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Comment peux t-on se nommer Artie Shaw…

Posté par erwandekeramoal dans JAZZ, PORTRAIT

Amis de la protohistoire et du bœuf bourguignon réunis, bonjour ! Nous sommes le Mercredi 30 Décembre 2020, qui correspond au 10e jour du mois de nivôse, dans le calendrier républicain, officiellement dénommé jour du fléau. Ce qui n’a rien à voir avec ce qui suit..

Comment peut-on se nommer: ARTIE SHAW ?

Je me suis souvent posé cette question. Sauf à avoir des attaches à St-Pol-de-Léon, avouez que c’est assez improbable. Sauf encore, à pratiquer l’humour juif de Brooklyn… Point commun avec Woody Allen,artie-D- autre clarinettiste de talent. Né à New York, Arthur Arshawsky y apprend la clarinette et le saxophone et en 1926, il adopte le pseudonyme d’Artie Shaw. En 1929, on le retrouve à New York où il mène une intense activité de musicien de studio. On peut l’entendre un temps dans l’orchestre de Paul Whiteman. De 1934 à 1935, il délaisse la musique et se retire à la campagne pour se consacrer à la littérature (pas terrible d’après les experts). En 1938, il enregistre son premier hit: « Begin the beguine » de Cole Porter.

https://youtu.be/cCYGyg1H56s

En 1938 il accompagne Billie Holiday , ce qui, à une époque où la tension générée par la ségrégation raciale devient inquiétante, ne va pas sans créer d’incidents . Sa popularité atteint alors son apogée et il  devient le principal rival du roi du swing: Benny Goodman. Pourtant Artie_ShawArtie Shaw, se retire du monde musical pour s’installer à Mexico. En 1940, année où il épouse l’actrice Lana Turner, il reconstitue un orchestre qui lui aussi enchaîne les succès. En 1942, il s’engage dans la Marine. Il dirige un orchestre destiné à entretenir le moral des troupes du Pacifique. De retour à la vie civile en 1944, il met sur pied un orchestre, pour une fois exclusivement de jazz. A la fin des années 60, il se retire à Lakeville (Connecticut). Il meurt le 30 décembre de la même année. Artie Shaw apparaissait aussi comme un homme de convictions qui a toujours milité contre la ségrégation raciale aux États-Unis. A écouter sans modération.

Allez, l’année bientôt finira sa carrière, en attendant la prochaine, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Ca vient de là, ça vient du blues…

Posté par erwandekeramoal dans JAZZ, PORTRAIT

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Amis de la mistoufle et des restos du cœur réunis, bonjour ! Nous sommes le Lundi 28 décembre 2020, 8è jour de Nivôse que les républicains avaient dédié au fumier, allez savoir pourquoi justement le jour de la « saints innocents »… Peut-être parce que Nobody’ innocent ! C’est aussi la date anniversaire de la disparition d’un bluesman attachant.

Freddie KING, qui s’est vite appelé Freddy, est né et a grandi à Gilmer (Texas) en 1934, où il a appris à jouer de la guitare grâce à sa mère et à son oncle. King jouait au départ du blues rural acoustique dans la veine de Lightning Hopkins. En 1950, à 16 ans, sa famille déménage pour Chicago, où il fréquente les clubs de blues. Il y entend des musiciens freddy-king-1tels que Muddy Waters, Jimmy Rogers, Eddy Taylor et bien d’autres. Bientôt le jeune guitariste forme son propre groupe The Every Hour Blues Boys. « C’était un colosse débonnaire, carrure de taureau, écrasant sa guitare entre les doigts noueux qui en tiraient malgré tout des sons d’une extrême pureté.» Gérard Herzhaft La grande encyclopédie du blues. King enregistre son premier 45t en 58. Syd Nathan et Sonny Thompson font signer KING et enregistre son premier simple pour ce label ‘You’ve Got to Love Her with a Feeling’, en Aout 1960. Ce titre devient un petit succès en 1961. Allez, trois minutes trente cinq de bonheur comme chantait Sylvie Vartan.

