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J’voudrais pas crever…

Posté par erwandekeramoal dans LECTURE

Amis du marais poitevin et du p’tit salé aux lentilles réunis, bonjour ! Mulet-150x150Nous sommes le Vendredi 23 juin 2017, cinquième jour de Messidor, habituellement dédié au mulet. Attention, pas le poisson hein. Non non, cette bonne vieille mule issue d’une jument trait mulassier poitevin et d’un baudet du Poitou, c’est la plus grande et la plus forte des mules. la mule du Poitou. Autrefois fleuron de la production mulassière française et reconnue dans le monde entier, elle a failli disparaître. Il y avait la mule du pape, voici celle du Poitou.

Tiens,  le 23 juin 1959 à Paris décès de Boris Vian, écrivain, poète, parolier, chanteur, critique et musicien de jazz (trompettiste), né le 10 mars 1920, à Ville-d’Avray, Il fut aussi ingénieur de l’École centrale, inventeur, scénariste, traducteur (anglo-américain), conférencier, acteur d’occasion et peintre.  À douze ans, Boris est victime d’un rhumVianatisme articulaire aigu, qui lui occasionne une insuffisance aortique. Cette maladie du cœur, dont ses œuvres porteront la trace, en fera la cible de l’affection trop étouffante de sa mère. Il en parlera dans L’Herbe rouge, et plus encore dans L’Arrache-cœur. Il fréquentera les cafés de Saint-Germain-des-Prés : café de Flore ou des Deux Magots, à l’époque où ceux-ci rassemblent intellectuels et artistes de la rive gauche : Jean-Paul Sartre (le Jean Sol Partre de L’Écume des jours), Raymond Queneau, Simone de Beauvoir, Juliette Gréco, Marcel Mouloudji ou Miles Davis. Son premier roman célèbre est J’irai cracher sur vos tombes, signé Vernon Sullivan l’un des nombreux pseudos qu’il utilisera, écrit en 1946. Le roman est très controversé, notamment parce qu’il est retrouvé sur les lieux d’un crime passionnel.

Passionné de jazz, il joue de la trompette de poche (rebaptisée « trompinette-c’est une petite trompette ») au Tabou, club de Saint-Germain-des-Prés. Il est aussi directeur artistique chez Philips et chroniqueur dans Jazz Hot de décembre 1947 à juillet 1958, où il tient une « revue de la presse » explosive et extravagante. Henri Salvador disait de lui : « Il était un amoureux du jazz, ne vivait que pour le jazz, n’entendait, ne s’exprimait qu’en jazz ». Son esprit fécond l’amène à collaborer au Collège de ‘Pataphysique (la science des solutions imaginaires), fondé en 1948. Il y retrouve Raymond Queneau et est nommé Équarrisseur de première classe en 1952, puis satrape en mai 1953. Le matin du 23 juin 1959, Boris Vian assiste à la première de J’irai cracher sur vos tombes, film inspiré de son roman, au cinéma Le Marbœuf. Il a déjà combattu les producteurs, sûrs de leur interprétation Lavilliersde son travail, et publiquement dénoncé le film, annonçant qu’il souhaitait faire enlever son nom du générique. Quelques minutes après le début du film, il s’effondre dans son siège et, avant d’arriver à l’hôpital, meurt d’une crise cardiaque. Le Collège de ‘Pataphysique annonce la mort apparente du « Transcendant Satrape ».  Bon, des « comme ça » on n’en fait plus, le moule est cassé. C’est bien simple, de Boris Vian, j’aime tout, sans modération, sans condition…En hiver 1970, alors que j’avais la chance de réveillonner en compagnie de Bernard Lavilliers (pas encore célèbre) il nous avait interprété « je voudrai pas crever » (je voudrai pas crever avant d’avoir connu les singes à culs nus dévoreurs de tropiques…)  un des poèmes de Vian. J’en garde un souvenir impérissable et ému. Voici, à gauche, une photo de l’époque.

