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Honni soit qui Malicet…

Posté par erwandekeramoal dans ANARCHISME, PORTRAIT

Amis de la quadrature du cercle et du carré de porc réunis, bonjour églantier-150x150! Mine de rien nous voici le Samedi 07 septembre 2019 c’est à dire le 21 de fructidor qui est, comme chacun le sait, le jour de l’églantier appelé aussi rosier des chiens; sans doute parce que ses racines étaient censé guérir de la rage. Si j’en crois le calendrier des postes, c’est la sainte Reine,  ce qui faisait dire à mon aïeule, jamais en retard d’un proverbe, : « à la sainte Reine, plante tes graines ! » Et comme disait l’ami Philippe (il se reconnaîtra) : « Bourg la reine mais Choisy-le-Roi ».

A propos de calendrier, vous pouvez aussi tenter d’utiliser celui de Malicet. Comment ! Jamais entendu parler. Oyez braves gens l’histoire de François Malicet, barbier-perruquier en la bonne ville de Nouzon dans les Ardennes. En vérité, un drôle de figaro assassiné le 07 septembre 1927… François Malicet avait été arrêté et condamné à 25 francs d’amende pour avoir participé le 14 octobre 1877, lors des élections suivant le coup de force de Mac-Mahon, à une réunion dans un cabaret barbier-176x300de Nouzon où il avait crié « Vive les rouges, à bas les blancs, Vive la Commune ». Pour un peu, il aurait porté un gilet jaune…. Chaque année il confectionnait un calendrier bordé également de vert et noir et annoté de la devise de son cru « Et du boyau du dernier prêtre, serrons le cou du dernier flic ». Farceur il s’amusa pendant des années à jouer les revenants pour épouvanter sa vieille bigote de sœur. Il hébergeait et nourrissait gratuitement un locataire que le dimanche 7 septembre 1927, il surprit s’introduisant dans la maison par derrière ; le locataire armé d’une hachette se jeta sur Malicet et le frappa. Quand les gendarmes apparurent, Malicet leur ordonna de sortir de chez lui et mourut dans la nuit sans avoir dénoncé son assassin.  Lorsque Fortuné Henry avait fondé en 1903 la colonie L’Essai dans la forêt d’Aiglemont, il avait mis en commun une grosse partie de son avoir au bénéfice de la Colonie qu’il fréquenta régulièrement jusqu’en 1909.  Sources : le dictionnaire des militants anarchistes.

Merci à vous d’être passé par ici, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Graine d’ananar…

Posté par erwandekeramoal dans ANARCHISME, PORTRAIT

Amis de la philosophie des lumières et de la pile Mazda réunies, bonjour ! Nous sommes le Mardi 05 février 2019, 17è jour de pluviôse dédié au lichen. En Bretagne on célèbre les Merin, un saint gallois qui a laissé son nom à la commune de Plomelin en Finistère.

C’est aussi le jour anniversaire de la naissance de Johann Most en1846 en Bavière. Ouvrier relieur, c’est à la faveur de son compagnonnage, en 1867, qu’il prend contact avec la section suisse de l’A.I.T. D’abord social démocrate (en 1870), il séjourne en Autriche où il prononce ses premiers discours. most_johannArrêté, il est condamné à 5 ans de prison, mais finalement amnistié le 9 février 1871, puis expulsé. Il rentre en Allemagne où il poursuit ses activités d’agitateur, devenant journaliste. Elu au Reichstag en 1874, il est néanmoins condamné à la prison de nombreuses fois pour ses discours enflammés, ce qui l’amène, en 1878, à s’exiler en Angleterre. Il y publie le journal « Freiheit » (Liberté). Suite à un article qui glorifie l’attentat contre le Tsar Alexandre II, il est condamné à 16 mois de travaux forcés. A la fin de sa peine, il s’exile aux Etats-Unis en 1882.

