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Le poète a toujours raison…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE, PORTRAIT

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Amis de la magistrale poésie et de la potée bretonne réunies, bonjour !

Nous sommes le dimanche 08 avril et l’on me dit que c’est Pâques… Les seules qui m’aient un jour inspiré ce sont les Pâques irlandaises, en 1916, lorsqu’une poignée d’utopistes déclarèrent imprudemment l’indépendance de leur pays…

C‘est aussi le jour anniversaire de la naissance de François de Montcorbier dit Villon en 1431 à Paris. Sans doute le poète français le plus connu de la fin du Moyen Age.

Écolier de l’Université, maître de la Faculté des Arts dès 21 ans, il a d’abord mené au Quartier Latin une vie joyeuse d’étudiant indiscipliné. À 24 ans, il tue un prêtre dans une rixe et s’enfuit de Paris. Amnistié, il doit de nouveau s’exiler un an plus tard après le cambriolage du Collège de Navarre. Accueilli à la cour de Charles d’Orléans, le prince-poète, à Blois, il échoue à y faire carrière. Il mène alors une vie errante et misérable sur les routes. Emprisonné à Meung-sur-Loire, libéré à l’avènement de Louis XI, il revient à Paris après six ans d’absence. De nouveau arrêté dans une rixe, il est condamné à être pendu. Après appel, le Parlement casse le jugement et le bannit pour dix ans de la ville. Il a 31 ans. On perd alors complètement sa trace. Il nous a laissé, entre autres, la fameuse Ballade des pendus interprétée ici par un Léo Ferré génial.

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Mais déjà l’imagerie populaire a transformé Villon. Elle a fait du poète le type de l’escroc par excellence, grand farceur et grand buveur, toujours habile à tromper le bourgeois pour vivre d’expédients. Il est le héros du Sermon des repues franches de maistre Françoys Villon, un petit recueil sur l’art de vivre aux dépens d’autrui, dont le succès est considérable autour des années 1500. Le poète apparaît comme un bouffon, vivant d’escroqueries journalières avec ses compagnons. Son nom devient si populaire qu’il entre dans la langue : on dit villonner pour duper, tromper, payer en fausse monnaie. Villon, villonner, villonnerie avec le sens de fripon, friponner. Qui a dit : Le poète a toujours raison…

Allez, à chaque jour suffit sa peine, portez vous bien et à demain peut-être.

La belle et la bette…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE, TRADITION

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Amis du charme slave et de la salade niçoise réunis, bonjour!

Nous sommes donc le lundi 26 mars, sixième jour de germinal dédié à la Bette. A ne pas confondre avec le jour de la bête (666). Très utilisées dans la cuisine niçoise, toutes les parties de la plante se consomment : les feuilles hachées entrent dans la composition de la tourte de blettes, des raviolis et du célèbre tian. La partie verte remplace les usages que l’on fait ailleurs des épinards et les côtes s’accommodent de plusieurs manières : à la vapeur avec un filet de citron, frites ou en gratin avec une sauce béchamel.

Tout à fait autre chose.

Aujourd’hui on célèbre (ou pas) saint Goal, rien à voir avec le foot, il s’agit de l’un de ces nombreux saints hommes, en Inde on dirait des Sadhus, qui s’établirent en Armorique et dont je vous narre régulièrement l’histoire. Celui-ci a laissé son nom à une commune du Morbihan chère à Gilles Servat ou Louison Bobet: Locoal-Mendon.

