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Sing, sing, sing…

Posté par erwandekeramoal dans JAZZ, PORTRAIT

Amis de la bigoudénie et des demoiselles du Guilvinec réunies, bonjour ! Nous sommes le Samedi 30 mai 2020, ce qui tend à prouver que tout arrive, et ce onzième jour de Prairial est dédié à la fraise, ce qui, résidant à quelques kilomètres de Plougastel, m’autorise à la ramener bigoudeniequelque peu… En Bretagne armoricaine, on s’apprête à célébrer les Buan: Buen, ermite, fondateur de la paroisse de Loc’hbuen, autrement dit Locarn (22). On ne sait rien (ou si peu de chose) de cet obscur saint breton. Un saint de ce nom est honoré au pays de Galles. Il était le fils d’Ysgwn et le petit fils de Llywarch Hen, le barde guerrier du 6e siècle et prince breton. Impuissant face aux Angles, Llywarch s’était réfugié en Galles. Le nom semble identique au qualificatif buan « rapide » c’est ainsi que mon aïeule nous apostrophait lorsque nous trainassions: « hasta buan ! »; c’est à dire: dépêchez vous.

Tiens, c’est le jour anniversaire de la naissance de Benny Goodman: 30 mai 1909 à Chicago. Clarinettiste exceptionnel, on lui a attribué le titre de Roi du Swing. Il est âgé de 16 ans lorsqu’on lui demande de se joindre à un groupe de musique basé en Californie dirigé par Ben Pollack, avec qui il fait ses premiers enregistrements. En 1934, il crée un 220px-Benny_Goodman_-_c1970big band qui deviendra un des orchestres les plus populaires de l’ère du swing. Cette même année, lui et son orchestre passent une audition pour participer à une émission radiophonique de la NBC (National Broadcasting Company) intitulée Let’s Dance. Il obtient le contrat et, pendant cette émission, joue en rotation avec deux autres orchestres ayant un style de musique différent.  C’est en juillet 1935 que naît le Benny Goodman Trio, grâce à l’arrivée de Teddy Wilson. Rejoint par Lionel Hampton en août 1936, il devient le Benny Goodman Quartet. En formant ces petits groupes, Benny est un des premiers musiciens blancs à embaucher, à une époque où sévit une ségrégation raciale, des musiciens noirs.

Enfin, le 16 janvier 1938,  le Carnegie Hall lui ouvre ses portes. C’est dans ce temple de la musique américaine, situé dans la septième avenue en plein cœur de New-York, et où plusieurs grands artistes débutèrent leur carrière (la salle est également la maison de l’Orchestre philharmonique de New York), qu’a lieu la consécration pour Benny Goodman.  Lors de ce concert historique Benny Goodman, que l’on Carnegie-300x300entend jouer avec Harry James, Ziggy Elman, Teddy Wilson, Jess Stacy, Lionel Hampton et le batteur Gene Krupa partage aussi l’affiche avec des invités prestigieux comme Duke Ellington et Count Basie. C’est également dans cette salle que Benny Goodman débute sa carrière de soliste. En 1947, Benny Goodman dissout son Big Band. Il se produit à partir de cette date essentiellement comme leader de petites formations. Il meurt d’un arrêt cardiaque le 13 juin 1986 à New York à l’âge de 77 ans. On l’enterre au cimetière Long Ridge à Stamford, dans le Connecticut. Cette même année, il est honoré du Grammy Lifetime Achievement Award. Toutes les partitions que Benny Goodman a écrites ont été léguées à l’Université Yale après sa mort.                                        

Allez, merci de votre visite, déconfinez dans la joie et l’allégresse et à bientôt peut-être.

Oh, Mamie Blues…

Posté par erwandekeramoal dans JAZZ

Amis du soufisme éclairé et du soufflé au fromage réunis, bonjour ! fromental-224x300Puisque aussi bien nous sommes le Mardi 26 mai 2020 et que ce jour était le 7è de Prairial dans le calendrier républicain, autant vous le dire tout de suite, il était dédié au fromental encore nommé, l’avoine élevée. Et quand bien même vous contesteriez ceci, ce ne serait pas une raison suffisante pour élever l’avoine. Oui, bon, d’accord… Et puisque vous êtes les meilleurs lecteurs qu’un blogue n’ai jamais eu, voici pour vous une véritable pépite dénichée sous les plis de la toile (c’est joli ça), le premier disque de blues de l’histoire, gravé en 1920.

