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Buzzati fait le buzz…

Posté par erwandekeramoal dans LECTURE, PORTRAIT

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Amis du dandysme et de la crevette rose réunis, bonjour ! Nous sommes le Mercredi 16 octobre 2019, 25è jour de vendémiaire, aimablement dédié au bœuf. C’est aussi l’anniversaire de la naissance de Oscar Fingal O’Flaherty Wills Wilde, plus connu sous le nom de Oscar WILDE.

Mais, à vrai dire, aujourd’hui je voulais évoquer un écrivain qui a eu la bonne idée de naître un 16 octobre en 1906 en Italie, à San Pellegrino (ça ne s’invente pas) et, ipso facto, de se retrouveil-deserto-dei-tartarir dans les colonnes des « cénobites tranquilles » – j’ai nommé Dino Buzzati. Que vous lisiez le désert des Tartares ou une nouvelle fantastique comme le K ou les sept messagers, vous êtes frappés par l’influence de Kafka mais aussi celle des surréalistes et des existentialistes comme Sartre ou Camus. Par ailleurs, le désert des tartares, œuvre majeure de Buzzati n’est pas sans rapport avec Les choses de Georges Perec. Buzzati y traite de la fuite du temps, de l’attente et de l’échec, dans le cadre d’un vieux fort isolé à la frontière où le lieutenant Drogo attend la gloire. Et les jours s’écoulent au rythme lent de la routine. Lorsque l’ennemi est enfin là, il est trop tard, le lieutenant ne peut participer au combat et se trouve rendu, au seuil de sa mort, à la vacuité pathétique de sa vie. Buzzati entre en 1928 à Il Corriere della sera, il a 22 ans. Pendant plus de dix ans, il s’y ennuie à mourir,buzzati-dessin-300x196 d’abord à collecter de maigres faits divers, puis à classer le courrier des lecteurs en fonction de leur intérêt, supposé proportionnel à leur éloge du fascisme. De cet ennui mortel il tirera son chef-d’œuvre, Le désert des tartares, qui paraît le 9 juin 1940, roman de la lenteur du temps, de l’apathie de la routine, de l’entêtement à espérer, à espérer la guerre, et de la faillite de cette espérance. Trois jours avant la parution du roman, l’Italie est entrée en guerre aux côtés de l’Allemagne. Et l’immense Jacques Brel en a fait cette merveilleuse chanson, ici dans une version surréaliste de Dick Annegarn.

Sommes nous tous des lieutenants Drogo dans cette vie qui ressemble de plus en plus au désert des Tartares ? En attendant de devenir héros, continuez de fréquenter ce blogue, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Poètes, vos papiers !

Posté par erwandekeramoal dans LECTURE

Amis de la poésie et du chinchard fumé réunis, bonjour! Nous sommes le Lundi 02 Septembre 2019, seizième jour de Fructidor dans le calendrier républicain, officiellement dédié au citron .

Si j’évoque la poésie, c’est en pensant à l’auteur du Spleen de Paris, mort il y a 150 ans (et des poussières). Maudit de son vivant, « le prince des charognes » est aujourd’hui béni par la postérité. Un siècle et demi après sa mort, le poète dissident s’est fait classique, porté par des vers toujours sublimes. Hier, alors que tous, symbolistes, baudelaire-D-parnassiens, décadentistes et jeunes lettrés se réclamaient de ses racines malades, hier, Baudelaire était honni pour la beauté méphistophélique de ses vers. Les fleurs du mal. Ce livre a accompagné mes errances adolescentes; c’est vous dire que cela ne date pas d’hier. Je trouve qu’il n’a pas perdu une miette de sa modernité. Sa préface déjà était prémonitoire : « Malgré les secours que quelques cuistres célèbres ont apportés à la sottise naturelle de l’homme… Ce monde a acquis une épaisseur de vulgarité qui donne au mépris de l’homme spirituel la violence d’une passion. » En 1857, Les Fleurs du Mal attire l’anathème sur son auteur. Un original de 36 ans, encore inconnu du grand public mais réputé baudelaire-G-dans le sérail poétique pour son physique «bizarre» ou ce que nommeront les frères Goncourt, dans un portrait savamment passé au vitriol, «une toilette de guillotine». Lui, le prince des nuées exilé sur le sol au milieu des huées est accusé «d’ériger, selon le critique Ferdinand Brunetière, en exemple la débauche et l’immoralité». Il est condamné, ainsi que ses éditeurs, pour outrage à la morale publique et aux bonnes mœurs.  Il faudra attendre 1949 pour que ses poèmes lascifs soient enfin réhabilités. Et autant d’années pour que l’un des plus grands poètes du XIXe siècle soit enfin lavé de sa disgrâce. Trop tard !

