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Pluviôse: le cénobite se r’pose…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

Amis du stoïcisme et de la médecine par les plantes réunis, bonjour ! Nous sommes le Mardi vingt-deux Janvier 2019 c’est à dire le 3è jour de Pluviôse cinquième moisFragon du calendrier républicain français. Pour les puristes, je précise que Le décret du 4 frimaire an II orthographiait le nom du mois « pluviose », sans accent circonflexe. Ce jour était dédié au fragon, bien connu dans nos campagnes sous le nom de Petit-houx. Certains l’appellent la fragonnette et on l’utilisait autrefois pour fabriquer des balais. Pluviôse évoque toujours pour moi ce proverbe qu’utilisait mon aïeule: Glav da Sul, glav da Lun, Ha glav e-pad ar sizhun ( Pluie le dimanche, pluie le lundi, et pluie toute la semaine.) Cela ne devait pas s’appliquer à la Bretagne…

Tiens, à propos de Bretagne; dans l’histoire, la date du 22 janvier 1871, nous renvoie à un épisode peu glorieux pour les bretons. C’est le jour d’un Trochu-200x300soulèvement populaire parisien ( prémisses de la Commune) pour empêcher le gouvernement de défense nationale de signer la capitulation devant les prussiens. une délégation des manifestants est reçue par Gustave Chaudey, adjoint du maire (Jules Ferry). Soudain, un coup de feu est tiré par un provocateur. Les Gardes mobiles bretons, commandés par le Bouëdec et dont fait partie le lieutenant James Marie Antoine Monjaret de Kerjégu,(du célèbre château de Trévarez) installés dans l’hôtel de ville tirent sur la foule qui s’éparpille tandis que des gardes nationaux ripostent. C’est ce jour où Louise Michel prendra pour la première fois les armes. Et c’est encore un 22 Janvier, en 1905, qu’eurent lieu enterrement de Louiseses funérailles (ici à gauche, une eau- forte de Albert Peters-Desteract) elle vient de découvrir que ces gens là ne se défendent pas contre les prussiens mais contre les travailleurs parisiens. Le pouvoir était alors entre les mains du trop célèbre général breton TROCHU.  Il fut vite remplacé par THIERS le massacreur des communards. Victor Hugo l’a marqué d’une définition cinglante : « Trochu, participe passé du verbe Trop Choir. » . Pour Trochu : « la fin, c’est l’ordre, l’ordre seul, qui se résume en trois mots: Famille, Propriété, Religion. Deux mois plus tard démarrait la Commune de Paris.

Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

La complainte de la butte…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

Amis de la géologie et du rougail saucisse réunis, bonjour! Nous sommes le Jeudi 10 janvier 2019, 21è jour de nivôse dédié à la pierre à plâtre, autrement dit le Gypse. On l’a extrait pendant fort longtemps des fameuses carrières de Montmartre, dont le gypse fut exploité depuis l’époque gallo-romaine et transformé par les nombreux fours à chaux de la butte carrièreMontmartre. Ils ont longtemps servi à confectionner le plâtre le plus fin et le plus réputé, tant pour la construction que pour les moulages : le « plâtre de Paris » ou « blanc parisien ». En Bretagne, histoire de ne point faire comme tout un chacun, on fête les Ratian. Disciple de saint Guénolé, saint Ratian aurait protégé Elliant, Tourc’h, Langolen et les localités avoisinantes lors d’une épidémie de peste. Un chant du Barzaz Breiz transcrit par Théodore Hersart de La Villemarqué, mais qui daterait du VIe siècle l’évoque:

Tre Langolen hag ar Faouet
Eur Barz santel a zo kavet ;
Hag hen Tad Rasian hanvet.

