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Photo de l'artiste Isabelle EBERHARDT

Isabelle EBERHARDT


Aventurière, journaliste, écrivain et anarchiste
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Isabelle Eberhardt…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de l’Internationale prolétarienne et des rillettes de maquereaux réunies, bonjour ! Nous sommes donc le mardi 21 octobre, trentième et dernier jour de vendémiaire dédié au tonneau. Vous le savez, vous qui suivez assidument les rebondissements de ce blogue, j’ai une tendresse particulière pour ces personnages que l’on dirait tout droit sortis de l’imagination d’un romancier. Les brefs portraits que je vous propose d’accrocher à notre galerie n’ont pas la prétention de faire œuvre de biographe. Il s’agit simplement de vous mettre l’eau à la bouche pour vous inviter à aller plus avant dans la découverte de cette personnalité. Aujourd’hui, profitant de ce 21 octobre,  évoquons ensemble la vie et l’œuvre de Isabelle EBERHARDT.

Elle est née « illégitime » en 1877 à Genève. Sa mère était mariée avec le général Paul de Moerder mais s’enticha du précepteur de ses enfants Alexandre Trophimowsky. Leur idylle donna naissance à une fille Isabelle. Philosophe, érudit, isabelle droitepolyglotte, on présume qu’il a joué un rôle dans le mouvement révolutionnaire Russe. Le vieux général va mourir en laissant à sa veuve une fortune considérable et celle-ci accompagnée de Trophimowsky va voyager à travers l’Europe. Celui-ci est un anarchiste et c’est comme tel qu’il va éduquer la petite Isabelle. Elle ne fréquentera pas l’école mais découvrira avec lui, l’histoire, la géographie, la chimie et les langues qu’il maîtrise, le grec, l’italien, l’arabe, le russe, le latin et le turc.

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A 20 ans elle quitte Genève pour le Constantinois et découvre une culture, un pays et une religion, l’islam qui vont l’imprégner excessivement. Elle va dès lors mener une vie de nomade en Afrique du nord, se faisant passer pour un homme isabellesous l’identité de Mahmoud Saadi. Elle se convertit à l’Islam (personne n’est parfait) et rencontre Slimane Ehnni musulman de nationalité française sous-officier dans les spahis. Elle l’épousera en 1901 ce qui lui permet d’obtenir la nationalité française à son tour. Elle va croiser Lyautey qui dira d’elle: « Elle était ce qui m’attire le plus au monde, une réfractaire…Je l’aimais pour ce qu’elle était et ce prodigieux tempérament d’artiste, tout ce qui en elle faisait tressauter les notaires, les caporaux, les mandarins de tout poils. » Elle sera victime d’une tentative d’assassinat le 29 janvier 1901 alors qu’elle accompagne Si El Hachemi, chef religieux de la confrérie des Kadiryas.

Revenue en Algérie, elle collabore au journal Akbar et couvre les troubles près de la frontière marocaine. Il y a sans conteste un côté Alexandra David Neel chez ce personnage. Le 21 octobre 1904, sa maison est emportée par un torrent qui transforme l’oued en piège mortel, elle ne survivra pas. Elle avait 27 ans. Son histoire a été portée à l’écran par Ian Pringle en 1992, dans un film éponyme, je crains qu’il n’ait pas laissé de grands souvenirs, dans lequel Mathilda May jouait son rôle et Tcheky Karyo celui de Slimane. Vous pouvez peut-être vous procurer quelques uns de ses livres, Amara le forçat, l’anarchiste publié en 1923, au pays des sables chez Losfeld éditeur. Edmonde Charles-Roux lui a consacré une biographie chez Grasset en 1995. Ce petit bout de femme était un sacré bonhomme !

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

Y’a du mouron à s’faire…

Posté par erwandekeramoal dans Actualités

Amis de la cause féminine et du poulet basquaise réunis, bonjour ! Nous sommes le samedi 08 mars 2014, 18è jour de ventôse dédié au Mouron. Allez, vous faites pas de bile, c’estfleur-bleue-mouron seulement dans le calendrier Républicain. Il existe tout un tas de variétés de Mouron; Le rouge, le bleu, le mouron des oiseaux, le mouron délicat et même, la véronique faux mouron d’eau… Pour Capelo je précise que le mot « Mouron » vient du vieux français signifiant « chevelure ». D’où l’expression se faire des cheveux blancs, se faire du souci quoi (on revient aux fleurs) et en définitive: se faire du mouron.