Allez, merci de vos visites fréquentes, revenez quand vous voulez, c’est ouvert tous les jours. Portez vous bien et à bientôt peut-être.

Sacré Grall…

Posté par erwandekeramoal dans LECTURE, PORTRAIT

Amis de la concorde universelle et du chouchenn chaud réunis, bonjour ! Nous sommes le Jeudi 22 juin 2017 c’est à dire que les jours vont veroniquecommencer à diminuer. C’est le 4ème de Messidor consacré à la Véronique; cette plante qui était sensée guérir de la lèpre (d’où son nom d’herbe aux ladres) et qu’utilisa la Sainte qui lui légua son nom pour soigner l’empereur Tibère. C’est aussi le jour anniversaire de la naissance d’un poète qui se voulait breton et que j’ai eu le bonheur de croiser.

Xavier Grall est un journaliste, poète et écrivain breton. Son œuvre mystique magnifie la Bretagne. Xavier Grall « redevient breton » lorsqu’il quitte Paris en 1973, pour retourner définitivement dans la région de Pont-Aven, à Nizon, dans la ferme de Botzulan. Il exerce à La Vie catholique (oui bon, personne n’est parfait) dont il fut le rédacteur en chef, au journal Le Monde, à l’hebdomadaire Témoignage chrétien (un peu plus gauchisant), et au mensuel Bretagne. Au début des xavier-grall-louisferdinand-celine-300x208années Xavier Grall (Crédit photo Bernard Grall1970), il fonde le journal nationaliste breton la Nation bretonne avec Alain Guel et Glenmor, où l’on retrouve ses textes sous le pseudonyme de « Saint Herbot », entre autres. Disparu le 11 décembre en 1981, à l’âge de 51 ans, Xavier Grall fut journaliste, poète, romancier. Mal édité, mal lu, on le range volontiers dans la catégorie des poètes à tirage limité. Il a pourtant marqué toute une génération qui se reconnaît dans ses textes et dans sa célébration de la terre bretonne. L’admirateur de Rimbaud était aussi le père de cinq filles à qui il n’a cessé d’écrire. Son itinéraire fait écho aux questions que se sont posées nombre de bretons qui ont eu vingt ans au lendemain de la libération : rester, partir, revenir. Plus que d’autres, il a porté l’appel à vivre et travailler au pays. Un appel romantique et quelquefois désespéré.

Je me contente de citer la 4ème de couverture de son livre « Le cheval couché » qu’il écrivit en 1977 en réponse au fameux « Cheval d’orgueil » de Per Jakez Hélias: « L’auteur ne se satisfait ni du folklore, ni du tourisme, ni du passéisme, qui voudraient figer son pays en terre des morts. Sur ses chemins, il a lu la trace des Bretons vivants. Bardes etles-filles-de-Xavier-G-273x300 militants, paysans et ouvriers… On les voit dans ce livre, tels des chevaux qui courent à la mer, à la fierté, à l’espoir. Au large… ».  Le Cheval d’orgueil est un beau tombeau pour un peuple que l’on croit mort. J’ai essayé, pour ma part d’écrire une petite stèle à un peuple que je crois vivant.Disait-il à l’époque?  Ou encore: «C’est la vie qui est étrange et fabuleuse, le trépas est un événement qui ne devrait point nous surprendre.» Vous pouvez essayer de vous procurer le film documentaire que lui a consacré Ariel Nathan, il est titré Lettre à mes filles, on le trouve en DVD.

Allez, merci d’être passé par ici, portez vous bien et à demain peut-être.

