Vous lisez actuellement la catégorieHISTOIRE

Page 1 de 24

Hey, Poutou, tu t’souviens de Kronstadt !

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

Amis de la peinture à l’eau et des sardines à l’huile réunies, bonjour! Nous sommes le Mardi 28 février 2017. Ce jour correspond au 10 de ventôse dédié à la Bêche, ce qui n’est pas une raison pour se prendre la tête (tête-bêche).

Attention, ceci n’est pas de l’anticommunisme primaire mais bon, ça va pas faire plaisir à Poutou, en général les Trotskistes n’aiment pas beaucoup qu’on leur rappelle l’épisode de KRONSTADT, commune située au large de Saint-Pétersbourg en face de la Finlande. Le 28 février 1921, début de la révolte des marins de Kronstadt qui s’insurgent armée-rougecontre le pouvoir des commissaires bolchéviques et contre la pénurie de nourriture et de denrées diverses. Les marins, fers de lance de la révolution russe, se prononcent pour des « Soviets libres », dégagés de la tutelle politique des commissaires. Dès janvier 1921, 5000 marins avaient démissionné du parti communiste et, au mouvement pour de meilleures conditions de vie, se mêleront de fortes aspirations libertaires. Le 7 mars 1921: A 18 heures 45. L’armée rouge  (commandée par le feld-maréchal Trotski) ouvre le feu sur les forts de Kronstadt ; ceux-ci ripostent et réduisent les batteries au silence. On voit sur cette photo, l’armée rouge franchissant la glace pour atteindre Kronstadt.

Le 8 mars 1921: Les communistes commencent un bombardement aérien sur la population pacifique de Kronstadt. Le Comité Révolutionnaire Provisoire de Kronstadt, via radio-télégramme : « Kronstadt libérée parle aux ouvrières du monde entier : Nous, ceux de Kronstadt, sous le feu des armes, sous les mugissements des obus qui déferlent sur nous (…) adressons notre salut fraternel aux travailleuses du monde. » Le 11 mars  : Izvestia n°9 du comité révolutionnaire provisoire des Matelots, Soldats comité-révolutionnaireet Ouvriers de la ville de Kronstadt: « Nous avons lancé un appel à tous les travailleurs de Russie afin qu’ils luttent pour des soviets librement élus. Notre cri a été entendu. Déjà, les matelots, soldats rouges et ouvriers révolutionnaires de Petrograd viennent nous prêter main-forte. » La résolution du Petropavlosk (c’est le nom d’un cuirassé) est adoptée à Kronstadt au cours d’un meeting qui réunit 12.000 personnes (photo ci contre). Un comité révolutionnaire présidé par Petritchenko prend le commandement de la ville. Cette Commune va durer seize jours.

Le 17 et 18 mars 1921: La Commune de Kronstadt succombe sous les coups de l’armée rouge bolchévique qui s’empare de la ville et des forts après de sanglants combats. Les communistes, maîtres de la ville, continueront à exécuter des centaines de prisonniers ou de blessés. Les autres survivants qui n’ont pas fuit en Finlande seront internés dans des camps, où beaucoup mourront de malnutrition ou bien fusillés par la Tchéka. La droite conservatrice et réactionnaire avait écrasé dans le sang la Commune de Paris en 1871, la gauche révolutionnaire et communiste fait la même chose cinquante ans plus tard avec celle de Kronstadt. Et on me serine à longueur de journal télévisé que mon seul choix sera entre Macron et Le Pen…

Allez merci de passer par ici, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Un saint peut-en cacher un autre…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

, ,

Amis de la quadrature du cercle et du carré d’as réunis, bonjour ! Nous sommes le Lundi 06 février 2017, 18è jour de pluviôse dédié à l’if. Arbre remarquable surtout dans la tradition celtique. Le mot if remonte à un mot gaulois ivos ou, d’un étymon celtique qui donne aussi ivin en breton, ywen en gallois, éo en irlandais. Une racine semblable existe en if chapellegermanique, iwaz, qui a donné iw en vieil anglais (yew en anglais moderne) et Iwa en vieil haut allemand (Eibe en allemand moderne), dont semble dériver le prénom Yves et donc, Ivan, Ewan, Erwan, (tout ce détour pour parler de lui… Non mais, quel égo !) A gauche: »If Chapelle » de La Haye-de-Routot. Le calendrier des postes, lui, nous invite à fêter les Gaston, du Germain Vaast que l’on retrouve aussi en Normand et en Picard, alors que les anglais disent Foster, il est le saint patron d’Arras. Tandis que les bretons armoricains, histoire de se faire remarquer, vont célébrer les Aman, sans attendre la St Valentin. Amusant, non !