Influencé par les idées de Kropotkine, il devient véritablement anarchiste. Partisan de la propagande par le fait, il édite même un petit guide du poseur de bombe, après avoir travaillé dans une fabrique de dynamite (tsss, tsss). Le 11 mai 1886, il est arrêté à New York après un meeting, et condamné le 2 juin à un an de prison pour incitation à l’émeute. Le journal « Freiheit », publié ensuite au États-Unis, reste l’œuvre de sa peste_religieuse1vie. Il est également l’auteur de « La peste religieuse », œuvre dans laquelle on peut lire ceci d’une édifiante actualité: « Espérons que les masses ne se laisseront plus longtemps tromper et berner, mais qu’un jour viendra où les crucifix et les saints seront jetés au feu, les calices et ostensoirs convertis en ustensiles utiles, les églises transformées en salle de concerts, de théâtre ou d’assemblées, ou, dans le cas où elle ne pourraient servir à ce but, en greniers à blé et en écuries à chevaux. »

Allez, c’est pas tout ça, crénom de nom, c’est qu’y a d’ l’ouvrage. Portez vous bien et à bientôt peut-être

C’est la gesse qui compte…

Posté par erwandekeramoal dans ANARCHISME, PORTRAIT

Amis des sciences occultes et du bloody mary réunis, bonjour ! Nous sommes le Samedi 17 novembre 2018, 27è jour de brumaire, dénommé jour du Macjonc. De son vrai nom la gesse tubéreuse, elle est encore appelée châtaigne de terre car ses graines peuvent être comestibles. C’est la gesse tubéreuse ou mézugon, (et Lathyrus_Tuberosus_closeup-300x300comme dirait mon aïeule qui aurait vendu la sienne pour un vilain jeu de mots: c’est la Gesse qui compte !) ou gland de terre, ou encore souris de Hollande, non, sans rire, (les tubercules ont la taille la forme et la couleur d’une souris). Le macjonc pousse à l’état spontané dans toute l’Europe. Sa culture est signalée en 1783 comme « herbe française cultivée en Hollande et vendue en France » aujourd’hui, c’est plutôt l’herbe qui est vendue en Hollande. On consomme les tubercules cuit à l’eau en purée, et les gousses quand elles sont encore tendres préparées comme des petits pois. Oui mais voila, pour les pataphysiciens, le 17 Novembre 2018 est en réalité le Dimanche 15 As 146 déambulation du Dr Poujade fête suprême du gilet jaune (totalement inventé par la rédaction).

Tout à fait autre chose.

Il faut absolument que je vérifie l’efficacité de mon moteur de recherche car, je vous l’avoue, je ne me souviens plus si je vous ai déjà présenté Voltairine… Voltairine 1Si j’avais débuté ce billet en vous parlant d’elle vous n’auriez pas manqué, dans vos commentaires raffinés et perfides, de me demander d’où je la sortais. Or donc, elle se nomme Voltairine de CLEYRE, avouez que cela ne s’invente pas. Mais c’est le papa, qui était un grand admirateur de notre Voltaire à nous, qui en a décidé ainsi. Elle est née un 17 novembre (d’où ce billet) quelque part dans le Michigan, Etats Unis d’Amérique. Figure oubliée de l’anarchisme et de la libre pensée, elle a consacré sa vie, après avoir passé plusieurs années dans un couvent (ceci explique peut-être cela), à dénoncer le poids des religions dans la société civile et à lutter pour les droits de l’homme, et de la femme, ce qui à cette époque n’allait pas de soi. Elle est morte à Chicago en 1912 en laissant derrière elle qla famille anaruelques ouvrages et l’image d’une militante exemplaire. Ses prises de position sur des thèmes aussi divers que le mariage, la guerre, la propriété privée lui ont valu une réputation sulfureuse d’anar et d’anticléricale dans une Amérique bigote et libérale. Elle méritait bien ce petit coup de chapeau dans un siècle où la pensée libre est une denrée en voie de disparition.

Allez, tous ensemble, tous ensemble, ouais ! Portez vous bien et à bientôt peut-être.

