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Pourquoi ont-ils tué jaurès ?

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

Amis de la blanche hermine et du Breizh-Cola réunis, bonjour ! Nous sommes le Mercredi 31 juillet 2019, autant dire que c’est la fin du mois… A ne pas confondre avec la fin du moi, comme disait ce vieux Lacan. C’est aussi le treizième jour de Thermidor dédié à l’abricot et c’est encore le triste anniversaire de l’assassinat de Jaurès. Mais, que les dieux me tripotent, pourquoi ont-ils tué Jaurès ?

L’assassinat de Jean Jaurès a lieu le vendredi 31 juillet 1914 à 21 h 40, alors qu’il dîne au café du Croissant, rue Montmartre, dans le 2e arrondissement de Paris, à deux pas du siège de son journal, L’Humanité. Il est atteint par deux coups de feu. L’auteur est un certain café-du-croissant-300x202Raoul Villain jeune admirateur de Maurras et fan de l’Action Française. Raoul Villain est incarcéré en attente de son procès durant toute la Première guerre mondiale. Après cinquante-six mois de détention préventive, la guerre achevée, son procès est organisé devant la cour d’assises de la Seine. Villain a la chance de n’être jugé qu’en 1919, à sa demande, dans un climat d’ardent patriotisme. Lors des audiences qui se déroulent du 24 au 29 mars, ses avocats, dont le grand pénaliste Henri Géraud, mettent en avant sa démence. Ils argumentent aussi sur l’acte d’un homme isolé, c’est ce qui résultait de son interrogatoire par Célestin Hennion, le préfet de police de Paris (c’est lui qui créa Les brigades du Tigre), dans la nuit du 31 juillet 1914. Plus étonnant, parmi les témoins en sa faveur figure Marc Sangnier, venu défendre la « valeur morale » d’un ancien disciple.

Raoul Villain est acquitté le 29 mars 1919 par onze voix sur douze, un juré ayant même estimé qu’il avait rendu service à sa patrie : « Si l’adversaire de la guerre, Jaurès, s’était imposé, la France n’aurait pas pu gagner la guerre. » La veuve de Jaurès est condamnée aux dépens (paiement des frais du procès). Le 14 mars 1919, soit quinze jours plus Jaurès-discourstôt, le 3e conseil de guerre de Paris, juridiction militaire, condamnait à la peine de mort Émile Cottin, l’anarchiste qui avait blessé de plusieurs balles Clemenceau le 19 février précédent. Raoul Villain s’exile alors sur l’île d’Ibiza. Peu après le début de la guerre d’Espagne en juillet 1936, l’ile tombe aux mains des franquistes, puis est reconquise par les républicains, qui la quittent rapidement. Celle-ci est alors reprise par des groupes anarchistes, mais l’île est bombardée par l’aviation franquiste et dans le chaos, le 13 septembre 1936, les anarchistes l’exécutent pour espionnage au profit de l’armée franquiste, sans que l’on sache s’ils savaient qui il était. Étonnant non !

Allez, merci d’être passé par ici en plein été. Portez vous bien et à bientôt peut-être.

Saint Aubin du cormier:début de la fin…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

Amis de la cuisse de grenouille et de celle de Jupiter réunies, bonjour ! Nous sommes le Vendredi 26 juillet 2019, 8ème jour de thermidor consacré au carthame. Le carthame des teinturiers ou Safran des teinturiers, safranparfois appelé Safran bâtard, est une plante originaire d’Égypte, dont le nom dériverait d’un mot arabe qurtum. Elle produit un fruit, un akène oléagineux, dont les graines sont utilisées pour produire des huiles alimentaires ou de massage (la fameuse huile de carthame) qui sont parfois intégrées à des produits cosmétiques pour les cheveux. Cette huile au parfum prononcé est surtout utilisée à froid. Non raffinée, elle a une légère saveur de noisette et sa couleur se rapproche du jaune ambré foncé, tandis que raffinée, elle ne présente aucune saveur et sa couleur est plutôt jaune pâle.

Un peu d’histoire.

