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Le blues d’Elmore James…

Posté par erwandekeramoal dans JAZZ, PORTRAIT

Amis de l’Hermétisme et du chocolat Poulain réunis,Colvert bonjour ! Nous sommes le Mercredi 24 mai 2017, cinquième jour de prairialles enfants nantais dédié au canard. Dois-je vous rappeler que le 24 Mai 2017 est en réalité le Samedi 7 Merdre 144 Nativité de M. Plume, propriétaire selon le calendrier de pataphysique. Alors que par ici, certains vont célébrer Donatian & Rogatian, martyrs suppliciés sous l’empereur Maximien à Nantes, vers 288-290, pour n’avoir pas voulu renier leur foi, ils sont appelés les enfants nantais. On attribue au duc de Bretagne, Jean 4, la fondation d’une église de Saint-Donatien et de Saint-Rogatien, au faubourg de Saint-Clément de la ville de Nantes, et l’établissement de 6 chanoines pour y faire le service; mais on se trompe : cette fondation est du duc Jean 3, qui la fit en 1325. Avouez que ça change tout…

L’homme du jour s’appelle Elmore James, il est né à Richland, Mississippi, un 27 janvier en 1918 et a définitivement cessé de jouer de la guitare le 24 mai 1963 à Chicago. Né sur une petite plantation il  partage son temps entre le travail des champs et les juke-joints du James-297x300-gaucheDelta où il joue en compagnie de Robert Johnson et surtout Sonny Boy Williamson. Sa façon de jouer avec une espèce de rage et de chanter d’une voix presque éraillée, en fait une des sonorités les plus excitantes de l’histoire du blues. Il a gravé son premier disque, Dust my broom, sur le petit label Trumpet et rencontré un succès immédiat. A partir de ce moment il va enregistrer massivement, une œuvre un peu chaotique dont beaucoup de morceaux tournés vers le Rythm & Blues des années 50 avec cuivres et la présence de Ike Turner.

A partir de la fin des années cinquante sa popularité est en baisse et c’est le producteur Bobby Robinson qui va le remettre en selle. Il en restera une œuvre magnifique, moderne, sensuelle et agressive avec James-droitedes compositions extraordinaires comme Shy is crying ou Every day i have the blues, (ici en vidéo) cette dernière prend place parmi les plus grands moments du blues d’après-guerre. Il est décédé d’une crise cardiaque alors qu’il préparait une tournée européenne. Je crois savoir que son fils, Elmore James Jr a repris le flambeau. Sources: la grande encyclopédie du blues de Gérard Herzaft chez Fayard.

Allez, c’est vraiment très sympa à vous de passer par ici de temps en temps. Portez vous bien et, à demain peut-être.

All that meat and no potatoes…

Posté par erwandekeramoal dans JAZZ, PORTRAIT

Amis du bas de laine et de l’armoire normande réunis, bonjour ! Nous sommes le Dimanche 21 Mai 2017 et, mon p’tit calendrier républicainHémérocalle m’indique que le 21 mai, deuxième jour de prairial, est généralement dédié à l’hémérocalle… Avouez que c’est une chance, Fabre d’Eglantine, l’un des inspirateurs, aurait pu choisir le pissenlit ou le coquelicot et bien non; le choix s’est porté sur l’hémérocalle mais je serai bien ennuyé s’il fallait vous dire pourquoi. Outre le fait qu’il s’agit d’une très jolie fleur et que certains cuisiniers téméraires la mélangent à leurs salades, je n’ai pas la moindre idée de ce qui a présidé à un tel choix. A la vérité, il me manquait une dizaine de lignes pour compléter ce billet, voilà qui est chose faite.

