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Rappelle toi du couvre-feu…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

Amis de l’universalisme et du foie de veau aux cerises réunis, bonjour ! Nous sommes le Samedi 17 octobre 2020, 26è jour de Vendémiaire dédié à l’aubergine. L’aubergine cela me fait toujours penser aux uniformes des contractuelles et les uniformes aux flics et les flics à Papon rafle-62et Papon aux pires saloperies qu’un représentant de l’État puisse commettre. A l’heure où Emmanuel premier remet le couvre-feu au dégout du jour; c’est un triste anniversaire en effet que celui de ce 17 octobre 1961 (à l’Appel de la Fédération FLN de France des milliers d’algériens ont convergé vers le centre de Paris pour protester contre le couvre-feu imposer aux seuls ressortissants d’Afrique du Nord.); mais la remontée nauséabonde du sentiment xénophobe, entretenu par les gars de la Marine et autres droitiers de plus en plus extrêmes, ainsi que l’incompréhensible tribune médiatique offerte à Zemmour, Soral, Rioufol, Ménard et consorts  nous interdisent d’oublier.  

La soirée sera tragique: peut-être des centaines d’algériens sont tués, jetés dans la Seine, où l’on repêche leurs corps. Le bilan officiel fait état de 11538 arrestations, mais reste discret sur les atrocités de cette soirée. le sinistre Maurice Papon, alors préfet de police de paris a déclaré à la télévision française en 1993, selon libération, n’avoir « aucun remords, aucun signe d’angoisse. il a ici on noie...regretté son incapacité à n’avoir pu, en quelque sorte, maintenir l’ordre ». son directeur de cabinet avait pourtant confirmé à l’historien Michel Winock que « la seine charriait de plus en plus de cadavres … noyés par balle ». le responsable de cette bévue monumentale, qui relève du terrorisme d’état, sera récompensé par un portefeuille ministériel sous la présidence  de Giscard d’Estaing.
«Le passé n’est pas mort et enterré, il n’est même pas passé», déclarait Barak Obama dans son discours de Philadelphie (2008), citant William Faulkner.

Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

La tête près du bonnet…rouge.

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

Amis de la zénitude et des vins de Rioja réunis, bonjour ! Nous sommes le Mardi 13 octobre 2020, 22è jour de vendémiaire dédié à la pêche, alors, haut les cœurs !

Par chez nous, c’est la saint Hernin ou Harn, en breton dans le texte; moine du VIè siècle qui a laissé son nom aux communes de Locarn (22) et Saint-Hernin (29). Cette dernière commune est connue pour des bonnets-rouges-300x192faits liés à la révolte des bonnets rouges (l’originale hein, pas les gesticulations de Troadec, Le Fur et de la FDSEA contre l’écotaxe). Le 11 juillet 1675 et les jours qui suivent, les insurgés de vingt paroisses de Scaër au Huelgoat, assiègent et pillent le château du Kergoët en Saint-Hernin, une somptueuse demeure pourvue de murailles et de défenses, propriété du marquis Le Moyne de Trévigny, puis le brûlent. L’intendant et plusieurs serviteurs sont assassinés. Plus tard, Il se racontera alentour que le château aurait été entièrement reconstruit par corvées. Une transaction est passée entre les paroisses et Le Moyne de Trévigny pour réparation des dommages sur son château. Celle-ci est approuvée par les États de Bretagne en octobre 1679. Ah, on savait s’amuser à l’époque…

La marquise parvient à s’échapper et se réfugie au couvent des Carmes de Carhaix. Le propriétaire du château est réputé être lié à ceux qui avaient amené en Bretagne les impôts du timbre et du tabac. Selon la police, l’intervention de Sébastien Le Balp se manifeste d’ailleurs en code-paysan-300x240toute cette affaire et il exerce dit-on la plus grande influence sur toute la région. C’est sur ses ordres que le matin du jeudi 11 juillet, le tocsin sonne à Saint-Hernin, à Kergloff et dans toutes les paroisses voisines. Michel Le Guichoux, notaire royal de Châteauneuf, déclare que le matin du 12 des bandes armées venant de Plouyé, Loqueffret et Landeleau, le forcèrent « de marcher avec eux vers le château du Kergoët, suivant l’ordre qu’ils disoient avoir eu du Balq de s’y trouver ou en deffaulx qu’il viendroit avecq ses troupes fondre sur les paroisses ».

