Vous lisez actuellement la catégorieLES BEAUX SAINTS

Page 1 de 19

Pas de Panic…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

, ,

Amis de l’anticléricalisme et du pouce-pied mayonnaise réunis, bonjour ! Nous sommes le Mercredi 29 juillet 2020 et c’est toujours thermidor. Aujourd’hui est dédié à la Panicum_capillare_NPS-1Panic. Ou plutôt au Panic. Pas de quoi s’inquiéter outre mesure, il s’agit d’une plante herbacée cultivée dans certaines contrées comme céréales alors qu’ailleurs on la considère comme une vulgaire mauvaise herbe. C’est-y pas triste… Et pourtant, cette plante pourrait constituer selon une étude publiée en 2008 une source intéressante d’agrocarburant grâce à un bilan écologique et énergétique bien meilleur que celui du maïs selon Hen Vogel et ses associés (il produit 540% d’énergie par rapport à l’énergie fournie pour le produire). C’est pas beautiful ça mes body boys ?

Tiens, par ici aujourd’hui, on célèbre les Gwilherm (Guillaume). Guillaume Pichon ou Pinchon était né à St-Alban (22) vers 1180. Évêque de St-Brieuc, il vécut à une époque de conflits très durs entre le pouvoir ducal et le clergé, envers lequel d’anciens griefs avaient ressurgi lors de l’assemblée des vassaux tenue à Nantes en 1225. Au cours de cet affrontement entre le Duc Mauclerc et les prélats de Rennes, St-Brieuc et Tréguier, Guillaume acquiert la considération de Rome qui en fait un autre la chapelle en N&BThomas Beckett, persécuté en défendant les libertés de l’Église. Il faut dire que, évêque de Saint-Brieuc, il vendit ses biens en 1225 pendant une famine, excommunia en 1226 le duc Pierre Mauclerc qui voulait déposséder le clergé, mais dut s’enfuir à Poitiers, rentra en 1230, entreprit la construction de la cathédrale Saint-Étienne, et mourut le 29 juillet 1234, il deviendra ainsi l’un des rares saints d’Armorique canonisés à Rome, le 15 avril 1247, par le pape Innocent IV. Le peuple breton l’a aussitôt intégré dans son corpus de croyances; à Langueux (22) par exemple, une table de pierre en granit dans un champ de la Ville-Néant, sur laquelle on remarque des caractères indéchiffrables, était dite table de saint Guillaume et à Loudéac (22) on y trouve chapelle et fontaine qui lui sont dédiées, tout comme celle-ci sur les bords de la ria d’Étel.

Vous n’allez pas me croire mais, il fait beau sur Brest… Allez merci d’être passé, portez vous bien et à bientôt peut-être.

C’était le fils du père Hoël…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS, TRADITION

,

Amis de la communale et de la nostalgie réunies, bonjour ! Nous sommes le Jeudi 02 juillet 2020, 14è jour de messidor et c’est la lavande qui est à l’honneur dans le calendrier républicain. Mon calendrier breton nous invite à fêtest-Lunaire-statuer Luner qui aurait laissé son nom à la commune de Saint-Lunaire (35) blottie entre la rivière Crévelin et la pointe du Décollé. On dit qu’il eut pour père Hoël, 1er roi d’Armorique qui succéda à Budic. Quand les Frisons envahirent le territoire (509), Hoël chercha refuge outre-Manche et c’est là que naquit Luner. Le bonhomme  a également été appelé Launeuc ou Lormel d’où les communes éponymes un peu plus à l’Ouest. Luner était donc gallois par le droit du sol. Plus tard,il débarqua à l’embouchure de la Rance et fonda un monastère qui donna son nom à la cité de Saint-Lunaire, où l’on peut voir son gisant dans l’église. Cette ancienne cité fondée au 6ème siècle par le saint homme et sa troupe devint à la fin du 19ème siècle une véritable station balnéaire. On voit ici à gauche sa statue créée par Olivier Levêque (ça ne s’invente pas) qui siège à Carnoët dans la désormais fameuse vallée des saints. On dit encore qu’il rendit l’âme le jour des calendes de Juillet de l’an 580 à l’âge de cent quinze ans. Voici un autre pierrot lunaire qui nous enchanta en 1965 avec la fille du père Hoël…

Il y a des jours c’est un peu n’importe quoi; je vous l’accorde. Allez, merci de votre indulgence, portez vous bien et à bientôt peut-être.

