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Belle de nuit et saint du jour…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

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Amis de la botanique-pour-les-nuls et du pâté Hénaff réunis, bonjour ! Nous sommes le Mercredi 07 octobre 2020, 16è jour de vendémiaire dédié à la belle de nuit, aussi connue sous le nom de Merveille du Pérou, de la famille des Nyctaginacées (rien à voir avec les Nyctamaire qui se développent sur le vieux port…), poussant aussi bien dans les jardins labelle-de-nuitque dans les milieux incultes. Originaire d’Amérique subtropicale, elle fut introduite en Europe à la fin du XVIe siècle. Elle tient son nom de sa principale caractéristique, ses fleurs s’ouvrent pleinement la nuit et se referment au petit matin. La partie la plus utilisée est sa grosse racine pivotante, en forme de navet. En Guadeloupe, on en constitue des emplâtres pour soigner les entorses. Au Brésil, les indiens Kayapos sniffent la poudre des fleurs séchées pour soigner les maux de tête et utilisent des décoctions de la racine pour laver les plaies et traiter les affections dermatologiques comme la lèpre. Au Pérou, le jus extrait des fleurs est utilisé pour les lésions herpétiques et le mal aux oreilles. Au Mexique, des décoctions de la plante entière servent pour la dysenterie, les blessures infectées et les piqures d’abeilles et de scorpions. Cette fleur fluorescente déploie ses pétales afin d’exposer des corolles luminescentes qui attirent les papillons de nuit afin d’assurer sa reproduction.

Par ici on célèbre les Ké. Sant Ke, saint Quay, Saint Kea, est un ermite breton, originaire de Bretagne insulaire ou d’Irlande, autrefois très populaire et auquel on dédiait sous des noms variés, nombre d’églises et de chapelles, de villages et de places. D’après de nombreux Fontaine_st_ke_2hagiographes, « Ké » et « Colledoc » sont un seul et même personnage du fait de l’alliance des deux prénoms dans les noms de paroisses médiévaux, tel « Kécoledoci » formé à partir de Ké et de Colledoc.(à  droite la fontaine St Ké à Cléder.) Selon Albert Le Grand, qui rapporte sa Vita dans les Vies des Saints de Bretagne, Collodoc naquit au début du VIe siècle au nord du Pays de Galles. Son père s’appelait Ludun, et sa mère Tagu. Certains le relient à la ville de Landkey dans le Devon qui lui devrait son nom.  Ke traversa la manche dans une auge de pierre (c’était avant la Brittany ferries et le tunnel) sans vivres, en provenance de Cambrie (sud du Pays de Galles) A cette époque là, les migrants tentaient leur chance dans l’autre sens…. Il atteignit l’anse de Kertugal (que l’on pourrait traduire par: village des Gaulois – Ker tud Gal – photo ci-dessous.)

Notre malheureux saint homme fut brutalement accueilli par des lavandières effrayées, qui le prirent pour un démon. Elles le battirent avec des branches de genêt et le laissèrent pour mort. Il pria et supplia la Vierge de lui venir en aide. Elle répondit à son vœu, lui apparut et fit jaillir une source sous ses pas qui soigna ses blessures. Elle le guida Saint_Kea_assumed_travels.svgensuite jusqu’à un buisson afin qu’il reprenne des forces; c’est pas magnifique ça mes body boys ? Le lendemain, les femmes, regrettant leur méprise, implorèrent son pardon. La Fontaine Saint-Quay se situe depuis à l’emplacement d’où jaillit la source. Et le nom de la ville « Saint-Quay-Portrieux » doit son origine à cette légende. On dit que depuis lors, le genêt ne pousse plus sur la commune. il se pourrait que le nom de « Quay » signifie « le battu » : du cri que les lavandières Kertugalaises auraient poussé en le voyant arriver : « Quay! quay ! », avant de le fustiger avec des genêts, cela signifierait « tapons! tapons ! » (du verbe latin « caiare » qui signifie « frapper avec un bâton ». Longtemps, St Quay fut le seul port en eau profonde entre Cherbourg et Brest et c’est dans son casino que Joséphine Baker engloutit sa fortune…

Bon allez, je dis ça, je dis rien et j’ajoute: portez vous bien et à bientôt peut-être.