Sébastien Le Balp sut organiser une armée bretonne de 6000 hommes  mais 30 000 autres volontaires bretons le suivent sans avoir d’armes. Le nom de Bonnets rouges est lié au bonnet que les insurgés du Poher (Finistère centre) choisissent comme signe de ralliement, ceux du pays bigouden (sud ouest du Finistère) avaient un bonnet bleu. On pourrait parler de révolte des Bonnets rouges et bleus SEL-ArBalp-197x300mais le rouge sied mieux à l’image de révolte sans doute… Dans la nuit du 2 au 3 septembre 1675,  Claude de Montgaillard, fidèle au roi Louis XIV qui l’a fait marquis quatre ans plus tôt, tue par surprise Sébastien Le Balp d’un coup d’épée à travers la gorge. Celui-ci était venu au château des Montgaillard dans l’espoir d’un ralliement des nobliaux à sa cause. Plus tard, Sébastien Le Balp est exhumé. On fait un procès à son cadavre qui est ensuite traîné sur une claie, rompu et exposé sur une roue. Il est décapité puis son corps est (re)enterré à l’église de Kergloff tandis que son crane est recueilli à la chapelle de Saint-Drézouarn (Kergloff). Les meneurs sont torturés, exécutés ou condamnés aux galères. Mon aïeule, qui se targuait de bien connaitre l’histoire bretonne, m’a raconté que c’est à la suite de cette répression que les femmes du pays bigouden ont décidé d’augmenter la taille de leurs célèbres coiffes pour protester contre le raccourcissement des clochers.

Allez, merci d’être passé, portez vous bien avant le reconfinement et à bientôt peut-être.

Commandante…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

Amis de l’école émancipée et du veau jardinière réunis, bonjour ! Nous sommes le Jeudi 08 octobre 2020, 17è jour de vendémiaire dédié à la citrouillecitrouille. Pour les pataphysiciens convaincus, le Mardi 3 Haha 148 St Gibus, franc-maçon fête suprême quarte ; tandis que par chez nous, on célèbre les Morgan; joli prénom issu du Gallois et formé de mor (en breton: meur), « grand », et gann adouci de kann, « brillant, pur » ; la traduction « né de la mer » (vous savez, la fameuse berceuse de Yann-ber Calloch: Me zo ganet e kreiz ar mor)  serait erronée si l’on en croit Albert Deshayes. Au pays de Galles, ce petit-fils de Meurig ap Twedrig a donné son nom au comté du Morgannwg ou Glamorgan, dont la capitale est Cardiff.

C’est un 08 octobre en 1967, en Bolivie, dans le ravin de Quebrada del Yuro, après trois heures de combat, que le Che est capturé avec Simónle-Che Cuba Sarabia. En 1951, Ernesto Guevara, que l’on ne surnomme pas encore Le Che, accompagné de son ami Alberto Granado, vont entreprendre un long voyage en Amérique latine. Ils chevauchent une vieille moto, Norton 500cm3 (mon père en possédait une dans les années 5O) qu’ils ont nommé « la vigoureuse », poderosa en espagnol. C’est au Chili, dans les mines de Chuquicamata qu’ils vont découvrir les conditions de vie des mineurs. Cette expérience va renforcer chez lui l’idée que les inégalités ne peuvent être abolies que par la révolution.

