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Jules LAFORGUE


poète symboliste
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Amis de la poésie…

Posté par erwandekeramoal dans LECTURE, PORTRAIT

Amis du club des poètes disparus et du Waterzoï de poulet réunis, bonjour ! Nous sommes le Mercredi 25 Octobre 2017, quatrième jour de brumaire dédié à la betterave. En Bretagne armoricaine, on célèbre Goueznou, saint homme qui a laissé son nom à une commune finistérienne (Gouesnou).

Pour agrémenter notre galerie de portraits, aujourd’hui quelques mots à propos de NORGE, décédé un 25 octobre (1990), pseudo de Georges MOGIN, grand poète belge dont de très beaux textes furent interprétés par Jeanne MOREAU. C’est à lui que l’on doit cette merveilleuse pensée:

«Je mets beaucoup d’ordre dans mes idées.
Ça ne va pas tout seul:
Il y a des idées qui ne supportent pas l’ordre
Et qui préfèrent crever.
À la fin j’arrive à avoir beaucoup d’ordre,
Et presque plus d’idées.»

En compagnie de Raymond Rouleau, il fonde, en 1925, le théâtre du Groupe libre, un groupe avant-gardiste et éphémère qui mettra en scène Cocteau, entre autres. Norge meurt à Mougins,norge2-b05d2 en 1990, précédé de quelques années par sa femme. Il est enterré dans le cimetière du Grand Jas à Cannes. Écoutons ce qu’en disait Piers Tenniel: «Avec Henri Michaux, Geo Norge est le poète contemporain belge qui a le plus contribué à la vitalité de la poésie francophone.

Comme il ne se prenait pas beaucoup au sérieux, on a souvent tendance à ne pas le prendre au sérieux. C’est un tort : sa poésie, pour légère qu’elle puisse paraître (dans le sens où la poésie de Charles Cros, de Germain Nouveau ou de Jules Laforgue est légère) n’en rend pas moins compte d’une palette étendue de bouleversements intérieurs, où, entre autres, la foi et le désespoir ont chacun leur tour. Comme René Depestre, Max Jacob, Desnos, il ne joue pas au poète, il est « le plus naturellement Norgedu monde poète » et plutôt que d’essayer de nous impressionner par des acrobaties verbales, il voudrait bien nous parler et nous rejoindre. Sa langue colorée, charnelle, vivante, joueuse, sa « langue verte » pour emprunter le titre d’un de ses livres publiés à la NRF, y parvient le plus souvent.» La vie et l’œuvre de Norge ont été évoquées par son ami Marc Alyn dans la collection « Poète d’Aujourd’hui » de Pierre Seghers. C’est donc une poésie très neuve qui caractérise Norge, elle a pour modèles la chanson populaire et les fables, s’attache à décrire, à force d’argot, des anecdotes de la vie des gens simples, ceux d’en-bas, et se moque continuellement de la poésie « noble », c’est-à-dire de presque toute la poésie.

Et bien voila pour aujourd’hui, en attendant la suite, portez vous bien et à demain peut-être.

Bric à brac…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis du club des poètes disparus et du poulet basquaise réunis, bonjour ! Nous sommes le Lundi 26 octobre 2015, 5è jour de brumaire dédié à l’oie…

Pour agrémenter notre galerie de portraits, aujourd’hui quelques mots à propos de NORGE, décédé un 26 octobre, pseudo de Georges MOGIN, grand poète belge dont de très beaux textes furent interprétés par Jeanne MOREAU. C’est à lui que l’on doit cette merveilleuse pensée:

«Je mets beaucoup d’ordre dans mes idées.
Ça ne va pas tout seul:
Il y a des idées qui ne supportent pas l’ordre
Et qui préfèrent crever.
À la fin j’arrive à avoir beaucoup d’ordre,
Et presque plus d’idées

 

