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Un anar brestois…

Posté par erwandekeramoal dans ANARCHISME, PORTRAIT

Amis de la physique quantique et du Picon-bière réunis, bonjour ! Nous sommes le Mercredi 27 Septembre 2017, sixième jour de Vendémiaire dédié à la Balsamine. Cette espèce (comme d’autres espèces voisines) doit son nom d’impatiente à la forte réactivité de son fruit au toucher : la capsule mûre explose quand on veut la saisir et peut projeter les graines à quelques mètres.

L’homme du jour est brestois:Auguste LE LANN, militant anarchiste et anarcho-syndicaliste breton. Il est né le 16 février 1904 à Lambézellec (dép. du Finistère). Très jeulibertaire-Lochune orphelin, suite à la mort de son père durant la Première guerre mondiale, il est pupille de la Marine nationale. Déjà repéré par les autorités, il effectue son service militaire dans un bataillon disciplinaire à Saint-Brieuc. Embauché comme ouvrier chaudronnier à l’Arsenal de Brest, il y rencontre Jules Le Gall et Victor Pengam, qui travaillaient dans le même atelier. Auguste Le Lann, est nommé secrétaire du Conseil d’administration de La Maison du Peuple. ll figure alors sur les fichiers du « Carnet B » qui recense les antimilitaristes. A partir de 1925, il est secrétaire des » Jeunesses Syndicalistes » et membre de « l’Union Anarchiste » (UA), et responsable de la diffusion du journal « Le Flambeau »(1927-1934),Le_flambeau_France organe mensuel d’éducation, de libre pensée et de combat. En 1936, il est secrétaire du groupe de l’UA de Brest et membre de la « Ligue Internationale des Combattants de la Paix » (LICP). En 1937, il est secrétaire de la « Fédération libertaire de l’Ouest » et de « Solidarité Internationale Antifasciste » (SIA), pour la région. Auguste Le Lann sera cette même année, à Paris, délégué du Groupe libertaire de Brest, aux côtés de René Lochu et René Martin lors d’un congrès où ils rencontrèrent Louis Lecoin. Mobilisé en 1939, il est fait prisonnier, puis est libéré en 1941.

Le 22 septembre 1942, il est arrêté et interné durant deux mois au Camp de Voyes. Durant l’occupation, il est étroitement surveillé, son logement sera à plusieurs reprises perquisitionné par la police de Vichy. sia_janvier_1938_collecte_tract_dossier_1_i_46_brest-2Après la Libération, il reconstitua le Groupe d’Études Sociales de Brest et, membre de la « Fédération anarchiste française », en sera le responsable départemental. Également militant anarcho-syndicaliste, il adhérera à la CNT Française. En août 1947, il sera membre d’un comité de grève à l’Arsenal. Après avoir collaboré au « Libertaire » après la Libération, il participera ensuite au « Monde Libertaire ». Toujours militant de la CNTF sur la fin de sa vie, il participait aux journaux « Le Combat Syndicaliste » et « Espoir » et était secrétaire du comité régional de l’Ouest de SIA. Auguste Le Lann est décédé à Brest le 27 septembre 1974. 

Voila pour aujourd’hui, portez vous bien et à demain peut-être.

Quand il est mort le poète…

Posté par erwandekeramoal dans ANARCHISME, PORTRAIT

Amis de la chanson populaire et du calvados hors d’âge réunis, bonjour ! Nous sommes le Samedi 09 septembre 2017, jour béni entre tous puisqu’il est dédié au houblon dans notre calendrier républicain. C’est aussi le jour anniversaire de la naissance d’un chansonnier, poète, anarchiste qui, à l’instar d’un Gaston Couté disparaît des mémoires.

