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Un dandy de grands chemins.

Posté par erwandekeramoal dans LECTURE, PORTRAIT

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Amis du dandysme et de la crevette rose réunis, bonjour ! Nous sommes le Mardi16 octobre 2018, ce jour correspond au 25 de vendémiaire, aimablement dédié au bœuf.

C‘est aussi l’anniversaire de la naissance de Oscar Fingal O’Flaherty Wills Wilde, plus connu sous le nom de Oscar WILDE et j’en profite pour évoquer cette figure de l’anticonformisme libertaire. Oscar Wilde est né à Dublin en 1854. Il est le fils d’un chirurgien irlandais de réputation internationale. Sa mère, Jane Oscar DFrancesa Elgee, est une poétesse pleine de ferveur nationaliste, qui dans les années 1840, soutient la cause irlandaise face à l’Angleterre. Après des études classiques au Trinity College à Dublin, où déjà il fait preuve d’une forte personnalité et se distingue des autres étudiants par l’extravagance des ses vêtements, Oscar Wilde est admis à l’université d’Oxford. Il a notamment comme professeur John Ruskin, l’un des porte-paroles d’un mouvement culturel qui estime que l’art ne doit être que recherche du Beau, sans aucune préoccupation morale ou sociale. Oscar Wilde est un élève brillant et distingué. Il a les cheveux longs, porte des cravates lavallière et orne les boutonnières de ses costumes d’un œillet, d’un lis ou d’un chrysanthème.

Esprit subtil et excentrique, dandy d’une rare élégance, sa célébrité devient grande dans les milieux culturels et aristocratiques londoniens qui accueillent avec ravissement ses premiers Poèmes (1881). Il devient très vite l’un des théoriciens de « l’art pour l’art », et le chef de file des « esthètes ». Il est ainsi invité à donner une série de conférences aux Etats-Unis sur l’esthétisme. De retour en Europe, il s’installe à Paris, où il écrit oscar dublin Gdeux pièces de théâtre (la Duchesse de Padoue, 1883), Véra ou les Nihilistes, 1883) . Il rencontre les principaux écrivains français de l’époque : Verlaine, Mallarmé, Zola, Daudet, et Hugo. De retour à Londres (1884), il épouse l’une de ses admiratrices, Constance Lloyd. Ils auront deux enfants. Il s’emploie également à défendre la cause féministe. Il est à noter qu’il fut Franc-Maçon et, ce fut donc le 16 février 1875 qu’Oscar Wilde fut proposé à l’Appolo University Lodge par Sinclair Franklin Hood et John Edward Courtenay Bodley. Wilde dut bénéficier d’une dérogation car il avait moins de 21 ans. Il fut initié la semaine suivante. Il atteind le 2e Degré le 24 avril 1875 et fut élevé à la Maîtrise le 25 mai de la même année. Il rejoignit la Churchill Lodge en novembre 1875. Membre également de l’Oxford University Chapter n°40 (Rite Ecossais), il y atteint le Grade de Rose Croix (18e). A gauche, la célèbre statue de Merrion square à Dublin.

Pour ses enfants, il organise des bals costumés et écrit des contes. Il publie également des nouvelles (le Crime de lord Arthur Saville et autres histoires, 1891), un essai (Intentions, 1891) et aussi son seul roman (le Portrait de Dorian Gray, 1891). On lui doit aussi la célèbre pièce Salomé, créée par Sarah Bernhardt. Le portrait de DORIAN GRAY lui vaut une très grande notoriété, mais le public anglais, choqué, lui reproche l’immoralité de certains personnages. En 1895, Oscar Wilde décide de porter plainte en diffamation contre le Marquis de Queensberry, le père d’Alfred Douglas, son amant. Ce procès tourne mal. Finalement c’est le Marquis de Queensberry qui porte l’affaire devant les tribunaux, accusant Wilde de pervertir son fils . Oscar Wilde est condamné pour délit d’homosexualité à 2 ans de travaux forcés le 27 mai 1895. Il purgera cette peine dans la très répressive prison de Reading, au sud de tompe oscarl’Angleterre. Il sort de prison le 19 mai 1897, et s’exile en France, à Berneval, près de Dieppe. C’est un homme brisé et ruiné. Il prend pour pseudonyme le nom de Sebastian Melmoth. Il publie en 1898, la ballade de la geôle de Reading, un témoignage émouvant sur sa douleur de prisonnier. Il meurt à Paris, en 1900 dans la misère et la solitude. Il est enterré au Père Lachaise a Paris, où il repose sous un étrange sphinx aîlé de l’américain Jacob Epstein (photo de droite). Le visage, vu de face, évoque les traits de l’écrivain à la fin de sa vie. Cette sculpture fut « interdite de séjour » durant six ans par le préfet de Seine en raison du sexe masculin apposé à cet ange, sexe mutilé en 1961 par un prude ou un collectionneur. On raconte qu’il servit un temps de presse-papiers au conservateur du cimetière. et sa tombe est célèbre parce qu’elle est pleine des empreintes des baisers de toutes ses admiratrices.