Nous ne savons pas grand chose de Saint Aman, sinon qu’il vécut au VIe siècle et fut évêque. Aman est la forme bretonnisée du nom latin Amandus, signifiant aimable (en breton : hegarat ou karadek ; il existe plusieurs villages qui portent le nom de St-Caradec en Bretagne et même une zone commerciale de  Kergaradec à Brest). Une jolie st-nolff-chapelle-saint-amand-2-4034chapelle est dédiée à Aman en la commune de St-Nolff dans le Morbihan. Cette commune tient son nom d’un saint homme local dont on ignore tout par ailleurs, saint (sent en vieux breton) Molv, sans doute un moine du VIème siècle vivant par ici. Le nom a évolué progressivement de Sent-Molf en Sen-Molf, Sen-Nolf, Sennolf et Senolf sa forme bretonne traditionnelle; alors que l’appellation officielle actuelle est Saint-Nolff avec deux F. Et voila comment à partir de quelques calendriers on peut voyager dans l’histoire et dans la géographie.

Allez, merci pour vos visites, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Si mort à mors…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

Amis des sciences occultes et des coups de pied au cul réunis, bonjour ! Nouslaurier_tin_01-150x150 sommes le Mercredi 25 janvier 2017, sixième jour de Pluviôse dédié au Laurier-tin et non au laurier-thym comme on le rencontre parfois orthographié. On le nomme aussi, Viorne-tin voire lauretin. En Bretagne certains vont célébrer les Konhouarn? Un prénom très ancien et très peu usité que l’on doit au vieux breton Kon (guerrier) et Houarn (le fer). Il s’agirait d’un moine ayant été le compagnon de Konwoïon en l’abbaye de Redon…

Fille et héritière de François II, dernier duc de Bretagne était née un 25 Janvier en 1477 à Nantes. Le 8 janvier 1499 la Duchesse Anne de Bretagne, notre Duchesse à nous qu’on avaient, épouse le roi de France Louis XII devenant par là même, Reine de France. Sa fille Claude épousera plus tard le Duc d’Angoulême, futur François 1er et ce sera le début de la fin pour ce qui aurait pu devenir un État Breton et qui ne le sera jamais. A la mort de la Duchesse, un anonyme rédigea un poème que, cinq siècles plus tard, les « Tri Yann » mirent en musique: « SI MORT A MORS », en voici un extrait.

Si les matins de grisaille se teintent
S’ils ont couleur en la nuit qui s’éteint
Viendront d’opales lendemains
Reviendront des siècles d’or
Cent fois mille et mille aurores encore.duchesse

Si mort a mors Duchesse Noble Dame
S’il n’en sera plus que poudre de corps
Dorme son cœur bordé d’or
Reviendront les siècles d’or
Cent fois mille et mille aurores encore.

Si moribonds sont les rois en ripaille
Si leurs prisons sont des cages sans fond
Vienne l’heure des évasions
Reviennent des siècles d’or
Cent fois mille et mille aurores encore.

L’Union de la Bretagne et de la France, monument conçu par Jean statue-Rennes-203x300Boucher en 1911, représentait la Duchesse Anne et le roi Charles VIII. Situé dans une niche de la façade de l’hôtel de ville de Rennes, il fut détruit par des séparatistes bretons en 1932, et depuis lors jamais remplacé. Et voila pourquoi, les imbéciles heureux qui sont nés quelque part dansent le plinn en se pâmant devant les sœurs Goadec…

Allez, merci d’être passé par ici, portez vous bien et à demain peut-être.

Ah bon! C’est Hamon !

