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La rose et le lapin…

Posté par erwandekeramoal dans HUMEUR

Amis du cinématographe et du pop-corn réunis, bonjour ! Nous voici le Samedi 30 janvier de l’an 2021 et nos amis républicains dans leur grande sagesse et leur petit calendrier avaient dédié ce jour à rose de Noëll’hellébore. L’helléborus niger, encore nommée « rose de Noël » tient son appellation d’une jolie légende que je m’en vais vous conter ici. Nous voici au cœur de la nuit qui vit la naissance du petit Jésus. Madelon, une bergère gardant ses moutons, voit une caravane de bergers et Rois Mages traverser son champ enneigé pour aller offrir leurs cadeaux au nouveau-né. La pauvrette se dit in petto: Tiens, le Paris-Dakar est plus tôt cette année… N’ayant rien à offrir, elle se met à pleurer. Un ange qui appartenait au comité de course voit ses larmes sur la neige, les effleure et fait éclore son cadeau, une fleur blanche ombrée de rose : la rose de Noël. C’est pas beautiful ça !

Au Moyen-Âge encore, la plante se nommait aussi Aliboron, terme de l’ancien français issu lui-même du grec elleboros, folie. L’ellébore porte le nom d’anticyricón, notamment chez  Dioscoride. Dans la Rome antique,Boronali le proverbe mettre le cap sur Antycire signifiait montrer des signes de folie; on retrouve ce proverbe chez Horace. Considérée comme un remède universel contre la folie dès l’Antiquité, aliboron a pu être associé au nom de maistre pour désigner le médecin, puis le savant et enfin l’âne ou le « maître Aliboron », personnage ridicule car se mêlant de tout. Aliboron a aussi donné son nom, par anagramme interposé, à un peintre qui défraya la chronique: Boronali fut célèbre au début du XXe siècle, bien que n’ayant jamais peint qu’une seule toile… Mais auparavant, un tour à Montmartre avec Georges Chelon.

 


Au salon des Indépendants de 1910 figure la toile Coucher de soleil sur l’Adriatique. Le catalogue en donne pour auteur « JR. Boronali, peintre né à Gênes ». En raison du caractère abstrait de cette peinture, les critiques s’enthousiasment et l’affaire fait grand bruit, jusqu’au jour où lapin-à-Gille journal Le Matin reçoit la visite de l’écrivain Roland Dorgelès qui révèle, constat d’huissier à l’appui, que l’auteur se nomme en fait « Lolo », et qu’il est l’âne du patron du Lapin Agile, célèbre cabaret de la butte Montmartre. Sur la photo à droite, le « Père Frédé » et son âne Lolo. Boronali est l’anagramme d’Aliboron, le nom donné à l’âne par Jean de La Fontaine. Dorgelès, avec deux amis peintres, André Warnod et Jules Depaquit, avait attaché un pinceau à la queue de l’animal qui devint ainsi la vedette du Salon. Et la toile s’est vendue 400 francs… Le fameux cabaret lui, il doit son nom au caricaturiste André Gill qui imagina comme enseigne, un lapin bondissant hors de la casserole. Par jeux de mots, le lapin à Gill devint le lapin agile. L’original de l’enseigne est conservé au musée de Montmartre.

Et voilà, on cause, on cause et on ne sait plus très bien où cela nous entraîne. En tous cas, c’est sympa à vous d’être passé, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Le blues de Willie Dixon…

Posté par erwandekeramoal dans JAZZ, PORTRAIT

Amis de la presse satirique et (forcément) du canard laqué réunis, bonjour ! Ce Vendredi 29 janvier 2021 ressemble comme deux gouttes d’eau à un 10 de Pluviôse, jour dédié à la cognée. Rassurez vous, manche et cognéej’évoque ici ce bel outil qui, nous dit-on, ne doit pas être jeté ni avant ni après le manche. Allusion à l’apologue du bûcheron qui, ayant laissé tomber dans un gouffre le fer de sa cognée, et désespérant de l’en retirer, y jeta le manche dont il pouvait encore faire usage. Comme disait mon aïeule en plagiant le grand Sénèque: Et post malam segetem serendum est, ce qui signifie : Après mauvaise récolte, il faut semer encore. En clair, mieux vaut lever le coude que baisser les bras.

