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Mai, mai,mai, Paris mai…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

Amis du pendule de Foucault et de la valise RTL réunis, bonjour ! Nous sommes le Mercredi 22 mars 2017, deuxième jour de Germinal et c’est le jour du platane alors, soyez prudent si vous prenez la route.Tiens, à propos d’élections, le 22 mars 1871, la Commune de Paris énonce que: les membres de l’assemblée municipale sont  contrôlés, révocables, comptables et responsables et que leur mandat est impératif. C’est pas interdit de rêver.

On l’oublie souvent mais, mai 68 a en fait débuté au mois de mars. Le 22 mars 1968, à la cité Universitaire de Nanterre (région parisienne), le mouvement contestataire étudiant qui va prendre le nom de « mouvement du 22 mars », occupe les locaux de l’Université. Il est l’aboutissement d’une contestation grandissante emmenée par des groupes d’extrême-gauche, des anarchistes et des situationnistes. Né d’abord de revendications solidaires, comme la libération des bendit Dmanifestants arrêtés lors des actions contre la guerre du Vietnam, il déborde rapidement sur des questions de société comme la remise en cause du puritanisme social (avec la revendication du droit d’accéder à la résidence universitaire des filles). Rapidement ce mouvement conduit par Daniel Cohn-Bendit (qui se réclame alors de l’anarchie) va passer de la critique de l’Université à la critique de la société et de l’autoritarisme. La contestation étudiante (entamée depuis le mois de mars), s’amplifie, malgré les menaces que font courir les groupes d’extrême droite qui le matin même se sont attaqués à la Sorbonne. Le 02 Mai, une journée anti-impérialiste est organisée par le « mouvement du 22 mars », mais l’Université est fermée sur l’ordre du doyen.

La contestation se transportera alors à la Sorbonne le lendemain. (La photo, a fait le tour du monde et traversé l’histoire. D’ailleurs, il est amusant de comparer la photo, à gauche, et l’expression graphique, à droite, qui en a été faite avec les moyens de l’époque.) Le 3 mai 1968, à Paris, l’Université de la Sorbonne est occupée par les étudiants de Nanterre qui y tiennent meeting. Mais deux cents militants affiched’extrême-droite du « groupe Occident » (certains sont devenus ministres) aux cris de: « tuons tous les communistes » menacent de les attaquer. La police est sur les dents (les dents des autres évidemment) et procède dans l’après-midi à l’évacuation de la Sorbonne qu’ils encerclent. Ils arrêtent alors près de 400 étudiants, mais ceux qui ont réussi à fuir se rassemblent à l’extérieur et harcèlent les forces de l’ordre aux cris de « Libérez nos camarades » ou de « CRS=SS » devant la brutalité de la police. Cela va provoquer de nombreux affrontements dans les rues avoisinantes et l’apparition dans la soirée des premières barricades dans le quartier latin, qui est placé en état de siège. Vous connaissez la suite.

Et La Seine de nouveau ruisselle d’eau bénite
Le vent a dispersé les cendres de Bendit
Et chacun est rentré chez son automobile.

En effet, un demi siècle plus tard, Dany le rouge a viré au bleu pâle et rejoint les rangs de Macron. Chaque mercredi nous révèle son lot de corruptions, de prébendes, de népotisme et l’extrême-droite flirte avec les 30% pendant que les égos surdimensionnés des uns et des autres empêchent l’élaboration d’un vrai projet réellement alternatif. Allez foin de nostalgie, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Souviens toi de l’Amoco…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

Amis de la fraternelle union et du chutney réunis, bonjour ! Nous sommes le Jeudi 16 mars 2017 et ce 26è jour de ventôse nous rappelle qu’il était généralement dédié au pissenlit dans le calendrier républicain. Pour les pataphysiciens, le 16 Mars 2016 est en réalité le
Dimanche 22 Pédale 144 St-Sengle, Déserteur – fête suprême seconde.

