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Cool Sonny, cool…

Posté par erwandekeramoal dans JAZZ

Amis de l’homélie et de l’omelette réunies, bonjour ! Nous sommes le Samedi 21 juillet 2018 et, si on continue à cette allure là, vous allez voir qu’on va se retrouver en août sans y prendre garde. C’est le 3è jour de thermidor dédié au melon.

C‘est aussi l’anniversaire de la naissance d’un de mes pianistes (de jazz) préférés, je veux parler de Sonny Clark;  pianiste de jazz américain né à Herminie, en Pennsylvanie le 21 juillet 1931 et mort à New York le 13 janvier 1963. Il débute sa carrière professionnelle au sonnydébut des années 1950 en Californie, collaborant avec de nombreux musiciens et notamment comme sideman du saxophoniste ténor Wardell Gray et du clarinettiste Buddy De Franco. Avec ce dernier il effectue une tournée européenne en 1954, enregistrant de nombreuses sessions, notamment à Paris avec Jimmy Raney en février. L’année 1957 représente un tournant dans sa carrière musicale; il s’installe à New York et sa renommé naissante l’amène à effectuer de nombreuses collaboration avec des musiciens confirmés (Charles Mingus, Sonny Rollins…).

Le 23 juin 1957 il rejoint le label Blue Note. A partir de ce moment, il ne quittera plus le prestigieux label d’Alfred Lion. Un mois plus tard, le 21 juillet 1957, il enregistre son premier album en tant que leader, Dial « S » For Sonny. Disciple de Bud Powell, Sonny Clark après sa mort prématurée (à l’age de 31 ans, d’une crise cardiaque, la rumeur veut que ce soit à la suite d’une overdose d’héroïne) a été cool struttinlonguement et injustement oublié du public. Il faut attendre le milieu des années 1990 et les nombreuses rééditions de Blue Note pour redécouvrir ce talentueux pianiste, qui était respecté par ses contemporains (dont Bud Powell) et qui à directement influencé nombreux pianistes par la suite (en particulier Bill Evans). Son style vif et très technique a longtemps été très prisé des amateurs de jazz. Pianiste hard bop par excellence, Sonny Clark enregistre le 5 janvier 1958, en tant que leader, Cool Struttin’ qui obtiendra un grand succès commercial et qui restera jusqu’à aujourd’hui, l’une des références majeures du hard bop. L’extrait vidéo c’est Black Velvet, un vrai petit bijou (bravig en breton).

Allez, merci à vous d’être venu jusqu’ici. Portez vous bien et à bientôt peut-être.

Bertrand du déclin…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

Amis de la métalinguistique et du catalogue de la Redoute réunis, 290px-Pintade_domestique1-150x150bonjour ! Nous sommes le Vendredi 13 juillet 2018 (aie), 25è jour de Messidor dédié à la pintade, décrite par Jules Renard comme la « bossue de la cour au crâne chauve et à la queue basse » qui « ne rêve que plaies à cause de sa bosse ». Cela vous évoque quelqu’un ? On dit que la pintade cacabe ou qu’elle criaille.

C’est un 13 Juillet, en 1380 que disparut l’affreux Bertrand du Guesclin. Oyez son histoire. Le 2 octobre 1369, dans sa résidence de l’hôtel Saint-Pol, dans le quartier parisien du Marais, le roi Charles V le Sage octroie à Bertrand Du Guesclin le titre de connétable en reconnaissance des services rendus. Le titre de connétable correspond au Moyen Âge aux fonctions modernes de chef d’état-major. Le mot vient du latin comes stabuli, qui désigne le comte de l’étable (aussi appelé grand écuyer). Né un demi-siècle plus tôt au château de La Motte-Broons, près de Dinan, dans le duché de duguesclin_gisant_maxiBretagne alors indépendant, Bertrand Du Guesclin se signale très tôt par son caractère combatif (et sa laideur). Il fait ses premières armes dans la guerre de la Succession de Bretagne, aux côtés de Charles de Blois, le candidat du roi de France. Il se fera battre et même capturer à Auray par les Anglais du Prince Noir, alliés du camp rival. Charles V le fait libérer contre 100.000 livres, et lui demande en retour de libérer le royaume des Grandes Compagnies. Il s’agit de bandes de mercenaires qui, depuis la paix de Brétigny (mai 1360) et la fin des hostilités avec les Anglais, mettent les campagnes au pillage. Du Guesclin leur trouve une occupation en les emmenant de l’autre côté des Pyrénées où, là comme en Bretagne, se déroule une guerre entre prétendants à la couronne de Castille. Le premier choc est fatal à Du Guesclin. À Navarette, en 1367, il est capturé par le Prince Noir. Le Breton, par orgueil, fixe lui-même le montant de sa rançon au niveau qui sied à sa valeur… C’est ainsi que le roi Charles V le fait libérer en échange de 60.000 florins. Peu après, Du Guesclin prend sa revanche sur Pierre le Cruel et l’oblige à se réfugier dans la forteresse de Montiel. Capturé, Pierre 1er est tué par Henri de Trastamare. Fin de l’épisode castillan.