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Locoal est une île située dans le bras de mer d’Etel, entre Sainte-Hélène et Mendon ; elle communique avec cette seconde paroisse par un pont qui rappelle celui de Saint-Cado, et elle a sous sa dépendance la presqu’île du Plec, qui l’avoisine au nord. Il paraît que les Romains donnaient à l’île le nom de Plecit, dont on a fait plus tard celui de Plec, resté depuis à la presqu’île voisine. C’est dans cette île, vers 631, que vint s’établir, avec quelques prêtres, saint Gudual, dit aussi Gurval, Goal et Gau, évêque démissionnaire d’Aleth. ici à droite, Kegil-Brehet, la quenouille de ste Brigitte sur l’ile de Plec. Le saint s’y creusa une grotte sur la côte, et ses compagnons firent comme lui. Sa réputation s’étendit bientôt au loin, et de nombreux disciples, dont le chiffre s’éleva jusqu’à 188, vinrent se fixer sur ce sol et s’y faire des cellules. Pour garantir leurs demeures contre l’envahissement des grandes marées, ils durent édifier des digues d’une lieue environ de longueur, et dont il reste encore des tronçons parfaitement reconnaissables. Mais le saint dut bientôt reconnaître que la foule l’empêchait de jouir de la solitude qu’il cherchait. Il déserta son île, comme il avait déserté Guer, et, suivi de sept de ses moines, il s’enfonça dans la forêt de Camors. Là, il construisit un monastère, dont la chapelle de Locoal garde le souvenir, et y mourut le 6 juin, vers l’an 640, âgé d’environ 50 ans. A gauche ce magnifique menhir phallique entre Locoal et mendon. Son corps, disputé entre sa mère et sa soeur d’une part, et ses disciples de l’autre, fut transporté dans l’île du Plec, et inhumé dans l’église qu’il y avait fait bâtir. Bientôt l’île prit son nom et s’appela Loc-Gudual, et plus tard Locoal. Les miracles opérés au tombeau du saint y firent affluer les pèlerins et les offrandes. Par suite, les possessions du monastère embrassèrent peu à peu le territoire de la paroisse actuelle de Sainte-Hélène, la presqu’île du Plec, et les côtes de Mendon. Cette pros­périté dura deux ou trois siècles, jusqu’aux ravages des Normands.

Voila, c’était l’histoire du jour, en attendant la prochaine, portez vous bien et à demain peut-être.

AVOIR 20 ANS EN 68…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

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Amis soixante-huitards et néanmoins optimistes, bonjour!

Le 22 mars est le deuxième jour de Germinal et c’est le jour du platane alors, soyez prudent si vous prenez la route. Tiens, à propos d’élections, le 22 mars 1871, la Commune de Paris énonce que les membres de l’assemblée municipale sont contrôlés, révocables, comptables et responsables et que leur mandat est impératif. C’est pas interdit de rêver.

On l’oublie souvent mais, mai 68 a en fait débuté au mois de mars. Certains disent même que cela a commencé en Bretagne un an plus tôt. Laissons aux historiens le soin de trancher.Le 22 mars 1968, à la cité Universitaire de Nanterre région parisienne, le mouvement contestataire étudiant qui va prendre le nom de « mouvement du 22 mars », occupe les locaux de l’Université. Il est l’aboutissement d’une contestation grandissante emmenée par des groupes d’extrême-gauche, des anarchistes et des situationnistes. Né d’abord de revendications solidaires, comme la libération des manifestants arrêtés lors des actions contre la guerre du Vietnam, il déborde rapidement sur des questions de société comme la remise en cause du puritanisme social avec la revendication du droit d’accéder à la résidence universitaire des filles.

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Rapidement ce mouvement conduit par Daniel COHN-BENDIT qui se réclame alors de l’anarchie va passer de la critique de l’Université à la critique de la société et de l’autoritarisme. Il sera le ferment révolutionnaire du mai 68 français. Le 2 mai 1968, à la Faculté de Nanterre. La contestation étudiante entamée depuis le mois de mars, s’amplifie, malgré les menaces que font courir les groupes d’extrême droite qui le matin même se sont attaqués à la Sorbonne. Une journée anti-impérialiste est organisée par le « mouvement du 22 mars », mais l’Université est fermée sur l’ordre du doyen.La contestation se transportera alors à la Sorbonne le lendemain. La photo, a fait le tour du monde et traversé l’histoire. D’ailleurs, il est amusant de comparer la photo, à gauche, et l’expression graphique, à droite, qui en a été faite avec les moyens de l’époque.Le 3 mai 1968, à Paris, l’Université de la Sorbonne est occupée par les étudiants de108 Nanterre qui y tiennent meeting. Mais deux cents militants d’extrême-droite du « groupe Occident » certains sont devenus ministres aux cris de: « tuons tous les communistes » menacent de les attaquer.La police procède dans l’après-midi à l’évacuation de la Sorbonne qu’ils encerclent. Ils arrêtent alors près de 400 étudiants, mais ceux qui ont réussi à fuir se rassemblent à l’extérieur et harcèlent les forces de l’ordre aux cris de « Libérez nos camarades » ou de « CRS=SS » devant la brutalité de la police.Cela va provoquer de nombreux affrontements dans les rues avoisinantes et l’apparition dans la soirée des premières barricades dans le quartier latin, qui est placé en état de siège. Vous connaissez la suite.Et voila, aujourd’hui, Dany le rouge a viré au vert et il a mené Europe-Ecologie-Les-Verts en haut de l’affiche, quand bien même il n’est pas loin de penser que le choix d’Eva est une erreur de casting.