 

Neventer & Derrien sont dans un bateau…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

Amis de l’étymologie et du soufflé au fromage réunis, bonjour ! Nous sommes le Jeudi 07 Mai 2020, 18è jour de Floréal dédié à la Corbeille d’or. Sans doute eut-il fallu que je consacrasse (imparfait du subjonctif mon n’veu) ce billet aux derniers soubresauts de l’actualité mais, considérant que vos gazettes habituelles allaient le faire mieux que moi, je vous invite à explorer la tradition bretonne.

Vous ai-je déjà parlé de Neventer que l’on fête aujourd’hui en Bretagne ? En voilà un qui a laissé son nom à la commune de Plounéventer, en Finistère evel just, et qui est l’archétype du bon saint chassant les méchants dragons des terrLa_Vallée_des_Saints_Derrien-200x300es païennes. Si l’on en croit le noble et discret messire Le Grand, chanoine de Saint-Pol, premier Conseiller du Duc François II et recteur de Plounéventer en 1412, c’est à dire le propre grand oncle d’Albert Le Grand à qui nous devons un collectage fabuleux des contes et légendes de Bretagne, c’est une véritable épopée que vécurent Neventer et son pote Derrien, de retour des croisades, dans les parages. Tout cela sur les rives de l’Elorn, que l’on nommait avant cet épisode Dour du, magnifique rivière à truites et saumons. Ici à gauche, c’est une représentation de Derrien dans la vallée des saints bien sur (oeuvre de Inès Ferreira et Goulven Jaouen). Il existe une Gwerz qui conte leurs exploits, pas aux sculpteurs, aux saints.
0 velet e ranken rei
Va mab d’ezan da zevori,
Ker bras e bet va zizesper,
M’oun en em strinket er rivier.
En voici une autre (Gortoz a Ran) chantée par Denez Prigent.

Il est probable que la vraie origine du village se rapproche de celle, plus simple, de la création de nombreuses paroisses de basse-Bretagne par des tribus venues d’Outre-Manche. En effet, l’exode se faisait par tribu, et lorsque l’une d’elles trouvait un site pour s’ installer, elle créait une communauté un « PLOU » qui recevait par la suite le nom de son chef ou de son guide spirituel. Arthur de La Borderie écrit dans son  Histoire plouneventerde la Bretagne: Le Plou, c’est proprement et primitivement la petite colonie formée par la bande bretonne émigrée, s’établissant, au sortir des barques fugitives, sous la direction d’un brave guerrier, chef temporel, d’un pieux moine, chef spirituel de cette petite communauté formée sur la terre d’ exil par la communauté de malheur. Voici donc Néventer et ses compagnons qui, débarqués en Armorique, s’enfoncent à l’intérieur des terres à la recherche d’un asile. Ils vont le trouver non loin de la villa romaine de Kérilien, et là, ils établissent un « PLOU  » qui, pour l’Histoire, deviendra Plouneventer. A noter que le terme Plou est issu du latin plebs, plebis, « peuple, gens », même étymologie que plèbe en français. Mais bon, pour compliquer les choses, sachez qu’en breton, Plou se dit Gwi mais… C’est une autre histoire.

Allez, confinez gaiement (ça touche à sa fin) et à bientôt peut-être.