Mais c’est aussi la journée internationale de la femme, officialisée par l’ONU en 1977. Rappel: En 1975, lors de l’année internationale de la femme, l’Organisation des Nations Unies a commencé à célébrer la Journée internationale de la 220px-Frauentag_1914_Heraus_mit_dem_Frauenwahlrecht-193x300femme le 8 mars. Deux ans plus tard, en décembre 1977, l’assemblée générale a adopté une résolution proclamant la Journée des Nations Unies pour les droits de la femme et la paix internationale, à observer n’importe quel jour de l’année par les États membres, conformément à leurs traditions historiques et nationales. En adoptant sa résolution, l’assemblée générale a reconnu le rôle des femmes dans les efforts de paix et de développement et a appelé à mettre fin aux discriminations et à renforcer le soutien à la pleine participation des femmes.

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Ce blog s’évertue depuis son origine à remettre en mémoire la lutte de ces pionnières qui ont placé la question de l’égalité au cœur de toutes les révolutions. Depuis louise Michel et son amie Nathalie Lemel (une brestoise), jusqu’à Madeleine jeu21-216x300Lamberet ou Ito Noe en passant par Leda Rafanelli et Isabelle Eberhardt sans oublier Olympe de Gouges, Emma Goldman et Clara Zetkin et Maria Deraisme et Paule Minck et Virginia Woolf (ici en photo)… la liste est longue, j’ai eu la flemme de mettre les liens, vous pouvez passer par la galerie de portraits pour retrouver les billets les concernant. Il serait bon de se rappeler en effet qu’il s’agit dans l’appellation officielle de « la journée des Nations Unies pour les droits de la femme et la paix internationale » et non pas la journée de la femme comme il existe la journée internationale pour l’élimination de la fistule obstétricale (23 mai) ou la journée internationale du Novruz (21 mars).

La journée des femmes elle, a été créée par le camarade Vladimir Illitch en 1921. A peu près au même moment son pote Léon faisait tirer sur les insurgés de Kronstadt. Ce jour là, imagesle comité révolutionnaire provisoire de Kronstadt envoyait le télégramme suivant: « …Nous, ceux de Kronstadt, sous le feu des armes, sous les mugissements des obus qui déferlent sur nous (…) adressons notre salut fraternel aux travailleuses du monde. » Bon, cela ne lui a pas porté chance, il faut dire qu’il avait du mouron à se faire et il a fini par rencontrer un piolet qui lui a fichu un mal de tête irrémédiable.

Quand on vous dit que la femme est l’avenir de l’homme… Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

C’est la faute à Eve…

Posté par erwandekeramoal dans Actualités

Amis de la cause féminine et du poulet basquaise réunis, bonjour !

Nous sommes le vendredi 08 mars 2013, 18è jour de ventôse dédié au Mouron. Allez, vous faites pas de bile, c’est seulement dans le calendrier Républicain. Il existe tout un tas de variétés de Mouron; Le rouge, le bleu, le mouron des oiseaux, le mouron délicat et même, la véronique faux mouron d’eau… Pour Capelo je précise que le mot « Mouron » vient du vieux français signifiant « chevelure ». D’où l’expresssion se faire des cheveux blancs, se faire du souci quoi (on revient aux fleurs) et en définitive: se faire du mouron.

Mais c’est aussi la journée internationale de la femme, officialisée par l’ONU en 1977. 220px-Frauentag_1914_Heraus_mit_dem_FrauenwahlrechtRappel: En 1975, lors de l’Année internationale de la femme, l’Organisation des Nations Unies a commencé à célébrer la Journée internationale de la femme le 8 mars. Deux ans plus tard, en décembre 1977, l’Assemblée générale a adopté une résolution proclamant la Journée des Nations Unies pour les droits de la femme et la paix internationale à observer n’importe quel jour de l’année par les États Membres, conformément à leurs traditions historiques et nationales. En adoptant sa résolution, l’Assemblée générale a reconnu le rôle des femmes dans les efforts de paix et de développement et a appelé à mettre fin aux discriminations et à renforcer le soutien à la pleine particiaption des femmes.

