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C’est nous les Canuts…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

Amis de la vertu outragée et du canard laqué réunis, bonjour ! Nous sommes le Vendredi 09 avril 2021, vingtième jour de Germinal dédié à la ruche.

Le 9 avril 1834, à Lyon, début de la seconde insurrection des Canuts. Après l’échec des grèves de février puis le vote de la loi contre les associations ouvrières, le jugement des meneurs de février, ce 09 avril, révolte canutsmet le feu aux poudre. L’armée occupe la ville et les ponts, mais déjà les premières fusillades éclatent avec la troupe, qui tire sur la foule désarmée. Aussitôt, les rues se couvrent de barricades. Les ouvriers organisés prennent d’assaut la caserne du Bon-Pasteur, et se barricadent dans les quartiers en en faisant de véritables camps retranchés, comme à la Croix Rousse. C’est le début de la « Sanglante semaine ». Trois ans plus tôt, Le 21 novembre 1831, éclatait sur la colline de la Croix-Rousse, au nord de Lyon, la révolte des canuts. Elle allait se propager dans tous les quartiers ouvriers de la métropole. Les insurgés prennent pour emblème le drapeau noir et la devise: « Vivre en travaillant ou mourir en combattant ». Cinquante ans plus tard, Aristide Bruant en fera cette chanson magnifique, interprétée ici par Marc Ogeret.

Ce mouvement social est exemplaire à plus d’un titre ainsi que nous l’allons voir. Les canuts dont le nom vient de du mot canette ou bobine, sont des artisans qui tissent la soie à domicile sur leur propre métier à bras. Ils travaillent pour le compte des soyeux (les patrons) qui leur fournissent la matière première et récupèrent le produit fini. Il sont environ 6000 artisans qui emploient 30 000 compagnons. Tout cela métier à tisserpour 18 sous par jour et 15 heures de travail. Après un accord arraché au préfet du département sur un tarif minimum que les soyeux refusent d’appliquer prétextant de la concurrence internationale et des contraintes du marché (cela ne vous rappelle rien ?), la colère éclate. Les canuts descendent de leur colline, drapeau noir en tête, et occupent le centre de Lyon. Après de nombreux combats, on compte une centaine de morts. Le maréchal Soult débarque à Lyon à la tête de 20 000 soldats, la ville est reprise, la garde nationale qui avait pactisée avec les ouvriers est dissoute, le tarif minimum abrogé et le préfet révoqué. En 1834, les canuts vont remettre le couvert et cette fois ci, c’est Thiers, celui là même qui quelques années plus tard écrasera la Commune dans le sang, qui va se charger de la sale besogne. 600 morts et 10 000 arrestations. A la chambre des députés, Casimir Perier, président du Conseil, s’exclame: « Il faut que les ouvriers sachent qu’il n’y a de remède pour eux que la patience et la résignation. ». Et alors, 180 ans plus tard, où en sommes nous… A vous de juger !

Allez, (dé)confinez vous, faites les fous, et à bientôt peut-être.

Le combat des trente…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

Amis de l’analyse concrète et du sirop d’érable réunis, bonjour ! Nous cheminons lentement vers avril et nous voici déjà le Samedi 27 mars 2021, date qui correspond au 7è jour de germinal et qui est dédié au bouleau. Le bouleau est le premier arbre du calendrier celtique; il bouleau tableausymbolise la sagesse, en breton Bezo. Le nom local du bouleau est également à l’origine du nom du mois de mars dans plusieurs langues slaves, comme en tchèque (březen); il s’agirait d’une évocation de la sève qui commence à circuler à cette époque. Au Canada et en Alaska on en tire un sirop et une eau de vie. On apprend chaque jour quelque chose sur « les cénobites tranquilles ». Voyez ici à droite ce magnifique tableau de Slavicek. Et voila, j’ai jamais tant parlé du bouleau que depuis que je suis retraité…

Un peu d’histoire…bretonne.