Sacré Charles, il donne pas vraiment envie de danser la gigue. Tiens, je vais me repasser Patrick Topaloff… Portez vous bien et à bientôt peut-être.

Ces êtres là sont adorables…

Posté par erwandekeramoal dans LECTURE

Amis du symbolisme décadent et du jambon de Bayonne réunis, bonjour! C’est aujourd’hui, Samedi 17 Août 2019, le trentième et Jules_Laforgue-G-dernier jour de thermidor, dédié au moulin. A l’heure où vous lisez ce billet je m’apprête à prendre mon envol, direction plein Sud pour une courte pérégrination le long du Douro. Pour l’heure je voulais vous inviter à profiter de cette période estivale pour délaisser un peu vos ordinateurs et vous plonger dans un beau recueil de poésie. J’ai opté pour Jules Laforgue dont la misogynie au 18è degré me comble d’aise à chaque fois.

Je me souviens d’un soir d’hiver dans un manoir proche de Dinard, alors que la soirée traînait en longueur et que le feu crépitait faiblement dans la grande cheminée de granit. On refaisait le monde à notre manière quand l’un de nous récita ce poème et pour beaucoup ce fut une découverte.
Un couchant des Cosmogonies !
Ah ! que la Vie est quotidienne…
 Et, du plus vrai qu’on se souvienne,
 Comme on fut piètre et sans génie…  94_Jules-Laforgue
On voudrait s’avouer des choses,
Dont on s’étonnerait en route,
Qui feraient une fois pour toutes !
Qu’on s’entendrait à travers poses. 
On voudrait saigner le Silence,
Secouer l’exil des causeries ;
Et non ! ces dames sont aigries
Par des questions de préséance.
Elles boudent là, l’air capable.
Et, sous le ciel, plus d’un s’explique,
Par quel gâchis suresthétique
Ces êtres-là sont adorables.
Justement, une nous appelle,
Pour l’aider à chercher sa bague,
Perdue (où dans ce terrain vague ?)
Un souvenir d’AMOUR, dit-elle !
Ces êtres-là sont adorables !

Allez, merci d’être passé, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Vous chantiez ? Eh bien, lisez maintenant…

Posté par erwandekeramoal dans LECTURE, PORTRAIT

Amis de la littérature noire et du lapin blanc réunis, bonjour ! Nous sommes le Vendredi 02 Août 2019, quinzième jour de Thermidor dédié à la brebis mais bon, on va pas en faire un fromage. Vous lisez le 4473è ob_0c4b0f_vilaine-blesurebillet des « cénobites tranquilles » ce qui prouve que vous êtes encore devant votre ordinateur au lieu de vous adonner à la marche à pied, au jardinage ou à la lecture. Bon, perso, je vous conseille plutôt la lecture. Pour ma part, je viens de terminer Vilaine blessure de Frank Darcel aux éditions Le temps. Bon d’accord, c’est un pavé pas facile à glisser dans le sac de plage. Tiens, à ce propos, si je vous dis: Kerouac, Ginsberg, beat génération, vous pensez bien sur à William Seward Burroughs.

