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Sous les pavés…

Posté par erwandekeramoal dans HUMEUR

Amis de la métempsycose et du homard à l’armoricaine réunis, bonjour ! Voici donc le dernier jour de la dernière semaine de cette année 2020 qui n’en finit pas de disparaître avec son cortège d’emmerdements… Dans notre calendrier républicain, c’est le 11è jour de Nivôse, dédié au granite. A ne pas confondre avec Le Granit qui est une municipalité régionale du Québec (Canada) dans la région de l’Estrie. Son chef-lieu est Lac-Mégantic; étonnant, non !

Ah, je vous vois venir, pointilleux que vous êtes. Granit (e) ! Non, il ne s’agit pas d’une faute d’orthographe ; le mot « granite » existe bel et bien. Mais il n’a pas la même signification que son homologue sans « e ». Le terme « granite » est issu de la géologie. Il s’agit d’une roche pavé-68-300x204volcanique (ou magmatique – plutonique ) qui a une composition chimique et minéralogique très précise. Le mot « granit », quant à lui, vient de l’italien « granito », signifiant « grenu » (ou granuleux). Granit est donc un terme commercial qui reprend l’ensemble des roches dures, grenues et non poreuses, quelques soient leurs natures minéralogiques. Des granites, calcaires, grès, gneiss, brèches et conglomérats sont donc repris sous l’appellation générique de granit. Malgré leurs différences géologiques, tous les granits sont reconnaissables grâce à la présence de grains de cristaux mais aussi à leurs effets pervers sur le casque d’un pandore. A gauche (si j’ose dire) sur cette photo de Jean Pottier il s’agit des pavés de Mai 68 sous lesquels aurait du se trouver la plage…

https://youtu.be/NJDkUJD54N4

Je ne vous étonnerai pas en vous disant que ma préférence va au granite de Kersanton de la rade de Brest, très fin et très dur – Gris bleuté. D’autres vont préférer le granite de Le Saint (56) plutôt blond; Site naturel protegealors que certains vont apprécier Le gris de Moulin-Mer gris blanc. Et que dire du granite rose: La côte de Granit(e) rose s’étend de Trébeurden au sémaphore de Ploumanac’h. Vieux de 300 millions d’années, ce massif tire sa couleur du fort pourcentage de feldspath potassique qu’il contient. Heureusement pour l’office de tourisme, Ploumanac’h a rejoint Perros-Guirec lors de la création de la municipalité, en 1790. Toutes ces nuances se retrouvent dans les œuvres de nos sculpteurs qui peuplent aujourd’hui la vallée des saints sur la colline de Quenequillec à 230 m d’altitude, dans la commune de Carnoët (Côtes-d’Armor). Car en effet, comme le dit Emile Vaillant, lui même sculpteur sur granite: «  La Bretagne a vallée-02-300x156taillé dans le granite ses calvaires et ses saints et ceux-ci sont immortels ainsi que les dieux de l’Egypte antique. Ce n’est ni sur la pierre commune, ni sur l’airain, ni même sur le marbre, que les peuples doivent écrire leurs noms s’ils veulent le faire en caractères ineffaçables : c’est sur le granite, qui ne prend les empreintes que lentement et à force de peine, mais qui les garde.»

Et voila, Bloavez mad ha yech’ed mad d’an holl. Portez vous bien et à l’année prochaine peut-être.

Comment peux t-on se nommer Artie Shaw…

Posté par erwandekeramoal dans JAZZ, PORTRAIT

Amis de la protohistoire et du bœuf bourguignon réunis, bonjour ! Nous sommes le Mercredi 30 Décembre 2020, qui correspond au 10e jour du mois de nivôse, dans le calendrier républicain, officiellement dénommé jour du fléau. Ce qui n’a rien à voir avec ce qui suit..

Comment peut-on se nommer: ARTIE SHAW ?

