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Maudite soit la guerre !

Posté par erwandekeramoal dans Actualités, ANARCHISME

Amis de la mélancolie au lit et du munster au cumin réunis, bonjour ! Nous sommes le Mercredi 11 novembre 2020, 21è jour de Brumaire Bacchantesdédié aux Bacchantes; ces nymphes qui célébraient les mystères de Dionysos au cours des fameuses Bacchanales. On dit qu’elles couraient çà et là, échevelées, à demi nues ou couvertes de peaux de tigres, la tête couronnée de lierre, le thyrse à la main, dansant et remplissant l’air de cris discordants. Elles répétaient fréquemment le cri Évoé, comme pour rappeler les triomphes de Bacchus sur les Géants. (le tableau représente La jeunesse de Bacchus par William Bouguereau – 1884). Ah, on confinait gaiement de ce temps là.

Alors que beaucoup (trop) entretiennent la flamme des boucheries passées, les anarchistes ont une pensée pour leurs compagnons sacrifiés sur l’autel du capitalisme. Le 11 novembre 1887, à Chicago, à 11h 30 dans la cour de la prison, exécution par pendaison des anarchistes August Spies, Albert Parsons, Adolph Fischer, George Engel (condamnés à mort le 20 août 1886 après la tragédie de Haymaket).pendaisons_ Louis Lingg s’est, quant à lui, suicidé la veille dans sa cellule. Samuel Fielden et Michael Schwab sont envoyés au bagne à perpétuité et Oscar Neebe est en prison pour quinze ans. Principaux leaders du mouvement anarchiste et syndicaliste américain, ils sont les victimes innocentes de la répression dirigée par le patronat qui voulait briser le mouvement revendicatif que les anarchistes avaient fait naître le 1er mai 1886 autour de la revendication pour la journée des 8 1ermaiGrandjouanheures. Le 3 mai 1886, la police et les milices patronales tuèrent deux ouvriers grévistes, aux usines McCormick. Le 4 mai lors d’un meeting de protestation à Haymarket, une bombe est jetée sur la police qui chargeait la foule, un massacre s’ensuivit. Acte d’un exalté ou d’un provocateur de la police ou du patronat, le véritable auteur reste inconnu. Ces tragiques événements sont à l’origine du 1er mai, journée de lutte internationale. Un immense cortège suivit les funérailles de ces militants, le 13 novembre. Le 25 juin 1893, un gouverneur de l’Illinois, John Altgeld, démontrera l’innocence des accusés. Les morts seront alors réhabilités et Samuel Fielden, Michael Schwab et Oscar Neebe seront remis en liberté après sept ans de bagne. Ma doue beniget !

A chaque 11 novembre mes pensées se dispersent du côté de la Somme, de Verdun, du chemin des dames; dans le feu, le fer, la boue et le sang et surtout, l’immense saloperie qui poussait les hommes à maudite-soit-la-guerres’entretuer au profit d’une classe de possédant. J’y ai laissé mes deux grands-pères qui y ont définitivement élu résidence sous une petite croix blanche. Les pacifistes, les antimilitaristes et les insoumis de tout poil se retrouveront une nouvelle fois pour le 11 novembre à Gentioux (Creuse), village célèbre pour son monument aux Morts qui proclame sans détour : Maudite soit la guerre ! Il y en a quelques uns en France, dont un à Primelin (29) mais, ils se compte sur les doigts. Allez, merci d’être passé et à bientôt peut-être.

Pierr-Jules Ruff…

Posté par erwandekeramoal dans ANARCHISME, PORTRAIT

Amis de l’humour noir et du lieu jaune réunis, bonjour ! Et bien voilà, ça n’a pas manqué, nous sommes le Mercredi MilletStock-1024x683-150x15019 Août 2020. Dois-je préciser que c’est le deuxième jour de fructidor et que c’est le jour du millet… Pas une raison pour donner l’angélus (humour). Bien évidemment il se trouvera toujours un adepte de la pataphysique pour vous affirmer qu’en réalité le 19 Août 2020 correspond au Lundi 9 Phalle 147 – St Godemiché, économe – fête suprême quarte – dans leur propre calendrier.

