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Le temps des cerises…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de la butte Montmartre et de la grève générale, illimitée et insurrectionnelle réunies, bonjour ! Nous sommes le Mardi 23 février 2021, correspondant au cinquièmejour de ventôse qui était généralement dédié au bouc, ce qui bien évidemment n’a rien à voir avec ce qui suit.

Le 23 février 1903, à Paris. Mort de Jean-Baptiste Clément(né le 31 mai 1836, à Boulogne). En vidéo, « la semaine sanglante » chantée par Marc Ogeret et que l’on doit aussi à J.B. Clément. Semaine durant laquelle la répression s’abattit sur les « insurgés » de la Commune (1871) et se termina au mur des fédérés… Communard, il le fut, et auteur de la célèbre chanson  » Le Temps des Cerises. » Avant 1870, il est plusieurs fois condamné à la prison pour ses écrits et pamphlets « Les Carmagnoles »,  » 89″, etc. Il siège ensuite à la Commune de Paris. Le 28 mai, il est avec Varlin et Ferré, sur la dernière des barricades. Il se JB Clement-G-cache un temps, avant de pouvoir trouver refuge en Angleterre, via la Belgique. Condamné à mort par contumace en 1874, il ne rentre en France qu’après l’amnistie de 1879. Il devient socialiste, et s’engage dans le syndicalisme, particulièrement dans les Ardennes, où il donne de nombreuses conférences, organise des syndicats, etc. Le « Temps des Cerises » fut écrit en 1866. Mais c’est en 1885 qu’il dédiera cette chanson à Louise, ambulancière sur la dernière barricade du 28 mai. Cette chanson deviendra le symbole de la Commune de Paris. Ici, une magnifique photographie que l’on doit à NADAR. En 1885, il fonde le cercle d’études socialiste, l’Étincelle de Charleville et la Fédération socialiste des Ardennes. Il est initié franc-maçon en 1898 à la Loge « Les Rénovateurs » à Clichy, près de Paris. Lorsqu’il fut inhumé au cimetière du Père-Lachaise le 26 février 1903, entre quatre et cinq mille personnes assistèrent à la cérémonie. Ce fut certes un grand parolier mais pas un grand visionnaire…

 

 

Mon pauvre Jean-Baptiste, un siècle après ta mort, regarde ce qu’ils font de tes rêves, de tes espoirs, de tes acquis, toi qui, avec Louise Michel, Jules Vallès, Eugène Varlin, Gustave Courbet, Blanqui, Delescluze, Maxime Vuillaume créateur du « Père Duchène », avez rêvé d’un nouveau monde. Qui se souvient que pendant ces quelques vive la Communesemaines, vous avez imaginé la séparation des églises et de l’État, la diminution du temps de travail, l’égalité homme-femme, la liberté de la presse, l’interdiction du travail de nuit, la journée de dix heures, le mariage libre par consentement mutuel, la fin de l’enseignement confessionnel… Aujourd’hui, le patronat et ses marcheurs, hommes liges de la haute finance, ont sifflé la fin de la récré et les soi-disant socialistes, le doigt sur la couture du bragou-braz, ne se souviennent plus où ils habitent.

J’ai pas franchement l’impression que le grand soir est pour demain. Allez, il n’est pas nécessaire d’espérer pour entreprendre ni de réussir pour persévérer (un kilo de cerises à qui me retrouve la citation exacte) on finira bien par les avoir. En attendant ce jour, portez vous bien et à bientôt peut-être.