Le 26 juillet 1488 marque le début de la bataille de Saint Aubin du Cormier considérée par les nationalistes bretons comme le début de la fin. Après avoir été défait par les troupes royales, François II, Duc de Bretagne, doit accepter le traité du verger signé le 19 août 1488. Le duc s’engageait à éloigner du duché les princes et tous les étrangers Malivelqui s’étaient mêlés de la guerre contre le roi de France ; il ne marierait pas ses filles sans consulter le roi de France ; St Malo, Fougères, Dinan et Saint-Aubin sont remises en garantie au roi dont les droits sur la succession ducale sont réservés pour le cas où le duc décèderait sans enfant mâle. Les mariages d’Anne de Bretagne avec Charles VIII puis avec Louis XII résultent de ce traité. A droite un dessin de Jeanne Malivel -1922-

Malgré cette victoire, et le traité du Verger, dès la fin 1488, la guerre reprend pour encorbezenn perrote trois ans, jusqu’à ce qu’en décembre 1491, Charles VIII épouse Anne de Bretagne. Cette bataille est considérée par les historiens comme le moment où la Bretagne perd définitivement son indépendance. Comme l’écrit Léon Le Meur, « La bataille de Saint-Aubin sonna le glas des espérances bretonnes ». Des nationalistes bretons, tel Célestin Lainé (triste sire peu fréquentable, créateur du Bezenn Perrot, milice bretonne de collaboration) ont fait disperser leurs cendres sur le lieu de la bataille. La peste soit de tous les nationalismes!

Bon, et bien voilà pour aujourd’hui, un mélange des genres en quelque sorte. Mais vous l’avez sûrement deviné, je suis assez pour le mélange. Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Vingt dieux, la belle église…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE, HUMEUR

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Amis de la conscience éclairée et du maréchage réunis, bonjour ! Tiens, histoire de déroger un peu à la haute tenue traditionnelle qui sied à ce blogue, commençons par une histoire de gourgane-4-300x198vesces. Eh oui, nous sommes le Mardi 16 juillet 2019, 28è jour de Messidor que Fabre d’Églantine avait imaginé consacrer à la vesce, plante herbacée appartenant à la famille des Fabacées  dont certaines sont cultivées comme plantes fourragères ou comme légumineuses. Par exemple, la fève que nos cousins Québecois appellent « Gourgane » et que les anciens glissaient à l’intérieur des galettes des rois. Étonnant, non !

Un peu d’histoire.

Le concordat de 1801 est signé le 26 messidor an IX à minuit entre Joseph Bonaparte, frère du Premier consul Napoléon Bonaparte et le cardinal Consalvi, secrétaire d’État et représentant du pape Pie VII. Ce Concordat, en créant des relations officielles entre l’État français et la papauté, nécessite une réorganisation de la hiérarchie catholique en France. En Alsace et en Moselle le régime concordataire est toujours en vigueur : un avis du Conseil d’État du 24 janvier 1925 déclare que la loi du 18 germinal an X est toujours en vigueur. En effet, la loi de  66796_concordat-alsace-eglise-napoleonséparation des Églises et de l’État de 1905, mettant fin au concordat de 1801, a été votée alors que ces régions étaient rattachées à l’Allemagne (à la suite du Traité de Francfort de mai 1871). Concrètement, la loi de séparation de 1905 n’est pas appliquée en Alsace-Moselle et les quatre cultes catholique, luthérien, réformé et juif y bénéficient d’un statut officiel. Prêtres et laïcs en mission, pasteurs et rabbins y sont rémunérés par l’État. Les évêques de Strasbourg et Metz sont nommés par le chef de l’État. De fait, l’Élysée suit désormais le souhait du Saint-Siège. Le président de l’Église protestante de la Confession d’Augsbourg d’Alsace et de Lorraine (EPCAAL), dont le nom est proposé par un vote du consistoire supérieur de cette Église, est lui aussi nommé par l’État. Les membres laïcs élus des consistoires israélites des trois départements doivent avoir l’agrément du Premier ministre.