Un drapeau noir en Helvétie…

Posté par erwandekeramoal dans ANARCHISME, PORTRAIT

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Amis de la semaine des quatre jeudis, bonjour ! Nous sommes le Vendredi 16 février 2018, 28è jour de pluviôse et, je peux vous dire qu’il pluviôse un max sur les jardins de Keramoal. Ce jour est dédié au cyclamen, jolie fleur qui est censé symboliser la jalousie…

Je voulais rajouter à notre galerie de portraits celui de James Guillaume qui, comme son nom l’indique, était d’origine suisse. Mon aïeule n’aurait pas manqué d’ajouter: personne n’est parfait. Il est né à Londres un 16 février 1844 de père suisse et de mère française james Guillaumeet les oubliettes de l’histoire l’ont englouti sans autre forme de procès.  James avait donc quatre ans lorsqu’il arriva en Suisse. Il entra au collège latin à neuf ans et demi; à seize ans, il passa dans les auditoires, qu’on appelle aujourd’hui l’Académie, et il y resta jusqu’en 1862. Elève assez indiscipliné, il avait souvent maille à partir avec les autorités scolaires, qui étaient royalistes et religieuses. Il lut toute la bibliothèque de son père, se passionnant pour l’Antiquité, pour la Révolution française, pour la philosophie et particulièrement pour Spinoza, pour la poésie depuis Homère et Shakespeare jusqu’à Goethe et à Byron, pour Rabelais enfin, Molière et Voltaire.

Pour que sa vie encore vaille d’être vécue, il veut la consacrer à l’instruction du peuple: et pour commencer, il organise des cours du soir pour les apprentis. Il continue à lire toutes sortes d’auteurs: Feuerbach, Darwin, Fourier, Louis Blanc, Proudhon. Et, peu à peu, des conceptions nouvelles s’élaborent dans sa tête. Savant et philosophe, il n’avait pu concevoir l’égalité précédemment qu’à la façon de Robespierre et de Louis Blanc . A l’automne de 1866, Constant Meuron et James Guillaume fondèrent la section de l'internationalel’Internationale du Locle, et Guillaume se rendit au congrès de Genève. Il participait activement d’ailleurs au mouvement politique et parlementaire, mais il en vint bientôt, ainsi que la plupart des Internationaux du Jura, à la conviction que la classe ouvrière n’avait rien à y gagner. Le congrès de l’Internationale à Lausanne, le congrès de la Ligue de la paix et de la liberté à Genève, tenu en 1867, modifièrent profondément la pensée de James Guillaume: c’est là en effet qu’il prit contact avec des révolutionnaires de toute l’Europe, et que la foi lui vint à la Révolution sociale universelle. Il était à ce moment de son développement quand il fit la connaissance de Bakounine, lors de la fondation de la Fédération romande. Leurs vues étaient tout à fait analogues: le rêve d’une société sans Etat, où il n’y aurait plus ni gouvernement ni constitution, où tous les hommes seraient libres et égaux, s’était formé en Guillaume, par développement intérieur et par expérience extérieure, avant qu’il ne rencontrât Bakounine.

Dès 1869, en effet, Guillaume dut renoncer à son professorat de Locle, étant entré en conflit avec les autorités pédagogiques à cause de son activité révolutionnaire. Il devint typographe et le resta jusqu’en 1872. Guillaume devint donc l’émanation intellectuelle vie ouvrièred’une collectivité. (…) C’est là, dans le Jura, que les horlogers et Guillaume ensemble produisirent les idées qu’une génération nouvelle devait retrouver et rebaptiser sous le nom de syndicalisme révolutionnaire. (à droite, couverture de La vie ouvrière février 1914) On sait que Bakounine et Guillaume furent exclus de l’Internationale au congrès de La Haye, en 1872, Marx et ses compagnons ayant cru se débarrasser ainsi de l’esprit des anti-autoritaires. James Guillaume mourut le 20 novembre 1916, et fut inhumé à Paris, au cimetière du Montparnasse. Sources: Le drapeau noir: Fritz Brupbacher

Allez, merci de votre visite, c’est un peu copieux pour un vendredi mais il n’est pas facile de faire plus court. Portez vous bien, et à bientôt peut-être !

