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De Sainte-Sève à lîle Loaven…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS, TRADITION

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Amis de l’onomastique et du Télégramme de Brest réunis, bonjour ! Nous sommes le Dimanche 23 juillet 2017, 5è jour de Thermidor dédié au bélier (ar maout en breton). C’est aussi, la sainte Sève au nom aussi énigmatique que sa vie. Les experts de l’expertise ne sont même pas d’accord pour affirmer qu’il s’agit d’un saint ou d’une sainte… En effet, on trouve aussi bien: Sev (breton), Sewo (gallois), Sewa, Loève, Loaven (breton), mais aussi Sant Segne (XIè siècle), Sent Seguot manoir(1128), sainte Scevat (1598). On sait très peu de chose sur cette sainte, semi-légendaire du VIè siècle, non reconnue par l’Église de Rome. Et pourtant… Fille de Hoël Ier, roi de Domnonée  et de Koupaia (Pompée), sœur de Tugdual, évêque, l’un des sept fondateurs de la Bretagne christianisé sœur de saint Lunaire (Léonor) et de Hoël II. Albert le Grand, de Morlaix (1637), raconte que son saint frère Tugdual parcourant l’Armorique avec ses disciples, reçut au cours de ses prêches, en dons, plusieurs terres (appelées paroisses dans les textes), où il installa des monastères. Sur le domaine de l’actuelle village de Sainte-Sève, où se trouve le joli manoir du Grand-Plessis, près de Morlaix, il fonda une abbaye pour sa sœur, vers 530; et hop, en v’la une de casée.

Sainte Sève est donc la patronne des paroisses de Sainte-Sève et de Langoat. Elle a donné son nom à l’île de Loaven située à deux encablures dans l’Ouest-Nord-Ouest de Roc’h Skeiviec face à Plougrescant ( je peux assurer par expérience, qu’elle offre un très bon mouillage par gros temps) où est inhumée, dans sa chapelle, sainte Elibouban aussi mystérieuse qu’elle et dont j’ai déjà parlé ici. Voici ce qu’écrivait Louis Thiercelin (1894): Le pardon de sainte Elibouban se déroulait autrefois le lundi des Rogations, le 25 juillet:

 …A la fin du 19ème siècle, les jeunes filles, vêtues de blanc, avec un ruban bleu sur la poitrine, portant la grande coiffe à deux larges cornets de dentelles, forment la procession, accpardonompagnées des petits choristes, du prêtre, des moines, du maire et de son conseil et de la foule des fidèles. Les barques des marins pêcheurs transportent les pavillons, portés par les hommes. la statue de sainte Elibouban est portée par des femmes vêtues de noir. Elles sont une trentaine à se relayer pour ce pieux devoir, faisant une garde d’honneur à la sainte, qui va rendre visite à son fils saint Gonéri en la chapelle de Plougrescant. Le lundi 25 juillet, la statue s’en retourne dans son île, accompagnée par la statue de saint Gonéri et des paroissiens. La statue de la sainte est conduite vers son oratoire, bâti de l’autre côté de l’île, au Nord, à cinquante pas de l’ancienne chapelle (en ruines vers 1890 et reconstruite plus tard). A droite, s’élève le pardon extérieurrocher qui sert d’autel aux rogations. Les porteurs de bannières grimpent au sommet du rocher, d’autres l’entourent ; un des moines adresse quelques paroles aux fidèles, et la sainte qui attendait à la porte de son oratoire, la franchit. On la replace sur son autel. Si la tempête ou quelque fête plus grande empêchent cette visite annuelle du saint à sa mère, sainte Elibouban, suivant les uns, saint Gonéri, suivant les autres, à la nuit, feront seuls le voyage ; mais malheur aux bateaux rencontrés par la barque mystérieuse ; ils sont impitoyablement chavirés.
Koneri ha Liboubana
Ni ho salud bepred gant joa
Abeurz Doue reit d’imp bennoz
Ha gras da vond d’ar baradoz.

Et voilà pour la petite histoire bretonne. Portez vous bien et à demain peut-être.

