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Octobre 1961: Paris massacre…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

Amis de l’universalisme et du foie de veau aux cerises réunis, bonjour ! Nous sommes le Mardi 17 octobre 2017, 26è jour de Vendémiaire dédié à l’aubergine. L’aubergine cela me fait toujours penser aux uniformes et les uniformes aux flics et les flics à Papon et Papon aux pires saloperies qu’un individu puisse commettre. Triste anniversaire en effet que celui de ce 17 Octobre 1961: (à l’Appel de la Fédération FLN de France des milliers d’algériens ont convergé vers le Centre de Paris pour protester contre le couvre feu imposé aux seuls ressortissants d’Afrique du Nord.). La soirée sera tragique: rafle-62peut-être des centaines d’algériens sont tués, jetés dans la Seine, où l’on repêche leurs corps. Le bilan officiel fait état de 11538 arrestations, mais reste discret sur les atrocités de cette soirée. le sinistre Maurice Papon, alors préfet de police de paris a déclaré à la télévision française en 1993, selon libération, n’avoir « aucun remords, aucun signe d’angoisse. il a regretté son incapacité à n’avoir pu, en quelque sorte, maintenir l’ordre ». son directeur de cabinet avait pourtant confirmé à l’historien Michel Winock que « la seine charriait de plus en plus de cadavres … noyés par balle ». le responsable de cette bévue monumentale, qui relève du terrorisme d’état, sera récompensé par un portefeuille ministériel sous la présidence  de Giscard d’Estaing. Aujourd’hui, la résurgence de l’extrême droite en Europe (FPO en Autriche) la remontée nauséabonde du sentiment xénophobe, entretenu par les gars de la Marine et autres politicards, ainsi que l’incompréhensible tribune médiatique offerte à Zemmour, Soral, Rioufol, Ménard et consorts  nous interdisent d’oublier. «Le passé n’est pas mort et enterré, il n’est même pas passé», déclarait Barak Obama dans son discours de Philadelphie, citant William Faulkner.

Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

L’autre 11 septembre…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

Amis de la mémoire en chantant et du cassoulet réunis, bonjour ! Nous sommes le Mercredi 11 octobre 2017, 20è jour de vendémiaire dédié au pressoir.

Les soirées risquant d’être quelque peu ennuyeuses, je vous conseille un livre que viennent de re-publier les éditions La découverte. Il s’agit des fameux Mes cahiers rouges que Maxime Vuillaume, cofondateur du VuillaumePère Duchesne, écrivit au début du XXè siècle et qui représentent ses mémoires de communard. A l’heure où l’on s’interroge sur la meilleure façon de mettre à mal ce système qui étrangle les peuples un peu plus chaque jour, il est salutaire de se replonger dans de saines lectures. Ici restituées pour la première fois dans leur intégralité, Mes Cahiers rouges – parus entre 1908 et 1914 dans les célèbres Cahiers de la Quinzaine de Charles Péguy – constituent un classique de la littérature communarde. Durant l’Année terrible, leur auteur, Maxime Vuillaume (1844-1925), fut constamment aux premières loges, tantôt comme spectateur, le plus souvent comme protagoniste.

 

Engagé volontaire dans la Garde nationale, il participe aux journées insurrectionnelles des 31 octobre 1870 et 22 janvier 1871. À compter du mois de mars, c’est par la plume qu’il poursuit son combat, en fondant l’un des journaux les plus lus – et certainement le pcahiers rougeslus populaire – de la révolution communaliste : Le Père Duchêne. Au cours de la Semaine sanglante, enfin, il n’hésite pas à prendre les armes pour résister à l’assaillant versaillais. Aux antipodes de la solennité et du ton compassé qui caractérisent les traditionnels Mémoires, l’écriture incisive et alerte de Vuillaume conduit le lecteur à travers la ville révoltée, le fait sursauter quand claque un coup de feu, l’emplit d’effroi lorsqu’un communard est exécuté. Un livre vivant. Bien vivant. À (re)découvrir avec délectation. Pour mémoire, 900 morts du côté des versaillais, vainqueurs et 20 000 fusillés et 20 000 déportés du côté des vaincus… 

Allez, que le grand Manitou, veille sur vous, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Identitaires, au rapport…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

