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Des Canuts aux gilets jaunes…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

Amis de la méthode Coué et du risotto de praires réunis, bonjour ! Nous sommes le Samedi 24 Novembre 2018, quatrième jour de Frimaire, dédié à la nèfle. Vous n’allez pas me croire mais, dans certains calendriers, ce quatrième jour de frimaire est consacré à Saint Pourçain; moine qui aurait laissé son nom à la commune de St- Pourçain-sur-Sioule dans le Les-Deux-Clochers-Saint-Pourçain-2013-300x300département de l’Allier. J’ai une tendresse particulière pour ce vin de pays qui mériterait une meilleure réputation, notamment le rouge. On le trouve à des prix très raisonnables et son assemblage de Gamay et de Pinot noir, alors que le blanc est vinifié à partir du Tressalier, lui donne cette légèreté agréable. Saint Pourçain fut ermite bien entendu. C’est à partir du VIe siècle que l’on trouve des traces de la ville dans l’histoire lorsque Porcianus ou Purcianus ou encore Portien, un ancien porcher dit-on, devint abbé d’un monastère établi à une date inconnue sur cette petite hauteur dominant la rivière.

Tout à fait autre chose.

Le 21 novembre 1831, éclate sur la colline de la Croix-Rousse, au nord de Lyon, la révolte des canuts. Elle va se propager dans tous les quartiers ouvriers de la métropole. Les insurgés prennent pour emblème le Drapeau-canutsdrapeau noir et la devise: « Vivre en travaillant ou mourir en combattant ». Cinquante ans plus tard, Aristide Bruant en fera cette chanson magnifique. Ce mouvement social est exemplaire à plus d’un titre ainsi que nous l’allons voir. Les canuts dont le nom vient de du mot canette ou bobine, sont des artisans qui tissent la soie à domicile sur leur propre métier à bras. Ils travaillent pour le compte des soyeux (les patrons) qui leur fournissent la matière première et récupèrent le produit fini.

 

Ils sont environ 6000 artisans qui emploient 30 000 compagnons. Tout cela pour 18 sous par jour et 15 heures de travail. Après un accord arraché au préfet du département sur un tarif minimum que les soyeux refusent d’appliquer prétextant de la concurrence canuts_revolte_p-300x197internationale et des contraintes du marché (cela ne vous rappelle rien ?), la colère éclate. Les canuts descendent de leur colline, drapeau noir en tête, et occupent le centre de Lyon. Après de nombreux combats, on compte une centaine de morts. Le maréchal Soult débarque à Lyon à la tête de 20 000 soldats, la ville est reprise, la garde nationale qui avait pactisé avec les ouvriers est dissoute, le tarif minimum abrogé et le préfet révoqué.

En 1834, les canuts vont remettre le couvert et cette canuts-gauchefois ci, c’est Thiers, celui là même qui quelques années plus tard écrasera la Commune dans le sang, qui va se charger de la sale besogne. 600 morts et 10 000 arrestations. A la chambre des députés, Casimir Perier, président du Conseil, s’exclame: « Il faut que les ouvriers sachent qu’il n’y a de remède pour eux que la patience et la résignation.». Et alors, 180 ans plus tard… A vous de juger !

En attendant qu’on prenne les fourches, portez vous bien et à bientôt peut-être.

La blanche hermine…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

Amis de la peinture à l’eau et de la sardine à l’huile réunies, bonjour ! Nous sommes le Lundi 19 novembre 2018, 29è jour de brumaire dédié au cormier. Il s’agit d’un bel arbre reconnu pour la dureté de son bois. Il a longtemps été le plus prisé pour la confection des fûts d’outils de corroyage (rabots, rifflards, varlopes, guillaumes…), le pommier massif ou en semelle cormierrapportée étant moins apprécié. Il fut aussi utilisé pour réaliser des outils de traçage, règles, trusquins, et de toise. Dans les moulins , les dents rapportées sur couronne en fonte de l’engrenage multiplicateur étaient faites en cormier. Les fruits, cormes ou sorbes, comestibles après blettissement (comme la nèfle), servaient aussi à préparer une boisson faiblement alcoolisée (piquette de cormes). Ils existent quelques spécimens remarquables de cormier qui peuvent être plusieurs fois centenaire comme celui-ci dans le parc du château du Martreil non loin de Chemillé dans le Maine et loire.