Tiens, dédicace à Glenn.

Mon cadet s’est mis en tête de s’imprégner de l’histoire du blues, histoire de digérer les confinements. Du coup, je lui glisse quelques mots à propos de Willie Dixon. C’était un musicien, contrebassiste, Willie_Dixon-202x300compositeur, arrangeur, producteur et chanteur de blues américain. Son influence artistique chez Chess Records, autant que son rôle au début de la carrière de Chuck Berry et de Bo Diddley, ont été prépondérants. Par ses multiples talents, il a largement contribué à façonner une bonne partie du Chicago blues de l’immédiat après-guerre. A l’âge de 12 ans il est condamné pour un petit chapardage aux travaux forcés dans le terrible pénitencier de Ball Ground: sadisme des gardiens, meurtres, viols…Cette expérience le marquera à jamais. Il découvre la pratique du blues en prison, il chante et écrit des poèmes. Il déménage ensuite à Chicago où il devient boxeur professionnel mais arrête rapidement.


 

C‘est en 1959 qu’il sort le premier disque sous son nom : Willie’s blues. Il est principalement reconnu pour sa capacité à écrire et composer des chansons, mais aussi pour son apport exceptionnel dans ce genre musical en tant que producteur, il a même dit un jour « I am the blues », littéralement « Je suis le blues ». Willie Dixon écrit des chansons dessin-dixon.jpemythiques comme Back Door Man (1960), Evil (1954), You Shook Me (1962) ou encore Wang Dang Doodle (1960). Il sort une vingtaine de disques sous son nom entre 1959 et 2001 sous divers labels dont Columbia, Folkways ou encore Pausa. Il meurt en 1992, d’un arrêt cardiaque, alors qu’il est déjà atteint de diabète depuis des décennies. Willie Dixon a été récompensé d’un Grammy Award en 1989 pour l’album Hidden Charms. Il rentre peu après sa mort dans le prestigieux Rock n’ Roll Hall of Fame. Le chanteur français Francis Cabrel luit rend hommage dans une chanson en 1999, ainsi que les musiciens Bob Dylan et Tom Cochrane. Plusieurs livres ont été écrits sur sa vie.

Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Alexandra David-Néel…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé, PORTRAIT

Amis du surréalisme et de l’escalope saltimbocca réunis bonjour ! Ce Jeudi 28 janvier 2015 nous prouve qu’irrémédiablement, on se rapproche de la fin du mois… En effet, nous sommes le 9è jour de pluviosepluviôse, généralement dédié au peuplier. Comment ne pas avoir une pensée pour (et de) Pierre Dac. Un seul hêtre vous manque et tout est peuplier… Je l’attribue à Pierre Dac mais très franchement je ne saurai l’attester. C’est peut-être bien le facteur Cheval ou le douanier Rousseau ou le sapeur Camember ou encore, la femme du boulanger, la cane de Jeanne, la famille Duraton ou le soldat inconnu. Il en va des citations comme des objets trouvés, au bout de un an et un jour vous pouvez vous les approprier. En tous cas, elle n’est pas de moi et, à la vérité je m’en réjouis, car elle n’est pas franchement terrible. Vous avez évidemment remarqué, perspicaces lecteurs, qu’à chaque fois que j’utilise ce style amphigourique c’est que précisément, je n’ai rien à dire de particulier.