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Ce blog s’évertue depuis son origine à remettre en mémoire la lutte de ces pionnières qui ont placé la question de l’égalité au cœur de toutes les révolutions. Depuis louise jeu21-216x300Michel et son amie Nathalie Lemel (une brestoise), jusqu’à Madeleine Lamberet ou Ito Noe en passant par Leda Rafanelli et Isabelle Eberhardt sans oublier Olympe de Gouges, Emma Goldman et Clara Zetkin et Maria Deraisme et Paule Minck et Virginia Woolf (ici en photo)… la liste est longue. Il serait bon de se rappeler en effet qu’il s’agit dans l’appellation officielle de « la journée des Nations Unies pour les droits de la femme et la paix internationale » et non pas la journée de la femme comme il existe la journée internationale pour l’élimination de la fistule obstétricale (23 mai) ou la journée internationale du Novruz (21 mars).

La journée des femmes elle, a été créée par le camarade Vladimir Illitch en 1921. A peu près au même moment son pote Léon faisait tirer sur les insurgés de Kronstadt. Ce jour là, le comité révolutionnaire provisoire de Kronstadt envoyait le télégramme suivant: « …Nous, ceux de Kronstadt, sous le feu des armes, sous les mugissements des obus qui déferlent sur nous (…) adressons notre salut fraternel aux travailleuses du monde. » Bon, cela ne lui a pas porté chance, il faut dire qu’il avait du mouron à se faire et il a fini par rencontrer un piolet qui lui a fichu un mal de tête irrémédiable.

Quand on vous dit que la femme est l’avenir de l’homme… Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

Elle est épatante cette petite femme là…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de l’Internationale prolétarienne et des rillettes de maquereaux réunies, bonjour !

Vous le savez, vous qui suivez assidument les rebondissements de ce blogue, j’ai une tendresse particulière pour ces personnages que l’on dirait tout droit sortis de l’imagination d’un romancier. Les brefs portraits que je vous propose d’accrocher à notre galerie n’ont pas la prétention de faire oeuvre de biographe. Il s’agit simplement de vous mettre l’eau à la bouche pour vous inviter à aller plus avant dans la découverte de cette personnalité. Aujourd’hui, profitant de ce dimanche 21 octobre, dernier jour de vendémiaire que nos amis Républicains avaient dédié au tonneau, évoquons ensemble la vie et l’oeuvre de Isabelle EBERHARDT.

Elle est née « illégitime » en 1877 à Genève. Sa mère était mariée avec le général Paul de Moerder mais s’enticha du précepteur de ses enfants Alexandre Trophimowsky. Leur idylle donna naissance à une fille Isabelle. Philosophe, érudit, polyglotte, on présume qu’il a joué un rôle dans le mouvement révolutionnaire Russe. Le vieux général va mourir en laissant à sa veuve une fortune considérable et celle-ci accompagnée de Trophimowsky va voyager à travers l’Europe. Celui-ci est un anarchiste et c’est comme tel qu’il va éduquer la petite Isabelle. Elle ne fréquentera pas l’école mais découvrira avec lui, l’histoire, la géographie, la chimie et les langues qu’il maîtrise, le grec, l’italien, l’arabe, le russe, le latin et le turc.

A 20 ans elle quitte Genève pour le Constantinois et découvre une culture, un pays et une religion, l’islam qui vont l’imprégner excessivement. Elle va dès lors mener une vie de nomade en Afrique du nord, se faisant passer pour un homme sous l’identité de Mahmoud Saadi. Elle se convertit à l’Islam et rencontre Slimane Ehnni musulman de nationalité française sous-officier dans les spahis. Elle l’épousera en 1901 ce qui lui permet d’obtenir la nationalité française à son tour. Elle va croiser Lyautey qui dira d’elle: « Elle était ce qui m’attire le plus au monde, une réfractaire…Je l’aimais pour ce qu’elle était et ce prodigieux tempérament d’artiste, tout ce qui en elle faisait tressauter les notaires, les caporaux, les mandarins de tout poils. » Elle sera victime d’une tentative d’assassinat le 29 janvier 1901 alors qu’elle accompagne Si El Hachemi, chef religieux de la confrérie des Kadiryas.

Revenue en Algérie, elle collabore au journal Akbar et couvre les troubles près de la frontière marocaine.Il y a sans conteste un côté Alexandra David Neel chez ce personnage. Le 21 octobre 1904, sa maison est emportée par un torrent qui transforme l’oued en piège mortel, elle ne survivra pas. Elle avait 27 ans.