Les cénobites tranquilles ne pouvaient passer sous silence le jour anniversaire de la naissance de Fats Waller l’un des plus grands pianistes de jazz que la Virginie est connu. Thomas Wright Waller naît le 21 mai 1904 dans le quartier de  Harlem à New York (États-Unis). Son père, le prêcheur baptiste Edward Waller, lui enseigne dans sa Waller Gjeunesse, dès six ans, quelques rudiments d’orgue à l’église et de piano à la maison. Il pense alors faire du garçon son successeur à la chaire dominicale. Mais, Fats préfère le swing des pianos bars à celui du gospel. Tout en jouant avec un sens du swing et une dextérité incroyable, « Fats » Waller régale le public de ses histoires ; ses performances qui le distinguent des autres pianistes attirent les foules qui le considèrent davantage comme un amuseur que le musicien surdoué qu’il est vraiment. Ecoutez « All That Meat And No Potatoes ». Boulimique de la vie (enregistrements, tournées, bouffe, boisson), Thomas « Fats » Waller est au fond de lui désabusé de n’être pas pris au sérieux et de ne pas être considéré comme un vrai jazzman. La tournée californienne de 1943 est la dernière.

Tombé malade durant un concert au club Zanzibar Room à Hollywood, le pianiste meurt d’une pneumonie dans le train qui le ramène de Santa Fé à New York, en gare de Kansas City, le15 décembre 1943. On fats-waller-al-capone-fb-shareraconte qu’un jour, Fats Waller fut kidnappé par quatre  gangsters sous la menace de leurs armes et jeté dans une limousine. Étant noir et ses ravisseurs blancs, Fats était terrorisé. On l’emmena à une réception où on le fit s’asseoir au piano. Fats Waller était le cadeau d’anniversaire fait à Al Capone par ses hommes. Capone lui servit du champagne et remplissait ses poches de billets à chaque fois qu’il lui jouait un air à sa demande. Fats rentra chez lui au bout de 3 jours avec une gueule de bois et les poches remplies de billets… Quelle époque madame Michu!

Allez, merci de votre visite, portez vous bien et à demain peut-être.

Un pacte avec le diable…

Posté par erwandekeramoal dans JAZZ, PORTRAIT

Amis du Delta blues et de l’endive braisée réunis, bonjour ! En ce Lundi 08 mai 2017, dix neuvième jour de Floréal surnommé jour de l’arroche (encore nommée le faux épinard), plutôt que de fêter l’armistice de 1945 qui n’en fut pas un, mais une reddition des armées allemandes. Plutôt que de fêter l’accession au arrochepouvoir de Macron 1er (le pacte avec le diable). Plutôt que de caresser dans le sens du poil les nationalistes et patriotes de tout poil en saluant Jeanne d’Arc: C’est en effet le 8 mai 1429 qu’une armée, menée par Jeanne d’Arc, est parvenue à délivrer la ville d’Orléans, assiégée par les Anglais. Pourquoi ne pas commémorer les massacres de Sétif, Guelma et Kherrata, dans une Algérie alors colonisée par la France.

Pour ma part, j’ai choisi de marquer au feutre vert la naissance d’un des plus grands bluesmen que le Mississippi ait connu: Robert JOHNSON. Son œuvre quoique mince a laissé un nombre considérable de classiques du blues. Né dans Robertle Delta il s’est très tôt intéressé à la musique, notamment l’harmonica avant d’opter pour la guitare. Sa rencontre avec Willie Brown le décide à faire de la musique son gagne-pain. Il parcourt le Delta, joue ici et là pour quelques dollars. Sa vie chaotique est celle d’un grand buveur, coureur de femmes qui s’attire sans cesse un tas de problèmes. Cette personnalité se reflète dans des compositions sombres, dramatiques, pleines d’images hallucinantes.

La légende veut que sa virtuosité vienne d’un pacte avec le diable. un soir très sombre alors qu’il se promenait dans les alentours de Clarksdale dans le Mississippi, il se perdit à un carrefour (crossroads). Alors qu’il commençait à s’endormir une brise fraîche le réveilla. Il vit Robert-Jonhson-Crumbau-dessus de lui une ombre immense avec un long chapeau. Effrayé, ne pouvant dévisager cette apparition Johnson resta comme paralysé. Sans un mot l’apparition se pencha, prit sa guitare, l’accorda, joua quelques notes divines, ou diaboliques, avant de lui rendre l’instrument et de disparaître dans le vent noir du Sud. Il est mort, empoisonné dit-on, dans un bouge du Mississippi du côté de Greenwood. Son blues, torturé, rempli de référence au démon, sera repris par d’innombrables musiciens comme Muddy Waters mais aussi, plus tard, les Rolling stones, Jimi Hendrix, Bob Dylan et Eric Clapton entre autres. Un grand à n’en point douter.