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Amis de la blanche hermine et du kig-ha-farz réunis, bonjour !Nous sommes le Samedi 07 octobre 2017, 16è jour de vendémiaire dédié à la belle de nuit : Les fleurs de couleur blanche, rouge, jaune, orangé, mauve ou fuchsia mais aussi bicolores ne s’ouvrent que la nuit et exhalent un parfum rappelant la fleur de tabac. Elles fanent le matin et belle de nuitsont remplacées par d’autres fleurs sur le même pied. Le fruit, de couleur noire, apparaît à la base de la fleur une fois que celle-ci est tombée. Cette fleur fluorescente déploie ses pétales afin d’exposer des corolles luminescentes qui attirent les papillons de nuit afin d’assurer sa reproduction. La plante produit un fruit comestible dont le goût est assez doux. Pour certaine espèces, avant d’obtenir un fruit, il est nécessaire que l’homme assure la pollinisation de la fleur. En effet, en Amérique centrale, la pollinisation est assurée par une Chauve-souris absente de nos contrées. Le fruit (Pitaya) est également connu à la Réunion sous le nom de Raquette Tortue.

 
C’est aussi le jour où les occidentaux bon chic, bon genre, c’est à dire Blancs, chrétiens, Européens, si possible cathos, célèbrent Notre Dame du Rosaire en mémoire de la fameuse bataille de Lépante qui vit la puissante marine ottomane affronter une flotte chrétienne comprenant des escadres vénitiennes et espagnoles renforcées de galères génoises, 1280px-Battle_of_Lepanto_1571pontificales, maltaises et savoyardes, le tout réuni sous le nom de Sainte-Ligue à l’initiative du pape Pie V. C’est ce dernier qui avait appelé à un rosaire universel pour obtenir la victoire. L’un des participants les plus connus de cette célèbre bataille est l’écrivain espagnol Miguel de Cervantes, qui y perdit l’usage de sa main gauche, gagnant le surnom de « manchot de Lépante ». L’événement qui se termina par une défaite des musulmans, eut un retentissement considérable en Europe car, il sonna comme un coup d’arrêt porté à l’expansionnisme ottoman. Notez qu’en cette période de brûlante actualité hispano-catalane,  la « Croix de Lépante » qui se trouvait sur le vaisseau amiral de la flotte chrétienne, est conservée dans la Cathédrale Sainte-Croix de Barcelone. Amusant, non !

Voila pour aujourd’hui, en attendant la suite, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Remember Pablo Neruda…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

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Amis de l’érotisme flamboyant et de la bouillie d’avoine réunis, bonjour ! Nous sommes le Samedi 23 septembre 2017, deuxième jour de chateau-de-barre-gentillot-graves-de-vayres-france-10733976Vendémiaire généralement dédié au safran. Ah, les coquilles saint-Jacques de la baie de Saint-Brieuc sur une fondue de poireaux safranée…Vous servez cela avec un Graves-de-Vayres qui, malgré l’analogie du nom est sans rapport avec la zone viticole des Graves. Même si la majorité des Graves-de-Vayres blancs secs est issue d’assemblage sauvignon, sémillon, muscadelle; j’ai une faiblesse pour le 100% sémillon élevé en barriques.

Tout à fait autre chose. 

C’est le jour anniversaire de la disparition de Pablo Neruda:23 septembre 1973. Ecoutons Jean Ferrat lui rendre hommage sur un texte d’Aragon:

«Je veux vivre dans un pays où il n’y ait pas d’excommuniés.
Je veux vivre dans un monde où les êtres soient seulement humains, sans a220px-Pablo_Nerudautres titres que celui-ci, sans être obsédés par une règle, par un mot, par une étiquette. Je veux qu’on puisse entrer dans toutes les églises, dans toutes les imprimeries. Je veux qu’on n’attende plus jamais personne à la porte d’un hôtel de ville pour l’arrêter, pour l’expulser. Je veux que tous entrent et sortent en souriant de la mairie. Je ne veux plus que quiconque fuie en gondole, que quiconque soit poursuivi par des motos. Je veux que l’immense majorité, la seule majorité : tout le monde, puisse parler, lire, écouter, s’épanouir. » Il s’appelait en réalité: Ricardo Eliécer Neftalí Reyes Basoalto natif de Parral au Chili.

Allez, merci de passer par ici, portez vous bien et à bientôt peut-être.