Le chemin de Grenade…

Posté par erwandekeramoal dans LECTURE

Amis de la poésie et du Télégramme de Brest réunis, bonjour ! Nous sommes le Lundi 05 Juin 2017 et c’est le jour du sureau qui est fort utile comme chacun le sait puisque même Harry Potter s’en sert pour appeaufabriquer sa baguette magique…  Le nom original de la baguette, « The elder wand » joue sur le double sens du mot « Elder » en anglais qui signifie à la fois « sureau » et « ancien », « aîné », mais ce sens s’est perdu à la traduction. Enfant, un de nos jeux favoris consistait à élaborer toutes sortes d’appeaux à l’aide de branches de sureau. En effet, le cœur tendre des branches de sureau peut facilement être évidé, ce qui rend cette plante idéale pour la confection d’instruments à vent simples tels que le mirliton.

Tout à fait autre chose.

J‘avoue avoir depuis fort longtemps, une tendresse particulière pour Garcia Lorca et je saisis l’occasion de l’anniversaire de sa naissance pour en dire un mot. Célèbre poète et écrivain de théâtre, Federico garcia lorcaGarcia Lorca est né le 5 juin 1898 à Fuente Vaqueros, près de Grenade où il fit ses études en philosophie,  en littérature et en droit.  Surtout reconnu pour son talent d’écrivain, Lorca était aussi un peintre et musicien accompli. Ses œuvres musicales puisent dans la musique et le folklore gitans, plus particulièrement le flamenco, musique populaire de son Andalousie natale. Il y a un petit texte intitulé « Memento » et que j’ai retrouvé dans « Poème du chant profond » (paru en 1946) qui attendait sur une étagère de ma bibliothèque que l’on veuille bien le dépoussièrer; je soupçonne Xavier Grall de s’en être inspiré…

D’abord Garcia Lorca:

Quand je mourrai,
enterrez moi avec ma guitare
sous le sable
Quand je mourrai parmi les orangers
et la menthe…

Et maintenant Xavier Grall:

Quand je mourrai enterrez moi à Ouessant
avec mes épagneuls et mes goélands
Quand je mourrai
mettez moi en ce jardin de gravier…

De toutes les façons…Deux grands poètes.

La relation tumultueuse et passionnée qu’il avait avec le peintre DALI s’acheva quand ce dernier rencontra sa future femme. Garcia Lorca en ressenti une immense douleur et plongea dans la dépression. Il s’était persuadé que le film « Le chien Andalou » réalisé par Bunuel et Dali était une flèche qui lui était destinée. Il s’éloigna un temps de sa chère Espagne et ne revint qu’à la chute du dictateur Primo de Rivera pour statue Lorcal’avènement de la République. Les madrilènes lui ont réservé un bel endroit sous les frondaisons de la place Santa ana. Ses livres sont lus dans tous les pays de langue espagnole et ont connu un immense succès en Argentine, Uruguay et à Cuba.  Les principaux thèmes traités dans ses œuvres sont l’amour, la fierté, la passion ainsi que la mort violente, qui ont beaucoup marqué la vie de Lorca. À la veille de la guerre civile espagnole en 1936, Lorca fut arrêté par des membres de la Falange du parti fasciste, partisans du général Franco. Deux jours plus tard, le 19 août, il fut fusillé par un peloton d’exécution.   Par une nuit sans lune, son corps fut jeté dans une tombe sans nom. Le poète est pareil au prince des nuées, ses ailes de géants l’empêchent de marcher… Baudelaire avait compris que le souffle de la poésie était incompatible avec l’odeur de sang de tous les totalitarismes.

Allez, voila pour aujourd’hui, jour férié mais pas chômé, à moins que ce ne soit le contraire. Portez vous bien et à bientôt peut-être.

On the road…

Posté par erwandekeramoal dans LECTURE

Amis des « Cénobites tranquilles » et du livre de poche réunis, bonjour ! C’est donc en ce Dimanche 30 avril de l’an de grâce 2017 qu’apparaît aux yeux du monde, béat d’admiration, cela va sans dire même si ça va mieux en l’écrivant, ce 3809è billet des « cénobites tranquilles » que l’univers blogosphérique dans son entier nous envie…

