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Le 05 mai, fais ce qu’il te plaît…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

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Amis de l’histoire en marche et de la purée de panais réunies, bonjour !

Nous sommes le samedi 05 mai 2012 à J-1 d’une date historique. C’est le 17è jour de Floréal dédié à la Consoude, petite plante des chemins creux aux vertus médicinales particulières puisqu’elles favorisent la reconstruction des os après fracture; d’où son nom…

Quelques 05 mai au hasard.

05-05-1789 : Ouverture des États généraux dans la salle des Menus Plaisirs à Versailles, ce sont les premiers depuis ceux réunis en 1614 par Marie de Médicis, régente du royaume. Vous connaissez la suite jusqu’au fameux 14  juillet…On en parle encore !

05-05-1818 : Naissance de Karl Marx. Le bébé joufflu allait devenir un vieux barbu dont les analyses allaient transformer la façon de voir le monde.

 

05-05-1821 : Mort de Napoléon Ier, âgé de cinquante et un ans. A 5 heures 49, au moment précis où tonne le canon de la garnison anglaise de Sainte-Hélène, Napoléon Ier rend  » à Dieu le plus puissant souffle de vie qui jamais anima l’argile humaine « , selon Chateaubriand. Il fallait toujours qu’il en rajoute…C’est ça en fait, le romantisme.

05-05-1926 : Première projection en Allemagne du film « Le Cuirassé Potemkine » d’Eisenstein. Et la poussette qui dévale l’escalier…Mille fois imité, jamais égalé. C’est le seul point commun avec la Suze !

 

05-05-1936 : Victoire du Front populaire aux élections. Ah, les congés payés, les bains de mer, le départ en tandem, la semaine de quarante heures. Et « ils » voudraient nous reprendre tout ça !

 

05-05-1955 : La RFA devient un État souverain. Le monde acceptait le mur de la honte comme aujourd’hui il accepte celui de Gaza…L’histoire bégaie.

05-05-1981 : Mort en prison du militant indépendantiste irlandais Bobby Sands, après 66 jours de grève de la faim. Voir mon billet du 1er mars.

05-05-1988 : Les otages français du Liban sont libérés. Marcel Carton, Marcel Fontaine et Jean-Paul Kaufmann arrivent à l’aéroport de Villacoublay. Après trois ans de captivité, ils rentrent à la maison accueillis par un corse: Charles Pasqua (tiens !)

05-05-1992 : Furiani, Bastia. Une tribune s’écroule lors d’un match de football. Un premier bilan fait état de 8 morts et de 100 blessés graves. Pour une fois ce ne sont pas les encagoulés qui sont responsables.

05-05-2012: Libération J-1…

Et puis, le 5 mai c’est aussi la St Judith. On dit que la sainte Judith voit pinson au nid ! Alors bonne fête, elle se reconnaîtra. En attendant la suite, portez vous bien et à demain peut-être.

 

To puff…

Posté par erwandekeramoal dans ANARCHISME, HISTOIRE

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Amis de l’humour noir et du puffisme (voir plus bas) réunis, bonjour !

Ce 4 mai correspond au 15è jour de Floréal dédié au ver à soie, à ne pas confondre avec le taenia qui est le ver à soi…

C‘est le 4 mai 1895 que paraît le premier numéro du journal Les temps nouveaux, à l’initiative de Jean Grave, dont j’ai souvent parlé ici même. Cet hebdomadaire qui vivra jusqu’en 1914 sera un formidable outil de propagande des idées anarchistes. De nombreux artistes et intellectuels y ont collaboré: Kropotkine, Elisée Reclus, Octave Mirbeau, Felix Nadar… On peut voir ici, à droite, une lithographie de Maximilien Luce pour illustrer le supplément littéraire du journal. C’est donc plus de 900 numéros qui verront le jour ainsi que quelques suppléments et brochures consacrés à Malatesta, Elisée Reclus, Proudhon… Voici ce que l’on pouvait lire dès le premier numéro: « Par ces temps de tripotages financiers, de réclame sans vergogne, la presse est devenue la servante de la banque et du commerce. Il est admis, aujourd’hui, qu’un journal ne peut vivre sans bulletin financier et qu’en abandonnant sa quatrième page aux petites correspondances amoureuses, aux marchands de « curiosités », aux charlatans de la « spécialité ». Sans capitaux et sans avance, nous