 

 

Alain Barbetorte, Comte du Poher…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

Amis de le Bretagne éternelle et du lait ribot réunis, bonjour ! Nous sommes le Mardi 1er août 2017, quatorzième jour de Thermidor dédiélugnasad au basilic. Et aujourd’hui, les nostalgiques peuvent commémorer la bataille de Trans-la-forêt qui mit fin à l’occupation Normande en Bretagne au tout début du dixième siècle (il y a prescription). En effet, les combats auraient débuté un 1er août qui correspondait à Lugnasad chez les Celtes. C’est la fête de LUG, le plus grand de tous les dieux, c’est l’équivalent celtique du Jupiter. Mais revenons à notre histoire.

En effet, la Bretagne était occupée par les Normands depuis la mort d’Alain le Grand en 908. Venant d’Angleterre, Alain Barbetorte, comte du Poher et petit fils d’Alain le Grand débarque près de Dol en 936. Il plaque plourivoremporte plusieurs victoires dont celle de Kastell Auffret à Plourivo (près de Paimpol) une plaque commémorative y est visible( Photo de gauche). Continuant sur sa lancée, il prend Nantes en 937 et chasse les Normands de l’estuaire de la Loire tandis que le comte Even débarrasse le Léon de ses pirates (Vikings). Des groupes de Normands retranchés dans la forêt de Villecartier dévastent encore le pays de Dol et le pays Rennais. Le comte de Rennes, Juhel Béranger réclame l’aide de Barbetorte, pourtant son rival, nous sommes en 939. La cavalerie de Barbetorte, environ 1000 hommes écrase les Normands qui doivent repasser le Couesnon.

« Au jour des calendes du mois d’août, jour que les bretons décrétèrent être solennisé par la gent de Bretagne, par toutes les barbetortegénérations, parce que de là et après, commença derechef la Bretagne à être habitée par ses natifs et Bretons user des lois de leurs ayeux. » (Pierre Le Baud cité par La Borderie) Il faut ajouter, pour être honnête, que d’autres historiens comme André Chedeville, conteste cette version guerrière et pense que ce retour de souveraineté est davantage le fruit d’une action diplomatique d’Athelstan, roi d’Angleterre auprès de Guillaume Longue-épée. En tout état de cause, la Bretagne allait naviguer ainsi, bon an mal an jusqu’à son « annexion » en 1532. Allez savoir, c’est peut-être pour cela que l’on est plus galettes saucisses que camembert… Et qu’en revanche, par pure vilénie, le Couesnon en sa folie a mis le mont en Normandie !

Allez, après ce petit rappel historique, portez vous bien et à bientôt peut-être car le cénobite se met en congé pour quelques jours.

Pourquoi ont ils tué Jaurès…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

Amis de la blanche hermine et du Breizh-Cola réunis, bonjour ! Nous sommes le Lundi 31 juillet 2017, autant dire que c’est la fin du mois… A ne pas confondre avec la fin du moi, comme disait ce vieux Lacan. C’est aussi le treizième jour de Thermidor dédié à l’abricot et c’est encore le triste anniversaire de l’assassinat de Jaurès. Mais, que les dieux me tripotent, pourquoi ont-ils tué Jaurès ?

L’assassinat de Jean Jaurès a lieu le vendredi 31 juillet 1914 à 21 h 40, alors qu’il dîne au café du Croissant, rue Montmartre, dans le 2e arrondissement de Paris, au cœur de la République du Croissant, à deux pas du siège de son journal, L’Humanité. Il est atteint par deux coups de feu. L’auteur est un certain Raoul Villain jeune admirateur de Maurras et fan de l’Action Française. Raoul Villain est incarcéré en attente de son procès durant toute la Première guerreJaurès discours mondiale. Après cinquante-six mois de détention préventive, la guerre achevée, son procès est organisé devant la cour d’assises de la Seine. Villain a la chance de n’être jugé qu’en 1919, à sa demande, dans un climat d’ardent patriotisme. Lors des audiences qui se déroulent du 24 au 29 mars, ses avocats, dont le grand pénaliste Henri Géraud, mettent en avant sa démence. Ils argumentent aussi sur l’acte d’un homme isolé, ce qui résultait de son interrogatoire par Célestin Hennion, le préfet de police de Paris (c’est lui qui créa Les brigades du Tigre), dans la nuit du 31 juillet 1914. Plus étonnant, parmi les témoins en sa faveur figure Marc Sangnier, venu défendre la « valeur morale » d’un ancien disciple.