Giroflée, Girofla…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

Amis de la libre pensée et du clafoutis aux cerises réunis, bonjour ! Nous sommes le Samedi 1er juillet 2017 c’est à dire le 13 de Messidor, jour habituellement consacré à la giroflée et non pas au clou de girofle comme voudraient nous le faire croire quelques arracheurs de dent. En ce jour nous fêtons Goulven qui a laissé son nom à une charmante petite commune non loin d’ici. Sa légende commence ainsi selon Albert Le Grand: «Du Temps du Pape Vigilius & de l’Empereur Justinian I, l’an de salut 540, regnant en la Bretagne Armorique le Roy Hoël, dit le Faineant, II du nom, un certain personnage, nommé Glaudan, passa la Mer, &, quittant la grande Bretagne (qu’à present on appelle le dolmen des korrigansAngleterre), vint, avec sa femme Gologuenn, aborder la coste de Leon, en la Bretagne Armorique : étans sortis du vaisseau, ils prirent leur chemin le long du rivage, & arriverent en la Paroisse de Ploüider, distant de deux lieuës de la ville de Lesneven,&, voulant passer outre, la nuit les surprit en la greve qui est entre ledit Ploüider & Plou-neour-trez, de façon qu’ils furent contraints de chercher à loger, cette nuit, en un Village situé és paluds de Brengorut, mais le Païsan à qui ils s’adresserent, voyant que c’estoient des étrangers pauvres & necessiteux, les refusa, de sorte qu’ils furent contraints de loger en un lieu, nommé alors Odena, où Gologuenn accoucha dun Fils.» C’est vous dire que le rejet de l’immigré n’est pas chose récente… La suite de l’histoire ICI.Ci-contre, le fameux dolmen des korrigans Il est composé de 6 piliers et d’une table. Seule la chambre funéraire est encore en état d’origine et devait être certainement recouvert d’un tumulus de terre qui a complètement disparu aujourd’hui.

J’aurai du commencer par: amis de la flemmingite pour justifier la brièveté du billet du jour. Allez merci à vous d’être passé; j’espère que vous n’avez pas connu les mêmes déboires que notre ami Sceptique qui n’a pu accéder au «cénobitestranquilles» durant plusieurs jours. Portez vous bien et à bientôt peut-être.

Trans bigouden blues again…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

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Amis de la transmutation et de la trans Léonarde réunies, bonjour ! Nous sommes le Jeudi 15 juin 2017, 27è jour de Prairial dédié à la verveine… Vous pouvez souhaiter une bonne fête aux Germaine tandis qu’en Bretagne armoricaine on fêtera les Vougay.

D’après Albert Le Grand, Vio, Nonna, Vougua ou Vouguay seraient les différents noms d’un même personnage. Il était originaire d’Irlande, fut élu évêque d’Armagh, actuellement en Ulster. Il traversa la mer d’Irlande, la Manche et atteint le Cap Caval. La tradition locale le fait atterrir sur l’île Nonna, au large de la pointe de Penmarc’h. Vio fit sonSt Vio job en accomplissant de nombreux miracles et, la notoriété lui pesant, il se retira dans un ermitage qu’il fit bâtir à Tréguennec. Las, la célébrité le poursuivait alors, il se dirigea vers le Nord et près de Lesneven (29), s’établit dans une épaisse forêt où il édifia un oratoire et une petite cellule, ce serait là l’origine de la commune de Saint-Vougay (29); décidément pépinière de saints car c’est d’ici qu’est originaire Jean Discalceat, en breton Yann Diarc’hen, également connu sous le nom de Santig Du ou Santik Du (petit saint noir). Quand à Vougay, toujours selon Albert Le Grand, il mourut environ l’an 585.

Au nord de la chapelle Saint Vio (pays Bigouden), se voit une stèle protohistorique dont le sommet est orné de cupules, qui selon la tradition locale serait le fragment du bateau de granit dans lequel Vio fit sa traversée. Cette stèle était l’objet de pratiques ancestrales ou de jeux en rapport avec le temps souhaité jusqu’au moment où elle se brisa… La chapelle est de plan rectangulaire. Au début du XXe siècle, quand le régiment en caserne à Quimper manœuvrait dans les paluds les septs bigoudde Tréguennec, elle était utilisée comme dépôt d’armes et de munitions. En 1986 est créée une association de sauvegarde qui, en deux ans, redonne un toit à l’édifice. Afin de signer l’époque de la restauration de la charpente, le compagnon a sculpté, à l’extrémité des poinçons, divers symboles de cette décennie. En 1988 est placée un vitrail représentant des épisodes de la vie de saint Vio, dû au talent du maître-verrier Pierre Toulhoat. Aujourd’hui à Tréguennec les artistes du street art se sont emparé des murs de l’ancienne usine à galets construite par les nazis pour permettre l’édification du mur de l’Atlantique. On y voit notamment ces sept bigoudènes du jeune artiste rennais Heol et qui semble scruter la mer comme les sept prêtresses légendaire de l’île de Sein.