Connaissez vous Louise Eugénie Alexandrine Marie David ? Bon c’est vrai, elle est plus connue sous son nom de plume: Alexandra David-Néel. De nationalités Française et Belge, c’est une orientaliste, tibétologue, chanteuse d’opéra, journaliste, écrivaine, exploratrice et j’en passe sûrement. Elle fut en 1924, la première européenne à séjourner à Lhassa au Tibet. C’est un 28 Janvier qu’elle pénétra cette mystérieuse cité. (Ici, à droite en 1886 lors de sa présentation au roialexandra des Belges.) L’orthodoxie voudrait que l’on prononçât Né-el et non Nil mais la mode anglo-saxonne à produit son effet. Son père était instituteur, militant républicain lors de la révolution de 1848 et grand ami du géographe anarchiste Élisée Reclus. C’est celui-ci qui l’amène à s’intéresser aux idées anarchistes de l’époque (Stirner, Bakounine) et aux féministes qui lui inspirèrent la publication de « Pour la vie ». Adolescente, elle s’enfuit de Ostende pour gagner l’Angleterre. Elle devint première chanteuse à l’opéra de Hanoï. Elle abandonne sa carrière de chanteuse en 1902. C’est en 1904, à Tunis, qu’elle épouse Philippe Néel. Vie de couple qui se termina définitivement en 1911 lors de son départ pour son troisième voyage en Inde. En 1914 elle rencontre Aphur Yongden, agé de 15 ans et en fera plus tard son fils adoptif. A Lachen, elle va vivre auprès d’un des plus grands Gomchens (ermite) de l’époque et recevoir son enseignement.

 

C‘est un long périple à travers la Corée, Pékin, le Gobi, la Mongolie qui va l’emmener elle et Aphur déguisés en mendiante et moine jusqu’à Lhassa, nous sommes en 1924 (Photo de gauche.) Puis, Alexandra va rentrer en France où elle s’installe sur les hauteurs de Toulon. Elle va y alex-2écrire plusieurs livres relatant ses voyages. En 1937, âgée de 69 ans elle décide de repartir pour la Chine avec Aphur Yongden via Bruxelles, Moscou et le transsibérien. Elle se retrouve en pleine guerre sino-japonaise et assiste aux horreurs de ce conflit. Fuyant les combats elle erre en Chine et finit par se retrouver en 1946 en Inde. Elle perdra son compagnon de voyage en 1955 et, à cent ans et demi, elle demande le renouvellement de son passeport au Préfet des Basses-Alpes. Elle s’éteindra quelques mois plus tard. Ses cendres ont été transportées à Vârânasî en 1973 pour être dispersées avec celles de son fils adoptif dans le Gange. A lire: Pour la vie. 1898 aux éd. Les nuits rouges – Le féminisme rationnel. 1909 même éditeur – Les enseignements secrets des bouddhistes tibétains. 1951 ed. Pygmalion. Et bien d’autres choses encore. Une sacrée grande bonne femme qui méritait bien de rejoindre nos héros dans cette galerie de portraits.

Merci mille fois d’être passé par ici, confinez vous, amusez vous, la vie passera comme un rêve. Et à bientôt peut-être.

La reine du Gospel…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis du Tiers-État et de la potée auvergnate réunies, bonjour ! Nous bois-jolisommes le Mercredi 27 janvier 2021. Ce 8è jour de pluviôse est dédié au bois-joli, une sorte d’espèce de genre de laurier qui porte bien son nom. De son vrai nom: Daphné loréola et voici pourquoi. Vous avez lu le récit d’Ovide qui conte comment, alors qu’elle était poursuivie par Apollon et qu’elle souhaitait lui échapper, la déesse Daphné se changea en laurier. Apollon vaincu par la nymphe ne put saisir qu’une seule petite branche, un rameau ; il fit du laurier son arbre. Plus étonnant encore, le mot “baccalauréat” est un dérivé du mot “laurier” puisque ce terme vient d’un mot latin signifiant “baie de laurier” : une couronne ou un rameau de lauriers ceignait, à l’origine, les génies et les sages. Etonnant, non!

Tout à fait autre chose.

