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Larvatus prodeo…

Posté par erwandekeramoal dans LECTURE

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Amis de la poésie et du Kig ha farz réunis, bonjour. Nous sommes le Samedi 08 juin 2019 c’est à dire le 20 de Prairial et, l’auriez vous deviné, c’est le jour de la fourche ! La fourche, comme chacun le sait, est un outil qui a les dents longues et qui est surtout utilisé pour empaler les zombies dans les films de genre. Ceci étant, quelque part entre Nîmes et le Mont Aigoual, dominant la vallée de la Vidourle, il fourcheexiste un magnifique village Cévenol qui a fait de la fourche son fond de commerce. En effet, c’est à SAUVE que l’on trouve le conservatoire de la fourche, attention, la vraie fourche à trois becs en bois de micocoulier. Ici point question de fourche fantaisie made in Taïwan. La recette est tenue secrète depuis près de dix siècles. Mais si vous tenez absolument à faire l’acquisition de la véritable fourche de Sauvé, assurez vous qu’elle porte bien la fameuse « cravate » en écorce; c’est un label aussi solide que l’abeille de Laguiole. Maintenant, j’entends bien vos réticences:
- Mais, cher cénobite, que faire aujourd’hui d’une fourche à trois becs en bois de micocoulier ?
- Et bien, si vous êtes patients, je vous donnerais bientôt une liste de banquiers, spéculateurs, ministres, escrocs, dont la tête pourrait bien fournir à vos fourches à trois becs en bois de micocoulier, l’occasion de reprendre du service…

Un peu de philo…

Le 8 juin 1637, un opuscule mystérieux paraît en français à La Haye. Il est intitulé Discours de la Méthode pour bien conduire sa raison et chercher la vérité dans les sciences. L’auteur est un homme discret, quoique déjà célèbre dans tous les cercles cultivés d’Europe : René Descartes. Il n’a pas signé son ouvrage pour éviter les tracasseries de descartestoutes sortes et surtout les foudres du Saint-Siège (quatre ans plus tôt, celui-ci a jugé Galilée)… Ne s’est-il pas donné pour devise : Larvatus prodeo (« Je m’avance masqué ») ? Il était né le 31 mars 1596 en Touraine, dans un village qui porte le nom de… La Haye (comme la ville où paraîtra son ouvrage le plus célèbre, ça ne s’invente pas ! Premier livre de philosophie écrit non en latin mais en français, le livre débute par une formule célèbre (et ironique) : « Le bon sens est la chose du monde la mieux partagée : car chacun pense en être si bien pourvu, que ceux même qui sont les plus difficiles à contenter en toute autre Descartes-le-scandaleuxchose, n’ont point coutume d’en désirer plus qu’ils en ont ». Je vous invite à lire (ou relire) Descartes le scandaleux de Dimitri Davidenko chez Robert Laffont. (1987 ou 88 si ma mémoire est juste)
Descartes, tel qu’on ne l’a jamais raconté. Descartes, tel qu’il fut. Une révélation ! Philosophe, oui, mais libre, hors des systèmes – aujourd’hui, on dirait : marginal. Et mathématicien, et physicien, de même. Surtout un homme plein de sève, qui aimait le jeu, la ripaille, le vin et l’amour. Un libertin, un aventurier sans cesse sur les routes d’Europe. Un amant redouté des hommes, aimé des femmes, des plus humbles aux plus célèbres : la princesse Palatine, la reine Christine de Suède l’invita à ses côtés. Ce Descartes-là, le vrai, on nous l’avait caché. Belle et bonne lecture pour l’été qui s’annonce.

Allez, merci d’être passé, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Gérard de Nerval…

Posté par erwandekeramoal dans LECTURE

Amis de la poésie et du saint Emilion réunis, bonjour ! Nous sommes le Mercredi 22 mai 2019, troisième jour de Prairial dédié au trèfle.