 

C’est à Saint-Aubin-du-cormier (35) que se déroula la fameuse bataille qui opposa les troupes du roi de France à celles du Duc de Bretagne; nous sommes en 1488. Vous connaissez la suite: François II dut accepter le traité du Verger, signé le 19 août 1488. Le duc s’engageait à éloigner du duché les princes et tous les étrangers qui s’étaient impliqués dans la guerre contre le roi de France ; il ne marierait pas ses filles sans 1024px-Saint-Aubin-Du-Cormierconsulter celui-ci ; Saint-Malo, Fougères, Dinan et Saint-Aubin seraient remises en garantie au roi dont les droits sur la succession ducale seraient réservés pour le cas où le duc décèderait sans enfant mâle. Les mariages d’Anne de Bretagne avec Charles VIII, puis avec Louis XII résultent de ce traité. La bataille de Saint-Aubin-du-Cormier met un coup d’arrêt à la révolte des princes : Louis d’Orléans, futur Louis XII, et le prince d’Orange sont capturés. Alain d’Albret et le sire des Rieux réussirent à s’échapper et jouèrent par la suite un rôle important dans le conflit qui 220px-Rennes;_Cesson_042aaura lieu en Bretagne. En effet, malgré cette victoire, et le traité du Verger, dès la fin 1488, la guerre reprend pour encore trois ans, jusqu’à ce qu’en décembre 1491, Charles VIII épouse Anne de Bretagne et signe ainsi le début de la fin pour un éventuel État breton.  Comme l’écrit Léon Le Meur, « La bataille de Saint-Aubin sonna le glas de l’indépendance bretonne ». Des nationalistes bretons, tel Célestin Lainé (né à Nantes  mais élevé à Ploudalmézeau, créateur du bezenn Perrot et collabo notoire durant la seconde guerre. C’est lui qui fit sauter le fameux monument de l’Union de la Bretagne à la France, sur la place de la mairie de Rennes en 1932. ), ont fait disperser leurs cendres sur le lieu de la bataille.

Voilà pourquoi votre sœur est muette allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Maudite soit la guerre…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

Amis de la concorde universelle et du Saint Pourçain réunis, bonjour ! Nous sommes le Lundi 12 novembre 2018, 22è jour du mois de Brumaire, dédié à l’Azérole… Ah, vous ne connaissez pas l’azérolier ? C’est un joli petit arbre fruitier du même genre Crataegus-azarolus-fr-04que l’aubépine que l’on trouve dans le bassin méditerranéen. Dans le sud de la France, ils appellent cela la pomette. Ses fruits sont généralement utilisés en gelée ou en confiture. On dit qu’en décoction c’est excellent pour lutter contre l’hypertension artérielle, personnellement je préfère le Lagavulin (dire cela après un AVC c’est complètement irresponsable). Tiens, hier c’était dimanche et férié… Because 11 novembre !

A chaque 11 novembre mes pensées se dispersent du côté de la Somme, de Verdun, du chemin des dames; dans le feu, le fer, la boue et le sang et surtout, l’immense saloperie qui poussait les hommes à s’entretuer au profit d’une classe de possédant. J’y ai laissé mes deux grands-pères qui y ont définitivement élu résidence sous une petite croix blanche. Les pacifistes, les maudite-soit-la-guerreantimilitaristes et les insoumis de tout poil se retrouveront une nouvelle fois  à Gentioux (Creuse), village célèbre pour son monument aux Morts qui proclame: Maudite soit la guerre ! Il y en a quelques uns en France, dont un à Primelin (29) mais, ils se comptent sur les doigts. La ressemblance avec les monuments classiques s’arrête là. Le monument de Gentioux n’a rien à voir avec tous les monuments patriotiques guerriers qui hantent nos communes. À la place des sculptures vantant l’héroïsme, la bravoure, le sens du devoir et du sacrifice, à la place des soldats virils brandissant drapeaux et fusils afin « qu’un sang impur abreuve nos sillons », nous trouvons à Gentioux un petit écolier en sarrau et en sabots, un orphelin en bronze, casquette à la main et poing serré, devant l’inscription : « Maudite soit la guerre ! ». À lui seul, le gosse au visage sombre représente les paysans et les ouvriers qui ont été sacrifiés dans une guerre infâme. C’est primelinJules Coutaud, maréchal-ferrant, maire SFIO de Gentioux de 1920 à 1965, qui avait eu la bonne idée de faire ériger un tel monument.  En 2008, pour les 90 ans de l’Armistice de la guerre de 14-18, un collectif s’était déplacé à Gentioux pour demander la réhabilitation de tous les fusillés « pour l’exemple ». Durant la Première Guerre mondiale, 2500 soldats français sont passés devant des cours martiales.

