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Nestor MAKHNO


Révolutionnaire anarchiste Ukrainien
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Ida Mett, de Makhno à Durruti…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis de l’Utopie réjouissante et des sciences occultes réunies, bonjour ! Nous sommes le samedi 27 juin 2015, 9è jour de Messidor et c’est le jour de Stéphanie qui s’offre le luxe d’avoir son anniversaire le jour que les républicains dans leur calendrier ont dédié à l’absinthe… C’est très fort !  Donc, je vous invite à vous joindre à moi pour le lui souhaiter le meilleur possible (pour les fleurs, l’adresse c’est ICI). Un autre anniversaire, c’est celui de la disparition d’une militante anarchiste, fort injustement oubliée: Ida Lazarévitch-Gilman, dite Ida Mett.

Née dans une petite ville industrielle de Russie, Smorgone, et issue de parents (dont Meyer Gilman) marchands d’étoffe, Ida Mett se consacre à la médecine. Elle est arrêtée pour menées subversives, quelques semaines avant d’obtenir son diplôme. À vingt-trois ans, elle s’enfuit seule de Russie avec des Ida-mettcontrebandiers juifs. Elle vit deux ans chez des parents en Pologne, puis arrive à Paris en 1926. Avec Voline et Pierre Archinoff, elle co-rédige la revue Dielo-Trouda (L’œuvre du travail). En 1928, elle se voit exclue du groupe pour rites religieux. Elle avait allumé une bougie à la mort de son père. (cela me rappelle l’histoire du groupuscule « Molotov » qui sévissait  après 68 à Rennes. Proches du PCMLF, c’étaient des purs et durs. En fait, ils étaient trois; deux furent exclus par le troisième pour déviance petite bourgeoise, ils étaient sortis ensemble.) Ida Mett et son mari Nicolas Lazarévitch seront expulsés la même année.
En 1932, elle donne naissance à un fils qu’ils appellent Marc. Ils s’installent en Belgique jusqu’en 1936. Ils font des incursions illégales en France, pendant deux ans, puis en Espagne. Là, ils rencontrent  Ascaso et Buenaventura Durruti. Grâce à leur aide, ils y organisent plusieurs réunions publiques. À cette même période, Ida Mett fréquente les milieux anarchistes et pacifistes belges. Elle reprend ses études de médecine et obtient son diplôme en 1930, mais n’a le droit d’exercer ni en Belgique ni en France. Avec son mari, elle revient clandestinement en France en 1936.

Le 8 juin 1940, ils sont de nouveau arrêtés puis emprisonnés. Lui est envoyé au camp du Vernet et en ressort au bout de trois mois ; quant à Ida Mett et son fils, ils sont enfermés au lazarevitch03camp de Rieucros jusqu’en avril 1941. Ils sont transférés à Marseille, prévoyant un exil aux États-Unis. Mais cela leur est refusé. Elle devient secrétaire du syndicat du gaz de banlieue à la bourse du travail. De 1948 à 1951, Ida Mett travaille comme médecin dans un préventorium d’enfants juifs à Brunoy (Var). En février 1948, elle termine d’écrire son seul livre rédigé en français Souvenirs sur Nestor Makhno et dans La Commune de Cronstadt, crépuscule sanglant des soviets, elle est une des premières à dénoncer la répression. À partir de 1950, elle est traductrice technique dans l’industrie chimique et ce jusqu’à la fin de ses jours.

Allez, voilà pour aujourd’hui, portez vous bien et à demain peut-être.

C’était un p’tit gars qui s’appelait Armand…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis de l’entre-deux et du soufflé au fromage réunis, bonjour! Nous sommes le lundi 26 janvier 2015, 7è jour de pluviôse briquetdédié à l’Amadouvier. C’est une espèce de champignon dont on tirait le fameux amadou. Les plus anciens se souviennent des lampes et briquets à amadou que l’on appelait les briquets tempête et qui faisaient partie du barda militaire à une époque. J’en possédais un mais c’était surtout pour jouer le personnage du vieux breizhou…

Le 26 janvier 1924, naissance de Dante Sauveur Armand GATTI (dit Armand GATTI), à Monaco. Écrivain, cinéaste et dramaturge libertaire, auteur de plus de 40 pièces de théâtre.
Fils d’Augusto Gatti (1893-1939) balayeur anarchiste et d’une franciscaine. Armand fait des études au petit séminaire à gatti_armand_ecCannes, puis au lycée de Monaco d’où il se fait renvoyer. Il prépare son baccalauréat en effectuant des petits boulots parmi lesquels « sous-diacre » et crée sa première troupe de théâtre. En 1942, Armand s’engage dans la résistance et part dans le maquis en Corrèze. Arrêté en 1943, il est condamné à mort à Limoges, mais il est finalement déporté dans un camp de travail en Allemagne, à Lindemann, près de Hambourg, d’où il s’évadera. Il rejoint l’Angleterre, où il s’engage dans un régiment de parachutistes puis participe à la Libération d’Arnheim (Pays-Bas).