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

I feel so good…

Posté par erwandekeramoal dans JAZZ, PORTRAIT

Amis de la basse-Bretagne et de l’artichaut vinaigrette réunis, bonjour ! Nous sommes le Samedi 29 Avril 2017 qui correspond au 10è jour de Besné-44-Chapelle-St-Second1floréal dans le calendrier républicain, jour dédié au râteau. Mon secrétariat me prie de vous rappeler que c’est la fête aux Sekondell, originaire de Nantes au 6e siècle, disciple de Friard, ermites tous deux près de Besné (44). Saviez vous que Besné vient du breton « bez-enez » (l’île du tombeau). Ici, la chapelle St-Sekondell à Besné. Loire-Atlantique en Bretagne comme dit l’autre…

Oyez l’histoire de J.B. Lenoir, né à Tilton (Mississippi) le 5 mars 1929 et mort à Champaign (Illinois) le 29 avril 1967, c’est un bluesman américain comme je les aime et comme j’aime à vous les faire découvrir, guitariste, chanteur et compositeur. Nommé J.B. par ses parents (ces initiales ne signifient rien en particulier. Pour les non-initiés encore moins, pour les autres elles ont une signification particulière et JB Lenoirdésignent des colonnes du temple mais je doute que ce soit cela qui ait guidé les parents), Lenoir commence à jouer très tôt. Il laboure dans la journée puis joue de la guitare le soir, en apprenant un peu de tout. Dans les années 1940, il travaille avec Sonny Boy Williamson et Elmore James à la Nouvelle Orléans. En 1949, il déménage à Chicago et commence à jouer dans des clubs avec Memphis Minnie, Big Maceo et Muddy Waters. Dans les années 1950, Lenoir enregistre plusieurs chansons sur différents labels. À cette époque, on le connaît surtout pour ses costumes rayés, sa voix féminisée et pour son jeu à la guitare électrique.

Lenoir avait la réputation d’être exceptionnellement amical et doux. Il se prit d’amitié et encouragea de nombreux jeunes artistes de blues, noirs et blancs. Certains disaient même qu’il ressemblait à Martin rayureLuther King car ils avaient beaucoup de points communs, dont le fait d’être père et d’avoir eu une fin tragique. Il n’aura pas vécu assez longtemps pour nous dévoiler toute l’étendue de son talent. En effet, Lenoir, à 38 ans, s’éteint le 29 avril 1967 chez lui à Champaign, à la suite d’une hémorragie interne. Cette dernière fait suite à un accident de voiture dans lequel il était impliqué trois semaines plus tôt, l’hôpital n’ayant pas pris au sérieux ses blessures. On lui doit entre-autres: I feel so good que j’ai posté en vidéo, et qui fut repris par James Brown, Alabama, My name is JB LENOIR…

Le documentaire The Soul of a Man (2003) de Wim Wenders, qui fait partie de la série , a Musical Journey de Martin Scorsese, est consacré en partie à ce bluesman. En fait, la chanson de John Mayall marqua tellement Wim Wenders, étudiant en cinéma à l’époque, qu’il se demanda qui était J.B. Lenoir. Puis Wim Wenders devient réalissoul of a manateur et rencontre plusieurs fans de Lenoir. Cependant, ils ne trouvent aucun document filmé sur lui. Mais un jour, on découvre des images inédites de Lenoir tournées au début des années 1960 par deux étudiants (allemand et suédois) en art à Chicago. En 2002, Wim Wenders rend visite à ces deux anciens étudiants, le couple Seaberg, désormais marié. Ces derniers croient rêver : leurs images étaient restées sur une étagère sans que personne ne les ait jamais vues pendant 35 ans. Ils avaient perdu espoir que le monde (et particulièrement la Suède où ils avaient proposé leur film) s’intéresse à leur musicien préféré, qui était aussi leur ami proche.