C‘est Mamie Smith qui est la chanteuse, elle est née le 26 mai 1883 à Cincinnati, et décèdera en septembre 1946 à Harlem. C‘était une vraie enfant de la balle, elle se produisit dans des troupes de danse dès l’âge de 10 ans. Elle chanta dans de nombreux clubs et, en 1918, fit partie de la revue Made in Harlem de Percy Bradford. Très populaire dès 1914, elle est engagée par le même Percy Bradford qui réussi à convaincre la compagnie Grazy-Blues disqueOkeh de l’enregistrer. Crazy blues, c’est le titre du morceau, obtient un succès considérable dès sa parution. En fait, Crazy Blues était le second enregistrement de Mamie Smith, le premier ayant été un disque de deux chansons : You can’t keep a good man down et That thing called love . Sans être foudroyant, son succès avait été suffisant pour qu’on fasse de nouveau appel à elle, et cette fois ce fut une date dans l’histoire. On dit que le disque s’est vendu à 75000 exemplaires la première semaine. Dès lors Mamie entreprend une fructueuse carrière jusqu’en 1931. Elle défraie bien un peu la chronique par ses liaisons avec de grands jazzmen, ce qui ne l’empêche pas d’interpréter une série de films musicaux au début du parlant. Par la suite, Mamie Smith, drogue et alcool venant, sombrera dans la misère et l’oubli. Ah, la vie est dure madame Michu.

Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Posté par erwandekeramoal dans JAZZ, PORTRAIT

Amis de la cartomancie et du boudin aux pommes réunis, bonjour ! En ce Lundi 25 mai 2020, sixième jour de prairial, nous célébrons la mélisse. Si vous trouvez l’actualité particulièrement indigeste, je vous mélisserecommande expressément la tisane de mélisse. Mon aïeule, pour qui l’herboristerie n’avait aucun secret, faisait bouillir deux branches de mélisse dans un litre d’eau et laissait infuser. Pour ma part, j’avoue que ma préférence va plutôt à un vieux whisky d’Ecosse.  Cela me remet en mémoire le fameux pangramme de Georges Perec : Portez ce vieux whisky au juge blond qui fume. C’est une phrase qui permet d’utiliser toutes les lettres de l’alphabet, l’exercice est amusant, et par ailleurs, c’est un alexandrin.

Bon, restons dans le ton cigarettes, whisky et p’tites pépées… Le 25 mai 1996 voit le décès de Barney WILEN. C’est un des grands saxophonistes Français et c’est assez rare pour le noter. Il a débuté sa carrière en se produisant dans les boites du côté de Nice sous la-note-bleue-300x300l’incitation de Blaise Cendrars ( immense bonhomme à qui j’avais consacré un billet). On lui doit d’avoir travaillé avec Miles Davis sur la bande originale du film « ascenseur pour l’échafaud ». Miles Davis qui lui est né un 25 mai en 1926, étonnant non ! Plus tard il a enregistré avec le fameux quintette de Thélonious Monk et on lui doit aussi la musique du film « Les liaisons dangereuses » de Roger Vadim. La bande dessinée de Loustal, « Barney et la note bleue » est largement inspirée de sa vie. Plus tard il en a d’ailleurs tiré un disque intitulé « La note bleue ». Je vous conseille particulièrement « Cookin’ at st germain » avec Bud Powell.

Bon voilà, on va s’arrêter là, même si le soleil est de retour sur la pointe bretonne; pas question d’aller baguenauder sur la plage; mais vous pouvez vous entasser dans les églises, les mosquées, les synagogues; c’est à nouveau autorisé. On peut en asseoir une centaine dans un avion mais pas cinquante dans un cinéma. On en voit des milliers dans le métro ou chez Carrefour mais faites gaffe au bord de l’eau. Ne désespérez pas, les voies du Covid sont impénétrables. Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Every day i have the blues…