Le 27 mars 1351, sur la lande de Ploërmel (56), deux camps bretons règlent leur différend par un tournoi meurtrier. Il figure encore aujourd’hui parmi les grands mythes de l’histoire de la Bretagne… C’est l’épisode le plus mémorable de la guerre de Succession de Bretagne combat 30ouverte dix ans plus tôt par la mort du duc Jean III le Bon, le 30 avril 1341, sans enfant et sans héritier désigné… En 1317, le duc Jean III réunit au profit de son frère aîné, Guy, les comtés de Tréguier et Penthièvre. Son demi-frère, Jean de Montfort marié à Jeanne de Flandre, et sa nièce Jeanne de Penthièvre, épouse du neveu de Philippe VI de France, Charles de Blois, revendiquent chacun pour son compte le trône ducal. Le parti de Blois est soutenu par la France, les grands seigneurs bretons, le haut-clergé, le pays Gallo et les principales villes du Trégor. Le parti de Montfort est soutenu par l’Angleterre, la petite noblesse, les recteurs et leurs paroissiens du pays bretonnant. Une trêve avait été signée. Mais au mépris de cette convention les anglais, sous prétexte de soutenir la cause des Montfort rançonnaient et pillaient la Bretagne. Les paroisses qui ne pouvaient payer étaient détruites, incendiées et saccagées.

En 1351, un baron de la Bretagne, nommé Jean de Beaumanoir, capitaine du château de Josselin, eut l’occasion de reprocher aux Anglais leur conduite odieuse et de s’écrier en s’adressant à Bemborough, gouverneur de Ploërmel, place forte anglaise « Dieu soit Juge entre nous ! Que chacun de nous choisisse trente à quarante champions pour soutenir sa cause. ploermel-mi-voieOn verra de quel côté est le droit ». Les conditions de la lutte furent celles du « combat à volonté », c’est-à-dire que chacun des soixante champions eut toute liberté dese battre comme il lui plairait, soit à pied, soit à cheval, avec les armes qu’il voudrait, sans autre obligation que d’observer dans ce combat les règles de la loyauté chevaleresque. Il est vrai qu’à cette époque là, on s’étripait élégamment entre gentlemen. Il existe encore un monument visible sur la commune de Guillac (56) et que l’on doit à l’ingénieur du corps royal des ponts et chaussées Jacques PIOU, inauguré le 11 juillet en 1819 par le Comte de Coutard, Lieutenant-Général des armées du roi, sur lequel le nom des trente combattants bretons y est gravé.  Cette bataille ne résout rien, mais la chronique de Froissart en a fait le modèle des exploits de chevalerie, et la célèbre Ballade des Trente, (stourm an tregont) que La Villemarqué publiera en 1838 dans son Barzaz Breiz, non sans avoir plagié un poème basque, s’achève ainsi : « Il n’eut pas été l’ami des Bretons, celui qui n’eut pas applaudi dans la ville de Josselin en voyant revenir les nôtres, des fleurs de genêt à leurs casques ». C’est ainsi que se bâtissent les mythes et légendes.

Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Les Pâques irlandaises…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

Amis de la commedia dell’arte et des farfalle al dente réunis, bonjour ! Nous sommes le Mercredi 24 mars 2021, quatrième jour de Germinal tulipes-à-la-torche-300x199dédié à la tulipe mais, malgré cela, je vous surprends devant votre écran alors que la nature s’éveille. Narcisses, primevères et jonquilles décorent les talus, le merle moqueur s’égosille et la bière de mars est en bouteille… Le nom tulipe provient du turc tülbend, c’est-à-dire « plante-turban » ce qui, j’en suis convaincu vous fait une belle jambe…Ici à gauche, ce sont des tulipes en Bretagne et plus précisément à la pointe de la Torche.

Au printemps 1916, le lundi de Pâques précisément, en pleine guerre mondiale, un groupe d’Irlandais se soulèvent contre le colonisateur britannique. Les Britanniques et les Irlandais loyaux à la couronne voient cette tentative comme un mauvais coup porté aux soldats qui se battent dans les tranchées. Rappelons que dès le début du conflit dublin_paques2-300x190européen, les Irlandais se portent massivement volontaires dans l’armée britannique pour combattre les Allemands. Au total 200 000 environ. Mais quelques militants du Sinn Fein nationaliste et de l’IRB (Irish Republican Brotherhood) préfèrent appliquer l’adage : « England’s difficulty is Ireland’s opportunity » (Les difficultés de l’Angleterre sont des occasions à saisir pour l’Irlande). Ces hommes forment ce que l’on appellera un peu plus tard l’Irish Republican Army (IRA)… Faut-il rappeler qu’en Bretagne, en 1940, certains firent la même tragique erreur avant d’opter pour la collaboration avec les nazis.