Si j’évoque la poésie c’est parce que le 22 mai 1808 vit la naissance de Gérard Labrunie, plus connu sous son nom de poète, Gérard de Nerval,de-nerval-253x300 l’une des figures les plus émouvantes de la poésie française. Naviguant entre réalité et rêve, il a évoqué en des mots immortels les troubles de l’adolescence… et les charmes du Valois. Mais il souffrait de troubles mentaux et, à l’aube du 26 janvier 1855, on l’a retrouvé pendu dans la rue de la Vieille-Lanterne, dans le quartier du Châtelet, à Paris. Il avait 46 ans. La plus belle part du romantisme s’est éteinte avec lui. Il faut relire Sylvie, une nouvelle parue dans le recueil Les filles de feu et qui dépeint merveilleusement les affres d’un amour chimérique.

 https://youtu.be/lrRqpcvIw_0

Un jour, dans le jardin du Palais-Royal, on vit Gérard traînant un homard vivant 180px-Père-Lachaise_-_Division_49_-_Nerval_01-140x300au bout d’un ruban bleu. L’histoire circula dans Paris et comme ses amis s’étonnaient, il répondit : En quoi un homard est-il plus ridicule qu’un chien, qu’un chat, qu’une gazelle, qu’un lion ou toute autre bête dont on se fait suivre ? J’ai le goût des homards, qui sont tranquilles, sérieux, savent les secrets de la mer, n’aboient pas… Il y avait du surréalisme avant l’heure chez ce grand romantique. Il affirmait  avoir été initié aux mystères druzes lors de son passage en Syrie, où il aurait atteint le grade de « refit », l’un des plus élevés de cette confrérie. Toute son œuvre est fortement teintée d’ésotérisme et de symboles alchimiques. Alors qu’on l’accusait d’être impie, il s’exclama : « Moi, pas de religion ? J’en ai dix-sept… au moins. » Ici à gauche, sa tombe au cimetière du Père Lachaise.

Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

L’an dix mille…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE, LECTURE

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Amis de l’Uchronie et des regrets affectés réunis, bonjour ! Nous sommes le Lundi 08 avril 2019, 19è jour de Germinal dédié au radis dans notre calendrier républicain, mais en réalité, en pataphysique, ce jour est le Samedi 14 Clinamen 146 Sortie d’A. Dürer, hermétiste fête suprême quarte.

Décidément je suis de plus en plus fan des éditions Goater. Je suivais déjà la collection Goater noir où sévissent entre autres, pour notre plus grand plaisir, Stéphane Grangier, Paulin, Flageul et quelques autres. Voici que je découvre la collection Mémoires immédiates et particulièrement le nous-ferons-la-greve-generalep’tit dernier; Nous ferons la grève générale de Jean-yves Guengant. Ancien prof et proviseur de lycée devenu historien qui avait déjà retracé l’histoire du mouvement Fouriériste en Bretagne et qui nous livre ici l’histoire des anarchistes brestois au travers de quelques personnages clés : Jules Le Gall (le livre est une biographie de ce militant), Victor Pengam, Paul Gourmelon, Jean Tréguer, René Lochu, Coatmeur de 1900 à 1950. Un récit passionnant qui nous permet de retrouver aussi, Durruti, Makhno, Ascaso, Sébastien Faure, Emile Armand et plein d’autres figures de l’anarchisme qui, de près ou de loin ont eu un lien avec les compagnons finistériens. 

La petite librairie à Brest organisait ce jeudi une soirée de présentation en présence de l’auteur et agrémentée de quelques chansons anarcho-libertaires: Craonne, la butte rouge, le triomphe de l’anarchie… Tout cela à la-petite-librairie-brest-150966543956déguster sans modération aucune. Jules Le Gall avait rêvé toute sa vie du jour où éclaterait la grève générale fut-ce dans dix mille ans. Léo Ferré après une mémorable tournée en Bretagne, en 1968, écrira Les étrangers dédiée à René Lochu et ses amis libertaires: L’an dix mille… Lochu ? Tu t’rappelles ? Quasiment tous ces personnages ont fait l’objet d’un portrait dans les colonnes de ce blog qui tente à sa façon de lutter contre l’oubli où l’histoire et le politiquement correct tentent de les maintenir.