La suite vous la connaissez, le Che est devenu une icône et sa photo réalisée par Alberto Corda est l’une des plus célèbres au monde.(ici à Sartre-et-le-Chegauche, une autre, moins connue avec Jean-Paul Sartre et Simone) Petite anecdote, « che » en argentin ça veut dire l’homme, un peu comme « hombre » ou comme disent les ricains « hey man » et notre ami Ernesto en Bolivie ponctuait toutes ses phrases par « Che ». De là lui est venu le surnom de « Che l’argentin », puis tout simplement « le Che ». Amusant, non! Bien entendu, vous en conviendrez, tout cela n’a strictement rien à voir avec les citrouilles, encore moins avec les crêpes dentelles, mais justement, ce blog n’a pas pour réputation de faire dans la dentelle.

En attendant nos prochaines aventures, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Bertrand du déclin…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

Amis de la philologie et de l’huitre de Prat-ar-Coum réunies, bonjour ! Nous sommes le vendredi 02 octobre 2020, onzième jour de vendémiaire dédié à la pomme de terre.

Le 2 octobre 1369, dans sa résidence de l’hôtel Saint-Pol, dans le quartier parisien du Marais, le roi Charles V le Sage octroie à Bertrand Du Guesclin le titre de connétable en reconnaissance des services rendus. Le titre de connétable correspond au Moyen Âge aux fonctions modernes de chef d’état-major. Le mot vient du latin comes stabuli, qui désigne le comte de l’étable (aussi appelé grand écuyer). Né un demi-siècle plus tôt au château de La Motte-Broons, près de Dinan, dans le duché de Bretagne alors indépendant, Bertrand Du Guesclin se signale duguesclin_connetable-242x300très tôt par son caractère combatif (et sa laideur). Il fait ses premières armes dans la guerre de la Succession de Bretagne, aux côtés de Charles de Blois dont j’évoquais la figure voici quelques jours. Il se fera battre et même capturer à Auray par les Anglais du Prince Noir, alliés du camp rival. Charles V le fait libérer contre 100.000 livres, et lui demande en retour de libérer le royaume des Grandes Compagnies. Il s’agit de bandes de mercenaires qui, depuis la paix de Brétigny (mai 1360) et la fin des hostilités avec les Anglais, mettent les campagnes au pillage. Du Guesclin leur trouve une occupation en les emmenant de l’autre côté des Pyrénées où, là comme en Bretagne, se déroule une guerre entre prétendants à la couronne de Castille. Le premier choc est fatal à Du Guesclin. À Navarette, en 1367, il est capturé par le Prince Noir. Le Breton, par orgueil, fixe lui-même le montant de sa rançon au niveau qui sied à sa valeur… C’est ainsi que le roi Charles V le fait libérer en échange de 60.000 florins. Peu après, Du Guesclin prend sa revanche sur Pierre le Cruel et l’oblige à se réfugier dans la forteresse de Montiel. Capturé, Pierre 1er est tué par Henri de Trastamare. Fin de l’épisode castillan.

De retour à Paris, le mercenaire reçoit donc du roi le titre de connétable malgré les réticences des courtisans et des princes qui supportent mal le rude caractère du Breton. En l’honorant ainsi, le roi veut s’attacher son concours pour chasser les Anglais des dernières provinces qui leur restent sur le Continent et en finir avec une guerre qui n’a que trop duré (on ne l’appelle pas encore guerre de Cent Ans). Le chevalier breton, célèbre pour sa laideur tout autant que sa vigueur et son talent Bertrand-Du-Guesclin-213x300de stratège, accepte l’honneur qui lui est fait par le Conseil du roi et va s’en acquitter avec succès pendant les dix années qui lui restent à vivre.À la fin, Du Guesclin chasse les Anglais de Normandie, de Guyenne, de Saintonge et du Poitou. Il fait également la chasse aux routiers qui sèment la désolation. Il meurt de maladie à 60 ans, le 13 juillet 1380, en assiégeant un de leurs repaires, à Châteauneuf-de-Randon, en Gévaudan. Le gouverneur de la place se rend et vient solennellement déposer les clés de la forteresse sur le cercueil du héros ! Si le personnage était sans peur, il n’était pas sans reproche. C’était un soudard et les massacres qu’il a perpétrés sur les Juifs d’Espagne n’ont rien à envier aux horreurs commises par les sbires des temps modernes. Sources:Chronique de Bertrand du Guesclin par Cuvelier, trouvère du XIV siècle; Chronique en forme de chanson de geste, versifiée en français ancien, sur la vie de Bertrand du Guesclin. Ou bien consulter l’article de André Larané sur Herodote