 

Ils occupent plusieurs bâtiments stratégiques au centre de Dublin, dont la Poste, l’Hôtel de ville, le Palais de Justice et des gares, et déploient le drapeau tricolore au-dessus de la Poste.L’armée britannique amène de l’artillerie lourde et bombarde consciencieusement le centre de Dublin. irishAprès cinq jours de résistance, les insurgés capitulent sans conditions. Bilan humain : une soixantaine de morts parmi les insurgés, une centaine parmi les assaillants et plus de deux cents parmi les civils, environ 3 000 arrestations. Un conseil de guerre condamne à mort tous les meneurs (James Connolly, blessé, doit être calé contre une chaise pour être fusillé comme il convient). Parmi les condamnés à mort figure John MacBride dont le fils, Seán MacBride, deviendra Premier ministre de la République d’Irlande avant de fonder Amnesty International et d’obtenir pour cela le Prix Nobel de la Paix en 1974. Un certain Eamon de Valera échappe à l’exécution du fait de sa citoyenneté américaine (il est né d’un père espagnol et d’une mère irlandaise). Il deviendra le premier Président de la République d’Irlande…

La Bretagne quant à elle oubliera peu à peu les noms de Fouéré, Mordrel, Debauvais, Célestin Lainé, le bezen Perrot, et autre Bagadou stourm de triste mémoire. Allez, merci d’être passé, portez vous bien et à bientôt peut-être.

La Commune est-elle morte ?

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

Amis de la quadrature du cercle et de la truite au bleu réunies, bonjour ! Nous sommes le Jeudi 04 mars 2021, 14è jour de ventôse dédié au Vélar, encore nommée la fausse giroflée. C’est en mars 1871 que pris naissance cet épisode que l’histoire retiendra sous le nom de: la Commune de Paris :

Le 18 mars 1871 après que Paris ait subi un long et pénible siège de la part de la Prusse de Bismarck, le gouvernement de Thiers décide de capituler et d’enlever les canons de la butte Montmartre afin d’éviter Vive la commune-toute insurrection de la part des parisiens; ceux-ci voient en effet la capitulation comme une catastrophe. Cependant la troupe envoyée à Montmartre pour enlever les canons fraternise avec la population. Peuple et soldats se retrouvent unis face à l’abus. Cet événement déclenche l’insurrection parisienne, des généraux sont fusillés, le gouvernement se replie à Versailles. C’est le début de la Commune de Paris. Mouvement de panique: le gouvernement, la police, l’armée, les classes riches, la pègre, abandonnent Paris pour se réfugier à Versailles.

 

 

Paris est aux mains des travailleurs… Cet épisode de notre histoire se terminera dans le sang au cours de « la semaine sanglante » du 21 au 28 mai : incendie de Paris, exécutions en masse (le gouvernement avouera 17 000 exécutions, les rescapés parleront de 100 000). Combien aujourd’hui ont en tête le fait que les massacreurs d’alors, La_Commune_(Merlin,_Thiers,_Gaveau)_by_VallottonThiers, « le sinistre vieillard », Trochu, « ce crétin militaire », Favre le faussaire, Vinoy le coupe-jarret bonapartiste, Galliffet, « les loups, les cochons et les chiens de la vieille société » sont toujours là, sous d’autres noms. (les citations entre guillemets sont de Karl Marx). Aujourd’hui, les banksters ont mis les nations au pain sec et à l’eau ; ils se dissimulent derrière des noms qui sentent bon les dorures de Bilderberg, les salons de Davos, la soupe du diner du siècle, les comptoirs de Goldman-sachs ; mais qu’on ne s’y trompe pas, ce sont les mêmes. Pouvons nous espérer demain chanter encore « le temps des cerises », pouvons imaginer un instant que « tout ça n’empêche pas Nicolas que la commune n’est pas morte »…

Allez, c’est pas interdit de rêver, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Allumez le feu…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