Allez, merci de passer par ici de temps en temps, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Octave Mirbeau: le gentleman-vitrioleur…

Posté par erwandekeramoal dans LECTURE

Amis des pensées de saint Augustin et du far aux pruneaux réunis, bonjour ! Nous sommes le Samedi 16 février 2019, 28è jour de pluviôse dédié au cyclamen que les italiens nomment 1200px-Cyclamen_hederifolium._Locatie,_Tuinreservaat_Jonker_vallei_03Pan porcino (pain de pourceau) à cause de l’intérêt des cochons pour ses tubercules. Comme chacun le sait, il s’agit là de plantes vivaces tuberculeuses de la famille des Primulacées. La culture occidentale voit dans le cyclamen un symbole de beauté et de jalousie. Le cyclamen est la fleur idéale que l’on offrait pour manifester sa jalousie, son fort attachement avec délicatesse. Dans le code amoureux, le cyclamen symbolise la durée et la sincérité des sentiments.

Bon et alors, thé ou café, beurre ou confiture, référendum ou votation, conseil constitutionnel ou mairie de Bordeaux ? J’hésite, je me tâte, je tergiverse, que vont penser les électeurs. Ah, les électeurs ! Plutôt qu’un long discours, je confie ma voix à Octave Mirbeau (né un16 février -1848- à Trévières (Calvados) et mort un16 Mirbeaufévrier -1917- à Paris, ce génial pamphlétaire, révolté et réfractaire à toutes les idéologies aliénantes, radicalement libertaire, farouchement individualiste, irréductiblement pacifiste, résolument athée, anticlérical, antimilitariste et politiquement incorrect. Avouez qu’il faut déjà faire preuve d’esprit pour naître et mourir un 16 février !
«Une chose m’étonne prodigieusement, j’oserai dire qu’elle me stupéfie, c’est qu’à l’heure scientifique où j’écris, après les innombrables expériences, après les scandales journaliers, il puisse exister encore dans notre chère France (comme ils disent à la Commission du budget) un électeur, un seul électeur, cet animal irrationnel, inorganique, hallucinant, qui consente à se déranger de ses affaires, de ses rêves ou de ses plaisirs, pour voter en faveur de quelqu’un ou de quelque chose.» C’est par grève-électeurscette phrase coup de poing que s’ouvre La grève des électeurs d’Octave Mirbeau (1902). C‘est en 1884, pour se remettre et se « purger » d’une passion dévastatrice pour une femme galante, Judith Vinmer, que Mirbeau fait retraite pendant sept mois à Audierne, dans le Finistère, et se ressource au contact des marins et paysans bretons. De retour dans la presse parisienne, il commence à écrire pour son propre compte et met sa plume au service de ses valeurs éthiques et esthétiques. Il s’engage alors dans de grands combats politiques, artistiques et littéraires qui donneront de lui l’image durable d’un justicier et d’un imprécateur. Le titre du billet est emprunté au livre de Alain (Georges) Leduc aux éditions libertaires.

Sacré bonhomme non ! Allez, merci pour la visite, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Le roi est nu mais…

Posté par erwandekeramoal dans LECTURE, Non classé, PORTRAIT

Amis de la démondialisation et du Reinsdyrsteik réunis, bonjour ! Nous sommes le Vendredi 07 décembre 2018, 17è jour de frimaire dans le calendrier républicain, dédié au Cyprès. En ces temps où la préoccupation majeure de nos élites consiste à s’interroger sur la couleur du gilet qu’ils vont porter pour le réveillon, j’avais envie de souhaiter un bon anniversaire à Noam CHOMSKY (7 décembre 1928).