Souviens toi de l’Amoco…
Pour les plus jeunes, je rappelle que l’Amoco Cadiz est le nom d’un pétrolier « supertanker ». Son naufrage, au large des côtes bretonnes, en mars 1978, provoqua une marée noire considérée, aujourd’hui encore, comme l’une des pires catastrophes écologiques de l’histoire.amoco 1
Le 16 mars 1978, l’Amoco Cadiz, un pétrolier de 234 000 tonnes de port en lourd construit en 1974, immatriculé au Libéria, long de 330 m et affrété par la compagnie américaine Amoco Transport, filiale de la Standard Oil, s’échouait au large des côtes bretonnes, en face du village de Portsall. Je me souviens m’être rendu sur place avec un groupe de jeunes armés de pelles et de seaux. Dérisoire !

Sur les rochers de Portsall (Finistère), à environ 1,5 km des côtes. 220 000 tonnes de pétrole s’échappèrent de la carcasse du bateau et se répandirent en quelques jours, souillant 400 km du littoral breton (Finistère et Côtes d’Armor). Une panne de gouvernail a été à l’origine amoco 2de cette catastrophe qui a déclenché la colère et l’indignation. « De nombreux bénévoles ont participé au nettoyage du port, aidés de l’armée. Beaucoup d’oiseaux ont été mazoutés et parmi eux, rares sont ceux qui ont survécu. En effet, très souvent, ils plongent au milieu de la nappe de pétrole pour pêcher. Ils ne peuvent plus s’envoler et ils meurent d’épuisement. D’autres s’empoisonnent en avalant du pétrole lorsqu’il nettoient leurs plumes. D’autres, enfin, meurent de froid car le pétrole provoque une diminution de l’étanchéité de leur plumage. (récit d’une classe de Portsall) »

L‘Amoco Cadiz appartenait en effet à un gigantesque groupe américain la  » Standard Oil of Indiana  » dont le siège est à Chicago. Cette société a des activités réparties dans 40 pays et son chiffre d’affaires annuel s’élève à plusieurs milliards de dollars. Pourtant, c’est pour quelques dollars de plus que la Standard Oil a pris le risque d’un accident de l’Amoco Cadiz : ses armateurs n’ont en effet pas jugé utile de les mairesl’immobiliser le temps d’effectuer les réparations qui auraient pu éviter la catastrophe. Ils ne savaient pas que c’était impossible, alors ils l’ont fait… Je crois que c’est à Marc TWAIN que l’on attribue cette maxime. Une bande de Bretons pugnaces sous la conduite d’Alphonse ARZEL et de Charles JOSSELIN vont décider de défier le géant américain. 14 fois ils se rendront devant le juge Mac Garr à Chicago. Ce n’est que 15 ans plus tard qu’ils obtiendrons enfin les indemnités tant espérées. 40 millions de dollars (320 millions de francs) ont dû être versés par les Etats-Unis. On voit ci-contre une photo de la délégation bretonne au cours de l’un de ses nombreux voyages aux Etats-Unis. Cet anniversaire méritait qu’on s’y arrête quelques instants.

Avec votre permission, c’est d’ailleurs ce que je vais faire tout de go. Merci d’être passé et surtout, portez vous bien. Ah oui, à demain peut-être.

Rappelez à Macron l’histoire ouvrière…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

Amis de la marine à voile et des pommes vapeur réunies, bonjour ! Nous sommes le Vendredi 10 Mars 2017 et c’est le jour du cordeau dans le calendrier républicain; mais en réalité pour les pataphysiciens, le Lundi 16 Pédale 144 – Sts Templiers, adeptes . En Bretagne armoricaine, on célèbre les Kanna: Formé sur kann qui, en vieux breton, avait le sens de « blanc, brillant ». D’origine bretonne selon sa Vie, cette sainte était la fille de Tewdwr Llydaw, lui-même fils d’Emyr Llydaw. Elle épousera Sadorn et tous deux suivent Kavan en Bretagne insulaire. À la mort de son mari, elle épouse Alltu Redegog dont elle aura deux enfants,  Eliant et Tegfan.

Il y a un siècle, le Nord de la France connaissait des émeutes sévèrement réprimées (c’est Clemenceau, alors ministre de l’intérieur, qui fit donner la troupe). Un syndicaliste anarchiste, Benoist Broutchoux, animait une conférence au cours de laquelle il tenait des propos qui restent d’une étrange actualité. 