Parce qu’ils refusaient la barbarie et la guerre impérialiste, tous ont été condamnés. Parce qu’ils refusaient de crever pour les profiteurs de guerre, parce qu’ils voulaient mettre fin à la boucherie, parce qu’ils refusaient de tirer sur leurs camarades ouvriers allemands et fraternisaient avec « l’ennemi », parce qu’ils voulaient la paix, craonnele pain et la liberté, 650 troufions, parfois tirés au sort, ont été sauvagement assassinés.(Ici à gauche, le monument de Haïm Kern dédié aux « fusillés pour l’exemple », sur la commune de Craonne dans l’Aisne.) Chaque 11 novembre depuis les années 80, des militants pacifistes de diverses sensibilités viennent entonner La Chanson de Craonne ou encore Non, non, plus de combats ( chanson anonyme écrite dans les tranchées, datant de 1917, au moment des mutineries. Elle se chantait sur l’air de « Gloire au 17ème », chanson antimilitariste de Montéhus sur le régiment d’infanterie qui refusa de tirer sur les vignerons révoltés en 1907) devant le monument en levant le poing contre la connerie militaire. Et certains voudraient trouver des raisons de réhabiliter Pétain !

Allez, en route pour la commémo. Portez vous bien et à bientôt peut-être.

Y have a dream…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

Amis de la philosophie transcendantale et du waterzoï de poulet réunis, bonjour ! Nous sommes le Mercredi 24 octobre 2018 qui correspond au troisième jour de brumaire qui fut dédié à la poire, ce qui m’amène par un étrange cheminement intellectuel dont l’explication serait trop longue et, autant le dire, par tropYa bon fastidieuse pour s’intégrer dans ce billet, à vous parler de Rosa Louise McCauley Parks. L’idée m’en est venue en voyant cette actu d’un gros porc raciste à bord d’un vol Ryanair qui insulte sa voisine au seul motif qu’elle est noire. Que croyez vous qu’il advint? Le personnel de la compagnie, au lieu d’expulser cet ignoble individu à demander à la dame de changer de fauteuil. Nous sommes en 2018 mon vieux Martin!

Rosa Parks devient célèbre lorsque, le 1er décembre 1955 dans la ville de Montgomery, elle refuse d’obéir au conducteur de bus James Blake qui lui demanROSA PARKSde de laisser sa place à un blanc et d’aller s’asseoir au fond du bus. Il faut savoir qu’à cette époque là, les quatre premiers rangs sont réservés aux blancs. Les noirs doivent s’asseoir au fond du car. Ils peuvent néanmoins utiliser la zone centrale jusqu’à ce que des blancs en aient besoin. Arrêtée par la police, elle se voit infliger une amende. Elle fait appel de ce jugement. Un jeune pasteur noir inconnu; Martin Luther King, lance alors une campagne de protestation et de boycott contre la compagnie de bus qui dura 381 jours. Le 13 novembre 1956, la cour suprême casse les lois ségrégationnistes dans les bus, les déclarant inconstitutionnelles. Dans son autobiographie, Rosa se souvient de sa jeunesse: « Pour aller à l’école, les enfants Blancs prennent le bus, les autres vont à pied. Elle se KKKsouvient des fontaines publiques réservées aux Blancs… Je pensais que l’eau pour les Blancs avait meilleur goût que celle des Noirs. » (ici à droite, une marche du KKK) La veille du procès, 35 000 tracts sont distribués pour inviter les Noirs à ne plus emprunter les bus. Des dizaines de bus vont rester au dépôt pendant des mois. Les extrémistes Blancs du Ku Ku Klan vont animer une campagne de violence contre Luther King, tirant contre les bus et les églises fréquentés par des Noirs.

Par la suite, Rosa Parks devient une icône pour le mouvement des droits civiques. En octobre 1995 elle a participé à la « Million Man March » qui rassembla plus d’un million de Noirs à Washington. A la fin de sa vie, miséreuse, elle dut faire appel à son église pour l’aider à payer son loyer. Elle est décédée le 24 busoctobre 2005. La classe politique dans son ensemble lui a rendu hommage, sa dépouille est restée exposée deux jours dans la rotonde du Capitole pour un hommage public. Elle a connu tous les honneurs possibles et imaginables, toutes les médailles, toutes les décorations… A Yaoundé, capitale du Cameroun, une avenue porte son nom. Un terminus de la ligne 7 du réseau de bus à Rennes a été créé il y a quelques années.(a droite, le bus aujourd’hui au musée de Dearborn dans le Michigan) Le révérend Jesse Jackson à dit d’elle: « Elle s’est assise pour que nous puissions nous lever. »

A la vérité, une grande dame qui méritait bien de figurer dans notre galerie de portraits. Bon allez, merci d’être passé, portez vous bien et à bientôt peut-être

Noyés par balle…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

Amis des chinoiseries et du thé noir réunis, bonjour ! Nous sommes le Mercredi 17 octobre 2018, 26è jour de vendémiaire dédié à l’aubergine. Tiens, commençons cette semaine par un peu d’humour: celui-ci est glané dans les colonnes du Canard enchainé: « Ten years ago we have Steve Jobs, Bob Hope and Johnny Cash, now we have no jobs, no hope and no cash. » Amusant non!