De retour à Paris, le mercenaire reçoit donc du roi le titre de connétable malgré les réticences des courtisans et des princes qui supportent mal le rude caractère du Breton. En l’honorant ainsi, le roi veut s’attacher son concours pour chasser les Anglais des dernières provinces qui leur restent sur le Continent et en finir avec une guerre qui n’a que trop duré (on ne l’appelle pas encore guerre de Cent Ans). Le chevalier breton, célèbre pour sa laideur tout autant que sa vigueur et son talent de stratège, accepte l’honneur qui lui est fait par le Conseil du roi et va s’en acquitter avec succès Bertrand-Du-Guesclin-213x300 Gpendant les dix années qui lui restent à vivre.À la fin, Du Guesclin chasse les Anglais de Normandie, de Guyenne, de Saintonge et du Poitou. Il fait également la chasse aux routiers qui sèment la désolation. Il meurt de maladie à 60 ans, le 13 juillet 1380, en assiégeant un de leurs repaires, à Châteauneuf-de-Randon, en Gévaudan. Le gouverneur de la place se rend et vient solennellement déposer les clés de la forteresse sur le cercueil du héros ! Si le personnage était sans peur, il n’était pas sans reproche. C’était un soudard et les massacres qu’il a perpétrés sur les Juifs d’Espagne n’ont rien à envier aux horreurs commises par les sbires des temps modernes. Sources:Vous pouvez lire :Chronique de Bertrand du Guesclin par Cuvelier, trouvère du XIV siècle; Chronique en forme de chanson de geste, versifiée en français ancien, sur la vie de Bertrand du Guesclin. Ou bien consulter l’article de André Larané sur Herodote. Dans le mouvement breton (emsav) il était surnommé Bertrand du déclin tant son attachement à la couronne française hérissait le poil du militant. Résultat, en février 1977, la statue du connétable qui trônait au bord de la quatre voies St-Brieuc Rennes, à proximité de Broons (22), fut pétardée par le FLB.

Bon allez, j’entends les pimpons de la caravane du tour. Portez vous bien et à bientôt peut-être.

Mon nom est Brown… Ray Brown.

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis du bouddhisme zen et de la soupe à l’oignon réunis, bonjour ! Nous sommes en juillet 2018, le Lundi 02 précisément, et cette date  correspond au 14è jour de Messidor dédié à la lavande… Aujourd’hui, quelques notes de musique en compagnie d’un contre bassiste génialissime.

Ray Brown étudie d’abord le piano, mais déteste s’exercer et décide, à l’école, de passer à la contrebasse, persuadé qu’il eRay Brownst que cet instrument, avec ses quatre cordes sera plus facile à manier que les 88 touches. À vrai dire, il avait envie de jouer du trombone, mais il fallait acheter un instrument, que son père ne pouvait pas lui payer ; il a donc choisi la contrebasse que le conservatoire pouvait lui prêter… ici en vidéo avec Larry FULLER (piano) et Karriem RIGGINS (drums). Il apprend d’oreille et se met même à travailler son instrument. Il est très doué et se produira rapidement à Pittsburgh. Une fois son diplôme d’université en poche, il part en tournée avec divers orchestres.