Charles d’Avray arrive à Paris, ayant terminé ses études secondaires, en 1898. Il a 18 ans, l’âge de toutes les ambitions, de tous les espoirs. Il n’est pas très chaud pour suivre les traces de son père. Ses préférences vont à la musique, à la chanson. Il compose ses premières Avray Gœuvres, qu’il interprète dans des cafés-chantants. Ainsi naquirent les « chansons du trottoir », les « chansons des veillées ». Un jour, il rencontra le compagnon de la mère de Jeanne Humbert, libertaire militant, qui l’introduisit dans les milieux néo-malthusiens, et lui fit connaître et partager l’idéal anarchiste qui l’animait. Charles fréquenta ce milieu, riche en militants, et parmi eux Sébastien Faure, grand orateur libertaire, qui eut sur lui une grande influence et dont je parle souvent ici. A cette époque naquirent les « chansons sociales », les « chansons rouges », « les penseurs », « les fous », « les géants », « loin du rêve », etc… qu’il interprétait dans les cabarets de la Butte et du quartier Latin, où elles firent scandale. Ecoutez « les 4 barbus » chanter le triomphe de l’anarchie.

Mais surtout, et durant toute son existence, il parcourut la France dans tous les sens, organisant des tournées de conférences par la chanson où les foules se pressaient. Il n’arrêta plus jamais d’écrire, de chanter, de lutter. Charles-Henri Jean (dit d’Avray) se rallia à l’anarchisme au moment de l’affaire Dreyfus et décida d’utiliser la chanson pour diffuser ses idées. Il en composera quatre-vingt pour dénoncer l’Etat, la religion,tombe D le militarisme, les prisons… et exalter la société libertaire. Il composera le célèbre Triomphe de l’anarchie. Ses conférences chantées étaient annoncées par des affiches où on lisait : « Avec le passé détruisons le présent pour devancer l’avenir. » Charles d’Avray s’est éteint le 7 novembre 1960 à Paris. Il est enterré au cimetière du Père-Lachaise dans la 88e division (photo de droite). Charles d’Avray était franc-Maçon, membre du grand Orient et fréquentait la loge « Equité » à Pantin. Il figura en 1905 parmi les fondateurs de La Muse rouge, Groupe de propagande révolutionnaire par les arts, où en 1919 débutèrent Lucien Noël, qui devait devenir Noël Noël et André Isaac, le futur Pierre Dac.

Voila pour aujourd’hui, portez vous bien et à demain peut-être.

Zo d’Axa et l’En dehors…

Posté par erwandekeramoal dans ANARCHISME, PORTRAIT

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Amis de la littérature baroque et du poulet au vinaigre réunis, bonjour ! Nous sommes le Mercredi 30 Août 2017, treizième jour de Fructidor, dédié à l’épine-vinette (Berberis vulgaris) bien connue des ouzbek qui le consomment dans le plov.

Tiens, voici quelques considérations à propos d’un personnage fort intéressant: ZO D’AXA (de son vrai nom Alphonse GALLAUD, descendant de Jean-François Gallaud, comte de la Pérouse) on lui doit le concept d’endehors. Pamphlétaire et propagandiste de l’anarchisme individualiste, fondateur de journaux, et écrivain. Pour échapper au joug d’une famille bourgeoise, il s’engage à 18 ans dans l’armée mais, se rendant compte de son erreur, il déserte… en compagnie de la jeuneendehors_litho femme de son capitaine! Ce qui, de mon point de vue, méritait déjà une médaille. Il se réfugie à Bruxelles, où il débute dans le journalisme. Après un séjour en Suisse, puis en Italie, il rentre en France à l’amnistie de 1889. En mai 1891, il publie le premier numéro de l’hebdomadaire « L’Endehors » (titre qui à lui seul définit sa pensée philosophique). De nombreux anarchistes y collaborent, mais le journal est bientôt condamné par la justice. Après l’arrestation de Ravachol et de ses compagnons, Zo d’Axa lance une souscription pour aider les familles des détenus. Pour ce motif, il est arrêté et subit un mois de prison à Mazas. Libéré, il est de nouveau inquiété et préfère s’exiler à Londres.