Un anar brestois…

Posté par erwandekeramoal dans ANARCHISME, PORTRAIT

Amis de la physique quantique et du Picon-bière réunis, bonjour ! Nous sommes le Mercredi 27 Septembre 2017, sixième jour de Vendémiaire dédié à la Balsamine. Cette espèce (comme d’autres espèces voisines) doit son nom d’impatiente à la forte réactivité de son fruit au toucher : la capsule mûre explose quand on veut la saisir et peut projeter les graines à quelques mètres.

L’homme du jour est brestois:Auguste LE LANN, militant anarchiste et anarcho-syndicaliste breton. Il est né le 16 février 1904 à Lambézellec (dép. du Finistère). Très jeulibertaire-Lochune orphelin, suite à la mort de son père durant la Première guerre mondiale, il est pupille de la Marine nationale. Déjà repéré par les autorités, il effectue son service militaire dans un bataillon disciplinaire à Saint-Brieuc. Embauché comme ouvrier chaudronnier à l’Arsenal de Brest, il y rencontre Jules Le Gall et Victor Pengam, qui travaillaient dans le même atelier. Auguste Le Lann, est nommé secrétaire du Conseil d’administration de La Maison du Peuple. ll figure alors sur les fichiers du « Carnet B » qui recense les antimilitaristes. A partir de 1925, il est secrétaire des » Jeunesses Syndicalistes » et membre de « l’Union Anarchiste » (UA), et responsable de la diffusion du journal « Le Flambeau »(1927-1934),Le_flambeau_France organe mensuel d’éducation, de libre pensée et de combat. En 1936, il est secrétaire du groupe de l’UA de Brest et membre de la « Ligue Internationale des Combattants de la Paix » (LICP). En 1937, il est secrétaire de la « Fédération libertaire de l’Ouest » et de « Solidarité Internationale Antifasciste » (SIA), pour la région. Auguste Le Lann sera cette même année, à Paris, délégué du Groupe libertaire de Brest, aux côtés de René Lochu et René Martin lors d’un congrès où ils rencontrèrent Louis Lecoin. Mobilisé en 1939, il est fait prisonnier, puis est libéré en 1941.

Le 22 septembre 1942, il est arrêté et interné durant deux mois au Camp de Voyes. Durant l’occupation, il est étroitement surveillé, son logement sera à plusieurs reprises perquisitionné par la police de Vichy. sia_janvier_1938_collecte_tract_dossier_1_i_46_brest-2Après la Libération, il reconstitua le Groupe d’Études Sociales de Brest et, membre de la « Fédération anarchiste française », en sera le responsable départemental. Également militant anarcho-syndicaliste, il adhérera à la CNT Française. En août 1947, il sera membre d’un comité de grève à l’Arsenal. Après avoir collaboré au « Libertaire » après la Libération, il participera ensuite au « Monde Libertaire ». Toujours militant de la CNTF sur la fin de sa vie, il participait aux journaux « Le Combat Syndicaliste » et « Espoir » et était secrétaire du comité régional de l’Ouest de SIA. Auguste Le Lann est décédé à Brest le 27 septembre 1974. 

Voila pour aujourd’hui, portez vous bien et à demain peut-être.

Quand il est mort le poète…

Posté par erwandekeramoal dans ANARCHISME, PORTRAIT

Amis de la chanson populaire et du calvados hors d’âge réunis, bonjour ! Nous sommes le Samedi 09 septembre 2017, jour béni entre tous puisqu’il est dédié au houblon dans notre calendrier républicain. C’est aussi le jour anniversaire de la naissance d’un chansonnier, poète, anarchiste qui, à l’instar d’un Gaston Couté disparaît des mémoires.