Raoul Villain est acquitté le 29 mars 1919 par onze voix sur douze, un juré ayant même estimé qu’il avait rendu service à sa patrie : « Si l’adversaire de la guerre, Jaurès, s’était imposé, la France n’aurait pas pu gagner la guerre. » La veuve de Jaurès est condamnée aux dépens (paiement des frais du procès). Le 14 mars 1919, soit quinze jours plus café-du-croissant-300x202tôt, le 3e conseil de guerre de Paris, juridiction militaire, condamnait à la peine de mort Émile Cottin, l’anarchiste qui avait blessé de plusieurs balles Clemenceau le 19 février précédent. Raoul Villain s’exile alors sur l’île d’Ibiza. Peu après le début de la guerre d’Espagne en juillet 1936, l’ile tombe aux mains des franquistes, puis est reconquise par les républicains, qui la quittent rapidement. Celle-ci est alors reprise par des groupes anarchistes, mais l’île est bombardée par l’aviation franquiste et dans le chaos, le 13 septembre 1936, les anarchistes l’exécutent pour espionnage au profit de l’armée franquiste, sans que l’on sache s’ils savaient qui il était. Étonnant non !

Allez, merci d’être passé par ici en plein été. Portez vous bien et à demain peut-être.

En Thermidor, ça va fort…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

Amis de l’ornithologie et de l’ortolan braisé réunis, bonjour ! Nous sommes bien le Mercredi 19 juillet 2017 qui correspond au premier jour de Thermidor, dédié à l’épeautre. Comme disait mon aïeule, qui connaissait l’évangile de Matthieu sur le bout des doigts de pieds: regarde l’épeautre dans ton oeil avant la paille dans le mojito de ton voisin…                                                                                                         Dans la première mouture du calendrier républicain ce mois là avait été thermidornommé fervidor, du latin fervidus, brûlant. Mais, allez savoir pourquoi, Fabre d’Eglantine décida de le débaptiser sans autre forme de procès et sans même en informer la Convention. Thermidor a l’inconvénient d’introduire une expression d’origine grecque dans une nomenclature dont tous les autres termes sont latins. Ça c’est pour les puristes. Néanmoins, je retiens que c’est thermidor qui a vu la fin de Robespierre et du même coup de la terreur. Encore deux verres d’absinthe et il l’aurait baptisé Therminador… La fièvre révolutionnaire eut-elle été moins sanguinaire si Fabre avait conservé le nom de fervidor ? Et si le nez de Cléopâtre, et si ma tante, oui bon… En tous cas, vous, je ne sais pas mais, personnellement, ce que j’apprécie dans thermidor, c’est le homard… Par analogie, le mot « Thermidor » est parfois employé hors du contexte de la Révolution française pour désigner une autre contre-révolution. Par exemple, Trotsky utilisa le mot Thermidor pour désigner la prise de pouvoir progressive par la bureaucratie stalinienne en Russie dans les années 1920, qu’il assimilait à une contre-révolution. Sacré Léon, comment nommait-il la révolte de Cronstadt ?

Bon allez, trêve de polémique, c’est l’été que diable. Portez vous bien et à bientôt peut-être.

Il faut chanter les haricots…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

Amis de l’art lyrique et du gigot d’agneau réunis, bonjour ! Nous sommes (déjà) le Mardi 11 juillet de l’an 2017. Les républicains chargés du calendrier, dans leur immense sagesse et leur infinie ruralité, avait dédié ce jour au Haricot… Alors, sans plus attendre et spécialement pour vous, amis lecteurs, ce chef- d’œuvre de la littérature française, magistralement interprété par Bourvil:

Comme vous pouvez le constater, les cénobites ont pris leurs quartiers d’été. Petit billet, pédale douce mais, le rythme reste quotidien histoire de ne pas perdre le fil qui lui, est davantage à la pêche qu’au rasoir (humour dévastateur et néanmoins Vermotien)… Aujourd’hui par chez nous on célèbre les Judoc. Difficile d’écrire l’histoire de celui-là tant l’orthographe du nom a subi de modifications. On trouve les formes judoc-1aussi diverses que le vieux breton Iudoc ou Judoce, ou encore la forme francisée de Judosse mais aussi chez nos amis d’outre-Manche, Joder, Josse, Joyce, Joost, Jost, Judganoc… En tous cas, il semble bien qu’il fut l’un des nombreux enfants du roi Judaël, souverain de Domnonée (le Nord de l’Armorique à partir du VIè) et donc frère du futur roi Judikaël et de Winnoc… Je ne les cite pas tous, ils étaient quinze autour de la table familiale. Le nom de Domnonée vient des Dumnonii, peuple celte brittonique de l’île de Bretagne, habitant le Devon et peut-être les Cornouailles. Le royaume aurait été fondé par Riwal (du comté de Gwent, au Pays de Galles). La première bande, arrivée sur nos côtes armoricaines vers 465, aurait eu pour chef Fracan, père de  Gwenolé, et elle se serait établie sur les bords du Gouët (à Ploufragan dans les Côtes-d’Armor). Elle fut suivie de trois autres colonies qui se fixèrent autour de la baie de Saint-Brieuc et qui obéissaient à des chefs nommés Riwal, Conan et Conothée. Ces derniers furent rejoints, vers 480, par  Brieuc, qui fonda un grand monastère, berceau de la ville portant encore son nom.