Expulsé d’Italie, il rejoint la Grèce, puis Constantinople. Le 1er janvier 1893, il est arrêté en débarquant à Jaffa, et mis au fer sur un navire français qui le ramène à Paris, où il Zodessinpurgera 18 mois de prison. A sa sortie, il publie le livre « De Mazas à Jérusalem », qui obtient un vif succès. En 1898, c’est l’affaire Dreyfus. Zo d’Axa publie  » la feuille » pamphlet illustré par Steinlen (dont je reproduis ci contre, un bois gravé), Luce, Willette, Hermann Paul, etc. Il y pourfend les institutions mais aussi les foules moutonnières. « L’honnête ouvrier n’a que ce qu’il mérite ». Son grand succès sera la présentation de l’âne nommé « Nul » aux élections et qui, recueillant les bulletins blancs ou nuls, sera déclaré élu par « La Feuille », après une bagarre mémorable dans les rues de Paris, entre « partisans de l’âne et partisans de l’ordre » ; dernier baroud d’honneur pour Zo d’Axa. Il quitte ensuite la France, et voyage dans le monde entier, de la Chine aux Amériques, en passant par l’Afrique, avant de venir se fixer à Marseille. Il choisira une mort volontaire, le 30 août 1930. Lire sa biographie réalisée par Alexandre Najjar: « Le mousquetaire Zo d’Axa 1864-1930″. En attendant, retrouvez le site l’Endehors, quotidien anarchiste individualiste.

Allez, bourgeois dormez tranquilles, le moule est cassé. Portez vous bien et à bientôt peut-être.

A propos d’Augustin Souchy.

Posté par erwandekeramoal dans ANARCHISME, PORTRAIT

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Amis de l’internationalisme et de la soupe aux choux réunis, bonjour! Je profite de ce 28 août, jour de la saint Augustin et aussi 11è jour de fructidor dédié à la pastèque, pour évoquer une grande figure de l’anarchisme international.

Evoquer Augustin SOUCHY, c’est s’atteler à couvrir 75 ans de révolutions dans le monde. Doyen des anarchistes allemands, il s’est éteint le 1er janvier 1984 à Munich où il avait décidé de s’établir en 1966 souchyaprès des périples nombreux et périlleux à travers le monde. Il nait en 1892, le 28 août, non loin de la frontière Russo-Polonaise, et quelques années plus tard, c’est tout naturellement que sa famille accueille les ennemis du tsarisme lors de la première révolution russe de 1905. Augustin SOUCHY écoute les récits des fuyards et rêve de révolution. Il poursuit des études de laborantin à Berlin où il rencontre E. Bernstein, Karl Liebknecht, Clara Zetkin. Militant socialiste et pacifiste, il est emprisonné une première fois le 18 mai 1911, journée du souvenir des morts de 1848.

Quand éclate le premier conflit mondial, il est à Vienne. Il est antimilitariste et participe au groupe Befreiung. Il est arrêté, on l’attache à un autre prisonnier et on lui accroche une pancarte sur laquelle on lit: « Attention: Anarchiste ! ». Insoumis, il refuse de participer au carnage et s’exile en Suède où il entreprend d’approfondir les idées libertaires.souchy 2
La prise du Palais d’Hiver en 1917 redonne espoir à toute une génération de révolutionnaires. Il rejoint les rangs des anarchosyndicalistes et collabore au journal « Der Syndikalist ». Il est en Russie en 1920 pour participer, sur invitation de Lénine, au second congrès de la IIIe Internationale. Augustin SOUCHY flaire la magouille marxiste et déconseille à ses camarades la collaboration avec le Komintern. Il connaît le sort réservé aux opposants au régime bolchévique. Lors de ce séjour russe, il rencontre Pierre KROPOTKINE, Alexandre BERKMAN et Emma GOLDMAN.

