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A la St Hernin le cénobite va bien…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

Amis de l’anacoluthe et de l’endive braisée réunies, bonjour! Nous sommes déjà le Mercredi 11 janvier 2017, 22è jour de nivôse dédié au sel… Aujourd’hui donc, le calendrier des postes voudrait nous faire croire que c’est la St Paulin… En vérité, en Bretagne armoricaine, c’est la St Hernin.

Hernin serait venu de Grande-Bretagne pour établir son ermitage à Locarn. Le nom vient du vieux breton Harn, d’ou Loc-Harn. La tradition locale prétend qu’il déserta ensuite ce lieu pour venir à Saint-Hernin, soutenu par le seigneur de Kergoat. Ce sont là deux charmants bourgs de la Bretagne centrale. A droite, un détail du calvaire de kerbreudeur à st-herninSaint-hernin. Cette commune est connue pour des faits liés à la Révolte des Bonnets rouges. Le 11 juillet 1675 et les jours qui suivent, les insurgés de vingt paroisses de Scaër au Huelgoat, assiègent et pillent le château du Kergoët en Saint-Hernin, une somptueuse demeure pourvue de murailles et de défenses, propriété du marquis Le Moyne de Trévigny, puis le brûlent. L’histoire de Sébastien le Balp, meneur des bonnets rouges (canal historique) nous est contée ici par le Grand Serge Kerguiduff avec qui nous avons vidé nombre de chopines du côté de chez Armand à St Brieuc.

L’intendant et plusieurs serviteurs sont assassinés. La marquise parvient à s’échapper et se réfugie au couvent des Carmes de Carhaix. L’histoire aimant par dessous tout se jouer des ressemblances, c’est le maire actuel de Carhaix et créateur du mouvement des bonnets rouges (Christian Troadec) qui est candidat à l’élection présidentielle… Mais, code-paysan-300x240revenons trois siècles en arrière. Le propriétaire du château est réputé être lié à ceux qui avaient amené en Bretagne les impôts du timbre et du tabac. Par ailleurs les révoltés craignent l’imposition de la gabelle. Enfin le seigneur du lieu a la réputation d’être dur avec ses vassaux. Il se racontait alentour que le château avait été entièrement reconstruit par corvées. Une transaction est passée entre les paroisses et Le Moyne de Trévigny pour réparation des dommages sur son château. Celle-ci est approuvée par les États de Bretagne en octobre 1679. Ah, on savait s’amuser à l’époque…

Allez, merci de votre visite, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Ici Radio… Libertaire.

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

Amis de la pensée Pascalienne et du Vermouth-cassis réunis, bonjour ! Nous sommes le Mardi 13 décembre 2016, 23è jour de Frimaire dédié au roseau.  « L’homme n’est qu’un roseau, le plus faible de la nature; Pascalmais c’est un roseau pensant. Il ne faut pas que l’univers entier s’arme pour l’écraser: une vapeur, une goutte d’eau, suffit pour le tuer. Mais, quand l’univers l’écraserait, l’homme serait encore plus noble que ce qui le tue, parce qu’il sait qu’il meurt, et l’avantage que l’univers a sur lui, l’univers n’en sait rien. Toute notre dignité consiste donc en la pensée. C’est de là qu’il nous faut relever et non de l’espace et de la durée, que nous ne saurions remplir. Travaillons donc à bien penser: voilà le principe de la morale. »  Pascal – Pensées – (1660)

A propos de 13 décembre, c’est précisément un 13 décembre, en 1983, que se déroula ce formidable concert de soutien à Radio-Libertaire (avec Léo Ferré notamment) dont tout le matériel venait d’être saisi par la maréchaussée aux ordres du pouvoir socialiste (un comble). C’est en radio libmai 1981 que le congrès de la Fédération Anarchiste décide la création de cette radio qui à cette époque là n’avait ni nom ni budget ni matériel ni animateurs ni indicatif et, on peut le dire, pas non plus de projet. Mais l’expérience s’est inscrite dans le temps prenant la suite de leurs glorieux ainés. Comme en 1921 à Kronstadt lorsque les insurgés ont lancé leurs messages radio. Comme en 1936 avec Radio FAI-CNT en Espagne. Et plus près de nous avec Radio Trottoir (Toulon) et Radio-Alarme. Le 28 août 1983, à l’aube, des CRS se sont présenté devant les locaux de Radio-Libertaire, ont défoncé la porte et saisi le matériel.