Courrieres «Nous sommes affligés de consortiums de gros laitiers, de gros sucriers, de gros caféiers, du trust mondial de la viande. (Ci-dessus, photo d’époque de la catastrophe de Courrières.) Des royautés industrielles sont établies sur les céréales, le coton, le pétrole, l’acier, les minerais divers, le caoutchouc, etc., etc. Il y a le Comité des houillères de France, le syndicat franco-allemand des cokes, le Comité des forges et aciéries, l’association internationale des maîtres de verrerie. La société textile Motte, de Roubaix, étend son exploitation jusqu’en Russie. Il y a aussi les monopoles privés de la navigation, des chemins de fer, du gaz, de l’électricité, des chûtes d’eau et les monopoles de l’Etat sur le tabac, les allumettes, etc. Au dessus de tout cela, trône le consortium des grandes banques, qui fait et défait les broutchoux-droitesociétés, lance les emprunts et organise les kraks, qui, en un mot, fait la pluie et le beau temps, suivant les caprices du Veau d’Or. Et plus loin: Tout en étant adversaire de la forme actuelle du commerce et partisan de la coopération, il faut reconnaître que les petits commerçants ne sont pas responsables de la crise, certains en sont victimes comme nous. Il faut voir plus loin que la place du marché et la devanture du boutiquier. [...] Les petits commerçants sont comme des tampons placés périlleusement entre les affamés et les affameurs. Regardons au-dessus d’eux, portons nos coups à la spéculation. »

Benoît Broutchoux, anarcho-syndicaliste fondateur de la CGT dans le bassin minier du Nord Pas-de- Calais, défenseur avant l’heure de la libre maternité, s’illustra notamment pendant la grève qui suivit le « crime de Courrières » (un coup de grisou qui fit 1 101 morts à Courrières le 10 mars 1906). C’est lui qui va servir de modèle au personnage de Lantier dans ‘Germinal ». La vie de Broutchoux est relatée dans une excellente bande dessinée intitulée « Les aventures épatantes et véridiques de Benoît Broutchoux » (textes et dessins de Phil Casoar – textes et recherche historique de Stéphane Callens).

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

Hey, Poutou, tu t’souviens de Kronstadt !

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

Amis de la peinture à l’eau et des sardines à l’huile réunies, bonjour! Nous sommes le Mardi 28 février 2017. Ce jour correspond au 10 de ventôse dédié à la Bêche, ce qui n’est pas une raison pour se prendre la tête (tête-bêche).

Attention, ceci n’est pas de l’anticommunisme primaire mais bon, ça va pas faire plaisir à Poutou, en général les Trotskistes n’aiment pas beaucoup qu’on leur rappelle l’épisode de KRONSTADT, commune située au large de Saint-Pétersbourg en face de la Finlande. Le 28 février 1921, début de la révolte des marins de Kronstadt qui s’insurgent armée-rougecontre le pouvoir des commissaires bolchéviques et contre la pénurie de nourriture et de denrées diverses. Les marins, fers de lance de la révolution russe, se prononcent pour des « Soviets libres », dégagés de la tutelle politique des commissaires. Dès janvier 1921, 5000 marins avaient démissionné du parti communiste et, au mouvement pour de meilleures conditions de vie, se mêleront de fortes aspirations libertaires. Le 7 mars 1921: A 18 heures 45. L’armée rouge  (commandée par le feld-maréchal Trotski) ouvre le feu sur les forts de Kronstadt ; ceux-ci ripostent et réduisent les batteries au silence. On voit sur cette photo, l’armée rouge franchissant la glace pour atteindre Kronstadt.

Le 8 mars 1921: Les communistes commencent un bombardement aérien sur la population pacifique de Kronstadt. Le Comité Révolutionnaire Provisoire de Kronstadt, via radio-télégramme : « Kronstadt libérée parle aux ouvrières du monde entier : Nous, ceux de Kronstadt, sous le feu des armes, sous les mugissements des obus qui déferlent sur nous (…) adressons notre salut fraternel aux travailleuses du monde. » Le 11 mars  : Izvestia n°9 du comité révolutionnaire provisoire des Matelots, Soldats comité-révolutionnaireet Ouvriers de la ville de Kronstadt: « Nous avons lancé un appel à tous les travailleurs de Russie afin qu’ils luttent pour des soviets librement élus. Notre cri a été entendu. Déjà, les matelots, soldats rouges et ouvriers révolutionnaires de Petrograd viennent nous prêter main-forte. » La résolution du Petropavlosk (c’est le nom d’un cuirassé) est adoptée à Kronstadt au cours d’un meeting qui réunit 12.000 personnes (photo ci contre). Un comité révolutionnaire présidé par Petritchenko prend le commandement de la ville. Cette Commune va durer seize jours.