Le régime concordataire français a été contesté à plusieurs reprises. Cela a été le cas notamment en 1924 par le Cartel des gauches, mais les Alsaciens et Mosellans se sont alors mobilisés pour le conserver. Les partis de gauche avaient inscrit l’abolition du régime particulier de l’Alsace-Lorraine dans leur programme jusque dans les années 1970, mais y ont renoncé ensuite. En 2006, le député de Moselle François concordat -2-Grosdidier soumet une proposition de loi qui vise à le maintenir tout en y intégrant le culte musulman (ben alors !). La demande de son abolition refait surface en 2011, quand une sénatrice du Parti de gauche, revient sur le sujet en marge du débat sur la laïcité mis en place par l’UMP. En attendant: En Alsace-Moselle, le régime concordataire reconnaît et organise les cultes catholique, luthérien, réformé et israélite. Seules ces religions, reconnues par l’État, peuvent bénéficier du régime concordataire. Les dispositions prévues concernent notamment : L’enseignement religieux du primaire au lycée. La rémunération des ministres des quatre cultes reconnus est prise en charge par l’État.

A part cela, nous vivons dans une république laïque sous le régime de la séparation des églises et de l’État. Allez, oubliez cela, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Les feux de la Vieille…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

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Amis de la tiédeur estivale et du crabe mayo réunis, bonjour ! Nous sommes le Lundi 08 juillet 2019, 20è jour de Messidor, dédié au parc…En Bretagne, certains célèbrent Saint TEI, bon ben, c’est pas une obligation non plus. On sait peu de choses de son histoire si ce n’est qu’il vécut au VI ème siècle et qu’il fût disciple de Guénolé fondateur de chapelle st Theyl’abbaye de Landevennec.  Francisé sous la forme de They, il est connu dans le Cornwall, sous le nom de St Day. Il a donné son nom à Lothey, près de Chateaulin (29). Entre la baie des Trépassés et la pointe du Van, la chapelle de Saint-They, la plus vaste des chapelles de Cléden, surplombe le raz de Sein au bord de la falaise. Cette chapelle fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis 1914. Elle fut construite au XVIIe siècle à l’emplacement d’une chapelle plus ancienne qui tombait en ruine. La légende veut que la cloche de la chapelle St-They sonne d’elle-même pour avertir les barques et bateaux en danger, de se mettre sous la protection du saint et de la SNSM réunis (magnifique photo de Nicolas Buisson).

« Nul n’a jamais passé le Raz qu’il n’encourut crainte ou trépas. »

Au large, on aperçoit le phare de la Vieille situé dans le raz de Sein et bâti sur le rocher de la Gorlebella. Le raz de Sein est la route maritime la plus courte et la plus sûre pour les navires circulant entre l’Atlantique et la Manche; en effet, plus à l’ouest, des hauts-fonds, l’île de Sein puis la chaussée de Sein barrent la route sur plus de 30 milles. C’est phare et tourcependant un passage très dangereux du fait du courant très violent généré par les marées (jusqu’à six nœuds en vives eaux), de la mer souvent déferlante, et de nombreux rochers. Le courant lève, même par brise modérée, une mer très forte, gênante y compris pour des navires d’un certain tonnage. C’est dans cet enfer que les petits ligneurs du Cap vont pêcher le bar. Les feux de la Vieille (ne pas confondre avec les vieux de la vieille) seront allumés le 15 septembre 1887, date de fin des travaux. Cette date est gravée dans la roche; sur cette photo, on voit encore la tour Temperley qui fut détruite par la tempête en 2008.

Voila, si vous passé dans le coin, n’oubliez pas le ciré Cotten. En attendant, portez vous bien et à bientôt peut-être.

De Goulven à Benjamin…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

Amis de la libre pensée et du clafoutis aux cerises réunis, bonjour ! Nous sommes le Lundi 1er juillet 2019 c’est à dire le 13 de Messidor, jour habituellement consacré à la giroflée et non pas au clou de girofle comme voudraient nous le faire croire quelques arracheurs de dent. En ce jour nous fêtons Goulven qui a laissé son nom à une charmante petite commune non loin d’ici. Oyez son histoire.

