint Guinal (gui = goui = gw), ce qui, du fait de la proximité de Quimper, a fait penser que c’est dans cette commune qu’il a pu naître. A gauche: vitrail en l’église de Ergué-Gabéric. Une statue de Guinal se trouve aussi dans l’église de Poullaouen. Une chapelle de Pouldergat près de Douarnenez lui était aussi consacrée. Il aurait fondé un monastère à Caudan (sur le territoire actuel de Lanester-56-) où on voit une chapelle Saint Guénaël et y serait mort vers 590. Les églises paroissiales de Bolazec, Lescouët-Gouarec et Tréguidel sont aussi sous son invocation, ainsi qu’une chapelle à Guiscriff et la chapelle Saint-Guénal à Kerlouan.

Selon Gwennole Le Menn, on retrouve très probablement son nom à Locunel en Caudan, à Saint-Guinel en Mauron, à Saint-Guénal et Saint-Vinnel en Poullaouen, à Lanvenaël en Plomeur, à Saint-Vénal et Saint-Guénal en Landivisiau et à Saint-Vénal en Saint-Pol-de-Léon. On trouve aussi trois Kervénal en Côtes-d’Armor, Finistère et Morbihan. A droite la superbe petite chapelle en Kerlouan (29); Vouée à Saint-Guénal, patronst-guenal-300x225 des bouchers, elle a été construite vers 1520. Le pardon avait lieu pendant le Mardi-Gras (c’est assez rare, un pardon d’hiver !) et on y vendait aux enchères des morceaux de lard offerts par les habitants. La photo est « empruntée » au site voisin Maiwennthai Par ailleurs, les noms de famille Guénal, Guénel, Trévinal et Kervennal ont sans doute un rapport étroit avec lui. Son nom qui signifierait « bienheureux » est issu du breton gwenn (blanc, pur, immaculé) et haël (généreux, magnanime, noble). « Hael », avec le « H » aspiré, à ne pas confondre avec « Ael » qui signifie « ange » en breton et est souvent la traduction erronée privilégiée par beaucoup.

Allez, merci d’être passé par ici, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Belle de nuit et saint du jour…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

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Amis de la botanique-pour-les-nuls et du pâté Hénaff réunis, bonjour ! Nous sommes le Mercredi 07 octobre 2020, 16è jour de vendémiaire dédié à la belle de nuit, aussi connue sous le nom de Merveille du Pérou, de la famille des Nyctaginacées (rien à voir avec les Nyctamaire qui se développent sur le vieux port…), poussant aussi bien dans les jardins labelle-de-nuitque dans les milieux incultes. Originaire d’Amérique subtropicale, elle fut introduite en Europe à la fin du XVIe siècle. Elle tient son nom de sa principale caractéristique, ses fleurs s’ouvrent pleinement la nuit et se referment au petit matin. La partie la plus utilisée est sa grosse racine pivotante, en forme de navet. En Guadeloupe, on en constitue des emplâtres pour soigner les entorses. Au Brésil, les indiens Kayapos sniffent la poudre des fleurs séchées pour soigner les maux de tête et utilisent des décoctions de la racine pour laver les plaies et traiter les affections dermatologiques comme la lèpre. Au Pérou, le jus extrait des fleurs est utilisé pour les lésions herpétiques et le mal aux oreilles. Au Mexique, des décoctions de la plante entière servent pour la dysenterie, les blessures infectées et les piqures d’abeilles et de scorpions. Cette fleur fluorescente déploie ses pétales afin d’exposer des corolles luminescentes qui attirent les papillons de nuit afin d’assurer sa reproduction.

Par ici on célèbre les Ké. Sant Ke, saint Quay, Saint Kea, est un ermite breton, originaire de Bretagne insulaire ou d’Irlande, autrefois très populaire et auquel on dédiait sous des noms variés, nombre d’églises et de chapelles, de villages et de places. D’après de nombreux Fontaine_st_ke_2hagiographes, « Ké » et « Colledoc » sont un seul et même personnage du fait de l’alliance des deux prénoms dans les noms de paroisses médiévaux, tel « Kécoledoci » formé à partir de Ké et de Colledoc.(à  droite la fontaine St Ké à Cléder.) Selon Albert Le Grand, qui rapporte sa Vita dans les Vies des Saints de Bretagne, Collodoc naquit au début du VIe siècle au nord du Pays de Galles. Son père s’appelait Ludun, et sa mère Tagu. Certains le relient à la ville de Landkey dans le Devon qui lui devrait son nom.  Ke traversa la manche dans une auge de pierre (c’était avant la Brittany ferries et le tunnel) sans vivres, en provenance de Cambrie (sud du Pays de Galles) A cette époque là, les migrants tentaient leur chance dans l’autre sens…. Il atteignit l’anse de Kertugal (que l’on pourrait traduire par: village des Gaulois – Ker tud Gal – photo ci-dessous.)