Son histoire a été portée à l’écran par Ian Pringle en 1992, dans un film éponyme dans lequel Mathilda May jouait son rôle et Tcheky Karyo celui de Slimane. Vous pouvez peut-être vous procurer quelques uns de ses livres, Amara le forçat, l’anarchiste publié en 1923, au pays des sables chez Losfeld éditeur. Edmonde Charles-Roux lui a consacré une biographie chez Grasset en 1995. Ce petit bout de femme était un sacré bonhomme !

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

 

LA FEMME EST L’AVENIR DE L’HOMME…

Posté par erwandekeramoal dans HUMEUR

Amis de la cause féminine et du poulet basquaise réunis, bonjour !

Nous sommes le Jeudi 08 mars, 18è jour de ventôse dédié au Mouron. Allez, vous faites pas de bile, c’est seulement dans le calendrier Républicain. Il existe tout un tas de variétés de Mouron; Le rouge, le bleu, le mouron des oiseaux, le mouron délicat et même, la véronique faux mouron d’eau… Pour Capelo je précise que le mot « Mouron » vient du vieux français signifiant « chevelure ». D’où l’expresssion se faire des cheveux blancs, se faire du souci quoi (on revient aux fleurs) et en définitive: se faire du mouron.

Mais c’est aussi la journée internationale de la femme, officialisée par l’ONU en 1977.

« Investissons dans les femmes rurales, éliminons les discriminations dont elles sont victimes en droit et en pratique, veillons à ce que les politiques répondent à leurs besoins, garantissons leur le même accès aux ressources qu’aux hommes et accordons-leur un rôle à jouer dans la prise de décisions. » Ban Ki Moon – Secrétaire Général de l’ONU.

Le thème officiel de la Journée internationale de la femme 2012 est : « L’autonomisation des femmes rurales et leur rôle dans l’éradication de la pauvreté et de la faim, le développement et les défis actuels ».

En contribuant de manière déterminante aux économies mondiales, les femmes rurales jouent un rôle crucial dans les nations développées comme en développement : elles renforcent le développement agricole et rural, améliorent la sécurité alimentaire et peuvent aider à réduire les niveaux de pauvreté au sein de leurs communautés. Dans certaines parties du monde, les femmes constituent 70% de la main-d’œuvre agricole, comptant pour 43% des travailleurs agricoles de par le monde.

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Les estimations montrent que si les femmes bénéficiaient du même accès aux ressources productives que les hommes, elles pourraient augmenter les récoltes de leurs exploitations agricoles de 20 à 30%, permettant de sortir de la famine de 100 à 150 millions de personnes. L’inégalité entre les sexes et l’accès limité au crédit, aux soins de santé et à l’éducation ont toutefois posé un certain nombre de problèmes aux femmes rurales. La crise alimentaire et économique mondiale de même que les changements climatiques n’ont fait qu’aggraver la situation. On estime par exemple que 60% des personnes victimes de famine chronique sont des femmes et des filles. Et pourtant, l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) estime que les gains de productivité réalisés en garantissant aux femmes l’égalité de l’accès aux engrais, aux semences et aux outils pourrait permettre de réduire le nombre de personnes affamées de 100 à 150 millions.

Ce blog s’évertue depuis son origine à remettre en mémoire la lutte de ces pionnières qui ont placé la question de l’égalité au cœur de toutes les révolutions. Depuis louise Michel et son amie Nathalie Lemel (une brestoise), jusqu’à Madeleine Lamberet ou Ito Noe en passant par Leda Rafanelli et Isabelle Eberhardt sans oublier Olympe de Gouges, Emma Goldman et Clara Zetkin et Maria Deraisme et Paule Minck et Virginia Woolf, ici en photo… la liste est longue.

Quand on vous dit que la femme est l’avenir de l’homme… Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

CETTE FEMME EST UN GRAND HOMME…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis de l’Internationale prolétarienne
et des rillettes de maquereaux réunies, bonjour !


