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A la St Séverin, chauffe tes reins…

Posté par erwandekeramoal dans LECTURE, PORTRAIT

Comme le disait mon aïeule, adepte de la ceinture Gibaud: A la saint Séverin, chauffe tes reins. Nous sommes le Vendredi 23 octobre 2020, deuxième jour de brumaire qui Restif-gaucheest, qui l’eut cru, dédié au céleri. Aujourd’hui nous célébrons (ou pas) le jour anniversaire de la naissance de Nicolas Edme Restif plus connu sous le nom de Restif de la Bretonne, encore un mal-élevé. Il a eu la bonne idée de naître un 23 octobre en 1734 à Sacy, près d’Auxerre. Fils de paysan aisé il va se consacrer à la typographie. Il s’installe à Paris et va faire paraître de nombreux ouvrages dans les domaines de l’érotisme mais aussi des guides de la vie parisienne et des biographies. Cependant l’œuvre majeure de Restif de la Bretonne est sa vaste autobiographie « Monsieur Nicolas » en huit volumes échelonnés entre 1794 et 1797.

Admirateur des idées de Rousseau, dont il estimait du reste assez peu le talent, Restif voulut, à son exemple, émettre des projets de réforme sociale, et montra dans ce qu’il écrivit sur le gouvernement, sur l’éducation, sur les femmes, le théâtre, etc., de la singularité et de la anti-justinebizarrerie, mais également de la hardiesse, de l’originalité, quelquefois de la justesse. Le Marquis de Sade et Restif, dont les points de vue sont quasi opposés, se détestaient ; le premier a dit du second qu’il dormait avec une presse au pied de son lit tandis que Restif a traité Sade de « monstre », terme qu’il affectionne particulièrement et qu’on retrouve fréquemment sous sa plume. En revanche, il était apprécié notamment de Benjamin Constant, et de Schiller. Très critiqué par les puristes (on lui donna comme sobriquet « le Voltaire des femmes de chambre » ou « le Rousseau du ruisseau » mais Lavater l’appela « le Richardson français »), et Gérard de Nerval lui consacre une biographie dans Les Illuminés, et il fera l’objet tardif de l’admiration des surréalistes. Dans « l’anti-Justine« , il débute ses propos comme ceci: « Personne n’est plus outré que moi des sales ouvrages de l’infâme de Sade… ».  

Allez, vive le libertinage et à bas la calotte (si j’ose dire) portez vous bien et à bientôt peut-être.

Le homard n’aboie pas…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de la poésie et du saint Emilion réunis, bonjour ! Nous sommes le vendredi 22 mai 2020, troisième jour de Prairial dédié au trèfle. Si j’évoque la poésie c’est parce que un 22 mai (1808) vit la naissance de Gérard LabrunDe Nerval-D-ie, plus connu sous son nom de poète, Gérard de Nerval, l’une des figures les plus de émouvantes de la poésie française. Naviguant entre réalité et rêve, il a évoqué en des mots immortels les troubles de l’adolescence… et les charmes du Valois. Mais il souffrait de troubles mentaux et, à l’aube du 26 janvier 1855, on l’a retrouvé pendu dans la rue de la Vieille-Lanterne, dans le quartier du Châtelet, à Paris. Il avait 46 ans. La plus belle part du romantisme s’est éteinte avec lui. Il faut relire Sylvie, une nouvelle parue dans le recueil Les filles de feu et qui dépeint merveilleusement les affres d’un amour chimérique.

Il a vécu tantôt gai comme un sansonnet,
Tour à tour amoureux insouciant et tendre,
Tantôt sombre et rêveur comme un triste Clitandre.
Un jour il entendit qu’à sa porte on sonnait.
C’était la Mort ! Alors il la pria d’attendre
Qu’il eût posé le point à son dernier sonnet ;
Et puis sans s’émouvoir, il s’en alla s’étendre
Au fond du coffre froid où son corps frissonnait.
Il était paresseux, à ce que dit l’histoire,
Il laissait trop sécher l’encre dans l’écritoire.
Il voulait tout savoir mais il n’a rien connu.
Et quand vint le moment où, las de cette vie,
Un soir d’hiver, enfin l’âme lui fut ravie,
Il s’en alla disant : «Pourquoi suis-je venu ?
(Gérard de Nerval, Épitaphe)