En compagnie de Raymond Rouleau, il fonde, en 1925, le théâtre du Groupe libre, un groupe avant-gardiste et éphémère qui mettra en scène Cocteau, entre autres. Norge meurt à Mougins, en 1990, précédé de quelques années par sa femme. Il est enterré dans le cimetière du Grand Jas à Cannes. Écoutons ce qu’en disait Piers Tenniel: «Avec Henri Michaux, Geo Norge est le poète contemporain belge qui a le plus contribué à la Norgevitalité de la poésie francophone. Comme il ne se prenait pas beaucoup au sérieux, on a souvent tendance à ne pas le prendre au sérieux. C’est un tort : sa poésie, pour légère qu’elle puisse paraître (dans le sens où la poésie de Charles Cros, de Germain Nouveau ou de Jules Laforgue est légère) n’en rend pas moins compte d’une palette étendue de bouleversements intérieurs, où, entre autres, la foi et le désespoir ont chacun leur tour. Comme René Depestre, Max Jacob, Desnos, il ne joue pas au poète, il est « le plus naturellement du monde poète » et plutôt que d’essayer de nous impressionner par des acrobaties verbales, il voudrait bien nous parler et nous rejoindre. Sa langue colorée, charnelle, vivante, joueuse, sa « langue verte » pour emprunter le titre d’un de ses livres publiés à la NRF, y parvient le plus souvent.»

La vie et l’œuvre de Norge ont été évoquées par son ami Marc Alyn dans la collection « Poète d’Aujourd’hui » de Pierre Seghers. C’est donc une poésie très neuve qui caractérise Norge, elle a pour modèles la chanson populaire et les fables, s’attache à décrire, à force d’argot, des anecdotes de la vie des gens simples, ceux d’en-bas, et se moque continuellement de la poésie « noble », c’est-à-dire de presque toute la poésie.

Et bien voila pour aujourd’hui, en attendant la suite, portez vous bien et à demain peut-être.

Ah ! Que la vie est quotidienne…

Posté par erwandekeramoal dans LECTURE

Amis du genre humain et de la gavotte des montagnes réunis, bonjour ! Nous sommes donc le mardi 18 août 2015, c’est le premier jour de fructidor dédié à la prune. Et puisque le temps RVI136340n’est pas vraiment de la partie, quoi de mieux qu’un recueil de poésies.  J’ai opté pour Jules Laforgue dont la misogynie au 18è degré me comble d’aise à chaque fois.
Je me souviens d’un soir d’hiver dans un manoir proche de Dinard, alors que la soirée traînait en longueur et que le feu crépitait faiblement dans la grande cheminée de granit. On refaisait le monde à notre manière quand l’un de nous récita ce poème et pour beaucoup ce fut une découverte. Le récitant s’appelait Bernard Lavilliers et fit plus tard la carrière que vous savez.

Un couchant des Cosmogonies !
Ah ! que la Vie est quotidienne…
Et, du plus vrai qu’on se souvienne,
Comme on fut piètre et sans génie…
On voudrait s’avouer des choses,
Dont on s’étonnerait en route,
Qui feraient une fois pour toutes !
Qu’on s’entendrait à travers poses.
On voudrait saigner le Silence,
Secouer l’exil des causeries ;
Et non ! ces dames sont aigries
Par des questions de préséance.
Elles boudent là, l’air capable.
Et, sous le ciel, plus d’un s’explique,
Par quel gâchis suresthétique
Ces êtres-là sont adorables.
Justement, une nous appelle,
Pour l’aider à chercher sa bague,
Perdue (où dans ce terrain vague ?)
Un souvenir d’AMOUR, dit-elle !
Ces êtres-là sont adorables !

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

Histoire belge…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis du zeugme sémantique et du waterzoï réunis, bonjour ! Nous sommes le dimanche 26 octobre 2014, 5è jour de brumaire dédié à l’oie… En Belgique, ils ont enfin un humeur_929_nva-bart-de-wever-programme-2014gouvernement, cette fois, il aura suffi de 135 jours après les élections, pour permettre l’arrivée aux responsabilités à Bruxelles de la NVA de Bart de Wever, un parti qui prône la disparition à terme de la Belgique et l’indépendance de la Flandre. Nos amis belges sont de grands poètes… La preuve, pour agrémenter notre galerie de portraits, aujourd’hui quelques mots à propos de NORGE, décédé un 26 octobre, pseudo de Georges MOGIN, grand poète belge dont de très beaux textes furent interprétés par Jeanne MOREAU.  «  La poésie ne verra peut-être jamais les îles promises, mais elle demeure au sommet du grand mât la vigie passionnée. Elle connait les vagues par leur nom. L’équipage s’endort. Elle veille. « 

Ou encore:

«Je mets beaucoup d’ordre dans mes idées.
Ça ne va pas tout seul:
Il y a des idées qui ne supportent pas l’ordre
Et qui préfèrent crever.
À la fin j’arrive à avoir beaucoup d’ordre,
Et presque plus d’idées.»
Géo Norge