Les malheurs de la vertu ( à moins que ce soit le contraire)…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

Amis du calendrier des postes et de la terrine de maquereau réunis, bonjour ! Nous sommes le Jeudi 17 septembre 2020. Comme vous le savez, vous qui suivez ce blog depuis un moment, le calendrier Justinerépublicain comportait 12 mois de trente jours, c’est à dire 360 jours. Il a donc fallu trouver cinq jours supplémentaires que nos amis avaient nommé les sans-culottides. Le 17 septembre fait partie de ceux là et porte le joli nom de : jour de la vertu… Relisez Justine ou les malheurs de la vertu qui fut le premier roman commis par le divin marquis. Force est de constater (en vérité, je déteste cette expression) que deux siècles plus tard, la vertu républicaine s’est un peu égarée en cours de chemin.

Par chez nous, le calendrier fait place à un certain Urfold. D’après la tradition, il serait né à Landouzan sur la commune du Drennec et aurait été formé à la vie religieuse au monastère d’Ack. Sa mère Riwanon était la sœur de Rivoaré, qui a donné son nom à la paroisse voisine, Lanrivoaré. Urfold était l’oncle de Saint Hervé, honoré à Lanhouarneau. Tout cela dans le Finistère, evel just. Urfold vécut en solitaire, au VIe siècle, dans cette forêt de Dunan (du breton Doun : profond), quiStatue_st_urfold-162x300 s’étendait de  Saint Renan à Plouvien et qui fut décimé, entre autres, pour construire à Brest la flotte de Louis XIV. C’était un ermite qui vivait à l’écart de la société et de sa famille dans une intention de pénitence et de contemplation. L’historien Albert Le Grand nous dit qu’après sa mort, son oratoire et son sépulcre furent au point qu’on ne pouvait plus discerner l’endroit exact où avait été inhumé le saint ermite. Son neveu, Hervé, eut par révélation connaissance de la mort de Saint Urfold et se mit en route vers l’oratoire de son oncle. Il s’y prosterna pour prier et au cours de son oraison, le sol trembla si fort que tous ceux qui étaient avec lui furent jetés à terre ; la terre s’ouvrit et de cette ouverture sortit une odeur suave et odoriférante. Saint Hervé, ayant, par ce miracle, connu et trouvé le tombeau de son oncle l’accommoda de pierres et le lieu devint bientôt le cadre de miracles. C’est sûrement là l’origine du culte qui est encore rendu à notre saint.

Il en faudrait quelques uns de miracles pour que nos dirigeants se souviennent que la vertu était aussi une valeur républicaine. Allez, merci d’être passé, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Si Yuna m’était contée…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

Amis de la mécanique des fluides et de la panse de brebis farcie réunies, bonjour ! Nous sommes le vendredi (jour des crêpes) 21 août 2020, quatrième jour de Fructidor dédié à l’Escourgeon. C’est assez 290px-Escourgeon-Hordeum_vulgare_subsp._vulgareétonnant car, le septième jour de fructidor est lui, dédié au Sucrion. Or, Sucrion et Escourgeon ne sont que deux appellations différentes pour désigner la même plante: l’orge d’hiver. La fine équipe réunie par Fabre d’Églantine pour réaliser le calendrier républicain avait du se laisser aller à quelques libations pour s’être ainsi mélangé les pinceaux. L’orge à six rangs est encore très présente dans les Orcades en Écosse. Dénommée Bere, elle y est consommée régulièrement sous forme de galettes épaisses (bannock), de pains ou de biscuits. Les grains transformés en malt sont utilisés surtout pour préparer des bières de fermentation haute. Présente sur l’île d’Islay, elle y sert à la fabrication du whisky.

