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Amis de la poésie…

Posté par erwandekeramoal dans LECTURE, PORTRAIT

Amis du club des poètes disparus et du Waterzoï de poulet réunis, bonjour ! Nous sommes le Mercredi 25 Octobre 2017, quatrième jour de brumaire dédié à la betterave. En Bretagne armoricaine, on célèbre Goueznou, saint homme qui a laissé son nom à une commune finistérienne (Gouesnou).

Pour agrémenter notre galerie de portraits, aujourd’hui quelques mots à propos de NORGE, décédé un 25 octobre (1990), pseudo de Georges MOGIN, grand poète belge dont de très beaux textes furent interprétés par Jeanne MOREAU. C’est à lui que l’on doit cette merveilleuse pensée:

«Je mets beaucoup d’ordre dans mes idées.
Ça ne va pas tout seul:
Il y a des idées qui ne supportent pas l’ordre
Et qui préfèrent crever.
À la fin j’arrive à avoir beaucoup d’ordre,
Et presque plus d’idées.»

En compagnie de Raymond Rouleau, il fonde, en 1925, le théâtre du Groupe libre, un groupe avant-gardiste et éphémère qui mettra en scène Cocteau, entre autres. Norge meurt à Mougins,norge2-b05d2 en 1990, précédé de quelques années par sa femme. Il est enterré dans le cimetière du Grand Jas à Cannes. Écoutons ce qu’en disait Piers Tenniel: «Avec Henri Michaux, Geo Norge est le poète contemporain belge qui a le plus contribué à la vitalité de la poésie francophone.

Comme il ne se prenait pas beaucoup au sérieux, on a souvent tendance à ne pas le prendre au sérieux. C’est un tort : sa poésie, pour légère qu’elle puisse paraître (dans le sens où la poésie de Charles Cros, de Germain Nouveau ou de Jules Laforgue est légère) n’en rend pas moins compte d’une palette étendue de bouleversements intérieurs, où, entre autres, la foi et le désespoir ont chacun leur tour. Comme René Depestre, Max Jacob, Desnos, il ne joue pas au poète, il est « le plus naturellement Norgedu monde poète » et plutôt que d’essayer de nous impressionner par des acrobaties verbales, il voudrait bien nous parler et nous rejoindre. Sa langue colorée, charnelle, vivante, joueuse, sa « langue verte » pour emprunter le titre d’un de ses livres publiés à la NRF, y parvient le plus souvent.» La vie et l’œuvre de Norge ont été évoquées par son ami Marc Alyn dans la collection « Poète d’Aujourd’hui » de Pierre Seghers. C’est donc une poésie très neuve qui caractérise Norge, elle a pour modèles la chanson populaire et les fables, s’attache à décrire, à force d’argot, des anecdotes de la vie des gens simples, ceux d’en-bas, et se moque continuellement de la poésie « noble », c’est-à-dire de presque toute la poésie.

Et bien voila pour aujourd’hui, en attendant la suite, portez vous bien et à demain peut-être.

En attendant l’ennemi…

Posté par erwandekeramoal dans LECTURE

Amis du dandysme décadent et de la crevette rose réunis, bonjour ! Nous sommes le Lundi 16 octobre 2017, 25è jour de vendémiaire, aimablement dédié au bœuf. C’est aussi l’anniversaire de la naissance de Oscar Fingal O’Flaherty Wills Wilde, plus connu sous le nom de Oscar WILDE.

