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Conjuration des égos…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE, PORTRAIT

Amis de la chanson réaliste et de la galette-saucisse réunies, bonjour ! Nous sommes le Samedi 27 mai 2017 c’est à dire le 8ème jour de170px-Lilium_martagon_Dieppe-150x150 Prairial habituellement consacré au Martagon. Plus communément appelée Lys Martagon, cette plante de la famille des Liliacées, qui produit de magnifiques fleurs, est aujourd’hui espèce protégée dans beaucoup de régions. On n’en trouve que rarement en Bretagne sauf peut-être à Bréhat ou sûr l’ile de Batz… A vérifier.

L’homme du jour est: François Noël Babeuf, connu sous le nom de Gracchus Babeuf, né le 23 novembre 1760 à Saint-Quentin et mort à Vendôme le 27 mai 1797 (8 prairial an V), c’est un révolutionnaire français. Il forma la « conjuration des Égaux » contre le Directoire et fut exécuté. A partir du 3 septembre 1794, Babeuf publie le Journal de la Liberté de la presse, qui devient le 14 vendémiaire an III, Le Tribun du Babeuf Gpeuple. Ce journal, où il combat avec la dernière violence la réaction thermidorienne, acquiert une forte audience. Il adhère, à la même période, au Club électoral, club de discussion des sans-culottes. Le 3 novembre, il demande que les femmes soient admises dans les clubs. Arrêté et emprisonné à de multiple reprises, Il se bat contre les impôts indirects, organise pétitions et réunions. En conséquence, il est à nouveau arrêté le 19 mai 1790 et emprisonné. Il est libéré en juillet, grâce à la pression du révolutionnaire Jean-Paul Marat. À la même époque, il rompt avec le catholicisme (il écrit en 1793 : « Le christianisme et la liberté sont incompatibles »).

Abandonnant le prénom Camille, qu’il avait adopté en 1792, il se fait alors appeler Gracchus, en hommage aux Gracques, initiateurs d’une réforme agraire dans la Rome antique.(Aujourd’hui encore il existe un groupe de réflexion à Gauche-social-libéral qui porte ce nom et est constitué en partie d’anciens haut fonctionnaires …) Babeuf défend la conjurationnécessité d’une « insurrection pacifique ». Cette impossibilité d’agir légalement aboutit à la création de la « Conjuration des égaux ». Le réseau des « Égaux » recouvre tous les arrondissements de Paris et de nombreuses villes de province. À sa tête, un « Directoire secret de salut public », dirigé par Babeuf, coordonne la lutte. Le but est de continuer la révolution, et d’aboutir à la collectivisation des terres et des moyens de production, pour obtenir « la parfaite égalité » et « le bonheur commun ». Grâce aux informations d’un indicateur, la police arrête Babeuf, Buonarroti, Darthé et les principaux meneurs des Égaux le 10 mai 1796 (19 floréal an IV). Une tentative populaire de les libérer échoue le 29 juin. Aujourd’hui on assiste davantage à la conjuration des égos…

Pour éviter que le peuple ne les libère, les Égaux sont transférés à Vendôme. Une haute cour est constituée, et le procès s’ouvre le 20 février 1797 en présence de deux ministres. Babeuf, à qui on reproche l’initiative du complot, et Darthé sont condamnés à mort. En entendant sa condamnation à mort, Babeuf se frappa, dans le prétoire même, de plusieurs coups de stylet et fut porté mourant le lendemain à l’échafaud. Darthé, qui avait également tenté de se suicider, est guillotinguillotiné avec lui le 8 prairial an V. Buonarroti, Germain et cinq autres accusés sont condamnés à la déportation. Cinquante-six autres accusés, dont Jean-Baptiste-André Amar, sont acquittés. Ses enfants furent adoptés par Lepeletier et Turreau. Certains parlent d’un courant politique qui serait propre à Babeuf, le babouvisme dont se rapprocherait Auguste Blanqui, revendiquant l’égalitarisme et esquissant un pré-socialisme utopique. Friedrich Engels et Karl Marx ont reconnu en lui un précurseur, et en la Conjuration des Égaux « le premier parti communiste ». Babeuf est souvent considéré comme le premier véritable militant communiste. Selon Rosa Luxemburg, Babeuf est « le premier précurseur des soulèvements révolutionnaires du prolétariat ».