On le retrouve à Paris, le 20 mai 1921, devant le Mur des Fédérés, pour la commémoration du 50e anniversaire de l’écrasement de la Commune. Il est à Berlin quand Hitler prend le pouvoir. Augustin SOUCHY se réfugie à Paris où les exilés politiques allemands sont nombreux. 1936, la révolution espagnole offre un terrain de mise en pratique d’idéal Espagne FAIlongtemps rêvé. Augustin SOUCHY arrive quelques jours avant la tentative du putsch de Franco à Barcelone. Il a la quarantaine, n’a jamais été soldat, se bat aux côtés des anarchistes.
A la veille de l’écrasement du mouvement par la coalition fasciste internationale, il regagne la France. Là, sous le coup des lois xénophobes, il est interné dans les camps de Marolles, puis Audierne (Bretagne), d’où il s’évade à l’approche des troupes allemandes. Augustin SOUCHY réussit à gagner Marseille et croise sur sa route VOLINE, misérable et tout à l’écriture de « La Révolution inconnue » (qui raconte l’histoire de la révolution makhnoviste en Ukraine qui a duré de 1918 à 1921).

Septuagénaire, Augustin SOUCHY vivra encore 20 ans. Il suit de près les mouvements sociaux, en particulier la révolution au Portugal. Il écrit, participe à des débats. Son livre « Nacht über Spanien » (Nuit sur l’Espagne), paru en 1955, est réédité dans les années 70. Un lectorat Souchy Vorsichtjeune et ouvert aux idées libertaires se l’arrache. Il se sert des médias comme tribune pour défendre l’humanisme libertaire et les idées forces de l’anarchisme. En 1977 paraissent ses mémoires: « Vorsicht: Anarchist ! -Ein Leben für die Freiheit » (Attention: anarchiste ! -Une vie pour la liberté -Presque aveugle, il meurt de vieillesse le jour de l’an. « Direkte Aktion » lui consacre un long article pour « rendre hommage à un compagnon et un grand humaniste qui ne s’est agenouillé ni devant les dieux, ni devant les pouvoirs ».

Sources :Martine REMON. Sur le site Anarchie 23

Voila un portrait de plus pour notre galerie. Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

La mémoire des vaincus…

Posté par erwandekeramoal dans ANARCHISME

Amis de l’anaphore et de la brandade de morue réunies, bonjour ! L’anaphore est la répétition d’un même mot au début de plusieurs membres d’une phrase afin de renforcer l’idée exprimée ou d’opérer une symétrie. Par exemple : « Moi Président… » mais je préfère celle-ci: « Enfer chrétien: du feu. Enfer païen: du feu. Enfer mahométan: du feu. Enfer hindou: des flammes. A en croire les religions, Dieu est né rôtisseur » afghanistan_poppy-300x200Victor Hugo. Nous sommes le Mardi 06 juin 2017, dix huitième jour de prairial dédié au pavot et vous êtes encore devant votre ordinateur. Il faut rappeler que le pavot se classait parmi les plantes médicinales bien avant que les chefs de guerre afghans n’en fassent leur fond de commerce. Cela étant, on peut aussi en faire de très jolis bouquets, j’en ai eu sur mon balcon qui fleurissaient admirablement ; un ami malouin avait récupéré quelques graines dans un jardin colonial de la ville corsaire. Au jour d’aujourd’hui, la maréchaussée risque fort de vous interdire de participer au concours des maisons fleuries. Tant pis, essayez le concombre espagnol, actuellement les prix sont au plus bas…

Dimanche soir j’ai re-regardé le documentaire de T. Ramonet sur l’histoire de l’anarchisme. A déguster sans modération. Qui a dit que l’anarchisme ne laissait derrière lui que poudres et cendres… Voici une anecdote des plus amusantes. Le 6 juin 1922, la montagne qui domine la ville d’Osoyoos en Colombie-Britannique (Canada), prend officiellement le nom « d’Anarchist Mountain ». Cette appellation est due logo_anar_mount_fireà un colon d’origine irlandaise du nom de Richard G. Sidley qui est venu s’installer dans la région vers 1889. Receveur du premier bureau de Poste en 1895, il deviendra ensuite juge de paix puis douanier. Mais les opinions politiques qu’il exprime lui vaudront d’être qualifié d’anarchiste et d’être relevé de ses fonctions. Le plateau (qui culmine à 1491 mètres) où il résidait sera alors désigné comme « La montagne de l’anarchiste » appellation qui deviendra ensuite officielle. Et pour que cela soit complet, voici le logo officiel des pompiers du comté.