Mais, à vrai dire, aujourd’hui je voulais évoquer un écrivain qui a eu la bonne idée de naître un 16 octobre en 1906 en Italie, à San Pellegrino (ça ne s’invente pas) et, ipso facto, de se retrouver dans les colonnes des « cénobites tranquilles » – j’ai nommé Dino Buzzati. Que vous lisiez le désert des Tartares ou une nouvelle fantastique comme le K ou les sept messagers, vous êtes frappés par l’influence de Kafka mais aussi celle des surréalistes et des existentialistes comme Sartre ou Camus. Par ailleurs, le désert des tartares, œuvre majeure de Buzzati n’est pas sans rapport avec Les choses de buzzati-dessin-300x196Georges Perec. Buzzati y traite de la fuite du temps, de l’attente et de l’échec, dans le cadre d’un vieux fort isolé à la frontière où le lieutenant Drogo attend la gloire. Et les jours s’écoulent au rythme lent de la routine. Lorsque l’ennemi est enfin là, il est trop tard, le lieutenant ne peut participer au combat et se trouve rendu, au seuil de sa mort, à la vacuité pathétique de sa vie. Buzzati entre en 1928 à Il Corriere della sera, il a 22 ans. Pendant plus de dix ans, il s’y ennuie à mourir, d’abord à collecter de maigres faits divers, puis à classer le courrier des lecteurs en fonction de leur intérêt, supposé proportionnel à leur éloge du fascisme. De cet ennui mortel il tirera son chef-d’œuvre, Le désert des tartares, qui paraît le 9 juin 1940, roman de la lenteur du temps, de l’apathie de la routine, de l’entêtement à espérer, à espérer la guerre, et de la faillite de cette espérance. Trois jours avant la parution du roman, l’Italie est entrée en guerre aux côtés de l’Allemagne. Et l’immense Jacques Brel en a fait cette merveilleuse chanson, ici dans une version surréaliste de Dick Annegarn.

Sommes nous tous des lieutenants Drogo dans cette vie qui ressemble de plus en plus au désert des Tartares ? En attendant de devenir héros, continuez de fréquenter ce blogue, portez vous bien et à demain peut-être.

Le pape de la Beat…

Posté par erwandekeramoal dans LECTURE

Amis de la Beat génération et du chouchenn chaud réunis, bonjour ! Nous sommes le Jeudi 14 septembre 2017 et certains persistent à penser que nous sommes le 28 de fructidor qui, comme chacun le sait, était le jour du maïs. C’est la Ste Croix et, comme disait mon aïeule: A la Sainte Croix, cueille tes pommes et gaule tes noix !

Il y a longtemps de cela, une amie m’a fait découvrir un auteur Etats-Unien et m’a dit avec un accent alsacien très prononcé: Tu fas foir, tu fas atooorer ! J’avoue que je n’ai pas été déçu du voyage littéraire auquel elle m’invitait. Il s’agissait de Richard Brautigan. J’en parle aujourd’hui car il Brautigan-2est décédé un 14 septembre en 1984. Enfin, on le suppose car son corps a été découvert plusieurs semaines après son décès à la suite de son suicide présumé. Il était né à Tacoma (ça commence comme un blues) dans une famille ouvrière. Sa biographie relate qu’il vivait avec sa mère, les enfants de celle-ci et…Plusieurs beaux-pères. En 1956, il s’installe à San Francisco où il passera les reste de sa vie. Il a été, un moment, considéré comme le pape de la Beat génération alors qu’il en resta toujours un peu en marge. Je l’ai découvert à travers la pêche à la truite en Amérique, paru en France en 1967 chez Christian Bourgois. Puis, j’ai poursuivi en dévorant un privé à Babylone (1977).

Dans les années 60 il s’était engagé dans des activités de la contre-culture à San-Francisco, participant fréquemment à des « performances » en tant que poète. C’est la pêche à la truite en Amérique qui l’a catapulté vers une notoriété internationale. Ensuite, dans les années 70, il va truites’essayer à divers genres littéraires, romans, poèmes, mais son succès ne dure pas. On dit que, à Burlington (ça me fait penser aux chaussettes) dans le Vermont, a été créée une Brautigan Library, dont la principale activité est d’accueillir uniquement des manuscrits refusés par les éditeurs. On y utilise des pots de mayonnaise en guise de presse-livres en hommage à La pêche à la truite en Amérique, qui se termine par le mot « mayonnaise ». Son corps a été découvert le 25 octobre 1984 à Bolinas (Californie). Près du cadavre de l’auteur alors âgé de 49 ans, se trouvaient un 44 magnum et une bouteille d’alcool. N’hésitez pas, on trouve ses livres en « poche » et si vous ne pouvez pas vous les acheter…Volez les ! C’est une excellente lecture pour l’hiver qui s’annonce.