Le 17 et 18 mars 1921: La Commune de Kronstadt succombe sous les coups de l’armée rouge bolchévique qui s’empare de la ville et des forts après de sanglants combats. Les communistes, maîtres de la ville, continueront à exécuter des centaines de prisonniers ou de blessés. Les autres survivants qui n’ont pas fuit en Finlande seront internés dans des camps, où beaucoup mourront de malnutrition ou bien fusillés par la Tchéka. La droite conservatrice et réactionnaire avait écrasé dans le sang la Commune de Paris en 1871, la gauche révolutionnaire et communiste fait la même chose cinquante ans plus tard avec celle de Kronstadt. Et on me serine à longueur de journal télévisé que mon seul choix sera entre Macron et Le Pen…

Allez merci de passer par ici, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Un saint peut-en cacher un autre…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

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Amis de la quadrature du cercle et du carré d’as réunis, bonjour ! Nous sommes le Lundi 06 février 2017, 18è jour de pluviôse dédié à l’if. Arbre remarquable surtout dans la tradition celtique. Le mot if remonte à un mot gaulois ivos ou, d’un étymon celtique qui donne aussi ivin en breton, ywen en gallois, éo en irlandais. Une racine semblable existe en if chapellegermanique, iwaz, qui a donné iw en vieil anglais (yew en anglais moderne) et Iwa en vieil haut allemand (Eibe en allemand moderne), dont semble dériver le prénom Yves et donc, Ivan, Ewan, Erwan, (tout ce détour pour parler de lui… Non mais, quel égo !) A gauche: »If Chapelle » de La Haye-de-Routot. Le calendrier des postes, lui, nous invite à fêter les Gaston, du Germain Vaast que l’on retrouve aussi en Normand et en Picard, alors que les anglais disent Foster, il est le saint patron d’Arras. Tandis que les bretons armoricains, histoire de se faire remarquer, vont célébrer les Aman, sans attendre la St Valentin. Amusant, non !

Nous ne savons pas grand chose de Saint Aman, sinon qu’il vécut au VIe siècle et fut évêque. Aman est la forme bretonnisée du nom latin Amandus, signifiant aimable (en breton : hegarat ou karadek ; il existe plusieurs villages qui portent le nom de St-Caradec en Bretagne et même une zone commerciale de  Kergaradec à Brest). Une jolie st-nolff-chapelle-saint-amand-2-4034chapelle est dédiée à Aman en la commune de St-Nolff dans le Morbihan. Cette commune tient son nom d’un saint homme local dont on ignore tout par ailleurs, saint (sent en vieux breton) Molv, sans doute un moine du VIème siècle vivant par ici. Le nom a évolué progressivement de Sent-Molf en Sen-Molf, Sen-Nolf, Sennolf et Senolf sa forme bretonne traditionnelle; alors que l’appellation officielle actuelle est Saint-Nolff avec deux F. Et voila comment à partir de quelques calendriers on peut voyager dans l’histoire et dans la géographie.

Allez, merci pour vos visites, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Si mort à mors…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

Amis des sciences occultes et des coups de pied au cul réunis, bonjour ! Nouslaurier_tin_01-150x150 sommes le Mercredi 25 janvier 2017, sixième jour de Pluviôse dédié au Laurier-tin et non au laurier-thym comme on le rencontre parfois orthographié. On le nomme aussi, Viorne-tin voire lauretin. En Bretagne certains vont célébrer les Konhouarn? Un prénom très ancien et très peu usité que l’on doit au vieux breton Kon (guerrier) et Houarn (le fer). Il s’agirait d’un moine ayant été le compagnon de Konwoïon en l’abbaye de Redon…

Fille et héritière de François II, dernier duc de Bretagne était née un 25 Janvier en 1477 à Nantes. Le 8 janvier 1499 la Duchesse Anne de Bretagne, notre Duchesse à nous qu’on avaient, épouse le roi de France Louis XII devenant par là même, Reine de France. Sa fille Claude épousera plus tard le Duc d’Angoulême, futur François 1er et ce sera le début de la fin pour ce qui aurait pu devenir un État Breton et qui ne le sera jamais. A la mort de la Duchesse, un anonyme rédigea un poème que, cinq siècles plus tard, les « Tri Yann » mirent en musique: « SI MORT A MORS », en voici un extrait.