Hopala, c’est un peu copieux pour un samedi. Allez merci de votre indulgence, portez vous bien et à bientôt peut-être.

En attendant Godot…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

Amis de l’hypallage et de la salade de pissenlits réunies, bonjour ! Avez vous noté que nous sommes déjà le Mercredi 17 mai 2017, 28è jour de Floréal et, je ne vous le cacherai pas plus longtemps, c’est le jour de la Buglosse… Plante herbacée de la famille des Boraginaceae ce qui, vous buglosse-300x256l’avouerez n’est pas commun. Cela fait partie des mystères du calendrier républicain qui reste pour moi source d’émerveillement autant que les noms donnés aux figures de rhétorique tel l’hypallage. Mais, revenons à notre Buglosse; les feuilles sont très consommées en Italie et en Irlande et aussi en salade (ça c’est de l’hypallage). Il ne faut pas hésiter à les cueillir : quand la tige est brisée, la plante trouve les moyens de se reproduire et de subsister et émet de nouvelles tiges. La racine, comme celle de la consoude, se régénère une fois coupée (attention donc si vous en plantez dans le jardin : elle peut devenir envahissante).

En attendant Godot…

Nous avons donc un nouveau Premier Ministre qui répond au joli prénom d’Edouard. Vous, je ne sais pas mais moi je n’ai pas gardé un souvenir impérissable du dernier locataire de Matignon à s’être prénommé Edouard. Les cénobites tranquilles a pu se procurer une ébauche de son discours d’investiture que je m’empresse de vous livrer:
« Il faut le combler, ce gouffre effroyable. Eh bien ! Voici la liste des propriétaires français. Choisissez parmi les plus riches, afin de sacrifier moins de citoyens ; mais choisissez ; car ne faut-il pas qu’un petit nombre périsse pour sauver la masse du peuple ? Allons, ces deux mille notables possèdent de quoi combler le déficit. Ramenez l’ordre dans vos finances, la paix et la prospérité dans le royaume (…). Vous reculez d’horreur… Hommes inconséquents ! Hommes Mirabeau-DreuxBrezepusillanimes ! Et ne voyez-vous pas qu’en décrétant la banqueroute, vous vous souillez d’un acte mille fois plus criminel ? (…) Croyez-vous que les milliers, les millions d’hommes qui perdront en un instant, par l’explosion terrible ou par ses contrecoups, tout ce qui faisait la consolation de leur vie, et peut-être leur unique moyen de la sustenter, vous laisseront paisiblement jouir de votre crime ? Contemplateurs stoïques des maux incalculables que cette catastrophe vomira sur la France, impassibles égoïstes, êtes-vous bien sûrs que tant d’hommes sans pain vous laisseront tranquillement savourer les mets dont vous n’avez voulu diminuer ni le nombre ni la délicatesse ? Non : vous périrez.« 

Ma rédactrice en cheffe me prie de rectifier. Celui-ci de discours, est celui par lequel Mirabeau exhorta l’Assemblée constituante, face à la crise, à décider la confiscation d’un quart des plus grandes fortunes (1789). Mais, cornes de bouc…Qu’est-ce qu’on attend ! Allez, merci encore de vos fréquentes visites, portez vous bien et, vive le p’tit commerce.

Le catholicon, poil au…menton.

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE, LES BEAUX SAINTS

Amis de la libre pensée et du Fernet branca réunis, bonjour ! Nous sommes le Jeudi 27 avril 2017, huitième jour de Floréal dédié au champignon.