Charles d’Avray arrive à Paris, ayant terminé ses études secondaires, en 1898. Il a 18 ans, l’âge de toutes les ambitions, de tous les espoirs. Il n’est pas très chaud pour suivre les traces de son père. Ses préférences vont à la musique, à la chanson. Il compose ses premières Avray Gœuvres, qu’il interprète dans des cafés-chantants. Ainsi naquirent les « chansons du trottoir », les « chansons des veillées ». Un jour, il rencontra le compagnon de la mère de Jeanne Humbert, libertaire militant, qui l’introduisit dans les milieux néo-malthusiens, et lui fit connaître et partager l’idéal anarchiste qui l’animait. Charles fréquenta ce milieu, riche en militants, et parmi eux Sébastien Faure, grand orateur libertaire, qui eut sur lui une grande influence et dont je parle souvent ici. A cette époque naquirent les « chansons sociales », les « chansons rouges », « les penseurs », « les fous », « les géants », « loin du rêve », etc… qu’il interprétait dans les cabarets de la Butte et du quartier Latin, où elles firent scandale. Ecoutez « les 4 barbus » chanter le triomphe de l’anarchie.

Mais surtout, et durant toute son existence, il parcourut la France dans tous les sens, organisant des tournées de conférences par la chanson où les foules se pressaient. Il n’arrêta plus jamais d’écrire, de chanter, de lutter. Charles-Henri Jean (dit d’Avray) se rallia à l’anarchisme au moment de l’affaire Dreyfus et décida d’utiliser la chanson pour diffuser ses idées. Il en composera quatre-vingt pour dénoncer l’Etat, la religion,tombe D le militarisme, les prisons… et exalter la société libertaire. Il composera le célèbre Triomphe de l’anarchie. Ses conférences chantées étaient annoncées par des affiches où on lisait : « Avec le passé détruisons le présent pour devancer l’avenir. » Charles d’Avray s’est éteint le 7 novembre 1960 à Paris. Il est enterré au cimetière du Père-Lachaise dans la 88e division (photo de droite). Charles d’Avray était franc-Maçon, membre du grand Orient et fréquentait la loge « Equité » à Pantin. Il figura en 1905 parmi les fondateurs de La Muse rouge, Groupe de propagande révolutionnaire par les arts, où en 1919 débutèrent Lucien Noël, qui devait devenir Noël Noël et André Isaac, le futur Pierre Dac.

Voila pour aujourd’hui, portez vous bien et à demain peut-être.

Zo d’Axa et l’En dehors…

Posté par erwandekeramoal dans ANARCHISME, PORTRAIT

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Amis de la littérature baroque et du poulet au vinaigre réunis, bonjour ! Nous sommes le Mercredi 30 Août 2017, treizième jour de Fructidor, dédié à l’épine-vinette (Berberis vulgaris) bien connue des ouzbek qui le consomment dans le plov.

Tiens, voici quelques considérations à propos d’un personnage fort intéressant: ZO D’AXA (de son vrai nom Alphonse GALLAUD, descendant de Jean-François Gallaud, comte de la Pérouse) on lui doit le concept d’endehors. Pamphlétaire et propagandiste de l’anarchisme individualiste, fondateur de journaux, et écrivain. Pour échapper au joug d’une famille bourgeoise, il s’engage à 18 ans dans l’armée mais, se rendant compte de son erreur, il déserte… en compagnie de la jeuneendehors_litho femme de son capitaine! Ce qui, de mon point de vue, méritait déjà une médaille. Il se réfugie à Bruxelles, où il débute dans le journalisme. Après un séjour en Suisse, puis en Italie, il rentre en France à l’amnistie de 1889. En mai 1891, il publie le premier numéro de l’hebdomadaire « L’Endehors » (titre qui à lui seul définit sa pensée philosophique). De nombreux anarchistes y collaborent, mais le journal est bientôt condamné par la justice. Après l’arrestation de Ravachol et de ses compagnons, Zo d’Axa lance une souscription pour aider les familles des détenus. Pour ce motif, il est arrêté et subit un mois de prison à Mazas. Libéré, il est de nouveau inquiété et préfère s’exiler à Londres.