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

A LA BASTILLE…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE, PORTRAIT

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Amis de la libre pensée et du coq au vin réunis, bonjour!

Nous sommes le lundi 19 mars 2012, 29è jour de ventôse dédié au Frêne. Hier les troupes du front de gauche de Mélenchon et consort ont rejoué la prise de la Bastille histoire de commémorer les évènements qui allaient rester dans l’histoire sous l’appellation « La Commune de Paris », le 18 mars 1871.

 

Puisque nous sommes en pleine commémoration de la naissance de la Commune de Paris, je souhaitais épingler cet infatigable combattant à notre galerie de portraits. Il est certes moins célèbre que Louise Michel et d’autres protagonistes de cette époque mouvementée mais il a dédié sa vie entière à une certaine idée de la République. Le blog des « Cénobites » se devait de lui rendre hommage.

Le 19 mars 1820, naissance de Charles Ferdinand GAMBON à Bourges. Avocat à 19 ans puis magistrat, d’abord républicain modéré, il devient socialiste révolutionnaire puis anarchiste et pacifiste.Elu du peuple après la révolution de 1848, il est arrêté dès 1849 pour son hostilité au futur empereur, et emprisonné à Belle-Ile en mer, puis en Corse, jusqu’en 1859. (Jean-Yves Mollier lui a consacré un livre « Dans les bagnes de Napoléon III, mémoires de Ferdinand Gambon» aux Presses Universitaires de France en 1983). Par la suite, ne reconnaissant pas l’Empire, il refuse d’acquitter l’impôt. Il adhère à l’Internationale et participe à la fédération des sociétés ouvrières. Le 26 mars 1871, il est élu membre de la Commune de Paris. Désigné à la fonction de procureur, il refuse le poste, trop conscient des méfaits de la justice et de la prison. Il est partisan d’aider au soulèvement des villes de province, dans le but de former une grande fédération des communes. Présent sur les dernières barricades, le 28 mai, il parvient pourtant à échapper aux massacres et se réfugie en Suisse. Il devient propagandiste anarchiste et milite à la Fédération Jurassienne. A son retour en France,en 1880, il prend part au mouvement anarchiste aux côtés de Louise Michel, sans rompre avec les socialistes révolutionnaires il sera même élu député en 1882. Il défendra les anarchistes lyonnais emprisonnés lors du procès de 1883. Il est l’auteur, dans « Le cri du peuple », du célèbre slogan pacifiste « Guerre à la guerre ». Il meurt le 16 septembre 1887.J’ai retrouvé un texte de Eugène Pottier, auteur de chants magnifiques sur la Commune et de « l’Internationale », écrit en 1883 et dédié à Ferdinand Gambon, il s’intitule Abondance.

Toute une mer d’épis ondule et les sillons
Portent à la famine un défi ; l’été brille,
De chauds arômes d’ambre emplissant les rayons ;
Les blés murs, pleins et lourds, attendent la faucille.

Les moineaux, les mulots festinent ; les grillons
Poussent un chœur strident comme un feu qui pétille.
La brute semble croire à ce que nous croyons,
On entend tout chanter l’Abondance en famille.

Du sein de la nourrice, il coule en ce beau jour
Une inondation d’existence et d’amour.
Tout est fécondité, tout pullule et foisonne !

Mais, rentrant au faubourg, mon pied heurte en chemin
Un enfant et sa mère en haillons… morts de faim !
Qu’en dites-vous, blés mûrs, et qui donc vous moissonne?

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

 

 

 

UN CRIME FRANCAIS…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

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Amis de l’histoire de France et du pâté hénaff réunis, bonjour!