Allez, à classer dans les histoires d’oncle Erwan. Portez vous bien, à bientôt peut-être et, vive le p’tit commerce.

Un menhir sinon rien…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

Amis de l’esprit critique et du baekehoffe réunis, bonjour ! Nous sommes le Lundi 29 mai 2017, dixième jour de Prairial, dédié à la faux. Alors qu’en vérité, les pataphysiciens vous diront que nous sommes le Jeudi 12 Merdre 144 Stes Miches, catéchumènes, fête suprême quarte. Par chez nous, quelques nostalgiques s’entêtent à fêter les Riagad.

Or donc, notamment dans le pays bigouden, aujourd’hui c’est la saint Riagad. Évidemment c’est un ermite irlandais qui est venu s’installer sur les côtes bretonnes aux alentours du Vè siècle et qui a laissé son nom à la commune de Treffiagat. Étrange commune en vérité que celle 300px-Lehanlà qui est séparée en deux : Lechiagat côté mer et Treffiagat côté rural. Mais enfin, les bigoudens ne font jamais rien comme les autres. On y trouve le fameux menhir de Lehan, que l’on voit ici en photo, et qui est planté au milieu d’un marais. Tout laisse à croire qu’il n’y avait point de marais à l’époque de son érection. D’ailleurs, à propos d’érection, il faut remarquer que les symboles phalliques ont toujours été largement représentés dans la région ; il suffit de regarder la fameuse coiffe bigoudène. Je connais un menhir du côté de Plonéour-Lanvern où, il n’y a pas si longtemps encore, les femmes en mal d’enfant venaient se frotter le ventre.

Le mot menhir (pierre longue) s’est aujourd’hui généralisé même si en breton le mot juste est peulven (le pieu de pierre) plusieurs toponymie l’attestent comme par exemple: Menez-peulven entre Douarnenez et megalithe-du-peulven-plestin-les-greves-169x300Quimper (29).  Je me suis laissé dire que le terme de menhir fut officialisé pour la première fois par Théophile Malo Corret de la Tour d’Auvergne (très connu dans son immeuble) dans son ouvrage: origines gauloises qu’il a écrit en 1796 à Locmaria-Berrien, chez sa sœur au manoir de La Haie. J’ai résidé il y a quelques années de cela sur la commune de Plouigneau (près de Morlaix) où l’on trouve la stèle de Croas ar Peulven qui, du fait de sa proximité avec deux ou trois routes les-dames-de-kerampeulven-195x300antiques,  a sans doute pu être réutilisée à l’époque romaine comme borne militaire. Vous pouvez visiter aussi la stèle de peulven en Plestin-les-grèves (22) que l’on aperçoit ici à gauche avec ses drôles de rainures. L’un des sites les plus impressionnants étant celui de Kerampeulven, près de Huelgoat (29) où les belles dames du temps jadis venaient s’amuser. Bon, au départ, je voulais parler de Riagad mais le pauvre est passé à la trappe. Enfin, quand je dis la trappe; n’allez pas croire qu’il ait adopté la tonsure des trappistes ni leur goût pour cette merveilleuse boisson maltée… Non, simplement, je me laisse aller à quelques digressions et lorsque je m’en aperçois, il est trop tard, j’ai dépassé mon quota autorisé de signes.

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

Angélique et le roc à Bily…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

Amis de la musicothérapie et du biniou bras réunis, bonjour ! C’est à angéliquen’y pas croire, nous sommes le Mardi 23 mai 2017, quatrième jour de prairial dédié à l’angélique (pas la marquise, la fleur). On l’appelle aussi l’herbe aux anges car elle avait la réputation d’être efficace contre les maléfices et autres envoûtements. Elle est encore cultivée dans certains endroits notamment du côté de Niort (région Poitou-Charentes chère à Ségolène) pour en faire des fruits confits, on en retrouve souvent dans les cakes. Attention de ne pas la confondre avec une proche parente, la cigüe…

Après les anges, les saints.