Là-bas dans les monts d’Arrée…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

Amis de l’humour noir et du blanc-manger réunis, bonjour ! Ce Lundi O4 Mai 2020 correspond au 15è jour de floréal dédié au ver à soie, à ne pas confondre avec cette sale bête qui est le ver à soi, quand bien même par ici il soit surtout question du verre à soi…

En Bretagne on célèbre les Eneour, Enewyr en gallois, qui doit son nom bien entendu à un supposé saint venu d’outre manche sur une barque de granite aux alentours roc trevezeldu VIè siècle. Il fait partie de cette cohorte de saints que les évangélisateurs de la Bretagne ont imposé pour christianiser à marche forcée cette terre de païens. Un certain nombre de communes lui doivent leur nom à l’instar de Ploneour-Menez, Ploneour-Trez ou Ploneour-Lanvern, toutes dans le Finistère. La légende le fait débarquer en pays Bigouden, ce qui n’est pas le plus court chemin quand on vient du pays de galles vous en conviendrez. Mais bon, les paysans du Léon n’avaient pas encore inventé la Brittany Ferries…

Il aurait été accompagné de sa sœur Thumette, on n’est jamais trop prudent. Thumette donc, Tunvezh en breton, qui était il n’y pas si longtemps encore un prénom très porté en pays bigouden, et qui est toujours me dit-on, la patronne des marins au long cours, des Cap-horniers. le-lit-dEneourQuand à Eneour, la légende toujours, le veut enterré dans l’église de Ploneour-Menez. D’ailleurs, dans les monts d’Arrées, à quelques pas de Roc’h-Trevezel (364m 62) se trouve une pierre remarquable que les autochtones nomment le lit de Eneour. Elle est située à environ un kilomètre au Nord de l’église, et à trois cents mètres à l’Est du manoir du Penhoat. Selon la légende, l’ermite, qui aurait laissé son nom à la paroisse, Plonéour-Menez, avait pour habitude de se retirer en ce lieu pour prier et dormir. On y voit, avec beaucoup de bonne volonté et par temps clair, l’empreinte du chapeau, du livre et des sandales de Enéour ainsi que la marque de son corps.

Allez, confinez gaiement et à bientôt peut-être.

Dans la rue des blancs manteaux…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

, , ,

Amis des confessions de saint Augustin et du veau Marengo réunis, bonjour ! Nous sommes bien le Samedi 02 mai 2020, treizième jour de Floréal dédié au bâton d’or (c’est une sorte d’espèce de genre de giroflée), jolie plante qui fleurit au printemps sur les vieux murs où elle macaronésieépanouit ses fleurs jaune orangé d’une odeur délicieuse, recherchées par les abeilles. Si je vous dis qu’il s’agit d’une plante  de la famille des Brassicacées qui inclut les giroflées, dont beaucoup sont originaires de Macaronésie, ça vous la baille belle non ? (La Macaronésie est un ensemble d’iles à l’Ouest de l’Afrique et de l’Europe, dans l’océan Atlantique, composé des Açores, de Madère, des îles Canaries et des îles du Cap-Vert.) Ne pas confondre avec la macronie qui est un territoire perdu de la cinquième république. Encore que je soupçonne certains d’entre vous de faire semblant de prendre la Macaronésie pour un pays de nouilles comme d’autres prennent l’Helvétie pour une lanterne…

Par ici on célèbre les Avoye. La légende raconte que Avoye est venue d’Angleterre, remontant la rivière d’Auray (56) dans un mortier de granit rose. Oui, c’était ainsi à l’époque, les saints dans le granit bleu, les saintes dans le granit rose. Dans la chapelle de Pluneret (56),près du Jubé, les visiteurs peuvent se recueillir devant la fameuse ste-avoye-001-format-web-300x246pierre; par ailleurs, l’orthophoniste se faisant rare en Morbihan, ils y déposent leurs enfants ayant des difficultés à parler ou à marcher.  On dit que Avoye aurait été l’une des compagnes de sainte Ursule. Jetée en prison par un chef barbare, elle aurait été décapitée à cause de sa vertu. Voilà comment on peut perdre la tête à ne pas vouloir perdre sa virginité. Un ordre de religieuses placé sous son patronage s’était établi à Paris, dans le quartier du Temple, vers 1288. La chapelle abrite une pièce rare : un jubé polychrome de style Renaissance entièrement sculpté dans le chêne, il sépare le chœur de la nef et délimite ainsi l’espace réservé aux seigneurs et au clergé de celui réservé aux fidèles du petit peuple.