En Bretagne on célèbre (ou pas) Yuna… Elue comme sainte patronne par les sabotiers, Yuna est venue du pays de Galles au 6ème siècle accompagnée de son frère Envel. S’établissant tous deux près de Belle-Isle-en-Terre (22), ils y bâtirent leur ermitage où par esprit de contrition, ils décidèrent de ne jamais se revoir. La légende raconte que chaque jour qui passait, Yuna faisait sonner sa cloche à l’heure de la chateauprière. Or un beau jour, celle-ci ne sonna point et Envel comprit alors que sa sœur était morte. Dérivé du prénom Yves, Yuna a été francisée en Jeune. Il est plus probable que cela vienne du vieux breton Iun (désir.) Nous trouvons par ailleurs de nombreuses variantes orthographiques de ce prénom telles que : Youna, Yeuna, Yoena, Jûna, Junan… Selon une autre légende,  le saint honoré sous la forme Envel avait un frère de même nom. Tous deux devinrent les supérieurs de monastères différents. Fuyant leur Bretagne insulaire dévastée, ils gagnent l’Armorique pour se retirer au lieu qui prendra leur nom, Loc-Envel. Le premier en la forêt de Coat-an-noz et l’autre dans celle de Coat-an-hay. Cette légende semble basée sur la confusion avec le breton heñvel, « semblable ». (à droite, ce qu’il reste du château que lady Mond fit construire à Coat-an-noz) La seule chose dont je sois certain c’est que la forêt de Coat-an-noz m’a vu réaliser mes plus belles cueillettes de champignons…

Allez, merci d’être passé, portez vous bien et à bientôt peut-être.

La soeur de Gwenolé…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

Amis de la musique baroque et des saucisses lentilles réunies, bonjour! Oui, c’est le jour de la lentille dans le calendrier républicain, le 23 de abbayethermidor, et pour nous le Lundi10 août 2020. En Bretagne certains vont en profiter pour célébrer Klervi. Malheureuse qui a vécu dans l’ombre de la célébrité de son frangin qui s’appelait Gwénolé, fondateur de l’abbaye de Landévennec (29). L’abbé aurait fondé l’abbaye vers 845 et puis elle fut pillée et rasée par les vikings. Ce n’est qu’en 1950 qu’une nouvelle abbaye fut reconstruite. Gurdisten, qui fut abbé de Landévennec et auteur d’une « Vie de saint Guénolé » a écrit:

Il est un lieu secret
Au creux de la clairière
Paradis qu’un rutilant soleil
Éclaire à son lever
Tout embaumé de parfum
De mille fleurs printanières
C’est là qu’avec ses compagnons
Se fixa saint Guénolé

Bon, l’abbé n’aura pas fait carrière en tant que poète… Klervi était la fille Dessin-Sainte-1de Fragan et de Gwenn, tous deux saints devant l’éternel évidemment. C’était comme cela à l’époque; il y avait des familles où tout le monde était saint. Cela me rappelle une fameuse dictée: Cinq pères, sains de corps et d’esprit et ceints de leur écharpe blanche, portaient sur leur sein le seing du saint père. J’ai connu des instits, à l’époque on disait maîtres d’école, dont la perversité n’avait aucune limite…Figurez vous qu’un beau matin, à moins que ce ne fut un triste soir, la petite Klervi qui gardait ses moutons, se fit manger les yeux par un jars. Son frangin Gwénolé qui n’avait rien d’autre à faire ce jour là, récupéra les yeux, les restitua à sa soeur et c’est ainsi qu’il devint saint. Etonnant, non ! Ici sculptée par Bilal Hassan, vallée des saints à Carnoët.

Allez, merci d’être passé en pleine canicule, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Pas de Panic…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

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Amis de l’anticléricalisme et du pouce-pied mayonnaise réunis, bonjour ! Nous sommes le Mercredi 29 juillet 2020 et c’est toujours thermidor. Aujourd’hui est dédié à la Panicum_capillare_NPS-1Panic. Ou plutôt au Panic. Pas de quoi s’inquiéter outre mesure, il s’agit d’une plante herbacée cultivée dans certaines contrées comme céréales alors qu’ailleurs on la considère comme une vulgaire mauvaise herbe. C’est-y pas triste… Et pourtant, cette plante pourrait constituer selon une étude publiée en 2008 une source intéressante d’agrocarburant grâce à un bilan écologique et énergétique bien meilleur que celui du maïs selon Hen Vogel et ses associés (il produit 540% d’énergie par rapport à l’énergie fournie pour le produire). C’est pas beautiful ça mes body boys ?

