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La bande à Bonnot…

Posté par erwandekeramoal dans ANARCHISME, HISTOIRE

Amis du charme slave et de la salade niçoise réunis, bonjour! Nous sommes donc le Jeudi 26 mars 2020, sixième jour de germinal dédié à la-bette-150x150la Bette. A ne pas confondre avec le jour de la bête (666). Très utilisées dans la cuisine niçoise, toutes les parties de la plante se consomment : les feuilles hachées entrent dans la composition de la tourte de blettes, des raviolis et du célèbre tian. La partie verte remplace les usages que l’on fait ailleurs des épinards et les côtes s’accommodent de plusieurs manières : à la vapeur avec un filet de citron, frites ou en gratin avec une sauce béchamel, c’est vous qui voyez.

Le 26 mars 1890, naissance de Raymond Callemin dit Raymond la science, à Bruxelles. Anarchiste individualiste et illégaliste, membre de la bande à Bonnot. Fils d’un cordonnier socialiste, il devient ouvrier typographe, milite un temps très bref aux Jeunesses socialistes avant photo police Calleminde rallier, à 16 ans, les anarchistes individualistes puis la communauté d’Emile Chapelier à Stockel-Bois et collabore au journal « Le Révolté » belge. En 1910, insoumis au service militaire, il se réfugie en France où il va retrouver ses amis de jeunesse belge : Jean De Boë, Edouard Carouy et Victor Kibatchiche qui vivent en communauté avec d’autres anarchistes individualistes à Romainville (banlieue de Paris) et éditent le journal « l’anarchie » pour lequel il se charge de la gestion, mais aussi de la typographie avec Valet.

Scientiste et végétarien, Raymond est avide de connaissances et de lectures, il est rapidement surnommé « Raymond la science », par les membres de la bande qui commettent pour vivre diverses actions illégalistes. Mais après l’arrivée du chauffeur-mécanicien Jules Bonnot, les coups de mains vont passer à une vitesse supérieure et Raymond va prendre part au premier braquage en automobile, le 21 décembre 1911, à la Société Générale de la rue Ordela-bande-à-Bner, à Paris, où un garçon de recette sera grièvement blessé. Lors des derniers braquages à Montgeron puis Chantilly, le 25 mars 1912, ils laissent plusieurs morts dans leur sillage. La presse se déchaîne contre les « bandits en auto », et la police les traque. Callemin qui est hébergé chez un camelot anarchiste insoumis est finalement arrêté au matin du 7 avril 1912. Accusé de tous les délits liés aux actions de la bande, il est jugé par la cour d’assises de la Seine et est condamné le 27 février 1913 à la peine capitale, en compagnie d’André Soudy, d’Elie Monier et d’Eugène Dieudonné. Il sera guillotiné le 21 avril 1913, après avoir tenté de disculper Dieudonné.

Allez, vive la sociale et à bas la calotte. Confinez vous bien et à bientôt peut-être.

Conan, premier Dux de Bretagne…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

Amis de l’encyclopédie et du kebab d’agneau réunis, bonjour ! Nous sommes le Lundi 23 Mars 2020, troisième jour de Germinal dans le calendrier républicain, qui était dédié à l’asperge ce qui, bien entendu n’a rien à voir avec ce qui va suivre.

Pour l’heure je voulais dire quelques mots à propos de Darerea (Dalerc’ha en gallois) que l’on trouve encore dans quelques calendriers bretons. C’est intéressant car cette gente dame, légendaire ou pas, est peut-être à l’origine de ce qui allait devenir la Bretagne armoricaine. Elle est dit-on, fille de Calphurnius, petit prince d’ Ecosse et sœur cadette de Patrick qui deviendra saint par la volonté du peuple et de Rome réunis. Fuyant les barbares elle se dirigea en Armorique où elle est accueillie par Conan Meriadec qui s’empresse de l’épouser. Plus tard elle donnera naissance à une flopée de garçons dont le fameux Gradlon.Conan-Meriadec-Maxime C’est en effet de Conan Meriadec que datent les émigrations successives qui justifient le nom de Bretagne. Ce prince, qui jouissait en Grande-Bretagne d’un assez grand crédit, proposa, en 382 ou 383, à Maxime, gouverneur de l’île, de l’appuyer dans sa révolte contre l’empereur Gratien, et il lui fournit 10 000 hommes. Vainqueur et maître de plus de la moitié de l’empire d’Occident, Maxime accorda à son allié la souveraineté de la plus grande partie de l’Armorique, souveraineté que Conan sut faire reconnaître par Valentinien II et Théodose, et qu’il rendit complètement indépendante sous le règne du faible Honorius. Dès lors affluèrent de la Grande-Bretagne et même de l’Irlande en Armorique, non seulement des soldats, des artisans, des cultivateurs, des familles entières, mais encore de saints personnages, évêques, ermites et missionnaires. Le premier « DUX » de Bretagne ne serait donc en fait qu’un sbire Britto-romain installé par l’Empire. De quoi donner de l’urticaire à tous nos nationalistes nationalisant. Amusant, non !