Un jour, dans le jardin du Palais-Royal, on vit Gérard traîn180px-Père-Lachaise_-_Division_49_-_Nerval_01ant un homard vivant au bout d’un ruban bleu. L’histoire circula dans Paris et comme ses amis s’étonnaient, il répondit : En quoi un homard est-il plus ridicule qu’un chien, qu’un chat, qu’une gazelle, qu’un lion ou toute autre bête dont on se fait suivre ? J’ai le goût des homards, qui sont tranquilles, sérieux, savent les secrets de la mer, n’aboient pas… Il y avait du surréalisme avant l’heure chez ce grand romantique. Il affirmait  avoir été initié aux mystères druzes lors de son passage en Syrie, où il aurait atteint le grade de « refit », l’un des plus élevés de cette confrérie. Toute son œuvre est fortement teintée d’ésotérisme et de symboles alchimiques. Alors qu’on l’accusait d’être impie, il s’exclama : « Moi, pas de religion ? J’en ai dix-sept… au moins. » Ici à gauche, sa tombe au cimetière du Père Lachaise.

Allez, déconfinez dans la joie et la bonne humeur et à bientôt peut-être.

Gérard de Nerval…

Posté par erwandekeramoal dans LECTURE

Amis de la poésie et du saint Emilion réunis, bonjour ! Nous sommes le Mercredi 22 mai 2019, troisième jour de Prairial dédié au trèfle.

Si j’évoque la poésie c’est parce que le 22 mai 1808 vit la naissance de Gérard Labrunie, plus connu sous son nom de poète, Gérard de Nerval,de-nerval-253x300 l’une des figures les plus émouvantes de la poésie française. Naviguant entre réalité et rêve, il a évoqué en des mots immortels les troubles de l’adolescence… et les charmes du Valois. Mais il souffrait de troubles mentaux et, à l’aube du 26 janvier 1855, on l’a retrouvé pendu dans la rue de la Vieille-Lanterne, dans le quartier du Châtelet, à Paris. Il avait 46 ans. La plus belle part du romantisme s’est éteinte avec lui. Il faut relire Sylvie, une nouvelle parue dans le recueil Les filles de feu et qui dépeint merveilleusement les affres d’un amour chimérique.

 https://youtu.be/lrRqpcvIw_0

Un jour, dans le jardin du Palais-Royal, on vit Gérard traînant un homard vivant 180px-Père-Lachaise_-_Division_49_-_Nerval_01-140x300au bout d’un ruban bleu. L’histoire circula dans Paris et comme ses amis s’étonnaient, il répondit : En quoi un homard est-il plus ridicule qu’un chien, qu’un chat, qu’une gazelle, qu’un lion ou toute autre bête dont on se fait suivre ? J’ai le goût des homards, qui sont tranquilles, sérieux, savent les secrets de la mer, n’aboient pas… Il y avait du surréalisme avant l’heure chez ce grand romantique. Il affirmait  avoir été initié aux mystères druzes lors de son passage en Syrie, où il aurait atteint le grade de « refit », l’un des plus élevés de cette confrérie. Toute son œuvre est fortement teintée d’ésotérisme et de symboles alchimiques. Alors qu’on l’accusait d’être impie, il s’exclama : « Moi, pas de religion ? J’en ai dix-sept… au moins. » Ici à gauche, sa tombe au cimetière du Père Lachaise.

Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Quand il est mort, le poète…

Posté par erwandekeramoal dans LECTURE, PORTRAIT

Amis de la poésie et du soufflé au fromage réunis, bonjour! Nous briquet a meche amadou-1sommes le Vendredi 26 janvier 2018, 7è jour de pluviôse dédié à l’Amadouvier. C’est une espèce de champignon dont on tirait le fameux amadou. Les plus anciens se souviennent des lampes et briquets à amadou que l’on appelait les briquets tempête et qui faisaient partie du barda militaire à une époque. J’en possédais un mais c’était surtout pour jouer le personnage du vieux breizhou…

Si j’évoque la poésie c’est parce que un 26 janvier (1855) vit la disparition de Gérard Labrunie, plus connu sous son nom de poète, Gérard de Nerval, l’une des figures les plus émouvantes de la poésie de-nerval-253x300française. Naviguant entre réalité et rêve, il a évoqué en des mots immortels les troubles de l’adolescence… et les charmes du Valois. Mais il souffrait de troubles mentaux et, à l’aube du 26 janvier 1855, on l’a retrouvé pendu dans la rue de la Vieille-Lanterne, dans le quartier du Châtelet, à Paris. Il avait 46 ans. La plus belle part du romantisme s’est éteinte avec lui. Il faut relire Sylvie, une nouvelle parue dans le recueil Les filles de feu et qui dépeint merveilleusement les affres d’un amour chimérique.