La légende qui l’entoure mérite réflexion. Voici comment Albert Le Grand présente la chose:«Du Temps du Pape Vigilius & de l’Empereur Justinian I, l’an de salut 540, regnant en la Bretagne Armorique le Roy Hoël, dit le Faineant, II du nom, un certain personnage, nommé Glaudan, passa la Mer, 200px-063_Plougastel_Chapelle_Saint-Guénolé_Tryptique_Panneau_de_saint_Goulven-144x300&, quittant la grande Bretagne (qu’à present on appelle Angleterre), vint, avec sa femme Gologuenn, aborder la coste de Leon, en la Bretagne Armorique : étans sortis du vaisseau, ils prirent leur chemin le long du rivage, & arriverent en la Paroisse de Ploüider, distant de deux lieuës de la ville de Lesneven, &, voulant passer outre, la nuit les surprit en la greve qui est entre ledit Ploüider & Plou-neour-trez, de façon qu’ils furent contraints de chercher à loger, cette nuit, en un Village situé és paluds de Brengorut, mais le Païsan à qui ils s’adresserent, voyant que c’estoient des étrangers pauvres & necessiteux, les refusa, de sorte qu’ils furent contraints de loger en un lieu, nommé alors Odena, où Gologuenn accoucha dun Fils.» Vous constatez comme moi que le refus de l’autre, la xénophobie, la peur du migrant, tout cela n’a rien de nouveau et Goulven et sa petite famille en firent les frais comme aujourd’hui Mohamed ou Mamadou.

Bon, je vous fait grâce de la suite car, c’est long, très long, très très long… Le bon père Albert le Grand aurait fait fortune dans l’écriture de scénarios pour les séries télévisées. Personnages, suspense, rebondissements, tout y est. Dès qu’un paroissien lui parlait de bataille navalel’existence d’une source sacrée, d’un menhir ou d’un arbre liés à la très vieille et très ancienne tradition celtique et peut-être même plus ancienne encore; il sortait son petit calepin et inventait illico une histoire de saint garanti grand teint, fervent chrétien et si possible catholique. Voilà pourquoi il y a davantage de saints en Bretagne que de jours dans les calendriers. Néanmoins, si vos pas vous conduisent dans le secteur, prenez le temps de visiter l’anse de Goulven. C’est dans cette baie qu’eut lieu en Juin 1778, la fameuse bataille navale entre la frégate française La belle poule  (qui ramenait Benjamin franklin aux Amériques) et la frégate anglaise l’Arethuse.

Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

La montagne de l’anarchiste…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

Amis de l’anaphore* et de la brandade de morue réunies, bonjour ! Nous sommes le Jeudi 06 juin 2019, dix-huitième jour de prairial dédié au pavot et, vous êtes encore devant votre ordinateur. Il faut rappeler que le pavot se classait parmi les plantes médicinales bien avant que les chefs de guerre afghans n’en fassent leur fond de commerce. Cela étant, on peut aussi en faire de très jolis bouquets, j’en ai eu sur mon balcon qui fleurissaient admirablement ; un ami mafghanistan_poppy-300x200alouin avait récupéré quelques graines dans un jardin colonial de la ville corsaire. Au jour d’aujourd’hui, la maréchaussée risque fort de vous interdire de participer au concours des maisons fleuries. Tant pis, essayez le concombre espagnol, actuellement les prix sont au plus bas…
*L’anaphore est la répétition d’un même mot au début de plusieurs membres d’une phrase afin de renforcer l’idée exprimée ou d’opérer une symétrie. Par exemple : « Enfer chrétien, du feu. Enfer païen, du feu. Enfer mahométan, du feu. Enfer hindou, des flammes. A en croire les religions, Dieu est né rôtisseur » Victor Hugo.