Quand aux carrières de Montmertre (comme disait Bruant), on dit qu’à la fin du XIXe siècle, elles s’étendaient sur plus de 300 km de galeries. Le plâtre fut utilisé à grande échelle dans la capitale, d’où le dicton Montmartrois : « Il y a bien plus square Louise M.de Montmartre dans Paris que de Paris dans Montmartre ! » Hélas, lors de la Commune de Paris, les carrières furent transformées en lieu d’exécution et en fosses communes. D’ailleurs, lors de votre prochaine visite, cheminez donc jusqu’au bout de la rue Ronsard, vous y trouverez le square Louise Michel ; c’était l’entrée des carrières. C’est au gypse que l’on doit ces merveilleuses concrétions sédimentaires que sont les roses des sables. Et puisque l’on parle de Montmartre, prenez deux minutes pour écouter « la complainte… »

Et voila, maintenant vous l’avez dans la tête pour toute la journée. En attendant le prochain billet, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Le grand St Eloi lui dit O mon roi…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

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Amis de la neige en hiver et du Picon-bière réunis, bonjour ! Nous sommes le Vendredi 04 Janvier 2019 qui correspond au quinzième800px-René_Madec-235x300 jour de Nivôse dédié au lapin. J’en connais qui vont fêter les Madeg. Madeg était un compagnon de Gwenneg. On suppose qu’il était l’un des nombreux frères du roi Judikael (roi des bretons qui fut soumis à l’allégeance par le bon roi Dagobert), et qu’il fit partie de ceux qui suivirent leur aîné Josse dans son voyage dans le Nord, qui se termina par la fondation d’une abbaye à Wormhoudt (59), non loin de Dunkerque.

C‘est justement un 04 Janvier en 629 qui vit l’avènement de Dagobert 1er à la mort de son père Clothaire II. Or donc, Dagobert qui, jusque-là, régnait sur l’Austrasie, se fait reconnaître roi de Neustrie par les évêques et les leudes (les hommes qui entourent le souverain). Son frère cadet Charibert (ou Caribert) obtient en compensation le gouvernement de l’Aquitaine. Deux ans plus tard, sa mort permet à Dagobert de reconstituer temporairement l’unité du Regnum Francorum de son ancêtre Clovis. Le roi, à Paris, s’entoure d’une cour relativement fastueuse et de conseillers émérites, comme le « bon saint Éloi » de la dagobert-1st-king-of-france-from-628-to-638-history-of-france-by-jhenry-dc60ynchanson, son argentier, qui ne manque pas de lui reprocher sa débauche. Il soumet les Gascons et le chef breton Judicaël, signe même un traité d’amitié avec l’empereur byzantin Héraclius. Mais en 634, cédant à la pression des nobles d’Austrasie, il a la faiblesse de leur donner un roi en la personne de son fils de 10 ans, Sigebert III…

 

C’est le début de la fin pour les Mérovingiens, inexorablement, ses souverains perdent le pouvoir effectif au profit de leur maire du palais (conseillers du Prince). Cela leur vaudra la réputation de « rois fainéants ». Oui, bon, d’accord mais, quel rapport avec Madec ? Aucun ! Ce prénom est encore porté; mais est aussi devenu un patronyme, illustré par le nabab René Madec, de Quimper, qui créa une armée privée qu’il mit au service du grand Moghol, Shah Alam II, qui le fit Nabab de première classe. Plus tard il deviendra roi des Indes; il faudra que je vous conte ses aventures un de ces jours. En attendant, portez vous bien et à bientôt peut-être.

J’ai la mémoire qui flanche…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

Amis du spleen et du p’tit maquereau à la bretonne réunis, bonjour! Nous sommes le Mercredi 19 décembre 2018 et c’est le 29è jour de frimaire dédié à l’Olive. Le 19 décembre 1915 à vu mourir Aloïs Alzheimer; il est très connu mais je ne me souviens plus pourquoi, j’ai la mémoire qui flanche.

Chez nous c’est la saint Juzel, ou Judikael, ou même Gicquel… Les historiens ne sont pas d’accord entre eux. Il semble bien qu’il régna sur la Bretagne à partir de Juzel632. En 636, le bon saint Eloi lui dit Ô mon roi et lui fit rencontrer à Clichy, près de Paris, Dagobert qui, ce jour là n’avait pas sa culotte à l’envers pour signer un traité de paix entre Bretons et Francs. Deux ans plus tard, il laissa son trône et se fit moine pour les 20 dernières années de sa vie. Ici à gauche, une statue le représentant à Paimpont en forêt de Brocéliande. « Juzel était le fils de Judhaël, roi de la Domnonée, un royaume qui occupait alors le nord de l’Armorique. A la mort de Judhaël, vers 605, Juzel, pourtant le fils aîné et l’héritier, préféra se retirer au carte-armoriquemonastère Saint-Jean de Gaël que saint Méen venait d’ériger. Il quitta cependant le monastère pour prendre la direction du royaume de Domnonée. Pendant vingt ans, il gouverna le royaume avec autorité et sagesse. Ses qualités de diplomate lui permirent de régler des différends avec le roi Dagobert et de conclure avec lui une alliance (en fait un traité d’allégeance au roi des Francs). Soit quasiment un millénaire avant qu’Anne, ma sœur Anne, ne voyant rien venir, fit de même avec Charles VIII puis louis XII. Cela fait, il décida d’abdiquer de nouveau et de reprendre la vie monacale. »