Allez, voilà pour la petite histoire; et pour le reste, confinez vous bien et à bientôt peut-être.

La Commune n’est pas morte…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

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Nous voici déjà (pourquoi déjà ?) le Mercredi 18 mars 2020, c’est à dire le 28ème jour de Ventôse qui est comme vous le savez, consacré à la capillaircapillaire-300x225e dans le fameux et désormais célèbre calendrier républicain. Moi qui fut, comme Fabrice Lucchini, apprenti  coiffeur pour dames (la comparaison s’arrête là) je ne pouvais pas ne pas en parler. Mon aïeule, à qui je fais souvent référence ici, avait l’habitude de nous répéter: « On ne dit pas: Je vais au coiffeur mais… Je vais au capilliculteur. » Oui, mon aïeule était une dame très distinguée. En fait, il s’agit d’une fougère (pas mon aïeule, la plante) que l’on nomme aussi: comté de GwentCheveux de Vénus et que vous avez souventes fois rencontrée. Or donc, ce jour vous pouvez souhaiter une bonne fête à toutes les Derwela. Qui ça ? Derwela était la fille d’Emyr Llydaw, la soeur d’Amwn Ddu, la mère de Maloù et la tante de Samzun. Selon les Généalogies galloises, elle était aussi l’épouse de Caradog ab Ynyr Gwent et la sœur de Gwen Teirbron et d’Umbrafel. A cette époque là, en Bretagne régnait Budic, fils d’Aldrien qui pris les armes contre les Romains en 448 et les chassa de Nantes, Guérande, Saint-Malo et Léon. Avec cela vous pouvez vous présenter à Question pour un champion, version bretonne.

Un peu d’histoire.

Le 18 mars 1871, une émeute éclate à Paris, sur la butte Montmartre. Adolphe Thiers, chef du gouvernement provisoire de la République, renonce à la réprimer et s’enfuit à Versailles avec tous les corps constitués. Thiers décide de récupérer 227 canons financés par les Parisiens en vue de la défense de la capitale. La garde nationale les a disposés sur les buttes de Montmartre et de Belleville pour les mettre hors d’atteinte des Prussiens lors de leur entrée dans la capitale.PARIS - LA COMMUNE DE 1871
Le samedi 18 mars, Thiers envoie une colonne de 4 000 soldats avec l’ordre de les récupérer. On sonne le tocsin. La foule s’assemble. Les soldats se débandent et se rallient au petit peuple.C’est l’amorce de la « Commune ». Pris de court par le vide du pouvoir, des militants au nombre d’une trentaine se réunissent à l’Hôtel de ville. Ils organisent des élections municipales le 26 mars (229 000 votants sur 485000 inscrits). Il est vrai que beaucoup de bourgeois n’ont pas attendu pour fuir la capitale. La Commune est néanmoins proclamée dans la foulée des élections le 28 mars 1871. Elle est représentée par une assemblée de 79 élus et son nom fait référence à la Commune insurrectionnelle qui mit bas la royauté le 10 août 1792. La capitale doit dès lors supporter un deuxième siège, non par les Prussiens mais par l’armée des versaillais. Maîtres de la capitale, les révolutionnaires socialistes et anarchistes vont résister pendant 71 jours. L’épisode se soldera par la semaine sanglante et 20 000 victimes.