Tiens, par ici aujourd’hui, on célèbre les Gwilherm (Guillaume). Guillaume Pichon ou Pinchon était né à St-Alban (22) vers 1180. Évêque de St-Brieuc, il vécut à une époque de conflits très durs entre le pouvoir ducal et le clergé, envers lequel d’anciens griefs avaient ressurgi lors de l’assemblée des vassaux tenue à Nantes en 1225. Au cours de cet affrontement entre le Duc Mauclerc et les prélats de Rennes, St-Brieuc et Tréguier, Guillaume acquiert la considération de Rome qui en fait un autre la chapelle en N&BThomas Beckett, persécuté en défendant les libertés de l’Église. Il faut dire que, évêque de Saint-Brieuc, il vendit ses biens en 1225 pendant une famine, excommunia en 1226 le duc Pierre Mauclerc qui voulait déposséder le clergé, mais dut s’enfuir à Poitiers, rentra en 1230, entreprit la construction de la cathédrale Saint-Étienne, et mourut le 29 juillet 1234, il deviendra ainsi l’un des rares saints d’Armorique canonisés à Rome, le 15 avril 1247, par le pape Innocent IV. Le peuple breton l’a aussitôt intégré dans son corpus de croyances; à Langueux (22) par exemple, une table de pierre en granit dans un champ de la Ville-Néant, sur laquelle on remarque des caractères indéchiffrables, était dite table de saint Guillaume et à Loudéac (22) on y trouve chapelle et fontaine qui lui sont dédiées, tout comme celle-ci sur les bords de la ria d’Étel.

Vous n’allez pas me croire mais, il fait beau sur Brest… Allez merci d’être passé, portez vous bien et à bientôt peut-être.

C’était le fils du père Hoël…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS, TRADITION

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Amis de la communale et de la nostalgie réunies, bonjour ! Nous sommes le Jeudi 02 juillet 2020, 14è jour de messidor et c’est la lavande qui est à l’honneur dans le calendrier républicain. Mon calendrier breton nous invite à fêtest-Lunaire-statuer Luner qui aurait laissé son nom à la commune de Saint-Lunaire (35) blottie entre la rivière Crévelin et la pointe du Décollé. On dit qu’il eut pour père Hoël, 1er roi d’Armorique qui succéda à Budic. Quand les Frisons envahirent le territoire (509), Hoël chercha refuge outre-Manche et c’est là que naquit Luner. Le bonhomme  a également été appelé Launeuc ou Lormel d’où les communes éponymes un peu plus à l’Ouest. Luner était donc gallois par le droit du sol. Plus tard,il débarqua à l’embouchure de la Rance et fonda un monastère qui donna son nom à la cité de Saint-Lunaire, où l’on peut voir son gisant dans l’église. Cette ancienne cité fondée au 6ème siècle par le saint homme et sa troupe devint à la fin du 19ème siècle une véritable station balnéaire. On voit ici à gauche sa statue créée par Olivier Levêque (ça ne s’invente pas) qui siège à Carnoët dans la désormais fameuse vallée des saints. On dit encore qu’il rendit l’âme le jour des calendes de Juillet de l’an 580 à l’âge de cent quinze ans. Voici un autre pierrot lunaire qui nous enchanta en 1965 avec la fille du père Hoël…

Il y a des jours c’est un peu n’importe quoi; je vous l’accorde. Allez, merci de votre indulgence, portez vous bien et à bientôt peut-être.

 

Neventer & Derrien sont dans un bateau…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

Amis de l’étymologie et du soufflé au fromage réunis, bonjour ! Nous sommes le Jeudi 07 Mai 2020, 18è jour de Floréal dédié à la Corbeille d’or. Sans doute eut-il fallu que je consacrasse (imparfait du subjonctif mon n’veu) ce billet aux derniers soubresauts de l’actualité mais, considérant que vos gazettes habituelles allaient le faire mieux que moi, je vous invite à explorer la tradition bretonne.