En compagnie de Raymond Rouleau, il fonde, en 1925, le théâtre du Groupe libre, un groupe avant-gardiste et éphémère qui mettra en scène Cocteau, entre autres. Norge meurt à Mougins, en 1990, précédé de quelques années par sa femme. Il est enterré dans le cimetière du Grand Jas à Cannes. «Avec Henri Michaux, Geo Norge est le poète norge2-b05d2contemporain belge qui a le plus contribué à la vitalité de la poésie francophone. Comme il ne se prenait pas beaucoup au  sérieux, on a souvent tendance à ne pas le prendre au sérieux. C’est un tort : sa poésie, pour légère qu’elle puisse paraître (dans le sens où la poésie de Charles Cros, de Germain Nouveau ou de Jules Laforgue est légère) n’en rend pas moins compte d’une palette étendue de bouleversements intérieurs, où, entre autres, la foi et le désespoir ont chacun leur tour…

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…Comme René Depestre, Max Jacob, Desnos, il ne joue pas au poète, il est « le plus naturellement du monde poète » et plutôt que d’essayer de nous impressionner par des acrobaties verbales, il voudrait Norgebien nous parler et nous rejoindre. Sa langue colorée, charnelle, vivante, joueuse, sa « langue verte » pour emprunter le titre d’un de ses livres publiés à la NRF, y parvient le plus souvent.» Piers Tenniel. La vie et l’oeuvre de Norge ont été évoquées par son ami Marc Alyn dans la collection « Poète d’Aujourd’hui » de Pierre Seghers. C’est donc une poésie très neuve qui caractérise Norge, elle a pour modèles la chanson populaire et les fables, s’attache à décrire, à force d’argot, des anecdotes de la vie des gens simples, ceux d’en-bas, et se moque continuellement de la poésie « noble », c’est-à-dire de presque toute la poésie.

Et bien voila pour ce dimanche automnal, en attendant la suite, portez vous bien et à demain peut-être.

Ces êtres-là sont adorables !

Posté par erwandekeramoal dans LECTURE

Amis du symbolisme décadent et du jambon de Bayonne réunis, bonjour! Nous sommes le dimanche 17 août 2014, laforgue2trentième et dernier jour de thermidor, dédié au moulin.  Pour l’heure je voulais vous inviter à profiter de cette période estivale pour délaisser un peu vos tablettes, vos téléviseurs, vos ordinateurs et autres écrans et vous plonger dans un beau recueil de poésie. J’ai opté pour Jules Laforgue dont la misogynie au 18è degré me comble d’aise à chaque fois.

Un couchant des Cosmogonies !
Ah ! que la Vie est quotidienne…
Et, du plus vrai qu’on se souvienne,
Comme on fut piètre et sans génie…
On voudrait s’avouer des choses,
Dont on s’étonnerait en route,
Qui feraient une fois pour toutes !
Qu’on s’entendrait à travers poses.
On voudrait saigner le Silence,
Secouer l’exil des causeries ;
Et non ! ces dames sont aigries
Par des questions de préséance.
Elles boudent là, l’air capable.
Et, sous le ciel, plus d’un s’explique,
Par quel gâchis suresthétique
Ces êtres-là sont adorables.
Justement, une nous appelle,
Pour l’aider à chercher sa bague,
Perdue (où dans ce terrain vague ?)
Un souvenir d’AMOUR, dit-elle !
Ces êtres-là sont adorables !

Au moment de la mort de son père, en 1881, il part pour Berlin, où il devient lecteur de la francophile et libérale Impératrice Allemande Augusta de Saxe-Weimar, grand-mère du futur Guillaume II. Son travail consiste à lire à l’impératrice, deux heures par jour, les meilleures pages des romans français. Il s’agit d’un emploi très rémunérateur qui lui jules laforguelaisse du temps libre et qui lui permet de voyager à travers l’Europe. Malgré cela, il éprouve ennui et mal de vivre. Ce n’est qu’en 1886 qu’il quitte ce poste ; dès le début de l’année, à Berlin, il rencontre une jeune Anglaise, Leah Lee, qu’il épouse le 31 décembre à Londres. Il rentre alors à Paris. Mais son état de santé se dégrade rapidement : atteint de phtisie, il meurt en août 1887 à son domicile; il venait d’avoir 27 ans ; sa femme, atteinte du même mal, succombera l’année suivante. Il rejoint le club 27 que j’évoquais hier à propos de Robert Johnson le bluesman.