En 1945, il entre d’abord comme journaliste au « Parisien Libéré ». Devenu grand reporter, il effectue de nombreux voyages à travers le monde qui l’amènent à rencontrer : Fidel Castro, Ernesto Guevara, où encore Mao Tsé-Toung. Il reçoit le prix « Albert Londres »en 1954, avant de se consacrer au théâtre avec les encouragements de Jean Vilar, et au cinéma. En 1960, il réalise le film « L’Enclos ». En 1962, sa pièce « La vie imaginaire de l’éboueur Auguste G. » est montée au Théâtre de la Cité de Villeurbanne. En 1963 son film « El otro Cristobal » marker_gatti_vierny_tournage_lettre_de_siberie-cdrreprésente Cuba au festival de Cannes et obtient le prix de la critique. Une partie de son œuvre a pour thème la résistance et la déportation. Sa pièce « La passion du général Franco », écrite en 1965, sera interdite en France en 1968, sous la pression de l’Espagne Franquiste. Ici on le voit en compagnie de Chris Marker à l’occasion de son film Lettre de Sibérie.

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En 1966, il fait la mise en scène de « Chant public devant deux chaises électriques » (Sacco-Vanzetti). En 1969, il s’installe à Berlin où il monte « L’interdiction de la passion du général Franco » qui sera suivie par de nombreuses autres pièces. En 1975, il est de retour en France où il poursuit sa création théâtrale. En 1980, sortie des premières versions de « La Parole errante » confrontation des trajets de tous les Gatti ayant existé, avec l’histoire, l’utopie et l’écriture. En 1983, à armand_gattiToulouse, il prend (pour trois ans) la direction de « L’Atelier de création populaire, l’Archéoptéryx ». En 1986, au Théâtre du Monument National à Montréal (Canada), il réalise la mise en scène de son texte « Opéra avec titre long », puis il dirige l’écriture de « Ulrike Meinhof » à Vienne (Autriche). En 1987, il installe, avec sa compagne Hélène Chatelain, « La Parole Errante » à Montreuil (Seine-Saint-Denis) qui devient un centre international de création. A noter qu’Hélène Chatelain qui est aussi cinéaste, comédienne, écrivaine et traductrice a réalisé un film sur Makhno en Ukraine « Nestor Makhno, un paysan d’Ukraine » (1995). Gatti joue son propre rôle dans le film d’Agnès Varda: Salut les cubains. extrait vidéo ci-dessus.
Armand Gatti a reçu de nombreux prix et distinctions pour son œuvre impressionnante. Une bibliothèque de théâtre porte son nom à La Seyne-sur-Mer. Sources:

Allez, merci encore de votre visite, portez vous bien et à demain peut-être.

En colonne par mille…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE, PORTRAIT

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Amis de l’existentialisme et du pâté en croute réunis, bonjour ! Nous sommes le jeudi 20 novembre 2014, trentième jour de brumaire dédié au rouleau encore nommé brise-motte, est un instrument agricole composée d’un ou plusieurs rouleaux métalliques eux-mêmes composés de disques denticulés indépendants..