Voilà, c’est un peu long non ! maintenant, quand on aime on ne compte pas, allez, portez vous bien et à bientôt peut-être

Mes cahiers rouges…

Posté par erwandekeramoal dans LECTURE

Amis de la mémoire en chantant et du cassoulet réunis, bonjour ! Nous sommes le Jeudi 11 octobre 2018, 20è jour de original.99076vendémiaire dédié au pressoir. Les soirées risquant d’être quelque peu ennuyeuses, je vous conseille un livre que viennent de re-publier les éditions La découverte. (2011) Il s’agit des fameux Mes cahiers rouges que Maxime Vuillaume, cofondateur du Père Duchesne, écrivit au début du XXè siècle et qui représentent ses mémoires de communard; bon, d’accord, c’est un pavé. Une bonne occasion pour se rappeler, si besoin était, que la Commune n’est pas morte…

A l’heure où l’on s’interroge sur la meilleure façon de mettre à mal ce système qui étrangle les peuples un peu plus chaque jour, il est salutaire de se replonger dans de saines lectures. Ici restitués pour la première fois dans leur intégralité, Mes Cahiers rouges – parus entre 1908 et 1914 dans les célèbres Cahiers de Vuillaumela Quinzaine de Charles Péguy – constituent un classique de la littérature communarde. Durant l’Année terrible, leur auteur, Maxime Vuillaume (1844-1925), fut constamment aux premières loges, tantôt comme spectateur, le plus souvent comme protagoniste. Engagé volontaire dans la Garde nationale, il participe aux journées insurrectionnelles des 31 octobre 1870 et 22 janvier 1871. À compter du mois de mars, c’est par la plume qu’il poursuit son combat, en fondant l’un des journaux les plus lus – et certainement le plus populaire – de la révolution communaliste : Le Père Duchêne. Au cours de la Semaine sanglante, enfin, il n’hésite pas à prendre les armes pour résister à l’assaillant versaillais.

Rédigés dans un style franc et direct, Mes Cahiers rouges ressuscitent tout un pan de l’histoire de France, trop souvent négligé : l’opposition tumultueuse au Second Empire décadent, le siège de Paris, cette fraternelle utopie que fut la Commune de 1871, avec ses joies, son allégresse, ses déboires et ses cahiers rougesdésillusions. Des pages plus sombres également : la brutalité et la férocité de la répression, la proscription et son lot de souffrances, le retour des exilés et la nostalgie d’un espoir assassiné. Aux antipodes de la solennité et du ton compassé qui caractérisent les traditionnels Mémoires, l’écriture incisive et alerte de Vuillaume conduit le lecteur à travers la ville révoltée, le fait sursauter quand claque un coup de feu, l’emplit d’effroi lorsqu’un communard est exécuté. Un livre vivant. Bien vivant. À (re)découvrir avec délectation. Pour mémoire, 900 morts du côté des versaillais, vainqueurs et 20 000 fusillés et 20 000 déportés du côté des vaincus… La chanson d’Eugène Pottier est interprétée par Francesca Solleville.

