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La poudre et l’étincelle…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

Amis de l’analyse concrète et de la bisque de homard réunies, bonjour ! Nous sommes le Mardi 27 février 2018 qui correspond au 9ème jour de ventôse et c’est le jour de Sophie, heu non, de Marsault (jeu de mot Capelo). Le saule marsault (Salix caprea) est saule-marsault-chatons-zoom-300x225une espèce de saule commune en Europe et en Afrique du Nord. Le nom scientifique Salix caprea (saule des chèvres) vient sans doute de la première illustration connue de l’espèce dans le livre de Hiéronymus Bock (bien connu dans son immeuble) où on voit la plante broutée par une chèvre. En effet l’espèce a été largement utilisée comme fourrage pour les chèvres. On dit aussi qu’elle est excellente pour le miel car elle fleurit très tôt. En vérité, c’est la Ste Honorine et, comme disait mon aïeule: «À la sainte Honorine, bourgeonne l’aubépine. »

Le 27 février 1933, au soir, à Berlin, incendie du Reichstag (Parlement Allemand). L’incendiaire, un jeune conseilliste (dissident communiste partisan deReichstag_incendie-202x300s conseils) hollandais, Marinus van der LUBBE est arrêté à l’intérieur du Parlement. Ce jeune idéaliste de 24 ans revendique aussitôt son acte individuel contre ce monument « symbolique » comme un signal destiné à réveiller le mouvement ouvrier. Calomnié par les nazis qui tenteront de faire croire à un prétendu complot communiste, il sera également sali par les staliniens qui le dénigreront en le présentant comme un simple d’esprit manipulé par les nazis. Cet évènement servira de prétexte aux nazis pour s’emparer totalement du pouvoir et, dès le lendemain, des milliers de militants communistes et anarchistes seront arrêtés, dont Erich Mühsam.

Marinus van der LUBBE qui fera une grève de la faim dans sa prison avant d’être alimenté de force, sera jugé à Leipzig à partir du 21lubbe1-189x300 septembre 1933. Condamné à mort le 23 décembre, il sera décapité le 10 janvier 1934 dans la prison de Leipzig. En dehors des militants du « Radencommunist » hollandais et de quelques anarchistes allemands et français comme André Prudhommeaux (qui constituera un « Comité Marinus van der Lubbe ») ou Alphonse Barbé, rares seront les personnes qui soutiendront Marinus et tenteront de faire la lumière sur cet évèmement crucial. Lire à ce sujet le livre: Carnet de route de l’incendiaire du Reichstag (présenté par Yves Pagès et Charles Reeve). Sources: éphéméride anarchiste

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

Le temps des noyaux de cerises…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

Amis de la butte Montmartre et de la grève générale, illimitée et insurrectionnelle réunies, bonjour ! Nous sommes le Vendredi 23 gargouillefévrier 2018 correspondant au 5è jour de ventôse qui était généralement dédié au bouc, ce qui bien évidemment n’a rien à voir avec ce qui suit. Je me dois, chers lecteurs, de vous faire un aveu; je suis super à la bourre. Les intempéries ayant momentanément décidé de lever le pied, je sors les miens de leur sabot unique pour me précipiter au jardin. En conséquence de quoi je délaisse le clavier pour le sécateur.

A cette époque là, les socialos se souvenaient encore d’où ils plaque commémovenaient: en témoigne cette plaque commémorative située au 17 de la rue de la Fontaine-au-Roi (Paris, 11e) Hommage du « Parti Socialiste » à Eugène Varlin, Théophile Ferré et Jean-Baptiste Clément. défenseurs, le 28 mai 1871, de la dernière barricade de la Commune durant la « Semaine sanglante ». Clément lui, est mort le 23 février en 1903. Le « Temps des Cerises » fut écrit en 1866. Mais c’est en 1885 qu’il dédiera cette chanson à Louise, ambulancière sur la dernière barricade du 28 mai.