Et voila, portez vous bien et à demain peut-être.

Jude, Alphonse, Erik et les autres…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis de l’absurdie et du pain au chocolat réunis, bonjour !

Nous voici donc réunis en ce dimanche 28 octobre 2012, 7è jour de Brumaire dédié à la figue, pour célébrer les JUDE (c’est Jude son prénom). « Apprenons de ce saint apôtre Jude à demeurer en repos, non sur l’évidence d’une réponse précise, mais sur l’impénétrable hauteur d’une vérité cachée ». dixit: Bossuet c’est beau comme du Morano… On dit que c’est le patron des causes perdues; dommage qu’elles soient davantage perdues pour les ouvriers que pour les patrons. J’en profite donc pour souhaîter une bonne fête à mon aîné que ses pérégrinations professionnelles ont conduit chez les émirs en lui dédicaçant cette chanson culte.

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Et puisque ce billet s’ouvre sous le signe de l’absurde, continuons. Sans doute ai-je déjà évoqué ici mon amour immodéré pour la ville de Honfleur; à cause de Satie et des tendres souvenirs glanés avec ma belle amie mais aussi pour avoir donné le jour à ce grand humoriste qu’était Alphonse ALLAIS, décédé un 28 octobre en 1905.

Célèbre pour sa plume acerbe et son humour absurde, il fut pionnier de la peinture abstraite. On lui doit notamment « Récolte de la tomate sur le bord de la mer Rouge par des cardinaux apoplectiques » présentés au Salon des arts incohérents, précédent d’une génération le Carré blanc sur fond blanc de Kasimir Malevitch, généralement considéré comme le premier exemple en la matière. Il est aussi, l’auteur de la première composition musicale minimaliste : sa  Marche Funèbre composée pour les Funérailles d’un grand homme sourd, est une page de composition vierge, parce que « les grandes douleurs sont muettes ».

Alphonse Allais a composé des centaines de contes humoristiques, tous ou presque écrits dans l’urgence. Poète autant qu’humoriste, il a cultivé entre autres le poème holorime, c’est-à-dire constitué de vers entièrement homophones, où la rime est constituée par la totalité du vers. Exemple :

« Par les bois du djinn où s’entasse de l’effroi. Parle et bois du gin ou cent tasses de lait froid. »

Alphonse Allais et Erik Satie sont nés dans la même rue de Honfleur à quelques mètres de distance. Il se sont rencontrés au cabaret Le chat noir, le premier avait surnommé l’autre L’ésotérik Satie. L’Association des amis d’Alphonse Allais (AAAA) est une organisation regroupant des personnes qui apprécient l’humour d’Alphonse Allais. Elle a son siège au Petit musée d’Alphonse à Honfleur. Alphonse Allais appartenait au club des hydropathes dont l’objectif premier était de célébrer la littérature et en particulier la poésie : les participants déclamaient leurs vers ou leur prose à haute voix devant l’assistance lors des séances du vendredi soir. Mais les membres professaient également le rejet de l’eau comme boisson au bénéfice du vin. On y retrouve Charles Cros, Jules Laforgue ou Maurice Mac-Nab. Que du beau monde !

Pour finir en beauté, quelques citations: On étouffe ici, permettez moi d’ouvrir une parenthèse. Ou encore: il était Normand par sa mère et Breton par un ami de son père.

L‘humour, la dérision, l’absurde, voilà bien des denrées en voie de disparition tant les hommes d’aujourd’hui veulent se prendre au sérieux. Allez, merci encore pour cette visite inopinée, je ne m’y attendais vraiment pas, portez vous bien et à demain peut-être.

 

LE CERCLE DES POETES RETROUVES…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis du club des poètes disparus et du poulet basquaise réunis, bonjour !

Nous sommes le mercredi 26 octobre, 5è jour de brumaire dédié à l’oie…En Belgique, ils n’ont toujours pas de gouvernement mais ils ont des poètes… Pour agrémenter notre galerie de portraits, aujourd’hui quelques mots à propos de NORGE, décédé un 26 octobre, pseudo de Georges MOGIN, grand poète belge dont de très beaux textes furent interprétés par Jeanne MOREAU. Par exemple: Fille d’amour. .