Vous ai-je déjà parlé de Neventer que l’on fête aujourd’hui en Bretagne ? En voilà un qui a laissé son nom à la commune de Plounéventer, en Finistère evel just, et qui est l’archétype du bon saint chassant les méchants dragons des terrLa_Vallée_des_Saints_Derrien-200x300es païennes. Si l’on en croit le noble et discret messire Le Grand, chanoine de Saint-Pol, premier Conseiller du Duc François II et recteur de Plounéventer en 1412, c’est à dire le propre grand oncle d’Albert Le Grand à qui nous devons un collectage fabuleux des contes et légendes de Bretagne, c’est une véritable épopée que vécurent Neventer et son pote Derrien, de retour des croisades, dans les parages. Tout cela sur les rives de l’Elorn, que l’on nommait avant cet épisode Dour du, magnifique rivière à truites et saumons. Ici à gauche, c’est une représentation de Derrien dans la vallée des saints bien sur (oeuvre de Inès Ferreira et Goulven Jaouen). Il existe une Gwerz qui conte leurs exploits, pas aux sculpteurs, aux saints.
0 velet e ranken rei
Va mab d’ezan da zevori,
Ker bras e bet va zizesper,
M’oun en em strinket er rivier.
En voici une autre (Gortoz a Ran) chantée par Denez Prigent.

Il est probable que la vraie origine du village se rapproche de celle, plus simple, de la création de nombreuses paroisses de basse-Bretagne par des tribus venues d’Outre-Manche. En effet, l’exode se faisait par tribu, et lorsque l’une d’elles trouvait un site pour s’ installer, elle créait une communauté un « PLOU » qui recevait par la suite le nom de son chef ou de son guide spirituel. Arthur de La Borderie écrit dans son  Histoire plouneventerde la Bretagne: Le Plou, c’est proprement et primitivement la petite colonie formée par la bande bretonne émigrée, s’établissant, au sortir des barques fugitives, sous la direction d’un brave guerrier, chef temporel, d’un pieux moine, chef spirituel de cette petite communauté formée sur la terre d’ exil par la communauté de malheur. Voici donc Néventer et ses compagnons qui, débarqués en Armorique, s’enfoncent à l’intérieur des terres à la recherche d’un asile. Ils vont le trouver non loin de la villa romaine de Kérilien, et là, ils établissent un « PLOU  » qui, pour l’Histoire, deviendra Plouneventer. A noter que le terme Plou est issu du latin plebs, plebis, « peuple, gens », même étymologie que plèbe en français. Mais bon, pour compliquer les choses, sachez qu’en breton, Plou se dit Gwi mais… C’est une autre histoire.

Allez, confinez gaiement (ça touche à sa fin) et à bientôt peut-être.

Là-bas dans les monts d’Arrée…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

Amis de l’humour noir et du blanc-manger réunis, bonjour ! Ce Lundi O4 Mai 2020 correspond au 15è jour de floréal dédié au ver à soie, à ne pas confondre avec cette sale bête qui est le ver à soi, quand bien même par ici il soit surtout question du verre à soi…

En Bretagne on célèbre les Eneour, Enewyr en gallois, qui doit son nom bien entendu à un supposé saint venu d’outre manche sur une barque de granite aux alentours roc trevezeldu VIè siècle. Il fait partie de cette cohorte de saints que les évangélisateurs de la Bretagne ont imposé pour christianiser à marche forcée cette terre de païens. Un certain nombre de communes lui doivent leur nom à l’instar de Ploneour-Menez, Ploneour-Trez ou Ploneour-Lanvern, toutes dans le Finistère. La légende le fait débarquer en pays Bigouden, ce qui n’est pas le plus court chemin quand on vient du pays de galles vous en conviendrez. Mais bon, les paysans du Léon n’avaient pas encore inventé la Brittany Ferries…