Triste anniversaire que ce 17 Octobre mais la montée nauséabonde du sentiment raciste et les percées électorales des divers populismes nous obligent à y revenir. 17 Octobre 1961 : à l’Appel de la Fédération FLN de France des milliers d’algériens ont convergé vers le Centre de Paris pour réclamer l’indépendance de leur pays. Selon Réné Rémond, notre siècle manif FLN G1918-1968, Paris, Fayard, « la soirée est tragique : des dizaines, peut-être des centaines d’algériens sont tués, jetés dans la Seine, où l’on repêche leurs corps. Le bilan officiel fait état de 11538 arrestations, mais reste discret sur les atrocités de cette soirée. » le sinistre Maurice Papon, alors préfet de police de paris a déclaré à la télévision française en 1993, selon libération n’avoir « aucun remords, aucun signe d’angoisse. il a regretté son incapacité à n’avoir pu, en quelque sorte, maintenir l’ordre ». son directeur de cabinet avait pourtant confirmé à l’historien Michel Winock que « la seine charriait de plus en plus de cadavres … noyés par balle ». le responsable de cette bévue monumentale, qui relève du terrorisme d’état, sera récompensé par un portefeuille ministériel sous la présidence  de Giscard d’Estaing.

Jean-Luc Einaudi a recueilli nombre de témoignages d’appelés du contingent affectés au service sanitaire, d’assistantes sociales et même de certains policiers décrivant la « vision d’horreur » qui les a saisis à l’entrée du Palais des sports ou du Stade de Coubertin. Les sévices sur les détenus se poursuivent jusqu’au 20 octobre où la salle de spectacle doit être libérée pour un concert de Ray Charles. Des centaines de manifestants Etienblessés ont été dirigés sur des hôpitaux. Dans cinq hôpitaux seulement, on compte 260 blessés hospitalisés. Jean-Paul Brunet note que sur ces 260 blessés, 88 sont entrés entre le 19 et le 21, ce qui témoignerait de la persistance des brutalités policières bien au-delà de la nuit du 17 octobre.
Parmi les policiers, une dizaine a été conduite à la Maison de santé des gardiens de la paix pour des blessures légères]. Certains des blessés hospitalisés viennent du Palais des sports où les 150 policiers qui assurent la garde des détenus se livrent à des brutalités dont le syndicaliste policier Gérard Monatte dira dans les semaines suivantes « …d’après ce que nous savons, il y a eu une trentaine de cas absolument indéfendables ».

Cela relève peut-être de l’imprécation mais comment ne pas crier: Plus jamais ça ! Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

Le cénobite en goguette…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

Amis de l’Internationale ouvrière et  du velouté de potimarron réunis, bonjour ! Oui, nous sommes le  Jeudi O4 octobre 2018 mais, je n’y suis pour rien. Ce treizième jour de vendémiaire était généralement le jour du potiron pour nos amis républicains. Quand à notre police républicaine, il a suffit qu’elle apprenne la démission de son ministre de l’intérieur pour remettre la main sur celui qui s’était fait la belle spectaculairement il y a quelques temps (Redoine Faïd) pour le coup, c’est lui qu’ils vont remettre à l’intérieur.

Le 4 octobre 1816 est aussi le jour qui va voir la naissance de Eugène POTTIER, pottierpoète , Franc-maçon et révolutionnaire; dans l’ordre que vous voudrez. Lorsque j’étais enfant, à Douarnenez (29), le fond de la ria du Port-Rhu était notre terrain de jeu. Il y avait là près du cimetière des bateaux, un vieux thonier qui attendait sa fin en s’envasant paisiblement et qui portait le nom de « Eugène POTTIER ». A cette époque là, on laissait les bateaux mourir de leur belle mort; le moment venu,on les remorquait vers un coin de rivière ou de plage et on laissait le temps faire son œuvre. Je ne savais pas encore ce que nous lui devions à ce grand monsieur.