Voila, c’est tout pour aujourd’hui. Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

Quand le ciel bas et lourd…

Posté par erwandekeramoal dans LECTURE

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Amis de la poésie et du Télégramme de Brest réunis, bonjour ! Nous sommes le Samedi 02 Septembre, seizième jour de Fructidor, dédié au citron. Si j’évoque la poésie, c’est en pensant à L’auteur du Spleen de Paris, mort il y a 150 ans. Maudit de son vivant, « le prince des charognes » est aujourd’hui béni par la postérité. Cent cinquante ans après sa mort, le poète dissident s’est fait classique, porté par des vers toujours sublimes. Hier, alors que tous, symbolistes, parnassiens, décadentistes et jeunes lettrés se réclamaient de ses racines malades, hier, Baudelaire était honni pour la beauté méphistophélique de ses vers. En 1857, Les Fleurs du Mal jette baudelairel’anathème sur son auteur. Un original de 36 ans, encore inconnu du grand public mais réputé dans le sérail poétique pour son physique «bizarre» ou ce que nommeront les frères Goncourt, dans un portrait savamment passé au vitriol, «une toilette de guillotine». Lui, le prince des nuées exilé sur le sol au milieu des huées est accusé «d’ériger, selon le critique Ferdinand Brunetière, en exemple la débauche et l’immoralité». Il est condamné, ainsi que ses éditeurs, pour outrage à la morale publique et aux bonnes mœurs. Il faudra attendre 1949 pour que ses poèmes lascifs soient enfin réhabilités dans son ouvrage. Et autant d’années pour que l’un des plus grands poètes du XIXe siècle soit enfin lavé de sa disgrâce. Trop tard. Baudelaire mourra 82 ans avant l’annulation de son jugement.

Pour commémorer cela, il pleut sur Brest… Les fleurs du mal; ce livre a accompagné mes errances adolescentes; c’est vous dire que cela ne date pas d’hier (sur ce tableau d’Albert Gautier, Baudelaire et des amis au café). Je trouve qu’il n’a pas perdu une miette de sa baudelaire au cafémodernité. Sa préface déjà était prémonitoire : « Malgré les secours que quelques cuistres célèbres ont apportés à la sottise naturelle de l’homme… Ce monde a acquis une épaisseur de vulgarité qui donne au mépris de l’homme spirituel la violence d’une passion. » On y voit le portrait d’un dirigeant de TF1 vendant à Coca Cola du temps de cerveau disponible. Si je ne devais retenir qu’une citation de cet immense poète, ce serait celle-ci: «Un homme qui ne boit que de l’eau a un secret à cacher à ses semblables.»

Allez, merci à vous d’être passé, portez vous bien et à bientôt peut-être.

J’voudrais pas crever…

Posté par erwandekeramoal dans LECTURE

Amis du marais poitevin et du p’tit salé aux lentilles réunis, bonjour ! Mulet-150x150Nous sommes le Vendredi 23 juin 2017, cinquième jour de Messidor, habituellement dédié au mulet. Attention, pas le poisson hein. Non non, cette bonne vieille mule issue d’une jument trait mulassier poitevin et d’un baudet du Poitou, c’est la plus grande et la plus forte des mules. la mule du Poitou. Autrefois fleuron de la production mulassière française et reconnue dans le monde entier, elle a failli disparaître. Il y avait la mule du pape, voici celle du Poitou.

Tiens,  le 23 juin 1959 à Paris décès de Boris Vian, écrivain, poète, parolier, chanteur, critique et musicien de jazz (trompettiste), né le 10 mars 1920, à Ville-d’Avray, Il fut aussi ingénieur de l’École centrale, inventeur, scénariste, traducteur (anglo-américain), conférencier, acteur d’occasion et peintre.  À douze ans, Boris est victime d’un rhumVianatisme articulaire aigu, qui lui occasionne une insuffisance aortique. Cette maladie du cœur, dont ses œuvres porteront la trace, en fera la cible de l’affection trop étouffante de sa mère. Il en parlera dans L’Herbe rouge, et plus encore dans L’Arrache-cœur. Il fréquentera les cafés de Saint-Germain-des-Prés : café de Flore ou des Deux Magots, à l’époque où ceux-ci rassemblent intellectuels et artistes de la rive gauche : Jean-Paul Sartre (le Jean Sol Partre de L’Écume des jours), Raymond Queneau, Simone de Beauvoir, Juliette Gréco, Marcel Mouloudji ou Miles Davis. Son premier roman célèbre est J’irai cracher sur vos tombes, signé Vernon Sullivan l’un des nombreux pseudos qu’il utilisera, écrit en 1946. Le roman est très controversé, notamment parce qu’il est retrouvé sur les lieux d’un crime passionnel.