En Bretagne il est un saint que l’on nomme BILY fêté le 23 mai, et qui n’a rien à voir avec the kid… Néanmoins, Bily (840-915) est un personnage qui mériterait d’être mieux connu. Il fait partie de la grande famille des saints céphalophores (représentés tenant leur propre tête dans leurs mains) Il est originaire des environs de Redon. Alors qu’il était diacre à Aleth (St Malo), Bily a entrepris de rédiger une nouvellesaint-bily-plaudren vie de saint Malo. Il s’est inspiré d’une première vie de celui-ci endommagée (du début du IXe siècle) et des récits plus ou moins fantastiques des pèlerins. À la fin de son ouvrage, Bily raconte l’épisode des oies de Saint-Pol-de-Léon. Deux prêtres, l’un de St-Pol, l’autre de St-Malo, partirent chasser les oies dans les champs de Saint-Pol-de-Léon. Ils ne purent en attraper qu’en invoquant saint Malo. A la suite de cet événement, l’évêque Clotuuoion de St-Pol décida que saint Malo devait être fêté dans son évêché. Avec Bily, il est possible qu’on touche du doigt l’origine du Tro Breizh cette procession qui se déroule sur les traces des sept saints fondateurs de la Bretagne. Au Moyen-Age, le tour de Bretagne ou Tro Breizh désignait le pèlerinage en l’honneur des Sept Saints Fondateurs de la Bretagne. Le pèlerin allait s’incliner sur les tombeaux des évêques fondateurs: Brieuc et Malo dans leur ville respective, Samson à Dol-de-Bretagne, Patern à Vannes, Corentin à Quimper, Pol Aurélien à Saint-Pol-de-Léon et Tugdual à Tréguier. C’est une sorte de voyage à la Mecque à la mode bretonne. La légende dit que tout Breton qui fait le Tro Breizh est certain de gagner le Paradis. Elle ne parle pas des 70 vierges ! Et mon aïeule rajoutait: Par contre, ceux qui ne le font pas de leur  vivant devront le faire après leur mort en avançant chaque année de la longueur de leur cercueil ! tro breizhL’éternité c’est long, surtout vers la fin… Depuis quelques années la pérégrination reprend de plus belle animée par des intégristes de tout poil style « la manif pour tous » version BZH. En fait, les véritables fondateurs de la Bretagne sont davantage la coopérative de Landerneau, Ouest-Eclair  et le bas clergé mais cela, c’est une autre histoire que je vous conterai un jour… Plus tard, Bily sera nommé évêque de Vannes. Dom Plaine rapporte dans sa vie de saint Malo (1885) qu’en tant qu’évêque de Vannes, Bily aurait incité un certain Menobred à aller récupérer les reliques de saint Malo restées en Saintonge. On pense que Bily a été tué par les Normands (et non pas par Pat Garrett contrairement à ce que nous fait croire Sam Peckinpah dans son célèbre film) en 915 près du calvaire de la chapelle, ce qui en fait un évêque-martyr. A gauche, la chapelle de St Bily, la légende veut que le saint aurait marcher jusqu’ici la tête entre les mains après sa décapitation.

Allez, voila pour aujourd’hui, portez vous bien, à demain peut-être et vive le p’tit commerce.

Comme on fait son lit…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

Amis de l’humour noir et du blanc-manger réunis, bonjour ! Ce Mercredi O4 mai 2016 correspond au 15è jour de floréal dédié au ver à soie, à ne pas confondre avec cette sale bête qui est le ver à soi, quand bien même par ici il soit surtout question du verre à soi… Tiens, justement, en Bretagne on célèbre les Eneour, Enewyr en gallois, qui était, nous dit la chronique, un supposé saint homme venu d’outre manche sur une barque de granite aux alentours du VIè siècle et de l’Armorique réunis. Oui, à cette époque là, le granite flottait bien mieux qu’aujourd’hui.