Il y a 78 ans, Barcelone enterrait Buenaventura DURRUTI. Le 22 novembre 1936, ses funérailles à Barcelone furent le théâtre d’une immense émotion populaire. Plus de enterrement durruti500 000 personnes se pressèrent à l’enterrement de celui qui incarnait si bien la révolution libertaire espagnole, l’espérance d’un monde nouveau devenue possible. Ce fut l’une des manifestations ouvrière les plus importantes de l’histoire du prolétariat. Le spectacle de son enterrement fut inoubliable : sa mort « avait frappé Barcelone au cœur »; des milliers d’habitants et toutes les organisations politiques et syndicales, sans distinction, accompagnèrent Durruti jusqu’au cimetière, seul lieu qui sut arrêter la violence de ce pur libertaire.
Lorsque Buenaventura Durruti naît le 14 juillet 1896, la situation en Espagne est très tendue (affrontements entre les forces de l’ordre et les journaliers andalous, les mineurs asturiens ou les ouvriers basques ou catalans). En 1903, le père de Buenaventura est arrêté comme gréviste. À 14 ans, Durruti est apprenti mécanicien et en 1912 adhère à l’Union BuenaventuraDurrutides Métallurgistes. En 1914, alors qu’il transporte une machine dans la région des Asturies et du Leon, il se solidarise avec les mineurs et gagne une certaine popularité. C’est le grand essor de l’industrialisation en Espagne qui n’a alors plus rien d’un Empire Colonial, mais dont la nouvelle bourgeoisie prospère très vite. Les syndicats CNT (anarchiste) et UGT (socialiste) signent un accord annonçant la grève générale. Durruti est licencié. Il se rend en France et découvre l’anarchisme puis retourne en Espagne où il adhère à la CNT. De nouveau arrêté, il revient un temps en France où il travaille chez Renault. En 1920, l’agitation sociale s’accroît en Espagne. C’est la montée en force du syndicalisme et sa répression systématique par les groupes armés du patronat. Se forme le groupe anarchiste « Los Justicieros » avec la participation de Durruti qui projette un attentat contre le roi Alphonse XIII dont les préparatifs seront découverts.

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À Saragosse, Durruti rencontre Francisco Ascaso, fraîchement sorti de prison. Ils décident de constituer « Los Solidarios » dans le but de faire face à la violence patronale. Durruti est en prison à Madrid lorsque se produisent les attentats de mai et juin 1923 contre le gouverneur Regueral à Saint Sébastien et le cardinal Soldevila à Saragosse, attentats en réponse aux assassinats de Salvador Ségui et Francisco Comas. À partir de là, Durruti et Ascaso vont former une paire à l’action durruti_timbreincessante. Ils s’enfuient en France, puis partent pour Cuba, le Mexique, le Chili, l’Argentine sous le nom de « Los Errantes ». Ils se réfugient en Uruguay après un hold-up dans une banque et regagnent la France où ils sont arrêtés avec Jover alors qu’Alphonse XIII visite la France. Ils sont extradés en Belgique après que Durruti a rencontré Nestor Makhno. La police belge les refoule en France. En Allemagne, ils rencontrent Rudolf Rocker puis reviennent en Belgique où ils retrouvent leurs compagnes Berthe et Emilienne. En 1931, c’est la chute de la dictature et la République est proclamée. Durruti rentre à Barcelone. Mais la situation des travailleurs ne s’améliore pas et les grèves éclatent. La CNT passe de 800 000 à 1 200 000 adhérents. Le groupe « Nosotros » avec Ascaso, Durruti, Garcia Oliver, incarne le côté le plus dynamique de la CNT et de la FAI. La droite remporte les élections en novembre 1933. Le gouvernement durcit sa ligne antisyndicale. En 1935, il y a plus de 30 000 prisonniers halito_durrutipolitiques dans tout le pays. Le Front Populaire arrive au pouvoir en 1936 et les militaires du général Franco se soulèvent. Le 18 juillet, le peuple s’arme et défait les putschistes à Barcelone et en plusieurs endroits d’Espagne. Ascaso est tué le 20 juillet. La Colonne Durruti est créée et part le 24 juillet avec ses 3000 hommes pour Saragosse luttant contre les fascistes et aidant les collectivités anarchistes à s’installer. Buenaventura Durruti est tué le 20 novembre à Madrid. Ici à droite, monument intitulé Halito Durruti à Léon en Espagne. Sources.

A cette époque, les anars du monde entiers, ouvriers et intellectuels, rejoignaient ces colonnes pour combattre pour la liberté. Aujourd’hui des analphabètes décérébrés de France et de Navarre rejoignent les colonnes barbares de l’obscurantisme. Drôle d’époque madame Michu ! Allez, merci de vous être arrêté un instant, portez vous bien et à demain peut-être.

Véronique, nique, nique…

Posté par erwandekeramoal dans LECTURE, PORTRAIT

Amis de l’utopie galopante et de la chicorée Leroux réunies, bonjour ! Nous sommes le samedi 21 juin 2014, quatrième jour de Messidor dédié à l’oignon.