https://youtu.be/WtpCAhbAJdc

Le premier album de King ‘Freddy King Sings’ sort en 1961 et est suivi l’année suivante de ‘Let’s Hide Away’ et un album instrumental ‘Dance freddy-2Away with Freddy King: Strictly Instrumental’. En 1961, il réalise une série d’instrumentaux (dont ‘San-Ho-Zay’, ‘The Stumble’ , et ‘I’m Tore Down’) qui deviennent des classiques du blues.(observez les deux orthographes du prénom sur les pochettes de disques) King trouve un nouveau contrat avec Shelter Records de Leon freddy-3Russell au cours de l’année 1970. Il enregistre trois albums au début des années 70 qui se vendent tous très bien. Ses concerts marchent bien aussi. En 1976, il tourne aux Etats-Unis, en dépit d’une santé qui commence à décliner. Le 29 décembre 1976, à seulement 45 ans, King meurt d’un problème cardiaque.

Du blues pour terminer l’année, on peut pas trouver mieux (si j’arrive à résoudre mon problème de vidéo). Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

My funny Valentine…

Posté par erwandekeramoal dans JAZZ, PORTRAIT

Amis du grand soir et des petits matins réunis, bonjour ! Nous sommes le Mercredi 23 décembre 2020, troisième jour de Nivôse consacré au bitume… Sans commentaires.

Tiens, c’est l’anniversaire de Chet Baker.

Chesney Henry, « Chet » Baker Jr, le jazzman blanc le plus dépressif de l’histoire est né le 23 décembre 1929 à Yale, Oklahoma. A 10 ans, Chet et sa famille déménagèrent vers la Californie du Sud, pendant l’âge d’or du bebop. Pour les 12 ans de Chet, son père lui offrit un trombone . Le Chet-D-garçon trouvant l’instrument trop difficile l’échange pour une trompette. Il en jouera tout le long de sa scolarité. En 1946, il part à l’Armée, mais n’abandonne pas son instrument pour autant, il jouera d’ailleurs avec l’Army Band dans le Berlin conquis. Il passe avec succès une audition pour Charlie Parker et trouve le succès en 1952 au sein du Gerry Mulligan’s pianoless quartet, qui joue régulièrement à Hollywood. Chet s’illustre par la force de son solo sur le morceau « My Funny Valentine » , un morceau qu’il gardera comme fétiche tout au long de sa vie. A gauche superbe photo extraite du film Let’s get lost de Bruce Weber.

https://youtu.be/27398omqBGM

Après un séjour en Europe, il retourne aux Etats-Unis en 1956 et devient accro à l’héroïne et à la cocaïne. Après un concert à San Francisco en 1966, il se fait agresser par des dealers. Sa mâchoire est fracturée et beaucoup de ses dents (très fragilisées par des années de drogue) sont cassées. En 1973 Il recommence aussi à enregistrer,Chet-D--300x168 redevient toxicomane et repart en Europe, où il tourne et enregistre de plus en plus régulièrement, principalement à cause de ses besoins d’argent pour acheter sa drogue. Le vendredi 13 mai (pas d’bol) 1988 à Amsterdam, Chet Baker tombe de la fenêtre ouverte de sa chambre d’hôtel. Sa carrière prend fin brutalement, alors que ses qualités musicales sont au plus haut. Une autopsie révèle qu’il n’était ni saoul ni drogué au moment des faits. Son corps sera enterré au Cimetière du Parc d’Inglewood, en Californie.

Allez, je ne suis pas sûr que cela vous redonne le moral mais bon… Portez vous bien et à bientôt peut-être.