Qui a dit que l’anarchisme ne laissait derrière lui que poudres et cendres… Voici une anecdote des plus anarchist_mountain-300x199amusantes. Le 6 juin 1922, la montagne qui domine la ville d’Osoyoos en Colombie-Britannique (Canada), prend officiellement le nom « d’Anarchist Mountain ». Cette appellation est due à un colon d’origine irlandaise du nom de Richard G. Sidley qui est venu s’installer dans la région vers 1889. Receveur du premier bureau de Poste en 1895, il deviendra ensuite juge de paix puis douanier. Mais les opinions politiques qu’il exprime lui vaudront d’être qualifié d’anarchiste et d’être relevé de ses fonctions. Le plateau (qui culmine à 1491 mètres) où il résidait sera alopompiers-logors désigné comme « La montagne de l’anarchiste » appellation qui deviendra ensuite officielle. Et si le doute subsiste, voici le logo officiel des pompiers du comté. C’est pas beautiful ça mes body boys, c’est pas fantastique ? On croit rêver… Mais bon, on va pas en faire une montagne non plus.

Et voila pour aujourd’hui, en attendant la suite, portez vous bien et à bientôt peut-être.

De poudlard à Loperec…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

Amis du calembour et de la potée auvergnate réunis, bonjour ! Ce Mercredi 05 juin 2019, dix- septième jour de Prairial est dédié au sureau dans le calendrier républicain. Le sureau est fort utile comme chacun le sait puisque même Harry Potter s’en sert pour fabriquer sa baguette BD-Musique-verte-300x224magique…  Le nom original de la baguette, « The elder wand » joue sur le double sens du mot « Elder » en anglais qui signifie à la fois « sureau » et « ancien », « aîné », mais ce sens s’est perdu à la traduction. Enfant, un de nos jeux favoris consistait à élaborer toutes sortes d’appeaux à l’aide de branches de sureau. En effet, le cœur tendre des branches de sureau peut facilement être évidé, ce qui rend cette plante idéale pour la confection d’instruments à vent simples tels que le mirliton.

Aujourd’hui, en Bretagne armoricaine, on fête les Pereg:  Saint originaire du pays de Galles, il a laissé son nom à Lopérec (29). moine gallois qui vécut en cornwall, il serait venu en Bretagne et eut des rapports avec St Samson et St Guezennec mais, cela ne nous regarde pas… L’église paroissiale de Lopérec possède ses reliques, et il est le patron de la région. Jadis on l’appelait même la paroisse Saint-Pérec. ». C’est à Lopérec que vécut Jean de Penguern, fidèle compagnon de la Duchesse Anne. Jean de Penguern, surnommé Divarsoëz en langue bretonne (“gaillard”, littéralement “sans rhumatismes”), fils aîné de chemin creuxChristophe de Penguern et de Marie de Kermodiern, naquit dans les dernières années du XVe siècle au manoir de Loperzec (Lopérec). Il entra fort jeune au service de la reine Anne, par ordre de laquelle il composa la « Généalogie de très haute, très puissante, très excellente et très chrestienne princesse et nostre sovvereine dame Anne, très illustre Royne de France et duchesse de Bretaigne, et les noms des Roys et Princes ses prédécesseurs, en droite ligne depuis la création jusqu’à présent, composée et extraite de plusieurs livres et chroniques par Divarsoëz Penguern, natif de Cornouailles, en l’honneur et louange de ladite dame ». Cette chronique contient 1 920 vers, divisés en strophes de huit vers de dix syllabes. Elle s’arrête à l’an 1510. Le 21 mars 1551, il épousa Annie de Kersauzon dont il eut trois enfants et mourut à un âge très avancé en 1579 et fut inhumé dans l’église paroissiale de Lopérec. (à droite: chemin creux à Loperec sur le site Lumières d’Iroise)

Et voila, vous savez tout. En mai fais ce qu’il te plait, mais en juin, t’as l’air malin aurait dit mon aïeule avec son sens de l’à propos que vous lui connaissez maintenant. Portez-vous bien et à bientôt peut-être.

Grandola vila Morena

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

Amis de la physique nucléaire et du kig ha farz réunis, bonjour ! Nous sommes le Mardi 04 Juin 2019 qui correspond au 16è jour de prairial, dédié à l’œillet. L’œillet rouge est un des symboles du mouvement ouvrier. La tradition viendrait du 1er mai 1890, où pour répondre à femme oeilletl’appel de la deuxième Internationale, malgré l’interdiction de manifester, les militants décident de se retrouver dans des parcs en portant un œillet rouge en signe de reconnaissance. Plutôt délaissé en République fédérale d’Allemagne, ce symbole était très utilisé en RDA, entre autres par les organisations de jeunesse. Regardez ce tableau de Mary Cassat « femme à l’œillet rouge », elle est considérée comme la première peintre impressionniste de l’histoire. Au Portugal, l’œillet fut également le signe de ralliement des militaires opposés à la dictature de Salazar et a laissé son nom à la révolution de1974.