Petite page en souvenir d’une des plus grandes sinon la plus grande de toutes les chanteuses de Gospel disparue un 27 janvier de l’année 1972.  J’ai choisi de vous faire écouter « Trouble of the world », c’est Mahaliad’actualité. La vidéo est tirée d’un film où Mahalia Jackson apparaît à la fin; il s’agit de « Mirage de la vie » de Dougla Sirk en 1959. En 1946 et 1947, celle que l’on surnomme couramment la « reine du Gospel » enregistre une série de titres (dont I’m Going to Tell God et Move On Up a Little Higher, disque vendu à plus d’un million d’exemplaires, et le fameux hymne baptiste Amazing Grace) qui la révèle au public américain. Elle chante par ailleurs Precious Lord, Take My Hand dans l’un des immenses stades de football de Washington devant un public enthousiaste.

 


 

Entre 1949 et 1952, elle interprète des grands succès comme Silent Night, Walking to Jerusalem et le plus populaire d’entre eux, In the Upper Room. Mahalia Jackson se produit par la suite au Carnegie Hall, célèbre king2-300x221salle de concert de New York. Grande vedette, gérant parfaitement sa carrière mais cédant parfois aux exigences commerciales des producteurs pour élargir son audience, Mahalia Jackson participe, malgré des problèmes cardiaques, aux rendez-vous européens tels que le festival d’Antibes-Juan-les-Pins en 1968 où elle se produit pendant plus de trois heures, habitée par une sensibilité et une ferveur inoubliables. Amie fidèle du pasteur Martin Luther King, elle se trouve à ses côtés pour la défense des droits civiques des Noirs et chante devant des milliers de personnes lors du service funèbre du leader assassiné.

Allez, merci pour la visite, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Un poêle dans les mains…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de l’entre-deux et du soufflé au fromage réunis, bonjour! Nous sommes le Mardi 26 janvier 2021, 7è jour de Pluviôse dédié à l’Amadouvier. C’est une espèce de champignon dont on tirait le fameux amadou. Les plus anciens se souviennent des lampes et briquets à briquetamadou que l’on nommait les briquets tempête et qui faisaient partie du barda militaire à une époque. Savez vous qu’au Portugal, l’usage et la simple détention de briquets nécessita une licence entre 1937 et 1970. Ce décret-loi fut institué sous la dictature d’Antonio Salazar, afin de soutenir les fabricants locaux d’allumettes. Les contrevenants s’exposaient à une amende de 250 escudos (la somme était doublée pour les fonctionnaires et les militaires). Le décret ne fut abrogé qu’en mai 1970.Étonnant, non !

Tout à fait autre chose.

Dimanche soir, au cours d’un repas entre gens de bonne compagnie, le débat portait sur les utopies fouriéristes, les tentatives de phalanstères (dont celle de Rousseau à Keremma-29) et l’expérience du familistère de Godin. Je profite de la date anniversaire de sa naissance pour en remettre une couche. Le 26 janvier 1817 donc, naissance de Jean-Baptiste GODIN. Chacun connaît les fameux poêles du même nom mais peu l’histoire de cet inventeur social et humaniste. Penseur socialiste utopique, Fouriériste, fondateur du Familistère de Godin-G-Guise. En 1840, il se lance dans la fabrication de poêles et fourneaux en fonte, remplaçant la tôle jusque-là utilisée. Le succès est au rendez-vous, il emploie alors quelques ouvriers. Militant républicain, socialiste et anticlérical, influencé par les idées de phalanstères chères à Charles Fourier , il n’aura de cesse, le succès aidant, d’adapter et de mettre en pratique ces théories. En 1843 il adhère à « L’École Sociétaire » (phalanstérienne) et correspond avec Victor Considérant. Ses idées étant suspectes aux autorités après le coup d’État de Bonaparte, il ouvre en 1854 une succursale à Laeken-les-Bruxelles (Belgique) pour se prémunir d’un possible exil. Après avoir acheté un terrain à Guise (dép. de l’Aisne) en 1846, il va, à partir de 1859, concrétiser son rêve de construction du « Palais social ». Vaste ensemble architectural qui prendra le nom de « Familistère » (Palais des Familles) voir la photo. Il comptera jusqu’à 500 logements et regroupera progressivement autour de l’usine: nourricerie, pouponnat, économat, théâtre, écoles et buanderie. L’entreprise compte 900 employés en 1867.