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

Amis de l’expressionnisme et du ragout de hérisson réunis, bonjour ! perce-neigeNous sommes le Lundi 23 janvier 2017, quatrième jour de Pluviôse, dédié au Perce-neige, les puristes de l’orthographe ne manqueront pas de relever qu’il faudrait dire LA perce-neige. Et je ne vous parle même pas du pluriel, un truc à épater maître Capello lui même. Entre ceux qui en font un invariable et ceux qui mettent un S à neige. Personnellement je m’en soucie comme de ma première pipe en terre.

Fêtons dignement les Laouenan: Laouenan vient de « Laouen » qui signifie gai, joyeux, rieur comme dans l’expression Nedeleg laouenn (joyeux Noël): c’est ainsi que l’on nomme le roitelet en Bretagne. Disciple de Tugdual (Tudal) et de saint Pol au VIe siècle, il a laissé son nom à la paroisse de Tréflaouenan. Comment ! Vous ne connaissez pas Treflaouenan ? Comme le montre bien la carte ci-contre, Tréflaouénan (normalement on ne devrait pas mettre d’accent) devait être un lieu de treflaouenanpassage pour les migrants de l’époque. C’était bien avant le tunnel et surtout, dans l’autre sens… Bon, OK, je me rends compte que la carte ne montre rien du tout si on ne sait pas situer Treflaouenan et Cardiff. Au Ve siècle, des émigrés gallois, les Bretons, débarquent en Armorique par famille ou par clans avec leurs chefs religieux et civils pour s’installer progressivement, sans créer de réelles difficultés. Armoricains et Bretons se connaissent assez bien, ils procèdent à des échanges depuis fort longtemps, leurs cultures, costumes et langues sont assez proches. Leurs agglomérations s’appellent des « plou » ou « gwi », paroisses auxquelles les chefs donnent leur nom et se subdivisent en « tref » ou trèves avec un lieu de culte. C’est ainsi que la bande à Laouenan s’installe dans le Leon et donne naissance à Treflaouenan. La bande à Benoist elle, s’est installé à St-Renan (29), c’est pas très loin et, 1500 ans plus tard c’est lui qui a viré en tête à la première bouée. Triste primaire, triste score, triste participation, triste avenir; en vérité, triste époque.
Allez, j’m’en r’sers un p’tit. Portez vous bien et à bientôt peut-être.

Trochu: participe passé de trop choir…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

, , , , ,

Amis de la médecine par les plantes et du Viandox réunis, bonjour ! Nous sommes le Dimanche 22 janvier 2017 c’est à dire le 3è jour de pluviôse et je note avec amusement que depuis le début de pluviôse, le temps est au sec… C’est le jour du fragon, bien connu dans nos campagnes sous le nom de Petit-houx. En Ille-et-Vilaine, il était connu pour des utilisations pratiques. Ainsi il a été vu à la vente aux marché des Lices (à Rennes) durant la dernière guerre, vendu roulé en boule et Fragonservant  à récurer le matériel de cuisine allant au feu de cheminée, les pointes des feuilles faisant office de grattoir. Un ancien couvreur se rappelle s’en être servi de hérisson pour ramoner: il s’agissait alors de lier tête-bêche de nombreuses tiges par le milieu pour fabriquer ce « hérisson ». En  Gallo, j’ai entendu parler de  « hayen » mais, je ne suis pas sûr de la  prononciation.Merci aux « gallophones » de laisser un commentaire. Le fragon est aussi une plante médicinale appréciée pour son action contre l’inflammation et le rétrécissement des vaisseaux sanguins. On l’utilise par voie interne mais aussi par voie externe, (contre les varices par exemple et en cosmétologie). Les jeunes drageons tendres sont comestibles mais bon, je vous laisse faire l’expérience. Certains l’appellent la fragonnette et on l’utilisait autrefois pour fabriquer des balais.