Posté par erwandekeramoal dans JAZZ, PORTRAIT

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Amis du matérialisme historique et du cachou Lajaunie réunis, bonjour ! Nous sommes le Mercredi 20 Mai 2020, premier jour de Prairia05_Mai_Prairialrl dédié à la luzerne. Le mois de prairial était le neuvième mois du calendrier républicain français. Il correspondait, à quelques jours près (selon l’année), à la période allant du 20 mai au 18 juin du calendrier grégorien. Il tirait son nom « de la fécondité riante & de la récolte des prairies de mai en juin », selon les termes du rapport présenté à la Convention nationale le 3 brumaire an II (24 octobre 1793) par Fabre d’Églantine, au nom de la « commission chargée de la confection du calendrier ». Quel poète ce Fabre…

Tiens, un tout bon qui vient de casser sa pipe. Non, ce n’est pas Piccoli, quoique… Je veux parler de Lucky Peterson, enfant prodige du blues, décédé à Dallas à 55 ans des suites d’un AVC. Son père possédait un club de blues à Buffalo et on raconte que le petit Lucky appris à lucky jeunejouer du piano en même temps qu’il apprenait à marcher. Il n’a que trois ans quand il est remarqué par Willie Dixon qui le fait passer à la télé. Il va devenir le pianiste de Little Milton et l’accompagner lors d’une tournée en France. Son style en tant que guitariste n’est pas sans rappeler celui de B.B. King. Il brille d’ailleurs plus par son style, son toucher et sa présence sur scène que par ses compositions, dont peu de morceaux sont réellement connus du grand public. Encensé par une partie de la critique, il s’en trouve une autre pour le trouver ennuyeux. En 2015 il avait ouvert la 36è édition du festival Jazz à Vannes (56).

A vous de juger ! Pour ma part je vais vérifier si mes laitues naissent. Allez, portez vous bien et à bientôt, peut-être.

Crossroad…

Posté par erwandekeramoal dans JAZZ, PORTRAIT

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Amis du Delta blues et de l’endive braisée réunis, bonjour  ! En ce Vendredi  08 mai 2020, dix neuvième jour de OLYMPUS DIGITAL CAMERAFloréal dédié à l’arroche, plutôt que de fêter l’armistice qui n’en fut pas un, célébrons la naissance d’un des plus grands bluesmen que le Mississippi ait connu. Robert Johnson. Son œuvre quoique mince a laissé un nombre considérable de classiques du blues. Par ici, certains vont célébrer les Comgall, moine écossais, qui fonda sur la côte de l’Ulster le célèbre monastère de Bangor.

Né dans le Delta il s’est très tôt intéressé à la musique, notamment l’harmonica avant d’opter pour la guitare. Sa rencontre avec Willie Brown le décide à faire de la musique son gagne-pain. Il parcourt le Delta, joue ici et là pour quelques dollars. Sa vie chaotique est celle d’un grand Robert Johnsonbuveur, coureur de femmes qui s’attire sans cesse un tas de problèmes. Cette personnalité se reflète dans des compositions sombres, dramatiques, pleines d’images hallucinantes. La légende veut que sa virtuosité vienne d’un pacte avec le diable. un soir très sombre alors qu’il se promenait dans les alentours de Clarksdale dans le Mississippi, il se perdit à un carrefour (crossroads). Alors qu’il commençait à s’endormir une brise fraîche le réveilla. Il vit au-dessus de lui une ombre immense avec un long chapeau.

Effrayé, ne pouvant dévisager cette apparition Johnson Robertresta comme paralysé. Sans un mot l’apparition se pencha, prit sa guitare, l’accorda, joua quelques notes divines avant de lui rendre l’instrument et de disparaître dans le vent noir du Sud. Il est mort, empoisonné dit-on, dans un bouge du Mississippi du côté de Greenwood. Son blues, torturé, rempli de référence au démon, sera repris par d’innombrables musiciens comme Muddy Waters mais aussi, plus tard, les Rolling stones, Jimi Hendrix, Bob Dylan et Eric Clapton entre autres. Un grand à n’en point douter.

Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Jazz in Belgie…

Posté par erwandekeramoal dans JAZZ, PORTRAIT

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Amis de la basse-Bretagne et de l’artichaut vinaigrette réunis, bonjour ! Nous sommes le Mercredi 29 Avril 20Besné-44-Chapelle-St-Second120 qui correspond au 10è jour de floréal dans le calendrier républicain, jour dédié au râteau. Mon secrétariat me prie de vous rappeler que c’est la fête aux Sekondell, originaire de Nantes au 6e siècle, disciple de Friard, ermites tous deux près de Besné (44). Saviez vous que Besné vient du breton « bez-enez » (l’île du tombeau). Ici, la chapelle St-Sekondell à Besné. Loire-Atlantique en Bretagne comme dit l’autre…

C‘est bien connu, nos amis belges sont capables du meilleur comme du meilleur (j’veux me fâcher avec personne) les meilleurs chanteurs: Brel, Arno, Mauranne…Les meilleurs dessinateurs de BD. Le meilleur waterzoï, les meilleures bières: Gueuze, tootsTrappiste… Le meilleur système politique, euh non, la ils ne sont pas au top. Mais savez vous, une fois, qu’ils ont aussi produit  quelques uns des meilleurs jazzmen de la planète. Voici quelques mots sur l’un d’entre eux: Toots Thielemans est un nom que l’histoire de la musique, et du jazz en particulier, a accroché depuis longtemps au rayon des légendes. Né à Bruxelles en 1922, Toots thielemans découvre le jazz durant l’occupation allemande et Django Reinhardt devient alors son idole.

Guitariste, siffleur, harmoniciste, il rejoint la tournée européenne de Benny Goodman en 1950. Par la suite, c’est aux Etats-Unis qu’il commence à se faire un nom dans le Charlie Parker’s All Stars ou le Toots-2quintet de George Shearing. Voici une vidéo qui le montre en compagnie de David Sandborn. Il parvient à créer un style, son style, et à donner à l’harmonica une place majeure sur la scène jazz. Sa carrière décolle et Toots Thielemans est demandé par un grand nombre de musiciens. Sur scène ou en studio, il accompagnera Ella Fitzgerald, Quincy Jones, Jaco Pastorius en encore Bill Evans. Quincy Jones dit de lui « Je peux dire sans hésitation que Toots est un des plus grands musiciens de notre temps. Nous avons travaillé ensemble un nombre de fois incalculable. C’est quelqu’un qui sait vous toucher au cœur et vous faire pleurer. » Bel hommage, non !

Bon, c’est pas tout, le jardin m’attend et je n’aime pas faire attendre. N’hésitez pas à repasser, pendant le confinement c’est ouvert tous les jours. A bientôt peut-être.

j’t'dis qu’c'est le grand Dizzy…

Posté par erwandekeramoal dans JAZZ, PORTRAIT

Amis de la mécanique des fluides et du Picon-bière réunis, bonjour ! Nous sommes le Lundi 06 janvier 2020, 17è jour de nivôse dédié à la marne. Rien à voir avec les taxis…

C‘est aussi le jour anniversaire de la disparition du grand Dizzy, qui est au Bebop ce que Beethoven est à la sdizzy-Gymphonie… John Birks « Dizzy » Gillespie, né à Cherawen Caroline du Sud le 21 octobre 1917, mort le 6 janvier 1993, était un trompettiste, compositeur et chef d’orchestre de Jazz. Avec Miles Davis et Louis Armstrong, il est l’un des trois plus importants trompettistes de l’histoire du jazz, ayant participé à la création du style Bebop et contribué à introduire les rythmes latino-américains dans le jazz. Ecoutez ces deux géants.

Dizzy Gillespie se distinguait en particulier par sa trompette au pavillon incliné vers le haut, il bouchait sa trompette d’un bouchon. Ses joues gonflées à bloc comme celles d’un crapaud, ainsi que sa joie de vivre et son humour ravageur sont pour beaucoup dans sa popularité auprès gillespie-D-du public. En tant que musicien, il avait une technique époustouflante et une vitesse de jeu impressionnante. Après avoir joué avec Cab Calloway, il fonde son propre groupe dans lequel on retrouve, excusez du peu, John Coltrane et Thelonious Monk. Personnellement je suis un fan de ses duos avec Charlie Parker. N’oublions pas que ce monsieur a donné des cours de trompette à…Miles Davis! Gillespie se déclare candidat à l’élection présidentielle aux États-Unis de 1964. Il promet que, s’il était élu, la Maison Blanche serait renommée « The Blues House », que Ray Charles serait nommé président de la Bibliothèque du Congrès, Miles Davis directeur de la CIA, et Malcolm X Attorney General… Etonnant, non ?