Jean GRAVE

lançons notre journal, ne comptant que sur l’appui du public intellectuel et la bonne volonté de ceux qui nous connaissent. Nous n’insérerons ni bulletin financier, ni réclame payée, ni annonces commerciales, n’espérant pour faire vivre notre journal qu’en la seule vente de ses numéros. Cette tentative réussira-t-elle ? – Au public d’en juger s’il doit continuer à servir le puffisme qui se fait sur son dos, ou apporter son concours à une œuvre d’idée. »

Cela vous rappelle quelque chose ?

En tous cas, ce petit billet m’a permis de découvrir ce qu’était le « puffisme », cet art de la réclame outrancière. De l’anglais to puff. Sources:Ephéméride Anarchiste

 

Allez, merci à vous d’être passé, je vous sais très occupés par les temps qui courent, hé oui, libération: J-2, portez vous bien et à demain peut-être.

 

Un Iris, une Hyacinthe. Coïncidence…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

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Amis de l’histoire ancienne et du roti Wellington réunis, bonjour !

Nous voici le 28 avril, jour de la Hyacinthe. Pourquoi dit-on LA alors que Hyacinthe était un beau jeune homme qui fut aimé d’Apollon et de Zéphyr ?

Oyez, gens d’ici, la belle histoire de ces divins amants. Alors qu’Apollon lui apprend à lancer le disque, Hyacinthe est accidentellement (ou à cause de Zéphyr, selon la version) frappé à la tempe par le disque, et meurt. De son sang naissent des fleurs à qui l’on va donner le nom du jeune homme. Ce ne sont probablement pas des jacinthes mais plutôt des iris, mais bon, on va pas chipoter… Voyez cette représentation de la mort de Hyacinthe par Jean de Broc, c’est-y pas mignon?

Aucune représentation antique connue ne montre Hyacinthe et Apollon ensemble — à l’exception peut-être d’une coupe du peintre d’Akestorides, montrant un jeune garçon à califourchon sur un cygne. En revanche, il est souvent représenté dans la céramique attique en compagnie de Zéphyr, soit qu’il soit enlevé par ce dernier, soit que ce dernier pratique un coït intercrural couché. Comme diraient Vanneste et Lucas, les deux phares culturels de l’UMP: avec des moeurs comme ceux là, faut pas s’étonner que la Grèce ait des problèmes.

Ce matin je fais court car, avec ma fiancée, nous prenons la route pour la capitale, histoire de revoir Paris une dernière fois avant l’arrivée des hordes sauvages de bolcheviks le couteau entre les dents qui viennent violer nos compagnes, nationaliser les bains-douches et manger le pain de nos enfants.

Allez portez vous bien et à demain peut-être.

Le 1er mai appartient à l’Anarchisme…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE, TRADITION

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Amis de la vérité historique et de la quiche lorraine réunie, bonjour!

Nous sommes le mercredi 25 avril, 6è jour de Floréal dédié à l’Ancolie.

 

Puisque nous approchons du 1er mai, et que la grande récupération pour cette date hautement symbolique a commencé; rafraichissons un peu nos mémoires. Il serait fâcheux de se tromper de défilé et de se retrouver, bêlant, dans celui de Sarko ou de Le Pen…