Préférant les aléas de l’errance à la vie bourgeoise qui lui est destinée, il choisit de partager la vie des drogués et des marginaux (un homme de goût quoi !). Des années 1940 aux années 1960, il vit le plus souvent dans les bas-fonds de New York, de Mexico, de Tanger, de Londres et de Paris, exerçant pour survivre tous les métiers possibles: employé Burroughsd’une agence de publicité, détective privé spécialisé dans les affaires de divorce, destructeur de parasites à Chicago. Refusé par tous les éditeurs américains, son second roman, Le Festin Nu, sera publié à Paris en 1959 (grâce à l’entregent de J. Kerouac), traduit par Éric Kahane à qui l’on doit la traduction du « Lolita » de Nabokov.. Le procès pour « obscénité » qui accompagne sa publication quatre ans plus tard aux États-Unis contribuera paradoxalement à parfaire sa notoriété d’écrivain et à l’imposer comme l’une des figures majeures de la littérature contemporaine. La cour suprême finira par reconnaître sa valeur littéraire et le caractère non obscène du texte. (Cette décision va ouvrir la voie à de nombreuses autres publications, notamment celles de Henry Miller). On lui doit notamment la technique du cut-up qui consiste à créer un texte à partir de fragments déjà existants.

En 1944 le poète Allen Ginsberg lui présente l’écrivain Jack Kerouac Ils resteront intimement liés, créant ensemble un mouvement artistique basé sur le refus de l’American Way of Life des sixties, la fameuse Beat-Generation, contre-culture qui influencera le mouvement hippies desburroughs & Kerouac sixties et jusqu’aux punks des années 70. Il épouse Joan Vollmer Adams en 1946. En 1953, un soir de beuverie à Mexico, [où il a émigré pour fuir ses ennuis avec la police New-yorkaise] imitant Guillaume Tell, il vise le verre que sa femme tient sur la tête, le rate mais pas elle et la tue accidentellement. (sur la photo ici, avec Kerouac). « Le Festin nu » a été adapté au cinéma par David Cronenberg en 1992. Bon d’accord, c’est pas la bibliothèque rose, tout ce petit monde sent un peu le soufre, mais Burroughs reste à mes yeux un auteur « majuscule » du XXe siècle. Il apparaît également dans le film « Drugstore cowboys » de Gus Van Sant .

Allez, merci encore pour cette visite, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Le meilleur des mondes…

Posté par erwandekeramoal dans LECTURE

Amis du septième art et de la sole meunière réunis, bonjour ! Nous Picasso-bleue-blue-period-buveuse-dabsinthe-150x150voici le Jeudi 27 juin 2019, hé oui, que le temps passe vite. Si on n’y prend garde, on va se retrouver en juillet en moins de temps qu’il ne faut pour l’écrire. C’est le 9è jour de messidor dédié à l’absinthe. La fée verte dont le consommateur a souvent été représenté; ici à gauche par Picasso lui même durant sa période bleue.

Aujourd’hui, je soumets à votre sagacité légendaire, ce texte très intéressant de Serge Carfantan, docteur agrégé de philosophie. Ce texte a été écrit dans le cadre d’un cours sur le cynisme politique, dans lequel il s’inspire notamment des œuvres d’Aldous Huxley, le Meilleur des mondes, et de Gunther Anders, l’Obsolescence de l’homme.
«Le livre de Huxley Le Meilleur des Mondes est paru en 1932. Son caractère visionnaire est stupéfiant. Presque inquiétant. Tous les aldous-huxleyingrédients du roman sont aujourd’hui effectivement réunis pour que le scénario soit… en passe d’être réalisé. Si nous devions formuler dans un discours une prosopopée du cynisme politique incarné par le personnage cynique d’Huxley, cela donnerait quoi ? Pour étouffer par avance toute révolte, il ne faut pas s’y prendre de manière violente. Les méthodes du genre de celles d’Hitler sont dépassées. Il suffit de créer un conditionnement collectif si puissant que l’idée même de révolte ne viendra même plus à l’esprit des hommes. L’idéal serait de formater les individus dès la naissance en limitant leurs aptitudes biologiques innées. Ensuite, on poursuivrait le conditionnement en réduisant de manière drastique l’éducation, pour la ramener à une forme d’insertion professionnelle. Un individu inculte n’a qu’un horizon de pensée limité et plus sa pensée est bornée à des préoccupations médiocres, moins il peut se révolter…