Les animateurs ont été frappés et interpellés, le câble d’antenne sectionné et le pylône détérioré. le 3 septembre, une immense manifestation de soutien eut lieu. A cette époque là, avec quelques 1024px-Demonstration_Radio_Libertaire_1983-09-03_2autres pionniers, nous nous étions lancé dans l’aventure des radios libres, je me souviens de « Radio-Kaosette » et de nos balbutiements radiophoniques. J’occupais l’antenne deux fois par semaine et le nombre d’auditeurs ne devait guère être supérieur à celui d’un car de touristes Belges. Quelle époque, madame Michu ! Aujourd’hui l’antenne de Radio-Libertaire est ouverte aux anarcho-syndicalistes, la Libre Pensée, les Espérantistes, la Ligue des droits de l’homme… Et de nombreuses plages sont dédiées aux mouvements sociaux.
Allez, on va pas virer Radio-Nostalgie…

Merci de votre visite, portez vous bien et à demain peut-être.

Ah ça ira, ça ira, ça ira…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

Amis de la complotitude et du lait ribot réunis, bonjour ! Nous sommes moulin à caféle Mercredi 23 novembre 2016, 3è jour de brumaire dédié à la chicorée. J’ai encore en souvenir celle que l’on incorporait obligatoirement au café après l’avoir moulu dans ce merveilleux petit ustensile aujourd’hui disparu… Hé oui, petit scarabée, parmi les différentes tâches ménagères qui faisaient notre quotidien à cette époque là, l’une d’entre d’elles consistait à moudre le café, assis sur un tabouret, le moulin fermement serré entre les cuisses, il fallait mouliner mais… Pas trop non plus. Puis on récupérait le café moulu dans le petit tiroir du moulin et à ce moment là, on pouvait rajouter la fameuse chicorée qui se trouvait à l’intérieur d’une boite en fer dans son paquet reconnaissable entre tous, juste à côté du poêle qui faisait office de cuisinière et sur lequel attendait la cafetière.

 

L’homme du jour est: François Noël Babeuf, connu sous le nom de Gracchus Babeuf, né le 23 novembre 1760 à Saint-Quentin et mort à Vendôme le 27 mai 1797 (8 prairial an V), c’est un révolutionnaire français. Il forma la « conjuration des Égaux » contre le Directoire et fut exécuté. A partir du 3 septembre 1794, Babeuf publie le Journal de la Liberté de la presse, qui devient le 14 vendémiaire an III, Le Tribun  babeuf gauchedu peuple. Ce journal, où il combat avec la dernière violence la réaction thermidorienne, acquiert une forte audience. Il adhère, à la même période, au Club électoral, club de discussion des sans-culottes. Le 3 novembre, il demande que les femmes soient admises dans les clubs. Arrêté et emprisonné à de multiple reprises, Il se bat contre les impôts indirects, organise pétitions et réunions. En conséquence, il est à nouveau arrêté le 19 mai 1790 et emprisonné. Il est libéré en juillet, grâce à la pression du révolutionnaire Jean-Paul Marat. À la même époque, il rompt avec le catholicisme (il écrit en 1793 : « Le christianisme et la liberté sont incompatibles »).

