Résultat de recherche pour “Louise MICHEL”

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Louise MICHEL


Militante et communarde
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Vive la Commune !

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

Amis de la République et de la galette de Pleyben  réunies, bonjour ! Mon petit calendrier, justement républicain, m’indique que le 21 mai, deuxième jour de Prairial, est généralement dédié à l’Hémérocalle. 290px-Daylily_Hemerocallis_fulva_v2-150x150Avouez que c’est une chance, Fabre d’Églantine, l’un de ses inspirateurs, aurait pu choisir le pissenlit ou le coquelicot et bien non. Le choix s’est porté sur l’hémérocalle mais je serai bien ennuyé s’il fallait vous dire pourquoi. Bon, on ne va pas non plus en faire une salade… Quoique ! Outre le fait qu’il s’agisse d’une très jolie fleur, certains cuisiniers téméraires n’hésitent pas; elle peut être farcie avec de la crème fouettée et servie pour décorer un dessert par exemple.

Le 21 mai 1871 à Paris débute ce que l’histoire retiendra sous le nom de semaine sanglante. Les Versaillais, après s’être emparé des forts, vive la Communeentrent dans Paris par la porte de Saint-Cloud. Une répression terrible commence. Les massacres et exécutions sommaires feront entre 20 000 et 35 000 morts. Le 28 mai 1871, au terme d’une semaine sanglante, la Commune de Paris n’existe plus… Dix semaines plus tôt, le 18 mars, des Parisiens humiliés par la défaite de leur pays face aux Prussiens, s’en étaient pris aux troupes gouvernementales. Le chef du pouvoir exécutif, Adolphe Thiers, avait déserté sur le champ Paris pour Versailles. Un mouvement insurrectionnel improvisé avait alors assumé le pouvoir dans la capitale sous le nom de «Commune de Paris».

Mais dès la signature du traité de paix avec l’Allemagne, le 10 mai, Adolphe Thiers obtient de l’occupant prussien la libération anticipée de 60.000 soldats. Il lance aussitôt contre la capitale 130.000 hommes, dont les anciens prisonniers et beaucoup des campagnards recrutés et formés à la hâte. L’assaut commence le 21 mai, dans le quartier du felix-vallotton-le-mur-300x164Point du Jour, à Boulogne. Les Versaillais ont en face d’eux une dizaine de milliers de fédérés déterminés. Ils doivent conquérir les barricades l’une après l’autre.( à gauche émouvante gravure de Félix Valloton évoquant le mur des fédérés au père Lachaise) Les combats de rue feront au total 4.000 tués (877 du côté des troupes versaillaises). S’ajoutent à ce bilan les victimes de la répression car, à l’arrière, des liquidateurs tuent méthodiquement les suspects. Une vingtaine de «cours prévôtales» jugent hâtivement les hommes et les femmes pris les armes à la main et les font fusiller sur place. Les Communards ripostent en faisant fusiller environ 80 otages. Ils allument aussi des foyers d’incendie. Du fait de ceux-ci et des bombardements, plusieurs monuments illustres partent luce_commune-300x198en fumée. Parmi eux le palais des Tuileries, l’Hôtel de Ville hérité de la Renaissance, le Palais-Royal et le palais d’Orsay… Le bilan total de la Semaine sanglante est d’environ 20.000 victimes, sans compter 38.000 arrestations. C’est à peu près autant que la guillotine sous la Révolution. À cela s’ajoutent les sanctions judiciaires. Les tribunaux prononceront jusqu’en 1877 un total d’environ 50.000 jugements. Il y aura quelques condamnations à mort et près de 10.000 déportations (parmi les déportées qui rejoindront les bagnes de Nouvelle-Calédonie figure une célèbre institutrice révolutionnaire, Louise Michel). L’amnistie (pardon et oubli) ne viendra qu’en 1879 et 1880.

Allez, souviens toi, Nicolas, la Commune n’est pas morte. En attendant le temps de cerises, portez vous bien et à bientôt peut-être.