Je me suis souvent posé cette question. Sauf à avoir des attaches à St-Pol-de-Léon, avouez que c’est assez improbable. Sauf encore, à pratiquer l’humour juif de Brooklyn… Point commun avec Woody Allen,artie-D- autre clarinettiste de talent. Né à New York, Arthur Arshawsky y apprend la clarinette et le saxophone et en 1926, il adopte le pseudonyme d’Artie Shaw. En 1929, on le retrouve à New York où il mène une intense activité de musicien de studio. On peut l’entendre un temps dans l’orchestre de Paul Whiteman. De 1934 à 1935, il délaisse la musique et se retire à la campagne pour se consacrer à la littérature (pas terrible d’après les experts). En 1938, il enregistre son premier hit: « Begin the beguine » de Cole Porter.

https://youtu.be/cCYGyg1H56s

En 1938 il accompagne Billie Holiday , ce qui, à une époque où la tension générée par la ségrégation raciale devient inquiétante, ne va pas sans créer d’incidents . Sa popularité atteint alors son apogée et il  devient le principal rival du roi du swing: Benny Goodman. Pourtant Artie_ShawArtie Shaw, se retire du monde musical pour s’installer à Mexico. En 1940, année où il épouse l’actrice Lana Turner, il reconstitue un orchestre qui lui aussi enchaîne les succès. En 1942, il s’engage dans la Marine. Il dirige un orchestre destiné à entretenir le moral des troupes du Pacifique. De retour à la vie civile en 1944, il met sur pied un orchestre, pour une fois exclusivement de jazz. A la fin des années 60, il se retire à Lakeville (Connecticut). Il meurt le 30 décembre de la même année. Artie Shaw apparaissait aussi comme un homme de convictions qui a toujours milité contre la ségrégation raciale aux États-Unis. A écouter sans modération.

Allez, l’année bientôt finira sa carrière, en attendant la prochaine, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Toubib or not toubib…

Posté par erwandekeramoal dans HUMEUR

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Amis de la pyrotechnie à l’italienne et des ortolans à la provençale réunis, bonjour ! En ce Mardi 29 décembre salpetre12020, outre le fait que nous approchons du moment fatidique où nous allons basculer vers 2021, nous honorons le 9è jour de nivôse du calendrier Républicain, jour consacré au Salpêtre (du latin Sal Petrae -le sel de la pierre). Le salpêtre, vous le mélangez à un peu de souffre et du charbon de bois et vous obtenez la poudre à canon. Ensuite, chacun fait ce qu’il veut…

Par exemple, se vacciner…ou pas !

Or donc, le vaccin de chez Pfizer et consorts n’en serait pas un. Serait-ce possible madame Michu ? On ne nous dit pas tout ! Si j’en crois quelques sources, généralement bien informées comme on dit à la DGSI, il s’agirait en fait de thérapie génique… J’explique. On va vous injecter un ARN messager (molécule fabriquée en laboratoire) qui va demander à vos cellules de produire une protéine appeléeplusieurs-vaccins «spicule» et qui se trouve à la surface du virus. C’est contre ces protéines que votre système va synthétiser des anticorps. Oups ! Génétique, modification, les dés sont jetés; agitez fortement et laissez faire les rézosossio. D’autant plus que les autorités anglo-saxonnes ont exonéré Pfizer de toute poursuite légale dans le domaine de la covid; cette immunité s’étendant même aux manufacturiers du produit. C’est pas moi qui le dit mais Nicolas Druz, membre de l’académie de médecine de New-York. C’en est assez pour virer complotiste avant la fin de l’année. Bon, rappelez moi le serment d’Hippocrate avant de sortir: Je dirigerai le régime des malades à leur avantage, suivant mes forces et mon jugement, et je m’abstiendrai de tout mal et de toute injustice. Je ne remettrai à personne du poison, si on m’en demande, ni ne prendrai l’initiative d’une pareille suggestion…

Allez, encore un effort et vous êtes en 2021. Merci d’être passé, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Ca vient de là, ça vient du blues…

Posté par erwandekeramoal dans JAZZ, PORTRAIT

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Amis de la mistoufle et des restos du cœur réunis, bonjour ! Nous sommes le Lundi 28 décembre 2020, 8è jour de Nivôse que les républicains avaient dédié au fumier, allez savoir pourquoi justement le jour de la « saints innocents »… Peut-être parce que Nobody’ innocent ! C’est aussi la date anniversaire de la disparition d’un bluesman attachant.