Mon pauvre Jean-Baptiste, un siècle après ta mort, regarde ce qu’ils font de tes rêves, de tes espoirs, de tes acquis, toi qui, avec Louise Michel, Jules Vallès, Eugène Varlin, Gustave Courbet, Blanqui, ClémentDelescluze, Maxime Vuillaume créateur du « Père Duchène », avez rêvé d’un nouveau monde. Qui se souvient que pendant ces quelques semaines, vous avez imaginé la séparation des églises et de l’État, la diminution du temps de travail, l’égalité homme-femme, la liberté de la presse, l’interdiction du travail de nuit, la journée de dix heures, le mariage libre par consentement mutuel, la fin de l’enseignement confessionnel… Aujourd’hui, les dirigeants, hommes liges de la haute finance, ont sifflé la fin de la récré et les soi-disant républicains en marche, le doigt sur la couture du bragou-braz, ne se souviennent plus où ils habitent. J’ai pas franchement l’impression que le grand soir est pour demain.

Allez, comme le dit la chanson d’Eugène Pottier: Tout ça n’empêche pas Nicolas que la Commune n’est pas morte. Portez vous bien et à demain peut-être.

Giroflé-Girofla…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

Amis de la littérature libertaire et du canard à l’orange réunis, bonjour ! Nous sommes le Mercredi 21 février 2018, troisième jour de Ventôse, dédié au violier, c’est une espèce de giroflée. Cela me rappelle une comptine que nous imposait mon aïeule lors des sorties nature le jeudi après-midi: Giroflé, girofla, on dit qu’elle est malade. Giroflé, girofla, on dit qu’elle en mourragiroflé. Giroflé, girofla… Si vous connaissez la suite. Je crois que c’est sur un air de polka. Les paroles modernes sont de Rosa Holt, poétesse allemande anti-nazie, réfugiée en France, et ont été publiées en 1935 dans un recueil posthume de l’auteur. La musique est d’un certain Henri Goublier fils, inspirée de la  ronde enfantine du même nom, et créée en 1937 au Caveau de la République.  La chanson est bien connue par l’interprétation qu’en a faite Yves Montand, dans les années 50.

Toujours à propos d’anti nazis, ne pas oublier ce que nous devons aux immigrés !

Missak Manouchian est né dans une famille de paysans Arméniens en Turquie. Enfant, il perd son père, probablement tué par des militaires turcs lors du génocide Arménien.  Missak écrit des poèmes et, avec son ami arménien Semma, il fonde deux revues littéraires, Tchank (l’Effort) et Machagouyt (Culture), où ils publient des articles concernant la littérature Française et Arménienne ; ils traduisent Baudelaire Verlaine et Rimbaud en arménien. À la affiche rougemême époque, Missak et Semma s’inscrivent à la Sorbonne comme auditeurs libres. Missak ­Manouchian mourra fusillé à 38 ans. Les Renseignements Généraux, après avoir  réussi deux coups de filet en mars et juillet 1943, purent mener à bien une vaste filature qui aboutit au démantèlement complet des FTP-MOI parisiens à la mi-novembre avec 68 arrestations dont celles de Manouchian et Joseph Epstein. Au matin du 16 novembre, Manouchian est arrêté. Sa compagne Mélinée parvient à échapper à la police. Missak Manouchian, torturé, et vingt-trois de ses camarades sont livrés aux Allemands.Après avoir refusé qu’on leur bande les yeux, les vingt-deux hommes sont fusillés au Mont-Valérien le 21 février 44.

Seule Olga Bancic, vingt-troisième membre du groupe, fut décapitée à la prison de Stuttgard le 10 mai 44. Dans la foulée de ces exécutions, la propagande allemande placarde 15 000 exemplaires de ces fameuses affiches rouges portant en médaillons noirs les visages de dix fusillés. Au centre, la photo ­de Manouchian, avec cette inscription : « Arménien, chef de bande, 56 attentats, 150 morts, 600 blessés. ». Mais l’affaire de l’Affiche rouge, placardée sur les murs de Paris par l’ennemi, produit l’effet contraire à celui escompté : pour toute la Résistance, elle devient l’emblème du martyre. Chacun se souvient du magnifique texte d’Aragon mis en musique par Léo Ferré non moins magnifiquement.