André Léo…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis du matérialisme historique et du cachou Lajaunie réunis, bonjour ! Nous sommes le Lundi 20 Mai 2019, premier jour de Prairial dédié à la luzerne. Le mois de prairial était le neuvième mois du calendrier Prairialrépublicain français. Il correspondait, à quelques jours près (selon l’année), à la période allant du 20 mai au 18 juin du calendrier grégorien. Il tirait son nom « de la fécondité riante & de la récolte des prairies de mai en juin », selon les termes du rapport présenté à la Convention nationale le 3 brumaire an II (24 octobre 1793) par Fabre d’Églantine, au nom de la « commission chargée de la confection du calendrier ». Quel poète ce Fabre…

Le 20 mai 1900, mort d’André LEO (pseudonyme de Léodile BERA, veuve CHAMPSEIX), à St-Maurice. Ecrivaine, journaliste, militante féministe, membre de l’Internationale et bien sûr, communarde. Elle naît le 18 août 1824, à Lusignan (dép. de la Vienne) dans un milieu andré léobourgeois. Vers 1849, elle se lie avec Grégoire Champseix, un brillant journaliste qui, condamné à plusieurs mois de prison en 1849, vit en exil en Suisse. Le mariage a lieu à Lausanne en 1851 et en 1853 Léodile donne naissance à des jumeaux : André et Léo. C’est vers1860 qu’elle commence sa carrière littéraire avec son roman « La vieille fille » puis « Un mariage scandaleux » qu’elle auto-éditera à Paris. Après la mort de son mari le 4 décembre 1863, elle s’engage plus avant dans la littérature et la lutte sociale, éducative et féministe. En 1868, elle intervient aux côtés de Paule Mink pour défendre la condition féminine dans les assemblées ouvrières, rencontre Benoît Malon avec qui elle va vivre à partir de 1872, en union libre, et adhère à « Ligue de la Paix et de la Liberté ». Allez, tiens, on est jamais si bien moqué que par soi même…

Très liée à Noémie Reclus, c’est chez elle, en 1869, qu’est créée la « Société (mixte) de revendication des droits de la femme ». En compagnie de Maria Deraisme, créatrice de l’ordre maçonnique « Le droit Humain ». En mai 1870, elle soutient Malon emprisonné à Mazas et, le 4 septembre, elle est dans la rue avec Louise Michel lorsque la République est proclamée. Elle s’occupe ensuite de l’aide aux déshérités, notamment les femmes, puis devient début 1871 rédactrice à « La République des travailleurs », organe de l’Internationale. Elle rentreLogo_du_Droit_Humain_International à Paris début avril pour prendre part à la Commune. Elle collabore à divers journaux, en particulier au « Cri du peuple ». Après son appel « Au Travailleur des campagnes » puis « Toutes avec tous », où elle tente de faire accepter les femmes parmi les révolutionnaires, elle s’investit dans divers Comités de vigilance d’arrondissements puis à la Commission organisant l’enseignement dans les écoles de filles aux côtés notamment de Noémie Reclus et d’Anna Jaclard. Après la semaine sanglante, elle parvient à quitter la France et à rejoindre Malon en Suisse. Par testament, elle lèguera une petite rente à la première commune de France qui voudra tenter une expérience collectiviste.

Allez, portez-vous bien et à bientôt peut-être.

Ay Carmela…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de la peinture à l’huile et du pastis à l’eau réunis, bonjour ! Nous sommes le Jeudi 09 Mai 2019, vingtième jour de Floréal dédié au sarcloir. Mais, en y regardant de plus près, notamment chez les pataphysiciens, on voit que ce jour est en réalité le Vendredi 20 Palotin 146 St Ti Belot, séide.

 
Voici le portrait d’une militante anarchiste Madeleine Lamberet qui nous a quitté un 9 mai en 1999 après une vie fort bien remplie. Elle était née à Paris en 1907 dans une famille de libres penseurs. Sœur cadette de madeleineRenée Lamberet, Madeleine avait commencé à dessiner dès l’âge de neuf ans et à peindre dès ses quatorze ans. Elle étudia à l’Ecole des arts décoratifs de Paris, notamment la gravure, puis dans les ateliers de divers grands peintres dont Signac, Vuillard et Maurice Denis. Elle fit sa première exposition en 1929 au Salon d’automne. Elle obtint plusieurs prix dont en 1934 le prix Blumenthal, dont elle ne reçut que la moitié, parce qu’étant une femme ! Au début des années 1930 elle découvrait l’Andorre, les Pyrénées et l’Espagne dont elle aimait à peindre les paysages et ses habitants et y entra en contact avec le mouvement libertaire.