Voilà pour aujourd’hui; en attendant la suite, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Kan bale Nevenoe…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

Amis de la cartomancie et du boudin aux pommes réunis, bonjour ! En ce samedi 25 mai 2019, sixième jour de prairial, nous célébrons la mélisse. Si vous trouvez l’actualité particulièrement indigeste, je vous recommande expressément la tisane de mélisse. Mon aïeule, pour qui mélissel’herboristerie n’avait aucun secret, faisait bouillir deux branches de mélisse dans un litre d’eau et laissait infuser. Pour ma part, j’avoue que ma préférence va plutôt à un vieux whisky d’Ecosse. Je dois à mon aimable fiancée d’avoir découvert et dégusté un non moins aimable single malt de la distillerie Tullibardine, millésimé 1993 et mis en bouteille en 2008. Le Tullibardine est situé dans le comté de Perth c’est à dire les Central-Highlands tout comme Dalwhinnie ou encore Aberfeldy.  Cela me remet en mémoire le fameux pangramme de Georges Perec : Portez ce vieux whisky au juge blond qui fume. C’est une phrase qui permet d’utiliser toutes les lettres de l’alphabet, l’exercice est amusant, et par ailleurs, c’est un alexandrin.

Puisque on vous dit que Nantes n’est pas en Bretagne…

Oyez ceci: Nous sommes au mois de mai 843.  Le Duc de Bretagne Nominoé désirant agrandir le territoire breton, passa la Vilaine à la tête d’une forte armée qu’il commandait avec son fils Erispoë. Les forces Nominoé-gauche-254x300franques nantaises s’avancèrent vers la Vilaine sous la conduite de Renaud d’Herbauges. Ils se rencontrèrent à Messac et c’est le comte Renaud qui remporta la victoire. Plusieurs sources mentionnent également la possibilité que Nominoé était alors atteint par une maladie assez grave et que le commandement des troupes dirigées contre la région nantaise, fut confié à son fils uniquement. Cela expliquerait d’autant mieux le caractère hasardeux de la rencontre dite de Blain. Renaud croyant l’ennemi complètement hors de combat, réunit une troupe assez nombreuse et reprit la direction de Nantes. Arrivé à Blain, il s’arrêta pour faire reposer ses soldats.

https://youtu.be/Vakk4Rey7m0

Chef et soldats étaient là, nous dit la Chronique de Nantes, étendus sur l’herbe près des bords de l’Isac, dans le plus complet abandon, lorsque soudain une troupe nombreuse se jeta sur eux : c’était le fameux Lambert II de Nantes que Charles-le-Chauve avait chassé de Nantes. Il avait fait alliance avec les Bretons, et à la tête de soldats rassemblés sur les frontières de l’Anjou, il s’était avancé sur la Vilaine, 800px-Battle_of_Ballonafin de réunir ses forces à celles de Nominoé. Ennemi juré de Renaud qui avait pris sa place comme chef du comté nantais, il se mit à sa poursuite, voulant satisfaire sa vengeance et réparer le désastre. Il surprit les Nantais désarmés, et en fit un grand carnage ; lui-même, de sa propre main tua le comte Renaud : c’était le 25 mai 843. Cette victoire bretonne, suivie d’autres, conduisit en 851, au Traité d’Angers, par lequel les pays Nantais et Rennais devenaient possession de la Bretagne. Deux ans plus tard ce sera  la victoire des troupes bretonnes de Nominoë sur celles (Franques) de Charles le chauve. Nous sommes un 22 novembre de l’an de grâce 845, dans la campagne de Ballon près de Redon. Celui que les historiens allaient nommer « Tad ar vro », le père de la patrie, venait de donner naissance à une Bretagne unifiée et indépendante et qui allait le rester cahin-caha jusqu’en 1532. (à droite, gravure de Jeanne Malivel)

Allez, merci pour la visite, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Vive la Commune !