Si les matins de grisaille se teintent
S’ils ont couleur en la nuit qui s’éteint
Viendront d’opales lendemains
Reviendront des siècles d’or
Cent fois mille et mille aurores encore.duchesse

Si mort a mors Duchesse Noble Dame
S’il n’en sera plus que poudre de corps
Dorme son cœur bordé d’or
Reviendront les siècles d’or
Cent fois mille et mille aurores encore.

Si moribonds sont les rois en ripaille
Si leurs prisons sont des cages sans fond
Vienne l’heure des évasions
Reviennent des siècles d’or
Cent fois mille et mille aurores encore.

L’Union de la Bretagne et de la France, monument conçu par Jean statue-Rennes-203x300Boucher en 1911, représentait la Duchesse Anne et le roi Charles VIII. Situé dans une niche de la façade de l’hôtel de ville de Rennes, il fut détruit par des séparatistes bretons en 1932, et depuis lors jamais remplacé. Et voila pourquoi, les imbéciles heureux qui sont nés quelque part dansent le plinn en se pâmant devant les sœurs Goadec…

Allez, merci d’être passé par ici, portez vous bien et à demain peut-être.

Ah bon! C’est Hamon !

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

Amis de l’expressionnisme et du ragout de hérisson réunis, bonjour ! perce-neigeNous sommes le Lundi 23 janvier 2017, quatrième jour de Pluviôse, dédié au Perce-neige, les puristes de l’orthographe ne manqueront pas de relever qu’il faudrait dire LA perce-neige. Et je ne vous parle même pas du pluriel, un truc à épater maître Capello lui même. Entre ceux qui en font un invariable et ceux qui mettent un S à neige. Personnellement je m’en soucie comme de ma première pipe en terre.

Fêtons dignement les Laouenan: Laouenan vient de « Laouen » qui signifie gai, joyeux, rieur comme dans l’expression Nedeleg laouenn (joyeux Noël): c’est ainsi que l’on nomme le roitelet en Bretagne. Disciple de Tugdual (Tudal) et de saint Pol au VIe siècle, il a laissé son nom à la paroisse de Tréflaouenan. Comment ! Vous ne connaissez pas Treflaouenan ? Comme le montre bien la carte ci-contre, Tréflaouénan (normalement on ne devrait pas mettre d’accent) devait être un lieu de treflaouenanpassage pour les migrants de l’époque. C’était bien avant le tunnel et surtout, dans l’autre sens… Bon, OK, je me rends compte que la carte ne montre rien du tout si on ne sait pas situer Treflaouenan et Cardiff. Au Ve siècle, des émigrés gallois, les Bretons, débarquent en Armorique par famille ou par clans avec leurs chefs religieux et civils pour s’installer progressivement, sans créer de réelles difficultés. Armoricains et Bretons se connaissent assez bien, ils procèdent à des échanges depuis fort longtemps, leurs cultures, costumes et langues sont assez proches. Leurs agglomérations s’appellent des « plou » ou « gwi », paroisses auxquelles les chefs donnent leur nom et se subdivisent en « tref » ou trèves avec un lieu de culte. C’est ainsi que la bande à Laouenan s’installe dans le Leon et donne naissance à Treflaouenan. La bande à Benoist elle, s’est installé à St-Renan (29), c’est pas très loin et, 1500 ans plus tard c’est lui qui a viré en tête à la première bouée. Triste primaire, triste score, triste participation, triste avenir; en vérité, triste époque.
Allez, j’m’en r’sers un p’tit. Portez vous bien et à bientôt peut-être.