Eugène Pottier était ce que l’on appelle un goguettier, terme aujourd’hui oublié qui désignait les membres des goguettes ces sociétés chantantes d’où sont  issues de nombreuses chansons très populaires. La plus célèbre de toutes les goguettes est sans nul doute La lice chansonnière goguette parisienne qui a vu naître j’irai revoir ma Normandie, Le temps des cerises ou chansonniersl’Internationale. Membre de la garde nationale, il prend part aux combats durant le siège de Paris de 1870 puis s’engage activement auprès de la Commune dont il sera élu pour le 2ème arrondissement. Il parviendra à s’enfuir en Angleterre puis ira s’installer aux États-Unis d’où il organisera la solidarité pour les communards. Après l’amnistie de 1880, il rentre en France et continue de publier ses poèmes mais c’est bien sûr l’Internationale mis en musique par Pierre de Geyter en 88 qui lui vaudra une renommée mondiale. Même si cette chanson fut récupérée par l’URSS, elle garde sa coloration libertaire. Comme quoi, on peut être en goguette et soucieux du bien être de ses semblables.
« Il n’est pas de sauveurs suprêmes,
Ni Dieu, ni César, ni Tribun,
Producteurs sauvons-nous nous-mêmes,
Décrétons le salut commun. »

Ces goguettes qui ont prospéré en France jusqu’au début des années 1900 et qui portaient le nom de Gais pipeaux, Lice chansonnière, Les bergers de Syracuse, ou la Muse rouge ont goguettegénéré de nombreux « chefs-d’œuvres » c’est ainsi que l’on doit au goguettier Lillois  Alexandre Desrousseaux le fameux « p’tit Quinquin ». Ici une représentation d’une soirée à la Lice chansonnière par Daumier. Ah, la belle époque, où les estaminets vous accueillaient jusqu’à pas d’heure et ou il vous était loisible de chanter, fumer et boire tout votre saoul en bonne compagnie. Anecdote: En 1910, Lénine qui vit à Paris, assiste au N° 49 de la rue de Bretagne à une goguette révolutionnaire à La muse rouge…

Tiens, j’aperçois un Clynelish qui me tend les bras, la distillerie capte son eau dans le torrent Clynemilton Burn et la maturation en fûts de chêne ne dure pas moins de quatorze ans. Le temps de m’en bourrer une petite et je vous poste ça.



 

Le malade prend l’avis du médecin. Le médecin prend la vie du malade.

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

Amis de la relance Keynésienne et du céleri rémoulade réunis, Côme et Damienbonjour ! Aujourd’hui, nous sommes le Mercredi 26 septembre 2018, cinquième jour de Vendémiaire dédié au cheval… Comme disait Pierre Dac: « Si vous avez perdu au PMU, vengez vous, mangez du cheval ! » On fête aussi la saint Côme, rien à voir avec le lac que ma belle et moi visitions voici quelques temps à pareille époque. Côme et son frère Damien étaient des chirurgiens qui pratiquaient la médecine gratuitement d’où l’appellation d’anargyres; joli nom qui commence plutôt bien et qui me les rend sympathiques.En Bretagne armoricaine on fête plutôt les Oedmal en mémoire d’un des premiers évêques de Saint-Malo.

Cela se passait en Cilicie (aujourd’hui en Turquie) vers l’an 300 et ces braves garçons n’ont guère eu de chance, en effet, ils furent arrêtés sur l’ordre du Préfet de Cilicie, un certain Lysias dont c’est le seul titre de gloire. Il leur ordonna d’abjurer sous la torture. Selon la légende ils restèrent fidèles à leur foi en dépit220px-Fra_Angelico_064 de toute une série de tortures affreuses auxquelles ils restèrent insensibles ; finalement ils furent décapités (ce qui prouve une fois de plus que la foi peut faire perdre la tête et que les égorgements et autres joyeusetés de l’Etat Islamique en Irak et au Levant ne datent pas d’hier). Leurs frères cadets Antime, Léonce et Euprepius, qui les suivaient partout, partagèrent leur martyre. La plus célèbre de leurs cures miraculeuses, la greffe d’une jambe de Maure pour remplacer la jambe nécrosée d’un patient, fit l’objet de nombreuses peintures et miniatures; on peut en observer une que l’on doit au talent de Fra Angelico au musée national San Marco à Florence.

Et voilà pourquoi, madame Michu, on a fait de Côme le patron des chirurgiens et des pharmaciens et cela depuis fort longtemps puisque c’est à Saint-Louis que l’on doit la création de la confrérie de Saint-Cosme, première « association professionnelle » des chirurgiens. Jusque là en effet, la profession de chirurgien n’était pas clairement différenciée de Côme-03celle de barbier. Ces deux professions étaient considérées comme des métiers manuels nécessitant peu d’instruction, et appris le plus souvent en assistant un proche. Les médecins, au contraire, étaient considérés comme instruits, après des études en école de médecine. Jean Pitard, premier chirurgien de saint-Louis en créant la confrérie de Saint-Côme et de Saint-Damien distingue les chirurgiens dits de robe longue qui doivent désormais passer un examen devant leurs pairs avant d’exercer, des chirurgiens dits de robe courte ou barbiers qui ne sont plus chargés que des interventions minimes. A Paris, rue de l’école de médecine on trouve encore trace de ce remarquable hôtel de la confrérie des chirurgiens. Étonnant, non !

