Vous lisez actuellement la catégorieHISTOIRE

Page 2 de 31

La montagne de l’anarchiste…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

Amis de l’anaphore* et de la brandade de morue réunies, bonjour ! Nous sommes le Jeudi 06 juin 2019, dix-huitième jour de prairial dédié au pavot et, vous êtes encore devant votre ordinateur. Il faut rappeler que le pavot se classait parmi les plantes médicinales bien avant que les chefs de guerre afghans n’en fassent leur fond de commerce. Cela étant, on peut aussi en faire de très jolis bouquets, j’en ai eu sur mon balcon qui fleurissaient admirablement ; un ami mafghanistan_poppy-300x200alouin avait récupéré quelques graines dans un jardin colonial de la ville corsaire. Au jour d’aujourd’hui, la maréchaussée risque fort de vous interdire de participer au concours des maisons fleuries. Tant pis, essayez le concombre espagnol, actuellement les prix sont au plus bas…
*L’anaphore est la répétition d’un même mot au début de plusieurs membres d’une phrase afin de renforcer l’idée exprimée ou d’opérer une symétrie. Par exemple : « Enfer chrétien, du feu. Enfer païen, du feu. Enfer mahométan, du feu. Enfer hindou, des flammes. A en croire les religions, Dieu est né rôtisseur » Victor Hugo.

Qui a dit que l’anarchisme ne laissait derrière lui que poudres et cendres… Voici une anecdote des plus anarchist_mountain-300x199amusantes. Le 6 juin 1922, la montagne qui domine la ville d’Osoyoos en Colombie-Britannique (Canada), prend officiellement le nom « d’Anarchist Mountain ». Cette appellation est due à un colon d’origine irlandaise du nom de Richard G. Sidley qui est venu s’installer dans la région vers 1889. Receveur du premier bureau de Poste en 1895, il deviendra ensuite juge de paix puis douanier. Mais les opinions politiques qu’il exprime lui vaudront d’être qualifié d’anarchiste et d’être relevé de ses fonctions. Le plateau (qui culmine à 1491 mètres) où il résidait sera alopompiers-logors désigné comme « La montagne de l’anarchiste » appellation qui deviendra ensuite officielle. Et si le doute subsiste, voici le logo officiel des pompiers du comté. C’est pas beautiful ça mes body boys, c’est pas fantastique ? On croit rêver… Mais bon, on va pas en faire une montagne non plus.

Et voila pour aujourd’hui, en attendant la suite, portez vous bien et à bientôt peut-être.

De poudlard à Loperec…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

Amis du calembour et de la potée auvergnate réunis, bonjour ! Ce Mercredi 05 juin 2019, dix- septième jour de Prairial est dédié au sureau dans le calendrier républicain. Le sureau est fort utile comme chacun le sait puisque même Harry Potter s’en sert pour fabriquer sa baguette BD-Musique-verte-300x224magique…  Le nom original de la baguette, « The elder wand » joue sur le double sens du mot « Elder » en anglais qui signifie à la fois « sureau » et « ancien », « aîné », mais ce sens s’est perdu à la traduction. Enfant, un de nos jeux favoris consistait à élaborer toutes sortes d’appeaux à l’aide de branches de sureau. En effet, le cœur tendre des branches de sureau peut facilement être évidé, ce qui rend cette plante idéale pour la confection d’instruments à vent simples tels que le mirliton.