Allez, bonne lecture, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Le cénobite fait sa rentrée…

Posté par erwandekeramoal dans LECTURE

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Amis de la Beat génération et du chouchenn chaud réunis, bonjour ! Nous sommes le Vendredi 14 septembre 2018 et certains persistent à penser que nous sommes le 28 de fructidor qui, comme chacun le sait, était le jour du maïs. C’est la Ste Croix et, comme disait mon aïeule: A la Sainte Croix, cueille tes pommes et gaule tes noix ! Ayant retrouvé l’usage quasi normal des différentes fonctions nécessaires à la vie en société (marche, préhension ,parole, équilibre…) Les représentants de l’académie de médecine m’ont enfin autorisé à quitter la charmante villégiature où ils me tenaient enfermé depuis début Août. J’ai donc rejoins mes pénates et mon ordinateur et me voici à pied d’œuvre…

Il y a longtemps de cela, une amie m’a fait découvrir un auteur Etats-Unien et m’a dit avec un accent alsacien très prononcé: Tu fas foir, tu fas atorer ! J’avoue que je n’ai pas été déçu du voyage littéraire auquel eBrautiganlle m’invitait. Il s’agissait de Richard Brautigan.
J’en parle aujourd’hui car il est décédé un 14 septembre en 1984. Enfin, on le suppose car son corps a été découvert plusieurs semaines après son décès présumé à la suite de son suicide. Il était né à Tacoma (ça commence comme un blues) dans une famille ouvrière. Sa biographie relate qu’il vivait avec sa mère, les enfants de celle-ci et…Plusieurs beaux-pères. En 1956, il s’installe à San Francisco où il passera les reste de sa vie. Il a été, un moment, considéré comme le pape de la Beat génération alors qu’il en resta toujours un peu en marge.

Je l’ai découvert à travers la pêche à la truite en Amérique, paru en France en 1967 chez Christian Bourgois. Puis, j’ai poursuivi en dévorant un privé à Babylone (1977). Dans les années 60 il s’était engagé dans des activités de la contre-culture à San-Francisco, participant fréquemment à des « performances » en tant que la pêche à la truitepoète. C’est la pêche à la truite en Amérique qui l’a catapulté vers une notoriété internationale. Ensuite, dans les années 70, il va s’essayer à divers genres littéraires, romans, poèmes, mais son succès ne dure pas. On dit que, à Burlington (ça me fait penser aux chaussettes) dans le Vermont, a été créée une Brautigan Library, dont la principale activité est d’accueillir uniquement des manuscrits refusés par les éditeurs. On y utilise des pots de mayonnaise en guise de presse-livres en hommage à La pêche à la truite en Amérique, qui se termine par le mot « mayonnaise ».
Son corps a été découvert le 25 octobre 1984 à Bolinas (Californie). Près du corps de l’auteur alors âgé de 49 ans, se trouvaient un 44 magnum et une bouteille d’alcool.
N’hésitez pas, on les trouve en « poche »(pas le Magnum) et si vous ne pouvez pas vous les acheter…Volez les ! C’est une excellente lecture pour l’automne qui s’annonce.

Voila, c’est tout pour cette rentrée. Tiens, ça a réveillé en moi le pêcheur qui sommeillait, je ne dis pas que je ne vais pas aller taquiner le goujon si le temps se maintient…Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

Un Gai-Luron…

Posté par erwandekeramoal dans LECTURE, PORTRAIT

Amis du contrepet et du homard grillé réunis, bonjour ! Et bien voilà, nous sommes le Samedi 14 juillet 2018 et, inutile de vous préciser qu’à l’instar de Jacques Brel, j’ai horreur de tous les flonflons, de la Salutvalse musette et de l’accordéon. Je rêve d’une grande parade d’où l’on aurait remisé tous les blindés, les fusils et autres avions semeurs de mort. Ce serait un immense défilé peuplé de jeunes filles en fleur, de jardiniers joviaux, de poètes échevelés, de moissonneurs en bras de chemise, de papy gâteau et de lady gaga. Et tout ce beau monde entonnerait La Ravachole dans les dédales de Montmartre.

