Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

Amis de la lutte finale et du corned-beef réunis, bonjour ! Nous sommes le Jeudi 18 février 2021 qui est le trentième et dernier jour de pluviôse, dédié au traîneau.

Le championnat du Monde de Boulou-pok aura t-il lieu ?

Je sais que vous êtes des milliers à attendre l’info avec fébrilité:  Petit rappel; ce jeu se pratique depuis plus de cinq siècles à Guerlesquin (29). La compétition ayant été créée par un prêtre désirant meubler les loisirs de ses ouailles avant la période du Carême, un registre des cotisations datant de 1856, avec report d’un volume précédent, prouve le sérieux et la prospérité de cette véritable institution. Ce championnat est devenu pour certains Guerlesquinais désireux de perpétuer la boulou-poktradition un rendez-vous incontournable. Deux équipes exclusivement masculines s’affrontent : les Nordistes – ayant leur façade de maison orientée au sud – et les Sudistes dont l’entrée de maison se trouve au nord. Munis de leurs deux « bouloù », des demi boules de buis lestées de plomb (savoir-faire connu de quelques Guerlesquinais seulement ) les joueurs, suivant les instructions de leurs capitaines, tentent de remporter le point en approchant leurs boules au plus près du « maestr » pendant que quelques collègues détournent l’attention de leurs adversaires d’un jour en les invitant à se désaltérer.

 

 

Sachez enfin que le muche (mètre) n’est pas autorisé. « Les morceaux de bois, si possible un peu de travers, font l’affaire », vous expliquera t-on, il y a peu de temps, un joueur avait utilisé une application de son autour-du-bustesmartphone pour mesurer qui avait le point. Trop geek, il s’est fait viré sur le champ… Comme l’exige la tradition, le vainqueur est proclamé par le Tambour et chaque équipier se voit offrir des mains de son capitaine une feuille de laurier. L’équipe se retrouve alors autour du buste de Prosper Proux, barde Guerlesquinais du 19ème siècle, pour la photo finale. Cette partie capitale terminée, c’est au tour des cafetiers de s’affronter autour d’un simple lancer de boules afin de définir celui qui aura l’honneur de servir le « GWIN BIAN » (petit vin), apéritif réunissant joyeusement champions du monde et perdants revanchards. La journée se termine autour du « GWIN BRAS » (grand vin) qui est devenu un banquet fort animé.

Et bien voilà, vous savez tout ou presque. Petite pensée pour Lucien Gourong, conteur de l’île de Groix qui vient de casser sa pipe. Allez, merci encore de passer par ici, portez vous bien et à bientôt peut-être.

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