Passionné de jazz, il joue de la trompette de poche (rebaptisée « trompinette-c’est une petite trompette ») au Tabou, club de Saint-Germain-des-Prés. Il est aussi directeur artistique chez Philips et chroniqueur dans Jazz Hot de décembre 1947 à juillet 1958, où il tient une « revue de la presse » explosive et extravagante. Henri Salvador disait de lui : « Il était un amoureux du jazz, ne vivait que pour le jazz, n’entendait, ne s’exprimait qu’en jazz ». Son esprit fécond l’amène à collaborer au Collège de ‘Pataphysique (la science des solutions imaginaires), fondé en 1948. Il y retrouve Raymond Queneau et est nommé Équarrisseur de première classe en 1952, puis satrape en mai 1953. Le matin du 23 juin 1959, Boris Vian assiste à la première de J’irai cracher sur vos tombes, film inspiré de son roman, au cinéma Le Marbœuf. Il a déjà combattu les producteurs, sûrs de leur interprétation Lavilliersde son travail, et publiquement dénoncé le film, annonçant qu’il souhaitait faire enlever son nom du générique. Quelques minutes après le début du film, il s’effondre dans son siège et, avant d’arriver à l’hôpital, meurt d’une crise cardiaque. Le Collège de ‘Pataphysique annonce la mort apparente du « Transcendant Satrape ».  Bon, des « comme ça » on n’en fait plus, le moule est cassé. C’est bien simple, de Boris Vian, j’aime tout, sans modération, sans condition…En hiver 1970, alors que j’avais la chance de réveillonner en compagnie de Bernard Lavilliers (pas encore célèbre) il nous avait interprété « je voudrai pas crever » (je voudrai pas crever avant d’avoir connu les singes à culs nus dévoreurs de tropiques…)  un des poèmes de Vian. J’en garde un souvenir impérissable et ému. Voici, à gauche, une photo de l’époque.

Allez, merci de vos visites fréquentes, revenez quand vous voulez, c’est ouvert tous les jours. Portez vous bien et à bientôt peut-être.

Sacré Grall…

Posté par erwandekeramoal dans LECTURE, PORTRAIT

Amis de la concorde universelle et du chouchenn chaud réunis, bonjour ! Nous sommes le Jeudi 22 juin 2017 c’est à dire que les jours vont veroniquecommencer à diminuer. C’est le 4ème de Messidor consacré à la Véronique; cette plante qui était sensée guérir de la lèpre (d’où son nom d’herbe aux ladres) et qu’utilisa la Sainte qui lui légua son nom pour soigner l’empereur Tibère. C’est aussi le jour anniversaire de la naissance d’un poète qui se voulait breton et que j’ai eu le bonheur de croiser.

Xavier Grall est un journaliste, poète et écrivain breton. Son œuvre mystique magnifie la Bretagne. Xavier Grall « redevient breton » lorsqu’il quitte Paris en 1973, pour retourner définitivement dans la région de Pont-Aven, à Nizon, dans la ferme de Botzulan. Il exerce à La Vie catholique (oui bon, personne n’est parfait) dont il fut le rédacteur en chef, au journal Le Monde, à l’hebdomadaire Témoignage chrétien (un peu plus gauchisant), et au mensuel Bretagne. Au début des xavier-grall-louisferdinand-celine-300x208années Xavier Grall (Crédit photo Bernard Grall1970), il fonde le journal nationaliste breton la Nation bretonne avec Alain Guel et Glenmor, où l’on retrouve ses textes sous le pseudonyme de « Saint Herbot », entre autres. Disparu le 11 décembre en 1981, à l’âge de 51 ans, Xavier Grall fut journaliste, poète, romancier. Mal édité, mal lu, on le range volontiers dans la catégorie des poètes à tirage limité. Il a pourtant marqué toute une génération qui se reconnaît dans ses textes et dans sa célébration de la terre bretonne. L’admirateur de Rimbaud était aussi le père de cinq filles à qui il n’a cessé d’écrire. Son itinéraire fait écho aux questions que se sont posées nombre de bretons qui ont eu vingt ans au lendemain de la libération : rester, partir, revenir. Plus que d’autres, il a porté l’appel à vivre et travailler au pays. Un appel romantique et quelquefois désespéré.