Vous le savez, vous qui suivez
assidument les rebondissements de ce blogue, j’ai une tendresse
particulière pour ces personnages que l’on dirait tout droit sortis
de l’imagination d’un romancier. Les brefs portraits que je vous
propose d’accrocher à notre galerie n’ont pas la prétention de
faire oeuvre de biographe. Il s’agit simplement de vous mettre l’eau
à la bouche pour vous inviter à aller plus avant dans la découverte
de cette personnalité. Aujourd’hui, profitant de ce 21 octobre,
dernier jour de vendémiaire que nos amis Républicains avaient dédié
au tonneau, évoquons ensemble la vie et l’oeuvre de Isabelle
EBERHARDT
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Elle est née « illégitime »
en 1877 à Genève. Sa mère était mariée avec le général Paul de
Moerder mais s’enticha du précepteur de ses enfants Alexandre
Trophimowsky. Leur idylle donna naissance à une fille Isabelle.
Philosophe, érudit, polyglotte, on présume qu’il a joué un rôle
dans le mouvement révolutionnaire Russe. Le vieux général va
mourir en laissant à sa veuve une fortune considérable et celle-ci
accompagnée de Trophimowsky va voyager à travers l’Europe.Celui-ci
est un anarchiste et c’est comme tel qu’il va éduquer la petite
Isabelle. Elle ne fréquentera pas l’école mais découvrira avec
lui, l’histoire, la géographie, la chimie et les langues qu’il
maîtrise, le grec, l’italien, l’arabe, le russe, le latin et le
turc.

A 20 ans elle quitte Genève pour le
Constantinois et découvre une culture, un pays et une religion,
l’islam qui vont l’imprégner excessivement. Elle va dès lors mener une vie de
nomade en Afrique du nord, se faisant passer pour un homme sous
l’identité de Mahmoud Saadi. Elle se convertit à l’Islam et
rencontre Slimane Ehnni musulman de nationalité française
sous-officier dans les spahis. Elle l’épousera en 1901 ce qui lui
permet d’obtenir la nationalité française à son tour. Elle va
croiser Lyautey qui dira d’elle: « Elle était ce qui m’attire
le plus au monde, une réfractaire…Je l’aimais pour ce qu’elle
était et ce prodigieux tempérament d’artiste, tout ce qui en elle
faisait tressauter les notaires, les caporaux, les mandarins de tout
poils.
» Elle sera victime d’une tentative d’assassinat le 29 janvier 1901 alors qu’elle accompagne Si El Hachemi, chef religieux de la confrérie des Kadiryas.

Revenue en Algérie, elle collabore au
journal Akbar et couvre les troubles près de la frontière
marocaine.Il y a sans conteste un côté Alexandra David Neel chez ce personnage. Le 21 octobre 1904, sa maison est emportée par un torrent
qui transforme l’oued en piège mortel, elle ne survivra pas. Elle
avait 27 ans.


Son histoire a été portée à l’écran par Ian
Pringle en 1992, dans un film épony
me, je crains qu’il n’ai pas
laissé de grands souvenirs, dans lequel Mathilda May jouait son rôle
et Tcheky Karyo celui de Slimane. Vous pouvez peut-être vous
procurer quelques uns de ses livres, Amara le forçat, l’anarchiste
publié en 1923, au pays des sables chez Losfeld éditeur. Edmonde Charles-Roux lui a consacré une biographie chez Grasset en 1995. Ce petit
bout de femme était un sacré bonhomme !

Tout à fait autre chose, quoique…

Puisque nous évoquions à l’instant une femme pour qui le mot « liberté » avait un sens, revenons sur l’épisode tragicomique des « Golden Blog Awards ». Cette tartufferie pourrait prêter à sourire si elle ne cachait pas une tendance qui veut s’imposer sur le Net comme ailleurs: Le politiquement correct. Les gentils organisateurs ont donc décidé que l’expression sur le web devait se limiter au macramé et à la quiche Lorraine (dixit ma fiancée). J’imagine que les sponsors principaux que sont Microsoft et BNP Paribas ne voulaient pas associer leur image à des trublions de la toile qui sont capables d’évoquer les choses de la vie sans pour autant considérer le lecteur comme un décérébré. Il n’y a pas si longtemps, le PDG de TF1 avouait sans honte que ses émissions n’avaient d’autres buts que de rendre les cerveaux disponibles aux messages publicitaires. Nous sommes quelques uns à penser que l’éducation populaire n’est pas un vain mot et si, modestement, nos blogues peuvent y contribuer, alors… Imaginez un instant le festival de Cannes sans Costa-Gavras, la Mostra de Venise sans Fellini ou sans Comencini, le festival de Berlin sans Fassbinder et pourquoi pas, les Oscars sans Scorcese et sans David Lynch. Décidément M’ame Michu, nous vivons une drôle d’époque. Laissons donc ces ayatollahs de la blogosphère se féliciter entre-eux de leur médiocrité crasse.

Voilà pour ce jeudi, comme on dit sur radio Kreizh Breizh; n’oubliez pas de souhaiter bonne fête aux Sterenn, portez vous bien et à demain peut-être.