A Paris, le quartier Sainte-Avoye est derrière celui de la Grève, dont il est séparé, au midi, par une partie de la rue de la Verrerie. Il est borné, à l’orient, par le quartier Saint-Antoine ; au nord, par celui du Temple; et à l’occident, par celui de Saint-Martin. [...] Si l’on entre dans la petite blanc-manteauxrue de l’Homme-armé, on arrivera bientôt à la rue des Blancs-manteaux, qui traverse celle de Sainte-Avoye dans la vieille rue du Temple. C’est là qu’on trouve le couvent des Blancs-manteaux, où un étranger, qui y est attiré par la curiosité, est bien étonné de voir des moines noirs, tels que les bénédictins de la congrégation de Saint-Maur. C’est que cette maison était autrefois habitée par d’autres religieux qui portaient des manteaux blancs. Quant à la rue des Blancs-Manteaux elle-même, elle fut pendant la Révolution le théâtre de massacres, immortalisés dans une chanson écrite par Jean-Paul Sartre et chantée par Juliette Gréco sur une musique de Joseph Kosma.

Voici comment des îles fortunées nous arrivons à la rue des blanc-manteaux. Étonnant, non ! Allez, confinez gaiement, encore un peu, et à bientôt peut-être.

Papa pique & maman coud…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

Amis de la révoltation et de la rebellitude réunies, bonjour ! Nous sommes le mercredi 22 avril 2020, troisième jour de Floréal dédié à la fougère. Enfougère ces temps épidémiques, une fois épuisé le stock de masques, de blouses, de sur-blouses et de respirateurs. Une fois épuisé la générosité et le dévouement des soignants. Après avoir vitupérer contre l’impéritie de nos dirigeants. Que reste-il sinon en appeler à Santig Du. Celui-ci n’est pas un saint comme les autres. En effet, ce n’est pas le Vatican mais le peuple qui en a fait un saint. Vox populi, vox dei; oyez son histoire.

De son vrai nom Jean Divoutou, il est né à St Vougay dans le Léon (finistère) vers 1279 et mort de la peste à Quimper en 1349. Le brave homme avait l’habitude d’aller pieds nus et les bretons  le surnommaient Yann Diarc’hen, c’est à dire Jean sans sabots. Sur ses origines, voici ce qu’en disait Albert le Grand: « Le Bien-Heureux Jean, surnommé Discalcéat, ou Deschaux, à cause qu’il alloit toûjours nuds pieds, nasquit de parens de mediocre fortune, gens de bien & craignans Dieu, qui Santig du - 3-faisoient leur residence  dans l’Evesché de Leon, en Basse Bretagne.On dit que sa mere estant enceinte de luy, desira manger d’une certaine espece d’oyseau qui ne se trouve pas en ces quartiers, & alloit ce desir tellement augmentant, qu’elle couroit risque de perdre son fruit ; mais Dieu la preserva extraordinairement ; car un jour, comme elle estoit en sa chambre, avec quelques siennes voisines, un oyseau tel qu’elle desiroit entra dans la chambre & se laissa prendre aisément, dont elle satisfit son appetit. Elle accoucha de ce benit enfant, environ l’an de grace 1280 sous le Pontidicat de Nicolas III, l’Empire de Rodolphe I & le regne de Jean I du nom, Duc de Bretagne, fils de la Duchesse Alix & de Pierre de Brenne, ou de Dreux, dit Mauclerc, son mary. Il fut nommé sur les sacrez Fonds, Jean, &, par humilité, voulut toute sa vie, estre nommé Iannic, qui est un diminutif breton de Jean, comme qui diroit Petit-Jean »