Dans l’histoire, la date du 22 janvier 1871, nous renvoie à un épisode peu glorieux pour les bretons. C’est le jour d’un soulèvement populaire parisien pour empêcher le gouvernement de défense nationale de signer la capitulation devant les prussiens. une délégation des manifestants est reçue par Gustave Chaudey, adjoint du maire (Jules Ferry). Soudain, un coup de feu est tiré par un provocateur. Les Gardes mobiles bretons, commandés par le Bouëdec dont fait partie le Trochulieutenant James Marie Antoine Monjaret de Kerjégu,(du célèbre château de Trévarez) installés dans l’hôtel de ville tirent sur la foule qui s’éparpille tandis que des gardes nationaux ripostent. C’est ce jour où Louise Michel prendra pour la première fois les armes. Et c’est encore un 22 Janvier, en 1905, qu’eurent lieu ses funérailles. Elle vient de découvrir que ces gens là ne se défendent pas contre les prussiens mais contre les travailleurs parisiens. Le pouvoir était alors entre les mains du trop célèbre général breton TROCHU.  Il fut vite remplacé par THIERS le massacreur des communards. Victor Hugo l’a marqué d’une définition cinglante : « Trochu, participe passé du verbe Trop Choir. » . Pour Trochu : « la fin, c’est l’ordre, l’ordre seul, qui se résume en trois mots: Famille, Propriété, Religion. Deux mois plus tard démarrait la Commune de Paris.

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

Grand frère et petit père (du peuple)

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

, , , , ,

Amis de la propédeutique et du pouce-pied mayonnaise réunis, bonjour ! Ce Samedi 21 janvier 2017 correspond au 2è jour de pluviôse dans notre calendrier républicain. C’était le jour dédié à la mousse, je vais donc, de ce pas tranquille qui caractérise les cénobites, m’en faire couler une petite. Non pas que l’atmosphère nécessite un quelconque rafraichissement, le mercure est toujours en dessous du zéro fatidique…

La vie s’emploie chaque jour à nous proposer des coïncidences parfois drôles, quelquefois dramatiques et toujours surprenantes. Tenez, à priori, quoi de commun entre ces deux hommeLenine-haranguant-189x300s ? Vladimir Ilitch Oulianov qui fut relégué par la police du tsar en Sibérie, au bord de la Léna (d’où le surnom Lénine par lequel il se fera dès lors appeler). Et, Eric Arthur Blair qui se fera appeler George Orwell, né d’un père fonctionnaire en charge du commerce de l’opium aux Indes. Et bien, tous deux sont décédés un 21 Janvier et, plus le premier raffermissait le communisme à la mode soviétique, plus le second s’en éloignait. La «Révolution d’Octobre» débouche sur le pouvoir sans partage des bolcheviques (le nom venant de большинство, bolchinstvo, qui signifie « majorité », par opposition aux mencheviks du russe : меньшинство, menchinstvo, « minorité »). Le Bolchevisme deviendra le Communisme et celui-ci cédera la place au Stalinisme, vous connaissez la suite.

De son côté, le jeune Blair découvre très tôt la nécessité de s’engager. Après des études au collège d’Eton, où il découvre le militantisme, il s’engage comme sergent en Birmanie puis vit de petits boulots à Paris et Londres. Il va se battre en Espagne dès 1936 aux côtés des communistes dissidents du POUM, il prend conscience de la nature totalitaire du CVT_Orwell-anarchiste-Tory_4612-187x300Communisme à une époque où les intellectuels de son espèce préféraient en chanter les louanges. À la veille de la seconde guerre mondiale, il est réformé suite à une blessure à la gorge et devient reporter. C’est ainsi qu’il publie en 1945 un petit roman parodique: la Ferme des Animaux. Il s’agit d’une allégorie satirique du communisme qui raconte la prise de pouvoir des animaux dans une ferme, à l’instigation des cochons, et la manière dont ces derniers s’arrogent un pouvoir dictatorial au nom des grands principes : «Tous les animaux sont égaux mais certains sont plus égaux que d’autres…» En 1949, son dernier roman, 1984, décrit une société totalitaire sous le regard d’un chef omniprésent, «Big Brother» et chacun de reconnaître le petit père du peuple dans le grand frère du roman – Staline. L’autorité s’exerce par le contrôle de la langue officielle, la novlangue.

Etonnant, non ! Allez, merci de votre visite, portez vous bien et à demain peut-être.

A la St Hernin le cénobite va bien…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

Amis de l’anacoluthe et de l’endive braisée réunies, bonjour! Nous sommes déjà le Mercredi 11 janvier 2017, 22è jour de nivôse dédié au sel… Aujourd’hui donc, le calendrier des postes voudrait nous faire croire que c’est la St Paulin… En vérité, en Bretagne armoricaine, c’est la St Hernin.