Tiens, c’est l’anniversaire de la naissance de GOTLIB. Il est né le 14 juillet 1934. Il est dans sa jeunesse grand amateur des œuvres de Walt Disney entre autres, œuvres qui vont l’inspirer par la suite. Il commence tôt à faire ses propres illustrations, ce qui lui vaut de se faire remarquer à l’école, ses dessins dans les marges de ses rédactions lui valant des points en plus de la part de ses bonne soeur Dprofesseurs. Ses parents étant juifs, la police vient chercher son père en 1942. Quelques mois plus tard, sa mère, prévenue de la rafle par un gendarme, réussit à le cacher lui et sa sœur. Il ne reverra jamais son père. Après la Seconde Guerre mondiale, à partir de 1947, il passe trois ans au château des Groux , sorte d’orphelinat, où il découvre ce qu’il appellera plus tard les « filles du sexe opposé », et notamment Klara, une jeune fille d’origine hongroise. Cette partie de la vie de Gotlib a fait l’objet d’une autobiographie de jeunesse intitulée J’existe, je me suis rencontré. dans les années 1960, il dessine dans Record les conférences du « Professeur Frédéric Rosbif », dont certaines idées seront reprises ensuite pour son personnage du Professeur Burp dans la Rubrique à brac. Il illustre également des livres de contes pour enfants, comme Titou fait le ménage.

Entré au journal Pilote, il y crée en 1965 la série les Dingodossiers. Goscinny, alors rédacteur en chef du journal, apprécie l’humour de Gotlib, proche du magazine de BD satirique américain Mad où Goscinny avait lui-même travaillé un temps. Puis ce sera la création des fameuse rubrique à brac. Plus tard, en 1972, un autre Bang Gcollaborateur de Pilote, ami de Gotlib, Nikita Mandryka, se voit refuser une histoire du Concombre masqué par Goscinny. Déçu, Mandryka propose alors à Gotlib de créer leur propre journal. Avec l’aide de Claire Bretécher, ils lancent ainsi en 1972 L’Echo des savanes, où le style et les histoires de Gotlib vont énormément changer par rapport aux années de Pilote. Le 1er avril 1975, il lance son propre journal, Fluide glacial, « magazine d’Umour et de Bandessinées » avec son ami d’enfance Jacques Diament. Dans son nouveau magazine, Gotlib lance des bandes dessinées diverses, qui ont chacune marqué le neuvième art. On peut citer parmi les plus célèbres Rhââ lovely, Pervers Pépère, Superdupont, Gai-Luron…

 

Allez voila pour ce 14 juillet. Ressortez vos vieux albums, moi ça me fait toujours autant rire. Portez vous bien et à demain peut-être.

Vas-y Frankie…

Posté par erwandekeramoal dans LECTURE

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Amis du pain perdu et de la liberté retrouvée réunis, bonjour ! Nous sommes le Samedi 16 juin 2018 soit le 28è jour de prairial et c’est le thym-bio-150x150jour du thymus que des paresseux ont pris l’habitude de nommer le thym. Cette plante de la famille des lamiacées est aussi nommée, serpolet et, dans le sud, les occitans  disent farigoule. Le thym est utilisé depuis fort longtemps et pas seulement sur les côtes de bœuf. Je m’en suis servi l’autre soir pour aromatiser des langoustines rôties flambées au whisky. Attention, des vraies langoustines du Guivilnec, élevées sous la mer, un vrai régal.

Dans la nuit du 16 juin 1816, les poètes Lord Byron et Percy Shelley devisent avec leurs compagnes respectives, Claire et Mary, ainsi qu’un ami, le docteur John Polidori, dans une grande villa des bords du lac Léman, en Suisse. En raison d’un été exceptionnellement pourri, consécutif à l’éruption d’un volcan en Indonésie, cela fait plusieurs jours qu’ils ne peuvent sortir… Pour passer le temps, les mary_shelley-241x300jeunes gens entament un concours d’histoires macabres sur une suggestion de Lord Byron : « We will each write a ghost story » (« Nous allons chacun écrire une histoire de fantôme »). C’est ainsi que la maîtresse de Shelley, Mary Godwin (19 ans), raconte l’histoire du docteur Victor Frankenstein, qui tenta de créer la vie à l’égal de Dieu. L’histoire lui est inspirée par la vie d’un alchimiste allemand du siècle précédent, Konrad Dippel. Elle prend forme dans les jours qui suivent, après que la jeune fille a passé quelques nuits cauchemardesques. Elle débouche sur la publication deux ans plus tard du roman Frankenstein ou le Prométhée moderne, l’un des grands mythes de l’Occident contemporain et une mine intarissable pour les scénaristes du septième Art.