Dans le mouvement breton (emsav) il était surnommé Bertrand du déclin tant son attachement à la couronne française hérissait le poil du militant. Résultat, en février 1977, la statue du connétable qui trônait au bord de la quatre voies St-Brieuc Rennes, à proximité de Broons (22), fut pétardée par le FLB. Allez, merci d’être passé, portez vous bien et à bientôt peut-être.

On les disait anargyres…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

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Amis de la relance Keynésienne et du céleri rémoulade réunis, bonjour ! Aujourd’hui, nous sommes le Samedi 26 septembre 2020, cinquième jour de Vendémiaire dédié au cheval… On fête aussi la saint Côme. Côme et son frère Damien étaient des chirurgiens qui pratiquaient la médecine gratuitement d’où l’appellation d’anargyres; joli nom qui commence plutôt bien et qui me les rend sympathiques.

Or donc, cela se passait en Cilicie (aujourd’hui en Turquie) vers l’an 300 et ces braves garçons n’ont guère eu de Côme & Damienchance, en effet, ils furent arrêtés sur l’ordre du Préfet de Cilicie, un certain Lysias dont c’est le seul titre de gloire à ma connaissance. Il leur ordonna d’abjurer sous la torture. Selon la légende ils restèrent fidèles à leur foi en dépit de toute une série de tortures affreuses auxquelles ils restèrent insensibles; finalement ils furent décapités (ce qui prouve une fois de plus que la foi peut faire perdre la tête). Leurs frères cadets Antime, Léonce et Euprepius, qui les suivaient partout, partagèrent leur martyre. La plus célèbre de leurs cures miraculeuses, la greffe d’une jambe de Maure pour remplacer la jambe nécrosée d’un patient, fit l’objet de nombreuses peintures et miniatures; 220px-Fra_Angelico_064on peut en observer une (ci-dessous à gauche)que l’on doit au talent de Fra Angelico au musée national San Marco à Florence. Et voilà pourquoi, madame Michu, on a fait de Côme le patron des chirurgiens et des pharmaciens et cela depuis fort longtemps puisque c’est à St Louis que l’on doit la création de la confrérie de Saint-Cosme, première « association professionnelle » des chirurgiens.

Jusque là en effet, la profession de chirurgien n’était pas clairement différenciée de celle de barbier. Ces deux professions étaient considérées comme des métiers manuels nécessitant peu d’instruction, et appris le plus souvent en assistant un proche. Les médecins, au contraire, étaient école médecineconsidérés comme instruits, après des études en école de médecine. Jean Pitard, premier chirurgien de saint Louis en créant la confrérie de Saint-Côme et de Saint-Damien distingue les chirurgiens dits de robe longue qui doivent désormais passer un examen devant leurs pairs avant d’exercer, des chirurgiens dits de robe courte ou barbiers qui ne sont plus chargés que des interventions minimes. A Paris, rue de l’école de médecine on trouve encore trace de ce remarquable hôtel de la confrérie des chirurgiens. Étonnant, non !