Amis de l’analyse concrète et de la bisque de homard réunies, bonjour ! Nous sommes le Samedi 27 février 2021 qui correspond au neuvième jour de ventôse et c’est le jour de Sophie, heu non, de Marsault (jeu de mot). Le saule marsault (Salix caprea) est une espèce de saule saule-marsault-chatons-zoom-300x225commune en Europe et en Afrique du Nord. Le nom scientifique Salix caprea (saule des chèvres) vient sans doute de la première illustration connue de l’espèce dans le livre de Hiéronymus Bock (bien connu dans son immeuble) où on voit la plante broutée par une chèvre. En effet l’espèce a été largement utilisée comme fourrage pour les chèvres. On dit aussi qu’elle est excellente pour le miel car elle fleurit très tôt. En vérité, c’est la Ste Honorine et, comme disait mon aïeule: « À la sainte Honorine, bourgeonne l’aubépine.»

Le 27 février 1933, au soir, à Berlin, incendie du Reichstag (Parlement Allemand). L’incendiaire, un jeune conseilliste (dissident communiste Reichstag_incendie-202x300partisan des conseils) hollandais, Marinus van der LUBBE est arrêté à l’intérieur du Parlement. Ce jeune idéaliste de 24 ans revendique aussitôt son acte individuel contre ce monument « symbolique » comme un signal destiné à réveiller le mouvement ouvrier. Calomnié par les nazis qui tenteront de faire croire à un prétendu complot communiste, il sera également sali par les staliniens qui le dénigreront en le présentant comme un simple d’esprit manipulé par les nazis. Cet évènement servira de prétexte aux nazis pour s’emparer totalement du pouvoir et, dès le lendemain, des milliers de militants communistes et anarchistes seront arrêtés, dont Erich Mühsam.

Marinus van der LUBBE qui fera une grève de la faim dans sa prison lubbe1-189x300avant d’être alimenté de force, sera jugé à Leipzig à partir du 21 septembre 1933. Condamné à mort le 23 décembre, il sera décapité le 10 janvier 1934 dans la prison de Leipzig. En dehors des militants du « Radencommunist » hollandais et de quelques anarchistes allemands et français comme André Prudhommeaux (qui constituera un « Comité Marinus van der Lubbe ») ou Alphonse Barbé, rares seront les personnes qui soutiendront Marinus et tenteront de faire la lumière sur cet évèmement crucial. Lire à ce sujet le livre: Carnet de route de l’incendiaire du Reichstag (présenté par Yves Pagès et Charles Reeve). Sources: éphéméride anarchiste

Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Les aristo à la lanterne…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

Amis du patrimoine national et du veau Marengo réunis, bonjour ! Nous sommes le Jeudi 25 février 2021. Ce 7è jour de ventôse est celui de l’alaterne. Vous connaissez la chanson, les aristocrates à l’alaterne… Naan, je plaisante, il s’agit d’une plante communément appelée le la-lanterneprunier noir qui produit des baies rouges puis noires et que l’on rencontre communément dans les garrigues. Autant vous dire qu’il n’y en a pas beaucoup par ici… La lanterne de la chanson des sans-culottes, était la potence de fer qui soutenait jadis la vieille lanterne de la Grève qui éclairait, au temps de Louis XV, la place de l’Hôtel-de-Ville. Le 14 juillet, la foule y pendra  le major de Losme, le défenseur de la Bastille. Le 22 juillet 1789, ce sera le tour de l’intendant Foulon de Doué, accusé d’affamer le peuple et en octobre un boulanger accusé du même crime..L’air de la chanson, lui, vient d’une contre-danse intitulée Le carillon National de Bécourt. Il paraît que Marie-Antoinette adorait la jouer au clavecin…

 

Le 25 Février 1749 voit la naissance de Jean-bon Saint André révolutionnaire et marin émérite à Montauban. Il participa notamment à jean-boncette fameuse bataille au large d’Ouessant du 1er juin 1794 face aux anglais. C’était le 13 prairial de l’an II. Il est à bord du vaisseau La Montagne en compagnie de Villaret de Joyeuse. C’est cette bataille de Prairial qui donna naissance à la fameuse légende du Vengeur-du-Peuple, un magnifique 74 canons à double pont qui sombra corps et biens alors que six autres bâtiments étaient capturés. 5 000 morts et blessés côté Français ! Cuisante défaite mais, la propagande républicaine va chercher à la transformer en victoire morale.