Épilogue tragique, la suite est obscurcie par des drames en série. Harriet, la femme légitime de Percy Shelley, se suicide, n’en pouvant plus des frasques de son génie de mari. Le poète se remarie avec frankeinsteinMary Godwin le 30 novembre 1816. Il meurt en mer le 8 juillet 1822, à 30 ans, au large de La Spezia (Italie), et est incinéré sur la plage, d’une manière très romantique, en présence de son ami Lord Byron. Ses cendres seront inhumées à Rome. Lord Byron, quant à lui, mourra de maladie le 19 avril 1824, à 36 ans, en participant à la défense de Missolonghi, aux côtés des Grecs. Mary Shelley décédera beaucoup plus tard, le 1er février 1851, à 54 ans, à Londres, d’une tumeur au cerveau. Elle aura eu deux enfants de son tumultueux mariage avec Percy… en sus du monstre du docteur Frankenstein. Sources: Fabienne Manière sur le site Hérodote.net.

Pour ma part, j’ai un faible pour le papa de Mary, William Godwin, penseur et théoricien anglais, considéré comme l’un des précurseurs de l’anarchisme. D’abord pasteur dissident, il abandonne la religion et publie, en 1793, « Enquête sur la justice politique », œuvre philosophique qui contient les principales bases politiques et économiques de l’idéal libertaire. Allez, merci d’être passé, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Mignonne, allons voir si la rose…

Posté par erwandekeramoal dans LECTURE

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Amis de l’économie Keynésienne et de la foire à Neuneu réunies, bonjour ! Nous sommes le Samedi 21 Avril 2018, deuxième jour de Floréal dédié au chêne dans notre calendrier républicain.

21 avril 1545: Ronsard rencontre Cassandre

Pierre de Ronsard, clerc et aumônier ordinaire du roi François 1er, a 20 ans quand il rencontre le 21 avril 1545, à Blois, lors d’un bal, la fille du banquier italien Bernard Salviatti, heureux propriétaire du château voisin de Talcy. Née en 1531, la jeune fille a 14 ans et se prénomme Cassandre. Le jeune homme se prend d’amour pour ronsardelle mais ne peut rien en attendre car il est déjà tonsuré et ne peut se marier. Au demeurant, il est aussi passablement sourd; ceci explique peut-être cela… Plus tard il lui dédiera le recueil Les Amours de Cassandre (paru en 1552) et son ode célèbre :

« Mignonne, allons voir si la rose
Qui ce matin avait déclose
Sa robe de pourpre au Soleil,
A point perdu cette vêprée
Les plis de sa robe pourprée,
Et son teint au vôtre pareil… »

Le poète, apprécié à la cour des Valois, se console de ses déboires amoureux en constituant deux ans plus tard, avec son ami Joachim du Bellay et quelques autres poètes, un cercle littéraire, la Pléiade dont l’objectif est de promouvoir la langue française face à l’omnipotence du latin et de l’italien.

Ainsi que vous l’avez remarqué, et sur les conseils de ma secrétaire particulière, je fais plus court. Allez, merci à vous, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Un siècle de poésie libertaire…

Posté par erwandekeramoal dans LECTURE, PORTRAIT

Amis de la géométrie et du carré d’agneau réunis, bonjour ! Nous sommes le Mardi 18 Avril 2018 et, le 28 de germinal (c’est aujourd’hui) est généralement dédié à la pensée (la fleur). J’en aurai donc une (de pensée) pour un bonhomme qui nous a quitté un 17 avril justement, après avoir traversé le siècle.

Or donc, le 17 avril 1989 Eugène BIZEAU, anarchiste, athée, pacifiste, jardinier, apiculteur, vigneron et poète, nous quittait àBizeau-D près de 106 ans, à Veretz (là bas ils disent Verett), non loin de Vouvray. 15 ans plus tôt, j’avais accompagné un ami, poète et journaliste au « Courrier de l’Ouest », pour une interview du vieil anarchiste. Je me souviens de la petite maison aux volets vert et de la bouteille de Vouvray qu’il avait des difficultés à ouvrir. N’eut été sa fraicheur d’esprit et sa liberté de langage, il avait un côté professeur Tournesol indéniablement. Issue d’une famille de vignerons socialistes et anticléricaux, il découvre très tôt les idées libertaires. Abonné dès 14 ans à la presse anarchiste, c’est tout naturellement qu’il y donnera ses premiers poèmes, qui seront publiés dans le journal « L’anarchie » fondé par Libertad.