Expulsé d’Italie, il rejoint la Grèce, puis Constantinople. Le 1er janvier 1893, il est arrêté en débarquant à Jaffa, et mis au fer sur un navire français qui le ramène à Paris, où il Zodessinpurgera 18 mois de prison. A sa sortie, il publie le livre « De Mazas à Jérusalem », qui obtient un vif succès. En 1898, c’est l’affaire Dreyfus. Zo d’Axa publie  » la feuille » pamphlet illustré par Steinlen (dont je reproduis ci contre, un bois gravé), Luce, Willette, Hermann Paul, etc. Il y pourfend les institutions mais aussi les foules moutonnières. « L’honnête ouvrier n’a que ce qu’il mérite ». Son grand succès sera la présentation de l’âne nommé « Nul » aux élections et qui, recueillant les bulletins blancs ou nuls, sera déclaré élu par « La Feuille », après une bagarre mémorable dans les rues de Paris, entre « partisans de l’âne et partisans de l’ordre » ; dernier baroud d’honneur pour Zo d’Axa. Il quitte ensuite la France, et voyage dans le monde entier, de la Chine aux Amériques, en passant par l’Afrique, avant de venir se fixer à Marseille. Il choisira une mort volontaire, le 30 août 1930. Lire sa biographie réalisée par Alexandre Najjar: « Le mousquetaire Zo d’Axa 1864-1930″. En attendant, retrouvez le site l’Endehors, quotidien anarchiste individualiste.

Allez, bourgeois dormez tranquilles, le moule est cassé. Portez vous bien et à bientôt peut-être.

A propos d’Augustin Souchy.

Posté par erwandekeramoal dans ANARCHISME, PORTRAIT

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Amis de l’internationalisme et de la soupe aux choux réunis, bonjour! Je profite de ce 28 août, jour de la saint Augustin et aussi 11è jour de fructidor dédié à la pastèque, pour évoquer une grande figure de l’anarchisme international.

Evoquer Augustin SOUCHY, c’est s’atteler à couvrir 75 ans de révolutions dans le monde. Doyen des anarchistes allemands, il s’est éteint le 1er janvier 1984 à Munich où il avait décidé de s’établir en 1966 souchyaprès des périples nombreux et périlleux à travers le monde. Il nait en 1892, le 28 août, non loin de la frontière Russo-Polonaise, et quelques années plus tard, c’est tout naturellement que sa famille accueille les ennemis du tsarisme lors de la première révolution russe de 1905. Augustin SOUCHY écoute les récits des fuyards et rêve de révolution. Il poursuit des études de laborantin à Berlin où il rencontre E. Bernstein, Karl Liebknecht, Clara Zetkin. Militant socialiste et pacifiste, il est emprisonné une première fois le 18 mai 1911, journée du souvenir des morts de 1848.

Quand éclate le premier conflit mondial, il est à Vienne. Il est antimilitariste et participe au groupe Befreiung. Il est arrêté, on l’attache à un autre prisonnier et on lui accroche une pancarte sur laquelle on lit: « Attention: Anarchiste ! ». Insoumis, il refuse de participer au carnage et s’exile en Suède où il entreprend d’approfondir les idées libertaires.souchy 2
La prise du Palais d’Hiver en 1917 redonne espoir à toute une génération de révolutionnaires. Il rejoint les rangs des anarchosyndicalistes et collabore au journal « Der Syndikalist ». Il est en Russie en 1920 pour participer, sur invitation de Lénine, au second congrès de la IIIe Internationale. Augustin SOUCHY flaire la magouille marxiste et déconseille à ses camarades la collaboration avec le Komintern. Il connaît le sort réservé aux opposants au régime bolchévique. Lors de ce séjour russe, il rencontre Pierre KROPOTKINE, Alexandre BERKMAN et Emma GOLDMAN.