Allez, rien de tel qu’un peu de jazz pour oublier la nôtre d’élection présidentielle; celle d’hier et celle à venir. Portez vous bien et à bientôt peut-être.

Monsieur Butterfield…

Posté par erwandekeramoal dans JAZZ, PORTRAIT

Amis de la raison partagée et des spaghettis al dente réunis, bonjour ! En ce Mardi 17 Décembre 2019, vingt septième jour de Frimaire dédié au liège. Je me souviens avoir marché dans les grandes forêts de chêne-liège au chêne liègePortugal du côté de Setubal… En ces temps là, les œillets fleurissaient les canons, les jeunes capitaines faisaient danser les filles, le fado résonnait dans l’Alfama, tous les espoirs étaient permis… C’était avant, bien avant ! aujourd’hui, par ici, nous célébrons les Briac. Bien entendu ce nom doit son origine à un de ces fameux saints dont on ne sait pas s’ils ont réellement existé. Celui-ci faisait partie de la bande à Tugdual, dont je vous ai récemment parlé. Il a laissé son nom à la charmante commune de Bourbriac (Côtes d’Armor) mais aussi sans doute à Saint-Briac en Ille-et-Vilaine.

Et puis tiens, c’est le jour anniversaire de la naissance d’un sacré bluesman. je crois bien qu’on lui doit d’avoir inventé le style « Chicago-Blues ».  Ici on le voit au festival de Monterey en 1967. Il est né en 1942 à Chicago et est décédé en 1987 à Woodstock (il avait participé au fameux festival en 69), ça ne s’invente pas… Le Paul Butterfield Blues Band voit donc le jour en 1963, on dit que c’est Butterfieldvéritablement le premier groupe multiracial, quelques temps plus tard, le groupe devient aussi le « backing band » de Bob Dylan. Malade (alcool et héroïne), il n’enregistrera finalement que 3 albums solo en studio jusqu’à sa mort en 1987. Paul Butterfield fut le premier joueur blanc d’harmonica à développer un style original qui lui permit de rejoindre le panthéon des grands bluesmen. Il fut aussi celui qui initia les blancs américains au blues et plus particulièrement au Chicago Blues. Peut-être que si l’administration Etatsunienne écoutait un peu plus de Blues, elle penserait moins à faire la chasse aux réfugiés qui se pressent à ses frontières misant encore sur le rêve américain.

Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Parlons peu, parlons blues…

Posté par erwandekeramoal dans JAZZ, PORTRAIT

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Amis du stoïcisme et de l’endive braisée réunis, bonjour ! Oui, nous sommes le Samedi 23 novembre 2019, c’est à dire le troisième jour de frimaire ((mais non, pas fruits d’mer)  dédié à la chicorée. Vous connaissez tous les bienfaits de cette plante quasi miraculeuse qui Moulin-à-café-Peugeot-300x234produit aussi bien un succédané de café que de la bonne endive (chicon) et qui arbore une jolie fleur moins connue. Mon aïeule, à qui je dois cette éducation désastreuse, m’a élevé au bol de café plus qu’au verre de lait mais, elle n’imaginait pas un instant que l’on puisse faire un café sans y rajouter deux cuillers à soupe de chicorée Leroux. J’ai encore en souvenir celle que l’on incorporait obligatoirement au café après l’avoir moulu dans ce merveilleux petit ustensile aujourd’hui disparu…

Parlons peu, parlons blues… R.L. Burnside, né Robert Lee Burnside le 23 novembre 1926 à Harmontown, Mississippi, et mort le 1er septembre 2005 à Memphis, est un chanteur, guitariste et compositeR.L-Burnside-D-ur de blues. Il a vécu la majeure partie de sa vie à Holy Springs, dans l’État du Mississippi. R. L. Burnside a passé le plus clair de sa vie dans les collines du  nord du Mississippi. Il a travaillé comme métayer et comme pêcheur tout en jouant de la guitare le week-end. Il a commencé à s’intéresser à la guitare peu après ses vingt ans en écoutant le disque de John Lee Hooker, Boogie Chilen (qui a inspiré les débuts de nombreux bluesmen comme Buddy Guy). Il a appris son style en écoutant également Fred McDowell qui habitait près de chez lui, ainsi que son cousin par alliance, Muddy Waters.