Aujourd’hui, en Bretagne armoricaine, on fête les Pereg:  Saint originaire du pays de Galles, il a laissé son nom à Lopérec (29). moine gallois qui vécut en cornwall, il serait venu en Bretagne et eut des rapports avec St Samson et St Guezennec mais, cela ne nous regarde pas… L’église paroissiale de Lopérec possède ses reliques, et il est le patron de la région. Jadis on l’appelait même la paroisse Saint-Pérec. ». C’est à Lopérec que vécut Jean de Penguern, fidèle compagnon de la Duchesse Anne. Jean de Penguern, surnommé Divarsoëz en langue bretonne (“gaillard”, littéralement “sans rhumatismes”), fils aîné de chemin creuxChristophe de Penguern et de Marie de Kermodiern, naquit dans les dernières années du XVe siècle au manoir de Loperzec (Lopérec). Il entra fort jeune au service de la reine Anne, par ordre de laquelle il composa la « Généalogie de très haute, très puissante, très excellente et très chrestienne princesse et nostre sovvereine dame Anne, très illustre Royne de France et duchesse de Bretaigne, et les noms des Roys et Princes ses prédécesseurs, en droite ligne depuis la création jusqu’à présent, composée et extraite de plusieurs livres et chroniques par Divarsoëz Penguern, natif de Cornouailles, en l’honneur et louange de ladite dame ». Cette chronique contient 1 920 vers, divisés en strophes de huit vers de dix syllabes. Elle s’arrête à l’an 1510. Le 21 mars 1551, il épousa Annie de Kersauzon dont il eut trois enfants et mourut à un âge très avancé en 1579 et fut inhumé dans l’église paroissiale de Lopérec. (à droite: chemin creux à Loperec sur le site Lumières d’Iroise)

Et voila, vous savez tout. En mai fais ce qu’il te plait, mais en juin, t’as l’air malin aurait dit mon aïeule avec son sens de l’à propos que vous lui connaissez maintenant. Portez-vous bien et à bientôt peut-être.

Grandola vila Morena

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

Amis de la physique nucléaire et du kig ha farz réunis, bonjour ! Nous sommes le Mardi 04 Juin 2019 qui correspond au 16è jour de prairial, dédié à l’œillet. L’œillet rouge est un des symboles du mouvement ouvrier. La tradition viendrait du 1er mai 1890, où pour répondre à femme oeilletl’appel de la deuxième Internationale, malgré l’interdiction de manifester, les militants décident de se retrouver dans des parcs en portant un œillet rouge en signe de reconnaissance. Plutôt délaissé en République fédérale d’Allemagne, ce symbole était très utilisé en RDA, entre autres par les organisations de jeunesse. Regardez ce tableau de Mary Cassat « femme à l’œillet rouge », elle est considérée comme la première peintre impressionniste de l’histoire. Au Portugal, l’œillet fut également le signe de ralliement des militaires opposés à la dictature de Salazar et a laissé son nom à la révolution de1974.

Voilà pour aujourd’hui; en attendant la suite, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Kan bale Nevenoe…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

Amis de la cartomancie et du boudin aux pommes réunis, bonjour ! En ce samedi 25 mai 2019, sixième jour de prairial, nous célébrons la mélisse. Si vous trouvez l’actualité particulièrement indigeste, je vous recommande expressément la tisane de mélisse. Mon aïeule, pour qui mélissel’herboristerie n’avait aucun secret, faisait bouillir deux branches de mélisse dans un litre d’eau et laissait infuser. Pour ma part, j’avoue que ma préférence va plutôt à un vieux whisky d’Ecosse. Je dois à mon aimable fiancée d’avoir découvert et dégusté un non moins aimable single malt de la distillerie Tullibardine, millésimé 1993 et mis en bouteille en 2008. Le Tullibardine est situé dans le comté de Perth c’est à dire les Central-Highlands tout comme Dalwhinnie ou encore Aberfeldy.  Cela me remet en mémoire le fameux pangramme de Georges Perec : Portez ce vieux whisky au juge blond qui fume. C’est une phrase qui permet d’utiliser toutes les lettres de l’alphabet, l’exercice est amusant, et par ailleurs, c’est un alexandrin.