Chicago blues…

Posté par erwandekeramoal dans JAZZ, PORTRAIT

Amis du crétacé supérieur et de la lutte des glaces réunis, bonjour ! Nous sommes le Samedi 19 décembre 2020, 29è jour de frimaire dédié à l’olive. Le 19 décembre 1915 à vu mourir Aloïs Alzheimer; il est très Rogers-2-300x300connu mais je ne me souviens plus pourquoi, j’ai la mémoire qui flanche… Je cherchais depuis un moment déjà l’occasion d’évoquer la carrière de Jimmy Rogers et je m’aperçois qu’il est décédé un 19 décembre à Chicago dans l’Illinois en 1997. C’est sans doute un des principaux concepteurs du Chicago blues de l’après-guerre. Encore enfant, il aide un ses oncles épiciers qui vend des disques au milieu des victuailles. En attendant le chaland,le jeune Jimmy apprend la guitare et l’harmonica à partir des disques de Memphis Minnie et John Lee «Sonny Boy»Williamson. Attention de ne pas le confondre avec Jimmie Rodgers, chanteur de country, célèbre pour son yodel…

https://youtu.be/Td7236JoTAk

Il rejoint Chicago en 1939 via Saint-Louis et se produit sur le marché aux puces de Maxwell Street. C’est là qu’il va rencontrer Leroy Foster et surtout Muddy Waters. Ensemble il vont former un groupe qui deviendra le premier «Muddy Waters blues band». Dans les années cinquante, Jimmy Rogers enregistre une trentaine de titres dont pas Rogers-300x300mal de chefs-d’oeuvre en compagnie du pianiste Eddie Ware. Lorsqu’il sera remplacé par Pat Hare chez Muddy en 1960, Rogers abandonne la musique et redevient épicier et chauffeur de taxi pour subvenir aux besoins de sa grande famille. Ce n’est qu’en 1970, pressé par le pianiste blanc Bob Riedy qu’il reprend sa guitare et son blues. Il va se produire dans les clubs de Chicago, sur les campus et participe à quelques tournées en Europe. Voici ce qu’en dit Gérard Herzaft dans sa grande encyclopédie du blues (Fayard): «…Discret, modeste, Jimmy Rogers n’a jamais connu l’engouement du public international du blues mais, peu à peu, son authenticité et le rôle historique qu’il a joué à Chicago, l’ont fait reconnaître et apprécier.»

Allez, c’est sympa à vous d’être passé par ici, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Posté par erwandekeramoal dans JAZZ, PORTRAIT

Amis de la liberté de s’exprimer et des tortellini alla pana réunis, bonjour ! Nous sommes le Samedi 05 Décembre 2020, 15è jour de frimaire dédié au Chevreuil.Tiens, puisque j’évoque les tortellini en voici tortellinol’origine légendée qui m’a été contée par un restaurateur briochin (de Saint Brieuc) spécialiste des pâtes et Italien pur souche: Un fabricant de pâtes, secrètement amoureux d’une de ses employées, ne put résister à la tentation d’observer la jeune fille par le trou de la serrure tandis qu’elle se changeait dans l’arrière boutique avant de se mettre au boulot. Las, il ne put voir que son nombril, mais il le trouva si beau qu’il saisit un petit disque de pâte et en reproduisit la forme. Ainsi naquit le premier tortellino. Etonnant, non !

Tout à fait autre chose.

David Warren Brubeck est un pianiste de jazz né à Concord en Californie le 6 décembre 1920 et mort le 5 décembre 2012 à Norwalk, dans le Connecticut. Jeune, il a reçu une éducation musicale donnée par sa mère, puis par le compositeur français Darius Milhaud. Étudiant, il fonda avec ses amis le « Jazz Workshop ensemble » qui enregistra dès 1949 sous le nom de Dave Brubeck Octet et qui deviendra populaire Jazz-Legend-Dave-Brubeck-Dies-at-91sous la forme de quartet (The Dave Brubeck Quartet) en 1951, rejoint notamment par le saxophoniste Paul Desmond. Claude Nougaro a rendu célèbres en France deux de ces morceaux en y ajoutant des paroles :Take Five, son premier succès a, quant à lui, été mis en paroles par de nombreux artistes dont Al Jarreau et surtout Carmen McRae qui l’a chanté avec Dave Brubeck lui-même au piano. Le succès de Take Five est l’un des rares exemples de musique innovatrice qui devient un hit planétaire, au point de paraître aujourd’hui banalisée. Take Five premier succès du quartet, a été composé par Paul Desmond en 1959 et non par Dave Brubeck.