Intellectuel américain, linguiste et socialiste libertaire (il s’identifie comme anarchiste depuis l’âge de 12 ou 13 ans). Il est membre de l’International Working People’s Association, comme l’a été son père, William Chomsky, ukrainien d’origine. C’est un militant et un activiste qui rattache son travail à la tradition de l’anarchisme et duNOAM D socialisme libertaire, dont il est sans doute, à l’heure actuelle, le plus célèbre représentant. Il s’engage politiquement, notamment contre la guerre du Vietnam à partir de 1965. Il publie en 1967 le texte « Responsabilités des intellectuels ». Lors de la marche sur le Pentagone du 21 octobre 1967, il est, avec d’autres, arrêté par la police fédérale et passe une nuit en prison. Son engagement public, depuis maintenant quarante cinq ans, a été remarquable de constance et de générosité et il s’est toujours caractérisé par le souci de parler non pas aux intellectuels, aux puissants, ou à ceux qu’Adam Smith appelait déjà les « Maîtres », mais aux gens ordinaires. La «globalisation» de l’économie est un noam-chomsky-shirt-buy-online-uk-cool-graphic-t-shirtsujet qui occupe une place particulièrement prépondérante dans certains écrits de Chomsky. Dans les analyses qu’il consacre à ce phénomène, Chomsky montre en particulier que le développement moderne du capitalisme voit l’ensemble des systèmes politiques, économiques et idéologiques progressivement envahis et pris en charge par ce qu’il appelle «de vastes institutions de tyrannie privée» dont les entreprises, les corporations transnationales, les banques, les systèmes monétaires et financiers fournissent aujourd’hui les modèles les plus achevés et les plus inquiétants.

En découvrant pour la première fois les textes de Chomsky où sont développées ces idées, il n’est pas rare que son lecteur soit tour à tour incrédule, horrifié et bouleversé. Mais Chomsky étaye solidement son argumentaire — en multipliant les notes et références, en donnant avec précision ses sources. Il analyse chomsky Dégalement les raisons et les moyens employés pour imposer à la population mondiale un système économique et politique tyrannique échappant totalement à son contrôle: la propagande. « La propagande est aux démocraties ce que la violence est aux dictatures » Lire La fabrication du consentement aux éditions Agone. mais aussi: Le Bouclier Américain (Serpent à Plumes, 2002) – Comprendre le pouvoir (Aden, 2005) – Instinct de liberté : anarchisme et socialisme (Agone, 2001) Idées cadeaux pour Noël…Voyez aussi ce blog qui lui est consacré. Une citation qui m’a inspiré le titre de ce billet: Le roi est nu mais il n’aime pas qu’on le lui dise

Voilà pour aujourd’hui, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Vivre ma vie: Emma Goldman.

Posté par erwandekeramoal dans LECTURE

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Amis de la marine à voiles et de la fondue de poireaux réunies, bonjour ! Le Mardi 04 décembre 2018 correspond au 14è jour de frimaire que nos amis républicains avaient dédié au sapin. Bon d’accord, sur ce coup là, ils ne se sont pas donné beaucoup de mal. C’est aussi la sainte Barbe. Figurez vous que mon arrière grand-mère maternelle portait le doux prénom de Barbe, patronne des pompiers (oubliez pas le calendrier). Alors, en son honneur, le dicton du jour: Pour la Ste Barbe, le cénobite se fait la barbe !

Si vous cherchez une idée cadeau pour les fêtes, ne cherchez plus; les éditions de l’Echappée publient enfin une traduction intégrale de Living my Life, les mémoires d’Emma Goldmann (1869-1940). “Vivre ma vie : une anarchiste au temps des révolutions”, est le titre de cette somme incomparable dans laquelle l’anarchiste Emma Goldman mêle le souvenir de ses actions militantes à son ressenti. La traduction intégrale desVivre ma vie mémoires de cette immigrée russe qui, arrivée aux États-Unis à l’adolescence, fut une éternelle apatride est un événement sans précédent pour toutes celles et ceux qui souhaitent s’initier à l’histoire du mouvement anarchiste. Les deux traductrices, Laure Batier et Jacqueline Reuss, n’ont modifié dans le texte original que les erreurs historiques pour cette nouvelle version. Car réduire la vie d’Emma Goldman au parcours singulier d’une femme serait mensonger. S’il est exceptionnel, c’est aussi car elle traverse une histoire qui l’englobe : celle des luttes sociales aux Etats-Unis, dont peu de documents témoignent en France – à l’exception notable d’Une Histoire populaire des Etats-Unis (éd. Agone), d’Howard Zinn, adapté en documentaire par Daniel Mermet en 2015.