ps: le titre de ce billet est de Molière (Le malade imaginaire) allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Barbès et Blanqui…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

Amis de la littérature polissonne et du poulet au gingembre réunis, bonjour ! Nous voici le Mardi 18 septembre 2018 et, pour le calendrier républicain, c’était le deuxième jour supplémentaire, encore nommé: jour du génie… Les calendriers calendrierde cette époque, il faut le dire, étaient illustrés par des images des dames du temps jadis comme celles-ci et ornés de maximes à la gloire de la République et de la Laïcité. Avouez qu’elles étaient plutôt girondes à l’époque (normal, les Girondins…), rien à voir avec Kate Moss ou autres anorexiques du calendrier Pirelli. Hélas, le calendrier républicain, censé inaugurer une nouvelle ère de l’humanité ne dura guère. Le « Grégorien » avec ses fêtes chrétiennes fut rétabli le 1er janvier 1806.

Tiens, à propos de République, je me souviens (comme disait Pérec) de promenades sur le marché de Barbès marquées par les parfums exotiques. A l’époque je m’étais promis de me renseigner sur l’origine de ce nom. L’occasion m’en ait donnée aujourd’hui, je vous en fais profiter. Armand Barbès, Sigismond Auguste , républicain farouche, éternel opposant à la Monarchie de Juillet, restera dans l’Histoire, comme l’homme de deux Barbès-droitejournées : Surnommé par ses admirateurs, « le conspirateur hors-pair » et « le Bayard de la démocratie », Barbès est aujourd’hui, le paradigme du révolutionnaire romantique type du dix-neuvième siècle, courageux, généreux et démocrate véritable, mais aussi comme une source récente le discerne : « un homme d’action sans programme ». Ce futur « fléau de l’establishement » (Marx) naît dans une famille bourgeoise de Pointe-à-Pitre, Guadeloupe, le 18 septembre 1809. Son père, chirurgien militaire de Carcassonne (Aude), né à Capendu (Aude), vétéran de la campagne d’Égypte, muté en Guadeloupe en 1801, y restera jusqu’à la chute de l’Empire. La famille revenue à Carcassonne, le fils aîné du docteur y reçoit en 1830, son baptême révolutionnaire. À 20 ans, Armand, à la fibre républicaine, aussi forte que précoce et d’un physique imposant, a été choisi pour mener le bataillon local de la garde nationale pendant la révolution de 1830. En 1834, son adhésion à la Société Droits de l’Homme vaut à Barbès sa première arrestation. Libéré, début 1835, il sert d’avocat aux 164 prévenus républicains mis en accusation pour l’insurrection de 1834 ; en juillet 1835, il aidera vingt huit d’entre eux à s’évader de Sainte-Pélagie, la prison parisienne « réservée aux politiques ».

En 1834, la SDH est à peine démantelée par la police que Barbès fonde l’éphémère Société des vengeurs suivie, l’année suivante, par la Société des Familles. C’était le commencement de sa longue et tumultueuse « collaboration » avec Blanqui. Le 10 mars 1836, Barbès et Blanqui sont arrêtés par la police, en train de charger des cartouches dans l’appartement qu’ils partageaient à Paris. Retourné à Paris en 1838, Barbès se joint à Blanqui pour former encore une autre société secrète républicaine, la très prolétaire Société des Saisons. Membres Fondateurs de la Société des Saisons, Barbès prépare l’insurrection du 12 mai 1839 avec Blanqui et Martin Bernard. Martin Bernard, Blanqui et Barbès, sont de la génération des Blanquisociétés secrètes. Ils ont connu les procès et la prisons. Photo de gauch: Blanqui. Ainsi, pour des raisons qui parfois se rejoignent (le sacrifice de leur liberté consenti par les deux hommes) ou diffèrent au niveau des doctrines et des caractères, ces deux grandes figures appartiennent en effet au Panthéon républicain où ils bénéficient tous deux d’une réputation de révolutionnaires intransigeants, jamais entamée par les inévitables compromis nécessités par l’exercice du pouvoir. Revenu à Paris en 1838, il se joint à Blanqui pour former une autre société secrète, la Société des Saisons. En 1839, cette Société, beaucoup plus prolétarienne compte environ neuf cents membres et le 12 mai, elle se sent assez forte pour tenter un coup d’état à Paris. Quatre cents insurgés parviennent à occuper brièvement l’Assemblée, l’Hôtel de ville et le Palais de Justice, mais le nombre et les armes leur font défaut.