Et aujourd’hui on est assiégé par les armées du covid 19. Quelle époque madame Michu ! Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Circulez !

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE, PORTRAIT

Amis du Paris-Nice et de la cuisine batave réunis, bonjour ! Nous sommes le Mardi 10 mars 2020, vingtième jour de ventôse et c’est le jour du Cordeau. Avant-hier on célébrait la journée internationale pour le droit des femmes et bien, le 10 mars 1966, à Amsterdam, à circulez.jpg_ml’occasion du mariage controversé de la princesse Beatrix (future reine de Hollande) avec un ancien diplomate allemand soupçonné d’avoir eu des sympathies nazies, le mouvement « Provo » (né un an plus tôt) appelle à faire de cette journée un jour d’anarchie (dag van de anarchie). Je crois que l’auteur du graphisme n’est autre que Willem. Ce jour là des bombes fumigènes sont jetées sur le trajet de la cérémonie, la police est sur les dents (celles des autres évidemment comme disait Boris Vian qui aurait eu cent ans aujourd’hui) elle intervient brutalement (pléonasme) et provoque une émeute. Tiens, mêmes réactions policières soixante ans plus tard dans les rues de Paris.

Tout à fait autre chose, quoique…

Le 10 mars 1972, mort de Stephen MAC SAY (de son vrai nom Stanislas Alcide MASSET) militant anarchiste né le 15 octobre 1884 dans le nord de la France. Il s’oppose très vite à l’enseignement « officiel ». En 1906 il rejoint, avec sa compagne Marie-Adèle Anciaux, l’école libertaire de Sébastien Faure dont j’ai parlé ici « La Ruche », où ils enseigneront tous les deux jusqu’en 1910. Mac Say quittera alors Stephen-Mac-Saydéfinitivement l’enseignement et deviendra forain, puis apiculteur. Pendant la guerre de 14-18, bien que réformé, il se réfugie dans la Creuse avec sa compagne, craignant quelques ennuis à cause de son engagement antimilitariste. Après la guerre, Mac Say reprend ses activités militantes, et particulièrement sa collaboration régulière aux journaux anarchistes « L’en dehors », « Le libertaire » « Les temps nouveaux » etc., ainsi qu’à l’Encyclopédie Anarchiste de Sébastien Faure. Dénoncé comme juif pendant la 2e guerre mondiale (ce qui, soit-dit en passant, était faux) il est à nouveau contraint de quitter sa maison avec Mary. Humaniste et amoureux de la nature, Mac Say écrira de nombreux livres et brochures contre la vivisection, ainsi que sur l’éducation des enfants et la santé : « L’école laïque contre l’enfant », « De Fourier à Godin », » Les bêtes proches de l’homme », « Propos sans égards », etc.

Allez, bonne semaine à tous, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Le condamné à mort…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

Amis de la Grèce antique et du jambon-macédoine réunis, bonjour ! orme bonsaïNous sommes le Lundi 02 mars 2020, douzième jour de ventôse dédié à l’orme. Très bel arbre de haute futaie en voie de disparition à cause de la graphiose qui a dévasté cette essence depuis 1925 environ dans tout l’hémisphère Nord. A Paris on comptait 30 000 ormes avant l’épidémie; il en reste à peine quelques centaines. Mais vous pouvez vous exercer à sa culture en bonsaï, il s’y prête très bien.

Triste anniversaire que ce jour du 2 mars.

En effet, le 2 mars 1974, mort de Salvador Puig Antich, garrotté dans les geôles du sinistre Franco à la prison Modelo de Barcelone, à l’âge de 24 ans. Il était militant et activiste anarchiste du M.I.L. Le M.I.L (Mouvement Ibérique de Libération), né dans les années 70, pratiquait -entre autre- l’expropriation politique, dans une Espagne étouffée sous le joug du franquisme. Ce mouvement libertaire de guérilla urbaine ne fit jamais couler le sang. Salvador Puig Antich est arrêté le 25 septembre salvador1973, quelques mois après l’auto-dissolution du M.I.L, et grièvement blessé à la tête. Un sous-inspecteur de police est tué dans la confusion (sans doute par un autre policier). Le 7 janvier 1974, la peine de mort est néanmoins requise contre le jeune militant, malgré d’évidents vices de forme. Partout en Europe (et jusqu’en Argentine) on se mobilise pour demander sa libération. A Toulouse, des affrontements ont lieu devant le consulat Espagnol avec la police, à Rennes, il ne se passait pas une semaine sans que nous soyons dans la rue. A cette époque là, les raisons de s’indigner étaient peut-être plus évidentes qu’aujourd’hui; quoique… Puig Antich sera malgré tout garrotté. Je crois que c’est le dernier à avoir été exécuté selon la technique du « garrot vil ».