On le retrouve à Paris, le 20 mai 1921, devant le Mur des Fédérés, pour la commémoration du 50e anniversaire de l’écrasement de la Commune. Il est à Berlin quand Hitler prend le pouvoir. Augustin SOUCHY se réfugie à Paris où les exilés politiques allemands sont nombreux. 1936, la révolution espagnole offre un terrain de mise en pratique d’idéal Espagne FAIlongtemps rêvé. Augustin SOUCHY arrive quelques jours avant la tentative du putsch de Franco à Barcelone. Il a la quarantaine, n’a jamais été soldat, se bat aux côtés des anarchistes.
A la veille de l’écrasement du mouvement par la coalition fasciste internationale, il regagne la France. Là, sous le coup des lois xénophobes, il est interné dans les camps de Marolles, puis Audierne (Bretagne), d’où il s’évade à l’approche des troupes allemandes. Augustin SOUCHY réussit à gagner Marseille et croise sur sa route VOLINE, misérable et tout à l’écriture de « La Révolution inconnue » (qui raconte l’histoire de la révolution makhnoviste en Ukraine qui a duré de 1918 à 1921).

Septuagénaire, Augustin SOUCHY vivra encore 20 ans. Il suit de près les mouvements sociaux, en particulier la révolution au Portugal. Il écrit, participe à des débats. Son livre « Nacht über Spanien » (Nuit sur l’Espagne), paru en 1955, est réédité dans les années 70. Un lectorat Souchy Vorsichtjeune et ouvert aux idées libertaires se l’arrache. Il se sert des médias comme tribune pour défendre l’humanisme libertaire et les idées forces de l’anarchisme. En 1977 paraissent ses mémoires: « Vorsicht: Anarchist ! -Ein Leben für die Freiheit » (Attention: anarchiste ! -Une vie pour la liberté -Presque aveugle, il meurt de vieillesse le jour de l’an. « Direkte Aktion » lui consacre un long article pour « rendre hommage à un compagnon et un grand humaniste qui ne s’est agenouillé ni devant les dieux, ni devant les pouvoirs ».

Sources :Martine REMON. Sur le site Anarchie 23

Voila un portrait de plus pour notre galerie. Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

La mémoire des vaincus…

Posté par erwandekeramoal dans ANARCHISME

Amis de l’anaphore et de la brandade de morue réunies, bonjour ! L’anaphore est la répétition d’un même mot au début de plusieurs membres d’une phrase afin de renforcer l’idée exprimée ou d’opérer une symétrie. Par exemple : « Moi Président… » mais je préfère celle-ci: « Enfer chrétien: du feu. Enfer païen: du feu. Enfer mahométan: du feu. Enfer hindou: des flammes. A en croire les religions, Dieu est né rôtisseur » afghanistan_poppy-300x200Victor Hugo. Nous sommes le Mardi 06 juin 2017, dix huitième jour de prairial dédié au pavot et vous êtes encore devant votre ordinateur. Il faut rappeler que le pavot se classait parmi les plantes médicinales bien avant que les chefs de guerre afghans n’en fassent leur fond de commerce. Cela étant, on peut aussi en faire de très jolis bouquets, j’en ai eu sur mon balcon qui fleurissaient admirablement ; un ami malouin avait récupéré quelques graines dans un jardin colonial de la ville corsaire. Au jour d’aujourd’hui, la maréchaussée risque fort de vous interdire de participer au concours des maisons fleuries. Tant pis, essayez le concombre espagnol, actuellement les prix sont au plus bas…

Dimanche soir j’ai re-regardé le documentaire de T. Ramonet sur l’histoire de l’anarchisme. A déguster sans modération. Qui a dit que l’anarchisme ne laissait derrière lui que poudres et cendres… Voici une anecdote des plus amusantes. Le 6 juin 1922, la montagne qui domine la ville d’Osoyoos en Colombie-Britannique (Canada), prend officiellement le nom « d’Anarchist Mountain ». Cette appellation est due logo_anar_mount_fireà un colon d’origine irlandaise du nom de Richard G. Sidley qui est venu s’installer dans la région vers 1889. Receveur du premier bureau de Poste en 1895, il deviendra ensuite juge de paix puis douanier. Mais les opinions politiques qu’il exprime lui vaudront d’être qualifié d’anarchiste et d’être relevé de ses fonctions. Le plateau (qui culmine à 1491 mètres) où il résidait sera alors désigné comme « La montagne de l’anarchiste » appellation qui deviendra ensuite officielle. Et pour que cela soit complet, voici le logo officiel des pompiers du comté.