Notre malheureux saint homme fut brutalement accueilli par des lavandières effrayées, qui le prirent pour un démon. Elles le battirent avec des branches de genêt et le laissèrent pour mort. Il pria et supplia la Vierge de lui venir en aide. Elle répondit à son vœu, lui apparut et fit jaillir une source sous ses pas qui soigna ses blessures. Elle le guida Saint_Kea_assumed_travels.svgensuite jusqu’à un buisson afin qu’il reprenne des forces; c’est pas magnifique ça mes body boys ? Le lendemain, les femmes, regrettant leur méprise, implorèrent son pardon. La Fontaine Saint-Quay se situe depuis à l’emplacement d’où jaillit la source. Et le nom de la ville « Saint-Quay-Portrieux » doit son origine à cette légende. On dit que depuis lors, le genêt ne pousse plus sur la commune. il se pourrait que le nom de « Quay » signifie « le battu » : du cri que les lavandières Kertugalaises auraient poussé en le voyant arriver : « Quay! quay ! », avant de le fustiger avec des genêts, cela signifierait « tapons! tapons ! » (du verbe latin « caiare » qui signifie « frapper avec un bâton ». Longtemps, St Quay fut le seul port en eau profonde entre Cherbourg et Brest et c’est dans son casino que Joséphine Baker engloutit sa fortune…

Bon allez, je dis ça, je dis rien et j’ajoute: portez vous bien et à bientôt peut-être.

Les malheurs de la vertu ( à moins que ce soit le contraire)…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

Amis du calendrier des postes et de la terrine de maquereau réunis, bonjour ! Nous sommes le Jeudi 17 septembre 2020. Comme vous le savez, vous qui suivez ce blog depuis un moment, le calendrier Justinerépublicain comportait 12 mois de trente jours, c’est à dire 360 jours. Il a donc fallu trouver cinq jours supplémentaires que nos amis avaient nommé les sans-culottides. Le 17 septembre fait partie de ceux là et porte le joli nom de : jour de la vertu… Relisez Justine ou les malheurs de la vertu qui fut le premier roman commis par le divin marquis. Force est de constater (en vérité, je déteste cette expression) que deux siècles plus tard, la vertu républicaine s’est un peu égarée en cours de chemin.

Par chez nous, le calendrier fait place à un certain Urfold. D’après la tradition, il serait né à Landouzan sur la commune du Drennec et aurait été formé à la vie religieuse au monastère d’Ack. Sa mère Riwanon était la sœur de Rivoaré, qui a donné son nom à la paroisse voisine, Lanrivoaré. Urfold était l’oncle de Saint Hervé, honoré à Lanhouarneau. Tout cela dans le Finistère, evel just. Urfold vécut en solitaire, au VIe siècle, dans cette forêt de Dunan (du breton Doun : profond), quiStatue_st_urfold-162x300 s’étendait de  Saint Renan à Plouvien et qui fut décimé, entre autres, pour construire à Brest la flotte de Louis XIV. C’était un ermite qui vivait à l’écart de la société et de sa famille dans une intention de pénitence et de contemplation. L’historien Albert Le Grand nous dit qu’après sa mort, son oratoire et son sépulcre furent au point qu’on ne pouvait plus discerner l’endroit exact où avait été inhumé le saint ermite. Son neveu, Hervé, eut par révélation connaissance de la mort de Saint Urfold et se mit en route vers l’oratoire de son oncle. Il s’y prosterna pour prier et au cours de son oraison, le sol trembla si fort que tous ceux qui étaient avec lui furent jetés à terre ; la terre s’ouvrit et de cette ouverture sortit une odeur suave et odoriférante. Saint Hervé, ayant, par ce miracle, connu et trouvé le tombeau de son oncle l’accommoda de pierres et le lieu devint bientôt le cadre de miracles. C’est sûrement là l’origine du culte qui est encore rendu à notre saint.