Et voila, le mercredi il y a ceux qui ont piscine, nous, on a histoire… Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

A la pointe de la Cornouaille…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

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Amis de la comedia dell’arte et des discours présidentiels réunis, bonjour ! Aujourd’hui, Vendredi 14 Décembre 2018 c’est le 24ème jour de frimaire dans le calendrier républicain et, figurez vous que c’est le jour de l’oseille… Alors, c’est flouzel’occasion ou jamais de jouer au loto puisque le vendredi treize n’a pas voulu vous sourire, ou alors de vous préparer une bonne soupe (à l’oseille). Pourquoi ont-ils dédié cette journée à l’oseille et pas au blé ou à l’artiche, au flouze, à la fraîche, au pognon, au fric, au grisbi, à la thune, la braise, le pèze, la galette… Les motivations des Républicains (qui avaient pourtant le choix dans la date) pour leur calendrier restent pour moi un grand mystère.

Savez vous qu’aujourd’hui, le prénom qui est à la fête est celui d’ Audierne. Certes il n’est plus guère usité mais, il fut un temps… Notre petit port de pêche du Sud-Finistère tient en effet son nom d’un prénom. Oyez donc son histoire. Il y a fort audierne marché au poissonlongtemps, débarquent les Bretons d’outre-Manche : en témoignent encore les « plou » et les « tre » si nombreux de nos toponymes actuels. Au XI e siècle, la tempête normande passée, un terme nouveau se répand en Bretagne : le « Ker » ou « Kar » venus du Gallois « Kaer », la forteresse. Il désigne une petite agglomération. A la même époque, un prénom féminin fait un véritable succès : Audierne (primitivement Hodierna). En l’an 1050, la première abbesse de Locmaria porte le nom d’ Hodiern (A gauche, le marché aux poissons du temps de mon aïeule). « Kaer Hodiern » apparaît par écrit à Esquibien en 1294.

Désormais le « Treff an Goezien » du VII è siècle affronte la nouvelle appellation « Audierne ». C’est là le signe d’une certaine mésentente entre agriculteurs de la paroisse mère d’ Esquibien et tréviens, tenants de la vie et de l’activité portuaire. En 1410, Dom Morice écrit  « Enquête faite sur les chartes de coutume ou d’imposition du port de Goezian que d’aucuns appellent Odierne ». Dès 1321, on relève avec surprise dans l’Atlas du Vénitien Pétrus Vesconte « Odierna » BIG05et sur une carte hollandaise de 1580 « Odjern ». Les voyageurs étrangers semblent ignorer le terme « Goazien ». La Révolution mettra un terme aux difficultés en 1793 en séparant Audierne de sa mère, Esquibien, comme Tréboul de Poullan ou bien d’autres trêves encore de leur paroisse-mère. Sources: Amédée Guiard. A noter que l’étymologie est la même pour Alderney (Aurigny) ile anglo-normande. A  Audierne s’achèvent les méandres du Goyen qui donna son nom à la ville en breton Gwaien et sa magnifique ria, fameuse pour ses huitres, aussi goûtées que celles du Belon. En breton stêr Gwaien, c’est à dire, la rivière d’Audierne. Photo de droite: la célèbre bigoudène sculptée par René Guillevic à Pors-Poulhan et qui marque la frontière entre Cap-Sizun et pays Bigouden à une encablure d’Audierne.

Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Des Canuts aux gilets jaunes…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

Amis de la méthode Coué et du risotto de praires réunis, bonjour ! Nous sommes le Samedi 24 Novembre 2018, quatrième jour de Frimaire, dédié à la nèfle. Vous n’allez pas me croire mais, dans certains calendriers, ce quatrième jour de frimaire est consacré à Saint Pourçain; moine qui aurait laissé son nom à la commune de St- Pourçain-sur-Sioule dans le Les-Deux-Clochers-Saint-Pourçain-2013-300x300département de l’Allier. J’ai une tendresse particulière pour ce vin de pays qui mériterait une meilleure réputation, notamment le rouge. On le trouve à des prix très raisonnables et son assemblage de Gamay et de Pinot noir, alors que le blanc est vinifié à partir du Tressalier, lui donne cette légèreté agréable. Saint Pourçain fut ermite bien entendu. C’est à partir du VIe siècle que l’on trouve des traces de la ville dans l’histoire lorsque Porcianus ou Purcianus ou encore Portien, un ancien porcher dit-on, devint abbé d’un monastère établi à une date inconnue sur cette petite hauteur dominant la rivière.

Tout à fait autre chose.

Le 21 novembre 1831, éclate sur la colline de la Croix-Rousse, au nord de Lyon, la révolte des canuts. Elle va se propager dans tous les quartiers ouvriers de la métropole. Les insurgés prennent pour emblème le Drapeau-canutsdrapeau noir et la devise: « Vivre en travaillant ou mourir en combattant ». Cinquante ans plus tard, Aristide Bruant en fera cette chanson magnifique. Ce mouvement social est exemplaire à plus d’un titre ainsi que nous l’allons voir. Les canuts dont le nom vient de du mot canette ou bobine, sont des artisans qui tissent la soie à domicile sur leur propre métier à bras. Ils travaillent pour le compte des soyeux (les patrons) qui leur fournissent la matière première et récupèrent le produit fini.

 

Ils sont environ 6000 artisans qui emploient 30 000 compagnons. Tout cela pour 18 sous par jour et 15 heures de travail. Après un accord arraché au préfet du département sur un tarif minimum que les soyeux refusent d’appliquer prétextant de la concurrence canuts_revolte_p-300x197internationale et des contraintes du marché (cela ne vous rappelle rien ?), la colère éclate. Les canuts descendent de leur colline, drapeau noir en tête, et occupent le centre de Lyon. Après de nombreux combats, on compte une centaine de morts. Le maréchal Soult débarque à Lyon à la tête de 20 000 soldats, la ville est reprise, la garde nationale qui avait pactisé avec les ouvriers est dissoute, le tarif minimum abrogé et le préfet révoqué.

En 1834, les canuts vont remettre le couvert et cette canuts-gauchefois ci, c’est Thiers, celui là même qui quelques années plus tard écrasera la Commune dans le sang, qui va se charger de la sale besogne. 600 morts et 10 000 arrestations. A la chambre des députés, Casimir Perier, président du Conseil, s’exclame: « Il faut que les ouvriers sachent qu’il n’y a de remède pour eux que la patience et la résignation.». Et alors, 180 ans plus tard… A vous de juger !

En attendant qu’on prenne les fourches, portez vous bien et à bientôt peut-être.

La blanche hermine…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

Amis de la peinture à l’eau et de la sardine à l’huile réunies, bonjour ! Nous sommes le Lundi 19 novembre 2018, 29è jour de brumaire dédié au cormier. Il s’agit d’un bel arbre reconnu pour la dureté de son bois. Il a longtemps été le plus prisé pour la confection des fûts d’outils de corroyage (rabots, rifflards, varlopes, guillaumes…), le pommier massif ou en semelle cormierrapportée étant moins apprécié. Il fut aussi utilisé pour réaliser des outils de traçage, règles, trusquins, et de toise. Dans les moulins , les dents rapportées sur couronne en fonte de l’engrenage multiplicateur étaient faites en cormier. Les fruits, cormes ou sorbes, comestibles après blettissement (comme la nèfle), servaient aussi à préparer une boisson faiblement alcoolisée (piquette de cormes). Ils existent quelques spécimens remarquables de cormier qui peuvent être plusieurs fois centenaire comme celui-ci dans le parc du château du Martreil non loin de Chemillé dans le Maine et loire.