Et bien voilà, après cela vous pouvez participer à « questions pour un champion ». En attendant, portez vous bien et à demain peut-être.

La bataille de St-Cast…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

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Amis de la démocratie participative et du cochon de lait réunis, bonjour ! Figurez voartichautus, chers lecteurs, que ce Vendredi 30 juin 2017 n’est rien moins que l’équivalent du 12 Messidor, dédié à l’artichaut. L’artichaut, c’est bien connu, est au Léon (29) ce que la bêtise est à Cambrais, le nougat à Montélimar, Colombine à Pierrot et Castor à Pollux.  Je parle du camus de Bretagne évidemment, pas le violet de Provence, ni même l’épineux de Sicile. Non, il s’agit bien de ce bon gros chardon qui, comme disait le regretté Coluche : « Les artichauts, c’est un vrai plat de pauvres. C’est le seul plat que quand t’as fini de manger, t’en as plus dans ton assiette que quand tu as commencé ! ».

Mon calendrier perso me suggère de célébrer les Cast qui aurait laissé son nom à la jolie commune de St-Cast-le-Guildo (22). Le 11 septembre 1758 s’est déroulé en Bretagne la célèbre bataille de saint-Cast. L’action se situe pendant la guerre de sept ans entre Saint-Malo et le cap Fréhel. Les bretons qui depuis de nombreuses années sont écartelés entre la voisine française et la perfide Albion vont, une fois de plus, assister au match. En juin 1758 les britanniques pillent Cancale, en août attaquent Cherbourg. Par ces manœuvres de diversion, ils  saint-cast-batailletentent de fixer en France des régiments qui seraient utiles aussi bien aux Colonies Américaines qu’en Allemagne, où les troupes royales affrontent les Prussiens, alliés des Britanniques.  Les troupes françaises fortes de 7 000 hommes environ, sont sous les ordres du Duc d’Aiguillon gouverneur de Bretagne. Les troupes du royaume de Grande-Bretagne, fortes de 42 500 hommes environ, dont 10 000 fantassins sous commandement du général Thomas Bligh. Le 3 septembre, une flotte d’une centaine de navires britanniques débarque à Saint-Briac 10 000 hommes avec comme objectif d’attaquer Saint-Malo. Mais un vent de Noroît les prive du soutien de leur flotte qui doit se réfugier à l’abri de la pointe de l’Isle en Saint-Cast. Repoussée par le feu des batteries des forts malouins, l’armée britannique fait mouvement vers l’ouest, pillant et brûlant les châteaux et les fermes de la région, pour rejoindre ses navires.

Les 8 et 9 septembre, avec une troupe d’une centaine de volontaires du Guildo, jacques-Pierre Rioust des Villaudrains, un bourgeois, ralentit les Britanniques, en attendantvllaudrain D les forces du duc d’Aiguillon. C’est sous le feu français que les Britanniques sont obligés de rembarquer le 11 septembre. La bataille s’engage sur la grande plage de Saint-Cast. Les Britanniques laissent sur le terrain quelque 2 000 morts, et environ 740 prisonniers. C’est l’un des rares faits d’armes où les Français sont victorieux durant la guerre de sept ans. Guerre qui compta, parmi ses étonnants projets, une tentative d’invasion de la Grande-Bretagne proposée au duc de Choiseul, et une tentative de débarquement au Brésil de l’amiral d’Estaing en 1762…