Allez, merci pour la visite, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Sebastian ar Balp…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

Amis de l’anacoluthe et de l’endive braisée réunies, bonjour! Nous sommes déjà le Jeudi 11 janvier 2018, 22è jour de nivôse dédié au sel… aujourd’hui donc, c’est la St hernin. Saint Hernin serait venucalvaire de Grande-Bretagne pour établir son ermitage à Locarn. Le nom vient du vieux breton Harn, d’ou Loc Harn. La tradition locale prétend qu’il déserta ensuite ce lieu pour venir à Saint-Hernin, soutenu par le seigneur de Kergoat. Ce sont là deux charmants bourgs de la Bretagne centrale. A droite, un détail du calvaire de kerbreudeur à saint-hernin.

Cette commune est connue pour des faits liés à la Révolte des Bonnets rouges. Le 11 juillet 1675 et les jours qui suivent, les insurgés de vingt paroisses de Scaër au Huelgoat, assiègent et pillent le château du Kergoët en Saint-Hernin, une somptueuse demeure pourvue de murailles et de défenses, propriété du marquis Le Moyne de Trévigny, puis le brûlent. L’histoire de Sébastien le code-paysan-300x240Balp, meneur des bonnets rouges (canal historique) nous est contée ici par le Grand Serge Kerguiduff avec qui nous avons vidé nombre de chopines du côté de chez Armand à St Brieuc. Le propriétaire du château est réputé être lié à ceux qui avaient amené en Bretagne les impôts du timbre et du tabac. Par ailleurs les révoltés craignent l’imposition de la gabelle. Enfin le seigneur du lieu a la réputation d’être dur avec ses vassaux. Il se racontait alentour que le château avait été entièrement reconstruit par corvées. Une transaction est passée entre les paroisses et Le Moyne de Trévigny pour réparation des dommages sur son château. Celle-ci est approuvée par les États de Bretagne en octobre 1679. Ah, on savait s’amuser à l’époque…

Allez, merci d’être passé par ici, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Le moine et le roi…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

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Amis de l’art universel et de la matelote d’anguille réunis, bonjour ! Nous voici le Samedi 16 décembre 2017, si tout se passe comme prévu, c’est bientôt Noël… Ce jour correspond au 26 de frimaire consacré au pignon produit par le pin parasol. Tiens, à propos de  l’Espagne, il faudra que je vous trouve la recette des épinards à la Catalane qui se préparent précisément avec des pignons, c’est excellent.

Aujourd’hui nous fêtons les Judicaël un des principaux rois de Bretagne, fils aîné de Judael, roi du Trégor-Goëlo. Il régna à la suite de son frère Haeloc puis renonça à la couronne et devint moine. Notre Judicaël , n’aurait sans doute pas les honneurs du calendrier si son nom n’était pas revenu à la mode, notamment sous les forJudicael piedmes francisées Gaël et Gaëlle. Il est également connu en Bretagne sous les formes Jézéquel, Jezekel, Jezekael, Jekel, Jezekelig, Jikael, Jikel et enfin Giquel. Il naquit vers l’an 590. Fils aîné de Judhaël, roi de Domnonée (en gros, de la rade de Brest jusqu’à Dol) et de la reine Pritelle, fille aînée d’Ausoche, prince au Comté de Leon. Il était l’aîné de quinze frères et une sœur, dont plusieurs font partie de la longue liste des saints bretons, notamment Josse et Winoc. A la mort de Judhaël vers 605, pourtant aîné et héritier, il préféra se retirer au monastère Saint-Jean de Gaël que Saint Méen venait d’ériger. Il quitta cependant le monastère pour prendre la direction du royaume de Domnonée. Vingt ans, il gouverna le royaume avec autorité et carte-armoriquesagesse. Il aurait été couronné en 632 et serait avec Saint Éloi à l’origine du traité de 636 signé à Clichy donnant au roi Dagobert Ier la suzeraineté de la Bretagne aux Francs; soit quasiment un millénaire avant qu’Anne, ma sœur Anne, ne voyant rien venir, fit de même avec Charles VIII puis louis XII. Vers 640, il se serait ensuite retiré dans un monastère à Gaël (certains disent au monastère de Paimpont qu’il avait fondé), et serait mort dans la nuit du 16 au 17 décembre 658. Il fut enseveli à côté de son maître Saint Méen. Ses héritiers naturels : Judoc son frère et Winoc son neveu ou son fils s’étant eux aussi désistés du pouvoir pour se retirer dans des monastères on ne sait pas qui prit ensuite la tête du royaume de Domnonée.