N’oubliez pas de fêter les Conven, du breton Konwenn, qui a laissé son nom à la commune de Plougonven (29). Titulaire d’une chapelle à Plouézoc’h, dite de Saint-Gonven, il y est représenté en abbé, 1024px-Plougonven_2_Gare_de_Coatelan_-Plougonven-Plourin-,_désormais_Café_de_la_garetête nue tenant une crosse et un livre fermé. On venait l’invoquer pour la guérison des maux de tête et celle des cochons malades. C’est vous dire si il avait du boulot notre saint homme (ici à droite, l’ancienne gare transformée en bistro; c’est bien les bretons ça !). C’est de Plougonven qu’est issu Jehan Lagadeuc auteur du Catholicon premier dictionnaire trilingue Breton-Français-Latin. Il a vu le jour au manoir de Mezedern que l’on voit ci-dessous. Voici ce qu’il écrit dans son prologue (1464) « L’on rencontre, à la vérité, des écoliers, en grand nombre, qui, à peine entrés au collège, et dénués de toute compétence en latin, s’avisent d’entraîner de force les mots latins en des 1054031_8198948-mezerdern2-k125a-300x130significations qui leur sont étrangères : ainsi mettent-ils des écailles aux oiseaux et des plumes aux poissons, inventant, les uns, de nouveaux termes latins, faisant, les autres, des barbarismes. De surcroît, les Bretons, en leur très grand nombre, sont largement déficients en français. Pour ces raisons, Moi, Jehan lagadeuc, de lacolophon paroisse de Ploégonven, au diocèse de Tréguier, bachelier ès arts et décrets, tout indigne que j’en sois, j’ai composé ce petit ouvrage pour l’utilité des petits clercs pauvres de Bretagne ou encore des illettrés en latin.» Ce dictionnaire fut imprimé en 1499 par Calvez de Tréguier soit, à quelques années près (1694) deux siècles avant le premier dictionnaire de l’académie française. A droite, le colophon ( mention finale du lieu d’impression, de la date et de l’éditeur) du Catholicon, avec la marque de l’imprimeur.). Etonnant, non !

Allez, passons à autre chose, merci de votre visite, portez vous bien et à demain peut-être.

St Michel avait un coq…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

Amis des bains-douches municipaux et des Linguines à la sicilienne réunis, bonjour ! Nous sommes le Samedi 08 avril 2017 qui correspond au 19è jour de germinal dédié au radis; et ça, ça m’botte…Et, à propos de botte, petite histoire italienne.

Le 8 avril 1877, à Letino, dans le massif du Matese (Italie), ceux que l’on allait désigner sous le nom de « La bande du Matese » libèrent le village et déclarent: « Nous, soussignés, Carlo Cafiero, Errico Malatesta, Pietro Cesare Ceccarelli, déclarons avoir occupé la St Michel avait un coqmunicipalité de Letino, à main armée, au nom de la révolution sociale. » Cafiero, est à l’origine proche de Marx et d’Engels, il rompt ensuite avec eux, en partie pour suivre l’idéologie anarchiste de Bakounine, alors très populaire en Italie. (Le film des frères Taviani -1971-  St Michel avait un coq s’inspire largement de sa vie et de cet épisode).(à gauche, l’affiche du film) Rassemblée sur la place du village, la foule écoute les paroles de Cafiero, juché sur une croix où flotte un grand drapeau rouge et noir. Il explique aux habitants les principes de l’anarchie. Puis on décrète le communisme libertaire. Les titres de propriétés sont brûlés, ainsi que les archives de la monarchie et de l’Etat. Quand à Malatesta, suite aux émeutes contre l’augmentation du pain à Ancône (Italie) en 1898, il est arrêté et condamné à la relégation sur l’île Lampedusa qui revient aujourd’hui dans l’actualité de façon navrante.

La police, comme en 1874, est avertie dès le début du complot grâce à leur infiltration dans les milieux anarchistes, peu enclins à la discipline nécessaire à la clandestinité et au secret. Les insurgés ont été trahis BD Malatestapar Vicenzo Farina, un vieux garibaldien qui devait leur servir de guide. Et six jours après le début de leur aventure, à l’endroit où des compagnons devaient les rejoindre, ce sont près de 12 000 carabiniers qui les encerclent. Des coups de feu sont échangés et deux gendarmes sont atteints, dont l’un succombera à ses blessures. Pris par le vent, le froid et la faim avec des armes défaillantes, les insurgés se font livrer par les paysans qu’ils sont venus délivrer. Les inculpés, jugés a partir du 14 août 1878, seront finalement acquittés, ils vont bénéficier de l’amnistie consécutive au sacre du nouveau roi Umberto 1er. (à droite un extrait d’une BD de Fabio Santin « Malatesta »)

Et voila pour ce jour d’hui, en attendant la prochaine histoire du cénobite, portez vous bien et à demain peut-être.