 

C’est à Saint-Aubin-du-cormier (35) que se déroula la fameuse bataille qui opposa les troupes du roi de France à celles du Duc de Bretagne; nous sommes en 1488. Vous connaissez la suite: François II dut accepter le traité du Verger, signé le 19 août 1488. Le duc s’engageait à éloigner du duché les princes et tous les étrangers qui s’étaient impliqués dans la guerre contre le roi de France ; il ne marierait pas ses filles sans 1024px-Saint-Aubin-Du-Cormierconsulter celui-ci ; Saint-Malo, Fougères, Dinan et Saint-Aubin seraient remises en garantie au roi dont les droits sur la succession ducale seraient réservés pour le cas où le duc décèderait sans enfant mâle. Les mariages d’Anne de Bretagne avec Charles VIII, puis avec Louis XII résultent de ce traité. La bataille de Saint-Aubin-du-Cormier met un coup d’arrêt à la révolte des princes : Louis d’Orléans, futur Louis XII, et le prince d’Orange sont capturés. Alain d’Albret et le sire des Rieux réussirent à s’échapper et jouèrent par la suite un rôle important dans le conflit qui 220px-Rennes;_Cesson_042aaura lieu en Bretagne. En effet, malgré cette victoire, et le traité du Verger, dès la fin 1488, la guerre reprend pour encore trois ans, jusqu’à ce qu’en décembre 1491, Charles VIII épouse Anne de Bretagne et signe ainsi le début de la fin pour un éventuel État breton.  Comme l’écrit Léon Le Meur, « La bataille de Saint-Aubin sonna le glas de l’indépendance bretonne ». Des nationalistes bretons, tel Célestin Lainé (né à Nantes  mais élevé à Ploudalmézeau, créateur du bezenn Perrot et collabo notoire durant la seconde guerre. C’est lui qui fit sauter le fameux monument de l’Union de la Bretagne à la France, sur la place de la mairie de Rennes en 1932. ), ont fait disperser leurs cendres sur le lieu de la bataille.

Voilà pourquoi votre sœur est muette allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Maudite soit la guerre…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

Amis de la concorde universelle et du Saint Pourçain réunis, bonjour ! Nous sommes le Lundi 12 novembre 2018, 22è jour du mois de Brumaire, dédié à l’Azérole… Ah, vous ne connaissez pas l’azérolier ? C’est un joli petit arbre fruitier du même genre Crataegus-azarolus-fr-04que l’aubépine que l’on trouve dans le bassin méditerranéen. Dans le sud de la France, ils appellent cela la pomette. Ses fruits sont généralement utilisés en gelée ou en confiture. On dit qu’en décoction c’est excellent pour lutter contre l’hypertension artérielle, personnellement je préfère le Lagavulin (dire cela après un AVC c’est complètement irresponsable). Tiens, hier c’était dimanche et férié… Because 11 novembre !

A chaque 11 novembre mes pensées se dispersent du côté de la Somme, de Verdun, du chemin des dames; dans le feu, le fer, la boue et le sang et surtout, l’immense saloperie qui poussait les hommes à s’entretuer au profit d’une classe de possédant. J’y ai laissé mes deux grands-pères qui y ont définitivement élu résidence sous une petite croix blanche. Les pacifistes, les maudite-soit-la-guerreantimilitaristes et les insoumis de tout poil se retrouveront une nouvelle fois  à Gentioux (Creuse), village célèbre pour son monument aux Morts qui proclame: Maudite soit la guerre ! Il y en a quelques uns en France, dont un à Primelin (29) mais, ils se comptent sur les doigts. La ressemblance avec les monuments classiques s’arrête là. Le monument de Gentioux n’a rien à voir avec tous les monuments patriotiques guerriers qui hantent nos communes. À la place des sculptures vantant l’héroïsme, la bravoure, le sens du devoir et du sacrifice, à la place des soldats virils brandissant drapeaux et fusils afin « qu’un sang impur abreuve nos sillons », nous trouvons à Gentioux un petit écolier en sarrau et en sabots, un orphelin en bronze, casquette à la main et poing serré, devant l’inscription : « Maudite soit la guerre ! ». À lui seul, le gosse au visage sombre représente les paysans et les ouvriers qui ont été sacrifiés dans une guerre infâme. C’est primelinJules Coutaud, maréchal-ferrant, maire SFIO de Gentioux de 1920 à 1965, qui avait eu la bonne idée de faire ériger un tel monument.  En 2008, pour les 90 ans de l’Armistice de la guerre de 14-18, un collectif s’était déplacé à Gentioux pour demander la réhabilitation de tous les fusillés « pour l’exemple ». Durant la Première Guerre mondiale, 2500 soldats français sont passés devant des cours martiales.