Sa poésie sociale et révolutionnaire fera les beaux jours des chansonniers de « La Muse Rouge ». En 1914, Eugène est réformé pour « faiblesse de constitution », il n’en poursuivra pas moins sa dénonciation du militarisme, rusant avec la censure et collaborant à Bizeau-Gla presse anarchiste dont « La Mêlée ». En 1921 pour sauver Sacco et Vanzetti, il exhorte dans « Le Libertaire » : « Il faut que notre voix, grondant vers l’Amérique , aille exiger pour eux justice et liberté ». En 1929 puis 1934 ses poèmes sont mis en musique et enregistrés, ils passeront même, durant la révolution espagnole, sur les ondes de Radio Barcelone. En Auvergne, Bizeau assistera au conflit mondial et à ses ultimes violences. En 1980-81 le cinéaste libertaire Bernard Baissat lui à consacré un film émouvant : « Ecoutez Eugène Bizeau ». On peut par ailleurs trouver certains de ses textes sur un disque de 1985 « Les Cent Printemps des Poètes » Gérard Pierron, Alain Meilland et Michel Grange sont les interprètes des textes et chansons des Cent Printemps des Poètes, spectacle créé le 30 mars 1985 au Printemps de Bourges.

« J’ai rêvé de toute mon âme,
Rêvé comme on rêve à vingt ans,
Devant les beaux yeux d’une femme,
À l’éternité du printemps.
J’ai rêvé d’étreintes moins brèves
Et d’amour jamais achevé ;
Je ne sais plus où sont mes rêves…
Mais je sens bien que j’ai rêvé ! »

Allez, restons en là pour aujourd’hui, portez vous bien et à demain peut-être.

A l’arrière des taxis…

Posté par erwandekeramoal dans LECTURE

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Amis de la mobylette Peugeot (la bleue) et de la truite (au bleu) réunies, bonjour ! Nous sommes le Samedi 14 avril 2018, 25è jour de germinal, dédié au pigeon.

Le 14 avril 1930, fin de l’aventure pour Vladimir Maïakovski, il vient de se tirer une balle en plein cœur. Poète, dramaturge, acteur, théoricien, peintre, affichiste et scénariste, Maïakovski est né à Bagdadi (Géorgie) en 1893. Issu d’une famille modeste, il s’installe à Moscou en 1906, après la mort de son père. Maïakovski adhèmaiiakowskire au Parti social démocrate (bolchévique) à 15 ans et participe aux manifestations révolutionnaires de 1905. Arrêté trois fois pour conspiration, il s’initie à la poésie alors qu’il est emprisonné à Boutyrskaïa en 1909. Il devient rapidement un des meneurs du mouvement futuriste après sa rencontre avec le poète et peintre David Bourliouk qu’il a connu en 1911 et qui lui a mis « le pied à l’étrier ». Tout en exploitant cette nouvelle poésie, il atteint des sommets de lyrisme dans La Flûte en colonne vertébrale ou dans son Nuage en pantalon (1914), véritable manifeste du futurisme, qui est le fruit de sa relation troublée avec Lili Brik qu’il a rencontrée en 1910 alors qu’il entretient une relation avec sa jeune sœur qui elle, deviendra célèbre, Elsa Triolet. Comme disait Jabiru dans son blog « c’était en quelque sorte le beauf d’Aragon ». Voici, à droite une photo de Maïakovski en compagnie de Lili Brik, revue et corrigée par la censure soviétique…Il lui écrira et lui dédiera sa vie durant ses plus belles poésies. Lili est déjà mariée avec Ossip Brik qui devient l’ami et l’éditeur du poète. Un ménage complice à trois s’instaure. Avec Serge Tretiakov ils fondent le journal LEF qui influencera toute une génération d’écrivains. Tiens, on me glisse à l’oreille d’utiliser Noir Désir pour l’illustration musicale…