 

Il a vécu tantôt gai comme un sansonnet,
Tour à tour amoureux insouciant et tendre,
Tantôt sombre et rêveur comme un triste Clitandre.
Un jour il entendit qu’à sa porte on sonnait.
C’était la Mort ! Alors il la pria d’attendre
Qu’il eût posé le point à son dernier sonnet ;
Et puis sans s’émouvoir, il s’en alla s’étendre
Au fond du coffre froid où son corps frissonnait.
Il était paresseux, à ce que dit l’histoire,
Il laissait trop sécher l’encre dans l’écritoire.
Il voulait tout savoir mais il n’a rien connu.
Et quand vint le moment où, las de cette vie,
Un soir d’hiver, enfin l’âme lui fut ravie,
Il s’en alla disant : «Pourquoi suis-je venu ?»
(Gérard de Nerval, Épitaphe)

Un jour, dans le jardin du Palais-Royal, on vit Gérard traînant un homard vivant au bout d’un ruban bleu. L’histoire circula dans Paris et comme ses ami180px-Père-Lachaise_-_Division_49_-_Nerval_01-140x300s s’étonnaient, il répondit : En quoi un homard est-il plus ridicule qu’un chien, qu’un chat, qu’une gazelle, qu’un lion ou toute autre bête dont on se fait suivre ? J’ai le goût des homards, qui sont tranquilles, sérieux, savent les secrets de la mer, n’aboient pas… Il y avait du surréalisme avant l’heure chez ce grand romantique. Il affirmait  avoir été initié aux mystères druzes lors de son passage en Syrie, où il aurait atteint le grade de « refit », l’un des plus élevés de cette confrérie. Toute son œuvre est fortement teintée d’ésotérisme et de symboles alchimiques. Alors qu’on l’accusait d’être impie, il s’exclama : « Moi, pas de religion ? J’en ai dix-sept… au moins. » Ici à gauche, sa tombe au cimetière du Père Lachaise.

Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

La chanson du mal aimé…

Posté par erwandekeramoal dans Actualités

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Amis de la poésie et de saint Tujen réunis, bonjour ! Nous sommes le 290px-Fomes_fomentarius_2010_G2Jeudi 26 janvier 2017, septième jour de Pluviôse dédié à l’amadouvier. Si j’évoque la poésie c’est parce que un 26 janvier (1855) vit la disparition de Gérard Labrunie, plus connu sous son nom de poète, Gérard de Nerval, l’une des figures les plus émouvantes de la poésie française. Quant à Tujen que l’on célèbre aujourd’hui, il est invoqué contre les maux de dents et la rage.

Alors se dirige t-on vers un Pénélope gate ? La dame du châtelain sourcilleux, candidat de la Droite aux élections présidentielles à venir, aurait, selon le Canard, été rémunérée pendant huit ans comme attachée parlementaire de son mari, puis de son suppléant Marc Joulaud. Pour cela, elle aurait perçu une rémunération d’environ « 500 000 euros brut » au total. Le fait d’embaucher des proches comme collaborateurs n’est pas interdit pour les parlementaires, à condition que ce ne soit pas un emploi fictif, mais le journal émet des doutes sur la réalité de ce travail. Et dans ses colonnes, le palmipède satirique, révèle aussi que madame Fillon aurait été salariée, entre mai 2012 et décembre 2013, de la Revue des deux mondes, une propriété de Marc manoirLadreit de Lacharrière (PDG de Fimalac), un ami de François Fillon, milliardaire et membre du groupe de Bilderberg. Or le directeur de la revue, Michel Crépu, répond au Canard qu’il n’a « jamais rencontré Pénélope Fillon et je ne l’ai jamais vue dans les bureaux de la revue » tout en précisant qu’elle a signé « deux ou peut-être trois notes de lecture ». En vérité, l’ombrageux sarthois laissait en province sa femme et ses cinq enfants et gagnait la capitale pour faire son dur métier: servir son bon maître Sarko et éviter la faillite de la France. Dans le manoir de Beaucé, près d’un tapis de haute lisse, sa femme attendait qu’il revînt (oui je sais, aujourd’hui on écrit haute lice). Oui da, madame Michu, il faut en finir avec tous ces assistés, cette sécu qui nous coûte la peau des fesses, ces chômeurs qui fainéantent à longueur de journées, ces trop nombreux fonctionnaires qui font vivre les services publics mais qui empêchent le secteur marchand de commercialiser l’air, l’eau, le soleil, la santé, le savoir et le droit de contempler les coccinelles…

Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Le petit Nicolas (pour les grands)…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Comme le disait mon aïeule, adepte de la ceinture Gibaud: A la saint Séverin, chauffe tes reins. Nous sommes le Dimanche 23 octobre 2016, deuxième jour de brumaire qui Restif gaucheest, qui l’eut cru, dédié au céleri. Aujourd’hui nous célébrons (ou pas) le jour anniversaire de la naissance de Nicolas Edme Restif plus connu sous le nom de Restif de la Bretonne, encore un mal-élevé. Il a eu la bonne idée de naître un 23 octobre en 1734 à Sacy, près d’Auxerre. Fils de paysan aisé il va se consacrer à la typographie. Il s’installe à Paris et va faire paraître de nombreux ouvrages dans les domaines de l’érotisme mais aussi des guides de la vie parisienne et des biographies. Cependant l’œuvre majeure de Restif de la Bretonne est sa vaste autobiographie « Monsieur Nicolas » en huit volumes échelonnés entre 1794 et 1797.

Admirateur des idées de Rousseau, dont il estimait du reste assez peu le talent, Restif voulut, à son exemple, émettre des projets de réforme sociale, et montra dans ce qu’il écrivit sur le gouvernement, sur l’éducation, sur les femmes, le théâtre, etc., de la singularité et de la bizarrerie, mais également de la hardiesse, de l’originalité, quelquefois de la justesse. Le Marquis de Sade et Restif, dont les points de vue sont quasi opposés, se détestaient ; le premier a dit du second qu’il dormait anti-justineavec une presse au pied de son lit tandis que Restif a traité Sade de « monstre », terme qu’il affectionne particulièrement et qu’on retrouve fréquemment sous sa plume. En revanche, il était apprécié notamment de Benjamin Constant, et de Schiller. Très critiqué par les puristes (on lui donna comme sobriquet « le Voltaire des femmes de chambre » ou « le Rousseau du ruisseau » mais Lavater l’appela « le Richardson français »), et Gérard de Nerval lui consacre une biographie dans Les Illuminés, et il fera l’objet,tardif de l’admiration des surréalistes. Dans « l’anti-Justine« , il débute ses propos comme ceci: « Personne n’est plus outré que moi des sales ouvrages de l’infâme de Sade… ».  

Allez, vive le libertinage et à bas la calotte (si j’ose dire) portez vous bien et à demain peut-être.

Poète, vos papiers !

Posté par erwandekeramoal dans LECTURE

Amis de la poésie et du saint Emilion réunis, bonjour ! Nous sommes le Mardi 26 janvier 2016, septième jour de Pluviôse dédié à l’amadouvier. Si j’évoque la poésie c’est parce que un 26 janvier (1855) vit la disparition de Gérard Labrunie, plus connu sous son nom de de-nerval-253x300poète, Gérard de Nerval, l’une des figures les plus émouvantes de la poésie française. Naviguant entre réalité et rêve, il a évoqué en des mots immortels les troubles de l’adolescence… et les charmes du Valois. Mais il souffrait de troubles mentaux et, à l’aube du 26 janvier 1855, on l’a retrouvé pendu dans la rue de la Vieille-Lanterne, dans le quartier du Châtelet, à Paris. Il avait 46 ans. La plus belle part du romantisme s’est éteinte avec lui. Il faut relire Sylvie, une nouvelle parue dans le recueil Les filles de feu et qui dépeint merveilleusement les affres d’un amour chimérique.