Pour ne pas rester sur une note amère, écoutons Francesca Solleville le garrotéblouissante interprète qui a eu la bonne idée de naître un 02 mars. Outre ses reprises des chansons de la Commune, on lui doit l’interprétation des textes de Mac Orlan et Aragon notamment. Toujours engagée, contre le nazisme, le franquisme, la guerre au Vietnam; elle chante les poèmes d’Apollinaire et de Genet comme ce formidable « condamné à mort » sur une merveilleuse musique d’Hélène Martin. Chaque fois que je l’entends, je ne peux m’empêcher de rapprocher cette prière de la fin tragique de Salvador Puig Antich.

Allez, merci de passer par ici, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Les indiens sont là…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

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Amis de l’analyse concrète et de la bisque de homard réunies, bonjour ! Nous sommes le Jeudi 27 février 2020 qui correspond au 9ème jour de ventôse et c’est le jour de la Sophie, heu non, de Marsault (jeu de mot Capelo). Le saule marsault (Salix caprea) est une espèce de saule commune en Europe et en Afrique du Nord. On dit aussi qu’elle est excellente pour le miel car elle fleurit très tôt. En vérité, c’est la Ste Honorine et, comme disait mon aïeule: «À la sainte Honorine, bourgeonne l’aubépine.

Le 27 février 1973, l’American Indian Movement (AIM) occupe la réserve indienne de Pine Ridge près de Wounded Knee, afin de protester contre la politique du gouvernement fédéral à l’intérieur de la réserve. Le siège dure 71 jours (tiens, comme la Commune de Paris) avant que les militants ne se rendent le 8 mai. C’est ici que, le 29 décembre 1890, le 7e régiment de cavalerie massacre à environ 200 Indiens sioux, hommes, femmes et enfants, ainsi que leur chef Big Foot. On dit que Colaradasles os et le cœur du chef Sioux Crazy Horse ont été enterrés ici par sa famille après sa mort. Environ 200 amérindiens de la tribu Lakota Miniconjou (dont plusieurs dizaines de femmes et des enfants) ont été tués par l’armée des États-Unis. Le terme « massacre » a été employé par le Général Nelson A. Miles dans une lettre du 13 mars 1917 au commissaire aux affaires indiennes. Cet épisode douloureux de l’histoire Américaine est contée dans un livre exceptionnel que l’on doit à Dee Brown, lui même indien, j’avoue avoir été assez bouleversé à l’époque à la lecture de: Enterre mon cœur à Wounded Knee. Largement fondé sur des documents inédits – archives militaires et gouvernementales, procès-verbaux des traités, récits de première main, ce document exceptionnel, publié chez Albin Michel en 1971, retrace, de 1860 à 1890, les étapes qui ont déterminé « La Conquête de l’Ouest ». De la Longue Marche des Navajos au massacre de Wounded Knee, il se fait ici la chronique de la dépossession des Indiens de leurs terres, leur liberté, au nom de l’expansion américaine.

Si l’Histoire a souvent été écrite du point de vue des vainqueurs, ce récit donne la parole aux vaincus, de Cochise à Crazy Horse, de Sitting Bull à Geronimo, et compose un chant tragique et inoubliable. Publié pour la première fois en 1970 aux États-Unis, traduit dans le monde entier, où il s’est vendu à plus de six millions d’exemplaires, Enterre mon cœur à Wounded Knee est devenu un classique. Vous pouvez également, pendant la lecture de ce court billet, écouter l’histoire chantée par Buffy Sainte-Marie, elle même née dans une réserve CREE au Canada. Bon, voila pour nos « grands » amis de cette « grande » démocratie Etatsunienne qui ont parfois tendance à oublier sur quel terreau s’est construite leur nation. Malheur aux vaincus, disait l’autre et bien, c’est fait. Aujourd’hui les Nations indiennes, alcoolisées, reléguées dans des réserves, assistées par un Etat fédéral qui les autorise à gérer des casinos et des musées, se meurent lentement. Il se passe à peu près la même chose pour les Inuits, un peu plus au nord et pourtant, les espèces protégées s’appellent Panda, Baleine à bosse ou Datura. Décidément, l’homme est un drôle d’animal !