Abandonnant le prénom Camille, qu’il avait adopté en 1792, il se fait alors appeler Gracchus, en hommage aux Gracques, initiateurs d’une réforme agraire dans la Rome antique.(Aujourd’hui encore il existe un groupe de réflexion à Gauche-social-libéral qui porte ce nom et est constitué en partie d’anciens haut fonctionnaires …) Babeuf défend la nécessité d’une « insurrection pacifique ». Cette impossibilité d’agir Dommanget-C-Sur-Babeuf-Et-la-Conjuration-Des-Egaux-Livre-865760255_Llégalement aboutit à la création de la « Conjuration des égaux ». Le réseau des « Égaux » recouvre tous les arrondissements de Paris et de nombreuses villes de province. À sa tête, un « Directoire secret de salut public », dirigé par Babeuf, coordonne la lutte. Le but est de continuer la révolution, et d’aboutir à la collectivisation des terres et des moyens de production, pour obtenir « la parfaite égalité » et « le bonheur commun ». Grâce aux informations d’un indicateur, la police arrête Babeuf, Buonarroti, Darthé et les principaux meneurs des Égaux le 10 mai 1796 (19 floréal an IV). Une tentative populaire de les libérer échoue le 29 juin .

Pour éviter que le peuple ne les libère, les Égaux sont transférés à Vendôme. Une haute cour est constituée, et le procès s’ouvre le 20 février 1797 en présence de deux ministres. Babeuf, à qui on reproche l’initiative du complot, et Darthé sont condamnés à mort. En entendant sa condamnation à mort, Babeuf se frappa, dans le prétoire même, de plusieurs coups de stylet et fut porté mourant le lendemain à l’échafaud. Darthé, qui avait également tenté de se suicider, est GRACCHUS Plaqueguillotiné avec lui le 8 prairial an V. Buonarroti, Germain et cinq autres accusés sont condamnés à la déportation. Cinquante-six autres accusés, dont Jean-Baptiste-André Amar, sont acquittés. Ses enfants furent adoptés par Lepeletier et Turreau. Certains parlent d’un courant politique qui serait propre à Babeuf, le babouvisme dont se rapprocherait Auguste Blanqui, revendiquant l’égalitarisme et esquissant un pré-socialisme utopique. Friedrich Engels et Karl Marx ont reconnu en lui un précurseur, et en la Conjuration des Égaux « le premier parti communiste ». Babeuf est souvent considéré comme le premier véritable militant communiste. Selon Rosa Luxemburg, Babeuf est « le premier précurseur des soulèvements révolutionnaires du prolétariat ».

Aujourd’hui, les ceusses qui votent sont invité à choisir entre Fillon et Juppé; blanc bonnet et bonnet blanc ou encore: la conjuration des zéros… Allez merci de passer par ici, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Maudite soit la guerre…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

Amis de la tragédie antique et de la politique en toc réunies, bonjour ! Nous sommes le Vendredi 11 novembre 2016, 21è jour de brumaire dédié aux Bacchantes, ces nymphes qui célébraient les mystères deEvoé Dionysos au cours des fameuses Bacchanales. On dit qu’elles couraient çà et là, échevelées, à demi nues ou couvertes de peaux de tigres, la tête couronnée de lierre, le thyrse à la main, dansant et remplissant l’air de cris discordants. Elles répétaient fréquemment le cri Évoé, comme pour rappeler les triomphes de Bacchus sur les Géants.

A chaque 11 novembre mes pensées se dispersent du côté de la Somme, de Verdun, du chemin des dames; dans le feu, le fer, la boue et le sang et surtout, l’immense saloperie qui poussait les hommes à s’entretuer au profit d’une classe de possédant. J’y ai laissé mes deux grands-pères qui y ont définitivement élu résidence sous une petite croix blanche. Les pacifistes, les antimilitaristes et les insoumis de tout poil se retrouveront une nouvelle fois pour le 11 novembre à Gentioux (Creuse), village célèbre pour son monument aux Morts qui proclame maudite-soit-la-guerresans détour : Maudite soit la guerre ! Il y en a quelques uns en France, dont un à Primelin (29) mais, ils se compte sur les doigts. La ressemblance avec les monuments classiques s’arrête là. Le monument de Gentioux n’a rien à voir avec tous les monuments patriotiques guerriers qui hantent nos communes. À la place des sculptures vantant l’héroïsme, la bravoure, le sens du devoir et du sacrifice, à la place des soldats virils brandissant drapeaux et fusils afin « qu’un sang impur abreuve nos sillons », nous trouvons à Gentioux un petit écolier en sarrau et en sabots, un orphelin en bronze, casquette à la main et poing serré, devant l’inscription : « Maudite soit la guerre ! ». À lui seul, le gosse au visage sombre représente les paysans et les ouvriers qui ont été sacrifiés dans une guerre infâme. C’est Jules Coutaud, maréchal-ferrant, maire SFIO de Gentioux de 1920 à 1965, qui avait eu la bonne idée de faire ériger un tel monument.