Je me contente de citer la 4ème de couverture de son livre « Le cheval couché » qu’il écrivit en 1977 en réponse au fameux « Cheval d’orgueil » de Per Jakez Hélias: « L’auteur ne se satisfait ni du folklore, ni du tourisme, ni du passéisme, qui voudraient figer son pays en terre des morts. Sur ses chemins, il a lu la trace des Bretons vivants. Bardes etles-filles-de-Xavier-G-273x300 militants, paysans et ouvriers… On les voit dans ce livre, tels des chevaux qui courent à la mer, à la fierté, à l’espoir. Au large… ».  Le Cheval d’orgueil est un beau tombeau pour un peuple que l’on croit mort. J’ai essayé, pour ma part d’écrire une petite stèle à un peuple que je crois vivant.Disait-il à l’époque?  Ou encore: «C’est la vie qui est étrange et fabuleuse, le trépas est un événement qui ne devrait point nous surprendre.» Vous pouvez essayer de vous procurer le film documentaire que lui a consacré Ariel Nathan, il est titré Lettre à mes filles, on le trouve en DVD.

Allez, merci d’être passé par ici, portez vous bien et à demain peut-être.

Le chemin de Grenade…

Posté par erwandekeramoal dans LECTURE

Amis de la poésie et du Télégramme de Brest réunis, bonjour ! Nous sommes le Lundi 05 Juin 2017 et c’est le jour du sureau qui est fort utile comme chacun le sait puisque même Harry Potter s’en sert pour appeaufabriquer sa baguette magique…  Le nom original de la baguette, « The elder wand » joue sur le double sens du mot « Elder » en anglais qui signifie à la fois « sureau » et « ancien », « aîné », mais ce sens s’est perdu à la traduction. Enfant, un de nos jeux favoris consistait à élaborer toutes sortes d’appeaux à l’aide de branches de sureau. En effet, le cœur tendre des branches de sureau peut facilement être évidé, ce qui rend cette plante idéale pour la confection d’instruments à vent simples tels que le mirliton.

Tout à fait autre chose.

J‘avoue avoir depuis fort longtemps, une tendresse particulière pour Garcia Lorca et je saisis l’occasion de l’anniversaire de sa naissance pour en dire un mot. Célèbre poète et écrivain de théâtre, Federico garcia lorcaGarcia Lorca est né le 5 juin 1898 à Fuente Vaqueros, près de Grenade où il fit ses études en philosophie,  en littérature et en droit.  Surtout reconnu pour son talent d’écrivain, Lorca était aussi un peintre et musicien accompli. Ses œuvres musicales puisent dans la musique et le folklore gitans, plus particulièrement le flamenco, musique populaire de son Andalousie natale. Il y a un petit texte intitulé « Memento » et que j’ai retrouvé dans « Poème du chant profond » (paru en 1946) qui attendait sur une étagère de ma bibliothèque que l’on veuille bien le dépoussièrer; je soupçonne Xavier Grall de s’en être inspiré…

D’abord Garcia Lorca:

Quand je mourrai,
enterrez moi avec ma guitare
sous le sable
Quand je mourrai parmi les orangers
et la menthe…

Et maintenant Xavier Grall:

Quand je mourrai enterrez moi à Ouessant
avec mes épagneuls et mes goélands
Quand je mourrai
mettez moi en ce jardin de gravier…

De toutes les façons…Deux grands poètes.