Parce qu’ils refusaient la barbarie et la guerre impérialiste, tous ont été condamnés. Parce qu’ils refusaient de crever pour les profiteurs de guerre, parce qu’ils voulaient mettre fin à la boucherie, parce qu’ils refusaient de tirer sur leurs camarades ouvriers allemands et fraternisaient avec « l’ennemi », parce qu’ils voulaient la paix, craonnele pain et la liberté, 650 troufions, parfois tirés au sort, ont été sauvagement assassinés.(Ici à gauche, le monument de Haïm Kern dédié aux « fusillés pour l’exemple », sur la commune de Craonne dans l’Aisne.) Chaque 11 novembre depuis les années 80, des militants pacifistes de diverses sensibilités viennent entonner La Chanson de Craonne ou encore Non, non, plus de combats ( chanson anonyme écrite dans les tranchées, datant de 1917, au moment des mutineries. Elle se chantait sur l’air de « Gloire au 17ème », chanson antimilitariste de Montéhus sur le régiment d’infanterie qui refusa de tirer sur les vignerons révoltés en 1907) devant le monument en levant le poing contre la connerie militaire. Et certains voudraient trouver des raisons de réhabiliter Pétain !

Allez, en route pour la commémo. Portez vous bien et à bientôt peut-être.

Y have a dream…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

Amis de la philosophie transcendantale et du waterzoï de poulet réunis, bonjour ! Nous sommes le Mercredi 24 octobre 2018 qui correspond au troisième jour de brumaire qui fut dédié à la poire, ce qui m’amène par un étrange cheminement intellectuel dont l’explication serait trop longue et, autant le dire, par tropYa bon fastidieuse pour s’intégrer dans ce billet, à vous parler de Rosa Louise McCauley Parks. L’idée m’en est venue en voyant cette actu d’un gros porc raciste à bord d’un vol Ryanair qui insulte sa voisine au seul motif qu’elle est noire. Que croyez vous qu’il advint? Le personnel de la compagnie, au lieu d’expulser cet ignoble individu à demander à la dame de changer de fauteuil. Nous sommes en 2018 mon vieux Martin!

Rosa Parks devient célèbre lorsque, le 1er décembre 1955 dans la ville de Montgomery, elle refuse d’obéir au conducteur de bus James Blake qui lui demanROSA PARKSde de laisser sa place à un blanc et d’aller s’asseoir au fond du bus. Il faut savoir qu’à cette époque là, les quatre premiers rangs sont réservés aux blancs. Les noirs doivent s’asseoir au fond du car. Ils peuvent néanmoins utiliser la zone centrale jusqu’à ce que des blancs en aient besoin. Arrêtée par la police, elle se voit infliger une amende. Elle fait appel de ce jugement. Un jeune pasteur noir inconnu; Martin Luther King, lance alors une campagne de protestation et de boycott contre la compagnie de bus qui dura 381 jours. Le 13 novembre 1956, la cour suprême casse les lois ségrégationnistes dans les bus, les déclarant inconstitutionnelles. Dans son autobiographie, Rosa se souvient de sa jeunesse: « Pour aller à l’école, les enfants Blancs prennent le bus, les autres vont à pied. Elle se KKKsouvient des fontaines publiques réservées aux Blancs… Je pensais que l’eau pour les Blancs avait meilleur goût que celle des Noirs. » (ici à droite, une marche du KKK) La veille du procès, 35 000 tracts sont distribués pour inviter les Noirs à ne plus emprunter les bus. Des dizaines de bus vont rester au dépôt pendant des mois. Les extrémistes Blancs du Ku Ku Klan vont animer une campagne de violence contre Luther King, tirant contre les bus et les églises fréquentés par des Noirs.