À 20 ans, il part pour New York et se confronte aux musiciens locaux. Il est rapidement engagé par Dizzy Gillespie qui lui réserve une place dans son groupe qui comporte également Charlie Parker au saxophone, Bud Powell au piano, Max Roach à la batterie. Rien que du beau linge comme disait mon aïeule en repassant son ella ellatrousseau… En 1948, il fonde son propre trio et épouse Ella Fitzgerald. Il rencontre Norman Granz et fait partie des tournées Jazz at the Philharmonic. Il divorce d’Ella Fitzgerald en 1952. Vous me direz, DSK s’est bien séparé de Anne Sainclair, Vanessa de Johnny Deep, Tom Cruise de sa Katie et Castor de Pollux…  Entre 1951 et 1966, il est membre du trio d’Oscar Peterson. Ici à gauche en compagnie de Ella Fitzgerald et Dizzy Gillespie. Lorsqu’il quitte Oscar Peterson, il s’installe à Los Angeles, pour jouer, composer pour le cinéma et profiter du climat agréable de la Californie. Il y mène également une carrière de manager pour des gens comme Quincy Jones ou le Modern Jazz Quartet. Pendant un certain temps, il est même le directeur du Monterey Jazz Festival. Oscar Peterson et lui ont enregistré ensemble 240 albums.

Et bien voilà pour ce début de semaine, en attendant la suite portez vous bien et à demain peut-être.

Embraceable you…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de la propédeutique et des œufs mollets réunis, bonjour ! Nous sommes le Mardi 26 juin 2018, huitième jour de Messidor dédié à l’échalote. Parce que c’est après avoir enlevé Jérusalem aux musulmans; que le chef des croisés Godefroy de Bouillon complète son succès en écrasant l’armée égyptienne à Ashkelon (ou Ascalon). De cette ville, les croisés ramèneront en Occident… l’échalote (du latin ascolonia cepa, qui signifie oignon d’Ascalon). Ascalon, au pays des Phillistins, aujourd’hui Israël. Autant vous dire les-johnniesqu’ici, dans le Léon (Nord-Finistère, 60% de la production française) où réside votre serviteur, on en connait un rayon sur l’échalote… Je me souviens des fameux Johnnies qui s’en allaient vendre leur production outre-Manche. J’ai retrouvé, pour illustré ce billet, cette jolie expression: War pont Landerne e vezer ar penn e Leon hag ar revr e Kerne. Sur le pont de Landerneau, on a la tête en Léon et le cul en Cornouaille. Mais aujourd’hui la concurrence est rude. Présente depuis une vingtaine d’années, l’échalote de semis est accusée de tirer les prix vers le bas et de grignoter les marges des producteurs, notamment à l’export. La filière s’est mobilisée et créé un logo pour identifier ce qu’elle appelle « la vraie échalote ». Aujourd’hui, elle veut aller plus loin et réclame à l’Europe de cesser d’appeler échalote ce qui à ses yeux n’est qu’un vulgaire oignon car, le paysan breton, lui, ne s’en laisse pas conter. Même avec des mensurations allongées, un oignon reste un oignon. Et l’oignon déguisé en échalote est, pour lui, une histoire triste à pleurer.

Tiens, c’est l’anniversaire de la disparition de Brownie: Clifford Benjamin Brown est un trompettiste de jazz et compositeur américain né à Wilmington dans l’ Etat de Delaware le 30 octobre 1930 et mort lors d’un accident de la route le 26 juin 1956. Clifford Brown était apprécié pour son jeu lyrique, fait de longues phrases mélodieuses et d’une virtuosité extrême. On peut rapprocher son jeu clifford-brown-300x300de celui de Fats Navarro. Il jouait à l’oreille, comme le lui avait appris son mentor Robert Lowery. Il a inspiré de nombreux disciples, lets Freddie Hubbard, Lee Morgan ou Wynton Marsalis. Il ne reste malheureusement que peu de traces de ses nombreuses représentations (concerts, jams, studios…), Clifford Brown étant tellement modeste qu’il a cherché tout au long de sa courte carrière à se faire oublier. Dans la vidéo, il interprète embraceable you mis à l’honneur aussi bien par Sinatra que par Ella Fitzgerald. Il est évoqué dans le 187e des 480 souvenirs cités par Georges Perec, dans son texte Je me souviens.