Freddie KING, qui s’est vite appelé Freddy, est né et a grandi à Gilmer (Texas) en 1934, où il a appris à jouer de la guitare grâce à sa mère et à son oncle. King jouait au départ du blues rural acoustique dans la veine de Lightning Hopkins. En 1950, à 16 ans, sa famille déménage pour Chicago, où il fréquente les clubs de blues. Il y entend des musiciens freddy-king-1tels que Muddy Waters, Jimmy Rogers, Eddy Taylor et bien d’autres. Bientôt le jeune guitariste forme son propre groupe The Every Hour Blues Boys. « C’était un colosse débonnaire, carrure de taureau, écrasant sa guitare entre les doigts noueux qui en tiraient malgré tout des sons d’une extrême pureté.» Gérard Herzhaft La grande encyclopédie du blues. King enregistre son premier 45t en 58. Syd Nathan et Sonny Thompson font signer KING et enregistre son premier simple pour ce label ‘You’ve Got to Love Her with a Feeling’, en Aout 1960. Ce titre devient un petit succès en 1961. Allez, trois minutes trente cinq de bonheur comme chantait Sylvie Vartan.

https://youtu.be/WtpCAhbAJdc

Le premier album de King ‘Freddy King Sings’ sort en 1961 et est suivi l’année suivante de ‘Let’s Hide Away’ et un album instrumental ‘Dance freddy-2Away with Freddy King: Strictly Instrumental’. En 1961, il réalise une série d’instrumentaux (dont ‘San-Ho-Zay’, ‘The Stumble’ , et ‘I’m Tore Down’) qui deviennent des classiques du blues.(observez les deux orthographes du prénom sur les pochettes de disques) King trouve un nouveau contrat avec Shelter Records de Leon freddy-3Russell au cours de l’année 1970. Il enregistre trois albums au début des années 70 qui se vendent tous très bien. Ses concerts marchent bien aussi. En 1976, il tourne aux Etats-Unis, en dépit d’une santé qui commence à décliner. Le 29 décembre 1976, à seulement 45 ans, King meurt d’un problème cardiaque.

Du blues pour terminer l’année, on peut pas trouver mieux (si j’arrive à résoudre mon problème de vidéo). Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

A la tienne Etienne…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

Amis de l’anarcho-syndicalisme et des roupettes à queue réunis, bonjour ! Nous sommes le Samedi 26 Décembre 2020, sixième jour de Nivôse dédié à la lave. Pourquoi est-ce que j’évoque les roupettes à queue? Ah oui, ça me roupette-à-queuerevient. Soyez indulgents, un lendemain de Noël. Donc, le 26 décembre, c’est la saint Etienne; et dans certaines régions, notamment en Bretagne, on dit Saint Etiole… J’y viens, j’y viens ! Mon aïeule qui, vous le savez maintenant, était une encyclopédie vivante en matière de dictons, avait l’habitude de répéter: S’il pleut à saint Etiole, il n’est pas de badioles. Or, les badioles se sont ces petites cerises que l’on trouve dans l’Ouest et qui, mélangées à l’eau de vie, donnent les fameuses roupettes à queue. Voila pourquoi vous me surprenez, en ce lendemain de fête, à vous parler de badioles. D’ailleurs, pour les sceptiques, en Gallo, le mot Badiolet désigne une confiture de cerises. Étonnant, non !

https://youtu.be/N2sNcfD4nYI

Bien sur je vous souhaite à tous, amis lecteurs, d’excellentes fêtes de fin d’année et je vous adresse tous mes vœux en breton. Les ayatollahs de la bretonnitude me pardonneront d’utiliser une orthographe qui, me dit-on, n’anedeleg-laouenn-300x225 plus court. Je n’ai rien trouvé d’autre qu’une photo de ma fiancée sur les remparts enneigés de Saint-Malo; c’est un peu kitch je le reconnais. Au moment où s’achève cette année je constate que vous êtes chaque jour plus nombreux à suivre quotidiennement les vêpres libertaires du cénobite et j’avoue que c’est réconfortant. N’hésitez pas à inviter vos amis à passer faire un tour, c’est ouvert même pendant les vacances. A vrai dire, j’ai deux douzaines de Belon qui attendent sagement dans leur goémon que je veuille bien m’en occuper.

Allez, supportez vous bien avant le reconfinement et à bientôt peut-être.