Allez, merci d’être passé, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Le roi du swing…

Posté par erwandekeramoal dans JAZZ, PORTRAIT

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Amis du calembour et de l’œuf mimosa réunis, bonjour ! Nous sommes le Mercredi 26 Avril 2017, septième jour de Floréal dédié au muguet.

Le 26 Avril 1984 décédait à Hollywood,William James Basie à l’âge de 84 ans. Connu sous le nom dCount Basie 1e « Count Basie » il naît le 21 août 1904 à Red Bank, New Jersey. Enfant, il découvre le piano par sa mère qui lui  donne ses premières leçons. Il développe son sens de l’improvisation au Palace Théâtre ou il accompagne des films muets. En 1924, il déménage à Harlem et intègre l’un des premiers orchestres de Duke Ellington. Entre 1925 et 1927, il accompagne les chanteuses de blues Katie Krippen et Gonzelle White avec le Théâtre Owners Booking Association. Il profite de cette expérience pour montrer ses talents de pianiste dans des villes comme La Nouvelle Orléans, Chicago et Saint Louis.

En 1929, Basie est invité à rejoindre les Blue Devils fondé par Bennie Moten à Kansas City. Fâché avec ses comparses, Bennie Moten se voit contraint de quitter l’orchestre. Basie qui était pianiste et arrangeur le remplace en tant que chef d’orchestre. C’est à cette période qu’il count-basie-04prendra le surnom de « Count ». L’aventure ne dure pas très longtemps et Basie décide de rejoindre Bennie Moten avec qui il jouera jusqu’en 1935, date de décès de Bennie Moten. Basie rebondit en montant son propre groupe qu’il baptise Count Basie and his barons of rhythm. L’orchestre remporte un succès phénoménal. Il doit cette notoriété montante à la présence de grands talents comme Lester Young (saxophone), Harry Edison (trompette) ou Freddie Green (guitare) que Basie a su repérer.

L’ensemble ne cesse de prendre de l’ampleur et devient l’un des big band les plus reconnus dans le monde du jazz avec celui de Duke Ellington. Dans les années 50, le jazz a le vent en poupe en Europe. Count Basie et son groupe se produisent dans le monde entier. Ils multiplient les collaborations avec de grands chanteurs comme Frank 6003913_Count_Basie_-_watercolours_60x40_cmSinatra, Ella Fitzgerald et Tony Bennett. Coiffé d’une casquette de la marine, Count Basie dirige son orchestre tel un capitaine de navire. Il attache une grande importante au swing en privilégiant des grandes sections de cuivre et en mettant l’accent sur des arrangements rythmiques riches. Avec de nombreux Grammy Awards en poche dans la catégorie « Meilleure performance jazz », Count Basie est reconnu comme étant l’un des meilleurs musiciens de jazz du début du 20ème siècle. Il meurt en 1984 des suites d’un cancer à Hollywood en Floride. (dessin de Stéfano Davidson)

Bon, c’est pas tout, le mercredi j’ai piscine; allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Entends tu les clochettes tintinnabuler…

Posté par erwandekeramoal dans JAZZ, PORTRAIT

Amis du swing éternel et de la soupe à l’oseille réunis, bonjour ! Nous sommes le Jeudi 20 Avril 2017, premier jour de Floréal dédié à la rose. Hier au soir, à la fraîche, j’écoutais sur Radio Neptune, un enregistrement de Lionel Hampton datant du début des années cinquante. Du coup, ce matin, je ne peux faire autrement qu’évoquer ce musicien flamboyant au swing incomparable et qui a su donner au vibraphone ses lettres de noblesse et qui a eu la bonne idée de venir au monde un 20 avril. Cher lecteur, entends-tu les clochettes tintinnabuler ? Cela s’appelle Flying Home et c’est daté de 1957.