Le samedi 1er mai 1886, à Chicago : cette date, fixée par les syndicats américains et le journal anarchiste « The Alarm » afin d’organiser un mouvement revendicatif pour la journée de 8 heures, aura des conséquences inattendue pour la classe ouvrière internationale. La grève, suivie par 340 000 salariés, paralyse près de 12 000 usines à travers les USA.
Le mouvement se poursuit les jours suivants. Le 3 mai, le meeting qui se tient près des usines McCormick donne ensuite lieu à des affrontements avec les vigiles privés qui protègent les « briseurs de grève ». La police appelée en renfort tire sur la foule, provoquant la mort de deux ouvriers. A gauche, une reproduction de la couverture de « L’assiette au beurre » du 28 avril 1906. Huit heure pour le travail,huit pour les loisirs,huit pour le repos. Slogan inventé par OWEN dès 1810.
Le 4 mai, tout Chicago est en grève et un grand rassemblement est prévu à Haymarket dans la soirée. Alors que celui-ci se termine, la police charge les derniers manifestants. C’est à ce moment-là qu’une bombe est jetée sur les policiers, qui ripostent en tirant. Le bilan se solde par une douzaine de morts, dont sept policiers. Cela déclenche l’hystérie de la presse bourgeoise et la proclamation de la loi martiale. La police arrête huit anarchistes, dont deux seulement étaient présents au moment de l’explosion. Mais qu’importe leur innocence ; un procès, commencé le 21 juin 1886, se clôt le 20 août par sept condamnations à mort. Malgré la mobilisation internationale, quatre seront pendus le 11 novembre 1887 (Louis Lingg s’étant suicidé la veille, dans sa cellule).
Trois ans plus tard, en juillet 1889, le congrès de l’Internationale Socialiste réuni à Paris, décidera de consacrer chaque année la date du 1er mai : journée de lutte à travers le monde.
Le « 1er mai » sera d’abord récupéré par les bolcheviques(1920), puis par les nazis, et enfin par le régime de Vichy (en France), qui le transformera en « Fête du travail », sans jamais réussir totalement à lui enlever son origine libertaire.

Aujourd’hui, Nicolas 1er, par l’odeur alléché et sentant la fin de règne s’approcher, veut faire du 1er mai, la fête du « vrai » travail. Droite et extrême-droite s’entendent comme larrons en foire pour récupérer tous les symboles de ce qui fit et qui fut la classe ouvrière. Ne laissons pas ces rapaces s’emparer de notre héritage.

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

Here’s to you Nicola & Bart…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE, PORTRAIT

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Amis de mes amis, de leurs chiens et de leurs femmes, bonjour!

Nous sommes le dimanche 22 avril, troisième jour de Floréal dédié à la Fougère et premier tour de l’élection présidentielle. Si vous me suivez depuis un moment, vous connaissez mon positionnement; si je pense que le résultat d’élections peut permettre quelques avancées sociétales (par exemple abolition de la peine de mort) je crois que les grandes avancées sociales naissent dans la lutte et le rapport de force. Voila pourquoi en ce jour de vote mes pensées vont vers N.S. Oyez pourquoi…

C‘est amusant car c’est un 22 avril en 1891 qu’est né un petit bonhomme qui allait laisser sa trace dans l’histoire du monde ouvrier et de ses luttes. Ferdinando SACCO, plus connu sous le nom de Nicola SACCO. Pour un autre Nicolas Sa…. ça pourrait bien être le début de la fin…

Militant anarchiste italo-américain victime du terrorisme étatique né un 22 avril 1891.En 1908, âgé de 17 ans, il émigre à Boston, aux USA, où il trouve un emploi d’ouvrier dans la métallurgie, puis dans l’industrie de la chaussure. D’abord socialiste, il rejoint ensuite, en 1913, le cercle anarchiste d’ Etudes Sociales où il participe avec sa compagne aux activités politiques ou culturelles du groupe jouant des pièces de théâtre. En 1916, lors d’une manifestation de soutien à la grève de Mesabi Range, dans le Minnesota, il est arrêté avec les compagnons du Cercle social. Condamné pour trouble à l’ordre public, il sera finalement gracié en appel.

En 1917, les Etats-Unis entrent dans le conflit mondial. Pour échapper à la mobilisation, Sacco se réfugie au Mexique avec une trentaine d’insoumis, dont Bartolomeo Vanzetti c’est celui qui a une grosse moustache, dont il fait la connaissance. Sacco rentre trois mois plus tard aux Etats-Unis sous un faux nom. En 1918-1919, les nouvelles lois sur l’immigration suscitent la colère des anarchistes et des attentats visent les responsables du mouvement anti-étrangers.