Dans quelques jours on célébrera la naissance de Michel RAGON et je voulais profiter de cette date anniversaire pour vous en dire quelques mots. Michel Ragon est né par hasard à Marseille le 24 juin 1924, mais il passe toute son enfance à Fontenay-le-Comte dans une famille paysanne vendéenne misérable. Orphelin de père à 8 ans, il arrive à 14 ans avec sa mère à Nantes où il exerce plusieurs petits métiers (garçon de courses, aide-comptable, mécanicien, emballeur…). Déjà passionné Ragonde lecture depuis son enfance, il découvre de nouveaux auteurs (Rousseau, Hugo, Verne, Gide…) grâce entre autres aux bibliothèques des appartements que sa mère est chargée de garder. Dans cette grande ville de Nantes, il découvre également la peinture au Musée des Beaux-Arts de Nantes, où il se rend souvent, ainsi que la musique classique au Théâtre Graslin. En 1943, à 19 ans, il rencontre les poètes de « l’école de Rochefort », Jean Bouhier et René-Guy Cadou et le peintre James Guitet qui restera son ami. Fin 1943, auteur de tracts contre l’occupant allemand, il est recherché par la Gestapo. Prévenu à temps, il s’échappe de justesse et retourne se cacher dans sa famille, dans le bocage vendéen. Il rentre à Nantes en 1944. Mais il n’y reste pas longtemps.

Avide de connaissances, de rencontres et de nouveaux horizons, il monte à Paris en 1945.De sa rencontre avec Henry Poulaille et peut être surtout avec Armand Robin et le mouvement libertaire naîtra sa vocation d’écrivain et son engagement anarchiste. Véritable autodidacte (il présentera néanmoins un doctorat d’Etat à plus de cinquante ans), il les vaincuscollabore à divers journaux comme « Les cahiers du peuple » dont il est rédacteur en chef. Sa soif de connaissance l’amène à découvrir et fréquenter le milieu des peintres. Il devient critique d’art, membre du groupe Cobra en 1949. Il publie ses premiers romans autobiographiques : « Drôles de métiers » « Drôles de voyages« . En 1954 son recueil de poésie « Cosmopolites » reçoit le « Prix des Poètes ». Il se passionne ensuite pour l’architecture et écrit plusieurs ouvrages qui font toujours référence en la matière. Il réalise également une nouvelle « Histoire de la littérature prolétarienne en France » (1974), puis des romans tel que « Les mouchoirs rouges de Cholet » (1983) qui rencontrent un vif succès. Personnellement j’ai particulièrement apprécié « la mémoire des vaincus » paru chez Albin Michel en 199O. Une fresque passionnante de l’histoire prolétarienne, véritable traversée du XXè siècle où le héros croise tour à tour, Lénine, Durruti, Nestor Makhno, la bande à Bonnot… Un voyage parmi les oubliés de l’histoire, anarchistes, libertaires et utopistes.Mais il faut lire aussi « le roman de Rabelais » et son exceptionnel « dictionnaire de l’anarchie« .

Et puisque vous êtes dégouté de la télé, de son foot, de ses jeux débiles, de ses infos décérébrées, (re)mettez vous à la lecture et offrez vous quelques pages de Michel Ragon. En attendant, portez vous bien et à demain peut-être.

 

Le révolté (poil au nez)…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis de la bande dessinée et de la bande à Siné réunies, bonjour ! Nous sommes le lundi 09 décembre, 19è jour de Frimaire dédié à la Sabine (la sabine de bain comme disait l’autre). On en profite pour se souvenir de la naissance, le 9 décembre 1842, de Pierre Alexeiévitch KROPOTKINE à Moscou.

Descendant du grand-prince de Kiev Vladimir II Monomaque, donc issu de la haute noblesse moscovite, il intègre l’armée impériale russe à partir de 1857. Il est alors affecté comme 49644920_pofficier de Cosaques en Sibérie. À partir de 1867, il quitte l’armée pour faire des études de mathématiques et de géographie à l’université de Saint-Pétersbourg. Il publie plusieurs travaux sur l’Asie septentrionale et explore la péninsule scandinave. Il repart à Saint-Pétersbourg où il mène une activité de militant clandestin. Il est emprisonné en 1874 et s’évade deux ans plus tard. Réfugié en Grande-Bretagne, il revient en Suisse, reprend son activité militante et publie plusieurs ouvrages politiques. Il fonde en 1879 le journal Le Révolté. Il est détenu à Lyon et amnistié en 1886, grâce à l’intervention, en particulier, de Victor Hugo. Il s’installe alors en Angleterre et publie différents ouvrages de géographie et de politique. Il collabore notamment à la Géographie Universelle d’Élisée Reclus. Il retourne en Russie en 1917 et refuse un poste de ministre, proposé par Aleksandr Kerenski. Il prend une attitude critique vis-à-vis du pouvoir bolchévique, notamment de la personnalité de Lénine, et des méthodes autoritaires de la nouvelle URSS.(ici, une photo de Kropotkine que l’on doit à Nadar. Jaime bien le côté père Noël.)