 https://youtu.be/jhmLsDcQIdA

Chaque 11 novembre depuis les années 80, des militants pacifistes de diverses sensibilités viennent entonner La Chanson de Craonne ou encore Non, non, plus de combats ( chanson anonyme écrite dans les tranchées, datant de 1917, au moment des mutineries. Elle se chantait sur l’air de « Gloire au 17ème », chanson antimilitariste de Montéhus sur le régiment d’infanterie qui refusa de tirer sur les vignerons révoltés en 1907) devant le monument en levant le poing contre la connerie militaire. Allez, en route pour la commémo. Portez vous bien et à bientôt peut-être.

Nukleel ? Nann trugarez.

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

Amis de la chanson populaire et du calvados hors d’âge réunis, bonjour ! Nous sommes le Lundi 07 novembre 2016, 17è jour de brumaire dédié au cresson…

Et voila, c’est reparti ! Tous les ans, à l’approche de l’hiver, ils nous refont le coup de la panne. Enfin, celle qui devrait immanquablement se produire vu que la Bretagne est largement déficitaire en électricité. Le lobby nucléo-électrique ne désarme pas. Ils mettent tout en œuvre pour nous refiler une de leurs foutues centrales du 1er, 2ème, ou 3ème type. Nous pensions, pauvres de nous, qu’ils avaient compris la leçon 033-Plogoff-NUKLEEL-NANN-TRUGAREZaprès avoir du plier bagage dans le cap-sizun (Plogoff). Mais, la rapacité n’a pas de mémoire. Dans le film « des pierres contre des fusils » on voit comment la résistance à Plogoff les a amené à reculer, malgré tous les moyens mis en œuvre. J’ai souvenir d’avoir trainé du côté du Loc’h, d’Esquibien, de Goulien et même d’avoir participé à un immense concert, donné en plein air dans le cadre de la baie des trépassés (baez an anaon) avec notamment un jeune chanteur plein d’énergie qui s’appelait J. Higelin.

La nuit était tombé, les deux versants de la baie étaient occupés par des milliers de personnes et chacune d’allumer un briquet; c’était magique. Comme si tous les korriganed de Bretagne et d’ailleurs s’étaient donné rendez vous dans ce lieu mythique où le Treizour (le passeur) vient chercher l’âme des défunts, pour crier ensemble: Nann, trugarez ! C’était au début des années soixante dix, les seventies 037-PLOGOFF-ni-en-Bretagne-ni-ailleurscomme on dit de nos jours, et déja la grande peur du noir était utilisée. Vous allez voir ce que vous allez voir… D’ailleurs vous n’y verrez plus rien…Cet hiver, il va faire très froid, plus de chauffage, plus d’eau chaude, plus de télé. Vous imaginez ça, vous ? Obligé de se passer de Léon Zitrone et de Mourouzi pendant des jours et des jours… Chacun se rappelait le plasticage du pylône de télévision dans les monts d’Arrées et les veillées retrouvées, la lecture réhabilitée et, quelques mois plus tard, c’est la démographie qui était à son tour dynamitée. Je ne sais plus qui a dit que l’histoire est un éternel recommencement mais ça commence bigrement à y ressembler.

Voila, c’était l’humeur du jour, sous un ciel d’averses. Rappelle toi Barbara: Il pleuvait ce jour là sur Brest. Et bien mon vieux Prévert… Il pleut toujours ! Allez, portez vous bien et, à demain… Peut-être.