Tes laitues naissent-elles ?

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE, PORTRAIT

Amis des rubriques à brac et du poulet fermier réunis, bonjour! Nous sommes le Mercredi 05 avril 2017, seizième jour de germinal dédié à la laitue; rassurez vous, je ne vais pas en profiter pour vous raconter des salades, quoique….

En effet, les initiateurs du calendrier qui nous intéresse, le républicain que l’on nomme encore: calendrier révolutionnaire français, en ont fait le jour de la laitue. Je me suis souvent demandé d’où venait cette imagination débordante. L’un des auteurs, si ce n’est le seul, s’appelait Fabre d’Eglantine, écrivain, poète, théâtreux et, moins révolutionnaire Fabrequ’opportuniste. Forcément, quand on s’appelle Eglantine, on ne va pas donner aux jours des noms d’oiseaux… Les noms des mois et des jours furent conçus en effet par ce doux rêveur avec l’aide d’André Thouin, jardinier du Jardin des plantes du Muséum national d’histoire naturelle. Il présenta ce calendrier à la Convention Nationale en octobre 1793… Il perdit la tête un an plus tard, au sens propre, en compagnie de Danton. C’est à lui que nous devons la célèbre ritournelle: « Il pleut, il pleut, bergère ». C’est sans doute ce côté poète qui le conduisit à doter les jours de noms champêtres et bucoliques aussi improbables que ceux la.

Voici ce qu’il disait dans la séance du 03 du second mois de la seconde année de la République Française, au nom de la Commission chargée de la confection du Calendrier: « Les prêtres avaient assigné à chaque jour de l’année, la commémoration d’un prétendu saint : ce catalogue ne présentait Germinal_commence_le_21_ou_22_marsni utilité, ni méthode ; il était le répertoire du mensonge, de la duperie ou du charlatanisme. Nous avons pensé que la nation, après avoir chassé cette foule de canonisés de son calendrier, devait y retrouver en place tous les objets qui composent la véritable richesse nationale, les dignes objets, sinon de son culte, au moins de sa culture…» Ce jour du 05 Avril 1794 fut tout à fait funeste à celui la même qui nomma chaque jour du calendrier républicain, puisque, avec ses amis Danton et quelques autres, il y fut guillotiné. La légende veut qu’il ait pleuré sur la charrette le menant à l’échafaud, se lamentant de n’avoir pas pu terminer un poème. Danton, connu pour son esprit caustique, lui aurait alors déclaré : « Ne t’inquiète donc pas, dans une semaine, des vers, tu en auras fait des milliers… ». Une autre histoire veut que Fabre ait fredonné son Il pleut, il pleut, bergère, en montant à l’échafaud.

Allez, ce matin il fait très beau sur la pointe du Finistère et j’ai de l’ouvrage au jardin. Portez vous bien et à bientôt peut-être.

Bois ton sang Beaumanoir !

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

Amis de l’analyse concrète et du sirop d’érable réunis, bonjour ! Nous cheminons lentement vers avril et nous voici déjà le Dimanche 26 mars 2016, date qui correspond au 7è jour de germinal et qui est dédié au bouleau. Le bouleau est le premier arbre du calendrier celtique; il symbolise la sagesse, en breton Bezo (coad-bezo ou bien encore Koad-argant – le bois d’argent, de bouleau, la boulaie, en Gallo la Bouillie) et dans le grand Nord Björk… Le nom local du bouleau est slavicekégalement à l’origine du nom du mois de mars dans plusieurs langues slaves, comme en tchèque (březen); il s’agirait d’une évocation de la sève qui commence à circuler à cette époque. Au Canada et en Alaska on en tire un sirop et une eau de vie. Le bois du bouleau jaune est utilisé en menuiserie sous le nom de merisier, celui du bouleau flexible sous le nom de merisier rouge. On apprend chaque jour quelque chose sur « les cénobites tranquilles ». Voyez ici à droite ce magnifique tableau de Slavicek. Et voila, j’ai jamais tant parlé du bouleau que depuis que je suis retraité…