La relation tumultueuse et passionnée qu’il avait avec le peintre DALI s’acheva quand ce dernier rencontra sa future femme. Garcia Lorca en ressenti une immense douleur et plongea dans la dépression. Il s’était persuadé que le film « Le chien Andalou » réalisé par Bunuel et Dali était une flèche qui lui était destinée. Il s’éloigna un temps de sa chère Espagne et ne revint qu’à la chute du dictateur Primo de Rivera pour statue Lorcal’avènement de la République. Les madrilènes lui ont réservé un bel endroit sous les frondaisons de la place Santa ana. Ses livres sont lus dans tous les pays de langue espagnole et ont connu un immense succès en Argentine, Uruguay et à Cuba.  Les principaux thèmes traités dans ses œuvres sont l’amour, la fierté, la passion ainsi que la mort violente, qui ont beaucoup marqué la vie de Lorca. À la veille de la guerre civile espagnole en 1936, Lorca fut arrêté par des membres de la Falange du parti fasciste, partisans du général Franco. Deux jours plus tard, le 19 août, il fut fusillé par un peloton d’exécution.   Par une nuit sans lune, son corps fut jeté dans une tombe sans nom. Le poète est pareil au prince des nuées, ses ailes de géants l’empêchent de marcher… Baudelaire avait compris que le souffle de la poésie était incompatible avec l’odeur de sang de tous les totalitarismes.

Allez, voila pour aujourd’hui, jour férié mais pas chômé, à moins que ce ne soit le contraire. Portez vous bien et à bientôt peut-être.

On the road…

Posté par erwandekeramoal dans LECTURE

Amis des « Cénobites tranquilles » et du livre de poche réunis, bonjour ! C’est donc en ce Dimanche 30 avril de l’an de grâce 2017 qu’apparaît aux yeux du monde, béat d’admiration, cela va sans dire même si ça va mieux en l’écrivant, ce 3809è billet des « cénobites tranquilles » que l’univers blogosphérique dans son entier nous envie…

 
Il y a 58 ans, le 30 avril 1959 paraissait ce merveilleux livre de Jack Kerouac, Docteur sax. Et c’est bien parce que mon aïeule, dans sa stricte éducation, a su m’inculquer l’ immense modestie qui me caractérise que je ne tracerai aucun parallèle entre ces deux chefs-d’œuvre.
Docteur Sax, c’est l’histoire d’un jeune garçon qui s’éveille à la vie dans une ville ouvrière grise et morne de la Nouvelle-Angleterre. C’est l’histoire de Jack Duluoz, canadien français comme Jack Kerouac SAXlui-même, qui grandit sous les porches obscurs et parmi les immeubles bruns de Lowell, Massachusetts. C’est l’aventure empreinte de terreur vécue avec intensité par un adolescent. Toujours tapie dans un repli de l’âme de Jack, se trouve l’ombre du Docteur Sax, avec sa cape qui flotte au vent et son chapeau mou dissimulant à demi un regard chargé de haine. Il fait partie d’une horde de fantômes, de monstres et de démons qui peuplent ce monde fantastique. Souvenir et rêve se mêlent dans un univers démentiel qui occupe une place grandissante dans l’esprit de Jack jusqu’au point de s’imposer avec une violence effroyable dans une véritable vision d’apocalypse. Mais la réincarnation du mal sera finalement anéantie et, avec elle, les fantômes et les démons qui hantaient l’âme du héros.

Un critique américain, J. Donald Adams, a dit de Kerouac qu’« il était capable de décrire le monde de l’expérience physique beaucoup mieux que quiconque depuis Hemingway », relisez le soleil se lève aussi. La description des odeurs, des bruits dans la petite ville de Lowell est parfois empreinte d’une telle fantaisie bouffonne qu’elle témoigne d’une invention verbale inépuisable. L’auteur a transcrit des passages entiers en canadien français, ce patois savoureux que parlent Jack et ses parents ainsi que la joyeuse bande qui gravite autour d’eux et dont la Kerouacverve truculente anime des scènes d’une vigueur rabelaisienne. Le 24 octobre 1969, on enterrait au cimetière catholique de Lowell, morne petite ville industrielle du Massachussetts, le corps de Jack Kerouac, mort d’une hémorragie abdominale à l’âge de 47 ans. Il avait 91 dollars sur son compte en banque… Quelques années plus tôt, il avait fait le voyage jusqu’à Brest (Finistère – France) et s’était présenté sous le nom de Jean-Louis Le Bris de Kerouac, à la recherche de ses ancêtres bretons. Depuis quelque temps, il n’était plus que l’ombre de lui-même, revenu auprès de sa mère. Il resta sourd à la musique de Woodstock dont il aurait pu y reconnaître, comme Ginsberg, la moisson de ce que lui et ses amis avaient semé. Un chapitre était clos. Kerouac le clochard céleste, lampant sa gnôle à même le goulot et scandant ses blues à l’escale de la grande-route avait été la star numéro un du mouvement beat qu’une Amérique un peu effarouchée avait vu exploser en 1955-57.