Hernin serait venu de Grande-Bretagne pour établir son ermitage à Locarn. Le nom vient du vieux breton Harn, d’ou Loc-Harn. La tradition locale prétend qu’il déserta ensuite ce lieu pour venir à Saint-Hernin, soutenu par le seigneur de Kergoat. Ce sont là deux charmants bourgs de la Bretagne centrale. A droite, un détail du calvaire de kerbreudeur à st-herninSaint-hernin. Cette commune est connue pour des faits liés à la Révolte des Bonnets rouges. Le 11 juillet 1675 et les jours qui suivent, les insurgés de vingt paroisses de Scaër au Huelgoat, assiègent et pillent le château du Kergoët en Saint-Hernin, une somptueuse demeure pourvue de murailles et de défenses, propriété du marquis Le Moyne de Trévigny, puis le brûlent. L’histoire de Sébastien le Balp, meneur des bonnets rouges (canal historique) nous est contée ici par le Grand Serge Kerguiduff avec qui nous avons vidé nombre de chopines du côté de chez Armand à St Brieuc.

L’intendant et plusieurs serviteurs sont assassinés. La marquise parvient à s’échapper et se réfugie au couvent des Carmes de Carhaix. L’histoire aimant par dessous tout se jouer des ressemblances, c’est le maire actuel de Carhaix et créateur du mouvement des bonnets rouges (Christian Troadec) qui est candidat à l’élection présidentielle… Mais, code-paysan-300x240revenons trois siècles en arrière. Le propriétaire du château est réputé être lié à ceux qui avaient amené en Bretagne les impôts du timbre et du tabac. Par ailleurs les révoltés craignent l’imposition de la gabelle. Enfin le seigneur du lieu a la réputation d’être dur avec ses vassaux. Il se racontait alentour que le château avait été entièrement reconstruit par corvées. Une transaction est passée entre les paroisses et Le Moyne de Trévigny pour réparation des dommages sur son château. Celle-ci est approuvée par les États de Bretagne en octobre 1679. Ah, on savait s’amuser à l’époque…

Allez, merci de votre visite, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Ici Radio… Libertaire.

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

Amis de la pensée Pascalienne et du Vermouth-cassis réunis, bonjour ! Nous sommes le Mardi 13 décembre 2016, 23è jour de Frimaire dédié au roseau.  « L’homme n’est qu’un roseau, le plus faible de la nature; Pascalmais c’est un roseau pensant. Il ne faut pas que l’univers entier s’arme pour l’écraser: une vapeur, une goutte d’eau, suffit pour le tuer. Mais, quand l’univers l’écraserait, l’homme serait encore plus noble que ce qui le tue, parce qu’il sait qu’il meurt, et l’avantage que l’univers a sur lui, l’univers n’en sait rien. Toute notre dignité consiste donc en la pensée. C’est de là qu’il nous faut relever et non de l’espace et de la durée, que nous ne saurions remplir. Travaillons donc à bien penser: voilà le principe de la morale. »  Pascal – Pensées – (1660)

A propos de 13 décembre, c’est précisément un 13 décembre, en 1983, que se déroula ce formidable concert de soutien à Radio-Libertaire (avec Léo Ferré notamment) dont tout le matériel venait d’être saisi par la maréchaussée aux ordres du pouvoir socialiste (un comble). C’est en radio libmai 1981 que le congrès de la Fédération Anarchiste décide la création de cette radio qui à cette époque là n’avait ni nom ni budget ni matériel ni animateurs ni indicatif et, on peut le dire, pas non plus de projet. Mais l’expérience s’est inscrite dans le temps prenant la suite de leurs glorieux ainés. Comme en 1921 à Kronstadt lorsque les insurgés ont lancé leurs messages radio. Comme en 1936 avec Radio FAI-CNT en Espagne. Et plus près de nous avec Radio Trottoir (Toulon) et Radio-Alarme. Le 28 août 1983, à l’aube, des CRS se sont présenté devant les locaux de Radio-Libertaire, ont défoncé la porte et saisi le matériel.