Puisque on vous dit que Nantes n’est pas en Bretagne…

Oyez ceci: Nous sommes au mois de mai 843.  Le Duc de Bretagne Nominoé désirant agrandir le territoire breton, passa la Vilaine à la tête d’une forte armée qu’il commandait avec son fils Erispoë. Les forces Nominoé-gauche-254x300franques nantaises s’avancèrent vers la Vilaine sous la conduite de Renaud d’Herbauges. Ils se rencontrèrent à Messac et c’est le comte Renaud qui remporta la victoire. Plusieurs sources mentionnent également la possibilité que Nominoé était alors atteint par une maladie assez grave et que le commandement des troupes dirigées contre la région nantaise, fut confié à son fils uniquement. Cela expliquerait d’autant mieux le caractère hasardeux de la rencontre dite de Blain. Renaud croyant l’ennemi complètement hors de combat, réunit une troupe assez nombreuse et reprit la direction de Nantes. Arrivé à Blain, il s’arrêta pour faire reposer ses soldats.

https://youtu.be/Vakk4Rey7m0

Chef et soldats étaient là, nous dit la Chronique de Nantes, étendus sur l’herbe près des bords de l’Isac, dans le plus complet abandon, lorsque soudain une troupe nombreuse se jeta sur eux : c’était le fameux Lambert II de Nantes que Charles-le-Chauve avait chassé de Nantes. Il avait fait alliance avec les Bretons, et à la tête de soldats rassemblés sur les frontières de l’Anjou, il s’était avancé sur la Vilaine, 800px-Battle_of_Ballonafin de réunir ses forces à celles de Nominoé. Ennemi juré de Renaud qui avait pris sa place comme chef du comté nantais, il se mit à sa poursuite, voulant satisfaire sa vengeance et réparer le désastre. Il surprit les Nantais désarmés, et en fit un grand carnage ; lui-même, de sa propre main tua le comte Renaud : c’était le 25 mai 843. Cette victoire bretonne, suivie d’autres, conduisit en 851, au Traité d’Angers, par lequel les pays Nantais et Rennais devenaient possession de la Bretagne. Deux ans plus tard ce sera  la victoire des troupes bretonnes de Nominoë sur celles (Franques) de Charles le chauve. Nous sommes un 22 novembre de l’an de grâce 845, dans la campagne de Ballon près de Redon. Celui que les historiens allaient nommer « Tad ar vro », le père de la patrie, venait de donner naissance à une Bretagne unifiée et indépendante et qui allait le rester cahin-caha jusqu’en 1532. (à droite, gravure de Jeanne Malivel)

Allez, merci pour la visite, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Vive la Commune !

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

Amis de la République et de la galette de Pleyben  réunies, bonjour ! Mon petit calendrier, justement républicain, m’indique que le 21 mai, deuxième jour de Prairial, est généralement dédié à l’Hémérocalle. 290px-Daylily_Hemerocallis_fulva_v2-150x150Avouez que c’est une chance, Fabre d’Églantine, l’un de ses inspirateurs, aurait pu choisir le pissenlit ou le coquelicot et bien non. Le choix s’est porté sur l’hémérocalle mais je serai bien ennuyé s’il fallait vous dire pourquoi. Bon, on ne va pas non plus en faire une salade… Quoique ! Outre le fait qu’il s’agisse d’une très jolie fleur, certains cuisiniers téméraires n’hésitent pas; elle peut être farcie avec de la crème fouettée et servie pour décorer un dessert par exemple.

Le 21 mai 1871 à Paris débute ce que l’histoire retiendra sous le nom de semaine sanglante. Les Versaillais, après s’être emparé des forts, vive la Communeentrent dans Paris par la porte de Saint-Cloud. Une répression terrible commence. Les massacres et exécutions sommaires feront entre 20 000 et 35 000 morts. Le 28 mai 1871, au terme d’une semaine sanglante, la Commune de Paris n’existe plus… Dix semaines plus tôt, le 18 mars, des Parisiens humiliés par la défaite de leur pays face aux Prussiens, s’en étaient pris aux troupes gouvernementales. Le chef du pouvoir exécutif, Adolphe Thiers, avait déserté sur le champ Paris pour Versailles. Un mouvement insurrectionnel improvisé avait alors assumé le pouvoir dans la capitale sous le nom de «Commune de Paris».