Née en 1869 dans l’Empire russe, Emma Goldman s’exile aux États-Unis à seize ans. Pauvreté, exploitation et désillusions l’y attendent. goldmanElle plonge alors à corps perdu dans le chaudron politique et intellectuel. Activiste et conférencière anarchiste aussi célèbre que redoutée, elle sillonne au gré des luttes une Amérique en pleine ébullition. Expulsée en 1919 vers la Russie, accueillie chaleureusement par Lénine, elle découvre une réalité qu’elle ne cessera de dénoncer avec living my lifecourage tout en poursuivant son inlassable combat pour l’émancipation. Son époustouflante épopée mêle morceaux de bravoure et moments d’intimité, grands affrontements politiques et la vie d’une femme hors du commun, poésie et quotidien, espoir et désenchantement. Ce texte magistral est à la fois une fresque historique qui donne le vertige, tant on y croise toutes les grandes figures révolutionnaires, une œuvre puissante d’une rare sensibilité et l’un des plus beaux chants d’amour à la révolte et à la liberté. Un monument de la littérature anarchiste enfin traduit intégralement en français.

Bon d’accord, c’est un pavé de trente euros mais on en a pour son argent, 1000 pages. Allez, bonne lecture, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Libres enfants de Summerhill…

Posté par erwandekeramoal dans LECTURE, PORTRAIT

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Amis du grand architecte et du p’tit cordonnier réunis, bonjour ! Nous sommes le Lundi 03 décembre 2018, 13è jour de Frimaire dédié au Cèdre. En Bretagne on fête Envel qui a légué son nom à la magnifique petite commune de Loc-Envel en Côtes d’Armor. C’est la plus petite commune de ce loc-envel_0-300x188département et qui compte aujourd’hui 80 habitants après en avoir eu près de 400 à la fin du 19è siècle. Sans doute grâce aux mines de fer et de zinc qui existaient sur son territoire. C’est tout près de Belle-Isle-en-terre et du fameux château de Coat an noz dans la forêt du même nom. Envel lui, s’installa comme anachorète dans la forêt de Coat-an-noz (le bois de la nuit) et sa sœur Yuna en fit autant dans le bois de Coat-an-Hay (le bois du jour). La légende dit qu’ils ne se revirent jamais. Les deux forêts existent toujours et j’y ai fait de belles cueillettes de champignons.

Tout à fait autre chose.

Je me souviens très bien de cette année 1971(peut-être bien 1970), lorsque Maspéro fait paraître le livre « Libres enfants de Summerhill ». Étudiants à l’IUT carrières sociales de Rennes, nous nous passionnions pour les questions de l’éducation, et ce livre nous SUMMERHILLPOURCONTRE-180x300avait profondément marqué. Sutherland Alexander Neill fonde l’école Summerhill au mois de décembre en 1921 près de Dresden en Allemagne. C’était un adversaire farouche de Maria Montessori à qui il reprochait son moralisme. Suite à plusieurs contestations et difficultés politiques reliées aux principes sur lesquels était fondée l’école, Neill déménage celle-ci dans le comté de Suffolk en Angleterre en 1924, près de la ville de Leiston. Au travers d’une vingtaine d’ouvrages et d’innombrables articles, il en a conté la vie quotidienne, ne manquant jamais l’occasion de susciter la polémique, brossant sans cesse le tableau d’un lieu où l’adulte n’a pas à imposer sa loi.

Les journalistes baptisent Summerhill l’école « à-la-faites-ce-qu’il-vous-plaira ». Pourtant, l’école, avec ses bâtiments de bois, son grand parc et ses arbres, apparaît, surtout l’été,Summer hill AG comme un lieu des plus agréables, véritable école à la campagne comme Ferrière pouvait en rêver au début du vingtième siècle. Mais, dans cette école, les cours sont facultatifs, les enfants, s’ils le souhaitent, peuvent jouer toute la journée ou se livrer à des activités manuelles dans l’atelier. Les soirées sont réservées à la danse, au théâtre , aux fêtes. S’il ne craignait la fermeture de l’école par les autorités, Neill ne poserait aucun interdit pour la sexualité.