Il en faudrait quelques uns de miracles pour que nos dirigeants se souviennent que la vertu était aussi une valeur républicaine. Allez, merci d’être passé, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Si Yuna m’était contée…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

Amis de la mécanique des fluides et de la panse de brebis farcie réunies, bonjour ! Nous sommes le vendredi (jour des crêpes) 21 août 2020, quatrième jour de Fructidor dédié à l’Escourgeon. C’est assez 290px-Escourgeon-Hordeum_vulgare_subsp._vulgareétonnant car, le septième jour de fructidor est lui, dédié au Sucrion. Or, Sucrion et Escourgeon ne sont que deux appellations différentes pour désigner la même plante: l’orge d’hiver. La fine équipe réunie par Fabre d’Églantine pour réaliser le calendrier républicain avait du se laisser aller à quelques libations pour s’être ainsi mélangé les pinceaux. L’orge à six rangs est encore très présente dans les Orcades en Écosse. Dénommée Bere, elle y est consommée régulièrement sous forme de galettes épaisses (bannock), de pains ou de biscuits. Les grains transformés en malt sont utilisés surtout pour préparer des bières de fermentation haute. Présente sur l’île d’Islay, elle y sert à la fabrication du whisky.

En Bretagne on célèbre (ou pas) Yuna… Elue comme sainte patronne par les sabotiers, Yuna est venue du pays de Galles au 6ème siècle accompagnée de son frère Envel. S’établissant tous deux près de Belle-Isle-en-Terre (22), ils y bâtirent leur ermitage où par esprit de contrition, ils décidèrent de ne jamais se revoir. La légende raconte que chaque jour qui passait, Yuna faisait sonner sa cloche à l’heure de la chateauprière. Or un beau jour, celle-ci ne sonna point et Envel comprit alors que sa sœur était morte. Dérivé du prénom Yves, Yuna a été francisée en Jeune. Il est plus probable que cela vienne du vieux breton Iun (désir.) Nous trouvons par ailleurs de nombreuses variantes orthographiques de ce prénom telles que : Youna, Yeuna, Yoena, Jûna, Junan… Selon une autre légende,  le saint honoré sous la forme Envel avait un frère de même nom. Tous deux devinrent les supérieurs de monastères différents. Fuyant leur Bretagne insulaire dévastée, ils gagnent l’Armorique pour se retirer au lieu qui prendra leur nom, Loc-Envel. Le premier en la forêt de Coat-an-noz et l’autre dans celle de Coat-an-hay. Cette légende semble basée sur la confusion avec le breton heñvel, « semblable ». (à droite, ce qu’il reste du château que lady Mond fit construire à Coat-an-noz) La seule chose dont je sois certain c’est que la forêt de Coat-an-noz m’a vu réaliser mes plus belles cueillettes de champignons…

Allez, merci d’être passé, portez vous bien et à bientôt peut-être.

La soeur de Gwenolé…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

Amis de la musique baroque et des saucisses lentilles réunies, bonjour! Oui, c’est le jour de la lentille dans le calendrier républicain, le 23 de abbayethermidor, et pour nous le Lundi10 août 2020. En Bretagne certains vont en profiter pour célébrer Klervi. Malheureuse qui a vécu dans l’ombre de la célébrité de son frangin qui s’appelait Gwénolé, fondateur de l’abbaye de Landévennec (29). L’abbé aurait fondé l’abbaye vers 845 et puis elle fut pillée et rasée par les vikings. Ce n’est qu’en 1950 qu’une nouvelle abbaye fut reconstruite. Gurdisten, qui fut abbé de Landévennec et auteur d’une « Vie de saint Guénolé » a écrit:

Il est un lieu secret
Au creux de la clairière
Paradis qu’un rutilant soleil
Éclaire à son lever
Tout embaumé de parfum
De mille fleurs printanières
C’est là qu’avec ses compagnons
Se fixa saint Guénolé

Bon, l’abbé n’aura pas fait carrière en tant que poète… Klervi était la fille Dessin-Sainte-1de Fragan et de Gwenn, tous deux saints devant l’éternel évidemment. C’était comme cela à l’époque; il y avait des familles où tout le monde était saint. Cela me rappelle une fameuse dictée: Cinq pères, sains de corps et d’esprit et ceints de leur écharpe blanche, portaient sur leur sein le seing du saint père. J’ai connu des instits, à l’époque on disait maîtres d’école, dont la perversité n’avait aucune limite…Figurez vous qu’un beau matin, à moins que ce ne fut un triste soir, la petite Klervi qui gardait ses moutons, se fit manger les yeux par un jars. Son frangin Gwénolé qui n’avait rien d’autre à faire ce jour là, récupéra les yeux, les restitua à sa soeur et c’est ainsi qu’il devint saint. Etonnant, non ! Ici sculptée par Bilal Hassan, vallée des saints à Carnoët.

