Charles Maurin, peintre, graveur, anarchiste…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis du symbolisme et du canard laqué réunis, bonjour ! Nous sommes le Mardi 30 mars 2021, dixième jour de germinal dans notre 220px-Le_Petit_Journal_-_Arrestation_de_Ravacholcalendrier républicain dédié au couvoir. Le 30 mars 1892, à Paris, trois jours après l’attentat de la rue Clichy, Ravachol revient dans le restaurant de Very, 22 boulevard Magenta, où il avait eu une conversation sur l’anarchisme avec le garçon de salle Lhérot, le jour même de l’attentat. Lhérot faisant maintenant le lien entre ce personnage et l’attentat, envoi son patron Véry, prévenir la police. Celle-ci arrive sur les lieux et procède à l’arrestation de Ravachol qui voyant arriver les policiers tente de s’échapper. Une lutte s’engage entre Ravachol et cinq agents de police, lesquels sont secourus par des ravacholpassants venus à la rescousse. Finalement maîtrisé, Ravachol est embarqué dans un fiacre pour le quai des Orfèvres (Préfecture de Police). Durant le trajet il ne cesse ce crier : « A moi, les frères ! Vive l’anarchie ! Vive la dynamite ! ». Chacun a en tête son fameux portrait sur bois-gravé, réalisé par Maurin, torse nu entre les montants de la guillotine et que l’on voit ici à droite…

Tiens justement, parlons en: Le 1er avril 1856, naissance de Charles MAURIN au Puy (Auvergne). Peintre graveur et anarchiste, il excelle justement dans la technique du portrait et de l’auto-portrait comme Maurin-227x300celui que l’on voit ici à gauche. En 1875, il obtient le Prix Crozatier qui lui permet de venir à Paris étudier aux Beaux-Arts puis à l’Académie Julian (où il enseignera ensuite). Il expose au « Salon des Artistes Français » et devient membre de la Société en 1883. Ami de Toulouse-Lautrec, ce dernier fera sa première exposition particulière avec lui en 1893. Il puise son inspiration des artistes japonais, révolutionne la technique de l’eau-forte, et réalise également des bois-gravés. Il collabore à « La Revue Blanche » dirigée par Fénéon et initie Félix Vallotton à la gravure et à l’anarchisme. Maurin met parfois la perfection de son dessin au service de l’idée et cela explique qu’un tel artiste ait pu à la fois fréquenter les milieux anarchistes et exposer au Salon de la Rose+Croix en 1892. Sa virtuosité atteint un sommet dans le fameux triptyque de l’Aurore, exposé au salon de la Rose+Croix et dont on a fillette-poupéesouvent raillé la présence dans cette exposition. Ou encore Maternity (1893). La fascination du peintre pour l’enfance, dont la pureté serait à ses yeux un antidote à la laideur sociale d’un monde qu’il réprouve, se trouve amplement illustrée; on ne peut certes qu’être charmé par ces images gracieuses tant peintes que gravées, mais il faut aller au-delà de l’amabilité du sujet pour reconnaître en Maurin un artiste solide. La fillette à la poupée que l’on voit ici à droite est visible au musée d’Orsay. Enfin, le tableau, pas la fillette, gros dégoutants ! Maurin fait partie de ces anarchistes qui étaient plus habiles au maniement du pinceau que de la bombinette et c’est fort heureux pour nous.

Voila pour ce début de semaine ensoleillé, en attendant un prochain billet, portez vous bien et à bientôt peut-être.

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