Le samedi soir est réservé à l’assemblée générale. Durant cette réunion présidée par un élève élu, les enfants exposent leurs problèmes, en débattent, élaborent leurs lois et, dans cette assemblée, la voix de Neill, ni celle des autres adultes  A.S. Neilln’a pas plus de poids que celle d’un enfant. Après 68, quelques enseignants, je pense particulièrement à Paul Le Bohec, ont tenté de perpétuer cette pédagogie. Ah, Utopia, que ferait-on sans toi ? Aujourd’hui, l’heure est à la régression, la mode est au pensionnat, le must c’est l’uniforme, le summum c’est le centre fermé… Vous verrez qu’une large majorité va se dégager en faveur de toutes ces mesures consistant à mettre au pas ces brebis égarées, surtout si elles sont un peu bronzées et pas très catholiques.

Allez, merci encore de vous arrêter ici de temps à autre; portez vous bien et à bientôt peut-être.

On est entouré de petits…

Posté par erwandekeramoal dans LECTURE

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Amis du dandysme et de la crevette rose réunis, bonjour ! Nous sommes le Vendredi 30 novembre 2018, dixième jour de Frimaire, officiellement dénommé, jour de la pioche, dans le calendrier républicain français.

C’est aussi le jour anniversaire de la naissance de l’auteur célébrissime des Voyages de Gulliver (Jonathan Swift)à Dublin (30 Novembre 1667), en Irlande, dans une famille anglicane d’origine anglaise. Il entre au service d’un diplomate prestigieux, Sir JonathanSwift-176x300William Temple, avant d’être nommé pasteur d’une paroisse proche de Belfast. Il met son talent de satiriste au service de ses opinions politiques libérales. En 1704, Le conte du tonneau  a l’heur de déplaire à la reine Anne et son auteur doit dès lors se cantonner en Irlande. Là, il ne tarde pas à souffrir des discriminations qui frappent les habitants de l’île, tant catholiques qu’anglicans. Il est l’un des premiers Irlandais à se révolter contre cet état de fait. C’est ainsi qu’il publie en 1720 un Appel pour la consommation exclusive de produits irlandais d’où est tiré l’ironique formule : «Brûlez tout ce qui vient d’Angleterre, hors le charbon».

En 1729, quelques années après la publication de son chef-d’œuvre, Les voyages de Gulliver (à la fois conte d’enfant et satire de la société moderne), il récidive avec une Modeste proposition pour empêcher les enfants des pauvres d’être à la charge de leurs parents ou de leur pays et pour les rendre utiles au public. Dans ce pamphlet inspiré par la profonde misère qui sévit en Irlande, il propose rien moins que de rôtir et manger les enfants en surnombre : «Quand à notre ville de Dublin, on k060-milo-manara-gulliveriana-gulliver-jonathan-swift-turkish-comics-brand-new-87f9c453775b46b4d4fe7f35249f16b7pourrait y aménager des abattoirs, dans les quartiers les plus appropriés, et qu’on en soit assuré, les bouchers ne manqueront pas, bien que je recommande d’acheter plutôt les nourrissons vivants et de les préparer « au sang » comme les cochons à rôtir»… En 1721, il commence « Les Voyages de Gulliver ». Cette œuvre, écrite à la première personne et divisée en quatre parties, marque un sommet de la satire sociale et politique au travers d’éléments mêlant, sur le mode du pamphlet ou de la description narrative, de la philosophie, de la logique, du fantastique et de la science-fiction. Ceci étant, et toute chose égale par ailleurs comme disait mon aïeule, j’ai une faiblesse pour la version de Manara (illustration ci-dessus).

Allez, voila pour aujourd’hui, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Le droit à la paresse…

Posté par erwandekeramoal dans LECTURE, PORTRAIT

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Amis de la marine à voile et du thé au jasmin réunis, bonjour! Nous sommes le Lundi 26 novembre 2018, 6è jour de frimaire dédié à la Mâche, pas la mâche à pied madame Michu, non, la salade bien connue des nantais. Encore appelée la doucette, clairette, oreillette, rampon pesticideet même Valérianelle… Elle est très cultivée dans le pays nantais mais elle existe aussi à l’état sauvage. Notons que les maraichers lui préparent le terrain en utilisant le fameux metam-sodium; utilisé sous forme liquide, il se décompose en gaz au contact du sol, dégageant du souffre et du CO2. Bref un pur bonheur qui fait passer le glyphosate pour une friandise ( interdit depuis je crois). Un produit miracle également utilisé pour les carottes, les poireaux, ou encore les fraises. Quant à la mâche, on dit qu’elle est très riche en oméga 3 et peu calorique… Pour ma part, même en oméga, je ne suis pas riche mais je me soigne!