Le quartet (Dave Brubeck, Paul Desmond, Joe Morello et Eugene Wright à la contrebasse) s’est dissout en 1967 mais Dave Brubeck a continué à jouer en trio (piano/basse/batterie) en invitant d’autres musiciens, dont Gerry Mulligan, avec qui il a fait plusieurs tournées et s’est produit, Dave+Brubeck+Quartetnotamment, à Paris. Il a fondé plusieurs quatuors et s’est produit aux festivals de Newport, Monterey, Concord et Kool Jazz. Il a joué à la Maison Blanche en 1964 et 1981 ainsi qu’au sommet de Moscou de 1988 en l’honneur des Gorbatchev. En 2004, il est également fait docteur honoris causa en théologie par l’Université de Fribourg. En 2010, à l’âge de 90 ans, il a continué à jouer, malgré une hospitalisation, dans le Connecticut, début octobre, pour pose d’un pacemaker. Dave Brubeck meurt la veille de son quatre-vingt-douzième anniversaire d’un arrêt cardiaque au Norwalk Hospital (Connecticut).

Voila pour aujourd’hui, en attendant le prochain billet, portez vous bien et à bientôt peut-être

Trompettes de la renommée…

Posté par erwandekeramoal dans JAZZ

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Amis des « cénobites tranquilles » et des P.T.T. réunis, bonjour ! Nous sommes le Jeudi 24 septembre 2020 et pour nos amis républicains c’était le troisième jour de vendémiaire, jour de la châtaigne, ce qui n’est pas une raison suffisante pour s’échanger des marrons. Et tiens, lescenobitestranquilles-carte-postaleà propos d’échange… Voici en guise de piqure de rappel, la carte postale des « cénobites », disponible sur simple demande. Laissez votre adresse, on vous écrira ! Nul doute que cette carte là est appelée à devenir collector. Je rigole déjà en pensant à la tronche du préposé à la distribution du courrier surtout si elle tombe par hasard entre les mains de Besancenot. Il faut que je pense à me procurer une adresse qui se situe sur sa tournée. Un petit salut en passant à Fats Navarro, grand trompettiste de jazz, né un 24 septembre à Key West en Floride. Certainement un des rois du Be-Bop qui a joué avec les seigneurs du genre de Charlie Parker à Kenny Clarke’s ou Lionel Hampton.

Fats Navarro est un des trompettistes les plus représentatifs du style bebop. Il apprend le piano et le saxophone ténor avant d’opter pour la trompette. Il fait ses débuts professionnels à l’âge de 17 ans. De 1943 à 1944, il fait partie de l’orchestre d’Andy Kirk. De 1945 à 1946, il est membre du big band de Billy Eckstine. De 1946 à 1950, il devient un musicien très demandé. On peut l’entendre avec les «  Kenny Clarke’s Be Bop Boys  », «  Eddie Davis And His Reboppers  », dans les  Fats_Navarro1formations de musiciens comme Coleman Hawkins, Dexter Gordon ou Illinois Jacquet et, brièvement, dans le big band de Lionel Hampton (printemps 1948) et le sextet de Benny Goodman. Par trois fois, il est plébiscité par les lecteurs de la revue «  Metronome  » et amené à enregistrer avec le «  Metronome All Stars » (aux côtés de Charlie Parker et des autres « stars » du bebop). Il se produit aussi avec Parker à d’autres occasions (lors de concerts du JATP en 1949, au « Birdland » en 1950,…). On peut aussi l’entendre, en 1949, dans la formation du pianiste Bud Powell (avec Sonny Rollins au ténor). Les plages les plus significatives de Fats Navarro sont probablement celles enregistrées avec Tadd Dameron, parfois sous le nom du trompettiste, mais le plus souvent sous celui du pianiste. Souffrant depuis des années de tuberculose, il meurt, en 1950, à l’âge de 26 ans. Quelques mois de plus et il rejoignait le fameux club des 27: Jimi Hendrix, Jim Morrison, Kurt Cobain ou encore Amy Winehouse. Mais aussi Brian Jones, Janis Joplin, Robert Johnson…