Le 27 mars 1351, sur la lande de Ploërmel (56), deux camps bretons règlent leur différend par un tournoi meurtrier. Il figure encore aujourd’hui parmi les grands mythes de l’histoire de la Bretagne… C’est l’épisode le plus mémorable de la guerre de Succession de Bretagne ouverte dix ans plus tôt par la mort du duc Jean III le Bon, le 30 avril 1341, sans enfant et sans héritier désigné… En 1317, le duc Jean III Trente2réunit au profit de son frère aîné, Guy, les comtés de Tréguier et Penthièvre. Le 30 avril 1341, Jean III mourut sans héritiers directs. Son demi-frère, Jean de Montfort marié à Jeanne de Flandre, et sa nièce Jeanne de Penthièvre, épouse du neveu de Philippe VI de France, Charles de Blois, revendiquent chacun pour son compte le trône ducal. Le parti de Blois est soutenu par la France, les grands seigneurs bretons, le haut-clergé, le pays Gallo et les principales villes du Trégor. Le parti de Montfort est soutenu par l’Angleterre, la petite noblesse, les recteurs et leurs paroissiens du pays bretonnant. Une trêve avait été signée. Mais au mépris de cette convention les anglais, sous prétexte de soutenir la cause des Montfort rançonnaient et pillaient la Bretagne. Les paroisses qui ne pouvaient payer étaient détruites, incendiées et saccagées.

En 1351, un baron de la Bretagne, nommé Jean de Beaumanoir, capitaine du château de Josselin, eut l’occasion de reprocher aux Anglais leur conduite odieuse et de s’écrier en s’adressant à Bemborough, gouverneur de Ploërmel, place forte anglaise « Dieu soit Juge entre nous ! Que chacun de nous choisisse trente à quarante champions pour soutenir sa cause. On verra de quel côté est le droit ». Les conditions de la lutte furent celles du « combat à volonté », c’est-à-dire que chacun des soixante champions eut toute liberté de se battre comme il combat-des-trente la stèlelui plairait, soit à pied, soit à cheval, avec les armes qu’il voudrait, sans autre obligation que d’observer dans ce combat les règles de la loyauté chevaleresque. Il est vrai qu’à cette époque là, on s’étripait élégamment entre gentlemen. Il existe encore un monument visible sur la commune de Guillac (56) et que l’on doit à l’ingénieur du corps royal des ponts et chaussées Jacques PIOU, inauguré le 11 juillet en 1819 par le Comte de Coutard, Lieutenant-Général des armées du roi, sur lequel le nom des trente combattants bretons y est gravé.  Cette bataille ne résout rien, mais la chronique de Froissart en a fait le modèle des exploits de chevalerie, et la célèbre Ballade des Trente,(stourm an tregont) que La Villemarqué publiera en 1838 dans son Barzaz Breiz, non sans avoir plagié un poème basque, s’achève ainsi : « Il n’eut pas été l’ami des Bretons, celui qui n’eut pas applaudi dans la ville de Josselin en voyant revenir les nôtres, des fleurs de genêt à leurs casques ». C’est ainsi que se bâtissent les mythes et légendes.

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

La bande à Bonnot…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

Amis du charme slave et de la salade niçoise réunis, bonjour! Nous sommes donc le Dimanche 26 mars 2017, sixième jour de germinal dédié à la Bla-betteette. A ne pas confondre avec le jour de la bête (666). Très utilisées dans la cuisine niçoise, toutes les parties de la plante se consomment : les feuilles hachées entrent dans la composition de la tourte de blettes, des raviolis et du célèbre tian. La partie verte remplace les usages que l’on fait ailleurs des épinards et les côtes s’accommodent de plusieurs manières : à la vapeur avec un filet de citron, frites ou en gratin avec une sauce béchamel.

Le 26 mars 1890, naissance de Raymond CALLEMIN dit Raymond la science, à Bruxelles. Anarchiste individualiste et illégaliste, membre de la bande à Bonnot. Fils d’un cordonnier socialiste, il deviCailleminent ouvrier typographe, milite un temps très bref aux Jeunesses socialistes avant de rallier, à 16 ans, les anarchistes individualistes puis la communauté d’Emile Chapelier à Stockel-Bois et collabore au journal « Le Révolté » belge. En 1910, insoumis au service militaire, il se réfugie en France où il va retrouver ses amis de jeunesse belge : Jean De Boë, Edouard Carouy et Victor Kibatchiche qui vivent en communauté avec d’autres anarchistes individualistes à Romainville (banlieue de Paris) et éditent le journal « l’anarchie » pour lequel il se charge de la gestion, mais aussi de la typographie avec Valet.