C’est Barère (celui que l’on surnomma l’Anacréon de la guillotine ), rapporteur du Comité de Salut Public, qui se chargera de présenter l’épisode à la tribune de la Convention. Il va prétendre que les marins du Vengeur ont refusé de se rendre à l’ennemi et sont morts en criant « Vive la République… » La vérité éclatera au retour des survivants de l’Angleterre. Entre temps, un mythe était né. Bonaparte le nomme Jeanbon le tombeaucommissaire général des trois départements de la rive gauche du Rhin, en décembre 1801, puis préfet du département du Mont-Tonnerre à Mayence en septembre 1802, où il confirme sa réputation d’administrateur exceptionnel. En remerciement de ses services, Napoléon le fait chevalier de la Légion d’honneur en 1804, puis baron d’Empire, baron de Saint-André, en 1809. Le typhus l’emporte en 1813. Il est enterré au cimetière principal du Mayence (photo de droite). Franc-maçon actif, Jean-Bon de Saint André fut le premier Vénérable Maître de la Loge « Les Amis de l’Union » de Mayence, fondée en 1803, et qui existe toujours aujourd’hui dans cette ville sous l’appellation « Die Freunde zur Eintracht ».

Allez, voila pour aujourd’hui, en attendant une suite, portez vous bien et à bientôt peut-être.

De l’Asaret à Savonarole…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE, PORTRAIT

Amis du trot attelé et du pendule de Foucault réunis, bonjour ! Nous sommes, qui l’eut cru, le Mercredi 24 février 2021, sixième jour de Trille-rouge-fleur-01-300x199Ventôse dédié à l’Asaret qui est, chacun le sait, une plante herbacée de la famille des Aristolochiacées. L’Asaret du Canada est une plante désignée vulnérable à la récolte par le gouvernement, il est interdit de la cueillir ou d’en faire le commerce. Sa fleur est petite et de forme particulière. Le rhizome de l’Asaret du Canada a une odeur et une saveur de gingembre c’est pourquoi on l’appelle aussi gingembre sauvage. Voilà, vous savez tout. Tiens, à propos de gens qui savent tout…

Je veux parler de Jean Pic de la Mirandole. Troisième fils d’une vieille famille comtale, Jean Pic naquit le 24 février 1463 au château de Mirandole. Suite à la mort prématurée de sa mère, il hérita très jeune d’une fortune considérable qui allait lui permettre bien des voyages, bien des libertés et bien des extravagances. D’abord inscrit à Pico1-228x300l’Université de Bologne pour des études en Droit canon (sa mère le destinait à la prêtrise) il renonça bien vite aux diplômes universitaires pour devenir autodidacte. Il séjourna aussi à Ferrare avant de s’établir à Florence. À 23 ans, il publie 900 thèses sous le titre : Conclusions philosophiques, cabalistiques et théologiques, et, grand seigneur, invite tous les érudits à en débattre avec lui à Rome, quitte à ce qu’il leur paie les frais de déplacement ! L’initiative déplaît en haut lieu et le 31 mars 1487, Pic de la Mirandole doit renoncer à plusieurs de ses conclusions, jugées hérétiques par une commission papale.

Il mourut le 17 novembre 1494, alors que le roi de France entrait à Florence. Jean Pic de la Mirandole décéda, assisté en ses derniers instants par Savonarole qui voyait dans la victoire des troupes françaises la réalisation de ses prophéties… Certains voient dans Le discours la quintessence même de la pensée de Pic de la Mirandole et Savonarole-G-cet extrait a maintes fois été repris; on le retrouve dans L’œuvre au noir de Marguerite Yourcenar. Ce sont les paroles par lesquelles le Créateur, s’adressant au premier homme, lui confère le privilège de la liberté: « Je ne t’ai donné ni visage, ni place qui te soit propre, ni aucun don qui te soit particulier, ô Adam, afin que ton visage, ta place, et tes dons, tu les veuilles, les conquières et les possèdes par toi-même. Nature enferme d’autres espèces en des lois par moi établies. Mais toi, que ne limite aucune borne, par ton propre arbitre, entre les mains duquel je t’ai placé, tu te définisses toi-même. Je t’ai placé au milieu du monde, afin que tu pusses mieux contempler ce que contient le monde. Je ne t’ai fait ni céleste ni terrestre, mortel ou immortel, afin que de toi-même, librement, à la façon d’un bon peintre ou d’un sculpteur habile, tu achèves ta propre forme.» et d’aucun d’y lire l’œuvre du prototype même de l’humaniste du Quattrocento. Savonarole, L’œuvre au noir, Le nom de la rose… Brrrrr !