Lionel HAMPTON, surnommé  «Hamp» , joue un rôle éminent dans l’histoire du jazz. Il est né à Louisville, Kentucky, le 20 avril 1908. Lionel est entré dans la légende grâce à ses interprétations d’une Lionel-Hampton-face-227x300virtuosité époustouflante. En 1936 il se fait engager dans le quartette du célèbre clarinettiste Benny Goodman, entouré des meilleurs jazzmen de l’époque tels Duke Ellington ou Count Basie. Sa carrière explose en 1940 il fonde sa propre formation qui connaît un succès immédiat et devient un des plus célèbres big band de l’époque, où se produisent des héros du jazz tels Quincy Jones, Art Farmer, Dexter Gordon et Charles Mingus.

En 1992, alors âgé de 83 ans, il donne un show à Bobino au cours duquel il est atteint d’une attaque cardiaque. Emmené sur une civière, il hurle à ses musiciens de continuer à jouer… « Je ne peux pas décrocher…  » dit Hamp qui continue à swinguer à travers la planète jazz. Retour en France du jeune homme de 90 ans en avril 1999, avec une série de concerts à l’hôtel Méridien. Car Hamp aime profondément la France où il a d’ailleurs créé le Jazz Club Lionel Hampton à Paris. Lionel-1«Dans votre pays, j’ai été intronisé par la Confrérie du cassoulet… Ça ne s’oublie pas.» D’ailleurs n’a-t-il pas composé un succulent  Cassoulet Blues ? Car   Hamp est aussi glouton de bonne chère que de rythmes endiablés… Virtuose inégalable du swing à outrance qu’il manie avec des techniques insensées, il est aussi l’un des pionniers du rock and roll avec certains de ses tubes comme  Hey-ba-be-re-bop. Mais HAMPTON n’est pas seulement un jazzman génialement exubérant. C’est avant tout un artiste conscient de ses responsabilités, créateur d’une fondation destinée à la construction d’immeubles dans Harlem. C’est aussi le premier jazzman noir à avoir intégré le quartette non racial de Benny Goodman. Car Hamp s’est engagé courageusement contre la ségrégation et a défendu Nelson MANDELA et Malcolm X :  «J’ai toujours eu de l’amour pour ces hommes qui ont combattu pour la liberté. Nous nous devions de les soutenir.»

Allez, merci à vous pour la visite, portez vous bien et à demain peut-être.

Denmark: twelve points…

Posté par erwandekeramoal dans JAZZ, PORTRAIT

Amis de la peinture à l’eau et de la sardine à l’huile réunies, bonjour ! Nous sommes le Mercredi 19 avril 2017, trentième et dernier jour de Germinal dédié au greffoir.tapisserie En effet nous allons entrer dans Floréal qui devrait permettre aux jardins de Keramoal de se parer de toutes ses couleurs. Déjà, le cerisier du Japon en rosit de bonheur, les camellias avaient pris de l’avance et les « roz-kaouled » (hortensias en bas breton) s’apprêtent à ceinturer le parc de leur bleu Iroise. Le forsythia apporte son flamboyant jaune d’or au milieu d’une pelouse fraichement tondue et toutes les petites primevères, pensées, jonquilles et autres dont j’ignore le nom offrent au regard du visiteur une vision enchanteresse comme ces tapisseries « millefleurs » qui firent le renom des ateliers d’Aubusson. Ici, la licorne captive symbole de la pureté prisonnière du temps… Les initiés sauront y reconnaitre nombre de symboles très prisés en cette période médiévale.