Scientiste et végétarien, Raymond est avide de connaissances et de lectures, il est rapidement surnommé « Raymond la science », par les membres de la bande qui commettentla bande à B pour vivre diverses actions illégalistes. Mais après l’arrivée du chauffeur-mécanicien Jules Bonnot, les coups de mains vont passer à une vitesse supérieure et Raymond va prendre part au premier braquage en automobile, le 21 décembre 1911, à la Société Générale de la rue Ordener, à Paris, où un garçon de recette sera grièvement blessé. Lors des derniers braquages à Montgeron puis Chantilly, le 25 mars 1912, ils laissent plusieurs morts dans leur sillage. La presse se déchaîne contre les « bandits en auto », et la police les traque.

Callemin qui est hébergé chez un camelot anarchiste insoumis du nom de Pierre Jourdan et sa compagne anarchiste néo-malthusienne Louisguillotinee Hutteaux, rue de la tour d’Auvergne, à Paris, est finalement arrêté au matin du 7 avril 1912. »Vous faites une bonne affaire! Ma tête vaut cent mille francs, chacune des vôtres sept centimes et demi. Oui, c’est le prix exact d’une balle de browning! » déclare-t-il aux policiers qui l’arrêtent. Accusé de tous les délits liés aux actions de la bande, il est jugé par la cour d’assises de la Seine et est condamné le 27 février 1913 à la peine capitale, en compagnie d’André Soudy, d’Elie Monier et d’Eugène Dieudonné. « Je mourrai quand il me plaira! » Il sera guillotiné le 21 avril 1913, après avoir tenté de disculper Dieudonné.

Allez, vive la sociale et à bas la calotte. Portez vous bien et à bientôt peut-être.

Mai, mai,mai, Paris mai…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

Amis du pendule de Foucault et de la valise RTL réunis, bonjour ! Nous sommes le Mercredi 22 mars 2017, deuxième jour de Germinal et c’est le jour du platane alors, soyez prudent si vous prenez la route.Tiens, à propos d’élections, le 22 mars 1871, la Commune de Paris énonce que: les membres de l’assemblée municipale sont  contrôlés, révocables, comptables et responsables et que leur mandat est impératif. C’est pas interdit de rêver.

On l’oublie souvent mais, mai 68 a en fait débuté au mois de mars. Le 22 mars 1968, à la cité Universitaire de Nanterre (région parisienne), le mouvement contestataire étudiant qui va prendre le nom de « mouvement du 22 mars », occupe les locaux de l’Université. Il est l’aboutissement d’une contestation grandissante emmenée par des groupes d’extrême-gauche, des anarchistes et des situationnistes. Né d’abord de revendications solidaires, comme la libération des bendit Dmanifestants arrêtés lors des actions contre la guerre du Vietnam, il déborde rapidement sur des questions de société comme la remise en cause du puritanisme social (avec la revendication du droit d’accéder à la résidence universitaire des filles). Rapidement ce mouvement conduit par Daniel Cohn-Bendit (qui se réclame alors de l’anarchie) va passer de la critique de l’Université à la critique de la société et de l’autoritarisme. La contestation étudiante (entamée depuis le mois de mars), s’amplifie, malgré les menaces que font courir les groupes d’extrême droite qui le matin même se sont attaqués à la Sorbonne. Le 02 Mai, une journée anti-impérialiste est organisée par le « mouvement du 22 mars », mais l’Université est fermée sur l’ordre du doyen.