Et voila, il y a ceux qui ont piscine, nous, on a histoire… Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Audierne: vous connaissez ?

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

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Amis du patrimoine et des ormeaux poêlés réunis, bonjour ! Nous sommes le Jeudi 14 décembre 2017, 24è jour de frimaire dédié à l’Oseille…

Savez vous qu’aujourd’hui, le prénom qui est à la fête est celui d’ AUDIERNE. Certes il n’est plus guère usité mais, il fut un temps… Notre petit port de pêche du Sud-Finistère tient en effet son nom d’un prénom. Oyez donc son histoire. Il y a fort longtemps, audiernedébarquent les Bretons d’ Angleterre : en témoignent encore les « plou » et les « tre » si nombreux de nos toponymes actuels. Au XI e siècle, la tempête normande passée, un terme nouveau se répand en Bretagne : le « Ker » ou « Kar » venus du Gallois « Kaer », la forteresse. Il désigne une petite agglomération. A la même époque, un prénom féminin fait un véritable succès : Audierne (primitivement Hodierna). En l’an 1050, la première abbesse de Locmaria porte le nom d’ Hodiern.(A gauche, le marché aux poissons du temps de mon aïeule) « Kaer Hodiern » apparaît par écrit à Esquibien en 1294.

Désormais le « Treff an Goezien » du VII è siècle affronte la nouvelle appellation « Audierne ». C’est là le signe d’une certaine mésentente entre agriculteurs de la paroisse mère d’ Esquibien et tréviens, tenants de la vie et de l’activité portuaire. En 1410, Dom Morice écrit  « Enquête faite sur les chartes de coutume ou d’imposition du port de Goezian que d’aucuns appellent Odierne ». Dès 1321, on relève avec surprise dans l’Atlas du Vénitien Pétrus Vesconte « le-GoyenOdierna » et sur une carte hollandaise de 1580 « Odjern ». Les voyageurs étrangers semblent ignorer le terme « Goazien ». La Révolution mettra un terme aux difficultés en 1793 en séparant Audierne de sa mère, Esquibien, comme Tréboul de Poullan ou bien d’autres trêves encore de leur paroisse-mère. Sources: Amédée GUIARD. L’étymologie est la même pour ALDERNEY (Aurigny) ile anglo-normande. A Audierne s’achève les méandres du GOYEN qui donna son nom à la ville en breton GWAIEN et sa magnifique ria, fameuse pour ses huitres, aussi goûtées que celles du Belon. En breton stêr Gwaien, c’est à dire, la rivière d’AUDIERNE. Photo de droite.

Or donc, si vous ne partez pas au ski, faites un détour par le Cap-Sizun qui mérite largement votre visite. Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

Mujeres libres…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE, PORTRAIT

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Amis de la pensée Pascalienne et du Vermouth-cassis réunis, bonjour ! Nous sommes le Mercredi 13 décembre 2017, 23è jour de Frimaire dédié au roseau.

« L’homme n’est qu’un roseau, le plus faible de la nature; mais c’est un roseau pensant. PascalIl ne faut pas que l’univers entier s’arme pour l’écraser: une vapeur, une goutte d’eau, suffit pour le tuer. Mais, quand l’univers l’écraserait, l’homme serait encore plus noble que ce qui le tue, parce qu’il sait qu’il meurt, et l’avantage que l’univers a sur lui, l’univers n’en sait rien. Toute notre dignité consiste donc en la pensée. C’est de là qu’il nous faut relever et non de l’espace et de la durée, que nous ne saurions remplir. Travaillons donc à bien penser: voilà le principe de la morale. »  Pascal, Pensées, (1660)

Plus près de nous.