Dans les monts d’Arrées (29), à quelques pas de Roc’h Trevezel se trouve une pierre remarquable que les autochtones nomment le lit de Eneour. On y voit, par temps clair et avec beaucoup de bonne volonté, l’empreinte du chapeau, du livre et des sandales du bonhomme ainsi que la marque de son corps (photo de droite). Elle est située à environ un kilomètre au Nord de l’église, et à trois cents mètres à l’Est du 220px-Image_018.lit_de_Saint-Eneourmanoir du Penhoat. Selon la légende, l’ermite, qui aurait laissé son nom à la paroisse, Plonéour-Menez, avait pour habitude de se retirer en ce lieu pour prier et dormir. Il existe aussi en pays bigouden, non loin de Pont-L’abbé (29) la commune de Ploneour-Lanvern: Le nom « Plonéour » signifie en breton la Plou de Eneour, auquel a été rajouté le nom de « Lanvern » (qui vient du breton Lan (ermitage) et du nom Wern ou Guern qui signifie « marais d’aulnes ») lorsque cette ancienne paroisse a été rattachée à la commune nouvellement créée de Plonéour. La légende dit que le menhir qui se dresse sur la place centrale de Plonéour-Lanvern serait le mât du bateau qui aurait amené saint Enéour de Grande-Bretagne en Cornouaille. Le nom breton de la commune est Ploneour-Lanwern.

 

La légende le fait débarquer en pays Bigouden, ce qui, vous en conviendrez, n’est pas le plus court chemin quand on vient du pays de Galles. Mais bon, les paysans du Léon n’avaient pas encore inventé la Brittany Ferries… Il aurait été accompagné de sa sœur Thumette, on 29NevezEglise10-300x275n’est jamais trop prudent. Thumette donc, Tunvezh en breton, qui était il n’y pas si longtemps encore un prénom très porté en pays bigouden, est toujours me dit-on, la patronne des marins au long cours, des Cap-horniers. L’église de Nevez regorgeait d’ex-votos de trois-mâts et autres navires. Ici en photo, c’est un trois-mâts,  à navigation mixte, et portant sur sa proue l’inscription « Souvenir des marins de 1904″. Il a été conçu par Yves Guillou, qui avait fait son service à bord de « l’Hirondelle » et réalisé au couteau à partir d’un tronc d’arbre. Vous remarquerez que si le navire est à sec de toile, certaines vergues sont peintes de façon à imiter les voiles ferlées.

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

Rue des blancs-manteaux…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS, TRADITION

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Amis de la paracentèse bilatérale et de la foire à Neuneu réunies, bonjour ! Nous sommes bien le Mardi 02 mai 2017, treizième jour de Floréal dédié au bâton d’or (c’est une sorte d’espèce de genre de giroflée), jolie plante qui fleurit au printemps sur les vieux murs où elle épanouit ses fleurs jaune orangé d’une odeur délicieuse, recherchées macaronésiepar les abeilles. Si je vous dis qu’il s’agit d’une plante  de la famille des Brassicacées qui inclut les giroflées, dont beaucoup sont originaires de Macaronésie, ça vous la baille belle non ? Encore que je soupçonne certains d’entre vous de faire semblant de prendre la Macaronésie pour un pays de nouilles comme d’autres prennent l’helvétie pour une lanterne… Bon, allez, je vous dis tout: la Macaronésie est un ensemble formé par plusieurs groupes d’îles disséminées au large du continent africain, dans le nord-est de l’Atlantique. Le nom de Macaronésie signifie « îles fortunées » … ce nom leur a été attribué par les géographes de la Grèce antique, qui désignaient sous ce vocable les îles situées à l’ouest du détroit de Gibraltar.

Par ici on célèbre les Avoye. La légende raconte que Sainte Avoye est venue d’Angleterre, remontant la rivière d’Auray (56) dans un mortier de granit rose. Oui, c’était ainsi à l’époque, les saints dans le granit bleu, les saintes dans le granit rose. Devant le Jubé, les visiteurs peuvent se recueillir devant la fameuse pierre; par ailleurs, l’orthophoniste se faisant rare en Morbihan, ils y déposent leurs enfants ayant des difficultés à parler ou à marcher. Eponyme de Sainte-Avoye en Pluneret ste avoye 001- format web(56), cette sainte aurait été l’une des compagnes de sainte Ursule. Jetée en prison par un chef barbare, elle aurait été décapitée à cause de sa vertu. Voilà comment on peut perdre la tête à ne pas vouloir perdre sa virginité. Un ordre de religieuses placé sous son patronage s’était établi à Paris, dans le quartier du Temple, vers 1288. La chapelle abrite une pièce rare : un jubé polychrome de style Renaissance entièrement sculpté. En bois de chêne, il sépare le chœur de la nef et délimite l’espace réservé aux seigneurs et au clergé (le chœur) de celui réservé aux fidèles (la nef).