La contestation se transportera alors à la Sorbonne le lendemain. (La photo, a fait le tour du monde et traversé l’histoire. D’ailleurs, il est amusant de comparer la photo, à gauche, et l’expression graphique, à droite, qui en a été faite avec les moyens de l’époque.) Le 3 mai 1968, à Paris, l’Université de la Sorbonne est occupée par les étudiants de Nanterre qui y tiennent meeting. Mais deux cents militants affiched’extrême-droite du « groupe Occident » (certains sont devenus ministres) aux cris de: « tuons tous les communistes » menacent de les attaquer. La police est sur les dents (les dents des autres évidemment) et procède dans l’après-midi à l’évacuation de la Sorbonne qu’ils encerclent. Ils arrêtent alors près de 400 étudiants, mais ceux qui ont réussi à fuir se rassemblent à l’extérieur et harcèlent les forces de l’ordre aux cris de « Libérez nos camarades » ou de « CRS=SS » devant la brutalité de la police. Cela va provoquer de nombreux affrontements dans les rues avoisinantes et l’apparition dans la soirée des premières barricades dans le quartier latin, qui est placé en état de siège. Vous connaissez la suite.

Et La Seine de nouveau ruisselle d’eau bénite
Le vent a dispersé les cendres de Bendit
Et chacun est rentré chez son automobile.

En effet, un demi siècle plus tard, Dany le rouge a viré au bleu pâle et rejoint les rangs de Macron. Chaque mercredi nous révèle son lot de corruptions, de prébendes, de népotisme et l’extrême-droite flirte avec les 30% pendant que les égos surdimensionnés des uns et des autres empêchent l’élaboration d’un vrai projet réellement alternatif. Allez foin de nostalgie, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Souviens toi de l’Amoco…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

Amis de la fraternelle union et du chutney réunis, bonjour ! Nous sommes le Jeudi 16 mars 2017 et ce 26è jour de ventôse nous rappelle qu’il était généralement dédié au pissenlit dans le calendrier républicain. Pour les pataphysiciens, le 16 Mars 2016 est en réalité le
Dimanche 22 Pédale 144 St-Sengle, Déserteur – fête suprême seconde.

Souviens toi de l’Amoco…
Pour les plus jeunes, je rappelle que l’Amoco Cadiz est le nom d’un pétrolier « supertanker ». Son naufrage, au large des côtes bretonnes, en mars 1978, provoqua une marée noire considérée, aujourd’hui encore, comme l’une des pires catastrophes écologiques de l’histoire.amoco 1
Le 16 mars 1978, l’Amoco Cadiz, un pétrolier de 234 000 tonnes de port en lourd construit en 1974, immatriculé au Libéria, long de 330 m et affrété par la compagnie américaine Amoco Transport, filiale de la Standard Oil, s’échouait au large des côtes bretonnes, en face du village de Portsall. Je me souviens m’être rendu sur place avec un groupe de jeunes armés de pelles et de seaux. Dérisoire !

Sur les rochers de Portsall (Finistère), à environ 1,5 km des côtes. 220 000 tonnes de pétrole s’échappèrent de la carcasse du bateau et se répandirent en quelques jours, souillant 400 km du littoral breton (Finistère et Côtes d’Armor). Une panne de gouvernail a été à l’origine amoco 2de cette catastrophe qui a déclenché la colère et l’indignation. « De nombreux bénévoles ont participé au nettoyage du port, aidés de l’armée. Beaucoup d’oiseaux ont été mazoutés et parmi eux, rares sont ceux qui ont survécu. En effet, très souvent, ils plongent au milieu de la nappe de pétrole pour pêcher. Ils ne peuvent plus s’envoler et ils meurent d’épuisement. D’autres s’empoisonnent en avalant du pétrole lorsqu’il nettoient leurs plumes. D’autres, enfin, meurent de froid car le pétrole provoque une diminution de l’étanchéité de leur plumage. (récit d’une classe de Portsall) »