Il a vécu tantôt gai comme un sansonnet,
Tour à tour amoureux insouciant et tendre,
Tantôt sombre et rêveur comme un triste Clitandre.
Un jour il entendit qu’à sa porte on sonnait.
C’était la Mort ! Alors il la pria d’attendre
Qu’il eût posé le point à son dernier sonnet ;
Et puis sans s’émouvoir, il s’en alla s’étendre
Au fond du coffre froid où son corps frissonnait.
Il était paresseux, à ce que dit l’histoire,
Il laissait trop sécher l’encre dans l’écritoire.
Il voulait tout savoir mais il n’a rien connu.
Et quand vint le moment où, las de cette vie,
Un soir d’hiver, enfin l’âme lui fut ravie,
Il s’en alla disant : «Pourquoi suis-je venu ?»
(Gérard de Nerval, Épitaphe)

Un jour, dans le jardin du Palais-Royal, on vit Gérard traînant un 180px-Père-Lachaise_-_Division_49_-_Nerval_01homard vivant au bout d’un ruban bleu. L’histoire circula dans Paris et comme ses amis s’étonnaient, il répondit : En quoi un homard est-il plus ridicule qu’un chien, qu’un chat, qu’une gazelle, qu’un lion ou toute autre bête dont on se fait suivre ? J’ai le goût des homards, qui sont tranquilles, sérieux, savent les secrets de la mer, n’aboient pas… Il y avait du surréalisme avant l’heure chez ce grand romantique. Il affirmait  avoir été initié aux mystères druzes lors de son passage en Syrie, où il aurait atteint le grade de « refit », l’un des plus élevés de cette confrérie. Toute son œuvre est fortement teintée d’ésotérisme et de symboles alchimiques. Alors qu’on l’accusait d’être impie, il s’exclama : « Moi, pas de religion ? J’en ai dix-sept… au moins. » Ici à gauche, sa tombe au cimetière du Père Lachaise.

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

Le poète à souvent raison…

Posté par erwandekeramoal dans LECTURE

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Amis de la poésie et du saint Emilion réunis, bonjour ! Nous sommes le vendredi 22 mai 2015, troisième jour de Prairial dédié au trêfle. Si j’évoque la poésie c’est parce que un 22 mai (1808) vit la naissance de Gérard Labrunie, plus connu sous son nom de poète, Gérard de Nerval, l’une des figures les plus de nervalémouvantes de la poésie française. Naviguant entre réalité et rêve, il a évoqué en des mots immortels les troubles de l’adolescence… et les charmes du Valois. Mais il souffrait de troubles mentaux et, à l’aube du 26 janvier 1855, on l’a retrouvé pendu dans la rue de la Vieille-Lanterne, dans le quartier du Châtelet, à Paris. Il avait 46 ans. La plus belle part du romantisme s’est éteinte avec lui. Il faut relire Sylvie, une nouvelle parue dans le recueil Les filles de feu et qui dépeint merveilleusement les affres d’un amour chimérique.

Il a vécu tantôt gai comme un sansonnet,
Tour à tour amoureux insouciant et tendre,
Tantôt sombre et rêveur comme un triste Clitandre.
Un jour il entendit qu’à sa porte on sonnait.
C’était la Mort ! Alors il la pria d’attendre
Qu’il eût posé le point à son dernier sonnet ;
Et puis sans s’émouvoir, il s’en alla s’étendre
Au fond du coffre froid où son corps frissonnait.
Il était paresseux, à ce que dit l’histoire,
Il laissait trop sécher l’encre dans l’écritoire.
Il voulait tout savoir mais il n’a rien connu.
Et quand vint le moment où, las de cette vie,
Un soir d’hiver, enfin l’âme lui fut ravie,
Il s’en alla disant : «Pourquoi suis-je venu ?
(Gérard de Nerval, Épitaphe)

Un jour, dans le jardin du Palais-Royal, on vit Gérard traînant un homard vivant au bout d’un ruban bleu. L’histoire circula 180px-Père-Lachaise_-_Division_49_-_Nerval_01dans Paris et comme ses amis s’étonnaient, il répondit : En quoi un homard est-il plus ridicule qu’un chien, qu’un chat, qu’une gazelle, qu’un lion ou toute autre bête dont on se fait suivre ? J’ai le goût des homards, qui sont tranquilles, sérieux, savent les secrets de la mer, n’aboient pas… Il y avait du surréalisme avant l’heure chez ce grand romantique. Il affirmait  avoir été initié aux mystères druzes lors de son passage en Syrie, où il aurait atteint le grade de « refit », l’un des plus élevés de cette confrérie. Toute son œuvre est fortement teintée d’ésotérisme et de symboles alchimiques. Alors qu’on l’accusait d’être impie, il s’exclama : « Moi, pas de religion ? J’en ai dix-sept… au moins. » Ici à gauche, sa tombe au cimetière du Père Lachaise.