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En 1920, la répression policière s’abat sur le mouvement anarchiste, provoquant la mort d’Andréa Salsedo.Par ailleurs, deux braquages ont lieu, le 24 décembre 1919 à Bridgewater, et le 15 avril 1920 à South Braintree, où deux convoyeurs sont tués. Le 5 mai 1920 Sacco et Vanzetti sont arrêtés par la police.Le 16 août, Vanzetti est condamné pour le premier braquage à 15 ans de prison. Le 11 septembre 1920, Sacco et Vanzetti sont accusés du meurtre des convoyeurs. C’est le début de l’affaire « Sacco et Vanzetti« . Le procès du 31 mai au 14 juillet 1921 les déclare coupables. Des comités de soutien se créent dans le monde entier pour clamer l’innocence des deux inculpés. Mais ni les immenses manifestations internationales, ni le manque de preuves formelles ne feront reculer la « logique » juridico-politique.Le 12 mai 1926, leur condamnation à mort est confirmée. Dans la nuit du 22 au 23 août 1927, Sacco et Vanzetti sont exécutés sur la chaise électrique, suscitant une réprobation mondiale. En 1977, 50 ans après leur exécution, leurs noms sont réhabilités par le gouverneur du Massachusetts…La belle affaire !

Allez, à 20h Champomy pour tous, portez vous bien et à demain peut-être…


Souvenirs des luttes ouvrières…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

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Amis des classes laborieuses et du rouge-lim’ réunis, bonjour!

Nous sommes le mardi 17 avril et dans une semaine nous connaitrons le winner du premier tour. En attendant remettons nous en mémoire un épisode douloureux des luttes ouvrières qui ont secoué la cité du Ponant. Car, quelque soit le vainqueur, je doute que l’on puisse faire l’économie de quelques batailles à venir pour en finir avec tous ces gougnafiers qui nous mangent la laine sur le dos…

UN HOMME EST MORT…

Nous sommes le 17 avril 1950, les ouvriers dockers et ceux de la reconstruction de Brest ont décidé de manifester pour une augmentation de salaire.Soudain, des coups de feu éclatent, les forces de l’ordre viennent de faire usage de leurs armes. Il y aura une quarantaine de blessés et un homme ne se relèvera pas, il est mort d’une balle en pleine tête. Il s’appelait Édouard MAZE.A la demande de la CGT, le cinéaste René Vautier qui venait de terminer « Afrique 5O » un brûlot dénonçant la politique coloniale, est appelé pour réaliser un documentaire sur l’évènement. Le film sera projeté 88 fois dans les rues de Brest, la 89è lui est fatale. Il ne reste pas trace du film.Des auteurs de BD aux éditions Futuropolis, Kris et Davodeau. « Lulu femme nue » ont repris l’histoire sous le titre « Un homme est mort » qui est tiré d’un poème de Eluard en hommage à Gabriel Péri:

Un homme est mort qui n’avait pour défense

Que ses bras ouverts à la vie

Un homme est mort qui n’avait d’autre route

Que celle où l’on hait les fusils

Un homme est mort qui continue la lutte

Contre la mort contre l’oubli.

Les Goristes, groupe de chanteurs brestois en on fait une chanson. Aujourd’hui, 60 ans après les faits qui avaient entrainé la démission de l’abbé Pierre de son mandat de député du MRP, les archives s’ouvrent enfin et la responsabilité des forces de l’ordre ne fait plus aucun doute. Pierre Cauzien, figure du militantisme ouvrier local, s’est éteint dernièrement à l’age de 86 ans, blessé lors de la manifestation, il avait perdu une jambe.Son souhait le plus cher était de « tenir » jusqu’à l’ouverture au public des archives nationales…Aujourd’hui, bourgeoisie et patronat n’ont plus besoin de faire tirer sur la foule pour expédier le prolo ad patrès, on va le faire bosser jusqu’à ses 62, 65, 70 balais.

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.


Science sans conscience…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE, PORTRAIT


Amis de la rôtisserie française et du Saint-Pourçain réunis, bonjour!