 
Il y a 58 ans, le 30 avril 1959 paraissait ce merveilleux livre de Jack Kerouac, Docteur sax. Et c’est bien parce que mon aïeule, dans sa stricte éducation, a su m’inculquer l’ immense modestie qui me caractérise que je ne tracerai aucun parallèle entre ces deux chefs-d’œuvre.
Docteur Sax, c’est l’histoire d’un jeune garçon qui s’éveille à la vie dans une ville ouvrière grise et morne de la Nouvelle-Angleterre. C’est l’histoire de Jack Duluoz, canadien français comme Jack Kerouac SAXlui-même, qui grandit sous les porches obscurs et parmi les immeubles bruns de Lowell, Massachusetts. C’est l’aventure empreinte de terreur vécue avec intensité par un adolescent. Toujours tapie dans un repli de l’âme de Jack, se trouve l’ombre du Docteur Sax, avec sa cape qui flotte au vent et son chapeau mou dissimulant à demi un regard chargé de haine. Il fait partie d’une horde de fantômes, de monstres et de démons qui peuplent ce monde fantastique. Souvenir et rêve se mêlent dans un univers démentiel qui occupe une place grandissante dans l’esprit de Jack jusqu’au point de s’imposer avec une violence effroyable dans une véritable vision d’apocalypse. Mais la réincarnation du mal sera finalement anéantie et, avec elle, les fantômes et les démons qui hantaient l’âme du héros.

Un critique américain, J. Donald Adams, a dit de Kerouac qu’« il était capable de décrire le monde de l’expérience physique beaucoup mieux que quiconque depuis Hemingway », relisez le soleil se lève aussi. La description des odeurs, des bruits dans la petite ville de Lowell est parfois empreinte d’une telle fantaisie bouffonne qu’elle témoigne d’une invention verbale inépuisable. L’auteur a transcrit des passages entiers en canadien français, ce patois savoureux que parlent Jack et ses parents ainsi que la joyeuse bande qui gravite autour d’eux et dont la Kerouacverve truculente anime des scènes d’une vigueur rabelaisienne. Le 24 octobre 1969, on enterrait au cimetière catholique de Lowell, morne petite ville industrielle du Massachussetts, le corps de Jack Kerouac, mort d’une hémorragie abdominale à l’âge de 47 ans. Il avait 91 dollars sur son compte en banque… Quelques années plus tôt, il avait fait le voyage jusqu’à Brest (Finistère – France) et s’était présenté sous le nom de Jean-Louis Le Bris de Kerouac, à la recherche de ses ancêtres bretons. Depuis quelque temps, il n’était plus que l’ombre de lui-même, revenu auprès de sa mère. Il resta sourd à la musique de Woodstock dont il aurait pu y reconnaître, comme Ginsberg, la moisson de ce que lui et ses amis avaient semé. Un chapitre était clos. Kerouac le clochard céleste, lampant sa gnôle à même le goulot et scandant ses blues à l’escale de la grande-route avait été la star numéro un du mouvement beat qu’une Amérique un peu effarouchée avait vu exploser en 1955-57.

Ainsi va la vie; allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Hélène ou le règne végétal…

Posté par erwandekeramoal dans LECTURE

Amis du symbolisme et du canard laqué réunis, bonjour ! Nous sommes le Jeudi 30 mars 2017, dixième jour de germinal dans notre calendrier républicain et, dédié au couvoir.   

Je tiens René-Guy CADOU pour un des poètes majeurs du XXè siècle. Beaucoup ont tenté de mettre ses vers en musique, d’autres l’ont chanté, Servat, Manu Lann huel, Jacques Douai ou Julos Beaucarne. J’ai choisi de vous proposer Michèle Bernard; à vous de juger.