Bon et bien voilà, on parle de tout et de n’importe quoi, et je ne sais plus ce que voulais dire… On verra cela plus tard, faut que je va faire mes courses. allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

La chanson noire de Pablo Neruda…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

Amis de l’érotisme flamboyant et de la bouillie d’avoine réunis, bonjour ! Nous sommes le Mercredi 23 septembre 2020, deuxième jour de Vendémiaire généralement dédié st-jacques-300x300au safran. Ah, les coquilles saint-Jacques de la baie de Saint-Brieuc sur une fondue de poireaux safranée… Vous servez cela avec un Graves-de-Vayres qui, malgré l’analogie du nom est sans rapport avec la zone viticole des Graves. Pour ce qui me concerne, j’ai une faiblesse pour le 100% sémillon élevé en barriques; quand bien même, la majorité des Graves-de-Vayres blancs secs est issue d’assemblage sauvignon, sémillon, muscadelle.

C’est le jour anniversaire de la disparition de Pablo Neruda:23 septembre 1973. «Je veux vivre dans un pays où il n’y ait pas d’excommuniés. Je veux vivre dans un monde où les 220px-Pablo_Nerudaêtres soient seulement humains, sans autres titres que celui-ci, sans être obsédés par une règle, par un mot, par une étiquette. Je veux qu’on puisse entrer dans toutes les églises, dans toutes les imprimeries. Je veux qu’on n’attende plus jamais personne à la porte d’un hôtel de ville pour l’arrêter, pour l’expulser. Je veux que tous entrent et sortent en souriant de la mairie. Je ne veux plus que quiconque fuie en gondole, que quiconque soit poursuivi par des motos. Je veux que l’immense majorité, la seule majorité : tout le monde, puisse parler, lire, écouter, s’épanouir. » Il s’appelait en réalité: Ricardo Eliécer Neftalí Reyes Basoalto natif de Parral au Chili.

Allez, merci de passer par ici, portez vous bien et à bientôt peut-être.

11 Septembre 1973…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

Amis de la marine à voiles et des légumes à la vapeur réunis, bonjour ! Nous voici le Vendredi 11 septembre 2020, 25è jour de Fructidor, que nos amis républicains, à court d’idées probablement, avaient dédié à l’écrevisse.

Oui je sais, le 11 septembre, les twin towers, Manhattan, ground zéro,etc… Mais pour moi, le 11 septembre restera à jamais ce jour funeste où les sbires de Pinochet épaulés par les mens in black de la CIA et sous la houlette de Augustin Edwards Eastman, l’homme le plus riche du chili, pinochet-247x300ont mis un terme à l’expérience démocratique menée par Salvador Allende au Chili. C’était en 1973. La junte militaire proclame l’état de siège dans tout le pays et dissout les partis. Dans les jours qui suivent, 45.000 personnes suspectes de sympathies marxistes sont raflées et concentrées dans le sinistre stade de Santiago. Trois mille d’entre elles disparaissent tragiquement dans les geôles militaires; beaucoup sont torturées avant d’être exécutées de diverses façons comme d’être lâchées du haut d’un avion dans l’océan ! 200.000 Chiliens se sentant menacés prennent les chemins de l’exil. Ce déchaînement de violence sadique vaudra un quart de siècle plus tard une inculpation de crime contre l’humanité à Augusto Pinochet.

Voila l’histoire pour les petits nenfants qui croient encore que les garçons naissent dans les choux, les filles dans les roses et les démocraties dans les urnes. Allez, merci d’être passé, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Et Olympe en perdit la tête…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE, PORTRAIT

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Amis de l’égalité des sexes et des sœurs Tatin réunies, bonjour ! Nous sommes le Samedi 05 Septembre 2020, 19è jour de Fructidor dédié à la Tagette. En cette période agitée où nous constatons que ce sont les Olympe -G-travailleuses qui paient le plus lourd tribut à la crise sanitaire; petite pensée pour Olympe de Gouges. Marie-Olympe de Gouges est une des très rares femmes de l’histoire ancienne a avoir été exécutée pour la publication d’écrits politiques. Pourtant cette femme engagée, belle figure humaniste de la fin du XVIIIe siècle, n’a été redécouverte que récemment au titre de précurseur dans l’histoire des idées. Elle demeure en effet une figure d’exception, non seulement pour son engagement politique dans la durée, mais surtout pour ses positions d’avant-garde, courageusement exprimées, sur la condition des Noirs et celle des femmes.