L’échec du coup d’Etat de 1839 amène le divorce Barbès – Blanqui, ce qui nuira profondément à l’extrême gauche lors de la révolution de 1848, mais également plus tard.
En mars 1848 leur hostilité éclate au grand jour avec la publication par le journaliste Taschereau d’un prétendu document (tiré des dossiers de police…) et qui prouverait que Blanqui avait trahi ses camarades conspirateurs en 1839. Un bon nombre d’historiens, jugent maintenant hautement probable que ce document soit « un faux diffusé (sous forme de fuites) par le gouvernement » pour déstabiliser Blanqui. Barbès, lui, semble croire à l’authenticité de ce document, ce qui provoquera de « terribles divisions » parmi l’extrême gauche, divisions toujours présentes en fin de siècle. Libéré de prison en 1848, Barbès semble s’être mis à la disposition des 1024px-PARIS_XVIII_-_Le_Métro_au_Boulevard_Barbesrévolutionnaires modérés; cherchant constamment à contrecarrer Blanqui. Conseillé par Lamartine, il forme le club de la Révolution pour s’opposer à la Centrale républicaine insurrectionnelle de Blanqui, prudemment renommée: Société républicaine Centrale. Il connaîtra donc toutes les geôles. Celles de Louis-Philippe (de 1836 à 1837, de 1839 à 1848), de la Seconde République et du Second Empire (de 1848 à 1854). 1848, sera le ‘dernier baroud’ pour « le conspirateur hors pair. » Condamné à la prison à vie en 1849, Barbès fut libéré par Napoléon III en 1854. Mais, il ne revint jamais en France, se retirant dans un exil volontaire à la Haye, où il mourut le 26 juin 1870, quelques semaines avant que la République ne succède au second empire, événement qui l’aurait, sans aucun doute, réjouit au delà de tout.

Sacré bonhomme qui méritait largement qu’on lui fasse une petite place dans notre galerie de portraits (oui, je sais, c’est trop long…). Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Le Jeudi c’est histoire…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

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Amis de la cuisse de grenouille et de celle de Jupiter réunies, bonjour ! Voici venu le Jeudi 26 juillet 2018, 8ème jour de thermidor consacré au carthame. Le carthame des teinturiers ou Safran des teinturiers, parfois appelé Safran bâtard, est une plante originaire carthamed’Égypte, dont le nom dériverait d’un mot arabe qurtum. Elle produit un fruit, un akène oléagineux, dont les graines sont utilisées pour produire des huiles alimentaires ou de massage (la fameuse huile de carthame) qui sont parfois intégrées à des produits cosmétiques pour les cheveux. Cette huile au parfum prononcé est surtout utilisée à froid. Non raffinée, elle a une légère saveur de noisette et sa couleur se rapproche du jaune ambré foncé, tandis que raffinée, elle ne présente aucune saveur et sa couleur est plutôt jaune pâle.

Un peu d’histoire.

Le 26 juillet 1488 marque le début de la bataille de Saint-Aubin-du- Cormier considérée par les nationalistes bretons comme le début de la fin. Après avoir été défait par les troupes royales, François II, dessin MalivelDuc de Bretagne, doit accepter le traité du verger signé le 19 août 1488. Le duc s’engageait à éloigner du duché les princes et tous les étrangers qui s’étaient mêlés de la guerre contre le roi de France ; il ne marierait pas ses filles sans consulter le roi de France ; St Malo, Fougères, Dinan et Saint-Aubin sont remises en garantie au roi dont les droits sur la succession ducale sont réservés pour le cas où le duc décèderait sans enfant mâle. Les mariages d’Anne de Bretagne avec Charles VIII puis avec Louis XII résultent de ce traité. A droite un dessin de Jeanne Malivel -1922-

La bataille de Saint-Aubin-du-Cormier met un coup d’arrêt à la révolte des princes : Louis d’Orléans, futur Louis XII, et le prince d’Orange sont capturés. Alain d’Albret et le sire des Rieux réussissent à s’échapper et jouent par la suite un rôle important dans le conflit qui a lieu en Bretagne. En effet, malgré cette bezennvictoire, et le traité du Verger, dès la fin 1488, la guerre reprend pour encore trois ans, jusqu’à ce qu’en décembre 1491, Charles VIII épouse Anne de Bretagne. Cette bataille est considérée par les nationalistes bretons comme le moment où la Bretagne perd son indépendance, malgré les trois années de campagne qui suivent ; elle est donc considérée comme un moment fort de l’histoire de la Bretagne. Comme l’écrit Léon Le Meur, « La bataille de Saint-Aubin sonna le glas de l’indépendance bretonne ». Des nationalistes bretons, tel Célestin LAINÉ (triste sire peu fréquentable, créateur du Bezenn Perrot, milice bretonne de collaboration) , ont fait disperser leurs cendres sur le lieu de la bataille. Je hais tous les nationalismes.