 

Voila peut-être pourquoi je ne suis pas « un gars de la ville » et que je vous écris tous les matins depuis mon ermitage campagnard. Comme Cadou: « J’ai choisi mon pays à des lieues de la ville Pour ses nids sous le toit et ses volubilis » . René-Guy CADOU était un enfant de la Brière, Ste Reine ( j’y connais une excellente auberge où l’anguille grillée est à nulle autre pareille…) mais Cadou & hélènetoute son œuvre est ouverte à la Bretagne. Le 22 octobre 1941, trois camions bâchés roulent vers la Sablière de Châteaubriant, transportant les 27 otages qui seront fusillés quelques instants plus tard : l’instituteur Cadou rejoint alors à vélo l’école du village où il enseigne et croise le chemin des otages. Les poèmes de « Pleine Poitrine » s’ancreront sur cet épisode terrible de la barbarie nazie, pour revendiquer dans ce ton si personnel de la poésie de Cadou, la liberté, l’amour, la fraternité des hommes… A lire absolument « Hélène ou le règne végétal ». Il n’avait pas 35 ans lorsqu’il nous a quitté et, on peut supposer que ce qui serait devenue une œuvre immense, repose avec lui au cimetière de la bouteillerie à Nantes. Sa poésie a été publiée en œuvre complète chez Seghers en 1976.

A la place du cielRené Guy Cadou
Je mettrai son visage
Les oiseaux ne seront               
Même pas étonnés
Et le jour se levant
Très haut dans ses prunelles
On dira: «le printemps
Est plus tôt cette année?»

Voila, c’était pour vous réconcilier avec la vie, au cas ou l’affligeant spectacle de nos politicards vous donnerait envie de faire votre trou dans l’eau. Portez vous bien, n’hésitez pas à repasser, c’est ouvert tous les jours et à bientôt peut-être.

Queneau, Queneau !

Posté par erwandekeramoal dans LECTURE

Amis de la tautologie et du kouign-amann réunis, bonjour ! Nous sommes le Samedi 11 février 2017, 23è jour de pluviôse dédié au chiendent; plante envahissante s’il en est. Nous souhaitons bonne fête à tous les Ehouarn de la terre. Ils doivent leur nom à un moine de  raymondqueneaul’abbaye de St Gildas en Rhuys vers le 11è siècle. C’était un disciple de St Félix. Dans Ehouarn, on retrouve houarn, le fer. Par exemple, hent-houarn, le chemin de fer… Tout comme dans l’eau ferrugineuse chère à Bourvil. Chiendent, cela me rappelle un livre de Queneau. Comme disait Mac Mahon; queneau, queneau ! Profitez donc des longues soirées d’hiver pour relire le premier roman de Queneau: « Alibiforains et lantiponnages que tout cela, ravauderies et billevesées, battologies et trivelinades, âneries et calembredaines, radotages et fariboles ! » Un peu comme ce blog quoi !

Allez, bonne fin de semaine, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Le neveu de Rameau…

Posté par erwandekeramoal dans LECTURE

Amis du triple A et de l’andouillette de Seven-Lehart réunis, bonjour ! Nous voici doromanesco-150x150nc le Mardi 31 janvier 2016, autant dire sans risque de se tromper, que la fin du mois n’a jamais été aussi  proche. Ce jour correspond au 12 de Pluviôse du calendrier républicain et est dédié au brocolis. Je ne sais pas pour vous mais moi, le Romanesco, qui est un brocolis, je trouve cela magique… Mais bon, très franchement, c’est pas une raison suffisante pour se prendre le chou.

Allez savoir pourquoi j’ai choisi d’évoquer cet immense libre penseur que fut Denis DIDEROT. Ce précurseur de la pensée libertaire, naît le 5 octobre 1713 à Langres Haute-Marne. Fils d’un riche artisan coutelier, il est élève chez les jésuites et destiné à la prêtrise et tonsuré à 13 ans. Au collège d’Harcourt à Paris, il devient maître ès arts à 19 ans. Il Denis-Diderot-croire-300x300poursuit ensuite des études tout en menant une vie de bohème, et se libère progressivement de la pensée religieuse de son temps. En 1746, il écrit ses « Pensées philosophiques » suivie de « Pensées » 1747, violentes attaques contre le christianisme. En 1749, il affine sa pensée matérialiste, avec « Lettres sur les aveugles et à l’usage de ceux qui voient », mais cela entraîne son arrestation. Après trois mois de prison, il est libéré sur les instances de son éditeur, qui vient de lui confier avec d’Alembert, la direction de « l’Encyclopédie », travail gigantesque auquel il va consacrer plus de vingt ans de sa vie.