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

L’acacia m’est connu…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

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Amis du matérialisme dialectique et de la crêpe Suzette réunis, bonjour ! Nous sommes le lundi 02 juin 2014, 14è jour de Prairial que les républicains avaient dédié à l’acacia sur leur calendrier. On compte plus de 1 500 espèces d’acacias à travers le monde dont près de 1 000 uniquement en Australie. C’est d’ailleurs un acacia ou mimosa, le mimosa doré (Acacia pycnantha) qui est la fleur nationale de l’Australie. L’Arbre du Ténéré était un acacia solitaire,  raddiana ou un Acacia tortilis, arbre Ténéréqui fut à une époque considéré comme l’arbre le plus isolé de la Terre, aucun autre arbre ne se situant à moins de 400 km. Il faisait office de repère pour les bédouins des caravanes qui traversaient le désert du Ténéré au nord-est du Niger mais aussi pour les sagouins du paris-Dakar.  Il s’agissait du dernier survivant d’un groupe d’arbres qui avait poussé lorsque le désert était moins aride que maintenant et il s’est élevé, seul, pendant des décennies. Pendant l’hiver 1938-1939, un puits fut foré à côté de l’arbre par les militaires français pour faciliter le transit des convois militaires dans la région et on découvrit que ses racines atteignaient la nappe phréatique, plus de 30 mètres en dessous de la surface.
En 1973, l’arbre fut renversé par un camionneur libyen, sans doute ivre. Le 8 novembre 1973, l’arbre mort fut transporté au musée national Boubou-Hama à Niamey et remplacé par une simple sculpture métallique représentant un arbre. Nous Acacia_SC_Logoévoquons ici, le vrai acacia, le shittim, qui est un arbre du désert, au tronc tourmenté et noueux, d’un bois très serré et extrêmement dur et dont les branches sont recouvertes d’épines de trois à cinq centimètres. Dans le Sinaï, on raconte que l’acacia représente la mort… parce que rien ne pousse aux alentours tant ses longues racines sont avides de la moindre trace d’humidité (Plus de cinq mètres parfois). On dit aussi que c’est un symbole d’immortalité, de pureté, car il est réputé imputrescible. Et c’est avec ses branches que fut tressée la couronne d’épines du Christ … Plante, ô combien symbolique, qui renvoie à la légende d’Hiram, base de toutes initiations aux différentes maçonneries. Pour les anciens égyptiens, l’Acacia est la représentation du culte solaire, de la renaissance du jour, de l’immortalité. L’Acacia est la fleur de l’Initiation et de l’innocence, l’emblème de Nith que les anciens grecs associaient à Athena. Pour les hébreux, le Shittah est le bois sacré du Tabernacle. Il est dit qu’Abraham en planta un bosquet (‘e-shel ) à Beer-Sheba ( Gen. 21 ; 33 ).  Dans le Mythe d’Hiram, celui qui ôte la branche marquant l’emplacement du corps prononcera les mots indiquant que la moelle est dans l’os (M:.B:.).
Dans le Coran: « Les gens de la droite, mais que sont les gens de la droite? seront parmi des jujubiers sans épines et des acacias alignés, sous d’amples ombrages, près d’une eau vive, avec une abondance de fruits, non encore cueillis mais non défendus. » Sourate 56:27-33

Bon, on pourrait multiplier les exemples, ainsi, dans son « Histoire comparée des anciennes religions », Cornélius Tiele décrit une arche portée par quatre prêtres égyptiens sur laquelle on lisait « Osiris s’élance » et d’où émergeait un acacia. C’était la représentation de la vie éternelle symbolisée initiationpar la semence enfouie en terre et qui revit dans l’arbre. Dans de nombreuses traditions l’acacia est associé à l’immortalité ou aux symboles divins : en inde par exemple la louche sacrificielle attribuée à Brahmâ (sruk) est en bois d’acacia, pour les Bambaras, le premier rhombe fut fabriqué dans le même bois. Dans le Pentateuque, on nous apprend que l’Arche d’Alliance a été créé avec ce même matériau. Dans la pensée judéo-chrétienne cet arbuste en bois dur, imputrescible est un symbole solaire de renaissance et d’immortalité.
« Il faut savoir mourir pour naître à l’immortalité » a écrit Gérard de Nerval dans le Voyage en Orient. C’est donc un symbole universel, transmis dans toutes les Traditions avant de se trouver dans ce que René Guenon appelait une des seules voie Initiatique occidentale (avec le Compagnonnage) : La Franc-Maçonnerie. Mais là, il faut que je m’arrête, je vais pas non plus en faire une thèse hein ! Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