En 1919, l’insurrection anarchiste menée par Nestor Makhno (qui se réfugia en France et fit escale à Brest) à travers l’Ukraine revendiquera l’application effective des principes exposés dans l’Entraide. Le 13 février 1921, à Moscou. Les kropot_cortege-300x215funérailles de Pierre KROPOTKINE sont le théâtre de la dernière manifestation libre et de masse  en Russie bolchévique. On sait ce qu’il en est advenu par la suite. Sous la pression des libertaires, des prisonniers anarchistes sont relâchés pour leur permettre d’assister aux obsèques. Une foule de cent mille personnes suit le cercueil jusqu’au cimetière. Des drapeaux noirs sont déployés, mais aussi des banderoles proclamant : Où il y a de l’autorité, il n’y a pas de liberté. Sources:

Allez, merci à vous de suivre les tribulations du cénobite; portez vous bien et à demain peut-être.

Lochu, est-ce que l’oie oit ?

Posté par erwandekeramoal dans ANARCHISME, PORTRAIT

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Amis du néo-Malthusianisme et de la pêche Melba réunis, bonjour ! Nous sommes le samedi 26 octobre 2013, c’est le cinquième jour de Brumaire et, c’est le jour de l’oie… Je ne sais pas si l’oie oit,  comme disait Raymond Devos, ni si ce que nous oyons, l’oie l’oit-elle? mais, en attendant, oyez donc ceci.

A plusieurs reprises, j’ai évoqué ici la figure de ce grand anarchiste révolutionnaire, à moins que ce ne soit l’inverse, je veux parler de Nestor Makhno. Et puisque le 26 octobre est le jour anniversaire de sa naissance, petite piqure de rappel. C’est par une nuit qu’il vit le jour  le58336366_p 26 octobre 1889 à Houliaïpole en Ukraine. Issu d’une famille d’anciens serfs, il a connu une enfance très miséreuse.. C’est sans doute cette condition qui va l’amener à se révolter très jeune. C’est en 1906, période de grande répression tsariste, qu’il fait la rencontre de paysans anarchistes de Goulaï Polié. A la suite des attentats contre le gouverneur de la province, il est arrêté mais échappe à la peine de mort grâce à son jeune âge. Il ne sortira de prison que neuf ans plus tard au moment de la révolution et va découvrir les idées de Kropotkine. Je vous renvoie à de précédents billets pour plus de détails sur le contexte de l’époque. Toujours est-il que L‘Ukraine, sous protectorat austro-allemand, est de nouveau confrontée aux exactions commises et au retour des Allemands et des propriétaires terriens. Septembre 1918 voit donc la naissance de la fameuse « Makhnovchtchina » (en vidéo la chanson écrite par Etienne Roda-Gil en 1961 et interprétée par Les Béruriers noirs) et de ses drapeaux noirs.

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En moins de 3 mois, les makhnovistes libèrent une importante partie de l’Ukraine orientale. La réaction ne tarde pas à se réorganiser et le Général Dénékine compose une nouvelle armée que l’on appellera « les blancs » en opposition à l’armée rouge de Trotsky. Makhno est pris 58336404_pentre le marteau et l’enclume, il se soulève contre les blancs mais les rouges se méfient des anarchistes et ne tardent pas à les laisser tomber. Makhno mène la lutte jusqu’en 1919, contre les forces blanches et les troupes d’occupation allemandes et autrichiennes. Puis, les makhnovistes, déclarés hors-la-loi par les bolcheviques, prennent les armes contre les rouges . En août 1920, Makhno est blessé lors d’un combat contre l’armée bolchevique. Craignant pour sa vie, le Conseil décide de lui faire quitter l’Ukraine. On le retrouve à Paris où il reprend ses activités sous une forme plus théorique. Dans ses mémoires, « mes compagnons de Brest et d’ailleurs », préfacées par Léo Ferré, René Lochu dit avoir rencontré Makhno à Brest (Finistère) en 1927. Contre laimages-15 tyrannie des possédants, contre la dictature – fusse t-elle du prolétariat – contre le fascisme, contre le stalinisme, le Franquisme… Les anarchistes n’ont jamais hésité à se mobiliser. Peut-être un jour comprendra t-on que, quelle que soit la langue employée, Anarchisme, ça veut pas forcément dire «chaos,désordre, bordel ». En attendant, des petits blogueurs sur leur petit clavier continuent d’entretenir la mémoire.