Allez, le bonjour vous va, quand à moi, je vais vérifier si la tempête de cette nuit n’a pas laissé trop de traces. Portez vous bien et à bientôt peut-être.

Louise, ma Louise…

Posté par erwandekeramoal dans ANARCHISME, PORTRAIT

Amis de la chanson réaliste et du far aux pruneaux réunis, bonjour ! Nous sommes le dimanche 08 janvier 2017, 19è jour de nivôse, dédié au marbre, et en Bretagne on fête les Gurvan  (ou Gurwant) celui-ci était l’un des prétendants qui se disputèrent le trône de Bretagne après la mort de Salomon. Comte de Rennes, il aurait épousé la fille du roi Erispoë, et prétendait à ce titre succéder à Salomon. J’en profite pour glisser un message perso à l’attention de tous les caillouteux. Notre ami Rodo se débat avec quelques problème techniques sur les site « cailloux dans le brouill’art » résultat des courses: changement d’adresse. Mettez vos blogrolls à jour: http://rodlediazec.blogspot.fr/

Il y a 112 ans, le 09 Janvier 1905, décès de Louise Michel. Louise, ma Louise, mon institutrice préférée, Louise, ma communarde, ma combattante, ma graine d’ananar… J’aime cette image taguée qui la remet au goût du jour. Fille illégitime d’un notable et d’une servante, Louise-tagLouise Michel reçoit dans la famille de ses grands-parents paternels une éducation affectueuse et soignée. Après avoir obtenu un brevet d’institutrice, elle s’installe à Paris en 1856 pour y exercer ce métier. Mais elle se consacre également à la poésie, et, bientôt, à la politique, au sein du mouvement Blanquiste. Savez vous, qu’à ma connaissance, La station Louise Michel (métro de Paris) est la seule à honorer une femme et la seule à honorer une anarchiste… Musique maestro: c’est Louise Michel qui a écrit cette chanson en avril 1871, en pleine Commune de Paris . dans la version originale de Louise Michel, il est fait référence à la journée du 18 mars 1871 qui vit le déclenchement de l’insurrection.

C‘est durant la Commune de Paris que se révèle son dévouement à la cause révolutionnaire. La «Vierge rouge» déploie alors une activité inlassable : propagandiste, animatrice d’un club politique, ambulancière, elle participe également à la plupart des combats contre LouiseMichelles troupes de Versailles. Arrêtée au terme de la Semaine Sanglante, elle est, en 1873, condamnée à la déportation en Nouvelle-Calédonie. En exil, Louise Michel côtoie brièvement le libelliste Henri Rochefort. Plus sérieusement, elle se convertit à l’anarchisme et se lie à la population Kanaque. En 1880, l’amnistie générale des crimes commis sous la Commune l’autorise à regagner la métropole. Figure dès lors incontournable du mouvement anarchiste français, Louise Michel est étroitement surveillée par la police, qui l’arrête à plusieurs reprises pour ses participations à des manifestations ou des meetings insurrectionnels.

Le 13 septembre 1903, Louise Michel fut initiée au sein de la loge « la philosophie sociale » de la Grande Loge Symbolique Ecossaise maintenue et mixte.  L’âge venu, elle repart inlassablement, à chacune de ses sorties de prison, pour de longues tournées de conférences à travers la France et le monde. C’est au cours de l’une d’entre elles michel_funerailles-300x202qu’elle s’éteint à Marseille en 1905, victime d’une pneumonie. Le 22 janvier 1905, enterrement de Louise MICHEL. Un cortège de plus de 100 000 personnes accompagne son cercueil. Parti à 8 heures de la gare de Lyon à Paris, il n’arrive qu’à 17 heures au cimetière de Levallois où elle sera enterrée. Le préfet Lepine, qui tente de suivre le cortège, en est chassé par les anarchistes. La cérémonie s’achève par un grand meeting, où Benoît Broutchoux, Charles Malato et Séverine prennent la parole. Eau-forte d’Albert Peters-Desteray.

Allez, portez vous bien, ken ar c’hoaz comme ils disent par ici.