Nous sommes le mercredi 14 mars, 24è jour de ventôse dédié à la Pâquerette…

Ce soir, hélas à 0h 20, FR3 Bretagne diffuse le film de Catherine Bernstein: Jean ZAY, un crime français. Je profite donc de cette occasion pour vous reparler de ce  grand monsieur à qui j’avais consacré un billet au mois d’août 2010.

Né le 6 août 1904 à Orléans, d’un père lorrain d’origine juive et d’une mère issue d’une famille protestante Orléanaise, il fut un brillant élève au lycée Pothier, puis il devient journaliste au Progrès du Loiret, le quotidien radical que dirige son père, avant d’entamer en 1928 une carrière d’avocat au barreau d’Orléans. Il y traite quelques difficiles procès d’assises tout en continuant à militer activement au parti radical, où il relance la section d’Orléans des Jeunesses laïques et républicaines. Situé à l’aile gauche de son parti, favorable à l’alliance avec les socialistes, ses amis se nomment Pierre Cot ou Pierre Mendès-France.

En 1932, Jean Zay, est élu député du Loiret.Juif, franc-maçon initié à la loge Etienne Dolet, partisan de l’union des gauches et du soutien à l’Espagne républicaine, anti-munichois, Jean Zay est à peine entré en politique qu’il est déjà, pour une certaine droite, l’homme à abattre.Nommé ministre de l’Education nationale et des Beaux-Arts de juin 36 à septembre 39, il est le plus jeune membre du gouvernement de Léon Blum . Partisan de l’école unique et de l’égalité des chances pour tous, il instaure la scolarité obligatoire jusqu’à 14 ans, l’harmonisation des programmes et le rapprochement des filières. L’orientation se fait selon les goûts des élèves, les effectifs sont réduits, l’éducation physique devient obligatoire et l’après-midi de plein air est créée. Par deux circulaires, Jean Zay s’inscrit contre les propagandes politiques et religieuses à l’école. Son action dans le domaine culturel et scientifique est tout aussi novatrice : aide à la création du CNRS, démocratisation des musées, politique de la lecture et défense d’un droit d’auteur, projet de statut du cinéma et d’un festival de Cannes…Quand il démissionne de son poste de ministre pour rejoindre l’armée et s’embarquer le 20 juin 1940 avec 27 autres parlementaires pour continuer à servir la France depuis le Maroc, le régime de Vichy s’empare de l’événement pour faire de Jean Zay et de ses amis des fuyards et des déserteurs.

Arrêté le 16 août 40 à Rabat, dans un climat terrible d’hostilité à la République, il est condamné, le 4 octobre, à la déportation à perpétuité» après un simulacre de procès. Le 20 juin 44, Jean Zay est assassiné par des miliciens lors d’un transfert de prison. Il faudra pourtant attendre jusqu’en 1994 pour que la vérité historique soit clairement établie.Son assassin lui, sera condamné au bagne à perpétuité. J’évoque souvent ici même les relents Vichystes que je pressens dans la politique actuelle de nos gouvernants…Jean Zay était le type même du bouc émissaire que la vieille droite revancharde voulait accrocher à son tableau de chasse après avoir « raté » Dreyfus. Aujourd’hui, si vous êtes Roms, musulmans,un peu bronzé et sans papiers…Faites attention en traversant la rue.

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

LE TEMPS DES CERISES…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE, HUMEUR

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Amis de la mémoire retrouvée et du pain perdu réunis, bonjour !

Nous sommes le dimanche 04 mars 2012, 14è jour de ventôse dédié au Vélar, encore nommée la fausse giroflée.

Le 18 mars prochain, le Front de gauche appelle à une grande manifestation, joliment intitulée, la prise de la Bastille. Occasion de commémorer l’événement déclencheur de la Commune de Paris :

Le 18 mars 1871 après que Paris ait subi un long et pénible siège de la part de la Prusse de Bismarck, le gouvernement de Thiers décide de capituler et d’enlever les canons de la butte Montmartre afin d’éviter toute insurrection de la part des parisiens; ceux-ci voient en effet la capitulation comme une catastrophe. Cependant la troupe envoyée à Montmartre pour enlever les canons fraternise avec la population. Peuple et soldats se retrouvent unis face à l’abus. Cet événement déclenche l’insurrection parisienne, des généraux sont fusillés, le gouvernement se replie à Versailles. C’est le début de la Commune de Paris. Mouvement de panique:le gouvernement, la police, l’armée, les classes riches, la pègre, abandonnent Paris pour se réfugier à Versailles. Paris est aux mains des travailleurs…Cet épisode de notre histoire se terminera dans le sang au cours de « la semaine sanglante » du 21 au 28 mai : incendie de Paris, exécutions en masse (le gouvernement avouera 17 000 exécutions, les rescapés parleront de 100 000).