Au moment du coup d’état franquiste de juillet 1936, elle se trouvait en Andorre avec sa sœur Renée et les deux jeunes filles parvenaient à entrer en Espagne, épisode que Madeleine racontait ainsi : « En 1936 nous étions en Andorre en famille, nous avons appris les évènements de la révolution, mais il était très difficile de passer en Espagne. Quand mes parents sont partis, nous avons essayé de passer la frontière vers la Seo d’Urgell, nous avons essayé deux fois et avons été repoussées. madeleine coupleLa troisième fois, nous sommes allées sans rien, avec une petite robe légère, rien dans les mains, rien dans les poches et nous sommes arrivées à entrer en Espagne… Nous sommes rentrées par la Seo d’Urgell, Renée et moi, et nous avons été accueillies surtout par les deux miliciens dont j’ai fait les portraits, Carricondo et Peiret… ». (en photo: Madeleine Lamberet et Georges Grigoroff photo de Georges Makari). Toutes deux allaient être les témoins de la Révolution qui s’y déroulait. Tandis que Renée enquêtait sur les collectivités et accumulait informations et témoignages qui feront d’elle un historienne incontournable de la révolution espagnole, Madeleine l’accompagnait avec son carnet de dessin où elle croquait « sur le vif les militants anarchistes rencontrés » (dont Virgilio Garrido, Francisco Giner, Bernardo Pou, Baltasar Lobo et beaucoup de miliciens anonymes) et « des scènes de la vie quotidienne ».

Lors de la Retirada de février 1939 (un demi million d’hommes de femmes et d’enfants sur les routes de l’exil) elle participa avec Renée à l’aide apportée aux réfugiés internés dans les camps du sud de la retiradaFrance et, là encore, dessina plusieurs scènes poignantes au passage de la frontière au Perthus et au camp de Bram. Pendant la période de l’occupation nazie, elle utilisa « ses talents de graveur pour permettre aux camarades de survivre dans la clandestinité » et participa à l’atelier de faux papiers monté par le compagnon espagnol Laureano Cerrada. En juin 1998, avec le soutien du syndicat CNTF de la communication et de la culture, une exposition de ses dessins réalisés en Espagne fut organisée à l’espace Louise Michel dans le 20ème arrondissement à Paris.

Et voila, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Pluviôse: le cénobite se r’pose…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

Amis du stoïcisme et de la médecine par les plantes réunis, bonjour ! Nous sommes le Mardi vingt-deux Janvier 2019 c’est à dire le 3è jour de Pluviôse cinquième moisFragon du calendrier républicain français. Pour les puristes, je précise que Le décret du 4 frimaire an II orthographiait le nom du mois « pluviose », sans accent circonflexe. Ce jour était dédié au fragon, bien connu dans nos campagnes sous le nom de Petit-houx. Certains l’appellent la fragonnette et on l’utilisait autrefois pour fabriquer des balais. Pluviôse évoque toujours pour moi ce proverbe qu’utilisait mon aïeule: Glav da Sul, glav da Lun, Ha glav e-pad ar sizhun ( Pluie le dimanche, pluie le lundi, et pluie toute la semaine.) Cela ne devait pas s’appliquer à la Bretagne…

Tiens, à propos de Bretagne; dans l’histoire, la date du 22 janvier 1871, nous renvoie à un épisode peu glorieux pour les bretons. C’est le jour d’un Trochu-200x300soulèvement populaire parisien ( prémisses de la Commune) pour empêcher le gouvernement de défense nationale de signer la capitulation devant les prussiens. une délégation des manifestants est reçue par Gustave Chaudey, adjoint du maire (Jules Ferry). Soudain, un coup de feu est tiré par un provocateur. Les Gardes mobiles bretons, commandés par le Bouëdec et dont fait partie le lieutenant James Marie Antoine Monjaret de Kerjégu,(du célèbre château de Trévarez) installés dans l’hôtel de ville tirent sur la foule qui s’éparpille tandis que des gardes nationaux ripostent. C’est ce jour où Louise Michel prendra pour la première fois les armes. Et c’est encore un 22 Janvier, en 1905, qu’eurent lieu enterrement de Louiseses funérailles (ici à gauche, une eau- forte de Albert Peters-Desteract) elle vient de découvrir que ces gens là ne se défendent pas contre les prussiens mais contre les travailleurs parisiens. Le pouvoir était alors entre les mains du trop célèbre général breton TROCHU.  Il fut vite remplacé par THIERS le massacreur des communards. Victor Hugo l’a marqué d’une définition cinglante : « Trochu, participe passé du verbe Trop Choir. » . Pour Trochu : « la fin, c’est l’ordre, l’ordre seul, qui se résume en trois mots: Famille, Propriété, Religion. Deux mois plus tard démarrait la Commune de Paris.

Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

La complainte de la butte…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

Amis de la géologie et du rougail saucisse réunis, bonjour! Nous sommes le Jeudi 10 janvier 2019, 21è jour de nivôse dédié à la pierre à plâtre, autrement dit le Gypse. On l’a extrait pendant fort longtemps des fameuses carrières de Montmartre, dont le gypse fut exploité depuis l’époque gallo-romaine et transformé par les nombreux fours à chaux de la butte carrièreMontmartre. Ils ont longtemps servi à confectionner le plâtre le plus fin et le plus réputé, tant pour la construction que pour les moulages : le « plâtre de Paris » ou « blanc parisien ». En Bretagne, histoire de ne point faire comme tout un chacun, on fête les Ratian. Disciple de saint Guénolé, saint Ratian aurait protégé Elliant, Tourc’h, Langolen et les localités avoisinantes lors d’une épidémie de peste. Un chant du Barzaz Breiz transcrit par Théodore Hersart de La Villemarqué, mais qui daterait du VIe siècle l’évoque:

Tre Langolen hag ar Faouet
Eur Barz santel a zo kavet ;
Hag hen Tad Rasian hanvet.

Quand aux carrières de Montmertre (comme disait Bruant), on dit qu’à la fin du XIXe siècle, elles s’étendaient sur plus de 300 km de galeries. Le plâtre fut utilisé à grande échelle dans la capitale, d’où le dicton Montmartrois : « Il y a bien plus square Louise M.de Montmartre dans Paris que de Paris dans Montmartre ! » Hélas, lors de la Commune de Paris, les carrières furent transformées en lieu d’exécution et en fosses communes. D’ailleurs, lors de votre prochaine visite, cheminez donc jusqu’au bout de la rue Ronsard, vous y trouverez le square Louise Michel ; c’était l’entrée des carrières. C’est au gypse que l’on doit ces merveilleuses concrétions sédimentaires que sont les roses des sables. Et puisque l’on parle de Montmartre, prenez deux minutes pour écouter « la complainte… »

Et voila, maintenant vous l’avez dans la tête pour toute la journée. En attendant le prochain billet, portez vous bien et à bientôt peut-être.

In memoriam Louise Michel…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

Amis de la chanson réaliste et du far aux pruneaux réunis, bonjour ! Nous sommes le Mercredi 09 janvier 2019, 20è jour de nivôse, consacré au van, mais si, vous savez, ce panier d’osier qui permettait de séparer le bon grain de sa balle.

Le 9 janvier 1905, mort de Louise MICHEL. Je ne pouvais pas ne pas évoquer cette grande figure emblématique des anarchistes français, enseignante, communarde, écrivaine, poète, militante et propagandiste infatigable. Elle deviendra institutrice. Mais, déjà rebelle, elle refuse de prêter serment à Louise Michell’Empire et préfère ouvrir une école libre à Audeloncourt puis à Millières. Elle arrive ensuite à Paris où elle y rencontrera Jules Vallès, Eugène Varlin et surtout Théophile Ferré avec qui elle se lie. Elle collabore aux journaux d’opposition et écrit de la poésie. Le 12 janvier 1870, habillée en homme et armée d’un poignard, elle est parmi la foule qui assiste aux funérailles du journaliste Victor Noir, assassiné. Le 22 janvier 1871, en habit de garde national, elle participe à la fusillade de l’Hôtel de Ville contre le gouvernement accusé de lâcheté. Dès le 18 mars, elle prend une part active à la Commune de Paris où elle collabore au journal « Le Cri du Peuple » de Jules Vallès. Durant la Semaine sanglante, elle tire ses dernières cartouches sur la barricade de la Chaussée Clignancourt. Petite réflexion en rapport avec l’actualité.