Il a consacré une grande partie de sa vie aux pauvres de Quimper et son culte est resté vivace jusqu’à il n’y a pas longtemps. Il a laissé des traces dans l’histoire par ses actions durant le siège de Quimper par les Discalceattroupes de Charles de Blois et surtout au cours de l’épidémie de peste qui frappa la Cornouaille à cette époque. Mon aïeule, qui savait aussi se montrer pieuse sans être bigote, nous a mené à plusieurs reprises jusqu’à la cathédrale de Quimper où, près de ses reliques, existait une petite tablette où des anonymes venaient y déposer du pain pour les nécessiteux; pratique qui remonterait au XVè siècle. Aujourd’hui on donne aux restos du cœur, on bricole ses propres masques, Papa pique et maman coud comme disait Charles Trenet car, force est de constater que la modernité n’a pas supprimé la pauvreté et les virus circulent plus librement que les migrants. Sa statue dans la vallée des saints est l’œuvre de Olivier Lévêque (évidemment).

Allez, merci d’être passé, confinez vous gaiement et, à bientôt peut-être.

Histoire d’un Patern austère…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

,

Amis de la relativité et du p’tit gris de Bourgogne réunis, bonjour ! Nous sommes le Mercredi 15 avril 2020, 26è jour de Germinal dédié au lilas et jour de la Saint Patern. Patern austère en ce qui me concerne car, on sait peu de choses du personnage si ce n’est qu’il est invoqué en cas de grandes sécheresses et qu’il fut (sans doute) le premier évêque de Vannes (56) et aussi qu’il fait partie des sept saints fondateurs de Bretagne. C’est grâce à l’auteur de la Vita Paterni, que de nombreux points d’ombres s’éclaircissent. SANT-PATERN-3-NB-200x300Patern ou Padern, fils de Petran et Guean, est un gallo-romain qui aurait immigré de Grande-Bretagne, plus exactement du Pays de Galles, au cours de la seconde vague de l’émigration bretonne en Armorique. Avant cela il fonde plusieurs monastères au Pays de Galles dont celui de Llanbadarn Fawr dans l’actuel comté de Ceredigion (Llan-Padern-Vaur – « Grande église de Patern »). Une autre légende veut que certains Rois d’Irlande furent convertis par Patern. C’est à Jérusalem qu’il aurait, au cours d’un pèlerinage, reçu la consécration épiscopale. Son arrivée sur le siège de l’évêché de Vannes serait due au chevalier légendaire de la Table Ronde et premier souverain du Broërec, Caradoc. C’est au cours du concile de Vannes vers 465, que l’avènement de l’évêque est historiquement attesté. Inutile de préciser qu’il trône en bonne place dans la vallée des saints à Carnoët; réalisée par Olivier Lévèque sculpteur de Pléneuf-Val-André.

Allez, soyez remercié pour votre visite, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Le blues du confiné…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

Amis de la comedia dell’arte et des farfalle al dente réunis, bonjour ! Nous sommes le Mardi 24 mars 2020, quatrième jour de germinal dédié à la tulipe mais, malgré cela, je vous surprends devant votre écrantulipes-à-la-torche-300x199 alors que la nature s’éveille. Narcisses, primevères et jonquilles décorent les talus, le merle moqueur s’égosille et la bière de mars est en bouteille… Le nom tulipe provient du turc tülbend, c’est-à-dire « plante-turban » ce qui, j’en suis convaincu vous fait une belle jambe… Ici à gauche, ce sont des tulipes en Bretagne et plus précisément à la pointe de la Torche.