Par la suite, Rosa Parks devient une icône pour le mouvement des droits civiques. En octobre 1995 elle a participé à la « Million Man March » qui rassembla plus d’un million de Noirs à Washington. A la fin de sa vie, miséreuse, elle dut faire appel à son église pour l’aider à payer son loyer. Elle est décédée le 24 busoctobre 2005. La classe politique dans son ensemble lui a rendu hommage, sa dépouille est restée exposée deux jours dans la rotonde du Capitole pour un hommage public. Elle a connu tous les honneurs possibles et imaginables, toutes les médailles, toutes les décorations… A Yaoundé, capitale du Cameroun, une avenue porte son nom. Un terminus de la ligne 7 du réseau de bus à Rennes a été créé il y a quelques années.(a droite, le bus aujourd’hui au musée de Dearborn dans le Michigan) Le révérend Jesse Jackson à dit d’elle: « Elle s’est assise pour que nous puissions nous lever. »

A la vérité, une grande dame qui méritait bien de figurer dans notre galerie de portraits. Bon allez, merci d’être passé, portez vous bien et à bientôt peut-être

Noyés par balle…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

Amis des chinoiseries et du thé noir réunis, bonjour ! Nous sommes le Mercredi 17 octobre 2018, 26è jour de vendémiaire dédié à l’aubergine. Tiens, commençons cette semaine par un peu d’humour: celui-ci est glané dans les colonnes du Canard enchainé: « Ten years ago we have Steve Jobs, Bob Hope and Johnny Cash, now we have no jobs, no hope and no cash. » Amusant non!

Triste anniversaire que ce 17 Octobre mais la montée nauséabonde du sentiment raciste et les percées électorales des divers populismes nous obligent à y revenir. 17 Octobre 1961 : à l’Appel de la Fédération FLN de France des milliers d’algériens ont convergé vers le Centre de Paris pour réclamer l’indépendance de leur pays. Selon Réné Rémond, notre siècle manif FLN G1918-1968, Paris, Fayard, « la soirée est tragique : des dizaines, peut-être des centaines d’algériens sont tués, jetés dans la Seine, où l’on repêche leurs corps. Le bilan officiel fait état de 11538 arrestations, mais reste discret sur les atrocités de cette soirée. » le sinistre Maurice Papon, alors préfet de police de paris a déclaré à la télévision française en 1993, selon libération n’avoir « aucun remords, aucun signe d’angoisse. il a regretté son incapacité à n’avoir pu, en quelque sorte, maintenir l’ordre ». son directeur de cabinet avait pourtant confirmé à l’historien Michel Winock que « la seine charriait de plus en plus de cadavres … noyés par balle ». le responsable de cette bévue monumentale, qui relève du terrorisme d’état, sera récompensé par un portefeuille ministériel sous la présidence  de Giscard d’Estaing.

Jean-Luc Einaudi a recueilli nombre de témoignages d’appelés du contingent affectés au service sanitaire, d’assistantes sociales et même de certains policiers décrivant la « vision d’horreur » qui les a saisis à l’entrée du Palais des sports ou du Stade de Coubertin. Les sévices sur les détenus se poursuivent jusqu’au 20 octobre où la salle de spectacle doit être libérée pour un concert de Ray Charles. Des centaines de manifestants Etienblessés ont été dirigés sur des hôpitaux. Dans cinq hôpitaux seulement, on compte 260 blessés hospitalisés. Jean-Paul Brunet note que sur ces 260 blessés, 88 sont entrés entre le 19 et le 21, ce qui témoignerait de la persistance des brutalités policières bien au-delà de la nuit du 17 octobre.
Parmi les policiers, une dizaine a été conduite à la Maison de santé des gardiens de la paix pour des blessures légères]. Certains des blessés hospitalisés viennent du Palais des sports où les 150 policiers qui assurent la garde des détenus se livrent à des brutalités dont le syndicaliste policier Gérard Monatte dira dans les semaines suivantes « …d’après ce que nous savons, il y a eu une trentaine de cas absolument indéfendables ».

Cela relève peut-être de l’imprécation mais comment ne pas crier: Plus jamais ça ! Allez, portez vous bien et à demain peut-être.