Trochu: participe passé de trop choir…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

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Amis de la médecine par les plantes et du Viandox réunis, bonjour ! Nous sommes le Dimanche 22 janvier 2017 c’est à dire le 3è jour de pluviôse et je note avec amusement que depuis le début de pluviôse, le temps est au sec… C’est le jour du fragon, bien connu dans nos campagnes sous le nom de Petit-houx. En Ille-et-Vilaine, il était connu pour des utilisations pratiques. Ainsi il a été vu à la vente aux marché des Lices (à Rennes) durant la dernière guerre, vendu roulé en boule et Fragonservant  à récurer le matériel de cuisine allant au feu de cheminée, les pointes des feuilles faisant office de grattoir. Un ancien couvreur se rappelle s’en être servi de hérisson pour ramoner: il s’agissait alors de lier tête-bêche de nombreuses tiges par le milieu pour fabriquer ce « hérisson ». En  Gallo, j’ai entendu parler de  « hayen » mais, je ne suis pas sûr de la  prononciation.Merci aux « gallophones » de laisser un commentaire. Le fragon est aussi une plante médicinale appréciée pour son action contre l’inflammation et le rétrécissement des vaisseaux sanguins. On l’utilise par voie interne mais aussi par voie externe, (contre les varices par exemple et en cosmétologie). Les jeunes drageons tendres sont comestibles mais bon, je vous laisse faire l’expérience. Certains l’appellent la fragonnette et on l’utilisait autrefois pour fabriquer des balais.

Dans l’histoire, la date du 22 janvier 1871, nous renvoie à un épisode peu glorieux pour les bretons. C’est le jour d’un soulèvement populaire parisien pour empêcher le gouvernement de défense nationale de signer la capitulation devant les prussiens. une délégation des manifestants est reçue par Gustave Chaudey, adjoint du maire (Jules Ferry). Soudain, un coup de feu est tiré par un provocateur. Les Gardes mobiles bretons, commandés par le Bouëdec dont fait partie le Trochulieutenant James Marie Antoine Monjaret de Kerjégu,(du célèbre château de Trévarez) installés dans l’hôtel de ville tirent sur la foule qui s’éparpille tandis que des gardes nationaux ripostent. C’est ce jour où Louise Michel prendra pour la première fois les armes. Et c’est encore un 22 Janvier, en 1905, qu’eurent lieu ses funérailles. Elle vient de découvrir que ces gens là ne se défendent pas contre les prussiens mais contre les travailleurs parisiens. Le pouvoir était alors entre les mains du trop célèbre général breton TROCHU.  Il fut vite remplacé par THIERS le massacreur des communards. Victor Hugo l’a marqué d’une définition cinglante : « Trochu, participe passé du verbe Trop Choir. » . Pour Trochu : « la fin, c’est l’ordre, l’ordre seul, qui se résume en trois mots: Famille, Propriété, Religion. Deux mois plus tard démarrait la Commune de Paris.

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

Grand frère et petit père (du peuple)

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

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Amis de la propédeutique et du pouce-pied mayonnaise réunis, bonjour ! Ce Samedi 21 janvier 2017 correspond au 2è jour de pluviôse dans notre calendrier républicain. C’était le jour dédié à la mousse, je vais donc, de ce pas tranquille qui caractérise les cénobites, m’en faire couler une petite. Non pas que l’atmosphère nécessite un quelconque rafraichissement, le mercure est toujours en dessous du zéro fatidique…

La vie s’emploie chaque jour à nous proposer des coïncidences parfois drôles, quelquefois dramatiques et toujours surprenantes. Tenez, à priori, quoi de commun entre ces deux hommeLenine-haranguant-189x300s ? Vladimir Ilitch Oulianov qui fut relégué par la police du tsar en Sibérie, au bord de la Léna (d’où le surnom Lénine par lequel il se fera dès lors appeler). Et, Eric Arthur Blair qui se fera appeler George Orwell, né d’un père fonctionnaire en charge du commerce de l’opium aux Indes. Et bien, tous deux sont décédés un 21 Janvier et, plus le premier raffermissait le communisme à la mode soviétique, plus le second s’en éloignait. La «Révolution d’Octobre» débouche sur le pouvoir sans partage des bolcheviques (le nom venant de большинство, bolchinstvo, qui signifie « majorité », par opposition aux mencheviks du russe : меньшинство, menchinstvo, « minorité »). Le Bolchevisme deviendra le Communisme et celui-ci cédera la place au Stalinisme, vous connaissez la suite.

