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To puff or not to puff…

Posté par erwandekeramoal dans ANARCHISME, LECTURE

Amis de la blanche hermine et du gigot d’agneau réunis, bonjour ! Nous sommes le mercredi16 octobre 2013, 25è jour de Vendémiaire dédié au boeuf. Le 16 octobre 1854, naissance de Jean GRAVE figure incontournable de l’anarchisme. C’est le 4 mai 1895 que paraît le premier numéro du journal Les temps nouveaux, à son initiative. Cet temps nouveauxhebdomadaire qui vivra jusqu’en 1914 sera un formidable outil de propagande des idées anarchistes. De nombreux artistes et intellectuels y ont collaboré: Kropotkine, Elisée Reclus, Octave Mirbeau, Felix Nadar… On peut voir ici, à droite, une lithographie de Maximilien Luce pour illustrer le supplément littéraire du journal. C’est donc plus de 900 numéros qui verront le jour ainsi que quelques suppléments et brochures consacrés à Malatesta, Elisée Reclus, Proudhon… Voici ce que l’on pouvait lire dès le premier numéro: » Par ces temps de tripotages financiers, de réclame sans vergogne, la presse est devenue la servante de la banque et du commerce. Il est admis, aujourd’hui, qu’un journal ne peut vivre sans bulletin financier et qu’en abandonnant sa quatrième page electeurs_graveaux petites correspondances amoureuses, aux marchands de « curiosités », aux charlatans de la « spécialité ». Sans capitaux et sans avance, nous lançons notre journal, ne comptant que sur l’appui du public intellectuel et la bonne volonté de ceux qui nous connaissent. Nous n’insérerons ni bulletin financier, ni réclame payée, ni annonces commerciales, n’espérant pour faire vivre notre journal qu’en la seule vente de ses numéros. Cette tentative réussira-t-elle ?  Au public d’en juger s’il doit continuer à servir le puffisme qui se fait sur son dos, ou apporter son concours à une œuvre d’idée. »

Cela vous rappelle quelque chose ? En tous cas, ce petit billet m’a permis de découvrir ce qu’était le « puffisme », cet art de la réclame outrancière. De l’anglais to puff. Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

 

Un père peinard, des cénobites tranquilles…

Posté par erwandekeramoal dans ANARCHISME, LECTURE

Amis de la démondialisation et de la saucisse de Molène réunies, bonjour ! Nous sommes le samedi 12 octobre 2013, 21è jour de vendémiaire dédié au chanvre, Cannabis Sativa, comme dirait le petit Nicolas quichanvre connait toutes les plantes par leur nom savant. Savez vous que le mot de Canebière, cher aux marseillais, vient du mot chenevière qui désignait un champ de chanvre.  Etonnant, non ! Ainsi que je vous l’ai dis, le blogue est en chantier et je suis ce samedi du côté de Rennes auprès de l’assistance technique. Comme d’habitude dans ces cas là, je puise dans la collection de mes anciens billets. relisons Le père peinard, formidable journal d’Emile Pouget, et fêtons ensemble le 150 000è visiteur de ce modeste blog auquel vous voulez bien accorder un peu de votre temps.

« …Autre chose, les cénobites tranquilles a eu une sacrée veine : un peu partout, dans les cambrousses, comme dans les grandes villes, il s’est trouvé des bons bougres à qui il a tapé dans l’œil. Et les gars lui ont Pougetdonné un bath coup d’épaule ! C’est pas le tout, en effet, de pisser des tartines à tire-larigot. Faut encore que ces tartines soient lues, mille bombes ! C’est à ça que se sont attelés les fistons. Et pourquoi donc se sont-ils tant grouillés ? Parce que les cénobites tranquilles n’a pas froid aux châsses, mille marmites ! Parce qu’il gueule toutes les vérités qu’il sait; même celles qui sont pas bonnes à dire ! Y en a qui vont jusqu’à affirmer qu’il a le caractère si mal bâti, que c’est surtout celles-là qu’il dégoise. Et puis, parce qu’il y a autre chose, nom de dieu ! Si les cénobites tranquilles gueule dur et ferme, c’est pas par ambition personnelle: la politique… ouh là là, faut pas lui en parler !

Oui, voilà la grande binaise. Si les bons bougres gobent les cénobites tranquilles , c’est parce que les cénobites tranquilles est un bon bougrepère peinard kif-kif à eux: il est resté prolo, tout en pissant des tartines, – et y a pas de pet qu’il fasse sa poire comme un daim. Et, sacré tonnerre, il ne flanchera pas ! Il continuera son petit bonhomme de chemin, cognant dur sur les exploiteurs, braillant ferme après tous les fumistes, criant à la chienlit derrière les députés et les sénateurs. Et ça, en attendant le grabuge final, où on foutra en capilotade toute cette racaille.» Texte extrait de :Le Père Peinard; Almanach du Père Peinard, 1894.

Emile Pouget (ici à gauche plongé dans la lecture de La voix du peuple) Emilene me tiendra pas rigueur de la supercherie, j’ai remplacé le nom de son journal le père peinard par celui d’un blog qui vous est cher. Le journal de Pouget, dans un style bien particulier, à la fois mélange d’argot, de néologismes et d’expressions savoureuses de son cru, va faire des bourgeois, patrons, curés, militaires et autres profiteurs, ses cibles favorites. Aujourd’hui, c’est sûr, Le père peinard serait un blog, leftblog assurément, dans lequel on pourrait lire les coups de gueule de son auteur contre l’engeance qui nous gouverne.

Ça c’était des blogueurs, milles marmites !

Allez, le bonjour vous va, portez vous bien et à demain peut-être.