En 1751, le premier volume voit le jour. Huit ans plus tard, les sept premiers tomes sont condamnés par le pouvoir royal mais l’Encycloencyclo_diderot-180x300pédie se poursuivra jusqu’à son terme, dans une semi-clandestinité. Il trouve encore le temps d’écrire des essais sur le théâtre dont « Paradoxe du comédien » où encore des romans comme « La Religieuse » 1760, « Le Neveu de Rameau » 1761, « Jacques le Fataliste et son maître », etc. Il entretient également une importante correspondance littéraire, et se fait même critique d’art. Après une vie bien remplie, il meurt à Paris, mais malgré son radicalisme politique et son athéisme déclaré, il est enterré religieusement. « Méfiez-vous de celui qui veut mettre de l’ordre » tel est son avertissement dans le « Supplément au Voyage de Bougainville » 1772. Nombre de ses romans seront éditées après sa mort, mais cela n’empêchera pas les interdictions et les condamnations. Sources: Ephéméride Anarchiste.

Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Armand Robin des bois…

Posté par erwandekeramoal dans LECTURE, PORTRAIT

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Amis de la musique trad’ et du bigorneau marinière réunis, bonjour ! Ainsi nous sommes au dernier jour de nivôse, Jeudi 19 Janvier 2017, dédié au crible, cet instrument qui servait à tamiser la farine. Demain débute pluviôse et, Oh miracle!, il ne pleut pas sur Brest…

Allez, saluons un gars d’chez nous: Le 19 janvier 1912, naissance d’Armand ROBIN à Plouguernével ( e kichen Rostren). Traducteur, écrivain et poète libertaire. Je lui emprunte ces quelques mots pour vilipender le petit con qui a agressé Valls à Lamballe, au nom d’une pseudo idéologie identitaire bretonne: « Je ne suis pas breton, français, letton, chinois, anglais; Je suis à la fois tout cela. Je suis homme universel et général du monde entier. . .»
Passionné par l’étude des langues, il en parlera un nombre impressionnant (on dit qu’il était capable de lire 22 langues). Après un séjour en URSS en 1933, il fera une critique acerbe du régime soviétique et de sa dictature. Il traduit de la poésie et fait découvrir des auteurs russes tel que Essenine, Blok, Maïakovski, Pasternak, etc. Il se passionne également pour l’écoute radio en ondes courtes, réalisant Armand_Robindes rapports d’écoute d’émissions étrangères. Dès 1945, il adhère à la Fédération Anarchiste (qui publiera ses « Poèmes indésirables », dédiés aux peuples martyrisés), et il y côtoiera Georges Brassens. A la libération, Elsa Triolet, qui lui vouait une haine farouche, fit pression sur Aragon pour que Armand Robin figure sur la liste noire des intellectuels. Dans « La fausse parole », parue en 1953, il dissèque les mécanismes de propagande dans les pays totalitaires. Il continuera de traduire et d’écrire d’innombrables poèmes, jusqu’à sa mort, inexpliquée, le 29 mars 1961, il avait 49 ans, à l’infirmerie du Dépôt de la police, à Paris. Quant à la malle de papiers retrouvée dans sa chambre le lendemain, on raconte qu’elle fut envoyée à la décharge publique sur ordre du commissaire.