A Paris, le quartier Sainte-Avoye est derrière celui de la Grève, dont il est séparé, au midi, par une partie de la rue de la Verrerie. Il est borné, à l’orient, par le quartier Saint-Antoine ; au nord, par celui du Temple ; et à l’occident, par celui de Saint-Martin. [...] Si l’on entre dans la petite rue de l’Homme-armé, on arrivera bientôt à la rue des Blancs-blanc manteauxmanteaux, qui traverse celle de Sainte-Avoye dans la vieille rue du Temple. C’est là qu’on trouve le couvent des Blancs-manteaux, où un étranger, qui y est attiré par la curiosité, est bien étonné de voir des moines noirs, tels que les bénédictins de la congrégation de Saint-Maur. C’est que cette maison était autrefois habitée par d’autres religieux qui portaient des manteaux blancs. Quant à la rue des Blancs-Manteaux elle-même, elle fut pendant la Révolution le théâtre de massacres, immortalisés dans une chanson écrite par Jean-Paul Sartre et chantée par Juliette Gréco sur une musique de Joseph Kosma.

Voici comment des îles fortunées nous arrivons à la rue des blanc-manteaux. Etonnant, non ! Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Le catholicon, poil au…menton.

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE, LES BEAUX SAINTS

Amis de la libre pensée et du Fernet branca réunis, bonjour ! Nous sommes le Jeudi 27 avril 2017, huitième jour de Floréal dédié au champignon.

N’oubliez pas de fêter les Conven, du breton Konwenn, qui a laissé son nom à la commune de Plougonven (29). Titulaire d’une chapelle à Plouézoc’h, dite de Saint-Gonven, il y est représenté en abbé, 1024px-Plougonven_2_Gare_de_Coatelan_-Plougonven-Plourin-,_désormais_Café_de_la_garetête nue tenant une crosse et un livre fermé. On venait l’invoquer pour la guérison des maux de tête et celle des cochons malades. C’est vous dire si il avait du boulot notre saint homme (ici à droite, l’ancienne gare transformée en bistro; c’est bien les bretons ça !). C’est de Plougonven qu’est issu Jehan Lagadeuc auteur du Catholicon premier dictionnaire trilingue Breton-Français-Latin. Il a vu le jour au manoir de Mezedern que l’on voit ci-dessous. Voici ce qu’il écrit dans son prologue (1464) « L’on rencontre, à la vérité, des écoliers, en grand nombre, qui, à peine entrés au collège, et dénués de toute compétence en latin, s’avisent d’entraîner de force les mots latins en des 1054031_8198948-mezerdern2-k125a-300x130significations qui leur sont étrangères : ainsi mettent-ils des écailles aux oiseaux et des plumes aux poissons, inventant, les uns, de nouveaux termes latins, faisant, les autres, des barbarismes. De surcroît, les Bretons, en leur très grand nombre, sont largement déficients en français. Pour ces raisons, Moi, Jehan lagadeuc, de lacolophon paroisse de Ploégonven, au diocèse de Tréguier, bachelier ès arts et décrets, tout indigne que j’en sois, j’ai composé ce petit ouvrage pour l’utilité des petits clercs pauvres de Bretagne ou encore des illettrés en latin.» Ce dictionnaire fut imprimé en 1499 par Calvez de Tréguier soit, à quelques années près (1694) deux siècles avant le premier dictionnaire de l’académie française. A droite, le colophon ( mention finale du lieu d’impression, de la date et de l’éditeur) du Catholicon, avec la marque de l’imprimeur.). Etonnant, non !

Allez, passons à autre chose, merci de votre visite, portez vous bien et à demain peut-être.