 

LA COMMUNE N’EST PAS MORTE…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE, LECTURE

Amis de la mémoire en chantant et du cassoulet réunis, bonjour ! Nous sommes le vendredi 11 octobre 2013, 20è jour de vendémiaire dédié au pressoir. Poursuivant mon travail de dépoussierage des étagères je ressors un livre que les éditions La découverte ont eu la bonne idée de republier. Il s’agit des fameux Mes cahiers rouges que Maxime Vuillaume, PereDuchesneIllustre1_1_0cofondateur du Père Duchesne, écrivit au début du XXè siècle et qui représentent ses mémoires de communard. Une bonne occasion pour rappeler au petit Nicolas que, s’il entreprenait un come back, nous on pourrait se souvenir que… la Commune n’est pas morte. A l’heure où l’on s’interroge sur la meilleure façon de mettre à mal ce système qui étrangle les peuples un peu plus chaque jour, il est salutaire de se replonger dans de saines lectures. Ici restitués pour la première fois dans leur intégralité, Mes Cahiers rouges – parus entre 1908 et 1914 dans les célèbres Cahiers de la Quinzaine de Charles Péguy – constituent un classique de la littérature communarde.

Durant l’Année terrible, leur auteur, Maxime Vuillaume 1844-1925, fut constamment aux premières loges, tantôt comme spectateur, le plus souvent comme protagoniste. Engagé volontaire dans la Garde nationale, il participe aux journées insurrectionnelles des 31 octobre 1870 et 22Vuillaume janvier 1871. À compter du mois de mars, c’est par la plume qu’il poursuit son combat, en fondant l’un des journaux les plus lus – et certainement le plus populaire – de la révolution communaliste : Le Père Duchêne. Au cours de la Semaine sanglante, enfin, il n’hésite pas à prendre les armes pour résister à l’assaillant versaillais.Rédigés dans un style franc et direct, Mes Cahiers rouges ressuscitent tout un pan de l’histoire de France, trop souvent négligé : l’opposition tumultueuse au Second Empire décadent, le siège de Paris, cette fraternelle utopie que fut la Commune de 1871, avec ses joies, son allégresse, ses déboires et ses désillusions. Des pages plus sombres également : la brutalité et la férocité de la répression, la proscription et son lot de souffrances, le retour des exilés et la nostalgie d’un espoir assassiné. Aux antipodes de la solennité et du ton compassé qui caractérisent les traditionnelles Mémoires, l’écriture incisive et alerte de Vuillaume conduit le lecteur à travers la ville révoltée, le fait sursauter quand claque un coup de feu, l’emplit d’effroi lorsqu’un communard est exécuté. Un livre vivant. Bien vivant. À redécouvrir avec délectation. Pour mémoire, 900 morts du côté des versaillais, vainqueurs et 20 000 fusillés et 20 000 déportés du côté des vaincus… La chanson d’Eugène Pottier est interprétée par Germaine Montero. Allez, bonne lecture, portez vous bien et à demain peut-être.

 

De l’O dans son vin…

Posté par erwandekeramoal dans LECTURE

Amis de l’érotisme flambloyant et de la bouillie d’avoine réunis, bonjour ! La roue tourne inlassablement et nous voici déjà le lundi 23 septembre images-22013, deuxième jour de Vendémiaire généralement dédié au safran. Ah, les coquilles saint-Jacques de la baie de St-Brieuc sur une fondue de poireaux safranée…Vous servez cela avec un Graves-de-Vayres qui, malgré l’analogie du nom est sans rapport avec la zone viticole des Graves. Même si la majorité des Graves-de-Vayres blancs secs est issue d’assemblage sauvignon, sémillon, muscadelle; j’ai une faiblesse pour le 100% sémillon élevé en barriques.

Le 23 septembre est le jour anniversaire de la naissance d’une écrivaine (je déteste cette formulation), une auteure donc (c’est encore pire), dont on a longtemps mis en doute les capacités, sans doute 57287486_p
précisément parce que elle était une femme. Je veux parler de Dominique AURY. Ce nom ne vous dit rien et pourtant elle a commis un des plus grands best-sellers de la littérature érotique. On la connaît mieux sous le nom de Pauline Réage et on lui doit, entre autres, Histoire d’O
Elle fut élevé en Bretagne par sa grand mère et devint une élève brillante au point qu’elle fut la première fille admise en Khâgne à Condorcet. C’est son père, lui même universitaire, qui lui présenta Jean Paulhan le directeur de la prestigieuse Nouvelle Revue Française (NRF). Elle ne tarda pas à tomber amoureuse de Paulhan, de vingt ans son ainé et leur collaboration allait durer. 

Vers l’âge de quarante ans, sentant son amant s’éloigner d’elle, elle écrit histoire d’O qui sera refusé par son éditeur Gallimard et c’est Jean-57287512_pJacques Pauvert qui rafle la mise en publiant le livre en 1954. Elle entretenait à l’époque une liaison avec Edith Thomas, historienne et journaliste qui en 43 avait fondé le conseil national des écrivains avec Jean Paulhan, et on dit qu’elle s’en serait inspiré pour créer le personnage d’Anne-Marie dans son roman. Il fallu attendre 1994 pour qu’elle admette enfin être l’auteur de ce roman qui fit couler tant d’encre. Elle a publié d’autres oeuvres, notamment Lecture pour tous qui recevra le prix de la critique en 1956. Dominique AURY s’est éteinte le 27 avril 1998 à Corbeil-Essonnes.

 

Bonne lecture pour ce début d’automne, à déguster sans modération évidemment. Portez vous bien et à demain peut-être.