Bon, c’est pas tout, je dois encore faire les courses et trouver un bel onglet de bœuf pour accompagner mes échalotes. Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

Véronique, nique, nique…

Posté par erwandekeramoal dans Actualités

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Amis de la concorde universelle et du chouchenn chaud réunis, bonjour ! Nous sommes le Vendredi 22 juin 2018 c’est à dire que les jours vont commencer à diminuer. C’est le 4ème de Messidor consacré à la Véronique; cette plante qui était censée guérir de la lèpre (d’où son nom d’herbe aux ladres) et qu’utilisa la Sainte qui lui légua son nom pour soigner l’empereur Tibère.

Chez Tipiak on débraye dans la semoule.

J’ai trouvé cela chez Fakir

Plusieurs centaines de salariés du groupe agroalimentaire ont débrayé lundi matin pour s’offusquer du versement d’une prime de 540.000 euros à leur patron. Un montant qui ne passe pas alors que la société a enregistré des résultats en demi-teinte en 2017. Serait-ce la goutte d’eau qui fait déborder la semoule ? Chez Tipiak, la colère gronde parmi les salariés de l’entreprise agroalimentaire tipiakconnue pour ses produits céréaliers (couscous, quinoa…) et plats préparés (taboulé, galettes bretonnes…). Lundi matin, une partie des 600 salariés des usines de Saint-Herblain, Malville et Ponchâteau (en Loire-Atlantique) ont débrayé durant deux heures à l’appel de leurs syndicats. La raison de leur courroux ? La prime exceptionnelle de 540.000 euros à Hubert Grouès, son PDG, attribuée le 14 juin par le conseil d’administration du groupe lors de l’assemblée générale. Un montant qui reste en travers de la gorge des employés de Tipiak qui ont du se contenter, de leur côté, “de 160 euros d’intéressement et zéro euros de participation”, selon Christopher Baranger, délégué CGT. “La direction nous explique chaque année qu’il faut se serrer la ceinture. Elle pourrait avoir une certaine décence, on n’est pas chez Carrefour” a déploré le responsable syndical dans les colonnes du quotidien régional Presse Océan.

Pour la direction de Tipiak, le versement de cette prime exceptionnelle est justifiée au regard de “la très forte progression de la valeur de l’entreprise depuis la prise de fonction d’Hubert Grouès en 1992”. Si la croissance du groupe a été manifeste depuis la nomination d’Hubert Grouès, les résultats de l’année dernière ont bigoudennéanmoins marqué le pas. Le chiffre d’affaires de Tipiak a faiblement progressé (198,1 millions d’euros) par rapport à 2016 et surtout son résultat net a enregistré une baisse à 4,19 millions d’euros contre 5,11 millions de bénéfices l’année précédente. Ce bilan en demi-teinte n’a pas empêché les actionnaires d’approuver, outre la prime exceptionnelle et la reconduction pour 6 ans de Hubert Grouès, 70 ans, à son poste, la distribution d’une dividende de 3,20 euros par action lors de l’assemblée générale. A cette occasion, Hubert Grouès a renoncé “à toute indemnité de départ” quand il quittera le groupe. Pas sûr que cette modération salariale suffise à apaiser les salariés.Ajoutez à cela les millions du patron de Carrefour, la vaisselle de l’Elysée, la piscine de Brégançon, la non augmentation des APL et autres joyeusetés.

Allez, faut pas que ça vous coupe l’appétit: portez vous bien et à bientôt peut-être.

Le bâton à bouillie…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

Amis de la casuistique et de la bouillie d’avoine réunie, bonjour ! Nous sommes le Mercredi 20 juin 2018, deuxième jour de Messidor dédié à l’avoine et c’est la saint Marc’han (Marcan). Une légende raconte que Saint Broladre et Saint Martin, patron de Roz sur Couesnon délimitèrent leur paroisse à cheval, alors que Saint Marcan cheminait à pied. c’est la raison pour laquelle Marcan ne posséderait que 212 hectares du riche marais de Dol.