En 1871, devenu Maire de la ville de Guise, il est élu député à l’Assemblée Nationale et expose ses idées dans l’ouvrage « Solutions Sociales » qui sera publié pendant la Commune de Paris. Après avoir créée la revue « Le Devoir » (en 1878), la Société du Familistère de familistèreGuise « Association coopérative du Capital et du Travail » voit le jour le 13 août 1880, elle durera jusqu’en 1968. En 1882, le Familistère ne suffisant plus pour loger les ouvriers de l’usine, des bâtiments annexes sont construits. Jean-Baptiste Godin s’éteint le 15 janvier 1888. L’entreprise poursuivra l’aventure symbolisée par le succès des poêles Godin (avec 2500 employés en 1926) et maintiendra son statut coopératif jusqu’en 1968. Aujourd’hui le Familistère (qui est classé monument historique) se visite, et un « Banquet de l’Utopie » y est organisé chaque 1er mai. Et puis hier, est paru ceci dans le journal l’Aisne nouvelle:

Le Familistère de Guise se tient prêt pour la réouverture

 

Même si le site est fermé, il y a de la vie au Familistère : les travaux vont bon train, une exposition sera bientôt lancée et les projets ne manquent pas, assure le conservateur Frédéric Panni.

 

Allez, merci de votre visite, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Anne, ma soeur Anne…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

Amis des sciences occultes et des coups de pied au cul réunis, bonjour ! Nous sommes le Lundi 25 janvier 2021, sixième jour de Pluviôse dédié au Laurier-tin et non au laurier-thym comme on le rencontre parfois orthographié. On le nomme aussi, Viorne-tin voire lauretin. En Bretagne certains vont célébrer les Konhouarn? Un prénom très ancien et très peu usité que l’on doit au vieux breton Kon (guerrier) et Houarn (le fer). Il s’agirait d’un moine ayant été le compagnon de Konwoïon en l’abbaye de Redon…

Le 25 janvier 1477 à Nantes, naissance d’Anne de Bretagne. Fille et héritière de François II, dernier duc de Bretagne, Anne est mariée par procuration à l’empereur Maximilien 1er dans l’espoir de soustraire le duché à l’avidité du gouvernement de Charles VIII, roi de France. Elle n’en est pas moins contrainte d’épouser celui-ci en 1491, au château deAnnedeBretagnereduit-196x300 Langeais. Le couple aura cinq ou six enfants dont aucun ne survivra. Après son veuvage, redevenue duchesse de plein droit, elle négocie chèrement son remariage avec le successeur de Charles VIII, son cousin Louis d’Orléans, devenu Louis XII. Le couple aura cette fois huit enfants dont survivront seulement deux filles. Anne voudrait que l’aînée, Claude, épouse l’empereur Charles Quint (le petit-fils de son ex-fiancé Maximilien !). C’est toujours pour préserver l’indépendance de son cher duché, dans lequel, depuis son premier mariage, elle n’a eu l’occasion de séjourner que quelques mois au total. Mais sitôt après sa mort (O9 janvier 1514 à Blois), le 8 mai 1514, Claude épouse François d’Angoulême, cousin et héritier légitime de Louis XII, qui deviendra roi le 1er janvier suivant sous le nom de François 1er.