Mais dès la signature du traité de paix avec l’Allemagne, le 10 mai, Adolphe Thiers obtient de l’occupant prussien la libération anticipée de 60.000 soldats. Il lance aussitôt contre la capitale 130.000 hommes, dont les anciens prisonniers et beaucoup des campagnards recrutés et formés à la hâte. L’assaut commence le 21 mai, dans le quartier du felix-vallotton-le-mur-300x164Point du Jour, à Boulogne. Les Versaillais ont en face d’eux une dizaine de milliers de fédérés déterminés. Ils doivent conquérir les barricades l’une après l’autre.( à gauche émouvante gravure de Félix Valloton évoquant le mur des fédérés au père Lachaise) Les combats de rue feront au total 4.000 tués (877 du côté des troupes versaillaises). S’ajoutent à ce bilan les victimes de la répression car, à l’arrière, des liquidateurs tuent méthodiquement les suspects. Une vingtaine de «cours prévôtales» jugent hâtivement les hommes et les femmes pris les armes à la main et les font fusiller sur place. Les Communards ripostent en faisant fusiller environ 80 otages. Ils allument aussi des foyers d’incendie. Du fait de ceux-ci et des bombardements, plusieurs monuments illustres partent luce_commune-300x198en fumée. Parmi eux le palais des Tuileries, l’Hôtel de Ville hérité de la Renaissance, le Palais-Royal et le palais d’Orsay… Le bilan total de la Semaine sanglante est d’environ 20.000 victimes, sans compter 38.000 arrestations. C’est à peu près autant que la guillotine sous la Révolution. À cela s’ajoutent les sanctions judiciaires. Les tribunaux prononceront jusqu’en 1877 un total d’environ 50.000 jugements. Il y aura quelques condamnations à mort et près de 10.000 déportations (parmi les déportées qui rejoindront les bagnes de Nouvelle-Calédonie figure une célèbre institutrice révolutionnaire, Louise Michel). L’amnistie (pardon et oubli) ne viendra qu’en 1879 et 1880.

Allez, souviens toi, Nicolas, la Commune n’est pas morte. En attendant le temps de cerises, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Des canuts aux gilets jaunes…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

Amis de la rôtisserie française et du Saint-Pourçain réunis, bonjour! Nous sommes le Mardi 09 avril 2019, 20è jour de germinal dédié à la ruche.

Le 9 avril 1834, à Lyon les ouvriers de la soie, les canuts, se soulèvent après que des meneurs aient été traduits en justice pour avoir dénoncé des baisses de salaires et fait grève. Le ministre de l’Intérieur Adolphe Thiers laisse les manifestants ériger des barricades puis fait donner la troupe. Celle-ci va méthodiquement reconquérir la ville. Que s’était-il passé ? Après l’échec des grèves de février puis le vote de la loi contre les associations ouvrières, le jugement des meneurs de février, ce 9 Drapeau-canuts-300x225avril, met le feu aux poudre. L’armée occupe la ville et les ponts, mais déjà les premières fusillades éclatent avec la troupe, qui tire sur la foule désarmée. Aussitôt, les rues se couvrent de barricades. Les ouvriers organisés prennent d’assaut la caserne du Bon-Pasteur, et se barricadent dans les quartiers en en faisant de véritables camps retranchés, comme à la Croix Rousse. C’est le début de la « Sanglante semaine ». Trois ans plus tôt, Le 21 novembre 1831, éclatait sur la colline de la Croix-Rousse, au nord de Lyon, la révolte des canuts. Elle allait se propager dans tous les quartiers ouvriers de la métropole. Les insurgés prennent pour emblème le drapeau noir et la devise: « Vivre en travaillant ou mourir en combattant ». Cinquante ans plus tard, Aristide Bruant en fera cette chanson magnifique, interprétée ici par Marc Ogeret.