Le 19 août 1877, naissance de Pierre Jules Ruff, à Alger.

Militant anarchiste et antimilitariste. Issu d’une famille bourgeoise juive, il obtient une licence de mathématique, mais il rompt avec son milieu pour militer au sein du mouvement anarchiste. Antimilitariste convaincu, il subit de nombreuses condamnations. Le 14 septembre 1907, il est jugé par la cour d’Assises de la Seine et écope de trois ans de prison pour « provocation à la désobéissance et au meurtre adressée à des militaires ».  En 1911, il est signalé comme membre de la Fédération Communiste ruff02Anarchiste et gérant de la revue « le mouvement anarchiste ». Arrêté avec Louis Lecoin, il est condamné en novembre 1912 à cinq ans de réclusion pour « provocation au meurtre, à l’incendie et au pillage ». Il est libéré en novembre 1916, mais c’est pour être arrêté un mois plus tard avec Lecoin pour la distribution d’un tract pacifiste « Imposons la paix! ». En octobre 1917, il est encore condamné à 15 mois de prison pour sa participation à la parution, le 15 juin 1917, d’un numéro clandestin du « Libertaire ». Après guerre, il devient correcteur d’imprimerie, mais en 1930 effectue encore six mois de prison pour un délit de presse. En avril 1936, il prend part au congrès de « l’Union Anarchiste » où il est élu membre de la commission administrative. En 1942 (durant l’occupation Nazi), le fait d’avoir exprimé ouvertement ses opinions et son passé de militant lui valent d’être arrêté puis déporté en Allemagne, au Camp de Neuengamme d’où il ne reviendra pas (il aurait été envoyé au four crématoire la veille de l’entrée des Américains). Sources: Ephéméride anarchiste. On peut lire aussi une fiche biographique complète dans Le Maitron.

Voilà pour aujourd’hui, en attendant la suite portez vous bien et à bientôt peut-être.

La propriété c’est le vol…

Posté par erwandekeramoal dans ANARCHISME

Amis de la démocratie participative et du cochon de lait réunis, bonjour ! Figuartichautrez vous, chers lecteurs, que ce Mardi 30 juin 2020 n’est rien moins que l’équivalent du 12 Messidor, dédié à l’artichaut. Quand on réside dans le Léon comme votre serviteur, le jour de l’artichaut c’est un peu la fête nationale. Je parle du camus de Bretagne, pas le violet de Provence, ni même l’épineux de Sicile. Non, il s’agit bien de ce bon gros chardon qui, comme disait le regretté Coluche : « …est un vrai plat de pauvres. C’est le seul plat que quand t’as fini de manger, t’en as plus dans ton assiette que quand tu as commencé ! ». Dois-je vous rappeler que c’est aussi l’anniversaire de la disparition de Bakounine, notre maître à tous… Enfin, façon de parler, il utilisait souvent le fameux ni dieu ni maître, titre du journal de Blanqui.

Le 30 juin 1840, sortie du livre de Proudhon « Qu’est-ce que la propriété ? ou Recherche sur le principe du droit et du gouvernement ». Ce premier mémoire est dédié à l’Académie de Besançon. Cela provoque un scandale; cette dernière exige le retrait de la dédicace, et somme Proudhon de venir s’expliquer devant elle. « Sachant qu’il existe une quantité finie d’objets appropriables. Un droit de propriété sur ces objets va développer un nombre fini de propriétaires possédants les objets. Plus un propriétaire possède d’objet, plus il est puissant, plus il posséder-Missticpeut posséder d’objets. Nous avons donc ici une boucle de rétroaction positive. De plus, plus un propriétaire posséder possède d’objets, moins les autres en possèdent, moins ils sont puissants, donc moins ils peuvent posséder. Nous avons ici une deuxième boucle de rétroaction positive ( Le terme de rétroaction positive est très souvent employé dans le domaine du changement climatique. Certains facteurs comme l’augmentation des températures vont provoquer des effets sur le climat qui à leur tour vont accentuer l’augmentation des températures. C’est alors un cercle vicieux qui s’enclenche et qui accentue le phénomène.). Par conséquence, l’état stationnaire d’un système économique basé sur le principe de la propriété a pour conséquence directe l’établissement de monopoles, et d’accroître les inégalités. Or l’homme doit pouvoir profiter des objets dont il a besoin, et ce de manière équitable. Le concept de propriété dépossède donc l’homme de ce droit. Donc, la propriété, c’est le vol. »