Allez, merci d’être passé, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Le Blues de Memphis Slim…

Posté par erwandekeramoal dans JAZZ

Amis de la trompette à cornet et du cornet de frites réunis, bonjour ! Nous sommes le Jeudi 03 Septembre 2020, 17è jour de Fructidor dédié à la Cardère. (Si tu ne viens pas à la Cardère…) en vérité, il s’agit d’une cardere-venise-verte-300x225plante bisannuelle, de 70 cm à 1,5 m de haut. Les feuilles opposées par paires le long de la tige sont soudées par leur base deux à deux et forment une cuvette dans laquelle l’eau de pluie peut s’accumuler, d’où le nom vernaculaire de « cabaret des oiseaux ». Cette racine pourrait aider à soigner la maladie de Lyme. Bien que peu connu, ce remède semblerait fonctionner. Pour cela, il est conseillé de mettre la racine dans de la vodka, et de prendre 3 gouttes matin, midi et soir pendant un mois, puis de continuer 3 jours par mois pendant un an.

Reprenons notre tour d’horizon des grands musiciens de jazz et aujourd’hui, coup de chapeau à Memphis SLIM. De son vrai nom, John Len Chatman, il est né un 3 septembre en 1915. J’ai eu le bonheur de Memphis dessinl’entendre à la fin des années soixante, c’était « aux trois mailletz », club de jazz du quartier St Michel à Paris et qui a vu passer les plus grands, une vraie cave comme on n’en fait plus. Il s’est fait d’abord connaître sous le nom de Peter Chatman et ce n’est que bien plus tard qu’il a choisit le pseudonyme de Memphis Slim, nom de la ville d’où il est originaire. Il commence à jouer du piano dans les années 1920 avant de partir pour Chicago où il rencontre Willie Dixon. C’est après une tournée en Europe qu’il s’installe à Paris. On lui doit près de 300 albums mais j’avoue que j’ai un faible pour every days i have the blues.

L‘auteur-illustrateur Jean Claverie a dédié à Memphis Slim les deux livres pour enfants qu’il a consacrés au blues, Little Lou (1990) et La route du sud (2003), s’inspirant de lui pour son personnage de petitles-3-mailletz pianiste. Memphis Slim a préfacé le premier d’entre eux mais est mort avant d’avoir pu voir le livre terminé. On a souvent dit que le jazz de Memphis Slim était un peu trop sage, trop « propre sur soi », c’est peu être pour cela que notre ministre perpétuel de la culture, Jack Lang, l’a décoré de l’ordre des arts et des lettres. Ici, c’est une photo de Coleman « aux trois mailletz », belle époque où l’on pouvait écouter de la bonne musique en buvant un coup et en fumant un clope…

Allez, le bonjour vous va, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Lester Young: The Prez…

Posté par erwandekeramoal dans JAZZ, PORTRAIT

Amis de la chapelle Sixtine et de la cousine Bette réunies, bonjour ! Nous sommes le Jeudi 27 Août 2020, c’était généralement le 10e jour du mois de fructidor dans le calendrier républicain français, officiellement dénommé jour de l’échelle.