Allez, merci de votre visite, portez vous bien et à bientôt peut-être.

De tout, de rien…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

Amis du pendule de Foucault et de Qui veut gagner des millions réunis, bonjour ! Nous sommes le Mercredi 17 février 2021, 29è jour de Pluviôse dédié à la Chélidoine. La Grande Chélidoine (prononcer kelidwan) ou Grande Éclaire (Chelidonium majus, « grande hirondelle » en latin) est Chelidoniumune plante de la famille des Papavéracées et la seule espèce du genre Chelidonium. On l’appelle aussi herbe aux verrues (ou herbe à verrues), car son latex jaune-orangé toxique passe pour éliminer les verrues. Mon aïeule la nommait herbe de sainte-Claire; je n’ai jamais su pourquoi. Selon Maurice Mésségué, le nom serait dû au fait que les hirondelles frottent les yeux de leurs petits avec des fragments de cette plante pour les ouvrir. Le latex caustique permettrait l’ouverture de l’ourlet de peau chez les petites hirondelles. La grande chélidoine était considérée depuis des temps reculés comme une plante tour de la Francemagique associée à la magie noire. Les alchimistes du Moyen Âge ont vu dans la sève de la grande éclaire de couleur jaune, le moyen de transformer les vils métaux en or. Il semble que jusqu’à présent cette herbe n’ait pas tenu toutes ses promesses. Le 17 février 1600, le philosophe Giordano Bruno est brûlé vif à Rome, sur le Campo des Fiori, après avoir passé huit ans dans les geôles de l’Inquisition… J’en ai parlé récemment. En France, avant la Première Guerre mondiale, le livre de lecture le plus lu et le plus célèbre de l’école laïque est intitulé : Le tour de la France par deux enfants. Il est signé par ses auteurs du pseudonyme G. Bruno. C’est un hommage discret au philosophe, victime de l’intolérance religieuse !

Bon, du tour de la France au tour du jardin, il n’y a qu’un pas que je franchis allègrement. Portez vous bien et à bientôt peut-être.

Mujeres libres…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE, PORTRAIT

Amis de la tautologie et du kouign-amann réunis, bonjour ! Nous sommes le Jeudi 11 février 2021, 23è jour de pluviôse dédié au Queneauchiendent; plante envahissante s’il en est. Nous souhaitons bonne fête à tous les Ehouarn de la terre. Ils doivent leur nom à un moine de l’abbaye de St Gildas en Rhuys vers le 11è siècle. C’était un disciple de Félix. Dans Ehouarn, on retrouve houarn, le fer. Par exemple, hent-houarn, le chemin de fer… Tout comme dans l’eau ferrugineuse chère à Bourvil. Profitez des longues soirées d’hiver pour relire le premier roman de Queneau: « Alibiforains et lantiponnages que tout cela, ravauderies et billevesées, battologies et trivelinades, âneries et calembredaines, radotages et fariboles !  »

Aujourd’hui, parlons d’une militante anarchiste espagnole, Mercedes Comaposada. Fille de l’écrivain et militant socialiste José Comaposada et compagne depuis 1933 du sculpteur libertaire Baltasar Lobo. Mercédès Camaposada avait commencé à travailler très jeune comme monteuse lucia_sanches_de_saornildans l’industrie du cinéma et avait adhéré au syndicat CNT des spectacles publics. Puis elle avait poursuivi des études à Madrid où elle allait rencontrer V. Orobon et surtout Lucia Sanchez Saornil (ici en photo) avec laquelle elle se lançait très vite dans une campagne pour la libération de la femme. Et puis tiens, avant de poursuivre, pour le plaisir, quelques notes entonnées par Paco Ibanez. « A galopar », merveilleux poème de Rafael Alberti qui devint l’hymne des républicains espagnols. Las tierras, las tierras, las tierras de Espana…