Allez, merci de votre visite, portez vous bien et à bientôt peut-être.

La peste soit de tous les virus…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

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Amis du patrimoine national et du veau Marengo réunis, bonjour ! Nous sommes le Mardi 25 février 2020. Ce septième jour de ventôse est celui de l’alaterne. Vous connaissez la chanson, les aristocrates à l’alaterne… Non, je plaisante, il s’agit d’medecin_pesteune plante communément appelée le prunier noir qui produit des baies rouges puis noires et que l’on rencontre communément dans les garrigues. Autant vous dire qu’il n’y en a pas beaucoup par ici… Si j’en crois le calendrier des postes, on fête les Roméo. Henri était un frère convers (qui se consacre aux travaux manuels) du monastère de Limoges. Il a tenté de se rendre en Terre sainte avec le prêtre Avertain (du même monastère). Ils ont tous les deux contracté la peste et sont morts à Lucques, en Toscane. Comme on ignorait son nom, on l’enterra sous celui de Roméo qui signifie « pèlerin de Rome ».

Au XIVè siècle, la peste était le coronavirus de l’époque: épidémie, pandémie, quarantaine, port du masque et surtout, des dizaines de milliers voire de millions de victimes. On estime qu’un tiers de la population européenne y succomba. Rien qu’à Paris on dénombrera entre 50 000 et 80 000 morts. Les croix et colonnes de peste sont des monuments érigés en Europe, du Moyen Âge jusqu’au XVIIIe siècle, par les populations chrétiennes, en ex-voto ou en commémoration d’une Mespaol_(29)_Croas_ar_Vossen_02épidémie de peste. Le fameux calvaire de Plougastel (29) a été édifié de 1602 à 1604 pour accomplir le vœu du seigneur de Kererault et célébrer ainsi la fin de l’épidémie qui avait sévi pendant plusieurs mois dans la localité. En Bretagne, si les croix écotées ne sont pas toutes des croix de peste, certaines de ces croix ont, de façon attestée, été érigées lors d’une épidémie. Dans le Pays de Léon les croix ou calvaires dont les fûts sont écotés portent couramment le nom de Croas Ar Vossen, c’est-à-dire croix de peste en breton léonard. Sur la croix de Plouezoc’h (29) on peut même lire l’inscription : Groas ar Vocen, 1621.

Bon, ben, y’a plus qu’à espérer. Gémissons, gémissons mais espérons comme dit l’autre allez, portez vous bien (si j’ose dire) et à bientôt peut-être.

L’affiche rouge…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

Amis de la médecine par les plantes et du Viandox réunis, bonjour ! Nous sommes le Samedi 22 Février 2020, qui correspond au quatrième jour de Ventôse du calendrier républicain, ordinairement dédié au troène, jolie plante qui égaye nos haies mais qui s’avère mortelle pour les chevaux, il n’y a, parait-il aucun antidote, même pas un remède de cheval.

A l’heure où la haine de l’autre reprend du service (encore un attentat xénophobe en Allemagne) j’en profite pour évoquer quelques étranges étrangers. Ceux du groupe Francs-Tireurs et Partisans de la Main d’œuvre Immigrée (FTP-MOI), fusillés au Mont-Valérien le 21 février 1944. À l’heure où le populisme rencontre un franc succès ici et là; comment ne pas se souvenir de l’action capitale des étrangers dans la Libération de notre pays du joug nazi, sans eux, sans des hommes comme Manouchian et tant d’autres  la résistance aurait connu bien des heures plus cruelles encore.