Il aurait été accompagné de sa sœur Thumette, on n’est jamais trop prudent. Thumette donc, Tunvezh en breton, qui était il n’y pas si longtemps encore un prénom très porté en pays bigouden, et qui est toujours me dit-on, la patronne des marins au long cours, des Cap-horniers. le-lit-dEneourQuand à Eneour, la légende toujours, le veut enterré dans l’église de Ploneour-Menez. D’ailleurs, dans les monts d’Arrées, à quelques pas de Roc’h-Trevezel (364m 62) se trouve une pierre remarquable que les autochtones nomment le lit de Eneour. Elle est située à environ un kilomètre au Nord de l’église, et à trois cents mètres à l’Est du manoir du Penhoat. Selon la légende, l’ermite, qui aurait laissé son nom à la paroisse, Plonéour-Menez, avait pour habitude de se retirer en ce lieu pour prier et dormir. On y voit, avec beaucoup de bonne volonté et par temps clair, l’empreinte du chapeau, du livre et des sandales de Enéour ainsi que la marque de son corps.

Allez, confinez gaiement et à bientôt peut-être.

Dans la rue des blancs manteaux…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

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Amis des confessions de saint Augustin et du veau Marengo réunis, bonjour ! Nous sommes bien le Samedi 02 mai 2020, treizième jour de Floréal dédié au bâton d’or (c’est une sorte d’espèce de genre de giroflée), jolie plante qui fleurit au printemps sur les vieux murs où elle macaronésieépanouit ses fleurs jaune orangé d’une odeur délicieuse, recherchées par les abeilles. Si je vous dis qu’il s’agit d’une plante  de la famille des Brassicacées qui inclut les giroflées, dont beaucoup sont originaires de Macaronésie, ça vous la baille belle non ? (La Macaronésie est un ensemble d’iles à l’Ouest de l’Afrique et de l’Europe, dans l’océan Atlantique, composé des Açores, de Madère, des îles Canaries et des îles du Cap-Vert.) Ne pas confondre avec la macronie qui est un territoire perdu de la cinquième république. Encore que je soupçonne certains d’entre vous de faire semblant de prendre la Macaronésie pour un pays de nouilles comme d’autres prennent l’Helvétie pour une lanterne…

Par ici on célèbre les Avoye. La légende raconte que Avoye est venue d’Angleterre, remontant la rivière d’Auray (56) dans un mortier de granit rose. Oui, c’était ainsi à l’époque, les saints dans le granit bleu, les saintes dans le granit rose. Dans la chapelle de Pluneret (56),près du Jubé, les visiteurs peuvent se recueillir devant la fameuse ste-avoye-001-format-web-300x246pierre; par ailleurs, l’orthophoniste se faisant rare en Morbihan, ils y déposent leurs enfants ayant des difficultés à parler ou à marcher.  On dit que Avoye aurait été l’une des compagnes de sainte Ursule. Jetée en prison par un chef barbare, elle aurait été décapitée à cause de sa vertu. Voilà comment on peut perdre la tête à ne pas vouloir perdre sa virginité. Un ordre de religieuses placé sous son patronage s’était établi à Paris, dans le quartier du Temple, vers 1288. La chapelle abrite une pièce rare : un jubé polychrome de style Renaissance entièrement sculpté dans le chêne, il sépare le chœur de la nef et délimite ainsi l’espace réservé aux seigneurs et au clergé de celui réservé aux fidèles du petit peuple.

A Paris, le quartier Sainte-Avoye est derrière celui de la Grève, dont il est séparé, au midi, par une partie de la rue de la Verrerie. Il est borné, à l’orient, par le quartier Saint-Antoine ; au nord, par celui du Temple; et à l’occident, par celui de Saint-Martin. [...] Si l’on entre dans la petite blanc-manteauxrue de l’Homme-armé, on arrivera bientôt à la rue des Blancs-manteaux, qui traverse celle de Sainte-Avoye dans la vieille rue du Temple. C’est là qu’on trouve le couvent des Blancs-manteaux, où un étranger, qui y est attiré par la curiosité, est bien étonné de voir des moines noirs, tels que les bénédictins de la congrégation de Saint-Maur. C’est que cette maison était autrefois habitée par d’autres religieux qui portaient des manteaux blancs. Quant à la rue des Blancs-Manteaux elle-même, elle fut pendant la Révolution le théâtre de massacres, immortalisés dans une chanson écrite par Jean-Paul Sartre et chantée par Juliette Gréco sur une musique de Joseph Kosma.