Nous sommes le lundi 09 avril, 20è jour de germinal dédié à la ruche. J’aurai pu vous parler de Dédé l’abeillaud qui n’a pas réussi à faire son miel dans cette campagne électorale et qui s’en est allé butiner vers d’autres horizons; mais non…

Cela faisait déjà un moment que le clavier me démangeait et que je souhaitais vous en parler. Je profite que le 9 avril soit le jour anniversaire de sa disparition pour le faire. Auteur savoureux, il évoque la bonne chère, la bombance, la démesure mais aussi, un attachement absolu à la liberté individuelle. Sans ses puissants mécènes et protecteurs il aurait sans doute fini sur les bûchers de l’inquisition, pour preuve ses ouvrages interdit et brulés par La Sorbonne. Je veux parler de RABELAIS. Il y a des mots qui ont ce pouvoir d’évoquer chez le lecteur la joie et le bonheur. C’est le cas des Grandgousier, Pantagruel et autre Gargantua; de la guerre quand elle est Picrocholine, des moines quand ils sont de Thélème… Au prochain coup de blues, à la prochaine petite déprime qui pointe le bout de son nez, laissez tomber les antidépresseurs et (re) lisez quelques pages au hasard dans l’œuvre de Rabelais lui qui croyait fermement que la liberté totale ne conduit pas au chaos mais à l’harmonie.

Le 9 avril 1553, mort de François RABELAIS, à Paris. Né vers 1494 à Chinon, à la métairie de la Devinière. Moine, médecin, écrivain, il fut tout cela à la fois.
Revendiqué comme un précurseur de l’anarchisme après sa description d’une abbaye imaginaire (Thélème), fonctionnant sur des principes libertaires. En 1532, il publie « Les horribles et épouvantables faits et prouesses du très renommé Pantagruel ». En 1534, il accompagne l’évêque Jean du Bellay (son protecteur qui deviendra cardinal) à Rome. A son retour, est édité « La vie inestimable du grand Gargantua, père de Pantagruel ». Nommé docteur à Montpellier en 1537, « Le tiers livre » paraît, mais la Sorbonne condamne l’ensemble de son l’oeuvre. Il voyage alors à nouveau en Italie, et c’est à Lyon qu’il publie le « Quart livre » (1548). Son « Cinquième Livre » ne sortira qu’après sa mort, en 1564.

Rabelais réalise la transition entre deux époques : s’il est encore un homme du Moyen Âge qui aime la liesse et la farce, il est aussi un contemporain de la Renaissance, humaniste savant, médecin féru de grec et partisan du retour à la nature . On lui doit entre autres la fameuse citation: « science sans conscience n’est que ruine de l’âme… »

Une autre description des plus réjouissantes me plait tout autant: « Toute leur vie était régie non par des lois, des statuts ou des règles, mais selon leur volonté et leur libre arbitre. Sortaient du lit quand bon leur semblaient, buvaient, mangeaient, travaillaient, dormaient quand le désir leur en venait. Nul ne les éveillait, nul ne les obligeait à boire ni à manger, ni à faire quoi que ce soit. Ainsi en avait décidé Gargantua. Et leur règlement se limitait à cette clause : FAIS CE QUE TU VOUDRAS. »

Ah, les moines de l’abbaye de Thélème; ils me font penser à ceux de saint Bernardin « qui se levaient tard et se couchaient matin, pour aller à mâtines vider les p’tits flacons »; vieille chanson de carabins que l’on peut encore trouver sur quelques 78t dans la collection « le plaisir des dieux ».

Allez, merci de votre visite, portez vous bien et à demain peut-être.

Le poète a toujours raison…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE, PORTRAIT

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Amis de la magistrale poésie et de la potée bretonne réunies, bonjour !

Nous sommes le dimanche 08 avril et l’on me dit que c’est Pâques… Les seules qui m’aient un jour inspiré ce sont les Pâques irlandaises, en 1916, lorsqu’une poignée d’utopistes déclarèrent imprudemment l’indépendance de leur pays…

C‘est aussi le jour anniversaire de la naissance de François de Montcorbier dit Villon en 1431 à Paris. Sans doute le poète français le plus connu de la fin du Moyen Age.