Voilà, je ramasserai les copies en septembre mais, d’ici là vous pouvez déposer vos commentaires. En attendant, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Le charme du jour…

Posté par erwandekeramoal dans ANARCHISME, PORTRAIT

Amis de la liberté de conscience et de la clé à molette réunies, bonjour ! Nous sommes le Mercredi 1er Avril 2020. Le 1er avril est le douzième jour de germinal dans notre calendrier républicain et, ce n’est pas le jour du poisson mais du Charme (l’arbre). Le mot charme est issu dule joug nom latin du charme commun, carpĭnus. Ce vocable aurait des racines celtiques: car, désignant le bois et pen désignant la tête, car le bois de charme servait à fabriquer les jougs. Lorsque nos jeux remuants insupportaient mon aïeule, celle-ci se laissait aller à utiliser le breton et nous traitait de torr-penn (casse-tête).

Le 1er avril 1856, naissance de Charles Maurin au Puy (Auvergne). Peintre graveur et anarchiste, il excelleRavachol_Charles_Maurin.jpg-207x300 justement dans la technique du portrait. En 1875, il obtient le Prix Crozatier qui lui permet de venir à Paris étudier aux Beaux-Arts puis à l’Académie Julian (où il enseignera ensuite). Il expose au « Salon des Artistes Français » et devient membre de la Société en 1883. Ami de Toulouse-Lautrec, ce dernier fera sa première exposition particulière avec lui en 1893. Il puise son inspiration des artistes japonais, révolutionne la technique de l’eau-forte, et réalise également des bois-gravés. Il collabore à « La Revue Blanche » dirigée par Fénéon et initie Félix Vallotton à la gravure et à l’anarchisme. C‘est lui qui a réalisé le bois gravé de Ravachol, le torse nu entre les montants de la guillotine (ici à droite).

La fascination du peintre pour l’enfance, dont la pureté fillette-Maurinserait à ses yeux un antidote à la laideur sociale d’un monde qu’il réprouve, se trouve amplement illustrée ; on ne peut certes qu’être charmé par ces images gracieuses tant peintes que gravées, mais il faut aller au-delà de l’amabilité du sujet pour reconnaître en Maurin un artiste solide. La fillette à la poupée que l’on voit ici est visible au musée d’Orsay. Enfin, le tableau, pas la fillette, gros dégoûtants ! Maurin fait partie de ces anarchistes qui étaient plus habiles au maniement du pinceau que de la bombinette et c’est fort heureux pour nous.

J’en profite pour vous faire remarquer au passage que vous lisez le 4670è billet des « cénobites tranquilles », blog d’humeur et d’humour, merci à vous pour votre fidélité et votre indulgence à l’égard de l’auteur. En attendant le prochain, confinez vous bien et à bientôt peut-être.

La bande à Bonnot…

Posté par erwandekeramoal dans ANARCHISME, HISTOIRE

Amis du charme slave et de la salade niçoise réunis, bonjour! Nous sommes donc le Jeudi 26 mars 2020, sixième jour de germinal dédié à la-bette-150x150la Bette. A ne pas confondre avec le jour de la bête (666). Très utilisées dans la cuisine niçoise, toutes les parties de la plante se consomment : les feuilles hachées entrent dans la composition de la tourte de blettes, des raviolis et du célèbre tian. La partie verte remplace les usages que l’on fait ailleurs des épinards et les côtes s’accommodent de plusieurs manières : à la vapeur avec un filet de citron, frites ou en gratin avec une sauce béchamel, c’est vous qui voyez.