Peut-être que, comme moi, vous vous êtes arrêté sur cette photo au cours d’une de vos lectures. Le 13 décembre 1895, naissance de Lucia Sanchez Saornil, à Madrid. Poétesse, artiste peintre et militante anarchiste féminine espagnole. Militante féminine convaincue, elle reste persuadée que les revendications des femmes requièrent une organisation spécifique. En 1936, avec les compagnes Mercedes Comaposada, Amparo Poch y Gascon, elle fonde le mouvement d’émancipation « Mujeres Libres » (Femmes Libres) qui édite, à partir de mai 1936, la revue du même nom. lucia-300x208Lorsque éclate la révolution, elle se démène sans compter, présente sur le front comme à « Radio Madrid ». De retour à Valence, en 1937, elle devient la principale rédactrice de l’hebdomadaire anarchiste « Umbral »; elle y rencontrera sa compagne saphique América Barroso. En mai 1938, Lucia est nommée secrétaire générale de S.I.A « Solidarité Internationale Antifasciste », chargée d’organiser l’aide internationale. La révolution écrasée, elle se réfugie en France début 1939, et tente de secourir les réfugiés. En 1942, pour éviter être déportée dans les camps nazis, elle retourne à Madrid, puis à Valence, vivant jusqu’en 1954 dans une totale clandestinité. Elle est morte à Valence, le 2 juin 1970. « Soñar, soñar siempre (…) Porque un nuevo entusiasmo nos transporta a otro ensueño entrevisto en lontananza y en la vida, el soñar, es lo que importa. » Sources.

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

Berrigans brothers…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

Amis de la parabole et du veau marengo réunis, bonjour! Nous sommes le Mardi 06 décembre 2017, 16è jour de frimaire dédié à l’Ajonc…

C‘est le jour anniversaire de la disparition de Philip Berrigan, un curé comme je les aime, anar, antimilitariste… Au sein du mouvement américain contre la guerre du Vietnam, deux frères, Daniel et Philip Berrigan, ont organisé des actions de désobéissance civile pour s’opposer à la poursuite de la guerre et influencer l’opinion publique. the TimeDaniel était prêtre jésuite et Philip, prêtre joséphite (si, si, ça existe). Ils étaient accompagnés de plusieurs catholiques membres du mouvement Catholic Worker, fondé dans les années 1930 par l’anarchiste d’inspiration chrétienne Dorothy Day. Le célèbre poète trappiste Thomas Merton a également donné son appui à ces actions. Leur première action de désobéissance civile a lieu le 17 octobre 1967 à Baltimore, alors que Philip Berrigan et trois de ses compagnons s’introduisent dans un bâtiment de l’armée et versent du sang sur les registres du personnel militaire… Philip et ses collègues sont arrêtés, poursuivis devant la cour et condamnés à six ans de prison. Une fois libéré, Philip quitte sa congrégation et épouse Elizabeth McAllister, elle aussi catholique anarchiste.

Le 17 mai 1968, les deux frères Berrigan ainsi que sept autres compagnons s’introduisent dans le bureau de recrutement de Catonsville, au Maryland, empilent les dossiers militaires et les brûlent avec du napalm fait maison. Ils seront condamnés à trois ans de prison. Plus tard, le 9 septembre 1980, avec six de leurs compagnons, les Berrigan fondent le mouvement Ploughshares (socs de charrue) – en référence à un verset du livre du prophète Isaïe berrigandans la Bible, où il est dit : « Ils briseront leurs épées pour en faire des socs, et leurs lances pour en faire des serpes » (Isaïe 11, 4). La première action du mouvement consiste à entrer illégalement dans une usine de missiles nucléaires, à King of Prussia, en Pennsylvanie. Les militants y abîment des ogives nucléaires et versent du sang sur les fichiers. Par la suite, ces chrétiens, catholiques et protestants confondus,ont organisé des actions contre les interventions américaines en Amérique centrale, notamment au Salvador, contre la première guerre du Golfe, en 1991, la guerre du Kosovo, en 1999, l’invasion américaine en Afghanistan, en 2001, et le bombardement de l’Irak, en 2003.

La dernière action de désobéissance civile de Philip Berrigan a eu lieu en décembre 1999 quand, avec ses compagnons de Ploughshares, il a endommagé des avions de guerre dans une grande usine de Baltimore. Condamné à trente mois de prison, il a été libéré le 14 décembre 2001. Il est mort le 6 décembre 2002, à 79 ans; il aura passé onze ans en prison.
Sources : un article de Grégory Baum. Wiki.

Comme quoi, si je doute de l’existence des islamistes modérés, je veux bien croire à celle des prêtres anarchistes. Allez, Dieu reconnaitra les siens; portez vous bien et à demain peut-être.