Les animateurs ont été frappés et interpellés, le câble d’antenne sectionné et le pylône détérioré. le 3 septembre, une immense manifestation de soutien eut lieu. A cette époque là, avec quelques 1024px-Demonstration_Radio_Libertaire_1983-09-03_2autres pionniers, nous nous étions lancé dans l’aventure des radios libres, je me souviens de « Radio-Kaosette » et de nos balbutiements radiophoniques. J’occupais l’antenne deux fois par semaine et le nombre d’auditeurs ne devait guère être supérieur à celui d’un car de touristes Belges. Quelle époque, madame Michu ! Aujourd’hui l’antenne de Radio-Libertaire est ouverte aux anarcho-syndicalistes, la Libre Pensée, les Espérantistes, la Ligue des droits de l’homme… Et de nombreuses plages sont dédiées aux mouvements sociaux.
Allez, on va pas virer Radio-Nostalgie…

Merci de votre visite, portez vous bien et à demain peut-être.

Ah ça ira, ça ira, ça ira…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

Amis de la complotitude et du lait ribot réunis, bonjour ! Nous sommes moulin à caféle Mercredi 23 novembre 2016, 3è jour de brumaire dédié à la chicorée. J’ai encore en souvenir celle que l’on incorporait obligatoirement au café après l’avoir moulu dans ce merveilleux petit ustensile aujourd’hui disparu… Hé oui, petit scarabée, parmi les différentes tâches ménagères qui faisaient notre quotidien à cette époque là, l’une d’entre d’elles consistait à moudre le café, assis sur un tabouret, le moulin fermement serré entre les cuisses, il fallait mouliner mais… Pas trop non plus. Puis on récupérait le café moulu dans le petit tiroir du moulin et à ce moment là, on pouvait rajouter la fameuse chicorée qui se trouvait à l’intérieur d’une boite en fer dans son paquet reconnaissable entre tous, juste à côté du poêle qui faisait office de cuisinière et sur lequel attendait la cafetière.

 

L’homme du jour est: François Noël Babeuf, connu sous le nom de Gracchus Babeuf, né le 23 novembre 1760 à Saint-Quentin et mort à Vendôme le 27 mai 1797 (8 prairial an V), c’est un révolutionnaire français. Il forma la « conjuration des Égaux » contre le Directoire et fut exécuté. A partir du 3 septembre 1794, Babeuf publie le Journal de la Liberté de la presse, qui devient le 14 vendémiaire an III, Le Tribun  babeuf gauchedu peuple. Ce journal, où il combat avec la dernière violence la réaction thermidorienne, acquiert une forte audience. Il adhère, à la même période, au Club électoral, club de discussion des sans-culottes. Le 3 novembre, il demande que les femmes soient admises dans les clubs. Arrêté et emprisonné à de multiple reprises, Il se bat contre les impôts indirects, organise pétitions et réunions. En conséquence, il est à nouveau arrêté le 19 mai 1790 et emprisonné. Il est libéré en juillet, grâce à la pression du révolutionnaire Jean-Paul Marat. À la même époque, il rompt avec le catholicisme (il écrit en 1793 : « Le christianisme et la liberté sont incompatibles »).

Abandonnant le prénom Camille, qu’il avait adopté en 1792, il se fait alors appeler Gracchus, en hommage aux Gracques, initiateurs d’une réforme agraire dans la Rome antique.(Aujourd’hui encore il existe un groupe de réflexion à Gauche-social-libéral qui porte ce nom et est constitué en partie d’anciens haut fonctionnaires …) Babeuf défend la nécessité d’une « insurrection pacifique ». Cette impossibilité d’agir Dommanget-C-Sur-Babeuf-Et-la-Conjuration-Des-Egaux-Livre-865760255_Llégalement aboutit à la création de la « Conjuration des égaux ». Le réseau des « Égaux » recouvre tous les arrondissements de Paris et de nombreuses villes de province. À sa tête, un « Directoire secret de salut public », dirigé par Babeuf, coordonne la lutte. Le but est de continuer la révolution, et d’aboutir à la collectivisation des terres et des moyens de production, pour obtenir « la parfaite égalité » et « le bonheur commun ». Grâce aux informations d’un indicateur, la police arrête Babeuf, Buonarroti, Darthé et les principaux meneurs des Égaux le 10 mai 1796 (19 floréal an IV). Une tentative populaire de les libérer échoue le 29 juin .