Il revenait volontiers à Rostrenen (29) où il avait ses racines. Insomniaque, on le trouvait dans le fournil de Joseph Berthelot et un peu plus tard, à Campostal où Jean Kergrist et Christian Gautier l’ont croisé. Témoignage : « Tous les vendredis soir, notre cousin Job le combat littéraireBerthelot, boulanger-pâtissier place du centre à Rostrenen, venait en char à banc à la ferme chercher un pot de crème pour garnir ses gâteaux du dimanche. [...] Un vendredi soir, alors que nous rentrions de l’école à bicyclette, Job nous parla longuement d’un poète, Armand Robin, qui, la nuit, le visitait en son fournil. Armand, insomniaque, venait y chercher la chaleur du four, mais aussi celle du cousin Job. De leurs conversations, nous n’eûmes droit qu’à des bribes. Des histoires de blé, de farine, de chevaux qui mâchonnent leur trèfle et de « temps qu’il fait ». Le monde d’Armand Robin parlait, la nuit, à celui de mon cousin Job. Par ricochets, nous en parvenait un reflet, « surgi du fond du peuple armé du fouet des mots ».
Ce témoignage de Jean Kergrist est extrait de la revue Hopala ! N° 40, septembre novembre 2012
Armand Robin aurait rajouter: « En de très vieux temps où je parus exister, on prétendit m’avoir rencontré … Que m’importe qu’on m’abatte au coin de la rue, j’écrirai des poèmes jusqu’à ce qu’on me tue.»
Vous pouvez lire Le Combat libertaire, ouvrage paru sous son nom, et qui s’articule autour de sa poésie engagée, autrement dit ce qu’il nommait lui-même Les Poèmes indésirables. Cette édition établie par Jean Bescond et présentée par Anne-Marie Lilti vaut par sa cohérence, réunissant un ensemble de textes, articles et traductions qui parurent pour l’essentiel dans les revues et éditions anarchistes de 1945 à 1955. Chez Jean-Paul Rocher éditeur. Par ailleurs, un site lui est dédié.

Voila pour aujourd’hui, portez vous bien et à demain peut-être.

A bas les chefs: Joseph Dejacque…

Posté par erwandekeramoal dans ANARCHISME, LECTURE, PORTRAIT

Amis de la procrastination et du trot monté réunis, bonjour ! Nous sommes le Mardi 27 décembre 2016. L’année à peine a fini sa carrière (ô lac !) et c’est le 7è jour de nivôse dédié à l’humus.

Le 27 décembre1821, naissance de Joseph DEJACQUE, à Paris.
Socialiste anti-autoritaire et véritable premier militant « libertaire » (mot dont il est l’inventeur). Orphelin de son père, il est élevé par sa mère, lingère. Entré en 1834 comme apprenti, il devient, en 1839, Dejacquecommis de vente dans un commerce de papiers peints (chui pas sûr pour les accords). En 1841, il s’engage dans la Marine, découvre l’Orient mais aussi l’autoritarisme militaire. En 1847, il commence à s’intéresser aux idées socialistes, et collabore au journal « L’Atelier ». L’insurrection parisienne de février 1848 met fin à la monarchie de Louis-Philippe, mais très vite l’alliance des bourgeois républicains et du prolétariat ouvrier vole en éclat. Dejacque publie un poème « Aux ci-devant dynastiques, aux tartuffes du peuple et de la liberté » dans laquelle il se fait le porte parole des aspirations ouvrières. Et puisque vous avez été particulièrement fidèles pendant ces fêtes, un petit bonus…