 

«  La poésie ne verra peut-être jamais les îles promises, mais elle demeure au sommet du grand mât la vigie passionnée. Elle connait les vagues par leur nom. L’équipage s’endort. Elle veille.  »

Ou encore:

«Je mets beaucoup d’ordre dans mes idées.
Ca ne va pas tout seul:
Il y a des idées qui ne supportent pas l’ordre
Et qui préfèrent crever.
À la fin j’arrive à avoir beaucoup d’ordre,
Et presque plus d’idées.»

Géo Norge

En compagnie de Raymond Rouleau, il fonde, en 1925, le théâtre du Groupe libre, un groupe avant-gardiste et éphémère qui mettra en scène Cocteau, entre autres. Norge meurt à Mougins, en 1990, précédé de quelques années par sa femme. Il est enterré dans le cimetière du Grand Jas à Cannes.

 «Avec Henri Michaux, Geo Norge est le poète contemporain belge qui a le plus contribué à la vitalité de la poésie francophone. Comme il ne se prenait pas beaucoup au sérieux, on a souvent tendance à ne pas le prendre au sérieux. C’est un tort : sa poésie, pour légère qu’elle puisse paraître (dans le sens où la poésie de Charles Cros, de Germain Nouveau ou de Jules Laforgue est légère) n’en rend pas moins compte d’une palette étendue de bouleversements intérieurs, où, entre autres, la foi et le désespoir ont chacun leur tour. Comme René Depestre, Max Jacob, Desnos, il ne joue pas au poète, il est « le plus naturellement du monde poète » et plutôt que d’essayer de nous impressionner par des acrobaties verbales, il voudrait bien nous parler et nous rejoindre. Sa langue colorée, charnelle, vivante, joueuse, sa « langue verte » pour emprunter le titre d’un de ses livres publiés à la NRF, y parvient le plus souvent.» Piers Tenniel

La vie et l’oeuvre de Norge ont été évoquées par son ami Marc Alyn dans la collection « Poète d’Aujourd’hui » de Pierre Seghers. C’est donc une poésie très neuve qui caractérise Norge, elle a pour modèles la chanson populaire et les fables, s’attache à décrire, à force d’argot, des anecdotes de la vie des gens simples, ceux d’en-bas, et se moque continuellement de la poésie « noble », c’est-à-dire de presque toute la poésie.

Et bien voila pour ce mercredi, en attendant la suite, portez vous bien et à demain peut-être.

 

CES ETRES LA SONT ADORABLES…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis du symbolisme décadent et du jambon de Bayonne réunis, bonjour!

C‘est aujourd’hui le trentième et dernier jour de thermidor, dédié au moulin. A l’heure où vous lirez ce billet (pour ceux qui suivent au jour le jour les aventures du cénobite) je serai sur la route des vacances avec ma belle amie. Nous abandonnons quelques jours les brûmes d’Avallon pour visiter nos amis d’Euskadi. Pour l’heure je voulais vous inviter à profiter de cette période estivale pour délaisser un peu vos ordinateurs et vous plonger dans un beau recueil de poésie. J’ai opté pour Jules Laforgue dont la misogynie au 18è degré me comble d’aise à chaque fois.

 

Je me souviens d’un soir d’hiver dans un manoir proche de Dinard, alors que la soirée traînait en longueur et que le feu crépitait faiblement dans la grande cheminée de granit. On refaisait le monde à notre manière quand l’un de nous récita ce poème et pour beaucoup ce fut une découverte. Le récitant s’appelait Bernard Lavillier et fit plus tard la carrière que vous savez.

Un couchant des Cosmogonies ! 
Ah ! que la Vie est quotidienne...

 Et, du plus vrai qu'on se souvienne,
 Comme on fut piètre et sans génie...

On voudrait s'avouer des choses,
Dont on s'étonnerait en route,
Qui feraient une fois pour toutes !
Qu'on s'entendrait à travers poses.

On voudrait saigner le Silence,
Secouer l'exil des causeries ;
Et non ! ces dames sont aigries
Par des questions de préséance.

Elles boudent là, l'air capable.
Et, sous le ciel, plus d'un s'explique,
Par quel gâchis suresthétique
Ces êtres-là sont adorables.

Justement, une nous appelle,
Pour l'aider à chercher sa bague,
Perdue (où dans ce terrain vague ?)
Un souvenir d'AMOUR, dit-elle !

Ces êtres-là sont adorables !