De son côté, le jeune Blair découvre très tôt la nécessité de s’engager. Après des études au collège d’Eton, où il découvre le militantisme, il s’engage comme sergent en Birmanie puis vit de petits boulots à Paris et Londres. Il va se battre en Espagne dès 1936 aux côtés des communistes dissidents du POUM, il prend conscience de la nature totalitaire du CVT_Orwell-anarchiste-Tory_4612-187x300Communisme à une époque où les intellectuels de son espèce préféraient en chanter les louanges. À la veille de la seconde guerre mondiale, il est réformé suite à une blessure à la gorge et devient reporter. C’est ainsi qu’il publie en 1945 un petit roman parodique: la Ferme des Animaux. Il s’agit d’une allégorie satirique du communisme qui raconte la prise de pouvoir des animaux dans une ferme, à l’instigation des cochons, et la manière dont ces derniers s’arrogent un pouvoir dictatorial au nom des grands principes : «Tous les animaux sont égaux mais certains sont plus égaux que d’autres…» En 1949, son dernier roman, 1984, décrit une société totalitaire sous le regard d’un chef omniprésent, «Big Brother» et chacun de reconnaître le petit père du peuple dans le grand frère du roman – Staline. L’autorité s’exerce par le contrôle de la langue officielle, la novlangue.

Etonnant, non ! Allez, merci de votre visite, portez vous bien et à demain peut-être.

A la St Hernin le cénobite va bien…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

Amis de l’anacoluthe et de l’endive braisée réunies, bonjour! Nous sommes déjà le Mercredi 11 janvier 2017, 22è jour de nivôse dédié au sel… Aujourd’hui donc, le calendrier des postes voudrait nous faire croire que c’est la St Paulin… En vérité, en Bretagne armoricaine, c’est la St Hernin.

Hernin serait venu de Grande-Bretagne pour établir son ermitage à Locarn. Le nom vient du vieux breton Harn, d’ou Loc-Harn. La tradition locale prétend qu’il déserta ensuite ce lieu pour venir à Saint-Hernin, soutenu par le seigneur de Kergoat. Ce sont là deux charmants bourgs de la Bretagne centrale. A droite, un détail du calvaire de kerbreudeur à st-herninSaint-hernin. Cette commune est connue pour des faits liés à la Révolte des Bonnets rouges. Le 11 juillet 1675 et les jours qui suivent, les insurgés de vingt paroisses de Scaër au Huelgoat, assiègent et pillent le château du Kergoët en Saint-Hernin, une somptueuse demeure pourvue de murailles et de défenses, propriété du marquis Le Moyne de Trévigny, puis le brûlent. L’histoire de Sébastien le Balp, meneur des bonnets rouges (canal historique) nous est contée ici par le Grand Serge Kerguiduff avec qui nous avons vidé nombre de chopines du côté de chez Armand à St Brieuc.

L’intendant et plusieurs serviteurs sont assassinés. La marquise parvient à s’échapper et se réfugie au couvent des Carmes de Carhaix. L’histoire aimant par dessous tout se jouer des ressemblances, c’est le maire actuel de Carhaix et créateur du mouvement des bonnets rouges (Christian Troadec) qui est candidat à l’élection présidentielle… Mais, code-paysan-300x240revenons trois siècles en arrière. Le propriétaire du château est réputé être lié à ceux qui avaient amené en Bretagne les impôts du timbre et du tabac. Par ailleurs les révoltés craignent l’imposition de la gabelle. Enfin le seigneur du lieu a la réputation d’être dur avec ses vassaux. Il se racontait alentour que le château avait été entièrement reconstruit par corvées. Une transaction est passée entre les paroisses et Le Moyne de Trévigny pour réparation des dommages sur son château. Celle-ci est approuvée par les États de Bretagne en octobre 1679. Ah, on savait s’amuser à l’époque…

Allez, merci de votre visite, portez vous bien et à bientôt peut-être.