Bon, et bien voilà pour aujourd’hui, un mélange des genres en quelque sorte. Mais vous l’avez sûrement deviné, je suis assez pour le mélange. Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

Bertrand du déclin…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

Amis de la métalinguistique et du catalogue de la Redoute réunis, 290px-Pintade_domestique1-150x150bonjour ! Nous sommes le Vendredi 13 juillet 2018 (aie), 25è jour de Messidor dédié à la pintade, décrite par Jules Renard comme la « bossue de la cour au crâne chauve et à la queue basse » qui « ne rêve que plaies à cause de sa bosse ». Cela vous évoque quelqu’un ? On dit que la pintade cacabe ou qu’elle criaille.

C’est un 13 Juillet, en 1380 que disparut l’affreux Bertrand du Guesclin. Oyez son histoire. Le 2 octobre 1369, dans sa résidence de l’hôtel Saint-Pol, dans le quartier parisien du Marais, le roi Charles V le Sage octroie à Bertrand Du Guesclin le titre de connétable en reconnaissance des services rendus. Le titre de connétable correspond au Moyen Âge aux fonctions modernes de chef d’état-major. Le mot vient du latin comes stabuli, qui désigne le comte de l’étable (aussi appelé grand écuyer). Né un demi-siècle plus tôt au château de La Motte-Broons, près de Dinan, dans le duché de duguesclin_gisant_maxiBretagne alors indépendant, Bertrand Du Guesclin se signale très tôt par son caractère combatif (et sa laideur). Il fait ses premières armes dans la guerre de la Succession de Bretagne, aux côtés de Charles de Blois, le candidat du roi de France. Il se fera battre et même capturer à Auray par les Anglais du Prince Noir, alliés du camp rival. Charles V le fait libérer contre 100.000 livres, et lui demande en retour de libérer le royaume des Grandes Compagnies. Il s’agit de bandes de mercenaires qui, depuis la paix de Brétigny (mai 1360) et la fin des hostilités avec les Anglais, mettent les campagnes au pillage. Du Guesclin leur trouve une occupation en les emmenant de l’autre côté des Pyrénées où, là comme en Bretagne, se déroule une guerre entre prétendants à la couronne de Castille. Le premier choc est fatal à Du Guesclin. À Navarette, en 1367, il est capturé par le Prince Noir. Le Breton, par orgueil, fixe lui-même le montant de sa rançon au niveau qui sied à sa valeur… C’est ainsi que le roi Charles V le fait libérer en échange de 60.000 florins. Peu après, Du Guesclin prend sa revanche sur Pierre le Cruel et l’oblige à se réfugier dans la forteresse de Montiel. Capturé, Pierre 1er est tué par Henri de Trastamare. Fin de l’épisode castillan.

De retour à Paris, le mercenaire reçoit donc du roi le titre de connétable malgré les réticences des courtisans et des princes qui supportent mal le rude caractère du Breton. En l’honorant ainsi, le roi veut s’attacher son concours pour chasser les Anglais des dernières provinces qui leur restent sur le Continent et en finir avec une guerre qui n’a que trop duré (on ne l’appelle pas encore guerre de Cent Ans). Le chevalier breton, célèbre pour sa laideur tout autant que sa vigueur et son talent de stratège, accepte l’honneur qui lui est fait par le Conseil du roi et va s’en acquitter avec succès Bertrand-Du-Guesclin-213x300 Gpendant les dix années qui lui restent à vivre.À la fin, Du Guesclin chasse les Anglais de Normandie, de Guyenne, de Saintonge et du Poitou. Il fait également la chasse aux routiers qui sèment la désolation. Il meurt de maladie à 60 ans, le 13 juillet 1380, en assiégeant un de leurs repaires, à Châteauneuf-de-Randon, en Gévaudan. Le gouverneur de la place se rend et vient solennellement déposer les clés de la forteresse sur le cercueil du héros ! Si le personnage était sans peur, il n’était pas sans reproche. C’était un soudard et les massacres qu’il a perpétrés sur les Juifs d’Espagne n’ont rien à envier aux horreurs commises par les sbires des temps modernes. Sources:Vous pouvez lire :Chronique de Bertrand du Guesclin par Cuvelier, trouvère du XIV siècle; Chronique en forme de chanson de geste, versifiée en français ancien, sur la vie de Bertrand du Guesclin. Ou bien consulter l’article de André Larané sur Herodote. Dans le mouvement breton (emsav) il était surnommé Bertrand du déclin tant son attachement à la couronne française hérissait le poil du militant. Résultat, en février 1977, la statue du connétable qui trônait au bord de la quatre voies St-Brieuc Rennes, à proximité de Broons (22), fut pétardée par le FLB.

Bon allez, j’entends les pimpons de la caravane du tour. Portez vous bien et à bientôt peut-être.