Missak Manouchian est né dans une famille de paysans Arméniens en Turquie. Enfant, il perd son père, probablement tué par des militaires turcs lors du génocide Arménien.  Missak écrit des poèmes et, avec son ami arménien Semma, il fonde deux revues littéraires, Tchank (l’Effort) et Machagouyt (Culture), où ils publient des articles concernant la littérature Française et Arménienne ; ils tragroupe Manouchianduisent Baudelaire Verlaine et Rimbaud en arménien. À la même époque, Missak et Semma s’inscrivent à la Sorbonne comme auditeurs libres. En1934, Missak adhère au parti communiste. En 1935, il est élu secrétaire du comité de secours pour l’Arménie  qui relève en fait de la MOI (main d’œuvre immigrée). Il devient alors un militant permanent. C’est là qu’il rencontre Mélinée qui deviendra sa compagne. En février 43, Manouchian est versé dans les FTP-MOI, groupe des francs-tireurs et partisans main d’œuvre immigrée de Paris.

Les Renseignements Généraux, après avoir  réussi deux coups de filet en mars et juillet 1943, purent mener à bien une vaste filature qui aboutit au démantèlement complet des FTP-MOI à la mi-novembre avec 68 arrestations dont celles de Manouchian et Joseph Epstein. Missak Manouchian meurt l'affichefusillé à 38 ans. Après avoir refusé qu’on leur bande les yeux, les vingt-deux hommes sont fusillés au Mont-Valérien le 21 février 44. Seule Olga Bancic, vingt-troisième membre du groupe, fut décapitée à la prison de Stuttgard le 10 mai 44. Dans la foulée de ces exécutions, la propagande allemande placarde 15 000 exemplaires de ces fameuses affiches rouges portant en médaillons noirs les visages de dix fusillés. Au centre, la photo de Manouchian, avec cette inscription : « Arménien, chef de bande, 56 attentats, 150 morts, 600 blessés. ». Mais l’affaire de l’Affiche rouge, produit l’effet contraire à celui escompté : pour toute la Résistance, elle devient l’emblème du martyre. Chacun se souvient du magnifique texte d’Aragon mis en musique par Léo Ferré non moins magnifiquement.

Voici ce qu’écrivait Serge Venturini dans un billet consacré au poète lieux-94-ivry-cimetiere-manouchian3-210x300Manoukian sur le très beau site Esprits Nomades: « La tombe de Manouchian est oubliée, elle n’est plus même entretenue. Faut-il y voir un signe des temps où la démocratie recule un peu plus chaque jour, où le racisme même n’est plus combattu et devient ordinaire, temps des égoïsmes, des peurs et des mépris où les régressions sont la marque des enténébreurs ? » Allez, c’est pas gai tout cela, désolé d’avoir fait un peu long. Portez vous bien et à bientôt peut-être.

La philo sans le boudoir…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE, PORTRAIT

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Amis de la philosophie sans boudoir et du p’tit LU réunis, bonjour ! Nous sommes le Lundi 03 février 2020, 15è jour de pluviôse officiellement dédié à la vache; ce qui bien entendu n’a rien à voir avec ce qui va suivre. J’évoque les Petits LU en référence aux folles journées qui se déroulent à Nantes en ce moment; dédiées à Ludwig van Beethoven crois-je.

Voici une philosophe dont on parle peu, peut-être à cause de son homonymie avec Simone Veil, la femme politique. La notre de Simone Weil nait en 1909, un 3 février, à Paris au sein d’une famille de la bourgeoisie juive mais agnostique. Elle aura la chance de pouvoir bénéficier d’une éducation classique. Au LSimone -G-ycée Henri IV à Paris, elle est une des premières filles à avoir accès au cours de philosophie d’un professeur célèbre : le philosophe Alain, qui écrira plus tard: « La religion conduit à l’irréductible irréligion ». Simone Weil sera influencée par la stature de ce professeur, par ses idées non-conformistes et ses rébellions contre l’autorité universitaire. Elle devient elle-même professeur de philosophie et s’engage sur le plan politique. On la surnomme « la vierge rouge » et l’administration universitaire la nomme assez loin de Paris, craignant sans doute les remous.