Et puisque le 26 novembre est aussi la date anniversaire de la disparition de Paul Lafargue (1911), l’auteur, saluons ici son combat. Un siècle déjà qu’il s’est donné la mort en compagnie de son épouse La_101161437_paul-lafargue-bfe1fe25-875e-4304-b788-b4eebb0f351-resize-750ura. 150 ans avant le débat sur les retraites, Lafargue posait déjà les vraies questions. Il est vrai qu’il avait des circonstances atténuantes; d’abord il était né à Cuba et puis, bien que très influencé par les idées de Proudhon, il avait épousé la fille de Karl Marx.  « Pour qu’il parvienne à la conscience de sa force, il faut que le prolétariat foule aux pieds les préjugés de la morale chrétienne, économique… il faut qu’il retourne à ses instincts naturels, qu’il proclame les Droits de la Paresse, mille et mille fois plus sacrés que les phtisiques Droits de l’Homme concoctés par les avocats métaphysiques de la révolution bourgeoise ; qu’il se contraigne à ne travailler que trois heures par jour, à fainéanter et bombancer le reste de la journée et de la nuit. » Ce la-paressevisionnaire mériterait le Panthéon, qu’on en juge: « Une étrange folie possède les classes ouvrières des nations où règne la civilisation capitaliste. Cette folie traine à sa suite des misères individuelles et sociales qui, depuis deux siècles, torturent la triste humanité. Cette folie est l’amour du travail, la passion moribonde du travail, poussée jusqu’à l’épuisement des forces vitales de l’individu et de sa progéniture… » A gauche, magnifique gravure que l’on doit à Félix Vallotton.

 

Je vais donc faire valoir mon droit et m’arrêter là. En attendant la suite, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Dix petites anarchistes…

Posté par erwandekeramoal dans LECTURE

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Amis de la propédeutique et de la crêpe Suzette réunies, bonjour ! Nous sommes le Vendredi  26 octobre 2018, 5è jour de brumaire dédié à l’oie…Tandis qu’en Bretagne on célèbre saint Alar. Enfin, c’est pas une obligation non plus, hein !

J‘évoquais hier le temps libre dont je disposais, à l’insu de mon plein gré et que je consacrai en partie à la lecture, faute de pouvoir m’adonner à la cueillette des champignons. Après m’être régalé avec le dernier opus des passagers du vent (Bourgeon), j’ai plongé tête la première dans le récit romancé de Daniel de Roulet: Dix petites anarchistes aux éditions Buchet Chastel. AnarchisteNouveauQuel plaisir d’y retrouver Bakounine, Malatesta, Louise Michel, Nathalie Le Mel… Nous sommes en Suisse à la fin du vingtième siècle. A Saint-Imier, on vivote entre misère et exploitation, entre les étables et une industrie horlogère encore balbutiante. La visite de Bakounine, tout plein de l’ardeur de la Commune de Paris, éveille l’idée qu’une autre vie est possible. Dix jeunes femmes font le pari insensé de bâtir, à l’autre bout du monde, une communauté où règnerait « l’anarchie à l’état pur ». Valentine, dernière survivante des « dix petites anarchistes », nous fait le récit de cette utopie en acte qui les conduit de Suisse en Patagonie jusqu’à Buenos Aires, en passant par l’île de Robinson Crusoë. L’extraordinaire épopée de femmes soudées par un amour farouche de la liberté, qui ont choisi de « se réjouir de l’imprévu sans perdre la force de s’insurger ». Une sorte d’espèce de genre de road movie à déguster sans modération.

Allez, vive la sociale, à bas les calottes, portez vous bien et à bientôt peut-être.