Melpomène se parfume à l’héliotrope…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

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Amis de l’apathéia ( la tranquillité de l’âme d’après Origène ) et du ris de veau aux morilles réunis, bonjour ! En ce Jeudi 27 octobre 2016 ou encore 6è jour de brumaire, comme l’a souhaité Fabre d’Eglantine, nous célébrons l’Héliotrope. La phrase qui sert de titre à ce billet est un « message personnel » donné par la BBC, Radio Londres, dans le cadre melpomene-169x300de la fameuse édition quotidienne Les français parlent aux français pour annoncer la passage dans la capitale britannique de René Massigli, futur commissaire aux affaires étrangères de la France libre. Dans la mythologie grecque, Melpomène est la Muse du Chant, de l’Harmonie musicale et de la Tragédie quand elle est associée à Dionysos. Son maintien est grave et sérieux : elle est richement vêtue, et chaussée de cothurnes; elle tient d’une main un sceptre et des couronnes, de l’autre un poignard ensanglanté, parfois une massue d’Héraclès dont le théâtre aimait célébrer les exploits. Elle possède comme autres attributs la couronne de pampres et le masque de tragédie. Parfois on lui donne pour suivantes la Terreur et la Pitié.

Tout à fait autre chose.

Les bretonnants eux, vont célébrer Milliau qui fut Roi ou  Comte de Bretagne (une partie) aux alentours de l’an 530. Petit fils d’Alain le long et fils de Budic 1er. On retrouve ce nom dans plusieurs communes du Finistère (29) et des Côtes d’Armor (22): Pluméliau, Ploumilliau et son fameux calvaire, Guimiliau et son retable, et bien sûr, la magnifique île Milliau en face de Trébeurden, dans les Côtes d’Armor cette fois, et qui futTrébeurden_allée_couverte_de_l'ile_milliau habitée plusieurs milliers d’années avant l’arrivée des grands bretons comme en témoigne cette allée couverte… (à droite). A cette époque là, les Bretons qui débarquaient de la grande île se regroupaient en petites colonies indépendantes, civiles pour les unes, les « Plou » et monastiques pour les autres, les « Lann ». Ce n’est qu’au fil des ans qu’ils formèrent petit à petit des semblant d’Etats: La Domnonée au Nord de l’Armorique, approximativement les Pays du Léon et de Tréguier, la Cornouaille à l’Ouest et « Bro-weroc », le Vannetais au Sud. Miliau fut donc un des chefs de la Cornouaille. C’est pas fantastique ça mes body boys ?

Ici à gauche, le fameux retable de Guimiliau, (remarquez le style flamboyant-Renaissance), à ne pas confondre avec Lampaul-Guimiliau retablequi, à quelques kilomètres possède aussi un enclos paroissial parmi les plus beaux de Bretagne, par contre, le potier, installé sur la même place, n’est pas des plus commerçants. A noter que parfois l’orthographe utilisée est « Milio ». oui, je sais, c’est compliqué… Voila pour le côté « Guide vert », pour le Gault & Millaut, je ne sais pas si il y a un lien avec notre homme pas plus que pour le viaduc du même nom. Pour les visites, n’hésitez pas à réclamer la clé au bistro-épicerie-quincaillerie-dépôt de pain, en face de l’église…

Allez, comme le disait mon aïeule, longtemps avant J.M. Caradec, qu’elle est belle ma Bretagne quand elle pleut. Merci d’être passé, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Les bus de la honte…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

Amis de la philosophie transcendantale et du waterzoï de poulet réunis, bonjour ! Ce Lundi 24 octobre 2016 correspond au troisième jour de brumaire qui fut dédié à la poire, ce qui m’amène par un étrange cheminement intellectuel dont l’explication serait trop longue et, autant le dire, par trop fastidieuse pour s’intégrer dans ce billet, à vous parler de Rosa Louise Mc Cauley Parks.