Tad ar vro…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

Amis de la Tyrosémiophilie et de la bourrée auvergnate réunies, bonjour ! Nous sommes le Mercredi 22 novembre 2017, deuxième jour de frimaire dénommé jour du Turnep, Oui, bon, par chez nous on dit navet, ça fait plus franchouillard dans le pot-au-feu…

Skoulmet mat eo hirie
chadenn ar goskoret
kousket noz kousket de
kalon ar vretoned.

« Aujourd’hui bien nouée, la chaîne des esclaves endort nuit et jour le cœur des Bretons. » J’emprunte à Glenmor ces quelques vers de « La marche de Nominoë » pour célébrer cet anniversaire de la victoire des troupes bretonnes de Nominoë sur celles (Franques) de Charles le chauve. Nous sommes un 22 novembre de l’an de grâce 845, dans la campagne de Ballon près de Redon. Celui que les historiens allaient nommer « Tad ar vro », le père de la patrie, venait de donner naissance à une Bretagne unifiée et indépendante. Pour autant, il n’était pas roi mais Duc.

C‘est son fils Erispoë qui prendra le titre de roi, ce fut le premier et sans doute le dernier; par la suite, les souverains bretons porteront le titre de Duc. Nominoë, grand guerrier et fin stratège, réussi à négocier le départ des vikings après avoir pourtant subi trois nevenoedéfaites consécutives. Il mourut en 851 près de Vendôme non sans avoir conquis le Maine et l’Anjou, d’où la célèbre chanson: » Tan-tan, tir-o-tan…Gwin ar C’hallaoued zo mad » (ça c’est une interprétation toute personnelle, mais je pense qu’elle peut se vérifier, la Bretagne ne produisant pas de vin, il était normal d’aller le chercher en Anjou…). On peut donc raisonnablement penser qu’il exista une « Bretagne » entre 845 et 1532 date du traité d’union avec la France. Etait-ce un Etat, un royaume, une Nation ? La question vaut d’être posée et débattue, mais cela fera l’objet d’un autre billet.

Allez, voilà pour aujourd’hui. Portez vous bien et à bientôt peut-être.

Calife à la place du calife…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

Amis du saule pleureur et de la vache qui rit réunis, bonjour ! Nous sommes le Lundi 30 octobre 2017, 9è jour de brumaire dédié à l’alisier (la plante hein, pas la tonne. Tonne à lisier, ha,ha,ha.). C’est métro-300x167la saint Bienvenue qui était une bienheureuse dominicaine de Frioul en Italie et donc qui n’a rien à voir avec notre Fulgence à nous qu’on à en Bretagne. Fulgence, né à Uzel (22) en 1852, réussit à 18 ans son entrée à Polytechnique et devint ingénieur des Ponts et Chaussées. Il entrera au service de la ville de Paris et mettra en œuvre le chantier du métropolitain. Son nom est désormais accouplé à celui de la station Montparnasse, mais pas pour souhaiter (bien des voyageurs le croient) à nos gens de l’Ouest qui descendent du train…   « La bienvenue à Paris ».

La bataille de Mossoul semble se préciser pour tenter de bouter Daesh hors les murs renouant ainsi avec une très vieille et très ancienne tradition. Le 30 octobre 749, dans la mosquée de Koufa, en Irak, un chef musulman de 30 ans, Abdullah Abou-el-Abbas, est proclamé calife;  il s’empare alors de Damas, renverse le calife ommeyyade Marwan II et devient le nouveau maître de l’empire bagdad-300x291arabe sous le surnom mérité de Saffah (le Sanguinaire). Il fonde une nouvelle dynastie appelée abasside, d’après le nom d’un ancêtre, Abbas, qui n’était autre que le tonton de Mahomet. En 762, al-Mansour, fils et successeur de Saffah, crée une capitale de toutes pièces, au cœur de l’ancienne Mésopotamie et au confluent des civilisations hellénistique et persane, non loin de l’antique Babylone. Baptisée Bagdad (en persan, Don de Dieu), elle est aussi surnommée en arabe Dar as Salam (la Cité de la Paix). Elle est édifiée avec les pierres tirées des ruines de l’ancienne Ctésiphon, capitale des Parthes et ennemie de Rome. Que restera t-il de Mossoul quand les armes se seront tues ? Et qui sera calife à la place du calife ?

Allez, merci encore de votre visite, portez vous bien et à bientôt peut-être.