En Bretagne précisément on fête les Kristell. Cette dernière n’était autre que la cousine de Houarneau (Hervé), fils d’Houarvian et de Riwanon au 6e siècle, aveugle et dompteur de loups, né dans une famille de bardes vers 520 au manoir de Lanrioull, en Plouzévédé eHervé dans la valléet mort à Lanhouarneau (29). A part saint Yves de Tréguier, il n’est pas de saint aussi populaire que lui en Bretagne. Aveugle depuis son jeune âge, guidé par un loup, selon la légende, il mena une vie de pèlerin. Un jour cependant, il se fixa à Plouvien, puis à Lan-Houarneau où il fonda un monastère pour y vivre confiné (déjà !). Hervé est le patron des chanteurs et musiciens bretons. Ici à droite sa statue par Jacques Dumas dans la vallée des saints à Carnoët (22). L’histoire raconte que Kristell soigna son dompteur de loups de cousin dans ses derniers instants et qu’elle mourut aux pieds de sa couche. Quand à notre prénom Kristell, il puise son origine dans le grec Kristos soit Krist en breton, ce prénom couramment attribué de nos jours est l’équivalent des prénoms français Christelle ou Christine.

 

Certains d’entre vous se souviennent peut-être de Annkrist et de son bleu cobalt, artiste d’origine brestoise, qui interprète ci-dessus Prison 101. Ce disque a été enregistré en 1975 je crois, c’est du blues à la mode bretonne. Allez, merci d’être passé malgré le couvre feu, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Budoc, je suis ton père…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

Amis de la tradition et de la bouillie d’avoine réunies, bonjour ! Nous sommes le Jeudi 12 mars 2020, 22è jour de ventôse dédié au persil. Aujourd’hui, en Bretagne armoricaine on célèbre (ou pas) Budoc. Oyez donc son histoire au lieu de vous inquiéter pour l’avenir de la retraite des vieux ou le prix du flacon de solution hydro alcoolique.

A Brest, en ces temps-là, au V° ou VI° siècle de notre ère, se dressait le château d’Even, prince de Léon, seigneur de Brest. Sa fille, la princesse Azénor, était – comme (presque) toutes les princesses – azenor-204x300blonde aux yeux bleus. Albert Le Grand écrivit même à son sujet qu’elle était  » de riche taille, droite comme une palme, belle comme un astre, et cette beauté extérieure n’était rien en comparaison de son âme. «  Le comte Chunaire de Goëllo, ayant ouï une telle renommée, demande la main de la belle Azénor, en envoyant au roi Even de riches émissaires. Les noces sont célébrées durant quinze jours, avant qu’Azénor ne rejoigne le château du comte de Goëllo, le Castel-Audren (aujourd’hui Châtelaudren dans le 22). Las ! Quelques mois après, la mère d’Azénor meurt, et le roi Even se remarie alors avec une marâtre peu recommandable, une  « dame de grande maison qui avait l’esprit malicieux, noir, sombre et malin, bref, une femme aussi mauvaise que la mer par un jour de tempête …»  .

Cette femme, convoitant le futur héritage d’Azénor, décide alors de se débarrasser de sa belle-fille. A force d’insinuations et de mensonges, s’aidant de faux témoins, elle persuade le roi Even, son mari, et le comte Chunaire, son gendre, qu’Azénor n’avait pas réservé sa couche à chateau-brestson mari, et l’accuse d’adultère, d’impudicité et d’abandonnement. Déshonoré, Chunaire fait reconduire séance tenante Azénor à Brest, où son père l’enferme dans la tour la plus sombre du château (qui porte encore aujourd’hui son nom, photo de gauche) Apprenant qu’elle est enceinte, les juges décident alors de lui faire grâce de la vie, mais  tout de même de l’enfermer dans un tonneau, et de les jeter à la mer, elle et son enfant. Mais la cruelle belle-mère meurt à son tour (je raccourci), et, dans ses derniers moments,  avoue ses mensonges. Le prince de Léon et le comte de Goëllo se mettent alors à rechercher Azénor, sans repos.  Un jour enfin, en Irlande, le père se retrouve face à un garçonnet blond comme les blés, aux yeux bleus, identiques à ceux qui illuminaient le doux visage d’Azénor. Budoc, son fils, était en face de lui. D’où la célèbre phrase reprise dans Star Wars: « Budoc, je suis ton père… »