… Surtout pas de philosophie. Là encore, il faut user de persuasion et non de violence directe : on diffusera massivement, via la télévision, des divertissements flattant toujours l’émotionnel ou l’instinctif. On occupera les esprits avec ce qui est futile et ludique. Il est bon, dans un bavardage et une musique incessante, d’empêcher l’esprit de penser… En général, on fera en sorte de bannir le sérieux de l’existence, de tourner en dérision tout ce qui a une valeur élevée, d’entretenir une 14464586620_philoconstante apologie de la légèreté ; de sorte que l’euphorie de la publicité devienne le standard du bonheur humain et le modèle de la liberté. Le conditionnement produira ainsi de lui-même une telle intégration, que la seule peur – qu’il faudra entretenir – sera celle d’être exclus du système et donc de ne plus pouvoir accéder aux conditions nécessaires au bonheur. L’homme de masse, ainsi produit, doit être traité comme ce qu’il est : un veau, et il doit être surveillé comme doit l’être un troupeau. Tout ce qui permet d’endormir sa lucidité est bon socialement, ce qui menacerait de l’éveiller doit être ridiculisé, étouffé, combattu…Toute doctrine mettant en cause le système doit d’abord être désignée comme subversive et terroriste et ceux qui la soutienne devront ensuite être traités comme tels.»   [Serge Carfantan]

Toute ressemblance avec notre actualité n’est hélas pas fortuite. Allez, néanmoins, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Larvatus prodeo…

Posté par erwandekeramoal dans LECTURE

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Amis de la poésie et du Kig ha farz réunis, bonjour. Nous sommes le Samedi 08 juin 2019 c’est à dire le 20 de Prairial et, l’auriez vous deviné, c’est le jour de la fourche ! La fourche, comme chacun le sait, est un outil qui a les dents longues et qui est surtout utilisé pour empaler les zombies dans les films de genre. Ceci étant, quelque part entre Nîmes et le Mont Aigoual, dominant la vallée de la Vidourle, il fourcheexiste un magnifique village Cévenol qui a fait de la fourche son fond de commerce. En effet, c’est à SAUVE que l’on trouve le conservatoire de la fourche, attention, la vraie fourche à trois becs en bois de micocoulier. Ici point question de fourche fantaisie made in Taïwan. La recette est tenue secrète depuis près de dix siècles. Mais si vous tenez absolument à faire l’acquisition de la véritable fourche de Sauvé, assurez vous qu’elle porte bien la fameuse « cravate » en écorce; c’est un label aussi solide que l’abeille de Laguiole. Maintenant, j’entends bien vos réticences:
- Mais, cher cénobite, que faire aujourd’hui d’une fourche à trois becs en bois de micocoulier ?
- Et bien, si vous êtes patients, je vous donnerais bientôt une liste de banquiers, spéculateurs, ministres, escrocs, dont la tête pourrait bien fournir à vos fourches à trois becs en bois de micocoulier, l’occasion de reprendre du service…