Ainsi va la vie; allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Hélène ou le règne végétal…

Posté par erwandekeramoal dans LECTURE

Amis du symbolisme et du canard laqué réunis, bonjour ! Nous sommes le Jeudi 30 mars 2017, dixième jour de germinal dans notre calendrier républicain et, dédié au couvoir.   

Je tiens René-Guy CADOU pour un des poètes majeurs du XXè siècle. Beaucoup ont tenté de mettre ses vers en musique, d’autres l’ont chanté, Servat, Manu Lann huel, Jacques Douai ou Julos Beaucarne. J’ai choisi de vous proposer Michèle Bernard; à vous de juger.

 

Voila peut-être pourquoi je ne suis pas « un gars de la ville » et que je vous écris tous les matins depuis mon ermitage campagnard. Comme Cadou: « J’ai choisi mon pays à des lieues de la ville Pour ses nids sous le toit et ses volubilis » . René-Guy CADOU était un enfant de la Brière, Ste Reine ( j’y connais une excellente auberge où l’anguille grillée est à nulle autre pareille…) mais Cadou & hélènetoute son œuvre est ouverte à la Bretagne. Le 22 octobre 1941, trois camions bâchés roulent vers la Sablière de Châteaubriant, transportant les 27 otages qui seront fusillés quelques instants plus tard : l’instituteur Cadou rejoint alors à vélo l’école du village où il enseigne et croise le chemin des otages. Les poèmes de « Pleine Poitrine » s’ancreront sur cet épisode terrible de la barbarie nazie, pour revendiquer dans ce ton si personnel de la poésie de Cadou, la liberté, l’amour, la fraternité des hommes… A lire absolument « Hélène ou le règne végétal ». Il n’avait pas 35 ans lorsqu’il nous a quitté et, on peut supposer que ce qui serait devenue une œuvre immense, repose avec lui au cimetière de la bouteillerie à Nantes. Sa poésie a été publiée en œuvre complète chez Seghers en 1976.

A la place du cielRené Guy Cadou
Je mettrai son visage
Les oiseaux ne seront               
Même pas étonnés
Et le jour se levant
Très haut dans ses prunelles
On dira: «le printemps
Est plus tôt cette année?»

Voila, c’était pour vous réconcilier avec la vie, au cas ou l’affligeant spectacle de nos politicards vous donnerait envie de faire votre trou dans l’eau. Portez vous bien, n’hésitez pas à repasser, c’est ouvert tous les jours et à bientôt peut-être.

Queneau, Queneau !

Posté par erwandekeramoal dans LECTURE

Amis de la tautologie et du kouign-amann réunis, bonjour ! Nous sommes le Samedi 11 février 2017, 23è jour de pluviôse dédié au chiendent; plante envahissante s’il en est. Nous souhaitons bonne fête à tous les Ehouarn de la terre. Ils doivent leur nom à un moine de  raymondqueneaul’abbaye de St Gildas en Rhuys vers le 11è siècle. C’était un disciple de St Félix. Dans Ehouarn, on retrouve houarn, le fer. Par exemple, hent-houarn, le chemin de fer… Tout comme dans l’eau ferrugineuse chère à Bourvil. Chiendent, cela me rappelle un livre de Queneau. Comme disait Mac Mahon; queneau, queneau ! Profitez donc des longues soirées d’hiver pour relire le premier roman de Queneau: « Alibiforains et lantiponnages que tout cela, ravauderies et billevesées, battologies et trivelinades, âneries et calembredaines, radotages et fariboles ! » Un peu comme ce blog quoi !

Allez, bonne fin de semaine, portez vous bien et à bientôt peut-être.