Dans les villes de province où elle enseigne (au Puy, à Bourges…) elle fréquente les ouvriers, les chômeurs, discutant avec eux dans les cafés, leur donnant des cours de culture générale pour les instruire afin de les éclairer sur le rôle important de la classe ouvrière. Pour mieux comprendre les rouages de l’oppression sociale, elle se fait embaucher comme ouvrière en usine, malgré sa santé précaire. En 1936, elle rejoint les brigades internationales, en Espagne, où elle combat comme un simone en armesoldat dans cette atroce guerre civile (La photo à droite la montre armée et dans la célèbre combinaison de la CNT) Elle fera partie de la fameuse colonne Durruti formée d’anarchistes principalement. En voyage en Italie, sa vie personnelle bascule soudain lorsque, dans une église à Assise, elle vit un moment spirituel intense. « Quelque chose de plus fort que moi m’a obligée, pour la première fois de ma vie, à me mettre à genoux », écrira-t-elle. Elle en est marquée jusqu’à la fin de sa courte vie et va développer cette approche spirituelle qu’elle nomme « connaissance surnaturelle ». Fatiguée, malade, diminuée, elle trouvera la mort dans un sanatorium de Ashford le 24 août 1943, elle n’a que 34 ans. Au regard de notre actualité, je vous laisse juger de la pertinence de cette citation extraite de son livre: La pesanteur et la grâce. « L’obéissance à un homme dont l’autorité n’est pas illuminée de légitimité, c’est un cauchemar.» Nous devons à laure Adler une magnifique biographie parue chez Actes Sud en 2008. C’était véritablement une femme admirable, entre Calamity Jane et Sainte Thérèse de Lisieux, elle me fait penser à Hannah Arendt, autre philosophe de premier ordre.

Bon allez, Beethoven, Weil, Arendt, on se croirait sur France Culture;  portez vous bien et à bientôt peut-être.

La Commune n’est pas morte…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

Amis du stoïcisme et de la médecine par les plantes réunis, bonjour ! Nous sommes le Mercredi vingt-deux Janvier 2020 c’est à dire le 3è jour de Pluviôse, cinquième mois du calendrier républicain français. Pour les puristes, Fragonje précise que Le décret du 4 frimaire an II orthographiait le nom du mois « pluviose », sans accent circonflexe. Ce jour était dédié au fragon, bien connu dans nos campagnes sous le nom de Petit-houx. Certains l’appellent la fragonnette et on l’utilisait autrefois pour fabriquer des balais. Pluviôse évoque toujours pour moi ce proverbe qu’utilisait mon aïeule: Glav da Sul, glav da Lun, Ha glav e-pad ar sizhun ( Pluie le dimanche, pluie le lundi, et pluie toute la semaine.) Cela ne devait pas s’appliquer à la Bretagne…

Tiens, à propos de Bretagne; dans l’histoire, la date du 22 janvier 1871, nous renvoie à un épisode peu glorieux pour les bretons. C’est le jour d’un soulèvement populaireTrochu-200x300 parisien ( prémisses de la Commune) pour empêcher le gouvernement de défense nationale de signer la capitulation devant les prussiens. une délégation des manifestants est reçue par Gustave Chaudey, adjoint du maire (Jules Ferry). Soudain, un coup de feu est tiré par un provocateur. Les Gardes mobiles bretons, commandés par le Bouëdec et dont fait partie le lieutenant James Marie Antoine Monjaret de Kerjégu,(du célèbre château de Trévarez) installés dans l’hôtel de ville tirent sur la foule qui s’éparpille tandis que des gardes nationaux ripostent.

C’est ce jour où Louise Michel prendra pour la première fois les armes. Et c’est encore un 22 Janvier, en 1905, qu’eurent lieu enterrement ses funérailles (ici à gauche, une eau- forte de Albert Peters-Desteract) elle vient de découvrir que ces gens là ne se défendent pas contre les prussiens mais contre les travailleurs parisiens. Le pouvoir était alors entre les mains du trop centerrement-de-Louise-300x237élèbre général breton Trochu.  Il fut vite remplacé par Thiers qui deviendra le massacreur des communards. Victor Hugo l’a marqué d’une définition cinglante : « Trochu, participe passé du verbe Trop Choir. » . Pour Trochu : « la fin, c’est l’ordre, l’ordre seul, qui se résume en trois mots: Famille, Propriété, Religion. Deux mois plus tard démarrait la Commune de Paris.

Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.