La reine Claude, chère au cœur des Français, mourra en 1524, à 24 ans statue-Rennes-203x300après avoir donné le jour à sept enfants et laissé son prénom à… une prune. L’avenir de la Bretagne sera définitivement scellé lors de la signature du traité de 1532, que l’on qualifie de traité d’union et qui cache en réalité une annexion. L’Union de la Bretagne et de la France (photo de gauche), monument conçu par Jean Boucher en 1911, représentait la Duchesse Anne et le roi Charles VIII. Situé dans une niche de la façade de l’hôtel de ville de Rennes, il fut détruit par des séparatistes bretons en 1932, et depuis lors jamais remplacé. Et voila pourquoi, Anne, ma sœur Anne, je ne vois toujours rien venir que le soleil qui poudroie et l’herbe qui verdoie. Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Le roitelet, l’oiseau des druides…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

Amis du jazz manouche et du ragout de hérisson réunis, bonjour ! Nous sommes le Samedi 23 janvier 2021, quatrième jour de pluviôse, dédié au Perce-neige, les puristes de l’orthographe ne manqueront pas de relever qu’il faudrait dire la perce-neige; et je ne vous parle même pas du pluriel, un truc à épater maître Capello lui même. Entre ceux qui en font un invariable et ceux qui mettent un S à neige… Personnellement je m’en soucie comme de ma première pipe en terre.

Fêtons dignement les Laouenan: Laouenan vient de « Laouen » qui signifie gai, joyeux, rieur comme dans l’expression Nedeleg laouenn (joyeux Noël): c’est ainsi que l’on nomme le roitelet en Bretagne. A ce propos, le lendemain de Noël chez nos cousins d’Irlande, du Pays de la-an-dreolinGalles ou de l’île de Man subsiste encore la tradition de « la Chasse au Wran » ou le « Roitelet ». Faut-il rappeler que le roitelet est l’oiseau sacré des druides avec qui il partage le nom d’origine Dryw en Gallois et Drew en breton. Les irlandais lui ont donné le nom de « druide des oiseaux » Dreoilin; d’où le nom de cette fête: là an dreoilin. Les gens se déguisent avec des vieux vêtements et se peignent le visage, portent des chapeaux de paille et voyagent de maison en maison avec des chants, de la musique et en dansant. Naguère en Irlande, les jeunes garçons et les hommes connus sous le nom de «The Boys Wren» allaient dans les bois. Ils chassaient et tuaient un roitelet, puis faisaient un défilé avec l’oiseau mort à travers la ville au sommet d’un mât décoré. C’était d’une délicatesse désarmante, non ?

 

Cette tradition, quoique en voie de disparition et surtout, de folklorisation, peut encore être vue dans certaines villes et villages en boys-wrenIrlande. Les garçons Wren marchent dans les rues vêtus de costumes traditionnels (généralement quelque chose fabriqué à partir de paille) au rythme des tambours et ils s’arrêtent devant les bars en jouant de la musique traditionnelle. (cela me rappelle le Mardi Gras à Douarnenez; sauf que nous on s’arrête dans les bars même quand c’est pas la fête…). L’argent qui est perçu est reversé aux œuvres de charité et bien sûr le roitelet n’est plus tué, les garçons Wren marchent avec un oiseau factice.

Et voilà pour ce jour. Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

La Commune n’est pas morte…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

Amis du stoïcisme et de la médecine par les plantes réunis, bonjour ! Nous sommes le Vendredi vingt-deux Janvier 2021 c’est à dire le 3è chatsjour de Pluviôse du calendrier républicain français. Pour les puristes, je précise que le décret du 4 frimaire an II orthographiait le nom du mois « pluviose », sans accent circonflexe. Ce jour était dédié au fragon, bien connu dans nos campagnes sous le nom de Petit-houx. Certains l’appellent la fragonnette et on l’utilisait autrefois pour fabriquer des balais. Pluviôse évoque toujours pour moi ce proverbe qu’utilisait mon aïeule: Glav da Sul, glav da Lun, Ha glav e-pad ar sizhun ( Pluie le dimanche, pluie le lundi, et pluie toute la semaine.) Cela ne devait pas s’appliquer à la Bretagne…