Le 26 mars 1890, naissance de Raymond Callemin dit Raymond la science, à Bruxelles. Anarchiste individualiste et illégaliste, membre de la bande à Bonnot. Fils d’un cordonnier socialiste, il devient ouvrier typographe, milite un temps très bref aux Jeunesses socialistes avant photo police Calleminde rallier, à 16 ans, les anarchistes individualistes puis la communauté d’Emile Chapelier à Stockel-Bois et collabore au journal « Le Révolté » belge. En 1910, insoumis au service militaire, il se réfugie en France où il va retrouver ses amis de jeunesse belge : Jean De Boë, Edouard Carouy et Victor Kibatchiche qui vivent en communauté avec d’autres anarchistes individualistes à Romainville (banlieue de Paris) et éditent le journal « l’anarchie » pour lequel il se charge de la gestion, mais aussi de la typographie avec Valet.

Scientiste et végétarien, Raymond est avide de connaissances et de lectures, il est rapidement surnommé « Raymond la science », par les membres de la bande qui commettent pour vivre diverses actions illégalistes. Mais après l’arrivée du chauffeur-mécanicien Jules Bonnot, les coups de mains vont passer à une vitesse supérieure et Raymond va prendre part au premier braquage en automobile, le 21 décembre 1911, à la Société Générale de la rue Ordela-bande-à-Bner, à Paris, où un garçon de recette sera grièvement blessé. Lors des derniers braquages à Montgeron puis Chantilly, le 25 mars 1912, ils laissent plusieurs morts dans leur sillage. La presse se déchaîne contre les « bandits en auto », et la police les traque. Callemin qui est hébergé chez un camelot anarchiste insoumis est finalement arrêté au matin du 7 avril 1912. Accusé de tous les délits liés aux actions de la bande, il est jugé par la cour d’assises de la Seine et est condamné le 27 février 1913 à la peine capitale, en compagnie d’André Soudy, d’Elie Monier et d’Eugène Dieudonné. Il sera guillotiné le 21 avril 1913, après avoir tenté de disculper Dieudonné.

Allez, vive la sociale et à bas la calotte. Confinez vous bien et à bientôt peut-être.

Posté par erwandekeramoal dans ANARCHISME, PORTRAIT

Amis des frères Morvan et des sœurs Tatin réunis, bonjour ! Pourquoi donc est-ce que parle de Tatin ? Ah oui, à la radio ce matin un journaliste affirmait qu’à propos du Coronavirus à Wuhan, je cite: « le pic de l’épidémie est Tatin… » franchement, je vois pas le rapport. Nous sommes le Vendredi 06 Mars 2020, correspondant au 16è jour de ventôse, dédié à l’épinard. Et, comme disait Coluche: L’épinard… Ça devrait être obligatoire ! Trêve de calembour à la petite semaine et, place à l’homme du jour.

Voici un petit mot sur une figure remarquable de l’anarchie dont j’ai déjà parlé mais, abondance de biens ne nuit pas… Le 6 mars 1992, mort de Léo Campion. Anarchiste, libre penseur, pacifiste et franc-maçon. A dix-huit ans, il part habiter Bruxelles, où il se lie d’amitié avec le bouquiniste anarchiste Marcel Dieu (dit Hem Day), qui l’initiera à la franc-maçonnerie. Il devient secrétaire de la libre pensée de Bruxelles. En 1933, secrétaire de la section belge de « l’Internationale des Léo-C.Résistants à la Guerre »( W.R.I), il renvoie, avec Hem Day, son livret militaire. Cela leur vaut un procès retentissant et ubuesque, le 19 juillet 1933, où Léo Campion ridiculisera les autorités judiciaires et militaires. Bruxelles devient un refuge pour de nombreux proscrits, dont Durruti et Ascaso (avec lequel Léo lie une solide amitié). Pendant l’occupation, il retourne en France mais, fiché comme objecteur de conscience, il est interné avec d’autres antifascistes au camps d’Argelès. A la libération, il poursuit sa carrière de chansonnier puis de comédien, en France. Il fera plusieurs galas de soutien en faveur de la Fédération Anarchiste et apportera souvent aide et solidarité aux libertaires. Il est aussi l’auteur de quelques ouvrages d’humour comme Le petit Campion illustré, Libres Pensées , ainsi que des ouvrages sur la franc-maçonnerie : Le drapeau noir, l’équerre et le compas , etc.