Fine plume et gros cochon…

Posté par erwandekeramoal dans LECTURE

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Amis de la théorie des probabilités discrètes et du chinchard en papillote réunis, bonjour ! Nous sommes le mercredi 23 octobre 2013, deuxième jour de Brumaire, dédié qui l’eut cru, au céleri. C’est rien de 58251542_ple dire, encore moins de l’écrire mais, il pleut sur Brest et, il vente aussi mais, madame Michu, le fond de l’air n’est pas frais pour la saison. J’hésite pourtant à enfiler les bottes pour une virée champignons. Mon aïeule, adepte de la ceinture Gibaud et qui avait un proverbe pour chaque jour, me l’a dit maintes fois: A la saint Séverin, chauffe tes reins. Allez donc écrire un billet après cet échange de banalités. C’est pourtant  le jour anniversaire de la naissance de Nicolas Edme Restif plus connu sous le nom de Restif de la Bretonne, encore un mal-élevé.

Il a eu la bonne idée de naître un 23 octobre en 1734 à Sacy, près d’Auxerre. Fils de paysan aisé il va se consacrer à la typographie. Il s’installe à Paris et va faire paraître de nombreux ouvrages dans lesimages domaines de l’érotisme mais aussi des guides de la vie parisienne et des biographies. Cependant l’œuvre majeure de Restif de la Bretonne est sa vaste autobiographie « Monsieur Nicolas » en huit volumes échelonnés entre 1794 et 1797. Ce livre fleuve se présente comme la reconstruction d’une existence et expose les tourments de l’auteur/narrateur comme à propos de la paternité – le titre complet est Monsieur Nicolas, ou le Cœur humain dévoilé -, mais témoigne aussi de son temps et constitue une source très abondante de renseignements sur la vie rurale et sur le monde des imprimeurs au XVIIIe siècle.

Outre ses activités d’écrivain et d’éditeur, il semblerait qu’il agissait comme indicateur de la police royale ce qui a bien failli lui attirer de gros problèmes au moment de la révolution. Il va mourir dans la misèreimages-23 le 3 février 1806 et sera inhumé au cimetière sainte Catherine.
Admirateur des idées de Rousseau, dont il estimait du reste assez peu le talent, Restif voulut, à son exemple, émettre des projets de réforme sociale, et montra dans ce qu’il écrivit sur le gouvernement, sur l’éducation, sur les femmes, le théâtre, etc, de la singularité et de la bizarrerie, mais également de la hardiesse, de l’originalité, quelquefois de la justesse. Le Marquis de Sade et Restif, dont les points de vue sont quasi opposés, se détestaient ; le premier a dit du second qu’il dormait avec une presse au pied de son lit tandis que Restif a traité Sade de « monstre », terme qu’il affectionne particulièrement et qu’on retrouve fréquemment sous sa plume. En revanche, il était apprécié notamment de Benjamin Constant, et de Schiller. Très critiqué par les puristes; on lui donna comme sobriquet « le Voltaire des femmes de chambre » ou « le Rousseau du ruisseau » mais Lavater l’appela « le Richardson français », et Gérard de Nerval lui consacre une biographie dans Les Illuminés, enfin il fit l’objet de l’admiration (tardive) des surréalistes.
Dans « l’anti-Justine« , il débute ses propos comme ceci: « Personne n’est plus outré que moi des sales ouvrages de l’infâme de Sade... ».  Sa fécondité fut extraordinaire, et son succès très grand. À une époque où tant d’œuvres fadement libertines remplissaient les boudoirs et les salons, une partie du public se prit de passion pour des romans qui portaient le cachet de la vérité et de la franchise.

Allez, vive le libertinage et à bas la calotte (si j’ose dire) portez vous bien et à demain peut-être.