Allez, merci d’être passé en pleine canicule, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Pas de Panic…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

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Amis de l’anticléricalisme et du pouce-pied mayonnaise réunis, bonjour ! Nous sommes le Mercredi 29 juillet 2020 et c’est toujours thermidor. Aujourd’hui est dédié à la Panicum_capillare_NPS-1Panic. Ou plutôt au Panic. Pas de quoi s’inquiéter outre mesure, il s’agit d’une plante herbacée cultivée dans certaines contrées comme céréales alors qu’ailleurs on la considère comme une vulgaire mauvaise herbe. C’est-y pas triste… Et pourtant, cette plante pourrait constituer selon une étude publiée en 2008 une source intéressante d’agrocarburant grâce à un bilan écologique et énergétique bien meilleur que celui du maïs selon Hen Vogel et ses associés (il produit 540% d’énergie par rapport à l’énergie fournie pour le produire). C’est pas beautiful ça mes body boys ?

Tiens, par ici aujourd’hui, on célèbre les Gwilherm (Guillaume). Guillaume Pichon ou Pinchon était né à St-Alban (22) vers 1180. Évêque de St-Brieuc, il vécut à une époque de conflits très durs entre le pouvoir ducal et le clergé, envers lequel d’anciens griefs avaient ressurgi lors de l’assemblée des vassaux tenue à Nantes en 1225. Au cours de cet affrontement entre le Duc Mauclerc et les prélats de Rennes, St-Brieuc et Tréguier, Guillaume acquiert la considération de Rome qui en fait un autre la chapelle en N&BThomas Beckett, persécuté en défendant les libertés de l’Église. Il faut dire que, évêque de Saint-Brieuc, il vendit ses biens en 1225 pendant une famine, excommunia en 1226 le duc Pierre Mauclerc qui voulait déposséder le clergé, mais dut s’enfuir à Poitiers, rentra en 1230, entreprit la construction de la cathédrale Saint-Étienne, et mourut le 29 juillet 1234, il deviendra ainsi l’un des rares saints d’Armorique canonisés à Rome, le 15 avril 1247, par le pape Innocent IV. Le peuple breton l’a aussitôt intégré dans son corpus de croyances; à Langueux (22) par exemple, une table de pierre en granit dans un champ de la Ville-Néant, sur laquelle on remarque des caractères indéchiffrables, était dite table de saint Guillaume et à Loudéac (22) on y trouve chapelle et fontaine qui lui sont dédiées, tout comme celle-ci sur les bords de la ria d’Étel.

Vous n’allez pas me croire mais, il fait beau sur Brest… Allez merci d’être passé, portez vous bien et à bientôt peut-être.

C’était le fils du père Hoël…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS, TRADITION

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Amis de la communale et de la nostalgie réunies, bonjour ! Nous sommes le Jeudi 02 juillet 2020, 14è jour de messidor et c’est la lavande qui est à l’honneur dans le calendrier républicain. Mon calendrier breton nous invite à fêtest-Lunaire-statuer Luner qui aurait laissé son nom à la commune de Saint-Lunaire (35) blottie entre la rivière Crévelin et la pointe du Décollé. On dit qu’il eut pour père Hoël, 1er roi d’Armorique qui succéda à Budic. Quand les Frisons envahirent le territoire (509), Hoël chercha refuge outre-Manche et c’est là que naquit Luner. Le bonhomme  a également été appelé Launeuc ou Lormel d’où les communes éponymes un peu plus à l’Ouest. Luner était donc gallois par le droit du sol. Plus tard,il débarqua à l’embouchure de la Rance et fonda un monastère qui donna son nom à la cité de Saint-Lunaire, où l’on peut voir son gisant dans l’église. Cette ancienne cité fondée au 6ème siècle par le saint homme et sa troupe devint à la fin du 19ème siècle une véritable station balnéaire. On voit ici à gauche sa statue créée par Olivier Levêque (ça ne s’invente pas) qui siège à Carnoët dans la désormais fameuse vallée des saints. On dit encore qu’il rendit l’âme le jour des calendes de Juillet de l’an 580 à l’âge de cent quinze ans. Voici un autre pierrot lunaire qui nous enchanta en 1965 avec la fille du père Hoël…

Il y a des jours c’est un peu n’importe quoi; je vous l’accorde. Allez, merci de votre indulgence, portez vous bien et à bientôt peut-être.