Plus tard, Budoc décide de partir au-delà des mers, mais, n’ayant point de navire, s’allonge dans une grande auge de pierre, comme Conogan avant lui. Il retourne ainsi en Armorique où il fut confié à Samson, 1200px-Saint-Budoc_à_Trégarvanévêque de Dol. Toujours est-il que notre petit Budoc, en grandissant ainsi pieusement, devient abbé de Dol, puis évêque de Dol lorsque Magloire abandonna cette charge. la chronique veut qu’il ait établi une école monastique sur l’Île Lavrec (Lavret), dans l’archipel de Bréhat dans la deuxième moitié du Ve siècle où il eut comme disciple un certain Gwenolé. Il est aujourd’hui le saint patron (pour une fois qu’un patron est saint) de Ploudalmézeau, Beuzec et Porspoder. A droite la statue de Budoc à Trégarvan (29). Tout le reste n’est que billevesées et fantaisies, mais bon… La naïveté populaire est sans limite. J’ai connu des gens qui avaient voté socialiste en croyant voter à gauche…

Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

J’entends le loup, le renard…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

Amis de la divine comédie et de la poule-au-pot réunies, bonjour ! Nous sommes le Jeudi 05 mars 2020, 15è jour de ventôse dédié à la chèvre. Je dois absolument profiter de ce miracle de la météorologie moderne qui offre au pabis repetitays d’Iroise un jour sans pluie pour terminer les travaux agricoles que requièrent les jardins de mon ermitage. En conséquence de quoi, bis repetita placent pour ce billet; car, si l’on en croit Horace, les choses répétées plaisent…

Or donc, en Cornouailles et en Léon, on célèbre (ou pas) Piran, ou Péran qui serait selon certains historiens le Kiéran de Saighir évêque d’Ossory à qui on attribue l’introduction du christianisme en Irlande en compagnie de son pote  Patrick… Beaucoup de légendes parlent de Kieran de Saighir comme ayant ressuscité plusieurs personnes. Il avait dit-on apprivoisé un loup, un blaireau et un renard. Le loup et le nolwenblaireau étaient devenus très obéissant mais le renard était resté espiègle. Il dérobait les chaussures de saint Kiéran et les cachait dans sa tanière. Pour un peu on l’entendrait chanter « j’entends le loup, le renard et la belette » mais, pour notre bonheur, il a refusé d’intervenir en faveur de Nolwenn Leroy aux victoires de la musique… Ci-dessous une version des plus emballantes par le groupe Blue railroad train. Saint Kieran de Saighir serait décédé en 530 de cause naturelle et non pas du Coronavirus comme l’affirment certaines gazettes.

NOratoire-de-saint-peran-trezilideotre bonhomme a laissé de nombreuses traces en Bretagne : Il est le patron de la paroisse de Trézélidé (à gauche en photo, son oratoire) en Léon, non loin de Morlaix. Dans l’Est de la Bretagne il est l’éponyme de Saint-Peran, une trêve de Paimpont, jadis un prieuré , et de Lopéran dans la paroisse de Saint-Malo-des-Trois-Fontaines; et dans le Sud nous trouvons Loperan au Port-Louis près de Lorient; au Nord il y a un Saint-Peran en Plédran (22) et une forteresse “vitrifiée” toute proche, appelée Camp de Peran (sans doute une forteresse Viking) un Prat-sant-Peran en Paule, et un bois, un château, et une lande, de Saint-Peran en Glomel, avoisinant Paule ainsi que le manoir.

Voilà pour la petite histoire du jeudi, en attendant les prochaines, portez vous bien et à bientôt peut-être.