L‘Amoco Cadiz appartenait en effet à un gigantesque groupe américain la  » Standard Oil of Indiana  » dont le siège est à Chicago. Cette société a des activités réparties dans 40 pays et son chiffre d’affaires annuel s’élève à plusieurs milliards de dollars. Pourtant, c’est pour quelques dollars de plus que la Standard Oil a pris le risque d’un accident de l’Amoco Cadiz : ses armateurs n’ont en effet pas jugé utile de les mairesl’immobiliser le temps d’effectuer les réparations qui auraient pu éviter la catastrophe. Ils ne savaient pas que c’était impossible, alors ils l’ont fait… Je crois que c’est à Marc TWAIN que l’on attribue cette maxime. Une bande de Bretons pugnaces sous la conduite d’Alphonse ARZEL et de Charles JOSSELIN vont décider de défier le géant américain. 14 fois ils se rendront devant le juge Mac Garr à Chicago. Ce n’est que 15 ans plus tard qu’ils obtiendrons enfin les indemnités tant espérées. 40 millions de dollars (320 millions de francs) ont dû être versés par les Etats-Unis. On voit ci-contre une photo de la délégation bretonne au cours de l’un de ses nombreux voyages aux Etats-Unis. Cet anniversaire méritait qu’on s’y arrête quelques instants.

Avec votre permission, c’est d’ailleurs ce que je vais faire tout de go. Merci d’être passé et surtout, portez vous bien. Ah oui, à demain peut-être.

Rappelez à Macron l’histoire ouvrière…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

Amis de la marine à voile et des pommes vapeur réunies, bonjour ! Nous sommes le Vendredi 10 Mars 2017 et c’est le jour du cordeau dans le calendrier républicain; mais en réalité pour les pataphysiciens, le Lundi 16 Pédale 144 – Sts Templiers, adeptes . En Bretagne armoricaine, on célèbre les Kanna: Formé sur kann qui, en vieux breton, avait le sens de « blanc, brillant ». D’origine bretonne selon sa Vie, cette sainte était la fille de Tewdwr Llydaw, lui-même fils d’Emyr Llydaw. Elle épousera Sadorn et tous deux suivent Kavan en Bretagne insulaire. À la mort de son mari, elle épouse Alltu Redegog dont elle aura deux enfants,  Eliant et Tegfan.

Il y a un siècle, le Nord de la France connaissait des émeutes sévèrement réprimées (c’est Clemenceau, alors ministre de l’intérieur, qui fit donner la troupe). Un syndicaliste anarchiste, Benoist Broutchoux, animait une conférence au cours de laquelle il tenait des propos qui restent d’une étrange actualité. 

Courrieres «Nous sommes affligés de consortiums de gros laitiers, de gros sucriers, de gros caféiers, du trust mondial de la viande. (Ci-dessus, photo d’époque de la catastrophe de Courrières.) Des royautés industrielles sont établies sur les céréales, le coton, le pétrole, l’acier, les minerais divers, le caoutchouc, etc., etc. Il y a le Comité des houillères de France, le syndicat franco-allemand des cokes, le Comité des forges et aciéries, l’association internationale des maîtres de verrerie. La société textile Motte, de Roubaix, étend son exploitation jusqu’en Russie. Il y a aussi les monopoles privés de la navigation, des chemins de fer, du gaz, de l’électricité, des chûtes d’eau et les monopoles de l’Etat sur le tabac, les allumettes, etc. Au dessus de tout cela, trône le consortium des grandes banques, qui fait et défait les broutchoux-droitesociétés, lance les emprunts et organise les kraks, qui, en un mot, fait la pluie et le beau temps, suivant les caprices du Veau d’Or. Et plus loin: Tout en étant adversaire de la forme actuelle du commerce et partisan de la coopération, il faut reconnaître que les petits commerçants ne sont pas responsables de la crise, certains en sont victimes comme nous. Il faut voir plus loin que la place du marché et la devanture du boutiquier. [...] Les petits commerçants sont comme des tampons placés périlleusement entre les affamés et les affameurs. Regardons au-dessus d’eux, portons nos coups à la spéculation. »

Benoît Broutchoux, anarcho-syndicaliste fondateur de la CGT dans le bassin minier du Nord Pas-de- Calais, défenseur avant l’heure de la libre maternité, s’illustra notamment pendant la grève qui suivit le « crime de Courrières » (un coup de grisou qui fit 1 101 morts à Courrières le 10 mars 1906). C’est lui qui va servir de modèle au personnage de Lantier dans ‘Germinal ». La vie de Broutchoux est relatée dans une excellente bande dessinée intitulée « Les aventures épatantes et véridiques de Benoît Broutchoux » (textes et dessins de Phil Casoar – textes et recherche historique de Stéphane Callens).

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.