Je profite de ce jour anniversaire, pour dire quelques mots d’un musicien que j’apprécie particulièrement; il s’agit de Lester Young. C’est à Woodville (Mississippi), petite ville au fin fond du Sud des États-Unis, que Lester Willis Young est né le 27 août 1909. Le jeune garçon grandit à la Nouvelle-Orléans, puis à Minneapolis où sa famille a déménagé. Il Lester-Young-45-degrees-300x224réalise plusieurs tournées avec l’orchestre familial, auquel participe également son jeune frère Lee (batteur). Les premières années du parcours en solitaire de Lester Young sont marqués par des participations à un grand nombre d’ensembles musicaux et il se fait rapidement remarquer par son style d’interprétation atypique, jouant du saxophone de manière détendue, en adoptant souvent des attitudes nonchalantes, et en tenant son instrument de travers, presque à l’horizontale. Suivant la tradition de la « royauté du jazz », qui veut que les musiciens vedettes se voient attribuer des sobriquets prestigieux (« King », « Duke », « Queen », etc.), il reçoit le surnom de « Prez », diminutif de « Président », qui semble lui avoir été attribué, par Billie Holiday.

Lester Young réalise avec Count Basie une série d’enregistrements de grand renom, notamment les légendaires Kansas City SessionsKONICA MINOLTA DIGITAL CAMERA, jouant tant du saxophone que de la clarinette. A la fin des années 1930, il se partage entre l’orchestre de Count Basie, l’accompagnement de Billie Holiday et d’autres ensembles. Mais, à partir du début des années 1950, Lester Young entre dans une spirale mortifère, tenaillé par des problèmes aussi bien physiques que psychologiques. Si ses interprétations s’en ressentent parfois, il n’en demeure pas moins un pilier de Jazz at the Philarmonic, dont il suit les tournées américaines et européennes, et son style de swing traditionnel continue d’influencer grandement les nouvelles générations de jazzmen. En 1955, il est hospitalisé pour dépression nerveuse durant un an. Mais ses habitudes mortifères reprennent bientôt le dessus, une consommation abusive d’alcool s’ajoutant à une alimentation de plus en plus insuffisante.

Au début de 1959, il réalise une tournée européenne, qui s’achève à Paris par une prestation au Blue Note, avec Kenny Clarke: durant son Billie & Lesterséjour sur le vieux continent, il boit sans discontinuer et ne mange  quasiment rien. Après un ultime enregistrement dans la capitale française, Lester Young reprend l’avion pour les États-Unis et atterrit à New York le 15 mars 1959. Quelques heures après son retour, il succombe à un arrêt cardiaque. Sa mort et celle, quelques mois plus tard, de sa complice Billie Holiday, viennent alimenter la légende tragique du Jazz et de ses musiciens consumés par les feux de la rampe. Sources: les travaux de Nikita Malliarakis et les textes d’Alain Gerber.

Voila pour cette rentrée, à écouter sans modération aucune. Éteignez la télé et laissez vous emporter par le saxo de Lester Young et la voix inoubliable de Lady Day… Portez vous bien et à bientôt peut-être.

Blues for you, Johnny…

Posté par erwandekeramoal dans JAZZ, PORTRAIT

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Amis de la littérature romanesque et de la bouillie carlined’avoine  réunies, bonjour ! Nous sommes le Samedi 08 août 2020, 21è jour de thermidor dédié à la Carline. Or donc, c’est le jour de la Carline, ne cherchez pas, c’est une espèce de sorte de genre de chardon qui n’a guère d’autre utilité que d’occuper le temps du préposé aux écritures du jardin des plantes. A gauche, la carline utilisée comme symbole solaire dans le Sud de l’Europe. Une légende veut qu’un ange ait montré à Charles Quint la Carline acaule en la lui présentant comme un remède contre la peste bubonique qui décimait son armée. Pour la Covid, il n’a rien dit…