La bouillie d’avoine, ou yod kerc’h en breton est une bouillie principalement composée d’avoine comme son nom l’indique, consommée en basse-bouillie-avoine-beurre-800x532Bretagne autrefois par les plus pauvres. C’est une bouillie brune, normalement salée, qui se mange trempée dans du lait ribot. En Bretagne, au moins dans le Finistère, on en trouve dans toutes les grandes surfaces, au rayon frais. Mon aïeule, dont les préceptes culinaires m’ont toujours fait rêver, la préparait à partir d’avoine grillée et moulue. On mettait ce mélange de farine et de son à tremper une nuit. Le lendemain, le gros du son flottait à la surface et était retiré (ce surplus s’appelle gwaskin). Le reste du récipient était délayé avec du lait et/ou de l’eau, mis à cuire dans un chaudron et touillé avec un bâton nommé bazh-yod (le bâton à bouillie). Celui-ci a laissé son nom à un jeu de force très populaire et encore pratiqué de nos jours comme le montre cette photo.

Tous les chroniqueurs et historiens s’accordent pour dire que les bretons avaient une prédilection pour les jeux de bâton. Mais l’ « arracher du bâton » est aussi un jeu symbolique, car le bâton représente le pouvoir : ainsi connaît-on des scènes très anciennes dépeintes dans les églises, et pas seulement en Bretagne, où l’on bazh-yod-300x226voit un moine et un évêque lutter au bâton, mais aussi une femme et son mari, un bourgeois et un noble, etc. Le jeu, bien attesté comme jeu de veillées et d’assemblées de voisins, et qui se retrouve sous diverses formes partout dans le monde, tire probablement son origine de la nécessaire préparation journalière de la bouillie destinée à nourrir le cochon de la maison : celle-ci nécessitait l’utilisation de ces « baz-yod » ou « bâton à bouillie ».

Allez voila pour aujourd’hui, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Karrig an Ankou…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de l’écologie et du point de croix réunis, bonjour ! Nous voici le Lundi18 juin 2018, mais rassurez vous, je ne vais pas en remettre une couche sur l’appel du grand Charles. En vérité, c’est le trentième et dernier jour de Prairial consacré au chariot (avec un seul « r ») cela fait partie des mystères de la langue française… D’ailleurs, le Conseil Supérieur de la langue française, recommande l'ankoul’orthographe charriot avec deux « r ». En effet, pourquoi en mettre deux à carrosse, charrue, charrette, carriole et un seul à chariot ?  D’ailleurs en Breton, on en met deux à Karrig. Mon aïeule, dont je vous ai si souvent parlé, avait le don inné de la pédagogie active. C’est toujours tard le soir, lorsqu’il faisait bien noir, que l’orage grondait et que la faible lueur de la lampe Pigeon annonçait sa fin prochaine (de la lampe, pas de l’aïeule), qu’elle décidait de nous parler du chariot de la mort… Karrig an Ankou, c’est le nom que lui ont donné les Bretons. Un squelette des plus affriolants conduit une carriole dont l’essieu grince gravement. Lorsque vous l’entendez c’est qu’un proche va mourir.

Et bien, l’Ankou est venu chercher un immense guitariste de Blues et de Rock: Matt Murphy. Il est connu pour être le guitariste des Blues Brothers. The Blues Brothers est le nom d’un groupe de blues composé des comédiens Dan Aykroyd et John Belushi et de quelques-uns des plus grands musiciens de la musique soul. C’est matt & Johnégalement le titre d’un film sorti en 1980, racontant l’histoire fictive de ce groupe. En 1980, le film devenu culte  réalisé par John Landis, sort sur les écrans de cinéma, avec les apparitions d’Aretha Franklin, James Brown, Cab Calloway, Ray Charles, John Lee Hooker, Carrie Fisher, Frank Oz, Steven Spielberg, John Candy, Joe Walsh, Pinetop Perkins, Chaka Khan et Paul Reubens. Il se déroule à Chicago et dans sa région. Matt Murphy lui, est né en 1929 à Sunflower, Mississippi. Mais c’est à Chicago, où il alla s’installer en 1952 et qu’il entama sa longue association avec Memphis Slim, que sa carrière débuta. Son sens du rift blue aux accents rock and roll lui valut de jouer avec les plus grands noms du blues comme Chuck Berry, Ike Turner, Etta James, Memphis Slim, Muddy Waters, Howlin’ Wolf, Willie Dixon. Quand à John  Belushi, devenu cocaïnomane, il meurt à Hollywood d’une surdose de speedball en mars 1982.