A bas les chefs: Joseph Dejacque…

Posté par erwandekeramoal dans ANARCHISME, LECTURE, PORTRAIT

Amis de la procrastination et du trot monté réunis, bonjour ! Nous sommes le Mardi 27 décembre 2016. L’année à peine a fini sa carrière (ô lac !) et c’est le 7è jour de nivôse dédié à l’humus.

Le 27 décembre1821, naissance de Joseph DEJACQUE, à Paris.
Socialiste anti-autoritaire et véritable premier militant « libertaire » (mot dont il est l’inventeur). Orphelin de son père, il est élevé par sa mère, lingère. Entré en 1834 comme apprenti, il devient, en 1839, Dejacquecommis de vente dans un commerce de papiers peints (chui pas sûr pour les accords). En 1841, il s’engage dans la Marine, découvre l’Orient mais aussi l’autoritarisme militaire. En 1847, il commence à s’intéresser aux idées socialistes, et collabore au journal « L’Atelier ». L’insurrection parisienne de février 1848 met fin à la monarchie de Louis-Philippe, mais très vite l’alliance des bourgeois républicains et du prolétariat ouvrier vole en éclat. Dejacque publie un poème « Aux ci-devant dynastiques, aux tartuffes du peuple et de la liberté » dans laquelle il se fait le porte parole des aspirations ouvrières. Et puisque vous avez été particulièrement fidèles pendant ces fêtes, un petit bonus…

En avril, les premiers affrontements ont lieu entre les forces de la bourgeoisie qui ont proclamé « La République honnête » et les ouvriers socialisants. Le 15 mai, l’Assemblée Constituante est envahie par les ouvriers, mais les principaux responsables socialistes sont arrêtés. Les ouvriers occuperont la moitié de la ville aux cris de « Vive la révolution sociale ». La répression est terrible, l’armée usant de l’artillerie, massacre trois mille insurgés. Quinze mille sont arrêtés et déportés sur a bas les chefsles pontons de Cherbourg et de Brest. Dejacque est parmi eux, bien qu’il n’ait pas participé directement à l’insurrection. Libéré en 1849, il rejoint Paris et, en août 1851, publie « Les Lazaréennes, fables et poésies sociales » qui lui valent aussitôt une condamnation à 2 ans de prison et 200 fr d’amende. En 1855, il signe le manifeste inaugural de l’A.I.T, puis se fixe à la Nouvelle-Orléans où il écrit « l’Humanisphère, utopie anarchique », et prend la défense des femmes dans une lettre à Proudhon où apparaît pour la première fois un vocable de l’invention de Joseph Déjacque, ‘‘libertaire’’. L’objet polémique en est le statut social de la femme, sujet alors largement débattu. Proudhon assignait aux femmes le rôle de mère au foyer se consacrant à sa famille, soumise à l’époux dans un couple monogamique rigide (le mariage chrétien laïcisé), peu instruite et interdite de participation à la vie publique.

En 1861, découragé, il rentre en France à la faveur de l’amnistie de 1860. Mais, dans la misère, il sombre dans la folie et meurt à Paris en 1864.
« Privilégiés! – pour qui a semé l’esclavage, l’heure est venue de récolter la rébellion. Il n’est pas un travailleur qui, sous les lambris de sa cervelle, ne confectionne clandestinement quelques pensées de destruction. Vous avez, vous, la baîonnette et le Code pénal, le catéchisme et la guillotine; nous avons, nous, la barricade et l’utopie… »
In: l’Humanisphère, utopie anarchique. Sources : Ephémérides anarchistes.

Voila pour notre galerie de portraits. Portez vous bien et à demain peut-être.

Graine d’ananar…

Posté par erwandekeramoal dans ANARCHISME, PORTRAIT

Amis de la planète enchantée et du bacalao réunis, bonjour! Nous sommes le Samedi 17 décembre 2016, c’est le 27è jour de frimaire chene-liegedédié au Liège. Notez dans un coin qu’à la vérité, Nous sommes aujourd’hui le Mardi 17 Sable 144 St Moyen, français fête suprême quarte si l’on en croit les pataphysiciens. Je me souviens avoir marché dans les grandes forêts de chêne-liège au Portugal du côté de Setubal… En ces temps là, les œillets fleurissaient les canons, les jeunes capitaines faisaient danser les filles, le fado résonnait dans l’Alfama, tous les espoirs étaient permis. C’était avant, bien avant…

Tiens, encore un anniversaire.