Allez, je vous remercie d’être passé par ici, vous savez que vous pouvez revenir quand ça vous chante, c’est ouvert tous les jours. Portez vous bien et à demain peut-être.

 

TU T’SOUVIENS LOCHU…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

Amis de la tiédeur estivale et du crabe mayo réunis, bonjour ! Nous sommes le lundi 08 juillet 2013, 20è jour de Messidor, dédié au parc…

Ayons une pensée pour cet infatigable militant qui eut la mauvaise idée de disparaître imagesau mois de juillet en 1989 alors qu’il était né le 26 août 1899, à Vannes, il s’appelait René LOCHU. Militant anarchiste, syndicaliste et pacifiste. Fils d’un maréchal-ferrant et d’une cantinière, il devient ouvrier tailleur dans la confection. En 1914-15 ses trois frères aînés sont mobilisés, puis c’est son tour en janvier 1918. Affecté dans la Marine et envoyé en Mer Noire, il prend part en avril 1919 à l’évacuation d’Odessa, puis au convoyage des troupes contre-révolutionnaires du général tsariste Dénikine. Démobilisé en janvier 1921, il reprend son métier de tailleur qu’il exercera ensuite à l’Arsenal de Brest. Ici on le voit en compagnie de Léo Ferré, Maurice Frot et Paul Castanier.

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C‘est à la « Maison du Peuple » de Brest qu’il découvre l’anarchie et rencontre les compagnons Jules Le Gall, dont j’ai parlé ici, René Martin, Jean Tréguer, Paul DownloadedFile-2Gourmelon, etc. et commence à militer en 1924 au syndicat CGT de l’habillement puis au groupe anarchiste de Brest. Il prend part aux activités du groupe artistique de la « Maison du Peuple » puis du « Théâtre du Peuple ». Trésorier du « Comité de défense sociale de Brest », il participe aux actions de soutien à Sacco et Vanzetti et aide les libertaires italiens fuyants le fascisme. En 1927, il rencontre Nestor Makhno venu se reposer en Bretagne.

Début août 1935, il prend part aux manifestations contre les « décrets de misère » du gouvernement, qui seront réprimées dans le sang par la troupe. En août arton8001936, il apporte son aide au « Comité pour l’Espagne libre » crée par Louis Lecoin pour soutenir la révolution espagnole puis aider les réfugiés. A la déclaration de guerre, il diffuse le tract de Lecoin  » Paix immédiate » ce qui lui vaudra de subir une perquisition (infructueuse). Il est ensuite contraint de fuir les bombardements intensifs sur Brest pour Lorient puis Vannes où il reprendra son militantisme à partir de 1944. Il se liera d’amitié avec Léo Ferré pour lequel il organisera des galas en Bretagne, en avril 68. Léo lui dédiera une chanson « Les Etrangers » (en vidéo) et préfacera son livre de souvenirs : « Libertaires, mes compagnons de Brest et d’ailleurs »(1983). Ici représenté dans ce tableau de Patrick Clemence (1995)

Petit clin d’oeil donc aux anars Bretons, je crois qu’il y a un groupe dans le Morbihan qui porte le nom de Lochu. Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

 

Ida Mett, militante oubliée…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

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Amis de l’utopie libertaire et du caramel au beurre salé réunis, bonjour ! Nous avatar-footersommes le jeudi 27 juin 2013, 9è jour de Messidor et c’est le jour de Stéphanie, alias madame dansmacuizine. Non contente d’être quasiment le N°1 des blogs culinaires, elle s’offre le luxe d’avoir son anniversaire le jour que les républicains dans leur calendrier ont dédié à l’absinthe… C’est très fort !  Donc, je vous invite à vous joindre à moi pour lui souhaiter un bon anniversaire.

Un autre anniversaire, c’est celui de la disparition d’une militante anarchiste, fort injustement oubliée: Ida Lazarévitch-Gilman, dite Ida Mett.