Le 5 septembre 1791, Olympe de Gouges présentait la déclaration des droits de la femme et de la citoyenne. Ce texte devait être présenté à l’assemblée Nationale le 28 octobre de la même année. Ainsi se voyait dénoncé le fait que la révolution oubliait les femmes dans son projet de liberté et d’égalité.  La phrase la plus célèbre de sa déclaration est : « La Femme a le droit de monter sur l’échafaud ; elle doit avoir également 1024px-Plaque_Olympe_de_Gouges,_18_rue_Sevardoni,_Paris_6celui de monter à la Tribune ». Elle ne croyait pas si bien dire et mourra guillotinée le 03 novembre 1793. Cette déclaration restera sans valeur légale car ce projet fut refusé par la Convention à laquelle elle avait été proposée et restera à l’état de projet. D’une part, elle n’a paru qu’en cinq exemplaires et a été politiquement complètement ignorée tandis que, de l’autre, il a été dit que « la Déclaration a fait sensation dans toute la France, et même à l’étranger. » Il faut attendre 1840 pour que quelques extraits de cette Déclaration groultsoient publiés, et l’intégralité du texte ne l’a été qu’en 1986, par Benoîte Groult. On peut-être révolutionnaire et néanmoins macho… Et Olympe est resté sur son petit nuage (!) en attendant que ces messieurs daignent se rendre compte que les femmes sont des Hommes comme les autres. Les hommes (et les femmes) naissent et demeurent libres et égaux en droits… Quelle belle et magnifique phrase. Je propose qu’elle soit affichée dans tous les commissariats de France et de Navarre et qu’elle soit éditée sous forme de carte postale afin que chaque femme harcelée, violée, agressée, chaque migrant, chaque expulsé, chaque matraqué, puisse nous donner de ses nouvelles.

Allez, c’est la rentrée et, je vous l’avais dit, le soleil est à nouveau au dessus de nos têtes…Vivement l’hiver ! En attendant, soyez remercié de votre visite, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Naissance de la République des Jules…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

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Amis de la pédagogie non-directive et des pousse-pieds à la bretonne réunies, bonjour ! Nous sommes le Vendredi 04 Septembre 2020, dix huitième jour de Fructidor dédié au Nerprun, famille des rhamnacées dans laquelle on trouve aussi la Bourdaine dont le butinage permet la fabrication d’une lichouserie locale particulièrement appréciée des connaisseurs (dont vôtre serviteur): le miel de Bourdaine.

Le 4 septembre 1870, les Parisiens proclament la République (c’est la IIIe du nom). En souvenir de ce jour, de nombreuses rues de France portent le nom du « Quatre Septembre ». C’est après avoir appris la capture de l’empereur Napoléon III par les Prussiens à Sedan que les républicains de la capitale ont pris le pouvoir. Ils ont été devancés de quelques heures par leurs homologues de Lyon et Marseille. Dans la nuit Gambetta_proclaiming_the_Republic_of_France_-_Project_Gutenberg_eText_16910du 3 au 4 septembre, dès l’annonce de la défaite, les députés du corps législatif se réunissent au Palais-Bourbon. Dans le petit groupe républicain, plusieurs députés se préparent à un illustre destin. Parmi eux, Jules Favre, Jules Grévy, Jules Simon et Jules Ferry, qui fonderont la « République des Jules ». Il y a aussi Adolphe Crémieux et surtout Léon Gambetta. Les Parisiens envahissent bientôt le Palais-Bourbon et exigent l’instauration de la République. Les députés craignent d’être débordés par l’insurrection. Jules Favre leur suggère alors de proclamer eux-mêmes la République à l’Hôtel de ville de Paris, comme aux plus beaux jours de la Révolution de 1789 ou des journées de Février 1848. Pour séduire et rassurer la foule, Jules Ferry a l’idée de constituer un gouvernement composé de députés républicains de Paris. Léon Gambetta et Jules Favre proclament la République au milieu d’une liesse générale quelque peu surréaliste en regard de la situation militaire du pays.