Pour éviter que le peuple ne les libère, les Égaux sont transférés à Vendôme. Une haute cour est constituée, et le procès s’ouvre le 20 février 1797 en présence de deux ministres. Babeuf, à qui on reproche l’initiative du complot, et Darthé sont condamnés à mort. En entendant sa condamnation à mort, Babeuf se frappa, dans le prétoire même, de plusieurs coups de stylet et fut porté mourant le lendemain à l’échafaud. Darthé, qui avait également tenté de se suicider, est GRACCHUS Plaqueguillotiné avec lui le 8 prairial an V. Buonarroti, Germain et cinq autres accusés sont condamnés à la déportation. Cinquante-six autres accusés, dont Jean-Baptiste-André Amar, sont acquittés. Ses enfants furent adoptés par Lepeletier et Turreau. Certains parlent d’un courant politique qui serait propre à Babeuf, le babouvisme dont se rapprocherait Auguste Blanqui, revendiquant l’égalitarisme et esquissant un pré-socialisme utopique. Friedrich Engels et Karl Marx ont reconnu en lui un précurseur, et en la Conjuration des Égaux « le premier parti communiste ». Babeuf est souvent considéré comme le premier véritable militant communiste. Selon Rosa Luxemburg, Babeuf est « le premier précurseur des soulèvements révolutionnaires du prolétariat ».

Aujourd’hui, les ceusses qui votent sont invité à choisir entre Fillon et Juppé; blanc bonnet et bonnet blanc ou encore: la conjuration des zéros… Allez merci de passer par ici, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Maudite soit la guerre…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

Amis de la tragédie antique et de la politique en toc réunies, bonjour ! Nous sommes le Vendredi 11 novembre 2016, 21è jour de brumaire dédié aux Bacchantes, ces nymphes qui célébraient les mystères deEvoé Dionysos au cours des fameuses Bacchanales. On dit qu’elles couraient çà et là, échevelées, à demi nues ou couvertes de peaux de tigres, la tête couronnée de lierre, le thyrse à la main, dansant et remplissant l’air de cris discordants. Elles répétaient fréquemment le cri Évoé, comme pour rappeler les triomphes de Bacchus sur les Géants.

A chaque 11 novembre mes pensées se dispersent du côté de la Somme, de Verdun, du chemin des dames; dans le feu, le fer, la boue et le sang et surtout, l’immense saloperie qui poussait les hommes à s’entretuer au profit d’une classe de possédant. J’y ai laissé mes deux grands-pères qui y ont définitivement élu résidence sous une petite croix blanche. Les pacifistes, les antimilitaristes et les insoumis de tout poil se retrouveront une nouvelle fois pour le 11 novembre à Gentioux (Creuse), village célèbre pour son monument aux Morts qui proclame maudite-soit-la-guerresans détour : Maudite soit la guerre ! Il y en a quelques uns en France, dont un à Primelin (29) mais, ils se compte sur les doigts. La ressemblance avec les monuments classiques s’arrête là. Le monument de Gentioux n’a rien à voir avec tous les monuments patriotiques guerriers qui hantent nos communes. À la place des sculptures vantant l’héroïsme, la bravoure, le sens du devoir et du sacrifice, à la place des soldats virils brandissant drapeaux et fusils afin « qu’un sang impur abreuve nos sillons », nous trouvons à Gentioux un petit écolier en sarrau et en sabots, un orphelin en bronze, casquette à la main et poing serré, devant l’inscription : « Maudite soit la guerre ! ». À lui seul, le gosse au visage sombre représente les paysans et les ouvriers qui ont été sacrifiés dans une guerre infâme. C’est Jules Coutaud, maréchal-ferrant, maire SFIO de Gentioux de 1920 à 1965, qui avait eu la bonne idée de faire ériger un tel monument.

 https://youtu.be/jhmLsDcQIdA

Chaque 11 novembre depuis les années 80, des militants pacifistes de diverses sensibilités viennent entonner La Chanson de Craonne ou encore Non, non, plus de combats ( chanson anonyme écrite dans les tranchées, datant de 1917, au moment des mutineries. Elle se chantait sur l’air de « Gloire au 17ème », chanson antimilitariste de Montéhus sur le régiment d’infanterie qui refusa de tirer sur les vignerons révoltés en 1907) devant le monument en levant le poing contre la connerie militaire. Allez, en route pour la commémo. Portez vous bien et à bientôt peut-être.