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Est-ce que les jeunes qui défileront ce 18 mars 2012 auront en tête que les massacreurs d’alors, Thiers, « le sinistre vieillard », Trochu, « ce crétin militaire », Favre le faussaire, Vinoy le coupe-jarret bonapartiste,Galliffet, « les loups, les cochons et les chiens de la vieille société » sont toujours là, sous d’autres noms. (les citations entre guillemets sont de Karl Marx). Aujourd’hui, les banksters ont mis les nations au pain sec et à l’eau ; ils se dissimulent derrière des noms qui sentent bon les dorures de Bilderberg, les salons de Davos, la soupe du diner du siècle, les comptoirs de Goldman-sachs ; mais qu’on ne s’y trompe pas, ce sont les mêmes. Pouvons nous espérer demain chanter encore « le temps des cerises », pouvons imaginer un instant que « tout ça n’empêche pas Nicolas que la commune n’est pas morte »…

Allez, c’est pas interdit de rêver, portez vous bien et à demain peut-être.

VOUS CONNAISSEZ LA SUITE…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

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Amis de la datation au carbone et du saint-Honoré réunis, bonjour!

Le 27 février correspond au 9ème jour de ventôse et c’est le jour de Sophie, heu non, de Marsault (jeu de mot Capelo). Le saule marsault (Salix caprea) est une espèce de saule commune en Europe et en Afrique du Nord.

Le nom scientifique Salix caprea (saule des chèvres) vient sans doute de la première illustration connue de l’espèce dans le livre de Hiéronymus Bock (bien connu dans son immeuble) où on voit la plante broutée par une chèvre. L’espèce a été historiquement aussi largement utilisée comme fourrage pour les chèvres. On dit qu’elle est excellente pour le miel car elle fleurit très tôt.

Décidément, le 27 février a un caractère fatidique.

En Russie, en 1917, depuis le début de l’année, des troubles éclatent. La situation dans la capitale Petrograd devient explosive, le 27 février, les Bolcheviks appellent à la grève générale. L’armée refuse de tirer sur la foule et se rallie aux insurgés. Les soviets sont instaurés, les exilés dont Lénine peuvent rentrer au pays. L’avocat Kerenski (en blanc au centre de la photo) est à la tête de la Douma. Le Tsar abdique quelques jours plus tard. Les libertés individuelles sont rétablies. Tous les espoirs sont permis, malheureusement, vous connaissez la suite…

En 1933, en Allemagne le 27 février, incendie du Reichstag par un jeune Hollandais. Staliniens et fascistes se renvoient la balle. Le prétexte va servir d’alibi aux nazis pour leurs funestes desseins, ils prennent tous les pouvoirs. Vous connaissez la suite.

Le 27 février 1939, la France, qui n’était plus à une ignominie près, reconnaît le régime du sinistre Général Franco dit « Caudillo de Espagna por la gracia de Dios ». Malheureusement, vous connaissez la suite…

En Chine, en 1957, le 27 février marque le début du mouvement des « cent fleurs » sous la conduite du « Grand timonier, grand pilote, grand guide, grand commandant en chef, grand phare de la pensée, le plus rouge des soleils rouges qui illuminent mon coeur » (j’ai lu ça dans le petit livre rouge) Mao tsé toung.(je l’écris à l’ancienne) Malheureusement, vous connaissez la suite…

En 2008, le 27 février, sortie de « Bienvenue chez les… », vous connaissez la suite !

Bon, et bien voila, maintenant vous êtes prévenus. Vous n’avez plus aucune excuse si malgré tout vous démarrez quelque chose un 27 février. Mais n’en profitez pas pour ne rien faire, quoique…Le droit à la paresse, comme disait Paul Lafargue, devrait être inscrit dans la constitution.