Née dans une petite ville industrielle de Russie et issue de parents (dont Meyer Gilman) marchands d’étoffe, Ida Mett se consacre à la médecine. Elle est arrêtée pour menées subversives, quelques semaines avant d’obtenir son images2diplôme. À vingt-trois ans, elle s’enfuit seule de Russie avec des contrebandiers juifs. Elle vit deux ans chez des parents en Pologne, puis arrive à Paris en 1926. Avec Voline et Pierre Archinoff, elle co-rédige la revue Dielo-Trouda (L’œuvre du travail). En 1928, elle se voit exclue du groupe pour rites religieux. Elle avait allumé une bougie à la mort de son père. (cela me rappelle l’histoire du groupuscule « Molotov » qui sévissait  après 68 à Rennes. Proche du PCMLF, c’étaient des purs et durs. En fait, ils étaient trois; deux furent exclus par le troisième pour déviance petite bourgeoise, ils étaient sortis ensemble.) Ida Mett et son mari Nicolas Lazarévitch seront expulsés la même année.

En 1932, elle donne naissance à un fils qu’ils appellent Marc. Ils s’installent en Belgique jusqu’en 1936. Ils font des incursions illégales en France, pendant deux ans, puis en Espagne. Là, ils rencontrent  Ascaso et Buenaventura Durruti. images-4Grâce à leur aide, ils y organisent plusieurs réunions publiques. À cette même période, Ida Mett fréquente les milieux anarchistes et pacifistes belges. Elle reprend ses études de médecine et obtient son diplôme en 1930, mais n’a le droit d’exercer ni en Belgique ni en France. Avec son mari, elle revient clandestinement en France en 1936. En 1938 éclate la polémique entre Ida Mett et la Révolution prolétarienne qui a pour contexte l’antisémitisme.

 

 

Le 8 juin 1940, ils sont de nouveau arrêtés puis emprisonnés. Lui est envoyé au camp du Vernet et en ressort au bout de trois mois ; quant à Ida Mett et son fils, ils sont enfermés au camp de Rieucros jusqu’en avril 1941. Ils sont transférés à Marseille, prévoyant un exil aux États-Unis. Mais cela leur est refusé. Elle DownloadedFile-12devient secrétaire du syndicat du gaz de banlieue à la bourse du travail. De 1948 à 1951, Ida Mett travaille comme médecin dans un préventorium d’enfants juifs à Brunoy (Var). En février 1948, elle termine d’écrire son seul livre rédigé en français Souvenirs sur Nestor Makhno et dans La Commune de Cronstadt, crépuscule sanglant des soviets, elle est une des premières à dénoncer la répression de Kronstadt. À partir de 1950, elle est traductrice technique dans l’industrie chimique et ce jusqu’à la fin de ses jours.

Allez, voilà pour aujourd’hui, portez vous bien et à demain peut-être.

 

Véronique, nique, nique…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

Amis de l’utopie galopante et de la chicorée Leroux réunies, bonjour ! Nous sommes le samedi 22 juin 2013, quatrième jour de Messidor dédié à laDownloadedFile-1-150x150 Véronique, jolie petite fleur qui doit son nom à sainte Véronique bien connue dans son immeuble et qui aurait recueilli un linge portant les traits du Christ et aurait, grâce à ce linge, guéri l’empereur Tibère  de la lèpre. On dit que la véronique officinale était utilisée autrefois en application sur les plaies des lépreux d’où son nom familier d’herbe-aux-ladres.

Dans quelques jours on célébrera la naissance de Michel RAGON et je voulais profiter de cette date anniversaire pour vous en dire quelques mots. Michel Ragon est né par hasard à Marseille le 24 juin 1924, mais il passe toute son enfance à Fontenay-le-Comte dans une famille paysanne vendéenne misérable. Orphelin de père à 8 ans, il arrive à 14 ans 54490896_pavec sa mère à Nantes où il exerce plusieurs petits métiers (garçon de courses, aide-comptable, mécanicien, emballeur…). Déjà passionné de lecture depuis son enfance, il découvre de nouveaux auteurs (Rousseau, Hugo, Verne, Gide…) grâce entre autres aux bibliothèques des appartements que sa mère est chargée de garder. Dans cette grande ville de Nantes, il découvre également la peinture au Musée des Beaux-Arts de Nantes, où il se rend souvent, ainsi que la musique classique au Théâtre Graslin. En 1943, à 19 ans, il rencontre les poètes de « l’école de Rochefort », Jean Bouhier et René-Guy Cadou et le peintre James Guitet qui restera son ami. Fin 1943, auteur de tracts contre l’occupant allemand, il est recherché par la Gestapo. Prévenu à temps, il s’échappe de justesse et retourne se cacher dans sa famille, dans le bocage vendéen. Il rentre à Nantes en 1944. Mais il n’y reste pas longtemps.