Ce mouvement social est exemplaire à plus d’un titre ainsi que nous l’allons voir. Les canuts dont le nom vient de du mot canette ou bobine, sont des artisans qui tissent la soie à domicile sur leur propre métier à bras. Ils travaillent pour le compte des soyeux (les patrons) qui leurcanuts_revolte_p-300x197 fournissent la matière première et récupèrent le produit fini. Il sont environ 6000 artisans qui emploient 30 000 compagnons. Tout cela pour 18 sous par jour et 15 heures de travail. Après un accord arraché au préfet du département sur un tarif minimum que les soyeux refusent d’appliquer prétextant de la concurrence internationale et des contraintes du marché (cela ne vous rappelle rien ?), la colère éclate. Les canuts descendent de leur colline, drapeau noir en tête, et occupent le centre de Lyon. Après de nombreux combats, on compte une centaine de morts.

Le maréchal Soult débarque à Lyon à la tête de 20 000 soldats, la ville est reprise, la garde nationale qui avait pactisé avec les ouvriers est dissoute,canuts-gauche le tarif minimum abrogé et le préfet révoqué. En 1834, les canuts vont remettre le couvert et cette fois ci, c’est Thiers, celui là même qui quelques années plus tard écrasera la Commune dans le sang, qui va se charger de la sale besogne. 600 morts et 10 000 arrestations. A la chambre des députés, Casimir Perier, président du Conseil, s’exclame: « Il faut que les ouvriers sachent qu’il n’y a de remède pour eux que la patience et la résignation. ». Et alors, 180 ans plus tard, où en sommes nous… A vous de juger ! A lire, le livre de Jacques Perdu aux éditions Spartacus.

Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

L’an dix mille…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE, LECTURE

, , ,

Amis de l’Uchronie et des regrets affectés réunis, bonjour ! Nous sommes le Lundi 08 avril 2019, 19è jour de Germinal dédié au radis dans notre calendrier républicain, mais en réalité, en pataphysique, ce jour est le Samedi 14 Clinamen 146 Sortie d’A. Dürer, hermétiste fête suprême quarte.

Décidément je suis de plus en plus fan des éditions Goater. Je suivais déjà la collection Goater noir où sévissent entre autres, pour notre plus grand plaisir, Stéphane Grangier, Paulin, Flageul et quelques autres. Voici que je découvre la collection Mémoires immédiates et particulièrement le nous-ferons-la-greve-generalep’tit dernier; Nous ferons la grève générale de Jean-yves Guengant. Ancien prof et proviseur de lycée devenu historien qui avait déjà retracé l’histoire du mouvement Fouriériste en Bretagne et qui nous livre ici l’histoire des anarchistes brestois au travers de quelques personnages clés : Jules Le Gall (le livre est une biographie de ce militant), Victor Pengam, Paul Gourmelon, Jean Tréguer, René Lochu, Coatmeur de 1900 à 1950. Un récit passionnant qui nous permet de retrouver aussi, Durruti, Makhno, Ascaso, Sébastien Faure, Emile Armand et plein d’autres figures de l’anarchisme qui, de près ou de loin ont eu un lien avec les compagnons finistériens. 

La petite librairie à Brest organisait ce jeudi une soirée de présentation en présence de l’auteur et agrémentée de quelques chansons anarcho-libertaires: Craonne, la butte rouge, le triomphe de l’anarchie… Tout cela à la-petite-librairie-brest-150966543956déguster sans modération aucune. Jules Le Gall avait rêvé toute sa vie du jour où éclaterait la grève générale fut-ce dans dix mille ans. Léo Ferré après une mémorable tournée en Bretagne, en 1968, écrira Les étrangers dédiée à René Lochu et ses amis libertaires: L’an dix mille… Lochu ? Tu t’rappelles ? Quasiment tous ces personnages ont fait l’objet d’un portrait dans les colonnes de ce blog qui tente à sa façon de lutter contre l’oubli où l’histoire et le politiquement correct tentent de les maintenir.

Allez, merci de passer par ici de temps en temps, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Chacun est rentré chez son automobile…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

Amis du pendule de Foucault et de « qui veut gagner des millions » réunis, bonjour !