De retour à Moscou et après la révolution d’Octobre de 1917, qu’il accueille d’abord favorablement, il utilise, sincèrement, son talent au service du pouvoir politique, notamment dans le poème « Lénine » mais il se heurte rapidement au conformisme des critiques et du Parti. Il sillonne pourtant l’Europe en ambassadeur et visite Londres et Paris. Partout on écoute ce géant à la voix de stentor célébrer la МАЯКОВСКИЙ БРИКrévolution dont il est le chantre. Il se met au service de l’agence télégraphique russe et conçoit les images et les textes des posters satiriques Agitprop. Après une série de ruptures et de réconciliations, il se sépare définitivement de Lili en 1924. Il part pour une tournée de conférences à New York et il y rencontre Elly Jones, une jeune émigrée russe et de leur passion brève, trois mois, naît une fille Patricia Jones Thompson. Le 14 avril 1930 à 10 h 15, le poète harassé, qui par défi jouait aussi à la roulette russe, se tire une balle dans le cœur. Le dernier acte de la vie de Maïakovski s’est déroulé à Moscou, au numéro 3 du Loubianskyi Prospekt, appartement 12. La thèse du suicide semble évidente. Le poète qui exhortait la jeunesse à vivre à la mort terrible d’Essenine est lui aussi « reparti vers les étoiles ». On trouvera ce mot : « Maman, mes sœurs, mes amis pardonnez-moi – ce n’est pas la voie ( je ne la recommande à personne ) mais il n’y a pas d’autre chemin possible pour moi. Lily aime-moi ! ». Staline ordonne des funérailles nationales pour celui qu’il qualifiera plus tard de « poète de la Révolution ». « Ils l’ont tué une seconde fois » dira Pasternak.

Allez, merci pour la visite, je m’en vais de ce pas à la rencontre d’autres auteurs: festival Des-Lire(s) à l’Ouest. C’est Place Guérin à Brest même. Portez vous bien et à bientôt peut-être.

Le baron philosophe…

Posté par erwandekeramoal dans LECTURE

Amis du Rockabilly et de la mousse de cresson réunis, bonjour ! Nous sommes ldoronice Mercredi 07 mars 2018 qui correspond au 17è jour de ventôse dédié au doronic, jolie fleur qui n’a d’autre intérêt que d’être jolie, ce qui, pour une fleur n’est déjà pas si mal. Cette plante fait partie de la même famille que l’Arnica ce qui, j’en suis sûr, vous fait autant d’effet que l’annonce d’un changement de nom pour le Front National. Quoique…Une jolie fleur dans une peau de vache, une jolie vache déguisée en fleur. Comme le disait Brassens: de toute façon, on se fera baiser.

Quelques menus travaux de peinture m’ont emmené à remettre le nez dans les rayonnages quelquefois délaissés de la bibliothèque. Curiosité récompensée car j’y ai retrouvé un ouvrage que je croyais disparu à jamais. Il s’agit d’une perle de la littérature qui, me semble t-il, trouve aujourd’hui tout son sel. Il s’agit de: «  Essai sur l’art de ramper à l’usage des courtisans » que l’on doit au baron d’Holbach, ami de Diderot. Réédité il y a quelques années aux ed. Allia. Philosophe français d’origine allemande, érudit et fortuné, Paul Henri Dietrich, baron d’Holbach est, grâce au salon qu’il anime, l’une des grandes personnalités de la vie parisienne. Sa formation 1006871-Paul_Henri_Thiry_baron_dHolbachaux sciences naturelles lui permet de collaborer à l’Encyclopédie pour des articles de chimie et de minéralogie. Matérialiste et fataliste athée, Holbach s’oppose à toutes les doctrines religieuses, instruments du despotisme. Sans être vraiment novateur par les concepts qu’il développe, il emprunte ses idées aux sources les plus variées. Il les combine et les développe avec une grande hardiesse qui l’oblige à publier ses ouvrages sous un pseudonyme. Sa philosophie est exposée dans « Le christianisme dévoilé » et « Système de la nature », véritable code de l’athéisme. Il y décrit un univers entièrement déterminé par le principe de la causalité qui s’applique à toute la matière, excluant donc toute intervention divine. Ce sont la peur et l’ignorance qui conduisent les hommes à croire en Dieu et les poussent vers les religions. »L’homme n’est superstitieux que parce qu’il est craintif, il ne craint que parce qu’il est ignorant. » (Paul Henri Dietrich, baron d’Holbach / 1723-1789 / Contagion sacrée / 1767). Un petit livre donc, à méditer en ces temps où il est à nouveau de bon ton de se montrer à la cour.