Allez, portez vous bien, passez une excellente semaine, merci encore d’avoir visité « Les cénobites tranquilles » et, à demain peut-être.

AH, ÇA IRA, ÇA IRA, ÇA IRA…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

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Amis du patrimoine national et de l’onglet aux échalotes réunis, bonjour !


Nous sommes le samedi 25 février 2012.
Ce 7è jour de ventôse est celui de l’alaterne. Vous connaissez la chanson, les aristocrates à l’alaterne…Non, je plaisante, il s’agit d’une plante communément appelée le prunier noir qui produit des baies rouges puis noires et que l’on rencontre communément dans les garrigues. Autant vous dire qu’il n’y en a pas beaucoup par ici… Mais puisque l’on parle de la Lanterne.

 

Depuis sa construction en 1787,La Lanterne fait partie de l’intimité des puissants. Sur décision du général de Gaulle, ce pavillon de chasse est devenu la résidence secondaire des Premiers ministres à partir de 1959.

Aujourd’hui (pour combien de temps encore…) Nicolas Sarkozy a fait de la Lanterne son lieu de pouvoir le plus secret. Quand il paraît chaque jour s’exposer volontiers aux caméras, il préserve en fait vie privée et rencontres politiques, à trente minutes en voiture de l’Elysée, dans ce charmant pavillon de chasse qui fut édifié à l’aube de la Révolution, à deux pas du Palais voulu par Louis XIV. Les connaisseurs ne s’y trompent pas. Etre reçu à la Lanterne, c’est un peu pénétrer dans le premier cercle du pouvoir présidentiel et peut-être dans ce qui lui reste d’intimité.
La Lanterne est un lieu protégé des curieux, mais pas toujours des réalités. En octobre, alors que quelques travaux de restauration du mur d’enceinte étaient en cours, deux Maliens, sans papiers, ont été arrêtés sur le chantier et reconduits à la frontière sous arrêté préfectoral. Enfin, l’endroit est devenu si symbolique du nouveau pouvoir que, le jeudi 18 octobre, la fédération mines-énergie de la CGT a fait savoir que l’électricité avait été coupée pour la journée à la Lanterne en signe de protestation contre la réforme des régimes spéciaux. Le président n’y était pas. Mais à Versailles, ce genre d’action vous prend toujours une petite allure révolutionnaire… Sources :Extraits d’un article de Raphaelle Bacqué dans Le Monde.

Bon allez, Ah ! ça ira, ça ira, ça ira, ce refrain qui symbolise la Révolution, fut entendu pour la première fois en mai 1790. Son auteur, un ancien soldat chanteur des rues du nom de Ladré, avait adapté des paroles anodines sur le Carillon national, un air de contredanse très populaire dû à Bécourt, violoniste au théâtre Beaujolais, et que la reine Marie-Antoinette elle-même aimait souvent jouer sur son clavecin. Elle ne pouvait pas imaginer qu’elle en perdrait la tête.
Voilà pour aujourd’hui, portez vous bien et à demain peut-être.

D’UNE AFFICHE A L’AUTRE…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

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Amis de l’épanaphore et du riz au lait réunis, bonjour!

Nous sommes le mardi 21 février, troisième jour de ventôse dédié au Violier que l’on nomme aussi la fausse giroflée.

Au mois de novembre dernier, j’avais évoqué ici la possibilité d’une exposition parisienne consacrée à Hugo Pratt et la Franc-Maçonnerie.

Et bien c’est chose faite! Corto Maltese ou les secrets de l’initiation, au musée de la Franc-Maçonnerie, 6 rue Cadet dans le 9è, jusqu’au 15 juillet.

Comme le dit Emmanuel Pierrat, organisateur de l’expo: « il y a suffisamment de choses dans Hugo Pratt, de Raspoutine aux derviches tourneurs de Samarkande, qui parlent aux gens qui s’intéressent à l’aspect ésotérique ou métaphysique de son œuvre. Si cela permet seulement d’éviter de croire au grand complot judéo-maçonnique en découvrant qu’Hugo Pratt « en était », ce serait pas mal. Le but est de donner à relire une œuvre qui n’a été décryptée que par des initiés jusqu’ici. » Une bonne occase pour faire un saut dans la capitale, ne serait-ce que pour profiter du spectacle de la rue Cadet et de ses petits commerces…

Et si vous êtes de passage à Paris, poussez donc jusqu’au mont Valérien. C’est là que le 21 février 1944 furent fusillés les hommes du groupe Manoukian. Missak ­Manouchian meurt en effet fusillé à 38 ans. Après avoir refusé qu’on leur bande les yeux, les vingt-deux hommes des Francs tireurs partisans main d’oeuvre immigrée (FTP-MOI) sont fusillés au Mont-Valérien le 21 février 44. Seule Olga Bancic, vingt-troisième membre du groupe, fut décapitée à la prison de Stuttgard le 10 mai 44.