Voila pour débuter cette semaine. Portez vous bien et à bientôt peut-être.

 

Quand Zénon, Zénon !

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis de la philosophie et de la soupe à l’oignon réunies, bonjour ! Nous voici le Jeudi 14 juin 2018, 26è jour de prairial dédié au jasmin. jasmin-300x218Avant de donner son nom à une révolution méditerranéenne (le jasmin est la fleur emblématique de Tunisie) cette plante avait conquis les parfumeurs. L’un d’entre-eux, Jean Patou, disait à propos du jasmin, qu’il fallait 10 600 fleurs pour produire une once de parfum. On dit que Cléopâtre serait allé à la rencontre de Marc-Antoine sur un bateau dont les voiles étaient enduites d’essence de jasmin… Il est vrai qu’elle avait du nez !

Voici pour notre galerie de portraits, un rajout qui peut surprendre tant on a pris l’habitude de situer la naissance de l’anarchisme au XIXè siècle du côté de Proudhon et de Bakounine. Mais, puisque nous sommes à la veille de l’épreuve de philo du bac, petit exerZenoncice d’école. Je fais partie de ceux qui pensent que les véritables racines sont peut-être à chercher du côté du stoïcisme c’est à dire chez ZENON DE CITIUM. Fils d’un riche marchand phénicien installé à Chypre, Zénon montre dès sa jeunesse un goût pour la philosophie. Son père lui achète, au cours de ses voyages, des traités socratiques. Il vient à Athènes en -312, et devient l’élève de Cratès de Thèbes qui comme chacun le sait, animait l’école dite des cyniques, de Stilpon, de Xénocrate et de Diodore Cronos. (après ça, Michel Onfray peut aller se rhabiller).

Après avoir étudié différents systèmes philosophiques, il décide de fonder sa propre école et il choisit le portique appelé Pœcile (le portique peint), qu’on nommait aussi Pisianactée ; le premier de ces noms fut donné au portique, à cause des diverses peintures dont Polygnote l’avait enrichi. Sous les trente tyrans, mille quatre cents 332px-Zeno_of_Citium_in_Thomas_Stanley_History_of_Philosophycitoyens y avaient été mis à mort. Zénon, voulant effacer l’odieux de cet endroit, le choisit pour y tenir ses discours. Ses disciples y vinrent l’écouter, et furent pour cette raison appelés stoïciens (de stoa : portique), aussi bien que ceux qui suivirent leurs opinions. Après ça, vous pouvez vous présenter à « questions pour un champion ». Il devient rapidement très populaire au point que les Athéniens lui élèvent une statue de bronze, lui remettent les clefs de la citadelle et lui offrent une couronne d’or. Zénon est à mes yeux le premier anarchiste utopique de l’ancienne Grèce et aussi un précurseur important de l’anarchisme que nous connaissons aujourd’hui. Dans « Le bois tordu de l’humanité », Isaiah Berlin -ed Albin Michel- décrit les propos de Zénon comme suit : « Les hommes sont raisonnables, ils n’ont pas besoin d’être commandés; les êtres raisonnables n’ont aucun besoin d’un État, ou d’argent, ou de lois, ou de n’importe quelle vie organisée et institutionnelle. Dans la société parfaite, les hommes et les femmes porteront des vêtements et l’alimentation par un pâturage commun sera identique.« 

À 71 ans (dans certains écrits, il est question de 98), victime d’un accident, il décide de mettre fin à ses jours. Aucun de ses ouvrages ne nous est parvenu, nous n’avons que leurs titres, rapportés par Diogène Laërce, et quelques fragments dans des compilations. Le Stoïcisme doit beaucoup aussi à Sénèque (le style est le vêtement de la pensée. Dans lettre à Lucilius) ou encore à Epitecte et même à l’empereur Marc-Aurèle qui fut l’un de ses ardents propagandistes.