 

Pendant les années de la République elle collaborait à de nombreux titres de la presse libertaire (dont Ruta, Tiempos Nuvos, Umbral, Tierra y Libertad) et en avril 1936, de sa rencontre avec Lucia Sanchez Saornil naît l’idée de créer un groupe de femmes spécifique, au sein du Mercédèsmouvement libertaire. Le groupe « Mujeres Libres » (MM.LL) est créé en avril 1936; mouvement qui a compté plus de 20 000 membres, ainsi que la revue du même nom dont elle allait être rédactrice en chef pendant la guerre. Elle est illustrée par le sculpteur Baltasar LOBO (compagnon de Mercedes). Lorsque éclate la révolution, en juillet 1936, elle se rend à Barcelone et y rejoint un autre groupe de femmes, avec lequel elle travaille à la création d’une fédération nationale. Exilée en France après la guerre civile, elle parvenait avec son compagnon à s’installer à Paris avec l’aide de Pablo Picasso dont elle allait devenir la secrétaire. Dans les années 1960-1970 elle participait aux activités du groupe Mujeres Libres en exil. Mercedes Comaposada est morte à Paris le 11 février 1994.

Et voila pour ce frisquet jeudi, allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Anne, ma soeur Anne…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

Amis des sciences occultes et des coups de pied au cul réunis, bonjour ! Nous sommes le Lundi 25 janvier 2021, sixième jour de Pluviôse dédié au Laurier-tin et non au laurier-thym comme on le rencontre parfois orthographié. On le nomme aussi, Viorne-tin voire lauretin. En Bretagne certains vont célébrer les Konhouarn? Un prénom très ancien et très peu usité que l’on doit au vieux breton Kon (guerrier) et Houarn (le fer). Il s’agirait d’un moine ayant été le compagnon de Konwoïon en l’abbaye de Redon…

Le 25 janvier 1477 à Nantes, naissance d’Anne de Bretagne. Fille et héritière de François II, dernier duc de Bretagne, Anne est mariée par procuration à l’empereur Maximilien 1er dans l’espoir de soustraire le duché à l’avidité du gouvernement de Charles VIII, roi de France. Elle n’en est pas moins contrainte d’épouser celui-ci en 1491, au château deAnnedeBretagnereduit-196x300 Langeais. Le couple aura cinq ou six enfants dont aucun ne survivra. Après son veuvage, redevenue duchesse de plein droit, elle négocie chèrement son remariage avec le successeur de Charles VIII, son cousin Louis d’Orléans, devenu Louis XII. Le couple aura cette fois huit enfants dont survivront seulement deux filles. Anne voudrait que l’aînée, Claude, épouse l’empereur Charles Quint (le petit-fils de son ex-fiancé Maximilien !). C’est toujours pour préserver l’indépendance de son cher duché, dans lequel, depuis son premier mariage, elle n’a eu l’occasion de séjourner que quelques mois au total. Mais sitôt après sa mort (O9 janvier 1514 à Blois), le 8 mai 1514, Claude épouse François d’Angoulême, cousin et héritier légitime de Louis XII, qui deviendra roi le 1er janvier suivant sous le nom de François 1er.

La reine Claude, chère au cœur des Français, mourra en 1524, à 24 ans statue-Rennes-203x300après avoir donné le jour à sept enfants et laissé son prénom à… une prune. L’avenir de la Bretagne sera définitivement scellé lors de la signature du traité de 1532, que l’on qualifie de traité d’union et qui cache en réalité une annexion. L’Union de la Bretagne et de la France (photo de gauche), monument conçu par Jean Boucher en 1911, représentait la Duchesse Anne et le roi Charles VIII. Situé dans une niche de la façade de l’hôtel de ville de Rennes, il fut détruit par des séparatistes bretons en 1932, et depuis lors jamais remplacé. Et voila pourquoi, Anne, ma sœur Anne, je ne vois toujours rien venir que le soleil qui poudroie et l’herbe qui verdoie. Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.