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

Amis de la République et de la galette de Pleyben  réunies, bonjour ! Mon petit calendrier, justement républicain, m’indique que le 21 mai, deuxième jour de Prairial, est généralement dédié à l’Hémérocalle. 290px-Daylily_Hemerocallis_fulva_v2-150x150Avouez que c’est une chance, Fabre d’Églantine, l’un de ses inspirateurs, aurait pu choisir le pissenlit ou le coquelicot et bien non. Le choix s’est porté sur l’hémérocalle mais je serai bien ennuyé s’il fallait vous dire pourquoi. Bon, on ne va pas non plus en faire une salade… Quoique ! Outre le fait qu’il s’agisse d’une très jolie fleur, certains cuisiniers téméraires n’hésitent pas; elle peut être farcie avec de la crème fouettée et servie pour décorer un dessert par exemple.

Le 21 mai 1871 à Paris débute ce que l’histoire retiendra sous le nom de semaine sanglante. Les Versaillais, après s’être emparé des forts, vive la Communeentrent dans Paris par la porte de Saint-Cloud. Une répression terrible commence. Les massacres et exécutions sommaires feront entre 20 000 et 35 000 morts. Le 28 mai 1871, au terme d’une semaine sanglante, la Commune de Paris n’existe plus… Dix semaines plus tôt, le 18 mars, des Parisiens humiliés par la défaite de leur pays face aux Prussiens, s’en étaient pris aux troupes gouvernementales. Le chef du pouvoir exécutif, Adolphe Thiers, avait déserté sur le champ Paris pour Versailles. Un mouvement insurrectionnel improvisé avait alors assumé le pouvoir dans la capitale sous le nom de «Commune de Paris».

Mais dès la signature du traité de paix avec l’Allemagne, le 10 mai, Adolphe Thiers obtient de l’occupant prussien la libération anticipée de 60.000 soldats. Il lance aussitôt contre la capitale 130.000 hommes, dont les anciens prisonniers et beaucoup des campagnards recrutés et formés à la hâte. L’assaut commence le 21 mai, dans le quartier du felix-vallotton-le-mur-300x164Point du Jour, à Boulogne. Les Versaillais ont en face d’eux une dizaine de milliers de fédérés déterminés. Ils doivent conquérir les barricades l’une après l’autre.( à gauche émouvante gravure de Félix Valloton évoquant le mur des fédérés au père Lachaise) Les combats de rue feront au total 4.000 tués (877 du côté des troupes versaillaises). S’ajoutent à ce bilan les victimes de la répression car, à l’arrière, des liquidateurs tuent méthodiquement les suspects. Une vingtaine de «cours prévôtales» jugent hâtivement les hommes et les femmes pris les armes à la main et les font fusiller sur place. Les Communards ripostent en faisant fusiller environ 80 otages. Ils allument aussi des foyers d’incendie. Du fait de ceux-ci et des bombardements, plusieurs monuments illustres partent luce_commune-300x198en fumée. Parmi eux le palais des Tuileries, l’Hôtel de Ville hérité de la Renaissance, le Palais-Royal et le palais d’Orsay… Le bilan total de la Semaine sanglante est d’environ 20.000 victimes, sans compter 38.000 arrestations. C’est à peu près autant que la guillotine sous la Révolution. À cela s’ajoutent les sanctions judiciaires. Les tribunaux prononceront jusqu’en 1877 un total d’environ 50.000 jugements. Il y aura quelques condamnations à mort et près de 10.000 déportations (parmi les déportées qui rejoindront les bagnes de Nouvelle-Calédonie figure une célèbre institutrice révolutionnaire, Louise Michel). L’amnistie (pardon et oubli) ne viendra qu’en 1879 et 1880.

Allez, souviens toi, Nicolas, la Commune n’est pas morte. En attendant le temps de cerises, portez vous bien et à bientôt peut-être.