Le 16 décembre 1871, elle est condamnée à la déportation dans une enceinte fortifiée. Le 29 aout 1873 après 20 mois de prison elle est embarquée sur « La Virginie » en direction deLouise-tag La Nouvelle Calédonie où elle accoste quatre mois plus tard. Elle s’intéresse alors aux Canaques à qui elle va dispenser des cours, et prendra ensuite la défense des tribus lors de leurs révoltes contre le colonialisme. Amnistiée en juillet 1880 avec les autres communards, elle arrive le 9 novembre 1880 à Paris où elle est accueillie triomphalement par les ouvriers parisiens. Le 8 janvier 1882, elle est inculpée d’outrage à agent et condamnée à quinze jours de prison, suite à la manifestation marquant le 1er anniversaire de la mort de Blanqui. Libérée enterrement-Louise-1-300x202en  janvier 1886 elle devient rapidement la figure de proue des anarchistes. Exilée en Angleterre, elle y retrouve les communards Rochefort et Kropotkine. En 1895, elle se rend à Paris puis accompagne Sébastien Faure dont j’ai déjà parlé ici, et fonde avec lui « Le libertaire ».  le 13 septembre 1903, Louise Michel fut initiée au sein de la loge « la philosophie sociale » de la Grande Loge Symbolique Ecossaise maintenue et mixte. De retour, très affaiblie, elle meurt dans un hôtel de Marseille le 9 janvier 1905, à l’issue d’un meeting. Le 22 janvier 1905, ses funérailles entre Paris et le cimetière de Levallois-Perret seront suivies par une foule immense.

Et ben dis donc, quelle envolée pour un Mercredi ! Allez, portez vous bien et, kenavo ar c’hentañ comme on dit par ici.

Le retour des voltigeurs…

Posté par erwandekeramoal dans Actualités

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Amis de Luke Skywalker et de la piste aux étoiles réunis, bonjour ! Nous sommes le Mardi 18 décembre 2018, 28è jour de frimaire dédié à la truffe, ce qui bien entendu n’a rien à voir avec ce qui va suivre, quoique..

Samedi 15 décembre, les « gilets jaunes » se sont à nouveau mobilisés dans toute la France. Pour soutenir le mouvement, cinq femmes ont peint leur corps en argent et ont revêtu des les mariannessweat-shirts rouges. Capuche sur la tête et seins nus, ces « Marianne » ont fait face, en silence, aux forces de l’ordre.  il s’agissait en fait d’une action organisée par l’artiste luxembourgeoise Déborah de Robertis, habituée des « performances » où elle apparaît dénudée. La jeune femme figurait elle-même parmi les « Marianne ». Cela m’a rappelé ce magnifique croquis de František KUPKA, peintre Tchèque né en Bohème, intitulé « La vérité ». Il est dédié à Malato, écrivain anarchiste qui accompagna Louise Michel en Nouvelle Calédonie. KUPKA est considéré comme un des pères de l’abstraction avec Kandinsky et Mondrian. Dans les deux cas, les artistes opposent la nudité aux représentants de l’ordre étala vérité Kupkabli. Le fait qu’il ait longtemps fréquenté les anarchistes explique peut-être que sa notoriété soit moindre que celle des deux autres. Kupka est mort en France, à Puteaux, en 1957 et c’est en France qu’il a vécu une grande partie de sa vie. Bien qu’antimilitariste, il participera à la grande boucherie de 14/18 et servira dans la même compagnie que le poète Blaise Cendrars;  finira capitaine et recevra la légion d’honneur. Ce qui n’enlève rien à son talent.