Allez, le bonjour vous va, quand à moi, je vais vérifier si la tempête de cette nuit n’a pas laissé trop de traces. Portez vous bien et à bientôt peut-être.

Louise, ma Louise…

Posté par erwandekeramoal dans ANARCHISME, PORTRAIT

Amis de la chanson réaliste et du far aux pruneaux réunis, bonjour ! Nous sommes le dimanche 08 janvier 2017, 19è jour de nivôse, dédié au marbre, et en Bretagne on fête les Gurvan  (ou Gurwant) celui-ci était l’un des prétendants qui se disputèrent le trône de Bretagne après la mort de Salomon. Comte de Rennes, il aurait épousé la fille du roi Erispoë, et prétendait à ce titre succéder à Salomon. J’en profite pour glisser un message perso à l’attention de tous les caillouteux. Notre ami Rodo se débat avec quelques problème techniques sur les site « cailloux dans le brouill’art » résultat des courses: changement d’adresse. Mettez vos blogrolls à jour: http://rodlediazec.blogspot.fr/

Il y a 112 ans, le 09 Janvier 1905, décès de Louise Michel. Louise, ma Louise, mon institutrice préférée, Louise, ma communarde, ma combattante, ma graine d’ananar… J’aime cette image taguée qui la remet au goût du jour. Fille illégitime d’un notable et d’une servante, Louise-tagLouise Michel reçoit dans la famille de ses grands-parents paternels une éducation affectueuse et soignée. Après avoir obtenu un brevet d’institutrice, elle s’installe à Paris en 1856 pour y exercer ce métier. Mais elle se consacre également à la poésie, et, bientôt, à la politique, au sein du mouvement Blanquiste. Savez vous, qu’à ma connaissance, La station Louise Michel (métro de Paris) est la seule à honorer une femme et la seule à honorer une anarchiste… Musique maestro: c’est Louise Michel qui a écrit cette chanson en avril 1871, en pleine Commune de Paris . dans la version originale de Louise Michel, il est fait référence à la journée du 18 mars 1871 qui vit le déclenchement de l’insurrection.

C‘est durant la Commune de Paris que se révèle son dévouement à la cause révolutionnaire. La «Vierge rouge» déploie alors une activité inlassable : propagandiste, animatrice d’un club politique, ambulancière, elle participe également à la plupart des combats contre LouiseMichelles troupes de Versailles. Arrêtée au terme de la Semaine Sanglante, elle est, en 1873, condamnée à la déportation en Nouvelle-Calédonie. En exil, Louise Michel côtoie brièvement le libelliste Henri Rochefort. Plus sérieusement, elle se convertit à l’anarchisme et se lie à la population Kanaque. En 1880, l’amnistie générale des crimes commis sous la Commune l’autorise à regagner la métropole. Figure dès lors incontournable du mouvement anarchiste français, Louise Michel est étroitement surveillée par la police, qui l’arrête à plusieurs reprises pour ses participations à des manifestations ou des meetings insurrectionnels.

Le 13 septembre 1903, Louise Michel fut initiée au sein de la loge « la philosophie sociale » de la Grande Loge Symbolique Ecossaise maintenue et mixte.  L’âge venu, elle repart inlassablement, à chacune de ses sorties de prison, pour de longues tournées de conférences à travers la France et le monde. C’est au cours de l’une d’entre elles michel_funerailles-300x202qu’elle s’éteint à Marseille en 1905, victime d’une pneumonie. Le 22 janvier 1905, enterrement de Louise MICHEL. Un cortège de plus de 100 000 personnes accompagne son cercueil. Parti à 8 heures de la gare de Lyon à Paris, il n’arrive qu’à 17 heures au cimetière de Levallois où elle sera enterrée. Le préfet Lepine, qui tente de suivre le cortège, en est chassé par les anarchistes. La cérémonie s’achève par un grand meeting, où Benoît Broutchoux, Charles Malato et Séverine prennent la parole. Eau-forte d’Albert Peters-Desteray.

Allez, portez vous bien, ken ar c’hoaz comme ils disent par ici.