En avril, les premiers affrontements ont lieu entre les forces de la bourgeoisie qui ont proclamé « La République honnête » et les ouvriers socialisants. Le 15 mai, l’Assemblée Constituante est envahie par les ouvriers, mais les principaux responsables socialistes sont arrêtés. Les ouvriers occuperont la moitié de la ville aux cris de « Vive la révolution sociale ». La répression est terrible, l’armée usant de l’artillerie, massacre trois mille insurgés. Quinze mille sont arrêtés et déportés sur a bas les chefsles pontons de Cherbourg et de Brest. Dejacque est parmi eux, bien qu’il n’ait pas participé directement à l’insurrection. Libéré en 1849, il rejoint Paris et, en août 1851, publie « Les Lazaréennes, fables et poésies sociales » qui lui valent aussitôt une condamnation à 2 ans de prison et 200 fr d’amende. En 1855, il signe le manifeste inaugural de l’A.I.T, puis se fixe à la Nouvelle-Orléans où il écrit « l’Humanisphère, utopie anarchique », et prend la défense des femmes dans une lettre à Proudhon où apparaît pour la première fois un vocable de l’invention de Joseph Déjacque, ‘‘libertaire’’. L’objet polémique en est le statut social de la femme, sujet alors largement débattu. Proudhon assignait aux femmes le rôle de mère au foyer se consacrant à sa famille, soumise à l’époux dans un couple monogamique rigide (le mariage chrétien laïcisé), peu instruite et interdite de participation à la vie publique.

En 1861, découragé, il rentre en France à la faveur de l’amnistie de 1860. Mais, dans la misère, il sombre dans la folie et meurt à Paris en 1864.
« Privilégiés! – pour qui a semé l’esclavage, l’heure est venue de récolter la rébellion. Il n’est pas un travailleur qui, sous les lambris de sa cervelle, ne confectionne clandestinement quelques pensées de destruction. Vous avez, vous, la baîonnette et le Code pénal, le catéchisme et la guillotine; nous avons, nous, la barricade et l’utopie… »
In: l’Humanisphère, utopie anarchique. Sources : Ephémérides anarchistes.

Voila pour notre galerie de portraits. Portez vous bien et à demain peut-être.

Un drôle de paroissien…

Posté par erwandekeramoal dans LECTURE

Amis du dandysme et de la crevette rose réunis, bonjour ! Nous sommes le Mercredi 30 novembre 2016, dixième jour de Frimaire, officiellement dénommé, jour de la pioche, dans le calendrier républicain français.

C’est aussi le jour anniversaire de la naissance de l’auteur célébrissime des Voyages de Gulliver à Dublin (30 Novembre 1667), en Irlande, dans une famille anglicane d’origine anglaise. Il entre au service d’un diplomate prestigieux, Sir WiJonathanSwiftlliam Temple, avant d’être nommé pasteur d’une paroisse proche de Belfast. Il met son talent de satiriste au service de ses opinions politiques libérales. En 1704, Le conte du tonneau  a l’heur de déplaire à la reine Anne et son auteur doit dès lors se cantonner en Irlande. Là, il ne tarde pas à souffrir des discriminations qui frappent les habitants de l’île, tant catholiques qu’anglicans. Il est l’un des premiers Irlandais à se révolter contre cet état de fait. C’est ainsi qu’il publie en 1720 un Appel pour la consommation exclusive de produits irlandais d’où est tiré l’ironique formule : «Brûlez tout ce qui vient d’Angleterre, hors le charbon».

En 1729, quelques années après la publication de son chef-d’œuvre, Les voyages de Gulliver (à la fois conte d’enfant et satire de la société moderne), il récidive avec une Modeste proposition pour empêcher les enfants des pauvres d’être à la charge de leurs parents ou de leur pays et pour les rendre utiles au public. Dans ce pamphlet inspiré par la géant attachéprofonde misère qui sévit en Irlande, il propose rien moins que de rôtir et manger les enfants en surnombre : «Quand à notre ville de Dublin, on pourrait y aménager des abattoirs, dans les quartiers les plus appropriés, et qu’on en soit assuré, les bouchers ne manqueront pas, bien que je recommande d’acheter plutôt les nourrissons vivants et de les préparer « au sang » comme les cochons à rôtir»… En 1721, il commence « Les Voyages de Gulliver ». Cette œuvre, écrite à la première personne et divisée en quatre parties, marque un sommet de la satire sociale et politique au travers d’éléments mêlant, sur le mode du pamphlet ou de la description narrative, de la philosophie, de la logique, du fantastique et de la science-fiction.

Allez, voila pour aujourd’hui, portez vous bien et à bientôt peut-être.