Et voila pour ce mercredi, triste comme une porte de prison où nous nous réunissons à St Nazaire pour accompagner Rem* vers sa dernière escapade. Allez, à bientôt peut-être.

L’homme qui en savait trop…

Posté par erwandekeramoal dans LECTURE, PORTRAIT

Amis du trot attelé et du pendule de Foucault réunis, bonjour ! Nous sommes, qui l’eut cru, le Samedi 24 février 2018, sixième jour de Ventôse dédié à l’Asaret qui est, chacun le sait, une plante asaretherbacée de la famille des Aristolochiacées. L’Asaret du Canada est une plante désignée vulnérable à la récolte par le gouvernement, il est interdit de la cueillir ou d’en faire le commerce. Sa fleur est petite et de forme particulière. Le rhizome de l’Asaret du Canada a une odeur et une saveur de gingembre c’est pourquoi on l’appelle aussi gingembre sauvage. Voilà, vous savez tout.

Tiens, à propos de gens qui savent tout…

Relisez, si l’occasion vous  est donnée, Jean Pic de la Mirandole. Troisième fils d’une vieille famille comtale, Jean Pic naquit le 24 février 1463 au château de Mirandole. Suite à la mort prématurée de sa mère, il hérita très jeune d’une fortune considérable qui allait lui permettre bien des voyages, bien des libertés et bien des Pico1-228x300extravagances. D’abord inscrit à l’Université de Bologne pour des études en Droit canon (sa mère le destinait à la prêtrise) il renonça bien vite aux diplômes universitaires pour devenir autodidacte. Il séjourna aussi à Ferrare avant de s’établir à Florence. À 23 ans, il publie 900 thèses sous le titre : Conclusions philosophiques, cabalistiques et théologiques, et, grand seigneur, invite tous les érudits à en débattre avec lui à Rome, quitte à ce qu’il leur paie les frais de déplacement ! L’initiative déplaît en haut lieu et le 31 mars 1487, Pic de la Mirandole doit renoncer à plusieurs de ses conclusions, jugées hérétiques par une commission papale.

Il mourut le 17 novembre 1494, alors que le roi de France entrait à Florence. Jean Pic de la Mirandole décéda, assisté en ses derniers instants par Savonarole qui voyait dans la victoire des troupes françaises la réalisation de ses prophéties… Cette mort mystérieuse, emportant en moins de deux semaines un homme dans la force de l’âge, a fait croire à un empoisonnement dont le secrétaire de Pic aurait été l’auteur. Ce personnage, cupide et fort louche au demeurant, aurait été soudoyé par Pierre de Médicis, qui n’aurait jamais pardonné au protégé de son père d’avoir pris le parti de Savonarole ou, du moins, de s’en être ostensiblement rapproché. Ludwig-von-Langenmantel-Savonarola-preaching-against-luxury-and-preparing-the-bonfire-of-the-vanities-1881-détail-300x168Certains voient dans Le discours la quintessence même de la pensée de Pic de la Mirandole et cet extrait a maintes fois été repris; on le retrouve dans L’œuvre au noir de Marguerite Yourcenar. Ce sont les paroles par lesquelles le Créateur, s’adressant au premier homme, lui confère le privilège de la liberté: « Je ne t’ai donné ni visage, ni place qui te soit propre, ni aucun don qui te soit particulier, ô Adam, afin que ton visage, ta place, et tes dons, tu les veuilles, les conquières et les possèdes par toi-même. Nature enferme d’autres espèces en des lois par moi établies. Mais toi, que ne limite aucune borne, par ton propre arbitre, entre les mains duquel je t’ai placé, tu te définisses toi-même. Je t’ai placé au milieu du monde, afin que tu pusses mieux contempler ce que contient le monde. Je ne t’ai fait ni céleste ni terrestre, mortel ou immortel, afin que de toi-même, librement, à la façon d’un bon peintre ou d’un sculpteur habile, tu achèves ta propre forme.» et d’aucun d’y lire l’œuvre du prototype même de l’humaniste du Quattrocento. Savonarole, L’œuvre au noir, Le nom de la rose… Brrrrr !

Allez, merci de votre visite, portez vous bien et à demain peut-être.