Avide de connaissances, de rencontres et de nouveaux horizons, il monte à Paris en 1945.De sa rencontre avec Henry Poulaille et peut être surtout avec Armand Robin et le mouvement libertaire naîtra sa vocation 54490926_pd’écrivain et son engagement anarchiste. Véritable autodidacte (il présentera néanmoins un doctorat d’Etat à plus de cinquante ans), il collabore à divers journaux comme « Les cahiers du peuple » dont il est rédacteur en chef. Sa soif de connaissance l’amène à découvrir et fréquenter le milieu des peintres. Il devient critique d’art, membre du groupe Cobra en 1949. Il publie ses premiers romans autobiographiques : « Drôles de métiers » « Drôles de voyages« . En 1954 son recueil de poésie « Cosmopolites » reçoit le « Prix des Poètes ». Il se passionne ensuite pour l’architecture et écrit plusieurs ouvrages qui font toujours référence en la matière. Il réalise également une nouvelle « Histoire de la littérature prolétarienne en France » (1974), puis des romans tel que « Les mouchoirs rouges de Cholet » (1983) qui rencontrent un vif succès.

Personnellement j’ai particulièrement apprécié « la mémoire des vaincus » paru chez Albin Michel en 199O. Une fresque passionnante de l’histoire prolétarienne, véritable traversée du XXè siècle où le héros croise tour à tour, Lénine, Durruti, Nestor Makhno, la bande à Bonnot… Un voyage parmi les oubliés de l’histoire, anarchistes, libertaires et utopistes.Mais il faut lire aussi « le roman de Rabelais » et son exceptionnel « dictionnaire de l’anarchie« .

Et puisque vous êtes dégouté de la télé, de son foot, de ses jeux débiles, de ses infos décérébrées, (re)mettez vous à la lecture et offrez vous quelques pages de Michel Ragon. En attendant, portez vous bien et à demain peut-être.

 

Pierre Kropotkine.

Posté par erwandekeramoal dans ANARCHISME, HISTOIRE

Amis de l’éthologie et de la terrine de lièvre réunies, bonjour !

Nous sommes le mercredi 13 février 2013, 25è jour de Pluviôse dédié au Lièvre. C’est un 13 février en 1921 que fut enterré Kropotkine suivit par une foule considérable.statue_kropot_dmitrov

Descendant du grand-prince de Kiev Vladimir II Monomaque, donc issu de la haute noblesse moscovite, il intègre l’armée impériale russe à partir de 1857. Il est alors affecté comme officier de Cosaques en Sibérie. À partir de 1867, il quitte l’armée pour faire des études de mathématiques et de géographie à l’université de Saint-Pétersbourg. Il publie plusieurs travaux sur l’Asie septentrionale et explore la péninsule scandinave. Il repart à Saint-Pétersbourg où il mène une activité de militant clandestin. Il est emprisonné en 1874 et s’évade deux ans plus tard.

Réfugié en Grande-Bretagne, il revient en Suisse, reprend son activité militante et 49644920_ppublie plusieurs ouvrages politiques. Il fonde en 1879 le journal Le Révolté. Il est détenu à Lyon et amnistié en 1886, grâce à l’intervention, en particulier, de Victor Hugo. Il s’installe alors en Angleterre et publie différents ouvrages de géographie et de politique. Il collabore notamment à la Géographie Universelle d’Élisée Reclus. Il retourne en Russie en 1917 et refuse un poste de ministre, proposé par Aleksandr Kerenski. Il prend une attitude critique vis-à-vis du pouvoir bolchévique, notamment de la personnalité de Lénine, et des méthodes autoritaires de la nouvelle URSS.(ici, une photo de Kropotkine que l’on doit à Nadar. Jaime bien le côté père Noël.)

En 1919, l’insurrection anarchiste menée par Nestor Makhno (qui se réfugia en France et fit escale à Brest) à travers l’Ukraine revendiquera l’application effective des principes exposés dans l’Entraide.

Le 13 février 1921, à Moscou. Les funérailles de Pierre KROPOTKINE sont le théâtre de la dernière manifestation libre et de masse  en Russie bolchévique. On sait ce qu’ilkropot_cortege en est advenu par la suite. Sous la pression des libertaires, des prisonniers anarchistes sont relâchés pour leur permettre d’assister aux obsèques. Une foule de cent mille personnes suit le cercueil jusqu’au cimetière. Des drapeaux noirs sont déployés, mais aussi des banderoles proclamant : »Où il y a de l’autorité, il n’y a pas de liberté ». Sources:

Allez, merci à vous de suivre les tribulations du cénobite; portez vous bien et à demain peut-être.