Voici comment des îles fortunées nous arrivons à la rue des blanc-manteaux. Étonnant, non ! Allez, confinez gaiement, encore un peu, et à bientôt peut-être.

Papa pique & maman coud…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

Amis de la révoltation et de la rebellitude réunies, bonjour ! Nous sommes le mercredi 22 avril 2020, troisième jour de Floréal dédié à la fougère. Enfougère ces temps épidémiques, une fois épuisé le stock de masques, de blouses, de sur-blouses et de respirateurs. Une fois épuisé la générosité et le dévouement des soignants. Après avoir vitupérer contre l’impéritie de nos dirigeants. Que reste-il sinon en appeler à Santig Du. Celui-ci n’est pas un saint comme les autres. En effet, ce n’est pas le Vatican mais le peuple qui en a fait un saint. Vox populi, vox dei; oyez son histoire.

De son vrai nom Jean Divoutou, il est né à St Vougay dans le Léon (finistère) vers 1279 et mort de la peste à Quimper en 1349. Le brave homme avait l’habitude d’aller pieds nus et les bretons  le surnommaient Yann Diarc’hen, c’est à dire Jean sans sabots. Sur ses origines, voici ce qu’en disait Albert le Grand: « Le Bien-Heureux Jean, surnommé Discalcéat, ou Deschaux, à cause qu’il alloit toûjours nuds pieds, nasquit de parens de mediocre fortune, gens de bien & craignans Dieu, qui Santig du - 3-faisoient leur residence  dans l’Evesché de Leon, en Basse Bretagne.On dit que sa mere estant enceinte de luy, desira manger d’une certaine espece d’oyseau qui ne se trouve pas en ces quartiers, & alloit ce desir tellement augmentant, qu’elle couroit risque de perdre son fruit ; mais Dieu la preserva extraordinairement ; car un jour, comme elle estoit en sa chambre, avec quelques siennes voisines, un oyseau tel qu’elle desiroit entra dans la chambre & se laissa prendre aisément, dont elle satisfit son appetit. Elle accoucha de ce benit enfant, environ l’an de grace 1280 sous le Pontidicat de Nicolas III, l’Empire de Rodolphe I & le regne de Jean I du nom, Duc de Bretagne, fils de la Duchesse Alix & de Pierre de Brenne, ou de Dreux, dit Mauclerc, son mary. Il fut nommé sur les sacrez Fonds, Jean, &, par humilité, voulut toute sa vie, estre nommé Iannic, qui est un diminutif breton de Jean, comme qui diroit Petit-Jean »

Il a consacré une grande partie de sa vie aux pauvres de Quimper et son culte est resté vivace jusqu’à il n’y a pas longtemps. Il a laissé des traces dans l’histoire par ses actions durant le siège de Quimper par les Discalceattroupes de Charles de Blois et surtout au cours de l’épidémie de peste qui frappa la Cornouaille à cette époque. Mon aïeule, qui savait aussi se montrer pieuse sans être bigote, nous a mené à plusieurs reprises jusqu’à la cathédrale de Quimper où, près de ses reliques, existait une petite tablette où des anonymes venaient y déposer du pain pour les nécessiteux; pratique qui remonterait au XVè siècle. Aujourd’hui on donne aux restos du cœur, on bricole ses propres masques, Papa pique et maman coud comme disait Charles Trenet car, force est de constater que la modernité n’a pas supprimé la pauvreté et les virus circulent plus librement que les migrants. Sa statue dans la vallée des saints est l’œuvre de Olivier Lévêque (évidemment).

Allez, merci d’être passé, confinez vous gaiement et, à bientôt peut-être.