Le 22 mars est le deuxième jour de Germinal et c’est le jour du platane alors, soyez prudent si vous prenez la route. Tiens, à propos d’élections, le 22 mars 1871, la Commune de Paris énonce que les membres de l’assemblée municipale sont  contrôlés, révocables, comptables et responsables et que leur mandat est impératif. C’est pas interdit de rêver. On l’oublie souvent mais, mai 68 a en fait débuté au benditmois de mars. Certains disent même que cela a commencé en Bretagne un an plus tôt. Laissons aux historiens le soin de trancher. Le 22 mars 1968, à la cité Universitaire de Nanterre (région parisienne), le mouvement contestataire étudiant qui va prendre le nom de « mouvement du 22 mars », occupe les locaux de l’Université. Il est l’aboutissement d’une contestation grandissante emmenée par des groupes d’extrême-gauche, des anarchistes et des situationnistes. Né d’abord de revendications solidaires, comme la libération des manifestants arrêtés lors des actions contre la guerre du Vietnam, il déborde rapidement sur des questions de société comme la remise en cause du puritanisme social (avec la revendication du droit d’accéder à la résidence universitaire des filles). Le mouvement est conduit par Daniel COHN-BENDIT qui se réclame de l’anarchisme alors qu’aujourd’hui il s’est rapproché du Macronisme… La vieillesse est un naufrage !

https://youtu.be/kzjqafGu7j0

Au risque de passer pour un attardé rédhibitoire, je ne peux m’empêcher de penser à mai 68 en observant les cortèges qui envahissent nos rues ces jours ci. Je sais bien que l’histoire ne se répète pas et que l’expérience n’est guère transmissible. Néanmoins, j’ai retrouvé dans mes cartons quelques traces de l’époque qui ne sont pas sans similitude avec la situation actuelle. Déjà à cette époque, la l'enragébonne vieille droite réactionnaire usait d’un argument qui voulait que les jeunes n’étaient pas à leur place dans la rue. On infantilisait l’étudiant comme l’ouvrier et on soupçonnait l’un comme l’autre d’être manipulés. Déjà, « les casseurs » s’avéraient souvent être des sbires à la solde du pouvoir qui pouvait ainsi légitimer sa répression et faire donner ses troupes. Les gardes mobiles ne ressemblaient pas encore à des robotcops encarapaçonnés mais le résultat d’un coup de matraque n’a guère évolué. Déjà les médias et la télévision en particulier prenaient leurs ordres à Matignon ou au château (l’Elysée). Et déjà SINE dans l’Enragé s’en donnait à cœur joie. Déjà les réformistes n’avaient de cesse de répéter qu’il fallait raison garder et qu’il fallait savoir arrêter une grève.

Déjà la France éternelle ressemblait étrangement à celle d’aujourd’hui, celle des jardiniers joviaux, des notaires véreux, des professeurs émérites, des alcooliques anonymes, des Nous-ne-céderons-pas, des Nous-irons-jusqu’au-bout… Et le retour à la normale pointe déjà le bout de son nez. Le troupeau bêlant va retrouver son PMU, sa foire aux vins au Carrefour du coin et, ainsi que le chantait Nougaro dans « Mai mai Paris »:

Le casque des pavés ne bouge plus d’un cil
La Seine de nouveau ruisselle d’eau bénite
Le vent a dispersé les cendres de Bendit
Et chacun est rentré chez son automobile…

Allez, merci d’être passé, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Le condamné à mort…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

Amis de l’Espagne éternelle et de la tortilla réunies, bonjour ! Nous sommes le Samedi 02 mars 2019, douzième jour de ventôse dédié à l’orme.

Triste anniversaire que ce jour du 02 mars.