Un peu de philo…

Le 8 juin 1637, un opuscule mystérieux paraît en français à La Haye. Il est intitulé Discours de la Méthode pour bien conduire sa raison et chercher la vérité dans les sciences. L’auteur est un homme discret, quoique déjà célèbre dans tous les cercles cultivés d’Europe : René Descartes. Il n’a pas signé son ouvrage pour éviter les tracasseries de descartestoutes sortes et surtout les foudres du Saint-Siège (quatre ans plus tôt, celui-ci a jugé Galilée)… Ne s’est-il pas donné pour devise : Larvatus prodeo (« Je m’avance masqué ») ? Il était né le 31 mars 1596 en Touraine, dans un village qui porte le nom de… La Haye (comme la ville où paraîtra son ouvrage le plus célèbre, ça ne s’invente pas ! Premier livre de philosophie écrit non en latin mais en français, le livre débute par une formule célèbre (et ironique) : « Le bon sens est la chose du monde la mieux partagée : car chacun pense en être si bien pourvu, que ceux même qui sont les plus difficiles à contenter en toute autre Descartes-le-scandaleuxchose, n’ont point coutume d’en désirer plus qu’ils en ont ». Je vous invite à lire (ou relire) Descartes le scandaleux de Dimitri Davidenko chez Robert Laffont. (1987 ou 88 si ma mémoire est juste)
Descartes, tel qu’on ne l’a jamais raconté. Descartes, tel qu’il fut. Une révélation ! Philosophe, oui, mais libre, hors des systèmes – aujourd’hui, on dirait : marginal. Et mathématicien, et physicien, de même. Surtout un homme plein de sève, qui aimait le jeu, la ripaille, le vin et l’amour. Un libertin, un aventurier sans cesse sur les routes d’Europe. Un amant redouté des hommes, aimé des femmes, des plus humbles aux plus célèbres : la princesse Palatine, la reine Christine de Suède l’invita à ses côtés. Ce Descartes-là, le vrai, on nous l’avait caché. Belle et bonne lecture pour l’été qui s’annonce.

Allez, merci d’être passé, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Gérard de Nerval…

Posté par erwandekeramoal dans LECTURE

Amis de la poésie et du saint Emilion réunis, bonjour ! Nous sommes le Mercredi 22 mai 2019, troisième jour de Prairial dédié au trèfle.

Si j’évoque la poésie c’est parce que le 22 mai 1808 vit la naissance de Gérard Labrunie, plus connu sous son nom de poète, Gérard de Nerval,de-nerval-253x300 l’une des figures les plus émouvantes de la poésie française. Naviguant entre réalité et rêve, il a évoqué en des mots immortels les troubles de l’adolescence… et les charmes du Valois. Mais il souffrait de troubles mentaux et, à l’aube du 26 janvier 1855, on l’a retrouvé pendu dans la rue de la Vieille-Lanterne, dans le quartier du Châtelet, à Paris. Il avait 46 ans. La plus belle part du romantisme s’est éteinte avec lui. Il faut relire Sylvie, une nouvelle parue dans le recueil Les filles de feu et qui dépeint merveilleusement les affres d’un amour chimérique.

 https://youtu.be/lrRqpcvIw_0

Un jour, dans le jardin du Palais-Royal, on vit Gérard traînant un homard vivant 180px-Père-Lachaise_-_Division_49_-_Nerval_01-140x300au bout d’un ruban bleu. L’histoire circula dans Paris et comme ses amis s’étonnaient, il répondit : En quoi un homard est-il plus ridicule qu’un chien, qu’un chat, qu’une gazelle, qu’un lion ou toute autre bête dont on se fait suivre ? J’ai le goût des homards, qui sont tranquilles, sérieux, savent les secrets de la mer, n’aboient pas… Il y avait du surréalisme avant l’heure chez ce grand romantique. Il affirmait  avoir été initié aux mystères druzes lors de son passage en Syrie, où il aurait atteint le grade de « refit », l’un des plus élevés de cette confrérie. Toute son œuvre est fortement teintée d’ésotérisme et de symboles alchimiques. Alors qu’on l’accusait d’être impie, il s’exclama : « Moi, pas de religion ? J’en ai dix-sept… au moins. » Ici à gauche, sa tombe au cimetière du Père Lachaise.

Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

L’an dix mille…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE, LECTURE

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Amis de l’Uchronie et des regrets affectés réunis, bonjour ! Nous sommes le Lundi 08 avril 2019, 19è jour de Germinal dédié au radis dans notre calendrier républicain, mais en réalité, en pataphysique, ce jour est le Samedi 14 Clinamen 146 Sortie d’A. Dürer, hermétiste fête suprême quarte.