Bon, je ne suis pas sûr d’avoir mon bac avec ça mais, après tout, pour un jeudi matin, c’est pas mal. Dois-je vous rappeler chers visiteurs, que vos commentaires sont les bienvenus; ils m’aident à faire un peu le tri dans ce bric à brac qu’est ce blogue. Allez, portez vous bien, restez stoïque et à demain peut-être.

Les beaux jeudis…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

Amis de la liberté d’opinion et du caille-lait réunis, bonjour ! Hé oui, car nous sommes le Mardi 12 juin 2018 et donc, le 24 de prairial, journée du caille-lait, drôle de plante de la famille des rubiacéescaille-lait (appelée aussi gaillet) qui doit son nom au fait qu’elle possède une enzyme qui fait cailler le lait. Mon aïeule, qui se targuait d’en connaître un rayon en plante médicinale, en faisait une sorte de pommade qui était censée lutter contre les irritations. 100G de cette plante, 50g d’écorce d’orme, 500g de saindoux et vous faites chauffer en tournant sans cesse.  Voici une très belle photographie d’un papillon encore appelé Sphynx du caille-lait.

On dirait une leçon de choses.
Enfant, je fréquentais l’école communale de garçons, rue Victor Hugo à Douarnenez. C’est d’ailleurs la seule école que j’ai réussi à fréquenter vraiment. Le maître d’école faisait tous les mercredis après-midi « leçon de choses ». Car à cette époque là, le mercredi b9ab7b4587c4cb78509c8bf764428501--old-time-radio-baby-brothersc’était le jeudi, vous suivez… Le jeudi, lorsque le temps était mauvais (ce qui est évidemment extrêmement rare en Bretagne) on se retrouvait autour de la TSF pour écouter « Les beaux jeudis » émission animée par Alain Saint Ogan (l’inventeur de Zig et Puce) et Arlette Peters; il devait y avoir aussi Jean Nohain. Donc, lorsque le temps le permettait, la leçon de choses se déroulait en extérieur et, avec trois bouts de ficelle le maître nous faisait découvrir les lois de la nature. c’était une double leçon tendant à faire apprendre à la fois une chose et un mot, un fait et son expression, un phénomène et le terme qui le désigne, et par extension toute une classe de phénomènes et toute une classe de mots qui les expriment.

Petits veinards que vous êtes, je vous glisse un dessin de Flavien, intitulé « leçon de choses », paru dans Siné Hebdo du 19 Août 2009 (Etienne, encore en train de rêver ?). Revenons à nos leçons, tout leçon de chosescela c’était longtemps, longtemps, avant la télé, l’internet, l‘Ipod, l’Ipad, l’aïoli…Mais, tous ceux qui ont connu dans leur vie d’écolier l’expérimentation des vases communicants, l’examen attentif des nervures d’une feuille de chêne ou l’observation de la flamme qui s’éteint lorsqu’elle est privée d’oxygène s’en souviennent sans doute avec une certaine nostalgie. Ce sont ces « leçons de choses », emblématiques de l’école primaire républicaine, qui manquent peut-être aujourd’hui aux programmes de  l’éducation nationale.

C‘était, mes très chers frères, la leçon de choses de ce Mardi. Bon, c’est pas tout ça, je dois aller faire un sort aux Caille-lait qui envahissent mes hortensias. Allez, portez vous bien et n’oubliez pas: vive le p’tit commerce.

Catherine Sauvage…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis de l’esprit critique et du baekehoffe réunis, bonjour ! Nous sommes le Mardi 29 mai 2018, dixième jour de Prairial, dédié à la faux. Alors qu’en vérité, les pataphysiciens vous dirons que nous sommes le Jeudi 12 Merdre 145 Stes Miches, catéchumènes, fête suprême quarte. Par chez nous, quelques nostalgiques s’entêtent à fêter les Riagad.