Rosa Parks devient célèbre lorsque, le 1er décembre 1955 dans la ville de Montgomery, elle refuse d’obéir au conducteur de bus James Blake qui lui demande de laisser sa place à un blanc et d’aller s’asseoir au fond du bus. Il faut savoir qu’à cette époque là, les quatre premiersRosa parks rangs sont réservés aux blancs. Les noirs doivent s’asseoir au fond du car. Ils peuvent néanmoins utiliser la zone centrale jusqu’à ce que des blancs en aient besoin. Arrêtée par la police, elle se voit infliger une amende. Elle fait appel de ce jugement. Un jeune pasteur noir inconnu; Martin Luther King, lance alors une campagne de protestation et de boycott contre la compagnie de bus qui dura 381 jours. (ici à droite en compagnie de Martin Luther King). Le 13 novembre 1956, la cour suprême casse les lois ségrégationnistes dans les bus, les déclarant inconstitutionnelles.
Dans son autobiographie, Rosa se souvient de sa jeunesse: « Pour aller à l’école, les enfants Blancs prennent le bus, les autres vont à pied. Elle se souvient des fontaines publiques réservées aux Blancs…Je pensais que l’eau pour les Blancs avait meilleur goût que celle des Noirs. » (ci-dessous à gauche, une marche du KKK)

La veille du procès, 35 000 tracts sont distribués pour inviter les Noirs à ne plus emprunter les bus. Des dizaines de bus vont rester au dépôt KKKpendant des mois. Les extrémistes Blancs du Ku Ku Klan vont animer une campagne de violence contre Luther King, tirant contre les bus et les églises fréquentés par des Noirs. Par la suite, Rosa Parks devient une icône pour le mouvement des droits civiques. En octobre 1995 elle a participé à la « Million Man March » qui rassembla plus d’un million de Noirs à Washington. A la fin de sa vie, miséreuse, elle dut faire appel à son église pour l’aider à payer son loyer. Elle est décédée le 24 octobre 2005. La classe politique dans son ensemble lui a rendu hommage, sa dépouille est restée exposée deux jours dans la rotonde du Capitole pour un hommage public.

Elle a connu tous les honneurs possibles et imaginables, toutes les médailles, toutes les décorations… A Yaoundé, capitale du Cameroun, le bus de rosaune avenue porte son nom. Un terminus de la ligne 7 du réseau de bus à Rennes aussi (a droite, le bus aujourd’hui au musée de Dearborn dans le Michigan) Le révérend Jesse Jackson à dit d’elle: « Elle s’est assise pour que nous puissions nous lever. » A la vérité, une grande dame qui méritait bien de figurer dans notre galerie de portraits. Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Armstrong, je ne suis pas Noir…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

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Amis de l’universalisme et du foie de veau aux cerises réunis, bonjour ! Nous sommes le Lundi 17 octobre 2016, 26è jour de Vendémiaire dédié à l’aubergine. L’aubergine cela me fait toujours penser aux uniformes et rafle-62les uniformes aux flics et les flics à Papon et Papon aux pires saloperies qu’un individu puisse commettre. Triste anniversaire en effet que celui de ce 17 octobre 1961 (à l’Appel de la Fédération FLN de France des milliers d’algériens ont convergé vers le Centre de Paris pour protester contre le couvre feu imposer aux seuls ressortissants d’Afrique du Nord.), mais la remontée nauséabonde du sentiment xénophobe, entretenu par les gars de la Marine et autres candidats aux primaires, ainsi que l’incompréhensible tribune médiatique offerte à Zemmour, Soral, Rioufol, Ménard et consorts  nous interdisent d’oublier.

Le 17 octobre 1968, pendant les Jeux Olympiques de Mexico, les athlètes Etats-Uniens Tommie Smith et John Carlos, champions du 200 mètres, montent sur le podium à la 1ère et à la 3ème place. Au moment où retentit l’hymne américain et s’élève la bannière étoilée, ils baissent ostensiblement la tête et lèvent leur poing ganté de noir. Par ce geste qui leur coûtera la fin de leur carrière, ils affichent leur soutien au mouvement antiségrégationniste américain des Black Panthers. L’australien Peter Norman, sur la deuxième marche du podium, tommie JO 68manifeste son soutien avec un badge du mouvement de protestation des droits civiques. Exclu des Jeux suivants, il sera porté en terre par ses deux amis afro-américains à sa mort en 2006. Aux États-Unis, la lutte contre la ségrégation raciale prend un tour de plus en plus violent dont témoigne l’assassinat, la même année, du pasteur Martin Luther King. Cinquante ans et un Président noir plus tard, les choses ont-elles évoluées ? On est en droit de s’interroger au vu des affrontements entre la communauté noire (de plus en plus précarisée) et les forces de l’ordre (de plus en plus militarisée) du côté de Ferguson (Missouri). «Le passé n’est pas mort et enterré, il n’est même pas passé», déclarait Barak Obama dans son discours de Philadelphie, citant William Faulkner.
Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Payés à rien foutre…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