J‘ai souvent évoqué ici les bluesmen que j’aime, ils sont souvent noirs, issus du Mississippi ou du Kentucky et ont fait leurs classes dans les clubs de jazz de Chicago. Celui-ci a un nom imprononçable et un talent immense mais il est né de ce côté ci de l’Atlantique, tout là haut dans ce beau pays du Danemark. Niels-Henning Ørsted Pedersen, jazzm220px-NHØPan et contrebassiste danois est né le 27 mai 1946 à Osted, sur l’île de Zélande au Danemark. Il est décédé le 19 avril 2005 à Copenhague d’une crise cardiaque. Réputé pour sa technique impressionnante, son approche instrumentale peut être considérée comme une prolongation du travail innovateur de Scott LaFaro. Pedersen, le « grand Danois avec un nom interminable », était plus simplement connu sous l’acronyme de NHØP parmi les fans de jazz. Enfant, Pedersen commence par apprendre le piano. À l’adolescence, il se tourne vers la contrebasse. Dès l’âge de 14 ans, tout en poursuivant ses études, il entame une carrière professionnelle de musicien de jazz et fonde son premier groupe, Jazzkvintet 60. À 17 ans, il se produit au sein l’orchestre de Count Basie, excusez du peu.

https://youtu.be/raqM3A4YCVw

Pendant les années soixante, Pedersen se produit aux côtés de jazzmen américains importants en tournées au Danemark: Chet Baker, Bill Evans, Brew Moore, Bud Powell, Count Basie, Dexter Gordon, Dizzy Niels & OscarGillespie, Oscar Peterson, Sonny Rollins, Miles Davis et la chanteuse Ella Fitzgerald, que du beau monde. La vidéo le montre en compagnie de Dizzie et Oscar Peterson… Dans les années 1970, il joue en duo avec le pianiste Kenny Drew, puis fait une tournée avec le trio de Oscar Peterson (photo de gauche) dans toute l’Europe ainsi qu’en Amérique du Nord. Ensemble, ils ont enregistré plus de 50 albums. Il a également travaillé avec le violoniste français Stéphane Grappelli et le pianiste catalan Tete Montoliu. Pedersen est resté un musicien très actif jusqu’à sa mort soudaine à Copenhague en 2005 à l’âge de 58 ans.

Allez, merci encore d’être passé par ici; portez vous bien et à bientôt peut-être.

Pinetop Boogie Woogie…

Posté par erwandekeramoal dans JAZZ, PORTRAIT

 

 

Amis du sous-marin jaune et du tea for two réunis, bonjour! Nous sommes le Mardi 21 mars 2017, premier jour de germinal dédié évidemment à la primevère… Il est possible que vous rencontriez un pataphysicien qui vous affirme que le 21 Mars 2017 est en réalité le Vendredi 27 Pédale 144 St VALENS, FRÈRE ONIRIQUE; ne le contrariez pas.

C‘est bien connu, Il ne faut rien refuser au lecteur. «Bientôt le 21 mars. Tu nous fais un hommage à Pinetop Perkins?» Zap pow.

OK, allons y. Né le 7 juillet 1913 dans une famille de métayers des environs de Belzoni, dans le Mississippi, Joe Willie Perkins, dit Pinetop Perkins, commence très jeune à s’occuper des travaux de la ferme. Mais c’est aussi très tôt qu’il nourrit un vif intérêt pour la musique. Guitariste de formation, il va cependant devoir abandonner son Pinetop Dinstrument de prédilection pour s’orienter vers le piano en raison d’une blessure au bras gauche occasionnée lors d’une rixe. Son surnom est un emprunt à Clarence « Pinetop » Smith artiste du Boogie-Woogie (Smith est mort jeune. Tué par une balle perdue au cours d’une bagarre). Le surnom de Pinetop devait le suivre parce que les gens l’identifiaient à cette chanson, qu’il jouait souvent à la demande générale.

