Amis de l’érotisme biblique et des muffins aux bananes réunis, bonjour!
Nous sommes le mercredi 20 février 2013, deuxième jour de ventôse dédié au Cornouiller, jolie plante qui a laissé sa trace dans la culture Occitane. En effet, En Occitanie la floraison et la fructification du Cornouiller Mâle (Cornu Mas) ont constitué
une sorte de convention collective avant la lettre. La floraison indiquait la période à partir de laquelle les servantes des fermières n’étaient plus tenues de ravauder, filer ou tricoter après le repas du soir. Inversement la maturité des fruits imposait cette obligation. En langue occitane la prescription se formulait en ces termes: « comma roja, veilla hoja. Quand la comma a florit la veillada a falit ». Dans certaines régions, la plante est désignée par le joyeux vocable de: « couilles de Suisse » tout comme une fameuse recette belge; allez savoir pourquoi. Il existe d’ailleurs, dans le Brabant Wallon une confrérie des compagnons de la Couille de Suisse qui ambitionne de « donner au passé les dimensions d’un présent qui aurait de l’avenir ». Amusant, non !
Il s’appelait Jules…
C‘est comme cela, il y a des gens qui s’appellent Jules Durand comme d’autres Jacques Martin. Des vieux noms bien franchouillards qui sentent le calendos et le beaujolpif. Des noms à vous réconcilier avec l’identité nationale, des noms qui sentent
bon le terroir, la baguette et le bérèt, des noms capables de procurer une érection à Claude GUEANT. Mais, ainsi que j’essaie de le montrer dans cette galerie de portraits, derrière ces noms, des hommes et des femmes, méconnus, oubliés… Ils pourraient se nommer Jean ou Peter ou Ivan ou Paolo, ils ont depuis longtemps aboli les frontières, ils appartiennent à la grande communauté des gens de « bien » qui ont lutté contre les gens de « biens ».
Ainsi donc, le 20 février 1926, mort de Jules Gustave DURAND, né le 6 septembre 1880 au Havre. Anarchiste, syndicaliste révolutionnaire, secrétaire du syndicat des charbonniers du Havre.
Initiateur de la grève illimitée d’août 1910, il sera victime d’une machination politico-judiciaire suite à la mort d’un « jaune » lors d’une rixe. On essayera de prouver que
Durand avait fait voter la mort de ce dernier dans son syndicat. La corruption de plusieurs témoins et une campagne ignominieuse de la presse locale entraînèrent, le 25 novembre 1910, sa condamnation à mort. Mais le 28 novembre, par solidarité et pour
lutter contre cette injustice, la grève est générale au Havre, et s’étend au secteur international des docks anglais et américain. Puis une protestation générale, initiée par la Ligue des Droits de l’homme, aboutit à sa libération, le 15 février 1911. Malheureusement, Jules Durand, maintenu 40 jours en camisole de force, était devenu fou, et finit sa vie à l’asile. La révision de son procès, le 15 juin 1918, l’innocenta totalement.
Voilà pour la petite histoire, pour la grande, je pourrai vous raconter que c’est un 20 février, en l’an de grâce 1171 que CONAN IV fils d’Alain le noir, seigneur de Guingamp et Comte de Richmond devint Duc de Bretagne mais ce sera pour une autre fois. Allez, portez vous bien et à demain peut-être.



laissé sa trace dans la
Initiateur de la grève illimitée d’août 1910, il sera
d’amende avec sursis pour provocation à la haine




Commentaires récents