Dans les années 1950 Burnside déménage du côté de Chicago, où plusieurs membres de sa famille sont assassinés ; après ces crimes, il retourne dans son État natal. La voix de Burnside est puissante et caractéristique, il joue aussi bien de la guitare électrique ou acoustique (avec ou sans bottleneck). son style ronronnant est caractéristique du RL_Burnside-G-country blues des collines du Nord du Mississippi, différent du blues du Delta. «Aujourd’hui à la mode, R.L. Burnside a longtemps vécu dans la misère et l’indifférence des Américains… En 1959, il retourne définitivement dans le Mississippi et ouvre un petit bar local dans lequel il joue et vend son wiskey maison.» C’est en 67 que Georges Mitchell, ethnomusicologue, découvre Burnside qui a mis guitare et ampli au clou pour survivre. «… Il faut attendre 1979 pour qu’il puisse vraiment sortir de l’ombre grâce au chercheur David Evans et à Gérard Herzhaft qui après les avoir rencontré dans le Mississippi rapporta ces enregistrements en France et les fait éditer chez Vogue.»( Extraits de La grande encyclopédie du blues de G. Herzhaft chez Fayard) Sans doute le dernier grand interprète du delta blues.

Allez, bonne fin de semaine, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Du Finistère au Mississippi…

Posté par erwandekeramoal dans JAZZ

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Amis de la prétérition et du filet de cabillaud réunis, bonjour ! Nous sommes le Samedi 02 novembre 2019, 12è jour de brumaire, habituellement dédié à la Mâcre, plante aquatique autrement appelée France, Finistere (29) Cap Sizun, Baie des Trepasseschâtaigne d’eau, on dit que les chinois en sont friands… En Bretagne c’était un grand jour que celui-là. Il était consacré aux trépassés, ici on dit Anaon. Peut-être connaissez vous ce recoin de côte entre la pointe du Van et celle du Raz, c’est la baie des trépassés, bae an anaon. Mon aïeule m’a souvent conté l’histoire du Treizour (le passeur) chargé de mener les âmes vers l’autre monde (l’île d’Avalon) et qui accostait la nuit venue sur ses rivages. Il faudra que je lui consacre un billet; au treizour, pas à mon aïeule, quoique…

Tiens, à propos d’Avalon, connaissez vous Mississippi John Hurt, né John Smith Hurt le 08 mars 1892 à Teoc, Mississippi et mort le 02 novembre 1966 à Avalon, Mississippi ? C’est un chanteur et guitariste Mississippi-John-Hurt-web-250x300de blues et de folk. Sa musique est un mélange subtil de blues, de  country, du bluegrass, de folk et de Rock-and-Roll. Son style se caractérise par son jeu de guitare raffiné et sa voix douce. À l’âge de deux ans il part, avec sa famille, pour Avalon, une petite ville du Mississippi. Comme il passe la majeure partie de sa vie dans cet État du Sud, il est surnommé « Mississippi » John Hurt. Il étudie seul la guitare à l’âge de 9 ans et quitte l’école en 1902 pour travailler dans les champs de coton. Occasionnellement il joue dans des bals et à des soirées. Son idole est Jimmie Rodgers, une star de country. Très vite il développe son propre style avec une technique de pincement de cordes avec trois doigts, une technique reprise plus tard par Bob Dylan.

Sa carrière débute en 1928 quand il est découvert par Okeh Records à Avalon. Cette année-là, il enregistre ses premiers titres de blues à Memphis (Tennessee), dont Frankie et Nobody’s Dirty Business, qui John-Hurt-300x223sortent en 78 tours chez Okeh Records. Tommy Rockwell le fait ensuite venir à New York pour graver de nouveaux morceaux (« Candy Man », « Stack O Lee Blues »). Il y rencontre Lonnie Johnson. Le nom de Mississippi John Hurt plonge alors dans l’oubli pour n’en ressortir qu’en 1963 où, redécouvert par un musicologue, il enregistre de nouveaux titres à Washington. Il se produit ensuite au Newport Folk Festival, puis au Philadelphia Folk Festival. Il meurt d’une crise cardiaque le 2 novembre 1966.

Voila pour aujourd’hui, en attendant la suite, portez vous bien et à bientôt peut-être.