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Dans la foulée de ces exécutions, la propagande allemande placarde 15 000 exemplaires de ces fameuses affiches rouges portant en médaillons noirs les visages de dix fusillés. Au centre, la photo ­de Manouchian, avec cette inscription : « Arménien, chef de bande, 56 attentats, 150 morts, 600 blessés. ». Ah, ce texte d’Aragon mis en musique par Léo Ferré…

 

 

N‘oubliez pas de noter notre changement d’adresse:

lescenobitestranquilles.fr

et en attendant, portez vous bien et à demain peut-être.

LE PAYS DE COCAGNE…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

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Amis du doux euphémisme et du cidre brut réunis, bonjour !

Nous sommes le mardi 14 février de l’an 2012, 26è jour de pluviôse dédié à la Guède, une plante autrefois cultivée pour fabriquer de la teinture. La teinture bleue (le pastel) est extraite des feuilles de la plante. Ces feuilles, allongées, se détachent facilement par simple torsion lorsqu’elles ont atteint leur maturation au solstice d’été. Mais la récolte se poursuit de juillet à la mi-septembre jusqu’à ce que la plante ne possède plus de feuilles. Puis on les écrase en les mélangeant à de l’eau pour en exprimer une pulpe que l’on comprime sous forme de boulettes ou « cocagnes » de quelques centimètres. C’est de là que vient le nom donné au lauragais (Languedoc-Roussillon) : Pays de cocagne ! Le pastel fut pratiquement la seule source de teinture bleue disponible en Europe jusqu’à la fin du XVIè siècle, avant que le développement des routes commerciales vers l’Extrème Orient permette l’arrivée de l’Indigo. Le Lauragais, triangle compris entre Toulouse, Albi et Carcassonne connut une grande prospérité grâce au commerce du pastel. Les pastelliers figuraient parmi les plus grandes fortunes de l’époque et ont laissé de nombreux témoignages, comme les grands hôtels particuliers de Toulouse. Ils furent nombreux aussi à faire partie des fameux capitoulats. Les capitouls étaient, depuis le Moyen âge, les habitants élus par les différents quartiers de Toulouse pour constituer le conseil municipal de la ville. D’où le nom de Capitole donné aujourd’hui encore à l’hôtel de ville. Voilà pour la petite histoire du jour…

 

Mais, ces petites excursions historiques ne doivent pas nous faire perdre le fil de l’actualité. Le spectacle qu’offre la Grèce aujourd’hui est des plus alarmant pour ce pays qui a vu naître la démocratie. Des élus, au garde-à-vous devant la finance internationale, ont fait fi de l’opinion de ceux qui les ont placés là en votant un nouveau plan d’autérité. Prenons exemple sur l’Islande : seul pays européen qui a rejeté par un référendum citoyen le sauvetage des banques privées, laissant s’effondrer certaines d’entre elles et jugeant de nombreux banquiers pour leurs crimes financiers. En 2010, le pays a mis sur pied une assemblée constituante de 25 membres, des « citoyens ordinaires » pour réformer la Constitution. Cette même année, le gouvernement a soumis à référendum le paiement ou non de la dette contractée par les banques privées en faillite au Royaume-Uni et dans les Pays-Bas, mais 90% des gens ont refusé de payer. De tout cela, les médias n’en font guère que des entre-filets, préférant consacrer la Une à la mort d’une chanteuse, aux déplacements du Tsar Nicolas 1er, aux atermoiements de Bayrou, aux rodomontades du hollandais volant, aux jérémiades de Le Pen, et aux gesticulations de Dédé l’Abeillaud…

Allez, merci à vous d’être passé par ici, portez vous bien et à demain peut-être.