Qu’il paraît loin l’épique refrain du marché de Brive-la-Gaillarde. « Dès qu’il s’agit de rosser les cognes, tout le monde se réconcilie » chantait alors Brassens. L’anar à moustaches malik Océlébrait l’exploit des « mégères gendarmicides » matraquant les pandores « à grands coups de mamelles. ». Et quand on lui demandait ce qu’était un anarchiste, il répondait: «Un anarchiste est un homme qui traverse scrupuleusement entre les clous, parce qu’il a horreur de discuter avec les agents.»  En 1986. Dans la nuit du 5 au 6 décembre, Charles Pasqua, ministre de l’intérieur, envoie les voltigeurs (unité de police montée à moto avec un conducteur et le deuxième conducteur qui matraque la foule). Bilan de la soirée : un mort, Malik Oussekine, un jeune de 22 ans. Aujourd’hui, la police ressort les unités à moto, interdites il y a 32 ans après la mort de Malik Oussekine. Ces brigades motorisées de triste mémoire sont apparues aussi lors de la manifestation lycéenne du Vendrvoltigeursedi 07 décembre à Toulouse. Dans les années 80, cette répression d’un genre nouveau avait déjà été justifiée par la présence de « casseurs »… Trente-deux après la mort de Malik Oussekine, l’État entend montrer qu’il est prêt à tout pour mater un mouvement qui a ouvert une crise politique d’une ampleur inédite.

Allez, encore une fois, merci de passer par ici, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Grenade & gavotte…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de la liberté de conscience et du gin-tonic réunis, bonjour ! Nous sommes le Vendredi 09 novembre 2018 qui correspond au 19è jour de brumaire et que nos amis républicains, toujours à l’affut d’une plaisanterie, grenadeavaient dédié à la grenade (le fruit bien entendu). Le 9 novembre 1880, Louise MICHEL rentre du bagne grâce à la loi d’amnistie, après 9 ans de prison et de déportation. Elle est attendue Gare Saint-Lazare par une foule énorme qui l’acclame aux cris de « Vive Louise Michel, vive la Commune, A bas les assassins! ». En Bretagne on s’apprête à célébrer les Mathurin ( Matilin en breton) tel Matilin an dall,  « Prince des joueurs de hautbois de la Bretagne » selon Hersart de La Villemarqué, le célèbre auteur du Barzaz-Breiz.

Or donc, Matilin an Dall (Mathurin l’aveugle en français), Mathurin François Furic à l’état-civil est un sonneur de bombarde, né place Saint-Michel, à Quimperlé le 29 janvier 1789 et mort en cette même ville le 14 septembre 1859. Sonneur d’exception, il a matilin-198x300connu un destin hors du commun, jusqu’à entrer dans la légende. Matilin était célèbre pour ses fameuses gavottes de l’Aven qui se caractérise par un pas « glissé » au contraire de nos gavottes du Centre Bretagne au pas « sauté ». Voyez cette vidéo: On dit qu’en 1847, le roi Louis-Philippe le fait venir aux Tuileries pour l’entendre jouer. En 1858, Napoléon III vient en Bretagne, et un grand bal est donné en son honneur à Quimper, animé, entre autres, par quatre couples de sonneurs, dont le vieux Matilin. Hélas Matilin décèdera quelques mois plus tard, en janvier 1859 dans l’incendie de sa maison.

Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Dix petites anarchistes…

Posté par erwandekeramoal dans LECTURE

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Amis de la propédeutique et de la crêpe Suzette réunies, bonjour ! Nous sommes le Vendredi  26 octobre 2018, 5è jour de brumaire dédié à l’oie…Tandis qu’en Bretagne on célèbre saint Alar. Enfin, c’est pas une obligation non plus, hein !

J‘évoquais hier le temps libre dont je disposais, à l’insu de mon plein gré et que je consacrai en partie à la lecture, faute de pouvoir m’adonner à la cueillette des champignons. Après m’être régalé avec le dernier opus des passagers du vent (Bourgeon), j’ai plongé tête la première dans le récit romancé de Daniel de Roulet: Dix petites anarchistes aux éditions Buchet Chastel. AnarchisteNouveauQuel plaisir d’y retrouver Bakounine, Malatesta, Louise Michel, Nathalie Le Mel… Nous sommes en Suisse à la fin du vingtième siècle. A Saint-Imier, on vivote entre misère et exploitation, entre les étables et une industrie horlogère encore balbutiante. La visite de Bakounine, tout plein de l’ardeur de la Commune de Paris, éveille l’idée qu’une autre vie est possible. Dix jeunes femmes font le pari insensé de bâtir, à l’autre bout du monde, une communauté où règnerait « l’anarchie à l’état pur ». Valentine, dernière survivante des « dix petites anarchistes », nous fait le récit de cette utopie en acte qui les conduit de Suisse en Patagonie jusqu’à Buenos Aires, en passant par l’île de Robinson Crusoë. L’extraordinaire épopée de femmes soudées par un amour farouche de la liberté, qui ont choisi de « se réjouir de l’imprévu sans perdre la force de s’insurger ». Une sorte d’espèce de genre de road movie à déguster sans modération.