Décidément je suis de plus en plus fan des éditions Goater. Je suivais déjà la collection Goater noir où sévissent entre autres, pour notre plus grand plaisir, Stéphane Grangier, Paulin, Flageul et quelques autres. Voici que je découvre la collection Mémoires immédiates et particulièrement le nous-ferons-la-greve-generalep’tit dernier; Nous ferons la grève générale de Jean-yves Guengant. Ancien prof et proviseur de lycée devenu historien qui avait déjà retracé l’histoire du mouvement Fouriériste en Bretagne et qui nous livre ici l’histoire des anarchistes brestois au travers de quelques personnages clés : Jules Le Gall (le livre est une biographie de ce militant), Victor Pengam, Paul Gourmelon, Jean Tréguer, René Lochu, Coatmeur de 1900 à 1950. Un récit passionnant qui nous permet de retrouver aussi, Durruti, Makhno, Ascaso, Sébastien Faure, Emile Armand et plein d’autres figures de l’anarchisme qui, de près ou de loin ont eu un lien avec les compagnons finistériens. 

La petite librairie à Brest organisait ce jeudi une soirée de présentation en présence de l’auteur et agrémentée de quelques chansons anarcho-libertaires: Craonne, la butte rouge, le triomphe de l’anarchie… Tout cela à la-petite-librairie-brest-150966543956déguster sans modération aucune. Jules Le Gall avait rêvé toute sa vie du jour où éclaterait la grève générale fut-ce dans dix mille ans. Léo Ferré après une mémorable tournée en Bretagne, en 1968, écrira Les étrangers dédiée à René Lochu et ses amis libertaires: L’an dix mille… Lochu ? Tu t’rappelles ? Quasiment tous ces personnages ont fait l’objet d’un portrait dans les colonnes de ce blog qui tente à sa façon de lutter contre l’oubli où l’histoire et le politiquement correct tentent de les maintenir.

Allez, merci de passer par ici de temps en temps, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Octave Mirbeau: le gentleman-vitrioleur…

Posté par erwandekeramoal dans LECTURE

Amis des pensées de saint Augustin et du far aux pruneaux réunis, bonjour ! Nous sommes le Samedi 16 février 2019, 28è jour de pluviôse dédié au cyclamen que les italiens nomment 1200px-Cyclamen_hederifolium._Locatie,_Tuinreservaat_Jonker_vallei_03Pan porcino (pain de pourceau) à cause de l’intérêt des cochons pour ses tubercules. Comme chacun le sait, il s’agit là de plantes vivaces tuberculeuses de la famille des Primulacées. La culture occidentale voit dans le cyclamen un symbole de beauté et de jalousie. Le cyclamen est la fleur idéale que l’on offrait pour manifester sa jalousie, son fort attachement avec délicatesse. Dans le code amoureux, le cyclamen symbolise la durée et la sincérité des sentiments.

Bon et alors, thé ou café, beurre ou confiture, référendum ou votation, conseil constitutionnel ou mairie de Bordeaux ? J’hésite, je me tâte, je tergiverse, que vont penser les électeurs. Ah, les électeurs ! Plutôt qu’un long discours, je confie ma voix à Octave Mirbeau (né un16 février -1848- à Trévières (Calvados) et mort un16 Mirbeaufévrier -1917- à Paris, ce génial pamphlétaire, révolté et réfractaire à toutes les idéologies aliénantes, radicalement libertaire, farouchement individualiste, irréductiblement pacifiste, résolument athée, anticlérical, antimilitariste et politiquement incorrect. Avouez qu’il faut déjà faire preuve d’esprit pour naître et mourir un 16 février !
«Une chose m’étonne prodigieusement, j’oserai dire qu’elle me stupéfie, c’est qu’à l’heure scientifique où j’écris, après les innombrables expériences, après les scandales journaliers, il puisse exister encore dans notre chère France (comme ils disent à la Commission du budget) un électeur, un seul électeur, cet animal irrationnel, inorganique, hallucinant, qui consente à se déranger de ses affaires, de ses rêves ou de ses plaisirs, pour voter en faveur de quelqu’un ou de quelque chose.» C’est par grève-électeurscette phrase coup de poing que s’ouvre La grève des électeurs d’Octave Mirbeau (1902). C‘est en 1884, pour se remettre et se « purger » d’une passion dévastatrice pour une femme galante, Judith Vinmer, que Mirbeau fait retraite pendant sept mois à Audierne, dans le Finistère, et se ressource au contact des marins et paysans bretons. De retour dans la presse parisienne, il commence à écrire pour son propre compte et met sa plume au service de ses valeurs éthiques et esthétiques. Il s’engage alors dans de grands combats politiques, artistiques et littéraires qui donneront de lui l’image durable d’un justicier et d’un imprécateur. Le titre du billet est emprunté au livre de Alain (Georges) Leduc aux éditions libertaires.