C’est en 1970 que Perkins a remplacé Otis Spann dans l’orchestre de Muddy Waters. Anonyme jusqu’alors, Joe Willie Pinetop Perkins n’était pas resté inactif si l’on en croit les propos de Gérard Herzhaft dans son encyclopédie du Blues: Il a appris le piano avec des musiciens locaux et en écoutant les disques de Leroy Carr, Roosevelt Sykes et les pianistes perkinsdu boogie-woogie. Dans les années 30 il va hanté les juke-joints du Mississippi et de l’Arkansas en compagnie de Sonny Boy Williamson, robert Jr Lockwood ou Nighthawk. Avec eux, il va devenir pianiste du king Biscuit Time (célèbre programme de radio Helena) entre 43 et 48. Après un rapide passage à Chicago, il s’en retourne dans le Sud et va jouer à Memphis avec Ike Turner et Boyd Gilmore entre autres. Ce n’est qu’à la fin des années 60 qu’il répondra à l’appel de Earl Hooker et reviendra à Chicago; quelques mois plus tard il sera au sein de l’orchestre de Muddy Waters où il restera jusqu’en 1981. Très vite il acquiert une dimension légendaire, celle d’un des derniers pianistes à véhiculer la tradition des tripots sudistes.

On disait de lui qu’il n’était ni un très bon chanteur ni un grand pianiste et pourtant il va devenir la coqueluche des festivals en Amérique mais aussi en Europe et même au Japon. Avec d’autres musiciens, ils vont pinetop 1quitter Muddy Waters pour former le Legendary Blues Band qui  continue à tourner aujourd’hui. Pinetop est décédé un 21 Mars en 2011, il avait 97 ans. On se souviendra de sa courte apparition dans le film de John landis, The blues brothers. Un mois après être devenu, à 97 ans, le doyen des récipiendaires d’un Grammy Award, récompense attribuée pour son dernier album Joined at the Hip (Meilleur album de blues traditionnel) enregistré avec un de ses vieux complices de blues, Willie ‘Big Eyes’ Smith,  « Il est allé faire une sieste et ne s’est pas réveillé », a déclaré Patricia Morgan, son manager.

Mission accomplie, maintenant, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Le blues dans la peau…

Posté par erwandekeramoal dans JAZZ, PORTRAIT

Amis du piano (sans bretelles) et de la ceinture (sans chasteté) réunis, bonjour ! Nous sommes le Vendredi 17 mars 2017 qui correspond au 27è jour de ventôse dédié à la Sylvie. J’ai connu une Sylvie qui… Et Anemone-des-Bois-001-300x180bien non, il ne s’agit pas du tout de celle à qui vous pensez mais de cette jolie fleur encore appelée anémone des bois.  L’anémone Sylvie est considérée comme toxique alors évitez les décoctions. Par contre, mon aïeule qui, vous le savez maintenant, se piquait de quelques connaissances en herboristerie, l’utilisait en friction contre les rhumatismes.

C‘est aussi le jour anniversaire du décès d’un grand bluesman qui s’est éteint à Chicago en 1995. De son vrai nom Albert Luandrew il s’est fait connaître sous le pseudonyme de Sunnyland SLIM.

Ça c’est du blues ou je ne m’y connais pas… En 1939 il rejoint Chicago où il joue avec Sonny Boy Williamson qui a fait l’objet d’un billet ici sunnyland slimmême. En 1947 il fit des enregistrements sous le nom de « Doctor Clayton’s Buddy ». On le trouve aussi sur des disques de Muddy Waters de la fin des années quarante comme musicien d’accompagnement. Sunnyland Slim fut blessé à la main par un coup de couteau et un malfaisant réunis, si bien que certains doigts perdirent un peu de leur capacité antérieure, il n’en resta pas moins un pianiste d’accompagnement apprécié. Il a fait plusieurs tournées en Europe dont une avec les Chicago All Stars en 1968 me semble t-il. Mais il est vrai qu’en 68, il s’est passé tant de choses…

Le 17 mars 1871 c’est le début de ce qui deviendra la Commune de Paris.
Alors que Paris est encerclé par l’armée prussienne, Thiers, chef du gouvernement de défense nationale, donne ordre à l’armée d’aller récupérer les canons en position sur les hauteurs de Montmartre. Mais les canonsla population, qui s’oppose à cette mesure, entoure la troupe. Le général Lecomte commande le feu, mais les soldats mettent crosse en l’air. Lecomte est arrêté ainsi que le général Thomas (un autre fusilleur!). Ils sont passés par les armes par une foule en colère. C’est le début de la révolution. Des groupes d’insurgés se répandent dans la ville. Les autorités, apeurées, se replient en catastrophe sur Versailles. Les révolutionnaires se concertent. Les Blanquistes proposent une marche sur Versailles pour se débarrasser du gouvernement, mais « malheureusement » leur avis n’est pas suivi. La Commune de Paris est en train de naître ; elle ne sera proclamée que le 28 mars.