Le « gouvernement de la Défense nationale » est placé sous la présidence du gouverneur militaire de la place, le sinistre général Louis Trochu-200x300Trochu, un conservateur timoré, « Breton, catholique et soldat » (il était né à Belle-ile-en-mer), selon ses propres termes. Après avoir étalé son incompétence, il sera remplacé par un autre malfaisant,Thiers. Les deux bonhommes s’illustreront quelques mois plus tard dans la cruelle répression de la Commune. Pour Trochu : la fin, c’est l’ordre, l’ordre seul, qui se résume en trois mots: »Famille, Propriété, Religion » que les pétainistes adapteront en « travail, famille, patrie » quelques décennies plus tard. Victor Hugo que Trochu avait moqué s’en souviendra qu’en il écrira « l’année terrible » et dira de lui: 

Trochu, Participe passé du verbe Tropchoir, homme
De toutes les vertus sans nombre dont la somme
Est zéro, soldat brave, honnête, pieux, nul,
Bon canon, mais ayant un peu trop de recul,
Preux et chrétien, tenant cette double promesse,
Capable de servir ton pays et la messe…

Allez, voila pour la troisième République. En attendant la sixième, merci à vous d’être passé par ici. Portez vous bien et à bientôt peut-être.

L’oncle Ho…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

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Amis de l’idéologie Black panther et de la raboteuse Black & Decker réunies, bonjour ! Nous sommes le Mercredi 02 Septembre 2020, seizième jour de Fructidor, dédié au citron. C’est aussi le jour anniversaire de la disparition de l’Oncle Ho.

Hồ Chí Minh, né Nguyễn Sinh Cung le 19 mai 1890 à Hoàng Trù (province de Nghê An) et mort le 2 septembre 1969 à Hanoï, est un homme d’État vietnamien et une figure importante de l’anticolonialisme et du communisme international. Il est connu sous les noms Nguyễn Tất Thành (« Nguyên grandes espérances ») dans les années 1900 et 1910, et Nguyễn Ái Quốc (« Nguyên le patriote ») dans les deux décennies suivantes.

manif FSI Rennes

La jeunesse de Hô Chi Minh est marquée par des voyages autour du monde, qui contribuent à lui faire découvrir l’idéologie communiste. Engagé pour la cause anticolonialiste en France, il séjourne en URSS, où il achève sa formation politique, avant de regagner l’Asie. Fondateur du Parti communiste vietnamien en 1930, il joue un rôle central et actif dans l’indépendance de son pays à partir de 1941, avant de devenir le premier président de la république démocratique du Vietnam, reconnue internationalement en 1954.(photo souvenir d’une manif Front Solidarité Indochine à Rennes 1971)

 

Au fil de son parcours, Hô Chi Minh développe une idéologie qui se distingue des communismes russe et chinois, avec lesquels il lui arrive d’entrer en conflit. Sa pensée continue220px-Portrait_of_Ho_Chi_Minh aujourd’hui encore à inspirer politiques et particuliers au Vietnam, où il fait l’objet d’un véritable culte. La ville la plus peuplée du pays est  d’ailleurs baptisée Hô-Chi-Minh-Ville en son honneur depuis 1975. Aujourd’hui, un portrait de « l’oncle Hô » se trouve encore fréquemment dans les foyers vietnamiens. Et pourtant, le leader souhaitait qu’on partage ses cendres en trois boîtes, une pour le Sud, une pour le Centre et une pour le Nord du Vietnam, et écrivait ne vouloir « ni statue de bronze, ni pierre tombale » s’opposant ainsi à un culte sur sa personne.

Allez, vive la rentrée, portez vous bien, arrêtez les grimasques et à bientôt peut-être.