Au moment de la mort de son père, en 1881, il part pour Berlin, où il devient lecteur de la francophile et libérale Impératrice Allemande Augusta de Saxe-Weimar, grand-mère du futur Guillaume II. Son travail consiste à lire à l’impératrice, deux heures par jour, les meilleures pages des romans français. Il s’agit d’un emploi très rémunérateur qui lui laisse du temps libre et qui lui permet de voyager à travers l’Europe. Malgré cela, il éprouve ennui et mal de vivre.

Ce n’est qu’en 1886 qu’il quitte ce poste ; dès le début de l’année, à Berlin, il rencontre une jeune Anglaise, Leah Lee, qu’il épouse le 31 décembre à Londres. Il rentre alors à Paris. Mais son état de santé se dégrade rapidement : atteint de phtisie, il meurt en août 1887 à son domicile; il venait d’avoir 27 ans ; sa femme, atteinte du même mal, succombera l’année suivante. Il rejoint le club des 27 dont j’ai déjà parlé ici.

 

Et voila, portez vous bien et à demain peut-être.

 

 

SACRE ALPHONSE…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis de l’absurdie et du curry (de
Camaret) réunis, bonjour !


Puisque nous sommes le 28 octobre,
célébrons les JUDE comme il se doit. C’est le saint protecteur des
causes désespérées pour les catholiques, à l’instar de Sainte
Rita. Il est le saint patron des causes perdues, celui qui continue
quand plus rien ne retient, à part l’espoir et la foi d’aller au
bout de ces espoirs… Nos syndicalistes vont peut-être se retourner
vers lui par les temps qui courent. Permettez moi davoir une pensée
toute particulière et toute paternelle pour un Jude qui se trouve
outre Atlantique dans ce berceau du jazz qu’est Chicago.


Et puisque ce billet s’ouvre sous le
signe de l’absurde, continuons. Sans doute ai-je déjà évoqué ici
mon amour immodéré pour la ville de Honfleur; à cause de Satie et
des tendres souvenirs glanés avec ma belle amie mais aussi pour
avoir donné le jour à ce grand humoriste qu’était Alphonse ALLAIS,
décédé un 28 octobre en 1905.

Célèbre pour sa plume acerbe et son
humour absurde, il fut pionnier de la peinture abstraite. On lui doit
notamment « Récolte de la tomate sur le bord de la mer
Rouge par des cardinaux apoplectiques »
présentés au
Salon des arts incohérents, précédent d’une génération le Carré
blanc sur fond blanc
de Kasimir Malevitch, généralement
considéré comme le premier exemple en la matière. Il est aussi,
l’auteur de la première composition musicale minimaliste : sa
Marche Funèbre composée pour les Funérailles d’un grand homme
sourd
, est une page de composition vierge, parce que « les
grandes douleurs sont muettes ».

Alphonse Allais a composé des centaines de contes humoristiques,
tous ou presque écrits dans l’urgence. Poète autant qu’humoriste,
il a cultivé entre autres le poème holorime, c’est-à-dire
constitué de vers entièrement homophones, où la rime est
constituée par la totalité du vers. Exemple :

« Par les bois du djinn où s’entasse de l’effroi,

Parle et bois du gin ou cent tasses de lait froid. »


Alphonse Allais et Erik Satie sont nés dans la même rue de Honfleur
à quelques mètres de distance. Il se sont rencontrés au cabaret Le
chat noir
, le premier avait surnommé l’autre L’ésotérik Satie.
L’Association des amis d’Alphonse Allais (AAAA) est une organisation
regroupant des personnes qui apprécient l’humour d’Alphonse Allais.
Elle a son siège au Petit musée d’Alphonse à Honfleur. Alphonse
Allais appartenait au club des hydropathes dont l’objectif premier
était de célébrer la littérature et en particulier la poésie :
les participants déclamaient leurs vers ou leur prose à haute voix
devant l’assistance lors des séances du vendredi soir. Mais les
membres professaient également le rejet de l’eau comme boisson au
bénéfice du vin. On y retrouve Charles Cros, Jules Laforgue ou
Maurice Mac-Nab. Que du beau monde !

Pour finir en beauté, quelques citations: On étouffe ici, permettez moi d’ouvrir une parenthèse. Ou encore: il était Normand par sa mère et Breton par un ami de son père.


L‘humour, la dérision, l’absurde,
voilà bien des denrées en voie de disparition tant les hommes
d’aujourd’hui veulent se prendre au sérieux. Allez, merci encore
pour cette visite inopinée, je ne m’y attendais vraiment pas, portez
vous bien et à demain peut-être.