Et voila pour aujourd’hui. Comme disait mon aïeule: « Il faut de tout pour faire un blog ! ». Portez vous bien et à demain peut-être.

Lester & Billie…

Posté par erwandekeramoal dans JAZZ, Non classé, PORTRAIT

Amis de la chapelle sixtine et de la cousine Bette réunies, bonjour ! Nous sommes le Mercredi 15 mars 2017, 25è jour de Ventôse dédié au thon.

Je profite de ce 15 mars, jour anniversaire de sa mort, pour dire quelques mots d’un musicien que j’apprécie particulièrement; il s’agit de Lester Young. C’est à Woodville (Mississipi), petite ville au fin fond du Sud des Etats-Unis, que Lester Willis Young est né le 27 août 1909. Le jeune garçon grandit à la Nouvelle-Orléans, puis à Minneapolis où sa famille a déménagé. Il réalise plusieurs tournées avec l’orchestre lesterfamilial, auquel participe également son jeune frère Lee (batteur). Les premières années du parcours en solitaire de Lester Young sont marqués par des participations à un grand nombre d’ensembles musicaux et il se fait rapidement remarquer par son style d’interprétation atypique, jouant du saxophone de manière détendue, en adoptant souvent des attitudes nonchalantes, et en tenant son instrument de travers, presque à l’horizontale. Suivant la tradition de la « royauté du jazz », qui veut que les musiciens vedettes se voient attribuer des sobriquets prestigieux (« King », « Duke », « Queen », etc.), il reçoit le surnom de « Prez », diminutif de « Président », qui semble lui avoir été attribué, par Billie Holiday.

Lester Young réalise avec Count Basie une série d’enregistrements de grand renom, notamment les légendaires Kansas City Sessions, jouant tant du saxophone que de la clarinette. A la fin des années 1930, il se partage entre l’orchestre de Count Basie, l’accompagnement de Billie  lester & billieHoliday et d’autres ensembles. Mais, à partir du début des années 1950, Lester Young entre dans une spirale mortifère, tenaillé par des problèmes aussi bien physiques que psychologiques. Si ses interprétations s’en ressentent parfois, il n’en demeure pas moins un pilier de Jazz at the Philarmonic, dont il suit les tournées américaines et européennes, et son style de swing traditionnel continue d’influencer grandement les nouvelles générations de jazzmen. En 1955, il est hospitalisé pour dépression nerveuse durant un an. Mais ses habitudes mortifères reprennent bientôt le dessus, une consommation abusive d’alcool s’ajoutant à une alimentation de plus en plus insuffisante.

Au début de 1959, il réalise une tournée européenne, qui s’achève à Paris par une prestation au Blue Note, avec Kenny Clarke: durant son séjour sur le vieux continent, il boit sans discontinuer et ne mange billie & lesterquasiment rien. Après un ultime enregistrement dans la capitale française, Lester Young reprend l’avion pour les Etats-Unis et atterrit à New York le 15 mars 1959. Quelques heures après son retour, il succombe à un arrêt cardiaque. Sa mort et celle, quelques mois plus tard, de sa complice Billie Holiday, viennent alimenter la légende tragique du Jazz et de ses musiciens consumés par les feux de la rampe.
Sources: les travaux de Nikita Malliarakis et les textes d’Alain Gerber.

Voila, à écouter sans modération aucune. Eteignez la télé et laissez vous emporter par le saxo de Lester Young et la voix inoubliable de Lady Day…Portez vous bien et à demain peut-être.