Écolier de l’Université, maître de la Faculté des Arts dès 21 ans, il a d’abord mené au Quartier Latin une vie joyeuse d’étudiant indiscipliné. À 24 ans, il tue un prêtre dans une rixe et s’enfuit de Paris. Amnistié, il doit de nouveau s’exiler un an plus tard après le cambriolage du Collège de Navarre. Accueilli à la cour de Charles d’Orléans, le prince-poète, à Blois, il échoue à y faire carrière. Il mène alors une vie errante et misérable sur les routes. Emprisonné à Meung-sur-Loire, libéré à l’avènement de Louis XI, il revient à Paris après six ans d’absence. De nouveau arrêté dans une rixe, il est condamné à être pendu. Après appel, le Parlement casse le jugement et le bannit pour dix ans de la ville. Il a 31 ans. On perd alors complètement sa trace. Il nous a laissé, entre autres, la fameuse Ballade des pendus interprétée ici par un Léo Ferré génial.

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Mais déjà l’imagerie populaire a transformé Villon. Elle a fait du poète le type de l’escroc par excellence, grand farceur et grand buveur, toujours habile à tromper le bourgeois pour vivre d’expédients. Il est le héros du Sermon des repues franches de maistre Françoys Villon, un petit recueil sur l’art de vivre aux dépens d’autrui, dont le succès est considérable autour des années 1500. Le poète apparaît comme un bouffon, vivant d’escroqueries journalières avec ses compagnons. Son nom devient si populaire qu’il entre dans la langue : on dit villonner pour duper, tromper, payer en fausse monnaie. Villon, villonner, villonnerie avec le sens de fripon, friponner. Qui a dit : Le poète a toujours raison…

Allez, à chaque jour suffit sa peine, portez vous bien et à demain peut-être.

La belle et la bette…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE, TRADITION

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Amis du charme slave et de la salade niçoise réunis, bonjour!

Nous sommes donc le lundi 26 mars, sixième jour de germinal dédié à la Bette. A ne pas confondre avec le jour de la bête (666). Très utilisées dans la cuisine niçoise, toutes les parties de la plante se consomment : les feuilles hachées entrent dans la composition de la tourte de blettes, des raviolis et du célèbre tian. La partie verte remplace les usages que l’on fait ailleurs des épinards et les côtes s’accommodent de plusieurs manières : à la vapeur avec un filet de citron, frites ou en gratin avec une sauce béchamel.

Tout à fait autre chose.

Aujourd’hui on célèbre (ou pas) saint Goal, rien à voir avec le foot, il s’agit de l’un de ces nombreux saints hommes, en Inde on dirait des Sadhus, qui s’établirent en Armorique et dont je vous narre régulièrement l’histoire. Celui-ci a laissé son nom à une commune du Morbihan chère à Gilles Servat ou Louison Bobet: Locoal-Mendon.

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Locoal est une île située dans le bras de mer d’Etel, entre Sainte-Hélène et Mendon ; elle communique avec cette seconde paroisse par un pont qui rappelle celui de Saint-Cado, et elle a sous sa dépendance la presqu’île du Plec, qui l’avoisine au nord. Il paraît que les Romains donnaient à l’île le nom de Plecit, dont on a fait plus tard celui de Plec, resté depuis à la presqu’île voisine. C’est dans cette île, vers 631, que vint s’établir, avec quelques prêtres, saint Gudual, dit aussi Gurval, Goal et Gau, évêque démissionnaire d’Aleth. ici à droite, Kegil-Brehet, la quenouille de ste Brigitte sur l’ile de Plec. Le saint s’y creusa une grotte sur la côte, et ses compagnons firent comme lui. Sa réputation s’étendit bientôt au loin, et de nombreux disciples, dont le chiffre s’éleva jusqu’à 188, vinrent se fixer sur ce sol et s’y faire des cellules. Pour garantir leurs demeures contre l’envahissement des grandes marées, ils durent édifier des digues d’une lieue environ de longueur, et dont il reste encore des tronçons parfaitement reconnaissables. Mais le saint dut bientôt reconnaître que la foule l’empêchait de jouir de la solitude qu’il cherchait. Il déserta son île, comme il avait déserté Guer, et, suivi de sept de ses moines, il s’enfonça dans la forêt de Camors. Là, il construisit un monastère, dont la chapelle de Locoal garde le souvenir, et y mourut le 6 juin, vers l’an 640, âgé d’environ 50 ans. A gauche ce magnifique menhir phallique entre Locoal et mendon. Son corps, disputé entre sa mère et sa soeur d’une part, et ses disciples de l’autre, fut transporté dans l’île du Plec, et inhumé dans l’église qu’il y avait fait bâtir. Bientôt l’île prit son nom et s’appela Loc-Gudual, et plus tard Locoal. Les miracles opérés au tombeau du saint y firent affluer les pèlerins et les offrandes. Par suite, les possessions du monastère embrassèrent peu à peu le territoire de la paroisse actuelle de Sainte-Hélène, la presqu’île du Plec, et les côtes de Mendon. Cette pros­périté dura deux ou trois siècles, jusqu’aux ravages des Normands.