Les yeux d’Elsa et de Ristat…

Posté par erwandekeramoal dans LECTURE, PORTRAIT

Amis de la beauté poétique et du canard à l’orange réunis, bonjour! Nous sommes le Jeudi 24 décembre 2020, quatrième jour de Nivôse dédié au soufre, et on me dit que ce soir c’est la nuit de Noël. Bon, j’ai sabots-dans-la-chemineeposé mes boutou-coat (sabots de bois) devant la cheminée, on ne sait jamais… Écrire c’est une façon de parler sans être interrompu disait Jules Renard, du coup le blogueur s’en donne à cœur joie. Je poursuis donc ma galerie de portraits à l’occasion de l’anniversaire de la mort de Louis Aragon qui, au delà de ses engagements politiques et de sa trop longue cécité vis à vis du stalinisme, nous lègue des textes d’une telle beauté, surtout quand ils sont portés par des interprètes comme Ferré ou Ogeret qu’il mérite bien ce petit hommage. P’tin, on se croirait sur France-culture…

Fils illégitime d’une liaison entre Marguerite Toucas et un homme politique célèbre (Louis Andrieux, procureur de la République, Préfet de police, député puis ambassadeur), Louis Aragon naît le 3 octobre 1897, à Paris. Son enfance toute entière se trouve du coup marquée par le mensonge et la dissimulation: pour sauver les apparences, sa mère se Aragon-G-fait en effet passer pour sa sœur et sa grand-mère, pour sa mère adoptive, tandis que ses tantes deviennent ses sœurs et que son père devient un vague parrain, qui ne lui apprendra la vérité de sa naissance qu’avant son départ pour la guerre. Il est incorporé en 1917 et part pour le front où il rencontrera par hasard André Breton. Trois fois enseveli sous les bombes, Aragon survit cependant au conflit et se consacre avec une énergie décuplée à l’écriture, sous toutes ses formes. Et, quand cette écriture est mise en musique par Hélène Martin, ça donne ce joyau…

https://youtu.be/7t4zeBU_f18

Il rencontre en 1928 une jeune écrivain(e) russe, Elsa Triolet (belle-sœur de Maïakovski), dont il ne se séparera plus. C’est à elle que l’on doit cette superbe citation: « J’ai appris que pour être prophète, il aragon-et-ristat-300x225suffisait d’être pessimiste. » (c’est tiré de: Mille regrets). Aragon devient simple journaliste à L’Humanité et entame une nouvelle carrière de romancier avec Les Cloches de Bâle (1934). Après la mort d’Elsa Triolet (1970), il poursuit comme il le peut ses activités politiques auprès de l’union de la gauche (il sera décoré par F. Mitterrand) et survit en changeant radicalement de style de vie et en affichant dans les médias ses relations homosexuelles, notamment avec Jean Ristat, lui-même écrivain et poète qui lui fermera les yeux le 24 décembre 1982. Sa mort sera suivie d’un concert étonnant de louanges et de cris de haine qui ne s’est guère estompé depuis.

Allez, bonnes fêtes à tous, portez vous bien et à bientôt peut-être.

My funny Valentine…

Posté par erwandekeramoal dans JAZZ, PORTRAIT

Amis du grand soir et des petits matins réunis, bonjour ! Nous sommes le Mercredi 23 décembre 2020, troisième jour de Nivôse consacré au bitume… Sans commentaires.

Tiens, c’est l’anniversaire de Chet Baker.

Chesney Henry, « Chet » Baker Jr, le jazzman blanc le plus dépressif de l’histoire est né le 23 décembre 1929 à Yale, Oklahoma. A 10 ans, Chet et sa famille déménagèrent vers la Californie du Sud, pendant l’âge d’or du bebop. Pour les 12 ans de Chet, son père lui offrit un trombone . Le Chet-D-garçon trouvant l’instrument trop difficile l’échange pour une trompette. Il en jouera tout le long de sa scolarité. En 1946, il part à l’Armée, mais n’abandonne pas son instrument pour autant, il jouera d’ailleurs avec l’Army Band dans le Berlin conquis. Il passe avec succès une audition pour Charlie Parker et trouve le succès en 1952 au sein du Gerry Mulligan’s pianoless quartet, qui joue régulièrement à Hollywood. Chet s’illustre par la force de son solo sur le morceau « My Funny Valentine » , un morceau qu’il gardera comme fétiche tout au long de sa vie. A gauche superbe photo extraite du film Let’s get lost de Bruce Weber.

https://youtu.be/27398omqBGM

Après un séjour en Europe, il retourne aux Etats-Unis en 1956 et devient accro à l’héroïne et à la cocaïne. Après un concert à San Francisco en 1966, il se fait agresser par des dealers. Sa mâchoire est fracturée et beaucoup de ses dents (très fragilisées par des années de drogue) sont cassées. En 1973 Il recommence aussi à enregistrer,Chet-D--300x168 redevient toxicomane et repart en Europe, où il tourne et enregistre de plus en plus régulièrement, principalement à cause de ses besoins d’argent pour acheter sa drogue. Le vendredi 13 mai (pas d’bol) 1988 à Amsterdam, Chet Baker tombe de la fenêtre ouverte de sa chambre d’hôtel. Sa carrière prend fin brutalement, alors que ses qualités musicales sont au plus haut. Une autopsie révèle qu’il n’était ni saoul ni drogué au moment des faits. Son corps sera enterré au Cimetière du Parc d’Inglewood, en Californie.