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Amis de la philologie et de l’huitre de Prat-ar-Coum réunies, bonjour ! Nous sommes le Dimanche 02 octobre 2016, onzième jour de vendémiaire dédié à la pomme de terre.

C’est aussi le jour anniversaire de la disparition de François Arago, en 1853 à Paris. il fut mêlé avec un petit groupe de républicains aux évènement insurrectionnels de 1848. A l’instigation de Ledru-Rollin et du vieux poète Lamartine (58 ans), le groupe gagne le lieu mythique de la Grande Révolution, celle de 1789. Lamartine, Ledru-Rollin, Arago, Dupont de l’Eure et Marie proclament dans la nuit l’avènement d’un gouvernement républicain. Ainsi naît la IIe République.  Le 23 juin 1848 éclatent à Paris de violentes émeutes de la faim provoquées par la fermeture des Ateliers nationaux. Leur répression, très brutale, arago-214x300consacre la rupture entre la classe ouvrière et le régime républicain. Les Ateliers nationaux ont été créés le 28 février par le gouvernement provisoire de la IIe République en vue de procurer aux chômeurs un petit revenu en échange d’un travail symbolique. (ça vous rappelle quelque chose ?) Là-dessus se déroulent les élections législatives, les 23 et 24 avril. Ce sont les premières élections au suffrage universel (masculin). Contre toute attente, elles amènent à l’Assemblée une forte majorité de notables provinciaux très conservateurs…(l’électeur est un drôle d’animal). Le 10 mai, dans l’attente d’une Constitution, le gouvernement provisoire cède la place à une Commission exécutive issue de l’Assemblée.Cette Commission compte cinq membres, des républicains de mérite qui vont être dépassés par les événements et surtout écrasés par la pression de l’Assemblée : François Arago, président de la Commission et chef d’État virtuel, Garnier, Pagès, Marie, Lamartine et Ledru-Rollin.

L’administration des Ateliers nationaux est confiée à un conservateur, Marie, qui va s’employer à les disqualifier. Tandis que les effectifs employés croissent de 25.000 à près de 120.000, on ne leur confie aucun travail susceptible de concurrencer une entreprise privée. Les bénéficiaires pavent et dépavent les rues en contrepartie d’un franc par jour. Désœuvrés, ils refont le monde et cultivent qui les idées bonapartistes, qui les idées socialistes. La Commission décide donc le 20 juin 1848 de supprimer les Ateliers nationaux avec l’espoir d’étouffer ainsi l’agitation ouvrière.

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C’est le contraire qui se passe. 20.000 ouvriers descendent dans la rue le 23 juin 1848 et forment jusqu’à 400 barricades. Le général Cavaignac engage une terrible répression, à la mesure de l’effroi qu’éprouvent les bourgeois de l’Assemblée. Au total, du 23 au 26 juin, trois jours de combats feront 4.000 morts parmi les insurgés et 1.600 parmi les forces de l’ordre. Aujourd’hui, la bourgeoisie est devenue d’État, composée de hauts fonctionnaires, d’énarques, d’experts de l’expertise, de politicards consanguins (mais pas sans gains), de technocrates, européens ou pas. Mais leur rapacité est la même. Les mauvaises langues murmurent que l’avenir pourrait voir l’histoire se répéter et que les millions de chômeurs européens, les millions de migrants de toutes origines, les sans-abris, les sans papiers, les sans-le-sou, les sans terre, pourraient bien se charger de leur faire entendre raison…

Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Nos ancêtres les Gaulois…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