Né à Vannes, en Bretagne, titulaire du seul certificat d’études primaires, ouvrier meunier, puis représentant pour la vente à crédit, Alphonse Barbé part en 1912 à Paris travailler comme triporteur. C’est là qu’il embrasse l’idée anarchiste, après avoir entendu Sébastien Faure parler à la tribune d’un meeting. Entre-temps devenu marchand ambulant en Bretagne, il est de retour à Paris en 1914, à l’approche de la guerre, convaincu que la classe ouvrière organisée déclenchera une grève générale insurrectionnelle contre l’imminent fratricide. Ses les anars cas de conscienceespoirs, comme ceux de tant de ses camarades, sont déçus par la trahison des leaders socialistes et syndicalistes, et il n’échappe pas à la mobilisation. Blessé au front en septembre 1915, il déserte un an plus tard et se cache à Paris où, sous une fausse identité, il milite contre la guerre et pour l’anarchisme. Arrêté en juin 1917 avec d’autres camarades pour avoir publié un numéro clandestin du Libertaire, il est condamné à trois ans de prison ; libérable avec l’amnistie d’octobre 1919, il est arrêté à sa sortie de prison et replonge un an pour désertion. À sa libération, il rejoint sa compagne à Caen, et retourne faire les marchés. La Révolution russe le décide un temps à participer aux activités du parti communiste, mais il revient très vite sur cette erreur.

En 1923, Barbé fonde Le Semeur de Normandie, organe de libre discussion, qui est alors l’un des rares journaux à prendre parti pour les objecteurs de conscience, qui commencent à s’organiser en France à cette époque. Rebaptisé en 1925 Le Semeur contre tous les tyrans, organe bi-mensuel de culture individuelle, il paraîtra jusqu’en novembre 1936. Il fera paraître un appel en faveur de la réhabilitation de VAN DER LUBBE qui incendia le Reichstag et à qui j’avais consacré un billet que vous pouvez lire en cliquant sur le lien ICI.

Voila pour aujourd’hui, portez vous bien et à demain peut-être.

Posséder, c’est se faire posséder…

Posté par erwandekeramoal dans ANARCHISME, LECTURE

Amis de la démocratie participative et du cochon de lait réunis, bonjouartichautr ! Figurez vous, chers lecteurs, que ce Jeudi 30 juin 2016 n’est rien moins que l’équivalent du 12 Messidor, dédié à l’artichaut. L’artichaut, c’est bien connu, est au Léon (29) ce que la bêtise est à Cambrais, le nougat à Montélimar, Colombine à Pierrot et Castor à Pollux.  Je parle du camus de Bretagne évidemment, pas le violet de Provence, ni même l’épineux de Sicile. Non, il s’agit bien de ce bon gros chardon qui, comme disait le regretté Coluche : « Les artichauts, c’est un vrai plat de pauvres. C’est le seul plat que quand t’as fini de manger, t’en as plus dans ton assiette que quand tu as commencé ! ».

Le 30 juin 1840, sortie du livre de PROUDHON « Qu’est-ce que la propriété? ou Recherche sur le principe du droit et du gouvernement ». Ce premier mémoire est dédié à l’Académie de Besançon. Cela provoque un scandale; cette dernière exige le retrait de la dédicace, et somme Proudhon de venir s’expliquer devant elle. Le bac est passé mais je ne résiste pas au plaisir de vous proposer ce petit devoir de vacances:

«Sachant qu’il existe une quantité finie d’objets appropriables. Un droit de propriété sur ces objets va développer un nombre fini de propriétaires possédants les objets. Plus un propriétaire possède d’objet, plus il est puissant, plus il peut posséder d’objets. Nous avons donc ici une boucle de rétroaction positive. De plus, plus un propriétaire posséder Missticpossède d’objets, moins les autres en possèdent, moins ils sont puissants, donc moins ils peuvent posséder. Nous avons ici une deuxième boucle de rétroaction positive.(Le terme de rétroaction positive est très souvent employé dans le domaine du changement climatique. Certains facteurs comme l’augmentation des températures vont provoquer des effets sur le climat qui à leur tour vont accentuer l’augmentation des températures. C’est alors un cercle vicieux qui s’enclenche et qui accentue le phénomène.)
Par conséquence, l’état stationnaire d’un système économique basé sur le principe de la propriété a pour conséquence directe l’établissement de monopoles, et d’accroître les inégalités. Or l’homme doit pouvoir profiter des objets dont il a besoin, et ce de manière équitable. Le concept de propriété dépossède donc l’homme de ce droit. Donc, la propriété, c’est le vol. »

Voilà, je ramasserai les copies en septembre mais, d’ici là vous pouvez déposer vos commentaires. En attendant, portez vous bien et à demain peut-être.

Dansons la Ravachole…

Posté par erwandekeramoal dans ANARCHISME, PORTRAIT

Amis de la Carmagnole et du lait ribot réunis, bonjour ! Nous sommes le Mardi 21 Juin 2016, troisième jour de Messidor dédié à l’oignon; celui de Roscoff évidemment.

En règle générale, en particulier non plus d’ailleurs, je ne suis guère zélateur de ces agités du bocal qui sont porté sur la dynamite comme d’autres sur le Picon-bière. Mais celui-ci est emblématique de ce que fut l’anarchisme à une certaine époque. Le 11 juillet 1892, mort de François KOENIGSTEIN, dit RAVACHOL (du nom de sa mère), guillotiné ravacho_enchaineà Montbrison. Anarchiste expropriateur et vengeur dynamiteur. Il est né le 11 (14?) octobre 1859 à Saint Chamond (Loire). Son enfance est misérable et il est contraint de travailler dès l’âge de 8 ans. Il devient antireligieux à la lecture du « Juif errant », puis anarchiste par révolte contre l’injustice de la société. Refusant son sort, il décide de voler ce qui lui est nécessaire. Le 15 mai 1891, il pille une tombe, mais ne trouve pas les bijoux escomptées. Le 18 juin 1891, à Chambles, il vole un vieil ermite très riche ; ce dernier se rebiffe et Ravachol le tue. Il sera par la suite soupçonné d’autres meurtres dans la région. Arrêté par la police, il parvient néanmoins à lui échapper et se rend à Paris après avoir fait croire à son suicide. Révolté par le jugement qui frappe les anarchistes, Decamps et Dardare, il décide de les venger.Tiens, petite chanson de l’époque où Renaud était encore fréquentable.

 

Aidé par des compagnons, il vole de la dynamite sur un chantier et le 11 mars 1892, il fait sauter le domicile du juge Benoît. Le 27 mars, l’immeuble où habite le substitut Bulot est gravement endommagé par une ravachol gravureexplosion qui fait quelques blessés mais aucun mort. Dînant au restaurant Very, Ravachol se trahi par ses propos tenus au garçon Lhérot, qui le fera arrêter 3 jours plus tard. Jugé dès le 26 avril 1892, à Paris pour ses attentats, il est condamné au bagne à perpétuité. Il passe ensuite devant la Cour d’Assises de la Loire le 21 juin pour ses meurtres où il accueille sa condamnation à mort au cri de « Vive l’anarchie ». Ici à droite, un bois gravé de Maurin. Guillotiné, Ravachol devient un mythe de la révolte. « Messieurs, j’ai l’habitude, partout où je me trouve de faire de la propagande. Savez-vous ce que c’est que l’anarchie? »: Ravachol s’adressant à ses gardiens. Des chansons lui sont consacrées (La Ravachole, sur l’air de la Carmagnole). Sources: Ephéméride anarchiste

En vérité, un drôle de zig… Consacrons lui une petite place dans notre galerie de portraits. Allez, merci d’être passé par ici à l’heure du solstice, portez vous bien et à demain peut-être.