Allez, je ne suis pas sûr que cela vous redonne le moral mais bon… Portez vous bien et à bientôt peut-être.

Le solstice de Strasbourg…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

Amis de la nature naturante et du riz pilaf réunis, bonjour ! Nous sommes le Mardi 22 décembre 2020, deuxième jour de Nivôse dédié à la druidehouille. Lors du solstice d’hiver (c’était hier à 5h 02), les druides contemporains ne fêtent pas Yule comme dans les pays nordiques, mais Alban Arthan (la lumière de l’ours). L’année celto-druidique commence en effet au solstice d’hiver avec la cérémonie de la Modra Necht, fête qui est marquée par la « cueillette du gui ». A chaque fois que le druide officiant coupe une touffe de gui, il s’écrie : « O Gehl an Heu ! » qui signifie « Le blé lève ! ». Cet usage maintenu tout le Moyen-âge fut mal compris de la foule qui traduisit par « Au Gui l’An neuf ! », amusant, non ?

J’évoque le solstice d’hiver et la tradition druidique mais, les Francs-Maçons aussi fêtent les Solstices notamment celui d’hiver ou Saint-Jeanjanus1-248x300 d’hiver (l’évangéliste). Dans La franc-maçonnerie rendue intelligible à ses adeptes, Oswald Wirth note : « Jean l’Évangéliste personnifie la lumière crépusculaire du soir, celle qui embrase le ciel lorsque le soleil vient de disparaître sous l’horizon (…)  On lui attribue l’Apocalypse, qui, sous prétexte de dévoiler les mystères chrétiens, les masque sous des énigmes calculées pour entraîner les esprits perspicaces au delà des étroitesses du dogme. Aussi est-ce de la tradition johannite que se sont prévalues toutes les écoles mystiques, qui, sous le voile de l’ésotérisme, ont visé à l’émancipation de la pensée.

N’oublions pas, enfin, que le quatrième évangile débute par un texte d’une haute portée initiatique, sur lequel s’est longtemps prêté le Yuleserment maçonnique. Au début était le verbe… » Dans sa grande volonté de récupération, l’église chrétienne apostolique et romaine a remplacé le culte romain de Janus par celui des deux Jean en choisissant ces personnages parce qu’ils ont le même nom, et en plaçant leurs fêtes aux dates des solstices. Jean le Baptiste ouvre la porte estivale et annonce le cycle d’obscuration. Jean l’Évangéliste ouvre la porte hivernale et annonce le cycle d’illumination. Et les feux d’Alban Arthan ont été remplacés par les guirlandes de l’union des commerçants et la bûche de Noël… Quelle misère madame Michu.

Bon, c’est l’occasion ou jamais de vous dire joyeuses fêtes, portez vous bien et à bientôt… Peut-être.

Les portes de l’Enfer…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

Amis de la polémique et du waterzoï réunis, bonjour ! Nous sommes le NivôseLundi 21 décembre 2020, si l’on en croit le calendrier républicain, ce jour, premier de Nivôse, est dédié à la tourbe. Nivôse qui nous vient tout droit du latin Nivosus, riche en neige… C’est bien tout ce qu’il reste de riche par les temps qui courent ; mis à part quelques spéculateurs véreux qui se repaissent sur le dos des petites gens et qui regardent en se bidonnant nos acquis sociaux se réduire à peau de chagrin. Ma doué benniget !