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

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Amis de la musique baroque et du coco paimpolais réunis, bonjour ! En ce troisième jour de floréal, dédié à la fougère, j’en connais qui ne manqueront pas de souhaiter une bonne fête aux Gonvarc’h. Cynfarch Oer (ou Cunomarcus ou Cynfarch ap Meirchion ) était un roi de Rheged, au VIe siècle. On sait peu de choses sur lui. Il serait le fils de Meirchion Gul et père du roi Urien de Rheged. Sa lignée est connue sous le nom de ‘Cynferchyn’ . Selon le professeur H.M. Chadwick, Senyllt ap Dingat roi de Galloway était exilé dans l’île de Man vers 550, et David Nash 300px-RhegedFord suggère que Cynfarch était son ennemi. D’où le nom ‘Rheged’ à Dunragit près de Stranraer et les contes de Mark ap Meirchion (ou Cun-mark ap Meirchion) dans la même région. Il aurait participé à la bataille d’Arfderydd en 573. Le Rheged était l’un des royaumes bretons qui s’étaient constitués, vers le Ve siècle, après le départ des troupes romaines, au nord de l’île de Bretagne, dans une zone qui est aujourd’hui le nord-ouest de l’Angleterre et le sud-ouest de l’Écosse. La généalogie des rois de Rheged remonte jusqu’à Coel Hen (dont les anglais feront Old King Cole) qui régna au tout début du Ve siècle. On connaît aussi les victoires remportées par ses rois, Urien de Rheged, et son fils Owain mab Urien, sur les rois de Bernicie dans la seconde moitié du VIe siècle, car elles ont été chantées par le barde Taliesin.

Ecoutons ce qu’en dit Albert Deshayes:

Konvarc’h ['kõnvarx] : prénom masculin ; fêté le 22 avril ; gallois Cynfarch ['kenvarx] ; fêté le 8 septembre. Ce saint est l’éponyme de Saint-Gonvarc’h en Landunvez (29) non loin de mon ermitage et dont on voit ici le fameux menhir de St Gonvarc’h, et du village disparu de stgonvarch2Langonmarc’h en Berrien (29), mentionné en 1638. Au pays de Galles, deux saints ont porté le nom de Cynfarch. Le premier est le mari de Nyfain, fille de Bruchan, et le père d’Urien Rheged, chef d’un petit royaume au nord de la Bretagne insulaire. Il serait l’éponyme de Llangynfarch dans le Clwyd. Le second était un disciple de Dyfrig et l’éponyme de St. Kinmark, près de Chepstow, anciennement Llangynfarch. Attesté sous la forme Conmarch, comme témoins de plusieurs chartes de l’abbaye Saint-Sauveur de Redon, le nom se compose des termes vieux bretons con « guerrier » et march « cheval ».

Allez, passez une bonne fin de semaine électorale et à bientôt peut-être.

C’est le jour du Lilas…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

Amis de la relativité et du p’tit gris de Bourgogne réunis, bonjour ! Nous sommes le Samedi 15 avril 2017, 26è jour de Germinal dédié au lilas et jour de la Saint Patern. Patern austère en ce qui me concerne car, on sait peu de choses du personnage si ce n’est qu’il fut (sans doute) le premier évêque de Vannes (56) et qu’il fait partie des sept saints fondateurs de Bretagne. C’est grâce à l’auteur de la Vita Paterni, que de nombreux points d’ombres s’éclaircissent. Patern ou Padern, fils de SANT-PATERN-3-NB-200x300Petran et Guean, est un gallo-romain qui aurait immigré de Grande-Bretagne, plus exactement du Pays de Galles, au cours de la seconde vague de l’émigration bretonne en Armorique. Avant cela il fonde plusieurs monastères au Pays de Galles dont celui de Llanbadarn Fawr dans l’actuel comté de Ceredigion (Llan-Padern-Vaur – « Grande église de Patern »). Une autre légende veut que certains Rois d’Irlande furent convertis par Patern. C’est à Jérusalem qu’il aurait, au cours d’un pèlerinage, reçu la consécration épiscopale. Son arrivée sur le siège de l’évêché de Vannes serait due au chevalier légendaire de la Table Ronde et premier souverain du Broërec, Caradoc. C’est au cours du concile de Vannes vers 465, que l’avènement de l’évêque est historiquement attesté. Inutile de préciser qu’il trône en bonne place dans la vallée des saints à Carnoët; réalisée par Olivier Lévèque sculpteur de Pléneuf-Val-André.

https://youtu.be/HxrH6iA0MrA

Allez, soyez remercié pour votre visite, portez vous bien et à bientôt peut-être.