Il y a 80 ans disparaissait Johnny Dodds, immense saxophoniste de blues. Il était né dans le Mississippi, terre de blues, et il est mort à Chicago en 1940. Il a fait ses débuts dans l’orchestre de Papa Celestin en 1918 après Dodds-G-avoir joué avec King Oliver. En 1920 il arrive à Chicago et y restera jusqu’à la fin de ses jours. Le Créole Jazz Band de King Oliver utilisait Baby Dodds à la batterie et Bill Johnson à la basse pour ne citer qu’eux. Suite à une tournée en Californie en 1922, Louis Armstrong se joignit au groupe. Entre 25 & 27, Johnny Dodds participera aux célèbres enregistrements Hot five de Louis Armstrong et Red Hot Peppers de Jelly Roll Morton qui compte sans doute parmi les plus importants de l’histoire du jazz. Dodds est décédé d’une embolie cérébrale et Sydney Bechet lui dédia un morceau Blue for you, Johnny.

Allez, la suite au prochain billet; en attendant, portez vous bien et à bientôt peut-être.

What a wonderful wordl…

Posté par erwandekeramoal dans JAZZ, PORTRAIT

Amis du développement durable et du linoléum réunis, bonjour ! Nous sommes le mardi 04 Août 2020 et pour nos amis du calendrier républicain, ce 17ème jour de thermidor était celui du lin. Mais le 04 Août 2020 est en réalité le Dimanche 22 Tatane 147 – Ubu es liens fête suprême seconde, nous disent les adeptes de la pataphysique. Il est par ailleurs possible que ce soit la date anniversaire de la naissance de Louis Armstrong mais, rien n’est moins sur.

Louis Armstrong naît dans un milieu défavorisé de la Nouvelle-Orléans. Difficile de fêter un anniversaire lorsque, a priori, on ignore la date de naissance du bénéficiaire. Or celle de Louis Armstrong demeure assez floue. L’officielle, si l’on peut dire, 4 juillet 1900, aurait été fixée par lui-même à l’occasion d’un recensement: jour de la fête nationale, dernière caricature-Louisannée d’un siècle, voilà une date facile à retenir pour un gamin quasi analphabète. Depuis, on a retrouvé dans les registres de l’église du Cœur Sacré de Jésus, à La Nouvelle-Orléans, un document situant au 4 août 1901 la date de naissance de Louis Armstrong (Niger illegitimus).  Placé dans une maison de correction à l’âge de 13 ans, il aurait pu plonger dans la délinquance mais la rencontre avec un professeur de musique va changer sa vie. Il sa met à jouer dans des orchestres, des fanfares, dans les clubs mais ne sachant pas encore lire les partitions, il compense en se servant de l’improvisation. Armstrong est alors surnommé Satchmo (pour « satchel mouth », littéralement « bouche de sacoche ») en raison de la taille de sa bouche.

En 1922, il quitte la Nouvelle-Orléans pour Chicago et connaît rapidement le succès. Il enregistre ses premiers disques sous son nom à la tête de son orchestre, le Hot Five. Le succès continue à New York où il se produit avec Fats Waller pour la revue Hot Chocolate. Il enchaîne Louissssles concerts aux États-Unis et en Europe à la tête d’un grand orchestre. Devenu une véritable star, Louis Armstrong tourne dans de nombreux films et se produit dans de nombreux pays sous l’égide du département d’État américain comme ambassadeur culturel. Il collabore avec Ella Fitzgerald sur trois albums. En raison de son âge, il se produit de plus en plus en tant que chanteur. C’est à cette époque qu’il enregistre ses chansons les plus fameuses Hello Dolly en 1964 et What a wonderful world en 1967. Louis Armstrong est un précurseur du jazz, c’est lui qui a inventé la forme musicale telle que nous la connaissons actuellement. A ce titre, il influencera tous les musiciens de jazz qui viendront à sa suite.

Allez, passez un bel été, gaffe au re-confinement, portez vous bien et à bientôt peut-être.