On lui doit, entre autres, la fameuse définition:  « Enfant: Fruit qu’on fit. » et puis, celle-ci que j’aime beaucoup:  « Dès qu’on dit feu Untel, équerre-et-compasc’est qu’ Untel s’est éteint. » Il était aussi régent de pygologie du collège de pataphysique, grand maitre de la confrérie des chevaliers du taste fesses (c’est lui qui intronisa le Mannekenpiss en 1983) et on se souvient de sa participation au fameux feuilleton radiophonique de Pierre Dac: Signé Furax. Parallèlement, son ascension en maçonnerie continue, il gravira successivement tous les degrés jusqu’au 33e et siégera au Consistoire d’Ile-de-France. Dans son livre « le drapeau noir… » on peut lire ceci: « Si les Maçons anarchistes sont une infime minorité, la vocation libertaire de la Maçonnerie est indéniable … elle est la seule association à laquelle puisse adhérer celui qui n’adhère à rien.»

Un fameux bonhomme qui portait haut et fort la devise de ce blog: Humeur et humour. Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Johann Most, anarchiste, propagandiste…

Posté par erwandekeramoal dans ANARCHISME, PORTRAIT

Amis de la philosophie des lumières et du lapin Duracell réunis, bonjour ! Nous sommes le Mercredi 05 février 2020, 17è jour de pluviôse dédié au lichen. En Bretagne on célèbre les Merin, un saint gallois qui a laissé son nom à la commune de Plomelin en Finistère.

C’est aussi le jour anniversaire de la naissance de Johann Most en1846 en Bavière. Ouvrier relieur, c’est à la faveur de son compagnonnage, en 1867, qu’il prend contact avec la section suisse de l’A.I.T. D’abord social most_johanndémocrate (en 1870), il séjourne en Autriche où il prononce ses premiers discours. Arrêté, il est condamné à 5 ans de prison, mais finalement amnistié le 9 février 1871, puis expulsé. Il rentre en Allemagne où il poursuit ses activités d’agitateur, devenant journaliste. Elu au Reichstag en 1874, il est néanmoins condamné à la prison de nombreuses fois pour ses discours enflammés, ce qui l’amène, en 1878, à s’exiler en Angleterre. Il y publie le journal « Freiheit » (Liberté). Suite à un article qui glorifie l’attentat contre le Tsar Alexandre II, il est condamné à 16 mois de travaux forcés. A la fin de sa peine, il s’exile aux Etats-Unis en 1882.

Influencé par les idées de Kropotkine, il devient véritablement anarchiste. Partisan de la propagande par le fait, il édite même un petit guide du poseur de bombe, après avoir travaillé dans une fabrique de dynamite (tsss, tsss). Le 11 mai 1886, il est arrêté à New York après un meeting, et condamné le 2 juin à un an de prison pour incitation à peste_religieuse1l’émeute. Le journal « Freiheit », publié ensuite au États-Unis, reste l’œuvre de sa vie. Il est également l’auteur de « La peste religieuse », œuvre dans laquelle on peut lire ceci d’une édifiante actualité: « Espérons que les masses ne se laisseront plus longtemps tromper et berner, mais qu’un jour viendra où les crucifix et les saints seront jetés au feu, les calices et ostensoirs convertis en ustensiles utiles, les églises transformées en salle de concerts, de théâtre ou d’assemblées, ou, dans le cas où elle ne pourraient servir à ce but, en greniers à blé et en écuries à chevaux. »

Allez, c’est pas tout ça, crénom de nom, c’est qu’y a d’ l’ouvrage. Portez vous bien et à bientôt peut-être.