En revanche, l’histoire est moins flatteuse envers le duc d’Aiguillon. En effet, dans la lutte du Parlement de Bretagne contre le pouvoir royal, La Chalotais minimisa le rôle du duc dans la bataille. En faisant allusion aux relations que celui-ci entretint avec la meunière du Moulin d’Anne, où il avait établi son quartier général, le procureur général put déclarer que : « le duc d’Aiguillon à Saint Cast s’était plus couvert de farine que de gloire ». Le nom de la « Belle Meunière », figure de l’histoire castine, est aujourd’hui associé à une célèbre pâtisserie de la station…  Enfin,caradeuc_chalotais_01f quelques années plus tard, on prétendit que lors de la bataille, des soldats Léonards et Trégorrois, reconnaissant dans les chants de guerre des régiments gallois leurs vieilles chansons bretonnes, refusèrent de tirer contre « leurs frères celtes ». Mais là dessus, je ne prendrai pas de paris… Nous vivons déjà à cette époque la genèse de ce qui allait devenir le « bloc agraire breton » basé sur le poids de l’aristocratie légitimiste et l’omnipotence d’un clergé farouchement intransigeant, entourant une paysannerie peu éclairée, tous trois viscéralement hostiles au régime républicain. Le ciment de ce mariage de la carpe et du lapin sera la soi-disant culture bretonne dont Hersart de la Villemarqué, auteur du Barzaz Breiz sera à partir de 1815 un zèlé représentant.

Voila pour la petite histoire, allez, portez vous bien et à demain peut-être.

Quand cuisine rime avec Potemkine…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

Amis du septième art et de la sole meunière réunis, bonjour ! Nous bretons cuisinevoici le Mardi 27 juin 2017, hé oui, que le temps passe vite. C’est le 9è jour de messidor dédié à l’absinthe et c’est le moment ou jamais de souhaiter un bon anniversaire à madame dansmacuizine, éminente collègue de la blogosphère qui atteint l’âge canonique de… Et qui vient d’engranger, une fois encore, les zonneurs de la presse avec plusieurs pages dans le magazine Bretons en cuisine intitulées: Dans la « cuizine » de Stéphanie , joyeuse cuisinière blogueuse, tout un programme.

Le 27 juin 1905 donc, une mutinerie éclate à bord du Potemkine, le principal cuirassé de la flotte de guerre russe. Il devait son nom à un dignitaire russe très proche de la grande Catherine et qui finit sa cuirassécarrière comme généralissime des armées russes. C’est lui qui inventa les villages en carton, pour satisfaire la Tsarine au cours de son fameux voyage dans le midi de l’Empire (1787). Tout le long du Dniepr, pays aride et inhabité, des villas et des jardins furent installés afin de charmer les yeux de l’auguste visiteuse. Des masses populaires furent amenées des coins les plus éloignés de l’empire, des troupes furent échelonnées le long de la route avec mission d’acclamer la souveraine et d’exprimer l’enthousiasme des peuples nouvellement conquis. Aujourd’hui, chez nous, quand Macron 1er se déplace, c’est un peu la même chose…Il n’y a que des gens qui l’applaudissent et qui ne sont pas plus grand que lui.

Mais revenons à notre cuirassé. Le drame survient à Odessa, sur la mer Noire. Un marin est tué par un officier pour s’être plaint de la viande avariée. Aussitôt, l’équipage se soulève à l’instigation d’un meneur révolutionnaire, Afanasy Matiouchenko. Tandis que huit officiers rejoignent les mutins, le commandant et plusieurs autres officiers sont tués et jetés la mer. C’est que, depuis la défaite de Tsushima, un mois escaliersplus tôt, face à la flotte japonaise, les officiers de la marine tsariste ont le plus grand mal à se faire respecter par leurs hommes. Les marins du Potemkine s’emparent du navire et hissent les drapeaux rouge et noir de la révolution. Deux autres navires se joignent à la sédition. Le surlendemain, l’insurrection s’étend au port d’Odessa et à d’autres ports de l’Empire. L’état de siège est déclaré et la répression fera plusieurs centaines de morts. Après une longue errance dans la mer Noire, la plupart des mutins finiront par obtenir l’asile politique en Roumanie, dans le port de Constantza. La mutinerie s’inscrit dans la série de troubles sociaux, politiques et militaires, qui empoisonnent le régime tsariste en cette année 1905.

Sa célébrité vient surtout du film qu’en tirera le réalisateur soviétique Serge Eisenstein en 1925 : «Le cuirassé Potemkine». Chacun se souvient de la scène du landau qui dévale les marches du fameux escalier d’Odessa, un travelling de six minutes. Cette scène mythique a été reprise aussi bien par Brian de Palma dans les incorruptibles que par Terry Gilliam dans Brazil.

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.