Allez, vive la sociale, à bas les calottes, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Ce soir j’attends Madeleine…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de la peinture à l’huile et du pastis à l’eau réunis, bonjour ! Nous sommes le Mercredi 09 Mai 2018, vingtième jour de Floréal dédié au sarcloir. Mais, en y regardant de plus près, notamment chez lez pataphysiciens, on voit que ce jour est en réalité le Vendredi 20 Palotin 145 St Ti Belot, séide.

 
Voici le portrait d’une militante anarchiste Madeleine LAMBERET qui nous a quitté un 9 mai en 1999 après une vie fort bien remplie. Elle était née à Paris en 1907 dans une famille de libres penseurs. Sœur cadette de Renée Lamberet, Madeleine avait commencé à dessiner Lamberetdès l’âge de neuf ans et à peindre dès ses quatorze ans. Elle étudia à l’Ecole des arts décoratifs de Paris, notamment la gravure, puis dans les ateliers de divers grands peintres dont Signac, Vuillard et Maurice Denis. Elle fit sa première exposition en 1929 au Salon d’automne. Elle obtint plusieurs prix dont en 1934 le prix Blumenthal, dont elle ne reçut que la moitié, parce qu’étant une femme ! Au début des années 1930 elle découvrait l’Andorre, les Pyrénées et l’Espagne dont elle aimait à peindre les paysages et ses habitants et y entra en contact avec le mouvement libertaire.

Au moment du coup d’état franquiste de juillet 1936, elle se trouvait en Andorre avec sa sœur Renée et les deux jeunes filles parvenaient à entrer en Espagne, épisode que Madeleine racontait ainsi : « En 1936 nous étions en Andorre en famille, nous avons appris les évènements de la révolution, mais il était très difficile de passer en Espagne. Quand mes parents sont partis, nous avons essayé de madeleine-passer la frontière vers la Seo d’Urgell, nous avons essayé deux fois et avons été repoussées. La troisième fois, nous sommes allées sans rien, avec une petite robe légère, rien dans les mains, rien dans les poches et nous sommes arrivées à entrer en Espagne… Nous sommes entrées à la Seo d’Urgell, Renée et moi, et nous avons été accueillies surtout par les deux miliciens dont j’ai fait les portraits, Carricondo et Peiret… ».(en photo: Madeleine Lamberet et Georges Grigoroff photo de Georges Makari). Toutes deux allaient être les témoins de la Révolution qui s’y déroulait. Tandis que Renée enquêtait sur les collectivités et accumulait informations et témoignages qui feront d’elle un historienne incontournable de la révolution espagnole, Madeleine l’accompagnait avec son carnet de dessin où elle croquait « sur le vif les militants anarchistes rencontrés » (dont Virgilio Garrido, Francisco Giner, Bernardo Pou, Baltasar Lobo et beaucoup de miliciens anonymes) et « des scènes de la vie quotidienne ».

Lors de la Retirada de février 1939 (un demi million d’hommes de femmes et d’enfants sur les routes de l’exil) elle participa avec Renée à l’aide apportée aux réfugiés internés dans les camps du sud de la France et, là encore, dessina plusieurs scènes poignantes au retiradapassage de la frontière au Perthus et au camp de Bram. Pendant la période de l’occupation nazie, elle utilisa « ses talents de graveur pour permettre aux camarades de survivre dans la clandestinité » et participa à l’atelier de faux papiers monté par le compagnon espagnol Laureano Cerrada. En juin 1998, avec le soutien du syndicat CNTF de la communication et de la culture, une exposition de ses dessins réalisés en Espagne fut organisée à L’Espace Louise Michel dans le 20ème arrondissement à Paris.

Et voila, portez vous bien et à demain peut-être.