Insoumis & réfractaire…

Posté par erwandekeramoal dans ANARCHISME, PORTRAIT

Amis de la presse satirique et (forcément) du canard laqué réunis, bonjour ! Ce Mercredi 29 janvier 2020 ressemble comme deux gouttes d’eau à un 10 de Pluviôse, jour dédié à la cognée. Rassurez vous, je Cognee 05n’évoque pas ici les violences conjugales mais ce bel outil qui, nous dit-on, ne doit pas être jeté ni avant ni après le manche. Allusion à l’apologue du bûcheron qui, ayant laissé tomber dans un gouffre le fer de sa cognée, et désespérant de l’en retirer, y jeta le manche dont il pouvait encore faire usage. Comme disait mon aïeule en plagiant le grand Sénèque: Et post malam segetem serendum est, ce qui signifie : Après mauvaise récolte, il faut semer encore. En clair, mieux vaut lever la jambe que baisser les bras.

Comment ne pas évoquer ce 29 janvier 1910 qui vit la naissance de Maurice Joyeux, à Paris.  Figure marquante de l’anarchisme français, on le voyait rarement sans qu’il ait à la bouche, une remarque cinglante Joyeuxet/ou une de ses célèbres pipes. Il milite très jeune et s’engage au Comité des Chômeurs dont il deviendra le secrétaire. Il raconte leurs premières actions dans le livre « Consulat Polonais ». L’attaque de ce Consulat lui vaut un an de prison. En 1936, il participe aux occupations d’usines et anime le Front Révolutionnaire. 1938 : encore six mois de prison pour violences. Réfractaire à la guerre, il est arrêté en 1940 et condamné à 5 ans de prison. Incarcéré à Montluc, il s’évade après avoir fomenté une mutinerie (sujet du livre « Mutinerie à Montluc, édité en 1971), mais il sera repris et finalement libéré en 1944.

Dès la libération, il s’emploie à la reconstruction de la Fédération Anarchiste et à l’édition du « Libertaire ». Il milite aussi activement dans le syndicat (CGT-FO) et ouvre une librairie à Paris « Le Château des brouillards » (dans une petite rue du vieux Montmartre). Enradio-lib-300x205 décembre1953, c’est la scission. Mais Maurice joyeux reconstruit la F.A autour du nouveau journal « Le Monde Libertaire » et de sa librairie qui verront le regain des idées libertaires, suscité par mai 68. Le nom du journal avait changé pour des nécessités administratives mais chacun avait reconnu le vieux journal de Sébastien Faure et Louise Michel. Avec sa compagne, Suzy Chevet, et le « Groupe Louise Michel », il crée « La Rue », revue d’expression culturelle libertaire. En 1981, il est le premier invité de Radio Libertaire (radio libre de la F.A, à Paris). Il meurt le 9 décembre 1991. Il nous laisse, outre divers ouvrages théoriques, deux livres de souvenirs « Sous les plis du drapeau noir », et « Souvenirs d’un anarchiste ». on peut imaginer (avec beaucoup d’imagination…) que dans le dernier refrain de sa chanson Les Anarchistes, Léo Ferré rend un discret hommage à Maurice Joyeux :

« Qu’y’en a pas un sur cent et pourtant ils existent
Et qu’ils se tiennent bien bras dessus bras dessous
Joyeux, et c’est pour ça qu’ils sont toujours debout
Les anarchistes…  »

Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Honni soit qui Malicet…

Posté par erwandekeramoal dans ANARCHISME, PORTRAIT

Amis de la quadrature du cercle et du carré de porc réunis, bonjour églantier-150x150! Mine de rien nous voici le Samedi 07 septembre 2019 c’est à dire le 21 de fructidor qui est, comme chacun le sait, le jour de l’églantier appelé aussi rosier des chiens; sans doute parce que ses racines étaient censé guérir de la rage. Si j’en crois le calendrier des postes, c’est la sainte Reine,  ce qui faisait dire à mon aïeule, jamais en retard d’un proverbe, : « à la sainte Reine, plante tes graines ! » Et comme disait l’ami Philippe (il se reconnaîtra) : « Bourg la reine mais Choisy-le-Roi ».