22 Janvier 1905: funérailles de Louise Michel.

Louise Michel est morte le 9 janvier 1905 à Marseille où elle s’était rendue pour donner l’une de ses innombrables conférences en faveur de la cause libertaire; victime d’une congestion pulmonaire. La dépouille de la « Vierge rouge » fut ramenée à Paris. À la gare de Lyon, d’importantes forces de police avaient été déployées pour contenicommune-louise-michel-funeraillesr le cortège funèbre qui devait accompagner jusqu’au cimetière de Levallois-Perret le corbillard de septième classe, dit « des pauvres », recouvert d’un drap rouge et bordé de noir. Ses funérailles rassemblent une foule de plusieurs milliers de personnes à Paris, le dimanche 22 janvier 1905… le même jour que la première révolution russe. L’égérie de la Commune de Paris sera inhumée au cimetière de Levallois, au nord-ouest de la capitale. Un cortège de plus de 100 000 personnes accompagne son cercueil.

Parti à 8 heures de la gare de Lyon à Paris, il n’arrive qu’à 17 heures au cimetière de Levallois où elle sera enterrée. Le préfet Lepine, qui tente de suivre le cortège, en est chassé par les anarchistes. La cérémonie Louise-Michel-14s’achève par un grand meeting, où Benoît Broutchoux, Charles Malato et Séverine prennent la parole. De nombreux orateurs donc, parmi lesquels le Vénérable de la Loge « La Fraternité Universelle » (Grande Loge Symbolique Ecossaise mixte et maintenue) où elle avait été initiée quelques mois auparavant. D’ailleurs, des emblèmes maçonniques seront déposés sur le cercueil… (Eau-forte d’Albert Peters-Desteray.) Ce que l’on sait moins c’est que Louise était née en Mai 1830 des amours ancillaires d’un châtelain, Charles, Étienne Demahis (plus vraisemblablement de son fils) et de sa jeune servante Marianne Michel.

Voilà, c’est tout pour aujourd’hui, de longs et difficiles travaux m’attendent encore si je veux terminer mon ouvrage dans les temps. Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Destins croisés…

Posté par erwandekeramoal dans HUMEUR

Amis de la chirurgie ambulatoire et du pouce-pied mayonnaise réunis, bonjour ! Ce Jeudi 21 janvier 2021 correspond au deuxième jour de sant-erwannPluviôse dans notre calendrier républicain. C’était le jour dédié à la mousse, ce qui, en temps ordinaire, m’aurait conduit à m’en faire couler une petite. Pourquoi pas une Sant Erwann tiens; c’est une bière de haute fermentation produite par la Brasserie de Bretagne. C’est une bière de caractère, assez alcoolisée, composée de sept céréales : orge, blé, avoine, blé noir, épeautre, millet et seigle (cela est souligné par le slogan sur l’étiquette : 7 siècles, 7 céréales, 7 degrés).

Destins croisés…

La vie s’emploie chaque jour à nous proposer des coïncidences parfois drôles, quelquefois dramatiques et toujours surprenantes. Tenez, à priori, quoi de commun entre ces deux hommes: Vladimir Ilitch OulianovLenine-haranguant qui fut relégué par la police du tsar en Sibérie, au bord de la Léna (d’où le surnom Lénine par lequel il se fera dès lors appeler). Et, Eric Arthur Blair qui se fera appeler George Orwell, né d’un père fonctionnaire en charge du commerce de l’opium aux Indes. Et bien, tous deux sont décédés un 21 Janvier et, plus le premier raffermissait le communisme à la mode soviétique, plus le second s’en éloignait. La « Révolution d’Octobre » débouche sur le pouvoir sans partage des bolcheviques (le nom venant de большинство, bolchinstvo, qui signifie « majorité », par opposition aux mencheviks du russe : меньшинство, menchinstvo, « minorité »). Le Bolchevisme deviendra le Communisme et celui-ci cédera la place au Stalinisme, vous connaissez la suite.