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Amis de la tradition et de la bolée armoricaine réunies, bonjour ! Nous sommes donc le Mercredi 28 septembre 2016, 7è jour de vendémiaire dédié à la carotte. Beaucoup de monde à Nantes semble t-il ce samedi le fur & Troadec24 pour réclamer la réunification de la Bretagne; l’idée mérite réflexion mais, la pensée d’y croiser Le Fur et Troadec ça me refroidit. Mais, a t-elle jamais été unie ? Il est vrai qu’aujourd’hui, par ici, on fête les Conan, nom sans doute issu de celui qui fut le premier Duc de Bretagne dont on peut par ailleurs supposer qu’il était plus romain que breton. Je dis ça pour les imbéciles heureux qui sont nés quelque part et qui voudraient nous faire prendre l’Helvétie pour une lanterne et les « desouches » pour une vérité historique.

Or donc, Conan, dit Mériadec ou Caradog, naquit en Grande-Bretagne à la fin du IVe siècle, et passa dans les Gaules vers 384,maximus avec le tyran Maxime. Il fut créé duc d’Armorique (par les romains donc) et gouverna pendant 26 ans, sous leur dépendance , la partie de l’Armorique connue depuis sous le nom de Bretagne. En 409, les Armoricains, s’étant soulevés, déférèrent à Conan l’autorité souveraine. Il conserva le pouvoir jusqu’à sa mort (421), et le légua à ses descendants, qui furent depuis ducs de Bretagne. Il résidait à Nantes. Conan Meriadec ou « Caradog » (Kynan Meriadec en Gallois)  était le neveu d’ Octavius,  à la solde de Maxime, (Magnus Maximus) dont il servit les intérêts. D’après Grégoire de Tours, il serait devenu duc d’Armorique (dux bellorum, c’est-à-dire chef de guerre). Conan reconnu conan meriadegThéodore, le vainqueur de Maxime, comme empereur, mais ensuite il porta la guerre en Aquitaine et il se rendit maître du pays de Retz en 405. Pour enrayer les incursions dévastatrices et meurtrières des Bretons, l’empereur Honorius fit construire une ligne de fortifications ou « mur d’Honorius », entre des tours. Ces tours  ont été à l’origine de quelques villes et villages dont : Gétigné (44), Boussay (44), Clisson (44), Légé (44), Cugand ( 85), Bois de Céné (85), Saint Etienne des Bois (85), Tiffauges ( 85), etc. Le tout formant une frontière entre l’Armorique et les Gaules. Cette saga plus ou moins légendaire autour de Magnus Maximus  à fait l’objet de la fameuse chanson galloise de Dafydd IWAN Rwy yma o hyd.

Conan légua son trône à ses descendants, qui furent depuis princes, puis rois et enfin ducs de Bretagne. A-t-il vraiment existé ?  Quelques anciens  historiens fixaient la date de sa mort entre 392 et 411, d’autres vers 421, ce qui laisse des doutes sur la crédibilité de l’existence de Conan ou sur la rigueur de ses biographies. Son existence, vivement contestée par Dom Lobineau, a pourtant été accréditée pendant longtemps par Geoffroy de Montmouth au XIIe tombe Conansiècle,  sans doute encouragé par la famille de Rohan, qui prétendait se rattacher à cet illustre personnage. En outre, il existe à la Cathédrale de Saint-Pol-de-Léon un sarcophage de style roman considéré jadis comme étant celui de Conan Meriadec, plusieurs historiens pensent que c’est plutôt celui d’un évêque du Léon, du XIIe siècle qui s’appelait également Conan. Il y a sans doute eu un Duc nommé par les Romains qui, a leur départ, garda son titre et ses pouvoirs, mais il est vraisemblable que la vie de Conan Mériadec a été enjolivée. Quoiqu’il en soit, Conan ou un autre « dux bellorum »,  nommé par le tyran Maxime, est celui qui a été à l’origine de la formation de la Bretagne et celui qui en a marqué ses limites.

Voilà pour la modeste leçon d’histoire de quelqu’un qui n’est en rien historien et qui fait appel à votre clémence en cas d’approximation. Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.