Sacré bonhomme non ! Allez, merci pour la visite, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Le roi est nu mais…

Posté par erwandekeramoal dans LECTURE, Non classé, PORTRAIT

Amis de la démondialisation et du Reinsdyrsteik réunis, bonjour ! Nous sommes le Vendredi 07 décembre 2018, 17è jour de frimaire dans le calendrier républicain, dédié au Cyprès. En ces temps où la préoccupation majeure de nos élites consiste à s’interroger sur la couleur du gilet qu’ils vont porter pour le réveillon, j’avais envie de souhaiter un bon anniversaire à Noam CHOMSKY (7 décembre 1928).

Intellectuel américain, linguiste et socialiste libertaire (il s’identifie comme anarchiste depuis l’âge de 12 ou 13 ans). Il est membre de l’International Working People’s Association, comme l’a été son père, William Chomsky, ukrainien d’origine. C’est un militant et un activiste qui rattache son travail à la tradition de l’anarchisme et duNOAM D socialisme libertaire, dont il est sans doute, à l’heure actuelle, le plus célèbre représentant. Il s’engage politiquement, notamment contre la guerre du Vietnam à partir de 1965. Il publie en 1967 le texte « Responsabilités des intellectuels ». Lors de la marche sur le Pentagone du 21 octobre 1967, il est, avec d’autres, arrêté par la police fédérale et passe une nuit en prison. Son engagement public, depuis maintenant quarante cinq ans, a été remarquable de constance et de générosité et il s’est toujours caractérisé par le souci de parler non pas aux intellectuels, aux puissants, ou à ceux qu’Adam Smith appelait déjà les « Maîtres », mais aux gens ordinaires. La «globalisation» de l’économie est un noam-chomsky-shirt-buy-online-uk-cool-graphic-t-shirtsujet qui occupe une place particulièrement prépondérante dans certains écrits de Chomsky. Dans les analyses qu’il consacre à ce phénomène, Chomsky montre en particulier que le développement moderne du capitalisme voit l’ensemble des systèmes politiques, économiques et idéologiques progressivement envahis et pris en charge par ce qu’il appelle «de vastes institutions de tyrannie privée» dont les entreprises, les corporations transnationales, les banques, les systèmes monétaires et financiers fournissent aujourd’hui les modèles les plus achevés et les plus inquiétants.

En découvrant pour la première fois les textes de Chomsky où sont développées ces idées, il n’est pas rare que son lecteur soit tour à tour incrédule, horrifié et bouleversé. Mais Chomsky étaye solidement son argumentaire — en multipliant les notes et références, en donnant avec précision ses sources. Il analyse chomsky Dégalement les raisons et les moyens employés pour imposer à la population mondiale un système économique et politique tyrannique échappant totalement à son contrôle: la propagande. « La propagande est aux démocraties ce que la violence est aux dictatures » Lire La fabrication du consentement aux éditions Agone. mais aussi: Le Bouclier Américain (Serpent à Plumes, 2002) – Comprendre le pouvoir (Aden, 2005) – Instinct de liberté : anarchisme et socialisme (Agone, 2001) Idées cadeaux pour Noël…Voyez aussi ce blog qui lui est consacré. Une citation qui m’a inspiré le titre de ce billet: Le roi est nu mais il n’aime pas qu’on le lui dise

Voilà pour aujourd’hui, portez vous bien et à bientôt peut-être.