En effet, le 2 mars 1974, mort de Salvador PUIG ANTICH, garrotté dans les geôles du sinistre Franco à la prison Modelo de Barcelone, à l’âge de 24 ans. Il était militant et activiste anarchiste du M.I.L. Le M.I.L (Mouvement Ibérique de Libération), né dans les années 70, pratiquait -entre autre- l’expropriation politique, dans une Espagne étouffée sous le joug du franquisme. Ce mouvement libertaire de guérilla urbaine ne fit jamais couler le sang. Salvador Puig Antich est salvadorarrêté le 25 septembre 1973, quelques mois après l’auto-dissolution du M.I.L, et grièvement blessé à la tête. Un sous-inspecteur de police est tué dans la confusion (sans doute par un autre policier). Le 7 janvier 1974, la peine de mort est néanmoins requise contre le jeune militant, malgré d’évidents vices de forme. Partout en Europe (et jusqu’en Argentine) on se mobilise pour demander sa libération. A Toulouse, des affrontements ont lieu devant le consulat Espagnol avec la police, à Rennes, il ne se passait pas une semaine sans que nous soyons dans la rue. A cette époque là, les raisons de s’indigner étaient peut-être plus évidentes qu’aujourd’hui; quoique… Puig Antich sera malgré tout garrotté. Je crois que c’est le dernier à avoir été exécuté selon la technique du « garrot vil ».

Pour ne pas rester sur une note amère, je pense à Francesca Solleville éblouissante interprète qui a eu la bonne idée de naître un 02 mars. Outre ses reprises des chansons de la Commune, on lui doit l’interprétation des textes de Mac Orlan et Aragon notamment. Toujours engagée, contre le nazisme, le franquisme, la guerre au Viet-Nam elle chante les poèmes d’Apollinaire et de Genet comme ce formidable « condamné à mort » sur une merveilleuse musique d’Hélène Martin, que je ne peux m’empêcher de rapprocher de la fin tragique de Puig Antich.

Allez, merci de passer par ici, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Pluviôse: le cénobite se r’pose…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

Amis du stoïcisme et de la médecine par les plantes réunis, bonjour ! Nous sommes le Mardi vingt-deux Janvier 2019 c’est à dire le 3è jour de Pluviôse cinquième moisFragon du calendrier républicain français. Pour les puristes, je précise que Le décret du 4 frimaire an II orthographiait le nom du mois « pluviose », sans accent circonflexe. Ce jour était dédié au fragon, bien connu dans nos campagnes sous le nom de Petit-houx. Certains l’appellent la fragonnette et on l’utilisait autrefois pour fabriquer des balais. Pluviôse évoque toujours pour moi ce proverbe qu’utilisait mon aïeule: Glav da Sul, glav da Lun, Ha glav e-pad ar sizhun ( Pluie le dimanche, pluie le lundi, et pluie toute la semaine.) Cela ne devait pas s’appliquer à la Bretagne…

Tiens, à propos de Bretagne; dans l’histoire, la date du 22 janvier 1871, nous renvoie à un épisode peu glorieux pour les bretons. C’est le jour d’un Trochu-200x300soulèvement populaire parisien ( prémisses de la Commune) pour empêcher le gouvernement de défense nationale de signer la capitulation devant les prussiens. une délégation des manifestants est reçue par Gustave Chaudey, adjoint du maire (Jules Ferry). Soudain, un coup de feu est tiré par un provocateur. Les Gardes mobiles bretons, commandés par le Bouëdec et dont fait partie le lieutenant James Marie Antoine Monjaret de Kerjégu,(du célèbre château de Trévarez) installés dans l’hôtel de ville tirent sur la foule qui s’éparpille tandis que des gardes nationaux ripostent. C’est ce jour où Louise Michel prendra pour la première fois les armes. Et c’est encore un 22 Janvier, en 1905, qu’eurent lieu enterrement de Louiseses funérailles (ici à gauche, une eau- forte de Albert Peters-Desteract) elle vient de découvrir que ces gens là ne se défendent pas contre les prussiens mais contre les travailleurs parisiens. Le pouvoir était alors entre les mains du trop célèbre général breton TROCHU.  Il fut vite remplacé par THIERS le massacreur des communards. Victor Hugo l’a marqué d’une définition cinglante : « Trochu, participe passé du verbe Trop Choir. » . Pour Trochu : « la fin, c’est l’ordre, l’ordre seul, qui se résume en trois mots: Famille, Propriété, Religion. Deux mois plus tard démarrait la Commune de Paris.

Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.