Voila, c’était l’histoire du jour, en attendant la prochaine, portez vous bien et à demain peut-être.

AVOIR 20 ANS EN 68…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

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Amis soixante-huitards et néanmoins optimistes, bonjour!

Le 22 mars est le deuxième jour de Germinal et c’est le jour du platane alors, soyez prudent si vous prenez la route. Tiens, à propos d’élections, le 22 mars 1871, la Commune de Paris énonce que les membres de l’assemblée municipale sont contrôlés, révocables, comptables et responsables et que leur mandat est impératif. C’est pas interdit de rêver.

On l’oublie souvent mais, mai 68 a en fait débuté au mois de mars. Certains disent même que cela a commencé en Bretagne un an plus tôt. Laissons aux historiens le soin de trancher.Le 22 mars 1968, à la cité Universitaire de Nanterre région parisienne, le mouvement contestataire étudiant qui va prendre le nom de « mouvement du 22 mars », occupe les locaux de l’Université. Il est l’aboutissement d’une contestation grandissante emmenée par des groupes d’extrême-gauche, des anarchistes et des situationnistes. Né d’abord de revendications solidaires, comme la libération des manifestants arrêtés lors des actions contre la guerre du Vietnam, il déborde rapidement sur des questions de société comme la remise en cause du puritanisme social avec la revendication du droit d’accéder à la résidence universitaire des filles.

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Rapidement ce mouvement conduit par Daniel COHN-BENDIT qui se réclame alors de l’anarchie va passer de la critique de l’Université à la critique de la société et de l’autoritarisme. Il sera le ferment révolutionnaire du mai 68 français. Le 2 mai 1968, à la Faculté de Nanterre. La contestation étudiante entamée depuis le mois de mars, s’amplifie, malgré les menaces que font courir les groupes d’extrême droite qui le matin même se sont attaqués à la Sorbonne. Une journée anti-impérialiste est organisée par le « mouvement du 22 mars », mais l’Université est fermée sur l’ordre du doyen.La contestation se transportera alors à la Sorbonne le lendemain. La photo, a fait le tour du monde et traversé l’histoire. D’ailleurs, il est amusant de comparer la photo, à gauche, et l’expression graphique, à droite, qui en a été faite avec les moyens de l’époque.Le 3 mai 1968, à Paris, l’Université de la Sorbonne est occupée par les étudiants de108 Nanterre qui y tiennent meeting. Mais deux cents militants d’extrême-droite du « groupe Occident » certains sont devenus ministres aux cris de: « tuons tous les communistes » menacent de les attaquer.La police procède dans l’après-midi à l’évacuation de la Sorbonne qu’ils encerclent. Ils arrêtent alors près de 400 étudiants, mais ceux qui ont réussi à fuir se rassemblent à l’extérieur et harcèlent les forces de l’ordre aux cris de « Libérez nos camarades » ou de « CRS=SS » devant la brutalité de la police.Cela va provoquer de nombreux affrontements dans les rues avoisinantes et l’apparition dans la soirée des premières barricades dans le quartier latin, qui est placé en état de siège. Vous connaissez la suite.Et voila, aujourd’hui, Dany le rouge a viré au vert et il a mené Europe-Ecologie-Les-Verts en haut de l’affiche, quand bien même il n’est pas loin de penser que le choix d’Eva est une erreur de casting.

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.