A propos de calendrier, vous pouvez aussi tenter d’utiliser celui de Malicet. Comment ! Jamais entendu parler. Oyez braves gens l’histoire de François Malicet, barbier-perruquier en la bonne ville de Nouzon dans les Ardennes. En vérité, un drôle de figaro assassiné le 07 septembre 1927… François Malicet avait été arrêté et condamné à 25 francs d’amende pour avoir participé le 14 octobre 1877, lors des élections suivant le coup de force de Mac-Mahon, à une réunion dans un cabaret barbier-176x300de Nouzon où il avait crié « Vive les rouges, à bas les blancs, Vive la Commune ». Pour un peu, il aurait porté un gilet jaune…. Chaque année il confectionnait un calendrier bordé également de vert et noir et annoté de la devise de son cru « Et du boyau du dernier prêtre, serrons le cou du dernier flic ». Farceur il s’amusa pendant des années à jouer les revenants pour épouvanter sa vieille bigote de sœur. Il hébergeait et nourrissait gratuitement un locataire que le dimanche 7 septembre 1927, il surprit s’introduisant dans la maison par derrière ; le locataire armé d’une hachette se jeta sur Malicet et le frappa. Quand les gendarmes apparurent, Malicet leur ordonna de sortir de chez lui et mourut dans la nuit sans avoir dénoncé son assassin.  Lorsque Fortuné Henry avait fondé en 1903 la colonie L’Essai dans la forêt d’Aiglemont, il avait mis en commun une grosse partie de son avoir au bénéfice de la Colonie qu’il fréquenta régulièrement jusqu’en 1909.  Sources : le dictionnaire des militants anarchistes.

Merci à vous d’être passé par ici, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Graine d’ananar…

Posté par erwandekeramoal dans ANARCHISME, PORTRAIT

Amis de la philosophie des lumières et de la pile Mazda réunies, bonjour ! Nous sommes le Mardi 05 février 2019, 17è jour de pluviôse dédié au lichen. En Bretagne on célèbre les Merin, un saint gallois qui a laissé son nom à la commune de Plomelin en Finistère.

C’est aussi le jour anniversaire de la naissance de Johann Most en1846 en Bavière. Ouvrier relieur, c’est à la faveur de son compagnonnage, en 1867, qu’il prend contact avec la section suisse de l’A.I.T. D’abord social démocrate (en 1870), il séjourne en Autriche où il prononce ses premiers discours. most_johannArrêté, il est condamné à 5 ans de prison, mais finalement amnistié le 9 février 1871, puis expulsé. Il rentre en Allemagne où il poursuit ses activités d’agitateur, devenant journaliste. Elu au Reichstag en 1874, il est néanmoins condamné à la prison de nombreuses fois pour ses discours enflammés, ce qui l’amène, en 1878, à s’exiler en Angleterre. Il y publie le journal « Freiheit » (Liberté). Suite à un article qui glorifie l’attentat contre le Tsar Alexandre II, il est condamné à 16 mois de travaux forcés. A la fin de sa peine, il s’exile aux Etats-Unis en 1882.

Influencé par les idées de Kropotkine, il devient véritablement anarchiste. Partisan de la propagande par le fait, il édite même un petit guide du poseur de bombe, après avoir travaillé dans une fabrique de dynamite (tsss, tsss). Le 11 mai 1886, il est arrêté à New York après un meeting, et condamné le 2 juin à un an de prison pour incitation à l’émeute. Le journal « Freiheit », publié ensuite au États-Unis, reste l’œuvre de sa peste_religieuse1vie. Il est également l’auteur de « La peste religieuse », œuvre dans laquelle on peut lire ceci d’une édifiante actualité: « Espérons que les masses ne se laisseront plus longtemps tromper et berner, mais qu’un jour viendra où les crucifix et les saints seront jetés au feu, les calices et ostensoirs convertis en ustensiles utiles, les églises transformées en salle de concerts, de théâtre ou d’assemblées, ou, dans le cas où elle ne pourraient servir à ce but, en greniers à blé et en écuries à chevaux. »

Allez, c’est pas tout ça, crénom de nom, c’est qu’y a d’ l’ouvrage. Portez vous bien et à bientôt peut-être