Coup de chapeau à Catherine SAUVAGE.

Dès le lycée, elle s’oriente vers le théâtre où elle joue sous son véritable nom, Janine Saunier. Après huit ans d’études du piano, au chant et à l’art dramatique, elle rencontre dans les années 1950 Léo Ferré, qui lui compose entre autres Paris Canaille et Graine d’ananar. C. SauvageEn 1954, elle obtient le « Premier prix du disque » pour la chanson L’Homme de Ferré. En tournée au Canada, elle fait la connaissance de Gilles Vigneault qui lui donne Mon Pays, Le Corbeau, la Manikoutai. Arrivée à Paris, elle adopte le patronyme Sauvage, elle va chanter au « Quod-Libet », à « l’Arlequin », au « Bœuf sur le toit » et puis bien sur à « L’écluse ». Elle rencontre Léo FERRE, qu’elle contribue à faire connaître en interprétant ses chansons : « Ça a été la rencontre de ma vie. Comme un bonheur n’arrive jamais seul, dit-on, Jacques Canetti est venu m’écouter un beau soir. Il était toujours à la recherche d’artistes pour la firme de disques dont il était le directeur artistique ainsi que pour les « Trois Baudets » qu’il avait créé.  »

Catherine Sauvage a chanté Louis Aragon, Jacques Audiberti, Charles Baudelaire, Bertolt Brecht, Francis Carco, Colette, Robert Desnos, Paul Éluard, Alfred Jarry, Federico Garcia Lorca, Victor Hugo, Pierre MacOrlan, Jacques Prévert, Raymond Queneau, Pierre Seghers, Charles Trenet, Gilles Vigneault. Elle a toujours accordé sa préférence à la poésie mise en musique. Léo Ferré et Gilles Vigneault l’ont considérée comme leur meilleure interprète. « Je chante Léo depuis toujours… il représente l’une des grandes rencontres de ma Toi-qui-disais-Le-siecle-d-orcarrière, l’autre étant le pianiste accompagnateur Jacques Loussier, lui aussi je l’ai connu lorsqu’il démarrait dans le métier. En 1949, avec Léo Ferré, nous partagions la même scène au cabaret « Les Trois Maillets » au 56 rue Galande, dans le cinquième arrondissement de Paris. Nous avons eu des succès communs. En 1954, mon interprétation de L’Homme m’a valu le Grand Prix du Disque. » Léo Ferré, dit d’elle : « c’est elle qui chante mes chansons avec la plus grande conviction. Je la préfère à toutes les autres. Elle a enregistré près d’une centaine de mes chansons. » Elle a enregistré «  Avec le temps » avant Léo Ferré, en 1972.

Après les Trois-Baudets en 1953, elle passe en vedette en 1954 à l’Olympia, en 1955, puis en 1960, à Bobino pour un long tour de chant. Toujours dans cette salle, elle fait un retour en 1968 et occupe la tête d’affiche. Elle interprète aussi bien Léo Ferré, Louis Aragon que Gilles Vigneault, poète alors inconnu qu’elle rencontre au bobino 1968Québec et dont elle est la première à chanter les textes en France. En 1991, elle enregistre un album entièrement consacré à Jacques Prévert.Elle chante et popularise, notamment, Léo Ferré, Prévert, Gainsbourg, Bertolt Brecht. Elle reçoit le prix de l’académie du Disque Charles Cros. Sa dernière apparition en scène a été pour les Francofolies de La Rochelle en juillet 1994.Elle a également joué au théâtre dans des pièces comme L’échange de Paul Claudel, Le Cercle de Craie caucasien de Bertolt Brecht.Catherine Sauvage est l’une des 250 personnalités qui, constatant la montée en puissance du Front national, ont lancé l’« Appel des 250 ». Elle meurt en mai 1998.

Bon allez, c’est pas tout, j’ai une tondeuse qui me tend les bras. Portez vous bien et à bientôt peut-être.