De son côté, le jeune Blair découvre très tôt la nécessité de s’engager. Après des études au collège d’Eton, où il découvre le militantisme, il s’engage comme sergent en Birmanie puis vit de petits boulots à Paris et Londres. Il va se battre en Espagne dès 1936 aux côtés des Orwell-anarchistecommunistes dissidents du POUM, il prend conscience de la nature totalitaire du communisme à une époque où les intellectuels de son espèce préféraient en chanter les louanges. À la veille de la seconde guerre mondiale, il est réformé suite à une blessure à la gorge et devient reporter. C’est ainsi qu’il publie en 1945 un petit roman parodique: la Ferme des Animaux. Il s’agit d’une allégorie satirique du communisme qui raconte la prise de pouvoir des animaux dans une ferme, à l’instigation des cochons, et la manière dont ces derniers s’arrogent un pouvoir dictatorial au nom des grands principes : « Tous les animaux sont égaux mais certains sont plus égaux que d’autres…» En 1949, son dernier roman, 1984, décrit une société totalitaire sous le regard d’un chef omniprésent, « Big Brother » et chacun de reconnaître le petit père du peuple dans le grand frère du roman – Staline. L’autorité s’exerce par le contrôle de la langue officielle, la novlangue.

Etonnant, non ! Allez, merci de votre visite, portez vous bien et à bientôt peut-être.

La possibilité d’une île…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

Amis des stances à Marquise et du maquereau à l’oseille réunis, bonjour ! Nous sommes donc le Mercredi 20 janvier 290px-Daphne_laureola1-150x1502021 et, dans le calendrier républicain, c’est le premier jour de Pluviôse, dédié au Lauréole encore nommé le Daphné lauréole ou Laurier des bois. Daphné du laurier ne doit pas non plus (même dans les diners en ville) être confondu avec Daphné du Maurier, la célèbre romancière à qui nous devons Les oiseaux, mais aussi et peut-être surtout Rebecca magistralement adaptés au cinéma par Hitchcock himself…  Rien à voir avec l’auréole de sainteté que chantait Glenmor.

 

Tiens, à ce propos, je constate qu’aujourd’hui c’est la saint Tarieg (oui je sais, y’en a pas beaucoup par ici). Il naquit en Bretagne (Vè siècle) il en devint évêque après avoir suivi l’enseignement de Gweltaz. Il est le patron de la commune de Lannilis (29) et a laissé son nom à l’île Tariec. Enfin, c’est une île à la mode de Bretagne, on s’y rend à pied à marée basse. Tronçonnée dans la seconde moitié du 19ème siècle à la suite de causes naturelles (aidées par l’extraction du sable par l’homme ?) on distingue ile-tariegaujourd’hui la grande et la petite Tariec. A l’Ouest de l’île, on remarque un petit menhir, sans doute vestige d’un culte solaire. Lorsqu’on pose le menton sur le menhir, on peut voir le soleil se lever le matin du solstice d’été  exactement entre les pieds du dolmen de Guernevez, situé sur le continent. Pour ceux qui ne connaisse pas bien le coin; nous sommes en plein pays des abers entre l’aber Wrac’h et l’aber Benoist. Il s’agit d’une partie de la commune de Landéda, au large de la presqu’île de Sainte-Marguerite. Elle est composée de plusieurs parcelles appartenant à des particuliers. La plus grande partie appartenant à la famille Bihannic de Kerennoc. Les goémoniers possédaient des fours à goémon et y brûlaient le tali (algue brune) pour en faire de la soude. Il y a sur l’île les ruines d’une chapelle qui était entourée d’un cimetière abritant de nombreuses  sépultures de naufragés.

Allez, merci d’être passé, je m’aperçois que je n’ai pas entré assez de bois; j’y retourne. Portez vous bien et à bientôt peut-être.