La tourbe donc, puisque c’est d’elle qu’il s’agit, a été pendant longtemps la principale production du Yeun Elez, cette zone marécageuse située au cœur des Monts d’Arrée (Finistère) sous le regard vigilant de nos géants de granite: Roc’h Trevezel, Roc’h Trédudon, Menez Kador. La légende situe ici même, au cœur de ces tourbières, les portes de l’Enfer: Le Youdig. Voici ce qu’en dit Anatole Le Braz dans « La légende de la Mort »:  « On dirait, en été, une steppela-tourbe sans limites, aux nuances aussi changeantes que celles de la mer. On y marche sur un terrain élastique, tressé d’herbes, de bruyères, de jonc. A mesure qu’on avance, le terrain se fait de moins en moins solide sous les pieds : bientôt on enfonce dans l’eau jusqu’à mi-jambes et, lorsqu’on arrive au cœur du Yeun, on se trouve devant une plaque verdâtre, d’un abord dangereux et de mine traîtresse, dont les gens du pays prétendent qu’on n’a jamais pu sonder la profondeur. C’est la porte des ténèbres, le vestibule sinistre de l’inconnu, le trou béant par lequel on précipite les « conjurés ».

https://youtu.be/qWrtUKOQPeo

Cette flaque est appelée le Youdig (la petite bouillie) : parfois son eau se met à bouillir. Malheur à qui s’y pencherait à cet instant : il serait saisi, entraîné, englouti par les puissances invisibles ». Depuis le temps Lankou-210x300que l’on s’échine à démanteler la centrale nucléaire  de Brennilis (à l’arrêt depuis 1985)… Elles sont peut-être là, les invisibles puissances ! « Sant Mikêl vraz a oar an tu d’ampich ioual ar bleizi-du » ( Le grand saint Michel sait la manière d’empêcher de hurler les loups noirs ) allusion à la chapelle Saint-Michel de Braspart qui domine le Yeun Elez. Voila ce que l’on répond à ceux qui ont eu le malheur de s’égarer dans le marais et qui disent avoir entendu hurler les chiens de la mort. Mon aïeule nous contait l’histoire des crieurs de nuits (hoper noz) que sont les enfants morts sans baptême et qui doivent rester errer ainsi jusqu’au jugement dernier. Bref, que des trucs vachement rigolo…

Allez, portez vous bien en attendant le re-reconfinement et à bientôt peut-être.

Chicago blues…

Posté par erwandekeramoal dans JAZZ, PORTRAIT

Amis du crétacé supérieur et de la lutte des glaces réunis, bonjour ! Nous sommes le Samedi 19 décembre 2020, 29è jour de frimaire dédié à l’olive. Le 19 décembre 1915 à vu mourir Aloïs Alzheimer; il est très Rogers-2-300x300connu mais je ne me souviens plus pourquoi, j’ai la mémoire qui flanche… Je cherchais depuis un moment déjà l’occasion d’évoquer la carrière de Jimmy Rogers et je m’aperçois qu’il est décédé un 19 décembre à Chicago dans l’Illinois en 1997. C’est sans doute un des principaux concepteurs du Chicago blues de l’après-guerre. Encore enfant, il aide un ses oncles épiciers qui vend des disques au milieu des victuailles. En attendant le chaland,le jeune Jimmy apprend la guitare et l’harmonica à partir des disques de Memphis Minnie et John Lee «Sonny Boy»Williamson. Attention de ne pas le confondre avec Jimmie Rodgers, chanteur de country, célèbre pour son yodel…

https://youtu.be/Td7236JoTAk

Il rejoint Chicago en 1939 via Saint-Louis et se produit sur le marché aux puces de Maxwell Street. C’est là qu’il va rencontrer Leroy Foster et surtout Muddy Waters. Ensemble il vont former un groupe qui deviendra le premier «Muddy Waters blues band». Dans les années cinquante, Jimmy Rogers enregistre une trentaine de titres dont pas Rogers-300x300mal de chefs-d’oeuvre en compagnie du pianiste Eddie Ware. Lorsqu’il sera remplacé par Pat Hare chez Muddy en 1960, Rogers abandonne la musique et redevient épicier et chauffeur de taxi pour subvenir aux besoins de sa grande famille. Ce n’est qu’en 1970, pressé par le pianiste blanc Bob Riedy qu’il reprend sa guitare et son blues. Il va se produire dans les clubs de Chicago, sur les campus et participe à quelques tournées en Europe. Voici ce qu’en dit Gérard Herzaft dans sa grande encyclopédie du blues (Fayard): «…Discret, modeste, Jimmy Rogers n’a jamais connu l’engouement du public international du blues mais, peu à peu, son authenticité et le rôle historique qu’il a joué à Chicago, l’ont fait reconnaître et apprécier.»

Allez, c’est sympa à vous d’être passé par ici, portez vous bien et à bientôt peut-être.